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DICTIONNAIRE
LAîsTGUEDOCIEN-FRANÇAIS
CONTENANT
les définitions I radicanx et étyniologies des mots; les idiotismes,'
dictons, maximes et proverbes, lenrs origines et celles des contnmes, usages et institutions;
les noms propres de personnes et de lienz;
origines, étymologies et significations; les termes d'agriculture, de métiers, d*arts, de professions,
d'industries; la flore et la faune méridionales; etc., etc.
PAR
Maximin D'HOMBRES
*
ANCIBN PRÉSIDENT DU TRIBUNAL CIVIL d'aLâTS, MBHBRR DB i/aCADÊMIE DB NTMBS,
ANCTRN PRÈSIDBNT DR LA SOCIÉTÉ ST.IBNTIFIQUB ET LITTÉRAIRE D'aLAIS,
ET
Gratien CHARVET
MltafBRR DR L* ACADÉMIE DE NIMES, DR LA SOCIÉTÉ ARCHÉOLOTtlQUR DE MONTPELLIER
ET DE LA SOCIÉTÉ SCIENTIFIQUE ET LITTÉRAIRE D*ALAIS,
OORBKSTONDANT DU MINISTÈRE DB L'INSTRUCTION PUBLIQUE POUR LES TRAVAUX HISTORIQUES,
OFFICIBR d'académie.
ALAIS
f^^. ^ /• ^*^ **' Imprimerie et Lithogrcaphie A. BRUGUEIROLLK, Grand'rue, 93.
1884
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DICTIONNAIRE
L ANGUED O CIEN-FR ANC AIS
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DICTIONNAIRE
L ANGUED O CIEN-FR ANC Aïs
DICTIONNAIRE
LANGUEDOCIEN'FRANÇAIS
CONTENANT
les définitions, radicanx et étymologies des mots; les idiotismes,
dictons, maximes et proverbes, lenrs origines et celles des contnmes, usages et institutions;
les noms propres de personnes et de lienz^ ^
origines, étymologies et significations; les termes d*agricnltare, de métiers, d'arts, de professions,
d'industries; la flore et la faune méridionales; etc., etc.
PAR
Maximin D'HOMBRES
ANCIEN PRitSIDBNT DU TRIBUNAL CIVIL D*ALAI8, MBBfBRB DB l'aCAdIeIIIB DB NIMB8,
ANCIBN PRiSIDBNT DB LA SCa^TÈ SCIBNTIFIQUB BT LITTÂBAIRB D*ALAI8,
ET
Gratien CHARVET
MBICBRB DB L'aCADÂMIB DB NIMBS, DB LA 80CTBTÂ ARCHBOLOOIQUB DB MONTPBLUBR
BT DB LA SOCIBTÂ SCIENTIFIQUE BT LITTÂRAIRB D*ALAIS,
CORRESPONDANT DU MINISTiRB DE L'INSTRUCTION PUBLIQUE POUR LES TRAVAUX HISTORIQUES*
OFFICIER D*ACADBM1E.
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ALAIS
Imprimerie et Lithographie A. BRUGUEIROLLE, Grand'rue, 93.
1884
MAXIMIN DHOMBRES
JDeu agradal e tUpobôlutlL
Agréable à Dieu et utile au peuple.
YiEUXE Charte d'Alau.
On Ta dit bien souvent et avec juste raison : certaines familles semblent être prédestinées au goût des
recherches studieuses; elles possèdent ce don naturellement et se le transmettent de génération en gêné*
ration comme un précieux héritage. Cette observation ne s'est jamais manifestée avec plus d'évidence qu'à
l'égard de Maximin d'Hombres.
François-Louis-Max imin dHombres naquit, le 14 août 1840, à Alais, d'une ancienne et honorable
famille des Cévennes. Il était le fils de François-Régis d'Hombres dont les vertus charitables sont restées
légendaires, et de Marie-Ântoinette-Eulalie Desroche, de Génolhac.
Petit neveu des deux célèbres Boissier de Sauvages, par sa grand'mère M arie-Âugustine Boissier de
La Croix de Sauvages, et neveu du baron d'Hombres-Firmas, il voulut se rendre digne de ses devanciers
et suivre conmie eux, avec honneur, la voie que leurs travaux lui avaient ouverte.
Doué d'une intelligence peu commune et d'une pénétration non moins remarquable, Maximin fit avec
succès ses études classiques à Forcalquier d'abord, à Aix ensuite, chez les Jésuites. Il les poursuivit plus
tard au collège de sa ville natale, et alla les compléter à Paris par celles du Droit.
Ses débuts à Alais, comme avocat, lui valurent les éloges les plus mérités, et firent présager pour lui un
brillant avenir. Il prit, pendant trente-cinq ans, une part active à tous les grands débats judiciaires qui se
produisirent devant le tribunal de cette ville. A partir de 1840, il fit toujours partie des Conseils de l'ordre;
et, à neuf reprises différentes, il en fut élu bâtonnier. « Cœur noble, âme généreuse, esprit cultivé, » a dit
sur sa tombe un de ses anciens confrères, « Maximin d'Hombres était un de ces hommes dont le talent et la
probité s'imposent et honorent les corps auxquels ils appartiennent (1). »
Caractère aimable et enjoué, esprit incisif et éminemment gaulois, Maximin avait l'aimable défaut des
hommes très spirituels, qui n'ont jamais l'air de se prendre tout-à-fait au sérieux, lors même qu'ils se
livrent à des occupations fort sérieuses ; contrairement aux esprits bornés ou superficiels, qui se gardent
bien de douter d'eux-mêmes, et font consister leur principal mérite à s'occuper, avec une gravité affectée,
de choses parfaitement insignifiantes.
Un membre de la société d'Alais a décrit avec finesse « cette figure origincde et sympathique, pré-
sentant un singulier mélange de douceur et de malice, de bonhomie et de causticité Ce charmant
causeur, prompt à la réplique, habile à lancer le trait, à la verve familière, aiguisée, piquante, ironique,
mais jamais blessante (2). »
Une bienveillance constante, une bonté inaltérable, formait, en effet, le fond du caractère de Maximin
(1) Discoure de M. Emile Pin, bâtonnier de TOrdre des ayocats.
(2) V. ArpHAR. — Compte-rendu des travaux de la Société scientifique et littéraire d'Alais, pendant Tannée 1873.
u
d'Hombres. Ses qualités charmantes, son abord facile et plein d'aménité, lui attiraient Testime et l'affec-
tion universelles. Quant à ses amis, ils ont pu apprécier combien l'un d'entre eux (i) l'a justement défini
en signalant chez lui cette ténaeUé du cœur qui rendait ses affections indissolubles.
Pourrions-nous oublier, en parlant des précieuses qualités de notre ami, celles qui étaient peut-être
les moins apparentes, mais en même temps les plus réelles : ces vertus bienfaisantes, ces habitudes de
charité, héréditaires dans sa famille, dont pourraient rendre témoignage tant de misères secourues, tant
d'infortunes soulagées en silence, sans faste et sans ostentation ?
Aussi, lorsqu'à la fin de sa carrière d'avocat, parcourue avec autant d'honneur que de distinction,
Maximin d'Hombres fut appelé à la Présidence du Tribunal Id'Alais, tous ses concitoyens, sans acception
d'opinions, applaudirent ayec enthousiame à une nomination si bien justifiée.
« #
Maximin d'Hombres avait épousé, le 26 novembre 1844, M^'* Victorine Farjon, de Montpellier, dont
l'inaltérable affection l'a, jusqu'à ses derniers momepts, entouré des soins les plus délicats et les plus
d^oués.
Durant de longues années, Maximin d'Hombres a fait partie du Conseil municipal d'Alais, où TaTaient
appelé la confiance et l'affection de ses concitoyens; et il a rempli, pendant un certain temps, les fonctions
d'a^îoint à la mairie.
II était membre de Y Académie du Gard, dQ la Sœiéùé de$ études pour lee langues romanes et de
la Société scientifique et littéraire d'Alais, dont il a occupé la présidence pendant l'année 187â.
Maximin d'Hoqilires atait eu quatre frères, morts avant lui, et une sosur qui lui survit : 1* Hippolyte,
ancien élève de TÉcole polytechnique, mort en Afrique» ci4>itaine du génie; — 9» Léonce, mort religieux
trappiste; — 3* Ernest, mort garde-général des Baux-^t-Foréts; — 4* Paulin, mort enseigne de vaisseau
4f?ant Saint-Jean-d'Ulloa; — 5* Pauline, religieuse de la Visitation à Tarascon, seule survivante.
Avec Mâ^™'" s'est éteinte la descendance mâle de la brandie cadette de la famille d'Hombres.
* •
Doué d*une aptitude exceptionnelle pour toutes sortes de travaux , mais principalement porté vers
les études littéraires, historiques et archéologiques, Maximin savait faire marcher de front ces diverses
études avec celles de sa profession. Les premières avaient même d'autant plus de charme et d'attrait pour
hii, qu'elles fournissaient à son esprit une agréable diversion aux fatigues du barreau, et lui servaient
en quelque sorte de délassement.
Le but constant qu'il poursuivit toute sa vie fut de mettre en lumière les principaux faits historiques
qui se rattachent au passé de sa ville natale pour laquelle il professait, comme tous ses devanciers, une
prédilection intime et profonde, un culte ardent et passionné : Soli totus amor (2).
A part ses incontestables qualités littéraires, ce qui mérite surtout d'être signalé dans Maximin
d'Hombres, c'est Tesprit de suite et l'opiniâtreté dans le travail qui, chez l'historien et l'érudit, sont toujours
des qualités fécondes.
« On est en général tenté de plaindre les savants qui consaicrent leur vie à composer de gros livres et
les curieux qui passent leur temps à les lire, dit M. Gaston Boissier. Peut-être les uns et les autres sont-ils
beaucoup moins malheureux qu'on ne le suppose. S'il faut un certain courage pour se jeter résolument dans
ces études pénibles et infinies, il est rare, quand les premières difficultés sont vaincues, qu'on n'éprouve pas
(1) ÉloQS as Maximin d'Hombres, psr M. d*EtplBasioiis.
(1) Épigraphe lofcrite psr Maximin d'Hombres en tète de ion Étude rar Altls.
m
pour elles un grand attrait : elles ont ce privilège qu'elles donnent beaucoup plus qu'elles ne promettent.
Les érudits, qui se sont fait un domaine restreint et fermé, le fouillent avec passion dans tous les sens, et
finissent toujours par y découvrir quelque coin de terre inconnu où ils sont les premiers à poser le pied.
Ce plaisir est un des plus vifs qu'on puisse éprouver, et il n'est pas commun (i). »
» «
Maximin d'Hombres a laissé trois excellentes Études ou notices réunies dans le volume des Recherches
hietoriques sur Alais, publié en 1860, en collaboration avec MM. Marette, Duclaux-Monteil et César Fabre.
La première de ces notices est un précis historique sur la Seigneurie d'Alais, C'est, sans contredit,
le travail le plus complet qui ait jamais été publié sur cette matière-
La seconde contient une étude archéologique et historique sur l'ancienne église de Saint-Jean-Baptiste
d'AIaiSy convertie plus tard en cathédrale.
La troisième traite des anciens noms des rues et places de la ville avec l'indication de leur étymologie.
On doit, en outre, à Maximin d'Hombres, de nombreux articles publiés dans VÉcJu) d'Alais, journal
dont l'existence a duré onze années, de 1841 à 1852, et dont il fut l'un des principaux fondateurs.
On a aussi de lui une notice biographique placée en tôte de la deuxième édition de Las CastagnadoSg
recueil de poésies languedociennes du marquis de Lafare-Alais, à qui l'unissait une vieille et étroite amitié;
et trois ou quatre plaquettes, sans nom d'auteur, qui n'ont jamais été mises en vente : il n'en a été tiré
qu*un nombre très restreint d'exemplaires (3).
Mais les travaux les plus remarquables dus à ses longues et patientes recherches et à sa profonde
érudition, sont : 1* Une étude de longue haleine, sous forme de discours, intitulée : ALAIS, ses origines,
sa langue^ ses chartes, sa commune et son consulat; 2* Le nouveau Dictionnauie languedocibn-français,
resté inachevé.
*
m m
Dans son étude sur Alais, l'auteur expose d'abord l'ensemble de son œuvre.
n a pris à tÂche de faire ressortir le synchronisme qui existe entre les origines de l'organisation
municipale de la ville d'Alais et celles de la formation de son langage. Il établit l'étymologie du nom
d'Aliûs qui tient par ses racines à la langue celtique; il montre la contrée successivement occupée par les
Ibères, les Ligures, les Celtes, les Romains, les Franks, les Visigoths, les Sarrasins, et assimilant à son
idiome des éléments divers empruntés au langage de ses envahisseurs. Il signale l'introduction de la forme
latine, dans la langue indigène, comme la conséquence évidente de l'occupation romaine et de rétablisse-
ment du christianisme dans la Gaule méridionale; et, après l'apaisement des grandes secousses produites
par les invasions, il montre ce même langage national, ainsi modifié, s'assujétissant à des règles, se fixant
progressivement, et, sous le nom de langue romane, s'imposant à l'Europe occidentale.
Abordant ensuite la période féodale, l'auteur fait apparaître, en 1093, le premier seigneur connu
d'Alais, Raymond Pelet, qui prend part à la première croisade, de concert avec Raymond-Décan d'Uzès et
Guillaume de Sabran, sous les ordres de Raymond IV de Saint-Gilles. Il fait voir aussi les papes Gélase II»
en 1118y et Alexandre III, en 1162, recevant à Alais l'hospitalité des Pelet ; il décrit la vie seigneuriale,
les aventures des troubadours de la contrée; il dépeint enfin, au seuil du XIIP siècle, la ville d'Alais entrant
(1) 6. Boiasm. — Xes provinces artentalei de Vempire romain,
(1) tM CharUt d'ÀlaU du XIII* Hèele, tradaitos dn roman et da latin en rimes françalaaa, 40 pages In-a*; — Rapport au
ComeU nmnk^al d^AMi tar la dénaminailon du met et ptacsi de ta vitte; — Cm^'tM swr t^allgnement $i let ifndieatê du
Gardomt 80 pages ia-8*.
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DICTIONNAIRE
LANGUEDOCIEN-FRANÇAIS
CONTENANT
les définitions, radicaux et étymologies des mots; les idiotismes,'
dictons, maximes et proverbes, lenrs origines et celles des contnmes, usages et institutions;
les noms propres de personnes et de lieux;
origines, étymologies et significations; les termes d'agriculture, de métiers, d*arts, de professions,
d'industries ; la flore et la faune méridionales; etc., etc.
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Maximin D'HOMBRES
ANCIBN PRisSTDKNT DU TRIBUNAL CIVIL d'aLATS, MBMBRB DB L* ACADÉMIE DB NTMRS,
ANCIEN PRÉSIDENT DB LA SOCIÉTÉ SCIBNTIFIQUB ET LITTÉRAIRE D'aLAIS,
ET
Gratien CHARVET
•
MEMBRE DE L* ACADÉMIE DB NIMES, DB LA SOCIÉTÉ ARCHÉOLOGIQUE DE MONTPELLIER
BT DE LA SOCIÉTÉ SCIENTIFIQUE ET LITTÉRAIRE d'aLAIS,
CORRESPONDANT DU MINISTÈRE DB l/lNSTRUCTION PUBLIQUE POUR LES TRAVAUX HISTORIQUES,
OFFICIER D^ACADÉMIB.
ALAIS
. r ^ ''^** ' Imprimerie et Lithographie A. BRUGUEIROLLK, GrandVue, 93.
1884
DICTIONNAIRE
lANGUEDOCIEN-PKANCAIS
BOISSIER DS SAUVAGES ! De LA FARE-ALAIS ! Deox
noms radieux et sympathiques, que nous sommes heureux
d'inscrire en tête des colonnes de ce livre, et qui feront sa
meilleure fortune.
Au premier nous rattadient des liens de Emilie; au
second est due Hdée première de notre nouveau DicUon-
noire languedocien.
L'abbé de Sauvages, parmi les célébrités que notre pays
a vues naitre, on Ta dit avec raison, est la plus oompléte-
moit alaisienne : aucune n'a le cachet du crû comme la
sienne. Géologue, physicien, naturaliste, agronome, litté-
rateur ou lexicographe, soit qu'il consacre ses études à
Vagriculture, soit qu'il dirige ses recherches vers la linguis-
tique, tous les travaux d'une vie bien remplie et toujours
appliquée, les connaissances variées qu'il possède à un
degré distingué, supérieur même en quelques branches, son
expérience et son rare savoir semblent n'avoir quelque prix
à ses yeux qu*autant qu'il peut les faire tourner à la pros-
p^té et à l'illustration de son pays natal.
Entre tous ses ouvrage, le seul dont nous ayons à
parfef ici, le mieux connu peut-être, ne pouvait manquer
de porter l'empreinte de cette pensée de bien public. Dés le
titre même de son dictionnaire, et dans sa préface, le but
du modeste savant prend plaisir à s'avouer hautement. 0
se donne pour mission principale d'enseigner à parler cor-
rectement le français à ceux de ses compatriotes qui, accou-
tumés dès l'enfance à formuler leur pensée en languedocien,
D^BIl donnent, en se servant du français, qu'une traduction
videuse et toute hérissée de gasconismes. Il se propose en-
mité d'expliquer les mots du vieux langage dont fourmil-
lent les titres et actes établissant d'anciens droits ou leur
eiemptioA. XJne pareille conception a pu paraître étrange,
originale : il n'y faut voir qifô le sentiment exagéré peut*
ëHÈe maiff toudiant, d*un noble patriotisme, qui sacrifie au
d'être utile même te soin de sa renommée littérane^ et
scientifique. Cette préoccupation toutefois a empêché une
œuvre excellente d'atteindre la portée que l'auteur pouvait
se promettre. Elle lui fait mettre de côté les mots les jdus
usuels, pour ne s'attacher qu'à des techniques; tous les
termes, et souvent les mieux employés, ne se trouvait pas
chez lui, et il les néglige pour en poursuivre d'autFSS,
hors de son domaine, s'il y peut saisir l'occasion d'un
redressement et matière à sa leçon de français. Restreint
ainsi dans !ue spécialité, et en même temps entraîné vers
des ^alectes étrangers, son plan est incomplet et manque
d'unité, au grand détriment de notre dialecte. Quelle valeur,
en eiet, était destiné à avoir, pour l'avenir littéraire de
notre pays, un travail de cette importance, exécuté par un
homme comme l'abbé de Sauvages, si, au lieu de se renfer-
mer dans un traité de purisme français, il nous eût donné
un vrai lexique languedocien, embnissant la langue dans sa
plénitude, ne sanctionnant que ce qu'il savait être de pur
sang cévenol, mais légalisant tout notre avoir légitime! Sa
réserve trop timide est d'autant plus regrettable, que per-
scmne encore n'avait, avec tant de profondeur, de sagacité
et d'érudition, pénétré dans le génie de notre idiome, ne
s^'était plus impressionné de ses beautés, de sa Umpidité, de
la sève de ses tours, de ses images, de ses figures, de ses
idiotismes. Malgré ces lacunes. Sauvages restera comme la
^ire la plus populaire de nos contrées, et il méritera touK
jours d'être considéré comme le plus savant et lo plus spi-
rituel des initiatéitts du languedocien^
Son recueil sera le meilleur à consulter et le plus eu»
rîeux quand on voudra remonter aux sources; mais sa
donnée Mp ex<diksive devait nous interdire de le prendre
en tout pour inod&ie. Le danger qu'il a voulu combattre^
n'existe plus d'aôlleiffs au même degré. Ce n'est pas l'alté^
ration de la langue fraàçuse par le languedocien qui est ^
redouter: Finfiuence-inVerse est bien autrement à craindre,
etlejiéri sérieiâ est au^ ecmtraîrè de voir notre belle et
• •
«. ^
DICTIONNAIRE
L ANGUED O CIEN-FR ANC AIS
DICTIONNAIRE
LANGUEDOCIEN-FRANÇAIS
BOISSIER DE SAUVAGES I De LA PARE- ALAIS ! Deox
noms radieux et sympathiques, que nous sommes héorettx
d'inscrire en tète des colonnes de ce livre, et qui feront sa
meilleure fortune.
Au premier nous rattadient des liens de Emilie; au
second est due Tidée première de notre nouireau Diction-
naire languedoeien.
L'abbé de SAtrYAGEs, parmi les célébrités que notre pays
a vues naître, on Ta dit avec raison, est la plus complète-
ment alaisienne : aucune n'a le cachet du crû comme la
sienne. Géologue, physicien, naturaliste, agronome, litté-
rateur ou lexicographe, soit qu'il consacre ses études à
Tagriculture, soitqu'O dirige ses recherches vers la linguis-
tique, tous les travaux d'une vie bien remplie et toujours
appliquée, les connaissances variées qu'il possède à un
degré distingué, supérieur même en quelques branches, son
expérience et son rare savoir semblent n'avoir quelque prix
à ses yeux qu'autant qu'il peut les faire tourner à la pros-
p&ité et à l'illustration de son pays natal.
Entre tous ses ouvrages, le seul dont nous ayons à
parlef id, le mieux connu peut-être, ne pouvait manquer
de porter l'empreinte de cette pensée de ïàen public. Dès le
titre même de son dictionnaire, et dans sa préface, le but
du modeste savant prend plaisir à s'avouer hautement, n
se donne pour missicm principale d'enseigner à parler cor-
rectement le français à ceux de ses compatriotes qui, aoeou-
tumés dSs l'enfance à formuler leur peiûée en languedocien,
iï*m donnent, en se servant du fr^i^ais, qu'une traduction
vicieuse et toute hérissée de gasoonismes. Il se propose en-
suite d'expliquer les mots du vieux langage dont fourmil-
lent les titres et actes établissant d'anciens droits ou leur
exemption. XJne paMille conception a pu paraître étrange,
originale : il n'y faut voir qifô le sentiment exagéré peut*
ètte maj9 touchant, d*un noble patriotisme, qui sacrifie au
dénr d'être utile mêmele soin de sa renommée littêrake et
scientifique. Cette préoccupation toutefois a empêché une
œuvre excellente d'atteindre la portée que l'auteur pouvait
se promettre. Elle lui fait mettre de côté les mots les plus
usuels, pour ne s'attacher qu'à des techniques; tous les
termes, et souvent les mieux employés, ne se trouvent pas
chez lui, et il les néglige pour en poursuivre d'autres,
hors de son domaine, s'il y peut saisir l'occasion d'un
redressement et matière à sa leçon de français. Restreint
ainsi dans !ue spécialité, et en même temps entraîné vers
des (fialectes étrangers, son plan est incomplet et manque
d'unité, au grand détriment de notre dialecte. Quelle valeur,
en eiet, était destiné à avoir, pour l'avenir littéraire de
notre pays, un travail de cette importance, exécuté par un
homme comme l'abbé de Sauvages, si, au lieu de se renfer-
mer dans un traité de purisme français, il nous eût donné
un vrai lexique languedocien, embrassant la langue dans sa
plénitude, ne sanctionnant que ce qu'il savait être de pur
sang cévenol, mais légalisant tout notre avoir légitime! Sa
réserve trop timide est d'autant plus regrettable, que per-
scmne encore n'avait, avec tant de profondeur, de sagacité
et d'érudition, pénétré dans le génie de notre idiome, ne
»'étftit i^us^ impressionné de ses beautés, de sa limpidité, de
la sève de ses tours, de ses images, de ses figures, de ses
idiotisme». M^gré ces lacunes. Sauvages restera comme la
gloire la phis populaire de nos contrées, et il méritera touK
joure d'être coôsidéré comme le plus savant et le plus spi-
rituel des initiatéitts du languedocien.
Son recueil sera le meilleur à consulter et le plus eu*
rieux quand on voudra remonter aux sources; mais sa
donnée trop exelùsive devait nous interdire de le prendre
en tout pour modèle. Le danger qu'il a voulu coÉnbattre"
n'existe plus d'sûHeoïs au même degré. Ce n'est pas l'alté^
lotion de la langue fraàçuse par le languedocien qui est ^
Tedouter : Tinfluaice^inverse est bien autrement à onondrè,
et lejiéri sérieux est au contraire de voir notre belle et
DICTIONNAIRE
LANGUEDOCIEN-FRANÇAIS
CONTENANT
les définitions, radicaux et étymologies dos mots; los idiotismos,
dictons, maximes et proverbes, lonrs origines et celles des contnmes, usages et institutions;
les noms propres de personnes et de lienx, ^
origines, étymologies et significations; les termes d'agricnltnro, de métiers, d'arts, de professions,
d'industries ; la flore et la faute méridionales; etc., etc.
PAR
Maximin D'HOMBRES
ANCIBN PBÈSIDBNT DU TRIBUNAL CIVIL d'àLAIS, MBMBBB DB L'AGADiMIB DB NIMBS,
ANCIBN PRi»IDBNT DB LA SCaÉTi 8CIBNTIFIQUB BT LITTÈRAIRB D'ALAIS,
ET
Gratien CHARVET
MBMBBB DB L'ACADtMIB DB NIMBS, DB LA HOCTBTÂ ABCHJK)LOOIQUB DB MONTPBLUBR
BT DB LA 80C1ÉT6 SCIBNTIPIQUB ET LITTÂRAIRB D'ALAIS,
OORRBSPONDANT DU MINISTÈRB DB L'INSTRUCTION PUBLIQUE POUR LES TRAVAUX HISTORIQUES,
OFFiaBR D*ACADÈM1B.
ALAIS
Imprimerie et Lithographie A. BRUGUEIROLLË, Grand'rue, 93.
1884
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sa j)i'«''i"isiim p\ai;lc cl t'<nji[),issr''. 11 iit* s iiliiait de la lii>lnii
quuih* IiiLMin.ulii)' sans inuii, (jul in' .s'iail ni <lu lauLiit'-
dnci'Mi ni du l'i'ancii.s. njai> du \rai iKiliii> ccno luis, iiiin-
l('Ili':iltl*' au\ lial)il niN du j)a\s (Mi\-ni<Miii'N, o[ lail'' ji 'ur
(10C')nc»'i-lei' les ('lianj-'eis ei \i'^ plus sa\anls (>liil(tl'ii;ui>.
Mallit'un'USi'ihcnl rfs ini-oiii[tatii»ilil'''S iMiliv les dfu\ lan-
irucs n'nnt [»as cl' Inujituis hi-'ii iMMijuisi-s. P.mr (jufli|u«>
airniit''s (|Ut' le lalin a\ail a Tdriiiin" a[»[t<ii l''ts dan> lune
ol dans lauliv, (ui n"a [>as assez lemi e(nu|ile de leur^ dill'é-
rence» iili\siul(»i;i(jue^, de t,uU re (jue pcul-èhe le cliiiial,
Wnv i>iisilinn ;^e,i^'iMjilii(|n,\ li-uis (endantes axaient iiil>
crincMiicilialtle, d anlipatlniiue dans leui" naiuie, d hi> liiir
caraet'Te, dans leur mécanisme, dans leui' e\[(ressi »n.
C'«Haicnt deux ll<Mi\es, avant uin' source coiiiiuuue , »jui
lonL!leiii|)s avaieiil sui\i une inandie parallèle, !.'<•(. udant
le pa\s dans leur cours; nuis (jue de|»ui> des p-nis njipd-
S(Vs «uil enirainés eu sen;> Çdjilraire, e| ditiil les «mux ne
lH}USenl plus se mêler sans se IntUltJer et se LUiruliij)ie.
C'est ce (juil lallail surtout rcm.injuer : c'était a main-
leiiir la séparation (ju il impiirlait d" 5'aUaclier.
Aujourd'hui lu lant:ue jraneaise, (|ui ne ce>se di' s- pro-
diguer, de se répandre, de s' perleclionner, attire tout a
elle ; seule, elle a la jurole; vule, elle es! de Ix-n ton et
de bonne compajinie; tout se lait, s'enseinne, s-' rejrnte,
se diM'ule, se traite en Iraneais ; sa [»rei'minene.' e.Nt ineou-
lestalile. La laniiue d'Oc, a ses col''S, de[)uis (pi'elle a perdu
sa nationalité, n'est |)lus (ju'ini parler de \aincus. Comme
elle n'a pu se mou\oir que dans un cei'cle ri'^iifini . sa
puissanc»' de dt'velitppemi'nt s'est mesuiV'c à des intérêts et
î\ des besoins Uirnés. lanule souvent lieuivuse du Iraneais,
dans la poésie, plus abondante et plus musicale (jue hu,on
l'a bien vue toucher sans elVorls aux conce[)tions élevées de
la pensé(; et de l'esprit; uiais rejetée de hi vie pid)li<(ue
active, du fiionde de> allaires, de la poliii(jue et di's sciences
humaiiK^s, mise en (|uel(pie sorte au ban de la civ ilisatioji
nuHlerne : toute ex])ansiou lui devenait impossiblt». Elle est
restée, avec ses allures laniilières, vulgaires, un peu rusti-
ques, la lajigue du peuple, de la lamille, des cami)agnes.
Elle a vécu néanmoins et elle vil encore de S')n propre
fonds, par la seule énergie de sa conslilulioii.
Mais tous ra|)ports philologi([ues ont cessé entre les
deux idiomes. Leur co-♦.^xist -nce sur le même terriloire ne
saurait fonder ni alliance, ni association. La transfusion de
l'un dans l'autre ne serait en ellet que raiiéantissement du
plus faible, sans prolit pour le plus fort.
Sans doute il j)eut arriver un jour, si éloigné (juon le
prévoie, où le vaiiKjueur parviendra à étouiVer le paria, à
force de l'élreindre. Il le supplantera dans son modeste
empire, mais son pouvoir ne va pas jus^ju'.'i le rayer dȔ la
famille des langues. Que le languedoci(.'n soit su])prirné et
démonétisé, c'est le lot des proscrits; mais rien ne fera
qu'il n'ait eu cours légal, qu'il ne soit encore une des
L.'loiresde la mere-palrie, (ju'il ne revendique justcuKMit son
imlividualilé di>lincte, et qu'il ne se reru>" a être converti en
un des p.ititis du iV.meiis. (!c>t mu moins contre cettt»
d<'Comi»"silion v iolcnte «juil pioteste, s'il est eondamn»' à
niianâr. Auiis et ennemis s'acharnent .1 |c iranslormer en
un ar;_'oi (jui le rendi'a !iient«»t tout a l'ait mêc mnai^-sable.
(;cil.iin> pmislcs, et <|ue|(|iies- uns tri's-eruilits vraiment,
ne s>nl-ils p;i>, n\\<-> jnxpr.i [»ri>l»>M'r (pie l^- vocabulaire
lan;.'Ued'i(icn n'avait i[<'iï d • mi<.'uv a l'aire «pic il» mtltre
au pillajc lc> diclidiin. lires Iraiiciis? Ces slerilc> cl buuii-
liants lai'ein>, .sjjs cl u*'iii •'•ri.ues en svsti'ine cl inmicentês,
es Mi' iji>|i lieux am.ilu unes, s'ils s'ai'complissaii'iit, c en
s-raif lait de 1.1 lannuc d Oc, et de s 1 diunit*', et de Niin i:ênie.
L'S einpiii.[ue>, en inliltijnl dan> les vimjic.s de |.i pauviv
Uialadc un san,:^ elr.ni,:je|-, n'oblienilraient (|ue ce d'-plirable
ri'.Null.it de e"iii[ironicll!'i' «lavant. !,::c si>n e\i>|ejiçe. A l'arrêt
de iimii «pi'uii n aj'Ule donc |>as un ariêl de lletris>uiv.
La r.'action inti'lli,L:ente «le l'esprit des provinci\s, dans le
Midi, n'a p.is eje saluée partout av«'c tant «le >ynqKitbie
encouiMi^eaiilc ]»< ur ;rvtiilcr t\i plein ^u<'cès. La langue d'Oe,
«pii a repris sa [A:\y-v dans la littérature de la l'rance, fait
di's >rmai> partie de >cs richi'sses, et sa conservation inté-
resNC la gloire natitaialc ,Mai> (pit^ lui laiit-il l'iu-ore pour
vaincre les piV-jugés, jioui' avoir raison de tous les [)arlis-
pris? Llle nv parv icmlrail pas mieux si ell»» consentait à
reprenilre les lnianules archaupies du roman des trouba-
ilours, avec Icxpi'llcs nn ne sentemlrait plus, «pie si elle
était contrainte a rci-nurir à ces faux ajustements d'em-
prunt, «|ui renlaidissciit et la «lejigurenl. .Mais tous les suf-
frages lui l'eroiit ac«*ueil «piand elle se montrera dans sa
pureté premier«\ «laiis sa sinq>licile vraie et natun'lle. Llle
ne (luit être jugée «pie sur son tv[)e natal, sur un tableau
coiiïH-l, complet, eidier d'elle-mêmi', telle (ju«' le progrès
la faite, modiliet\ ai)i»roprié«% aviH* l«\s accroissements que
son génie lui a apportés et «pie l'usage consacre. Au prix
d'une ('puration sévér»', elle méritera de s»» r«*lever d«' son
abaissement, et d'attirer les études sérieuses et la fav«Hir
])ubli«]ue.
Sans rien répudier de son jias.sé «jui a jeté un vif éclat
dans la littérature, ne peut-<'lh* avoir «[uelque orgueil de sa
renaissance, qui n'est jias moins brillante? C^e qui était
autreftiis de son esstMice, ne 1»^ porte-t-elle pas encore
aujourd'hui en elle? Touti^s les langues arrivent nécessai-
r«Mnent à se transfigunT avec l(\s iimnirs, l'esprit public et
les tendances d«'s populations (ju'elles r«^présejit«Mil. Et de
c«'la ([ue l'idiome méridional n«^ s'est pas iigé dans rimmo-
bilité, (ju il a éprouvé des transforinati<nis, serait -il juste
de c«)nclure ([u'il doit être déclaré alt<'int et convaincu de
mort civile? Ce ne sont |)oint h*s acquisitions nouvelles,
quand il les a mar(jué«'s au titn* légal, qui i)euvent dimi-
nuer son crédit; mais bien cette fausse monnaie, frappée
au coin d'une fantaisie ignorante, qui le déconsidère : et
c'est là que le remède doit être apj)li(pié.
D'autre part, la langue d'Oc est morcelée en une infinité
11
de dialectes; mais s*en est-elle pour cela affaiblie dans son
principe? Tons ces rameaux se relient par mille radicules
à la souche-mère; les nuances d'intonation et de vocalisa-
tion viennent confondre leurs accords dans Tharmonie
originelle, dans une gamme commune. S*il n'est pas permis
d'espérer, à cause de l'étendue du territoire et de la diver-
sité des dialectes, de les rassembler tous dans une compo-
sition unique, qui dénonce les altérations dont ils ont
chacun plus ou moins subi l'atteinte, et qui les ramène au
thème vrai, ce résultat ne peut-il être obtenu dans une
monographie, qui se rattache à tous par des aperçus géné-
raux, par la fraternité d'origine et de famille? Notre dia-
lecte cévenol , par sa position concentrique entre la plaine
et la montagne, plus abrité que les autres contre les impor-
tations exotiques, ne s'est-il pas montré aussi plus fidèle au
vieux culte, n'a-t-il pas mieux conservé les saines traditions?
Ne devrait-il pas être préféré pour ce travail d'épuration?
Ce sont ces études qui préoccupaient l'auteur des Caita-
gnadoi, auxquelles il conviait un groupe d'intimes, animés
comme lui du feu sacré. 11 rêvait de rendre à son dialecte
bas-languedocien, cet ami d'enfance tant aimé, sa physio-
nomie vraie. Dans cette pensée fut commencée la nomencla-
ture du nouveau Dictionnaire languedocien : elle nous est
parvenue écrite en entier de la main de M. le marquis db
La Fare-Alais.
A cet éminent esprit , si versé dans la connaissance de
l'idiome maternel , si familier avec le génie du gai-savoir,
il appartenait, et lui seul avait autorité et compétence pour
cela, de dresser le nobiliaire complet de notre langue, où
ne devaient être inscrits, comme sur le livre d'or de Venise,
que les patriciens de bon aloi , de pure origine ou d'allian-
ces légitimes. Poète, il avait rendu à cette langue populaire
sa grâce et son élégance, sa clarté et son énergie, son carac-
tère joyeux et goguenard, ses allures franches et agrestes;
il l'avait élevée même jusqu'à l'idéal qu'on lui croyait
inaccessible , jusqu'au sentiment et au pathétique pour les-
quels on l'accusait de manquer d'expression ou de souffle.
Grammairien , il voulait lui garder son purisme natif et son
originalilé technique; la sauver du servilismede l'imitation et
des pollutions de l'invasion étrangère ; délivrer son domaine
des excroissances sauvages que le terroir natal n'avait pas
produites et se refusait à féconder; conserver aux fleurs de
ses champs leur fraîcheur et leur parfam , sans proscrire
toutefois celles que sa culture ou son génie avaient natura-
lisées et dont il avait fait des conquêtes. Le maître seul eût
pu mener à bien ce labeur délicat : malheureusement il ne
lui a pas été donné de l'accomplir; mais il en a déposé la
pensée dans la nomenclature.
Cette classification, telle qu'il nous l'a laissée , accompa-
gnée de quelques notes trop rares et pieusement recueillies,
qu'il sera facile de reconnaître , forme un tout complet.
Notre système d'orthographe et les régies de notre syntaxe
s*y trouvent en germe : toutes les acquisitions nouvelles du
Cévenol sont légalisées, les néologismes irréguliers condam-
nés; le maitre a prononcé. Pour nous, ces listes de mots
sont les tables de la loi : elles fixent notre dialecte, elles
sont notre langue vraie, actuelle, vivante. C'est l'arrêt au-
quel il n'y a rien à ajouter ni à retrancher : le jugement
dernier qui sépare le bon grain de l'ivraie.
Il y a plus de vingt-cinq ans du jour où fut écrite la pre-
mière ligne du Vocabulaire et où nous recevions, avec un
ami, hélas! perdu aussi pour nous, la confidence du plan
d'une entreprise trop tôt interrompue. Alors, dans une col-
laboration fraternelle, à laquelle manquait son chef naturel,
le travail aurait pu êlre suivi; d'autres préoccupations
arrêtèrent nos études, sans jamais cependant nous les
faire perdre entièrement de vue. Enfin, quand au dernier
survivant est revenu ce legs de l'amitié, pour en accepter
l'honneur et les périls il a moins consulté ses forces que
son patriotisme. L'œuvre avait été inspirée par un senti-
ment qui devait la faire continuer : elle pouvait être utile,
ses difficultés ne devaient pas empêcher d'en tenter les
risques et les écueils. Mais aujourd'hui que la tAche est à
peu près remplie, que nous avons parcouru jusqu'au bout la
voie tracée par les jalons indicateurs, nous jetons un regard
en arrière, et nous doutons. La bonne volonté ne nous
a-t-elle pas égaré? L'esprit du maître ne souffle plus; ne
nous a-t-il pas abandonné dans ce long trajet? Et nous en
sommes à nous demander, en le regrettant peut-être, s'il
n'eût pas été préférable que l'esquisse fût restée simplement
au trait qui seul lui donnait tant de vie et d'animation;
s'il n'eût pas mieux valu que la toile eût été laissée vide
dans son cadre d'or. Puisse au moins la gangue abrupte
ne pas trop déparer le diamant que nous avons voulu
mettre en lumière !
Tout d'abord nous devions dire comment était né le
nouveau Dictionnaire languedocien; maintenant, que son
ordonnance, sa marche et son développement eussent dû
être moins imparfaits, plus conformes aux us et coutumes
et aux règles académiques, nous l'avouons. Il y aurait trop
mauvaise grAce h ne pas le reconnaître et trop de présomp-
tion à ne pas s'en excuser, n va de soi que notre pré-
tention n'a pas été de faire un livre savant, pas plus que
destiné à apprendre la langue à ceux qui la savent; mais il
importait de conserver l'acte de son état civil, nous l'avons
fidèlement enregistré. Nous avons mis toute sorte d'appli-
cation et de désir à bien faire, pour rendre utiles et inté-
ressantes nos recherches, pour maintenir lessaines traditions;
s'il ne nous a pas été donné de faire mieux, à nous seul
la faute. Mais que ne nous pardonnera-t-on pas et ne nous
laissera-t-on point passer à la faveur des deux noms si
populaires et si sympathiques qui nous couvrent? Ce double
patronage de Sauvages et de La Fark-Alais, nous l'invo-
quons à chaque page. A plus d'un titre nous avions le drmt
de nous en réclamer : ici le devoir qui nous tenait le plus
au cœur était de porter l'hommage du souvenir et de la
reconnaissance à ces deux mémoires vénérées et chôres.
A
A, 5. m. Proiiiiôre lollre do Talpliabct. O'Uo loltro ii'«''tniit
jamais iiiuolte vl n'ayniit ruruiir seule cl uum\o pronoucia-
lioii, il Ji'y a pas lion di^ lui iIdiiiiit un aoocui (|U(lc«)ti<[u<\
iii au coiniiMMKMMiit'ul, ni à la liii, ni dans rinttM'ii'Ur d"\ni
mot. (>[>ondant A pnMid l'acconl circonllcx"' dans la dipli-
llionj^ui' : inàou, pùoii, donbc, clc.
A, prcpos. cl siijna fiti tlalifh. — Aitan à ht vilo ; dotind ilv
pan à un piïoure. Ici Ta n'i'Sl ])as onnsiilt'iv coiiimk' Ir-lli'c,
connno sul»sl;nilii'; il osl [Hvposilion. Pdur l(Mli>lini;iii'i' ainsi,
t;t nt^ [)as 1»' cnnlnndrc M\t\- (<' nml suivaJil, nniis lui dttnniiii"^
TacotMil graN»', (jui du ivs!»* in* ni<tdi(i<M'n ri-'ii sa pronon-
ciation.
A, 3'"'' pei's. nul. près, du v«'I'Ik' .Irt'/zr, il un i-H.^ a.
A, (It'sinenrr, <pii est rcpn'Si'nlt't* dans (piclt|U«'S nuiiis
ju'opi'cs d'Iinniiiii' el dans licaUiMUp (le nnius de lii^i, en
fr. par nr. v\ on lai. [tai" nni.s. (icKut,
Dans aui'ini mot nnli-.- dialccli* n'admet ni ne piMuoiic.'
le C (inal; le IVanciis, an eonlrain', je ('..il rorlcincnl ^.'iilir;
en ce|;j,(^t sur la lenniiiaiMtn dont lions liMiliii^, (■•lui ci ><•
ra])|M'oche da\anta]j«' de rancieniit' loiine. >i>.s aiciiv, I-n
(li'H'vs, axaient en elVi'l c<' miIIîm' </c. <//., ipii >•' ciiili^H'lail
a\ec Son é([ui\al''iil ce, c/V, cons'i'\i'> ejn* n',- d ms l'ar.ii^ li-
cain, le caiul)i*i([ne iM ;iulifs; •'( il> ap[iii «.siciU Mii> d ail'
sur la linali'.
On conn.iit je rttle dis pi''!i\(S et d"N su.'liX''^, tl'ux
soiire.'S (pii f'M'onl.Mit el ('ni'i>-lii>>"nl les laii^Lue^. (l-nx-l.t
])rt''Ci'deiit le mot. l'ont les omp is(''> et macquo il un i.p-
poil de C'»u\enance. de lii'U . de dislnic", d-' t'..i|!>, d"
dinV'rei!!-". fie.; c 'U\ ci >ui\eiii If m-it, iMian'iit |i > d' ,i\ s
et im[tiimejii à la i\..'in ' un s-iis p ;i lli-uli i" t! ■ (pi lit.-, de
mode, d'aelioii, d' «^ull:^l luee . d appi'. -j'i'i diou , di' j''>-'.ii-
Manee, di' reunion, de cti||.'ch\ it'' et aulre.s. ïj' Miilixc //.-,
d'ori^^'iu'' ,t:aul"i-e, S(r\. lil à ad';i'r|i\<'i' 1-' r'i'.icl ;iii(|iii| il
s'atlaeliail , en lui a(iporrnd un^* id'v d'' d- >•• !i ! iiiee, de
propriiUi' ou de colh'cli\ile, (piand il s"ajoa[ lit a un nom
prol)re.
Kn ai"ri\ant (lan> l s (iaule^, linme |enr imjio>a m lanuue
et son ^éine; mais le \ii'U\ Ironc cellitjuf ne lu! pa^ d ra-
cine et ses rameauv \erdi>sai''nl daii> le lani.ML'e u>U'd an
Uiilieu i\v<. pousses latines. Ij's d'iiomiiialioiis locales traib's
faites ne pi)u\ai»'nt s VlV.u: t : ell.-s fuient latinisivs le pins
souxent par la siin[il<} addition de la s\ Malte romain'' caiac-
lérisliipie lis, (t, unt, selon ([u'il s'agiss.iit d'un nuinsus on
payns, d'une ciUa nii niansio, d'un cnstruin mi pniu/ùun.
Pour les élaljlisseiuents nouveaux à créer et à nommer, le
contact perséNéranl des deux idiomes amena des inodilica-
tions do procédés et de formes. L(^ latin introduisit son
génitif eu i, signe do relation idenli(iuo au suflixe ac; et
ABA
de là trè^-prol»al^lement les désinences en acius ou ocium,
et par transi)osition iacus, icHunn, et jieui-élre les tle\ions
en assitts, assiinn, nlins, aiinui, (Tel ni déjà i altération,
mais aus>i le renon\ellemenl ; <'t pendant !<•> sept dU huit
sii'clt's (pi«' dura la décadence ilu r<\L'iuie rouiain, ipii allait
s'alt^'iMiit dans la hasse laliinir-, s'' faisait en même temps
le travail de iorniation de la lan^Mie d'Oc, prèle à jeter
taiil d'éclat avec ses Inadiadours. H est facili' de com[>ren-
di'e, dans ciMle p/'riode, les transformations par Ic^pielles
diu'ent passer les di''sii:nations aiipe||.iti\i'S, sans parler des
iidlu''ners i'llmi(pi''>, <[ui ai;i»eni ;i\ec tant de pui>sance sur
les (U'iiaiies \ocaux el >ur laceenl.
Les reMjll.d^ SI' traiiuis''nl en \ari;mtt'S multipliées.
Tandis tpie, \\,\\\<, If Noid, le >ulïi\e nv se con\ertil (^ii e,
('[/, (iij, /, //, il ll't InUdnis l<' Mnli, en (t simple, en er, e.r;
\ers I'' (ientre, f'U ('<(, eu.i;\\[\ pi'ii pailoul , en ns v\ al: et
toiiji.ui's le loin immolai." il uhiroin.e a persi>t''' dans ses
Jinali'^ iicis el arnui, îdrus cl incuiu. D.ois cette Variété de
[)i"nilails i>■>u^ d'' l'union ih'.s Inrine,-, l,ihne> avec les dési-
nene.si:aidoi^.'>, lanlol laliiii,>''-i'>, laidol senlrnient traduites
d«' l.i Iniju" \id;jiiie r| priii.iliv'', \,\ i-uinhinaison de la
nn'uiîliii' sur 1/ ;.]»|MiaiI ilaiis luaucinj) de noms; elle.
ani'i!" me 'i"i' eunnia «-(iniv.d nt !«' suilixe <///, c;* et autres,
et, il faut le 1VÇm|iii,ii| |V ;;ii<M, |.' 7 c Ilique mouillaut \n,
(pli d'iiM ', ]to!u' '/'■ <l <t( uti: (Il niciini. daus 1'- .NiU'd, tijnt',
iijiii. i';"!i. i[iiiic<, (jiii Ui' s:tn! p.i-^ moins pill(ir('S(pii'S (]ue
lii> <i>ji> r, 'i;jn;>. (. >/ '.I ':rs, 'ni-'j': s, •iiju'i l'ifufs, ar/jneol
01 'jr.. in i i !i Ml oiv . (liii <nl I.--- i;."ii.'s elriinMils ]>riiiiitifs
il rf.imi.i ni a I,; h.'iip' s ■aiNf. lai c iinmeiicnit, il fallait
t' nir iiol" (!•• e. > Iran^formaliiUis. -— Voii. les articles .1/^,
Aiijw, el jis cxi'iiipl.s >oiî> It's n.tiiis de lit>(i Ainiat'ffite,
Abadiè, .v. /'. .V!'lta\e: moiu>| ae d liommes ou di* fem-
iiir<, ^'.ii\('[|i.'' |),(f un alil)'' on mit' ahltesse.
\) v. du l.din M>.l>ntiii .
Abandoù, s. m. AImjiiIou. — il ne se prend guère
([u'advi-riiialemenl. I.aissoloni à I <i(ju/i /où, il ]n''irlig(^ toutes
ses a lia (l'es.
Abandouna, r. Al»aiidoiHi''i'. — (> mut d'origine toute
franc ti> ' (>t peu emj»lo\é dan> son m-us propn», mais il
devieni tunl-à-fait leclnii([Ui' an participe [»asst' fém. uno
ahiiuîoiiuailo, uii'* femme décriée et (pie tout le monde fuit.
>ious reinanjuerdns, en comniiMicant et une fois pour
toutes, (pie le pins grand nombre de verlies actifs, daus
notre jdioine ainsi (pie dans le hasd>reton, se terminent ou
A à rinlinitif et au part. pass. masc. Tous c(\s partici]x^s
font ado au féminin.
Abàoucha [s], c. Tomber sur la face, sur le uoz.
ABÉ
ABE
IS
Le radical semble pris de bueca, bass. lalin., boache.
Abtoosa, 17. Retoaroer nn vase sens dessus dessous.
Abàoiua (s*), v. Se coucher à plat ventre.
AbâouBOÙ (d*), ou d'Abâousoùs, adv. A plat ventre,
£ue à terre.
Abarbassl, ido, adj. Barbu, qui laisse croître sa barbe
outre mesure.
Dér. de Barbo,
Abartassi (s*), v. Se couvrir de buissons; dégénérer en
buisson. Se dit d'un arbre qui a été brouté ou trop fré-
quemment ravalé dans sa jeunesse.
Dér. de Barta», buisson.
Les verbes dont Tinfinitif est en I , ont la même termi-
naison au part. pass. maso. ; ils font au fém. ido : règle
générale.
Abasanl (s*), v. Se flétrir, se rider; devenir vieux, usé,
mi-pourri. Se dit quelquefois des personnes, mais plus sou-
vent du bois de service qui a été pénétré par l'humidité et
la gelée, et qui perd par là son poids et sa dureté.
Abastardl (s'], v. S'abâtardir, se rabougrir, dégénérer.
Se dit surtout des plantes et des céréales qui dégénèrent
faute d'assolement et de renouvellement des semences.
Abatsda, v. Attaquer, poursuivre quelqu'un avec des
projectiles quelconques; jouer de la fronde, jouer à la
bataille, lancer des pierres avec la fronde ; abattre des fruits
à coups de pierre ou de gaule.
Abè, 9. m., dim. Abéqué. Abbé. Ce mot n'est plusqu'mic
désignation générique de tout ecclésiastique, n'importe son
rang et ses fonctions, jusqu'à celles d'évôque inclusivement.
Dér. du lat. Abbas,
Abé, s. m. Sapin, Abies vulgaris, Linn. Grand arbre de
la famille des Conifères. — Voy. Sapin.
Dér. du lat. Abies,
A-bé-cé-dé, s. m. A-b-c, abécédaire, alphaljet.
Abéîano, s, f. Mélisse, citronnelle. Métissa officinalis,
Linn. Plante à odeur de citron. Ses feuilles prises en infu-
sion sont un léger stomachique. C'est le thé des paysans.
— Voy. Idmounéto,
Etym. de abéîo, parce que les fleurs de cette plante, la
mélisse, attirent les abeilles, dont le nom grec est [xsXiaaa,
formé lui-môme de (jiXi, lat. mel.
Abéîè, s. m. Grand troupeau de moutons composé de
plusieurs troupeaux de différents propriétaires, et que l'on
réunit sous la garde d'un maitre-berger nommé baïle, pour
les conduire en été sur les hautes montagnes. — Voy. Avé.
Ce mot est évidemment une dégénérescence à^âouèliè, qui
a la même signification dans le dialecte gascon ou plutôt
bcnlelais. Ce dernier est dérivé (ïàouélio, brebis, formé du
Utin ooù, comme ovUe, bergerie, étable à brebis. C'est la
origine que le français ouaiUe ou ovaille.
ï^ c. f. Abeille, mouche à miel. Apis mellifim, Linn.
— Mèrdo d*ûbéio, miel. Carga coumo uno abêio, chargé
oonune une abeille; ne se dit que de quelqu'un chargé de
butin on d'objets utiles à soi-même.
Abél ou i^iè, s. m. Rucher d'abeilles; lieu où sont pla-
cées les ruches à miel; l'ensemble de toutes les ruches.
*— Voy. Apiè.
Abëna ou Ayéna, v. Finir, user, élimer. Se dit d'un
habit, du linge, d'un meuble; au flg. d'une personne usée
de vieillesse ou de travail. — C'est encore un technique
particulier pour les filatures de soie. Chaque jour, à la fln
de la journée, on ramasse les derniers cocons à moitié fllés
qui restent dans la bassine , pour les réunir le lendemain à
des cocons neufs ; mais le samedi il y aurait inconvénient
à les laisser croupir ainsi tout le dimanche dans leur humi-
dité. Pour y obvier, on travaille un peu plus longtemps le
samedi, pour achever de filer ce qui reste de soie aux der-
niers cocons : c'est ce travail sur les cocons ainsi usés, et
sans en adjoindre de neufs, qu'on appelle Abéna. —
Voy. Avéna.
Abénaduros, s. f. pi. Reste de cocons mi-dévidés dont
il est^parlé à l'article précédent. La soie qui en provient a
moins de force et de nerf, car ce sont les filaments inté-
rieurs et le dernier travail du ver arrivé à sa fin. Aussi
n'est-il pas prudent de dévider cette soie sur la flotte déjà
commencée; elle paraîtrait à l'extérieur et donnerait à
l'œil mauvaise opinion de sa consistance. Pour y remédier
on prend une roue nouvelle et l'on entreprend une autre
flotte ; alore la soie provenue des abénaduros se trouve en
dedans et passe ainsi inaperçue.
Abèou (àl'), adv. En danger, sur le bord d'un précipice,
sous le coup d'un accident. — Aquà's bien à V abèou, cela
est fort exposé, bien en danger.
Dér. peut-être du lat. Labes, chute, ruijie; mais alors il
aurait dû être écrit iMbèou; peut-être du lat. Abyssus,
abîme, précipice.
Abéoura, v. Abreuver; mener à l'abreuvoir, faire boire
les bestiaux ; combugcr un vaisseau en ]x)is, des futailles.
— La tèro es prou abéourado, la terre est assez humectée,
abreuvée.
Dér. de Béoure, boire.
Abéouradoù, s. m. Abreuvoir; auge à cochon; auget de
cage. On dit proverbialement : I aï tout soûl à Vabéouradoii,
il n'est pas nécessaire de le mener boire, il sait boire tout
seul, en parlant d'un ivrogne. — Cassa à Vabéouradoà,
tendre des filets le long d'un ruisseau où vont boire les
oiseaux.
Abéouraje, s. m. Breuvage. — Il se dit de la p&tée
qu'on sert aux cochons; du breuvage mêlé de son et de
farine qu'on donne aux chevaux et aux vaches ; particuliè-
rement des breuvages médicaux qu'on fait avaler aux
animaux domestiques de toute sorte.
Abéonre, s. m. Toute sorte de boisson étendue d'eau»
mais dont le vin est la base, soit piquette, soit vin trempé;
abondance.
Abérlénquiè ou Amélan, s. m. Amelancbier, Cratœgm
emelanehier, Linn. Arbrisseau de la fam. des Rosacées. Son
fruit se nomme Abérlénquç. — Voy. Am&an.
Notre ami succomba, le 27 décembre 1873, à la cruelle maladie dont il était atteint depuis plusieurs
mois. Il mourut en chrétien convaincu et résigné, digne couronnement d'une aussi belle existence.
M. B. de Roux-Larcy a résumé en trois mots, sur sa tombe, la noble devise de Maximin : « Dévoue^
meni, abnégation, fidélité, •
« Sa foi religieuse, a-t-il ajouté, sa mort la proclame — Sa foi politique fut de celles qui com-
mandent le respect à leurs adversaires, et qu'aucune épreuve ne fait jamais défaillir (1). »
a Né dans le sein de l'Église romaine, élevé dans la foi et Tamour de ses dogmes, dans le respect de ses
décisions, dans la soumission à sa discipline, a dit excellemment de lui M. d'Ëspinassous, rien de ce qui,
dans nos temps troublés, a fait boiter tant d'âmes, n'a eu la force de le faire dévier un seul moment de son
devoir filial Dieu, roi, patrie, cité, famille, amis, tant que ce noble cœur a battu, il a tout aimé avec
obstination — Catholique et légitimiste par sentiment, il devait nécessairement en être le type le plus
pur, et il ne pouvait que vivre et mourir dans les bras de l'Église et en rêvant du trône (2). »
A ce splendide hommage aussi mérité que noblement exprimé, il nous suffira d'ajouter que la mort de
Maximin d'Hombres fut une perte irréparable pour sa famille et ses nombreux amis, et un deuil public pour
cette excellente population alaisienne, qui voyait s'éteindre en lui une de ses figures les plus originales et
les plus aimées, un des derniers chroniqueurs de ses mœurs populaires, un des derniers représentants de
ses antiques traditions.
*
Après la mort de notre ami, Madame d'Hombres voulut bien nous confier le soin de terminer l'œuvre
inachevée de son mari : honneur insigne et périlleux, qui nous revenait moins qu'à tout autre et que nous
nous sommes efforcé de justifier, sans espérer d'y avoir réussi aussi complètement que nous l'aurions désiré.
Maximin d'Hombres avait, en mourant, laissé le Dictionnaire languedocien rédigé et imprimé jusqu'à
la lettre M, inclusivement. Il restait donc à définir, sans autres jalons que la liste incomplète laissée par
M. le marquis de La Fare-Alais, tous les mots correspondant aux douze dernières lettres de l'alphabet.
L'orthographe introduite par M. de La Pare, dans ses poésies, est des plus défectueuses et se trouve en
complète opposition avec les origines et les traditions de la langue d'Oc. Maximin d'Hombres l'avait néan-
moins adoptée, par déférence pour le souvenir de son ami, et, bien que nos préférences soient en faveur
de l'orthographe rationnelle, reconstituée par la renaissance provençale, nous avons dû, à notre tour, nous
plier aux mêmes exigences, pour conserver, à l'œuvre à moitié accomplie de nos prédécesseurs, sa physio-
nomie propre et sa complète unité.
Dix ans ont été consacrés à cette tâche laborieuse, dont l'accomplissement nous a été facilitée surtout
par MM. Emile de Firmas-Périès et César Fabre, deux alaisiens de vieille-roche, pour qui le dialecte Cévenol
n'a point de secrets. Nous devons aussi de nombreux renseignements aux trois poètes d'Alais, successeurs
de La Fare, MM. Paul Félix, André Leyris et Albert Arnavieille ; et, d'autre part, M. Emile Reboul, a bien
voulu prêter à MM. Alfred Veirun, Auguste Brugueirolle et Clodomir Castagnier, imprimeurs du Diction-
naire, le concours de son remarquable talent de correcteur.
Nous nous estimons heureux de pouvoir consacrer ici, à ces bienveillants collaborateurs, les meilleurs
témoignages de notre sincère reconnaissance.
Alais, 27 décembre 1883.
G. CHARVET.
(1) Discours prononcé par M. E. de Roux-Larcy sur la tombe de M. Maximin d^Hombres.
(2) Ëloge de M. Maximin d'Hombres, par M. d'Ëspinassous.
EXPLICATION DES ABRÉVIATIONS
A OU a
Ace
Adj
Anv
Allem
Angl
Art
Au FiG
AUGM
Au PROP
Bass. lat
Cant
Cat..
Celt
CÉV
COMM
COxNJ
CONTR
CORR
Dat
DÉMONS
DÉR
DiAL
DiCT
DlM
DlPH
Emp
Esp
Etym
ExrxAM
Ex
F. ou f
Fam
FiG
Fr
Frèq
Gasc
GÉMT
Gr
Imp
— Indique le cliangomeiU
= Signifie égale. Ex. Ac =
Actif»
Accusatif
A'Ijeclif.
Adverbe ou Adverbialement.
Allemand.
Anglais.
Article.
Au figuré.
Augmentatif.
Au propre.
Basse latinité.
Canton.
Catalan.
Celte ou Celtique.
Cévenol.
Commune.
Conjonction.
Contraction.
Corruption ou Corrompu.
Datif.
Démonstratif.
Dérivation OU Dérivé.
Dialecte.
Dictionnaire
Diminutif.
Diphihongue.
Emprunt ou Emprunté.
Espagnol.
Etymologie.
Exclamation.
Exemple.
Féminin.
Famille ou Familier.
Figuré.
Français.
Fréquentatif.
Gascon.
C, en itif.
Grec.
Impératif.
Ind Indicatif.
Interj Interjection.
IrrÉg Irrégulier.
Ital Italien.
Lang Languedocien.
Lat Latin .
LiM Limousin.
LiNN Linnee, naturaliste.
Loc. PRVB Locution proverbiale
M. m . ou M ASC Masculin.
M . SIGN Même signification.
N . PR Nom propre.
Par EXT Par extension.
Par ex Par exemple.
Part, pass Participe passé.
Péj . ou PÉJOR Péjoratif.
Pers Personne.
Pur. F ou faitk Phrase faite
Plur Pluriel.
Port Portugais.
Pop Populaire.
Poss Possessif.
Prép Préposition.
Prés Présent.
Prêt Prétérit.
Pron Pronom.
Prov Provençal.
Prvb Proverbe.
UÉDUP Réduplicatif.
WÈY PéfUchi.
Rel Relatif.
SiNG Singulier.
SuBS. ou s Substantif.
Syn Synonyme.
ÏRAD Traduit.
Trifh Triphthongue.
\ . C. M Voyez ce mot.
\ . OU V Verbe.
V . 1 Vieux langage.
VoY Voyez.
traccq»lious ou de sens d'un mot; mais plus souvent les citations et remarques.
= ec, ac égale ec ; angue = anégue, = anenche : angue égale anègue, égale anenche ; etc
DICTIONNAIRE
LANGUEDOCIEN-FRANÇAIS
BOISSIER DE SAUVAGES! Db LA FARE-ALAIS ! Deox
noms radieux et sympathiques, que nous sommes heureux
d'inscrire en tète des colonnes de ce livre, et qui feront sa
mdlleuie fortune.
Au premier nous rattachent des liens de fomille; an
second est due Hdée première de notre nouveau DicUon-
nain languedocien.
L'abbé de Sauyagbs, parmi les célébrités que notre pays
a vues naitre, on Ta dit avec raison, est la plus oomplète-
ment alaisienne : aucune n'a le cachet du crû comme la
sieane. Géologue, physicien, naturaliste, agronome, litté-
rateur ou lexicographe, soit qu'il omsacre ses études à
ragricnlture, soit qu'il dirige ses recherches vers la linguis-
tique, tous les travaux d'une vie bien remplie et toujours
ai^quée, les connaissances variées qu'il possède à un
degré distingué, supérieur même en quelques branches, son
expérience et son rare savoir semblent n'avoir quelque prix
à ses yeux qu*autant qu'il peut les faire tourner à la pros-
périté et à l'illustration de son pays natal.
Entre tous ses ouvrages, le seul dont nous ayons à
parler ici, le mieux connu peut-être, ne pouvait manquer
de porter l'empreinte de cette pensée de bien public. Dès le
titre même de son dictionnaire, et dans sa préface, le but
du modeste savant prend plaisir à s'avouer hautement, n
se donne pour mission principale d'enseigner à parler cor-
rectement le français à ceux de ses compatriotes qui, accou-
tumés dés l'enfance à formuler leur peiûée en languedocien,
iï*m donnent, en se servant du français, qu'une traduction
vidense et toute hérissée de gasconismes. Il se propose en-
suite d'expliquer les mots du vieux langage dont fourmil-
lent les titres et actes étabfissant d'anciens droits ou leur
exemption. Vne pareille conception a pu paraître étrange^
originale : il n*y faut voir qifô le sentiment exagéré peut*
être mais toudiant, d*un noble patriotisme, qui sacrifie au
déiir d*ètre utile mémele soin de sa renommée littêrane et
scientifique. Cette préoccupation toutefois a empêché une
œuvre excellente d'atteindre la portée que l'auteur pouvait
se promettre. Elle lui fait mettre de côté les mots les plus
usuels, pour ne s'attacher qu'à des techniques; tous les
termes, et souvent les mieux employés, ne se trouvait pas
chez M, et il les néglige pour en poursuivre d'autres,
hors de sen domaine, sll y peut saisir l'occasicm d'un
redressement et matière à sa leçon de français. Restreint
ainsi dans lue spécialité, et en même temps entraîné vers
des (Malectes étrangers, son plan est incomplet et manque
d'unité, au grand détriment de notre dialecte. Quelle valeur,
en effet, était destiné à avoir, pour l'avenir littéraire de
notre pays, un travail de cette importance, exécuté par un
homme comme l'abbé de Sauvagbs, si, au lieu de se renfer-
mer dans un traité de purisme français, il nous eût donné
un vrai lexique languedocien, embrassant la langue dans sa
plénitude, ne sanctionnant que ce qu'il savait être de pur
sang cévenol, mais légalisant tout notre avoir légitime! Sa
réserve trop timide est d'autant plus regrettable, que per-
scmne encore n'avait, avec tant de profondeur, de sagacité
et d'éruditi^, pénétré dans le génie de notre idiome, ne
s^'étaiit plus impressionné de ses beautés, de sa limpidité, de
la sève de ses tours, de ses images, de ses figures, de ses
idiolismes. Malgré ces lacunes. Sauvages restera comme la
gknre la pN» populaire de nos contrées, et il méritera touK
jours d'être considéré comme le plus savant et le plus spi-
rituel dee initiatéitts du languedocien^
Son recueil sera le meilleur à consulter et le plus cu^
rieux quand on voudra remonter aux sources; mais sa
donnée trop ^diksive devait nous interdite de le prendre
en tout pour modèle. Le danger qu'il a voulu combattre*
n'existe plus d'ulleurs au même degré. Ce n'est pas Talté^
ration de la langue française par le languedoden qui est ^
Tedouter : Finfluence inverse- est bien aunement à cnundrèy
et le jiéri sérieux est au^ c(mtrairè de voir notre belle et
ACE
ACE
il
mot Qa'oQ nous permette d'empranter à la pié&oe dei
CoatagÊtado» on oonuneiitaire qui la complète.
La Fare-Alais dit de la langue d'Oc c qu'elle est une
musîqiie comme l'italien, plus que loi pent-ètre; c'est du
moins um mélopée. Ses syllabes sont des notes, ses
phrases des motifo harmoniques; son acœntoation, si
Tsriée, est une véritable gamme, et ses diphthongnes, ses
tiiphthongnes. si fiéqnentes, si multiples, forment des
syncopes chromatisées d'une mélodieuse expression. Si
cette langue a le larynx limpide et métallique, elle a
aussi, et par-dessus tout, l'oreille chatouilleuse; et sa
susceptibilité à cet égard raïqpelle ce sybarite que le pli
d'une rose empêchait de dormir. »
On ne saurait mieux dire. C'est bien là, en effet, l'origi-
nalité et le caractère dominant de notre langue d'Oc, que
cette prosodie musicale des mots et des syllabes, qui ne
l'abandonne jamais, qu'elle garde en parlant les autres
langues, et qui est dans sa nature. Et cela n'est autre
chose que scm accent i^opre et l'accent tonique, que ce
culte de la modulation , qui lui est inspiré par l'éclat de
ses voyelles, qui lui fait éviter lé redoublement des con-
sonnes et condamner, même dans la plus humble prose, le
choc de deux^sons pareils; que ce sentiment natif de
l'euphonie, d'où lui viennent ses délicatesses exquises
de construction et de vocalisation. L'accent tonique, ainsi
compris, est de toutes les langues ; mais il est, au plus haut
degcé, l'essence, l'âme et le génie particulier des idiomes
méridi(Miaux. Pour eux, qui chantent d'instinct, qui
relèvent plutôt du solfège que de la grammaire, l'har-
monie est la loi souveraine. La langue d'Oc, comme l'ita-
lien et l'espagnol, ses sœurs du même lit, en reconnaissent
si bien la puissance, que la prononciation est devenue la
raison. logique de leur orthographe. 11 le fallait bien. Le
sens d'un mot dépend souvent, — on va le voir par des
exemi^es, — de la manière dont U est accentué : dès lors,
écrire comme on prononce et comme on entend, et par
voie de conséquence, ne prononcer que comme on écrit et
que ce qui est écrit, (!'estrà-dire conformer l'écriture à la
parole, est une nécessité de nos dialectes; car l'unique
moyen de leur conserver la clarté, la grâce, l'intelligence,
consiste à rai^rocher l'orthographe de la pensée, à lier la
forme des mots avec leur signification. Dès lors, toutes les
lettres devant être articulées avec le son qu'elles expri-
ment, il n'est besoin de représenter à l'œil que ce qui doit
être entendu par l'oreille.
Les Grecs et les Latins avaient la quantité, qui mesurait
la durée des sons : les langues modernes ont l'accent
tonique, c'est-à-dire l'élévation ou la flexion de la voix
sur chaque mot, presque sur chaque syllabe. A Rome,
rapporte Cicéron, le peaple se montrait très-sensible à
l'observation de la mesure. « Tout le théâtre, dit-il, se
•
soulève et pousse des cris, si une syllabe est trop brève
ou trop longue, bien que la foule ne connaisse ni pieds
ni rhythme , et qu'elle ne sache point ce qui blesse son
oreille, ni pourquoi ni en quoi elle est oflensée : Thêoira
Ma êxeiawutÊU, «i fmi una gyUaba krmtwr atU Umghr, tm
verà muUiiMdo p9des nofrit me tMor niifnerof imêt, nm
mud quod offèndii anf eur ont m 9110 offlmdal inMifgU, »
La Ungue d'Oc a hérité de sa mère latine d'une sensibilité
pour le moins aussi vive. Dans sa vocalisation, qu'une
rcmde soit substituée à une noire, elle se sent froissée;
qu'une note qui doit être éclatante soit convertie en un
son tourd, qu'une voyelle forte s'échappe comme une
muette, elle s'irrite de la transposition; elle est blessée de
la cadence fausse; pour elle le sens se déplace, se dérobe,
se dénature aussitôt. Il n'y a pas ici cependant non plus
d'autre juge que l'oreille. Judiciumipui natura in aurihui
noiiriê coUoeawt, dit toujours Gicércm; mais l'accent va
de soi, sans théorie et sans grammaire; il est dans l'air et
dans la voix; notre parler est aîinsi fait. Il faut l'accepter
tel quel, se soumettre à ses exigences, ou renoncer à se
faire comprendre. C'est de cette accentuation que nous
essayons de donner une idée et de poser les principes.
Il n'existe pas de langue qui n'ait son système propre,
individuel d'intonations, de consonnances, dépendant de la
combinaison, du rapprochement et de la sonorité de ses
voyelles. Pour notre langue d'Oc, rien n'est plus essentiel
que de connaître la clef de sa notation.
Le premier point, et le plus délicat, est de préciser l'in-
flexion, de déterminer le degré d'élévation ou d'abaisse-
ment de la voix, qui constitue l'accent tonique. Dans une
phrase écrite, tous les mots sont séparés par un intervalle;
il en doit être de même dans la phrase parlée. Chaque mot
a sa syllabe tonique, et n'en a qu'une, la syllabe finale,
sur laquelle, par une sorte d'insistance, il se fait un temps
d'arrêt imperceptible, cependant appréciable, une modu-
lation distincte, qui peut être classée dans l'échelle des
sons, insensible presque, mais qui, en appuyant, est mise
en saillie. Une seule condition est imposée à cette dernière
syllabe, c'est qu'elle soit de force à supporter l'accent, ce
qui n'arrive jamais avec une muette, une féminine, une
faible, sur laquelle la voix ne s'arrête point. C'est pour-
quoi la tenue ne se fait que sur la finale des mots, quand
cette syllabe est masculine, à consonnance pleine et grave;
ou sur la pénultième, quand le mot se termine par une
féminine, faible ou muette.
Cette règle est le fondement de la prononciation du lan-
guedocien : son corollaire se trouve dans la justesse exacte
du son attaché à chaque syllabe, représenté par une
voyelle. Notre idiome, pour s'écrire avec le même alphabet
que le français, qui fut l'alphabet latin, ne donne pas
cependant à toutes les lettres le son qu'elles avaient en
latin, non plus que celui qu'elles ont en français. A chacun
son lot. La langue d'Oc a des sons qui lui appartiennent
en propre, des alliances de lettres qu'elle affectionne, des
cadences qu'elle recherche ; elle ne veut pas en être dépos-
sédée, et elle ne se livre qu'à ceux qui lui sont fidèles ; à
eux seuls elle consent à révéler sa grâce , sa douceur, sa
s
9
La poésie refleurissait au berceau des premiers trouba-
dours; et par un merveilleux entraînement de patriotisme,
tous les dialectes, aussi nombreux et aussi mélodieux que
dans Tanclenne Grèce, se réveillaient pour publier leur
charte particulière, le code local de leurs variétés. Les tra-
vaux des grammairiens et des linguistes, les glossaires, les
lexiques, les vocabulaires se sont multipliés pour attester
la vitalité rajeunie de l'idiome languedocien. Des académies,
des sociétés , des congrès , des jeux floraux ont encouragé
cet élan de l'esprit provincial, et tout le Midi a répondu à
des voix aimées et connues, qui l'appelaient dans sa langue
populaire à une vie nouvelle.
Certes, tout cela ne va pas faire renaître les temps des
Raymond de Toulouse et des Déranger de Provence, avec
les cours d'amour, avec les fleurs et les joies de la gaie
science. Nous n'allons pas revenir à l'époque pour laquelle
écrivait Sauvages , où , par tout notre pays , dans les plus
grandes maisons comme sous les toits les plus humbles, le
patois, c'est-à-dire le langage de la patrie, conservait seul
l'antique droit d'asile, où seul il était admis dans les rela-
tions privées et domestiques , dans les causeries intimes du
salon du riche et de l'âtre du pauvre, où la famille patriar-
cale ne s'entendait, ne s'entretenait, ne s'aimait qu'en pur
languedocien. Non; mais tout cela, ce réveil intellectuel de
nos provinces , ce retour de faveur, cet empressement du
monde savant à remettre en honneur l'idiome méridional
donnent la preuve que le flambeau , rallumé par des mains
habiles, n'a rien perdu de son éclat, et qu'il y a mieux que
des cendres mortes à remuer au foyer de la langue d'Oc.
N'est-ce pas déjà quelque chose de bien remarquable qu'une
langue, proscrite et dédaignée, qui revendique d'autorité sa
place au soleil, qui s'impose par des chefs-d'œuvre et se
classe de prime-saut au rang qui lui a autrefois appartenu
et qui lui revient encore? N'est-ce pas faire acte de force,
sous le régime le plus centralisateur qu'on ait jamais inventé,
d'avoir su persévérer dans son indépendance, et si bien
garder intactes l'originalité et la pureté de son type natif?
Et quand elle s'est présentée ainsi, de quels artifices a-t-elle
usé pour se faire reconnaître? Quelles habiletés a-t-elle
employées pour être adoptée et recherchée? Son histoire
était là qui disait son passé, ses traditions, ses instincts.
Le oharme de sa parole , de sa mélodie , de ses rythmes a
suffi : elle n'a pas exercé d'autre séduction.
CepNidant, depuis le commencement de ce siècle, le sys-
tème des prohibitions ne lui a pas épargné ses rigueurs.
Que de défenses par édits et par arrêts, par lois et décrets,
de se produire ! Et en même temps, comme sur son domaine
ks introductions de la concurrence officielle étaient léga-
lisées! Au nom du progrès et de l'unité, sous prétexte de
belle diction, aucune trahison, aucune rupture, aucun
ibandcm ne lui ont été ménagés. Elle a été écartée de Tin-
9lraction primaire de l'enfance; les hautes classes de la
sodété n'ont plus consenti à la traiter que comme une langue
de luxe, pouvant s'adonner avec quelque succès à la litté-
rature et y réussissant assez bien , et elles l'ont bannie de
leur conversation la plus familière. Mais, sous le coup de ces
injustes réprobations, auprès des masses populaires, loin des
villes et des écoles, elle a trouvé un refuge. L'attachement
opiniâtre du peuple pour le langage dans lequel il a appris
à penser, qu'il s'est donné comme l'instrument le plus
facile, le plus commode , le plus actif de ses relations, de ses
nécessités d'habitudes et de mœurs, lui a fait un rempart
inexpugnable. Là est pour elle la vraie patrie; elle est là
en pleine possession d'elle-même. Vivant par les populations
attachées au sol, elle a suivi leur développement; mobile
comme tout ce qui vit et marche, quand elles avançaient;
s'impressionnant avec elles des influences climatériques,
quand leur organisme les portait naturellement à modi-
fier certains sons, à préférer certaines articulations mieux
appropriées à leurs facultés; se prêtant à formuler les
idées et les connaissances d'une civilisation plus riche,
dans la mesure des besoins et des intérêts qu'elle était
appelée à servir, dans le cercle qu'elle embrassait, selon les
lois et la nature de son organisation, dont 1c peuple a si
bien le secret et l'instinct. C'est assurément pour s'être
tenue dans ce milieu , dont on ne l'arrachera pas de long-
temps, où les innovations ont moins de prise et le respect
de la langue maternelle plus de puissance , qu'elle doit de
n'avoir presque rien perdu de son caractère primitif,
du naturel qui distingue son individualité , qui la classe
comme une langue à part, vivant de sa vie propre.
Aussi, plus qu'un autre, l'idiome languedocien est-il en
droit de se montrer jaloux et fier de rester et de paraître
lui-même. Il ne redoute rien tant que l'alliage et la contre-
façon : il réprouve avec horreur tout ce qui ressemble à un
pastiche ou à un calque ; il est dans sa nature d'avoir des
susceptibilités d'hermuie, des délicatesses de sensitive, et
des raffinements de pruderie , qui auraient dû déconcerter .
les audaces d'attouchements profanes. A ce point que, pour .
vivre dans le mouvement intellectuel et social, quand il est
forcé d'emprunter un mot au français, son voisin et son
rival , il a hâte de protester contre ce servage, et se croit
obligé de défigurer l'intrus par quelque métathèse hardie
qui sauve jusqu'à l'apparence de l'imitation. Ainsi encore,
il sent bien que le langage moderne de la politique, des
sciences et des arts, de la philosophie, lui échappe; mais,
dans la sphère où Ta retenu sa défaite, il n'en avait nul
besoin; il repousse l'importation étrangère ou il la dénature
par des procédés à lui propres, et peut-être aussi par la
crainte d'introduire dans son domaine la plus étrange des
battologies, s'il lui fallait, à l'exemple du français, deman-
der des techniques à l'Angleterre pour la politique, le com-
merce ou l'industrie, à l'Italie pour la musique et la pein*
ture, à la Grèce et à l'Allemagne pour la philosophie.
Le contact continuel et forcé du français n'autorise avec lui
ni assimilation, ni promiscuité. Le génie de la langue d'Ocest
en oj^iosition avec le génie de la langue d^Olfl . La sonorité de
l'accentuation méridionale, l'euphonie et la cadence de ses
ACE
ACB
W
iBBfiHDQ&, à. k fiÉ des mote par exemple» comine tmtpl,
kmipi^émdMni, âiuUni : li il » dAtacbe dak et net.
làÊoaaî grave iniiq» alors ipia le soa se nealoro; tandûi
fÊ»ïiûmàï.nùn.aooemlSÊé glisie el mnrinaie fiiiblèioeiil, k
yokt. appnirant sur k piéoAdafite ajrlkbe. Bx. : ehàti^ èH,
èlK Jtéménêmit fmrffatori.
Neas esBfiiojroitt Tacooit cûnooDflexe pour la dipbiâioiigiie
Um, et il marque rinaiatuioe de k toîx se praiongeanl :
oaltau, arptou, réligiou.
Le tréma sur Vï eet un signe particulier de notre acœn-
toation orthographique. Sa fonction esl des plus impor-
tantes. Quand il suit une consonne et précède une voyelle,
le tréma sur Tt a pour but de le faire sentir plus longue-
ment, et d*en faire une syllabe séparée de la voyelle subsé-
quente, comme dans fïo, bto, mio, en deux syllabes. Alors
qu'il est placé après une voyelle, et suivi d'une consonne,
ou à k fin d*un mot, Vï trématé est doux et faible; le plus
souvent il forme la diphthongue. Ex. : vêire, fotre, souï,
rit, gaUn, pantai. Entre deux voyelles, il remplace à peu
près en certains cas // mouillés français, sans communiquer
à celle qui le suit la flexion labiale, mais seulement en la
monillant; et toujours il empêche la coiiésion avec la
voyelle précédente, ainsi dans pdio, dàio, jmo, bluïo, puïo;
de telle sorte qu*il devient le siège d'une séparation de
syllabes, ou ce qui revient au même, qu'il s'oppose à la
formation d'une diphthongue ou d'une triphthongue, que,
sans lui, le rapprochement des voyelles amènerait, comme
dans les mots presque exclusivement composés de voyelles,
vidouU, aie, euUiré, routàoume. Pour scander ces mots et
parvenir à la prononciation juste, le concours de Vï tréma,
qui est séparatif entre voyelles ou diphthongues dans le
mot, est un des signes les plus essentiels à bien observer.
Nous reviendrons sur son rôle très-important.
L'o et l'ott^ voyelles, sont soumises aux mêmes règles.
Le défaut d'accent, quand elles sont finales, indique
qu'elles doivent s'échapper sans articulation, qu'elles
jouent dans le mot à peu près le même rôle que 1*0 muet
français, caractérisant le féminin des substantifs, et que le
point d'appui de la voix se fait sur la pénultième. Ex. :
fango, tnanado, hèlo, cénténo, babino, carotio, cagnoto,
fyuro, davalau, révètwu, basségou, manipou, donou, tuiou.
Surmontés de l'accent grave, d et où sonnent clairement :
êidd, eaehd, grélà, virtigd; lavadoù, agassoù, loubaloù;
méchoùtt vérinoîa.
Répétons encore que ou entre deux consonnes ou près
d'une voyelle, avec ou sans accent, ne compte jamais que
pour une voyelle, comme s'il n'y avait qu'une seule
lettre.
A l'ageneement et à la liaison de ses voyelles, k langue
d'Oe semble avoir mis avec complaisance tous les rafifine*
ments de soa g^nie mélodique. Parmi les langues de VEsa*-
lope, elk est seule à posséder dans sa voc^isatiou ces
tiâlles brillants qui ne produisit qu'un accord unique»
comme trois cordes de harpe touchées à k fois, vibrant
dans k même oadenoe« Le français se çontcal» de léuÉr
deux sema; le kngoedocien rassembk disns uns sylli|)6
defox» trois et jus^'à quatre sons distincts* Ses diphlboQ^
gaes se multiplient à profosion et se pvésentnt unies tm
sépaiées, au commeDCfflnent, dans l'intérieiir on à k flv
des mots. Ses tnphthongnes si originales suivent la mèoii'
marche el sont presque aussi fréquentes : les tétraphthosr
goes apparaissent dans les vocabiies les plus usuels. G&g^Kh
dant l'orthographe» l'accentuation et k prononciaiioa dm
voyeUes ne changent point parce qu'dles se rencontreiiti
donbles» triples on quadruples à former, dans un mot, un»
seule syUabe composée d'autant de sons en une seole émis*
sien de voix. Si oompMqnée que pousse être k comfai-
naison, le premier et le plus essentiel de leurs caractènS'
est de ne faire jamais qu'un temps, un pied, diraiVon en
versification : la pluralité dans l'unité.
Là est k pierre de touche de cette sorte de syllabes.
C'est pourquoi nous nous refusons à ranger parmi les
diphthongnes les formes ua, ué, ui, uo sollicitées par les
consonnes g et q, comme abrasqua^ cargué, bUmqué, gunV'
cha, quieha, aquè : ici Vu ne parait que comme explétif ;
c'.est un parasite dont l'emploi rend le g dur : il n'y a
pas dualité de consonnance; après ces deux lettres, 1*11
ne se fait pas entendre : précédé de toute antre il doit
scmner : apuïa, euïè, etc., ou bioi» en diphthongue»
éêtuè,juàl, etc.
Par ces exemples on a pu voir qu'une voyelle suivie
d'une antre voyelle ne fait pas nécessairement alliance
avec die. En dehors des élémrats dont nous allons donner
le tableau» nous ne connaissons pas d'assemblages de lettres
qui puissent en réalité former des diphthongues ou des
triphthongues. Mais la langue d'Oc aime trop à rapprocher
ses voyelles, à les multiplier, à nuancer de tons divers des
combinaisons identiques ; sa vocalisation seule donne son-
vent à ses mots un caractère et un sens trop différents»
pour n'avoir pas une notation qui réponde à ce besoin, qui
représente exactement son euphonie, ses accords, le rhythrae
de ses gammes syllabiques. .
Le français se préoccupe moins d'éviter une confusion
qui le rend si diflScile à bien prononcer : sa prose et sa
poésie ont des différences de quantité inexplicables dans
les terminaisons en ûm, ieur, ieux, par ex, qui reviennent
sans cesse et qui font tantôt des monosyllabes diphthongues,
tantôt doivent se scander en deux tempe : de ce nombre,
avec une infinité d'autres mots, fier, adj. d'un seul jet,
et fier, verbe, dissyllabe. Cependant rien n'avertit de œs
changements. Notre orthographe au contraire a voulu iM
indiquer an moyen de l't tréma, qui disjoint les sylkbes»
comme fU, fiUe» et fié, feu» nno, amie» mià, muid, pio,
pillage, pid, dindon, etc.
Un signe spécial ékit indispensable; car le languedocien
n'a pas le droit de prendre les licences du français. Il n'a
ni grammaire, ni académie pour commenter et justifier ses
anomalies. Il n'admet pas de kttres inutiles, non arti-
90
ACE
ddéet, se prononçant Mliement qa*eUet ne tont notées;
il prafease en principe que sa prononciation est tonjonis
▼nie, rtglée sur la valear pn^ire des voyelles ; ce qni
ne Tempèche pas d'accumuler volontien les accords
sonores, de mêler ses diphthongoes et ses triphthongnes
dans le même mot. Dès lors il loi est imposé plus
strictement qn'an Iranfais d'avoir nn système d'ortho-
graphe qni mette en pleine lumière la différence d'accen-
tuation de tontes les lettres et de lettres identiques, et
U séparation des membres d'un mèoie mot où se trouvent
surtout des voyelles avec des d^ihthongues. Par la plus
ingénieuse diqnsition, qui dénote la perfection du senti-
ment mélodique de la langue d'Oc, les complications les
plus ardues deviennent simples et faciles avec les accents
grammaticaux et les ï tréma.
L'accent modifie le son : il l'affaiblit ou le renforce ;
mais il ne transforme pas la voyelle. Le tréma réservé à
Yï ne lui fait rien perdre de sa qualité naturelle ; mais il
l'isole en quelque sorte quand il est jdacé entre deux
voyelles, comme pa4o, ma-îio, pyrUo, et 0 mouille celle qui
la suit, comme fait à peu près ill en français.
Par 800 interposition il signale, dans l'intérieur d'un mot,
la séparation de deux dipbtbongnes, et adoucit un cbôc
trc^ rude ; et il est remarquable que Vï se trouve au com-
moicement de toutes les triphthongues : ce qui nous
semble l'indice de la délicatesse d'acoustique de notre
langue, et la preuve d'un sentiment harmonique très-
étudié. Ainsi, quand l't ne fait que se lier aux autres
voyelles dans la iripbthongue il garde sa forme naturelle,
miâou, monosyllabe, Biâaum$, deux syllabes; mais
alors qu'il suit une voyelle ou une diphthongue, ou
qu'il termine une diphthongue ou triphthongne, il prend
le tréma : rtnHiàumi, cadiéiro, rûou-tètro, viâou-ïê,
vU-ïi, offrent des exemples des positions les plus diffi-
ciles et démontrent le fonctionnement de l'i simple et
de Vï tréma dans l'agglutination et dans la division des
syllabes.
Notre dialecte possède trois diphthongues qu'on peut
appeler féminines, et qui pour cela sont dénuées de tout
accent. Cette variété a son importance dans la versification.
Leur prononciation d'ailleurs se conforme aux règles qui
précèdent : le tréma, quand il est nécessaire, ne change
rien à leur nature.
Exemples : en ie, véndie, réndiê, moie, ouïe; en io,
gforio, bêsiio, jaio, fuïo ; en iou, inténdiou, tnaïou, tutou,
mofiou, ouïou.
La finale dipbtbonguée de ces mots s'écoule comme une
muette, et comme elle n'est comptée que pour une syllabe
qui est féminine, Tinsistance de la voix s'établit par l'accent
tonique sur la pénultième. Ces différences de sons se
trouveront indiquées à leur place. Toy, lettre I et Iou,
diph.
Pour bien comprendre l'effet que produisent les accents,
il n'y a qu'à comparer à l'oreille les sons muets, purement
ACE
alphabétiques, avec ceux drames par les mêmes dqihtixMigues
accentuées. Dans la diphthongue masculine, et dans toutes
les triphthcmgues, se trouve toujours une voyelle domi-
nante, celle qui est le pivot de l'intonation sur UqueUe se
fait la tenue; les coagulées se font entendre, mais coulent
rapidement : dans les diphthongues féminines, la voix, en
réunissant le double son, égalise les voyelles sans iqipttyer
plus sur la [uemière que sur la seconde.
DIPBTHOMOUXS.
aï.-
-Maï, plut
Esclaïre, éclair.
ftou.-
— Nàou, auge
Lâouso, dalle.
éï. -
-Rèï, roi
Pèïro, pierre.
éï.—
• Créï, eroUeanee
Vélire, verre.
èou.-
— Léon, poumon
Cisèou, ciseaux.
éou.-
-Bôou, tffcoif
Téoule, tuHe.
ia. -
-Diable, dkMe
Aparia, accoupler.
ie. —
- Véndie, que je vende.
Molie, que je mouille.
iô. -
-Uiè. moitié.,.
Ariè. arrière.
ié.-
-Aïé. aU
Bèstiéto, petite héu.
io. -
-Glorio, gloire
Bèstio, hête.
iô. -
-Fiô, feu
Cafiô, chenit.
iou.
— Maïou, mail
Entendiou, qu'ils entendent.
Iou.
— Dion, Dieu
Miougrano, grenade.
iu. -
- Béstiu, 6MCia/
Messins, mesiieurs.
oï -
-Coï, a cuU
Galoï, gai.
oua.
— Goua, couvé
Conacho, calandre.
ouè.
— Voué, holà
Espouèr, espoir.
oué.
— Foué, /btt«r
Couéto, queue.
ouï.
— Bouï, buis
Dooïre, jarre.
ôou.
— Dôou, deuil
Cévénôou, cévenol.
uè. -
- Gnuè, nuit
Jnèl, ivraie.
ni. -
-Frui, fruit
Estui, étui.
TRIPHTHONGUES.
iaï. -
— Biaï, adreue
Répapiaïre, radoteur.
iÂou.
— Siàou, COI
Viâouloun, violon.
ièï. -
-Sièï, six
Cadiéiro, chaise.
iéou.
— ïéou, ye, moi
Liéourôïo, livrée.
iôou.
— Miôou, mulet
Faviôou, haricot.
iuè.
— Hiuè, Auil
Endiuèl, andouiUe.
TÉTRAPBTHONGUES .
iuèï. — Hiuèï, aujourd'hui. Cadiuèïsso, cosse.
uièï. — Cuiéisso, cuisse. . . . Cuièïssàou, molaire.
Ce tableau doit faire comprendre la raison de notre ortho-
graphe; et répétons ce que nous avons dit ailleurs : « On
ne saurait assez recommander l'observation minutieuse de
Taccent; elle est d'une importance radicale. Toute l'intel-
ligence de ridiome est là ; et sans elle, on nage à pleine
eau dans l'amphibologie. »
ÂGE
One liste à pea près eompléte de mots parlûteme&t
iKHDOgraphes, {Htanten on cnrieiix intârèt à ce point
de Tue, «t oomplèleFa ces explications.
Nons av(ms nâglig6 les homonymies dans les différents
tenq» des veiiies, qui seraient trop nombreuses, comme
rétuHê, il rendait, et que rénéiê, qne je r^ide, etc., etc.,
et quelques antres mots dans lesquels Taccent est iden-
tique SOT la finale, mais qu'influence It tréma ou Yi
naturel, soit pour les diviser en deux temps, soit pour en
fûre des monosyllabes, comme/it^^ pilier, eXpiê, |ned, Puech,
euH, cuiller, et euU, cuit, hie, je serre, et M, billet.
0 sera ainsi facile de se rendre compte de ce que peut
Taocent graphique, et comment une simple inflexion sur
une voyelle fait varier le sens et la signification d'un mot.
É TSBXÈ ST B NATUREL.
Boofift, êoufjlêt fioufe, j0 êoufflê.
fioumbé, botU-d'hommê Boumbe, jê eognê,
Booré , brun Boure, bourgeon .
Bourges, bourgeois Bourges, tu creuset.
Bouté, brin Boute, Je mets.
Bravé, geniU Brave, robuste.
Cargué, étui Cargue, Je charge.
GÔBé, n. pr. dim. François. Cése, pois-chiehe .
Ghafiaé, chat sauvage Chaîne, chêne.
Coublé, solive Ck)uble, couple.
Coulé, petite colline Coule, Je décuve.
Couidouné , ganse Courdoune, je cordonne.
Dévé, devoir Déve, j> dois.
Déstré, pressoir à vin Dèstre, perche (mesure) .
Estré, étroit Estre, être,
Furé, souris Fure, Je fouille,
Gourgué, petite mare Gourgue, Je trempe.
Graué, petit grain Grane, Je grène.
Lipé, gourmand Lipe, Je lèche.
Manqué, manchot Manque, Je manque.
Mërié, créneau Merle, merle.
Mine, minon Mme, Je mine.
Mouiissé, épervier Mouïsse, écourté.
Par^, paroi Pare, Je pare.
Pénô, petit pied Pêne, Je peine.
Piqué, pieu Pique, Je frappe.
Poudé, serpette Poude, Je taUU.
Pougné , poing Pougne, Je pique.
Quiche, targette Quiche, Je presse.
Quinqué, quinquet Quinque, je souffle.
Réssé, scie à main Rèsse, Je scie.
Sabé, science Sabe, Je tanne.
Sàousé, n. pr., Sauxet Sâouse, saule.
Séié, pUite colline Sére, montagne.
Siblé, sifflet Sible, Je siffle.
Tapé* petit bouchon Tape, Je bouche.
Tété, sein Tête, Je tète.
ACE
Tourné, rouet Tourne, je reotent.
Trftouqué, petit trou Trâouque, je perce.
Triste, soupente Triste, (ritftf.
Vïé, eriUet Ulè, j> sers ce tonneau.
È TKRXk BT È OUVERT, 6RÀVB.
Âpres, appris Après, après.
Arésto, arrête Arèsto, halte là /
Espésso, épaisse Espèço, espèce.
Espéro, attente, affût Espèro, attends.
Lachén, pourceau Lachèn, nota lâchâmes,
Jasén, nouv^le accouchée. . , Jasèn, nous gisons,
Valén, aeHf Vaïèn, Ot oaiaMnC
Péro , poire Pèro, père.
Fé, foin; foi Fè, fait.
Se, soif Se, sept.
Sén, saint Son, nous sommes.
Vén, vent Vèn, il vient.
È 6RAVB BT B NATURBL.
Cadé, cadet Cade, genévrier.
Counséiié, conseiller Counséïe, Je conseille.
Entré, il entra Entre, entre.
Gâouchè, gaucher Gàouche, gauche.
Lâché, il lâcha, laitier Lâche, mal serré.
Mouïè, épouse Mouïe, Je mouille,
Récatè, il serra Récate, provision.
Révéïè , aubade Révéïe, je réveille.
Roudiè, charron Roudïe, Je regarde,
Vigè, n. pr., Viger Vije, osier. "
1 GRAVE ET I NATUREL OU TRÉMA.
Couri, courir Couri, n. pr., Courry.
Fasti (faire), faire horreur . . Fasti, aversion.
Gari, guérir Gari, rat.
Péls, pays Péis, poissons.
Sal, panne de porc Saï, ici dedans.
Trai, trahir Traï, il Jette.
Véri, poison, venin Véri, porc.
0 NATUREL ET Ô GRAVE
Aouséro, Lozère Aousôrô, Lozérien.
Babo , bave Babô, chrysalide.
fialo, balle Balô, 6a«of.
Barde , bât Bardô, bardot.
Bigo, bigue Bigô, hoyau .
Bïo. bille Bïô, tricot.
Bousso, bourse Boussô, gousset.
Cache , cachette Caché, cachot.
Cagno, dégoût, paresse Cagnô, niais.
Si
"H ACE
Capo , manteau Capô, attrapé.
Casso, chasse Cass6, ladre.
Cato, chatte Cat^i, catin .
Enquo, canelle Encô, che:.
Faro, tnine, visage Farô, élégant.
Fino, rusée Finù, finaud.
Fïo, fille Fiù, feu .
Galo» gale Galù, galop,
Gigo, cuisse de bœuf ^'io*^» gigot.
Grèlo, grêle Gri^lù, grelot.
Léngaiio, coup de langue.. . . Léngndô, Languedoc.
Manclio, manche Mnncliù, manchot.
Mïo, amie Miô, muil.
Palo, pelle Palô, lourdaud.
Pato, patte Palô, brique.
Pt\^o, poix P("ià, savetier.
Péro, poire. ...» Pôrô, mouton.
Pilo, pile, tas Pilù, pilote.
Pïo, pillage Pio, dindon.
Ual)o, rave Habô» rabot.
Ri])0, rive, bord Uil)ù, il. [W.jltibot.
Salo» salon Salù, malpropre.
Ciro, cire Sirô, sirop.
Tailles, s. pliir., tantes Tanlôs, tantôt.
Trapo , trappe Trnpô, trapu.
Tri([UO, trique Tricô, gilet de laine.
ou MUET ET où ORWE.
Ajiislou, ils ajoutent .\jiistoii, ajoutage.
Apialou, ils étaient Apinloù, élai.
Bïou, ils bi lient Bmù, trique.
Boiilnii, ils placent Boutnù, bouton.
Calndoii, ils pavent Caladoù, pavé.
Caloii, ils lâchent Colon, chaleur.
Canton, ils chantent Canton, coin.
Ci^onsson, ils chaussent C;^onssoii, chausson.
Conlon, ils roulent Conlon, couleur.
Escalon, ils grimpent Escalon, échelon.
Esporou, ils attendent Esp^u'oiï, éperon.
Espimn, ils suintent Espiron, soupirail.
Fiirou, ils furètent Fnron, fureur.
Gaixlon, ils gardent Ganloiï, Gardon.
Jôlou, ils vomissent Jèloù, Jeton.
Lardon, /7.s lardent Lardon, lardon.
Liqnon, *V* lèchent Liqnoii, liqueur.
Mascaron, ils noircissent. . . . Mascaron, barbouillé.
Paslou, ?75 pétrissent Pasloù, tas de mortier.
Pass(''roii, ils passèrent Pass^ron, moineau.
P6lasson, ils raccommodent . P(''lassoù, petite pièce.
Pi(pion, 1/5 frappent Piqnoii, pic.
Plunnjon, ils plongent Plonnjoù, plongeon.
Prison, ils prisent Prison, prison.
RéxVùou, ils réveillent U6v(}ïoù, réveillon.
AGI
Sablou, t75 mettent du sable, Sabloù, sablon,
Sabou, ils tannent Saboù, savon,
S^^nglou, ils sanglent Séngloù, petite corde.
Séiitou, ils sentent Séntoù, odeur.
Sèrmou, ils trempent d'eau, Sérmoù, sermon.
Susou, tV* suent Sus<3Ù, sueur,
Téchon, ils dégoûtent Técboù, petite goutte.
Tourlïou, 1/5 tordent Tourtïoù, craquelin.
Trissou, fV* broient Trissoù, pilon.
Valou, ils valent Valoù, valeur.
W'ïrou, ils tournent Vùïroù, menu poisson.
Viron, ils tournent Viroù, vrille.
La diiïOronce ;\ l'oreille, qiii, en définitive, détermine le
sons do tous cos mots correspondants :\ un mot semblable,
est produite par les accents. Dans ceux où la fmale est
acconlnoo, elle est tonique; c'est sur elle que la voix s'arrête
et pèse : au contraire, pour ceux qui n'ont pas d'accent k
la fin, la tonique est la pénullième et la tenue se fait sur
elle. Par exenqile, le dernier mot de cette longue liste,
virou, ils tournent, est composé d'une longue et d'une
brève; l'inverse a lieu pour viroit, vrille, qui est formé
d'une brève et d'une longue, et ainsi des autres. La mesure,
la (piantité, réglées par les accents : toute notre langue
musicale est là.
Acérti, V. Certifier, assurer, rendre certain, affirmer.
Dér. du lat. Certus.
Acéta, prèp. Evcepté. Il est visiblement corrompu du
français, mais fort de; mise.
Achas ! inierj. V<^yoz dmic! Voyez un peu!
Dér. (VAgacha, voir devant soi. C'est la contraction de
ce vorbe <à la 2"»^ pers. plur. de rinq>ér. Agachas. —
Voy. A gâcha.
Achata on Acheta, v. Acbeter.
Trad. du français.
Achétur, urdo, adj. Acheteur, eusc.
Tra«l. du français.
Aciè, s. m. Acier.
Trad. du français.
Acièïra, v. Aciérer, cbausser «l'acier la pointe d'un outil.
Acimérla, ado, adJ. Perclié, jucbé haut.
Dér. de Citno, hauteur, extrémité.
Aciou, s. f. Action. Il ne se prend qu'en mauvaise part.
— Quinto aciou jn'as fa! quel tour tu m'as jOUé î
Trad. du français.
Acipa, v. Prendre i)ar surprise, saisir, surprendre.
— Nous acipè, et za! dédin, il nous surprit, et crac! SOUS
clé.
Dér. du lat. Accipere, recev^crir.
Acipa (s'), V. Se heurter, broncher, se rencontrer tôte à
tête, chnj)per. — IS'ous acipèn, nous nous rencontrâmes nez
à nez.
Élym. du celt. Assoupa, dit Ilonnorat.
AOD
AOO
n
àelTada, «. Donner de l'avoine. Aa ^. et par iime,
régaler d'une volée de coups, roflser.
Mr. de Ç^^Mdo, avoim.
v^tflafa OÊ, AiMègffO, o. Qcmviir 4e neirae piemilie;
iwmvnr'to Mpta ^vn» tem emblavée, tdt à la i^océm,
§âl 4Ja heMK«t Mser iee inoltea peur mieux '«ntemr la
NDHDoe ira le fami«r>
D6f . da CIb «a Cfap, pierraâUe.
, 19. fitttaaaer dee pierres «a m<mQe»a; ^amoR-
^6t. de dopot, tas de pierres.
âcUto, «. baisser, conrlier; accabler sooa le poids;
leader; leon/mr, eeâomr sons...
Mr. de Gla, tas, amas, moncean.
iAeOl , t. nu Mat de -soutènement en pierre sèche.
Ajsor, «. des deux genres, ou Acordi, f. toujours
m. Accord, rteondliation, kxine intelligence. — Bstrë
é^ae^nH, être cœur k corar. — Aeor est masculin ou
féminin à peu près ad ItbUum. On dit : Vacor é$ faeho,
et M nwt'Ooor.
DCr. du lait. Cet, «qbut.
^coto , -f . /. Une cale qu'on met sous le pied d'une table
rhsiwwhnte, «ous la roue d'une x^harrette pour l'empêcher
de marciier.
Bftr. dulat. Cm, wUâ.
AcoB— a (s'} , V. 8e coucker comme les pouies qui
veulent couver. Au fig. se pelotonner, se tapir, s'accroupir,
se mettre dans toute sorte de posture qui rappelle une
poide couveuse.
Mr. de €aua ou Couya, couver.
AMidda , o. Accoupler, joindre par couple; joindre des
teniii ou des chevaux pour le labour. — Aquéh miolo
mùimbimHé bien la^mtou, cette mule -s'appareillerait bien
saec la nôeane.
Acoacara (s'}, v. S'encanailler, fréquenter la mauvaise
oampagnîe, s'engueuser.
Mr. ée Coueanm.
Aoonclia (s'], v. Accoucher.
Trad. du français.
Acouchado , «. f. Accouchée. On dit Ja9én en langue-
doeim.
Acouchurdo ou Acou<Auao, f. f. Accoucheuse, sage-
femme. En lang. LéoawHiPhro, — V. c. m.
Trad. du français.
Acougasaa, to, a. Faire tomber quelqu'un sur le der-
rière.
Aeougaaaa (s'), v. r. Le même qne s*Âeouas$a, s'accrou-
pir. — V. c. m.
Mr. de €01190, ceuver. M. aign. que Coua.
^AoovgMiBOlu fs'), «. B'accroupir. C'est im explétif du
verbe précédent-et 'il a ia même racine, lia posture qu'il
désigne est encore plus grotesque : c'est celle des magdts
de 4a Chine ijue le XMH* siècle *nous a 'légués avec ses
^^HSieS''<QK]^«i^a6eB •
Acoulado, f. f. Aoeolade, embrsssement les bras autour
du cou.
Étjfm. du^lat. ni eoUnm,
Aeouloubrl, ido, adj, Efiarouché, irrité, envenimé
comme une couleuvre. Au fig. éveillé, déluré; se ditd'une
fiUe garfonnièré et hardie.
Mr. de C&uhbre,
Aeoumada, v. Raccommoder, radotâier; assaisonner.
Au fig. concilier, convenir.
Mr. de Coumode»,
Acmmadamén, «. m. Aocommedement, accord, trans-
action, le mexxo termine d'un différend.
AoouménçB, v. Commencer. Au fig. chercher noise,
être le premier à attaquer. — Ce mot, auquel on n'a fait
qu'ajeoter l'a explétif, a une origine* commune avec le
français oomfMneer, et Titalien eominciare. Cette origine
se prend dans le latin Cum, initiare.
Aconménçamén ou Couménçamén, t. m. Commençe-
aanX. Le premier se dit plus particulièrement du com-
mencement d'un livre, d*une histoire.
Aaosménçasço, $. f. Commencement d'une histoire,
d'un conte, d'une leçon, d'un livre.
Acomaoudfl, v. Accommoder, arranger, apprêter.
Jkooimioiida (s'). S'accommoder, se contenter de. —
Que f'oeottfmM^e, qu'il s'arrange.
Acoumoula, v. Remplir par dessus les bords, faire
grasse mesure; accumuler, combler.
Mr. de Coumoul,
AoouDpagna, v. Accompagner, aller de compagnie.
Lou èon Déou votH aeotunpagne, ettépldou que vous bagne.
Dieu vous accompagne, et s'il pleut soyez trempé.
Étym. du lat. Cornes, compagnon.
Aoovqnina (s'), v. S'acoquiner, prendre des habitudes
de fainéantise et de débauche ; s'accoutumer en un lieu, en
certaine compagnie. Il est toujours pris en mauvaise part.
Mr. de Couqui,
Acourcha, v. Raccourcir, rapetisser.
AcouTCha (s'), V. Prendre le chemin le plus court.
Mr. de Coureho.
Acourcoussounl (s'), v. Se ratatiner, se recroqueviller
de vieillesse ou de rachitisme.
-Mr. de CoureoussoU, charançon. Cet animal est plié en
courbe àaxa l'alvéole où il se blottit; de la la comparaison
du viôllard qui a à peu près la même posture.
Acourda, v. Réconcilier, accorder ensemble.
Dér. é*Acordi.
AconsBa (s'], v. Se diriger vers, au pas de course ; s'em-
presser de courir; poursuivre.
Mr. de Cousso,
Acouaséîa, v. Conseiller, donner un conseil. — Fcty.
Coussêla.
Dér. de Coussél,
Acousta, V. Accoster, aborder.
Trad. du français.
94
ADB
AMI
Aconitama, p. Accoatamer, habîtiier.
Trad. da français.
âcoutniiiido (à 1*)» odv. Selon la ooatnme, l*habîtiide;
4 racoontamôe.
Aeonta , v. Caler, mettre nne cale sons le pied d'un banc,
d'une table pour rempôcher de bfandiller, sons une rooe
de voitore pour Tempèctier de rouler seule ; étayer, mettre
im étal. Au fig. arrêter.
Dér. d'ileoco.
Aconti, iào, adj. Tassé, épaÎMf compacte. — Se dit très-
bien du pain trop peu manipulé ou trop levé, qui est
massif et compacte.
Acoiitra, v. Accoutrer, parer, habiller d'une manière
ridicule et surchargée d'ornements. — Ce mot, contempo-
rain du français Accotant, a une môme origine latine :
ad, augment., et euituram, culture, soin du coips, parure.
Ce serait donc un superlatif de toilette; ce qui la rend
ridicule et grotesque.
Acoatra (s*), v. S'enivrer, se griser. Cette dernière
acception n'est que l'extension de la première signification
active; ne dit-on pas, en fr. familier : se pomponner, pour
se griser?
Acontramèn, s. m. Accoutrement, costume bizarre.
Acrô , s, m. Accroc, déchirure occasionnée par un ooips
crochu.
Oér. de Cro.
Acrochi, «. m. Embarras, difficulté, pierre d'achoppement.
Dér. de Cro,
Acroachonni, ido, a4i. Courbé, ratatiné de vieillesse.
Acrouchoonl (s'], v. S'accroupir, se blottir dans un
coin; se mettre en peloton; se ratatiner, se ramasser tout
le corps. — Voy. «'ilmoudUmno.
Dér. de Crouehoà, quignon de pain, auquel un vieillard,
ainsi fait, ressemble par sa masse informe, par sa couleur
bise et la rugosité de sa peau.
Acrouqna, v. Accrocher, suspendre à un croc.
Dér. de Cro.
AerouBti, ido, adj. Se dit du pain qui a beaucoup de
croûte, et des plaies et pustules, où il se forme des
croules, des gales, des escares.
Dér. de Cratuto.
Acul, «. m. Accueil. — Mot tout français, que notre
languedocien s'est approprié et qu'il emploie très-bien.
Acusa, V. Accuser. — Contemporain du français, et
dér. comme lui du lat. Aceu$ar$.
Ade* fi. p, Agde, ville (Hérault) : AyaO^, AgaiKa.
Adéll, ido, adj. Déjoint, baillant comme un tonneau
dont les douves sont déjointes par la sécheresse. Au fig.
sec, amaigri, exténué.
Étym. du lat. Deiigar$.
Adéré, adv. De suite, pied à pied; un à un; sans rien
laisser en arrière. — On disait en vieux français dans le
même sens : à la rangetu.
Dér. de l'esp. Arr^o, même signification.
AdIJà, adv. Déjà.
Dér. de la bas. latin. Dtjfam.
Adiou 1 Adioussias 1 ûutrj. Adieu. — Le premier nt
s'adresse qu'entre égaux, ou de supérieur à inférieur. Le
second, plus respectueux, s'adresse aux supérieure, on aux
égaux, à qui l'on veut montrer des égards. C'est une pbruo
faite : A IMou-tiai/ soyez à Dieu! Le mot Adiou est la
syncope de la même phrase, et par cela même il est plus
cavalier. Il n'en est pas de ces deux mots comme du fran-
çais Adieu, que l'on n'emploie qu'en prenant congé d'un»
personne, jamais en l'abordant. En languedocien, on s'en
sert avant, pendant et après la rencontre, indislinclemeat.
Adouar , n. p. Edouard. — Depuis qu'on a raflfiné sur
le choix des noms propres, et que le peuple a abandonné
les prénoms de Jean, Jacques, Pierre, etc., il a bien fallu
que son idiome adoptât les noms nouveaux-venus et qu'il
les appropriât à son génie. Depuis Ion, Adouar et son
diminutif Douaré sont devenus familière et très -usuels
dans la langue.
Adouba, v. Accommoder, apprêter, assaisonner; tanner;
raccommoder, radouber; émonder; bistoumer; renouer un
membre; relier des Unmeaux; rosser, échiner. — Ad4niba
la taupo, assaisonner le pot au feu. Adouba dé êoM$,
raccommoder des souliers. Adouba dé boutoi, relier des
tonneaux. Adouba dé péU^ apprêter, tanner des cuin. L'an
pa$ mâou adouba, on l'a bien ajusté. Té vôou adouba, je
vais te battre, te rosser.
Toutes ces acceptions procèdent du même primitif, et
représentent directement ou par extension la même pensée.
Le verbe est dérivé de Adoù, terme ancien, bore d'usage,
qui signifiait : lessive de tanneur, qui a formé Adobaro, de
la bas. latin., pour ajuster, armer, préparer, dont la racine
Adob serait celtique. Adouber est du vieux français, qui
s'est conservé comme technique au jeu des échecs et du
tric-trac, quand il s'agit d'une pièce ou d'une dame dérangée
à remettre en place; mais radouber, radoubeur, sont restés.
L'ancien Dauber ou Dober appartient aussi à la même ori-
gine et rentre dans le même sens.
Idoubaîre, «. m. Tanneur; mégissier; tonnelier; save-
tier; renoueur; chàtreur.
Adoubaje, «. m. Raccommodage; apprêt; manière d'i^y-
prèter; réduction d'un membre luxé.
Adoubun, <. m. Assaisonnement, qu'il soit huile, beurre,
lard ou saindoux.
Adoun, adv, Alore, pour Ion; en ce temps-U.
Dér. du lat. ad tune,
Adoura, v. Adorer.
Trad. du français.
Adraia, v. Fouler, battre un chemin, le rendre viable.
Adraîa (s'), v. Se mettre en route, s'acheminer. Au fig.
se mettre en train, se dégourdir les jambes.
Dér. de Draiio.
Adraqna (s*), v. Sécher à demi ; se ressuyer. — Onpo pa$
séména çue noun la tèro eiégue adraquado, on ne peut pas
AFA
APA
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aemer avant que la terre soit ressuyée de la pluie. Linge adra-
pM, linge essoré; froumaje adraqua, fromage à moitié sec.
Adré, écho, adj. Adroit, habile.
Dér. du lat. Dêxter ou ad rectum.
Adré, f. m. Exposition sud d'une montagne, opposée
i ïavêê, exposition nord.
Même dérivé que le précédent, ad rectum, c'est-à-dire
vers le bon côté. Avè$ est dér. de Advenus, contre, con-
traire, opposé.
Adréchamén, adv. Adroitement, avec dextérité, avec
adresse.
Même dér.
Adressa, v. Adresser, envoyer à quelqu'un. — S'adressa
à quâouquus, s'adresser à quelqu'un, lui demander des
renseignements.
Dér. de la bass. lat. Àddirectiare, envoyer directement
à quelqu'un, dont l'esp. a fait Enderezar, et Fital. Addi-
riszare.
Adrèsso, s. f. Adresse, habileté.
Dér. de Adré.
Adrèsso, s. f. Adresse, suscription d'une lettre-missive.
Dér. de Adressa.
Adrissa, v. Dresser, placer debout; rendre droit; faire
tenir droit; relever.
Adrissa (s'), v. Se cabrer; se redresser. — Adrissa-vous,
levez-vous. Se tiras tro la brido, vaï s*adrissa, si vous
tirez trop la bride, il va se cabrer.
Dér. de a explétif, et Dré, droit.
Adn, ucho, part. pass. de Adure.
Adiire, v. Amener, conduire, apporter.
Dér. du lat. Adducere.
Adnsa ou Adésa, v. Atteindre à une chose élevée,
hors de la portée ordinaire. — Ly pode pas adusa, je ne
puis y atteindre. T adusara pas, il n'y parviendra pas.
C'est la position du renard de la fable, sous les raisins.
Dér du lat. Adiré, Adeo.
Afacha, v. Dépouiller les châtaignes rôties de leur coque
à demi brûlée, les éplucher. — Cette opération se fait d'ordi-
naire en les agitant dans un paillon ou panneton, appelé en
languedocien Paiassoik, où on les recouvre d'un torchon.
Afachado, s. f. Châtaigne rôtie au moyen d'une poêle
percillée.
Sauvages, qui est parfois admirable dans ses étymologies,
s'amuse sans doute dans celle qu'il donne à ce mot. Il le
fait dériver de l'ital. Affaeiato, effronté, sans pudeur.
«D'autant, dit-il, que les châtaignes qu'on fait rôtir ou
griller, pètent dans les meilleures compagnies. »
Cette plaisanterie accuse du reste la difficulté d'extraire
cette racine. Dans ses notes, La Fare-Alais pensait que ce
mot tenait probablement à quelque circonstance, i quelque
anecdote locale, qui n'étaient pas venues jusqu'à nous, et
q[Qi sont spéciales aux Cévennes d'Alais; car, dans le reste
desCôvennes, on dit Brasueado, dér. de Braso, et c'est
plus naturel.
Sauf le respect dû à nos maîtres, la racine ne se trouve-
rait-elle pas simplement dans Affait, Affàch, pris du roman
Afaiter, préparer, séparer, raccommoder, dér. du lat. Affec-
tare; d'où l'esp. Afeytar, orner, parer, ce qui a donné
Affaitamen , Affackador, Affachamén, et dans notre vieux
langage Afachomén, une tuerie; et dans le dialecte gascon
Affaych, préparation; dans le bas -limousin Affachadoù,
atelier où l'on foule les chapeaux, et Affàchadis, criblures
que l'on enlève en vannant le blé? Certaines ressemblances
sont souvent de grandes présomptions de parenté.
Alaîra, ado, adj. Qui a beaucoup d'affaires; quiesl en afihi-
re ; surtout celui qui a de mauvaises affaires, qui a des dettes.
Aiaire, s. m. Péj. Afaïras, dim. Afaïroik. ASàiies;
particulièrement procès. — Aquéles afdirasses m*émpachou
dé dourmï, ces diables de procès m'ôtent le sommeil.
Aquà's un âoutre a faire, je ne l'entends pas ainsi. Un
home d*afdires, intendant, homme d'affaires; un avocat,
un avoué. Aquà's pa'n afaïre, ce n'est qu'une bagatelle.
Din l'afàire d'un an , dans un an , dans l'espace d'un an.
Ait\ d*afaïres, voici bien des difficultés.
Afairoù, s. m. dim. Un petit outil, un petil ingrédient;
un objet dont on ne trouve pas de suite le nom propre.
Même origine que le mot français.
Afama, v. Affamer, causer la faim. — En termes
d'agriculture on dit s'afama, en parlant des racines des
arbres arrachés depuis longtemps, exposées à l'air, et qui
ont de la peine à reprendre, quand elles sont mises en
terre. C'est ce qui arrive souvent aux mûriers de pépinière
qu'on transporte d'un marché à l'autre et qui restent sans
vendre pendant longtemps. Le meilleur moyen de connaître
si ces arbres sont trop anciennement arrachés, c'est de
trancher un bout de racine. S'il sort par l'incision une
sève glutineuse de couleur de lait, on est assuré que les
arbres pousseront. Du reste le mûrier est une plante trôs-
vivace, et il est rare qu'il ne pousse pas même après un
long éventement de ses racines. Le châtaignier et les frui-
tiers sont bien plus délicats.
Dér. du lat. Famés.
Alara, ado, adj. Effaré, qui a la figure farouche et
décomposée par la surprise, la peur ou la colère.
Dér. du lat. Fera.
Alasqna, v. Dégoûter, rassasier jusqu'au dégoût, oe
qui est le propre des mets trop gras.
Dér. sans doute du lat. Fastidium.
Alasqaoùs , ouso , adj. Rassasiant jusqu'au dégoût.
Du lat. Fastidire, Fastidiosus.
Alatiga, v. Lasser, fatiguer; empressé; embarrassé. — Et
afatiga caumo un pâoure home que eaulo sa trémpo, empêtré
comme un homme pauvre qui coule sa piquette : il y va
de cul et de tête , comme une corneille qui abat des noix.
Dér. de Faiigo.
Afatounl, ido, adj. Mou, lâche, usé, avachi, comme la
linge qui a perdu son apprêt par l'usage.
Dér. de Faio.
ÎW
AFO
AGA
AiatraMi, ido , adj. Péjoratif da mot précédent : c'est
lin degré de pins. H est dérivé de Fatras, péjor. iui-mème
de Fato. Hais Afatrassi se dit, en outre, d^ personnes qui
ont perdu leurs forces, et particulièrement des jambes qui
flageolent de faiblesse maladive.
AfécioQ, 1* f. Zèle, ardeur, application ; vif intérêt qu*on
a{^rte à un ouvrage. -^ T ana d*aféetou, travailler de
tout cœur. — Il n*a rien de commun avec Yaffèction en
français.
Dér. du lat. Âffleere, exciter, émouvoir.
Afênadott, i. m. n. pr. Petite hôtellerie de route
où Ton ne fournit que du foin. — Ce mot a vieilli et
n*e9t connu que par le nom d*une maison, ou d*un quartier
par extension, sur la route de Nîmes à Moulins, près de
Portes.
Dér. de Fé, foin.
Afénadoù, «. m. Trappe par laquelle on jette le foin du
grenier dans Técurie.
Aiénaira, v. Faner le foin, le tourner, Tapprèter au
soleil , le mettre en meule ; faire tout le travail qu'exige
cette réculte quand elle est fauchée.
Dér. de Fé, foin, et Énaïra, donner de Tair.
Alénairaire , aûro , adj\ Faneur, faneuse.
Alana]6, «. m. Nourriture en fourrage donnée au bélail,
soit dans une écurie , soit dans un herbage , sans peser le
foin ; sorte de pension. — Métré âoun chiwil à Vafénaje,
mettre son cheval en pension, fourrage à discrétion.
Alénassa, v. Ensemencer un champ en pré, y semer de
la féuasse, de la graine de foin; vendre du foin en botte.
Dér. de Fé, foin.
Aféta(s*), V, S*aflecter, prendre un air affecté.
Trad. du français.
Afiança, v. Se promettre en mariage, passer des pactes
de mariage. — Ce verbe est actif en languedocien. —
Afianeè uno tèlo, il s*engagea avec une telle.
Dér. du lat. Fidentia, confiance, foi.
Aficha, V. Afficher.
Trad. du français. Dér. de Affigere, attacher à.
Aficho, â. f. Affiche, placard.
Trad. du français.
Afinclia (s*), v. S'appliquer à... avec zèle ; mettre toute
son attention, toute son intelligence à quelque chose; y
appliquer sa finesse et sa vue.
Dér. de Fï, adj., fin, rusé, attentif.
Afina, v. Ruser, cajoler dans l'intention de duper; affi-
ner, polir, rendre plus fin un objet, faire la pointe.
Dér. de Fï, adj.
Aflaqul (s*), v. S'afEûblir, se relâcher, s'amollir; devenir
faible, mou, flasque.
Dér. de Fia.
Afonla (s*), v. S'affoler, s'engouer, se passionner.
Dér. de Fol,
Afonrti, V. Assurer, affirmer opiniâtrement.
Dér. de Far.
Afoortuiia, ado, adj. Qui a de la fortune ; bien partagé
des biens de la fortune ; favorisé du sort.
Dér. du lat. Fortuna.
Aloartuna, v. Ce verbe n'est employé que dans cette
phrase interj. Diou m'afourtunef Diou vous afourtunsf
Que Dieu m'assiste! Que Dieu vous soit en aide! Cette
expression n'est communément qu'explétive , sans que la
circonstance soit assez importante pour nécessiter une pieuse
éjaculation. On le dit lorsqu'un enfant pleure ou qu'il fait
du tapage , qu'une chose dérange ou importune ; lorsqu'on
veut souhaiter bon voyage à un ami ou même à un indifr
férent.
Dér. du lat. Fortuna,
Airaîra (s'), v. S'associer; proprement se faire des dona-
tions réciproques entre mari et femme, entre parents ou
amis.
Dér. de Fraïre.
Afréionli (s'), v. Se refroidir, tourner au froid. — Lou,
tén s" es bien afréjoull, le temps est devenu bien froid. Soui
tout afréjoulï, je suis tout transi de froid, tous vièls soun
afréjoulis, les vieillards sont frileux.
Dér. de Fré.
Afrésqna, ado, adj. Empressé, alléché, la gueule enfa-
rinée. — Il a son origine dans le mot frés, frais. V. c. m.
Airésqna (s'], v. S'apprêter vivement; se hâter.
AM, ido ouiqoo, adj. Avide, empressé, affriandé ; ardent,
âpre à la curée. — Es afrï àou traval, il est affectionné à
l'ouvrage.
Dér. du lat. Apricus, ardent.
Aliiqnèn, èno, adj. Africain, d'Afrique.
Airiqno, s. f. Afrique, partie du monde. — Depuis la
conquête d'Alger, l'Afrique est devenue populaire et réveille
d'autres intérêts que ceux de sa géographie.
Dér. du lat. Apricus, chaud, ardent ; ou selon Roquefort,
de l'arabe Aphrah, séparer.
Afroun, s. m. Injure, outrage, affront.
Dér. de l'ital. Affronto, ou du lat. ad frontem. L'affront
est une injure en présence de celui qui la subit : ad fron-
tem ejus.
Airoanta, v. Affronter, rencontrer de front ; mais sur^
tout injurier, donner un démenti.
Afrountiir, s. m. Affronteur, insolent, trompeur.
Afroûs, 01180, adj» Affreux, horrible, épouvantable.
Dér. du grec 9pic, frayeur.
Agaboun, s. m. — Voy. Agôou,
Agacha, v. Regarder devant soi ; regarder avec attention,
considérer, admirer. — Agachasf Voyez donc! F. Aehas.
Dér. du grec i^i^to, admirer, regarder avec surprise,
être frappé d'étonnement.
Agad, s. m. Cor, durillon, calus; excroissance dure et
douloureuse qui vient aux pieds.
Agaia, v. Prendre à la volée; saisir avec la main ou
avec un chapeau, un tablier, ce que l'on jette de loin;
attrapper.
AGI
AGN
«
Étym. dn vienx mot lang. Gaff, qui signifie Croc, dont
le fr. a tîié et conservé ^affe, gaffer.
Agalanciè, «. m. Eglantier, rosier sauvage; Rota rM-
ginoia, Linn. — Sa fleur se nomme Eglantine. Son fruit,
qu'on appelle gratte-cul, sert à faire les conserves de cynor-
rhodon, dont il se fait un commerce d'exportation consi-
dérable dans la petite ville de Meyrueis (Lozère).
Nodier dit que le savant Pêrion fait venir ce mot dn
grec â^r^^oc» arbre ou fleur épineuse.
Agidayardi, v. Afiriander, accoutumer à la friandise. —
Au participe passé, Agalavardi, se dit surtout du bétail
mal gardé et qui a trop accoutumé d'aller brouter dans
tes blés ou les vignes.
Dér. de Gaiavar,
Aga]l8(^n), adv. En biais, en biseau, en talus, en diagonale.
Dér. de aval, par le changement du v en ^, qui est fréquent.
Agalousses, i. m. plur. — Voy, Âgàouue$.
Aganl, ido, adj. Retrait, mal-venu, mal nourri, par
vice d'origine. Au fig., chétif, exténué, rachitique.
Dér. de Tital. ingannare, tromper, frustrer. Son étym.
remonterait-elle au sanscrit aghan, exténué?
Aganlo, «. f. Noix de galle. Elle est fournie par le chêne
des teinturiers.
Étym. du lat. Galla.
Aganta, v. Prendre, saisir, empoigner. — On dit égale-
ment: té vdou aganta, je vais t'agripper; $é V agonie, si je
le prends, et aganto aqud, attrape ceci ; agantè un tapai,
il reçut un soufflet ; ce qui est prendre.
Dér. de Gan, de l'allem. wand, ou du lat. vagina, gaine.
Agftomses, f. m. ptur. ou Agaloossea. Ononix ou
arrète-bœuf épineux ; Ononi$ spinosa, Linn., plante ligneuse
de la famille des Légumineuses, commune dans les blés.
L'étym. du mot, selon les uns, se trouve dans le celt.
aga, bois ; selon d'autres, dans l'arabe, et aussi, par cor-
ivplioB, dans le lat. aeuUata, atuieo$a.
Agaraeba, v. Donner une oeuvre aux champs laissés en
jachère; laisser reposer une terre.
Dér. de Gara, guéret.
Agaa, f . m. Erable, arbre ; Aeer, Liim.
Ce mot parait d'origine ligurienne.
AgaatO, f. f. Pie; en v. fr. agasie; Connu piea, Linn.,
oiseau de l'ordre des Passereaux, commun dans nos
elimals et connu par son caquet. — Au fig., se dit d'une
perMnme au babil étourdissant.
Du baa-br. Agae, dit Sauvages.
Agaaaoà, i. m. dim. Le petit de la pie. — TranMo
eowmo Um qu^ou d'un aga$$où, il tremble comme la feuille.
Agérbaasi (s*), ou Agérbl (s'), v. Se gazonner, devenir
herbeux, se couvrir de graminées; se taller.
Dér. de Girbo,
AgiDonîa (s*), v. S'agenouiller , se mettre à genoux.
Aginovia, v. Terme de vigneron: couder, coucher un
jarment dans la fosse pour le provigner.
Dér. de Ginoul.
Aglan, s, m. Gland, fruit du chêne. — Voudriez êêtre
ufi aglan, qu'un pormé mangèise, je voudrais être un gjand
et être mangé par un porc : c'est une expressicm d'ao*
goisse quand on se trouve dans une situation malheureuse
et sans issue; mais le plus souvent le peuple, qui est tou^
jours hyperbolique, l'emploie pour une simple c(»itrariété.
Dér. du lat. Glam, glandU,
Aglana, v. Ramasser des glands, faire la glandée; don-
ner, distribuer du gland aux pourceaux.
Agnano, «. f. n« pr. de lieu. Aniane, petite ville, chef-
lieu de canton de l'Hérault. — Une célèbre abbaye d'hom^
mes de l'ordre de Saint-Benoit y fut fondée du temps de
Gharlemagne. Les bâtiments qui restent encore ont été
transformés en maison de correction.
Un vieux dicton languedocien dit : Intmeén d' Agnano,
Quelle est son origine? Le français dit bien dans le mémo
sens : Niais de Sologne, qui ne se trompe qu'à son profil.
Les habitants de la Sologne passent pour avoir d'autant
plus d'intelligence qu'ils en font paraître moins, et ils
mettent dans les affaires qu'ils traitent une habileté secrète
qui les fait toujours tourner à leur avantage. On a dû
trouver dans nos contrées que, tout en contrefeisant la
simple, l'habitant d'Aniane était aussi extrêmement adroit
et alerte sur ce qui regarde ses intérêts ; de là le dicton*
naturalisé bien avant qu'il y eût des détenus à Aniaae,
qu'on ne peut pas traiter à*inoueén, même en commettant
un jeu de mots à la française ; car il s'applique à tout individu
de l'acabit du niais dont il est question, en sous-entendant
la dernière partie de la phrase qui complète le sens.
Agnèl, <. m. Augm. Agnèlat, dim. il^fi^ on Agnèhû*
Agneau, petit agneau. — Les moutons changent de nom
en changeant d'âge; ils sont d'abord agnèl dq)uis leur
naissance jusqu'au retour de Vamountagnu^'é, à la fin d'août;
alors ils deviennent hédigas. L'an d'après, à la même époque,
ils sont douUén, ensuite timén, et ainsi de suite. — AgnU dé
la, agneau de lait, qui n'a été nourri que de lait. AgnU dé
can, agneau qui a mangé aux champs. £« un agnU, il est
doux comme un agneau. QuinU agnèUuf Quel gnuid
agneau, quel bon diable ! Aquà^$ la soumito dé l'agnèl blan,
c'est toujours la même répétition. Ce proverbe tient à un
usage des conteurs de sornettes. Lorsqu'ils sont ennuyés des
demandes qu'on leur adresse pour en conter une nouvelle,
ils disent : Vdou voui dire la souméto dé VagnU blan. — Ah/
voui, diga-la, s'écrie rassemblée; et le conteur : Se wmlè»
que vouê la digue, voue la dircâi. — Voui / voui / diga4a,
insiste-t-on de plus belle. Mais le conteur se renferme
dans son étemel : Se vouUe que voue la digue, vous la dirai,
jusqu'à ce que, fatigué de cette vaine répétition, le cercle
d'auditeurs passe enfin condamnation. On dit en français,
pour la même chose : c'est la chanscm du ricochet.
AgnU, agnUé, agnUoii sont des termes de cajoleri9
enfantine, de tendresse mignarde.
Dér. du lat. Agnue, dim. Agnellut, qui vient lui-même
du grec irft6ç, pur, chaste.
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AGN
AGN
Agnèla, v. Agneler, nietlre l>as, en parlant des brebis.
Agnèlado, s. f. Le croit d'un troupeau, sa portée
d'agneaux dans l'année.
Agnèlo, s. f. Agnc.iu fenieilo. — Se dit particulièrement
d'une brebis qui coninience à porter a\ant d'èlre X l'état
de bedifjasso. Cet animal soulîre de cette i»récocité; il
ne peut se développer, vit dans un état racliitiiiue, si tou-
tefois il ne meurt pas en meltant bas. Los éducaleui^s ont
plusieurs proci'dés pour prés enir cette nubibté trop liAtive.
Agnèlo, s.f. .Nielle des blés; Ayroslcma gilhinjo, Linn.,
plante de \x famille des Caryopbyllées. Son ^^'rain mêlé au
blé rend le pain noir et amer.
Dér. du la t. IS'i(jeUu$, noinUre.
Agno, désinence y en fr. Agne.
Par ordre alpbabétique, Ayno est le premier d'une série
de suiïixes, qui se sont formés sur toutes les voyelles en
ègno, é(jno, iyno, oyno, ouyno, tiyno, qui tous prébcnlent
des particularités curieus(*s dans l'bistoire de la formatiiai
de la langue. Ces linales entrent en composition dt* noms
communs, substantifs ou adjectifs, et d'un certain nombre
de noms proprtîs d'bommes et de lieux, av(?c un caractère
spt'cial. Elles ont été d'ailleurs soumises ;\ tant d'altéra-
tions diverses, qu'il n'est pas sans intérêt de faire ici
connaissance avec elles, en leur consacrant un méJiie
article.
Dans toutes les langues, les noms se forment en ijuelque
sorte par des procédé» sy.^lémaliqnes. L'éK.'menl rudimen-
taire reste à i>ou prés invariable, et c'est au moy»'n d<'s
suflixes qu'il se modilie suivant les acceptions auxtiuelles
il est destiné ^ s'appliquer. Cbacjue pajs, par une disposi-
tion particulière, obéissant aux indueneos d«' son orija-
nisme vocal, adopte de iiréféretjc^^ la formule qui convient
le njieux à ses facultés d'articulation et de voealisalion ;
et dans ses vocables ap|H'llalirs surtout, jiarce ({u'ils sont
sujets à se répéter plus souvent et d«»i\enl être plus lixes,
il rai)i>rocbe les lettres et les combinaisons les plus faciles
pour lui à projioncer.
Ainsi, étant doimé un radical, il e>t nécessaire de lui
imprimer une certaine iorme staMe «q commode pour en
éU^ndre le sens ; il faut ajouter une désinence caractéris-
tique \xmv lui faire si^'iiilierjjue l'objet di'.>i;j:né par lui doit
s'unir à un autre objet ou (juil n'en est (lu'mie partie,
qu'il en déri\e, ((u'il en |)ro\ient ou qu'il doit h'incorjjorer
à lui, pour jiréciser sadesceMilance, lequalilier plus expres-
sément, et pour ilétiM'miner ses dimen>ioiis, son étendue,
ses propriétés. C'est l'adjectif tiré ilu substantif; le cjuab-
ficatif joint au si;-'nilicatif; le diminutif ou l'au^iimentatif
venant modifier b* sinq)le, ce <(u'on nomme la dérivation:
c'est le fonctionnement des sullixes.
Celte loi est universelle: partout mêmes procédés pres-
que mécani(iues, en ce sens ([ue, les mots rejirésentant les
idées, l'accessoire suit le principal, la désinence supplétive
étend la signification du radical. Ce qui fait la variété des
idiomes à base connuunc comme le celtique et le latin,
d'où sont issues nos langues modernes, n'est en définitive
que la différence de prononciation. Les raj)porls sont sou-
vent cacliés, inappréciables ii l'analyse, mais ils existent.
Ils .se sont dénaturés par des raisons inconnues, mais des
IKjints de contact vérifiés laissent voir leur rapi)rocbement.
Cbaque groui)e de population a, en ciVet, des tendances de
langage qui lui sont propres, des babitudes qui le portent
à recbercber certains sons et à en éviter d'autres ; les dia-
lectes naissent de ces convenances toutes locales, et de
cette manière se lie et s<' déconq)ose l'ensendile général,
sans perdre ses affinités, mais en les laissant s'oblitérer et
en les écartant plus ou Uioins de la source commune. C'est
IKiurquoi, dans ces recbercbes qui remontent quelquefois à
des origines lointaines, il y a à tenir conqjte de l'état des
idiomes voisins et de la pbilologie comparée. C'est faire
une tentative dans cette voie que d'essayer, sur les mots
de notre langue, de surprendre le secret île leur formation
originelle; de savoir par (juel instinct naturel ou (luel tra-
vail prémédité, la pensée et son exjiression s'est plue à
revêtir certaines formes plulùt que d'autres, et de démêler
sous renq)ire de quelles propensions et de quelles antipa-
tbi»*s particulières quelques-unes de ces expressions sont
arrivées jusqu'à nous, et ont été adoptées. I^jur cela, l'étude
des désin<Mices est d'une importance considérable; car ce
sont ces >yllabes, insignifiantes en aj)parence, ijui donnent
à une langue son ty|)e individuel, son cacbet et son carac-
tère. Du [H'tit au grand, 1»^ dialecti' a sa valeur; si modeste
(jue S'tit sa part, il a droit dt» se pré>enter au concours.
De la langue la plus anciennem'Mit parlée dans les
(iaules, le c«'lti(jue, nous n'avons que des notions impar-
faites, r.'duites a qui'lques centaines d'expressions éparses
dans les écrivains latins ou grecs, et à quelcpies lambeaux
d'inscrii»tions lapidaires; il n'a ele recueilli aucun monu-
ment éerit d'une sérieuse p«»rlée. Kien n'est resté dans l'air
de Son accentuation. Cependant, avec les mots qui nous
ont été c>tns»MVès, avec K's ap])ellations géograpbi(]ues et
les noms dliomnjes, que la stabilité naturelle de leur signi-
fication et de leur structure a protégés davantage, si l'on
n'est j»oinl parvenu à composer uji \ocahulaire conq)let, il
a été pt>s>ilile de discerner sun'menl ce cjui appartient dans
lins lani'ues modeiiics a l'idiome primitif, et de lui attribuer
telles formes, telles liicutituis, lejlrs racines (jui, ne se
retrouvant pas ailleurs, n'ont pu lui servir de modèle et
remnntent nécssairiMnent à celte source. (]el élément pri-
mordial mérite ilètre relevé avec prudence, sans doute,
mais a\ec un soin minutieux.
Les cojnnies gr«'C(|ues, établies sur le lilt^ral méditerra-
néeji, eup'nt des rapports de CMinmmee et d'échange avec
les pr»t)ulations voisiniîs ; mais bien que llorissantes et d'une
civilisation jjIus avancée, elli'S ne se mêlèrent jamais avec
le corps gaulois au point d'exercer une influence, qui n'eut
pas le tenq)s d'ailleurs d'être bien profonde. Les mots grecs
que nous avons retenus nous ont été apportés presque tous
par l'intermédiaire des Romains.
AGN
AGN
39
Le latin doit être considéré comme le vrai générateur de
nos idiomes. Il avait pénétré dans la Gaule et dans la Nar-
bonaise, avant l'arrivée de César. Après la conquête, il s'y
naturalisa avec une absorbante énei^e, et tout concourut
à favoriser sa prédominance et à en prolonger la durée :
les lois, l'administration, la civilisation, la religion, même
Tesprit national. Le christianisme vint encore seconder son
influence. Les invasions germaniques des Francs et des
Visigoths, loin de comprimer cet essor, accrurent sa popu-
larité : les barbares l'adoptèrent, et leur conversion à la
religion chrétienne, leur orthodoxie ne contribua pas peu
à le maintenir, bien qu'ils eussent versé un élément nou-
veau dans le langage par leur prononciation. Mais il faut
dire que ces altérations furent plus sensibles au nord qu'au
UQÎdi de la France; et nous n'en avons que plus tard res-
lenti les effets par le français d'Outre-Loire.
Hais la langue importée par les vainqueurs de la Gaule
et par les colons à la suite n'était pas le latin classique et
cicéronien : c'était le langage déformé de Rome, familier
aux soldats et au bas peuple, hérissé de barbarismes. La
latinité gauloise se forma d'abord sur ce modèle ; et encore
U nouvelle langue, pour se répandre dans le pays con-
quis mais toujours indompté, dut-elle se soumettre à une
foule d'altérations néologiques, se plier à des exigences
dont la masse de la nation puisait le principe dans son
indépendance. Car, tout en acceptant un langage qu'ils
n'avaient pas appris dans leur enfance, les indigènes ne
renoncèrent pas à leurs habitudes de prononciation, et
firent violence au latin pour l'approprier aux formes natu-
relles de leur pensée.
Les témoignages les plus certains attestent que le vieux
gaulois, en pleine possession de son territoire au VII« et
au VIH« siècle, se maintint longtemps encore ; même au
XII1« siècle, son extinction n'était pas complète. Mais déjà
tous ces ferments de celte, de latin , de tudesqne avaient
commencé à se fusionner. Puis, quand ce pêle-mêle se
réorganisa sous le souffle d'un esprit différent, après de
longues élaborations, une langue véritable était créée.
Elle fut d'abord qualifiée de rustique, comme si elle
n'eût été qu'une dégénérescence d'idiomes corrompus;
mais une dénomination plus juste, qui est un souvenir, ne
tarda pas à prévaloir : elle est appelée Boman ; et c'est le
roman qui a donné naissance à la langue d'Oïl et à la
langue d'Oc, ces deux filles si glorieusement régénérées.
— Fo2f* Léngadd, Patouàt, Bouman.
L'oeuvre de recomposition fut lente : elle suivit les phases
de la grandeur romaine, qui mit du temps à mourir. Dans
le principe, elle était inconsciente, irréfléchie, ignorant sa
voie, mais entrevoyant un but; elle s'inspirait et se gui-
dait par un vague souvenir, qui n'avait jamais péri et qui
ramenait peu à peu le peuple, lui qui fait la langue, vers
des inflexions qui lui avaient été familières. En acceptant
le latin, il l'avait soumis, par une sorte d'instinct méca-
nique, aux aptitudes les plus conformes à son organisme
vocal ; en le transformant, il ne cherchait qu'à porter dans
la prononciation les prédilections ou les antipathies qui
étaient dans sa nature.
Un respect traditionnel entourait les racines, qui sont
l'âme des mots : les modifications s'accomplirent donc plus
volontiers sur les désinences. Elles s'adressèrent surtout à
celles qui avaient le cachet romain, d'abord parce qu'elles
étaient moins dans les prédispositions organiques de la
voix, puis parce que ces finales, sans signification par elles-
mêmes, n'affectaient qu'accessoirement la substance du
mot, que le changement ne voulait pas atteindre. Le génie
national reprenait les concessions arrachées par les vain-
queurs : c'était l'affranchissement qui s'annonçait. Ce
retour à l'ancien esprit gaulois offrirait des coïncidences
qui vont plus loin que les formes du langage.
Mais les signes de cette réaction se manifestent clairement.
Le premier besoin est la rapidité de la parole répondant à
la promptitude de la conception : et la contraction des mots,
la simplification des modes et des cas marquent des écarts
d'indépendance qui protestent contre l'ampleur et la régu-
larité latines. L'accentuation se reprend à des cadences et à
des agencements de syllabes qu'une bouche et une oreille
romaines n'avaient pas inventés : et il s'ensuivit la nécessité
de combiner autrement la forme d'une foule de mots. On
le voit : si les fondements latins restaient encore solides,
un édifice plus jeune s'élevait sur eux.
Les éléments de cette révolution du langage se trouvent
dans le changement de formes, dans les modifications des
désinences, qui obligent l'appareil phonétique à prendre
d'autres flexions plus en harmonie avec ses tendances et
ses habitudes natives. C'est ce qu'il faut constater par des
applications et des exemples. Qu'on en juge à l'œuvre.
Chez nos ancêtres gaulois la forme du suffixe était AC =
EC; nous l'avons déjà signalé. — Voy. A, $uff. Son accen-
tuation, forte sans doute, à cause de la lettre finale, devait
cependant être adoucie ou assourdie par un son guttural,
ressemblant à celui du X grec, qui lui servait d'expres-
sion dans l'écriture: et ce qui le prouve, ce sont les
variantes dialectales, conservées dans la néo-celtique en
ac^=: iac = auc = ùch ^^ech; nuances ménagées pour
estomper des tons trop durs. Les permutations opérées plus
tard en S doux, en J ou G doux, comme équisonnants,
seraient aussi un indice de quelque valeur.
Ces désinenc<es étaient employées à adjectiver les mots,
à former des termes ethniques, patronymiques, géogra-
phiques, à marquer la possession, la filiation, l'apparte-
nance, la collectivité. En voici quelques exemples : Bron^
tristesse, bronach, triste; bod, touffe, bodec, touffu; karad,
amitié, karadec, aimable; suU, œil, tuUech, qui a des yeux;
$tan, salut, êteinech, salutaire; plum ou />/irm, plume,
plumauc ou plumawe, emplumé, dial . comique ou cambrique .
En gaélique : Albanaeh, Écossais; Erionnaeh, Irlandais;
Sacâanach, Anglais; en bas-breton : d^rv, iann, chêne,.
dervek, tann$c, lieu planté de chênes, abondant en chênes;
90
AON
AON
ounn, frêne, ounnek, frênaie, etc., etc. — Yoy, Zenss,
Gram. céU.; Le Gonidec, IHcf . frref.
Mais, arrive la domination étrangère, et les mots cel-
tiques n*entrent plus dans le langage usnel qa*à la condi-
tion de revêtir la forme romaine. Le latin avait sa termi-
naison caractéristique générale en u$, a, um; partout où
on terme ganlois se rapprochait d'un des siens par le sens
on la consonnance, dans les noms propres qn*il ne tenait
point par politique à défigurer, dans les dénominations
locales qu'il importait de ne pas débaptiser, il s'appropriait
le mot et se contentait d'adjoindre sa formule propre à la
désinence vaincue. Mais àpart sa finale en acui, œa, aeum,
la plus proche, qui a été la plus durable et qui donne en-
core à bien des noms propres, dans la moyenne latinité,
une physionomie gauloise , il avait aussi ses sufiSxes en
anus, a, um ; aneus, a, um ; anius, astiiu, enuM, inut,
onus ; de la même catégorie, et exerçant de pareilles fonc-
tions adjectives, possessives ou collectives. Les Gallo-
Romains adoptèrent ces désinences dittées par le vain-
queur, et ils les vulgarisèrent en les étendant en anieu$,
enieuâ, inieui, onieus, a, um, employées généralement au
plur. fém. : anieœ, enieœ, iniem, oniew. Suivons la gradation
sur les noms d'hommes et de lieux. On trouve dans César :
IHvitiiicus, Dumnaeus, Valetiaeus; dans Tacite : Galgaeuê,
Caractaeus; Sidoine- Apollinaire cite AvUaeum, frcsdium
Aviii, PruMianuê; Grégoire de Tours, J^rMinoeum; l'Itiné-
raire d'Antonin, Juliacum, Tiberiaeum, Solimariacum; les
chartes, Flaviacum, Aureliaeum, Pompeiaeum, Pauliaeum;
et en même temps, à cette dernière période, on rencontre
Martiniacum et MarHnhanieœ, Cotonia et Colonieœ,
Condacum et Condusonieci, SalvanumeiSalvanicœ, Ahonum
et Alsonieœ, Veranum et Verananica, et ainsi d'une foule
d'autres. De sorte que la progression pourrait être celle-ci :
Brmn, primitif celtique, donne directement Brennus; puis
Brennae, Brmiiaeui, celto-latin, fils ou descendant du
Brenn ; et dans les noms communs, devenus noms de lieu,
collectifs, ea$$, eass-ae, eau-ee, forme celtique; easiacus,
easManuâ, eoênuâ, forme latine ; Ca$$aniea, forme gallo-
romaine, etc., etc. Les transformations se firent sur ce
modèle; inutile d'en détailler l'interminable nomenclature.
Tel était le produit du mélange du gaulois et du latin,
parlés simultanément, à c6té l'un de l'autre sur le même
iol. Les désinences ae s= ee af&iblies en aeh, aue, ech,
lurent donc soumises à la prononciation romaine, qui don-
nait toujours le son dur au C, semblable au K rude,
même sur les voyelles douces 9, I, et qui articulait forte-
ment le N, dont il ignorait le son mouillé. Les Gallo-
Romains avaient surenchéri en redoublant les deux sons
de ces consonnes dans anieœ, gnieœ, inieœ, onieœ.
C'est contre la dureté et la sécheresse de ces intonations
que devait protester la langue romane en France, comme
le firent tous les idiomes dans les pays où les Celtes avaient
séjourné, une fois que la puissance romaine eut cessé de
peser sur le langage.
Aussi, ae ss ee, la forme première, représentée par
aeu$, eeut, ieui, oeui, um, perd-elle d'abord sa fimio
latine; puis le e s'amoindrit et coule; il permute avec lé
cA ou le y et ^ doux ; il disparail même entièrement de nos
appellatifs, où il ne se fait jamais sentir. A part quelques
exceptions, qui localisent une dénomination, il se trans*
forme de vingt manières di£^ntes, selon les influences
auxquelles il obéit. Tandis que la géographie andemia
garde ses aeum ou anum immuables, à tous les points de
l'horizon, les terminaisons nominales se sont changées en
a, as, at, é, ei, te, ter, ière, tes, y, eux, ieux, etc. 11 faut
encore comparer, pour ces métamorphoses du ae assov
dans la signification adjectivée, nominative, collective ou
diminutive, les variantes qui paraissent autant formées sur
le suffixe celtique que sur le correspondant latin on sa
latinisation, comme édo, iè, iëiro, et leurs dérivations os
leurs analogies sur les difiTérentes voyelles, et les affinités
et les permutations de lettres. — Yoy, lettres C, G, et tdo;
Iè, etc.
Dans les finales anu$, anum; enus, inu$, onus; anetse,
enius, inius, onius, au masc. et au neutre, d'importation
latine plus marquée peut-être on du moins plus Soi-
gnée des suffixes celtiques, le roman, pour les traduirB,
supprime Clément la caractéristique latine; il garde an,
en, in, on, avec ou sans i antécédent, et souvent même il
efiace le n dans les noms communs, au moins de notre di»*
lecte, comme bo, eousï, mati, etc. ; et dans ceux où la consonne
persiste, elle prend, dans le Midi surtout, une expression si
fortement nasalisée qu'elle devient un caractère typique de
notre idiome. — Tby. An, suff.
Les désinences féminines ana, ena, ina, ona, una, et
surtout ania, enia, inia, onia, unia; anea, inea, onea,
unea, se r^roduisent plus particulièrement dans le vieux
languedocien et dans le moderne par nos finales agno, égno^
ègno, igno, ogno, ugno, qu'emploie le français sous difll^
rentes formes transmises par le roman, en agne, aiyne,
eigne, oigne, ogne. — Yoy. aux mots : Cassagno, Gamégno,
G<ueougno, etc., etc.
Et encore sur tous ces suffixes, à peu près indiflRîrem-
ment, tant sur ceux où le e est la consonne dominante que
sur ceux où Yn se rencontre, il intervient fréquemment
une autre combinaison très-répétée en aje, éje, èje, ije, oje,
uje, lé J remplaçant le G doux, — et en aeho, èeho, ét^,
éneho, idu), oeho, qui dérivent du même principe et qui
vont reparaître sous un autre aspect.
Les Gallo-Romains avaient, dis(Mis*nous, représenté les
désinences principalement en ietis, a, um, en les latinisant
plus durement, par aniea, eniea, inieœ, onieœ, où se rap-
prochaient les deux consonnances fortes de l'N et du G.
Cétait une transformation qui voulait pent^tre rappeler
le suffixe primitif des aXeux et le mettra en contact avec
ceux des vainqueurs ; mais cette finale de la moyenne lat{*
nité, à dur redoublement, devint particulièrement antipa-
thique au roman et aux autres langues néa4attnBS qui se
À6N
AfiN
3J
xeoomposaiait. La malhearease terminaison en nicus, nka,
nieum, qaelque voyelle qui loi serve de véhicule, a le don
d*born|ûler tons les idiomes en voie de rénovation, et
Ganse les écarts de prononciation les pins étranges.
En FrancOi le roman en fait anéguei, enègues, inègues,
onègues, et anieheê, anénehe$, angeg, enge», inges, onge.
Lelangaedocien emploie là-dessos sa voyelle féminine propre
9^ mais la forme en est conservée. Dans l'espagnol et Tita-
lien, comme dans la langue d'Oc, se retrouvent des procé-
dés identiques ; et il est remarquable qu'en Espagne, à
propos de Faltération apportée plus tard par le languedo-
cien sur ces désinences anègues, onègue$, etc., venant de
aniea, enicm, onicm, se montre une articulation conforme
k nos argu9ê, ergues, orgues. — Voy, Argue, Canounje, où
des exemples sont cités.
Cette variété anègues, enègues, etc., ne débarrasse pas la
désinence d'une certaine rudesse, qu'amortit à la vérité la
présence de l'e ou Vo atone ou muet, sur lequel elle tombe
en languedocien comme en français ; mais nous présumons
que la flexion forte du g n'est ici que le résultat d'une
exigence orthographique, quand il précède les voyelles a,
0, u, dans nos dialectes. L'exactitude de cette induction
nous est démontrée par ce qui existe de pareil en français,
et aussi dans la prononciation du languedocien des Hautes-
Gôvennes. Ainsi, pour traduire le lat. veniat, nos monta-
gnards disent : gué végno, et dans la plaine on prononce :
91M vèngue. Le premier est plus pur : mais cette diffé-
rence a peut-être amené une autre combinaison : celle
du g suivant Vn au lieu de la précéder. La mouillure est
moins sensible : cependant ng n'est qu'un équivalent. C'est
une importation du germain par les Francs ou les Yisi-
goths, qui n'avaient aucune facilité à articuler notre ^, et
qui l'ont démontré en changeant presque toujours nos dési-
nences agne, oigne, eigne, igné, ogne, en ange, inge, onge,
dans les dénominations. Quoi qu'il en soit, la formule ré-
pond exactement, par la suppression de la voyelle e inter-
médiaire, à celle des romanes anègues, enègues, onèguesj
et ne sort pas d'une autre provenance. Dans le roman et
au nord, où l'influence germanique se fait plus sentir, on
trouve, comme formes analogues dans la langue du moyen
âge : il dunge, dogner et duner, donar et dogner; aviegne,
avegne, avieneni;espreigne, preigne; et venge, tenge, donge;
et viengne, Hengne, dongne, qui sont aujourd'hui: donner,
advenir, prendre, venir, tenir; sans compter encore d'au-
tres variantes qui ne laissent pas d'être frappantes et fort
congruentes à notre siget.
Dans cette généalogie de désinences, ce qui est essentiel
à retenir, c'est l'introduction dans l'accentuation d'élé-
ments tout-à-fait nouveaux et inconnus au latin. Le G
guttural et souvent doux se substitue an C toujours dur
du latin; le CH chuintant, qui est celtique, aspire aussi à
reprendre ses droits; enfin, dans les suffixes qui font le
sujet de notre article et dans beaucoup de leurs variantes,
jrar toutes les voyelles s'articule le GJH mouiUé, une des
flexions de la plus incontestable origine gauloise. Et ce
n'est pas un phénomène des moins remarquables que la
reproduction de ces mouillures gutturales et nasales dans
tous les idiomes celto-latins au moment où ils se renouvel-
lent. Elles s'étendent même à U mouillé, que le fr. et l'esp.
adoptent, bataille, halaJUa, etc., que l'ital. représente par^/ij,
^glia, bataglia, et notre dialecte par l'V tréma, fio, bataïo.
En résumé, quand on suit à la trace ces transformations,
et qu'on étudie leur dégénérescence graduelle dans ses prin-
cipes et dans ses causes, il est difficile de ne pas recon-
naître, à voir leur identité d'emploi et de destination au-
près du radical, que tous ces suffixes de même famille sont
égaux entre eux, et que, depuis les primitifs AC = EC en
passant par le latin, ils peuvent être ramenés, par une
équation logique et rigoureuse, jusqu'à la forme usitée
dans nos idiomes modernes, si originale qu'en paraisse
l'expression au premier aspect. La singularité de physio-
nomie qu'affectent parfois certaines désinences n'est pas»
au reste, sans avantages : elle signale et met dans un relief
plus frappant le membre sur lequel il faut d'abord opérer
pour arriver par la dissection jusqu'à l'os, c'est-à-dire au
radical. Dans la recherche des étymologies, il est bon
d'avoir affaire à un mot ainsi surchargé, dont on peut du
premier coup-d'œil dégager l'appendice à tournure connue
d'avance. Mais la parité significative ou l'équipollence des
terminaisons de même catégorie a une portée bien plus
étendue : car si elle permet d'établir entre les mots et les
noms, des analogies qui les font équivalents les ims aux
autres, malgré la différence de leurs formes, quand ils pro-
cèdent d'une racine unique, elle empêche encore et le plus
souvent de confondre, avec un mot qui parait dérivé d'une
langue de formation, comme le latin par exemple, une
simple désinence, qui lui ressemble par sa physionomie,
mais qui n'est en définitive que le produit d'une combi-
naison régulière ou d'une altération successive. Ceci soit
dit en passant pour notre finale Argue, à laquelle nous
renvoyons. Mais que de ceci surtout ressorte clairement
la loi d'afiînité, de concordance, d'égalité de valeur dans
les désinences supplétives, ce résultat obtenu sera fécond ;
et nous tenions à en consolider les bases. Les citations
sous chaque mot feront mieux comprendre son impor-
tance majeure. — Voy, Argue, suff., Canounje^ Cassagno,
Sdouvagnargue, etc.
Notre but ici, au moyen de ces observations générales,
était encore de démontrer qu'au moins une partie de
l'ancienne prononciation s'était conservée dans les Gaules,
et qu'au moment de la rénovation de la langue qui devint
notre idiome roman, tout imprégné de celte et de latin,
qui ne faisait encore que se parler et se préparait à s'écrire
en devenant la langue d'Oc, cette tradition était assez
intense, assez enracinée pour constituer un de ses attributs
essentiels, comme il arriva pour le français, l'italien et
l'espagnol. La prononciation obligea l'alphabet à se com-
biner autrem^ti avec la même énergie que la contraction
3*2
AGR
AGR
qui resserrait les mots : œ furent les premières teadanoes
de Tesprit nouveau. Cependant, le plus souvent, l'expression
significative, dépendance respectée du radical, se maintint,
et Taccent tonique persista, comme en latin, sur la der-
nière syllabe forte ou sur la pénultième. L'intonation, ce
sentiment mélodique représenté par la mesure et la quan-
tité, garda même dans la langue d*Oc de ces réminiscences
qui en ont perpétué Teuphonie presque matérielle en longues
et en brèves, dont nos dialectes ne se sont jamais séparés.
Sans doute, il est difficile de bien apprécier la nature de
ces diverses modifications à la distance où nous sommes de
ce mouvement intellectuel et euphonique de notre langue,
quand les changements peuvent être le résultat de circon-
stances fortuites ou de particularités d'origine, de sol, de
climat, ou de tant d'influences ignorées ; mais nous essaie-
rons de les distinguer et de les débrouiller avec patience,
et à l'aide de tout ce que nous pourrons recueillir de
lumières et d'enseignements.
Nos indications, si insuffisantes qu'elles soient, ne servi-
laientrelles qu'à faire entrevoir la communauté d'extrac-
tion de la langue d'Oïl et de la langue d'Oc, leur contem-
poranéité de formation et de progrès, à montrer que celle-ci,
déchue politiquement, mais aussi littéraire que jamais,
n'est pas un des patois corrompus du français ; ces études,
que de plus habiles compléteront, u'arriveraient-elles qu'à
jeter une lueur bien faible sur nos origines et notre his-
toire, qu'à sauver leur aridité technique par quelque uti-
lité et un peu d'intérêt et de nouveauté, que nous persiste-
rions encore à les suivre, et nous ne croirions pas notre
labeur perdu.
Agnnè, adv. Cette nuit, ce soir. — En vieux français,
on disait : anmi.
I>ér. du lat. ad noetem,
Agnuècha (s*), v. S'anuiter, se mettre en chemin la
nuit, voyager de nuit. — Noum agnuêehan, la nuit se fait,
la nuit nous gagne. En v. fr. $'anui$iêr,
I>ér. de Gnué.
Agôon, J. m. plur. Agôausse$. Le petit chêne-vert épi-
neux; Quêrcu»eoeeif0ra, Linn. Plante ligneuse sur laquelle
on cueille le kermès animal ou vermillon.
Agonrini (s'), v. S'acoquiner; prendre des habitudes de
paresse et d'ivrognerie; fréquenter mauvaise compagnie.
Dér. de Gourin.
Agouttén, que, aéfj. Du mois d'août, d'arrière-aaison.
Dér. du lat. ÂuguMius, qui lui-même a formé aoûl, qui
n'en est qu'une contraction.
Agrada, v. Plaire, convenir, être au gré; agréer, ap-
prouver. — AquéUê éfam ê'agradau, fôou hut tnarida,
ces enfants s'aiment, il faut les marier. Safaçounm'agrado,
ses manières me conviennent. S'aqud vout agrado, si vous
approuves cela.
Dér. de Gra, gré.
Agradèlo, j. f. Épine- vinette; B0rberii vulffariê, Linn.
Arbrisseau épineux dont on forme des haies vives. Son
fruit en grappes est aigrelet et rafraîchissant. Ajfradéio est
évidemment la corruption à*Aïgradéio, qui n'est qu'un dimi-
nutif d'àigrê; c'est comme si l'on disait : VAigrdett».
Agràontouni (s'), o. Se recroqueviller, se ratatiner,
comme des cretons ou graisillons, connus en languedocien
sous le nom de gràoutoît.
Agrava, v. Couvrir un champ de sable, de gravier, par
inondation. — Gardois agravo tous pras, le Gardon couvre
les prés de gravier.
Dér. de Gravo.
AgrévoQ, j. m. Houx, arbre toujours vert, à fleurs mo-
nopétales en rosette, hérissées de piquants, à baies rouges,
et dont la seconde écorce sert à faire la glu. De ses bran-
ches flexibles on fait des baguettes, qu'on appelle pour cela
des houuines, — Ilex aquifolium, Linn., de la famille des
Frangulacées ; assez commun dans nos bois.
Étym. du grec <ixp(a, qui est le nom du même arbris-
seau, dér. de (Syptoc, sauvage, farouche, à cause des épi-
nes longues et fortes de ses feuilles.
Agriable, blo, adj\ Agréable.
Trad. du franc.
Agrimouiè, j. m. Groseiller à maquereau, arbuste épi-
neux, dent les fruits sont assez gros, mais moins doux que
ceux du groseiller sauvage ordinaire; Ribes groistUaria, Linn.
Son nom lui vient sans doute du goût aigre de ses fruits.
Agrimouîo, s. f. Groseille à maquereau, fruit de l'ar-
brisseau précédent.
Agrîoto, «. f. Griotte; variété de ce qu'on appelle à
Paris la cerise, à laquelle notre griotte ressemble beau-
coup, au goût près. La cerise est fort douce et la griotte
est fort aigre. — Aquà's vrateoumo manjan d'agriotos, cela
est vrai comme il neige des boudins. Badinan au numjan
d'agr^Motf Mot à mot: plaisantous-nous ou mangeons-
nous des griottes? Est-ce pour rire ou tout de bon T Tel
est le sens. Dans notre dicton, les griottes se trouvent mê-
lées par la raison que leur goût âpre et acide fait faire à
celui qui les mange une grimace qui ressemble au rire,
une sorte de rire aigre-doux, sardonique, laissant le choix
entre le rire ou la grimace.
Agroomandi, v. Afiriander, ap&ter, affirioler. Le même
que Agalavardè. — V. c. m.
Dér. de Grouman.
Agroumia (s'), ou Agroumouli (s*), v. Se blottir; s'ac-
croupir; se mettre en peloton ; se tapir dans un coin ; se
ramasser comme pour rentrer en soi-même.
Dér. du lat. grumu», grumeau, qui a donné aussi gru-
mèl, du primitif grum, grain, d'où grumo, etc.
AgroQtiè, «. m. Griottier, arbre qui porte la griotte.
— Voy. Gf%oUf.
Agmméli, v. Pelotonner, former des caillots, mettre
en grumeaux. — Se dit des choses, jamais des personnes,
pour lesquelles on se sert de AgraumoulL
Dér. de GrutnM.
Agnmaa, «. m. Prunellier ou prunier sauvage ; Pmnmi
AGU
AIA
33
tpmo$a, Linn., arbrisseau de la famille des Rosacées. Son
fruit est d*une acidité et d*une âpreté remarquables. —
On dit également : Agrugnéei Àgruné/iè. — Voy. Bouïssoù.
Étym. de dcypioç, sauvage, champêtre; le celt. avait
aigr, aigre.
Agnmèlo, j. f. Prunelle, fruit de Yagrunas, dont on
fait de Teau-de-vie.
Même étym.
Agn, part. pau. du v. Avédr$, avoir ; eu, possédé.
Agud, Supers, sing. du prêt, du V. Âvédre. Il ou elle eut.
Agiid (à T), adv. Aux aguets, à la piste.
Dér. du grec à^ito, considérer attentivement.
Agnîado, j. f. Aiguillée de fil ; aiguillon du laboureur :
le bout pointu sert à piquer les bœufs, Tautre extrémité
est armée d'une petite pelle, qui sert à racler la terre du
aoc et qui s'appelle Bourbouuado.
Dér. à*Aguio,
Agnialas, j. m. Aquilon, vent du nord-est. Il souffle
pour Alais des Alpes piémontaises. — Il y a sans doute
bien loin du latin Aquilo au langued. Aguiala», cepen-
dant on ne peut méconnnaître entre les deux mots un air
de famille. Le q du premier se change souvent en g par
euphonie : c*est ici le cas. Quant à la terminaison, elle
exprime évidemment un péjoratif caractéristique, car on
ne parle de ce vent qu'avec aversion. Le grec a?YiaX6ç,
rivage, bord de la mer, vent de terre, a peut-être aussi
contribué à sa formation.
Agnîô, «. m. Porte-aiguille; pelotte, sorte de coussinet
ou de bourrelet destiné à piquer les épingles et les aiguilles,
recouvert et barriolé de morceaux de drap ou de velours.
Autrefois les femmes de noblesse ou de bourgeoisie en fai-
saient un ajustement de toilette qu'elles portaient suspendu
à leur ceinture à côté de l'aumôniôre ou du daviè. (F. c. m.)
Aujourd'hui des breloques remplacent ces deux symboles du
travail et de la charité : la pelotte a aussi perdu sa place.
Le mot lui-même commence à être hors d'usage : affaire de
mode, trait de mœurs, signe du temps.
Odde, de Triors, dans ses Joyeuses Recherches de la langue
tolosaine, de 4578, décrit comme suit ce petit bijou:
c Aguillier est à dire vn petit peloton de drap que les fem-
mes coustumierement tiennent pendu en leur ceinture, en-
semble auec leur bource, auquel elles mettent et fichent
leurs espingles, et doit estre tousiours beau, ioly, et s'il
est possible neuf et la bource semblablement, autrement
cela n*a point de nez, principalement quand de ieunes
femmes le portent, car il n'est guiere beau et séant à vue
ieune femme de prendre vn vieil Aguillier, non plus qu'il
est beau de chausser quelque vieille sabatte, groulle, ou
escarpin dans quelque belle pantoufle, toute neufue, ou
mettre quelque vieil petas et pièce de drap vsée sur de belles
chausses toutes neufues. Et pour preuue de cela, ie mettray
icy en auant ce nouueau et assez vsité prouerbe en ceste
▼ille de Tolose disant ainsin : A bourço nauuo non eal
aguillier vieil ; et hœc tint dicta nemine nominando. »
Agoio, J. f. Ai^ille à coudre, à tricoter; aiguille de
montre ; pièce de fer pour planter les vignes ou les saules.
— Mentis pas dé la pouncho d'uno aguio, il ne ment pas
d'un iota.
Dér. de Acus, ûs, aiguille.
Aguinclia ou Goincha, v. Viser, prendre pour point de
mire.
Dér. de Guinche ou guènche, louche, parce qu'en visant
ainsi, on ferme un œil pour mieux régulariser la ligne
visuelle, et on a l'air de loucher. Peut -être encore ce verbe
tire-t-il son origine de l'esp. ^wmar^ regarder du coin de l'œil,
et a-t-il la même communauté de sens avec le franc, guigner.
Agusa, v. Aiguiser, rendre aigu, pointu, tranchant.
Étym. dulat. Acuo; acus, acutM.
Agasadooiro, s. f. Pierre à aiguiser. — Voy. Chafre.
Ah I interj. Ah !
Ah I bé I interj. Ah ! pour le coup !
Aï, 4" pers. sing. ind. prés, du v. Avédre; \^2X.
Aï, interj. Aïe, cri de souffrance, de plainte, de sur-
prise. — Ai! dé ma dén/ Ah ! la dent! Aï/ mé fas màouf
Aïe ! tu me fais mal. Aï/ çaï ses ? Ah ! vous voilà?
Aï, diphthongue, c'est-à-dire réunion de deux voyelles
produisant un double son par une seule émission de voix.
L'articulation de cette syllabe, dans la langue d'Oc, se fait
en appuyant sur la première voyelle, tandis que la seconde
reste faible : la voix dominante ici porte sur l'a, elle s'adou-
cit et s'efface presque sur l'i final.
En vertu du principe que toutes les lettres se prononcent
et se font sentir, nous aurions pu éviter de marquer l'ï
d'un signe particulier. L'italien et le grec n'en emploient
pas : ils écrivent simplement farni, vedrai; 6Xaiç6ç, îl|i«i,
xa(, et tous les infinitifs passifs; et leur diphthongue atala
même consonnance que la nôtre. Cependant le tréma nous
a paru nécessaire, d'abord pour marquer une différence
dans la prononciation de l't entre ses variétés d'inflexion
(F. la lettre /); puis, pour sauver une exception que nous
étions forcé d'admettre. Voici le cas : le français a la diph-
thongue simple, sorte de voyelle, formée des deux lettres ai,
qu'il prononce tantôt comme é fermé, /atmai, tantôt comme
è grave, j'aimais; or dans notre dialecte se rencontrent
certains mots d'origine toute française, mais impatroniséset
consacrés depuis longtemps parmi nous, quoique en assez
petit nombre, notamment, pour les citer presque tous :
air, Alais, mais, conjonc. Pour ceux-là nous demandons,
en faveur des lecteurs habitués à lire à la française, de leur
conserver leur physionomie orthographique à la française.
Certes, ils ne perdraient rien à être écrits comme ils se
prononcent: èr. Aies, mé; cependant le moindre trouble
à la lecture résulterait-il de cette configuration puriste, et
il reviendrait souvent, ce serait assez pour justifier une
exception si peu exigeante d'ailleurs. L'emploi du tréma
sur l't après a devient ainsi tout à fait logique, et la règle
se trouve mieux confirmée, en rendant sensible la distinction
et en maintenant invariablement le son diphthongue sur aï.
s
M
itTG
KtG
Alado, «. f. Save» ft Tail, aillsode; coalis da paysuiiikit
itee de l'ail, da peraii et da poivre. En Frovenœ, cette
âance s'appelle eMi, parce quli y entre aussi de Thnile.
Dér. de Aïé.
Aîçaî, adv. Çà, deçà, de ce côté, mais un peu plus loin.
'— IVraHTOtts aïçQï, passez de (à, de ce côté.
Dér. du lat. Hàc.
âîçaliii, adv. lei^bas, ci-dedans.
Gomp. de Aieï et alin.
Aiçamonn, ndv. Cà-haut.
Cotnp. de Àtei et amoun.
Afçamoimdàoa, adv. Çà-haut, mais plus haut encore
que ta place occupée par Tinterlocuteur.
G)mp. de Aïei et amoundâou.
Aiçaval, adv. Çà-bas. Il est presque synon. de Aïçalin.
Gomp. de Aïei et aval.
Aiçi, adv. ici, dans cet endroit. — D'atei-'n-laï, doré-
navant. D'aXeWn-foro, en sortant dlci, de ce pas, doréna-
vant.
Dér. du lat. BUs.
Aiçô, pron. démontt. Ceci. — Que $éra tout aïçd? qu'ar-
riverar-t-ilT que sera-ce que tout ceci? Aï pôou qu'aïçà in-
tara màou, j*ai peur que ceci tournera mal.
Dér. du lat. Hoe.
Afç j-^Anô, phr. faite. Ceci-cela, des si et des mais.
Aie, 9. m. Ail, plante de la famille des Liliacées, AUium
iativum, Linn. — Son oignon se divise en plusieurs gousses
ttommées baségno. L'assemblage de ces ca&ux. forme une
tète qu'on nomme hounèlo.
Etym. du lat. AUium.
Alèdia (s'), V. S aliter, garder le lit.
Dér. de lè.
Aièiro, «. f. ou Aignièiro, «. f. Evier, conduit, égoùt
ded eaux de cuisine.
Dér. du lat. Aqu:irium. — AiSiro n*est que la contrac-
tion euphonique de aïguuiro.
Algadino, «. f. Ondée, pluie subite .d'orage peu vio-
lente; une faible inondation, ou plutôt ^inondation d'un
petit torrent, d'un ravin.
Dér. de Aigo.
Aigagnâou, «. m. Rosée, serein, vapeur exhalée de
l'humus terrestre et condensée par le contact de l'air froid
de la nuit. Malgré la démonstration physique, on dit :
fbfh^ d'ùïgagttâou, comme si la rosée tombait d'en haut.
Le languedocien, passe encore; mais le françiis, qui doit
être et qui est en eflTet plus docte, dit 4 merveille : tomber
d4 ta roêèe, le serein tombe; et personne ne s'en émeut.
Dér. de Aïgo et de gnuè, eau de nuit.
âîgaïè,t. m. n. pr. de lieu. Aigaliers, AquUerium, com-
mune du canton d*Cz^. — Voy. Aïgoike, et i^ro, $uff.
Afgajê, <. m. Ce mot a le même sens que a^gagnéou,
ttsis il est plus générique; il désigne seulement riiumidité
dèa prés, du teirain, de \sk faille de mûrie», trempas (fo
MMé.
J
iigaràdo, 9. f. De l'eau roUgîe, du vin trempé outre
mesttre étqui n'a conservé qu'une teinte rosée ; de la rïn-
(ure, de l'abondance. C'est aussi tme ondée d'eau de vais-
selle.
Aîgardén, «. m. Eau-de-vie, alcool, liqueur plus bu
moins spiritueuse et incolore.
Formé de Aigo et du lat. arden9, brûlant. En esp., a§ua
ardiente; en ital. anc. aequa ardente.
Aigardôntiè, «. m. Marchand, débitant, di^tlâXeur
d'eau-de-vie; particulièrement les marchands adibulânts
d'eau-de-vie, qui la débitent par contrebande dans les vil-
lages et hameaux, loin des agents de la régie.
Aîgasso, «. /"., péjor. d*Atgo. Eau sale, de mauvais ^ùt,
et même de l'eau piire, eu égard au mépris que lui témoi-
gnent les ivrognes.
Aîglo, j. f. Aigle, oiseau de proie, de l'ordre des Ra-
paces; Faleo fvdvu9, Linn. AquUa fu9ca. Le français fait
une distmction de genre lorsqu'il s's^t de l'oiseau, âiirmàl,
qui est masculin, ou de l'emblème, insigne, qui est alors
féminin ; le languedocien n'admet pas cette diïlèrence ;
seulement, lorsqu'il parle de l'aigle romaine ou napoléo-
nienne, il francise tout à fait et prononce èglo. L'un et
rautre mot sont d'origine française.
Aigo, 9. ^., dim. Aïguélo; péj. Atgaeto. Eau. — Fâou
pa9 dire d'aquél' aïgo noun béourat, il ne faut pas dire :
fontaine, je ne boirai pas de ton eau, pour: il ne faut jurrâr
de rien. Vôou pas Vàigo que béou, il ne vaut pas l'eau
qu'il boit; c'est un homme de peu de valeur. Aï pantatea
d*aïgo9 trébou9, j'ai fait un mauvais rêve. Pér avédre dé
bono aigo, fàou ana à la bono fon, pour avoir de bonne
esiu, il faut aller à la bonne source ; qui veut bon conseil,
^adresse à bon conseiller. Faire lae aigo9, se dit des eaux
qu'ime femme prête à accoucher rend aussitôt que lé pla-
centa s'entr'ouvre pour laisser passage à l'enfant. Escampa
d*aigo, verser de l'eau, uriner, pisser. Lae aïgoi li vènou
as ièU, les larmes lui viennent aux yeux . Aïgo que coure
fat pas màou âou moure ; en franc, du XV® siècle, on
disait dans le même sens : Esve {eau) qui court ne porte
point d'ofdures {Vrov. Gall., ms. cité par Le Roux de
Lincy). Aquél viêl a êncaro bono aïgo, ce vieillard est en-
core vert, il a bonne mine. Douna Vàigo, ondoyer un
enfant. Van batéja émbé d'àigo dé mérlusso, il est mal
baptisé, c'est un pauvre chrétien.
Aïgo-boulido, s. f. Eau bouillie, potage à Teau, au set,
à l'ail et à l'huile.
Aïgo-dâou-mêinage, s. f. Eau de vaisselle, lavure.
Aïgo-courén, eau courante, rivière ou ruisseau. — L'adj.
reste au masculin, comme dans le mot suivant, seulement
pour l'euphonie.
Atgo-for, S. f . Eau forte. — Oîi donne cette qualification k
l'acide nitrique ou sulfurique, àcause de sa force dissolvante.
AXgo dé sardos, saumure de sardines. La saumure s^èxprïme
tfuài'par Aïgo-sdou, composé de aïgo et de edou, avec sup-
pression de* l'anDdè, eomme dans les deuit ïboù aaiVanlt.
Ai»!
Àïgfhnafo-, eau da fleurs d'onaog^, eau de «^(i^ Da4at.
4^it^ napt^fha, mèDoesens.
4i^ref9> eau-rose, de fleurs de^rosiw.
Aï^sifnado, eau bénite. Sip^ado, marquée- du signe; d#
lacnûx.
Étyiu. du lat) Àqua; du rad. celU Aa^ ac, ag, eau.
Aîgo-Morto, j. /". n. pr. Aigues^Mortes, ville, arroudis*
siiement de Nîmes.
Ge nom est composé avec l'adjectif qu^ficatif et le
re{iré8(entaot languedocien du celt. aa, aq, aqua, eau» trans*
formé par le roman eve, ave, ive, euve, et ses nombreuses
variantes. Il est entré de même dans Jv^Ftvo, Aignes-
Vives (Gard), et autres.
AîgO'pomiGbo, s. /. Bourge-épine, espèce de nerprun ;
HamtuM euihariicus, Linn. Arbrisseau de la famille des
Frao^acées, dont la feuille, l'écorce et surtout les baies
sont purgatives. — Avec le suc épaissi des baies de ner*-
pmn et un peu d'alun, on prépare la couleur verte connue
sans le nom de vert de vessie.
Aiffoùs, onso, adj. Aqueux, de la nature de l'eau, qui
contient de l'eau, abondant en eaui
Dér. du lat. Aquoius, formé du rad. celt. Aa, œ, ag,
«W/Cau,
n n'est pas peut-être de radical qui soit entré dans la com*
position de plus de mots, avec plus de variantes. Nous ne fai-
sons pas ici un dictionnaire géographique, pour le relever dans
tous les noms de lieu qu'il a formés ; mais nous le signalons
dans quelques localités les plus rapprochées» pour constater
certaines analogies étymologiques à l'appui de ce que nous
disons des noms propres locaux. Ainsi Aïgouâo, Saint-Lau-
rent*d'Aigonze (Gard), eiAïguéto, Aignèze (Gard), AiUgaiè,
AquUerwm, Aigaliers (Gard), identiques entre eux, le seront
encore avec Agusarguêi, Agusanieœ, Agusargues (Hérault),
avecAgnaan» communede Gonqueirao(Gard) ; avec Aguessac
(Aveyron), Aguillan (Drôme), comme avec Eyguières, Aquor
Ha, et Eygalières, Aqtuiria (Bouches-du-Rhône) ; et de même
avec.6uzargues ( Hérault), et Guzan (HérauH) , par apocope de
Va initial. Tous ces noms sont dérivés de la même source,
et la différance de leurs désinences n'ôte rien à leur com^
munanté d'origine et de signification, — Voy, Argue.
AigO'YéB, $. m. Eau-versant, les eanx-versantes d'une
montagne, terme de cadastre: l'arête, l'angle supérieur du
prisme de la montagne ou de la colline.
D^. de Afgo et de vê$, en bass.-lat. Aqui-vergium.
Aigre, $, m. Coin de fer, outil quelconque faisant levier,
quelquefois même une pierre plus dure que les autres, qu'on
donne pour point d'appui au pied-de4>iche d'un levier, quand
on vent soulever une masse, ou débiter un banc de piene,
OB' faire une pesée. C'est ce qu'on nomme en français :
er^fMÂ/. — Ce mot, qui n'est guère usité que chez les carriers
et les chaufibumiers, a donné naissance à un verbe fort
employé, aïgréja, et dont l'acception figurée .est^clasai^pie
e|.mn]ti|iUée dans ses applications.
D^.dià,A)i0rep j^ étyin« lat. oeep, «ç^,.
k, SI», adj\ Aigre, acidev piquantam §oùt ; avi%»
piquant, fâcheux, mordant.
Aigréjavt}. Aigrir, sentir l'aigre, toujraer àTaigra)—
Voy.. Aïgre, adj.
Aigréja, v. Au prop. secouer fortement, soulever avec uu
levier, faire une pesée. Au fig., mettre en monvemeot,
mettre en route, décider. S* aïgréja, commencer à se remuer,
se secouer, s'aviver, se mettre en train. Un enfant «'ai'^jo
quand il se réveilley qu'il se démène et qu'il commence' à
pleurer.
Dér. de Aïgre, s, m.
AigrétOff «. ^. Oseille; Bumex acetasa, HumexseutaiÊtê,
Linn. Plante champêtre et potagère à saveur très^cide.
Dér. de Aïgre, adj.
Aigri (s'), v. S'aigrir, devenir aigre, passer à l'aigre.
Aiguéift, V. Laver souvent; arroser, mouiller, baigner;
passer du linge à l'eau simple.
Dér. de Aïgo.
Aignièiro, t. /". Evier. — Voy. AïtXro,
Allai, adv. De ce côté-là, de l'autre côté. — LaietoM
aquà aïlaï, laissez donc cela; brisee-là; n'en parlez plu»,
— Voy, D'aïlaï, En4aï.
Formé du lat. Ad et Ulà, ou Ulàe.
Aîlamonn, adv. Là-haut, au-dessus, amont.
Formé du lat. lUà, et ad montent, vers la montagne, du
côté d'en haut.
Ailamoundâon, adv. Bien plus haut. C'est un augmea*
tatif d*Aïlamoun, en y ajoutant dâou, haut, qui est un
réduplicatif de awioun.
Aîlaval, adv. Là-bas, aval.
Formé du lat. Illà et de ad vallem, vers la vallée, vers
le bas.
Aima, v. Aimer, prendre plaisir à, se plaire à, désiren
Dér. du lat. Amare.
Aimable, blo, adj, Dim. AïmaUoin, aïmablita; péjor^
AimabUne, so. Aimable. — Le péj. aïmabUte ne se dit qo4
par contre-vérité. — Ses aïmablast vous êtes gentil! repro*
che-tron à quelqu'un qui fait ou dit quelque chose dQ
désagréable, de mauvais goût.
Amargue, j. m. n. pr. de lieu. Aimargues, qui s'écrit*
vait aussi Aymargues, commune et petite ville dans le caib
ton de Vauvert (Gard>.
Le nom à'Aimatgue, parmi ceux qui portent la raêma
finale, se prête moins qu'aucun autre àlacombinaisoafim.'*
taisiste qui voulait que toutes ces dénominationsdésignassent
des maisons de campagne ayant aj^rteau dans l'origine anu^
plus nobles familles patriciennes de Rome, ou tout au- moins
à leurs riches affranchis établis autour de la métropole 4a
Nimes. Dans la composition du mot, il n'entre ni le nonv
d'homme ^miUw, ni même le latin ager, domaine.
Pour s'en convaincre, il suffit de dégager d'abcfid^ lai
désinence adjective argm, sur le sens et Torigiae de l%w
quelle nous nous^expliquons* — Voy. Argm^, Reste le^
corps du mot ; et remaïquoDs^iu'U a «ûbi)Mett*âesrlraiifrP'
36
AIN
Aïs
mations, et que sa lorme la plus récente n*a pas pu d'évi-
dence autoriser sa plus ancienne dérivation.
Or, le premier titre latin qui mentionne cette localité,
est de Tan 84 3 ; elle y est appelée Ârmasaniea in littora-
no. En 961 , et dans les actes publics depuis cette époque,
on écrit tantôt Armasianici, Armatianieœ, tantôt ArmcLda-
nieœ, Armaxanieœ, qixï se fixent enfin en Armcuanica,
Dans le même temps, comme pour tous les noms à finale
identique, la langue vulgaire disait Armasanêgues, qui se
trouve dans les vieilles chartes, et plus tard Emargues,
Marguêê, Aimargues.
En latin, comme en roman, on le voit, le radical est le
même; et il s'est conservé en languedocien. Armas ou
Ermas, qui signifie, dans notre vieil idiome, marais, ter-
rain marécageux, vague, inculte, s'approprie très-bien à la
situation d*Aimargues, encore in littoraria au IX* siècle,
et à plus forte raison quand l'appellation dut lui être ap-
pliquée. Arma$aniea ou Arma$anigue» supposent le pri-
mitif Armat-^c ou Arma$-^, ayant passé par Armaê-ana
ou Armas-ata, latin, et n'ont pas d'autre sens que, champ,
domaine, propriété, villa de VArmtu. Ce qui est modeste,
et moins flatteur peut-être que la descendance romaine ou
gallo-romaine de jEmiliut, mais plus certain et plus naturel.
— Voy. Agno, tuff.
11 est vrai que, dans la forme nouvelle, la substitution,
sur la première syllabe, de la lettre t à la consonne r est
étrange; mais le fait n'est pas isolé, on le dirait même sys-
tématique dans la composition de noms de ce genre dans
notre pays. En effet, pour le Gard seulement, on trouve
Gondargues, représenté par le lat. Gordanieu» et Gorda-
nieœ; Boussargues, par Brossanieœ; Bassargncs, par Bar-
Monieœ; Goussargues, par Gorsanieœ; Massargues, par
Mananieœ.
Malgré les variétés de désinences qui se sont attachées
à la racine, il convient de rapprocher les analogies qu'in-
diquent et que justifient les changements eux-mêmes du
nom d*Aimarguê que nous venons de signaler. Ainsi nous
trouverons les mêmes mots dans : Arman (Basses-Pyré-
nées); Armeau (Isère); Armens (Gironde); Armons et
peut^tre Armagnac (Gers) ; Herm (Landes et Basses-Pyré-
nées) ; L'Herm (Gironde) ; L'Herm (Ariége, Haute-Garonne,
Lot) ; Hermaux (Lozère) ; Armes (Isère) ; Arinissan, Armel-
lan (Aude); Armilhac (Lot-et-Garonne). Que ces dénomi-
nations ethniques viennent de notre armas, langued., ou du
gr. fpi){AO{, qui a fait le lat. eremus, leur identité est incon-
testable, et justifie notre système de formation des noms.
Aina* ado* j. et aàj. Aine, ée , le premier né des en-
fants; par ext. personne plus âgée qu'une autre. — Dans
les familles villageoises, il est d'usage de distinguer le fils
atné en l'appelant Vaïna, le puiné eadé, et les antres, de
leurs prénoms. — Faïre un aïna, faire à son fils aine tous
Ifli avantages que permet la loi. Sèê moun aïna dé quatre
U vous êtes plus âgé que moi de quatre ans.
Dér. du lat. anH naiui^ né avant.
Air ou £r, j. m. Air, fluide qui entoure le globe ter»
restre; vent, ventrcoulis; mine, manière, physionomie,
façon, allure; chant. — Ana$ préne Voir; adiez prendre
l'air. Faï d'air, un pdou d*air, il fait de l'air, il fait un
peu de vent. A prés un air, un co d'air, il a pris froid, il
a une fluxion, une transpiration arrêtée. Prén un air, il
prend des airs de fierté. A un air dé se feha dé ièou, il
semble vouloir se moquer de moi. Dono d'air à soun pèro,
il a un air de ressemblance avec son père, c'est tout le
portrait de son père. N*a pas l'air, il ne parait pas. Cantor
nous un air, chantez une chanson.
En l'air, adv. En l'air, en haut.
Dér. du lat. Aër.
Aîradé, s. m. Airelle ou myrtille, Vaeeinium myrtUlus,
Linn.; petit arbuste de la fam. des Bruyères ou Ericacées.
— Il croit sur les hautes montagnes, et ses fruits sont assez
agréables au goût.
Dér. du gr. AtÇ, a^y^ç, de chèvre, plante de chèvre.
Aire ou Ëré, s. m. dim. de Air. Petit air ; air, mine,
tournure. — Un aire rharman que noun saï, un petit air,
une tournure charmante et gentille comme on ne peut
mieux.
Airéto, s. f. Petite enclume de faucheur pour rabattre
la faux, pour étirer son morfil.
Airiè, s. m. Chef d'une aire à battre le blé; celui qui en
dirige les opérations.
Dér. de A\ro.
Airo, «. f. Dim. Aïréto, Aire, plate-forme pour battre le
blé ; plate-forme pour les tuiliers, les potiers.
Di^rivé du lat. Area,
AîrôoQ, s. m. Dim. Aïroulé. Airée, la quantité de
gerbes qu'on foule à la fois sur l'aire ; jonchée de diffé-
rentes choses répandues sur la terre. — Bamassa la pas-
turo à bèUs aïrôous, ramasser du fourrage trop clair-semé
par jonchées de quelques pouces d'épaisseur.
Dér. de Aïro.
Aisa, do, adj. Aisé; mais il n'emprunte àcet adj. franc,
que cette seule acception relative à l'aisance de fortune.
Appliqué aux personnes, il signifie : douillet, délicat, qui
aime ses aises, qui plaint sa peine. Dans ce sens, il se
rapproche de Coumode, F. c. m. — Aqud po se dire un
hamê aïsa, voilà un homme qu'on peut dire jouir d'une
honnête aisance.
Dér. de AUe.
Aîsanço, s. f. Commodité, faculté, convenance. Par
opposition au mot précédent, aisanço n'est jamais employé
pour aisance de fortune. — Aquà*s une bèlo aîsanço, cela
est fort commode, cela évite de la peine, des corvées.
L'aXsanço d'un ouslâou, la bonne distribution, les facultés
d'une maison, un arrangement commode où chaque choee
est à portée.
Dér. de Aïse,
Aisa, «. m. Dim. Aïeé, augm. iron. Aïsas, Aise, ooa*
lentement, commodité, repos heureux, satisfaetion,
AÏS
AJU
37
gêne. — Sotil en aU$ dé vous véire, je suis charmé, bien
aise de vous voir. AqtUl Kome éi à soun aXse, cet homme
jouit d'une honnête aisance. Faraï aqud à moun aïs$, je
ferai cela à loisir, sans trop me presser. Marcha à toun
aXie, marcher à pas lents, an pas de promenade. Y-ana
d'aXtê, aller doucement, avec précaution, sans se presser.
Prénê nus aïses, se prélasser, se dorlotter : c'est le far-
niente des Italiens. Vaï à toun aM$a*, moun home, ne te
gêne pas, mon garçon.
Étym. du gr. ATaa, convenance, bienséance, d'où aîdioç,
heureux, favorable.
Aises, j. m. pi. Êtres d'une maison, d*une contrée. —
Sa loue aïses, se perdra pas, il connaît la maison, le pays,
il ne s'égarera pas. Un chasseur doit connaître tous aïses,
les allures, les mœurs, les remises du gibier.
Aid, ido, adfy • Commode, facile; bien à la main. —
Aquéloustdou es bien aïsi, cette maison est fort commode.
Aquélo pioio es bien aïsido, cette cognée est bien à la
main. Sa fénno es pasgaïre aïsido, sa femme est d*humeur
revèche et peu facile à vivre.
Dér. à'Aïse,
Aisino, «. f. Nom générique que l'on donne à tout
ustensOe, ou meuble, ou vase, qui sert à contenir soit un
liquide, soit un solide. Ainsi, un panier, un plat, un seau,
un tonneau, sont tout autant ài'aïsinos.
Dér. de Aïeï.
Aissado, s. f. Dim. Aïssadéto. Marre, houe, outil de
jardinier. — Dans les Hautes-Cévennes et dans le Vivarais,
cet outil a un manche assez court, sa lame est triangulaire
et légèrement recourbée en-dedans; c'est la même forme
que la maille ou maigle de Bourgogne et la chèvre de Lor-
raine. A Alais et dans les environs, le manche en est long,
la lame large en carré-long et tranchant au bout ; sa sur-
face est plate; elle décrit un angle de 45 degrés avec son
manche, qui s'y joint par un anneau ou œil et non par
une douille comme la pelle. Vaïssado ou trénq%ui jardi-
gnêtro est plus large de lame; l'angle de la lame et du
manche est plus aigu que dans le précédent outil. Celui-ci
sert particulièrement aux jardiniers pour faire les semis ou
piantattoos à raies dans un terrain meuble, et à creuser les
canaux d'irrigation.
V Aïssadéto est une serfouette, petit outil à lame pointue
du bout, à l'usage des jardiniers et fleuristes, pour gratter
la terre autour des plantes jeunes et délicates.
D6r. du lat. Aseia.
Aûsadoù, s. m. dim. Le même que le précédent Aïssadéto.
Ai8sé)a, V. Se plaindre, geindre, soupirer.
Formé de l'interj. Aï/ — Ces sortes de formation des
vertes fréquentatifs sont un des caractères particuliers de
la langue d'Oc. Les augm., les dim.« les péjor. appartien-
nent à un même ordre d'idées. Il est peu de mots dont on
ne puisse Uàre un verbe, et peu de verbes qui ne puissent
ncB9m et sdmettre la désinence éja, qui amoindrit, adou-
C^m leuforoe même le sens primitif.
Aisséjaîre, ro, adj. Douillet, qui aime à se plaindre,
qui ne cesse de gémir ; malade imaginaire.
Aîsséto, s. m. Aissette ou aisseau, petite hache de ton-
nelier et de sabotier, dont le manche, d'environ six pouces
de long, porte un fer qui a d'un côté un large tranchant
recourbé, et de l'autre une panne, un marteau, et quelque-
fois une douille simple.
Étym. du lat. Ascia, hache.
Aîsséto, s. f. Plainte faible; soupir continu d'un enfant
qui souffre, propre particulièrement à Ma fièvre. — Aqud
éfan méno uno aîsséto que dévigno pas rés dé bo, ce pauvre
enfant a une manière de se plaindre qui n'est pas de bon
augure.
Même rac. que Aïsséja.
Aîtabé, Tabé, Aîtambé, També, adv. Aussi, aussi
bien, à cause de cela.
Formés de Tan ou aïtan, autant, et de bé, bien.
Aitan, adv. et s, m. Autant, tant. — Un âoutre aïtan,
une autre fois autant.
Ainènclia (s*), v. S'éloigner, s'écarter d'un lieu, d'une
personne.
Dér. de iuèn.
Aja, ado, adj. Agé, qui est avancé en âge.
Trad. du franc.
A-Jal interj. Cri de commandement d'un charretier pour
faire obliquer son attelage à gauche.
Ajassa, v. Coucher par terre, ou sur un lit. — Bla
ajassa, blé versé.
Ajassa (s*), v. Se coucher, s'étendre. — En parlant des
vers à soie, il signifie : entrer en mue, se coucher sur la
litière {jas). — Lous magnas couménçou dé s'qjaua; s'ajas-
sou à las quatre, les vers commencent à entrer en mue ; ils
sont à la quatrième maladie.
Dér. de Jas.
Aje, s. m. Age. — H semble une simple traduction
du franc. C'est un de ces mots qui, manquant à la
langue, ont dû être empruntés à leur voisin. En bon
languedocien, on l'évite autant que possible. — On dit
très-bien cependant : Vn home d'aje, un vieillard. Es
éncaro d'un bon aje, il n'est pas encore trop âgé.
Se fat adija din Vaje, il commence à être d'un âge assez
avancé.
Ajouqua, v. Jucher, percher, accrocher en haut.
Ajouqna (s'), v. S'accroupir, s'assoupir, s'endormir sur
sa chaise; en parlant des perdrix, se raser, quand elles
aperçoivent l'oiseau de proie.
Etym. du lat. Jugum, perche, juchoir, ou de Jaeere.
Ajougne, v. Atteindre, attraper, joindre quelqu'un qui
marchait devant.
Dér. du lat. Adjungere.
Ajnda, v. Aider, secourir, venir en aide. — Les villa-
geois, lorsqu'ils invitent à dfner un ami, ne manquent
jamais de lui annoncer le mets principal du repas. Ainsi
on lui dit : Vendras m'ajuda à mat^'a uno ésptmléto, tu
38
ALA
ALA
viendrns pivndre U\ part d'une ••claMch»\ Diou m'ajute.
Diou ino s<»il en aido.
Dt*r. du la t. Adjuvare.
Ajudo, s. f. Aido, secours» assislaiico, prolr^clion ; celui
qui aide dans un travail. — As uno bono ajudo tmbé ta
fénno, lu as un Ijdu associé av(\' ta fcinine. Siès dé pùouro
ajudo, lu es d'un Taiijle si»cours. Ln pdou d'ajudo (ai
gran bé, Prvb, un peu d'aide fait grand hien. On dit alter-
nativement : Iton dre a besoun ou n'a pas besmin d'ajudo,
le bon droit a ou n'a pas besoin d'aide. Le ]>reiiiier sens
est rassurant: il ne faut i)as toujours se lier au second.
Dér. de Adjuvare.
Ajusta, r. Ajouter, joindre, ajuster, additionner, n)ellre
(luelquc cb«\se île plus ; viser pour atteindre uri but en
tirant. — Les pn'uiières acceptions dériv(Mit de adjutuferv,
joiiulre (MisiMnbli* ; la dernière est formée du lat. ad-justum,
juste, droit.
Ajustoù, .V. m. Petite pièce de bois ou d'étoile, ajoutée
par assemblage ou par coutun» .'i une autre trop courte ou
trop étroite.
Dér. du lat. Adjungere.
Al, artic. masc. 5m<;. //af. Au, rornan-languedocien ; iini-
silé aujourd'bui dans notre dialecte, mais encore emj)lo>é
dans la régi-n montagneuse des Cévennes, et même dans
une partie de Tllérault. 11 est formé par la contraction de
à lou, (pii a donné dou. — l'oi/. Aou.
Al est aussi l'article arabe (jui s'est incorporé ^ quelques
mots lang. et fr., tels que alamb),e\c.
Aladèr, .v. m. Alaterne vSauvage; fihamnus alaternus,
Linn. Arbrisseau de la famille des Frangulac^^'es, toujours
vert, qui croit sur nos collines et surtout parmi les bruyères,
auxquelles il se trouve mêlé quand on s'en sert pour ranger
les vers à soii*; sa feuille ressemble à celle de l'cjlixier.
Son nom lat. alaternus est probablen)enl une altération de
alternus, parce (jne les feuilles de Valad^r, alaterne, sont
alternées sur leurs brandies.
Alafan, s. m. Llépliant; Elephas maxîmus, Lirni. Manj-
mifère onguiculé de la fam. des Pacbydermes. — Alafan
est une pure corruption du français ou plutôt un purisnie
languedoci<ui, dont le génie tend à s'éloigner du type fran-
çais, ab)rs qu'il est obligé de lui faire un enq)runt.
Élym. du lat. Elephantus, dér. du grec KÀfya;.
Alais ou Aies, s. m. n. pr., Alais, ville. — Ce nom a
exercé bien des l\)is les in\estigations des étymologistes. On
a prétendu rexpli(]uer par les armoiries de la ville, puis par
sa configuration et môme par son orientation. L'écusson
porte, en eiïct, un demi-vol d'argent sur cbamp de gueules;
mais avant ré|)f)que incertxiine où celte aile lui fui doiniée,
avant que la science du blason eiit été mise en bonneur, la
ville et son nom existaient, cl n'est-il pas naturel de penser
que le nom fil naître l'idée de prendre une aile comme armes
parlantes, au lieu d'imaginer que les armoiries inspirèrent
le nom? 11 parait tout aussi difficile d'admettre les autres
systèmes. La rose des vents n'était pas inventée avec ses
indications d'/:.v/ et d'Ouest, (juand le bapt^'^me se fit. D'ail-
leurs la forme Atest dérivait de Alestum, traduction latine
a l'usage des tabellions, du nom roman Aies, de lieaucoup
plus ancien. Enlin, connue la ville ne s'était pas impro-
visée d'un seul jet dans nu moule tout tracé, comment
c^Hle ligure d'aile aurait-elle été assez nettement dessinée
dès sa ])reiiiièri' plinne, alors qu'il fallut la nommer, pour
iléternjiner rallusion ? Le mot ile l'énigme n'est pas dans
ces découvertes, jilus ingénieuses que vraies, l'ne autre
solution du problème se présente.
("<'st au mot lui-même (ju'il faut s'adress'^r pour trouver
s:i racine. Or, l'bisloire l'ail remonter le nom d^Alesia aux
Ages les plus reculés. Llle raconte que, treize siècles envi-
ron avant l'ère cbrélienne, les Celtes, sous le nom de Volces
Arécomicpies, qui <<.rupaient le littoral méditerranéen de
la Gaule, eunMil A lutter contre une invasion de naviga-
teurs pbéniciiMis, descendus sur leurs ri vag<^s. La colonie de
Tyr venait »'\plorer ces contrées inconnues et y apporter
sa civilisation et le commerce. Son but était d'exploiter les
mines de nos Cè\eini»'s, où ror«.'t l'argent se rencontraient
alors pres(jue à fieur de terre, et de faire l'écliange de ses
jjroduits. Elle établit deux st:nions commerciales, à proxi-
mité l'une de l'autre, j)our s' prêter un mutuel seœurs. La
première, plus voisine de la m m*, s'appela IS^amauz, de
Mawa, en Ci'ltii|U!\ l'onlain.', ou de yeimkeish, gai:'lique,
(jui se prononce iScmcse, d'où on a fait IScmausus, ISismes
et yiincs. La s'coiiile, plus baut, au centre de l'cxploita-
li<ni et du tralic, fui nommée A/esia.
L'attribution est certaine jiour Mmes; les plus graves
bistoriens ne la mettt'nt pis non plus en doute pour Alais.
S'il eu était autrenu'Ut. il serait au moins singulier de
trouver, après tant de si'rles, les deux no:iis s'appliquant
aux deux localités dè.^ignées par les anciens géographes
grecs, dans les mêmes conditions lopograj)liiques, avec la
même raison aj^pellative, et uJie pareille communauté' d'ori-
gine et d'existence.
Au reste, celte Afev'a primitive, malgré l'opinion de
M. de Mandajors aujourd'bui abandonnée, n'a rien de com-
mun av(\', VAlesia de Vercingétorix» que la ressemblance
de son nom, tiré du mêiiie radical <'t exprimant une posi-
tion semblable. L'invasion d H 'roule dans les Gaules,
ses conquêtes et ses voyages ne sont qui^ Lî symbole de la
marche et des j)rogiès di' l'antique civilisali m phénicienne,
et ce n'est cpie par une flatterie imaginé^ sous Auguste,
pour bononîr la mémoire de César, vainqueur d'Alesia,
que la fondation de la grande cité gauloise fut rattachée
aux aventures du demi-di.ni mytliologi(pie. Mais la confu-
sion n'est pas possi!»le; car les commerçints de Tyr n'au-
raient pu pénétrer si avant dans les terres, ni s'éloigner
des Cévennes, où leur exj)loitalion de l'or les avait attiréa
et les retenait.
Cam{)emenl Jlxe. .station commerciale ou ville, il importa
peu; rien n'est resté que les deux noms. Voilik pour lai
inductions historiques.
kt'k
cioifiine aërmôre Ipreuve, fô lîom a b^oîn S'être soumis
à TaDaiyse àâns sa composition. Il tient au celtique, piiisqùe
la langue du pays où il était employé pouvait seule servir à
la dénoininaiion ; et dans cet idioène il doit être sîghlfîcalîf .
Constatons d*abord la forme la plus ancienne : c'est
celle qui, dans les noms propres et de lieux, rend le mieux
ooinpte de leur formation, qui les suit et s'attache à eux
avec le plus de persévérance. Pour Alais, lé mot est écrit
dans lés vieilles chartes Aies ou ÂUêx, Âlesià ou Àlexia est
composé selon le génie du grec ; mais la désinence expié-
tive' ià laissé facilement apparaître le radical primitif.
Les deux syllabes du mot appartiennent au celtique.
JH où ùll, cité par Virgile et expliqué par Àusonne {Àl
Ce/tonim), signifie : hauteur, élévation, sommet, montagne.
Il est reproduit par le latin altus, correspondant à excelsus;
et dans toutes les langues dérivées, il em^rte égalemeiït
ridée de hauteur. Es ou iz final est aussi d'origine gau-
loise, n est fréquent dans les noms du Midi , où on le
relfbave pour déàigner une ][>ortîon de territoi^re, une région.
II imprime à la racine al, en s'y joignant, comme une
idée dé provenance, de dérivation. Dans ce sens, le mot
entier ne pourrait que signifier : pays élevé, contrée haute,
vère là montagne. C'est là, en effet, la désignatfoù îà plus
caractéristique, celle qui exprimait le mieux la polàltiqn,
qui s'appliquait exactement à un certain territoire'. Quand ta
ville, plus tard, vint à se bâtir, il était naturel dé Fa dési-
gner par le nom appliqué au pays sur lequel elle s'emplaçait.
Ses commencements furent si faibles, qu'ils ne méritaient
pas d'abord de dénomination spéciale de vilîe. Mais tout
concorde et se réunit pour rendre ces faits et îeiirs circon-
stances vraisemblables ; il n'en faut pas davantage pour que
notre ëtymologie soit juste.
Après les diverses altérations que nous venons d'indi-
quer, le nom était revenu à sa forme primordiale ; il s'écri-
vait Aies ou Alez, en français, au commencement du
XVIIf* siècle. Alors, pour éviter la confusion avec une autre
ville du Midi, son orthographe définitive fut fixée en Alais.
Nous la maintenons ainsi ; mais sans vouloir pour cela
que sa prononciation languedocienne soit altérée, pas plus
qu'elle ne devrait l'être en français. Les habitants du Nord
nous chicanent un peu sur ce point. Ils prononcent Alais
comme Calais, palais, etc., et s'étayant de l'analogie, ils
trouvent ridicule qu'en Languedoc nous fassions sentir, en
parlant, le s final. Serait-ce vraiment un gasconisme que
l'on aurait le droit de nous reprocher, et une contravention
an beau langage, dont tout le Midi se rendrait coupable?
liais si les puristes ont raison de blâmer cette manière de
faire sentir ici la consonne finale sifflante , pourquoi l'adop-
teàt-ils lorsqu^il s'agit de Reims, de Sens, A'Aix, qui, à
coup sùf, ne se prbiloncent pas comme reins, sans, faix,
qU f Pour vivre et parler de bonne intelligence, ne vàu-
oraii-ir pais mieux: se montrer moins difiiciles? (t est inu-
tile d'aborder une discussion sûr les noms propres' et de
lieux» mais il nous semble qu'on ferah'Bien' de i^soiiare
Âtl
3^
la question en favéiir dé la prononciation locale^ qui dô^t
èti*e généralement adoptée : car c'est la seule manière de
s'entendre partout, et même de parler correctement. ^,
Handa ou Alandrà, o. Ouvrir une porte , une fénètré à
deux battants. — De même qu'on dit : Manda la porto,
ouvrir tout à fait la porte, on dit aussi : Alandà hu troûpU,
l&cher le troupeau, le faire sortir de la bergerie grande
ouverte ; Alandà lou fid, faire brùleir le feu , et Alahéfa
sa mérchandiso, étaler sa marchandise. Dans toutes œs
acceptions, il se trouve un certain contact, une sorte de
rapprochement qui peut servir à expliquer la racine du
mot. Ne viendrait-il pas de àd laium, au large?
Alânda (s') v. â'ètendre par terre, tomber de son long.
Alaingui, ido, adj. Triste, languissant; abattu, affaibli
par le chagrin ou la maladie.
Dér. de ixinguï, venant du lat. Languerè,
Alâougàîrl, v. Décharger, alléger, fendre plus léger. —
S'aldougêtri, se dévètfr, prendre des habits plus légers. Le
proverbe dit :
Aou mes ^ab'rlou
TalAougèïres pas d'un flou ;
ÂovL mes dé maï
Fâï éé que té plaî,
Aiiiat ëdcai^ nôuii saï :
Au mois d'avril, ne te dévêtis pas d'un fil ; au mois de mai,
fais ce qu'il te plaira, et je ne sais encore si c'est pnident.
Dér. de Lâougé.
Alâouso, s. f. Alose; Clupeà àlosa, Linn. Sorte de
poisson de mer qui remonte lé Rhône par grandes bandes
pour aller déposer son frai. Sa chair est fort bonne après
qu'il a vécu quelque temps dans l'eau douce, tandis que,
pris dans la mér, elle est sèche et dé mauvais goût.
Alapàs, «. m. Bouillon-blanc; iterha^cum lapsus, lAnn.
Plante cotonneuse, âl fleur blanche ou rose, agreste, adou-
cissante, vulnéraire, détersive. — Vog. Bouïoun-hlàn.
Alapédo, s. f. Asphodèle ; Asphodélus, Linn. — Vola-
pédo à fleurs blanches est fort commune dans nos bois. De
la pulpe de sa racine, on fait une espèce de pain assez
mangeable. Cette qualité était sans doute connue des
anciens : car les' Romains avaient fait de l'asphodèle une
plante des tombeaux; ils la plantaient autour des mo-
numents funèbres, pour donner aux morts ou à leurs mânes
le moyen de se substanter. — Voy. Poùraquo.
Alargà, t/. Elargir, faire sortir un troupeau de la ber-
gerie. — S'alarga, s'étendre; devenir libéral. — QiMn-t-un
vtlèn s'alargo, tout y vd%, il n'est rien de tel qu'un vllâîn
qui se met en train.
Dér. de Large.
Alari (Sent-) , n'. pr. Saint-Hilaire, nom commun' à pfù-
sieurs villages.
Du lat. Bilatis.
iàarîa, V. Elargir, rehdfre ptiis large, uii vêlémëiil, iltl
champ, un ine\iblé, un cânkl, ùïiè fenêtre, iffi trou.
li^r. de targe.
40
ALË
ALI
Alarmo, f . f. Tocsin. — Ce mot n'a pas d'autre acception.
n est formé de à Varmo, aux armes, cri pour courir aux
armes à l'approche de l'ennemi. En ital. on dit : M'arme.
Alata, V. Elargir un troupeau, lui donner la clé des
champs. — Le même que Alarga.
Dér. du lat. adlata, sous-ent. dêJueere,
AlccYTO, «. f Alcôve. — Corr. du fr., m. sign.
Étym. : al koba ou el-kauf, en arabe, cabinet où l'on
dort, tente. En esp. Alcoha et aleova.
Alédro ou Ânédo ou Coutèlo ( V. c. rn.), s. f. Narcisse
blanc des prés. Narcissui poetîcus, Linn.
Dér. du lat. ÂlbeJo, blancheur.
Alègre, «. m. n. pr. Allègre, commune du canton de
Saint-Ambroix , arrondissement d'Alais, et nom pr. de
plusieurs autres villages. 11 est aussi quelquefois nom pr.
d'homme. En lat. on le trouve écrit dans les anciens titres,
AUgrium et Alergium.
Ce nom est assez répandu; mais sa désinence n'est pas
commune, car on ne la rencontre, dans noire langue, que
dans péeègre, pernea, et sègre, iequi, avec ses deux composés
eoussêgre çXpér sègre. Cette circonstance, et surtout la variante
latine, semblent être l'indice d*une altération ou d'une trans-
position de lettres dans la terminaison. En ce cas, un primitif
en irge se laisserait soupçonner, et, parla prononciation du
g dur, on arriverait à èrgue, finale adjective identique à
argue. Les exemples de ces inversions ne sont pas rares.
De là, le corps du mot ne présentant d'ailleurs qu'une
variété d'orthographe bien coimue et insignifiante, Tana-
logie serait directe entre Alègre, Alargue, et Aleyre, et
Alèirargues, qui ne sont eux-mêmes qu'une forme de
Alairac (.\ude); Aleyrac (Drôme, Hérault, Haute-Loire);
Alèira, Alleyrac (Gard) ; Alleyras (Haute-Loire) ; Allerand
(Marne) ; Allaites (Morbihan) ; Alayrac (Aveyron, Tarn) ;
Alairas (Ardèche); Allcyrat (Corrèze, Creuse); Alliéres
(Sarthe) ; qui auraient produit, par apocope de l'a initial,
Layrac (Ihute-Garonnc et Lot-et-Garonne) ; Leyrat (Creuse) ;
Lirac (Gard) ; Leran (Ariége) ; Leren (Basses-Pyrénées); Laires
(Pas-de-Calais) ; Lairargues (Hérault). Tous ces mots ont, en
effet, pour racine \ealgallicum,^Q Virgile, a/ Ce/tarumd'Au-
aonne, pour indiquer l'altitude, l'élévation, les montagnes.
La conformité du nom de notre Alè$, Allez, Alais, semble
encore le ranger dans la même famille étymologique.
Alémagno, n. pr. Allemagne. — On donne le sobriquet
à*Alimagno à un Allemand, ou même à quelqu'un qui a
voyagé et séjourné en Allemagne.
Aléman, ando, adj. Allemand. — Jmm Alémandos est
devenu le nom d'un quartier où se trouvait une ancienne
taverne; c'est aujourd'hui une tuilerie à un kilomètre
d'Alais, sur l'ancienne route de Saint-Ambroix. Il doit y
avoir un siècle à peu près, deux femmes, des Alsaciennes
peut-être, vinrent là établir une buvette qui attirait les
chalands. Elles se firent peindre sur la façade de la maison
par un barbouilleur de l'endroit; cette image, à demi effa-
cée, se distingue encore : de là le nom, qui s'est conservé.
Alénga, ado, adj. Grand parleur, beau diseur ; qui a
la langue bien pendue, bien affilée ; qui a réponse à tout.
Dér. de Léngo.
Alerte, adj. seulement /em. Alerte, éveillée, vive, dé-
gourdie.
Trad. du fr.
Aléstl, V. Préparer, apprêter; disposer; mettre en état.
Dér. de Leste.
Aléva (s*), V. Se lever. — Ne se dit que du temps quand
il tourne au beau, qu'il se lève.
Algarade, s. f. Algarade; mercuriale, réprimande; re-
proches bruyants et publics.
Étym. de l'arabe et de l'esp. Algarada, qui signifie :
course sur l'ennemi brusque et imprévue.
Alibeufiè, s. m. Aliboufier ou alibousier, storax, styrax;
Styrax officinalis, Linn. Arbre de la fam. des Ébénacées.
Il découle de cet arbre, dans les pays chauds, un suc bal-
samique connu sons le nom de storax, que l'on conserve
ordinairement dans des roseaux, ealamtn ; de là le nom
de calamité appliqué à cette résine.
Son étym. serait-olle prise de Aie, haleine et de boufa,
souffler, à cause de son odeur d'encens T
Aligna, v. Aligner, ranger sur une même ligne droite.
— S'aligna, se battre en duel.
Dér. du lat. A pour ad, et linea.
Alimâeul interj. Péj. Alimàoudat! Animal! butor!
grosse bête! — Il n'est employé qu'interjectivement et
presque jamais comme subst.
Cornipt. du fr. Animal.
Alimase, s. m. Limace, limaçon sans coquille, mol-
lusque rampant, visqueux. — Marcha coumo un alimase,
il marche à pas de tortue.
Dér. du lat. Limax, venu lui-même du grec X£(uaE;
Xstjxcav, pré humide.
Alin, aiv. Là-bas. — C'est à tort, selon nous, que Sau-
vages le traduit par là-dedans. C'est sans doute la termi*
naison, qu*il a prise pour la'préposilion latine in, qui a
causé son erreur. Il est bien certain que alin veut dire làr
bas, bien bas, plus bas encore que avaZ; jamais il n'a
signifié : là-dedans. Il est formé du lat. Ad et imum, au
fond.
Alireù, s. m. Aileron, extrémité de l'aile à laquelle
tiennent les grandes plumes. — Le mot est formé de même
que le fr., mais non pas d'après lui : car ici le languedo-
cien est au moins son contemporain.
Dér. de Alo.
Alisa, V. Polir, lisser ; ratisser ; enduire un mur à la
truelle. Au fig., flatter, cajoler, flagorner quelqu'un pour
en faire une dupe. — Talise, BàoussUKro / dit-on prover-
bialement quand on voit faire des compliments à perte de
vue. Bâoussièiro, qui est un nom propre, la femme de Boî»>
sier, est mis génériquement; peutrêtre le dicton fisû4aii4I
allusion à une anecdote réelle.
Dér. de Us, uni, poli.
ALU
ÂMA
41
*e, ro, adj. Flatteur, cajoleur, cmbaucheur.
D^. du précédent.
Alisaje, s. m. Enduit d'un mur au mortier fin.
Alisiè, «.«m. — Voy. Àriguiê.
Alisqoa (s'), v. Se farder, s'ajusler, s*adoniser; ss pour-
lécher comme font les chats.
Dér. de Liqua .
Alo, s. f. Dim. Aléto; pôj. Àlasso. Aile. — Se dit par
analogie de choses trJs-Jiverscs : Âhs d'un capU, bords
d'un chapeau, dont la forme et Tenvcrgurc autrefois, dans
les chapeaux à la française, justifiiienl racc3ption. Alo dé
rasin, grapillon, brin qui s en détache, figurant par à peu
près une aile. — Voy. Sounglé.
Dér. du lat. Àla.
Alongui, s. m. Retard ; dôlais, lenteurs affectôcs. — Dà
qu'anas eérqua tan d'alonguis? qu*avez-vous besoin de tant
chercher des retards ?
Dér. de Long.
Alor, adv. Alors, en ce temps là. — Alorl dans co cas-
là ; oh ! s'il en est ainsi. Pér alor, pour lors.
Dér. de Fital. Allora.
Alonèto, t. f. Alouette ordinaire, alouette des champs ;
Alauda arvensis, Temm. Oiseau de Tordre des Pass3roaux.
— Sya. Làouséto. Lou Coutéloù, la CouqvXalo, la Calan-
dro sont des variétés de T Alouette. — F. c. m.
Dér. du lat. Alauda et do son dim. Alaudetla, qui a la
même sign.
Aloanga, o. Allonger, prolonger; retarder, différer;
rendre plus long. — Aq^ fài pas qu'alounga loupoutajd, iou
pastis, cela ne fait qu*entrainer des retards. — Atounga hu
pastis, allonger la courroie, perdre du temps volontairement.
Alonnga (s*), o. Prendre le chemin le plus long ; tomber»
s'étendre de son long.
Dér. de JUmg.
Alonngaire, s. m. Mauvais payeur; qui prolonge le
terme du paiement ; conteur, discoureur verbeux qui n'en
finit pas.
Dér. de Long.
Aimasses, t. m. plur. Compliments intéressés; belles
paroles ; détours de paroles, ambages. — Fôou pas ana eérqua
tant d'aluuusês, il ne faut pas tant de circonlocutions.
GoDtr. de AlMuia,
Atauna, «. Allumer, enflammer, mettra le fea. — n
parait spécial aax deux locutions suivantes : Aluma la
^édo, commencer à fûre du feu au séchoir à châtaignes;
el Aluma lou four d'aeâou, garnir le four à chanx. Ce
qui prouverait sa légitimité languedocienne. Mais on ne
dirait pas bien : Aluma hu lun, hu fd, pour lesquels il
fut préférer Atuba ou Aluqua. — F. c. m.
Formé du lat. Ad lumm,
âlvniÂtOv Bnraqoèto, Lnqpiéto, t. f. Allumette» petit
brin de bois soufré par le bout. Aufig.t chercheur de noises»
boite-ta. -* Yo^. Brouq^ito, Laquito.
Dér. de Aluma.
Aluqaa, v. .\llumer le feu ou la lampe. — Voy. Aluma,
On le dit quelquefois pour appeler de loin une personne»
lui crier : llolà ! lU ! la héler. On ne voit pas trop le rap-
port entre ces deux significations.
Aluqna (s'), v. S'animer, s'échauficr, en parlant avec
feu.
Dôr. du lat. Allucere, ou du gr. Xmxhwû, parf. XsXu^vsuxa,
éclairer.
Alura, ado, alj. Fin, rusé; éventé, étourdi; luron. —
Têslo alurado, tête à lé vent. — Voy. Lura.
Dit. de Luro.
Ama, are, ou Amare, aij. Amer, qui a de l'amertume.
— Qu3 béou ama, po pas éscupi dous, prvb.» qui boit
amer, ne peut pas cracher doux.
Dér. du ht. Amirus, qui lui-même vient de mar, mer;
l'eau de mer étant le type de l'amertume.
Amadou, s. m. Amadou.
Emprunté au fr.
Amadura, v. Mûrir, rendre mûr ; devenir mûr, aboutir,
apostumer, en parlant d'un abcès; s'apprêter, s user. -^
Lou sourél amaluro la frucho, lous blas, le soleil fait
mûrir les fruits ou les blés. Aquél roudaïre amaiuro,
C3t abcès va aboutir. Aïgà s'amaiuro, ceci s'apprête, dit-oa
quand on commence à être à bout de patience et près
d'échtar. Mas braïos s'amaiurou, mes pantalons s'usent.
Dér. du lat. Maturare.
Amadnnm ou Madanm, s. m. Maturité, état de ce qui
est mûr. — Aquélo péro tombo d*amaiurun, cette poire
pourrit d'excès de maturité. Aquéles magntu se foundam
d'amadurun, y a lon-tén que déourièou rèstre émbrugeu,
ces vers à soie dépérissent de maturité» on devrait les avoir
rames depuis longtemps.
Formé de Maiu, venant du lat. Maturare ou mofunit.
Amaga, v. Choyer, réchauffer» abriter; cacher; couvrir.
— Amaga un éfan, envelopper un enfant» le dorloter» le
serrer dans ses bras ou sur le sein de sa mère. Lou fà et
amaga, le feu est couvert.
Amaga (s'), v. Se tapir, se blottir dans une cachette;
se pelotonner dans un coin ; s'envelopper pour se défendre
du froid. — Voy. S'amata.
Dâr. du lat. Ma gale, magalia, mot punique» cabane»
huttes. Le radical est probablement magus, maga, magi-
cien» sorcier, féa ; parce que dans l'antique superstition» oes
êtres fantastiques habitaient les cavernes et les grottes.
Amal, adv. Encore; aussi; de plus; davantage; avec;
même, quand même. — J mal-mai'» bien plus, enooie
davantage. AmaX-maï gn'aguèsse, quand même il y ea
aurait davantage, y en eût-il plus encore. Amaï qui, poum
que, quoique. Vitm l'amour, amaï que dîne, vive l'amoarg
pourvu que je dine, dit le proverbe. AmaX fasén, aussi
fusons -nous. Amoi à voue/ à vous aussi : c*est ima
réponse aux civilités ordinaires entre gens qui se re&ooii-
trent ou s'abordent. Bonsouir à touto la eoumpagno. Bon*
woîr à la compagnie, dit le premier interlocuteur; AmeX è
40
ALÊ
ALI
Alarmo, «. f. Tocsin. — Ce mot n'a pas d*âutre acception.
11 est formé de à Varmo, aux armes, cri pour courir aux
armes à l'approche de l'ennemi. En ital. on dit : ÂU'arme.
Alata, V. Elargir un troupeau, lui donner la clé des
champs. — Le même que Alarga.
Dér. du lat. ai lata, sous-ent. deducere.
Alcovro, j. f. Alcôve. — Corr. du fr., m. sign.
Étym. : al koba ou el-kauf, en arabe, cabinet où l'on
dort, tente. En esp. Àlcoba et alcova.
Alédro ou Ânédo ou Coatèlo ( F. c. m.), s, f. Narcisse
blanc des prés. Narcissus poeticus, Linn.
Dér. du lat. Albedo, blancheur.
Alègre, s. m. n. pr. Allègre, commune du canton de
Saint -Ambroix , arrondissement d'Alais, et nom pr. de
plusieurs autres villages. 11 est aussi quelquefois nom pr.
d'homme. En lat. on le trouve écrit dans les anciens titres,
ÂUgrium et Âlergium.
Ce nom est assez répandu; mais sa désinence n'est pas
commune, car on ne la rencontre, dans noire langue, que
dans pécègre, persica, et sigre, sequi, avec ses deux composés
eoussègreeipérsègre. Cette circonstance, etsurtout la variante
latine, semblent être l'indice d'une altération ou d'une trans-
position de lettres dans la terminaison. En ce cas, un primitif
en êrge se laisserait soupçonner, et, par la prononciation du
g dur, on arriverait à èrgue, finale adjective identique à
argue. Les exemples de ces inversions ne sont pas rares.
De là, le corps du mot ne présentant d'ailleurs qu'une
variété d'orthographe bien connue et insignifiante, l'ana-
logie serait directe entre Àlègre, Âièrgue, et Aleyre, et
Alèirargues, qui ne sont eux-mêmes qu'une forme de
Alairac (Aude); Aleyrac (Drôme, Hérault, Haute-Loire);
Alêira, Alleyrac (Gard) ; Alleyras (Haute-Loire) ; Allerand
(Marne) ; Allaires (Morbihan) ; Alayrac (Aveyron, Tarn) ;
Alairas (Ardèche); Alleyrat (Corrèze, Creuse); Allières
(Sarthe) ; qui auraient produit, par apocope de l'a initial,
Layrac (Haute-Garonne et Lot-et-Garonne) ; Leyrat (Creuse) ;
Lirac (Gard) ; Leran (Ariége) ; Leren (Basses-Pyrénées); Laires
(Pas-de-Calais) ; Lairargues (Hérault). Tous ces mots ont, en
eflet, pour racine le al galUcum, de Virgile, al Celtarum d'Au-
sonne, pour indiquer l'altitude, l'élévation, les montagnes.
La conformité du nom de notre Alèi, Allez, Alais, semble
encore le ranger dans la même famille étymologique.
Alémagno, n. pr. Allemagne. — On donne le sobriquet
à'Alémagm à un Allemand, on même à quelqu'un qui a
voyagé et séjourné en Allemagne.
Aléman, ando, adj. Allemand. — Las Alémandos est
devenu le nom d'un quartier où se trouvait une ancienne
taverne; c'est aujourd'hui une tuilerie à un kilomètre
d'Alais, sur l'ancienne route de Saint-Ambroix. Il doit y
avoir un siècle à peu près, deux femmes, des Alsaciennes
peut-être, vinrent là établir une buvette qui attirait les
chalands. Elles se firent peindre sur la façade de la maison
par un barbouilleur de l'endroit; cette image, à demi effa
cée, se distingue encore : de là le nom, qui s'est conserv
Alénga, ado, adj. Grand parleur, beau diseur ; qui a
la langue bien pendue, bien affilée ; qui a réponse à tout.
Dér. de Léngo.
Alèrto, adj. seulement /em. Alerte, éveillée, vive, dé-
gourdie.
Trad. du fr.
Aléstl, V. Préparer, apprêter; disposer; mettre en état.
Dér. de Leste.
Aléva (s'), V. Se lever. — Ne se dit que du temps quand
il tourne au beau, qu'il se lève.
Algarado, s. f. Algarade; mercuriale, réprimande; re-
proches bruyants et publics.
Étym. de l'arabe et de l'esp. Algarada, qui signifie :
course sur l'ennemi brusque et imprévue.
Aliboufiè, s. m. Aliboufier ou alibousier, storax, styrax;
Styrax officinalis, Linn. Arbre de la fam. des Ébénacées.
Il découle de cet arbre, dans les pays chauds, un suc bal-
samique connu sons le nom de storax, que Ton conserve
ordinairement dans des roseaux, calamus ; de là le nom
de calamité appliqué à cette résine.
Son étym. serait-elle prise de AU, haleine et de boufa,
souffler, à cause de son odeur d'encens ?
Aligna, v. Aligner, ranger sur une même ligne droite.
— S'aligna, se battre en duel.
Dér. du lat. A pour ad, et linea.
Alimâou I interj. Péj. Allmâoudas/ Animal! butor
grosse bête! — Il n'est employé qu'interjectivement
presque jamais comme subst.
Corrupt. du fr. Animal.
Alimase, s. m. Limace, limaçon sans coqv
lusque rampant, visqueux. — JUareho coumo
il marche à pas de tortue.
Dér. du lat. Limax, venu lui-même
XsijAoJv, pré humide.
Alin, aiv. Là-bas. — C'est à tort,
vages le traduit par là-dedans. C'«
naison, qu'il a prise pour la*pr
causé son erreur. Il est bien c^
bas, bien bas, plus bas en
signifié : là-dedans. Il est
fond.
Aliroù, s. m. Aile*
tiennent les grandes
que le fr., mais t
cien est au mo^ -
Dér. de Al
Alisa, 1
truelle,
en fn'
bin^
\-
e, le Un-
ie l'ambre.
morale, et
* qa'oo dit:
itnbroiz, ville,
d'Alaia. — Foy.
■ "^ ^ ^- ^'* liais et embronilies;
-^ • 1 nne époque oit U
.: » »m m ,;, crêpée et poodrâe,
^m améchU par leur ajria-
sak riibaient en mèches talée
' a dd amener une entente
'T- sr ^.^j' n *m '^t au fond que le désordre
_^ ^ ^ ;ut venir du subs. mécho, qù
• M ip. •* . . "^^
^, ^^ ^_^ lénqolè, Aoielancbier, Criomgui
^ . iissean de la fam. des Rosacées,
^ ' 'tite baie, nommée aMrUn?uo, àpm
rténqnii.
, pomme, et *]7,eiï, étrangler; pomme
' ^ ^ Fin d'mie chose; ainsi soit-il. — IMw
**• .'doutât,' consentir X tout ce qu'on propose,
■ " i:nndilion, approuver le bien et le mal. Jaê-
""^ 'i-i|ii'fila fin des fins, sans fin, jusqu'à l'ôler-
**■ liLii lu loot hébreu : Àmtn, fiât, ainsi soil, ainsi
^ ijiii l' triiioe toutes les oraisons latines de l'Eglise.
' Micuda, .< f. Amende, punition pécuniaire au profit
lÂi-, i]iii II .1 rien de commun avec les dommages et
-tM^ rhis ,'i 1.1 partie civile.
DiT ilii l'il Emtndare.
Amcniiri, '• Abaisser, diminuer le prix. — N'a pas dn
ml !■■ -m- ilii fr. amoindrir, et ne s'emploie pière qaa
>tii >\|>riir.r un abaissement de prix d'ane mwrchandiss.
-- ir. „wr„.i,-, fou pan, la prix du pain est diminue.
Dit r|:' 1/o,7r<i.
Amenla, < "i. Sorte de marbre commnn dans le Gard ;
tjrr'i:lii', ^>i'l'! il'amygdalolde ; poudin^e composé de plk-
i.\f\jrt iviillimv cimentés ensemble par un gluten aussi dor
qiir 1,1 liiciTP.
Di'i'. d'.t W'-'i/o, parce qna ces différents cailloux ressent-
lili'iil nuK ainindes qui sont noyées dans le dmenl dm
llOllR^t.
Amènliè, 5. m. Amandier; Amygdalut eomnunit, Lina.
Arl)n> ik I 11 r:uaiUe des Rosacées.
AMA
AUA
MM^ lai rtpond-oa, à vous aussi, nous vous ditons de
mAme. AwM tu$i Toi auiû* tu quoqu9/ Amaï vendra poi,
et même il ne viendra pas, vous venez qu'il ne viendra
lias. Amaï Ut eastibraïo, la canaille avec. Homê$, finno$
m l9uj droUê amaX, hommes, femmes et les enfants avec,
et même les enfants.'
Dôr. de Hat, plus.
Amaigri (s*), o. Maigrir, se dessécher, dépérir.
Dér. de Mai^.
Amaira, o. Au prop. réunir un enfant ou le petit d*un
animal à sa mère. Cest le contraire de Di$mMra, — F. c. m.
An fig. réunir, associer, rassembler. Se dit d'une gerbe,
d'un fagot, de toute espèce de tiges, qu'on assemble rëgu-
litement en plaçant tous leurs gros bouts du même côté
pour les lier plus facilement.
Dér. de JfaVre.
Amaisa, v. Apaiser, adoucir, calmer. — Ama\$aun éfan,
codormir un enfant, l'apaiser, le consoler, l'empêcher de
crier ou de pleurer. Amaiâa la fan, apaiser le premier
aiguillon de la Mm, la calmer. Anwita-vouê, calmez-vous,
ladouciasez-vous. Lou lén s'amaiso, le temps devient calme.
X'tfouro ë'éi amaXsado, le vent s'est calmé.
' Mr. de Fital. Ammouiorê, adoucir, apprivoiser.
Analâonti, ido, adj. Qui est bien malade, bien exté-
Boé, bien affaibli.
Dér. de Malâou,
Amafai, «. m. Hanche, et proprement la tête supérieure
dn fémur.
Dér. de l'arabe Amalue, l'os-sacmm ; c'est parext. qu'on
l'applique à la hanche.
Amahaga, «. An pn^. déhancher, déboiter le fémur.
Au fig. froisser, meurtrir, éreinter.
Dér. sans doute d*Amalu, mais le lat. ad malum pour-
lait bien ne pas y être étranger.
Amana, o. Rassembler ; amonceler; amener en un même
m; cueillir a pleines mains; serra', empmgner. -^E$pa'
fui énearo bien amana, il n'est pas là encore bien en main,
lieD exercé. Ta fto t'es poâ énearû mnanado, ta fiUe n'est
pas encore rentrée à la maison.
Dér. du lat. Ad manum, soit que manus se traduise par
nain, soit par foule, peloton, botte .
Aaarat n, ad^. Amer. — Toy. Awm.
La formatioii du lat. est encore plus sensible dans Amarë,
qui vient de ad et mare,
Amaréla» v. Etre nu peu amer, avoir un léger goût
d'amertume. — C'est un fréquentatif formé d*Amar9,
La plupart des substanlife et même des adjectifs sont
iBoe|itibles, en languedocien, d'être ainsi transformés en
^mbes. Les verbes eux-mêmes, en prenant la désinence ija,
m dédoublent pneHiue tous, et deviennent frôquentatifii on
diMinntIh.
awvagw dH dans aea provetbai : Qui pUCidéJo, mMow
•y» et tmt$ té fié mam/ê mmmréjù, la plaideur eel oomflia
liMÉida, toil oa qM nmii a de rassartniM.
Amarèlo, $. f. ou Amaroû, Thlaspi , /terif ou ndoêpi
amara, Linn. Plante de lafam. des Crucifères siliculeuses,
qui croit dans les blés, et dont la graine, lorsqu'elle s'y
mêle, communique de l'amertume au pain qui eu provient.
— Ycy. Amaroili,
Dér. de Ama, amer.
Amarignè, $. m. Soudie ou pied de l'osier franc et
jaune, dont on coupe les jets chaque année qui servent de
liens pour les treilles et vignes; Salix ammina, Linn.
Dér. d'^martfio.
Amaxinén, ônqao, adj. Flexible, pliant comme l'osier.
— Se dit des diverses espèces de bois de service qui ont
la nervure longue, flexible et non cassante.
Dér. d^Amarino.
Amarino, j. /. Osier ; c'est le nom générique. — Vno
amarino, un jet ou un scion d'osier, coupé pour servir de
ligature.
Dér. du lat. Salix amerina, qui lui-même vient de Ame-
na, ville de TOmbrie, en ItaUe. C'était dans l'origine le
SauU d'Ameria, comme l'on dit : le peuplier de la Caro-
line, le peuplier d'Italie.
Amaroû, «. f. Amertume, saveur amère.
Dér. de Amare,
Amaroû, «. m. ou Amarèlo, Thlaspi, Tlaspi amara,
Linn. Plante qui croit dans les blés, et produit une petite
graine qui, mêlée ensuite à la farine, donne au pain une
amertume prononcée. — Voy. Amarèlo.
Dér. de Amare.
Amarongnè, «. m. Marronnier d'Inde, marrmmier des
jardina, arbre magnifique de grandeur, de port, de feuil-
lage et de fleurs.
AmarouBO, <• f. Marron d'Inde, fruit du mamnnier
d'Inde. — Ce fruit, qui est d'une amertume extrême, n'a
rien de commun avec le marron, qui est si sucré et si
savoureux, que par sa couleur et sa formation dans un
hérisson; le dernier se nomme exclusivement : Dàfmpki'
nénquo, — V. c. m.
Ici se présente une difiiculté d'étymologie que le lecteur
jugera lui-même.
Amarouno vient-il d*Amarougni, l'arbre qui produit ce
fruit, on bien vient-il de cette amertume, omaroà, qui form»
son principal caractère et qui fait qu'aucune e^ièce d'aiâ-
mal ne peut s'en nourrir t Cette dernière solutîoa semble
si naturelle qu'on serait tenté de l'adopter; cependant il
devient diflicile d'expliquer que Vamarouyné et Vamaromm»,
son fruit, aient deux origines différentes.
D'autre part encore, comment admettre que Vamarougmà
et le marronnier d'Inde, le même arbre très-certainement^
avec leur physionomie si fraternelle de noms, ne pra*
viennent pas d'une racine commune? Or, le marronnier
d'tode n'est qu'uhe variété du marronnier ordkiairef du
chàtaigmer & marrons ^ et le mot marron, frère et eontam-
porain de l'ital. mèttmêf vient oemme lai du free éë'
moyen âge liop p^v.
ÂMB
AME
48
Hais, comme il est impossible qne le grec, l'italien et le
français, à la fois, soient venus puiser leur étymologie
dans le languedocien amarouno, qui lui-même ne représente
pas du tout le marron doux dont ces diverses langues ont
voulu parler; il faut en conclure qn'amarougnè dérive du
fr. marronnier, qui doit ce nom à son fruit, marron, et
que œ dernier le tient de Titalien et du grec. Âmarou§nè,
à son tour, a créé le mot amarouno, qui, du reste, va à
merveille à sa nature et n*enlôve pas Tamertume, au con-
traire, pour n*en pas être issu : le mot signifie innocem-
ment la chose.
Amarouno se dit aussi : Castagno amaro. — F. c. m.
Amassa, v. Ramasser, cueillir, faire un amas; mettre
ensemble; réunir beaucoup de monde; entasser, thésau-
riser; aboutir, abcéder, apostumer. — Voy. Âcampa.
— Amassa d'hêrbos, ramasser des herbes. Amassa la fièto,
cueillir de la feuille de mûriers. Amassa foço argén, deve-
nir très-riche, amasser une grande fortune. Monn dé amasto,
mon doigt apostume; le mal que j'ai au doigt aboutit.
Le lang. amassa, le fr. amasser, Tit. ammassare, dériv.
tons du lat. massa , masse , amas, ou plutôt du gr. &[Lauû,
j'amasse.
Amassa (s"), v. S'attrouper, se rassembler. — S'amas-
sara proà, dit-on d'un absent, il se rendra bien, il reviendra
au gite. S'amassi un fun dé mounde, il se fit un grand
rassemblement.
Amassaire, ro, adj. En tisseur, thésauriseur, quand il
est employé seul. Lorsqu'il est question de vers à soie, il
signifie : les gens qui cueillent la feuille de mûriers, quoi-
qu'on n'y ajoute pas le mot fi^o.
Amassaje, s. m. Action de ramasser, de cueillir; frais,
ooût de la cueillette. — Voy. Acampaje.
Amata (s'), v. Se tapir, se blottir, s'aplatir; s'humilier
de crainte ou de respect. — L'aï amata, je l'ai confondu,
je l'ai maté, aplati. S'amatou dé pôou, ils se cachent de
peur, ils se tapissent de frayeur. — Voy. S'amaga.
Dër. de Mato,
Amati, ido, adj. Dru, épais. — Se dit d'un pré bien
gaaonné, bien tallé, et aussi du pain massif et gras-cuit.
Dér. de Mato.
Amatina (s*), v. Se lever matin; se mettre de bonne
heure à l'ouvrage ou en voyage.
Dér. de Mati.
Ambre, t. m. Amble, allure du cheval entre le pas et
le trot.
Gorr. du fr., qui dér. lui-même du lat. Ambulare.
Ambre (Leva 1'), v. Être fin et rusé au dernier degré,
an-delà même de la délicatesse. — C'est une phrase faite,
eontractive d'une plus longue. On sait que l'ambre, quand
îl est échauffé par la friction, soulève et attire même d'as-
»s loin une paille. Le peuple, qui croit voir là un signe
de sa finesse, dit proverbialement : ts fl eoumo V ambre,
Uoo la pdio: puis, dans l'nsage particulier, il a 83mcopé la
phrase, et pour exprimer la finesse poussée à Textrême,
quand le fr. se contentait de : fin comme l'ambre, le lan-
guedocien a exagéré et a voulu dire : plus fin que l'ambre,
une finesse qui lèverait l'ambre lui-même. On comprend
que, jouant sur le mot, il s'agit ici de finesse morale, et
c'est de celui qui la possède à un tressant degré qu'on dit:
Lèw> l'ambrs.
Dér. de Ambra, bass.-lat. ; ambre, en catal. ; anbar, en
arabe.
Ambrièî (Sent), «. m. n. pr., Saint-Ambroix, ville,
commune et canton de l'arrondissement d'Alais. — Voy.
Biôou.
Dér. de Sanctus Ambrosius.
Améchi, ido, adj. Qui a les cheveux plats et embronillôs;
mal peigné. — Sauvages, qui écrivait à une époque où la
coiffure était relevée, retapée, bouclée, crêpée et poudrée,
concevait la négligence des cheveux améchis par leur apla*
tissement sur le front, d'où ils retombaient en mèches sales
et irrégulières. La coiffure actuelle a dû amener une entente
différente du mot améchi, qui n'est au fond que le désordre
dans les cheveux.
Dér. du fr. Mèche. Il ne peut venir du subs. méeho, qui
ne signifie que la morve du nez.
Amélan, s. m. ou Abérlénqulè, Amelanchier, Cratmgus
amdanehier, Linn. Arbrisseau de la fam. des Rosacées,
dont le fruit est une petite baie, nommée abérlénquo, àpra
au goût. — Voy. Abérlénquiè,
Dér du gr. |i.7)Xia, pomme, et Srfftvi, étrangler; pomme
qui serre la gorge.
Amèn, s. m. Fin d'une chose; ainsi soit-il. — Dkê
amèn à toutos câottsos; consentir à tout ce qu'on propose,
accepter toute condition, approuver le bien et le mal. Jus-
quamèn, jusqu'à la fin des fins, sans ûn^ jusqu'à l'éter-
nité ; de jusqu'à amèn.
Reproduit du mot hébreu : Amen, fiât, ainsi soit, ainsi
soit-il, qui termine toutes les oraisons latines de l'Eglise.
Améndo, j. f. Amende, punition pécuniaire au profit
du fisc, qui n'a rien de commun avec les dommages et
intérêts dus à la partie civile.
Dér. du lat. Emendare.
Améndri, v. Abaisser, diminuer le prix. — N'a pas dtt
tout le sens du fr. amoindrir, et ne s'emploie guère que
ponr exprimer un abaissement de prix d'une marchandise.
— An améndri lou pan, le prix du pain est diminué.
Dér. de Méndre.
Aménla, s. m. Sorte de marbre commun dans le Gard ;
brèche, sorte d'amygdaloïde; poudingue composé de plli-
sieurs cailloux cimentés ensemble par un gluten aussi dur
que la pierre.
Dér. à'AménU), parce que ces différents cailloux ressem-
blent aux amandes qui sont noyées dans le ciment du
nougat.
Aménlid, s. m. Amandier; Amygdalus communie. Lins.
Arbre de la famille des Rosacées.
En esp. Améndro, du lat. Jmygdalui^ànfteoè^Mnfiakg^,
44
AMI
AMO
Aménlo, s. f. Aminci \ fruit de l'annriJi^r.
MvMiiP (l r. (ju^ le j)r.'c.
Aménloù, s. m. dirii. iVAménh. Polito aimiid?. CVsl
propr.'îiMMit II [Hili)' d» r.'uriand', h rriiit dnis h (•.i)(iiri.
Il ost «'galcfiiiMil applicalih^ à TaLiiand.^ di* Uns It'S fruits à
noyau. - - Li)rs-pt^ «lUîltiu'un, a[)ivs av(.ir fait de i^r< ssos
IMTlcs au jou nu d lU^ U c)]i];ii^i\->\ r\dis' un un^ini i^'îin,
on lui <lil ir.iui JU^ai III : l'unriissa-U', prie, aqnl un
amviiloh, tMi^iai^s;?-loi, avar*, voila une aruan.KN Pi ut-rliv j
lo ru )t //'//j. (jui est de\('ini un • <|u ilifu" di m usu*ll<' de,
l'avan\ pi'Mil-il s m (iriiiln:' liiiis ee (lii".î.)n. P>Milrlre
vi<MJt i' au>si du i ili vn mju 'le ni.|ii \ ou, diii>. \iii l^iii^s
donné, paie si,L;iii'i lit à la l( is e>u'.li m el avare. \/* l'ait csl
que d ans la l"<>r iiiiKm!.* ce prav.M'ln', il seuil. ■> i[\\<' c.N'st
d'un inro ([u'il est ({/.'^tiai, (Miume le ru il i'ii'jt\.)tss:i-ui
l'indique.
Aménuda, r. C '.nir^v à [»1us pMits m )re»;u\ ; e.inin -ir ;
éuiitioM'. auK^naisM"; relailttT, reeisser. - Voy. Ai)iiin(i.
l)ér. d(* Menu.
Amériquèn, cno, a fj Aniérioain ; (pii e »nee;aie l'Aué-
ri<iue.
Trad. du fr.
Amériquo, 5. f. A-n^riquo, iKirli»^ du fii iii le. -- Ou dit
d'un liouiMi' trop fi[j, trap rus* en alTur/s, tnp f'pre a la
curée, trop p!"'U délicat: .1 pis hanun <l\,hu m Ain:n'(i:io
pér faire fourluno, il n'a pas bes lin d'all.'r en AaL'ritiu)
pour faire fortuiie.
Amérita, v. iMaiter, étr» ou s^ ivnlre di^;;ae <le. -
Afjuù i am^rito, il a Iji'Mi niTil' sa.i s »rl ou si punition,
cela lui va bien. Aipi') t\im:riti), lu as liien gigné ci qui
l'arrivé.
Dér. du la t. Mereri, vient us sum.
Amérites, s. m.plur. iMi'rite,ce qui rond digne d'csiiinc
cl do consiilérali:>n.
Dér. do Ainirlla.
Améstïo, s. f. Amnistie, pardon, exemption do peine.
Corr. du fr.
Ami, igo, s. et ndj. D'un. Am-gné, amîgoù, am'jouné,
amhjueto, am'tjouno, amigoun'to. Ami, amie; petit ami,
cher petit ami. — 3ïonssù moun ami, est une pîiraso
cxplétivo qu'où ne peut traduire par : monsieur mou ami,
qui n'a aucun sens en fr. ; elle revient i\ celle ci : ah i certes;
ah ! oui vraim^it; ah! je vous en rép)nds !
Dér. du lai. Amiens.
Amiada, v. Caresser; flatter; paleliner, amadouer. —
Toy. Lavagna.
Dér. de Ami.
Amiga (s'), v. Se lier d'amitiô avec quelqu'un; S3 faire
un ami.
Dôr. de ^mi.
Amigué, éto, s. et adj. dim. — Voy. Am], de môme
que pour les autres diin. et doub. dim.
Aminça, v. Amincir, rendre plus mince; émincer, cou-
per par tranches minces; menuiser.
Aminça (s"), v. Devenir mince; maigrir.
Der. du ht. Mlumic.
AmistançD, s. [• .\;niti\ a(la<'lio;ji^nl ; nn'eoti^n; rnp-
p a'ts dau!i;i!ou d"am )(n'. Au plur., .l//^/.v/(;//(;o.v siLMiilie:
ciress^s, aniilis, caj -l-aa/s.
Der. de Ami.
Amistoùs, ouso, a'j. Dim. AutisUMiu-, vtn. .Vmical,
c^r'^Sllll; il u\; qui t eu a;- r» d" r.ilVilaiil '• . — lia pas
</.r/7. (inii^loù^, il r.->l d iiil.ii air i".'.èvMt% liiu!vi!i\
Dr. de Atii/.
Amitié, s. f.,n\i Mii Mi\ : Aniitics, e.u iil. .Vmuur, affec-
ti. n, ail ic!i Ml Mil, l ai !r r> •. - .\ ' s- dil (ju>* de i'atla-
cli Minait «aili'e [ri-> au '> d' .^'m^ iliV.'.Mit. ("ot celte
alV-Tli )u d ai.-:', v\\< ii;ii'.I'.l m ili'iMi iinh qu''. pi' auent
l.\s g Mis >iMip!.s :iu i • u^I ', ;'jir > iia/ ..^^ v: 1 >iiL;u ^ lV.''(|UiMi-
lali tu. H e.>t lurt siu-;uli;a- (,uVn lan^'u -dua-ai Amitié
sii;Mi le aiiiaii', '[ qu" Am nu- >i^,i,i!;i' jinilié.
Dr. <1.^ Ainî.
Amo, .s. f. Am^; (\>;)ril ; ctiMir ; e )USvierice. — Flcwlre
/'(.in), i[iniii-ir, cx-ii'.'i-, i-'..!r' i'.iMr'. p,u' une alliance de
molsassv. Iiiziri", (^n dil : In sicii-mixin-inno, pour:
un tipigMir, li;ir!i, au.liei:ai\, rlViMui;-. — \-a pus amo,
p;s àiue (jui viw\
D MM du lai. An m i.
Amoucliouna, r. M Ur.^ tu ta.>, ivuuir île., objeîs épars
(M'i Uioiua'arv; i'i'ias.-<M", liip. i-, eulli'' «mi I oucJK.n du j)apier,
du liiigi-, (Mo.
S\ini(>ur!t:)uua. S.» Mttlir da!i> uu C'ûii; se ratatiner;
S' pelel »nii>M' ; S' c;'Ui'](iM c tiiia.e fait un vieillard. — Voy.
Dér. (If* Motirhoii.
Amoula, r. Aluiiisa-, éiir!udiN\ a\eo une meule tour-
naul'Mq non avec la jiiaa'-^ a aJLjuisa-; rendre tranchant
ou p.iintu sur la unaiL'.
Dér. dp Moln.
Amoula, t-. A;jir riil'Miirjii, lambiner; lanterner.
D.'r. di! Mol.
Amoulaïre, ro, s. et a IJ. Ibiueuluir, émouleur; lambin,
lent, qui va, pirle ru aj^il ItailrMiitMit.
Amoulè, s. m. \W:\\ lulair, L^iL'ne-jxqit. — Ce mol csl
plus tetlmi(iU)^ quiv Jmo'</<.Vre. (^lui-ei S'Mlit de toute per-
S)nno(pii aiguise ; Amoulè csl le U'un particulier de la pro-
fession.
Dér. de Am,oula.
Amoulouna, v. Aiiioncfder, mitre en tas, en meule;
entasser; rassembler, réunir on ma.sse. — Ce mot entraine
ridée d'une plus grande diruonsion que Amonchouna ;
comme sa racine mmloii est plus grande que tnouchoù,
qui n'est qu'un petit tas, un bouchon.
S'cmiulouna. S'anjonœler, en parlant de la foule,
s'entasser ; el aussi se rabougrir, se recroqueviller, se mellre
en peloton, en parlant d'une seule personne.
Amoun, adv. Là-haut; au ciel; vers le nord.
Dér. du lat. Ad montent.
AHO
AMO
45
Amoiindâoa, adv. Là-haut; au ciel. Aagtnentalif et
rèdaplicatif de Amoun, comme si 1 on disait : là-haut au
bant.
Amonnéda, ado, adj. niche en espèces ; fam., en gros
sous; pécunieax.
Dér. de Mounédo.
kJtitmr^\r^^ (3*}, v. Dsvenir effronté. — Se dit d'une fiile
trop délurée, trop hardie, trop garçonni«3re pour son âge.
Dér. de Mounino.
Amonntagna, v. Envoyer ou conduire un troupeau dans
les hautes montagnes pendant la canicule. — On fait uuc
différence dans les foires entre le bétail qui a passé Tété
dans les montagnes, et celui qui est resté dans le pays.
Celui-ci a la laine plus mate, moins de vigueur, et les Lrebis
sont moins précoces à mettre bas que ailles qui sont
amouniagnados .
Amomitagnaje, s. m. Action ou habitude dcnvoycr
les troupeaux dans les montagnes; frais de p;lturnge des
pacages; et aussi frais que l'on paie au maître berger ou
baïle qui garde plusieurs troupeaux sous sa responsabilité.
Amour, f. m. En poésie, ce mot répond bien au fr.
Amour dans ses diverses acceptions; mais dans le style
ordinaire, il exprime : Affection, attachement, tendresse,
pris d*une manière générale ; on ne l'emploie jamais avec
la signiQcation française de Amour. On dit d'un homme,
d*un valet, d'un chien : Èi sans amour, il n'a nul atta-
chement, il ne s'attache à rien ; il ne consulte que son
intérêt, son bien-être, son égoïsme. La poésie a ses privi-
lèges et ses licences : elle a fait (ïamour une passion, un
sentiment, tandis que dans le langage commun, amour ne
8*enteod que des attentions, des soins affectueux, de ces
préférences souvent personnelles et de cet empressement
sympathique, mais plutôt naturel que passionné.
Pir amour dé, prép. A cause de; en considération de.
— Pir amour dé vout, à votre considération. Pér amour
d'aqud, en considération de cela. On supprime quelquefois
le mot pér : Amour dé rire, amour dé parla, comme on
dit en fr. histoire de rire, liistoire de parler.
Amonra, v. Emousser ; faire perdre la pointe ou le tran-
chant à on outil, à un clou, à tout objet pointu ou tran-
chant.
Dér. de Mouru,
Amoma, v. Rapprocher, joindre ; mettre nez-à-nez, l'un
contre l'autre. — Aquélo pèiro amouro pat prou, cette
pierre ne joint pas snflQsamment.
D6r. de Maure,
AmoiiTa (s*), v. Boire à même ; donner du nez à terre;
tomber enr la face; se heurter du nez en se rencontrant
avec qiie]qa*ui inopinément; ou contre une porte, un
wAte on im mur. — S'amoura âou fUuquou, boire au
fonlot de la bouteille ; âou fera, en trempant la bouche
dani le aean; âou vola, an roiiseaa , en le couchant à
plftt Vtttire.
Dar. de Mamn.
Amouracha (s*), v. S'amouracher de... S'engager en une
folle passion. Tout comme en fr., ce terme ne s'emploie
qu'en mauvaise part. 11 exprime une inclination de haut
en bas, à rencontre d'une personne inférieure, soit en con-
dition, soit en considération personnelle.
Formé entièrement du fr.
Amourèléto, s. f. MorcUe; Solanum nigrum, Linn.
Plante de la famille des Sulanées, commune le long des
murs ou sur le bord des chemins. La même que le Piêio-
can. — V. c. m. •
Etym. du gr. (i{xaup<Sç, sombre, noirâtre.
Amouriè, s. m. Mûrier; Morus, Linn. Cet arbre, qui
joue un rôle principal dans les préoccupations du pays,
offre deux espèces et un très-grand nombre de variétés.
Le mûrier noir, Morus nigra, Linn., qui se plante dans
les terrains les plus arides, est impropre à l'éducation des
vers à soie, à cause de la durelé et de la grossièreté de sa
feuille, dont les fibres et les nervures sont trop ligneuses
à sa maturilé. 11 produit la mure noire employée à faire
les conserves et les sirops de mures. Les Gé venues avaient
autrefois beaucoup de inùriei-s noirs qui ont du céder la
place au mûrier blanc, Morus a/6a, devenu si populaire et si
vénéré de nos jours. Cependant le cul te, ou la culture du mû-
rier, est suivi avec moins de ferveur et est menacé d'aban-
don, tant la persistance des maladies des vers àsoie, l'insuccès
des éducations ontjeté de décourageaient dans les pays séri-
cicoles. 11 n'y a pas vingt ans, même dans les montagnes,
le moindre coin de terre, une anfractuosité de rocher étaient
utilisés, et un mûrier était planté, cultivé, élevé, et pros-
pérait dans la plus petite place ; aujourd'hui on a des pré-
férences pour la vigne, et l'agriculture de nos contrées
cévenoles semble tendre à se modifier profondément.
Amouro* s. /*. Mûre, fruit du mûrier et de la ronce. —
Celle du mûrier blanc est blanche, douceâtre, fastidieuse;
les porcs en sont friands ; mais elle est rare, parce qu'on
la fait tomber avant sa maturité en cueillant la feuille.
Elle ne mûrit que sur quelques arbres qui restent sans être
dépouillés. — L amouro d'arounze, la mûre de la grande
ronce ; Vamouro dé bartas, la mûre de buisson : elle vient
presque par grappes, noire et douce ; l'amouro dé damo,
la mûre de la ronce rampante, qui croit dans les champs :
elle est aigrelette et agréable au goût.
Étym. du lat. Morum, mûre, dér. du gr. à[iMi^, sombre,
noir.
AmonroÙB, ouso, adj. Mollet, souple, moelleux; doux ;
aimable. En lang. l'acception de : Amoureux, qui a de
l'amour, ne vient que par imitation du fr. — Amouroùê
coumo un bartas, par contre-vérité, doux comme un iiagot
d'épines.
Amourooel, v. Rendre souple, ramollir; assouplir;
adoucir. — Dé pan amourous^, du pain ramolli par l'hu-
midité.
Dér. de Amown^.
Amourli, v. Amortir; calmer; Meiadie; Ptkmt k
46
AN
AN
vivacité, Tardenr, la violence; rendre plus faible. —
Amourti un co, affaiblir, amortir la portée d'un coup. La
baio i'amourtiguè §ui soun mantM, la balle ne put tra-
verser son manteau , elle fit balle-morte. AtnourU ioun eo,
appesantir un coup de bâche ou de houe sans tirer à soi la
terre ou Téclat de bois.
Dér. de Mort,
' Amoartiëïra, «. Garnir de mortier, fixer avec du mor-
tier. — Bien amourtièïra, amourtUtra à pérpàou uno bat-
tisso, employer suffisamment de mortier, noyer convena-
blement les moellons dans le mortier, de manière à ne pas
laisser des vides dans les joints.
Dér. de Mourtiê.
Amousaa, v. Eteindre; calmer; mater; réduire au
silence, faire taire. — Amoussa lou pd, lou lun, éteindre
le feu, la lampe. Fatié hé déioun crano, mait Vaguera lêou
atnoussa, il faisait le crâne, mais j'eus bientôt rabattu son
caquet.
Dér. de Ht. Amonare.
Amonstéll (s*), v. Maigrir; devenir fluet; prendre un
visage pointu comme une belette.
Dér. de MoustUo.
Amontéll, ido, adj. Grumelé; formé en grumeaux, en
caillots.
Dér. de Moutil.
Amontl, ido, adj, Gazonné; devenu herbeux; tallé. —
Se dit d'un pré qui est assez foulé, tassé, pour pouvoir être
arrosé.
Dér. de Mouto.
Amnsa, v. Amuser, divertir; occuper en jouant; faire
prendre le change ; tenir le bec dans l'eau ; distraire quel-
qu'un pour l'empêcher de voir clair à ce qui se passe.
Dér. de rallcm. JUusen, être oisif.
Amuaamén, t. m. Amusement; ce qui amuse; passe-
temps; action de tympaniscr quelqu'un. — Fôou pas
préne aquà en amutamén, il ne faut pas le prendre en
plaisanterie.
Amnsan, anto, adj. Amusant, divertissant; qui fait
passer le tempe.
Amoaéto, «. /. Jouet; bagatelle. — Saïqueméprénetpér
Umn amuêeto? tu veux sans doute faire de moi ton jouet t
An, suffixe qui provient du lat. anui, anum.
Notre langue doit beaucoup au latin : elle lui a pris des
mots et presque toutes les désinences qui s'ajoutent aux
radicaux pour constituer des mots. Mais le celtique, qui
fut son élément natif, lui a laissé aussi certaines de ses
formes, de ses intonations, de ses constructions. Nous aurons
plus d'une occasion de signaler cette fusion des deux langues,
leur existence parallèle, et de suivre à ces lueurs la marche
qui les a fait arriver à notre languedocien moderne; surtout
dans les suffixes, ces syllabes accessoires qui s*attachent
A un radical pour en étendre et en modifier le sens; et dans
les noms propres de lieu, toujours aignificatifs, plus
iflahérahkis qu'ancmi antoe mot. .^ Fby. A§np.
Pour adjectiver un substantif, pour marquer le rapport
d'une personne on d'une chose à l'objet auquel elle appar-
tient ou dont elle dérive ou fait partie, les Gaulois se ser-
vaient de la terminaison a« ou m ajoutée an mot ; les lan-
gues néo-celtiques, le bas-breton et l'armoricain ont
conservé cette forme. Rome victorieuse , en imposant sa
langue à nos contrées méridionales, les premières soumises,
et à toute la Gaule, n'abolit pas cependant l'idiome national.
Elle avait surtout à respecter les appellations locales, sous
peine de ne pouvoir plus ni s'entendre ni se reconnaître;
mais, par droit de conquête, elle leur imprima le cachet
propre de son génie. Sa formule générale était dans les
finales us et um avec la même portée que ae et ee; mais
effe avait plus particulièrement anuM et anum, d'une iden-
tité très-rapprochée. Ainsi commença à se latiniser le gau-
lois. Dans la catégorie que nous étudions, un nom ou un
mot se rencontrait-il en même temps dans les deux idiomes,
de signification et de structure pareilles, la terminaison
caractéristique latine était jointe à sa finale locale, par une
sorte de pléonasme de suffixes ; était-il purement celtique,
à radical barbare, sans correspondant latin, on le traduisait,
ou bien le vainqueur se l'appropriait par l'addition du suf-
fixe, à lui propre, en anus et anum. Les mêmes procédés
de formation et de composition des noms communs et des
noms propres persistèrent tant que dura le contact et la
promiscuité des deux langues. C'est pour cela que l'emploi
de l'une ou de l'autre de ces formes ne détermine ni l'âge
ni la date d'un mot, non plus que d'une dénomination
locale. Mais par là aussi se comprennent assez bien les
variantes qui s'attaquent à la finale en laissant partout inva-
riable le corps même des mots. On trouve, dans le Midi,
la désinence ac, abrégée pour nous en a simple, ailleurs
changée en at, qui représente le celt. ae ou ee, en lat. oeta
et acum, à côté d'une localité à finale en an, altération de
anus et anum, analogue aux précédentes. Ici encore cette
dernière finale est souvent reproduite par anieœ, dériva-
tion directe ; et la langue vulgaire, au moyen-âge, tradui-
sait en anègues, dont notre languedocien a fini par faire
argus. Dans le nord de la Gaule, le latin avait aussi ses
finales constantes en aeum et anum ; mais le roman et le
français leur ont substitué des finales en é, y, tes, etc. On
en conclut avec raison que tous ces suffixes sont de même
valeur et égaux entre eux. — Voy. Fart. Agno, et pour
les exemples, les mots Marligna, Martignargues , Stto»-
tMi^no, et autres.
Le suffixe an = anus, anum, = œ, m, ss actif, oevm,
marque une idée de collectivité, de provenance, de pro-
priété. Lou fidan, lou fïan, lou fémtian, lou mûmlon sont
des substantifs collectifs pour dire : les brebis, les filles,
les femmes, les bêtes do trait et de somme, en général.
Gomme expression du sens de propriété, tontes les varianloi
se reproduisent dans beaucoup de noms de lieu. <— Foy.
Martignarguê, MaUUirguê, Pâouta, Sâouvagma, etc.,
Lidignan, Poumpignan, et autres.
ANC
AND
47
An, f . m. An, année. — Van dé daShiaï, l*année avant-
dernière; il y a denx ans. AtOan, l'an dernier. — F. c. m.
Bavan attian « il y a deux ans. HiuH fài un an, aujour-
d'hui il y a un an. Cùwnénifo mou» an» pér ealéndo», il
oompfle aes années à partir de la Noâ. L'an dâou hi»»è»,
l'année binextile. — Foy. B%»»i».
0ér. du lat. Annu»,
An, V^ pvr». flur. indie, pré», du verbe Avédre; ils ou
elles oat.
Ana, V. Aller; marcher ; avancer ; se mouvoir; se trans-
porter d'un lieu dans un autre; changer de place du point
où l'on est à un autre ; s'étendre au loin ; être contenu,
renfermé ; entrer. — Vàou à la mé»»o, je vais à la messe.
YoM à Pari», tu vas à Paris. Fcn fÀXê, û marche vite. Anin
fian, allons lentement. Ana»'y, allez-y. Anèrou âou maxé,
ils allèrent à la campagne. Y-anan ana, nous y allons à
l'instant, nous nous y rend(His surThenre. Faïpa» qu'ana
et vini, il ne fait qu'aller et venir. Vat d'aïeî àou fin foun,
il s'étend d'ici au fond. Fat ha», il plonge profondément.
Toui aquô anara pa» dine aquél »a, tout cela n'entrera pas
dans ee sac, ne peut être contenu dans ce sac. Aquéh rodo
vol' pa», va» mâou, ce rouage ne marche pas, manœuvre
mal.
S'énrana, S'm aller; partir; disparaître; quitter un lieu;
et quelquefois simplement aller. — La taquo t'é» én-anado,
la tache a disparu. La eouiaà l'én-vat, la couleur s'efface,
se ternit. On dit d'un malade : S'én-vaï tant que po, il
d(^)érit à vue-d'oûl, il marche à grands pas vers la fosse.
Lou la »'én-vaï en aï^, le lait tourne en petit-lait. On dit
d'un domestique à gages : »'én'Vaï, il quitte ses maîtres ou
il est renvoyé. Lou pà t'én^vaï, le feu s'éteint faute d'ali-
meot. Aquél éfan couménço à l 'dn-ana »oulé , cet enfant
commence à aller, à marcher seul. Tout »oun bon-sén »'é»
àiHina, tout son bon sens est parti. Coumo n'én-van lou»
a/aiiret? comment vont les affaires? Coumo n'én-vai? quelle
tournure cela prend-il t
Dér. de l'ital. Andar»,
Am, f. m. Manière d'être, de vivre; état de santé. —
Aigmb'» somi ana, c'est sa manière d'être ou de faire. Mé
démandi moun ana, il me demanda des nouvelles de ma
santé. — On (fit aussi subst. fai Vana et lou vénl, il fait
l'aller et le retour; lou vdi et lou vèn, le va-et-vient.
Ascboio, ». f. Anchois; Clupea enercuidiolu» , Linn.
Petit poisson de mer, sans écaille, que Ton sale pour man-
ger cm. 11 ne faut pas confondre Vanehoto avec la »ardo,
qui n'a hen de commun avec la première que la saumure.
— il iout m» hourda» d'ancho^, il a les yeux rouges,
fhsiwfflw et ératHés. E»quicha» coumo d'anehoio», pressés
oamme hai^Rigs.
lAtym. dn oelt. Jneàova.
Ancien, èno, a4j\ Vieux, vieillard; ci-devant, anden.
— Moun andèn, mon père ou mon aïeul. B» un aneiin,
cM «l 'vieillftnl.
ninprQine bv ir.
Anciènèta, «. f. Mode ancienne, et non ancienneté ou
antiquité.
Formé de Ancien.
Ancro, ». f. Encre, liqueur noire pour écrire. — Mé faï
»u»a V ancro, il me donne une peine horrible.
Dér. de l'ital. inehiottro.
Ancro, ». f. Ancre de navire, instrument de fer, à bran-
ches aiguës, qu'on jette au fond de l'eau pour arrêter les
vaisseaux.
Dér. du lat. Anehora.
André, n. pr. m.; au fém. Andrèïo. Dim. m. Andréné,
Andrètté; dim. f. Andrèiélo, Andrènéto. — Il est à
remarquer que le fém. Andrèïo ne se donne qu'à la femme
d'André, et non point pour prénom à une fille. On appelle
Andrèiéto ou Andrènéto la fille ainée d'André, lorsque
celui-ci est un nom patronymique.
Andriou (Sent-), n. pr. de lieu. Saint- André : nom
commun à plusieurs villages.
Andronno, f. f. Cul-de-sac; plus particulièrement la
petite ruelle, ou espace vide, qu'on est obligé do laisser
entre deux maisons qui ne veulent pas de mitoyenneté, et
par où s'écoulent les eaux des toits. C'est ce qu'on appelle
en termes de coutume : le tour ou le pied de l'échelle. On
lui donne aussi le sens de : latrines, privé, lieux d'aisance.
Dans cette acception, étym. du grec àvSpoiv, lieu écarté,
petite salle réservée aux hommes, qui est traduit aujour-
d'hui dans les gares de chemin de fer par : Côté de» homme»,
même sign. Dans la bass. lat., Androna^
Andnsén, énquo, adj. D'Anduze; qui habite ou qui con-
cerne Anduze.
Andnso, t. f. n. pr. Anduze, ville du département du
Gard. — Si l'on voulait se contenter de la forme latine de
ce mot pour expliquer sa dérivation et sa forme actuelle,
rien ne serait plus simple que de rapprocher du lat. Andu-
»ia, le ft. Anduxe, et le lang. Anduso, et l'analogie démon-
trerait seule la parenté et la descendance en ligne directe.
Le mot, quoique venant de loin, n'a pas assez diangé sur
la route pour n'être pas d'abord reconnu. Sur un petit
monument en marbre, conservé au musée de Nimes, se .
trouve inscrit à la lête d'un groupe de plusieurs noms de
localités gallo-romaines, le nom à*Andusia, sur l'attribu-
tion duquel à l'Anduze moderne aucune contestation ne
s'est élevée. Depuis cette époque, le nom est fidèlement
reproduit par les plus anciens cartullaires, et presque
sans altération il est arrivé jusqu'à nous. Les Romains
avaient donc un poste militaire, un campement d'une
certaine importance qu'ils appelèrent Andusia, sur l'empla-
cement de la ville actueHc, on un peu au-dessus vers le
sommet dit de Saint-Julien : d'anciennes constructions,
des médailles M des antiquités trouvées sur ce point
ajoutent À ht dénomination elle-même la certitude de l'occu-
pation.
Mlûis la difficulté étymologique n'est pas résolue. Les
vainqueur Ae la Oaule ié montraient surtout jaloux dflm-
48
AN£
ANI
poser aux noms doliî^uxd^ piys soumis la forme qui con-
venait au g>nie do leur langue : de là ccU3 terminaison
latine qu'ils d mn^r^nl ^ ce mot. Or, la looilit^, omme
toutes les autres inscrites sur le monum3nt antique du
Mus:^, faisait pirtie du t'^rritoire dos Vol ces An^cimiqu'^s,
qui avait dos villes ou des bourgs ass'^z nombreux. Par con-
séquent, elle avait aussi, comme les autres, son mm gau-
lois ou cellifiu?, quand W Romains vinrent l'occuper et
la classer : et c'est dans le plus ancien idiome national que
sa racine doit se retrouver.
IIîureus?mint ici s? rencontrent des similaires qui peu-
vent mntre sur la voie, et faire dH?rminer sa forme pri-
mitive. Sur d-'ux aut'?ls votifs découverts dans le Midi, et
qui portent d'^s inscriptions, on lit : Aniosso et Aniose;
une autre ins jription, remarquable par s'^s noms gaul ois,
mentionne «également la forme Anios. Enfin, un cippe
funéraire du Mus^ de Nimes rappelle encore mieux le
nom latinisa en écrivant : Anius. Ce no sont là, sans
doute, que des rapprochements, des termes d3 comparaison ;
mais ils permettent d'admettre avec la plus grande proba-
bilité qui la forme celtique d'iifiiusta est Anios ou Anius.
Le premier radical ani» haut, élevé, se retrouve avec cette
même signification dans beaucoup de langues anciennes.
La désinence os et us serait réduplicative avec le même
sens. Les deux montagnes d'Anduze, entre lesquelles coule
le Gardon, l'emplacement de la ville, nous paraiss?nt auto-
riser parfaitement cette étymologie et lui donner une signi-
fication caractéristique. L'origine antique du nom et son
application ne peuvent pas être douteuses.
Anédo, f . f, — Voy. AléJro.
Anèl, f . m. Anneau, bague, boucle d*oreille.
Sin-Jan-diU'Anils, n. pr. Saint-Jean-de-Marvêjols, oom-
mone de rarrondissement d'Alais, canton de Barjac. On
l'appelle aussi : SatAt-Jêan-dês-AnMaux, parce qu'autrefois
on y fabriquait quantité de bagnes de crin, qui étaient un
des principaux objets de commerce à la foire qui 8*y tient
le 19 août.
Dér. du lat. AnMus, dim. de annulus,
Anéla, v. Boucler; anneler; tourner en volute. — On
dit proverbialement d*un homme qu*oti ne peut décider k
terminer une affaire : A fou mâou dé la quà d^un par,
oMo toujaisr ttjamaU noun nouio, il est comme la queue
d'un porc qui s'entortille et ne se noue jamais.
Dér. de Anii.
Anèlo, s. f. Anneau de rideau ; virole de toute sorte
d'oatils. — AfMo dé pèoui, boucle de cheveux.
Dér. du lat. AnMus.
AnéqiiéU (s*), v. S'exténuer, s'amaigrir de faim, de
froid, de manque de soins ; devenir k rien.
Dér. du lat. NiKU, on de 1100 aiêrê, 1100 alihu.
ABén, I'*p0rf . piur. impér. du v. Ana. Allons. Se prend
ioavent comme interjection. ^ Anin à ta fm, allons k la
fiMitaine. JfOii.eAii, allons! silence. iluAi/ mou/ pèrvUrê,
idîolitmeitilvoyoQsdûool iiOn/véïiirv/af, il ne viendra
pis; il faut en prendre son parti. Anént moun home, ou
fas bien, c'est cela, mon garçon, tu le fais bien.
Anfèr, s. m. Enfer; lieu où les damnés éprouvent un
supplice éternel; diable, diablotin; fosse d'un pressoir k
huile, où l'on fait écouler les eaux de la cuve, aprâs en
avoir enlevé Thuile à la surface. Ces eaux ainsi rejetées
conli-^nn *nt cncire de l'huile, que les employés du moulin
recueillent quand elles sont reposées; mais cette huile der-
ni'^ro est toujours plus épaisse, plus chargée et de qualité
inférieure; on l'appelle : OH d'anfèr.
Dér. du lat. Inferi.
Anfbi, ah. Enfin; à la fin, en dernier lieu.
Formé du làt. In fine.
Anfla, V. Donner, appliquer un soufflet ; souffleter.
D^r. du lat. infl'gsre, appliquer, frapper violemment; ou
peut-être de inflire, faire enfler, grossir, parce qu*uu souf-
flet très fort fait enfler la joue.
Anfle, f. m. Soufilet sur la joue.
Angle, s. m. Angle, ouverture de deux lignes qui se
rencontrent ; coin, recoin. — Angle dé ro, couches et veines
de terre végétale qui se trouvent dans les diverses assises
d'un rocher.
Dér. du lat. Angulus.
Angles, s. m. Créancier fâcheux, importun. — L'origine
de ce mot vient évidemment d'un temps où, en France,
on ne connaissait pas de rencontre ou de vue plus déplai-
sante que celle d'un Anglais, maître du territoire.
Angles, éso, adj. Anglais, anglaise, qui est d'Angle-
terre.
Angléso, s. f. Redingote, dont la forme et la coupe ont
été importées sans doute d'Angleterre.
Angnièlén, énqao, adj\ Qui tient de la forme et de la
natur3de l'anguille. — Se dit an prop. et au fig. de quel-
qu'un ou de quelque chose, long et menu, qui échappe
facilement, qui glisse en se tordant, qu'on ne peut saisir.
Dér. de Anguiêlo.
Angnièlo, t. f. Anguille, Murcma anguiUa, Linn. Pois-
son, de la famille des Pantoptôres et de l'ordre des Holo-
branches, qui habite non-seulement la mer, mais les laoi,
les étangs, les rivières et les ruisseaux.
Dér. du gr. hf^sk\àç^ d'où le lat. anguiUa, on de
angui$,
Ammàon,àondo, adj, Péjor. Animâoudoi, Grosse bêle;
grossier, brutal. — AlimAou n'est que la corruption de ce
mot, et il ne s'emploie que par interjecti(Hi. — F. c. m.
Dér. du lat. Animal,
Anlfli f . m. Anis, Pimpînêlla aniium, Linn., delafamille
des Ombellifères. Plante aromatique originaire d'Egypte»
dont la graine est une des semences chaudes. — Lat
semences, plutôt que la plante elle-même, sont aiari
nommées.
Dér. du gr. dhrioov.
Aniaêto, s. f., on mieux Nlsàto. Aniaatte* ean-de-vie
anisée.— Cestrabsinthedesgensdapaaple. Atendned'i
ANN
ANU
4a
«lie est extrêmement nfralchissante et désaltère beaucoup.
— Voy, Nisèto.
Dér. de Anh,
AniBses, t. m. pi. Laine on poil d*agneau, qui sert à
laire les chapeaux de feutre les plus grossiers, qu'on nomme
chapeaux de laine.
Dèr. du lat. Agni, gén. d'agnui,
Aniior, t. m. Cresson des jardins, cresson alénois, nasi-
tort; Lêpidium $aUvum, Linn. Plante de la famille des
Crucifères, potagère , qu'on met dans le bouillon et dont
on mélange la salade de laitue.
Corr. du fr. Nasitort, peut-être aussi dér. (ÏAnis, dont
il a un peu la saveur.
Anje, ou mieux Anjou, s. m. Dim. Anjouné. Ange,
créature spirituelle d*un ordre supérieur à T humanité. Petit
ange, se dit souvent des petits enfants. — Anjou boufarèl,
c'est une de ces tètes d'ange, sans corps, avec des ailes,
qu'on trouve dans les tableaux et dans* l'architecture
d'église, toujours bouffies et qui semblent souffler, comme
les tètes de vent qui viennent du paganisme. On dit d'un
enfant joufflu et vermeil : Sémblo un anjou boufarèl, et
d*un joueur qui a tout perdu et se retire de la partie, nu
et dépouillé : Anara coucha émbé lout anjous.
Dér. du lat. Angélus,
Anjèlns, s. m. Angélus, prière que les catholiques fon^
en l'honneur de la sainte Vierge, le matin, à midi et le
soir. Désigne aussi le point du jour et la nuit tombante ;
la sonnerie qui annonce l'heure de cette prière.
Dér. du lat. Angelut.
Anjou, f . m. — Voy. Anje.
Anjonné, t. m. — Voy. Anje,
Anjonnén, énqao, adj, Angélique, qui tient de l'ange,
qui appartient ou qui est propre à l'ange.
Dér. de Anjou,
Annadiô, dièîro, adj. Qui n'est pas pareil, qui ne pro-
duit pas également chaque année ; casuel. — L'oulivU i$
Uèn annadii, l'olivier ne produit pas tous les ans, il est
soonns à bien des éventualités. — Dans le même sens, on
dit d'un homme d'humeur inégale, qu'^ joumaïè, il est
journalier.
Dér. de Annado.
Annado, ». f. Année ; annuité. — Ce mot n'est pas
employé comme synonyme de an pour le oomput du temps,
mais simplement pour l'ensemble des récoltes de l'année. —
Âomrén uno bono annado dé bla, nous aurons cette année
«ne bonne récolte de blé. L'annado dàou fanfaroù, lou
piiean béguiprou; cette phrase proverbiale, empruntée i
U sagesse des anciens, signifie que lorsqu'il y a abondance
de fanfaroùM au printemps, il y aura une bonne récolte
de vin. fVoy. FanfaroîiJ, L'annado H préêénto bien, il y
a bonne apparence de récolte cette année.
La bono annado, la bonne année ; souhaits du premier
jour de l'an, dont le protocole est : Voue »ouhiu la bono
mmmmdo, aeoumpagnado dé foteo d'âouiro», La plupart du
temps on supprime cette finale, et l'on dit simplement: La
bono annado aeoumpagnado.
Dér. du lat. Annus.
Anno, », f. n. pr. Dim. Annéto, Nanoun, Nanéto. Anne»
Annette, n. pr. de femme.
Anonnça, v. Annoncer, faire savoir; publier; pronos-
tiquer, présager. — S'anounçabièn, se produire avec avan*
tage; s'exprimer avec facilité et élégance.
Emprunté du fr.
Anonnciea, s. m. pi. Bans de mariage; publication de
mariage. — An crida sou» anouncie», on a publié ses bans.
Dér. du lat. Nuntiare.
Anquado, ». f. Fessée ; claques ; coups de la main sur
le derrière. — Ficha uno anquado, donner une fessée ; fouet-
ter avec la main sur les fesses. Cette expression n'est usi-
tée qu'à rencontre d'un enfant.
Dér. de Anquo.
Anquo, ». f. Au sing. Fesse; au plur. Las anquos sont
les hanches, partie latérale du bassin située au haut de la
cuisse.
Dér. de la bass. lat. Anea, m. sign., ou du gr. ipu&v,
angle saillant.
Ansin, adv., ou Énsin, Ênsindo. Ainsi, de cette ma-
nière, de cette façon; c'est pourquoi, de même. — Pér
ansin, par conséquent, partant. — ^Aquà's pas an»in que
fôou faire, ce n'est pas la manière de faire cela. Ansin
siègue, ainsi soit-il. Crése que siè» un pâou an»in, je crois
que tu rêves, que tu radotes : euphémisme délicat.
Dér. du lat. /n et fie.
Antan, adv. L'an dernier; autrefois, jadis, ancienne-
ment. — En vieux fr., on disait antan, comme on le voit
par ce dicton encore admis : Je m'en soucie comme des
neiges à'antan. — Davan-antan, adv. L'année avant-der-
nière. Ma» amour» d*anian, mes vieilles amours.
Dér. du lat. Anti annum,
Antièno, », f. Antienne; mauvaise nouvelle, commis-
sion fâcheuse ; demande pénible. — Pourta Vantièno, faire
une commission désagréable pour celui à qui elle s'adresse;
solliciter.
Empr. au fr.
Antilo (Batre 1') , «. Battre la campagne, courir le9
champs. — Phr. faite, mot d'argot français.
Antignargne, f . m. n. pr. de lieu. Antignargues, ha-
meau dépendant de la commune d' Aigrement, canton de
Lédignan, arrondissement d'Alais. En lat. AnHnhatùem et
Entrinnaniea : roman , Entrinnanègue»,
Dér. du celt. Ant, and, anH, devant, en avant; avec la
désinence lat. anicœ, transformée par la langue vulgaire
en anigue» et argue». — Voy. Argue. Ses analogues se
retrouvent dans Antignac (Hérault, Cantal, Haute-Garonne);
dans Antignate (Lombardo-Vénétie) ; dans Antigni ou Anti-
gny (Vienne, Vendée, Côte-d'Or), et dans Antin (Hautes-
Pyrénées).
Annîa ou Annèjai v. Ennuyer, causer de Fennui; iati-
7
so
AOU
AOU
gner. — Timi a^ m'anwioj toat cda m*eimiiie, me
ùtigne.
Annia (s*), v. S^ennnyer, laDgair d*eimui; perdre le
goût d*iiiie diose dont oft a fisô longtemps.
Dér. da gr. Ivvoia, tension d^esprit, application forcée.
Anttè, adv.'-^Vay, Agnuè.
AllQèohA{8*), «. — Vùy- Agnuèeka (m*),
Aon, particule «f orf. iing, nuue. an datif. An. Il est
la contraction de à iou pour former le datif. Aou s'emploie
qnand le suliet. aaquel il s*appliq[iie, commence par nne
OMisonne. An plnr. datif, il fait ai, contraction de
à loui, anx; comme le dat. sing. fém. à la, donne à
la», anx, plnriel. — iioti puplB, an peuple, a» puple$,
aux peuples; à la fénno, à la femme, à las fermai, aux
femmes.
La chute de 17 du radical primitif al a produit la con-
traction âou, dipht., qui se prononce par une seule émis-
sion de voix, et dont la première voyelle est tonique pa r
faccent circonflexe. Gequi motiverait assez bien, au moins
pour l'article, la manière d'écrire que nous préférons. —
roy. Al.
Hais cette forme, qui est également appliquée aux
voyelles e, i, o, alors qu'elles deviennent aussi diphthon-
guespar l'adjonction de la consonnance ou, a été l'objet de
vives critiques. Avant' de justifier des motifs qui nous font
rester réfractaire aux réformes en vogue, qu'il nous soit
permis de présenter, m Hmina litii, un exp(»é de quelques
principes généraux sur la matière, préliminaire indispen-
sable de toute discussion.
Notre Dictionnaire, par droit de naissance, avait son
(Mlbographe toute faite dans la nomenclature dressée par
Là Fare-Alais. Ce catalogue, patiemment élaboré sous le
ccmtràle d'une critique que l'intimité rendait plus rigou-
reuse parce qu'elle était plus libre et plus familière, n'avait
pas seulement en vue de relever un à un tous les mots de
notre dialecte, de juger de leurs droits à l'admission ou de
prononcer leur rejet définitif. U avait encore fallu, pour
les enregistrer dans un ordre régulier, déterminer exacte-
ment la forme et la structure de chacun : leur classement
posait donc les bases de notre méthode orthographique. Le
savoir du mattre et son goût éprouvés donnaient à ce pre-
mier travail une irrécusable sanction. Nous pouvons dire
cependant que cette nomenclature nous était imposée
moînt par déférence pour son autorité, que par une con-
^nxtàmk réfléchie de suivre, en l'adoptant, le système le
plus dair, le plus rationnel et le meillenr.
A^«c une langue comme la nôtre, qui n'a ni alphabet
propre, ni régies précises, ni syntaxe bien arrêtée ; qui est
IwAUOOiq) pariée sans avoir presque de prose écrite ; qui
nes'eit produite au dehorsque par une merveilleuse poésie
pavloitt chantée; maia qui veut se £sire lire et comprendre,
•iqui mérite d'ètie étudiée; un dictionnaire n*a qu'une
voie â prendre, celle qui rapproche autant que possible
Pésritore de la pnonondation. Par eda que» dans notre
idiome essentiellement muncal et euphonique, le sens d'
mot dépend le plus souvent du son qui lui est imprimé en
parlant, il est nécessaire que la lettre écrite soit la pein-
ture de la voix entendue. Chaque terme, chaque syllabe,
figurés par les signes omvenus et usuels, doivent se pré-
senter avec un relief tel qu'ils puissent d'abord être épelés
sans hésitation, puis liés régulièrement, enfin proncmcéa
comme l'usage demande et veut qu'ils soient articulés.
Saisir rapidement l'onl, la voix et l'oreille pour arriver par
le plus court chemin à Fintelligenoe, c'est le but que se
propose notre Lexique. L'orthographe phonétique est donc
la seule que comporte notre idiome : vdUt le principe.
Seulement la règle est dans la mesure et ne peut se sou-
tenir que par des tempéraments. Une rigidité absolue n'a
rien-de pratique dans les conditions de l'idiome méridional;
et l'éclectisme large et simple que les Castagnadoi ont for--
mule, lui convient mieux de tous points. Certes, si noue
avions à mettre en œuvre les richesses enfouies de l'an-
cienne langue d'Oc, avec ce trésor-là, et en dépit des acces-
sions nouvelles que le temps et les mœurs nous ont impo-
sées, nous n'aurions pas hésité à relever le vieux pavillon,
à proclamer une syntaxe et une orthographe spéciales, k
arborer des principes radicaux et inflexibles. Hais nous
n'en sommes pas à avoir une langue-maltresse et, comme
on dit, iuijurii; nous ne sommes plus le roman. Il n'y a
pas d'illusion patriotique à se faire : notre idiome s'est
transformé ; sa configuration doit se ressentir du change-
ment, s'il y a progr^. Soit que, remontant aux mêmes
origines, le français et le languedocien aient gardé l'em-
preinte de leurs éléments primitifs; soit que l'action des
mêmes influences ait agi sur eux d'une manière presque
identique au moment de leur seconde formation, dans leur
passage du roman au langage actuel; soit que, par le
contact forcé , des infiltrations aient pénétré de l'un dans
l'autre ; le fait certain est que bien des mots se retrouvent
dans les deux langues, sans qu'il soit toujours facile de
reconnaître à laquelle appartient la primauté de composi-
tion, ou si la grefie n'a pas une date contemporaine. Cette
catégorie de vocables ne saurait manquer d'engendrer cer-
taines conformités d'orthographe. Il s'en rencontre d'autres
que l'usage a mis dans la circulation, qui se sont natura-
lisés et qui ont acquis droit de cité. Si nous voulons un
Dictionnaire complet, nous devrons leur faire place.
Cet état de choses était de nature à mitiger notre rigo-
risme. Sauvages, il y a cent ans, avait déjà été amené à
&ire des concessions. Nous avons une instinctive antipa-
thie, égale au moins à la sienne, pour les travestissements
à la française de nos techniques; mais la crainte de nous
confondre avec le français nous préoccupe moins. Surtout
le désir de donner à notre langue originale une |diyaie-
nomie plus originale encore, ne nous conduira pas A défl-
gurer certains mots, au point de dérouter roâil te plus
exercé, ni à compliquer certaines liaisons de syllabes par
rintroduGtkm de lettres parasites on biiarvas» pour la
ÂOU
AOU
51
«ûB&etlon de ne pas créer des reaaemblanoes grai^qnes,
^nand il y a an fond analogie de provenance et de consan-
foinité.
% avec Sautaobs, nous reconnaissonB que tontes les
tetties doivent être proncmcôes, encore &nt*il, croyons*
nous, n*écrire qne celles qui se prononcent* qni sont snffi*
smtas, de par l'alphabet, à constituer le son juste. En tout
ee qui ne blesse pas le génie de la langue, il n'y a pas péril
à se montrer facile, et nous indiquons comme exemple la
diphl. m. — Voff, Au
Mm à part cette exception, c'est toujours la pnmoncia-
tnn vers laquelle converge notre orthographe et qni lui
sert de guide.
Nous entendons les docteurs ès-grammaire s*écrier :
mais les étymologies que vous sacrifiez avec votre sys-
tème phonographique! mais les homonymies qui vont
pulluler, semer partout la ccHifnsion et nous précipiter
dans le chaos ! Nous tombons dans l'abomination de la
désolation prédite par Ch. Nodier.
Ces anathémes ne seraient pas efifrayants, ni ces griefs
très-sérieux, n'étaient le pédantisme et le paradoxe qui les
ont parfois éloquemment enflés ; mais que les timorés se
rassurent.
La part des étymologies est largement faite dans notre
lexique; aihdessous de chaque vocable est, autant que
possible, placée sa dérivation. Les lettres étymologiques
savantes ne disparaissent-elles pas en parlant? Pourquoi en
surcharger le mot écrit? Ne serait-ce pas le plus sûr moyen
de le rendre inintelligible à la lecture, introuvable à la
recherche la plus obstinée, et d'en fausser l'épellation ?
Dans les cas si fréquents d'apocope et d'aphérèze, de syn-
cope et de métathèse, de mutation, de transposition, d'ad-
dition ou de suppression de voyelles et de consonnes, quel
serait le parti à prendre pour éviter le barbarisme en écri-
ture ou la cacophonie dans la parole? Les savants auraient
bien fait de commencer par résoudre ces difficultés.
Quant aux homonymies, avec une orthographe pure-
lÉeot ^bonSqoBj elles existent au même degré dans l'écrl-
tiie comme dans la prononciation, pour la vue et pour
Fottfe. Eh Inenl après? Dans le langage parlé quelle est la
ecxAftisioin possible? Dans la phrase écrite d'où peut naître
l'inoertitude ou l'obscurité? Avec notre méthode d'accantê
et de tiénia, il n'y a pas de mot absolument homographe.
9n ks mâmes lettres, la notation donne le sens; tonte
amphibologie est prévenue par Taccent. Il n'y a, pour s'en
convainore, qu'à le voir fonctionner, par exemple, dans
èoAo et habd, béou et beau, eouUm et eouhà, $én et ièn,
«en et vàn, pioeXfid, léngado et Ungadà, etc., etc. — Vay.
au mot Aeén.
Là est, en effet, le pdnt capital. L'accentuation est le
vrai g6nie de la langue d'Oc. C'est par l'accent que se
module la gamnke harmonique de sa vocalisation ; l'accent
qui marque la tonalité de ses cadences brèves ou longues,
soDoies ou muettes : il est Tàme de notre langue.
Gomme disait le maître, notre idiome « vocalise plutôt
qn'il n'articule. * Sa parole est «ne nmsiqpœ et une mé-
lopée : il ne faut pas l'oublier. Biais son ehant, si doux k
Foreille, a pour se traduire aux yeux une notaticm : pour
eon parler écrit, cette notation est l'alphabet.
La langue d'Oc n'a pas un instrument fait exprès pour
elle ; elle a partagé avec la langue d'Oïl l'usage de l'an-
cien alphabet latin; les mêmes combinaisons de signes
produisent à peu près les mêmes effets. Nous ne voycms*
pour notre part, aucun mal à ce qu'elle s'empare et se
serve d'un bien qui lui appartenait un peu aussi ; n'eùt-
elle même pas été la première à le posséder. Aujourd'hui
c'est peut-être pour elle la seule condition possible de
vivre, de se faire comprendre et étudier, de se répandre
par le monde et d'y faire figure. Elle a donc sagement agi
d'en adopter les formes ; elle a fait mieux encore de suivre
son mouvement, de mettre à profit sa valeur et ses perfec-
tionnemenls. Quel regret aurait^le de cette communauté,
si les caractères de l'alphabet français en usage peuvent
r^résenter tous les sons languedociens et reproduire fidè-
lement sa prononciation 7 11 sera même facile de prouver
qu'elle y a gagné d'exprimer certaine consonnance qui lut
était particulière et qui n'existait pas en latin. — Voy,
lettre 17.
Maintenant, à la question de notre article, que ces pré-
mices auront simplifiée. Gomment fautril écrire les diph-
thongues ou triphthcmgues dans lesquelles se rencontre la
consonnance ou? Nous ne parlons que de la première
forme sur a ; les autres e, i, o viendront en leur lieu : eUes
ont toutes d'ailleurs les mêmes raisons d'être. — Voy. Eou»
diphth.
n s'agit d'une diphth(mgue, ce qui signifie une syllabe
unique composée de deux sons. La voyelle a, éclatante*
sonore, n'est pas en litige; mais comment doit être repré-
sentée la seconde, voyelle sourde et aphone?
Rien ne parait plus simple que la réponse, s'il est bien
convenu, une fois pour toutes» que les mots doivent être
figurés tels que dans l'usage oa les articule; que la pro-
ncmciation doit être rendue de la manière la plus facile» la
plus perceptible au ^us grand nombre ; qu'enfin le seul
véhicule connu et pratiqué doit être l'ali^is^t français. U
n'y a pas à vouloir se sonstraireà cette loi de la néoessité^
ni à s'en humMier. Ge n'est point un tribut de vassaliti^
payé an finançais, mais le partage d'un héritage commua^.
Que l'on s'en plaigne, à la bonne heure : ce peut être un
agréable exercice d'esprit. Que l'on trouve une regrettable
imperfection â ne pouvoir exprimer chaque son simple pav
un signe unique, et que, par exemple, dans la conjonoturoi
l'abréviation grecque u (ou) qui ferait si bien» ne soit pas
admise chez nous; nous nous gardons d'y omtredire. lÛs
nous n'ai serons pas moins tenus, quel que soit notre dia»
lecte, de nous servir de ce que nous avons et comme nous
l'avons; et il faudra bien s'en contenter. Il semble done
qu'il derrait suffire de savoir comment l'alphabet firaii>
Vi
AOU
AOU
çiis tndait en lettres le son qui se (ait entendie nette-
ment, isolément, à la finale de notre diphthongne, poor
décider que la langoe d'Oc doit récrire de même. Or, la
voix M est représentée par un seul caractère : la vocale ou
a besoin de deux signes, mais n'en est pas moins nne : et
Tuie et l'autre ont leur son ^lécifique, particulier. Nous
entendons et nous prononçons u et on» voyelles, sans les
confondre; écrivons donc et notons avec des signes diffé-
rents des sons distincts. L'orthographe vraie de la syllabe
sera donc Aou.
La déduction est rigoureuse et logique. Elle avait frappé
sans doute bien des auteurs et des plus recommandables,
glossateurs et poètes, qui professaient la nécessité d'écrire
comme on prononce, lorsque de notre temps on a essayé de
changer tout cela, non pas en attaquant le principe, mais
en imaginant une exception qui le renverse.
Une nouvelle école proclame que la voyelle u se pro-
nonce, en effet, toujours comme en français, hormis les
cas où elle suit immédiatement une autre voyelle; car alors
elle doit prendre le son ou; et il faut écrire au, eu, eu, tu,
au, diphthongues, et iau, iéu, iiu, ièu, triphthongues, au
lieu de àou, iou, iou, 4ou, ôou, et idou, iiou, Ukm,
Voilà rinéluctable Schibboleth en écriture, posé d'auto-
rité à rentrée du cénacle, où nul ne pénétre sans sou-
mettre, au culte et à la pratique de ce symbole, son esprit,
sa foi et sa plume. C'est Theuieux commencement, le pivot
fondamental de l'unité orthographique des dialectes de la
langue d'Oc, ont décidé les puristes réformateurs.
Ce dogme, d'assez fraîche date, est soutenu à la vérité
par des hommes d'un incontestable talent, sinon par des
arguments bien solides; mais il n'est pas si absolu qu'il ne
souffre des atténuations, ni si vrai qu'il ne se contredise
souvent lui-même. On lui a fait une histoire, ce qui donne
toujours un certain crédit ; il a trouvé des partisans, ce
qui ne manque jamais aux plus étranges doctrines. Ne
parlons pas des convertis du premier degré, qui longtemps
avaient écrit ces diphthongues comme ils les articulaient,
sans doute avec la conscience de bien faire et la certitude
d'être compris, et qui depuis, illuminés par un rayon d'en-
baut, se corrigent eux-mêmes, et dans leur ferveur de néo-
phytes, affrontent le douloureux martyre de ne plus pou-
voir être lus. Ne relevons pas ches les adeptes du second
degré ces scrupules qui leur font admettre l'application du
système à la voyelle a, tandis qu'ils la rejettent pour les
autres. Les résipiscences comme les divergences prouvent
oeoi: que l'orthographe âou a eu et aura toujours sa raison
d'être, et qu'il n'est pas aussi sur que la réforme par au
puisse également bien justifier de la sienne.
Nous regardons cette prétendue innovation comme une
hèréile grammaticale de la plus grosse espèce. Elle mène
tout droit â la cacophonie, ce que notre Umgue redoute le
plus; elle introduit forcément l'exception dans l'exception,
es qui est on danger et un signe de décomposition pour
•a idioaie; elle se met en révolte ouverte avec l'usage et
le sens oonmmn, et finit par ne tenir aucun compte des
lois de la liaison, du rapprochement, de la combinaison et
de la valeur des lettres.
n est facile de poser en théorème que la voyelle u prend
le son ou, quand elle se trouve placée après une autre
voyelle; mais rien n'est moins réfléchi, ni moins véntable.
n existe une famille nombreuse et très-intéressante de
mots dans lesquels l'euphonie caractéristique de Vu simj^e
ne peut pas disparaître. Nous ne tenons pas compte de
quelques noms propres, comme E»au, DanaUs, EmmaUs,
AntinoUs, etc. ; mais Marius, si commun en Provence ;
mais Darius, DuHus, Vius, etc., fréquents dans le Baa-
Languedoc, mais tant d'autres à désinence id^tique, qui
reviennent si souvent dans les traductions des anciens
auteurs, il n'est pas aus^ commode de s'arranger avec eux
si l'on veut prononcer correctement et suivre les préceptes
des novateurs. De quel droit sacrifier encore cette classe
de substantifs communs, d'adjectifs et de participes, ter-
minés en aiu, ètu, èiun, ïun, aïur, ïur, ïus, ïuro, ïuto, etc.,
comme dourêtu, oreillard; béstiu, bestial; eaXtiui, chétif ;
éieaubïun, balayures ; éseafouïun, écrasement ; aïul, afeul ;
hM, œil; nudiuga, rompre; métsiu», messieurs; hiuis,
aujourd'hui; liuèn, loin; huièi, bourgeon, œil; à'aXuèneha,
s'éloigner ; ftaVti^mo, étincelle ; pariuro, gageure ; eadiuèit»,
cosse de pois; taïu ou ataïu, bière, cercueil ; trUun, éplu-
chures; triuèjo, truie ; viêiun, vieillesse, etc., etc. ? Certes,
s'il en fut, ceux-là ont un u qui suit immédiatement la
voyelle ; et personne ne s'avisera jamais de faire entendre
ou en les prononçant. La conclusion est claire.
Cependant comment une erreur de ce calibre a-t-ello
pris naissance et crédit t Simplement parce qu'on a évo-
qué le souvenir des troubadours classiques, qu'on a démon-
tré qu'ils n'avaient pas écrit autrement ces syllabes diph-
thonguées, et qu'on a voulu s'autoriser de leur exemple
constant.
L'argument, pour être le seul qui se soit encore produit
en faveur de ce système, n'est pas heureux. Son moindre
défaut est d'avoir trop oublié que les troubadours écri-
vaient avec l'alphabet latin et qu'ils prononçaient à la
mode latine. La langue romane employait les formes et
les lettres ronudnes. Or, le latin qui ne connaissait point
le son de l'u simple, avait cependant ce signe u qui son-
nait partout et invariablement ou, isolé, précédé ou suivi
par une voyelle ou une consonne. En italien, en espagnol»
en portugais, langues néo-latines, l'u français, qui n'exista
pas non plus, a conservé la prononciation qu'il avait cbei
les Romains. Au contraire, dans la langue d'Oc, le son u
est ancien : on le fût remonter aux Gaulois. Il est dans
son génie, et il est impossible de ne pas le maintenir. Mais,
comme pour exprimer ce son u, la langue d'Oc manquait
d'un caractère spécial, ou, pour mieux dire, n'avait à sa
disposition, dans l'écriture, qu'une lettre destinée à repré-
senter deux voix différentes, force était bien à ceux qui
écrivaient de mettre un « dans les mots dont li pronon-
AOU
AOU
53
ctatioD devait êûtb entendre ou, comme dans ceux où la
Toyelle avait le son actuel. Cet usage s'est prolongé long-
temps : il explique l'ancienne manière d'écrire des trou-
badours • mais il est loin de prouver qu'on doive la préco-
niser et la reprendre.
Aujourd'hui, en l'état des conventions et des combinai-
sons alphabétiques qui régissent la langue d'Oc, il n'est
plus permis de revenir aux vieux errements. A moins de
réformer l'alphabet adopté, et nous n'en sommes pas là, si
la langue d'Oc veut se faire lire et se faire comprendre à
la lecture, elle sera tenue d'écrire par le signe convenu la
Toyelle qui devra être prononcée comme Vu français, et de
même pour la voyelle ou, formée de la jonction de deux
signes, mais ne produisant qu'un son simple, entier, indé-
pendant; et ce sera une règle générale, sans exception, bien
que l'une ou l'autre vocale soit précédée ou suivie d'une
voyelle ou d'une consonne. — Voy, Eou, diphth., i. Ou,
U, voyelles.
Que l'on consulte doue l'oreille et la prononciation, c'est
tout ce que demande notre idiome, essentiellement eupho-
nique. Sauvons son autologie, sans cesse menacée par les
envahissements du Nord ; mais soyons de notre époque, et
sous prétexte d'unité, ne faisons rien de rétroactif, la pire
des conditions. N'essayons pas de ressusciter des formes
surannées, ne latinisons pas notre orthographe, si nous
Toolcms prouver que notre langue d'Oc est toujours vivante
el qu'elle produit encore des chefs-d'œuvre.
Aoa, f. m., au plur. Aouue», Toison de mouton on de
brebis ; l'ensemble de la dépouille d'une hôte à laine prise
isolément. — Vdou ne comprend que cette partie de la
toison qui se tient toute et ne forme qu'un corps, déduction
faite de la laine du ventre, des jambes et de la tète, qui se
eoupe en détail, par flocons et se nomme : Flouquariè.
Dér. du béam. AouXha, brebis, du lat. Ovicula, et Oi»t.
— Tùy. Àbêiè.
Aonbado, f. f. Aubade; concerts, musique, sérénade an
point du jour sous les fenêtres d'une jeune fille ou d'une
personne que l'on veut honorer. — Il se prend souvent,
par antiplffase, pour une insulte publique on une scène de
moquerie ou de reproches. — Yoy. Bévénè.
Dér. de Aoubo.
âonliala, v. Dévider la soie, la doubler et la tordre lai-
Uement» lui dcmner un flEdble apprêt, sur des bobines qui
toumenl fixées à un grand métier, Yâoubalo, mis en mou-
▼emeot par l'eau, la vapeur ou des chevaux, et qui est de
Iwme ovale.
Dér. du fr. Ovode, qui est le mot technique de ce métier.
Amibalaire, ûro. a4f. Celui ou celle qui sert un métier
de soie dit ovaU,
Amibalaie, s. m. Œuvre que donne à la soie le métier
dit ovale ; moulinage de la soie destinée à la confection des
bas de métier.
AoobaUsIiiè, ièiro, subit, et a4f. Étourdi et maladroit
à la fois; jeune gars sans £rein et sans mesure.
Ce terme de mépris est une suite du décri où étaient
tombés nos archers qu'on nommait au moyen âge, en langue
romane, doubcdéstrièi, arbalétriers. Comme la guerre, i
cette époque, se faisait principalement au moyen de la
cavalerie, les hommes d'armes, les archers', milice à pied,
étaient peu considérés, mal exercés et partant peu utiles,
ce qui devait seul étouffer chez ces soldats tout germe de
courage et tout désir de se distinguer. Leur nom et jusqu'à
celui de matrat qu'on donnait à leur flèche, devinrent en
Languedoc des termes d'injures ; tandis que chez les Anglais
les archers étaient la meilleure et la plus utile de leurs
milices, témoins les batailles de Crécy et de Poitiers.
Aoubaléstriô, t. m. Arbalétrier, pièce de charpenterie
d'un comble; ferme ou assemblage qui soutient la couver-
ture, formé de deux pièces obliquement placées, qui vont
s'emmortaiser du haut avec le poinçon ou pied-droit et par
le bas avec la ferme décrivant avec elle un triangle.
Dér. ô^Aoubalittro,
Aoubaléstriô, t. m. Grand martbiet, martinet à ventre
blanc Cypselus alpinus, Temm. Oiseau de l'ordre des
Passereaux et de la famille des Planirostres. Gris uniforme
sur toutes les parties supérieures, la gorge et le ventro
blancs. Son nom lui vient de ce qu'en déployant les ailes
il rappelle la forme d'une arbalète.
Aoubaléstro, f . f. Arc d'acier monté sur un fût, qu'on
tend au moyen d'une corde, servant à lancer des flèches
nommées matras.
Dér. de la bass. lat. Ârhalùta, formé de arou-halUta.
Aoubalo, «. f. Ovale, métier à doubler et à tordre h
soie.
Empr. au fr.
Aoubé, interj. Oui ; oui vraiment. — Aoubé tant / oh I
certes ouil Aoub'aquà / pour cela, oui I je vous le promets.
Aoubé iaïque / oui, sans doute.
Formé par syncope de Oui ou ha et ôe bé.
Aoubécho, f. f. Aubier d'un arbre, couche ligneuse
entre l'écorce et le cœur de l'arbre ; elle est plus blanche,
plus tendre et plus poreuse que ce dernier, parce qu'elle
est plus récente de formation. Les planches prises dans
l'aubier sont plus sujettes à la vermoulure. — Voy. Aou-
béneo.
Dér. du lat. Albumum.
Aoubéi, V. Obéir; agir selon un ordre reçu; céder»
plier.
Dér. du lat. Obedire,
Aonbéissén, énto» adj. Obéissant, soumis ; maniable.
Aoubéiasénço, <. f. Obéissance, soumission ; habitude
d'obéir.
Aonbénai, #. m. n. pr, Aubenas, ville du Vivaraisr
dans le département de l'Ardèche. — On remarquera que»
pour tons les noms de lieu qui commencent par un a, on
ne place pas au-devant la préposition à, correspondant an
lai. ad, el l'on ne dit pas à AtaU, à Aoubému, à Avi^
gnouH, parce que cette réduplication de la même voyelle a
54
AOD
AOU
quelque chose de henrlô pour Toreille languedocienae.
Aïs on emploie la préposition en, répondant an lat. in, ef
Tcm dit : Yé<m en AUti», en Acmbéntu, en Ânduio, en
ArU. Il n*en esl paa de même poor les noms de lien com-
mençant par nne antre voyelle; car on dit très-lâen: à
^9è$, à louté, à Uehdou, à Orléan.
Le mot languedocien A<n^énas est exactement r^roduit
p» son éqnivtdent latin Albenaeiwn on Alb^naâsium. C'est
poor la première syllabe, le changement, très-commun
dans notre idiome, de a/ en àou, rendu par ou en fr., ce
qui ne se fait pas non plus sans une certaine réciprocité.
Quant à la terminaison a$, ce n'est pas ici un fréquentatif,
mais une variante du suffixe celtique primitif ah, vulga-
risé dans la forme latine œum, oMttim. Le mot lui-même
est le gaulois M, le même que alp, signifiant sommet,
haute montagne, et blanc, codeur de neige ou couvert de
neige. Sa parenté est nombreuse; aux désinences près, on
la reconnaît dans les noms identiques : Aliénas, en Pro-
vence; Aoubéna», arrondissement de Forcalquier (Basses-
Alpes) ; dans Aubeignan (Landes} ; Aoubigna (Gard), en f^.
Aubignac; qui se retrouve dans Aubignac ou Albignac,
Mbiniaeum, arrondissement de Bourges; Albignac, Albi-
niaeum (Vaucluse) ; Aubignas, en Vivarais ; Aubigné, en
Bretagne, Poitou, Maine, Anjou, Touraine; Aubigny, AJbi--
niaeum, dans le Berry, la Brie, la Picardie, le Bourbon-
nais, le Poitou, Touraine, Champagne, Bourgogne, Laon-
nais, Normandie, Franche-Comté, Nivernais, Artois; et
encore dans Aubeinges ou Aubinges (Berry); et enfin dans
ii^Vte AoMgnargue, Aubignargues, Albanhaniot» (Hérault).
Tous ces noms présentent dans leur radical et dans la
version latine une analogie directe, et s'appliquent à des
localités, comme Aubenas, sur des plateaux élevés ou
remarquables par les montagnes qui les entourent. —
Voy. Aotêbussargue, etc.
Aoubénco, #. f. Aubier, couche ligneuse extérieure et
ordinairement plus blanche, qui se trouve entt^ le cœur
de l'arbre et le liber ou couche intérieure. — Tby. A^U"
bMo:
Dér» du lat. Albumum.
âoubér]èiro, «. f. Pécher qui produit l'alberge ou pavle^
alberge, à chair adhérente au noyau. Cet arbre a de nom-»
breuses variétés.
Dér. de Awbèrjo,
Aonbérjino, f . f,, ou Vièdaae, fam. Aubergine, melon*
gène; Solanum mOongmui, Linn. Plante potagère de la
famille des Solanéea.
Aonbèi]», f. f. Auberge ; hôtellerie; lieu où Ton donne
à manger et où on loge pour de l'argent.
Dér. de la basa. lat. AXbwga ou Alberpm,\offiamïf ou
de l'ital. AUmrgar: Au reste, il est emprunté au fr. Le
mot pn^ire d'hôtellerie, en lang., est cabari; mais comme
étbamn, en fr., signifie une mauvaise hôtellerie, on plutôt
enoore l'échoppe du marchand de vin, débitant à bandière,
<m a cru qu'en laag. anad il (allait distinguer l'hôteN
tejrie bourgeoise de la taverne du peuple, en appelant la
première Aoubèrjo, et la seconde Cabaré.
Aoubèrjo, # . f. Pavie, alberge ; sorte de pèche ferme»
dont la chair adhère au noyau ; fruit plus connu dans le
midi de la France que dans le nord. On en distingue troit
espèces : la Pawe, qui a la diair très-blanche et qui est
la plus savoureuse ; la Pavie jauno, et une dernière dont
la pulpe est d'un rouge très-foncé, dure et peu aqueuse.
Dér., d'après Ménage et Roquefort, du lat. AUms, parce
que l'espèce principale a la chair blanche ; selon Saumaise,
de l'art, arabe Al, le, et Beg, fruit.
Aoubéto, s. /*. La petite pointe du jour; le premier
rayon lumineux qui précède l'aurore.
Dim. de Aaubo,
Aoubicoù, f. m. Sorte de figue piécoce, longue et n(»ie,
qui mûrit à la Saint-Jean.
Dér. du lat. Albieans, qui signifie blanchâtre, sans doute
parce qu'en séchant, cette figue passe du noir au blanc.
Aouhièiro, f . f. Lieu planté de trembles , peupliers
blancs, àoubo. — F. c. m.
Aoubignargue, f. m. n. pr. de lieu. Aubignargues,
dans le département de l'Hérault. — Foy. pour l'étym.
Aoubénas, Aoubuisargue.
Aoublida, v. Oublier, perdre le souvenir, la mémoire;
laisser quelque chose par oubli. — Aï aoublida numn
eofOU din lou pra, j'ai laissé mon couteau au pré.
Dér. du lat. Obliviiei,
Aoublidoùa, ouao, adj. Oublieux; qui a la mémoire
courte.
Aoubligacîou, f . f. Obligation, engagem^t qui lie, qui
impose le devoir qui naît des services rendus; billet on
acte par lequel on s'oblige. — / ai fono âoubUgaeUhU, il
m'a rendu bien des services, il m'a souvent obligé. Faim
uno àoubligaetou, passer un contrat notarié, portant dhli-
gation; prêt hypothécaire.
Dér. du lat. Obligatio.
Aonblija (s'), v. S^obliger pour quelqu'un, lui servir de
caution.
Aoublisè, indécl., locution proverb., pfar. faite, pour
dire : Merci, bien obligé ; s'emploie surtout quand on reÂise.
C'est ce qui s'exprime en fr. fam. par : Merd, non.
Gontr. et corr. du fr.
Aonbo, f . f. Aube, le point du jour. — La p/Hmo davAù,
la première clarté de l'aurore. D'uno àoubo à Vâauirû,
toute la journée, de l'aube du matin à l'aube du soir ou ifl
crépuscule.
Dér. du lat. Albus, atba,
Aoubo, f. f. Peuplier blanc, Populuê alba, Linn., et
aussi Peuplier-tremble, PoptUuM tremula, Linn. Arini
communs dans nos contrées, de la hm, des Amentaoêes.
Dér. du lat. Alba.
Aoubo dé mèr , s. f. Algue-marine, ou Algue des vitrieit s
ZosUra marina, Linn. Plante de la fam. des Aroldes, abon-
dante sur les côtes de la Méditerranée; la même que là
AOU
AOU
»
MmtêUHté-^mir, rermiftige Inen comui. •— Voy. Mmàuo^dé'
Àoubo parait ètie une corr. de Aougau, employé aniai
dans notre dialecte et qui avait son étymologie dans le lat
Ad et Ugare, parce qu'elle s'attache aux pieds de ceux qui
marchent dans la mer. — Voy. Aaugou.
Aonbovi, t. m. yigne4)lanche ou Viorne à larges feuilles,
CUrnaUs alba, Linn. Plante de la fam. des Renoneulaoées,
caustique et vénéneuse, espèce de Clématite, autrement
dite : Herbe aux gueux.
Dér. du lat. Aiba et de viiis, ou uva,
Aoolirado, ». f. Quantité de feuilles qui se trouve sur
un seul marier. — Aqui y-a tioo bravo doubrado, ce mûrier
fournira beaucoup de feuille, il est bien garni.
Dér. de Aoubre,
Aoubre, s. m. Arbre, plante ligneuse et vivace dont la
tige, ^laisse et nue à la base, 8*élève à une hauteur remar-
quable; le plus grand des végétaux. ^- On disait dans Tan-
eieane langue romane : Albre, alb^r,
Dér. du lat. Arbor.
Aonbre, s. m. Arbre, pièce de bois, posée honzontale-
ment ou verticalement, sur laquelle tourne toute une
«MrJiinft et d'où dépend son principal mouvement.
Aotâbre dâou tnoulï d'oU, le mouton, la presse d'un pres-
soir i huile, énorme pièce de bois qu'on &il peser par une
vis sur la pâte d'olives.
Aoubn dré, arbre-droit d'une charpente, d'un puits-à-
rone, etc. — Fàîr» l'doubr» dré, se tenir en équilibre, en
chandelle, sur la tète, les pieds en l'air. Au fig., faire tous
ses e£GKts, faire l'impossible, employer tous ses moyens
pour prouver sa bonne volonté; se mettre en quatre.
Aoubre ja»én, pièce de bois horizontale dans laquelle
tourne l'arbre droit d'un puits à roue.
Aoobré, s. m. dim. Petit arbre, arbrisseau.
Aoubréspl, «. m. — Toy. Aougritpï,
Aoubréssa, f . m. Havresac. C'est particulièrement ce
sac d'ordinaire en peau et à divers compartiments, dans
lequel les chasseurs et les ouvriers terrassiers à la journée
portent leurs provisions de bouche.
Formé de l'allemand Haber, avoine, et êoke, sac. D'après
cette étym., cette sorte de sac aurait été dans l'origine à
l'usage des soldats de cavalerie, pour porter la provende de
leurs chevaux en campagne, ce que l'on appelle aigour-
d'hni : musette.
Aoobrieà, s. m. Abricot, fruit de l'abricotier.
Dér. de l'aiabe AJbêrcoq,
Abricontiè, t. m. Abricotier, Prvfius armmiaca, Linn.
Aibce de la famille des Rosacées, originaire de l'Arménie,
comme son nom ktin l'indique.
Aonbnssargna, f. m. n. pr, de lien, Aubussargues,
commune du canton de St-Chaptes, arrondissement d'Uzès.
Son nom est en latin Albuuaniem. H peut absolument
avoir eu pour radical un nom d'homme, comme son ana-
logus ilmiA^fruir^M, en lat AJOnmhmniem, et la seule diffi^
rence serait alors «otre les noms AXban, Aibain, ou AtHn,
Albanus, ou Albinuê; mais, soit nom d'homme ou nom de
lieu, l'origine est certainement dans le celtique Alb ou Alp,
montagne, blanc de neige, et les procédés de formation ap-
pellative sont m les mêmes que nous signalons aux art.
Argue et Aoubénas, etc. Ainsi se vérifient les identités de
racine, et l'équivalence des terminaisons, quand on rapproche
successivement les noms. Celui-ci se reproduit, pour en
donner un nouvel exemple, dans Albussan (Creuse) , dans
Albussac, Aubusson (Creuse et Puy-de-Dôme); et dans ces
similaires, comme dans tous ceux cités sous le mot Aoubé-
nas, il s'applique à une situation sur des montagnes ou
caractérisée par le voisinage de montagnes.
Aoucnpa (s'), v. S'occuper ; travailler ; mettre le temps
à profit; ne pas rester oisif. — Aquél travaïadoù éi pas
d'un gran és-avan, mais s*Aoueupo ioujour, cet ouvrier
n'est pas très-habile, il ne fait pas rapidement son travail,
mais il ne perd pas un moment, il est toujours à l'ouvrage.
Dér. du lat. Oceupare.
Aoolénsa, adj, sans fém. Atteint d'une hernie. — Le mot
eréba est le technique le plus usité, mais il est familier et
ignoble; quand on* veut y mettre de la décence, on se soi
de àoufénta ou de rélassa. — V. c. m.
Dér. du lat. Offènsus.
Aongou, s, m. Algue ou mousse-marine. — Voy. Aoubo-
dé-tnèr,
Aougréspl, s. m., ou Aoubréspl. Aubépine, épine
blanche, noble épine; Cratœgus oxiaeantha, Linn. Arbris-
seau épineux de la fam. des Rosacées.
Dér. du lat. Alba et spina.
Aougruno, s, f. Augure, pronostic, présage. — Ce tech-
nique, qui a vieilli, s'emploie encore parmi les vieillards
et les bonnes femmes. — N'ai pas bono aougruno, j'en ai
mauvais augure, je n'en augure rien de bon.
Corr. du fr.
Aouja, s, m. n. pr. de lieu. Aujac, commune du
canton de Génolhac, arrondissement d'Alais.
Ce nom, en lat. AujMum, offre un exemple intéressant
de la composition des noms dans nos pays, qui confirme ce
que nous disons à Tart. Argus, Inutile d'abord de remar-
quer que, selon la règle invariable de notre dialecte, le e
final est supprimé. Mais, auprès de ce hameau, se trouve
un écart qui est indififêremment appelé Aoujagué ou Aow-
Jargué, petit Aujac. Le premier diminutif est dans la
forme ordinaire et régulière de tous les noms propres en
o, le second présente cette particularité que, par l'ad-
jonction de la consonne r, il entre dans la catégorie des
appellations en argue, et se montre en complète analogie
avec le nom Aoujargue, Aujargues, commune du canton
de Sommières, arrondissement de Nimes. Ce sont bien là
les mêmes noms sous différentes finales, et ils sont rendus
par la même forme latine; mais en même temps ils sont
identiques à Aoujan, ruisseau près d'Anjac, à Augy 9i6rd)„
et à Aujon (Haute-Marne).
56
AOU
AOU
Qoant à I*étymologie, comme Anjargnes se disait autre-
fois Orjargues, il est probable que la même altération
a eu lieu pour Aujac. Si donc Orjargues dérive du lat
Àurum, Aujac doit en venir aussi, avec d'autant plus de
raison qu'il est situé, comme Orjargues, sur un de ces ruis-
seaux qui roulent des paillettes d'or.
Âouiourdhinôi, adv. ou Hinèî, Aujourd'hui. Aoujour-
dhiiiét est plus grave que Biuèï : celui-ci désigne plus par-
ticulièrement le jour même où l'on parle ; le premier s'étend
à toute l'époque, à tout le régime actuels.
Dér. du lat. Hodiè, et formé du datif dou, et jour, hui.
ÂOUliTastre-bouscas, s. m. Troënc, Ligustrum vulgare,
Linn. Arbrisseau de la fam. des Jasminées, commun le long
des baies.
Âoumédo, s. f. Ormoie, lieu planté d'ormes.
Dér. du lat. Ulmarium, ou de Oumê.
Âouméléto, «. f. Omelette, œufs battus et cuits dans
la poêle. — Vous la révira eoumo uno âoumélélo, il vous
l'a rebiffé comme on retourne une omelette. — Faire l'àou-
méléto, faire la fête, le repas du lundi de Pâques, dont
l'omelette forme le plat de fondation, le mets tradition-
nel. Cette coutume tient aux anciens rits de l'Eglise pri-
mitive, où les œufs mêmes étaient interdits pendant le
Carême. La jubilation pascale se traduisait par le rappel
des œufs longtemps proscrits.
Du fr. Omelette, de œufs mêlés.
Âouménta, v. Augmenter; croître en valeur ou en
quantité. Se dit principalement du prix des denrées en
hausse , et aussi d'une rivière dont les eaux commencent à
se gonfler par de fortes pluies.
Trad. du fr.
Aonméiitacioa, s. f. Augmentation de prix , hausse de
prix ; augmentation du nombre des mailles dans un tricot.
Âonmomo, $, f. Aumône, ce qu'on donne aux pauvres
par charité. — Démanda Vdoumomo, demander l'aumône.
Fa%r€ Vdoumomo, faire la charité.
Dér. du gr. 2Xni(&oo^w).
AoiinOt '• A Aune, mesure ancienne de longueur. — Ce
mot est peu usité dans le style vulgaire, parce que cette
mesure, venue de Paris, n'est connue dans le Midi que
depuis peu. Gomme les marchands s'en sont servis jusqu'à
remploi exclusif et obligé du mètre, force était au peuple
de connaître la valeur de l'aune et de la comparer à sa
mesure vulgaire, lou pan. L'aune représente cinq pans
moins un quart. — Vay. Pan.
Trad. du fr.
Aoupila (s*), V. Se pasûonner maladivement pour cer-
tains aliments même insalubres; s'adonner avec ardeur à
leur usage; désirer se nourrir de substances terreuses comme
b cendre, la suie, le plâtre, le sel. Cette maladie, k laquelle
les jeunes filles sont particulièrement sujettes, se nomme
«a fr. malaise.
Dér. du kàt. OppOare, fermer, boucher, venant du gr.
viXdw, je serre.
Âouquo, s, f. Oie domestique ou sauvage, Anaa anter,
Linn. Oiseau de l'ordre des Palmipèdes. — Mareho coumo
uno âouquo crébado, il marche comme une oie crevée,
phrase proverbiale qui correspond à : il marche lourdement
et les jambes écartées. En vieux français du moyen âge,
on disait auque pour oie, témoin l'histoire fabuleuse de la
reine Pédauque, nom que l'on a donné â la reine Berthe,
mère de Charlemagne, dont on voit les statues sur quel-
ques monuments gothiques, avec des pieds d'oie, traduction
du nom.
Les Joyeuses Recherches de la langue tolosaine, de Cl. Odde
de Triors, publiées au XV1« siècle, sont curieuses â con-
sulter sur notre article. Elles disent : Auque (Aouquo) idem
sonat gallico sermone quod Oye , hinc illud en ceste cité,
estre coumo las auquos de Blagnae, que se leuan de matg'
lis per heoure. Et dicuntur hœc à l'endroit de ceux qui
naturellement sont altérez comme vue esponge, et lesquels
escase poyne ne sont pas sourtis du lict qui crient à layguo,
à layguo, ie voulois dire au vin... Est et aliud vulgare
dictum en ceste cité de Tholose sur ce motd'au^ruo, ainsin :
Non quai pas parla sinon quand Vauquo pisso ; et Kae à
l'endroict de ceux qui n'ont que babil. Le diminutif d'a«-
que est auqueto, hinc illud, en ceste mesme cité : à la
SanfAnneto, taston Uobu à Vauqueto.
Dér. selon certains étymologistes du celt. Auea ; suivant
d'autres, du lat. Avis ; mais il y avait sans doute â la suite
quelque épithète spéciale, que la contraction subie par le
mot ne laisse pas deviner. En ital. Oea.
Âouraîe, s. m. Tempête, grand vent. — Ce mot n'a
aucun rapport de signification avec le fr. orage, qui a
cependant une origine commune dans le lat. Aura, vent.
Le français a dévié du sens primitif, le languedocien y est
resté fidèle.
Âouréiado, s. f. Action de tirer les oreilles; conedioii
donnée ou reçue en tirant les oreilles.
Dér. de Aourêio.
Âouréiéto, t. f., ou Bougnéto. (F. c. m.) Beignets
sucrés, faits avec de la fleur de farine, du sucre et de la
fleur d'oranges. — C'est un dim. d'dourètb, et les beignets
susdits sont ainsi nommés, non pas à cause de leur dimen-
sion, qui dépasse de beaucoup celle de l'oreille, mais à
cause de leur forme et de leur plus ou moins de ressem-
blance avec l'oreille.
Aouréîo, i. f. Oreille, organe de l'ouXé. — Es du d'âou-
rêio, il a l'oreille dure. Pénja Vàouréio, porter Torôlle
basse, être tout honteux. Pouda en dotiréib dé lèbre, tailler
la vigne ou un jeune plant de mûrier à oreille de lièvre*
c*est4^re lorsque deux des scions que l'on conserve ae
réunissent en angle aigu par leur base. C'est un dé&m
pour la bonne direction à donner â l'arbre dont l'enfoor-
chure devient trop serrée.
Dér. du lat. Aurietda, dim. de awrii.
Aonrêio-d'aie, t. f. Grande consoude, Consoude ofi-
cinale, SymphUum consolida, Linn. Plante vulnéraira de
AOU
AOU
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k fam. des Borragînôes, commune dans les prairies
humides.
Son nom loi vient de la forme de ses fenilles.
Aonréin, ndo, adj. Oreillaid, qui a de longues oreilles.
Dêr. de Âourèio.
Acmréîa, v. Donner de Tair; secouer à Tair, poor faire
perdre Thumidité; essorer, faire sécher à Tair.
Dér. du lat. Aura,
Aoiirén]6,f. m. n.pr, de lien. Orange, ville du Gomtat,
dans le département de Vaucluse. — On doit dire : Âna
en Aourénje, pour : aller à Orange. — Voy. Âoubénas,
Aoiiriolo, f . f. Chardon étoile on Chausse-trappe, Cen-
taurea ealeitrapa, Linn. Plante qui croit dans les champs
i blé, et commune sur le bord des chemins, dont la
semence est enfermée dans une espèce de hérisson très-
inquant. — Voy. Cago-trépo.
Dér. du lat. Aureolui, qui est couleur d*or, parce que sa
fleur a cette nuance.
Aoniipèlo ou Âouripènlo, «. f, Erysipèle, inflamma-
tion superficielle de la peau, avec rougeur, chaleur et une
très-légère tuméCsction.
Gorr. dn fr.
Aonristre, #. m. Ouragan, coup de vent subit et de peu
de durée.
Dér. du lat. Aura.
àonro, <. f. Vent, souffle ; grand vent , génériquement.
Aouro d'Aou, oudouro drécho, bise, vent dn nord ; mistral.
Aouro folo, coup de vent impétueux. Aouro rouiso, ou Rou-
vérgauo, vent du nord-est, ou qui vient du côté du Rou-
eigoe, relativement aux Cévennes : c'est un vent chaud et
malsain pour les vers à soie. — Di Vâouro, en terme de
cadastre, à l'aspect ou du côté du nord.
Dér. du lat. Aura.
Acmroùs. ouso, adj. Venteux, qui donne du vent ; qui
€il exposé au vent. — Voy, Abriou.
Dér. du lat. Aura.
AoÙBJ «. m. Août, huitième mois de Tannée. — Prvb. : Si
pldou en aoiu, tout oli ou tout mous, s'il pleut en août,
bonne récolte d'huile ou de vin.
Dér. du lat. Augu$tu$.
Voici un de ces mois sur lesquels se fait le mieux sentir
rinfluenoe de l'accent dans la prononciation et par suite
dans la signification : sa contexlure le rapproche beau-
coup de la particule âou, dipht. ; son accentuation l'en
écarte absolument, en en faisant une dissyllabe par le seul
déplacement de la tonique. Ces petits incidents, qui sont
très-essentiels à observer, tiennent de trop près au méca-
nisme de notre orthographe et se présentent trop souvent
pour que nous négligions d'y insister. — Voy. Aeén.
Au commencement ou dans l'intérieur d'un mot poly-
syllabique, toutes nos voyelles gardent leur son naturel,
et c'est pour cela qu'il serait inutile de les accentuer.
Gqendant VE, à cause de ses intonations différentes,
m6rite une exception, et il a besoin d'un signe qui marque
sa consonnance grave ou aiguë, ouverte ou fermée ; nous
n'avons pas cru pouvoir nous en dispenser même dans les
monosyllabes fVoy. lettre EJ. Pour les autres voyelles,
quand elles forment diphthongues ou triphthongues, quelle
que soit leur place dans le mot, la dominante est ton-
jours distinguée par l'accent circonflexe.
Mais c'est surtout à la finale des mots que se fait la
cadence, que se produit la modulation propre aux idiomes
méridionaux. C'est là, sur la dernière syllabe ou sur la
pénultième, que repose l'accent tonique, cette inflexicm
qu'aucun signe n'indique le plus souvent, mais qui bien
des fois aussi est signalée par la présence de l'accent gram-
matical. Nous rappelons cette règle.
Dans notre dialecte, les voyelles il et r exceptées, toutes
les autres, y compris la composée ou, sont féminines ou
muettes quand elles se trouvent à la fin d'un mot polysyl-
labique, seules ou suivies d'un m, ou en composition d'une
diphlhongue ou triphthongue, à moins toutefob qu'elles
ne soient accentuées. ^
Ce principe est général et absolu. Aussi qu'arrive-t-il
dans la prononciation? La tonique, qui est dans chaque
mot, et seulement à la fin, ne peut s'appuyer que sur une
syllabe pleine, forte ou masculine; la tenue est donc ame-
née sur la dernière, grave de sa nature ou marquée d'un
accent. Sur cette syllabe se module la note, se condense
l'imperceptible repos prosodique. Les syllabes précédentes,
quelle que soit d'ailleurs leur qualité ou leur nature, son-
nent de leur son naturel sans doute, mais se prononcent
plus rapidement, plus légèrement en quelque sorte, la voix
s'arrètant sur la syllabe accentuée, sur la voyelle domi-
nante, quand il y a diphthongue émise d'un seul jet.
L'application en exemples est saisissante. Ainsi A natu-
rel, toujours éclatant, est néanmoins bref dans barda, bar-
dot; tantds, tantôt; iscaloù, échelon ; lAngadà, Languedoc,
tandis qu'il est long et grave dans les mots homographes,
hardo, bat; iantos, les tantes; éecalou, ils grimpent; linr
gado, coup de langue, etc., etc. Toute la différence est dans
l'accent final, qui convertit la syllabe tonique de brève en
longue, d'une noire fait une blanche, et produit cette inver-
sion musicale et un sens nouveau. Il en est de même
pour les autres voyelles. Le secret de la prononciation
vraie et juste, comme la raison de notre orthographe, ne
tient qu'à l'observation de cette règle.
Pour en revenir maintenant à notre article, il est facile
de comprendre sur le mot Aoùs la nécessité et l'effet de
l'accent. Si la finale n'était pas accentuée, elle resterait
muette féminine, et par son contact avec la voyelle forte
a, elle serait absorbée, et deviendrait diphthongue, se
confondant avec elle. L'accent grave la dégage, et avertit
qu'elle doit servir d'appui à la voix : il décide du son et
du sens. Dans la versification, l'épreuve est bonne à faire :
lou mes d^aoùs, le mois d'août, ne rime pas avec hu$ dé-
ddous, les dés à coudre, pas plus que, par une raison sem-
blable, ne rimeraient hu$ maoùs, les carreaux de terre
s
58
AOU
AOU
coite, avec tous mdous, les maux. Pourquoi ces différences
d'assonaances dans des mots où les mêmes voyelles se
reproduisent ? Simplement parce que ici ou là la position
de Taccent a été intervertie. La tonique est fixée dans les
premiers sur où* accentué, qui fait un mot dissyllabe de
a-où* et ma-oùM, et dans les derniers déddoui et mâout, il
y a diphthongue, et la voix pèse sur Va.
Au moyen de cette simplification. et sans préjudice pour
Fintelllgence du mot, on arrive i cet autre principe du
languedocien, de n'écrire que comme on prononce, avec les
seules lettres nécessaires, et toutes devant être articulées.
La parasite h pourrait donc être sacrifiée dans bien des
mots sans que le sens eût à en soufirir. JKf ooù servirait
d'exemple, et dans le même cas se trouverait traî, trahir,
dissyllabe par Taccent, qui ne se confondrait pas non plus
avec traï, il jette, monosyllabe par la diphthongue.
Ces observations se répéteraient également sur les autres
voyelles. Elles viendront à leur place, mais il est déjà
facile de les pressentir par l'épellation* des mots : Sai,
panne de porc, et saï, céans ; mXoû, meilleur , et mtou,
mien ; fia, feu, et fïo, fille; péls» pays, et péit, poissons, et
dans la longue série des homographes que nous avons
cités, que Tabsence ou la présence de Taccent sur une
des lettres de la syllabe finale modifie si profondément.
L'harmonie de notre langue se compose de ces nuances
de tons et de demi-tons, qull est indispensable de noter
distinctement dans récriture. C'est la quantité prosodique,
la mesure, que l'orthographe a charge de marquer. Nous
avons essayé de poser quelques règles, qui se compléteront
d'observations successives, principalement en traitant des
voyelles et de leur assemblage dans les diphthongues. L'in-
telligence de notre dialecte est toute dans la prononciation
juste; la notation écrite doit tendre à s'en rapprocher autant
que l'alphabet usuel, adopté, classique, peut le permettre.
Aousa, V. Oser, avoir l'audace ; s'enhardir.
Dér. du lat. Ausus, part. pass. de audere.
Aousar, i. m. Hussard ou housard, corps spécial de
cavalerie légère.
Corr. dufr.
Aousardo (à V) , adv. A la housarde, à la mode des
housards; cavalièrement.
Aooséro ou Lâonséro, s. f, Lozère, chaîne de monta-
gnes qui donnaient autrefois leur nom à toute la contrée,
et le donnent aujourd'hui à un déparlement. Les princi-
paux sommets de la Lozère sont granitiques , mais son
extrémité orientale, qui est dans le département du Gard
et se nomme la Tète-de-Bœuf, est composée de schiste mi-
cacé, comme la plupart des montagnes secondaires qui
suivent sa direction. Il parait que c'est de cette espèce de
pierre, qu'on appelle làouso dans le pays, que le mot ZAou-
Uro aurait été formé, et l'usage actuel l'a contracté par
celui de Aouséro.
Aousérô, oto, adj. Lozerot, habitant de la Lozère ou
du départ, qui porte ce nom. — On ne sait pourquoi ces
habitants, lorsqu'ils se répandent dans la France, sem-
blent vouloir renier ce nom de Loxeroi et le remplacer par
celui de Lozérien, qui est antipathique au génie de leur
langue originaire. Si on les appelle Loxériens, à Paris, sur
parole, ils restent Lozerot» pour leurs voisins du Lan-
guedoc. — Voy. Gava.
Aonsl, V. Ouïr, entendre ; percevoir les sons ; écouter.
— AotAsei? m'entends-tu? entends-tu? Ce temps de verbe
appartient à un dialecte au-dessus d'Alais; car ici il ferait :
àoutisset ? Il est cependant très-adopté. Ou gave pas qui
pér dousi dire, je ne le sais que pour l'avoir ouï dire, je ne
l'ai pas vu. N'aï pas àousi dire aquà, je n'ai pas entendu
parler de cela. Aquà fat bon àousi dire, c'est bon à savoir.
Sévène, tnàousiras, si je viens, tu m'entendras. Diou
vous àousiei Dieu vous écoute! J'en accepte l'augure.
Dér. du lat. Audire.
Aonsido, f . f. Ouïe, l'un des cinq sens ; faculté d'ouïr.
— /-a leva Vàousido, il l'a étourdi du coup. Parti d'àousido,
prendre feu à la première parole ; être prompt et vif; se
décider étourdiment et sans réfléchir.
Dér. du lat. Auditus.
Aonsidoù, i . m. Tympan, orbite auriculaire ; oreille.
Dér. de Aousi.
Aousidouîros, f . f. pi. Oreilles; organe auditif. — S'em-
ploie pour ouïe et oreille, en poésie et style trivial.
Dér. de Aousi.
Aousino et Eousino, f . f. Gland du chêne vert. -^ Car
d'dousino, chair ferme et de bonne qualité, telle que celle
des porcs qui se nourrissent de glands. On pousse la com-
paraison jusqu'à l'espèce humaine : quand on pince les
joues rondes et fermes d'un bel enfant, on dit : Aquà's dé
car d'dousino. — Voy. Eousino.
Dér. de Eouse.
Aonssé, s. m. Troussis ; plis qu'on fait au bas de la
robe des enfants et qu'on découd pour l'allonger à mesure
qu'ils grandissent. — Voy. Bàoussé.
Dér. de Hàoussa.
Aoussèl,!. m. Dim. Aoussélé, AousséloU; augm. et péj.
Aoussèlas. Oiseau, animal vertébré et ovipare, ayant un bec,
des plumes et des ailes. — L'àoussèl dé Sén Lu, l'oiseau
de saint Luc, le bœuf, parce qu'on le représente ailé ; se
dit ironiq. d'une personne lourde, pesante, qui ressemble
par sa marche et sa tournure à un bœuf.
Aoussélé est proprement un petit oiseau; dousséhik, un
oiseau de nichée; doussélas, un oiseau de proie, un gros et
vilain oiseau.
Aoussèl* f. fit. Instrument pour porter le mortier; sorte
de bemie en planches, ouverte d'un côté et à deux man-
ches, que Ton porte sur le cou, pour monter le mortier
aux maçons sur leur échafaudage; on l'appelle en fr. oiseau
ou mieux augeot, qui parait être une corruption de augéot,
petite auge.
Dér. de la bass. lat. Aueeilus, dit pour avieellui, dim.
de Avis.
AOU
APA
59
AonMôla (s*), v. S'ébouriffer, comme font les oiseaux
en colère; se hérisser. Au fig. se mettre en colère, s'irriter,
s'emporter, hausser le ton, monter sur ses grands chevaux.
Dér. de Aousièl.
Aoussélino, t. f. La gent volatile, qui porte plumes ;
les petits pieds. Quelquefois se dit fam. et par contre-
vérité d'un gros oiseau de rapine.
Dér. de Aoutsèl.
Âonssén, s. m. Absinthe, armoise-amère, Ârtemisia
ahnnthium, Linn. Plante de la fam. des Composées corym-
bifères ; elle croit dans les montagnes des Cévennes. — La
plante n'a de commun avec la liqueur du même nom,
fabriquée aujourd'hui, que le souvenir de ce baptême pri-
mitif, où les feuilles de la tige macérées entraient pour
quelque chose, au moins pour leur parfum. Aussi le vieux
nom languedocien n'est plus connu qu'en botanique, et les
amateurs du breuvage dont nous parlons, en ont fait bra-
vement : Arténto, et s'empoisonnent pour faire la mode,
tout en parlant mal leur langue.
Aonssnro, s. f. Hauteur, éminence, cime d'une mon-
tagne; tout endroit comparativement plus élevé qu'un
autre. — Sus ràousturo, sur la hauteur, au sommet.
Dér. de Ndoutsa, nàou,
Aonta, f. m. Autel, table destinée aux sacrifices et par-
ticulièrement à la célébration de la messe. — Lou gran-
t-âovOa, le mailre-autel.
• Dér. du lat. Altare.
Âontonna, v. Automner ; jeter du bois dans l'arrière-
saison; mûrir en automme. — Se dit particulièrement de la
pousse que fait le mûrier après avoir été dépouillé de sa
feuille et taillé au commencement de l'été. C'est au prop.
pousser en automne.
Aontoiino, t. /. Automne, troisième saison de l'année,
entre l'été et l'hiver.
Dér. du lat. Autumnui.
Âoutonr, mieux : A réntonr, adv. Autour, à l'entour,
aux environs. — £s âouiour de mièjo gnué, il est environ
minuit.
Formé de Aou, article, et de tour,
Aontra, âontro, pron. et adj. Autre. — D'âoutre-tén,
autrefois, jadis. Aoutre mdou noun y aguef Que tout le
mal se réduise là ! Oh ! pour cela, c'est un petit malheur !
Ommo disiè Vàoutre, comme disait cet autre : sorte de pré-
caution oratoire pour commencer une phrase proverbiale.
7<mC un ou tout àoutre, tout blanc ou tout noir, point de
milieu. E$ tout àoutre, il est singulièrement changé, on ne
le reconnaîtrait pas. Un co l'un, un co l'doutre, tantôt
l'un, tantôt l'autre ; alternativement. Une àoutro fés, une
autre fois; pas cette fois-ci, une autre.
Dér. du lat. Alter.
Aontromén ou Âontramén, adv. Autrement, d'une
antre manière ; sans cela ; sinon. — Faras eé que té dite,
éoutromén!.., tu feras ce que je te dis, sinon!... Dans le
dialogue familier, on l'emploie d'une manière explétive, et
sans qu'on lui attache un sens positif : Aoutramén disias
que.,,, vous disiez donc. C'est une formule pour changer
de propos, pour ramener à la question.
Âoutros-lés, adv. Autrefois, jadis, au temps passé.
Aonzon, s, m, n. pr. de lieu. Auzon, hameau de la
commune d'Allègre, arrondissement d'Alais; et Alzon,
chef-lieu de canton, arrondissement du ^gan.
Les deux appellations sont les mêmes en languedocien,
et se trouvent aussi mentionnées dans le dénombrement des
feux de la sénéchaussée de Beaucaire et de Nimes, en 4384,
avec la même orthographe latine, Alsonum. On sait la faci-
lité àa al à se transformer en au et à s'exprimer par
àou dans la langue vulgaire : le français n'a pas eu de pré-
férence; mais la communauté d'étymologie des' deux mots
n'en est pas altérée. Il est à remarquer que la finale ou en
lang., on en fr., provenant du suffixe lat. O ouonus, onum,
est quelquefois diminutive, mais elle marque aussi l'abon-
dance et communique à la chose représentée par le radical
une idée de dérivation, de conformité de nature ou de
ressemblance, en même temps que de quantité {Voy. Ou,
suff.). Quant au corps même du mot, la forme au pluriel
aouz, aux, ah, semble ne pas être tout à fait insignifiante:
elle n'aurait pas été employée pour indiquer simplement
une localité placée sur une élévation et comme isolée, mais
plutôt une localité entourée de hauteurs, dans un pays de
montagnes, où s'élèvent de nombreuses collines. C'est avec
cette signification que le sens du suffixe lui conviendrait
en donnant plus d'énergie au radical, et que l'application
serait exacte pour les deux villages.
Apaîa, V, Garnir de paille ; faire la litière aux che-
vaux ; jeter de la paille sous les animaux pour leur litière.
Dér. de Pdio.
Âpanll (s'), V. Pâlir, devenir pâle ; se faner, s'étioler.
Dér. de Farde.
Âpàonri, v. Appauvrir, rendre pauvre ; rendre moins
fertile ; devenir mauvais ; épuiser. — L'doumomo apàourit
pas, l'aumône ne rend pas plus pauvre. Lou tén s'apàou-
ris, le temps se g&te, il se couvre.
Dér. de Fâoure.
Apâonsa (s'). Se poser, prendre pied, comme fait le
gibier après une remise. — S'apàousa, dans le sens du fr.
s'opposer à..., n'est qu'une corruption, mais il se dit
quelquefois. Il n'a pas la même étym.
Dér. de Fàouso.
Âpâousado, f . f. Reposée, lieu où le gibier se repose pen«
dant le jour ou après une remise. — Tira à l'apàousado,
tirer à la reposée, au gîte. — Voy, Fdousado.
Dér. de Fàouso.
Apâouta (s'), V. Tomber sur ses mains; se mettre sur
les mains.
Dér. de Fdouto.
Âpâoutoùs (d'), adv. A quatre pattes ; sur les pieds et
les mains.
Dér. de Fdouto.
60
APÊ
APÉ
Apara, «. Défendre, protéger, prendre la défense. —
S'aparo eoumo un catMt, il se défend de bec et d*ongles.
S'apara âou fré, se garantir da froid. Po piu i'apara àou
prtmfl, il ne peut pas se défendre contre la fortune ; il a on
bcmheur insolent ; tont loi réassit. Apara Uu mouacos,
chasser les mouches.
Oér. du lat. Âpparare, armer pour la défense. En ital.
Pararê, en esp. Parar,
Apara, v. Tendre, présenter on récipient quelconque
pour recevoir ce qu'on y jette; attraper au vol ce qu'on
vous jette. — Aparo toun fandâou, lou pagnè, ioun capèl,
ta man, tends ton tablier, le panier, ton chapeau, ta
main.
Dér. du lat. Aperire, ouvrir.
Aparamén, adv. Probablement, apparemment, sans
doute.
Empr. au fr.
Aparéîà, v. Accoupler, appareiller ;. ranger deux à
deux.
Dér. de ParU.
Aparénço, t. f. Physionomie extérieure d'un objet, ses
apparences, ce qu'il semble être ; vraisemblance, proba-
bilité. — Aquél Ua a bono aparénço, ce blé en herbe pro-
met beaucoup. T-a pas aparénço que parliguén hiuèï, il est
peu probable que nous partions aujourd'hui.
Dér. du lat. Apparere.
Aparénta, ado, adj. Apparenté, allié. — Vout ses pas
mâou aparénta, vous voilà bien apparenté ; vous avez des
parents dont vous pouvez être fier.
Aparénta (s*), v. S'apparenter, former par un mariage
des liens d'afdnité avec une famille.
Dér. du lat. Ap pour ad, et parêns, parentis.
Aparia, v. Egaliser, rendre égal ; unir, ajuster. — On
apario les vers a soie de dKTérents âges, en donnant aux
plus jeunes plus de clialeur et de nourriture. — Aparia las
Uiros, assoinbler les loltrps quand on apprend à lire. Y-a
pas rés quaparie aquà, il n'y a rien de pareil à cela ; tel
homme ou tel objet n'ont pas leur pareil.
Aparia (s'), v. S'apparier, s'accoupler, se réunir par
paires ; se comparer, se mesurer.
Dér. du lat. Par, d où parél.
Apartémén, t. m. Appartement. — C'est un emprunt au
fr. pour di^igncr un ap^iartemcnt de luxe, la chambre
d'honneur ou le salon de parade ; le terme générique est
Membre, — F. c. m.
Aparténi, v. Appartenir, être dans la possession de
quelqu'un. — Aquà i-appartèn hé, émb'un home dé soun
éêpèfo, dé faire lou déspiehoùs, il convient bien à un
homme de sa sorte de faire le dédaigneux.
Dér. du lat. Pertinere, pertinet»
Apèl, «. m. Appel ; recours exercé devant une juridio*
tkm supérieure. — FaXre Capèl, faire son compte.
Empr. au fr.
ApÛa« «. Appétar, nommer; faire Tenir à soi, attirer.
— Lous volas apéhu la barbasto, les cours d'eau attirent
la gelée blanche. Lou marin apèh la pUjo, le vent du
midi amène la pluie. Aquà s'apHo parla/ voilà parler,
voilà qui est parler. Aquà s'apéh un home, voilà on
homme de tète et de cœur. Aquà s'apHo / dit-on souvent
comme interj. pour exprimer l'admiration : voilà qui est
bien ! voilà qui est beau!
Dér. du lat. AppéUare.
Apéna (s'), v. S'appliquer, apporter ses peines et ses soins.
Dér. de Péno.
Apéndrls, driaso, s. ei adj. Apprenti, qui fait son
ai^rentissage.
Gorr. du fr. Apprenti,
Apéndriasage, «. m. Apprentissage.
Avec une légère variante qui vient du génie de la lan-
gue, empr. au fr.
Apéns (Lous), t. m. pi. Hameau de la commune de La
Melouze, arrondissement d'Alais. La prononciation du mot
est la même en fr. qu'en laug.
Dér. du celt. Pen, cime; sommet, pointe d'une mon-
tagne. La lettre a qui le précède n'est que l'augment ini-
tial. La situation de ce hameau explique son nom. En
allem. pinn, et pfin, haut, élevé, hauteur, sommet. En
lat. pinna^ créneau de mur; pinnaculum, faite, pinacle,
ont la même origine du gaulois pen, V Apennin, les Apenr
nins, célèbres montagnes d'Italie, Alpes penninœ, Apen-
ninœ, sont le même mot que notre Apéns.
Apénaionna, v. Bailler à emphytéose, ou 2 bail emphy-*
téotique, ou à locaterie perpétuelle. C'est aliéner un im-
meuble quelconque moyennant le service d'une rente con-
stituée et pcrptHuelle, dont le bailleur ne peut exiger le
remboursement tant que la rente est régulièrement servie.
Dér. de Pénsiou.
Apèou, f. m. Appeau; toute sorte de sifflet avec lequel
on contrefait la voix dos oiseaux pour les attirer dans
les filets ou à portée du fusil. Le môme que Souné. — > F.
c. m.
Dér. de Apéla.
Apérésl (s'), v. Devenir paresseux, mou, lâche au tra-
vail ; s'accoquiner.
Dér. de Péréso.
Apésa, V. Prendre pied; appuyer le pied; donner dn
pied à quelque chose, comme à un sac, à une échelle, à
une planche, qu'on place debout et que l'on apéso pour les
rendre plus solides.
Dér. de Pi, au plur. pèses,
Apétl, s. m. Appétit, besoin ou seulement désir de
manger. — Es pas l'apéti que manqua, ce n'est pas faat»
d'appétit si nous ne mangeons pas.
Dér. du lat. Appeler:
Apétovi, ido, ou Apétomii, ido, cmTj. Apprêté. Ne ta
dit que du pain et ne se prend qu'en mauvaise part. On
ne dit pas en effet : Dé pan bien apétûui; mais : ÀqmÊi
pan éê mâou apélouè, ou apHoy^idaê, qui est le p^.
APL
APO
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L'6lym. ettrelle dans Apéiï, ce qui oontnrierait on pea
le Bens de œ mot, toujonis appliqué i on pain qui ne
l'excite ga^; on bien seraiVeUe dans sa formation, a grec
privatif, et une altération du mot pâte, arrangé eaphoni-
qoement, œ qui ne serait pas sans exemple T
Api, «. m. Céleri, Apium graveoiênê, Linn. Plante pota-
gère de la famille des Ombelliféres. — Api bouseas, Ache,
âorlB de oâeri à femlles et i côtes plus menues, qu'on
n'emploie que par brins dans un potage. Son arôme est
beaucoup plus fort que celui du céleri franc.
An commencement de ce siècle, on raconte qu'un de nos
concitoyens, obligé d'aller à Paris, se promit bien d*y faire
ample récolte de découvertes qu'il publierait au retour.
Dans ce but, à son premier diner au restaurant, il cherche
sur une longue carte un de ces metsincoimus sur les bords
du Gardon; il le trouve enfin et demande des céleris au
jos. On ne les lui fit pas attendre; mais i peine y eut-il
goàté, qu'il s'écrie : Aï/ êoerédi/ iau$ céleris ioun d'apis/
Le mot est resté.
Dér. du lat. Apium, formé de apis, parce que sa fleur
cet recherchée par les abeilles.
Apialoà, f . m. Etai, étançon ; appui ; jambe de force
pour soutenir les cintres en bois d'une voûte. — L'apialoù
est un étai posé verticalement ou obliquement, quand il
soutient un pan de mur qui menace ruine ; lou pincèl est
œ même étai placé horizontalement, quand il est destiné
a prévenir l'éboulement d'un mur ou d'une tranchée de
terre. — Vay, Pincèl,
Dér. du lat. PUa, pilier.
Apialoima, o. Etançonner, étayer, étrésillonner ; poser
un étai.
Dér. à'ApiaU^.
Apiè, «. m. Rucher; ensemble, collection des ruches
dans un même lieu. — Foy. Ahèl.
Dér. du lat. Api$, abeille ; aparium.
Apignéla, ado, adj. Serré comme les écailles ou comme
les amandes d'une pomme de pin.
Dér. de Pigno,
Apitança, v. Ménager le mets que l'on mange, en y
lyoutant beaucoup de pain, en sorte que le mets ne serve
que de véhicule, d'assaisonnement à celui-ci qui, selon les
régies d'une bonne hygiène et surtout de réconomie domes-
tique, doit être le principal aliment. Les enfants, qui sont
naturellement gourmands, font tout le contraire ; aussi est-ce
particulièrement pour eux que le mot apitança est employé.
Dér. de Pitanço,
Aplacarda, v. Placarder ; mettre ou afficher un placard ;
appliquer contre un mur, y lancer un objet quelconque de
nature à y rester appliqué, à s'y coller. — Aplacarda quâou-
fitàê, lancer quelqu'un contre..., le coller au mur, l'y fixer
«Q le tenant par le cou ou la poitrine.
Dér. de Placar, pris pour affiche.
Aylaïui, «. Aplanir; niveler ; rendre uni , rendre lisse.
Dér. de l'adj. Plan, du lat. Planu$, êœplanare.
Aplanalo, «. m. Action d'aplanir, aplanisaement.
Aplati, V. Aplatir, rendre plat ; lancer avec force contre
un mur, contre la terre, contre un corps dur.
Dér. de l'adj. Pla,
Apléjl (s'), V. Devenir pluvieux, tourner à la pluie.
Dér. de Plèjo.
Apliqua (s*), v. S'appliquer; porter toute son attention,
son zèle, son savoir-faire. — Il est principalement employé
pour exprimer l'application d'un écolier studieux.
Empr. au fr.
Aploun, f. m. Aplomb; ligne verticale, équilibre résul-
tant pour un corps de l'observation de cette ligne. — Aquét
mur ii pas gaïrc sus soun aploun, ce mur n'est guère
d'aplomb.
VapUmn est un outil de maçon en forme de triangle
rectangle, à l'angle droit duquel est fixé un cordon qui est
terminé par une boule de plomb. Cet instrument sert à
reconnaître le nivellement des assises d'un mur ou du gise-
ment d'une pierre de taille, c'est-à-dire son parallélisme
avee l'horizon.
D'aploun, adv. D'aplomb. — Se dit pour : fortement, avec
décision, sans hésiter.
Dér. de Ploun.
Apotro (Bon), adj. m. Bon-apôtre. — Faire lou bon-
npotro, se faire meilleur qu'on n'est, afiecter la probité, la
générosité. Es un bon-apotro, se dit ironiquement soit
d'un homme faux, hypocrite ; soit d'un libertin, soit d'un
homme peu obligeant ou de mauvaise foi.
Dér. du grec 'AcrdoioXo^, envoyé, messager.
Apouénta, v. Pointer, ajuster vers un but. — Terme de
jeu de boules ; c'est lancer sa boule modérément, terre à
terre, de manière à approcher le plus près possible du but
ou cochonnet. C'est le contraire de tira, qui signifie :
lancer sa boule avec force contre celle de l'adversaire pour
la déplacer, ou l'éloigner du but. On dit au fig. et pro-
verb. : Tiro, que iéou apouènte, passe devant, je te sui-
vrai. On le dit surtout des filous ou fripons, qui s'enten-
dent pour duper quelqu'un.
Dér. de Pouèn, point, qui est l'expression reçue au jeu
de boules pour désigner le gain du coup. On dit : Es iéou
qu'aï lou pouèn, c'est moi qui gagne le coup. — Foy.
Pouèn.
Apoulidi, V. Enjoliver, rendre joli ; embellir.
Dér. de PouH, adj.
Apoulina, v. Dresser un jeune cheval, faire son éduca-
tion; le maquignonner. Au fig. former par la flatterie;
amadouer; habituer; déniaiser. — Unofïoapoulinado,XLUB
fille délurée, bien maniérée, qui a toutes les ruses de la
coquetterie, ou bien une jeune fille bien apprivoisée, dont
l'éducation amoureuse est faite.
Dér. de Poulï, poulain.
Aponloun, «. m. Gasaquin, sorte de spencer de femme,
d'une étoffe ou d'un dessin diffôrent de la jupe. Cette mode
de nos grand'mèree a duré longtemps , elle revient aiyoitf>-
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APR
AQU
d*hui. Il est probable qae ce nom lui est venu du fr.
Apollon, en usage dans le grand monde, toujours savant
et fort en mythologie. En arrivant au peuple, il y est resté
pour représenter génériquement toute sorte de vêtements
justes à la taille et ne formant qu*un corsage sans jupe.
Cependant le renouveau de la mode a introduit de nou-
velles dénominations, et il est douteux, qu'elles soient plus
heureusement trouvées : ce qui a dû faire conserver Tan-
cien nom.
Apouncha, v. Rendre pointu; donner de la pointe, for-
mer la pointe d*un outil en fer ou en bois. Au fig. Apoun-
cha d'argén, mettre Targeut au bout des doigts ; payer
comptant. — Tout aquù apounchariè pa'n fu$, tout cela
n'aboutit à rien. Apouncha dé joun émb'uno masio, faire
un travail de dupe, une œuvre sans objet.
Dér. de Pouncho.
Apouponnl, v. Choyer, dorloter, comme une nourrice
fait pour un enfant en le berçant sur son sein.
Dér. du gasc. Poupot, sein, mamelle; ou du fr. Poupon,
Apouridi, V. Faire pourrir, réduire en dissolution, en
décomposition. Au fig., gâter un enfant.
Dér. de Pourè.
Aponrta, v. Rapporter, comme fait un chien qui rap-
porte ce que son maître a jeté, ou laissé, ou caché mêmç
pour éprouver son intelligence et la finesse de son odorat.
C'est là la seule acception de ce mot, qui ne reproduit
aucune de celles du verbe apporter dont il est cependant
le dérivé.
Aponstios, s. fém. plur. Attelles, terme de chirurgie ;
minces et petites planches pour maintenir les fractures d'os.
Dér. et dim. de Po$.
Aponstonml ou Apoostéml, v. Apostumer, venir à sup-
puration; abcéder.
Dér. du gr. \\xs&svr^^:t, abcès.
Apouticari, ou mieux Ponticari, s. m. Pharmacien,
apothicaire. — Aquà'$ un conte d' apouticari, c'est un
compte d'apothicaire, un mémoire enflé à plaisir.
Dér. du gr. ^AcroO/^xi), boutique.
Apradi, v. Gazonner, semer un champ de graine de
foin ; mettre en pré. — S'apradU dé pér él, û se garnit
lui-même de plantes fourragères.
Dér. de Pra.
Apréne, v. Apprendre, acquérir quelque connaissance
qu'on n'avait pas ; retenir, graver dans sa mémoire ; être
averti, prévenu ; instruire, enseigner. Dans le sens d'ap-
prindre, il signifie : apprendre une leçon, un métier ; mais
non point apprendre une nouvelle, un ouï-dire. — Ai apré$
ma liçoià, j'ai appris par cœur ma leçon. Aprénguè d'èstre
mapoù, il apprit le métier de maçon. S'ou es après, il s'est
formé lui-même sans maître.
Aprine se dit aussi des plantes ou arbres tran^lantés,
qui poussent de nouvelles racines, et d'une greffe qui com-
mence à pousser ; reprendre.
Dér. du lat. Prehmdere,
Aprèts , s. m. pi. Apprêt ; préparatifs ; préparation en
général. Il signifie aussi : apprêt, raideur d'une étoffe pro-
duite par sa préparation ou par la teinture.
Empr. au fr. En ital. Appresto,
Après, adv. et prép. Après, ensuite. — Après la mort,
lou tnèje, après la mort, le médecin ; c'est de la moutarde
après diner. M'es toujour après, il m'est toujours après.
Après, éso, adj. et part, pass, de Apréne, Appris.
— Quand il s'emploie adjectivement, ce n'est guère qu'en
mauvaise part; alors il signifie : élevé, éduqué. — Siès bien
mâou après, tu es bien mal élevé, mal embouché. Un
mâou-aprés, un mal appris, un insolent.
Aprésta, v. Apprêter, préparer, disposer; assaisonner,
faire cuire ; tenir prêt.
Dér. de i'ital. Appretare,
Aprima, v. Amincir, rendre mince; amenuiser; émin-
cer {Voy. Aménuda). — S*aprima, maigrir, s'user.
Dér. de Prim.
Apriyada, v. Apprivoiser, priver; rendre plus doux,
plus trai table un animal ou une personne d'humeur sau-
vage et farouche.
Dér. du lat. Privatus.
Aproucha (s*), v. S'approcher de quelqu'un ou de quel-
que chose.
S'aproucha est employé particulièrement pour : s'appro-
cher des sacrements, communier. — A Pasquofôou s'aprou-
cha, faïre soun dévè, il faut faire ses Pâques.
Empr. au fr.
Aprouchan, adv. Approchant; environ; à peu près.
Formé de Aproucha.
Aprouiita, v. Profiter ; économiser ; ne pas laisser per-
dre. — AproufUa sas fardos, user ses bardes jusqu'à la
corde. Aproufitè cent èscus davan soun mariage, il ramassa
cent écus avant son mariage. Aproufito bien âou coulèje, il
profite bien des leçons qu'il reçoit au collège.
Dér. de Proufï.
Aproumès, èsso, part. pass. de Aproumétre, Voué, pro-
mis.
Apronmètro, v. Promettre, donner Tassurance; s'en-
gager; vouer; engager sa foi; passer des pactes de ma-
riage. — T'aprouméle que m'ou pagaras, je te réponds que
tu me la paieras. — Vousaprouméle qu'es pas vraï, je vous
assure que ce n'est pas vrai. Aï aproumés moun éfan dou
bkm, j'ai voué mon enfant au blanc : c'est-à-dire j'ai fait
vœu de l'habiller tout en blanc en l'honneur de la sainte
Vierge. Me soui aproumés, je me suis voué, j'ai faitvcBa à
Notre-Dame.
Dér. du lat. Promittere.
Apnîa, V. Appuyer; étayer; soutenir; protéger.
Dér. de la bass. lat. Appodiare.
Apniage, s. m. Droit d'appui, de mitoyenneté. — Té
farài paga Vapuiage, je te ferai payer la mitoyenneté.
Aqnél, élo, pron. dém. Ce, cet, cette, celui, celle. *—
Aquél d'aqui, celui-là. Es pas aquél que déouriè réstre, il
AQU
ÂRÀ
6S
n'est pas tel qu'il devrait être. Oh / aqtUlo iài èro pa'ncaro
éstado, oh ! voilà un propos que nous n'avions pas entendu !
en voilà bien d'une autre ! Soui pas aquél que mé crésès, je
ne suis pas l'homme que vous croyez.
En ital. QueUo; en esp. Aquette, aquello.
Aqaéste, este, pron. dém. Ce, cet, cette, celui-ci,
celle-ci. — D'aquéstes ans, il y a quelques années. D'à-
quéste tén, par ce temps-ci.
En ital. Quésto; en esp. AqtMste,
Aqnl, adv. Là, dans cet endroit ; près du lieu où l'on
est. — Pér-aqul, de ce côté-là, par là. Vèn dé passa pér
aqui, il vient de passer de ce côté. Coumo vaï voste pèrof
— Pér-açMi, Comment se porte votre père? — Goussi,
coussi, par ci, par là. D'aquï-aquï, d'un moment à l'autre,
de là là. S'en souvèn pas d'aqul-aquï, il ne s'en souvient
pas d'ici là. D'aqui et d'aïlî, de çà et de là, à droite et à
gauche. Adi n'est pas de notre Dictionnaire : c'est un de
ces mille mots inventés pour l'euphonie. Le languedocien
aime surtout à procéder par consonnance ou rime dans la
plupart de ses dictons. Aquél d'aqul, celui-là. Aquà d'aquï,
cela même. Es aquà d'aquï, c'est bien cela. Aquï-dré, vis-
à-vis d'ici, en droite ligne. Mais cette expression est le
plus souvent explétive. Les gens de la campagne, surtout
à l'est d'Alais, ce qu'on nomme les Gounèls, s'en servent
sans aucune espèce d'à-propos, sans besoin. Ses ana à la
fèùro hier? — Aquirdré y anère bé, Avez-vous été hier à
la foire T— Ma foi oui, j'y fus. Ce n'est réellement qu'un
mojen d'allonger la phrase, de se donner le temps de
rendre catégoriquement.
En ital. Qui; en esp. Aqui.
Aquionla, v. Acculer ; pousser et serrer dans un coin
ou contre un mur; empocher de reculer; faire pencher
une voiture, une charrette sur son arrière ; faire tomber
sur le derrière.
Dér. de Quiou,
Aqnis, «. m. Acquit , quittance. — Un hé dé bon aquïs,
dà mkhant aquïs, une fortune bien ou mal acquise.
Empr. au fr. Dér. du lat. Aequirere,
Abaissa, V. Halerdes chiens pour les faire battre ; exci-
ter deux ennemis, deux rivaux l'un contre l'autre. — Le
même que Atissa. — F. c. m.
En celto-breton, Atizar, m. sign. Le mot est-il formé par
onomatopée de quis-quis, cri d'excitation, ou bien le verbe
a-t-il inspiré l'onomatopée ?
Aqnita, v. Acquitter, solder, payer intégralement. —
Quâou s'aquito fa'i cabdou, qui paie ses dettes s'enrichit.
Empr. du fr.
Aquô, pron. dém. Ça, cela, cette chose-là. — Coumo
aquà, comme cela, ainsi. Aquà d'aquï, cela, cela mèmj.
Aqud-bo, mot-à-mot : cela bon, signifie une liqueur quel-
conque moelleuse et sucrée, ou toute autre friandise.
Un ficha viire d'aquà4fo, un petit verre du meilleur. Un
d^aquà, une chose, une alïaire dont on ne se rappelle pas
le nom. Emb'aqud ou End'aqud, avec cela, pourtant, cepen-
dant. D'aquà, de cela, de cette chose. A fosso d'aquà, il a
beaucoup de biais, d'esprit, de subtilité, d'adresse. A d'aquà,
il a du quibus. F&ou d'aquà, il faut de l'argent. Aquà's,
contraction de aquà es, c'est. Aquà's aquà, c'est cela, c'est
bien cela. Aquà'ro, contraction de aquà èro, c'était. Aquà
vdi aquï, c'est la conséquence naturelle de cela. Aquà tomba
bien, cela arrive bien, à propos, à point nommé. Aquà vaï
bien, cela va bien. Qu'es aquà? qu'est-ce que c'est ? Aquà's
aquà, c'est cela. Aquà* s paquà, ce n'est pas cela. As vis
aquà? as-tu vu cela 7 Vèiras aquà; tu verras, tu me la
paieras. Aquà se dis, cela se dit ; on en parle.
Aquà se prend quelquefois comme prépos. pour éncà,
chez. — Anan aquà dé moun pero, nous allons chez mon
père. — Voy. Encà.
Dér. du lat. Quod.
Ar, s. m. Arcade, arceau, construction en courbure de
voûte. — Au plur. Lous ars, les arceaux, les arcades. Le
marché à Alais était entouré de portiques ou arcades. L'éta-
lage des légumes et autres marchandises, dans le temps
des foires et des marchés, se fait souto lous ars. Var
dé Vius, l'Arc-des- Vieux , carrefour à Alais, formé en
voûte à la rencontre des rues Valaurie, Bouquerie et Ray-
mond Pellet : il vient de disparaître. Vius nous parait être
ici un nom propre : l'art, dé au sing. l'indique. On aurait
dit das vièls si l'on avait dû traduire par l'Arceau des
vieillards. A moins qu'il ne s'agisse d'une corruption fran-
cisée. — Voy. Vius.
Dér. du lat. Arcus.
Ara, V. Donner des arrhes, s'assurer d'une vente, d'un
achat moyennant des arrhes; arrher. — Se dit généralement
pour retenir d'avance un objet chez un marchand. C'est
une promesse d'acheter une chose qui n'est pas encore livrée.
Dér. de Aro, arrhes.
Araire, s. m. Araire, charrue à deux hôtes, et même à
une seule, sans roue et sans contre. — Cette fois c'est bien
évidemment le fr. qui a emprunté au languedocien le mot
araire, qui figure assez nouvellement dans la nomencla-
ture technique de l'agronomie.
Dér. du lat. Arare,
Aran, *. m. Fil d'archal : fil de for ou de laiton. — En
esp. on l'appelle : mio de arambre. — Voy. Fiou dé
richar.
Dér. du lat. Aramen, airain, cuivre.
Arapa, v. Prendre, saisir avec la main; empoigner, accro-
cher. — Arapo / attrape! Arapa-lou, empoignez-le. Se
t'arape, si je te pince. T'araparaïf je t'y prendrai.
S'arapa, se coller, s'accrocher. — La pégo s'arapo à las
mans, la poix s'attache aux mains. Aquél chival s'arapo
bien, ce cheval tire à plein collier. Aquél home couménço
dé s'arapa, cet homme commence à bien faire ses afiaires,
à prendre dans son commerce. On le dit aussi d'un con.
valescent qui revient en santé après une longue ou dange-
reuse maladie.
Dér. du lat. Arripere.
«4
ARC
ÀRD
Arapo-man, «. m. Grateron, galiet grateron; Galium
oparinê, Linn. Plante de la famille des Rnbiacées, ram-
pante, rude an toucher et qui s'accroche aux mains quand
on la saisit. De là lui vient son nom. — Voy. Biboulo et
Arapo-pèOQ, ». m. Bardane, Ârêtium iappa, Linn.
Plante de la fam. des Composées Gynarocéphales, floscu-
leuse, et dont la semence est renfermée dans un hérisson
4ont les piquants sont terminés en crochets; ce qui fait
que, lorsqu*on les mêle dans des cheveux un peu longs,
on ne peut plus les débrouiller et Ton ne s'en débarrasse
qu'en coupant; son nom dérive de cet effet.
Arasa, v. Terme de maçon, couronner un mur, égaliser
sa dernière assise, la niveler.
Dér. de Bas,
Arboùa, t. m. Arbousier, Ârbutus unedo, Linn. Arbris-
seau de la fam. des Ericacées, toujours vert, qui porte à la
fois des fleurs et des fruits. Ces derniers sont d'une belle
couleur aurore foncée, mais fades, d'une saveur plate.
Dér. du lat. Arbutus, m. sign.
Arbonssé, t. m. Lieu planté d'arbousiers.
Arbonaso, s. f. Arbouse, fruit de l'arbousier. — Ce mot
et les deux précédents ont fourni un assez grand nombre
de noms propres et de lieux, comme : Arbous, Darboux,
Larbous, Arbousse, Arbousset, Darboussier, etc.
Arbontan, s. m. Pied de biche, bras de fer qui sert à
fermer l'un des vanteaux d'une porte cochère. 11 n'a aucun
rapport de signification avec Varc-boutant fr., dont il est
pourtant dérivé probablement.
Arcan]e, t. m. Archange, ange d'un ordre supérieur dans
la hiérarchie céleste.
Empr. au fr.
Arcèli, s. m. Lavignon, Venus deeussaia, Linn. Coquil-
lage marin, bivalve, bon à manger, du genre des Cames.
Dér. du lat. AresUa, petit coffre.
ArchaTéaqae, s. m. Archevêque, prélat métropolitain
qui a des évêques pour suf&agants.
Dér. du lat. ArchiÊpi$copus, formé du grec *Apx.^, pri-
mante, et lataxuicoc.
Arche, f . m . Cavalier de l'ancienne maréchaussée ; archer,
soldat armé d'un arc et de flèches.
Dér. de la bass. lat. Arth9Hus,
Arche, «. m. Archet, baguette aux extrémités de laquelle
sont attachés en saillie des crins qu'on tend à volonté et
qu'on passe sur les cordes d'un violon ou d'une basse pour
en tirer des sons ; instrument pour faire tourner un foret;
•orle de piège fait avec deux branches pliées en arc et
ratuchées par un fil double, pour prendre les petits oiseaux;
en terme de moissonneur, étui de la faucille, qui en a par
conséquent la forme recourbée.
Dér. de Ar, dim.
Archiban, «. m. Btnc à dossier* banc d'honneur, chez
las bons paysans des Cévennes, placé an coin de leurs im-
menses cheminées : c'est le siège des cheb de la maison et
des étrangers de distinction. L'atMban est aussi un long
coffre en forme de banc, fixé auprès de la table à man-
ger, Sauv. » Le mot et la chose sont des demeurants
de l'ancien régime : ils représentent ces mosurs patriar-
cales, qui conservaient avec respect les traditions' de la
famille et de l'hospitalité, l'amour du père assis au foyer
domestique ou à la table frugale, à la place d'honneur. Le
progrès ne trouve plus là que des ais yermoulus qui As
sont bons qu'à jeter au feu.
Dér. du grec 'Ap^iJ, primauté, puissance, et Ban.
Archimpô ou Archipô, s. m. Etuvée, viande hachée,
hachis.
Dér. du gr. *Apx^c> premier, {nrindpal, grand, et du
lang. Po,
Arcialoùa ou Arclèloùa , s, m. Bolet, cèpe« potiron,
champignon gris, très-bon à manger; bolet comestible,
Boletus edtUis ou êscuUniu» , ou baoinus, Pers., Linn.,
Roques.— Cet excellent champignon se reconnaît aisément
à son chapeau plus ou moins large, un peu ondulé sur les
bords, d'une couleur fauve, quelquefob d'un rouge ds
brique, brunâtre, couleur noisette. Sa substance intérieurs
est ferme, d'un beau blanc qui ne s'altère pas à l'air, à la
cassure. Le pédicule est épais, tubéreux, renflé à la base,
court ou élevé. Il est essentiel de ne pas le confondre avec
le pissagd, qui lui ressemble beaucoup et qui est très^vèné-
neux et malfaisant. C'est cette espèce de diampignon, très^
abondante dans les Cévennes, qu'on &it sécher et qui est
livrée au commerce. Au nord d'Alais, on le nomme CiMs/
oe n'est qu'une contraction de notre vocable. — Vay. Ce-
foùf ; Pissagà.
Dér. de l'it. Aracdi, m. sign.
Arcisona ou Artisoùa, s, m. pi. Ver, mite ou ciron da
fromage, Acartês siro, Linn. Insecte du genre des Aptères
et de lafam. des Parasites. Onle nomme égalementAfanmo.
— Voy. Ariisoùs et Marano,
Le second de ces noms, dont le premier n'est qu'une
variante, est évidemment parent du fr. Ariison, qui est
aussi un petit insecte rongeur.
Arcnlo, «. m. Un homme fort, robuste, un Hercule.
Empr. au fr.
Ardécho, s. f. Ardèche, département dont le chef-lien
est Privas; rivière qui y prend sa source et lui donne son
nom, affluent du Rhône.
Dér. du lat. Arduesea,
Ardioù, f. m. Ardillon, dard ou pointe d'une boucle. —
— Sara un ardïoû, serrer sa ceinture d'un point, se ser-
rer le ventre, au prop. et au fig.
Ce mot est au moins contemporain du fr. ; il est dér. du
oelt. Dart, pointe, ou du grec 'ApSic, L'ital. a ArtifUo,
orteil, ergot, serre.
Ardoù, s. f. Grande chaleur, chaleur brdlante, parti*
culièrement celle qui est produite par la fermentation; vita-
cité avec laquelle on se porte à quelque chose.
Dér. du lat. Ardor.
ARE
ARE
C5
Are, «. m. Bélier, le mâle non châtré de la brebia.
D6r. du lat. Âries.
Arèdro, o. Lasser, fatiguer, harasser; rendre; mettre
sur les dents. — Se dit surtout de la iàtigue procurée par
une marche forcée.
Dér. du lat. Bêdueere.
Arédn, ado, pan. pou, de Arèdre. Rendu, lassé, ha-
rassé.
Arégadia, v. R^rder; fixer attentivement en arrière.
— Se dit aussi généhquement pour : regarder, considérer
de toute manière.
Formé du lat. ^^rà, arriôre, et du gr. IK^ouo, admirer.
Arénumli, ido, ou Arémoulu, udo, adj. Avide, âpre à
la curée; qui n*a pas de pudeur dans ses vues intéressées ;
iflionteur ; insatiable. — Voy. Bémoulu,
Arémouiije, s. m. Avidité du bien, désir insatiable d'en
acquérir, mêle de jalousie; effronterie intéressée.
Aréna, v. Tenir en bride; raccourcir les rênes. ^^Arina,
ado, part. pass. Au ûg. Rengorgé, qui relève la tète, qui
le rengorge.
Dér. du lat. Bétinaculum, ou de Tital. Jledîna, rêne.
Arénadon, s, m. Terme de bàtier ou de liourrelier, Ar^
noir; bouton ou baguette fixés au-devajit du b&t ou d*une
barde ou bardelle, pour y accrocher les rênes du bridon ou
la longe du iicon.
Dér. de Aréna.
Arénda ou Arénta, v. Prendre et bailler à ferme,
piendre et donner i loyer; affermer, louer.
Dér. de Béndo.
Aréndamén on Aréntamdn, «. m. Bail A ferme on à
loyer ; le prix de ce bail. — 31 é fdou ana paga moun arén'
dawUn, il me faut aller payer mon loyer.
Dér. de Béndo.
Arénja, v. Arranger, disposer, mettre en ordre; accom-
moder, ajuster, ranger; raccommoder, concilier, accorder,
fûre transiger ; arranger une affaire. — Arénja $oui afaï-
tt$, mettre ordre à ses affaires. Arénja toun pèou, peigner,
liiaer ses cheveux. Aqub m'arénjo bien, cela me va, cela
m'arrange à merveille ; s'accorde avec mes intentions ou
mes intérêts. Lou Juge tout arénjè, le juge les réconcilia,
les fit transiger. Fôou arénja aquél proucés, il faut arran-
ger cette affaire.
ffarénja, se parer, s'ajuster, s'endimancher ; se ranger ;
•'arranger, prendre des arrangements, se mettre à son aise.
-«- SaUqué tarénjarat un pàou, sans doute tu t'habilleras
convenablement. Lou tén s'arénjo, le temps devient serein,
on Inen, il se radoucit. Aquél iurno iarénjo démpiti qu'éi
marida, eet homme est devenu plus rangé, moins dissipé,
moins prodigue, depuis son mariage. Se vouUi, m'arénja-
roX d'aqudo pièço, si VOUS voulez, je me chargerai de ce
champ, je m'en arrangerai, je vous rachèterai. Aquéio drolo
ê'arénjo Uèn, cette jenne fille s'ajuste bien. Arénja-^wna,
Miu fapomn, mettez-vous à votre aise, sans cérémonie. Aïçù
s'arénjara, toalceci s'arrangera, se raccommodera. Bouto/
houio / t'arénjaraï, val va I je t'arrangerai d'importance,
je te châtierai de la bonne maniera.
Dér. de l'allem. Bing, rang, d'où est venu rén.
Arénjamén, «. m. Arrangement, transaction; ordre
dans la tenue d'une maison ; esprit de conduite dans ses
affaires. — Vn michan arénjamén vôou maï qu'un bon prou-
eès, mauvais arrangement vaut mieux que bon procès.
Arésde, «. m. Cercle en bois refendu, dont on reliait
les anciennes mesures de capacité, telles que les minots,
quartes et boisseaux ; dans les mesures du nouveau sys-
tème, ce cercle est en fer. VArétcU est encore le cerceau
d'un tamis, d'un crible, des tours à filer la laine et le
coton, des caisses de tambour, etc. — Piquo tant sus l'arésels
eoumo sus lou tan^ur, il parle ab hoc ei ab hae, sans me-
surer la portée de ses paroles ; par comparaison avec un
tamlK>ur maladroit qui frapperait tantôt sur le bois, tantôt
sur la peau de sa caisse. — Arescle dé mouH, arcbures d'un
moulin à farine ; elles sont recouvertes par les converseaux
et forment ensemble le tambour : terme de meunier.
Dér. du lat. ArctUum. En roman arosch, cercle mince,
éclisse, éclat de bois.
Arésonna, v. Demander raison; discuter; interroger;
faire rendre compte.
Dér. de BésoU.
Aréata, v. Arrêter, retenir, empêcher d'aileron dédire :
faire cesser, réprimer; attacher; déterminer; régler; saisir
par autorité de justice ; engager pour servir ; décider, con-
venir de faire. — L'aréstèrs léou, je le retins, je l'arrêtai
biâi vite; je le réprimai. Arésta lou san, étancher le sang.
Arèsto aquélo bocho, calle cette boule. Avén arésta lou jour,
nous avons fixé le jour. L'an arésta, on Ta mis en prison,
on Ta écroné. ^'t arésta un mèssaje, j'ai retenu un domes-
tique, je l'ai arrhé. Avèn arésta dé faïre uno pérménado,
nous avons décidé d'aller à la promenade. Aquél M arésto
bien, ce chien a bon nez, arrête ferme le gibier.
Arésta, ado, part. pass. et adj. Sage, réservé, retenu,
posé, quand il s'agit des personnes ; arrêté, fixé, conclu,
en parlant d'une chose, d'une affaire, d'un marché. -— Un
joutne homo arésta, uno fio aréstado, un jeune homme
sage, posé, une fille vertueuse, réservée.
Dérr du lat. Bettaro,
Aréstamén, «. m. Arrêt, arrestation ; saisie d'une per-
sonne ou des biens. — - Faguèrou un aréstawUn dé soun bé,
on fit contre lui une saisie immobilière. — On se sert du
mot banimén, quand il s'agit d'une saisie-arrêt ou mobilière.
Aréstiè, s. m. Arêtier, pièce de bois qui, dans un toit,
part de l'extrémité du faîte et va en descendant reposer
sur l'angle du b&timent, divisant les eaux à droite et à
gauche dans les toitures à deux égoùts.
Dér. de Arésto,
Aréfto, «. f. Arête de poisson, os long et pointu qui
tient lieu de côtes dans les poissons; crête d'un toit; angle
saillant d'un prisme, d'un mur, d'une voûte.
Dér. du lat. Arista, barbe de blé.
9
66
ARG
ARG
Aréitott, s. m., ou Cabô. Chabol, menniert ehevane;
Cyprinuê dobula. Lion. Poisson de rivière, qui a ia tête
large et plate, la gueule fort ouverte et sans dents. Sa
chair« peu eslimée, est toute parsemôd d arêtes, œ qui lui
a valu son nom lang. — Voy. Cabà,
Argèlo, j. f. Argile; terre grasse; terre de poterie.—
Poita d'argêlo, pi'trir de l'argile.
Dôr. dulat. Arg'Ula,
Argôloùs, ouso, adj. Argileux, qui tient de Targile.
DlT. de Argèlo.
Argén, i . m. Argent, métal ; monnaie en général. —
Mino ifargén, euiè d'argén, mine «d'argent, cuiller d'ar-
gent. PUigo d'argén es paê mourlèio, plaie d'argent n'est
pas mortelle. Cagno vér l'argén, se dit d'un animal domes-
tique quelconque, qui est encore d'Age à augmenter de
valeur en grandissant, ou d'une bête qui a été malade et
qui se rétablit chaque jour : dans ce dentier sens, on l'ap-
plique même aux personnes. Gagnan vjr targen, disons-
nous à un malade pour lui donner de l'espoir ou du cou-
rage. Aquà's d'argen dé moun gagna, c'est de l'argent de
mon pécule, gagné par mon travail ou mon industrie, et
non advenu par héritage. Au (ig. Aquà'ê d'argén dé toun
gagna, se dit aussi d'un malheur arrivé à quelqu'un par
8t faute; c'est un malheur qu'il a été chercher lui-même.
L'argen é» roun, fôou bé que rounle, la monnaie est ronde,
pour qu'elle circule ; l'argent est fait pour rouler, pour
courir d'une main à l'autre. D'argén blan, en monnaie
d'argent, en pièces d'argont. Pagan argen countan, nous
payons eu espèces sonnantes. Ana bon jo, bon argm, agir
byalement, franchement, sans ménagement.
Dér. du lat. Argentum.
Argénta, v. Argenter; passer une couche d'argent;
donner une couleur argentée.
ArgènU, ado, part, pan. du ▼. préc. et adj. Le même
que ArgéntOÙS. ( r. C. m.) *— Sèn pas bien argéntas pér
lou moamen, nous ne sommes ^)as riches, pas chargés d'ar-
gent pour le moment.
Argéntariè, «. f. Argenterie, vaisselle ou autres meu-
bles et ustensiles d'argent. — C'est le nom d'une rue à
Montpellier, l'Argenterie, ou était autrefois rU6tel des
monnaies.
Argéntoàs, onso, a^j\ Pécunieux, riche en espèces;
qui a beaucoup d'argent; qui produit de l'argent, r^e se
piend guère que négativement.
Argén-viott, «. m. Vif-arg<^nt, mercure. La propriété de
cette substance métallique, blanche et fluide, d être conti-
nuellement en mouvement à la moindre agitation, l'a fait
prendre pour emblème des ix^rsonnes vives et remuantes.
— Sémblo 911'a d'argén-viou din sas mans, ses mains s'agi-
tent comme ai ellM éuient du vif-argent.
Argnè, «. m., on Tèrdé. Mnriln-péchenr, oiseau. — On
l'appelle Argné parce qu'on avait cru longtemps qu'en le
mettant denéché dans ime garde-robe, son odeur en chaa-
sait les leigoet, amos ; mai^t loin de préserver ton voisi-
nage, on a vu, dans les cabinets d'histoire naturelle, Var^
gnè être parmi les oiseaux empailléi un despreuûers atteint
par ces insectes.
Vog. Vèrdé»
Argue, en fr. Argues, terminaison d*un grand nombre
de noms de lieux dans le Bas-Languedoc, départ, du Gard
et de niérault.
La finale Arguë a été longtemps considérée comme rr^pré-
sentant le lat. ager, champ, domaine. Cette iiigeiiicoso
interprétation, mise en crédit par le savant historien Mé-
nard, était combattue par les Doiiédictins de rilistoire
générale du Languedoc ; elle fut adoptée à titre de conjec-
ture par Sauvages ; aujourd'hui, battue on brèche au aein
même de l'Académie du Gard, elle parait abandonnée par
la plupart des étymologistes.
Argus, dans la langue vulgaire, le languedocien, est, en
effet, de dernière formation ; elle n'appnrait qu'au XIV* sid-
cle, ou elle devint particulière au territoire qui avait été
autrefois le pays des Volées Arèc4)miques. Au moyen ftgo*
les noms ainsi forint*^ avaient p^mr finale anègues, oni-
gues ou aniehes ; dans le princi{)C c'i'taitlc «ûdio^il celtiqiM
ek ou son analogue contemporain ak , qui s'attachait ans
mêmes noms pour leur donner la signification de pn>-
priété, un sens, une idée de provenance.
Quand, avec la conquête, le latin s'imposa à la Gaule,
il ne changea pas les appellations loonles existantes; seule-
ment il leur imprima le caclitt de son génie et de sa
langue, et il ajouta ses finales caractérisliques en us, a»
um, selon qu'exigeait l'accord avec mansus, villa, cof-
trum ou prœdium. Pour les étahlisssenicnts nouveaux qui
se créèrent dans la suite, les mêmes procédés de dénomi*
nation furent employés. De 11 les terminaisons en aeuê,
aca, aeum; puis les variantes en a ra/u.f, aneus, atius, attiui,
a, um, etc., désinences correspond.iiites adjectives.
Les Gallo-Romains, nos ancêtres, adopti^rent donc soit
pour l'euphonie, soit pour se rapprocher de la forme latine,
les finales celti(iues latinisées ou purement romaines. Enfin,
lorsque du mélange se forma 1% langue romane rustiqiief
plus tard quand se fit la division en langue d'Oil et en Un*
gue d'Oc, comme le latin se conserva toujours à titre de
Lingue officielle des actes publics, les altérations se multi-
plièrent, par une sorte de marche parallèle. Les infloenoet
ethniques, qui ont tant de puissance sur l'intonation, agl>
rent à leur tour pour modifier les terminaisons. Ainât
tandis que le latin disait œus, aea, acum, le roman lépoo*
daitpar a€,as,at, par préférence an midi et an centre de là
France, et par e, y, ey, ieux, etc., dans le Nord. Les ten-
dances à bi contraction, à l'adoucissement de la prononciar
tion se manifestèrent ; et alors que le bas ,latiu écrivait
acus, anus, a, um, le roman supprimait h terminaison et
il avait an, m, ane, mnê, et ainsi de suite sur les antres
voyelles.
Peu à peu, par le même sentiment, la consonnanoe toa-
jonn dure du c se transforma en eh cbnintaat, et l'on airiv»
ARG
AR!
67
aux dénnences mêlées en aehe, auche, ènche, inche. L'or-
thographe ne resta pas dùsintéressée dans la question : le
latin remplaçait souvent Vi par j. Or quand les Gallo-
Romains, de anius, aneus, onius, a, um, eurent fait
anieus, intcus , onicus, a, um, et anieœ , an plnr. ,
l'inversion jiar anjcus, tmjus, allait de soi dans l'écriture :
la chute du c dur s'ensuivit et Ion eut anjus, enjus, a,
um, et les autres, qui par la suppresAon de la finale carac-
téristique produisirent de leur côté anje, enje, inje, L*on
comprend encore que la substitution du g doux au j soit
arrivée toat naturellement, comme celle du c doux ou du
flà aa e latin sonnant k devant toute voyelle. Ces combi-
naisons amènent Clément le gn mouillé et aussi la méta-
thèse ng. ^~ Yog, les articles Agno, Canounge, Ca$$agno,
el autres.
De Jà sont issues les finales en agna, igna, agnac, ignae,
ûlleors igné, igney, ignies, igny, etc., qui se prononcent
01 nasalisant et en mouillant. £t ce phénomène, dans notre
pays, avait pnssé d'abord par anêgues, onigues, aniches,
inêg^ies, owchet, etc., du moyen Age roman, désinences
exprimées en lat. anicœ, enîcœ, onicœ, et qui sont enfin
devenues argue, ergue, orgue, dans bien des appellations
de nos jours.
Mais il est facile de saisir, à travers ces permutitions
de lettres, les altérations qui se sont produites de la forme
romane primitive aux formes définitives de notre dialecte.
Toutes ces variétés de finales, depuis ac =3 ee = acus,
tmtUg etniui, jusqu*à an, anchê, ènehe, anje, ange, agne,
Btles abtres, comme anicœ = anègues = argues, etc., ont
donc une source commune et sont équipollentes ; et
ce qui le prouve, c'est que le latin, langue plus fixe,
plus fidèle au radical premier, les exprime, quelle que
ioit leur diversité, an midi et au nord, par sa formule k
peu prés uniforme acum ou anum; et que, dans les noms
de lieux, d'un bout de la France à l'autre , des corps de
mois identiques, portant suivant les pays des terminai-
acms différentes, en langue vulgaire , se retrouvent dans
le latin des chartes, des diplômes, des anciens titres,
avec la même finale invariable. Pourquoi ces différences
SOT des mots similaires, souvent même à des distances
tré8*rapprochèesT
Sic voluêre patres, sic volait usus.
Question de latitude ; loi de permutation ; recherche
d'énergique euphonie; toutes ces causes ont pu amener
une combinaison qui a donné lieu à de si singulières inter-
prétations.
Pourquoi encore, pour nos contrées, près de nous, au
milieu de ces syllabes fluides de la terminaison latine, s'est
introdidle la consonne rude r de notre argue f Gomment Vi
doux a-t-il disparu? il n'y a pas peut-être d'autre raison,
et il faut bien s'en contenter, que celle qui, du latin paiti-
maea a fait notre pa$iénargo; de dominieut, domèrgue; de
diêidomimca, dimèrguê (v. lang.), et diminehê actuel;
Ifû a ocmverti le Pa^vf mfsftteuf eo Aouergne ; eanmieus.
I
chanoine, en eanounge; villa canon tea en La Canourgue
(Lozère), el le même, nom d'une place à Montpellier; comme
monica, religieuse, s'est transformé en mourgo, les Hour-
guet, nom d'une de nos rues, et les dim. mourguéto et
mounjéio. {V. c. m.) Ce qui est remarquable néanmoins,
c'est que la même forme se rencontre dans Tespagnol
et dans l'italien, langues néo-latines de même origine que
la nôtre. — Voy, Canounge.
Il nous paraît donc évident que la finale argue n'est
qu'une désinence purement explctive, adjective, qui em-
porte de soi un sens de provenance, une idée de propriété,
à peu près comme ager, mais qui n'en est pas un dérivé ni
une traduction. Ce qu'il fallait démontrer.
Ari, interj. Haïe! commandement qu'on adresse aux
&nes, chevaux ou mules pour les faire avancer. — On dit
d'un paresseux, d'un ouvrier nonchalant : Fôou toujour t
dire: ari, il faut toujours lui dire : allons d/inc!
Rabelais s'en est servi dans ce sens : Ari, bourriquet /
En ital. on dit aussi : arri; en esp. port. arre. Les
Anglais ont, avec la même signification, le verbe to harri.
Barre est un mot arabe d'origine ; il signifie proprement :
marche, avance. En celt. art désigne un aiie, Tous ces
mots et le nôtre dériveraient-ils du celtique ? Le latin aurait-
il contribué de moitié à sa composition, en combinant et
élidant aro, maintenant, avect, impératif, va, marche? En
étymologie, il ne faut jurer de rien.
Ariala, v. Canaliser, conduire les eaux d'arrosage par
de petits canaux. — La ribièïro t'es touto ariala lo d'un
edusta, la rivière s'est creusée un lit étroit sur l'un de ses
bords.
Dér. de niai.
Arias, $. m.n. pr, de lieu. Arias, nom de ruisseau dans
plusieurs communes du Gard.
Dôr. sans doute, comme le mot préc, de Rial, avec l'a
explétif ; peut-être aussi le mot riassos n'est-il pas étranger
à sa formation. — Voy. Riassos. Toutes ces idées se rap-
[K'ochent et se tiennent.
Ariba, V. Donner à manger aux animaux ; jeter de la
feuille aux vers à soie; appâter un enfant, un vieillard, un
infirme, qui ne peuvent faire usage de leurs mains. —
Ariba, sans régime, s'applique, par excellence, aux vers à
soie : A quinto houro ariban ? k quelle heure donnons-
nous la feuille, le repas de feuille aux vers à soie ? Ariba
lou reinar, appâter le renard, faire une traînée d'appât
qui le conduise dans le piège. Fôou ana ariba sas gnèiros,
il faut aller donner à manger aux puces, c.-&-d. fam. se
coucher. Aribo sans fièko, répond quelqu'un à qui l'on
demande une chose impossible ou trés-difllcile à faire:
donne à manger à tes vers sans le moindre brin de feuille.
Aribado, s. f. Repas, ration qu'on donne aux animaux,
particulièrement aux vers à soie. — Quant dounas d'ari-
badosf combien de fois par jour donnez-vous à manger aux
vers T Lus manqua pas qu'uno aribado pérlous ajassa, il ne
manque à ces vers qu'un léger repas pour les faire dormir.
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ARL
ARll
Aribatro, atro, adj. Oavrier qui donne à manger anx
vers i soie.
Ariè, iniÊrj. En arriôre! commandement pour faire
reculer nn cheval.
Formé du lat. H^frô / en esp. Arriédro.
Irièa (éa) , adv. En arrière, en recalant, derrière. —
Porto sotin tapèl é» ariè$, il porte son chapeau en arriére.
Fat é$ ariêi, il marche en arrière ; il porte, il incline der-
rière.
Dér. du lat. Ad rttrà.
Arigniè on Aligniè, par corr. Aliaiè, t. m. Alisier,
CraUtgus aria, Linn. Arbre de la fam. des Rosacées, com-
mun dans les bois. Son fruit se nomme Aiise en fr.
Ariuèje, ». m. Salsepareille du Languedoc, d'Europe,
Smilax atpera, Linn. Plante de la fam. des Asparagi5es,
sarmentense, à baies rouges, rampante et épineuse. — On
dit proverbialement : Bama eoumo un ariuèje, de ce qui
est touffu, épais, même d*un mensonge.
Dér. du gr. '\p{;, lime, râpe, celte plante étant toute
hérissée de pointes.
Ariva, v. Arriver; aborder, parvenir dans nn lieu où
Ton voulait aller ; advenir ; survenir. — Faï pas qui d'à-
riva, il vient d'arriver, il arrive à peine. S'aquà m'arivo
tourna, si l'on m'y prend encore. Se t'arivavo, si tu t'avi-
sais de cela, s'il t'arrivait. Tarivara malur, il t'en advien-
dra malheur. Y-is ariva, il y est parvenu, au prop. et
aufig.
Ce verbe, en languedocien comme en français, a été tech-
niquement approprié, dans le principe, à l'arrivée d'un
voyage sur eau. Sou étymologie de rive ou de ribo, quand
on prononçait ariba au lieu de ariva» le démontre assez.
Les deux dérivations se confondent dans le lat. Hipa, ad
ripam,
Arirado, «. f- Arrivée; venue de quelqu'un on de quel-
que chose en un lieu.
Dér. du lat. Ad et ripa.
Arîalaa, «. f. Genêt épineux. Sparîium $corpiu$, Linn.
Arbuste de la fam. des Légumineuses, à fleurs jaunes ;
ajonc.
Sauvages prétend que ce moi est d'origine arabe; ne
viendrait-il pas plutôt du grec '\pya)io{, difficile, fâcheux,
incommode, qui est pour beaucoup dans le lat. argutus ;
i cause des longues épines de cet arbrisseau ?
Arjalaaaièïro, a. f. Lieu couvert d'ajoncs, de genêts
épineux.
Dér. de Ârjalai.
Arjéïrolo, t. f. Azerole, fruit de Tazerolier, arjéroUii.
Ar)érouè, i. m. Azerolier, MeepUut, Linn. Arbre de
ta fam. des Néfliers, dont le fruit ressemble à mie petite
pomme et a des noyaux comme la sorbe.
Arle, «. m. Arles, ville de Provence ; sous-préfecture du
départ, des Bouches-du-Uhône. — On dit : in ArU, à Arles,
et non à Arle. — Toy. Aoubinae,
Pt^r. du lat. Ar^at.
Arlén, én^[no, adj. Ailésien, ienne; d'Arka; qui est
d'Arles.
Dér. du lat. Arela».
Arlénde, ». m,, n. fr, de lien. Arlende, hameau déten-
dant de la commune d'Allègre, canton ds Saint-Ambroix,
arrondissement d'AIais. Dans le voisinage, se trouve une
belle source du même nom : La fon d'ArUnde.
Ce mot est écrit da#s le dénombrement de la sénéchaus-
sée de Nimes, ^r/em/^/e. Sa dernière partie formée de linde,
clair, transparent, traduit le lat. limpidus. Sa première
syllabe est-elle larticle armoricain ar, la, que l'on trouve
dans bien des noms commençint ainsi : Ar-leux (Nord),
très-rapproché de notre mol; Ar-cenay (C6te4'0r); Ar-
denne» (Aveyron), et autres ? Serait-elle préposition repré-
sentée le plus souvent par le lat. ad, vers, ou la particule
celt. intensive, jointe à l'adjectif pour lui donner plus de
force et mieux exprimer la beauté et la limpidité des eaux
de la fontaine à^ArUndef^^ Voy, Zeuss, Gramm, ait.
On pourra choisir.
Arlequin, s. m. Arlequin, homme léger, peu sûr ; bonf-
fon, farceur.
Ce nom est le surnom d'un bouffon de théâtre qui vint
d'Italie à Paris sous le règne de Henri III. Comme il allait
souvent chc^ MM. de Harlay qu'il amusait beaucoup, set
compagnons le nommèrent Uarlaiquino, petit Uarlay ; et
ce nom esl demeuré à tous ses successeurs dans l'emploi.
Il a fini par pnssor dans l'usage comme adjectif.
Arléquinado, s. f. Arlequinade; tour d'arlequin; bouf-
fonnerie ; lazzi ; niche.
Arma, v. Armer, donner des armes ; mettre sous lea
armes; disposer une machine, un fusil à tirer, à faire
feu.
Dér. du lat. Armare.
Armado, s f. Armée ; troupes en corps sous la ooo-
duite d'un chef; grande foule,- grand nombre. — Y »ian
uno armado, nous y étions en foule, en grande molti-
tnde.
Armagna, i . m. Almanach, calendrier.
Altér. de Almanach.
Armas, ». m., augm. de Erme, grand tènement de terre
en friche, de lande. Autrefois il avait la signification de
marais, terrain marécageux, et les anciennes chartes latines
le Rendaient par Palu», palwli». Sauvages lui donne pour
synonyme GaHgo, qui a le sens de marais. — Foy. Ermê,
Ainvirgue.
Annasi, ». m., ou Cabine. Armoire, placard, buffet ;•
meuble uu Ton tient du linge et des bardes, et où le
paysan st'rre ce qu il a de précieux.
Ce mot vient, comme armoire, son correspondant fran*
çais, de ce qu'on y renfermait autrefois les armes, ta
armures, et dans les châteaux les titres et les arniotries<
— Cirquo la gnui pir hu» arma»i», il cherche midi
i quatorze heures, il cherche des faux-fuyants.
Armita]o, s. m. Ermitage, habitation d'un ermite» aa
ARO
ARP
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bg. lieu solitaire, maison isolée; nom d'une montagne qui
domina Alais, où était nn ancien ermitage.
Dér. dn lat. Eremita.
Amûto, «. m. Ermite, solitaire qui s'est isolé du monde
|Mnir servir Dieu. — Démpièi que Varmito é$ mort, ariix>
toujour qmeon, dit-{m chaque iois qu'il arrive un malheur
ou un événement étrange, comme si Termite était une
esgèœ de Providence qui éloignait les malheurs d'un pays.
An foutta VamUto, aquà i-amérito, chantent les enfants
ftutoor d'un camarade qui a été puni par ses parents, ou
qui a été justement houspillé par un compagnon plus fort
que lui.
Dér. du lat. Eremita.
Anuo, s. f. Arme; tout ce qui sert à armer, soit pour
l'attaque, soit pour la défense. — N*y âouriè pér n'en
préné iat ormot, il y en aurait pour prendre les armes,
pour s'insurger, au prop. et au fig. Pourta l'armo, la$
mrmot, porter les armes.
£mp. dn fr. dér. du lat. Arma,
Armol, «. m,, ou Annôou. Bonne-Dame ou Arroche
des jardins, Atriplex hortensis, Linn. Plante potagère et
sauvage; quand on la cultive dans les jardins, elle devient
haute et ligneuse, et on la nomme alors épinard d'Es-
pagne.
Dér. de l'esp. Armutilas, m. sign.
Armuiiè, s, m. Armurier, arquebusier; qui fait des
armes.
£mp. au fr.
Ama, ado, a^. Rongé, percé par les teignes, piqué des
▼os; vermoulu.
Dér. de Amo,
Amaduro, «. f. Uangeuro de vers ou de teignes; le trou
percé par elles.
Dér. de Amo.
AmaTès, «. m. Argalon, paliure, nerprun, SKamnui
patiurus, Linn. Arbrisseau qui ressemble au jujubier et
qui est bien plus piquant, de la fam. des Frangulaoées. Un
savant botaniste suédois, qui avait voyagé en Palestine,
dit qu'il n'y a, dans tous les environs de Jérusalem, que
cette espèce de paliurus qui ait pu servir à faire la cou-
ronne d'épines de N.-S.-J.-G.
Astruc affirme que ce mot nous vient de l'arabe.
Arno, «. f. Teigne, en lat. Tinea, petit insecte, véritable
chenille qui se change en phalène, do Tordre des Lépidop-
tères, trop connu par les dégâts qu'il fait sur les étoffes, les
pelleteries et le papier. Sa phalène est ce petit papillon,
d'un blanc un peu gris mais argenté, qu'on voit voler
Tété dans les appartements où l'éclat de la lumière l'attire.
An fig., importun, parasite, solliciteur dont on ne peut
se débarrasser.
Sauvages prétend que ce mot vient du celtique.
Aro, «. f. Are, mesure de superficie contenant 400 mè-
tns carrés.
Emp. du fr. dér. du lat. Ana, surface.
Aro, adv. A présent, à cette heure, maintenant, en ce
moment. — Tout'aro, tout à l'heure, bientôt, dans un
moment. Ah / pér-arof Ah 1 pour le ooupl Gna prou pèr
aro, c'est assez pour Tinstant. Un pAou aro, un pàou piëi,
un peu après Tautre ; par moments. Aro mèméto, tout ft
cet instant, il n'y a qu'un bien petit moment.
Dér. du'iat. Hora, ad horam, ou de hac horà. En ital.
Ora, en esp. ahora, en cat. ara.
Aros, «. f, pi. Arrhes d'un marehé, gage de son accom-
plissement. — Donna d'aros, donner des arrhes.
Dér. dugr. i^^ocCàiv, m. sign., formé de Thébreu ara6,
promettre, donner des assurances, ou de Tarabe araba,
nouer, affermir, serrer; d'où le lat. arrha, m. s.
Arougan, anto, atij. Fier, insolent, arrogant.
Dér. du lat. Arrogant.
Arouganço, «. /*. Orgueil, fierté, arrogance, insolence,
morgue.
Même dér.
Arouina, o. Ruiner, causer la mine; démolir; user
par le temps; détruire la fortune, causer la perte des biens
de quelqu'un.
Dér. du lat. Euina,
Aroundi, v. Arrondir ; élaip'r; rendre rond. S'aroundh
engraisser, se remplumer. Au fîg., étendre son héritage,
joindre à son domaine une terre qui convient.
Dér. de Roun.
Arounze, j. m. Ronce, Buhex cœsius, Linn. Arbrisseau
épineux et parasite, qui produit les mures ; de la fam. des
Uosaci^es.
Dér. du lat. Eanea.
Aronqua (s'), v., ou S'arouqid. S'endormir; tomberdans
un profond sommeil, où Ton semble changé en pierre.
Dér. de Eo.
Aronqul (s']. Se pétrifier, devenir de la pierre; ^urcir.
Au fig., s'endormir profondément.
Dér. de Eo, rocher.
Arouaa, v. Arroser, répandre de l'eau; humecter.
Dér. du lat. Eos, eau, goutte, rosée.
Arousado, t. f. Petite averse de pluie; pluie douce et
de courte durée.
Arousage, s. m. Action d'arroser; droit d'arrosage.
Arousouèr, s. m. Arrosoir; grande cruche en fer-blanc
pour arroser les plantes et les fleurs.
£mp. du fr.
Arpaîargne, «. m., n. pr. Arpaillargues, commune du
canton d'Uzés. Son annexe est Aouréia, Aureillac ou
Aurillac. Deux petits villages, situés, celui-ci sur une
haute montagne , celui-là sur la pente d'un coteau.
Le nom du dernier pourrait lui venir de Aouro, vent, à
cause de sa situation ; mais son voisinage avec ArpàSargue,
et même sa traduction française laissent croire que aurum,
lat., a contribué à la dénomination des deux localités,
situées près d'un ruisseau aurifère : Aurum iegtrê, chercher,
recueillir de l'or.
Alll^
AIIQ
j / / •.'/. 'j Ar),fit.irfjue, qui n'oxprime pas M^ri ent'''nda
;. . . : J . -//'/./'? le (i.)(ii. une diî qu<^li|Ui' S''Mril''ur r '(II. lin,
1 . i H- i.' j.iiiii ilt's clnrlOï» par Arj)'L'fi(in.< œ, el i!
: ', . - -fl iiii I, iil .iiis^i {\i] aurujti et lie pùUi ire, ba-^S.
lii. , (il cIki (l- I or «l.iis le silile d<'s ri\i'M'''>: tl""'.! iMr.
(K ji iili'-iir S.'s afiulug'ues sont OqùlliL'ri'S ^G.irJ, et Aipail-
K.J' ' \\i \ h. il;. *
Arpaii, s. m \ propri^ij]ent pirîer, si-'nifîp : InnirU'^urih
l'fUiviTlare <Je Ii main. — An jeu iVri^uip' : T. e. m. , qui
se j<»ii»' .i\ec Je» ^''i!iillis, ou uie>ure aiii>i la di^lauc»' entre
les houles; Wni dil.i!'r-> : Fat tous in/>ins. lai> ta ni"<ur\
iMais couinif la trie!i»Mi'' se nit'^l»' l'>uj «in's a O'^s j^nx d ••n-
faïUs» le Ui'\^ur»'iM' a\\ 'Uje t''ll'Mii''iil i'-s il 'i-'t> imi -'li^^mt
sur la l»'riv, qn il jl-r-u'-' si'ejuli.'nMn'Mil la «li^tanee. On
app''l.iil c<' pr'Or.lj ; Arji.ms <le la narum, et r»tn VMuL.it
par!»'i- J u:.'" ni''>ure lru^lul•Ml^'^ Le j-Mi ^'n qii-'^ti' n a\ait
sans lI »ute pris n.ii>san''* en ce tenq)>-là. La nation -'l it
prise al' trs [> 'ur l'^ j •u\ern':'nient ; mu «'i.iit S'Uis la r''[)u-
blique, la pr-^ini-Te bi-Mi '^iit-'U lu, et les enrnils se p'rni'U-
lai;nt c>''[\o .yrt*^ r'-[)i.Ta.ii:uf^ puîitiiiU''. «-n e'»ni!i!'''niitra-
ti' n il'.' Il l' Hitjii'M" .(II'' lu ti-Ts-cous »KJj. Les Luunes
vent -^ > 'U* 1'^ [•[•i\il 'j^ d' e*'t -"iL''"".
Àijar,, '^n e' >'n>. j» «urrait avnir qu-^lpie parent-'^ avec
aT} i; .-j)-:! L it ii-'us pe.is ..S (ju il litsl que l'e.vlensioii
du n. t ^JiVj.iL
Arpan, s. m. M-^^supp d-"» su;^r!i.'i* qni r-'^p"!! 1 an fr.
arpf'it. et qui d"rive e 'i; u * lui du lit. Arnj>-n huju,
m-'^sun^"^ de? (\\\ ..J >. M lis ..ui La;i-u \[ >.;. il ne r-'p -nd pas
ra\ d'îL^Misi 'is d" rar^teal de l'ans, q-a Nalait autreluis
51 are? l'T eend.ir'S.
L'arp'ut d' M uitr-'Hi^r. qni <'tiit l'unité l'''j-ile pour les
justieiil'h> d-: h t«»ur d"S Aid-^s de c- tt-^ mI1'\ t-liit de
deuv s «ries L'arj>'^nt .a <lextre, p.»ur n)'^<':r'T 1\-* batiUi'-nts.
était une corde qui tuait n-^ul" pans, > -it i Ui-t. 'io cent.,
sans av'ir ejird a U ira^-ii 'H inq^'-roeptili!'-» qui r-'^ull-' de
la coiiqnru> wi du m tre a la l'US-' "U à la canne. Le dexire
ou arjvMil, p -ur n.e>urer les champs, était d-"» 18 piii<, sjit
4 m. 50, on mesure linéaire. L'arpMit cirn- représente
donc un»' suivuiicie de 10 mètres: il laul '23 ar[>'nts pour
une 9uarfa/(i/f), luO pour une scstiUrah, 4(Ki p Hir une
iâoumadudo \V. c. m. , et dans le sy>té:ne déciiual, il en
faut o p'tur un are, 500 ();uir un heclip».
L«' destreoxi Yarpcni contient donc 0 ares ^0 centiares.
L*"' lx'>is>'au I
La (pnrle 5
L*»unine 4 0
Le .s^'ptiT 20
Và\ s dai»v. 80
Telle .M.'it b mesure A Alds; à Saint-Cdiristol et dans
quelqn > autres couiuiunes voi>ines, iarj^nt n'avait que
8 pins.
Arpanta, t». Ar[vMitor, mesurer la contenance des terres;
faire de l.>ru'^ pas, marcher vilo et à gnuids pas.
Dit. do Arpan
25
Arpantaîre, 5. m., ou Arpentur. Gt^omctre arpenteur.
Arpantage, .ç. w. Arp-ntipe, nrl de mesurer la super-
fiM ' d-'x t rr-'s ; ra]ipuft ou plutôt résultat d'une opération
il .)'-[)<Mi(' ur.
1) T. d-' Arpan,
Arpantéja, v. P.irconrir à ^nnds pis ; courir c^ el là;
et pjr "xt., i'-u'i" d''> jainl-'s - - N^ dit surtout d'un enfant
au Iht.-'mu qn. c ûi.'li-* ?ur le d -s, joue d'*s janihes et se
d'"i: ■il- quaud il est iibie. Le iLul se coiilonJ avec Àrpa-
irji.
J) T. d''' Arpnn.
Arpatéja. »-. (i ind.iller. j 'ivr des jnml^es. — Il est lo
m>"':..' .ph' Al }>aii'<j'i. L.i ^"ide dillerence parait être dans
r--l\:ii. r/'pn-<.-i .-^i dr. d-' Ai po.
Arpeto, >. f., di'ii. d' Al i>'-'. (T e d.^ Ini^li-T; mais plus
p irli'iili-'ivii.fni c? p-"'til'-> ^iilV'^-'ii \ rillcs, asec l«'S4juelIes
plu^i'-urs plaiitt's j':iM>it>'s ^ri ;-p ml-'S s'ait. jchent aux
nairs nu à l'arlm', i -ur tut-'ur, c eu 'in' 1>' liuTe, la vignc-
vi-^r.v, etc. Oii le dit ausM des pallrs de la plupart des
iiis vteS.
Arpi, V. Ae.^r.<!ior avec les mains ou les griffes; rapi-
n-T : "aip 'i.'n-M. > ji-;r.
y<iij>i. >*-" p:»'!i Ip' aux. ch'^v.^ux, s'éL'ratigncf récipro-
qU'''i l'iit n-' • l'N "!:^'|^'S et V - j-'iall-'S.
I> T. d' Arj,. f.TMi' lui-n.M.'' du lat. arripio.
Aipian,ando, a'j. Ti.' :1, i pui-nu-, quia les mains
er.cli!i'->. e<'.i,'i;''"n 1-' ['\ r v .x", laquuprcmeut saiis doute.
au\ .\-!':ii.iii 1^; escgulle, escr.jC.
1) r. d'^ Arpo.
Arpîûu, i. m. I)i:ii. Arp.nuir. Ongle long el crochu ;
un d i-'t vluii'^ S'^rî'\ d une ^nlTe, pris séparément. Au
pltir. p ir '^xt .11 11. d ■ijt';.
L '"-l un lii.. d -l". d'' Arpo.
Arpo, J. f. .M lin; irrilf'»; serre; patte. — On dit : A
hr.in) at-pn, ou Is uTio b.ino arp'\ d'une femme qui a la
mnin halnl-' piur r,lalas^er une ivclte, telle que les chà-
tiP-'iieN. (ui p 'ur eu''iltlr la IVuill'" de nnirier. Jouga dé
iarp\ j'iU'T il»' l;i .Tille; njiintT, iiième éLTali^-nier. Trempa
l'atpn, m- itr«' 1? pied, entrer dans leau ; au lij;. mettre la
n.im A la p'it-': entr-'pr'Mi i:'\ Y-'V htaita l'arpo dessus, on
s'en est su<i. «-n a uns la nr.in >ur lui.
Dér. du LT. '\cr-i;. cToc, cnvrli^i, ^Tappiu.
Arquado, j. f. Arche dun i>oiil; \oute courbée en
arc .
D'T. du lat. ArcfHf, arc.
Arqué, j. m. Arc-en-eiel, mét-'^nre en arc formé par la
rêfracti -n de la lumiTe solaire dins l-^s nuag'^s, composé
de plu>ieurs handes de couleurs, rvHige, orange, jaune,
vert, l'ieu, indiu''^el viulct. — C-'^\ I-mIiui. d-^ Ar. [V. c m.)
Aripie 'le vouUui. Archet ou étui de faucille.
l)er. du 1 »t. Arcus.
Arquieiro, s f. Soupirail, lucarne, jour de souffrance;
ouverlun' longue et très-etroite pour que la léle n'y puisse
âsa
ASB
7i
passer, qni éclaire nne cave, une étable, an grenier, on
bâtiment non habité ; barbacane, chantepleure; ouvertures
de même dimension, qu'on pratique dans les murs de sou-
tènement et de terrasse, pour faire écouler les eaux de
pluie.
Ce mot Tient de son ancienne application aux meur-
trières par où tiraient les archers, qu'on nommait arquiès.
Araéniso, s. f. Armoise, herbe de Saint-Jean, Artemisia
wUgan't, Liim. Plante de la fam. des Corymbifères, stoma-
chique, vermifuge, emmenagogue, antiseptique.
Dér. du gr. 'ApTs;xia{x , nom de la Diane des Latins,
patronne des vierges, qu'on appliquait par allusion à une
plante dont on faisait usage en médecine pour provoquer
les menstrues chez les jeunes filles.
Axtéîa (s'), V, Se heurter les doigts de pied contre quel-
que chose; broncher, se blesser le pied par un choc. —
AJlpdou que mé séraï artéïa, j'ai peur d'avoir fait une
sottise, un pas de derc.
Dér. de Ariél.
Artêïado, j. f. Heurt, blessure aux orteils : ce qui
n'arrive guère qu'aux gens qui vont pieds nus.
Ce mot n'a pas d'équivalent eu français, dans nos die-
tkmnaires, parce que ni l'Académie ni les Parisiens ne vont
no-pieds ; mais dans la Picardie, par exemple, où les pau-
vres gens font comme les nôtres, on dit très-bien s orteil-
ter et orieiUade, En tous cas, dans l'acception figurée, il
est encore à regretter, et il pourrait bien ne pas manquer
d'emploi. 11 signifie en effet: maladresse, mal-habileté, entre-
prise oa action dans laquelle on se laisse imprudemment
pînœr.
D6r. de Artél.
Artel, «. m. Orteil, doigt du pied. — Leva VartU, se
saurer, décamper, détaler; lever le pied. Trempa l'artél,
se mettre à Feau, guéer a pied.
Mr., comme son synonyme ital. Artiglio, du lat. Arti-
cmimê, jointure.
ArUchàca, t. m. Artichaut, Cynara scolimu$, Linn.
Plante indigène de l'Andalousie, de la fam. des Cynaro-
céphales, cultivée partout à cause de l'aliment que fournit
scm réceptacle et les écailles de son calice. On en connaît
plosieufs variétés. -* Voy, Carchoflê,
Dér. du celt. ArticKaudm; art, pointe, et chaulx, chou;
par où Chou épineux. D'autres le tirent de l'arabe Khar
tMioff, artichaut. Le grec et le latin ont été mis aussi à
contribution. Nous n'avons pas de préférence.
Artisoùs, <• m. pf . — Toy. Artltoht,
As, art. pi. m. au datif. Aux. Au fém. on dit A las. •—
As home», ae éfane, aux hommes, aux enfants ; à las fin-
wsoê, à las fïoe, aux femmes, aux filles.
As, t* pers. sing. ind. prés, du verbe Avédre, tu as. —
Aâ fan, tu as faim. As dé poumos, tu as des pommes.
Asuâga, v. Arroser ; mouiller, baigner. — Ce terme
exprime spécialement le mode d'arrosage particulier aux
Cèrennes, soit qu'on puise Fean dans un cours d'eau bor-
dant la propriété, soit dans un petit bassin où on la
ramasse et qu'on appelle lompo. On la puise et on la répand
au loin au moyen d'une pelle creuse en bois sur les plan-
ches d'un jardin, à peu prés comme les bateliers vident
leur bate:iu avec une écope. — Asdiga lou vi, tremper le
vin. Asàigaà régo, arroser par irrigation en faisant couler
l'eau successivement dans ctiaque raie d'une planche de
potager. C'est le mode qu'on suit quand on arrose au moyen
d'un puits-à-roue ou d'un chapelet.
Dér. de Aïgo et de la part, explétive a, qni marque l'ac-
tion ; la lettre s n'est là que pour l'euphonie, pour éviter
le choc des deux a, par un hiatus réprouvé même en
prose.
Asaigadouîro, s. f. Pelle creuse en bois pour arroser,
dont il est question à l'article précédent. Lorsqu'on n'em-
ploie à cet usage qu'une moitié de courge sèche, emman-
chée d'un long bâton, ce qui est le plus commun, on peut
toujours nommer cet outil (uatgadouiro ; mais il est plus
technique de l'appeler couasso.
Asaîgaie, s. m. Arrosage, arrosement; droit d'irrigation;
action d'arroser.
Ascla, V. Fendre, mettre en éclats, dans le sens de
fêler.
Ascla, ado, o'//. et part. past. Fendu, fêlé ; an fig.
éccrvelé, cerveau lèlé, tête folle.
Asclo, s. f. Fente, fêlure, crevasse ; intervalle entre une
porte ou une fenêtre et leur chambranle. — Uire coumo
uno asclo, rire à gorge déplo}'é3. — Voy. FénJascio.
Les trois mots ci-dessus de même formation dérivent,
selon Sauvages et Astruc, du celt. Ascl, escl, radicaux.
Le grec a KXdviç, fente, rupture.
Ase, f. m. Dim. Aséné, péj. Asénas. Ane, baudet;
Equas asinus, Linn. Mammifère de la fam. des Soiipédes.
Au fig. sot, ignorant, imbécile, butor. — Faïre lou repas
dé l'use, manger sans boire. L'ase té quïe, peste de toi !
L'ase mé quïe, foin de moi ! JMouririè pu lèou l'ase d'un
pdoure home, il mourrait plutôt l'âne du pauvre : c'est une
espèce de murmure contre le sort qui semble frapper plus
fort sur le pauvre que sur le riche ; mais cette expression,
qui est devenue très-proverbiale, n'a rien d'irrévérencieux
ni d'irréligieux. Cela se dit quand l'enfant d'une nom-
breuse famille est dangereusement malade ; ou bien lors-
qu'on voit échapper de maLtdie un égoïste, un homme isolé,
dont la perte ne serait préjudiciable à personne. On sup-
pose par là que rien n'est plus utile au pauvre que son
àne, qui est son gagne-pain. Miehan coumo un ase nègre,
méchant comme un àne noir. Cela provient de cette race
d'ànes, très-grands et très-méchants, qui vient de la Cata-
logne, où ils sont tous d'un gris presque noir. Pati coumo
un ase dé las gfpiêïros, souffrir comme un àne de plàtrière.
Le plâtre gris, qu'on n'exploitait autrefois pour les envi-
rons d'Alais que dans la commune de Générargues, était
transporté à dos d'àne dans des sacs qu'on leur posait à nn
sur le dos. Un gamin, à califourchon sur la croupe, les
72
ASE
ASS
guidait sans bride avec an gros bftton, et les faisait galo«
per, malgré cette double charge: ils allaient ainsi par
cavalcade de dix à douze. Ce service était fort dur, atteuda
surtout que les pauvres baudets étaient mal nourris et
réduits souvent à brouter l'herbe sèche des chemins. Ce
genre de transport, qui avait son cachet local« a disparu
aujourd'hui que les routes et les chemios vicinaux permet-
tent une voie plus facile; mais le dicton proverbial est
resté. Y-a maï d'un ase à la fièiro que $i sémblou, prvb.,
il y a plus d'an àne à la foire qui s'appelle Martin. L'asê
dé mita é$ toujour mâou imbasta, prvb., l'âne de la com-
monauté est toujours le plus mal bâté : tout bien en com-
mun oaen indivis est toujours mal administré. Vai$fiehô/
est one sorte d'interjection explétive, fort en usage, et qui
n*e8t que la modification plus décente d'une l«)cution fort
employée, quijique de beaucoup moins honnête : L'au
fiehê iou dariê l le diable emporte celui qui sera le dernier
i la course. J^uét au $$ bien maléou que porto déuu$ un
bel impUutre, voilà un âne bien malade, qui porte sur le
dos un grand emplâtre, c'est-â-dire un homme inutile : ce
devait être un des propos de ceux de la fable du Meunier,
ton fiU et l'âne. Mouqué coumo un eue^'^t^enaud comme un
baudet. Aquéio ribo n'es pas pér aquél ase, dicton prvb.,
mot à mot : ce vei-dng(> u'est pas pour un pareil âne. Au
fjg. : ce n'est pris {xmr lui que le four chauffe; ce morceau
est trop délicat pour lui; il lui passera sous le nez. Dans ce
sens se trouvent une foule d'applications.
La lemelle do l'âne, ânesse, est appelée Sâoumo, — F.
c. m.
Aséné, ânon, est le dim. Aeénat, péjor., signifie au pr. et
au fig., gros âne. — Voy, Bourou, Bouriaquo, Pécata,
Ase, au jeu de cartes, as. Ase dé piquo, dé tréflo ou dé
trounfte, dé et^re, dé eur, as de piqoe, de tréûe, de car-
reau, de coBur. — Voy, Bourou,
Ase, trés-pctit poisson de rivière, chabot des rivières,
Coitus gobio, Linn.» qui a renoolure de la baudroie, la tète
large et plate, plus grosse que tout le reste du corps. Il est
insipide & manger et contient souvent du gravier dans l'es-
tomac. Il se tient presque toujours au fond de l'eau, sous
les pierres. Qaind ou l'irrite, il renfle sa large tète, ce qui
le rend encore plus laid.
Ase-^o^^ien, s» m. Le têtard, la nymphe de la grenouille,
qu'on rencontre dans les eaux croupissantes, où un rayon
de soleil suffit pour les faire éclore. En naissant il est noir ;
en grossissant il devient gris. Sa tète et son oorps forment
une espèce de boule terminée par une queue plate en
forme d aviron et dont le plan est vertical. Les pattes sor-
tent de cette boule, la queue se détache, et le têtard aqua-
tique devient grenouille amphibie. Au fig. Ase-bomén
signifie : bulur reufi»rcé, ane, imbécile, sot fiefiè; un degré
de plus dans la sottise ou la bêtise que l'âne ordinaire. Il
est très-employé.
Le nom latin du têtard, Gyrinue, est (Sicile à comprendre :
'}l vient de gyrure, arrondir, puisque c'est une vraie boule.
Son nom fr. qui signifie grosse tète, a sa raison puisqu'il
ne semble être qu'une tête; mais notre aMe4fouïén, dont
l'épithète surtout ne dit rien, ne s'explique guère. Dans
nos environs, on appelle le têtard tésto d*ase, ce qui est un
peu moins incompréhensible.
Ase dé charpanto, chevron de charpente, composé de sa
ferme, du pied-droit et des arbalétriers.
Ase dé ressaïre, banc à trois pieds sur lequel les scieurs
de long élèvent et placent horizontalement leur bigue; le
pied de derrière n'est que le prolongement du banc lui-
même , qui vient s'appuyer â terrre et le long duquel on
roule la bigue pour la hisser, quand elle est trop lourde
pour être soulevée sur les épaules.
Toutes ces dernières acceptions dérivent de quelque
point de comparaison ou de similitude avec l'âne, animal,
dont le nom dérive lui-même du lat. Asinue.
Asénén, énquo, adj. D'âne; qui tient de l'âne; qui
vient de l'âne.
Asénga, v., ou Enzina. Arranger; rajuster; agencer;
raccommoder; apprêter. S* asénga, s'arranger, se mettre â
l'aise et s'ajuster. — Foy. Enxina,
Dér. de Auï.
Atérba, o.» ou Ashérba. Donner le vert aux chevaux ;
conduire les troupeaux dans les prairies.
Dér. de Hèrbo.
Aspre, 0, adj. Apre, désagréable au goiit.
Dér. du lat. Asper, et au moins contemporain du fr
Assadoula, v. Rassasier, gorger; assouvir la faim.
Dér. de Sadoul.
Assaja, v,,ovl Enaaja. Essayer; tenter; tâcher de faire»
faire l'essai; essayer un habit, une robe, un chapeau, pour
voir s'ils vont bien.
Dér. de l'ital. Assagiare, m. sign.
Assalé, s, m. Place garnie de pierres plates ou de che-
neaux en bois, où l'on donne le sel aux moutons.
Dér. de Sâou et de Sala.
Assaléja, v. Donner le sel au bétail.
Dér. de Sàou, formé du lat. Sal.
Assana , v. Cicatriser, guérir une plaie, une blessure.
Dér. de San, sain.
Asaàou, f. m. Emotion pénible; nouvelle alarmante;
reproche mortifiant ; importunité fatigante. — Nous douné
un fUr assâou, il nous alarma vivement.
Emp. du fr. Assaut.
Aasàouvagi, v. Rendre sauvage, farouche. — Dé batre
Iou béstiâou Vassâouvagîs, on rend les animaux farouches
en les battant.
S'assâouvagi, v. S'effiiroucher ; prendre un air, une
humeur sauvage; contracter des manières agrestes.
Dér. de Sàoutfoje.
Assaaiin, s. m. Assassinat, et non assassin. — Aquà'e
un assassin, c'est un vrai assassinat, dit-on, quand on est
assailli par une troupe de mendiants, une foule de eréan-
ciers ou simplement d'importuns.
ASS
ÂSS
78
Dôr. de Hoichiehin, qui était le noin des sujets dn
Vieux de la Moutagne, autrement dit Prince des Haschi-
chins, ou Assassins. Gomme ses sujets, fanatisés par lui,
assassinaient tous ceux qui déplaisaient au maitre, leur
nom est devenu générique pour désigner les assassins.
Assawilima, v. Assassiner, tuer par guet-apens, par tra-
hison, de dessein prémédité. Au ûg. importuner à l'excès,
solliciter; exiger son du tout de suite, comme si l'on met-
tait le pistolet sur la gorge. — Les deux n se font sentir.
Assasalniir, t. m. Assassin, meurtrier.
Assata, v. Affaisser; battre; fouler, tasser. — Âssatala
lugado, encuver le linge de la lessive, l'abreuver pour
l'entasser. AM$ata un eo dé poun, asséner un coup de poing.
La crcio iét auatado, la voûte a fait son effort, les murs
(mt pris leur assiette. Aisata un $ou[U, appliquer un soufflet.
Dér. du lat. Auidere.
Aasécarli (s*), v. Se dessécher, devenir sec. — Se dit
prindpalemeat d'un arbre qui meurt peu à peu par les
branches.
Dér. de Séqua.
Aaségiira, «. Rendre sûr, consolider; caler; assurer,
œrtifier, affirmer.
Dér. de Ségu,
Aaségnranço, «. f. Sûreté, assurance ; caution, nantis-
sement, hypothèque ; fermeté, hardiesse.
Aasémàon, «. m., ou Sémâou. Cornue; comporte;
benne ; vaisseau de bois composé de douves reliées par des
cercles, avec deux chevilles horizontalement placées, par
lesquelles deux personnes le transportent à l'aide de deux
bâtons appelés pour cela sémaïès, qu'on passe en dessous
des chevilles. Ce vaisseau sert principalement à transporter
la vendange.
Dér. probablement de Sema, met d'un autre dialecte
que le n6tre, qui signifie : tirer le moût d'une cuve trop
pleine, dér. lui-même de l'ital. Scemare, diminuer. —
Voy. Sémâou.
âBsémbla, v. Assembler; rassembler; mettre ensemble,
joindre, unir, réunir, rapprocher; convoquer. — Dtou lous
fax, amai loui assémblo. Dieu les fait et les assemble, dit-
on souvent ironiquement d'un ménage pins ou moins bien
assorti , d'une coterie dont les membres sont ignorants et
singuliers.
Emp. du fr. Assembler.
Aasémblado, t. /. Assemblée; plus spécialement, la
tenue des offices divins dans la religion réformée, soit
dans un temple, soit au désert.
Emp. du fr.
Assès, adv. Assez, autant qu'il en faut. — C'est pure-
ment un terme de civilité populaire. N*aï bien assès, dit-on
a table quand le maitre de la maison vous offre d'un nou-
veau plat. Dans ce cas-là on ne dit jamais : N'aï bé prou.
Assis ne se place qu'à la fin de la phrase. On ne dit pç^ :
Aï assés manja, mais bien : ^t prou manja.
Pmp. au fr., comme la plupart des termes de civilité.
Aaaésl, ido, adj\ Rassis. — Ne se dit guère que du pain,
par opposition à pain frais ou mollet.
Dér. du lat. Assidere.
Asséta, V, Asseoir, mettre sur un siège ; faire tomber
quelqu'un par force sur son derrière; poser sur une base
solide.
S'asséta, V. S'asseoir, se mettre dans un siège ; s'établir
d'une manière solide, prendre son faix, en parlant d'un
mur, d'une voûte, d'une pierre de taille.
Dér. du lat. Assidere.
Assétoùs (d'), adv. Assis, sur son séant ; par opposition
à debout. — Ero d'assétoùs sus soun iè, il était au lit, assis
sur son séant.
Assiétado, s. f., ou Siétado. Assiettée ; contenu d'une
assiette, plein une assiette. — Uno assiétado dé soupo, est
4me assiette de soupe, non seulement pleine, mais comblée
et presque en pyramide. — Voy. Siéiado.
Dér. de Assièto.
Assièto, s. f., ovL Sièto. Assiette, vaisselle plate dans
laquelle on met ce que l'on mange à table. — Assièto béeudo,
êcuelle à bec. Para ta sièto, présente ton assiette.
Dér. du lat. Assidere ou assista, de à sedendo, parce
qu'autrefois Vassièto indiquait la place de chaque convive
à table.
Assigna, i. m. Assignat, papier-monnaie. — Ce terme est
malheureusement devenu familier à tous les idiomes de la
France, et y est resté en triste souvenir. — Prin eoumo
un assigna, mince comme un papier d'assignat. Afatrassi
eoumo un assigna, mou, sans apprêt, sans consistance,
comme les feuilles d'assignats. Même avant que ceux-ci
fussent décrédités par la banqueroute et l'échelle de dépré-
ciation, ils étaient méprisés par le peuple pour leur légè-
reté, leur peu de consistance, et la nullité de leur valeur
spécifique, en regard des espèces sonnantes, lassent-elles
du billon le plus lourd.
Assista, V. Faire l'aumône ; aider, secourir. — Diou
vous assiste. Dieu vous vienne en aide! Pode pas vous
assista, je ne puis rien vous donner, dit-on à un men-
diant.
Dér. du lat. Assister e.
Assoucia (s'), v. S'associer, se mettre en communauté
d'intérêts; former une association.
Dér. du lat. Assoeiare.
Assoulida, v. Consolider, rendre sohde, sûr; donner
des garanties, des hypothèques, des nantissements ; affir-
mer.
Dér. de Soulide.
Assouma, v. Assommer ; tuer ou terrasser en frappant
sur la tête avec quelque chose de lourd, comme un bâton,
une pierre, une massue.
Dér. dn lat. Summum, sommet.
Aasonrda, v. Assourdir, rendre sourd à force de crier
ou de faire du bruit; ennuyer, fatiguer de propos,
Dér. de Sour.
10
74
ATA
ATÊ
Atsoiirtl, V. Aller an-devant on à la rencontre de quel-
qu'un.
Formé de SourU et de la prép. lat. aâ, sortir vers.
Assonrtt, t;. Assortir, mettre ensemble des objets qui se
ressemblent, qui se conviennent, qui concordent.
Dér. du lat. Sors.
Assupa, V. Rencontrer nez à nez, se heurter contre
quelqu'un, en le rencontrant à l'improviste, sans Tavoir
aperçu d'avance.
Dér. de Su, tète, crâne.
Assaqua, v. Assommer, frapper fort sur la tète.
S'auuqua, v. Tomber sur la tète, donner de la tète
contre un corps dur. — Es tout assuqua, il est tout
hébété.
Dér. de Su, crikne, et a privatif.
Astre, f. m. Astre; soleil, étoile, corps céleste. — Moun
astre, dans le langage des nourrices k leur ponpon , dans
celui des amoureux à leur belle, est Texprcssion de leur
tendresse charmée et éblouie. 11 s'emploie aussi dans le
jnème sens à peu près que planéto , ou étoile, en fr., pour
parler de l'influence du sort, de la destinée soumise aux
astres ou en dépendant. Les anciens et les modernes ont
conservé dans leur langue la tradition de cette influence
des astres ; on en a fait une science qui a eu sa vogue.
Pér co d'astre, par hasard, par bonheur. Lou diable vire
l'astre f Peste soit! sorte d'imprécation qui nous vient de
loin, assure Sauvages. C'est le Deus omen avertatf des
Romains. Sembla que siès din tous astres, on dirait que tu
es dans les astres, reproche-t-on à une personne distraite et
préoccupée.
Etym. du gr. 'AoTpov,de 'Aonlp, étoile, d'où le ht. astra.
Ararpa, ir. Usurper. — Ne se dit qu'en parlant des pro-
priétés territoriales , qu'on rogne peu à peu en éloignant
la ligne divisoire.
Emp. du fr.
Atala, V. Atteler; attacher des bètes de trait, chevaux
ou mules, à une voiture ou à une charrue. — Es de mi-
than atala, c'est un homme intraitable, revèche au joug
ou qui n'entend pas la raison.
S'atala, v. S'appliquer, employer toutes ses forces, toute
son attention; faire son possible; se mettre au travail. —
S'atalêrou à bata\'a, ils se mirent en train à babiller.
0ér. du lat. Telum, flèche, timon.
Atalaje, «. m. Attelage; l'ensemble des bètes de trait
qui traînent tine même charrette.
Aialus (en), adv. Obliquement ; en talus ; en biseau.
Dér. du lat. Talus, talon, cou-de-pied.
AtaluBsa, o. Couper un terrain en talus ; former en talus
h berge d'un fossé ; donner du pied à un mur, à une
chaussée, à une butte.
Atàonla, v. Attabler; mettre les gens à table pour
manger, boire ou jouer. ^ S'atâoula, se mettre à table.
Dér. de Tâoulo,
Atapa, V. Prendre, saisir, joindre; fermer, boucher,
couvrir, cacher, voiler. — M. de Bonafous a dit dans une
charmante chanson :
Se vos pas que siègue tan amonroùs
Et dé ta bouquéto et dé tous ièioù»,
Atapo-loùs, ma mîo, atapo-Ioùs.
Ce mot, dans le premier sens, est une variante de atrapag
et dans le second, de tapa. — Yoy, Atrapa et Tapa.
Ataqoa, ado, adj. Atteint d'une maladie; qui a un vice
dans une partie du corps; qui souffre d'une infirmité. — *
Ataqua dé l'asme , asthmatique^ Ataqua dé la péttrinof
atteint de pulmonie.
Dér. de Taquo,
Ataquo, t. f. Attaque, atteinte d'une maladie; crise.
Au fig. folie , acte de déraison. — Es mor d'uno ataquo,
il est mort d'apoplexie. Sas ataquos /ou prénou, le voiUi
retombé dans sa folie.
Emp. au fr.
Atarda, v. Retarder ; attarder, mettre en retarda
S'atarda, s'attarder, se retirer tard, se mettre tard en
route.
Dér. de Tar.
Atari, V. Tarir, mettre à sec. S'atarï, tarir, devenir sec ;
perdre son eau. — Soun mouH s'ataris pas jamoX, il ne
met jamais l'écluse à ses paroles.
Dér. du lat. Arire, par métaplasme de Arere, être à
9vv*
Atébési (s'), V. Tiédir, devenir tiède. -« La progression
de ce mot est en raison inverse de son correspondant
français. Une chose s'atiédit quand elle a été plus chaude
avant et qu'elle passe graduellement à une température
moins élevée. C'est le contraire avec le mot languedocien
S'atébési, qui exprime que la chose, de froide qu'elle était,
devient tiède.
Dér. de Téhés.
Atènciou, s. f. Ce mot ne s'emploie que précédé du
verbe fatre : faire attention, prendre garde ; ou bien seul
comme interj. : Attention! Aténchu/ Garde à vous i
Emp. au fr.
Aténdre, v. Atteindre, frapper de loin, toucher ; attendre,
être dans l'attente, l'expectative; être attentif à un ouvrage,
y mettre tout son temps, sans perdre une minute.
S'aiéndre, croire, se fier, avoir confiance, se rapporter.
— L'aténdégué à la tèsto d*un eo dé ptiro, il l'atteignit
à la tète d'un coup de pierre. L'aténdou eoumo lou Méssih,
ils l'attendent comme le Messie. Aténdès-nous un pdou,
attendez un peu que nous arrivions. S'aténdiè énd'aquéi
traval touto la gnuè, il s'appliquait à cet ouvrage toute la
nuit. Se vous aténdès d'd, sérés màou fisa, si vous VOW
fiez à cet homme, vous serez peu sur de votre affaire.
Dér. du lat. Attendere.
Aténén, ènto, adj, Contigu, limitrophe, tenant.—
AquH hé es tout d'un aténén, dans ce domaine toutes les
terres se touchent, sont conliguës, attenantes.
Dér. du lat. Ad, et tenere.
ATR
AVA
75
Aténténa, v. Atermoyer, prolonger les termes ; ren-
voyer d'un jour à l'autre ; leair le bec dans l'eaa. -->
Aténténa uno fïo, bercer une jeune personne d'une pro-
messe de mariage, dont on retarde toujours Texécution.
Formé de la rédupUcation de Tén, comme si l'on disait
éé tén à tén, d'un temps à l'autre.
Aténténaîre, airo, aé(j. Atermoyeur, mauvais payeur ;
enjôleur, trompeur de filles.
Atéssa, V. Allaiter; donner à td^ter ; donner le sein à un
enfant.
Dér. du gr. TiôiJ, nourrice, par m:}taplasme du t en c,
on en suivant la prononciation adoucie du 0 qui est une
véritable sifllante. £n celt. Tétar signifie téter.
Atôsaado, s. f. Repas ou réfection d'un enfant qui tète.
— Donna uno atésiado, donner à téter, faire téter. A agu
do» atéssados, il a tété deux fois,
Dér. de Téta,
Atétoimi, ido, adj. AfFriandé à la mamelle, qui vent
tonjours téter; enfant difficile à téter,
Dér. de Téta.
Atila (s'), t;. S'attifer, s'ajuster, se pomponner, se parer
de tous ses atours.
Dér. du gr. StIçsiv , orner , ou de TC^oç, soin de se parer.
Atifès, M. m, pi, Afliquets, pompons; fanfreluches de
toilette; atours, ajustements de femme.
Emp. au vieux fr. Attifets.
Atira , v. Attirer ; allécher ; affriander , appâter. —
Aqu^ vin atiro soun buvur, ce vin excite à boire. Aquélo
marehando es bien atiranto, cette marchande est bien pré-
Tenante; elle attire les chalands par ses prévenances,
Formé de Ad, vers, et tira,
AtÎBSa, V. — Voy. Aquissa.
Ato, «. f. Acte, contrat notarié ; exploit d'huissier. —
fd farai donna uno ato, je lui ferai signifier un exploit.
Dér. du lat. Aetum.
Atoà8,«. m., ou Troonfle. Atout, terme de jeu de cartes;
couleur de la retourne, ou celle dans laquelle on joue ; triom-
phe. — BatreatoHu, faire atout. A 'pa$ sâoupégu jouga, aviè
friên tous otoutseM en man, il n'a pas su mener sa barque, il
;ivait toutes les chances de succès; il a perdu avec beau jeu.
Ce mot signifiait dans l'origine la couleur supérieure à
tout, qui prend toutes les autres, qui gagne tout.
Atrapa, v. Attraper; tromper, duper, faire une niche;
trouver, trouver par hasard, rencontrer, -t- T'atraparas hé,
tu finiras bien par t'attraper, Vos que tous atrapén? veux-tu
que nous leur fassions une niche ? Coumo alrapas aquél vif
comment trouvez-vous ce vin ? Piou-ptou, ce qu'atrape es
miou, bon, ce que je trouve m'appartient, disent les enfants
en s'emparant de quelque bonne trouvaille^
Dér. du vieux lat. Trappa.
Atrapaire, airo, adj. Trompeur, faiseur de dupes.
Atrapo, «. f. Attrape ; niche; tricherie ou fourberie inno-
cente et par pure plaisanterie. — Le poisson d'avril est une
0trapo,
Atrouba, v. ou Tronba. Trouver, rencontrer; sur-
prendre. — Aquést'an Caléndo s'atroho un dilus, cette année,
la Noël arrive un lundi.
Dér. de l'ail. Treffm, toucher, atteindre, selon Le Du-
chat ; par métaphore, trouver ; d'où l'ital. Trovars.
Atronpa (s*), v. S'attrouper, se rassembler par troupe, se
réunir tumultueusement.
Dér. de Troupo.
Atronpéla, v. Réunir en troupeau, par bandes qui mar-
chent dans un certain ordre, processionnellement, comme
le troupeau qui suit la trace de Robin-mouton.
Dér. de Troupèl.
Atuba, V. Allumer le feu, la lampe, une chandelle ; et
non éclairer.
Dér, du lat. Tubus, tube, tuyau, parce qu'originaire-
ment on souillait le feu avec un tube en fer, comme on le
fait encore dans quelques-unes de nos montagnes.
Atobal, s. m. Menu-bois, allumettes, copeaux, brou-
tilles ; tout ce qui est propre à s'enflammer rapidement et
qui peut aider à allumer le gros bois d'un feu.
Dér, de Atuba,
Atupi, V. Réduire au silence, rendre muet; éteindre;
calmer; étouffer, couvrir; au prop. et au fig. — Atupi lou
fio, ce n'est pas éteindre ni étouffer le feu; mais bien le
recouvrir de cendres chaudes ou do charbon mouillé, ce
qui le conserve sans le laisser flamber.
Dér. du gr. ''âtujcoc, bègue, muet, sans bruit ; ou formé
de a privatif et TOcptu, allumer, enflammer.
Aval, adv. Là-bas, en bas : pour les Cévennes, tout oo
qui est au midi et à l'est d'Alais. Le territoire de Nimes,
de Montpellier et la Provence sont comparativement en
bas, aval; en parlant d'une de ces localités, on dit : Av<U
vèr Sén-Gile, vèr Béoucaïre, -«- Aval -aval, là -bas bien
bas.
Formé du lat. Ad vallem, vers la vallée, par opposition
à amoun, ad montem, vers la montagne,
Avall (s'), V. Se perdre, disparaître sans laisser de
traces, à la manière des esprits; se dissiper comme un
songe ; s'évanouir.
Dér, de Aval et du lat. ire, parce qu'on suppose que les
esprits viennent des bas lieux, et qu'ils y retournent
quand ils disparaissent.
Avança, v. Devancer, prendre les devants sur quelqu'un,
le dépasser, soit en marches, soit en études, en savoir ;
faire des avances, avancer de l'argent.
S'avança, avancer, s'avancer; aller au-devant, prendre
les devants ; approcher du but, du terme. — Aquél éfan
es bien avança, cet enfant est fort avancé dans ses études.
Dé que vous avança aquà ? à quoi cela vous sert-il, quel
avantage en retirez-vous ? Aro qu'avès fa lou fol, sis pus
avança, à présent que vous avez fait toutes ces folies, ètes-
vous mieux loti ? Es tan d'avança, c'est autant de fait.
Dér. du lat. Ab, de, par, et antè, avant; ou bien ad
ventum, vers le vent.
7(5
AVA
AVE
Avanço, t. f. Avance, ce qui déborde, ce qpx dépasse ;
espace de chemin qne l'on a devant quelqu'un. — Prine
Vavanço, prendre les devants. VatHVnço d'uno eoiquéto, la
visière d'une casquette.
Avança {d'), adv. D'avance, par anticipation, avant le
temps. — Ou iavian d'avanço, nous le savions déjà.
Avances, s. f. pi. Avances d'une mise de fonds pour
un fermier, pour un commerçant ou pour un artisan qui
commence à s'établir ; anticipation ; ressources préparées
et prêtes. — Avédred'avançoM, avoir des avances, de l'argent
devant soi. Plaça iot avanças, placer ses fonds, ses éco-
nomies. Aquélei navis âauran prés lai avançai, ces jeunes
fiancés auront prélevé les prémices du contrat.
Dér. du lat. Ab et antè.
Avantaja, v. Avantager, donner, faire des avantages à un
de ses enfants par-dessus les autres, lui former un préciput.
Dér. du lat. Antê, et agêre.
Avantaje, «. m. Avantage ; supériorité ; position privilé-
giée; préciput. — Aqttà's un bel avantaje quand on a tai avan-
ças, c*est déjà un grand avantage d'avoir sa première mise de
fonds. D'aXçaval an a poi V avantaje pér émpléga ioi forças,
d'en bas on n'a point d'élan pour faire valoir sa force.
£mp. au fr.
Avantajoùa, ouso, adj. Avantageux, qui offre des avan-
tages; présomptueux, qui croit avoir par sa taille, sa
force, son adresse, l'avantage sur les autres.
Avantora, v. Aventurer, liasarder; exposer & un risque,
à un danger, courir la chance.
Dér. de Avanturo.
ATantniiè, t. m. Aventurier. — On appelle ainsi le vers
à soie qui précède de plusieurs jours la masse de ses com-
pagnons et fait un cocon précoce. Dans une chambrée on
recueille à part ces avant-coureurs, pour avoir une idée
de la qualité et de la forme du gros de l'armée. Quelques
personnes croient que ces vers hâtifs ne passent que par
trois mues au lieu de quatre ; il est plus probable que ce
sont des vers premiers-nés ou qui ont phis de vigueur
pour parcourir leurs divers âges.
Dér. de Avanluro.
ATanturo, s.f. Aventure; événement inopiné; accident.
«- iAyti^ttfioatMiiifuro, j'eus une bonne fortune. A l'avan»
turo, à la garde de Dieu, sans précaution, aux chances du
hasard. Dauna la bona avanturo, dire la bonne aventure,
tirer des horoscopes.
Dér. du lat. Adventurus, futur pass. ^ qui doit arriver.
Avantiuroùs, ooto, adj. Aventureux, qui hasarde, qui
ne craint pas le danger.
Dér. de Avanturo,
Avana, asso, j. et adj, péjor. de Avart, peu usité; gros
et sordide avare.
Dér. du lat. Avana, avidui erii,
ATtrido, j. f. Avarice, attachement excessif aux
richesses ; lésinerie sordide.
Dér. du Ut. Avaritia.
ATaricioùa, ouao, adj. Avare, pince-maille, fesse-ma-
thieu; avaricieux, qui craint la dépense, ne donne pas ou
donne mal.
Dér de Avarieia.
Avè, t. m. Avé. Premier mot latin de VAve Maria, de
la Salutation angélique ; grain de chapelet sur lequel on
dit l'Avé ; temps de le dire.
Ave, t. m. ou Avéîè. Troupeau de moutons, de brebis.
n a vieilli et n'est plus usité qu'au-dessus d'Alais. — Garda
lavé, garder le troupeau.
Dér. du lat. Ovii.
Avédre, v. œt. et auxi/^ Avoir, posséder; atteindre,
aveindre. — Avédn lou flou, être dégourdi, rusé. Avédrt
pôou, avoir peur. Avédre laiéniida, pressentir. Avédregran
gâou dé... S'estimer heureux de... Ei poi rkhê, maii abièn
quican, il n'est pas riche, mais il a quelque bi3n. Avèn eon-
véngu, nous sommes convenus. Aï agu, j'ai eu. A^uèrau, ils
eurent; Aguèn, nous eûmes. S'aguénian fa eoumo aqud,
si nous avions ou si nous eussions fait comme cela. Vaïf
tâourài, vas, je t'atteindrai. Avén agu dé réio^, nous
nous sommes querellés. Aquél brautèl éi irop nâou, pode
pai Vavédrê, ce rameau est trop haut, je nepuisy atteindre.
— Voy. Avéra.
Dér. du lat. Haben.
ATôjan, i. m. n. pr. de lieu. Avéjan, comm. annexe de
Saint-Jean-de-Maruéjols, canton de Barjac, arrondissement
d'Alais.
Ce nom parait venir de Avé, avSiè, troupeau de brebis, du
lat. avis, plutôt que de avs, ève, eau, en roman, qui dans
notre lang. affecte en général une autre forme. La situation,
d'ailleurs, la nature du pays favorise singulièrement notre
interprétation. Le suffixe an qualifie le radical. — Vog.
An, suif.
Avélagnè, s. m., ou ATelagnéiro, <. f. Noisetier, ave-
linier, coudrier; Carylui avillana, Linn. Arbrisseau ou
arbre de la fam. des Amemlacées. Le Coudrier est l'espèce
sauvage et silvestre ; le Noisetier est le coudrier cultivé.
C'est avec les scions du coudrier que l'on fût la fameuse
baguette divinatoire des prétendus inventeur» de sources
et de fontaines.
Dér. de Avélana.
Avelagnèiro, s. f. Coudraie, lieu couvert de coudriers;
bosquet de noisetiers. On la prend aussi pour le Noisetier
lui-même.
Dér. de AvUano.
ATélano, i. f. Aveline, noisette, fniit du noise-
tier.
Dér. du lat. Avellana, m. sign., qui vient lui-même
de AviUa, ville du royaume de Naples, où les coudriers
sont en abondance, et renommée encore aujourd'hui pour
la bonne qualité de ses noisettes. En cat. esp. ital. AvH-
lana.
Aven, i. m. Cavité ou conduit souterrain et naturel, qui
sert de réservoir aux eaiu de la pluie on de la neige, et
AVÊ
aVê
77
^ alimente les sources ; caverne profonde et verticale
an fond de laquelle est un amas^d*eau.
Dôr. du celt. Awen, rivière.
Avéna, v. ou Abéna. Epargner, ménager, économiser ;
épuiser; user jusqu'au bout, jusqu'à la corde. — Avénoi
la sâou, ménagez le sel. Avéna $a$ fardot, user ses vieux
habits, les porter quoique usés et rapiécés. Avéna lou jour,
profiter du jour jusqu'à son déclin. — Le part. pass. adj.
Atféna, ado, signifie : épuisé, usé par les débauches, ou
ruiné par les maladies. — Voy. Abéna,
Arêna, «. m. Gruau d'avoine, dont on fait une excel-
lente purée pour le potage.
t)ér. du lat. Avena, avoine.
Arôliadiiros, < . f. piur. — Voy. Abénaduroi,
Avénén, s. m. Ne s'emploie qu'au génitif, et dans une
sorte de phrase faite, d'un avénén. — Tout d'un avénén,
tout d'une pièce, d'une venue, sans galbe et sans forme.
Vno eambo tout d'un avénén, une jambe sans mollet. Ei
touto (fun avénén, elle n'a ni tournure, ni hanches, ni
gorge. — Le nominatif àdjectivé, qui voudrait dire : ave-
nant, a£Eû)le, est du pur franchi mand.
Dér. de VénL
Ayéngn, ndo, aJj. part. pan. de Avéni. Grand et fort,
bien venu. — Aquél éfan es bien avéngu pér §oun tén, cet
enfant est bien grand, bien fort pour son âge.
Avêngado, «. f. Crise de maladie ; revers de fortune ;
accident malheureux et inopiné.
Dér. de Avéni.
Aréni, v. Arriver à faire ; parvenir à ; réussir ; suffire.
— Pode pas y avéni tout soûl, je ne puis suffire seul à ce
travail. Y avéndra pas, il n'y réussira pas, il n'y par-
viendra pas. — Péraqud y-avéndrén, pourtant nous en
Tiendrons à bout.
Dér. du lat. Advenire.
Avéno, j. f. n. pr, Avène, petite rivière torrentielle qui
prend sa source dans la montagne de Rouverguc, près de
la Grand'Gombe, et se jette dans le Gardon, au droit de
SainVHilaire-de-Brethmas, au-dessous d'Alais.
Dér. du celt. Au>en, rivière, qui entre dans beaucoup
de noms propres de rivières ou de localités situées sur des
cours d'eau, notamment le nom lat. Avenio, Avignon.
Avesnes, chef-lieu d'arrondissement du département du
?lord, sort évidemment de cette modeste source. Son an-
denoe orthographe Avenna rappelle le mot celtique avec
ta double consonnance latinisée, avenn, et notre pronon-
ciation lang. fortement sentie dans avén, qui est le
même mot. L'origine de Advmœ, étrangers fixés sur ce
territoire, ab advenis gmtibui ibi tollœatU, est une glo-
rieuse imagination ; mais notre patois, comme on dit dans
le Nord, est plus fidèle aux traditions et a bien son prix.
Les communes rurales Avunu-U-Sée , Avmy, Avenay,
Aveineê-^ur^Helpe , Avesnes-lex-Aubert , sont de petits
affluents : Avetnet-le-Sec indique un avén, une source tarie,
et non pas un sol aride où l'avoine ne pousse plus. Là se
trouve la confirmation de l'origine du nom, pour lequel il
est inutile de faire de l'érudition historique à la recherche
d'une flatteuse et imaginaire dénomination.
Avens (Loos), $. m. pi. L'Avent, le temps qui est
placé entre la Saint-André, le 30 novembre, et la Noël,
25 décembre. C'est pour l'Eglise romaine, un temps d'expia-
tion et de pénitence pour se préparer aux joies de la Nati-
vité, comme le Carême est une préparation au triomphe
pascal. — On disait en v. fr. : les Avents.
Dér. du lat. Adventus, arrivée.
Avéonsa, V. ou S'ayéoaaa. Devenir veuf; perdre sa
moitié ; être délivré. — Diou fn*én avéouiû, Dieu me
délivre d'un tel ou de telle chose !
Dér. de Véouse.
Avéra, v. Aveindre; atteindre; tirer un objet d'un
endroit hors de portée, soit en haut, soit en bas. — Avéra
dé cériiiros, cueillir des cerises avec un croc. Avéra lou
fera, tirer un seau noyé du fond d'un puits. Quàou po y-
avéra? qui peut y atteindre?
Dér. du lat. Advenire, ou Advehere.
Avéracioù, ». f. Advération, terme de vieux cadastre ;
dénombrement des biens-fonds, avec leur contenance, con-
fins et estimation, pour former l'assiette de la taille.
Dér. du lat. Verax, véridique, sincère.
Averti, V. Avertir, donner avis; présager; instruire;
prévenir du danger; convoquer les membres d'une assem-
blée délibérante; inviter à un convoi funèbre. — Lou tou-
nèro n'avertis pas, le tonnerre ne gronde pas avant la
foudre.
Dér. du lat. Advertere, tourner l'attention vers.
Avértimén, s. m. Avertissement du juge de paix, invi-
tation à la conciliation ; avertissement du rôle des contri-
butions. Il serait encore applicable aux avertissements
donnés aux journaux dans notre époque. — Lous averti-
mens i-an pas manqua, ce n'est pas faute qu'on l'eût
bien prévenu.
Avès, 2^ pers. du plur. de Vind. prés, du v. Avédre.
Vous avez.
Avès, s. m. Revers d'une montagne vers le nord; aspect
au nord. C'est le contraire de VAdré, aspect du midi. —
Aquà's dé bos dé l'avès, c'est du bois coupé à l'aspect nord.
Ce bois est moins bon à brûler que celui de Vadré. Ses
pores sont plus serrés, ses fibres sont plus longues et plus
entre-nouées; il devient noir au feu et fournit peu de
braise.
Dôr. de Vès, versant.
Avésqua, s. m. Evèché, palais épiscopal. — L'évêché a
joué longtemps un grand rôle à Alais, soit pendant qu'il
était réellement un palais et la résidence d'un évêque, soit
lorsqu'il est devenu presque du domaine public. Ses cours,
ses jardins étaient le rendez-vous des oisifs de café et des
jeux des écoliers. Il demeure seulement encore à l'état de
nom propre parmi nous, aujourd'hui que. la sape indus-
trielle a fait disparaître le magnifique dessin de sa double
78
AVI
AVO
façade et de sa conr d'honneur, que les jardins mutilés
ont été envahis par des constructions bourgeoises, ou divi-
sés en petits carrés, et qu'enfin l'orangerie et le côté des
fruitiers viennent d'être cMés pour une pllce publique
devant Thôtel-de* ville.
Dér. du lat. r.plscopatus.
AyésquG, s. m. Evoque, prélat chargé de la conduite
d*un dioCL'àO. — Un chl regarda bé 'n avésque, ama't li lévo
pai lou capèi, prvb. Vn chien regarde bien un évoque, se
dit proverbialement quand une personne s'étonne ou se
l&che qu'on la fixe. On dit d'un pendu : Es un avésque dé
tompagno, dono la bénédicïou das pèses.
Dér. du lat. Episcopus, En ital. Vescoiso,
Avignoun, s. m. Avignon, ville, chef-lieu du dép. de
Vaucluse. — Pala d'Avignoun, un pata, ancienne monnaie
papale iirappée à Avignon. Patachoù d'Avignoun, sobri-
quet des Avignonnais, qu'ils doivent sans doute à leur
monnaie dite pata. Granéto d'Avignoun, graine de ner-
prun, J^hamnus infectorius, Linn., qui croit dans nos
environs. Elle sert aux teinturiers de petit teint pour le
jaune et de stil de grain pour la jxîinture. — Voy. Gra*
niio, Aoubénas.
Dér. du lat. Avenio, qui a sa racine dans le celt, Atoen,
Tenant do aa,.aqua, eau, qui a donné en roman ave, ève,
iv9, et autres, en lanj?. avin, aïgo, etc. — Voy. Avéno.
Ayirôon, interj. Commandement de voiturier pour faire
tourner à droite. La conversion ou le pas oblique qu'exige
oe comman'Ierncnt, décrit un angle plus ouvert que celui
qu'on obti^nit par le commandement à ruou ou à ruôou,
mais toujours du même côté. L'angle du premier se rap-
proche du quart de cercle ou de l'angle droit, c'est tout un
changonfiont de direction; l'angle du second n'est guère
qu'une déviation à droite pour couper l'ornière, éviter un
mauvais pas, ou pour partager la route avec une voiture
qui croisa la première.
C'est un vocable composé arbitrairement, qui varie sui-
Tant les localités , mais qui est fixe et d'une antique ori-
gine dans chacune d'elles. — Faire tira avirôou , faire
changer do direction à droite.
Avis, s. m. Vis, cylindre cannelé en spirale, destiné à
rentrer dans un écrou cannelé de môme. En fr. le mot est
féminin, une vis ; il est masculin en languedocien.
Emp. au fr. avec l'a explétif, qui est dans le génie de
la langue quand elle est obligée d'emprunter ti sa rivale.
AtIs, s. m. S^^ntiment, opinion. — M'en dounarés un
avis, vous m'en direz votre sentiment, votre opinion. M'es
avis, il me semble.
Emp. au fr.
Avisa (s'), V. S'aviser, s'apercevoir; tenter, oser, s'en-
hardir— M'avise que plàou, je m'aperçois qu'il pleut. Lou
eiél toumbariè que s'en avisariê pas, le ciel viendrait à
tomber qu'il n'y prendrait pas garde, qu'il ne s'en avise-
rait pas. S'avise pas de me dire : voulur / n'osa-t-il pas
mo dire : voleur! Se t'avises dé parla, si tu as la hardiesse
de parler. Sans t'en avisa, sans s'en apercevoir, sans y
Daire attention.
Avisa, ado, part. pass. et adj. Avisé, prudent, ciroon-
spect ; éveillé.
Dér. de Avis.
Avisamén, s. m. Prudence, prévoyance, perspicacit
intelligence; circonspection. — Aquél drôle vous a d'awi-
samén que noun saï, ce garçon a une intelligence, uno
prudence extraordinaire,
Dér. de Avisa,
Aviva, V. Raviver, évertuer, réveiller; vivifier.
Aviva, ado, part. pass. et adj. Vif; sémillant, éveillé;
guilleret. — Lou tén s' es aviva, le temps s'est mis au vif,
Lou tén s'avivo, le temps se refroidit. Aviva coumo un
pé'issodi sus lou rastouble, éveillé comme un poisson dan^
le sac. Aviva coumo un passéroii, éveillé comme un moi-
neau.
Dér. de Yiou, du lat, vivus.
Avoua, V. Avouer, confesser; reconnaître qu'une choie
est, en faire l'aveu.
Emp, au fr. Aveu.
Avoua, s, m. Avoué, procureur. — r Cette profession a'
trop de rapport avec le peuple, pour qu'il ne se soit pas
hâté de la suivre dans la transmigration de son nom.
Avoua est aussi bon languedocien que Proucuroik.
Avouca, 5, m., dim. Avoucadé. Avocat. — Es un
avouca, c'est un Gros-Jean, un important, un pédant, qui
fait l'entendu, l'érudit en affaires, et en toute science.
AvoiAca das ases, un pauvre avocat. AquH avouca es cher,
dounarié pa'n bon epunsél pèr sièï frans, prvb. Cet avo-
cat est cher ; il ne donnerait pas un bon conseil pour sii(
francs, — sous-entcndu : parce que cela lui est impos-
sible.
Pourquoi nos paysans appellent-ils leur âne Yavoueaf^..
Que dans un atelier d'imprimerie, le pressier s'appelle un
ours et le compositeur un singe, cela se conçoit pour qui
les a vus manœuvrer et se démener. Que certaines per-
sonnes soient des chameaux, c'est encore mieux, nul n'y
peut contredire. Il n'en est pas de même de l'assimilatioii
qui fait l'objet do cet article. Mais il est parfaitement inu*
tile d'en prouver la criaqte fausseté ; il ne s'agit que d'en
chercher l'origine,
Un plaideur malheureux, irrité contre son avocat à qui il
attribuait, comme on fait toujours, la perte de son procès,
dit que c'était un âne : — l'âne avait tout à fait mauvaise
réputation â cette époque, t Rentré chez lui , il continua
à exhaler sa colère , et réciproquement il appela son âne
avocat. C'était du pur algèbre qu'il faisait sans s'en
douter, comme Monsieur Jourdain de la prose. At étant
égal â AS, A^ devait être égal à A^ ; l'équation restait la
même quoique les termes changeassent de place. La colèco
de notre plaideur dura bien au-delà des vingt-quatre heures
légales, et toutes les fois qu'il allait aux champs avec soi)
compagnon, il ne manquait pas de dire : Ari, l'avouca/l^
AVO
AZO
79
t)laisanterie se répandit et finit par être acceptée, par l'âne
d'abord, cela va sans dire, et pois par ceux même qui
eussent pa en être blessés et qni ne firent qa*en rire.
Voici nne antre explication, qni est celle des savants.
Un avocat, dn vieux temps où l'on faisait force latin au
barreau, avait pris la spécialité de plaider les alibi. Il en
trouvait partout et faisait un tel usage de ce moyen dans
tous les cas, qu'il lança un jour le génitif pluriel fort
hasardé aliborum. On ne l'appela plus que Maitre Alibo-
rum, qui devint Aliboron. Or, cet avocat était, dit-on,
un âne. De telle sorte que de ces trois noms ou de ces trois
mots on finit par faire une confusion qui dure encore.
Après cela il y a une explication plus simple et que je
crois la bonne, car il ne faut pas abuser de l'anecdote.
Un paysan qui fait l'entendu en affaires, le beau parleur,
aimant fort à avoir raison, le Gros^ean enfin, ses voisins
rappellent un avouea. L'âne a bien quelque chose de ces
allures. A certain entêtemeent, que peut^tre on apprécie
mal quelquefois, il doit se croire aussi une façon de doc-
teur qui en sait plus que tout le monde, car il est difll-
die de lui faire faire autre chose que ce qu'il a conçu ; et
dans les fréquentes discussions qu'à ce propos ils ont
ensemble, l'ânier de dire : Ah ! tu fais l'entendu, tu veux
Êûre ta tète, tu raisonnes, tu fais l'avocat ; nous allons
toir : Art, Vavouea / -« Ce n'est pas autrement qu'il a
pris ses grades et reçu son titre. — Voy. Franehiman.
Dér. du lat. Advœatus,
Avngla, v. Aveugler, rendre aveugle ; éblouir, au prop.
el au fig. — Vâouro avuglo, le vent vous remplît de
poussière à aveugler. Cèrquo ioun capèl, et es aquï que
l'avuglo, il cherche son chapeau, et son chapeau est là qui
lui crève les yeux. Loué iliou$i$$ avuglou, les éclairs
éblouissent.
Dér. de Âvugle^
Avngle, avuglo, adj\ Aveugle. -^ Vdou mai èstre hSei
qu'avugle, mieux vaut être sot qu'aveugle, répond-on prvb.
à quelqu'un qui vous traite d'imbécile. Cette phrase, dont
le sens est singulièrement elliptique, signifie que n'étant
pas aveugle mais simplement un sot, on a la satisfaction de
voir plus sot que soi et l'espérance d'en guérir. Bada coumo
un avugle, crier comme un aveugle, parce que l'aveugle
mendiant a une façon lamentable et criarde de déplorer son
infirmité. V Avuglo dé Cattèl-Cuiè, est le titre d'une des
plus jolies pièces du poète Jasmin.
Dér. de la bass. lat. Abocului, privé d'yeux.
Azouèn, s. m. Adjoint à la mairie. — Toute la nomen*
claturc des fonctions constituées sous un régime constitu-
tionnel est devenue familière au peuple, qui en accommode
au génie de sa langue toutes les dénominations.
B
fi
B, seconde lettre de l'alphabet et première des con-
sonnes.
Il entre dans le plan de ce Dictionnaire, on a pu s'en
apercevoir, de réunir à h nomenclature purement lexico-
graphique de notre langue ou du moins de notre dialecte
les observations grammaticales relatives à la contexture
des mots, qui est leur orthographe, ou à leur étymologie,
qui est leur histoire. Nous faisons en même temps de la
grammaire, suivant toute l'acception du mot, et du glos-
saire, en inscrivant sous leur numéro d'ordre les termes et
les locutions en activité de service ou d'usage, et en ras-
semblant autour d'eux les significations, les définitions, les
exemples, les citations, les remarques qui présentent quel-
que intérêt de curiosité ou un éclaircissement instructif «
En cela nous suivons notre programme ; mais encore est-il
bon d'expliquer pourquoi nous nous le sommes imposé*
Avec la conviction que nous avions affaire à une langue
véritable, il convenait de traiter notre idiome méridional
comme nne langue. Né le même jour et dans le même ber-
ceau que le français, il est resté plus longtemps fidèle à sa
Dttora et à ses origines : il l'a emporté sur lui en culture
B
et en harmonie } mais après avoir lutté, il a été vaincu et
il est proscrit. Pour lui le mouvement de progrès s'est
arrêté; la force seule de sa constitution le soutient, mais
la déchéance qui le frappe ne l'a pas converti en un des
patois du français, et les principes vitaux de sa forma-
tion n'ont point péri. C'est à retrouver ces éléments, à en
réveiller l'énergie et la puissance qu'il travaille et qu'il
mérite d'être aidé. Et c'est précisément pour cela aussi
qu'un vocabulaire languedocien, même quand il se ren-
ferme dans un dialecte particulier, ne saurait se contenter
de relever le catalogue complet des mots de bon et vrai
crû, ou des naturalisés, de traduire leur sens, de signaler
leurs altérations, de les ramener à leurs sources. Il nous
a semblé qu'il devait encore étudier leur formation et leur
composition, pénétrer dans leur génie, chercher la raison
de leur structure, de l'agencement de leurs lettres et de
leurs syllabes, de leurs combinaisons et de leurs change-
ments, noter leur accent et leur prononciation, tout ce qui
fait le caractère, le cachet, l'individualité, la physionomie
animée d'une langue.
C'est un champ nouveau à explorer : un filon que
80
B
B
la langue d'Oc a peut-être trop négligé, tandis que le
français et les antres langues possèdent des trai^aux très-
remarquables : est-ce un motif pour le délaisser? Notre
Dictionnaire n*a pas voulu rester dans le cadre d*une
simple classification de mots, moins dans Tespérance de
combler une lacune, que dans la pensée de recueillir ce
qui intéressait la langue. Ces notions grammaticales, ces
observations sur la composition des termes qu*il enregistre
et sur la syntaxe, auraient peut-être gagné à être rassem-
blées et à se condenser dans un traité spécial entièrement
didactique, qui manque à la langue d*Oc, au lieu de se
répandre à petites doses séparées sur une infinité d'arti-
cles ; mais une fois la forme du Lexique adoptée, il était
difiicile de procéder autrement. D'ailleurs, malgré leur
dissémination, un enchaînement coordonne et relie dans
une idée d'ensemble tous ces matériaux ; puis, à vrai dire,
le travail s'est mesuré de lui-même à nos forces : vouloir
élever un monument eût été une bien grosse entreprise, et
pour nos moyens d'une exécution impossible. Un livre à
consulter, au courant de la fantaisie ou de la distraction
a surtout besoin de variété : il se sauve par Téparpillement
et peut atteindre son but sans fatigue : nous ne cherchons
que cela. Dans une œu^Te toute originale, ce sera, si
Ton veut, notre originalité. Humble débiteur, dés notre
enfance, envers notre langue, nous payons notre dette à
cette créancière amie en monnaie do biUon, ramassée sou
par sou, au lieu de solder en fins billets de banque, réservés
aux riches de la finance, dont nous ne sommes pas. Qu'im-
porte après tout, si la monnaie est courante et de bon aloi
et que le compte arrive juste?
Sans aller plus avant, nous tenions à expliquer, sinon à
justifier notre méthode et l'ordonnance de ce vocabulaire.
Sans doute notre travail n'est pas simplifié par là, non
plus qu'abrégé et plus facile; mais cette digression et celles
qui pourront suivre ne seront pas inutiles, si pour un plus
grand labeur elles nous valent aussi plus d'indulgence.
A propos de la première consonne de l'alphabet, il est
donc naturel de s'informer avec quelle valeur et par
quelles modifications les consonnes, ces éléments consti-
tutifs des mots, sont entrées dans leur composition.
La question serait fort abstraite et trop compliquée s'il
fallait la tenir à la hauteur des spéculations théoriques
touchant l'origine, la formation et la physiologie du lan-
gage ; elle se tempère heureusement en abordant à l'his-
toire, en s'appuyant sur des faits rapprochés, plus tan-
gibles et déjà vérifiés. Nous n'aurons qu'à relever les prin-
cipaux : les notions générales paraissent suffire.
La gamme des sons que peut émettre la voix humaine
n'a qu'un petit nombre de notes : ce sont les voyelles ,
qui se meuvent dans une échelle fixe, en passant du grave
au doux , du long au bref, du simple au composé. Les
consonnes sont plus nombreuses , leurs combinaisons
plus multipUées : elles servent de lien aux voyelles,
elles sont leur point d'appui. L'alliance de ces deux
éléments forme les syllabes et les mots, et toutes les
langues ont les mêmes procédés nécessaires. Tout cela,
voyelles et consonnes, se divise et se subdivise en nuances
de tons et demi-tons, se distingue en classes et en familles,
s'étiquette en genres et en catégories de gutturales, pala-
tales, dentales, labiales, sibilantes, liquides, aspirées, fortes
ou faibles. Dans la revue qui s'ouvre chacune doit venir
à son tour par ordre alphabétique; et nous nous attache-
rons à signaler leur caractère individuel, leur office et
surtout leurs permutations, sans autre tableau systématique.
Ce qui fait en somme une langue et la différence des
langues et des dialectes n'est que la tonalité ou l'accent
que prennent les voyelles, et la combinaison des con-
sonnes avec elles, comme agents et instruments de la
parole. Et ce qui rend un idiome commun à un peuple
est l'efi'et de la prédisposition naturelle ou instinctivement
convenue de l'organisme vocal d'un groupe vivant dans
des rapports fréquents, sous le même ciel et sur le même
sol ; ce sont les propensions particulières à chaque population
à rechercher ou à répéter certains sons, à préférer les
uns ou à réprouver les autres , suivant les facilités ou
les complications d'une articulation, qui la rendent plus
ou moins propre à être exprimée, entendue et comprise, et
qui lui font adopter de préférence telles ou telles intonations.
Cette loi est générale ; tous les langages qui se sont parlés
dans un pays quelconque, dans une zone déterminée, ont
leur raison dans ces sympathies ou ces répulsions orga-
niques : leurs altérations , leurs changements , leur déve-
loppement même n'ont pas d'autre mobile.
Nous n'avons pas une langue primitive ; notre idiome est
un dérivé de seconde ou de troisième formation. Par con-
séquent pour peu que l'on tienne à s'expliquer son expan-
sion, sa vivace persistance et sa régénération actuelle, il
est impossible de ne pas consulter ses origines, sa généa-
logie, sa filiation, son histoire, c'est-à-dire de ne pas
rechercher les lois et les procédés de la langue qui lui a
servi de type, dont il s'est imprégné et qu'il remplace sur
son ancien territoire. Là est l'essentiel.
Nous l'avons dit déjà : le midi de la Gaule fut le pre-
mier latinisé. En tenant compte de l'élément celtique qui
se mêla au latin populaire, apporté par les vétérans et (es
colons ; en faisant la part des influences germaniques et
orientales, dues aux Visigoths ou aux Sarrazins; toujours
est-il que ce qui nous est parvenu de la langue des plus
anciens habitants, comme ce qui est resté de celle des
envahisseurs, ne nous a été acquis que par le latin, et à
la condition de revêtir la forme et les flexions romaines.
Au moment où, après une longue période d'inculture et
presque de barbarie, la langue voulut se relever et que se
forma le roman rustique, en même temps que l'italien et
l'espagnol, c'est encore le latin plus ou moins corrompu
et oblitéré, qui leur fournit son vocabulaire et sa syn-
taxe, les lettres de son alphabet et le mécanisme de l'ac-
centuation.
B
B
81
Vus il est bien évident que, pour le former el s'orga-
niser, la langue romane ne fat pas codée d'un seul jet
dans ce moule un peu fêlé du latin vulgaire, et ne sortit
pas non plus comme un bloc d'une élaboration savante du
moyen âge. Le peuple s'en mêla presque seul. La fusion de
tous les éléments qu'on y distingue se fit peu à peu, de sou-
venir et d'instinct. A mesure que s'éteignit la domination
qui imposait ses formes, lapopulation, plus livrée àelle-mème
St prévaloir ses goûts et ses commodités dans la pronon-
dation, et assouplit davantage le parler à ses aptitudes et
à ses préférences. Et qu'alors certaines tendances tradi-
tionnelles ai^t fait retour, que certaines propensions de
vocalisation, sous l'action directe du climat ou par l'in-
fluence des habitudes, se soient manifestées; il n'est pas
permis de le mettre en doute. En Espagne et en Italie, la
langue nouvelle qui se créait aussi, n'opéra pas d'une
autre manière : les mêmes conditions climatériques eurent
ki une influence à pei» prés pareille ; et c'est pour cela
que tant d'affinités se montrent encore entre la langue
d'Oc et l'espagnol et l'italien.
Partout, dans notre Midi, la vivacité proverbiale des
Gaulois se donna carrière. Il semble que la formule radi-
cale, qui représentait suffisamment l'idée, étant trouvée et
conservée, le premier besoin, le plus pressant était de
Texprimer promptement, avec la rapidité que le peuple
tenait de sa nature. Aussi, la contraction, la syncope,
l'abréviation se produisent à chaque mot. Les langues
romanes les érigent en système; preuve que la simpli-
fication répondait à une nécessité de l'esprit nouveau. Le
latin populaire n'y avait pas échappé : c'était comme un
exemple à suivre; souvent même l'idiome nouveau exagéra
le modèle.
Comment les désinences supportèrent la première épreuve,
Doos l'avons fait voir à l'article Agnt), suffixe; mais en
jDème temps le corps des polysyllabe ne pouvait manquer
d'être atteint. Pour eux la restriction s'opère au moyen de
l'accent tonique : nous allons indiquer ce procédé.
On sait que tous les mots, sans exception, ont une syl-
labe dominante sur laquelle la voix s'appesantit. Le latin,
langue de quantité par excellence, à cause des dactyles qui
ferminaient beaucoup de ses mots, et pour donner un point
4'appni suSisaiit à son accent sur une syllabe longue, avait
la liaculté d'accentuer toniquement même l'anlé-pénultième;
4ans annuê, bîbere, vivere, etc., la voix pesait sur la pre-
mière syllabe, elle glissait sur les autres. Le roman lan-
guedocien et ses dialectes n'étendent jamais l'accent jus-
qu'à l'anté-pénnltiéme ; ils repoussent le dactyle de la fin
des mots , et c'est pourquoi la syllabe médiane brève se
trouve nécessairement supprimée ou. absorbée dans une
seule voix diphtbonguée et longue. Ex. : Asinus fait ase,
kSbtn, béoure, vivere, vioure, comme populus donnait
poboi an roman et à notre dialecte puple ou popie, bajw
fui batlê, baeulut Inutoù, spiritus éspri, etc., etc«
l^ conséquence devrait être d'amener les permutations
de lettres, qui mettaient la prononciation plus en rapport
avec l'oiganisme vocal du peuple destiné à s'en servir;
car ces syncopes pouvaient placer en contact des combinai-
sons de syllabes dont les consonnes en se heurtant se
repoussaient euphoniquement. Et c'était le moins dès lors
que chaque population cherchât à approprier les mots à ses
facultés innées, à ses propensions et à ses facilités de les
articuler. Mais comme en définitive le roman languedo-
cien ne se débarrassait pas absolument de son empreinte
latine, et comme il ne voulait pas s'affranchir des lob
générales d'affinités euphoniques qu'il recueillait par suc-
cession et trouvait toutes faites ; et qu'enfin les combinai-
sons anciennes avaient leur logique et ne s'étaient pas
établies au hasard et par pur caprice; les changements
qui ne blessaient pas le sens et n'étaient pas une gêne trop
grande, se soumirent aux règles consacrées.
Ainsi les permutations du latin à notre languedocien
actuel, en passant par le roman, ont été inspirées, de
proche en proche et à tous les degrés, par le besoin d'ob-
tenir une prononciation plus prompte et plus facile, et par
cela de diminuer l'effort et de mieux approprier la lettre
aux habitudes ou aux propensions de l'organe.
De là est venu d'abord radoucissement dans la pronon-
ciation et l'introduction des finales muettes, plus généra-
lisée dans le français que dans notre idiome méridional.
Les consonnances dures se sont affaiblies ; le e et le f
romains, toujours rudes devant toutes voyelles, se sont
changés en s et en g doux, en ch ou en j. Quand deux
lettres similaires se rencontraient rapprochées dans deux
syllabes voisines, il paraissait souvent plus commode d'en
transformer une par son équivalente, que d'admettre ime
répétition. C'était un sentiment mélodique, autrement
perçu et autrement noté ; mais les rapports chromatiques,
si délicats à observer, se maintenaient sans avoir toutefois
rien de constant et d'uniforme. La fixité leur est venue,
quand chaque dialecte, prenant son vrai caractère, s'est
consolidé dans une région et qu'il y persévère, comme
pour démontrer qu'il répondait dans le principe, et qu'il
répond encore à quelque nécessité réelle ou harmonique,
naturelle à la population qui l'a adoptée.
Dans cet ordre d'idées, quelques exemples pris au
hasard, qui seront mieux expliqués par la suite, mais qui
donnent déjà la clé de bien des étymologies et qui décou-
lent des observations précédentes. Nous ne faisons qu'in-
diquer : d'abord les désinences en argue, passant de la
bass. lat. anieœ au roman anèguea, se métamorphosant en
anche, ange, enche, agne et leurs analogues ; maniea, latin,
devient notre vieux mot margue et nuinche actuel, donU'
nieuM, dominica, donne doumirgueei dimanche; les finales
en ola, olœ, olum se convertissent de diverses manières,
Balneoiœ, Imlneolum, balniolum, deviennent pour nous
Bagnôou, Baniout et Vagnae, en fr. Bagnols, Baigneux,
Bagnères , etc. , comme linieolum fait Unçôou, linceul,
fUiolui, fiôou, filleul ; lueciniola, roueeignôou, rossignol, etc.
il
«
BkB
BA&
Et encore » pour la permtttaUon qui nous occupe » on
'trouve |)i>er, pébre, poivre; Tapa, raho, rave ; ripa, ribo,
rive; capra, cabro, chèvre ; lepu$, libre, lièvre, et ainsi de
•oite d*une foule d'autres ; la labiale B, selon Fesprit de
cliacun des trois idiomes, se transformant de trois façons,
tantôt douce, tantôt forte, tantôt aspirée.
Tant il y a que, dans Fapplication, on est arrivé à obtenir
certaines lois de permutation. C'est ce qui a permb de les
classer par groupes naturels. H se lencontre sans doute des
exceptions; mais rien ne parait en définitive livré au
hasard ni au caprice dans les variantes les plus étranges
en apparence. La règle peut se formuler, et il en résulte
qu^une consonne de même nature, soit forte ou faible, soit
aspirée, peut bien être appelée à remplacer une consonne
appartenant à la même famille, mais que rarement elle
dément sa race et elle ite se substitue jamais à une con-
sonne d'un groupe opposé. Ainsi B pourra être indifférem-
ment, sans trouble harmonique, converti en une consonne
de son ordre, P, F, ou V, et à l'inverse ces dernières pour-
ront être permutées en B ; mais il n'adviendra pas que les
unes ou les autres passent facilement dans Tordre des den-
tales ou des gutturales.
B et V appartiennent au même groupe des labiales sim-
ples ; leur permutation est fréquente et légalisée par les
règles. Suivant les diverses nuances de l'idiome languedo-
deu, elles usurpent volontiers l'une sur le domaine de
l'autre. Dans le dialecte gascon, B a l'^antage ; dans le
Bas Languedoc, c'est V ; dans nos Cévcnnes, c'est un juste
milieu. Il y a encore parmi nous une foule de mots dans
lesquels on emploie B et V à peu près ad libilum, comme
êahe, tav€ ; abéna, avéna ; atrouba, atrouva; boumi,
wuml, etc. Cola tient à ce qu'Alais, placé sur la ligne
divisoirc du dialecte lozérien et raïol, et de celui de ^imes
et du pays gounèl {V. c. m), est comme un terrain
neutre, qui peut emprunter aux deux rivaux avec une
égale légalité.
Sans insister sur des observations qui reviendront
d'ailleurs à chaque lettre, on voit toutes les ressources que
la philologie peut tirer de ces principes, quand il s'agit soit
de recomposer un mot éty mologiquement , en dégageant le
radical, soit alors qu'il faut chercher sa descendance et la
raison de sa forme actuelle.
B, lettre isolée, se prononce à l'ancienne méthode fran-
çaise, comme si elle était suivie d'un é fermé, Bé. A ce
titre, ici et dans l'article suivant, elle devrait figurer à un
autre rang ; mais comme elle n'est considérée que dans sa
valeur ordinale et non point sous le rapport de la pronon-
ciation, nous la maintenons à cette place. Il en sera de
même pour les autres consonnes.
Estre marqua dou B, être marqué au B. Un pro-
verbe a dit :
Bègoa, bonii, boussu, bouïtoùs.
Quatre fi que soun fachoùs.
B-a-ba, < . m. Commencement de la seconde leçon du
^ahairè,'ét pifr isorisfeqtieRt tum èsê flitt hé^.'^Eê
éf^carù âau ^a^, il en eft encore atrx "première ^niMs«
Àqub'i lou bHi-ba, 'c^eêi la chose la phn 'simple èa moiide.
là, ^Ha!» qui, isolée, ne présente aucun sens, tlrpà
n'entre dans ce didton populaire : iam fa, tant-ba f <pife
pour signifier : lant de gagné, tamt Ae mangé. ^^ €d9i
dérive probaiblement de boi, jeter à bas.
Baba, v. Baver, comme font les enfants an maîUoI, !M
vieillards en caducité et même quelquefois les idiots. CTeA
sans doute ce qui a donné naissance au dicton : et nén que
bobo, il est imbécile au point de baver. — Dâou piéH qvé
n'ctviè babavo, il en bavait de plaishr, a dit le poète abbè
Favre, dans son fameux sermon dé moasMu Siitre, pour
peindre la béate jouissance de Simon à l'écouter. Li faguèrt
baba lou rouje, je lui fis rendre le sang par la bouche; jt
lui cassai la gueule.
Un fou$él baba, est un cocon que la nymphe, récefl>^
ment transformée en papillon, a commencé à percer pour
obtenir sa délivrance. L'animal, pour cette opération, con>-
mence par répandre sa bave sur les parois intérieures de
l'un des pôles du cocon, afin de les ramollir et de dissoudre
le ciment visqueux qui colle les fils de soie l'im à l'antre;
par ce procédé, il parvient à les décoller, à les séparer «l
à les écarter, en les ramassant en Iwurrelet sur l'orifice,
mais sans jamais les couper, car, à l'ùtat de papillon, fl
n'a ni dent, ni sécateur quelconque ; enfin il agrandit asses
l'ouverture pour y passer tout le corps. Or le fouiii babm
n'est pas celui qui est complètement ouvert et qu'on
nomme parpaïouna, mais bien celui dont les téguments
intérieurs ont été humectés de bave, babo, et relevés en
bouchons, sans ouverture extérieure. Cette espèce de
cocons ne fournit pas de soie, parce que le brin de soie a
été embrouillé, noué, renoué, et qu*il ne peut se dévider
à la bassine ; il n'a plus d'autre valeur et d'autre ntîKlè
que le cocon de graine ordinaire, dé babo, gâté par la
bave.
Dér. dulat. barb. Babui, enfant.
Babdre, airo, adj. Qui bave ; enfant plein de bave ;
baveux.
Dér. de Baba,
Babâon, s. m. Sorte d'être fantastique dont on ne déter-
mine pas le nom, ni la forme, ni l'usage ; c'est un ol:get
indécis de crainte pour les enfants. — Garo lou babàouf
Gare la bête noire ! — Babâou est aussi le type de ce qui
est noir, de l'obscurité ; on dit : nègre coumo babâou, ésnt
eoumo babâou. Fa^re pinehoù-babâou, montrer et cacber
alternativement la tête : jeu qu'on fait à un petit enfant
pour l'amuser. — Dans le langage enfantin, on appelle
encore babâou un pou de tête, qu'on présente comme une
bête dangereuse et méchante pour engager les enfants à se
laisser peigner. On leur fait à l'appui le conte suivant :
Se vos pas té laïssa pénchina, lous babâouê trénaran tou9
pèous, né far an uno cordo, et té rabalaran en Gardoé, si
tu ne veux pas te laisser peigner, les poux tresseront tet
BAB
EUIE
sa
Oheyeivc. ib ea feipot miB coule, ayeQ laquelle ils. te. tf ai-»
oeropt à la âvièi».
Ce mot parait dér. de l'itaL florentia i?dot4^ dont il n*ëst
quLuntiddttplicatif etqai a la même signification. Un aoteuc
italien, qni a voulu faire Térudit et Toriginal, prétend que.
ce. mot bàou est Tahrégô ou la finale du nom d'Annibal,
qui fat longteDopa. un signe d*etIroi à. Rome» et dont les
femmes romaines usaient pour menacer leurs enfante.
Babarèl^s. m. Bavette d*enfant ; pièce d'estomac, linge on
toile ea tai&tas ciré, destiné ^recevoir la .bave des enfants.
— Sauvages dit aussi que BabturU est une pièce ajoutée
au haut d'un tablier, dont les femmes font un ajustement et
se convient la poitrine, dans un âge où Von ne bava plus.
Pér. de Ba^,
Bal»arîa«. v. Baver ; rendre de Vécume par la. bouche,,
comme font les chevaux qui ont trop d*acdeur ou les épi-
leptiques.
Fréquentatif de Baba.
Babarîo, $. f. Bave, salive qui découle de la bouche;
écume de la bouche ; liqueur visqueuse que répandent les
limaçons.
Dér. de Babo.
Balmrogno, s. f. Etre fantastique; la bête noire, dont
on fait peur aax enfants, en les effrayant autant par un
nom aussi laid que par la forme hideuse qu*on suppose au
fantôme.
Ce mot ne serait-il pas un peu parent d'étymologie avec
celui de Babaràoudo, que cite Sauvages, et qui signifie un
domino, habit de masque ; grande robe dont on affublait
les pleureurs, à Montpellier, dans les convois funèbres?
— Toy.. Baragogno.
Babaroto, s. f. Blatte, en lat. Blata, insecte ortho-
ptère, très-vite» lucifuge, brun-noir, plat et large, à deux
Ipngues antennes, qui habite autour des cheminées et des
{ours. Sa préférence pour la farine et le pain lui a fait
donner un second nom languedocien, celui de PanaiUïro,
R c^t assez difficile de se débarrasser de cette blatte domes-
liqufi, U où elle a établi son domicile.
Nous sommes fort tenté, de faire dériver son nom de
Bakàou, parce que c'est une bête noire et qu'elle inspire
quelque d^oût..
Babèon, n. pr. de femme, dim. de Uahèou, Elisabeth.
: — Yay. Béloun.
Babîa, v. Babiller ; jacasser, bavarder.
Dér.» comme le fr., d'après certains auteurs, de l'hébreu
Babel, confusion; d'après les autres, du gr. BaSd^eiv, bal-
butier. On a voulu y voir aussi une onomatopée, imitant
les premiers sons inarticulés que fait entendre un enfant.
Je le crois plutôt dér., comme Baba, du lat. Babu$, enfant,
parler comme les enfants, pour ne rien dire.
Babîaîre, aire, adj. ou Babïur. Babillard; qui aime à
caqueter; qui parle beaucoup, à tort et à travers. •— Voy.
fiobtur.
Pùr.dQ BqbU.
BabU, 4. fiu BabiU loquacité ;, caqjuet, caquetage. -r
Manqua pa$ dé babil, il n*est pas en peine ds paille.
 fosso babil, il babille beaucoup. Apa» que di babil, .'Au' ^
que du caquet.
Même étym. que BalHa,
BabiBar, ardo,. adj, Qni a de grosses lèvres.;, lippu*
Dér. de Babhw,
Babino,, s. m. lièvre ; babine d*animal. ^ Té né po%
fréta las babinos, tu peux t'en frotter la moustache.. S^én
liquo adéja las babinos, il s'en lèche les lèvres d'avanc& ;
l'eau lui en vi^nl â la bouche.
Dér. du latc. Labina, dim. de labia, lèvres; peut-être
aussi de babo, dont les babinot sont le siège.
Babînr, nrdo, adj. — Voy. Bab^aïre.
Babo» f . f. Bave, salive qui découle de la bouche ;
écume de certains animaux ; liqueur visqueuse du lima-
çon. — Es tendre coumo dé babo, dit-on d'un légume OQ
d'un fruit très-tendre. On ne sait quel rapport il peut j
avoir entre un fruit tendre et la bave, qui n'a aucune con-
sistance et n'est qu'un liquide gluant. Le languedocien est
plein, dans ses dictons, de ces comparaisons excentriques
dont les deux membres sont sans rapport. L'usage ùfi
celui-ci est fort ancien et fort journalier. Aquélo éstofo et
|Ki5 que dé babo, cette étoffe n'a point de consistance,
Dér. de Baba.
Babo, «. m. Nymphe ou chrysalide du ver à soie : c*est
l'état moyen de cet insecte entre celui de ver et de papillon,.
Il se métamorphose en chrysalide environ trois jours après
avoir commencé à filer son cocon,, qu'il termine en se cont
vertissant en baba, de forme ovojfde, à mesure qu'il so
dépouille de sa soie : et après le treiùème jour de cet état,
il devient papillon.
Les chrysalides sont un excellent engrais, soit qu'on les
répande dans leur entier, soit réduites en poudrette. Cet
engrais actif et chaud accélère prodigieusement la pousse
et la végétation. On dit que les Madécasses en font un plat
très-friand, au rapport de Lamothe Le Vayer. Pareil usage
se retrouve en Chine, où les mandarins ont trouvé et livré
une recette particulière pour cet apprêt. La députalion chi-
noise venue à la dernière exposition universelle, avait,
sans doute, oublié le secret de cette préparation, ou bien
elle a tenu à ne pas le révéler ; car le rapport de la com-
mission ne mentionne pas qu'elle ait été primée pour 1#
moindre échantillon culinaire en ce genre. Si cependant le
fait rapporté par les voyageurs est vrai, il est fort pro-
bable que les chrysalides qui font les délices des gour-
mands du Céleste-Empire ou de Madagascar, sont d'une
nature différente des nôtres, dont on connaît l'odeur détes*
table, et qui ne doivent pas avoir un goût meilleur à quel-
que sauce qu'on les accommode. — Un poule àou baba,
un poulet nourri et engraissé de chrysalides, qui lui don-
nent une chair jaune, molasse et une saveur nauséabonde.
Dér. du lat. Bombyx, par un métaplasme un peu forcé.
Babontiôîro, i. f. Femme qui achète les chrysalides
84
BAD
BAD
ÛMM les flUtnres, soit poor élever des porcs» soit pour les
lûre sécher et les reTcndre pour engrais.
Dér. de Bmbà.
Baeanil, i. m. Baochaïud, grand bruit, tapage infernal;
rixe bmyante.
Dér., comme le fir., du lat. Baechanalia, bacchanales,
fêtes de Bacchus; mais le bacanal n*aitraine pas comme
tes bacchanales Fidée d'orgie, ni de plaisir sensœi.
Bacara, j. m. Bacarat, terme dn jeu de macao. C'est le
plus maavais point à ce jeu, on point ruineux. Par ana-
logie, on dit : faXre baeata, manger tout son bien, se
miner complètement, jusqu'au jeune forcé inclusivement.
Quand on a tout mangé ou peidu, on se trouve dans la
même situation que lorsqu'on lait bacarat au macao.
Emp. au fr.
Bâchas, j. m. Bourbier; gâchis; cloaque, soit qu'il pro-
vienne de boue liquide, d'eaux sales ou d'eaux pluviales;
mare à canards ; mare à fumier ; flaque d'eau ; cuvette ou
bassin de fontaine domestique ; maie ou réservoir d'un
pressoir à vendange. — Cr^to-baehoi d'Ànduio, vieux
sobriquet des Andusains, sans doute à cause des fontaines
dont leur ville est abondamment fournie.
Dér. de l'allem. Bach, rivière, ruisseau, ou de la bass.
Ut. baeea, baeeka, bacekiOp baeekarium, identiques de
sign. à baekas.
Bachassoù (Gèndrouaéto), t. f. Gendrillon. ^ Yoy.
Céndrouêéto,
Bacho, s. f. Bâche, grande couverture de grosse toile ou
de cuir, dont on recouvre les charrettes chargées pour
préserver les colis de la pluie ; sorte de manne en cuir
qui occupe l'impériale des chaises de poste et sert de
malle aux voyageurs.
Bada, v. Ouvrir la bouche ; avoir la bouche béante ;
être ouvert; par ext., crier à tue-téte; appeler; héler en
donnant toute extension à sa voix ; bayer, être ravi d'ad-
miration. — Bada âou loup, crier au loup. Bado tant qu'a
dé gorjo, il crie de toute la largeur de sa bouche, il crie à
pleine gueule. — DoummM lou$ âous9élo^ ioun joutnet,
doummaï badou, plus les oisillons sont jeunes, plus ils
ouvrent le bec. C'est une expression proverbiale, qu'on
applique par comparaison à une nichée d'oiseaux qui
ouvrent le bec et crient à la fois quand ils voient arriver
la pâtée que leur apporte leur mère. Motu ioutês badou dé
pérlout, mes souliers font mille grimacos. Aquà faX bada
dé i>êir9, on est, en voyant cela, ravi d'admiration. Dé que
badêi f tè, véloà'qui/ De quoi te plains-tu 7 pourquoi cries-
tu? tiens, le voilà ! Bada la dragèxo, avoir la bouche béante ;
bayer aux corneilles. Cette expression prvb. est empruntée
à un jeu de carnaval. Un masque, déguisé en Cassandre,
est monté sur un Une, la face vers la queue. Il tient à la
main une baguette au bout de laquelle est attaché un fil,
portant une dragée qui se balance sur la tête d'une foule
d'enfants qui suivent, la bouche ouverte pour happer la
dragée, car il leur est défendu de se servir de leurs mains.
Le Cassandre fhippe sur la baguette avec une seconde, qfà
imprime à la dragée un sautillement continuel et lût
très-difficile la tâche des happeurs. A les voir se démeder,
se bousculer, et bada, est le plaisir du masque et l'amuse*
ment des spectateurs.
Dér. de la bass. lat. ou de Tital. Baiare, béer, bayer.
Bayer est donc l'acception naturelle et originaire de bada;
crier n'est venu que par analogie, parce qu'on crie en
ouvrant la bouche grande, comme quand on baye.
Badadis, s. m,, ou Badadisso, «. f. Criaillerie; réu-
nion de plusieurs voix qui crient.
Dér. de Bada, crier.
Badado, t. f. Grand cri prolongé; mercuriale à haute
voix et colérique ; huée de mépris ou de risée. — Folrt la
badado, huer quelqu'un, le poursuivre de huées ; lui (aire
une honte publique, crier haro<
Dér. de Bada, crier.
Badalièîro» 9, f. Terre remplie de lavande; par ext.
broussaille, bruyère.
Dér. de Badafo.
Badalo, s. f,,Qia Espl. Lavande, spic, aspic, La^andiita
spiea, plante de la fam. des Labiées, aromatique; nani
commun. C'est de cette plante qu'on tire par la distilla-
tion Teau de lavande et l'huile d'aspic. La badafo est pro-
prement la plante elle-même considérée comme combua-
tible. On la brûle en effet dans les magnaneries pour puri-
fier l'air; on l'emploie aussi en guise de bruyère pour
ramer les vers à soie ; mais comme elle est basse et courte,
on ne peut la fixer d'une table k l'autre comme la bruyère,
et on la réserve pour la table la plus haute qui n'a point
de dessus, en la piquant dans des liteaux percés de trous»
on dans des fagots de sarment. Les vers à soie se plaisent
à filer dans la badafo, dont ils paraissent aimer l'odeur
forte et agréable. La fleur de la badafo et sa semence sont
placées au haut des nombreux épis qu'elle pousse annnd-
lement. Quand ces épis sont secs, on les vend par bottes
pour allumer le feu, ou pour faire chauffer le linge de
corps, auquel ils communiquent tme bonne odeur. Dans cet
état, on l'appelle Egpi. — F. c. m.
Il est difficile de donner une étymologie à ce mot ; la
plupart des termes empruntés k l'histoire naturelle sont
dans le même cas. Chaque dialecte a ses techniques, et
ils sont souvent, comme les noms propres, produits par
un cas fortuit, quelquefois anecdotique. Le lat. BaUamum
serait bien hasardé et aurait passé par trop d'altérations.
Le roman a badaca, pour nommer aussi une plante qui
croit dans les lieux arides, comme la lavande.
Badaia, v., fréquent, de Bada, Bâiller, ouvrir invo-
lontairement la bouche, en respirant et expirant avec
force; au fig., s'entr'ouvrir; se crevasser; rendre le der^
nier soupir. — Loui caitagnii eouménçou dé badiOa, kâ
châtaignes commencent à ouvrir leurs hérissons; les châ-
taignes sont prêtes à tomber. Badaïa vàou pai ménH, té
noun vôou manja, vôou dourmi, prvb.p le hâillemenl
BAO
BAG
iimoQoe la laim on le sommeil. JZi poi «orf« moif badalio,
it n'est pas mort, mais il est aux abois.
D6r. de Bada.
Badaire, airo, adj. Qui crie, qui appelle; criard. —
ÊUi peu qu*un badaïre, ta ne fais que crier.
Der. de Bada.
Badali $. m„ dim. BadiOoû. BAillement; action de
bAiller. ^ FaXre tous badaU, on foire Um dariè badal.
Tendre le dernier soupir.
Dér. de Badaut.
Badâon, âondo, wy, Badand, niais, nigand, qui s'ar-
rête à toat, qui admire tout.
Dér. de i'ital. Badare, ou de la bass. lat. Badaidus, qui
a la bonche ouverte, qui b&ille.
Badarèl, iHn.adj., péjor. Badarétat. Criard, criailleur;
qui toujours crie, toujours se fàcbe.
Dér. de Bada.
Badin, ino, adj. Badin, plaisant, farceur.
0ér. du gr. IIxiBvtSç , d*enfant.
Badina, v. Badiner ; folâtrer ; tromper, duper, plaisanter
quelqu'un, le mystifier ; faire semblant. — M'an Inèn
badina à ta (iètro, on m'a bien dupé à la foire. Badine
pas, je ne plaisante pas, je le dis très-sérieusement. Vésèi
pas que badine? ne voyeit-vous pas que c'est pure plaisan-
terie?
Dér. dn gr. natSy6(.
Badinado, s. f. Plaisanterie; tour de plaisant bon ou
mauvais ; mystification ; gaillardise.
Badinaîre, airo, adj. Gouailleur; plaisantin; mystifi-
cateur.
Badinaje, s. m. Badinage; plaisanterie; gaillardise;
mystification, génériquement parlant. Badinado est un
acte isolé et spécial du badinaje. — Enténpas rés km badi-
naje, il n'entend nullement la plaisanterie. Àquà's pas dé
badinaje, ce n'est point un jeu, c'est très-sérieux. Aqud's
mn vOén badinaje, c'est une mauvaise plaisanterie.
Badino, s. f. Badine, canne mince et flexible; le stick,
ea nonveau langage à la mode ; petit bijou que les femmes
portent suspendu au cou et qui varie suivant le pays, le
coite et la mode.
Dér. de Badina, parce que dans l'une ou l'autre accep-
tion, l'objet semble toujours frétiller, jouer et être en
mouvement.
Badion, adj. m. sans fém. Ouvert de tous côtés; béant;
grand-onvert. — Voustâou es iotu badiau, la maison est
toute grandeouverte, soit par négligence, soit par manque
de lermeture, comme le logis du pauvre.
Dér. de Bada.
Bagar, s. m., n. pr. de lieu. Bagard, commune du can-
ton d'Anduze, arrondissement d'Alais.
Un titre de l'an 1074 cite cet ancien village comme
▼ignerie, m viearia de Bagamis, et l'appelle encore de
Bagamo: en 4474, la forme au pluriel revient dans de
Mofomis, et se conserve depuis.
Gomme étymologie il se rencontre deux mots de la basa,
lat. qui feraient une sorte de pléonasme : baga, id est
area, coffre ; et ama, aiveus apum, rucbe d'abeilles, qui
est dans l'itai. amia, lieu rempli de ruches d'abeilles. Cette
attribution serait appuyée et confirmée par le nom d'un
écart de cette commune dans le voisinage , mentionné
aussi dans la charte de 4074, qui dit : in viearia de
Bagamis, ei in viUa quœ voeatur de Mdnaeho. Ce dernier
mot est certainement le nom primitif de Hoinas actuel,
qu'il est facile de reconnaître; mais le nom latin d'évidence
est formé de mei, miel, qui y entre tout entier. Ce rappro-
chement donne raison à la signification étymologique de
Bagar, lieu où se trouvaient de nombreuses rucheries.
Bagassol interj. Ah! bien oui, je t'en souhaite! Va-
t-en voir s'ils viennent ! Cela ne vaut rien.
Nous croyons que cette expression dérive du mot de l'an-
cienne langue d'Oc, Bagans, formé du lat. vagans, errant,
vagabond, nom que l'on donnait aux bergers nomades des
Landes. Sans doute, ce genre de vie excentrique, au milieu
de la civilisation, leur avait donné des mœurs barbares et
sauvages, pareilles à celles des truands et des bohémiens,
qui les mit en mauvais renom. On a fait de là notre inter-
jection, qui ressemble à l'expression du mépris.
Autrefois, en v. fr.,on appelait Bagasse, une prostituée,
une coureuse. Probablement l'étymologie est la même et
s'appliquait à ces sortes de bergères nomades. En tous cas,
le mot est ancien dans notre idiome. Voici un fragment
extrait des Joyeuses recherches de la langue tolosaine, par
Odde, de Triors, 4578, qui s'en explique dans un assez
long commentaire rabelaisien ; il commence ainsi : c Ba*
gasso, seu ui nonnuUi txdunt, eaurredisso en ceste cité de
Tolose, est vn terme iniurieux entre les panures femmes,
de fort basse, vile et infime condition, lequel nom de
Bagasso sœpissime resoluitur per aKud nomen quod dieiiur
{cantoniero) ; sunl ei nonnulli quidieunt {cabas), juœta vul-
gare dietumûgae de Marseillie, cabas d'Auignon... Or,
bien que le susdit prouerbe se dise et s'vsiie bien souuent
comme nous voyons icy in mcdam pariem contre la noble
cité d'Auignon, toutes fois ie m'asseure que telle maladie
règne plus ailleurs qu'en Aulgnon, et que si elle a le bruict
les autres ont le faict. Que mal de pippe eut abbatu le
premier inventeur de tels blasmes et ne peus croire que ce
n'aye esté quelque larron foeté et banni de la susdicte
noble cité. Et pour tout hongue qui hongue, gronde qui
gronde, tousiours viura la noble cité d'Auignon, moienant
l'ayde de Dieu, car 51110 ipso factum est niKU, et per ipsum
omnia facta sunt, Deo gratias »
Bagatèlo, s. f. ou Barandèlo. Danse ou plutôt galop,
fort en honneur dans les Cévennes, qui ressemble assez à
la danse des Bacchanales. Cette danse fort animée et sou-
vent gracieuse s'effi&ce dans nos mœurs actuelles, qui ont
adopté la contredanse des villes, danse pâle et dialoguée,
qu'on ne fait plus que marcher de nos jours. Le galop
était ce qui rappelait le mieux, il y a quelques années, la
BMS
WM
k^l4^ ; mais depui» qE*av«c les mfizujekas et les scoticbs,
tepvgrùs^Gborêgc^biqtte a pénétré daos les campagnes,,
pm 1^ maoiôfo (kmlt on les saute et avec laquelle oa s'ahaa-
iam^f il n*y a pas à regreUer les^ans et la désiavoltun
Comme vocable» Baraudêlo est à la fois plus technique
^ plus expressif. C'est celui qu'a emj^oyé notre charmant
fd!^ côvtnoU dans la description si vive, si joyeuse de
CpUe danse k la Fiêtro dé Sén-BouNoumtou.
Ce mo^ est sans doulc par analogie empr. au fr.
Sagaa, v. Mouiller par aspersion ou par immersion. —
4ffu bas H ba^no, proprement, le b&t commence à tremper
dan^ Feau; au fig. et prvb. : la chose commence à se
g^r» k danger approche. On suppose ici un homme pas-
sant à gué une rivière sur un mulet ; quand Teau com-
xnence ^ arriver à la hauteur du bât, il est à craindre que
QOla n*empiie, il y a danger de la noyade : prenons donc
farde» lou,ba»aé bagno. Ainsi dans toutes les entreprises
fM circonstances, pour avertie d'ôtre avisé et prudent,
ffmod on comprend qu'on va être poussé à bout, et que la
jgiesuie s'emplit. Bagna- eoumo un ra, mouillé comme un
qanard. Fo^ la eato bagftado, il fait la chate-mite.
Dér. de Ban, bain.
BagnadurOi s. f- Mouillure; état de ce qui est mouillé.
-»- Fôou pas garda la bagnaduro, il ne faut pas garder ses
habits ou sa chaussure, quand ils sont mouillés,
Pér. de Bagna,.
B|i0iiôoa, n, pr, de lieu. Bagnolssur-Cèze, ville, chef-
lieu de canton, arrondissement d'Uzès. — On donne à ses
tiabitants, dans la tradition^ le sobriquet de Galinéto dé
J^ignôou, mais la tradition n'a pas expliqué pourquoi. —
U ne faut pas confondre cette ville avec celle de Bagnols-
l^.Bains (Lozère), qu'on appelle Lout Bantom, -* F.
c> m.
tt est curieux cependant de rapprocher les deux appel-
ions : Bagniôou, arrondissement d'Uzès, Lous Banious,
aivondissement de Mende. Ces deux mots, qui ont la même
signification, la mémo traduction, se distinguent par leur
QODSonnance finale. I^eur radical commun viont du lat.
B^neum, qui donnait dans les vieux titres Balnaolœ ou
Bolnedum, par l'addition de la désinence diminutive, pour
indiquer un petit lieu do bains. A Bagnôou, il existait en
efiet autrefois, & peu de distance de la ville actuelle, au
pied d'une petite uiontagne appelée Lancise , une source
ii'cau thermale fort en renom pour les maladies cutanées :
cette source a perdu son efficacité. Loui Baniou» gardent
toujours l'ancienne réputation de leurs eaux minérales qui
tas ont fait dénommer. — Voy, Banioui ILous),
Sur le nom latin des deux locaUtés, le languedocien a
iail la variante que nous remarquons, qui s'eŒace dans le
bançais Bagnole, mais qui se retrouve dans le roman
encore conservé sur des points nombreux de la France.
Ainsi, au boni du Rhône, dans la plaine* Bagnêou ; dans
(es montagnes des Gévennes, loui Bania%u ; comme iden-
tiqpss«, les noms de Ban%MXitdu'Avp¥u, et JBkifiyute-tioH
Mw se rencontrent dans les Py cénéi8S:0Jcientales; Bagp/tms^,
commune de Calvisson (Gard), dit Bag/^fAuv\ %ÀUa^m^ iOilO ;
lAt Bagnious dans la Haute-Garouna.; JPa^fnevaudansrAisve»
Allier, Cher, Indxie, Isère,. Maine-etrLoirei Marne, Bleurito^
Moselle, Seine, Deux-Sèvres, Somme, Vienne ; Baign^v^,
dans Indre-et-LoirSk Sarthe, Cète-d'Of ; qui avec Bamoi
(ilautes-Pyrénées) ^BaneuU {Dordognp) ^Bagneaux (Loi^etii
Seiue-et-Marne, Yonne), Baigneaux (Euro^t-Loir, Girondin
Loir-et-Cher) , Banèehe (Haute-Vienne) ,, Baminj^ (AifO %
llaneûB (liaute-Vienne) , tous désignés ^t Mn^oUf^^Bal-
neolum, Baniclum, Balniolum, semblent plus cap^ocbâi^
de hus Banious; de même que Z^a Ba^nojUt (Ardenne^ ^
Bagnolles (Orne) , Bagnol (Cote-d'Or) , Baignol (Eaul0*^
Vienne), Bti^nolt (Basses -Alpes, Aude), Bagfwls^ (Uéraidt»
Puy-de-Dôme, Rhône, Var) , Bagnolot (Seine) ,, Us Bagna*
Ms (Allier), Baignolet (Eure-et-Loir), sont pucfaitemsnt
semblables ou plus voisins au moins de Bagndou. Dans la
même famille se comptent encore Bagnae (Cantal, U>t,
Haute^Vienae), Bagnars (Allier, Cantal),. Bingnars (Avey-
ron) , ^ Saunai (Uérault) , Bagne (Ain), Bagne (Vi^nnA)%
Bagnéras, Bagnèru, la Bagnère (Hautes-Pyrénées, Uaqjyo«
Garonne, Landes), Bc^gnac (Lot-et-Garonne), Kat^iuti
(Isère, Hante-Saône, Charente) , les Baigners (Loiret). Près
de nous, Vagnas (Ardèche) et La Vagniérette^ ruisseau dsM
la commune de la Rouvière (Gard), n'onl-ils pas la mAps
source, par la substitution conque du V wiBf
Partout le radical est À peu près immuable.;;. les variaoten
s'exercent sur le diminutif olus, ola, olum, au siAg:> oo,
dœ, plur. Ces difTércnces ethniques très-remarquables^ s'ev»
pliquent par l'influence des situations, des climatSi s^C la
formation des noms.
Bago, s. f. Bague ; anneau d'or ou d'argent ou d'autca
matière, orné quelquefois de quelque pierre précieuse,
que l'on porte au doigt. — Bago dé mariajef, ann^a^
nuptial.
Dér. du lat. Baeea, anneau.
Bagou, «. m.Caquctage, babil, intempérance de langivi;
facilité de s'exprimer, mais dans le genre thviai. — ; A bom
bagou, il a la langue bien pendue. En fr. fam., daos b
langue verte, on dit aussi bagou.
Dér. du gr. BaXp^, son, parole.
Baguéto, s. /*. Baguette ; b:\ton long, délié, flexible oq
rigide; baguette de fusil; petite bague, petit anneau;
baguette d'un nœud, ganse. — Voy. Noutcléto.
Dér. de la bass. lat. Baculela, dim. de Bacuius,
Baguiè, s. m. Baguier, écrin 4 mettre dos bagues.
Dér. de Bago.
Bahn, s. m. Bahut, grand coffre à serrer les liardes, la
plus souvent doublé en cuir et garni de clous à tète qui y
forment divers dessins. C'est un meuble du moyen-â^.
On appelle encore bahu, ces grands coffres où ks paysans
serrent leur salé quand il est sec.
Dér. de l'allcm. Behuten, m. sign.
BAI
BAI
87
MU, *v,, «ti Btfla. fibmiërnfti ^tiésâl;MlooMrftitail
"bâr. dfi ffi. B^B^iv, lancer^ jèteis «nfvoyér.
Baifer, ^. m. Hftip, <oti bord, 6orte 4ib ci^idre dont le fond
li%8t pas à^ait^veie, mais «n yla&ohed, )Kttr itransporler
le mortier.
Mr. dti lai. Bo/trféifv, Iranspoirter an lurdeati.
Balafsfae, j. tii., n. fyr. de lien. fBaîHargaeb^ village et
eommuAe daoïs le dèpartemeirt de l'Héraolt.
Au Hefi ^de cherdier pénibleroent dsta^ les m<mfEtnents
lapidaires cm tôt les mêdaïUes Tomaines «m niE>m d'homme
d'une notoriété soavent douteuse, qm eorresponde à la
dénomination d*un village construit sur les prétendues
nrines d'une rilla Antique, pourquoi ne pas demander à la
langue parlée dans les "Gaules en même temps que le latin,
€^ ne pas extraire des altérations et des transformations
^pie te roots ont subies pour arriver jusqu'à nous, une
ttidioe qui soit également satisfaisante à la signification et
aux procédés ordinaires de composition des noms propres ?
Pbur Bnïargue, Baîllargues, Balhanica au moyen-âge, sa
iérivation ne serait-elle pas plus naturelle en la tirant du
gaulois bala, bitUe, village, qui est encore, avec le même
lans, en gallois, bala ; en irlandais, baUe et balvt ; en bas-
breton, baiU; qui odt donné au fr. baillage, bailli, après
la I)a9s. latin., qui disait biûia, ballia, baiUagium? Snr ce
radical, se serait, par les procédés ordinaires, formée
Tappellation de la bass. lat. en anieœ, puis la traduction
romane arrivant enfm à notre désinence en argue. Celte
descendance est pour le moins aussi probable que celle
tirée du nom d'un certain BaUienus que cite Gicéron dans
ton oraison Pro Fonteio
HaSa, V. — Voy. Baïa.
Baile, V. m. Bailli ; maître- valet dans une ferme, chef
des journaliers, qui a la direction de l'ouvrage; maitre-
bei^r qui a la conduite d'un grand troupeau pour aller à
la montagne (T. Abe^). — Dâou pu toundrdou n'an fa
Utu baih, prvb., du plus ignorant on a fait un docteur.
Gè dicton a reçu et recevra, de tous temps et sous tonte
sorte de régimes, de nombreuses applications. La malice
des ambitions méconnues est si grande , les bons choix si
difficiles, le vrai mérite si rarel
Dér. de la bass. lat. Ballium, gouvernement, adminis-
tntion, tutelle.
BaBéja, v. Commander; faire -les fonctions de batle;
trancher du maître ; faire l'important.
Balléno, s. f. Femme du maitre-valet dans un domaine,
qui est chargée de veiller aux soins du ménage.
Baissa, v. Baisser, diminuer de hauteur; baisser de
prix ; s'afiaisser peu à peu, s'affaiblir.
Se bai$$a, se baisser, se courber.
Emp. aufr.
Barâsos, j. /*. p/. Branches basses d'un arbre, celles où
Vm. péttt atteindte de %errd. — Ce met ike se-dît -fue 4m
srbp^ à fniits qneloonqufis et idu marier, 'de oeux enfin do^t
il faut atteindre les bi»i»ohes pouriairek ouetllelte. — tm
baïsMs toqtêou lou tâou, l'arbre est teHement ebai^ de
frtîts ^foe les battes branehes Irainent à terre.
Bér. de Bouta.
Baito, i. f,, on tSaj^tèlo. tiolte, baraque» inaiflâiuiâtM
de vigne, qui n'est pas habitée et ne sert que pour eikfer-
mer des outils^ ou se metife à Tabrâ d'«n on^, d'<une
ondée.
Dér. de Tbéb. Baitk, maison, logement, d'où vieotpeait-
ètre l'angl. to bait, se loger en passant.
Baïuèmo, #. f, £tittcolle; bluette qui s'échiippe >du
bois enflammé. — Voy, BUugo et Sarjan.
Il est difficile de déterminer l'étymologie de ce mot.)
mais il est impossible de lui refuser un rapport saisissant
de conformation avec le français baliwrM^ rappon Qui
trahit une commune origine. Le mot est en effet le mèoie
dans les deux langues, sans autre variante ijue celle pto»-
duite par une transposition de lettre due à la différence de
leur génie ; l'ï tréma languedocien n'est guère que le pen*
dont des deux U mouillés ou de l't^ forme que garde du
reste la prononciaition raSole en disant baiuèrno. Sauvages,
qui ne donne pas ce mot, conserve cette orthographe dans
tous ses analogues. Quant à. la transformation de l'u en «^
elle est si commune aux deux langues qu'elle n*a pas
besoin d'explication. Outre la ressemblance matérielle, gn«
phique et oonsonnante, les deux mots ont bien aussi quel*
que rapport dans leur signification. La bàiuèmo comme
hi baliverne, sont choses de peu d'importance, de peu
de durée, choses qui passent sans laisser de trace. Leur
différence est en ce que le preoûer mot tient & l'ordre
physique, le second à l'ordre moral. Maintenant, le pre*
mier a-t-il donné naissance au second ou faut-il prendre
le vice versé ? Ne peut-il se faire aussi que. dérivant d'une
source commune, ils soient nés simultanément? Ce mystère
se perd dans la nuit... de Tétymologie.
Baîzadaro, j. f. Biseau ou baisare du pain, empreinte
que deux pains s'impriment réciproquement , lorsqu'ils se
touchent et se collent dans le four.
Dér. de Baïsa, baiser, mot ancien, usité encore dans
quelques-uns des dialectes du languedocien.
Bajana, s. m,, ou Goosina. Potage aux châtaignes blaor
chies, dont toute la préparation consiste À les faire bouillir*
C'est un mets très-commun dans les Cévennes, où il fait
la principale nourriture des habitants pendant tout l'hiver.
Il est exquis avec une addition de lait.
Dér. de Bajano,
Bajanèl, èlo, adj. Nigaud, imbécile, niais. — Cette
épithéte moqueuse me parait tenir à cet esprit de rivalité
qui a existé au moyen âge entre les habitants de localités
voisines. Par la môme raison que les habitants des Cévennes
appelaient Gounèh par dérision les habitants de$ communep
au-dessous d'Alais, ceiix-ci, usant de représailles, quali-
88
BAL
BAL
liaient les premiers de BqfanUt, psice qu'ils se noorrissaienl
de hajanat; et dans leur dictionnairs ce nom est resté
synonyme de nigaud. — Voy, GoumU,
Dér. de Bajano,
Ba{ano, j. f, Ch&taigne blanche, s6d)ée i la famée et à
la chaleur dans le snoir à châtaignes» elédo, et dépooillée
après cette qiération de sa coque et de sa pellicule; chA-
taigne-bajane.
Dér. da lat. Bmanui on Bt^'amui, qui est de Ba&, Tille
du royaume de Naples. Il semblerait par là que Tusage de
faire sécher ou blanchir les châtaignes a commencé dans ce
dernier pays.
Bal, «. m. Dal ; réunion convoquée pour danser ; danse.
— Donna hu bal, donner la chasse, pourchasser ; rosser,
(aire danser quelqu'un, iron.
En ital. Satto; en esp. BaiU. Le gr. a BaXXfCw. je danse.
Bal, s. m. Bail à ferme, à loyer, à emphytéose ; contrat
poMic ou privé, pour donner, pendant un temps déter-
miné, moyennant un prix payable annuellement ou à des
termes convenus, la jouissance d'une chose mobilière ou
Immobilière à quelqu'un.
Dér. du lat. BaUium.
Bala, «. N. Etre en suspens, entre le mouvement et
l'immobilité. — Se dit d'une boule prête à s'arrêter, qui se
balance avant de se fixer ; et encore d'un moribond à ses
derniers moments, prêt k passer. — Balo, il est entre
la vie et la mort. A bala, il est mort. Dans ce dernier
sens, familier du reste, ce mot ne seraitôl pas une corrup-
tion de iwtbala, faire ses paquets pour partir T Ou bien a-t-il
la même étymologie que le suivant : b<dan t
Balalln-balalan , ou Balin-balan. Onomatqiée pour
exprimer un objet qui branle, qui s*agite ou qu'on agite
de droite et de gauche, comme une cloche. C*est un rédu-
plicalif de baian. — Ana balin-balan, ou balalin-balalan,
aller à l'aventure, à droite et à gauche, ou les bras ballants.
Balan, t. m. Branle, volée ; élan que l'on donne à un
coup que l'on veut lancer. L'élan qu'on prend soi-même
pour s'élancer se dit van. — Souna à balan, sonner les
cloches à volée. Tréi €o$ à balan, trois volées. D&una lou
balan, donner le branle. Aqnélo earitado a trop dé balan,
cette charrette est chargée trop haut, elle court risque de
verser. Aquél mariM a mai dé balan, ce marteau a plus de
coup, plus d'élan. Bé$U'q^ en balan, il resta là en sus-
pens, dans l'hésitation.
Ce mot est-il une contraction de Balança, ou bien vient-
il du gr. BdXXto, lancer, envoyer? On peut choisir.
Balança (aé), v. Se balancer, se dandiner; s'égaliser, se
valoir réciproquement l'un Tautre; jouer à l'escarpo-
lette, à la balançoire.
Dér. de Balança,
Balançadoù, $. m. Balançoire, escarpolette; une planche
posée en travers sur une poutre, et aux deux bouts de
laquelle les enlants se balancent en faisant la bascule.
Pér. de Balança,
Balâiiço, t. /. Balance. Au sing. ne se dit que llgor.
pour : attenti(» avec laquelle on pèse les raisons poor el
contre; comparaison, parallèle équitable. Au plur. loê
balançai s'emploie pour balance, instrument formé d'un
arbre, d'un fléau et de deux bassins pour peser. — Tim
bien la balança, il rend justice égale à tous. Fdou fairo la
balanço, il faut rendre justice à tous, il faut faire un
poids, une mesure équitables.
Dér. du lat. Bilaneiê, génit. de bilanx, dpuble bassin,
Balandran, s. m. Arbre mobile de la balandro; plateau
d'une grande romaine ou balance pour peser des objets
d'un grand volume, —- Delà, par analogie, paM$a 4ou balan-
dran, berner, faire passer à la couverture; bousculer.
Formé de Balan et de l'ital. andare, aller,
Balandro, j. f., ou Ponlèje, Bascule de puits de etat^
pagne ; mécanisme fort simple et fort usité pour les puits
de jardin dans les Cévennes. Il consiste : 4« en un arbre
droit fiché en terre; f en nn arbre mobile fixé au pre-
mier par un crochet et un anneau, en forme de vergue ; à
une extrémité de celui-ci on place un contr&poids fûl
d'ordinaire d'une grosse pierre percée qui tient à Tarbre
par une cheville; à Tautre bout est attachée, par un brin
de corde assez lâche, une barre mince qui descei\d ainsi
verticalement et qui est terminée par un croc soutenant k
seau. Pour puiser l'eau, on tire cette barre, qui fait jouer
facilement la vergue sur son anneau, et le seau plonge;
quand il est plein, le moindre mouvement du bras lû|
jouer la bascule, et le contre-poids, agissant dans le même
sens, le seau remonte sans effort et sans fatiguer le pni-*
seur, — Voy. PouUfje.
Même dér. que Balandran.
Balé, «. m. Auvent, petit toit de planches, en saillisi
au-dessus de la porte d'une boutique, pour abriter t'étaUga
de la pluie et du soleil trop éblouissant ; palier d'escalier
ou galerie découverte, balcon en terre-plein. — Le baU,
auvent au-dessus de la porte des magasins, a disparu, ou It
peu prés, devant les règlements d'édilité ; il était pitto-
resque et utile aux marohands; mais les devantures en
avancement et surtout les étalages à la mode le remplacent
avec avantage et maintiennent à l'intérieur un peu plua
que le demi-jour favorable au choix de la marchandise,
sous prétexte d'un soleil trop éclatant. Le progrès âe%
lumières nous vaut ce changement.
Dér. dugr. BiXXciv, jeter en avant.
Balèja, o. Faire contre-poids ; être égal, équivalent ; e^
équilibre, -r- Faïre baUja, égaliser, équilibrer, par ex. :
une charge de mulet, de manière à ce que les deux côlAa
aient à peu près le même poids. Aqud baUjo à Vmdtmr
d'un quintâou, cela pèse environ un quintal. AquéUt dam^
éfan» $i baléjou, ces deux enfants sont à peu près an
même âge ou de même force.
Dér. de Balo.
Baléno, i. f. Baleine, Bakma mfiîieHui, linn. Poisson^
genre de Mammifères de la fam. dea Cétacés; le plus gro^
BAN
BÂN
89
de tons les animanx connus; ses fanons on barbes four-
nissent les baleines de parapluies, servent aux corsets de
femme, etc.
Emp. au fr.
BaÛsto, s. m. Bailliste; fermier, séquestre; adjudica-
taire. — BcUisto dé Voirouè, fermier de Toctroi.
Dér. de Bal, bail.
Balo, «. f. Balle de plomb; ballot, balle. — Balo dé
fusil, dé pUtoulé, balle de fusil, de pistolet. Bah dé eéboi,
balle d*oignons ; il y a douze tresses, ou rènei, à la balle.
Aquà fa* bien fna balo, cela me chausse à merveille , ça fait
bien mon affaire.
Dér. du gr. Bd^eiv, jeter, lancer.
Balô, 5. fil. Ballot, balle, sous une enveloppe de grosse
toile, serrée avec des cordes ; demi-charge d'un mulet,
celle que Ton met d'un côté du bât. — SaXque aqud's pas
un balà dé sédo, pér lou mena tant plan? ou pesa tant fï,
faut-il tant de précautions, ou tant regarder au poids? ceci
n*est pas un ballot de soie.
Dér. du précédent.
BalotOp $, f» Petite boule du loto, ouest inscrit unnuméro.
Dim. de Balo.
Balonta, v. Balloter; au pr., lancer et relancer d'une
main à l'autre, ou d'un joueur à l'autre, comme se repasse
une balle ; au fig., mystifier quelqu'un, le renvoyer de l'un
à l'autre, du poirier au pommier.
Dér. de Balo.
Balustrado, s. f. Balustrade, garde-fou, composé de
balustres continus.
Emp. au fir.
Baiustro (à tnsto), adv. Â l'aveuglette, à la hurlu-
berlu; brusquement, brutalement; sans prendre aucune
précaution.
Formé de Tusta et du fr. balustrs, parce que dans cette
situation on se heurte à tout.
Bamboche, s. f. Orgie, débauche. — Fdirs la bam-
boeho, ou si métré en bambocho , faire une partie de dé-
bauche, un gala crapuleux.
Dér. de Vital. Bambœeio , petit homme grotesque :
Boeea, boudie , ne serait-il pas là pour quelque chose?
Peut-être même le fr. boue, dont la lascivité est connue.
Bamboacha, v. Faire des bamboches; se livrer à la
débauche ; faire de mauvaises farces, des farces d'ivrogne.
Bambcmcliiir, nrdo, adj. Bambocheur]; libertin ; enclin
à la débauche.
Ban, $. m. Banc; siège ou tréteau long, en bois ou en
pierre, sur lequel plusieurs personnes peuvent prendre
place ou plusieurs choses être déposées. Il prend en fr. dif-
férent! noms, suivant les usages auxquels il sert. — Ban
dé minuisiè, établi de menuisier. Ban dé bouehè, étal de
boucher. Ban dé iè, tréteau de lit. Ban dé la bugado,
selle ou batte de lessiveuse. Ban das marguïis, banc de
roenvre. Es vièl eoumo un ban, îl est vieux comme les rues.
Dér. du lat. Baneus ou de l'allem. bas^.
Banar, do, adj. Cornu, encorné; qui a de longues
cornes ; habitant de la commune de Bannes ( Ardéche).
Dér. de Bano,
Ban astado, s. f. Contenance à'xmebanasto; plein une man.
ne,ou banne — FaïtoujourquAouquobanaitado, il fait toujours
quelque ânerie, quelque école, quelque afiaire de dupe. Yana
émbé touto la banastado, dit-onde quelqu'un qui parledesgens
sans égard, sa ns garder aucune mesure, lâchant sur leur com-
pte les vérités les plus dures, les plus blessantes, qui, pas plus
que les vérités ordinaires, ne sont pas toujours bonnesà dire, ni
surtout à entendre : c'est comme si l'on disait qu'il vide tout
son sac, sans y rien garder, comme on jette là une banastado.
Dér. de Banasto.
Banastaîre, s. m. Fabricant de banastos, et de toutes
sortes d'engins faits avec des scions refendus de châtai-
gniers sauvageons, que l'abbé de Sauvages appelle Cotons.
On dit proverbialement : Banastaîre das Apéns, parce
que les habitants de ce hameau, dépendant de la commune
de Lamelouse, arrondissement d'Alais, se livrent beaucoup
en hiver à la fabrication de ces bannes en châtaignier.
Dér. de Banasto.
Banastôja, v. fréq. Transporter habituellement à dos de
mulet ou d'âne dans des banastos.
Banasto, s. f. Banne ou manne double, panier à bât
pour transporter le fumier et autres objets, dans les pays
où les voitures ne peuvent rouler. — Sot eoumo uno ba-
nasto, sot comme un panier. A éstudia souto uno banasto,
dit-on d'une personne complètement ignare, par allusion
peut-être aux chevreaux, que l'on recouvre ainsi pour les
empêcher de gambader et par là de maigrir; ou bien pour
rappeler les ânes, qui sont le plus souvent chargés de banastos.
Dér. du gaulois Benna, voiture, ou de l'allem. benne,
tombereau; d'où le lat. benna, charrette entourée de claies,
sorte de corbeille.
Banaston, s. m., ou Taréîrôon. Dim.de Banasto. Ban-
neton, mannequin ou petite manne, sans anses, très-évasé
d'ouverture.
Bancèl, s. m., ou Faîaso. Terrasse ou bande de terre;
plate-bande de jardin. Le terme bancèl est proprement usité
dans les hautes Cévennes; fàïsso est plutôt des environs
d'Alais.
Dim. de Ban, banc , parce que le bancèl est droit et
long comme le banc.
Banda, ado, adj. Mort, crevé; ivre-mort, roidi. —
Banda eoumo un piô, soûl comme une grive.
Emp. du fr. bander, pour roidir.
Banda (aé), v. Se soûler, s'enivrer; se gorger de vin.
Même dér.
Bandéja, v. fréq. Passer du linge savonné dans l'eau
claire, ce qui se fait en le tenant par un bout et le plon-
geant, le passant, le repassant dans l'eau, jusqu'à ce qu'il
soit bien essuyé de l'eau de savon.
Est-il dér. du lat. Pandere, étendre, développer, ou du
languedocien branda ?
il
90
BAN
BâO
Bandi, s. m. Dim. Bandind. Bandit , vagabond, homme
sans aveu. — Et un bandi, c'est rm mauvais drôle; et
quelquefois, seulement, un mauvais sujet, un libertin , s*il
s*agit d'un tout jeune homme ; on dit alors : es tin ban-
dind.
Dér. de l'ital. BandUto, banni, proscrit.
Banéja, v. fréq. Commencer à montrer les cornes, comme
les escargots ; par exX. jouer des cornes.
Dér. de Bano.
Banèlo, j. f. Vanneau. — Voy. Vanèou.
Bani, V. Bannir, chasser. — Y-a pas moutin dé boni
tous ras, il est impossible de se délivrer complètement des
rats. — Il signifie aussi : faire une saisie-arrèt.
Dér. du lat. Bannum, bannissement, exil, ban.
Banimén, t. m. Saisie-arrèt ou opposition, terme de pra-
tique en procédure.
Banious (Lous), n. pr, dé lieu, Bagnols-les-Bains, ville
dans la Lozère, renommée par ses eaux thermales.
11 est à remarquer que Tappellation française ne donne
pas la preuve que le baptiseur fût très-fort en languedocien.
Bagnols, traduisant lous Banioiu, est dér. du lat. Balneo-
ium, qui signifie : lieu de bains; pourquoi alors ce pléo-
nasme inintelligent dans le nom français, et Taccouple-
ment de deux mots de même signification ? — Voy, Ba-
gndou,
Bano, s. f, Dim. Banéio, péj. Baruisso, Corne de la tête
de certains animaux ; antennes de certains insectes ; cornes
des escargots; coup à la tête, qui se tuméfiant devient une
bosse au front. — Vno bano dé fougasso, un morceau de
fouace, parce que la fougasso , le gâteau des paysans, est
plate et formée en compartiments et en grillage ; un de ces
fragments ressemble donc assez a une corne. Fia eoumo la
bano d'un biéou, contre-vérité, mou comme la corne d'un
bœuf. Chacun soun gous, dis lou prouvèrbe, eoumo Vâoutre
fué suçavo uno bttno, chacun son goût, comme disait
cet autre qui suçait une corne. S'és fa uno bano, il s'est
lait une bc^se au front. £o bano d'un tour, Tun des quatre
volants de la roue d'un tour à filer la soie. Cagaràouléto,
êOT ta» banitoi, chantent les enfants dans nos Cévennes,
comme ceux de Paris disent : Colimaçon borgne, montre-
moi tes cornes. Nous rimons mieux.
Las banos, au plur., comme les cornes, sont, au fig.,
Femblème d'un mari trompé.
Dér. probablement du celte; car on ne trouve l'ana-
logue de ce mot dans aucune des langues connues.
Bano, n. pr, de lieu. Bannes, village et commune de
rArdèche, sur les limites du département du Gard.
Du Cange cite Bano avec la signification de terrain
communal. L'étymologie de ce nom pourrait bien être tirée
de l'affectation du territoire à des dépaissanoes, ou à quel-
que autre servitude communale. Ce que nous ne pouvons
vérifier.
Banqnaroniiè, tièiro, a4|. Banqueroutier, ière, celui
on celle qui a fait banqueroute.
Banquaronto, j. f. Banqueroute ; faillite ; insolvabilité
feinte ou réelle d'un négociant.
Dér. de Banquo, banque, et de routo, fém. de rou,
rompu.
Banque, j. m. Petit banc; tréteau de lit, de théâtre de
bateleur, de table à manger, etc.
Dim. de Ban, banc.
Banqniè, s, m. Banquier; celui qui fait le commerce
de l'argent; à certains jeux de cartes, celui qui taille oa
joue contre tous les autres.
Dér. de Banquo.
Banquo, s. f. Comptoir de marchand ; grand coffre à
hauteur d'appui, qui règne tout autour du magasin, ou
dans une partie seulement et sur lequel on montre et on
étale la marchandise. 11 y a un tronc au milieu, en tinûr,
où l'on fait tomber les espèces à mesure qu'on les reçoit,
et dont on fait la levée et l'inventaire chaque soir.
Dér. de Ban, banc.
Bann, ndo, adj. Cornu; qui a ou qm porte des cornes.
— Un cho banu, un sot, un homme sans intelligence,
comme un hibou.
Dér. de Bano.
Bâou, bâoujo, adj. Niais, nigaud, badaud. — Que siis
bàou I Que tu es bête !
Dér. du lat. BaXbus, bègue.
Bâoubôcho, s. f. Bobèche, partie du chandelier oà se
place la chandelle.
Emp. au fr.
Bâoudrado, s. f. Bêtise, balourdise, niaiserie ; école.
Dér. de Bàou.
Bâoudroî, s. m. Baudroie, galanga, raie pécheresse,
diable de mer; espèce de lophie, LopMus piseatorius, Linn.
Poisson de l'ordre et de la fam. des Chisnopnés (respirant
par une fente), cartilagineux, à corps plat, à évent près
des nageoires, à large gueule, qui semble n'être que têle et
queue. La Baudroie fait un très-bon potage.
Bâondnlo, s. f., ou Bondiifo. Toupie, jouet d'enfant;
sabot. Ce mot ne s'emploie plus qu'au fig. Es pas pu bU
qu'uno bàoudufo, il n'est pas plus grand qu'une toupie. Té
vire eoumo uno bàoudufo, je te fais tourner comme «ne
toupie.
Que se trufo,
Dieu lou bufo,
Et lou faï Tira eoumo uno bàoudufo. (Prvb,)
Les étymologistes sont fort divisés sur la dériv. de ce
mot ; elle est tirée du cdte Bodwa, mamelle, à cause de
la ressemblance ; ou bot, boud, qui a fait dans la boas.
lat. botta, d'où l'ital. bodda, crapaud, à cause de la gro^
aeur. — Voy. Boudufo.
Bàonjoula, v. Porter un enfant au bras, le caresser, le
cajder.
Dôr. du lat. Bajulare, porter un faideau.
Bàonmo, s. m. Baume, sorte de mentfaa, plante uth
matique, plus particulièrement la mendie varie et gen*
BAR
BAR
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tille. Aafig.fledilaussi d*an confortatif , d*aiiréconfortant dout
oo exagère la bonté : Âquil vin es un Sâoutne sus l'éstouma,
Dér. dn lat. Baliamum,
Bàoiunéln, ndo, adj. Creux, caverneux ; se dit parti-
enlièrement d*un arbre, d'une pièce de bois.
Dér. de Bàoumo.
Bàoiimo, s. f. Dim. Bâouméto, péj. Bâoumasto. Grotte,
eaTité naturelle; caverne; bauge du sanglier; terrier du
renard; garenne du lapin. Ce mot a donné naissance aune
fouie de noms propres de personnes et de lieux : Labàoufno,
Bâoumi, Bâoumèlo, Bàoumastiè, qui se traduisent en fr.
par Labaume, Baume, La Baumelle, Balmelle, Balmes,
Banmier, Baumassier, etc., qui signifient pour en dériver
en ligne directe et primitive : habitation ou habitant des
cavernes, des grottes : l'origine est ancienne et se rattache,
par une infinité de quartiers, aux troglodites. La Bàoumo
dé la» Fadot est le titre d*une des plus jolies pièces de
noire inimitable poète des Ccutagnados.
Bàoiiqiio, f. Â Du verdage, espèce d'herbe graminée,
foin grossier qui pousse naturellement sur les talus et
berges des fossés et dans les bois taillis ; c'est probable-
ment du foin dégénéré en poussant dans des terres sèches
et trop fortes. On ne s'en sert guère que pour litière.
Aucune bête de labour, non plus que les moutons, ne
oonsent à s'en nourrir.
Bàonriy s. m. Péj. Bâouritu. Précipice; ravin profond
et escarpé, gorge étroite et sauvage; abime ; fondrière.
Dér. peut-être du lat. Vallis rivua, ruisseau de vallée,
ou de l'ital. balzo, précipice, du gr. B^XXeiv, jeter, lancer.
Bar, «. m. Dalle, pierre plate large et carrée, pour car-
reler. — Bar dé Mus, dalle des carrières de Mus, village
près de Nîmes, d'où se tirent les meilleures dalles pour
carreler les fours à pain, parce qu'elles sont réfractaires et
supportent très-bien l'action du feu. Bar dé saboù, une
table de savon. C'est sous cette forme que le savon est
fabriqué et livré au commerce. Cette table a d'ordinaire huit
centimètres d'épaisseur sur cinquante centimètres en carré.
Bara, v. Fermer, en général; barrer, boucher ; bftcher
une porte, la fermer et l'assujettir par derrière avec une
liarre. — S'en fôou bara lous tels, il faut s'en fermer les
yeuXf s'en consoler, en prendre son parti. Âqud baro Tm-
fauma, ce spectacle vous serre le cœur. Bara sa houHgo,
est tout simplement fermer son magasin; mais bara bou-
tigo, c'est cesser son commerce par suite de déconfiture ou
antreroent. Baro pas dé tout hujour, il ne cesse pas de par-
ler de tonte la journée. Bara lou eami, couper le chemin,
entraver la marche, fermerla carrière à quelq[u'un. Bara un
trâou, boucher un trou. Se bara déforo,sé bara dédin, fer-
mer la porte sur soi du dehors, ou par dedans, s'enfermer.
Dér. de Baro,
Baracan, #. m. Bouracan, espèce de camelot, étoffe qui
«qette la pluie.
Emp. au fr.
Baradis, isao, adj. Qui peut se fermer ; fmnant; des-
tiné à être fermé. — Pagnè baradïs, panier à couvercle.
Coutil baradïs, couteau de poche, qui se ferme.
Dér. de Bara,
Baradisso, s, f. Action souvent répétée de fermer et
d'ouvrir une porte, une fenêtre, un tiroir. — Aquélo bara-
disso finira lèou ? En finira-tron bientôt d'ouvrir et de fer-
mer cette porte?
Dér. de Bara.
Baradnro, s, f. J^'ermeture, en général; boucheture
d'épines ou de fagots, pour empêcher l'accès d'un champ,
n est peu employé au propre. Au fîg. il est usuel dans ce
dicton : Pâouro baraduro I pauvre ressource ! mauvais
pronostic! cela s'annonce mal.
Dér. de Bara.
Baragna, v. Faire une haie vive, garnir de buissons ou
d'épines l'entrée d'un champ ou la crête d'un mur de clô-
ture ; clore, faire des haies avec des buissons.
Dér. du celt. Bar, barrière ; ou de l'esp. brena, hallier,
ou du lat. vara, barre : sans doute tous proches parents.
Baragnado, «. f. Haie vive ou non; échalier; toute
sorte de clôture en haie. Sur les bords du Gardon, et de
toutes les rivières torrentielles, on fait des baragnados
pour faire déposer le limon. On y emploie des ramées de
chêne- vert, serrées et assujetties par le sable et le gravier,
ou des branches d'osier et de saule. Les premières sont
plus fortes; mais celles-ci, plus épaisses, ont l'avantage
de prendre racine, de durer plus longtemps et d'être plus
résistantes; aussi sont-elles préférées. On établit aussi des
baragnados en fagots de bois mort de toute sorte, pour
arrêter et faire amonceler les feuilles de châtaigniers que
le vent entraine. Par ce moyen elles se trouvent ramas-
sées en tas, nettes de leurs hérissons et propres à la litière
de toute sorte d'animaux. — Vn trâouquo baragnado, un
braconnier, un grapilleur, un homme qui ne respecte
aucune propriété ni clôture. Au fig., un éventé, un étourdi,
un hurluberlu. — Voy. Bartas.
Baragnas, s. m. Haie naturelle ; amas de ronces et
d'épines, qui se forme sur les anciennes murailles démo-
lies; entrelacement de ronces; buisson.
Péjor. de Baragno,
Baragno, s. f. Echalier plutôt que haie ; clôture presque
toujours provisoire-, moins forte et moins épaisse que la
baragnado.
Baragogno, t. f. Le même mot et la même signif. que
Babarogno. — T. cm.
Baragouina, v. Baragouiner; parler d'une manière inin-
telligible ; bredouiller.
Emp. au fr., qui tire , dit-on, son étym. du bas-bret.
Bara, pain, et guin, vin, à cause de la confusion que font
ceux qui parlent mal la langue ; mais que d'autres font
venir du lat. Barbarieus, barbare.
Baraîa, v. — Voy. VartXa.
Baridè,<. m. Boisselier; ouvrier qui fait des baraux.
Dér. de Barâou.
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BÂR
BAR
Baraje, t. m. Barrage, digne; déversoir en travers d'nn
oonrs d*eaa ponr faire nne prise d'eau.
Dér. de Bara.
Baralé, <. m. Baril, barillet; bidon des journaliers aux
champs; baril à huile; capron, baie de fraisier sauvage,
qu'il ne faut pas confondre avec la fraise des bois.
Dim. de Barâou.
Barandèla, v. Danser la barandèlo ou la bagaiHo,
Barandélaîre , ûro, adj. Danseur de barandèlo. Par
ext. un étourdi, inconsidéré, léger.
Barandèlo, s. f. — Voy. Bagatèlo.
Baranqna, v. Radoter ; battre la campagne ; parler ou
agir à tort et à travers ; ne savoir ce qu'on dit. — X'éf-
eoutés pas, baranquo, ne Técoutez pas, il radote, il ne
sait ce qu*il dit.
Dér. de Ba, partie, rédupl., et de ranquo, de rolular€.
Baranqaaje, «. m. Radotage ; paroles en Tair ou sans
suite ; propos extravagants.
Baranqoairo, aîro, adj. Radoteur; qui débite des rado-
teries, ou par vieillesse, ou par bêtise. Id., Baranqur,
urdo,
Baranqaéja, v. rédupl, de Baranqua,
Baràou, t. m. Baral, v. fr., barrique à vin, longue et
étroite, qui sert, comme les autres, à transporter le vin à
dos de mulet; mesure de capacité pour les vins. Cette
mesure varie d*une localité à l'autre. Le Bardou d' Âlais
contenait autrefois 27 pots ou 54 pintes de Paris. Le Ba-
râou métrique contient 60 litres. — ErUén bouio pér bardou,
il entend tout de travers ce qu'on lui dit ; il prend des
vessies pour des lanternes, martre pour renard. Pou-bar âou,
un puits public qui se ferme la nuit, de crainte d'accident
ou de mauvais dessein, n y avait autrefois à Alais une
quantité de ces puits qui étaient situés dans un renfonce-
ment de rue et à couvert dans l'épaisseur d'une maison.
On les fermait la nuit; mais avec le temps les fermetures
avaient disparu, et ces impasses obscurs étaient dange-
lenx ; on les a fermés et remplacés par des pompes. Un de
ces puits a donné son nom à une de nos rues, qui est appe-
lée encore : rue Puitê-Baral. L'opinion que son nom lui
vient de la fermeture appliquée à son puits, est fort sou-
lenable; mais, dans ce mot que le languedocien persiste à
prononcer baral, et non baràou, et qu'il n'a pas eu l'idée
d'exprimer par baradU, ne trouverait-on pas aussi bien
une qualification tirée de la situation qu'il occupait, au
moment de son baptême, à l'extrémité de la ville? PuUt-
Baral signifierait alors : puits situé aux barrières d* Alais,
SOT la limite de la clôture de la ville. La rue Montagnasse,
qui reprend aigourd'hui son nom, s'appelait, au moyen Âge,
rM9 Malbaurguet, mauvais petit faubourg : elle est voisine
de la rue Puits-Band; sa dénomination ancienne viendrait à
Tqipui de notre interprétation» en indiquant que, dans ces
temps reculés, la ville ne s'étendait pas plus loin.
Barâou, en tous cas, put trouver son étym. dans la
basa. lat. barraU, bariU, àarUius, d'un capitulaire de Char-
lemagne, avec la sign. de tonne ou de vase propre à con-
tenir un liquide quelconque, ou dans Tesp. barrai, grande
bouteille ; ou enfin, comme baral, dans le celt. barr, qui
signifie non-seulement barre, barrière, mais tout ce qui
sert à renfermer, à contenir.
Baraque, «. f. Dim. Baraquéto. Baraque, chaumière ;
maisonnette en mauvais état ; hôtellerie de roulier sur les
routes; baraque, échoppe, auvent, construit en planches
sur les places en temps de foire. — Âquél oustâou 6$ uno
viéHo baraquo, cette maison n'est qu'une mauvaise pauvre
baraque. Las baraquos dé Coudougnan, dé Fon$, la bara-
qtw dé Plagnôou, la baraquo dâou PHa sont connues et
renommées sur nos routes départementales.
Dér. de l'esp. Baracca, cahute de pêcheur.
Barato, $. f. Baraterie; dol, fraude, contrebande ; alté-
ration des liquides par mélange ; contrefaçon, tromperie.
Dér. de Tesp. Baratar, brouiller, tromper.
Barba, v. Pousser des radicules, prendre racine ; se dit
surtout des boutures, quand elles commencent à barba, à
jeter leur tissu de radicules.
Dér. de Barbo.
Barbacano, s. f. Ouverture, fente laissée dans un mur
de soutènement, pour faire écouler les eaux pluviales.
Dér. de l'esp. Barbaeana, m. sign.
Barbajôou, <. m. Grande joubarbe, artichaut de mu-
raille, Sempervivum teetorum, Linn. Plante de la fam. des
Crassulacées, grasse, vxdnéraire et émoUiente.
Dér. du lat. Barba Jovii, barbe de Jupiter, comme son
correspondant fr. Ces deux mots sont la métathèse l'un de
l'autre.
Barbajôon, «. m,, ou Quiou-blan. Dim. BarbajouU.
Hirondelle à croupion blanc, hirondelle de fenêtre ; Hirunâo
urbiea, Temm. Le dessus du corps, partie d'un noir à
reflets bleuâtres, partie d'un noir mal, le restant d'un
blanc pui^; queue fourchue. Cette hirondelle est la plus
commune dans nos contrées, où elle arrive quelques jours
après l'hirondelle de cheminée. Elle aime à placer son nid
sous la corniche des maisons et des grands édifices. — Eies-
rabM eoumo un barbajôou, gai comme un pinson.
Ce mot a évidemment la même étym. que son homo-
nyme précédent. Cependant il est difficile de saisir les
rapports de cette origine, à moins q[ue la queue fourchue
du volatile ne soit une image de la barbe du maître des
dieux.
Barbasta, v. Faire ou tomber de la gelée blanche. —
A barbasta sus sa tésio, ses cheveux grisonnent, il a neigé
sur ses cheveux.
Dér. de Barbasio.
Barbaato, s. f. Gelée blanche ; givre. C'est le prodoit
de la condensation de la rosée et de toutes les vapeurs qui
exsudent de la terre. Barbasio ex[^me cet efbt des grands
frimas d'hiver qui fait ressembler le sol à un champ de
neind; phuvino eijaHbrs {V. c. m.), sont plus partica*
lièrement ces gelées de printemps, ces giboulées, qui Ibnt
BAR
BAR
93
tant de mal à la vigne et à la feuille de mûrier. Les con-
crétions de la barhcuto snr les plantes et les arbres ressem-
blent à nne sorte de barbe blanebe. C*est de là que Sau-
vages fait dériver ce nom.
Barbata, v. Bonillir à gros bouillons; particulièrement,
faire on certain bruit en bouillant, soit comme un grand
▼ase qui rend un bruit sourd en bouillant fortement, soit
seulement comme un potage qui mitonne sur un fourneau ;
chez Vxm et l'autre , ce bruit est produit par le dégage-
ment de Tair, qui forme des globules qui crèvent et se suo-
oâdent instantanément. C*est ce qu'exprime ce mot par
une onomatopée saisissante.
Barbéja, v. Raser, faire la barbe, au pr. et au fig. —
L'avèn barbéja, nous avons eu de son poil, nous lui avons
gagné son argent.
Dér. de Barbo,
Barbèl, s. m. Barbeau, Cyprinus barbu», Linn. Poisson
d*eau douce; museau pointu, mâchoire supérieure fort
avancée avec des barbillons, dos olivâtre, ventre blanc ;
il croit vite et devient fort grand ; sa forme ressemble
assez à celle du brochet. Il préfère un lit couvert de cail-
loux à un fond bourbeux.
Barbu signifie aussi : un jeune gars, un blanc-bec.
L'une et l'autre de ces acceptions sont dér. de Barbo :
dans la dernière, parce que c'est l'âge où la barbe com-
mence à pousser ; dans la première, parce que ce poisson
porte deux appendices ou barbillons à la mâchoire supé-
rieure.
Barbéto, $. f. Terme de nageur, qui n'est employé que
dans cette expression : Faire la barbéto, et signifie : ap-
prendre à nager à un apprenti en le soutenant de la main
par le menton, ce qui l'empêche d'enfoncer la tète, et lui
permet d'étendre le corps sans danger dans la position
horizontale. Au fig., prêter aide et appui, soutenir.
Dér. de . Barbo, parce qu'on prend le nageur par la
barbe, ou du moins au siège dQ la barbe ; qu'on lui tient
le menton dans la paume de la main, comme font les bar-
biers à leur patient pour le savonner, ou plutôt comme ils
faisaient, quand il y avait des barbiers, et avant l'inven-
tion du pinceau à barbe.
Barbie, <. m. Barbier, qui fait la barbe, qui rase. L'his-
toire des barbiers mériterait d'être écrite et conservée. Il y
a un siècle, ils n'étaient point autres que des chirurgiens,
avec privilèges. Aujourd'hui, ils ont perdu leur droit de
saigner, autrement (ju'en faisant la barbe, et encore ! mais
leur titre a totalement disparu, sinon la profession. — Lou
barbiè de Sàousi. Sauzet est un petit village, arrond. d'Uzès.
La tradition assure qu'il y avait là un barbier qui non-seu-
lement rasait gratis, mais qui payait à boire à ses pratiques
par-dessuB le marché. Sa réputation est passée en pro-
Teibe. On ai voit les applications ironiques.
Barbîô, «. m. Petit homme barbu, bamboche à longues
moustadies. La mode de nos jours rend fréquente l'appli-
eatioii de ce mot. — Voy. Barboeho.
Barbo, <. f, Dim. Barbéto, péj. Barbasso. Barbe, poil
•des joues et du menton; arête de l'épi des céréales; filets
du tuyau d'une plume; radicules, filaments d'un végétal
quelconque. — Quand papiès parlou, harbos ealou, quand
les titres parlent, les docteurs se taisent. Fariè la barbo
énd'un iôou, il trouverait à tondre sur un œuf. Nous faï
la barbo en toutes, il nous passe tous, il nous rendrait
des points. Barbo dé païo, visage de bois, dicton fort usité
et d'une application plus large que son correspondant fran-
çais : il s'étend à toute sorte de désappointement, quand
on se voit trompé dans son attente. Bouviè sans barbo, aïro
sans garbo, prvb., à jeune bouvier, pauvre moisson.
Dér. du lat. Barba.
Barbocho, s. m. Dim. Barbouckéto, Petit homme barbu:
même sens que Barbïà, (F. c. m.) Bar bichon; chien-
barbet.
Dér. de Barbo, parce que le barbet a beaucoup de poil
autour du museau.
Barbouia, v. Balbutier; bégayer; baragouiner; bre-
douiller.
Dér. du lat. Balbus, bègue.
Barbouîaje, s. m. Barbouillage, en discours, en écri-
ture, en peinture, en diction ; griffonnage ; galimafrée.
Emp. au fr.
Barbouînr, uso, adj. Barbouilleur; bredouilleur ; grif-
fonneur.
Barboutl, v. Marmotter; chuchotter; parler entre ses
dents-; murmurer tout bas; faire un à-parte; dire des
messes-basses, parler dans sa barbe.
Dér. de Barbo.
Barboutimén , s. m. Chuchottement, marmottement;
murmure ; messe-basse ; bredonillement.
Barbu, udo, adj. Barbu, qui a de la barbe, beaucoup
de barbe.
Barbudo, s. f. Chicorée sauvage, barbe de capucin,
Cichorium intybfM, Linn. Chicorée barbue des prés, qu'on
mange en salade quand elle commence à pousser et qu'elle
germe encore dans la terre ;plus tard elle est dure et héris-
sée de piquants. C'est à cet âge peu tendre qu'elle a reçu
son nom.
Barbudo est aussi le nom des ceps de vigne d'un an, qui
ayant poussé des radicules, qui plus faciles à la reprise et
donnent plus tôt des produits.
Dér. de Barbo.
Barda, s, m. Carrelage en dalles ; pavé bardé avec des
dalles.
Dér. de Bar.
Barda, v. Couvrir, barder de lard un rôti ; mettre la
barde à une bête de somme; plaquer ou lancer contre les
murs ou sur le carreau. ^ Barda un perdigai, barder,
couvrir un perdreau de bardes de lard. Vaï barda la miolo,
l'ose, va-t-en mettre la barde à la mule, à l'âne. Lou bardé
âou sôou, il le jeta rudement par terre.
Dér. dans le premier sens de Bardo, dans le second de Bar.
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BAR
BAR
Bardo, «. f. Dim. Bardèlo, péj. Bardauo. Barde, bar-
délie, espèce de bAt oa de selle piquée de bourre ; tranche
mince de lard appliquée sur une volaille.
Dér. de Barda, du lat. hardianum, espèce d'armure ou
de cuirasse des soldats gaulois.
Bardô, «. f, Dim. Bardouté, péj. Bardoutas. Espèce de
mulet, né de T&nesse et du cheval. Cet animal^ très-robuste
mais de forme peu élégante, est le souffre-misère de la
bande des mulets {coublo) ; c'est lui qui porte les bagages, et
le muletier par-dessus le marché. Au iig. butor, lourdaud ;
souffre-douleur. — Lou prénou pér barda, on en fait le
bouc émissaire, un objet de mystification ; on le charge de
tout ce qu'il y a de plus pénible. Pa$$a pér barda, deve-
nir le jouet, être le dindon de la farce.
U y a une distinction à faire entre les deux locutions :
passa pér barda et préne pér barda. Que le premier dicton
s'applique à qui porte^plus que sa part des peines et des
fatigues communes, c'est bien cela, mais c'est encore autre
chose. La charge susdite du bardot ne pouvant figurer sur
une lettre de voiture, il ne comptait pas lui-même au
nombre des mulets qui composaient là caravane. C'est dans
ce dernier sens qu'est prise la première locution, appliquée
à une personne qui, dans une dépense à faire, dans une
charge quelconque à supporter en commtm, trouve moyen
de s'exonérer de son écot, de sa tÂche ; passe comme on
dit par-dessus le marché, et par conséquent ne compte pas
non plus.
Pour le deuxième dicton : Barda, au fîg., signifie un
lourdaud, un imbécile, un sot et grossier personnage, dont
on se moque, dont on abuse, à qui Ton fait porter aussi
double bât, double charge; et l'individu qu'à tort ou à
raison on considère comme tel et que par conséquent on
traite de cette manière, on le prend pour bardot : il devient
alors chef d'emploi de doublure qu'il était, et la copie vaut
l'original.
Dér. du gr.Bap^6«, lourd, lent.
Barguigna, v. Barguigner; hésiter; balancer; être in-
décis, embarrassé.
Dér. de la bass. lat. Bareaniare, marchander. Ce der-
nier mot venait lui-même du lat. in barcam ire, aller sur
une barque, parce que le mot barca était à proprement
un esquif, on embarcation, sur laquelle les traïiquants
allaient et venaient, dans le port, d'un navire à l'autre,
pour traiter avec les patrons.
Bargnignûre , airo, adj. Péj. BarguigniAras , asso.
Barguigneur; marchandeur. — Voy. Raïsséjaïre.
Bari, s. m. En vieux languedocien, Rempart; barrière. —
La eariUro dâou Bari, la rue du Rempart, qu'on a eu le
bon esprit à Alais de ne pas franciser et qui s'appelle tou-
jours la ruê du Barry, Lou mtoii bari es la pès, le meil-
leur boulevard d'une ville, c'est la paix. Suivant la fameuse
deviâSt ce devait être aussi celui de l'empire ; mais depuis. . .
Esfùuïr<hbari d'Aoubinas, c'est le vieux surnom que Ton
donne aux habitants d'Aubeuâs. R est sans doute glorieux
pour eux, puisqu'il doit signifier : qui sape les remparts,
sapeur de remparts.
Dér. de la bass. lat. Vara ou barum, barricade, enceinte,
clôture, faite avec des poutres, premiers remparts des
villes, ou plutôt des villages qui devinrent des villes et
des places de guerre sous la féodalité, dans un temps où
tout le pays était couvert de forêts. On se servit ensuite
de l'expression, un peu modifiée , barium , pour mur de
ville fait de poutres, et le nom resta quand les pierres rem-
placèrent ces remparts trop faibles. Un prvb. disait, et il
justifie la dériv. : A bari bas éscalo noun fdau.
Barièïraîre, s. m. Préposé aux barrières, à l'octroi,
commis aux barrières à la perception des droits d'entrée
dans les villes.
Dér. de Barièïro.
Barièîro, s. m. Barrière. — Les villes, qui n'avaient
pas des portes, avaient des barrières, ne fût-ce que pour
empêcher la contrebande et assurer les péages. On les pla-
çait même quelquefois à des distances assez éloignées, qui
agrandissaient le rayon autour des villes ou des châteaux
féodaux; et les noms, qui persistent encore, en conservent
le témoignage, comme les anciennes chartes d'établisse-
ment. Un décret consulaire imposa un droit de péage à
l'entrée des villes pour les chevaux et les voitures, et pour
la perception on y plaçait des barrières mobiles. Ce droit
fut converti par la loi de frimaire an VII en octroi muni-
cipal, et les bureaux d'octroi occupèrent le même empla-
cement que les barrières. Ce n'est même que sous le nom
de barièïro que sont connus ces bureaux et le quartier
qu'ils occupent. Ainsi, on dit à Alais la BarOiro dâou
MaS'dé'Néffre pour désigner le bureau d'octroi du Mas-de-
Nègre.
Dér. de Bara.
Baril, s. m. Dim. Bar'ié, Baril, petit tonneau, barrique
à huile; barillet, petit baril. — Un baril désardos, une
barrique de sardines. Un baril d'anekdio, un baril d'an-
chois. Vn baril d'oli, un baril d'huile.
Dér. du celt. Barr, vaisseau, d'où la bass. lat. barillut,
baril.
Barioto, s. f. Brouette, espèce de petit tombereau, à
une roue et deux bras, traîné ou poussé par une personne.
— Voy, Brouéto ou Brouvèio,
Dér. de Ba, rédupl, et du lat. rota, roue, parce que
dans le principe elles avaient une double roue.
Barîon, t. m. Barillon, engin destiné à confeotionner
des trousses, de grosses bottes de foin ou de paille. G'ert
une sorte de filet, oompoeé de deux barres et de cordes
non croisées : un réseau ou tramail à cet usage.
Dér. de Baro, dont il est un dimin.
Banque, t. f. Barrique, grand baril. R ne se dit ^pie
du baril qui sert de caque aux anchois et aux sardines. On
se sert de ces barillets pour les chapelets de puils-à-roue.
— La musique es din la bariquo, disent les chantres et u
peu sans doute les chanteurs, dont la réputation est
BAR
BAR
95
d*ètre boas buveurs ; mais alors ils parlent de bariquo,
dans sa grande dimension, gros tonneau servant à conte-
nir du vin. — Au fig. et en style fam. ce mot signifie le
TOitre, les intestins. — Té vôou créba la bariquo, je te
ciéve le ventre. En esp. on dit aussi dans le même sens
haniea, ventre.
Dér. du celt. Barr, vaisseau, ou du lat. barillus.
Baiisqao-Barasqao, adv. Onomatopée exprimant Tac-
tion de quelqu'un qui , une barre à la main, comme une
làulx, renverserait ou briserait tout ce qui est à sa portée.
Aniig. brutalement, bruyamment.
Dér. de Baro.
Baija, fi. pr. de lieu, Barjac, ville et canton de Tarron-
dissement d'Alais.
Cette petite ville est mentionnée dans les anciennes
chartes avec quelques altérations dans son nom : en 4 076,
de Bariado; en 4077, de Bariac; en 1084, de Bargiaeo ;
mHZi, de Bargago;en M 32, de Barjago; en 1471, de
Barjoeo; en 4494, de Bargiaeo, En fr. on écrivait Barjac
ou Bargeac.
Abstraction faite de la désinence adjective ac, acum, et
en lang. a, où le c flnal est supprimé (F. a, an, suff.), la
iorme la plus ancienne du mot semblerait indiquer son
élymologie de la bass. lat. barium au plur., avec le sens
de wuBnia, fortification, selon Du Gange, et Barja signifie-
rait alors village fortifié. Mais n'a-t*elle pas été prise peut-
être du celt. berg, éminence, hauteur, d'où est venu le
vieux mot barge, aujourd'hui berge, ou mieux peut-être de
la bass. lat. baria ou beria, locus scUicet arboribu* desti-
UUu$, dumeiis verà vepribusque refertusf (Voy. Du Gange,
\o Berra.) On ne trouve pas en effet dans le territoire de
grandes forêts, mais de petits bois. Le nom d'un lieu voisin,
Bériae, dans l'Ardèche, pourrait servir d'indice, au moins
par analogie de situation, de nature de terrains et d'aspect
général,
n y a dans le Gard deux autres localités du même nom,
Barja, hameaux des communes de Monteils et de Trêves,
où la topographie et le sol confirmeraient notre dernière
interprétation.
Baija, 9. Maquer le chanvre, le broyer avec la maque.
— Ce mot semble une contraction du fréquentatif Barija,
qui n'est pas dans la langue, mais qui signifierait jouer de
û barre, passer à la barre : parce que les mâchoires de la
maque à chanvre ont bien pu dans l'origine n'être que de
8im{des barres à broyer. — Dans le dial. prov. maquer se
dit brégea, rapproché de broyer, dér. de l'allem. breehen,
rompre, briser; de cette origine germanique, le langued.
aurait bien pu conserver bar ou ber pour bérja et barja,
avec le même sens de briser et broyer.
Bar)a, o. Jaser ; babiller; jacasser; caqueter ; jabotter.
— Barja eoumo la bHo Jano, babiller comme une com-
mère, lou diable té barjef Au diable ton babil 1
Dér. du celt. BajtM ou du .gr. BoâCco, babiller, bre-
BariadisBO, <. f. Bavardage; longue causerie; babil
ennuyeux et insupportable.
Dér. de Barja,
Barjaire, airo, adj. Babillard, qui aime à causer; qui
ne cesse pas de jacasser. — Voy, Barjàou.
Barjalado, s. f, Bisaille ; trémois ; menus grains ; menus
blés; semences de mars; mélange de paumelle et de vesce
dont on fait un pain grossier. On sômc ainsi en mars, de
barjalado, les terres que le manque de temps ou les lon-
gues pluies ont empêché d'ensemencer en automne. —
Aquà's pas ^ué dé barjalado, c'est de la ripopôe.
Dér. du lat. Farrago, toutes sortes de grains.
Barjâou, âoado, adj, — Voy. Barjaïre.
Barjios, s. f, plur. Chêne vottes, débris du chanvre
broyé, maqué, avec quoi on faisait les allumettes soufrées,
avant que l'usage des allumettes chimiques, à frottement,
à phosphore, à explosion soudaine, plus dangereuses mais
plus rapides à s'enflammer, eût fait oublier les premières.
— Dansa sus las barjios, sauter de joie, être dans le ravis-
sement. Quand la culture du chanvre était une industrie
dans nos contrées ; quand arrivaient les barjios, la récolte
était finie, et c'était fête et repos; on pouvait danser.
Dér. de Barja, maquer.
Barjo, s. f. Maque, brisoir, banc à maquer le chanvre ;
babil, jacasserie, superfluité de paroles. — N'a pas que dé
barjo, il n'a que du babil, il n'y a point de fond.
Barlaqua, v. Mouiller, tremper; agiter dans l'eau ;
plonger dans l'eau.
Se barlaqua, se tremper jusqu'aux os ; se vautrer dans
l'eau et dans la boue; se saucer par la pluie.
Dér. de Bar, en v. lang. boue, fange, limon, et laqua,
vautrer.
Barlaquado, s, f. Mouillure, soit qu'elle vienne en jetant
à l'eau quelqu'un ou quelque chose, ou s'y plongeant soi-
même, soit par l'effet de la pluie qu'on reçoit. — Aï endura
uno bono barlaquado, j'ai supporté une grosse averse.
Dér. de Barlaqua.
Bamaje, s. m. Fouillis, embarras; bardes, meubles,
entassés en désordre. Au prop. effets personnels qu'on pr^d
en voyage.
Ce mot me parait la contraction de Barounage, qui vou-
lait dire l'ordre des barons, équipage de baron ; ou plus
simplement, du gaulois bamage, bagage désignant le train
d'un grand seigneur. — Voy. Baroun.
Baro, s, f, Dim. Baréto, baroù, barïoà, péjor. Barasso,
Barre ; pièce de bois ou de fer, longue et peu épaisse ; tra-
verse ; perche; latte. — Baro dé earéto, enrayure de
charrette. Baro dé galignè, juchoir. — Se préne uno baro /
si je prends un bâton ! Propre eoumo la baro d'un gaUgnè,
propre comme le perchoir des poules. Méire la baro à la
porto, bâcler une porte. Nous ajudaras à pouria ia baro,
tu nous aideras àporter le joug, dit-on à un nouveau marié.
Dér. du lat. Vara, traverse, pièce de bois mise en tra-
vers d'une porte.
96
BÂR
BAS
Baron, «.m. Bâton de chaise; traverse de bois rondin,
qui sert à soutenir les tables de vers à soie et qui porte
elle-même sur les chevilles des montants. Quand ces tra-
verses sont en bois scié, on les appelle jcuéno. — V, c. m.
Dér. de Baro.
Barongné, s. f. Baronnie; titre de baron ; terre baron-
niale, château baronnial. — Le quartier où s'établit aujour-
d'hui Tavenue de la nouvelle gare du chemin de fer, l'em-
placement de l'hôtel du Commerce, et tout ce pâté de mai-
sons, ainsi que la première gare, faisaient partie de ce
qu'on appelait autrefois à Alais la Barougnè, quand la
ville et son territoire étaient divisés en deux juridictions,
celle du baron et celle du comte; ce dernier avait aussi
des possessions vers le quai de la Comté, rappelant ce sou-
venir.
Baroun, i. m. ; au fém. Barouno. Dim. Barouné, péjor.
Barounas. Baron, titre de noblesse. — Le sort de ce mot
a été bien divers : lors de son premier emploi, dit Honno-
rat, il signifiait homme vil, ensuite homme en général, et
ir n'est devenu un titre d'honneur que vers l'année 567.
En italien, le mot barone signifie tantôt noble, vaillant,
puissant, et tantôt brigand, voleur, vaurien. Les extrêmes
se touchent.
Dér. du V. lang. Bar ou baro,vir, homme. Les rois appe-
laient barons leurs vassaux immédiats. Ils disaient indif-
féremment : mon baron ou mon homme, pour homme
d'armes.
Barounéia, v. Se montrer baron ; se vanter de l'être ;
se donner des airs de grand seigneur.
Dér. de Baroun,
Barqnado, s. f. Batelée ou barquée, plein une barque ;
le chargement d'une barque. — Empouï$ounariè uno bar-
quado dé erucifit, dict., il ferait faire naufrage, il porte-
rait malheur à une barque chargée de crucifix.
Dér. de Barquo.
Barque, t. m. Batelet; bachot; canot; esquif.
Dim. de Barquo,
Barqaéto, <. f. Petit bateau, petite barque ; barquerolle ;
barquette, espèce de pâtisserie, de gaufire, en forme de
barque.
Dim. de Barquo,
Barquiè, barqnièiro, adj, et s. De barque, qui tient à
une barque; batelier, patron d'un bac sur une rivière ; pas-
seur.
Dêr. de Barquo.
Barquo , s. f. Péjor. Barquasso, Barque ; bac; tartane;
allège. — Sa barqtto toquo, sa barque échoue; il est au
bout de son rouleau ; ses affaires vont mal. Mina Inin $a
barquo, bien conduire ses afiaires. Coumo txtï la barquo?
comment va la santé? comment vont les affaires?
Dér. du lat. Barea.
Bartas^ s. m. Dim. Bartoâsoù, Hallier, buisson épais,
touffe de ronces et de broussailles ; au pr. touffe de bois
taillis non élagué. — Amouroiu eoufno un barUu, par
contre-vérité, doux comme un fagot d'épines. Un sAouUh
bartas, a beaucoup de rapport avec trâouquo-baragnado
{Voy. Baragnado)^ et je n'y vois d'autre différence que
celle de l'escalade â l'effraction.
Le poète Salluste du Bartas était certainement méridional
par son nom ; né dans le nord de la France, il se fût appelé
du Ilallier ou du Buisson , avec ou sans séparation de
l'article; nous ne savons.
Dér. de la bass. lat. Barta, buisson, hallier, ou par l'ad-
dition d'un r, du grec Bdéro^, buisson.
Bartassado, s. f. Fourré de bois ; lieu rempli de hal-
liers, où il est difQcile de pénétrer ; grande touffe de buis-
sons.
Dér. de Barta$,
Bartasséja, v. Battre les buissons et halliers, terme de
chasseur ; quêter le gibier en fouillant les buissons.
Bartaasoù, «. m. Branche basse, ou plutôt rejeton de
chêne vert, rabougri et ravalé, et par cette raison plus
épais, plus touffu, dont on se sert pour ramer les vers à
soie en les mêlant avec la bruyère. Avant de les employer,
on les fait sécher et on les dépouille de leurs feuilles, en
les battant contre un mur. L'éducateur cévenol, supersti-
tieux observateur des lunaisons, ne coupe les barta$$o^
que pendant la nouvelle lune, sans quoi il arriverait que
le bois en serait de suite vermoulu et se briserait en le
frappant. D'après lui, tous les arbres verts doivent être
coupés en lune nouvelle, et tous ceux qui perdent leur
feuille, après la pleine lune, sous peine des vers.
Dim. de Bartas,
Bamnla, v. Rouler; courir; rôder; vagabonder.—
— Barunlè lous éscaïés, il roula l'escalier.
Rédupl. de Runla. — F. c. m.
Banmlaîre, ûro, adj. et s, m. Vagabond; batteur
d'estrade ; coureur ; rouleau, cylindre mobile qu'on roule
sur une terre nouvelleofent ensemencée pour aplanir la
crête des sillons et raffermir le terrain.
Dér. de Barunla,
Banrnlo, «. f. Pente escarpée et rapide ; terrain qui va
en descendant, très-incliné. — Préne la barunlo, être
entraîné par la pente, dégringoler, au pr. et au fig.
Dér. de Ba, signe du rédupl. et du lat. roiula, petite
roue.
Bamtèl, s, m. Claquet ou traquet d'un moulin ; blu-
teau, blutoir; sas. Au fig. babillard sempiternel, bavaid
dont le caquet imite le bruit incessant d'un traquet de
moulin.
Dér. du lat. Volutare,
Bas, baaso, adj, Dim. Ba$sé, péj. BoMsat, Bas, pro-
fond ; qui a peu de hauteur.
A bas, adv. A bas ; doucement.
En bas, ou Dé bas, adv. En bas, au fond.
L'émbas ou Lou débas, s. m. Le bas; par raf^rt an
premier étage d'une maison; le rez-de-chaussée; le fond.
— Lou vin es bas, le tonneau est au bas. Dé la eéniuroém
ï
BAS
BAS
97
bas, de la ceinture aax talons. Es à bas, il est tombé,
détruit, par terre.
Dér. de la bass. lat. Bassus,
Bas, f. m. Dim. Basté, péj. Bastas. Bât, espèce de selle
très-forte pour bêtes de somme, servant au transport. —
Anin plan, lou bas se bagno, OU se moïo, doucement, ceci
commence à se gâter {Voy. Bagna). Pourta lou bas, payer
l'acquit pour les autres ; avoir tout le souci.
Dér. du celt. Basi, d*où la bass. lat. aurait fait bastum,
bât ; ou bien du gr. Bavréç, bâton avec lequel on porte les
fardeaux, forme de Baazéû^ivt, porter une charge.
Basaclo, s. m. Terme de comparaison à tout ce qui est
large et grand. — Âquéles soutes soun dé hasaclss, ces sou-
liers sont démesurément larges . Il existe à Toulouse une
grande minoterie de ce nom sur la Garonne et le canal
Brienne. Est-ce ce nom qui est devenu type, ou bien
vient-il lui-même de ses grandes dimensions ; ou enfin ces
deux acceptions existent-elles indépendantes Tune de
Tautre? Cette dernière hypothèse parait plus raisonnable.
Le mot Basaele est ancien dans l'idiome, tandis que le
moulin du Basaele a été construit sous l'administration de
Mgr de Loménie de Brienne, archevêque de Toulouse, qui
a laissé son nom au canal sur lequel il est construit ; ce
qui ne fait remonter son établissement que vers les années
qui touchent à 4789. Son architecture ne présente pas une
date beaucoup plus ancieane, en supposant qu*il ne se fût
agi alors que d'un agrandissement. Du reste, ce mot parait
dér. du lat. Vasculum, vase, vaisseau.
Basall, I. m. Basilic, serpent ou lézard, animal fabuleux,
dont le regard, ditron, donnait la mort, s'il voyait l'homme
avant que l'homme l'eut vu. On croyait , et qui dirait que
bien des gens ne croient pas encore? qu'il provenait des
CBufs d'un vieux coq. Dans les Castagnados, le marquis de
la Fare-Alais a chanté cette légende et a dédié cette pièce à
Jean Reboul : deux noms fraternels ! deux gloires locales !
Dér. du gr. haaik\x6ç, royal.
Basait, s. m. Basilic, Ocymum basilicum, Linn., de la
fam. des Labiées, plante annuelle, aromatique, quelle popu-
laire cultive avec soin dans dés pots cassés. Les jeunes
gens des deux sexes, quand ils sont endimanchés en été,
ne se passeraient pas d'un brin de basilic à la bouche, à la
main ou sur le sein. C'est le patchouli cévenol. On peut
l'appeler aussi l'oranger du savetier, car il n'est guère de ces
artisans qui n'en aient un pot dans leur boutique. Notez qu'on
ne dit point vase, attendu que c'est presque toujours un vieux
pot hors de service et chassé de la cuisine, qu'on emploie à
ce dernier usage. — Enguén-basall , basilicon, onguent.
Itlême étym. que le mot précédent.
Bassaqna, v. Caboter; secouer; remuer d'un côté â
l'autre ; ballotter comme un sac.
Dér. de Ba, particule rêdup., et de sa, saquo.
Bassaquamôn, s. m., ou Bassaquado, s. f. Secousse ;
cabot, cabotage d'une voiture.
Même dér. que le mot préc.
Basaaquo, s. f. Paillasse de lit; sac à paille; large sac
dans lequel se plient les bergers dans leur cabane, et sur-
tout lorsqu'ils bivouaquent dans les pâtis des montagnes.
Même dér. que Bassaqua.
Bassarèl, s, m. — Voy. Bassàl. m. sign.
Basségou, <. m. Timon d'une charrue, d'un araire;
brancard d'un puits à roue, auquel est attelé le cheval qui
met en mouvement son mécanisme.
Dér. du lat. Baculus, bâton.
Bassèl, s. m., ou Bassarèl. Battoir de lavandière, palette
de bois dont elles se servent pour battre le linge en lavant.
Au fîg. soufflet, tape â main plate.
Dér. du lat. Baculus, dim. Bacellus.
Basséla, v. Battre le linge avec le bassH, Au fig. frap-
per, battre comme plâtre ; frapper â coups redoublés ; par
ext. tourmenter, inquiéter.
Dér. de Bassèl.
Bassélaje, s. m. Bruit de battoir de lavandière ; ou
tout autre bruit ou tapage qui lui ressemble par la fré-
quence des coups.
Dér. de Bassèl.
Bassèsso, s. f. Action indigne d'un homme ou d'une
femme d'honneur ; action honteuse ; une faiblesse chez le
sexe . — A fa uno bassèsso, il a commis une lâcheté.
Emp. au fr., le mot, mais non le seûs.
Bassina, s. m. Au plur. Bassinasses. Cocons qui ne
peuvent achever de se dévider dans la bassine, soit qu'ils
aient été attaqués par les rats, qui auraient rompu la suite
du fil, soit parce que le papillon aurait commencé à les
bouchonner intérieurement, comme on le voit à l'article
Baba, ou bien encore que le fil serait bouchonné naturelle-
ment {Voy, Troumpiio), ou enfin que le fil soit tellement
inconsistant qu'il casse â chaque instant.
Dér. de Bassis.
Bassina, v. Bassiner, chauffer avec une bassinoire; bas-
siner, fomenter en mouillant avec un Imge imbibé ou avec
une liqueur tiède. — Se bassina l'éstouma, se réconforter
le cœur par la boisson, se réchauffer par quelques rasades.
Dér. de Bassina.
Bassinado, s. f. Contenu d'une bassina, plein une bas-
sina. — Bojo dé plèjo à bèlos bassinados, la pluie tombe
à seaux.
Dér. de Bassina.
Bassiné, s. m. Bassinet d'un fusil, d'un pistolet ; partie
creuse d'une arme à feu qui reçoit l'amorce. — Fôou era-
cha àou bassiné, il faut payer d'avance, payer comptant :
c'est d'un petit bassin, d'une sébille â quêter qu'il s'agit
dans ce dicton, et non du bassinet d'une arme quel-
conque.
Dim. de Bassis.
Bassino, s. f. Cuiller â seau pour puiser de l'eau. Elle
est ordinairement en cuivre. Quelqpiefois, pour éviter le
vert-de-gris, la queue seulement est en cuivre et le bassin
en étain.
13
98
BAS
BAS
Depuis qae le français s*est emparé de ce mot pour
exprimer le vaisseau où l'on fait bouillir les cocons dans
une filature, le languedocien Ta suivi dans cette voie ;
mais sous cette dénomination il ne désigne que la bassine
en poterie des nouvelles filatures. — Voy. B€usi$.
BasslB, s. m. Au plur. BosiiuM. Bassin ; vivier ; plat
à barbe; particulièrement, bassine à filer les cocons. Le
boêsU était autrefois en fonte ou en cuivre pour résister à
Faction directe du feu : dans les filatures à la vapeur ou
à la Gensoul, ils sont simplement en poterie.
Dér. du gaulois ^oc^'fiotf, bassin; la bass. lat. avait
bacinus, formé de Tallem. back, signifiant lac; dim.,
bassin.
Basso-conr, s. f. Cour, basse-cour. — Le lang. exprime
Tune et Tautre acception.
Emp. au fr.
Bassoù, s. f. Profondeur; ce qui est bas et profond.
Dér. de Bas.
Bastar, ardo, adj\ D'un, Bastardoà, ouno. Bâtard,
enfant naturel. En terme d'agriculture, sauvage, sauva-
geon.
Dans cette dernière application, on dit tantôt bastar,
tantôt bouscas; l'usage seul indique les différents emplois.
En général cependant l'adj. bastar s'accole aux simples et
aux plantes potagères, et bou$ea* aux arbres et arbustes.
On dit : api battar, aïgrito bastardo, et castagne bouscas ,
férié bouscas. Il y a une distinction qui parait plus tech-
nique encore : on dit bastar d'un végétal qui, quoique de
la même famille que celui qui lui ser^ de type, en diffère
par sa nature et sa production ; tandis que bouscas est pro-
prement le sauvageon, qu'on peut assimiler au type en
Tentant.
Le dim. Baslardoà, ouno, ne se prend jamais qu'en par-
lant d'un enfant illégitime, naturel.
Dér. du gr. Ba^ai^a, femme prostituée.
Bastardiô, ièîro, adj. Préposé des hôpitaux qui va
conduire les enfants-trouvés en nourrice.
Bastardiôîros, i. f. pi. Comportes, grands paniers
d'osier doubles, où l'on dépose les enfants-trouvés pour les
transporter à dos d'âne chez leurs nourrices.
Bagtardije, s. f. Bâtardise; état de celui qui est bâtard ;
signe de bâtardise.
Bastardnégno, s. f. La gent bâtarde; les enfants-trouvés
pris collectivement ; les bâtards en général.
La dérivation du mot n'a pas besoin d'être expliquée,
tant elle est naturelle. Au substantif est joint le suffixe
uigno, qui marque la collectivité ; il est peu fréquent et
propre à notre dialecte. On le rencontre dans éfantuègno,
trassuègno, avec la même idée collective.
Baste ! adv. Plùt à Dieu ! A Dieu plaise I — Le Iran-
(aïs a également le mot baste, peu usité et familier, qui
signifie : soit, passe pour cela, j'en suis satisfait. Dans le
lang., Boâtef exprime un souhait. Ce n'est donc que la
différence du vœu, du désir à Tapprobation : une nuance.
Les deux mots ont évidemment la même origine. Basier^
verbe neutre, impers., anciennement en fr., ne s'est con-
servé qu'à l'impér., comme en lang. l'ancien verbe Basta,
L'un et l'autre devaient être contemporains et procédaient
d'une source commune avec l'ital. Bastare, suffire, qui
fait basta, il suffit. La racine doit donc être la même pour
tous, et elle ne peut être que dans le lat. bené stare, qui
répond à toutes les acceptions dans les trois langues.
Basté, s. m. Mantelet, sellette d'un cheval de Irait, qui
supporte le brancard ou limonnière.
Dim. de Bas, bât.
Bastéja, v. Charrier à bât, à dos de mulet on d'âne ;
transporter sur le bât ; porter le bât.
Dér. de Bas, bât.
Basti, V. Bâtir, construire en maçonnerie; établir ; battre
violemment, frapper, jeter contre le mur. — Lou roussi-
gnôou couménço dé basH, le rossignol commence à bâtir
son nid. BaHÏ sus lou davan, en parlant, d'un homme,
engraisser, prendre du ventre ; d'une femme, être enceinte ;
avancer dans sa grossesse. BasUHèï aquél drôle, quand
bado coumo aquà, je souffletterais cet enfant, quand il crie
de la sorte. Quâou m'a basU aquél gusas? qui m'a amené
ce gueux-là?
Dér. du gr. Ba<n6ç, bâton, parce que dans les premiers
âges on construisait les maisons avec des perches et des
barres.
Bastido, s. f. Maisonnette de campagne ; villa.
En Provence, et à Marseille surtout, ce nom a été donné
aux pavillons et aux maisons des jardins qui sont dans la
banlieue des villes. Il ne s'applique qu*à des maisons
d'agrément, et non aux fermes et aux bâtiments d'exploi-
tation.
Dér. de BastL
Bastiè, s. m. Bourrelier; ouvrier qui fabrique des bâts;
celui qui fait et vend tout l'équipage des bêtes de somme,
bâts et gros harnais.
Dér. de Bas, bât.
Bastimèn, s. m. Navire, vaisseau. — Il est impropre
de s'en servir pour désigner un bâtiment sur terre, un
édifice.
Dér. de Basti,
Bastisso, s. f. Bâtiment, construction' en maçonnerie ;
toute chose bâtie; action de bâtir ; frais de constructioD.
— Aïmo la bastisso, il a la manie de faire bâtir, la maladie
de la truelle. Aquélo cu^âou fat dé bono bastisso, ce mortier
fait une excellente prise. La bastisso la arouina, la manie
de bâtir Ta ruiné.
Dér. de Basti,
Bastoù, f. m. Dim. Bastouné, péj. Bastounus. Bâton;
canne ; long morceau de bois, brut ou travaillé, que Vtm
porte à la main pour se soutenir, pour parader, pour cou*
duire des animaux, pour se défendre, etc. — Seras mom»
bastoù dé vOUsso, tu seras mon bâton de vieillesse; mon
appui, mon soutien dans mes vieux ans. Tour dâ»u tanvè.
BAT
BAT
99
tour de bâton, pour dire profits casuels et illicites d*un
emploi.
Dér. da gr. Baordc.
Bastonnado, <. f. Bastonnade; volée de coups de
bâton.
Batacla, v. Bâcler une affaire, la terminer rondement,
promptement; finir nn ouvrage rapidement, tambour-bat-
tant. — Sera lèou batacla, ce sera bientôt troussé.
Dér. du lat. Baeulare, fermer avec un bâton.
Bataclan, s. m. Avoir, mobilier d'une maison; nippes
et argent; équipage; étalage ; batterie de cuisine ; attirail
de ménage. — A éseudéla toui soun bataclan, il a dissipé
tout son saint-frusquin. Empourtas tout voste bataclan,
emportez tout votre attirail, tout ce qui vous appartient.
En provençal, on dit Pataclan, c'est évidemment le
même mot. Cette homonymie ne pourraiirelle pas mettre
sur la voie de Tétym. ? Ne dériverait-il pas alors de Pato,
chiffon, tiré du gr. Ild^Tr^^ia, chose vile, et de KXico, rompre,
briser, KXiaiLa, éclat, morceau ?
Batado, s. f. Dim. Batadéto, péj. Batadasso. Empreinte
de la patte d'un animal.
Dér. de Bato.
Bataîa, v. Bavarder; brailler; babiller; batailler en
paroles.
Dér. du lat. Batuere, combattre, se disputer.
Batûaîre, aîro, adj, Péjor. Bataia%ras,aiso, Babillard;
braillard; bavard qui aime la discussion.
Dér. de Baiata.
Bataïo, s. f. Bataille; batterie, querelle entre des com-
battants. — Faïre la bataïo, jouer à la bataille, à coups de
fronde. C'est une sorte de petite guerre qui a été fort en
vogue chez les enfants et jusque chez les gars de quinze à
dix-huit ans, sons le Directoire et le Consulat. Les diffé-
rents quartiers d'une ville se formaient sous des bannières
différentes. Ce jeu avait fini par donner lieu à des études
de stratégie et de ruses de guerre fort savantes. La police
alors se montrait peu répressive aux développements de
cette science, et les enfants avaient d'autant plus de zèle
et de loisir pour cet exercice qu'on trouvait peu d'écoles
de ce temps. Pendant l'Empire, il y avait ailleurs trop
d'occasions sérieuses de batailler pour chercher des amuse-
ments dans l'imitation. Plus tard, la police mit bon ordre
à des jeux qui avaient voulu reprendre leurs anciennes
proportions. Sous le nouvel empire, ces divertissements
enfantins seraient moins tolérés que jamais. La paix n'est-
elle pas son principe ?
Emp. au fr.
Bataîoim, s. m. Bataillon; grand nombre, multitude;
loule.
Emp. anfr.
Batanlnl, t. m. Espèce de coiffe, de bonnet de femme,
doot la dentelle descend sur le front et les yeux comme un
demi-voile.
Dér. du fr. Batiani4'œU, terme que la mode consacra
dans le temps, et qui a passé avec elle. L'expression, qui
est restée générique en languedocien, a survécu.
Batéîè, îèiro, adj. Dér. de Bateau. — Voy. Barbie.
Batéîre, éîro, adj. Qui aime à battre, qui cherche
noise; querelleur; disputeur.
Dér. de Batre.
Batéja, v. Baptiser, donner, conférer le baptême; donner
un sobriquet à quelqu'un ; asperger d'eau la tète de quel-
qu'un par plaisanterie; tremper, arroser d'eau. — Batéja loti
vi, tremper le vin. Couro batéjes ? Quand feras-tu baptiser
ton enfant ? c'est-à-dire quand ta femme accouchera-t-elle ?
L'an batéja émbé d'aïgo dé mérlusso, c'est un mauvais
chrétien, un mal-baptisé. Batéja souto'n cade; quand les
protestants n'avaient point le libre exercice de leur culte,
c'est dans les champs, au désert, qu'ils accomplissaient
toutes leurs cérémonies religieuses, et que par conséquent
ils donnaient le baptême ; de là, pour indiquer un protes-
tant, le dicton : es esta batéja joufo'n cade, il a été bap-
tisé sous un genévrier. Ce dicton, par extension, tend bien
aussi à prendre la signification du précédent. / fariè batéja
un téoulé, il lui inspire tant de confiance, il a tant d'em-
pire sur lui, qu'il lui ferait baptiser une tuile , qu'il lui
ferait croire que les enfants se font par l'oreille. Té vôou
batéja coumo se déou, je vais t'asperger comme il faut.
Lou Batéja, cérémonie; escorte; fête de baptême.
Dér. du gr. Edmiiy, plonger dans l'eau.
Batéjado (La), i. f. n. pr. de lieu. La Batéjade, quar-
tier voisin du hameau de Larnac, dans la commune
d'Alais. Son nom lui vient-il de ce que, au moment de
l'introduction du christianisme dans les Gaules, ce lien
fut témoin de la prédication de la foi nouvelle par un des pre-
miers apôtres et de la conversion des plus anciens habitants
de nos contrées? Nous ne le pensons pas. H semble plutôt
ne dater que de l'époque de nos dissidences religieuses où
les cérémonies du culte, les assemblées et l'administration
du baptême se faisaient, comme on disait, au désert.
Batèmo, s. m. Baptême, sacrement qui efface le péché
originel et rend chrétien ; le premier des sacrements. — A
pas que lou batémo dé trop, il a le baptême de trop : c'est
une brute. Téni en batémo, être parrain d'un enfant.
Dér. du lat. BaptUma.
Batén, s, m, Vanteau de porte, de croisée, d'armoire.
Dér. de Batre.
Bat-én-goulo (Bé), adv. Tout grand-ouvert ; ouvert à
deux battants ; béant.
Formé de Bâton batén, vanteau, et de Gâoule, jable,
mortaise ; c'est-à-dire battant ou vanteau à mortaise.
Batèon, s. m. Bateau, petit vaisseau qui va à rames, et
qui est particulièrement destiné à naviguer sur les rivières
ou dans les ports.
Emp. an fr. Dans la bass. lat. BatêUus.
Batèato, s. f. Batterie ; rixe ; combat à coupé de poings,
de bâton du de pierre.
Dér. de Boire.
100
BAT
B£
Batioù, i. m. Pied de cochon, de mouton, spécialement;
pince d'un cheval. Par ext. péton d*un petit enfant.
Dim. de Bato.
Batiste, n. pr. d*homme. Dim. BatUtoù, souvent abré-
gés l'un en Titto, l'autre en Tistoù, Baptiste : nom insépa-
rable de Jean, qui vient de saint Jean-Baptiste . — Tran-
quifde eoumo Batisto, tranquille comme Baptiste ; on dit
de même proverbialement en français : un père tran-
quille.
Batistonèro, «. m. Constatation du baptême sur le
registre curial ; l'acte lui-même. On disait autrefois l'extrait
baptistère ou de baptême, ce qui équivalait à l'acte de
naissance d'aujourd'hui, lorsque les curés étaient c'^ r>és
de la tenue des actes de l'état civil. En languedocien,
malgré ce changement dans nos institutions, on nomme
encore un acte de naissance : batistouèro. — Regarda Iju
haiistouiro d'aquélo miolo, regarde l'Âge de cette mule à ses
dents. A perdu soun batistouèro, dit-on d'une femme () ui
cache son âge.
Dér. du lat. Baptûma.
Bato, s. f. Dim. Batéto, bafioù, péjor. Batasto, Pied;
oorne du pied des bœufs, des brebis, des porcs, des chè-
vres ; sabot d'un cheval, d'une mule, d'un âne. — DaXica
eoumo uno halo d'tue, douillet comme le sabot d'un àne ;
par contre-vérité. A vira las batos, il a tourné les pieds
en l'air ; il est mort, ou il est crevé.
Bato dé biôou, espèce de grosse figue, assez fade et
aplatie.
Voy. Pato.
Dér. de Batre, par la raison que c'est avec cette partie
que les animaux battent ou foulent le sol.
Bato-quioulo, s. f. Gassc-cul, selle ; contre-coup sur le
derrière, comme lorsqu'on tombe en glissant, ou qu'on
vous enlève une chaise sur laquelle vous comptiez vous
asseoir. — Douna la bato-qutouh, est un jeu d'enfants
(cet âge est sans pitié) qui consiste â prendre le patient,
ordinairement le plus faible de la bande, et en le soule-
vant par la tête et par les pieds, à lui faire, par saccades
régulières, donner du derrière contre une pierre ou sur le
sol.
Sauvages rapporte que c la selle est en Lombardie le
supplice des banqueroutiers, et la pierre sur laquelle on
les fait tomber en les hissant et en les lâchant de fort
haut, au moyen d'une corde et d'une poulie, est appelée :
pierre d'ignominie. » C'est de l'histoire du moyen âge, et
peut-être du temps du roi Didier. Ces sortes de supplices
q)éciaux sont aujourd'hui abolis partout.
Formé de Boire et de Qukm.
Batre, o. Battre; frapper; donner des coups; frapper
fortement. — Botn dé las dos mans, terme d'agric,
bêcher des deux c6tés, de manière à rejeter la terre sur un
même point pour niveler le terrain et combler un bas-fond.
Boire la pavano, vagabonder. Batre uno mareho, suivre
un plan de conduite, entrer dans une voie : il se prend |
d'ordinaire en mauvaise part. Chacun ba sa mareho, cha-
cun tire de son côté. Batre atoiis, jouer de l'atout. Batre
las eartos, mêler les cartes. Batre la eampagno, battre la
campagne; radoter ; chercher des faux-fuyants. Batre l'àïgo
émbe un bastoù, battre l'eau avec un bâton, perdre son
temps. Balre d'iôous, brouiller des œufs. Mena un bel
batre, faire étalage de sa fortune; mener grand train; faire
un commerce sur une grande échelle.
Dér. du lat. Batuere, battre.
Batu, ude, part. pass. de Batre. Battu, ue. — Coueu
et batu, les battus paient l'amende.
Batude, s. f. Battue, terme de chasse et de louveterie;
battue, terme de filature, quantité de cocons mise en une
fois dans la bassine â filer et â battre avec le petit balai ;
séance de travail sans désemparer; quantité de travail que
fait un ouvrier entre un repas et l'autre.
Dér. de BcUre.
Batnma, v. Enduire; cimenter; empoisser ; goudronner.
Par ext. enduire un mur, terme de maçon. — Batumo,
dit-on d'un ivrogne qui s'en va battant les murailles.
Dér. du lat. Bitumen.
Batorèl, èle, adj. Péj. Baturélas, asso. Bavard; babil-
lard; caqneteur; causeur ennuyeux.
Métathèse de Barutèl.
BaTar, arde, adj. Dim. Bavardé, bavardoin, péj. Bavar-
das. Bavard, babillard ; efi'ronté, impertinent; sot, insolent.
Dér. de Baba.
Bavardije, i. f. Bavarderie ; impertinence ; effronterie.
Même étym. que le précéd.
Bé, s. m. Dim. Béné, augm. Bénas. Domaine ; immeuble
rural, quelle que soit son importance ; génériquement, for-
tune, avoir, biens, possessions, richesses. — A foço bé àou
sourél, il est riche en fonds de terre. Pér tout lou bé gué
se sourêïo, voudrièï peu.... pour toute la fortune du monde,
je ne voudrais pas... Un bé de dous eoubles, un domaine
de deux charrues.
Dér. du lat. Béni.
Bé, adv. Bien; beaucoup; considérablement. Cette
expression est prise explétivement comme en fir., pour
synonyme de : en effet, certainement, â la vérité ! Devant
une voyelle, on y joint un n euphonique. Elle prend aussi
quelquefois la forme substautive. — Bé talamén, très-cer-
tainement ! T souï bé^-ana, j'.y ai bien été. — Gna bé
foço, il y en a en effet beaucoup. Dé bé s'en fàou, il s'en
faut bien, il s'en faut de beaucoup. Tout se fat pér un bé,
rien ne se fait sans raison. Ou fasiè pér un bé, il le ûûsait
dans de bonnes intentions. Ou a tout fa hormï lou bé, il sl
fait toutes sortes de choses excepté le bien. Fasés dé bé à
Bértran, vùt*s ou rendra en eagan, prvb.. Graissez les
bottes d'un vilain, il dit que ça les brûle; chantez & l'âne,
il vous fera un pet, ce qui revient au vieux prvb. fr. : Oignox
vilain, il vous poindra ; qui ajoute de plus que le nôtre :
Poignex vilain, U vous oindra.
Dér. du lat. B$ni.
BEC
BËD
101
Bè, f . m. Dim. Béqué, béquoà, péj. Béqu<u. Bec, partie
cornée qui tient lieu de bouche aux oiseaux; nez; pointe
en forme de bec ; au fig. babil, langue, caquet. — Â un
pouli M^ il a un fameux nez, fam. un fameux pif. Taïo ta
pMo? dé bel dé bel expr. prvb., mot à mot : ta hache
ooupe-t-elle? de la pointe seulement; mais cela s'applique
à une personne qui n'a que du jargon, à un faux brave.
Vn eo débè, un coup de langue, un trait satyrique, un
sarcasme. Manqua pas dé bè, il ne manque pas de babil.
Tine lou bè din l'àigo, payer par de belles paroles, faire
attendre.
Dér. du gaulois Becq, ou du celto-breton bak ou beg,
Bèbo, s. f. Aloue, mine ou grimace de mauvaise humeur,
de bouderie. — Faire la bèbo, faire la moue, bouder.
Dér. de Bè.
Bécar, i. m. Goujon, bouillerot, Cyprinus gobio, Linn.
Cest un petit poisson de rivière (bien qu'on cite un pêcheur,
un seul , qui en prit un de S50 grammes ou demi-livre pour
être clair), d'un bleu noirâtre sur le dos et le ventre blan-
châtre à filets jaunes. Son nom de Bécar lui viendrait-il de ce
qu'il mord, ou bèquo, facilement à l'hameçon des pêcheurs-
amateurs, dont il est la grande ressource ?
Bécam ou Béchara, s. m. Flamant, bôcharu, phéni-
coptére, Phttnicopterus ruber, Linn., oiseau de l'ordre des
Échassiers. Son nom lui vient dé la grosseur de son bec.
Bécasso, 9. f. Bécasse; bécasse ordinaire, Scolopax rus-
tieola, Linn., oiseau de l'ordre des Échassiers et de la fam.
des Tenuirostres. Sa chair est très-estimée ; gibier d'un
fumet supérieur. Son long bec effilé lui a fait donner son
nom.
BéeasBo s'applique au fig. à une personne niaise ; sot,
butor. — Ckd coutno uno bécasso, stupide comme une
bécasse. Toutaquà ses foundu en mèrdo dé bécasso, tout
œla est venu à rien.
Les deux dim. Bécassoà, s. m., Bécassino, s. f., bécas-
sine, Scolopax gaUinago, Linn., sont des oiseaux du même
genre et de la même famille que la bécasso, plus petits
comme leur nom l'indique, mais de même fumet et de
pareille délicatesse de chair.
Béchar, s. m. Dim. Béchardé. Houe fourchue, houe à
deux becs, binette, qui est l'instrument le plus usité dans
ce pays pour travailler la vigne, les mûriers, et pour toute
espèce de travail à bras, là où la pierraille empêche d'em-
ployer le louchet. — Voy, Luché.
Dér. de la bass. lat. Besca ou becca, bêche.
Béchérino, s. f,, ou Réîné. Roitelet, le plus petit des
QÛeaux d'Europe. Il y en a de deux espèces également
communes dans nos contrées et que le languedocien con-
fond sons le même nom ; ce sont le roitelet ordinaire, Be-
pUus cristaius, et le roitelet triple-bandeau, Regulus igni-
tapiUuê, Temm. Le second ne diffère que par le dessus de
sa tête, orangé couleur de feu, du premier, dont les parties
supérieures sont olivâtres nuancées de jaune, gorge et
poitrine roussâtres, et les parties inférieures blanchâtres.
Bèchos, f. f.plur. Lèvres; grosses et laides lèvres. Ne
se prend qu'au péjoratif, en terme de mépris. Autrement
on dit : Icu bouquos.
Dér. de Bè.
Béchu, ndo, adj. Péj. Béchudas, asso. Lippu ; qui a de
gros^s et vilaines lèvres ; bec-de-lièvre.
Dér. de Bè.
Bécu, ndo, adj. Dim. Bécudé, péj. BécudM. Qui a un
bec, une pointe en forme de bec. Au Hg. babillard ; rai-
sonneur; qui se rebèque, qui réplique à tout. — Pèses
bécus, pois pointus, pois-chiches. Sièto bécudo, écuelle à
bec {Voy. Crouséludo). Es uno bécudo, elle a la langue
affilée.
Bèdaîne, s. m. Bec-d'àue , outil de menuisier, espèce de
rabot destiné à vider les mortaises.
Emp. au fr.
Bédé, I. m. Petit agneau, terme d'amitié qu'un berger
donne â un agneau favori. Lous bédés, les moutons ou les
brebis, dans le dictionnaire des petits enfants.
Onomatopée tirée du bêlement des brebis ; le gr. avait
aussi B^, et le latin bee, pour exprimer le bêlement.
Bédigano, s. f. Sarment, liane de vigne sauvage dont
on fait des cannes.
Formé et corrompu de VédU et de cano. — V. c. m.
Bédigas, s. m. Bédigasso, s. f. Dim. Bédigassé, péjor.
Bédigassas. Agneau d'un an, mouton de l'avant-demière
portée. Au mois de septembre, les agneaux de l'année com-
mencent à s'appeler Bédigas, nom qu'ils conservent jus-
qu'au mois de septembre suivant, où ils deviennent Dou-
bien.
Bédigas, au masc. et Bédigasso, au iém. se disent des
bonnes personnes, sans fiel et sans malice. Bédigas est
aussi un terme de commisération. — Es un bédigas, un
bédigassas, un bédigas sans lano, c'est un bonhomme, une
bonne pâte d'homme, une bête du bon Dieu. Pâoure bédi-
gas / pauvre homme ! le poverazzo des Italiens.
Augment. de Bédé.
Bédigo, s. f. Brebis de l'année; brebis maigre, malingre,
éclopée. — Voy. Bédigas.
Bédin-Bédôs, s. m. Jeu des osselets; osselets. — Les
enfants, pour jouer â ce jeu, se munissent d'osselets, qui
font le plus souvent l'enjeu, quand il n'est pas autrement
intéressé ; chacun des joueurs doit en avoir au moins trois.
L'adresse consiste â placer les osselets dans un trou
creusé dans la terre, â une certaine distance. Au premier
coup celui qui joue dit : Bédin ou bédï ; au second, bédàs
ou bédà, et au troisième, sàauio din hu crds. L'incantation
et le jet doivent être rapides ; le gain de la partie appar-
tient, comme de raison, au plus adroit, qui fait rafle. Ce
jeu est fort ancien ; l'histoire raconte qu'Auguste, empe-
reur, s'y divertissait beaucoup.
Les osselets avec lesquels on joue, sont la rotule du
genou des moutons. La nom du jeu ne viendrait-il pas,
pour cette raison, de Bédé, mouton, agneau?
102
BEL
BEL
Béfa, s. m. Bienfait; bonne œavre; bonne action.
Dér. du lat. Benefactum.
Bèfi, io, adj. Péj. Béfiat, asso. — Voy. Bofi.
Bégatagno, adj, des deux genres. Bègue, qui bégaie.
Péjoratif de Bègue.
Béga, udo, part. pan. du v. Béoure. Bu, bue. — Y-a
bégu, il a donné dans le panneau.
Bégudo, s. f. Bouchon, petit cabaret de route, où Ton
s'arrête pour se rafraîchir. Ce mot est devenu nom propre
pour une foule de maisons et de lieux où cette industrie
ne s*exerce plus, mais où elle existait autrefois.
Dér. de Bégu.
Bègue, bèguo, adj. Bègue, qui bégaie.
Dér. du gaul. Bec, d*où le lat. heccus.
Bégni, t. m. Dim. Béguine. Béguin, bonnet d*enfant de
naissance ; tétièro ou coiffe de toile, qu*on attache sous le
menton au moyen d'une bride ; béguin en velours ou en
soie qu'on leur met un peu plus tard par-dessus la têtière.
— L'a prés àou héguï, lou quitara àou couïssi, c'est un
défaut qu'il a pris au berceau et qu'il ne quittera qu'au
tombeau.
Ce mot, comme son correspondant français, dérive évi-
demment du mot Béguine, parce que sans doute les reli-
gieuses de ce nom portaient une coiffure à peu près sem-
blable dans l'origine. Elles formaient un ordre fort ancien
et qui est resté fort populaire en Belgique, où elles exer-
çaient une œuvre de miséricorde. Ce nom, d'après un
auteur anglais, vient de la première fondatrice de l'ordre,
Bégué, fille de Pépin de Landon, mère de Pépin d'IIéristal
et grand'mère de Charles-Martel, qui fonda la première
maison à Gand, au Vil* siècle.
D'autres le font dériver d*un chanoine de Liège, nommé
Lambert dit Le Bègue, qui aurait fondé cet ordre en mi.
A cette époque les surnoms avaient plus d'importance que
de nos jours , ils devenaient l'appellation vulgaire, et il
n'est pas étonnant que ce Le Bègue ait pu donner son
nom à un monastère de sa fondation.
Un mot allemand pourrait aussi intervenir dans Tétym.
C'est Beginn, commencement, origine; bonnet qu'on met
aux enfants nouveau-nés.
Bèîâoime» $. m. Béjaune. Les deux acceptions du fr.
au prop. et au fîg. ne sont point admises en lang. Cette
expression n'a cours que dans cette phrase: Paga lou
hèjàoune, payer la bienvenue, la mise hors de page, la
sortie du noviciat.
Bel, bèlo, adj., au plur. BèU$, bèloi; dim. Bêlé, péjor.
BéUu. Grand ; gros ; vaste. — Gardoù es hèl, la rivière a
grossi. S'és fa bel, il a grandi. On dit aussi . Es un bel
éfan, c'est un bel enfant; mais ce n'est que par euphonie,
bel est pris là pour beau, beau.
Dér. du lat. Bellus, beau, bien lait. Il parait que dans
les premiers Ages de notre idiome, âges éminemment guer-
riers, la beauté était inséparable d'une belle taille. Bellut
était évidemment la qualité d'un homme fort et propre à
la guerre, bellum. En fr. encore, on ne dira pas bel homme,
ni belle femme, d'un individu mignon et de courte sta-
ture; c'est pour ce dernier qu'a été inventé le mot :
joli.
Bèl-Bèl, locution au masc. qui n'est employée que
comme suit : Faire lou bèl-bH, flagorner ; accabler de pré-
venances; flatter l'amour-propre ; faire tout beau à un
chien; montrer une friandise ou un joujou à un enfant,
sans vouloir le lui laisser prendre.
Bel est pris ici pour synonyme de beau.
Bélèou, adv. Peut-être; il est possible. — Qui dis
bélèou, n'es pas ségu, dire peut-être, n'est pas affirmer,
donner ni avoir l'assurance.
Bêles (A), à bèlos, adv. Un par un; un après l'autre.
— A bêles sôous, un sou après l'autre. A bèlos fis, à plu-
sieurs reprises. A bèlos palados, par pelletées. A bèlos
avéngudos, par accès, par crises. A bèlos troupélados, par
pelotons. A bêles flos, un morceau après l'autre, par petits
morceaux. A bêles us, un par un. A bêles dous, deux à
deux, deux par deux. A bêles dès, à bêles douje, par
dizaine, par douzaine ; dix, douze à la fois. A bèlos houros,
parfois, quelquefois.
Bélétos, s. f, pi. Petites pièces de monnaie; argent
mignon. — Foudra bé qu'apounche sas bélétos, il faudra
bien qu'il délie les cordons de sa bourse.
Dér. de Bèou.
Bélicoquo, s. f., ou Piquo-poulo. Fruit du micocou-
lier, qui est une petite baie à noyau, noire quand elle est
mûre, sèche, douceâtre, et qui n'a presque qu'une peau
ridée sur son noyau ; on en fait une tisane béchique.
Bélicouquiè, s. m., ou Fanabrégou, ou Piqao-pomè.
Micocoulier, Celtis australis, Linn., arbre de la fam. des
Amen lacées, qui vient très-grand et très-vieux. Son bois,
qui a les flbres longues, fortes et flexibles, compacte et
dur, est très-estimé pour le charronnage. Dans les Céven-
nes, on le recépait comme les saules, et de ses pousses,
quand elles étaient arrivées à l'âge de trois ans, on faisait
des cercles de tonneau, qui duraient fort longtemps. Cette
industrie s'est perdue, soit par la rareté de ce bois que les
défrichements ont singulièrement éclairoi, soit par l'emploi
très-répandu des cercles en fer laminé. Cet arbre est soi-
gneusement ménagé en taillis à Sauve (Gard), où l'on en
fabrique des fourches à trois becs, les seules dont on ae
serve dans tout le pays pour remuer et tourner les pailles
et les foins.
Béloîo, f . f. Bijou, parure, affiquets de femme.
Dér. de Bèou.
Bèlos (Bé), s, f. pi. Terme de jeu. Ne se dit que dans
la phrase : Faite dé bèlos, parier en dehors du jeu prin-
cifôl, comme les paris de la galerie à l'écarté. C'est sur-
tout au jeu de dés, au passe-dix, que ce terme était em-
ployé. Ce jeu, qui était fort usité parmi les gamins, il y a
quarante on cinquante ans, s'établissait en plein air et sur
les places. On formait une masse ou poule des mises de
BÈN
BEN
10»
tons les joaears, et celui qui amenait le plus gros point ou
la plas forte rafle, gagnait la poule. Mais le joueur le plus
hardi, ou qui voulait jouer plus gros jeu, au moment où il
avait les dés en main, proposait à la galerie de parier
qu'il ne dépasserait pas tel nombre ; s*il dépassait ce nombre,
il avait perdu. C'est ce pari d'extra qu'on nommait dé bèlo$.
Dér. de Béou.
Bélonn, n. pr. Dim. Bélouné. C'est un dim. du nom
de femme Isabelle ou Elisabeth. — Voy. Babèou.
Bélonso, I. f. Blouse, un des six trous du billard. —
Fieka din la bélouso, blouser; duper; tromper; mettre
dans l'embarras.
Emp. au II*.
Bélugo, 9. f. Dim. Béluguéto. Bluette, étincelle qui
s'échappe du feu. — E$ tout fia» tout bUugo, il est vif
oomoae la poudre, il est plein de zèle et d'ardeur.
Dér. du lat. Lux, lumière, précédé de la particule
rêdnpl. hé.
Bélngné, éto, cidj. Vif; léger ; alerte, éveillé ; émous-
tiUé ; fringant ; sémillant.
Bélagnéja, v. Etinceler ; pétiller ; briller ; éclater. —
Ibtti H béluguéjo, il est pétillant de vivacité ou d'esprit.
La fièio couménço dé béluguéja, les bourgeons des mûriers
oommenoent à poindre el à prendre un reflet doré.
Dér. de B&ugo.
Bèmi, bèmio, adj. Péjor. Bémias, Bohème, bohémien,
truand, qu'on appelle Gitanos en Espagne, Zingari en
Italie, Zigenner en Allemagne et Gypsi en Angleterre ; au
moyen âge, le fr. les nommait Bèmes ou Bcsmes ; peuplade
errante, tribu vagabonde, que chaque peuple fait sortir
d^me origine différente. Ceux que l'on voit dans notre
pays, nous arrivent des frontières de l'Espagne et du Rous-
ttllon. Aussi les appelle-t-on vulgairement Catalans. Ils se
rendent par bandes à nos foires, vendant des &nes et des
mules, disant la bonne aventure, et exerçant souvent des
industries moins légales. Us marchent ainsi en tribu com-
posée d'hommes, de femmes et d'enfants, ne logent jamais
dans les hôtelleries, mais bivouaquent sur une grève,
campent sur les bords d'un chemin ou sous l'arche d'un
pont, se nourrissant d'animaux morts ou de débris de
légumes qu'ils ramassent par les rues. Ils sont très-friands
de chats.
On dit adjectivement Bèmi, d'un homme de mauvaise
mine ou de mauvaise foi. — Franc coumo un bèmi, franc
comme un Bohème ; c'est le nêcplut ultra de cette contre-
vérité.
Sous la Ligue, on a donné le nom de fième au meur-
trier de l'amiral de Goligny, qui était de la Bohème et se
nommait Charles Dianowitz. — Voy. Bigoro {bando dé),
Oorrupt. de Bdième. — Voy. Catalan.
Bémiïm, ano, ou ando, adj. Bohémien. — Voy. Bèmi.
Bteda, V. Bander, envelopper d'une bande ; lier avec
m» bande. — Bénda uno rodo, embattre une roue.
Mr. àeBéndo.
Béndaîe, s. m. Bandage de hernie, exclusivement. Les
autres acceptions s'arrangent avec Béndo, qui suit.
Béndèon, s. m. Dim. Béndèlé, péj. Béndèla$. Bandeau ;
bande pour ceindre le front ou pour couvrir les yeux ;
plus spécialement bande de toile, bordée d'une petite den-
telle, dont les femmes du peuple se servaient autrefois pour
se serrer la tète et les cheveux par-dessous la coiffe, et
qu'on met encore aux enfants au maillot sous leur béguin.
Dim. de Béndo.
Béndo, $. f. Bande d'étoffe , pièce de linge, plus longue
que large, destinée à entourer quelque partie du corps, une
plaie, un membre ; bande de fer pour renforcer les jantes
d'une roue ; bandage de roue.
Le radical de ce mot se trouve dans beaucoup de lan-
gues : en persan, bend, lien ; en allem. anc, band, aujour-
d'hui benden, lier, bind, lien; en Idil.^ pondère, déplier,
étendre ; dans la bass. lat. bandum, bandellus ; d'où le
roman benda.
Bénédiciou, s. f. Bénédiction, cérémonie par laquelle
on bénit ; vœux favorables; abondance, bienfaits du ciel.
— Âna à la bénédiciou, aller au salut. Plôou qu'es uno
bénédiciou, il pleut à seaux. Gn'avié qWèro uno bénédiciou,
il y en avait à foison.
Dér. du lat. Benedictio.
Bénézé, n. pr. d'homme, fort répandu dans ce pays ;
au fém. Bénézéto. C'est un dim. de Bénouè, Benoit, et
tous, en lang. et en fr., dér. du lat. Benedictus, béni.
Bénhuroùs, ouso, adj. Dim. Bénhurousé. Un bienheu-
reux, un saint-homme, un innocent ; une personne sans
malice, sans vice. — Voy. Bénura.
Dér. de Bé et Huroùs.
Béni, V. Bénir, consacrer au culte divin ; donner la
bénédiction ; louer, remercier ; faire prospérer. — Diou té
bénisque / Dieu te bénisse ! expression qu'on adresse à celui
qui éternue. Cierge bénï, cierge bénit. Aïgo-bénito, eau-
bénite. Dé pan-bénï, du pain-bénit.
Dér. du lat. Benedicere.
Béniasiadîoii I interj. Littéralement : que Dieu soit
béni ! Merci ! Grâces à Dieu !
Dér. de Béni, siègue contracté en $ia, et Diou.
Bénitiè, s. m. Bénitier, vase à l'eau -bénite, placé à
l'entrée des églises catholiques, ou au chevet de lits, ou
au-dessus d'un prie-Dieu.
Dér. de Béni.
Bénobre, s. m. n. pr. de lieu, ou Vénobre. Vézenobres,
chef-lieu de canton dans l'arrondissement d'Alais.
La tradition rapporte que le vieux château de Véze-
nobres, dont il ne reste plus que quelques pans de murs,
et dans l'enceinte duquel est bâtie la plus grande partie du
haut village, fut attaqué par les Sarrazins après leur
déroute à Poitiers, due à Charles-Martel. C'était sans doute
une forte position, qu'ils convoitaient pour un de leurs
postes de défense. Ils en furent repoussés par les habitants,
qui délivrèrent par là tout le pays d'un semblable vdsînage.
104
BEN
BEN
Une antre tradition, moins glorieuse, est rapportée par
l'historien Ménard. A la fin du XIV* siècle, pendant les
troubles de la minorité de Charles VI, une troupe de
rebelles des environs de Nimes, excédés sans doute du
poids des impôts et provoqués par le désordre des guerres
civiles, avait pris les armes et commettait toutes sortes de
brigandages chez les nobles et les riches. Ces bandes étaient
désignées sous le nom de Totushù, On prétend que les
habitants de Vézenobres favorisèrent ces pillards; peut-
être ne firent-ils que leur donner asile à contre-cœur; tou-
jours est-il que le surnom de Touchi dé Bénobre leur fut
donné en souvenir de ces faits. Ce sobriquet est venu
grossir ainsi la nomenclature de surnoms, d'ordinaire
peu flatteurs, que les localités rivales et voisines se don-
naient entre elles au moyen âge.
Le nom de Bénobre est arrivé au languedocien après de
nombreuses variantes. Le latin du moyen âge l'écrit dans
un titre de 4 050 Vezenobrium ; en 1 052 et 1 054 Vinedo-
brium;en 1060 Vidanobre et Vinadobre dans le même
acte; en 4077 Vinezobre; en 4400 Vedmobrium; en 4425
et 4428 Yezmobre; en 4442 Yedenobrium ; en 4444 et
4450 Ve9mobre;ea 4154 et 4462 redenobrium; en 4466
Vieenobrium; en 4167 Vedenobrium ; en 4474 Venedo-
brium ; en 4 4 93 Vedenobre , en 1 24 9 Vicenobrium et Veze-
nobrium, sans parler des variations plus récentes.
Sur ce thème Tétymologie ne se montre pas clairement.
Le savant Ménard a voulu la voir dans le mot Virinn, un
des noms de lieux du territoire des Volces Arécomiques,
inscrit sur un petit piédestal antique conservé au musée
de Nîmes. Ce nom aurait été abrégé à cause des dimen-
sions du monument ; mais restitué en son entier, il serait
Virinno ou Virinnum , se rapprochant beaucoup des
formes que nous citons. L'interprétation a été contestée.
Cependant qu'on nous permette une analogie, si éloignée
qu'on voudra. La ville de Bergues, arrondissement de
Dunkcrqne (Nord), était anciennement dénommée Gfwmo'
Berg, Groenberg, nom tudesque composé de groen, gruen,
vert, et berg, hauteur, éminence, et le latin le rendait par
viridis mont. Soit à cause de cette origine, soit à cause de
la venue de saint Winoc, qui fit en ce lieu bâtir une église,
le nom dans les chartes latines se transforma en celui de
Winociberga. Le rapprochement est facile à saisir : ici la
forme tudesque domine ; pour nous, c'est la celtique qui
survit ; mais la traduction latine est de nature à faire im-
pression et a bien pu se conserver dans une inscription de
la province romaine, en adoptant le mot Virinn qui s'est
si bien altéré dans la suite.
Quoi qu'il en soit, les chartes disent Viceno, Videno,
Vidano, Veceno, et ajoutent le radical bri, rendu par le
neutre lat. brium ou bre. Bri est caractéristiq[ue de la
situation, comme suffixe ; il signifie hauteur, colline, élé-
vation. Vietm est traduit dans Du Cange par habitatio,
domus, demeure, maison, et il ajoute : Saxonibus vieœn
eti pagui, vieus; en saxon viean veut dire bourg, village.
Le nom entier signifierait par conséquent demeure élevée,
bourg ou village, sur une collme : ce qui est exact pour
Bénobre.
Le glossaire de Du Cange peut fournir une autre indica-
tion. On y trouve le mot Vinoblium, — et la ressemblance
avec notre nom latin n'est pas contestable, — pour vigne,
champ planté ou propre à être planté de vignes, dont le
fr. a fait vignoble. Puis, et â l'article suivant : Vinobre,
eodem inteUectu, avec le même sens. Il y a concordance.
La dernière forme surtout a le mérite de reproduire le
mot actuel sans le décomposer : on sait en effet que les
deux lettres F et B se substituent volontiers l'une à l'autre.
L'application dans les trois modes, soit éminence verte«
verdoyante, soit village sur une hauteur, soit lieu planté
de vignes, est du reste également juste.
Encore une interprétation, qui pour être la dernière
n'est peut-être pas la bonne, mais qui prouvera au moins
que nous avons cherché, si nous n'avons pas trouvé.
Sur le monument du musée de Nimes, parmi les noms
inscrits, se trouve celui de Briginn, abrégé plus tard en
Brinno, qui est devenu le Brignon actuel. Briginn, à
l'époque la plus ancienne, était une localité, centre de
population sans doute assez important dans un certain
rayon. Une voie romaine, celle de Nemaïuuê à GabaLum,
n'était pas éloignée de Briginn, Brinno, et venait traver-
ser le Gardon à Ners, en vue du village actuel de Véze-
nobres. Quand ce village se fonda, peut-être â l'époque
gallo-romaine, aurait-on voulu que son nom, tout lafin
dans sa première partie, traduisit ou exprimât sa situation
dans le voisinage de l'oppidum le plus considérable alors
de la contrée, vicinus, vicino, de Briginn, Brinno, qui
nous est parvenu avec les abréviations et les altérations
d'usage. Cette conjecture vient de bien loin, de si lœn
même, qu'on peut sans lui faire le moindre tort, préférer
les autres; mais elle n'était pas à négliger.
Bénoù, 9. m. Auge, sorte de mangeoire pour les brebis.
Elle se compose de deux planches posées de champ et réu-
nies par des chevilles d'environ un pied de longueur, œ
qui laisse entre elles un vide de même dimension, qu'on
remplit de fourrage ou de regain. Cette mangeoire, ainsi
disposée, a pour objet d'empêcher les brebis de mettre les
pieds dedans et de fouler et de gâter leur provende.
Dér. du celt. Benn, benne.
Bénoubrén, énqno, adj., ou Vénoubrén, énqao.
Habitant de Vézenobres ; qui appartient à Vézenobres.
Bènonri, i. m., ou Fourîdgniè , ou H-col-dé-sèr.
Torcol, torcou, turcot ; torcol ordinaire, Yunx torquiUa,
Linn. Oiseau de l'ordre des Grimpeurs, de la fam. des
Cunéirostres. Cet oiseau, qui est une espèce de pie, s*ac-
I croche aux troncs d'arbres et se pose sur les grosses bran-
ches ; mais il préfère se tenir â terre où il cherche des
fourmilières. Sa langue est longue, rugueuse et gluante;
il l'introduit bravement dans les trous de fourmis, dans
l'interstice qui se forme entre VBxhre et l'écoroe; les four-
BÊO
BÈO
105
mis, qui y habitent, grimpent sur cette langue, croyant y
troaver p&tore; alors Foisean-chasseur la retire et avale
ses ennemis. Le torcol est carieuK à voir de près : il
retourne sa tète et son cou par des mouvements onduleux
semblables à ceux des serpents ; il ouvre sa queue en
éventail, tourne ses yeux et redresse les plumes du haut
de sa tète. Il devient extrêmement gras aux premières
pluies de Tautomne. Les diverses habitudes de cet oiseau
lui ont valu ses trois noms languedociens ; il est pourtant
plus habituellement dénommé par le premier. — Fby.
Foumiguiè, et Pi-eolrdé'Sèr.
La prononciation du nom de cet oiseau est Tindice de
son ôiymologie. La première syllabe est en effet fortement
sentie par Taccent grave sur Vè, ce qui lui donne aussitôt
sa filiation de Bè, bec, faisant allusion à la manière ingé-
nieuse que ce volatile emploie pour se procurer une pro-
vende de son goût. Si un accent aigu se fût rencontré sur
le mot, sa signification eût été changée et il aurait voulu
dire : bien nourri. Ce qui était moins pittoresque et se
serait appliqué à bien d'autres. Le caractère et la descrip-
tion exacte du volatile sont bien mieux représentés par la
prononciation et l'orthographe de son nom.
Bénnra, ado, adj\ et part, pa$$. Heureux, bienheureux;
favorisé du Ciel; à qui tout réussit.
Bénura comme verbe, signifiant rendre heureux, est peu
usité, quoique le terme soit bien fait et pittoresque. Mais
dans le sens de l'adj. ou du part, pas., il est élégant et
expressif. — Ta bénurado planéto, ton heureux destin.
IHou l'a bénura, Dieu la béni, l'a rendu heureux.
Ce mot, d'après Sauvages, parait être formé du lat. Bona
et Bora, qui a une bonne heure ou qui l'a eue. On sait en
eflfet que les anciens distinguaient les heures favorables et
les heures funestes : traditions qui se sont conservées dans
le vieux mot fr. heur, et qui sont passées dans ceux de bon-
heur et maiheur, contraction de bonne heure et maie heure.
A ce titre le lang. devrait écrire notre mot avec un h,
comme nous avons fait pour Bénhuroùs, qui a la même
origine; mais nous supprimons ici la lettre parasite, qui
ii*est qu'étymologique, et dont le retranchement ne nuit en
rien à la prononciation , par raison de nos règles d'ortho-
graphe, et pour avoir d'ailleurs une variété de plus con*
forme à notre mot à la malouro, où elle ne parait pas
d'avantage.
Bèon, adj. m. sans fém. Beau. — Faï bèou, il fiiit
beau. A bèou faïre, il a beau faire.
Ce mot, dans sa formation, dans sa signification natu-
lelle et dans tontes ses acceptions elliptiques, est d'origine
française : même emploi , mêmes acceptions.
Béoncûre, j. m. n. pr. de lieu. Beaucaire, ville renom-
mée par sa foire du SS juillet. Aussi son nom est-il devenu,
pour un vaste rayon de pays autour de lui, une date, un point
important dans l'année. Autrefois les marchands en détail,
les artisans, les fournisseurs de toute espèce, allaient faire
^eors aebats en foire de Beaucaire, et pour cela ils avaient
besoin de réaliser les crédits qu'ils avaient faits dans
l'année. Quoique aujourd'hui les boutiques et magasins
se fournissent ailleurs qu'à Beaucaire, l'usage d'arrêter les
comptes des fournitures à crédit et de réclamer le montant
des mémoires s'est conservé. Aussi pleut-il à cette époque
ce qu'on appelle les comptes de Beaucaire : c'est un mau-
vais quart d'heure pour les débiteurs et un temps fort
occupé pour MM. les huissiers. — Pér BéoueaXre, ou à
BéoueaXre à l'époque de la foire de Beaucaire, à la mi-
juillet.
Béoueaïre remonte aux temps les plus anciens. Le géogra-
phe Strabon l'appelle (K/Y^pvov, ïyipvov et fépvov, que les
auteurs latins Pline, Sidoine Apollinaire, les Tables théodo-
siennes traduisent par Ugemum ou Ugemo;qvLe l'Anonymede
Ravenne écrit Ugumum; qui devint au VI* siècle Caetrum
Odjemo, et dans la bass. lat. CasUrum de Ugemo, en
4020; Belcayra, en 4424 ; Bellieadrum, en 4460, 4478,
4209; Belloquadra, Bellumquculrum, BeUi-quadrum, en
4226 et plus tard ; en même temps que la langue vulgaire
disait, en 4425, Beleaire; en 4294, Bauquaire; en 4302,
Bieuchayre, et en 4435, Beleayre; ce qui a donné enfin le
nom actuel.
La première partie du mot, en lang., en fr. et dans la
latinité du moyen âge, ne présente aucune difiiculté. La
seconde partie eayra, quadra, quadrum ou eadrum, est une
altération ou une syncope du substantif de la bass. lat.
cité par Du Cange , quadraria, quadrataria, Cayra a fait
directement caire, comme quadra et quadrum, dérivant de
quadraria ou quadraiaria , en lat. lapidieina, le tout a
produit carrière, en fr. L'afiSnité est incontestable; et tous
ces dérivés descendent d'un primitif commun, le vieux
mot celtique cair, pierre, qui se retrouve du reste dans
une infinité de noms locaux. Nous avons dans nos envi-
rons, en grand nombre, hue Caïrole, comme désignation
de quartiers pierreux, ou de carrières de pierres communes.
La liste serait longue des lieux ayant la même origine d'ap-
pellation : Cayrac et Cayrol, dans l'Aveyron; Cayres
(Haute-Loire); Cayrols (Cantal); Carole (Gers); Carrole
(Hautes-Pyrénées) ; Carolles (Manche) ; Charolles (Saône-
e^Loire ; Queyrac (Gironde) ; Queyras (Hautes-Alpes) ;
Caralp (Ari^e) ; Carrouge et Carouge (Orne, Seine-et-Oise,
Suisse) ; Cayrouse ( Aveyron) ; Quiers (Seine-et-Marne) ;
Carrare, en Italie, et autres.
Sauf tout le respect dû à une opinion assez accréditée,
qui voudrait que le nom de Belliquadrum ou Bellumqua-
drum eût été donné à Beaucaire à cause d'une tour carrée
qui dominait l'emplacement sur lequel la ville s'est cons-
truite, l'étymologie tirée du gaulois cair nous parait préfé-
rable et plus naturelle. D'ailleurs la même raison appella-
tive devrait se rencontrer dans les homonymes assez nom-
breux ; et Ton n'a pas remarqué des traces de la moindre
tour de forme carrée à Beleaire (Aude), arrondissement de
Limoux; à Beaucaire (Aveyron), commune Noviale; 4
Beaucaire (Charente), commune Saint-Amand-de-Nouère ;
14
t06
BfEO
BÊO
à' Beaucaire (Cher), commime Herry; à Beaacaiie (Gers),
(Xiininone Valence, et autres encore ; non plus qu'à fiel-
Caire (Dordogne) ; à Bellicaire, province de Gerona, et &
BellicayTe, province de Lerida (Espagne). Ce qui commence
à donner beaucoup de crédit à notre version.
Mais il y a plus : le nom grec de Béoueairê latinisé me
semble un argument nouveau. Le lieu désigné par Strabon
existait avant lui et était connu. On a dit que sa forme
celtique devait être Wern ou Guern, qui veut dire en
gallois et en bas-breton ; aune, aunaie, lieu planté d'aunes;
vàr, lang. L'application à un casirum sur un grand fleuve
est juste ; mais la dérivation serait-elle moins exacte, si
l'on admettait que le celtique cair a été le parrain du Tip-
vov de Strabon, qui se trouvait sans doute précédé d'une
épitbéte significative, exprimant en gaulois ce que dit le
bdlum de la bass. lat., Béoudu languedocien, et que, dans
la variante ïf^pvov, Strabon aurait traduite et exprimée?
Ainsi, la première syllabe de Ugemum ou Ugêmo, lat., ne
serait-elle pas la diphthongue adverbe Eu, bien, reproduite
eupboniquement par le latin u? La prononciation du y
grec et du g latin devant e est dure et se rapproche sen-
siblement de celle du celtique : ce qui ne met pas à une
grande distance eair et guer. Le gaulois a encore cairn,
appliqué aux monuments de pierre, dolmens, qui introduit
une lettre de plus dans la ressemblance graphique des mots.
Mais une permutation identique se fait remarquer sur le
nom d'un ancien oppidum purement celtique, signalé dans
le savant ouvrage de M. Germer-Durand, IHetion. topogr.
La petite commune de Gam, ancien évècbé d'Uzès, aux
limites du Vivarais, a conservé intacts sa forme et son
nom celtique, Cairn. Le g s'est substitué au e, inverse-
ment à ce qui est arrivé dans le roman pour Belcaire, qui
reprend sa forme primitive; mais par un procédé sem-
blable à celui employé par le latin et le grec, Vgemum,
Ty^^ov : preuve que nos déductions sont vraisemblables.
La terminaison en o, si commune dans les appellations
celtiques, ne doit pas être négligée. On sait que nos pères
les Gallo-Romains employaient les deux langues, celtique
el romaine, et quand, an moyen ^, on voulut désigner
l'antique localité, la traduction devint précise et fidèle en
substituant à ÏY^pvov, le mot Bdoofffa, BeUieadmm, Bel-
lumquadrum.
Tous ces noms seraient donc synonymes; mieux que
oéla, ce serait le même nom, sous différentes formes, grec-
que, latine, languedocienne et française. L'antiquité qu'on
attribue ft Beancaire, les belles carrières qui touchent la
ville, et qui ont été connues dès les premiers âges, ne s'op-
posent point à cette origine de son appellation et semblent
là juitlfiAr. Le géographe Strabon a traduit autant que le
grec le permettait, sans trahir le vieux gaulois.
Béoa<4*ott, j. m., ou Ihatto, Snito, Niehoulo. Effraie;
ftésale » chooetle-effraie, Sirim fiammm, Linn.» de Tordre
del Rapaces et de la fam. des Nocturnes. Cet oiseau de
pHÀB nocturne, qui andnt jusqu'à 35 centimètres de km*
gueur, a le dessus du corps jaunâtre, onde de gris et de
brun, parsemé d'une multitude de petits points blancs ; le
dessous est d'un blanc soyeux, éclatant. Il habite les vieux
édifices, les clochers et les toits des églises. On croit vul*
gairement qu'il y entre la nuit pour boire l'huile des lam«
pes; de là son nom de Béou-l'oli. Par celui de Suite sous
lequel il est connu aussi, on a sans doute essayé de rendre
le soufflement on sifflement qu'il pousse pendant la nuit.
Il a la réputation d'être l'oiseau de mauvais augure par
excellence. — Voy, Damo, Suilo, Nichoulo.
Béonre, v. Boire ; avaler un liquide, Tabsorber. —
Àquél home bèou, cet homme est adonné à la boisson, à
Tivrognerie. Hou$ sou\è$ bévau, mes souliers laissent trans-
pirer l'eau. Béoure da» iéls, manger des yeux, couver du-
regard. Béoure coumo un ioblas, boire beaucoup, sans fin,
comme un champ de sable, qui absorbe l'eau et la pluie
en telle quantité qu'elle y tombe. Y-a pa$ qu'un grand
béoure que pogue té tira d'aquï, ce n'est qu'à force de
boire de la tisane que tu peux te tirer de cette maladie.
Mais les ivrognes ou les plaisants qui veulent les imiter
dans leurs propos, tournent la chose dans le sais du vio,
et c'est le vin qu'ils conseillent, quand ils adressait cette
phrase à ceux qui se plaignent d'un malaise. Leu béimre
U lèvo pas lau manja, la soif ne lui dte pas la faim, boire
ne l'empêche de manger. Un ose i béouriè, le cas n'est pas
difiicile, un âne s'en tirerait. Fénno que noun mcMJo, lev
béoure la mantén, à petit-manger, bien boire. Béoure féùu
et iouvén, boire peu et souvent : bonne hygiène.
On dit d'un homme qui s'est ruiné : Ou a pas fovl
manJa, n'a bé bégu dé flàs, il n'a pas mangé tout aon
bien, il en a bu une partie. Aquélo aïgo se béou, œtle
source se perd dans la terre ou dans le sable. Béoure louo
eos, endurer les coups sans se plaindre. Crésés aquà et
bévés d'aïgo, croyez cela et buvez de l'eau par-dessus,
phr. prvb. pour dire que vous ne croyez pas un mot de oe
que l'on raconte, ou que ce mensonge est difiicile à avaler
et qu'il faut boire pour le faire descendre dans le gosier.
C'est dans le même sens qu'on dit d'un hâbleur : Faï4ou
béoure, fais-le boire, pour que son mensonge ne s'an^M
pas au gosier. Las tèros an prou bégu, les champs sodI
suffisamment abreuvés. Fàsre «m béoure, faire un temps de
repos pour les journalière, pendant lequel ils voet boive
un coup à leur gourde pour reprendre haleine, fl ne feoi
pas confondre un béoure avec un repas, un repas : le rspes
est un temps déterminé par les usages, où les travaiurâs
mangent commodément assis; hm béoure n'est qa^ul
simple temps d'arrêt, pendant lequel ils cassent simple*
ment une croiHe et boivent un coup. Ce temps est de
durée arbitraire, et souaiis au plua ou moins de adle de
l'ouvrier, on au plus ou nK>ins de sévérité étt dief d*aie*
lier, ou bdOo. QuêÊM se fi^ dé béouree d'ofuéeto eéooét
combien doit-on faire de posss au travail daae cène
sàisenT
Dam cette aeosptilMi» loi» Mbere est mâM* omo. a
BÉQ
BER
107
Hgnifie enoore : le bovre, le liquide que Ton boit; la ration
de huMPngs aux animanx, mais daos ce dernier sens on
emploie : Abéoure, — Lou héoure et lou manja, le boire et
le manier. Aqud mé Uvo iau béoure et lou manja, cette
âmotioii, eette nouvelle m*a coupé la soif et rappéUt.
Dôr. du lat. Bibere. En ital. Bevere, boire.
Béouta, s. f. Beauté, qualité de ce qui rend aimalde ou
admirable, au physique et au moral. — Es pa'no béouta,
œ n'est pas une beauté.
Emp. au fr.
Béqna, v. Becqueter; mordre avec le bec; battre à
coups de bec; donner des coups de bec; manger seul, en
parlant d'un oiseau ou d'un poussin ; brouter ; mordre à
l'hameçon; avaler crédulement un mensonge. — Aquél
pastiroù eouménço à béqua, ce petit moineau commence à
manger seul. Lou -pétswù béquo pas, le poisson ne mord
pas. Tout hu bèqup, tout le monde le dupe, le houspille;
tout le monde' l'accuse ; se moque de lui : on l'accable à
coups de bec. Lous fàguère toutes béqua, je leur £s avaler
à tous cette bourde.
Oér. de Bè, bec.
Béqnado, s. f. Dim. Béquadéto. Becquée, pâtée que les
oiseaux portent à leurs petits dans le nid ; coup de bec ;
xaillerie ; sarcasme, insulte. — Espéra la béquado, attendre
la becquée; attendre que la manne tombe du ciel ; ne se
donner aucune peine, aucun souci, pour obtenir ce qu'on
désire.
Dôr. de Bè, bec.
Béquaduro, s. f. Blessure causée par un coup de bec;
accroc; déchirure ou piqûre causée par un coup de bec ou
par quelque chose de pointu.
Dér. de Bè, bec.
Béqnaje, s. m. Herbage d'automne, qu'on fait brouter.
C'est l'herbe dernière qui pousse dans un pré, après en
avoir enlevé le foin et le regain.
Dér. de Béqua.
Béqao-figo , s. m. Becfigue, oiseau du genre gobe-
.mouche, MotaciXla fieedula, d'après Linn. ; MuseUapa lue»
ituosa , «uivant Temm. Le becfigue a le dessus du corps
noir, le front et toutes les parties inf^ieures blanches ; la
queue et les ailes noires; celles-ci ont leur couverture blan-
che. Arrivé en France vers la fin d'avril, il repart dans les
.jiremiars. jours de septembre. D'après l'ornithologie mo-
derne, il -se nourrit de mouches et d'antres petits insectes
ailés,» qu'U enlève de dessus les. feuilles et les fruits mûrs;
aussi la acaenoe l'a dénommé Gobe^mouche. Le vulgaire, en
Je voyant fréquenter de préférence nos figuiers, car o*est
là qu'il lait la chasse la plus abondante, a cru qu'il se
nourrissait de leurs fruits et lui a donné le, nom de Béquo-
fgo. Les latins, qui en avaient la même opinion, rappe-
laient .Ficailtito. P^^ètre ee gobe^moucfae, en becquetant
la 'figue pour, y saisir sa. proie vivante, se laisse-t-il dller à
goàler;an peu du fruit et.mérite-t-il ainsi ses divers noms;
•n teiis cas,; dans qu^lqne' genre ou famille qu'on le range,
son nom est évidemment un emprunt du fr. au langued.
La figue est trop un fruit du Midi pour- ne l'avoir pas ins-
piré ; Becfigue, double subst. fr., ne signifierait rien s'il
n'était la traduction du verbe et du régime employés par
la langue d'Oc. — Gras eoumo un bèquo-figo, gras comme
un becfigue. Sa cbair est en effet très-déÛcate et très-esti-
mée. Un grand professeur en gastronomie, Brillat-Savarin,
a dit : < Parmi les petits oiseaux, le premier, par ordre
d'excellence, est sans contredit le becfigue ; si cet oiseau
privilégié était de la grosseur d'un faisan, on le paierait
certainement à l'égal d'un arpent de terre. 9
Bèquon, s. m. dimin. Baiser, en style mignard et
enfantin, comme on dit en fr. famil. Bécot.
Dér. de Béqua, becqueter.
Bèrbéqnin, s. m. Villebrequin, outil de menuisier, qui,
au moyen d'une mèche, sert à faire des trous en emportant
la matière qu'il traverse.
Formé probablement de Vira, tourner, et de bréquin,
nom ancien de la mèche, du lat. Veru, veruum.
fiéré, s. m. Berret; espèce de bonnet d'enfant, en ve-
lours ou en soie, coupé à côtes de melon, qu'on attache
sous le menton ; bonnet plat et tricoté des paysans du
Béam. •— Yoy. Béréto.
Dôr. du lat. Birrus ou birrum, nom d'une espèce de
coiffure en usage chez les anciens ; d'où la bass. lat. bar-
retum ou birretum, berret, barette; en esp. birreta; en
ital. barreta.
Bérénguèri, s. m. nom pr. d'un terroir d'Alais, près
la route d'Alais à Nimes, dit Bérénguèri, que des archéo<
logues, d'après un passage de Sidoine Apollinaire, pré-
tendent être Voroangus, habitation d'Apollinaire, voisine
de Prusianus, Brésis aujourd'hui, demeure de Tonanoe
Ferréol, préfet des Gaules au V« siècle.
Béréto, s. f. Bonnet d'enfant ; calotte de prêtre; bonnet
rond et juste à la forme de la tète, tel que la calotte qu*on
voit au théâtre aux Gassandres, à Bartolo et aux rôles à
manteau de la comédie française et italienne.
Même étym. que Béré ci-dessus.
Bérgadiè, s. m. Brigadier, commandant d'une brigade,
grade de cavalerie ou. de gendarmerie correspondant à celui
de captrsCl dans l'infanterie.
Emp. au fr.
Bérgado, s. f. Brigade, division d'un corps d'armée;
section de gendarmerie commandée par un bérgadiè. £n
gén., troupe, bande armée.
Emp. au fr.
Bérgan, ando, adj., ou Brégan, ando, péjor. Bérgan-
das ou Brégandas, Brigand, voleur de grand chemin ;]e
plus souvent, épithèle injurieuse donnée à celui qui com-
met des vexations ou d'étranges concussions. Souvent en-
core, c'est une sorte d'interjection : O Bérgan t neutrale-
ment emplayée; en ce sens, le péj. Bérgandas/M surtout
admis.
Dér. du lat. Brigantu, peiçles d'Hibemie qui, sous la
106
BER
BER
domination romaine, ravagèrent souvent les provinces sep-
tentrionales de la Grande-Bretagne .
Bérgandaje, «.m., ou Brégandaje. Brigandage; action
violente; volene; concussion.
Même étym. que le précéd.
Bérgandéja, v,, ou Brégandéja. Se livrer au brigan-
dage, dans la double acception, étendue ou restreinte, mais
également peu recommandable.
Bérgè, «. m. Dim. JBérgéiré. Berger, pâtre, expression
toute française, qu'on ne peut employer qu*en poésie.
Bergéireto, «. f., ou Gouacho, Bergeronnette, hoche-
queue, lavandière, petit oiseau du genre des becs-fins ; il
vient se mêler au milieu des troupeaux de moutons, et
mange familièrement avec eux : ce qui lui a valu son
nom. Quant au mot lui-même, c'est du français tout pur
comme le précédent et le suivant, et dans le même ordre
d*idées et d'emploi. Aussi ne devrait-on donner droit de
dié et de classification qu'à Pastouréléto; car le languedo-
cien n'appelle ses bergers que paatrês, ainsi qu'on le voit
dans le mot de meilleur aloi de la bergeronnette. Gala-
poêtre.
Voy. Couacho, Galapas(rê, Brando-quuïo,
Bérgèîro, s. f. Dim. Bérgëiréto. Bergère. — Voy. Bérgè.
Bérigonlo, s, f. Barigoule ; manière d'apprêter les arti-
chauts, qui consiste à les placer crus sur le gril, avec du
sel, du poivre et de l'huile, qu'on introduit dans les inter-
stices des feuilles. C'est un emp. au fr. Barigoule, sauce
lâen plus compliquée d'ailleurs que notre bérigoulo,
Bérlénqné, s. m. Jeu d'enfants, qui ne pourrait être
traduit et exprimé en fr. que par le mot lui-même. Il con-
siste à placer quelques sous ou même des épingles, debout
derrière une petite pierre carrée et mince, posée de champ.
Les joueurs, placés à une certaine distance, lancent chacun
deux palets contre cette pierre; quand ils peuvent la
chasser assez loin pour que l'un de leurs palets soit plus
rapproché que la pierre de l'enjeu ou d'une pièce de cet
enjeu ; l'enjeu ou la partie d'enjeu leur est acquis. Gomme
on le voit, le bérlénqué est le premier rudiment du jeu de
bouchon.
Dér. peut-être de Birh, à cause du petit caillou qui
sert de but, ou de ceux avec lesquels on joue.
Bèrio, «. f. Dim. BérU, bérléto, péj. Bérlasso. Eclat de
pierre ou de bois, souche d'arbre ébrëchée ; grosse branche
morte; bord d'un vase.
Bérloqao. s. f. Breloque. Ne s'emploie que dans la
phrase : Boire la bérloquo, battre la campagne, divaguer,
déraisonner. La bérloquo, breloque, en terme de théorie
militaire, est la batterie de tambour qui annonce l'heure
des corvées.
Dér. du lat., sotl Veriloquium, langage vrai, naïf; parce
que, quand on déraisonne par folle on par ivresse, on
laisse souvent échapper des vérités qu'il eût été sage de
retenir; soit de hretUoquium, laconisme, langage coupé ;
soit de varia-lofui, parler sans suite.
Béma, s. m., n. pr. d'homme; au fém. Bémado; dim.
Bémadé. Bernard. Nom qui a servi de racine à beaucoup
d'autres dans le pays : Bemadèl, Màoubéma, Bernardin,
et la syncope familière de ce dernier : Nadin. — T'a Um-
qua. Berna? J'espère qu'on t'a touché, l'ami? Express,
prvb. qu'on adresse à celui qui vient de recevoir une
correction méritée, ou bien un quolibet piquant qu'il avt it
provoqué. Béma din la luno ; on fait croire aux enfants
que les diverses taches qu'on aperçoit dans la lune, quand
elle est pleine, et qui donnent l'apparence d'une £ace
humaine, ne sont autre chose que la figure d'un bûcheron,
nommé Béma, que Dieu a placé dans la lune pour le punir
d'avoir fait des fagots un jour de dimanche.
Dér. du lat. Bemardus, formé de l'allem. béer, ours, et
de hart, génie.
Béma-pésqoaîre, s. m., ou Gnirâoa-Pésqnaire. Héron
cendré, héron ordinaire, Ardea cinerea, Linn., nom com-
mun à plusieurs variétés de héron. Oiseau de l'ordre des
Echassiers et de la fam. des Cultrirostres, remarquable
par la longueur de ses jambes, de son cou et de son bec ;
il vit de pêche et tire de là son nom. Dans nos environs,
on l'appelle Béma-pésqua^re, et dans d'autres localités voi-
sines aussi, Guirdou-pésquaïre. Reste à savoir quel Ber-
nard et quel Guiraud, qui ont toujours été assez nombreux
dans le pays, étaient assez forts pêcheurs devant (a langue,
ou assez mal bâtis, pour qu'on ait donné leur nom au dis-
gracieux oiseau-pêcheur, aux si longs pieds et au si long
bec, emmanché d'un si long cou. 1^ Fontaine, qui Ta si
bien peint, ne l'a pas dit et ne le nomme que le héron;
nous n'en savons certes pas plus que lui. — Voy. Guirâou"
péscaïre.
Béroù, s. m. Dim. Bérouné. Terme de berger, Robin-
mouton, mouton favori ; celui qui conduit le troupeau ;
petit agneau privé qui mange dans la main.
Dér. du lat. Vervex, mouton.
Béroù, $. m. Ver blanc, qui vit dans les fruits, princi-
palement dans les cerises et dans les pois.
Ce mot parait dérivé du fr. ver, dont il ne serait qu'un
dim. Dans le rom. beron ou berou, ver qu'on trouve dana
les cerises nommées guignée.
Bérouia, v. Verrouiller; fermer au verrou.
Dér. de Biroul.
Béroul, 8. m. Dim. BérouXé, péjor. Béro^diae, Vemm;
fermeture de porte; tige de fer ronde et mobile, glissant
entre des crampons, ou anneaux. En lat. Peeeulue. c C'est
de ce mot, dit Sauvages, que certains auteurs font dériver
le nom de Montpellier (Monspessuli), mont ou colline du
verrou, à cause de la célébrité du verrou de Téglise de
Saint-Firmin, dans cette ville. >
c Les banqueroutiers y faisaient, dit-on, cession de
biens, en présence des magistrats et da peuple assembléB
un dimanche à l'issue de la messe. Le patient, debout, n»-
pieds etnu-téte, appuyait les deux mains sur le varrou de
l'église, et, dans le moment marqué, fl en dètadiah une
BÊR
BES
109
qa'il portait sur son derrière en disant à ses créanciers
d'une voix haute : Pago-té d'aquï, dicton qui a passé en
proverbe. >
Il prétend encore que c'est de là qu'est venu cet autre
dicton : Mousira hu quiou, montrer le derrière, qu'on dit
de ceux qui ont manqué à leurs engagements.
L'anecdote est assez curieuse et peut être vraie ; mais il
est absurde de supposer, comme ces savants auteurs qui ne
sont pas d'ailleurs cités par Sauvages, que de là vient le
nom de Monspessuianus, B|ontpellier, attendu que ce nom
existait certainement avant l'invention de cet usage, et sur-
font avant, qu'on y parlât le languedocien, tel qu'il est
dté dans la phrase sacramentelle : Pago-té d'aquï. — Voy,
Mtounpétém
Empourtaraâ pas lou béroul, tu n'emporteras pas la
crémaillère quand tu quitteras cette maison, est une expres-
sion proverb. fort usitée de nos jours. Lorsqu'un domes-
tique prend vivement l'intérêt de son domaine vis-à-vis
d'an maraudeur, d'un grapilleur, celui-ci l'apostrophe par
cette phrase, comme pour lui dire que sa fidélité ne lui
procurera pas une fortune.
Dér. de Baro, dim. baroul, béroul,
Bérqna, v. Ebrécher ; écorner ; entailler ; édenter.
Dér. de Bèrquo.
Bérqnaduro, s. f. Brèche ; écomure ; entaille ; l'action
d'ébrécher. — Vdy. Bèrquo.
Dér. ùe Bèrquo,
Bèrqae, bèrqno, adj. Spécialement mouton, brebis ou
chèvre, qui a perdu ses dents.
Bérqoiètro, s, f,, ou Vérqniéîro, s. f. Dot d'une fille
en la mariant; constitution dotale; bien apporté par la
femme en mariage.
Dér. de la bass. lat. Vereheria.
Bèrquo, «. f. Brèche ; écomure ; entaille; coche.
Dér. de l'allem. Brechen, rompre, casser, briser.
Bèrqno-dén, a(y. des deux genres. Brèche-dent, à qui
il manque une ou plusieurs dents ; ne s'applique qu'aux
personnes.
Formé de Bèrquo et de dén.
Bértèlo, «. f. Sangle, courroie, pour soutenir un sac
sur le dos; bretelles pour soutenir les pantalons.
£mp. au fr.
Bértonl, «. m., ou Bértoulo, $. f, Dim. Bérioulé, bér-
tmdéto. Cueilloir, petit panier à anse, fait d'éclisses tres-
sées ; son usage principal est de servir à ramasser des châ-
taignes.— Aquèl castagne frucho Inèn, las bojo à pUn
bérUnU, ce châtaignier produit beaucoup, à plein panier.
Formé par corrupt. peut-être de Bridaulo, éclisse, scions
reiendus; mais mieux dér. de brett, celt., en lat. lignum,
boîs, planche. — Vay, Bréthmas,
Bérionlado, s. f. Contenu d*un Bértoul, plein un Mr-
tmU.
Bérogo. <. f. Dim. Béruguéto, péj. Bérugasso, Verrue;
poinao, excroissance dure et indolente, qui vient ordi-
nairement aux mains. — Un remède de bonne femme contre
les verrues consiste à les frotter journellement avec un
bouchon de bourre prise dans un bât. On n'a pas ouï dire
que cela ait guéri personne ; mais comme cela ne saurait
faire empirer le mal, il n'y a aucun inconvénient à conti-
nuer la friction jusqu'à ce qu'elle ait usé la calosité.
Dér. du lat. Verruea, verrue.
Bésâoa, s, m. Dim. Bésalé. Canal d'irrigation, biez de
moulin; prise d'eau.
Ce mot doit avoir une origine commune avec le fr. Biez,
En roman, besal, besaliere, canal, conduit des eaux, rigole
d'arrosage, même sign.; celt. beal; bass. lat. bedale, en lat.
via aquœ; en gr. 6(7).
Béscle, s. m. Terme de boucherie ; rate de mouton ;
fressure.
En V. fr. Bascle,
Béscul, s m. Biscuit; pâtisserie faite de la fleur de
farine, de sucre et d'œufs, cuite au four de pâtissier. —
Paptè'béscuï, papier sur lequel on enfourne la pâte de
biscuit, et sur lequel il reste des traces de sa substance
quand on le détache. Les enfants achètent ce papier chez
les pâtissiers et rongent à belles dents cette friandise à
très-bon compte.
Dér. du lat. Bis et coctus, cuit deux fois.
Béségno, s. f. Gousse-d'ail; amande d'ail; un des
caïeux dont la réunion forme la tète, qu'on appelle Bous-
sèlo.
On dit, et c'est possible, que ce mot a pour étym. Véno
d'àiè, à la vérité par altér.
Béségudo, s. f. Besaigtie, instrument de charpentier,
taillant par les deux bouts. — Esdà à la béségudo, sabot à
la cévenole, dont la pointe est recourbée comme les anciens
souliers à la poulaine.
Dér. du lat. Bis et acutus, à deux pointes, soit qu'il
s'applique à l'instrument des charpentiers, soit à la chaus-
sure de nos montagnards, qui portait sans doute, dans
l'origine, une seconde pointe à l'arrière, comme une sorte
d'éperon.
Béaougna, v. Travailler, s'occuper ; faire une afiaire ;
faire ses afiEûres. — A bien bésougna, il a bien spéculé.
Bésouguo, s, f, Dim. Bésougnéto, péj. Bésougnasso,
Chose; affaire; besogne, travail, ouvrage. Dans ce dernier
sens : Laisso mé faïro ma bésougno, laisse-moi faire ma
besogne, mon travail, mon ouvrage. Fat fosso bésougno, il
fait beaucoup d'ouvrage. Faire bésougno, réussir dans ses
afiaires, être rangé; augmenter progressivement son avoir.
Avec la première acception, Bésougno a la même extensfbn
que le fr. ehosê et le lat. negotium. Il sert à désigner une
foule d'objets dont le technique ne vient pas immédiate*
ment à la mémoire; il veut tout dire et désigne tout. —
Mouuu Bésougno, monsieur Chose, monsieur un teL
Bésougno en dit autant» en supprimant monsieur.
Dér. de l'ital. Bisogna, affidre.
Bésoun, «. m. Besoin; manque; misèrei disette, indi*
110
BES
BES
gonce ; nécossitr* iialurelle. — Aqud li faï hcsoun, coin lui
est nécessaire, il ne peut s'en priver, ou s'(Mi passer. En bc
besoun que... il faut l)i<Mi que, il est bien nécessaire (pip...
Es lou bétouti que i-on foi faire, c'est la niiséro ijui le
conduit li\. S't'ro (lé besoin), s'il le fallait. Fuirc sous besnu-
nas, va^jner à ses nécessit>^s naturelles.
Dér. de l'ilal. hisoijuo, Mian(iu<\ nr-cossit-*'.
Béssédo, ». f. Taillis de houl^iux.
Ce mot est dér. do Bh, bouloau, (jui a vieilli, mais qui
s'est cons»^rvc dans le hreton bez, pris du celt. bcss, inéme
sign. Il n'est plus qu'un nom prop. ei enire dans la com-
position d<^plu>ieurs; la dosin.'nce é /o. qu;^lilioriti\e et col-
lective, n'-poiidaiit i'i t/*> l'r. ou ny : Lu liesse lo r(»\ ioni a
La Htuilave ou La lJ>ula\, ou Houlay. {j'iW fiiide c/o est
caraclcrisliijue et i)ropre au midi dn la rnuic*^; o\\^' y^^\)\v-
Si'nle la tormmaison lat. elmn, qui a varié souvent en
eiuin, etju7)i, et a lait ihnu et efmii, d où 'i/o procède
plus directemout ; mais S(ais toutes c^s l'ormes, elle porli'
en Soi un sens de c*)lleclivilé, (jui s'attache au\ mois d;uis
lesquels elle apparail : Ceriè'ireilo, yougarêîn, PincJo,
Verncilo, etc., lieux plantés de cerisiers, de noyers, de
pins, d'aunes, etc. Si'S similaires s int en \mv^. îcr, ières;
en fr. aie, ay, ayc, ei, ey, ec. eis, eis, ei,r, es, et, ex, ois,
01 ; mais le radieal commun est dans raiicicii i^aiilas, au-
quel il faut toujours remonter, en fait >urtout d'elym loL'ie
des noms pr«»presde lieux.
Bésséjo, s. f., H. pr. de lieu, lîessè^'es, commune
éripV nouvelleuienl en clief-lieu de canton, arrondis-
seiiiênt d'Alais. L'importance el la pro>p rij.' dt\N mines de
houille et des fomleries et forges et dilies d in> cott'^ loca-
lité lui ont donné un développement consiili-ralile.
Dans rétynudogie des noms, il y a toujours à distin;juer
le radical, cpii foi'mo le cor[)s du mol et li-nr si-;ni(ic ition,
de la désinence, qui n'est souvent tiu'exi)|i'tive. Ici ejo
seiidde être un suOlxe manpiant la collectivité, la (]uan-
lilé ; le radical reproduit le celt. bess, vcss, l^ouleau, et le
nom si i: ni lierait un lieu plant''* de bouleaux. Il pourrait
cependant au>si avoir élé formé par la lia>s. lai. bcssœ ;
Besses dans le dialecte liniousin et auverimat a le sens du
lat. ptiscua, pâturages, j)rairies. Les deux accej»tions sont
applicables.
Béssina, v. Vesser ; rendre par le bas un vent muot.
Béssino, s. f. Vesse, V(^nt muel par en bas. — Vnrâou-
los (le fenno, béssino d'ase, j)ropos de femme, le viMit l'em-
jxu'le. Pcr uu pe, per uuo bessinn refuses jtns ta vestnn,
pour un petit défaut sans gravité, ne refuse pas en mariage
ta voisine. La moralité de ce proverluM'st qu'il vaut mieux
épouser une fennne que l'on connaît bien, malgré (piel(jues
petits défauts, qu'une étrangère qui peut en cacher de
bt\iucouj) j^lus grands. Le pn^Ncrbc ajoute en elTet : ->V
prendras uuo detras lou pioch que tt'daura fach sept ou
h wch .
Ifessino-de-loù , vesse-de-loup, plante de la fam. des
Fuuijus, Bolets ; qui se remplit d'une jumdre noire, quand
elle est en maturité. Sous la pression elle éclate, et sa pous-
sière se répand.
Dér. du lat. Ycsica, i)etite \essie, globule.
Bésso, .s. /'. Abbesse, sui)érieure d'un monastère de filles
ou de feiimi.'S. — Tèros ou Mas de las Bessos, métairie OU
clianq)S de r.\bbaye ou des Abliosses.
Der. du lat. Aiibas, ])ar ai)o(:oj)e de Va initial.
Béssoù, béssouno, alj. Dim. Béssonné. Jumeau, elle;
en parlant soit di'S persoimes, soit des animaux ou des
arbre>, [iroduits d'une mémo souche, ou bien des fruits
adhérenls l'un à l'autre.
Dèr. du lat. Bis el de la part, ou, contraction de homi-
nes : deux hommes, ou homme double. La désinence soù,
i\n\ esl la même que snun, et qui, dans le [)rinci{)e, était
ainsi, j)uisipii' son féminin est encore souno, j)eut avoir été
empruntée à l'angl. son, fils. La longue i»ccupation des
provinees méridionales par les .\nglais rend cette hvfW)-
tiièse [)lausihle. Itcssoù reviendrait alors î\ bis-son, deux
fois lils, (»u doul)l(' lils.
Béssounado , *. f. Aecouchement do junjoaux ou de
jumelles ; les jinmMux eux-mêmes pris collectivement. —
Aquo fat uito bravo bessoanado, c'«'st un joli couple. A fa
très bessounados , elle est accouchée trois fois de ju-
meaux.
Béstialén, énquo, adj. Qui tient de la l>éte, l)estial ;
(pli aime les aiiiniaux, (jui se plaît à les élever, aies soigner.
D''r. de Bèstio.
Bésliàou, s. m. Dim. Bestiale, péj. Bestinlas. BtHail ;
ens'^mblo des animaux domesti<iues d'une ferme; la gent
animale en L'^éini'al. — Lous matinans soh7i un bra\}€ hés-
tiale, les vers à s«)ie sont un charmant i)euple-aniinaL
Aribd (ou bestiànu, donner la ration aux animaux de la
grange, chevaux, nulles, boMifs ou moutons, non comprise
la V(tlaille. Laissas pissa lou béstidnu, laissez pisser le mou-
ton ; laissez faire; laissez couler l'eau.
Dér. de Bèstio.
Béstiassado, s. /". Grosse bêtise; balourdise; gaillanlise
grossière.
Béstiasso, s. f. Ciivts el vilain animal. Au fig., grosse
bête; butor: grand iml^'cile; gri'issier.
Augm. et p''jor. de Bèstio.
Béstiéja, v. Taire l'imbécile, le nigaud; dire ou faire
des gaillardises grossières.
Béstiéjaïrc, aïro, adJ. Oui fait des niches grossières et
gaillai'ilcs ; qui fait dos lazzis indécents.
Béstiéto, s. f., ou Béstiolo, v. f. Bestiole, petite bète;
insectes en général. .Vu fig., [»elit esprit, persi^nne bornée,
.sans intelligence el sans instruction.
Hestiouno s'emploie dans le même sens.
Dim. d(' Jhstio.
Bèstio, .V. f. Dim. Bestieto, béstiolo, hestiouno, péj. Més-
tiasso. liêto, animal, en général, particulièrement une
mule ou un cheval. Au fig., sot, idiot, imbécile ; lourdaud;
butor; mauvais plaisant; vicieux.
BIA
BID
in
*- M iMampa uno bèMUo, il m'a crevé an cheval, une
mule. Es pu bèstio qi*é nèci, il est plus coquin que sot. JUé
a^ué poi sotiiamén : bèttio, nè$ aquït il ne fit nulle atten-
tion à moi ; il ne me demanda pas seulement : que fais-tu
là 7 Aquà'ê la hèsiio ddou bon JHou, c'est un pauvre inno-
cent» un crétin inoffensif.
Mr. du lat. Béttia.
Béstiôoil, olo, adj, Dim. BésUoulé. Nigaud; imbécile;
ignorant; stupide.
Béstiu, ndo, adj\ Dim. BésHudé, péj. BétHudat. Bes«
tial, qui a les instincts de la bête ; brute ; abruti.
Dér. de 9èêtio.
Bésaquariès, «. f. plur. Dim. Bésu^uarièïrétos, Vô-
tâles; niaiseries; bagatelles.
Dér. de Bétuqué,
Bôsnqaé, éto, adj. Vétilleur; cogne-fétu; tatillon;
qui fait une grosse affaire de niaiseries ; qui se tue et se
tourmente de minuties, les crée et les cherche à plaisir ;
qui épluche oe qu'il mange .
Dér. de Bé$uquo, vieux mot hors d'usage, qui signifie
une espèce de jeu de fainéant, consistant en une chaîne
dont les anneaux sont enchevêtrés de manière qu'ils sont
très-difficiles à dénouer. C'est cet instrument ou quelque
chose d'analogue qu'on vient de renouveler sous un nom
de .circonstance : la qveMtUm romaine. L'allusion a été
saisie; cet exercice a amusé sans rien résoudre, bien
entendu ; mais l'inventeur y a fait sa fortune.
Dér. du lat. Bis et uneus, double crochet.
Bésuqaéia, v. Vétiller; baguenauder; s'amuser à des
riens; pignocher ou manger à petits morceaux et en éplu-
chant.
Béraquotts, oiiao, adj. Vétilleux; minutieux en pariant
des choses. — Vn ouwajê bésuquoùs, un ouvrage minu-
tieux, qui exige de la patience ; travail de détail minu-
tieux.
Béto-rabo, t. f. Betterave, B»ta vulgaris, Linn., plante
potagère, partout cultivée, qui a trois variétés principales :
blanche, louge et jaune.
Emp. au fr.
Bélorgo, «. f. Cerise courte-queue; gcdiet; la meilleure
esçàfx pour confire à Teau^e^vie.
BétMBCfnièi s. m. Cerisier eourta^queue.
Serait-il dér. du lat. Bis tortus, qui serait une allusiiHi
à la brièveté de la queue de son fruit qu'on croirait
tORine?
Bîa, V. Serrer la corde d'un ballot, ou la charge d'une
mâtuie, an la tordant avec la bille ou avec le ganot ;
bill^.
Dér. du lat. Bis et de Lia, lier ; lier deux fois.
Bliây j. m. Dim. Moiissé, Biais; adresse, faabllaté;
savoir-faire ; tournure; esprit; inclinaison-; manière d'être.
— Jean sans biaX ou Pàùu-dé^bM, un maladroit. Préne
tomhim, ptfendre la bomia manièie de faire quelque diose.
Aqi^'s mmn biex, c*est sa maniàre de Mrs ou d'Mie. Cka^
cwi soun biaï, chacun a sa façon d'agir. Préne qtséouqmts
dé soun biaï, prendre quelqu'un par son faible, s'accom-
moder à son humeur. Aquà's toujour d'un bi<a, c'est tou-
jours la même chose, ni mieux, ni plus mal. Douna hu
biaï à quieon, donner une bonne inclinaison à quelque
chose ; lui donner de la tournure. A bon biaï, il parait
adroit, habile. De quinte biaï gué mé vire, de quelque c6t6
que je me tourne, quelque tournure que je prenne. D'un
bie^ ou d'un doutre, d'une façon ou d'autre. Siè$ pas dé
biaï, tu n'es pas bien placé. A fosso biaïssé, il a beaucoup
de dextérité, d'adresse ; il est plein de savoir-faire. Aquè's
pas dé biaï, ce n'est pas d'aplomb; cela n'a pas de tour*
nure.
Dér. du gaulois Bihay, obliquité.
Biaissa, ado, adj\ Dim. Riàissudé, Adroit; ingénieux;
plein de savoir-faire.
Dér. de Btov.
Biala, v. Bêler. — Se dit des brebis, des moutons, des
chèvres, des agneaux, et par extens. de tout cri forcé. —
Fédo que bialo par un moueèl, brebis qui bêle perd sa gou-
lée, c'est-àKlire qu'un bavard est toujours en arrière dans
ses afEûres.
Dér. du lat. Balare, bêler, ou du gr. BtiXtjv, brebis.
Bialaîre, aîro, adj\ Qui bêle ; au fig. , pleurard ; qué^
mandeur; poétiq., mouton, chèvre, agneau.
Bialamén, s. m. Bêlement, cri naturel des brebis, etc.
Biar, s. m. Dim. Biardé, Billard; table sur laquelle on
joue à ce jeu.
Emp. au fr.
Biasso, f . f. Dim. Biasséto. Besace; panetière de berger;
sac des mendiants; sac ouvert dans le milieu, ayant une
poche de chaque c6té.-^ A sa biasso ooufido, pléno, il a dit
foin dans ses bottes. Chacun prèeho pir sa biasso, prvb.,
chacun prêche pour sa besace, dans son intérêt.
Dér. du lat. Bisaceium.
BiMo, s. f. Bible; livre ou recueil des Saintes Ecri-
tures.
Dér. du lat. Bil4im, livre par excellence.
Bicarèon, «. m. Mercier ambulant; porte*balle.
Dér. du lat. fteatim, de bourg en bourg, de village en
village.
Biehd, t. m. Dim. BfehUté. Petit broc ; crvkdbê ft vin
qui, au lieu d'avoir un goulot, a un large bee.
Dér. du gr. BTxoç, vase ou urne à anses. En ital. bie-
ekiere, verre, gobdet ; mesure k vin.
Bidé, «. m. As au jeu de dés. — A fa raflo dé bidé, \k
a fait rafle d'as; il a tout gagné, tout ramassé.
Ce mot a la même étym. que le fir. Bidet; comme l'as
au jeu de cartes se nomme aussi ase en langued., tor,
bidet.
Bldoun, e. m. fiidoo; barillet en bols, oft les journaliers
portent leur ration de vin pour la journée, et les cantiniers
de reau-de*vie.
Emp* au fr.
113
BI6
BU
Bièlos, «. f. pi. Péjor. Bma9$os. Effiloqaes ; effilares ;
franges d'une étoffe usée et qui 8*effîle.
Gomip. du mot Vièïos.
Bien, adv. Bien; beaucoup; & merveille; grandement;
heureusement; largement. — Ce mol est une richesse de
la langue d*Oc, qui distingue entre les deux acceptions du
fr. bien, sans confusion possible. On dit en français : je
Taime bien, et Tamphibologie est embarrassante. On doute
si cette petite phrase signifie : oui, je l'aime, ou si elle
exprime : je l'aime beaucoup. En lang. on dirait dans le
premier cas : L'atme bé, je l'aime, certainement ; et dans
le second : L'aïme bien, je l'aime extrêmement.
Dôr. du lat. Benè.
BiènlaBén, énto, adj. Bienfaisant ; qui prend plaisir à
faire du bien ; qui fait de bonnes œuvres.
Formé de Bien et de foién.
Bièro, s. f- Bière, boisson spiritueuse produite par la
fermentation de graines céréales et particulièrement de l'orge.
Dér. de l'allem. Bier.
Bièro, 5. f. Brancard à claire-voie dans lequel on porte
les morts au cimetière, qu'ils soient déjà renfermés dans
le cercueil ou seulement dans leur suaire. On ne doit
jamais dire la bièro, dans le sens de cercueil, bière, qui se
disent edisso.
Dér. du celt. Boêr ou haar, cercueil, on de bar, bran-
card, caisse portative.
Bièto, «. f. Citation ; billet d'avertissement à compa-
raître devant le juge de paix; extrait du rôle des contri-
butions ou avertissement.
Dér. du fr. BiUet.
Biga, v. CoUoquer; se défaire; troquer; échanger;
vendre; marier. — A bien biga sa fw, 'û a bien placé sa
fille ; il lui a fait faire un bon mariage ; il l'a bien coUo-
quée. Coumo quieon la bigarén, de manière ou d'autre
nous nous en débarrasserons.
Dér. du lat. Bis et j'ugare, on vices, échange : invieem
muUtre.
Bigara, ado, aij. Bigarré; peint, nuancé, mêlé de plu-
sieurs couleurs disposées par bandes.
Dér. du lat. Bisjugare, atteler, joindre, et radius, rayon,
raie; ou bien de variegatus ou virgutus.
Bigaraje, «. m. Bigarrure; bariolage; mélange de plu-
sieurs couleurs tranchantes.
Dér. de Bigara.
Bigaronno. s, f. Bigarreau, grosse cerise en forme de
cœur.
Formé du Ut. Bis et du mot garo, lang. adjectivé.
Bigô, s, m. Hoyau à deux dents; bident; binette;
moins fort et emmanché plu» court que le béehar. — V. c.
m. — C'est l'outil dont on se sert dans les hautes Cévennes
et le Vivarais pour les vignes et tontes sortes de binage.
Dér. du lat. Bieomis.
Bigô, oto, o^;. Bigot; faux dévot; hypocrite.
Dér. de l'allem. Bêg GiM, ou de Tangl. 6y god, par
Dieu ! parce que les bigots sont censés répéter souvent cette
oraison jaculatoire.
Bigo, s. f.» ou Bigonn. Pièce de bois courte et équarrie;
poinçon; étai. — Voy. Bigoun,
Dér. de la bass. lat. Biga,
Bigomo, s. f. Enclume à deux cornes ou à deux
pointes arrondies pour tourner le fer en rond ; compagnies
du centre de la garde nationale ; ancienne milice.
Dér. du lat. Bieomis, à deux cornes.
Bigoro (Bando dé), s. f. Bande, troupe de Bohème ou
de Gitanos, qu'on appelle aussi dans le pays Catalans,
parce que leur domicile, s'ils en ont un, est dans les mon-
tagnes frontières de la Catalogne et de la France. On les a
appelés dans le temps bando dé Bigoro, parce qu'il en
venait beaucoup du Bigorre, pays limitrophe de la Cata-
logne. Par ext. on dit bando dé Bigoro comme torme inju-
rieux, pour : tas de voleurs, tas de brigands. — Vog.
Bèmt.
Bigonn, s. m., ou Bigo. Bigue ; petite poutre longue et
grêle, ou courte et équarrie quand elle sert de poinçon on
d'étai. — Voy. Bigo.
Bigonmn, ndo, adj. Milicien ; garde national du centre;
biset.
Dér. de Bigomo.
Bigontariè, s. f. Bigoterie; fausse piété; fausse dévo*
tion.
Dér. de Bigà.
Bigontéja, v. Faire le bigot; se livrer habituellement &
des actes de dévotion puérile.
Dér. de Bigà.
Bigre, bigro, adj. Dim. Bigratoik. S3rnonyme radouci
etdimin. de Bougre. Il n'entraine aucune idée f&cheuse
ni insultante : ce n'est guère qu'une plaisanterie. Bigre
s'emploie aussi comme interj. : diable! C'est un nom qu'on
donnait autrefois aux riverains des forêts nationales on
seigneuriales, qui étaient des espèces de gardes spéciaux»
chargés de la surveillance et de la recherche des abeilles,
pour en recueillir le miel. Un privilège de leur charge les
autorisait à couper l'arbre sur lequel l'essaim venait se
poser. De là ils furent nommés dans la bass. lat. et les
actes dé notaire bigrus ou bigri, par corrup. du lat. api-
ger, apieurus, apieuri, ce qui a fait le mot actuel. On
pourrait peut-être aussi tirer cette épithète légèrement
moqueuse du nom des habitants du Bigorre, en lat. Biget-
riones, que l'on confondait avec les Bohèmes. — Voy,
Bigoro.
Bijare, aro, adj. Bizarre; bourru; d'humeur peu so-
ciable; fantasque; capricieux.
Emp. et corrup. du fr.
Bi]on, 5. m. Dim. Bijouné. Bijou, parure» jolie petite
chose en général. Bijouné, joli petit enfant.
Dér. du lat. Bis et jours.
Bijontariè, s. f. Bijouterie ; tonte espèce de bgonx ;
magasin et profession de bijoutier.
BIO
BIS
113
BijoQtiè. 5. m. Bijoutier, marchand qui vend des bijoux ;
fabricant de bijoux.
Bijoatièiro, «. f. Marchande de bijoux ; femme d*un
bijoutier; botte vitrée où s'étalent les bijoux dans un
magasin de bijouterie.
Bingo! (Dé), adv., ou Dé gningoi. De guingois; de
travers; de côté; en faux-équerre; bistoumé. — Mareho
tout dé bingcX, il marche obliquement. Y véi dé bingai,
il est louche. — Voy. Dé guingot.
Dér. du gr. Tvi^ç, boiteux, estropié.
Binlo, s. f. Bile; mais particulièrement pituite. C'est ce
qu'on entend d'ordinaire quand on se plaint de la binlo ;
on veut désigner par là un épaississement des glaires sur
la poitrine, qui deviennent visqueuses, muqueuses et diffi-
ciles à expectorer.
Dér.dulat. BUU.
Bîo, s. f. Bille de billard, exclusivement.
Dér. du lat. BuUa, bulle ou boule, ou de pUa, balle à
jouer, boule. Le mot n'est pas ancien en lang. avec cette
sign. et vient du fr.
Bio, $. f. Garrot; bille; b&ton court et fort dont on
serre les cordes d'emballage en les tordant ; trique, tricot ;
gros b&ton; court bâlon des b&tonistes. — Garo, la bio/
gare, la trique, le bâton !
Dér. de Bïo,
Biô, j. m. Billot; grosse canne brute; tricot; gourdin.
Augm. de Bïo.
Biôoii, «. m. Dim. i^îbu/tf^péjor. et augm. Bioulas. Bœuf
domestique. Bot taurtu dotneitieus, Linn., mammifère de
la fam. des Ruminants. Le taureau se nomme Bràou, —
Bioulé, s. m. Bouvillon, jeune bœuf ; en v. fr. bouvelet
ou benvelet. Lou biôou bramo, le bœuf beugle, meugle ou
mugit. — Aquél home es un biôou, cet homme est fort
comme un bœuf. Biôou dé la Palu, taureau sauvage des
marais f palus J de la Camargue , très-propre aux combats.
Fia eoumo la bano d'un biôou, antiphrase, c'est-à-dire
raide comme une barre. Volo-bidou, sobriquet ancien des
balHtants de Saint-Ambroix. On prétend qu'un charlatan,
au moyen âge, annonça qu'il voidait faire voler un bœuf
du ran dé Jisu, rocher de Jésus qui domine la ville au
midi, jusqu'au ran dé Manifaeiè, rocher qui se trouve de
Tautie côté du pont. Jour pris pour cette expérience, on
ne sait trop comment s'en tira l'empirique : probablement
le boBuf ne vola pas ; mais les drogues et les onguents
eurent bon débit, et les malins du voisinage firent subir
aux Saint-Ambroisiens les conséquences de leur crédulité.
Ce sobriquet tient encore dans toute sa force.
Voici une autre version : les habitants de Saint-Am-
broix avaient une. foire à laquelle jamais personne ne
venait. Une année, ils s'avisèrent de faire publier dans
tous les environs (les a£Bches-programmes n'étaient pas
oonnues , non plus que l'imprimerie inventée dans ce
temps), qu'on verrait à leur prochaine foire un spectacle
extraordinaire : un bœuf qui volerait, en parcourant dans
son vol le trajet ci-dessus indiqué. On laisse à penser si au
jour dit les curieux abondèrent dans la ville ; pendant
toute la journée, les boutiques non plus que les cabarets
ne purent suffire aux chalands. Il va bien sans dire que le
bœuf ne vola pas non plus; mais la foire fut bonne, et
cette fois les mystifiés ne furent pas ceux de Saint-Am-
broix.
On peut choisir entre les deux origines du sobriquet : à
coup sûr, elles ne partent pas du même auteur.
Bato dé biôou. — Voy. Bato.
Léngo dé biôou, espèce de feuille de mûrier, dure, gri-
sâtre et sans mûres; elle est plus clair-semée que les autres
espèces ; aussi est-ce la moins productive et doit-on l'éviter
à h greffe, mais en revanche, elle est moins sujette à la
tache par les brouillards et la miêlée.
Biôou, s. m. Coccinelle, Coecinella punctata, Linn., de
la fam. des Trimérés, insecte, genre de scarabées, dont les
élytres sont rouges, tigrées de sept points noirs. On le
trouve principalement dans le calice des lys. Il est connu
aussi sous le nom de Bèstio dâou bon Diou, ou Galinéto
dâou bon Diou.
Lorsque Biôou est un nom propre d'homme, ce qui est
fort commun dans le pays, il fait au féminin Biolo.
Dér. du lat. Bos, ou mieux du gr. Bouc, même sign.
Bîon, s. m. Dim. Bïouné. Bigue de bois équarrie pour
être sciée en long. — Aquél âoubre fara très bioUis, cet
arbre fournira trois longueurs de sciage.
Dér. de Bio.
Biquo, s. m. Gaillard; bon compagnon. — Un bon
biquo, un bon drille. Trasso dé biquo, mauvais garçon,
mauvais diable. Sèrês un 6tçuo à faire aquà, si tu étais
homme à faire telle chose. Ah/ lou biquo f ah! le luron !
Ce mot pourrait bien dér. de Vieanui, villageois.
Bisa, ado, adj. Hâlé, gercé par la bise.
Dér. de Biso.
Bisbil, s. m. Bisbille; mésintelligence; discorde; que«
relie ; rixe ; dispute.
En ital. Bisbiglio.
Biacaire, «. m. Biais ; côté; obliquité ; travers ; angle.
— Dé biseaïre, de travers, en faux équerre. Coupa dé bis-
caïre, couper de biais. Cantoù dé biscaXrê, encoignure en
faux équerre.
Dér. du lat. Bis et du lang. cotre.
Biscarlô, s. m. Bidet; petit cheval de montagne, ordi-
nairement de race lozerotte.
Ce mot ne serait-il pas dans sa finale une contraction ou
une altération de eavalà, petit cheval? La syllabe bis, da
la bass. lat. biius, brun, noir, déterminerait la couleur la
plus ordinaire de ces poneys de montagnes.
Biscountour, s. m. Zig-aag; laux-fuyant ; course pleine
de contours et de détours, en décrivant divers arcs do
cercle inverses les uns des autres.
Dér. du lat. Bis et eontorquere, tourner deux fois au*
tour.
is
114
BIS
BLA
Bise, s. m. Pigeon biset; ramier; pigeon sauvage,
Cdumàa livia, Linn. — Il se distingue par deux bandes
noires qu*il a sur chaque aile. Son plumage est d*un gris
de fer foncé, et lui a valu son nom, tiré de la bass. lat.
bisut, brun.
BUède, s. m. Bizègle, instrument de cordonnier en
buis, ayant une sorte de mortaise aiguë à chaque bout,
qui sert à lisser la tranche des semelles et à effacer la ligne
de suture.
On ne sait trop pourquoi on donne quelquefois, chez le
peuple, le nom de BisèeU aux enfants qui ont le prénom
de Louis.
Dér. du lat. Bis aeutus, aigu des deux côtes.
BUèl ou Biaèoa, «. m. Biseau, talus pratiqué à Textré-
mité d*un outil, d*un instrument. On le dit des bords à
facettes d'une glace, de Tarète adoucie d*un bois équarri,
du dos d*un. couteau, etc.
Dér. comme Biaï, du gaulois Bihay, obliquité.
Buéi, s. m. jU. Coup de bise ; autans; vents froids et
fréquents.
Dér. de Biso.
BUéto (En), adv. De biais; en biseau ; obliquement. —
BîMfo est le dimin. de BUèou, mais ne s'emploie qu'ad-
verbialement. On dit encore : éicaïè en hUéto, escalier en
colimaçon. Il semblerait cependant que cette dernière
expression viendrait de avis, une vis, dim. visita.
Buo, «. f. Bise; vent de bise; vent sec et froid qui
soufQe du N.-E. au N.-O. — La hiso es folo, il fait un
vent fou. Touqua ddou vén dé biso, il est un peu timbré.
Afuésto fis né siès iou^ua ddou vén dé biso, pour le coup,
tu peux t*en frotter les moustaches.
Jnste-Lipse fait venir ce mot de l'ancien teutonique, bisa,
tourbillon de vent. En tous cas, il est remarquable que la
nM^ine de notre biso, prise du celt. bis, signifiant noir,
réponde au grec Mikon^-^piaç, vent noir, et au lat. aquUo,
même sign., dér. de aquUus, noir&tre.
Biaouèr, s. m. Dimin. Bisotièmé. Vent-coulis; courant
de bise à travers une porte, une fenêtre, une ouverture
quelconque.
Dér. de Biso.
Biiqaa, t;. Bisquer; être vexé; enrager; s'impatienter;
s'inquiéter; rechigner.
Dér. du lat. Vexare, vexer.
BUqao, s. f. Colère; fâcherie. — A prés la bisquo, il a
pris la mouche. Aquà's màou préns sa bisquo, voilà qui
est mal prendre son temps, se fâcher mal à propos.
Dér. de Bisqua.
Blasés (L'an dé), s. m. L'année bissextile, celle où se
rencontre le bissexte, c'est-àrdire le jour qu'on ajoute au
mois de février tous les quatre ans. — Lou pagarat tan
di bissis, je le paierai aux calendes grecques.
Un lourdaud, nommé Jwn dâou Fés, qui avait pris
femme, trouva mauvais que celle-ci accouchât au bout de
trois mois de mariage. Il consulta sur cette af&iro son
curé, qui, en homme d'esprit et de conciliation, voulut pré-
venir les suites fâcheuses d'un événement irrémédiable
d'ailleurs. H compulse son Ordo, et voyant que l'année
est bissextile, après des calculs qui commencent à calmer
l'imagination du pauvre mari, il en tire enfin l'oracle con-
solateur suivant :
Jean dâou Fés
Fénno n'a prés
L'an dé bissés que né vôou très ;
Très et très fan sièl et très fan néou,
L'éfan es vostre pérqué Dtou-z-ou vécu.
Jean du Fés a pris femme dans l'année bissextile, qui
compte triple ; trois et trois font six, et trois font neuf; Ten-
fant est à vous puisque Dieu le vent ainsi.
Notre homme se retira satisfait, dit l'histoire.
Dér. du lat. Bissextus.
Bistour, s. m. — Voy. Biseountour,
Bistoortid, s. m. Bistorlier, terme de pâtissier ; cylin*
dre, rouleau, pilon de bois pour travailler la pâte, la pétrir
et la mettre en feuille sur une table.
Dér. du lat. Bis et torquére.
Bitaio, 5. f. Victuaille ; provision de bouche ; spéciale-
ment, ration de vivres qu'apporte un journalier dans son
bissac.
Dér. du lat. VietuaUa, vivres.
Biva, I. m. Bivouac, garde qui est sur pied pendant la
nuit.
Emp. au fr., qui dér. de l'allem. Bey, guet, etwaekt, nuit.
Bivaqua, v. Bivaquer ou bivouaquer ; par ext. passef
la ntdt en plein air, à la belle étoile.
Dér. de Biva.
Bla, s. m. Dim. Bladé. Blé, nom générique qui com-
prend toute espèce de céréales propres à la nourriture de
l'homme. Dans beaucoup d'endroits, le mot bia ne désigne
que le froment et ses variétés. — Lou bla a fa d'un sOS,
d'un dès, le blé a sextuplé, décuplé, il a produit six on
dix pour un. Téro négro faï bon bla, la terre noire pro-
duit de bon blé; on dit cela souvent d'une femme très-
brune, qui doit produire des enfants robustes. Manjarén
pas grand bla ensemble, nous ne vivrons pas longtemps
ensemble ; il y a incompatibilité entre nous. Sa fénno vtf
fara manja hu bla cher, sa femme le ruinera. Èla earga,
blé chargé de mauvaises graines. Bla dé barquo, blé étran-
ger, qui vient par eau et qui est souvent avarié. Bla dé
pêns, blé indigène. Chaque pays a une prédilection pour tes
produits de son sol, ici surtout. Le fait est que le blé des
environs d'Alais est de fort bonne qualité; il se vend ton-
jours plus cher que le blé étranger. Bla dé sénUnço, blé
du premier choix, réservé pour renouveler la semence.
Bla vésH, grains qui n'ont pas été dépouillés de leur
balle. Un bla est ordinairement un blé en herbe. Un for
bla, un blé bien fort et bien épais.
Dér. de la bass. lat. Bladum, qui vient lui-même du
vieux saxon blad.
BLA
BLA
115
Bla^è, iîro, a4j. Qui concerne le blé; blatier, mar-
chand de blé, moins usité cependant en ce sens que mar-
êhan dé bla. Il est quelquefois nom prop. ; les enfants alors
se nomment : Bladièiré, Bladiëiréto. ^ MouH bladiè,
moulin à blé.
Dér. de la bass. lat. Bladarius ou bladerius, moulin à
farine.
Blagna, o. Bavarder; hâbler ; parler inconsidérément;
mentir.
Dér. du lat. Bialerare, caqueter, babiller.
Blaguo, s. f. Hâblerie ; bavardage ; babil importun ;
menterie; blague, qui est passé en ce sens dans le fr. fam.
et pour signifier : sac à tabac. — Taïso ta blaguo, cesse
Ion babil. Abtu a pag fa que dé blaguos, il ne nous a dit
qpe des bourdes, des hâbleries, des mensonges.
Dér. de Blagua.
Blagnr, nrdo, adj. Blagueur; hâbleur; parleur sempi-
ternel ; indiscret.
Même dér. que le préc.
Blaûne, $. m. Calomnie, ou tout au moins grosse médi*
sanoe. — Leva un blaïme, inventer une calomnie, calom-
nier.
Dér. du gr. BXdEjjLixa, lésion, injure, dommage.
Biaisa, v. Biaiser ; agir avec nonchalance, sans entrain,
sans conviction.
Dér. du nom pr. Blèêo, Biaise,' synonyme de noncha-
lant.
Blaîséja, v., et Blésséja, v. Grasseyer, parler gras,
comme font les Provençaux, à rencontre de la lettre r qui
8*embarrasse dans leur gosier, et qui a quelque rapport
avec le g.
Ce mot est encore plus spécialement applicable à un léger
défaut de langue, qui se produit pour certaines consonnes,
comme si on les glissait entre les dents ; ce qui fait pro-
noncer le eh comme un s, le j comme un x, et ; comme si
d la précédait.
Le premier est le grassaiement et le second le zézaie-
ment, que le lang. confond dans Blaîséja ou Blésséja.
Dér. de Blé,
Bla-maré, s. m. MaSs; blé d'Inde ou de Turquie; gros
millet des Indes ; Zea mays, Linn. Plante de la fam. des
Graminées, originaire de TAmérique, d'après certains
auteurs, tandis que d'autres soutiennent qu'elle est venue
des Indes-Orientales, opinion que semblerait confirmer son
nom fr. En tous cas, la dénomination langued. Bla-maré,
indique qu'elle nous est arrivée par la mer,
Blan, «.m. Blanc, monnaie du moyen âge qui valait
dnq deniers. — Stév blan, deux sous et demi, ou 425 mil-
lièmes. C'est là le seul cas où le mot est employé.
Son nom dérive de sa couleur, c'est-â-dire que cette
monnaie était blanchie ou étamée ; en argent, elle eût été
trop petite pour la valeur représentée.
Blan, qno, adj. Dim. Blanqué, péjor. Blanquas, Blanc;
couleur de la neige ; pâle; propre. — Drapèou blan, dra-
peau de la monarchie française. Pèro-blan, frère-prèchour
dominicain dont il existait un couvent à Alais. Abéoura
âou blan, mêler de la farine dans le breuvage d'un animal.
Mé fat véni lous pèous blans, il me fait blanchir les che-
veux, dit<on de quelqu'un qui nous tourmente, nous im-
portune jusqu'à l'impatience. Camiso Manquo, chemise
propre. Faïre un viaje blan, faire un voyage inutile, se
déplacer pour rien. Vénguè tout blan, il pâlit tout à coup.
Dér. de l'allem. Blank, brillant, éclatant.
Blan, s. m. Cible, but où l'on tire. — Aï fa blan, j'ai
mis dans le blanc, j'ai touché le but. Tira âou blan, tirer
à la cible.
Is point où l'on vise est marqué ou tracé en blanc au
centre d'un espace noir : de là le nom.
Blan-bè, t. m. Blanc-bec, jeune homme sans expérience,
ironique et méprisant.
Formé de Blan et de bè.
Blanchi, v. Blanchir; passer au lait de chaux; faire
prendre une couleur blanche. — Faire blanchi, faire blan-
chir, en terme de cuisine, donner une première ébullition
à la viande, aux légumes, les passer à l'eau bouillante.
Dér. de Blan.
Blannavo, s. f. n. pr. de lieu. Blannaves, commune du
canton de Saint -Martin- de -Valgalgues, arrondissement
d'Alais.
Ce nom se divise en deux parties. La dernière ne pré-
sente aucune difficulté : nave, nove, noue, en v. fr., nava,
en esp., signifie prairie. Dans la première, pour avoir un
sens raisonnable, blcm ne pouvant s'allier au sens de nave,
il faut admettre, pour l'euphonie et la signification, que
r primitif s'est transformé en l actuel ; ces deux consonnes
ont d'ailleurs des dispositions particulières à permuter
ainsi. Or brana est rendu dans la bass. lat. par juvenea,
vaeca junior, vache jeune. Ce qui donne pour le nom entier :
prairies ou pâturages pour l'élève des vaches. Cette inter-
prétation se fonde par assimilation sur le nom d'un hameau
de cette commune de Blannaves, où la même étymologie se
trouve très-marquée. Branoiis, Branoux, est représenté par
le lat. branus, masc. de brana, id est juveneus, junior
bos (Du Cange), dont nous avons fait en langued. avec la
même signification brâou, jeune taureau.
Blanqnâon, s. m., ou Blanqnâondo, f. f. Guigne
blanche, espèce de cerise de couleur de cire, légèrement
teintée de rose, du côté exposé au soleil. Le fruit est indif-
féremment masc. ou fém., l'arbre n*a que le masc. Cérièïre
blanquâou, cerisier qui produit la guigne blanche.
Dér de Blan.
Blanqoas, asso, adj. Blanchâtre, qui tire sur le blanc;
d'un blanc sale.
Péj. de Blan.
Blanqné, s. m. Cérat de Galien, pommade résolutive,
détersive et dessicative; onguent connu aussi sous le nom
de blanc Bhasis, par cormp. blanc raisin, d'une couleur
blanchâtre.
IIG
BLA
BLA
BlancpiétraB, s. m. Terre schisteuse et ar^leose, d*ane
teinte jaunâtie pâle ; terrain à maigre végétation. Pour le
mettre en produit, il faut le défoncer profondément.
Dér. de Blan, et du oelt. ecUr, pierre, quier et autres.
Blanqnéja, v. Paraître blanc; avoir de loin une teinte
blanchâtre on lumineuse; tirer sur le blanc; devenir
blanc. — Lous sèreg aeouminçou dé bkmquéja, Taurore
commence à blanchir le sommet des montagnes. Adéjà
bianquéjo, il devient blanc, il vieillit, en parlant d'un
homme qui commence à grisonner.
Dér. de Blan.
Blanqaéto, s. f. Blanquette, espèce de fricassée, de
gibelotte d'agneau, de chevreau ou de rogatons de rôtis de
veau ou de mouton, à la sauce blanche.
Blanquéio de lÂmoàs, Blanquette de Limoux, nom que
le fr. a emprunté au lang. comme le précédent. C'est un
vin clairet et mousseux, de même natnre mais plus piquant
que la clairette de Die.
Blanqninoùa» onso, adj, Dim. Blanquinouté, péjor.
Blanquirunuas. Blanchâtre; tirant sur le blanc; d'un
blanc sale. Peut-être est-il d'un degré supérieur à Blan-
quas, déjà péjor. — F. c. m.
Blanqnoù, s. f. Blancheur ; couleur blanche.
Blaquarédo, s. f. Chênaie ; taillis de chênes blancs.
Ce mot est formé de la finale caractéristique, méridio-
nale essentiellement, iio, qui est le signe de la collecti-
vité, et qui répond à la terminaison lat. etum, et armori-
caine ek : le radical, ou mieux les deux syllabes qui pré-
cédent, se décomposent en blak, celt. blanc, et quar qui
égale quere, celt., d'où le lat. a lait quercus, chêne; et en
voulant désigner un lieu planté de chênes, une chênaie, il
s'est servi de son collectif eium, traduit dans la langue
d'Oc par ido. Ainsi s'est formé querceium, même quet-
noium, exprimé en fr. par chênaie et en lang. par bloqua-
rédo, on blanche chênaie, ou taillis de chênes blancs.
La première syllabe est indicative de b qualité ; la seconde
représente le radical celtique, caractérisant le sujet, l'arbre
lui-même. Biais il n'est peut-être pas de syllabe qui ait
subi autant de transformations, qui ait été plus défigurée
que le nom du chêne, l'arbre des Druides, le vieux gau-
lois tann. On le retrouve en Armorique, et il est syno-
nyme de dero; le latin l'avait altéré en quêreus, avec la
désinence propre a^ génie de sa langue. Il est toiyours
reoonnaissable et le changement graphique devait avoir été
produit par la variété de prononciation. Tann ou dêro
sonnaient indifféremment comme tiann, ehann, $ann, ou
thtro, ehuro, xtro, qumro; quand la voyelle finale, muette
sans doute, est tombée, on voit &cilement comment ont
pu se former et le mot latin et les variantes romanes. Si
bien que, d'après les plus anciens titres, tann primitif est
exprimé par tatnut comme par eamuê, d'où leur collectif
toinitum et ea»n$ium, ce dernier donnant quunUum, le
même que quantum, plus rapproché du latin, et employés
tous deux également dans la traduction ou la reproduction
des noms communs ou de localités, tels que chênaU, écrit
autrefois chesnaie comme ehesM, et Chêsnei (Eure}, Quunay
(Calvados), Chenay (Sarthe), Cheney (Yonne), Ckmayê
(Deux-Sèvres), Chenois (Meurthe), Chunayê (Seine-et-Oise),
Tannois (Meuse), Chanoy (Haute-Marne), Xenois (Vosges).
Sonnais (Seine-et-Oise), TAanay (Indre), Qtimay (Calvados),
ConwiU (Lot-et-Garonne), identiques à ThenoiUe$ (Aisne),
ChenoiUet (Loiret), Thenneil (Indre-et-Loire), et QtiefiMiy
(Nord), tous analogues, et tous rendus par la forme inva-
riable latine, Quercetum ou Quesnetum. Le lang., en em-
ployant édo, os, ièro, ièiro, comme désinences, n'a fait
qu'approprier au génie propre de sa langue et de sa pro-
nonciation, ce que dans d'autres dialectes on entendait et
on prononçait avec une autre inflexion. Mais la dérivation
est évidente; elle se fait mieux sentir dans La Blaquièiro,
La Blachère (Ardèche), qui confirme la filiation — Voy,
les articles Cassogno, Èdo et litro, suffixes.
Blaqoas, s. m. Dim. Blaquassoù. Jeune chêne blanc.
Blaqaaasino, s. f. Jeunes pousses du chêne blanc qui
se convertissent en buisson faute d'être élaguées, ou pour
avoir été broutées à leur naissance.
Blaqnièiro (La), s. f., nom pr, de lieu. La Blaquière,
hameau de la commune de Cendras, près Alais, probable-
ment dans l'origine un taillis de chênes blancs. Même
forme et même étym. que Blaquarido. — Voy, Bloquas.
Blaqao, s. f. Jeune ramée du chêne blanc, dont les
moutons sont très-friands, et dont on fait des fagots pour
leur nourriture d'hiver.
Blasa, V. Faire de la Uaso, premier travail des vers à
soie qui veulent filer leur cocon .
Dér. de Blasa.
Blad, s. m., nompr. d'homme. Biaise. Au fig., noncha-
lant, mou, bonhomme. — Voy. BUso,
Dér. du gr. BXdÇ, lâche, imbécile.
Blaai, V. Faner; flétrir; froisser, meurtrir. — Blasi,
part, pass., flétri; fané; meurtri. Il a formé AbUuiga qui
a la même sign. — V. c. m.
Dér. du gr. BXàÇ, comme le nom pr. prôcéd., qui n'a
avec lui que la seule difiërence de l'accent, placé dans le
premier sur la pénultième qui est longue et rend Yi muet,
tandis que la syllabe est brève dans oelui-d, comme le
note du reste l'accent que prend l'i final et le fait sonner.
Blaso, «. f. Bave, bourre des cocons du ver à soie : œ
sont les premiers fils qui servent d'échafaudage à ce petit
édifice et qui le tiennent à la bruyère où il est su^endu. On
dépouille le cocon de cette bave avant de le filer ; elle est
grossière et n'est pas chargée de l'humeur visqueuse ,
répandue par le ver, qui donne de la force et de la cansis-
tance au fil de soie.
Dér. du gr. BXiE, subst. de BXi^w, être mou, flasque. Le
mot 6fa«i existait dans la langue ; il a suffi d'un rappro-
chement pour appliquer l'épithète et faire le mot* â«
moment de l'importation des vers à soie, moins
évidemment que le mot lui-même.
BLO
BO
117
Blassa, v. Blesser. N*est pas admis avec son accepUon
active, et serait ime injure adressé à une femme. Il n^est
nçQ qae comme verbe, se blassa, se blesser, avorter, en
pariant d*ane femme enceinte qui accouche avant le terme
uatuiel; faire une fausse couche.
Dér.du gr. nXafSontv, frapper, ouBXdEmeiv, offenser, blesser.
Blatlè, «. m., au fém. JBlaiiètro. Blatier ; marchand, ou
plutôt revendeur de blé. Il a beaucoup d'analogie avec
BiatUà, 8*il n'est toutefois le même.
Dér. de Bla,
Blé éto, adj. Blet, blette, peu usités; mou, comme le
deviennent certains fruits en mûrissant; mince, plat. —
Péro bléto, poire blette. Bousmo bléto, bourse plate. Il est
des fruits qui ne sont mangeables que lorsqu'ils ont atteint
un certain point de maturité, tels que la nèfle, la cor*
nouille, la corne. Pour les poires et les autres fruits, quand
ils arrivent à ce degré de blé, ils sont à demi pourris et
perdent tout leur prix.
Dér. du gr. BXi^, lâche, mou.
Blé, adv. En grasseyant, avec blésité. — Paria blé,
grasseyer, bU$êr. — Voy. Blainéja,
Dér. du lat. Blcnu$, bègue.
Blédo, «. f. Blette, bette ; poirée; Beta vulgaris, Linn.
Plante potagère de la fam. des Ghénopodées. — Costoê ou
eou9iéioM dé bUdo, cardes de poirée.
Dér. du lat. Blitum, ou du gr. BX^tov, m. sign. En ital.
Biêia, en esp. Bl»do$,
Blêmi, adj, m. sans fém. Blême, p&le.
Dér. du gr. B>i(xi^, aspect, visage.
Blèso, 9. m., nompr, d'homme. Biaise. Au flg., niais;
nigaud. -^ Faire dé soun Blèso, faire l'innocent, le bon
apôtre, la chatte-mitte. — Voy. Blasi.
Dér. du lat. BUuius, du gr. BXiÇ.
Bléste, s. m,, ou Blésto, s. f. Talc, sorte de mica-
schiste, concrétion de mica; pierre talqueuse, commune
dans nos Gévennes, opaque, feuilletée en lames minces,
flexueuses, jaunâtres ou grises, facilement pulvérulentes;
elle se trouve en amas ou en filons dans les diffôrentes
roches de cristallisation ou dans les calcaires qui lui sont
subordonnés.
Le roman avait le mot Blute, bourbier, chose sale.
Dériverait-il du lat. BliUus, vil, pour signifier un terrain
de pea de valeur ou qui se convertit aisément en boue?
Blétoù, s. m. Dim. Blétouné. Clou rivé d'un couteau,
de ciseaux, etc., qui est accompagné d'ordinaire d'une
rosette d'argent ou de cuivro.
Gorrup. de BoitloÀ.
Blétoana, «. Clouer la lame d'un couteau 4 son manche,
y mettre un clou rivé.
Blo, «. m. Total, assemblage enblocde difièrentes choses
de oHure et de valeur diverses.
Dér. de Tallem. Blook, tronc, souche ; gros morceau de
métal brut.
Blodo, J. f. Blaude; blouse; sarrau de toile, le plus
souvent bleue, que les charretiers et les cultivateurs, dans
beaucoup de départements, portent par-dessus leurs habits.
Dér. de la bass. lat. Blialdus, bliaudus, venant de
blavus.
Bloon, mieux Blonnde, do, adj, Dim. Bloundé, bloun-
din, bloundiné, bloundinà, Uoundinoàs; péj. Bloundas,
bloundinas. Blond, onde ; d'une couleur moyenne entre le
doré et le châtain-clair. — Bloundin est souvent un sobri-
quet, que l'on donne rarement â un blond, mais bien par
antiphrase à un noireau, â un teint presque mulâtre.
Nombreuses variétés d'étym. : les unes prises du saxon
Blond, mêlé ; d'autres du lat. apluda, couleur de la graine
de millet, ou de ablutula, paille, couleur de paille; ou
bien de bladum, couleur de blé; ou encore de blandus,
agréable.
Blouqua, v. Boucler ; serrer avec une boucle. — En
parlant des cheveux, le lang. dit frisa, dans le sens de
boucler ; mais blouqua serait impropre.
Blouqno, s. m. Dim. Blouquéto, augm. Blouquasso,
Boucle, anneau de métal, muni d'un ardillon, et qui sert
de fermeture à bien des objets divers. — S'emploie dans
toutes les acceptions, sauf boucle de cheveux.
Dér. du lat. Buccula, anneau du bouclier par où on
passait le bras.
Bloaqaô, s. m. Clou de soulier, court, à tète ronde et
plate, dont on sème la semelle par lignes régulières. Il ne
faut point le confondre avec la taeho, petit clou, à tète
grosse et ronde, comme les clous de fauteuil, pour fixer
toute sorte de choses délicates, et qu'on appelle en fr.
broquette. Métathèse de Broqwt, en esp. broea, clou.
Dér. de Blouquo, parce que cette espèce de clous sert à
relier les différentes assises de la semelle, comme si elles
étaient serrées par des boucles.
Bla, uîo, adj, Dim. BluXé, péjor. Bluias, Bleu, bleue;
violet; de couleur bleue ; une des sept couleurs primitives
— Blu dé ciel, bleu céleste. Vénï tout Uu, prendre un
teint pourpre de colère, de frayeur ou de froid. Estre passa
àou blu, être désappointé, désabusé de ses prétentions.
11 se prend quelquefois comme substantif; mais il se
rapproche alors de l'argot. Vn blu signifie un mauvais
bidet, une rosse, un âne, et par ext. au jeu de cartes, un
as. — Au pi. m. hus blus, les bleus, désignation de parti.
Dér. de l'allem. Blauw, azur, bleu de del.
Blmaatre, astre, adj. Bleuâtre; violacé; tirant sur le
bleu ou le violet ; d'un bleu sale.
Bluîéja, t;. Paraître bleu; jeter de loin une teinte bleue,
azurée ou violacée.
Dér. de Blu.
Bo, bono, adj, Dim. Bouni, péj. Bounas, Bon, bonne ;
qui a de la bonté; parfait ; qui a toutes les qualités dési-
rables selon sa nature ou pour sa destination, ou pour son
état; en parUnt des personnes et des choses, excellent»
fort, vigoureux, vrai, heureux, humain, franc, véritable.
— Lorsque cet adjectif précède immédiatement le snb-
118
BON
BOR
stantif auquel il se rapporte, il se dit : bon; un bon Kome,
dé bon pan. U fait de même, lorsque le mot suivant com-
mence par une voyelle dans un môme membre de phrase :
Aqud*s bon à sâoupre, c*estbon à savoir. — Faïresoun bon
jour, faire sa communion eucharistique.
Faï-bo, il fait bon : le temps est doux. Lorsque cette
expression fai-bo est suivie immédiatement d'un infinitif,
on dit bon. Fa^t-bon marcha, il fait bon cheminer. Faï-bon
iâoupre quicon, U est utile d'avoir quelque instruction.
Si faire bo pér quàuoquut, se porter fort pour quel-
qu'un, le cautionner. Faïre bo dé Mn frans, s'obliger sur
parole de cent francs ; les jouer sur parole.
Un bon home ne veut pas dire comme en fr. un bon-
homme, un peu niais; mais un homme solide au travail,
soit pour l'adresse, soit pour la force. — Aquà's dé bon
faire, dé bon dire, cela est aisé à faire, à dire. E$erituro
dé bon légï, écriture très-lisible. Aquà's dé bon véïre, c'est
clair, évident. Lou bo dâou jour, le bon du jour. Fat bon
é$tre riche, parlez-moi d'être riche. Ou diees dé bo? Tu
parles sérieusement ? Y vai dé bo, il ne plaisante pas. T-a
uno bono lègo, uno bono houro, il y a encore une forte
lieue, une bonne heure. Lou bon DUm, Dieu, le bon Dieu;
se dit quelquefois pour crucifix.
Dér. du lat. Bonus.
Bocho, s. f. Boule, ordinairement en buis, servant à
jouer. — Jouga à las bochos, jouer au jeu de boule. Tira
uno bocho, débuter une boule.
En ital. Boccia, en esp. boeha,
Bofi, iô, adj. Péj. Boufias. Bouffi ; gros joufflu; enflé ;
difforme de figure ; boursouflé.
Dér. de Boufa.
BojOa ». f. — Voy. Saquo.
Bolo, «. f. Borne; limite ; frontière; ligne divisoire quel-
conque entre deux territoires, comme entre deux héri-
tages, deux champs, qu'elle soit déterminée par la nature,
on cours d'eau par exemple, une chaîne de rochers, les
eaux versantes d'une montagne, ou par un canal et un
chemin public, soit par des bornes conventionnelles entre
parties. — * Faïre bolo, servir de point ou de ligne de déli-
mitation.
Le plur. las bolos est d'un emploi plus fréquent.
Dér. de la bass. lat. Bola : bdUu seu metas pLantare,
planter des bornes, venu sans doute du gr. BSiko^, motte,
tertre.
Bomi, «. m., ou Vomi. Vomissement; action ou envie
de vomir; haut-le-cœur. — Aquà faï véni lou bomi, cela
soulève le cœur.
Dér. du lat. Vomere.
Bon, bono, adj. — Voy. Bo.
Bonafoùs, onaso.Dim. Bonafoueeé, éto, n. pr. d'homme,
qui répond à bonne fontaine : Bonafoùs, Bonefoux ou Bon-
nalbux. L'ancienne langue d'Oc disait fous pour fontaine.
Dér. du lat. Bonus, et fons.
Bonamén, a<fo. Bonnement; sans fiel, sans malice; sans
arrière-pensée. C'est souvent un adv. explétif, sans poitée:
Bonamén dé que vous dirat ? Au fait, que voulez-vous que
je vous dise ?
Dér. de Bonus, bond mente.
Bonhur, s. m. Bonheur; félicité; état heureux; pros-
périté; chance heureuse. — Estre dâou bonhur, être heu-
reux au jeu; avoir bonne chance. Se lou bonhur m'énvôou
dire, si le hasard veut me sourire. Lou bonhur gn'én vôou,
le bonheur le suit, s'attache à lui. Y-a pas bonhur que dé
canaio, il n'y a de bonheur que pour la canaille.
Dér. du lat. Bona et hora.
Bonjour,'», m. et interj. Dim. Bonjoumé. Le bonjour
et Bonjour ! En langued. plus qu'en fr. on distingue le
bonjour du bonsoir ; on s'y trompe bien quelquefois, ma^
rarement. On dit bonjour toute la matinée jusqu'à midi,
et bonsouèr de midi au soir. Bonjour et bonsouèr se disent
soit eii accostant quelqu'un, soit en passant à côté de lui,
sans s'arrêter. On ne les dit guère pour prendre congé, ce
qui se fait par adiou, adiou-sias, ou bien vétro, auquel on
répond : amaï à vous, je vous en dis autant. — Lou bon-
jour à vosto fénno, vous présenterez mes salutations à
votre femme, et l'on réplique invariablement : Y mançua-
rat pas, dé vosto part, je n'y manquerai pas, de votre
part.
Formé de Bon et de jour.
Bonsoaèr, s. m. et interj. Dim. Bonsouèmé. Le bon-
soir, bonsoir ! salutation du soir. — Voy. Bonjour. —
Aça anén, bonsouèmé. Çà, nous partons, bonsoir! Dire
bonsouèr, dire adieu ; renoncer à.
Formé de Bon et de souèr.
Bôoa, s. m. Ocre ; terre bolaire. On emploie l'ocre en
pain ou en motte pour marquer d'une couleur rouge ou
jaune foncé les moutons qui sont destinés à la boucherie.
Les bergers s'en servent aussi par coquetterie pour larder
leurs plus beaux moutons, concurremment avec le vert-
de-gris.
Dér. du lat. Bolus, bol, terre bolaire.
Bor, ». m. Dim. Bourde. Bord; lisière ; extrémité ; rive.
— Préne sus lous bors, prendre vers les extrémités, sur la
lisière. 5t^» bien âou bor, tu es bien sur le bord.
Dér. du lat. Ora et dugr. "Opoc, par l'addition du B.
En allem. bord, m. sign.
Bordo, ». f. Dim. Bourdéto. Fétu, brin de paille ; saleté;
atomes surnageant dans un liquide. — Tiro mé aquélo
bordo, tire-moi cette paille de l'œil, diton à quelqu'un
qui avance une grosse hâblerie. Y-a bé dé bordos dine aquéi
afaire, cette affaire est bien sale, bien louche.
Dér. comme le v. fr. Ord, orde, du lat. sordidue, laid,
sale.
Borgne, gno, adj. Dim. Bourgni, péj. Bourgnae, Bor-
gne, privé d'un œil. — C'est par le frottement du fr. qu*on
a restreint le mot Borgne à ce sens. Il parait certain qu'en
lang. il signifie proprement : aveugle, privé de la vue,
comme cela se démontre par les phrases proverbiales :
BOR
BOS
11»
Borgne d'un tel ; il est clair que borgne s*ealend là pour
aveagle. Une chanson fr. dit bien aussi ; // était borgne
des deux yeux, Vargén fat cania lous borgnes, l'argent
fait chanter les aveugles et non les borgnes. D'aXei à cent
uns sérén ioutes borgnes, dans cent ans nous serons tous
aTeugles» nous n*y verrons plus. On appelle aussi les vers
à soie lous borgnes, à cause du préjugé général qui veut
qu'ils soient privés de Torgane de la vue. Enquiè coumo
un ea borgne, ne peut s'entendre que d'un chat aveugle ;
les animaux ne pouvant beaucoup s'inquiéter de la perte
d'un seul œil, qui ne fait que diminuer faiblement leur per-
ception visuelle. Bado coumo un borgne qu'a perdu soun
bastoU, il crie comme un aveugle qui a perdu son b&ton ;
crierait-il s'il lui restait un oeil ? Siès borgne que y véses
pas, tu es donc aveugle pour n'y pas voir?
Dér. du bas-breton Born, m. sign.
Borgno, adj. fém. de Borgne. Dim. Bourgnéio ; péj.
Bourgnasso. Borgne ; aveugle. Au fig. obscure. — Ha
grandAa-borgno, ma mére-l'oie ; la traduction est exacte,
mais incomplète. En fr. comme en lang., il s'agit d'une
bcnme vieille grand'môre, qui charme et endort les enfants
par ses longs contes. Notre gran a la même spécialité que
la Mèro-4'Oie. Cependant il y a pour nous quelque chose
de plus ; nous n'avons pas seulement recours à notre con-
teuse, comme on fait à l'autre, pour nous amuser ou appe-
ler le sommeil. I^oraque quelqu'un nous poursuit ou fatigue
de billevesées, de promesses auxquelles on ne croit pas,
de contes à dormir debout pour tout dire, on lui jette à
la figure : ma gran-lorborgno ! ou contractivement : ma
gran I C'est une expression d'incrédulité, de dédain, de
reproche, de colère. On voit qu'il est toujours question de
oontes, sans quoi l'ellipse ne s'expliquerait pas, c'est comme
si Ton disait : vous me débitez des sornettes, je n'en crois
pas on mot. En fr. on n'emploie pas ainsi le nom de la
Mère-l'Oie, c'est une lacune. Resterait maintenant à savoir
quel malheureux accident rendit borgne ou pour mieux
dire aveugle, notre pauvre gran. L'infirmité lui vint sans
doute avec l'âge, et elle a toujours été si vieille ! Mais que
de plus clairvoyants décident à quelle époque de sa vie ma
gran-lorhorgno perdit la vue.
Borgno, s. f. Canal d'entrée ou d'amont, canal de fuite
ou d'aval d'un moulin à eau. C'est généralement ce pas-
dïige voûté et obscur, qui commence à la première vanne
de chute et se termine au canal couvert de ftdte.
Dans le ba&4)ret. Born; en ital. Bornio, m. sign.
Boiio, s. f. Dim. Bouriéto; péj. Bouriasso. Métairie ;
ferme ; clœerie ; domaine dépendant d'une seule et même
exploitation. Comme ce mot est propre aux Hautes-
Cévennes, où la propriété est fort divisée, il ne représente
guère qu'un petit domaine. Le mot Xas, plus particulier
^x Bàsses-Cévennes, et à un pays de plaines et de larges
vallées, entraine l'idée d'une plus large exploitation.
Bàrio esi devenu nom pr. et s'applique à tout un quar-
tier, 00 se trouvait sans doute et où il existe encore un
manoir ou une ferme principale. On le traduit en fr. par
La Borie, et quelquefois on en a fait un nom d'homme.
Dér. de la bass. lat. Boria, fonds de terre, maison de
campagne; du lat. boaria, étables à bœufs.
Bos, s, m. Dim. Bousquè; péj. Bouscarasso. Bois, en
général, substance ligneuse dure et compacte des arbres
et des arbrisseaux; forêt; taillis; futaie. — Àpara un bos,
défendre l'entrée d'un taillis aux troupeaux. Bos dé luno,
bois coupé dans la lunaison favorable ; dans le sens de ce
préjugé qui veut qu'on coupe après la pleine lune tout le
bois qui perd annuellement ses feuilles, et en nouvelle
lune celui qui les conserve toute l'année (Voy, BartassoùJ,
Bos coumun, communal ou communaux, pâturages où les
habitants d'une commune ont droit de pâture ; dans les
Hautes-Cévennes et la Lozère, communaux sur lesquels les
habitants ont droit d'affouage, c'est-à-dire le droit de
prendre du bois pour leur chauffage, fixé par répartition
des feux. San dine un bos ? Sommes nous dans une forêt, au
milieu des voleurs? Au fîg. Porto bien soun bos, il porte
bien son âge, il est vert pour son âge. Es dé bon bos, il
est bâti de bon bois, il durera longtemps. Faïre fia dé (oui
bos, faire flèche de tout bois, laissas faire lou bos, loc.
prvb., ayez patience ; laissez pisser le mouton ; mot à mot
cela signifie : attendez que le bois ait travaillé tout ce
qu'il doit, qu'il ait pris le degré de sécheresse néces-
saire.
Le radical Bos, ses composés et ses dérivés, ses dimi-
nutifs ou ses péjoratifs ont donné naissance à une famille
très-nombreuse de noms propres de personnes et de lieux.
Pour bien saisir les variantes des appellations modernes,
il feut connaître les changements par lesquels a passé le
primitif qui se trouve dans la langue celtique Bos, bose,
dans le germanique Buse, ou dans le gothique Busehe.
Suivant l'influence dominante, la bass. lat. fit : Boscus,
boscum, buseus, busohus, avec les dim. BoseKetus, busMe-
tus, busquetus. Le roman disait : Bos, bose, boe, boise,
bosche, bou, busche, et les dimin. Boscal, bosquet, buehet,
bosquina, boseatge, boisson, boyssada; en esp. portug.
Basque, bosquete; en ital. Bosco et boschelto.
De ces éléments se sont formées, disons-nous, bien des
dénominations locales; mais le fonds était si riche, dans
un pays couvert de forêts, et il prêtait si bien à une dési-
gnation, qu'il ne faut pas s'en étoimer. Les altérations de
langage s'en mêlant ensuite et venant à modifier les mots
et les sons, à les amoindrir ou à les renforcer, il n'est pas
surprenant non plus que la véritable racine des vocables
soit souvent difficile à distinguer, et puisse être confondue
dans ces broussailles. Nous essaierons de les retrouver sous
leurs formes diverses, et sous chacun des composés ou
dérivés, diminutifs et autres. — Voy, BruU, BrugtUè,
Ici notons les nuances qui retracent dans notre langue
celles du primitif lui-même. Dans les noms d'homme et de
lieu, se conservent très-rapprochées : lou Bos, lou Bose, le
Bosq (Hérault) ; dèl-bos, Delbos, Dalbos, Dalbosc, Duboso
190
BOU
BOU
on Dubois, tons identiques et faits du même bois ; les
composés Ghalbos, Chdoudobo», Chàoudobcfi, Mdouboê ,
Malbos, Malbosc. — Voy. ces mots, et antres, sans oublier
oenx oà la désinence particnliére à notre territoire se
montre, comme dans les noms : Boutsargue, qui est
identique aux premiers, et Bu9targus,
BO88O, <. f. Dim. BùUêsito, Boustigtudo, péj. Boussaxso,
Bosse, déviation de l'épine dojsale ou du sternum; enflure
causée par une contusion ; en général, toute excroissance
contre nature. — Rounla Ma bouo, rouler sa bosse, voya-
ger de tons côtés en exerçant différentes industries inter-
lopes. Fatrê ou se ficha tmo hotto, manger et boire avec
excès. Se ficha uno boico dâou rire, rire à ventre débou-
tonné, ou mieux dans le même sens : Créba dâou rire ; ces
trois locutions soitent fortement la langue verte. Sé$ fa
uno bouo âou front, il s*est fait une contusion au front,
qui s*enfle.
Dér. du celt. Bots, ou du gr. 4>tSaaa, enflure.
Boto, f. f. Péj. Boutasso. Botte, chaussure de cuir qui
couvre le pied, la jambe et quelquefois le genou. — Coumo
vat la boto f comment va votre santé T
Emp. au fr. En celt. Boi, pied.
Boa, s, m. Dim. Bouté. Bout ; fin, extrémité, reste de
quelque chose; brin. — Fiou à dous bous, à tris bous, fil
à deux ou trob brins. Sèn pa'ncaro âou bou, nous ne
sommes pas encore au bout, à la fin; nous n'avons pas
fini. Tout se véira âou bou, nous verrons bien à la fin du
compte. Lou téne pér un bon bou, j'ai mes sûretés avec lui;
je le tiens par un bout qu'il n'essaiera pas de rompre.
Lou bou dâou mounde, terme de charcutier, l'intestin
eœeum, boyau fermé naturellemoit d'un côté, dans lequel
on ensache de la viande de porc hachée dont on fait une
sorte de mortadelle : c'est cette mortadelle qu'on appelle
bou dâou numnde,
Dér. du celt. Bod, fond, extrémité, ou du gr. BuO^c,
fond, profondeur.
Bon, s. m. Papillon m&le des vers à soie. Plusieurs
femelles pouvant être fécondées par un même mâle, il y a
intérêt 4 prendre pour le grainage plus de femelles que de
mftles ; à cette fin, lorsqu'on choisit les cocons qui doivent
servir, on donne la préférence à ceux qui sont bien formés,
qui sont les plus durs, parce qu'il est à supposer qu'ayant
plus de soie, il faut admettre que les papillons qui en
proviendront seront plus robustes; on reconnaît ensuite ou
00 croit reomnaitre les mftles dans les cocons à forme plus
allongée, plus pointue aux extrémités, mais souvent on se
trompe à ce triage dont les données sont peu précises.
C'est du reste un mauvais procédé et une économie mal
«Dtendue que de choisir trc^ peu de mâles pour le nombre
des femelles que l'on élève; car le plus souvent la mau-
▼aise qualité de la graine est dœà sa provenance de mâles
épuisés. Il est prudent de calculer seulement deux fem^les
pour un mâle; mais l'usage contraire est malheureuiement
Boivi par les spécnlatenn, surtout depuis l'extension que
cette industrie a prise. Quand il sera possible d'échapper à
tous les inconvénients des grainages faits au hasard, et
que chaque éducateur éclairé par l'expérience et soigneux
de ses intérêts, voudra lui-même avec intelligence surveiUer
cette opération délicate, en y mettant l'importance qui
convient, peu^être la solution du problème si intéressant
pour nos contrées aura-t-elle fait un pas de plus.
Bou, 5. m. Figuorfleur, ou figue précoce, que le préjugé
donne pour m&le à la figue franche. C'est cette idée qui
lui a fait donner le nom de Bou, bouc, qui est typique du
genre mâle.
Bou, s. m. Péj. Bouecu, Boucaras. Bouc, mâle de la
dièvre, Capra hireus, Linn. Mammifère de la fam. des
Ruminants. Se prend aussi pour : outre à vin faite d'une
peau de bouc, dont le poil est tourné en dedans. — Es
eoufle coumo un bou, il est enflé comme une outre ; ou au
fig. il a le cœur gros, de colère ou de chagrin.
Dér. du celt. Bueh, d'où le bas-bret. boueh, le gallois
bweh, le saxon bock, dans la bass. lat. buecus.
Boubâoa, s. m., n. pr. de lieu. Boubaux, Saint-
Hartin-de-Boubaux, hameau de la commune de Lamelouze,
arrondissement d'Alais.
Dér. de Bou, bon, dialecte lozerot, ou peut-être de bos,
en lai. busehus, bois, avec apocope, et de bâou, baux,
par substitution du v en 6, lettres identiques, vaux, vai,
anc. fr.» vâou, lang., vallon, vallée ; d'où bon vallon ou
vallon boisé. Les noms analogues seraient : Belval, Bel-
leval, Beauvalon , ou Konval , Bonneval , noms d'homme ;
Bonnevaux, canton de'Génolhac, arrondissement d'Alais.
Boubo, ou Boubou 1 interj. Dim. Boubéio , bouboA.
Terme d'enfant ou de nourrice. C'est le baragouinage de
l'enfsnt qui demande à boire. On sait qu'à cet âge où peu
de syllabes sont encore connues, on ne s'attache qu'à quel-
ques consonnes qui frappent davantage la mémoire, en y
joignant une voyelle quelconque, et on en fait une réda-
plication de la syllabe retenue pour la rendre plus sen-
sible. L'enfant ne se rappelle pas de tout le mot bèouro,
mais le B l'a frappé comme le son de la diphthongue om,
il en fait boubo et boubou, de même qu'il a créé papa,
poupo, téti, etc. Les grands enfants qui sont auprès de
lui, et qui devraient toujours le ramener à la prononcia-
tion du mot pn^re pour l'y façonner, au lieu de cda,
abondent dans son sens et se plient à son vocabulaire. La
nourrice ne manque jamais de lui dire : Vos boiAo, vos dé
bouboU, au lieu de prononcer le mot béoure, qu'il oompreo*
drait évidemment, puisque c'est lui qui a formé par ana-
logie son boubo. S'il ne le répète pas exactement, ce n'est
pas faute de l'entendre ni d'en faire l'application, mais
plutôt d'être exercé aux procédés labiaux et autres qui sont
nécessaires à la prononciation. Il est bien entendu que, par
cette raison, ledim. BoiiMiiDn'estjamaisemployéquepirles
nourrices et les bonnes, jamais par leur poupon lui-même,
qui aurait aussitôt lait de dire béoure, s'il pouvait varier ei
articuler plusieurs syllabes avec changement de oopsopaea.
BOU
BOU
m
Bonboiirado, i.f.Pé^. BoubouradasMo, Vapeur chaude et
étoaSuïtB qui s*exbale d'un endroit chaud et enferma; 6tuve.
Onomatopée exprimant le bruit d'une eau qui bout à
fvoB bouillons: bôa\ hou I répètA.
Boucan, «. m. Ëoucan; bruit; vacarme: tintamarre;
bruit d'une rixe.
Ce mot, qui est importé, comme son homonyme fr., de
l'idiome des Caraïbes, signifie le mode et le lieu de la pré-
paration des viandes qu'on boucane ou qu'on fume. Il a
donné naissance au v. boucaner et au s. boucanier, appli-
qués d'abord aux Indiens qui boucanaient à la fumée des
viandes de bœufs sauvages, dont ils faisaient commerce.
Plus tard, ce commerce d'échange innocent et primitif tôt
délaissé par les sauvages, qui travaillaient plus directe-
mÏBnt et qui se firent flibustiers. De toutes les nations leur
vinrent des compagnons : c'étaient bien les plus grands
tajpageurs et les plus mauvais gar^s du monde. Le mot
originaire dévia de son acception primitive, et il reparut
comme synonyme de tapage tumultueux, vacarme, et
caractérisa ainsi les boucaniers, faiseurs de boucan, tapa-
feurs et querelleurs. — ' Voy. Éotain,
Après cela, oomme l'étym. a des ressources, elle a fourni
dans le celt. Bœan, impudique, qualification encore très-
applicable à ce genre de tapageurs, et dans le gr. Bux^,
instrument de tapage par excellence, qui les caractérise aussi.
Boncarlè, «. f,, n. pr, de rue et de quartier, qui signi-
fiait dans l'origine Boucherie, inscrit aujourd'hui sous le
nom fr. de Bouquerie.
Dans les premiers temps de l'émancipation des com-
munes, les différentes corporations des arts et métiers adq>-
taient des rues et des quartiers particuliers, soit par ordre
de leurs syndics, soit que l'autorité consulaire voulût
détruire tout privilège de quartier en obligeant tous les
explmtants d'une même industrie à s'établir dans une
même rue. — Voy. Fabrariè, Fruekarié, Pêiroulariè,
Sabatarié, THuariè, etc.
Souquariè, dérivant de bou, bouc, boearia, dans la basa,
lat., désigne le lieu où l'on tuait les boucs et où Ton en
préparait la chair, où l'on tenait boutique pour la vendre.
Or il semble extraordinaire que la viande des boucs et des
diéTFes fût le principal objet du commerce des boucheries;
«pendant le doute est difficile quand on se rend compte
dçs mots boucher et boucherie, et quand on trouve dans la
charte d'Alais de l'année 4200, écrite en Ungue vulgaire,
ce curieux passage :
£t mmmadament dUem que en earrelras publigas o em
plas*ai H boguier o U aitre maselier lo sanc delz boez non
jÉttm Ni êicampoH, ni la» butladeu o attras causas pudenz,
ni aueUon Un boex empUusas ; e aixo vedam a totz homes,
c Noos défendons expressément aux bouchers de jeter ni
répandre le sang des boucs dans les rues publiques ou sur
les places, non plus que les intestins ou autre chose fétide,
qu'Us ne puissent non plus égorger les boucs sur les places;
et œd nous le défendons à tout le monde. »
n paraîtrait cependant qu'au moyen âge il existait deux
sortes de bouchers, les uns dits boquiers, les autres majeftèfv»
du lat. maeeUarhts. Sauvages nous dit que ce dernier nom
appartient à un autre dialecte. Néanmoins dans la charte
de 4S00 nous voyons les deux noms en usage à Alab, en
rappro chant l'article que nous venons de dter de celui-ci :
Esi ablen que tuit U masellier vna vegada en lan jwrvm,
sobrelz quatre evangeiis de Deu queul masel dejftra la vUa
daUst lur etient en aleuna gulsa cam de moria ni poirida
o dalira guisa mortalz non vendran ; eant ^vtrre vendran
o aret o troia digon o al eomprador, iasia aisso gué Hou H o
demant ; de feda si hmn non U a demanda non son tengut
de dire nomnadamenz, Creissem que las eamz mm «ion ten-
gudas en aigo, en aiei que las vendant polrldas per bernas ;
e si en centra aiso fusion H seinnor metan lur pena,
c Nous ordonnons que tous les bouchers, une fois par an,
jurent sur les quatre Evangiles de Dieu, que dans la bou-
cherie ou dans la ville ils ne vendront sciemment aucunes
viandes passées, ni pourries, ni provenant de bétes mortes
de maladie. Quand ils vendront verrat, bélier ou truie, ils
devront en prévenir les acheteurs, même sans qu'on leur
demande; s'il s'agit de brebis, ils ne seront tenus de le
dire qu'en tant qu'ils en seront requis expressément. Nous
ajoutons qu'ils ne tiendront point les viandes dans l'eau
afin de vendre ainsi pour bonnes celles qui serairat pour-
ries, et s'ils se mettent en contravention ils seront punis
par leurs seigneurs. »
Il existait donc des états distincts et par le genre de
leur commerce, et par le quartier de leur réunion en ccm-
firérie, puisqu'à Alais il y avait une rue appelée Boueariè,
et une autre nommée Masèl-mèl, Il faudrait en conclure
que les boquiers, bouchers, ne vendaient que de la chair de
bouc, chèvre et chevreau, qui était sans doute plus estimée
que de nos joun, et les mas^iers toute autre espèce de
viande, comme mouton et pore.
On pourrait tirer une autre induction du rapprochement
de nos deux citations. On y voit qu'il est défendu aux
bouchers d'égorger les boucs dans les rues et places et d'y
jeter le sang ; mais on ne retrouve pas la même prohibi-
tion laite aux masriiers pour les béliers, verrats ou truies.
D'où on pourrait penser, à notre avis, que les boquiers
égorgeaient tontes sortes de bètes comprises dans l'expres-
sion générique bouos, et que les maseliers n'étaient que des
espèces de revendeurs de viande de basse qualité, qu'ils
auraient achetée des particuliers ou des gens de la cam-
pagne. Ce qui confirme cette idée, c'est leur serment de ne
pas vendre, à leur escient, de la viande de bêtes mortes ;
il est évident que, s'ils avaient égorgé eux-mêmes, ils
n'auraient pu être dans le doute si leur viande appartenait
ou (non à mie bête morte. Une seconde considération, qui
corrobore cette idée, est puisée dans l'étym. de maselier:
maeellarius signifie moins boucher que marchand de
viande; en outre maeeUum signifie halle, étalage de den-
rées, étal de boucher; enfin maeéllus est le dim. de maeer.
iS
1^
BOO
BOO
m&îgre. 06 tout cela on pourrait oondnre que le ma$elier
n'éUdt que le revendeur, Tètalagiste de viandes maigres,
de moindre qualité, et destinées à la classe la plos pauvre ;
les boquien, bouchers, étaient au contraire à peu près ce
qu'ils sont de nos jours .
Bottcara, udOi adj. Péj. Bouearudas. Lippu ; qui a de
grosses lèvres. Ce mot, qui n*est plus dans le dialecte, est
resté nom pr. d'homme.
Boucha, V. Tirer une boule, débuter une boule ; terme
du jeu de boules. On lance de loin pour cet effet une boule
contre celle qu'on veut débuter, éloigner du but^ si elles
sont d'un poids égal et qu'on tire juste, la boule lancée
perd tout mouvement et le communique à l'autre, qui part
au loin, tandis que la première occupe exactement la place
qu'elle a usurpée, par droit d'adresse : c'est ce qu'on
appelle : Hran plaço, qui s'emploie aussi au fig. — Voy,
Tira.
Moucha ne se dit au sens de houehsr (iapa) qu'au part.
pa^. et figurât. ; é« hovucha, il est bouché, il a l'intellect
fort obtus.
Dér. de Bocho.
Bonchar, ardo, adj, Dim. Bouchardé, péj. Bouchar-
dag. Sale; malpropre; barbouillé au visage; mouton
marqué de noir ou de brun sur le museau ; un bœuf ou
U) muleti portant au museau une couleur noire ou diffé-
rente de celle du corps, reçoivent aussi cette dénomina-
tion.
Dér. de BauchQ, ou de bouquo.
BoncbardiÎDi <. ^ Saleté; malpropreté; crasse sur la
figure.
Joocharièt «. /. Boucherie; abattoir public; boutique
où l'on vend de la viande. — Voy, Boucariè.
Bouché, $. m,, au fém. Bouchèiro, dim. Bouehèïroù.
Boucher. — Voy, Boucariè,
Boachin-Cabro, «. m. Barbe-bouc, salsifis des prés, à
fleur jaune, Trapopogon pratense, Linn., de la fam. des
Composées chicoracées. Les gamins sont très-friands au
printemps de cette plante dont ils sucent chaque jointure
au ncQud de sa tige, qui a un goût douçÀtre.
Dér. du lat. Barbula-Mrci, d'où bouchin-barbo, et la
oorrup. ^oucJitfi-co^ro. En ital. Barba-di-becco ; en esp.
Barba-do^abron»
^onchi-tè I irUery. Cri ou plutôt commandement adressé
k la chèvre. Il équivaut à Halte-là! et s'emploie lorsque cet
animal se dresse contre un arbre pour le brouter, ou quand
il prend quelque direction dangereuse. Comme cet appel
est toij^ours accompagné d'un coup de pierre, ranimai ne
se trompe guère sur sa signification.
Dér. de Boueho,
Boucho, «. f. Dim. BouchUo; péj. Bouchauo. Chèvre.
[Voy. Cabro.) Boueho est le fém. de Boue, et l'ancien nom
de la chèvre en langue d'Oe.
Boocouran, s. m,, nom pr. de lieu, fioucoiraui com-
mune du canton de Lédignan, arrondissement d'Alais, sur
la roulé de Nimes à Âlais, et sur le chemin de fer qui
traverse sous un tunnel le rocher que domine son vieux
cMteau.
Sauvages le fait dériver de deux mots gr., Bot}«, boeuf et
Ko?po(, porc. On pourrait trouver une autre racine qui
paraîtrait s'accommoder davantage aux allures du payé.
Rarement on a emprunté chez les Grecs pour formuler le
nom des bourgs qui se fondaient dans lés Gaules, excepté
peut-être pour quelques-uns qui pourraient remonter à la
colonisation phocéenne. Il est plus naturel de supposer
qu'on a pris dans l'idiome vulgaire, surtout alors que les
racines s'en présentent si aisément dans deux mots de l'an-
cien comme du nouveau languedocien : bou ou boue, qui
signifie bouc, et outre, outre de bouc. La désinence an,
qui est la traduction littérale du lat. anus, anum, dérivée
du suf&xe celt., signe de la descendance, de la propriété,
de la provenance, indique le sens et la siçùficatlon à don*»
ner au mot qui lui est attaché ; ici Boue-ouïr-an veut dire:
lieu des outres de bouc, où Ton fabrique des outres de
bouc. — Voy, l'article Argue, et An, suff.
Sauvages a commis une erreur en écrivant à la française
le prétendu Côirot venant du gr. Le mot porc se dit bien
eôiro$; mais en gr. l'orthographe veut qu'on mette Xoîpoc
par un X et non KoX^ç, par un K: différence qui détermina
le sens. Dans le mot Boucouiran, d'ailleurs, pas la moindre
trace du ch, qui aurait été conservé, si la version de notre
savant lexicographe eût été admissible.
Boadélla, v. S'enfler; se gonfler; se boursoufQer. —
Aquà fax bjudéfla la* bouquet, cela fait enfler les lèvres.
Las figos boudéflou, les figues commencent à tourner en
maturité; elles se gonflent.
Boudéfle, éflo, adj. Péjor. Boudéflas, asso. Enflé;
gonflé; boufB; boursoufllé; gros. Au prop. et au fig.
Boudifla, V. S'enfler; former des vessies, des clodies,
des ampoules ; enlever. — Moun dé beudiflo, mon doigt
s'enfle ; il me vient au doigt une ampoule, une cloche.
BoudiUo, s. f. Dim. Boudifléto, péjor. Boudifiiuào,
Vessie urinaire; vessie de porc, qu'on conserve gonflée de
vent pour l'appliquer comme dessiccalif; cloche; ampoule;
ëlëvures sur la peau; bulles formées par de grosses gouttes
de pluie en tombant dans l'eau.
Dér. comme les précédents, du celt. Boi, crapaud, bas»,
lat. botta, en ital. bodda ; et du lat. inflare, flare irt, souf*
fier dans.
Bondignièiro, s. f. Boudinière; charcutière qui vm
dans les maisons particulières faire l'assaisonnement des
viandes salées de porc, qu'il est d'usage d'égorger pour la
provision de l'année.
Dér. de Boudin.
Boudin, s. m. Boudin, boyau rempli d'un mélange de
sang de porc, d'herbes et de graisse. — JVbtii pourtan peu
dé boudin, nous n'en sommes pas aux civilités ensemble ;
nous sommes brouillés; il y a des motiis dlnimitié entce
nous. Cette loc. prvb. est fondée sur l'usage local qui veuf
pou
BOU
123
que loiwfa'tn ^orge nn porc» ce qui a lieu ôèjû» chaque
maison de paysan et presque dans toutes les femilles bour-
geoises, on envoie un plat de boudin à ses parents, à ses
amis et à tous ceux auxquels on veut témoigner affection
on reconnaissance. Aqud't da eoumo dé boudin, c'est clair
eomme la bouteille à Tencre; tout cela est fort obscur.
Dér. de la bass. lat. BottUus ou boMus,
Bon-Dion I interj\ Bon-Dieu! exclam, de surprise,
d'êtonnement, qu*on place à tout propos, et qui survient un
peu partout, au commencement, au milieu ou à la fin
d'une phrase. — Bou-Diou / qu'éi bH, Bon Dieu } qull est
grand. Di ^ tx)u/ét faïre, Bou-Dtou/ Que voulez-vous
faire, grand Dieu !
Altération de Bo, bon ; euphoaiquement traduit en bou.
Bondoli, $, m. Petit homme; bout d*homme; nabot;
«liant gros et ôourt, replet et joufllu.
Dur. de Bou, bout, et oii, huile, comme terme de corn-
paniaon à une outre à huile, qui a les mêmes dimensions
et nue sorte de ressemblance de conformation.
Bondonfle, «. m. Péj. Boudouftat. Gros-bouffi; gros
joufflu on pansu ; bouffe-la-balle, dans Fargpt populaîïe.
Ce mot est synonyme de Boudéfit, proche parent de bon»
deii, descendant plus ou moins direct de boudiflo pour
Tétym.
Bondengna, v. S'élever; s*enfler; grossir. La difl&renoe
avec Boudifla, est que renfiure exprimée par ce dernier
est censée remplie d'eau ou d*air; dsms celui-d l'enflure est
produite par une contuâon, d*oû résulte une bosse, une
Jtàgne, en v. fr.
Dér. de Boudougno,
Bondongno, «. f. Dim. Boudougniio, péjor. Boudsu-
puuMo, Bosse, enflure, bigne, produites par un coup, par
une ocmtusion ou par l'engorgement d'une glande ; loupe,
tumeor, excroissance charnue. — ^D vient de pareilles tumeurs
à certains arbres, au chêne et au châtaignier principale-
ment.
Parait un augm. de Bougno. — f. c. m.
Dér. du p. Bouv6c, élévation.
Bondonsqno, «. f. Epiderme de certams légumes; éc^e,'
éooree, coque de certains fruits ; pellicule qui reste sou-
vent adhérente dans les rugosités de la châtaigne- sèche ou
blanchie; efilorescence du vin en bouteille; dépôt de lie
au fond d'un vase ; édaboussure de boue. — Manqua pai
boudùuiquo din tout aqiid, toute cette affiure est bien
sale.
Dér. peut-être du gr. B^p6opo<, bourbe.
Bondronn, i . m. Terme de maçon. Bigue de bois qui sert à
soutenir les planches d'un échafaudage, soit lorsqu'elle est
posée transversalement aux poutres principales, soit lors-
qu'elle s'enfonce dans l'épaisseur dei murs, ce qui arrive
lorsqu'on est parvenu à une élévation telle qu'on ne peut
plus échafauder ni sur des poutres maltresses, ni sur des
étançons.
Formé de Bou^é-^oun.
Bondnfo, s. /. Toupie, sabot, bourdat ; jouet d'enfant.
— Voy. BAoudufo,
Bonésale, f . m. Charpente d'un couvert ; boiserie,
ouvrage de menuiserie ; boisage, tout le bois dont on s'est
servi pour boiser ; parquetage.
Dér. de Bo$.
Bonfa, V. Souffler; être essoufflé ; siffler; refuser avec
dédain ; manger avec avidité, avec excès ; dévorer. —
Boufa eoumo un lètrou, souffler comme un lézard, souffler
de fatigue; le lézard, quand il est aux abois, rend une
espèce de son comme le vent d'un soufflet. Laï$$as un pâou
boufa à la mountado, donnez le temps de souffler à la
montée. Mé boufè d'uno ïègo, il repoussa au loin mes pro-
positions. Vn pâoun diable tout lou boufo, un pauvre
hère est mal accudlli partout. L'Aouro boufo, le vent
souffle. Aguè lèou boufa tout soun fâoure, il eut bientôt
dévoré sa fortune. Boufès pas, ne souffle pas; chut!
silence!
Onomatopée du bruit qu'on fait en soufflant ; en allem.
on dit puffm, gonfler les joues pour souffler. L'étym. peut
' s'^liqner à un homme qui est essoi^é, ou qui se gorge
la bouche en mangeant avidement.
Bonlidre, s. m. Gomfre; gros mangeur; vorace; au
flg. prodigue, mangeur.
Dér. de Boufa.
Bontar (6ran)« t. m. Boufflird, maltre-soufflenr dans
une verrerie, celui qui souffle les grands vaisseaux, tels
que dames-jeannes, sdambics, matras.
Dér. de Boufa.
Bonlarèl (An]on-), f. m. Ange bouffi, gros bouffi, par
comparaison aux têtes d'anges isolées qui sont toujours
joufflues, et aux figures du vent, que les peintres repré-
sentent comme les têtes d'anges et que le peuple confond
avec elles. — Sémblo un anjou-boufaràl, il ressemble â nn
ange bouffi.
Dér. de Boufa.
Bonfé, «. m. Dim. Bottfétoà. EnÊmt joufflu et nabot;
gros petit joufflu ; fort ressemblant au bôudoii.
Dér. de Boufa,
Bonfèlo, s. m.; au fém. Bouf&isMo. Dite. Bottfêhà.
Gros-enflé; gros bouffe-la-balle, surnom familier que l'on
donne aux hommes d^m embonpoint excessif. Le dimîn.
ne s'applique pas à un homme moins gros que le premier,
mais d'ordinaire au fils de celui qui est surnommé Boufèh,
quelle que soit d'ailleurs sa constitution; de mêmepoior
le fém. Bouf&éiso. Cet usage de faire participer les femmes
0t les enfants aux sobriquets de leur mari et de leur péto
est trèsfréquent chez le peuple, surtout chez cehd en
communes rurales.
Dér. de Boufa ou de boudifla.
Bonfés, s. m. plur. IMm. Boufêté»; p^r. B&ufékmes.
Soufflet à feu, instrument pour soutier.
Dér. de Boufà.
BottUga, v. Se boursoiffler; se convrir d'ampoules;
134
BOU
BOtJ
ii*èl6ver en postules, ea vessies, avec inflammatioD, telles
qoe les produisent les piqdresd^abeiHes, de moacherons, et
le frottement des orties, ou les brûlures.
Dér. de Boufa.
Booiigo, <. f. Dim. Boufiguéio, péjor. Bou^a$»o. Vessie ;
cloche; ampoule; pustule; échauboulure ; boursouflure.
Dér. de Boufa, boufiga.
BoqIo, <. f. Balle du blé; gousse ou pellicules des
l^umes.
Dér. de Boufa,
BoqIo, adj. fém., inusité au masc. Boufe. Creuse ; ver-
moulue; stérile, appliqué à une femme. — Ko$e boufo, noix
vide, qui chante creux, parce que l'amande est desséchée.
Finno boufo, femme stérile.
Dér. de Boufa,
Bonlo-fiô, $. m. Petit bonhomme ; enfant chétif et petit,
toujours au coin du feu ; gratte-cendre : le pendant au
masc. de Cendhllon.
Bonio-la-balo, $, m. Bouffe-la-balle. Il a beaucoup de
rapport avec BoufHo; seulement celui-ci exprime plus
particulièrement l'embonpoint de la figure, de grosses joues
et une petite bouche; celui-là est instantané d'application
et ne sert jamais de sobriquet. Le fr. d'argot pop. et fam.
dit bouffe-la-balle, qu'il parait avoir emprunté au lang. ;
car que signifie en fr. le mot bouffe T tandis que boufo,
3"* pers. indic. prés, du v. Boufa, indique quelqu'un qui
souffle et qui, pour ce faire, enfle ses joues.
Bonfonn, <. m. Bouffon; plaisantin; gaudriole nr ; facé-
tieux ; farceur; goguenard. — Boufoun eoumo un eéndriè,
\oc prvb.,mot à mot : bouffon, plaisant, farceur comme
un cendrier. Voilà un de ces dictons capable de déjouer les
plus subtiles et les plus sagaces explications. Est-ce une
antiphrase? c'est probable, car on ne dit cela que de quel-
qu'un passablement refi\)gné, nullement rieur ou qui plai-
sante à la façon des fossoyeurs d'Hamlet. Mais le cendrier
est-il Tembltaie de la tristesse, l'image de la morosité ?
peut-être; surtout lorsqu'on se le représente avec ses débris
de charbon noirci et sa couleur grise, sans étincelles, sans
flamme* Puis n'est-ce pas da cendres qu'on se couvrait
dans les jours de deuil ; et le premier mercredi du Garé me,
le Mêmtnio hamo, avec ses cendres, ne vient-il pas rappeler
les pensées graves et solennelles de notre néant T La locu-
tion peut avoir été créée par toutes ces comparaisons. Le
ooQtraste serait parfait. Le fr. a dans le même sens : gai
comme les portes d'une prison. Les deux phrases, en lang.
et en fr., veulent dire ; aussi peu gai que possible, ce qui
approche beaucoup de triste, et le dépasse souvent quand
il s'y mêle ànt soit peu d'ironie. Donc contre-vérité.
Boufoun, comme son correspondant fr. et l'ital. buffb,
vient du nom des anciens bouffons de cour, dont le premier
emploi a été celui de grimacier; la principale de leurs gri-
maces consistait i s'enfler les joues et à rouler les yeux,
œ qui donne ao mot la même dérivation qu'au verbe
boufa.
Bouioima, v. Bouffonner; dire ou faire des plaisante-
ries; mais particulièrement railler, amuser les autres aux
dépens de quelqu'un ; goguenarder.
Dér. de Boufoun,
Bonfounado, s. f. Bouffonnerie; plaisanterie presque
toujours mauvaise ; farce qui excite à rire.
Dér. de Boufoun.
Bonfonnaire, aîro, aif, Péj. BoufounoXra$, Railleur ;
mystificateur ; mauvais plaisant.
Boagéronn, ouno, ar(;. Matois; luion, petit coquin.
Dimin. et lénitif d'une expression plus énergique ; comme
qui dirait en fr. d'argot mitigé : un bigre. C'est là un de
ces mille mexxo-termineqjiB le lang. emploie volontiers, pour
faire accorder ce qu'il doit à l'énergie d'une qualification
avec son respect pour la pudidté du langage. Dans bougé'
roun, du reste, l'adoucissement n'est pas seulement dans
le terme, il est aussi dans la pensée : il n'y a rien dlnsol-
tant dans cette épithète, et la signification que nous lui
donnons est exacte. Les Italiens disent aussi en langage
trivial bugiarone, évidemment un dim. de bugiardo, men-
teur. Il est d'autant plus probable que notre bougéroun est
emprunté à l'ital. que nous le croyons vulgarisé chez nous
depuis seulement que les chaudronniers napolitains, les
tabraêaïra$ (F. c. m.), nous ont apporté leur bugiarotte. U
a été au surplus très-bien accueilli comme lénitif du gros
mot que nous n'écrivons pas ici, et qui a bien quelques
autres variantes, toutes en dimin. classés et usuels.
Bongnas, s. m. Vieux tronc d'arbre noueux, tels que
ceux qui sont charriés et délaissés par les inondations. Au
fig. grosse et vilaine tète.
Augm. et péjor. de Bougno,
Bcmgné, s. m. Débris noueux d'un arbre; petite
souche.
Dimin. de Bougno,
Bongnéto, «. f. Beignet, sorte de pâtisserie cuite à la
poêle avec de l'huile ; tache produite par un corps gras.
Dér. de la même source que l'ital. Bugna, tomeor,
enflure, parce que les beignets sont une pâte boarsonf-
flée.
Bougno, t. f, Dim. Bougnéio, péj. Bougnauo, Souche
d'arbre, particulièrement la partie noueuse du tronc oà
sont attachées les racines ; bigne; bosse; enflure ; glande ;
contusion; meurtrissure. — Voy, Boudougno,
Dér. de Tital. Bugna, bosse.
Bom, «. m. Buis, Buxui êemper virmi, Linn., arivie-
seau de la fam. des Euphorbiacées, commun dans nos
montagnes. Cet arbuste, qui fournit un très-bon engrais,
est fort en vénération dans le pays. On prétend qu'il fome
un champ pour trois années, suivant ses divers degrés de
putréfaction : il fume la première année avec ses fléoillee»
la seconde avec l'écoroe, la troisième avec le bois.
Dér. du lat. Buxui, dugr. nuEoc,buis. — Voy. BonéiiMro,
Boniargue, «. m.,ii. pr. de lieu*BouiUargoes, eonuBon»
dans le canton et l'arroiidiasement de Nîmes. H est fait
BOU
BOU
t!»
meDtkm de oe village dans de vieilles chartes sous le nom
de BoUanktB et Bolhaniea, tfUla de Bolhanieû.
Nous aurions à répéter, à propos de l'étymologie de ce
nom» ce que nous avons dit dans l'art. BaXargue, {V. c. m.)
Tous ces villages ou hameaux, si nombreux dans le Gard
et dans THérault, ne nous semblent pas avoir eu nécessai-
lement pour parrains des Romains d*origine auxquels on
attribue leur fondation, sans autre preuve qu'une ressem-
blance de noms et sur une fausse interprétation de la finale
arpu. Parce qu'un Romain inconnu se sera appelé Bo/antu,
qu'un certain Vettius Bolanus aura été consul avec Cal-
pnmius Piso, en Tan IH de Tére chrétienne ; que même
Gicéron aura eu un ami de ce nom, et qu'il parle dans une
lettre à Quintus, son frère, d'un domaine près de Rome
qu'il nomme Bouillanus, ce n'est pas une raison pour
admettre que Bouïargue, BouUlarguet, Bolhanicœ, tire sa
dénomination de cet illustre personnage, non plus que de
quelqu'un de ses clients ou descendants établi dans les
ea virons de la colonie nimoise. Il est moins superbe, mais
certainement plus sûr, de prendre l'origine du nom dans
le lat. bovilia, étables à bœufs, de bos, bovU, qui a donné
i notre dialecte Inôou, bœuf, bouxê, bouvier; au prov.
^véou : au roman bouièreM, bouvières, bovières, terres lais-
sées en jachère pour servir de p&turage aux bœufs. Ainsi
on trouverait à ranger dans la même famille, comme l'a
lait le latin, qui se connaissait en traduction, en les dési-
gnant par le nom analogue Bovilhacum ou BovUiacum, les
identiques correspondants à Bouïargue, Bolhanicœ : BouU-
lae (Aveyron, Dordogne, Gironde, Tam-et-Garonne) ; Bouil
Uu (Gers, Lot-et-Garonne] ; La BouUle (Seine-Inférieure)
BomtU (Maine-et-Loire) ; BouUly (Aube) ; Bouvine (Nord)
Mo9éUe$ (Somme); Bovee (Somme); Bova, en Galabre
même Bovaea, dans la Colombie ; car la racine, la même
pour tous, est tirée du nom de l'animal le plus utile à
l'agriculture. A Bouiargue, ce nom est parfaitement en
situation.
Bonîda, V. Vider; faire écouler d'un lieu, d'un vaisseau,
d'un sac ce qui le remplit ; enlever ; ôter; éloigner .
Dér. du lat. Viduare.
Boiûde, bouido, adj. Vide; qui ne contient rien; qui
n'est rempli que d'air.
Dér. du lat. Viduus ou fnduattu.
Boaién, énto, part, prêt, du v, Bouli. Bouillant , qui
bout; an fig. qui a beaucoup de vivacité, d'ardeur ; colé-
rique; prompt; violent. — Aigo bouXénto, de l'eau bouil-
lante. ÂMê-bouïén, (Foy. A$e.) Sé$ trop bouïén, vous êtes
trop vif, trop pétulant.
Dér. de Bouli.
Bonîno, «. f. La gent bovine, l'espèce bovine *, viande
de bœuf ou de vache. — lAngo-bouïno, — f. c. m.
Mr. du lat. BovU, génitif de bot,
Booio-baiuo, ». f. Matelote à la provençale; espèce de
lagoàt ou de potage que l'on fait avec du poisson bouilli,
àl'aU.
Les étymologistes provençaux, les plus compétents pour
un mot qui leur appartient, lui donnent une dérivation
du sens même des mots dont il est formé : il bout, baisse ;
c'est-à-dire : descends la marmite , le potage bout. Et
servez chaud !
Bouîoù, », m. Peson d'une balance; boulon, contre-
poids mobile d'une romaine.
Dér. du lat. BuUa.
Bouioun, f. m. Bouillon; décoction de viandes ou
d'herbes; consommé. — Vn bon bouïoun, aqud remonto,
un bon consommé, rien de mieux pour restaurer.
Dér. de la bass. lat. EhuUium, fait du lat. buUire, parce
que c'est par l'ébullition qu'il se prépare.
Bouionn-blan, », m. — Voy. Alapa»,
Bomra, v. Bourrer, charger de coups; frapper quel-
qu'un à ccups redoublés, comme Ton fait sur le corpe
soufflé d'un bœuf pour en détacher la peau.
Dér. du gr. Bouc, bœuf.
Boniril, ». m. Ventre ; bedaine ; grosse panse; panse de
bœuf.
Même étym. que Bouïra.
Bouissèi, ». m. Boisseau, mesure de capacité qui con-
tient le quart de la carte, le huitième de l'émine, le soixante-
quatrième de la salmée, d'après nos anciennes mesures ;
en mesure métrique, il contient 3 litres 4 25. Il est aussi
mesure de superficie et vaut 4 are 25 centiares.
Dér. de la bass. lat. Bu»»Mu»,
Bouissièîro, j. f. Terrain couvert de buis ; taillis de
buis.
Ce mot est un nouvel exemple de l'analogie qui existe
entre les désinences celtiques et les finales latines et plus
tard romanes, ou en langue vulgaire qui les traduisait. Le
primitif final était certainement oc ou ee, marque de la
collectivité, que le lat. a rendu par eium, et que le lang.
exprime par Uliro : beusac,beu»ek, buxiacum, forme celtique;
bwcetum, forme latine ; frouVfMÀtro, forme languedocienne,
signifient également lieu couvert de buis, comme le fr.
bussaie, bussières, Buxières, n. pr., et Bussières (Seine-et-
Marne), Bussiares (Aisne), Boussières (Nord), Bouxiéres
(Meurthe). {Voy. l'art. Argue», An, léiro, etc., suff.) Ces
aflMtés sont les plus directes ; mais la prononciation de
l'tt en ou, l'altération de la voyelle double elle-même ou et
celle de la voyelle o de bo», bois, les traductions employées
dans la bass. lat. passées dans le roman et enfin dans le
languedocien, rendent souvent très-mal aisée l'application
pour distinguer s'il s'agit d'un lieu couvert de bois ou seu-
lement couvert de buis. Il faut toujours citer, d'après Sau-
vages, les n. pr. Boissier, La Boiasière, Montboissier, etc.,
comme dérivés de bouï, buis, qui a formé le masc. houîMè
et le fém. frouVitt^ro. Il est certain que dans notre dialecte
la prononciation mène droit à cette étymologie. H faut en
dire autant de La BouUtiiiro, La Bdssière,- communes de
Bez et Esparon, et communes de Malons et Elze, de i^ouCf-
rièiro», Boissières, commune du canton de Sommièros»
196
BQU
BOU
anondissemeat de Nimes, et sans doute du nom de BouXué,
Bcisset, BwMtum, oommone du caaton d'Andoze, et
hameau de la commune de Saint-Sébastien. En composition,
BèlMi, de la commune de Rochegude, aeca Cément à
dVet. On est ainsi conduit à trouver comme similaires :
Boisftières (Sarth^, et peut-être La BoiuMré (Sarthe)» et
Boissi (Seine et-Oise) ; et même le nom prop. Bdssy, avec
la désinence funilière aux dialectes du Nord, et chez nous
BoisttO, .représenté par BùtOêêé; k moins toutefois «{u'ils
n'aient été inspirés par le mot suiv. ftotiSMoù, qui est une
sorte de péjor. venant encore de bout, et qui a donné
comme noms de lieu et d*bomme : BcHsson, Bouuâoà, Bois-
sonade, Bouïssaunado, le BuissoUi JïoyiioiHim (Gevaudan).
— Vay. Bof .
BonÎBSOÙ, f. m. Dim. Bouts$ounéM jpéj. Bouïssounoi.
Buisson, en général; toute tou£Eè d'arbustes épineux et
piquants, particulièrement le prunier sauvage ou prunelier.
— Vay. Âgmnai.
Dér. de Boni'.
Bouja, V. Verser, répandre ; à proprement parler, verser
d'un sac ou dans un sac.
Bot^a, se vider, rendre tout ce que l'on a dans le corps,
se dit iron. d'une fille qui est accouchée depuis peu. —
Yen dé lou houja, elle vient d'accoucher. En parlant d'une
pluie torrentielle : Xén hojo à plit ferai, il en tombe à
seaux.
Dér. de Bojo,
Boni, s. fli. Bouillon; ébullitM»; action de bouillir;
mouvement des bulles soulevées ; bruit d'un liquide qui bout.
— Pria hu boul, il commence à bouillir. Dine un baul
ofuà sera quiè, dans un seul bouillon ce sera cuit. F^ou
foi gu'im boîd, c'est l'afCdre d'un bouillon.
Dér. du lat. BuUa.
Bcmlado, t. f. Jet d'une boule au jeu de boules. -^ Àï
énearo vno boulado , il me reste encore une boule à jouer.
Dér. deBoiifo.
Boulanjariè, i. f. Boulangerie; profession, atelier, bon-
tique de boulanger.
Dér. de Bouku^'è.
Boulaniè, i . m. Boulanjèlm, s. f. Boulanger, boulan-
gère; qui fait et vend le pain.
Dér. du lat. Polm$iariu$, de polenia, farine de froment.
Bonlar. j. m. P^. Bovdarda», Grosse boule ; gobille plus
grosse que les antres. — Vn boular d'équipé, une grosse
yobiUe pour jouer à ce jeu d'en&nt que ta Fare décrit
dans ce charmant HoU dé SagaHi» CoêtagnadoM. — Foy.
Boula.
Augm. de Boulo.
âouldrado, «• /. Crevasse ; action de crever, de se cre-
vasser, de s'entr'ouvrir, de répandre par là son contenu.
An fig. tour de maladresse, sotte équipée. Dans ce dernier
sens ce mot pamltrait n'être qu'une altération de bàou-
(irodo,
Dér. de BouUro.
Bouldro, s. f. Boue ; vase ; dépôt de limon d'alluvion;
lie, crasse, fèces que dépose un liquide; effondrilles d'un
bouillon, d'une infasion ; bourbe. Bouldro et surtout son
péjor. BotUdras, entraînent Tidée d'un plus grand épaissis-
sement dans ces matières et d'un amas plus considérable
que la loudro. — F. c. m.
Dér. du gr. B<Sp6opo;, bourbe.
Boulé, «. m. Dim. Boulété, péj. Boulétas. Bolet; cham-
pignon; agaric; fungus; cryptogame en chapiteau. On
peut diviser en deux classes les champignons comestibles
dont on fait usage dans ce pays, savoir : les laminés et les
poreux et fistuleux. Dans la première se rangent : lou dorguê
fboulé rouge), Véwumèl, lou eapHan, lou souquarèlg Um
fnno^; dans la seconde, l'areialoùs, la léngo-bot^no^ Ja
Mohaiélo et la galinolo. Il est rare que chacune de ces
espèces n'ait pas un analogue dans la classe des champi-
gnons malfaisants. Les plus communs sont le pi$$agàg
variété de Vareialoù$, et le fdou-dorguo qui resseq^ble
beaucoup à celui-ci. — F. c. m.
Les principaux diagnostiques des champignons vénéneux
se reconnaissent : 4« lorsque la cassure qu'on fait au cha*
piteau devient en quelques secondes d'une couleur violacée
et livide; S<» lorsqu'on les rompant il en suinte une humqur
laiteuse; 3» lorsqu'ils ne portent pas vers le milieu de leur
tige une sorte de collet ou de couronne, qui n'çst au^
chose que la membrane liant le chapiteau au pédoncule,
avant que cel*û-là ne fût développé; 4<^ lorsque l'épidenpe
du chapiteau ne se détache pas nettement en ruban, eo.le
pinçant du bord au centre; 5* lorsque la coupole esit par-
semée de petits flocons de matière laiteuse et spao^ea^.
Dér. du lat. BoUtui,
Boulé, s, m* Boulet; boule de fer dont on chaige ks
canons.
Dér. du lat. BuUa. Dim. de Boulo.
Bouléga* v. Bouger; remuer; se remuer; çbaiiger de
place ; tant à l'actif qu'au passif. — Vole pat j'amaï ^oii-
léga d'a:m e'ée pae vrai, je veux ne jamais bouger d&o^te
place si je mens. Boulégi^ei pas, ne bouge ni ne remue.
Bouléga lou véipiè, remuer le gnèpier; réveiller le chien
qui dort.
Dér. de Tallem. Wogen, voguer, ou du lat. bulla, M-
lam agere, pousser, agiter une boule.
Bouléigadis, «. m. Remue-ménage; démai^geaisoii de
remuer; frétillement.
Dér. de Bouléga.
Boulégado, $. /.Foule; troupe; tas; fourmilière.
Dér. de Bouléga.
Boulégaîre, atro, a4j\ Dim. BoulégaXré, péjor. Bmdé-
gaXrae, Remuant; frétillant; qui s'agite, qui reouBUm-
jours; mauvais coucheur.
Dér. de Bouléga,
Boulégamén, i. m. Remuement; mouyemeiUperpâiiel;
irétillement.
Dér, de Bouléga,
BfiV
Bm
w
Ikralèfa, V, âonfiner; être limitrophe ; être contiga ; se
londier, en parlant des propriétés. — ifbut boîOéfan, nos
champs, nos propriétés se touchent.
Dêr. de Boh.
Bmilétiètro, «. f. Terre à champignons; proprement,
champignonnière, c'est-à-dire on endroit particulier où les
champignons viennent de préférence. Une fois que cet
edi^it est connu, on est à peu près sûr d'y en trouver plu-
sieurs années de suite, jusqu'à ce que le sol soit épuisé. Gela
ne s'ai^que guère qu'aux dorgue$, aux arciahiu, aux
m^iAbim/ les autres espèces viennent au hasard, ou bien
au pied des souches de certains arbres.
Déf . de êaulé.
Èoiifi, V. Bouillir; s'élever en bulles et à bouillons par
l'eiêt de la chaleur ou de la fermentation ; fermenter ou
cuver, en parlant du vin. — Aqud vin a prou b<ndi, ce vin
a assee cuvé. Jfoun sang mé boui, là colère me fait monter
le sang au cerveau, J'en ai la fièvre. — FaHre b&uli Vémï-
néou, verser de très-haut et avec force le blé dans la
Dmire, de manière qu'il n'ait pas le temps de s'y tasser,
et qu'il forme par conséquent une plus grande quantité de
vide. C*est ce qu'on reproche aux revendeurs de blé qui
veôleot Ihib maigre mesure.
Dér. du hit. BtiUirê, qui vient de buUa, bulle, bouil-
lOO'.
Bmril, t. m. Bouilli ; viande bouillie ou cuite dans l'eau.
— Mitre Um hoiUï, mettre le pot-au-feu. Ei poê ho ni pér
boÊik ni pér rmuti, il n'est bon à rien; il n'eel^ bon m à
pSsdre ni à dépendre.
Mr. du lai. BtUUr».
BmdidtoÂ, «. m. Tourbillon dan» l'eau; bas-fond qui se
lofme dans une rivière par le tournoiement des eaux causé
pur la rencontre de deux courants, ou d'un rocher qui
l'ébfige & changer de direction, ou encore par des ouvrages
d*Ariqiâ ont le même e£Est. C'est également toute espèce
ds vaisseau supplémentaire dans lequel on fait cuver la
vsttdànge, quand la grande cuve est insuffisante ; celle-ci
ne prend jamais le nom de bouUdait, qui est un dimin.
Mr. deBotia.
Boulnado, s. f. ^m» BoulnadétOp péjor. BofdnadtuMo,
Proprement, panse; la poche gastrique où se rencontrent
tes àttuams à moitié digérés; en général les intestins et le
bas-ventre.
Dér. du lat. BoIuIum, boyau> intestin.
Baiio, s. f. Dim. MouUto, augm. Boular, boulasMo. Boule ;
bine; gobiUe; tout coips rond ; au fig. la tète. — BÔuh
éré^pè, aobiUe d'un jeu d'enfant qui se nomme équipé.
(?éy. Boutar.) Apérdulaboulo, il a perdu la tète. Tïra'no
kmlo, terme du jeu de boule, viser à déloger une boule, la
dèbuterr éD lançant fortement la sienne conti^ elle. — Foy.
Bocho,
Ibér. du kt. BuOa.
Iwdoii», t* m^ Dim, Boidouni. Boalon, cheville en fer
qti a une tèia tf un eéléi et de l'autre uae-ouverture où Toa
passe une clavette ou une mèche taraudée qui est vissée
par un écrou.
Boulzes, s. m. plur, SoufOiet de forge ; mais particuliè-
rement soufdet double des chaudronniers ambulants, qui
consiste en une poche terminée par un tuyau, et qu'on
élève et comprime successivement de chaque main. Ce
genre de forge s'établit en plein vent, sur la première place
venue, en creusant une petite fosse de trois ou quatre pouces
de profondeur, où viennent aboutir les tuyaux des boulzes,
et par-dessus on place une très-petite quantité de charbon
de bois.
Boulxe, s. m. sing., est encore un nom pr. très-répandu
dans le pays, dont le fém. est Boulsésso et le dim.
Boulxé, Il est rendu en fr. par Boulze.
Boum ! intêrj. Onomatopée qui exprime le brnit sourd
produit par la chute d'un corps pesant. — Voy, Chinnanano.
Dér. du lat. Bombus,
Bonmha, v. Battre ; frapper un coup sourd ; heurter
avec force. — Boun^o-quiou, cassen^ul ; coup sourd qu'on
se donne en tombant sur le derrière.
Dér. du lat. Bombus.
Boumbanço, s. f. Bombance; gala; grande et bonne
chère; festin pompeux.
Dér. de la bass. lat. Pompantia.
Bonmbarda, v. Bombarder; jeter, lancer des bombes;
caaonner; par ext. tirer des coups de fusil, même lancer
des coups de pierre.
Dér. de Boumbo.
Boombé, éto, adj. Petit homme court, ramassé, gras-
somllet, rondelet, nabot tout rond de graisse. — Voy.
Boutnboti, Coufloti.
Dér. de Boumbo, arrondi comme une bombe.
Boumbe, s. m. Augm. Boumbas. Bruit sourd; celui que
fait un corps lourd en tombant.
Dér. du lat. Bombus.
Bonmbl, v. Rendre un son sourd en tombant ; au fig.
mourir; crever. — Né boumbiguèg il en creva.
Dér. du lat. Bombus.
Boumbo, i. f. Bombe, gros boulet de fer creux qu'on
remplit de poudre pour le faire éclater. — Tira las boum-
bos, tirer des boites en signe de réjouissance et fiiute de
canon. Boumbo, grosse femme, courte et replète.
Dér. du lat. Bombus.
Boumboti, s. m. — Voy. Boumbé, m. sign.
Boumbourido, s. f. Bourdonnement; ne s'emploie qu'au
fig^ caprice ; boutade ; transport. — Voy. Grâoule.
Boomboorina, v. Bourdonner, comme font les taons, les
abeilles, les hannetons; au fig. murmurer; marmotter;
grogner ; bougonner ; corner aux oreilles.
Dér. du lat. Bombus, bourdonnement.
BoumbOQTinéJat v. fréq. de Boumbourina.
Boum!» V., ou Yound. Vomir; jeter par la bouche ca
qui était dans l'estomao.
WHé du lat. Vomêt$,
1)8
BOU
Bonnas, aaso, adj. Bonhomme» trop bon, sans nuilice,
avec une légère teinte de stupidité.
Angm. de So.
Bonndoù, <. m. Bonde; bondon; troa rond d'un ton-
neaa par où on le remplit; boachon, tampon qoi ferme ce
trou. — Voudriez qui ma gorjo êérviguèsse dé boundoù, je
voudrais que mon gosier servit d*entonnoir: souhait d'ivro-
gne. Méire hu boundoù, bondonner.
Dér. du gr. Buetv, boucher.
Bonne, s, m. Dim. Bounété; péj. Baunétas. Bonnet
d'homme, génériquement, ou l)onnet de femme, par em-
prunt au fr. Le bonnet de coton, qui est la coiffure habi-
tuelle de travail pour les cultivateurs et la plupart des
artisans, se nomme particulièrement bounéto, ainsi que les
bonnets de laine rouge ou brune des auvergnats ou loze-
rots. — Le n. pr. Bouné, en fr. Bonnet, est assez porté.
Bouné signifie encore : bonnet carré, bonnet que portent
les gens d'église. — Un curé des hautes Gévennes, qui fai-
sait ses prtoes en patois, dit un jour en chaire : Il y aune
personne dans ma paroisse qui scandalise tout le monde
par sa conduite plus que légère ; voulez-vous que je vous
la nomme, que je la désigne? Je vais lui jeter mon bonnet
carré... Le geste ayant suivi la parole, l'histoire ajoute que
toutes les femmes simultanément baissèrent la tète, chacune
ayant bien quelque petite chose à se reprocher. Ah / fouriè
bé dé bfnméi. Ah 1 qu'il faudrait de bonnets carrés, reprit
le malin curé, en voyant ce mouvement. '
Un eo dé bmtné, une salutation, un coup de chapeau.
On Varapariè àetu dé bouné, on le prendrait avec un cha-
peau. — On croit vulgairement qu'un bonnet crasseux
d'homme calme les affections histériques d'une femme,
quand on lui en frotte le haut de la poitrine on qu'on le
place à nu sur son sein.
On n'est pas d'accord sur l'étym. : les uns la tirent du
œlt. Boned, bonnet ; d'autres de l'angl. bonnei; quelques-
uns enfin du nom d'une espèce de drap dont on faisait
anciennement les bonnets.
Bounôtado, s. f. Coup de bonnet; salutation, révérence ;
salut du bonnet.
Dér. de B<ntné.
Bonnéto, s. f, Dim. BounHéto, péj. BounUoito, — Voy.
Bouné,
. Bounta, t. f. Bonté, qualité de quelqu'un on de quelque
chose qui est bon ; obligeance.
Dér. du lat. BoniUu,
Bonnto, t. f. Ce mot ne s'emploie qu'en se joignant
avec eahro, ou en la désignant directement et quand il est
déjà question d'une chèvre dans la phrase : Vno bownfo.
— Cohro-bounto, chèvre franche, sans cornes.
Dans d'autres dialectes, au lieu de bounio, on dit moiOo
pour la même qualification. L'étym. donnée alors est prise
du lat. Mutila eomubuê, à qui on a coupé les cornes» on
du gr. Mf-niXoç, qui n'a pas de cornes. Nous n'avons pas
mouto : il n'y a rien àdire. Bounto serait-il une altération.?
BOU
Ces deux mots ne paraissent pas se prêter à une commu-
nauté d'origine. Mais pourquoi le nôtre ne viendrait-il pas
aussi du gr. Bouv6c, mamelle?
Il peut sembler extraordinaire, au premier ab(Md, que
ce mot grec, qui a une acception générique, soit employé
pour désigner adjectivement une espèce particulière de
chèvre. Pour que la déduction fàt logique, il faudrait sans
doute que le radical étymologique indiquât l'absence de
cornes. Cependant si on veut remarquer la manière dont
les langues se sont formées, il ne serait pent^tre pas diffi-
cile, dans l'espèce, de se rendre compte de la possibilité et
de la justesse d'une pareille racine. I^ics divers dialectes
méridionaux ont puisé alternativement dans la langue des
colons phocéens et dans celle des colons romains. Dans le
mot que nous étudions, une moitié est empruntée au lat.
eapra, cabro; l'autre moitié vient du gr. Bcuv6<, qui a fait
Bounto, c'est-à-dire l'animal aux mamelles. Ces deux
idiomes s'étant confondus dans le roman lang., il en est
résulté deux mots divers pour rendre l'idée de la chèvre.
Dès lors on a bien pu profiter de cette richesse pour dési-
gner par l'un des deux une espèce particulière. Or la chèvre
sans cornes parait le type de l'e^ièoe ; la chèvre eQcoqiée
est l'exception, puisque, en fr., on désigne la première
espèce par le nom de chèvre franche, an témoignage de
Sauvages, la chèvre-type. On l'a aj^lée dès Ion eahrq-
bounto, comme on dirait chèvre-chèvre, et ct^ro-banmdo,
la chèvre à cornes.
Bouqua, v., ou Boolqua. Verser les blés ou les Um;
les coucher, 'ce qui est d'ordinaire .l'effet d'une grosse
averse, lorsque les blés et les foins étant fort ^mûs et fort
orgueilleux, les tiges en sont tendres et faciles à s'a^e-
nouiller. Ce même e£fot est produit quand une personne ou
un animal les foule en les traversant ou en s'y vautrant.
'- S'aquél bia se boufuo, f-àoura dé paio, si ce Ué vient
à être versé, la paille sera abondante cette année. Gda
veut dire que ce blé en herbe est bien maigre, et s'il vient
à être assez fort, assez dru pour être versé, c'est une
preuve que tous les autres, qui sont de plus belle veQBe«
réussiront merveilleusement. Locution ironique pour expri-
mer un champ de blé étiolé et dair-semé.
Dér. du lat. Volvere, rouler.
Bouqua, v. Terme de magnanerie, couvrir, féconder la
femelle du papillon du ver à soie.
Dér. de Bou, papillon mâle.
Bonqué, t. m. Dim. Bouquéié, bouquéioà. Bouquet*
réunion de fleurs liées ensemble; mais il se dit plus com-
munément d'une fleur isolée. — Àh/ que de bouqué$/ Ah !
que de fleurs 1 dira-t-on en entrant dans un parterre. Bm^
que de pêkros, pierre d'attente. Bouqué dé pèout, une
mèche de cheveux, un toupet, un flocon de cheveux.
Dér. de la basa. lat. Botcêtum.
Bonqaé, «. m., n. pr. de lieu. Bouquet, commune dm
canton de Saint-Ambroix, arrondissement d'Alais. G*eit
le nom d'une montagne vers le nord^t d'Alais, Sèn 4i
BOU
BOU
139
Bouqtié, an sommet de laquelle, dit le guidon, on a érigé
récemment une statue colossale de la sainte Vierge. L'alti-
tude de la montagne, au guidon, est de 631 mètres.
Ce nom est d'évidence un dimin. de Bob [V. c. m.), tra-
duit de la bass. lat. Bosquetum, bosee(um, boschetutn. Il a
pour analogues Bousché, Bouscbet, communes de Ponteils
et de firésis ; lou Boutqué, le Bousquet, hameau de la com-
mune deSaint-RomansKie-Godiére; Unu Bousqués, les Bou-
quets, commune de Soudorgaes, et les noms de personne
Bouchet, Bousquet, Bosquet, communs dans nos pays. Sa
signif. indique la présence de petits bois, bu clair-semés,
ou de médiocre hauteur.
Boaqaéto, «. f. Petite bouche, bouche mignonne. —
Faire bonquéio, faire la petite bouche ; ne manger ou ne
parler que du bout des lèvres ; faire le dédaigneux, au fig.
Dim. de Bouquo.
Boaqao, s. f. Dim. Bouqitétot péj. BouqiMUio, Bouche,
partie inférieure de la tète par où on parle et on mange ;
ouverture. — La bouquo dé l'ésiouma, le creux de Testo-
mac. {Voy. Pcdéto.) La bouquo d'un four, la gueule d'un
four. Bouquo-fino, un gourmand, ou un beau parleur.
Bouquo s'emploie rarement au positif pour bouche, qui
ae dit Gorjo. — V. c. m.
Las bouquoe, les lèvres.
Dér. du lat. Bucea.
Bonra, v. Casser des pierres ou des rochers avec une
masse de carrier qu'on appelle bouro. Au fig. Bourrer;
frapper rudement ; maltraiter ; travailler avec assiduité et
employer toute sa force. — Fôou boura aquél ro, il faut
casser oe rocher à coups de masse. Nous bourarén, nous
lutterons ensemble. Zou/ bouras, allons, ferme, forcez,
poussez.
Dér. de Bouro, masse de fer.
Bonra, v. Bourrer; au prop. garnir ou remplir de bourre ;
presser la charge d'un fusil. *
Se boura, se bourrer de vivres ; se gorger d'aliments ;
prendre double fourrure contre le froid; se rembourrer, au fig.
Dér. de Bouro, bourre.
Boura, v. Bourgeonner, se dit principalement de la
TÎgne quand elle commence à pousser ses bourgeons.
Dér. de Boure, bourgeon.
Bovrado, s. f. Effort ; épaulée ; reprise d'un travail,
d*un ouvrage. — F véou faire uno bourado, je vais don-
ner encore un coup de main à cet ouvrage. T-avèn fa ttno
bratfo bourado, nous avons donné un bon coup de collier.
Dér. de Bouro, masse de fer.
Booraiè, t. m. Bourrelier, celui qui fait les colliers de
labour et harnais de roulage, parce qu'il emploie beaucoup
de bourre pour rembourrer.
Bovrajo, t. f. Bourrache, Borrago officinalis , Linn.
Plante de la fam. des Borraginées, diaphonétique et bé-
chiq[ae.
Dér. du lat. Borrago, aller, de eorago. Selon Apulée,
mot qui dans la Lithuanie signifiait cordial.
Bonras, s, m. Péj. Bourassas. Lie, boue, que dépose
l'huile soit dans les fosses du pressoir, soit au fond des jarres*
Dér. du gr. B6p6opo(, boue, bourbier.
Bonras, s. m, Péj. Bourassas. Etofle de laine grossière;
bure ; grosse toile d'étoupe dont on fait les sacs et draps de
la campagne, bourén.
Dér. de Bouro, bourre.
Boorasso, s, f. Dim. Bourasséio, Lange en laine gros-
sière, espèce de bure dont on enveloppe les enfants au
maillot par-dessus le lange de toile, drapé ou drapèl, et au-
dessous du lange de parade. — Eslre à la bourasso, être au
maillot.
Dér. de Bouras.
Bourbouîado, s, f. Hachis d'herbes, ragoût, fricassée,
macédoine composée de légumes, d'herbes et de viande
hachée, d'œufs brouillés, apprêtés comme les épinards; plat
assez commun et qui n'est pas du goût de tout le monde.
— Vàov, manja aquélo bourbovXado, dit, surtout un jour
maigre, quelqu'un qui n'a qu'un très-mince ordinaire.
Dér. du gr. B6p6opoç, bourbier.
Bourbounés, s, m. Au ^\\a,^Bourbounéses. Bourbon-
nais, province de France; habitant du Bourbonnais, qui
lui appartient. On désigne ainsi une espèce de porcs tout
blancs qui viennent du Bourbonnais.
Boorboussado, «. /*. Guroir de l'aiguillon ; petit fer
plat en forme de pelle, au bout du manche de l'aiguillon à
bœufs, pour détacher la terre, les herbes, les ronces qui
s'engagent dans le soc de la charrue en labourant. — Vcy.
Curéio.
Dér. du gr. B<Sp6opoç, boue, fange.
Bourdaléso, s. f. Débris fangeux de menu bois et de
végétaux de toute espèce, que les inondations déposent
dans les oseraies et qui marquent le plus haut point qu'a
atteint le niveau des eaux. — Voy. Bourdinchè,
Ce mot parait directement issu de bordo; la place où
sont déposés ces débris sur les bords des rivières, la trace
qu'ils laissent comme bordure, pourraient avoir aus8|
influencé sur sa dénomination.
Bourdas, s. m. Péj. Bourdassas. Au plur. Bourdasses.
Rustre ; gros lourdaud. Epithète injurieuse donnée aux
montagnards de la Lozère, parce qu'ils voyagent avec un
gros bâton nommé bourdo. De là ce nom ; mais ne vien-
drait-il pas du lat. Burdo ou burdus, mulet engendré par
un âne?
Bourde, s. f. Sabot, espèce de toupie qu'on fait tourner
en la frappant avec un fouet. Ce mot n'est plus usité que
par comparaison : Escarabta coumo un bourde, vif comme
une toupie.
Bourdèon, n. pr. de lieu. Bordeaux, ville, ancienne
capitale de la Guyenne, maintenant chef-lieu du départe-
ment de la Gironde.
Dér. du lat. Burdigala. Isidore de Séville dit que œ nom
lui vient de ses premiers habitants, qu'il appelle Burgos
Gallos.
a
tso
BOU
BOU
Bonrdéièon, $. m. Bordereau r&ctore des dififôrentes
* linaisons d'une marchandise ou d'one denrée vendues.
Emp. au fr.
Bonrdifaio, s. f. Fétus et brins de quoi que ce soit qui
surnagent dans un liquide ou qui vont au fond ; brous-
sailles; rejetons ravalés qui croissent au pied d'un arbre.
— T-a bé dé bourdifoua, c'est une affaire sale ou em-
brouillée.
Dér. de Bordo.
Boordiièl, $, m. Péj. BcudifèUu. Amas embrouillé de
fils entrenoués, de racines enchevêtrées.
Dér. de Bordo.
Bonrdinchè, #. m. Péj. BaurdindiHTiu. Débris fangeux,
' détritus de bois, de racines, mêlés de Iknon, déposé dans
une cruede rivière sur les rives ou dans les oseraies. —
— Yoy. Bourdaléio.
Dér. de Borda,
Boordo, <. f:J^yBcurda$, bourdauo. Bas-bout noueux
d'une souche; long bâton renflé & une extrémité, qui se
termine par une sorte de boule, bougno. — Pi-dé-bourdo,
pied-bot.
En V. fr. bourde, bâton ; d*où bourdon, bâton de pèle-
rin.
Bourdo, s. f. Bourde ; menterie ; fausse nouvelle. —
JMnta dé àourdoi, débiter des mensonges.
Dér. de la bass. lat. Burda, mensonge.
Bonrdouira, v. Ravauder ; farfouiller ; mettre sens des-
sus dessous ; fouiller; retourner en tous sens. — Dé que
bourdoutreê pér aqui? que vas-tu ravauder là?
Formé de Bordo, balayures, débris, et de vira, ou de
hardo, V. m., maison des champs, et vira, tourner la
maison.
Boure, s. m. Dim: Bouridù. Bourgeon qui commence à
pousser ; plus particuifièrement osil de la vigne. — Pouda
à bour€ et bourïoit, tailler la vigne en ne laissant au scion
restant ipie deux bourgeons ou deux yeux. — Yoy. Bow
Dér. de Bouro, bourre, parce que le bourgeon, quand il
commence à gcmfler, est couvert, entouré d'une sorte de
duvet cotonneux.
Bonré, êCo, adjr Brun, codeur de la bourre de bœuf
- ou de vache. — Virbouré, vin blanc rosé, clairet et dou-
ceâtre.
Dér. de Bouro, bourre.
Bourèio, «. f. Bourrée, bourrée d'Auvergne ; rigaudon ;
' danse qui s'est efboée déjà devant le galop et la contre-
danse, détrénés eux-mêmes par la polka et la mazurka. —
Voff. Bourigal,
Bourèl, f. m., au fém. \Boiire2o. Péj. BourUa».' Bour;
têtu; exécuteur des hautes-œuvres; an fig. cruel, inhur
main, iéroce. — Pagode bourèl, paiement d'avance. Àvédr^
m» fron dé btmrèt, être débouté comme un valet de bour;
reau. Lou bourHTa manqua, c'est-à-dird il s'est échappé
de la corde qu'il a méritée.
On n'a qu'à choisir entre les diverses étym. proposées.
Ce mot, dit-on, vient àaceli.borrev; Gaseneuve le tire du
gr. Bop6ç, qui dévore: Gui-Patin, du lat. burrus, roux,
parce que les rousseaux sont ordinairement violents ; le
P. Labbe, du v. fr. bouehêriau, petit boucher ; Ménage, du
lat. buccarui, boucher, passant par buccareilus, bureUuâ,
bourèl; Eusèbe de Salverte et Roquefort, du bourguigncm
buro, lance; Viilaret, du nom d'un clerc, possesseur en
4260 du fief de Bellem-Gombe, à la charge de pendre les
voleurs du canton. En langue romane et en ital. on dit
boya, en bas-breton bourreo. J'incline pour ce dernier.
Bourén, 5. m. Dim. Bourénqué, péj. Bourénquas, Drap
de grosse toile qui sert à porter du foin, de la paille, etc.
— Voy. Bouras.
Dér. de Bouro.
Bourétatre, s. m. Au fém. Bourétatro. Gardeur, ^ar-
deuse de fleuret et de bourre de soie. Us cardent les ^tes
et ce qu'on appelle lous éstrasses de cocons de filature, ils
en tirent dans les premières barbes ce qu'on appelle la fan-
taisie, et du reste le fleuret, qu'on nomme bouréto,
. Bonréto, <. f. Fleuret ou bourre de soie, provenant des
débris grossiers des cocons. C'est une étoffe qui fait un
très-long usage, et dont les femmes de la campagne étaient
exclusivement vêtues, il y a quelques années, excepté dans
les grands froids. Aujourd'hui les jeunes filles ont des ten-
dances marquées â s'émanciper de la servitude de cette
mode antique. L'étoffe était très-solide â la chaîne, mais-de
mauvais teint et peu él^ante d'ailleurs.
'Dér.' de Bouro, bourre.
Bonrgadiè, ièîro, j. et adj. Habitant d'un bourg, d'une
bourgade ou gros village; plus généralement, habitant é'«n
faubourg de ville; qui appartient au faubourg d'une ville.
Dér. du lat. Burgus.
Bourgado, s f, Dim. Bourgadéto. Bourg, boufadev
petit bourg ; faubourg.
Dér. du laU Burgue.
Bourgal, alo, adj. Franc, loyal. La firanchise et ia
loyauté étaient censées les vertus particulières aux boorfeois
affranchis, par comparaison aux serfs de la f^èbe, dont les
compliments et les offres de service étaient entachés d'une
arrière-pensée de ifervilisme.
Ce mot dérive, évidemment de bourg, qui a (ail-^oiir*
geois; l'idée qu'il exprime est l'honneur de la bour^
geoisie.
Bourgalamén, adv. Loyalement; franchement; orne-
ment ; sans arrière^nsée; avec indépendance. H répon-
dait autrefois â bourgeoisement, qui, dans l'aceeptioi^fraii-
çaise, comme subst.et comme adv., a bien dégénéré de
notre temps, où bourgeois est devenu une exprassioD^Hle
mépris et synonyme de homme vulgaire» sans etpritrsens
délicatesse et sans goût.
Bourges, «. m. Au fém. Bourgéeo : au pi. m. JleiifféMf.
Bourgeois^ habitant d'une ville, qui vil sans Irtvaillar; le
peuple entend par là les riches; D signifie enooie: fatran»
BOU
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131
chef d*atelier, dans le langage des ouvriers; maître el hètos-
lier, dans celui des domestiques ou des voyageurs.
Dér. du lat. Burgus, bourg.
Bonrgnoù, «. m. Ruche à miel ; tronc d*arbre creusé,
caisse ou panier dans lequel on met les abeilles.
Dér. de Borgne, obscur..
Boorgougno, s. f. La Bourgogne, ancienne province de
France. — Pégo dé Bourgougno, importun qui s'attache à
vous avec obstination et dont on peut se débarrasser plus
difficilement que de la poix de Bourgogne, qui est la meil-
leure et la plus adhérente.
Dér. du lat. Burgundius.
Bourgnignoon, $. m. Porc, cochon. C'est là un des
nombreux déguisements que l'urbanité languedocienne im-
pose à cet animal immonde pour le produire là, où il doit
da respect. Même alors n'eât-il désigné qu'en accompagnant
son surnom de précautions oratoires, comme : parlan-i-én
rispè, parâouloi pudou pas. Elle fait de même, quand elle
parle du fumier, d'un âne, etc. Cet usage se perd cepen-
dant, soit par le contact du fr. qui se moque de ces locu-
tions, soit par l'extension des idées d'égalité. — Voy.
Laehén, VéstUdé-sédo.
Il est probable que les premières races de nos porcs nous
sont venues de la Bourgogne, ce qui leur a donné ce nom.
Bonrigal, $.m. Dim. Bourigaïé. Rigodon, bourrée, sorte
de danse.
Dimin. de Bourèïo. — F. c. m.
Bonril, t. m. Dim. Bourioit. Bouchon; duvet; coton;
éraillures de fil qui dépassent sur la trame d'une étoffe,
qui la déprécient et qu'il faut éplucher ; bouchon ou caillot
qui se forme à un fil en le filant. — Tiro aquél bouril éndé
tas défis, tire-toi d'embarras si tu peux ; dénoue cette diffi-
culté.
Dira, de Bouro.
Bonrioù, s. m. Petit bouchon de fil ; petit bourgeon ;
contre-bourgeon qui pousse à côté du principal ; le plus
bas œil d'un sarment de vigne. — Voy. Boure.
Dim. de Bouril et de boure.
BonrioÙB, 0U80, a(/y. Dim. Bouriousé; pé}. BouH'outof.
Cotonneux ; bouchonné ; plein de duvets et de bouchons.
Dér. de Boure.
Boiiri8C[aado, s. f. Dim. Bourisquadéto, péj. Bourisea-
dasso. Anerie, faute grossière, ignorance crasse.
Dér. de Bourisquo
BoQiisqao, s. /*. Dim. Bourisquoù, Bourisquéto, p^.
BaurisquoBMo. Bourrique, ânesse, ou même Ane générique-
ment. Au masc. Bourisqumt, avec la diphthongue finale
muette, ce qui le distingue de son dim. Bourisquoù où elle
est accentuée. — Voy» Bourou.
Bourisquoù, baudet, âne; bourrique ; au ûg. ignorant ;
lourdaud ; ignare; bourrique, qui a aussi les deux accep-
tions. — L't média! est long; il est bref dans Bourisquod.
Dér. du gr. Ilô^fiyoç, roux.
Loù, s. m. Anon, bourriquet, petit âne. — Ea
nuance entre les diminutifs, hourisqué, m., houriiquéto, f.,
et bourisquoù, est seulement que celui-ci est un petit âne
qui commence à porter le bât , les autres des ânons qui
tètent encore leur mère.
Bourja, v. Fouiller profondément la terre avec la trénk'
quo, lou béohar ou lou coutriè. — V. c. m.
Augm. de Bouléga.
Bourjoù, s. m. Tisonnier; fourgon pour aliser le feu;
tout bâton de bois ou de fer, propre à fouiller, à remuer.
Altér. pour Fourjoù, dér. du lat. Furca.
Bourjouna, v., et Bourjonnéja, fréq. Fourgonner;
remuer ; fouiller dans un trou avec les mains, un fer ou un
bâton. — Bourjouna lou fia, fourgonner le feu, le remuer
avec les pincettes ; tisonner. Bourjouna las sèrvos, fouiller
les remises du poisson avec une perche pour le faire sortir.
Déqu'anas bourjouna aquï? qu'allez-vous farfouiller là?
Formé de Bourjoù,
Bourjounaîre, aîro, adj. Remuant, qui s'agite, qui
fouille partout et sans cesse.
Dér. de Bourjoù.
Bonrlis, s. m. Trouble; confusion; tumulte; foule
agitée.
Dér. de l'ital. Burlana, tourbillon.
Boumal, s. m. Cendrier d'un four.
Il est dit pour Fournal, altér. fréquente de F en B.
Boomèl, s. m., ou Boomèou. Dim. Boumélé, péj.
Boumèlas. Conduit d'eau souterrain ou extérieur, en
plomb, en zinc, en fonte ou en poterie ; tuyau de poêle.
Dér. du celt. Bom, fontaine.
Bournlquèl, èlo, adj. Dim. Boumiquélé, péj. Boumi-
quélas. Myope; qui a la vue basse, faible, mauvaise vue;
qui cligne les yeux ; louche.
Dim. de Borgne.
Bouro, «. f. Masse de fer montée sur un manche long et
flexible pour briser les rochers; masse de mineur ou de
carrier pour rompre les pierres.
Boaro, s. f. Péj. Bourasso. Bourre; poil des animaux;
duvet qui recouvre certains fruits et certains végétaux ;
bourre d'un fusil , bouchon fait de bourre ou de papier
pour presser la charge. — Bouro dé sédo, bourre de soie.
Quan-t'On fa\ mérea énd'él féou toujour y laHssa dé bouro,
on ne peut traiter une affaire avec lui sans y laisser du
sien. Emb'él fôou toujour y laissa pèou ou bouro, on ne
peut se tirer de ses mains les braies nettes. Fâou que la
bouro né sàoute, il ne faut pas s'y épargner quand vous
devriez y laisser de la peau. Tira pèou» et bouro, tirer d'une
affaire, d'une spéculation, tout ce qu'il est possible de lui
faire rendre. Y-a dé bouro, cela s'entend sans qu'on soit
obligé de compléter le dicton qui est : Y-a dé bouro à tofiv.
Pour le rendre, on trouve la phrase toute £ûte : il y a da
fil à retordre. En vérité, si Ton voulait positivement et
sans velléité même d'antiphrase qui n'y est certainement
pas, si l'on voulait, par une image, par une comparaison,
exprimer une très-grande difficulté à vaincre, an pounait
132
BOU
BOU
sans peine trouver plus juste et plus vrai. En effet, rien
n'est au contraire plus facile que de tordre, même de
retordre du fd et de battre de la boume comme de la laine.
Le français a donc bien décidément déraillé, quoique les
chemins de fer ne fussent pas inventés à cette époque ;
mais quUl s'arrange. Quant au languedocien, qui nous tient
en oe moment davantage au cœur, il n*y aurait pas moyen
non plus de sauver sa locution en la prenant comme on la
dit et surtout comme on l'entend communément, fl en serait
tout autrement si, au lieu de battre, il y avait comme dans
le français et plus ^ propos que chez lui tordre ou filer;
car le poil si'court de la bourre se prêterait difficilement à
cette op'^ration. Il n'est pas impossible que notre dicton soit
parti de là pour arriver où il est, par une oblitération quel-
conque. Mais il est plus probable encore qu'il ait été fait dans
un autre ordre d'idées, et qu'il ne dise pas ce que Ton croit.
Bouro signifie aussi la masse de fer, au bout d'un long
manche, dont se sert le mineur ou le carrier pour rompre
les blocs de rocher et les réduire en moellons. Frapper de
cette masse est à coup sur un travail des plus pénibles.
N'est-ce pas cela qui a donné naissance au dicton T Notons
d'abord que batre est pris de même pour frapper. On dit :
batre tous piqués, frapper les pieux pour les enfoncer avec
le moutoù, le bélier ou la sonnette, qui les bat comme la
masse bat la pierre. Notre locution a dû être primitivement
avec une inversion : Y-a dé la bouro à batre pour y-a à
batre dé la bouro, autrement dit : éndé la bouro, ainsi
qu'on dit en français : jouer de la prunelle, des couteaux,
pour avec la prunelle, avec les couteaux. Cela équivalait k :
il y a à frapper de la masse, ce sera aussi rude que de frapper
avec la masse. Dans cet ablatif, l'article la a disparu, parce
qu'il n'était pas indispensable ni même nécessaire à la clarté
de la phrase, qu'il allongeait inutilement, ce dont la langue
a horreur. Dans nos proverbes si nombreux, des irrégula-
rités, des ellipses bien autres abondent. Cette suppression de
partie de l'article, créant un calembour, a donné ouverture
à cette double interprétation par les deux sens qui se présen-
taient; mais dans le choix à faire il faut se garder de toute
préoccupation du français. A chacun sa responsabilité, à
chacun selon ses œuvres : parce que dans cette circonstance,
le fr. a mal dit, ce n'est pas une raison pour que le'Iang.
en ait fait autant; lorsque surtout il est si facile de voir
qu'il a autrement et mieux dit, qu'il a dit ce qu'il fallait.
Dér. du lat. Burra, bourre, fait de burrus, roux, cou-
leur de la bourre, ou du gr. nu^6(S(, roux, rougeâtre.
Bouro, j. /*. Jeu de cartes, espèce de Ijéte-ombrée ou de
mouche. — Ettre à la bouro, faire la béte à ce jeu -là, faire
la remise.
Bouroa, s, m. Ane, baudet, bourrique; as, au jeu de
cartes. — Voy, Bouriâquo.
Bonrtoolaigo, #. f„ ou Ponrtoolaigo. Pourpier, Por-
tulaea oleracea, Linn., de la fam. des Portulacées, plante
potagère et grasse.
Dér. du lat. Portulaea,
Bourtoumiou, «. m. Barthélémy, prénom d'homme, qui
est devenu nom de famille fort commun. Il fait au fém.
Bourtoumigo, et au dim. Bourtoumigtté. — Sén-Bourtou-
mîou , la Saint-Barthélémy, jour de la foire principale
d'Alais, qui commence le 24 août et dure huit jours. C'est
une date fort intéressante pour tout le pays, parce qu'elle
sert de terme aux baux à loyer et à ferme, à la location des
domestiques des champs, et à la plupart des transactions
et des échéances de rentes foncières. Quouro que vèngu»
Sén-Bourtoumiou y-àoura dou$ ans, il y aura deux ans,
vienne la SainVfiarthélemy : formule générale de comput
de date pour les paysans, qui prennent ainsi pour point
de départ, tantôt une fête, tantôt une récoite, tantôt l'époque
d'un travail qui se fait à temps fixe : quouro que vènyou
las prunos, lous Avéns, lous cabusses, vienne la saison des
prunes, l'A vent, l'époque des provins. Finis sous ans pér
Sén-Bourtoumiou, il compte ses années à partir de la Saint-
Barthélemy ; il est né aux environs du 24 août. La Pare,
dans ses Castagnados, a fait de la Fièïro dé Sén-Bourtou-
miou, un tableau du genre des plus gais et des mieux
réussis.
Dér. du lat. Bartholomeus,
Boom, udo, adj. Dim. Bourudé, péjor. Bourudas, asso.
Velu; couvert de poils ou de bourre. Au fig. bourru,
inquiet avec grossièreté. Au jeu de la bouro, celui qui a
fait une mauvaise affaire, une spéculation ruineuse. —
M'a fa bouru, il m'a mis dedans. Estre bouruémbé lou rit,
perdre avec beau jeu; en effet, au jeu de la bouro, quand
on ne fait pas de levée on est bouru, et il est par trop fort
de n'en pas faire, quand on a en main le roi, qui est la plus
forte carte.
Bonsa, v, Fienter; mais il ne se dit que du gros bétail
domestique, dont les excréments se nomment bouso.
Bonaado, t. /*. Augm. Bousas. Fientée ; tas de bouse
que les bœufs ou les vaches ont rendue en une seule fois.
Dér. de Bouso.
Bonaanqué, éto, adj. Homme ou femme de très-petite
taille ; banù)oche; nabot. Il est devenu n. pr. — Voy. Bou-
sérU.
Dim. de Bousas.
Bonaas, «. m. Péj. Bousassas. Fientée énorme. Au fig.
homme ou enfant de taille basse et large, à la fibre lâche
et molle.
Augm. de Bouso et de bousado.
Bonacarasso, s. f. Bois fort épais et mal entretenu, où
les ronces et les plantes sauvages abondent ; fourré sau-
vage.
Péj. de Bouseas.
Bonacardiè, s. m. Bûcheron, qui coupe et qui dépèce
les arbres sur place ; qui habite les bois.
Dér. de Bos.
Boiucardièiro, s. f. Bûcher; hangar au bois ; lieu où
l'on serre le bois de chauffage. — Voy, Pioh.
Dér. de Bos.
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BouBcarido, <. f. Dim. Bouscaridéto, Fauvette ; bec-fin
à tète noire, Sylvia atrieapUla, Temm., de la fam. des
Passereaux. Ce charmant oiseau, le seul qui puisse riva-
liser avec le rossignol par son chant, qui dure plus long-
temps sll est un peu moins parfait, est fort commun à
son double passage d'automne et de printemps ; il en reste
aussi beaucoup en hiver dans le pays. Il vit d'insectes et
de larves, ainsi que des baies du sureau et du grosciller, et
feit son nid dans les buissons d'aubépine et d'églantier. Il
a le dessus de la tête d'un noir profond, le corps cendré,
légèrement nuancé d*olivàtre à la queue et aux ailes, le
ventre et la gorge inclinant au blanchâtre. Le nom de
Jkuicarido, qui vient évidemment de hos, habitant, ama-
teur des bois, s'applique bien particulièrement à cette fau-
vette, mais il se donne également aux autres espèces de ce
genre, qui sont nombreuses. C'est que le languedocien n'est
point une langue de savant; il se contente de tracer à
grands traits et abandonne les détails. Ce n'est point par
pénurie, car il donne souvent plusieurs noms au môme
individu, mais il est frappé surtout de la différence des
g^ires et néglige ou dédaigne les nuances, insignifiantes
souvent, qui distinguent les variétés. Nous le verrons ainsi
confondre sous le nom de tartano et de mouicé la plupart
des oiseaux de proie, de sèr, de lu»èr ou lèirou, de ratopé-
nado, de grapâou, toutes les espèces de ces animaux, qui
sont trè&-nombreuses et qui ont chacune un nom ou une
4pitbète différents dans la science. On pourrait ci 1er bien
d*autr8s exemples de ce genre qui se retrouveront.
BauMcarido, et par abrév. Bouscar, est un sobriquet que
l'oii donne à quelqu'un de frêle, maigre et fluet.
Bonacarido (Grosso), t. /*. Sitelle ou Torchepot, Sitta
Suropea, Linn. Cet oiseau, qui a les plus grands rapports
avec les pies, vit sédentaire chez nous. Il a les parties supé-
rieures du corps d'un cendré bleuâtre, la gorge blanche, les
flancs et les cuisses d'un roux marron. — Voy. Raté.
Bonscarlo, s. f. Fauvette ; variante de Bomcarido, qui
a la même racine et s'applique aussi aux mêmes variétés
ÔB fiauvettes. — Voy, Bousearido.
Bouscas, s. m. Gros bois ; grande forêt ; forêt solitaire ;
bois qui brûle difiicilement ; mauvais bois. — Voy. Bous-
carasêo.
Angm. et.péj. de Bot,
Bonacaa, casse, s. et adj. Sauvage; sauvageon; branche
npn greffée; bâtard; faux. — Leva lou bouscas, enlever les
pousses de sauvageon d*un arbre. Pèro bouscas, père nour-
ricier. FraXre bousc€is, frère utérin ou consanguin. Cousis
houseas, cousin bâtard, parent fort éloigné. Las Utanïas
bouseanos, des chants obscènes, grivois ; la mère Gaudi-
ehon. Fron bouscas, front très-étroit, où les cheveux sont
très-bas plantés.
Péjor. de Bos.
BÔnscassino, 5. /. Généralité des arbres-sauvageons ;
pcNUses de sauvageon qui sortent tout le long de la tige
d'm arbre greffé à la tète, qui forment souvent comme des
buissons, et qu'il faut se hâter d'enlever pour ne pas afia-
mer le bourgeon de la greffe.
Dér. de Bouscas.
Bonaérlé, s, m. Enfant tout petit de taille, menu,
mignon. Il est, comme bowanqué, un dim. de bousas, mais
il n'entraîne pas, comme lui, une idée de ridicule ; il ne
s'attache qu'aux enfants, tandis que bousanqué s'attache à
des individus de tout âge. — Voy. Bousanqué.
Boufliga, v. Fouiller, remuer, soulever la terre avec le
grouin, k la manière des pourceaux et des sangliers. Par
ext. gâter un ouvrage, bousiller, le gâcher, le faire à demi
et sans régularité ; rabâcher ; ressasser. — Bomiga lou tété,
est ce que fait un enfant à la mamelle, quand il donne des
coups de tète au sein de sa mère pour faire venir le trait
ou le jet de lait.
Dér. de Bou^so et du lat. agere, remuer, agiter, parce
que tout le monde sait que c'est surtout dans la fiente que
les porcs aiment à fouiller.
Bouaigado, j. f. Trace laissée dans un champ par le
fouillement des pourceaux; barbouillage, mal-façon.
Dér. de Bousiga.
Bonsigadoù, s. m. Fouillis ; endroit hanté par les porcs
et surtout labouré par leurs œuvres ; groin ; gros nez qui
ferait croire que le propriétaire pourrait s'en servir à bou-
siga, iron.
Bondgaîre, «. m. Mauvais ouvrier; celui. qui gâte un
travail. Au fig. rabâcheur.
Dér. de Bousiga.
Bonaiga]e, s. m. Bousillâge; ouvrage, travail mal fait ;
œuvre donnée à un champ, peu profonde, inégale, toute de
trous et de bosses, comme si elle était faite par le groin
d'un porc.
Dér. de Bousiga,
Bonain, $.m. Tapage; tintamarre; train; rumeur. —
Voy. Boucan. Par ext. mauvais lieu, lieu de débauche.
Emp. au fr. mais le lat. Buccinare semble ne pas être
étranger à sa formation.
Bonao, t. f. Fiente, crottin des bœufs, vaches, ânes,
chevaux et mulets. — Bamcusàire dé bouso, le dernier
degré sur l'échelle sociale, ou plus académiquement sur la
roue de la fortune ; ce métier, consistant à ramasser du
crottin sur les routes, est sale et donne de petits bénéfices;
aussi n'est-il exercé que par les enfants, les vieilles femmes
et les hommes hors d'état de travailler. Deux jeunes enfants
se rencontrent ; le plus grand dit à l'autre : Dé que fas ?
— Ramass9 dé bousos, et tus ? — Oh/ ïéou, souX à las bra-
quas. Et le plus petit d'envier son camarade qui avait fait
son avancement; car, quittant son premier métier, il était
passé ramasseur de bûchettes. — Fara bé la bouso pér la
gorjo, expression fort sale, mais très-énergique, pour dire
qu'une personne, vivement contrariée, irritée, va finir par
exhaler sa colère, vomir sa bile et son venin.
Dér. du gr. BouoravCa, venu de Bouc, bœuf.
Boiusa, V. Former une bosse, s'élever en protubérance ;
134
BOU
BOU
se (lit surtout dos plantps tuboirulousos ou bulbeuses,
cnrnnio les |)imiiiii's de terre, les raves, les aulx, etc., lors-
qu'elles roinrnenceiU à déveli>pi)er leurs tubercules ou l'urs
cnieux.
Di't. d»^ Bosso.
Boussado, *•. f. Diin. lUnfssathlo. (^mleuu d'une b'Uirse;
plMH une b'iursf; mnirut d'nn avare : pn-ule d'une feaniie,
qui se dit niieu\ fatétn.
I)ér. de lioirssn.
Boussar, ardo, ai/j. ÎV'j. Pffifssanltis. Vilain bossu;
inan\;iis bi)ssu; S(^ pn-nd toujours en mauvaise part.
ÎV'j or. de lioitssu.
Boussargue, .v. m. /j. pr. de lieu. Houssar^'ues, villaire,
dnns la vii-uerie de Iîhl'uoIs, Unissdnicœ, dans le déiioni-
bi'e'iieiit de 1;» S''ni''(.'liau>sée de Niiiies.
r. p'ur r'''l\ m. r.uiiel.» lins.
BoUSSèlO, s. f. Dilii. nn/fs^rlctt» ; l)éjor. Iii>(/ssv!(iS!io.
()iL'ii<»n de fleurs; tète d'ail, (jui esl o"nii[)>s''e d'un asseai-
blaL'e de plusieurs eaïeiix. on ,i:ous<:^s, hcsr(j)ios.
Dini. de Jiossff.
Boussi, s. w. Dim. Ifoffssiué. Moreeau ; bribe; [>etil la>^.
— V(,y. F/o, Tifle, Tro.
DiiU. de Boss'f.
Boussignolo, *-. f. Diin. lîinissiijufmU'tn. Peiile bos^e ;
l)0SS"^ au fnMit; eMi'rMJs^.uh'c; piMlubér.iuee; bosse de c!ia-
ineau; tuuiéiaction ([uelcnnque.
Diai. de Bw^so.
Boussignoula, r. Eidler ; se former en bdsse; tuméfier.
— S<)}:}i f/oti f)(>,>fssi(jfi()>'/r lor/f de snito, r(i'di"'me se foi'ma
fieat de suil" sur snji froîiL
Bousso, s. f. Dim. /lof/ssvto, péj. Bo/f.ssnsso. Hourse;
petit SPC d'' pe;iu, de (11, on de soie, où l'on i\[o[ de l'arp'nt ;
par e\t. Tarirenl que l'on a, dont on peut disposer. — i:s
e!n que gar<lo la hnussn, c'est la femme (jui lient les cor-
dons d(» la bonr.se. A bono hnusso, c'est un ricbard. Yônn
mfi'i (utiis en cour qn'art/i'n en (inussn, e\p. prvb., la
faviMir en justice vaut mieu\ que l'ar.i^'ent. Tant que rôti-
ras anif, mais que la bousso iwun toques, jirvb. ami jus-
qu'ù la bourse.
Dér. du irr. Bûs^x, ou lijzi'.;, peau, cuir, parce que les
prennères bour.ses on étaient faites.
Bousso, 5. m. Gousset, petite pocbe placée près de la
ceinture do la culotte, où autrefois on tenait l'argent pour
porter avec soi.
Curo-housso, vide-gousset, est le nom d*un village sur la
route de Nimes à Beaucairo, qui autrefois n'était qu'une
taverne de roule. Ce nom lui fut-il donné parce qu'on y
faisait bonne obère et (ju'on y buvait du bon, ce qui allé-
chait les voyageurs il y vider leur gou.sset, ou bien cette
taverne avait-elle mauvais renom, et supposait-on que le
gousset s'y vidait un iieu contre le gré de coux qui étaient
forc^'îs de s'y arnMer ? La première version est plus chari-
table, la seconde est mieux dans les mœurs du temps où
le surnom a été «lonné. — Par ext. on appelle curo-bottssà
tous les olij-Ms de dép^ns^ habituelle et les enfants qui
font des n]'i>els fn^jUiuls à la bourse de leur père ou qui
leur coùi-'iil beauetiip jiiur 1 -ur éducation. — Gratas un
p/înu l'ostr fxtusMt, mettez la main à votre gousset, dit à son
l)èr^ un \]\< (jui di (uaml' d* l'argent.
Dér. d » B'ii'sso.
Boussu, udo , adj. Dim. ffoussude, péj. Boussudai.
Bossu, qui a un-' bos^.^; iiimlueux; inégal ; contrefait. —
lu) h'iu.^ rr'irc se s.'i'-s hniissu, lourno sur tes talons et va-
t-en. S'oif »•?>< j) is rr<')rf, vénh'as boussu, si tu ne veux
pns \o i:i\<'\\v, lu d'nj.'îi.lras bossu, cVsl-;\-dire Dieu te
jiunini. De joii<nc nc-lcc), rnnnifi'ri boussu, le jeune méde-
cin i)eu[»l(' le ciiiieliére.
D-r. de fios^o.
Boiissuduègno, a\ f. La g^iit bossue ; la race des bossus ;
express, (-'(llviiv»», avec le sufTi^e if^'i/no : à Conférer à
Basttiril'n'jno. Ilfdftti'iijno, etc. — V. C. m.
D» r. de Bosso.
Bouta, r. .>l''llre, posM*, |)lacer.
O t 'nue est Irès-élasiiipie ; ses diverses acceptions
s'él-'Uileiii à bi'aueonp d",)c!es. Quelipies exemples aideront
à en bii-n coiiiprendre les sens divers. — Hniitas qu'ague
pas n's <//'. r.)iles etiiniiie si je n'avais rien dit. Lous cabris
boutou <lc bu fins, les crues Commencent à pousser aux
rbeMvauK. f.ns fi' h. s ho'Unu de j,irt, les brebis commencent
à avoir les iii,viielli'> -.cillés, pnnive qu'elles mettront bas
bientôt. A'//n'/ vfiU) /h)/i<> tir i/cns, les dents commencent à
percer à ce! enfant. Bmifa l'arau, faire marcher quelqu'un,
un IroupMU d<'\ant soi. Bm/fas-y la vian, lïielti^z la main
;\ cette ;ilV;iire. Bnufa m'irc, iiicjlre le pot au feu, OU cn
terme de boulaiiL'-rie, t'nloiinier le pain. B'mta ftd, com-
mencer une chose «pie d'autres feront après; attacher le
grelot. Boula lou Icvan, mettre le levain, pour faire le pain;
au fig. seiiii'r des fei'iueiiis de discorde.
Dér. de la bas^. la t. B/iiare.
Boutado, A. f. F« luse, réservoir d'un moulin; le pre-
njier lait qui vient aux mamelles après l'accouchement.
Dér. du gr. IVj'i'yç, fnnd, profondeur.
Boutar, *-. m. (iros tonneau; tonne; foudre.
Augm. de BoKto,
Boutas 1 hiterj. Sorte de locution explôtive, qui n'a
rien de commun avec le v. />o///a. Quand elle est prise inter-
jectivement, elle répond suivant les cas h: Allez donc!
Allons dimc î Mon Dieu, non! Je vous en prie! Allez!
Attendez, attendes ! Bon ! — Btattas ! fasè-m'aquél plèsi,
ah î rendez-moi ce service, je vous en supplie. Ah/ boutas!
mon Dieu, non, vous n'y pensez pas ! Est-ce possible ? Bou-
tas, boulas / es pas tan ni}ci, allez, allez, il n'est pis si sot
qu'il en a l'air. Boutas/ la tssa-lou dire, ne vous tourmentez
pas, laissez-le dire. Boutas/ n'agués pas pôou, allez, ne
craignez rien. Ah / bouta-v^us , ah ! laissez-donc ! Vous n*y
p:»nsez pas! Ce sont des balivernes. — Ce dernier exemple
présente un idiotisme qu'il faut remarquer. L'interj. a pris
ici tout fi fait, pour ainsi parler, la forme verbale, c'esl-à-
90U
BOU
135
4ke que (wuias est consiâérô Gomme un temps du verbe
bouta. Il entre alors dans une règle générale et invariable
qni vent que, lorsqu'un verbe à la Sv^ personne plur. de
l'impéralif est suivi knoiédiatementdu pronom pour régime,
-on supprime Vs final : Àima-vous, régarda-mé, rétcoundi-
Um. Ainsi bouia-vous, laissez donc. Dans ce cas, comme
•duis les précédents, il reste une observation : boulas est la
'forme respectueuse et plurielle; au sing., avec la même
acception, on emploie : BotUo/ boutof va! va! Bah! pas
•possible! Bon, bon ! que dis-tu là? Boutof vingues pas,
-va, je t*en prie, ne viens pas. Bouto / (é troumpes, bien vrai,
ta te trompes. Boutof save eé qui tènes, va, va, je sais ce
que tu vaux. Boutof qu'où faras bé, j'en suis sûr, tu le
'feras.
Bonté, s, m., ou Siblé. Tuyau de greffe, pour enter en
*§ùte ; virole d*écorce prise à un scion franc, qui a un ou
deux œilletons et qu'on insère dans un scion écorcé de
«sauvageon. Il faut faire attention que cette virole soit juste
à la place qu'elle doit occuper : trop large, elle perdrait la
sève et laisserait l'air circcder entre elle et le sujet ; trop
^étroite, elle se fendrait avant d'arriver à sa place.
IMm. de Bou, bout.
Bovtéia, ado, adj. Qui a de gros mollets. — Bien bou-
lêia, qui a de forts mollets, l»en pris, bien tournés.
Dér. de Boulél.
Boutéiè, s. m» Plant, semis de courges, de toute espèce
-do cuoarbitacées. — Voy. CougourUi.
Dér. ûe BouUfio, courge.
"30111010, s» f, Dim. Boutiiéto; augm. et péj. Boutéïasso.
tSoateille ; vase de verre ou d'autre matière, à long col et
v4 large ventre, propre à contenir les liquides ; quantité de
ëquide contenu dans la bouteille. -^Sour eoumo uno bou-
t'UiOy sourd comme un pot. Béoure bouiéio, boire chopine.
La bo tHo l'a mes aqui, le vin l'a tué.
Dér. de B uto, dont boutèio est un dimin.
"Bontéio. s, f. Courge de toute espèce, la famille appelée
CQCurbitacée; potiron. — BoutéSo-énvinadouiro, .espèce de
.-coocgeyétianglée par le milieu, renflée par les extrémités,
• dqnioa fût les gourdes à vin. {Voy. Gosardo.) Les autres
- ospéœs .sont : la eougourh , ,lou pasHs, lou.eoumé, la
•comasso.
;Dér., comme le préoéd., à&Bouio, parce que la courge
'•art aussi de vaisseau à vin.
Boutéioù, <. m. Graine ou pépin de courges et ides
cocurbitacées en général.
.] Dér. et dim. deBoiiléto.
Boutél, s. m. Dim. Boutêié, boutéioà, péj. Bouiéùu.
Mollet, gras de la jambe. — Â miè bouêél, à mirjambe.
1 Ltmg d'é$quino,prin dl boutél, rasdo m'aquél, mot à mot :
oioof d'éobine,' fluet de mollets, n'est pas redoutable* atta-
^^fOA^ longue taille et jambes grêles annoncent la faiblesse
de la constitution, qui rendent propre à recevoir une raclée.
FcKrêlùUâbouiéU énd'un éfan, fêter à table le baptême d'un
Ce mot parait avoir la même étym. que le fr. bo tte, fais-
ceau d'herbes, parce que le mollet est un faisceau de mus-
cles et tendons.
Boutigna, V., ou mieux Réboutigna, Bouder; rechi-
gner; répondre avec aigreur; revenir sans cesse sur un
grief passé; se montrer capricieux, mutin, chagrin.
Boutignaîrè, aîro, adj. Péjor. Boutignaïras. Mieux
Réboutignaîre. Boudeur; rechigné; capricieux; mutin;
chagrin.
Bontigo, t. f. Dim. Boutiguéto; péj. Boutigasso, Bou-
tique.
Ce mot, en fr., s'étendait autrefois aux industries et
aux professions les plus libérales, de l'échoppe du savetier
aux brillants magasins de nouveautés et à l'étude ou plutôt
au cabinet du notaire ; il ne s'élève pas plus haut aujour-
d'hui que la boutique du regrattier. Le lang., qui ne veut
pas être en reste, a suivi la progression de la mode ; mais
il lui a faUu emprunter au fr. les appellations plus pom-
peuses pour lesquelles il n'a pas été consulté, attendu
qu'elles lui sont arrivées toutes formulées de Paris. Aussi
est-il obligé de se faire patois, quand il entre chez le bot-
tier à la mode, pour appeler sa boutique un atéiê. Cepen-
dant il a conservé l'ancien vocable, sinon dans toutes ses
applications, au moins avec certaines acceptions caracté-
. ristiques dont il use encore.
-7 Faïre boutigo, tenir une boutique» tenir un tout petit
commerce de détail. Fat bien boutigo, il est achalandé ; il
est gracieux.et, prévenant pour les chalands. Bara boutigo,
fermer boutique ; faire banqueroute ; au ûg. se taire. Leva
boutigo, commencer un commerce ; au iig. se battre, se
quereller; susciter une rixe.
Dér..du gr. 'A:cq^xi}.
Boutigniè, f . m. Au fôm. BoutiguiUro. Boutiquier, bou-
tiquière ; celui ou celle qui tient boutique; petit marchand
.en détail.
Dér. de Boutigo.
Bonto, ié /'.Dim. l^ouféto ; angm. Boutar, péj. Boulasio.
Tonneau; lût; futaille. Lorsque le tonneau de ce pays est
pris pour mesiiro de capacité, il contient 360 litres, ou six
barraux. — -• Béoure à la barbo dé la bouto, boire à même
. la tonneau,, en plaçant la bouche à la canelle. Bouio-trém-
. piëiro, tonneau à piquette» trempo, que l'on tient à part
. pour cet objet» parce, que le vin pourrait en être détérioré.
BoutoHMréliiiro , petit tonneau qu'on place debout et
' défoncé, sur une chanette pour charrier la vendange.
Dér. de la bass..lat..J9iiia;.en allem. buite, barrique,
cuvier.
. Bouto 1 interj\ t^ igars. sing. impér. de.l^oufa.. Terme
de menace, qui s'emploie dans toutes les acceptions, qiuuid
on tutoie l'interlocuteur. — Voy, Boutas.
> Boutoù, f. m. Dim..Bott<otffi^;^péj.,J3o«fQ^fio<t.Bonton
d'habit ; de fleur ; bubon^.éleynre an^la peau ; ,bonigeon
d'arbre ; moyeu de voiture, de charrette ;.t^tieule d'aidmal.
4» J>érwLdo laL.bass, .lat.,.JlQCMiia>, bouton, que ,ROqntfort
138
BRA
BRA
branU, nous allons danser la ronde. Lou hranU dé Paia-
dan, Um pu nid é$ loupu gran, chanson qui accompagne
nne ronde d'enlants, au dernier mot de laquelle chacun,
pour ne pas être pris on donner nn gage, se pelotonne et
se fait petit ; le plus grand est le sot qui paie.
Branons, t. m,, n. pr. de lieu. Branoux, hameau de la
commune de Biannaves. — Voy. Blannavo,
Branqnado, <. f. Dim. Branquadéto, Branche chargée
de fruits ou de feuilles de mûriers, qui s*éloigne assez du
tronc pour qu'on ne puisse les cueillir sur l*arbre sans
échelle; rameau hors de portée couvert de fruits; grain de
folie.
0ér. de Branquo.
Branqnaio, «. m. Branchage ; ensemble des rameaux et
branches d'un arbre; bois-menu produit des branches.
Dér. de Branquo.
Branqnar, «. m. Brancard, espèce de litière pour trans-
porter un malade, sorte de civière pour porter des far-
deaux, des pierres; les bras d'une charrette entre lesquels
on attelle le cheval.
Dér. du lat. Braehium.
Branquam, ndo, adj, Branchu, qui a beaucoup de
branches. — Voy, Braneu.
Dér. de Branquo.
Branqnas, «. m,, ouBranquasso, f. f. Grosse branche;
longue et grosse branche considérée comme une arme.
Attgment. de Branquo.
Branquo, t. /*. Dim. Branquéio, péj. Branqwùso. —
Branche d'arbre; branche de hviére ; brin ; division ; por-
tion ; racine ou germe d'un mai ou d'un défaut.
Dér. du ceit. Brane, d'où le lat. braehium, et la bass.
lat. In'anea, branche.
Brâou, t. m. Dim. Brâoudé, Brdoudoù, péj. Bràoudoi.
Taureau, bœuf entier. — Brama coumo un brâou, beugler.
^.. Aquà't un brâou; for eoumo un brâou, il est fort comme
^ ' un taureau.
Dér. du bas-bret. Braw, qui a fait aussi l'adj. brave, et
le £r. braoe. En lat. braoium, et en gr. Bpa6e?ov voulaient
dire : prix des jeux, prix de la bravoure et de la force.
Forcît aussi signifiait brave et fort : les deux qualités
suprêmes. Le taureau était chez tous ces peuples le type
adopté de la vaillance et de la force.
Braqua, v., mieux Abraqua. Braquer, tourner vers ;
fixer un but. — / braqué iou$ dous ièl$ dessus, il biaqua
ses yeux sur lui. — Voy. Abraqua.
Einp. du fir.
Bras, f . m. Dim. Brassé, brassoit ; augm. Brassas. Au
plur. Brasses; dim. plur. Brassés et Brassoiu. Bras, membre
du corps humain qui tient à l'épaule; ce qui en a la forme,
la figure, l'usage; au fig. action, force, puissance. — A pas
que sous brasses, il n'a que ses bras pour le nourrir. San
prou brasses oKeï, il y a bien assez de bras ici. Brasses
d'uno earéio, brancard d'une charrette, timons. En bras dé
eamiso, en manches de chemise. Lou bras dé JHou, la
puissance, le bras, la main de Dieu. A lou bras lon§, il a
les bras longs; il peut beaucoup.
Dér. du lat. Braehium.
Braaa, v. — Voy. Abrasa.
Braaas, s. m. Au plur. Brasasses. Grand hraai^ ; gros
tas de braise; foyer bien garni de braise et qui ne flambe
plus.
Augm. de Braso.
Brasièiro, t. f. Dim. BrasUHréto. Brasier, jédj^eiit à
braise, en fer ou en terre, pour c)iaufkr un appartement.
Dér. de Braso.
Braao, s. f. Braise, charbon alluoié ou portion de bois
brûlé qui ne donne plus de flamme.
Dér. du bas-bret. Bras, braise, du gr. BpdB^u ou Bpdogtd,
bouillir; en allem. Brasen, brûler. Esp. Brasa, ital.
Bragia.
Brassado, t. f. Dim. Brassadéto, péj. Brassadasso.
Brassée, ce que peuvent enceindre les bras étendus en
cercle; embrassement ; embrassade ; accolade; même sim-
plement baiser. — A brassado, à pleins bras. — Uno bras-
sado dé bos, une brassée de bois; uno brassado dé yaoéis,
dé paio, une brassée de sarments, de paille. FoU uno bras-
sado, nn baiser, s'il te plait. Arapa à brassado, prendre à
foi de corps.
Dér. de Bras.
BraBsé}a, v. Gesticuler, remuer les bras avec vivacité
en parlant; travailler des bras.
Dér. de Bras.
Braaséiaira, aûro, adj. Gesticulateur ; travailleur à
bras.
Braaaiè, s. m. Journalier, cultivateur qui travaille la
terre seulement k bras, et non avec un instrument ara-
toire ou le secours des animaux de labour.
Dér. de Bras.
Braflaièîro, s. f. Lisière pour soutenir les enfants qui
commencent i marcher. — Efan à la brassi^iro, eoiant à
la lisière.
Dér. de Bras.
Brasucado, s. f. Dim. Brasueadéio. Grillade de châ-
taignes sous la braise. — Dans une partie des Haiites-
Cévennes, ce mot est pris pour la châtaigne eUe-mème,
quand elle est rôtie. — Voy. Afaehado,
Dér. de Braso.
Bravainén, adv. Beaucoup; à foison ; ni trop, ni trop
peu; raisonnablement; médiocrement. — Braoamén, sui-
vant l'intonation, a tous ces sens divers : preuve nommlle
que le ton fait la chanson.
Bravo, avo, 04;. Augm. Bravas. Se dit généndament
de beaucoup de qualités du corps ou de l'esprti. Selon les
cas, il signifie : honnèle, intelligent, leste, adroit, robuste,
bien portant, sage, de bonne mine. 11 se dit aasii des
choses inanimées pour : bon, avantageux, beau. -^ ffn
brave home, un honnête homme. I7fio braw fétmo, une
honnête femme. Uno bravo fio, fille sage, de nèrile. Ses
BRÊ
BRE
13»
6nitt0 €oumo un sdau^ vous vous portez comme le Poat-
Nenf. Sérioê bé bravê se..., vous seriez bien aimable si...
Sè$ bra»ôf vous allez bien? Uno bravo tèro, on champ
assez considérable. Un brave ouiiâou, une maison confor-
taMe. Se $én pat rMee, êéguén brav9$, si nous ne sommes
pas riches, soyons honnêtes.
Brane n'a jamais Taoception de brave en îr. Cependant»
favle d'nn mot qni réponde k bravonre dans le sens de
courage on d'exploit gnecrier, on dit par exception et en
ajootant un nom pour qualifier et justifisr cette extension :
Brave eoumo César, brave comme César. Mais l'exception
oxifirme la r^le» et elle est rare.
Dér. du bas-bret Braw, ou du lat. Bravimm. — Vay.
Brâou,
Btanréf éto, adj. Dim. Bravoù, brawmné, bravounito.
Joli; gentil; mignon. C'est là un exemple frappant de la
dégénérescence des mots, quand ils passent par dififi^rentes
filières et aiwôs un long laps de temps. Celm-ci a la même
origine que le précédent, et voilà leur radical brâou, tau-
reau, qui finit par différentes cascades à Tadj. bravouné,
geotillei» qui semble la qualité la plus antipathique avec
lui.
Bravén, t. m. Nature particulière de terrain assez fer-
tile et bon surtout pour la vigne, mais difficile à labourer
en bonne saison ; car il est très4ur avec la sécheresse et
argileux par la pluie. Il est composé d'un mélange de limon
et de schiste.
Bravonro, s. f. Honnêteté ; pi^ité. Ne signifie, jamais
bisvouie ou courage.
Dér. de Brave.
Brégadièy s, m. — Voy, Bérgadiè.
Bcègado, «. f. — Voy. Bérgado,
Brégan, t. m. — Voy. Bérgan,
Brtflandajet s. m. — Voy. Bérgandaje,
Brégandèia, v. — Voy. Bérgandésfa.
Bségo, i. /. Noise; chicane; queorelle d'Allemand. —
Cérq^a Mgo^ chercher noise.
Dér. du gallois Breg, mptue. En esp. Brega, en itd.
Briya, dispute.
Brégoùs, ouso, adj. Dim. Brégousé; péfj. Brégotiuas.
Querelkiv ; hargneux ; tracassier. — Chi brégoia a las
âonrésae i>irménou$o$, chien hargneux a les oreilles déchi-
rées : le dicton se comprend de reste et ne s'applique pas
sepfement aux animaux.
Dér» de Brégo.
Brin* t. m. Son, partie la plus, grossière du blé moulu.
— BéMfré éou brén ePiarJe à la farino, économe de bouts
de chandelle; il ménage la paille et prodigue le grain.
Dér. du bas-bret. Brenn, même sign. Il a formé le frv
Iran, excrément, bran de son, qui est le son véritable du
faifoean. Tous ces mots n'ont aucune espèce d'analogii0im
en lai. ni eix gr*, ni dans les langues modernes qui ont
pQîiéà œlte somce* La racine celtîqne est iDrcéet.
Brinoûii ouaot adj^ Qui conlîenjt trop de son, en par*
lant du pain ; défaut de toute autre préparation culinaire
qui n'est pas liée, ou qui est graveleuse.
Dér. de Brén.
Brèa, s. m. Dim. Bresse. Au plur. Brèsses. Berceau
d'osier; barcelonnette d'enlant Aufig. jeune âge; commen-
cement, lieu où une chose a commencé. — Ou a prés àou
brèa, c'est un dé&ut qu'il a pris au berceau. Gna'n pUn
brès, loc. prvb., il remplit son berceau, en parlant d'un
gros enfant, quidquefois même d'un adulte. On dit d'une
femme qui désire ardemment des enfants : Àh boutas/ Ioh
fariè en tout lou brès, ah 1 mon Dieu ! elle consentirait à
accoucher d'un enfant tout botté, tout éperonné. La grano
dé brés, les petits enfants.
Dér. du lat. Versus, part. pass. de versare. Cependant
quelques-uns le tirent du gr. Bpd^eiv, dormir, oude Bpdbvetv,
agiter.
Brés (Séu-), s. m., n. pr. Saint-Brès, commune dans
le canton de Saint-Ambroix (Gard). Brés est la traduction
du nom pr. Brioe, Saint-Brice, disciple de saint Martin de
Tours, vers le milieu du V* siècle ; du lat. BrieHus.
Brésoan, s. m., ou Brisquo, ou Brisoaa. Brisque, bris-
can, nom qu'on donne aux as et aux dix du jeu de mariage
ou de biscambille.
Bréal, s. m,, n. pr. de lieu. Brésis, quartier du terri-
toire d' Alais, au midi et sud-ouest de la mcHitagne de Saint*
Germain-de-Montaign, et que l'abbé Teissier, notre compa*
triote, ainsi que d'autres après lui, soutiennent avoir été
Prusianus, l'habitation de Tonance Ferréol, préfet des Gau-
les au V* siècle, décrite par Sidoine-Apollinaire.
Brési serait une altération du nom lat. Prusianu».
Bréail, s. m. Brin ; fétu ; résidu en poussière ; petite
parcelle; débris de charbon qui restent au fond d'un sac.
Dér. de Brîfo.
Bréaqno, s. f. Rayon de miel; gauffire ou gâteau de
cire ; cire avec ses alvéoles planes, telle qu'elle est on
qu'elle sort de la ruche. — ' Bâtonnet; jeu du bâtonnet;
jeu d'enlanl.
Dér. du bas-bret. Bree, cassant. En allem. Breehm,
rompre, briser.
Bréata, v. Bercer, donner le branle à un berceau;
balancer un enfant dans son berceau pour l'endormir. — r
Se bréssa, se dandiner, se balancer lourdement en mar*
chant, comme font les béliers et les gens chaussés de gros
sabots.
Dér. par métathèse, du lat. Versare, agiter.
Brètâo, t. f. lit en planches d'un valet d'écurie dans
l'écurie même; cabane de berger portative pour ooudier
dehore, couverte le plus souvent en paille.
Augm. deBf^.
Brésaolp, s. f. Dim. BréstoMio, Lit d'enfant à bar-
reaux ; table à rebonis, avec des pieds en batean» sur
laquelle on pose le berceau d'un enfant, pour l'élever au
niveau du lit de la nourrice et lui imprimer au bescMn
le balancement qui lebei«e etTendort.
140
BRE
BRI
Bréthmat, f. m,, n. pr. de lien. Brethmas, écart de la
commune de Saint-Hilaire, à laquelle il donne son nom,
Sini-Àlari-dé-Bréthmas, canton et arrondissement d*Alais.
D*antiqaes raines découvertes dans ce quartier, des restes
de toiles et de poteries gallo-romaines, sans doute, font
remonter assez loin son origine et son nom.
Ce village est mentionné dans une ancienne charte qui
mérite d'être rapportée. — Hist. gén. de Lang., t. I*', pr.
p. 35. — C'est une donation faite vers Tan 840 à Tabbaye
d'Aniane. Trademu$ rw quœ êurU in Urrilorio nemauêêiui
tubwbio castra andusianensi, sive infra ipsum pagum, vilia
cui vocabulum est Berthamates , hoc est cum mansis,
eampis, curtiset hortis, cum exeis et regressis, cum ecclesia
Sancti BUarU eonstrueta, neenon (UiU ecclesiU quœ infra
terminum de ipsa villa fUndata fuerlnt, cum Matis et
mansionilnu ad Bertomates €upicientibus.
Le nom porté dans cet acte avec une légère variante se
trouve au dénombrement de la sénéchaussée, en 4384,
S. YlariuM de Bretomanso.
Il n'y a rien à dire de la dernière portion du mot Mates,
identique à Maxes et Mages, traduit par le latin mansus
et abrégé selon les règles par le lang. et le fr. en mas. Sa
forme au pluriel parait moins l'indice d'une agglomération
que la réunion ou la proximité d'un certain nombre de
«Mifuî dans sa dépendance. La première partie jouit d'une
possession d'état fort respectable, et Bertho, Br^o pour
sigmfier breton ; par où on arrive à Mas du Breton,
En contestant cette facile interprétation, je ne voudrais
pas me faire une méchante afEûre avec ce Breton breton-
nant, qui, à une époque assez reculée, nous aurait laissé le
nom de son pays, plutôt que son nom propre, ce qui est
étrange d'abord, liais l'existence même de cet étranger
transplanté aux bords du Gardon ne me semble pas encore
sufiBsamment attestée par une simple dénomination, à
laquelle on peut assigner dans notre langue vulgaire une
origine et une raison plus naturelles. En eflfet, si Bertho-
mates, Bretomansus, Brethmas a eu pour parrain un Breton
quelconque, le droit d'invoquer pareille descendance au
même titre appartient à une petite pUce de la ville d'Alais,
ai^ée en fr. BerthoU aujourd'hui, en lang. Brétolo, et
dans une proclamation de l'an 4388, — Hss. de l'Hôtel-de-
Ville, — trMum de Berthola. C'est la même racine et le
même mot. Or cette place, au moyen Age, à proximité du
Marché, était le lieu spécial où se cantonnaient et s'éta-
laient les denrées a[^rtées des Gévennes avec la Ifréto, la
hotte montagnarde, ou dans le bértotU, brétoul, panier fait
de minces lames de bois; peu^ètre aussi y avait-il là une
industrie de fabrication de brétos et de bértouls. Elle en a
retenu le souvenir. Les deux noms, en tous cas, qui ont
contribué à faire celui de Brétholo, Birthole, dérivent du
gaulois brett, en lat. lignum, bois, planche, éclisse, ser-
vant à faire britos et bértouls. Mais les analogies nous
viennent encore en aide. Le nom propre BreteuU n'est pas
plus breton d'origine que notre Brethmas et que notre
Brétolo, son correspondant direct, avec la différence du
dim. roman euil au dim. lang. ol ou olo. Et l'on sait que
le nom de cette ancienne famille était autrefois Tonnelior,
changé depuis en BreteuU, son équivalent synonjrme, plus
noble et plus sonore peut-être mais sorti de la même souche,
exprimant la même idée, fait du même bois, brett. Pareil-
lement pour Bretehe, vieux mot fr. signifiant fortifications
de bois, dans Du Gange Bretechiœ, castdla lignea. Dans
tout cela pas la moindre trace d'un Breton.
La dérivation pour Brethmas nous parait donc fort pro-
bable, en y faisant entrer brett, soit que le montiif pri-
mitif fût construit en planches, soit qu'il ait été établi
dans un pays couvert de bois; les deux hypothèses peuvent
être également soutenues.
Brève, s. m. Brevet, privilège ; acte portant concessioii
d'une grâce, d'un don, d'une autorisation.
Emp. au fr.
Bréréta, ado, a4f- et part. pass. Breveté; qui est
pourvu, muni d'un brevet.
Emp. au fr.
Biîa, V. Briller; reluire ; jeter une lumière étincelante;
avoir de l'éclat.
Emp. au fr.
Brian, auto, adj. Brillant, qui a de l'éclat ; qui reluit.
Emp. au fir.
Brida, v-, mieux Embrida. Brider, mettre la bride ;
lier, arrêter, attacher. — M'an bien brida et séngla, on
m'a joliment lié et garrotté, dit-on proverbialement, quand
on vient de passer un acte qui vous lie fortement. Sén bri-
das, nous sommes arrêtés, liés. Sauvages traduit : nous
jeûnons. Très-juste : la loi est la bride. Brida Vase pér la
guuio, prvb., prendre une aflkireà contre-pied; agir à
contre-sens.
Les étym. paraissent nombreuses : d'abord le oelt. bridé,
puis le vieux saxon bridel, bridl, même motet même signi-
fication, le gr. éolien Bputi{p, pour ^uti{p, tirer, parce que U
bride sert à tirer. En ital. briglia; en esp. brida, bride.
Bridèl, s. m. Dim. BridéU; péj. Bridélas. Bridon; filet
à mors brisé, sans branches ni bossettes.
Dér. de Brida.
Brido, s. f. Dim. Bridéto, péj. Bridasso. Bride; partie
du harnais d'un cheval qui sert à le ccmduire; petite bande
de toile ou d'étofle, attachée au béguin d'un enfant, aux
bonnets et aux chapeaux de femme, destinée à passer sooi
le menton, pour retenir ces coiffures. — Trépa émbé ta
brido, ou émbé lou eabésire, jouer avec sa queue à la
manière des jeunes chats ; se dit des gens tràs-jeunes qui
ne prennent nul souci et se font un jeu de tout. -~ Tby.
Cabéstre.
Dér. de Brida.
Brido-monsqao, t. m. Cogne-fétu; tatilkm; qui fait de
grands embarras de petite chose; homme fluet, fiMe, débile.
Bridoulo, s. f. Dim. Bridouléto. Bois de jeunes tdoni
refendu en lames fort minces, que l'on tressepour fûn lea
BRI
BRI
14t
piHaronê, hértotUos et eampanèjes, (F. cm.) Les jeunes
pousses de châtaignier sauvageon sont considérées comme
les plus favorable; à cet effet, on les aménage en taillis et
on les coupe tous les trois ans.
Dér. de Brido.
Brignoà, «. m. Mgnoie; prune de mirabelle, la plus
petite de tontes les espèces. Elle est d'un assez beau jaune
quand elle est mûre.
Gomme son nom, et surtout son représentant fr. Tin-
dique, ce fruit vient de Brignoles, en Provence, où il est
cultivé avec succès, et où Ton fait des conserves de prunes
ttéfr-rmommées.
Brignoun, s. m. n. pr, de lieu. Brignon, commune du
cantcm de Vézénobres, arrondissement d*Alais. La tradi-
tion donne à ce viUage une origine fort ancienne.
Le nom de Brignoun sous la forme Briginn, est un de
ceux qui sont inscrits sur un petit monument du musée
de Nimes, portant les noms de onze localités du territoire
des anciens Voices Arécomiques. Il occupe le second rang
dans le deuxième groupe, qui parait avoir pour chef-lieu
UceUa, Uzès. L'attribution de Briginn à Brignoun, Bri-
gnon* n*esl pas douteuse. Dans l'inscription le mot est évi-
demment abrégé de la dernière syllabe à cause des dimen-
sions du piédestal; il devrait se terminer en o, Briginno,
simple nom de localité avec la finale celtique si commune,
on en ontê, au plur., si on veut l'appliquer aune peuplade,
BrigtnnonBi, La traduction latine du moyen âge donne
raison à cette désinence. La basse latinité des Gartulaires
disait, en efiEét, en 4207, Brinnonum, en 4273 Brinno, en
4384 et 4384 Brinhonum, en 4435 Brinhon, dont le lan-
guedocien a fait Brignoun et le fr. Brignon. Ici se remarque
la transformation du g entre deux voyelles, dont la pro-
nonciation était mouillée, ce que le latin rendait en plaçant
un à on un t après n, et que nous avons repris par notre
gn qui produit le même effet ; les exemples sont nom-
breux.
Dans le voisinage on a découvert des restes d'antiquités
romaines ou gallo-romaines; un monticule où l'on prétend
q[aB l'ancien village était établi, porte le nom de Sére dé
Briàto, colline dé Brienne, et un ruisseau est aussi appelé
Jhéouno, Branne ; ce sont autant de dérivations du celtique
Brigitui.
<2uant à l'étymdogie du mot, on trouve en gallois Bri-
ggtm, dme, sommet, extrémité, bout, où l'on reconnaît la
racine bri. M», In-m, colline, élévation, hauteur, qui a
donné avec le même sens dans diverses langues ber, bir,
herg, bêm, Mm. La ûtuation de Brignoun justifie cette
dénominatii», et son ancienneté d'origine est également
étaUie : village sur une élévation.
Brin, t. m. Brin de fil; fil de la soie sans être doublé et
tel qu'il se dévide sur la roue à filer; brins de chanvre
dont est conyoeée une corde, ou un fil redoublé et tordu.
-^Fkhtndo à quair^ brins, fronde à quatre bouts.
Ce mot parait dérivé de Prin dont il est la métathàse.
n ne faut pas perdre de vue que le mot prin vient évi-
demment du lat. primuM, Le fil dont on fait les étoffes est
doublé, triplé, quadruplé; lorsqu'il est simple, il se dit
brin, ce qui revient à premier; ce sont bien là dès^Iors ces^
premiers filaments qui restent dans la main de celui qui
sérance, les brins premiers, par excellence.
Bringo, s. f. Dim. Bringuéto, péj. Bringasso. Bringue ;
rosse; cheval maigre; femme maigre, déhanchée, mal
bâtie. — Mélre en bringo, mettre en. pièœs, en désarroi.
Emp. au fr.
Brîou, s. m. Dim. Brivé, brioulé. Certain temps; petit
intervalle de temps. — Y-a un bon briou, il y a longtemps.
If'avès pér un pouli briou, vous en avez encore pour long-
temps. Espérarés un briou, vous attendrez un peu. Y-a'n^
brivi, il n'y a qu'un petit instant.
Dér. du lat. Brevï, bientôt.
Briqué, 5. m. Dim. Briquétoù. Briquet à feu, outil
d'acier pour tirer du feu d'un caillou ; sabre-briquet courte
à l'usage de l'infanterie; jeune gars, blanc-bec; homme
sans valeur et sans consistance; petit homme, au physique
et au moral ; petit et mauvais cheval, criquet. — Batre
dàou briqué, au fig. être cagneux, avoir les genoux qui se^
heurtent en marchant.
Emp. au fr.
Briqno, t. f. Dim. Briquéto ; péj. Briquasso. Brique,
terre argileuse pétrie, montée et cuite, qu'on emploie dans^
les constructions. — Briquo énvémissado, brique vernissée.
Briquo eanéludo, brique à crochet, qui sert à faire des-
voûtes.
Dér. de la bass. lat. Briea,
Brisa, V. Briser; casser; rompre, mettre en pièces;
réduire en poudre.
Dér. de la bass. lat. Brisare, presser.
Brisai, t. m. Dim. Brisaïé. Menus débris de pierres;
petits fragments, réduits en poussière, de tout corps dur
très-divisé.
Dér. de Briso.
Briso, s, f, Dim. Briséto, s. f. Brisouné, s. m. Miette ;
brin ; parcelle ; morceau détaché d'un plus grand ; miette
de pain. — Douna-mé n'é'no briso, donnez-m'en un petit
morceau. Né résto pa'no briso, il n'en reste pas un fétu, il
n'en reste rien. N'avédre dé las brisos, en avoir des écla-
boussures. Aou foun dâau sa s'airobou las brisos, prvb.,
au fond du vase la lie ; au dénouement les angoisses. Las
brisos né sâoutavou âou capèl, on mangeait de si grand
appétit, on cassait si vivement la croûte, que les éclats,
les miettes en volaient au loin.
Las brisos, châtaignes sèches qui ont été brisées en les
battant pour les d^uiller. Cette espèce de châtaignes a
un peu moins de valeur au marché que les autres, psurœ
qu'elle se met en marmelade en cuisant ; mais elle est aussi
bonne, préférable même, si on veut la moudre en farine
pour raJ>reuvage des porcs, parce que généralement ce sont
les châtaignes de meilleure qualité et les plus sèches qui se
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BRO
BRO
brisent le plos; œlles qni sont avariées, moisies ou ver-
moulues contenant une humidité qui les préserve de se
concasser.
Dér. de Bri$a,
BriBO-baro, «. m. Ecervelé; indompté; tranche-mon-
tagne ; qui se met au-dessus des lois.
Comp. de Brùo, brisa, et haro.
' Brisqué I inUrj, intraduisible, qu'on adresse à quelqu'un
qui commet une incongruité en parole ou en action sales.
Ce mot parait la contraction et un sous-entendu de :
brusquez la politesse.
Brivado, s, f. Dim. Brivadéto. Séance, durée d'un tra-
vail entre ses diverses interruptions; séjour. — Y-avèn fa
uno bono brivado, nous avons fait une bonne séance de
travail. — Ha aussi toute la portée de Briou; on dit bien
et également : Y-a un bon briou et uno bravo brivado,
pour : il y a un long espace de temps.
Dér. de BrUrn.
^ Broclio, t. f. Dim. BrouehUo, mieux : Haste, Broche
de cuisine; e^éce de longue aiguille.
Dér. de Broquo, parce que les premières broches étaient
un pieu de bois, une bûche. Sauvages prétend qu'il y a
des bâtons d'un certain bois dont les fibres sont de leur
nature tellement torses que la chaleur les fait détordre, et
que les viandes qu'on y embrochait autrefois, tournaient
d'elles-mêmes. Probablement ce n'étaient que des moineaux
ou tout au plus des grives, avec lesquels on pouvait se
permettre cette économie de tourneur ou de tourne-
broche.
Brode, f . f. Paresse ; fainéantise ; mollesse; indolence ;
pcûduites par l'ennui ou par une certaine disposition d'es-
prit ou de corps semblable au »pUm anglais. Ce n'est pas
une paresse habituelle, mais accidentelle» un entrainement
irrésistible et momentané au far-niunte, qui donne dn
dégoût pour le travail et par conséquent de l'inapti-
tude.
Les ouvriers de Paris appell^t cette disposition : avoir
la flème, ce qui veut dire : avoir la hrpdo* être plus en
train de flâner que de travailler. — La brodo mé gagno,
l'ennui» le dégoût me gagnent; Je ne suis bon à rien, ^igti^
Un fa» véni la brodo, ce temps lourd donne des vapeurs,
de la lassitude dans les membres, de la mélanoolie dans
l'esprit. Mi donêi la brodo, tu m'ennuies.
Dér. du gr. Bpcûà^, lent, BpiSoc, lenteur.
Broquo, «. f» Dim. Brouquito,]^. Brouquoim. Bâche;
bâton toit ; sci(xi d'arbre sec. — Lou touqaarièi pa$ énd'%mo
broquo, je ne le toucherais pas avec des iMUcetles, Porto uno
broquo, lou fia s'amouêMo, apporte une bûche, le feu va
s'éteindre. S'arrapo uno broquo/ si je prends «a bâton»
gaie!
Dér. de la bass. lat. Broea, branche d'arbre, édudas»
broussaille.
Broquo-quioii (à), adv. Tout de traven;â la diable*
~ Trav^ia à broquo^uiou, gâter l'ouvrage, eA se hâtant
trop et ne faisant nulle attention : va comme je te pousse.
Aqud s'apèlojuja à broquo^uiou, voilà qui s'appelle jugé
à la diable, dit un jdaideur qui perd son procès» dans les
vingt-quatre heures bien entendu, et quelquelÎMS» avec ptos
de raison, après ce délai de tolérance.
Dér. d'un jeu d'écolier qui porte ce nom et qu'on nomme
en fr. broche-en-cul.
Brou, «. m. Dim. Brouté, Jeune pousse des arbres; brin
détaché d'une plante; trochet de fleurs ou de fruits; bour-
geon. — Un brou dé sâouvio, dé viàouHè, dé ba$ali, vm
branche de sauge, de giroflée; un brin de basilic.
Dér. du celt. Brout ou Brot, brin , d'où la bass. lat.
BrogUum, Bruillum, BroUum, petit bois» broussailles; on
du gr. BptSio, bourgeonner.
Brou, «. m. Terme de boucherie, pièce du poitrail d'un
mouton, qui répond au grumeau du bœuf; haut côté de la
poitrine.
Dér. du V. m. Brutz, sdn, poitrine.
Broucanta, v. Brocanter; acheter, revendre ou troquer;
vendre par échange; vendre du brio4-brac, des marciiaa-
dises d'occaûon.
Dér. du lat. Becantare, se dédire, parce que ce genrç de
revendeurs avaient autrefois vingt-quatre heures pour se
dédire, et rompre leurs marchés.
Broucantur, nrdo, adj\ Brocanteur; celui qui sans être
marchand, a la manie de brocanter, d'échanger, de troquer
ce ({ui lui appartient, comme chevaux, voiturest» meuUes.
Dér. de Broucanta.
Broacbado, «. f. Dim. Brouehadéto. Brochée ; hàtelettes;
enfilade de petifs-pieds à la broche.
Dér. de Broeho.
Brouda, v. Broder.
Emp. au £r.
Broadariè, «. f. Broderie.
Emp. au fr.
Brouduso, «. f. Brodeuse.
Emp. au fr.
Bronèto, s. f., ou BrouTÔto. Brouette. — 7oy. Barisfe.
Brouîa, v. Brouiller, semer la discorde; mette le de*
sordre. — Se brouta, se brouiller avec quelqu'un; d'ami
devenir ennemi.
Dér. de l'ital. Brogliare, imbroglio.
Bronîadiflso, t. /*. Brouillerie, méslntelligenoe.
Dér. de Bnnna,
Barontar. s. m. Dim. Broutçrdé; pé|. Broutanfoi- Brouil-
lard ; nuage. — Lou brovXar a mouqma kui tignot, la gibou-
lée a fait p^rir les boiirgeons de la vigne.
Broniar, en st^e d'écolier, est le brouillon» cahier on
écrit qui n'est pas mis au net. — Popiè bromeiardf pépier
gris, qni boit.
Dér. dnkt. Pmîaa» ou de la base. lat. Brolhatrduê, m. sig.
Bioiûarda» ard^do^ a^i- Couvert da brame» ohai|6 de
brouillards^
Dér- de BrouUur.
BRO
BRO
143
Broido, «. f. Bronille; mésintelligence légère; petite
bronillerie. Le même que Brouuidissa, mais avec une
nuance vn pea pins foncée.
Dér. de JDnniKa.
Bronn-bronn, s. m. et €uiv. Hurlu-berlu; étourdi;
étooidiment, en renvecsant tout. Onomatopée. Viendraitril
du 1^. Bpovni, tonnerre?
ftroil&das, f. m. Dim. Broundassoû; péj. Broundauoi.
Rameau de chène-v^ avec tontes ses feuilles, dont on se
sert, en guise de balai, pour amonceler les feuilles mortes
et les bérissons de châtaigniers; brandes, bourrée.
Dér. et augm. de Broundo.
Broundio, i. f. Aamilies, émondilles, broutilles; débris
de menu bois qui reste après qu'on a dépecé des arbres, ou
élHranché.
Dim. de Broundo,
Broundioù, i. m. Brindille, petit morceau, petit édat de
bois.
Dim. de Broundïo.
Broudo, «. /. Bourrée; brandes; fagots de menu cbène-
vert ou de broussailles, dont se servent les boulangers, les
potiers de terre et autres pour chauffer leur four.
Dér. du lat. Frons, Frondit, ramée, feuillage, qui, par
apocope et changement de f en b, avait fait dans la bass.
lat. Bnmda, menues branches.
BroiiBqiia, v. ou Bmqna. Broncher, faire un faux pas
en heurtant du pied contre quelque chose. — Que bmquo
•f noun tombo avanço eamï, prvb. qui bronche sans tomber
accélère ses pas; c'est-à-dire on apprend en faillant.
Dér. de l'ital. Bnmdare, broncher, et Broneo, tronc,
touche, henrter contre une souche.
Bronnqiiadp, «. f, ou Bmqnado. Bronchade; action de
broncher; faux pas d'un cheval.
Dér. de Broungtia.
fooucaire, airo, a^f, ou Bmquaîre, airo. Qui
bronche; qui est sujet à broncher; cheval qui n'a pas les
jambes acdides.
Dér. de Briwnqua.
Bnmna, v. Bronzer; donner au fer une couleur bleuâtre
pour le préserver de la rouille, ce qui se fait à un feu trés-
vif. Au fig., cuirasser contre les douleurs de l'âme et du
QOips; aguerrir, rendre insensible à la soufErance; devenir
dur comme le bronze.
BrouBsa, part. pa$ê. Bronzé, couleur de bronze; teint en
Bûûr. — StHiXèê brounMQ$, souliers de peau teinte en noir,
piéseiilant le velouté de la peau, à l'eitérieur.
Dér., disent aucuns, du celt. Bronex, m. sig.
BrouBid, V. Se rôtir outre mesure, se dessécher au feu;
noircir comme bronze; bronzir par le froid, qui produit le
même effet.
Dér. de même que Brounza.
Bvoimili^- Siflet» bmiie,. en passant comme font les
baUes, les bootets, une pierre lancée avec une £ronde. Au
fig., murmurer, grogner, marmotter, gnmder. — Loê baioi
brounzissièou, les balles nous sifflaient aux oreilles. Dé gué
hrounsiises din toun eantoù? qu'as-tu à murmurer, à gro-
gner dans ton coin? — Voy. Brounzina.
Dér. du gr. Bpu^^, hurlement.
Brounâdoù, «. m. ou Rouflo. Loup, instrument de jeu
pour les écoliers, fait d'une petite planche fort mince atta-
chée au bout d'un cordon. Ils le font tourner très-vivement
au-dessus de leur tète, et produisent par ses vibrations dans
l'air un frémissement sourd, un brounximén, qui imite le
hurlement du loup.
Dér. de Brounzî,
Bronnzimén, «. m. Bruissement; sifflement d'un projec-
tile ; frémissement de l'air produit par le frôlement d'un
corps quelconque; frôlement d'une robe, d'une étoffe.
Dér. de Brounzi.
Brotmslna, v. — Voy, Brounzï, siffler, bruire.
Bronnaânaïre, airo, adj. Péj. Brounzinaïrat. Grondeur;
grommeleux; qui marmotte, qui aime à gronder; qui mar-
ronne.
Dér. de Brounzi,
Brouqua, v. Planter des oseraies, des saulsaies. L'osier,
le saule, le peuplier se plantent par simples boutures dans
les graviers les plus secs, et ils y réussissent toujours pour
peu qu'ils trouvent de l'humidité à la profondeur où l'on
enfonce leur extrémité inférieure. Il faut, en général, les
planter après que la sève s'est retirée; cependant lorsqu'on
les plante dans l'eau ou dans des terrains marécageux, ils
prennent en toute saison, même en juillet et août.
Gomme ces plantations se font très en grand dans le pays,
au bord des rivières, soit pour en défendre les bords, soit
pour bonifier les graviers inertes en arrêtant les dépôts
d'alluvion, on prend très-peu de soin pour ce travail de
brauquqfô. On a des scions de toute grosseur, on les coupe
à la longueur d'un mètre, et l'on amincit en pointe leur
gros bout; ensuite on fait un trou dans les graviers avec
un instrument de fer pointu, appelé AgvXo, et l'on y place
trois ou quatre scions à la fois, en se contentant d'écraser,
d'ébouler le sable avec le pied pour remplir le vide du trou,
n est rare qu'aucun de ces plants reste sans pousser.
Brouqua s'applique à toutes les espèces de boutures,
comme celles de la vigne, du figuier, etc.
Il se dit aussi, pour repiquer des plantes que l'on a
semées d'abord sur couches et qu'on repique à distance dans
les jardins potagers, comme l'oignon, la betterave, la poi-
rée, la laitue, la chicorée, le céleri, etc.
Dér. de Broquo, dans la première acception, à cause des
scions qu'on emploie et qui se nomment Broquo; dans la
seconde, à cause de la bûche qui sert de plantoir dans cette
opération.
Broaqnaje, f. m. Action de planter des oseraies; la
saison de os travail, et surtout la masse des bois qu'on y
emploie. — Aguà't dé brave brouquaje, éttén bien, o'est du
bois très-favorableàplanter en oseraies, il foisonne beaucoop.
Dénr. de Brmtqtta.
144
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BRU
Brouquéto, «. f. Allumette.
Toutes les allumettes se faisaient avec des brins de che-
nevotte coupés à quatorze ou quinze centimètres de lon-
gueur, soufrés simplement aux deux bouts et mis en paquets.
De là leur nom de Brouquéto9, dim. de Broquo, parce que
ce n*était en effet que de minces bûchettes. Il est bien
entendu qu'aujourd'hui on ne peut plus par cette raison
appeler Brouquétos, les allumettes en cire de Roche et
autres. Aussi le lang. a-t-il été forcé d'adopter VAluméto.
Les gamins qui vendent les allumettes à la Congrève, ont
même fait disparaître à peu près entièrement les marchant
dé brouquétos, quâou né vôou, dont le cri est remplacé dans
nos rues par celui d'alumétos à la Congre, dou$ cén pér un
4ÔOU. C'est du bien bon marché, mais c'est du bien mau-
vais lang. — Voy. Aluméto, Luquéto.
Bronqmado, s. f, Dim. Brouquïadéto. Fagot ou brassée
de broutilles ou de bûchettes ; ramassis qu'on en fait dans
un bois ou au fond d'un bûcher. Au fig., feu de paille, de
peu de durée.
Dér. de Broquo,
Brouqniè, s. m. Boisselier; artisan qui fabrique des
futailles de bas -bord, telles que seaux, baquets, cornues,
cuves à lessive, barillets, etc. Les mêmes font les patins à
semelle de bois pour les femmes.
Dér. de Broquo, bois refendu.
Brousén, s. m., n. pr. de lieu. Brouzen, quartier du
territoire d'Alais, en amont sur la rive droite du Gardon,
où quelques étymologistes placent le PruHanut du préfet
des Gaules, Tonance Ferréol. — Voy, Brési et Berén-
guéri.
Broussa, v. Tourner, caillebotter, grumeler; faire tourner
le lait, une crème, une sauce ; c'est-à-dire que la partie
butireuse ou onctueuse se sépare de la partie séreuse et se
grumelle par caillots. — Moun la tés broussa, mon lait a
tourné. A broussa sa crèmo, elle a laissé tourner la crème.
Brousao-sâouço, s. m. Gâte^auce, mauvais cuisinier
qui manque ses sauces.
Dér. de Brousso, parce que le lait tourné forme de petits
caillots assez semblables à la graine de bruyère.
BrouBSO, t. f. Touffe de bruyère de la petite espèce, basse
et rampante.
Dér. du bas bret. Broust, buisson, broussaille. Dans la
bass. lat. Bruseia,
Brousso-pèou (A), adv. A contre-poil ; en sens contraire
du poil; à rebours; de travers; au pr. et au fig. — Voy,
Cronto-piou,
Bronstio, s. f. Petite boite de sapin, à lames minces,
refendues.
En bas bret. Broustet, branche aisée à refendre. Dans la
bass. lat. Brustia.
Broutél, s, m. Dim. Broutélé. Trochet ou glane de fruits ;
jet d'arbre qui porte une certaine quantité de fruits ramassés
en bouquet.
Dim. de Brou; en celt. Brout ou Brot, traduit dans la
bass. lat. par Brogilus, BruiUut, Brcliut, qui signifie comme
dimin. petit bois, broussailles qu'on fait brouter.
Broutélado, t. f. Quantité de fruits qui se trouve réunie
dans un seul trochet ou sur une même branche.
Dér. de Broutél.
Bra, «. m. Bruit, son ou mélange de sons, tapage,
vacarme; bruissement; rumeur; nouvelle qui circule;
dicton; renommée; renom. — N'ét pat bru que d'aeà, on
ne parle que de cela. Né cours un bru, on en murmure bien
quelque chose dans le public. Faïfotso bru, il fait beaucoup
de tapage. Crén pat bru, il ne se laisse pas intimider. Un
home tant bru, un homme paisible, qui ne fait pas parler de
lui. S'én-ét douna lou bru, la nouvelle, le bruit en a couru.
Dér. du bas bret. Brud, Brut, bruit, rumeur, ou du gr.
Bou6(t)v, rugissement, murmure.
Bm, adj. mate. — Pan-bru, pain-bis. N'a pas d'autre
application.
Dér. du lat. Brutut, grossier; il pourrait être aussi une
altération ou une contraction de Brun. .
Bmèl, t. m. et n. pr., ou Braèil. En v. lang. petit bois;
un fourré ; jeune taillis.
Il y a dans l'Aveyron un village et commune de Saint-
Jean-du-Bruel, qui a pris cette épithéte de sa position dans
les bois.
En V. fr. on disait : breuil, brouil et brel, auquel le mot
lang. répond très-exactement; et dans la bass. lat. on avait
dit : broilut, broilum, brolium ; brogilut, brogilum, bruUluê.
Cette diversité de désinences, attachées à un radical inva-
riablement le même, donne clairement le sens dans lequd
il faut les entendre dans les différents idiomes. La termi-
naison lang. èl est diminutive, comme le sont en fr. ses
correspondantes directes en et, éU, euU, uil, qui traduisent
ou que traduit le lat. oilut, olium, ogilut, uillut. Par con-
séquent comme règle générale, tous les mots-radnes, affectés
d'une de ces finales égales entre elles, auront une signification
diminutive. De plus les désinences en ol,olt, ôou, jol, joU,
jôou, du languedocien, rendues ^toUus, oliut, ogilut latin,
seront identiques à èl et également diminutives, comme dans
le fr. etU, euU, èl, oil et ea^, eaux, ége, ellet, eilet, aittes,
eiUet, oillet, parfaitement équivalentes. De sorte que BruM,
en étymologie, sera le même que Brueilet, du Breuil, Bme-
joul, Bruejols, Bruèges, Broglio, Brouelles, firoaiUes,
Bruellcs, Brouxelles, Breaux; et que de la même sonroe
dériveront, à part les noms communs, les noms propres
Bruyère, La Bruyère, Bru^tè^ lang. Bruguèirole, Brugas.
Le gaulois Bru, ou Brou, Brout, bois, branche, brin, est
atténué par sa désinence qui prend toute sorte d'inflexions;
mais l'élément primitif reste immuable et toujours recon-
naissable.
Bmgas, t. m. Lande couverte de bruyères.
Péj. de Bruguiè.
Bruguèirolo, t. f., n. pr. d'homme et de lieu. Bragaei-
rolle. Petit champ couvert de bruyères. — Voy. BruM.
Dim. de Bruguiè.
BRU
BRU
145
iè, «. m. taillis de brayères à balais que Ton met
en coupe réglée. — N. pr. d'homme : Bruguier. Avec la
désinence féminine, iëiro, il est encore n. pr. de lieu, et
trô»-commun.
Ainsi que nous Tavons déjà remarqué, les anciens radi-
caux signifiant bois ou forêt ont dû nécessairement donner
naissance à de nombreuses dénominations dans nos pays
couverts de forêts, de landes de bruyères, de hautes et
basses futaies : de là aussi les diminutifs ou les péjoratife
caractéristiques d'une situation ou de Tétat des lieux et des
propriétaires. Aussi le primitif celtique brug, adouci en dm
ou hru$, bruyères, broussailles, que nos ancêtres gaulois
prononçaient peutrêtre broug, et dans lequel certainement,
en latin. Vu sonnait ou, s'est-il reproduit dans nos appella-
tions locales et dans les noms d'homme avec des variétés
nombreuses, tantôt en conservant sa consonnance simple,
tantôt en adoptant l'euphonie latine.
A propos du mot qui nous occupe, la plus ancienne forme
connue du radical est tirée d'une inscription gravée sur un
petit piédestal conservé au Musée de Nimes, malheureuse-
ment tronqué, mais où se lisent encore onze noms de loca-
lités des Volces Arécomiques. A la seconde ligne de ce
monument est porté le nom de Brugetia. Nous n'avons pas
à chercher ici la certitude d'attribution entre les diverses
localités qui auraient, chacune, des raisons égales à la
réclamer : les savants ne sont pas d'accord sur la vraie
position indiquée. Cependant le mot nous reste, et la
divergence des opinions ne fût ressortir qu'une chose :
c'est que le nom Brugetia est aussi bien représenté par
Brugei, hameau de la commune de Gomillon, que par La
Bruguière, canton de Lussan, arrondissement d'Uzès, ou
par La Bruyère près d'Anduze, ou par Bruyês de la com-
mune d'Aigaliers; comme il pourrait l'être par Brugèdes,
commune de Sénéchas, par Bruèje, commune de Saint-
Privatrdes-Vienx, par Bruguier, commune de Monoblet et
Méjeannes-lés-Alais , et par tous les autres noms de La
Bruguière répandus dans le département du Gard. Ce qui
amène à reconnaître que tontes ces appellations ont une
commune racine, et que, si elles se distinguent par leurs
suffixes en et, yès, ède, ié, ièiro, elles n'en représentent pas
moins des localités où les bruyères étaient abondantes, ce
qui donne la signification; et ces nuances prouvent que ces
désinences sont égales entre elles et équivalentes, ce qui
donne raison à ce que nous disons des suffixes et de la
composition des noms.
Mais il y a plus : la difiërence de prononciation dans le
radical multiplie les analogies. Bru étant identique à Brùu,
il s'ensuit que les noms de Brouzén près d'AIais, Brouxet,
commune, Broussoùt, près de Portes, dans notre arrondis-
sement, Broussan, commune de Bellegarde (Gard), devront
être ramenés à la même signification désignant des lieux
anciennement remplis de broussailles, couverts de bruyères.
La variété ethnique des terminaisons n'empêchera pas de
les reconnaître et de les rapprocher; elle ne servira qu'à
démontrer la fécondité de la langue qui se prête harmo-
nieusement à ces modulations diverses, à prouver la
richesse de notre idiome et sa souplesse à diversifier la
forme sans altérer ni compromettre le sens des mots.
Dér, de Brus,
Bmla, V. Brûler; consumer par le feu; être en état de
combustion; brouir, se dit des effets produits par le froid
sur les fleurs et sur les premiers bourgeons des arbres. —
Fato-brulo, jeu d'enfant qui consiste à cacher un objet de
petite dimension et à le faire chercher par un patient. A
mesure qu'il se rapproche de l'objet, on lui crie : fato-brulo/
et quand il s'en éloigne : brulo pas; par ce moyen on le
conduit petit à petit à l'objet lui-même. Par suite, le mot
Brûla, dans le langage ordinaire, est devenu synonyme de
se rapprocher, être prêt à deviner. — Brûles biin^ tu es
sur la voie, tu te rapproches singulièrement du but.
Brûla, s. m. et part, pass, — Es un brûla, c'est une
tête brûlée.
Dér. du lat. Perustulare,
Bmladnro, s. f. Brûlure; action du feu; sa trace, sa
marque.
Dér. de Brûla,
Bmlaire, s, m. Poêlon à brûler le café; brûloir; instru-
ment ou ustensile servant à cette torréfaction.
Dér. de Brûla,
Bmn, bnrno, adj, Dim. Brune, éto; péj. Brunas, asso.
Brun, brune; noirâtre; d'une teinte foncée, sombre; obs-
cur; bis. — Mouli brun, moulin destiné à fabriquer le
pain bis, parce que les meules en étant plus serrées donnent
un degré de plus de trituration à la farine, ce qui rend
impossible sa séparation d'avec le son au tamis. — Il est
aussi n. pr. d'homme. Brun : d'où son dim. Brunêl.
Dér. de l'allem. Braun, en ital. et en esp. Bruno.
Braqua, v, — Voy. Brounqua,
Bmqnaire, aîro, adj, — Voy. Brounquaïre, àiro.
Brus, s. m. Dim. Brttui, Au plur. Brusses, Bruyère à
balais, Erica seoparia, Linn. Arbuste de la fam. des Eri-
cacées. C'est celle qu'on emploie pour ramer les vers à soie,
et dont on fait des balais, éseoubos dé brus. — Ana as
brusses, aller à la provision de bruyère pour les vers à
soie. Capoula dé brusses, couper les brins de bruyère de la
longueur nécessaire pour les échalasser entre les rangs des
tables. Plégarias lou prou fi dine unofièïo dé brus; la feuille
de bruyère étant sans largeur aucune, que pourrait-on plier
avec? Aussi cette phrase équivaut à celle-ci : le bénéfice est
venu à rien.
Dér. du celt. bas-bret. Bme; Bruscus en lat., dans la
bass. lat. Bruseia et Brueria, broussailles.
Brutâou, talc, a4j, Péj. Brutalas. Brutal; grossier;
féroce; emporté; sans égard, sans politesse, sans ménage-
ment.
Dér. du lat. Brutus. •
Ba, s, m. Dim. Buqw; péj. Buquas, Chicot d'arbre;
ergot de branche; bout mort et desséché d'un scion d'ari)re
19
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Bugada, r. l'ain: h I*->-,i\i'; lilni-Iiii' ;i'i i:. <\ -ni i'
l('S.si\i'; lair<* Ii')ii'i'.i l'Imii(1> N'Ti-i - il • 1 ■ >; • t !•' 1 ■ !j- ij,
I'!l\Mi. ^'»M)lll■'■ll'^l'^ l'I \ari'- > : 'l-i i''t. /;/•/-/,]■—.•...
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Buyadiciio, s. /'. I' > /.-'/-i'' >■ ..-.I. -.. k : !■ v-
'lii'n* ; l)liii''lii~> Ml- ■ ; liiiurli ,• ■. - - l n j < ',m, t! 'j-'.ii h ,, >>.
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jaiiiais une u'.iiill.'' il' sura!) aid,iiii.". (jx-nfo h,i,j(i!, no'
([Ucl l»a\,ir.l I lie- .l"u\ .^'iii-'v.
I)cr. di' Ihiijnl'i.
Bugado, s.f. Lc.sshr; ijuanlil'- dr' iiii'j' ■aicuxc, I -n-.r,
lil.iiu'lii. — M'in' /<! f'/'<ji(,'ii, iiM'lIr.' .(, lanci' ji- jinji- d .i>
la Ics>i\ .-. l'tni I- Initj :^ln, l.iiiv II \r-A \ ■', i'.sdn I, /■ id ////y,/,/,,,
• 'Iciidrt' le liîiL^e l.-vp.,'- pair l' rairc>cilii'i". Au lîj. i,'i>)>;>l(>,
p'Ttc OM!i^id''i\di!c au j'U, uu' Ic-.-im-, d.iii> (;c .-.•ii--. I)
lassinn MIS lu (ia<i I II), ,ij ul-T uii'' d'Ile à iiiii> ;nili'c, iiii''
iiialadro^e, uu- > -tli-e >ur uii- auU-', laiitc mh- laiile.
M'''!ll'' d'T. A'^ Il '/;/(! !'l .
Buqiia ('se), r. ><■ M .— r, se laiiv un.- di'cliiiaire a la
pe.iu eii M/ pitiUiul à uu l'clal, hu, a un cliicul de Imis.
DtT. dç liu.
Buquado, .v. /'. Diiu. ^''/'/'/'/'/cVo. J).'. Iiiiure a la peau ;
âcçi"'>ça un hal'il,a u.'ie imIic; pi'.>çurrspar un (; liiçoi dr Imi^.
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• I • :i eit; j, ;^ l>H\'i ni' II- . : •:. i- .;.' i, .... cCi.!,:.-' 1 «ilijol
1 l,';i e ; ' l'ii- I-" 'lu lî't-r ■■'^^ V \.' ail [' 'pal lire d ,ii> l- ailes
- '■! "■ , '!i 1 ''a.p. iiiitv 1 ■ 1; ;: a! tr 'pii lV.ean!i>vdl la
Busqua, ' l!-li.ai a*- i" U'.i' jap-', uu c as'_". jiiair dessi-
ij' 1 |i- L il.'- il- Il l il!-'. — >'' '"/\,'n, S" c.iiiilavr; (--reu.xT
1'^ f'aii- el d:\ '-l •pp'i" la [•■ ilia.;e .ai iiiiiclMut.
I)-r. d-' Jh!s.
Busqiiaia, c. iPi[i,::s^..;- ,|ti |j,ruu | , jx. dç> l.m util les ;
(.•' iilj)a" il"S laMUidl'-^ d un al'Iae.
|)'a". de ItusiiHUn'.
Busquaïo, ••. /'. l>iiçlie a laul-r; ln-.ailillos; ni nu-lic.is
ivl iidll : 'cl.il i|.' Imi^.
iliisf^iKiio >'>[ •'■■> idtauliieiil pdiir h(iifs(inuin, ho$(^u(Hn, \\*'i' .
di' //'>,v.
Buta, r. p. ais^er; lieiirha'; .s-Tivu" centre; snul.Miir ;
' alVciaiiic; uiuaina-. — lintn lo<i tcfi, piUissor le lejups avoo
I ri'paule. .( jffis l/csoHu (jnr lua hntoa, il n'a jias l)es(>iii
d'èlii' [loiiN^M', dèlre exi.'il'''. Lu l'un Ion buio, la mibèro lo
j [iMU>.'e. lintus 1(1 pnrht, JkjUSSi'Z hl |l(»l'li\ Biitus ferme,
lieiiil.'/ \i\euienl. .}fc Oïdarés un pàou, vous ino soulicii-
di"e/ un peu Ifiilvs /fds/ Ji'' jxiusst'z pas! Àqufil ùoubrc huto
c
147
61^^ cet arbre pousse avec vigueur. Lou hla a buta, le blé
a commencé à germer. Fôou qui quàouquus lou bute, fariè
pai aqud,i\ faut que quelqu'un l'excite, il ne ferait pas cela
de lui-mèn)e.
Dér. de la bass. lat. Butare.
Butado, s. f. Dim. Butaiéto; péj. Butadasso, Secousse;
heurt; poussée; coup d'épaule. — A bèlos butados, par
secousses : par épaulées. M'a fougu douna uno bono butado,
il a fallu donner un bon coup de collier pour terminer cette
affaire, pour mener cet ouvrage à bonne fin.
Dér. de Buta.
Butaron, s. m. Chasse roue. — Même sign. que buto-
rodo, dont il n'est qu'une syncope et peut-être une corrup-
tion. — Voy. Buto-rodo.
ButaTan, s, m. Boutoir, outil de maréchal, espèce de
pelle tranchante pour parer le sabot d'un cheval avant d'y
placer le fer.
Formé de Buta, pousser, et Avan, en avant.
Butin, 8. m. Butin ; provisions de bouche et autres. Il
ne se prend guère qu'en mauvaise part — Manqua pas
butin, il y a iranche-lippée.
Empr. au fr.
Buto-rodo, $. m. Borne, en pierre, en fer ou en fonte,
en forme de cône tr^^nqué, placée soit au coin d'une maison,
à la porte d'une remise, à l'entrée d'un pont, pour empê-
cher que l'essieu des roues d'une voiture ou charrette
n'éconie les murs ; soit à l'entour d'une place , pour inter-
dire la circulation des voitures.
c
G, troisième lettre de l'alphabet ; elle a la même pronon-
ciation qu'en fr. et subit les mêmes modifications, c'est-à-
dire qu'elle a la prononciation du K devant les voyelles a-
O'U, et celle de Ys double devant e et t.
Le C est la deuxième des consonnes ; il appartient à l'ordre
des Palatales, parent de la famille des Gutturales. Les gram-
mairiens le classent ainsi en expliquant la manière dont se
fait son émission, forte ou faible, par l'organe buccal : très-
bien; nous n'insistons pas autrement. Son histoire est plus
curieuse et présente plus d'intérêt : nous lui devons une
mention. — Les Romains, qui avaient adopté l'alphabet
des Grecs, l'appelèrent d'abord Gamma et le figuraient par
le signe r : ce qui cependant n'empêcha pas d'employer la
forme arrondie en croissant, C, d'où lui vint le nom de
Lima, surtout quand il prenait le son adouci. Tout cela
est formel, et il est bon de citer à ce titre, Varron disant :
« Antiquis cnim C quod nunc G ; » et Festus Avienus :
c G pro G fréquenter ponebant Antiqui, > et dans un autre
passage : « Quse nunc C appellatur, ab Antiquis G vocaba-
> fùT. » C'est ce qu'écrivait aussi Ausone dans ce vers,
De tiieris :
Prsevalnit postquam garoraa^ vice fVmcta prius C.
Cependant l'opinion contraire était soutenue par d'impor-
tantes autorités : en latin, Tacite, Pline et Juvénal en par-
lent, et appuient le nom lunaire ; en grec, Suidas et Plutar-
que penchent aussi pour la forme du cappa au lieu du
^mma. Mais on sait par Isidore de Séville, De originibtts,
que le K prévalut et fut introduit définitivement par un
maître d'école, nommé Sallustius.
Puérilités, dira-t-on. Nullement. La conclusion à tirer
est que, si la forme a eu quelque influence, au point de
faire confondre une lettre avec l'autre, il y a certainement
rapprochement d'articulation quand la lettre et le son se
produisent, ce qui tient à leur nature et au procédé
d'émission ; mais ceci explique encore que le C latin tenait
de son origine grecque la force et la dureté devant toutes
les voyelles, comme le r ou G grec, et que, par suite aussi,
leur permutation est naturelle et facile. C'est ce qu'a trans-
mis le latin aux langues romanes, et celles-ci au languedo-
cien. Par où on ne sera plus étonné, dans la recherche des
étymologies, des substitutions fréquentes des deux signes,
et par exemple, des changements de cavea, lat., en gabio,
lang., cage, fr.; cicada eneigalo; erassus en gras ; crotalum
en grélà; acus, acuctUa en aguio; ecdesia en glèiso; ficus
en figo; vicarius en viguîè; etc., etc. Et encore, par des
variantes caractéristiques plus remarquables : le lat. canis,
du gr. K^tov, Kuv6ç, qui donne au fr. chien, à notre dial.
chi pour chin, au toulousain, gous et cos; de plus, le lat.
catus, en gr. Kaxfç, donne au fr. chat; à notre dial. ca; an
prov. gat; au cat. gat; à l'esp. et au port, goto; à l'ital.
gatto.
Mais dans la formation du roman, la permutation ne
s'arrêta pas là : la réaction continuant amena d'abord
l'adoucissement de l'intonation sur les voyelles e et i, par
lequel le C dur, romain ou grec, se convertit en deux SS;
puis, pour les voyelles éclatantes et fortes, a, 0, u, les
mêmes tendances firent introduire la combinaison primitive
et celtique sans aucun doute du C avec H, flexion chuin-
tante inconnue au latin. Ce CH est gaulois pur-sang, il ne
vient pas d'importation germanique. Les peuples tudesques
ne le prononcent qu'avec une articulation fortement guttu-
rale aspirée, et leur langue en général ne montre aucune
aptitude pour les mouillures adoucies du roman. Nos dia-
lectes au contraire, et le français lui-même, l'ont repris à
148
CA
sa source; et en particulier, notre dialecte cévenol, comme
preuve d*origiDe ancienne, lui qui a mieux conservé les
traditions du langage, remploie partout et invariablement
et dit eha pour ea, ehâou pour edou, et même où nous
diaoas fâou : ehâou ana iéjaïre; chabro, pour cabro; etc.
Nous signalons ici un des phénomènes de Télaboration
ûe l'idiome, comme nous Tavons fait à la lettre B. En pas-
sant du celtique au latin, du latin au rooian, en dérivant
ensuite vers le languedocien et ses dialecles, la langue ne
s*annule pas plus qu'elle ne se crée, elle se modifie suivant
les latitudes et suivant les dispositions propres aux groupes
de chaque zone. C'est pourquoi les permutations n'ont pas
de règles absolues, invariables, savantes, en vertu desquel-
les tous les mots se seraient transformés et qu'on devrait
nécessairement retrouver dans leur composition nouvelle.
A part le radical à peu près immuable, toutes ces lois de
transformation et de permutation varient à l'infini dans
l'intérieur d'un idiome, et à plus forte raison dans un dia-
lecte comme le nôtre, qui se distingue par un caractère
si particulier : nous en saisissons seulement les principaux
accidents. Ce qui est à bien constater, c'est que, à toutes
les époques où le langage s'est modifié, il a obéi partout à
des tendances spéciales, et que, sans se dépouiller d'une
manière complète de ses formes, il a cherché en tout temps
et partout à ressaisir ses propriétés primordiales; et que
toujours, cédant ou à la puissance de l'habitude ou à des
influences organiques et climatériques, appropriées au pays
où il était reçu, il suivait dans ses innovations un certain
plan uniforme, sans secours de la science ni souci de la
grammaire, mais sous l'inspiration d'aptitudes innées et de
facilités de prononciation, dont le peuple, peu instruit
d'ailleurs, restait le souverain juge. Aussi nous contentons-
nous de prendre notre dialecte sur le fait, et laissons-nous
de côté les classifications scientifiques.
Le languedocien n'admet pas le C final, non plus que le
C devant une consonne autre que les fluides Lei M, Lors-
qu'il emprunte au gr. au lat. ou au fr., qui tous admettent
cette rencontre, il supprime net le C et le considère comme
ncm* avenu. C'est une délicatesse d'acoustique qui lui est
commune avec l'ital. Une seule exception a été faite pour
la propos, din, dans, précédant une voyelle; on dit : dine
«fi an, dans un an.
Dans une langue dont l'orthographe n'a rien de précis,
rien d'arrêté, qui n'a jamais eu de grammaire et qui ne
pouvait en avoir à cause de ses variations d'une localité à
l'autre, qui n'a eu que des lexiques partiels et à principes
divergents, chaque écrivain, chaque glossateur surtout doi-
vent se créer des principes, des règles et une orthographe à
leur usage, faute de type à imiter, de loi unanimement
acceptée et reconnue ou d'académie autorisée qui impose
ses décisions. Au milieu de ces incertitudes, un principe
semble bien surnager, celui de l'orthographe auriculaire ;
et cependant, son application absolue a présenté des diffi-
cultés si nombreuses que tous les essais ont échoué. Sauva-
ges, qui a été plus loin qu'aucun autre peutrètre dans cette
voie, s'y est fourvoyé lui-même, et plus d'une fois. L'ori-
gine de certains mots, leur étymologie l'ont entraîné; et
c'est ainsi qu'il nous donne jusqu'à trois signes dififêrents
pour rendre la prononciation du C, en se servant tour à
tour du C, du E et du Q.
Certes, en suivant la règle de l'orthographe auriculaire,
le C et 1*5 auraient suffi à exprimer les diverses prononcia-
tions combinées que nous offrent les lettres C, E, Q, S, et
nous y aurions gagné l'économie de deux signes; mais nous
l'avons dit, nous faisons de l'éclectisme; et il est prudent,
avec une certaine mesure, de respecter, dans chaque mot,
sa physionomie étymologique. Nous avions d'ailleurs des
traditions qui obligent, et mieux encore les notes et les
formules de l'éminent poète des Castagnados, qui, dans tout
ce travail, sont notre guide, notre loi et notre inspiration.
Nous conserverons donc chacmie de ces consonnes, en don-
nant toutefois congé définitif au E intermédiaire, qui nous
parait tout à fait anomal au languedocien et que le fr.
lui-même n'adopte que dans quelques emprunts exotiques.
On s'étonnera peut-être d'après cela de rencontrer quel-
quefois le Qu, là où le C aurait été parfaitement suffisant,
où même il aurait eu plus de convenance étymologique :
nous l'avons employé ainsi parce que notre premier besoin,
en cette affaire, a été de faire concorder orthographiquement
chaque mot avec ses composés, avec ses dimin. et ses péj.,
chaque verbe avec les divers membres de sa conjugaison.
Si, par exemple, nous avions écrit broeo, — saco, — touea,
il aurait fallu écrire brouciè pour brouquiè; saeéio pour
saquélo; toueére pour touquère; l'on comprend bien que
cette orthographe n'était pas abordable.
Ca, s. m. Dim. Caté, catoû, catouné; augm. Cotas; péj.
Cataras. Chat, felis catus, Linn. Mammifère delà fam. des
Carnivores. — Le chat sauvage, la véritable souche de
notre chat domestique, existe dans nos cantons montagneux
et boisés ; gris plus ou moins brun, avec des ondes plus
foncées sur le dos et transversales sur les flancs; dedans
des cuisses un peu jaunâtre ; les lèvres et la plante des
pieds noires, la queue annelée terminée en noir. — Voy.
Chaîné, — Lou ca miâotUo, le chat miaule. Et $aje cowmo
lou ca âou froumajè, il est sage, tranquille comme un chat
qui tient sa provende, c'est-à-dire jusqu'à ce qu'elle soit
achevée. Sdouta coumo un ea maigre, sauter comme un
chat maigre, comme un cabri. Um mes das cas, le mois de
février, temps des amours des chats. Au fig. Faïre iou ea,
faire la chatte-mitte, patte de velours ; baisser le ton ; baisser
pavillon; ramper devant plus fort ou plus puissant que soi.
Empouria lou ca, vider un loyer sans prévenir le maitre,
décamper à la sourdine; partir sans prendre congé, sans
faire ses adieux. Acheta un ea dinc un sa, acheter chat en
poche; faire marché sans voir la marchandise. Soun eoumo
lou ca et lou ta, ils vivent ensemble comme chien et chat;
ils vivent très-mal d'accord. Y-a pa'n ea, il n'y a per-
sonne, personne! Farié d'ièls énd'un ea, exp. prvb.« il
CAB
CAB
149
est ai adroit qu'il ferait des yeux à un chat. Manjo ca que
nmmiarai, loc. prvb. pouvant se traduire par : tel qui rit
vendredi, dimanche pleurera.
Dér. de la bass. lat. Catta, même sig. Quant à Tétym.
de celui-ci, on est loin d*ètre d'accord : le gr. KaxCç, furet;
rbébreu CkaiotU, peuvent y avoir contribué; le lat. y a
pris part : Catare, ou Catiare, voir clair; Catum ab eo quod
eatai, id est videi; Catos id est acutos; et encore, Si origo
ejui adferri posiit, à caveo diei maxime probcUur, pense
Vossius. On n'a que le choix.
CSabala, v. Gabaler; intriguer pour quelqu'un ou pour
soi; comploter; se liguer avec quelqu'un.
Emp. au fr.
Cabale, s. f. Cabale, complot, coalition d'ouvriers.
Emp. au fr.
Cabanèl, s. m., n. pr. Au fém. Cabanélo; dim. Caba-
nèU, Cabanéhù. Gabanel.
Dér. de Cabano, chaumière, ou du béam. Caban, formé
de Cab, tête, en v. lang., manteau des pâtres béarnais et
navarrois, pourvu d'un capuchon.
Cabanis, «. m., n. pr. d'homme. Au fém. Cabanisso;
dim. Cabanissé, Cabanis.
Dér. de Cabano.
Cabano, s. /*. Dim. Cabanéio; péj. Cabanasso. Cabane ;
chaumière, hutte. — Cabano dé pastre, hutte de berger.
Il est aussi n. pr. d'homme, Cabane. Au fém. Cabanéiso;
dim. Cabane.
Dér. de la bass. lat. Capanna; du gr. KaodÉvT), tugurium.
Cabàoa, s. m. Bétail gros et menu qui fait partie d'une
ferme d'exploitation rurale, et que le code civil désigne
sous le nom d'immeubles par destination. Par ext. ce mot
s'applique à fortune, avoir, héritage, possession, trésor. —
T-a tin for cabàou dine aquél mas, il y a un bétail consi-
dérable dans ce domaine. Àquà's tout moun cabàou, c'est
tout mon avoir. Las fénnos soun un michan cabàou, les
femmes sont une mauvaise engeance dans une maison. Que
s'aquitot faï cabàou, prvb., qui paie ses dettes s'enrichit.
On emploie aussi famil. le dim. Cabale, pour dire toute
sorte de famille d'insectes et de petits animaux, comme
les rats, les fourmis, les sauterelles, etc.
Dér. du lat. CabaUus, mauvais cheval, rosse.
Cabaré, s. m. Cabaret; logis; hôtellerie; auberge; lien
où l'on donne à boire et à manger. — Faïre cabaré, tenir
une auberge; vendre du vin en détail.
Les étymologistes français, qui ne peuvent se décider à
devoir quelque chose au languedocien, tandis qu'ils vont
fouiller dans les patois les plus sauvages des Gaulois et des
Germains, font dériver cabaret du gr. KaTcrjXeîov, même
sig. Le mot nous parait, à nous, d'origine purement lan-
guedocienne. En fr. il était peu connu au moyen âge; il n'a
guère commencé à paraître qu'au temps de la Ligue, et il
était synonyme alors de taverne : c'était les rendez-vous de
Taristocratie comme les cafés de nos jours, à la seule diffé-
lenoe qu'au lieu de liqueurs et de café, on y buvait du vin.
Le lang. Cabaré semble bien plus ancien; car son acception
est plus large : il signifiait autrefois logis, hôtellerie, et il
n'a pris que plus tard la synonymie de taverne et bouchon.
Le nom du château de Cabaret, dans le département de
l'Aude, fameux dans les fastes de la guerre des Albigeois,
- était une corruption de Cab - are, caput arietis, tète de
bélier. N'est-il pas probable que le nom commun de Cabaré
a la même origine? peut-être parce qu'une tête de bélier
était l'enseigne commune des logis à l'époque et dans la
localité où ce nom a pris son origine. II est bien évident
dès-lors que le fr. nous aurait fait cet emprunt , comme en
mille autres circonstances, sans qu'il veuille en convenir.
Gabarétéja, v. fréq. Hanter les cabarets, les tavernes.
Dér. de Cabaré.
Gabarétô)aîro, adj. m. Pilier de taverne; habitué des
cabarets.
Gabarétiè, ièûro, s. Cabaretier, cabaretière; aubergiste;
hôtellier.
Cabas, «. m. Dim. Cabassé; péj. Cabassas.Cab3&; panier
de sparterie, dont se servent les cuisinières pour aller à la
provision d'herbes, de légumes, et même à la boucherie.
Au fig. une femme sale, mal fagotée, très-négligée dans sa
tenue; un torchon. — Voy. Acabassï.
D'après les étym. fr. le gr. KdE6oc, ancienne mesure de
froment, aurait donné naissance au mot cabas. Nous le
croyons plutôt tout méridional et formé du lat. Caput, qui
avait fourni à l'esp. Cabessa, comme au lang., pour dire
tète, sans doute parce que cette sorte de panier se portait
autrefois sur la tête. La quantité de mots lang. qui ont la
syllabe cab pour racine, et qui sont tous relatifs à la tête,
apporte une nouvelle probabilité à cette origine.
CabasBO, s. f. dim. Cabasséto; péj. CabcLssasso. Tronc
d'arbre étèté, qu'il soit mort ou vivant ; maîtresse branche
de la tête d'un arbre. Lorsque les mûrie» ou les châtai-
gniers sont étiolés et menacent de périr par les branches,
on rase celles-ci tout près du tronc : s'il arrive que les
racines soient encore saines, l'arbre reprend toute sa vigueur
et pousse de nouvelles branches, qui atteignent vite leur
première dimension.
Dér. de Cab, pour tête, Cabasso augm. En esp. Cabessa;
en ital. Capo, tête.
Cabassa, s. m. n. pr. d'homme. Au fém. Cabassudo;
dim. Cabassudé. En fr. Cabassut ou Chabassut. Il est très-
répandu, indifféremment avec les deux intonations à la
première syllabe. Qu'il dérive de Cabésso ou de Cabasso, le
mot adjectivé a voulu dire en principe forte tête ou grosse
tête, au moral ou au physique, avec Cab pour racine.
Cabassudo, s. f. Jacée des prés, Centaurea jacea, ou
Centaurea nigra, Linn. Plante de la fam. des Synanthérôes,
commune dans les prairies. — Yoy. Carouje.
Gabés, s. m. Chevet d'un lit ; côté du lit où l'on met la
tête; oreiller; traversin.
Dér. de Cab, tète.
I, s. f. Péjor. CabéssassO' Tête; au fig. savoir,.
150
CAB
CAB
jUi:''liM'lil, ospi'U, l»nnS(*'Jls. — l'no forlo rahrsso, niio hniiiio
tM<s 11"'^ '*''t<' J»i'''ï iiK'iiMro cl a jugciiii'iit snr.
I>'t. (lo r//^>, tr't«\ Kn psp. '^(ihessd. Cahcza: t'ii p-irt.
Cohera : m h. luvl. fV/'v. I.p hit. Capnl ii'osl [)as ôtraiii't^r
à tous r*'s mots, non ])lus (|uo 1»' ut. I\:v-*'.av ^i "'^ voulait
Cabéstre, .v. ?/*. Mcini ou lio>l; li«'n i\\v^ \\n\ m-'t à la
Irlr» il(\s }j*''tt^S (le soininc [n>ur h^s allacIitT nu liioyr-u d'uiK*
loii;jo. — Tréjia cnt/H' h>>f cnhcUrP, oU cni^e !(i hritio, s*' dit
(.les jiMiijos ;:«Mis, 'jui s'amus'nt d»' tout, sans nul snui'i,
rriiiiraiits et di:'si]K's, (jui ont la ]irid<' siir le criu. — Ynij.
Pn'-îo.
Di'i*. du lat, Cffpisfr'Un . loi'iin'' d'' nip'tl s(r/'t.-f/n, ctijtifis
sh'in;//inn. Vax lias-lircl. Knlicstr.
Cabi, i". ^^('VWY un objet, le ranger, le jur-tlre à l'ahri des
\oleurs (lU des euricuN:, le cacher. — (V//// imo po, uiarier
une fille, la cnllocjner. ('(tus^i) (jHicon la cnhircï}, d<' inani>''i*i'
ou d'autp* nous hétahlintus hien.
I)éi". du lat. Cavuin ou Carus, ca\it<'', cachette, eni'once-
uienl.
Cabïè, .S', m. lUihan de i\\ dit (]lie\ illère, dans toutes les
localités de France, (juoi({ue non enrej^^isln'' j»af l'Acadrinie.
SauvâLî/'s le lait drv. ile ('/jf'/h', l^s che\eu\, [)arç(* i[U'\
dil-il, les feuHiK^s, |i'U <i\anl lui, s' s<'t'\ai(Md de c lailian
|)oiir tresser hnn's ch<"\<ni\: il aui'ait j)u ajouliM' (jU'-. d'-^MH
leuit)s, il ser\ail à t-ais les hoiumes du p'Mipl»' |)nnr r mler
h'Urs cli''\<'U\ tMi (jUi'Ui'. Auiraii-d'hui, C'^iniiie eiinl>>ii. il
entre dans hrauc-nij) d'.aiN raiîi'S de coutuie.
Cabine, .>\ ///. ï)i'ii. Cabi/u'h' : [y'']. Cdffinctds. Ani; »ii'e ;
hahut ; ;."ard(^-rol)i»; jcOnais cahhp't. C'st le n.t-uhle e^s^ML-
tie] |)"ur tout nnuvenu na-nage : une (illi' {]>'> jilus jiauvres
ne ctiiiN'iit LTuèic à s*^ inniàer, ([Uand clic ne p-ait j>aN >ç
donner fnt rahinv : elle a II end, s'il le faut, avec un*^ n''>i-
gnatinu incriloire, jus(|u'à ce (|uc son jx-culc arri\c an p;iir
de celte dr-ncnse.
Ce uiui. \ient é\ideninient du pri'-céd. T'/Ai ; ce|H'ndaid
il <*sl siiiijidier que le lat. hai'han^ se soil renconln'' mnih-
lui dans snu eniidoi rel ilii' au ni.)ria.i:e. Dans la liass. lai.
Çab'nncnlinn veut dire étal)li>seiri<'nt,
Cabô, V. m. (Ihahoi, meunier, che\ane, poisson de
rivière à .«.'rosse lète; c «jui lui \aut sans doute son nom.
— Voil' Art'sloù.
Cabosso, s. f. Dini. Cafxvissctn ; péj. Cahot/ssusso. Clou
de ter de clu'val à L'ro>se tèlr» carri-e; cl<>u de même lV»rme,
n:ai> lie plus i/i'and-' dimension. a\ec leijuel on li\ait les
hnndes de 1er sur les jinlt\> de cliarniie, et où ils étaient
auti'el'ois en si urand noudtre (jue la roue partait sur les
cle>us et non sur la hantle. Aujourd'hui ([u'i m ne jeri-e plus
les rou.^ à hande, mais en cercle, on n'emploie (|ue des
]x>ulons à tête plate. — ) o/y. Clavcl de Cdntu.
On ai)t>elle aussi Cabossa^ certains irros clous dinit les mon-
la'riiards îzarnisseut leurs sahots et souvent leurs souliers.
I)ér. lie fiihéssa.
Cabra, s. m. Troupeau de chèvres. gènéri(|uement ; mais
il !resl ciiipleAé qu'en parlant dos chèvres qu'on envoie au
houe jour les faiie saillir. C'est là une l»ranche d'iruhislrie
ajjricole, (pri consiste j)our toute mise de fonds dans l'achat
d'un Ixaic. Ojj auiéiie là toutes les chèvres du canton, et
ell'S \ rç^l'Mit ju>qu'à un mois ou deux. En attendant, le
propriéiain' liu houe pr.tlite d'un restant de lait que los
ché\ i"es ont runs"r\è, se l'ail jiayer la nourriture, el quand
le lait tarit, il a L'rand soin de renvover les chèvres à leur
maître. Thii rai, m, c'est lianler un houe pour cc{ usage.
Cabra, r. Dresser une éehi'lle, une planche, une jyoutre
conîre un jmu\ dans la [msition d'une cliè\requi se dresse
CMiitn* un arhre,
Sr rahra, se cahnM": se dresser, se rè\olti'r contre; s'ejn-
p!>iter. se hi-ouiller avec quelqu'un. — Se sofni cabras, ils
Sont en opjKtsition.
Dér. de Cabro.
Cabri, s. m. Dim. C(ibi,\/e, Cahrifloh. Chevreau, cabri.
[xMit de la chèvre, fla-d/zs; petit côté d'une échelle double.
<[ui, dans certains pays, n'est couqtosé ijue d'une harre
ronde. — Sàoffid rciitiio un vahv'i, s;iuler comme un cabri.
r}iù tisto lie rabr), au liiî. un étoui'di, un éc^M'Nclé. Qaatt
lu r((hr(> V(ù per linr, sr Inu rabr) sâotito n'a ]>as (or, prvb.,
(piind la chèvre \a dans h' jardin, si le che\reau y saute.
il n'a pas te^rt ; |)our >i;_'iiirier (jue h's itarcnls dt)i\ent seuls
rest'M' r-'sp'ins ailles \\f> n.au\ais e\em])les (ju'ils donnent à
l'Mirs enrinls.
Dèl". i\o ('(ihift.
Cabrida, r. Ciievr.u.'r, inetlre has «les che\ reaux; faire
le clieMeau. Se dit enenre d'une échelltMioidile, qui, étant
dr.'ss''e, s'ou\ re i'iili"'re!,ient, jcirt'e (jue la |>artic (jui sert
lie sui»porl Aii'id à j-diss-'r o\\ arrièrt*: par e\t. el de là,
euhii 1(1, si'Jiiilie dt'i^riiiL'oler, londier.
D'M". de Cuhr).
Cabridado, .v. f. Porl'e d'une chèvre, (juantilé de che-
M'ëaux (pfelle me| has. Par e\.t. dèijrinirolade, chute ile
haul.
])er de Cdhrt
Cabridan, v. nt. l^relon, LOièpe I'ri'li>n, Vespa crahro,
Jiinn. liiM'de du Lvui'e de la «iuèpe. — Vo^. Graoulc.
Cabriè, v. ;//. \\\ lem. Cnhrièno. Chevrier; celui ou
celle (pli L'.irile les chèvres. Kst devenu n. pr. d'homine et
fait «'M fr. dans le Midi, Chahrier, et dans le Aord, Che-
Yri(M".
Dér. d(' ("(ibro.
Cabro, s. f. Dim. Calnêto; jvj. Cahrasso. Chèvre,
remclli' du houe. ' — fabrn-bituntn. Vf'ij. Bounto Ol
l{(inr}r). Me farids ven) ciibrn , Aous me rendriez fou.
Ai>us me feriez ]) M'dre palien';e. La cabro dé moussu Sagnè
.se bnUfjuè toi'lo la ipiffr end)è Ion lanp, mais fhnt jour lou
huip hi nianjr, |>hrase proverbiale (jui exprime de lon^^s
et \ains ejl'nrts pour se défendre, surtout nu jeu; on syn-
cope seaivent et l'on dit : Fat coumo la cabro dé moussu
S(i</nê, et cela siLTuifie : il finira par être enfoncé; il va tout
t>erdre.
CAB
CAC
151
11 8*agit, comme on le voit, de toute défense longue,
obstinée, désespérée, mais inutile, contre plus fort, plus
habile ou plus heureux que soi. Un joueur qui pcid la
partie après l'avoir disputée pied à pied ; un malade qui
meurt après avoir longtemps et péniblement résisté au
mal; un négociant, un particulier qui voit s'accomplir sa
déconfiture après l'avoir retardée autant que possible en
faisant flèche de tout bois; nos éducations de vers à soie
depuis vingt ans, commençant bien pour finir par un
désastre; tout cela fait coumo la cabro dé moussu Sagnè.
D'où vient qu'une chèvre est devenue le parangon de tous
ces braves malheureux?
C'est ce qu'explique suffisamment le complément du
dicton , qu'on scinde parce qu'il serait trop long et que
tout le monde le sait assez pour pouvoir l'abréger. J'ai
même vn les gens en pareille occasion se permettre une
ellipse bien' autre en disant seulement : la cabro/ Mais
c'était un peu des argoliers. L'entier dicton est comme
dessus : Faire coumo la cabro dé moussu Sagnè, que se
batéguè touto la gnuè émbé Imi loup et lou mati lou loup la
manjê, faire comme la chèvre de monsieur Sagnier, qui se
battit toute la nuit avec le loup et le matin le loup la
mangea. — Cette fin était prévue, mais celle des Spartiates
aux Thermopyles l'était aussi; et la chèvre ne luêritait
pas moins de passer à la postérité et d'y entraîner son
inaitre, qui sans elle serait fort peu connu, et avec elle
risque même de ne survivre que dans le proverbe.
Dér. du la t. Copra.
Cabro, ». f. Echelle double; chevalet des scieurs de
long, qui soutient le baudet ou ase.
Cabro, ». f. Mante, 'mante religieuse. — Voy. Prêgo-
Diau.
Cabro, ». f. Papillon femelle du ver à soie; morpion,
vermine qui s'attache aux endroits couverts de poils.
Cabras, au pi., les deux poutres principales qui soutien-
nent l'appareil d'une sonnette à piloter, ou moutoù; la
troisième, qui est garnie d'échelons pour grimper à la
poulie, se nomme éscalo.
Cabrôto, s. f. Chevrette, meuble de l'âtre d'une cuisine,
appui en fer pour soutenir les pots dans les cendres.
Dér. du lat. Capra.
Cabrôou, ». m. Chevreuil; chamois; isard; toute espèce
de chèvre sauvage; Capreolus, Liim. Quadrupède de l'ordre
des Cerfs; brun ou roux, à cinq andouillers au plus. — Le
n. pr. Chabrôou,en fr. Chabrol, est formé de là, comme en
fr. encore Chevreuil et Chevreau. La seule différence est
dans la désinence, suffixe diminutif en lang. exprimé par
Ôou, traduit par ol, rendu par le fr. euil. — Voy, Oou
suffixe. A conférer avec Bagnôou, Cassagnolo, Plagnôou,
etc.
Dér. de Cabro.
Cabroû, ». m. Dim. Cabrouné. Chevron, pièce de char-
pente composée d'un pied droit et de deux arbalétriers.
Dér. de Cabro.
Gabus, s. m. Action de plonger dans l'eau, ou de tomber
de haut la tète la première ; de faire un plongeon.
Dér. du lat. Caput, parce que la tète porte la première,
Gabus, ». m. Au pi. Cabusses. Pro vin, branche de vigne
que l'on couche dans la terre pour qu'elle prenne racine et
remplace un cep qui manque. — Ddou tén das cabusses,
dans le dernier quartier de la lune de mars.
Gabus, adj. m. Cdou ou Cùoulé cabus, Chou blanc,
chou cabus ou chou pommé.
Dér. du lat. Caput, parce que cette espèce de chou forme
une grosse tète ronde.
Gabussa, v. Plonger dans l'eau ; faire le plongeon ; tom-
ber de haut la tète la première. Il est quelquefois actif : —
Cabussa quâouquus, plonger pour sauver quelqu'un qui se
noie. Cabussa un sôou, aller chercher un sou au fond de
l'eau, en plongeant : exercice qu'on s'amuse à faire exécu-
ter aux enfants en jetant un sou dans l'eau.
Dér. du lat. Caput, tête; en esp. Cabessa.
Gabussa, v. Provigner la vigne; marcotter toute espèce
de piaules ou d'arbustes. Au fîg. inhumer, enterrer quel-
qu'un.
Gabussaire, aïro, adj. Plongeur; qui a coutume de
plonger.
Dér. de Cabus.
Cabussâou, ». m., ou Cassàou, ou Sacol. — Voy. Cas-
sàou.
Gabussé, ». m. Raie d'eau, Rallus aquaticus, Linn. Ce
nom est aussi donné à la poule d'eau marouette, galUnula
porzana, dont les habitudes tiennent beaucoup de celles
du Raie. — Voy. Rasclé.
Gabussèl, ». m. Dim. Cabussélé; péj. Cabussélas. Cou-
vercle; ce qui sert à couvrir. — Lou cabussèl dé la testa,
le crâne, l'os sui)érieur de la boite du cerveau.
Dér. du lat. Caput; en esp. Cabessa.
Gabusséla, v. Mel|(e un couvercle; couvrir un plat, un
pot, une hucjie; dé son G^tecclf . ' ^" -
Gabussèlo, ». f. Couver&le d'un pot au feu, uniquement.
— Chaquo toupï trobo sa cabussèlo, chaque cheville a son
trou; chaque fille trouve un mari.
Las cabussèlos, au pi. les cymbales, parce que cet ins-
trument a effectivement la forme d'un couvercle à pot.
Même étym. que les préc.
Gacaï, ». m. Caca; sellé d'mi enfant; ordure, saleté;
terme de nourrice qui, pour détourner un enfant de tou-
cher à quelque chose, lui dit : Cacaïf C'est par suite de la
même idée qu'on met une décoction amère au bout du sein
de la nourrice quand on veut sevrer son nourrisson, et
quand il y porte la bouche, il se retire en s'écriant : Cacaïf
— Aquà's dé cacaï, c'est sale.
Dér. du gr. Kaxxr), excrément.
Gacalaca! interj. et ». m. Coquerico, chant du coq;
onomatopée. Gosier, au fig; par ext cou, col. — Li coupé
saun cacalaca, il lui coupa le cou.
Cacalaca, ». m. ou Pantouftéto, ». f. Digitale pourprée.
15â
CAC
CAD
mufle de veaa, Aniirrhinum majus, Linn. Plante de la
fam. des Personnées, qui croît sur les vieilles murailles, à
fleurs irréguliéres et pourprées, auxquelles il ne manque
que d'être plus rares et exotiques pour être recherchées.
Cacalaea, en terme de coiffure, toute espèce de nœud de
rubans, de pouf, posé sur le haut d'une coiffure de femme,
en guise de la crête d'un coq : d'où le nom.
Cacalas, «. m. Au pi. Caealoêiet, Eclat de rire. — Faguè
un hél eacoias, il partit d'un grand éclat de rire.
Ce terme vient-il du gr. Karfjakdm, rire à gorge déployée;
ou bien n'est-il qu'un rappel du eaealaca du coq, avec
lequel l'éclat de rire a un rapport d'onomatopée?
Cacalaasa, v. ou mieux S'éscacalaasa. Eclater de rire ;
rire à gorge déployée, bruyamment, rire aux éclats.
Dér. de Caeala$.
Cacha, v. Serrer; presser; meurtrir; casser, briser en
serrant fortement, avec les dents, ou en frappant ; mâcher,
broyer avec les dents. — Cacha dé notes, casser des noix.
Moun iidd mé cachavo, mon sabot me blessait le pied. Un
au dé foim tén eachariè pas la paio; c'est ce que l'on dit
de quelqu'un qui veut se faire ou que l'on croit plus jeune
qu'il n'est, et qui a cependant largement atteint ou dépassé
l'Age où un âne, faute de dents, ne pourrait plus broyer ou
mâcher la paille.
Se cacha Icm dés, se meurtrir les doigts; au fig. être
dupe de son propre stratagème.
Dé froumaje cacha, du fromage qui a dépassé le degré de
fermentation qui lui convient, vieux, fort et rance.
Dér. du lat. Quassars, briser.
Cachadnro, s. f. Meurtrissure ; pinçon ; blessure produite
par une forte pression. — Aou déàasta se vésou las cacha-
dures, exp. prvb., quand on enlève le bât à un âne, on
aperçoit ses blessures; au fig., c'est à fin de compte qu'on
juge de son mal.
Dér. de Cacha.
Gâché, «. m Cachet; sceau; pain à cacheter.
Dér. de Cacha.
Cacheta, v. Cacheter; appliquer un cachet; fermer avec
un pain à cacheter.
Dér. de Cacha.
Cacho, s. {. Cachette; cache; lieu secret où l'on cache
quelque chose.
Emp. an fr.
Cachô, s. fil. Dim. Cachauté; péj. Caéhoutas. Cachot;
prison basse et obscure.
Emp. au fr.
Cacho-foné, s. m. Chambrière de charrette; gros bâton
suspendu par une douille mobile au tablier d'une charrette,
qui sert à soutenir les bras en équilibre lorsqu'elle est
dételée, et à soulager le limonier lorsqu'elle est attelée
chargée, mais au repos.
Corop. de Cacha et de Foué, fouet.
Cachomonre, s. m. Coup de poing sur la mâchoire» sur
le nez.
Comp. de Cacha, meurtrir, et Mours, visage.
Cadabre, s. m. Péj. Cadahras. Cadavre, corps mort ;
plus particulièrement en parlant du corps humain ; au fig.
homme maigre et décharné, ou seulement livide.
Dér. du lat. Cadavcr, qui serait la syncope de caro data
vermibus, à ce qu'on assure et qui est vraisemblable ei
ingénieux.
CadacQ, n. pr. de lieu. Cadacn, petit hameau dans la
commune de Laval, arrondissement d'Alais.
Dér. du lat. Caput et Aeuium, chef pointu.
Cadai, s. m. — Vay. CalaX.
Cadanaa, v. Balancer; remuer en équilibre; pencher;
branler. — La tàouh cadanso, la table n'est pas solide ;
elle branle sur ses pieds.
Dér. du lat. Caderc, tomber, et de Danso.
Cadàoula, v. Fermer au loquet; fermer une porte avec
le loquet.
Cadàouléja, v. Loqueter; agiter, faire aller le loquet
d'une porte pour ouvrir, ou pour indiquer qu'on se dispose
à entrer.
Cadàoulo, s. f. Dim. CadAovdélo; péj. Cadàoulasso.
Loquet; cadole; languette de fer, avec son appareil ea
bascule qui U soulève, et le crochet-gache qui la retient,
pour fermer une porte. En terme de charcuterie, verge du
porc, y compris son fourreau et la longue membrane qui le
lie à l'abdomen. — Es taujour en Vair eoumo uno cadAouHo,
au fig., il est sémillant, actif, agité; il ne saurait rester en
place. Fino eadàoylo, loc. prvb., fin matois, rusé et actif.
Le fr. s'est emparé de ce mot dont il a fait Cadole, qui
a la même acception, mais qui ne s'emploie que comme
technique de serrurerie.
Dér. du lat. Cadere, tomber.
CadarâoQ, «. m., n. pr. d'un torrent qui borde à l'ouest
la ville de Nimes : Cadarau.
Dans le dialecte nimois, ce mot est synonyme de voirie,
gémonies. Cela tient peut-être à ce que le lit de ce torreat,
sur lequel est aussi situé l'abattoir public, servait à cet
usage; et que cette destination était ancienne. Mais ne
pourrait-on pas prétendre avec autant de fondement que
c'est de cette circonstance même que le torrent tire son nom?
Il n'est pas hors de probabilité que l'expression, soit qu'elle
s'applique génériquement à tout emplacement de voirie,
soit à l'emplacement particulier de ce torrent, ne dérive dut
lat. Cadaver, cadavre; si l'on se rappelle surtout que des
fourches patibulaires, véritables gémonies, dont on voit
encore quelques piliers sur la route de Sauve, dominaieot
le cours de ce ruisseau. Cependant Sauvages, en consultant
sans doute quelque dialecte voisin, applique ce nom de
Cadarâou aux ruisseaux d'écoulement des rues, et lai
donne pour origine le verbe grec Rat&^lco, couler de haoat
en bas. D'autres veulent le faire venir du catahm catorBuep,
torrent. Le mot n'appartient pas à notre langue; et iKyos
y voyons plutôt une redondance réduplicative de notre
Caràou, qui a la même signification. — Vay. Carâou.
CAD
CAD
153
Cadastre, «. m. Cadastre; anciennement registre de
capitation ; plus tard terrier des propriétés imposées à la
taille; aujonrd'hai registre public où sont marquées l'éten-
due et la valeur des terres.
Dér. de la bass. lat. Capitastrium. Godefroi dit : In
Gallia, aliçuibus in locis, à capltïbus vel capitatlone cap-
dastra, vel enta Ire, vocatur capitationis scllicet registrum,
in ç^ibus singulomm nomina adnotata erant.
CSade, «. m. Grand genévrier à baies rouges, Juniperus
oxycedrits, Linn. Arbrisseau de la fam. des Conifères. C'est
la grande espèce dont la racine fournit l'buile empyreuma-
tique de Cade, qui est d'un usage très-fréquent en agricul-
ture pour le traitement des animaux, el principalement
contre la gale des moutons. La tige de cet arbuste fournit
par incision la résine appelée Sandaraque, base des plus
beaux vernis. — E$ davala ddou cade, il a dégringolé ; il
est en déconfiture; ou il est mort.
Cade-mourvls, s. m. — Voy. BlourvU.
Cade-tabl, $. m. — Toy. Sabino.
On regarde ce mot comme dér. du celt.
Cadè, «. m. Dim. Cadété; péj. Cadétas. Cadet. Surnom
qu'on donnait beaucoup dans le peuple au fils puiné d'une
famille, au second enfant mâle, n'importe le nombre des
frères subséquents. Ce nom était tellement incarné à l'indi-
vidu qui en était affecté dans son enfance, qu'il ne le per-
dait pas même par la mort de son frère aine, quoiqu'il
devint par là le chef de. la maison. Lorsqu'on voulait y
ajouter le nom de famille, on faisait précéder celui-ci de la
partie, dé; on disait donc : cadè dé Marti et non cadè-
Marti. Il en est de même encore assez généralement pour
ks prénoms; on dit plutôt : Jean dé Brunèl que Jean
Brunèl. Dans les races vraiment populaires et autochtones,
il n'est pas rare qu'on ajoute au prénom et au surnom de
Cadè la désignation de la mère, surtout lorsque cette mère
est plus connue que le père, ou lorsqu'elle est veuve. On
dira plus volontiers par ext. cadè dé Martino, Janà dé
Brunèlo, que cadè dé Martï ou Janà dé Brunèl. Cette
tournure prend un caractère plus original et plus local
encore, si l'on féminise pour la mère le surnom du père.
Un homme était surnommé Bon Diou, son fils était connu
sous le nom de cadè dé Bon Dioulo. Ce nom de Cadè est
resté dans le génie de la langue, mais l'usage se perd de le
donner aux enfants. — Un bon cadè, un bon drille. Lous
codés dé la$ Matèloê, que lou$ dousfan cent ans; loc prvb.,
de beaux jouvenceaux ! la paire fait un siècle ! dicton qui
a été importé de Montpellier : les Matèles est un village au
bord de l'étang de Mauguio.
Cadè, qui se disait autrefois Capdè, est un dim. de Caput,
chef, petit chef, second chef de la famille.
Cadèl, «. m. Dim. Cad&é, Cadéloù;^}. Cadélas. Axk
fém. Cadèlo, Jeune chien, petit de la chienne; par ext.
jenne homme sur les confins de la puberté. — Vn cadélas,
on jenne gars, robuste et un peu niais.
Dér. du lat. Catellui.
Cadèl, s. m. Chaton ou folles fleurs des arbres que les
botanistes distinguent sous le titre et rangent dans la fam.
des Amentacées, comme le chêne, le noyer, le châtaignier,
le coudrier, le peuplier, l'orme, le saule, etc.
Cadéla, V. Chienner, mettre bas, en parlant d'une
chienne; pousser des chatons, en parlant de certains
arbres.
Cadélado, s. f. Portée ou ventrée d'une chienne; laitée,
en fr., se dit également d'une chienne de chasse.
Dér. de Cadèl.
Cadenas, s. m. Cadenas; serrure mobile et portative,
qu'on adapte par un anneau à un autre anneau fixe, com-
me fermeture. — Lou cadenas ddou col, les vertèbres du
cou ; les clavicules qui joignent les deux épaules en fermant
l'orifice supérieur de la poitrine.
Dér. du lat. Catena, chaîne.
Cadénéto, s. f. Cadenette, longue tresse de cheveux.
C'était la coiffure des incroyables du Directoire, qui se
nommaient aussi Muscadins. Cette mode était renouvelée
d'autrefois, et remontait, dit-on, à Henri Albert, seigneur
de Cadenet, maréchal de France, qui lui aurait donné son
nom. 11 est bien aussi probable que ce nom lui vient de ce
qu'elle consistait à relever les cheveux en tresse plate, en
chaîne, qu'on fixait au haut de la tête avec un peigne.
Cadéno, s. f. Chaîne, suite d'anneaux ou chaînons
entrelacés. — Cadéno dé coulas, mancelle, chaîne qui tient
au collier d'un cheval de charrette. Fré coumo la cadéno
d'un pous, froid comme une chaîne de puits.
Cadéno est le nom d'une rue du vieil Alais. Est-ce un
souvenir du moyen-âge, pour rappeler les précautions d'une
bourgeoisie toujours jalouse de ses libertés et privilèges à
rencontre de ses seigneurs, qui faisait placer des chaînes à
l'entrée de ses rues contre les incursions des gens du châ-
teau dominant la ville sur ce point, ou contre les attaques
extérieures? Ou bien, cette rue en pente était-elle si diffi-
cile, qu'autrefois il avait été nécessaire d'établir une chaîne
dans toute sa longueur pour servir de main-coulante aux
passants? Le nom se retrouve dans les plus anciens titres
des archives municipales : les attaches des chaînes se dis-
tinguaient encore aux deux extrémités et indiquaient leur
position en travers de la rue ; la première origine nous
paraît donc préférable. Le lat. Catena est en tous cas le
radical du root.
Cadièîraire, airo, «. Fabricant, tourneur, faiseur de
chaLses ; rempailleur de chaises.
Dér. de CadiUro.
Cadièîro, s. f. Dim. Cadièiréto; péj. Cadièirasso. Chaise,
siège à dossier où l'on s'asseoit ; chaire à prêcher. — Empdia
uno cadièîro, rempailler une chaise. L'an traeho dé la
eadiiiro in bas, on a publié en chaire les bans de son
mariage.
Dér. du lat. Cathedra, qui a les deux mêmes signif.
Cadls, «. m. Cadis; étoffe de laine grossière, espèce de
gros drap gris on brun, sans teinture, qu'on fabrique dans
154
CAO
CAG
les campagnes, surtout dans la Lozère. — Faire un eadis],
(aire faire une pièce de cadis dans la maison, ce qui pro-
cure une meilleure qualité que de l'acheter en foire ou chez
les marchands .
Dèr. sans doute de la ville de Cadix, d'où cette étoffe
doit avoir été importée dans Torigine.
CadÎBMÏre , airo, «. Tisseur de cadis; marchand ou
fabricant de cette étoffe.
Dér. de Cadis.
CadiBsariè, 5. f, Hardes et habits de cadis de toute une
maison, qu'on lave à la fin de l'hiver et qu'on suspend dans
la cave pour les préserver des vers.
Dér. de CadU.
Cadiuèîsso, s. f. ou Cadôonsso, ou Dôousso. Cosse de
pois, de fèves, de haricots et autres légumes qu'on écosse;
au fig. forte tape, causant contusion et douleur. — Voy.
Déousto.
Cadra, v. Cadrer; convenir; s'ajuster, s'assortir avec.
— Aquà cadro bièrij cela vient juste à point .
Dér. du lat. Quadrum, carré .
Cadran, «.m. Cadran, surface sur laquelle sont marquées
les heures. Au fig. homme ou femme effronté , aux allures
hardies, qui s'aflîche avec affectation et mauvais goût.
Dér. dans sa première acception du lat. Qwidratum; dans
la seconde, par comparaison peut-être avec le cadran, qui
étale et marque les heures.
Cadre, «. m. Cadre, bordure de bois en baguettes dont
on entoure une glace, un tableau, une gravure ; chambranle
d'une porte.
Dér. du lat. Quadrum, carré.
Café, «. m. Café; nom commun à la graine du cafier, à
l'infusion qu'on en fait, et au lieu où on le vend préparé.
— Faïre café, tenir un café ; être cafetier, limonadier. Au
fig. préne soun café, jouir silencieusement et paisiblement
d'un spectacle qui amuse. Cette phrase se prend d'ordinaire
en mauvaise part, c'est-à-dire qu'on jouit malicieusement
d'une mystification que Ton fait subir à quelqu'un, ou
d'une querelle À laquelle on ne prend part que pour juger
des coups et en rire.
Dér. comme le fr. de l'arabe Gahouhah.
Cafétiè, ièîro, s. Cafetier ; limonadier ; le maître ou la
maîtresse d'un café.
Dér. de Café,
Cafétièîro, s. m. Dim. Cafétiëiréto. Cafetière; vase à
faire le café, ou toute autre infusion.
Dér. de Café.
Cafiô, $. m. Chenet; landier; ustensile de cheminée qui
soutient le bois dans le foyer.
En bas-bret. Kafuner, chenet; en ital. Capi fuocco,
Cafonr, t. m. Enfourchure d'un arbre ; le point où les
grosses branches se séparent du tronc ; carrefour ; embran-
chement de plusieurs rues qui forment une sorte de petite
place.
Dér. du lat. Quadrum et Forum, place carrée.
Caga, V. Chier; aller à la selle; s'ébouler, en parlant
d'un mur, d'une tranchée , ou d'une bobine, d'une fusée,
d'une toupie, dont le fil ou la corde est enroulée trop
lâche.
Notre Dictionnaire s'est fait un devoir d'enregistrer tous
les mots et de chercher l'explication de toutes les locutions
populaires. 11 suffit de le rappeler, c En mouchant une
expression mal propre, on s'expose à lui arracher le nez —
c'est-à-dire le caractère, l'originalité, > a dit un glossateur
de beaucoup d'esprit : il n'y a donc pas à faire les délicats
avec une langue qui professe hautement et avec raison que
parâoulot pudou pas. Un empereur d'assez bonne maison
disait la même chose de l'argent ; nous pouvons bien le
dire de la monnaie courante du peuple. Nous toucherons
donc au passage deux dictons fort usités, et sans aucun
scrupule.
Caga dàou pichà quiou : inutile de donner le mot à mot;
mais l'argot de la langue verte nous fournit un correspon-
dant : chier de petites carottes; même signification. C'est
mener petit train, vivre de peu, se serrer le ventre ; cette
dernière expression, plus académique, nous mène tout droit
à la nôtre, comme on va le voir. Quand on est obligé
d'économiser jusque sur son manger, l'estomac n'a pas
beaucoup à faire. Dans cet atelier de fabrication, comme
dans les autres, la matière première faisant défaut, les pro-
duits diminuent nécessairement; et l'importation manquant,
l'exportation doit être peu de chose : d'où il suit qu'une
petite voie suffit pour l'opérer. L'effet est dit pour la
cause dans notre locution, qui, par une bizarrerie à
noter, indique beaucoup moins le fait d'économiser sur sa
cuisine, avec les conséquences de l'espèce, que celui de se
restreindre, par nécessité aussi, et de faire petitement tonte
autre chose, quoique les mêmes conséquences n'y soient pins.
Caga méléto. Le melet est un poisson de mer assez long
mais surtout très-mince. C'est cette conformation qui a
donné lieu à notre dicton qui signifie : avoir grand penr.
On sait qu'un des effets de la peur est de resserrer singu-
lièrement chez l'homme certain conduit sécréteur; bien
d'autres dictons dans toutes les langues viennent, avec la
science, témoigner de ce fait. Or, il doit résulter de cet
état que les produits ne peuvent être que fort minœs,
comme la méléto, par exemple, et c'est encore dire la cause
que de dire l'effet.
Dér. du lat. Caeare,
Cagado, «. f. Cacade; excréments. Au fig. éboulis;
imprudence , entreprise manquée ; ânerie , pas de derc. —
As fa aquï uno bélo cagado, tu as fait là une lourde soUâse,
une énorme imprudence. Dé eagados dé mousquos, chiures
de mouches.
Dér. de Caga,
Cagarâonlé, s. m. Très-petit pot à bouillir; le plus petit
pot, dans lequel on fait chauffer le bouillon d'un malade,
la soupe d'un enfant.
Dér. dn lat. Caeabulus, dim. de Caealus, pot an feu.
CAG
CAl
155
Cagarâonlo, s. f. Dim. Cagarâouléto. Escargot, limaçon
à coquille; hélice aspergé, Hélix aspersa, Linn. Mollusque
Gastéropode. En fr. moyen -âge, on disait Caquerole, qui
signifiait à la fois un escargot el une espèce de marmite
à trois pieds et à longue queue. Cette dernière acception
semble annoncer sa dérivation du lat. Cacabus, pot au feu;
et Tescargot y aurait participé par analogie de forme. Le
limaçon, quand on Tirrite ou qu'on l'approche du feu, rend
une écume comme le pot au feu. — Lou tambour dé las
cagarâoulo*, le tonnerre. A\ço es la casso dé las cagarâoulos,
tan dé vit tan dé prés; dicton pour exprimer un succès
complet en quoi que ce soit, comme au jeu, par exemple,
quand on gagne toutes les parties. Ordinairement on ne dit
que le premier membre de la phrase, le second restant
facilement sous-entendu. Il est inutile, pour expliquer ce
dicton, de dire que lorsqu*on va à la recherche des escar-
gots, ce qui se fait après une pluie de printemps ou un
orage, on en prend tout autant qu'on en trouve ; ce gibier,
dont on est généralement friand dans le pays, étant peu
propre à dépister ou à fuir le chasseur.
Gagarèl, Picarèl ou Suscle, s. m. Mendole, Sparus
Mana, Linn. Petit poisson de la Méditerranée, de l'ordre
des Holobranches ; bon quand on le mange frais, mais qui,
ainsi que l'indique son nom lat., peut imiter l'anchois,
Mana, et qui en effet se conserve dans la saumure ; c'est
te goût piquant qu'il en tire qui l'a fait appeler Picarèl.
— Toy. c. m.
Cagarèlo, s. f. Mercuriale, foirclle ; Mercurialis annua,
Linn. Plante de la fam. des Euphorbiacées, purgative et
lâxative : elle est un poison pour plusieurs animaux et
enlr'autres pour les lapins.
Son caractère éminemment émollient lui a valu son nom.
Cagâroclio, s. f, Dim. Cagarouchéto, Très-petite mai-
son, cahutte étroite, taudis, où l'on est logé à pli de corps.
Au iig. bamboche, très-petit homme, nabot, avorton.
Il peut, dans les deux sens, pr. et fig., dériver par com-
paraison de la posture accroupie exprimée par le verbe.
Cagasso, ». f. A-bé-cé, alphabet, croix de par Dieu. —
Voy. Crous.
Cagnar, s. m. Dim. Cagnardé. Cagnard, abri exposé au
soleil ; c'est le foyer d'hiver des pauvres gens, des vieil-
lards et des fainéants; la cheminée du roi René à Aix.
Dér. du lat. Canis, chien, ou de l'ital. Cagna, chienne,
parce que les chiens aiment à se coucher au soleil.
Cagnarda, v. Exposer au soleil et à l'abri du vent.
Dér. de Cagnar.
Cagno (Faire la), v. Faire la mine, la grimace ; dédai-
gner; refuser d'un air dédaigneux.
Dér. du lat. Canis, c'est-à-dire faire une mine de chien.
Cagnô, Oto, adj. Dim. Cagnouté, éto; péj. Cagnoutas,
ojvo. Sot, imbécile; poltron.
Dans l'ancien lang. Cagnd signifiait chien : on dit encore
un foutrassàou dé cagnà, un gros diable de chien.
Dér. du lat. Canis; en ital. Cagnolino, petit chien.
Cagnoto, s. f. Dim. Cagnoutéto; péj. Cagnoutasso. Cor-
nette de femme en indienne, sans dentelle ni avance, qui
emboîte la tête et les oreilles. C'est la coiffure exclusive
des femmes du peuple et de la campagne dans leur négligé
de travail. Les étrangers conspuent cette coiffure, qui n'est
pourtant pas sans grâce, et qui ressemble beaucoup au
bonnet phrygien. Tout dépend du plus ou moins de coquet-
terie dans la manière de l'arranger.
Ce mot parait encore dér. du lat. Canû^ parce que, dans
le principe, cette coiffure descendait sur le cou en oreilles
de chien.
Cagnouta, v. Mettre la Cagnoto à quelqu'un ; coiffer une
femme de sa Cagnoto.
Dér. de Cagnoto.
Cago-chl, s. m. Bon-Henri, épinard sauvage, Chenopo-
dium bonus-henricus folio triangulo, Linn. Plante de la
fam. des Chénopodées; commune dans les lieux gras.
Son nom lang. lui vient de ce que les chiens aiment à
déposer sur elle leurs excréments.
Cago-prin, s. m. Pince-maille, fesse-Mathieu; ladre
d'une avarice sordide; vilain; taquin. •— Sauvages donne
à ce mot pour équivalents : cago-dignès, cago-du, cago-$ée,
cago-maïos : c'est la môme idée, que nous avons expliquée
dans le verbe servant à la formation de tous ces subst. —
Voy. Prin, Digne, Maïo, etc.
Cago-trépo, s. f. Chausse-trappe ou chardon étoile,
Centaurea calcitrapa, Linn. Plante de la fam. des Compo-
sées Cynarocéphales, qui vient le long des chemins. La
même que Vdouriolo. — Voy. c. m.
Çai, adv. de lieu. Ici, céans. Il a la même portée que
Aid, avec cette différence que ce dernier suit d'ordinaire
le verbe auquel il sert de régime , tandis que le premier le
précède . — Çaï sera lèou, ou sera lèou aïei, il sera bientôt
ici. Çaï sèn, nous y voilà. Diou çaï sièl que Dieu soit
céans! exp. prvb., quand on entre dans une maison.
Çaï a quelque chose de plus technique, de plus syncopé
et partant de plus poétique que Aicï.
Dér. du lat. Hàc, par ici.
Caia, V. Cailler; coaguler; figer. — Lou carboiit dé la
Gran'Coumbo es lou mtoîi, parça que edio lou mot, la
houille de la Grand'Combe est de la meilleure qualité,
parce qu'elle se caille, elle fait prise, c'est-à-dire que le
soufre et le bitume qu'elle contient se mettent en fusion et
en vitrification à l'action du feu ; ce qui cimente les mottes
entr'elles.
Dér. du lat. Coagulare; en ilal. Quagliare.
Caîado , s. f. Caillé ; du lait caillé.
Dér. de Caïa.
CaîâoQ, s. m. Dim. Ca:ialé; péj. Cdialas. Caillou; galet;
pierre de pleine main et de la dimension dont on se sert
pour la fronde on pour le jet à la main. — Vabaidiavo à
eos dé caïàous, il le poorsuivait à grands coaps de pierre.
S'arape un eaUou, si je prends une pierre.
Dér. du lat. Calculus, ou Cautes.
ITj^J
CM
CAI
Calas, s rn. Ciiil'.t «J-' >iii/. ;:iirj.'Ma J-- siu;: cjiII'J.
D'A . il' i nm.
Caie, éto, nij. \'>\;\ï?'-\ [>v\ 'l-; 'J'-iL\ ':'.'Ul"iH>. C:- u.oi
U»' y 'lit ^Mi-r-' qil-: 'l'-' I.''):!!.-- '1' ;it li r '!»•' '."t <1" d'-'UX.
(y;iil'iir>. P"'.r !'-^ ]'''r'>, '-n lit dni:/, •! di- l-.- ii.'*':i.'' .■-'^ii.'î.
lia-cnf:, s. tt> . L-p't, • -|> '';-' .1* L-ir "U d.- ^'r.'^ i\it,
l/i<;li''ji»'- d" ^'iiT «.-l '!•' M iii'.'. 4111 iii:ti'' Mil' l--:? arlii''>. —
Voy. Urt.
Ctu't M/inlJ" ..u--i :;/-H-'t.. a .'!. ■iti-; ^•'.•, -'ii ['ti'liiit d-'
s^-.T, .'i\;uit iiii'.' pi.rliit" il'— 1.; iti II, j> iir ''".ii'i- <|ii" li
ft;uill',- il'-" }»r''.'iii"r«' '.t. !•; ;.'i-iiii il ■> >':"iils u*' h»* d'''t.it:li'.'iit
(•\i ]•'". pTuniit fl 11'' .>',' |i'-i'l''iit.
Caièiro, v. /\ \'';iitij':iil'' 'Vi '/-("lu ti- il'- ;i-'ti'''iii\, v-mux
i'\ cil''"'. rt;âii\, 411'' I "Il ••''11-'' i'\ ' l'.tr iiii'" |ii'''j'.ir.ili"ii. jt"Ur
caill'T 1'' l.iit. L'i {•i-'ijii T'' M])''rali'.ri (li,-'''-ln'' iL; «.•••< aiii-
lfj:iu\. '''tMil il'' c.iill-T I" lait, 1-' NÎS'.-'T'' qui ^•Tt a «•••II''
oj/'rali'Mi , •>[ .^.'itur''' •!" o-ilaiii^ a':iil'->, tjiii {)rMliii>''iit !•'
iiiOfii'.' •■irjl ajjr-'^ la inorl d-; r.iiiimal ''t la dt'r?^icati'Jii du
viiOT'' — T'/y. ('al.
D»''I". d'.' (nui.
Gain, ino, ^/-/y. Talill"ii; iinii-irtiru ; iii'ini'.'tuit ; «{ui se
plaît a lourfii''iil''r; iiicofniiiod''.
D''t. du ii'ifii di; (liiii. r.t*:.' di- (^lïii.
Gaina, »•. 'J"'aijiii'iil'a-; iufiui'H-M'; iinp^rtunor ; i»i(iu».'r à
«:^ju|i^ d '''[iiii^'l''S.
Mriij»' di'T. qii'' Tiidj. pn'c.
GaïO, s. f. Caillt.', Pci'fi.r rolnrnij-, T'-iniii. ()iN'\au (!•' la
f.'ifii. d'-.^ Al''t:tridi'>. f/'^ cailli'^ aiTisoni dans iintiv pa\>
vers h: CMiniiiriio'i/irjit d'.i\i'il. Ou 1»'5 api»"!!'- ali»rs caill:'s
v«*rtf'S, parce r|U'.' la <:ani]ia_;uê f^l d-'-jà c<»u\t'rl',' d'j\frdure:
T'ilc^» Sont [)''U ^'ia>M'S à <'''ll*' rpMju*', «pu <'st oeil'' d».' li'urs
aiijoui's. Vt.'is 1<' Mmi^ d'aoul <,'l di' S'^plfuil)!''!, <'11<'S fuut un
S'.'coud [)a>^;i;.'i'; rui 1<'S cli.isx' daus li's luz''i'U''S rt ilau> It'S
viî5'ii<'s, <'l cniiiiiif ('11''^ snul fort ^' t'a s>*'<, «'lies .sont faciles à
lin-r; l<'ur «'liair alors est uii iiian;jt'r dt''liei<'U\.
Bci de caio, s. m. Uàlc do gtniot, Jiulltfs crej-, Linii.
Ois^'au <1<.' la nirinc famille (pu- la caille, nii pt'ii plus j:ros;
il vit solitaire, ce qui lui a \alu saus doute d'être traité de
majesté.
Eu ital. Qnfi'jfia.
Caïo, .V. .leu d'eufauts qui ressemble à colui de cliguo-
mnsetto, uiais dout il est le contre-pied : car celui qui est
caché doit prendre celui qui lu clif-rclie a\ant qu'il ait
touché le Init, tandis (pi'ici c<dui (jui se cache fait ses efforts
pour no pas étro découvert d'abord, et une fois év(Milé par
le cherchour (pii l'annonce en criant : caio pà- ?/;? (èl, lâche
de loucher le but avant d'être saisi sous peine d'interver-
sion des rôles.
Caïradé, s. m. Gesse domestique; pois carré, Laihijrus
sativus, Linn. Plante de la fa ui. des Légumineuses, cultivée
soit comme fourrage, soit pour en cueillir la graine.
Ditn. dér. du lat. Quadrum, carré.
Caire, 5. m. Diii.. Cairoù. (^<;.ié; carré; coin; angle;
oA" d un aiiç'!-'. Au lu'.-ji.lr it; canl'.'n; (juartier. — Cara
(.!'■ t-ja( eau a, carré d ms t"U> 1"> ^en». Cerqua dé tout caire,
cli'ji'_li''r lie t"U"^ C'jt'S. Y-a un hiare catre dé trufos, il y
a un Icau cai'i'' do p- ..'i.ii.'/x d-' t-iTO. Es rescoundii din
(pifj'j'uiur t'uue. il e^l L'i'-li''' d in> qU''lquo cui[i. Bèslo pas
rn dd'jxr^hj i-airr, il n h. il 'il'.' pas daus ce quartier.
\)<ï. ilu 1 il. ihia lnn)i.
Caire, i. m. Cair'-m. un-- ^l.'> cvul''urs du jeu de cartes.
— Jofju" c-.iue, nuàon n'a pas /<-.■ po pas tvaive, c'est un de
C'-> ii;ill'.' dicl-iis qu'- ]•■> ji U'ur> iii\oiit<Mit pour entn'tenir
la <;"n\''r^ ili'U , (]uiul 1" j-'U al'> irbo l':»utes leurs pensées
au point d'.' ne pou\oir causer do sujets étrangers à ce qui
1''? pr*''occupe e.xi.'lusivi.'iu.'iit. L»- Ij'.'Soin de riuier est parti-
culi'-r au -•'•jii.' du dict"ii. >ui'l''Ut on languedocien. Copo
rutie et jixf) caiif^, il triclio: au llg. il plaide le lau\ et le
Mai; il lau.-se >a parule.
ticlia'n caiif pour fiJui >:n caire oU /»V7m un caire. Cela
vriii ilin- ; faiiL'uoi', .-iniuNor, scior le d.js, et auï^si conlra-
rit-r, \.'\<T, firhur ihalJi'-ur, ce dcriii''r verlk"» mis par anien-
d''ijient, bi''ii ont. -n lu, coijime dans notre languedocien.
Maint-'iiant, d'apivs c»' ([110 n-'US ^•'nons de dire, Caire a
plu'^i''Ul■< >i^iiiiii;ali"ns, >rlon ruccurrence : coin, sons, côte»
et carn'au du jou de carl^'S. Il n'ost i»as absolument inij^os-
sibl.' que la locution \i':nii'' dune partie de caries dans
laquolle un jouour aurait été obstinéaienti)oursui\i et battu
par la coul'.ur carnau; o'p''ndint il y a une autre explica-
ti'»n assi'z simple, asM.^z naivo, si ce n'est davantage, i>our
ôip' la bonno. Lorxprun onranl n'ost pas sage, on l'envoie
on p''nilont»> dans un ciii ilo la chambre où il doit rester
jusqu'à r''\piralion do ^a p-ano, debout, sans bcmger, et
tourné vrs lo mur; il rst clair (juo cola doit l'ennuyer, le
vexer, lui faher malhour, si \ous ^oulez. Ces souvenirs
d'onfance resl-'Ut on grandissant et, quoique plus sage alors,
si l'on oprouvo ({uehjue contnuaélé, quelque einiui, quelque
Aoxation, un a pu li\s assinjil''r *i ceux du jeiuie temps,
quand on vous flanquait dans un coin pour punition, elles
appoler du momo n'»m en salant tant soit peu l'expression.
iMais il ne faut rien gaixler sur la conscience. Cette der-
nière explication, ([ui me revenait assez, je dois convenir
qu'elle ne peut étro acceptée que sous bénéfice d'inventaire.
Le dicton est exclusivement languedocien et de vieille date.
Ceux (pli font los dictons étaient, en niatière d'éducation,
pour l'ancienne méthode de iM. Cinglant, et je crois même
qu'ils le sont toujours. Connnenl auraient-ih fait celui-ci
sur une nou^elle [)énalité qui n'a été édictée que depuis et
seulement dans le code des salons? C'est assez difficile à
arranger, et il faudra sans doute revenir à notre partie de
cartes au risfjue de la perdre encore.
Dér. du lat. Quadrum.
Gaïre (dé), adv. De travers, obliquement; de cùt^^; en
diagonale. — Ana dé caire, marcher de aHé; au fig. être
gêné dans ses affaires ; ne pas aller franchement. Coupa dé
caire, couper de biais.
CâL
*
Dér. du lat. Quadrum; oa du gr. Xs{p, la main.
Caissa, v. Terme d'agric. Equarrir mie fosse, mie fosse *
d'arbre, tailler ses berges perpendiculairement, les ragréer;
taller, pousser plusieurs rejetons de la racine. Au fig. se
eciissa, se remplumer; rajuster ses affaires; s'arrondir;
prendra de l'embonpoint. — Lou bla caïsso , le blé talle,
lorsque sa fane s'épaissit et forme plusieurs plantes avant
que sa tige s'élève. Un home, un chivcU bien caïssas, un
homme on un cheval ragotés. S'é$ bien causa, il a bien fait
ses orges; il a remonté ses affaires; se dit aussi d'un jeune
homme dont les membres se sont renforcés, qui a pris du
corps. Açuélo fénno s'és bien caïsstido, cette femme s'est
bien meublée, bien nippée; ou elle a pris de la carrure.
Dér. de Caïsso,
CaîsaàOQ, «. m. Dim. Caïssalé; péj. Caïêsalas, Dent
molaire ou màchelière. — M'a déraba dous caïssàotts, il
m'a extirpé deux grosses dents. Dérabo aquél caïssàou, au
fig., tire toi de cet embarras; tire toi cette grosse épine du
pied; trouve une solution à cette affaire difficile.
En lang. romane Cats, mâchoire, dent.
CaÎMO, s. f. Dim. Càisséto; péj. Catssasso. Caisse de bois
propre à renfermer tonte sorte d'objets; coffre; bière, cer-
cueil. — Caïsso dé eabus, fosse à provigner. — Voy. Cros.
Dér. du lat. Capsa, coffre.
Caûsoù, 5. m. Caisson de charrette ; petite armoire placée
sous le brancard et fermant à clé, où les rouliers renferment
leur argent et ce qu'ils ont de plus précieux.
Dim. dér. du lat. Capsa.
CaîtiTiè, s, f. Chétiveté; misère; infortune; pauvreté;
mësaise; saleté, crasse, squalidité qui suivent la misère;
maigreur, mauvaise santé provenant d'une nourriture mau-
vaise ou trop peu abondante. — Es mor dé caïtiviè, il est
mort de pénurie , de misère. Tira soun ventre dé eaitiviè,
manger goulûment, avec avidité, comme quelqu'un qui a
longtemps jeûné, et qui est à bonne table pour se refaire.
Y vaï pas dé càïliviê, il n'y va pas de main morte.
Dér. du lat. Captivus, captif, esclave; en ital. Cattivo,
malheureux, chétif.
CtttiyoÙB, onso, adj, Chétif, malingre; cacochyme; qui
végète langoissamment.
Dér. de Caïtiviè.
Gajonla, v. Cajoler; courtiser; tenir à quelqu'un des
propos flatteurs, agréables, séduisants.
Emp. au fr.
Cal, t. m. Présure; matière acide qui sert à faire cailler
le lait. La substance que l'on emploie le plus souvent,
provient de la macération de la caï^ro, caillette, ou estomac
des chevreaux, qu'on fait tremper longtemps dans l'alcool.
Une coilleiée à café de cette liqueur, ainsi pénétrée des
acides de la eaïêiro, suffit pour faire coaguler trois litres de
lait. — Voy. CaSOiro.
Cal se dit an prop. de cette sorte de matière gélatineuse,
ressemblant à du caillé, qui forme le noyau de certains fruits
an commencement de leur maturité, l'intérieur des grains
CAL
157
à enveloppe dure, et se prend pour jointure, calus, nœud
des os fracturés; au fig. il exprime la verdeur, la sève, le
défaut de maturité, dans le sens de jeunesse. — Lou bla es
en cal, le blé commence à former son grain; le moment où
le grain n'est encore qu'une pâte blanche, laiteuse, comme
le caillé. Nose en cal, noix, lorsque son amande n'est
encore qu'une gelée. Aquà's pas que dé cal» cela n'a point
de consistance encore. Préne cal, en parlant d'un os cassé
qui commence à se souder par la coagulation de la substance
gélatineuse qui lubréfie ses pores : former calus. Aquélo
jouïnèsso es éncaro din soun cal, cette jeunesse n'est pas
formée, fam., si on lui pressait le nez, il en sortirait du
lait.
Dér. de Caïa,
Gala, V. Céder ; baisser pavillon ; lâcher ; se taire ; mettre
les pouces.
Dér. du gr. \cCkéxû, céder, faiblir.
Galada, v. Paver; carreler; couvrir, revêtir de pavés, de
carreaux ; joncher. — La tèro èro totUo ccUadado dé poumos,
le sol était couvert de pommes. Lou ciel es calada d'éstèlos,
le ciel est semé d'étoiles. Fôou avédre lou gousiè calada pér
béoure aquà, cette liqueur est si forte , qu'il faut avoir le
gosier pavé, le palais bronzé, pour la boire.
Dér. de Calado,
Caladaire, s. m. Paveur, celui qui pave. Au fém. Cala-
dairo.
Calado, s, f. Pavé des rues; chemin pavé; l'ensemble»
l'espace pavé, recouvert de pavés.
Dér. du celt. Kaled, dur; en bas-bret. Kaled, ou Kalet.
Caladoù, s, m. Pavé; pierre équarrie qu'on appelle pavé
d'échantillon. Par ext. pavé des rues, des cours, des corri-
dors intérieurs. — A couja nu lou caladoù, il a couché par
terre.
Même dér. que Calado.
Calai, s. m., ou Cadaî. Sorte de colle claire dont la
farine est la base. Les tisserands en oignent les fils de leur
chaîne, pour leur donner plus de fermeté, les empêcher de
s'érailler ou de se détordre , ce qui leur procure une sorte
d'apprêt ou de raideur.
Dér. du lat. Catena, ou Cadeno, chaine, dans Cadaï, ou
de Cal, pour calus, cdlosité, dans Calai*.
Calaman, c. m,, ou Caraman. Arêtier, faîtage d'une
toiture; pièce de bois qui s'étend d'une ferme à l'autre et
qui supporte les chevrons ou traverses, sur toute la longueur
du toit.
Dér. du gr. Iko^ki^, chaume, parce que dans l'origine
les maisons étaient couvertes en chaume; ou de KaXov, bois.
Calamandriè, 5. m. Germandrée ou Chênette, Tencrium
ehamœdrys, Linn. Plante de la fam. des Labiées, qui croit
de préférence sur les coteaux.
Calandra, v. CaLmdrer ; passer une étoffe à la cahudre.
Dér. de Calandro.
Calandriè, s. m. Calendrier, almanach, livre ou table
qui contient la suite de tous les jours de l'année.
158
CAL
CAL
D6r. du ht. Cahndarium, parce qu'on écrivait autrefois
en gros caractères en tète de chaque mois le root Calendœ,
calendes, premier jour du mois, nouvelle lune.
Calandro, t. f. Calandre, presse ou machine cylindrique,
qui sert à lisser, h donner du lustre, du moiré à une étoffe.
Kodier fait dér. ce mot du gr. KaXéovxsç, rouleau, et
Roquefort de KûXivSpoç, cylindre.
Calandro, s. f. Grande alouette, non huppée; calandre,
Alauda calandra, Temm. Oiseau lie l'ordre des Passereaux
et de la fam. des Subulirostres. C'est l'espèce qui supporte
le mieux la captivité ; elle vit longtemps, chante agréable-
ment d'une voix éclatante et répète les airs qu'on lui
apprend.
Dér. du gr. KiiXavopa, alouette.
Caléndâon, s. m. Bûche de Noël; grosse bûche qn*on
met au feu pendant la veillée de la messe de minuit, à la
Noël. Les gens de la campagne lui attribuent une foule de
qualités superstitieuses. En Provence, on l'appelle Cacho-
fuèc.
Caléndàmt est le titre du second poème provençal de
Frédéric Mistral : une nouvelle et magnifique épopée après
la charmante épopée de Mirè\o. Le récit des amours et des
aventures du jeune et beau Caléndâoit, le héros du poème,
sert de cadre aux tableaux de mœurs, aux descriptions des
vieux usages, des fêtes, des gloires de l'ancienne Pro-
vence.
Dér. de Caléndos.
Caléndos, j. f. pi. Fête de Noël ; jour de la fête de Noël.
— Pér ccUéndos, à Noël, à fin décembre. Caléndoi jalados,
Pa$quo* moutados, éspigos caradoi, prvb., de la gelée à
Noël, de la pluie à Pâques, promettent une riche moisson.
Dér. du lat. CcUendœ, les Calendes : terme de comput
{lour la division du mois chez les Romains. Les Calendes
étaient le premier jour de chaque mois ; les jours qui pré-
cédaient se comptaient en ordre rétrograde. Ainsi le
31 décembre était le second jour des calendes ou avant les
calendes de janvier, secundo calendas, sous-entendu antè;
le 30 décembre teriio ccdendas, le 29 quarto calendas, et
ainsi de suite en remontant jusqu'au 4 3">« jour où commen-
çaient les ides, que Ton comptait aussi en rétrogradant
jusqu'au 5">« jour, qui était le jour des Nones. La fête de
Noël se trouvait donc à peu près au milieu de cette série
des Calendes, et comme cette fête occupait plusieurs jours,
on appelait tous ces jours-là les Calendes de janvier; et la
fête de Noël étant une des plus grandes solennités de l'année,
on l'a appelée Calendos par excellence.
Le mot lui-même en lat. Calenda, vient du gr. KaXsîv,
appeler, parce que le jour des Calendes, à Rome, on convo-
quait le peuple pour lui annoncer le nombre des jours du
mois, la nouvelle lune et quel jour tomberaient les Nones.
Calibè, «. m. Gaillebotte, masse de lait caillé; du lait en
grumeaux qu'on obtient du pelil-lait en le faisant bouillir.
On en fabrique plusieurs mets, entr'antres Visearassoù, qui
est une sorte de rhobarbe, et la réquiieho, reomte, sorte de
crème qu'on prépare avec du sucre et de la fleur d'orange,
et qui a quelque rapport avec la crème à la Chantilly.
Dér. de Cal, venu du lat. Coagulare.
Calibre, s. m. Calibre, diamètre intérieur d'un tube,
comme fusil, canon, conduit de fontaine, tuyau, etc. Au
fig. constitution physique, valeur individuelle. — Quinte
calibre! quel calibre! dit-on en voyant un individu forte-
ment constitué, surtout une femme aux formes puissantes
et développées.
Dér., dit un auteur, de l'arabe Calib, moule.
Calice, j. m. Calice, vase où l'on fait la consécration de
la messe. Il s'applique seulement dans cette acception. —
Propre conmo tm calice, très-propre, très-net, comme un
calice.
Dér. du lat. falix, coupe, tasse.
Calicô, s.* m. Calicot, tissu ou toile de coton, moins fine
que la percale.
Emp. au fr.
Caligna, v. Courtiser; flatter; coqueler, faire l'aimable
auprès des femmes; faire sa cour, faire l'amour; niugueter;
convoiter. — Caligna à cos dé poun, faire l'amour à coups
de poing.
Ce mot parait être une corruption de Galina, qui n'est
pas dans la langue, mais qui, en l'admettant, signifierait
faire le coq. Les mots fr. galant, galanterie, de Gat, ont
la même étymologie, de même que coqueter, coquetterie,
coquet, dérivant de coq.
Calignaîre, s. m. Dim. Calignaïroà. Le galant, l'amou-
reux d'une fille, celui qui lui fait la cour.
Même étym.
Calimas, s. m. Au pi. Calimasses. Chaleur forte et
humide; air chaud, lourd, étouffant; vapeur chaude.
Dér. du lat. Calidus, chaud.
Câlin, ino, adj. Dim. Câliné, éto. Câlin; flatteur; (pu
fait le doucereux, qui s'insinue hypocritement dans les
bonnes grâces; patelin.
Dér. du lat. Callidus, rusé.
Galion, «. m. De la cendre chaude, de la braise qui se
conserve sous les cendres ; au fig. feu, verve, inspiration .
Dér. du lat. Calidus, chaud.
Galo , «. /". Abri proprement dit. — Ne s'emploie guère
qu'adverbialement au dat. à la calo, à l'abri du froid et du
vent.
Dér. de Caloù,
Calas, ». m. Au pi. Calosse». Dim. Calouseé; péj.
Caloussas. Trognon de chou; grosse tige d'une plante léga-
mineuse. — Calas dé brus, chicot de bruyère que Ton
coupe quand on rame les vers à soie. Calds dé ^Ho, la tige
de nouvelle pousse des mûriers, qui est verte et tendre,
mais que les vers ne mangent pas. An pas laïssa que tout
colosses, ces vers ont bien mangé, ils n'ont laissé qae le
bois de la feuille.
On dit an fig. tin ealàs dé fénno, une femme trds^^rasse.
Dér. du lat. Cavlis, tige, ou du gr. KoXov, bois.
CâM
câm
159
Calossos, €uij. f. pL N'a d'emploi qae dans Bajanoi
ealoisos, châtaignes sèches, qu'on ne fait cuire qu'à demi et
qu'on mange d'ordinaire avec de la salade.
Dër. du lat. Callostu, calleux, durci.
Caloto, s. f. Calotte, petit bonnet hémisphérique qui
couvre le sommet de la tète ; calotte de prêtre ; taloche, tape
du plat de la main sur la tète. — Dans ce dernier sens :
jowfa à la caloto, jouer en prenant une taloche pour enjeu;
on comprend que c'est le gagnant qui paie et le perdant qui
reçoit.
Caioto est aussi une réunion d'habitués, qui font cercle
et causent assis en public, ou debout, sur une place, devant
un café, etc. *
Un auteur fait dér. ce mot du celt. Calota : nous n'avons
pas le moyen de le vérifier. D'autres du lat. Callus,
couverture de tète, que nous ne trouvons pas, mais qui
viendrait du gr. lîoXucTTb), couvrir, voiler : à la bonne
heure!
Caloù, «. f. Dim. Calounéto; péj. Caloufuuso. Chaleur;
au fig. ardeur, feu, véhémence, activité. — Estre en caloù,
entrer dans la saison des amours, en parlant des animaux.
Dér. du lat. Calor, chaleur.
Calourado, «. /*. Echaufiaison; bouffée de chaleur. Au
Rg. concupiscence, passion de l'âme.
Dër. de diloà.
Calonrén, énquo, adj. Chaleureux, échauffé; d'un
caractère chaud et bouillant.
CalonssQ, ndo, adj. Dim. Caloutsudé et Calaussudd;
péj. CaiouMsudai. Robuste; bien membre; ragot, gros et
court; qui a de gros membres.
Dér. de Calas.
Calonta, v. Donner du plat de la main une tape sur la
tète ; soufQeter. — Té vas faire calouta, tu vas recevoir une
taloche.
Dér. de Caloto.
Gain, ndo, adj, Dim. Caludé; péj. Caludas. Myope, qui
a la vue basse; presque aveugle. Par ext. se dit des moutons
ou brebis atteints du vertige ou tournis , sorte de maladie
qui leur rend la tète lourde et les fait tourner sur eux-
mêmes jusqu'à ce qu'ils tombent. Elle est occasionnée par
des vers qu'une mouche dépose dans leurs naseaux et qui,
pénétrant jusque dans les sinus frontaux, y font de grands
ravages.
Dér. du lat. Caligo, obscurcissement, venu du gr.
KaX6oTb>, couvrir, voiler.
Camar, ardo, adj. Dim. Camardé et Camardoà; péj.
Camardas. Camard; camus, qui a le nez plat, gros et
écrasé. Dans le peuple , on donne volontiers le surnom de
Camar par antiphrase aux gens porteurs d'un gros nez. —
Dé sautés camars, des souliers à pointe large et carrée.
Lou camar, stibstant. se prend pour le nez.
Son étym. est^lle dans le gr. Ka^xdpa, voûte, arcade, qui
a donné le lat. Camurus, tourné, courbé en dedans, parce
que les nez camards ou camus sont courbés en dedans? Ou
bien serait-elle tirée de Camelus, chameau, qui a le nez
très-aplati, mais qui porte aussi une bosse et a l'épine
dorsale fortement en arcade et en voûte? Les unes ont sans
doute formé les autres : tout se tient.
Gamba, ado, acij. Dim. Cam6ai/é; péj. Cambadas. Jambe;
qui a la jambe bien faite ou de longues jambes, suivant le
qualificatif qui précède, ou même seulement l'inflexion et
le ton. — Camha coumo un gai, qui a des jambes de coq.
Dér. de Cambo.
Cambado, s. f. Dim. Cambadéto; péj. Cambadasso.
Enjambée; gambade. — Fondra bé né dansa uno cambado,
il faudra bien essayer de cette danse, y danser une enjam-
bée.
Uno cambado, en termes d'agric. l'enjambée de terrain
que fait un ouvrier avec la houe, c'est-à-dire la largeur
qu'il peut atteindre autour de lui sans changer de place ses
jambes, qu'il est obligé d'enfouir dans la terre.
Dér. de Cambo.
Cambaîa (se), v. Mettre ses jarretières.
Dér. de Cambo et de ïa, lier.
Cambaiè, s, f. Dim. Cambaiè'tréto. Jarretière.
Môme étym.
CSambajoù, s, m. Jambon, cuisse de porc salé. — Tirarén
d'aguï coumo d'un cambajoà, ce sera là notre plat de
résistance, qui doit servir pour plusieurs jours. Tiro d'iéou
coumo d'un cambajoù, il me prend pour banquier, il tire
sur moi comme si son crédit ne devait jamais s'épuiser.
Ce mot a toute l'apparence d'un dim. de Cambo, de
même que son correspondant fr. jambon, dim. de jambe :
nous ne savons pourquoi, car c'est la cuisse et fort grosse
encore qu'il désigne. Sauvages fait la même remarque, et
cite plusieurs mots fr. ayant leurs analogues en lang.
qui offrent la même anomalie, comme : caisse, caisson,
càisso, caïssoù; sdlle, salon, salo, saloun; saucisse, saucis-
son ; sàoucisso, sdoucissà, etc.
Cambaloto, «. f. Dim. Cam6a/ou(éto; péj. Cambaloutasso.
Culbute ; cabriole ; saut périlleux. — FaXre la cambaloto,
faire la culbute, tomber cul par dessus tète. Faïrs dé
cambalotos, faire des cabrioles.
Quoique ce mot semble avoir pour racine le mot Cambo,
il est probable qu'il dér. de l'ital. Tombolata, qui a la
même signif.; seulement le lang. en l'empruntant Fa trans-
formé de manière à lui donner une physionomie plus locale
par la métathèse de Cambo. Il est certain qu'en prenant ce
dernier pour racine du mot Cambaloto, on ne sait trop que
faire de la désinence aloto, qui ne présente aucun sens ni
aucune analogie.
Cambaloata, v. Faire la culbute; faire des cabrioles;
tomber la tète en bas.
Cambaln, ndo, a4j\ Qui a de longues jambes; c'est la
tournure du héron voyageant sur ses longs pieds.
Dér. de Cambo.
Cambarô, s. m. Douleur vive au poignet à laquelle sont
sujets certains artisans par le fréquent exercice de cette
IGO
CAM
CAM
partit^ (lu l)r;is, ou plutôt jnir la npriso irim Ir.n.iil il*'
iiiniii on (le liras iloFit (Hi a\ait p'M'ilu riialiilu<lf\ L"s
fanrlu'Ui's y soFit tivs-snjctsaii iNMiiiiit^iii-cint'iit d-' la saison,
[)arci* qu'ils «''laifiit d(''slial)itn'''s depuis plusieurs iumJs d'un
travail (pii iuliTcss" pivsipie cKelusiviMiiMit les nerfs et
liifalures des putii/iiels. On pivtend, saii> dtail" jiar pr-'-juLié,
(ju'un hiMcelct (lu conlnii d'eearl.iif e>l le |-t^iii('de de c-elte
inen.'iiiiinditt'.
D't. dt' l'ilid. (iinuhd rodii , qui a la iiiriiie siLiiif. Pim-
iKiM'Min'nl on a appli.pi»'- au luvis un terme qui axait été
IrttU'.é dans le piin.jp.' ji .ur une d. ulcni- d-' uiém.. n.iiure
à la jauiln'.
Cambéto, s. f. I^'li^• j.iiidi<'; jiian«-!i(M'>n d'un araii'e,
(pli t>>l >urintinl'' cl l(^i"niin('' [)ir je nianejic uu nianfj'fni. —
Vfùic Jti (-(nn/n'io^ dunnei" un eîMeeii-jiuiilic.
l>^- si'mula-cantln'to, l(u.'. ad\i'rl).. à el*icli*' pied.
Dnn. de Vntiiho.
Cambi, 5. >//., nu Candou. Aluinnenieni ;i\ee nn n.iré-
clial [Miur Ierr<'r les c"lic\au\ d'iiin' léiinc, ci r<'parci- les
outils ar.llnire'^. — Fera à rnml'i. l'cii-er par alcinncMi.'iit.
l)an> le juineijtc (^///</>/ >i..'niliail ('l'Iian^ije: cVst par ini
exi.'cs d"c\l' n>i«in de >en> (ju'il en cs| \ciiu a ne pins >i_jni-
licr (ju'altMnnenient.
I)i'r. du lai. Canihiiifti, écli.inLt'
Cambo, .v. /'. Dim ('muf'rht; \h'\. <'(niflni'<s'>. .laud'C,
partie du (.•i»r[is du L;v>n"U jusqu'au ]iied; ti""ne d'ailtri', tiLc
de plante. — Doiuni fus nnnhti^ à un ifofi, dniincr la
lilii'rté au\ jaiiilics d'un enl'inl , ç'cst-à-dire lui <'>tcr le
niaillni et le \clir d"nne r(tl»e jkiui" la piiMnière l'ois, i^imf'o
lii' jf(isti< tro, -urnoin (pi'on aj»[»!ique à un cai'iicnx, à eaux-
de lu ressi'iid>lanee de conlomialion de ses jandii-s a\'H.'
celles d'un liaju' de niaie-àqv-lrir tpii ont la niênic d(''ri\a-
tiou. Ciniihit f'ih (o, 'yAi\i]\\' il ujoiiii' pai\d} .st'c. qu'on tr,nn«*
ou qu on jette eji axaul; celui qui est afllif-'é de (."elle infir-
niit''. Scinhlo tju'nn vht inc pissn à lu vmuho, [)ln'i>e faite,
pour e\prinier le mépris «ai le peu de cas qu'on lait de
\aini> [i.uolcs, ou d'une sotte fanfaronnade
I)ér. de la baSS. lat. Cnniha, même si|,'., ou du lT. K7.;j.rrr],
courbure, jointure. En ital. iKiiiibn.
Camboï, s. m. Cambouis, \ieu\ oinn d'une roue de
charrette, ou d'uuo macliine, deNrnu noir par suite du
IVottomenl et j)ar le mé|an;je îles parties métalli(pies.
I)ér. du celt., dit Iloiuiorat. Jo lui crois plutôt une
parenté naturelle a\ec Camhajoit , à cause de la graisse de
[»orc (pii (il est la base. — Vo*/. Cdinbnj'iit .
Cambovira, c. Faire la cidbut*^ culbuter, renverser,
mettre sens dessus d(\ss(His. Au ti^'. tn'passer.
l'urmé de Cambo et de Vira.
Cambra, ado, afj. Caud)ré: «nrqué; courbé; \oùté.
I)ér. du gr. Kaaa;>a, voiite.
Cambrado, s. f. D'un. Camhra<fvto ; p(q. Camhradasso.
Cbaiid)rée, en terme de magnanerie, la quantité de vers ou
de C(jcons compris dans une magnanerie. — Faire uno
cambrado, (île\er des vers à soie; mena la cambrado, diri-
! gcM- leur éducalioii Mamjua sa cambrado, ne pns réussir
sa (•Iiamliré(\
Di'r. de Cmnhro.
Cambrïoù, >. m. Dim. fambrïouné. Petite cb.imbro;
cliambi'(MIe ; cabinet.
J)ini. de ((inib/o.
Cambro, n./". Dim. f'arhbreto, cambriou ;\)i''}. Cambrasso.
(diandue; plus pirliiailièrement , appartement où V(m
courlie, — Mninihi uno cambro, meubler une cliainbn?
pour dcN nou\(\ni\ marir-s.
I (t (••!n/''rn^ \.[ chambre des déjnilés. .\ccej»tion nouvelle
[n'\<<' du fr. cl intiodiiite d.uis le langage j)n|ili(pio.
D'i". ilu l'I. CmiK-ni, îjième sign., ou du gr. Ka-iaoï,
\oule.
Cambroul, .s. m. Kchiubouhire, énq^tion de boutons.
eniore>ctM)ce de l'epiderme, maladie counnune au\ enfants.
Camélô, .v. )u. (lanii^lol, grosse étoile de laine, originaire
^w Le\ ml, où elle éidl lissée dc poils de chauKMU ; ce qui
' lui a Valu .^ou nom.
D'r. du -T. \\'j-ir\<-,-t', ]i«\ni di» chameau.
Camcou, s. m. ('.IriMieau, Camo/us barfrianus, Linn.
>l i!.,'iiif''iv il ' la faiii. d 'S Ruminants; il [lorte deux bosses
sur le d ■>. \u lig. un L-rand nignid, badaud; une grande
fciiiiie III. d «•!i,n"penlée cl s.ius grâce. — [,es armoiries tlf*
l)'-/iei> suiit un cliaiiMau. \)"> malins lui ont alîecté jK)ur
il 'N i>e : St H f'";", nous >onnnes fort uombi'euv.
/•\///r /'/// nini'ou, se courliei', se Voûter; faire b^ dos de
(■liaMii\iu.
D.'r. du lai. <\inicf(ts ^ ou du gr. Kc(;j.r,Ào;, ni(>me
sii'U.
Garni, .s. m. Dim. Cdmiué. Chemin, route, voie, S(Miti(T.
— Cmn't mrs.stf/iô. clieniin (jui Conduit à la messe, k
l'i-gii-ie. C-///// f/f»\- vn'Irntitn'i, ebemin des débiteurs : cheniiu
lie ira\cr>e, mauNaiN eheniin, [dus long (pie In voie directe.
Ttiiit rtnitf nii-nnrtt r//o,pr\b,. tout chemin conduit ;\ Houie.
r.\ 1) 1(1 fni de soufi r./tn't, il est à la fin de sa course.
Plusieurs étuiiologies ont été proposées: d'abord, du
cell. Coin, marche; tiii d'un mot égypti»Mi Cfunn ou Chem,
siijnilianf ineeudir, l>u ; parce (jue les premières voies
auraient été Ira vers |iar le feu ; ou de l'ancien gothique
l'anH'H, ijifiinan, ou du teuton Komcn, av(^c le sens dc
chemin; <»u de l'allemand Kommen. aller et venir; enfin,
selon Ménage, de Camhtarc, tiré de Campinare, diinin. de
Camparc, formé du gr. Ka-j-rrr], jambe. En ital. Cammino:
en c>,p. (^(iminoj on portug. Cami)iho; en cat. fami. La
M'aie sour«'(» parait être dans la premi(''re indication : on
trou\e en «^ll'et Camnn en kvmri, Ccum en ga("'l, Kamen on
armoricain : h'am y signifie Pas, comme le Kymri Camre:
dont l'anglais a fait to corne, venir.
Camina, v. CbemiiKM-, faire route, marcher, aller, faire
Son cheiinn. — famitw, tron dé l'air! as pôou que la lèro
té manque? fais ton chemin, morbleu! lu as jxîur que la
terre te man(iue? C'est une phrase faite qu'on accuse les
provençaux d'adresser aux personnes qui leur demandent
CAM
CAN
161
leur route. Ce ne peut être qu'une calomnie motivée par
leur brusquerie native : si elle a quelque chose de vrai, ce
défaut 8*efface chaque jour par les progrès de la civilisation.
Ftti bon camina lou mati, il fait bon marcher le matin.
Hamino, eaminof marche, marche : sorte dMnterjection,
pour faire avancer, ou pour chasser quelqu'un.
Dér. de Cami.
Gaminaïre, s. m. Cantonnier, ouvrier employé à l'entre-
tien ou à la réparation des chemins; marcheur.
D6r. de Camï.
Caminarèl, èlo, adj. Voyageur, qui fait beaucoup de
chemin ; marcheur, qui marche beaucoup, longtemps.
Dér. de Cami,
Gaminolo, s. f., ou Garéîroù. Petit sentier; chemin de
traverse; chemin rural.
Dim. de Cami.
Camisar, ardo, adj. Qui est en chemise; qui va en
chemise.
Lout CamUards, les Camisards, bandes armées de calvi-
nistes cévenols dans la guerre religieuse du commencement
du XVni"« siècle. Ce nom leur fut donné de ce qu'ils por-
taient sur leurs habits une chemise, camiso, ou un sarrau
on blouse de toile blanche.
Camiso, «. f. Dim. Camiséio. Chemise, vêtement de
linge avec corps et manches, qui se porte sur la peau. —
En cor dé camiso, sans autre vêtement que la chemise et le
pantalon, ou la jupe. En manche dé camiso, sans habit, de
manière à montrer les manches de la chemise. Tm car es pu
prèehi que la camiso, ou es pu près la car que la camiso, la
chair est plus près du corps que la chemise : cette phrase
est employée pour exprimer qu'on porte plus d'intérêt à
soi-même ou à sa famille qu'aux étrangers.
Dér. de la bass. lat. Camisia.
Cainmaa, s. m. Hameau, manoir principal d'un domaine.
Dér. de Cap, chef, tête, et de Mas, métiirie.
Camouflé, s. m. Camouflet, insulte, affront; mystifica-
tion, bans l'origine, cette sorte d'affront consistait à soufller,
an nez de quelqu'un qui dormait , de la fumée avec une
paille, un chalumeau ou un cornet de papier allumé.
Dér. du lat. Calamus et Flatus, chalumeau et souffle,
Caiamo flatus.
Campagnar, ardo, adj. Campagnard, qui habite la
campagne. On dit mieux Pêtsan.
Campagne, s. m. Sonneur de cloches, celui qui est
chargé de sonner les cloches.
Dér. de Campano.
Campagno, s. f. Campagne, grande étendue de pays;
lieux en dehors de la ville où sont les champs, cultivés ou
non cultivés; expédition militaire et sa durée. — Àna en
campagno, faire un voyage.
Dér. du lat. Campus, champ.
Campanéja, v. fréq. Sonner les* cloches; brimbaler les
cloches ; sonner à coups redoublés.
Dér. de Campano.
Campanéjado, s. f. Contenu d'un clayon; plein un
clayon.
Dér. de Campanéje.
Campanèje, s. f. on Léradoù. Clayon , sorte de panier
plat, plus long que large , avec un étroit rebord , formé et
tressé d'éclisses en bois refendu. On l'emploie à faire sécher
les fruits au soleil , pour transporter le linge sec du lavoir,
et pour élever les vers à soie dans le premier âge.
Campanéto, s. f., ou Conréjolo. Liseron ou volubilis,
Cohvolvulus arvensis, Linn. Plante de la fam. des Convol-
vulacées ; sa fleur blanche ressemble à une clochette, d'où
lui vient son nom. — Voy. Couréjolo.
Campano, s. f. Dim. Campanéto. Cloche; clochette,
sonnette. — Bé dé campano, se disait autrefois d'une pro-
priété cléricale.
Dér. du lat. Campana, nom pris de la contrée d'Italie
où les premières cloches furent connups, et dont saint Pau-
lin, évêque de Noie, en Campanie, fut le premier à intro-
duire l'usage dans les églises, en 400.
Campéja, v. Poursuivre, courir après quelqu'un; chas-
ser, dissiper. — La fan lou campéjo, la faim, la misère le
talonne. — L'aï campéja tout lou jour, je l'ai poursuivi
toute la journée. — Lou son té campéjo, le sommeil t'ac-
cable, te poursuit.
Dér. du lat. Campus et Agere.
Campèstre, s. m. Terrain inculte, sauvage ; propriété de
peu de valeur et de mauvaise culture; pays montueux.
Dér. du lat. Campestris, champêtre.
Camus, uso, adj. Camus, camard, qui a le nez court et
aplati. Se dit mieux Camar. (Y. c. m.) — Qu*a un pan dé na$
n'es pas camus, prvb., qui par une inversion du physique
au moral, du propre au flguré, s'applique ironiquement
à quelqu'un qui, recevant une juste mystification, échouant
dans une entreprise, n'en ayant qu'un pied-de-nez, voudrait
encore se faire passer pour hahile ou pour avoir réussi. —
Yoy. Camar, même étym-
Can, s. f. Plaine sur une haute montagne. — Avec la
même signif. et sans toutefois que cette différence puisse
être expliquée, si ce n'est par un usage local, on dit pour
certaines désignations la chan, en faisant sentir le ch, pour
la can, synon. Ainsi la chan dàou Tor, plaine sur la mon-
tagne du Taur (Ardèchc), et la can dé l'Èspitalé, plaine
d'une montagne de la Lozère, n. pr. de lieu, ayant appar-
tenu aux chevaliers hospitaliers de St-Jean de Jérusalem,
qui possédaient plusieurs commanderies dans nos pays.
Il n'est pas douteux que ce monosyllabe Can pourrait
être une altération orthographique dérivant soit du latin
campus, soit de can tus, selon qu'il serait orné à sa der-
nière lettre de la consonne indicative pont; mais il est à
remarquer que le mot n'est reçu, dans notre dialecte, qu'au
féminin, dans l'acception qui précède, avec la flexion du
C dur, qu'il a retenue du latin ; il n'existe pas au masculin
isolé, avec aucune des flexions du C. Seulement il entre
volontiers en composition dans les deux sens de champ ou
91
164
CAN
CAN
toutes ces altéiMlious, en coiiservanl tantôt leui' tournure
pninili\e, en Ja remaniant tantôt à sa manière.
Essayons^ pour ariiviT aux. tiens, mots «pii nous occu-
jKînt, (le ivmunlei" e^lte loUj/ue éeln-lle de variantes. .Nous
avons parlé (lt\s MilîiKi.'s a, ne, ur^jue, au ; dans l'espèce il
en apiKirail d»; nuiiseauv sur la }ilus ancifuiie l'oriiu\
Camie f Comlc , Comldte. P.ir l<'s exf.Muples on arn\e au\
plus cljires dénu mis! râlions. La j^rainmaire et.'lli jue de
Zeuss en lournil d' nombreux : dia, dcus, dia-de, divinus:
doin, lioiiio, doiii-dc, humanus; did, forum, dul-de, lorcn-
sis; he(t, \ita, ln'o-de, \i\us; hi, pix, bi-dc, [lieL'Us; nntn,
cu'lum, iicin-di-, eo'li'.slis; ilum, e<'r\us, dam-de, cei"\inus;
trab, [vAïii , h(if^-d(i, Irahealus; n'(j, rcx, ritj-dn, re^'ius ;
/Vi</, l'abus, f»iij-dc, i"aL:inus; — (-/.v, liscus, ecn^ns, ris-tf,
censoi'ius; mîs, iii'Misi>, ntis-le, men>truus; vos, rosa, ms-
/e, i*os<iiium ; Inol, mt>iin.'nlum, tunbtoi-ie, momentancum ;
(juty Nov, 'Jtiîfn, NOoalis; — • bric, [)ons, brir-atc, i»onliiis;
dun, cabhum, arx:, dtm-alc, casliensis; mr/cv, <.iUJipu>,
mai'uU'y camjK'btiis; tidnl, \,{\[\>,naul-t(ule, valli'slris; «'ir.,
etc. l*ar où, il ivsulle cpie de = du = /<? = aie, linait-s
adjeelixi'S, s-mt identiques.
l)e j>lns, si l'on \eut remanpifr <jue de et <li sont deux
SNllaltt'S Inrt .>nj('U<'s à se ei^idondie, ou, coumie dit Zeuss,
qui altenicnl snu\.'nl cnsemlilc; — nous 1<'S a\ons en ♦•iVit
retrou\écs dan> If ;.^dl.'io; —-si l'un lient eoiiqde de riiilrn-
dueti»tn du ^>'nilir en /, iiii[)ii>é par je lalin au e.lijijue,
dans les di'iinmijialiiMis locales, et (les procédés au iiio\en
desqu*-ls la il' ^in-'iu-i' ;:aid(ii>e </A, cl, , élail conberNt-e à la
eondilioJi de s'adjoiihlre la linale caraeléi-isli(pie laline en
lis, a, uni: il x'ia l'aeile d' eon^latei- une i>art,Milé liv>-
ra[ip]"nelieij ( iih-' (atdr^ ('<nid(ilc, el noli'e i'andm, (ati-
di-ar-um, (i.di-liae. l/as>-imilali.<n a\ec (^m'Hanjur, idn-
dianiiiis, i'dttliitHfrtr, (^indillai'i-'ues, ne ser<i pas moius
évidejile.
Ce[n'jiilaMl les lei'iiies de rr-qualion (pie nous NClioiiS de
piiser ^;u les d.'siheiii'i'.s a:ljeeti\i'S bO sont mulliplies. La
lijiale ^,.ul 1-" pii:i,lli\e ne =^ ce r= de =^ le = aie, s'ebl
miidili'.e, c >iu\ iii' ' laiilol a\ee el!''-niL'iiie, lanliH a\ec les,
suni\es ialins; par sinl<' d'iiilluemes agissiint sur les or^^a-
neb de la \vix el de la pr-'invneialion, bel-m les elimals,
sui\anl l"' ]]ii.'Iaii_^e cl h eontaet île divers idit»me>, elle a
pris \rs iurmes li > plus làzarres, elle admet les vari.ude.s Ks
plus dl^p...■a^■.> en appircui-e. Si hien (pTcHc se liuu\e
aujourd'hui i'epi't''StMil"e par a, as, at, aryife, c, cy, crync,
orytie, c:, /es, eu, ivu, y, et ime jnlinité d'aulres sullixes
simpli.-^, >aii,-^ eo'ii^'ler eeu\ produits ])ar redonldenienl, par
ladjonclion du laiiii oU du tudesijue. Ici la raison de ees
variélés cSl seii>il)le.
Le radical haut ^^ hou s'êtaiit ailjeclivr- pour l'cdre un
nom de li« u, ])our de.siuuer une propriété d'at)rès sa j)osi-
ti(»n, a donné Knu-de = h'ou-de = Kon-uk = Kou-ck, et
les autre>, lalinivs en Ctmlale, Vondatutn, CundQlum, tra-
duits par ( aueains, angulaire, pour signifier un lieu, un
terrain, une maison, Manùo, Villa, Prœdimn, Castrum,
situés dans un angl(\ lormant un angle, au confluent de
deux rivières, dosiné par la jonction, la rencontre de deux
cours deau, le plus sou\ejit, on encore et par extension,
dans un angle terreslre f'irmé i)ar des \allé'-s ou partout
autre aeciil' ni il" terrain rv'iiiaïqualile. On coujprend pour-
(pioi le radical Kanl, h'on, se trouvt! dans tant de noms de
lieux et e^l dcM'im si coniiiiUii en l'rance : aussi toutes les
localit*''S (pie l(.'s anciens litres dt'signenl ])ar le mot lottdale,
sont-elles loulo post'es au conilueiii de deux rivières.
l'Apill\ le jeu^aïque a pi'opos de (Onde r[ ro/iJ^//, en disant
tf que Ces iiouis suiii sNii' »n \ uii^s el si^'inlient la même chose
ipie coiiilii "lit ou joiiciinii de i'i\ iiTt.'. » L\idemnienl, Candia
sur le N'isliv, ( t ( <ni<uaryiie sur Tel nig d»- Maguelonne, el
rormanl angh', n'fuil j)as d'auh'e rai>on dénominative ; ils
la ]»reniieji( d.ms It ur situaliun, comnie leurs analogues :
(landes, Cou laie , i'ondoia, Touraine, hidre -et -Loire ;
Candé, i'onileifiin, Loir-el-dlier, .Maine-et-Loire, Charente-
[nlV'rieiir.', \'ieiiue; (lanililly, Oise; (lnidac, Condatc ad
C(iiiutionn)n , (ai.iii'nîe ; (loin [ne, N'jemic; Coudai, Saône-et-
Loiiv; Cujhlal, (\,icl(iti)^ (\iu !(il>t)ii , l'/tf/daluni, Cundadum,
Lot, Corrèze, L :il-el-(iar'iii,ii-, Pu\ -ile-Dôine, nante-Vieinie,
Caillai, D'iilo-iic; C.iiiiLs, A\eyioii; IZ Coiiilé, Cottdate,
(On hiliini, ('<>/( ,\ii.'tii, ( 'fil 'cl m, (Oirûilns, (oadele, (oue-
ilaeiis, <Ono<!(trn.\, ('-.m 'l'i/fin , [\.A' li-ule la iM'ance; Cc^ndes,
'l'ani, .luia, n.iiilr-M,iiiic; (j :ii!('-a \ ,uues, Lol-el-(iaronne ;
Coiidel, Ca!\ ad», Tarn ; Coiideil»', Pas-de-Calais; Condillac,
Droiiie; C'iiileau, Ojaie; C uiilrieu, Conleiale, Condriucum,
lilione.
Ce> aïKil-gics [)L.ur:\i!<Mi s' nulliplier; adjulgnons-y
M'ulemi'iil II' •!> a|"[' '''..ii' '..> j.ii i. u-- 1 luclieiil ; (Oituddmiuo,
Icire aiili".]'. i> > i„ji>iii i;Je, ,î -i,..!!';-'!! liV's-répandut- don-
ne ' a la l-'ii'e ja\,ici^;,,l,' \\'{Va il maiiie, coiiimi^ on dirait :
le coiii Ju sei,., riii', ;lu ni..ili>. L i''l(''!iienl (O)ide, Coula,
lui donne «•••il ^ .-ignili.a:!' u, q.ii e^i coinpléir'ç par l'abré-
\ijli"n ■ iijili 'iii i'i' 1'' /> lui.i', .01 g-'U.; li- mot est ensuite
d''\eiiu !' il 'iii pi.. !!. e.'i.ii • .'.(/ C'jjiduintHe. — Vo</. Coum-
ilaniiii ).
11 iaul 1 ne 'r. rciwaitpi'':- ;I< a\ in 'ins de hameaux dans
le (iarJ, C :i; !ii:i i ye, i!...i:> Li c 'iMiiiune de SaiiU-Uonjau-
dc-Ci lûi.'ic, vl ton !i(:.:ij'/i , Cnn hisoniecf, ComminiC dc
MonhlilL'i*, qui ]■ u»-ijI èlr< i.'L'iuerés à Condansargut,
Conit.w^n.i','...', J.ais le l-'iiit' -ire du (.laylar. Les variantes
sur h." l'a.lii d ne r>iil que c^ •iiili'hier ce que nous avons
eîal'li sur i'i l-uliî ' X' « a/i le et ( onde : même conliguration
ilaiis le> iii'..|s, Uièiiic si^-iiiliealion ; la \o\elle u, qui parait
au mili'-u du n-.!ii, nous l'aNoiis égaleuieiit trouvée dans les
traducli 'U-- d ( »-// .\' < t C» n lai, dans la hass. lat.
Le même thème pjimitir, dans sa pureté, suivant que
riniluetiee gauloise ou roiuaim^ a agi sur la déiioiniiialion,
se m<tntre enc'>re dans Loa Cnn, Le Cun, hameau de la
commun".' de Poiiniiiers, (uneus latin, et dans Counâou,
Connaux, commune de Ijagnols, cai rélément celtique Jfon-
ak, est i>lus apparent.
Les termes dc co[nj)araison auginenlciraient si l'on voulait
CAN
CAN
16&
suivre la racine dans ses transformations : Condate, ancien
nom de ville dans la Gaule entre Nevirum et Brivodurum,
est aujoard'hui Cosne, Nièvre; Condate, vers le confluent de
rille dans la Dordogne, se nomme Condat, près Libourne,
Gironde; Cognac, dans la Charente, dans la Haute-
Vienne ; tous sont appelés au moyen-âge Condate. On voit
d'un coup-d*œil la nouvelle série d'appellations locales qu'a
Eût naître le premier radical : Cognan, Cognât, Cogne,
Gogners, Cognes, Cognièrcs, Cognin, Cogny, Coin, le Coin,
Coinces, Coinches, Coincy, Coing, Coigne, Coigneux, Coi-
goières, Coigny, etc. Concordance de racine, variété ethni-
que des terminaisons, qui se rencontrent dans bien des noms
communs et des noms propres, en lang. et en fr. de même
origine, dont le sens se rattache par là à une idée de coin,
d'angle, d'encoignure, de confluent.
Mais si ces déductions sont vraies, de tous ces rappro-
chements il faudra conclure au moins, sans trop de témé-
rité, que les noms ainsi formés à désinence en argue, ou
orgue, ne représentent nullement des noms historiques
complétés par le lat. ager, mais des localités que leur situa-
tion, leur emplacement seul a fait dénommer.
GandOQ, «. m. — Voy. Camhi,
Cane, 5. m., n. pr. de lieu, Canet.
Ce mot est plutôt un nom collectif qu'un dim. Il vient
de la boss. lat. Cannelum, cannaie, comme le suivant, lieu
abondant en roseaux et môme en joncs , la canne des ter-
rûns bas et humides, rhassos.
Ganéîè, s. m. Lieu planté de roseaux, qu'on coupe tous
les ans : cannaie.
Dér. du lat. Canna, roseau, dont le rad. celt. est Can,
môme sign., auquel s'ajoute le suffixe de collectivité ïè,
similaire à ïèïro, édo, et autres, répondant au fr. aie, ay, ei,
eix, etc.; dans le bas lat. Cannetum.
Canéla, v. Canneler ; en parlant du blé, se former en
tuyau, monter en tige.
Dér. du lat. Canna, roseau.
Ganèlo, s. f. Roseau, plante aquatique. Se dit aussi du
tuyau de bois ou môme de cuivre qu'on ajuste à un ton-
neau, à une cuve, pour en tirer la liqueur, la faire écouler :
robinet, cannelle. Mais on dit mieux en bon lang. Enquo,
dans ce dernier sens. — V. c. m .
Dér. du lat. Canna, roseau.
Canéla, ndo, adj. Caimelé; creux intérieurement; qui
forme le tube.
Dér. du lat. Canna.
Ganfigoùs ou Ganfiégoùs, 5. m., n. pr. de lieu, dans la
commune de Soustelle, arrondissement d'AIais. — Sauvages,
prenant la seconde version, qui est cependant peu usitée,
donne à ce mot la sign. de terre brûlée; champ où le feu a
passé et a tout embrasé : il le décompose sans doute en
Can pour Camp, et Fiégoùs pour Fuégoits, do Fuec, ancien
mol , feu. On potirrait peut-être aussi le faire venir de
Com/ms fiei, champ du figuier, lieu planté de figuiers, qui
d'ailleurs se rapproche davantage de la première appella-
tion ; mais l'autorité d'un maître tel que Sauvages , qui
possédait si bien la connaissance de la langue et le senti-
ment des étymologies, mérite la plus grande considération.
Gangarô, t. m. Blé de Crimée; par extension tout blé
étranger qui arrive par mer et dont le peuple fait peu de
cas.
Ce mot est la corruption de Tangarok ou Taganrok, ville
de la Crimée.
Canîo, *. f. Chenille. — Ce mot ne s'emploie que pour
désigner ces sortes de chenilles microscopiques qui arrivent
en masse et détruisent certains végétaux et la feuillaison
des arbres, et qui meurent sans transformation, au bout de
quelques jours : ce sont à proprement parler des vers à
pattes. Par là on les distingue de VÈrugo, qui est la che-
nille ordinaire et qui passe par les mêmes métamorphoses
que le ver à soie. Il est une sorte de Canïo qui s'attaque à
la luzerne et en dissè(iue chaque feuille sans en altérer les
fibres les plus tenues, de manière à la réduire en dentelle.
Ces chenilles s'abattent en telle quantité qu'en une matinée
un champ de luzerne est quelquefois entièrement dévoré.
Après trois jours de vie, cet insecte se dirige en colonne
serrée vers le cours d'eau le plus voisin, qu'il devine avec
un instinct merveilleux, et où il termine sa courte et mal-
faisante existence en se noyant; il en périt aussi beaucoup
en chemin, et leurs cadavres forment une trace noire dont
on distingue à peine les individus.
Traduit du fr. Chenille.
Canisse, s. f. Petite et même espèce de roseaux de
marais; le clayon lui-mêmo, fait de ces roseaux, qui sert
de plancher aux tables de vers à soie. Ces claies en treillis
sont préférables à des planches pour cet usage, parce qu'elles
laissent mieux pénétrer et circuler l'air dans leurs inters-
tices, et qu'ainsi la litière mieux aérée eét préservée de
toute fermentation. Lorsque les vers sont jeunes et qu'ils
pourraient passer à travers le clayon, on le tapisse d'un
papier gris qui est connu sous le nom de papier-ma</Ha.
Le fr. nous a emprunt!^ ce mot; mais comme chaque
langue a sa petite vanité, il a fait comme le lang., il a défi-
guré son emprunt, qu'il nomme Canis. Quand je dis le fr.,
je ne dis pas celui de l'Académie et des savants, mais bien
celui de l'école béricicole, qui recherche et fabrique au
besoin tous les techniques à son usage.
Dér. du lat. Canna, dont il est un dim.
Canisse, s. m. Petit homme chc\olu et crépu. C'est un
surnom fort répandu.
Corr. du fr. Caniche.
Cano, i. f. Canne, bâton ; jonc, pour s'appuyer en mar-
chant.
Dér. du lat. Canna, roseau.
Cano, $. f. Cane, femelle du canard, Anas, Linn.
Cano, t. f. Canne, mesure de longueur. Elle varie beau-
coup suivant les pays. La canne d'AIais est de huit pans,
elle vaut 4"> 989; la canne carrée vaut 3'" 956 mill.
carrés.
ICG
CAN
CAN
.Mt'suiv (ItM-npacilf' jMnir lo \in : r;mri(Miii'' oninic rlnit
il<^ IH lilros, l;i MniiNoll.» («Il vaut :M).
Mosmv Jp capncil/' [f^nr riiiiilo : raiicioiinc cniuie \ niait
!> lihos '.\1\, la M< iiM'lIc \;iiit un di'cnlitro.
Cf'no est Sijii\<'iil pris j:''in''riijiit'iipM!t pciu' iJi'Vsiirc d»'
|nli|.- (\sp'n'0. — r.s- yr/,v Je rr'//o. (•^'^( ili(lul»il;il)l(\ (."''.Sl UllP
;)SS'M"li(>ii ([iii n\i pas l"'s)iii tl* [irciivc ; uiu' diiih'iisicii <jiii
pcul M' ['iSSM" tl'iiiK' iiifsure f'\.i(.'lo.
Kiicoiv uni' (It^ c^^s JorutiiMis (l'»nl !«' >\N|riiif> iniMritjU'^ <\'^!
(^n .L;i;mil Ir.iin trolilit'ivr rori;.'in<'. Jjt rcno l'Miit Uii»^
m *>ii:v (jr- v-'»iil.Mi;itii;i^, [uwv l'iinih' suil'Uiî, a IrV-pi-u pi^s
1»^ d-'i'alili',* ;u1u.'!: ii);iis liii iurMnc ii'uu. ui'us xc.iniis ili« !<•
\iHi\ il y a\ait nu^si uiip iii''*^iii't' iL' 1.)1il;ii*'Ui\ (juî (''ipii\a-
lait a la loisi-; .^i l'un disiiî (\if(fi ••(hiiîik» Ii-ïs^m'cI auj-iur-
d'iiiii iii'''livr. (i'csl di' c'Mli' d-Tiii ''!'■' uisui'i* scid''i!)i'iil ipi'il
(^sj ici «[n"sli«>ii. Nctr»' 1-iruli'iii >'nsit;iil surloul au j^Mi d<'
l)Mul\suua d'aulr.'S ji"U\ analit.i;ii''S (|U<^ lo.s cnraiits avai^ul
o]\ jjraîid II iiid)i'(" : lors diuic cpTil s'aiiissail d»» di'rid'M- si la
l)uulf\ la L'oliillt' ou 11» paliM du jitU'Hir Olai-'iil [>lu< [uvs du
l)Ul ([Ui' f''lui d'un aulre, nii disait ou »'\aiiiiiiant di's }i'U\
d'alinrd : F.s dé rniin, ou lii>^Ii : Ils pas de c<uto, s^'liMl i[Ui'
1(^ (MS l'-lait (lU pirais>;il d tuti'U\ nu iiou. Ils jxis de r.:nn
si;^ijilîail jKir (•oii>''(iui'iiI : il n'y a pas à riM^surrr, il n'est
pas l)r'.>:»iu d(' ijj('sui".'r j.nur di'cidiM' »'»^ (jui so Mjit, qu'il y
(Ml a dr r< st'V VA (•■'la si' dit l iuj'tur> d»' (.-o (jui l'sl (Aident,
li.'i> de ilisrussitu, inroutistaldi* ; ri par exteiisinii ou
«'\ i::ér iti"n, d' l'iut in li\iilu, de tout*' rhuse dnnl les qua-
lités i»u [>'■> di'f.iuls atlei^inMil larL'i'iiiiMil ou dé('-i>^^'''d iiiènic
la i)ie>uiv, sans (pie toule|\ is ni Ciino^ ni nnjtiv aient ri(:'n
à mesurer en tout oo(.'i.
Cano, 5. /'. (ihinrissiire Mauelio, isiièco d" iimisissure
(pii surnaLTP on paillettes Manclies sur le vin mal Itouclié,
(tu lorMpii' la luiulcille a été mal (''gouttéi^ au lavai.'i'. (Test
co cpii Sort 1<^ premier d'une Imut^MlltMiM lo dernior d'un
tonneau. On dit au (ii:. es à lus canos, il esl à sec. il est à
son dernier sou.
Dér. (lu Inl. Cnniis, blaiio.
Canobas, s. m. Mau\e saii\age, alcée.
Canoù, s. m. Dini. Canouîié. Canon, lonj^^uo pi('HV
d'artillerie, eannn de fusil, de pistolet.
T)CY. du lat Canna.
Canoù, 5. m. Tuyau; tul>e; conduit; plurn(3s on tuyau
d'un jeune oiseau : ce sont les gntssi^s plumes des ailes cpii
poussent l(.^s preFnièr(^s, tandis que celles du corps ne sont
encore (ju'un duvet. Ce mot s'applique en gén(''ral fi beau-
coup d(^ clioses en forme de tuyau : Lou canoh dé la chimi'
nho, le tuyau de la clieminée; î/ni canoii d'ffno fon, \e
tuyau» le robinet d'une fontaine, d'uno b nuio , la canelle
d'un tonneau; un vanoit de phmmn, un tuyau de plume.
Dér. du lat. Canna.
Canouna, r. n. Monter (^n tuyau, comme toutes Iesc(-T(}a-
les, les oij^Mions et autr(?s plantes bulbeuses; être en forme
de tuyau. Dans le sens actif, canonner, battre à coups de
canon; il est re(;u, mais par imitation du fr.
Canounado , s. f. Canonnade, décbarge de coups de
ran Mi; C' nduite d'une fout aine .soit en bois, en fonte ou eu
poterie, l(»r,>qu'*lle est diriL:éi> s-ms terre : quand elle est à
ciel déroii\e.t, on eiiiploic le mot Arandott.
Dér. du lat. Conna.
Canouné, >. m., ou Manouné. Terme de triperie :
lio\au\ d'.iL'n-au, de el.eMvau, de mouton et même de
veau, ([u'on lie par ])etites bottes, et dont on os{ friand
surtout à AI lis, m'i Ion dit mieuv Mnnonné. — V. c. m.
Diiti . di' i'<ninii .
Canoi'nge, s. m. Clian 'iiie, erlui (pii possède un canoni-
eat. - Il e>i tle\('iiu 11. pr. iriiomuie, rendu par Canonge.
D-'l". du l;il. (itii/'nirns.
Canourgo (La), .s. /'. . /.•. /ir. d" li 'u. I.a Canourgue. vilk
el ciiil -Il <]ii déj.arteiiieiit de la bozère, menti(tnnée dans les
litres !;■> }ilus anraeii.s s us le nom île vif/a de Cnnonira. A
Moiiipi'Ili"]', une place est au>si appelée Jai Canotngue, à
cauM' de Son oijjiue e. ii iiiiale. \«ii>inai:e ou dépendance
d'mi'^ pro^iri'-li- c;in'Mii,i|e.
Les d'iix liiols i'uuo/nn/f, ('(Uio)tirus, et la Canourgo,
Ciitu.hirn, d''-ri\i'iil é\ iil-aninMit de la même s-nirc^^ : leur
ladieal commun se ti'oini' dans le i^r. Kave.Sv, rè|;le, ordre,
que le lat. a siinpleaiiMil ail opté dans le même sens Canon,
unis, et ipTil a adjertixé en dmiinlcus , a, kw , régulier,
cbaiioine ié,i.'nli''r. Dans le priiieipe, il est pnabable que
cette unité d'oriuiiie en avait fait deu\ meueebmes; depuis,
il.s se srtiil un pLMi dél'oriiji's; mais, malgré la difîérence de
pliy^i'inomie, l'air de famille persiste el les rapprocbe.
Seulen.cnl, le premier, ^u^sl. masc, a ,i:anb'î les contours
éiiiouss's, le ton sourd, (jui soat i»eut-ètre plus fréquents
dans le .Nord; tandis que le second, nom propre féminin,
a re\ètu cette forme rude, aceusée, particulière à notre
3lidi. Mais, la parenté une fois établie, ees ressendilancesel
ces variétés, les altérations méîia^s des deux mots, que nous
[)renons jxiur t\pes, inv.senteni un assez curieux, sujet
d'étude sur ces fameuses finales lanjzuedociennes (marques,
enjues et argues, (li>nt on s'est tant occupé.
1/importation grecque ou latine de Canonicus date de
répo(iue où, dans les (îaules, l'ancienne langue nationale
était encore comprise et parlée, au Fni>mentoù conunenrait
à se former, du m('!lange avec 1»' latin, l'idiome rustique
vulgaire. Des besoins nouveaux, un»* civilisation plus avan-
cée, surtout la nécessité de se recoFUiaître avec les dénorni-
nati(^ns locales débaptisiVs ou en voie de se modifier au
goût des corKjuérants, des traditions ind(''structibles el des
influenct^s iuq)éiieus(^s axaient fait subir au langage dt^s
cbangements considérables; niais une langue ne procéile
pas au basard, bien (ju'il soit difTicile d'avoir toujours rai-
son de ses variali(jns, et, dans la c(»njonclure, les analogies
ne marupiaienl pas : elles sont mr'me si frappantes qu'on
dirait une loi n'-gulière, systématique, uniforme, dont on
va saisir b^s applications.
Le moi arrive tout fait, t(jut d'une pièce, purement
latin. Quand le roman, qui se entait, le rencontre et qu'il
CAN
CAN
i67
vent s*en emparer, il n*a garde de toucher au radical : mais
sa finale en icus n*allait pas à ses aptitudes vocales : à
d*aatres semblables, à des noms de lieux ainsi terminés, il
avait fait subir une altération conforme à son génie, et il
ai^liqoa à Canonicuê sa méthode habituelle de transforma-
tion. La voyelle la plus souple devait d'abord être atteinte :
Yi disparait de la désinence , ou il se change en e plus ou
moins ouvert, qui le rappelle ; la palatale C est remplacée
par sa correspondanle G, la consonne celtique de prédilec-
tion, sur laquelle nous revenons souvent; enfin la termi-
naison devient muette et s'éteint. L'intrusion de P, qui se
substitue à N, est particulière au Midi. On ne peut expli-
quer sa présence que par le désir instinctif du peuple, ce
maître souverain de sa langue, de donner à certains mots,
à des noms propres de lieux, plus de consistance, plus
d'énergie, et de faire peut-être un accord mieux lié avec le
son guttural fortement accentué qui la suit presque tou-
jours; ce que Torganismc méridional ne dédaigne pas,
quand celui du Nord y semble moins porté.
Ces procédés de recomposition se révèlent clairement
dans les diverses évolutions du mot Canonicus. Notre
langue romane en a fait Canonge, Canonègue et Canorgue.
Un exemple de chaque forme : la chanson de geste de
Gérard de Roussillon dit : iV» monge, ni canonge, ni cape-
lan. Dans un titre de 1174 on trouve : La claustra des
eanonégues ; dans Pierre Rogiers, troubadour du XII'»» siècle :
P9ire Boigier sifo d'Àlvernhe, canorgues de Clermon, L'abbé
de Sauvages cite Canonèjhe (Canonège), comme appartenant
au vieux langage. Enfin le languedocien moderne dit
Canounge, Le subst. féminin suit la même marche : Cano-
%Ua est représenté par Canorgua, Canorguia. Dans Pierre
Rogiers : Laïsset la canorgua et fes se joglars ; dans Pierre
Cardinal : Son paire lo mes per canorgue en la canorguia
dd Puer. Nous arrivons naturellement à la Canourguo; et
pas n'est besoin de faire remarquer que dans notre dialecte
OH ^ale o roman.
La preuve maintenant qu'il s'agit ici d'une loi générale,
au moins en ce qui concerne la substitution du G gaulois
au C latin dans ces désinences ; c'est que les idiomes cello-
Uiins l'adoptent de même. Canonicus a donné en cat.
Canongo, en esp. Canonigo et Canongia, en port. Cano-
iMfo. L'anglais lui-même a Canongate, faubourg d'Edim-
bourg, qui accuse pareille filiation ; l'italien seul Canonico
s'est conservé absolument latin.
Mais la règle s'applique encore aux noms propres et aux
noms communs, dans lesquels la présence du même suffixe
Utin a dû amener une pareille combinaison dans le roman
et dans le languedocien. Sans citer Monackus, qui faisait
en roman Monge, Mongne, Monègue, Morgne, Moyne; en
cat. Monjo, en esp. et en port. Monje; prenons le subst.
fém. Monica, religieuse. Le roman avait Monja, Monga,
Mvrga, Moyna; en cat., esp., port. Monja; comme pour
monastère on disait Mongîa et Morgia; et notre languedo-
cien Moungio (Hounjo), et Mourgo : la cafièiro dé Uu
Mourgos, la rue des Mourgues à Alais; et les diminutifs
Mounjéto, Mourguéto, petite religieuse, et Mounjéios, nom
des haricots à enveloppe blanche ou noire, fé véroles sèches.
11 faut voir comme le roman, au nord et au midi, en fr.
et en lang., s'exerce sur ces syllabes icus, ica, toutes les
fois qu'il les rencontre : Car r ica, de la bass. lat., donne
Carguo, charge; Granica, Granjo, grange; Lanica, lange;
Serica, sarjo, serge; Fahrica, Forjo, forge; Pautrica,
Fango, fange; Manica, Margue, Manche, manche; Porti-
cw, Porge, porche; Medicus, Mêje, médecin.
Les noms de lieux suivent la même voie. Pour ne citer
d'abord que les plus rapprochés par la consonnancc finale
avec notre type, dans le Gard, Colorgues, commune de
Saint-Chaptes, était, dans un dénombrement de 1394, Colo-
nicœ; comme un lieu détruit de la commune de Langlade,
Golonges ou Colongres, commune de Verfeuil. Coloures,
commune de Marguerittes , s'appelait en lat. Colonicœ,
Colonices; Coulorgues, commune de Bagnols, Colonicœ;
Golonges, dans la Côte-d'Or, Cologne sur le Rhiji« Colonicœ.
Santonicus est devenu Saintonge. Conduzorgues, commune
de Monldardier (Gard), vient de Condusonicœ; Montuzor-
gues, de Montusonicœ; Solorgues, de Savaronicœ; Soudor-
gués, de Sardonicœ et Sordonicœ, etc.
Ces rapprochements indiquent une marche constante vers
le même effet à produire. Les termes de comparaison sont
abondants pour démontrer que cette désinence latine, nicus,
nica, nicœ, au sing. ou au pi., au masc. ou au fém., se
reproduit dans notre langue vulgaire, et même dans le fr.,
par les combinaisons nge, nègue, nège, rgua, rguia, rgue,
rguo, qui toutes sont équivalentes, égales entr'elles.
Mais ce n'est pas seulement alors que le mot porte o =
ou comme voyelle dominante à l'antè-pénultième, onicus,
onicœ, que la permutation a lieu ; les voyelles a, e, i, dans
les mêmes conditions ont le même privilège. Armasanicœd^
donné Armasanègues , Aïmargue, Aimargues; Caxanicus,
Caxanicœ, Caixanègues, Caïssargue, Caissargues; DomeS'
sanicœ, Domessanègues, Domessanengues, Domensan, Dou-
tnéssargue, Domessargues ; Rutenicus, Hodinigus, Rouergue.
Enfin notre mot Diménche, dimanche, en lat. dies DonU-
nica, et le nom propre Dominique, du masc. Dominicus,
offrent une autre preuve à l'appui. Le roman traduisait
Diemence, Diemenche^ Dimoinge, Dimenge, Diménche; dans
les coutumes d'Alest, on lit Dimentge. Le verbe était,
d'après Sauvages, Endimérga ou Endiménga; aujourd'hui
Endiméncha, De son côté, le nom propre a passé de Domi-
nicus en Doumèrjhe, Doumènjhe, Doumènghe; il est Dou-
mèrgue, en fr. Domergue; en esp. Domingo. Ce sont
toujours et partout des formes identiques; mais les derniers
exemples donnent plus d'extension au procédé et introdui-
sent de nouvelles désinences pour représenter le même
suffixe : ce qui ne laisse pas que de jeter le plus grand jour
sur la composition des mots et des noms propres.
D'où vient cependant cette constance à repousser une
telle finale, cette espèce de parti-pris des langues néo-latines
IG8
CAN
CAN
cl«' irMcliuellro que il*'S ooiiil)iiiaisoiis ([ui s'»M(ii,i:ii<"'iil t:Hit
on appareiicotli' In coiislriiclion iinciiMiiie? D'abord, si grand
({uo N»i| l'<Varl <'iitro l«^s lornu^ ncluclli^s et la fonn»^ priini-
liv»' lies nP'ls (|iit"> ii'Uis iv'l..'\(»!is, il faut roînanjut^rcjne, dans
la idiiparl des cis, li's dt''>iiit'in.'e> S'ul'S suit att'Mutcs. Dans
nos idinihcs ni'O hiijjis rin<*<)ii\('Mnt'nt n'est pas gra\e : car
rinfluenee de la If^nninais-ai est fi P'"U jtivs nul!»' sm* la
signi!ir..li'tn d*'S m »is. 'l'iuil se iV-duil dune !•' jiliis suiiveiit
à mit' (jn >lii»n ir<'nj)li<'nl<\ et dépend de la iiiMni'r'' dont tel
ou t''l smi est vendu on jit^ren, siTiNant eiTlaincs [uvlV'iviiei's
di^ llexl'iii ii;itnrell(s à eli.iqu" jtiaqile, heloiinin* di^iinsitinn
[>articuli'"'ri' d''S oiLMiii's (lU la dilTeivin'i' des teuijtér.Mni'nts.
On sait (NI clTet «pielle aetirtn exerrent snr le j,iii;_'a;je |es
iial)ilad-s, le^ innu--n(;e> 1vm-;i|i's et eliinaiériques. (yest qiii\
il faut 1<^ lùen dire, dans toul^^s les laiiiiiu^s, dans titus les
pays, dans lnus les temps, le p«>uj)|ea une prrtpciisiitn iiniée,
inVsi>lil)le à la ennlraetiMn : il y esl poussé d enirclenu
par son dédain de la eeu'i'iMiion elassitpie, par luie iiéL^i-
genet^ n.ilniv'lle <li' pr..ii(.iii;i.ilion, par rijnoi';iiii'e îles flexinus
«[u'il ;dianl'»inie \oluiiiicr> aii\ Ni\anls et aux rlK-leurs;
mais à î"Ul [irix la s\ iieujr^ d l'ellijise doi\ent s'adapter à
ses iusîiiiels et à sa di';Ii<'ii. On rninpi-.'iidra dés Ini's e^in-
l)ieu les liceiui's du latin vul_i:aire, usuel, tel (pi'il l'ut
Iransporti'" dnns les r )!.»iiies par 1<'S snldaN de [{ome, eu m?
mêlant aux idinin.'s *:aul"is, reiicuntrérent de fiieililé à
faire acr/pler leur-^ iiHoiaeeli» ji>, cl eoinuieut la n-aiNcll.'
Ian,:jue, r,i \v.\\\\ de sj 'èiiiii'r, é^ir. ui\a [xai d<' lièii.', piMi île
ré>istim<-e à [mu li'e >>•> pr'>j»i'es élt'ineuls dans le lunule
aceri'dilr'', a se iV.nauu-r ^ur le ni'>d(''!e sans Ir.'p lumiuLs
Conces>i<'U'<, saus perdj»; >on caraetr-i-e o\ nui f^éiiie.
Mais u'His ne faisMiis (pi'iuiliijuer eu passant ce uiou\<'-
ujeiit de lran>r<>riiialii»n et de ivcnrnpnsitjnu , r-i il u'e.sl pas
de U'ttre sujet de reiiiontiu" aux causes. Il suHll d'eu cuis-
lat'U" r.i«'ti\ il<'' et IV'iii'j'L'ie, (>t di- siisir <]U' !ijU''>-inis de ses
elTets i>"!(''iiient. pour avoii* une idéedu lj"a\ail _:jéii.'M'.d e( de
l'esprit di' n ilro l.ui.uue.
M>un(''n;!i)l. en [îv.'-s'uce d'-s alt-'-ralious, des diver_L'cui"ês,
di's \ari-'t«''S d" [.r->u"Ui.'iatitu <'t <l' structure, [\uv ]ev(pi.'ll.«s
ont [lass'' (juel(p;"> uiois, ipie nous «Hudious, a\aut de j>ar-
venir à l''ur foi'iue açlucjle, uuus nous d''iii;iiid.>UN s'il>
n'ont [>as «aliéi ;\ \mo loi L^éuérale de ei-mposilious dixeiN-s;
et il JH us si'Uilile iuij)''ssilile de jk» pas recnjjuailre (\\u^
toutes ces disj)ai"ités sont plus supei'liciellis (jue iv'Ilcs ,
(prclles Si' eonfouilenl et se lialaueeiil ; (ju'au fond le nom-
bre di's m<ils et surtout ctdui des noius prujties, (juoiijue
lrès-\arié, est l)eauc<»up ])lus réduit (ju'on ne piMisc\ Il res-
scuM de la a\eç évid, née i\n" eliaijuc [)ays, piexpio cli.Kpie
localité a<loj)l<- de préférence une loruude,([ui ne lui e.>l
[x'ut èlre \euue (jue par un«' disposition pi'opre, {i.iiticuli-'re,
de son tagauisme vocal à i)rononoer plus ou mi>ins fai'ile-
ment telle ou telle nrliculalion , tel ou tel ra[ii>rocIiemi'nt
de lettres; et les excuijjles nous paraissent ici saisissants.
Aiiisi, à propos de C<monicffs, Cnnouuye , Canouica, lu
CatioKrijuo , nous voyons les finales orgue et vrijue cones-
pondre exacleuieut à oh(ji\ nt()c, vnqKc, énche, nne, jiar
onètjHc, otiiajc, oiiênche, reliées par ooiUrnction ix ottn, on,
en, et au fém. ono. imno : pourquoi la désinence argues, qui
a él<' (ifi'ijiii's, nnirhrs. onIrJirs, n'anrait-olle pas aussi
(plelipie airuiitr- a\ec an, anges, anche? Pourquoi inges,
ignés, igïilcs, lg»r , f'ghi. igng , u'auraient-ils pas une atta-
che [Kir /// , iiic , {nies, cin, ci ne, ije, ijc; et ne sèpaient-ils
pas ani]i''S à C'dte cnfuinuiiauté dénoiuinativo, qui, |>our
eULdober tant dappellalions loeales en France, part d'une
s.)Uice uni(jue? Pourquoi i..us es sullixes ne roc/>nnaî-
traieiit ils pas pour auteui" le celtique ne = ec, qui s'est
transfoiii]é au cnuiaet du lalin, tantôt faisant fonction
d'adjectif, laul'>t ser\anl à dnuner certaines attributions
ethniques <>! [i;itioii\ iiiiqu^'S? (.'e.s couclusions nous semblent
solidement établies.
Mais alors cpie de\irnt le N\s(.'Miie laborieux qui voulait
ti'MU\er une siunifii-ili'Mi, d iiisli désinence exjdétive «r^/w^,
ib's noms proj'ivs de li' u\ {]•■ in.s contrées, l'U en faisant la
traductiiMl du lat. Ager?
>'ous nous eu Miinmes expliqué ailleurs : ceci est un
nou\e| ar,jument. — t'o//. Argnr.
Cansoù, s. f. Dim. t'ansnnn' n,. Chanson: pièce de vers
par CMUpleis, (jue Inii peut ch.iiiter. Au fig. sornettes.
Colites frivoles. — A(/u<)'s /a ransoii de f'agnèl 6/a^? ; c'est
toujours la mèu:e chanson; c'est un thème «[ui ne finit pas.
Dér. du lai. Caniia, inème >i;.'u.
Ganta, r. Ch.mler, l'orm-Tmi chant i»ar une suite de sons,
d'accords. Au fig. célébrer, b»uer; sonner, ivsonner. —
Canf(( l'Juii, iv-iidre un s^n chiir comme un vase vide, lise
dit aus-^i pour : riMulie un ><»n fél.'^ Canlarén pas niésso,
loc. |U'\1». p<»ur diiv : imus ne serons pas longtemps
d'accrd, nous ne nou> eiiîmilniis p.is. (l'est saus doute une
;dlusi'in aux chants du liili'in. 7'c foura cunfa pa nâou,
dit-on à quelqu'un (pii umichaiide a\ec la prétention
d'oblenir à bas prix ou à ^]i-y' c •iitlilious très-modérées une
chose (pielcoïKjue, uiK^ marcbandisi', qu'on estime davantage
(ju'il nesl olVert : il le hnidra chauler une autre gamme,
\u\ Ion [»lus biuil.
Dér. du lai. Ctnilnre.
Cantaïre, a'iro, a<fj\ p.'j. (V///r////Y/.v. r/.<,vr>. Chanteur; qui
fait piol('<si"U de chanteui'. -— l!n terme de magnanerie, on
appel|(> lin rdfiianr, un ccoii faible, (jui cède à la pri^ssion
du dniut et rend un s >n quand la («npie re[)rend sa première
position.
Dér. du lai. ('(iiitare.
Cantarèl, arèlo, <nfj. Chanteur seuqùterael eteiuniyeux:
(pii aime à chanter, ou qui a des disj)ositioMs à chanter.
Cantarèlo, s. f. Chauteiellc; st»rte de bouteille en verre,
dont le fniid très-uduce est percé d'une petite ouvertun?. On
cbaid ' ct»nlre ce fond pour amuser les enfants, et le souffle,
qui lait \ibrer forlement les parois, augmente très-singuliè-
rement le Volume de la vitjx en lui donnant une qualité
métallique et frémissant(\
Dér. du lat. Cantnre.
CAN
CAO
169
Canièl, ». m. Chanteau ; premier morceau taillé en coin
sur un grand pain; pointes supplémentaires d*un mantean,
d*iine robe, d'une chemise de femme; pièce du milieu d*un
fond de tonneau, qui est terminée des deux côtés par un
segment de cercle.
Dé eantU ou pér canièl, posé de champ. On le dit d*un
corps plat, d'une brique, d'une pierre de taille, posés sur
leur tranche, c'est-à-dire sur leur face la plus étroite,
comme les livres dans une bibliothèque.
Dér. de la bass. lat. CanteUum, dim. de Cantum, coin,
Canto-pérdrla, s. m. Garou ou Saint-bois, DaphM îau-
rmda, Linn. Arbrisseau de la fam. des Thymélées; à feuille
étroite, commun dans les landes arides.
Par extension, on appelle Canto-pérdrU , un terrain sec
et infertile, une propriété de peu de valeur, serait-elle
ornée d*une chétive masure, parce que c'est là que l'arbuste
de ce nom croit de préférence.
Les botanistes assurent que les fruits du garou, rouges
i leur maturité, sont avidement recherchés par les oiseaux,
surtout par la perdrix : de là sans doute le nom lang.
Canto-plouro, s. f. Chante-pleure. Ce mot, qui est imité
du fr. chante-pleure, ne représente pas le même objet.
Celui-ci est proprement un grand entonnoir pour remplir
les futailles , ou bien un tuyau de fuite pour les eaux plu-
viales pratiqué dans l'épaisseur d'un mur.
La Canto-p/ouro est un outil de moulin à huile. Ce qu'on
appelle l'Enfer dans ces moulins est un récipient où Ton
rejette les eaux qui ont servi à échauder la pâte d'olives,
après qu'on a écrémé l'huile sur leur surface. Cet enfer est
composé de trois cuves superposées l'une à l'autre et qui
déversent successivement l'une dans l'autre. Quand la plus
haute est pleine, elle verserait par le haut et entraînerait
l'huile qui surnage dans la seconde et de là dans la troi-
sième, résultat qu'il faut éviter, puisque cette huile doit
rester autant que possible dans la cuve supérieure, et tout
au plus dans la seconde. Pour y parvenir, on place dans
chacune de ces deux premières cuves un tuyau de fer blanc
plus ou moins recourbé, qui fonctionne comme un siphon
et vide les cuvées par le bas. Par ce moyen l'huile baisse
avec l'eau, mais surnage toujours jusqu'à complète vidange
de l'eau. C'est ce tuyau qu'on nomme Canto-phuro.
Canton, ».m. Dim. Cantouné. Coin; carrefour; quartier
d'une ville; quignon de pain; coin du feu; recoin d'un
appartement; angle d'un mur; canton, division territoriale.
En terme de maçon, pierre angulaireà faces perpendicu-
laires l'une à l'autre, dont on forme les angles saillants d'un
mur. — Béêta à soun cantoù, garder le logis, demeurer
dans son coin; ne pas se mêler des affaires des autres. Vira
lou canioù d'un air, prendre la ritournelle, saisir les
reprises d'un chant. Vira lou» eantoikê, tourner les diffi-
eullés. À un h-ave eantoik, il possède un bon coin de terre,
il a un petit domaine bien productif. Mèsto àou eanio^ dé la
TêiMêariè, il demeure au coin de la rue Tisserie.
Le mot est riche en interprétations étymologiques : nous
en avons dit quelque chose indirectement à l'art. Candïa,
Candiargue. Les uns le tirent de l'allem. Kanl, bord,
extrémité, marge, angle, coin. D'autres le font dériver du
gothique Kant, même signif.; ou du gr. XavS6ç, le coin de
l'œil, l'angle, le coin.
Gantonnado, s. f. Hameau; amas de maisons formant
une île dans une commune rurale. Ce mot est dit par
opposition aux maisons isolées, dont se composent en
grande partie la plupart des communes des Cévennes.
Dér. de Cantoù.
Cantonrléja, t>. firéq. Fredonner, marmotter une chanson
entre les dents ; gringotter un air.
Dér. du lat. Cantilare,
Gantnrlo (Vira-), v. Perdre la tête; battre la campagne.
Se dit plutôt de la perte de la raison par maladie ou acci-
dent, que d'une folie passagère par ivresse.
Dér. du lat. CantUare.
Câon ou Càonlé, s. m. Chou, Brassica oleracea, Linn.
Plante potagère, alimentaire, de la fam. des Crucifères. —
Le proverbe dit :
Entre Sén'Pière et Sén-Pdou,
Planto lou pore et lou cdou.
— T-a càous et câous, distinguons, il y a choux et choux.
Une anecdote est attachée à ce dicton, et en explique l'ori-
gine présumée. Un pauvre diable se confessait à son curé
d'avoir volé des choux : celui-ci lui fit une légère répri-
mande et voulait passer outre. Le pénitent ajouta alors :
Mais ces choux-là étaient à vous. — Ah! reprit le curé,
2f-a câous et càoui, c'est bien une autre affaire. Et la
semonce ainsi que la pénitence furent doublées.
Sganarelle, dans le médecin malgré lui, dit dans la même
acception : il y a fagots et fagots.
L'étymologie prise du lat. Caulie, tige, semblait toute
naturelle ; mais on a dit contre elle que le chou Cdou,
Cdoulé, était précisément une des plantes les moins remar-
quables par la tige ; et ceux qui n'étaient pas satisfaits du
dér. lat. ont trouvé dans le celtique le mot Chaulœ, Cawl
ou Caul, qui signifie légume, et qui leur a paru de beau-
coup préférable. Leur raison s'appuie de ce que de Cawl,
les Italiens ont fait Cavolo, les Espagnols Col, les Allemands
Koti, les Belges Koole. Cal est de notre vieux langage, mais
il est encore usité dans les Cévennes; la plaine emploie
Cdou et Cdoulé plus adouci. — Voy. Cdoulé.
Câon, Câondo, adj. Chaud, chaude; qui a, qui procure,
qui fait éprouver la sensation de la chaleur. Se prend quel-
quefois adverbialement : Se tène edou, se tenir chaudement
Béoure cdou, boire chaud.
Dér. du lat. Calidue, même sign.
Il faut observer que dans le dialecte des basses Cévennes,
on change fréquemment la lettre / en la voyelle composée
ou; cela tient au goût particulier de cette population pour
les polyphthongues, qui sont en général plus euphoniques.
A mesure qu'on s'éloigne vers le levant du Languedoc, les
J70
e*Q
CAO
CQBfloimes se multîplieQt de proche en ^ffodbe^ les poly-
pkthoogues s'effacent, les syllabes deviennent plos^ labiates
00 plus gfittoralest et par là «e rapprochent davantage du
firan^is. Le g^e orig^iav» sembla mienx conservé dans
le premier mode, car il n'a pn l'emprunter à aucune autre
langue ; aucune ne faisant une teUe dépense de voyelkSi et
n'étant aussi avare de consonnes.
Nous avons donné des exemples de cet harmonieux agen*
cément de voyelles au mot Âeén. Les diphthongues et les
triphthongnes se rencontrent, se mêlent, se croisent dans
le même mot, sans se heurter, sans choc discordant, grâce
à leurs ingénieuses compositions , faites pour ménager tou-
jours l'oreille. Ce mécanisme appartient tout entier à notre
langue, et donne la preuve de sa souplesse et d'une sensi-
bHité musicale très^déveloj^.
Gàoucion, s. f. Caution; celui qui répond ou s'oblige
pour un autre. — Pâoure, eâouelou el malaïroUa noun iou
sif/jb à l'énv^'oits, prvb., être pauvre, caution et malheu-
reux ne sont pas sujets d'envie.
Dér. du lat. Cautio, formé du verbe Caven, part. Cet»-
flM.
Càoncionna, v. Cautionner; se porter garant; s'obliger,
se rendre caution pour quelqu'un.
Gàondéja, v. fréq. Couler la lessive à chaud, en y jetant
fréquemment de l'eau bouillante, qu'on laisse écouler par
la bonde de la cuve. On verse de l'eau bouillante ou da
moins très-chaude pour dégager plus facilement les alcalis
contenus dans la cendre et les unir au corps gras du linge
sale, ce qui les change en véritable savon. Ces corps gras
eux-mêmes ont besoin de cette chaleur pour se fondre, se
détacher du linge et s'unir aux alcalis ou sels lixiviels. La
lessive, Bugado, est purement une opération chimique d'un
ordre relevé. Les ménagères ne s'en doutent guère.
Dér. de Câou.
Gâondéiado, t. f. Action de réchauffer une lessive en y
jetant une nouvelle ondée d'eau lixivielle chaude. — Xi
f^ou iiwaro très câoudifadoi, il faut donner encore trois
réchauds à cette lessive, c'est^-dire renouveler trois fcHS le
même manège. '
G&ondéto, s. f. Châtaigne bouillie, qu'on sert sous un
linge pour lui conserver sachalear; de là elle tire son nom.
— Voy, Této.
Ciondo, s. f. Battue; reprise de travail; chaude, en
terme de forgeron. Il s'emploie surtout pour les ouvrages de
forgeron, et pour les travaux de pilotage, soit aa maillet,
soit à la sonnette, où les ouvriers doivent mettre de
l'ensemble dans le battage du fer on des pilotis, et s'arrêter
ensemble à un signal donné. La eàfiuâo est l'intervalle de
travail continu entre deux repos.
Dér. de Càou.
Càonfa, t>. Chauffer, échauffer; exposer à la chaleur du
feu. — Lou iourél eâcufo, le soleil est ardent. Âïço^ eàoufo,
Taflaire devient chaude.
Dér. du lat. CaUfaeer$, même sign«
Giooifl4#f «• m. Action de se chauflfor ; quantité dir bois
ou de liottiile qu'il faut à une famille ou à un individu.
Gàosléja, tt. fréq. Béchauffer; chaufier à idusiem*
reprises, comme on lofait pour une perBoane ou un animale
malade, par l'application de linges chauds., on au moTon^
d'une bassinoire.
Gâonrllori, s. m. Chou-fleur; BroMêha ofarooM bûtrftk,
Linn. Variété de chou commun, selon quelques hotenistwsy
espèce distincte, d'après les autres.
Cftonlé, s. m. Dim. CâouUehoà. Chou. C'est un dim. de
C4ou, mais plua usité que lui pour exprimer le f^ape dans
sa généralité. — Voy. Càw.
CtUnUé-cabus, s. m. Chou cabus ou pommé, Broêâ/Bm
àUimeêa eapii^ta, Linn.
CàouU à Voli, s. m. Brocoli, variété du chou-fleni ;
CéKndi'hru, CémUà-vèr, chou vert, Bratsica oIsnaH»
viridiê, Linn. Espèce qui ne pomme jamais. Ellea un giand^
nombre de variétés. — Voy. Càou,
Câooléiai, V. ftéq, Efifeuiller un chou sur sa tige, saasj
l'arracher, afin qu'il puisse pousser de nouvelles feoiUett.
On n'enlève que les feuilles les plus vieilles et extérieures,
sans toucher au cœur. On dit Càoidéja, par extension, àm
toutes les plantes légumineuses auxquelles on fait subir U.'
même opération, comme la blette, la betterave, etc.
Gâoulichoù, s. m. Dim. de Càouié, Petit chou, et mieia
un cœur de chou^ et les jeunes pousses du chou-verlou du
chou-brouoli.
Câmdichoii, s, m., est aussi le nom du Carmillet, comp^
gnon-blanc, Lyeknis sylvestris Ma iimplgx, Linn. Plante
dé la fam. des Cariophyllées, dont on mange les jeuMe
pousses. La même que Této-lèàre. — Voy. c. m*
Càonpiaa ou Gàoiuaiga, v. Fouler aux pieds; mettre le
I»ed sur le pied de quelqu'un, ou sur quelque chose. — »
Jf' ovèff eàoupi9a, vous m'avez marché sur le pied.
Dér. du lat. Calx, talon, chaussure, pied, ou de Calettn,
fouler, uni à Pes, pied. En ital. Pigyiare et CaXfular%; en
esp. Pittar, fouler aux pieds.
Gioupre, v. Contenir; tenir; être contenu dans. — li
podû pat edoupre, je n'y puis tenir plus longtemps, m»
patience est à bout. Aquà poura pa» januLï câoi^n dm ma
tiêio, cela n'entrera jamais dans ma tête. Po pas eéompf
dimapil, ilne peut plus tenirdanssa peau, il est trop gros.
Dér. du V. pass. lat. Copi, eapior, être contenu.
Càouqua, v. Fouler le blé avec des chevaux; quand ob
le bat avec le fléau, on dit Eteoudre. Au fig. fouler aux
pieds, presser fortement sous les pieds. — La pan» fié>«do»
pas hu càouqua, prvb., le jeu n'en vaut pas la chandeUa.
Dér. du lat. Caieare, fouler aux pieds.
Qâooqnado, s. f. Airée; reprise de foulage; quanttt6 de
gerbes qu'on foule en une reprise.
Loi eâmiquadot, », f. pi. La saison où l'on foule le blé.
Gàouiquasoù, s. f. Action de fouler le grain; foulage;
saison de ce travail.
Dér. de Cdon^tia.
CAO
eAo
m
flàoaqidèfiro, c f. Tannerie; atelier où l'on tanne;
maison garnie de galeries couvertes poar faire séeher les
(fMQK tannées.
Le nom d*iine ancienne me d*A)aÎ8, désignée ainsi daïis
Isa Tîeax titres, a été francisé en rae des Galqiiiéres.
Hér. à"'A9âou, parce que c'est principalement avec une
lesaiTe de dianx qn'on apprête les cuirs et qa*on en fait
tomber le poil.
Cêouqvio, t. f. CoqaiUe, partie dure qui recouvre ou
-Mnfèrme le corps des mollusques testacés; trompe, voûte
en saillie, propre à soutenir un angle de mur, le coin d'une
«aiaoû.
Dér. du lat. ConeKa, mèmesign.
GAoaM, s. m. Chose; mot que l'on applique à une per-
•sonne, à un objet dont on ne se rappelle pas le nom, ou
qu'on veut éviter de nommer. — Moussu edouse, monsieur. . .
^hose; monsieur un tel.
fSàOQBO, s. r. Chose, ce qui est, ce qui existe; toute
lèhose inanimée ; cause, motif. — iVé sièï cdouso, j'en suis
cause. On dit mieux : Né sou% Vén-cdou$o, qui n'est qu'une
idlêration de la première forme plus régulière, mais moins
usitée. — Se siès bono eéouso parlo, se que dé noù, Diou té
rétire, si tu es bonne chose parle, sinon que Dieu te fasse
dBparaitre : phrase de conjuration quand on croit voir ou
entendre quelque chose de surnaturel, un revenant, un
esprit familier, etc.
Dér. du lat. Causa,
GftoUBsa, V. Chausser; mettre une chaussure, des bas ou
des souliers ; buter, chausser un arbre, ramasser de la terre
M pied. En terme de forgeron ou de taillandier, rechanger
un outil, une houe, un soc, etc., en y appliquant, lorsqu'il
est usé, de nouveau fer pour l'élargir, l'allonger et Tacérer
une seconde fois. — Se cdoussa d'un pê^n doutre, se chaus-
ser à rebours, mettre par exemple le pied droit dans le
soulier ou le sabot du pied gauche.
Dér. du lat. Caix, chaussure.
Otousoe, s. m. Causse, haute montagne ou chaîne de
Ittutes ihontagnes terminées en haut par une vaste plaine.
Les parements extérieurs des Causses sont fort escarpés
et présentent dans leur tranche l'épaisseur des diverses
assises dont ils sont composés et qui sont en général de
nature calcaire. C'est ce qui les distingue dans le pays de
ce qu'on appelle la montagne, terrain de seconde formation,
composé de schiste et de mica la plupart du temps. La
haute chaîne de la Lozère est de la première nature; les
chaînes inférieures et parallèles à cette chaîne sont de la
seconde espèce, surtout dans les versants méridionaux.
Cette série de Causses règne en arc de cercle dans le
centre du département de la Lozère et se poursuit dans la
chaîne de TAveyron. Ce sont lés Gausses de ce dernier
département qui fournissent ces excellents fromages de lait
de brebîs qui, en passant par la fermentation des célèbres
Orres de Roquefort, acquièrent une renommée eun^iéentie.
Les meilleures qualités sont produites dans rarrondissemeni
de Saint-Affrique, et surtout dans le canton qu'on appelle
le Gamarés.
Ce nom de Cdousse peut fort 'bien dériver de la natufe
calcaire des rochers dont ils sont composés; Sauvages le
tire du lat. Cautes, rochers.
Gâonsaésoù, s. f. Action de rechanger un outil ; quan-
tité de fer qu'on y ajoute; point de jonction du vieux fer
au nouveau.
Dér. de Cdoussa. *
Gàoussétariè, s. f. Bonneterie; chaussetterie; fabrique
ou magasin de bas et de bonnets.
n y a à Alais une rue de ce nom, qui est bien ia plus
petite de toutes celles que le métier ou l'industrie qu'on y
exerçait eût dénommées; car elle n'a pas plus de vingt
mètres de long sur trois de large. Cela indiquerait-il que,
dans le vieux temps, on allait beaucoup plus les jambes
nues et que le bonnet de coton était moins en vogue?
Gàoussido, s. f. Chardon épineux ou hémorroïdal, Sêr-
ratula arvensis, Linn. Civium arvense, plante de la fam.
des Composées Cynarocéphales, très-commune dans les
champs. *
Dér. de Cdoussiga.
Câoussiè, s. m. Chaussure de quelque espèce qu'elle
soit. Ce mot ne s'emploie guère que lorsqu'il s'agit de la
dépense que fait un individu pour sa chaussure.
Càoussiga, v. — Voy, Cdoupisa,
Càoussignè, i. m. Chaufournier; faiseur, fabricant de
chaux.
Dér. de Acdou.
Câoussina, t>. Passer le blé de semence à l'eau ou à la
fleur de chaux, le chauler, pour détruire le germe du char-
bon ou de la nielle, qid est une sorte de carie ou de fungus.
Aujourd'hui on emploie plus souvent la soude et l'eau de
vitriol pour cette opération, sans cesser pour cela de dire
Cdoussina et chauler.
Dér. de Acdou.
Câouasinar, s. m. Habitant des Causses; mouton de
petite espèce qu'on nourrit dans les Causses, et principale-
ment dans les Causses de l'Aigoual.
Dér. de Cdousse.
Gâou8808, s. f pi. Chausses, haut de chausses, vêtement
de la ceinture aux genoux, propr. culotte. Les deux mots
et les deux modes ont vieilli. Le pantalon, las Bràïos fV. c.
m.), règne seul. Cependant Cdoussot s'est conservé dans une
locution qui revient souvent : Coumo y farén las cdoussosf
C'est la question que l'on se pose devant un problème à
résoudre, en présence d'un embarras qui se dresse inopiné-
ment, devant un coup de partie difficile à jouer, dans un
écart au jeu de piquet, dans une situation dont on ne voit
pas le moyen de sortir; quand en se grattant le front on se
demaitde : comment nous y prendrons-nous? Quel biais
emploierons-nous? Comment sortir de ce pas? Comment
nous tirer de là? Ou autrement :Bkbé/ aro, coumo y farén
las tdouudi?
172
CAP
CAP
Ce dicton confirmerait ce que j*ai entendu dire mainte fois,
qae les pantalons sont très-difficiles à faire, plos difficiles
qne toute autre partie de l'habillement; car autrement com-
ment serait-on plus en peine pour faire chausses et haut de
chausses que pour un gilet ou un paletot, et enGn pour une
règle de trois, une mortèse ou une paire de souliers? J'aime-
rais bien aussi de savoir, pour vous le dire, à quel tailleur
on doit le dicton.
Gâoussoù, s. m. Chausson; chaussure de toile, de tricot,
de flanelle, de lisières, qu'on met aux pieds.
Dér. de Câouisa.
Câonto-à-Gàonto (Dé), aiv. En tapinois; à pas de loup;
en marchant avec précaution, en catimini. — F vaï dé
eâouto à'Câouto, il y va tout doucement, sur la pointe du
Dôr. du lat. Cautus, avisé, prévoyant, rusé.
Capable, blo, adj. Capable; qui est en état de Ne
s'applique que, par une extension franchimande et réprou-
vée, à celui qui a de la capacité, de l'intelligence. — Siè$
poi capable, tu n'as pas la force, le courage, l'audace de...
Ei capable dé tout... Kore lou bé, il est capable de tout
hormis du bien.
Dér. du lat. Capax.
Gapéiè, s. m. Ch.ipelier; celui qui vend ou fabrique des
chapeaux.
Dér. de Cap^,
Gapéîroù, s. m. Sorte de filet de pèche à double manche,
en forme d'entonnoir. Il est beaucoup plus grand que le
Vignoù, dont le manche est en forme de fourche.
Dér. du lat. Capere, prendre.
Gapèl, s. m. Chapeau; coiffure extérieure des hommes
et des femmes.
Dér. de la bass. lat. Capellum , même sign., qui vient
lui-même de Caput, tète, qu'avait retenu notre vieux lang.
Cap, resté dans beaucoup de composés.
Gapélado, s. f. Salut du chapeau; coup de chapeau. —
li dévèn la capélado, nous lui devons le salut. Emb'uno
eapélado t'en vétrcu, tu t'en tireras avec un coup de cha-
peau.
Gapélan, ».tn. Prêtre; celui qui a reçu les ordres sacrés;
abbé, ecclésiastique. — On appelait autrefois Capellani les
dercs qui gardaient la chape de saint Martin, à Tours,
relique que nos anciens rois faisaient porter devant eux à
la guerre. On appliqua ce nom au petit édifice où était
renfermée cette relique, qu'on nomma Capèlo, chapelle. Ce
dernier nom passa par extension à toutes les autres cha-
pelles, et celui de chapelain et Capélan à ceux qui les
desservaient. Le lat. Cappa, chape, désignation de la relique
et du vêtement que portent les prêtres dans les cérémonies,
n*est pas étranger non plus à l'appellation.
— Mounla dâou coiuta dae capélan», monter à cheval
du côté droit.
Capélan, s. m. On appelle ainsi les vers à soie morts sur
la bruyère avant d'avoir filé leur cocon, et qui restent sus-
pendus aux branches. Ce nom leur vient sans doute de oe
qu'ils deviennent tout noirs.
Capélan, s, m. Sorte de champignon très-commun dans
le pays et qui naît dans les oseraieset les prairies humides.
Il est fait en pain de sucre comme les morilles, mais il est
beaucoup plus grand. Il est laminé et noir en dessons quand
il est un peu fait ; le dessus est d'un blanc cendrè. C'est œ
mélange de noir et de blanc qui lui a valu sans doute son nom.
Capélan, s. m. Capélan ou officier, Gadtu minutuê, Linn.
Poisson de mer de la fam. des Jugulaires et de l'ordre des
Holobranches. Sa chair est peu estimée.
Capélan, cm. Carthame ou safran bâtard, Carthamue
tinctorius, Linn. Plante tinctoriale, de la fam. des Iridées.
Sa semence est connue sous le nom de graine de perroquet.
Capélané, s.m.,e&i ledim. très-bien reçu dans toutes les
acceptions précédentes.
Capéléto, s. f. Nombril de Vénus, Cotylédon umbUieui,
Linn. Plante grasse, de la fam. des Crassulacées, qui pousse
dans les vieux murs humides. Elle a la forme d'un cham-
pignon, dont la concavité serait en dessus; au centre exté-
rieur de sa circonférence se trouve un renfoncement q[m
ressemble à un nombril humain. Elle est connue aussi soos
le nom de Coucarèlo. — Voy. cm.
Son nom est du probablement à sa ressemblance assez
éloignée avec un chapeau, Capil.
Gapélino, s. f. Têtière; petite coiffe des enfants nouveau-
nés; espèce de capote de femme, en étoffe, dont l'usage est
récent dans nos campagnes pour préserver contre le solml.
Dér. de Capèl,
Capèlo, s. m. Dim. Capèlélo. Chapelle; petite église»
petit oratoire consacrè à Dieu. — Aïço é» pas la capèlo dos
hégandous, dit un joueur de cartes en voyant beaucoup de
figures dans son jeu : on sait qu'il n'y a point d'images
dans les temples protestants.
Le mot venu du lat. Capella, même sign., se rattache à
ce que nous avons dit de l'étym. de Capélan.
Capéla, ado, adj. Huppé, ée; qui a une huppe sur la
tête. Il se dit des poules ou de certains oiseaux, qui ont sur
la tête une touffe de plumes, comme l'alouette huppée et la
huppe ou puput.
Capéssolo, s. f. Capsule, amorce au nitrate d'argent,
fulminate, pour les fusils à piston. — Ce mot d'invention
nouvelle est une simple corruption du français.
Capéto, s. f. Dim. de Capo, Manteau de femme; man-
telet de femme ou d'enfant.
Capigna, v. Chercher querelle; quereller; taquiner. Cela
répond principalement aux picotenes et petites querelles
des enfants cntr'eux, qui ne vont pas plus loin que de se
prendre aux cheveux ou à la tête.
Dér. du lat. Caput, d'où Cap, et Pigna, peigner.
Capignaire, airo, a4j\ Enfant taquin; qui cherche que-
relle, noise. S'applique aussi aux grandes personnes.
Capignoùs, onao, adj. Hargneux, querelleur d'habitude;
pointilleux.
I
CAP
CAP
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Gi^iUiii» i. m. Capitaine, cbef d*iine compagniede soldats.
Dér. de la bass. lat. CapUanus, et autant fr. que lang.
Gapitàon, «. m. Capital, somme principale, principal
d*iuie dette ; peine capitale. — L'an jugea âou eapitâou, on
Ta condamné à mort.
Gapitèio, s. f* Hutte, maisonnettede vigne, non habitée,
oà Ton renferme les outils, et où l'on peut se mettre à Tabri
d*nn orage,
Dêr. du lat. Caput, chef; on bien parce que ce petit
édifice terminé en cône a la forme d*un chapeau, ou parce
que la CapiiUo est en quelque sorte le chef-lieu de la vigne.
Peut-être aussi faut-il chercher sa dériv. dans l'ilal. Capi-
teUo, chapiteau, parce que la CapUUo n'est souvent et n'était
surtout autrefois qu'un appentis, un petit toit, une sorte de
chapiteau sous lequel on mettait à l'abri la cuve vinaire.
De nos jours, malgré la cour d'assises et le luxe des garde-
vignes, il ne serait pas prudent de laisser la vendange ainsi
à portée des passants et des vagabonds.
Gapitolo, s. m. Capitole; hôtel-de- ville de Toulouse. Ce
nom n'est point une imitation de celui du Capitole de Rome.
Il vient du lat. Copitu/um, chapitre, assemblée. Il fut donné
au chapitre des consuls de Toulouse par une lettre de la
rône Blanche qui portait en titre : DUbcIU de CapUulo,
Capitonl, $. m. Capitoul, nom que portaient les consuls
de Toulouse , et qu'ils prirent au commencement du
XIV"« siècle. Cette dignité conférait de droit la noblesse
à ses titulaires avant 4789.
Cqiitnla, V. Calculer, spéculer. Ce mot qui d'évidence
est un emprunt au fi*. s'éloigne complètement de lui par sa
signification. — Aquà's bien eapUula, c'est bien calculé,
combiné.
Gq^, s. f. Cape, espèce de manteau de drap grossier, que
portent les paysans et surtout les bergers pour se parer de la
pluie. Les bergers, qui conduisent les troupeaux dans la mon-
tagne en été, couchent sur la terre nue plies dans leur cape.
Dér. de la bass. lat. Cappa, chape.
Gapô, c. m. Chapeau de femme en paille ou en étoffe ;
capote de femme.
Dér. du lat. Capui.
Gapô, oto, adj. Honteux, confus, qui a un pied de nez;
interdit, attrapé.
Ce mot dérive du fr. Capoi, terme de jeu de piquet. Celui
qui est capot à ce jeu est honteux et désemparé : on a fait
sor lui toutes les levées, il est pris, en lat. Captue, eapere :
ou bien, il a perdu du commencement, à eapUe, jusqu'à la
fin du coup. Le point de départ est un peu éloigné; et nous
ne sommes pas d'ailleurs chargé d'expliquer lesétym. fran-
çaises.
Capoù, «. m. Chapon; jeune coq coupé ou châtré; croûte
de pain frottée d'ail, dont on assaisonne la salade dans ce
pays et qu'on nomme aussi en fr. chapon. U y a là sans
doute une ironie : la croûte à l'ail dans la salade est la
poole au pot du pauvre.
Dér. du lat. Capo, eunuque.
Gaponchin, t. m. Capucin, religieux de l'ordre de Saint-
François, pprtant ordinairement une longue robe brune et
un capuchon. — Le mot est une corruption du fr.
Grano dé capouchin, Cévadille, Veralrutn eabadiUa,
plante de la fam. des Colchicacées, originaire du Sénégal.
On prétend que sa graine fait mourir les poux. Ce préjugé
remonte sans doute à la même source que ces mauvaises
plaisanteries sur la barbe et la saleté des capucins, que l'on
disait se servir de la semence de cévadille pour se débar-
rasser de la vermine qui nichait sous leur menton.
Gapoula, v. Hacher menu, couper à morceaux ; découper
avec des ciseaux.
Dér. de la bass. lat. Capulare, couper, trancher, déca-
piter.
Gaponlado, s. f. Hachis; abattis; massacre.
Gaponlaire, airo, adj. Qui hache, qui coupe à mor-
ceaux.
Gaponn, onno, adj. Capon; lâche, poltron; traître, de
mauvaise foi, vaurien; gueux. Terme injurieux.
Selon Roquefort, ce mot viendrait du fr. Capoi, qui fait
son adversaire capot, qui lui prend tout; selon le P. Puget,
il serait tiré de Capoù, chapon, parce que, dit-il, les capons
d'ordinaire sont gras comme des chapons.
Gapoona, v. Chaponner, châtrer un jeune coq ; caponner,
lâcher pied, montrer de la lâcheté.
Gaponnadoù, adj, m. seulement. En âge d'être cha-
ponné; poulet assez fort pour subir cette opération.
Gapounairo, s. f. Femme qui chaponne les poulets.
Gapoonariè, », f. Polissonnerie; action méprisable;
lâcheté; trait de capon.
Gapounéja, v. fréq. Vagabonder, polissonner; faire le
galopin.
Gaponnô, oto, s, m. /*. Petit vaurien; jeune efijronté;
petite libertine.
Gaponràou, s. m. Caporal, chef de la plus petite subdi-
vision d'une compagnie d'infanterie.
Dér. de l'ital. Caporale, dim. de Capa, chef.
Gaprice, s. m. Caprice ; boutade d'un enfant qui pleure
et crie pour une folie idée qu'on contrarie; entêtement;
engouement amoureux.
Dér. du lat. Capra, chèvre, dont le caractère est capri-
cieux et volontaire.
Gapriciois, onao, adj. Capricieux ; qui a des caprices ;
qui est sujet aux caprices.
GapriciouBé, éto, adj. Dim. du précédent. Petit capri-
cieux. Se prend quelquefois comme expression de câlinene,
de gentillesse : mais suivant le ton la chanson.
Gapriço, ». f. Fantaisie, caprice; désir déraisonnable;
goût particulier et capricieux.
Gapucho, s. f, Capuce, capuchon; chaperon d'une cape
ou d'un manteau de berger.
Dér. du lat. Caput, tète.
Gapuaa, v. Charpenter, menuiser; couper du bois en
menus morceaux, soit avec la hache, soit avec un couteau
t74
CAR
CAR
on toat antre instnimeiit tranchant; mais non point avec
le rabot on la varlope. Aafig. inquiéter, toormenter à ooQps
d'épingles; iaire endèver.
Dér. de la baas. lat. Capulare, couper, trancher.
Gapusadoù, s. m. Espèce de banc sur lequel on amenuise
le bois.
Capuaaîre, s. m. Equarisseur, charpentier, bûcheron ;
ouvrier qui menuise le bois sans autre outil que la hache,
la plane, le ciseau et les tarières. C'est ainsi que Ton fabri-
que les échelles, civières, râteliers et la plupart des outils
aratoires.
GapuBaje, 5. m. Action de roenuiser le bois, de Téquar-
rir, de dégauchir une pièce.
Capusïos, s. f. pi. Copeaux, petits morceaux, gros ou
menus, que l'instrument du CapuêoXre détache d'une pièce
de bois.
Gaqué, s. m. Caquet ; bavardage ; intempérance de langue.
Onomatopée du caquetage des poules.
Caqueta, v. Caqueter; bavarder; jacasser.
Car, t. f. Péj. CMmoêêo: dim. Caméto, Chair, viande.
— Car dé cav^o, chair d'un animal dont on a ôté la tftte,
la peau, les viscères intérieurs et les pieds, et réduit à la
seule viande qui a cours à la boucherie. Vendre car dieatfio;
quand on vend au poids un animal de boucherie, on ne le
pèse que quand il est réduit à l'état ci-dessus; tout ce qu'on
a enlevé ainsi passe sur le marché au profit de l'acheteur :
on appelle cela Car dé eatKo, parce que l'animal dans cet
état, à l'abattoir, est suspendu à l'étal particulier du bou-
cher par une cheville, et pesé. Eàtre car dé caxHo, au fig.,
être réduit au strict nécessaire, être sans le sou. Es pu près
ib car gué la eamiêo; ma peau est plus proche que ma
chemise ; je tiens plus à ma peau qu'à son vêtement : pro-
verbe d'égoïste, dira-t-on, mais qui peut si bien se justifier
dans ses diverses applications I
D^. du lat. Caro, chair.
Car, eonjone. Car.
Dér. du gr. YdEp, ou du lat. Quart, c'est pourquoi.
Câra, s. m. Oreiller, coussin carré pour soutenir la tête
quand on est couché. Il tire son nom de sa forme.
Cara, ado, adj. Carré ; qui a la figure, la forme cariée.
An fig. large d'épaules. — Cara coufno un ekafre, mat à
mot : carré comme la pierre à aiguiser des faucheurs. —
Voff. Chafre. Cette comparaison répond à Taecoption figurée;
elle signifie : bien ràblu, vigoureux; mais quel est le rap-
port avec la pierre qui donne le tranchant à une &nlx ? Je
ne sais. Sauvages traduit par : panader comme un coq. Je
ne l'explique pas mieux. La phrase est tiès-usitée : il
suffit.
Gara, o. Donner le bras à quelqu'un ; lui prendre le brss.
8ê eara, se carrer, faire le gros dos, se pavaner, sepiélasger,
faire l'homme d'importance; se mettre à l'aise, s'accom-
moder. — Cara uno poulido fio, marober en donnant le
bras à une jolie fille. ÂçuMo pîiço mé mnuiè bé, ce cdnmp
arrcndirait bien mon domaine.
Garabadio, t. f. Cravache, fouet eonrt d'une aeiis.pttoe,
pour les chevaux de srile.
Gorr. du fr.
Garabagnado , s, f,, ou Garamagnado. Quatttitt piodh
gieuse; une batelée.
Serait-ce une corrupt. du vieux fr. CarabituuU, dAofaarge
générale de carabines?
Garabata, v. Mettre la cravate à quelqu'un. Sé-eorotafa,
se cravater; mettre, arranger sa cravate A son cou.
Garabato, s. f. Cravate; linge qu'on met et noue aaUMr
du cou.
Corr. du fr.
Garabignè, «. m. Carabinier à cheval; gmnadiar ée
l'infanterie légère.
Emp. au fr.
Garabinéja, v. fréq. Transporter quelque choae, ou
promener quelqu'un d'un lien à un autre et à plnnîwrn
reprises; porter d'ici et de là, çà et là.
Dér peut-être du genre de guerre que font les eafabinen
on tirailleurs, qui vont de çà et de là, sans ordre de bataille;
et mieux peut-être du lat. Currus, char, qui a fait ohairier,
et de Binus, double, double charriage.
Garabino, ». f. Carabine, petite arquebuse qu'on portait
à cheval.
En ital. on dit Carabina, mot altéré de CanaHna, canne
double, soit parce que le canon de cette arme était doubla*
soit parce que le canon de fer est accompagné d'une eanoe
ou d'une monture en bois.
Garai, s. m. Mâchefer; scories qui se détachent du fsr
ou de la gueuse quand on les forge; balle coupée en quatn
ou plomb carré, dont on se sert pour la chasse au loup €i
aux bêtes fauves, dont la peau très-dure est quelquefois
impénétrable aux balles rondes.
Caral, t. m., se dit aussi pour l'ornière, la trace qve
laissent les voitures sur la terra. — La Fare l'a poAiquemem
appliqué à la voie ferrée, lou tarai dé fèrê, pour les nuls
qui forment la voie.
Caramel, s. m. Longue trompette faite d'écoroe d'arlire
roulée en rubans, ou d'un tuyau d'oignon, dont les enfimts
s'amusent. Par extension, flageolet, chalomeaa.
Dér. du lat. Calamus, chalumeau.
Garâou, «. m. Ruissetfu des mes; ornière de oharrette»
de voiture; espace contenu entre les ornières. -^ Caupti
caréou, traverser quelqu'un dans ses projets.
CarcU et Cardou ne sont, dans cette acception, que 1ê
même mot : al correspond à âou. — Foy. Aou.
Dér. du lat. Carm», char.
Caravira, v. Défigurer, décomposer les traits; tionMw^
étourdir ; bouleverser l'esprit et les sens ; causer nne penftila
émotion. — E$ tout earamra, il est tout înterAt. Aquà Ha
earavira, cette nouvelle l'a troublé, bouleveraé. CaraoSrm
fouHAau, mettre la maison sens dessus dessous.
Dér. du gr. Kdpa, tête, figure, et de FTra, tonner : faim
volte-face.
CAR
CAR
I7S
\, 9, f. Subite 61 péiûble émollon ; bouleTMRe-
fliBttt dans les traite et daas Teeprit.
CtfbM, «. 11». GbarboD de bois; houille; braise éteinte.
D6r. du lat. Carbo, même sign.
Garbongnè, s. m. Charbonnier ; fabricant de eharbon>de
buis; nûiMiiràe bouille. — Sa corôou^M^aaoàohafbon.
B^mm wm toptougnè po pa$ jovrti farmo blanquo, prvb.,
dntft sac àicbarfaon on ne sort pas de la farine blanche : on
oft lîro d*ii& sae qoe ce qui y est contenu. Les applications
dBdieloD sont nombreuses.
Garbougnèiro, ». f. Mine de charbon; hoaillére; grawk
fisse cvsusôe en terre où Ton fait bràler le bois pour le
convertir en charbon.
La pfois ancien tiim qui mentionne les mines de houîHe
de notre pays, et qui prouve que leurexploitelion, si infé-
rlNMe à ce qu'elle esl aujourd'hui» comptait cependant
pour une certaine valeur, remonte à Tannée 4345. Dans la
nme faite par Hombert, dauphin de Viennois, à Guillaume
nager, vicomte de Beaufort, de tous les droite qu'il possé»
dait comme seigneur û'AêeU et dépendances, Testimation
est donnée de chaque prc^été, et après Tarticle concer-
ùsêH lur forti d*Abylon, dans la baronie de Portes-Bertrand,
il eu ajoute : I9$m, earbonêna tapidum, 9U9 est in dicta
fêMtim, C¥$u9 «molufiisfiltem em ip$a prowtMnê wUereaprè-
dMwii» mH, pro rcddiiu mnnuù, quatuôr Ubroê Turon. r«fi-
dMoIff. — Et Tartide suivant pour les minerais de Palme-
salvle : Itmn, menmie ferré iHe in tenamento de PaimB-'
Stiùdù, 9um «srpMUi nanonim foreete de Partis et de EseKa"
laHis, apreeiatm vahre, pro redditu annuo, textes inginti
Mrof J^ron, rendwUee. Enfin, pour ne pas négliger le
dMt régalien sur les mines ni les renseignements sur leur
périmètre de concession, cette autre clause : Item, eensus
tms smMutes quas idem dominus DaipMnus habei et pereh-
pu, ééetusquêëomùhisrex habete etpert^aere eonsuêvU, pfo
ettpteeha earbonerkintm lapidum mandammiti eastri de
Partks, aà komltdèms dé Pwtis, de CamlwMhnigemdo et guo»
rmtdam aiiorum ioeontm, vatentes seu aeeendentes ineteui
reddUum aiinmtm quindecim solides TUren,
Il est curieux, au moins en élymologie et en industrie,
da savoir quel chemin ont fait les moto et les choses depuis
sîK oente ans environ.
Cstrbouade, s. f. Étuvée de moutcMi ou de veau. C'est
dJcsdinairs une rouelle prise dans la cuisse de l'animal et
qu'on pique de gros dés de lard. C'était jadis le plat mignon
dn dimanche ches la petite bourgeoisie, qui s'en régalait en
fHBille ou avec ses amis et voisins. Âiqourd'hui le luxe
lépandu dans toutes les classes Ta fait reléguer dans le
Mrviœ le plus journalier et le plus usuel.
Dér» de Corhoii, parce que c'est avec un feu doss de
charbon de bois qu'on apprêtait ce meto autrefois.
Cartonsçla, s. m. Charbon, maladie inflammatoire des
hommes et des animaux, et presque toujours mortelle si on
n'y apporte un prompt remède. Le plus ^eace est la eau-
tJrisatioo. Autrafns les paysans supersUtieux n'osaient
appeler cette maladie par son nom, parce qu'ils croyaient
que ce nom portait malheur et donnait la maladie elle-même
à. celui qui le prononçait. On l'appelait la miehami; la
mauvaise. C'est par suite d'un pareil ordre d'idées qu'on-
nomme les vers à soie muscardins, aquéio mMioMto mino,
et la grêle, lou miehan fé».
Dér. du lat. €arbunc%Uus, petit ulcère enflammé, bubon
de peste.
Carbounêl, t. m. Blé niellé, charbonné, touché par un
brouillard appelé la nielle, qui le rouille et le noircit. -^
Yoff. Câouswinm.
Garboonio, t. f. Braise éteinte; poussier, débris de
charbon ; cendre de houille, mêlée de charbon non consumé.
Dér. de Carboik.
Carcan, s. m. Carcan, pilori; peine infamante; collier de
fer fixé à un poteau et avec lequel on attachait par le cem
les malfaiteurs qui y avaient éte condamnés.
Mr. du gr. KapicCvoc, cancre, éerevisse de mer, parce que*
les branchtt du collier, aj^lé carcan, ressemblent aux
pinces de cet animal.
CarchoUs, s, m. Artichaut, cardonnette, cardon bon à
manger. — Vay, Artiehdou»
CarékofU d^ase, chardon aux Anes, cardon sauvage,
Cynara earêsmeulus sylvesSris, Linn.
Garcnl, s. m. Calcul, supputation.
Corr. du fr.
Carcola, v. Calculer, supputer, compter.
Caroulairo, airo, adj. CalcuUteur, celui qui aime à
supputer, qui est près de ses kiterêto, qui compte minutieu-
sement ses inlérêto.
Carda, v. Carder; peigner la laine avec la carde. Au fig.
s'emploie avec le mot faïre, faire, et comme verbe n. : Aquà
tiU faH carda, pour dire : cela me fait trépigner de dépit,
de colère, à peu près comme si on me peignait avec la
carde. — Voy. Cardo,
Gardair«, airo, s. m. f. Cardeur de laine, d'étoupe, de
fleuret de soiCt etc.
Gardé, #. m. n. pr. de lieu. Cardet, canton de Lédi-
gnan (Gaid).
La désinence en é, éto, en fr. et, ette, formée par le suf-
fixe lat. etitm, indique la collectivite, plutôt qu'elle n'est
un dim. Nous citerons de nombreux exemples {Y. S,
désin.) et ses variantes : Cardé, Cardet, lieu où se trou-
vent beaucoup de chardons, lat. earduus, ou bien où
s'exerce l'industrie des cardeurs. — Voy. Cardo.
Gaidèlo, t. f, Laiteron, Sonehus, Linn. Phmte de la
fam. des Chicoracées, laiteuse, bonne aux lapins; chicoiée
jaune.
Gardélo, «. f. Séneçon, Seneeio wUgaris, Linn., plante
de la fam. des Composées Corymfailéres, commune, à fleurs-
à aigrettes blanches, qui a quelque reuemblance avec cellsa<
de la cardo, d'où lui vient son nom dim.
Cardinal, i. m. Cardinal, un des soixante-et-dix piélate.
du Sacré-Collège. — Rouje eoumo un cardinal, rouge comme
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[' > :. K"^ ►"•it lia r. ir:.>ti'iii'.^ piii>.>iiit.
Caréiè. <. w. > ■rt^:» d^^ s:.v\r>'' ►m a\ int d'un t.^ur à filer
li -i' .\ •" 1 -i^a ►^nnlré'^s plu^i^-'urs U-'binos tounLintt"»s dos-
tip/-s i t r!:^^ !-^ fil d? s^e as.int qu'il s»"» déN idosurla roue.
Caréïrôou, j. m. Di'ii. Careiroule. Viol : {vtil stMitier
p«.':r I^-s p-rt [i> et trioé s^^ulenl'nU par l'uMge.
Di.T.. de C'jrif'tro.
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fr. !': '.r-' ■' V- ;i / '■ ^ i ?-f 'i * / -f 'i'»'"» caremo, j'y ai
' .- r !..
Carèou, < »" t'i.rr-^'.u. jr s t-r a r-^pisv^r des tailleurs.
F'-if.-Cï'- • . J '1 i •':.*".':i'. 'i^i 0"!isi>U^à Lmcer en l'air
«riî rM »:i l»' sur K^ carreau; celui
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d !.t 11 j:-.v '^-t i-^ fl'is v.i c»^!itre tîu oarr»?au. et la plus
' ! un-'*' d'''< ' i;,ts. \ j"ij:>\
Caressa, r Cir f^v. iwy d-^ oiresv-'s; traiter avec
d'^< d'":: iiftriti •:< li-' t-::. ir'?>3-\ d'.itlacheriient, d'amour;
fîir" Wx'v. -'ir.
IVt. du .T. K^;::^'^. ::. siju.
Caréssan, anto, nfj. Cin^Nsint. qui aime à caresser;
rr.i-^ll-Hix. d 'U'V^reux.
Carésso, s. f. Cir^se. biiv^r; C'^ste qui approche de
la trop cran le f.\T.ilnnl^\ à d'^-nn ind^Vent.
Pér. du lat. Caru^:. cher.
Caréstiè, s. f. Ch^^rtè, div.^lte, misère. — Jamaï lou
CAR
CAR
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mkhan tin noun ingéndro caréstiè, la grêle n*eDgendre pas
la disette ni la cherté, parce qne, tout en ruinant la con-
trée qu'elle frappe, ce ne sont qae quelques individus qui
en souffrent, sans faire augmenter en général le prix des
denrées.
Dér. du lat. Carerê, manquer, souffrir de disette.
Caréatioûs, onso, adj. Pauvre, misérable; chétif ; qui
manque du nécessaire ; maigre, rabougri.
Carétado, t. f. Charge d'ane charrette : charretée ; la
quantité qu'une charrette porte ou peut contenir.
Dér. du lat. Carrus, char.
Caréiéja, v. friq. Voiturer d'habitude ; exercer la pro-
fession de roulier, sans suivre une route habituelle.
Carété)aîre, s. m. Roulier ; qui voiture toute sorte de
marchandises et de denrées, sans service régulier.
Carétiè, j. m. Charretier ; celui qui conduit une char-
rette; roulier.
Caréto, s. f, Dim. Carétouno, Charrette, voiture à deux
roues destinée à porter de lourds et gros fardeaux. — La
caréto méno lous biâoia, la charrette conduit les bœufs,
loc. prvb., qui s'emploie lorsqu'un chef de famille se laisse
gouverner par toute sa maison.
Dér. du lat. Carrui, char.
Carétoun, $. m. Petite charrette ; camion ; charriot ;
haquet.
Carga, v. Charger, mettre une charge, un fardeau sur...;
prendre, se vêtir ; attaquer l'ennemi, donner la charge ;
déposer contre, rendre un témoignage accablant; mettre
de la poudre et du plomb dans une arme à feu. — Zou /
cargo la nUolo, allons ! charge la mule. Cargo mé vn pàou,
porte-moi un peu. Carga lou déou, prendre le deuil. Carga
l'éâtiou, prendre des habits d'été. Lou tén gé cargo, le temps
se couvre. Carga mus lou davan, prendre du ventre; être
enceinte. Carga la mounino, s'enivrer, se griser. Té vdou
carga, je vais fondre sur toi. Lou cargo à fàou, il dépose
Haussement contre lui. Carga soun ftail, charger son fusil.
Carga tro, tro earga, surcharger.
Dér. de la bass. lat. Caricare, charger un char.
Cargadon, s. m. Chargeoir ; toute espèce d'engin pour
aider quelqu'un à charger un fardeau ; spécialement, gros
billot de bois qu'on pose debout et sur lequel les manœuvres
des maçons posent et garnissent leur planche à mortier,
pour la charger sur leur tête sans aide et sans avoir besoin
de la soulever de terre.
Cargadouiros, «. f. plur. Corde à charger un mulet
lorsqu'il porte à bât. Elle est faite exprès et très-peu tordue
pour pouvoir supporter une plus grande torsion quand on
la garrotte, qu'on la serre avec le garrot, bïo.
Cargaire, aire, adj. Chargeur; celui qui charge ou qui
aide à charger.
Cargamén, t. m. Chargement; charge d'une voiture ou
d'un mulet ; quantité qu'on transporte en un voyage soit
en voiture, soit à dos de mulet ; chargement, reconnais-
sance d'un dép6t.
Gargaasèlo, s, f. Manière de porter quelqu'un sur les
épaules, en le mettant à califourchon sur son cou. — Fàùn
eargaêiàlo, faire la courte échelle à quelqu'un, le hisser
sur ses épaules pour l'aider à atteindre à un point plus
élevé ; lui servir d'échelle.
Dér. de Cargo et de Sèlo, parce que celui qui grimpe
ainsi est placé comme sur une selle.
Cargaatièiros, t. /*. plur. Cadre de bois fixé à un bât et
garni de cordes, sur lequel on transporte à dos de mulet
les gerbes à l'aire. Ce procédé est peu usité de nos jours, à
cause du progrès de la grande et petite voirie qui permet
aux voitures d'aller dans presque tous les champs. On ne
le rencontre guère que dans les pays de montagnes.
Cargo, s, f. Dim. Carguéto. Charge, fardeau, faix ; obli-
gation onéreuse, permanente; impôt; ce qu'on met pour
charger une arme à feu. — Pourta à cargo, porter à. dos
de mulet.
Cargos, s. f. plur., en terme de vigneron, une vietle«
un sarment qu'on taille plus long que les autres et qu'on
fixe en arc au tronc de la souche, pour obtenir une plus
grande quantité de raisins; mais l'excédant que produit
cette branche à fruit forcée, n'amène le plus souvent d'autre
résultat que de fatiguer le cep et une prompte mortalité, si
l'expérience se renouvelle longtemps. On emploie cepen-
dant le procédé pour une vigne vieille qu'on a le projet
d'arracher au bout de quelques années. Il est toutefois des
espèces de cépages qui ne se trouvent pas mal de ce trai-
tement et qui même, sans lui, ne produiraient que médio-
crement; le raisin dit de la Madeleine est de ce nombre.
Gargo-péîo, s. m. Bruine, petite pluie. — Tombo dé
eargo'pêio, il bruine, il fait une pluie fine et menue, qui
pénètre et alourdit les vêtements.
Le mot est composé de Carga, charger, et de Pêto,
habits; en général, mauvais habillcms portés par les pauvres
ou gens sans asile, qui sont plus exposés à la pluie. —
Voy. Pêio,
Cargué, t. m. Étui à mettre les épingles et les aiguilles
à coudre.
Garia]e, $. m. Charriage ; action de charrier ; salaire du
voiturier. Au fig. train de maison; train de grand seigneur.
Dér. du lat. Carruê, char.
Carièiro, s. ^Péjor. Cariifira$9o, Dim. Cariètréio, Rue;
grande, longue ou vilaine rue ; petite rue, ruelle. — E$ à
la eariêiro, il est réduit à la mendicité. Dès éscus si trolfou
pas à la carièiro, dix écus ne se trouvent pas sous le sabot
d'un cheval. Nèei à coure carièiro, fou à courir les rues.
Escampa-mi aquà à la carièiro, jetez-moi cela à la porte,
à la rue.
Dér. du lat. Carrus, char; dans la bass. lat. carreria;
en esp. earmra; en port, carreira; en ital. carriera.
Cflôiolo, s, f. Cariole; en agricult. petite charrette;
espèce de petite voiture assez légère, montée sur essieu, à
deux roues, couverte de toile et garnie de bancs; fourgon;
patache.
Î78
CAR
CAR
Garioim, «. m. CariHon; tapage; brouhaha ; battement
des cloches à conps précipités et dans une sorte de me-
sue.
Caaritadoùa, oiiao, arfy . Charitable, amnâDier ; qui aime
à foire la charité, à distnboer des aumônes.
Dér. da lat. Caritas, charité.
Cannantran, s. m. Carème-preDant; jours-gras, der-
nière semaine du carnaval.
Gorr. du fr. Garème-entrant.
On appelle CarmatUran le mannequin qui représente le
carnaval dans les mascarades du mardi-gras, sous la figure
de Silène. Parext on donne ce nom à une femme débraillée,
sale et un peu déhootée.
CUffmantrôto, t. f. Dim. de CamuuUran, Quelques
personnes donnent œ nom à la semaine de la Seragésime,
ravantrdernière du carnaval ; les autres au dimanche des
Brandons, la Quadragésime, le premier dimanche du
Carême.
Camabiôou, $. m,, ou Gornobiôou, «. m. Vesce sau-
vage des prés et des blés, à fleur jaune, Fteia Imua, Linn.,
plante de la fom. des Légumineuses.
Dér. de Cor et de Jfttfotc, viande à bœuf, parce que ces
plantes les engraissent.
Gamadwro, «. /. Camatioa; teint du visage; ton de la
chair.
Dér. de Car, chair.
Garnaîa, «. m. Carnage ; abattis d'hommes ou d*ani-
maux ; ensemble des chairs d'un animal de boucherie.
Dér. de Car, chair.
Camaasiè, aièiro, adj. Carnassier ; camivore; en par-
lant des hommes, qui aime la viande, qui s'en nourrit de
préférence.
Gamaasièiro, c. f. Carnassière ; garde à manger ; caisse
garnie de canevas que Ton suspend dans un lieu frais pour
conserver la viande et la préserver des mouches; gibe-
dère, sac de chasse.
Dér. de Cor, chair.
CamavaiaB, t. m. Péjor. de Camatxd. Femme laide,
sale, débraillée, mauvaise langue, déboutée ; mal embouchée.
CamaTal, «. m. Carnaval ; temps consacré aux amuse-
ments, divertissements, danses et bals. Le peuple fait partir
le carnaval de la fête des Rois, mais seulement jusqu'au
mardi-gras. Le carnaval n'eetmème àproprement parler que
le mardi-gras, lorsqu'on se sert du mot pour désigner une
date : Lou jour dé eamawd signifie le mardi-gras. Car-
nawU est aussi une épitbète injurieuse comme Carmat^
Cran et Camawkia». — F. c. m.
Dér. de Car, chair, et Awd, en bas, c'est-Ardire que
c'est l'époque où le régne de la viande va finir. Cette ôty-
mologie semblerait prouver qu'en eflfot le carnaval dans
son origine ne comprenait que les derniers jours ; car si on
Feùt foit remonter à l'Épipbanie, il était absurde de dire
que la viande est à bas, puisqu'au ccmtraire c'est le temps
de l'année où l'on en fait la plus grande consommation.
D'autres étymologistes tirent ce mot de la phrase klin» :
Caro, valet Adieu la viande; ce qui pour le sens revient
absolument à l'idée ci-dessus.
Rien n'établit quel est l'idiome, du fr. ou du lang., qui
eut l'initiative de la formation de ce mot. La première éty-
mologie semblerait l'accorder au lang., la deuidème an fr.
Cela cependant né préjuge rien ; car la section eam, prise
du lat., convient aussi bien à l'un qu'à l'autre ; le mot
«voi est aujourd'hui plus lang. que fr., mais il était fr.
jadis ; il est encore comme technique un tersoe de ponlt-
et-chaussées. Quant à vaU provenant du lat., il a appar-
tenu au premier occupant, 'quelle que soit celle des ileiix
langues qui a puisé à cette source, et aucune ne s'en est
fait faute.
Camilès, t. m. au pi. Carnifèims. Chagrin cuisant; ver
rongeur; malaise, inquiétude; remords; souci. — Ji «m
carnifèi que mé eharquo, j'ai quelque chose qui me roogf ,
qui me tourmente.
Dér. du lat. Camifex, bourreau.
Gomio, s. f. Viande ; viandaille ; expression de mépris
ou de satiété, à propos d'un repas qui est trop fourni en
viandes.
Camivaa, s. m. Camositè ; excroissance charnue. Se
dit surtout des mamelles de femme et des animaux» dont
les glandes laiteuses sont peu spongieuses et alvéoliquea et
ne rendent que peu de lait.
Péjor. de Car.
Gamu, udo, adj. Charnu ; fourni en chair ou en pulpe,
comme un fruit. Au fig. épais, volumineux.
Caro, s. f. Carre ; carrure de la taille, des épaules ; mine,
air du visage. — Aquà'i uno bèh earo, voilà une faéUe
carrure, une bonne mine ! Vno hono earo, une heureuae
physionomie, un bon air, prévenant et afiEftble. Bou pam,
bon w et bono earo d'oUe, boa pain, bon vin et bonne
figure d'hôte.
De ces deux acceptions diverses, la première d^. de
Cara, carré, et la seconde du lat. eara, masque.
Carogno, t. et a<^'. f. Dim. Carougnéto; péjor. Carou-
gnasso. Charogne ; carogne, dans Molière. Pris adjecliv.
comme injure à une personne : femme de mauvaise
de mauvaise foi; hypocrite.
Péjor. de Car.
Ciuroaao, s. m. Dim. Caroueséto, s. m. Carrosse. Se
génériquement de toute voiture de luxe, à quatre nmes el
suspendue. Le lang. éminemment populaire a dédaigné
toutes les appellali<ms spéciales que la mode aristocratique
attribue à chaque espèce de voiture.
Dér. du lat. Carrus, char.
Carongnado, s» f. Charogne ; de la chair de bêle morte
à la voirie. Par ext. toute sorte de viande de man^aiee
qualité, ou trop coriace ; môme une kète vivante q;iiaiid
elle est extrêmement maigre.
Dér. et péjor. de Car.
Carottie, t. m. — Voy. Cabauudo,
CAS
CAS
179
Caronuadû, «. /. Carrossée; les personnes contenues
dans on carrosse.
iSaronatiè, s. m. Carrossier; qui fait et vend des car-
rosses et voitures.
CSaipan, s. «. Bonnet oïl toquet d^enfant ; coiffiire de
luxe» à côtes de melon, dont les arêtes étaient souvent bor-
dées d'un cordonnet d*or ou d'argent, ou de clinquant. Ce
bcnnel était d'ordinaire en velours. La mode en est passée
ctez les gens riches; le peuple la conserve encore pour les
plus jeunes enfants.
Diverses étymologies se présentent, toutes également
savantes. D'abord on le ferait dér. du lat. Carpere, parce
que le carpan prend, embrasse toute la tète; puis de l'hé-
breu Carpoi, &i lin, dont on faisait ce toquet ; enfin du
gr. Kotpaca, bonnet grec des ilotes de l'Archipel.
Carpan est pris aussi dans le sens de soufflet, tape sur
la joue ; coups.
Dans cette demiôre acception, l'étym. pourrait être prise
dn gr. KaçiKài, carpe, poignet, d'où le lat. Corpus et carpere.
GarpéloÛB, ouso, adj\ Chassieux; qui a les yeux pleins
âe chassie. — yoy. Ctroàt.
Cartable, t. m. Portefeuille propre à contenir des
papiers, fort en usage aujourd'hui parmi les jeunes écoliers.
Dér. du lat. Cartoboluê.
Gartaièno, $. f. Liqueur alcoolique composée avec de
Tespritetdu moàt qui tient lieu de sucre. C'est une liqueur
grossière dont le peuple use seul dans les cafés borgnes et
sur l'établi des marchandes d'anisette.
Corr. de Carthagène, ville d'Espagne, d'où sans doute
cette liqueur a été primitivement importée.
Garto, M, f. Carte à jouer ; carte de géographie; géogra-
phie. — Tira ou faïr9 las eartos à quàot^uui, faire les
cartes, tirer l'horoscope de quelqu'un par le jeu des tarots.
Ai pat qui de earta» bianquoi, ou dé eartoê nobloê, je n'ai
dans mon jeu que des cartes blanches, c'est-à-dire point de
figures, ou des cartes nobles, c'est-à-dire des figures seule-
ment. Counauï la earto, il est expert en géographie. Au
fig. perdre la earto, perdre la tète ; être troublé ; se brouiller ;
s'égarer.
Dér. du lat. Charta, papier.
Cartatoucho, s. f. Cartouche, petit cylindre creux, de
papier roulé, renfermant la charge ordinaire d'un fusU.
Ce mot est une corruption du fr. ou plutôt un rafifine-
ment pour s'éloigner de lui. On l'étend jusqu'au nom
propre du célèbre voleur. Cartouche, qui est très-popu-
laire, et qui sert souvent de terme de comparaison.
Cartoù, f . m. Carton ; carte. — Aïmo bien lou caricé,
dil-oa d'une personne qui est passionnée pour les jeux de
cartes.
Dér. du lat. Charta.
Gamro, «. /*. Carrure; taille carrée ; largeur des épaules;
eaibonpoint.
Dér. de Coro.
Cas, s. m. Cas; événement, aventure; conjoncture; &ît;
action ; estime. — Pér cas d'asar, par hasard, par aven-
ture. Es pa'qtU lou cas, au fait ; ce n'est pas l'embarras.
En cas que vèngue, si par événement il venait ; au cas
qu'il vienne. N'en faï fosso dé cas, il Ta ea grande
estime. En cas dé cas, en cas que, dans le cas où; idiotisme
avec une forme adverbiale.
Dér. dn lat. Casus; par apocope cas,
Caaâou, s, m. Dim. Casalé. Péjor. Casalas, Masure ;
petite maison à moitié ruinée ; ruines d'une habitation quel-
conque ; cahute.
n est lui-même péjor. du lat. Casa, chaumière.
Les noms propres Casai, Casalis, Chazsi, Chaxeile, sont
dérivés de Casâou, casai, en suivant les différentes pronon-
ciations des divers dialectes. L'abbaye de la Chaise-Dieu,
dans le Velay, qui, dans le langage du pays se dit /a Chaso-
Diou, vient de la même origine et répond au lat. Ccua Dd,
Ija me des Cazaux, hus Casâous, du vieil Alais, nom
encore conservé, était autrefois Casalia in suburbio, les
chétives et pauvres maisons du faubourg, à l'extrémité
sans doute de la ville, quand elle prit naissance soûs la Roque.
La série de noms propres formés par cette nouvelle con-
sonnance, se modifiant encore suivant les fantaisies ortho-
graphiques, est nombreuse, et laisse apparaître sa constitu-
tion primitive : Chazaux, Casaux, Cazot, Chazot, Chasa-
lette, ont une commune dérivation avec les précédents.
Casaquin, s. m. Casaquin, espèce de vêtement, de
spencer de femme, d'une étoffe et d'une couleur différentes
de la jupe, que les dames portaient au XVIII« siècle, et que
les paysannes ont conservé longtemps au XIX*. Cette mode
a disparu même chez ces dernières qui portent la robe d'une
seule pièce. Mais on ne peut encore jurer qu'il n'y aura pas
de retour aux anciennes formes.
Dim. de Casaquo.
Casaquo, s. f. Casaque; espèce de large veste dont on
couvre les autres habits pour les préserver et se préserver
soi-même de la pluie et du froid : terme générique de toute
espèce de surtout. — Tira casaquo, tourner casaque, chan-
ger de parti politique, ordinairement pour prendre celui
du plus fort.
Au rapport de Ménage, ce mot ne serait qu'une corr.
de Cosaque, peuple de qui nous viendrait cet habillement.
Gascaîa, i>. Glousser comme les poules; gazouiller;
jacasser; jaboter; clapoter comme l'eau d'un ruisseau;
sonner creux ctHnme les noix sèches.
Ce mot est une onomatopée du m de la caille et forme
comme lui une mesure semblable au dactyle latin composé
d'une longue et de deux brèves.
Gaacaiaîre, airo, adj. Qui glousse; qui gazouille ; jacas-
seur.
Cascûaia, t. m. Gazouillement; babil; jacasserie.
Cascaléja, v. fréq, de CasceSia.
Caaoavèl, i. «n. Hochet d'enfiint garai de grelots et d'un
bout d'ivoire ou de cristal que les enfants à la mamelle
sucent et mâchent quand leurs gendves se gonflent et que
180
CAS
CAS
leurs dents commencent à pousser; quand ils sont un peu
plus grands, ils continuent à se plaire à ce carillon du
easeavèl; mais alors le bout est garni d*un sifflet. Quelque-
fois ce hochet est composé d'une espèce de petit tambour,
garni de parchemin, emmanché d'un petit bâton et rempli
de pois secs qui font un roulement monotone en Tagi-
tant.
Sa dérivation parait être de Cascaïa, dans le sens du
bruit des noix sèches qu*on remue et dont l'harmonie res-
semble assez à celle du coacavH; mais Ménage prétend qu'il
a été pris du lat. Scabellum, seabillum, espèce d'instru-
ment qui avait de grands rapports avec les castagnettes.
D'autres le tirent du gr. Kapxafpco, résonner. La bass. lat.
disait Cfucavidlum. En esp. Cascai,
Casernes, s. f. plur. Caserne; bâtiment pour loger les
troupes en garnison.
. Ce mot ne se prend qu'au plur. en lang.
Dér. du lat. Casa, logis.
Casqué, s, m. Casquette d'enfant ; bonnet â visière.
Dim. de Casquou.
Casquéto, s. f. Casquette, coiffure pour tous les âges,
avec ou sans visière.
Dim. dér. de Ccuquou.
Casquon, s. m. Casque, armure défensive qui couvre la
tète. — De La Fare a dit, dans la Bdoumo dé las Fados,
d'un croisé tué en combattant en Palestine :
Laissé soan casquou et lou dédin
Eotre las mans d'un Sarazin.
Dér. du lat. Cassis, même sign.
Cassa, V. Chasser; aller à la chasse, poursuivre le
gibier ; prendre, attraper, gagner un mal ; au jeu, détourner,
interrompre un coup. — Bon chi ccuso dé raço, bon chien
chasse de race. Cassa un rdoumas, gagner un rhume. Faï
pas que mé cassa, il ne fait qu'arrêter, que détourner mon
coup, m'empêcher de jouer.
Le radical de Cassa est fort controversé. On le prend
dans le lat. Casses, rets, filets de chasse, dont se servaient
les anciens. On le fait venir de Casnar, mot gaulois pour
désigner celui qui pourchasse, qui poursuit quelque chose.
On cite aussi un mot celtique, lequel aurait fourni Caeiare,
chasser, aux capitulaires des rois carlovingiens. Ménage
pense qu'il vient du lat. Capiare, et Ch. Nodier, du vieux
fr. Sacher, formé du lat. Sagittare, lancer une sagète, une
flèche. Les probabilités me paraissent en faveur de Ccuses,
Cassagno, n. p. de lieu et de personne. Augm. Cassa-
puis. Dim. Ceusagnéio, Cassagnolo. Cassagne, Cassagnas,
Cassagnette, Cassagnoles.
Ce mot est un de ceux que leur radical et leur finale
recommandent spécialement à un Dictionnaire étymolo-
gique raisonné. Il est des plus propres à mettre sur la trace
de la formation et de l'emploi des suffixes dans notre dia-
lecte, et par là ce que nous avons à en dire se rattache aux
observations générales présentées à l'art. Àgno, désinence.
fV. c. m.) Ainsi chaque portion de notre travail essaie de
se relier à une pensée d'ensemble, sans la moindre pré-
tention à faire un traité didactique et complet, et surtout
sans autre engagement que la variété, sans autre méthode
que de ne pas abandonner le fil conducteur tout en le repre-
nant â nos heures.
Nous le rappellerons donc : les désinences, ces syllabes
jointes au radical pour lui donner plus d'extension signi-
ficative, forment une des parties les plus originales de la
physionomie de notre langue. Elles lui viennent du latin,
qui n'avait fait cependant qu'accommoder â son génie des
finales antérieures. Leur emploi ne pouvait pas varier et
les modifications dans leur structure, amenées par des
causes diverses, dénonçant une articulation plus ancienne,
n'ont pas empêché de reconnaître leur parenté à l'air de
famille, de s'assurer de la régularité de leur succession
généalogique et d'établir leur égalité de valeur à la manière
dont elles affectent les radicaux. Ici se présente un nouvel
exemple de cette équipollence dans la diversité des formes,
sur laquelle nous avons tant insisté. Nous aurons de plus
à remarquer les tendances que nous signalioQS à l'adoucis-
sement des inflexions, qui s'introduisit dans la langue
romane à mesure qu'elle se dégageait de la gravité romaine
quelquefois un peu rude. Notre mot, soumis à la question,
ne résistera pas à rendre bon témoignage de ces phéno-
mènes.
Cassagno est formé du radical celtique Cass et du suffixe
collectif agno : il signifie Chênaie. Le chêne, cet arbre
typique du culte des Druides, si commun dans les forêts
dont notre sol était couvert, a dû laisser son nom à une
infinité de lieux et de personnes, et il est naturel que ces
dénominations se retrouvent sous des formes nombreuses,
en tenant compte des modifications que la langue et ses
dialectes ont subies à toutes les époques. Cass, nuâne,
voulait dire chêne. Le roman l'avait conservé : le lexiq[iie
de Raynouard le confirme par cette citation : Casser (r
muet] es arbre glandier. Dans la Guienne, on dit encore :
Casso; mais notre dialecte n'a pas retenu le primitif ancien ;
seuls, ses dérivés augm. ou dim. ont persisté, dans la
composition de noms propres.
Sur ce radical bien déterminé, les formules adjectives ne
pouvaient manquer de se répandre. Or nous savons que le
signe celtique de la collectivité, le plus en usage, était
AC=EC ; il est donc probable que pour désigner une ré-
union de chênes, un lieu abondant en chênes ou quelque
provenance du chêne, une propriété remarquable par ses
chênes, ou même le possesseur de ce domaine, la première
forme d'appellation dut être cms-oc ou eoM-ee. Le latin
trouva d'abord commode d'ajouter sa propre désinence la
plus simple en us, a, um, qui ne changeait pas la signifi-
cation; mais il avait aussi ses finales particulières, et filiis
la Gaule se latinisait, plus aussi l'introduction des formes
romaines se multiplia; par où survinrent les terminaieons
en anus, enus, aneus, anius, atut, élus, a, um, qiii 8*al-
CAS
CAS
181
longèrent ensuite en anieu$, enieut, et en anicœ, êmeœ,
oiUcœ, etc., de la même catégorie» ainsi que nous Tavons
indiqué.
n 8*agit de retrouver ces. métamorphoses successives
dans les dénominations adoptées à Tépoque où le latin était
parlé dans les Gaules, et de suivre leur dégénérescence
dans la basse-latinité jusqu'à la formation de la langue
romane rustique et de notre languedocien. Rien ne prou-
vera mieux que toutes ces terminaisons s'appliquent à un
même radical, sont égales entr'elles et qu'elles ont voulu
les unes et les autres lui imprimer une signification équi-
valente. Si elles se reproduisent exactement dans les vieux
cartulaires, titres ou instruments, dans les anciennes
nomoiclatures géographiques, à côté des appellations en
roman et dans la langue vulgaire, données comme une tra-
duction et leur représentation fidèle, et si on les voit ainsi
se perpétuer dans notre idiome moderne par une généalogie
non interrompue, attachées toujours à la tige radicale, il
en résultera de plus fort cette certitude que le sens adjectif,
collectif, possessif ou patronymique ne s'est pas altéré à la
suite de transformations purement euphoniques de sufiixes
dont l'équivalence substantielle est certaine.
il fout remarquer cependant que les différences d'in-
flexion, auxquelles les finales ont été soumises, devaient
avec une certaine intensité beaucoup moindre, atteindre
les radicaux eux-mêmes. Aussi n'y ont-ils pas non plus
échappé dans l'élaboration nouvelle. Le C qui commence
le mot Cass, se prononçait toujours durement en latin,
même devant les voyelles e et t; la première innovation fut
de lui donner le son chuintant du CH, quand il précédait
une voyelle quelconque. Nous en avons cité de nombreux
exemples, parmi lesquels notre mot aurait pu entrer. En
s'adoucissant, le G fait souvent aussi infléchir l'a qui le
suit et le change en e, surtout en fr. : furca, fourche ;
area, arche; mu$ea, mouche; peccare, pécher; vacea,
vache, etc. De Cass il a fait sans difficulté Ches, qui d'abord
avait été Cais, aujourd'hui Ché pour Ches, Une fois sur cette
pente les permutations se multiplient : le son S s'applique
au C dur latin ; dans quelques dialectes, le C =:S devient
égal au T, et par réciprocité, surtout en fr., le T se trans-
forme en S. De son côté le GH est attiré dans le même
orbite, et, variant du C = S à T = S, il prend ce dernier
son de la dentale ou se complique de doubles lettres, comme
SCH, SH, TSH, DS. Mais ce changement du T est plus
rare dans notre dialecte. Il devait cependant se rencontrer
dans le celtique, et si, dans des mots que nous allons citer,
cette assimilation se produit, c'est plutôt à la base radi-
cale du mot qu'à la permutation qu'elle doit être attribuée :
ex. Tannelum et ses dérivés comparés avec Casnsium et
autres.
Tous ces principes, ces changements dans la prononcia-
tion du radical, ces altérations dans les désinences, l'occa-
sîoo se présente de les prendre de nouveau sur le fait. Il
Crat voir comme ils se vérifient et s'appliquent.
Du Gange semble avoir tracé en quelques lignes cette
histoire des transformations, quand, au mot Cctsnus, em-
ployé au moyen-âge, il donne ces variantes ethniques :
c CcutU sunt quercus ; nostris Chesnes, Picardis Qu&snes,
Occitanis Casses et Cassenate. » L'assimilation entre les
deux derniers mots est certaine. Cassenat, d'après Sau-
vages, n'est autre que Cessenat, taillis de chênes, devenu
n. pr., comme Cauano, noix de chêne, est la reproduction
du lat. Cassana, par adjonction au radical Cojs du suffixe
de provenance ana. De tout cela on peut faire presque
sortir cette équation : Cass = eais = ches =s ques sss chas
= cess. Maintenant sur les variantes, les suffixes apporte-
ront leur contingent de variétés et viendront se former
suivant les dialectes, les mots analogues et équivalents,
dont nous allons voir les séries.
D'abord, le radical Ccus, traduit par Casnus, chêne, n'in-
dique qu'une individualité. Il fournit comme analogues les
noms propres de lieux et d'hommes : Gasse, Ghas, Gaisne,
Le Kain, Duchêne, Dnquesne; Ghassac (Gard); Ghasse
(Basses- Alpes et Jura) ; Ghasse (Sarthe) ; Ghasne (Ile-et-
Vilaine), et plus de trente bourgs ou villages où le mot
ehêne entre seul en composition ou comme qualificatif sin-
gulier.
Quand il s'agit de pluralité, de collectivité, de prove-
nance, de propriété, le latin fait sien le radical et y adapte
la richesse de ses suffixes ; à côté du subst. casnus, on
trouve les adj. cassaneus, nius, a, um; cassetum, casnetum,
formés sur le modèle de quercus, quercenta, quemetum,
quesceium.
Pour sa part, la langue vulgaire, qui se forme, se sou-
vient aussi du radical, et voulant écarter le latin dégénéré,
elle écourte le mot de sa finale trop romaine ; puis chaque
clan, chaque ville plie radical et suffixes à ses aptitudes de
prononciation, et alors les variations dialectales croissent à
l'infini sur le même mot, sans que pour cela sa significa-
tion ait changé et que le sens ait été détourné.
Voilà comment s'expliquent les affinités et les différences
dans la formation des noms, les influences de l'organisme
et l'action des climats sur leur prononciation. Suivant les
zones diverses, telle forme est répandue ou se montre rare-
ment, au Midi comme dans le Nord. Nous l'avons déjà
remarqué à propos de la finale caractéristique argues: nous
y reviendrons sur bien d'autres.
Gomme il apparaît, notre mot Cassagno, cliargé de sa
terminaison caractéristique languedocienne, appartient à
tous les titres, par son origine et par sa configuration, à la
nombreuse famille dont nous parlons : sa parenté n'est pas
douteuse. L'analogie et sa signification le placent au même
rang et en font le même mot que les noms d'hommes ; La
Chassagne, La Gbesnay, Duchesnois, etc., et ceux de loca-
lité : Ghanac (Gorrèze, Lozère) ; Ghanas (Isère) ; Ghanay
(Ain, Vendée); Ghannay (Gôte-d'Or, Indre-et-Loire) ; Cha-
nat (Puy-de-Dôme); Chanet (Gantai, Isère); Le Chanet
(Jura) ; Le Ghaney (Ain) ; Ghanois (Vosges) ; Ghesnei (Eure) ;
189
CAS
CAS
Ghdsnay (IVièvre); Chenay (Marne); Chenois (Biefurthe);
Sannois (Seine^i-Oîae) ; Xenois (Vosges); Qnesoay (Cal-
vados); Qnesnoy (Nord); iQiieiinois (Belgique), etc., dont
l'identité ne résalte pas seulement de la conformation» mais
sartout de leur représentation presque invariable en latin
par quereeium, quesnetum, ou cametum,
La nomenclature pourrait s*étendre encore et Ton trou-
verait à y ajouter dans notre voisinage, avec une évidente
concordance, Sénëchas, canton de Génolhac, appelé en
1914 villa de Chanesehoê; en 4620, Channescha»; et d'au-
tres appellations où le C est remplacé par un T, moins
pour l'euphonie, avons-nous dit, que pour répondre à un
synonyme celtique de chêne ; car l'arbre druidique s'appe-
lait aussi Tkann, tann, dont le lat. fit Tasntts, et toutes les
variations, très-rapproché de Camus, au point de se con-
fondre. De là naîtraient les homonymies de Thenay (Indre) ;
Tannois (Meuse); Tagnac, commune de Chamborigaud
(Gard) ; et Tanargues, montagne de l'Ardèche, avec la dési-
nence qui nous est familière. Les concordances atteignent
les dérivés augm. et dim., et la formule ethnique spéciale
à chaque pays n'empêche pas de les reconnaître. Ca$sagnolo
aura par conséquent pour identiques Casseneuil ou Cas-
neuil (Lot-et-Garonne); Theneuil (Indre-et-Loire); The-
neuHle (Allier) ; Smeuille (Haute-Loire), comme Chmailles
(Loiret), est identique à ThmaiUes (Aisne), par le moyen
de procédés pareils.
Toutes ces dénominations, qu'elles s'appliquent aux per-
sonnes ou aux localités, auront donc pour principe et pour
base la même racine, remonteront à une source commune.
Pour tenir ainsi à l'idiome celtique, sont-elles contempo-
raines de la première occupation de notre territoire par les
Celtes ? Je ne le mettrais pas en doute pour certaines d'en-
tr'elles qui sont des désignations générales ou géographiques
de contrées, de montagnes, de régions ; quant aux noms
propres d'hommes, qu'elles soient suffisantes à établir une
généalogie, la déduction est peut-être possible, la descen-
dance probable, mais je n'ai pas charge de vérifier non
plus que de certifier autrement leur lignée. En tous cas, il
est certain que l'origine radicale de notre mot et de ses ana-
logues se trouve dans l'idiome parlé en Gaule avant la
ccmquête romaine, et que le chêne, arbre, était nojnmé
eats et tann ; qu'une terminaison collective, formée sur le
modèle latin, variable d'un pays à l'autre, communiqua à
ce radical primitif un sens de pluralité, de provenance, de
propriété, le transforma en adjectif, et qu'il a été ainsi trans-
mis à notre dialecte actuel, avec une signification assez
poûtive pour pouvoir affirmer que les noms qui en sont
affectés tiennent au chêne par quelque branche ou par leur
racine. Ce qui autorisera, si Ton vent, les villes, villages
ou individus, désignés par quelqu'une des variantes qui
précèdent, A prendre pour armes parlantes un chêne de sino-
ple, fàté de sable, avec glands d'or semés sur Vécu, avec
garantie que leur nom se prête à cette fantaisie héraldique.
GaMafre, airo, adj. Chasseur, chassereise; celui qui
chasse habituellement ou qui aime à chasser. — Ca$$aSir9
di cardounios, péscatre à la Ugno, noun crompè ni téro, ni
vigno, prvb., chasseur de chardonnerets, pêcheur à la
ligne, n'achelèrent jamais ni terre, ni vigne : trop petits
profits des deux côtés.
Dér. de Cas$a.
Gaasana, v. Attacher, coudre, ajuster la ceinture d'une
jupe, d'une culotte, d'une robe, d'un tablier.
Gaasano, j. f. Ceinture de culotte; coulisse d'une jupe ;
cordon de ceinture.
Cassâoa, s. m. Sac à demi-plein de paille dont se servent
les manœuvres, les gens de la campagne pour porter les
fardeaux. Ils mettent sur la tête le fond qui est vide en
guise de capuchon, le haut, qui est plein et fermé par on
cordon, forme sur leurs épaules un coussinet sur lequel
repose le fardeau. — On né pourtariè bé tan sans cauàou,
on pourrait bien en porter autant sans coussin, dit-on
prvb. d'une faible somme ou d'une mince fortune.
On disait autrefois Cabuêâdou, et le mot est encore usité
dans quelques localités voisines, il dérivait probablement
de Cabésso, tête. Cauàou, qui n'est qu'une contraction,
est seul admis de nos jours.
Il est impossible ici de ne pas remarquer l'analogie, an
moins dans la forme, qui existe entre le mot précédent et
celui-ci ; ne se rapprocheraient^ils pas aussi par le sens ?
Ca$sano, qui est pris pour ceinture, a signifié encore capu-
chon, cape, chaperon, et Michel, dans YEmbarras de la
foire de Beaucaire, dialecte nimois, l'emploie avec cette
orthographe pour Càoussano, écrit ailleurs CouSMono. Ne
pourrait-on pas voir là des altérations dont la base primi-
tive et commune aurait été cap, eab, cabésso, col, et dont
le sens aurait été détourné ensuite pour exprimer aujour-
d'hui et d'une part la ceinture d'une jupe, d'une robe, et
d'autre part cette espèce de sac, serré aussi par un cordon,
qui est le coussinet placé sur la tète et descendant sur le
cou et les épaules? — Voy. Saeol,
Gaasarèlo, s. f., ou Vèato caaaaràlo. Espèce de frac à
basques très-courtes qui fait encore l'habit des dimanobes
des faïbls proprement dits. Il est ordinairement de cadis el
doublé de serge écarlate. La coupe du Veston de nos petit»-
crevés à la mode ressemble beaucoup à celle de la Caua-
rèlo. Cet habit était probablem^t autrefois une veste de
chasse, et il a tiré son nom de cette idée. On sapisiine
ordinairement dans la conversation le mot vèsto, et on dit
simplement uno eassarèlo,
Gasséirolo, s, f. Dim. Casséurouléto. Casserole, usten-
sile de cuisine en forme de bassin, en terre le plus tonveot,
muni d'une queue ou manche.
Dim. du lat. Capsa.
Gaasérô, s. m. Étameur de casseroles dont le ovi
est : Cassérd'éstama. Un Cttitéro est anssî un ch^ieau
pointu, parce que ces industriels, sortout ceux qfni viao-
nent de la Calabre, portent des chapeaBX tiè»*|Miinftiis ât
forme.
I
CAS
CAS
183
Gastilinio, t. f. Canaille; racaille; race de bohème ; et
marmaille, en parlant des petits enfants.
Son étym. est-elle tirée de BriaXo, canaille, troupe, Iruu-
pean, pent-ètre formé on altéré de Bréhial, par oontract.,
ancien mot signifiant tronpeau de brebis, venu de B^rg, qni
a fourni VervBx; ou Inen de Braia, brailler, crier, auquel
on aurait ajouté le rad. Ca9», de ca$»e$, filets, qui a donné
caua, eauo, et les composés ?
Gassino, «. f. Cassine; niauvaise hôtellerie ; cabaret sale
el à mauvais renom ; maison mal famée.
Dim. du lat. Cttsa, chaumière, loge. En ital. Casino, qui
est devenu français et très-employé.
Casno, «. f. Produit de la chasse; le gilûer, gros ou
menu, tué dans une seule chasse. Il est pris le plus sou-
vent en mauvaise part, en parlant d'une mauvaise chasse
qui n*a produit que des petits-pieds.
Dér. de Ca$§o.
GtMÎov, t. f. Chatouillement ; action de chatouiller ;
sensation produite par le chatouillement. — Faïre ia ectê-
ffotf, chatouiller, causer une contraction nerveuse en* cha-
touillant une personne au genou, à la plante des pieds ou
à la taille. Crén pa$ gdire la casiiou, il ne craint guère le
chatouillement, dit le prvb., en parlant d*un mari qui ne
s*émeuK pas des galanteries de sa moitié.
Il aemble que Cautou n*est que la corruption de CaHou,
ou Tapplication de la règle française, qui change en C ou
en double SS, la lettre T, quand elle est suivie d'un t ou
d'une autre voyelle* Le mot Caiiou lui-même parait dérivé
de Ca, parce que cette espèce de chatouillement ressemble
aux caresses des petits chats. Peut-être est-ce aussi la cor-
niption de Graiiou, également usité et tiré de Grata, De
GruiUm la dégénérescence s'établirait par gcUiou, caHou,
maiou. D'autres cependant veulent voir son origine dans le
lat. Catulire, qui avait produit le vieux mot français CaHUer,
-^ ?by. Cattou et Graiiou.
Casso, s, f. Chasse, action de chasser ; partie de chasse,
poursuite du gibier.
Dér. du lat. Ca$iei, filets.
Casse, «. f. Fois, une fois; tour, ronde, au jeu. —
ilfuéifo easêo, cette fois-ci. Servi la cas$o, tenir tète au
jeu ju8qu*au bout de la partie. Pas qu'aquésto casso, rien
que cette ronde, que cette partie; ce rob au wisth.
Ce root dans Tusage revient parfaitement à l'ital. Voila,
à Tesp. Vegada, que la langue romane avait aussi.
Dér. peut-être du lat. Casus, sort, incident.
Gassô, cassoto, adj. Ladre, porc atteint de ladrerie au
dernier degré, qui tombe en pièces, en dissolution.
Dér. du lat. Cassus, vain, inutile, bon à rien.
Gaaaô, s. m. Sorte de cuiller faite d'un baril d'anchois
emmanché d'un bâton, pour arroser d'eau bouillante la
p&te d'olives dans le pressoir d'un moulin à huile.
Dér. du lat. Capsa, cassette, cassolette.
Caato-9Bèiro, s. m. Surnom qu'on donne à l'hiver et &
tous ses accessoires, parce qu'ils chassent les puces.
Caasolo, s, f. Grande terrine à deux anses; soupe,
potage, cuit au four dans la terrine de ce nom, composé
de riz ou de gruau, assaisonné de petit salé ou d'andouille
appelée inw«oà. C'est un mets fort en honneur chez le
peuple, qui en fait le régal de son souper du dimanche,
depuis un temps immémorial. Sauvages y rapporte cer-
taines locutions proverbiales telles que leva dé eassolo, être
dégoté au jeu. N'es pas dé eassolo, il n'est pas de la
fête, de la partie. Ces expressions doivent avoir vieilli, car
on ne les retrouve pas de nos jours. Tout au contraire, es
dé eassolo, signifie : il est dégoté au jeu, il est déçu de ses
espérances; l'an mes dé eassolo, on Ta renvoyé, on a
Toussé sa demande en mariage, il n'est pas impossible
que ces dernières acceptions ne soient la corruption des
premières, employées par des personnes qui ne se sont pas
rendu compte de leur origine: le fait est que l'usage a fait
loi. Il ne serait pas impossible non plus que cette formule soit
un mauvais jeu de mots amené par des rapports de physio-
nomie entre le mot cassoloei le verbe ccum, chasser, renvoyer.
Cassolo est aussi l'auget d'un moulin placé au-dessous
de la trémie et qui, mis en mouvement par le cliquet, verse
peu à peu le grain dans la meule.
Dér. du lat. Capsula, petit coffre.
Gassôcado, s. f. Prêle des prés, Equisetum, Linn.
Queue de cheval, plante de la faro. des Prêles, rude au
toucher, dont on fait des pelotes pour écurer la vaisselle
de cuisine. Cette plante vient en abondance et naturelle-
ment dans les prés fraîchement renouvelés, ce qtii nuit à
h qualité du foin. Les chevaux en sont friands, mais elle
leur agace les dents et les lime singulièrement k cause de
sa rudesse, qui produit l'effet de la pierre ponce. Cette
herbe ne résiste pas ft l'action de la faulx : elle périt dès la
seconde année.
Casaoulado,*. f. Contenu d'une terrine, d'une soupière;
plein une terrine appelée oassolo.
Gamouléto, s. f. Julienne, Cheiranthusmaritimus, Linn.,
ou Hêsperis nusironalis, plante de la fam. des Crucifères,
siliqueose, cultivée comme plante d'ornement.
Castagna, v. Ramasser les châtaignes qui tombent d'elles-
mêmes à leur maturité, en faisant éclater le hérisson qui
les renferme.
Castagnados, s. f, plur. Action ou saison de ramasser
les châtaignes. Cette récolte, comme toutes celles qui ont
quelque importance, sert de date dans les divisions de
l'année, aux paysans des Cévennes. — Pér castagnados,
environ le mois d'octobre. C'est un temps de longues veil-
lées où l'on emploie les ramasseuses à filer de la laine ou
des débris de filature de soie. Ces ramasseuses sont des
jeunes filles, et comme elles sont souvent très-nombreuses,
ces soirées attirent les jeunes gens des environs qui s'y
rendent quelquefois de très-loin. C'est là que se débitent
ces jolis contes et ces légendes superstitieuses qui tien-
nent une si grande place dans l'imagination des gens de la
campagne et surtout des montagnards.
184
CAS
CAT
Las Castagnados est aussi le titre de ces charmantes
poésies langnedociennes de La Fare-AIais. Le théâtre était
bien choisi aa gré de l'anteor : c'était celui qui allait le
mieux à la taille de son dialecte jovial, causeur, conteur
et narquois par goût et par nature, en même temps que
mélodieux, élégant et noble, quand le sujet grandit et que
la pensée s'élève. Ce livre restera comme le plus pur mo-
dèle de noire langue.
Caatagnaîro, s. f, Ramasseuse de ch&taignes. Il n'y a
que les femmes et surtout les filles qui se livrent à ce tra-
vail trop minutieux pour les hommes, et pour lequel ils
seraient moins propres peut-être.
Castagne, $. m. Dim. CcutagnêHroù, Châtaignier, Fagui
caitanea, Linn. Arbre de la fam. des Amentacées. Cet
arbre, en état de sauvageon, Bouscas, grandit plus vite et
devient plus fort ; mais son fruit, assez gros du reste, est
de mauvaise qualité et fade; il est d'ailleurs peu abon-
dant. Ses variétés d'espèces sont nombreuses : nous les
indiquons sous leurs noms spéciaux.
Lau castagne amaréi, ou simplement atnarés, au plur.
amarései, est le marronnier d'Inde. Cette épithète lui vient
du lat. Atnarui, à cause de l'amertume extrême de son
fruit.
Le nom de l'arbre qui est la richesse de nos pays de
montagnes devait naturellement fournir beaucoup de noms
propres d'hommes et de lieux. Ils sont communs en effet
dans nos contrées, et présentent des variétés d'orthographe
suivant leur provenance de terroir ou de dialecte ; ainsi :
Castanier, Chastanier, Castagnier, Chastaigner, Chastei-
gnier, etc.
Caatagno, «. /*. Châtaigne, fruit du châtaignier. — C'est
la providence de quelques localités en France, telles que
le Périgord, le Limousin et les Cévennes, comme le fruit
de Parmentier l'est pour tous les pays pauvres et pour l'Ir-
lande en particulier. On mange la châtaigne bouillie d'abord ,
quand elle esttrès-fralche; elle se nomme Téio, parce qu'on
mord dessus et qu'on la suce comme un enfant qui tète;
on appelle cette manière de la manger, Téia, têter. Quand
elle commence à se dessécher un peu, on enlève la pre-
mière écorce en lui laissant la pellicule intérieure, on l'ap-
pelle alors Ploumado, pelée. Quand on la fait griller dans
une poêle percillée, elle se nomme Afachado, Enfin, lors-
qu'on la fait sécher à la fumée, qu'on la dépouille après de
toutes ses enveloppes, on la mange bouillie et on la nomme
Bajano, — F. c. m.
Dér. du lat. Casianea, que l'on dit venir du nom grec
KayT(£<ja, ville de Thessalie, dont le territoire produisait
beaucoup de châtaignes. Certains auteurs ont prétendu que
le mot latin avait été formé de Casta et Nota, née chaste,
allusion au hérisson très-piquant qui protège la châ-
taigne.
Castané, $. m. Châtaigneraie, lieu complanté de châtai-
gniers. Il est devenu aussi n. pr. Castanet, en fr.
Castèl, $. m. Dim. Coilèlé, castéloîi. Augm. CoitéUu.
Château, maison de plaisance d'un seigneur; forteresse;
fort.
Dér. du lat. CtuMlutn, m. sign.
Caatélas, s. m. Péjor. de CasUl. Château ruiné; ruines
d'un vieux château.
Gaatélé, s. m. Dim. Châtelet, petit château : jeu d'en-
fant mentionné par Erasme dans ses Colloques Utins et
qui consiste â disposer leurs noix, trois châtaignes, trois
noyaux d'abricot en triangle, avec un quatrième super-
posé, c'est le châtelet. Le joueur cherche à abattre le petit
édifice avec un projectile de même nature, et à distance il
les lance jusqu'à ce qu'il y parvienne. Au plus adroit appar-
tiennent les débris du fortin.
Caitélé, s. m. Se dit encore de ces petits coffres, ressem-
blant à une maisonnette en planches, à compartiments éta-
ges et percés de trous, dans lesquels on mettait à édore la
graine de vers-à-soie ; la chaleur était produite et ménagée
à l'entour par une lampe à esprit de vin ou même par la
température un peu plus élevée de l'appartement.
Caatéléja, v. fréq. Fréquenter les châteaux; aller d'un
château ou d'une maison de campagne à l'autre, ce qu'on
appelait autrefois cousiner. Par ext. faire le parasite;
vivre d'aventures, de franches lippées.
Dér. de Castèl.
Castéléjaire, aire, adj. Parasite ; tondeur de nappe.
Caatia, v. Châtier ; corriger, punir ; reprendre.
Dér. du lat. Cattigare, m. sign.
Castio-lol, s. m. Porte-respect; martin-bâton.
Caatroù, «. m. Retranchement, petit parc fait dans l'in-
térieur d'une bergerie ou d'une vacherie, avec des claies,
où l'on renferme les agneaux, les chevreaux et les veaux
pour les séparer de leur mère et les empêcher d'en absorba
tout le lait; long râtelier pour les brebis et moutons;
agneau ou chevreau châtré.
Dim. dér. du lat. Castrum, retranchement, camp re-
tranché.
Catalan, $. m. Catalan; Bohémien, race nomade qui
nous vient des montagnes de la Catalogne et de Roussilion.
— Voy. Bèmi.
Cataplame, s. m. Cataplasme, médicament mou qa*on
applique à l'extérieur.
Dér. du gr. Ka'ziaXaa^t.a.
Cataras, s. m,, péjor. de Ca. Gros chat mâle, matou ;
gros et vilain chat.
Cataraasos, s. f. plur. Cataracte, maladie des yeux,
excroissance cornée qui se forme et adhère sur le cris-
tallin de la pupille et occasionne la cécité.
Empr. au fr.
Catari, «. m. Catarrhe, inflammation aigoê ou chronique
des membranes muqueuses, avec sécrétion; gros rfaume. —
Bouné dé catari, laid et grand bonnet de nuit.
Dér. du gr. Kari, en bas, ^tiD, couler.
Catarino, f. f. n. pr. de femme. Catherine. Au û%.
femme babillarde, médisante.
CAT
CAV
185
Gfttarinô, «. m. Hypocrite; chattemite; tartufe; fin
matois. Ce nom iht donné à des religionnaires séditieux de
Montpellier, en 4647, parce qu'ils se rassemblaient dans le
cimetière de Sainte^therine.
Catas, s. m. Gros chat, matou. Au fig. homme fin, trés-
rosé, très-souple et dissimulé.
C'est Taugm. de Ca, dont eataroê est le péjor.
Gatôchime, s. m. Catéchisme, instruction élémentaire
sur les principes et les mystères de la foi ; livre qui les
contient.
Dér. du gr. KaTTjxfCeiv, instruire, enseigner de vive
voix.
GatétOB, s. f. plur. Chatteries; caresses; mignardise.
Dér. de Ca.
Cat-éTèa, s. m. Phrase faite. Chat renversé sur le dos.
Cette expression n*est usitée que pour terme de compa-
raison : S'apara coumo cai-évèi, se défendre comme un
chat acculé, renversé sur le dos, c'est-à-dire des dents et
des grifies.
Gatin, $, f, n. pr, de femme. Péjor. Catinasio. Variante
de Catherine, au propre et au fig., avec l'aggravation du
péjor.
Catln-Famèlo, «. f. Phr. faite. Bégueule; superstitieuse,
bigote. — Vay. Pèpio.
Cette expression, comme une foule d'autres prises dans
le sens proverbial ou comme simples dictons, a eu sans
doute son type primitif dans une femme de ce nom et de
ce caractère dont le souvenir n'est pas resté.
Catîoa, M. m. Chatouillement. — Voy. Cassiou.
Gato, «. f. Dim. C<itéto, Catounéto. Chatte, femelle du
chat.
Gatô, s. f. n. pr. de femme. Variante de Catherine.
Gato-Bagnado, adj. des deux genres. Poule-mouillée ;
chattemite; sainte-nitouche; poltron, qui a toujours peur
de se compromettre.
Gato-Borgno, s. f. Phr. faite. Ne se dit que par compa-
raison : Enquiè coumo uno cato-borgno, inquiet, fâcheux
comme un chat borgne.
Gato-Ghà, m. m. Couvre-sot, couvre-chef, chapeau ou
bonnet. Cela se dit ironiquement à l'égard de celui à qui
la coiffure appartient.
Le mot est formé de Cato, contract. de aeato, couvre, et
Ckà, chouette, sot.
Catogan, s. m. Catogan; mode de porter les cheveux
longs, qui fut en concurrence avec la bourse et la queue.
Elle consistait à laisser les cheveux de derrière la tète
découverts et natés dans la moitié de leur longueur; la
partie inférieure se roulait en un nœud très-court et très-
gros, ficelé par un ruban, et dûment poudré et pommadé
en forme d'andouille; des deux côtés extérieurs de la
partie natée, on pratiquait une tresse dont l'extrémité
venait se rattacher dans le nœud. Telle était, avant 4789,
la coiffure de l'armée. Sous le Directoire, les muscadins
adoptèrent le catogan. Plus tard, cette mode est tombée
dans le domaine des rouliers, des farots et des postillons
de haute volée.
Ce mot vient d'un anglais nommé Cadogan, qui, le pre-
mier, a importé cette coiffure en France.
Catogan, s. m. S'emploie pour désigner ces inscriptions,
devises, petits-vers, madrigaux, compliments, qu'il est
d'usage de placer sur la porte de nouveaux mariés ou de
fonctionnaires municipaux nouvellement élus, pour célé-
brer leurs vertus et pour leur exprimer des souhaits.
Cato-Mâoncho, s. m. Sournois, dissimulé; rusé.
Cato-Miâonlo , s. m. Chattemite; doucereux; miel-
leux; hypocrite; patte-pelue; bon apôtre.
Les habitudes sournoises, câlines, de la race féline jouent
un grand rôle dans toutes ces dénominations et ont pro-
duit ces allusions.
Catoù, i. m. Chaton de certains arbres, comme les châ-
taigniers, les aulnes, les coudriers, etc.; espèce de floraison
qui apparaît chez quelques-uns de ces sujets avant la
pousse des feuilles.
Ce nom est venu, disent certains glossateurs, de ce que
ces folles fleurs sont cotonneuses et présentent quelque
ressemblance avec la queue ou la peau d'un petit chat.
Catougnè, èiro, adj. Qui aime les chats, qui les caresse
volontiers et s'en fait caresser.
Catougnèîro, s. f. Chatière, ouverture qu'on laisse aux
portes des greniers ou des chambres de provision, pour
que les chats puissent y pénétrer, quoique la porte reste
fermée, afin de faire la guerre aux rats.
Catouli, iqno, $. et adj. Catholique, qui appartient â la
religion romaine, qui professe le catholicisme. — On dit
d'un marchand ou d'une marchandise : es pa$ catoM, il
n'est pas franc, il n'est pas chrétien ; c'est fraudé.
Dér. du gr. KaOoXtxéç, universel.
Catouna, v. Chatter; mettre bas, en parlant d'une
chatte ; pousser des chatons, catoùs, en parlant des arbres.
Catounado, s. f. Chatée; portée d'une chatte.
Catonné, s. m. Dim. de Ca. Petit et jeune chat, chaton.
— Voy. Minouné.
Catnègno, «. f. La gent féline, la race des chats.
La désinence uêgno emporte de soi un sens collectif :
c'est un suffixe particulier à notre langue. Elle entraîne
aussi une idée de mépris et de dédain. — Voy. Baitar-
duigno, Efaniuègno, etc.
Catnro, s. /*. Capture; prise; trouvaille.
Corr. du fr. ou plutôt accommodement du fr. au génie
du lang., qui proscrit radicalement la rencontre, le contact
de deux consonnes, lorsque la première est sèche et heurtée.
Catnssèl, t. m. Dentelaire; malherbe; Plumbago euro-
paa, Linn. Plante de la fam. des Plombaginées, qui abonde
dans les haies.
Gava, V. Caver; creuser; miner ; arracher; crever. —
Cava lou$ iiU, crever les yeux. Gava dé trufoi, extraire,
arracher des pommes de terre.
Dér. du lat. Cawvre, creuser.
S4
186
CAV
CAV
GaTftdo, «. /*. Contenu d*ane oave ; quantité de vin
qn*on récolte, qu'on met en cave.
GaTEié, s. fit. Cavalier, homme à cheval. On dit d*une
femme solide à cheval : es eavàtëiro. Au plnr. lous eavaièê
s'emploie pour désigner la cavalerie en général, les cava-
liers de la maréchaussée, les gendarmes.
Dans notre langue romane on employait le mot Cavaër
pour rendre le mot lat. tnile$, homme d'armes. Nous tra-
duisons aujourd'hui tniles par soldat ; mais au moyen-âge,
la guerre se faisant presque toujours à cheval, à l'excep-
tion des archers, la cavalerie étant la force des armées,
miles répondait à cavalier, eavaër, dont le synonyme était
chevalier.
Lous Cavaiès, les chevaliers du vent : nom par lequel
on désigne les derniers jours d'avril et les premiers du
mois de mai. Le proverbe compte : Jourgé, Marqué, Cramé,
umai quâauquo fés Jané. Des remarques, superstitieuses
peut^tre, font croire que les jours de fôte de ces saints
gouvernent le vent et qu'il souffle toujours ces jours-là.
Ces lètes sont celles de saint Geoi^, le 45 avril, de saint
Marc, le 36, de l'Invention de la Croix, le 3 mai, et de
sainl Jean-Porte-Latine, le 6 mai. Dans d'autres pays, lous
cawnès BoaX appelés les Saints-Gréleurs. — Yoy. VadUi-
rious.
Dér. du lat. CabaUus, cheval.
CSavaiè, Ihm^adj. Cavalier, ière; dégagé; résolu; rond
en affaires.
CSaTEioù, s, m. Vigne en échalas. — Dans ce pays, on
distingue les vignes éw cavaXoîu, et les vignes adéri. Cette
dernière occupe tout son périmètre, les ceps placés à la
même distance et plantés en quinconce. En oavatbta, elle
est espacée, c'est-à-dire que l'on place une rangée de ceps
sur deux ou trois rangs an plus qui sont rapprochés; on
laisse ensuite une espace vide double en largeur de cdui
occupé par les files de souches, pour pouvoir y semer du
blé ou des légumes, et ainsi de suite jusqu'aux termes du
champ. Les c^ sont élevés plus haut que dans la vigne
en quinconce , mais au lieu de les échalasser avec des écha-
las perpendiculaires, comme cela se fait dans le nord de la
Fiance, on lie toute une ligne de souches par une suite de
perches en saule ou en roseau, horixontalement placés,
ooœme on faix pour les treilles, et on y fixe les scions de
c^ par une ligature &dte avec de l'osier. La vigne ainsi
espacée, plus riche en bois et trouvant à ses côtés un ter-
rain vide et souvent fumé, produit peut^tre plus de raisins ;
mais elle donna un vin moins spiritueux et plus vert, et
elle est plus coûteuse parce qu'elle ne peut fttre labourée
qne dans les intervalles, le reste ou l'intérieur des rangs,
èa» cavtMOus, ne pouvant être cultivé et travaillé qu'à bras.
Gavairo, airo, adj. Qui creuse; qui approfondit; qui
jaîne en dessous. Au prop. et am fig.
Dér. de Cava.
Caralariè, s. f. Cavalerie; miliee à oheval ; tnmp» de
cavalerie.
Ce nom a été donné à une foule de localités et de métai-
ries, sans doute pour avoir servi de campement à quelque
corps de cavalerie dans les diverses et fréquentes guerres
civiles, dont notre pays a été le théâtre.
GaTalcado, t. /*. Chevauchée; cavalcade; troupe de
bourgeois à cheval, soit pour la promenade, soit pour une
marche pompeuse en l'honneur d'un prince ou de quelque
grand personnage. Avant 4789, et sous le premier empire,
l'usage des cavalcades de réception était fort en crédit. On
en a fait de très-nombreuses, dont le souvenir s'est con-
servé, même pour des préfets; et l'escorte d'honneur se
portait jusqu'aux limites de l'arrondissement, à l'arrivée
et au départ. De nos jours, nos plus grands fonctionnaires
sont reçus avec moins de façons. Le pouvoir a-t-il perdu
de son prestige, ou sommes-nous plus indépendants? Les
chemins de fer ont fait mettre d'ailleurs bien des berlines
préfectorales sous la remise, et les entrées solennelles se font
par la gare commune et par les trains ordinaires, et même
aujourd'hui sans privilège gratuit de circulation.
Au moyen-àge, ce qu'on appelait Cavalgada était une
espèce de guet à cheval que ^sait la milice bourgecMse
autour et dans l'intérieur de la cité ; c'était aussi le droit
qu'avait le suzerain de se faire suivre à la guerre par ses
vassaux à cheval. Les grands feudataires avaient dans cer-
tains cas ce même droit sur les bourgeois de cité. La eawU'
goda était distinguée de la cavalerie en ce que celle-ci était
une troupe régulière et exercée, presque entièrement com-
posée de gentilshommes qui seuls avaient droit de cheva-
lerie et de porter l'armure de fer.
Cavale, «. m. Forme particulière du gerbier sur l'aire,
qui le distingue de la Garbi^ro. Celle-ci est conique, tandis
que le Cavale est un carré long, terminé en arête cooune
le toit d'une maison.
Ce mot vient évidemment du lat. CabaUus ; mais il est
difficile de bien saisir sa ressemblance avec un cheval, à
moins que ce ne soit son arête qui figure l'épine dorsale,
la croupe de l'animal, et ses pentes qui représentent les
flancs.
Cavale, s. m. Chevalet, en terme de dévideuse, chevau-
diement d'un fil ou croisure produite par une erreur qui a
fait prendre une broche de dévidoir pour l'autre, œ qpu
mêle et brouille l'écheveau; chevalet, pièce de bois sur
laquelle les tanneurs étendent leurs peaux pour les tn-
vailler en les sortant de la chaux; baudet ou tréteaa sur
lequel les scieurs de long posait leur bois pour le acier.
GaTalindro, inUrj, Pouah ! Fi! Fi donc 1
Ce mot est la corruption ou la variante de Cùvatitqmof
qui a la même signification. Or odui-ci est le subjonctif
présent du verbe avaR, faire disparaître, perdre, shtmer,
faire évanouir, et qu'il swait plus rationnel d'écrire 7«'ma-
Usqu0, gué avalisquo; c'eat comme si l'on disait : qae
Dieu le tasse disparaître ; qu'il l'anéantisse.
Gavoliao, s, f, Raee chevaline, en général; express, ool-
I leot. qui conqtraad tes chevaux et juments» mais enome râac,
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CEB
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la mole et le mulet; les botes chevalines en général. La
désignation est synonyme de Mouuaio, autre nom collectif,
ei plus étendue que Miottlaïo, qui est plus spéciale.
GaTalisqno I inUrj. — Voy. Cavalindro,
Cavalo, s, f. Cavale; jument; femelle du cheval, Equa,
Par ext. on le dit d'une femme découplée et hardie, bru-
tale, mal embouchée. Le dim. est Cavaioto, jeune jument;
pouliche.
Gayîa, v. Cheviller, mettre des chevilles pour jointer
des pièces de nienuiserie ; trafnser un écheveau de soie à la
cheville du trafusoir pour le démêler à la main et le dis-
poser à être dévidé; couronner un arbre, l'étèter.
Dér. de Cavto.
Gaviaire, f . m. Ouvrier qui a pour fonction de tra-
fnser la soie en écheveau et de la disposer à être dévidée.
CSaTio, s, f. Cheville, morceau de bois ou de fer destiné
à remplir un trou, pour le boucher, pour faire des assem-
blages ; cheville du pied. — La pu pichoto cavto dâou chari
méno lou mali dé bru, la plus petite roue d*un char est
celle qui crie le plus : variante de la mouche du coche.
Y-a d'aX^o jmqu'à la camo, il y a de Teau seulement à la
hauteur de la cheville. Mé vèn pas à la cavto, il n'arrive
{M» à la hauteur de ma cheville. Cavïo dé jardimè, plan-
toir, grosse cheville dont les jardiniers se servent pour
piquer les jeunes plants de salade, etc. Planta cav^o, s*in-
craster, se fixer, rester en place comme une cheville
plantée.
Dér. du lat. Clavieula, dim. de Clavus, clou, ou de
Clavii, clé.
CaTO, f . /*. Cave, sellier ; creux, trou.
Dér. du lat. Cavui, creux, profond.
Géba, «. m. Jeune plant d'oignon venu de semis et qu'on
repique en terre.
Gébé, cébéto. Nom qu'on donne à Nimes aux journa-
liers travailleurs de terre, parce qu'ils vivent en partie
d'oignon et d'ail. Cette classe, qui habite particulièrement
le faubourg des Bourgades, se prononça énergiquement, en
4792, en faveur des idées contre-révolutionnaires et souf-
frit beaucoup dans l'émeute qui fut connue sous le nom de
Bagarre de Nimes. C'est de cette époque que date le nom
de Cébé que leur donnèrent leurs adversaires comme terme
de mépris, et qui resta dans le pays comme synonyme
d'aristocrate.
Cébi^o, s, f. Planche d'oignons; oignonnière ; champ,
terre plantée ou semée d'oignons.
Cébioù, s. fit. Poireau de chien, Porum agresie, Attium
vineaie, Linn., plante potagère de la fam. des Liliaoées ;
petit oignon qui vient par touffes dans les vignes, où il
multiplie [wodigieuaemakt par cafeux.
Géllioài, s. m. plur. Civette ou ciboulette, grande
dboiile; appétits on fausses échalottes, Attium êehœnopro-
MM», Linn.» variété cultivée de la précédente plante, et
dast la Udb est bonne comme fourniture de salade.
Gébo, t. /. OigpDa» AUiume^pa, Uan.» plante potagère
de la fam. des Liliacées. — Cébo réïnardivo, oignon de
l'arrière-saison; on l'obtient en mettant en terrre un vieux
oignon qui pousse de nouveaux caïeux, tendres et bons à
manger, mais impuissants à former une tête. Eêinar-
divo, qui serait mieux appelé Rêinadivo ou Rêinativo,
signifie : qui renaît, remonté ; mais ce terme n'est employé
que dans cette seule locution et avec le mot cébo. Cébo
granadivo, gros oignon qu'on plante comme l'espèce précé-
dente, mais pour le faire monter en graine ; c'est là le seul
moyen qu'on ait pour reproduire ce légume. L'oignon qu'on
obtient de semis ne saurait monter en graine; dès qu'il
s'est formé en tête d'oignon, sa fane se dessèche et meurt
sans monter.
Crida cébo, c'est demander grâce, crier merci ! Dans une
lutte, le vainqueur dit : crido ou digo cébo, et le vaincu
s'écrie : cébo/ Je ne sais si du temps des quatre fils Aimon
les chevaliers languedociens, dans leurs terribles joutes, se
servaient de celte formule, toujours est-il qu'aujourd'hui
elle n'est plus employée que dans des occasions beaucoup
moins sérieuses, par exemple, quand deux gamins se don-
nent une petite peignée; lorsque, par une plaisanterie plus
ou moins bonne, on tire, à faire quelque mal, les oreilles
ou les cheveux de quelqu'un, ou bien qu'on lui serre un
peu trop fort les doigts, etc., etc.
Dans tous les cas on ne voit guère comment l'oignon
figure en cette affaire. A moins cependant que ce ne soit
par une allusion éloignée, et pour dire qu'à pareils jeux de
main, les larmes viennent souvent aux yeux, comme
quand on épluche ou que l'on coupe des oignons.
Plutôt que de hasarder cette explication du mot Cébo, je
serais tenté de croire qu'il a été substitué à un autre mot
à peu près pareil, en d'autres termes qu'il y a corruption
de l'expression primitive. — Celui qui est vaincu par la
force ou la douleur crie : Grâce! Je me rends ! Assez, je
me soumets, je cède \ Et dans la langue qui a donné nais-
sance à la nôtre, il s'écriait : Cedof que l'on prononçait
en appuyant, moins qu'on ne le fait maintenant sur la
seconde syllabe et davantage sur la première, qui étail
longue. Nos pères prirent le mot et l'employèrent tant
qu'ils surent ce qu'il voulait dire; mais quand ils ne
le comprirent plus, — et cela ne dut pas tarder par l'alté-
ration, la décomposition que subit bientôt le latin pour
arriver au roman, — ils le remplacèrent par son paronyme
Cébo. Ils n'y auraient guère gagné ; car s'ils comprenaient
maintenant le mot, il n'en devait pas être de même pour la
phrase; mais sa signification était conservée, tout fut
pour le mieux.
En français, ne manquent pas non plus ces additions,
suppressions, changements de lettres, qui satisfcmt l'oreille
sinon le sens dénaturé ainsi, et qui ont été amenés par les
mêmes motifs. A Paris, il y a une vieille rue qu'on appelle
la rue aux Ours, qui sont fort étonnés de se trouver là.
C'était très-anciennement la rue aux Oues. Dans le vieux
langage les Oues étaient des oies, et l'on appela ainsi la rue
188
CEB
CEN
parce qae là étaient principalement les rôtisseurs d*oies,
qu'on prisait fort à cette époque. Si le mot Oue était resté
français, on n'aurait pas la rue aux Ours. De même si nos
anciens avaient continué à comprendre le latin Cêdo, ils ne
lui auraient pas substitué le mot Cébo, qui ne signifie rien à
cette place, mais qui du moins était compris, tandis que
l'autre ne l'était plus et que d^ailleurs ressemblant fort à
son prédécesseur, on pouvait croire qu'on avail toujours
voulu dire ainsi et qu'il était à propos de rétablir le
texte.
Je voudrais bien que de mon explication du mot Cébo on
pût dire au moins : Se non e vero e ben trovato. Mais que
voulez-vous? Je n'ai pas trouvé mieux. Se rés noun vises,
attaquo t'as pèses, selon un proverbe trop peu juste envers
les pois, car cela veut dire : faute de grives on mange des
merles, autrement dit : il faut se contenter de ce qu'on
trouve. Pour moi qui, dans ce mince repas, n'ai qu'un plat
d'oignons à offrir, assez mal accommodé par parenthèse, je
ne demande pas mieux qu'on trouve autre chose, ceci par
exemple :
Les Hébreux perdus dans le désert, exténués de fatigue,
mourant de faim, regrettaient amèrement la chère d'Egypte :
oUas camium et panem, in saturitate. Ils ne pouvaient
non plus, dans cette extrémité, oublier les oignons, si bons
au pays qu'ils venaient de quitter qu'on les y adorait, et
ils les réclamaient, les appelaient aussi de toute leur voix
à leur aide. La Bible traduite, expliquée, commentée en
langue vulgaire, enseignait à tous les détails de l'histoire
du peuple choisi, et le cri de détresse, de miséricorde des
Hébreux, dans cette notable circonstance, devint pour une
situation analogue, notre locution populaire.
Dér. du lat. Cepa, dont Isidore de Séville dit : Cepa,
Uà diei videturà capitis magnitudine, la grosseur et l'abon-
dance des racines qui donnent à la bulbe quelque ressem-
blance avec une tète, lat. Caput, en celt. Ceb, cep, cap, tète
à longue chevelure.
Le latin avait donc Cepa, qu'il l'eût pris dans son fond ou
qu'il lui fût venu du celte. Mais le latin populaire préférait
Unio, que l'aristocratique rival du languedocien a été cher-
cher dans le patois de Rome. A ce propos une citation
curieuse de M. de Ghevallet :
c Golumelle nous aj^rend que les paysans appelaient
Vnio, onis, un oignon d'une certaine espèce; il était sans
doute nommé de la sorte parce que sa forme et sa couleur
le faisaient ressembler à une perle.
Nune çuœ per cutatem circa messem, vel etiam exactis
iaim messUnu, coiligl et reponi debeant, prwdpimus, Pom-
peianam vei ascalonUim cepam, vel etiam marsiacam sim-
plkem, quam vocant taUonem rustiei, ellgito, (Golumelle,
liv. xn, chap. 5.)
c Les personnes qui se piquaient de science désignaient
cet oigncm sous le nom de eepa marsiaea simplex, mais le
peuple trouva sans doute l'expression un peu longue; unio
ftiit i^os tôt dit. L'accq>tioD populaire dt ce mot ne fut
pas agréée par les gens instruits; aussi l'expression res-
ta-t-elle pour eux un barbarisme de signification. Ce bar-
barisme passa du latin rustique à la langue d'oïl, en prenant
un sens plus général, et c'est à lui que nous devons notre
mot Oignon, »
Franchement, il n'y a pas de quoi pour le français être
si fier. J'aime mieux, avec les vieilles gens instruits de
Rome, et en bon languedocien, notre Cébo réunardivo ou
marsénquo.
Céîè, s. m. Cellier, cave, lieu où l'on serre le vin et
autres provisions. Ce qui le distingue de la cave, c'est que
celle-ci est creusée dans la terre et en contre-bas du sol ; le
cellier est placé au rez-de-chaussée.
' Dér. du lat. Cella ou cellarium, remontant sans doute i
Celare, cacher.
Céloùs, «. m., ou Arcialoùs, s. m. Bolet comestible,
champignon gris, Bcletus edutis, esculentus, bovinus. Le
même que V Arcialoùs, dont son nom est une contracUcNi.
Nous avons donné sa description sous cet article.
Dans le midi de la France, et surtout dans les Cévennes,
au nord d'Alais, cet excellent champignon se récolte abon-
damment lorsque le printemps est chaud et pluvieux; on
le rencontre aussi en mai et en juin, mais il est moins
sapide qu'en automne, époque à laquelle il possède ses
meilleures qualités.
Il atteint souvent des dimensions considérables. On en
voit dont le chapeau a plus de trente centimètres de diamè*
tre et quinze à viogt centimètres d'épaisseur. Cette espèce
est européenne et toutes ses variétés sont délicieuses. La
pulpe en est fine, délicate, d'un parfum agréable surtout
dans les jeunes individus qu'on doit toujours préférer.
Les meilleurs C^ùs croissent sur les coteaux boiafis,
dans les taillis de châtaigniers, JourguiUros, et de chênes,
dans les bruyères, Broussos, au bord des prés montuenx et
un peu ombragés. — Voy. AreioMts.
Géméntèri, s. m. Cimetière, lieu consacré à enterrer les
morts. — Dé jouïne médéci céméntèri boussu, un jeune
médecin peuple le cimetière.
Dér. du lat. Cœmenterium, m. sign., ou du gr. Koi{u]tj^
piov, dortoir, lieu de repos.
Gén, n. denonUfre. Cent, dix fois dix. Il se dit indé6ni-
ment pour un grand nombre de choses et substantÎT. pour
les choses qui se vendent au cent.
Dér. du lat. Centum.
Candraîo, s. f. Cendrée, frésil, résidu des fourneaux de
houille ; grenaille la plus menue.
Géndras, t. m. Péjor. de Cendres. Cendrier d'un four-
neau; gros tas de cendres ; les cendres d'un foyer.
Géndras, f. m. n. pr, de lieu. Cendras, oommune du
canton d'Alais, qui tire son nom d'une abbaye de
dictins, brûlée et ruinée pendant la guerre civile dits
Camisards. Cette abbaye, fort riche et puissante, ^lait
raine de toute la contrée. Sa juridiction s'étendait sur
trois paroisses. Dans le dénombrement delà rt^nérhawéa de
CÉN
CEO
189
Beaucaire et di> Nim» de 4384, ce nom «\^J *'»^;
Zn • en 4435. on trouve Sonera», ce qui induit à penser
S'nWuke contraction et une altération de Sa^u.
C^. Sut André n'était pas cependant le patron de
rïto^ qui était sous l'invocation de saint Loup; ma^s
m^ ^préexistait au monastère était probablemen
^Tde^aLienne paroisse sur le territoire de laquelle d
S^. Ce qui corrobore cette expUcation c'est que non
^TcendTet sur la même commune, dans le vUla«e
riLuveme. fl existe une petite église ou chapelle
dédiée à saint Andi*. qu'on nomme dans la langue du pays.
^hu-AndrUnt. dim. évident de André.
^^T*.r- cendre, poudre ou poussière qui «ste de
matières brûlées. . a^ canâiw
La, Cinéru. *. f-pl^- ^^ Cendres, le J<r d»^"^'
«adies bénites dont le prêtre marque le front d^ fi^^.
le premier mercredi de carême; la cérémome de leur distn
bntion.
Dér du lat. Ctner», abl. de Cinit.
CéBdréia. V. fréq. Remuer les cendres, tisomier le feu.
JTbS ^ désœuvrement; se briser, s'émietter. êtte
S^en Jîrlant d'un terrain trop léger et trop peu com-
'"tUiè. .. «• cendrier d'un potager, d'un fourneau;
li«roù la cendre tombe et où on la ramasse. Le cendrier
d^îour se dit Boumal. (Y.c. mO-Bo-^o-n co»mo »»
«WrW plaisant comme un cendrier. Yoy. au mot Bou-
^^«pUcation de ce dicton, qui nous parait r>n^
Z^il du style comparatif, mais qm est familier au génw
SSoden comme au génie orient^- n n'est p^ n«
Z v^ consacre des comparaisons aussi excentriques
îvec uMrichesse étonnante. C'est en quelque sorte mie
Ltesution de sa part en faveur d'mie figure qud veut
ïïolnment employer coûte que coûte, alors même que la
nison et la logique la condamnent. Mais l'usage est bien
le maître et il le prouve. ... u- j
Ctadrons. onso, adj. Couvert de cendres, blanchi de
eendies ; terrain léger et friable comme la cendre, comme
le lont en général les vignobles des environs de Montpel-
lier.
Dér. de Céitdre. _ . ...
CéBdrouMo-Bacbaiwù, phr. faite. Cendnllon ; jeune
fille peu aimée, peu importante dans la maison, et qu on
AoJZe an coin du feu. Cette expression est-elle due au
eoDte bkn de Perrault, qui existeen effet dans notre idiome,
mvae quelqnes variantes, entr'autres le nom de l'bérofiie,
on Itoi le charmant et naïf conteur aurait-U pns le sujet
de Cendrillon dans la sornette de nos veiUées cévenoles de
puât est extrême à entendre encore conter Inn <m
rmtre.
GtotéiiA. f. m. Centaine, nombre décent; cent environ,
MHS prtdser le chiffre. — Brau'qui un eénténa dé fénnoê,
il y avait là «ne centaine de femmes.
Cérténo. f . f. Centaine, même sens qoc le pféoÉdent.
se dit sortont poor centaine, brin de m on de ««e^^^
récheveau. On sait qœ dans les écheveanx de fil on de
soie, chaque cent tours sont séparés et marqués psrun
^^Tçour pouvoir les dévider, il font couper ce nœ«J
qu'on appelle la cmiéno. - Perdre la *^«^>.P^^^
fil d'untocours. Trove pas la ^'^^'«^' 1^ f «^ ^^
le noeud de la question. L'histoire du nœud gordien nest
autre que celle d'mi écheveau célèbre dont Alexai^ ne
trouva pas la cénUno, et que son impatience à chercher
lui fit trandier net, d'un seul coup.
Dér. de Cm. .
Céntimèstro, # • m. Centimètre ; centième partie du
mètre.
Emp. au fr. ,
Centime, s. f. Centime. Cest un de ces moto, comme le
précédent, que la marche du siècle a forcé d'emprunter au
fr.. parce que l'usage en est populaire. Seulement le lang.
en a changé le genre, qui n'est jamais que iémiriin. Le fr
lui-même l'a pris du lat. Cmtenmuê, centièrfie partie.
Centura, v. Ceinturer ; mettre une ceinture: «lU/nrer ;
environner.
Dér. du lat. Cineiuê, part. pais, de Cingere, mtiùfft.
Céntnro, *. f- Ceinture; cordon, rul#an, qui sert *
ceindre le corps ; bas de U taille, partie du c^^nis '^ la
ceinture s'attache. — Fïo maduro porto Véfan à la tkfUuro,
prvb.. fille mûre porte l'enfant à la ceinture, c'*»i^ire \
une fille déjà sur le retour quand elle se marie, est plus
prête qu'une autre à devenir enceinte.
Géoucla, «. Cercler, relier, mettre des cercles à un t/in-
neau. aune cuve. etc. — £• fnAwi tàmtda, au fig^ »l » 1*
tête mal cerclée, mal timbrée; U a U tète fôlée.
Céoucle, #. m. Cercle, cerceau; cinxinfèrence, ligne
circulaire. — Vax lou eioiuiU, U se ploie comme un cer^
ceau. il est courbé en cercle, raUtiné par U s\fn\Um oo
par la maladie.
Les cercles ou cerceaux de cuve et de tonneau ¥rt%i le
plus souvent en fer, surtout pour les %f(mm i^*a'j% qui
restent à poste fixe dans les caves ou celliers^ <> pr^^îèdè
plus dispendieux n'est qtaune avance de eapiUl, qtil se
trouve bien compensée d'ailleurs par U facilité du reliage
et du défonçage et par la durée prewjue (^m\Ui du cer-
ceau. Quatre cercles suffisent prmr les p^*^'^ ordinaires,
six au plus pour les plus longues; les l^mdres en c^mipor-
tent douze. .
Autrefois les cercles de Vmneau étoient faitoavec de gros
scions refendus de cfiâulgnier sauvage m de mlcocotiller
qu'on pliait et qu'on assujettissait avec de minces scions
d'osier jaune dit amarinof ^m en pistait dix à chacun des
boute du tonneau. Cest pour ceU qu'on aménageait dans
les Cévennes de nomlireux taillis de châtaignier sauvag et
de micocoulier Aimi on fabriquait des cercles expédiés
ensuite dans Umt le Languedoc. Ces taiUis se nomment
Joftrgumroê. Ce procédé est encore employé dans les paya^
190
CER
CES
de grands vignobles pour les futailles qa*on expédie et qui
n'ont pas besoin de durée. Les cerceaux des cuves étaient
une sorte de charpente en forme de jantes, soit de mico-
coulier, soit de chêne, et reliée au mayen de chevilles. Ce
genre de ligature se nomme aussi encastre et aréscle. (Y. c.
m.) Les bandes de fer, aujourd'hui, sont une simplification
et un perfectionnement.
Dér. du lat. Circulus, dim. de Circus, m^ sign.
Céouclièîro, f • f. Bois taillis de châtaignier sauvage ou
de micocoulier, destiné à la fabrication des cerceaux, des
claies à faire sécher les châtaignes, et de notre temps à la
confection des treillis ou palissades bordant et clôturant
les talus de nos chemins de fer ; maie disposée pour faire
rouir les scions de ces mêmes arbres afin de les rendre
plus doux et plus flexibles. — Voy, Jourguièiro.
Ce que, pron. démonstr. Ce qui, ce que. — Ce que se
fax, ce que se dis, ce qui se fait, ce qui se dit. Ce gué
dévigno lou tén, ce que présage le temps.
Cérémougnè, s. f. Cérémonie; pompe ; courbettes hypo-
crites ; civilité, politesse gênante et affectée. — Faire dé
cérémougnès, faire des façons; se faire prier.
Certains glossateurs font dériver ce mot du lat. Cereris
munia, oblations à Cérès, parce que les offrandes de gerbes
à cette déesse étaient accompagnées d'un rit très-solennel.
D'après Valôre-Maxime, il vient du lat. Cera, ville d'Italie,
et munia, offrande. Cette ville, proche de Rome, est citée
par les oflrandes qu'y firent les Romains avec une pompe
inouïe par la crainte que leur inspiraient alors les Gaulois.
Selon d'autres, il vient des mêmes deux mots, mais dans
ce sens que, lors de la prise de Rome par les Gaulois, les
Vestales fugitives et sauvant le feu sacré, furent conduites
par Albanius, qui fit, en témoignage d'honneur et de res-
pect, descendre de son char sa femme et ses enfants pour y
placer ces prêtresses. Enfin VElucidari de las proprietates,
en langue romane, dit : De cer<u prendon nom ceremonia,
car ceris antiquamen kom ofria, de cire prennent nom les
cérémonies, car anciennement on offrait des cierges.
Cérièîre, s. m. Cerisier, Cerasus vulgaris, Linn., arbre
de la fam. des Rosacées, qui porte la cerise. — Cousï qui
causi, dawUo dé moun cérièîre, prvb. Le mot à mot est :
cousin que cousin, descends de mon cerisier. Le dicton
tient sans doute à quelque anecdote dont les acteurs sont
restés anonymes : quelque parent qui fut surpris par un
sien cousin, croquant ses cerises, et qui, sur l'arbre, invo-
quait sa parenté pour excuser son méfait, dont le cousin
ne parut pas vouloir tenir compte. Cela ne se borne pas
aux cerises, et les applications sont nombreuses. Le fr.
rend la même chose par un dicton équivalent : Ami jus-
qu'à la bourse.
Dér. du lat. Cerasus, venu lui-même de Gerasonte, nom
d*une ville du Pont, d'où furent apportés par Lucullus, en
Italie, les premiers cerisiers.
Cérièiro, s. f. Cerise, fruit du cerisier. Les variétés sont
nombreuses; les principales de ce pays sont : la loumbardo.
la blanqudou, la bétorgo, VagfïoU), la bigarono, la duréto*
— Voy. c. m.
Cérqua, v. Chercher, se donner du soin pour trouver;
aller quérir ; provoquer ; attaquer. — Cérqua la gnué pér
lous arnuuis, chercher midi à quatorze heoies; prendre
des détours ; faire des phrases dilatoires. Dé qu*anas cérqua
aqui ? Que nous chantez-vous là ? Quelle anicroche allez-
vous chercher ? Cérqua sounpan, mendier. Cérqua sa vida,
a le même sens, mais il s'étend aux animaux domestiques
ou autres, quand ils sont obligés de chercher eux-mêmes
leur provende. Cérqua dé nisados, dénicher des oiseaiDC.
M'es véngu cérqua, il m'a provoqué. Que oérquo irovo,
prvb., A bon chat, bon rat.
Dér. de la bass. lat. Clrcare ou Eneereare.
Cèrqao, s. f. Recherches; perquisition; visite domid-
liaire pour découvrir un malfaiteur on un ccmtrevenant, on
bien encore une chose volée : dans ce dernier cas, on dit
plus techniquement : fa fur.
Cèrqao-brégo,5. m., phr. faite. Hargneux; qui cherche
querelle; brouillon. Synon. de CèrqutHréno.
Cèrqao-nisados, s. m., phr. faite. Dénicheur de merles;
jeune gars vagabond, va-nu-pieds.
Gèrqao-poùs, s. m. Croc à puits ; crochet à double on
triple bec propre à pêcher les seaux ou autres objets qui
sont tombés dans un puits. — Fran eoumo un cèrquo-poès,
bonne foi de Bohême.
Cèrquo-réno, s. m. — Voy, Cèrquo-brégo, m. sign.
Cértèn, tèno, adj. Certain ; assuré; sûr; ferme. Il ne se
prend guère que négativement. — Es pas bien oértèm, en
parlant d'un objet, signifie : ce n'est guère solide ou de
bon aloi : en parlant d'un homme, il n'est pas très-frane
ou de bonne foi, ou bien son crédit n'est pas très-solide.
Es pas bien cértèno, en parlant d'une femme, on ne peut
guère répondre de sa vertu.
Dér. du lat. Certus, m. sign.
Cértifica, s. m. Certificat; témoignage donné par écrit ;
attestation écrite; passeport.
Emp. au fr.
Cèrto, adv. interpeUatif. Certes! Oui vraiment ! Ah
dame! — Cèrto I m* en dires tan, dame ! vous m'en dira
tant.
Cérvèl, 9. m. Cerveau, substance molle contenue dans
le crâne.
Dér. du lat. Cervix, tête.
Génréla, t. m. Fromage de cochon, fait avec Uwiles les
parties charnues de la tête, et non cervelas, sorte d'andooilla
qui se vend cuite et qu'on ne connaît pas dans le pxj%»
Cérvèlo, «. f. Cervelle, partie molle et blanche dn
veau. Le lang. emploie plus volontiers oe mot an fili
las cérvèhs. — Mé fat sâouia la$ eérvèlos, il me casaa la
tête.
Dér. de Cmrviœ, tête.
Céae, f. m. Dim. Céftfroè. PaiftH^hiche, CtetraKafinMm,
Linn., plante de la fam. des Légumineotes, enltîTte dans
CES
CEV
191
loat le Midi. On dit aussi par dérision Couflo-eouqui, parce
qoB ce légome est farineux et gonflant ; cependant il n'est
pas indigeste eomme les autres espèces de farineux, parce
qu'il ne fermente pas comme eux dans Vestomac. On le
mêle avantageusement avec le gruau dans la confection de
la Coêsoio. fV. c. m.) Ce légume est difficile à cuire; cela
ne tient pas à une variété de l'espèce, mais à la nature du
tenain qui l'a produit. Les fonds limoneux et schisteux
sont ceux qui sont les plus contraires; les meilleurs, les
gras et les calcaires. Cependant il se rencontre de nom-
bieoses exceptions, et souvent cette dureté, que le pois-
chiche conserve après une longue ébuUition, provient de
mille circonstances diverses de sa végétation. En général
fltossi les eaux battues, comme celles de rivière ou de pluie
immédiate, sont les plus favorables à sa caisson et sont
piéférées à celles de puits, de source ou de citerne. Cette
dernière, quoique provenant de la pluie, a contracté par
un long séjour dans l'immobilité une mollesse saumâtre
qui la rend impropre à cette cuisson. Sauvages donne une
recette pour les cuisinières à ce sujet. Il prétend que les
CéMeB les plus rebelles s'attendrissent et cuisent très-bien
avec l'eau où l'on a fait blanchir les épinards, ou avec de
l'eau de pluie acidulée par une pincée de sel de tartre. Il
est à cmindre que ce procédé, un peu trop pharmaceutique,
ne trouve d'obstinés opposants dans le peuple, principal
eonsommateur des Cétes,
Tout le monde sait l'usage local qui veut qu'on mange
la soupe aux pois-chicbes et à l'huile au diner du dimanche
des Rameaux. Le populaire attribue cet usage traditionnel
à une commémoration pieuse, parce que Jésus-Christ aurait
traversé un champ de ces légumes lors de son entrée triom-
phale à Jérusalem le même jour. Il est plus raisonnable de
penser que cet usage vient de ce que le dimanche des
Rameaux étant le seul dimanche de Carême où le maigre
soit ordonné, même pour ceux qui ne font maigre que trois
jours de la semaine, on mange de préférence une soupe
aux poîs-chicbes, parce que c'est là un des meilleurs
potages à l'huile, et qu'il est moins indigeste que tout autre
potage aux légumes.
Dér. du lat. Cieer, m. sign.
Césé, «. m. n. pr. d'homme. Altération contractée de
Prmteéié, qui est lui-même un dim. de Françouès, Fran-
çois.
Qéfléro, i. f. Draine, grosse grive, grive de gui, Turdtu
viêewonêê, Linn., oiseau de l'ordre des Passereaux et de la
£am. des Crénirostres. C'est l'espèce de grives la plus grosse
et la moins délicate. Cette variété est sédentaire dans le
pajs, ou du moins elle s'y fixe plus longtemps que les
auties, et nidie deux fèis dans la saison. Son chant, qu'on
ealend surtout avant le lever du soleO, est agréable et très-
Matant.
^ Tè^ dé oéiiro, étouidi; tête légère, éventée; tèle de
Itaotte.
Le nom kng. CiUro, dans lequel entre le mot Cé$e, en
lat. Cicer, et peut-être Edo, je mange, correspond àUa même
idée qui la fait nommer Turdus vùcivorus, parce que cet
oiseau fréquente surtout les champs semés de vesces ou de
pois, dont il se nourrit.
Géséto, s. f., n. pr. de femme. On croirait volontiers
que ce mot est le fém. de Césé, et qu'il représente par con-
séquent Françoise ; il n'en est rien cependant. Céséto est la
reproduction de Suzette, et représente en dim. Suzanne. 11
devrait donc s'écrire mieux par un s initial, Séséto; nous
le plaçons ici seulement pour le rapprocher de Cé$é et faire
ressortir davantage la différence. — Voy. Séséto,
Césièiro, s. f. Champ de pois-chiches, terre semée de
pois-chiches.
Dér. de Cése.
GéTénôon, Gévénolo, adj, Cévenol; cévennois; habi-
tant des Cévennes. C'est le nom générique et commun à
tous les habitants de ces contrées montagneuses, qui se
subdivisent en Maïâous, Gavai et Vivaré$e$, — Voy, ces
différents mots.
Gévénos, «. f. plur, Cévennes, montagnes du Bas-Lan-
guedoc, dont la chaîne se suit par la grande arête de la
Lozère, du Tanargne et du Mésinc, de l'ouest à l'est, et
forme en contre-bas diverses autres chaînes inférieures tant
au nord qu'au midi de la première. La contrée à laquelle
ces montagnes avaient donné leur nom, se divisait autre-
fois en quatre subdivisions : 4<» les Cévennes proprement
dites dont Âlais était la capitale; %"* le Gévaudan, capitale
Mende ; 3® le Vivarais, capitale Viviers; 4» le Velay, capi-
tale le Puy. Aujourd'hui la première de ces subdivisions
porte encore le nom de Cévennes et ses habitants celui de
Cévenols. Elle occupe le nord et l'ouest de l'arrondissement
d* Alais, sans dépasser cette ville au midi ni à l'est ; elle
comprend encore presque tout l'arrondissement du Vigan
et les communes occupant les versants méridionaux et
orientaux de la Lozère et la chaîne inférieure de cette
montagne appelée le Bougés ; elle embrasse la plus grande
partie de l'arrondissement de Florac (Lozère), et elle se sub-
divise elle-même en Cévenols proprement dits et en MaïàauM.
— F. c. m.
Le nom de Céveimes est un de ceux dont on peut le
moins douter qu'il n'existât dans la langue des Gaules
avant la conquête romaine ; car il n'a pas en lat. ni en gr.
de radical équivalent qui offre une signification applicable,
condition première de tout nom propre de lieu. Le latin et
le gr. l'ont pris en lui conservant sa consonnance origi-
nelle et n'y ont ajouté que la terminaison conforme à leur
génie. César nomme cette chaîne Mons Cebenna; Pline et
Lucain, Gebenna; Pomponius-Mela, G9bennœ, G^fenniei
Montes; Strabon, T6 KI(t(xsvov 6poç, traduits par Cwnmenice,
CemfMni Montes, Tous ces vocables sont évidemment em-
pruntés an langage du pays, et ils appelaient les redierches
des commentateurs sur leur origine. Bochard a cru en
trouver la racine dans le syriaque Gelnna, sommet d'une
montagne, et ajoute qu'en hébreu Gab veut dire dos. Astruc
192
CHA
CHA
soutient que le mot vient du œltique Kebmn, haut d*une
montagne. Dans le pays de Galles on dit encore Eefen pour
colline. Astruc pourrait bien avoir raison.
Ghabrolo, s. f. Framboise, fruit du framboisier, Bubus
Idœa, Linn., ronce du mont Ida. Le framboisier, arbuste
de la fam. des Rosacées, abonde dans nos montagnes et
croit naturellement dans les bois. Les chèvres sont
friandes de sa feuille, et c^est ce qui a valu à son fruit le
nom de Chabrolo, dér. de Cabro, qu'on dit chabro dans
les Hautes-Gé venues. — Voy, Faragousto.
Chabrôon, s. m. n. pr. d'homme. Au fém. Chabrolo,
qu'on traduit en fr. par Chabrol et Ghabrole, femme de
Chabrol.
Ce nom est évidemment d'origine lang. et il signifie
chevreuil dans le dialecte des Cévennes. Ici on dit Cabrôou
en parlant de l'animal. Quant au nom propre, il arrive
tout formé du pays où il a été imaginé et on a dû le res-
pecter dans sa prononciation. La finale est, en tous cas, la
même.
Dans plusieurs articles nous avons eu occasion d'expli-
quer cette différence de prononciation du ca et du cha :
celle-ci peut être plus celtique, celle-là est toute latine.
fVoy. lettre CJ Le suffixe ôou donne aussi au mot une
physionomie et un caractère qui méritent d'être remarqués.
Oou, comme Aou, parait être une contraction : il a dû
sonner 0/oti, ouenlat. Olum, Olium, avant d'être diphthon-
gué en ôou, comme Aou est descendu de Al, Alou, Le plus
souvent encore il affecte le mot d'un sens diminutif, comme
le faisait la désinence latine olu$, a, um, nous en citerons
des exemples nombreux. Ses analogies en noms d'hommes
et de lieux se signalent par les influences ethniques qui ont
pesé sur la finale et la traduisent : au 'Midi Cabrôou ou
Chabrôou représentés par Cabrol ou Chabrol, sont au Centre
ou au Nord Chevreau, Chreveul, Chevreuil. — Voy, Oou
suffixe.
Ghabuscla, v. Flamber ; passer à la flamme; ôchauder ;
tremper rapidement dans l'eau bouillante. C'est le même
mot que Vscla, sauf que ce dernier se borne à la première
partie de la définition, et ne convient pas à la dernière. La
syllabe Chah qui précède celui-ci ne peut étymologiquement
s'expliquer qu'en l'interprétant par Chab, dialecte des mon-
tagnes, Cab, cap, extrémité, sommet, et Vscla, brûler
l'extrémité, la superficie.
Chaoïm, chacune, pron, indéfini. Chacun, chacune.
Ce mot, qui se disait autrefois et se dit même encore
Cadun, semble formé des deux mots ca et d'un, un par
tête, tête d'un. Le fr. aurait alors la même origine, ou
aurait pris la sienne dans notre idiome. Mais n'est-il pas
plutôt une corruption du lat. Quisque, encore reconnais-
sable, quoiqu'il ait bien changé en route?
Chadénédo, «. f., ou Gadénédo. Lieu, champ planté de
cades ou genévriers.
La variante que nous donnons après Sauvages est peu
usitée. La manière dont nous le prononçons et la forme
dans laquelle il a passé dans noire dialecte et a servi de
base à la composition de noms propres d'homme et de lieu,
démontrent clairement que le mot est emprunté aux Hautes-
Cévennes ou au Vivarais. S'il eût pris naissance ici, on
eût dit et on dirait Cadénédo, comme l'on dit Cadéné de
plusieurs quartiers de terrain, ainsi nommés dans les
cadastres, et qui ont la même racine, le cade.
Chalaré, s. m. Bruit; tapage; tintamarre; grabuge. —
Méno un for cha f are, il fait grand tapage.
Chaire, 5. m. Pierre à aiguiser, sorte de grès fin et tendre
dont on se sert pour aiguiser à sec les faucilles, les serpes
et serpettes. La queux des faucheurs n'a pas la même
forme ni la même nature ; elle est d'un grès beaucoup plus
dur, aussi s'appelle-t-elle pèïro dé daïo et non point ehafrt,
malgré l'autorité de Sauvages. — Cara coumo un ehafrt,
enflé, bouffi d'embonpoint ou d'importance ; au prop. ou au
fig-
Chagrin, s. m. Chagrin; affliction; peine morale;
humeur; dépit; colère.
Des étymologistes le disent dérivé de l'arabe Chakrain,
malheureux, pénétré de douleur; d'autres du fr. Aigrir, et
remarquent que dans certains endroits, on dit aigrain pour
chagrin.
Chagrina, v. Chagriner; donner, causer du chagrin;
tourmenter, inquiéter.
Chaîne, s. m., ou Ronve. Chêne blanc, Quercus robur,
Linn., arbre de la fam. des Amentacées. c Le chêne, a dit
Loiseleur de Long- Champ, domine en roi parmi les arbres
de l'Europe ; c'est le plus beau comme le plus robuste des
habitants de nos forêts; c'est son image qui s'offre d'abord
à la poésie quand elle veut peindre la force qui résiste,
comme celle du lion pour exprimer la force qui agit. >
Cha'tne et Bouve, dans l'usage ordinaire, sont parfaite-
ment synonymes ; dans le langage technique, le Chaîne est
le mot générique pour toute espèce de chêne blanc ; le
Bouve est le robre ou rouvre, espèce dont le bois est rouge
en dedans et la feuille cotonneuse en dessous; il est plus
flexible, moins cassant, plus imperméable : aussi est-il plus
difficile à fendre et à équarrir, comme bois de service, à
cause de ses fibres fortes et entrelacées ; il brûle mal au
feu, où il noircit sans donner de la braise. — Voy, Bouve.
On trouvera sur l'étym. du mot et sur sa formation
quelques éclaircissements au mot Cassagno,
Chaîné, s, m. Genette, espèce de chat sauvage, Vivera
ginetta, Linn., mammifère onguiculé de la fam. des Carni-
vores.
La genette, la fouine, dit Sauvages au mot Chainé ; œ
n'est pourtant pas la même chose, bien qu'il y ait quelq[ae
analogie dans les habitudes des deux» animaux. Du reste la
description qu'il en donne s'applique assez bien à la pre-
mière et nullement à la seconde ; le Chaîné n*est donc pas
la fouine.
Il est tout simple de faire venir le mot de genette; en
rendant dure la prononciation du g (dge ou tge) on atteint
CHÂ
CHA
m
à pea prés celle du eh suivi d*uûe voyelle ; dès lors Chaîné
on genette sodI le même vocable, le Chaîné est en effet la
geaette commune. La description d'ailleurs se rapporte
exaeleœent an Chàtné, qui n'est pas rare dans notre pays :
pelage gris, agréablement tacheté de brun on de noir; ces
taches, tantôt n»des, tantôt oblongnes; la qneoe aussi
longue que le corps, annelée de npir; le mnsean noirâtre;
des taches blanches aux sourcils, aux joues et de chaque
côté du bout du nez. Cet animal laisse échapper une forte
odeur de muse, ce qui Ta fait classer dans un sous-genre
de civettes. Cette pn^iété lui est commune avec la hyène,
doot le pelage présenterait avec le sien quelque ressem-
blance, la même distance que celle entre le chat et Le tigre.
Le Chetmé se prive vite en domesticité; on le dresse pour
la chasse aux rats; aussi lui donne-t-on quelquefois le nom
de diat de C(M»taiitinople. Il est probable que dans nos
oontiées on le confond souvent avec le chat sauvage, quoi-
que celui-ci soit un autre animal.
Chalo, f . f». Chàle, schall. — Encore un de ces mots
que la mode a importés du fr. Il ne saurait rester étranger
aa lang. aujourd'hui que le chàle, qui n'étaift pas dans le
cealome national, est descendu aux classes populaires.
Ghamas, s. m. Gros tison allumé. On s'en sert l'hiver à
la campagne pour s'éclairer au sortir de la veillée : c'est la
torche de pin des montagnards écossais.
Dér. du gr. KijAoÇ, pieu, échalas.
Ghamboà, «. m,, n. pr, d'homme et de lieu. Ghambou,
c'est-à-dire bon champ.
La moyenne latinité a fait passer le mot au roman, qui
l'a transmis an lang. et au fr. Du Cange cite un ancien
titre qui en fait foi : Cambo, terra arabilis quam riMiei
Cambonam vœant Cambo, latin et roman, CambaU et
ChawUfoù, lang., signifient donc une terre en culture. Et
remarquons, en passant, que le eampus lat. ne s'est con-
servé dans nos dialectes qu'avec l'addition d'une épithète ;
camp ni champ seuls ue sont pas du pur lang. mais du fr.
véritable, bien que ficha toim oan soit toléré et usité.
Le vocable qualifié s'est fort répandu, d'abord en se
tenant dans la généralité, puis en spécialisant ce qu'il vou-
lait mieux caractériser. Les champs arables, c'es^à-direen
plaiae, étant fort rares, étaient par suite hautement prisés
dans un pays aussi montagneux et escarpé que les Cévennes,
à cause de la facilité de leur culture, et en second lieu,
parœ que toajonis placés fu pied des montagnes, ils rece-
▼aîent les alluvions que les pluiies et les inondations y
dMPnaient. Cest pour cela que ces noms sont plus mul-
tipliés dans les contrées hautes. On compterait, dans le
sâd département du Gard, plus de quinze localités, com-
mnoes ou hameaux, dont les déûgnations varient du simple
au diminutif, de Cambà, Camhoù, Cambon, Ioub Camboùs,
Ckamboù, Chambon, à Cambouné, Chamboumé, Cham-
bonnet, Chambounas^ toutes formées du lat. Campu$bonu$.
Cette appellation donnée d'abovd aux terres dont nous
▼•nous de parler, «a'élendît ensuite aux maisons, aux
hameaux et villages qui se formèrent dans leur voisinage
fertile. Du sol à l'homme qui le cultive la transition fut
aisée et naturelle. De ce nom pris pour racine il s'en forma
mille autres, qui, à la qualification générale existante , en
ajoutèrent une autre caractéristique, ou bien, sur le pri-
mitif Campui, appliquèrent une particularité significative.
Ainsi les noms propres de lieux et d'hommes : Chamboff
rédoun, Chamboredon, champs en plaine et de forme ronde;
Chambou-rigâou, Chamborigaud, plaine arrosée, eamptu-
irriguui; Chambovemo, Chambovemes, plaine verdoyante
ou plantée de vemes. Et dans la seconde catégorie : Cam*
hargne, Chambamier, commune de Mèjanea-le-Clap, terre
en vasselage ; Camboulan, commune de Saint-Marcel et de
Saint- Martial, champ servant de limite; Canférén, com-
mune de Beinis, champ fertile ; Chamclâou, ChamclauXt
commune de Sainte-Cécile-d'Andorge, Mansus de Clatuo-
Claustri, enclos du cloître ; Champclàouioà, Champclausoa,
commune de la Grand'Combe, de campo clauso, champ
fermé; Champdourous, Champorus, commune de Génolhac»
champ venteux, qui aun dim. dans Champâouriôou, Gham^
pauriol, commune de Laval, de la Bouvière et de Montmirat;
Camfigoîis, Camphigoux, commune de Soustelle,i;ainjMif ^',
champ planté de figuiers; Camplagnè, champ en plateau;
CampéXrigoùs , commune de la Calmette, champ pierreux;
Campméjè, commune de Saint^ean-du-Pin ; Camp-méja»,
commune du Gaylar, eampus nmanuê, champ moyen ou
mitoyen ; Canrédoun, Campredon, commune de Nimes, de
Langlade; de Sumène, de Valleraugue, eamipu» rotundui,
champ arrondi ; Camriau, Camprieux, commune de Saint-
Sauveur-des-Pourcils, camptu rivut, champ prés d'un ruis-
seau; Campsèvi, Commune d'Arre, champ ensemencé;
Camplong, Camvi^, etc. Il n'est pas nécessaire d'insister
sur d'autres dénominations dans lesquelles est intervenu le
nom du propriétaire, qui ont aussi la même racine et se
sont formées avec le mot eampus, traduit paream ou ehasnp,
comme CamarH, Campmartin; Changamier; Champ-Ber«
nard; Champ-Bertin; Champ du Four; Champ duRoussin,
etc., etc., qui n'ont pas besoin d'explications.
Caïambourdo , <. f. Péj. Chambourdasso. Chambrière;
servante épaisse et grossière ; maritome.
Corr. de Chambriêiro, emportant une idée de mépris ou
de ridicule.
Caïambraale, s. m. Ce mot ne signifie pas diambraole,
cadre en pierre ou en bois d'une porte, mais une longue
règle de maçon. Ce technique est-il une imitation du
français? Cela parait naturel, et cependant il n'existe
aucune relation, aucune similitnde entre les doux signifi-
cations.
Chambre, s. m. Écrevisse de rivière, Cawcaa astaeui,
Linn. Crustacé de l'ordre des AstacoXdes.
Le nom de Chambre est uqité à quelques lieues d'Akûs,
au levant, dans le canton de Saint-AndiiroiXi surtout aux
bords de .la fontaine d'Arlinde qui en féumit beanoovp.
onae sert. du mot EsearabisM. — V. e. m.
194
CHÂ
CHâ
Chambre parait une corruption, une variante de chancre,
qui traduit le lat. cancer, cancre, écrevisse; signe du
Cancer. On Ta fait aussi dér. du lat. Carabus, m. sign., ou
de i*aliem. Crebs. En ital. Gambero et Granchio; en esp.
Cangréjo.
Ghambrièîro, s. f. Femme de chambre, et par ext. ser-
vante, n'importe la nature de son service. — Faï coumo la
ehambrièïro dé Pilato, c'est-à-dire elle va fort au delà de ce
qu'on lui commande. Las chambritïros n'ah qu'un mdou,
diêou lou iécrè dé Voustdou, prvb., les domestiques n'ont
qu'un défaut, c'est de dire les secrets de la maison.
L'anjounénquo ehambrièïro, l'augélique servante, a dit
La Fare de la sœur de charité, servante des pauvres.
Chambriiïro, s. f. Trépied pour soutenir la poêle sur le
feu ; quelquefois cet outil est une anse en fer et sans pied
qu'on suspend à la crémaillère.
Dér. de Can^ro, qu'on dit Chambra chez les Raïols et
les Vivarais.
Champouirâon^ $. m,, n, pr, Champoiral, traduit le fr.
sans autre façon. Il vient sans doute du lat. Campus em-
porii, champ de marché ou de foire.
CShancre, s. m. Chancre; ulcère; aphthe; petit bouton
transparent et douloureux qui vient à la bouche des hommes
et des animaux, surtout chez les enfants à la mamelle
quand ils tètent un lait échauffé et vicié. — Àquà's un
chancre, dit-on d'un importun opiniâtre et dont on ne peut
se débarrasser.
Dér. du lat. Cancer, m. sign.
Ghanilès, s. m. Malaise; inquiétude vague; cauchemar
éveillé, ce que M"*® de Sévigué appelait un dragon.
Gorr. du lat. Camt/eo;, bourreau.
Ghanja, v. Changer, échanger ; quitter une chose pour
en prendre une autre; céder une chose pour une autre ;
substituer ; passer d'un état à un autre ; déménager, prendre
un autre logis ; permuter. — Se chanja, changer de loge-
ment ; changer de vêtement, prendre ses habits de dimanche.
— Aï ehanja dé las quatre, mes vers à soie sont sortis de
quatrième maladie ou mue. Ma grano a chanja, ma graine
de vers à soie a changé de couleur; elle devient blanchâtre
vingtrquatre heures avant d'éclore. Es bien ehanja, la
maladie l'a changé, pâli, amaigri. La luno chanjo aquéste
sauèr, la lune prend ce soir un nouveau quartier. Mé vôou
ehanja, je vais changer de linge, d'habillement. Vous ses
ehanja, vous avez changé de logement.
Dér. de l'ital. Camkiare, m. sign.
Chanjaire, aîro, adj. Changeant; inconstant ; qui aime
à changer; qui change aisément; d'humeur mobile.
Ghanjamén, s. m. Changement; passage d'un état à un
autre; mutation.
Ghanje, s. m. Intérêt d'un capital. — Amaï que mé
pagu/e soun change, pourvu qu'il me paie les intérêts.
Méire âou chaîne, placer de Targent à intérêt.
C3ia]i)iir, f . m. Changeur; prêteur sur gage; banquier. —
Pago eùumo un chanjur, il paie comptant, très^xactement.
Chantiè, «. m. Chantier; grand emplacement à ciel
découvert où Ton emmagasine des bois. Par extension»
emplacement où un certain nombre d'ouvriers travaillent,
n'importe à quel ouvrage ; réunion d'ouvriers travaillant
de concert sous l'inspection d'un piqueur pour les ouvrages
d'art, ou d'un baïle, pour les travaux des champs.
Dér. de la bass. lat. Cantherius, m. sign.
Châouclia, v. Patrouiller; marcher dans la boue, dans
un gâchis ; fouler aux pieds quelque matière mouillée ou
onctueuse ; fouler aux pieds une personne. — La fachi-
gn^ro l'a châoucha, la sorcière lui a pesé sur l'estomac, il
a eu le cauchemar. Aï châoucha tout lou long dé la carièïro,
j*ai patrouillé dans toute la longueur de la rue.
Ce mot est le môme que Cdouca dans quelques-unes de
ses acceptions ; il a la même origine du lat. Caleare,
Ghâouchimèîo , s. f,, ou Chichoamèio. Ripopée;
mélange de plusieurs vins; ragoût sale et grossier; salmi-
gondis de viande ; galimafrée.
Châoucholo, s. f. Soupe au vin ; tranches de pain
trempé dans le vin.
Châouchouia, v. fréq. de Châoucha. Patrouiller; tri-
poter ; remuer ou marcher dans un bourbier épais ou dans
un liquide malpropre.
Châouchoaîaîre, aîro, adj. Qui aime à patrouiller, au
pr. et au fSg. tripotier, qui aime à se mêler de ce qui ne le
regarde pas, à mettre salement les doigts dans une sale
affaire.
Châoucho-vièîo, phr. faite. Le cauchemar, l'incube. La
superstition populaire attribue ce malaise à la pression
d'un démon sous la forme d'une vieille femme qui pèse
sur la poitrine.
Ghâouma, v. Chômer ; se reposer, rester oisif. Se dit
particulièrement du bétail qui cherche l'ombre et y dort
sans manger quand la chaleur commence à se faire sentir.
Les brebis, au lieu de chercher l'air dans ce cas, se tienneat
pressées les unes contre les autres et placent leurs têtes les
unes sous les autres, pour les mettre à l'ombre.
Dér. probablement de Câou, chaud, qui se dit ehâou
dans quelques localités. Cette origine peut bien avoir servi
au fr. chômer, quoique certains glossateurs, qui ne veulent
pas que le fr. puisse être redevable au lang., prétendent le
faire dériver de l'allem. Saumen, 8*arrêter, négliger. Le
lang. Châouma et le fr. chômer, qui sont évidemment le
même mot, paraissent plutôt tou% deux venir du gr. RanS|Aa,
chaleur étouffante, et la preuve, c'est que châoumasso, à
qui l'on ne peut contester le droit de consanguinité avec
ces deux infinitifs, ne signifie autre chose que grande cha-
leur, figurant là en superlatif d'un positif perdu, qui
devait être châoume, traduction littérale du gr. Rotu{iA, et
qui est devenu la racine de châouma et de chômer.
Ghàoumadis, s, m. Temps chaud et lourd, qui invile à
la paresse.
Châonmadoù, s. m. Lieu choisi par les bergers pour faire
chômer le bétail ; endroit propice et commode pour cet acte.
CHA
CHA
195
Châoiimasso, s. f. Chaleur lonrde, étouffante et mate,
sans un souffle d'air.
Toy. Châouma pour Tétym.
Châoupl, V. Fouler aux pieds ; trépigner avec les pieds,
particulièrement un végétal quelconque.
Il a sa racine dans le lat. Calx, plante des pieds, chaus-
sure, qui a fait calcare.
Châonrl, s. m. Sabbat des sorciers, leur assemblée noc-
turne. — Aou chàourït allez au diable ! Manjariê lou
diable amat lou châmtri, prvb., il avalerait le diable et ses
cornes.
Dans Fétym. de ce mot pourrait-on découvrir dans la
syllabe Châou ou càou, chaleur, quelque allusion à la cha-
leur infernale, ou bien peut être une contraction ou inver-
sion du mot chàou-ma, parce que ces prétendues réunions
se tenaient le jour du sabbat, jour de repos des Juifs, jour
de chômage? Ce ne sont là que des conjectures très-hasar-
dées.
Ghàoiirima, v. Faire blanchir des légumes dans Teau
bouillante; mitonner; flétrir par la chaleur ou la séche-
resse.
Châouta (Se), v. Se soucier; s'inquiéter, s'embarrasser.
— M'en chàoute caumo dé mous vièls souïès, j'en fais cas
comme de mes vieux souliers. Quâou s'en châouto? qui
donc s'en soucie ? N'a pas l'air dé s'en châouta gaïre, il
n'a pas l'air de ^en inquiéter beaucoup.
Dér. du lat. Colère, désirer ardemment.
Chapélé, s. m. Chaperon, couronne.de mariée. Symbole
de virginité qui, dans le principe, était un petit cha-
peau.
Chapélé, s. m. Chapelet; grains enfilés, sur chacun des-
quels on dit un Ave Maria, à chaque dizaine se trouve
un grain plus gros sur lequel on récite un Pater.
Le chapelet se nommait dans l'origine couronne de la
Vierge; de ce rapprochement de couronne avec petit cha-
peau est tiré le nom.
Chapélé se dit aussi de plusieurs choses enfilées les unes
à côté des autres.
Chapla, V. Hacher; couper menu, en très-petits mor-
oe:iux; briser en éclats; dépecer. — Lou michan tén a tout
ehapla, la grêle a tout haché.
La bass. lat. disait avec la même sign. Capulare. Cham-
poUion pense que ce mot est celtique, et le P. Puget qu'il
pourrait bien venir de l'hébreu Kapad, couper.
ChapladU, «.m. Abattis; débris de choses brisées ou
cassées ; chablis d'arbres par l'orage ou la cognée des bûche-
ions.
Chapliin, f . m. Menus débris ; copeaux de bois menuisé
4 b hache; épluchure des légumes ; chapelure de pain dont
la croûte est pilée ; recoupes de la pierre de taille.
Chaque, adj, des deux genres. Chaque; sert à désigner
tout individu de même espèce ; toute chose individuelle de
même nature. — Chaquo moueèl, chaque morceau ; chaque
fét, chaque fois.
Ghara, v. Gronder; faire des reproches de supérieur à
inférieur.
Enitâl. Ctar/artf signifie babiller, causer; Sauvages même
donne à Chara cette acception, que nous croyons erronée.
Cependant, quoique les deux mots aient un sens différent,
ils paraissent sortir d'une même origine.
Charade, s. f. Gronderie ; réprimande ; mercuriale ; en
style fam. un savon.
Gharaîre, airo, adj. Grondeur ;. qui n'est content de
rien, d'humeur grondeuse; qui poursuit toujours de re-
proches.
Charavari, s. m. Charivari ; concert ridicule avec accom-
pagnement de poêles, chaudrons, sonnettes et cris, souvent
avec chanson de circonstance, dont on régale les mariages
des veufs et dos veuves ; plus généralement crierie, bruit
tumultueux, querelle populaire. Cependant les charivaris
politiques ne sont pas du ressort de l'idiome.
Dér. du gr. Kapr^Çapsfa, pesanteur de tête, migraine, parce
que c'est l'effet produit par cette cacophonie, surtout sur
celle des mariés.
Charcutariè , s. f. Charcuterie, magasin, boutique de
viandes de porc.
Ce mot, ainsi que son correspondant fr., est formé de
chair et de cuite, parce qu'autrefois surtout on débitait
dans la charcutariè toute espèce de chair de porc cuite.
Charontiè, tièîro, s. et adj. Charcutier, charcutière,
qui vend de la chair de cochon crue ou cuite, fraîche ou
salée.
Charfièl, s. m. Cerfeuil, Scandiœ cerefolium, Linn.,
plante de la fam. des Ombcllifôres, potagère, indigène du
Midi, cultivée pour l'usage de la cuisine.
Dér. du lat. ChœrofoUum, qui vient de deux mots gr.,
Xafpw, je me réjouis, et 4>5jX>.ov, feuille, à cause de l'abon-
dance de ses feuilles.
Chari, s. m. Char à bœufs; charriot. Ce mot, en lang.,
est consacré aux seules voitures traînées par les bœufs ;
toute autre voiture différemment attelée ne prend point
ce nom. — Métré lou chari davan tous biôous, mettre la
charrue avant les bœufs.
Lou chari se dit pour le «harriot de David, la grande
Ourse, constellation.
Dér. du lat. Carrus, ou plutôt du celt. karr, disent les
étymologistes, d'où l'allem. karr, char, charrette.
Chariado, s f. Charge ou contenu d'un chari. On dit
uno chariado dé mounde, n'importe dans quelle voiture ils
soient transportés, et même aujourd'hui quand il s'agit de
wagons du chemin de fer : toute une charretée de monde.
Gharita, s. f. Charité, amour de Dieu et du prochain;
plus usité dans le sens de aumône. — Prémiéïro ehaîrita
coutnenço pér se, charité bien ordonnée commence par soi-
même. Demanda la charita, demander l'aumône. Fasès-mé,
douna-mé la charita âou noun dé Dieu, faites l'aumône»
donnez-moi la charité au nom de Dieu.
Dér. du lat. Carita$.
196
CHA
CHI
Charitable, blo, «<//*. Charitable ; auinùnier, (jui aime à
faire la charité, rauuiùne; qui a rainour de son prochain.
Charlatan, s. m. Charlatan ; marchand d'orviolan, ven-
deur de drogues sur les places [uiblinues; hâbleur, van-
tard. — Vcngues pa$ faire aïcï de louu cliaiialan, ne viens
pas ici nous conter des sornett«^s, des hâbleries.
Dêr. de l'ital. Ciarlare, babiller. Il est bien fort, comme
nous l'avons vu quebpie part, de le l'aire venir du celle
Cka rla la ria, ba varda g<^ .
Charlà, s. m. Courlis, courlis comunni ; grand courlis
cendré; Scolopax arcuata, Linn. Oii*\ui de l'urdrt) des
Echassiers et de la fam. des Ténuiroslres. Ce courlis, qui
peut atteindre deux. \)h^(h de lungueur, \it sÂl^ilaire dans
notre déparlement. Ckarlù s'appliipie aussi au petit curlis
ou corlieu, Scolopax pluvpus, Linn., espVe plus jM'lilf et
que nous n'avons guère que de passage.
Charnègou, s. m. Acariâtre ; diOicili^ h \\\'iv ; hargneux ;
bourru. — • Voy. Iiebrous%i('.
Sauvages prétend que c'est le nom (pie Ton donne ù unr'
CSi>éce di; chiiMis métis, engenihvs de deux. e>])èces dilli'-
rentes et rpii s^nt t'Uijours bargiieuK. D'ajU'ès cette donnée,
on pourrait supposer «pie fh'intnjnH sMMJt fnnn"' de c/j/ e|
de arnvfjotf, chien bargnouv. (> dernier m 4 à s*>n tour,
suivant OM'tains auteurs, viendrait de Ifernîcud-, \ieu\ lU'tt
([ui veut dii'e atteint de lieriii'\ ]nrc'.' «pie eeije iiiliriiiit«''
rend bypoctndriacpie. — loy. Ki nuijoit.
Charoun, s m. Chirr<»a, (pii l'abri. pie et \i'iid les ehir-
rues, charrett.;'s et vi.itiires. et t'Hit e^ (pii li-s euiie.Mnv
Dér. du lai. fur ras. ciiar.
Charpa, r. (iroinler; L'r"gii"r: t".;ire d-K r^pr.'ch.^s; (jne-
reller; crier après rpiejiju'iui ; s-^ iVi'ln'r,
Ce iiii»l et C'Iui d' Cfmra, (\n\ muI b ,nie ,iip (raii:i|'i,i.'i'',
5<'»nt indill'eremiiM'nt emp|:)\rs dans notre diih'etv Au-des-
sous et à l'orient d'Aliis, (ui ibl de pri-iVr.'nee f'h'irjxi : ;'i
Alais et au-dessus (.najnii' jni- ii\ (lunn. Cepiilmt il p"Ut
y avnjr ipielque ditV'ii'n.'e il;:is l'aee '[ili «-i ; ('],'n\; siLMiille
[)lus propriMM'Mit groiid-'r ou 'l'[u'uii. el TA //•//-/. ,i;i-o;_'n(>r, se
plaindre de tout, n"èlre content d' l'ien.
Dér. fin lat. Curp', cnrpi>r. èlre tournii'iité, anb;jé.
Charpado, .^. f. -- TVr/. ciKuain, m. ^\'ji\.
Charpaïre, aïro, a ij. — ynif, ch.n-nnr.
Charpigna (se), v. fi^q. Se eh -relier wn-^^ : si^ pie-it^r;
fi«? quereller. — Voy. Cap'ujna.
Charpinoùs, ouso, nJj. [{ibiuiM-i. S-- dit d'mi arl>re
plein de eliic^ts, héiissé de pninls et d'ei'iMts.
Dér. de fharpia.
Gharpis, s. m. Charpie, nhuient de linire u>''' pour uiefire
sur les plaies; menus scions morts d'un arbre ([u'un é|agui\
Charqua, r. Inqui''t"r; niolest-'r: i'ii[nrluner ; cberelier
noise. — A(juél a faire me charqnn, celte alViir-"' me tour-
mente.
Dér. du lat. Calcare, fouler aux pieds, éperoinier.
Charquaïre, aïro,af(/. Iirq^ortun ; qu'UvlIiMU'; bruuillon,
qui tourmente sans répit.
Charuro, s. f. Charrue.
Ce mot, (pie le lang. a emprunté au fr. en lui faisant
subir la petite inversion qui est dans ses habitudes, n'était
pas connu autrefois où Tonne labourait guère qu'à l'araire.
La grande culture s'étant davantage impatronisée dans le
pays, il a fallu distinguer par un techni(iuo les diverses
es[)éces d'uutils aratoires.
Chasso, s. f. Mécht} d'un fom-t, ficelle déliée placée au
bout du fouet pour le faire claquer; grand coup de fouet
bien appliciué.
Chatisiè, isièîro, adj. Qui aime à faire des niches, à
jouer un mauvais tour.
Chatiso, s. /*. Niche grossière ou indécente; mauvais
tour, mauvaise i»laisanlerie.
Ce mttt est-il une corruption du fr. sottis<3, ou bien
vient-il d'un vieu>c mot lang. Chatoù, fripon?
Chi, f. m. Dim. Chiné; péj. Chinas. Chien, Canis fami-
liaris, Linn., mammit'èn* onguiculé de la fam. des Carni-
\ores. Au fig. avare, j)ince-maille. — Vn chi régarjo bén
un avt'sqnc, aniai li /ii-o jias toit capùl, un chien regarde
un é\éque sans le sduer, ré[>*ind-on à quelqu'un qui se
fâche de ce (pi'im le Hxe. Mountc Ion chi japn, y a quicon
(le traces, prvb. qui répond à celui-ci : il n'y a pas de
fumée sans feu. (7// canar, cliieii barbet, caniche. Chi bré-
ijoùs a l'i\ mrcio arnienonstf, ]u'vi)., chien hargneux a
r<jr.'ille d'chir 'e. Qu t(ni auni Marti, ainio sonn chi, prvb.,
(pii nraiiiie aini'^ m tn ciii-n. D-hm U-a (pic Ion chi jn'sso^ la
libre f/f, i)rvb., du t'iiips (pie It; chien jùsse, le lièvre s'en-
fuit: C'^st-à-dire : il u' faut pas lais^'^r perdre l'occasion
(juand ô\i la tient, l.s tro ch> j^r a'/uô, il est tn^p avare
[) au' cela.
Chi est aussi le nom d'un.^ brouette sans roue, dont on
se st rva.t autrel'Vis pour s «rlir le charbon de la galerie
dans nos li -nillères, et eneore d-^ la pi'ce de fer adaptée à
la pi itine d'um.' araie a feu, unie par un ressort, autrefois
[--riant li [larie, auj air.Hiui en lorm.' do marteau creux
[tour éens r la ea[t>ul''; en fr. cliieii.
Dér. du L^r. K -><■//, K.»vô;, m. sign.
Chibàouqua, v. C!ie\auelier; aller j"! che\al; jxir méta-
pb •r'\ îIn' dit il"d'Mi\ o'.iji'is qui de\ raient être assemblée
et d uit l'un di''i)av^ < ou surai inli' l'autre.
Dér. du iit. Ctih.iUns, cheval.
Chicana, r. Tricher au jeu; chicaner; ergoter; poin-
till-r; eb''i'çli 'r un [iroe's de chicane; cherch«n* noise.
On lait Venir ce m «l du gr. l'./.a/o:, Sicilien, fourbe, fri-
pon, ou de l'./.-/o:, dilTicile à vivre, moroS'\
Chicanaïre, aïro,f///. 'rrich.Mir; clncaneur ; chicanier;
(jui eh'M't-hi' chic me. qui fiit de niiuvaise.s (juerelles.
Chicanéto, a}j. des d-ux. geniv-s. Chicanier, tricheur;
technique' du tricheur au jeu.
Chicano, s. f- Tricherie; chicane; procédure artifi-
cieuse; subtilité ca[>tieuse; cantestation mal fondée.
ChichoumèïO, >•. /*. — Voj/. Châouchimèio,
Chicouta, v. Entailler une pièce de bois pour mieux
CHI
CHI
197
faire piendre Tendait de plâtre on de mortier; la rendre
raboteuse en hachant la surface. An fig. persécuter ; impor-
tuner; vétiller; contrarier; impatienter.
Ghicoutûre, airo, adj. Importun; tatillon ; inquiétant ;
fui prend plaisir à vous dire des choses fâcheuses.
CShiira, v. Ghiffirer; calculer par le moyen des chiffres,
la plume ou le crayon à la main.
Chiiro, j. /*. Chiffre, caractère représentant les nombres;
calcul ; arithmétique. — Counou% bien la chifro, il est bon
calculateur; il connait son arithmétique. Aprén la chifro,
il étudie l'arithmétique. Un quatre dé chifro, un quatre de
chiffre.
Dér. de Thébreu Siphr, compter. En arabe Saphar, écri-
ture: livre; en ital. Ci fera, chiffre.
Gbifrur, urdo, adj. ChifDreur; calculateur; arithméli-
den, même mathématicien.
Chignèîro, «. f. Chenil, lieu où l'on renferme les chiens
de chasse; loge à chien. Par ext. mauvais gite ; taudis ; lit
mal étofifô et en désordre ; lit de chien.
Formé de Chi, chien, et du suffixe collectif ièïro,
Chignoan, s. m. Chignon, derrière du cou ; cheveux
relevés en nattes par derrière et se montrant en dessous de
U cornette. *Par ext. les cheveux et même le crâne.
Dér. du fr. Chaine.
Chima, v. Boire à petits coups, lentement, avec sensua-
lité; siroter en gourmet.
Dér. du gr. Xu|x6;, suc, ou Kujjia, flot, Uquide.
Chimara, v. Barbouiller du papier, charbonner une
muraille ; chamarrer ; griffonner en écrivant.
Caûmaraduro, <. /*. Barbouillage; griffonnage; trait
vague de plume ou de charbon sur une surface blanche.
Ghimaraire, airo, adj. Barbouilleur; griffonneur de
papier.
Chimarage, s. m. Griffonnage, écriture ou signature
mal formée et salement conduite.
Chinarédo, s. f. Meute ; troupe de chiens, telle que celle
qui suit une femelle en humeur. Au fîg. bande de gens
mal famés, dévergondés.
Dér. de Chi, chien, avec le suffixe collectif édo.
Ghinchoarlo, s. f. Ortolan, Emberiza hortulanus, Linn.,
oiseau de Tordre des Passereaux et de la fam. des Coni-
rostres, au plumage jaune et brun, dont la chair est très-
déUcate.
On nomme encore ainsi le Verdier ou Bruant, Bruant
commun, jaune, Emberiza eitrinella, Linn., oiseau de la
mèoie famille que Tortolan. Le mâle a la tête, les joues et
la gorge d'un jaune fort éclatant, et la partie supérieure
du cou olivâtre.
ChÂnfoimîo, s. f. Bruit fatigant et répété ; importunité
incessante; conduite et démarches déplaisantes.
Corr. du fr. symphonie, dont on prend le sens en
antiphrase.
Oiin-nanano. Onomatopée intraduisible. Les gamins
ont trouvé cette onomatopée pour rendre le son des cym-
bales et de la grosse caisse, que Ton frappait jadis à tour
de bras d'un côté, pendant que de l'autre, en caressant
avec un petit balai, ce qu'en terme de métier on appelle le
timbre, on formait une espèce d'écho au bruit principal.
Ils cherchèrent donc à imiter de la voix la combinaison de
CJS divers sons, et ils dirent : Boum ! boum/ Chin-nanano/
Un mot était créé. Pour les enfants qui aiment le tapage,
le ehin-nanano, qui l'exprime surtout, représente et
dénomme toujours toute musique militaire.
Ghino, s. f. Chienne, femelle du chien. Au flg. avari-
cieuse. — Voy. Chi.
Ghioa-chioul Onomatopée du cri de certains oiseaux
piailleurs ; pipi de ces oiseaux et des jeunes poussins.
Chiponta, v. Chipoter; vétiller; lanterner; marchander;
chicaner sur une vétille; gâcher un ouvrage, le gâter.
Dér. de Chi, chiqué, peu, avec l'action verbale, ou du
verbe lat. Posium,
Ghipoutaîre, airo, adj. Chipotier; qui vétille; qui
marchande trop.
Chipoutoùs, 0080, adj. Chipotier; vétilleur d'habitude ;
barguigneur; processif; chicanier.
Chiqua, v. Chiquer; mâcher du tabac. Par ext. manger
et boire.
Chiqué, s. m., ou Souqué. Morceau de viande qu'on
donne â la boucherie de surplus au poids livré; en fr.
réjouissance; tout supplément à un marché fait; petit coup
de vin. — A soissanio ans amaï lou chiqué, il a la soixan-
taine et quelque chose par-dessus, et le pouce.
Dér. de Tesp. Chieo, chica, petit, petite. On soutient
que le gaulois aurait pu fournir Tétym. : il avait Chic pour
dire petit morceau, parcelle, finesse, subtiUté, chicane,
qui pourrait bien venir aussi de là. — Yoy. Souqué.
Chique, s. f. Chique, pelotte de tabac qu'on mâche ;
soie de qualité inférieure, faite avec le rebut de cocons tels
que les fondus et les peaux. — Voy. Foundu et Pèl.
Chiquo (Faire) phr. faite. Sorte d'onomatopée du bruit
que fait le chien d'un fusil en s'abattant à vide, c'est-à-
dire sans que l'amorce prenne feu ; faire fausse queue au
billard. — Moun fusil a fa chiquo, mon fusil a raté. Cette
expression s'emploie même au fig. pour signifier Tavorte-
ment d'une entreprise dont on attendait beaucoup et an-
noncée pompeusement d'avance.
Chivaïè, s. m. Chevalier.
Avant 1789, dans les familles nobles, quelle que fut la
qualité du chef, on donnait ce titre au puiné de la maison,
et cela dès son enfance. Aussi les nourrices et les bonnes,
suivant Tusage invariable des dim., les appelaient Chitmièiré.
Aujourd'hui personne ne s'intitule plus chevalier; les
puînés prennent le titre im nédiatcment inférieur à celui de
l'ainé et on épuise la série jusqu'au dernier. C'est plus
commode, et si innocent d'ailleurs, que personne ne songe
à s'en fâcher, pas même une loi récente dont les suscepti-
bilités ne prêtent plus qu'à rire et tombent en désuétude I
Voyez plutôt les lettres de faire-part, cartes de visite et pan-
198
CHO
CHO
iiojicMUX ariii"rii}>. Ouaiii an liln- Ci' Cii'uu , {.ar !• j'a.l
on (lisliiiL'iinil aussi les anfi-.'iis militaires, il riait (l'-'inié an\
<'li'na!i''i-> lie Saiiil-Iyiiiis t'I i)n''-.'"Iail >in.])!'Mii' lit 11' ii -ii.
dr* l"ai/,ill<'; mai^ cet ordr," -lu in ilt* ::.i!it..ire ;.'-l ;).e>,|ue
<''t''iiit ai:j iiir.riiiii, it oi-'iii ijui l- i-.;..,[il !i' •, ( ;i >'-t n ! ni
nii <;i\il. aviv la |)r'»riisi .u (|!ii!ii lui ^ 11:1 iil. > il a :; i;i-
tC'Illl il IIS l'iili );ii^ le |j.,.l (■/, i-,u , ■ [ u. ;'•;;.!> > U ili u. T'. ''-
va'v.nc, 11" l'a iMl, li ■! -s I <i;i\i!i jii'.jii li^' • il' ^ »ii ..''■•yti 11
aïK-i'-iiii'' ; c;i' !■■ i.'Ujil.j I.' i''.\\ s ii\ mI ^\ii 'iiy.i' J'ii.hi-
gaul.
Chival, .V. m. I)i:i]. Ch.'rti'tj; p"j'4\ Chirahis. Ci 'Vil,
r.(jii'f^ vihni'iis, Liii;i., ;k.i.,, i.i, T ' .1' la Tuu. *! - S '1-
Ji "il •-'. aai.i,.;! il .ai' >t;i|a''. — i ! r " (.■.(/>/';.%.', ' .... ;
iiTlil :1 ('( L'i' >^i<'i', ' il -i.ji^ 1 -.i,'. il i (•/./*".;/, ;..l 1:_. 11'.;. :. '
Liar, 1 t li-î ', I .11 .1 i ii\ . < . ra,' ,' // M( ,, fy'_ .'• •, ,1 ,1 i ■ . 1
(lo ti\uii|> IL : i),'i\^ mi: " i|ui n* >;. i.it [ > !'• ! i ;:(, 'j ' ' ' -^
îli M). •■ •> Il ; liiai'iil [ .s. I/'u (/(.'(/'', à t'li/\.l, à ca'.li '.ii"-
(.•lit'ii. M-)ii)if.',' ./■(/ c'icVi/ .v.< /// l\iisti >, (Mjai.il ' r a «;.j-
f('Ui\:.'i a rMJ.^iui lî uiu rairuv.
Dii!^ nu Iiiu '5 .li;l"cl.>. d' liii.il S'' ^ ii\''i;it (M! ,1^1, a
dit chicii'K.
i'iri!:>, di:,i c fji 11 ' Cli.'r/'c, iiidi.ju.- la ji.'i'.lie^s,' d^
raui.ii d, >.; i' 'Ul'' t >ill''. i.i ,i.^ .1 m c uii > m> ;, r.,:-- ii\-;; ; ,t
priii-r-iav-; <:"■ .>l iiU" 1k im ' [.'diL IM' !i .1 i. al a, i; i'il
il(.''ï.i^iie.
D'V. du la.t. C<d)<i'Ius.
Chivalé, .s. m. Daasa du (.■li':'\,i! i ^idu pli! 0'.: s. 1, 'M
usii''- dans los ;• 'j aii>>uia'_'> [luMiiju ^> du Midi, l'u danseur
esl ruiMuic d'ua tcrcau ^ur '(.'([a"! il »;.;•' un-' >■{{<' d" ,
lar.'c juj»':- en dn^^ ([iii li-iae uu" Ip il>n' dr' rlr^^ol; ..a
dc'saat l>I a!u:l''.' rai-' tri- d^ oîi '\ d tai cul .1, d. .il la
Lrid-' cnI ti.'iiu-j pli' la ca\vdi.M' : par diari'i".' i^l \\\' r uaa
vûril^dila «lU'Mi' dia clignai. Aii.^i r.jui^'.', il o'vaal ■ uar-
surl-a de danse d" eirai,làrc aj)pr'itîiâe à la cire-'iislanoe et
qui iaiit'.' !.'> ^.i,aî>.i .1 s d'ua cli'^al. \\ \{^ u^^' Ta-l 1 iiLU*
paii'è.;lj,iiil d aill 'Ui'S (ju'iai ii" ^',^[)^\.; à\.^ Ir.^p (piil ae
ui.aJi'- <pie sur lI.'U\ j.aiili:^ : rillu^i"ii e.>t paaiila. liait
danseurs ou dans 'us^>^. eu eostuaie ai'V.'a-.'ije, di^l!a^u.■s
par d s i" ud'-ui? dilT'ri'ule> par C'iUiil'S, e\éeuteul aut-uir 1
du c-'Jil. une dia>eur d-'s r<»adfs i-i di\> [>ass>\s \.i:i'VN ri
eulrelaeées, taudis qu'un neu\ièuu' danseur, l'i reculuns '
de\anl la tète d'> raniinal, lui pr''seiit'^ d. s dra-:ées puur
avi.'ine dans un laadK»ur de basque.
C'Ite danse, à [leu [)r"^s irUiunale d nis le Midi, rappelle
celle dev, jeux: de la Fète-Dii u, à Ai\, en Pruvenee, connue
Suus le iMiii di' (liivciou-frus, chevaux frin;^anls. Ell.^ est
passée de. mode de nos jours; sa d»:'rnière repré>entation a
eu lieu, à Alais, en riionneur de la naissance du roi do
Uoine. La trailitiun n'a conservé de tout cela que le sou-
venir et le nom.
Cho, *. m. Péjor. Choufaras. Hibou, bibcu commun,
hibou moyeii-duc, Sfrix otus, Tennn. Ce nom est aussi
celui du ik»tit-duc, Strix scops, Tennn. — Voy, Machoto,
Duganèl, Tuqué,
Le Cho, lali ai mo_\en-duc. <'St un oiseau de proie noc-
turne, vivant de rats et de souris; il a 35 cent, de lon-
-aeur, I'au\(^ .ai jaunâtre, avec des taches allongées brunes
et ,uri> .ti-s, ],>'>: n lir, iris des yeux jamio. Les hiboux
priait l'"a\ plits 1» niquets de plume sur leur front,
qa lU pan.at r.(lr.:s<.'r à \<tlnnté, caractère qui n'existe
[ ■ "l-a: la el I 1; l'e |,.,,| i-,>nient dite; ce sont ces ai<:rettes,
"-■iidild'l s \ ,îr jr'iitrs crii-'s, (pli out fait donner au Cko
!■' saïai' lii di»' /'.:.//.v.
('.''>. '■' 'I > -^ [aail .! lj'-eli\einent poursnt, liorné, idiot.
ipai a- >ait ri 11 dire. TAo luniu est le superlatif des
d^i.. a'> [•v y' ' l'iils.
C ,,1 >! r.ia 'ai..' t--' du cri de cet animal, qui est
1 L ,\ .•/■:, 1,1 ', (1 i>t • r[ lu^MllilV.
Ch::u, ■''■']■ <'!i pi"- a adr-'sse au\ cochons pour lei
! 1. 1^ il ' 1 .a- l-,'.j\ en |e répétant : Chou! chou!
1 1
C'/'.i'f
i , u
lai : ' i ^-i ' "
l'.'t w'i, ()■"•,', Nijailie porc.
Chcuchi, V //' N ':'.! d\t;.iili-' que les inrdeuses de porcs
d. an'al ,'i 1 ;ir< .! ms -q dt-at ' ll-'s les ap[iellent dans les
olriajp-> : /J, cKouc.'ie '
C. ' la .t e>l le dua. du piVv('dent.
Chjuès, ■>. 1)1. (\\ À\\ l'pti.'n: pr-'iV-rence. Il n'est guère
'. .M^I -s qaa r a:..>i a ! s }iiu\ à leraie «pii donnent à
cîii.ciiii^ d s daix paMi^s la f.aailté de nuapre ou de con-
^ i\.T h ' ;! au 1 ul d'^ d'U\, Iras u\\ six années. — A
'" is .,})> ./- f" ■'■■'■>. il p^'ut ré.silitM' au bout de deux
ans.
l)/r. du lu. CcUi'jtrc.
Chouqua, r. L a^sn* t'»ad»er la tête sur la poitrine,
(ja^aid h soaaa^il ce-niiaeiice à ca.'ner dans une longue
\elll e. — r<>^;. (Itniira.
Chouqué, 5. ;;i ILquet, Mj'»uveiaont convulsif du dia-
}>liragme.
L' > J '»a;-ai;-< fraae a's et le Dictionnaire de Trévoux,
iMi II' la. iV'iiî il'a-i\(a' ln^quet du llamand Ilick, malgré son
p. a; lie rapp a"! tle eais 'unance. L'an^dais (.7/oAt//, sufîo-
cat". n, .aa-.al c«tI'\s uae niial<>i:ie bien jilus remarquable
a\''c le IV. <l le laag. à la fois; mais comment le français
iraiî-il rev-uainitre (tu la jvittM'iiité, ou seulement la confra-
ttuaiité de s m frère d'Outre-Loin'? l^iurquoi ici ne s'en
s r.at-il i.i^ ias]iré, ou ne [tas avouer au moins qu'il a
trouvé O'Mte onoaialnp.'-t' en même temps que lui?
Choura, v. (diôiaer; rester dans le silence et l'engour-
disseai.'al, C'eam,' les brebis qui chôment ^Voy. C/tâournaJ,
ou les l;i//aroais qui s*^ couchent au soleil, dans le far-
}ii(iHt\ \\\ liL'. faire rimliècile, le niais. Il se prend aussi
pour souaaeiller, ètia' eng^nu'di, rêver creux. Toutes ces
acceptions se ressemblent; cachent-elles au fond une ori-
gine commune avec Cfidoiww, qui a le môme sens, et
C/ioufjua, (jui a d-^ i>lus le mouvement involontaire?
Chourla, v. \Wuy à longs traits, en aspirant; se gorger
de bt^isson; lamper. — Chourla ioxtn flasquou, boire sa
bouteille de vin.
CIC
CIG
199
Chonrlado, s. f. Larges et nombreuses lampées.
Chourlé, s. m. Nom propre devenn générique pour les
chiens roquets, qui sont les chiens du prolétaire, le suivent
au travail et gardent sa veste et son bissac ; on les appelle
aussi Gardo-biauo.
Qumron, i. m. Péjor. Chouras. Diablotin d'un moulin
à huile; ouvrier employé aux plus bas et plus pénibles
offices; valet de pressureur de vendanges ; tisonneur de
fourneau de chaudière des filatures. Au fîg. idiot, hébété,
crétin.
Dér. de Choura.
CShonso, s. m. Un tel. Moussu Chouso, Monsieur... chose.
Terme dont on se sert pour désigner une personne dont on
ne se rappelle pas le nom, ou que l'on ne veut pas nom-
mer devant des tierces personnes. Quelquefois c'est une
formule proverbiale : Coumo dis moussu ehouso, comme dit
cet antre.
Chouso est une corr. du fr. chose, ou plutôt une trans-
figuration goguenarde : c'est assez l'usage languedocien
vis-à-vis de son heureux rival.
Chnl interj. Chut! Silence! Doucement! Expression
souvent explétive pour : Attendez donc ! nous allons
voir, etc.
Chn-Chn, 5. m. et f. Silence ; discrétion ; secret. — A la
ehu-chu, à la muette, à la sourdine. Gardou lou chu-chu,
ils restent muets, discrets.
Gibiè, s. Ht. Civet, étuvée de lièvre ou de lapin, coupés
par morceaux et cuits avec du bouillon, un bouquet d'her-
bes et un assaisonnement de vin, de farine, d'oignons, de
quelques feuilles de laurier et un filet de vinaigre ; et servez
chaud.
Dér. du lat. C^^m, ou eébo, oignon, parce que ce légume
est le principal assaisonnement de ce ragoût.
Gibièiro, s. f. Civière, sorte de brancard sur lequel deux
hommes portent à bras divers fardeaux.
Dér. du lat. Canovoturium ; cumitm, fumier, et vehere,
transporter.
Giblo, 5. f. Cible; point de mire pour le tir au fusil ou
ao canon. C'est aujourd'hui une planche fixée sur mi
poteau, où l'on trace un cercle avec un point noir ou blanc
au centre. Dans le principe ce devait être un tertre.
Dér. du lat. Cippus, cippe.
Glcovréio, s. f. Chicorée, Ciehorium intybus, Linn.,
plante sauvage de la fam. des Composées Chicoracées, com-
mune le long des chemins et dans les champs incultes. La
chicorée des jardins se nomme Endivio fVoy. c. m.).
CteourHo à la hroipio, espèce de chicorée qui croit dans les
terrains sablonneux, dans le sable même. Comme le soleil
pénétre facilement ce terrain, il fait germer plus vite cette
plante, qui végète quelque temps sous terre, où elle reste
Uanche et fort tendre. On ne la reconnaît qu'à la tige
ligneue et desséchée qu'elle à monté l'année précédente ;
OQ tire cette bûchette ou broquo, et elle entraine avec elle
la jeune pousse, qui est fort bonne en salade. Une fois
poussée hors de terre, cette chicorée devient verte, dure,
am^re et laiteuse; elle n'est plus bonne à manger.
Dér. du gr. Kiyt&pT), m. sign.
Ciel, s. m. Ciel, la partie supérieure du monde; firma-
ment; paradis, demeure de Dieu, des anges et des bien-
heureux.
Dér. du lat. Cœlum, m. sign.
Gièrje, s. m. Cierge, chandelle do cire à l'usage des
églises; bougie.
Cièrje-pascâott, cierge pascal, cierge que l'on bénit et
que l'on allume le jour de Pâques.
Dér. du lat. Cereus, m. sign.
Gigalado, s. f. Accès de folie ; acte d'étourderie ; coup
de tête; redoublement de fièvre; élancement d'une dou-
leur.
Dér. de Cigalo.
Cigale, éto, adj. Léger, étourdi, évaporé ; jeune homme
fringant et sémillant.
Cigale est le sobriquet donné aux habitants de Saint-
Hyppolite-le-Fort (Gard).
Gigaléja, t;. fréq. Aller à l'étourdie; faire le fringant;
causer ou éprouver des élancements douloureux, comme il
arrive dans les panaris ou les maux d'aventure. — Moun
dé mé cigaléjo, j'éprouve des élancements au doigt.
Cigalo, s. f. Cigale, Cicada, Linn., genre d'insecte de
l'ordre des Héminoptères et de la fam. des Collirostres. Le
frottement d'une membrane sonore que la cigale mâle porte
de chaque côté de l'abdomen, près du corselet, produit le
bruit qu'elle fait entendre et qu'on appelle chant.
Cigalo signifie encore caprice ; étourderie ; légèreté.
— Tèsto dé cigalo, tête légère, éventée; étourdi. A dé
cigalos din la tèsto, il a des rats, des caprices. Pér faire
passa las tignos, fôou lus faire canta uno cigalo dessus,
prvb., pour guérir les engelures, il faut leur faire chanter
une cigale dessus, c'est-à-dire que le retour de la chaleur
est le meilleur remède. Quan la cigalo canto en sétémbre,
noun croumpes bla pér revendre, prvb. , si tu entends chanter
la cigale en septembre , n'achète pas du blé pour le reven-
dre : la spéculation serait mauvaise ; les blés ne seront pas
chers.
Dér. du lat. Cicada, m. sign.
Cigalo, s. f. Cigare, petit rouleau de tabac propre à
fumer.
Le mot est d'importation nouvelle et vient de l'esp. Noël,
Dict. des orig., rapporte que ce sont les sauvages qui ont
appris à fumer les cigares, mais ils aspirent la fumée par
le nez et la font sortir par la bouche. — En Europe, on
fait l'inverse, au moins avec la cigarette. Et nous nous
vantons d'être en progrès et de tout perfectionner !
Gigâon, i. m. Cigale qui ne chante pas, c'estrà-dire
cigale femelle d'après la science, mais d'après les notions
populaires le cigâou est la cigale mâle. Sauvages affirme
que c'est la femelle qui est privée des organes du chant,
c'est-à^ire des deux écailles vibrantes que la cigale a sous
900
QN
CIN
le ventre. Le mot n*en re^te pas moins masculin et désigne
la cigale dénnée de cette faculté.
Cigâou, étourdi comme une cigale; m6mes acceptions que
eigalé.
Gigogno, «. f. Cigogne, Ardea eieonia, Linn., de l'ordre
des Echassiers et de la fam. des Cultirostres, oiseau de
passage qui perche sur les cbeminées et est une garantie
de prospérité dans les idées populaires de la Hollande et de
la Belgique. Au Og. femme haut-montée, au cou et aux
membres trop longs ; dégingandée.
Dér. du lat. Ciconia, m. sign.
Gigongna, v. Remuer ses membres ; ne pouvoir rester
en place, comme lorsqu'on éprouve des inquiétudes aux
jambes ; branler comme un meuble déjointé par la sèche-
resse; secouer dans tous les sens, tirailler, étirer. Au fig.
inquiéter, importuner.
Cigoagnado, i. f. Ébranlement; secousse ; redoublement
d'un mal.
Gigongnaire, aîro, adj. Remuant; qui ne peut rester
ni rien laisser en place; mauvais coucheur; importun;
ennuyeux; inquiet el inquiétant.
Cigongné)a, v. fréq, de cigougna, exprimant à un
degré supérieur et avec redoublement les acceptions de
Cigougna, au pr. et au fig.
Gimbèl, s. m. Appeau des oiseleurs; chanterelle; oiseau
que Ton attache à un filet d'oiseleur pour appeler par son
chant ou ses cris les autres oiseaux. — Prénes moun bras
fér tin eimhèlf prends-tu mon bras pour une enseigne?
Dér. du lat. Cymballum, sonnette, clochette, parce que
le CimhH appelle comme une sonnette.
Gimbéla,v. Se servir de l'appeau, Ctm6è/,le placer pour
la chasse aux oiseaux et le faire manœuvrer. Au fig. appeler,
attirer par signes, par une démonstration qui flatte, qui
séduit, comme pour les oiseaux que le chant du CimhH ou
le sifflet amènent au piège de l'oiseleur.
Glmèrlo, «. f. Extrême cime d'un arbre ; d'une mon-
tagne.
Dér. de Admérla,
CSimo, $1 f. Dim. Ciméto, Cime; haut; extrémité supé-
rieure d'un corps terminé en pointe; sommet aigu. — A la
fnto eimo, au plus haut sommet.
Dér. du lat. Cyma, pointe des herbes.
Gincérisi, s. m., ou Trido. Proyer, bruant proyer,
BinhBrixa miNaria, Linn. Cet oiseau tire son double nom
lang. de son chant, qu'on a essayé de traduira par etn-eë-
ri-xi, ou bien trHri^tri'trH, car, comme dit Sauvages, on
éictix différemment le cri des oiseaux et le son des cloches,
selon qu'on est affecté et que Timagination s'y prête. Le
proyer a les parties supérieures brun cendré, queue noi-
rltttB, milieu du ventre d'un blanc jaunâtre, gorge blan-
châtre marquée de petites taches noirâtres. H eat très-com-
mun dans nos contrées où il vit sédentaire. Il est difficile
de 1*élever en cage ; il ^ brise la tète contre les barreaux,
Gfu é'a vit* il éBt bien rttte de Fetftendre chanter. fTeH-ee
point cette tristesse et ce dépérissement que l'on remarque
chez le proyer captif qui ont donné naissance à cette locft-
tion familière faiirê la trido, que l'on applique à qndqa'iin
qui se traîne, malingre, sons le poids de la maladief -*
Voy. Trido.
Cindra, v. Cintrer; poser les cintres d'uoa voàle;
courber en cintre.
Dér. du lat. Cinctu», cinetura, de eingtrê.
(Undre, ». m. Cintre ; arc de charpente pour établir lei
voûtes en construction; arc de cercle; courbure en arc.
Dér. du lat. Cinetura, ceinture.
Cinq, s. m., n. de nombre. Cinq, nombre impair, eon-
posé de deux et trois, ou de quatre et un.
Dé cinq en quatre. Quelle est cette singulière alliance
de nombre qui se trouve k la fois dans le lang. et dans le
fr. f D'où vient cette locution ? D'après Geoin, le maître en
recherches et en trouvailles philologiques, il faut dire en
fr. : de cent ans quatre, ou mieux : de cent tems (temps)
quatre ; cette expression de temps étant prise pour fois,
ainsi que le faisaient nos pères et que font toujours les
Anglais, chez qui le mot iimê$ signifie temps et fois. Cette
version adoptée, je préférerais la dernière forme. Pourquoi
ans pour dividende plutôt que siècles, que jours? L'expreSi»
sion indéterminée de fois me semble plus à propos. Ce
dicton , ainsi formulé, s'applique à une chose qui se (ait
rarement, mot à mot quatre fois sur c^t.
Cette interprétation est elle la bonne? Il semblerait <fae
cela ne doive pas nous regarder; mais le lang. ètaOl un
peu intéressé dans la question, 0 faut bien qu'il essaye
d'intervenir.
Le dicton de cinq en quatre existe donc en fr., eeb
n'est pas douteux. Génin lui-même le constate en le dtant
une fois ainsi. H est vrai qu'après cda il ne s'en occupe
plus ; d'où l'on doit conclure qu'il le conûdère comme inn-
site, relégué peut-être dans quelque localité, mais en tout
cas comme une corruption à dédaigner de la forme cpilSL a
adoptée. Une corruption, en effet, n'est pas impoasifaie ici
par suite de la consonnanoe, de la pnmonciatioQ aasea rap-
prochée des deux textes, qui aurait caiwé facilement un»
confusion, une méprise. Mais s'il y a eu corr^>tlon, B'a4-elia
pas été faite en sens inverse de celui que propose Géoîn,
c'est-à-dire n'est-ce pas au contraire la version qu'U admet
qui serait corrompue de celle qu'il condamae? Aax lerâ-
cographes français à rechercher et â débattre œ point.
Le languedocien dit eaivément : Dé cinq en giustra, «I
ici point de confusion, point de méprise possible ; waSk
consonnance dans la prononciation de ces mots sybo is
texte Génin, s'il était traduit. D'ailleurs il ne Test pas, ne
Ta jamais été; cette forme nous est entièrement incoanva;
notre dicton est seul, unique, sans la moinife variam». Bk
nous l'avons invenné, le français, ayant la même idAe à
rendre, a pu l'inventer de son côté; il a pa aussi noas la
prendre. Dans les deux cas, il a existé. Il a été ttspuAê.
chez lui plus sans doute qu'onne veut 4e carr^ve. Si nooi
CIR
crr
301
ravoos empniQté & nos vmsins, nous Tavons pns sur un
pttion ooona, à la mode. Nons raorions de même taillé
nir on antre si nous ravions trouvé meilleur, si nous
l*avioiis trouvé Beulement, quitte à en avoir deux; mais
nous n'en avons qu*nn. — H reste à savoir si la version de
Génin est réellement usitée, je l'ignore, et il se pourrait
que ce ne fàt qu'une correction qu'il a essayée. Pour nous
il n'y a qu'à s'en tenir à notre dé cinq en quatre, qui est
le vnû texte ancien, sans altération ni compromission.
Sons compter la difficulté qu'on trouverait & changer de
vieilles habitudes, il y aurait, à mon avis, un désavan-
tage à accepter la correction. Sous la forme qui nous appar-
tient, je crois sentir quelque autre chose qui n'est pas dans
la nouvelle. Nous voulons sans doute, avec dé cinq in
quatre, dire aussi que le fait dont il est question a lieu
rarement, mais de plus qu'il a lieu irrégulièrement, à inter-
valles inégaux. Telle est la vraie signification pour nous
de ce bizarre idiotisme. Or, ce rapprochement des deux
nombres cinq et quatre, dont l'un n'est pas divisible par
l'autre, dont le second n'est pas contenu d'une manière
exacte dans le premier, ne semble-t-il pas faire entendre
cette irrégularité ? Maintenant que cette division soit plus
difficile à faire que l'autre, que la construction de la
phrase s'accommode très-mal aux exigences de la syntaxe,
je le veux bien ; ce n'est pas une raison pour déposséder,
en perdant plus qu'on ne gagnerait, un dicton qui, de
longue date, s'est toujours très-bien fait comprendre de
nous et de bien d'autres, j'imagine.
Dér. du lat. Quinque, cinq.
Ciwfpiantn, n. de nombre. Cinquante, dix fois cinq.
Dér. du lat. Quinquaginta, m. sign.
Ciniinanténo, «. f. Cinquantaine, nombre de cinquante
personnes ou choses ; cinquante ans.
Cinqnanténéja, v. fréq. Approcher de la cinquantaine ;
avoir près de cinquante ans.
Cinquantième, adj. des deux genres, nombre ordinal,
$. m. Cinquantième, 50"» partie, 4/50.
(Snsa, s. m. Punaise domestique. — Voy. Pénnaïso.
Dér. du lat. Cimea, m. sign.
Gipriè, i. m. Cyprès, Cuprêssus, Linn., arbre de la
fam. des Conifères, toujours vert, droit, élevé en pointe.
Il est l'emblème de la mort et de la tristesse. Son bois est
regardé comme incorruptible.
Cira, V, Cirer ; enduire de cire ; appliquer le cirage ;
cirer les bottes, le pavé, un fil. — Ciro, le vent soulève la
neige en poussière. Sur les hautes montagnes, le vent en
soulève une si grande quantité que l'air en est obscurci,
que bêtes et gens en sont aveuglés. Des masses de neige
ainsi transportées comblent les fondrières, efiacent la trace
des routes et exposent la vie des voyageurs. A-t-on voulu
comparer cette action du vent, qui aplanit les plus hautes
crêtes sous une couche unie de neige miroitante, à unesur-
fioe, à un pavé ciré, brillant de cire?
Giraje, s. m. Cirage pour les bottes et les souliers.
CSiro, s. f. Cire, matière jaune, grasse et ductile, pro-
duite par les abeilles; chassie des yeux; poussière de
neige soulevée par le vent.
Dér. du lat. Cera, m. sign.
Cirons, onso, adj. Chassieux; qui a les yeux chassieux.
— Yay. Carpéloiu,
Cimsièn, s, m. Chirurgien.
Le lat. Ckirurgus a bien évidemment formé le lang. et
le fr. Les deux mots sont-ils contemporains et jumeaux?
On sait que ces questions de priorité, de conception et
d'ainesse ont longtemps embarrassé les docteurs in utroquê.
Ciaampo, s. f. Bise froide ; froid vif et rigoureux ; vent
glacial.
Ce mot pourrait bien venir du lat. Citalpinui, d(mt il
serait la corruption, parce que la bise la plus froide nous
vient de l'aspect des Alpes.
Cisèl, », m. Ciseau, instrument d'acier, plat, tranchant
d'un bout, avec une tèle ou un manche, servant à tailler
la pierre ou le bois. — CUèau en pHro, ciseau de sculp-
teur, de tailleur de pierre.
Pér. du lat. Sci$»um, supin de scindêre, tailler, couper,
fendre.
Cisèons, s. m. plur. Ciseaux de couturière, de tailleur;
instrument d'acier composé de deux branches, terminées
chacune par une lame et un anneau, et fixées par un clou
ou pivot.
àstèmo, s. f. Citerne, réservoir d'eau de pluie.
Dér. du lat. Ciitema, m. sign.
Cistraa, s. m. Tuf et schiste ; rocher friable qui n'est
guère que de l'argile durcie, qu'on tire par dalles, mais
qui se décompose et devient terre par l'action de la pluie,
du soleil et surtout de la gelée. Le terrain dont la base
est le eiëtras est le plus maigre et le moins accessible aux
émanations de l'air et de la rosée.
Dér. du gr. Sx^at^ç, qui se brise, qui s'enlève par écailles.
Cita, V. Citer ; donner ou faire donner une citation ;
assigner ; faire des frais de jostice à quelqii'un.
Dér. du lat. Citare, m. sign.
Citacion, s. f. Citation ; exploit d'assignation ; ajour-
nement en justice.
Citonîèn, èno, adj. Citoyen, ne; particulier. Quand on
s'en sert adjectivement, il se prend en mauvaise part,
comme quand on dit : Oh! c'est un particulier qui... C'est
un diable d'homme : Aquo vous i» un citouïènf
Dér. du lat. Civiê; du gén. eivitati».
Citro, »' f. Sorte de pastèque, melon d'Amérique, Cucur-
bita eitruUus, Linn., plante de la famille des Cucurbita-
cées, dont le fruit, Citro, est de moyenne grosseur, d'un
beau vert, écorce lisse, tailladé de bandes et de tigrures
d'un jaune serin. Cette espèce de melon, sans saveur ni
douceur, n'est bonne qu'à mettre en confiture. — Voy.
Pastèquo.
Ce mot vient évidemment du lat. Citrui, citron, quoi-
qu'on n'aperçoive aucune affinité entre ces deux fruits.
50^
CLA
CLA
que leur tonne spliériquo. La dho est éminoinmenl
fade.
Civadïo, .V. /*. Cévndillo, graine iiui ré<liiite eu poiulre ei
jiiélangi'e a\ec de rimile, a la propriélé, dit-on, de faire
[V'YÏr les pouK de [(''te, ainsi qw leurs (vuls ou ItMiles. 11
est certain qu'elle contient un princii)e actif, un acid<' par-
ticulier, qu'on range parmi les poisons; mais la pro[»riét<''
que le peuple lui accorde pourrait tenir aussi à riuiile
(pvon y met et qui est un \rai poison pour les animauv
qu'on veut détruire. — l'o^. (îrann dé capouchin.
Civado, s. f. Avoine, Avom saflva, I.inn.. [liante d(^ la
fani. des Graminées. Outre les sers ices qu<* rend l'avoine
comme nourriture des chevaux, on en l'ait encnre du gruau,
qui est un aliment très-sain pour l'iiomme. — Donna
civado, s'arrêter en route pour donner l'aNoine aux che-
vaux. Gatjna civado, saut<'r, gamhader ; faire une marche,
un exercice pcjur s^ donner de rapp«Hit. Préuv civado, s<^
régaler; prendre sa provend(\
Civado-folo, folle avuine, averr)n, Avcua fatua, Linn.,
plante sauvage, cpii ressend>le à TaNoine, mais dont Vr[n
ne contient qu'une graine apparemni'Mit imperceplihle,
jmisqu'on ne peut la voir ni la recueillir. Kile croit s[!on-
lanément dans les blés, où elle étoulYe le h<»n grain. —
Voy. Coiiffuioitlo^
Dér. de la hass. lat. iivala, m. sign., que Mén ge dit
venir du chaldéen Srvada, aliment.
Cla, v. m. Pierraille; cailloutagi' ; hM're mélangée de
pierrailles.
Deux observations importa ntes se jirésrnienl : l'une rpii
touche à la .signification du m<tt, l'autre cpii concerne son
orthographe.
Sauvages le traduit par : un<' pierre. Nous pensons (juil
exprime une idéo de collectivité, un amas, un las de pier-
res; pierraille nous a paru le rendre i)lus jusli'menl.
Sauvages l'écrit Clap; il a raisons! l'élymologie est prise
pour règle : la famille assr-z nomlinnist- de dérivés et d«^
composés qui suivent et dont aucun ne peut renier sa
parenté, le prouve sulTisamment. Mais si le mol doit èlre
prononcé, s'il est fait pour èlre compris à l'audition autant
qu'à la lecture, il est nécessaire de l'écrire sans le jt final,
qui ne se fait janjais si-ntir.
Dans le nom français de Méjanes-Ie-Clap, comname du
canton de Barjnc, que la lettre terminale soit maintenue
puis(]u'elle sonne, nous n'y faisons pas d'o]>]).»siliuJi; mais
que, dans notre dialecte qui dit MéJano-lou-Cla, il s'intro-
duise à l'écriture une consonne inarticulée, on ne s'aïuail
l'admettre, tant que sul)sistera le principe qu'en languedo-
cien il n'y a i)oint de lettres inutiles et de non-\aleius, et
que toutes doivent se faire entendre.
En conq)osition ces retranchements de lettres ne sont pas
rares : le mot Cap se passe toujours volontiers de sa finale,
et nous disons couramment : Ca-dé-Rioussé, comnmnc de
Soustelle; Ca-dél-Pra, coninumc de Peyroles; Sén-VUoU-
dé'Maka, canton de Sainl-Ambroix ; comme dans le juron
Cadc'Us (m Cadcdiou , et pour celui-ci la cx)iMiivence du
français nous y aide un peu.
Nous en agirons de même avec bien d'autres, surtout
parmi les monosyllabes, et par exenq)le un des plus rappro-
clu's (V;, en fr. coup, qui donne cependant Copo, Coupa,
etc., mais dont le radical primitif ne fait pas sonner la
consomie, et plus loin Trop et autres, auxquels nousréser-
V(»ns aussi des explications.
L'adjectif suivant (7a au niasculin se rangerait dans c<?tte
catégori<\ à pr<»pos de la suppression de sa finale r, qui a
disparu également de tous les infinitifs.
Nos oh.ser\alions seront mieux à leur place quand nous
traiterons, sous chaiiue lettre, de la méthode d'orthogra-
phe, dont nous avons commencé l'exposé au mot Aoa. Il
sulTil, au passage, d'avertir cl de signaler les homonymies
qui poussent à chaijue ligne, pour éviter toutes confusions.
Quant au radical lui-mèuie Cla peur Clap, vient-il du
gr. I\).aa;/a, éclat, morceau, formé de l\Xa<o, briser, rompre;
ou bien le latin lapis, jiierre, ])ar apoco[)e Lap et par
adjonction d'un C, lui aurait-il dojuié naissance? Uaynouard
vSoutient cette dernière étymologie. Sauvages remarque que
l'addition ou la su])pression du C a fourni l(mr a tour Ch-
dovicus pour l.odovicus, ramenés ensuite à Clovis pour
Louis, dernière forme du nom «pii est resiée.
Avec les sullixes exb'usii's, (/(/ pour Clap donne à notre
dial(^cle Clapas, Ciapassino , Claparvdo, Clapiè, Clapier,
noms pi'opies (tu noms (■ommuns, entraînant tous à divers
dei-'rés un .sens de tas de pierres, mojiceau ou amas de
pierrailles, de lieux voisins ou alnuidants en pierres entas-
sées ou dispersées.
De là, si l'oji cherche les anah^gies, on trouve, seulement
dans nolie départeujenl du (iard, La Claparedo, commune
d«' Pompignan; La CUiparouso. commune de Itevens; /-oii«
Clapcivoous, Les Clajjavrols, bois dans la commune de
Dome.ssargues; La Clapcïiolo, comumne de Gaujac; Las
Clapciiobis, comumne d'Luzet; Clapisso, comminie de
Sainl-André-de-V;iJl)orgiie ; Las Clapissos, commune de
Combas; i.a Ctapouso, ruisseau (.q bois, communes de
BoniJ«"wiux, de (ièuolbac et de Quissac; Clapissos, Clap-
{)ices, 7!umsHs de Clajdssis, en I4GG, dans la commune
d'Aulas. Dans tous ces noms se rencontrent les formes de
la nioveime lalinilé, très-pures, comme Clapa, Clapusdans
Clapas et C lapons, ou avec leurs suffixes traduisant Clapei-
la la, ou Clapcria, ou Cla péri i(s, OU Clapiceam, ou avec
leurs diminutifs en ol et olo ; ([ue Du Gange, à l'aide de
citations d'actes et de chartes, rend par : Congeries, acer-
vus lapidum, Clapié de peyre, clapier ou tas de pierre.
Puis, si l'on voulait se n^idre conqite du chemin qiront
fait les transformations, dans les noms propres de lieux.
sous certaines innuencesethni(iuesijiappréciables, on aurait
à prendre les noms anciens de la géographie du moyen-âge
qui ré])ondentàcette forme, et l'on trouverait par exemple :
Clichy-la-Garenne, doubleuient significatif, appelé autrefois
Clipiacus; Cleppé dans la Loire nonnné Clipiacus; el tou-
CLA
CLA
203
jours avançant, un lieu dit aujourd'hui Pierrecïos, dans le
Rhône, autrefois CHpiacus. Par où il faudrait conclure que
Clichy =s Cleppé = Clapier = Clapas, Clapiue, Clajnère,
Claparède ss^Pierredos, qui n*est qu'une traduction fidèle :
tous rendus par Clipiactu =z Claperiu$ = Claplceiim =
Clapa. Mais le fr. Pierreclas = Clapouse, dans le Gard :
par conséquent Clapouse est le même nom que Peyrouse
(Hantes-Pyrénées), que Cheyrouse (Cantal), que Panouse
(Lozère), que Rocheuse (Indre^t-Loire); et il a pour cor-
respondants Clapièru (Hautes- Alpes), similaire à Perrière,
à Qneyrière, à Rochière, qui sont les mêmes que Perosa et
Sassoso en Italie, et que Queiroso en Espagne, et en com-
munauté avec La Peyrouse, et Cayrouse, et Carouse,
et Caire, Cayrats, etc.
Comme pour prouver que le fond de la langue reste par-
tout le même, que l'origine des dialectes est une source
commune, et que les différences de climats, d'habitudes ont
pu faire dévier la prononciation, l'impressionner et l'influen-
cer, de manière à créer des variétés qui ne sont pas des
dissemblances réelles, à donner aux mots des physionomies
diverses, sans faire disparaître entièrement l'air de famille
et les signes de reconnaissance.
Qa, daro, adj. Dim. Claré, éto. Clair, aire; lumineux;
transparent; qui jette, reçoit, transmet beaucoup de
lumière ; qui n'est pas trouble; peu épais; peu serré ; clair-
semé ; rare. — Fài cla, le temps est clair. Faï cla dé
luno, i) fait un beau clair de lune. D'digo claro, de l'eau
limpide. Aquélo tèh é$h(4n claro, cette toile est peu serrée.
Y vue pa$ cla, je n'y vois pas clair. Parla cla, parler
clair. Séméno cla, culiras éspés, prvb., le grain clair-semé
donne une moisson abondante. Cla d'en bai, mountagno
étcuro, plèjo téguro, prvb., clair vers le midi, montagne
couverte de nuage, présage certain de pluie : orientation
d'Alats bien entendu. Las castagnot soun claro», les châ-
taignes sont rares, clair-seinées.
Dér. du kt. Clarus, m. sign.
(Uafi, V. Remplir outre mesure ; farcir; gorger. — Jjou
iàou et eHafï dé poumos, le sol est jonché de pommes. Es
clafl dé pésouls, il a la tète farcie de poux.
Sauvages donne pour variante le terme Cldoufî, inusité
aujourd'hui; maisl'étym. ne seraitrelle pas là pour c/a/t un
peu syncopée? Clausus fiêri, du lat., aurait pu la fournir :
devenir clos, très-plein ; le sens serait juste.
Qàon, s. f. Dim. Clavéto. Clé, instrument de métal
pour ouvrir ou fermer une serrure ; petite clé, clavette. —
Téstamén à eldou, testament mystique. Drouvi sans clâou,
«"ufoncer une porte; forcer une serrure.
Dér. du lat. Claris, m. sign.
GUou, 9, m. Dim. C4dousé, Clâousèl, Clàousélé, Clos;
enclos ; doseau ; closerie ; petit jardin . — R est devenu nom
propre avec la variante dialectale en Duclaux, Duclos,
Laclos et même Lendos, et les dim. Clausel, Duclausel :
tous de même origine. Mais il est remarquable que le pre-
mier Dm Chua, qui devait être traduit en lang. par dà(ni
elâou, garde sa teinte française et se dise couramment
Ducldou, comme font au reste les noms Du Mas, Du Gas,
et autres. — Voy. Dalmas.
Dér. du lat. Clausum, m. sign.
Glâousado, s. f. Enceinte; certaine étendue de terrain
ou même de pays, entouré de clôtures ou de limites fixes,
telles que collines, ruisseaux ou rivières.
Glâonsi, v. Clore ; clôturer ; entourer de murs ou de
barrières; fermer; enfermer.
Dér. du lat. Clausum, supin de claudere, m. sign.
Qâoutriè, s. m. Cloutier, fabricant de clous ; marchand
de clous.
Glaparédo, s. f. Terrain couvert de tas de pierres rou-
lantes et détachées et non de rochers ; car alors il s'appelle
Hancarédo. — Voy. Cla.
Clapas, s. m. Dim. Clapassoà. Augm. Clapassas. Au
plur. Clapasses. Tas de pierres, et par ext. tas de toute
sorte d'objets ; monceau ; amas. — Las pèïros van as cla-
passes, dit le prvb., lorsqu'un heureux événement arrive &
une personne déjà fort heureuse, et surtout lorsqu'un héri-
tage échoit à une personne riche : c'est-à-dire le bien
cherche le bien; un bonheur ne vient pas sans l'autre;
l'eau va toujours à la rivière. — Y-aviè un clapas de
mounde, il y avait foule, un grand encombrement. — V. Cla.
Clapassino, s. f. Terre très-pierreuse; qui peut fournir
beaucoup de blocaille.
Glapéto, adj. fém. Ne se dit que de l'eau : aïgo elapéto,
eau à peine tiède, dégourdie au feu, telle qu'on s'en sert
pour aibreuver le bétail malade.
Glapisso, s. f, Dim. à la fois de Clapas et de Claparédo,
petit coin de terre rempli de pierraille. — Voy. Cla.
Glapo, j. Sonnette de mouton, dont les flancs sont
aplatis et parallèles ; sonnaille, grosse cloche de mulet con-
ducteur dans les convois de mulets. Elle a pour objet de
rappeler les mulets qui pourraient s'égarer de la file pen-
dant la nuit et dans les sentiers méconnaissables par la
neige ou les éboulis.
Qaquo, s. f. Claque; taloche; coup frappé avec le plat
de la main. C'est probablement une onomatopée du bruit
que fait un pareil coup en frappant sur la joue et surtout
sur certaine autre partie du corps à nu.
Capèl à la claquo, claque, chapeau plat qu'on porte sous
le bras.
Clarénsoù, n. pr. d'homme. Clarenson.
L'origine de ce mot est bien évidemment anglaise. Il
signifie fils de Clarence, tout comme Fitz-Clarence.
Claréto, t. f. Clairette; vin clairet; raisin blanc qui
produit ce vin. La claréto est une des espèces de raisin
qu'on choisit de préférence pour la conserver sur la paille;
son grain est menu, clair-semé et très-sain.
dari (Ganta), phr. faite. Sonner creux, comme fait un
vaisseau quelconque, soit quand il est vide, soit quand il
est fêlé.
aarin, «. m. Sonnette à brebis, la plus petite de celles
S04
CLA
CLA
qu'on emploie; elle est à peu près cylindriqne; ainsi nom-
mée parce qa'elle rend un son clair.
Glarias, s. m. Ce mot n'est employé qa*en terme de
comparaison et sons cette seule formule : un fia eoumo un
éUurjas, un fen à mi-cheminée, on feu de recalée.
Sauvages le traduit par gueuse, lingot de fer fondu qu'on
coule dans le sable, au sortir du fourneau de fusion. Je ne sais
sur quoi il appuie cette qiinion, puisque ce terme n'est jamais
employé en parlant de la gueuse nominativement. En sup-
posant même cette origine, Clarjas serait plutôt le creuset
dans lequel s'opère la fusion, le haut-fourneau tout entier.
• Ne serait-il pas trop simple de chercher l'étym. du mot
dans la description même de l'opération au moment où la
coulée se fait et où la gueuse incandescente, rouge à blanc,
court se répandre dans son lit de sable et s'étend dans son
clarjoê, sa couche claire ou en feu? Ceci dit en admettant
que la sign. donnée par notre devancier soit juste.
Claro d'iôon, s. f. Blanc d'œuf ; glaire d'œuf.
Dér- du lat. Clarum ovi.
daron, «. f. Lueur ; faible clarté; se dit de la clarté de
la lune ou même des étoiles.
Dér. de Cla, elarus,
C3arta, s. f. Clarté ; lumière ; éclat ; splendeur.
Dér. du lat. Claritas, m. sign.
dasses, s. m. plur. Glas de mort ; sonnerie de cloches,
lorsqu'une personne vient d'expirer, et lorsque commence
la cérémonie des funérailles. — Loui grant elaues, son-
nerie à grande volée pour les enterrements de première
classe. Sonou sous cloues, on sonne pour son enterrement.
Dé quàou soun aquéles dasses? pour qui sonne-t-on le glas
de mort? Sanou tous classes, tu as perdu, tu es dégoté, tu
ne peux pas t'en relever.
Dér., d'après quelques auteurs, du lat. Classieum, son
de la trompette, parce que sans doute dans les premiers
temps et avant l'introduction des cloches dans les rits reli-
gieux, on annonçait la mort avec une trompette; suivant
d'autres du lat. Clango, faire retentir, ou clamo, appeler à
grands cris , ou bien du gr. KXdfa, pleurer, ou de KXdECco,
faire un bruit aigre et perçant. Le bas-breton a Glas, qui
a passé au fr. et qui indiquerait aussi l'origine de classes
avec la m. sign.
ClasBO, s. f. Classe ; salle d'école ; classe de jeunes sol-
dats. — Faï la elasso dé latï, il fait ses études de latin. A
fini sas classos, il a fini ses études. Yai à la elasso, il va
à l'école. Es pas d'aquésto elasso, il ne doit pas tirer au
sort cette année. La classe est distinguée par l'année dans
laquelle a eu lieu le tirage au sort» on dit : la elasso trénto-
très, trénto-quaire. On s'en sert aussi dans ce sens pour
indiquer son âge : couscri dé irénto-trés, est né vingt ans
avant la date de sa classe.
Dér. du lat. Classis.
dastréja, v. fréq. Aller d'un presbytère à l'autre, pour
y faire le parasite; fréquenter les curés. — Voy, Castéléja,
Qastro, «. f. Presbytère; maison curiale. — Autrefois
ces maisons étaient habitées par une réunion ou collège de
prêtres qui y vivaient claustralement et étaient les conseils
des évêques. Plus anciennement encore, elles étaient occu-
pées par des moines qui desservaient de là un grand
nombre de paroisses, dans un temps où le clergé séculier
inférieur était peu nombreux et fort peu rétribué. — Bédi
Castro, propriété de main-morte, bien d'église.
Dér. de la b. lat. Clastra, du lat. Claustrum, clôture, cloitre.
Qava, V. Fermer à clé ; renfermer ; poser la clé à une
voûte, assujettir les voussoirs de moellon au moyen de
coins ou d'une pierre principale qui forme la clé ; séques-
trer. Au fig. achever, accomplir. — Se elava dédin, s'en-
fermer, fermer la porte sur soi. Clava uno eroio, mettre la
clé à une voûte. A las déns clavados, il a les dents serrées
convulsivement.
Dér. de Clâou, lat. Clavis.
Qavèl, s. m. Dim. Clavélé, Clou, morceau de fer allongé
et pointu servant & fixer une chose à une autre ; petit clou,
broquette. — Clavél dé caréto, clou de jante. — Foy.
Cabosso. Clavèl dé tapUsarlé, clou à crochet, pour fixer
les tentures d'un appartement. Aujourd'hui les tapisseries
en papier en ont diminué l'usage. Clavèl doubla, clou toitn,
tordu ou crochu. Clavèl tnouru, déspouneha, clou rebouché
ou épointé. Clavèl dé girofle, clou de girofle. On dit d'un
mauvais payeur : N'aï pas pougu déraba ni fère, ni ela^,
je n'en ai pu tirer ni sou, ni maille.
Dér. du lat. Clavus, m. sign.
Qavéla, v. Clouer; attacher, fixéi* avec un ou plusieurs
clous. — Es elavéla dé pigoto, il a la figure toute semée
de bubons de petite vérole.
(Havélado, s. f. Raie, raie bouclée, Raiaclavata, Linn.,
poisson de mer de l'ordre des Trématopnés et de la fam.
des Plagiostomes. Il parvient à une grande grosseur ; sa
chair est agréable et savoureuse. Il est plat et large, sans
écailles. Les aiguillons qu'il porte sur le dos, espèce de
cartilages ou d'osselets qui ressemblent à des têtes de clous,
lui ont fait donner le nom de Clavélado.
Qavélé, s, m. Détente d'un fusil ou d'un pistolet.
Dér. et dim. de ClavéL
Glaviè, s. m. Crochet defemme, ordinairement en argent,
garni d'une chaîne, à laquelle les femmes suspendent, à la
ceinture, leurs ciseaux et les clés les plus importantes.
C'était, il y a cinquante ans, une parure pour les ména-
gères du peuple un peu huppées. Elles ne le portaient que
dans leur grande toilette, et il était alors sans clés ni
ciseaux. Ce bijou se transmettait de mère en fille, et on le
constituait en dot dans le contrat de mariage. Les filles
n'en portaient jamais. U était le signe de l'autorité en mé-
nage. Aujourd'hui le Claviè est un crochet k ciseaux com-
mun à toutes les classes.
Dér. dt3 aàou, lat. Clavis,
Qaviàiro, s. f., n. pr. de lieu. Clavière ; closerie; champ
entouré de murs ou de haies,
i Dér. de Clâou, clos, avec le suflfixe collectif adjectif éëiro.
CLÉ
CO
905
Qè, s. f., oa Ptf 0 dé dé. Glai ; gerbôe ; paille de
ieifle dont on a fait tomber le grain au fléau et mieux
enooie avec on râteau, afin de lui laisser toute sa longueur.
Elle sert à garnir les chaises, à faire des paillassons, à
rembourrer les colliers de labour, à lier les ceps aux écha-
Utt, à couvrir les toitures en chaume.
Ce mot est tiré sans doute du fr. Claie.
Oédado, s. f. Récolte de châtaignes sèches ; quantité
comprise dans un séchoir appelé Clédo,
Caédanço, s. f> Grêdence ; buffet à tenir les provisions ;
bahut. — La eUdanço, dans ce pays, est d'ordinaire un
meuble d'utilité, et meuble meublant dans la cuisine des
paysans cossus. C'est extérieurement un buffet bien ciré,
bien luisant, quelquefois ciselé, sculpté, et en l'ouvrant, au
lieu d'un buffet, on trouve une huche à pain.
Ce mot, comme le fr., vient de l'allem. Kredentx, buffet.
Cilédo, s. f. Claie d'un parc à brebis, composée de trois
montants et de quatre traverses ; claire-voie ; porte à bar-
reaux ; ridelle d'une charrette ; cadre sur lequel est tendu
un treillis en fil de fer pour passer le sable ou la terre: on se
sert de ce châssis en le soutenant de champ avec une légère
inclinaison, et à l'aide d'une pelle on jette contre ce que
l'on veut passer; séchoir à châtaignes. Dans cette dernière
acception, la Clédo est un bâtiment, qu'on isole autant que
possible des habitations à cause des dangers d'incendie : il
est bas et tout d'une pièce ; à la hauteur de deux mètres
environ du sol, un rang de solives soutient un plancher
composé soit de minces chevrons joignant l'un à l'autre,
qu'on nomme $éiaà$, soit de clayons faits de scions de châ-
taigniers sauvages, qu'on nomme panels. C'est là qu'on
d^KMe les châtaignes fraîches, sur une épaisseur qui peut
aller jusqu'à 75 centimètres. Au-dessous on entretient un
feu continuel et lent au moyen de grosses souches, de
vieux troncs d'arbres ; lorsqu'il donne trop de flamme, on
l'étoufie à moitié avec de la cendre et avec les épluchures
de châtaignes de l'année pi*écédente que l'on conserve dans
ce but. Par ce procédé on obtient un feu calme et qui
donne beaucoup de fumée. C'est cette fumée qui n'a d'au-
tre issue que le plancher superposé, qui, filtrant à travers
les interstices, commence à faire suer les châtaignes, à
volatiliser toute leur humidité, et finit par leur donner ce
d^ré de dessication qui permet de les dépouiller et les
durdt sans arriver jusqu'à la coctîon.
C'est souvent dans le séchoir que se passent les veillées
dites Castagnados. Comme Ton a besoin de surveiller le
feu, il faut que quelqu'un y veille à tour de rôle, même
la nuit. La veillée s'assied par terre, sur une pierre, ou
sur une souche, et toujours le plus bas possible, parce
que le local est plein de fumée qui n'a point de conduit
direct et que l'on en souffre moins dans la zone inférieure.
Dér. de la bass. lat. Cleda, formé du grec KXfJSo^, clô-
ture, haie, de KXc(o>, je ferme.
aéna, V. Incliner; plier; baisser. — Cléna las éspanlos,
\ hausser les épaules, en signe de soumission ou de
dédain. Gêna lous ièls, baisser les yeux ; clignoter ; fermer
les yeux à demi. Cléna la tèsto, courber la tète ; se pros-
terner; s'incliner de respect; s'humilier. Se cléna, se cour-
ber; s'abaisser; se ratatiner.
Dér. du lat. Clinare, pencher, incliner.
Clèr, s. m. Clerc d'église, sous-sacristain ; servant ; clerc
de notaire; étudiant en pratique, qui travaille sous un
homme de pratique ; et en général, dans le langage fami-
lier, tout individu qui se trouve dans une position secon-
daire relativement à un autre, comme un commis, un
compagnon, un domestique.
Dér. du lat. CUrieus.
Clèrci, s. m. Quercy, ancienne province ; porc de l'es-
pèce qui nous vient du Quercy. Au fig. cochon ; pares-
seux.
Corr. du fr. Quercy.
Cliquétos, s, f. plur. Cliquette, instrument de gamin,
composé de deux galets longs et plats ou de deux petites
douves en bois, qu'on fait battre en les tenant et les agi-
tant entre les doigts, et qui rend à peu près le même son
que les castagnettes. — Au fig. et par ironie, se dit de
jambes dépourvues de mollets; dans le même sens qu'on
dit en fr. des flûtes. — Bairé dé las cliquetas, grelotter de
froid, quand il fait claquer des dents et flageoler des
jambes.
Autrefois on obligeait les lépreux de nos maladreries à
battre des cliquettes ou à agiter des crécelles, pour avertir
les passants de ne pas les aborder.
Ce mot est une onomatopée.
doucha, t7. Glousser. — Se dit du chant ou du cri de la
poule qui couve. — La galino eloucko, la poule demande,
ou se prépare à couver.
Dér. du lat. Gloeire ou Glocitare, m. sign.
Cloucliado, s. f. Couvée; troupe de poussins; tous les
œufs qu'une poule couve à la fois; les petits qui en pro-
viennent. Au fig. engeance, famille.
Cloucliè, t. m. Clocher; bâtiment ou espèce de tour
élevée qui soutient et renferme les cloches d'une égli»e.
Dans la bass. lat. Clocarium, formé de Cloca, cloche,
avait la m. sign. En allem. Kloke, cloche; en angl. Clok,
horloge, heure, dér. du vieux teutonique Keeoken, frapper.
GloucliO, i. f. Poule couveuse. — Métré la eloucho,
mettre une poule à couver, lui donner des œufs à couver.
Ce mot, comme le v. Cloucha, en lat. Glocire, est une
onomatopée du gloussement de la poule, durant la couvée
et l'éducation des poussins.
Cluta, V. Cligner, fermer à demi les yeux, comme font
les myopes, afin de diminuer l'ouverture de l'angle visuel,
ce qui le rend plus aigu et plus impressif sur la cornée
qui est trop épaisse et trop peu diaphane chez les myopes.
— Au fig. Cluta hus iHs, s'éteindre, mourir.
Dér. du gr. KX(vct>, plier, ou du lat. Clusus, fermé; ou
encore du gr. KEtSOu), cacher, enfermer.
Go, «. m. Dim. Coupé; augm. Coupai. Coup; choc;
*206
COI
CON
heurt; mouvement impétueux; décharge et bruit d'une
arme, du tonnerre; tour subtil; geste; fait; tentative;
entreprise; but; trait de raillerie, de médisance. — Un eo
dé vi, un verre de vin. A bégu ioun coupé, il a bu son
petit coup. Àoti co dé mièjour, midi sonnant ; root à mot :
quand midi frappe son coup. Un co dé san, attaque d'apo-
plexie. Un co dé sourél, coup de soleil; insolation. Co dé
fusil, dé vén, dé tounèro, coup de fusil, de vent, de ton-
nerre. I a fa lou co, il lui a joué un tour. — Aro sérié
bien lou co, maintenant ce serait bien le cas; l'occasion est
belle; c'est le moment. A manqua soun co, il a échoué
dans son entreprise. T'aouraï vis aquà d'un co d'ièl, j'au-
rai vu cela d'un coup d'œil. Donna un bon co dé dm,
faire un bon repas. Un co dé man, un peu d'aide. Co dé
bè, médisance. Faïrê lou co dàou lapin, donner le coup
du lapin, c'est-à-dire un coup de main derrière la nuque,
parce que c'est là la manière de tuer les lapins domes-
tiques ; au fig. duper quelqu'un, lui tendre un croc en
jambe.
Tout d*un co, adv. Tout à coup. Tout énd'un co, ou tout
én^'un eo, tout à coup ; soudain ; subitement.
Dér. de Cop, qu'on dit celtique ; ou de la bass. lai. Col-
pus, corr. du grec K6Xa9oç, soufflet.
Go, *. m. Fois. Syn. de Fés. — Y aviè un co, il y avait
une fois. M 'ou fagues pas dire dous cos, ne me le fais pas
répéter, dire deux fois. Un eo l'âoutré nou, une fois et
l'autre non, alternativement. Un co que l'àouraï vis, une
fois que je l'aurai vu. Toutes àou co, tous à la fois. Tout
d'un eo, tout en une seule fois.
Co, s. m. Vanne ; écluse. — Toumba lou co, abaisser
la vanne ; leva lou co, lâcher Técluse; au propre et au fîg.
se dit de ces moulins à paroles, qui, une fois en train de
discours, ne s'arrêtent plus.
Gobre (dé), adv. De surplus ; en réserve ; par dessus le
marché; au-delà du nécessaire; de relais; de reste. —
Fàou toujour avédre guicoumé dé eobre, il faut toujours
avoir quelque peu de chose en réserve ; il faut se garder
une poire pour la soif.
Dér. du lat. Cooperire, couvrir, mettre en réserve. En
esp. Cobro, à couvert.
Codon, s. m. Caillou; galet; pierre isolée; celle que l'on
lance à la fronde. — Abatak'a à eo dé eodou, poursuivre
à coups de pierre.
Dér. de la bass. lat. Codulus, m. sign., formé du lat.
Cautes, caillou.
Gofre, s. m. Dim. Coufré; péj. Coufras. Coffre; bahut;
meuble en forme de caisse, propre à serrer des bardes, de
l'argent, etc. Au fîg. poitrine, estomac. — Àquél hmne a
un bon eofre, cet homme a une excellente constitution.
Goîè, s. m. dim. Couïèïré. Collier, seulement dans l'ac-
ception de bijou, ornement autour du cou ; jamais dans
celle de collier de trait, de labour, qui se dit : Coulas.
Dér. du lat. CoUum, cou.
Cdfo «. r. Coiffe bonnet de femme: cornette. — Un
prvb. irrévérencieux pour le sexe, et qw n'est pas tou-
jours vrai, a dit : Un capél vôou mai que eén eeUfos, un
chapeau vaut mieux que cent coiffes ; métonymie.
Dér. de la bass. lat. Cufa ou Cuphia, m. sign.
Goire, v. Cuire; préparer les aliments au feu; faire cuire,
spécialement faire cuire du pain. — Quouro couses? quand
faites-vous du pain ? Bouta c&ire, mettre le pot au feu.
Aquà vôou pas dé eoïre, cela ne demande que fort peu de
cuisson.
Goîre, V. Brûler; havir; cuire; faire éprouver de la
cuisson : au fig. être en danger de mort, de perte. — La
harbasto a quiè la fartaïo, la gelée blanche a flétri l'hor-
tolaille. Fas trop cotre aquélo car, tu brûles cette viande.
Sont quiè, je suis cuit, je suis perdu. Mous Ws mé eoêou,
les yeux me cuisent. T'en couïra, il t'en cuira, tu t'en
repentiras.
Dér. du lat. Coquere, m. sign.
Gol, s. m. ou Gouol. Cou, col : partie du corps qui sou-
tient la tête. — Pourta àou col, porter un fardeau sur ks
épaules. Col dé péro, col-tort, qui porte le cou de traven :
au fîg. cagot; hypocrite; torticolis. Col dépé, cou-de-pied
ou coude-pied. M d'uno boutiio, goulot d'une bouteille.
Dér. du lat. Collum, m. sign.
Golis, s. m. Colis; ballot de marchandise; terme de
roulage; caisse; barrique; paquet.
Importation nouvelle du fr.
Golibè, s. m. Quolibet; sarcasme; plaisanterie grossière
et méchante; pointe; équivoque.
Dér. du lat. Quod libet, tout ce qu'on veut, c'est-à-dire
que ceux qui lancent des quolibets disent tout ce qui leur
passe par la tête sans égard ni réserve.
Golo, s. f. Colle ; matière gluante et tenace qui sert à
joindre deux surfaces. — Colo forto, colle forte, faite de \a
coction des parties gélatineuses des animaux; ainsi carac-
térisée à cause de sa grande ténacité.
Dér. du gr. K6XXa, m. sign.
Golo, s. f. Bande; troupe; association d'ouvriers tra-
vaillant ensemble ; multitude. — C<Ao dé réssaïres, scieurs
de long qui sont associés par bande de trois. 5^ pa» dé
eolo, nos chiens ne chassent pas ensemble.
Dér. du lat. CoUatus, assemblé, joint, et du gr. KoXXvit6«,
uni, rapproché.
GomotiTO, ff. f. Locomotive.
C'est encore un emprunt au langage scientifique par son
côté populaire. Mais le lang., fidèle à cette antipathie de
rivalité dont le fr. a pris l'initiative envers loi, a Toula
marquer cette adjonction au cachet de son génie en défi-
gurant son modèle.
Conquo, «. f. Dim. Counquéto. Bassin ou baaaine de
cuivre sans anse, dont on se sert dans les caislnea pcmr
faire tremper certaines provisions et pour d'auties usages;
au fig. terrain creux ; bas-fond formant oomme on bassin.
Dér. du lat. Coucha, conque, vase, coquille, venant da
gr. ^éfxyji, conque, coquillage.
CON
COR
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fSoBMii, S. m. Consul; dchevin, officier inanicipal dans
l'ancien régime. Dans les chartes, on les désignait sons le
nom de consuls modernes, sans doute par comparaison aux
ccnsuls romains. Ils portaient la robe et le chaperon. Plus
tard, et dans les campagnes surtout, ils se dispensaient de
la robe; leur insigne était le chaperon cramoisi bordé
d'hermine. — Aourian fa un consou, nous aurions fait un
pape, disons-nous, lorsqu'un autre émet une idée que nous
allions émettre nous-mème dans l'instant. Cette formule
proverbiale, tant en fr. qu'en laug., est une allusion au
système également suivi pour les papes et les consuls. C'est
comme si l'on disait : avec cette communauté d'idées, on
peut foire réussir toute candidature : il ne s'agit que de
s'entendre. Mais ce qui était autrefois praticable et qui a
donné naissance au dicton, pourrait*il aujourd'hui être
également vrai et juste? Nos pères avaient des franchises
qui passaient en proverbe pour attester leurs libertés com-
munales; nous avons le progrès, et si quelque dicton
se conserve jamais de nos mœurs électorales, de ce temps
de snfflrage universel, il est douteux qu'il exprime une
idée pareille, qui répond k une autre locution plus étendue
encore sur la nécessité de l'accord : Enténdè-vout et farés
flUhure, entendez-vous et vous ferez pleuvcûr.
Conta, «. m. Compte; supputation; nombre; calcul;
facture ou note de fournitures, contenant l'addition et le
doit. — FcLir» ÈOun conte, faire son compte à un domes-
tique, le congédier : au fig. tuer, assassiner. Conte dé
Béoucaïre, mémoire des fournisseurs que l'on doit solder à
l'époque de la foire de Beaucaire. C'est une époque bien
critique pour tous les consommateurs dans les pays voisins
de Beaucaire, pour lesquels la foire de cette ville est un
terme de rigueur. Le peuple des campagnes surtout renvoie
tons ses paiements à cette époque, ce qui est pour beaucoup
de gens une cause de ruine et d'expropriation, le crédit
qu'ils obtiennent dans le cours de l'année les alléchant
souvent à dépenser plus qu'ils ne peuvent payer. Aussi, la
quinzaine qui suit cette foire est-^ïle abondante en exploits
d'huissier.
Dér. du lat. Computum, calcul.
CSonta, s. m. Conte ; sornette. — Conte dé ma gran la
àorgno, conte de ma mère l'Oie. — Voy. Borgno.
Conta, s, m. Conntèsso, t. f. Comte, comtesse, sei-
gneur d'un comté.
Dér. du lat. Cornes, compagnon. Ce titre, d'après Dom
de Vaines, Dict, diphm., remonte au moins aux premiers
empereurs, qui nommaient leurs conseillers, eomites. Au-
guste avait déjà les siens, comités Augusti, Plus tard, et en
France, les comtes étaient les compagnons, les aides de
camp des rois.
Gonioronle, s. m. Enregistrement; bureau du receveur
de l'enregistrement; marque sur l'or et l'argenterie qui ont
le titre.
Corr. du mot fr. Contrôle, ancien nom de l'enregistre-
ment.
Conioronnla, v. Enregistrer; soumettre un acte à l'en-
registrement, le déposer au bureau de l'enregistrement;
marquer l'or et l'argot au titre.
Contoronnlor, f. m. Receveur de Tenregistrement ; con-
trôleur des matières d'or et d'argent.
Copo, s. f, Dim. Coupéto. Coupe ; certaine étendue de
bois que l'on coupe régulièrement; coupe de fourrage;
coupe au jeu de cartes, séparation du jeu en deux parties.
— y âoura éncaro une bono coupéto dé révioure, nous
aurons encore une petite provision de regain à couper.
Dér. de Coupa,
Gopo-jaré, s. m. Coupe-jaret; brigand; scélérat; mau-
vais drôle. Se dit souvent, dans le langage familier, en
supprimant le dernier mot : es un trasso dé copo, c'est un
mauvais gueux, un très-pauvre sire. Frimousso dé copo,
figure de coupe-jaret.
Formé de Coupa et de Jaré, — Voy, c. m.
Copo-roso, s. f. Couperose, vitriol en sel, nom géné-
rique qui convient autant à la couperose bleue, sulfate de
cuivre, qu'à la couperose verte, sulfate de fer, dont l'ex-
ploitation était si connue aux environs d'Alais, à Saint-
Julien-de- Valgalgues .
Dér. du lat. Cupri ros, rosée ou eau de cuivre, nom que
portait le vitriol dans l'ancienne nomenclature chimique.
Coqao, s. f. Châtaigne; poulette; mot du dictionnaire
des nourrices et des bonnes d'enfant.
Coque, s. f. Brioche, gâteau ou pâtisserie fait de fleur
de farine, de jaunes d'oeufs et de sucre. — Voy. Bous-
tido.
Dér. du lat. Coetus, coeta, cuit, cuite.
Coquo, s. f. Coque du levant; petit fruit à baies noirâ-
tres de la grosseur d'un gros pois. Il fait périr les poux et
enivre les poissons, qui viennent mourir bientôt sur le
sable. On ne s'en sert guère que pour empoisonner le
poisson de rivière.
Dér. du gr. K6xxoc, grain.
Cor, s. m. Corps; corps humain ; cœur, organe principal
de la circulation ; affection; mémoire: affection de l'àme ;
courage; cor, instrument à vent, tourné en spirale; corps
de jupe, corset. — Y a pas un pèou dé moun cor, il n'y a
pas un poil, une veine de mon corps. — Mdou dé cor,
mal de cœur, faiblesse, évanouissement. Apréne dé pér cor,
récita dé pér cor, apprendre, réciter par cœur. Ou save dé
pér cor, je le sais par cœur. L'aïme dé tout moun cor, je
l'aime de tout mon cœur. Cor dé casso, cor de chasse. La
paouroto, a lou cor gros, la pauvrette, elle a le cœur gros,
elle est très-affectée. — Voy, Cur.
Dér. du lat. Corpus pour corps, de Cor pour cœur, et de
Cornu pour cor.
Corcomaîre, n. pr, d'une rue de Nimes.
Ce mot parait venir de la corroyerie qui se faisait dans^
cette rue située le long du canal de l'Agau. D'après cela,.
CorcomaXre signifierait en vieux langage du pays, corroyeur^.
et serait composé de Coreom, corruption du latin Corttim».
908
COS
COU
cuir, et de la désinenoe atre, oommane aux adjectife d'ac-
ti<Mi, corresiXHidaQt à la désinence fr. etir.
Du reste, Sauvages tradoit, comme nous, C&rtcamcXr^,
qui est le même mot, par corroyeur, tanneur, et le fait
venir de la bass. lat. Corraienu», sans entrer dans la dé-
composition de cette origine.
Gordo, s. f. Dim. Courdéio; péjor. Courdasso. Corde,
tortis fait de chanvre, de lin ou de boyau. — Cordo fino,
ficelle employée pour mèche à fouet. — Voy. Ugnéio, Cordo
dé fat, — Voy. Séngloù.
Dér. du lat. Chorda, corde d'instrument de musique,
cordeau.
Cordes, s. f, jdur. Maladie des porcs, des chevaux,
ainsi que des agneaux, chevreaux et veaux de naissance.
C*est une contraction nerveuse des articulations, qui les
empêche de plier les membres, et rend leurs jambes raides,
comme si elles étaient tendues avec des cordes.
Goiiali, V. S'évanouir, tomber en défaillance, dispa-
raître; se p&mer.
Formé de Cor et de Fali, manquer du cœur.
Gorgno, i. f. Fruit du cornouiller, en forme d'olive,
d'un rouge vermillon, quand il est mûr. — Vécu pa'no
corgno, c'est un pauvre homme, un mauvais ouvrier, qui
ne vaut pas une pipe de tabac. N'en dounarièï pa'no cor-
gno, je n'en donnerais pas un sou vaillant.
Dér. du lat. Comutn, m. sign.
CSoroxilo, s. f. Tresse de cheveux entortillés sur la tète
des femmes, en forme de couronne, c Cet usage, dit Sau-
vages, subsiste en Italie chez les femmes du peuple, et il
a passé de mode depuis longtemps dans nos provinces, où
les tètes de femmes sont plus changeantes. > Mais on y
revient : ce qui ne prouve pas que le spirituel abbé n'ait
pas eu raison.
Dér. du lat. CoroUa, contraction de Coronula, petite
couronne.
Gor-san, s. m. Corps samt; reliques d'un saint; corps
sacré de Jésus-Christ. — L'aï préga eoumo un cor-êan, je
l'ai supplié comme Dieu lui-même. Mena plan eoumo un
cor-êan, conduire comme un corps saint, avec précaution
et sollicitude, comme si l'on portait des reliques.
Coati, «. m. Coût; dépens; dépenses; frais. — Crénpas
iou cosU, il ne craint pas la dépense. Y doura fo$to costi,
il y aura bien des frais.
Dér. de Cou»ta.
Gosto, ff. f, Dim. Counéto. Coteau, côte, penchant d'une
montagne, d'une colline ; côte, os long et courbe des par-
ties latérales de la poitrine de l'homme ou de Tanimal. —
A la$ eoMloi en long, il a les côtes placées verticalement ;
il ne peut se courber; c'est un fainéant qui fuit tout tra-
vail.
Dér. du lat. Co»ta, m. sign.
Coitoi, «. f. plur. Nervures des feuilles d'une plante ;
parties proéminentes d'un melon ; membrure latérale d'un
vaisseau, d'un clayon, d'une manne : côtes de cocons de
tirage; fleuret de soie. — Coiioi dé blédoùa CauHélot,
cardes de poirée. — Les côtes de cocons sont ces filasses
dont on les purge dans la bassine, avant d'arriver au brin
de soie. Comme l'enveloppe extérieure du oooon est la
première travaillée, les premiers brins en sont grossiers,
baveux; c'est pour cela qu'on bat les cocons au bassin
dans l'eau bouillante pour décoller ces premiers brins; on
dévide ainsi les cocons jusqu'à ce qu'ils deviennent fins et
purs. La filasse qu'on retire de cet ensemble de cocons i
la battue, sous forme d'un gros cordon, se nomme Cosiot,
On la carde et on en &it du fleuret grossier.
Cona, V. ou Couga. Couver en parlant des oiseaux qui
se tiennent sur leurs œufs pour les faire édore; choyer,
mitonner un enfant. Au fig. préparer, caresser, surveiller.
— Se coua, rester longtemps au Ût. LaXssa eoua la kugado,
laisser une lessive s'imbiber liMigtemps. LaXua coua
un'afaïre, laisser chômer une affaire ; la calculer avec soin,
en soigner les détails.
Dér. du lat. Cubarc, être couché.
Conacho, t. f. Lavandière, hoche-queue, bergeronnette,
petit oiseau qui fréquente le bord des rivières, se mêle aux
troupeaux de mouton et porte une queue longue, toiyours
en mouvem^t : toutes circonstances qui lui ont valu les
différents noms fr. que nous citons. Quant au lang. Co«-
œho, dans lequel on voit poindre un bout de queue, guouà
ou quoua, il est bien à peu près l'équivalent du fr. hoche-
queue; aussi a-t-il pour syn. Brando-quuïo, BérgiSréio etX
également usité ; mais celui-ci est du fr. tout pur, et dans
le même ordre d'idées, on ne devrait donner droit de cité
qu'à PastourèUto, car le lang. n'appelle les bei^rs que
pastrct. Aussi sommes-nous ramenés vers le vrai mot, qui
traduit le fr. bergeronnette, en appelant cet oiseau Gala-
pastrc. — Voy, c. m.
Gonado, », f. Couvée des œufs; actimi de faire édore la
graine de vers à soie; temps de l'incubation. — An pré»
màou à la couado, ces vers ont été trop échauffêa pendant
l'éclosion. Ou a manqua à la couado, dit-on au fig. d'un
individu qui manque de certaines qualités : c'est un vice
de naissance.
Dér. de Coua,
Gooaios, ». f, plur. Derniers vers à soie, oeax q[iii sont
tardifs à éclore. Il est rare que cette arrière^arde vienne à
bien et qu'elle prospère, soit parce que ce sont les vers ks
plus malingres et les moins actifs, soit parce que leur re-
tard provient de ce qu'ils ont été trop pénétrés par la cha-
leur, soit enfin parce que leur mauvaise répatation et leur
paresse les fait négliger, comme de pauvres élèves. Au
reste, on fait bien de les délaisser. Biais les magnaniere,
les femmes surtout, qui se sentent une tendre oominsBioii
pour ce qui souffre et pour tout ce qui appartient à la gent
magnane, les conservent et les font réussir quelquefois. Il
est plus sage et d'une bonne pratique de ne oooserrer ni
les ven trop hâtifs, ni les retardataires, mais seulement
ceux qui éclosent à trois iours de distance les ans des autres.
cou
cou
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fSonaire, CSonairo, adj. Gouveur, couveuse; l'individu
qui fait édore les vers à soie à la chaleur de son corps. Ce
qui se fait en portant la graine dans des sachets sur le
corps, entre les habits et la chemise, ou en la mettant au
lit et se couchant auprès. Ce procédé, qui a été le seul en
usaijie autrefois, avait du bon ; mais il ne pouvait s'exé-
cuter sur une grande échelle. On y a substitué générale-
ment réclusion dans un appartement bien fermé (Voy, Espé-
lidouXroJ et où l'on entretient un feu régularisé par le
thermomètre. C'est là le mode le plus usité. L'éclosion au
moyen du Casiéié (Voy, c. m.), est d'invention relativement
récente; mais cette méthode n'est guère suivie que par les
éducateurs à théorie. Cependant on emploie encore, dans
quelque coin des Cévennes, la chaleur humaine.
CSouar, «. m. — Voy. Qwmar,
CSonaaso, $. f. Gourde faite d'une calebasse ; calebasse
fendue en deux, et verticalement, dont les fileuses de soie
se servent comme d'une écope pour vider leur bassine
quand elles veulent en renouveler l'eau ; cuiller à arroser
(Vai/. ÀMdigadQuiro); écuelle de bois; sébille.
Couble, s. m. Couple; paire ; attelage de deux bêtes de
labour; deux choses de même espèce, prises ou considérées
ensemble. — Un coubU dé fé$, deux fois, une couple de
fois. Un bé dé dous eoMes, une ferme de deux charrues.
Dér. du lat. Copula, lien, couple, lesse dont on couple
les chiens.
Conblé, s. m. Traverses; solives; pièces de bois^ de
brin ou de sciage qu'on fixe transversalement sur les
grosses poutres d'un couvert ou d'un plancher pour sup-
porter les tuiles ou le parquet. — Voy, Jaséno.
CSonblo, j. f. Troupe de mulets appartenant au même
maitre. Il ne se dit que des mulets qui portent à bât et qui
ont été longtemps le seul moyen de transport des marchan-
dises dans les pays de montagnes. Ce nom ne se donne pas
aux mulets de trait et d'attelage.
Goucaraîo, s. f. Canaille; truandaille ; réunion de gueux
ei vagabonds.
Dér. de Couearou,
Coucarda, v. Mettre une cocarde à quelqu'un ; attacher
une ganse de ruban sur sa coifiFure ; mettre un nœud ou
on pompon sur la tète d'un agneau ou d'un robin-mouton.
Concardiè, «. m. Soldat, militaire, porte-cocarde.
Coucardo, «. /. Dim. Coueardéto; péj. Coueardoêto,
Cocarde, nœud de rubans ou pièce d'étoffe, plissée et ronde,
qu'on porte au chapeau : insigne national que les militaires
portent k la coiffure, et que, dans les révoluticms, les divers
partis prennent comme signe de reconnaissance. — Préné
la eoueardo, s'enrôler. Chanja dé eoueardo, être transfuge
d'un parti dans un autre.
La cocarde nous a été importée par les soldats croates,
hongrois et polonais, chez qui elle était une touffe de
plumes de coq attachée à leur coiffure ; ce qui la fit d'a-
boid nommer coquarde, se rapprochant davantage de sa
racine coq.
KoU'Coueardo, s, f. Noix de la plus grosse espèce qui
s'ouvre très-facilement. C'est cette espèce que l'on emploie
pour en faire de petits nécessaires en miniature, ou des
boites à une paire de gants de femme.
Goucarèlo, s, f. ou Capéléto. — Foy. c. m.
Goncaron, «. m. Péjor. Coucaroi. Gueux; truand:
mendiant dépenaillé, pauvre diable sans argent ni consi-
dération. — Méno uno vido dé eouearwi, il mène une vie
de bohème, de gueux et de paresseux.
Ce mot a des assonnances avec Trutanui, trudamut,
truand, de la bass. lat., et le même sens; il peut s'être
formé de là, comme il a probablement servi lui-même à
former Couqui, coquin, et certainement Aeùueara, acoqui-
ner. En esp. Cuearo, bohème, truand.
Conclia, t). Chasser, pousser devant soi ; chasser un animal
devant soi, le toucher, le frapper pour le faire avancer. -—
Coucha las mouicoM, chasser les mouches. Qmeho ta bèiHo,
touche ta bête. Couchas aguél chi, chassez ce chien.
En ital. Caceiare, chasser. Les deux mots viennent-ils
du lat. Cogère, forcer àf
Couché, s, m. Cocher, celui qui conduit une voiture,
un carrosse, un coche.
Ce mot est le subs. de notre verbe Coucha; il ne faut
pas lui chercher d'autre étym. Le fr. nous en parait rede-
vable au lang.
Gouclio-cha, s. m. Litome, grive de genévrier, Turdus
pilaris, Linn., connue aussi sous le nom de Grivodé mouH'
tagno; oiseau de l'ordre des Passereaux et de la fam. des
Crenirostres. Cette grive, presque de la taille de la draine
(Céséro), tient son nom de son chant, ehâ, chà, seul cri
qu'on lui connaisse. Les baies de genévrier dont elle se
nourrit donnent à sa chair un goût fort prisé de certains
amateurs, mais qui n'est pas apprécié par d'autres qui la
trouvent amère. La livrée de cet oiseau, comme celle de
ses congénères, est un gris cendré, tacheté de points plus
ou moins foncés, avec les parties inférieures du corps
tirant sur le blanc. Mais on sait que l'âge, le sexe et au-
tres circonstances peut-être modifient souvent le plumage:
et il en est du reste ainsi, par les mêmes raisons, de la
couleur des autres animaux.
Goacho-cfai, j. m. Bedeau. Avant l'introduction des
suisses dans le personnel de la gent d'église, c'était le be-
deau qui était chargé de la police des chiens, d'où lui
vient son nom lang. Il est vêtu d'une robe noire ou rouge
et armé d'une baguette ou masse surmontée d'une lanterne
ou d'une boule.
Goiicoû, «. m. Dim. Caueouné. Cocon de ver à soie;
œuf cuit ou cru, dans l'aigot des nourrices; bouton de rose;
champignon oronge en boule, à demi développé. — V. Fouêéi,
Dér. du lat. Coneha et du gr. KdyxT), coquille, conque.
Goucongnè, s. m. Péj. Coucougnètras. Sale-pot; homme
qui se mêle des détails de ménage ; qui usurpe les fonc-
tions de la femme.
Dér. de Coueaà dans l'acceplion d'œuf, parce qu'ue
t7
310
œu
cou
homme de celte espèce 8*occape particulièiement des poules
et desœufe.
CSoucoiuado, s. f. Gochevis, alouette hai^,coquillade;
Alauda eristata, Limi., oiseau de l'ordre d^ Passereaux et
de la iam. des Subulirostres. Une huppe de plumes placée
sur la tète et qu'elle peut redresser à volonté, représente
grossièrement une coquille, c'est ce qui lui a fait donner le
nom de Coucouiado; peut-être sa huppe a-t-elle plus de
ressemblance à un capuchon , et CueMata la caractérise
mieux?
Concoumar, s. m. Dim. Coucoutnardé. Goquemar,
bouilloire en terre et à bec, pour faire chauffer l'eau, faire
les décoctions et les tisanes.
Dér. du lat. Cueuma, vase, qui répond au Coucoumar par
ses attributions.
Cueutna est formé lui-même de Cueunur, concombre,
parce qu'il était autrefois de la forme de ce légume.
CSoncoumé, s. m. Champignon en boule, tel qu'il sort de
la terre et non encore développé. C'est dans cet état que
l'oronge est le plus délicat.
Dér. de Coucoà, œuf, dont Coueoumé est le dim.
Gonconrèlo, s. f, Dim. Cocot/ré/é/o. Petite figue violette,
fort douce, qui miîrit au milieu de Tété. C'est une de celles
qu'on fait sécher en les exposant au soleil, ou enies piquant
une par une sur un buisson desséché.
Le» nourrices donnent ce nom, en terme d amitié, à leur
poupon : Ma coueourélo/ ma eaueourèUlo / mon chou, mon
petit cœur!
Goucu, s. m. Coucou, CtMsiUus catêorus, Linn., oiseau de
l'ordre des Grimpeurs et de la fam. des Cunéirostres, de la
grosseur de la grosse draine, le dessus du corps cendré
bleu&tre, le dessous blanc sale avec des raies transversales
d'un brun noirâtre. Il se nourrit d'insectes ainsi qued'œufs
d'oiseaux. Vers la fin d'août, il est gras, et sa chair est un
bon manger.
On prétend que cet oiseau étant le seul à avoir les intes-
tins superposés à l'estomac, il lui est impossible de couver
ses œufs sans nuire à sa digestion. C'est pour cela qu'il va
pondre un seul œuf dans le nid de certains autres oiseaux,
parmi lesquels il donne la préférence à la fauvette, au rap-
port de notre savant ornithologue du Gard, Crespon. Quel-
quefois c'est à la couvée de l'alouette, du rossignol, de la
pie-grièche, etc., qu'il vient apporter ces intrus. Bien que
TcBuf de la fauvette ait quelque ressemblance avec celui du
coucou et qu'il soit comme lui d'un blanc sale et tacheté,
on ne conçoit pas trop que cette couveuse ne puisse s'aper-
cevoir de la supercherie par la différence de grosseur. Dans
la nichée d'une grive, d'un merle, cela s'expliquerait mieux.
Faudrait-il expliquer cette anomalie par une destination
qiôciale de la nature?
Quoi qu'il en soit, cette version parait plus plausible que
celle que nous offre Sauvages. Celui-ci prétend que le cou-
cou ne place son œuf dans le nid de la fauvette qu'après
avoir dévoré k progéniture légitime de cet oiseau. Mais il
parait bien plus singulier que la mère consente k cet échange
meurtrier, qui ne peut lui échapper dans cette hypothèse.
C'est par antiphrase de cette donnée qu'on appeùe Coucu,
en lang. et par le mot correspondant en fr.. le mari dont la
femme manque à la fidélité conjugale. Cette expresûon, qui
est une injure sanglante, n'est plus usitée dans les deux
langues que dans le style libre et bas. Il n'en était pas tûnsi
du temps de Molière, ni encore du temps de l'abbé de Sau-
vages, qui cite le mot comme un terme de dérision un peu
libre, seulement.
Coucu'tttupï! est l'onomatopée qui représente le chant de
cet oiseau, avec une légère variation sur la dernière syllabe :
c'est un cri que les enfants poussent en s'amusant. ~~ JBii
abriou canto lou coueu »'é$ viou, prvb. agricole, au mois
d'avril le coucou chante s'il est en vie : c'est en efifot an
printemps qu'arrive cet oiseau, et son chant l'annonce.
Dér. du lat. Cueului, onomatopée de son chant.
CSoacu, », m. Pain de cour ; muscari, Hyacimhu* mustari,
Linn., plante de la fam. des Liliacées, sauvage, bulbeuse,
qui donne un bouquet de fleurs d'un bleu foncé, disposées
en grelots le long de sa tige.
Goucudo ou Jâoavèrtaaso. — Voy. c. m.
Goudasquéja, t;. fréq. Caqueter. — Se dit du cri de la
poule qui vient de pondre.
Le mot est probablement une onomatopée.
Gondasquo, $, f. Poule. Au fig. caqueteuse; mauvaise
langue; caquet-bon-bec.
Coudônas, s. m. Péjor. de Coudéno, Grosse et vilaine
peau; grosse couenne, au prop. Au fig. croûte d'un ulcère;
spécialement parcelle de terre aride et peu ou mal cultivée.
Goudéno, s. f. Couenne de porc, peau dure qui couvre
son lard. Au fig. on le dit d'une personne ou d'un animal
fort maigres. — Ari coudéno et l'ase gué té méno, prvb.,
av£^ce, baudet, et l'âne qui te conduit; c'est-à-dire l'ànier
qui est aussi àne que sa bête. E» iotu coudéno, il n*a que
la peau et les os.
Coudéno se dit aussi de la crasse qui, à foroe d*inl«aûlé,
finit par se former en écailles et par avoir toute l'adhérence
et la consistance d'une peau.
Dér. du lat. CutU, peau, et Cutma, peau de porc.
Goudèr, «. m, Dim. Coudèrqué. Petit pré sec qu'où voit
communément à la campagne devant les maisons de ferme
et qui produit plutôt du gazon que du foin. C'est là que les
enfants vont jouer, lesagneaux gambader et les poules gratter.
11 est probable que le fr. coudrette dérive du lang. Couder.
Les glossateurs français en font un dim. collectif de coudraîe;
mais son acception résiste à cette origine.
Dér. du lat. Codetum, champ en friche, ou de la basa.
lat. Coderum, place au devant d'une maiscHi de f^mpagnA
Goudiou, s. m. Étui de faucheur, dans lequel il met i
tremper sa pierre k aiguiser. Il a presque la forme d'un
sabot, se termine en pointe vers le bas et il est fixé à la
ceinture des faucheurs par une lanière.
Dér. du lat. Cas, eolii, queux, pierre à aiguiser, donnant
cou
cou
311
Coiaria, carrière de ces sortes de pierres, et peai-ètre Codou,
caillou.
Covdis^coiidaBqaol Imitation du cri de la poule qui
Tient de pondre. Il se prend substantivement, aufig. comme
aogm. de Omdanquo, pour caqueteuse, mauvaise langue,
qui ne sent pas la portée de ses paroles. — E» trno coudkp-
wudoMquo, c'est une bavarde, une babillarde, une méchante
langue.
CSondfmgna, s. m. Gotîgnac; conGturedecmngs; eau de
coings, mélange d*eau-de-vie, de sucre et de coings infusés,
cordial fort employé dans la clinique populaire.
Ce mot, qui n'appartient pas au dialecte des Gévennes,
mais an gascon, a été adopté et s*est généralisé par les
poésies de Jasmin, qui l'a chanté dans sa charmante épopée
intitulée : Mou$ vttéénU,
Condoagnè, s. m. Cognassier, Pyms eydonia, Linn.,
artire de la fam. des Rosacées, cultivé et sauvage dans nos
pays. Le cognassier sauvuge sert à marquer les limites des
prés et jardins, à cause de sa facilité à venir par bouture.
Dans les terrains bas et susceptibles d'alluvion, les bornes
en pierre tendent sans cesse à être recouvertes; c'est pour
en reconnaître toujours la place, alors même que la t^rre
les recouvrirait entièrement, qu'on plante sur le point même
des boutures de cognassier qui s'élèvent concuremment avec
le niveau du sol et indiquent toujours le point où il faut
chercher la borne. Pour plus grande sûreté, on multiplie
ces boutures sur toute la ligne divisoire à courte distance
les unes des autres.
Dér., d'après le plus grand nombre des étymologistes, du
nom de Cydon, ville de Candie, aujourd'hui la Canée, en
gr. RuScov, d'où le lat. Cydonia. Mais le lat. appelait la
coing, Maius eotonea, sans doute à cause du duvet dont ce
fruit est recouvert; la bass. lat. en fit Caterum.W pourrait
bien nous être arrivé aussi par ce chemin.
Gondoumbre, «. m. Concombre, Cueumis sativus, Linn.,
liante de la fam. des Cucurbitacées, fruit potager, rafEral-
chissant, mais aliment indigeste et lourd mangé cm.
Coudoumbre^'asê, concombre sauvage, concombre d'àne,
Mmnordiea datmium, Linn.
I>ér. du lat. Cucumiê, cueutneris; par substitution du h
à Vê, CueumMê, dont le primitif est Cuee, chose creuse,
en celt.
Coudomi, s. m. Coing, fruit du cognassier. Ce fruit, sto-
machique et sain quand il est cuit, est, à l'état de crudité,
âpre et rtcbe, et ne se laisse pas facîTement avaler. C'est
par allusion à cette qualité sans doute qu'on a fait de Cou'
doun le synonyme de chagrin, inquiétude, qui causent un
poids sur l'estomac. — Aï lou eoudoun, j'ai un souci pro-
fond, une crainte qui m'empêche de respirer, comme si je
venais d'avaler un coing.
Dér. de Coudaugnê.
Goné, adj, m., sans fém. Coi; silencieux ; muet d'éton-
nement ou de terremr; frai^ de stupeur. — Jiitttt eoué,
ooiirt, ou bien sans mouvement. Pris ainsi adterina-
lement, Ccué s'applique aux deux genres. Coi» en fr. est
adv., autrefois il était adj., coi, crâte.
Dér. du lat. Quietus.
Couéto dé lapin, «. f. Lagurier ovale, Lagurus ovatuê,
Linn., ou Gramen ahpecouro» tpied rotundiore, graminée,
que la forme de son épi a fait nommer.
Goiifi, V, Confire, faire cuire des fruits, etc., dans un
suc, une liqueur, avec du sucre, du miel, du moût, qui les
pénètre; mitonner; choyer; dorloter; remplir jusqu'aux
bords. — Coufî d'ourgum, bouffi d'orgueil. Coufï dé m/di-
eh, plein de malice. A eouft $a$ poehoê^ il a rempli ses
poches.
Se coufi, languir dans une diambre sans sortir; se
séquestrer dans son intérieur; se mitonner chez soi.
Dér. du lat. Confieerê.
Goufin, s. m. Cabas; corbeille ou panier en sparterie, rond
ou ovale, avec deux anses, propre à porter des provisions.
Ce terme est originaire du dialecte provençal, qui n'a
pas d'autre désignation pour cabas. Son importation a
commencé depuis quelques années.
Dér. du lat. Cophinus, petite corbeille, venant du grec
K69iv(K, panier d'osier, corbeille.
Gonfla, V. Enfler; gonfler; causer un gonflement;
augmenter, prendre un plus grand volume; tuer, frapper
avec violence, atteindre quelqu'un d'un coup de pierre ou de
fusil; animer quelqu'un contre un autre, l'excitera la ven-
geance, à la haine ; lui remplir les oreilles.
Se confia, se rengorger, s'énoi^eillir; être prêt à pleu-
rer, commencer & avoir le cœur gros.
La patio ié couflo à lapastUtro, la pâte renfle et se dilate
dans la huche. Aquélos bajanoi eouflou bien, ces châtaignes
renflent beaucoup à la cuisson. Aquà ûouflo Vértouma, cela
gonfle l'estomac, lui donne des flatuosités. 5^ eoufla di
hUaXo, dé soupo, se gorger, s'empiffrer de mangeaille, de
potage. Gardoù eoufio, la rivière grossit. Aquéito pUjo fara
confia lon$ raHn$, cette pluie fera gonfler les raisins. Van
bien confia eronto iéon, on lui a bien monté la tête contre
moi.
Dér. du lat. Compare, souffler, gcmfler, exciter.
Goullaire, aire, adj. Boute-feu; mauvaise langue, qui
souffle la discorde.
Conflaje, «. m. Crevaille; autant de vivres que l'estomao
peut en c(mtenir. — Ai manja monn conflaje dé pmnoi,
je me suis gorgé de pruneaux. Gn'aviè nn eonfiaje, il y en
avait de quoi se rassasier. iVoV mann conflaje, je n'en puis
plus. — Foy. Tibaje, Bamplimén.
Gonfle, coqUo, adj. Enflé; gonflé; plein; dodu; qui a
le cœur gros de larmes ou de colère. — Confie conmo nn
péeotd, fier comme un pou, bouffi d'orgueil comme la gre-
nouille de la fable. SiH confie, j'ai le cœur bien gros. A ions
iéle confiée, il a les yeux gros, pleins de larmes.
Gonfliie, s, m. Gonflement d'estomac ^ ventosité ; météo-
risation; grosse panse. Au fig. orgueil; chagrin ou colère
ooncentsés.
212
COU
COU
CSonflo-conqni, s. m., phr. faite. Toat mets grossier et
farineux, qni fermente dans l*estomac et le fait gonfler, et
particulièrement les pois-chiches et les haricots. Dans le
même sens et plos cavalièrement on dit CoufMf, . . .e.
Coniloti, s. m. Bout-d'homme fort gros, pansu, ventru.
— Voy. Boutnbég BounUxiH,
Couga, V. Couver.
Ce mot, qui semble le même que Coua, a un sens moins
positif. Ainsi on ne dit pas Cou§a pour couver des œufs et
de la graine de vers à soie, mais on dit très-bien : — Couga
lapigoUf, être menacé de la petite vérole; entrer dans la
fièvre par où elle commence. Couga dé poumot, conserver
des pommes sur la paille. Couga là bugado, faire mitonner
la lessive. FaHre couga lasoulivos, faire fermenter les olives,
avant de les fouler. D'oulivos oougado$, des olives pochées.
Se couga, ou couga ta$ gnitros, rester au lit la grasse mati-
née. — Voy, Coua,
Dér. du lat. Cubare, être couché.
Congna, congnado, s. Beau-frère, belle-sœur. S'applique
également au frère et à la sœur de la femme, au mari ou à
la femme de la sœur ou du frère, au père et à la mère du
gendre et de la bru.
Dér. du lat. Cognatu$, parent, allié.
Gougné, s. m. Coin, pièce de bois ou de fer, servant soit
pour fendre du bois , soit pour déliter un banc de pierre
dans la carrière, soit pour assujettir un outil à son manche :
cale. — Isêarta.âou cougné, greffer en fente.
Dér. du lat. Cunetu, m. sign.
Congnèîro, s. f. Fondrière, terrain bas et creux où la
neige, chassée par le veut, s*amoncè]e à une très-grande
hauteur et se nivelle avec le sol adjacent. Dans les routes
des hautes montagnes, ces fondrières offrent un grand dan-
ger aux voyageurs, parce que la neige, nivelant les chemins
et les champs, si un voyageur égaré manque la route et met
le pied sur la fondrière avant que sa surface ne soit durcie
par la gelée, il disparait abimé, avec cheval et voiture. Le
passage est surtout dangereux quand il règne de ces bou-
rasques qu'on appelle Cira (Voy. c. m.), parce qu'alors la
neige aveugle et empêche de voir ou de calculer la direction
de la route.
Dér. probablement du gr. Tcovfa, angle, coin, ou du
celt. Kon, Kan, même sign. — Voy, Candïargue.
Goagnéta, v. Mettre un coin à un outil pour en assujettir
le manche, et le rendre solide ; caler un meuble, une table.
Congoorlià, t. m. Terrain ou lieu planté de courges;
pied de courge, la plante elle-même. — Aquélo fïo réstara
ûou eougourliè, cette fille restera fille : comme une courge
qu'on laisse sur pied sans l'employer; elle restera pour
coiffer sainte Catherine.
Gougovrlo, j. f. Dim. Cougourléto; péjor. Cougourlasso.
Courge; citrouille; potiron; CucurbUa, Linn., nom géné-
rique qui comprend toute la fam. des Cucurbitacées, dont
les variétés sont nombreuses. La citrouille proprement dite,
melonnée et musquée, s'appelle PastU; le potiron, la gro$so
m
Cougourio; la gourde de pèlerin, Ènvinadouïro: le giran*
mont, poire à poudre, fausse orange, CougourUto; les
trompettes, Coumé, etc. La généralité des courges à manger
se nomme aussi Boutêio.
Cougourio est souvent employé, au fig., pour dire : une
sotte, une niaise.
S'émbroMta eoumo dos eougourhs, s'embrasser comme
pain, de tout son cœur, avec bonheur et empressement.
Dér. du lat. Cucurbita, m. sign.
Gonguioulo, «. f. Primevère jaune, Primilavêrii, Linn.,
plante de la fam. des Primulacées, qui fleurit aux premiers
jours du printemps.
C'est le même nom, Couguioulo, que porte la folle avoine,
averon, Avma faiua, Linn. — Voy. Civado-folo.
Gooiandro, s. f. Coriandre, Coriandrum sativum, Linn.,
plante de la fam. des Ombellifères. Sa graine est employée
dans la confiserie. — Voy. Grano dé boudin.
Gouiasto, j. f. Nom d'une espèce d'olive : la plus grosse
et la plus arrondie; c'est celle que l'on fait confire de pré-
férence.
Gonîda, v. Agenouiller; faire décrire un angle, un coude,
à une branche, à un provin . à une marcotte ; courber un
sarment en terre, pour lui faire prendre racine; bifurquer;
décrire un angle. — Lou cami se couïdo énd'un tel éndré,
le chemin forme un angle, se dévie, change de direction à
tel endroit.
Gouide, s. m. Coude, partie postérieure de l'articulation
du bras avec l'avant-bras ; angle plus ou moins aigu formé
par la rencontre de deux lignes; changement de direction
d'un chemin. — Leva loû eouxde, hausser le coude; chopi-
ner; sô griser. Aï moun couïde trâouqua, mon habit est
percé au coude. Aqud foi lou couide, cela est courbé.
Dér. du lat. Cubitus, m. sign.
Gomdéja, v, fréq. Coudoyer; heurter avec le coude;
donner des coups de coude ; pousser avec le coude.
Comdéjado, s. f. Coup de coude.
Gouîfa, V. Coiffer; mettre une coiffe, une coiffure; arran-
ger les cheveux.
SécovXfa, se coiffer, s'amouracher; prendre une lantsdne.
Gomfé, s. m. Dim. Couïfétoù. Coiffe particulière aux
paysannes en dessous d' Alais et de La Vannage ; sorle de
calèche à longues barbes de dentelle ^i, après s'être croi-
sées sous le menton, viennent se fixer sur le haut de latèle.
La mode nouvelle effaice peu à peu tous ces costumes natio-
naux. Cette coiffure n'est plus portée que par les femmes
de la génération précédente de la nôtre. Le type s'en con-
serve particulièrement dans le village de la Calinette. —
Voy. Coïfo.
Gouîoon, s. m. Dim. Couïouné; augm. Couïouna$. Sot;
imbécile; benêt; nigaud; lourdaud; butor; triste ûre;
animal.
Tous les dictionnaires français, sauf sans doute celui des
Précieuses, mais y compris celui de l'Académie, air^gistrent
le subst. masc. Coïon; et ils font bien. S'il fallait niettie
cou
cou
S13
ao rebat tons les' mois qui ont avec certains autres une
amsonnance entière on partielle dont on peut abuser^ les
dictionnaires diminueraient bien d'épaisseur et le calem-
bourg de ressources : ce qui serait un grand malheur.
L'orthographe de ce mot, qui défend de toute méprise
écrite ou parlée, sa signification qui est exclusivement
en fr. lâche, poltron, sans cœur, ce que confirme son
étymologie, car on le fait venir du lat. Quietui, paisible;
fuyant la peine; ami de la paix; en voilà bien assez pour
le faire, en sûreté de conscience, admettre à sa lettrine, en
avisant toutefois, ce qui n'est pas de trop, qu'il n'est pas
du style très-noble.
On ne doit avoir aucun scrupule d'en faire autant pour
son correspondant languedocien, qui a même un avantage,
puisque son orthographe et sa prononciation l'isolent plus
encore et empêchent de le confondre et de' le compromettre
avec qui que ce soit. Cela dit, pour les besoins de la cause,
aussi clairement qu'il m'était possible si ce n'est autant
qu'il l'aurait fallu, rentrons dans notre spécialité.
Notre vocable n'a pas du tout la signification de lâche,
couard, que lui donne le français, — et il me semble du
reste que ce dernier a tout à fait abandonné cette acception,
qu'on ne trouve plus que dans ses dictionnaires, pour
adopter dans l'usage la nôtre, que l'Académie fera bien
d'ajouter si ce n'est de substituer. — Cou'wun, qui se fémi-
nise selon les exigences, signifie, nous venons de le dire :
sot, niais, imbécile, lourdaud et butor; animal ; triste sire;
quand il est prononcé sérieusement ou dans la colère; mais
dit en riant, dans l'usage commun, il n'a aucune applica-
tion insultante et il n'est qu'une épithète qui correspond
tout au plus au fr. nigaud, employé dans les mêmes cir-
OMistances. Ainsi adoucie, cette appellation n'est devenue
que trop parasite dans les dialogues libres et familiers, et
même les personnes du sexe, un peu fortes en gueule, il est
vrai, ne s'en font pas faute. Aussi, an pu Uou dit couïoun
que moussu, on a plutôt dit Couïoun que monsieur, remar-
quait quelqu'un à propos de ces formes de discours un peu
bien sans gêne. C'est ce qui fait qu'après avoir assisté à une
de ces conversations animées, où assez de monde avait pris
part, et qui par conséquent avait été abondamment lardée
du bannal vocatif qu'on se renvoyait à l'envi , un étranger
se prit à dire, moitié figue et moitié raisin : 11 parait qu'il
y a beaucoup de coïons dans ce pays-d. — Mais honni soit
qui mal y pensait! D'ailleurs, vôou mai èstrs eoiiXoun
qu'anugU, exclama un jour un combattant qui se trouva
un peu trop exposé aux balles dans une de ces escarmou-
ches. On cessa le feu et on lui demanda le pourquoi de
cette bizarre proposition. Pérei qu'on né vëï d'douires,
répondit-il, c'est qu'on en voit d'autres; et cela est devenu
le ecmsolant dicton dont on ne manque jamais d'user en
pareil danger, sans se fâcher autrement.
On voit qu*à r^arder de près quelques-uns de ces mau-
vais garçons, ils ne sont pas aussi méchants qu'ils en ont
Tair de loin. Certes, je n'engage pas pour cela à les fré-
quenter : ils sont suspectés, c'est assez et il faut faire d'eux
comme César de sa femme. Mais quand l'occasion se pré-
sente de les défendre, et il n'est même pas mal de la cher-
cher, alors qu'on en a fait son état, il y a utilité et justice
à le faire. J'ai cru d'autant plus à propos de le tenter encore
pour ce mot-ci qu'il entre dans un dicton qu'il eût été assez
diflScile d'accueillir sans s'être bien expliqué, et assez ori-
ginal pour qu'on n'eût pas regretté de l'avoir mis en retenue.
— Tris eouïouns manjavou'n api, U suçavo lou grél, mot
à mot : trois imbéciles mangeaient un céleri, et lui suçait
le bout ou la feuille. On dit cela de quelqu'un qu'on veut
dépeindre tellement bête que le premier idiot venu en sau-
rait plus que lui. Dans le céleri, — ceci est élémentaire en
gastronomie, — le pied seulement est bon, lou ealds; le
commencement des côtes, tant qu'elles sont blanches, est
admissible; l'extrémité de la tige, les feuilles surtout ne
valent rien, on les supprime. Dans une salade tout au plus
et pour achever de remplir le saladier, on peut laisser un
peu de ces extrémités avec quelques feuilles nouvelles,
gréls; mais elles ont toute chance de rester au fond du
plat. — 11 est certain que si trois individus minces d'esprit
se trouvent attablés autour d'une telle salade et que deux
de ceux-là, visant à se garder les bons morceaux, peuvent
persuader le dernier que la mauvaise part, lou grél, vaut
autant et peutétre mieux et le lui laissent à manger, c'est
qu'ils sont plus fins que lui ou plutôt qu'il est plus bête
qu'eux encore, bête par conséquent au dernier degré de
l'échelle.
Un sot trouve toujoure un plus sot qui l'admire. Notre
troisième convive est le plus sot ; et c'est ce qu'a voulu
faire entendre notre proverbe, et ce qu'il signifie dans
l'usage fréquent qu'on en fait.
Couïoun eoumo l'abè Lati, plus bête que celui qui inventa
la bêtise. Notre lang. a-t-il trouvé dans cette phrase faite
quelque consonnance ressemblant à la traduction française,
une sorte de calembourg , pour mettre en scène un person-
nage de fort sotte mémoire, qui n'est pas d'ailleurs autrement
connu? Nous ne saurions le dire; mais notre goguenardise
en est bien capable.
Gouiouna, v. Tromper, duper; attraper, mystifier quel-
qu'un; plaisanter, hâbler, railler, goguenarder et goailler;
dire des fariboles, des gaudrioles.
Ce mot, comme les deux suivants, n'a pas plus que
leur chef de file, qui les a formés, une figure qui prévienne
dès l'abord en leur faveur : il serait inutile de le dissimuler.
Ils sont mal vus dans la bonne compagnie. Malgré tout,
ceux-ci, bien plus que le premier, s'ils comparaissaient de-
vant un jury, auraient droit aux circonstances atténuantes.
Le fait est qu'il ne s'agit pour eux que de plaisanterie, que
de hâbleries au gros sel le plus souvent, et pas davantage.
C'est dans cette acception que ces termes, qui ne sont pas
si diables que noirs, sont employés, et c'est là leur excuse
pour les faire admettre ici. C'est avec ce caractère que le
verbe ci-dessus se présente dans le dicton proverbe :
^14
COU
COU
CouVotinan ou manjan d'agr^otoi? est-ce pour plaisanter
on sérieusement, dit-il, que vous fûtes cela? Est-ce poor
rire on tout de bon? — G*est bien là le sens da languedo-
cien, dans lequel se remarque aussi une opposition, une
alternative. Le premier mot, c'est entendu, signifie : plai-
santons-nous? rions-nous? Gomment le second membre de
phrase peut-il représenter le sens du français? G*est bien
simple. Les cerises-griottes, — ^pio<, du grec, ma foi!
agrioto, aigre, fort bien conservé pour son âge, — sont
assez aigres en effet pour faire faire^à qui en mange une
grimace qui ressemble assez au rire, comme le rire ressemble
parfois à la grimace, témoin le rire sardonique. G'est donc
comme si Ton demandait : Est-ce rire ou grimace? lorsqu'il
y a lieu de douter. Un dicton qui s'exprime ainsi est bien
capable de faire innocenter les mots les plus verts. Couiouna
quâouquus, ^pomper, duper quelqu'un ; le plaisanter. Sam
eoftXouna? interr. : Sérieusement? Sans plaisanter? Sout
esta bien coutouna, j'ai été bien attrapé.
Comounado, s. /*. Tromperie; badinerie, plaisanterie
grossière, d'un goût douteux, trop libre, impertinente;
goaillerie; hâblerie; gaudriole; coglionerie dans le sens de
celles de l'Arioste; sottise; maladresse. — Quinto eotiiou-
nadof quelle farce! quelle hâblerie! Agud's pa'no cautou-
nado, ce n'est pas une plaisanterie. Y a dé eouïounado âou
jo, il y a quelque dessous de carte ; ceci n'est pas bien clair.
Pa» di eouïounado, pas de plaisanterie; sérieusement.
Couïounado à part, plaisanterie à part. Tout aqud's dé
eovXouncido, tout cela ne signifie rien ; ce ne sont que des
bêtises. Aïtno à dire, à entendre di eoutounados, il aime à
dire, à entendre des gaudrioles, des hâbleries. Ènténpae la
eouïounado, il n'entend pas la plaisanterie. A fa uno pou-
lido eouïounado, il a fait une fameuse sottise, une fiére
maladresse.
Couoimaîre, airo, adj. Railleur; plaisant; moqueur;
goailleur; goguenard; mystificateur.
Couîre, s. m. Guivre; métal rouge&tre, sonore, dur,
ductile, fusible et malléable.
Dér. du lat. Cuprum, formé du gr. Kâicpoç, nom de l'Ile
de Ghypre, d'où le premier cuivre a été importé.
Comssl, s. m. Dim. Couistiné. Goussin; carreau de lit,
de siège, de sopha, etc.; oreiller; traversin, oreiller long
qui s'étend de toute la largeur du lit. — Ou a prés âou
MguK ou laïisara dou eouïssï, c'est un défaut, un vice qu'il
a pris au berceau, et qui le suivra au tombeau. Lou eovXssi
porto tout, l'oreiller est un remède à tous maux, dît-on d'un
ivrogne en l'envoyant au lit cuver son vin. Lou eouïùi
éndor lou sagan, le lit conjugal étoufie toutes les querelles
de ménage. Un eo dé eouïtii, un long sommeil.
L'étym. de ce mot n'est pas sans être discutée. Du Gange
le dérive du lat. Culeita, matelas, oreiller; Hottman et
Ménage de l'ail. EUisen, coussin; Ferrari de l'ital. Cueeire,
coudre, puis de Coxa, cuisse, parce qu'on met des coussins
sous les cuisses; ce qu'approuvent fort Govarmvias et
^Court de Gebelin, à cause, dit odni-ci, que Foreilfer rdéve
la tète, comme les jambes relèvent le corps. Perrault penche
pour le lat. Pultrinue, matelas, coussin ; Roquefort les cite
tous et ne prend point parti. Nous imiterons sa réserve.
Coidtre, «. m. Goutre, fer de charrue, tranchant ; instru-
ment tranchant, à manche, à l'usage des bdsseliers, pour
refendre le bois d'une manière régulière.
Dér. du lat. Culter, couteau.
Couja, V. Goucher, mettre dans un lit; étoidre horizon-
talement; étendre par terre; renverser. Se couja, se mettre
au lit ; se coucher par terre. — La luno eé cqjo, ou eé to^jo,
la lune se couche. Fat té eouja, va te coucher : tu m'en-
nuies, va te promener. La plèjo a couja lous bka, la pluie
a fait verser les blés. Lou eoujè âou $ôou, il le renversa par
terre.
Dér. du lat. CoUocare, placer, mettre en place.
Conjado, s. f. Gouchée; gîte, lieu où les voyageon
s'arrêtent pour passer la nuit ; ce que l'on paye pour souper
et coucher dans une auberge; fin d'une journée de route.
— Sérén lèou gandU à la eoujado, nous serons bieotAI
rendus à la couchée; nous touchons au terme de la route
pour aujourd'hui. Çai tes dé eoujado? Gouchez-vous id?
Coujan, s. m. Gouchant, endroit du del où le soleil
parait se coucher; ouest. — Vèr lou coujan, à l'ouest, au
couchant.
Conjan, a^j. m. Gouchant, qui se couche. -— A somrél
coujan, au soleil couchant.
Coula, V. Gonler; suivre sa pente, en parlant d'un
liquide; passer quand il est question du temps; suinter;
transpirer; glisser; décuver son vin, tirer la cuve. —
Aquélo bouto eouh, ce tonneau transpire, ou perd par
quelque fissure. La eoulavo douço, il passait la vie gaiment.
Couro coulas? Quand décuvez-vous votre vin, quand aou-
tirez-vous le vin de votre cuve? Couiala frii^o, abreuver
la lessive. Afaïra eotfnio tin pâoure home que couio sa
trémpo, affairé comme un pauvre homme qui décave sa
piquette; parce que le pauvre n'ayant pas ou peu de vin,
sa piquette est une grande affaire pour lui.
Dér. du lat. Colare, coul^, filtrer.
Coula, V. Goller; joindre et faire tenir avec de la oolle;
placer contre , appliquer, rendre adhérent. — T es coula,
il y est collé; il est forcé de passer par là.
Dér. de Mo, colle.
Conlado, s. ^ Goulée, le temps ou l'action de décuver le vin.
Couladoù, s. m. Gouloir, espèce d'écuelle de bois, ou
d'entonnoir court, en fer blanc, dont le fond peroé est
garni d'un linge pour passer un liquide, particuliArement le
lait; crible pour le blé, en couenne de porc, peroé de trous
ronds à travers lesquels passe le grain et qui retient les
pierres, les débris de paille et les fragments d'épis noo
dépouillés. — Voy. Cruvèl,
Dér. de Couia.
CoulariTO, s. f., ou GoolériTO. Gollier d'atlelage de
bêtes de labour, disposé pour les tenir parallèleiDent à ime
certaine distance : cette manièro ooDsiste à atteler deos
cou
cou
315
bètes à un araire qu'elles tirent au moyen des colliers de
labour portant sur un cadre en bois qu'on nomme jouatoi;
œ mode s'appelle aussi : Lâoura àou <hublU.
La Caularivo est encore un terme de maçon pour dési-
gna la manière de porter, à deux, quatre ou même six, un
kHud fardeau, comme poutre ou pierre de taille. On entoure
la pièce de plusieurs tours de corde lâche, à distance les uns
des autres; on passe transversalement dans ces espèces
d'anneaux un fort rondin de bois, dont chaque extrémité
doit poser sur l'épaule d'un des porteurs, par couples : le
nombre de ces porteurs de deux à deux varie suivant le
poids ou la longueur de la pièce.
Dêr. de Coi, cou.
Coulafl, s, m. Collier de labour, de charrette ; collier de
chien de berger, de sonnette de brebis. — Aquél ehivcUprén
bien lou coulai, ce cheval tire avec ardeur; il mord bien
au collier. Préne lou coula», au fig. s'atteler au char du
mariage; se marier.
Dér. de Col.
Coulé, s. m. Colline, petit coteau; monticule; collet
d*habit ; petit manteau court qui couvre le cou et les épaules.
— Pér valouns d pér cotres, par monts et par vaux. Lou
CouU dé VUofoti, le Collet de Villeforl, n. pr. comme lou
OnOé dé Brin, commune de Concoules, le Collet de Brin ;
désignations locales, traduit directement en fr. Collet,
dim. de Col, colline. Pichà-coulé, petit collet, ecclésiastique.
Réde coumo lou coulé dé Boubèr, empesé comme un pédant.
Dér. et dim. de C(d.
CSonlèje, s. m. Collège, lieu où se fait l'enseignement des
lettres, langues et sciences. — A passa davan lou coulèje,
c'est un ignorant; il a passé devant le collège, c'est-à-dire
qu'il n'y est pas entré.
Dér. du lat. Collegium, assemblée.
CSonlérèto, s. f. Collerette; collet de femme, soit mon-
tant, soit retombant sur les épaules.
Emp. au fr.
CSonlériTD, s. f, — Voy^ Coularivo,
Conlèro, s. f. Colère; emportement; vive indignation.
Dér. du gr. XàXoç, bile : les anciens attribuaient la
colère à l'agitation de ce liquide.
Gonlétoà, s. m. Percepteur des contributions; collecteur
des tailles : personnage fort connu et fort important pour
toutes les classes.
Dér. du lat. CoUcctor, quêteur, qui lève les impôts.
Goulinat v. Glisser; s'ébouler sur un plan incliné, lente-
ment ; s'en aller sans bruit et sans secousse brusque.
Dèr. du lat. Ccttis, colline, plan incliné, proclivité.
Goulino, s. f. Ce mot, qui semble synonyme du français
colline* est au contraire son opposé; car il signifie : bas-
fond, comparativement aux bords plus élevés qui l'entou-
rent. C'est la partie la plus basse d'une terre, d'un pré, à
conditioQ qu'dle ait des bords relevés ; car une terre qui
final en proclivité continue ne peut s'appeler Coulino, C'est
en petit oe qu'est en plus grand une vallée.
ConliquOB, «. f. Colique; tranchées dans le ventre. —
Mé {ai fsénï Uu eouliquos, il me donne le cauchemar, le
spleen, des vapeurs, par l'ennui qu'il me procure, ou par la
sottise de ses propos.
Dér. du lat. Colina, venu du gr. KuiXix6(, formé de
KcûXov, intestin colon, qui est d'ordinaire le siège de la
colique inflammatoire.
Coulitor, s. m. Espèce de raisin blanc, peu agréable à
manger, mais qui donne de très-bon vin blanc.
Coulobre, «. m. Couleuvre, dragon, serpent ailé, suivant
la superstition populaire. Le peuple des campagnes est
persuadé que la couleuvre se raccourcit en vieillissant,
prend des ailes et augmente beaucoup de méchanceté : c'est
ce qu'on appelle s'acouloubri , et par conséquent aussi
s'acouloubrï, c'est grandir en malice, en méchanceté.
Au fig. un coulobre, une fille effrontée , garçonnière ; un
dragon.
Dér. du lat. Coluber, couleuvre.
Couloubrignè , «. m. Sureau, Sambucus nigra, Linn.,
arbre de la fam. des Caprifoliacées, commun partout. Sa
fleur joue un grand rôle dans la pharmacie populaire : elle est
employée surtout en décoction comme puissant sudorifique.
Le nom lang. véritable de sureau est Sambu, on ne
l'appelle Couloubrignè que par relation avec le mot Coulou-
brino, ci -après. — Voy, Sambu.
Couloubrino, s. f. Couleuvrine; instrument d'un jeu
d'enfant. C'est un tube formé d'un bout de tige de sureau
coupé entre deux nœuds et vidé de sa moelle. On place aux
deux extrémités deux tampons de filasse ou de papier
mâché et humecté qui interceptent l'air hermétiquement;
puis, au moyen d'une baguette taillée en forme de piston,
on force l'entrée d'un de ces tampons dans le tube, jusqu'à
ce que la compression de l'air soit assez forte pour chasser
le second tampon, ce qui a lieu avec un bruit pareil au
claquement d'un fouet : c'est en petit une sarbacanne.
Ce mot est emprunté au fr. couleuvrine, grosse pièce
d'artillerie qui a quelque rapport de fonction avec la Cou-
loubrino des enfants; sa forme d'abord, ensuite le bruit et
le projectile lancé. Le fr. vient de Couleuvre, avec qui il a
quelque ressemblance par sa forme allongée et cylindrique.
Coulouèr, «. m. Sorte d'ustensile ou d'outil en fer-blanc,
en forme de tuile , dont les épiciers , les regrattiers et les
grainetiers se servent pour puiser certaines marchandises du
sac ou du,tiroir qui les contient, et les faire tomber peu à
peu dans la balance, jusqu'à ce que le plateau ainsi chargé
retombe au niveau de celui qui porte les poids.
Dér. de i>nUa.
Couloumbasso, s, f. Espèce de feuille de mûrier qui est
une des plus estimées pour sa qualité et sa quantité. Elle
est lai^e, faite en cœur et porte une seule dentelure vers le
milieu de sa circonférence. Cette feuille n'est pas plus
épaisse qu'une autre, mais son arbre pousse plus de bois et
surtout intérieurement où il garnit son enfourchure de
menus scions.
916
COU
COU
La Couloumbasêo est encore une variété de la graminée
appelée fenasse on herbe à foin. Sa tige 8*éléve très-haut et
porte au sommet un épi en forme sphérique. Elle donne un
foin grossier et dur.
Conlae, s, f. Lit de plumes; matelas de plumes.
Dér. du lat. Culeitra, m. sign.
Ck>iimaire, i.f. Dim. CovmaVré/o. Joujou, jouet d*enfant.
— Faire coumaïre, jouer k la madone, an ménage; jeu
dans lequel Tun des enfants fait le mari, l'autre la femme,
les autres les enfants ou les domestiques, et où chacun des
acteurs apporte sa portion de joujoux, tels que petites
pièces de ménage, des poupées, de petits meubles, des
chevaux et des chars, ainsi que toute cette bimbeloterie
que nous expédie Nuremberg, et qu*on appelle proprement
et génériquement dé Coufnaïr98,ovL Coumaïrétos. — M'a prés
touias nuu eoumaïres, il m'a pris tous mes joujoux. Cou-
maïre, et fatre coumaïre, se dit aussi pour amusettes,
enfantillages, occupations peu sérieuses, qu'on se permet à
tout âge.
Coumairéja , v, fréq. Jouer an ménage, en parlant des
enfants, ou à la manière des enfants ; faire des commérages,
s'occuper de fadaises, de babioles.
Ck>iimaiida, i>. Commander, donner des ordres ; comman-
der à un ouvrier les objets de son art; fixer, arrêter le
bout d'une corde ou d'un garrot de manière à ce qu'il ne
puisse se détordre, se dérouler. — M'ou ooumandè, il me
l'ordonna. Coumanda dé iouiès, commander à un cordon-
nier de vous faire des souliers. Sans vous eoumanda, est
une formule de politesse lorsqu'on demande à quelqu'un un
léger service, ou un dérangement momentané : c'est comme
si on lui disait : ceci n'est pas un ordre, mais une prière.
Dér. du lat. Commêndare, recommander, confier.
Conmandamén, s. m. Commandement, ordre donné;
droit de commander. — Lous eoumandaméns, les comman-
dements de Dieu et de l'Église.
Ctoumandan , anto, adj. Celui qui commande, qui a le
droit de commander ; impérieux ; un chef de corps, de troupe
quelconque, sans égard pour le grade de celui qui l'exerce.
Ckiumando, s, f. Commande, ordre à un ouvrier d'exé-
cuter un objet de son art. — Marehandiso dé eoumanda,
ouvrage exécuté par commande, par opposition à celui qui
est fait de pacotille, à l'avance, ou pour magasin , et qui
«l'est jamais aussi bien confectionné que celui qui l'est par
commission spéciale.
Coambla, v. Combler, remplir autant qu'il est possible;
remplir un vide, un bas-fond quelconque jusqu'aux bords.
Dér. du lat. Cumulare, ou Complere, ra. sign.
Coumble, s. m. Comblement, remblai, la matière qui
sert à combler. — Aguà demanda un M eoumble, il faut
beaucoup de matériaux pour combler oela. A un for
wunMe, ce vide est fort grand à remplir.
Goumbo, s, f, Dim. CounUtéto; péjor. CoumbasMo, Vallée
étroite, ou mieux gorge entourée de collines, resserrée entre
des montagnes.
C'est de ce mot qu'ont été formés les noms propres
d'homme : Coumbo, Combe; La Coumbo, Lacombe; Las
Coumbos, Lascombe. Il entre aussi dans les noms de lien :
Coumbo-bâoudo , augm. de Coumbos; Caumbo-rédoundo»
vallée arrondie; la Gran-Coumbo, la Grand'Combe, com-
mune et canton, arrondissement d'Alais, notre grand centre
houiller. Les dim. et augm. ont fourni les noms de Cownbé,
Combet, ias Coumbétos, et Coumbos; d'où Coumbalusiè»
vallée luisante; et probablement Coumbié, Combier; Dés-
eoumbié, Descombiers ; Coumbal, Combal ; qui tous ont été
francisés.
Dér. du gr. Kù^^cç, enfoncement, cavité; en bas-breton
Komb, vallon, vallée.
Coumédièn, s. m. Comédien; batteleur, baladin, jon-
gleur, n'importe le genre de spectacle qu'il dcmne. Au fig.
hypocrite, qui joue toute sorte de rôle pour tromper la
confiance. — Au fém. Coumédièno, m. sign.
Coumédio, s. f. Comédie; curiosité de la foire; toute
sorte de spectacle et de jonglerie ; hypocrisie, faux-semblant;
larmes ou déclamations simulées.
Dér. du lat. Camœdia, formé du gr. Ku»(it), bourg et
9^ii, chant.
Couménça, v. — Yoy, Aeouménça.
Couménçanço, s. f. Commencement d'un livre, d'an
chant, d'un spectacle. — Voy. Aeouménçanço,
Couméaaari, s. m. Commissaire de police.
£mp. au fr.
Couméasioa, s. f, Dim. Couméssûmnéto. Commission.
On appelle Couméssiou toute allée et venue que fait un
domestique , un commis , un subordonné quelconque dans
l'intérêt de son maître; et les diverses courses que Von fait
soi-même dans un but d'utilité personnelle. C'est aussi un
terme générique sous lequel on désigne l'objet d'une course
qu'on veut cacher. — Aï fo vosio eoumissiou, j*ai rempli
l'objet dont vous m'aviez chargé.
On remarquera la différence d'accentuation entre le mot
Couméssiou et son dim. Couméssûmnéto : la prononciation
de la diphthongue iou, ici et là, est en effet très-difièrente.
Dans le premier, î est marqué d'un accent circonflexe pou
indiquer la lettre tonique et dominante, sur laquelle la
tenue se fait; dans le second, les deux voyelles sont privées
d'accent , la voix les fait entendre sans appnyer snr Tune
^lus que sur l'autre. La distinction entre ces diphthon(iies
homographes est que l'une, accentuée, est masculine* grave:
l'autre sans accent, est féminine, muette. — Vày. Aein.
Dér. du lat. Commissio.
Coumo, adv. Comme, de même que, ainsi que; comment,
de quelle manière. — Coumo que n'ane, de quelle manière
que la chose tourne. Coumo farén? comment feroiia-noiisT
Coumo que siègue, quoi qu'il en soit. Prvb.: €kHsfno Unu géms,
Véneén, selon les gens, l'encens. Save pae amfno n'aa pas
vérgougno, je ne sais pas comment tu n'en as pss bonté.
Coumo prend encore diverses acceptions ijai prodniaeot
des idiotismes propres au languedocien. — ArM
cou
cou
217
m'én-wiave, il arriva an moment où je partais. Es michan
flOMino tout, il est horriblement mauvais. Es véngu coumo
U, il est venu en même temps que lui. Es pas gaidr eoumo
vous, il n'est pas aussi bien portant que vous.
Dér. du lat. Quomodo, m. sign. En ital. Coms, espag.
port. Como,
Conmode, odo, adj. Facile, traitable, d'une société
douce; qui jouit d*une honnête aisance, aisé dans une
condition un peu inférieure. Se dit des personnes, et moins
bien des choses , quoique la ressemblance du mot avec le
fr. l'ait soumis à quelque déviation.
Dér. du lat. Cum, prép. et Modus, mesure, mode.
Conmodo, s. f. Commode, meuble à plusieurs tiroirs pour
le linge et les bardes.
Emp. au fr.
Comnoul, onlo, aâj. Comble; comblé, plein au-dessus
des bords. Se dit des mesures de capacité de matière sèche,
comme les grains, les châtaignes, les noix, les glands, etc.,
dans lesquelles on peut entasser la denrée en c6ne. Un
décalitre comble ou comblé est l'opposé du décalitre ras ou
rasé, quand on fait passer le rouleau sur ses bords pour
faire tomber tout ce qui dépasse ce niveau. — Séméno ras
cf euiis eonmotd, il cueille fort peu de grains au delà de la
semence, seulement la différence de la mesure raso à la
antmoylo; ce qui est peu de chose.
Dér. du lat. Cumulus, dim., tas, monceau, comblement.
Conmoula, v. — Voy. Acoumoula,
CSonmoulim, s, m. Comble ; tas; monceau; le par dessus.
Dér. du lat. Cumulus, subs. de Coumoul,
Conmpagnè, s. f. Compagnie de soldats. — Coumando
«no coumpagnè, il est le commandant d'une compagnie.
Dér. du lat. Cum, et Panis, qui mange le pain avec un
autre. D'autres soutiennent qu'il vient de l'ancien mot
teutonique Eompan, compagnon, ou de Coumpagn, Corn-
pagn, d'origine incertaine. Peut-être serait-il aussi simple
de chercher son étym. dans le lat. Compages, assemblage,
liaison.
CSonjnpagno, s. f. Compagnie, société, assemblée de plu-
sieurs personnes ; compagne , mari et femme , ou bien de
jeune fille à jeune fille. — Une femme dit de son mari :
ma eoumpagno. Adioussias omat à la wumpagno, bonsoir
{i la personne à qui l'on s'adresse en particulier), ainsi
qu'à tonte la compagnie.
Même étym. que pour le précédent et tous les composés .
qui suivent.
Coumpagiioù, s. m. Compagnon, ouvrier en sous^rdre
du maître ; compagnon de route; frère d'armes; compagnon
du devoir. — La trilogie des scieurs de long se compose
dâou mèsire, ddou coumpagnoik et dé Vapéndtis, du maître,
du compagnon et de l'apprenti. Le premier et le dernier
tirent la scie d'en bas; le second, debout sur la bique, n*est
chargé que d'élever la scie quand elle est descendue, œ qu'il
fait à vide, la scie ne mordant que de haut en bas et non
de bas en haut; mais il dirige le trait.
Coumpagnonnaje, s, m. Compagnonnage, société d'ou-
vriers; un devoir de compagnon. — Dé quinte eoumpa-
gnounaje siès? à quel devoir appartiens-tu?
Coampaîre, s. m. Compère: gaillard éveillé, réjoui; fin,
gai, adroit. — Es un eoumpàire, c'est un fin compère; un
luron, un bon drille. Coumpaire et eoumaïre ne sont plus
usités pour signifier ceux qui ont tenu un enfant sur les
fonts baptismaux. Pér eoumpaïreet pér eoumaïre n'est que
du franchiman.
Formé du lat. Cum, avec, et Pater, père.
Coumparéaoù, s. f. Comparaison; supposition, hypo-
thèse; exemple. — Pér Uno coumparésoù , en supposant.
Véou vous faire uno coumparésoù, je vais vous poser une
hypothèse. Métèn, pér uno coumparésoù, que ses moun frèro,
admettons un instant, supposons pour un moment que vous
êtes mon frère. Sans coumparésoù est une formule polie, une
précaution de civilité, dont on se sert quand on compare
les bêtes aux gens : Bramo coumo un aie, sans coumpa-
résoù, il crie comme un àne, pardon de la comparaison.
Dér. du lat. Comparatio.
Coiimpés, s, m. Compois, anciens cadastres des commu-
nes, où chaque propriété était désignée et confrontée, non
d'après les numéros d'un plan, comme aujourd'hui, mais
en réunissant, sous l'avération de chaque propriétaire,
toutes les parcelles de propriété qu'il possédait. Quelques-
uns de ces registres sont faits avec une précision qui étonne
de nos jours, surtout lorsque l'on compare la modicité du
prix dont ce travail était payé avec le luxe de dépense
qu'entraine le cadastre moderne, qui, malgré tout cela, est
souvent inexact. Aussi, dans une foule de discussions
judiciaires, à défaut de titres contraires, les tribunaux
attachent-ils avec raison une certaine importance aux
renseignements donnés par ces registres.
Dans les archives municipales, il existe un cadastral
communal de 4 642, qui porte en tête le verbal d'adjudica-
tion des frais de sa confection, y compris le coût de la
transcription au net de ce registre qui est un gros in-folio
de 4,500 pages. Il fut adjugé au prix de 470 livres.
Aujourd'hui un copiste ferait payer ce prix de sa seule
transcription.
Dér. probablement du lat. Compositus, mis en ordre.
Conmplaire , v. Chercher à plaire à quelqu'un, le
caresser; aller au devant de sa volonté, de ses désirs, de
ses caprices. — Té f&ou bien eoumplaXre à toun ouncle, il
faut cajoler ton oncle, capter son affection.
Dér. du lat. Complaeere.
Coumplasén, énto,a((;. Complaisant, qui cherche à être,
à se rendre agréable.
Coiimpliinéii, s. m. Compliment; paroles civiles , obli-
geanly, affectueuses; félicitations; éloges; politesses; flat-
terie; cérémonies. — Farés dé mous eoumpliméns à foui
lou moundê dé l'oustâou, vous présenterez mes civilités à
toutes les personnes de la maison. Mous eoumpliméns à ma
ianto, mea respects à ma tante. Foi'r» un eoumplimén.
■lir
GO II
COU
■l-..i'!i iiji.- h.ir.iii;.'!!»' <if IV'lioitalioiis, ou on parlant il'iin
•'•!.: ij.t., iiMii' r sdii (((iiiiiliniciil ilf jour (l<^ l'an ou de IV'lc ii
il rii^
Coumplimcrita, r. CofiiplnufiiltM-, IV-licitcr, con^'ratulr'r,
Couinpliinéntous, touso, (i/j. (loinpliincnlrur, ailula-
l/iii , Il il(< ur, |)iu'Ji..'H' il'' ci^ilil''?» cl di' I'iAimn^iccs.
Couiiiplo, >. //' <vuii{tlut, di'sscin ci'unini'i fornir* en
Cournplouta , ». (> • nj-l-l-r, «on.spin'r ; l'orincr un ni.m-
Ij-f. ïi i.l. (''!/(, .a'.':,<t Pild . halle à )ou<M", paunn'.
(. • -î. J .1 . 1- <i • M'.- 1 . '■• <■[ du I'. I.,dilio; mais ciUli' (''Ivm.
d'-rr, ijjd-r ut '■ (ilir-iiati ii
Coumpûurta ^Se;, ». ^'' .: iiii[> «i icr, se comluhv Imcik^u
II, .il , I in; 1. ,ii;i ' ■ 1 •/. iil\ al- ■ (.''.iidllil".
Coumprenable, ablo, a /y (. ii.inrliciisihlc; iiilclliuiJtli';
«'i.'j. ;.•].•; 1 ., v'.n )1;1'' — A^/an'.s coinujircitah/c . cria si^
i',:..'y.- . J .{'i'i<> \ i>ns ( ()iii,,j,rKn'ih:L\ cm nc croirait j.iiii;us
• ' , , , • .', ,'i j I.) _ m-' (t i- L'I.i.
Coumprone. * (. inj.i ';i ii--; inlci-prcicr; «"Miiri.'xctn ;
Cournpréné oa. > /. loi 'lii-'-n ■•■, (•itiinircliciisitui: ontcii-
<J' ;).' /il
Coumprès, eso,/'"^ //'/•>>. du \. <'o/////y;n;//<'. (imiipiis,
r-ot. Il j'j ; '• 'lit -:,.; . \ u\'\ \ >'■.
Coumuyna, » t. . ;. *;..' r, r< (•«•\nir jr sacn'ihrjil de
I fjj'.li li J-'. . .. / . - ' 'If. Iit|ii'-. ; !•• p.iiii et 11' \ iii di- la
i^tt ■ ' \r /. 1'^ j.I '!• -! .lit-, f'oi/inf'ijnil , rriV'Soir |a CiUlllliU-
hi ^11 , 'i" i. ) e ' -t du 11! !■• ijui .s'aj)pr<M-lii' de la Sainlo-
7-ihl'', d • -I j.J I- n uh il 'MPiil ; d a le .>ens aclii, quand on
p.ifl'- d.j |U' II'- ij'ii d. n.'i', di-li liai'- la euinuiUiiioii.
Cournuynoun, s./. (. ii.JUiui ai,irt;('iili('nderKueliaris|if'
\)- l . du lit. i 'ihiiiiiiiiio.
Cournun, >. ///. I.i nx d ai-aiief, latrines.
Cournun, uno, a !j (.'«ii.inun, t|e (jualité inréneurc, en
jMilidt d- /J. H I II 1)1 II-. ■ <at d" toile. (^)nanil un pari»,' des
J»*'! -''011' -, ..il iM' , j»' j)id<iM«', d»' laeile ahnrd pour m'S inli'-
/ifui-». / /"> jinn" r(}iiiiiiiuii, luie reiiiMii' mai'if'e sdus Ii*
ic^'imc df 1,1 '• >Miiiiuiiaiit<'' : l'NjMi'ssiun de nou\elle impor-
l.ilj'<ii d.iii> \\<i> j'i>> de didil é»'ril, et (pii ne liatf que du
«•/>(]<• < l'vil Mil-, d uilr, iiiai> liieii laite ylon le <jéi)ie de la
lan^'ur lios (nftiitfOi, liiiis. (•(uiiiiiun, ne doit pas être cnu-
(ondii a. ce, /{(fs comnanàou : celui-ci a]iparlienl à la com-
(fiHKc <jui I .idiniiiislre, (jui raniéiinue en coup* > r(''i;Iées,
lufiiihi' un pal lieidicr ; celuidà est un J)nis iiii tous 1<'S
hal>ilaMt% ont tirnil de dè])aissanc(\ et .souvent d'all'nuai^e.
l''nHf nu />"//< ('(niini'n, lour ou ])uits liaiial.
Couinunâou, s. m. (Àuuniunal; birn, [)rnj)nrié apparle-
nanl a ini<' eoinuiuiH'; p.itur.i.L'es i'ii connuiniauté. ^
Coumuuo, »■ /'. <^»uiiuune, disision tenitoriale jidiiiinis-
{Yi\^ par H\\ maiii', Taisant partie d'un canton ; lidte|-de-villo
ou (le la mairie.
l/«Hyui. d<' ce ini>l et de ses composés précédents ^iont
du lat. Cum, avec, ensemlile. et du radical Mun, qui
donné Munusy charj^^e, don, cm[)loi.
Councha, v. Salir avec des (U'duros; gâter, tacher,
cmltrener. Au li^'. comprom<>llre ; salir la réputation, accu-
ser d'uiu' action de^llonorante, iîifaïuanle. — Se scn councha,
il se sent cou[)al»l(', il n"a pas le cu'ur net, la conscience
nette. (Jkc se svn coma-lm q/fc se UntjHv , prvh., (jui se seul
niorveuv se mouche.
Coiitract. du v. IV. tOnc/n'er.
Cûunciénço , .v. /. Conscience, S'^ntimenl intérieur du
hi'H et du m.d ; vérité. — - Aijttô's cno coKncicnço, il y a
c »n^ei('nee à Taire cela, i^u cn'nu-ivnro , on consciencv , en
vérité. .( ^^^ c<>iincivn{() jjcr (/arics, il n'a pos do conscionco,
il la j) )\['' par iltiride.
Counciéiiço, *. /'. Outil d<' liois.M'Iier, sorte de plastron
en liois ipi il jilace sur sa poitrine pour y appuyer la pièc».'
dt' hois ipi'il laliole a la [ilane.
Coundaraino , >. /". Nom proiue d'un champ. Il est rare
(pie dans un ^r;:nd d'imame il n'y ail jias Uh<^ terre (jui
poil' c noiii'la, surl-ait d.in> un dom.iine j;»diss 'iç^neurial.
(^'est d'ordinaire un champ Toii étendu et ([ni est alleaanl
au manoir.
SauvaL'i'.s <lit (pi'il par.ol rli'déi'.du l.il. iainpfiSfUnnini,
champ du maître, du si'i;«n.'iii'. — Voy. cep'julant au mol
('(tlKitil . t''t\ lu.
Couiidanna, r ("/.nilamner, prononcer un jugement
c mliv ()Ui'lquun; improuNiT, Lriiin'r; murer une jKjrli',
une Iciièire. nu la cloua- di' iiiaiii ue à ce qu'ell-.' ne puisse
s'ou\rir. — Ls roinulduna , ce maladf est pt-rdu , il est
coml imih' par la rieiillé.
Dér. du lat. VonU-muarc, m. sign.
Coundannaciou, a. f. (ion lamnali on; jugement, sen-
teiiee, vinèl i[ui c< nd.irnn»'. — A<jt(ù's sa votiit lannaciou,
c <'st ce (pii le toiulamne.
Coundicîou, ou Couiidécîou, s. /'. Ctndition; clause
d'un paete, d'un marcli«', piomess'; él.it, (pialité, situation
et p.silion d(^s p"'r> innés t'i des choses ; nais.sance, noblesse,
•itiitilliommerie; condition de la soie.
La soie, contenant hiuji»urs une portion quelconque
dhumidil'' [)ar son .séjour j)lus ou moins long dans des
colVres ou dans les hallois ipii la serriMit hors du conlaci
de l'air, à cause de sa nature .sj)ongieuse, il est de condition
sous-enlf'iidue dans l«»us les march(''s qu'on ne doit la peser
pour la \tnte (pi»' lors(prelle a p<rdu cette moiteur. Sur
c rtains uiarcoi's, on lés )Ul cette dilVer.'uco par une retenue
sin' l«' jKtids total, ipii varie de (piidilé sous le nom de don;
dans il.mtrtvs villes, surtout celles de manuTacturesœnune
I.\on et Saint-Klienne, la condition s'exécute liltéralenienl.
On a établi inie vaste salle, qu'on nomme ta condition, où
la Soie est exposée à nu et ])ar écheveaux et soumise à une
chaleur «lonnet; par l'action d'un caloriTère : chaleur qui est
ménagé.^, de maidère à enlever ;\ la soie rhumidité qui lui
est étrangère, sans lui enlever celle qui lui est naturelle et
nécessaire h sa ductilité et à sa souplesse.
cou
cou
219.
Chaque ballot de soie qui se vend à Lyon est ainsi exposé
à la condition, marqué d'un numéro qui se couche sur un
registre; les feuilles du commerce rendent compte journel-
lement du nombre des numéros exposés à la condition; ce
qui annonce la fluctuation de cette marchandise mieux que
tons les bulletins de la bourse. Plus il y a de numéros, plus
il y a eu de ventes, et l'on voit par là si Tarticle est recherché
et oflfert.
Dans ce pays-ci, quoiqu'on vende d'ordinaire la soie sans
la passer à la condition , il s'en présente quelquefois qui a
un degré d'humidité trop grand pour que l'acheteur puisse
l'accepter. Dans ce cas il réclame la condition, qui consiste
à la détailler et à l'exposer à l'air extérieur ou dans*un
magasin ouvert et bien aéré.
Conndn, ado, pan. pass, de Coundure,
CSonndnre, v. Ranger, serrer dans une armoire.
Se eoundure, v. S'établir, se marier.
Dér. du lat. Condere, cacher, serrer.
Goanégn, ado, part. pass. de Counouïsse.
Coonégado, <. f. Connaissance ; amis. — Quâouquiis dé
counégudo, quelqu'un de connaissance. Aguà's dé bla, dé
grano dé eounégudo, c'est du blé, de la graine de vers à
soie de confiance, parce qu'on connaît d'où ils viennent.
Voui donnarat dé counégudos, je vous offrirai le témoignage
de gens de connaissance qui répondront de moi.
Coonéissable, ablo, adj. Reconnaissable, facile à recon-
naître. — Èro bé counéïisable qu'èro un couqul, il était aisé
de voir que c'était un fripon. Es pas counêïssable, c'est à
ne pas le reconnaître.
CoonéÎBSe, v. — Voy. Counouïsse, plus usité.
Coanéîssénço, s. f. Connaissance; savoir, intelligence;
raison. — Las couneissénços soun pas d'amïs, autre chose
les familiers et les amis. Aguél éfan a foço counétssénço,
cet enfant a une intelligence précoce. A garda sa counéis-
sinço énjtisqtto âou darniè, il a conservé sa raison jusqu'à
ses derniers moments.
Coonf érénço , s. f. Conversation, entretien. — Téne
eoMinfirénço, soutenir la conversation.
Dér. da lat. Confêrre, conférer.
Coonf éssa, v., ou Coaléssa, Confesser; se confesser;
entendre une confession et faire sa confession. — Es ana
eounféssa, il est allé se confesser. Dé qitâou coun fessas? à
qui vous confessez-vous? Cotm fessa un iè, faire un lit à la
hâte, sans remuer la paille ou la plume, se contenter d'en
arranger les draps et les couvertures.
Coonf ésûoa, s. f. Confession, déclaration de ses péchés
k on prêtre; aveu.
Coonf éssioonal, s. m. Confessional.
CoonfèssD, s. f. Confesse, déclaration qu'un pénitent fait
de ses péchés à un prêtre; confession.
Coonf éssnr, s. m. Confesseur, prêtre qui confesse.
Goonfiénço , s. f. Confiance , assurance en la probité de
quelqu'un, en la bonté d'une chose, en la réussite d'un acte.
Coonfirma, v. Confirmer, rendre plus ferme, assoief de
nouveau; être confirmé, recevoir la confirmation; donner
un soufflet, -r- Vôou eounfirma, je vais recevoir la confir-
mation. Té vôou eounfirma, je vais te souffleter.
Counfirmacioa, s. f. Confirmation; sacrement de la
Confirmation.
Dér. du lat. Confirmatio, m. sign.
Coonfisqaa, v. Confisquer; s'emparer de. . . ; adjuger des
biens au fisc.
Counfissar, s. m. Confiseur, qui fait et vend confitures
et sirops.
Counfitaro, s. f. Confiture; fruits confits.
Coonfroon, s. m. Confins; tenants et aboutissants d'un
champ; nom des propriétaires confinant une propriété;
objets matériels qui en forment les limites, comme un
cours d'eau, une route, les eaux versantes d'une montagne.
— Gardoà es un michan counfroun, le Gardon est un
mauvais voisin. Démandariéï pas qu'aquélo tèro sans coun-
froun, je ne demanderais pour tout bien que ce champ,
pourvu qu'il n'eût point de limites, c'est-à-dire que ce serait
le continent tout entier.
Les limites ou bornes, Bolos, entre les héritages, ne sont
pas ce qu'on appelle lous counfrouns; elles ne font que
déterminer la ligne divisoire d'un champ d'avec celui qui
le confine, et ces deux champs sont Counfrouns, confins,
l'un de l'autre. Lorsque ces confins sont des limites natu-
relles, les bornes deviennent inutiles, il suffît que les titres
mentionnent cette délimitation.
Counfroanta, v. Confiner, être limitrophe, toucher aux
confins l'un de l'autre. — Nous counfrountan, nos terres
se touchent, elles sont limitrophes. Counfrounte un tdouou
émbe un tàou, mon champ touche, se tient avec celui d'un
tel. Counfrounte dé l'âouro lou vala cfë. . . . , mon domaine
aboutit du nord au ruisseau de. . . .
Dér. du lat. Cum, avec, et Frons, frontis, tête, face;
c'est-à-dire face à face, côte à côte.
Coanglaça, v. n. Tomber du verglas; glacer; engourdir
de froid.
Dér. du lat. Congeliare, se congeler.
Coanglas, s. m. Verglas, givre; frimât.
Coongria, v. Engendrer, produire par génération on par
germination; pulluler; multiplier.
Le préjugé populaire accorde à certains animalcules et à
certaines plantes la faculté de se reproduire spontanément
et sans semence ni marcotte. Nous n'avons pas à discuter
la question des générations spontanées, et nous laissons aux
naturalistes le soin de cherchera expliquer la reproduction
de vers, d'insectes, de végétaux, comme les champignons
et les truffes ; mais nous combattons cette croyance popu-
laire relativement à une foule d'objets, qui se reproduisent
par des moyens très-naturels , quoique les agents de cette
génération ne frappent pas immédiatement les sens, tels que
les poux, puces, punaises, et bon nombre de végétaux dont
la semence est imperceptible, ou importée par les vents oo
les eaux. C'est cette faculté présumée de se reproduire que
â-20
COU
COU
le peuple désigne par le verbe se coungrïa, et qni lai a fait
dire : la$ fénnos coungriou lot nièïroi, les paces s'engen-
drent on se reproduisent dans les jupes des femmes.
Dér. du lat. Congresius, accouplement.
Gonnièiro , s. f», n. pr. de lieu. Conillôre , monticule
près d*Alais, dominant la grande route et le chemin de
fer, au bout de la Chaussée. Signifiait autrefois garenne,
lieu habité et fréquenté par les lapins, en v. lang. dmnU,
du lat. CuniciUuê, lapin. L'étym. est directe.
Ck>iimo, s. f. Sotte, prude, nicette : terme moqueur et
injurieux, suivant le ton, mais expression qui ne peut être
sans injustice suspecte de malhonnêteté, et nous tenons à
la réhabiliter si les apparences Tavaient fait mal juger. Le
mot signifie une prude, une femme qui joue la timidité, une
pudeur trop chatouilleuse, quand on le dit d'une tierce
personne; mais il est aussi une de ces appellations inteijec-
tives qui émaillent les conversations féminines, aussi com-
mune que nèeio, foutralo, et au besoin ma mio, avec qui
elle alterne indifféremment, équivalant à ces vocatifs fran-
çais : folle, nigaude et tout autre de ce genre qu'il ne faut
pas prendre au pied de la lettre, car ce ne sont que des
termes d'amitié familière. Les femmes emploient cette
expression plus souvent que les hommes, et ce sont surtout
les matrones les plus intraitables en fait de prudhomie qui,
malgré ce qu'en veulent dire les malins, s'en servent sans
songer le moins du monde à mal, et elles ont raison : le mot
a en effet la plus innocente origine.
Counil, qui nous a laissé Hamo-counU et CounUiro, vient
du lat. Cunieuluê : il a pour féminin Couhio. Counio est
donc tout bonnement l'épouse très-légitime de Jean Lapin.
Cette brave Jeanne est bien une de ces matrones faciles à
effaroucher, et .en étendant cette disposition à un autre
ordre d'idées, elle est devenue ainsi le type de la bégueule,
mot qui rend assez le sens de Counïo, qui cependant, comme
on l'a vu, selon les besoins, l'application ou le ton, est
souvent modifié. — Quod erat demonstrandum , car il ne
faut pas , quand on le peut , laisser calomnier personne ni
même en médire , comme on n'y aurait été peut-être que
trop disposé sur la seule forme graphique du mot.
Cette démonstration était facile ; il ne faut pour la faire
et pour la comprendre qu'un peu de réflexion et la moindre
connaissance de la langue. Pour achever de rassurer, il n'y
a qu'à citer La Fare qui, dans sa Bono annado, met ce vers :
Dé gué dises, Muso counïo?
Cette pièce est imprimée, ravant-denûère,dansla seconde
édition des Castagnados, après avoir paru dans les journaux.
Ce recueil, qui peut être mis dans les mains de tout le
monde et dont la mère permet sans crainte aucune la
lecture à sa fille, n'aurait pas admis une expression qui eût
fait tache. Si cependant l'auteur s'en est servi sans scru-
pule, sans craindre même qu'elle fût mal sonnante et pût
être soupçonnée, c'est un incontestable certificat de mora-
lité qu'il lui a dûment délivré.
Coimjè, #. m. Adieux en se retirant; congé militaire,
permission de se retirer, fin du service. — Sam eonnji,
sans adieux, au revoir. A fa un eounjè à Touloun, il a&it
son temps de forçat, c'est un forçat libéré.
Dér. du lat. Cammiatus.
CoiinlèTO, S.Y* Bascule; position, mouvement, machine
dans lequel un bout se lève quand on pèse sur l'autre. —
Faïre counlêvo, faire la bascule, jeu où deux enfants,
placés à chaque bout d'une planche, se balancent. Lapa
fagué counièvo, et xa/ pér séou, la planche fit bascule, et
patatras à terre !
Dér. du lat. Cum et Levare.
Gdunomsse, v. Connaître; comprendre; discerner; dis-
tinguer. — Se counouïtse, avoir sa connaissance, conserver
le sentiment et la perception au lit de mort. Se eounoix ké,
on voit bien, on reconnaît bien que. Se eounauï poi gîtante
ésloupu nèci, on ne pourrait discerner quel est le plus sot.
Dér. du lat. Cognoseere, m. sign.
Coonséiè, s. m. Conseiller; celui qui donne des conseils.
Dér. du lat. ConcUiarius, m. sign.
Gonnsél, ou ConsBél, s. m. Conseil, avis; celui dont on
prend conseil dans une affaire; réunion, assemblée où l'on
délibère. — Lou eounsél, le Conseil municipal. Quàou dow
tous counséls, dono pas las a judos, prvb., les conseilleurs
ne sont pas les payeurs . c'est la fable de l'Enfant et du
Maître d'école. Counsél dé nuniïè éspichd,gué noun Umpnn
es un chà, prvb., ce n'est pas grand'chose qu*an conseil de
femme, mais qui ne l'écoute point est un sot. En parlant
d'un pauvre avocat, on dit : dounariè pas un bon eounsU
pér siéï frans, parço gué lou sa pas, il ne donnerait pas un
bon conseil pour six francs, parce qu'il ne le sait-: quel-
quefois le dernier membre de phrase reste sous-entendu
comme inutile pour compléter le sens.
Dér. du lat. Concilium, m. sign.
Coonsén, énto, adj. Consentant; qui consent, qui ac-
quiesce; qui approuve. — Y ses counsén? Y consentez-vous?
Counséntl, v. Consentir, donner son consentement;
approuver. — Counsénîi uno véndo, uno àoubiigaieiou,
passer une vente, une obligation à quelqu'un. En terme
d*argot de notaire, on dit aussi, en fr., consentir une
obligation.
Dér. du lat. Consentire, m. sign.
Coansérra, v. Conserver; préserver; avoir soin d'une
chose.
Se counsérva, v. Se bien porter; prendre soin de sa
santé. — Aquélo fénno es bien eounsirwsdo , cette femme
est bien fraîche pour son âge. Counsérva-vous, phrase
d'adieu : portez-vous bien, conservez votre santé. Dîou me
lou counsérve, Dieu me le préserve, me le sauve, me le
maintienne en bon état!
Dér. du lat. Conservare, m. sign.
Connsinna, v. Consigner, retenir par ordre; mettre en
dépôt.
Dér. du lat. Coneignare, m. sign.
cou
cou
951
Connsiiiiio, «. {. Consigne, ordre sapérlenr; ordre donné 1
à une aentineHe.
CoHiiionla, V, Consoler, donner des consolations ; apaiser
les cris et les pleurs d*an enfant.
Dér. dn lat. Comolare, m. sign.
Cwmaonlacîon, <. f. Consolation; soulagement; satis-
itctioD.
Goonsnlta, v. Consulter, prendre conseil, avis, instmc-
tkm de quelqu'un.
Mr. du lat. Contultar0,m, sign.
Goonsolto, «. f. Consultation verbale ou par écrit d*un
juriste ou d'un médecin.
CouBta, V. Compter, faire des comptes; calculer; payer;
èpeler les lettres. — Dé que contes à ta fio? Quelle dot
feras- tu à ta fille? Que lui compteras-tu en la mariant?
Âquélo fénno se eonio pas pus, cette femme ne compte plus
les jours de sa grossesse, elle est prête à accoucher. M'a
ctnmta touto ma soumo, il m'a intégralement payé.
Gounta, v. Conter, faire un conte; raconter. — Dé gué
wU eountas aqui? Que me contez-vous là? Dé que eountas
dé mdouf Que dites-vous de nouveau?
Gounta (La), s. f. Comté, terre possédée par un comte.
Autrefois ce mot en fr. était féminin : il s'est maintenu tel
en lang. On Ta même appliqué avec ce genre dans une
appellation locale anciennement connue : La Counta, quai
de la Comté, quartier, terres au nord de notre ville, appar-
tenant aux comtes d'Alais; comme La Barougnè, la
Inronnie, à l'est, appartenait aux barons. — Lou Counta,
AU masc., désigne spécialement le comtat Venaissin.
Dér. du lat. Cornes, Comitis, comte.
Gonntaire, uro, adj. Conteur, narrateur; auteur.
Gountan, adj. Comptant. — Argén eountan, argent
comptant, qui est compté immédiatement après le marché.
Gountén, énto, adj. Content, satisfait.
Dér. du lat. Conientus, m. sign.
GounténônçD, s. f. Contenance, étendue d'un champ,
d'un domaine; capacité d'un vase; pose du corps, posture,
maintien; sang-froid, dignité. — Avès vosto counténénço,
votre terre a la superficie vendue, indiquée. Mé farés ma
counténénço, vous parferez ce qui manque à la contenance
de mon champ. Téni sas counténénços, garder contenance.
Dér. du lat. Continentia, m. sign.
Gounténta, v. Contenter, satisfaire, rendre content.
Se counténta dé. ..., se contenter de , contenter ses
désirs.
Gounténtamén, s, m. Contentement, satisfaction, joie.
— N'aguèrouàlus counténtamén, ils en eurent à cœur-joie.
Conntra, s. m. Contrat ; acte par lequel une ou plusieurs
personnes s'obligent, le plus souvent devant notaire ; titre
de la convention.
Dér. du lat. Contractiu, m. sign.
Gonntrari, rio, culj. Contraire, opposé; nuisible ; adver-
saire; rival. Se prend subst. au masc. — Lou countrari,\e
contraire, l'opposé d'une chose. Aou countrari, au contraire.
tout autrement. Diie pas Vén countrari, idiotisme de notre
diaîecte, je ne dis pas le contraire.
Dér. du lat. Contrarium, e contrario.
GonntrèÎD, s. f. Contrée, certaine étendue de territoire;
région, pays.
Dér. de la bass. lat. Contrata, Contrada, m. sign.
Countagna, v. Continuer; durer; persister; prolonger.
Dér. du lat. Continuare, m. sign.
Gountagno (Dé), adv. Continuellement, sans cesse;
journellement; d'h2d)itude.
GounTéngn, ndo, part, pass. de Counvéni.
CounTéni, v. Convenir, faire une convention; être
ccmforme; partager le même sentiment; plaire.
Se counvéni, s'accorder, avoir les mêmes inclinations;
vivre bien ensemble.
Dér. du lat. Convenire, m. sign.
CoonTértl, v. Convertir, changer ;'&mender; faire aban-
donner une fausse croyance.
Se counvérti, se convertir, revenir d'une erreur, abjurer
une fausse croyance pour la vraie; changer de mœurs;
revenir aux principes et à la pratique de la religion.
Dér. du lat. Convertere, m. sign.
GounTOuèta, v. Convoiter ; désirer ardemment ; dévorer
des yeux.
Dér. du lat.
CounTOuqua,!). Convoquer; rassembler; faire assembler
les membres d'un corps, les appeler à une réunion.
Dér. du lat. Convocare, m. sign.
Coupa, V. Couper, trancher, diviser; casser; séparer;
châtrer; dévier; séparer en deux un jeu de cartes, couper
avec l'atout; mélanger, en parlant de liquides, tremper
le vin; trancher, en parlant de couleurs; rompre des
accords de mariage; à la danse, remplacer; cancellcr des
conventions. Se coupa, se contredire, se démentir soi-même.
— Coupa dé pan, couper du pain. Se coupa la cambo, se
casser une jambe. On copo tous doubténs, on châtre les
moutons à leur deuxième année. Cope dé caïre, je coupe
avec l'atout qui est carreau. Cope ddou rèt, je coupe avec
le roi. Anén, coupas, allons, coupez. Coupa l'aïgo, dévier
un ruisseau, l'eau torrentielle d'un ravin. Coupa lou vi,
tremper d'eau le vin. Lous novis an coupa, ces fiancés ont
rompu leurs accords. Escusas se vous cope, excusez-moi si
je vous interromps, si je vous coupe la parole. Coupa lou
crii, arrêter la croissance. Coupa las taïos, faire la réparti-
tion de la contribution mobilière et transcrire sur la matrice
cadastrale les mutations de H contribution foncière. Coupa
lou pris, arrêter, fixer le prix. Coupa lou visage, affronter,
injurier en face. Coupa cour, roun, couper 'court, rond,
dire en peu de mots. Coupa à la bouriio : la bourrée et le
rigaudon sont des danses pôle-mêle, où chaque danseur au
milieu de la cohue n'a affaire qu'à deux danseuses, avec
lesquelles il figure tour à tour ; comme cette danse dure
sans interruption et sans repos pour tous les danseurs à la
fois, il n'y a d'autre moyen de les faire reposer que de les
0-)0
cou
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nunpI.ioT. Aussi v ;i-l il l<.iijniirs(l»s dijusciirsot (lcs(l:insi'u-
s»''*^ (le roclinn^'''. qui riMiiplisscnt (•••l nlTlivrii VfMinnt si^ plnctT
<ltn;uil In ])«M'>Mirio :i pMiijjliKvr cl n\ riL'ur.iiit nv»^ S'Mi par-
t'Minin': nlurs le (lt■•(Kt^-;^'(l('' xn s*' (lt''fniiL.'u<'r, jiis(p.i';i co (jiTil
njM'rr .i\i'iiii niitnHi^Mir.tiit li;)rras.^r\(»ii un noiivc.nipnrhMiai-
10 fjni lui ronvioiiin'. (l'est ci'lto (''\nluti'»u de roinplnceim^nl
»ju'«»ii nj)pf'llf> ('(Pipa. — Vvuc nr'' vauin. \ ifns nio r('ni[)lai'('r.
I)»']'. ilu iir. Kô-T:tv,Mi. si;jn.
Coupado, N. /'. K>pt''i-'' (If raisin qu'on «lisiinizu.-» »mi C h-
pndo nt'(jnt. ///vjv.vo Coiiprf/o nvifio l't fuup(i<{o hlanquo. La
Conjui'fo tn'jro «'sl tl"t>S-l"iM"tili' ; ojjiMlnnnc tlt\L'r(tSS('> L'IMppi^S
dont li's irrains s<in1 n<")irs. ptMi lli-uris, nvoidcs, assoz i:rns,
rivxjuants et sucrés. (Test ju'ut-èln^ le uicillcur, le plus
délicat raisin de laMe. Il donne un \in très-fin; mais le
proj»ri<''taire dont la Ni-rne ne serait plantée «pKMle cette
e<pèi-e. devrait veiidaiiL" r <ju«'lt[ues j(iur> [tins tôt, aulrement
snn vin aurait tn^p (b licpieur. Li s sarments de ce eepsonl
Iniiîjs et faillies, noirâtres et très-lendres à la taille; la leuille
est d'un trés-l)i'au verl , lisso et ])eu d'''Ç'Up'''e. Iji (jrosso
Cnupndo ni'tfio ne dill'erede la précédente (pi»» par ses l'rains
plus L'riis: elle est encnrt* j)lus [U*tiducti\e. (]«»s deux esj>éces
demandent un bon terrain. !ji Ctnipniin hlumpiu, j)lantée
dans \\\\ tei'rain l>as r-t de |)remiére (jualité et tailli'-e court,
n*^ pro luirait rien; tandis (pie dans une teri'e m'-diocre,
laill/'c plus l'Mi.i:, elle t'ournit d<' liellcs i:rapp''S. Si-s l'rains
S'Mil M nii's, o\..i'l('s. un peu nni^piés; mais ils ne suit
point fermes ct.'nme ceux de l'espèce nfire. (!e cep donne
heaucnup d'' l>'i^ M lucli'itr*' et dur; sa fiMiilh» est tii'.inde
et peu déi'oupée.
Coupé, N. rn. Diiii. de Ca, coiip. Petit coup de \in.
Coupèlo, s. f. (!in[H"||.', instrument d-' |ii*^a,L'e «pii tient
à la fois de la romaiiie et de la l.al.mee. (ye>t une romaine
véritaMe d Mit le crochet de suspi-iision est un pl.ite.m de
balance. I.es njarclnnds (pu \ont vendi-e à domicile s'en
s.M-\.'iit de préfépMice ;\ 1» l>;dance, qui est d'un transport
moins commode. La romaine ne pourrait ser\irà une fmde
d'objets fju'on ne peut susp(Midre à un croc, cr)mni(^ les
léi:um(^s, les fruits, le lu-un^e, le lVoma,L'e, etc.
Dcr. fin lat. iHpti, cou])e, dont il est dim.
Goupèou, .V. }\i. i!ope;iu de menuisier, ruban de bnis que
délacbe la \nrlop.» ou la plane.
I)ér. de (^oftpd, (jui \ienl du gr. Kô-t:-.'/. couj»er.
Goupïa, r. (^)pier, faire une copie; imiter, contrefaire;
transcrire un [»assa.i:e d'un livre, une page d'éiriture,
re|)nMluire un dessin.
Coupïo, v. f. (lo|>ie; assiirnation ; exploit d'huissier,
n'importe sa nature.
Coupoun, .V. m. (A»upon, restant d'une pièce d'étoffe que
l'on do, ne à meilleur marché, parce qu'il est trop court
[Hiur nombre d'usa;^'es.
Gouquèto, s. f. <:n(|ueHe, femme (pii cherche à Mro
courtisée; coilTure de femme dans l'ancien ré<:ime, quittait
un bonnet à dentelles, serré et appliqua sur le front.
Dér. du fr. Coq, avec 1c dim. éto.
Gouqui, ino, rrlj. Dim. Comp/iné^ néto : Couquinà, noto;
péjor. foHf/ffiîins, nasso. Oxpiiu, ine ; vob^ur, fri|)on;
débauché; au fém. femuu^ de mauvaise \ie, prostituée. —
Lous ('otif//fts, les A<»leurs, les jjrifands. Jomja as confjuu,
sorte de jt'U qui éi.ut fort en vo^'ue parmi les écoliers, il y
a (pieNpies années. Il consistait à diviser les joueurs en
deux baiid.'s, lune appelée fouK c(nff/fns, l'autre iotts gen-
(larmns. (i'était une sorte de ^uierre pour laquelle un choi-
si^^siit lie préferencf^ ini chanq» de bataille accidenté^
montu''ux. Coupé de ravins, de murs, de rochers, qui
l)rè|.iit à tons li-s calcids «le la straté{j:ie. 11 est à renianjuer
cpi"' h' parti d.'s coijuins était toujours le plus recherché.
Le.s mots ('(nif/uf et Coquin fr. ont évidemuicnl une
orijiine couMoune. si toutefois ils n'ont pas été formés l'un
lie l'autre. Les iL^lussateurs français font dériver coquin du.
lat. Ciiipiinns. de Cofp/inn , cuisine; et comme on ne voit
pis bien la relili.n entr-^ un servant de cuisine cl un
m.ilfaiteur, on a ajonlé (jue le Co'/tfinns était un des plus
bas ojlii'iers d'^ bouche, état méprisé et qu'on donnait par
dérision h tout ce (jui était méprisable et vil. Si cette
déiluciion n'est pas tr-'s loL'ique, convenons du moins que
la ressemblance de famille entre le fr. et le lat. serait
merveilleuse. Dins ce cas, le lan;:. serait débiteur envers
le fr.
D'.iutre j>art, Sauva>:es nous laisse apercevoir une autre
oriiMiie; maiscnmme mali/ré son titre de chef <le clan langue-
docien, il j>rofesse un n^spect systématique jiour le français
vainqueur, i! ne hasarde sa domiée qu'indirectement et se
L'irde bien dinscrin^ son hvpothése sous la rubri(juedu mot
Cn/npd, ji.irce iju'ab'rs on en aurait tléduit la conclusiiui que
le nioi fr. coquin n'était qu'une dérivation de ce dernier.
c" (pli n'arranL'f'ait j)as ]o haut et pui.ssanl sei^uieur d'Outre-
Loire. .Nous (]ui n'avons j)as les mêmes raisons de ménager
ce rival, nons allons droit au but.
\eis la fin du XiV'"'" siècle et jiendant les trouldes de la
minorité de (Ibailcs \\, des bandes de camj)agnards des
environs <le .Nimes, excédés du ])oids des impôlsque le bas
peu]»It« suppoi'tait seul alors, se réunirent en armes, pillè-
rent les maisiins des riches (^t des seii:ueurs, et élendirenl
leurs ravaL'i^s pnsfpie |);ir toute la France. On les appela
Tourhi d.ins le piays et Tourhins en langue d'oïl. L'origine
et la raison de cette dénomination sont restées inconnues;
mais l'histoire la consacre.
Le nom advint comme suriK»m aux habitants de \'ézeno-
bres, «lans ce t'inps où les sobriquets de village à village
étaient fort répandus. On les accusait d'avoir reçu chez eux
ces bri^'ands et de favoriser leurs pillages.
On conçoit très bien que dans les diverses inétalhèses
(pTa du subir la langiie d'Oc depuis cette date, le mot
Tourhi ail j)U se changer en celui de fouquï, comme la
variante Tnuchi?} a fait celle de Coquin. Quant à la res-
send)lance nu)ra1e, «»lle nous semble parfaite. D'après cela
ce .sf^rait le languedocien cjui serait l'inventeur, le frauçai»
l'imita teu r.
cou
cou
223
Conqniè; s. m. Coquetier, petit vase en terre ou en por-
celaine, en forme de verre à pied, qui sert à tenir debout
on œuf à la coque.
En langage enfantin, les œufs s'appellent des Coucoùi :
ils viennent de la femelle du coq; ils sont cuits, Cocta, du
lat. Coquere : tout cela peut être entré par quelque bout
dans l'étym.
Coaqainariè, s. f. Friponnerie; astuce, ruse, qui est
souvent prise plus ironiquement que sérieusement : c'est
plutôt la ruse d'un faiseur de niches, d'un séducteur, d'un
plaisantin, que celle d'un vrai malfaiteur. — A pat que dé
touquinariés en tétto, il ne songe qu'à des espiègleries, des
polissonneries.
Conquinas, asso, adj. Gros coquin, coquin fiefTé; quel-
quefois expression amicale, suivant le ton et Toccasion.
Coaquinô, oto, s. eiadj. Petit coquin ; espiègle , enfant
malin : terme d'amitié.
Dim. de Couqui.
Gonr, s. m. Dim. Cournéto. Cour, lieu où est un souve-
rain avec ses principaux ofDciers ; siège de justice ; cour ou
basae-cour d'une ferme. — Faire la cour, faire la cour,
ne se dit guère de celle qu'on fait à une femme, locution
qui nous vient de Scudéri, de La Calprenède ou de Durfè,
assez mal à propos importée dans notre langage ; mais on
s'en sert pour signifier la flatterie à l'adresse d'une personne
riche et puissante.
Dér. du lat. Curia, dans les premières acceptions, et de
Chors, Ckortii, du gr. Xàproç, haie, clos de basse-cour, pour
la dernière.
Cour, conrto, adj. Court, qui a peu de longueur. Cour,
pris adverb. court. — Tout cour et tout né, sans détour,
sans phrase, en un mot comme en mille. Tout y es cour,
rien ne répond à ses désirs, il n'a jimais assez de rien.
Quàouquuno li sera courto, k (oTce d'en faire, il finira mal;
tant ira la cruche à l'eau, qu'à la fin clle'S^ cassera. Souk'
cour, dit un joueur dont la boule ou le palet reste en deçà
du but. Tout fougue cour, se dit de la réception d'un
amphytrion qui traite ses hôtes avec une grande abondance
et presque un excès de soins et de bonne chère. Coupa cour,
être concis, abréger. Un cour émb'un Ion, l'oste se sdouvo,
prvb; Système des compensations : ici avec un morceau
éooorté, là avec une portion plus copieuse, l'hôte se tire
d'afiaire et de perte.
Dér. du lat. Curtu$, m. sign.
Gonraje, s. m. Courage; constance; force. — A bon
couraj0, il a bon espoir; ou il a une santé robuste. Coumo
«M aquéi couraje? Comment va cette chère santé?
Dér. de la bass. lat. Coragium, îormé du lat. Corel Ago.
Gouraîoàs, ouso, adj. Courageux, brave, résolu.
Conral, ou Pébéron, s. m. Dim. Couraïé; péjor. Cou-
TÊlku. Poivron, piment, Capsir.us annuus, Linn., plante
potagère de la fam. des Solanées. Le poivron jeune et vert
joœ on assez grand rôle dans la culinaire des campagnes.
On le mange en salade avec un fort assaisonnement de i
poivre. On le confit également au vinaigre et on le conserve
ainsi toute l'année. Lorsqu'il est mûr, il devient d'un rouge
corail et prend une causticité si violente qu'un zeste suffit
pour mettre le feu à la bouche; la main même qui l'a touché
communique une inflammation à toutes les parties délicates
du corps où elle se porte, surtout aux yeux. Néanmoins les
Espagnols en assaisonnent la plupart de leurs mets et le
mangent même dans l'état naturel. — Rouje coumo un
coural, rouge comme un coq.
Dér. du lat. Coralium, ou Corallum, corail, à cause de
son analogie de couleur dans sa maturité.
Couratéja, v. fréq. Exercer le courtage ; faire le courtier.
— Couratéja un bé, offrir l'acquisition d'ua domaine par
rentremi.se d'un courtier ou agent d'affaires.
Gouratië, Gouratièïro, s, m. et f. Courtier, agent
d'affaires, entremetteur de marché ou d'affaires.
Dér. du lat. Cursitare, courir çà et là, ou bien du vieux
verbe lang. Goura, qui veut dire à la fois errer çà et là et
tromper, duper. 11 pourrait bien se faire qu'il y eût un peu
de toutes ces étym. et de leurs diverses acceptions dans le
fait du Couratiè.
Courba, v. Courber; recourber; incliner; plier en arc de
cercle. — Se corbo bien, il devient bien courbé, il prend la
taille courbée. Courba-vous un pàou, baissez-vous im peu,
inclinez la tète, ou courbez le dos.
Dér. du lat. Curvare, m. sigu.
Gourbatas, Gourpatas, ou Groupatas, s. m. Corbeau,
corbeau noir, Corvus corax, Linn., oiseau de l'ordre des
Passereaux et de la fam. des Pléniroslres. Sa couleur est
entièrement d'un beau noir avec des reflets pourprés et
bleuâtres sur le dessus du corps; il a jusqu'à deux pieds de
longueur. Cottrpatas et Croupatas sont des variantes locales
de Courbatas, qui est lui-même, par le changement com-
mun de V en b, un augmentatif ou plutôt un péjoratif du
lat. Corvus; on se croit en effet obligé, en parlant de lui.
d'enlaidir son nom. Son cri rauque, son plumage lugubre,
sa voracité ignoble inspirent jusqu'à l'horreur et le font
regarder comme un oiseau de mauvais augure. Les enfants
se sont inspirés de cette idée de terreur superstitieuse dans
une sorte de refrain injurieux qu'ils lui adressent lorsqu'ils
l'aperçoivent et où reviennent sans cesse ces mots : Cour-
batas/ Diablalas!
Le scepticisme du XVIU™' siècle nous a légué une sorte
de dédain pour l'habit ecclésiastique. Les esprits forts,
grands dépréciateurs du clergé, et les* solidaires libres-
penseurs se plaisent à nommer un prêtre Courbatas, et ils
expliquent cette ingénieuse assimilation par la couleur de
la robe et par l'instinct commun, disent-ils, au prêtre et au
corbeau, qui les appelle l'un et l'autre auprès des morts ou
des mourants. Cela prouve la mauvaise foi et l'absurdité
d'une prétendue philosophie, qui ne sait pas comprendre
que la présence du prêtre à l'agonie du chrétien est un des
actes les plus sublimes de son ministère; que la religion est
plus belle représentée par un de ses ministres consolateurs
334
COU
COU
an chevet d*an pauvre moarant; et qn*il y a au moios
maladresse à Tattaquer par Tironie de son c6tô le plus
noble et le plus populaire.
La corneille, qui a quelques points de ressemblance avec
le Courbatas, est souvent aussi, mais improprement, con-
fondue dans le même nom. — Voy. Graïo,
Courbe, s. f. Ligne courbe; bois qui fait une courbe, en
cintre, par lui-même ou par nature. — Se tirariè dé pou-
iido courbo d'aquél doubre, cet arbre fournirjiit de belles
pièces pour jantes de roue ou de puits à roue.
Dér. du lat. Curvus, Curva, m. sign.
Conrchâou, Coorchâondo, adj. A courte queue, qui a
la queue coupée ou raccourcie. — Chival courchâou; Galino
eourchâoudo, etc., cheval écourté; poule sans queue.
Dér. de Cour, Courto.
Courcho, s. f. Raccourci, chemin le plus court, sentier,
chemin de traverse, pour les gens à pied, qui abrège le
trajet. — Coupa dé courcho, prendre le raccourci, la tra-
verse, pour arriver plus tôt. C'est surtout dans les côtes
longues, où la roule décrit des circuits, en faisant des
lacets pour arriver au bas par une pente ménagée, que les
piétons tracent une ligne directe fort scabreuse, qui sert de
corde au grand arc décrit par la route. Au fig. Coupa dé
courcho, signifie abréger, arriver vite et droit au but.
Courcho, ». f. Ver à soie court. C'est un ver qui com-
mence à se métamorphoser en chrysalide, avant d'avoir
grimpé sur la bruyère et d'avoir filé : son état de faiblesse
et de maladie ne lui permet pas d'escalader ni de jeter les
fils de sa trame. Quelquefois il fait un mauvais cocon dans
la litière, mais informe et fondu. Cette maladie est souvent
épidémique, et une partie de la chambrée tombe en court,
iombo en courcho, au moment de la montée. Ces accidents
proviennent aussi quelquefois d'un excès de maturité, lors-
qu'on n'est pas assez prêt à donner le bois aux vers.
La flacherie ou maladie des morts-flacs, dans la nouvelle
dénomination séricicole, n'est pas autre chose.
Toumba en courcho s'applique figurativement à tout
projet annoncé qui avorte, à une belle promesse mal
tenue.
GonrcouBSOÙ, s. m. Charançon, calandre, bruche, cha-
rançon des blés et des légumes, Curculio, Linn., de l'ordre
des Coléoptères; petit ver blanc qui se change plus lard en
scarabée. Ce dernier pond un œuf dans l'épi encore vert; il
en naît un ver qui se nourrit dans le grain et l'accompagne
au grenier, d'où il ressort en scarabée pour continuer ainsi
sa malfaisante rotation. Au fig. rabougri, ratatiné de vieil-
lesse, comme est ce ver dans son alvéole. En fr. on le
nomme aussi Cosson. — Voy. Cousmoù, dont Coureousioù
est la redondance.
Dér. du lat. Curculio, m. sign.
Gonrcoiusoiiiia, ado,ad[;. Piqué des vers; vermoulu. —
Koy. Couuouna.
Conrda, s. m. Cordât, grosse toile à trame croisée qui
sert i faire du gros linge de table.
Conrda, v. Corder; ficeler; entourer de cordes ;embaltor
avec une corde.
Gonrdaje, s, m. Cordage de navire, toute sorte de cordes
servant à la manœuvre d'un vaisseau.
Courdéiè, «. m. Cordelier, moine, religieux de l'ordre de
Saint-François, de l'un des quatre ordres mendiants. — Yèr
tous Courdeïés, du côté du couvent des Cordeliers. Lou dùval
da$ Courdéïès, c'est aller à pied, autrement dit avec un jeu
de mots pareils : par la voiture du comte de la marche.
Dér. de Cordo, parce que les frères de cet ordre portent
une corde pour ceinture.
Ck>urdéia, v. Tracer, comme le fraisier et certaines espè-
ces de graminées, qui étendent à fleur de terre leurs fils
dont chaque nœud prend racine et forme une plante nou-
velle; en terme de boulanger, filer, comme la pâte qui
s'allonge en cordes quand on la soulève. — Faire courd^,
donner de la corde, laisser courir la corde du côté où son
bout est trop court, lorsqu'on corde un ballot, la charge
d'une charrette ou d'un bât, ou même un fagot.
Courdël, s. m. Cordeau de maçon ou de jardinier, corde
même servant à prendre des aplombs ou des alignem^ts.
— Tira àou cour dit, aligné au cordeau.
Coardéla,v. Lacer; lacer un corset, passer un lacet dans
les œillets d'un corset.
Coordélado, s. f. Chapelet d'objets de même sorte enfi-
lés. — Courdélado dé coucous, chapelet de cocons de graine.
Les cocons qu'on réserve pour la graine sont choisis parmi
les plus forts et les plus réguliers de forme. On les enfik
avec une aiguille , eo ayant soin de ne prendre que Tépi-
derme pour ne pas piquer la chrysalide ; oa les suspend
ainsi par chapelets dans une position aérée et isolée : œ
qui donne de la facilité au papillon pour percer sa coque.
Courdélado dé péiisoùs, brochette de poissons, que les
pêcheurs à la ligne enfilent comme un chapelet.
Courdèlo, $. f. Lacet, cordon de fil ou de soie dont las
femmes se servent pour lacer leur corset, et qui est garni
d'un bout métallique pour passer facilement dans les
œillets.
Gourdîa, «. m. Grosse toile d'emballage; treillis.
Conrdiè, s. m. Cordier, fabricant ou marchand de cordes.
Conrdil, s. m. Dim. Courdïé. Cordon, petit tissu, tressé
comme la corde, de fil, de soie, de laine, de coton, de crins,
etc. Lorsque le cordon est en cuir, il se nomme Cotir^'oè.
fVoy, c. m.) — Plôou coutno dé courdiU, il pleut à seaux.
Quand il pleut ainsi, la pluie ne se présente pas comme une .
suite de gouttes, mais par continuité, comme un filet d'eau
sous la forme et de la grosseur d'un cordon ; ce que leprt*
sente assez bien notre expression pittoresque.
Courdoù, «. m. Ruban d'attache, comme cMix d*im
chapeau de femme ; cordon, décoration.
Inutile de faire remarquer que tous ces mois» depais
Courda, et quelques-uns des suivants, augmeutatîfii oa
diminutifs, ont pour racine et pour principe, Cotéo. — >
Foy. c. m.
cou
cou
225
Coordougnè, èiro, s. m. et f. Cordonnier, femme do
cordonnier; celai qui lait des souliers. — Notre mot, ainsi
que son correspondant français, est d'origine assez moderne
et ne remonte guère qu'au W^ siècle. L'un et l'autre sont
la corrupt. de Cordouanier, c'est-à-dire ouvrier qui emploie
du Gordouan, ou cuir de Gordoue. L'ancien confectionneur
de chaussures s'appelait Sabaiii. La corporation de ces
artisans a donné à une rue d'Alais son nom qu'elle porte
toujours, Sabatariè. Il y a beaucoup de noms propres,
partout, qui ont cette étym. — Voy. Sabatiè.
CSonrdongnè, s, m. Punaise à aviron, Hydrometra sta-
^nomm, Linn., insecte de l'ordre des Hémiptères, connu
sons la qualification de Notonecte ou Hémiptère rémitorse.
Ce uom gr. N5)tovi{xti)(, de v&toç, dos, et vi^xt?);, nageur,
indique une singularité de cet insecte qui nage en efiet à la
reverse. Deux de ses jambes lui servent d'avirons pour
s'élancer en avant par secousses ; mais tout son corps est si
frêle, si léger que le moindre courant qu'éprouve l'eau où
il navigue, lui fait perdre tout l'espace qu'il avait gagné
par sa bnssée; de sorte qu'il fait deux pas en avant, deux
pas en arriére, et qu'en résultat il demeure presque à la
même place. Admirable disposition et merveilleux instinct
que Dieu a déposé dans la plus infime créature ! En appa-
rence, ce petit insecte, avec ses mouvements automatiques
et sa position renversée, passerait pour un animal stupide,
si l'on ne savait que tout ce manège sur l'eau n'est point
on voyage qu'il veut tenter à contre-sens, mais une chasse
(les plus fructueuses qu'il fait aux moucherons microscopi-
ques qui voltigent à sa portée et qu'il happe au passage. Ses
enjambées ne sont donc point un moyen de cheminer, mais
iMen de regagner l'espace que le courant lui a fait perdre;
ses exOTcices de natation sur le dos n'ont d'antre but que
de lui faire apercevoir et saisir facilement sa pâture. On ne
le doute guère non plus que cet insecte a des ailes qu'il
dissimule tant qu'il a affaire à un élément où elles ne sau-
raient lui être utiles ; mais dès que le gibier manque sur
on point, il les déploie, les ressuie à terre et vole plus vite
qu'il ne nageait vers une autre mare ou quelque cours d'eau
pour se remettre à faire la planche et recommencer sa
chasse.
Ou l'appelle Caurdougni parce que ses enjambées ressem-
blent assez au mouvement des bras du cordonnier, quand
il tire le ligneul.
Coardomia, v. Border d'arbres un champ; planter des
arbres comme un cordon autour d'une terre.
Coardoimé, s. m. Cordonnet, petit cordon d'or, d'argent,
de soie, de fil, de coton ou de laine, pour border un habit,
«ne robe, etc.; passepoil.
Gonrdiira, v. Coudre; assembler deux choses au moyen
d'une aiguille et de fil ; au fig. faire des zigzags, passer à
travers des objets quelconques disposés en ligne, en passant
alternativement de la gauche de l'un à la droite de l'autre,
comme lorsqu'on tresse une natte, opération du reste
pareille à celle de l'aiguille qui coud et qui passe tantôt
dessus, tantôt dessous l'étoffe. — Courdura lou cami, faire
des zigzags sur la route, comme font les ivrognes. Dé que
fa\' aquélo fïo? — Courduro ; quel métier fait cette fille?
— Elle s'emploie à la couture.
Dér. du lat. Consttere, m. sign.
Courduro, s. f. Couture; profession de couturière. —
Répassa las eourduros, aplatir les coutures d'un habit avec
le carreau du tailleur : au fig. donner une volée de coups
sur le dos. Bésta pér las eourduros, demeurer pour les
gages : cela se dit d'une mauvaise dette dont on est obligé
de faire l'abandon : Aqud la y es resta pér las eourduros.
Coure, ou Court, v. Courir, aller, marcher avec vitesse ;
ne pas rester chez soi; glisser; en parlant des liquides,
couler; circuler; parcourir. — Coure, cours, cours,
marche, file! Faï pas gué coure, il ne reste jamais en place.
Coure que Vat vis, va t'en vite, je te connais, je t'ai vu.
Faire coure un nous, faire glisser un nœud. L'atgo que
coure faï pas mdou âou meure, prvb., l'eau courante est
toujours saine. Coure sus lou mérca dé quâouquus, aller sur
le marché de quelqu'un, faire des offres à un objet qu'il
marchande. Laïssara bé coure quieon, il donnera bien quel-
que chose sur le marché, il laissera bien courir quelque
chose sans le faire payer. L'annado que coure, l'année cou-
rante. Coure que ré»/i^,prvb., va t'en voir s'ils viennent,
Jean. N'en coure lou bru, la nouvelle en circule.
Dér. du lat. Currere, m. sign.
Courédis, iaao, adj. Qui court, qui roule; propre à
courir. — Un iè courédis, un lit à roulettes.
Courédoû, s. m. Corridor; galerie; allée de maison :
c'est particulièrement une galerie à ciel ouvert qui conduit
à la principale entrée.
En espag., cat. et port. Corredor, en ital. Corridore.
Couréire, Mro, adj. Coureur; léger à la course; qui
court très-vite.
Dér. du lat. Currere.
Conréjo, s. f. Courroie; lanière de peau, de cuir; fouet
du berger, qui n'est pas tressé, mais qui se compose d'une
lanière assez large et d'un b&ton court et blanc; par ana-
logie, champ, terrain long et étroit en forme de lisière.
Dér. du lat. Corium, cuir; dans la bass. lat. Corrigia.
Couréjolo, s. f. Liseron des champs, volubilis sauvage;
clochette; Convolvulus arvensis, Llnn., plante de la fam. des
Convolvulacées, rampante et parasite, qui ne peut s'élever
qu'en s'entortillant aux plantes ou aux arbres voisins. Elle
produit une fleur blanche en forme de clochette, et elle est
extrêmement difficile à extirper; le tranchant de la faulxla
fait périr.
Dim. de Couréjo,
Couréjoù, s, m. Cordon de souliers en cuir; cordon de
bourse en cuir. — Voy. Courdil.
Dim. de Couréjo.
Gouréjonna, v. Serrer les cordons des souliers; fermer
les cordons de sa bourse.
Conréii, s. m. Plateau; pièce de bois, planche longue,
9»
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COU
COU
large et épaisse, qui sert de plancher pour ce que Ton peut
appeler le second étage d*une magnanerie. Il faut se rappeler
que la magnanerie est un grand appartement, qui d'ordi-
naire s'élève du plat sol jusqu'à la toiture sans division
d'étages. Vers les deux tiers de sa hauteur, il règne un rang
de poutres transversales, destinées à fixer les pieds-droits
ou montants qui soutiennent les tables. On donne k manger
aux plus basses tables de pied ferme jusqu'à la quatrième
au plus ; au-dessus de celle-ci, on a recours à des échelles
courtes, légères et faciles à manier; mais s'il fallait en
employer de trés-longues pour atteindre aux plus hautes
tables, ce serait à la fois très-pôniblo et irès-dangeieux.
Pour y obvier, on dispose, tout le long des couloirs supé-
rieurs de l'appartement, une file de longs plateaux posés
et cloués sur les poutres dont il a été question ; et les aides
magnassiers trouvent dans ce nouveau plancher un second
rez-de-chaussée, qui leur permet d'atteiqdre aux tables les
plus élevées, dont le nombre ne s'élève pas à plus de quatro
au-dessus de ces plateaux.
Coarén, êatOi a^j. Coulant, anie; courant; qui glLsse;
qui circule. — Nous cQurin, nœud coulant. AïgoeourérUo,
eau courante. Pris courén, prix courant. Man caurér^o,
main -coulante, pièce de menuiserie sur une rampe d'esca-
lier; main-courante, registre journalier d'un commerçant.
Gourgnè, s. m. Cornouiller, arbre. — Vau- Corgno,
11 est devenu n. pr. en fr. sous la forme : Cormer*
Ducornier, etc.
Coarl, V. Courir. — Vgy. Coure.
Couiiè, s. m. Courrier; messager; qui £ait le servic$ de
la poste ; qui porte les dépèches d'un bureau à un autre. — '
Lou Courte, le journal; les lettres qu'on prépare pour
envoyer.
Courija, v. Corriger; donner une correction; amender;
réformer; châtier; reprendre; améliorer.
Dér. du lat. Corrigée, m. sign.
Gooriola, a^j. f. Fille trotteuse, et non pas coureuse.
Noire expression lang. est loin d'avoir cette dernière accep-
tion. Elle signifie seulement une fille un peu l^ère, qui
n'aime pa& à garder le logis, et qui suit les promenades, les
fêtes villageoises, etc.
Couriôou, adj, m. Dim. Courioulé. Qui aioie à courir,
à trotter; batteur de pavé; éventé; dissipé.
Coiuriâoii, «. m. Dim. Courioulé. Roulette d'enfant;
espèce de cbarriot à quate roulettes, où l'enfaal est placé
debout, les pieds portant à terre et le corps enfermé dans
un cercle qui l'empêche de tomber» Comme cet appareil est
facile à mettre en mouvement, l'enfant le fait aisément
rouler, ce qui l'oblige lui-même à suivre et à changer ses
pieds de place à mesure que la machine roulante avance.
Cet exercice, qui tient tout à fait de la gymnastique, quoi-
qu'il soit fort antérieur à cette science dans l'éducation
puérile, a^rend à l'enfant à se tenir sur se» pieda, k mar-
cher, et développe ses forces.
Connul, adj. m. Terme injurieux, qui ne s'appUi^ue
qu'au masc. et pour cause : mari dont la femme est peu
fidèle, et que Molière appelle : cocu.
Dér. du lat. Cornu, corne.
CovnuffédQ, s, f. Plantation de cornouillers; lieu, ter-
rain, bois planté de cet arbre.
Formé de Courgnê, radical, avec le suffixe collectif éifo.
— Vou- Édo.
Coumé, s. m. Cornet à bouquin ; sorte de trompette faite
en terre ou de la corne d'un bœuf, avec laqui^lle les bergers
et les vachers appellent le bétail qui est dispersé au loin.
Coumé, s. m. Courge-trompette, sorte de calebasse,
Cueurbita lagmaria, Linn., plante poUkgère de la fam. des
Cucurbitacées, longue de trois pieds environ, qui a cer-
taine ressemblance pour la forme, sinon pour les dimen-
sions, avec l'instrument du même nom.
Dér. du lat. Cornu.
Coumélu, udo, adj. Péjor. Cournéludoê. Cornu, qui a
de longues cornes. — Yoy. Banu.
Gottmndo, s. f. Cornue, vase de bois à deux anses laté-
rales servant à porter des liquides. Se dit mieux Séméon.
— Voy. c. m.
Coaro, adv. de temps. Quand; à quelle ^oque; qu«l
jour; à quelle heure; tantôt; en quel tempe. — Couro «én-
dréê? quand viendrez- vous? Comro aqud i'éê fat À quelle
époque cela s'est-il fait? Couro que sièguo, en qud temfK
que ce soit. Couro que vèngo, Uparlaraï, lorsqu'il viendm,-
je lui parlerai avec les dents. Couro que vén^ou la* pruno9^
y-àoura un an, vienne la saison des prunes, il y aura un
an. Couro m, couro plouro, tantôt il rit, tantôt il pl^ve.
Dér. du lat. Quota hora, quelle heure.
Gouroubiè, s. m. Caroubier, gainier viaqueux, atbrp
de Judée, Cerci$ sUiquoêtrum , Linn., arbre de la fam. des
Légumineuses, naturalisé dans nos pays.
Gooroubio, s. f. Caroube, fruit du caroubier. C'est utie
la^e gousse, noirâtre quand elle est mùro, assez semblable
de forme à celle des pois dit goulus, mais beanoonp fAm
grosse. Elle renferme une pulpe charnue et donoo&tie, qui
tient à la fois de la datte et de la manne. Les enfanis en
sont friands, comme de tout ce qui est sucré. Elle esl un
excellent engrais pour les chevaux. On leur en donne bena-
coup en Espagne, où ce fruit est très-abondant.
L'arbre de Judée, à fleurs roses, est de la mèoie faintllA.
mais ses gousses sont petites, sèches et sans saveur.
GourDimèl, s. m. Colonel, chef d'un régiment.
Emp. au fr.
Conrsé, t. m. Dim. CounUoià,. CoMrttoufw. Gosseft^ <orpb
de jupe, lacé ou non; camisole de femme ; habiUemeoi du
buste. On dit Coursïoù, quand il s'agit de la camisole d'iui
enfant au berceau.
Goorto-haléno, t. f* Asthme ; essouflOeraont. — èm «on
dé la eourto-haUno, il est mort fiuite da respiiw : maa^RUff
plaisaiiterie pour dire : je ne saisde qiiQilemaiadieti
Q>iirtoiièi, ouèso, aiff. Courtois, poli; afidito.
Empv au fr.
cou
COD
587
Goamcioa, «. f. Odeur de corrompu: iafection. —
Quimio emurtÊCiou/ quelle odeur, quelle infection!
Ce mot n*e8t Téquivalent du fr. dont il est formé, que
sons le rapport de Todeur.
Coof, i. m. Cours, promenade, allée plantée d'arbres,
dans une ville; cours, taux d'une marchandise. — Fôou
faïn lou cous, ou fôou faire coumo »é faï, il faut suivre le
cours.
Oér. du lat. Cur$u$, ou Curtus.
Conseil, s. m. Conscrit, qui est soumis à la conscription
iniUlaire. Par ext. novice; neuf, sans expérience.
On conçoit très-bien l'emprunt de ce mot fait au fr. depuis
les lois sur le recrutement, le point le plus important pour
la population de la politique intérieure.
Gonségii, uâo, pari, pou, du v. Cuire, cuire, dans
l'acception de douleur inflammatoire seulement.
Cousésoù, s. f. Cuisson ; action de cuire au feu ; degré
(le cuisson ; cuisson, inflammation légère mais cuisante.
Dér. de Caïre.
Coml, CSoasino, $. m. et f, Dim. Cousine, CousinMo;
péjor. Cousinas, asso. Cousin, cousine. — Cousi que cousi
davalo dé moun cériitre, dicton devenu prvb. que le fr. a
rendu par : ami jusqu'à la bourse.
Dér. du lat. Consanguineus.
Consigné, Consignëîro, s. m. et f. Cuisinier, cuisinière :
domestique à gages, homme ou femme, qui fait la cuisine
dans une maison, un hôtel, une auberge. — Consigné
maeari, un empoisonneur. CVoy, Macari.J Consigné lam-
brUo, $é y-a un bon moucél, hn fréto, cuisinier lambin, le
loeillenr morceau est pour lui.
Dér. de Cousino.
Contignèirot (Las), s. /*. pi. Les Pléïades, constellation
située dans le signe du Taureau et composée de sept étoiles
jadis, dont une a disparu.
Ce mol parait une corruption du fr. /a Ponssinière, nom
qu'on donne quelquefois à cette constellation, qui par son
assemblage ressemble à une couvée dé poussins pressés
autour de leur mère.
Consina, s. m. Potage de châtaignes sèches. — Voy. Ba-
jana.
Consinaje, s. m. Cousinage, parenté entre cousins; manie
de traiter tout le monde de cousin.
Gonainéîa, v. fréq. Faire la cuisine ; se dit particulière-
ment, en ce sens, d'une personne tiont ce n'est pas la pro-
fession, qui met la main à la pâte par occasion ; se cousiner,
traiter tout le monde de parent pour s'en faire le parasite.
Gonsino. s. f. Dim. Consînéio; péjor. Consinasso. Cui-
sine; ehëre. — La cuisine est la salle à manger et le salon
d'honneur pour les paysans. Piehoto eousino fafi l'ousiâou
groH, prvb., petite cuisine enrichit la maison.
Dér. de la bass lat. Cocina, qui est la oormpt. du latin
classique Coqmina, cuisine.
Qansaégal, «. m. Mdiei], mélange de froment et de seigle.
Formé du lat. Cwn, avec, et Sigal, bas-bretoci, seigle.
Consseia, v. — Voy. Aeousséia.
Consaéjà, v. fréq. Poursuivre, courir «nprès; chasser
devant soi quelqu'un qui fuit.
Dér. de Consso.
Gonssél, s. m. — Fdy. Connsél.
Conssi, adv. Comment, comment donc; eh! quoi! —
Coussï quicon, d'une façon ou d'une autre; aussi bien que
nous pourrons. Coussï va\ la santa? comment va la santé?
Comsi vous pourtas? comment vous portez-vous? Coussï!
m'ou avias pas dit, est-il possible ! vous ne m'en aviez pas
parlé. Co%kssï m'ou avias pas dit? comment se fait-il que
vous ne m'en ayez pas dit un mot? Coussï quicon sèn
avivas, k la longue nous voilà arrivés, mais ce n'est pas
sans peine. Véjo coussï camino, vois comme il marche.
Coussï/ vous maridasf Eh! quoi! vous prenez femme!
Dér. probablement du lat. Quod et Sic, cela, ainsi.
Cousso, s. f. Course, marche précipitée; voyage; espace
parcouru. — A cousso, en courant, à la course. Foura bé
y-ana faire uno cousso, il faudra bien y aller faire un
voyage. Y serai d'uno ccwmo, j'y arri verni d'une enjambée.
Gnavés pér uno bono cousso, vous en avez pour un bon bout
de chemin. — Voy. Escousso.
Dér. du lat. Cursus, m. sign.
Conssoû , s. m. Ârtison , insecte on ver, de l'ordre des
Coléoptères, qui ronge le bois ; charançon du blé ; ^'ermou-
lure ou débris du bois rongé par ce ver, dont il a absorbé
toutes les parties aqueuses et nutritives : cette poussière est
un excellent dessiccatif.
11 est singulier que le fr. ait appelé cosson, l'artison, le
charançon qui ronge le blé (Curenlio), plutôt que celui-ci
(Cossus), dont la traduction était toute naturelle. Du reste,
en lang. Conssoii et Courconssoii sont souvent confondus.
— Voy. Coureoussoù.
Dér. du lat. Cossus, Cossonus, m. sign.
Coussouna, ado, adj. Vermoulu; piqué des vers; ne se
dit que*du bois. Lorsqu'il s'agit de hanles, d'étoffes de
laine, on dit Arna.
CouBSU, ndo, adj. Cossu, en parlant d'une personne
riche et opulente ; en parlant des choses, confortable, élé-
gant, riche, bien étoffé. — M*én fichas uno coussudo, vous
m'en donnez une bonne. Aqud po se dire coussn, voilà qu'on
peut appeler cossu, élégant, riche.
Consta, s. m. Au pi. Cousiassês. Côté, partie droite ou
gauche d'un animal, d'une chose; envers ou endroit d'une
étoile ; face, aspect ; parti ; hanches vniias ou factices d'une
femme. — Dé eoufUi, de côté, séparément. Pér eousta, par
côté, obliquement, de biais. Dâou eousta dé Nime, aux
environs de Ni mes. Vira$-ou dâou bon eousta, tournez cette
étoffe à l'endroit; prenez ceci du bon côté, sous son bon
aspect. Mé méte dé foun eousta, je me range de votre parti.
Marehavo à sous cousiassês, il marchait à côté de lui. A pas
gés dé Milite ou dé eonuiasses, elle n'a point de hanches,
point de tournure. Les femmes tirent vanité de la protu-
béfanoe ée leuis hanches: serait-ce pour faire ressortir
±}8
COU
cou
<lavaiilaj:e, par constrasle, la finisse ib' lour Inillo, ou pour
tout autre chef de eo(iuetterie? Il irii|)orto peu de péiiélrer
le st^cret de C4\s artifices que la inodt' impos(^ et (pli sont de
tous les temps et de tous les pays. Autrefois les lumiers
niit eu leur vogue; puis ou a appelé ces appareils, ou coussi-
iicls adnptés à la taille, tantôt tournure, tantôt [)olissons;
puis est Acnue la crinoline ei son ampleur. L<* siècle de
Péricl»'s cl le règne du Directoire ont fait excejjtion; les
lailK's en guêpe étaient ])roscrites. Sur l'ancien modèle grec,
l»s élégantes de la fin de 1700 paraissaient sous fornu' de
Iu1m\ Cl' (ju'on ai)pelait alors taille d'asperge. A[)rés les
exagérations boudins îles mnd»'s de notre second empire, on
a semblé rcNcnir aux lignes droites et raidosdu Dinvtnin',
«pli sont déjà remplacées aujourd'Iiui par les polissuiis res
suscités; et il en sera toujours ainsi sui\ant les charmants
caprices de ce i\ran, niaitre du monde. Viu^ seule chose ne
ehange pas ici; ce sont les mois de noiio langue déjiilixèc,
mais'(]ui peut ce|)endant s'appli<pierà Inules les in\eiitiuns.
Dér. de Costo.
Cousta, V. n. (ioiUer; être acheté à un cerlain ]>ri\; èlre
dilïicih' ;\ ac([uérir, au prix de soins, de peines, de f.iliguis.
— Quv ([nc costff, collt«' qui' colite. Se tnc rduslut-o juis <jni'
ifous soous, s'il ne m'en coulait <]U«' dt'ux sous. . . Sares jms
iie y//e ///(' ojslf's, lu ne sais [las ce ipie lu me coules.
Dér. du lai. Coustare, m. sign.
(Àinimc rtMiiarque gi-iiéralc, il est à oljservcr (|ue la plu-
part des \erlies dans lesquels se ren*"unliv la s\llahe ini à
i'iidiii., piéseiileiil drs iriV'gnl.irile.s de ('niijugaisou à (hlVe-
l'cnls te;ij[»s : ainsi i'inisla. iiiliu. pr-'S., l'ail i^uslf à I ind.
jirés., Cifustiie au fui.: de même Troiii'K, Atr^mbd, Acou-
inout/d, Coujd, inllii., doiinr-ul a Tind. |ué>. irrtve, Aimljc,
AciHfinoilr, CdJC, etc., (^Ic.
CoUStélétO, .V. f. (l'MelcUc, pclile colc de JiiuUlon,
d agneau, d«' \cau, de ho'ul', déclinée a è|ic m.mgée.
D-'r. de i osl<i.
GouStétO, v /". (y>le> de pojiV'c, qii'dii mange coiiiii.e les
caide>.
Der. dim. de <'o.s7o.
Coustiè (Dé ou pér), uf/r. De ct')l<', jiar cole: deUavers;
de hiais, ohli(piement. — Vat tout pcr mtistir, il ma relie
lout de lra\ers.
Dér. de (\mst(i^ coté.
GoustïOÙS, s. m. /*/. (lôji'liites de pDiv >alé. - il nel'<»ul
l)as ouhlitM' (]ue les os de pure sonl décharni's pour faire' de
cj'tle \ iand<' de Tai.d mille, de la .saucisse, du saucis.sou, elc;
c<! «pli resie a[»rés l«s coles n'est «prun résidu de carlilages,
lie tendons, de memhranes adhéii'nles. (l'est là le ('ousttoà^
(uopreiiienl dit, qui assaisnune liieu un [»olage,( l ijui pa>se
«'iicore pour \m mets déli»;al à ronger, aj)rès «pi'une fuite
éhullition a ramolli tous ces «'arlilag(»s.
Dim. de (osto.
CoustOUlado, s. f. Volée de couj)S de hàlon; \olée de
1m lis \erl.
Que le mot vienne du suivant, exprimant rinslrumenl
qui sert à l'opération, (ju'il soil tiré de la partie soumise
à la correcliou, son radical est à jx^i près le même et loul
aussi éniM'gique.
Coustoulo, s, f. licote, éclisse; scion d'osier ou de châ-
taignier sauvage refi^ndu, un peu plus épais que la hridoulo
I Voij. c. m. : halte d'arleipiin.
J)ér. de Costo.
Coustoùs, ouso , (idj. douteux, qui entraîne des frais,
(pli cause de la dépense.
Dér. de l'ousta, couler.
Coustré, Coustrécho, (flj. (lonlraint; réservé; gên»-:
ujis a l'éiroil; malaisé sous le ra])[)orl de la fortune.
Di'r. de ('oustn'i/ne.
Coustrégne, r (loniraiudre, forcer, ohliger; resserrer.
pres>urer, mettre à rétroit, conqirimer; mettre à la gêne;
iV'stnMndre la liberté.
.S(.' ro/fsiinjue , se reslri'indre ; «liminuer sa dépense, son
train de vie.
Der. du lai. (Onslrihticrf. resserrer.
Coustumo, 6. /'. Ciulume, usage; hahitude contraclei'
daii.s h s iiKcui's, les manières, les aclions. — l'un fes es pus
cousfuino, une fois n'est pas coulumt'.
Moi/o, ([ui a la ménie accepljnn, est plus lechniqU'' —
Va)/, c. ni.
Dér. du lai. f^(i/iS(ir(n</o, m. sii:n.
Coûté, V. tii, .Niique; l.i.ssc (M'cipitale di-rriére laquelle >.'
Ii.iiive je c.'r\('|rt ahrilé j»ai' l'occiiMit.
Sauvages en fait une corruptit)n ou une variante du n»n|
Cotijn-, qui a Li mèiii»' si_'niti»'ati"n dans «piehpraulre «lia-
liHle du l.aiiguedtic ; cl d"a[Més lui , cc dernier mot Coujte
sérail \Uiy' déviation «le idpet, [u-tile tète, (^'la jiarail un
t»eu tiré t»ar les cheveux. ('<jpct d'ailleurs ne nous semld»'
[ia> mi dim. de (<ip, tête, temi»in Ihigues-(]a[)et, ainsi sur-
no'nmé, dit-on, à cause de la grosseur de sa tête, ou à
cause di" la cajit dont il S' couv l'ait. \,)tre Coufé ne vien-
drait il pis iilu> nalureljemt'ut du gr. K^tTr^. tête?
Coutéïè, V. ni. (^iiiteli.r, «pii f.ihrique ou vend des cou-
teaux, ci.x'aux, ras'iiis et autres petits instruments tran-
chants.
Der. de iuuicL
Coutèl, s. m. Dim. (nnfriv; augm. Coutelas. Couteau,
instrumeni Iranchanl composé d'une lame e| d'un manche;
coulre «le cliarrue, lame [ilacée au-dessus du .soc, pour
tranchi'r la lerre. — Contrl sunnnfJtnt,cAmU^:ni\(m^,\uhiçv
«»l très pointu, <lonl se serveni les égorgeurs de porcs, de
moutons, lie lomls. (Test une sorte de coutiniu-poignanl
«pi ils lienniiit l'eulermé dans un étui eu cuir. Fàou pas
tau li planta hni coutèl, il ne faut pas lui faire payer cela
si cher, il ne faut jias lui surd«'mander; il ne faut pas le
ruiner de frais pour ce qu'il doit, ou exiger rigoureusement
tout ce que la loi vous accorde.
Coutcl (le )uaria(je, «'ouleau volé. Il est d'usage dans les
noces de villageois «pie les convives au festin de noces
cherchent à s»' voler réci[)roquement leurs couteaux : la
cou
cou
5^29
gloire est de voler celui d'une fille, surtout si elle est jolie
et qu'elle joue un rôle important dans 1 assemblée. 11 n'est
sorte de ruse que l'on n'emploie pour arriver à ses fins, car
chacun est fort sur ses gardes. Les couteaux des mariés sont
seuls exceptés : il n'est pas non plus de bon jeu de se voler
entre gens de même sexe ; ce serait alors un véritable larcin ;
entre gens de sexe différent, cette soustraction est considé-
rée comme une simple niche que l'usage rend de bonne guerre.
Coutelas, au pK haricots verts, quand les cosses sont
encore jeunes et fort minces, imitant la lame d'un petit
couteau. — Soun pa'nearo que dé coulélés, ces haricots sont
trop jeunes; ils ne sont encore que des fils. On dit aussi
fouièU, en parlant des cosses de pois- verts. Àï aiéja vis
dé coutéis à mous pèses, j'ai déjà vu de jeunes cosses aux
pois de mon jardin. Ce nom vient aux uns et aux autres de
la forme de ces cosses plates et légèrement recourbées
comme la lame d'un sabre ou d'un couteau.
Passo-passo coutélé, jeu innocent, qui consiste à cacher
un petit couteau, un dé ou tout autre objet aussi menu,
dans la main de l'un des joueurs réunis en cercle, tandis
qu'un patient cherche à le saisir au passage. Les joueurs
font la chaîne avec leurs mains et font tous semblant de se
passer l'objet, de sorte qu'il est difiicilc de distinguer la
main qui recèle le Coutélé d'avec œlles qui manœuvrent à
vide : celui qui le laisse prendre dans sa main remplace le
patient.
Dér. du lat. Cutter, cultri, m. sign.
Contàlo, Anédo ou Alédro,*./'. Grand narcisse des prés
à fleur blanche, Sarcissus poeticus, Linn., iris flambe.
Iris gertnanicus, Linn., glaïeul, Gladiolus communiSt
plantes de la fam. des Irisées, qui se confondent sous le
nom de Coutêlo, à cause de la ressemblance de la fane avec
la lame d'un couteau ou d un stylet. — Les enfants sont
très-curieux de la fleur de Couièlo, qui vient par masses
dans les prés, surtout dans ceux abondamment arrosés. Ils
en font des bottes énormes qu'ils vendent à leurs camara-
des citadins. Autrefois la monnaie courante de ces marchés
était des épingles. Aujourd'hui ce billon est démonétisé et
déprécié tout autant que défunts les assignats ou les cou-
pons d'actions mexicaines.
Goatèloù, f . m. Alouette des bois, lulu, cujolier, Alauda
arborea ou nemorosa, Linn., oiseau de l'ordre des Passe-
reaux et de la fam. des Subulirostres. Les plumes de la tête
de cette espèce sont un peu alongées, ce qui lui fait une
sorte de huppe; elles sont tâchées de noir et de roux; les
parties supérieures sont rousses avec une large tâche noire
au milieu de chaque plume ; queue carrée et courte. Le
mâle se perche quelquefois et fait entendre alors un ramage
agréable. Le nom de Lulu lui vient du cri lu, lu, lu, que
cet oiseau dit souvent avec douceur. Le nom de Mauviette,
que Sauvages donne au Coutéloii, est plutôt un nom géné-
rique que la gastronomie donne à toutes les alouettes gras-
ses et qui doit s'appliquer surtout à l'alouette ordinaire des
champs, Alauda arvensis, Linn., la plus commune, la
meilleure et dont la chasse au miroir fournit abondamment
nos tables.
Il est peut-être un peu hardi de vouloir faire dériver c^
mot du gr. Kcut(XX(i), babiller, caqueter, gazouiller; cepen-
dant la ressemblance et l'analogie ne manquent pas d'at-
traits , surtout si l'on considère que le grec a lui-même tiré
de ce verbe un nom pour l'hirondelle, qu'il appelle, à caus^
de son chant, KtutfXT).
Coutéto, s. f. Jeune poule, poulelte. Au fig. jeune fille.
Ce mot vient du cri Coto/ Coto! qu'on adresse nux poules
pour les rassembler : ce n'est qu'une onomatopée de leur
cri ordinaire, cot ! cot ! cot !
CouU, s, m. Coutil, sorte de toile croisée dont on fait les
matelas et les lits de plume. Cette dernière espèce de coutil
s'appelle spécialement FMoMsino: pour les autres on dit CouU.
Emp. au fr.
Goniinilonn ( Madouméîsèlo dé), quépisso IWigo rose,
loc. prvb. qu'on adresse à une précieuse, à une mijaurée, à
une femme qui se donne de grands airs et affecte de super-
bes allures, quoique peu riche et de condition inférieure.
Gontionn, s. m. Cotillon, jupe, jupon de femme, qui se
met d'ordinaire en dessous de la robe. — A fa un aerà à
soun couVioun, elle a fait un faux pas, une tache â sa répu-
tation.
Emp. au fr. Cotillon, qui vient de Cotte, et celui-ci,
disent certains, du teutonique Kutien, couvrir, cacher, et
d'autres, du lat. Crocotula, petite robe de femme, dim. de
Crocota, robe couleur de safran.
Goutoù, s. m. Coton, duvet floconneux, long et fin, qui
provient des capsules du cotonnier, dont on fait des étoffes,
des cordons, etc. — Coutoii en ramo, coton non filé.
Dér. de l'arabe Alkotonn, m. sign.
Contounado, s. f. Cotonnade, toile de coton assez gros-
sière mais forte; gros basin.
Gontonnino, s. f. Cotonnine, toile de coton légère, dont
les femmes font des jupes de dessous en été.
Goutréja, v. Labourer avec la charrue appelée coutrier.
Gontriè, s. m. Coutrier, sorte de charrue sans roues et
sans avant- train. Il est aussi facile à conduire que l'araire,
et il fait de meilleur ouvrage, parce qu'il coupe les racines
et tourne complètement la terre sens dessus dessous, tandis
que l'araire ne fait guère que la déchirer. Le soc du cou-
trier est précédé d'un coutre, Coutèl, pour trancher, tout
comme la charrue; ce qui lui a valu son nom.
Dér. du lat. Ciilter, couteau.
Gontrio (Dé), s, f. et adv. Associé, lié; de conserve;
d'intelligence. — Se prend d'ordinaire en mauvaise part.
Contract. du fr. coterie.
Gonvén, s. m. Couvent; maison religieuse d'hommes ou
de femmes; communauté dans son ensemble. — Pér un
motdns, hu eouvén se pér pas, prvb., pour un moine,
l'abbaye ne faut pas.
Dér. du lat. Conventus, assemblée.
Coavèr, s. m. Toit, toiture, couverture d'une maison;
230
CRA
CRA
coavert de la table, tout ce qai couvre la table, les mets
exceptés; cuillère et fourchette d'argenterie. — Couvera
dos aHgos, toiture à deux pentes. Couver à VémpéritUo ou à
quatre aigot, toit à pavillon. Couver à téoule vis, toit où la
charpente et les tuiles s'aperçoivent du plafond, comme
celui de nos magnaneries, que Ton fait ainsi pour obtenir
plus de relation avec Tair extérieur. Répassa lou couver dé
quâouquus, rosser quelqu'un, ou tout au moins lui dire
vertement son fait en reprenant un à un tous ses défauts.
Quàou rèsto souto soun couver, se rés noun gagno rés noun
pèr, prvb., s'il n'y a rien à gagner à rester chez soi, du
moins ne risque- t-on pas de perdre : conseil d'extrême
pnidence auquel répond cet autre dicton : Quâou es foutrdou
que reste à soun oustâou, que le sot reste enfermé chez lui,
r homme habile trouve toujours avantage à se produire.
Dér. de Couvrï.
Couver, èrto, adj. Couvert ; sombre, nébuleux ; obscur;
jonché. — Es couver ou fa4 couver, le temps est couvert,
sombre. Gn'a lou couver sâou, la terre en est jonchée, le
sol en est couvert.
Ce mot est dér. de Couvri, mais il n'en est pas le part.
|)ass., qui se dit Couvre, couvrido.
Gonvérta, v. Mettre une couverture à un livre, ou plutôt
cette espèce d'enveloppe en papier, dont les écoliers recou-
vrent leurs livres classiques pour les conserver.
Gonvèrto, s. f. Couverture de lit; couverture, enveloppe
d'un livre. — Voy. Flassado.
Gouvértoù, s. m. Lange de dessus d'un enfant an ber-
ceau; lange de parade; couvre-pied.
CoutI, f. m. Invitation; attrait; ce qui attire; ce qui
invite et convie. — Ses dàou couvï? Êtes- vous de la fête?
Y êtes- vous invité?
Dér. de Couvida.
Convida, v. Convier; inviter; engager à un banquet, à
une fête. — Nous a pas couvida d'un vétre dé vi, il ne
nous a pas offert un verre de vin. Couvides pas dé ^uicon?
Tu ne nous payes pas quelque chose à manger ou à boire?
Dér. du lat. C«m, avec, et Invitare, inviter.
Couvii, V. Couvrir ; recouvrir ; couvrir une maison, y
|K)ser le toit; saillir, en parlant de certains animaux. —
fjm eouvriguère, et l'oîistdou mé resté, je couvris son offre,
je renchéris sur son offre, et la maison me fut adjugée.
Dér. du lat. Cooperire, m. sign.
Craîonn, s. m. Crayon.
Emp. au fr.
Craîoniia, v. Crayonner; dessiner; écrire au crayon.
Gran,f. m. Crâne, boite osseuse qui recouvre le cerveau.
— Ta^u cran dé la tèsto, le crâne.
Dér. du gr. Kpocviov, m. sign.
Cran, s, m,, ou Cranco, s. f. Crabe, cancre. Cancer,
Lina., animaux du genre des Crustacés, qui sont à peu
près les mêmes aux yeux du vulgaire.
Crané]a, v. Faire le crâne, le freluquet, l'incroyable;
.ifTiclier une mise et des airs de petit-roaitre.
Cranéto, s. m. Jeune petit-maître, freluquet, heau-fils.
Crano, adj, des deux genres. Crâne; fier; petit-maitre;
en parlant de choses, fameux, de première qualité. —
Faire lou crano, faire le beau-fils, poaer en bravache.
Pourta soun capèl à la erano, porter le chapeavi sur
l'oreille, en fanfaron. Aquél vi ée dàou crano, ou oquà's un
crano vi, c'est du fameux vin.
Dér. du gr. Kpav{ov, crâne de la tête.
Crânien, éno, adj. Quarantain; qui revient lous les
quarante jours, comme les roses de Bengale, les artichauts
quarantains, les fraises quarantaines, etc.; bien entendu
que cette faculté de reproduction est suspendue en hiver.
Cranto, n. de nombre. Quarante. — Lou iè dé cranto,
le grenier à foin; le lit pour quirante.
Dér. et contr. du lat. Quadraginta, m. sign.
Crâon, (I*a)f »• pr. de lieu. La Crau d'Arles : vasVe
plaine entre Arles et Salon, toute couverte de cailloux
ronds et blancs de la grosseur d'un œuf. On croit qu'elle a
été formée par une inondation du Rhône , dans un temps
rapproché du déluge. Quand on considère l'élévation de ce
vaste plateau au-dessus de toutes les plaines et les bas-foods
qui l'environnent dans toute sa longueur, on sent qu*îl n'a
pu suffire d'un simple débordement du Rhône pour élever
les graviers à cette hauteur : il a fallu un cataclysme
véritable. Cette plaine est nue et ne présentait d'abord
aucun signe de végétation, entièrement recouverte qu'elle
est de ce cailloutage sans interstices. Cependant , dans la
partie la plus rapprochée d'Arles, elle a été mise en coltare,
et on y récolle d'excellent vin et de riches pâturages, grâce
au canal de Craponnequi l'arrose. On retrouve cette même
culture dans quelques coins particuliers; mais la plus
grande partie est infertile et déserte. Du reste, entre ses
cailloux, il pousse une herbe fort délicate et noarrissant^*
qui sert à l'élève de grands troupeaux de moutons d'excel-
lente qualité.
Diverses étym. se présentent avec une autorité à x^en prés
égale, qui conviennent à ce nom : le celt. Crai, Craig, Crag,
Carreg, pierre; le gr. KpKva6{, raboteux, pierreux, ou
Kpceûpoç, sec, aride, brûlé.
Crâoumo, s. f. Crasse de la tête et des mains ; viscosité
qui se forme sur l'épiderme de la viande de boacherie.
qu'on lui enlève en la faisant blanchir à l'eau bouillante
avant de la mettre à cuire dans la casserole, on qui s'en va
dans le pot-au-feu en l'écumant.
Dér. du gr. Xç&ilol, peau du corps.
Craqua, v. Craquer; onomatopée du bruit q[ae fait le
bois en éclatant, en se rompant. Au fig. mentir, hftbler, se
vanter faussement.
Craqnéja, v. fréq. Craquer, craqueter. — Se dit principa-
lement d'un meuble dont le bois travaille et craque de lui-
même ; des souliers et bottes dont le cuir trop aee lait du
bruit en marchant; d'une branche d'aière que le Tent ou
le poids de la neige fait craquer.
Fréq. de Craqua.
GRE
GRÉ
231
Grai|ma, s. f. Craque; mensonge; Mblerie. |
Craqm! interj. Grae! soudainement. Onomatopée pour
exprimer le bruit d'uae chose qui se rompt.
Graqavr, j. m. Craqunrdo, s. f. ^lenteur, hAbleur;
vantard.
CraMi, «. Salir; encrasser; rendre crasseux; couvrir de
crasse.
Graaso, i. f. Crasse; saleté; lie; ordure; rebut. —
Crasio éé la i^jId» crasse baptismale des enfants, qu*il faut,
dit-on, se garder d'enlever dans le premier âge, parce que
c'est un extttoire naturel aux humeurs f^Foy. IMso.J; Crasto
dW, sédiment de Thuile au fond des jarcs. Ai tout vendu,
mé Té»l» pa* gué la erauo, j*ai vendu toute ma marchan-
dise; il ne me reste que le rebut.
Dér. à choisir, du gr. Tpdbo^, ordures, suinl de la laine
lies brebis» ou du lat. Crassus, gras, épais.
Grassoàs, ouso, adj. Crasseux, sale, sordide; avare à
l'excès.
Créanciè, s. m. Créancier. Dans le style des paysans, il
signifie plutôt débiteur.
Emp. au Cr.
Gréaiura, s. f. Créature, être créé, en général ; mais se
prend le plus souvent en mauvaise part pour mauvaise
femme, femme mal famée, ou d'humeur revêche. — San dé
créataroê ddou bom Diou, Dieu nous a tous créés. Aquélo
créaturo mé fai donna, cette méchante espèce me fait faire
mon purgatoire en oe monde.
Dér. dn lat. Crealura.
Créba« v. Crever; rompre ou se rompre avec e£E6rt;
percer; aboutir; mourir, en parlant des animaux. Sécréàa,
V., (aire de grands et vains efforts. — Lou Gardoii a eréba,
le Gardon a renversé la digue. Un eréba, un hernieux;
atteint d'une descente. Httroùê coumo un eréba, heureux
comme on crevé. Maun dé a eréba, mon abcès au doigt
a percé. Crèbo-nègto, qui fait crevasser ses habits : anti-
phrase ironique qui s'applique à un homme très-maigre.
Aquà crèbo lou eor, cela fend le coeur. A eréba, il est mort,
se dit des animaux ; mais on le dit aussi des hommes, quand
on se dispense de révérence à leur égard.
Dér. du lat. Crepare, m. sign.
Gréiiadîaao, «. f. Hernie, descente de boyaux par la
rupture du péritoiDe; mort; bonheur insolent. — Faguè m
erébadi$99 hu pdnze, il creva ou il fit sa première mort
le 15.
Grébaduro, «. m. Hernie; crevasse, fente d*une chose
qui s'entr'omrre; aeeroc.
Crébioul interj. Sacrebleu!
Gontr. de SacrédUni,
Grébloro I interj, Sacrebleu !
Contr. de Saerébluro,
GrèbiHbafihaa» #. m,, phr. faite. Littéral ; qui masche
dans les bourbiers. Surnom qu'on donne aux habitants
d'Anduie, sans doute parce que leur villa ètaat arrosai de
fontaines, l'eau circule dans la plupart des rws qui sont
fort étroites; et il est difficile d'éviter les petites flaques,
BaehMS, qu'on rencontre à chaque pas.
Crèbo-sa, s. m. Crè%)e-$ae, sorte de graminée ou de foin
grossier, dont la graine est dure, sèche, piquante, un peu
semblable à l'avoine, mais bien plus mince et bien plus
acérée. Elle perce à travers les sacs et les draps dont on se
sert pour la transporter, et finit par les déchirer en peu de
temps : circonstance qui lui a valu son nom.
CSrèdi, s. m. Crédit; délai pour payer; réputation de
solvabilité. — Foire crèdi, faire crédit. Vendre à crédi,
vendre à crédit. S'aï pas bono botisso, aï bon erédi, si je ne
suis pas en argent comptant, j'ai bon crédit, on me connaît
pour solvable. Merchandito dé crèdi, marchandise de mau-
vaise qualité, frelatée, avariée, celle qu'on vend aux ache-
teurs à crédit, aux mauvais payeurs, auxquels on ne donne
pas le choix.
Dér. du lat. Creditum, dette.
CSrédiouI interj. Sacredieu! Dans la langue verte, le
peuple de Paris dit aussi : crédieu! et crécoquin !
Contr. de Saerédiou.
Crédunle, anlo, adj. Crédule; qui croit trop facile-
ment.
Dér. du lat. Credulue,
Grégne, v. Craindre, éprouver du dégoût, de l'aversion,
de l'horreur; redouter. — Aquà's dé erégne, c'est dégoûtant
de malpropreté. Satéi pas dé crégne, je ne suis pas un pes-
tiféré. Uno bèstio dé crégne, une bête dangereuse, un animal
venimeux. On dit es dé crégne de tout ce qui offre du dan-
ger, fait éprouver du dégoût, soit à s'en approcher, soit à
manger, soit à s'en servir. Té crégne pas, tu ne me fais
pas peur. Aquélo couloik crén bien, cette couleur est de
mauvaise teinture; elle n'est pas solide; elle craint l'eau et
le soleil. Crégne la ceLssîou, être sensible au chatouillement.
Aquél jardi erén la sécarésio, ce jardin éprouve plus qu'un
autre les effets de la sécheresse. Crégne pas bru, ne pas
s'effrayer des menaces, être courageux. On dit prvb. d'un
objet fragile : Crén pas lou bru, sibé lous ces, cela ne
craint pas le bruit, mais bien les coups.
Emp. au fr. craindre, dont le subj. prés, fait : que je
craigne.
Grégnén, gnénto , adj. Fantasque , qu'un rien dégoûte,
et non craintif. — Es tant crégnén que manjo pas dé rés,
il est tellement fantasque pour son manger, qu'il ne man^e
de rimi. Souï «il pdou crégnén, s'ou voulès, mais tombé m'en
passe, je suis un peu bizarre, si vous le voulez, mais tout
aussi bien je me passe de toucher à cela, ou de faire cela.
Gréi, j. m. Croit d'un troupeau; accroissement qu'il
éprouve par la reproduction; accroissement; croissance;
action de grandir ; quantité dont on a grandi. — A fa soun
eréï tout d'un co, il a pris toute sa taille en peu de temps.
La malâaïuiè H coupé soun eréfi, la maladie arrêta sa crois-
sance.
Dér. dn kt. Creeoere, ccoitre.
QréEre, v. Croire, estîmer une chose vraie; avoir la foi.
^23-:î
CRE
CRÉ
— Cré$e quel interj. de menace à un enfant, sorte de Quo$
ego» qui est aussi le commencement d'une phrase interrom-
pue. Éstre dé croire, mériter la confiance pour ses paroles,
Atre digne de foi. S'en erétre, se croire un personnage, avoir
de Torgneil. S*én faire en erétre, s*en faire accroire, tirer
vanité de quelque chose. Aquà't pas gué dé pér en créUre,
cela parait plus que ça n*est, il n'y a là que du clinquant
et point de fond. Créées aquà et bévès un eo, croyez cela et
buvez après : loc. prvb. usitée lorsqu'on entend une hâble-
rie ou quelque fanfaronnade gasconne, c'est-à-dire que pour
avaler un morceau de difficile digestion, il faut boire par-
dessus. Fôou eriire qué.,./\\&Xk croire, à présumer que. . .
Crêire soun pèro, soun mèsire, obéir à son père, à son
maître, avoir foi en leurs avis, en leurs remontrances.
(>éi pas déngus, il n'obéit à personne, il n'écoute per-
sonne.
Dér. du la t. Credere, m. sign.
Créisse, Croître ; augmenter de nombre, de taille, de
dimension quelconque; grossir. — Gardait créa, le Gardon
grossit; il commence à se gonfler. Aï noun eréi, ni noun
crèbo, il ne veut ni croître, ni mourir : cela se dit d'un
enfant qui ne profite pas, d'un jeune arbre qui ne pousse
que maigrement, qui végète péniblement.
Dér. du lat. Creseere, m. sign.
Créisséns (Loiis), s. m. pi. Douleurs de croissance
qu'éprouvent les enfants aux glandes de l'aine, quand les
tendons se distendent pour s'allonger.
Créma, v. Brûler, flamber, dans l'acception neutre et
non active. Ainsi on dit : AquH bas crèmo tnèn, ce bois
bnlle bien, et non : Créma foço bas, brûler beaucoup de
bois. — Aquà crèmo âou lun, prvb., c'est une chose abo-
minable, criante ; c'est par trop raide, par trop fort. M'en
a fa uno que erèmo Aou lun, il m'a joué un tour pendable.
M'en a di uno gué crèmo âou lun, il m'a tenu des propos
horriblement injurieux. Aquélo crèmo âou lun, voilà une
gaillardise par trop inconvenante, par trop grossière, qui
passe la permission.
Dér. du lat. Cremare, brûler.
Crémal, s. m. Dim. Crémaïoiii. Crémaillère.
Les anciennes crémaillères consistaient en une tige de fer
dentelée de coches ou de crans pour graduer la hauteur du
vase qu'on exposait au feu. De nos jours, cette tige est
courte et composée d'une série d'anneaux qu'on accroche à
la tige : on peut aussi graduer de même la hauteur de la
marmite ou du chaudron sur le feu. Enfin, dans les Hantes-
Cévennes, où l'on se sert d'énormes chaudrons contenant
jusqu'à 60 litres pour cuire la provende des porcs qu'on
élève en grande quantité , il serait difficile de manier à la
main d'aussi grands vaisseaux ; alors la crémaillère consiste
en une longue et forte tige qui descend jusqu'au foyer et y
pivote ; vers le milieu de sa hauteur, la tige porte un bras
de fer qui soutient le chaudron. On fait pivoter la tige qui
entraîne le bras et décrit un arc de cercle jusqu'au milieu
de l'appartement; quand le chaudron est rempli, il pivote
de nouveau et va se poser de lui-même sur le feu. La même
manœuvre s'exécute pour le retirer ; on le vide à l'aise grâce
à cette suspension sans s'exposer à se brûler, et on oe
retire le récipient qu'à vide et très-allégé. — Planta hu
crémal, pendre la crémaillère, fixer son domicile. Fôou
faire uno osquo âou crémal, il faut- faire une croix à la
cheminée, prvb. qui exprime Tétonnement que cause ane
chose extraordinaire, la vue d'un événement agréable et
inattendu; ou lorsqu'une personne fait un acte qui semble
sortir de son caractère.
Dér. de Créma, ou du gr. Kpeixaonip, qui suspend.
Crémasoù, i. f. Acreté, aigreur au gosier; ardeur d'es-
tomac; soda; fer chaud; acrimonie provenant des saburres
et gaz acides de l'estomac, occasionnée par une fermenta-
tion trop forte d'aliments lourds et farineux. L'oignon et la
châtaigne particulièrement procurent cette incommodité,
qui est combattue efficacement par une prise d'yeux d'écre-
visse en poudre, de la magnésie sèche, ou antres absor-
bants.
Dér. de Créma, brûler.
Grémèsi, Crémésino, adj. Cramoisi; qui est teint en
cramoisi ou en rouge foncé, r— Sédo crémésino, soie cra-
moisie. Trougno crémésino, trogne enluminée, visage cra-
moisi.
On remarquera sur ce mot une application bien diflfôreaie
de l'accent tonique du masc. au fém. L'inUmation change
d'une manière notable. Ainsi au masc. t^rémèsi, la voix
porte et s'arrête sur la pénultième, syllabe forte qui est
marquée de l'accent grave; dans le fém. Crétnéêisuf, la
pénultième est aussi le siège de l'accent tonique, et c'est Vi
qui est le point d'appui de la voix, par où l'accentoatimi
de l'é qui précède a dû se modifier, et de grave devenir
aiguë, c'est-à-dire ne former qu'une syllabe faible et brève.
On voit combien ces nuances sont essentielles à noter et à
observer à la prononciation. — Voy. Acén.
Dér. de l'arab. Kermesi, de Kermès, insecte (fui produit
la couleur écarlate.
Crèmo, s. f. Crème, mets composé de lait, de saci« et
d'œufs, ayant une certaine consistance.
Dér. du celt. Crema, m. sign.
Crénto, s. f. Crainte, timidité; honte; vergogne. — il
crénto, il n'ose pas, il est intimidé. Pourtaerinto, imposer:
inspirer du respect. Fatr« crénto, intimider, faire honte.
Dér. du lat. Tremor, m. sign.
Gréntoùa, onao, adj, Dim. Crënfoia^;péjor. CrésUoutas.
Craintif; timide, non point dans le sens de poltron on lâche.
mais le contraire d'effronté.
Crépi, ou Grépi, v. Crépir, enduire un mur de mortier,
de plâtre.
Emp. au fr.
Crépiaaa]e, ou Grépissaje, s, m. Crépi, eodoit au mor-
tier, au plâtre ; action de crépir.
Grésca, cudo, part, pass, de CrUsse fVoy. c. m. ). Crû
crue; accru; grandi.
CRE
CRI
33)i
Créflégu, ndo, part, pau, de Crétre (Voy. c. m.). —
Lou pdoure mounde é* pas gaïre créségu, les pauvres gens
sont pen écoutés.
Crésénço, i . f. Orgueil, amour>propre, confiance en soi;
fierté ; le défaut de se croire au-dessus des autres.
Dér. de Crêire.
Créspa, v. Crêper, friser les cheveux.
Vn eréêpa, «. m. Un crêpé, un retapé, un pouf, frisure
courte et mêlée, sorte de coiffure qui remonte au temps des
incroyables du Directoire.
Dér. du lat. Crispare, friser.
Créspi (Sén), s. m., n. pr. Saint Crépiu, patron des
cordonniers, qui doit sans doute ce choix, moins à cette
circonstance qu*il avait été cordonnier lui-même avec son
compagnon saint Crépinien, que par l'analogie de ces deux
noms avec le lat. Crepida, chaussure. — A manja soun
Un Créâpè, il a prodigué tout son avoir : c*est ce qu*on
traduit en fr. par la phrase triviale : il a mangé son Saint-
Fnisqnin.
Gréspino, i. /*. Taie, épiploon des jeunes animaux;
membrane graisseuse et transparente qui enveloppe les
intestins. — J^ nascu imbé la créspino, il est né coiffé. Il
est de préjugé populaire que les enfants qui naissent la
tête couverte d'une portion de Tamnios et du chorion dont
ils étaient enveloppés dans le sein de la mère, sont prédestinés
àd*heureuses chances. Sur cette croyance est fondé le dicton.
Dér. du lat. Criêpm, crépu, frisé.
Gréspon, *. m. Crêpe, étoffe claire et légère, de couleur
noire, dont on porte une bande en signe de deuil.
Grésta, v. Châtrer; hongrer un cheval; châtrer une
mcbe, en lui enlevant le miel qu'elle a de superflu pour
passer Thiver. — Crésta uno rodo, enlever aux jantes d'une
roue leurs extrémités usées et les rejointer, ce qui, en dimi-
nuant la circonférence , resserre et raccourcit les rayons,
auxquels cette opération donne plus de solidité. Crésta dé
trufoM, dé eougourloê, etc., châtrer les pommes de terre,
les courges, en coupant l'extrémité de leurs pousses, ce qui
arrête la sève et la fait tourner au profit du fruit. Le pin-
cement des plantes, qui est une manière de les bistourner,
produit le même effet.
Il est probable que Crésta vient du lat. Crista, crête,
parce que lorsqu'on châtre les coqs, on leur coupe la crête.
Ce mot a donc dû être inventé pour les coqs, auxquels il
ne s'applique plus cependant aujourd'hui, depuis qu'on a
adopté pour eux le v. Capouna. — Voy. cm.
Gréstaîre, s. m. Châtreur, coupeur; qui exerce la pro-
fession de châtrer les animaux. Cette classe d'opérateurs,
qui se fait reconnaître par une veste rouge, est une espèce
de paria parmi le peuple. Il existe pour eux un peu de cette
défaveur qui s'attache aux bourreaux et aux équarisseurs.
La veste rouge est bien pour quelque chose dans cette
répulsion qui serait moins prononcée sans cet uniforme,
qu'ils tiennent à conserver comme enseigne. Ces gens-là
courent les campagnes pour exercer leur art, et on les voit
dans toutes les foires de bestiaux, où ils servent d'entre-
metteurs dans les marchés. — Un créstaïre se dit aussi
pour une flûte de Pan, un chalumeau, instrument de
musique triangulaire, formé de l'assemblage de plusieurs
tuyaux en roseau d'inégale longueur et disposés en grada-
tion descendante de la gamme; chaque tuyau donnant une
note. On l'appelle ainsi parce qu'autrefois les chàtrenrs
s'annonçaient dans les campagnes par la musique de cet
instrument. Rouje eoumo un créstaïre, rouge écarlate;
allusion à la couleur de la veste des chàtreurs.
Créstél, s. m. Dim. Créstéloù. Chaperon d'un mur;
encrêtement d'un mur ou d'une fosse mortuaire; sommet
et forme d'un tertre de terre, s'élevant en prisme.
Dér. de Crésto.
Créstian, ano, adj. Chrétien, ienne. — Ne se prend qu'en
mauvaise part. — Aquél créstian/ diable d'homme.
Dér. du lat. Christianus.
Crésto, s. f. Crête, excroissance charnue et rouge qui
vient sur la tête du coq et de la poule; huppe. Au fig. partie
la plus élevée d'une montagne. — Leva la crésto, lever la
tête; faire le fier, le fanfaron; s'enorgueillir.
Dér. du lat. CrMa, m. sign.
Crésto dé gai, s. f. Crête de coq, cocriste, Bhinantkus
cristagalH, Linn., plante de la fam. des Rhinantacées. Elle
est nuisible aux moissons et aux prairies.
Crétièn, èno, adj. Chrétien, qui professe la foi du
.Christ. — Lou crétièn se dit pour l'homme en général.
Est-ce par un sentiment élevé, par ignorance ou par mépris,
que le peuple renferme l'humanité entière dans la' chré-
tienté? Le fait est qu'il ne fait que deux parts parmi les
êtres vivants, lou crétièn et las bèstios.^onr lui, hu crétièn
est l'homme générique; lorsqu'il est pris dans l'acception
religieuse, et ^ul, il est en bonne part. Créstian, au con-
traire, est d'ordinaire pris en mauvaise part ou sous le côté
ridicule.
Dér. du lat. Christianus.
Cri, s. m. Cric, instrument à crans pour soulever de gros
fardeaux.
Son nom est peut-être une onomatopée prise du bruit que
fait celte machine en agissant.
Crida, v. Crier; jeter, pousser des cris; gronder, donner
une mercuriale; publier. — Ma mèro m'a cridado, ma
mère m'a grondée. Crido énd'aguél chi, fais sortir ce chien.
Dé gué crides tant? Qu'as- tu donc à tant crier? Dans cette
dernière acception, le v. Bada est plus technique. Crida las
anounçies, publier les bans de mariage. L'an cridado
diménche passa, on a publié ses bans dimanche dernier.
Crida las véndimios, publier le ban des vendanges. Crida
soun vi, publier sa propre honte; rendre publique une
action déshonorante de quelqu'un des siens.
Dér. du gr. KpH^cu, en Dorien KpCSBco, crier.
Cridado, s. m. Mercuriale, gronderie; reproche; cri que
l'on adresse de loin à quelque malfaiteur, à un maraudeur,
à un pillard, pour l'éloigner.
90
334
CRO
CRO
Gridaïre, aïro, $. et a4j. Péjor. Cridaïras. Criard, gron-
deur; qui crie beaucoup et très-haut; pleurard; crieur public.
Crido, $. f. Publication de mariage, du ban des vendan-
ges ; bruit public, nouvelle. — La crido fé n'é9 scfunado, la
chose 8*est ébruitée.
Crime, f . m. Crime, infraction grave aux lois de la
morale; mauvaise action.
Dér. du lat. Crimen, m. sign.
Criminel, èlo, adj. Criminel, condamné. — Ne s'appli-
que pas à Tacception morale de criminel.
CiioQda, V. Marquer au visage, y imprimer une cica-
trice. — Es tout criouda, il a le visage criblé, marqué de
la petite vérole.
Crioado, f . f. Cicatrice ; marque, trace de plaies, ulcères
ou blessures guéris.
Criquo-lardé, pkr, faite. Jeu d*enfants, qui consiste à
éparpiller sur une table une quantité de menus fruits, ou
de petits carrés de pomme ou de gâteau ; après quoi Tun
des acteurs, les yeux bandés et armé d*un couteau ou d'une
épingle, pique à Taveuglette et croque le morceau, jusqu'à
ce qull arrive à celui que son adversaire a touché du doigt.
A ce coup, il cède sa place avec son bandeau et le couteau
ou l'épingle, et le manège recommence jusqu'à épuisement
de l'enjeu.
Gris, «. m. Cri; dameur; exclamation; action d'appeler
quelqu'un de loin.
Cristal, i. m. Cristal. — IVé eoumo un eristai, pur
comme le cristal.
Dér. du kt. Crystallum.
CristôoQ, n. pr. d'homme. Christophe. — San Criitôau,
H. pr. de lieu, Saint-Christol , commune du canton et
arrondissement d'Alais.
Critiqua, v. Critiquer, blâmer, censurer ; médire ; trouver
à redire.
Critique, $. /*. Critique; blâme. — La critiquo déou
mounde, le blâme général. AqtMt plo é$ bien à la eritiquo
dâou mounde, le public médit beaucoup de cette fille; la
voix publique est prononcée contre elle.
Dér. du gr. KptTw^ç, qui censure.
Cro, J. m. Dim. Crouqué; péjor. Crouqwu, Croc, cro-
chet; instrument de bois ou de fer recourbé servant à
suspendre ou à saisir quelque chose ; hameçon. — Louê cro$
dâou boM, espèce de crochets en bois qu'on suspend à l'arçon
d'un bât et dans lesquels on place bûche à bûche du bois à
brûler pour le transporter. Cro dé roumano, crochet d'une
romaine. Sémbloun cro, il est maigre comme un croc. Viàt
cro, vieux homme : cette expression est ironique et mépri-
sante. On dit aussi en fr. vieux croc. Pénja âou cro,
remettre quelque chose au crochet pour ne plus s'en servir;
mettre sous la remise; donner les invalides. Pénja tas déns
âou cro, mettre ses dents au croc, garder la diète, non par
régime, mais de misère. faXre lou cro, être recourbé, se
courber comme un croc.
Dér. du celt. Croc, m. sign.
Cronto, prép. Contre; près, fx>ntlgii, opposé; appuyé
contre. — Jou^ la eronêo, jouer la contre-partie; jouer
quitte ou double. Dé cronto, à côté; vis-à-vis; proche. low
cronto parte, le parti opposé : cela se dit en politique;
malheureusement cela se dit aussi en politique retigieuse.
Les catholiques en parlant d'un protestant disent : Es déou
cronto parti, et vice versé, Pourîa cronto, porter préjudice,
faire tort, nuire. Aquà m'es cronto, cela m'est contraire,
cela me ferait mal.
Dér. du lat. Contra, par métathése.
Cronto-bandiè, «. m. Contrebandier, qui fraude les
droits, n'importe sous quelle forme.
Cronto-bando, s. f. Contrebande; fraude de droits léga-
lement établis. — Ne se dit que d'une fraude habituelle, et
presque par état.
Dér. de l'ital. Contrabbando, m. sign., formé de la
prép. Contra, et Bando, ban, publication de défense, pro-
hibition.
Cronto-cara, v. Contrecarrer, contredire; s'opposer ou
nuire aux projets de quelqu'un ; se mettre à la traverse.
Cronto-co, f . m. Contre-coup; heurt; répercussion d'un
corps qui heurte sur un antre. — Aquél camï a foss»
cronto-cos, ce chemin est rempli de trous et de bosses.
Cronto-danso, s. f. Contre-danse; air de danse.
Cronto-iaire, v. Contrefaire, imiter; fausser, altérer;
défigurer, déformer.
Se cronlo-faïre, dissimuler, feindre; se rendre difforme.
Emp. au fr.
Cronto-marcho, s. m. Contre-marche; ruse de guerre;
feinte.
Cronto-martpio, s. f. Contre-marque, billet de rentrée
délivré au théâtre.
Croiita-pèou, f. m. Contre-poil, sens contraire à œlui
dans lequel le poil est coudié. — Faire lou eronto-péou,
enlever la seconde peau, au fig.
A crontO'pèou, adv. A cont)'e-poil, à rd!)onrs du poil* en
sens contraire du poil, au pr. et au fig. — Fôou peu lou
pénehina à cronto-pèou, à brottsso-pèou, il ne fait pas bon le
contrarier, il ne faut pas le prendre à rebours de poil. —
Voy. Brousso'pèou(à).
Gronto-pés, f. m. Contre-poids; poids qui sert à en
balancer un autre.
Gronto-pouîsoù, t. m. Contre-poison; antidote; moyen,
remède pour combattre l'effet du poison,
Cronto-sinne, i. m. Contre-seing; visa approtiatif.
Gronto-tén, «. m. Contre-temps; difficuHé; dbstacle:
accident imprévu ; opposition providentielle; mauvais temps,
intempérie. — Aquél péoure éfan a agu foço eronio-tén, ce
pauvre enfant a été arrêté dans sa croissance par nombre de
maladies.
Gronto-vén, s. m. Contrevent, volet extérieur.
Gros, f. m. Dim. Crousé; augm. Crousas. Creux» trou:
fossette; creux à planter quelque chose; fosse d*ttn mort,
tombeau; creux à fumier; vallon. — Lou tn Va
CRO
CRO
985
eroê, c*est le vin qui a cnmsé sa fosse; le vin l'a mis au
tombeau. Cro$, hloase, fossette dn jeu d*équipé fVoy, c. m.)t
qui est un petit tiou dans la terre. Cros d'amouriè, creux,
troB pour planter un mûrier. 11 est ordinairement carré, de
ff* 50 sur chaque foœ et de 0« 65 de profondeur. Le plan
est placé au milieu, et on le fixe dans cette poiiîiioo en
formant autour de ses racines un petit tertre de la terre la
plus sèche et la plus meuble possible. C'est cette opération
qu'on nomme Souta (Voy. c. m.). On répand ensuite le
famier dans tout le périmètre de la fosse. Ces précautions
sont prises afin que, dans les premiers temps de la pousse,
les radicules tendres et les plaies des racines qu'on a dû
oonper à une certaine longueur, ne soient pas trop échauf-
fées par le contact immédiat du fumier. Dans notre arron-
dissement, la terre classique de la culture du mûrier, les
soins donnés à cet arbre précieux ont assuré longtemps sa
proqiérité et sa riciiesse : aujourd'hui les conditions sont
changées pent-^tre; mais il n'y a pas à désespérer, et tout
ce qui est utile, dans les pratiques et les traditions de notre
agriculture, ne doit pas être mis en oubli jû dédaigné.
Dér. du lat. Scrùbê, fosse pour provigner les vignes. En
lanf. cette fosse se nomme CaJCtfo, parce qu'elle est enferme
de long parallélogramme comme une caisse ou bierre de
mort.
Grosso, «. f, Dim. Craus$éto, Béquille, long bâton à
traverse pour les boiteux ou les personnes qui ont les jambes
bibles; crosse, b&ton pastoral d'un évoque, qui, dans
l'Église gzecque, a la forme d'une béquille; crosse, partie
courbe et inférieure d'un fusil ; en terme de maçon, queue
de jambage : o'^t une de ces pierres de taiHe, dans les
jambages des portes ou fenêtres, qui s'enfoncent dans la
maçonnerie par leur partie brute, et sont destinées & sup-
porter les gonds, celles qui ne forment qu'nn tableau et
n*ont point de queue se nomment Lanoè (Voy. c. m.). —
Çuofi pourtaroU las eroêsos, tus pm/riaras iou bastoii, pour
dm : il n'y a pas une grande dififôrence d'âge entre nous;
mot à mot, quand je porterai la béquille, tu porteras le
b&ton.
Dér. du iat. Cruœ, erueis; en ital. Croce, croix, parce
que les béquilles sont en forme de croix sans haut bout,
comme un T majuscule, ainsi que les premières crosses
d'év^e.
GroîtO, s. f. Dim. Crmaélo; péjor. CrtnUasêo. Grotte;
cave; voûte; pièce souterraine voûtée.
Dér. du lat. Crypia, caverne, venu du gr. Kp^^,
m. sign.
Crrâché, f. m. Crochet; agrafe. -* Fatrs un crcuché,
faire un détour.
Dim. de Cro.
CrM^6tt, «. Accrocher; agrafer; fermer une porte,
une feaètie au CRX^iet; décrire un crochet, former un
lacet, en parlant d'une route.
•Gronelipi, j. m. Quignon dé pain. C'est une contraction
de Crtntttéêhùù, ditn. de Crousté, — Foy. c. m.
CroucintMo, «. f. Cartilage, partie souple qui termine
certains os; membrane à demi osseuse comme les oreilles,
les tendons, etc.
Dér. sans doute de Crauqua, parce que les cartilage»
craquent sous la dent quand on les mange.
Groucu, ndo, adj. Crochu; recourbé en forme de croc
ou de crochet.
Dér. de Cro.
CroumpjS, t?. Acheter, acquérir à prix d'argent.
Ce mot n'est pas parfaitement du dialecte cévenol; mais
il est très-usuel dans tout le Languedoc et s'emploie ici
sans barbarisme. — Que té counoui* pM, gué té croumpe,
celui qui ne te connaît pas peut t'acheter, diton à celui
qui a mille défauts cachés. Que bo Ion eroumpo, bo Iou
kéou, prvb., qui l'achète bon, le boit bon. Dans notre
idiome du XJi»* siècle, <»i disait : Compra palmada, mar-
ché conclu par main touchée. — Voy. Pacho.
Dér. du lat. Comparare, m. sign.
Croupatas, i . m. — Voy. Cofêrbaias.
Croupi, V. Croupir; rester on stagnation, dans l'insou-
ciance ou la honte.
Dér. dn lat. Corrumpi, être corrompu.
Groupièiro, s. f. Croupière, longe de cuir roulée qui
passe sous la queue d'une bête de trait ou de sdle.
Groupe, «. f. Croupe, hanches et fesses des animaux de
monture ou de charge. — Porto bien en eroupo, ce cheval
porte bien en croupe. Pourta sa fénno en eroupo, mener sa
femme en croupe.
Dér. de l'allem. Grub, gras, épais.
Cronqna, v. Croquer; accrocher, saisir avec un croc;
suspendre à un crochet ; emporter, enlever, escamoter. —
Lou diahls té croque, le di2d)le t'emporte. Croq^o t'aquà,
attrape.
Dér. de Cro.
Crouquarèl, èlo, adj. Agaçant, ^ui croque les cœurs.
— Vous a un paréi d'iUs crouquarèts, elle vous a deux
yeux fripons, coquets.
Grous, e. f. Dim. Crouséto. Croix; figure de la croix;
croix que les femmes portent au cou; croix de Malte qui
figure en tète des alphabets (Voy. CagasooJ. — FoXre sa
trous; autrefois les uotaii»s faisaient faire une croix pour
signature aux parties qui ne savaient pas écrire. Lou sûme
dé la erous, le signe de la croix. M'un mes à la santo-
erous, je commence k apprendre l'alphabet, la croix de
par Dieu. Poudès bé faxre la erous, vous n'y reviendrez
|du6 ; vous pouvez y renoncer, rayer cela de vos papie».
Dér. du lat. Crttx, m. sign.
Gnmsa, v. Croiser; Hspoêst quelque chose en forme de
croix; rayer, bâtonner un compte. — M'avès erousa, vous
avez acquitté mon compte.
Gnmsado (à la), adv. £n qoinccnioe, en terme d'agri-
culture; en croisant les fils, en terme de dévidage et
ouvraison de la soie. — Séména à la erousado, semer en
fusant croiser les siiloBS.
ti3ô
CKO
CRU
Crousadoù, s. m Bivoio; carrefour où aboulissenl
ilivors stMitiors, où l'on planlail autrefois uno croix. On dit
aussi Camt crousadoù : la hivt)ie est proproinont reiulroil
où d(ni\ clioruins so rcnconlreut pour se coiifoiulre et n'eu
lorinor qu'un s»uil; le carrefour est le point de section de
deux cli'Mnins qui se croisent sans se confondre el dont
cfiacun suit une direction dilïérente; l'un et l'autre se
nomment Crousadoù.
Grouse, s. m. Fossette; [x^lit creux; |)etit trou.
Dirn. de Cms. — Voy. c. ni.
Crousélu, udo, adj. Creux, creuse; profond; enfoncé.
— Sicto crnuscludo, sorte d'assiette creuse et profonde en
^'uise d'écuelle.([ui S(M't d'assiette à soupe :iux i)a\s;uis. On
la distinjjiic d»' rêcuelle en ce que celle-ci a des anses ou
oreilles, el que l'assiette n'en a pas. mais smilcnnMil un
jM^it hec par où on écoule le potage j'i sa lin. — Vo/j. Sif-to
hèciidd.
I)ér. de Cros.
Crousïo, s. f. (]roisure; opération, (i;;un', fonin^ dans
laqu»'lle deux choses se croisent, sont placées, dispnsVs en
croix. — Croto dn cronsù^, voûte croisée, c'est-à-dire com-
[loséc de qu;ilre arêtes ou nervures qui se croisent par le
milieu et foninMit cpiatre voussures sur les côtés, de sorte
(pie la clé do vnùt(* occupe le point d'int»»rsection des «pia-
tre aréd^s.
I)ér. de Cro'fs.
Crousta (Se), v. Sn couvrir d'um: cioùle; s'<'s>.Mrilier;
s'> durcir à la siirric<\ en jjarlant du t(M-rain.
I)ér. de Crnuslo.
Croustado, s. f. T(unl<'(l»' p.'ilisserii^ au i;ra«^; pâté i-hauil
ou froid; vol-au-\ent.
I)ér. du la t. Cr'fsla.
Groustas, s. m. (î rosse et large croule; gr;uide escarre
ipii se forme sur une plaie km\ une l)|.»<^un'.
Augm. et i>éjor. de i'roasto.
Crousté, s. m. Dim. froustcr/ioù. Petit qiii;:iii»ii de j)ain;
crouslille coM[)ée en triangle dans un pain rond, alin ipi'il
y ait plus de croule que di» mie. — Mé Irvohit cmi/rtr de
la mnii. il m'ôle le pain de la honclie; il df'lruit mes
moyens d'existence. Que crouste/ est une formule u.silée
dans le style famili-M', «pii signifie : Kli! rju'^-n dis-tu? ou
plus lrivialem"iit : Ça te le coupe, mon gnn'on !
I)i?n. de Cronsto.
Croustéja, v. Croustiller; manger de grand apiiéiii. —
Af/ffe( pan crnustrjn hlht. ce pain a ljeaucou[) de cronle.
Àtiuo .s'api}fn croifstt'Ja , \oilà (pii est liien fonctionner à
table.
CroustO, s. f. Dim. Croastéto; péjor. Crot/sfassn. (A'iniW
du pnin; partie extérieure et dure du pnin, iFun j).ité:
eroùte d'uleére, esearre; surface de terrain (linvit* par
l'effet de-i pluies et l'action du soleil, ou par le r.uilemeiii
des pieds.
Oér. du lat. Crusfa, m. sign.
Crousto-léva (Se), v. n. Se dit du pain gras-cuit.
morfondu, sur[uis par une forte chaleur du four; ce qui a
pour efi'et de s'parer la croûte de la mie, et de laisser un
inter\alle entre elles, comme l'expàme notre mot. —
Visatje crousto-kvn , visage couperosé, lx)urgeonné, soulex»'»,
sur lecpud il se forme des boursouflures el des pellicul»^
qui se détacluMU.
Crouta, V. Voûter, jeter uno nuUe ; courtier ou arrondir
en forme de v«uite.
I)ér. de Crofo.
Croutoù, s. m. Dim. trjutouné. Caveau, petite cave:
cachot; cul de basse fosse.
Dim. de Croto. — Vo»/. c. m.
Crouvél, A. tn. Co(pnlh; coque; écale; enveloppe o\t»'-
rienre et dure d'un (vuf, d'une noix, d'une amande, de la
chAlaigin». — Sor ddoii crotiréf, il sort de l'œuf, il vient de
liai Ire.
Ce mol \iendrait, dit-on, du Ligurien; mais d'autres l»^
tirent du gr. Kpj-Tfo, cacher; n'aurait-il pas été fourni p.'ir
le lat. Curvus, courbé, fait en voûte?
Grouvéludo, s. f. CbAlaigii'^ dans sa coipie; celle qui.
npivs a Soir [)assé au s'ciioir, se détache difficilement de s.i
co(]ue, cjMpii provient iTuncMarequi amène une adhérence,
ou qui'Nppfois d'un feu tnip \if.
Cruci, r. (irincer: imiter le bruit que fait la lime sur le
fer; ronger avec les ilents, comme font les vers el les rats
dans h' bois, hs grains, les légumi'ssecs. — Faire cruci sa»
(Iras, griiiC''r des dents. At^uelo cîvaio es toulo crucido,
celle avoine a élé rongée par les rats, ([ui n'ont Laiss<Mpe*
ren\«'|o[)[»e.
Dér. du celt. Crifsrir, crncpier, ou du lat. Cruciare,
loiu'meiiU'r, ronger.
Cruèlos, v. /'. plnr. Kcinuelles; vice scrofuloux, qui
alTecle parliculiéremeni les glandes cervicales.
Dér. tlu lat. Srr()fff/a\ m. sign.
Crus, cruso, a !J. du, (pii n'est pis cuit, pas apprit** ;
éciii. — De f,o// cn/s , <!e setfo cruso, du fil ccni, de la
soif écrue. Cno f'itio fui-n cruso, feuille de mûrier qui a de
la renii'l'', de la crndité au toucber. Ti'io vraso, toile qui
n'a ])is élé décru'e. rs cn/s; a uno mino cruso, il a un
abnrd SM", baulain, peu liant.
Dér. du lat. c nains, m. sign.
Cruséja,»'// 7- Craijner.éire nub^ el ferme au toucher.—
Se dit princijialemeuf do la soie écrue, qui sendjle grincer
quand on la m;uiie; de la toile écrue, non lavée, gardant
un apprèl; de la f«Miille de mûrier (pli n'a pas été remuée
D'r. de Crus, écru.
Crusije, >. f. Crmlilé, mamine de flaccidité ; état exprifué
par le v. Crasija.
Cruvèl, s. m. Dim. Cruvclc. Crible, sas. — \a^, crible A
blé est fait il' une peau il- porc percillée de jxîtits trous
ronds 'Toi/ Coutadoù '; c(^lui des châtaignes blanches,
Jtajjmts, est lissu de menus cotons ou lames de bois
refiMidu tn"'s-minces qui laissent enlr'eux des intervalles
carrés où ne pass«'nl que les bris des cliAtaignes et la pous-
CUL
CUR
•i37
sière des enveloppes. Cet outil est le môme qui sert pour le
blé sons le nom de Pmo-paHo (Voy, c. m.)* Le crible à
terre ou à sable est un treillis de ûl de fer.
Le dim. CruwU, petit crible, devait sans doute être
employé autrefois dans les divinations. La pbrase {dire
vira Uni eruvélé, faire tourner le sas, s'est conservée pour
exprimer quelque œuvre de sorcellerie.
Dôr. du lat. Criblum, m. sign.
GniTéla, v. Cribler; passer au crible.
Coga, V. Cligner; clignoter; fermer les yeux à demi. —
Ne s'emploie qu'en parlant des yeux.
Dér. du gr. KXfvu), plier, ou Reuxcu, cacher.
Cniè, f. m. Dim. CuïéXré. Cuiller, ustensile de table ou
de cuisine. — Un cuïé d'argén, dé bos, d'éslan,\me cuiller
d'argent, de bois, d'étain.
Dér. du lat. Cœhlear, m. sign.
Gmèiras,'*. m. Canard souchet, Ana$ elypeata, Linn.,
canard à bec à palette, à cuiller, à spatule ; oiseau de Tordre
des Palmipèdes, qui passe Thiver dans nos pays : ainsi
nommé de la forme de son bec.
CSmèîré, s. m. Cueilleron de châtaigne, ou châtaigne
avortée dont il ne reste que les panneaux de la peau collés
Tun à l'autre et sans pulpe. La châtaigne se forme d'ordi-
naire dans le hérisson au nombre de trois; lorsqu'un de ces
hérissons manque de nourriture pour amener à bien les
trois châtaignes, ou bien lorsqu'une des trois plus active
prend la substance des autres, celles-ci restent à l'état de
cueillerons. Le plus souvent c'est la châtaigne du milieu
qui résiste et devient alors ronde et beaucoup plus grosse.
Le nom est tiré de la forme ressemblant â mie petite
cuiller, Cuïèiré.
Cuèîro, s. f. Cuiller à soupe; grande cuiller â ra-
goût.
Gnirassiè, s. m. Cuirassier, cavalier portant cuirasse.
Emp. au fr.
GoiraBSO, s. f. Cuirasse.
Emp. au fr.
Caja, V. Faillir, être sur le point de. . . — Aï cuja
numrè, j'ai failli mourir. Cujère vénï, je fus sur le point
de venir.
Sauvages et quelques glossateurs qui lui ont emprunté
cette opinion, pensent que Cuja est le même verbe que
Ctdder, en v. fr. penser, croire, imaginer. Leur racine
commune serait dans le lat. Cogitare. Mais le sens doit
être restreint, croyons-nous, à la seule acception que nous
lui donnons : être sur le point de . . . 11 n'y a ici qu'une
étym. figurative. Aï cuja mouri, ai cuja véni, j'ai pensé
mourir, venir, pour j*ai failli, j'ai été sur le point.
CnU, V. Récolter; prendre, saisir. — A culi foço vi, il a
récolté beaucoup de vin. CulU un pdou dé tma, il a un peu
de tontes les récoltes du pays, tous gendarmas Uni $oun
ana culi din Moun iè, les gendarmes sont venus le prendre
dans son lit.
Dér. du lat. CoUigere, ramasser.
Cnlido, j. f. Récolte; quantité récoltée d'une même
denrée.
Cor, $. m. Dim. Cumé. Cœur, organe principal de la
circulation dans le corps humain; affection, mémoire,
courage; couleur des cœurs au jeu de cartes; coulant de
la croix que les femmes portent au cou et qui le plus sou-
vent a la forme d'un cœur; chœur d'une église. Se ditdaiis
plusieurs acceptions Cor (Voy, c. m.). — Apréne dé pér
cor, apprendre par cœur. Ou tave pér cur, je le sais par
cœur. Un éfan dé cur, un enfant de chœur. Las éstalos dâou
cur, les stalles du chœur. Un cur dé camiso, triangle de
toile qu'on met au bas des chemises de femme pour en
augmenter le fond, sans quoi elles seraient gênées dans
leur marche {Voy. SimoùsJ. C'est aussi une petite pièce de
toile ou contrefort qu'on place aux chemises d'homme au
bas de l'ouverture sur l'estomac, pour empêcher la toile de
se fendre.
Trad. du fr. Cœur.
Cura, v. Curer, vider, nettoyer quelque chose de crcui,
comme un puits, une fosse, un canal. — Cura un poule,
un peïstoà, vider un poulet, un poisson, leur enlever les
intestins et les viscères. Cura toun nas, se fouiller dans le
nez. Té curaruï tous tels, je te crèverai les yeux. Un euro-
boussà, un mange tout, qui ruine ses parents et vide leur
bourse. On le dit aussi du fisc et de toute sorte de gens qui
légalement ou par importunité vous soutirent de l'argent.
An cura lou pous, lou bésdou, on a curé, nettoyé le puits,
le canal. Mé souï bien cura ou éscura, je me suis bien
nettoyé l'estomac, je l'ai bien vidé par quelques vomitifs
ou purgatifs.
Dér. du lat. Curare, soigner.
Cura, 8, m. Curé; desservant succursaliste d'une paroisse
lorsqu'il est chef de son église. — Ana veire lou cura,
aller â confesse. Espéras un pàoti que lou cura se moque,
attendez un peu que le curé se soit mouché, loc. prvb.
qu'on emploie quand on suspend un instant une narration
écoutée avec intérêt. Cela doit avoir trait â quelque anec-
dote dans laquelle un curé aurait usé de cette précaution
oratoire pour se reposer un instant dans son sermon.
Le mot est sans doute mie contr. du lat. Curator,
tuteur, gardien des âmes. Dans la bass. lat. on avait
cependant Curio, qui indiquerait un sons de chef ou prê-
tre d'une curie.
Curalo^ s. f. Action de curer, de vider; curage; balayu-
res, restes, fumier qu'on sort en une fois des étables.
Curio, s. f. Menus débris d'mi petit objet que l'on vide,
que l'on nettoie intérieurement; intestins des animaux, de
la volaille, du poisson curés.
Coréto, s. f. Fourgon en fer d'un fourneau â houille;
outil tranchant du sabotier pour évider l'intérieur du sabot ;
curoir d'un aiguillon de laboureur CVoy- BourboussadoJ,
C'est aussi un triangle en fer recourbé en forme de cuiller,
dont les mineurs se servent pour sortir la boue et les débris
de pierre du trou qu'ils forent, à mesure qu'ils avancent.
-238
D
D
Gnnoùs, otuo, aij. Carieax» qui a grande envie de
savoir, de voir, d*en tendre, de découvrir; qui étonne à
voir, à oui'r; frappant, intéressant.
Dér. du lat. Curio$us, m. sign.
Garionsitè, j. f. Curiosité, petit spectacle de la foire,
principalement la lanterne magique et les optiques portatifs.
Gnro-âonréio , «. m. Perce-oreille, forfîcule, Forfieuta
tturictUaria, Linn., insecte de Tordre des Orthoptères,
ayant l'abdomen terminé par des pinces à double branche,
en forme de tenaille. Un préjugé absurde prétend que ces
animaux, en s*introduisant dans Toreille, peuvent en percer
la membrane répercussive des sons et rendre sourd. De là
le nom fr. et le nom lang. Mais d'autres, ses défenseurs,
blanchissent le Curo^uréto de ce méfait. Le plus sage est
toujours de ne pas s'y fier.
Goro^nis, s. m. Culot; le plus petit et le dernier éelos des
oiseaux d'une eonvée. Au fig. le dernier né d'une famille.
Formé de Cura et de Nit, parce que c'est oelui des oisil-
lons qui vide le dernier le nid maternel.
Gnro-péro, «. m. Capricorne ou cerf- volant. ~ Voy.
Maiy'O'pérû.
Gnnm, s. m. Curures, boues, vase, vidanges qu'on
retire des puits, des fossés, eto., qui sont un amendement
pour les terres; débris, restes, rebuts retifés des choses
qu'on nettoie.
Cusqna, v. Parer, arranger; soigner un malade bu un
enfant au berceau, les servir, les faire manger, les vêtir,
les déshabiller, les eoueher; foire pour eux tout ce qu'ils
sont incapables de faire par eux-mêmes.
D
D, «. m. D, quatrième lettre de l'alphabet, troisième
consonne. Se prononce di comme ea ilal., puisque notre
langue ne connaît pas Ve muet, ni sa consonnance sourde .
Le D est une des consonnes les plus douces et les plus
euphoniques de notre alphabet. Il appartient à l'ordre des
Déniait»; et son articulation se produit par une explosion
mécanique de l'organe buccal assez heureusement décrite
par Piis dans son poème de V Hamumie.imifyMtive :
Il faut entre les dents que la langue le darde.
Les grammairiens rangent dans la catégorie des Dentales
les consonnes T, S doux ou entre deux voyelles, et Z; ce
qui veut dire que ces lettres, dont l'émission met en jeu
les mêmes organes, la langue et les dents, d'une manière
presque identique, éprouvent des propensions, dans les
langues dérivées comme la nôtre, À se substituer les unes
aux autres, ou du moins ne font aucune difficulté à entrer
dans la composition d'un mot où se trouvait primitivement
une consonne de leur ordre. C'est pourquoi Cadéno ae
s'étonne pas de descendre du lat. Catena; CaêUfUro de
Cathedra; Nada de Nalare; Nadàou de Natalis; No%n de
Nodum; Nouea de Nodare; Madu de Malturue; Mode de
êùtag Courdura de Contven; Caurduro de Sutura jBinda
ou TMa de Jtfimïim; Tùundéfire de Ttmeor: Endorto on
Bitorto de Betoria; Tourdu ou Tourtu de Tortue; Endivio
de tntibum; Adùu de Aetio; Crimaeoù de Crematio; etc.
C'est la loi des permutations, dont nous arons déjà
parlé à la lettre B, et qui, en étymologie, a une importance
notable : on le comprend sans peine. Mais cette règle n'a
rien d'absolu et n'est pas d'une application constante : il
n'y a pas à rexagérer; oq le saisit de suite.
Les permutations ont en efiet pour base l'harmonie : et
chaque peuple, chaque groupe entend l'harmonie à sa
manière. Les sons et les flexions doivent beaucoup à des
convenances inexplicables, à des aptitudes organiques qu'il
est souvent impossible de déterminer : l'usage est le maître.
Nous ajouterons seulement à ce que nous avons dit aiUeurs,
à propos de la formation et du caractère de la langue d*Oc,
que notre idiome, étant resté plus fidèle à ses origines
latines, et peut-être des influences climatériques pareilles
le rapprochant davantage du latin, procède avec plus de
régularité À ses permutations que le français, qui tend au
contraire à s'écarter de son type romain, on qui cMe ï
l'empire des influences du Nord. Les deux dialectes étaient
jumeaux, nés le même jour dans le même berceau, \e
roman ; mais la Loire sépara leurs domaines, et depuis, ils
vivent en 6éres ennemis. Le français est le pins fort, la
prééminence est incontestable : le languedocien ne vit plus
que de son originalité indestructible.
De là il résulte que leur vocabulaire doit avoir nëoeusai-
rement beaucoup de mots communs, contemporains, 4{ue
ne difiérencie pas la permutation; mais il est arrivé aussi,
souvent, que le français, poussé par son génie propre, s'est
éloigné de sa forme primitive en secouant la règle, et qn^il
a introduis des changements de consonnes d'nn tout antre
ordre dans certains mots, et qu'il a vonlu ensiiHe ks
imposer au iangnedocien. Toutes les fois qne celui-ci a
oédé à Cette pression, il a dévié, il est sorti de sa natur,
panr devenir un patois. C'est ce que les pernantations met-
tant surtout en évidenee.
Ainsi notre substantif Cadéno provient, par tin diang»-
ment de la dentale médians, da lut. Cnftsuu r miân \a
DAI
DAL
339
ft. CHatfiê en dôrive également, par la rappressîoQ de ia
deotale. Or si le lang. 6'oublîe à adopter Chèino, il fait du
par franehiman. Pour CadiiVr», il sort en ligne directe de
Cathedra, lat.; le fr. chaire et ehaiw ont la même origine;
si on pariste beau diaenr s^avise oependant d'employer
Chèro, dans œs phrases par exemple : L'an traeho dé la
éhèro en bas; es numnta en ehèro pér prêcha; il sera
malheQreosement compris par certains, mais il aura parié
patois aa lien de parler languedocien.
Les exemples pourraient se multiplier; c'est pour cela
que les permutations sont utiles à observer. Elles admettent
certes des exceptions; mais elles servent en gtoéral de
pierre de touche pour éprouver les mots de bon aloi. Quand
elles se font sur les dernières consonnes S ou Z, la cormp-
tk» a bien pu opérer de seconde main sur un mot déjà
modifié ou permuté; mais dans ce cas, il est facile de les
ramener au primitif. — Vay. Franehiman, Paiouès, et
lettre T.
Selon les principes de notre orthographe, qui n'admettent
pas les lettres nulles à la prononciation, le D ne figure
jamais à la finale d'un mot; mais il reparait trés-bîen,
comme en français du reste, dans les composés, dans
l'adjectif féminin ou dans les temps du verbe où il est suivi
d'une voyelle; nous disons : Bavar, Bavarde; Segoun,
Seyoundo; Vér, Yèrdo; Pèr, que pèrdio, perdre.
Da, «. m. Dé à jouer, petit solide cube d'os ou d'ivoire
à faces marquées de points de un à six; cube de pierre de
taille en forme de dé, quelle que soit sa dimension.
Dabor, adv. D'abord; en premier lieu; de suite; incon-
tinent; avant tout. — Dabor que, puisque, dès que. Dabor
qu'où vouiês, puisque vous le voulez. Dabor quélou véguêre,
dès que je le vis. Quelques raisonneurs franehmans
emploient assez volontiers : Prima dabor et d'une , locution
redondante, emp. au fr., qui donne de la force à une
démonstraticHi qui commence et promet d'être longue.
Daia, v. Faucher ; couper avec la faux.
Dér. de Daxo.
Daiaire, s, m. Faucheur; celui qui coupe le foin.
Daiaje, f . m. Fauchage ; fauchaison ; action de faucher;
salaire du fauchage; saison, temps de la fenaison.
0*ttça]&OQ&, adv. De la hauteur qui est de ce c6té-ci ;
de là-haut.
Formé de Aicai et du lat. Moun, hauteur.
D'aiçamoundâou, adv. Même acception que pour Aïça-
mmm, dont il n'est que l'explétif pléonasmatique.
Formé des trois mots : D'diçdi, d'ici ; Moun, hauteur, et
Dàou, haut.
D'aiçalin, adv. D'ici- bas; de ce côté en bas. Suppose
une relation avec un endroit plus élevé. — Voy. Alin.
Vaiçaral, adv. Même acception que le précédent. —
Vmf, Aval,
D'aiel, adv. D'ici; de ce point-ci; de ce lieu-ci. —
D'oMi/ interj. Hors d'ici! dehors! apostrophe qu'on
adresse à un chien ou à une personne, que l'on voit avec
colère ou avec dégoût, et que l'on veut chasser ou éloigner.
— Voy. Aiei.
D'aici'n-lore, adv. Contr. D'aXci^n-foro. Sans désem-
parer; toute affaire cessante; dorénavant. — V vôou
d'aïei'n-foro, j'y vais de ce pas.
Formé du lat. Bie, ici, et Foras, dehors.
D'aicrn-laî, adv. Contr. D'atei-éM-laï. D'ici-là; doréna-
vant; mais ce dernier mot, dorénavant, dont la traduction
littérale est D'houro-én iaï, a une portée moins longue que
notre D'aXei'n4aï, qui s'étend à une année, à une saison. —
D'ofei'n-lat las véïados s'alongou, à partir d'aujourd'hui
les soirées sont plus longues.
Fwmé du lat. Hèc, et lUac, ici et là.
D'aîlai, adv. De l'autre côté, de là. — Soun partis
d'aïei d'c^HàH, ils se sont enfuis de côté et d'autre, d'ici et
de là. — Voy. AtlaX.
D'aflamoun, adv. De là-haut, de par amont. — Es
d'àilamoun dé las Cévénos, il est de par là-haut dans lea
Gé venues.
Formé du lat. iUac, ad montem, par là , vers le haut.
D'ailamoundâou, adv. Même acception que le précédent,
avec réduplication. ^
D'ailavid, adv. De là-bas, de vers l'aval. — Es d'anUaval
vèr Mounpétè, il est de là-bas, du côté de Montpellier. —
Voy. Aïlaval.
Daio, f . f. Faux ; instrument pour faucher. — Piqua sa
daïo, rebattre sa faux pour lui donner le morfil. C'est ce
que fait le faucheur lui-même sur une petite enclume
appelée Aïréto (Voy. c. m.). Aquà's lou piqua dé la daïo,
voilà la difficulté, voilà le hic : loc. prvb., qui s'applique à
toutes les situations difficiles.
En esp. HadaUa, m. sign.
Dalican, i. m. Alicant; espèce de raisin sans doute
originaire d'Alicante, dont le nom lang. est évidemment
une corruption. Le bois de ce cep est gros, court, tendre»
jaunâtre. Il porte assez de grappes de médiocre grandeur,
dont les grains sont ronds, bien serrés, trè^fleuris; ses
feuilles sont assez grandes : il donne un bon vin.
D'alin, adv. Même acception que D'aHlaval. — r. c. m.
Dér. du lat. lUine, de ce côté.
Dalmas, n. pr. d'homme, Dalmas.
Sous la rubrique de ce mot. Sauvages donne une disser-
tation toute philosophique sur l'origine des noms accompa-
gnés de la particule de. Cet article est trop remarquable
pour que nous ayons la prétention d'y toucher une syllabe :
on nous permettra de le reproduire en entier.
« Dalmas, n. pr., en fr. Dumas, qui est une partie de
nom, ou plutôt un surnom séparé, par exemple du nom
Pierre, avec lequel Dumas a un rapport d'appartenance :
Pierre du mas, Petrus de manso; Pierre de la métairie, et
par contr. de la Métrie.
c Le n. pr. Dal-mas ou Dél-mas, nous fournit l'occasion
de parler des articles du, de la, de, des, etc., dont bien des
personnes sont jalouses de parer leur nom, comptant par
-240
DAL
DAM
cotte j>f»tile oddition do so iloniior une apparence de no-
lilesse.
« Ces articles ne ninrqiiaient dans leur origine d'autre
dessein, dans ceux qui les pinçaient au-devant de leur nom,
fjue de d('»signpr le rapport de leur {personne au lieu où ils
avaient pris naissance, ou à celui qui bur appartenait, ou
dont ils ♦^'taient \oisins.
* l'n liornnie, par «^veniph*, aj^peU'^ Jean, avait un mas,
ou métairie: on l'appela Jean daf mas ou du mas, pour le
distinguer d'un autre Jean son voisin, qui n'avait pas un
pouce de terre, et avec le(]u^l (m aurait pu le confondre,
l'n autre nommé Jacques habitait près d'un»^ porte de ville
(ju'il était chargé d'ouvriret de fermer; on l'appela Jacques
de la Porte. Tu troisièine appelé Pierre, né au village de
Mauhos, était venu habiter la \ille; il était tout simple que
ses voisins, qui avaient parmi eu\ d'autres Pierres, appe-
Icàssent celui-ci Pierre de Mauhos, et <jue lui-même, dans la
suite, allongent ainsi son nom, pour .se conformer i\ un
usage rc«ni, et sans plus de prétention qu'un bon capucin
(fui, étant né ii Hémorantin. signe, sans penser ?» mal, frère
Jean Pancrace de Hémorantin.
« Il était con\enu jusque-là qu'il n'y avait dans les
articles (lu, de la, (h, rien qui dut flatter la vanité de ceux
(jui en faisaient précéder leur nom; et si le [x»tit-lils de
Jean dal mas, devenu riche, s«Mid)la vouloir faire oublier
son grand-pére, fort hoiméle pay.snn, en mettant son nom
en français, et signant J(\an de la Métairie, ou en le défigu-
rant autrement par le retranchement ou l'addition de quel-
(jue lettre, c'était une \nnité blAmable qui faisait causer;
mais elle était d'un autre gfiu'e, dont nous parlerons ail-
leurs.
« Les nobles, (jui avaient de sinq)les fiefs, ou des terres
titrées, ajoutèrent à leur nom de baptême le surnom de ces
terres, et l'on voit dans les actes latins du XII'"*" siècle,
Anu(in(hfs de Andusa, Jahaunes de Afesfn, Berîifirdus de
Duroforti, sans d'autre d'^sscin que d»^ dire: un tel d'un tel
lieu, ou soignr'ur d'un tel lieu.
« Mais comme on abnse de tnut, les aiticlcs de, du, de
la, que les nobles ont continué de prendra en français, ont
passé peu à peu dans le préjugé vulgaire ]»our un signe
dislinclif de la noblesse. Ft dès lors il n'y a eu si petit
bourgeois qui n'ait voidu décorer son nom df (piebpi'ui) de
ces articles : et cela, sans aucun prétext»', (»u qu(M(|ue c*^
nom ne ilésignàt aucune propriété de fifM\ ni aucun rap})orl
dliabitation, d'origine, ou de voisinage mire la personne
♦M la chose nommée par le surnom : ce qui eût mis les
articles îi l'abri de toute critifjue.
« Cei)endant cette mode a i)ris, et l'usage a fait dis[)a-
railre ce qu'il y avait de contraire Tnéme aux règles du
langage, en mettant quelquefois l'article dr (qu'on regarde
sans doute connue; le plus noble), Ifi où il n'en faudrait
point du tout, même pour les personnes les plus qualifiées,
et où tout au plus, l'on aurait du mettre les articles J^^, de
la, le; en sorte qu'on sigmH, par exen.ple : Pierre du
Hocher, Jean du Bois, Jacques de la Rive, FrançxDis le
Uoux, etc., et non Pierre de Hocher, .Jean do Hois, Jacques
de Hive, François de Houx, etc.; et encore ujoins qu'on
écrivit simplefiient de Hocher, de Hives, de Roux, etc., ce
(pii dioque autant le bon sens que le langage.
tf Autre usage reçu qui n'y est [las moins contraire, et
qui neren)onte pas bien loin : on ne se borne pas à l'article
qui précède le surnom, et qui sera, si l'on veut, celui d'une
soigneurie; on en place un autre devant le vrai nom, ou
celui de famille, qui n'en est pas susceptible, puisqu'il ne
marque ordinairement aucun rapport de propriété, de sei-
gneiu'ie, dp dnmeure, de voisinage; et qu'il cesserait même,
ce semble, d'être nom de famille, s'il marquait aucun dp
ces rapports : ainsi tel qui s'appellera, par exemple, Jacques
Sal>atier de Valorio, signera sans façon dans un contrat.
Jacques de Sabatier de Valorio, comme si son nom de
famille, Sabatier, était, comme celui de Valorio, un noui
de terre : il ne mam[uerait, pour ajouter aux prétentions
de noblesse, que de signer, par un renfort d'articles, de
Jacques de Sabatier de Valorio, etc., etc. M. de Petit-
Jean, ah! gros comme le bras, dit Racine.
« On a d'autant plus de tort en cela, que ces petites
vanités, le plus souvent sans fondement, ou sans le pré-
texte même d'un petit fief, sont tôt ou tard punies : \p
pulilic ne mnn(|ue guère d'en faire justice'; il remonte aux
ancêtres de ces nouveaux nobles, et il ne \a pas bien loin
])Our trouver une naissance obscure ou fort commune, qu'il
leur aurait pardonnée, sans la faire connaître, si, au lieu
de courir aj»rès une chimèi'e, par une suite de l'opulence
que leurs pères ont laissée, ils s'étaient contentés, comme
eux, d'êlro de modestes hoimêtes gens; ou bien, s'ils
avaient aspiré h s'illustrer ])ar des talents et surtout par
des vertus. »
Qu'aurait ajouté Sauvages s'il eût vécu de notre temps?
Dejiuis 3/. de lu Sonche, de Vï^cole des femmes, depuis les
Plai'leurSf et le Monsieur du Çorbena du bon La Fontaine,
malgré le ridiiMile qui s'est attaché à tous ers anoblisse-
ments de contrebande, la manie d'ajiuiter la particule à des
noms qui n'en sont point susceptibles et qui jurent avec
elle, soit par leur physif>r)omie, soit par leur sens étymo-
logiijue, s'est g'''nèralisée de la façnn la plus plaisante. Il
est même assez remarquable «jue pendant la pénultième
république cette maladie avait redoublé d'acerbation et la
contagion s'était beaucoup aggravée. Tne loi spéciale, sous
le ùernier enqiire, ne l'arrêta guère : elle est prolwblement
endémiijue et incurable.
Ah î si Sauvages revenait.
Daméiano , <. f. Danje-jeanne; grosse bouteille, recou-
verte ou revêtue ordinairement d'un panier d'osier, dans
la(iuelle on conserve le vin en cave. — Sé masqua m damé-
jnivK se griser, se remplir de vin comme une dame-jeanne :
sorte d'euphémisme plaisant. Son étymologicest àcoupsùr
anecdo tique.
Damo, J. f. ni m Daméto; péjor Damasso et aussi au
DÂN
DAO
241
masc. tin Damas, Dame ; titre d'honneur, donné à la femme
d'an homme considérahie ; hie ou demoiselle de paveur,
sorte de masse à oreilles pour enfoncer les pavés ; batte de
jardinier, pour hriser les mottes ou pour battre le gazon ;
pion du jeu de dames; figure, au jeu de cartes, représentant
les dames. — Faïre la damo, sortir de son état par sa toi-
lette; porter des parures au-dessus de sa condition. La damo
dé mousÊu un tàou, la femme de monsieur un tel, madame
on tel. NoMio-Damo, la sainte vierge, Notre-Dame.
Damo dâou douché, x. f. Effraie, fressaie, Strix, Linn.,
oiseau nocturne, espèce de chouette ou de chat-huant blanc.
L'effraie se loge exclusivement dans les vieux et grands
édifices, surtout dans les clochers, qu'elle trouve partout;
elle en est la principale habitante : c'est la dame du lieu;
de \k elle a été appelée Damo dâou douehè ou simplement
Damo, en supprimant le nom de son fief. — Voy, Beau-
roii.
Damo dé miséricordo, s. f. Nom familier et même un
peu goguenard que le populaire donne à une espèce de
hareng salé, appelé Haréncado ( Voy, cm.). Gela viendrait-
il de ce que ce hareng n'entre guère que chez le pauvre,
comme font les bonnes sœurs ou dames de miséricorde?
Dér. du lat. Domina, dame, seigneuresse.
Danjè ou mieux Langé, «. m. Danger, péril. —
Voy. Langé.
Dér. du lat. Damnum, dommage, dont la bass. lat. fit
d'abord Damniarium, et plus tard Damjerium.
Daniéîroùs, onso, adj. Dangereux, qui offre un danger,
qui est en danger de mort. — Ma fénno is bien dangéi-
rou9o» ma femme est en grand danger de mort. È$ pat
dang^roùs, il n'inspire aucune crainte; il n'en mourra
pas.
Danna, v. Damner; juger digne de l'enfer. — Se donna,
se damner, mériter la damnation étemelle; s'inquiéter;
s'impatienter. Faïre danna, faire enrager, faire donner au
diable. Es danna coumo uno rabo, il est damné comme
iodas; cette loc. prvb. est une corruption de : Danna
ooumo un Arabo, damné comme un Arabe, un Sarrasin,
ces peuples qui ont laissé de si vifs et si longs ressentiments
dans les provinces de la langue d'Oc.
Dér. du lat. Damnarc, condamner.
Dannacioii (Ma)l mrer/. Juron; je jure par ma damna-
tion; Dieu me damne!
Dannarèl, rèlo, adj. Qui damne, qui est un leurre de
damnation, qui provoque à se damner.
Danno, s, f.. L'enfer, le séjour des damnés, ta geôle
infernale, la géhenne. — La danno es pa'ncaro pléno, dit-
QD plaisamment et sceptiquement, quand on vous menace
de l'enfer.
Danrèio, s. /*. Denrée; toute sorte d'objets récoltés, de
produits, qui sont susceptibles de vente.
Dér. du lat. Denarius, denier; parce que dans le prin-
cipe on appelait Dénrèio la quantité de provision de bouche
qu'on pouvait obtenir pour un denier.
Dansa, v. Danser; exécuter des danses; se mouvoir en
cadence ; sauter. — lié danxaras uno bêlo, tu recevras une
belle danse, une bonne frottée*. Hé hé! cwirno la dansan?
Eh bien! comment réglons-nous ce pompte-là? Dansa sus
las barjïos, sauter de joie fVoy. BarjiosJ. Dansa dos pèses,
être pendu. Danse din mous soutes, mon pied danse, est
trop au large dans mes souliers.
Dér. de Danso,
Dansaîre, aîro, adj. Danseur, qui fait métier de la
danse ; qui cherche les occasions de danser.
Bansarèl, rèlo, adj\ Péjor. Dansarèlas. Qui aime à
danser ; qui appartient à la danse ; qui engage à danser. —
Lou prusé dansarèl, la frénésie de la danse. Lou galoubé
dansarèl, le galoubet qui provoque à la danse.
Danso, «. f. Danse, pas mesurés ou cadencés, au son des
instruments ou de la voix; par ext. ou par comparaison,
correction verbale ou manuelle.
Dér. de l'ilal. Danza, qui lui-même vient de l'allemand
Dantxen, m. sign.
Dansnr, suso, s. Cavalier d'une danseuse; dame d'un
cavalier, en termes de danse.
Dâou, art. m. Du. — C'est une contraction pour dé km,
comme Dal, forme employée dans le dialecte montagnard,
de même que le fr. du est contracté pour de h, primitive-
ment prononcé do ou del. Devant un substantif commen-
çant par une voyelle, cet article redevient dé lou, en élidant
sa dernière syllabe et fait dé V : dé Vàouhre, dé l'home,
Dàon, «. m. et adv. Haut, le haut. — Lou dâou, le haut,
dans une maison, par rapport au rez-de-chaussée; la ban*
teur, relativement à la plaine. Mounta dâou, monter an
premier étage, au grenier, en haut. Gagna lou dâou,
gagner la hauteur. Dâou/ dâou/ interj., là-haut! en haut!
montez, je vous l'ordonne. Dé gué fasés dâou f Que faites-
vous là-haut? Aouro'dâou, vent du nord. — Voy. Aouro.
Dér. du lat. Alius, haut, élevé.
Dâondè, n. pr. d'homme. Daudet, qui est formé dn
lat. Deus det, que Dieu donne, ou Dieudonné, correspon-
dant à Déodat, le même que Donnadieu et Donnedieu.
Dâoniinén, s. m. Marronnier, châtaignier qui produit le
marron proprement dit. — L'aï issarta dé dâoupnén, j'ai
greffé ce sujet avec une ente de marronnier.
Son nom lui vient certainement de ce que les premières
greffes furent apportées du Dauphiné.
Dâonfinénqno, «. f. Chàtaigne-marron, qu'Olivier de
Serre appelle Sardones, parce qu'il pense que l'espèce nous
est venue de la Sardaigne, tandis qu'il est plus probable
qu'elle nous vient du Dauphiné. A Paris, on appelle Jfiir-
rons ou marrons de Lyon toutes les grosses châtaignes, et
bien qu'à Lyon il n'existe pas l'ombre d'un châtaignier.
Sans doute, celles qu'on expédie viennent des montagnes
du haut Vivarais, qui fournissent en effet d'excellentes
qualités et très-précoces.
La dâoufinénqm est la première châtaigne par le goût,
la grosseur et la beauté de la forme. Elle a des reflets
SI
^i4^
DAO
DAR
fauves; «.'lie est zéljivc, paiisiii.', lé^'orenn^iU enselltV" par k
somiiiel où elle aillière au licriss')!!, dans laïuol elle so
trouve souvent au jii)Ih1)1'0 d»' trois; iiinis presijue toujours
il n'y a qu'un fruit Lien nourri et convenable. L'arltre
demande une culture soignée el alors il produit beaucoup.
Dàoumaie, s. m Doniin;ii;»\ préjudice; perl'\ détriujent.
— Afjuù's (lâoumaje^ c'est l)ien doiuiiiage; il est làclieiix.
Es (Uhtumujc iVon eslrassa, c'est dommage de perdre cfla.
Dér. de la bass. lat. iJamnaijiKm, qui est lui-iiiéiiie la
corruption de Ommuin, m. sign.
Dàounis, n. pr. d'boiniiic. Denis. — Sauvng'^s et d'au-
tres lc\.icogra])lies représenl<'nt ainsi en l'r. noire iimi
Dàounts, o{ li's slalisli<jui'S, coiimie la gé<.grapliii,' du dt''[>ar-
U-^nent, leur donnent raison, cw Siu-Ddonu/s, coniimun' du
canton de Sainl-Anibroix, arrondissiMnent d'Alais, est
nonuiKN' Saint-Denis. Mais nous a\ons aussi, coimii..' nom
IJrojuv, Ddoiinis, en fr. Daunis, au niasc, dont la Icniun"
s'ap[)elle Ddot/în'sso. Il y a si loin de là ;\ la traduction df
Sau\.iges qu'un scrupul^ levicograpJiiqiK^ [x.nnail liicn tai
naître.
A'en serait-il pas de ce nom comiiih' de quelques aulie^,
où se rencontre l'art, de, du, ddou, dal, dil, (|ui se sont
aitéD.'S ])ar des transfonualions, en restant tn*]) IV.meais
dans la moitié de leur compusiiiuii? Kxempif» Dutnns, (pii
devrait être Ddoumus ; Di(ddoH, qu'il faudrait aus>i pr>)-
noncer Ddou cldou; /)u//oui's, i.>sn dt» Ddmi bas^vn IVancds
Dubois, (|ui sonnerait r-'^uliérem.'nl Dl'Ukjs, Dnho^r, rie.,
etc.; formes mêlées ou se iail seiilir riiillinMice du iVaucais.
Il n'en est pas de mènui p ur Ddoufds, dont Tart. et le
subsl. sont bien tous d< u\ purs lan;iiii'doeit'ns el de\ raient
être traduits par Du ttid ou par f)e nid.
VwQ sorte de ressi'mbl.ince a amené la liailucii.m Denis;
mais y a-l-il l)ien idiMitit*' (rélymoionie entre Denis et
Dùountsf I.e fém. lan;:. Ddoimifiso, (pioique Irés-i't'L'ulicr
en sa forme nid»^ et s-'cbe, démontrerait le contraire. .Mais
l'usage a pre\,du ici coiijme dans Ls autres Jinins cili-s
plus baut ; cep^'ndant la raisnu él\ nio|.»L'i(|U(' prnif>|(', ri
l'eupbonii' ne.^i p,;s en faveur du laniiueddcien, ce qui est
]»lus rare.
Que D<^ui>. \i.nne du lai. Diotn/.sius^ u[ Denise ili Din-
uysid, tirés du gr» c, el ([iie la nmlhpiicité de leurs \My('l!es
el leurs llevions si douces et si bariuonicuscs, soii-jil îiiiMi
rendues dans le féminin surlnul ; il faut le recttiuiailre.
Que notre mot reproduise celte douceiu' de consonnaïu'i.'
ionitpie : c'est ce ipii (^st à n^grellfu*. D'où il faut conebue
que la dérivalion in liqu^'-e p.ir Sau\a,L'es n*(\st paï. exacte;
cl nous lui pri'l'eron^ d*' beau<.'ou[) la m-'lodie redoublée de
la dérivation grf^ctpie ou latine, modulée dans le doux nom
franc, us.
Dàou-pàou-pàou, (i<Iv. Petitement; [xHit à petit; tant
soit |)eu. Si n<nis avons |>eu , nous ferons piui, ou nous
donnerons peu, est la traduction presipie liiléle île ci'l
adv. intraduisible i»ar un mot équiv.dcnl fr. C'est là toute
l'histoire du dracbmo de la veuve.
Dâoura, v. Dorer; enduire ou couvrir d'or ou de jaune,
au li;jr. enricbir; farder. Au part. pass. Ddoura signifie .
e\cell(»ni, précieux; qui vaut son pesant d'or. — Aquel
par a'no m/ùsso ddoarado , ce porc a uuc gloutonnerie
admirable, il dévore tout ce qu'on lui présente, sans
rej^'irder à la «pialité. (^'tte faculté est précieuse pour l'éle-
veur, (jui [KHit le nourrir et l'engraisser k i)eu de frais,
puisipie l'animal se paie de tout.
Dér. du lat. Aureas, doré, cudeur d'or.
Dàourado, s. f. Doradi^ Aarula viilijaris,Li\m. — Ce
poisson, du gemv cyprin, «st fort connuun dans la Médi-
teiranée. Sorti à l'air, il t)erd de ses brillantes couleurs;
mais dans l'eau il parait couvert d'or sur un fond vert
azuré, el e'csl sans contredit un des plus beaux habitants
de la mer. La Dorade atteint jusqu'à un mètre de long; les
jeunes et plus petites s'ap(>ellent Sùomjuéno , celles d'un^
laill"' inti-rmédiair»' Mejano^ qui \eut dire moyenne.
Il e^t «'vidi-nt par l'éiymolD-ii» toute naturelle de ce mol
({ue c't'si i,'i 1..' fr. qui a eiripiimlé au lang.; celte désinence
en adc, <rlo, étant toute ilans le génie de notre idiome : le
fr. l'eut appelé sans cet enquamt : Dorée.
Dàoururos, s. f. pi. J >\aux en or ou en argent; bagues,
bijraix el ebaines. Les biles du peuj)le ne man(juenl jamais
de l'aire reconnailn' dans leur contrat de mariage ces joyaux
cojiiiiif ai)j)ori dolal.
D'aqui'n-foro, air. (vtnlr.iclitMi de D'at/ui ài foro. A
partir de là; après cela; (Hisuite. -- D'at/ui'n'foro y ana-
Kù, j iiMi au sortir de là.
Formé du lat. fine (4 foras, là et didiors.
D'aqui'n-laï, a<h\ Contraction de D'aqut én-hit. De ce
p.ànt-la juMpi'à cet autre; de ce jour-là en avant.
l'ormé tlu lai. Ifac el Ilhir.
D'aquo, pion, ijenit. de .17/^'^ De cela. — il se prend
sou\ent d'une manién» absolue et noujinative, [XHir expri-
mer une cnose dont on ne se S(Ui\ient ]>as, ou dont on veut
• •ludcr le n:)m. Prcsia me cdsIc '/'</ry.vô, prètez-moi votre. ..
cela : ])lirase (|ue l'on appuie d'ordinaire en indiquant
robji'l. -l de f/ué srr ajifel d'diptô'f A (luoi sert cet outil,
cl inslrunient?
Darboussicïro, "U Endourmidouïro, ou Hèrbo dé las
tôoupos, v. /'. Pomme épineu.s'\ datura, Datura stramo-
hhini, Linn., plante aninielle de la fam. des Solanées, dont
\a senii-nce di.>posi''e (Mi alvciilcs est renfermée dans une
-ou>se epin<'U>e, sendilalile aux hérissons du marron d'Inde.
L'infusion de cette semtMice est mi violent narcotique : s;i
j lleiu" es! blanclie, tMi i'ormi' de cloche. Klle a la propriété
j d'eloiifUi'r les taupes; il suflit pour cela fl'en conserver
([uelqu< s [ilanl's diiis L'S Coins d'un j.uilin.
Darda, ou Dardaïa, c. Darder, lra|)per comme un danl.
— ■ Loti soi'rct ii'ardo, le soKil darde ses ravons.
D.-r. du gr. "Aoo'.;. dard, aiguilK)n
Dardèno, «»u Piastre, s f. Pièce de deux liards ou de
six deniers; monnaie (]u'<tn battait à Aix en Provence sons
le rèune du roi Kéné.
DAV
DAV
943
Oariè, ièiro, adj. Dernier; tardif; retardé. — Vase
/idk« Iqu dariè i {)hra8e proverbiale que les enfants emploient
lorsqulls s*exciteat à courir vers un bnt quelconque :
Malédioiion à oelui qui arrivera le dernier ! C'est le moyen
de donner de Témulation à la course. Lou% magntu âoun
bien dariè$ aquéa(e an, cette année, les vers à soie sont
plus retardés que de coutume. Souï bien dariè, je suis bien
en arrière de mes travaux, ou toutes mes récoltes sont
arriérées. Avan^dariè, avant-dernier, pénultième. Dé-s'én-
darii, adv., en dernier lieu, vers la fin. Èb à soun dariè,
il va mourir, il est à son dernier soupir. Fôoupat régarda
lou dariè digne, il ne faut pas être si méticuleux dans un
marché, ou exiger si strictement tout ce qui est du.
Dér. de Bariès,
Oarièiraîo, $. f. Récoltes d'arrièrersaison, qui ne sont
iamais très-productives, étant toujours rabougries et mal
servies par la température.
Barièirén, énqno, adj. Fruits ou récoltes qui de leur
iiatnre vieuneot plus tard que les autres, en opposition à
Prémiêirén.
La difièrence entre ce mot et le précédent consiste en ce
qae Darièïraïo ne s>ntend que des fruits arrivés trop taixl
paiœ qu'on les a semés tard, ou bien des rebuts de récolte
qui ne sont venus en maturité qu'à l'arrière-saison : cela
s'entend encore des derniers fourrages ou regains d'automne
qui sont peu abondants, fort difficiles à apprêter et toujours
de qualité inférieure, parce que les pluies et les premières
gelées leur enlèvent la saveur. Dariiirén, au contraire,
s'entend d'espèces de fruits ou de récoltes qui, par nature,
ne viennent à maturité qu'après les individus de la même
kmille.
Daiiès, s. m., adv, et prép. Derrière, arrière; la partie
postérieure d'un animai, d'une maison, etc. — Un dariès
dé eabri, la moitié postérieure d'un chevreau, les deux
quartiers de derrière. Dariès dé boutigo, arrière-boutique.
Y-a darièê/ orie-t-on à un cocher pour lui indiquer que le
talon de sa voiture est garnie de gamins. Regarda pér dariès,
veganler par derrière soi.
Dér. du lat. Beirà.
Data, V. Dater; mettre une date. — Aquà data dé iuèn,
cela remonte à une date ancienne. A pas data soun conte,
il n'a i^as daté sa facture. Datan pas dé hier, nous ne
sommes pas d'hier.
Date, s. f. Date; mention du jour et de l'année où une
lettre a été écrite, un acte passé, un événement arrivé, un
monument commencé.
Dér. du lat. Data, datum, à cause de la formule finale
des ordonnances ou des édits royaux, qui se terminaient
tous par ces mots : Datum, ou Data, donné en tel on tel
lien.
Datiu, s. f. Datte, fruit du palmier dattier, qu'on ne
connaît guère chez nous que sous la forme de conserve.
Dér. du lat. Daetylus, m. sign.
Bavilai V- Descendre; décroître; baisser; déchoir. —
Lou sourél davalo, le soleil descend, baisse ; il se rapproche
de l'horizon; il va bientôt se coucher. Davala dâou cade,
déchoir; perdre sa position de fortune ou d'honneurs.
Davalo chaquo jour, il dépérit chaque jour. Mas forçai
davalou, mes forces diminuent.
Davalo se dit aussi activement pour descendre, déplacer
une chose élevée pour la mettre plus bas ; porter en bas. —
Davala d'un co dé fusil, abattre d'un coup de fusil. Ijou
davalè d'un co dé eodou, il le jeta à bas d'un coup de
pierre. Davala lous ésca^ès, descendre les degrés, ou dégrin-
goler.
Dér. de la bass. lat. Devalare, formé du lat. Ad vallsm
ire, aller dans la vallée, vers le bas fVoy. Aval). En bas*
bret. Davalem, m. sign.
Davalado, s. f. Descente; rampe, chemin ou pente, qui
est une montée en sens inverse.
Davaladoù, s. m. Dim. de Davalado, qui a lui-même
son dim., Davaladouné, Petite rampe; raeile fort étroite
qui conduit d'une maison à la rue, ou d'une terrasse à la
terrasse inférieure.
Dér. de Davala.
Davan, s. m., adv. eiprép. Devant, la partie antérieure :
avant, auparavant; plus tôt. — Lou davan d'uno boutigo, ïa
devanture d'une boutique. Aou bèou davan dé ma porto,
tout au-devant de ma porte, et très-visiblement. Lou davan
d'un cabrï, les deux parties de devant d'un chevreau. Vén-
davan d'uno porto, le devant d'une porte. Ana à soun én-
davan, aller au-devant de lui : au iig. aller au-devant de
ses désirs, de ses goûts ; le prévenir. Faï té davan, passe
devant ; prends les devants. Davan vous, devant vous, à
vos yeux voyants. Qudouques jours davan, quelques jouis
auparavant. Davan que vous, plus tôt que vous. Davan que
l'y terne/ avant que j'y remette les pieds! Dé davan,
autrefois. Davan D(ou sièf Puisse Dieu l'avoir reçu dans
son paradis! phrase votive et pieuse dont on accompagne
toujours la mémoire d'un défunt qui nous est cher et vtoé-
rable : Moun pàoure pèro, davan DUm sièf
Dér. du lat. De ab antè, qui nous parait préférable
comme étymologie, à celle tirée aussi du lat. Ad vmtum,
vers le vent.
Davan-antan , adv. de temps. L'année avant-dernière.
— Voy. Antan.
Davan-c'houro, adv. de temps. Avant l'heure; avant le
temps prescrit; prématurément. — Mé fara mouri davam-
c'houro, il hâtera ma fin, il abrégera mes jours.
11 est formé de Davan et de Jiouro : le C interposé est
purement euphonique, et remplit le même office que cer-
taines lettres en français : comment va-t-il, entre quatra*-
yeux. Toutefois cette consonnance chuintante du th parait
bizarre; mais l'usage le veut ainsi.
DaTanciès, s. m. pi. Aïeux; anciens; ancêtres; ceux
qui nous ont précédé dans notre famille.
Dér. de Davan, ceux qui sont venus avant.
Darantàoii, s. m. Tablier de femme. — Voy. FasMou.
244
DEB
DEB
Ce mot u'esl p.is proprciiuMil ilu dialcclc ilr'S O'îvcuiics;
mais il a été irnpoi'lé, cl s'rst fait adopliM*. On s't'ii sert
aujourd'hui surtout dans le style iKidin c\ ironiqu»'.
Dér. do Davan.
Davanticïrasso, adv. do toiii])s. >'aguén's; il } ajuni d<*
jours. — C'est un au^MniMititif do Daviut-z-hUr, (Iml
l'cflot est d'en éloigner la dale, e'cst-iVdire \\\\ lrni|is plus
reculé ({u'avant-liier.
Davan-trin, a. m. A\ant-lrain d'une \niiure à (inalr»'
roues. On appelait aussi Davan-lrin une .snil»» de foui"!/i>n
qu'on susin-ndait sur ra\ant-train de eerlain^s dilipMioes,
coupés ou herlines, où leeoelier se ])liiriit el rreevaiià cnlé
do lui deux autres plai't's ; (•(M[u'nii nonnnerail aujourd'lmi
la hotte. Ces sortes de voitures n'exislani plus MiiiinltMiint,
a'tte plao' avait été remplacée par crlli's du coupé; mais
les dili;.'<MU-cs clles-niéiiirs dispar.iissnnl,e(' perriciinmirmeiil
a ou le mémi^ sort.
Davan-z-hièr, «idv. de tiMiips. Avanl-lii»'r. -- CCst uiit^
variardi' euphonique de Avff.ufiur.
Davi, n. y*;-, d'homme. David. — Au t'ém. il f.iit Di.nio :
diin. Davioa t*t Dav'uln.
Duvi, s. m. signifie aussi un sergent, outil il' menuisfri**,
tout on for, composé do d(Ui\ crampîns, dont un mohilr,
«jui sert à tenir rapprnchéns et si-rn-es l^s j)arlirs d'un*' pii'ce
d'assoiidilag'N pnur «prelles ne puissiMit se di^j'ijndro [x.'n-
(lant ([u'on les cltjuf ou ([w'^n li\s cheville.
Dé, (irf. i[\n coires])ond, S(^lon |t\s cii'cniislaiircs, aux:
art. fr. de, ,lu, des, de la, di' V , etc.; et rn méiiK' l«'iiij)s
prijt. i\\\\ .St' ri'ud par île, à, nif.r, des, «Me. - ~ Ditana-inf de
vi, de poinnos, dé cur, d'oli, un inoitctl de juin, doniii/liini
du \in, des pounnes, do lu \iandi\ de rhiiih», nu m.tii.MU
do [»ain. Vrn tlé Paris, il arii\e dt* Paiis. Onu! l'Innur dàoH
sa! bi fi'iiuD dds iùytns! Il.ilàl riitmiin' au sac I la fiMniiii'
aU\ O'ills! Arjun's tie ttiotfn rintsi, '.'"( si à ni'iii cn||>iii, t'rla
appartient à mou cnusin.
I)ér. dt' la piép. la t. De.
Dé, •'»■. m. I)im. D.'té; aiigm. Helds. I).ii_t.i, jiarlii' lonuiic
ci ni )i)il(' di' la main ou du pied. — !.nu de (U'mn j>(>its, !•>
(>ouce, mot à mot le dciLil du ])iiiils. In lr<nè i/r de,
l'épais.M'nr d'un doi^-t et non sa longiKMU' : c'i'st une mcsmv
nn peu id'ale, (ju'onempl'iic sousentpar é\aluatiun ait|»ro\i-
inati\e. On ilit 7'/v/»',"an li-Midc 7'/v/r/v j»ar [iinv iMiphoiii»> .
les It'dris S ol I> II'' S'' rriic «nlniit jamais cote à (ùtc dans
notre idimii''. l'ti de de fjifron, un iloii;! d.- JaiL;..' ou
d'é[iai^si'iir, nn«- lr'''s ])''lil'' (piaulilé, im ri. mi, un oil d'*
|Kmdi"e. Càoffs'i (inn '!e, flioisj, iii,'- nu doi^i , c'e>t à <lire
cli'iisi sur un ln"'s-;_:iand nom!»n', a\''r soin, e[ p.ir <■ ■iin.--
qU(Mit (jui (»ITi\' toiii<^ s >rt" d'* gnanlit-s snr sa ipiaiilé. Mu
mo.s/ro vn'i àoii de. n)a monti-c mai'chc hien [)ai'ce (pic je la
ré;jlt' a diupi' instant du d >ii;|. D' (f>' /i'/, di»i_Lrli-'r, iloiL'l
tir p. 'Ml roiiti'' d'un d ù;_M di* gant, donl <iii f.iii nii l'-lui p «ur
un doii'l ri; ija'l'' (Ui M"ss-''.
I)ér. du 1 il. D'jilns, p'î|- une I". iil • c ,\\\y .
Dcbana, w l)é\id"i", au pr ; au (i;.- dpè
.•!.,
dehanaiiei las tripos.' niounco iriiorrible vengeanc^^, comme
si l'on faisait \o'u do doN ider les hcyaux d'un ennemi après
les a\oir arrachés. !)chana uno histouèro, raconter une
histoire, un conte, avec voluhililé. lié n'avès débana, vous
en asez joliment dégoisé.
(j» mot vient-il de fesp. Drvanar, d(î l'ilal. Dipannare,
ou du hns hret. Dibnna, «pii ont la m. sign.; ou bien sa
racine esl-olle siinplement dans notre propre idiome? La
Ihnm sigiiilii* l'aile ou l<' Noiant d'un touràtiler la soie; el
le dé\idag(' ne coasislaiil (ju'à enrouler sur le nxjuot la soie
rpii est s ulie du tour ou do la Bano, le vorlxî pour evpri-
wwv celle o|'érati.in m^ s'est-il pas formé de là?
Débanaïre, s. m. I)é\i(loir, instrument qui est do dilTo-
lentis formes sui\ant l'ouivre de désidage auquel il est
ilestiné. ï.orsipie c'est du lil en fus(*au qu'il s'agit de dévi-
der en éche\oau, il «'st com[)osé d'un bâton de deux, pieds
environ, pointu par le haut-hout, traversé |)ar une broche
\i'rs chatpie hmit; l»s deuv broches formant angle droit
l'une à I aulre : on l'ail courir le lil de l'une à l'autre do
ce^ liioclies. OU toui liant le dé\idoir do la main gauche,
pour (jue cha<(ue hroehi' le ier')i\e ;\ son tour, tandis que
la dioiii» dé\ide le fuseau et accompagne le lil sur chacune
ties (jualre hranchi s. Cet oulil s'appelle proprement £iC(i-
vtl.
Lorstpi'il s'agit de désider un éclioNoaueu jx'lolou, on le
di<p '.-' dans une (sp'M-e de charpenl(^ de forme presque
circulaire ipie Tnii élargit à Noionté à la largeur de l'écho-
M'au. O de\idoir tourne sur un pivot ou tringle en for, el
il est mis eu mou\emenl [»ar le seul tirage du fil qui st*
dé\ide sur le j).'|i)i>in (pi'nn lient de la main gauche, tandis
(pie la droite mani»' le Ml el l'y dispose régulièrement. On
d'iiiiie dijl'.r.-nies formes à celle cliarpenlo, qu'on replie
(liiehpK'f.às Comme un parapluie; mais le mécanisme est
It'iijoiirs le mèijie. (!eiie deriiièro es[»éco do dévidoir se
nomme i,iunlre. — Ko//, c. m.
In pioxeihc a dit : Tout Ivnne <pié no>nt t'ôou yrùre, on
Inii huitUi ti<>u defi{,u(,ïre ; ou met au dè\idnir un homme
(]iii n'es! pi> jir. ,piv à _i:raiid'»ji«.se. Cette opération méca-
iiiiiue ir<\i_:i' pas m elV.-i mi f('rt di'ploioment do forcer
mil-; II! lir-'s ni de ri. inhin liions intejleeiutdlos. M.iis la
i.-i'iii;il lis me » i.n daiilres raisons peuvent amener à s*'
jtièli'i- à eeS r«,||<li iljs; ,'t je p|n\erlie jn^ préjugO rioU.
Dcbanaïro, v. /'. l)/'\ideuse. C'est une profession dans
]■'> p i\ ^ de faliriiiiierl d'ou\raisou de la soie. Au Tilt, havanle,
«pii en (1''l 'i-e.
Débanage, .v. //*. I)e\ i.lai^e; aeiion dedésider; profession
de i],'\ nl-'ii^ • : iV.iis du (l<''\ id eje.
Débanaduro, .v. /' Le lij ou la soie qu'on a dé\idé, ou
(pli est à dévider.
Dcbas, .S', tn. et (idw vl" li 'U. I.e h.is, ce (pii est en bas;
lris, en lias: au-dess>us. — Lou dehas d'un. ousUïou , le
r-"/, lie el) iu<s''e d'une mais )U. Vi r/ne fasès dehas? Que
fait.'-. Vdiis eji h.is? - - \'n}j. liifs.
Dcbas, v Ht. \h\\i. fl:hn^sêi)H hjjasson ; n\l pi. Déhnsscs.
DEC
DEC
245
Bas, vêtement des jambes. — Un parél dé débasses, mie
paire de bas. Prén toun débat, tricote. A uno maïo a soun
déàoê, elle a uie maille qui a filé à son bas ; son bas est
percé; au fig. sa renommée a reçu un échec.
Ce mot, comme son correspondant fr., vient de cette
expression : bas-de-chausses , comme les culottes se nom-
maient hant-de-chausses ; ou a seulement supprimé chausses.
Débassaîre, ûro, s. plutôt qik'adj. Faiseur de bas, et
non point bonnetier, chaussetier ni fabricant de bas; car
ces trois derniers mots désignent le commerçant qui fait
confectionner des bas, des bonnets, etc.; tandis que le
Débassaïre est simplement l'ouvrier qui les tisse lui-môme,
avec un métier à bas. — Voy. Brando-nicoulàou ,
Branda.
Débasta, v. Dévaster; casser; briser. ^ Ce mot n'en-
traine qu'une idée de fureur, mais non de rapine; celui qui
accomplit cet acte n'emporte rien au dehors.
Dér. du lat. Vattare, dévaster.
Débita, v. Débiter sa marchandise; vendre en détail;
s'en défaire couramment; débiter un sermon, un discours
quelconque; débiter, diviser, subdiviser en parties menues,
sortout du bois, en terme de menuisier.
Dér. du lat. DebUo.
Débito, s. f. Débit; vente au détail, surtout du via. —
On dit aussi : Soun vi a bon débï, son vin a du débit; mais
c'est sacrifier à l'idole franchimande : le vrai mot conservé
par les vrais languedociens est Débito, au fém
Dér. du lat. Debiior, débiteur, parce qu'autrefois ce mot
Débito ne s'appliquait qu'à la vente à crédit, vrai et seul
moyen pour le petit commerce de détail de vendre beau-
coup, vite et cher.
Débitoù, Débitoono, s. Débiteur. — Encore une con-
cession au fr.; le véritable languedocien dit Créancié, qui
convient aussi bien au titulaire d'une dette passive qu'à celui
d'une dette active. C'est sans doute la nécessité de distin-
guer le créancier du débiteur qui a entraîné à cet emprunt.
Débuta, V. Débuter; entrer en matière; faire son pre-
mier pas dans une entreprise, dans une affaire, dans une
carrière. — Lou oéïrén à soun débuta, nous verrons à sa
manière d'entrer eu conversation, où il en veut venir.
£mp. au fr. sans adopter ses autres acceptions.
Décade, s. f. Décade; le jour de décadi; jour de repos,
dans le calendrier républicain; assemblée que les autorités
tenaient ce jour-là. — Dâou tén dé la déeado, du temps où
Ton tenait les assemblées décadaires, c'est-à-dire sous la
Convention et le Directoire, et non tout le temps que le
calendrier républicain a eu une existence légale; car il a
duré jusqu'en 1806, et cependant depuis le 48 brumaire
1799 et la constitution de l'an VIII, ces ridicules parodies
des solennités chrétiennes du dimanche étaient tombées
sous les sifflets du peuple et le dégoût du premier consul.
ilfia à la déeado, aller aux assemblées décadaires.
Le mot Déeado était familier au peuple et il est resté
dans ses souvenirs, soit parce qu'on le forçait à chômer ce
jour-là, soit à cause des assemblées de ce nom où son
destin était souvent discuté. 11 n'en était pas de même pour
la nomenclature arithmétique des autres jours de la semaine
décennale, primidi, duodi, tridi, etc., qui ne lui apparais-
saient que sous forme de numéros. Aussi ne les connais-
sait-il pas alors, et il n'a pu ouvrir un crédit dans sa
mémoire pour eux. Ainsi ont été oubliés les noms des mois
qui sont de l'hébreu pour lui, moins encore ceux des légu-
mes qui remplaçaient les saints qu'il vénérait et qui ser-
vaient de patrons à ses enfants. La décade seule l'a frappé
et est restée dans ses souvenirs. Nous, les interprètes de
son langage, nous l'imiterons en cela.
Déeado est évidemment un emprunt forcé du fr. qui Ta
pris lui-même au gr. Asxiç, BsxiSoç, dixaine, parce que la
décade ou la semaine décadaire était composée de dix jours,
dont le décadi était le dernier.
Décagramo, s. m. Décagramme, poids de dix grammes,
dans le nouveau système.
Emp. au fr. qui l'a tiré du grec.
Déçaî, adv. de temps. D'ici à; en deçà. — Déçaï gué
vèngo, avant qu'il arrive. Lou tène pas quite déçaï gué
m'ague paga, je ne le tiens pas quitte qu'il ne m'ait payé.
Déçai et délai, adv. de lieu. De çà et de là.
Décalitre, s, m. DécaHtre, mesure de capacité de dix
litres.
La nouvelle nomenclature décimale s'est impatronisée
dans le langage populaire. Nous prenons la langue en l'état
où elle se trouve.
D(';r. du gr. Hm, dix, et Xdpa, livre.
Décembre, s. m. Décembre, le douzième mois de l'année;
autrefois, le dixième seulement dans l'année des Romains.
En conservant son ancien nom, il est devenu le dernier de
la nôtre, qui commence eu janvier, à partir de l'édit
donné par Charles IX, en 4564.
Dér. du lat. December, m. sign.
Déciala, v. Déceler; découvrir; divulguer; trahir un
secret; dénoncer; dénoncer im complot. — Déciala soun
ami, trahir son auii en divulguant le secret qu'il nous a
confié. Déciala la mécho, éventer la mèche.
Formé de la part, négative De et du lat. Celare, cacher.
Décida, v. D(icider; déterminer; résoudre; porter un
jugement. — Se décida, se déterminer à. . ., se décider, st'
résoudre.
Dér. du lat. Decidere, m. sign.
Décida, ado, adj. D'un. Décidadé. Décidé; déUbéré;
hardi ; résolu.
Découpa (Se), u. Se couper; se contredire dans ses
paroles, dans ses déclarations.
Formé de Coupa,
Découra, v. Décorer d'un ordre, de la Légion d'honneur
ou de la croix de Saint-Louis.
Emprunt poh tique au fr.
Décrè, «. m. Décret; loi; ordonnance émanant d'un
pouvoir exécuîif suprême. Les lois faites sous îa Couven-
^i4i;
DEl)
DEC
lion cl lo Diivcloiro ()iirlni<''iil h^ nom do JôciX'ls, snil
([u'ellfs (Missf^it une noilre nrj:niii(]uo Lvnt'rale, s^il (]Uô
Imir objet fût teiii])oriiire on jKn'litiili'^r. Le mol était en
parfaite analogie avec la cliose; car c'était rexpiv-ssion île
la majorité d'nne asseiiil)lée, et il cléii\e tin lat. hccrflmu,
(le ffccei ncre, donner son avis, son snllVag(\ Sons rKm[>irt%
le mot resta, mais non la diose; car ce n'élail là (jn^ Topi-
iiit^n dn hnii vcniloir. I>e[»nis la (>harte, ce mot a\ail éié
hanni el r.'iiiplacé par cen\ de loi cl d'ordiunianc»'. dont on
cxiniait la dislinclion. Avec 18i8 et la suite, le décrd est
revenu.
Le nittl lang. est encoiv un emprunt ]tolili([u<' ; le peuple
a eu trop à faire avf-c les décrets, et ils se sonl lrn[) mulli-
|tliés, pour n'avoir pas emprunté une e\[»i*ession (]ui en
rende le sens.
Décrouta, v. Décrniier; ôler la crotte; «'nle\««r la 1)0U(^
d<' la chaussure; ciror les hottes.
Kmp. au fr.
Décroutur, s. m. Décrotleui-.
Dé d'aïçaï, ^(/c. de lieu. De ù"» c()té-ci, a\rc untuvc.iiint
dun lieu à un autre; c'est-à-dire qu'il est rr-latif à nue p^M*-
s.>nn<^ qui se trouverai! <lé d'ailai, sépaiée par un mur, un
niurs d'eau, un fossé, etc. — Vène dû iVairni, passe de ce
cù lé-ci.
Dé d'aïlaï, mJv. de lieu et île temps. De cr* côté, de
Tautre coté; au-delà; pai-delà. C'i'st le contre-pied de
l'article précédi^nt. — Dvniora //<• d'ai/a) , il li;d)il»^ de
Tautre coté de la ri\jér.^, de la monta.LMie. F.'an de d'uihu,
l'année avanl-derniére. Iji ynuè de d'ado), ravanl-derjiière
nuit. Dé d'adat l'oijn, de l'autre côté de l'oau, de ]:\
rivière.
Dédàou, s. m. Diuj. Dédale; au;-^fu. Dèdahis. Dé à
roudre.
Dér. du lat. D'njUalr. Vax es]). Dedcd ; en ital. Ditule.
Dédénta, v. IMmior; rompre, cassiM' les dents. — Imu
diable lé dedénle, le diahlo te cass** la uiàclioire.
Dédénta, ado, part. pass. Kdeutée, qui n'a plus de
dents.
Form^de la part, négative !>e el du lat. Dens, de)dis,
dent.
Dédin, .s. //(. et prép. Le dedans, la partie inléiieure
dune chose; dans, dedans, au-dedans. — Lon dédin, l'in-
lérieur. Garda ha dédin, rester assidûment chez soi, ne
pas sortir. Faire lon dedin dé l'oustôoa, aN«»ir soin du
ménage, faire le travail intérieur d'une maison, ce qui est
l'apanage d'une ménagère, par oj)position rîo»/ déforo, qui
i'st le lot du mari el des hommes.
Il est dillicile de prériser une dislinclion enln; les difle-
rents usages de ce mol et ceu\ de la |)rép. Din, qui sont
parfaitement synonymes dans certains cas ; ainsi on dit
également : Din ma pocho et dédin ma pocha , din sotiu
oastàou et dedin soan oustàtni . 11 faut seulement remarquer
«pie Din est j^lus générique, qu'il se plie à presque toutes
It'S acco()lions du Dans fr. et du In lat. Déilin a le privi-
h'ge de pouvoir ligurer à la fin d'une phrase connue le
Dedans fr., ce que ne peut faire son concurrent ; il peut
encore se sid)slanti\er, ha dedin. Exemple : On y es pas
délia, on ni'st pas dedans, réj)ondrait on à qiielqu'an qui
\ous reprocherait d'a\oir acheté un mauvais nielon. Laissé
stani eas(jana et laa dedin, il laissa son casqiie et le Con-
tenu, a dit La l\are. L'uu el l'autre mot prennent un C
liiud lorsfju'ils se heurtent avec une voyelle au mot qui
suil: toutefois Dédin ne prend pas celle consonne lorsqu'il
devient suhslanlif. On dit Di'dinc ano houro, dans une
lieur(\ et Loa dedin éx lien propre, rintérieur est très-
[iropre.
Eoruié du lat. De intas,QU dedans.
Dé-fè, aili\ De l'ait; en ellet ; par le fait.
Défés, adr. de tenq>s el de nombre. Parfois; quelque-
fois. — Vo//. Feu.
Défila, V. Déliter; marcher par file; s'en aller l'un après
l'autre.
Formé de la pré]). Dé el de Fila.
Défléciou, ,s. f. Ne s'euq»loie qu'en y joignant dé peitrino,
[)0\\v signitier : fluxion de poitrnie.
Le mot n'esi au n sie qu'une corruption du fr. à l'usage
seuleuKMit du [n)j)ulaire.
Déforo, s. m. el adr. de lieu. Deliors, qui n'est pas
d(vlans ou à l'intérieur; dehors. — 7.om ^/e/V>ro, rextérieur,
[)ar o])])osilion doa délia. A'imo lou déforo, il aime k
\nv\n\iv la clé des chauips. Loas homes fan lou déforo, les
houiiues ftiut le travail des chanq)S. A na déforo, s iihsenicr^
aller en vo>age. Déforo Franco, hors de la France. Déforo!
inti'rj.: Hors d'ici! Sorlez. De per deforn, adv.,d\l dehors.
D«'r. du lat. Foras, m. sign.
Degas, s. m. Dég;it; ravage; ruine: perle; destruction.
Dér. du lat. Devastare, dévaster.
On remarquera ici une de ces i)ermul<ations assez fré-
quentes dans le lang. et (jue la ruoyenne lalinitéetle roman
avaient déjà <'onsacrées, le changement de V en G, comme
dans Vasco, (iascaiin, gascon; Vardo, 6'ar//oî>, Gardon. La
loi nesl pas sans excejjiion, puisiiue les exœptions confir-
ment la régie au contraire. L'eu])honie en a décidé ici
coiume en beaucoup d'autres cas.
Dégatïa(Sé), v. Se dis[)Uler une chose; n'être jamais
d'accord; vivre en mauvaise intelligence avec quelqu'un
qui est dans notre intiuiilé; se quereller.
Ce mol,(jui corres[)ond à Sécajdgna, n'aurait-il pas aussi
quehjue rapjiort étymologique avec lui? Dans quelques
dialectes, Ca et (ia sont synonymes pour signifier chat : .Se
de(jaiia \ieiidrait dom; de la façon de vivre des chats, qui
s'agacenl et s'égialign<'nt , connue le fait entendre notre
verbe.
Dégavaïa, r. Détruire; gâter; laisser perdre par sa faute;
dissii^er sa lorlune.
Dér. de Défjas.
Dégavaïaïre, aïro, adj. Dissipateur; prodigue; dépen-
sier; en i)arlant d'une feimne, mauvaise ménagère.
DÈG
DEJ
247
DéglM (Se), v. Se disjoindre; s*entr*otivrir; bâiller;
se dit des futailles , cuves ou vaisseaux en bois, dont les
dcaves, après qu*elles sont restées quelque temps vides, se
déjoigiieol et bAiltent par la sécheresse , et que , pour être
employées de nouveau, on a besoin d'imbiber, Èmbuga. —
Pé§léH ^^iàinêquuê, c'est ce qu'on appelle, en argot, démolir
un homme.
JHgUtï, ido, part, pass., an Gg. défait, e^&ténué par le
besoin ou la maladie fVoy. AdéUJ; rompu des coups que
l'on B*est donnés on que l'on a reçus.
Formé dn lat. Gii$ , glaise , parce qu'on enduisait autre-
fois de terre glaise les futailles pour les empêcher de couler
et de suinter; et de la part, privative De.
Dégoù, s. m. Dim. Dégoiué. Goutte; gouttelette; suinte-
ment de l'eau pluviale à travers les rochers , ou du vin à
travers les douves d'une futaille; eau des toits qui tombe
goutte à goutte. — Voy. Té.
Dér. dn lat. Gutta, m. sign.
Dégonbia, v. Dégobiller, vomir.
Emp. au fr.
Dégonîado, ctdj, f. Grasse; réjouie; un peu hardie, un
peu débraillée et assez lurée.
Dér. du vieux mot ^loutojeune fille, féminin de Gouia,
dont on a formé Goujar, c'est-à-dire qui a perdu la timi-
dité «t la pudeur du premier âge.
Dégourdi, v. Dégourdir; tirer de l'engourdissement;
réveiller; raviver; rendre tiède. — Faire dégourdi Vaïgo,
Caire légèrement chauffer l'eau, la dégourdir. Dégourdis tas
cambat, donne de l'exercice à tes jambes. Couménço bé dé
se dégourdi, il commence à prendre de l'usage, à se faire
aux habitudes sociales, à prendre de le ruse, de la finesse ;
il se dégourdit.
Dégourdi, dido, adj. et part, pass., éveillé; rusé; luron.
Formé de la part, privative De et de la bass. lat. Gurdus,
kmrd, stupide.
DégoÙB, s. m. — Voy, Désgoàs, qui est plus technique.
Dégoilflta, v, — Voy. Désgousta,
Dégoata, v. Dégoutter; couler goutte à goutte. — Se
fioun plôou dégovto, prvb., s'il ne pleut pas, il bruine;
dicton dont on se sert pour dire qu'on gagne toujours
quelque chose ou qu'il vient toujours quelque chose, si
peu que ce soit, du travail ou de la patience qui sait atten-
dre l'ondée et se contente de la plus légère pluie.
Le sens même s'étend un peu plus ou exprime encore
autre chose :
Le pêcheur qui remplit peu sa gibecière , mais qui peut
dire de temps en temps comme Sancho : pèche toujours qui
en prend un ;
Le marchand que quelques pratiques restées fidèles con-
solent de la vogue de ses concurrents;
Le dévot à la loterie qui vivote d'extraits et ne dépasse
jamais l'ambe;
L'agriculteur à qui la grêle a laissé une demi-récolte
quand il la croyait perdue tout entière;
Le collégien qui rate de nouveau le prix d'excellence et
va chercher son troisième accessit ;
L'avocat des petites causes qui pelote en attendant partie ;
Le poursuivant du gros lot ou du lingot d'or dont le
numéro gagne quelques couverts Ruolz ;
\je modeste employé qui touche son mois de cent francs
immédiatement après son chef de bureau qui vient d'émarger
le sien de mille ;
Tous ceux enfin à qui échoit une chance an-dessous de
leurs prétentions sans doute, mais passable encore, peuvent
dire : Se noun plôou dégouio, qui est le mot de satisfaction
ou de résignation du gagne-petit en tout genre.
Formé de De et du lat. Gutta.
Déguisa (Se), v. Se masquer; prendre un déguisement
au carnaval ; se travestir.
Formé de De privatif, et Guiso, manière.
Dégus, s. pron. et adj. — Voy. Déngus.
Déîma, v. Lever la dime. — On le dit ironiquement
d'un grapilleur qui lève en pillant un grave impôt sur les
récoltes.
DéËmafe, s. m. Collecte de la dime; temps où elle se
levait; la viguerie ou le territoire sur lequel le bénéficiaire
avait droit de l'exercer.
Dèîme, s. m. Dime : droit qu'avaient antrcfois les hauts
bénéficiers du clergé sur certaines récoltes dans toatc
l'étendue de leur bénéfice ou de leur dimerie. Ce droit était
quelquefois du dixième de la récolte brute, sans prélève-
ment des frais de culture ; d'autres fois, et le plus souvent,
il était du quinzième et même du vingtième. La levée ou
collecte s'en faisait â^l'époque même de chaque récolte et
en nature. Ordinairement ce droit était afifermé à im fermier,
qui l'exerçait toujours avec sévérité , souvent avec extor-
sion, comme certains fermiers des octrois actuels; tandis
que lorsque ce droit était exercé par les agents directs du
bénéficier, il l'était plus paternellement. Du reste, il est
aisé de voir combien il était facile d'éluder la rigueur d'un
pareil exercice et d'y soustraire une partie de la récolte. Le
lien moral et religieux était la plus stkre et à peu près la
seule garantie du titulaire : à la vérité l'Église avait mis
l'obligation de payer dans ses commandements, et dans ces
temps de foi, cela suffisait.
Dér. du lat. Décima, sous-entendu Pars.
Dèimiè, s, m. Collecteur ou fermier de la dime.
Déjouqua, v. Déjucher; dénicher; faire dégringoler;
déloger; dégoter. — Voy. Jouqua.
Déjuna, v. Déjeuner; rompre le jeune. — Pour les cul-
tivateurs, le déjeuner est le second repas de la journée ; le
premier, qui suit immédiatement le lever et précède tous
les travaux, s'appelle Tiito-vèrme (Voy. c. m.). Dans
rhiver et l'automne où l'on supprime un repas, c'est le
déjeuner qui est élagué. Le repas qui suit le Tuïo-vèrme, et
qui se prend sur les neuf heures du matin , se nomme Ijni
dina.
Dér. du lat. Jefunium, jeune.
^248
D£M
DEM
Déléouse, n. pr. d'homme. Au fém. Déléouso ou Déléau-
sésso; dim. Déléousé, Déléousélo; traduit aujourd'hui par
Deleuze. — Dans les vieux actes écrits en lat. on le ren-
dait par de illke, de T yeuse, du chêne vert. On voit évi-
demment que le mot lang. est tout à fait la traduction
littérale du nom latin, et que ce mot a pris naissance dans
le terroir de notre idiome. Le français a été embarrassé
pour ce nom comme pour beaucoup d*autres; il n*a pas
voulu remonter à l'étymologie qui Taurait conduit à de
l'yeu$e, de peur de n'être pas compris; d'autre part, il ne
pouvait imposer à son génie la diphthongue éou qui ne lui
va pas ; il en a fait lout bonnement le barbarisme Deleuse,
qui ne répond à rien , mais qui a le mérite de s'éloigner le
moins possible de l'idiome originaire, tout en conservant la
consonnance française.
Dell, 8. m. Joint d'un lit de pierres; la fissure qui sépare
une assise de rocher de celle qui lui est superposée et par
où on peut détacher celle-ci par le moyen d'un levier.
Dér. de Déslia.
Délia, ado, adj. Délié; adroit; subtil.
Déliado , s, f. J^Iême sign. que Délï. — Es peu que dé
déliado, ce terrain n'est composé que de couches de pierres
superposées qui peuvent facilement se disjoindre.
Délibéra, ado, adj. Décidé; hardi; sans timidité.
Délinqna, i>. Fuir; vider le plancher; s'esquiver; 'man-
quer à l'appel. — Se dit surtout de quelqu'un qui s'est
sauvé préventivement à toute recherche de sa personne pour
l'arrêter ou le châtier.
Dér. du lat. Delinquere, faire une faute, manquer ; aban-
donner; quitter; fuir.
Délivranço, «. f> Délivrance; débarras. — Bèlo déli-
vranço/ dit-on, lorsqu'on est débarrassé d'un fâcheux,
d'un importun, ou de quelqu'un qui est à charge, soit par
sa mort, soit par son départ.
Dér. du lat. Liberare, m. sign.
Déluje, s, m. Déluge; le déluge universel; grande pluie
d'inondation.
Dér. du lat. DUuvium.
Déliira, ado, adj. Luron; sojbtil. — Se dit particulière-
ment, au fém., d'une femme qui a de la finesse et certaine
hardiesse qui lui donne la conscience de son savoir faire;
tandis que, au masc., Lura ne signifie guère autre chose
que rusé, matois.
Déman, adv. de temps. Demain, le jour qui suit immé-
diatement celui où l'on est. — Apris-déman ou paêta-
déman, après-demain. Déman matï, demain matin. Déman
âoti iouér, demain soir.
Dér. de la bass. lat. De mane pour Manè.
Demanda, v. Demander; questionner; s'enquérir; exiger.
— Qvàoa dimando? Qui frappe à la porte? Démanda
qitani'kouro é», s'informer de Theure. Aquà demanda dé
c&ire, cela exige d'être bien cuit. Démanda soun pan, ou
.simplement Démanda, mendier. Que mé déou mé demanda,
celui qui me doit me demande paiement : phrase prvb. qu'on
emploie contre quelqu'un qui nous fait un reproche qu'il
mérite plus que nous.
Dér. du lat. Mandate, donner ordre, commission. Dans
la bass. lat. ce verbe et son composé Demancfartf signifiaient
aussi demander.
Démandairé, airo, adj. Questionneur; quémandeur;
solliciteur ; mendiant ; qui aime à emprunter.
Démando, s, f. Demande; question; interrogation;
demande en mariage. — Ma f'io a foço demandas, ma fille
a beaucoup d'aspirants à sa main. Faire uno démando,
commissionner un achat de marchandise; déclarer le prix
qu'on demande d'une chose. La sédo a foço demandai
aquésie moumén, la soie est fort recherchée en ce moment;
on a reçu force commissions d'achat.
Démena (Se), v. Se débattre; s'agiter; se démener,
comme fait quelqu'un que l'on conduit par force; résister
à la force qui vous emmène. — Se déméno eoumo lou diabU
dine un bén'uiè, il se démène comme le diable dans un
bénitier.
Formé de la particule oppositive De et du v. Mena,
Déménésconte, adj. — Voy. Ménéseonte.
Dé miè , dé mièio , adj. A demi-plein , à moitié. — Et
toujour plénoou dé mièjo^ cette femme est toujours enceinte,
elle n'accouche que pour recommencer.
L'adj. Miè a la même acception. La différence entre cet
deux mots, c'est que le dernier précède le substantif auquel
il s'accorde, tandis que Dé miè le suit : on dit Vn miè
vék're, un demi- verre, et Moun vé^re et dé miè, mon verre
est à moitié ou mi-plein. Une autre différence entr'eux,
c'est que Miè a une acception plus large et signifie demi
dans presque tous les cas; tandis que Demie n*est employé
que pour les objets de capacité et se renferme dans le sens
de demi-plein.
Dér. du lat. Dimidius, moitié.
Démonn, s. m. Dim. Démouné ou Démound- Démon. —
Ne se dit qu'en poésie ou dans le genre grave, sérieux, phi-
losophique : le lang. alors appelle le diable lou démoun:
mais le mot est fort usité au ^g. — Aquél éfan ée in»
démoun, cet enfant est un vrai démon.
Dér. du gr. Aa([jKov, génie, intelligence.
Démonnta, v. — Voy. Désmounta : meilleur.
Démonra, v. Demeurer; habiter, loger; rester; rester
tranquille. — DémoroàNime, il habite Mmes. Démoroâoa
Mérea, il est logé au Marché. Mounté as tant démauraf Oè
es-tu tant resté? As H démoura, tu «s bien tardé. Se vos
pas vénï, démoro, si tu ne veux pas venir, reste. Démouras,
finissez donc, restez en repos. Aquél éfan démoro émbéqméam-
que sièguo, cet enfant s'habitue avec tout le monde, il se
laisse garder par le premier venu. Manjaras d'aquà om
démouraras, tu mangeras de cela ou tu jeûneras.
Dér. du lat. Morari, tarder; attendre; mettre de la len-
teur.
Démpièi, ou Désémpièî, adv. ft eonj. Depuis; depuis es
temps-là; depuis que. — Es malâoute démpièi loti# magiÊùM,
J
'M^r*
DEO
il esl malade depuis la saison des vers à soie. Démjnèt
quanêre à la fiiïro, depuis que je suis allé à la foire. Marthe
âémpiëi Nimes, j*ai marché de INimes jusqu'ici. Démpièt
Ânduio jusqu'à Sén-Christôau a pas fa gué pl&oure, il n*a
pas cessé de pleuvoir d'Anduze à Saint>Ghristol.
La différence entre Dèmpièï et DésémpiUi, qui pourtant a
la mènie portée, c'est que le premier ne 'se place jamais & la
fin d'une phrase ou d'un membre de phrase, position qui
convient parfaitement au second : cela tient sans doute à
quelque délicatesse d'acoustique difficile à saisir. On dit :
YHtnère l'an paua, y souï pas tourna désémpiëi, et non pas
démpièH; j'y fus l'an dernier, je n'y suis pas retourné
depuis*
Dér. de la bass. lat. De post, m. sign., tiré du lat. clas-
sique avec la prépos.
Oén, s.f.Dim. Déntéto, Dénft^à/péjor. Déntasso. Dent,
chacun des petits os recouverts d'émail , implantés dans la
mâchoire, servant à mâcher. — Faï dé déns, les dents lui
poussent, lui percent. Gn'a pas pér ma pichoto dén, il n'y
en aurait pas là pour mon déjeuner, pour une dent creuse;
ce travail est une bagatelle pour moi ; ou bien : cet ennemi
est trop faible pour moi ; je l'avalerais d'une bouchée. Mâou
dé dén, mal aux dents. Souàrédén, surdent fVoy, c. m.)*
Dounén un for co dé dén, nous fîmes grande chère. Y-a un
eo dé dén à douna, il y a un régal à faire. Faï crueï
sas déns, il grince des dents. Garda uno dén, garder ran-
cune. Aïf dé ma déni Aïe! ma dent! expression qui s'em-
ploie également comme un cri de douleur, dans une rage de
dents, ou comme exclamation de crainte, de pitié, de com-
patissanœ. Ah/ povero/
Dén, s. f., signifie aussi une pointe de rocher, un chicot,
qui s'élève à fleur de terre.
Dér. du lat. Dens, m. sign.
Déngiis, ou Dégna, ou Dingna, pron. indéfini, mase.
Personne. Quoique ce mot ne s'applique qu'à une phrase
négative, il n'entraîne pas la négation avec lui et il faut
toujours l'y joindre. — T-a pas déngus, il n'y a personne.
Déngus âousarm pas OU noun âousara, personne n'osera.
Enespag. Dalgtino, aucun ou d'aucun, qui vient lui-même
du lat. Aliquis unus, quelqu'un.
Déntado, s, f. Coup de dent, morsure; empreinte que
laisse la dent sur le corps qu'elle a mordu.
Déntâon, f . m. Sep d'un araire : c'est une langue en bois,
terminée en pointe, sur laquelle est établi le soc aux deux
tiers de sa longueur, et & laquelle il est fixé par le moyen
des Téndios. — Voy. c. m.
Déougo, gode, part, pass, de Déoure. Dû, due.
Déoiire, v. Devoir, avoir des dettes; être redevable; être
oUigé. — Ceumo se déou, comme il faut. Dans les temps
où le préjugé de la naissance était dans toute sa vigueur, on
appelait les m^les les gens comme il faut; le lang. disait :
Dé mounde coumo se déou, c'est comme si l'on disait : des
geas oomme il les faut, comme ils devraient être tous. Cette
phrase beaucoup trop exclusive, est encore employée par les
DÉQ
249
gens riches entr'eux en parlant de leurs consorts. T-aï parla
counuo se déou, je l'ai tancé d'importance. Quàou mé déo^
mé démando, qui est mon débiteur me demande de le payer.
Jouga à déoure, jouer sur parole.
Dér. du lat. Debere, m. sign.
Déonte, s. m. Dette; ce que l'on doit; créance, ce qui
est du. — Un michan déouie, une créance véreuse. Tout es
dé sous déoutes, ses dettes absorbent son avoir; son bien
appartient tout entier à ses créanciers. Es manja dos
déoutes, il est criblé de dettes; il est dévoré par ses dettes.
Dourmï coumo un vièl déoute, dormir comme une mar-
motte : traduction par équivalent.
Dér. du lat. Debitum, m. sign.
Dépàonsa, v. Déposer, témoigner en justice; faire une
déposition en justice. — Dans le sens de dépôt, Dépdousa
serait du pur franchiman.
Dér. du lat. Deponere,
Dépâouaicîou, s. f. Témoignage, déposition en justice.
Départamén, s. m. Département, division territoriale.
£mp. au fr.
Dé-pér-él, adv. De lui-même ; de son propre mouvement;
volontairement; par ses seules forces; sans l'aide d'autrui.
— AquH àoubre es véngu dé-pér-él, cet arbre a poussé
naturellement, sans avoir été planté ni semé. Ou a fa dé-
pér-él, il l'a fait de lui-même, il n'a été ni poussé, ni aidé.
Dé-pér-én-créîre, adv. Pour plaisanter, pour rire; pas
tout de bon; par jeu. — Voy. Créïre,
Dé-pér-énain, adv. Ainsi; en conséquence; par consé-
quent; comme ainsi soit.
Députa, s. m. Député; membre de la Chambre des
députés.
Emp. au fr.
Dé-qné, «. m. et pron. tnterr. Le nécessaire; de quoi
vivre; que? quoi? à quoi? de quoi? qu'est-ce que? — Lou
dé-qité, le nécessaire. Y manqua pas que lou dé-gué, il ue lui
manque que l'argent nécessaire. A hiin dé-qué, il est fort
dans l'aisance. Dé-gué voulès? Que voulez- vous? Dé-gué
pensas? A quoi pensez-vous? Dé-qué se mèlo moun caf De
quoi veut se mêler le petit chat? phrase prvb., fort usitée
lorsqu'un enfant, une personne faible ou peu capable vent
se mêler à un acte, à une conversation, au-dessus de sa
portée. Sa pas dé^ué dis, il ne sait ce qu'il dit. Sâoupéguè
pas dé-qué dire, il fut interdit, il ne sut que répondre. Sabe
pas dé-qué mé tèn, je ne sais ce qui me retient de. . . Dé-
qué sèn quan sèn mors, ce que c'est que de nous, quand
nous sommes morts. Dé-qué? Qu'est-ce que c'est? De quoi
s'agit-il?
Dé qné-i-éa qné-i-éaT Qu'est-ce? Qu'est-ce que c'est?
Phrase faite, formule générale dont on fait précéder l'expo-
sition d'une énigme. On sent que le Z qui reparait deux fois
dans la contexture de cette phrase, n'est qu'explétif et
seulement dans l'intérêt de l'euphonie; le heurtement
redoublé des quatre é qu'il sépare ne serait pas supportable.
— Si dé qué'X-és qué-M-és est l'entête obligé de toutes les
250
DÈS
DES
énigmes et charades que les sphinx villageois proposent à
la veillée, la terminaison, le refrain ordinaire en est : DM-
gnoi^u $anê pensa mâou, cherchez, devinez sans songer à
mal. G*est qu*en effet, si le mot de Fénigme est d'habitade
très-innocent, la définition dont il est couvert est, autant
que faire se peut, à double sens et tourne peu ou prou à la
gaudriole, fort leste souvent. De là Tusage de la précaution
oratoire, avertissement assez charitable du reste pour vous
faire parfois songer à une malice qui sans cela vous aurait
échappé.
Déraba, v. Arracher; extraire; détacher avec force;
déraciner. — On po pas ni rés déraba, on n'en peut rien
tirer, pas une parole desabouche. Déraba-né ci gué pourés,
tirez-en denier ou maille. Â^ptil vièl is pas dé bon déraba,
ce vieil avare est dur à la desserre. Déraba uno dén, arra-
cher, extraire une dent. Déraba un agacï, extirper un cor.
Déraba un douàre, arracher, déraciner un arbre.
Dér. du lat. Deripere, m. sign.
Dérabado, s. f, Arrachis; quantité de choses que Ton
arrache en une seule séance.
Dérabaire, airo, adj. Qui arrache. — Dérabaïre dé déns,
dentiste; arracheur de dents. T-vat adéré eoumo un déra-
bàHre d'ésses, il ramasse tout minutieusement comme un
homme qui cueille de la vesce ; parce que ce grain est très-
menu et qu'on n'en faudie pas la tige; mais on l'arrache k
la main, ce qui est un travail minutieux.
Dérbése, s. m. Dartre, maladie de la peau, souvent avec
ulcération. — Voy. Endèrvi,
Dér. du gr. Àép(xa, peau, cuir, épiderme.
Dérénja, v. Déranger; interrompre; importuner. —
Estre dérénja, être incommodé, avoir la santé dérangée.
Dér. de Rénja et la part, privative.
Déréyéîa, v. Éveiller; réveiller. — Se dirévéïa, s'éveil-
ler, se réveiller.
Dér. du lat. Tigilia, veille, et le réduplicatif Re, de
nouveau.
Démsqaa, v. Oter l'écorce des arbres, principalement
des chênes verts pour en faire du tan. Au fig. éreinter;
frapper sur quelqu'un à lui enlever au moins l'épiderme. —
Se dérusqua, se déchirer; s'écorcher; se meurtrir en tom-
bant ; s'éreinter l'un l'autre.
Dér. de Rusquo,
Dénuquado, s. f. Volée de coups de bâton, de bois-vert;
éreintement.
Désacrouqiia, v. Décrocher. — Voy, Aerouqua.
Désagréable, ablo, adJ. Désagréable ; fâcheux ; ennu-
yeux. — Voy. Agréable.
Désamécbi, v. Débrouiller les cheveux qui sont mêlés
en mèches poisseuses. — Voy. AméchL
Désana, ado, o^;. Défait; pâle, exténué, en parlant des
personnes; usé, élimé, hors de service, en parlant des
choses.
Formé de Ana, pris substantivement pour allure, habi-
tude du corps, et de la part, privative De.
Déaanqoa, ado, adj. Déhanché, qui a la hanche dé»
boitée.
Dér. de Anquo,
Désâonbél, v. Désobéir; ne pas obéir à un comnum*
dément, à un ordre; contrevenir à une loi.
Dér. de Aoubéï.
Désâonbéissén, énto, adj. Désobéissant; qui a l'habi»
tude de désobéir.
Désâoabéîssénço, s. f. Désobéissance; habitude, action
de désobéir.
Déaaparia, v. Dépareiller; séparer des objets qui sont
faits pour aller ensemble; désappareiller.
Dér. du lat. Disparare, m. sign.
Désapésa, v. Faire perdre pied. — Voy. Apésa,
Désarma, v. Désarmer, enlever à quelqu'un ses armes;
déposer les armes; mettre an repos la batterie d'un fusil,
d'un pistolet. — Voy. Arma.
Désarta, v. Déserter; abandonner son corps, son ser*
vice, en parlant d'un soldat; abandonner un lieu.
Dér. du lat. Deserere, m. sign.
Désartur, s. m. Déserteur; soldat qui déserte ou qui a
déserté.
Désassésouna, v. Dessaisonner un champ, une terre;
l'épuiser : ce qui vient d'un labour fait mal à propos et
hors de saison, ou du dérangement de Tordre des assole-
ments. Les champs ainsi dessaisonnés perdent la semence
et ne produisent souvent que de mauvaises heribes.
Dér. de Sisou.
Désatala, v. Dételer; détacher les bêtes de trait d*ane
voiture, d'une charrette, d'une charrue, d'un char. — Voy.
Atala.
Désayantaia (Se), v. Perdre l'équilibre du corps; perdre
Tavantage de la position qu'on occupait : c'est oe qui
arrive quand on est en équilibre sur un arbre, sur une
hauteur quelconque et qu'un faux mouvement vous fut
perdre l'aplomb.
Dér. de Avantaje. ^
Désbadâoola, v. Ouvrir une porte à deux battants. —
Si disbadâoula, se crevasser; bâiller; s'entr'oavrir comme
une figue que la pluie fait ouvrir.
Dér. de Badal.
Désbala, v. Déballer ; ôter, défaire l'emballage ; étaler
sa marchandise. — Si désbala, se précipiter. JMwbaXA tm
fusil, tirer la balle d'un fusil.
Dér. de Balo, ballot, dans le premier sens; dans le
second, de la bass. lat. Devallare, descendre, formé de ad
vallem, vers le bas, vers la vallée; dans le troisîénie, de
Balo, balle de plomb, et De privatif.
Désbana, v. Couper ou arracher les cornes.
Dér. de Bano.
Désbanado, s. f. Petite hache A main : terme da
lecte de Montpellier qui s'étend dans les localités
taies des Gévennes. On appelle ainsi cet instrament parœ
que c'est une hache sans tête ni marteau.
DES
DÉS
951
Désbarba, v. Arracher la barbe à quelqu'un, lui arra-
cher la moustache; le dévisager.
Oésbarqua, v. Débarquer; arriver au gite; sortir de
voitore quand on est arrivé.
Oésbata, v. Dessoler; enlever la sole à un cheval. —
Se désbata, presser sa marche; courir à toutes jambes;
s'essouffler et se fatiguer à marcher.
Dér. de Bato,
Désbéronia» v. Déverrouiller ; tirer le verrou, l'enlever.
— la porto et désbérouXado, on a 6té le verrou de la porte,
ou elle a perdu son verrou.
Dér. de Béroul,
Désbîa, V. Dégarrotter une balle ou une charge de mulet,
de charrette ; défaire le garrot qui la errait.
Dér. de Sio.
OésbiaÎBsa, ado, adj. Gauche; maladroit; sans tour-
nure; sans maintien.
Dér. de Biau
Désblasa, v. Oter la bave des cocons, l'espèce de bourre
blanche appelée Bla»o (Voy. c. m.) qu'on enlève avant de
les filer, parce qu'elle ne ferait qu'augmenter le déchet des
premiers fils grossiers dont on purge les cocons avant d'ar-
river au brin pur de la soie. C'est le résidu de cette opé-
ration qu'on appelle Coxtos. — Voy. c. m.
Déablaaairo, s. f. Ouvrière, fille ou femme, employée
i l'opération ci-dessus.
Désblétonna, v. Enlever le clou rivé d'un couteau. —
CouUl déiblétouna, couteau qui a perdu son clou rivé.
Dér. de Blétoù,
Désblonqna, v. Déboucler; dégraffer; ôter la boucle ou
les boucles d'une ceinture ou de courroies.
Dér. de Bhuquo.
Désboncliina, ado, adj, JËchevelé; qui a les cheveux
épars et en désordre.
Dér. de Bou, Boucko, bouc et chèvre, qui servent de
terme de comparaison à tout ce qui est sale et en désordre.
Désbounda, v. Débonder ou dôbondonner : ôter la bonde
d'ane cuve, d'un tonneau. — Lou tinàou g'ét désbounda,
la cuve a fait partir sa bonde.
Au fig. Se diêbounda, se débonder; lâcher l'écluse à sa
colère, à ses secrets chagrins; se dégonfler; exhaler son
chagrin par les larmes et la confidence entière de ses in-
fortunes.
Dér. de Boundoù,
Déiboitioiiiia, v. Déboutonner, faire sortir les boutons
de leurs boutonnières. — Se dé$houtouna, au fig. se dé-
boutonner; faire part de ses sentiments, de ses secrets; se
livrer avec confiance.
Dér. de Boutoik.
Désbraia, v. Oter la culotte à quelqu'un. — Se dés-
hf€3in, se déculotter, se dévêtir; aller à la selle. Et Una
déAraXa,'\\ est tout débraillé; salement ou indécemment
vêtu; mal ajusté.
Dér. de Braio,
Désbrida, v. Débrider : ôter la bride à un cheval, à un
animal.
Dér. de Brido.
Désbroussa, v. Enlever, extirper les bruyères, qu'on
nommç Brouttot, Dans les châtaigneraies, les arbres souf-
frent beaucoup de la présence de ces arbustes, qui y crois-
sent en abondance.
Désbura, v. Écrémer le lait, en enlever la crème ou le
beurre.
Dér. de Bure.
Séscabésira, ado, adj. Délicoté; quia perdu son licou,
qui a rompu sa chaîne; au fig. évaporé; violent; sans
frein, comme un cheval échappé.
Dér. de Cabéstre.
Déscadâoula, v. Hausser le loquet; ouvrir une porte à
loquet.
Dér. de Cadâoulo.
Déscadéna, v. Déchaîner; délier la chaîne; rendre la
liberté.
Dér. de Cadéno.
Déscagnouta, V. Décoiffer une femme, une fille; lui
enlever sa coiffe. — Voy. Déscouïfa.
Dér. de Cagnoto,
Déscai, s. m. Déchet, diminution qu'éprouve une mar-
chandise ou une denrée, soit par la manipulation, soit par
avarie, soit par la dessiccation.
Déscaissa, v. Éprouver du déchet; diminuer de volume.
Opposé de Cattta, qui signifie taller, multiplier.
Déscalada, v. Dépaver, enlever les pavés d'une rue. —
Au fig. manger gloutonnement, avec un vorace appétit. —
On dit : Manjo gué détcalado, ou simplement détcalado,
en parlant de quelqu'un qui dévore, d'un goihfre.
Dér. de Calado.
Déscaladaîre, s, m. Dépaveur, qui n'est pas très-fran-
çais mais qui passa dans la langue politique après les jour-
nées de \ 830, comme synonyme de révolutionnaire.
Déscambaîa, v. Oter les jarretières à quelqu'un. — Et
déscambaïa, les jarretières lui manquent ou elles sont
tombées.
Dér. de Cambaïè.
Déscambarloù ou Déscambarloùs, adv. A califour-
chon, à cheval sur quelque chose.
Dér. de Èscambarla.
Déscampa, v. Décamper; prendre la fuite; s'en aller
précipitamment.
Dér. du lat. Camput, champ.
Déscampéto, s. f. Ne s'emploie que de la manière sui-
vante : Prént ia déscampéto, ou préne dé poudro dé dét-
eampéto, s'enfuir ; prendre la poudre d'escampette ; pren-
dre la clé des champs.
Déscandalisa, v. Scandaliser; couvrir quelqu'un de
honte, le faire rougir.
Dér. du lat. Scandalum, scandale.
Déacâou, àonsM, adj. Déchaux » déchaussé; qui n*a
353
DES
DES
pas de chaussure; qui a on marche les pieds nus. — Mar-
Ma déscàou, aller nu-pieds. Et tout déscâou, il n'a pas de
quoi acheter des souliers. Un pMéteâou, un va-nu-pieds,
un vagabond. Et faeh étnb'aqud eoumo un ehi d'ana dés-
eâou, il est habitué à cela comme un chien à aller nu-t6te.
D6r. de Cdoussa.
Déscâonquia, v. Dévaliser; mettre quelqu'un à sec» en
lui gagnant au jeu tout son argent.
Dér. de Cdouquïo,
Déscàonssa, v. Déchausser; ôter la chaussure. — Ou
faraï bé sans mé déseâouua, je le ferai, et sans grande
peine. lÀ parlarài bé amaï mé déseâoussaraï pas, je lui
parlerai sans mettre des gants, sans prendre de grandes
précautions de politesse.
On dit aussi : Désedoussa un àotdtre, ôter la terre au
pied d'un arbre à une certaine profondeur pour lui enlever
les fils ou radicules, et lui donner du fumier plus prctfon-
dément.
Dér. de Càousso.
Déacaréma (Se), v. Manger de la viande après le ca-
rême, ou même pendant les jours maigres; rompre l'abs-
tinence ou le jeûne; par ext. faire une chose dont on est
privé depuis longtemps.
Dér. de Carémo.
Déscarga, v. Décharger; ôter un fardeau, enlever une
charge; absoudre, acquitter. — Mé «ouï fa déscarga, j'ai
obtenu un dégrèvement d'impôt. Déscarga /ou plandiè,
vider la place, se retirer.
Déacargo, s. f. Décharge, quittance; soulagement; dé-
charge d'armes à feu. — Bèlo déscargo, heureuse ddivranœ,
dit-on quand on se débarrasse d'un fâcheux. Témouén à
déscargo, témoin à décharge.
Dér. de Cargo.
Déacama, v. Déchamer; ôter la chair qui est autour
des os. — Un àoubre déscama, un arbre que les pluies
ont déchaussé et qui montre ses racines. Un déscama, un
homme qui n'a que la peau et les os.
Dér. de Car.
Déacaaaana, v. Découdre, arracher la ceinture d'une
culotte ou d'une jupe.
Dér. de Cassano,
Déacastra, v. Chasser; détruire; extirper. — Déscastra
tous pésouls, tous ras, las nUehantos hèrbos, détruire com-
plètement les poux ou les rats, extirper les mauvaises
herbes. Pode pas mé déscastra d'aquél home, je ne puis me
débarrasser de cet importun.
Dér. du lat. Ccutrum.
Déacata, v. Découvrir; ôter la couverture d'un lit; en-
lever tout ce qui sert de couvert et d'abri. — Se déscata,
perdre la couverture de son lit, la faire tomber en s'agi-
tant ; se découvrir.
Dér. de Âeala.
Déacatalana, adj, m. Ne s'emploie guère que pour :
Capèl déscatalana, chapeau rabattu» dont les bords ne sont
pas agrafés ou relevés; et cela ne peut s'entendre que des
diverses formes de tricornes, comme en portaient tous les
hommes des champs, il y a quelques cinquante ans. Cette
mode des tricornes retroussés nous venait pcobabtemeDt
des Catalans. Autrefois on appelait ces chapeaox : CapH
eatalana, chapeau à la catalane. Le mot se perdit : on les
appela plus tard : capH gansa. L'expression déseataiana
seule est restée. On d^gnait aussi sous le nom de catabh
nos, les agrafes qui soutenaient les troussis.
Détcato, s. f. Tranchée qu'on ouvre pour mettre à nu
un rocher, un lit de carrière.
Dér. de Déscata.
Déacavîa, v. Enlever les chevilles. — Désea/i^ un iè,
ôter les clés d'un lit.
Dér. de Cavto.
Déacindra, v. Décintrer; enlever le cintre on la cbar-
pente qui soutient une voûte nouvellement construite.
Dér. de Cindre.
Désclaya, v. Ouvrir avec la dé; détacher; onvrir.
Dér. de Clûjou.
Déaclavéla, v. Déclouer; arracher les dons; détacher
une chose clouée.
Dér. de Cktvéla.
Désconconna, v. Déramer les cocons, les détacher de la
bruyère, opération qu'on doit faire quatre jours an moins
après la montée des derniers vers, et qninse jours an plus
depuis que les premiers sont montés. Dans le premier cas,
en se pressant trop, on risquerait d'arrêter le travail des
retardataires, qui mourraient avant d'être transformés en
nymphes et resteraient sous leur forme première qui les a
fait nommer Douméïsèlos; dans le second cas, les vers les
plus précoces pourraient s'être transformés en papillons,
parpaïouna, et avoir percé leur cocon, ce qui est une com-
plète avarie pour ce dernier.
Dér. de Coucou.
Désconconnairo, s. f. Dérameuse de cocons : ce travail
est fait ordinairement par des femmes.
Déacouconnaje, s. m. Action de déramer les oocons.
Déaconlèa, èsso, adj. Sans confession. — Mouri dés-
coufès, mourir sans confession. Autrefois cela signifiait:
mourir ab intestat, c'est-à-dire sans avoir eu le temps de
faire des legs pieux, ce qui était considéré comme un
péché. Aujourd'hui cette acception est sans portée, et la
phrase n'est connue que sous la première acception.
DéacouHa, v. Désenfler; dégonfler. — Se déêetm/ta, se
dégonfler, décharger son cœur d'un poids moral qui l'op-
presse, soit en s'ouvrant à un ami, à un confident* soit en
s'exhalant en pleura ou en reproches.
Dér. de Coufla.
Déacongnéta, v. Enlever on perdre la cheville on le
petit coin de fer qui assujettit un outil à son manche.
Dér. de Cougnéta.
Désconîfa, v. Décoiffer; ôter la coi£fo d'une femme; dé-
ranger sa coiffure. — Voy. Déscagnouta.
DES
DES
253
Mr. de CcHifo.
Détcoola, V. Décoller; détacher ce qni était fixé avec
delà ooUe.
D6r. de Coula, coller.
Béseoiiléta, «. Décolleter; rabattre le ool de son habit,
de sa chemiae. — Aquélo râoubo déieotdéio ira, cette robe
est trop décolletée, elle découvre trop les épaules ou la
poitrine. An fig. donner de Fair, de la liberté.
Dér. de CwM.
Déacomnanda, v. Gontremander; retirer une commis-
sion ou une commande ; décrocher, dénouer un lien quel-
conque dont l'extrémité est arrêtée. Par ext. on dit : »é
déteaumanda, de tout, objet qui de lui-même se dénoue,
se désunit, ou se déplace de la position où il était fixé.
Ainsi : Aquél ro gé déâcoumando, ce rocher perd son équi-
libre, il se détache.
Se diseoumanda signifie encore : perdre Taplomb, la
tramontane ; ne savoir plus ce qu'on fait.
Dér. de Coumanda»
Déscounsoula, ado, adj. Inconsolable; affligé; désolé.
Dér. de Countoula.
Déaconntugna, v. Discontinuer; cesser; suspendre un
travail, une entreprise.
Dér. de Couniugna.
Déacoiiraia, «. Décourager; détourner de laire; abattre
le ooorage; faire perdre Tenvie de...
Dér. de Cùwroje,
Déaconrda, v. Décorder, enlever les cordes d'emballage.
Dér. de Courda.
Déscourdôla, v. Délacer un corset.
Dér. de CaurdUo.
Détconrdiira, v. Découdre; défaire une couture.
Dér. de Courdura.
Désconrdiiraduro, s. f. Décousure, qui ne doit pas être
confondue avec une déchirure, ni un accroc; mais la
ropture du point de couture.
Déaconvèr, s. m. Lieu découvert, sans ombrage ; lieu
exposé au soleil.
Dér. de Couver,
Déaconvèrto, «. /*. Vide ; perte ; manque ; fuite. — Âquél
komê fax utw> bèlo déteouvèrto, la mort de cet homme laisse
un grand vide dans sa famille. FaXre la déteouvèrto d'un té,
enlever la courte-pointe d'un lit et faire déborder le drap
sur la couverture, ce qui se dit : faire la couverture du lit.
Déscouni, v. Découvrir; enlever la toiture d'une mai-
son pour la remanier.
Son part. pass. n'est pas déteouvèr, mais détcouvri»
Le part. pass. de tous les verbes réguliers en ï accentué
est pareil à l'infinitif : règle générale.
Dér. de Couvri,
Déscroadiéta, v. Décrocher; déoocheter; dégrafer;
défaire un crochet ; détacher une agrafe.
Dér. de CrouMla,
Déaeroiiclioima, v. Couper le quignon d'un pain.— Il y
a de l'indiscrétion d'enlever ainsi la croate tout autour de
ces grands pains de ménage qu'on appelle Tourtot, en ne
laissant que la mie du milieu.
Der. de CroucAoà.
Détcronsta ou mieux Eacronata. — V. c. m.
Déacniaa, v, Écruer du fil ou de la toile; leur enlever
cet apprêt, cette raideur qu'ils ont contractés dans le
filage, ou l'espèce de colle qu'on donne au tissage.
Dér. de Crut.
Déscmsado, s, f. Décrusement; lavage de viande;
bouillon dans lequel la viande n'a cuit qu'à demi, clair et
sans suc. — Lou Ua erén la déserusado, le blé ne réussit
pas bien sur des couches de terre trop fraîchement renou-
velée et que l'air atmosphérique n'a pas eu le temps de
pénétrer. Vno deterumdo, une volée de coups de b&ton ;
une perte éprouvée au jeu, ce qui se dit une lessive.
Déadénta, ado, adj. Édenté, qtli a perdu ses dents, qui
n'a plus de dents.
Dér. du lat. Edentatus, ro. sign.
Déadire, v. Dédire; contredire; désavouer; afiîrmer
contre l'assertion d'an autre; démentir. — Se dé$dire, se
rétracter; retirer sa parole.
Dér. de Dire.
Détdoobla, v. Dédoubler; enlever la doublure.
Dér. de Doubla.
Déaémbanasta, v. Oter les paniers d'un b&t, ce qu'on
nomme les Banastos.
Dér. de Ètnbanatta.
Déaémbarasaa, v. Débarrasser; vider un ustensile
quelconque, dont on a besoin, des objets qu'il contient
déjà.
Dér. de Émbarasêa.
Déaémbaata, v. Oter le bat d'un cheval. — Se déêém-
baiia, terme de jeu, se décharger sur un nouveau joueur
de consommations perdues avec un précédent.
Dér. de Èmàatta.
Déaémbonîa, v. Débrouiller; démêler les cheveux, des
écheveaux mêlés et entortillés; débrouiller une affaire,
l'élucider.
Dér. de Ètnbouïa.
Désémbriaîga, i>. Dégriser, désenivrer.
Dér. de Émbriaïga.
Déaémpacha, v. Débarrasser. — Voy. Désémbarasia et
Despacha.
Dér. de Empocha.
Désémpégooml, v. Laver, nettoyer quelque chose de
poisseux; démêler des cheveux collés par la sueur ou par
tout autre corps gras.
Dér. de Èmpé^oumï.
Déaèmpéita^ v. Dépêtrer; délivrer, dégager.
Dér. de Èmpêita.
Désémpéaa, v. Désempeser; enlever l'empois du linge
en le faisant tremper.
Dér. de Èmpésa,
254
DÈS
DES
Désémpésouli, v. r)«*'Ii\ror, dr^harrassor quelqu'un do
SCS poux; en ilésinfccter ses habits.
Dér. de ÈmjKsouli.
Désémpouïsouna , v. Guérir quelqu'un du prison;
désinlecler; e\lirpf'r les ninu\ aises herbes d'un champ,
l'en puri^er.
Dér. de Knipouisoiina.
Déséndourmi, r. Dégourdir; tirer quelqu'un do sa lan-
{;ueur, de sa l<)rj):Mir, d<' reiig<eardisseineiit. — Dèséïtdnttrml
soun /*;', dégourdir sou pied.
Dér. de Èndourmi.
Désénfanga, v. Débourber, désendtourber; tirer du
hourltier, d'un mauvais pas, d'une position fàclieuse et
pr'\sque dési'S]>érée.
Dér. de Ènfunga.
Désénfiala, r. Désonfiioi-; dépasser le fil d'une aiguille;
dép'»uiiler une quenoniire du chanvre prêt à filer.
Di'r. de Fiala.
Déscnfièïra ou Désénfièïréja, v. Sortir, retirer le
bélail du champ d^ foire, suit pour livrer c^lui «pii est
vendu, s^it i)uu:* raiiifin^r celui qui ne Te.stpas. Par e\t. se
dit dt* t'tute marclinnilisiMjuV)!! endialle [tour quitter la foire.
Dér. di' iw</ic//«.
Désénfounça, r. DélVmcer; enlever le fond d'une futaille.
Déi'. d»' Foiutça.
Désénfourna, ?;. Défourner; sortir du four le pain ou
autres objets mis à cuir<?.
Dér. de l'nfoiinid.
Déséngaja, v. Dégager; retirer un objet mis en gage;
donu'M" la libellé, l'ispact' nécessaire à n\\ ol»jct gêné daiis
S''s mouvemcnls, lr<tj) resserré, pris et retenu à la gène;
ronjpn.' l'engagement d'un soldat.
Dér. de liuijujd.
Déséngavacha, v. Dégager le gosier de ce qui l'obstrue;
faire passin* la sullocalioii provenant d'un corps quelcon-
qiii' (]ui a pénétré diins la Irachée-arlére, ou qui a picoté
la lue!t<s df'^agt'r une clé de la serrure où elle ne tourne
pas; an fig. dég.iger, tin-r d'embarras.
Dér. de Enrjuvarha.
Déséngourja, v. Dégorger un conduit ou une honde
angorgi.'e.
Dér. de îlufjourja.
Déséngrana, v. Écosser des pois et toute sorte de légu-
mes à cosse : j)ar ex t. délivrer des poux, de la \ermine.
Dér. de G tan.
Déséngrava, v. Enlever le gravier que les eaux ont
entraîné sur un champ.
Dér. de Kngrava.
Désêngruna ou Ëngruna, v. Égrainer, égrapper des
raisins.
Dér. de Crun.
Désénïassa, v. Désaccoupler du linge qu'on met en
liasse pour le passer à la lessive.
Dér. de Èmassa.
Désénjassa, i*. Déliter les vers à soie; leur enlever la
vieille litière qui, en se mêlant à leurs excréments, fer-
mente et peut leur causer de graves maladies. On doit
renouveler celte opération aussi souvent que possible:
mais elle est toujours indispensable au moment où les vers
entrent dans une de leurs mues, parce qu'alors ils restent
cachés dans la litière pendant le travail de ce déi^uille-
ment, d si elbî était échaufTée par la fermentation, elle
augm<M»lerait leur njalaise, qui est inie sorte de fièvre, et
leur Cl institut ion en serait très-sensiblement altérée.
Di't. dt; Jas.
Désénjassaje, s. m. Délitage; opération de déliter les
vers à soie.
Déséntéra, v. Déterrer; exhumer. — Sétnblo un desén-
fcra, il a la figure li\iile et terreuse comme celle d'un
déterré.
Dér. de Entera.
Dcséntourtivïa, r. Dét"»rlilier; détordre une corde, un
Cordon.
Dér. de Entntirdvùi.
Désèr, s. ru. Dés'H't; solitude; lieu inhabité. — Ana
(km. di'sèr, aller au tjréche, aux assemblées religieuses pro-
testantes qui se t<Miaient aulnMois dans les champs et dans
les lieux les j)lus diserts <'l les moins fré(]uentés, à cause
d(' la persécution.
Di'r. du lat. Desererc, abandonner.
Désèr, èrto, (nlj. Dé.M^rt; iiibal-itè, solitaire. Au fig. qui
est aux abois, (pii ne sait plus où donner de la tète; aban-
donné.
Désespéra, ?•. Désespérer; perdre l'espérance; cesser
d'espérer.
Der. de ilspéra.
Déséspéssési, r. Allonger un li(]uide trop épais; éclair-
cir des plantes tro]) serrées.
Dér. de Fsj)cssés}.
Déséspouèr, s. w*. Désespoir; perte de toute espérance.
Dér. de l'.spoiièr.
Déséstaja, v. Démonter les tables des vers à soie qui
sont disposé(!s en étages les unes sur les autres.
Dér. de ÏCstaJa.
Désfa, acho, afj. et jxirt. jmss. de Dêsfaire. Défait : le
contraire de fait; dénns, disloqué, luxé.
Désfaïre, r. Défaire; détruire ce qui est fait. — Désfatre
lou I'k), déranger le feu; l'éteindre en détisant les bûches.
Désfuïre las oulivos, pressurer les olives, faire de l'huile :
pour ce dernier objet, on dit simplement : désfatre, tout
court.
Dés faire dé favos, dé pesés, etc., ôcosser des fèves, des
pois, etc. Dasfaire loas coucous, déramer les cocons. Il en
est pour les cocons comme pour les olives : quand on dit :
dêsfaire, tout court, cela veut dire, suivant la saison ou
suivant les précédents de la phrase, tantôt déramer les
cocons, tantùt jiresser les olives ; cei)endant désfatre est
plus techniijue pour ce dernier o])jet (jui n'en a pas d'autre.
DÉS
DES
255
Désfian soun hra$, se disloquer, se laxer le bras. Sa pas
ni faire, ni déêfaHre, il ne sait ni lier, ni délier; il est
toujours indécis.
Dér. de Fattv.
Désfaaore, séiro, s. m. et f. Dérameur des cocons ; près-
seur des olives.
Désiata, «. — Vay, Èifata.
Désfato, t. f. Défrichement partiel ; champ nouvelle-
ment défriché.
Dér. de ùéêfaXre.
Désfèci, s. m. Ennui; chagrin concentré; dégoût; mal
au coBor. — L'amouroiis désfèci, Tamoureuse langueur,
défaillance amoureuse, ii^tid faï véni Uni désfèci, c*est hor*
riblement d^oûtant. Lou désfèci m'arapo, le décourage-
ment me prend; Tennui m'assomme; le mal au cœur me
gagne. Mé fasès véni lou désfèd, vous me donnez le cau-
chemar.
Dér. du lat. JDefieere.
Désféndre, v. Défendre; prohiber; interdire.
DésIénBO, s. f. Défense, prohibition. — Mètre soun bé
en désfénso, défendre aux voisins le pacage dans ses pro-
priétés; renoncer à la compascuité : ce qui s'indique en
marquant avec du lait de chaux des pierres ou des troncs
d'arbres qui servent de bornes au champ mis en défense.
Dér. du lat. JOefendere, defensus.
Bésléra, v. Déferrer, ôter les fers; détacher un fer de
dieval, ou la ferrure d'une fermeture quelconque, d'une
charrette, etc. — Moun dUval se désfèro, mon dieval est
déferré.
Dér. de Fère, fer.
Béafèto, s. f. Rixe qui a de nombreux acteurs; bagarre
tumultueuse. — Â^'s uno désfèto, ce fut une fameuse
mêlée.
Ce mot vient du fr. défaite, dont l'acception est détour-
née.
Désiièîa, v. Effeuiller; enlever les feuilles à un ari)re,
à une plante : cela se dit de presque tous les arbres, ex-
cepté du mûrier. On l'emploie surtout pour la vigne qu'on
^feuille quand le raisin commence à mûrir, dans le but de
hâter et d'augmenter sa parfaite maturité.
Dér. de Fièïo,
Désligiira, v. Défigurer quelqu'un; lui meurtrir le
visage; le rendre méconnaissable.
Dér. de Figuro,
Oésiisa (Se), v. Terme de jeu d'enfants : suspendre une
partie; se mettre un instant hor» la loi du jeu; espèce
d'armistice pendant lequel les adversaires ne peuvent rien
oitreprendre contre vous.
Dér. de Fisa, parce que par l'acte que désigne ce verbe,
on rend sa foi et l'on rompt la sienne relativement aux
oonditions du jeu. Le joueur qui veut faire ainsi dit : M'en
déifiée; c'est 4 peu près comme le j'adimbe aux jeux de
Irietrac ou des échecs.
Déiloilliça, V. — Toy. Désénfounça.
Déafonrtano, s. f. Malheur; accident malheureux; in-
fortune. — JHou nous garde dé désfourtvno, Dieu nous
préserve de malheur. Dé pôou dé désfourtuno, crainte
d'accident.
Dér. du lat. Fortuna.
DésMsa, V. Défriser, défaire la frisure. Au fig. con-
trarier, dépiter; désenchanter; désappointer. — Âguà mé
désfriso, cela me défrise, me contrarie, change ma joie en
tristesse. La frisure étant un signe de fête, de gala, la per-
dre, l'abattre est un signe de deuil et de désappointement.
Dér. de Frisa.
DéagàoucM, v. Dégauchir ; dresser à la hache un bloc
ou une pièce de bois, c'est à dire lui enlever tout ce qui est
irrégulier et gaudie. — On dit par ext. triviale et badine
d'un appétit solide : désgâouehis pas mâou un moueèl,
comme dans le môme style, en fr. on dit : il ne décrotte
pas mal.
Dér. de Gàouche.
Désgâoula, v. Détruire, efiacer le jable d'un tonneau,
c'est à dire la mortaise des douves dans laquelle se jointe
la pièce de fond.
Dér. de Gàoule.
Déagami, v. Dégarnir; détaler; ôter ce qui garnit.
Dér. de Gamï.
Déagouiado, s. f. Péj. JHsgouiadasso.Qommètt débraillée
et libre dans ses paroles et ses gestes. — Voy. Dégouïado.
Désgoùs, s. m. Dégoût; manque d'appétit; aversion,
répugnance pour un aliment. — Lou désgoùs m'arapo, je
commence à éprouver du dégoût ; tout ce que je mange me
parait insipide ou amer.
Dér. de Gous,
Déagonsta, v. Dégoûter; inspirer du dégoût. Au fig.
détourner d'un projet, dégoûter de ce qu'on a.
Désgrouasa, v. Dégrossir; ébaucher un ouvrage.
Dér. de Gros,
Déaliabia, v. Déshabiller; ôter à quelqu'un ses habits.
— Déshaifia Pière pér halna Jan, déshabiller Pierre pour
habiller Jean, dépouiller l'un pour vêtir l'autre.
Dér. de Habta,
Désliabiè, s. m. Déshabillé, sorte de spencer de femme
d'une étoffe différente de la jupe, connu aujourd'hui sous
différentes dénominations que la mode a multipliées, mais
désignant toi:yours un négligé du matin, comme le mot le
dit assez.
Déûa, ado, adj. Dérjoint. —Se dit d'un vaisseau formé
de douves, lorsque la sécheresse les déjoint. — Voy. AdélL
Dér. de la ou Lïa, lier.
Déajala, v. Dégeler: activ. fondre la glace, la neige;
neutre, cesser d'être gelé. — Désjalo, le dégel est arrivé.
Dér. de Jala.
Désjaladoà, s. m. Ne s'emploie que dans le sens et sous
la forme d^ un bon déttjaiadoù, pour dire un bon et grand
feu.
», V. Dételer les hôtes de labour. — As désjoun
356
DES
DES
tro lèou, ta as dételé trop tôt; ta as fait ton attelée, ta
séance de labour trop courte.
Dér. de Jougne,
Désionn, cho, part. pass. de Désjongne. Dételé.
Déslassa, t;. Délasser; ôter la lassitude; reposer d*une
fatigue; récréer.
Dér. de Lcusa,
Déslia, V, Délier; défaire ce qui lie; détacher un
nœud, un lien. Au fig. absoudre, dégager d'une parole
donnée.
Dér. de Lïa,
Déamaîra, v. Enlever d'auprès de sa mère. — Désnu^ra
dé pasturo, éparpiller sur le pré du fourrage qui s'est agglo-
méré en séchant, ou par la pluie qui a coITé les tiges les
unes aux autres. Désmàira dé irufos, couper la plante des
pommes de terre pour les faire mûrir plus vite.
Désmaîra, ado, parr. jDa«5. Dépaysé: triste et inquiet
de ne plus retrouver ses habitudes, qui sont aussi chères
qu'une mère.
Dér. de Haïre.
Désmaîssa, ado, adj. Qui a la mâchoire cassée; par
ext. édenté.
Dér. de MaUso.
Désmama, v. Terme de magnanerie.
Après que la plus grande partie des vers à soie sont
montés à la bruyère, il ne reste sur les tables que les plus
paresseux ou les derniers venus et les invalides. Trois
jours après que la bruyère a été donnée, on enlève tous
ces vers : on sépare les valides des invalides et l'on réunit
les premiers sur une ou plusieurs tables réservées à cet
effet. On trouve un avantage à cette opération. D'abord les
vers ainsi isolés de leurs confrères maladifs, éloignés de
cette litière infecte qu'on ne peut plus renouveler une fois
qu'on a ramé , se portent mieux et achèvent leur œuvre
avec plus de chances de santé. Ensuite, il faut une moins
grande quantité de feuille, et moins de perte de temps,
pour leur donner à manger, que lorsqu'ils sont épars sur
toutes les tables. Si d'ailleurs on attendait que ces retar-
dataires montassent sur la bruyère où déjà leurs confrères
plus hâtifs ont commencé leurs cocons, ceux-ei seraient
achevés bien avant les lents et courraient risque de par-
paiouna avant que Ton pût déramer, ou les autres ne
seraient que des douméisèlos, si on hâtait le déraroage —
Voy. Douméisèlot et Parpaïouna.
C'est cette opération qu'on appelle Désmama.
Dér. de Mamo, mère.
Désmamadoros, s, f. plur, La portion des vers à soie
retardataires qu'on a séquestrés par l'opération ci-dessus
décrite ; les cocons produits par ces vers et qu'on dérame
ordinairement plus tard que les autres.
Désmancha, v. Démancher; 6tef le manche à un outil
ou à un instrument; détraquer; déranger. — Ma pioio $'ét
désmanchado, le manche de ma cognée s'est détaché ; ma
cognée s'est démanchée. Aquélo partido §'4$ désmanehado.
cette partie de plaisir a manqué : elle s'est démanchée,
ditron familièrement en fr.
Dér. de Manche.
Désmantîa, v. Démantibuler, en parlant d*un meuble
ou d'une pièce d'assemblage ; détraquer.
Dér. du lat. Mandibulum, mâchoire.
Désmahouna, v. Décarreler; enlever le carrelage d'un
appartement.
Dér. de Makoù ou Maoit,
Désmarida, v. Démarier; déclarer un mariage nul;
séparer judiciairement. — Se désmarida, divorcer.
Désmaridaire, s. m. C'est un être de raison, un per-
sonnage hypothétique; un dicton est resté sur lui : Se
lou désmaridaire passavo, âouriè fosso pratiquas, si le dé-
marieur passait par ici..., il aurait de nombreux chalands.
La phrase ne dit pas la proportion entre les hommes et les
femmes qui en seraient le plus satisfaits.
Désmémouria, v. Faire perdre la mémoire; rendre fou.
Dér. de Mémouèro, qu'on disait autrefois mémorio.
Désméscoula , v. Casser, enlever la hoche d'un fuseau.
Dér. de MéscotUo.
Désmoanta, v. Démonter; désassembler; démonter une
charrue, une horloge, un meuble, etc. Au fig. calmer,
apaiser; troubler, déconcerter. — S*és mounta gué se dés-
monte, s'il est en colère, s'il a la tête montée, qu'il se calme
de lui-même. Aquà mé désmonto, cela me met hors de moi.
Dér. de Mounta.
Désmoura, v. Couper la figure; casser le museau, le
nez, le groin d'un porc; égueuler un broc, une cruche.
Dér. de Moure,
Déanasa, v. Couper le nez à quelqu'un. — Se désnasa,
se caiBser le nez en tombant ou en se heurtant contre un
corps dur.
Dér. de Ifas.
Désnougaîa, v. Ecaler des noix. Par ext. disloquer,
luxer, désarticuler. — Se désnougaîa lou hras, iou pougné,
la eavïo, etc., se déboiter, se disloquer le bras» le poignet,
la cheville, etc.
Dér. de Nougaïo.
Désnousa, v. Dénouer, défaire un nœud.
Dér. de Noîa.
Désoongla (Se), v. S'arracher les ongles, soit en ser-
rant fortement un corps dur, soit en forçant on en les
rongeant. Au fig. travailler avec ardeur.
Dér. de Ounglo.
Désoula (Se), v. Se désoler, être pris d'une afiliction
extrême.
Dér. du lat. Desolare, m', sign.
Désoussa, v. Désosser; déchamer.
Dér. de Os, osses.
Déspacha, v. Débarrasser; dégager de ses entraves ^oy.
Désempaeha, DésémbarastaJ. — Se déspaéka, ^se dépêcher;
se hâter; se débarrasser de ce qui entrave fVoy. S'en*
tanchaj.
DES
DÉS
957
Dér. de la bass. lat. Depedieare, corrap. de Expêdire,
m. sign.
Déspaîa, v. Enlever la paille on le jonc qui fonoe le
siège d*iiiie chaise.
Dér. de Pato.
Déspampa, Déspampana ou fispampa, fispampana,
V, Epamprer la vigne, ébourgeonner les pousses sauva-
geonnes d'un jeune plant nouvellement greffé. — On le
dit surtout pour la vigne et le mûrier. — Voy. Pampa.
Dér. du lat. Pampinus, pampre, bourgeon.
Déspampanaduro, s, f. Pampres ou bourgeons dôta-
diés de la tige.
Déspampanaîre, f. m. Epampreur, ébourgeonneur.
Déspantonia, v. Démaillotter; dépouiller; débrailler. —
Se degpantou'ia, se débrailler, se mettre à l'aise dans ses
vêtements; quitter des habits qui gênent ou les lâcher.
Dér. peut-être du lat. Spoliare, dépouiller, ou du grec
IlâcvT^ç, tout, avec la particule privative. Cependant la pre-
mière racine parait plus naturelle. Dégpantouïa n'est qu'une
sorte d'augmentatif de Déspouta, qui vient évidemment de
Spoliare. N'y aurait-il pas aussi quelque rapprochement à
faire avec Pannus, étoffe, combiné avec la particule abstrac-
tive et l'action du verbe? Il est assez difiQcile de se pro-
noncer sur ce mot d'ailleurs pittoresque.
Dêspâoupa (Se), v. Se démettre, se disloquer, se luxer
on membre.
Dér. du lat. Palpa, le plat de la main. Ce verbe ne
s'appliquait sans doute qu'à la luxation de la main ou du
poignet; il a étendu son acception à toutes les articula-
tions.
Déspâoupérla, v. Arracher les cils des paupières : au
fig. éblouir au point de faire perdre la vue; brûler les
yeux, arracher les yeux. — Faï un sourél gué déipâoU"
pèrlo, le soleil est si fort qu'il brûle les paupières. Plouro
que se déMpàoupèrlo, il pleure à chaudes larmes, à en per-
dre les yeux.
Dér. de Pàoupèrlo.
Déspar (A), adv. A part; de côté; séparément. — Mitre
à déspar, mettre de côté, en réserve.
 déspar d'aquà, à l'exception de cela. Déspar aquà,
outre cela.
Dér. du lat. Dipartire, diviser, partager.
Désparâoula, v. Couper la parole à quelqu'un, le rendre
muet, le réduire au silence, l'interdire. — Se désparâotda,
perdre haleine à force de parler; s'enrouer à babiller; par
ext. se hâter, se presser. Aquél toupi botd que se détpa-
râoulo, ce pot bout à grosses ondes.
Dispardo^/da pris adjectivement signifie : prodigieux, qui
passe ce qu'on en peut dire. C'est le mot lat. ineffalnlis,
oa infandum,
Dér. de ParAoulo.
Déaparla, v. Déraisonner; parler hors de propos; extra*
vaguer.
Dér. de Parla.
i Déspaasa, v. Défiler; dépasser une aiguille enfilée, une
aiguille à tricoter.
Dér. de Ptusa.
Déspéça, v. Découper; dépecer une volaille, un quartier
de viande. On se sert de Espéça (Voy. c. m.) pour dire :
dépecer, détailler du bois.
Dér. de Pèço,
Déspécoma, v. Casser, rompre les barreaux d'une
chaise, les pieds d'un siège ou d'un meuble.
Dér. de Pécoul.
Déspéîtrina (Se), v. Se découvrir la poitrine ; se dé-
brailler.
Déspêitrina pris adjectivement, débraillé, qui a la gorge
et la poitrine découvertes.
Déapén, s. m. Dépense; coût; frais. — Lous magnat
porlou bien, mais fan foço déspén, les vers à soie sont un
bon produit, mais ils exigent beaucoup de frais.
Dér. du lat. Dispendium, m. sign.
Déspénja, r. Décrocher ce qui est pendu ou suspendu.
— Sémblo tin déspénja, il a une figure patibulaire.
Dér. de Pénja.
Déspénsa, v. Dépenser; employer son argent à. . ., en
général, mal à propos.
Dér. du lat. Dispendere, m. sign.
Déspénaiè, alèiro, adj. Dépensier; prodigue; qui en-
traine de la dépense. — Lous boules soun pas chèrs, mait
soun bien déspénsiès, les champignon ne sont pas chen,
mais ils le deviennent par l'assaisonnement qu'ils exigent.
Déspénso, s. f. Dépense, ce que l'on débourse ; l'opposé
de la recette ; argent dépensé ; dépense, lieu où l'on serre
les provisions de table ; garde-manger. — La déspénso est
pour la cuisine du petit bourgeois et du paysan, ce qu'est
l'oflEice ou la salle à manger d'une grande maison, c'est-à-
dire un appartement de décharge pour certaines provisions
de table. AguH ottstàou faï fosso déspénso, cette maison
fait beaucoup de dépense.
Déspésqna (Se), v. Se dépêtrer d'un bourbier, d'une
mare ; au fig. se débarrasser d'un fâcheux ; se tirer d'une
affaire mauvaise ou difficile.
Dér. de Pésqua, mettre le pied à l'eau.
Déspéatîa, v. Dépouiller ses habits un à un; au fig. Se
déspéstia, sortir d'embarras, se désenchevêtrer, se dépêtrer.
Dér. de Espés, se tirer de quelque chose d'épais.
Déspichoùs, chouno, adj, Quinteux; tatillon; boudeur;
dédaigneux ; qui se fâche de rien ; qui a trop de suscepti-
bilité ; difficile pour son manger comme le rat d'Horace.
Dér. du lat. Despieere, mépriser, dédaigner.
Déapièi, adv. — Voy. DémpiUi et Désempiêi.
Désplure, V. Déplaire, mécontenter; être désagréable,
le devenir.
Le V. fr. n'a qu'un régime indirect : il a déplu au public;
le lang. a son régime direct : foàu pas désplaïre Unm péro,
il ne faut pas mécontenter ton père,
j Dér. de PlaXre.
SI
358
DÉS
DÉS
Désplanta, v. Déplanter; transplanter on arbre, on
arbuste ; repiquer une plante.
D6r. de Planta.
Déspléga, v. Déployer; étaler sa marchandise; déplier,
étendre ce qui était plié; décoiffer, enlever la coiffure
d*une femme, car celle d'un homme n'est jamais serrée et
ployée autour de la tète.
Si déspléga, quitter sa coiffe pour se recoiffer, on quitter
son bonnet de jour pour celui de nuit»
Dôr. de Pléga.
Désplissa, v. Déplisser; défaire les plis; chiffonner.
Dér. de Plîsta.
Déspluga, v, Oter le bandeau qui couvre les yeux; en-
lever les lunettes des chevaux qui foulent le grain {Voy,
PtugotJ. — Déspluga sons ïèls, ouvrir les yeux.
Dôr. de Pluga.
Déspoîo, s. f. Dépouille, défroque; vêtements que Ton
quitte; mobilier; bien qui compose une succession.
Dér. du lat. Spolia, dépouilles.
Déspougne (Se), v. Cesser de pondre : ce qui arrive
aux poules dans les grands froids et dans leur temps de mue.
Dér. de Pottgne,
Déspouîa, V. Dépouiller; déshabiller; exproprier. —
s'és déspouîa dé tout, il a fait cession générale de ses biens
à ses créanciers ; ou bien il en a fait donation à ses enfants
par un partage anticipé. Aquéles fouséls se déspouïou qu*és
un plési, ces cocons se dépouillent, se dévident que c'est
un charme. — On ditdes cocons qu'ils se dépouillent, lors-
qu'ils dévident toute leur soie et qu'ils laissent bien à nu
la chrysalide, sans cette pellicule souvent trop déliée pour
être filée et qui produit ce qu'on appelle VÉstrai. — F. c. m,
Dér. du lat. SpoUan.
Béspouncha, v. Épointer; émousserla pointe, la casser.
Dér. de Apouncha,
Déspouténcia, mieux Espouténcia, v. — Voy, c. m.
Désprouvési (Se), v. Se dessaisir, se dégarnir; vendre
ses bardes ou son linge, les donner ou ne pas les renou-
veler quand ils sont usés; se laisser au dépourvu.
Dér. de Prouvési.
Dès que, conj. Puisque: du moment que. — Dès que
aquo es coumo aquà, du moment qu'il en est ainsi. Dèsqué
ou voulés pas, se ^ara pas, puisque vous ne le voulez pas,
ça n'aura pas lieu.
Désqné, 5. m. dim. Gorbillon; petite corbeille d'ouvrage
en osier.
Dim. de Désquo.
Désquîa, v. Abattre des quilles au jeu de ce nom. Au
fig. abattre ce qui est perché ou droit; tuer. — Désqitk'a
un doussèl, un home, abattre un oiseau, un homme, d'un
coup de fusil ou d'un coup de pierre.
Dér. de Quto.
Désquo, s. f. dim. Désquéto. Grande corbeille en osier
dont on se sert pour porter du linge à blanchir à la rivière,
ou dos fruits et des denrées.
Dér. du lat. Diseus, disque, plat.
Désqaoua, v. Ck>uper la queue à un animal ; caaMr la
queue ou anse d'un ustensile.
Dér. de Que, queue.
Déarénqua, v. Éreinter; casser les reins. — Es détrén-
*fma, il a l'épine dorsale déboitée. ^
Dér. de Béns.
Désribla, v. Dériver ; casser ou redresser la rivuie d*un
clou, d'une pointe.
Dér. de RiUa.
DésronYîa, v. Dérouiller; enlever, efboer la romlle;
nettoyer, polir un instrument en fer.
Dér. de MauvXa,
Déssabnnla ou Sabranla, v. Ébranler en secouant
fortement.
Ce mot est une corruption ; il devrait être en e£fel : Dm-
ioubranda, secouer par dessous, car sa racine est sous,
sou, et branda.
Dessala, v. Dessaler; ôter le sel; taire tremper un mets
salé pour lui faire perdre le sel.
Dér. de Sala.
Déssaparti» v. Spécialement séparer des combattants,
soit qu'ils se battent à des armes honorables, soit à coups
de poings, soit en se prenant aux cheveux.
Dér. du lat. DisparUH, diviser.
Dôsséla, V. Enlever la selle d'un cheval.
Dér. de Sèlo»
Déssèr ou Dissèr, s, m. Dessert; fruits servis sur la
table après les viandes; moment de les servir. Le prvb.
dit : Entre Pasquo et Pantécousto, lou déssèr es uno
erousto; entre ces deux fêtes la saison des fruits n'est pas
encore arrivée, il n'y a qu'à grignoter une croûte de pain
pour dessert.
Déssoastéra, v. Déterrer ; creuser sous terre ; creuj«r
sous un arbre, sous un mur pour le renverser. Au fig.
réveiller des querelles, des difficultés depuis longtemps
éteintes ou enfouies. — Déqué vaï déssoustéraf Pourquoi
aller réveiller, faire revivre des questions irritantes, des
propos oubliés?
Formé de Déssouto, sous, et de Tèro, terre.
Déssouto, adv.,prép. et s. m. Sous ; dessons ; au dessous;
le dessous. — Qudou aguè lou déssouto? Qui eut le dessons?
Lou déssouto d*un àoubre, le dessous d'un arbre.
La différence entre Déssouto et Souto, c'est que ce der-
nier est toujours préposition simple et ne marche pas
sans régime. Déssouto est tantôt préposition, tantôt adverbe,
tantôt substantif. Soulo ne figure jamais à la fin d*un
membre de phrase, parce qu'il est toujours suivi d'un
régime ; Déssouto s'y rencontre souvent adverbialement ou
substantivement. — Voy. Souto.
Dér. du lat. De et Sub, de dessous.
Déssubre, ou Dessus adv., prép.ei s. tn. Sur; dessus:
par dessus; le dessus. — Voy, Sus.
Dans les hautes Cévennes on dit : Déssoubre.
DES
DES
259
D6r. da lat. De aiper, m. sign.
Oému, adv., prép. et f.m. Le môme que le procèdent.
Dé-sns^éiiHraB, adv. En effleurant la surface, le desaos;
en èciémant; en étant la saperficte seulement.
Déstanqua, v. Débâcher une porte; enlever la barre à
coulisse qui la ferme intérieurement.
Dér. de Tanquo.
Désiapa, v. Déboucher; débonder; découvrir un vais-
seau fermé par en haut, par un bouchon.
Dér. de Tapa,
Déataqna, v. Détacher; délier; enlever les liens.
Dér. de Èêîaqua.
Déstégne, v. Déteindre. — ^Se dit d*une mauvaise teinture
qui a'effiice en lavant, ou qui déteint sur le linge ou le
corpa.
Dér. de T^ftir.
Désiégnigu, ndo, part, pou, de Déstégne, Qui a déteint.
Déstérmina, v. Exterminer, détruire; Mre périr entiè-
rement. — Se déêtérnUna, se déchirer, se blesser griève-
ment en tombant ou en se battant. Es tout déstérmna, il
est tout meurtri.
Un déâtérmina, un déstérminadas , un évaporé; un
homme violent, emporté, que rien n'arrête.
Dér. du lat. Ext^rminarê, bannir, exiler; défigurer.
DéfftMta« V, Étèter; couper la tète à un arbre, le cou-
ronner. — Voy, Éteabaua,
Dér. de Tèsto.
Dèstéta, V. Sevrer un enfant, l'éloigner de sa nourrice.
— On dit d'un gros mangeur : Pauran lou déstéta quan
vouran, que manjo tout soiU, on peut le sevrer, il se nour-
rit snflBsamment.
Dér. de Tété,
Déatétadoù, donne, adj. Qui est en âge d'être sevré;
qui peut se passer de sa nourrice.
Oéstimbourla, v. Détraquer le cerveau; troubler l'es-
prit. — Un déstimbourla, un écervelé, une tète éventée;
un cerveau timbré.
Dér. de TimbowrU,
DéstOBse, V, Détordre; dégarotter une corde d'embal-
lage.
Dér. de Tosse.
Déstourba, v. Interrompre quelqu'un dans son occu-
pation; distraire l'attention; détourner d'un projet. — Dés-
lotirèo té d'aquà^ éloigne ces idées de ta tète. S'és déstourba
d'aqméio fio, il a cessé ses relations avec cette fille, il s'est
distiait de cette inclination.
Dér. du lat. Deturbare, chasser, renvoyer.
Déstourbe, s. m. Interruption; contre-temps; empêche-
ment; obstacle; incident; embarras; sujet de distraction;
dérangement. — Manquo pas déstourbê, ce ne sont pas les
oontie-temps qui manquent. Sans déstourbê y-anarax
démon, sans empêchement j'irai demain. Sans déstourbê
tendra dé cent ans, s'il ne lui arrive quelque fâcheux acci-
dent il vivra jusqu'à cent ans.
Déatratre, v. Distraire ; détourner, dans le même sens
que Déstourba. — Ses déstra d'aquélo pio, il a oublié sa
maltresse.
Dér. du lat. Distrahere, arracher, faire sortir, distraire.
Déstrantaia, v. Détraquer, démantibuler. — Se dit par-
ticulièrement d'un ouvrage mécanique, comme une hor-
loge, une serrure, etc.
Dér. de Trantaïa. Cette fois le composé n'est pas le con-
traire du simple, malgré la particule dés, Trantaïa veut dire
branler, vaciller. Il est l'effet, et Déstrantaïa la cause. La
partie, dés est explêtive ou plutôt coactive, Déstrantaïa
étant proprement faire trantaïa.
Déatrâou, s, f. Grande hache de charpentier.
Il semble que cette acception est toute contraire â son
étymologie, qui annonce une hache qu'on manie de la
main droite, c'est-à-dire d'une seule main, tandis que la
hache de charpentier exige remploi des deux mains. Mais
la déstràou a été autrefois la hache d'armes, la fameuse
besaiguë des Sicambres, qu'on ne maniait que d'une main,
puisque c'était une arme de cavalier, quoiqu'elle fût forte
et très-lourde.
On serait presque tenté de voir dans ce mot Déstràou
la racine du fr. Destrier, cheval de bataille des anciens
guerriers, en opposition au palefroi, qui était la monture
des dames et des voyageurs paisibles. Certains glossateurs,
et Vossius entre autres, veulent bien le dériver de Deœte-
Hties, adresse, dextérité; mais cette analogie est bien
flasque pour une époque où l'on ne donnait guère pour
racine à des objets frappants et usuels, de simples qualités
morales et peu déterminées. Il n'y a pas moyen non plus
d'attribuer cette origine à la main droite, dextera; car à
coup sûr on ne manœuvrait pas un destrier de la main
droite, qui était indispensable pour combattre, et nous ne
sachons pas que les Francs et les Sicambres fussent gau-
chers. Il ne serait donc pas impossible que Destrier signi-
fiât le cheval qui porte la hache d'armes, la déstràou. Il ne
faut pas que le français s'effarouche de cette prétention ; il
avait peut-être lui aussi un terme analogue pour désigner
cette arme, et ce terme peut s'être oblitéré.
On sentira que ceci n'est point une assertion, mais une
simple induction que nous a fait tirer le rapport de l'arme
au cheval, et le manque d'origine positive du mot destrier,
qui, au fond, ne nous regarde pas. Cependant, pour être
juste avec tout le monde, nous conviexidrons qu'à Nimes,
par exemple, Déstràou est le terme générique de la hache
de quelle espèce qu'elle soit; car, dans son dialecte, le mot
Piolo n'existe pas. A Alais, bien des personnes attribuent
ce nom à la hache du menuisier, Piolo dé man. Peut-être
est-ce la solution de Sauvages qui a entraîné cet usage.
Toutes les opinions sont libres. Nous livrons la nôtre à Li
discussion individuelle, en faisant toutefois remarquer qu'il
serait singulier que la hache d'armes et la hache de char-
pentier n'aient pas reçu un technique spécial. Aujourd'hui
la hache de charpentier est celle qui se rapproche le plus
260
DES
DET
de la liaclie J'arnies, soil par son poids, soil par la lon-
gueur de son manche. C\'sl celle parlicularilé d'étynio-
logie qui a induil en erreur Sauvngcs, qui a cru n'y voir
qu'un de ces oulils de menuisier (ju'on manie de la main
droite; la Destnioti osl proprement celle énorme hache de
scieurs de long dont le 1er pèse jusqu'il sept ou huit kilo-
grammes. — Voy. Piolo de tnan.
De tout quoi, pour conclure, il parait évident que Dés-
trâou déri\e du lat. Dédiera, main droite.
Déstraqua, v. Délraciuer, déranger un mécanisme quel-
conque; au lig. déranger la santé.
Ce mol i)arail formé de la particule disjoiiclive des et du
vieux niul Trach, (\\x\ n'<'Sl plus usit*', mais qui siguillait
trait, jel, distance. C'<'st de Tracfi qu'un a fait Tnicun,
tracané. Dest raqua, d'après celte origine, signifierait pro-
prement : tirrr de la voie, fain; cesser s»)n allure, sortir de
l'ornière, de la piste ordinaire.
Déstrassouna, v. Ué\ ciller en sursaut, réveiller avant
le lenqts; inlern)mpre le sommeil. — On dit d'un enfant
es déstrassouna, quand il ne peut reprendre son hummcil
à l'heure accoutumée, ilsiiç desfrtissoima, vire njal réviMllé,
être dans un étal de somnolence qui n'tst ni la Neille ni le
sonnneil, comme quel(|u"un qu*«»n a rést^llé trop subite-
ment ou qui a mal dormi la nuit.
Dér. du lat. Eslra sontnum, hors du souimeil.
Dèstre, s. m. I)e\tiv, ti^aut^ darpcntàge . mt'.>un; de
longueur de i"»ê>0'^ linéaires. Le Désire carré de Monlix'l-
lier répond à ;20"' canes. Celle unilé de surface n'elail
guère emi)l«j}ée que pour mi'surer le pl;U sol des maisons,
œurs et jardins, et tout ce (pii exigeait une minulii-use
exactitude.', comuje res]).''C(; de dec.niielro dont se ser\ent
les architectes et qui se nomme roulette.
Ce mot vient cerlainemonl du lat. Ihrcm, comme les
pierres nnliaires des r-tuies loinniMcs el cerl lines hurnrs
d'héritiges ([ui élaienl marquées d'un dix romain, X. Celait
prohahlenjent la decuplalion d'um^ unité de mesure que
nous ne connai>sons j»as.
Le d(!\tre ou rar[)eiit a\ aient la même dinjeubion longi-
tudinal;. Seulement W. premier était une corde jnarquée
par des divi>ioiis pourmtsuier les objets minutieux, el
l'arpent une sorte de compas en bois pour mesurer de
grandes longueurs. — Voy. Arpau.
Désiré, s. m. Ihcssôir à Niji. — Vi de dcstré, vin pro-
duit par le pre^sinage, qui e>l de couleur plus fiuicée, mais
plus plat el plus bourb( ux. — Voy. Deslrvyiic.
Désiré, désirécho, adj. Dim. Desircrhé. Klntit, serré,
étranglé, rétréci ; au flg. avare. — ^osc dcstraho, iuÀ\
angleuse, es]M"'ce de noix dont l'amande est tellement serrée
dans les angles de l'écale, si (Miche\étrée dans son zeste,
qu'on ne peut l'extraire qu'en la tirant par morceaux. C'est
du reste r<'S[)èce la moins sujette aux sers et qui fournit la
meilleure huile. Ks désiré don hrén cl larje à la farino, il
fait des économies de bouts de chandelle; il est avare dans
les menus détails et prodigue dans Iesdéi)enses imporlantes.
Dér. du lat. Strictu.s, serré, mis à l'étroit.
Désirécési, v. Uetrécir; rendre plus étroit, moins large;
devenir plus étroit.
Désirégne, r. Rétrécir; restreindre; serrer; pressurer
la vendange.
Der. tlu lai. Siringcre, serrer, presser.
Déstrégnéïre, s. m. Piessureur de vendange. — Dans
les [>ays de vignobles, les grands propriétaires ont des
pressoirs dans leurs celliers et font pressurer la vendange
par des ouvi'iers à leurs gages; mais les pelils propriétaires
el les grands eux-mèmeb, dans les contrées où la vendange
est une récidle secondaire, ont recours à des pressureurs
publics, qui \ienniMit exercer leur industrie à domicile au
jiji»\en d'un picsboir ;i roues qu'on transporte facilement.
Déstrémpa, r. Delr.^iiper, délayer; enlever la trenq)e
à un fer acieic. — VcsirtiiiiHi l'acàou, délayer la chaux,
l'abreuver a\ant de la corroyer.
l)<''r. d(,' TrLinpa.
Dcstréna, v. Délie.>.Mn-; défaire une tresse de cheveux;
détordre la mèciic d'un fuuel; dèt rester les nattes d'une
fascine, d'un liatardt'au qu'on ap^u'lle Paynè.
Dt.r. du' Tréna.
Désvérdïa, v. Cu'illir du fruit avant sa maturité; dé-
florer un fruil, lui eiile\er, en le maniant, cette fleur qui
est une Iranssudalion farineu&e qui se fige sur son épidennc :
au lig. marier une jrune lillc avant l'âge nubile.
Del', de Ver.
Désvérnissa, r. Enlever le vernis; elfacer le lustre, le
brili.Mit d'nii objet vernissé; récailler.
Dér. d".' Vernissa.
Désvira, r. l)é\ier; détourner. — De.nira ia'igo, dé-
tourner un ra\in, un biez de moulin, un canal d'irriga-
tion.
Dér. de Vira.
Désvisaja, v. Dé\i.>ager; couper la figure; insulter eu
face; fain' bais.s'?r les veux; couvrir de honte.
Dér. di' Vis<ije.
Détadû, .V. /'. Couj) de doigt; trou fait avec le doigt;
em[>r('inle d'un doigl.
Dér. de Ue.
Détaia, v. Vendre en détail; détailler, cou|)er sur la
pièce ou pii'ndre sur un tas et céder par parties.
Der. de Toi a.
Détaiaïre, aïro, .s. m. et f. Marchand ou marchande au
détail; qui vend eji bouti(|ue, ncnis dit Sauvages, paroppo-
silioii au uiarchand en gros qui vend eii njagasin. Cette
dilTerenoe n'existe plus : la boutique mémo n'est plus guère
Connue; tout s'appelle ujagasin.
Déial, s. m. Détail; vente au détail.
Dér. de Deiata.
Déiras, alv. Derrière; de l'autre côté. — Déirai la
mitraio, derrière le mur. Dciras lou sère, sur le versaut
opposé diî la montagne.
Dér. du bit. Trans, au delà.
DEV
DEV
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DéTarîa, v. Troubler Tespht; obséder; chagriner qnel-
qa^UD; bouleverser les meubles; mettre une maison sens
dessus dessous. — Souï tout dévarïa, je ne sais où j'en
sois ; je £ais tout de travers. Mé dévarïo, il me persécute,
me tourmente; il m'obsède, il me fait perdre la tète. A
Umt dévarïa, il a tout bouleversé.
Un devait est un évaporé, un cerveau mal timbré ; un
brise raison.
Mr. du lat. Variare, varier; divaguer; changer; mêler.
Oéranaîre , airo, adj. Qui obsède; qui bouleverse tout;
qui dérange tout le monde; un hurluberlu.
Oérô, s. m. Devoir; tâche d*un écolier. — Fatre soun
'dM, faire son bon jour, recevoir la communion eucha-
ristique. Faï toun dévé, fais ce que dois.
Dér. du lat. Debere, debiium,
DéTO, 4'* pers. sing. prés, de l'indic. du v. Déoure, Je
dois.
Oéréngn, ndo, part. pa$s. du v. Dévéni. Devenu.
SéTéni, V. Devenir; commencer à être ce qu'on n'était
pas.
Dér. de la bass. lat. Devenire, m. sign.
DaTèr ou Vèr, prép. Vers, du côté de...; aux environs
de... — Démoro dévêr Anduio, il habite aux environs
d'Andnze. Vdou dévèr moussu tâott, je vais chez monsieur
un tel. Jtfarehan dévèr la gnuè, nous nous approchons de
la nuit; la nuit nous trouvera en chemin. Aquà èro dévèr
ia Sén^an, c'était aux environs de la Saint-Jean. Y-anèn
dévèr la$ vounxe houroê dé gnuè, nous y allâmes vers les
onze heures du soir. Mounté gagnes dévèr? De quel côté
te diriges- tu? Dounte vénès dévèr? D'où venez-vous? Ces
deux derniers exemples présentent des idiotismes fort ori-
ginaux de construction.
Dér. du lat. Versus ou Versum, vers.
DéTérgongna, v. Faire honte; faire rougir en public.
Uno dévergougnado, effrontée, dévergondée ; qui a perdu
toute pudeur, toute retenue.
Au masc. le même part. pass. dévérgougna est moins
usiiê; mais la langue fournit de nombreux équivalents.
Dér. de Vérgougno»
DéTés, s. m., au plur. Dévéses. Bois ou paccage mis en
défense ou en réserve, et sur lequel le propriétaire seul a
droit de dépaissance.
Dans la bass. lat. on donnait les noms de Defensum, de
Dêfedum et plus tard enfin celui de J>evesium à ces bois en
défense. Ce dernier mot ne semble qu'un barbarisme lati-
niste de Dévés, qui préexistait déjà en roman. Or il est ra-
tionnel de faire dériver Dévés de Devedar, onVedar, roman,
défendre, prohiber; et alors il aurait son origine dans le
lat. classique Vetare, m. sign. que défendre, qui aurait
moins contribué à sa formation.
Dévigna, v. Deviner, prédire, présager. — Quetn tous
grapâous eantau dévignou la plèjo, quand les crapauds
sifflent, ils présagent la pluie. Las graïos dévignou lou fré,
quand les corneilles descendent» elles annoncent l'appro-
che du froid. Lou diable té dévigne f Ah! tu ne dis que
trop vrai! Que dévigno gagna, prvb., un sorcier ferait bien
ses affaires. Dévignas-ou, devinez.
Dér. du lat. Divinare, m. sign.
Devignaira, airo, s, m. et f. Qui devine, qui prévoit,
qui trouve la solution d'une difficulté, et non point devin
ni sorcier. — Aquà's un dévignaïre dé Mounlélimar, il
devine tout ce qu'il voit : c'est ce qu'on dit de celui qui
annonce la découverte d'un secret qui est celui de la co-
médie, et connu par conséquent de tout le monde.
Voici à peu près quelle serait, d'après de mauvais plai-
sants, l'origine de ce dicton, qui place la scène dans une
ville du Midi. Un étranger arriva un jour à Montélimart,
et, à grand renfort de trompette et de grosse caisse, con-
voqua tout le populaire, annonçant qu'il enseignait à de-
viner et cela pour la bagatelle d'un sou par tête. Ce n'était
pas cher : les pratiques se pressèrent à la porte; mais il ne
pouvait recevoir qu'une personne à la fois : on se soumit à
la condition. Aussitôt que quelqu'un était entré, le pro-
fesseur lui présentait un petit vase, bien fermé, sauf un
trou comme à une tire-lire, dans lequel il lui faisait intro-
duire l'index. — Sortez votre doigt, disait-il alors. Que
sentez-vous? — C'était à ne pas s'y tromper; l'odeur était
assez prononcée pour que l'élève n'hésitât pas à dire ce que
c'était. — Vous avez deviné, ajoutait le professeur avec
un imperturbable sang-froid. Sortez par cette autre porte,
ne dites à personne le secret et laissez-moi l'apprendre à
d'autres. — Et comme en effet beaucoup d'habitants de
Montélimart l'apprirent de même, c'est depuis ce temps que
les gens du pays, où la leçon n'a pas été sans doute perdue,
passent pour des sorciers infaillibles qui devinent tout ce
qu'ils voient et surtout tout ce qu'ils sentent. — Credat
Judœus Apella.
Dévignarèl, èlo, adj. Devin, sorcier; devineresse, sor-
cière. — La dévignarèlo, la donneuse de bonne fortune,
infâme métier que la crédulité populaire soutient encore de
nos jours, malgré les peines que la loi prononce contre lui.
Il y a à la fois escroquerie, parce que ces prétendues
sybilles font payer fort chéries oracles de leurs tarots;
diffamation et calomnie, parce que, consultées la plupart
du temps pour connaître l'auteur d'un vol, elles font planer
à leur gré le soupçon sur la tête des personnes à qui elles
ont quelque motif d'en vouloir. Il s'y joint presque tou-
jours une autre industrie plus infâme encore et dont leur
clientèle de jeunes filles leur rend l'exécution plus facile.
Dévignarèl se dit aussi adjectivement de tous les outils
et ingrédients qui servent à l'œuvre des devins anciens et
modernes, comme à tous les insignes de la puissance sur-
naturelle.
Déviao, s. f. Papillote , sorte de bonbon enveloppé de
papier de couleur et frisé, contenant, outre la sucrerie, un
rébus ou une charade, ce qui lui a fait donner son nom
francisé.
Dévista, v. Découvrir, apercevoir le premier; aperce-
^62
DIA
DIG
voir de loin. — Loin aguère iiou dévitUu, je les eus bien-
tôt déoonverts.
Dér. de Visio.
Dérô, OtO, s. 9t adj. Dim. Déwmté, divouiéio; pôj. Dé-
voutM, déwuUuto, Dévot; pieux; qui suit avec zèle,
quelquefois avec superstition, les exercices de la religion,
dont il dépasse même les injonctions.
Dér. du lat. Devùius, voué, dévoué.
Dévonra, v. Dévorer; manger avec voracité.
Dér. du lat. Vorare, m. sign.
Bévoiiraii, s. m. Dévorant; compagnon du devoir de la
secte des Dévorants, par opposition au devoir dit de Salo-
mon, qu'on appelle en fr. les Loups, et en lang. tous Gavât,
Emp. au fr. Devoir.
Dévonrl ou Débonrl, v. Dévorer. — S'applique surtout à
la manière de manger des animaux carnassiers ; par ext.
aux personnes qui mangent gloutonnement. Au fîg. même
acception que le fr. dévorer. — A tout dévouri, il a tout
fricassé.
Dér. du lat. Vorare,
Di, dicho, part, pasi, du v. Dire, — Se prend aussi subst.
Diâblamén, adv. Diablement; beaucoup; très-fort; ter-
riblement. — Eê diMamén bel, il est étrangement grand.
Gn'a diâblamén, il y en a une énorme quantité.
Diablariè, $. f. Diablerie, tour de lutin, d'espiègle;
nicbe; bruit, tumulte que font les enfants entre eux en
jouant. — Y' a quâouquo diablariè aqui déssouto, il y a
quelque malice, quelque intrigue, quelque noirceur sous
jeu.
Diable, s, m. Au fém. Diablésio; dim. JHaUatoii, dior
blaiouno; péj. Diablatoi, Diable; démon; esprit malin et
surnaturel; diable-à-quatre, étourdi, tapageur; mauvais
garnement. — Es lou diable pér lou traval, c'est un vrai
démon au travail.
Comme il est impossible de citer toutes les phrases où
l'esprit malin entre comme superlatif, et tons les rôles
qu'on lui fait jouer depuis un bon diablas jusqu'ddv pdoure
diable, et ils sont nombreux et variés, par cette raison
peut-être qu'on ne prête qu'aux riches : il £aut se bomei: à
quelques locutions les plus fréquentes.
Diable/ Juron, qui, comme en Ir., annonce la colère, la
stupéfaction, la joie ou la douleur. Lou diable té farté bé
/tififé..., le diable t'emporterait bien si... Lou diable té
iou cure, le diable puisse-t-il t'enlever ton trésor! Ou
peut-être avec plus d'énergie, selon le ton : le diable te
vide le ventre, t'arrache les boyaux! Loti diable-luno,
Diàoussi-luno , Diâouquo-luno, jurons mélangés de païen
et de chrétien : Par le diable et par Hécate! Lou diable
êié, sé.„ Je jure par le diable que... Lou diable ta pignae-
trijel Peste soit de ton obstination! Lou diable ta pUjoI
Au diantre soit la pluie! Dans cette dernière sorte d'im-
précation, on substitue le pronom possessif Urnn ou ta aux
articles lou ou la, quoiqu'on ne s'adresse à personne et
même qu'on soit seul. — Voy, Dlantres, Diâoussi, Piâouquo,
Dér. du lat. Diabolus.
Diaman, s, m. Diamant, pierre précieuse.
Emp. an fr.
Diantres, s, m. Diable, mais il n'est employé que dans
les phrases imprécatives, ainsi que Diâouquo et Diâousti :
on le dit seul aussi : Diantres/ Diantre! Toutes ces varié-
tés du mot Diable tiennent au langage argotique et à la
diversité des dialectes qui les ont employées, sans qu'on
puisse y apercevoir autre chose qu'une corruption du type
primitif, et le désir d'adoucir, de gazer le mot crû, qui
jadis entraînait une sorte d'idée immcmde et bU^hétna-
toire qui s'attachait à sa seule prononciation.
Diàouquo, $. m. Variante du mot Diable.
Diàonaai, s, m. Autre variante du mot Diable. — Voy.
ci-dessus.
Diléra, v. Différer; être différent.
Dér. du lat. Différera, m. sign.
Diférémmén ou Diléréntomén, <«<i7. Autrement; sinon;
différemment. — Se plâou pas y-^narOi, diférémmén tés-
tarai, s'il ne pleut pas j'irai, dans le cas contraire je res-
terai. Dans ce sens, il s'emploie quelquefois d'une manière
absolue : Se voue décidas à paya, tammièl, diférémmén.,.
si vous vous décidez à payer, tant mieux, sinon...
La variante Diféréntomén ne laisse pas que d'être em-
ployée avec le même sens par les gens qui parlent bien. Sa
composition, qui s'écarte un peu plus du fr., est tout à fait
dans le goût languedocien.
Diférén, énto, adj, Di£fêrent, dissemblable; qui se dis-
tingue d'un autre.
Diférénço, s. f. Différence; distinction: dissemblance.
— Aqui la diférénço que y-a, voilà la jlifféreDce : c'est une
phrase explétive et de pur remplissage, que les paysans
emploient souvent dans leur verve loquace, paraùte et
hérissée de pléonasmes. Ils s'en servent sortont pour ré-
pondre à une objection : c'est une préparatioD oratoiie k
un argument contraire au vôtre, y-onorat bé *é vamiè»,
mais aqui la diférénço que troubaraï pas défupu, j'irai si
vous voulez, mais je n'y trouverai personne.
Dificinle, inlo, adj. Difficile; mal aisé. — Em poa dî/E-
tinle que plogue, il n'est pas étonnant qu'il pleuve.
Dér. du lat. DiffUHis,
Digérl, v. Digérer. Ne se prend que dans le sens figue :
digérer un affront; supporter patiemment. — Pod» pas
digéré aquél home, je ne puis supporter cet homme. Jquà*s
qulcon qu'on po pas digéri, c'est là une de œs avanies
qu'on ne peut avaler; pàtir; digérer.
Dér. du lat. Digerere, cuire, digérer.
Digne, s, m. Dim.' DigfktXré, dignUroà. Denier; donnème
partie d'un sou ou les 5/4 2"^ d'un centime. — Féou pas
régarda lou dariè digne, il ne faut pas être si "i»n^[t»CTt^
dans un marché, ou exiger strictement son dà jvqa*au
dernier denier.
Dér. du Ut. Denarius, m. sign.
Dignéirolo, s, f. Tire-lire, sorte de pot de tene qui B*a
DIM
DIN
263
pu d*aatre entrée qo^une petite ouverture horizontale,
oomme celle d'une boite aux lettres en diminutif, par la*
qndle on glisse des pièces de monnaie provenant d*un
ptoile quelconque et qu'on ne peut retirer qu'en brisant
le vase. C'est un moyen d'éviter les emprunts journaliers
pour les dépenses de fantaisie que Ton ferait si ce pécule
était à découvert et disponible dans une bourse ou une
armoire. Ce n'est que pour une dépense importante que la
tire-lire se casse : elle force en attendant à l'économie.
Dér. de JHgné,
IH}6oit, f. m. Jeudi, cinquième jour de la semaine. —
la sémmano doM quatre dijâouê, la semaine qui aura quatre
jeudis, c'est-à-dire jamais.
Dér. par contr. du lat. Die$ Jovis, jour consacré à Ju-
piter. Nous avons la même division de la semaine que les
Romains ; nous leur avons emprunté la dénomination des
jours. Le fr. n'a fait que renverser la syllabe c^î, qu'il place
à la fin du mot. L'Olympe antique a tout fourni à l'excep-
tioa du samedi, dis$ate, et de diméncke.
Dilua, «. m. Lundi, deuxième jour de la semaine. —
F&ihr€ lou dilus, chômer le lundi; usage assez répandu
parmi les ouvriers artisans. Lou bon dilus, le lundi avant
la iète de Noël, qui est une sorte de foire à Alais, ou plutôt
un marché plus suivi que les autres et plus abondant en
marchandises et en bétail, surtout en porcs. Dilua dé Pas-
quos, le lundi de Pâques, renommé dans tout le Blidi pour
ses omelettes et ses parties de campagne.
Dér. du lat. Dies lunœ, le jour d'Hécate, de la lune.
Dimar, j. m. Mardi, troisième jour de la semaine. —
E4m dimar dé carnaval, le mardi-gras, qu'on dit aussi
Carnaval tout simplement.
Dér. du lat. Dies Martis, jour de Mars.
Dimècre, s. m. Mercredi, quatrième jour de la semaine.
Dér. du lat. Dies Mercurii, jour de Mercure.
Diménchâou, châondo, adj. Du dimanche, qui sert au
dimanche. Ne s'applique qu'aux habits et aux parures :
Lou capèl diménehâou, la tnanto diménchdaudo.
Diménche, s, m. Dimanche, premier jour de la semaine.
— Lou diménche das Rampons, le dimanche des Rameaux.
Lou diménche dé carnaval» le dimanche gras ou la Quin-
quagésime. La vèsW, la râoubo das diménches, Thabit, la
robe de fête, c'est-à-dire le vêtement le plus neuf.
Le mot Diménche, dimanche, dans notre dialecte et en
fr., pour arriver à sa forme actuelle, a traversé bien des
fortunes et des altérations. Le latin lui a donné naissance,
et c'est en se contractant de Dominiea dies, ou de dies
Domini,en se pliant aux propensions organiques de chaque
groupe de population et de chaque contrée, qu'il s'est
enfin Gxé. Nous avons signalé sous plusieurs articles et
notamment aux mots Canottnje et Iji Canourgo, les péri-
péties des transformations de mots où se rencontraient ces
désinences latines repoussées avec une sorte d'horreur par
le roman, analogues à celle qui a servi à composer dimén-
che : nous n'y revenons que pour en rappeler la série. Do-
miniea, lat., se changea en Dimirgue, roman; la charte
romane d' Alais de 4200 disait: Diméntge; notre dialecte
en a fait Diménche; le gascon a conservé Dimèrgue; d'au-
tres variantes dialectales du Midi ont encore : Diaumergue,
Dimerge, Dimeehe, Dimies, Desmengea, Dismengea, Dimer-
gue, Diminergue, Deminche, cités par Honnorat. L'ital.
s'est tenu seul au lat. Dominiea; mais l'espag. et le port,
ont adopté Domingo; et l'ancien cat. avait Digmenge,
Partout, on le voit, c'est la proscription de la désinence
antipathique en inicus, iniea, on mieux nicus, nica; car la
voyelle antécédente aime à se reproduire tantôt en argues
et ergues, tantôt en orgue ou ourgue, glissant en ange,
énge ou onge, puis permutant quelquefois le G doux en la
consonnance chuintante du Ch. Cette unanimité de flexions
sur la même syllabe indique certainement des prédisposi-
tions organiques remarquables. Le mot n'est pas isolé, et
nous avons cité bien des exemples qui donnent un certain
poids à l'observation. Nous aurons occasion d'y revenir.
Dimini, v. Diminuer; baisser; amoindrir; rendre ou
devenir moindre, plus petit.
Dér. du lat. Diménuere, m. sign.
Din, prép. Dans. — Voy, Dédin.
Dér. du lat. In, m. sign.
Dina, s, m. et f>, Diner.
Lou dina est pour le peuple le repas du milieu du jour :
les citadins le prennent à midi; les paysans en varient
l'heure suivant la saison. Les premiers y placent le potage;
les derniers le renvoient au repas du soir, au souper. —
Voy. Déjuna,
Certains glossateurs, et Ménage particulièrement, font
dériver le mot du lat. Desinere, cesser, sous prétexte que
l'heure des repas est une suspension du travail. Cette déri-
vation parait bien tirée par les cheveux. Ne serait-il pas
plus rationnel de l'attribuer au verbe gr. Àsirrvétu ou au
s. ÀEMtvov, qui signifient souper et le repas du soir?
Dinado, s. f. Gala; repas invité; auberge de route où
les voyageurs s'arrêtent pour diner ; coût de ce repas.
Dinamonn ou Dénamonn, adv. de lieu. De là-haut;
du côté d'en haut; vers là-haut.
Formé de Dé, En, Amoun, par con tract.
Dindar, s. m. Dindon, coq d'Inde; dindon commun,
Meleagris Gcdlapavo, Temm., de l'ordre des Gallinacés;
mâle du dinde.
Dinde, s. f. Dinde; poule d'Inde; femelle du Dindar.
Dindouiè, j. m. Jujubier, Zysiphus vulgaris , Linn.,
arbre de la fam. des Frangulacées.
Dindoulo, s. f. Jujube, fruit du jujubier, si commun et
si populaire à Ni mes qu'on avait autrefois établi une foire,
à la Saint-Michel, pour la vente de ce seul article. Cette
foire a pris plus d'extension de nos jours, mais la jujube
y figure encore en masse, comme rhéroïne de la solennité.
Elle s'y vend en quantité incalculable. Les jeunes gens et
les jeunes filles font ce jour-là la petite guerre avec celte
curieuse espèce de projectile sur les promenades : ce qui
364
DIR
DIS
ne contribue pas pen à sa prodigieuse consommation. Les
environs de Nimes et de Montpellier produisent autant que
tout le reste de la France de ce fruit, qui du reste est ori-
ginaire des pays méridionaux et ne se plaît pas dans les
températures plus abaissées que le Languedoc.
Dingus, pron. indéfini, masc. Personne. — Voij, Déngus.
Diô, interj. C'est la syncope de Diou-ô/ Mon Dieu, oui!
— Diou'Sif Diou-nouf Mon Dieu, sil Mon Dieu, non ! Deux
autres interj. du même genre, particulières à notre dia-
lecte, reproduisent,comme celle-ci, les formes les plus ancien-
nes; toutes trois, souvent précédées de l'exclamation Ah/
ou Ohf comme pour appuyer sur Taflirmation ou la néga-
tion, et leur donner plus de force, sont des invocations du
nom de Dieu. Il est à remarquer que la vieille affirmation
romane o et si, empruntée par l'ital., se retrouve ici dans
toute sa pureté. — Ohf Dià [satqm. Oh! mon Dieu, oui!
Sans doute. T-anaras?,.. Ohf Did; Tu iras?... Oui, certes!
Dieu, s. m. Dieu, le premier et le souverain être : au
fig. divinité, sujet ou passion qu'on adore.
Ce mot ne s'emploie guère ainsi seul que dans le style
poétique ou soutenu, ou pour parler d'une divinité païenne.
Ordinairement on dit : Lou bon ntou. — Voy. Bou-JHou,
L'idée de Dieu se représente en languedocien dans une
foule de locutions souvent explétives : Diou vmt Aouse/
Que Dieu vous écoute ! J'en accepte l'augure. A la gardo
dé JHou/ Dieu soit béni! A la bonne heure! Diou-mécis/
Grâces à Dieu! Béniisia-Dion/ Dieu merci! Se Diou-x-ou
véou, s'il plait à Dieu. Plèt-à-Diouf Plût à Dieu! Diou té
créique/ Dieu te fasse grand et sage : souhait qu'on fait
à un enfant qui étemue. Daran Diou siè/ Dieu ait son
âme! fVoy. Davan.J Diou vous lou donel Dieu vous
donne le bondir : formule pour prendre congé. Diou vous
n'en bonjour, contraction de : Dieu vous donne le bon-
jour; forme usitée dans les environs d*Anduze. Il est
évident que dans cette phrase, dons est supprimé complè-
tement et sous-entendu, comme dans la précédente le s.
Bùnsouèr, Le mot n'en n'est que le prolongement eupho-
nique de né en; c'est comme si Ton disait : Dieu vous en
donne, du bonjour. Gens dé Diou/ Juron fVoy. GénsJ,
Diou m'ajude/ Dieu me soit en aide : phrase explétive
pour donner du nombre et de la vigueur au discours, qui
indique toujours une contrariété. Diou-çaï-siè/ Que Dieu
soit avec vous, dil-on en entrant dans une maison, et on
réplique : Amaï à vous. Tout cela répond au Dominus
vobiseum du prêtre à la messe et an répons du clerc :
Et cum spiritu tuo. — Diou-si/ Diou-nou/ — Voy» Dià,
Dér. du lat. Deut,
Dire, v. Dire. — Aquà fat bon dire, c*est fort aisé à
dire. Aqud's un bel dire, c'est un grand avantage; il y a
bien de quoi se vanter. H'ou sâouprés à dirs, vous me le
ferez savoir; vous m'en donnerez des nouvelles. Sa ce que
né vôou dire, il sait ce qu'en vaut l'aune. Se lou tén né
t)ôou dire, si la saison veut être propice. N'es pas pér dire,
«Roiff... ce n'est pas pour s'en vanter, mais... Vôou pas que
siègue lou di, il ne veut pas en convenir. Dé que v^ou dire
que siègue pas ana à la mésso? Pour quel motif a-t-il
manqué la messe? Dire dé nou, refuser une proposition;
se dédire. Aquélo bouto eouménço à dire dé nou, ce tonneau
est sur sa fin de coulaison. Aquè's pér dire que... ou dé...,
c'est pour qu'il soit dit que... Sou-dis, dit-il. Digas/ Dites
donc! formule vocative qui doit être suivie du nom de
l'individu ou de sa désignation plus ou moins explicite
fVoy. Voué). Mais» digas, l'avès visto coumo se earavo/ Dites
donc, l'avez-vous vue comme elle se rengorgeait! formule
familière atl comérage féminin. Aïci digan, entre nous soit
dit. Aqttà's pas pér dire, mais., ce n'est pas l'embarras,
mais... Es dé dous dire, il a deux paroles; il soutient le
pour et le contre; il a son dit et son dédit. Coumo disiè
Vàoutre (Voy. AoutreJ. Tén pas gaïre à soun di, il ne
tient pas à sa parole. Entre lou fa et lou di, y-a très
lègos dé cami, prvb., entre la promesse et l'exécution il
y a loin. Disou, on dit. Se fouie éscouta lou di dàou
mounde, s'il fallait s'arrêter aux cancans. Que li diguère,
lui dis-je. Et se mé disias gué..., vous me direz peut-
être que... Quoucon mou disiè, j'en avais le pressentiment.
Dér. du lat. Dicere, m. sign.
DiBCOimforme, orme, adj. Informe; démesurément
grand ou gros ou large; hors de toute proportion.
Il est la négation du mot : conforme, semblable, propor-
tionné, relatif.
Discour, s. m. Dim. Discoumé. Discours, harangue;
sermon.
Dér. du lat. Discursus, course çà et là.
Dispensa, v. Dispenser: exempter; faire une exception
en faveur de... — Se itou ère un ose, que Diou m'en dis-
pense/ Si j'étais un âne, que Dieu m'en préserve!
Emp. au fr.
Diapénsos, j. f. plur. Dispense d'une ou deux publica-
tiens de mariage, ou d'un ou deux bans à l'église.
Disputa, V. Disputer; contester. — Disputan pas qu'un
sôou, nous ne sommes en désaccord que d'un sou.
Se disputa, discuter; se quereller; se battre.
Dér. du lat. Dispuiare, m. sign.
Dispntaîre, aîro, adj., péj. Disputaïras. Querelleor;
disputeur; qui cherche noise.
Dispnto, s. f. Rixe, querelle; dispute.
Dissate, s. m. Samedi, septième jour de la semaine. —
Lou dissate es un jour cour, le samedi est un jour où Ton
n'a le temps de rien. Dé pouns dé dissat», couture à longs
points, parce que les couturières étant fort pressées pour
rendre leur ouvrage le dimanche, se dépèchent tant qu'elles
peuvent sans tenir à la perfection. Y-a pas dé disMaU dm
Van que lou sourél noun végan; dicton devenu une crojWDieB
populaire, fondée sur je ne sais quelle observation, qui
veut que, par les temps les plus couverts, le soleil se mon-
tre toujours le samedi, ne fût-ce qu'un instant. #Vi¥re Ion
dissate^ chômer, fêter le samedi, comme les Juife.
Dér. par contr. du lat. Diu sabbati, jour du sabbat.
DOR
DOR
965
DiTéndre, t. m. Vendredi, sixième jour de la semaine.
— Lou divéndre éa lou pu fol ou lou pu tendre; encore
une croyance populaire qui prétend que dans le temps de
grand vent, de froids rigoureux, le vendredi est le plus
mauvais ou le plus doux des jours de la semaine. Faire lou
divéndre el loti diseate, observer Tabstinence le vendredi et
le samedi.
Dér. du lat. Dies Veneris, jour de Vénus.
DiTérÛ, V. Divertir; amuser; égayer.
Se divértî, se divertir, se réjouir, se récréer; prendre du.
plaisir.
Dér. du lat. Divertere, détourner, distraire.
DiTèrtissaii, anto, adj. Divertissant, amusant; facé-
tieux, bouflbn.
DiTèrUssanço , «. f. Réjouissance, fête publique; fête
patronale; récréation.
Dogou, 5. m. Dogue, chien de forte race, à grosse tète, mu-
seau court, lèvres pendantes. Le boule-dogue est une variété.
Dér. de Tanglais Dog, chien.
Dôon, s. m. Deuil; afiOiction, tristesse; convoi funèbre;
habits de deuil. — Lou dôou H eounvèn, le costume noir
lui sied. Piehà-dôou, demi-deuil; noir et blanc. Dé quàou
fa$ dôou? Pour quel parent portes-tu des habits de deuil?
Faïre eoun dôou, se consoler d'une perte quelconque, même
d'objets matériels de la plus mince importance. N'a\ fa
moun dôou, j'ai passé condamnation; m'en voilà consolé.
Tous rigues poi dé moun dôou, quan lou miou sera vièl lou
voitre sera nôou; tel qui rit vendredi, dimanche pleurera.
Dér. du lat. Dolor, douleur, chagrin.
Dôoure, v. Douloir; faire mal; causer une douleur. —
Ma tèsto mé dôou, j'ai mal à la tête; j'éprouve une douleur
à la tête. Jfotfn dé fai pas que mé dôoure, j'ai un mal au
doigt qui ne me laisse pas un moment de repos. M'en dôou
d'y èstre ana, il m'en cuit d'y être allé. QuHH noun vH,
cor noun dôou; prvb., le mal qu*on ignore est comme non
avenu; en vieux fr. : ce que euls ne voit cuers ne duet. —
Fénno se plan, fénno se dôou, fénno es maldouto quan-t-^ou
vôou; prvb., femme geint, femme se plaint, femme est
malade à volonté.
Dér. du lat. Dolere, souffrir d'une douleur.
Bôoiuso, f . /*. Gosse de légumes. — Foy. Cadôousso.
Dorgue ou Bonlé ronje, s. m. Oronge; agaric-oronge,
Agarieus aurontiaetis eœsareus; fungus orleicularis aureus;
champignon de la tribu des Amanites. — Chaque année,
au mois d'août et dans les premiers jours de septembre,
l'apparition des champignons sur nos marchés fait événe-
ment : elle est aussi le signal de quelques accidents funestes.
Il ne sera donc pas sans intérêt de résumer ici les notions
fournies par les mycologud^ les plus autorisés sur le Dorgue,
BouU rouje, oronge vraie, comestible, pour empêcher de le
confondre avec Vautre espèce vénéneuse qui lui ressemble.
Ce beau champignon, si renommé par son goût exquis»
par son p^nm délicat, est d'une forme ovoïde, entière-
neot enveloppé d'une membrane blanche, ou volva, en
I sortant de terre ; mais bientôt son chapeau déchire le voile
qui le couvre, sans emporter de lambeaux, et acquiert
jusqu'à onze et quinze centimètres de diamètre. Ce chapeau
est alors presque plane, orbiculaire, d un jaune orange,
d'une teinte plus vive vers le centre ; sa surface est douce,
unie partout, excepté sur les bords, qui sont sensiblement
rayés et quelquefois incisés.
Ses feuillets sont larges, épais, inégaux et d'un jaune
d'or.
Le pédicule, à peu près de la même couleur, est plein,
bulbeux, haut de dix centimètres et quelquefois plus, en-
touré à sa partie supérieure d'un anneau jaune, large et
rabattu; chair blanche, épaisse, offrant seulement une
légère teinte jaune près de la surface ; odeur agréable,
saveur douce.
On regarde, et avec raison, l'agaric-oronge, Dorgue,
comme le plus fin et le plus délicat des champignons.
Il était connu des Romains sous le nom de Boletus; les
Grecs le nommaient BiSXitt]^, et le préféraient à tous les
autres champignons. Leur amanite était le cèpe que Gallien
place au second rang.
Apicius, le plus fameux gastronome de l'antiquité, ou
comme l'appelle Pline, nepoium omnium altissimus gurges,
a tracé avec détail le mode de sa préparation. Horace*
Sênèque, Pline, Juvénal, Martial, Suétone, en font men-
tion.
Juvénal en parle comme d'un mets recherché que les
riches faisaient placer devant eux, tandis qu'on servait de
mauvais champignons aux parasites qu'ils voulaient biea
admettre à leur table :
ViUlnts ancipUes fungi ponentur amids,
Boletus domino
Mais c'est surtout Néron qui a rendu ce champignon
célèbre. Il l'appelait cibus deorum, mets des dieux ; mais
il faut dire que c'était par reconnaissance d'avoir envoyé
dans l'Olympe son prédécesseur, quelque temps avant
l'heure naturelle.
L'empereur Claude, en effet, fut empoisonné avec un
plat d'oronges qu'il aimait passionnément. Locuste et Agrip-
pine avaient présidé à la préparation du ragoût ; et comme
il n'agissait pas assez vite, le médecin Xénophon se char-
gea, sous forme de contre-poison ou de vomitif, d'ajouter
la dose nécessaire qui acheva l'impérial malade.
Lou dorgue, oronge, a beaucoup de ressemblance pour
le port et la couleur du chapeau avec la Fausse oronge,
Agarieus muscarius. Il faut bien se garder de confondre
ces deux espèces si différentes par leurs qualités.
Voici les principaux caractères qui les distinguent : l'une,
la véritable oronge, a un volva on une espèce de bourse qui
la recouvre entièrement dans sa jeunesse, l'autre a un
volva incomplet. La première porte un chapeau d'un jaune
orangé, uni, sans verrues; le chapeau de la seconde est de
couleur écarlate, plus ou moins moucheté de petites peaux
':2GG
DOU
dol;
blain'li'^s t'ii ilavos, cilii:i'\'^, tVaillouses. Lou (lorgne a un
doux jKij"fiiiii, (li's lam-^s coulnir d'nr, un priliculo j;ui-
uàlre ; la faus«;i^ oiv.n^je rxlialo uii'"' (^'Icui' il»''saL;ivnl)le cl
non p.is une oilciuMlt' oljani|iii:iii>n; bcs lanifs muiI d'un
Ijlanc (It* U'i^'r-, ainsi (iiie 1<' pcilieulo ijui osl \A\v<> épais,
cyliiidii']!!', U!i p'*u «''r;t)!l(Mi\. laill.fux \ la hase: la IjuIIjc
du j)<''diciilt^ r<''j>aiid {iliis parliouli.'rr'iunit une r.di'ur foiio
et nausv'alH u(li\ Dans la vai'iôlé à taches iloivos oucilriiies
les II' iris (le raoneau ({ui rnl luiv I.' p-Hlicul*:' sont liiie-
ni>'nt diMitCs.
Autant lou D(ni!é m^/jc ost d 'lici''UX au ^nùl et sain,
autant la fausse -M'on^^f est riialfaisinlo l't un poison ^io-
Icnt, pivsquc tnujViurs ninrl-^l. C'esl pouniuoi n-ais avons
insisl-'' snr leurs dilV.'iv'uees et sni" l^nr di seiiplinn.
Dos, n. dt." ntiinliie; [fin. de Dous^ doux. — Af/ud fa)
las tJ<js ; ("1 i|o ({(Mix. S'in dmujiis de l(is tins: 1*'S ^o^s à
soi(* Si ni sortis do leur d''uxièine nialadi'»; ils sont à leur
Intisi'MiK^ âge. F^iùc lus dos nunts ; ilire le [)t>ui' el le Cin-
tre; sor\ir deux partis à la !'• is, ou plulùl les Irahir l(Uis
deux on avant l'air de les suutonir.
Dôr. tla la t. D'io.
DotO , 5. f. Del, apport dntal. — T'oy. Ihrfjuinrn.
Dor. i!u la t. Dos, d'U.
Doubla, V. DouMer, niellreen dnulile; ployer en di^ux;
joini]r.M:'t t'inlredoux fils enseinM-", rnetiro uno d<»ul)lure;
faussT, ka'Uier; jtlier en arc. — Itonhla lu Jo/frua !n, faire
uno (linMe jîunai''' \ on lra\aillinl la nuil. Dofdda un
clav'!, t-rUu'r un clou. Doubla luio clcioti, lausseï* une clé.
A donlda, il a augiiienlé du d'iuMo.
Se doubla, se [»lier eu deux. — Su doublo co/fmo uno
fin/(/r//<o, il so plie o'irnnii' nn brin <l'osior. — On ilil iiiioux
en c' ^'Mis (]imhi(i. — Votj. c. m.
l)ér. fin lai. Di'jilicarc, uj. sii^n.
Doublaïro, s. /". Doulilfuse, uuvriôro cuiploxôc à d"U-
Mer l-i s i<- .-.'.1 (. lU .miro til.
Doublaje, .s. m. Aeiinn ^h^ dDuMtr un fil (]u<'lo<'nipio ;
frais do ce tra\ail; pr l\i^i'•n do lil douMo ou à douliler.
Double, doublo, .s. air. et adj. DouMo; le doulilo;
une fuis autant; acte écrit en deux copii^s. — Aquilo fcnno
es doiililo, celto f«'nniitM'>t eucointe. Jou<ja la doubla, jouer
une partie en doublant It* [u'emier enjeu, ftiou sifma lou
double, il faut siirner Facto en double oriu'inal. L'énvalè
tout double, il l'aNala sa.ns liô>iier.
Un double, uii cocou (jui contient deux chrysalides et
qui est l\euvrc siniultajiéo de deux vers: ce (jui f;dl que
leurs fds sont enchevctrês el qu'ils ne produisent qu'un
brin j:ros, fort cl hourilleux. Aussi .si''i»are-t-on ces coc<.)ns
des siiuplos pour les hier à part, et ils produisent une soie
grossière et terne qu'on (uuniue </o//6/o, employée à faire de
la soie à coudre, des tissus, des lacets, des {.^alons et autres
produits qui deniinident de la force et non de la finesse :
en lernic de coumierce, elle se nouune Doupion,
Depuis l'introduction des races chinoises cl japonaises
dans nos éducations séricicoles, la proix^rtion des doubles
est devenue exorbitante el con;iuie une aggravation au
iléau (jui frap[)o la plus riche de nos récoltes. Le marché
des cocons s'en ri'ssenl d'une manière j>onihle par les
rabais pnipnrlionnols sur |os ventes.
Double, uiesiu'o de capacité, double décalitre, 20 litres.
Dér. du lat. DupUw, m. siu'U.
Double-Milo, iutcrj. Junin ]»eu (U'th<>doxe qui, couinio
l'uis ceux (Ml oniro le mut millo, ini[»li(jue la i)luralité dos
dieux, et par cnns-'-quont ressembl-^ fort à un legs d(^ Tau-
tiquité. La racine de co junm (st Milo-Dunts.' mille-dieux!
Par un r.'sto di? ropoct pour le nom de Diou qu'on renie
en iiui-iquc snrit», on supprinia le mot Dit^u qui demeure
s<ius-oiiirii(lii ; DuubU'-M (lo cst doiic Ic du[)licatif dc Mdo-
Dkni: Il Toit iVire (ib>or\or co[)endant que ce juron a
mi'ins do [mric" dans Tusatje (]ue dans sa racino; et coiniiie
il I si fci t pM»ilili« (ju(^ t'tus ceux qui proudMcenl le mot
D(>/d;fe-Milo ignnrenl qut^ c'est uno insulte à l'uiuté de
Dii'U, ils s mt iiKiins hèli n.dovos {]ue coux qui disent ou-
vorteiiKMii: Milo-lhous, [•arcMju'ils sa\<Mit tous que c'est
une attcinto ll,i,i.'ranle aux doux [ireiiners articles du Déca-
loguo.
Doublén, douhlénquo, s. m. et /'. Agneau m;\le eu
femollo (h' di'ux ans. — Voy. Jh'dfijas.
Doublis, s. m. Atlel vio do doux chevaux k la charrue.
— Idn/fid dtiK doublis, laboui'or avoc deux l)otos, par op-
posilii'U à l.àoura d'>u fourcas, labuurer au brancard ou à
la limonni<"'ro, c'est-à-diie avec une seule bêle.
Doubluro, s. f. Duubluro, élolT*' dnju une autre ctolîe
est d'.!iM'"\ — On d'>nne [»laisa!nmenl ce nom à la peau
hum liiio.qui est enqu<'lijno sorte la doublure d<Mioshnl)ils.
— /'/ cronl > l't, vùou j)'!S /'('S j>cr doubluro, pr\h., fm COlitrC
fin w \aut rion pun* doublure ; à bon chat, bon rat; tu
as h faire à {pi^Kp^i'un d'aussi rusé que toi.
Douçamén, alv. Dim. Doueauiene. Doucement; à petit
bruit; (Mioatomoil ; a\ei" douceur.
Dér. de Dous, du lat. Dulcis.
Doutinoùs, ouso, alj. D.iucoàtre; qui est d'une dou-
ceur fado, [)res(|U(» nauséabundo. — On emploie quelquefois
Doucinas, m. sign., (pii resseudjle beaucoup à sou péjo-
ratif.
Dér. de Dous, doux.
Douèlo, >'. f. Volice, latte-volice, petite planche très-
mince el fort étroite sur laquelle se clouent les ardoises, el
dont on garnit l'intervalle des traverses lorsqu'on veut
faire un [ilafund plat garni en plAtre.
Dér. de la bass. lat. Dotjella, petite douve.
Dougan, s. m. Douvain, hnis refendu ou scié propre à
faire des douves; rensemhie des douves d'une vaisselle.
— Aquo fara dé pouli dougan, celle Iwguc donnera de
fort belles douves.
Dougo, v. [. Douve de tonneau ou de cuve; aisdoléqui
forme le corps des futailles. Les meilleures dans notre pays
se font en bois de nuirier. On les scie de manière à leur
donner une certaine courlje, et pour cela on les scie eu
DOU
DOU
267
deax traits qui commencent par les deux bouts opposés
sur deux lignes qui ne sont pas la prolongation Tune de
l'autre, mais qui se coupent en angle excessivement obtus
vers le milieu de la douve.
Dér. de la bass. lat. Doga, m. sign.
Donié, doniéto, adj. Douillet; délicat; qui se dorlote;
qui ne peut supporter la plus légère douleur.
Dér. du lat. Dolens, dolent ; qui se plaint.
Donîétariè, i. f., ou Douîétiîe, s, m. Délicatesse ; gâte-
rie ; susceptibilité excessive pour la plus petite douleur.
Ce qui constitue une différence entre ces deux mots, qui
cependant s'emploient à peu près indistinctement, c'est que
Doulétarii est un acte de délicatesse, et DouïéUje est ce
défaut lui-même, l'habitude passée à l'état chronique.
Bonîre, s. m. Buire; jarre à huile; urne de cuve;
grand vaisseau en terre cuite.
Dér. du lat. Dolium, vaisseau, tonne.
DoQJe, n. de npmbre. Douze; deux fois six ou dix et
deux.
Dér. du lat. Duodeeim, m. sign.
Doujéno, s. f. Douzaine, nombre de douze. — Les œufs
se vendent par douzaines ; la plupart des fruits se ven-
daient de même autrefois; c*est ce qui a amené cette
phrase proverbiale : G n'a pas tréje à la dmjéno, en par-
lant d'une jolie femme ou d'un homme de mérite; c'est-à-
dire que c'est un objet d'une trop grande valeur pour
qu'on puisse ajouter une unité de plus par dessus le mar-
diê, comme cela se fait presque toujours pour les ventes à
douzaine.
. Doiilo, «. /. Coup de poing donné sous le menton, ou à
h nuque on dans les côtes, avec l'angle des phalanges fer-
mées. Le mot a voulu exprimer l'effet toujours douloureux
et en a fait le suprême du genre.
Dér. du lat. Dolere.
Donloù, s, f. Dim. Doulounéto. Douleur rhumatismale
ou nerveuse, et non la douleur, la souffrance générale, que
fait éprouver un mal physique quelconque, encore moins
la douleur morale.
Dér. du lat. Dolor.
Donlonroùs, onso, aâj. Douloureux ; accablé de dou-
leur; affligeant. — Ne se dit toutefois que des objets ou des
membres et non des individus souffrants. — Honn coda-
(re dtmlùurots, mon corps accablé de souffrances : cette
phrase n'est même de mise qu'en style goguenard et fami-
lier.
Donméisèlo, «. f, Dim. DaumêitHMo. Demoiselle; jeune
fiUe d'une classe un peu plus élevée que le bas peuple. — On
se sert du mot au vocatif envers les filles du peuple, quand
on veut se montrer agréable ou par politesse : c'est un
nom qu'on donnait aussi autrefois aux dames de la petite
bourgeoisie, pour les distinguer des femmes du peuple qui
se dénommaient sous la qualification du nom féminisé de
leur mari, et des dames de la noblesse et de la haute bour-
feoisie qui seules avaient droit au titre de madame.
DoumétsUo est encore un insecte de la classe des Né-
vroptércs, appelé Libellule ou Demoiselle, Libelluta, Linn.,
portant des ailes de gaze, qui vole au-dessus des ruisseaux
et des petits cours d'eau.
Dér. de la bass. lat. Domicella, dim. do Domina,
Donméîsélun, $. m. Terme collectif : ensemble des de-
moiselles ou des filles d'une ville ou d'un village.
Doumèrgne, n. pr. d'homme. Domergue.
Ce nom, comme le remarque très justement Sauvages,
est devenu n. pr. de famille après avoir été d'abord un
simple nom de baptême. Il fut en effet Dominique, que le
roman languedocien transforma en Doménge, et l'esp. en
Domingo, maintenu en Domlngue pour l'appellation d'une
ile des Antilles. Il a donc subi les mêmes métamorphoses
que ses similaires dérivés de la même source, que nous
avons déjà rencontrés. C'est encore cette finale en mieiu
ou inicœ de la bass. lat. que le roman ne tolère pas. Le
latin donnait inus, ina, inum, qu'on avait redoublé on
allongé; et ce sont ces consonnances sur lesquelles le roman
se plaisait à s'exercer. Aussi tous ces noms à base com-
mune présentent-ils les plus bizarres variantes.
Douméssargne, n. p. de lieu. Dommessargues, canton
de Lédignan, arrondissement d'Alais.
Variété de même famille, avec la désinence plus par-
ticulière à nos contrées. Le principe est dans le latin Do-
minui. Pour en faire un nom de lieu, le suffixe ordinaire
vient l'approprier et dans la bass. lat. on appelle ce do-
maine, appartenant à quelque seigneur, au moyen-àgd,
Dommsanieœ, en 4235; le roman vulgaire, en même temps,
4237, dit Domensianêguês , puis Domenuanengue» , qui
arrive à notre Douméssargue par le chemin que nous avons
indiqué sous les noms en Argue.
Doummai, conjonc. C'est la traduction du fr. Plus, pris
pour conjonction et lorsqu'il sert à établir une relation
entre deux verbes. — Daummaï va\, doummat décline,
plus il va, plus il décline ou diminue.
Formé de Mai, plus, et du lat. Dum, tandis que.
Donmmén, conjonc. Moins, dans l'acception inverse de
Doummat. Tout ce qui est dit pour celui-ci peut s'appli-
quer à celui-là.
Doun, eonj. Donc, par conséquent. Le pronom fr. Domt
n'est pas connu dans le lang. et c'est un gros solécisme ou
plutôt un gallicisme que de l'employer. De qui ou dtiguei
ne sont pas admis davantage : lacune fâcheuse sans doute
à qui veut traduire le français; mais pour ceux qui pen-
sent en lang. en écrivant dans cet idiome, la pensée ne
leur vient pas même d'employer cette forme. -^ Toy.
Adoun.
Dér. du lat. Tune, alors.
D'onn, adv. de lieu. D'où, de quel côtét Contraction de
D'ounU, mais avec cette difiërence que D'oun ne s'emploie
qu'interrogativement.
Donna, t?. Donner; fûre on cadeau, une donation; li-
vrer, vendre, accorder; causer; ruer; frapper; atteindre.
2G8
DOU
DOU
Opeiidaiit une siiigularilô : dans oAW dcrniiM-i? accoptioii,
la l»"** ol 3'"'' p(?i>. sijig. do l'iiidic. pivs. du ^e^bo Donna,
n'ont pas la inôiiie l'orme do conjagaison. Ainsi Donna,
doinier, l'ail : Donc, dones, dnno ; cl lo niAiiii> wrlu', lors-
qu'il bi.unili») rut.T, l'ail aux: mèiiios temps: Dounv, douncs,
tloitno.
Doinia so dit d'un nmr ou d'une ci instruction (juelcun-
<[ue qui s'all'aisse sur sa base ri j)erd son nploml). — Sf
donna à fjuàoa(i((f(s, tnih'un oustàou, se d'Hnier corps et
bien ù inie p;'rsninie, à um.' t'ainille : ce (|ui arnve Sfiuvenl
parnji le |)i,'Uple des célibataires, qui, n'ayant ni la mille,
ni bjjin' sant"', ni ca[)âcilé sulïisinle pour ^n'-rer leurs
alVain-s, s'établissent dans une famille à la(]uelle ils aban-
doini'^nl bur avoir, à cbaruc de pourvoira tous leurs be-
soins. O'ile situation est la Ci)nlre-[>.irtie de la tutelle olll-
cieuse el ]».iurrail se dénHmmci' itupillarilé uirieuMise.
Aqudo rerollo dono hlcn ai^ne^te an, celle r»''C<»lte [)rodnit
heaucitup celle année.
Donna veut dire enC'>re : avoir \ue; traiter; el laire
l'aumône. — Sa fcncsUo dono sns Ion ccntcntni , de sa
fenêtre on a \ue sur le cimi'ti('M'e. Af/nct hos(e dono bien, ce
traiteur doinie bii-n à dnu'i". Dminas qnoacon don /nlonrc
avinjfc. faites ramuôni? au i)auvre aveugle.
Dér. du la t. Donarc, m. siu'ii.
Douminargue, n. p. de lieu. Dominari^ues, canton de
(À)nnau\, arrondissement d'L'zès.
Autn,' \aj'iante dt's deux noms i)ropres «[ui précédeiit.
Celui-ci vient encon' du la t. IhaninuSy c'est un»' terre
dominlcalo au mo\ l'ii-à^^f, inléodée, (pii, poiu' cela, était
dési^^néc ]>ar Duniinanica-, et <pie la laiii^'U*' Nuli'aire a lini
pai" [)lier au Dunuiînarij^'js aciuel.
Des ori-:ii;'\s c >iii!nun''S apparenlml toutes ces dénomi-
nalioiis, ([u'jl faut conférer a\t'C ci* (pie nuus a\oiis dit di'
Dinninlic, d'une con^;oi^'uiiiilé frateruelli^ et «pii a pas>é
par d s lr,.ii.-r aiiiàli 'lis puraitemcnl id.iiliipi.vs. 'l'ous ces
rap[i'irl,> doivent encore être r;ipprncb'''S des imius analo-
j^ues, cl rieii n'cbt plus curieux qu<,'' ces di\ersilés sur les
luèmes racines. Ainsi sont ai^pcjés : Domassan, Douiossan,
Domeiiec, DoMienecb, n. pr., «q Domme (Durdogne, ; Dom
(A\eyron,; Daumaize fPuy-de-Domej ; Domezac (Clia-
rente, : Daumazan 'Ari/'i^e}; Doiuazan ((iard;; Doim^zain
(Hautes 1\\ rénées j ; Dniut^iac ^I.ot); Domilbac ^Lot-el-
Garonne,; Dominon (Mévre).
La CAHup'.sition etbni(pie des noms est féconde el fournit
un intéressant sujet d'études, dont nous essayons de dojiner
quebjues éL''njents.
Dounacîou, s. f. Donation; don i)ar acte public; acte
qui établit la donation.
Dounaïre, aïro, adj. Lil)éral; aumônier; cbarilable;
qui aime à rendre service.
Doun-Doun, 5. f, Dondon; grosse gagui; femnie ou fdle
qui a un enjbonjHÛnl excessif.
Dcr. du roman Dondaine, ballon à jouer.
Dounéto, adj. des deux genres. Variante de Dounaïre,
mais qui ne s'euq>loi«^ (jue négativement : iî** pas donneio,
il n'est [v:\i^ généreux; il n'aime pas à donner; il est avare,
serré. La fonrnitjo éa pas donucio , la fourmi n'est pas
prêteuse.
Douno, s. f. Doinie, la main aux dilTérenls jeux de
cartes; distribution d'aumônes à jours fixes, qui sont usi-
tées dans certaijuis maisons cbarilables. — lliuri es jour
de douno cnco dé moussa..., c'est aujourd'hui jour d'au-
mône cbez lueiiisieur...
D'ounté ou D'ounte, alv. de lieu. D'on, do (juel côté?
— Voy. D'oun.
Dér. de Onnfv.
Dourda, r. Fraj)per, beurter de la corne; cosser. — >»«?
dof/r<la, se cosser; lutter à coups de cornas; au (ig. se
beurter, se cngur-r la télé contre un cor[)s dur (luelconque.
• — • Jadis dans les létes |)ubli(pies on fa'isail lutter deux
Itéliers enseiidiie. On trou\e dans d(»s comptes munici|>aux
de Mimes cet article de d>'penses : Pro nno iniflona qui fuit
luchitus ad IfK l ts Sancti Jjinrcndi V doiarti.
vSiu\ages prelend que ce mot est d'origine celtique: il
est diiïicile de prouver le contraire.
Dourdo-moucho, aîj. de tout genre. — Voy. Dounh-
niouio, dont il n'e>l qu'une corrui)tion.
Dourdo-mousquo, adj. de loul genre, m. sign. que le
])récéileiii el l-:- sui\.inl, dont il .\st une variante. Tous trois
s'a[»pliquenl fort bien ^'i un butor, un bélitre.
Dourdo-mouto, a<lj. de tout genre. Sournois, taciluruf:
songe-cHMix. Au prop. «pii se heurte du {)ieJ en marcliaut
Contre bs molles de terr(\ tajil il est iu*éoccui)é de ses
soiiiiu'LS et sottes ré\eries.
Dans l'usage, Do^mlo-nutucho a i)ris le dessus, et il csl
l)lus u.sité.
Dourmar, aïro, adj. Péj. Donrmairas. Gvtind dormeur;
roupdleur.
Dourméïre, cïro, adj. Dormeui-, qui aime à dormir.
Doffnii'tr est son jiéjoratif.
Dourmi, r. Dormir; rep «ser; être dans le sommeil; être
calme et sans nu^ivement, comme l'eau dorniante. — On dit
d'une lou[:ie, térnhin que dor, lorsiiue, vers le milieu de
ses évolutions, elle se met ;\ lt»urncr sur sa pointe sans
changer de jdace et avec une telle régularité d'équdibro
qu'itn n'ap(Mcoit pas ses mou\emenls de rotalion. — Lous
magnas dor mon à ias très, à las quatre, les vers h. soie sont
dans leur troisième ou quatrième mue.
Dér. du lat, Donnire, m. sign.
Dourmido, 6-. f. iMéridiennc, sieste; somme. C'est un des
repos (jui sont dus aux journaliers depuis le \^^ rnai jus-
qu'au \^^ août : il a lieu iuunédiatement après le repas de
midi.
Dourinïouso, *. /'. Torpille, Torpch ou Torpilla, lÀnn,,
poisson de l'ordre des Tréma lopnées et de la fam. des
Plagiostonjes, à bouche transversale, plat, cartilagineux,
à |)eu près de la figure de la raie. La plus grande torpille
a deux pieds de long. On sait la faculté qu'elle a d'engour-
DOU
DRA
269
dir ou endormir le bras de celui qui la touche, comme par
une décharge électrique. De là son nom.
Dourquado, s. f. Dim. Dourquadéto. Plein une cruche ;
contenu d'une cruche. — Vaï cérqua uno dourquado d'aïgo
frésquo, va remplir ta cruche d'eau fraiche.
Dourqué, i . m. Petit broc ; pot à eau ou à vin ; cru>
cbon. — S*afnoura dou dourqué, boire à même au broc.
Dim. de Dourquo.
Dourquièîro, 3. f. Violette-longue; espèce de figue d'un
noir violet en dehors et rouge en dedans. Elle a le cou
allongé et la base large et plate, ce qui lui donne certaine
ressemblance avec quelque ancienne forme de cruche,
Dourquo, d'où elle tire son nom.
Dourquo, s. f. Dim. Dourquéto; péj. Dourquasso. Cru-
che de terre ou de grès. — Les gens de la campagne s'en ser-
vent comme d'un broc pour le vin ; mais pour cela cette
crache à vin doit avoir un bec ou canal : lorsqu'elle n'a
qu*nne évasure à son rebord, on l'appelle Bkhè.
Dér. du lat. Orca, jarre, vaisseau de terre.
D0U8, n. de nombre. Au féni. Dos. Deux. — Dé dons
in dous, deux à deux : terme de jeu, quand on est associé
deux contre deux ; se dit aussi des choses et des individus
divisés par paires ou par couples. Sèn dous» nous sommes
deux, c'est-à-dire je partage tout à fait votre manière de
voir. Proumétre et iène soiin dous, promettre et tenir sont
deux choses fort différentes.
Dér. du lat. Duo, m. sign.
Dous, douço, aij. Dim. Douce; péj. Douças, Doux;
suave; agréable au goût, à l'odorat; fade; qui manque
d'assaisonnement : au fig. paisible; d'humeur douce; tran-
quille; humain; pliant; flexible; velouté. — Lou pan es
Ira dous, le pain manque de sel ou de levain ; il est fade.
On le dit aussi du vin qui, sans être liquoreux, n'a aucune
pointe, par opposition dou vi for, celui qui commence à
aigrir; mais il faut que ce soit dans une phrase corrélative,
sans quoi lou vi dous est simplement le vin doux qui n'a
pas encore cuvé. La passo dovço, il passe la vie douce.
Dér. du lat. Dulcis, m. sign.
Dousil, s. m. Dim. Dousïé. Fausset de tonneau; bro-
chette qui ferme une petite ouverture pratiquée soit au
haut du fond pour donner de l'air à l'intérieur quand on
le remplit, soit au milieu pour en déguster le contenu, soit
au bas quand on le soutire à la brochette; ouverture même
ou se place le fausset. Au fig. petit trou, blessure étroite.
La racine de ce mot peut bien être dans le lat. Dolium,
tonneau ; mais elle pourrait bien peut-être se trouver dans
Dueere, ductus, conduire, conduit, ou Dux, ducis, chef,
guide.
Douta, V. Douter, être dans le doute; soupçonner. Se
prend presque toujours en mauvaise part. — Douta sus
quàouq;uus, soupçonner quelqu'un.
Dér. du lat. DubUare, m. sign.
Doute» «. m. Doute; soupçon; hésitation; incertitude. —
Leva un doute, élever un soupçon.
DouYèr, èrto, alj, et part. pass. de Douvrï. Ouvert;
franc ; sincère ; qui a le cœur sur la main. — Vn chival
douvèr, un cheval à large poitrine , dont les jambes de
devant sont largement espacées. Un home douvèr, un
homme qui a les cuisses arquées et dont les genoux sont
fort éloignés.
Douvri, V. Ouvrir. — Voy. Drouvi.
Dra, s. m. Drap, étoffe ordinairement en laine; grand
châle en mousseline blanche dont les femmes cossues s'en-
veloppaient surtout quand elles étaient en grand deuil. Cet
usage est passé de mode : le chàle est noir en grand deuil .
— Dra dé mor, drap mortuaire. Dra d'hounm, poêle
d'hoimcur qui se porte devant le cercueil.
Le mot Drappus avec la m. sign. se trouve dans les Ca-
pitulaires de Charlemagne : le celtique avait Drap; le gr.
donne Karpoç, trame.
Dra, s. m. Dim. Draqué. Lutin, diable; mauvais génie;
esprit follet. On l'appelle aussi Janlou-Dra ou lou Draqué.
Dér. du lat. Draco, dragon.
Dragas, s. m. Dragon ; nom que l'on donne souvent à
une femme ou à une fille effrontées, hardies au-delà de
toute pudeur. C'est une contraction du péj. Dragounas. —
Aquà's un dragas, c'est une Virago, un démon d'effron-
terie.
Dragoun, s. m. Dim. Dragouné; }jéj. Dragounas. Dra-
gon, soldat appartenant à une arme de la cavalerie; lutin,
esprit ou serpent fantastique. — Aquà's un dragouné, c'est
un petit lutin.
Draîo, «. f. Chemin affecté aux troupeaux et qui a une
plus grande largeur que les autres. — 11 se dit surtout de
ceux que suivent les troupeaux qui vont passer l'été sui*
la montagne et sur lesquels on croit qu'ils ont prescrit
le droit de passage, quoiqu'ils ne soient pas frayés et qu'on
ne distingue guère à l'œil leur périmètre. C'est sans doute
un préjugé qui ne repose sur aucun droit , bien que les
anciens cadastres les appellent quelquefois comme tenants
et aboutissants de délimitation. Du reste le nombre de
routes et chemins vicinaux qui se multiplient chaque jour
rendent ces Draïos inutiles.
Dériverait -il du gr. Apàw, s'échapper, s*enfuir, ou de
Tplyw, courir, passer?
Draiôou, s. m. Petit sentier; chemin étroit, à peine
tracé.
Dim. de Dràio.
Draja, v. Cribler; passer au crible.
Dér. de Dral ou Dra je.
Draîsûre, s. m. Celui qui crible le blé.
Drajé, i . m. Crible. — Voy, Dral,
Draîèio, s. f. Dragée; amande, pistache, noisette, ou
autres petits fruits enveloppés de sucre durci. — Quouro
nous {as manja dé drajèios? Quand te maries-tu? Bada la
drajèio, au fig. cette locution signifie : Bayer aux corneilles ,
ouvrir la bouche de stupéfaction ; au prop. elle est devenue
proverbiale et prend son origine dans un jeu du carnaval
270
DRA
DRE
Dans les mascarades des jours gras, on voit toujours un
masque habillé en Cassandre et monté sur un âne, sens
devant derrière; il lient à la main une baguette : à cette
baguette pend un iîl : à ce (il est accrochée une dragée que
Je Cassandre fait sautiller, en frappant avec une seconde
baguette sur la première, au-dessus d'une foule de gamins
qui suivent, la bouche grande ouverte, pour hap[)er le
)x)nbon, qui leur échappe par ses sautillements, car il est
prohibé d'y porter la main.
Cette définition, explication, description du mot et de la
chose est empruntée aux Castagnados, et nous n'avons pas
cru pouvoir mieux faire.
L'étymologie, nous le savons, est, d'après les glossa-
teurs. tirée du gr. Tpayiitiaxa, dessert; de là dragée, disent-
ils. Nous ne nous y opposons pas. Mais pour qui a vu
confectionner cette charmante et nuptiale friandise, une
autre dérivation se présente. Les amandes, pistaches ou
noisettes sont jetées dans un poêlon de confiseur, au milieu
d'une poudre de sucre, et soumises à un mouvement con-
tinu d'agitation, de rotation, d'oscillation, jusqu'à ce que
les molécules de sucre les ait entièrement et également
revêtues et enveloppées, de manière à leur former une
nouvelle écorce, cette délicieuse écale durcie au frotte-
ment, lisse et égale, qui distingue la dragée. Cette opéra-
tion de confiserie n'est autre que la manœuvre du crible à
blé appliquée à une friandise. Or le crible se nomme en
lang. Drajé. Pourquoi les amandes, criblées aussi, ne rap-
pelleraient-elles pas dans leur dénomination le moyen par
lequel elles sont devenues Drajéios? Celte origine nous
semble valoir autant qu'une autre plus savante.
Dral, s. m. Dim. Drajé. Crible à blé, en peau de porc
et à trous ronds, ce qui le distingue du Moundatre,
Le mot Dral est un terme générique dont celui de Cau-
ladoù est la spécialité relativement au blé. Lou Drajé ou
PisiO'païo est un crible dont le fond est tissu en collons
de châtaignier, servant à séparer le grain et la balle d'avec
un résidu de paille.
Dér. du gr. Àpiu), s'échapper, s'enfuir.
Drandaia, <?. — Voy. Trantdia,
Drapé ou Drapël, 5. m. Drapeau d'enfant, linge carré
dont on enveloppe immédiatement le corps de l'enfant au
maillot.
Dim. de Dra.
Drapèou, i. m. Dim. Drapélé. Drapeau, étendard, en-
seigne militaire.
Dér. de Dra.
Drapiè, s. m. Drapier» marchand ou fabricant de drap.
— Dans un acte du 40 des Kalendes de janvier 4294, qui
règle le rang des corporations à Alais, il est fait mention
des drapiers et marchands de drap, faisant commerce avec
Paris et en France : Draparii, utentes officia drapariœ et
amnei illi qui Pariiii$ aul in Francia tnêrcaturas iuas
exercent. Ils font partie de la deuxième échelle pour former
le conseil municipal de la commune, avant les avocats, les
notoires, les médecins, les apothicaires et les épiciers, qui
ne sont classés ensemble qu'au troisième rang.
Draqilé, s. m. — Voy. Dra,
Dré, *. m. Droit; jurisprudence; justice; loi; ce qui est
juste; liljerté; faculté. — Faïre lou dré, faire bonne jus-
tice, rendre à chacun ce qui lui appartient légalement ou
consciencieusement. A fa lus drés à sous éfans, il a par-
tagé son bien à ses enfants avec une stricte probité. Lous
drés, les droits légitimaires d'un enfant de famille, ce que
la loi lui accorde obligatoirement.
Dér. du lat. Direclum pour rectum, justice, équité.
Dré, drécho, adj. Dim. Dréché, Droit; direct; qui est
debout ; escarpé ; qui a une j)ente rapide. — Tèn-té dré,
suivant les cas, signifie : tiens-loi debout ou tiens-loi droit.
Dré i'én-drè, vis-à-vis, en face de. Marcha tout dré, mar-
che droit devant toi. La maimtado es bien drécho, la mon-
tée est bien rapide. Dré dé tus, vis-à-vis de loi, en hgnc
directe de ta position ; faisant face à la direction de tes pas.
Soun mas es dré dé Lama, sa métairie est près et dans la
direction de Larnac. Tout es en dré, tout est régnlièremenl
disposé. L'àouro drécho, le vent du nord. Faïre l'âoubre
dré, (Voy. Aoubre.J — Aqui dré, de ce côté, dans ceUft
direction. C'est une phrase explétive fort usitée dans la
région orientale d'Alais, chez ce qu'on appelle les GounèU,
qu'on y emploie à tout usage, sans le moindre rapport avec
la phrase anlécédente ou subséquente. A man drécho,
du côté droit, à main droite.
Dér. du lat. Directus, droit.
Dréchè, dréchèiro, s. m. et f. Droitier, qui se sert
particulièrement de la main droite pour tout exercice et
travail d'adresse. — La nature a donné une égale force,
une même dextérité à chacune des deux mains ; ce ne sont
que les habitudes d'enfance ou d'apprentissage qui modi-
fient celle disposition naturelle, en faisant passer par un
exercice journalier la force et l'adresse dans celui de ces
membres qui est le plus mis en exercice.
Dans notre état de civilisation, nous avons donne la
préférence au bras droit, et dans tous les actes que nous
apprenons théoriquement, c'est lui qui joue le principal
rôle, non pas qu'il y ait été prédestiné par la nature, mais
bien parce qu'il faut, dans tout apprentissage TègTÛii»«
adopter une unité de principes. L'exercice des armes a dû
être un des premiers rudiments de l'éducation des peup\e&,
et c'est un de ceux qui exigent le plus d'ensemble et d*a-
nilé de principes.
La droite a été préférée On ne sait par quel motif; mais
quand on a vu que cette main avait acquis dans cet
exercice plus d'habileté et de vigueur, on a dû penser que
ce membre était privilégié de la nature à quelques exœfh
lions près.
Cependant quand on considère combien sont nombreux
les gauchers dans les classes populaires; lorsqu'on voit que,
dans ces travaux agricoles qu'on apprend par la seule
imitation, les gauchers sont aussi communs que les droi*
DRO
DU
^71
tiers; lorsqu'on voit ceux-ci continuer à manier la houe,
la bêche, la hache, à jeter des pierres, de la main gauche,
môme après qu*on a exercé leur main droite à l'écriture et
au maniement des armes; lorsqu'on voit la nature lutter
victorieusement contre l'éducation dans certains individus
qui restent gauchers malgré les leçons, les exeiuples et les
punitions , il faut convenir que le privilège de la droite
n'est qu'une convention purement sociale.
Cette prédisposition, qui crée les gauchers et les droi-
tiers, remonte aux premiers mouvements de l'enfance au
maillot. Ces première gestes, ce premier exercice des arti-
culations, sont toujoure ^outanés. Qu'un enfant soit un
peu plus ou un peu moins serré dans ses langes d'un côté
que d'un autre, le membre resté le plus libre agira le
premier; si sa nourrice en lui donnant le sein lui présente
plus souvent un côté que l'autre , le bras placé en dehore
aura plus de liberté et c'est celui dont il se servira d'ins-
tinct pour saisir ou pour gesticuler. Au bout de quelques
jours ce membre se renforcera, et au moment où ces mou-
vements devront prendre plus d'intensité et de régularité,
la nature qui est en suspens pour décider de la suprématie
de ses membres, l'accordera de préférence à celui qui aura
montré plus de dextérité et d'aptitude.
Du reste ce qui prouve que les gauchers ne sont point
une exception de la nature, mais bien une contravention
des lois sociales, c'est qu'ils ne sont point rares dans les
classes populaires et agricoles, où l'on n'a rien fait pour
combattre cette prédisposition.
Drésèli (Sén), n. pr. de lieu. Saint-Dréséri ou Saint-
Didier.
Dér. du lat. Sunclus Desiderius,
Drinda ou Dinda, v. Tinter; rendre un son aigre et
métallique comme des grelots.
Dér. du lat. Tinnire, m. sign.
Inutile de faire remarquer, après ce que nous avons dit
Jett. D, la permutation des dentales du dérivé au primitif
iat. Le fr. et le lang. suivent leur marche parallèle.
Drin-drinl inierj. Tin-tin; onomatopée d'un son aigu
et métallique.
Dringo-drango, phr. faite, sorte d'adv. pour exprimer,
par imitation, un branlement de gauche à droite, pareil au
brimballement des cloches. — Faire dringo-drango, se
balancer de droite à gauche. Se dit surtout des personnes
débauchées.
Formé de Drinda,
firiBsa, V. Dresser. — Voy. Adriua.
Orogo, i. f. Drogue, préparation pharmaceutique; dro-
gue, mauvaise marchandise, mal fabriquée et qui n'a pas
de dorée.
Dér., dit-on, du persan, Droa, odeur. Selon Raynooard,
de l'anglo-saxon Druggs, drogue.
Drôle, f. m. Dim. Droule; augm. Droulas, Jeune gar-
çon. — Se dit d'un enfant qui marche déjà, et s'arrête à
l'adolescence» au commencement de la puberté. Ce mot
n'entraine avec lui aucune idée défavorable, comme le
Drôle, fr. — Dé qudou es aquél poulï drôle? à qui est ce
joU enfant, ce gentil mignon d'enfant? surtout avec le
dim. Droulé. Moun brave droulas, mon cher petit et gros
poupon : expression caressante, avec l'augm.
Son étym., ainsi que celle de l'adj., parait avoir été tirée
du danois ou saxon Troie, démon.
Drôle, drolo, adj. Plaisant, drole ; singulier; facétieux.
— Trobe un pdou drole que m'a gués fa aquél tour, je trouve
fort plaisant, fort mauvais que vous m'ayez joué ce tour-
là.
Drolo, s. f. Dim. Droulélo; péj. Droidasso. Jeune fille:
dans la même acception que Drole; cependant on en pro-
roge la portée au delà de l'âge nubile. — Uno bravo drolo,
une geute bachelelte. Aquà faï uno bravo droulasso, c'est
vraiment une fille appétissante.
Drouguistariè, s. f. Droguerie, terme générique pour
exprimer les drogues en général ; épicerie ; profession ou
commerce d'épicier. — Faïre drouguistariè, tenir magasin
d'épiceries.
Dér. de Drogo.
Drouguisto, s. m. Droguiste, épicier. — Le premier de
ces mots a presque disparu de la langue, comme terme
qualificatif de profession : il est remplacé en fr. par épicier.
On ne voit pas bien ce qu'il y a gagné. La même réforme
s'est opérée pour apothicaire, qui n'est plus qu'un phar-
macien.
Droulé, s. m. Sorte de basquine ou casaque de femme,
particulière aux provençales d'Arles et de Tarascou, qui
parait avoir une origine ancienne. Le Droulé était un jus-
taucorps à basques étroites descendant à mi-jamije et ouvert
à la taille, ordinairement en soie, de couleur tendre et
tranchante sur celle de la jupe. Cette mode a disparu, em-
portant avec.elle ce cachet de costume national, que même
dans leur coiffure les Ârlésiennes ont commencé à modifier.
Drouvi ou Douvri, v. Ouvrir; le contraire de fermer.
— Se drouvi, au fig. développer son intelligence.
Douvri serait plus correct, mais l'usage a adopté Drouvi,
qui n'est qu'une corruption cependant.
Dér. du lat. Aperire, m. sign.
Drubi, V. Ouvrir. — C'est le même mot que le précé-
dent dont il est une variante usitée dans les hautes Céven-
nes.
Druje, drujo, adj\ Dru; robuste; vigoureux. — /^
plèjo es drujo, il pleut dru.
Dér. du lat. urus, ferme, solide.
Dra]i)e, s. f. Vigueur; bonne santé; sève forte et abon-
dante.
Dn, dure, adj, Dim. Duré; péjor. Duras. Dur; durci;
ferme; solide; insensible; rude. — Avèn cava tiêx pans
fflfu atrouba lou du, nous avons creusé à on mètre et
demi de profondeur sans rencontrer le terrain ferme, soit
le rocher, soit l'argile vierge.
Dér. du lat. Durus, m. sign.
ITi
E
E
Du, f . m. Espèce de raisin qu'on peut confondre avec le
Dalican; mais son bois est rougeàtre et très-dur; ses
fouilles sont aussi plus grandes.
Duèio, i. f. Douille, partie creuse et cylindrique d'un
outil, d'un instrument, destinée à recevoir un manche.
Dér. du lat. Doliolum, petit vaisseau, baril ; parce que
la douille est effectivement comme un barillet où s'enfonce
le manche d'une arme ou d'un outil.
Duga, V. Être pensif; être rêveur; rester dans le far-
niente; songer ou rêver creux; bayer aux corneilles; se
plonger dans ses rêveries, moitié sommeil, moitié paresse.
Dér. de Dugou, grand-duc, parce que cet oiseau est dans
un état pareil pendant tout le jour, avec ses grands yeux
qui ne supportent pas la lumière et à demi-clos.
Dnganèl, s. m. Au fém. Duganèlo, Duc, grand-duc,
hibou, Strix hi^, Linn. Le plus grand des oiseaux de
proie nocturnes, il a deux pieds de longueur. Sa nourri-
ture se compose de lièvres, de lapins et de perdrix, ainsi
que de rats et de scarabées. Couleur fauve, pommelée de
brun ; plumes de la face mélangées de roux, de noir et de
gris; gorge blanche. Sa chair est, dit-on, tendre et d'un
goût agréable. Son nom lang., qui se dit aussi Dugou, est
une traduction de Duc et peut-être une onomotapée de son
cri effrayant, qui est d'une consonnance exprimée par son
nom. Le fr. ne pourrait-il pas venir aussi de cette imita-
tation, et ne point signifier Duc, Dux, chef de son espèce?
Dngon, «. m. Le même que le précédent : variante plus
imitative dans sa prononciation.
Dupa, V. Accuser; incriminer; se concerter pour faire
tomber une faute sur quelqu'un.
Dér. du fr. Duper, mais avec une légère déviation dans
l'acception.
Dura, V. Durer; continuer d'être; persévérer; persister;
faire un long usage. — Lou rouve duro din l'aïgo, le cliène
se conserve dans l'eau. Mes gué dure, pourvu que cela
dure ainsi. La plèjo m'a dura tout lou tén dâou camï, la
pluie ne m'a pas quitté pendant tout le temps de la route.
Tout mé duro, mes habits me font un long usage.
Dér. du lat. Durare, m. sign.
Dnrado, «. f. Durée; espace dfc temps qu'une chose dure;
long usage. — La plèjo sera pas dé durado, ce n'est pas
une pluie qui doive durer. Aguélo tèlo fara durado, cette
toile sera d'un long usage.
Durbè, s. m. Gros-bec, pinson-royal, FringUla Cocco-
thraustes, Temm. Cet oiseau, remarquable par la forœ de
son bec conique, pointu et assez dur pour casser les noyaux
de l'alisier entr'autres, dont il mange l'amande, n'est sus-
ceptible d'aucune éducation. Il est sauvage et silencieux.
11 est dur d'oreille, dit Buffon, ce qui peut-être contribue
à rendre son intelligence bornée. Ce caractère connu a fait
donner le nom de Durbè, au fig., à un sot, un butor, un
lourdaud.
Durioù, s. m. Durillon, callosité qui se forme à la plante
des pieds et à la pomme des mains, par suite de la com-
pression de l'épiderme occasionnée par la marche ou par
le maniement d'un outil.
E
E, s. m. Cinquième lettre de l'alphabet, deuxième
voyelle. E voyelle a diverses prononciations, qui doivent
être notées par l'écriture. Tantôt muet, tantôt fermé ou
ouvert, tantôt aigu ou grave, les accents correspondants
le distinguent. L'absence d'accent, qui désigne Ve muet,
ne lui imprime pas cependant la consonnance de l'e muet
français, qui est assourdi en eu bref. L'a muet langue-
docien se prononce à l'italienne, comme un e fermé bref,
c'est-à-dire que la voix appuie légèrement sur la pénul-
tième dans les mots qu'il termine. — Voy. le mot Acén.
11 nous est impossible d'adopter, au sujet de la pronon-
ciation de l'E et de son orthographe, le raisonnement et la
division de Sauvages.
On s'étonne, quand on considère la haute intelligence
de cet auteur et son esprit d'analyse, de le voir sur cette
question s'éloigner si visiblement de notre vocalisation.
Peut-être faudrait-il attribuer cette déviation à une muta-
i«n dans la prononciation de ce pays survenue depuii
l'époque où écrivait Sauvages, ou bien à des types qu^il
aurait choisis dans un autre dialecte que le nôtre. Car il
est certain que les théorèmes qu'il établit sont en com-
plète contradiction avec notre prononciation actuelle.
Ainsi il n'admet que deux divisions de la vqyelle E^
savoir Ve fermé et Ve très-fermé, qu'il qualifie par imita-
tion de l'italien, Stretto,
Or, ce qu'il appelle l'e fermé, celui qu'il marque d*nii
accent aigu, est précisément celui que nous nommons Y»
ouvert et que nous caractérisons par l'accent grave. Que
l'on observe les mots qu'il donne lui-même pour exemp\^
de Ve fermé : Miraïè, miroitier, Rès, chapelet d'oignons.
Pèses, pieds, Irangè, oranger : il est évident que hoxa pt^
nonçons tous ces e là, comme 1*^ ouvert français, et sans
aucune différence avec la prononciation des niot& sx^n^X^ >
procès, commère, lumière, grève, etc. On opposera pet&t-
ètre que dans le nord et dans l'est de la France^ om &pv<Qiie
davantage sur cet e ouvert et l'ouverture de la boache est
E
on pea plus grande ; mai* ce n'est là qu*un mode d'accen-
tuation particulière à certaines localités : comme on voit à
Lyon peser beaucoup plus qu*à Paris et ailleurs sur certai-
nes voyelles, surtout sur l'o, et prononcer par exemple
cariole comme s'il y avait un accent circonflexe sur Vd,
on s'il y avait deux o, carioole. Il est certain que, dans
tout le Midi, les personnes qui ont l'accent le plus pur ne
prononcent pas Ve ouvert français d'une autre manière que
notre 0 languedocien dans Irangè, pèses, etc.
Dans tous les cas, il est tout à fait irrationnel d'assi-
miler ce dernier e à l'e fermé français.
Arrivons à V» très-fermé ou Siretto : Sauvages prétend
que ce dernier e s'écarte autant de Ve fermé français que
celui-ci s'éloigne de Ve ouvert. Voilà' une assertion que
l'exemple ci -dessus détruit complètement. Nous demandons
à tous ceux qui ont quelque connaissance, quelque usage
de notre langue, s'ils aperçoivent une différence saisissable
entre la prononciation de l'e lang. et de Ve fr. dans les
mots suivants :
Fr. Pâté Lang. Pâté, lambin.
€ôté Coûté, nuque.
Paré Paré, muraille.
Pécheur Pécadoù, pécheur.
Série Sédo, soie.
Sauvages a cru voir dans le mot italien Stretto, l'an-
nonce d'une vocalisation plus étroite, plus fermée que
V$ fr., et il l'a appliquée au lang. Mais la désignation de
Sireito n'a pas d'autre portée que celle de l'application à
refermé; l'italien n'a pas d'autre terme pour l'exprimer
et la différencier de l'e ouvert : cette épithète est positive
et Qon superlative, comme la traduction qu'en fait Sau-
vages.
Notre glossateur n'admet pas en lang. l'existence de Ve
muet : cela est vrai, si par là nous devons entendre la
consonnance brève et muette eu du fr.; cela est faux au
contraire, si par 0 muet nous entendons une consonnance
en e brève, inarticulée, qui s'échappe plutôt qu'elle ne se
prononce après une pénultième grave et prolongée, et qui
s'élide devant une voyelle. Il range cette sorte d'e dans la
catégorie de Ve ttreito.
Nous convenons que cette sorte d'0 a une consonnance
fugitive qui ressemble assez à Ve fermé; mais si on suivait
cette analogie, il faudrait en fr. assimiler Ve muet à la
voyelle composée eti et l'appeler eu bref. Il est assez étrange
du reste que Sauvages n'ait pas senti la nécessité de dis-
tinguer et de classifier à part les syllabes inarticulées que
nous nommons muettes, soit qu'elles se terminent en E,
en I, 0, OU.
C'est Toubli que nous relevons en dénommant voyelles
ou dipbthongues muettes celles qui à la fin d'un mot sont
précédées d'une syllabe longue et prolongée et s'échappent
inarticulées comme Ve muet final en fr., comme dans les
mots : manje, gari, broquo, aïmou. Nous distinguons ces
EDO
273
voyelles finales de leurs correspondantes toniques, en les
privant de tout accent , tandis que ces dernières reçoivent
un accent grave. — Voy, Acén,
Il est à remarquer que ce genre de voyelles muettes ne
se trouve qu'à la fin d'un mot, et jamais au commence-
ment ni dans l'intérieur. Il devient donc inutile d'accen-
tuer celles qui ne sont pas finales, puisqu'elles sont tou-
jours toniques dans ce cas, et que d'ailleurs cette multi-
plicité d'accents deviendrait fatigante à l'œil.
Nous établissons par conséquent en règle absolue : l^que
au commencement et dans l'intérieur d'un mot, chaque
voyelle a sa valeur et garde le son qui lui est propre;
2" que les voyelles a et u, qui ne sont jamais muettes,
n'ont aucun besoin d'accent, quelque place qu'elles occu-
pent; 3» que les voyelles e, i, o, et la composée mt, quand
elles sont finales, doivent avoir un accent grave ou aigu,
si elles sont toniques, et rester sans accent, si elles sont
muettes.
Nous avons dit qu'au commencement ou à la fin d'un
mot, les voyelles n'étaient jamais muettes, et qu'il deve-
nait dès lors oiseux de les marquer d'un accent. La
voyelle e fait exception à cette règle, parce qu'ayant deux
vocalisations difiiérentes, Ve fermé et 1*0 ouvert, il était
nécessaire de les distinguer par l'accent qui leur est propre.
Tous les e doivent donc être accentués, hors l'e muet final.
Échantionn, s. m. Échantillon, partie d'une chose,
morceau d'une étofie ou d'une marchandise pour servir
de montre ou faire apprécier son mérite.
Emp. au fr.
Ëdo, suffixe, qui, en s'ajoutant en composition à un
radical, lui imprime une idée de provenance et surtout un
sens collectif.
Cette terminaison est particulière aux idiomes méridio*
naux, et si le français s'en est emparé pour former quel-
ques-uns de ses mots, partout où il la conserve, on est
presque assuré de reconnaître à ces vocables une attenance
avec le Midi. Seulement le français donne à la finale fran-
cisée une modulation difiièrente de celle du languedocien.
Dans notre dialecte, Èdo final est invariablement doux et
bref sur VÈ pénultième tonique, que pour cela nous mar-
quons par un accent aigu : en français, VÈ, tonique aussi,
est toujours grave, ouvert et long. Laquelle des deux pro-
nonciations se rapproche davantage de la vocalisation pri-
mitive de cette syllabe ? nous ne saurions le dire ni en
noter autrement la nuance ; mais l'espagnol et l'italien, qui
ont gardé, comme nous, la consonnance brève et douce
dans les mêmes cas, pourraient bien reproduire fidèlement
aussi la prononciation gauloise ou latine de cette désinence
partitive qui n'a pas beaucoup varié. Quoi qu'il en soit, la
présence dans un nom propre de la finale Èdo ne viendrait-
elle que prouver que les appellations où elle se trouve appli-
quée à des noms de famille, indiquent que ces familles
sont certainement originaires du Midi, qu'il y aurait quel-
que intérêt à relever le caractère et l'emploi du suffixe.
3S
274
EDO
EFA
Dans la fonnalion des noms, ce caolict de race n'était pas
inutile à remarquer. Toujours est-il que le Nord et le
Centre artV\-tionnent pour leurs terminaisons de colleclivilô
une autre formule» comme nous Talions voir, hien que
provi^nant de la même source.
On connaît déjà l'emploi et îe fonctionnement des suf-
jixes, ces syllabes adjonclives imaginées pour donner aux.
mots une extension caractéristique de s<^ns. INos ancêtres
avaient ck= ah, qu'ils ajoutaient quand ils voulaient ex-
primer la réunion, la pluralité de mêmes objets dans un
lieu; nous avons donné de nond)reux exemples; Cass,
Casn ilési-jnait un cliéne, une individualité; Casmli signi-
liait une collecti»)n de cliènes, et ainsi de bien d'autres
nom-N. ( Voy. À<jno et passim.) Les arbres, les ])iern'S, les
rocbers sont naturellement l(^s objets (pii se [»réseident lo
plus Souvent en collection : et l'oflice de la lermin.iison
collective trouvait là à s'api»liquer avec plus de fréquence
et de précision. C'est pourquoi ces dénominations ont pris
en général pour base le radical de l'arbre (|u'il fallait dé-
signer.
Le latin avait des procédés d<^ suffixes tout pan-ils :
([uand il régna en vainqueur dans les Gaub'S, quel«iuefnis
il se prit à imposer ses injj)ortations, d'autres fois il se
contenta des mots tout faits; mais toujours il les marqua
au cacliet de son génie linguisli(|ue, qu'il prenait dans
ses finales propres, surtout (juand le radical se ra])procliait
sunisaiii ment d'un mol (pii lui était familier et usité cbez lui.
Ce mécanisme, «pie nous avons explicjué, se retrouve ici.
La moyiMme latinité, <]ui s'inqtrégnait des anci«'iines tra-
ditions et qui l*Midail en même temps à ne p;is trop se
séparer du rofiiain, forma ainsi son vocabulaire de noms
])ropres de lieux, [»uis de iiersounes. On a\;iit donc, par
exemple, en gaulois L'<tssy Casa, et i'asneli ; le lalin f;iis.iit
Ciisiicfiiinf correspoiulant à (J(a'<ucltfm , à Qucrvch/nt, [xuir
dire : uu Vin ]>laiili' cl abonilanl en cbéjies, doid le roman
du iNord fit C/iesnaic ou La C/u-snaye, (]ui est devenu
notre ChalcHi'do.
JMus tard, lu dillVreiice des climals, les aptiludes de
pronoiioialiou et mille autres causes créèrent les variétés
etbniqii'S : et de là, (|uand le sulfixe ])rimitif était ck = ah,
IraiislitriiK' en cium lalin, au moyen-Age, on disait, en
em[tii»y inl le lalin, cia)n = c.luin = îiluin = cium, et en
faeoim.nit le rojiian au Aord et au Centre, on piviV-ra les
finales en ai, aye, fus, ait, ci. eye, eis, el, es, ej , etj-, ai,
ois^ oy, oyi;, et autres ilé>inences équivalentes, tandis ([ue
l'italien gardait elo, l'espagnol eda, et la langue d'Oc eh,
comiiH' signi! de la colleclivité. Par l'effet de la iieriiiuta-
lion des Idlres, dont nous avous aussi indiijué (juelques
régies, la subslilution du (/ au i est un cbangement na-
turel. Il en résidle [»ar conséMiuent que notre sulfixe f-^(lo =
ch = ah =^elum, et c<lum, ainsi que toutes les autres ter-
minaisrais éijuipollenles du roman et du français actuel,
ont des liases communes el se substiluent l'une à l'autre
sans autre molif que l'elfe l de ccu'laines prédisi)osilions
organiques, dont il n'est pas possible de se rendre compte.
Par où on est amené sans surprise, après avoir dégagé la
racine, à suivre la composition des mots et des noms, et
à saisir cependant, à travers leurs variétés, leur généalogie et
leurs formations successives : Clapas, Rancas, Bloquas,
racines secondes et individualisant un objet, conduisent à
Cloparéih, Kancarédo, Bfaquarédo, noms collectifs, couiine
le lai. Pitietum a donné Pinay =Piney = Pinel = Pinuye,
noms de lieux, <]ui sont identiques à notre Pinédo : Ver-
ueluin, lai. = Verney 'Suisse) = l'e/^ej:' = notre Vèrntdo,
de Yèr radical; et de même pour nos mots Aoumédo,
ormoie, Figaredo, Oïdivédo, ISouyarédo, Poumarédo, Pru-
narcilo, Vtruarcdo , Sàouzaredo , Ceritïrédo, Sâouzédo,
lieux plantés d'ormeaux, de liguiers, d'oliviers, de noyers,
de i>omiiiiei\s, de pruniers, de saules, de cerisiers, et d'une
infinité de similaires, que le français a également traduits
suivant ses propensions.
Ce suflixe É<h n'est pas seul à exprimer la collectivité,
mais il esl certainement un des plus originaux, el il a ce
mérite (jue sa descendance est si nette, si régulière, qu'il
était bon de nous y arrêter, afin de bien marquer les alla-
cbes de notre dialecte. D'autre part, ses afTuiités sont
encore tellement précises, son caraclèr(> si bien indiqué, et
son rôle dans la langue si bien défini, que, s'il garde une
pliysioimmie à part el qu'il la conmiuniqueà notre idiorne,
il importail de lui consacrer aussi un article spécial, qui
fera corps dans l'enstMuble de l'élude sur les noms.
Éfan, 5. m. Ditu. Èfanté, éfnatoti, efantoune ; péjor.
iij'aafas. Luiant, garçon ou fille, jusqu'à l'âge de dix ou
dou/.e ans. — Soau efans de dos maires, ou dé dons paires,
ils sont frén's consanguins ou utérins, ii/a/t dé nalsséuço,
enfant iiouveau-né. Faire l'efan, accoucber. A senti soun
ej'mi, elle a senti remuer l'enlant qu'elle porte dans son
S''in. Monn efaa ! moji enfant! terme de familiarité nfl'ec-
tueuse fort usité en languedocien, m m-soulement i)ar des
sujiérieursoudi'S gens plus âgés que l'interlocuteur, comme
ct'la se [)ralique l'ii français, mais mèfue parmi les gens de
même classe et de même Age, surtout parun les jeunes
filles liées enlr'elles : Ah! mnnn éfan! Q^i l'exorJe el le
garde à \ous de tous leurs ce)mérages. Panure éfan! lerme
d'aiiiilK', de [ùlié ou di' c<-»m:iiiséralie)n alTectueuse. hlfan
(le Ion! FfdH (fe jior.' sont dt^s épilbètes injurieuses que les
gamins se jettent et se rendent sans que leur suscepiibililé
s'émeuve beaucoup.
On dit Ûfan adjectivement et pour les deux genres
comim; on français. — Aqui/s an éfan, c'est un innocent.
ils éfan, il esl enfant, il est i»lns jeune que son âge.
Der. du la t. In fan s.
Éfantas, asso, adj. Grand enfant; adulte qui a les
meeurs et les gouls d'un enfant; qui fait des enfantillages.
— Us un. efantas, il agit, il se conduit, il parle comme
s'il n'avait i>as dépassé l'âge de raison.
Éfantougnè, gnèïro, adj. Qui aime les enfants, qui se
plait à les caresser, à badiner avec eux.
EGO
ÊLO
975
tfantonnéia, v. fréq. Faire l'enfant; s*amuser d'enfan-
tiUages; caresser les enfants, jouer avec eux.
filantaègno, i. f. La gent puérile; les enfonts considérés
Bù masse et comme classe.
Le suffixe Vigno, particulier à notre dialecte, indique
la collectivité; nous Tavons remarqué déjà sous l'article
Bastarduêgno. — Voy. c. m.
£!è, I. m. Effet de commerce, lettre de change, billet à
ordre, simple promesse de paiement; domaine, métairie,
terre, bien. — Aquà's unpouli-Véfè, c'est une belle propriété.
Dér. du lat. Effectué, production.
filla, V. Enfler, se gonfler ; devenir plus volumineux.
Au fig. S'éfla, s'enorgueillir, faire le gros dos.
Dér. du lat. Infiare^ m. sign.
tfle, éflo, adj. Enflé, bouffi, gonflé, boursoufilé. —
Jfowi dé es tout éflê, mon doigt est tout enflé. Tapo toun
ièi gué ta gàouto et éflo, phr. faite, sorte de dicton dont
le mot-à-mot est : ferme l'œil, ta joue est enflée, et dont
le sens peut être rendu par ; laisse faire, laisse aller, ou
bien : attrape, voilà, le mal est fait, la farce est jouée.
fiflijo, f. f' Enflure; gonflement, tuméfaction, OBdéme.
Égalita, i. f. Égalité, mot que les idées nouvelles ont
rendu familier au peuple. Du reste, il se disait autrefois,
mais seulement dans l'acception de la phrase suivante :
Fôou l'égalila partout, il faut de l'équité en tout.
figanâon, âoudo, $. Dim. Èganâoudé, éganàoudoù; péj.
Èganâoudas, Huguenot, calviniste; protestant.
Le mot est une corrup. du fr. Huguenot, dont l'étym.
certaine est encoi-e à trouver.
tgâou, égalo, adj. Égal. — Cet adj. n'est guère usité
pour égal, semblable, qui se traduisent par Parié. On
l'emploie fort ordinairement au neutre: E$ égàou;aquà
m'é» égâou, c'est égal ; cela m'est indifféi-ent.
Dér. du lat. JEquali», égal.
£go, s. f. Jument, cavale ; rosse de quelque sexe qu'elle
soit. — L'accent grave tonique doit être trés-marqué dans
œ mot et le suivant sur 1'^ initial.
Dér. du lat. Equa, m. sign.
tgoa, I. m. Yèble ou hièble, petit sureau, sureau her-
bacé, Samhucus élnUu», Linn. Plante de la fam. des Capri-
foliacées. Cette plante, qui vient spontanément, ne se plait
que dans les bons terrains, et les paysans la regardent
comme un indice certain de fertilité. On raconte à l'appui
l'anecdote suivante : Un aveugle, voulant acheter un
champ, s'y rendit à âne pour le visiter. On riait de sa
simplicité, car il paraissait difficile qu'il s'assurât par ses
yeux des qualités du champ. En arrivant sur le terrain,
notre aveugle demanda qu'on lui indiquât un égou, une
plante d'hiéble, pour attacher son âne. On lui répondit qu'il
n'y en avait pas trace : lui de remonter aussitôt sur sa bète,
en disant qu'il n'achetait pas un champ où cette herbe
ne poussait pas; et les rieurs passèrent de son côté.
tgonal, I. m. n. pr. Aigoual ; au nord du Vigan, la
montagne la plus élevée du département du Gard : son
altitude au point appelé l'Hort-de-Dieu, est de 4562 métrés
au-dessus du niveau de la mer. Elle fait partie de la
chaine qui, par la Lozère, s'unit aux Pyrénées; par la
Lozère, le Vivarais et le Dauphiné, aux Alpes; et par le
Lévêzon, dans l'Aveyron, au Cantal et au-delà. Elle est
boisée jusqu'à la hauteur de 4 250 mètres; son sommet,
cependant très-accessible, est dans nos pays le plus long-
temps et le plus tôt couvert de neige.
La forme française du nom, qui a une affinité très-
grande avec ceux d'Aigues-Mortes, Aigues-Vives, Aigal-
liers, etc., ne laisse aucun doute sur son étymologie, et
représenterait mieux peut-être la racine prise du lat. Aqua,
du celt. Aa, Ag, et autres, que ne le fait notre orthogra-
phe languedocienne, si l'on ne se souvenait que le roman
disait et écrivait de même Eve, eveux, etc., en adoucis*
sant la première syllabe. La descendance est directe, quelle
que soit d'ailleurs la manière d'écrire et de prononcer. La
signification indique un lieu, un terrain aqueux, abondant
en eaux : c'est ce qu'exprime la première partie du mot,
et la finale en Al sert sans doute à marquer la hauteur. —
Voy. Aïgoùs et Aïgo,
£îdo, ». m. Un aide; aide-meùnier; tout individu qui
aide un artisan chef, et non point une aide, qui se dit : Ajudo,
Corrup. du fr.
Ëdo-de-can, s. m. Aide-de-camp.
Emp. au fr.
Êîtiquéto, «. f. Étiquette, dans le sens de celles que l'on
met sur un dossier de papiers, sur une préparation phar-
maceutique, etc.
Corrup. de la phrase latine : esl hie quastio, c'est ici la
question, que l'on inscrivait autrefois sur chaque dossier
de procédure, dossier qui était alors enfermé dans un petit
sac.
£l, élo, pron. pers. Au plur. Êtes, Ho$. 11, lui; eux,
elles. — 11 est bon d'expliquer cependant que El ne peut
jamais se traduire par il, quoique ce soit là véritablement
sa portée et sa signification, attendu que le pronom il ne ë
s'emploie que joint à un verbe, soit avant, soit après : U f
aime, dit-il, etc., et qu'en languedocien comme en latin,
on ne met jamais le pronom personnel avant ou à la suite
d'un verbe. On dit en eflet aïmo, atnat, soudés finquitj,
pour traduire comme ci-dessus. El ne peut donc être ex-
primé que par: lui. Toutefois, si on peut toujours tra-
duire él par lui, on ne peut admettre le vice versé; car lui
au datif s'emploie tel quel, sans l'article à : je lui donne;
et pour rendre cette phrase, nous disons : U done. — Voy, lÀ,
Dé pér él, de lui-même, par lui-même, sans l'aide ou le
secours de personne, de son plein gré, de son propre mou-
vement. — Es tout en él, il est tout en lui-même, il garde
toute sa pensée, il n'est pas expansif.
Élo, elle, est un terme par lequel un mari désigne sa
femme, lorsqu'il est question d'aflaires du ménage, sans
avoir besoin de la nommer autrement. — Es élo que mé
lavo, que m'ésHro, c'est ma femme qui lave et qui repasse
•27o
EMB
EMB
;i,'-îi iiii-'. La l'Mniijv ne se pormct Irait pas une paiviilo
li'.i'iiL-' 1' 'ijirt'rjiic rji jiaiiaiil de son mari : «luand elle en
u-'", « • ijui f>i (.••.•ilain''iijent rexceplion . Kl pour Va cir-
O'ji.-l.in' ■ a l'iuj'iii!> mi'' cerlaine inlenlion île mépris nii
.i\\ ii."i.i> A ii-'iii*'.
D-r. un la(. UU\ ilhi.
Êlécious, .V. /■. phir. hl''itiniis. — On sent comment ce
m"l ' l 1 ' >ui\,iiit, si aetie-L-î aujounl Inii pour le [u'Uple,
N»nl l'uij,, .> (iu lr.ini'o.> (iaii> >on ilijiuaine.
Èiélur 'U Életoù, >. //<. IJrdrur.
Èli, A. m. Li>, Liliinn nui li hnn, Linu. IManlo de la
l'am. il' .■> LiiMe''»'S, lailin-ux', a llcuis iiraiid'\sel ôd(»ranles.
tllr a jii:i-i"ur.> N.iiiéls; la Idanclie e.^l la plus Ix il»'. Au
ïifi. Jii .n.li'Ui' t'\lrt'iiii\ fiubl.Miie ilt' la pun-le Mriiinalc, di'
la cMniv-ar Hinoci'nie li di* l.i jjrandcui-. — ■ Le l;in^'. ne le
conl'jh'l pa.-? L'itmmi' le Ir. iwoc les jlctfrs de lis, (jui ont ftê
si iMn-lt'iiipb It's îirmoirit'S des rois eh» France. Il ajipi'lle
0'lit'»-ci /'/.s jlour<ialis, par une corrup. loule liam-usi'.
I>ir. du ial. Lt/iuin.
Éliou, s. m. Lclair; rclat sidtil et passajj'r de lumière, qui
prt.'e'df h- coU]» dt.' lunni-rre; hunif-reétincelanl'' et rujjitivc
Di'r. du jir. r/j.'jz, soleil dont léclair imite le rayon-
iionirul t't leclal.
Élioussa, V. Eclairer; elinceier: iairc d''S éclairs. —
Èliimssn^ il éclaire, il l'ail des éclairs.
S'flioussd^ siriiter, monter aux nues île colère; dis-
parailit' loul à coU[>; s'enfuir s.ul»ilement et précipitam-
ment. — S'cs cliotts.sa, il a disparu, il s'est écliappé, dit-on
<lequel(tuuni[ui <'laillaet<]ui s'est esanoui connue un éclair.
Élo, pi'oti pers. fein. Kl h'. — To//. i:7.
Émbaïma, v. Lmhaumer, dans lo sens do répandre une
bonne «idcur. — Sen qu'éinhaimo, il réj)and une odeur
qui end>aume l'air.
l)er. du lai. Ualsamtfm, haume.
Émbala, v. Endjaller; empaijueter, l'aire des disposi-
tions de di'parl. — iimbdh tant (/ifé po, il fait ses pa({uels
|K)ur l'autre mondi^; il dépéril chaiiiie jour.
I)ér. de Dalo.
Émbaladouïro, s. /". ;\e s'euq)loie qu'ajouté au mot
Ayuïo : AijUio émbaladouiro^ {^^'osse aiguille ou {>oinçon
pour coudre l'einhaHaj^e a\ec do la licello.
Émbalaje, s. m. Eud)aliage, aclion d'emljallor; ce qui
sort à lemhallage.
Ëmbanasta, r. Charger sur une bote de somirie les
paniers à Làt, les mannes ou banustos. Au fiiz. charger à
un autre son fardeau : dans ce s^^ns, se dit mieux cepen-
dant Èmbasta.
Dér. do Bana.sto.
Émbàouma (S'), r. S'encaver, s'enfoncer dans un ter-
rier, dans une grotte, dans un bouge.
Dér. de Vdoumo.
Émbara, v. Serrer; renfermer une chose; enfermer les
èlres vivants, le bétail, par ext. enrayer une voiture» une
charrette, ce qui se faisait par une barre cordée fortement
Contre la roue, et qui a été remplacée par ce qu'on appelle
la JuécaniijUf, (pli est vérilahlrment un sabut, — Lou
U'it s'cmbaro, le l«Mii[)S se cou\re; les nuages s'abaissii'ul et
soiiililent nous entVrmer dans un hurizon plus étroit et une
almdSjilière plus basse. Senti l'embara, avoir une odeur
do renl<'rmé. Crctjae l'emOdra, aimer sa liberté; craindre
les chaînes «'l les verroux de toute est)éco.
Dans ct^s derniers «'xemt»les, h: mot est pris subslanli-
venit'ut.
Dér. de tiaro.
Émbaragna, r. Lnclnre un champ de haies; entourer
de buisMins un "passage, une issue.
S'cnib'nnijna, s'emharras.ser dans une haie; s'accrocher
a des luiissons; au iig. s'enche\étrer dans quelque aiïairo
<''j)iiii.'US('.
Der. d'' Llarafjno.
Émbaras, £. m. Au |)lur. ilmharasses. Embarras; '^^^m\
imiiroglii»; diilicull; d'agir; obstacle; timidité; irrésolu-
tion. — l'aire de sons nubarasses^ fain? ses enj barras; faire
1 important. Afjno's pus Icmharas, ce n'est pas pour dire;
cela iaqxirte peu: phrase explelivo qui répond au fr. au
surplus, l'ôou hu'U aima luus euthu russes, il faut en vérité
bien aimer les jK'ines, les .soucis, les procès.
J)er. de fiuro.
Embarassa, r. Liubarrasser; gêner; causer do l'eiu-
l)arras. — l^fubarassu coinno un ru entre dos jwses, prvb.,
omllarras^è comme un rat entre deux noix, ou autreuient,
la pnsition d(^ Tàne di^ Jîuridan. Es un embarassa, c'est un
irrésolu, ini indécis; il ne sait lier ni délier. Aquel home
es embarassa, cet homme a de mauvaises alTaires, l)oaucoup
de dettes; il est gêné; ses alîaires sont embrouillées. Vno
l'ênno emb'nassadu, une femme enceinte.
Ëmbarassaïre, aïro, adj. [>(?j. Èmbarassairas. Impor-
tun; fâcheux; «[ui l'ail l'niqjorlant; (|ui aime et recherche
l'endiarras des alîaires et qui s'en surcharge à plaisir.
Embarqua, v. Endjanpier; mettre dans une barque, im
bateau; ou seulement mettre on cheunn, en marche. Au
Iig. S'emban/ua, sc lancer dans une atllure, une entreprise.
Dér. do Jfanpto.
Émbartassa, v. Fermer, avec des buissons morts, les
entrées d'une propriété, une brèche ou la crèle d'un mur,
pour en enq)écher l'accès au bétail et aux gens.
Dér. do Bar tas.
Ëmbas, s. m. et adv. de lieu. Le bas; en bas; la région
qui s'éloigne des montagnes et s'abaisse vers la mer par
rapport à nous : l'émbas est au-dessous do Nimes et sur le
littoral do la Méditerranée, et Vennâmi, les hautes Céven-
nos et la Lozère. — Vai sé<ja émbas, il wi moissonner vers
Saint-(jlilles, Aiguos-Mortes, Aimargues, etc. L'émàas d'un
ottstàou, le rez-de-chaussée d'une maison.
Dér. de Bas,
Ëmbasséga, v. Proprement, mettre un timon, une flèche
à un araire. Au fig. arranger de travers; faire quelque
chose avec mystère, ou plutôt mettre des mystères à ce
EMB
EMB
277
qui n*en vaut pas trop la peine. — Dé gué tn'émbasséga$
àilat? Que tramez- vous là-bas?
Dér. de Basségou.
fimbasta, v. Bâter un mulet, lui mettre le bât. Au fig.
charger quelqu'un d'un embarras fV. ÉmbanastaJ; en
style de joueur, charger son adversaire de la perte qu'on
a éprouvée auparavant avec d'autres joueurs. — Àquélo
fusto es émbasiado, cette poutre est déjetée; elle s'est
arquée en cintre, soit parce qu'elle était de bois vert, soit
à cause de la surcharge qu'elle supportait; c'est-à-dire
qu'elle a pris la forme d'un bat. Part pas ehaquo fés
qu'émàasto, locution prvb., qui se dit d'un lambin qui met
un très-long intervalle entre ses prépara lifs de départ et
son départ lui-même, ou bien d'un indécis qui souvent
contremande ses projets. Notre dicton, revient au prvb. fr. :
il ne cuit pas du premier bouillon.
Dér. de Bas, bât.
tmbasto, s, f. N'a pas d'autre acception que l'acte de
jeu défini à l'article précédent. — Jouga à l'émbasio, jouer
à la décharge; c.-à-d. que le perdant payera autant de
consommations qu'il en perdra, à la décharge et sur le
compte du vainqueur.
£mbé, prép., ou £ndé. Avec; ensemble; en compagnie
de; conjointement; par, dans, en, à, suivant certains
cas. — Partes émb'aquél tén? Vous partez par le temps
qu'il fait? Déqué dirén émb'aquéste home? Que dirons-
nous à cet homme? Déqué mélès étnb'aquéste sa? Que
mettez- vous dans ce sac ? Conto émbé lous dés, il compte
sur ses doigts, avec le^ doigts. Marche émb'él, je marche
avec lui, en sa compagnie ; nous allons ensemble. Èmb'a-
quà, pourtant, avec cela, en cela. Émb'aquà n'aï pas tort,
en cela, malgré tout, je n'ai pas tort.
Nous plaçons sur la même ligne Émbé et Èndé : c'est
dire qu'ils sont synonymes ou à peu près. 11 faut ajouter
cependant que, bien qu'ils puissent être substitués l'un à
l'antre sans inconvénient, Émbé est plus propre dans l'ac-
ceptioa de Avec, et Éndé dans toutes les autres que nous
indiquons, et qui sont moins directes.
Émbé dérive évidemment du lat. Ambo, deux; cela se
sent encore mieux dans le dialecte gascon qui dit : Amb
ou Damb, Quant à Endé, il ne parait autre chose que la
oomip. ou la variante de Émbé.
£mbégu, ado, part. pass. du v. Émbéourê,
fimbéguiiia (S*), v. S'emmitoufler ; s'embéguiner ; s'en-
velopper la tête de coiffes et de bonnets l'un sur l'autre.
Au fig. 86 coiffer de quelqu'un, d'une idée; s'entêter; s'a-
mouracher.
Dér. de BéguL
tmbélt J. m. Terme de cordonnier : pièce d'empeigne,
morceau de cuir avec lequel on rapièce une crevasse à
l'empeigne d'un soulier ou d'une botte, et qui n'a rien de
oommnn avec les pièces de rapport d'un ressemelage de
chaotture. Au fig. lanière d'étoffe, de cuir, ou de peau hu-
maine, qui se détache par une écorchure ou une dôchimre.
Par ext. s'applique à un pan de mur écroulé, et autres
avaries du même genre. Mais VÈmbél n'est pas l'avarie, la
déchirure elle-même : c'est le lambeau détaché.
Dér. du lat. Limbus, bord, bordure, frange
£mbéli, v. Embellir; rendre ou devenir plus beau:
augmenter en beauté.
Dér. de Bèou.
Émbélousa, v. Faire tomber dans le piège ; blouser ;
tromper; faire prendre le change.
Dér. de Blouso.
Émbémia, v. Enjôler; attrapper par des séductions et
de belles paroles.
Dér. de Bèmi.
Ëmbèougna, v. Contrefaire; imiter les paroles, les
gestes, la physionomie de quelqu'un pour le tourner en
ridicule. Dans le style soutenu, on l'emploie pour : Être
semblable à.
fmbèoagnaire, aire, adj. Celui qui aime à contrefaire;
.bon mime; qui a un talent d'imitation.
Ëmbéoure, v. Terme de lingère ou de couturière : faire
boire une étoffe, coudre ensemble deux bords ou lisières
d'étoffe qui n'ont pas la même longueur, de manière ce-
pendant à ce que les bouts correspondent l'un à l'autre et
arrivent juste, l'un joignant l'autre : c'est ce qui se dit
Faire émbéourê. Cela se présente lorsqu'on veut coudre
ensemble deux pièces dont l'une est à droit fil et dont
l'autre est à fil en biais ; cette dernière étant naturelle-
ment plus élastique et s'allongeant quand on l'étiré dans
le sens de sa longueur.
Ce mot d'ailleurs ne s'emploie qu'à l'inf. et précédé du
V. faire.
Ëmbéraga (S*), v. Se couvrir de verrues; prendre,
gagner des verrues.
Dér. de Bérugo,
Ëmbéstia, v. Ennuyer; rendre bête à force d'ennui;
importuner; abêtir; hébéter.
S'émbéstia, s'ennuyer; éprouver de l'ennui, du dégoût;
trouver le temps long.
Dér. de Bésth.
fimbéstiaje ou Ëmbéstiamén, s. m. Ennui; dégoàt;
fatigue; importunité. — Quinte éndféstiaje/ Quel ennui!
Quelle importunité !
Ëmbéstian, anto, adj. Ennuyeux; importun. — Se dit
plutôt des choses que des personnes. — Aqui un tén
émbéstian, voilà un temps ennuyeux. Émbéstian eoumo la
pUjo, ennuyeux comme la pluie.
Émbia8808, s. f. plur. Espèce de châssis à bat, d'oà
pendent deux sacs ouverts par en haut et seulement serrés
par un cordon au bas, pour charrier du sable, etc. Quand on
veut vider les sacs, on n'a qu'à lâcher les cordons par en bas.
Émbiassos, signifie aussi ces larges cabas en sparterie
qu'on place de même sur une bête de somme des deux
côtés du bât. — Voy. Éntarios,
Dér. de Bia»90.
278
EMB
EMB
Émbloui, i'. Éblouir; donner la berlue; jeter de la
poudre aux yeux; s«}duirc, fasciner par un ^'rand éclnl.
roriric de Bla, bleu, pnrce (jue IVlTel de l'éblouissement
est de teindre les objets en bleu; d'où est venu^l'expression
prvb. On n'y voit que du bleu.
Ëmbouèsa, v. Tromper ])ar des flatteries; entraîner,
séduire par de belles promesses dans un marcbé onrreu\
ou une entreprise l;k'beuse; séduire une femme ou une
fdle, la tromper.
Formé de Jios, boi.^, comme l'ital. Inihoscarc, tendre des
embiiclies, comme les voleurs qui clierclient A entminor
les voyn^'eurs dans \os bois i)ar de belles jjromcsses pour
les dévaliser ti l'aide.
Émbouèta, v. Terme de cbarronnerie : mettre une boîte
en fonte dans les moyeux de roue dont Touverlui'e sérail trop
clar^Me par le frottement de l'essieu Autrefois cette boit»»
était en bois, qu'on ne A)rait que lorsqu'il était en place;
mais la fonte l'a rem[ilacé.
Dér. de Jiouiio.
Ëmbouïa, v. Brouiller; embrouilbu'; encbevétrer; mêler
un écbeveau, des fds, des cbeveux; obscurcir, compliciuer
une oflairc, une question. — Es tout éinhonin, sa cbevelnre
est toute mêlée.
S'cmbouia, s'embarrasser dans sr-s pro[)os, ne pouvoir en
retrouver le [\\ et le raisnnnement.
Dér. de Vital. Imbroyliure, embrouiller, formé lui-même
de la bass. lat. /;n>liuin, Imis épais, Inurré, dniit on a fait
le mol fr. liicuU et les noms propres Diibnniil, correspon-
dant à Hroglie.
Émbouïssouna, r. KiUourer la tige d'un jeune arbre de
])uissijns, ])our le préserver île la dent des animaux brou-
tants.
Dér. de Jfon'issoù.
Émboul, s. w/. lîrouillis de fils mêlés, tortillés. Au lig.
eiidiarras; afTaire liti-jieu.se el embrouillée; trouble; njêlée,
bagarre; [iiélange confus; renuie-ménaye.
Dér. de l'ilal. Imbroglio, m. sign.
Émboulna ou Émbourna, v. Évenlrer; étriper. Au fig.
maltraiter et particulièrement r<Mi\erser un corj)s lourd,
comme un njur ou un rocber, en lui faisant perdre pied,
de sorte ([u'il s'éboule el tombe en débris.
Dér. de lioulnaffo.
Émboulnadoù ou Ëmboulnèri, s. m. Kboulement,
éboulis; anjas de ruines; action de saper, de faire écrouler,
ébouler.
Ëmbounigou, s. m. .\onjbril; ombilic.
Dér. du lat. l'mbUicus, m. sign.
Ëmbouqua, v. Donnera manger aux petits enfants, aux
vieillards, aux malades, aux perclus et à toutes personnes
qui ne peuvent faire usage de leurs njains; appâter une
volaille, lui faire avaler d(^ la pAtée ou du grain jjar force,
en les enfonçant dans son gosier, i)our l'engraisser plus
vite. On appAle les dindons avec des noix entières sans les
écaler.
Mdou-émftouqua, mal emboucbé; grossier, sale dans ses
pro()iis.
Dér. d«' Bniiquo.
Ëmbourdado, s. f. Vh'iu un tauiis à farine; quantit*'*
de farin»' rjue l'nu met en une fois dans le tamis pour la
sasser.
Ëmbourdiè, s. di. Marcband ou fabricant de tamis.
Ëmbourdo, s. /'. Tamis, sas, de la forme d'un crible,
dnnt le tissu est en soie, lorsrpi'on ne \eut obtenir que la
i\mv df farine, et en crin pour fabriquer du pain-bis. On
sassi» la fariih' cbe/ 1rs i)articuliiM-s dans la bucbe môme
en promenant le tamis sur un cbassis en forme de croix,
({uoii apj)i'lle p(jss(i(/()uno. — On dit au fig. passa à i'ém-
bot.-rf/n, éj)!mli,M" les (pialités et les défauts de (luelqu'un;
ptissa à fembonrdo fno, éplucber minutieusement; faire
subir un S'''\én^ examtMi ; pass*"r à l'étamine.
Ëmbourgna, c. — Voy. Ab'ninjua.
Ëmbourna, i\ — l'o^. Hinb'mlna.
Ëmbousqua, v. ^lettn^ un allut ou un bois nouveau à
un fu.sil.
S'vmbni/sqito, s'enfono^r dans un liois; se cacher dans
une forêt.
Formé (le /jos, bois.
Ëmboutéïa, v. Fntomier un licjuide dans une l>outeille:
niriin'du\in cfi lM.iit<Mll«». Au fig. se gorger de vin. —
Lou tén i')nb<ni(eio, les nuages S'' chargent d'eau; le ciel va
fnii(lre iMi eau.
Dér. de Itoatcio.
Embouti, r. — Voy. j'ittylout].
Embouti, ido, (nlj. lîomMulUé; boufii; bos.sué; renflé;
gniill". — • J'id/otfso vi/ihouiîdo, (pi^noullle en roseau re-
ft'inhi (pii <.'st lrés-\(Milrue et sur laquelle on file surtout
les cocons dits de graine, et ceux dits /iassinas.
Dir. de liouio, (|ui est le tyjH' de ce qui est ventru et
rebondi.
Émboutiga, v. r»enfermer dans une boutique. — Se dit
dts céiValcs et auln\s denrées qu'on a transportées sur les
balles el que, faute de pouvoir les \endre, on rentre dans
un magasin.
Dér. de liniiti(jf),
Émbranqua, v.. Accrocher quehju'un en passant; l'en-
Irainer.
S'eitifiranfjua, s'accrocher fi une branche; se diviser en
plusieurs braiu:hes. Au fig. s'eudtarrasser de quelque chos*?
qui est à charge; s'engagi^' dans une afl'aire douteuse.
Dér. de linin(]no.
Ëmbriaï, aïgo, offj. Ivre, snùl : qui a trop bu.
Dér. du lat. iJirius, m. sign.
Émbriaiga, r. Enivrer; s^ùler; faire trop boire. —
S'cnibridiyo en parlnn, il s'enivre de paroles.
Émbriaïgo-cabro, s. /". Lolier corniculé, Lotus corni-
culdius, lÀnn. Fiante de la fam. des Légumineuses. Les
Latins la nommaieikt Lolus (hrycnicum, formé du gr.
Aopy.v.ov, de A'^oj, tige, lanc<^, parce qu'elle forme luie
EMI
EMM
W9
quantité de tiges qui s'élèvent sans former de tronc. On
prétend qu'elle donne des vertiges aux animaux qui la
broutent : de là son nom lang.
Émbrida, v. — Voy. Brida,
flmbroucha, v. Embrocher; mettre à la broche.
Dér. de Brocho,
Émbmda, t^. Ébruiter; divulguer un secret; semer
des bruits vrais, mais fâcheux pour celui qui en est
robjet.
Dér. de Bru, bruit.
Émbmga, v. Ramer les vers à soie; former entre les
tables de petits berceaux en bruyère, qu'on appelle Caba-
noi, sur lesquels les vers grimpent et tendent les fils des-
tinés à échafEauder leurs cocons.
Les vers à soie ayant commencé à paraître en France
dans les Cévennes et le Vivarais où Ton les rame avec de
la bruyère, il n'est pas étonnant que ce verbe ait sa racine
dans le mot Brus, bruyère. Ce mot est devenu typique
même pour les pays où Ton rame avec d'autres arbrisseaux
ou d'autres branchages, comme le chêne.
Ëmbragaîe, s. m. Bruyère propre à ramer les vers à
soie lorsqu'elle est coupée de la longueur voulue et débar-
rassée de ses chicots. — Aprésta l'émbrugaje, préparer la
bruyère, la couper de même longueur, la disposer dans un
même sens et en petites bottes pour la commodité de ceux
qui la placent.
Êmbii, s. m. Dim. Èmbuqué; péjor. ÈmbuguM, Enton-
noir; vase, instrument pour entonner, pour remplir de
liquide un vaisseau quelconque. — Émbu dos boudins,
boudinière, petit entonnoir de fer-blanc, qui sert à farcir
le boyau du boudin, de la saucisse, de la mortadelle, etc.
Émbu dé flèïo, entonnoir à futaille, qui est une petite auge
en bois percée d'un trou au milieu, auquel est adapté un
gros tuyau de fer-blanc. C'est celui qu'on emploie pour
remplir les futailles lorsqu'il n'y a pas de pompe pour cet
objet.
Au fig. Émbu signifie : ivrogne, biberon. — Es un pouli
émbu, c'est un biberon distingué. Faï émbu dé la boutOo,
il boit au goulot de la bouteille.
Dér. du lat. Imbuere, abreuver, verser dedans : d'où
l'esp. Embudo, et l'ital. Embuto, entonnoir.
Émbuga, v. Combuger; abreuver, imbiber, humecter
les douves d'une cuve, d'une futaille, déjointes par la sé-
cheresse. Se dit également du linge de lessive qu'on abreuve
dans la cuve. Au fig. S*émbtiga, boire avec excès; s'im-
biber de vin.
Dér. du lat. Imhuere, imbiber.
fminado, «. /*. Mesure de superficie ou de contenance,
qui équivaut à dix ares. — Yoy, Àrpan.
fmino, s. f. Mine, mesure de capacité pour les solides :
elle équivaut à 2 décalitres 5 litres. Cette mesure ainsi que
la Quarto existait en réalité sur nos marchés, et n'était pas
une quantité nominale comme le setier et la salmée. On la
nommait aussi et mieux Émindon; mais ce dernier mot ne
s'appliquait pas théoriquement dans les comptes. On ne
disait pas : Aï acheta dès éminâous dé bla, mais bien dès
éminos,
Vémino valait 8 boisseaux,
— 2 cartes,
— i/% setier,
— 4/8 de salmée.
On dit aussi Émino pour une mesure de superficie, mais
Éminado est plus technique et plus usité.
Dér. du lat. Hemina, mesure de liquide qui équivalait
à une cliopine.
Ëmmaigrôsl , v. aet. Faire maigrir, rendre maigre;
amaigrir. Au fig. diminuer le volume, l'épaisseur d'une
pièce de charpente, d'une pierre de taille, etc.
S'émmaïgrési , maigrir, devenir maigre ou se rendre
maigre.
Dér. de MaXgre.
Émmalicia (S'), v. n. S'irriter, se courroucer; se mettre
en colère, en fureur. — Ijou tén s*és émmalicia, le temps
est à la tempête.
Dér. de Maliço.
Ëmmanda, v. Renvoyer, congédier; éconduire; jeter
une pierre à quelqu'un. Émmanda un co dé fusil, tirer
un coup de fusil. Émmanda la man, lancer un soufQet.
Émmanda las floundos, ruer. Émmanda lou bou, terme de
fileur de soie, lancer le brin de soie qu'on tient à la main
et provenant des cocons qu'on vient de battre, de manière
qu'il se lie et se confonde avec les brins qui se dévident
déjà et auxquels le nouveau se soude par le seul effet de la
torsion très- vive du premier.
Dér. du lat. Mandare, envoyer.
Émmanquable , ablo, adj. Immanquable; infaillible;
assuré. — La plèjo es émmanqiiablo, la pluie est certaine;
. nous ne pouvons l'éviter. Émmanquable gué vendra
déman; il est plus que probable qu'il viendra demain.
Ëmmanqnablamén , aih. Immanquablement; assuré-
ment; sans nul doute.
Ëmmarina (S'), v. Tourner au vent du midi, au marin.
— Lou tén es bien émmarina, le vent du midi souffle avec
violence; ce qui dans ce pays annonce d'ordinaire les
inondations à la suite de grandes pluies dans la région des
montagnes.
Dér. de Marin.
Ëmmasqna, v. Ensorceler; jeter un sort; fasciner : par
ext. ennuyer, importuner; être insupportable. — Es ém-
masqua d'aquélo fio, il a la tête tournée par cette fille.
Quàottquo ganto l'a émmasqua, quelque sorcière lui a jeté
un sort. Garo té d'agui, que m'émmasgttes, va t'en, tu
m'ennuies, tu me fatigues.
Ce verbe, ainsi que le mot Masquo son correspondant,
et le Masq;ue fr. paraissent tous dériver d'une même ori-
gine, le gr. Bacxafvto, je fascine, j'ensorcèie, Bdfoxotvoç,
sorcier, qui fascine.
I
280
EMP
EMP
Les Gotlis et plus tard les Lombards ont lire de la
même source leur Masca, sorcière; et c'est probablement
de ceux-ci que le lang. et le fr. ont tiré le mot Masqua et
Masque : ce dernier par analogie, soit que les faux visages
représentent la hideur des sorcières, soit parce que ces
dernières prenaient un faux visage dans leurs opérations
magiques.
Êmmasqnacîou, t. f. Sortilège; encbantement ; sort jeté.
— Aquà's uno émmasguaciou, c'est un malheur donné ;
cela ne peut arriver qu'à moi .
Ëmmasquaïre, aïrOi adj. Enchanteur; séducteur; qui
sait attirer dans ses filets par de belles paroles.
Émmasqnan, anto, adj. Ennuyeux au superlatif; fas-
tidieux jusqu'au dégoût ; contrariant à l'excès.
Émména, v. Emmener; conduire avec soi; entraîner. —
Gardoù, a émména lou pon, le Gardon a entraîné, renversé
le pont.
Dér. de Mena.
£mmoii8tou8l, v. Engluer; oindre de moût; enduire
d'un corps poisseux quelconque. Au fîg. S'émmouitousi, se
compromettre dans une sale affaire.
Dér. de If ou*.
Êmpacha, v. Empêcher; embarrasser; entraver. —
Souï émpacha, je suis occupé d'une autre af&ire. Aquél
pagni éi émpacha, ce panier est plein ; il n'est pas dispo-
nible. Émpacho pas est une locution explétive qu'on met
à tout propos dans la conversation, et qu'on peut rendre
par : cependant, nonobstant. Émpacho pas qu'aquél bla es
bien pouU, quoi qu'on en puisse dire, il faut convenir que
ce blé est fort beau.
Dér. du lat. Imped%re,ovL du gr. 'E^inoBil^Eiv, empêcher:
la racine de celui-ci est no<>6ç, génit. de IIoûç, pied : en-
traver les pieds.
Êmpachamén, s, m. Empêchement; obstacle; opposition.
£mpala, v. Empiffrer; gorger de vivres, de boisson.
S'émpafa, se gorger, s'en donner jusqu'au menton. Dans
la langue verte, se paffer, c'est boire avec excès ; être paf,
se remplir l'estomac de nourriture. Le verbe lang. est-il
une traduction, ou bien a-t-il inspiré l'argot faubourien?
Émpaia, t;. Empailler, garnir de paille; empailler ou
remonter des oiseaux, des animaux. — Semblés émpaia, tu
es là raide et empesé comme un homme de paille.
Dér. de Poiio.
fimpancéla, v. Ramer des pois, des haricots, etc.; leur
donner des tuteurs où ils grimpent et se soutiennent, et
à l'aide desquels ils projettent de nouvelles branches.
Dér. de Paneèl.
Émpancéladoù, adouno, adj. Qui est de nature à
grimper sur la rame; qui est assez grand pour être ramé;
qui demande à être ramé. — Favidous émpaneiicuioùe,
espèce de haricots grimpants. Vaste» pisee eoun émpan'
eéladoùi, vos pois demandent à être rames.
fimpâonma, v, Empaumer; saisir avec la main. Au fig.
se rendre maître de l'esprit de quelqu'un, pour loi faire
faire tout ce qu'on veut; l'entraîner, le capter, le captiver
par des séductions. — La pôou l'émpéoumo, la frayeur
le saisit.
Dér. du lat. Palma, paume de la main.
Empara (S'), v. S'emparer, se saisir.
Ce mot est plus restreint qu'en fr.; c'est s'emparer d'une
pla(.e ou d'un objet, qu'un autre vient d'abandonner.
Ëmparga, v. Renfermer le bétail dans le parc; clore les
claies. Au fig. encaisser un cours d'eau, le tenir renfermé
dans son lit par des bordures d'oseraies et des bàtardeaux.
Dér. de Parque.
Ëmpéga, v. Coller; poisser; enduire de poix, de glu. Au
fig. embarrasser, empêtrer.
S'èmpéga, se prendre à quelqu'un ou même à quelque
chose, un travail, un ouvrage; s'installer auprès de quel-
qu'un qu'on iiiiportune; ne pas vouloir ou savoir s'en
détacher. Par ext. s'enivrer, parce qu'un homme ivre
perd tout mouvement, comme s'il était collé avec de la poix.
Dér. de Pégo.
Ëmpégno, s. f. Empeigne, le dessus du soulier.
Dér. du lat. Impilia, sorte de chaussure de feutre, selon
Pline, brodequins de poil foulé.
Empégouml, ido, adj. Poisseux; poissé; sali, noir de
poix.
Dér. de Pégo.
Êmpéira, v. Empierrer un chemin, le -garnir de pierres:
Dér. de Péiro.
fimpéitar, v. Embarrasser; entraver; empêtrer. — Es vn
émpéïta, c'est un empêtré, il ne sait ni lier, ni délier.
Dér. du lat. Impeditus, qui est embarrassé, entravé par
les pieds.
Ëmpèîto, s. f. Embarras; obstacle; empêchement; acci-
dent qui dérange un projet; pierre d'achoppement.
Émpéii, ido, ad[;. Obéré, insolvable; un homme qui
n'a rien à lui, surtout un homme sans crédit, sans consi-
dération, sans position financière.
Ce mot est même accompagné d'une idée de déconsidé-
ration morale; car on ne le dirait pas d'un honnête homme
tombé dans la misère.
Dér. du lat. Imperitus, ignorant, maladroit : la traduc-
tion languedocienne a dévié de l'acception latine, ce qui
lui est assez ordinaire.
Ëmpéronina, v. Goudronner; enduire de poix-résine;
cacheter des bouteilles ; oindre ou luter avec la poix-résine.
S'émpéronina , se barbouiller, se tacher, se salir les
mains ou les habits avec du goudron ou de la poix résine.
Dér. de Pérouino.
fimpérqoaira (S'), v. Se blouser, se mettre dans de
mauvais draps; s'engager, se fourrer dans des affiûresdoa-
teuses ou du moins embrouillées. — Dé que s'anavo ém-
pérquaira énd'aquél home? qu'allait -il enchevêtrer ses
affaires avec celles de cet homme? Es bien émpérqticXra,
ses affaires sont fort dérangées, il est trâs-obérft, trés-
endetté.
EMP
ÉMP
381
Dér. du lat. Preearius, précaire, titre précaire : c'est
comme si l*on disait, il s'est enfoDcé dans le précaire, ce
qui, ea terme de pratique, signifiait en lat. un bien en-
gagé.
flmpésonll ou Ëmpésonlina, v. Garnir de poux ; donner
des poux à quelqu'un.
S'émpésouU, se laisser gagner par les poux.
Dér. de Pésoul.
£mpésoulina, v. Le même que Empésouli,
fmpésta, V. Empester, empuantir; répandre ou com-
muniquer une odeur fétide. — Pu qu'émpèsto, il pue à
infecter; il pue comme un rat mort. Èmpèsto iou bob, il
sent le bouc. La vilo èro émpéstado dé boules, la ville
regorgeait de champignons.
Dér. du lat. Pestis, peste, fléau.
£mpéstiféla, v. fréq. de Empesta.
Émplastra, v. Engluer, salir d'un corps humide et
pâteux ; souffleter. Au fig. S'émplastra, s'établir en para-
site chez quelqu'un, avec la ténacité d'un emplAtre.
Ëmplastre, s. m. Dim. Èmplastroù. Emplâtre; onguent
étendu sur du linge ou une peau ; large tache de corps
gras; soufflet appliqué sur la joue; parasite, importun
dont on ne peut se débarrasser ; personne inutile, infirme,
impropre à tout, qui est à charge à quelqu'un. — Siès un
impiastre dé Bourgotigno, tu es un ennuyeux, un impor-
tun, par allusion à la poix de Bourgogne dont on fait des
emplâtres. Issarta à l'émplastre, grefîer à l'écusson. Cette
greffe consiste à fendre l'écorce du sujet avec la lame du
grefibir, à en écarter les deux lèvres et y introduire une
plaque d'écorce franche qui porte un œil. On lie forte-
ment le tout, de manière à empêcher toute infiltration
extérieure de la sève, en ayant soin d'écarter le lien sur
l'œil qui doit rester libre.
Dér. dugr. *Eji7c>.aaTpov,emplâtre,formédut;.*E[i7c>.a9«iv,
appliquer sur, coller à.
Émpoucha, v. Empocher; mettre dans sa poche. — Ce
mot entraine une certaine idée d'avidité : c*est faire des
provisions dans sa poche, quand on est invité hors de
chez soi; ou subtiliser adroitement et peu honnêtement
quelque chose.
Dér. de Pocha.
fimpongna, v. Empoigner; saisir avec la main; s'em-
parer de ; dérober.
8'émpovgna, en venir aux mains, lutter corps à corps ;
s'empoigner, se battre.
Dér. de Paugno.
Êmpomaoniia, v. Empoisonner ; donner du poison, faire
périr par le poison. Au fig. infecter, exhaler une odeur
éfétide. — Téraïr empoutêouna pér lou$ amowrièê, terrain
empoisonné par les mûriers. On prétend que les racines
pourries des mûriers morts font périr les nouveaux plants
qu'on repique sur le même terrain avant de l'avoir bieo
purgé des débris de ces racines. Il est fort possible que la
matière phosphorique qui se procrée des émissions du bois
pourri produise cet eflTet ; mais cette dégénérescence n'a
pas pour cause exclusive le mûrier seul, dont la décom-
position des racines répandrait ainsi des sucs délétères, on
en accuse aussi le chêne, anciennement très-commun dans
nos pays. Les théoriciens expliquent qu'une plantation
antécédente de mûriers, ou la préexistence de chênes sur
un terrain, pendant un assez long temps, ont dû arriver à
l'épuisement dos sels propres et nécessaires à l'arbre le
plus précieux de nos contrées, car les deux essences pa-
raissent se nourrir les mêmes sucs. L'expérience, d'autre
part, est venue démontrer maintes fois que, dans les terres
d'où l'on a extirpé avec soin les racinages pourris, la mor-
talité se fait peu sentir; tandis qu'au contraire, dans celles
où l'expurgnlion n'a pas été complète, les jeunes mûriers
font des pousses magnifiques, quelquefois pondant huit ou
dix ans , puis périssent tout à coup en pleine végétition,
comme frappt^ d'empoisinnoment. Si l'explication scien-
tifique était vraie, ne serait-ce pas surtout dans les pre-
mières années que les nouveaux plants souffriraient de ce
manque de substance nutritive, tandis que plus tard, les
sucs naturels se renouvelant, leur rendraient peu à peu
l'alimentation normale? alors, ce serait de marasme, de
rachitisme que périraient les nouveaux sujets, et non de
mort subite , d'apoplexie foudroyante , si l'on peut ainsi
dire, comme ils font généralement.
En présence des faits, les causes restent incertaines;
mais des deux hypothèses, la première est la seule adoptée
par le peuple des campagnes. Elle peut n'être pas fondée;
elle peut tenir d'autre chose que d'une dégénérescence
amenée par une trop grande diffusion phosphoreuse; elle
peut dériver d'autres germes morbides ; mais, à notre
avis, l'observation des agriculteurs, peu familiers avec la
chimie, pourrait bien avoir rencontré juste, et le sys-
tème scientifique ne se trouver exposé qu'aux démentis
donnés chaque année par l'expérience et la pratique.
Il était donc très -intéressant, dans une question si
grave pour nos régions séricicoles, de tenir note et bon
compte des dictons anciens et de leur raison d'être et d*avoir
cours.
Êmponlo, s. f. Ampoule; cloche, vessie, sorte de pus-
tule pleine d'eau qui se forme sur la peau, principalement
aux pieds et aux mains, par suite d'un exercice forcé, ou
du frottement continu d'un corps dur comme le manche
d'un outil, ou une chaussure qui blesse et entame la peau.
Vider cette vessie par une incision est on moyen insuffi-
sant, parce que l'ouverture se referme bientôt et la cloche
se remplit de nouveau. Le remède le plus simple et le
plus efficace est d'y placer un petit séton, c'est-à-dire une
aiguillée de fil qu'on y passe de part en part avec une
aiguille et qui facilite l'évacuation successive, jusqu'à
complète cicatrisation. — Acampo pas d'émpovioi à l4U
mam, il ne prend pas le travail trop à cœur, on il fait un
travail peu fatigant.
Dér. du lat. AmpuUa, m. ûgn.
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EN
EN
Ëmpourta, v. Emporter, enlever, oter d'un lieu; porter
avec soi; entraîner.
Dér. do PourUi.
Ëmprégna, i\ Engrosser; roiidrc une fenune enceinte;
féconder une femelle. — Aquélo fénno es émprègnado,
celte feiume est grosse; elle a coneu.
Dér. du la t. Progigno, concevoir.
Émpudicina, i*. Empuantir» infecter.
Dér. de Vudicino.
Émpura, i'. .\lliser le feu ; fuurgomier; rnpprocher les
lisons; ra\iver les tisons couverts de cendres. Au fig.
attiser la discorde ; exciter une (luerelle déjfi allumée;
jeter de l'huile sur le feu.
Dér. du gr. IlOp, r7J&»j:, f(;u.
Émpuraïre, aïro, a/y. Hniuillon, Ijoute-feu; qui fo-
mente et excite des ([uerelles.
En, En, Éno, Èno, sn//ijes au luasc. et au féui.
Nous aNons essayé déjà ù l'art, Aytio, su/j'. cl dans quel-
ques autres, de duuner une idée générale du rôle îles suf-
fixes et des furines parliculién'S qu'ils ail» dent dans noire
langue d'Oc : nuus n'y resiendruns, à propos de cdui qui
se présente maintenant, que pour rap[»oler ce ([ui en a été
dit, et le raltaclier connue type à la famille qui s'est créée
sur sa \o\elle pivot ou tonique.
Ces désinences, on le sait, s'adaptent ;i un radical, et
elles ont pour objet d'en modifier la signilicnlion. Syllabes
par elles-mêmes dépour\ ues de sens, elles donnent au mot
priiiiitif des qualités diverses et y ajoutent une idée acces-
soire qui couslitueses dérivations. Du substantif au verlie,
les terminais(»ns manjuenl la i)ersonne, le lemj)S el le
mode : du substantif à l'adjectif, elles servent ii distinguer
le genre, le nombre et le cas. Ce n'est pas tout X fait à ce
l)oint de vue que nous voudrions les considérer en ce mo-
ment : la déclinaison et la conjugaison rendent compte
d'ailleurs <à cbaque instant de leurs foiictions et des cban-
gemenls qui en sont le résultat. Mais les sulfixes font plus
encore, et leur véritable (Muploi, le plus intéressant, est
plus ébMidu. S'agil-il, en (vlfet, do généraliser le sens d'un
mot ou de le restreindre, do le diminuer ou de l'augmen-
ter, de spécifier la substance dont il provient, l'action qu'il
remplit, la source dont il découle, ses relations el ses con-
cordances, sa manière d'èlre; alors inlervicinient ces dési-
nences adjectivcs qui délerminenl tous ces rapports, par
des nuances d'inllexions el de coniposition qui semblent
systémaliques et pour ainsi dire uniformes. (Jonnne nos
idiomes méridionaux s(? sont formés en majeure partie de
radicaux venus du latin, ou du moins d'élen]ents que le
latin s'était apj>ropriés, il (\st évident (jue, par tradition,
la langue nouvelle, béritiére directe du latin et qui n'en-
tendait point perdre, mémo dans son nom, ses souvenirs,
a mis en œuvre les procédés de la latinité, toutefois sans
akliquer roriginalité de son esprit et sans cbercber à les
rendre méconnaissabI<'s. Elle a donc pu, eu obéissant à ses
instincts, innés peut-être, mais longtemps comprimés.
adoucir des consoiniances, préférer la concision à l'am-
pleur, accommoder à ses aptitudes organiques des into-
nations et sa prononciation qui amenaient fora''ment les
mots à une autre structure; mais le fond n'a été ni changé,
ni dénaturé, et certaines règles de convention n'ont pas
été abolies. Ce sont et ces origines el toutes ces transfor-
mations, indisj)ensables à étudier pour arrivera l'étymo-
logie el au sens vrai des mots, que nous tentons de déga-
ger, d(.' noter au passnge, en suivant leurs {)hases souvent
oliscures et on ra[»prochant leurs nondjreuses variantes,
qui sont la riclu^^so de notre langue.
La fré«iuence de cette forna» de suffixe lin, /î'n, masc,
Kno, Èno, fém., n'est [)as précisément ce qu'il offre de
plus remaniuable; mais il est la base d'une infinité de
combinaisons curieuses, «lui viennent à l'appui de c« que
nnus a\ons dit du travail de la langue, au moment de sa
rénovation. Il n'est pas douteux d'abord que la désinence
aclu'lle ne corresponde directement au suffixe latin Emt$.
a, um = Anus, a, uni. La dilTéreiice même d'accenlua-
tittn de la voyelle eujjhonitjue, tantôt avec é fermé, tantôt
avec i] «;uv(Mt, pourrait l)ien n'avoir été produite que par
la variété latine enus ou anus; alors surtout que la portée
du suflixe et sa valeur significative n'ont point été par là
sensibliMiient altérées : Paganus a donné Pagan, paysan,
ainsi (jue Paiên, j)aïen; VilttnHS, vilèu, vilain; Christia-
nus, octicn, créstian, chrétien fV. c. m.;. Mais en même
tenq)s cette aflinilé de consnimrnice ramène i\ la terminai-
son celtiiiue adjective /> = Ac, (jui lient toujours au sol.
Il n'y aura donc i)as à s'étonner du rapprochement et de
la confusion de ces \oyellis, n<^n iilus que de leur équi-
pitllence. Ce doit être par d' mécanisme que la terminai-
son en us = anus latine a suppNv et r<^produit la gauloise
ec = ac, comme les autres variétés. Peut-être le celtique
était-il moins riche; mais le roman et {mis la langue d'Oc
s'assimilèrent ti»ut ce que la moyenne latinité, celle dégé-
nérescence du latin vaincu, ([ui était déjà le renouvelle-
ment du langage, avait entrepris de réformer, de rendre
plus vif, plus serré, plus concis, par la contraction et par
la suppression des finales, le dé])lacement de raccent toni-
(|ue, el l'adoucissement de certains sons. Cette méthode
est indiquée par les exemples pris surtout dans les noms
propres d'hommes et de lieux : el là, en efTet, doit se ren-
contrer sa meilleure démonstration.
Comme l^c =. 4c, comme le latin Enus, a, um =^ Anus,
a, um, (jui le raiipelle, notre sullixe En. Eno, (juel quesoil
son acciMit, est destiné à marquer rbabitation, la relation
avec une société, un pays, une c« mirée, une secte, une
école, un culte, quelque idée de [irovenance, d'apparte-
nance, d'afTiliation : alaisiin, vilin, paièn, crétiM, langue-
doucivn, etc., sont des noms, ou plutôt des adjectifs, pro
près ou communs, dont les primitifs latins, alesla, villa,
pagus, christus, ont été adjectivés au moyen de la termi-
naison caractéristique. Quand donc il fallait, sur c^ mo-
dèle, désigner plus spécialement la propriété d'un individu,
EN
EN
283
le lieu où il habitait, la contrée d*où il venait, l'agréga-
tion à laquelle il appartenait ; les Gaulois avaient leur ter-
minaison pour adjectiver, soit le nom de Thomme, pour
rappliquer à sa tet-re, à sa demeure, à sa propriété, à son
lieu d'origine, etc., soit le nom régional, pour le même
effet : les Latins emptoyaient ou leur génitif, ou leur
suffixe de même valeur, et les accumulaient quelquefois,
surtout pour les noms propres; le roman, après eux,
s'attacha à maintenir les mêmes désignations, en suppri-
mant les finales us, a, um , purement latines, en conser-
vant avec soin les formes primitives. De là les prove-
nances Âlaitièn, Andvsén, Sén-Janén, Saléndrén, etc.,
les noms de nombre, céntin, masc. inusité, céntmo, ein-
quanima, erantén, eranténo,eic.t et les adj. marsén, é$U-
vén, ribiê%rin, hivèrnén, etc.; et sur la terminaison au fém.
en «no, ou èno, s*appliquant à des propriétés, à des maisons,
à des terres appartenant à des personnes du nom de Jules,
primitif abrégé de Julius faisant Julianus, transformé en
Jmièn et en la Julienne ; du primitif Lucw, coupé de Luc ou
Utx, fournissant Lucanus, ou la forme génitive Luci, ou bien
iAêtiuÊ, même racine, donnant au génitif Lueii, traduit en
ËMcien qui en provient et en Lucienne, terre, propriété,
hai>itation de Lueiue ou de Lue; arrivant probablement par la
auiteà notre nom de Luuargueovi Luçargue; Martin donnant
la MaTîinienne, se transformant en Martigny, campus, cas^
îrum Martini, de même que Mariignae, Martignan, Marti-
nenehe,Martignargues; Cornu, lat., €ournïènno, CournêHam,
Gomeilhan (Hérault), etc., qui ont subi d'autres métamor-
phoses encore, et dont la nomenclature serait trop longue.
11 suffit, d'ailleurs, de mettre sur la voie du prooédé
général : les différents mots donneront raison, autant que
possible sera, du mode et de l'agencement particulier des
variantes sur les noms propres. Nous ne saisissons ici
qu'une des formes qui durent être les premières intro-
dailBB dans nos dialectes romans et languedociens, parce
que 9tB affinités sont plus rapprochées du suffixe latin
Awt» a, um, et que l'impression faite sur le mot est iden-
tique de sens et de valeur.
Avec ces données, sur lesquelles il eàt été facile de mul-
tiplier les exemples, oa peut relier ce qui a été dit aux
aitîcles Agno, An, et autres, au sujet des propensions qui
se manifestèrent au moment où le latin s'effiiça pour faire
place aux nouveaux Idiomes. Gomment s'opéra le cban-
gsmeDt et par quelles phases il fut conduit, sans antre
aoienœ qne Hnstinct euphonique du peuple, sans système
sorant et préconçu autre que de rendre l'accentuation plus
euBoodeet plus adoucie, et l'expression égala à la rapi-
dité de la conception, pour mieux entrer dans le génie
Batknal ; il est poasiUe peut-être d'en avoir le sentiment,
d£«n apprécier les effets, mais il est mal aisé d*en aperce-
mret d'en expliquer les motifs» Le langage aanoid, dans
la:ceniie et atimidi, s'est construit dans un moule com-
mun : il n'y a pas à insister sur les différences qiû sépa-
rent la langue d'Oc de la langue d'Oil. A duicune sea for-
mes, ses attributs, ses préférences. Mais ce qu'il y a de
général en principe, au fond, dans la racine, appartient à
l'une et à l'autre comme un héritage et au même titre. Et
c'est pour cela qne dans le languedocien et dans le français,
bien des règles gramniaticales et des aperçus lexicogra-
phiques doivent demeurer communs; et la correspondance
de ces remarques paraîtra toute naturelle.
Ce qui est particulier à notre dialecte et qu'il est néces-
saire de relever pour notre sujet est spécial aux transfor-
mations par lesquelles a passé le suffixe En, dont nous
venons d'indiquer l'origine, l'emploi et la signification.
Comme on le voit par ce qui nous en reste. En doit être
la plus simple traduction du Enus latin, qui s'infecte peu
à peu du similaire Anus, avec la prononciation plus forte
sur la tonique, et par la même raison qui rendait le cel-
tique ec égal à ac, 11 devenait donc à peu près indifférent
d'employer l'a ou Ye comme syllabe sonnante, alors que le
même effet était produit dès que le suffixe se joignait au
radical. Ici le caractère particulier se trouvait dans la
nasale N.
11 pourrait se faire cependant que l'ancien celtique
ec=iae eût «aussi voulu laisser, dans la composition nou-
velle des mots, son empreinte propre. On remarque, en
effet, que le féminin de quelques-uns des vocables cités
en exemple, porte comme un souvenir de cette intona-
tion : Andusénquo, manénquo, Saléndrénquo ; ce qui per-
mettrait de supposer que le masculin se terminait par un
C, souvenir d'origine. Mais notre dialecte, dans sa pronon-
ciation et par conséquent dans son orthographe, repousse
toujours le C final, nous l'avons vu iettre C, bien que
d'autres l'admettent encore dans la langue d'Oc. La preuve
de cette filiation de suffixes n'en existe pas moins.
Pour en revenir à l'introduction de la nasale N, se com-
binant avec le C et le gén. en t*, il est encore probable qu'elle
a amené les finales enicus, inleus, onicus, a, um, pris au plur.
fém. enieœ, inicœ, onicm, si fréquentes dans la moyenne
latinité pour les noms de lieux, et sur lesquelles nous
nous sommes longuement expliqué. Ce sont ces conson-
nanoes qui étaient sans doute antipathiques à l'euphonie
du roman, qu'il adoucit en Enche, inche, onche, avec le
chuintement traditionnel du gaulois. — Voy. à l'art. Di-
minche et autres.
D'autre part, le génitif latin en i dut intervenir aussi
dans la modification : c'était peut-être une redondance qui
augmentait l'énergie du suffixe. En tous cas, il' servit à
donner une mouillure sur N inconnue encore au génie du
latin. L'expression en fut rendue par le Cn^ consonnance
nasalisée et mouillée. ^Voy, Agno, suffixe. J L'inversion
par le ng^ avec les voyelles a, e, i, o, plus conforme aux
aptitudes de la prononciation germanique, se répand' dâr
vantage au nord et redescend par importation dans quel-
ques, formes méridionales : ainsi Vèn, qui vènguo, ou que
vigm, de venioÂ; tèn, tèfigp ou tègno, de teneat. — Voy. aux
mots Cmunmj€, CaMourgç, etc.
384
EN
ENC
Telle est la série et la diversité de cette famille de suf-
fixe en En et En, masc., Èno et Èno, fera. Dans les recher-
ches étymologiques, il est indispensable de remonter par
cette chaîne non interrompue jusqu'à la racine des mots,
et de les dépouiller de toutes les adjonctions qui leur ont
été imposées, pour avoir et comprendre le sens des dérivés.
Quand les mots affectés de ce signe se présenteront d'ail-
leurs, nous ne laisserons pas échapper l'occasion de nous
en référer à ces observations qui ne comportent pas de
plus amples développements dans cet article, si môme ceux-
ci ne semblent pas déjà trop longs.
En, prép. En, dans, à, avec. — En Camargo, en Ca-
margue ; en Aouséro, dans la Lozère. Lorsqu'il s'agit d'une
contrée prise vaguement et dans sa généralité comme ci-
dessus, on emploie la prép. En; mais quand il s'agit d'une
ville ou village spéciaux, on dit A : Vôou à ISime, je vais
à Nîmes; démoro à Uzès, il réside à Uzés. Cependant si le
nom propre de lieu commence par la voyelle a, la délica-
tesse de notre acoustique répugne à celte rencontre dont
rhiatus est trop heurté , et nous avons recours à notre
prép. En : Vaï en Alai», en Arle, en Alzè; vèn d'en Avi-
gnoun: il va à Alais, à Arles, à Alger; il révient d'Avi-
gnon. Dé doua en dou$, dé quatre en quatre, deux à deux,
quatre à quatre, ou deux contre deux, quatre contre quatre.
Barunlè tous éscaïès dé quatre en quatre, il roula les degrés
quatre à quatre. En tan dé péno, avec tant de peine ; en
tan d'éfans, avec tant d'enfants. Uno mottro en or, une
montre d'or. Un cuïè en arjén, une cuiller d'argent. En
fi d'aquà, quant à cela. En fè d'abésti, n'es un, pour un
butor, c'en est mi. Anan en quicon, nous allons quelque
part : dans cette phrase. En est simplement supprimé par le fr.
En ne répond pas au pron. relatif fr. en, comme dans
cette phrase : j'en veux : on le traduit par Né; né vole
fVoy. c. m.). Il s'emploie aussi en particule comme en fr.
pour former le gérondif, en l'ajoutant au part. prés. masc. :
en marchan. Cependant comme ce participe est peu dans
les allures du languedocien, et qu'il est peu harmonique à
son génie, il est bon d'éviter cette forme que nous avons
empruntée au fr. Mais il est une autre composition de
gérondif que nous adoptons volontiers et qui se raccorde
très-bien à l'allure elliptique de notre langage; elle con-
siste à remplacer le part. prés, par l'infinitif, et nous
disons très-bien : en véire, en faire, en dousi, en éscrioure,
en èstre, en avédre; en préne lou café, en voyant, en
faisant, en entendant, en écrivant, en étant, en ayant;
en prenant le café. Ces phrases sont éminemment langue-
dociennes : mais il est à remarquer que cette formule ne
8*effiploie jamais envers les verbes qui font A à l'infinitif.
On ne peut dire : en manja, en parla, en davala. Il est
difficile de se rendre compte de cette différence, qui semble
un scrupule capricieux de l'oreille. Cela tient peut-être à
ce que les verbes en A, qui correspondent aux verbes lat.
en Are, sont les plus nombreux et les plus réguliers de
tous : dès lors le part. prés, s'en déduit naturellement ;
tandis que la plupart des autres conjugaisons sont irrêga-
Hères et donneraient un part. prés, difficile à déduire et
souvent très-long à prononcer. Nous ne pouvons guère
trouver d'autre motif plausible à cette anomalie, ou à cette
délicatesse.
Dér. du lat. In, ou du gr. "£v, m. sign.
Énaïga, v. Inonder; imbiber d'eau. — Ce terme implique
ridée d'un excès dans l'imbibition : on dit Enaïga des
légumps .qui ont poussé par un temps trop pluvieux, d'un
potage trop étendu d'eau, comme de prairies inondées et de
terres abreuvées outre mesure.
Dér. de Aïgo
Ënaîra, v., ou Ênâoura. Aérer; essorer ; donner de l'air;
exposer à l'air. — Les deux mots, que nous plaçons sur
la même ligne, sont quasi synonymes. Mais Éndoura in-
dique un acte plus explicite : il signifie, non pas seulement
exposera l'air, mais à l'air agité, âouro, le vent, et en
remuant l'objet qu'on veut aérer, en le secouant pour le
faire mieux pénétrer par l'air ambiant dans tous les sens.
Endira a moins de mouvement, moins d'extension active.
On énaïro un appartamén, on l'ouvre pour lui donner de
l'air, et on ne Vénâouro pas. Au contraire on éndofuro du
fourrage, en le séparant et l'agitant avec la fourche, pour
que le vent le sèche plus vite, et on ne va pas l'énatra.
La nuance est parfaitement saisissable.
Dér. de Air.
£n-ana (S*), t?. — Voy. Ana.
Énâoura, t>. — Voy. Ènaïra,
Ëncabéstra, v. Mettre le licou.
Dér. de Cabéstre.
Éncadéna, v. Enchainer; lier, attacher avec des chaînes;
cadenasser; fermer avec une chaîne. Au fîg. captiver;
retenir dans les liens de l'amour.
Dér. de Cadéno.
Encadra, v. Encadrer; mettre, placer dans un cadre;
entourer. — On dit ironiquement : Té far en encadra,
c.-à-d. nous ferons exposer ton portrait, comme monu-
ment historique ou d'intérêt public.
Dér. de Cadre,
Éncafouma, v. Cacher avec soin ; enfoncer profondé-
ment; mettre au fond d'un antre, d'un lieu obscur el
caché, comme le tronc caverneux d'un arbre.
Dér. de Cafour.
Énçaî, adv. de lieu. Vers ici; de ce côté; plus près de
moi. — Fasè-vouM énçài, rapprochez-vous d'ici : cela se
dit particulièrement à des personnes rangées en file on en
cercle, lorsqu'on veut faire de la place à un ncaveau sur-
venant.
Encaissa, d. Ne se dit qu'au fig. pour : mettra dans sa
tête, enregistrer dans sa mémoire; concevoir, comprendre.
— Pode peu éneaUia aquélo, en parlant d'une hâblerie
trop forte, je ne puis laisser passer celle-là ; je ne puis
l'adopter.
Dér. de CaUio,
ÉNC
ENC
285
Êncamba, v. Enjamber; enfourcher; se mettre à cali-
fourchon, jambe d'ici, jambe de là ; franchir en enjam-
bant. — Èncamba lou fid, enjamber le feu, écarter les
jambes sur les chenets, de manière à occuper toute la
largeur du foyer. Èncambè soun chivcU, il enfourcha son
cheval. Éncambo lou vola, il pose une jambe sur chaque
bord du ruisseau.
Dôr. de Cambo.
Êncambra, v. Renfermer dans une chambre, tenir dans
une chambre. — S'éncambro tout lou jour, cette femme
s'occupe peu de son ménage ou des affaires du dehors, elle
reste renfermée dans sa chambre.
Oér. de Cambro.
Ènçamomi, adv, de lieu. En haut de ce côté; vers l'in-
terlocuteur, quand celui-ci est placé relativement au haut
de quelque chose, comme par ex. vers le haut bout d'une
table à manger. — Voy, Amoun.
Ëaçamomidâou, adv, de lieu, aug. et variante de En-
çamoun.
Encan, $, m. Encan, vente publique aux enchères.
Formé du lat. In quantum f A combien? A quel prix?
qui est la formule des criées publiques.
fincanaia (S*), v. S'encanailler; se mésallier; avoir des
relations avec de la canaille; s'unir à personnes ou à
familles mal famées.
Dér. de Canaïo,
Ëncanta, v. Enchanter; charmer; séduire par des en-
chantements et des tours de magie; captiver; ravir.
Dér. du lat. Incantare pour cantare, parce que les ma-
giciens accompagnaient leurs charmes de chants magi-
ques.
Ëncantaïre, aîro, adj. Enchanteur, magicien ; séduc-
teur; qui exerce une fascination magique, qui charme et
ravit.
fincapriça, t;. Irriter, agacer, augmenter l'irritation,
l'obstination de quelqu'un.
S'encapriça, s'obstiner; s'opiniàtrer. — Lou tén es bien
éneapriça, le temps est bien à la bourrasque.
Dér. de Caprice.
Ënearéira, v. Mettre en route; mettre sur le chemin;
donner un courant et de la pente à un ruisseau, aux eaux
pluviales. Au fig. mettre en train, mettre sur la voie.
S'énear^ra, se mettre en route, se diriger vers...
Dér. de Cariêïro.
tncaro, adv, Dim. Éncaréto, Encore; une autre ou une
aeccmde fois; de plus; en outre. — Pa'nearo, pas encore;
un moment ; dans un instant.
Éncaréto ne se dit que négativement. Pa'ncaréto, pas
encore, mais peu s'en faut.
Dér. du lat. In Kae horà ou de Tital. Ancora fait de
Anehê ora, m. sign.
finearongna, v. Sentir, puer la charogne; par ext.
exhaler une odeur fétide quelconque. — Pu qu'énearou^
gno, il pue à infecter.
S'éncarougna, s'allier avec une femme de mauvaise vie.
Dér. de Carogno, Carougnado,
Encastra, v. Mettre les agneaux dans un petit parc, les
séparer de leur mère pour les sevrer. Au fig. emboîter;
assembler; joindre ensemble.
Dér. du lat. Castrum, lieu fermé.
Encastre, s. m. Encadrement; toute enceinte en char-
pente. — Encastre dé pous^ parquet ou grillage de ma-
driers, sur lequel on établit la base d'un mur de puits.
Encastre dé mouli, châssis en charpente qui entoure le gite
d'un moulin à farine. Encastre d'un ciel dé iè, châssis
d'un ciel de lit. Encastre dé tinàou, cercle en charpente
de cuve vinaire qui consiste en jantes de chêne, épaisses
de trois pouces et larges de six, qui chevauchent avec
leurs voisines, qu'on fixe et qu'on assujétit par des che-
villes. Ce mode, qui est trop lourd et trop pénible quand
on veut défoncer la cuve, est généralement abandonné
aujourd'hui pour les rubans de fer battu, tout comme les
cercles en scions de châtaigniers sauvageons, ou de mico-
coulier. Au fig. on dit Encastre de toute sorte de clôtures.
Dér. du lat. Castrum.
Énçaval, adv. de lieu. En bas^ du côté du bas, vers le
bas, par rapport à l'interlocuteur, lorsqu'il est placé rela-
tivement plu sbas ou au bas, bout d'une table par exemple.
— Voy. Aval.
Éncavala, v. Entasser les gerbes de paille, former les
meules qu'on appelle Cavale. — Voy. c. m.
Éncén, s. m. Encens, parfum; gomme résine aroma-
tique. Au fig. flatterie, louange. — Se parfuma émbé
d'éncén, s'appliquer des fumigations de Carabe, ambre
jaune qui a une forte odeur d'encens. Cowno las gens,
Véncén, prvb., selon les gens, l'encens.
Dér. de Incensum, m. sign. Formé de Incendere, brûler.
Encensa, v. Encenser, jouer de l'encensoir. — Ce mot
ne participe pas de l'acception figurée du fr. : Encenser,
pour louer, glorifier.
Ënchéîna, v. Enchaîner. — Le même que Émadéna
(V. c. m.), qui est plus pur.
Ënchivoqno, s, f. Équivoque, ou plus proprement,
anicroche, dérangement, pierre d'achoppement; subtilité;
chicane.
Ce mot est évidemment une corrup. du fr. Équivoque,
avec une difiiêrence assez sensible d'acception.
fincho, s. f. Spécialement, anche d'un instrument à
vent, d'un hautbois, d'un basson, etc. — Mouia l'éneho,
arroser l'anche; boire un coup.
Dér. du gr. "Ayyoç, de "hf^tt^, serrer, étrangler.
ËnclâoQsl, V. Clore, enclore; enfermer dans une en-
ceinte: entourer d'une clôture. Au fig. charmer; jeter un
sort; fasciner; ce qui consiste à retenir les objets charmés
comme s'ils étaient enfermés dans un cercle magique. —
On dit d'un vieux berger qn*énekUmsis sas fédos, quand,
sans le secours de son fouet et de ses chiens, il retient ses
brebis dans un endroit assez resserré, où elles paissent
286
ÉNC
£ND
sans s*écarter, ce qai est dû sans doute à un certain savoir-
faire, soit à la crainte on à la confiance qo*il leur inspire.
Dêr. de Cldouiï.
findume, s. m. Enclame, masse de fer sur laquelle on
bat le fer et les autres métaux.
Dér. du lat. Incus, udis, m. sign.
Sncluso, s. f. Écluse; marteilièrc; clôture et pertuis
garni de vannes, pour retenir et lâcher à volonté Tcau d*un
canal.
Suivant certains auteurs, le mot fr. vient du lat. Exelu-
dêre, exclure, rejeter, parce que Técluse rejette les eaux
qu'elle barre. Suivant d*aulres , il est dér. du teuton
Schlusê, m. sign., dont les Hollandais ont fait Siuys, et les
Anglais Sluiee.
Quoiqu'il en soit de ces diverses hypothèses, le lang:
parait venir plus rationnellement du lat. Includert^ ren-
fermer, enclore; car Técluse forme plutôt une inclusion*
qu'une exclusion. Le fr. nous aurait-il fait cette fois un
emprunt? C'est peu probable; mais il peut avoir puisé à
la môme source en s'éloignant davantage du type latin.
Le teuton Sckluse pourrait bien aussi avoir la même
origine. Cependant , pour ne pas nous montrer trop fiers et
trop entichés de nos origines, nous admettons comme possible
que Éncluso soit une corrup. d'Écluse, comme tant d'au-
tres termes qui appartiennent à la nomenclature des arts
et métiers.
Éncô dé, prép. Chez. — Ènûè di moussu, chez monsieur.
Vène d'éncd dé moun ouncle, je viens de chez mon oncle.
Snconlassa, v. Mettre le collier à une bète de trait ou
de labour.
S'éneoulassa, prendre le jpug matrimonial.
Dér. de Coulas.
Éhcoiilérl, V, Mettre en colère, irriter; aigrir, exciter,
provoquer, augmenter la colère de quelqu'un.
Dér. de Coulèro,
Ênconlo, s. f. Contre-fort; contre-mur; pilier butant;
éperon. — <Je terme est en général appliqué à la maçonnerie
purement agricole, et non à la haut» archHeotnre. C'est
tiû contre-mur qu'on établit principalement an ba» du
mur de soutènement d'une terrasse, soit lorsque sa fonda-
tion est décharnée, soit lorsqu'il surplombe par suite de
Ha poussée des terres, soit lorsqu'il menace ruine par des
lézardes ou tout autre élément de destruction.
Dér. peut-être du lat. Anton, coude de mur, consolé;
fiicouqna, v. Empoisonner le poisson au moyen de ta
coque du Levant (Yoy, CoguoJ. Au fig. ennuyer, para-
lyser d'ennui; porter gidgnon.
S'éncouqua, S'enivrer.
fincomnaift, «. Encorner; planter dles oomes sur le
front. — Ne se dit que dans le sens flg. et injurieux.
Dér. de Coumat,
C&orésta, v. Chaperonner un mur de cléture, te ter»
mitier par un encrttbuieut ou un chaperoir.
Dér. dii bt. CHêtu, ci^, cimier (f un casque.
Êncréstadnro, s, f. Encrétement, chaperon d'un mv.
— Voy. Crésto.
Ëncrouqna, v. n. Tomber de dépérissement; être d'ooe
maigreur effrayante.
Dér. de Croutpia, accrocher, par catachrèse, comme si
les os étaient devenus si saillants qu'ils pussent servir de
crocs.
Énculpa, t7. Inculper; accuser d'un fait; faire retomber
une faute sur quelqu'un.
Dér. du lat- Culpa, faute.
£ndâoiiina]a, v. Endommager; causer du dommage;
blesser; faire une écorchure, une avarie qui porte un pré-
judice. — Aquél àoubre es bien éndâoumaia, cet arbre est
gravement ébranché, soit par le vent* soit par la nudvttl-
lance.
Dér. de Dàoumaje,
Ênd'aqnô, adv. Proprement, avec cela, au surplus. C'est
aussi une locution explétive fort usitée dans une narration,
pour en lier les divers membres. Elle remplit à peu piés
le même office que le fr. Cependant ; c'est une formute que
les paysans emploient avec une grande profusion dans leurs
discours. — Y-avièt bien réeoumanda dé çaï étire, énd'aguè
es pas véngu, je lui avais fort recommandé de se troa.ver
ici, malgré cela, il n'est pas venu. Laïssa-mé béoure un eo,
énd'aquà' vène, laissez-moi boire un coup, après œla je
suis à vous. Énd*aquo gué s'en passa, attendes donc qu'il
s'en prive, avec cela qu'il s'en passe.
Formé de Èndë, avec, et Aqud, cela.
Êndaréîra, «. Faire perdre du temps, faire reslw en
arriére. — S'éndaréXra, demeurer en arriére; laisaer arré-
rager les termes d'une ferme, d'une rente, les intérêts d'iuà
capital. — Xof eourehos éndareinm, le» chemin» de tra-
verse font perdre du temps, pan^s que celui qu'oa gagPA
en abrégeant le trajet, on le perd par les difficultés de la
tonte et les obstacles qu'on lencontre. Moim. drote- t'en-
daréïro, mon fils s'est laissé devancer par ses QOQdisci|»les,
il est resté en arriére-.
Dér. de Dariès.
Ëndaréirajes, s. f. piur. Arrérages d'une fornoe, d'one
lante^ etc.; arriéré d'une delte. — Quouro qué^martm pia-
ttsraS pas motok émdarUmjtK lor8i|ue je mourrai, je n'amauL
pas de regieta sar raffriéré de ma jennesse; je Taïuai bien
employée.
Ëndavala, v. Avaler, engloutir, absorber. — Andowa-
lurié un biôau enté sa» toiot>* VéspUAou amoV lau9 pdom^m:
kns diable omaV hu eKâourà; toutes locutions proverbîalfiS
qui répondent à un gros mangeur qui avalerait la mer ai
kn ppi9M»s^ à un prodigue qui dévorerait le rojiaainB de
France et de Navarre, le diable et ses cornes..
Il se prend aussi* pour : faîie deseandre,. faire Unnber.
— la paré s'és éndttvalado, le mur a cioulé, oa il. a dmwé
dkirpieâv M'u éndtnmla l'é^jianlo, ilr m'a disiei]p6 r^fpffie.
Un mmr9 éndaiwiUt,Mnb figura avalée, amigfM.. Jkm se«a
ëndavala, il a le visage défait.
ÈND
END
287
Ce mot, comme Aval et Davala, est formé du lat. Ad
valUm, vers le bas.
findé, prép. Avec. (Voy. Èmbé.) — La différence entre
les deux formes de cette préposition a été déjà notée.
Mais dans quelques locutions d'un idiotisme trôs-original
il n*y a pas non plus à les confondre et Éndé est seul
admis dans les tournures pittoresques des phrases suivantes,
où il prend la signification de en, avec, à, prép. : Es-U
foueeible qu'un (ue sibU énd'avédre lou moure ian lonf
Est-il possible qu'on ane siffle avec un museau si long ?
Aquà y-is véngu éndé naïsse, il a pris cela en naissant,
cela lui vient de naissance.
Êndémésl, ido, adj. Dim. Éndémésidoù. Pauvre hère,
sans portée d'esprit, qui tremble au moindre vent, qu'un
rien abat; qui s'embarrasse des moindres dilTicultés; qui
ne sait jamais conclure une affaire.
Sauvages donne à ce mot une tout autre acception, et le
traduit par : arrêté, ordonné, fixé. Cette signification peut
appartenir à un autre dialecte qui n'est pas à notre con-
naissance. Dans nos pays, il veut dire, au physique, un
homme sans force, sans adresse; au moral, sans esprit,
sans initiative, sans valeur : c'est un demi-homme, et c*cst
ce qu'exprime son étymologie du lat. Dimidius, demi.
Ëndémésl (S'), v. Diminuer peu à peu; devenir à rien.
Dér. du précédent ou du lat. Demere, 6ter, faire subir
une diminution.
findéouta (S'), v. S'endetter; faire des dettes; s'engager
dans des dettes, en contracter beaucoup. — Prén lou eamï
doê éndéoutas, il prend le chemin de l'école, c.-à-d. le
plus long, le plus scabreux et le moins utile, comme les
débiteurs qui veulent éviter la rencontre des huissiers ou
de leurs créanciers.
Dér. de Déoute.
findéqna, v. Estropier, donner ou causer un vice, une
tare; rendre maladif; affliger d'un rachitisme qui arrête le
développement du corps. — Un drôle éndéqua, un enfant
rachitique, noué. Un àoubre éndéqua, un arbre entiché.
Éê tout éndéqua, il est tout contrefait. Es éndéqua pér sa
vido, il est estropié pour la vie.
Ce mot serait celtique, d'après Astnic, et le primitif
sans doute Entec ou. Endec, tare, vice. D'autres le font déri-
ver du gr. ' AvcOi}xa, aor. tiré de 'AvaifOTjjii exposer, imposer.
Êndèqno, s. f. Tare; défectuosité; rachitisme; défaut;
langueur; vice intérieur.
findéqnoùa, onso, adj. Qui a une tare; rachitique;
languissant; malsain; maladif; chétif.
tndé^nn, s. m. Cacochymie, rachitisme; enfant noué
dans ses membres ou qui a les organes maladifs.
findènri, J. m. Dim. Éndèrvioù. Dartre; maladie, in-
flammation de la peau couverte de vésicules blanchâtres,
souvent avec ulcération. — Moure d'éndèrvi, visage bour»
geonné, couperosé. — Voy. Dérbése.
Dans le bas-breton Darvoéden ou Darouéden, ou Deroui,
da oelt. Demi ou Vervit, m. sign.
Éndévénable, ablo, adj. ASàble ; d'un caractère facile
à vivre, avec lequel tout le monde est d'accord ; sociable.
findévéngn, udo, part, pass, de Éndévéni.
Êndévénl, v. Atteindre; frapper juste et de loin; ren-
contrer à point.
S'éndévénï, se convenir; sympathiser; s*accorder. —
Véndévénguère dâou prémU go, je l'atteignis du premier
coup. Endévénguèn, nous convînmes. En pariant d'un
portrait : Vofus an bien éndévéngu, on a bien saisi votre
ressemblance. Meu miolos s'éndévénou, mes mules s'accor-
dent très-bien pour labourer ensemble. En parlant de vers :
Aquélo cansoù s'éndevén bien, cette chanson rime bien.
Éndévéni un air, saisir et rendre bien un air de musique.
Faïre éndévéni uno courduro, dous lès, égaliser les lisières
d'une couture, les bords d'un lé. Se s'éndévèn, le cas
échéant; s'il plaitàDieu; suivant toute probabilité; s'il
arrive jamais. Nous endévénguèn, nous eûmes la même
pensée, nous nous rencontriUnes dans la même idée.
Dér. de Èndé, avec, et Véni, venir avec; ce qui revient
au lat. Convenire, convenir.
Êndia, v. liennir; faire un hennissement, en parlant du
cheval.
Dér. du lat. Hinnire, m. sign.
Éndiabla ( Faire ), v. Eudiabler ; faire donner au diable
tourmenter quelqu'un pour obtenir de lui ce qu'on désire «
faire enrager ; dépiter.
£ndilérén, s. m. Différend; discussion; contestation;
maille à partir. — Parlaja Véndifétén, partager le diffô-
rend.
Ce mot vient évidemment d'une corruption du fr.
Ëndiféren, énto, oJj. Ne s'emploie que négativement.
On dit : es pas éndiférén, pour : il est assez beau, assez
bon, pas trop désagréable, pas dépourvu de bon, tant des
personnes que des choses. Aquél bla es pas éndiférén, c'est
d'assez beau blé.
£ndil, s. m. Dim. Èndïé. Hennissement. — Voy. Éndia.
flndiméncha (S'), v, S'endimancher, mettre ses habits
de fête ou de gala. — Voy, Diménche,
Ëndinna, v. Irriter; envenimer une plaie; redoubler la
colère, l'exaspération ; réveiller, surexciter une douleur.
S'éndinna, redoubler de fureur ; se surexciter ; s'exas-
pérer; s'obstiner avec rage. — S'éndinna âou traval, re-
doubler d'ardeur au travail.
Dér. du lat. Jndignari, s'indigner, s'irriter.
Êndinèl, s. m. Andouille; espèce de saucisson qui se
mange cuit, et qu'on nomme également Missoù. — V. c. m.
Dér. du lat. Edulicum, tout ce qui est bon à manger,
ou bien de indusioj indusiola» chemise, camisole, parce
que l'andouille est recouverte d'un boyau qui lui sert de
chemise.
Êndivio» s. f. Eodive, chicorée potagère, qu'on maqge
en salade, Chicorium Endivia, Linn. Plante de la lam. des
Composées chicoracées.
Dér. du lat. Intybum, ou Intubum, m. sign.
END
ENF
Ëndoulénti, r. Eiidnloiir; rciidn.' iIuImuiviix, [«lus
>en>JllLM[U(Ml«' CdUtmiif^. — f.stre endonlenl} , nvi'lre Ion
bras tnui fK!<>uU'hi/, .iV(»ir !»• (."ips, !•* Lims Iniu eiul'jl<iii>,
snit [tar suite ilo aiuj>> uii de fati::u\ suit par lUi'" c<uu'-
lAiliire.
D-T. cl'' D'''0//rc
Éndourméire , s. m. .Mi.:;i''i^ii : inaL'in'lisr-ui': ilisc-'U-
l'Mir (jui •'inl"rl ïmm ainiitnir.'
Éndourmi, v. Kinl >ni.ir, j»i-.run'r 1.' .s»!M;i-'iI; lair'^
l'ailler cl .■iiiiiii : cii^'tui-.rn- ; llaUcr, aiiiiiN-r. ca;v»,M';
cliani.er. Calint-i' un»' cIuIiI.nu'. — Mo'm jic es ()i hmnnt ,
iiK'ii j>i'<l t'st ('iiltmiUiIi. (".♦'t t'ii_'an"iliss":iM'iit , nui c* m-
iiii-ne»' i>;u' Mii'^ i'ri\ati'iii ci»!!.]"!- I':» cl.» h-'iiliii.' lit claii> l.i
parti'' ft «pii i'>1 sui\itriiu ffuriiiill-'Hifiit (luainl C''tl''\i\e
iihpr- xMi'ii t'Sl cii>.-iii''t\ \ieiit il'uii-^ c«<iii[ir.Nsi, n (1,\-; n-'ils
([ui. (l a{iiV'> >.in\a;: •>, i^'^ai.' !<• cuirs «lu llr.i'l" ii.ms- ii\,
Uiai> tjui p"Uriail I i.-ii su>p<'udi''' l't nlilii-'r.'c p"iii- .jn^^l-
(jU'''> iii>l mis la eiioul ilii'U du sani: t'lle-iin'''ii.*-, s.'Uie.'dt'
t'»ul ' N''ii<ali.»n clans la lil re ikin-hs'. Aiiuo tn'cfi'I'tr tim
•/u/i. L-' r'ii.' u'' c'aliirc iifU liud aux di'iit>. (-)ii dit : nt(
(ioitlne en !'>urtu'f dun j'-uii»' plant cjui, saii< tire nu rt,
tai"d.^ à pou^<^M•; c' (]ui pruvj.Mjt sall^ d'iut'' d<' (juel<]U'
^vii'' dui la eiroulalinii d,' la s.'\e.
l)er. du lat. Ihrinîie. m. ^ii-Mi.
ÉndOUrmidOUÏrO, >. /". .IUN|uianit\ JlisrJiiamns nii/cr,
LiniL, nii llaiit'h.ine, plante df la l'aui. des Stlan-'-ts. Srs
stvi.fUtN's, ail:iii!ii<ti"t" s en fu:nij.'ati"n«^. d'''i:à;;-'iit uni'\a-
|wnir (pu a, dil-cju, le ]^..uv.iir d-^ câln,tn' l^s n;au\ d'
dent l^> jthhs d'iulMur.'ux.
C e>t aussi le iinm d«' la pninfni' ejùn-nise. rii.^rlie aux
taupes : aulr»' Jiare('ti(]ue assez juiissant dt^a nièiiie laniill'\
— '".y. l)(.ii boussim'o.
Ëndourmidouïros, s. f. pfur. Truite esp.'oe de iiarcci-
li()ue, eu j:éuéral. — A jkk bcsmin (le jtrene las eicloiir-
tmloKiros, il n'a pas Iw^sûn d'c^piuui, dit-on d'un dornimir
S4MiipittTnel.
Ëndré, s. m. Diui. Endrerhe, cfhlrt'choù. Endroit, lieu,
place; pays. — Es de mourt emire/û est de mon villajje, de
mon canton, de ma ccunmune. Sèn toutes ddou w-mo énlré
nous sommets du mémo pays. Dans cettc^ acceplion. le UiOt
tudré cs\ relatif cominc^ cc?lui de pays, près de chez soi :
nn ne dit : dàon mémo éndre, que lorscju'on est nu moins
de la nn>me commune; à mc^sure que l'on s'éloiirne, le
cercle de cette cornmunautc' s'elar^'it : à cinquante lieues,
il suffît d'être du int'me arrondiss*?ment ; liorsde France, ou
njc^me à rarmc''e, le Nimois et le Baiol sont compatriotes.
tendre, l'endroit d'une étotïe, le coté oppnsé à l'envers.
Ce mot est formé évidenmient comme le fr. endroit, du
lat. in direcium ou m directo, sans qu'on puisse trop saisir,
pour l'un comme jx)ur l'autre, l'analogie ou la divergence
du sens : la dernière acception ci-dessus répond seule à
celte étyniologie.
Endura, v. Endurer, supporter avec patience; soulTrir.
S'etidura, se supjx^rter récipro<]uement, se plier à i'hu-
I ni'ur i un d-' l'ùutiv; ce qui so dit surl-uil en niénnge. —
, /'o y/M.s s'cn^'uKi, il ne pcul Si; sup[torter lui-ujème; il est
idinj»' liU ].tui' si p.u > M;ial)l'\ (lue, quand il est seul, il se
i cl;i'i'<lit' <|h. r>'!l'' a lui-nii"'ii.t'. Pourii t pus m'endura dinc
KKja! jnis, j.' 11" s;iiii'ais m'iiahituer dans ce }iays, j'y
' n.nuiT lis d • iinui.
! |)t'/. dil lat. i)itnin', •■mluiVir.
I Ènduran, anto, f."'/. JJiduianl, rjui supporte patiem-
, n.tMit liii' in>iiîi •, un lii; ii\ais tiMit-'nit'nt. >ie s'emplui»'
;.'iiM''' (ju-' n* -',ili\ •MK'iit. — y.s jxi'i endiirnn , il est fttrt
ir.!>.i. !•', Il .^-.-n^oi piil'l'', nnduMiiiuix.
Enduro (Màou d"), J'Iikisc fuid'. Mal (jui n'a d'autre
, r<'iii''ii" (]!..• Kl p li.'ii«;.*. Il si_iiilir' au>si : Uial non dange-
, r''U\, (jiii lit' jU'sriit(> (^u«' (]•■ l.i d"ul<'ur et n'rxigt» qu«' de
la ji iti 'iif '. > ,!is d iiijcU' lie w "\\. A<ii'ii's de mâond'i'udnro,
c"»'>l un h. .il, uin' d'-ult iir a iMMiu-Ilf.' il n'y a })a> d'autre
ri'tij'Jf (|U'' la pali''ne.', (pi'il ! ml endu:>'r, supix^rter
pali''i ii.iMil.
! Énémi, Énémigo, (/ '/• T-un' mi, ie : celui uu cello qui
Ii;iit (jii'i.ju'un, qui lui \t'ul du n.al. (rr>t IJoslis, lat.
I D'T. ilu lat. liiimîriis^ f^iin-Miii pcM'Sonn'd.
, Ènfachina, v. Iji> u-.'-l-r; j 'l'-r un sort. Par ext- puer,
.exîial'-r u;i'' (.licur l-llil''. (/ot un sup^rKitif d»' puanteur.
[ l)''i". du lat. i'asi'iiKire. m. sign.
Énfachinaïre, aïro, s. et a!j. Sirci<M% j^Heur de sorts;
I cliai'ni''ur.
I Ènfaïssa, e. rag"t"'r; li t en l)olP:*s, «mi fagot; disj><'»ser
, tout-' • sjH'ce d'i.lj''ls n.-'iius (ju'ui trans]>ortt' sur les
épaul'\s. Comme d-- la paillf, du iV'in, etc.
S'enf-i't.y.sa. <c dit dune puuln', dune ciiarpente, d'un
plancln-r. qui. par tiop d-' surcharge uu faute de solidité
et d étant; -ns, d''cri\"iit un-' cairho vers le ndiieu. C'est
' aloi-s une corrup. du l'r. S'alVais>.er.
D'T. d-' f at, faix, pcuds.
Énfaïssaje, >\ m. Eagotag»'; action de mettre de la rame
en fagot, uu d"enihotlcli»r de la p;dll'', du fourage; frais de
cell»» opération.
Énfanga, r. Enihourh»M*; j«qor ou laisser toml)er dans
un l»ourhier; salir avec de la boue. Au fig. S'enfanga, se
mettre dans quelqu-^ sal»^ nu niau\aise aflaire, sjvî^culation
/•u entreprise. -^ Â\« bien enfauga, i\ est eml)Ourbé dans
une Uiau\aise alTaire; il est perdu de dettes. Es énfanga
,de mdo escus end'un lâou, il s'est enfoncé de mille écus
aNec un tel, c.-a-d. il s'est endetté avec un tel jusqu'à
I millt^ écus.
Der. de F an go.
Énfanço, a. f. Enfance, âge de l'enfance. — On ne dit
pas i-Y(Uj (•''', coin nie dans les autres compost'^sd'Ê/Vin; il est
pruhahleque ce suhst. n'existait pas dans rorigineet qu'on
l'a euq^runté plus tard au fr.
Enfarina, v. Au pr. enfnriner, poudrer de farine, qui se
jdit mieux Énfama. Au llg. S'enfarina, s'enticher, s*en-
I fariner d'une idck\ d'une opinion. — S'm enfarina d'aquélo
I fto, il a la tête tournée \xiv celte fille : il en est êperdtiment
ENF
ENG
389
amoarenx. Cette expression toute figurée prend son ori-
gine dans l'idée des pâles couleurs, maladie qui tire aussi
son nom d'une idée de farine, une monomanie qui donne
à la figure une couleur de farine. Ce mot est Tacception
métaphysique *de Énfama, qui ne se prend qu^au sens po-
sitif.
Dér. de Farino.
tnlama, v. Rouler dans la farine, comme certains
poissons, certains mets préparés pour la friture ; enfariner
le \isage, les mains, les habits.
Dér. du lat. Far, faris, farine.
Êniéra (S'), v. S'enclouer, comme fait un cheval ; se jeter
sur le fer, se percer soi-même. Au fig. se nuire; se couper,
se contredire; s'engager dans une impasse en affaires.
Dér de Fère.
fnféria, v. Entraver un cheval avec les entraves qu'on
nomme Énfèrios.
fnfèiios, 8. f, plur. Entraves qu'on met à un cheval,
lorsqu'on le laisse paitre dans un pâtis sans autre attache,
et qui sufiQsent pour l'empêcher de s'écarter trop loin. Cet
instrument consiste en deux colliers de fer qu'on place
aux deux jambes de devant de l'animal, un peu au-dessus
du sabot, et qui sont joints par une chaîne très-courte, soit
par un boulon mobile à deux têtes qui joue entre les an-
neaux des colliers. Il est semblable à celui que les acro-
bates se mettent aux pieds dans certains de leurs exercices
sur la corde roide : il oblige les chevaux à tenir les jambes
de devant rapprochées et à sauter à pieds joints, quand ils
veulent changer de place.
Dér. de Fère.
Ênlémal, nalo, adj. Infernal; de l'enfer; qui appartient
à l'enfer; diabolique.
Énfiala, v. Enfiler une aiguille.
Dér. de Fiou,
Ênfialousa, v. Charger une quenouille de matières à
filer.
Ce mot, portant dans sa contexture le subst. fialowo, et
étant actif, a pour régime direct la matière à filer.
Dér. de Fialouso,
£niiétra, v. Conduire à la foire; introduire au champ
de foire le bétail ou la marchandise qu'on a à vendre.
Dér. de Fmro.
tnfîonla, v. Enfiler, mais seulement dans le sens de
tromper, duper; engager dans une affiûre douteuse.
Dér. de Fiou.
£nfioQqna (S*). S'enflammer d'amour, de colère; prendre
feu; se passionner.
Dér. de Fia.
finlongna, ado, adj. Rechigné; boudeur; grognon; qui
fût triste mine.
Dér. de Fougna.
finlounça, v. Enfoncer; pousser, mettre, faire pénétrer
an fond, plus avant; forcer une porte, une serrure. — On
dit d'an faux brave, d'un fanfaron : Énfounço la$ portai
douvèrtoa, c'est un enfoncenr de portes ouvertes, c'est un
pourfendeur de naseaux.
Dér. du lat. Infundicare, m. sign.
Énfonma, v. Enfourner; mettre le pain au four. Au
fig. avaler gloutonnement ; remplir ses ))oches.
S'enfourna, s'engouffrer; s'introduire, s'engager dans...
— A l'enfourna $é prén lou pan cournu, prvb., à mal en-
fourner, on fait les pains cornus. L'âouro s'énfourno din
la chiminèïo, le vent s'engouffre dans la cheminée.
Dér. de Four.
Ênfonrqna, v. Enfourcher; piquer, embrocher avec une
fourche; monter à cheval.
Dér. de Fourquo. J
Ênfourqnaduro, «. f. Enfourchure d'un arbre, l'angle
du tronc où se divisent les maîtresses branches ; enfour-
chure d'un pantalon ; enfourchure du corps humain , le
sommet de l'ouverture de compas que forment les jambes.
Énfu (S'), 3n>e pers. sing. indic. prés, du v. tnfujï fS'J.
Énfuji (S'), V. S'enfuir, prendre la fuiln; déguerpir;
s'esquiver.
Dér. du lat. Effugire, m. sign.
Enfuma, v. Enfumer; noircir avec de la fumée; rem-
plir de fumée, comme on fait pour le terrier d'un renard;
entourer de fumée, comme pour un essaim d'abeilles.
Dér. de Fun.
£nfar6nna, v. Transporter de colère; irriter à l'excès,
rendre furieux; animer contre quelqu'un.
Dér. du lat. Furor.
Êngabia, v. Encager; mettre en cage; parext. empri-
sonner; détenir en charte privée.
Dér. de Gahio.
Éngacha, v. Regarder dans... — On dit : Èngacho,
regarde, de quelque chose dont on montre l'intérieur ou
qu'on fait voir de près ; Agaeho, pour quelque chose qu'on
a devant soi; Aré^acha, regarder derrière. — Voy. Agacha.
fingaja, v. Engager, mettre en gage ; promettre par en-
gagement; obliger; enrôler un soldat.
S'éngaja, s'obliger; hypothéquer ses biens; promettre;
prendre volontairement du service dans les armées. —
Èngaja sa mostro, mettre sa montre en gage, emprunter
sur ce nantissement. Éngaja uno elâou din la saràïo, em-
barrasser une clé dans la serrure. S'éngajè pér soun frèro,
il s'obligea pour son frère; il lui servit de caution hypo-
thécaire.
Dér. du lat. Vas, vadis, caution, qui a fait dans la
basse lat. Vadium, d'où Gqje.
£nga]aiit08, s. f. plur. Espèce de manchettes que por-
taient \^ dames sous Louis XV et qui étaient placées aa
coude, les manches de la robe ne descendant pas plus bas.
C'est, dans l'idée du peuple, le née plus ultra de la grande
toilette. Lorsqu'elles parurent, on leur donna en fr. le
nom d'Engageantes, comme la plupart des modes de l'épo-
que, à qui on prêtait une portée morale dans l'idiome de la
galanterie. Le nom fr. a disparu depuis longtemps : le
37
•20 0
KNG
tNG
laiig. l'a c(•ll^^'i•\L^ ol aujniu\l"liui ptHit-èlre lji«Mi des por-
soiiiies ([iii se Si r\oiit jounii'll'.'iiioiit du mol et de la clinse,
seraieiil l'uri tMnharrassôes de donner rori^iue de celle e\-
|)res^i*jii et la ili'.soriiilioii de celle mode.
Éngambo, a.!], de loul genre, ^'esl (junne iradiiclion
du ïr. iiiii.imlie , i'm[)luyo.; seul<'menl cojimit^ suhriquet el
par anli|>liiM>' . I.»' caraclère nar([Uois cl i^iud<»is se montre
toujour> même iliiis It's mois <'ii ap[)aiviie'' les plus insi-
gnilianls.
Éngana, '. TromptM", ahus'-r, flu[u'r; i>u mieux : roirn'-r
la porliitii. C Vsi piu|u"eiiienl le tori que l'ail un*' nuurric
quanil rlK- ili viinl oiceinle avaid d";ivnir m'Viv son nour-
risson : ell«' lail loit aux d-'ux enlanls à la fois, qui se
rognent récipivi(ju<*mt'iit leui" portion. On dil d*.' l'un et dr
l'autre: Sou/i n((jun'fs. H ci's eni'auls \ienn<'iil rarement
à liii'n, ou ilu ijjojiiï, ils ri'>leul inalinj^res el étiMl.-s. —
S'cs pas cn<j(tiiu, il iK- s'est pa> (uddié d.iiis uji [uirlai;»'; il
s'est adjuge la plu> gro>s!' et la iix'illi'ure pari. — L'a cn-
tjana, il la -Uipé. AnumLU nous emjuncn j^w^, je \ous le
recommand' , ne nous trompons [ms à UitUv prijudiee.
Der. di' I ilal. lu*ja)iHan', tromper, fraudii'.
Ènganaïre, airo, atJj. Hogneur de portion; écornill-ur;
IronqH'ur; !i}p «crite.
Éngàoubi"U Gàoubi,^. m. 3Ianilieii ; tournure du cin'[»s.
Au lig. plu^ ;i>il<\ ('S])ril; adrcbSj; saAoir-lVdr»?. — Mu jkis
ijas (i\'i(ij<u> itii, il esl gaucln'; maladroit: sans ^a^oir-^aire.
E[iq»r. pr> liahlemeut du l'r. (hdht.
Éugâûubo, s. /' Pierre à Toulon: pii.-rre à déiaclier les
étoile> cl ([ui .igil en [»oudri.' comme alisorlKinl : l'^s ilé-
^rai^seui^ s l'n .^^rvoni p<.tur (Mde\(H' les laclies.
Éngàoula, (;. .M-llrc en joue un lusil; apjiliquer contre
la joue, l'ar r\\, d'>nn''r un soulllet.
Dér. de (ta' ta ta.
Éngarafata (S'), v. S'emmilouiler; se surcharger la
tète t'I le cou, I-'s i-ntourer Comme i\tnt les [»ei-sonn*'S piises
{.\\\i\ rhum ', .lun l'jrlicolis, ou de lluxion.
Lier, d-- lilal CaUifdlarr, Tormé du gr. ï x'/.y.Y^''-'-^ , Cal-
later un h iii,i;<'n{', [Mi'ce (ju'en s'enmnUjullant on terme
toutes le>> \oi. b ou\erli's à l'air, cunuje le calfat tuuh'S les
Voie» ouveiic^ a I'imu.
Éngarbièira, v. Dr-'^ser les gerbes «.'Ji gerhier: dresser
un geriii'-r.
Dér. di.' (miliiaio.
Éngarouua, c. feuler ses sr»uli<'rs; en allaisser, en ava-
chir les (juiilii-rs, de manière que le talon est déhoité;
d«''chausser (lUflipf un en marchant sur ses talons.
S'aujmoHim, l'aire une mau\aise spéculation, uni' ïausse
démarche; se mettre dedans.
Éngavacha (S'),t\ Ktouller; s'étrangler pour avoir a\ aie
une arèle ou autre chose (lui obstrue le gosier, un simple
fétu ou une goutter d'eau qui entre ])ar la trachée-artère;
s'engouer, s'engorger, en parlant «l'un tuyau qui s'embar-
rasse, se rem])lit, s'obstrue de matièr«.\s (jui empêchent
récouleuienl du li(iuide. — Ényjvac/ia uno clàou, engager
une cléda n> .sa serrure, sans i»oiivoir la faire jouer, ni la retirer
l)-'r. de (uivaty en ilial. provençal, jabot dos oiseaux
grani\ores, ge»sier, gorge, gésier; formé lui-même très-
prohal>lemenl du lat. (avns, creux, profond.
Engendra, ado, <(<lj. Engendré; procréé, produit. —
Dans ce >ens, ce mot est admis en languedocien; mais il
esl plus usité comme dérivé de Gvuilre. — Aquél home es
hivit Dniou cnijoi'lra, ce pauvre honnne n'est pas beun^iiv
en gendre.
Éngipa, r. Pla(]u»M' du [ilàlre ou du mortier contre un
mur axt'C la Iruelh"; foueti-r un ujur, l'enduire au balai: o'
(pii jtioduit renduit([u'vin iiomnje ta/orï/5//V/wo,'r. cm). Par
exl. éclahouss'-r; cou\ rir de]>oue, d'eau. Au fig. souûleler.
Dei". du lat. (lyjtsuni vn du gr. T^yoç, plâtre.
Èngipado, s. /'. Kclahous>ure; houe qui rejaillit sur
quf'jiju'un ou sur (|u-'l(jue chose.
Englouti, r. i;nvsi'l.'r; bos>uer un vase en métal quel-
Ce.ntjU'', un n^lensil'-, im chiudrou.
Dér. du r.tiiian (loi, fosse, Inui.
Éngouïssa, v. (^.m.^'rdu chagrin: donut-r des angoisses;
lh>nin'L- du .souci.
Éngouisso, .v. /". Ang"i>.s''; atTlictioji; douleur amère
d»'>prjt et {[<• c**r[is; gène de ràini.'; dure néct'ssité.
Dei". du lat. AuyusUd.
Éngouïssoùs, ouso, o<lj. .Vngoisseux; (pii se plaint
toujours; .pu aime à .se plaimlre; (jui .soupire .sans cesse.
Éngouli, v. A\aler goulum-'Ut; engloutir; boire d'un
seul Irait.
Der. du lat. Gnia.
Éngoulidoù, s. m. GoullV'»; tourbillon qui forme un
mlomioir ien\er.sé, pro\enant d'une communication in-
fèri'Ure au ni\eau (h- T'au a\ec un contr«>courant. Au
lig. large gosii'r, grand avahur.
Éngounsa, v. Enfoncer; ejig.ainVer; engoncer en parlant
dnn haiiil, d'une rolie troj» uioiUaiits, dans lesquels le C'.»u
s'enfont.*'.' et ({ui gène les mou\enients.
Der. du lat. AbH-ouc/erc, ccaher.
Engourdi, v. Engourdir; causer inie pesanttnir dans une
])artie musculaire ilu cor[)s (|ui le prive de niouvenient ou
de sonlimejit. — S'apiili([ue aussi au moral.
Em[). au fr. ni. sign.
Éngourga, v. Engurgei-; obstruer le passage d'un liquide,
un canal, un tu\au; faire engorirer un moulin. — Un
nKnili s'eni/oKnjo, lors(]ue la fuite a un rjiveau trop élevé,
sait par l'éli^vation des eaux, hoit par les dépôts de sable
au-dessous (jui dinnnueni sa chute et gênent le mouve-
ment de sa roue. — Voy. Pnioicia.
Der. de (iour, du lat. Ctunjes.
Éngourgoubïa (S'), u. Se recro(|ueviller; se replier sur
soi même, coiiiine fait le charançon du J)lé, lou Gourgoul,
dans son alvéole.
Éngraï, .s. m. n<HaiI qu'on engraisse pour la ]>oucherie.
En terme d'éducation de l>étail, on distingue VEngrài de
la ^'ourU'o : celle-ci est le bétail (jue Ton entretient pour
ENG
ÉxNJ
291
la multiplication de Fespèce; celui-là le bétail que L'on
engraissa pour le vendre quand il est parvenu à son point.
-^Éseoumo un par à Véngrdi, il en a à gorge que veux-tu
comme un cochon à Tengrais.
Dér. de Grai$»o,
fingraïBBa, v. Engraisser; rendre gras, c.-à-d. donner
aui animaux une nourriture qui les engraisse ; aux terres,
des engrais qui les fertilisent; oindre avec de la graisse;
graisser.
S'éngraïssa, s'engraisser; prendre de l'embonpoint; s'ar-
rondir; s'enrichir. — Èngraïssa lou béstiâou, engraisser le
bétail. Èngraïua las rodoa, oindre l'essieu d'une voiture.
S'éngraïÊSa las habinos, s'oindre les lèvres, c.-à-d. faire
ch^re-lie. Vièl dâou mésîre engraissa lou chival, prvb.,
allusion à la fable de l'œil du maître. Èngraïssa lou
manèl dé la porto, graisser le marteau, graisser la patte
aux valets pour avoir entrée auprès du maître. Èngraïsso-
té, perlé : aqui' n aménloù, engraisse-toi, avare, voilà un
denier ; ou engraisse-toi goinfre, voilà une amande : phr.
prvb. qu'on emploie lorsqu'il s'agit d'un dédommagement
infime à une perte éprouvée. — Voy. Aménloii.
Dér. de Graïsso.
Êngrana, v. Faire moudre son grain. — Lou prémiè
ffu'és âou mouli éngrano, le premier au moulin engrène :
pnb. qui renferme une leçon d'égalité, et qu'on emploie
lorsque quelqu'un veut user d'un privilège pour avoir la
primauté ou la priorité.
On dit aussi : Éngrana lou béstiâou, donner du grain au
bétail, soit avoine, soit blé, soit maïs, etc.; ce qui le
rend gourmand et l'erapèche de trouver goût à la- nourri-
tare ordinaire. Et encore : Lou mouli s' éngrano, lorsque la
qoantité d'eau n'est pas suffisante pour faire tourner la
loae avec la vélocité requise, et que le blé tombant de la
trémie se ramasse sous la meule, sans pouvoir être broyé.
Cette expression s'emploie au fig. pour se plaindre de la
Boif à table et demander à boire : , /ou mouli s' éngrano,
c.-à-d. le solide a besoin de liquide.
S' éngrana, se laisser gagner par la vermine. — Èngrana
di manjanço, couvert de poux. lé éngrana dé dnzes, lit
infecté de punaises.
Dér. de Gran ou de Grano.
£ngrâoQfigiia, v. Égratigner. .— Voy. Éngràouta, m.
Mgn.
lier, de l'espag. Grafinar, m. sign. ^
Èigrâoiifignaîre, aire, adj. Égratigneur ; qui égratigne;
qui fait des égratignures. — Cette forme de l'adj . est plus
^tée que celle de Èngràoutaire, qui n'est guère admis,
tandis que le verbe dont il est formé, est pour le moins
âossi souvent employé que tngrdoufigna. Le provençal et
l'espagnol, dans le même mot, suppriment la particule
explétive En.
£ngràonta, v. Égratigner; déchirer légèrement la peau
a^HBe les ongles, avec une épingle ou tout autre objet
pointu.
Dér. probablement de l'allem. Kratzen, gratter, ou
peut-être du gr. 'ApcuXoç, crochu, recourbé.
Éngrâontado, s. f. Égratignure, déchirure faite avec les
ongles.
Êngrava, v. Couvrir de gravier. — Voy. Agrava.
£ngmna, v. Mettre en pièces, briser de coups; assom-
mer; éreinter. — Uno bouto éngrunado, une futaille
dépecée, dont les douves sont déjointes et tombent en
pièces.
Évidemment, les acceptions de ce mot sont le flgnré de
égrener ou arracher, séparer les grains du raisin ou d'un
épi de blé, ce qui se disait autrefois Désgruna et aujour-
d'hui Déséngruna.
Dér.. de Grun.
£nguéfia, fiado, adj. Difforme; contrefait; quia les
membres noués.
£ngaé]i, s, m. Onguent, médicament externe, mou,
onctueux. — Enguén gris, onguent gris, onguent mer-
curiel.
Dér. du lat. Unguentum, m. sign.
Êngusa, v. Enjôler; cajoler; attirer, tromper par des
cajoleries, des séductions.
Dér. de Gus.
Ëniassa, v. Mettre des papiers en liasse ; accoupler du
menu linge en le donnant à blanchir, pour qu'aucune pièce
ne s'égare.
Formé du fr. Liasse.
Énjiméra, v. — Voy. Énjiméri.
tnjiméri, v. Mieux que Énjiméra. Rechigner; enticher;
redoubler l'obstination de quelqu'un.
S' énjiméri, s'obstiner; rechigner; agir par caprice, avec
mauvaise humeur. — Aquà faï pas gué Vénjimérï, cela ne
fait qu'accroître son humeur et son obstination. Lou tén
s'énjiméris, le temps se brouille, redouble de ])ourrasque. *
Dér. de Jimère.
£njin, s, m. Adresse des mains; dextérité; génie par-
ticulier qui s'attache aux ouvrages purement manuels, el
qui consiste à trouver toujours les meilleurs moyens et un
remède à tout. Il ne s'applique point à l'adresse d'esprit,
à la subtilité.
Dér. du lat. Ingenium, esprit, génie.
Ênjinqnoùs, ouso, adj. Dim. Énjinquousé. Adroit des
mains; doué de cette espèce de génie qui s'applique exclu-
sivement aux ouvrages des mains. — Si souvent le lang.
dans les mots ne bravait l'honnêteté, nous ne citerions pas
le prvb. très-énergique et fort pittoresque : Étijinquoùs
eoumo lou quiou d'un por que ié baro sans couréjoik; mais
par accommodement avec le devoir de tout dire, nous ne
traduisons pas.
Énjouliva, v. Enjoliver; rendre plus joli ou seulement
joli.
Empr. au fr.
Ënjnèla, v. Enivrer avec de l'ivraie, qui, mêlée dans le
pain à une assez forte dose, porte à la tète. C'est un pro-
39â
ENL
ENQ
cédé employé, dit-on , par les maquignons, qui enivrent
ainsi, ou plutôt étourdissent les chevaux rétifs ou vicieux
et les rendent par là plus calmes et comme frappés de
stupeur : il leur sufiSt pour cela de mêler de l'ivraie à
l'avoine. Au fig. étourdir; assoupir.
Dér. de Juèl.
Ën-jon, adv. Â jeun ; sans énergie ; sans force ni cou-
rage. — 5ottt éncaro én-jun, je suis encore à jeun» je n*ai
rien mangé de la journée.
Dér. du lat. Jejunium, jeûne.
£n-lai, adv. de lieu. En delà; de ce côté-là. — Faaès-
vous én-laï, rangez-vous; faites place; poussez du côté
opposé à celui-ci. D'aHcïn-laï , contract. de Âïci én-laï, à
partir de ce jour; dorénavant. Un viro-t'en-laï, un soufflet.
Dér. du lat. lUae, par là.
Énlamoun, adv. de lieu. Là-haut, de ce côté. — Voy.
Âmoun,
£nlamoandâoQ, adv. de lieu. Le même que le précé-
dent Énlamoun,
£nlapa, v. Emhourher; enfoncer dans la vase, dans la boue.
Dér. de Lapo.
Snlaval, adv.. de lieu. Là-bas; de ce côté. — Voy. Aval.
Enleva, v. Enlever; lever en haut; emporter; dérober;
ravir. — Lou diable t'enlève/ ou par contract. simplement :
Ténlèvel Le diable t'emporte ! Peste !
S'étUéva, enlever une fille, ou plutôt enlever un garçon.
— S'és énlévado émb'un tàou, elle a décampé avec un tel ;
elle a consenti à un enlèvement avec un tel. Ce verbe
s'emploie ainsi neutralement pour faire disparaître l'idée
d'un rapt, d'après un préjugé assez enraciné dans les classes
populaires, qui tient sans doute à quelque loi du moyen-
âge fort sévère à cet endroit. Il est de tradition parmi le
peuple que, pour éviter l'accusation de rapt au complice
masculin, il faut que la fille déclare devant témoins an
moment de la fuite que c'est elle qui enlève son amant; ce
qu'elle fait par cette formule généralement adoptée : A
vâoutres vous en souvéngo gué iéou éfUève un tàmi, soyez
témoins que c'est moi qui enlève un tel. Tout cela serait
vain, d'après le code pénal (car, malgré la formule, il n'y
a pas moins rapt), s'il y avait violence ou menaces anté-
rieures à cette déclaration, ou si la fille séduite n'a pas
atteint l'âge de discrétion. D'autre part, quand l'enlevée
est maîtresse de ses actions, ou d'âge à en connaître toute
la portée, cette forme n'a rien d'obligatoire;' car ce serait
à l'action publique à prouver la violence réelle ou morale
qui constitue le rapt des adultes, et quand il y a accord
entre les parties, la morale seule en souffre, la vindicte
publique reste sourde et aveugle.
Ce mot, au reste, n'a aucune autre des acceptions du fr.
enlever : le lang. ne le lui emprunte que pour ce seul
usage dans les deux circonstances citées.
Éiliga, V. Embourber, enfoncer dans la vase : le même
en ce sens que Ènlapa fV. c. m.). Il signifie aussi : jeter
du limon ; couvrir, remplir un objet de limon. — Toy. Aliga.
Getiemier mot signifie répandre la vase, le limon sur la
surface; celui-là veut dire en remplir un lieu, iln objet
creux et profond. Une inondation aligo un pré; elle énliyo
un puits, un fossé, l'intérieur d'une maison.
Dér. de Ligo.
£n-nâon, adv. de lieu. En haut; vers la contrée haute;
du pays des montagnes. — Et d'én-ndou, il est du côté
des montagnes, il est des hautes Gévennes ou de la Lozère;
d'un pays élevé ou seulement au nord de celui de l'inter-
locuteur.
Dér. de Ndm, haut.
£nnégrési, v. Noircir; salir de noir; obscurcir; assom-
brir ; barbouiller de noir. Au fig. noircir la réputation. —
Lou tén s'énnégrésïs, le temps s'obscurcit, il devient noir.
Dér. de Tfégre.
Énnévoull (S*), v. Se charger de nuages; s'obscurcir;
devenir nébuleux, sombre. — Se dit du temps.
Dér. de Nivou.
£n-odi, phr. faite, qui s'emploie quelquefois substan-
tivement : Mé vénès én-odi, vous m'ennuyez ; la car mé
vèn én-odi, la viande m'ennuie, me dégoûte ; j'ai du rebut
pour elle. Uén-odi faï véni las cabros nèeios, l'ennui fait
perdre la tète aux chèvres; sorte de prvb. qu'on cite pour
exprimer que l'ennui finit par rendre fou quand il se pro-
longe.
Dér. du lat. In odium, en haine.
£nqné, phr. faite, qui se traduira mieux par des exem-
ples que par une définition, comme: tous les idiotismes. —
S'ère énqué vous, si j'étais vous, si j'étais à votre place.
Cette locution ne s'emploie jamais qu'avec cette formule et
précédée du verbe S*ère; et toujours à la l** pers. sing. de
l'indic. prés. Lorsque le régime est le pronom él on éie,
éles ou élos, on fait suivre énqué de l'art, dé : S'ére énqué
d'éles; et cela par un simple motif d'euphonie. Il en est de
même pour quelques substantifs tels que dans ces phrases :
S'ère énqué dé moussu tàou; dé moun pèro. L'usage seul
détermine cette différence, qu'aucune exigence euphonique
d'ailleurs ne motive, au moins dans la prose.
£n-qnèsto, phr. faite. En quête, en poursuite, en re-
cherches.
Dér. du lat. QtuesHum, supin de Quœrere, chercher.
Ënquèsto, s. f. Enquête; recherche judiciaire; infor-
mation.
Ënqidcon ou Ënquoncon, ou Ênticon ou Êntoncoa,
adv. de lieu. Quelque part; en quelque lieu; en un certain
endroit.
Énqvicon-mài, quelque autre part ; ailleurs.
Dér. du lat. Quocumgue, m. sign.
Ënqniè, s. m. Trou de la canelle on du rohinei d*iuie
futaille ou d'une cuve.
Dér. de Énquo.
Ënquiè, èto, adj. Dim. Énquièté, ÉnquiêM. Inqniei;
chagrin; d'humeur morose; grognon; qui aime à se
plaindre. — Énquiè eoumo un ea borgne, prvb. Inquiet
EiNR
ÉNR
•i93
comme un chat borgne, ce qui veut dire aveagle. — Voy. \
Borgne.
Dér. da lat. Inquieiua, inquiet, agité.
inquiéta, v. Inquiéter; donner du souci, du chagrin,
de la sollicitude.
S'énqtUéia, se chagriner; prendre de l'humeur; se mettre
en colère. — Faire énquiéta, donner de Thumeur; faire
mettre en colère.
fnqniétndo, s. f. Inquiétude ; chagrin ; humeur. — Aï
«no bèlo énquiéiudo, ana$; allez, j*ai un violent motif de
chagrin; je suis bien en souci.
Ëiquo, désinence adjective féminine. — Ce suffixe avait
sans doute pour masculin Éne, qui n'est pas «resté avec
cette forme dans notre dialecte, qui n'admet dans aucun
mot le G final. Aujourd'hui, ce masculin est En, En, qui
marque, en s'ajoutan^ au radical, à un nom de lieu, le
voisinage, l'habitation, l'appartenance, et que des analogies
rapprochent des autres suffî&esdont il a été traité. — Voy.
En,, En, suffixes. Ènquo au féminin adjective les noms
dans le même sens : son origine et ses transformations sont
expliquées dans l'article auquel nous renvoyons.
Ênquo, s. f. Ganelie, d'une cuve d'un tonneau, qui n'est
qu'un tube fermé par une broche. — Ana coumo uno
énquo, aller fréquemment à la selle, avoir le dévoiement;
aller comme un robinet. Lou fai ana coumo uno énquo, il
le mène grand train; il ne le ménage pas; il le plie à ses
moindres volontés. On dit aussi : Va\ coumo uno énquo,
d'un outil, d'un appareil, d'un individu même, qui fonc-
tionnent parfaitement, qui font vite et bien.
Énquoucoil, adv. de lieu. — Voy. Ènguicon.
Snraja, ado, adj. Enragé; qui est atteint d'une douleur
extraordinaire, d'un mal violent, d'une colère furieuse. —
Dans le sens de rage, hydrophobie, on dit mieux, Fot;
«Il chi fol, un chien enragé : on ne se servirait pas de
Ènraja, qui est Une acception française.
Dér. du lat. Rabies, rage.
inràoumasBa, v. Enrhumer; causer un rhume.
S'énrâoumassa, s'enrhumer, gagner un rhume. — On dit à
un enfant qui n'ôte pas son chapeau devant une personne
X qui il doit du respect : As satqué pôou d'énrâoumassa
tous pésouls? tu crains sans doute d'enrhumer tes poux?
Dér. de Râoumas.
Inrâonqna, v. Enrouer, causer de l'enrouement.
Dér. de Bâou, rauque.
finraiQaa (S*), v. Se dit du vin qui pour avoir trop cuvé
dans le marc, prend l'&preté et le goût de la rafle; et aussi
de la canelle d'une cuve qui est obstruée, ou bouchée par
la rafle, faute d'avoir mis un filtre quelconque & l'inté-
rieur. Au fig. S'énraqua, s'enivrer, se gorger de vin. —
Èstre énraqua dé quieon, être fatigué, dégoûté de quelque
chose ; en avoir par dessus les yeux.
Dér. de Raquo,
tnrédéai (S*), v. Se raidir; devenir raide.
Dér. de Réde.
Ënréga,' v. Semer, planter à raies ou en sillons faits à
la houe une planche de jardin. — Ènréga dé faviôous ,
semer des haricots en raies.
S'emploie aussi pour dire : tracer le premier sillon, la
première raie. Par ext. commencer, entreprendre mie
œuvre, un labeur, une t&che. — Ènréga un coumplimén,
enfiler un compliment.
Dér. de Régo.
Ênrégaîre, s. m. Ouvrier qui exécute l'oeuvre ou Faction
du verbe précédent.
Enregistra, v. Enregistrer. — Cela ne se dit point des
actes de l'administration de l'enregistrement, qu'on nomme
Contoronle, et Contourounla; mais bien de l'inscription
sur les registres de l'état civil. — S* es pas trouva enre-
gistra, sa naissance n'a pas été constatée sur les registres
de l'état civil.
Ênréïa, v. Piquer, blesser une bète de labour avec la
pointe du soc.
Dér. de Réao.
Ênréssa, v. Mettre en chapelet les oignons ou les aulx.
Par ext. appareiller, ranger régulièrement et par rang de
taille ou de dimension.
Dér. de Rès.
finrougna, v. Donner, communiquer la gale. —
Un troupèl énrougna, uu troupeau atteint, infecté de la
gale.
Dér. de Rougno.
Ênroonza (S*), v. S'embarrasser, s'empêtrer dans les
ronces. — La diflërence de ce mot avec S'arounxa est
que celui-ci signifie : être accroché par une ronce, être la-
bouré par une épine de ronce; tandis que S'énrounia
suppose un champ de ronces dans lequel on est pris et
embarrassé.
Dér. de Arounxe. ^
Ênraga (S'), v. — Il existe un préjugé populaire que
représente ce verbe, qui n'a pas de correspondant français, '
et qu'il est nécessaire de traduire et d'expliquer par les
faits.
Lorsqu'une personne a la peau couverte instantanément
d'une éruption de petits boutons cuisants et à forte déman-
geaison causée par une ébullition quelconque du sang, on
suppose qu'elle provient de la déjection d'une sorte de
chenille, animal microscopique qui vient sur les chênes,
déjection qui atteint les personnes passant sous l'arbre.
Cette croyance a toute la fixité et l'obstination d'un théo-
rème, et les paysans se moquent de tous les raisonne-
ments contraires qu'on leur oppose. On a beau leur dire
que l'individu atteint de ce mal n'a point passé sous un
chêne; que les chenilles n'ont qu'une vie très-courte, et
qu'en toute saison elles ne peuvent exister; qu'il est
sd)8urde de supposer que des animaux puissent se donner
le mot pour répandre à la fois leurs déjections sur les
passants, et plus absurde encore qu'ils puissent les répan-
dre constamment, de manière à ce que le passant en
•j:t4
KNS
ENT
l'ii;. i\o r.ixiix"' iliiiis I.i s*c<-iiilr' t[u'\\ inrl à p'irc' •iii'ir li'
■li i!i,'lr.' (Ir ri'iiiluv il'iiii .'liliiv. Oii ,\ Immu !.-ur i;iiiv
"! >"r\i'i" tjiii' (iiuml iiit'iin' If'Ul cl.i Ni-iil \i,ii, la ilfj'.c-
lit II II»' jHiurnit n-ir([ii(' >ur !ts [);irli'S du curps laiss-'os à
(li'iniiNii'l r\ r\\ CMiitact irii iiit'ilia l a\i'c •'!!♦', laiiili>^ tjut^ Its
• 'nijitiniis il'Ul s'aiil m' ju-i'iIuim'uI sur l'.s jiai'lif.s Is jilu^
(■<ar\t\-|t>, ('.iiiiii"' IV'jijin» (IdNilc, le N.Miln» et l>'s «•uiss"s;
ImuI crl.i u • |).'ul l'U ri''ji alt'-ivi- la rrrihilil'' <1'' ros lH)iMit?s
^'('11^. Il '.ul n'iiian]u«M' ici ijui' lis ^-mis tl<' In cnuiii.i.u'iie
\«'ul''Ul \.n. à [n\i\ uii.' (viust' naluivlli' nu sui'iiahiivllc ; du
]ii"!iii'uî 11! • l.ur iid''lliLriit'<' lie jr-ur u.nnliv pas iiiiiin''-
di.il'ii.'aiî ••.'Ui- i*,,u>-' . ils s"<'ii «Tr.'nl uuf laiilasliiju»*
[dulnt (ji: d'a\ "UtT l.'ur iL'ii-uaucf <»u di- >"i\ rajtp irtor
.iu\ d''!;iii;. .ii> de la >«fi<jn-.\ rlms.- ])mui" latpi' lie ils nut
InUj aii's u:.'' i-\Uvii.'' d<'Ji,,h(T'. CrA cf pir|i!t<lu cllrl de
la Ci'i''iiill'' .jii ' »li aj>p»'lli' Ijiinifd : mr soiit inrii(/(i . j'iii
iili- rrupti' .1 di' l»'iul'iiiS
|)''r. d-' Ain(jo.
tnsabla, r. I{t'CMU\iir de salil.-; il(''p'.>t'r uii<^ eoutli»;^ de
>il»l.'. — (.'.'st ee (jiu aii'ive NtUM-jit aux Ifirauis exposés
.1 l.i .shî.ii;''i>i'i]i d«'S ii\i("T*'S <■( di'S Inii-.'hls. L'irsiju».' la
rn\>- « st M.' '. •'lUIt', rllr ]U^ dr-jn-si' ^Ul" !•'> tri'|V> ri\-'lMiMt\S
ipii.ii ' ['•_ !"•' l'MUfin' de lliJiMU vl les iM'iiilii'; !•• in^uie
;.>ii!t.it .•« ''leiil < iirci'c, niriin' djus les t^r.iinl. >. erut-s,
I 'i'MjU' 1 ^ ioids Si id luuri'<'> <'i i^aiiii.s il ■'pai>.- -s li>ii"'r''S
d"->i'ia;.'. , iiw- .|iii' II' e<an\uil ♦'■laiil al<'r> lii"is«'' parées
(t|i>l iid''>, I 'S sahlrs [)lu> pi\>auls (|ue Ii; liiiiitii 'i ijui oeeu-
piail uin' ,.iin' iidV iirur.' il.!n> li' etaiianl, >< ni («îiliuis de
>"arivl T "il d'' .>• lai>M'r eiilraiurr »lins if .-l'Uranl [Tiii-
.•ip.il. laiidi> i\,:<- |i'> i»>'raii'S lai>>.'iil priii'-tii'i' l' s raux:
•Ji.ir.'T.s 'il' piriii'uli'> plus ltcSm-s et plu> Ir.v M"e> (ju^llrs
\ di''j..)s.'i;l ■•Il N' iviifant.
Énsaja -ai Assaja, v. KssayiT, l<'Ht<'r, ''pi-nux-'r; faiiv
1 <-nÛ d'iiii' rIiM>e; IfieleT; Si' di>pMS"M' à lair»'; i^ssavT ini
\ »'(• ;ii'']il.
Va\ ilal. Assdijiarn, m. sii^n.
Éiisalado, .s. /". Salade; ujids côuipnsé di» Iciruines ou
d'iiril.is ,!^s lis.iiiiit'es a\i^cilu sel, de l'iiuile el du vinai^MV.
— Il si' dil ;\ la fois eoinnie on fr. de la salade assaisoiuiée
l'I de tout lt'';junio (jui sert ;\ la eoiuposiM". (Icpi-iidanl,
iHixju. 1 'Il [)it»iiniie«^ ce mot d'ujie manière alsnlui} et
sans lar • 'iii{»a|.nier du nom de res[»èfe, il ne s^ippliijue
.i:uri'> (ju" n\ ilifTiTmls ^'inres de eliiconV on de laitue.
On iliia .1 ■> la.'ii A une personne (|ui li<'iil à la main une
eliii;t»jM- i.| uni' laitui' : rourtas (iqut u)ni jniulûlo cfisata^fo;
mais >, e -l du eélni, Uu civssi'U, etc., il faut njnuler lo
nnui de r •sj)!^!'. Trïti, csitoussd, f/firn), vira rcnsalmlOf
i'[)lueli''i'. '';^iihller, assaisonnor. toni-niT la salade.
Iji ilal. hisahttn, m. sign.
Ênsaladiè, 5. m. Saladier, «'suèce do panier on fd d'ar-
vhal pian •ut'Utt'-r la salade. — On dit aussi : Souï cnsa-
'•'■'. vusk '(ï'IUiio, adjeelivenii'nt, jniur : jaime Ijoaucoup
Énsannousi , r. Ijisin;:l antt'r; tacher, souiller, salir de
S.I.IL'.
<
I). l*. di' Sahfj.
Ênsaqua, r. Kn>acli.'r; nicilri' drns des sacs; tasser;
[)r('>N'i' iMi M iiiu.eiit |t' sae. - — rnsdipta fou hht, nii.'ttre le
Ml' l'U >.{{'. i.nsa>i>'<i h, Il sa, Mtu!('\er lo sac et lo secouer
quand il r>t pii'NjUi' jiliin ]K>ur (]no le contenu s'entasso
l'I li'Miin' nl"ln^ il-' jil.ici'. /lUSfKjua hni boutiin, la sâou-
risso, l'tc., laivir Ir» linyau du houdin, do la saucisse, etc.
i:}i^(i,jii(i lu:i tlina, i.mv de l'i-xcrcice pi»nr ahattre les
nj'iv<aii\ d.m.s l'i .>t'ih..c, c.-a-d. pnur faciliter la dij/estion
a|iri'S dner. l.s lui: uisdjtui dm sas brn'tos. il a la taille
t'ULMiiC'"', enla>si''i\ l.iurd'', rpiissi'. Ar/uô's hldt-énscfjita,
fan'nn ini'ii,uli>, loc. prvh. (l'est niai'clié Conclu; c'est cliosp
l'Ul' inlui- ; cr^l fiMiiih' >! Vous teniez.
l)ér. de Sa.
j Ensarios, .v. /'. ji!u> . 0 -idili^ cal-as en sparlerie. — Voij.
J:înhi(issos.
Dér. ilii lat. Sarrina, jjaijuet, ha^age.
Énscgna, ?\ lndi(;uer; monirer; aj)prendre; njais non
dans le sriis du h'I. y^(.^(, i'ns''i_!ner. — Ijiscyna-mc lou
canii, indi(iU''Z-nioi, :n"nlrez-m<">i le chemin.
Dér. de la lias. lat. fftsi'/iinn.', faire une manjue, un
.si-'ii'', du 1.1 1. Sl(jinn/i.
Énscguo, x. /". !!::> i,:m ; mari[ue, imlice ; lahleaii,
l'crileiu d'un maL^asin, d'un caltarel, d'une auherp', etc.
. Ensemble «m Énsém, a(fv. Ijisemhle; de compa,LMiie,
Tini .;vec rautie, |.s uns avi\' les autres.
Le pr-'M.lii' n'i'st : a.^ l p'U iiiilii:èn(\ mais il est fort reçu,
le sei'und l'st plus pur.
l)i V. du l,d . Ins.hnu/, m. si'-'n.
Énsiblo, N. ni. i;asi;ii>Ie; nnlean aul<nu' duijuel <»st
r- ul'''' la cliaine ^Tna'- l'i-lVr qu'on tisse.
Di'i'. di' la ha^. l.iî. Ins-if f(f"tn, m. sii:n
Énsin ou Énsindo, mlv. Ain>i; de celte manière; cela
él.iid. — Il ne siu'iiilie j.;i> : ainsi que.
Tonne de d-'ux ad\. lai.. Sic r\ Indr, qui ont à pou près
la Uièliie pi.rl.'e m ce SillS.
Énsourcéla, r Knsoiceirr; jeter un sort. — Aqucio
féfinn l'a ensourrcla. cette fennne lui a jeté un charme; il
est amoureux d'elle comme si elle lui avait donné un
l)hillie d'an/oin'.
Di'r. di' Sourric.
Énsourda ou Assourda. v. Assourdir; rendre sourd à
force il' ciier, d'- faire ilu hruit; abasourdir. — M'en-
souj-'lci, tu m'iMinuii s de tes propos.
I)èr. de So'ir.
Énsupourtable, ablo, ndj. !nsup[)ortahle; ennuyeux;
intolérahle; assommant.
Empr. au fr.
Énsuqua, v. — Voy. Assuqun.
Enta, r. (irelTer; faire l'opération de la grofTe.
Dér. ilu lat. Tntns, dedans : mettre la irretïe ou scion
d'un arhre dans un aut.e.
ÉNT
ENT
295
Éntancha, v. Dépêcher; hâter; avancer un onvrage. —
S'ÀiiOficfta, se dépêcher; faire quelque chose avec hâte,
avec dextérité; se presser de finir un ouvrage, un travail.
Énianchen, dépêchons-nous; avançons notre ouvrage. La
bouto s'éntancho, le tonneau sera bientôt au bas ; on se
presse de le vider. Lou vi éntaneho lou traval, le vin fait
avancer l'ouvrage, c.-à-d. qu'en donnant du vin aux
ouvriers, on leur donne du cœur et du zèle. S'éntancho
déplôoure, il pleut dru, ou la pluie redouble.
Formé sans doute du gr. 'Ev et Tu/^a, vite, promptement.
Êatanche, «. m. Ne s'emploie qu'à l'ablatif d'éntanche,
et seulement sous forme négative. — Aquà's pa'n traval
d'éntanehe, ce n'est pas un travail qui puisse marcher
rondement, qu'on doive mener trop vite : c'est un ouvrage
minutieux.
Ëntanchivou, adj, dés deux genres et des deux nom-
bftj^. Il a à peu près la même signification que d'éntanche.
— Aqitéles pèses soun pas éntanchivou, ces pois sont menus
et longs à écosser : on avance peu l'ouvrage.
Ëntavéla, v. Empiler; mettre en pile; ranger en couches
superposées, comme cela se fait pour du bois à brûler, des
fagots, des gerbes, des bottes de foin, etc.
Dér. de Tavêl.
finie, s. m. GreÔc d'un arbre; le scion qui a été greffé;
le point de soudure qui reste sur la branche greffée et
qu'on y remarque longtemps après l'opération.
Pour l'étym. v. Enta.
Êntéména, v. Entamer; blesser; faire une écorchure,
une entaille, une blessure ; commencer à couper, à diviser;
entreprendre, commencer. — Éntéména la tourto, entamer
la miche de pain. Éntéména uno bouto, mettre un tonneau
en perce. Ai moun talou éntéména, j'ai une écorchure au
talon. Dé qu'éntéménan déman? Quel travail entreprenons-
nous demain?
Dér. du gr. ÉvtéfivEtv, couper, tailler, dépecer.
£nténcion, s. f. Ce mot, qui est fr., n'est employé que
dans le sens des phrases suivantes : Aï ënténciou d'un bé,
j'ai intention d'acheter un domaine. Mais ici le langue-
docien est plus explicite que le français ; il signifie : j'ai
un domaine en vue, et non l'intention générale et indéter-
minée d'une pareille acquisition. S'a énténciou d'aquélo
fïo, f&ou que s'anounce, s'il a réellement intention d'épou-
ser cette fille, il faut qu'il se déclare.
Ênténdémén, s, m. Connivence; collusion; entente de
deux fripons pour duper quelqu'un. — Y-a d'énténdèmén
âau jo, il y a quelque dessous de carte : cette phrase se
dit par catachrése de toute autre affaire que le jeu.
Dér. de S'énténdre,
Ën^ndre, v. Entendre; ouïr; comprendre; deviner.
S'entendre, s'entendre ; être d'accord ; convenir ; être de
connivence comme deux larrons en foire; s'appliquer à...
^Pér entendre dtre^-pour l'avoir entendu répéter. Séy-éntén
prou, il a assez de savoir-faire, il s'y entend assez bien.
Dér. du lat. Intendere, considérer avec attention.
Entendu, udo, adj. Entendu, intelligent; savant et
habile dans son art; qui voit bien les choses.
fintéra, w. Enterrer; mettre en terre; ensevelir, inhu-
mer; cacher en terre; enfouir; couvrir de terre. — Aquél
m
àoubre es éniéra jusqu'dou cafour, cet arbre est enterré
jusqu'à l'enfourchure des branches. Jtloun pèro m'éntérara,
mon père vivra plus longtemps que moi. Vène Xou cabaré,
jogue dé t'éntéra, allons au cabaret, je parie de te mettre
sous la table.
Dér. de Tèro.
Ëntérado , s. f. Convoi funèbre ; inhumation ; funé-
railles. — L'éniérado est proprement le convoi, la pro-
cession des assistants. Ana à Véntérado dé quâouqus, suivre
le convoi de quelqu'un. Y-aviè uno poulido ëntérado, le
convoi était très-pompeux. Le languedocien est une langue
naïve qui, en fait de convenance, le cède au fr. : celui-ci
ne dirait point un joli convoi funèbre. Le provençal va
encore plus loin que nous dans ce cas; il dit : Uno galanto
ëntérado.
fintéraîre, s. m. Fossoyeur, seulement pour les fosses
mortuaires, et non l'ouvrier qui creuse des fossés.
fintésta, V. Entêter; porter«à la tête; donner des étour-
dissements, la migraine. Par ext. étourdir par le bruit;
casser la tête en parlant trop, ou d'affaires trop sérieuses
ou ennuyeuses; étourdir par la vapeur de charbon ou autre;
faire tourner la tête.
S'éntésta, s'entêter, s'opiniâtrer ; ne vouloir pas démor-
dre d'une opinion. — Es éntésta coumo un ase, il est entêté,
obstiné comme un mulet.
Dér. de Tèsto.
£nticon, adv. de lieu. — Voy. Énquieon.
Êntiè, Eutièiro, adj. Entier; qui n'a pas été entamé;
auquel il ne manque rien. Au fig. entêté, opiniâtre.
Dér. du lat. Integer, m. sign.
Êntina, v. Encuver la lessive ; mettre le linge dans le
envier : ce qui est la première opération de la lessive. —
Aï éntina démati, c'est ce matin que j'ai commencé la
lessive. Éntino émbé la nivou, séquaras éndé lou sourél, il
faut encuver avec le temps couvert, si l'on veut sécher son
linge par un beau soleil.
Dér. de Tino.
tntissa (S*), v. Se dépiter contre quelqu'un, s'opiniâtrer
dans son humeur contre lui : ce qui ne va pas cependant
jusqu'à la haine.
Dér. de Tiuo.
fintoncon, adv. de lieu. — Voy. Énquieon.
Ëntouèlaje, s. m. Dentelle sans dessin et sans picot,
qui est en pièce et qu'on peut coudre sur ses deux lisières.
Il sert de monture à la dentelle elle-même.
Empr. au fr.
£ntoana, t>. Entonner; commencer le chant d'une
hymne, d'un psaume d'église ; par ext. d'une chanson.
Emp. au fr.
fintonr,f. m. Entours, environs; proximité; voisinage;
296
ENT
ENT
intimité. — Es toujour à moun énlour, il est sans cesse
autour de moi, près de moi.
A Véntour, adv. A Tentour; aux environs. — A Vén-
tour dé Pasquos, près de la fête de Pâques.
Tout Véntour, adv. Tout autour, tout à Tentour.
De rita^. Intorno, m. sign.
£ntonra, v. Entourer; ceindre; entortiller; environner;
enrouler.
Éntonrna (S'), v. Retourner; revenir sur ses pas; s'en
retourner.
Dér. du lat. Tomare, tourner en rond, parce qu'en re-
venant sur ses pas , on décrit une demi-circonférence , un
demi-tour".
Êntourtivia ou Entourtouvîa, v. Entortiller; tortiller;
entrelacer, comme font les plantes parasites autour de
leur tuteur.
Rédupl. du lat. Tortum, supin de Torquere, tordre, tordre
plusieurs fois, à plusieurs volutes.
Entra ou Intra, v. Entrer ; passer du dehors au dedans;
pénétrer; commencer. — Pode pas entra din moun souïé,
mon pied ne peut pas entrer dans mon soulier. Éntro et haro
la porto, entre et ferme la pc^te. Éntro din soits quinze ans,
il entre dans sa quinzième année. Éntro pér la Sén-Bour-
touîniou, il commence sa ferme à la Saint-Barthélémy.
Dér. du lat. Intrare, m. sign.
Éntraionira, v. Embrouiller; mettre en désordre. —
S'entra fouira, s'ingérer, s'entremettre, fourrer son nez
partout, mal à propos et sans y être appelé. Es tout entra-
fouïra, il est tout entrepris, tout empêtré, comme une
personne qui aurait lâché dans sa culotte.
Formé de Entre, dans, et du fr. Fourrer.
Éntramén, adv. Cependant; en attendant; quoiqu'il en
soit. — Éntramén que, tandis que, pendant que, puisque.
Dér. du lat. Intérim, pendant ce temps.
£n-tranto, sorte d'adv. qui ne s'emploie qu'avec le verbe
Èstre, en balance, en suspens. — Èstre én-tranto dé fùire,
être en suspens, indécis; sur le point; entre le zist et le
zest.
Dér. sans doute de Trantaia, balancer, branler.
£ntrapacha, ado, adj. Dim. Éntrapaehadé, éto; Èntra-
pachadoù, ouno, Bancroche; qui a les jambes torses, nouées;
qui est gêné dans sa marche par l'enchevêtrement de ses
jambes. Au fig. embarrassé; entravé; qu'un rien arrête;
entrepris.
Formé de Entre et de Pas, qui a les pas entremêlés.
Entrava, v. Entraver; mettre des entraves à la marche
de quelqu'un, mettre des liens aux jambes des animaux;
donner un croc-en-jambe pour faire broncher quelqu'un.
Au fig. croiser les démarches; susciter des obstacles.
Dér. du lat. Trabs, poutre qui servait à entraver les
chevaux.
Ëntravaqna, v. Entraver; embarrasser; égarer, ou plutôt
avoir placé un objet dans quelque coin dont on ne se
souvient plus. — Lou ehival s' es éntravaqua din soun
cabéstre, le cheval s'est enchevêtré dans son licol. Entra-
vaqua uno saraïo, mêler une serrure. Quâou sa mounti
s' es éntravaqua? Qui peut savoir où il s'est égaré?
II a la même racine que Entrava, dont il est on aug-
mentatif.
Êntravaqnaire, airo, adj. Qui égare toujours ce qu'il
tient à la main; chercheur de difficultés, qui ne fiait
qu'embrouiller les questions.
Êntravaqucùs , ouso, adj. Difficile à débrouiller* à
démêler.
Êntravéssa, v. Mettre en travers ; faire croiser une chose
sur une autre. Au iig. traverser les projets de quelqu'un,
lui mettre des bâtons dans les roues ; contredire, contre-
carrer. — Un êntravéssa, un esprit de travers, caractère
rebours.
Dér. du lat. Transversus, en travers.
Entre, prép. Entre; parmi; au milieu: dans; en^ —
Paurta entre brasses, porter à bras. Entre aïci et uno Aouro,
d'ici à une heure. Entre paga et mouri on y-és Umjour à
tén, prvb., payer et mourir sont deux extrémités qu'on
retarde autant qu'on peut. Entre fïos et eapélans sabau pas
mounté manjaran lus pan, prvb., les filles et les prêtres
ne savent pas d'avance où se fixera leur domicile. VéndraX
entre tout déman, je viendrai dans la journée de demain.
Dér. du lat. Inter, intrà.
Entre, conj. Dés que; aussitôt que. — Entre véni dé
dina, d'abord après diner. Entre y-avédre parla, vous
rendrai résponso, dès que je lui aurai parlé, je vous ren-
drai réponse. Entre lou véïre, en le voyant; aussitôt que
je le vis. Entre vira lou cantoù, en tournant le coin. Ènire
gué H séguère, à peine arrivé ; aussitôt que j'y fus anivè.
Éntrébonîa, v. Embrouiller; brouiller; mêler; entre-
mêler.
Rédupl. de Émbouïa.
Êntrébonîaire, aîro, adj. Brouillon; qui ne fait qu'em-
brouiller les questions, comme tout ce qu'il touche ; qni
ne sait rien démêler.
£ntrébonli, v. Troubler l'eau; obscurcir une glaoe. —
On diriè qu'éntréboulis pas l'aXgo, il a l'air si sage, si po8è,
qu'il ne troublerait pas l'eau en la passant à gué; il a Pair
de ne pas y toucher.
Dér. de Trèbou,
Éntrébonlimén, s, m. Trouble de l'eau agitée et salie
par la vase qui remonte à la surface.
Êntrédi, icho, adj. et part. pass. de Éntrédire. Interdit;
déconcerté; confus; interloqué. — Séguè tout éntrëdè, il
fut tout interdit. D'uno paràoulo l'intrédiguère, d'un mot,
je l'interdis.
Dér. du lat. Interdictus, m. sign.
fintrédire (S'}, v. Dire à part soi; faire on à-parte;
se dire à soi-même. — JU'éntridiêiH que txntt a^ud n'èro
pas vrai, je pensais à partmoi, que tout cela n'était pas vrû
Ëntrédourml (S*), v. Sommeiller; être entre la
et le sommeO.
ENT
ENT
297
ÊntrédoÙB, adv. Entre-deux; en balance; ni oui» ni
non; ni bien, ni mal.
tntréfièl, t. m. Petit trèfle des près à fleurs jaunes,
Trifoiium pratense, Linn. Plante de la famille des Légu-
mineuses; excellent fourrage. Les variétés de trèfles sont
nombreuses : la plus commune est à fleurs rouges, le grand
trèfle artificiel.
Dér. du lat. Trifoiium, trois feuilles, parce que chacune
des feuilles de cette plante est composée de trois folioles.
Êntréfoire, v. Serfouir la terre , y faire un second et
léger labour avec la boue ou la serfouette. Proprement, ce
travail ne s'applique guère qu'aux plantes potagères, pour
aérer la terre que les pluies ou Tarrosage ont durcie et
caillée à la surface; lorsqu'il s'agit des mûriers, de la
vigne, etc., on dit : Maginqua.
Formé de Ènire et Foire, c.-à-d. entre les plantes.
Êntrélnsl, r. n. Luire; luire à travers; entre-luire;
éclairer à demi , à peine, faiblement. — Lou sourél tout-
éte4u énfréiuêU, le soleil se montre à peine, de temps en
temps, entre les nuages.
Dér. de LusL
Ëntre-miè ou Êntre-mitan, adv. Entre-deux; entre
nne chose on une personne et une autre. — L'éntre-miè,
pris snbst. l'entre-deux ; une chose placée entre une autre ;
l'espace entre les deux.
Dér. de Miè.
Êntrémièjo, t. /. Trémie de moulin, de bluteau, etc. ;
auge en bois en forme de pyramide tronquée et renversée,
qui laisse échapper le grain par son extrémité inférieure,
petit à petit et sans s'encombrer.
Dér. du lat. Trimodium, mesure de trois boisseaux,
parce que la trémie de moulin contenait autrefois à peu
prèscetteqnantité : elleest beaucoup plus grande de nos jours.
Êntréna, r. Tresser; entrelacer; natter. — Voy, Tréna.
Êntrénonsa, v. Faire des nœuds l'un sur l'autre, et
particulièrement de faux nœuds qui deviennent très-diffi-
ciles à démêler.
Rédupl. de Nou$a.
Ëntrépàoa, s. m. Entrepôt; lieu où l'on met en dépôt
momentané; position provisoire. — Aï mes aqud aqui pér
étartpAou, ce n'est pas la place de cet objet, je l'ai placé
là provisoirement et en attendant de le mettre à sa destination.
Dér. de Pàou$a, Pâouso.
Ëntrépàousa, v. Entreposer; poser provisoirement;
poser en attendant.
Dér. de Pâouio.
Ëntrépréne, v. Entreprendre; commencer à faire; s'ap-
prfeter à un travail ; entreprendre quelqu'un, le quereller,
le sémondre.
S'intréptéM, se disputer, s'attaquer, se chercher noise.
— Goto, $i t'éntréprénê, gare à toi, si je te pose les mains
dessus. Dé qu'éniriprénèH iuèïf Quel travail commençons-
nous aujouid'hniî
Dér. de Prine.
£ntréprénén, énto, adj. Entreprenant; hardi; qui se
lance dans des spéculations avec hardiesse ou avec loyauté.
Ëntréprénnr, «.m. Entrepreneur, qui se charge d'un
ouvrage, d'un travail à certaines conditions.
Importation nouvelle, empruntée au fr., qui s'est facile-
ment impatronisée.
Éntréprés, éso, tidj. Entrepris; embarrassé; gauche;
qui né sait de quel côté se tourner, ni comment s'y
prendre.
Éntrépréso, a. f. Entreprise. — Ne se dit que dans le
sens d'un ouvrage pris à forfait et par entreprise, c.-à-d.
aux périls, risques et bénéfices de l'entrepreneur.
Ëntre-Ségnos (Las), s. f, plur, La ceinture d'Orion ou
les Rois Mages, constellation composée de trois étoiles de
la première grandeur, parmi lesquelles est Sirins, la plus
belle de notre hémisphère, disposées à égale distance l'une
de l'autre. C'est une horloge de nuit pour les paysans qui,
suivant la saison, savent toujours quelle heure il est en
examinant sa position sur l'horizon.
Gorrup. de Trû ségnos ou trois seigneurs, pour désigner
les Rois Mages.
fintrétène ou tntréténl, v. Botretenir; fournir le né-
cessaire; conserver en bon état; raccommoder une chose
pour augmenter sa durée.
S'énirétène, s'entretenir; discourir; causer de quelqu'un;
fournir, soigner son vestiaire. — Vous éniréténguès dé iéou,
vous vous êtes entretenus de moi : vous en avez médit.
S'éntrétèn bien, sa mise est toujours soignée, propre. Fôou
bé gagna pér s'énirétène, il faut bien gagner au moins son
vestiaire.
Empr. au fr.
tntréténénço, s. f. Dépense de vestiaire ; soin pour
entretenir en bon état. — La vdissHo démando foço entré-
ténénço, la vaisselle vinaire exige un entretien journalier.
fintréténénciOB, t. /*. plur. Entretien; conversation;
causerie confidentielle ; médisance. — Aime pas tout aqué-
los éntréiénéncios, tous ces entretiens particuliers ne me con-
viennent guère.
fintréténgn, gndo, part. pcLss. de Éntrétène.
fintréténi, v, — Voy. Éntrétène, m. sign.
Éntrévéîre, v. Entrevoir; apercevoir un instant, d'une
manière fugitive; voir à demi; pressentir.
S'éntrévéire, se visiter, se voir en passant.
Ëntrévije, s. m. Herbe aux gueux, viorne à feuille
étroite, Clematis vUalba, Linn., ou Viorne à large feuille,
vigne blanche, autrement appelée Âoubovi (Y. c. m.). Plante
de la fam. des Renonculacées, sarmenteuse, dont la feuille
a un goût piquant et caustique. On s'en sert dans les Gé-
venues pour envelopper les petits fromages de chèvre non:
mes Péraldoùs ou Pélardoùs, auxquels elles communi-
quent un goût piquant et poivré. Cette plante, pilôe et
employée en applications sur la peau, la cautérise et y
produit une plaie factice, mais facile à guérir : c'est là le
secret que nos mendiants actuels tiennent des anciens
98
•21)8
ENV
ENV
Iruamls, •'l (jui lui a \.ilii ^MU ik.ih fr. (l'Herh'' aii\ l'uoun..
Entrevis, vistO, paît. puss. iJo hnlrcrnre.
Éntrévisto, s. f. Eutn'vuo (1<' uiarinL'c. — >"«' s'cinploii'
al)Snli;ij,«;|ll «JUi* .J.'lIlS Cf S''I1S.
Efijpr. ;iu IV.
Èntriga, '■. A^-Mcr l-'s ili'iits. — >' a [i.is d'autiv acc'p-
tidii.
Dt'T. lin lit. Iulrirari ^ <'inl);ii'ra>s»n", l'i'ii'liv ilillicil'^ :
rn;;i<:i'ii)''nl il'S d miIs • ii ''iiJjnnMhy' !•' j«'U.
Éntrigoùs, gouso, ^i'/y- iiidw>lri<'U\ ; ([ui ><.• fjoim*' ilu
Minir.-'ii.'iil [iMiir réii-sir, qui \ «Mi!|ilMi.> jjiijli^ iuov.mis Ixiiis
(Ui fiiaii\:'is. — il ji-^iiMil ]i;''ii «''liv finpriiiit''' a la Jn-'-iU!^
soui'i't; fjif 1" Ir. InU >'jatti t'I r.tiiidni. ([ui lui r» .•-si-mbltMit
(r;iill''iirs [t.'ir Ir n iJ^ ••! l.i i''ii',ii.'.
Éntrin, o//r. Iji ir,ii:i, «u |i ,ij Inin. — L/Un'ii di'. rire,
t'ii (li<j>'.vi(i.]ri (]i' rii'f. /-;,s un pA'jit vntrin, il c^t un [l'Mi
(l.ilis I s \ ii'iif^ du S'i, Ni'Ui". ïjj'i Ihnjn es ttitn'ii, la lila-
tiiP' fs! 'Ml ti'aiii d' iii;ii"cl!<'!", rll.> n c iii:iif[iri'- d ' î'-iic-
lioiiiiff. S'.v ('in culriti, ^MU^ rhs hj (''\('ill'', si ili>j"'S, >i
afVaiiv. Soui in'hm '}fitr>'n nu jms hlvn culritt, j'''{)rtai\t' dil
mal ii> '.
Eii;}'!". an ir. /,// (id.'n.
Éntrinqua, r. ^î'ilr'' l'ii Ir.dii; i'\.a(''i'; <'in:nuui^'«a-.
S't'tih'KiiiKi, M' ;i..'lli'i' i\. ii,i)U\ t ii.ciil ; vc ijji'tiiT nu
travail [i\>'-. ard sir; S'- .,i^i- I -.• i-",:itMil.
Éntrinquairc, niro, u-'J. \\ u' • .ji-tiMii.; (jui ['r.jviM[u*^
au [>lal.Mr, a la ) i ■: i::ii i'\< i!-- > \ :!,■ 1 • u li-,.i!i. — /.on
hffuri'j:!^ (on (jn,'(i,ih\ !(.. • iinnf'Ci /> ■ /*'/ , //r/'.v/?/*', l'aJ!' d''
la I) airr-"-, I-' ;.':d";;!' 'i , !' t,,!i.'H)!i;i;i <|ni iii\il<'iit a la
(laii-> •
Éiivala, r. \\,\l'i', — )'(uj. i.h'Jdrahi.
Énvalaire, v. i ai ar/J. m S'.iii-ii|U''l ilu (îrtj,r y.r. m. ,
<|u'(tii II •iiiiiM' NaiN.iit Cri/ii' l'i'.iivdlini (' , |a"ol>al)l''îiiri)i
paiT' (|ir >:i l'ii ''lil ;;!! .•'.._; i d;' ! 'iivur j. ii.- |,'s ('ii!''tnl> *'ii
l«'Ui" <-i)!i;,.;ii (ju'il -.w ..! ■ ■••■<i\ d-' li-^ur àj".
Éiivarci.xa, ' . V.:. ^ '.- >,\\ ''i- i\!'." du Viiranc iai d'' l'i'l-
l(d><M'.' '.!' ..■•. A:; il. >• , ■-■■■•,■ .[i 'i •■ iii"i' |. ai- liin- i.di iir
Irll'j '. — j" ' 'il'' :.. i < '. ". i!
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cV'sl u:h» ftidai a • d ' fi'ai.., ' La'"^s •, r.-à-d. i;.r l'aiiîai:-!^
niUMiia''', u,. d siî' i i îi -al • >•! ;'. !i!a .;!;•'.
Oi' '11''"' '';-: f- '■./■*. ■M'.:'. I 'S •].. •■'.< (jUC 1rs cU-
fauls ap|i"ia ii( ciMia''- ;at, •'! <ja'. il { . ''
dôsir iii'"-. ai'" ' d • I
' : ■ -.■ •: ; ^ I. r un
i:,t\i\j". ''ii\ i'\ [ !
Il t > I ' • 1
(lélaclio du d'ti''t à la naissano' diS cii:,!. f.
Pour ces d«'U\ dorni'Mvs acceplious, la variant»^ Evéjo
n'est [las ivrue.
Dér. du lat. Invidia, en\ie.
Énvéjoùs, ouso, ou Évéjoùs, ouso, adj. Qui désiro
tout ce qu'il vuit ; qui a mille désirs capricieux: qui ne
sait pas se jiasS'T d'ai({uérir tout ce qui lui convient: qui
.se cive d''S Insians factices, «-t chez qui le désir pass»' à
r<''lat «le 1)1 'Soin.
Énvéla (S'), v. Se dt-jeler, .se voiler, se tourmenter, s*?
dt-Nfis-a', c.aiiiu" lait l»' l)<'is e[ii[»l.iyé tro[> vert. Au fi.u. il
M' ilil d's memlires humains ou de la cohmne vertéhral»*
qui S'' conlraeleitt par une courhure, un-^ déviation quel-
C'tutjuf (H ]t adiait leur l\>rme t.'l leur direction nalurell'^s.
— lis tftfd cnvda, il est tout histourné, tortu.
Déi'. ilu lat. y cl are.
Énvénciou, s. f. Mensonjje; caldnmie: dit^aunti-u.
Empr. au i'r. avec n^'-^'ra\ali(jn d'acce^dion, et jamal^
dans un sens ravorahle.
Envénta, »". Inveuti'r unn calomnie, réjmndre des luaiils
fâcheux; se complaire à découvrir et à conter les défauts
i\i':^ il U In 'S.
Énvénta (S'), r. S'é\enler; >.> i:àt*u' à l'air, prendre du
vt'nl. — S' dd [larliculiércnaait <lu n in mal Ijourhé.
I)<'r. dt' yen,
Énvéntari, >-. nt. Iinentain»; nilf, iLéinnirp, élat, dô-
noiidaeiiUMil par écril et jKir ai'ticle d'ohjcts, d'^-lléls, ([o
pa[ii.Ts, de lilit'S, etc.
\^^\'. du !.!t. litiunirc, i/ivetitum
Énvérda, r. Eair.;* la t'>il>4t'^ d'un roljin-mouton, vai
c^'lojaiit >a Liiijt'. — E''s h-ayers sont jaîou\ de la toilelt<'
de l"urs plus ]mmii\ m-ailais. l'u de l-urs olijcts de luxe
concis!*' à l''Ui' l.d« M-, l'is de I.' t'ait'\ tnais (ai qualn*
llocaisil" lain*^ sui" !•' i\''>, doni h' dernifM' \ienl fnrmer un
tuui ''I sur 1'^ lV"nt:.'f. [loiir ajail-M'iai^'or-' à et oi'ii''ai'air.
ils 1'- ("iuii'ait •n'dinair'MaiMit lai \i'v\. ("i.^st ce (pi'» m
n"iii!ii'' l'.'iirrdd.
Envérina, ado, " './• — ^'"U- i'-nrun-a, m. sii^n.
Ènvcrnissa, r. Verni^v^r, \'^ridr: passer une C"uche (!«'
vtaaii^ d.' «jU''l'pii' nature ipie c- soit rt qu''l que stùt
l'olijtd au(pi(d il s*appli([up.
\)'V. d("> \ iTIl'lS,
Énvinadouïro 'ii Boutéïo énvinadouïro, s. j\ Gran-d»'
ca!''i'a.-M"' *lr,ai!.d<'''' [»ar li> n.ili ii , ''ii léirm-' du rhilTre 8 ;
1' a; ri 11.' i\'^ [iid<'rins, ('"nir1tH(t i(('if'-i<;r'fi. CoM l'esj^èf'e que
l'oji p. 'pire piiur S'TNird*- L'aii-alle à \in, en h laissant
loii..;i MK-iit S''c!ier a la riniiv' s.tus h"" mant'-au de la
ci. aaiij ''' : ^a c '(jii'Ml("M.>iit alors Ir s 'lure. Ou la perce
[,^'r T'aidroit où <'lle ti^ail à la ti;jv; on en extrait a\ec soin
['■ns II s p.'-pias fî !> s i'(''sidus di' pulpe dessé(di'''e ; après
([iioi, nji y \'a"s.' à plii>i'M}rs n'prisi's du \ in ou du vinaigre
h 'Uillanl, (pi'on y laisse r.>poser taiviron (piinze jours. Les
oa\;ii'rs et IraN-iill-airs dî' t^aa';' n'ont pas d'autre ainphoro
ji ar i'i]il' inr 1 au* pi'ovisioii de la journée.
I Énvinassa, /•. Préjiarer, a[ij)réiiM' une gourde au nio-
EOU
EOU
399
ineat de l^ébullilion du vin de la cuvée; aviner; plonger
ou iaire macérer dans le vin. — Énvina$sa, ado, adj, et
part. pou. Qui a la figure couleur de vin.
Dér. de Vin,
Ê&vironii, adv, de temps. Environ; à peu près; appro-
chant ; un peu plus ou un peu moins. — Es énvïroun
mièjour, il est midi ou environ. Ènviroun la Sén-Jan, aux
approches de la Saint- Jean. As ènviroun dé milo francs,
mille francs ou à peu près.
Dér. du lat. Gyrus, tour, circuit; dont la bass. lat.
avait fait in girum, environ.
£nzina, v. Arranger, raccommoder; mettre un objet, un
outil, en état de remplir l'usage auquel il est destiné. —
Fosf. Âsénga, m. sign.
Ëou, Ëon, diphthongu», syllabe à deux sons, prononcée
par une seule émission de voix.
Aucun dissentiment n*a pu s*élever sur la prononciation
de cette diphthongue, dont la consonnance est seulement
modifiée par la lettre initiale tantôt surmontée de Taccent
aigu qui l'adoucit, tantôt portant l'accent grave qui la
renforce. On convient encore par toute la langue d*Oc que
le son composé ou doit s'y faire entendre, qu'il se pro-
nonce et qu'il eu est partie essentielle. Mais comment faut-
il l'écrire, d'après quelle orthographe, avec quels signes?
Voilà la question qui s'est posée tant pour les dipht. ou
tripht. qui ont YE à leur base, que pour celles qui le pren-
nent avec les autres voyelles A, I, O. Nous en avons parlé
& l'art. Aou : le sujet n'est pas épuisé, et nous ne préten-
dons pas que le problème soit résolu aux yeux de tous,
bien que nous persistions à croire notre système ortho-
graphique le seul logique et soutenable. Et l'occasion se
présente de l'appuyer par de nouveaux exemples, sans rien
rabattre de nos premières observations. — Voy, Aou,
Sauvages sera toujours considéré comme le législateur
par excellence de notre langue d'Oc; et c'est à lui qu'il
faut encore revenir. S'il n'est pas permis de le suivre dans
toutes les formules qu'il propose, son système d'ortho-
gn^he ne laisse rien à désirer ni à reprendre quand il
traite de la liaison des voyelles A, E, I, O, de la concor-
dance et de l'expression des sons géminés des diphthon-
gues ou des triphthongues dans une seule syllabe. Le pre-
mier entre les lexicographes languedociens, il comprit la
nécessité pour tous nos dialectes méridionaux d'établir un
rapport exact et direct entre l'écriture et la prononciation.
De là cette règle, sur laquelle nous ne cesserons d'insister
par des redites fréquentes, que, dans un mot écrit, toute
lettre sonne avec la valeur que lui accorde l'alphabet usuel;
et son corollaire obligé, qu'aucune lettre ne s'écrit si elle
ne se pnmonce, et ne se prononce que comme elle est
écrite, selon les liaisons et les inflexions que les signes
alphabétiques et l'usage lui impriment. Avec une langue
dont le génie réside particulièrement dans son accentua-
tion, qui a pris tous ses éléments idéologiques^ dans la mo«
dulation et l'euphonie, la seule orthographe rationnelle et
possible est en effet celle qui se rapproche le plus de la
prononciation, qui figure la parole par le caractère d'écri-
ture, qui représente la voix par la lettre. Si, dans ces con-
ditions, l'alphabet usité, courant, est jugé suffisant à ren-
dre tous les sons, à les faire sentir, il n'y a pas à avoir
recours à d'autres combinaisons, à s'évertuer à ressusciter
des méthodes surannées, tombées en désuétude, pour le
seul plaisir de faire de l'érudition rétrospective. On ne
peut qu'accepter les notions reçues comme l'alphabet et les
conventions du langage les ont faites, sous leur point de
vue le plus positif et sous leur forme la plus matérielle.
Une fois le principe de Sauvages édicté, tout alla de
soi : sa haute raison suffît à le généraliser. On en trouve
de nombreuses applications. Mais, il faut le dire, il y a un
siècle, sa manière d'orthographier les dipht. et les tripht.
languedociennes ne s'était pas encore répandue, et les an-
ciennes habitudes persistaient. Par une bizarrerie asseï
singulière, VA fut la voyelle la plus difficile à se plier à
cette méthode. D'Astros, dans lou Trimfe de la lengovo
Gascovo, employait la forme Au, et en même temps eou,
iou, oou; le prieur de Pradinas, Peyrot, dans ses Géoigi-
ques rouergates, écrit tantôt au, tantôt aou, et toujours
eoîi, iouj oou. Le P. Pallas reste aussi dans ce terme moyen;
son dictionnaire met au et ou à côté de eou et iou. Quel-
ques auteurs plus modernes, sans s'en expliquer, consa-
crent la môme anomalie : on trouve dans les fables de
D'Astros, d'Aix, dans celles de Gros, de Marseille, dans les
poésies de Diouloufet, au et invariablement eou, iou, oou.
Goudouli lui-même, bien plus ancien, a reconnu oou,
bien que dans son époque le son ou se traduisit encore par
un u simple, et que, pour les autres voyelles, il mette au,
eu, ttt. Mais les auteurs qui se rallient pleinement à l'or-
thographe de Sauvages, sont nombreux jusqu'à nos jours :
parmi les glossateurs, Achard, Garcin, Avril, Nicolas Bé-
ronie, Couzinié ; parmi les poètes, Pcyrol, Jacynthe Morel,
Auguste et Cyrille Rigaut, Auguste Tandon, Anbanel,
Goye, Pierre Bellot, Carvin, Jasmin, et notre La Fare-
Alais, pour ne citer qu'un petit nombre de ceux qui ne
sont plus. Toutes les publications, dans les divers dialectes
du Midi, se conformaient à la règle : les œuvres du prieur
de Celleneuve, Fabre, le maître en esprit et en connais-
sance de son idiome; les proverbes provençaux de 1824,
les cantiques des Missions d'Aix, leis juechs de la Fèsto
de Diou, les Géorgiques provençales; les pièces du théâtre
provençal, les Recueils de poésie, les Journaux eif vers, les
Chansons, les fables et les contes; la Bouïabaïsso, lou
Tambourinaïre, l'Abeilho prouvençalo, lou RambttHatre, ne
faisaient pas autrement, et personne n'avait à s'en plaindre.
La liste est loin d'être complète des auteurs qui se ser-
vaient de cette orthographe : celle de quelques-uns qui
persévéraient dans les vieux us, fournirait aussi ses
noms et sa protestation : et l'on pourrait sans désavantage
se compter, si une question grammaticale devait être dé-
cidée par les gros bataillons. Mais on peut s'en tenir à cet
300
ÉOU
EOU
aperça on peu historiqne, pour constater l'état des choses
jusqu'au moment où une école récente est apparue pour
entreprendre la réforme de l'orthographe, en la ramenant
à celle des troubadours.
Cette reprise des anciens errements de l'écriture eût été
plus louable, si elle se fût moins annoncée comme une
fantaisie d'érudits, et qu'elle eût commencé par prouver
que tant d'œuvres excellentes, qui font la gloire de la
langue d'Oc, n'avaient pu être goûtées et appréciées par la
faute d'une orthographe vicieuse ; ou bien encore si elle
avait convaincu les populations languedociennes que ce
qu'on se proposait de substituer étant meilleur ou supé-
rieur, elles trouveraient la même facilité et le même
plaisir à lire les compositions de leurs poètes favoris habillées
à la mode nouvelle, avec des ajustements qui ne leur étaient
pas familiers. Mais si le besoin de cette rénovation d'or-
thographe ne se faisait pas sentir, pourquoi s'attacher tant
à lui trouver des prétextes et des raisonnements pour la
représenter comme un progrès? Et ce qu'ont fait des hom-
mes d'un vrai talent pour la mettre en vogue, ce qui ne
s'établit pas heureusement sans résistance, ne sera-t-il pas
plus nuisible qu'utile au développement de notre littéra-
ture méridionale, qui peut se ressentir de ces vaines dis-
putes d'école et s'amoindrir au choc de certaines suscep-
tibilités d'amour-propre de novateurs? Deus omen avertat/
Ce qui a troublé les eaux jusqu'ici limpides de l'Hippo-
crène languedocien, ce n'est pas une grosse avalanche,
bien qu'il soit tombé par-ci par-là quelques pierres et que
certaines rives fleuries aient été entamées par l'irruption
et dans la tempête. Simplement et sans figure, il s'agit, on
le sait, de la façon d'écrire les diphthongues ou triphthon-
gués formées sur les quatre voyelles a, e, i, o qui prennent
le son <m à leur finale.
On vient de voir comment il avait été procédé et les
préceptes qu'enseignait Sauvages. Les lauriers de notre
spirituel et docte glossateur cévenol avaient assez bien
verdi : de modernes Thémistocles en grammaire n'en dor-
maient plus cependant. Les vieux manuscrits consultés
durant ces pénibles insomnies, on y avait découvert que
les troubadours, ces vénérés maîtres, n'avaient jamais
employé que l'orthographe connue et usitée de leur temps,
dans laquelle, à la mode latine, la lettre u se prononçait
invariablement ou, et que par conséquent ils l'avaient écrite
seule quand ils faisaient entendre cependant ou très-dis-
tinctement. Et là-dessus, on s'étayait des citations d'abord
d'anciennes poésies dans leurs formes originelles, puis des
méthodes suivies avant la réformation orthographique qui
introduisit la voyelle composée de deux signes ou, pour
l'empêcher de se confondre avec u simple.
L'argument n'était pas fort, et mieux valait imiter ou
même surpasser les troubadours dans leurs inspirations et
par leurs beaux côtés que s'attacher à une défectuosité de
leur écriture et ramener notre orthographe en arrière. Car
le système de l'agencement des lettres pour produire les
sons, une fois adopté tel qu'il existe actuellement, tel qu'il
doit être dans les dialectes de la langue d'Oc, la combi-
naison par la voyelle composée ou est seule admissible,
puisqu'elle doit seule être entendue. Pas n'était besoin,
quand on l'acceptait ailleurs, de faire une exception pour
dire que, partout où ce signe apparaissait, son épellatioa
ne devait pas causer une hésitation, mais qu'alors que ou
articulé serait précédé d'une autre voyelle, il sufi&saùt de
poser la simple lettre u pour lui imprimer la consonnance
obligée. Nous avons donné des exemples nombreux de
l'impossibilité de cette application.
Vouloir donc écrire au, eu, iu, ou pour faire articuler
aou, eou, iou, oou, était exiger un tour de force dont tout
le monde n'était pas capable, et créer une de ces subtilités
d'érudition que la masse des lecteurs comprendrait diffici-
lement. On pourrait mettre au défi un habitant de la cam-
pagne, quelque peu frotté du syllabaire de l'école primaire,
de traduire les diphthongues ainsi figurées autrement qu'il
n'a appris à les épeler, c.-à-d. à la française, parce qu'il
n'est imbu que des règles de l'alphabet français. Pour se
souvenir de l'exception, il aura besoin d'an effort; et pour
l'observer à la lecture, il risquera souvent de tomber dam
la confusion. Cet inconvénient seul méritait d'être pris en
sérieuse considération avant de se décider à rapprocher des
formes françaises, des syllabes qui devaient rester dans
leur originalité caractéristique et dialectale.
Qu'au contraire un lecteur quelconque, avec l'alphabet
en usage, dans l'état des conventions reçues et enseignées,
rencontre ces syllabes diphthonguées écrites en âou, éou,
èou, iou, éou, il sera au moins obligé d'articuler claire-
ment, et le son juste se trouvera reproduit, le sens lui
arrivera et lui deviendra instantanément intelligible. C'est
tout ce qui est nécessaire, et ce qui est indispensable dans
notre idiome qui n'obéit qu'à l'harmonie.
La méthode de Sauvages et de La Farb-Alais n'aurait-
elle que l'autorité de ces deux esprits si versés dans la
connaissance de notre langue, que c'en serait assez pour
nous engager à suivre la voie tracée par nos devanciers.
Nous ne courrions pas le risque de nous égarer après eux :
la route est tracée droit, bien éclairée, point bordée de
précipices qui donnent le vertige, ni de fondrières qui
trompent et dans lesquelles on se perd : nous la préférons
de beaucoup aux nouveaux chemins, qui ne sont que les
vieux sentiers d'autrefois, abandonnés et dangereux pour
leurs ornières. — Voy. Aou, âou, lettre U.
Retourner à l'antique manière pour le seul avantage de
faire croire que l'on connaît ses auteurs et qu'il y a raisou
de faire comme ils ont fait, semble un pea poéril et peut-
être grandement irréfléchi à la fois. Ce que les troubadoun
ne pouvaient s'empêcher de faire de leur temps en em-
ployant la méthode seule pratiquée et enseignée par Val-
phabet, le feraient-ils aujourd'hui que le progrès a amené,
non pas l'usage de nouveaux signes, mais une notation qui
est plus vraie et plus rationnelle, pour exprimer logique*
EOU
EOU
301
ment des consonnances qui ont toujours existé dans la
langue? Voilà ce qu'il fallait se demander avant de con-
damner ou de rénover. Et on ne se serait pas étonné de
voir les partisans de l'orthographe auriculaire, — et tout
le monde convenait qu'il fallait écrire en la langue d'Oc
comme on entendait, — se rapprocher, pour rendre les
diphthongues et les triphthongues , dont chaque nuance
vocalisée se faisait sentir, de la traduction par les lettres
qui en définitive les reproduisaient le plus clairement.
Il n'y a pas plus raison de maltraiter et d'accuser la
pauvre voyelle O de s'entremêler aux autres pour former
on son qu'on n'a pas appris à voir autrement représenté,
qu'il n'y aurait motif à exiger qu'on n'entendit plus le son
ou dans certaines diphthongues, et qu'on se servit du ca-
ractère u à l'instar des Italiens et des Espagnols. En France,
nos conventions alphabétiques sont autres : elles ont mar-
ché et changé quelque peu depuis les troubadours : pour-
quoi ne ferions -nous comme le français, puisque nous
avons le même alphabet, et que nous lisons et apprenons
à lire sur le même syllabaire qui nous sert à écrire dans
nos dialectes ?
D'après cela, comme personne ne s'est trouvé embarrassé
en entendant une syllabe sonnant ou rendue par deux
signes de convention, comment s'expliquerait-on la bizar-
rerie qui transforme le son à prononcer et à articuler par
on signe unique et différent, alors qu'il s'agit d'une
diphthongue ? Gomment admettre surtout que cette con-
aonnance, se trouvant en contact dans la diphthongue avec
d'autres voyelles, ne profitera cependant du privilège d'être
exprimée par un seul signe u au lieu de deux, qu'alors
seulement qu'elle suivra une autre voyelle? Dans ce cas,
pour distinguer l'exception, faudra-t-il faire intervenir
l'accent qui prévienne du changement d'intonation ? mais
encore ici quels étranges préceptes va-t-on professer? Il
convient de tenir en garde le lecteur naïf, peu au courant
des innovations et qui n'a pas étudié l'épellation dans les
anciens troubadours : or toutes les fois que la lettre u devra
sonner comme ou, dans les diphthongues ou les triphthon-
gues , pour appeler l'attention sur elle , on marquera la
voyelle la plus proche voisine à gauche d'un accent. —
Qu'on se le dise! — De mieux en mieux. De telle sorte
que si jusqu'ici on avait pu croire que les accents étaient
destinés en certaines circonstances à modifier le son de la
voyelle qu'ils surmontaient : de par l'école nouvelle, l'ac-
cent, pour concorder avec son système, devra jouer un
rdle entièrement contraire à celui qui lui avait été toujours
donné, et ne servira de rien à la lettre qui le porte, tandis
qu'il fera de la voyelle le suivant, une composée sous son
apparence de voyelle simple.
En vérité, prétendre que le son ou est suffisamment repré-
senté par un u, et que les diphthongues et triphthongues
peuvent s'en contenter, c'est prêcher la confusion orthogra-
phique an lieu de se faire l'apôtre de l'unité dans les dia-
lectes de la langue d'Oc : c'est le renversement de toutes les
lois et règles de l'alphabet et de l'orthographe rationnelle.
C'est pourquoi nous persistons à écrire, comme l'ont fait
Sauvages, La Fare-âlais et les autres maîtres, âou, èou,
èou, iou, ôou, et les triphthongues siâou, iéou, hiôou, etc., au
lieu de au, eu, iu, ou, accentués ou non sur la lettre-pivot.
Les raisons ne manqueraient pas, s'il y avait à résumer
ce que nous avons dit dans tout ce lexique et ce qu'il met
en application ; mais ce qui nous frappe est cette pensée
que nous sommes en présence d'une langue originale, d'une
vocalisation particulière, qui n'a cependant à son service
qu'un alphabet en commwiauté d'usage avec le français, et
qu'en somme, en France et par tout le pays où les dialectes
de cette langue sont encore parlés, tous ceux qui les par-
lent ne connaissent que l'alphabet français, n'ont appris à
lire qu'avec lui et que par lui la liaison des lettres pro-
duisant des sons. De telle sorte qu'en apportant ces con-
naissances acquises dans la lecture ou dans l'écriture de la
langue d'Oc, si ingénieuses précautions qui soient prises,
il ne pourra résulter qu'un trouble ou des confusions, si
l'orthographe employée n'est pas la représentation sonore
et exacte du mot; car l'intonation, la prononciation, font
et donnent le sens. Il faut donc de nécessité se séparer de
ses habitudes de lecture à la française ou bien, avec l'al-
phabet français, ne présenter à l'oeil, pour être articulé par
la langue, que des combinaisons dans le ton juste et dans
la clé propre à l'idiome. Que le premier lecteur venu ne
soit pas exposé, par exemple, à prononcer à la française
les mots écrits comme le voudraient les réformateurs : Peu,
leu, meu, etc., à confondre avec peu, le, me: tandis que
le plus ignorant doit, pour comprendre, rencontrer comme
il prononce couramment en épelant : Pèou, lèou, mèou, et
il aura la certitude de comprendre et de se faire com-
prendre.
Nous ne trouvons aucun motif plausible d'adopter une
orthographe plus savante que celle qui remplit toutes ces
conditions et qui suffît à la plus complète intelligence de
notre langue, dont le premier besoin, toute harmonie et
mélopée qu'elle est, doit être dans sa notation exacte. Ce
qui sonne et se cadence doit être entendu, il faut donc
l'exprimer et le traduire en signes, suivant les règles admi-
ses : c'est de ce principe que nous ne croyons pas urgent de
nous départir.
Au reste, les adeptes les plus convaincus eux-mêmes du
système nouveau, Honnorat par exemple, et d'autres encore
que nous ne nommons pas, ne laissent pas que de se per-
mettre maintes infractions surtout avec la diphthonque
éou et dou. Ils jugent cette forme plus claire et ils ont de
bonnes raisons pour cela sans doute quand ils éditent leurs
œuvres; mais s'ils professent, la rigueur des principes tirés
de la manière d'écrire des troubadours, les détourne de
leur voie : ces contradictions se jugent seules.
fionfo, $. f, Hiêble. — Voy. Ègou,
Ëonnas, s. m. Grande et large plante de lierre qui cou-
vre tout un mur ou toute la tige d'un arbre et ses bran-
'60-2
EQU
ERN
chos. Il lie nuit nulloiru'iit <\ In st'no ilo Inrliiv sur lequr-l
il ^'riinpo. Quant aux murs, il les soulii^nt sans iloute,
mais il on cuitûcIp le ciment, dans lequel il pt'nèdv, »M
(juaml il nu'urt, le nmr s'écroule.
C't'Sl le péjoratif de Êouun.
Éouno, 5. f. Lierre, liern* «rriuipanl; fTirfvra hcHj-, \a\\\\.
Arlirisseau de la lam. de Caprilnliacées, (jui cniii spon-
tanément dans nos pays.
Ëouse, s. m. I)im. Èotfséroù. Yeuse, clièno-vcrl, Qncr-
rns ik'j-. Arlire de la IVim. des Ameutaeées. — C'e>f j'es-
srnee de l)nis la plus recherchée pour le feu, car il dure
plus lonirtemps et donne une chaliMir plus iiilense. (l'est de
l'écorce des jeunes chèneaux. qu'on lire le tan })our les
tanneries.
O' îJiol a éxidemniiMit la méiiie racine ijne le fr. Yeuse.
dont la ci»nf»»rmation et la consoiniance annniicent une
nii|jii,e celti<iue; il n'esl pas emprunlé au fr. mnis hien au
niiûns son cnntenjporain. Le lai. avait, ti la \érité, Ilex;
niais la que>îi(in serait de sa\oir s'il ne l'a pas pris à la
danl»', pour uii-tlre h côté de son Qffcrctts.
Éousièïro, .v. f. Tailhs île chrMies-v«Tls; cliénaie.
Formé dt' Lonse, radical, désii.'nanl l'essence, eUle /."Vro,
.^nflivede collectivilé, marqnaul l'agrégation. — Voy- Inro.
Éousino, s. f. (îlaiid du clién"-vert. — C(ir (l'cmisinf,,
vhv.v f'^i'iiie >'[ de qnalit*'' >U]iérieure , comme c.'ll'' d-'S
pnui'e.'aux ii'-riri'is d-* j.-!,inds. — l'o^. Aousir.c, ::.». ^'_'!l.
Équipa, '■. !'",'|niper, mois S'^ulenn'ui a\ec la HL'uiii-- ôinii
di' l'n'llllir ]■ s \è|('!J;(^llls. /> h/i'ji LUJUt'jKl, il >\.[ 'sï-'ll
inpi'ii'. hi''ii lourni d<^ hardis.
H •^>l aus^i un tenu' leeljnique pnipre au j«"U d ^'^a-j,-.
-— r. ce li:"(.
Èquipaje, .v. w. Alt 'InL'e d»' charr.'lte.
\l'ï ])r. au l"r. avec une t<inl auln^ acc-ption.
Équipé, N. m. .\om dnn jeu d'enlant «ai phil*»! d'é-
citlici", qui >'' jnniî a\ec dl'^ ^uijiillis. Vujci la d.'sei'ipli.^n
iju'eii d'iiiii."' ] .1 l'are-AIais d.ln^ b"S Jjoles il-s (\i^l(i;/h'i /os.
On l'ait eu t -rn' Ir^is p'^lils tnais ou liluusfs ilf la dimen-
si<"n toui ,oi pins suirisanti} p^air rece\nir les L'"l'illes, el
dispKs.'s t'ii iriaiigle. Les den\ joueurs iléhuhMit iMi pous-
sant leur h 'Ule \ers le [irejjiier Irou, et 1.» juvmier des deux
qui li»uch'' la Itille de l'aulre, e.sl ce iju'nn ajtp'lh' tujm'p:!
p'»ur le pD •iiii.'r tnai, c.-à-d. (pi'il r>t ai»li^ à faire ce pre-
ijiii'r trou ■ a à v h-i/er sa hille. Alors toul !•" ieii de (-('lui-
ci C'insisle à se rapprocher de rc Irou el h s'en euipariM";
la finesse d-' l'ailversaire est au cojitraire d.' l'en empèclu'r
en le Inrc.inl h tirer sur la himle, ceou il est o!)li':éd(' faire
toules h's loi< (ju'il la rapproclu' df la sienne d(' uioins de
deux •Mupan^ ou deux ouvertures de maiu, depuis Ti-xtré-
uiitt'- du p'Ui-e jusqu'à celle du médium, qu'on al longe à
cet elTet anlanl que l'on {)eut. A chaque hille lonehée on
h'Conimen.'' A jouer, comme au hillard quand on fait des
points. Eidin, le joueur a-t-il att(Mnt le jirerni.i- imu, il
recoumience à <,'ë(jitip(i pour le second, à y arri\er. et de
même i)our le dernier. Celui (jui le luviuier a fini ses trois
I .!
trous, lève sa hille, et l'autre est ohligé de les faire à son
tour, mais alors sans ^\quij)a, puiscju'il n'y a pas d'autre
hille (pie la sienne sur le tapis. Le ^ainqueur s'applique à
faire huniip garde, et pour cela à clia(iue coup il lirc sur
la hille adverse pour l'écarter, en se plaçant près du trou
convoité, et s'il e.^i adroit, la corvée du second est fort
longue et fort tamuyeuse, car i\ chaque instant sa houle
es| ri'ponssé"'. (l-Mle cor\é(^ se nonuue Trima.
Ln hrme iraigot. des irois trous, le premier est appelé
/ou jiruin.io, le M-coud, (ou snjn, et le dernier, loH dario.
Sou'i ctji'ijxi j)cr juodfi (lario, ji» suis en passe de faire ma
derniT're hluu^e.
(>e uiot d' rtjuipi' annonce clairement, par sa désinence,
nuf origine franijais''. Pro])ahh'meni ce jeu a été inventa
]!ar d.'s éeoli Ms d'^ li langue d'Oil ; njais il s'est ohlitéré
ch'V. c«ai\-ci. Il esl \i'nu s'élahlir outre-Loire où il a eu
nue destinée hiillaule el Imigue; ce|)endant, connue toutes
les choses huinain'S dont on se lasse, surtout quand elles
oui a(l''i:il du [ir.fiiier coiq) liait ItMir perfectionneuicnt,
rincon<tance de la gi-nt écolii'n* aidant, Vcquipc est un
peu n'-L'Hi:-'' de nos jiuirs.
Équipcïo, s. f. I^iui})é!'; acte d'éi(»urderie; fausse dé-
iiiarclii'. iii.[air.h'iilc, indiseréle; entreprise téméraire.
Liiipi". an IV.
Érénto (à toute , (ilv. De tout'-s ses forces, de manière
à s'-'-reiiil-r.
Érinas, >. ///. î>'j"r. dr Lnne. — V. c. m. et Armas,
'. . . i _ 1 1 .
Érme, .v. ni. Dii,,. l'nuf/ssoîf : ])éj. Êrmas. Hernies:
I '•.'iain ' 1 liieli ', ^-ns culîuiv; \aine ])àlure,
Dr. \\[\ lil. !'t\iiins i u du m'. '''Lcr'j/>:, désert inculte,
d"";' s'i.i X'iius (Il !V. I', :t!!i'' l'i UiDtiunjc, <]ue noire dia-
l'\i'' l'i pi 'uil l'i" Ai-iiiH'i ''[ Arinifdjc. — V. c. m.
Érnugou, .<. y/.-. Il >r;.:ii'Hix; houjuie taciturne; hourru,
d'I.um.'ir." s'iii.î.i'' el i!éil,!!il(\ insoi.'iahle.
D Mix l'iNi,! I,.ji 'S N' [!r.V('ii(.'nt : on n'aura rpie le choix
à i.iire d-' c<H • ijin parailra la plus .satisfaisante, toutes
i]i'\i \ pr«>';i!:.nl «.•••;'l.iiii''S |'rohal!ilitt''S.
Oiielipi" ^e^s"l,,j,l;l|,.•.- rrq.jToche d'alMU'd ce mot de celui
l'S livr.^ llruul'-. je.v!iii'^r noi.-i (pie portaient les frères
Vioi; \.<, secte r."li-i-^u>> -jui vi\ail en communauté. Celle
coMiii.uiiaulè es! c.'lehiv ]>ai' ]o no\icial qu'y lit Pierre-le-
(irand. II n'e>l pas éloiuianl (pv ci'S sect;iires, qui con-
tra liai, ait ouvi'itiMîiiMil toutes les idées reçues, fussent
jual vus et méprisés, d (pie leur nom soit de\enu un
surnom i'icheux, dont \o stMis du reste se rapporte aux
iiio'ui's Mi>t:'a-eï, cl à rinsociahililé de ces frères, qui n'a-
vaiciil (pK' d.-s ivlalious fort rares el peu afî;ihles avec le
resle du gi'iire huiiniii.
D'au Ire ['art, par sa configuration seule, Érnugou n'est
pas éloigné non plus du fr. I1ur<jneux, et comme sa dési-
nence est l'indice d'un" origine ancienne, il esl possible
(pi-^ lis deux m~»ls soient C(mtenq)orains el qu'ils aient
l'un et l'autre l.-ur racin'Mlans le mot /7e/-;îie. c-à-d. qu'ils
ESB
ESC
303
aient voulu, l'un comme l'autre, représenter la situation
morale d'un herniaire, qui, avec une pareille infirmité,
doit être un peu déclassé, et partant d'humeur sombre et
peu sociable. Gela était surtout vrai avant qu'on eût trouvé
les moyens curatifs : heureuse réduction qui a fait que la
classe de cette sorte d'infirmes n'est plus soumise qu'à une
simple incommodité , incapable d'assombrir leur esprit et
leur caractère î — Aujourd'hui , grâce aux progrès de la
science et des lumières, on ne ferait pas le mot avec les
mêmes éléments pour exprimer ce que dit celui-ci, dont
la signification est toujours applicable ; mais le terme étant
donné, et l'ôtymologie étant à trouver, il fallait bien re-
monter à la source la plus probable.
Ëxngo, $. f. Chenille : nom que Ton donne à toutes les
chenilles qui passent par l'état d'œuf, de ver, de chrysa-
lide et de papillon, excepté toutefois au ver-à-soie, bien
qu'il ne soit que la chenille du mûrier; mais on lui porte
trop d'amour et de considération pour le regarder comme
une Érugo, qui est toujours un objet de dégoût et souvent
de crainte.
Le mot Érugo ne s'applique pas non plus à ces chenilles
microscopiques qui vont par myriades et causent tant de
dégAts dans les champs et aux arbres. Celles-ci se nom-
ment Canïoi (Y. c. m.). — Pat\ coumo las érugosj souf-
frir, être misérable comme une chenille, sans doute à cause
des vicissitudes et des métamorphoses auxquelles elles sont
soQioises. Michan coumo uno érugo, méchant comme la
gale : s'entend sans doute des chenilles do chou que le
préjugé fait regarder comme malfaisantes. C'est peut-être
aussi un rapprochement de la chenille et de la gale, amené
par la superstition mentionnée à l'art. Bérugo. — V. c. m.
Dér. du lat. Eruca, m. sign.
Es, 3"* pers. sing. indic. prés, du v. Èstre.
ÉB-ariès, adv, de lieu. En arrière. — La caréio cargo
ét-ariès, la charrette est trop chargée sur le derrière. Fai-
te éi-ariès, recule-toi. — Voy. Dariès.
£8-avan, adv. de lieu. Par devant; en avant. — L'a-
trofitbarés és-avan, vous le trouverez en avant, il a pris
les devants. S'és toumba és-avan, il est tonil)é en avant,
sur la face. Aqitélo muraïo trésploumbo és-avan, ce mur
surplombe sur le devant. Es és-avan din sous afaires, il
est au-dessus de ses affaires.
Quelquefois le mot est substantivé pour dire : avances ;
adresse; agilité. — Quand a leva boutigo, aviè bé'n pâou
d'és-avan, quand il a commencé son petit coninierce, il
avait bien quelques avances. Àquél home a pas gés d'es-
omn, cet homme n'est ni assez les le, ni assez fort. — ^ot/.
Davan,
Dér. du lat. Ad ventum, du côté d'où vient le vent.
fiabadâonla, v. Entr'ouvrir ; laisser une ouverture grande
ouverte.
S'iiàaddoula, s'entr'ouvrir ; se crevasser; baillor coninu'
ime figue gercée, comme une chaussure décousue.
D6r. de Badal,
Ësbalâousl, ido,adj. Ëbaubi; surpris, étonné; étourdi;
stupéfait; émerveillé; tombé des nues; abasourdi.
Ésbérla, v. Écorner; ébrêcher; égueulerun broc; ébran-
cher un arbre.
Dér. de Bèrle.
Ësbouiénta, v. Échauder; faire passer par l'eau bouil-
lante; asperger ou immerger d'eau bouillante.
Dér. de Bouïén.
Ësbouldra (S*), v. Se crevasser; crever; s'ouvrir par le
ventre comme une pomme fondante qu'on met sur la
braise, comme une andouille qu'on fait bouillir.
Dér. de Bouldro ou du lat. Botulus, boyau.
Ësbourassa, v. Houspiller; arracher la bourre ou lo
poil.
S'éshourasaa, se houspiller; se battre comme font les
chats et les lapins.
Dér. de Bouro.
Ësbouséna ou Ësbousonna, v. Ébouler; faire crouler
un mur, une maison, la l)erge d'un fossé ou d'une tran-
chée.
Ce mot vient probablement de Bouso, qui a donné nais-
sance au fr. Bouse de vache, dont on a fait aussi Bousiller,
bâtir en torchis, parce que les premiers torchis étaient
composés de bouse de vache, et que les murs de clôture,
dans certains pays de pâturages, sont encore construits
ainsi. Èsbouséna, dans ce cas, serait renverser, ébouler ces
murs de bouse : l'acception s'est étendue.
Ëscabardatudo, s. f. Ecart, divagation, au physique et
au moral.
Ëscabarta, v. Chasser loin; écarter; perdre; égarer. —
^ï ëscabarta moun coutèl, j'ai égaré mon couteau. Èsca-
barta lou pérpâou, se permettre des gaillardises trop fortes
ou obscènes.
S'éseaharia, s'égarer; s'éloigner; se dissiper; se disper-
ser au loin. — Las nivous s'éscahartou, les nuages se dis-
sipent. Soun la s'és ëscabarta, elle a perdu son lait. Tés-
cabartes pas, ne t'éloignc pas ; ne t'écarte pas du droit
chemin.
Dér. de la bass. lat. Expartiri, se séparer, prendre de
son côté.
Ëscabartado, s, f. Écart, échappée. — Le même que
Éscabardaiudo, et plus usité. — Voy. c. m.
Ëscabassa, r. Étêter un arbre, le couronner, le réduire
au tronc : remède héroïque qu'on applique aux arbres ma-
lades dont on suppose que les branches seules sont atta-
quées et les racines restées saines. Cette opération réussit
quelquefois, mais rarement aux mûriers, plus souvent aux
châtaigniers.
Dér. de Cabasso, ou de l'esp. Cabesso, tête.
Ëscabour, .V. m. Crépuscule du soir; la brume; le déclin
du jimr.
C'est une corruption ou une métathèse un peu forte du
lat. OOsci'rus, dans laquelle cependant on voit se repro-
duire la plupart des lettres du type.
304
KSC
Éscacalassa (S'), ?■. Kclaiir iî<'' rire; rire <i ir<i;:i,' J»'*-
ployôo et 'i hniite voi\.
J)rr. do Cacalds.
Éscachoù, s. m. Pdilo parlio, rùsivlii .runo maiciiaii-
Jist'; co (iu'il ou n\slo (ri:i\e:uln : ^i c'r^l lo roslaut d'une
pir-ce dT'lollo, on dit i^(>/fji.>mi ou Esrrijjotifi^ini.
i:.scnch()ù rst le dini. (I7f.sr</r/t, aIoux mot hors d'usi;;o
i]iî'' îiiontinnut' Sauvaiies ci ([ui aurait ou la niùiuo .sii;ni-
licili» n.
Éscafouia, r. Kcr;.s,'i'; ôc;iihor dans la uiain ou sous
lo> iii«"ds (iuol(|uo clioso d'humide ou d^ juteux couiine un
(Vuit. — Aqncîes rasins se smoi t-iulcs rscafouïas, ces rai-
sins S'-nt tout njourlris, à uioilié (*'CIms'''S.
Éscafouïun, .v. m. (iàchis produit i»ar des choses ju-
t''us"s ('Ci'nséos: niélanire informe de c»'S matières avec le
JU^ (ju''"lles réjKUidonl.
Éscagassa, r. Allaissu-. «'cras'r; déprimer; rendre éi»;ité.
S'esr(j(jass<i, se plier (Ui drux, s'ailnisser, s'accroupir. Par
ext. St.' pâmer tle riie, [iarce qu'un l'oil le mouvement de
sacci-oupir.
Il a quelque ressendjlance avec Acouyassa et s'ticou-
l/assa. — T'. c. Ji).
Ëscagnéto, .s. f. 'IVrine ile fahrique de soie écheveau de
soie i\ coudre que Vou dévith^ avant de In décruser et de la
tordre.
ni m. de Éxcnguo.
Éscagno, s. f. l)im. Èacmjnùo. Écheveau de fd , de
laine, ih' colon, de suie
Ëscaïè, s. m. Dim. l-:sra'ieirv; pf\). EicnUïras. An plur.
Ésciiits^es. Kscalier; dej:ré; march»^ irescalier. — Èscaïè
vu blscto, escalier en colimaçon.
hsca'tè est aussi n. pr. Escalier. — Fran connu) Ehcaiù
est un diclon qui prouverait \)v,\x en ta\eur de la franchise
et de la loyauté d'un individu de ce nom, car il signifie
un hnnnne faux, un ([uasi frij>on, une lame à deux tran-
chants. Mais piHil-etre n'est-ce qu'une sorte d'allusion à la
prestation du serment dans lequel on lève la mairj, tandis
(|ue l'escalier fait lever le pied, ci; qui n'engage i)as et
n'est qu'une manière de prêter un faux, serment. Qu<'lquc-
fois il n'en faut pas tant pour faire un mot k\\\\ passe i)our
spirituel et malin, et qui ne repose ([ue sur un rap])roche-
ment fort [>eu raisonnahle et se conserve néanmoins comme
une énigme, A laquelle les malins découvrent un sens (jui
n'existe pas.
I)ér. du lat. Scala. Scalaria, qui a donné Ec/wtle et
Escalier.
Éscaïèrna, r. Éblouir; doinier la berlue.
Formé du gr. ^xavoç, gauche, faux, et du lat. Lucenia,
lumière, flambeau; fausse lunnère, parce que l'elD^t de
rébl(.»uissement est de présenter une fausse image au sens
intérieur de l'œil.
Éscaïnoun, 5. w. Sobriquet, surnom; épithète burles-
que et dérisoire appliquée à quelqu'un, et même h tous les
habitants d'une contrée.
l/u>,)g. d. .s snlirj.jur-ts est très fréqu»nil chez les classes
î)'>l)uLiiri's. !l rsl jk u d» nfants qui n'en reçoivent un dans
U'ur famiP.o f>u dans leur camaraderie; et ce surnom les
accoiii[)a.miP si'UV(Mil toute leur vie; bien plus, il se trans-
jiir-l au fils, qu ■i(|u'll n'ait rirn des qualités ou du défaut
qui l'nnt valu à son ])ère. Ajoutons que le sobriquet se
IV'iiiiniso aus>i \)"nv ])ass('r du mari ri sa moitié : ainsi, la
fi'iiiiuo a'fhfu ricioùs s'aj'polli' sans gène la riciouso, bien
(pi'il n'y ait rien à dire d'elle. Passe encore; car au moins
il n'y à 1>;'S la de harlMrisni(\ Mais tout le monde a connu
un hoiiMLé |j..., dont le surnom était In Loué (façon
lan^^u«'d«ici<'mi'_' de pivnioucer le fr. la loi), parce que, lors
du rèuiiiii' d^' cclh^-ci, 15. . . avait fait usage ou abus du
nidt : fh hii'u! sa f'^iuiue s'ap[M'lait /« Louêto.
Ij's suruoiiis du pou]>le sont rarement llatteurs ou rému-
nérateurs comme C'Uix qu*:' la courlisannerie a imaginés
pour les prinns et j^our les barons férailleurs du moyen-
àgt\ L'risca'ùif'tfn esl ir»u"dinaire tiré d'un défaut person-
nel, d'un vice ujoral ou physique , d'un ridicule ou de
([uolquo fait anocdoliqu<^, tournant fort peu à la gloire et
à la louange de celui (ju'on en aiïul)le. Il est souvent
donné par aiiliiihrase, coiumc Bloundin à un individu très-
brun, Varnar à un très-gnts nez, etc.
Sous le système fèdératif qui commença \ l'émanci-
pation d<^5 coîhmunes, il s'établit une sorte de rivalité
entre les coiuiiumaulés et vill'»gr>s voisins les uns des
autres : ri\ alité souvent ])aciri(|ue et no consistant qu'eu
uni' guerre de (piolibets et de jeux ào mots. De \\ cette
foule do surnnijjs iinupieurs ou méprisants que les loca-
lités se lançaient l'une j^i l'autre au moven-àge et dont le
souvenir est resié dans le pays, quoiqu'on n'y attache de
nos jours aucune ])enséo de haine ou de dérision. C'est
ainsi (|u'ou dit onciuv :
Ti'ij)'(- ('\\.!(th. ■ — Crrho-hac/ids (VAnduso. — Vofo-biôou
(h' S(hit- \inhri(i. — F<'(inn)i ou Totnh} (((■ fit^nobrc. — Assit-
(lin)-li< nù (!(' S('n-I\tnnn(iït. — Phudcjaire dé Sénf-Andrè-
d('-\'tilhorrj)(n. — Bidtvfo dr Ménde. — Éscorjo-truèjo dé
S<'H'J(in-d('-C,ardoif}ir)if/ffo. — Piquo-céscs dé Mialé. —
Sdonlo-roiujtté ou Dionioné dr Sôoure. — firoinizidoù dé la
Sfi/f>-/!('''<éii-r'i'trr. — C'tfjdou dé Sénf-J/ipoidifc-dé-Dusfor.
— Tiif/'/tfff ddotf Sénf-Fspv). — lirarido-pitito ddou Coulé.
— lUtnihaii dé Sén-Chéli. — Taryairc ou Targués dé
Momvjc (Marvéjols, Lo/rre). — Esfouiro-bari dWoiibénas.
— Couflo-fripo dé l'Anjénficfrn. — Fout râlé dé Bézlès. —
JUairr dé Vi Infor. — Pir/uo-séc(il dé Méjttno. — Gal'méto
dé liof/nôoK. — Touudur dé napo dé Ginoma. — Trabas-
faire dé Lu. — Fdou témouèn dW\margue . — Passerait dé
Soumi-nr. — Manjo-méh'fo d'Fzés. — Péfachoit dWrlgnoitn.
— Parbo-foitrcndo dé In Gardo. — Fspaséto dé Cavaicntn.
— VirO'fjdoH dé néoitcoire. — Soif ré ié dé Boitléno. — Las
Gros dé M(d(i(arîrno. — Véiatrc dé Soitslélo. — ^'oublèsso
dé ('hamboitrifjdoK. — Bannstaire dos Apém. — Cmtgitï dé
Porto. — Pésquairc ou Aouboinssnire dé Aèr. — Pésqito^
limo dé Luml. — Paddou ddou Pour. — Mavjo-blédo dé
Sén-Pùou. — ManjO'Cdoulé dé Lusiès. — Damaïre dé Sén-
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Jwè. — Coneho-péras dé Jtoussoà. — Jasiôou dé Carpéntras.
— Dévignaxre dé Mountélimar, etc.
ÉêeaXnoun est formé de Noun et de Escaï, qui paiatt
aToir existé autrefois dans la langue et qui, dérivé du gr.
Iauxt6ç, faux, du mauvais côté, donnait au mot entier la
signification de faux nom.
Êscaio, i. f. Écaille, substance dure, laminée, cornée
et luisante qui recouvre le corps des poissons et des tes-
taoés; éclat de bois qui se casse et se sépare d'un meuble.
Dér. du lat. Squamma; dim. Squamtda, m. sign.
Éscaîre, «. m. Équerre, instrument de géomètre pour
tirer des lignes droites et perpendiculaires, et tracer des
angles droits. — A VésecHre, à angle droit. Planta à Vis-
eatre, disposer une plantation en quinconce.
Dér. du lat. Quadrare, rendre carré.
fiscairoù, s. m. Petit coin de terre; angle de terrain
clos de murs.
Dér. aussi bien, comme dim. de Bseat, morceau, que de
ticaïre.
Éscala, V, Monter par une échelle; grimper sur un
ari)re; escalader un mur; gravir une côte, une montagne ;
en général, monter, par degrés, peu à peu.
Dér. de ÉsctUo.
fiscalabrina, t>. Grimper sur une hauteur scabreuse et
rapide; monter avec difficulté et en employant toute son
agilité.
Dér. de Étcàlabroin,
Ëscalabroùs, ouso, adj. Scabreux; ardu; rapide; dif-
ficile à monter; raboteux.
Formé du lat. Scala, échelle, ou de SeabroiUij ftpre,
raboteux.
Escalada, v. Escalader un mur avec ou sans échelle.
Âugm. de Èteala,
ÊBCalado, «. f. Escalade; action d'escalader un mur. —
Intra pér é$eaiado, s'introduire par escalade, en franchis-
sant les clôtures.
Éscalaxre, a!ro, adj. Qui grimpe; habile à grimper au
haut des arbres.
Éscaléto, ». /*. Squelette ; carcasse du corps d'un animal
et particulièrement de l'homme, réduit aux os. Au fîg.
personne maigre et décharnée.
Dér. du gr. SxeXex^v, corps desséché.
Éscaléto ou Tourtioù dé lère, <. f. Sorte de gaufire
fûte au moule, plate et carrelée par l'empreinte du moule,
ce qui donne à son dessin la forme d'une série de petites
échelles juxtaposées.
Dim. de É$ealo.
fiscalo, ê. f' Dim. Éscaléto; augm. Èsealauo, Échelle,
instrument composé de deux montants, traversés, d'espace
en espace, par des b&tons nommés Éscaloin, échelon, ser-
vant À monter et à descendre. — Mé farioM mounta àou
eièl »(m9 ésealo, vous me feriez prendre la lune avec les
dents, c.-à*d. vous me pousseriez à des extrémités fâcheu-
ses. L'iêcalo dâou moutoà, l'une des trois solives qui sou-
tiennent la machine à planter les pilotis, appelée sonnette;
c'est celle qui sert d'échelle pour grimper jusqu'à la poulie.
Elle est composée d'un seul montant traversé de chevilles
débordant d'un pied de chaque côté, qui servent d'éche-
lons. Dans le Vivarais, on se sert d'une échelle du même
genre pour cueillir la feuille de mûrier et pour élaguer ces
arbres : bien entendu que la forme seule est semblable, et
non la dimension, ni surtout le poids. Téni Véêcalo à
quAouquui, être complice de quelqu'un, l'aider à com-
mettre quelque mauvaise action.
Dér. du lat. Seala, m. sign.
Éacaloù, «. m. Échelon, chacun des barreaux d'une
échelle. -— M'en iouï fa pér un brave, un poulit étcaloù,
j'ai payé un fameux écot : au fig. dans ce sens, pour dire :
c'est un fameux degré que je viens de monter ou de des-
cendre.
Éscamandre, s. m. Dim. Éscamandroù; péj. Èsea-
mandras. Fille ou femme sale, laide, déguenillée ; effrontée;
garçonnière.
La ressemblance de ce nom avec celui du fleuve Sca-
mandre semble annoncer que c'est ce dernier qui lui a
donné naissance; cependant il est dillicile de saisir un
rapport quelconque d'acception entr'eux. Toutefois est-il
impossible que la manière mythologique et allégorique de
peindre les fleuves qu'on représentait à demi-nus, les che-
veux épars, la barbe mêlée et gluante de vase, soit venue
servir de type au genre de saleté et de désordre que nous
offre le mot languedocien? Mais, en admettant même l'hy-
pothèse, pourquoi choisir de préférence un fleuve phrygien,
dont la représentation ne se trouve guère que dans les
hautes peintures classiques et le nom dans la haute litté-
rature?... Concluons que si réellement le fleuve a prêté
ainsi son nom au populaire, cela ne peut tenir qu'à quel-
que fait anecdotique oublié aujourd'hui. Les étymologistes
qui ne seraient point satisfaits par cette conjecture, pour-
ront trouver l'origine du mot dans sa substance même en
le décomposant. Nous avons déjà vu que le mot, ou plutôt
la racine Eseat signifie faux et gauche; on pourrait y
joindre la corruption du lat. Matrtma, dame, femme de
qualité, femme considérée et de haute position sociale.
Dans ce cas, le mot Èteamandre rendrait l'idée d'une
fausse dame, c.-ànl. dame de bas étage, dame dont la mise
sale et dégoûtante est le contrepied de la mise sévère,
digne et recherchée de la véritable matrone. Ce qui ferait
pencher vers cette dernière déduction,- c'est la circonstance
des mots Mandro et Mandrouno, qui existent également
en languedocien et dérivent bien évidemment de Matrona
(Voy. cm.), quoique dans une acception presque opposée
et qu'on peut regarder comme une ironie ou une antiphrase.
Malgré toutes ces probabilités, je ne sais quelle ressem-
blance de configuration nous fait encore revenir vers
l'étymologie phrygienne, sans partager néanmoins les
motifs qu'en donne Sauvages, qui lui paraissent cependant
si peu plausibles; mais pour ne rien négliger dans toute
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celle liistuiiv labulouse et fort obscure. D'après lui, ce
lleuvi', llls (Je Jupiter et de la nyiiii>he Doris, fut luéla-
uiorpliusj'i eu lleuve dans le seul but de le rendre iuiinortel.
Son père lui accorda en outre le privilrj^'e de donner une
iVHe il toutes les jeunt^s filles (jui allaifut se marun*. La
veille de la noce, elles venaient se bni^Mier dans ses eaux.
Scaniandre sortait de ses roseaux, les prenait par la main
et leur faisait les honneurs de son palais. Aous ne voyons
pas, dans toutes ces cérénionies, un [)oinl (luelconque qui
rattache notre Èscamandre au fleuve Es^'ainandre; et
Sauvn^'-^s, tout en donnant cet aiterni, le juge lui-mèinc
et trouve toute allusinn bien au-dessus de la p(irlée du
vulgaire. Nous citons seulement à tilre d(^ curiosité, et
nous nous confirmtins da\antage dans la pensée (ju'il y a
ici, plutôt qu'un fleuve, qutMcpie anecdote seuis roche.
Éscambarla, v. Écanjuiller les jafidies, soit assis, soit
debout; ouvrir beaucoup l'angle (ju'elles décrivent entre
elh^s. — ïîs éscambarla, il a les jand)cs arquécb ou voûtées
outre niisure; il est bancal.
Dér. di* fambo.
Éscambarlado, s. f. Plus usitô au fig. Étourderie de
jeunesse; proj^os grivois ou obscène.
ËscambarloÙ, adv. — To//. Di-scambdi-loù.
Éscamouta, v- Escainoler; jouer des gobeb-ts. Au fîg.
faire disparailn^ sublilement ; dén.ber adroilemeul ; vojer.
Ëscamoutaje, s. m. Escamotage, lourde passe-passe;
larcin; escnKjuerie.
Éscamoutur, .v. m. Escamoteur; larron; escroc.
Pour l'étym. des trois mots (jui [Mvcèdenl, en espag.
Camadar veiu dire : ciianger des chosi\s de face, jouer des
gobe|(jls : dér. ilu lai. Cninmulare, m. sign., qui pourrait
bien certainement avoiî* formé l'un et l'autre mot.
Éscainpa, r. Jeb^r; rej.trr; ré[iandi"e; dissi]ier — Aqucl
lun vsciunjio l'oli; aquclo houlo csr<nnpff, celle lampe aune
fuite par où riniile >e répand, ce tonii"au [)erd li^ vin. A
éscanijKi lu brotjuo, dit-on ibune femme enceinte, cljo ne
com[Me plus, elle esl .'i son terme; on suppose par là que
pour le compte d''s m.iis d(! sa grossesse, elle se sert d'une
bûchette (qu'elle manpie d'une cot-he îi cfiaipie mois,
comuie cela se pratitpie pour mille calculs i)opulaires; et
que, le dernier nmis étant r\[iiré, la taille lui devient
inutile. /:s(\ii)ijia (rniyn, pisser : re\pr(\ssion, par pudeur
de lang.ige, s'i-ttMid mènK^ à tous les besoins naturels. .1
éscdmiKi sas f'^brcs, il s'est di'"!)arrassé di's accès de fièvre.
ÈscautjHi loii bl'i, répaiidri' le bit' de s";iienee, semer. A
éscdinpii sd'in use, il a perdu son àne; il a C'té obligé de le
jeter à la voirie, l'.svimj.o (ont prr csrti l'ios, c'est un pro-
digue; il jeile son bii;n [»,K' la f.".ièin\ Luu cadis cscampo
la jdrjn, le cadis r. jette la pluie; il est imperméable.
Dér. du lat. Campus, chaiiq^».
Éscampado'jïros, s. f. plnr. Versoir, on il les d'un
araire : les «bnix p.eîil^ ;'i< \\\\>, atf/i.-lhs au s.^c, ([ni ont
p<uir destihati »n d'éc.irler la l Tre ù diMi:..,' et à gauche cl
de vider les sillons.
Éscampaïre, aïro, adj. Prodigue; dissipateur. — Aprèê
un acuinjiuïrc vên un cscampuire, prvb. Après un acca-
pareur, un dissipateur; après un avare, un prodigue. —
VfUj. Acam paire.
Ëscampia, v. Disperser; éparpiller; répandre en détail,
un peu partout.
Dim. de Kscampa.
Éscandaïa, r. Étalonner une mesure de capacité, de
longueur, etc., une balance, une romaine; c.-à-d. les
coiij]»arer à une mesure type que Ton nomme étalon, et
les rectifier s'il y a lieu. L'étalonnage est la fonction prin-
ci])ale du \ériricateur des poids et mesures.
Ce mot vient du lat. Scnudere, scander, réciter des vers,
en manpiant la UK^sure, en faisant sentir la division des
pieds (^t vérifiant ainsi s'ils sont justes.
Éscandaïaïre , s m. Élalonneur; ronjainier; vérifica-
teur lies [)oids et mesures.
Éscàouda, v. Échauder; pass«n' à l'eau bouillante, en
verser dessus; fiire blanchir la viande (n\ v versant de
beau bouillante [tour la neltoyer d'un certain emp:Meinent
blanc ([ui se fnrme dessus, quand on la laisse mortifier.
S'i'.ycdouda, >>? brûler avec un liquide bouillant. — Moun
vin s'cs cscduuda, mon vin a tourné. Frucho escâoudado,
toute i'>p.'ce de fruils avortés, qui séchenl avant leur nia-
turil''. (al l'scdouda l'uïgo fréjo l'y [ai pùou, prvb. Chat
écliaudé ciMinl l'eau froidiî.
Éscàoudun, s. m. Pousse du vin; goût du vin tourné.
— Scn l'escàvudun, ce vin a un mauvais grtùt de pousse.
Éscàoufa, V. É.haulTer; réchaulfer; doinier de la chaleur.
Au lig. aninjer, exciter.
S'éscâoufa, se réchaulfer; s'aniiner; s'échaufi'er la bile.
Dér. de Câoufa : Celui-ci signifie chaulfer au feu;
l'scdoufa est plus génériipie et plus large, il s'étend à
toutes les minières di' n'cbaulTiu*.
Éscàoufado, s. f. EchaulVourée; situation périlleuse et
p«'niljle; s.ii>i>sem!'ul de lirreur. — llnduràe nno poulido
éscàoufado, je fus un moment dans une cruelle passe.
Èscàoufamén, 5. m. Echauboulure; légères éruptions
qui viiMinent sur la jîeau.
Éscâouféto, s. f. Réchaud; fourneau de polagcr. Au
fig. zélé, aideur; enqire.s^t.-menl. — Jouja d'escdoufeto,
loc. lig., s'animer, s'ap[ili(iuer au jeu, ce qui dans la plu-
part des jeux d';nlresse renil le couj) d'aul plus sûr et la
main plus adroite : cela se traduirait en fr. par jouer
d'inspiration, si cette phrase était reçue.
£scâoufo-iè, 5. m. Bassinnire, ustensile pour chaufier
le lit. — Maure d'c^câoufo-i-', vis.igi^ plein, rebondi,
animé, respirant la vivacité, qui ressemble h une bassi-
noire.
Éscàouquïa, ado, adj. Se dit d'une figure qui est bien
mise à découvert, dont toutes les lignes sont bien appa-
renl'S, débarrassée par conséquent de dentelles tombantes,
de d<Miii-v»)iles, mèiije de mèches de cheveux tombants. —
Maure tscdouqu'ia, minois éveillé et même un peu effronté.
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Dér. de Cdouqi/^o, comme si le visage était débarrassé
de sa coquille.
fiacâoiiton on Candèl, <. m. Dim. ÉMCâtnaouné. Pelo-
ton de ni, de soie, de coton, de laine.
Éscàoutonna^ v. Pelotonner; dévider en peloton; ra-
masser en peloton.
ÉBcapa, V. Échapper, fuir; se sauver; éviter; échapper
d'une maladie; sortir, se tirer d*un danger. — M'é$eapavo
dé gn'&n parla, la langue me démangeait de lui en parler.
Sémblo éseapa dé la quiitsso dé Jupiter, il est si fier qu'on
le croirait sorti de la cuisse de Jupiter : par allusion à la
naissance de Bacchus que Jupiter, pendant un temps,
logea dans sa cuisse, après la mort de Sémélé.
Dér. du lat. Capere, prendre, avec la particule extrac-
tive Ém; en ital. Scappare.
tscapado, «. f. Escapade; l'école buissonnière; fre-
daine; évasion; échappée; course que fait un troupeau ou
partie d'un troupeau sur un terrain défendu où il peut
faire du dégât, on bien sur la propriété du voisin.
fiscapadoù, ». m. Échappatoire; défaite; subterfuge.
Éseapadoù, ouno, se prend aussi adjectivement pour :
capable de se sauver, prêt à s'envoler, k fuir du nid, en
parlant des jeunes oiseaux; et par ext. des personnes qui
80ttt en voie d'échapper à un danger, de garçons ou de
jeunes filles qui cherchent à s'émanciper, à échapper à la
tutelle.
Éscaponloim, s. m. Coupon d'étoffe; restant d'une
pièce ; reste d'une marchandise.
Formé avec la partie, privative Es, et de Cop, tète;
sans tète; avec la désinence diminutive.
Éscar, «. m. Écart; changement de direction; dévia-
tion; désarticulation du pied d'un cheval par suite d'un
accident ; cartes que l'on rejette à certains jeux pour en
prendre d'autres.
Dér. de Éscarta,
Ëscarabîa, v. Réveiller; dégourdir; donner de l'activité.
— Aguél tén ésearabïo, ce temps vif donne des forces, de
la santé, de l'entrain. Es éscarabïa, il est vif, alerte, dé-
gourdi, sémillant. Va$ véïre se le vôau éscarabita, tu vas
voir si je vais te dégourdir, te secouer.
S'éêcarab\la, se donner du mouvement; s'évertuer; sa
réjouir ; s'égayer. — Aquél tén s*éscaralho, le temps tourne
au vif. Couménço dé s' éscar alita, se dit d'un convalescent
qui commence à reprendre des forces.
Les vieux auteurs français, qui empruntaient peut-être
au languedocien, disaient aussi Éscarabillat pour vif,
alerte, guilleret.
fiftcaràoiigiia, v. Égratigner; écorcher la peaUf écrouter
une gale.
Dér. de Car, avec la particule extractive Es, ou du lat.
Exeoriare, enlever la peau, formé de la même manière, de
Ex, privatif, et de Corium, cuir, peau.
£tcaràoiigaAdo, s. f. Égratignure; déchirure de la
peau; sa marque.
Ëscaras, s. m. Porte-clayon : meuble de magnanerie
composé de deux montants dont diacun est armé de che-
villes pour supporter les clayons les uns sur les autres.
C'est sur cet échafaudage qu'on élève d'ordinaire les vers-
à-soie dans leur premier âge. On les soigne en enlevant
successivement chaque clayon et les mettant tour à tour
à la portée de la main.
Ce mot est une corrup. et un péjor. de Èsealo, dont il
a un peu la forme et la pose.
Êscaraasoù, s. m. Sorte de caillebotte fermentée. C'est
le résidu du petit lait bouilli à petit feu, qu'on roule en
pelottes et qu'on épice de poivre, de vinaigre et d'eau-de-
vie.
La forme diminutive du mot qui est patente, n'impli-
querait-elle pas, pour son étymologie, la pensée de le tirer
de Èseai, éseaeh, morceau, dont le dim. direct lui-même
est Èseachoiii? C'est un doute encore, mais on vient de
plus loin.
Êscarayisse, s. m. Écrevisse. — Voy. Chambrt.
Dér. du gr. Sx£^pa6o«, m. sign.
fscarcaîa (S*), v. Écarquiller les jambes, soit en mar-
chant, soit assis : se gonfler; se crever. Au ûg. faire le
gros dos, l'important. — Éscarcaïa sous tels, ouvrir les yeux
comme des portes cochères ; se crever les yeux à regarder;
les tenir grands ouverts. Marcha ésearcaia, il marche les
jambes écartées.
Êscardassa, v. Tirer les cheveux à quelqu'un, les lui
arracher ; étriller quelqu'un.
S'éscardassa, se prendre aux cheveux; se battre; se
peigner; se donner une peignée.
En ital. Seardassare, carder de la laine.
£scarlato, s. f, Écarlate, couleur d'un rouge vif.
Dér. de la bass. lat. Scarlatum, m. sign. En ital. Sear-
laUo, en angl. Searlet. On croit le primitif dérivé du cel-
tique.
Ëscarlimpa, v. Grimper; gravir à grandes enjambées,
étourdiment et sans mesurer ses pas.
Formé de Éscar, tiré du fr. et du roman Limpa, glisser.
fscarlimpado, «. /*. Grande enjambée; glissade; faux
pas. Au fig. faux pas; coup de tète; étourderie; acte
irréfléchi.
ËBcamaÎBBe (Faire), v. Vexer quelqu'un, lui donner
de l'inquiétude ou de l'impatience en lui tenant le bec
dans l'eau; faire endèver. Proprement, causer de l'effroi,
de l'horripilation.
Ce mot semble formé de Car et de Naïsse, c.-à-d. causer
une efilorescence sur la peau, donner chair de poule. Ce
verbe, ne s'employant qu'après le v. FaSre, n'est usité
qu'à l'infinitif : c'est le premier seul qui le conjugue.
Ëscarnl, v. Inspirer à une personne ou à un animal un
effroi qui l'empêche de retomber dans la même faute
qu'il vient de commettre, par le souvenir du châtiment
infligé, ou par la crainte d'une correction nouvelle, ou par
la peur d'un danger imminent. Proprement, enlever la
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pean on la chair. — Le chat échandé craint jnsqn'à Tean
froide, parce qn*il est éseami.
Dér. de Car, avec la partie, privative.
Éscamimén, s. m, Ck)rrection; crainte de châtiment.
ÉBcarpîa, v. Éparpiller; répandre ça et là. — Le même
qtxe É$p€urpaHa, ou dn moins dans la plus grande affinité
de sens fVoy. c. m.}.
Dér. dn lat. Carpere, ramasser, mettre en tas, et de la
part, privative Et.
ÉBCarpin, s, m. Escarpin, soulier à semelle légère;
soulier de danse; chaussure des dimanches pour les villa*
geois. — Jouga d<u éicarpinê, jouer des semelles, se sau-
ver; prendre la course.
Dér. du lat. Carpitculum, m. sign.
fiscarpina, v. Courir légèrement; jouer des jamhes;
marcher vite. — Èscarpina d'éscldi, chaussé de sahots :
phrase ironique qui sert à mieux faire ressortir la gros-
sièreté et la pesanteur de cette chaussure.
Éscarpinéia, t^. fréq. et augm. de Éicarpina,
fiscarpo, J. f. Carpe, Cyprinut earpio, Linn., poisson
de Tordre des Holohranches et de la fam. des Gymno-
pomes, qui vit dans les eaux douces et dans les laos. Les
carpes, qui deviennent fort grosses et , dit-on, fort vieilles,
sont recherchées des gastronomes pour leur délicatesse. On
les engraisse pour les améliorer encore. A ce propos, un
de nos vieux amis racontait un épisode d'un voyage qu'il
fit à Paris. Il y a longtemps de cela, et à cette époque, où
Ton n'avait pas encore inventé les locomotives et les
hnffets, on donnait largement aux voyageurs le temps de
diner. Â un relai quelconque, notre ami, au sortir de
table où il avait très-magistralement officié et mangé sur-
tout avec abondance d'un plat de carpes fraîches et dodues
qu'il avait trouvées excellentes, s'en fut dans le jardin de
l'hôtel commencer sa digestion et attendre le départ. Dans
ce jardin était un bassin vers lequel il se dirigea, et en
avançant, il aperçoit certains objets de forme indécise qui
s'agitaient par petits bonds au-dessus de l'eau. Il s'ache-
mine et croit reconnaître que ce sont de petits chiens venant
de naître qui semblaient se débattre contre la noyade.
c Oh ! les barbares ! s'écrie-t-il, ne pas les avoir assommés
avant de les jeter à l'eau !» et il s'approche tout à fait
pour les secourir... peut-être... C'étaient bien de petits
chiens; mais ils étaient morts depuis longtemps, et des
carpes, les compagnes de celles qu'il venait de manger
avec tant d'appétit, les avaient dévorés à moitié. C'étaient
elles qui en les becquetant leur faisaient faire ces bonds
qui simulaient leur agonie. L'hôte engraissait ainsi les
carpes de son vivier, à la façon du Romain qui jetait des
esclaves à ses murènes. On peut imaginer l'effet que ce
spectacle produisit sur l'estomac de notre voyageur : il
paya son dîner et n'emporta rien, au contraire, se pro-
mettant bien de s'assurer dorénavant de l'ordinaire des
carpes qu'on pourrait lui servir.
fiicarta, v. Écarter; éloigner; séparer; mettre de côté
certaines cartes pour les remplacer par d'autres — Ymu
éseartés pas, ne vous éloignez pas, je vais revenir. Ètearta
la grana\o, au fig. se permettre des propos par trop égril-
lards. AqiUl fusil éicario, ce fusil écarte, éparpille le
plomb; et au fig. on dit : Soun fu$U ésearto, il écarte la
dragée, de quelqu'un qui laisse échapper de petites parties
de salive en parlant. Escorta vous, faites votre écart, ^t-
on à quelqu'un dans certains jeux.
Dér. du lat. Bxpartire, enlever de sa part, de sa posi-
tion un objet.
Éscartaîra» v, Écarteler; tirer à quatre quartiers; divi-
ser; couper en morceaux.
S'éscartaïra, prendre un écart.
ÊBcas (Toat-) ou Toatp-£sca, adv. Dim. Tout-éscassito,
Tout à l'heure; il n'y a qu'un instant; à peine; non loia.
— Çaï y-éro tout-iscM, il était ici il n'y a qu'un moment.
Sor tout'éseauéto , il vient de sortir à l'instant même.
Tout'éscasséio l'y vése un pâou, j'y vois à peine, à peine.
Dér. probablement du grec Ou*/, éxàc, non loin , tout près.
Ëscassa, v. Échalasser; échafauder; élever au moyen
de supports.
S'éscassa, monter sur des échasses; au fig. monter sur
ses grands chevaux ; se hausser.
Ëscasso, 1*. f. Échasses ; longs bâtons munis d'une sorte
d'étrier sur lequel se pose le pied, et dont on se sert pour
s'élever, pour passer une rivière.
Dér. de la bass. lat. Scalaeia, m. sign. pôj. de Seala,
échelle.
Éscava, v. Évider; échancrer, terme de tailleur et de
couturière; tailler, couper en dedans.
Dér. de Cava.
ËBcayadaro, s. f, Échancrure; coupure faite en dedans,
en forme de demi-cercle.
Ëscayàl, s, m. — Voy. Débandire, m. sign.
Éscavéla, v. Dévider avec Véseavèl.
ËBChaipo, t. f. Écharpe; ceinture de soie, insigne de
fonctions publiques.
Corrup. du fr.
Éschirpe ou Taïo-cébo, s. m. Taupe-grillon, conrtiUèie,
Gryllo talpa, Linn. Cet insecte, orthoptère, k peu près de
la longueur et de la grosseur du doigt, quelque peu sem-
blable à l'écrevisse, hideux à voir, vit presque toujours
sous terre. Il est fort connu et fort redouté pour les dégâts
qu'il cause dans les jardins, où il coupe la racine de beau-
coup de plantes potagères. Nos paysans ne manquent iamais
de dire, avec un grand sérieux, qu'on les tue en soufiDant
dessus. Ils en donnent la preuve au premier témoin qui se
trouve là quand, en bêchant, ils trouvent un taupe-grillon.
Ils le saisissent délicatement par le corselet entre le pouce
et l'index, soufflent dessus à deux ou trois reprises, et en
même temps ils le serrent fortement à l'étouffer; ce double
procédé est infaillible. Le fait est que, avec ou sans
témoins, il est rare qu'un paysan, rencontrant un tfjdUryf,
le tue sans souffler dessus.
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Éaclafi, V. Dégorger; lâcher la bonde d'an réservoir.
An fig. mettre à découvert; publier un secret; déceler un
complot. — S*éidafï dé rire, éclater de rire, rire à gorge
d^loyée; crever de rire.
Dér. par opposition de Clafï,
ÉsclafidOQ, «. m. Épanchoir; ouverture d*une vanne.
Ésdatra, «• — Ce mot, qui est emprunté au fr. Éclairer,
ne participe point de ses diverses acceptions. Il n'est guère
employé en languedocien que comme synonyme de Éclair'
eir, et devient surtout un terme technique de magnanerie
pour exprimer l'action de disséminer les vers-à>soie qui
ont grossi et sont devenus plus serrés, sur un plus grand
nombre de tables. On le dit également des plants de légu-
mes qui sont semés trop drus et dont on arrache une partie
pour donner plus de distance aux autres. Cependant, dans
cette dernière acception, on dit plus souvent ÈtdaïrL
Jamais on ne se sert de ce dernier verbe par rapport
aux vers-à-soie.
Éêclaïra est admis quelquefois substantivement dans
pareille locution : un home éêclàtra, un homme éclairé,
instruit; mais c'est du languedocien un peu francisé.
£sclairado, f. f. Clairière; lieu découvert au milieu
d'an bois; action d'éclaircir les vers-à-soie; diverses repri-
ses de ce dernier travail. — A fa très éselaïrados, il a fait
trois levées de vers.
£sclatre ou £lion, t. m. Éclair; clarté éblouissante. —
Éfeto'tre ne s'emploie que dans le style soutenu ou en
poésie. — Voy. ÈlUnt.
Ésclairl, v. — Voy. Èiclaïra. — Lou tin i*és€laïrii, le
temps s'éclaircit.
fiselaiiido ou Lacado, s, f. Intervalle de temps serein
par un temps de pluie; rayon de soleil, jet de lumière à
travers les nuages.
Ésdandre, s» m. Esclandre; scandale public; accident,
événement qui fait de l'éclat et qui est toujours fâcheux
et honteux.
Dér. du grec £xdh/BaXov, scandale.
fisclantl, t'. Retentir; éclater; résonner; produire on
son éclatant.
Dér. du lat. Clangere, m. sign.
Éielapa, v. Fendre du bois, le dépecer, le détailler en
gros quartiers; briser. Au fig. battre, meurtrir une per*
sonne, lui casser bras et jambes.
Dér. de Clap, ela, tas, monceau de pierre, avec la part,
disjonctive Es; c.-à-d. diviser une pierre.
Ésdapaîre, s. m. Fendenr de bois; charpentier.
ticlapéto, f . f. Petite vérole volante, qui consiste en
une éruption de pustules rares, clair-semées et qui ne
paraissent pas simultanément, comme dans la petite vérole
oïdinaire. Les nouveaux boutons paraissent souvent lors-
que les premiers sont déjà secs.
tidapo, t. f. Grand quartier de bois, de bûche; pièce
de Ixûs refendue. Au fig. taille, conformation humaine.
— Uno fïo dé bélo éwlapo, un beau brin de fille; une fille
bien charpentée et de belle venue. Vn por dé bèh é$elapo,
un pourceau à taille allongée, bien développé et qui annonce
de devenir grand et gros.
ÊBClato, «. f. Engelure; gerçure; crevasse à la peau
causée par le froid, ou par une humeur scrofnleuse. —
Médéei dé lai éseiatoi, médecin d'eau douce; avocat des
petits procès.
Dér. de Elaium, supin de Exferre, produire au dehors,
ouvrir.
ÉaclaYaJe, f. m. Esclavage; servitude; soumission;
dépendance ; occupation assujétissante.
ÊsclaYO, adj. des deux genres. Esclave; celui dont la
profession ou l'occupation le tient à l'attache et l'empêche
de sortir de sa maison.
Dér. du lat. Sclavuê, m. sign. — Ce dernier mot peut
être tiré de sa substance même et dériver de Clavii, clef,
c.-à-d. enfermé sous clé. Il peut venir aussi du latin clas-
sique SHavi, les Esclavons, parce que peut-être ces peu-
ples perdus et subjugués par les Romains ou les Germains
étaient tous réduits à la condition d'esclaves ou de serfs.
Peut-être encore cela tient-il aussi à quelque anecdote
historique où ces peuples figurent comme le type de l'es-
clavage.
Êsclô, ê, m. Dim. Éscloupé; péj. Éscloupas. Sabot,
chaussure de bois, creusée tout d'une pièce, pour y loger
commodément le pied avec ou sans chaussons, que l'on
garnit souvent de paille à l'intérieur. — Ésdà à la bésé-
gudo (Voy, BéségudoJ. Las sélétos d'un éscld, le double
talon d'un sabot, dont l'un est placé au talon et l'autre
sous la naissance des orteils. Ce ne sont que les sabots les
plus grossiers, ceux des gens de peine et des montagnards
qui ont de doubles talons élevés pour mettre le pied à
l'abri de la boue et de la neige. Lou maure d'un éselà est
la partie de devant qui se recourbe au-dessus comme les
souliers à la poulaine, et présente quelquefois un angle
saillant en avant, comme le taille-mer d'une proue, afin
de mieux résister au choc des pierres.
Ce mot parait dérivé du latin barbare Clopus, pied
boiteux, formé lui-même du gr. XcuXéieouc, m. sign., parce
que le sabot fait marcher lourdement comme un pied-bot;
peut-être aussi parce qu'avec cette chaussure, le pied est
informe et ressemble assez au sabot d'un cheval ou à un
pied-bot. Ce qui parait d'ailleurs donner encore raison à
cette étymologie, c'est le P final, que le mot porte dans
ses composés Éscloupé, Éscloupiê, Éschupéja, qui était
certainement dans son orthographe, mais que dans le pri-
mitif notre dialecte, qui ne le fait pas sentir à la pronon-
ciation, a dû supprimer en l'écrivant.
fisclonpé, «. m. Dim. de Ésdà. Petit sabot, sabot d'en-
fant; petit haricot blanc, qui nous vient des montagnes
du Vêlai, et qui est plus délicat qoe le nôtre. On l'appelle
ainsi par on dim. parce que son grain, qui est plus petit
que les autres, est aussi plus arrondi et on peu dans la
forme d'un sabot.
310
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Éscloupéja <»u Èscloupinéja, v. l'ivq. Snholor, In ire ilii
bruit en marcliaul avoc des sahols; se faire onteiulre de
loin avec (les sahols; mari'liiM' ImiriletneiU av(.'C îles sahitls,
connue les scieurs de long auvergnats, qui n'ont jamais
d'autre chaussure dans uns pays.
Ëscloapiè, $. m. Sal)olier, (jui fahrique ou (jui \ end des
saltots.
Ëscloupinéja, v. Douhle l'rnj. de liscUmpèja f r. c. m.].
Ésclurci, .V. m. Kelipse; dispariliui, nhscuroisseiuejit
total ou partiel d'un asire, p;ir 1 int'^qiosiliun d'un autre.
(le mot \ii^nt-il de Escn, njtscur, ou du lat. Kx, parti-
cule privaliv(% et l.nj\ lucia, c.-à-d. sans lumière; ou iuen
n'csl-il qu'une corruplion du l'r. ilcUpsc'* Tuules ces opi-
nions S'int souteiiahlfs v-t ratinnriollr's.
Éscoïre (S'), v. S'écorcher naturellement; s'entamer la
periu par un t'rotlt'iiient contiiiu. - - Les enl'ants au maillot
(jui ont l»'\'nicon[) d'emltoiqxiint sont sujets h séeorcher
dans les plis que forme leur chair. On dessèche c<^s «'^cor-
chures en les sau[)OuJrant de vermoulure de liois (jui est
un absoibant et un rl<\ssieatif. (lomme ils ont natun^lle-
inent la tète on^one-'e dans l(^s èp.iules, faute d'avoir les
verl'''l»res du cou assez fort-'S p"ur la soutenir, ils >'ècor-
cheiit Siiuxf'nt dans les ])lis d^ ccll.^ paiti.^; on ])révient
cet incon\ènii'n( en leur ])assant autour du cou un petit
colli 'r de m-'nu'* \crr.t|»M'ii' ijui cmiièche radliérence et le
frottement des parties (ju'il sé])are.
I)'''r. de Cotre.
Éscolo, .V. /'. l'ci-le, classe où l'on ens^ii^iie la l'Ylure,
l'ècritur'S f'te. ; I'k-.iI lui-mèiiic de Tr-cole; ens»^mhle di's
enfants qui la fr''t|ii"'iilriit. — Moun pèro mi' faï t'csrolo,
mon iière ot m^n [JrMfss'Mir, mon maître d'école.
Dér. du lit. S<:!t'>l(i, m. s'eiii.
Éscondre, v. — Vf.>/. Hcscoulrc.
Dér. ilu lat. Con'lerc, cacher, voiler.
Éscorfi, s. m. Av<irton; enfant malingre; personne
sèch", mai;jr!', d \h;inii'''\ ra.-liilique.
O liiol rsi-il un ' C(trrupIio;i iPini composé de la partie.
privali\(^ ils et de Car, p.ir |i^ clianjenn'ut de l'a en o, ce
qui sij:iiilit^r,iit : sans chair; ou hini s»^rait-il, par imita-
tion, par mépris de ce qu'il représente, tiré de l'ital. Scnr-
zouc et Scoi za. en cat. serjwMit, vipère?
Êscorjo-rosso, phr. fuite. Écorelicur de voirie, éijuar-
risseur. — ('/«'St un état Lrénéral'^mcnt uiéprisé. et ce terme
de\ienl une injure <:i'. ssière domié connue soIu'i([uet qui
n'est usil»'' que dans les il''rjiiè|-.'s classes du [leuple.
\)or. *1>' ilscoHiJn et lio.ssn.
Éscorso-dé-sèr, s. f. l^ropremont, écorce do siTpent;
ce qui s-^nd»lr'rail n\ indiipi.M* la p'Mu, mais qui en est au
contraire la chair, la pulpe lorsipi'elle est dél)arrass6e de
la p<\iu, des intestins et d(^ la tète. F.cs gons du peuple
salent et conser\ent celte pulp»-» à laquelle ils attrihuent
de uierveillêUM elT<Ms médicinaux, principalement pour
l'hydropisie et les alT<x"ti »ns de vessie. Inutile de dire que
la science se refuse à lui reconnaître les mêmes vertus.
C'est un pr-'jugé fondé sur l'espèce de terreur superstitieuse
qu'inspire ct-t anitual (pi'on regarde connue cabalistique.
La mcJecine et la cabale se tiennent i)ar la main, dans
l'esju'it dt'S classas ignorantes : nos médecins et nos char-
latans, qu'elles assimilent et confondent volontiers, ne
bont encore pour elles que des mires. Par suite do cette
même prévention, la graisse de serpent est également re-
cueillie avec s:;in et r('S])ecl même, comme antidote des
douleuis rhumatismales et des simples courbatures. L'an-
guille et la lanqjroie, so'urs iimocMites de la couleuvre,
jfont SUIS doute ni i)lus ni moins de propriétés curatives,
il ne l.'ur mnmjut? (pie celte he-rreur traditionnelle qui date
de la Genèse. Peut-être aussi des rspêces venimeuses de
t:er[»ent, dont la cmileuvre est restée .soliJaire, malgré son
innocuité, mais parresseud'lance de conformation, ont-elles
valu à plus juste titre ti la scr la ré[»ulsion qu'elle inspire
et le cr -ilit superstitieux qu'on a fait a sa graisse et à sa
peau par un enchaînement d'idé^'S assez singulier et qui
n'est i»as rare dans les préjugés [lopulaires.
Éscorto, s. f. Kscortf^; troupe ([ui accompagne, qui fait
la conduite, [)nUY rendre honneur ou pour veiller à la
sûreté de (piclipi'un.
Dér. du lat. Co/ors, m. sign.
Èscoto, s. f. Latlt^; mairin de châtaignier-sauvageon
ri^fondu en lann's p-'u éj^aissi^s, qui sert, dans nos pays, à
relier les futailles de bas-fond.
Ce mol, d"a[»rès Sauvages, [laraîl dériver du lat. Excu-
tin\ pirc'^ que l'^s bro yeuses de chanvre pour espader
la niasse, m' s. i\'-nl d'ïlsrr.ios comme espadons.
Éscouba, r. IJalaver; iietlover avec un balai; enlever
tout, t ail ( iii[»oi'tcr.
Êscoubal, 5. ///. l'Coiivillon de l!(udang'T; longue perche
au bout «11' latjU'^lle Sont as>iij'''lis qu'^hpics chilTons qu'on
indûbe d'(\.u j>our lialayer b'S C'Midres du four après
qu'avec le fourgon, né table, on a tiré la braise. Au fig.
feaiiii'' sale, <l'i:aenill'''e.
Éscoubcto, N. /'. Dim. de Èscoubo. Petit balai do bruyère
av( c li^ipiel les lileuses de sr^ie liattent les cocons dans la
bassin-\
Éscoub'ia, r. fréq. ou dim. de J:srouba. Balayer les
boues «l'une ville;, exercer la {>rofession de balayeur de
ru.\s. Au (îg. cbasser; disperser; dissiper, faire dispa-
iMitrt\
Éscoubïaïre, s. m. Balayeur de rues; celui qui est
char.iié du balayage, boueur.
Éscoubïos, .^. f. j/lur. Balayures; immondices ramas-
sées en b.ilayant.
Éscoub'ioun, s. m. Cendrilbtn; petite fdlc sale, mal
peignét', négligée jiar S(>s parenis et qui n'est employée
(pi'aux travaux les |)lus humbles de la maison, travaux
dont le balayage fait partie.
Éscoubo, >\ f. Dim. Lscoubèio; péj. iisconhasso. Balai;
poignée d»^ verges, de bruyère, de genêt, de crin, de plu-
mes, etc., pour balayer. — Escoubo dé brus, balai de
ESC
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3it
brayère. Ésantbo dé iagno, balai fait avec les tiges da |
millet aquatique.
Éicouboesl aussi le nom de ce long filet à pêcher, appelé
en fr. Seine. Deux pécheurs le tiennent chacun par une
extrémité, et, en suivant le cours de l'eau, le traînent sur
le lit de la rivière qui en est ainsi balayée.
Dér. du lat. Scopœ, m* sign. En bas-bret. Skuhélen,
fiscoudén, s. m. Dim. Èscoudénquë; péj. Éseoudénqwu,
Dosse, terme de scieur de long, première planche qu'on tire
d'une bille, et la dernière, qui est sciée seulement d'un
côté et de l'autre équarrie : elle est toujours prise dans
l'aubier du bois. Cette planche est toujours mal faite,
maigre sur certains points et renflée sur d'autres. Au fig.
personne maigre, longue, plate et mal charpentée.
Sauvages lui donne pour étymologie le gr. '^Et/qlxqç,
dernier, qui est à l'extrémité. Cette dérivation s'éloigne
beaucoup par la forme au moins du mot, si ce n'est par
le sens. ?i 'aurait-il pas pu être trouvé dans le grec aussi
une autre racine qui semblerait mieux réunir les deux
conditions? Par exemple ]^xijtoc, cuir, peau, puisque la
dosse est l'enveloppe ou la peau du tronc. De là s'est formé
probablement notre mot Coudéno, couenne, qui se rap>
proche sensiblement par sa con6guration et présente la
plus grande analogie d'acception. Nous nous en tiendrons
là sans chercher dans le latin, qui demanderait peut-être,
comme toujours, à intervenir par quelque bout.
iscondre, v. Abattre des noix avec une gaule; les
gauler: faire tomber avec une gaule tout autre fruit qu'on
ne peut cueillir que par ce moyen. Au fig. appliquer une
volée de bois- vert à quelqu'un.
Sauvages donne à ce verbe l'acception de battre le blé
au fléau : cela peut être vrai dans d'autres districts de
notre idiome, puisqu'il prétend qu'on employait l'expres-
sion Excodare hladum dans la bass. lat., qu'il confond
sans doute avec le barbarisme tabcllionesque des vieux
actes; mais dans notre dialecte, l'opération dont s'agit se
dit ÉteovMouna et non autrement.
Dér. du lat. Excutere, secouer, faire sortir en secouant.
fiftcoiilia, V. Confisquer; faire disparaître: arrêter une
personne, la mettre en prison ; tuer.
L'argot de la langue verte s'est emparé du mot pour en
foire Etcoffier avec le même sens.
Êscooiigna, o. Serrer; presser; entasser.
S'éseoufigna, se presser les uns les autres; se rencogner. —
S^éêcoufgna dé rire, rire malgré soi , rire tout en se retenant.
Dér. de Coufl et de Éi, part, explétive.
fiftcoulignaire, e. m. Qui serre, qui presse; qui aime
dans une presse ou dans une veillée à pousser, à presser
les gens, surtout les jeunes filles, les uns contre les autres,
ou contre une barrière, ou dans un angle d'un appartement :
sorte d'amusement ou de niche fort usité à la campagne.
Éiooiilo, e. /*. Écrou d'une vis de pressoir : c'est cet
écroQ que les pressureurs tournent avec leur barre et qui
agit sur la presse.
Éscongassa, v. Aplatir; renverser quelqu'un sur son
derrière. — S'éscougassa , s'aplatir en tombant. Un na»
éscougassa, un nez écrasé, épaté, écaché.
Dér. de Couga, c.-à-d. donner la position d'une poule-
qui couve.
Êscomà, Ëscomàîro, j. et adj. Écolier, écoliére; celuii
ou celle qui va à l'école.
Dér. de Schola; Èscolo.
£8Coala, v. Écouler; égoutter; vider; mettre à sec.
S'éscoula, voir le fond de sa bourse, vider son sac. —
M*an éscoula, on m'a gagné tout mon argent au jeu.
Dér. du lat. Colare, couler.
Ësconloaèr, e. m. Éeouloir ou envidoir, outil de dévi-
deuse de soie pour envider sur un rochet ou grosse bobine
la soie en flotte : c'est une broche de fer qui tourne hori-
zontalement sur deux poupées portées sur un plateau de
bois. Le rochet est enfilé dans la broche qui à l'autre
extrémité porte une roue en fer qui lui sert de volant : on
fait tourner cette bobine en frappant dessus avec un petit
outil en cuir rembourré de crin qu'on nomme Manéto.
Éscoumonssa , v. Terme d'aire, égrener les gerbes au
fléau sans les délier. On ne fait par cette œuvre que dé-
florer la gerbe, dans le but d'obtenir du blé dont on a
besoin promptement ou plutôt du blé de semence, parce
qu'on ne recueille par ce moyen que le grain des plu»
longs épis, qui est toujourà plus beau et mieux nourri, et
que d'ailleurs il n'est ni mêlé, ni chargé de graines étran-
gères dont les tiges montent moins haut et sont renfer-
mées dans le corps de la gerbe. Cette défloraison opérée,
on mêle ces gerbes avec les autres pour le battage ou le
foulage généraux.
Dér. du lat. Exeuitum, supin de Excutere, secouer,
battre.
Ësconmoiusnn, s. m. Blé qu'on obtient par l'opération
décrite dans le précédent article.
fiscoandn, ado, part. pasi. de Èscondre fVoy. c. m.).
Caché.
Ésconija, v, Écorcber, enlever la peau; excorier; ra-
viner une terre, en enlever la superficie par l'efiet des
grosses pluies. Au fig. déchirer quelqu'un par des médi-
sances ou des calomnies ; faire surpayer ; parler mal sa langue.
Dér. du lat. Excoriare, m. sign.
Ëscoiujadoù, s. m. Écorchoir; voirie; abattoir.
Éscomjadaro , s. /*. Ëcorchure; déchirure, éraflurede
la peau.
Éscoorniila, t;. Écornifler; faire le parasite; être alléché
par l'odeur d'un repas; chercher des franches lippées.
Formé de Es, part, privative, du lat. Cornu, corne, et
de Ai/Ia, flairer ; ce qui rappellerait une idée à! Écorner et
de flairer, double étude des parasites. Sauvages prétend
cependant que le mot intermédiaire devrait signifier Cour,
par où : flairer aux cuisines des cours.
Ëscoorniflaîre, airo, adj. Écomifleur; parasite; pique-
assiette.
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Ëscourpion, f . m. — V^y. Éioroupiou.
fiflconsso, $. f. Course; traite de chemin; course pour
prendre 6ian. — Préne Véscou$$o, prendre son élan. Y-ëéraï
d'uno éâcouMo, j'y serai d*un saut.
Dér. de Cousmo,
fiscoiisaoà, #. m. Fléau k battre le blé.
Dér. du lat. Ezcutum, supin de Exeutere, battre, se-
couer.
ËscouBaouna, «. Battre le blé avec le fléau; par
ext. s'applique à toute correction de bois-vert bien condi-
tionnée.
Éscoiissoimaîre, s. m. Batteui* de blé; ouvrier chargé
de battre le blé.
ÉBCOttta, «. Écouter, prêter l'oreille pour ouïr; suivre
les conseils qu'on vous donne. — Se dit aussi de la part
d'une fille pour agréer la cour que lui fait un garçon.
S'éseouta, s'écouter; se dorlotter; s'occuper à l'excès de
soi ; faire trop d'attention à la moindre incommodité, à sa
santé ; parler avec affectation et lentement. — Aquél home
es bien éseouta, cet homme est fort bien en cour, il a du
crédit auprès des puissants du jour, ou seulement chez les
hommes du pouvoir.
Dér. du lat. AuieuUare, m. sign.
Ëscontado, «. /*. Reprise; intervalle; boutade. — Pl&ou
à bèlos éscouiados, il pleut par ondées, par averses inter-
mittentes, à diverses reprises. Partirén à la ffrémièiro
éicouiado, nous partirons au premier intervalle de beau
temps. Dourmï à bèloi éteoiUadoi, dormir à bÂtons rompus,
d'un sommeil intermittent.
fscoQtaîre, airo, adj. Curieux; qui écoute aux portes.
Ëscoutéla, «. Égorger à coups de couteau; poignarder;
éventrer.
S'éscoutéla, se battre à coups de couteau; jouer des cou-
teaux.
Dér. de Coutél,
Ëacouti, V. Amener à bien ; élever, faire éclore heureu-
sement. — On le dit des petits enfants, des poussins, des
petits des animaux domestiques, des vers-à-soie à la couvée,
qui exigent beaucoup de soins et de peines pour les pré-
server des maladies et des accidents fâcheux ordinaires à
ce premier âge. On le dit aussi d'un malade qu'on amène
à la santé.
ËacoutoÙB, ê, m, plur, ou mieux sorte d'adv. Écoutes,
aux écoutes, en est la traduction. — Ana d'éêcouioùi,
aller aux écoutes, écouter aux portes. Que vaï pér éseou-
toài, éseouto sai douloùs, prvb. Qui se tient aux écoutes,
entend souvent son fait ; celai qui écoute aux portes en-
tend souvent des choses fort déplaisantes ponr lui.
Dér. de Èscouia.
Ëscraia, t>. Effacer; biffer; raturer. — Poudés bouta
aquà àou libre dan éêcrafca» dit-on en parlant d'une mau-
vaise dette : vous pouvez la considérer comme un compte
biffé. Cette locution proverbiale se dit d'une manière plus
générale pour toute sorte de choses qu'il est sage d'oublier;
c.-à-d. vous pouvez mettre cela au rang des péchés oubliéi
(en confession s'entend).
Formé de la partie, privative JËf et du gr. Tp^n,
écrire.
Ëftcrafadiiro, «. f. Ratture; effaçure.
Ëscramacba, v. Écraser; écacher; écarbouiUer.
fiscraoïacliado, s. f^ Abattis d'objets écarbouiilés;
action d'éraser.
Éscranqna, o. Éreinter; harasser; accabler de fatigue.
— Vn éscranqua, un estropié; qui a la hanche déboîtée.
On le dit aussi des meubles qui sont désassemUés et qui
jouent par vétusté dans leurs joints.
Formé de la part, privative È$ et de Anquo, hanche :
le C qui précède Jl n'est là qu'explétif et par euphonie, la
rencontre de # et de r étant peu facile à lier.
Éscrâoiuna, v. Échauder; jeter de l'eau bouillante
dessus, comme l'on fait aux pourceaux égorgés pour les
dépiler, et ft la viande qu'on fait blanchir avant de la
mettre dans le pot au feu.
Dér. de Cràoumo.
Ëscraponcbina, v. C'est là le technique languedocien
qu'on cite le plus volontiers par la diCQculté d'en traduire
toute la portée. C'est quelque chose de plus fort que Es-
eramacha et Éspouehiga, qui participe cependant à ces
deux verbes et signifie : écraser, aplatir on corps juteux
par un coup violent ou une forte pression. Il ne s'api^ue
en général qu'à rencontre d'un animal qu'on écrase» et
dont le crapaud est le type ; car il se joint à ce verbe use
idée d'horreur et de dégoût, et d'une humeur sanguino-
lente qui s'échappe sous la pression. Nous pensons donc
que la racine de notre mot est Grapàou, crapaud, et qu'il
veut dire : Écraser comme un crapaud.
fscrasa, v. Écraser ; briser et aplatir au moyoi d'un
poids, d'un effort; harasser de fatigue; ruiner par des
impôts ou autrement.
S'é$cra»a, s'ébouler, se démolir. — Aquà m'éseroio, cela
me ruine, cela complète ma raine.
Emp. au fr.
Éscrase, s. m. Grande quantité d'une chose; abondance
extrême d'une récolte. — Aquéête an y-àoura dé poumo»
un éscrase, comme si l'on disait : il y aura cette année
des pommes à écraser l'arbre et ceux qui les emporte-
ront.
Ëscrébassa, asaado, adj. Crevassé, entr'ouvert ; fen-
dillé. Au fig. personne qui marche les jambes écarquillées
comme les oies et les herniaires.
Péjor. de Créba,
Ëscri, part, pau, de Èscrioure et s. m. Écrit; acte,
mémoire; convention; imprimé quelconque et en générai.
Dér. du lat. Scriptus, m. sign.
£gcrionre, V. Écrire; tracer des lettres; mander par
lettre. — Véscrioure li lévo pas lou lég\, prvb. La soif ne
lui 6te pas la faim.
Dér. du lat. Seribere, m. sign.
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tiorfiteii, «. m. Ëchteaa; affiche; cartel; devise.
£aeritoii, s, m. Écritoire: encrier; vase pour contenir
FeDcre.
Escritiiro, t. f, Écritnre, caractères ecriu. — la Sénto-
Émrituro, la Sainte-Écriture; les livres sacrte. Se dit
ainsi an plnr. et absoloment : Uu Éteriiurot, les Saintes-
Écritmes. Â Véterituro, il sait écrire. LégU tauto mino
d'éêcrUuro dé mon, il sait lire toute espèce d'écriture,
terme d'école, par opposition avec ce qui est imprimé,
lithographie on gravé.
ÉBCi^ran, t. m. Écrivain public; clerc d'avoné, de
notaire, etc. ; anteor. — Es din hu$ ucrivam, il est dans
la classe des écoliers qui apprennent à écrire.
Ëacro on Ëacrouqnnr, s. m. Escroc; filou; homme de
mauvaise foi. — Vay. ÈMcrouçua.
Éscnrà, #. m. Écrou; pièce de fer ou de bois, taraudée
en dedans, qui entre dans une vis et sert à la serrer ou à
la fixer.
De Tallem. Scranbe, vis.
fiscronpion, ou Éaconrpion, s, m. Dim. ÉseroupUnUé;
péj. É9croupUnUaM. Scorpion, Seorpio ou Seorpius, Linn.,
insecte aptère, de la fam. des Acères, habitant surtout les
lieux humides. Sa description est inutile : sa figure se
trouve dans tous les almanachs, en sa qualité de signe du
zodiaque présidant au mois d'octobre. Quoi donc lui a
valu tant d'honneur? car il n'a rien que de très-laid,
aucune bonne qualité, et s'il est méchant il n'a pas asseï
de puissance pour faire le mal. On peut donc conseiller
aux personnes qui en trouveraient dans leur lit, — et il
est vrai qu'elles pourraient y trouver mieux, mais cela
arrive, — de ne pas mourir de peur : elles ont longtemps
i vivre, â elles ne doivent mourir que de la piqûre du
scorpion. — Simbio un éseroupUm, dit-on d'un homme
contrefait, bancal ou bancroche.
Dér. du lat. Seorpio, m. sign.
tacronqna, v. Escroquer; filouter; obtenir par fraude
plus que par adresse, mais par une manœuvre illicite et
peu honnête.
Dér. de la bass. lat. Excruttare, m. sign., ou formé de la
part, abstractive ts, et de Cro, c.-à-d. tirer avec un croc.
Éaerouquiir, qnuso, s. et adj. Escroc; voleur, filou. —
Yay Éferè.
Éscroiuta, v. Écrouler; enlever la croûte d'une gale,
l'escarre d'une plaie, le vieux enduit d'un mur, un lit de
pierre extérieur; écrouter la terre durcie ou gelée.
Dér. de Crousto.
fitcmncèl, t. m. Archet de berceau, cercle que l'on
met sur le berceau d'un enfant pour soutenir les langes ou
la couverture en guise de rideau lorsqu'il dort, et les em-
pêcher de s'appliquer sur la figure. Se dit aussi de l'archet
placé sur une jambe malade pour soutenir les couver-
tures.
Ce mot, qui a dû suivre de nombreuses transformations
ou métathèses pour arriver à sa prononciation actuelle« i
parait avoir pour racine le lat. Andla, berceau, tonne,
arceau de verdure; ainsi que le mot ArUelê qui a à peu
près te même sîgnificati<«i, mais plus généralisée.
ÉBCn, t. m. Dim. Éseupi, augm. Éseupas, Écu, an-
denne pièce de monnaie d'argent. — Comme en français,
cette désignation ne représente plus qu'une valeur nomi-
nale, empruntée à l'ancien système de numération, dont
le type était la pièce de trois livres ou petit écu, quoiqu'on
dise fort bien un éseu dé ein frans, pour désigner la pièce
de cinq francs : la valeur qu'on énonce par le mot éseu,
comme valeur abstraite, est de trois francs. Autrefois il y
avait une foule d'objets dont le marché se traitait par écus,
comme les mules, les porcs, etc. Aujourd'hui, il n*y a
guère que les gages des domestiques qui ont conservé ce
type; mais aussi pour les gens de nos pays ce mode de
calcul est à peu près exclusif : dè$, vint, cent éteut, expri-
ment toujours trente, soixante, trois cents francs.
Dér. du lat. Seutum, bouclier, écu, venu du gr. 2xiho<,
cuir, peau, dont étaient faits les premiers boucliers. L'écu
monnaie prenait ce nom de ce que Técn de France y était
gravé.
Éseu, Éscuro, adj. Obscur; noir; sombre.
Cormp. du lat. Ohwuru», m. sign.
Ëacudéla ou Éscunla, v. Dégoiser; divulguer; dévoiler
par le menu, du fil à Taiguille; déceler un complot; avouer
tous les détails d'un secret; mettre au jour. — Éseudéla,
dans le principe, a signifié verser d'une écuelle dans un
autre vase, et par ext. verser le potage. De cette opération
s'est formé le sens figuratif; parce qu'^ dévouant un
secret, on verse, on fût paraître au grand jour ce qu'on
avait dans l'àme, comme en versant le potage, on met à
jour tout ce que renfermait le pot au feu. Èteunia n'est
qu'une corruption ou une contraction de Éicudéia. La
racine est donc È$eudèio,
Éscudélado, s- f. Écuellée, plein une écuelle; le contenu
d'une écuelle.
Éacudèlo,«. f. Dim. ÉieudUéto. Écuelle; vase d'argent,
d'étain, de bois, de terre, destiné à contenir du bouillon,
du lait, du potage, etc., pour manger; assiette à soupe des
paysans, qui a la forme d'une écuelle, sans oreilles. On
l'appelle aussi Jifîèto bémido, parce qu'elle a un petit bec
comme les brocs, pour fidre égoutter le potage sans le ré-
pandre. — Plâou à hUos iseud^oi, il pleut comme si on
versait de l'eau par écuellée; il pleut à seaux, appartient
au même ordre d'idées.
Dér. du lat. SeuiMa, m. sign.
Êscudéloù, $, m. Dim. de ÉicudOo. Vaisselle, petit vase
en forme d'écuelle et percé de petits trous dans le fond, où
l'on met égoutter le lait caillé et où il prend cette forme
de fromage à la crème, qu'on appelle dans notre pays
Toumo,
ÉBCuna, «. Écumer; ôter, enlever l'écume du pot au
feu, d'un liquide qui bout. Au fig. enlever la fleur; écré-
mer; s'approprier ce qu'il y a de meilleur et de plus net;
40
g/;*
m
j^ESC
^ laisser aux autres que -de l'eau. çUim, — Èscuma .e»t
ifuelquefi^is verbe.' neutre : l'oitgoilc^ sQbettiitido Aîc^wo^v
mais ce .o'ç$]l là .qu'une pl^'ase (frant^aise dont on doit ^e
présa-vCT en pur languedocien, Lien qu'elle soit. uçité^.:!îLa
.y^rilahle expressiott teclmiquedap^Çâ cas, est iùscuméjut.
i.iÉBCupadouïru, «. f. Ëcuiuoire, grande cuiller perciliée
4û trous pour écunier le potage ou enlever la^graiss^'un coulis»
n. Ssouméja, v. fréq» — Voy. j:set»na. Écumof ; produire;
jetçr de L'écume, pris dans un sons neutre. Au fig. t'jcum^r
da colère, rendre l'écume couin^e font les chevaux par 1(3$
{Knfes quand ils suent fortement, suit par la bouche quand
y& sont fougueux et que le mors les fatigue; baver comme
.Jes chiens enrag»}s ou les personnes épileptiques». ' •
mL ÉBCumèl, I. m. Gluseau, champignon, de l'espèce des
Ji/fin>inés, d'un blanc Ue lait, tr^-bun à manger. 11 a m-
dessous du chapiteau uiie sorte de mousse ou plutôt de
peluche i; il porte un anneau^u collet au milieu de s^ tige,
il a 'beaucoup de rapport avec l'oronge, Dorgu^, jiàuU
fî^Mje^^pour U forme pt lo goût': il est môme plus délicat
et d'une conformation {ilus n'gulière, parce qu'il pous^
sur des terrains pLus-ipieubles, où il ne._troy.vè quc^/pcu
d'obstacles à son développe urmiI. il vient d'ordin^ir'O dans
4e$i.pn}B, les...t^Tainj& d'alluTion..fépeftie'''ot les hiuytt''^^,
^•<?^^^.yo.ç/et,surtnut onaut^Hiino* ! . ^
; ^ Voici du_xe^U) la dosc^iijjlinn doimi'^*î,pna' les (uiculogut.^,
qii'Ueét \yoTï de repri)iinire t'u ceth^ uj.'Ui'"'iv.délical*i à4ouii
J^S'iKÙiiLs do vur pnur-bi^'n n'onniaiUv. t;»^!^ chaïuiH^iioiirj :
'ii i'4SC/o?/e/, agaiic t'iovo, A<joricm''pvpt\enfA'f ailubrinu.%y
Koquos. Taiil'" élaucéo, nlt^'igHuil si>u\iMU .IS ou 20 cei-iU-
4iièlrh'S, qaL'l(iUofoisjus({u'à iU. S.wi dinpvMiï; d'uht)i>i ilo
iorme ovuid(>, s'étak^cnsuilopiui à peu en funiie ileiparasol,
diiais il Obt toujmirs plus ou uiuitjs inaiiK'lonii*} au centre,
d'un rnii^'o panaché do Itrun. c^t^\^'^l d'ivailUis imbriqu*^»';^.,
«kkrnitvs [x\y l'épidunnequi s»' M.uilt.'Vt» ; rouiIK»^B.i;la[iok>,tftN,
libres, iii«''gaux, tr<s-rf'livois à lour baso, s" ti^i'iniiiaul à
.une certaine distutce du pôdioulo, It^quci Oi^lrpaivîplk^' de
Jblmc et de brui), cylindricjue, fisl^iluiix', iriaui an s-)Uimi?t
4'un collier mobiK'-et iXM'sislnal ; <:li;ur d'uiu.' odeur <>[
i^i'une saveur agréables. • •
• . Son nom est du sans doute à sa couleur, qui le fait resf-
sepibler à un flocond'éoume.
- Ëscumo, s.'/". Écume; bave; mousse blanclie qui' s'a-
masae sur un liquide en ébuUition ; bave mousseuse q^i sort
de la bouche de certains animaux irrité^ ou échauffés; sueur
blanche qui s'amasse sur uu cheval api^ès une cpurse pénible.
.. Dépj du lat. Sprama, m. sigo. t r; ; r
>: Ëscnmoùs, ouso, adj, Écumeux; écumant; qui jette,
qn\ rend, qui produis de l'écume. ' -
r; fiflOBUla, V. -^ r^. Étcudéla. De plus qm Éscudélu, ï\
signifie: accoucher; mettre bas. Au fig. accoucher d'une idé^.
[I En bas bret. ii'iciiWar/ verserc '».r.. :c:'^
.' Ésoupagnas;, », m^ Augm. île Éscupagno. Gros, crachat.
: y Êsoupagnoou Éscnpigno, «. /. Salive; espèce d^écmm
qu'on aper^it: au printomps sur.-ceftaiues b€'*bç&;§|'jqui
proyient,- suivant quelques naturalistes» d'ul;l^' :ni^tlide
de petites bulles d'une liqueur visqueuse que rejeU^r«i[l
UBtvinsecte blotti. dans la tige, etâuivàiitd'aylJ^qsi.'dd^x-
gtgydation de la plante, elle-même ou de l'ébullition d8,^ la
aèvei.. — 4^ufU Qusidk^u es insH ^n d'é^upagnop cette mj^ifien
est bâtie peu solidement, ses murs sont do boue et de ccj^hajl.
.Ësqupagnoùs» ouso, <tdj. Imprégné de.salive; f^it ^y^
de la salive; qui salive beaucoup. -.-)•
Ésoupi, V. Craclior; rejeter la saliverou les.,çra6hatsi4P
1^ boucho; n3j^ler. — Aquélo éstofo éscupis ^ai*i^W*2*3plle
étoffe est imperméable. Êscupï (^'émZ^of ou /)ér dé^a^^jall^
à la solle. -. ,.
' ; Dér. du Ic^t. ^Sj)uer$, supin Spu}um, venant du gFinQ$^,
m. sign. . _ ; i:- ,,
Êscupig&éja,', ,v. fréq. de Éscupi, Crachoter; ^ç§^er
peu oi souvent. . . : ; ; . ." ;. ,î'.
Ëscura, v. Écurcr; nettoyer la vaisselle de cuivjç^ ç^
qui se fait avec du salile et un torchon de-- laine,; ou luvec
fbs tiges de prélo, la Cas&ô(md9; ^'Ea stylCypeu^^é-
ronc^eux, cscurq soun pcirôuu signifie ; aller à c^nfes^^
OU V^ dit sur^ut'de quclqi^'un qui n'y; est paS'lfabipi^/»^
^jui-y .va dans une grande occasioii» ,- y,,..;i
;.; s'ésciiraf expectorer; purger la pituite. ^ , • ..• tî
^ jpjir., du lai. r^i/rare, soigner. » : : , i ;!■ i
\ Èscuifé, tf. m. EpithîMie;' sorte de topique, d'aH)ul^U^,
^u'.un;ipj)Iu{U'i sur la puittincdcs por^aunes malades, ^t^
tout d«,s onfiuUs» pour faiix) divoi'siuu à. une afleclion et Ja
déplacer. i^a conjposiùou de ces sortes 4'emplitres difli^
.suivajU la n;iLure de la maladie. Le plus souvent c'est )^
couiposé d'ail et de persil écrasés cnseu^ble, contre le*4aiv-
leurs produites par les, vers; quelquefois c'est simplem^ij*
du suif étendu sur un papier gris contre les quintes do la
coqueluche. Quoiijuc ce soient là de* lo[)iques d'empixîi/jup
ou de bonne femme, et que .leur vertu repos^ suf ua.^ré-
jugç, peu rationnel, il ne faut pas trop; les cogfçkadrg^jfvec
^'amultîttc des anciens et du môyen-;\gc, dont la vertUj^pe
reposait que sur dos croyances supersti lieuses .ço.mai&qçlTe
de^ tali^rpans. LYsçuré, pourjie pas mériter trojp dç.^n-
ûance, n'est qu'un topkiuc naturel dans- l'idée d&ceux«xmi
Jler^iploiont et ne.se rattache à aucune.. croyance. -«urçjtu-
relle. Il est aujourd'hui certains papiers, préparas è.p^
l^rès dç,mémCr,fort savamment recorauïandés,da4ia-f^ré-
olam^'S, de journaux^ ;et, dont l efficacité' est aussi, sot^ve^
raine, qui ont les mêmes principes. et 1a •même efljcajcjjtf
curative, et qui doivent peut-être à VEsc{iréle ôecpQ^de
j^eu^ vogue et de leur composition. ' . -râ
r Dér. sans doute do Èscura, nettoyer.
. . Éacurési (S'),f). S'obscurcir; devenir obscur» so^ref
fMjr rembrunir, s'assombrir. — hou tén t'ëtùurésis,JiQcj^
s'ob^uroiti il se couvre, il menace d'orage oii de..pluie.^ {,,
Dér. de /l'sc?^, obscur. ^, ^^^,
, Éscuré^iAO, s. f. Obscurité; ténèbres. ... «
.cjÉfî«uré|to, j./. ^..Voy. Catt^^uda. Prèle, planle. j,
q^SBF
iSô
316
vaisselle. .oiljarAi ^oitçttk
Éiciiia, V. ExcmeKiipai^aiaiier-»*^ — Atetstgt<ïffiitfih \
ttntoé^ûaK^M se* sei< ooqiinedeiSlm ; vàità^ufilut^(pAi''
frikipolK^foaSd^apui^msntifiUni oribft8l6iiu^â.'iiH0 jpe<^
tonne qui a droit à nosiâgad?V^ftl(ifii4'iik'lbm»^^e]nlleA
m'excoser : formule deqgiMtane^ iibiitoi|v.acaBhpfl|;nt ttie
olfation^ qmeaooDliàdiotioMMi une^ opnkm toUUÔBia^qzi
£Bciiso^*i«^/J'£«ian$iiIlnrâonç iaiaoii ;piiipiétBXtaiqi»
Hooodonriepilif 9ej$84id^/i^>j*:itbt^i}«r^4»^^
ilosâsiijèniii^qwiqheiwtifcalioQp^intq^^
colorer ses fàVi!lÊê\dM^àadléiçi^s(fyééaMniûi^^ dblw
des excuses : ce qui n*est sonveot qu'une ttraif^ÉÎdiiâitytté.
ndirfStevU^.iDtfdo&rqleffçâreô uiailbtl^iB soJaittBqaftie
Iffdeicspe'IHidnii ubetviiin&liàtiiifejÉiléUQ d^tnnG«i|}i1tieBû
nâti/bor, QfM çaé UeaisiiBÎancd*iBlivieaxniUA'ii(Mirih|9ip
qnJMtigtafiftit dfipeteq»j^éflhirerjdn[iditeaxyliagfri jw^'v^ &[ à
offiéÉifdbiiUlo&dl 2n"L ir/.) r/Àiq isL 'ilnoiivini'l â 'Juub
otAt^triinéla<j».3lMqpûgèr'janfri<Éiffg;;m r:li|na(bean9f;^idè9
peceren loqMSh-:-*l> ■>]> ^oIIoj J'j ]il,;'.*L uL é^/y-iq aol 'aiuo
Dér. de Fatrimèi. .u.fJjjL jLi c-iluf-i*» r,*^l •!'>/£)' ^«o^-tD\:^t8
Éafor, #. m. Tonr de^unri^ft cpndvyi^esj tiialacUeuau
attribuer la plupart des maladies interafls ftlKlR^lqua-Ti^
tmt jfn^eore;,ià«rt9^^^jr)%B|pjQ0n^ Ratosoâfi&il
Mip(fim^ioiilài»iv«ffiMttij$l»bitii(Ni ^l^iflFÎùijiI>^(antaftér^
lai^leAKBxjfpveeiri}ufaiij(^m^t4|^4ii('>f^ umi,ià»fimfA
parcouru à peu {ff^j|i}«(|ea'écbeUft«aibo]4giqiiejAi8j^
\lhnki^9ijb»iikyi^fpiBéi/^(a ^ti4ihoqu\iX)i»f>làl6. biUât^gie.
Dér. de Et et de For, de Forfai';i|.c'a,.]ji.; 'jWjh u -. in*jn
Efforces, i . m. ^ur. Forces, grajiè»{pi;M8]ix 'ft> res^rt
p(iar-tondr^ilc4hrebt4i«t.lesriAwp9'i'>.:.i/:i .rj ,L3i;0i:iiaâ
Ësfoiigassa, v. Aplatir; écivMri^/^fiii^M 4|/flv|9MJ^>;^
'^fDéiL de!^Ijaiiitai;4o^c.i]^-dt. ,aplat»r »»««)Qedui<.g4teattii>%
fougasse. .K^n '/Un -j c.li.a'' ^ût -K.jir.'L '/i^ .'l'.iljuûl
fisfouia ou Foma, v. Écraser à demi du feoi^, Qetof^st
pas le {ureasttrlaiijpplakâeilalj |aîitliit»di» çoui^WâqKfcis
lui faire perdre sa fleur, le m9UrldQol^gteniM::9tfila
pnÉâtI(il»irr^9. 0CihAlep90|lt.i(teii]IP»fti4l9i>. l9aPQl)Uj^atle
i!teditili|li|ial^i|id$sc»x<ii&it.terpeu^j!i»iq9i'4-^ ^hsppdi
Dêr. de la bass. lat. TMm9\i\S^^ «uiivIaDt.d» Mlv
c^^saéfBeitiRjNtfevfaiilQnk ai ;t /Il i> 4^3 ivt ... âoiBqaâ
<sofiitoiifi<ft<4!i)i:r^ HroptezA^olt ift>ii«r{ ;Ay(4r leiidf^oiih
ment. — Se dit pnnoîp9teme8liitojM^iil9fmiâQi9f6tinAim
qnbpnt l0r déyqiemenit, 1 Aoift .pw: j:9sMliei^9<^t. ^opr j ikipir
Vottèiàg rtieit]^il4ii«bfi'j$ir)fcyii aq)»;»»^ Bfir je«(.(/»'eff(Mk]
0(JMri«;d0ifPM't9An'!;ii..(I ij. T if;/ .Ij'i ïj iii.*.nir>. nu 'iLirMCO
8( «oudp-qufâfA'Ae^g^iion^Siâl^.mt^^
8*ajf» gri(adïidîhwaflPt^m!$:^J»¥.i/^AîHf^
stopeqt>^|Mad»t.iPBlr1InQl to;fmr.>uii TmPf V^raif^é
ou môme seulement porte-respect. .. ;,. ^jj) g/j
ofôar.oëtt.'lall Fr^^i»rij4qrr^ïi:j gra^d ;¥9Ît,asî:figia^
iiifistotiûu «vJEffaa)9MiE 'mmm^\^,^imii^M^t^jfKA
de la terreur. , :..,:j j,, , , ^ ,; .ol èMf
S'ésfraïa, s'effrayer; s'épouv^1»;ôpij»|(irÇff(AiJ^rfraiyiiiLr.
-JÈsiiiiigoula*j^iiP*clHtôrepn< loq^ç^^ WW: baRd?»; ;f^j»
Dér. de Fringo. ../;,... J, i; ni,] : d '..;?:. :j_./.:-j nu'b
j|J^fl!liUK^»l«dp («» (afxtogojllAAqîl^, ,f>\/.i)é<^in|i]uen
long; estafilade dans le.^çBirfa.ilitpUl m..P*r.>fftf»>*9rt
*»Qffflftld;*n«)J<}«gpi^tfi«WÇi9«^»jx. L ,.:i .-j ,£;ai/ob£qai
se gendarmer; répondre ou riposter verten^f^fj^j^^^ûr-f
^Itecppt^ wa XooqBdQi^ ^ibérij^iç^iiiinjs.un^x^iîj^jrii
d4fi9P(i{S9S PQU^QSi,.^ >. ,,j(> . ,/;c, ,..,; ,<\ , ,. :: ^ ,n, /: jj,;
Dér. de GaUwèm ■,■■•,]:[ M i.\ j».! ;.ai r, i'. um i-, :I: .wj
Ësgalissa (S'), «. —Foy. S'éi^w«r,XWt€^ |oi«,c'fsft le
coq qiû]$eqt.:4^j lanp^j^.mf^Pfi^i^^QiJpn^âbcb^
pVliB«»ifOjBl«jhïiMl^)è^n;|j,; .') .^»vn^ .^^^ ., .suo-'.nBfiqaâ
JoQôfV mAm\\^ Jn.sèi/iL -..< ii'i i; .': ;iL ci ! jii'f.-jii. . ". jJI|)
iJcÉfiif gmaSa <(«• )*i«. r S'é^o^illefA jçrîffl ^ jp^riJre tej iiîppc,
à se luxer le larynx. ,,.. i-j .. .,ji„„
W.pçw,.!^ BleBçs^jftÇft IftDftenjjifjUpijs,; •: . . .;; .,^ ,,. .^u
«P9ft¥ft«!tfit,ipeiwf ,alwn^ î. ^^y^y mA^V^ ^\^^^^ n.i >
•.r*W*W>)M*|.i»î^.'FpnAr9 îwçi })i^qçl^, !4§nf s^, racinfi, i^î^)^
sa soudure avec le tronc; ce qui arrive aup(.aTVp^^firni|i9n
W^Mmm'&fii .. W^;. W:.k, pçftfe^i^u^irRit 6i#^8jp
mûriers par le poids des^affl^w^ïï^.d^iwlk- ..u . ..lol
Dér. du lat. Clavuia, scion, sgrgfoq^ g]^e%, j, i/q
parirf^teif}^,J*%r4ic|i9(ÇM}e8WSî .^ .ri i ,-., .j'jo ...; i.puu
"tonner. ' .^. ; , ,,., t,|,
«*jPt%lttHt^4fï¥>^/>Mlge.:fti?^^ 4er9i§îi^y»r-
tientau style pittoresque fliigiîftbqiWr.i; .].;...... j. .Ho
Dér. de Coi«o.,^jji:oi-. eu '^:.u:i .j -..•■/.,:] -li.. î;. j 0. >î .m
316
ESP
ÉSP
tigrâoiuéla, v. Déchauaser on pied d'arbre, pour y
placer du fdmier; faire la même opération anx œpa de
vigne, non ponr les fumer, miûs pour attirer dans cette
foflse les eaux de pluie et les infiltrations d'un terrain
supérieur, ce qui les préserve de la sécheresse. — Cette
oeuvre, qui se fait en mars, est détruite par le binage de
l'été qui nivelle le terrain et comble ce petit fossé.
Ce mot parait une corruption de Déseâouisélap qui
n'existe plus, du moins dans notre dialecte, et qui dérivait
de Càoussa.
fiamoulina, v. Faire ébouler peu à peu la terre d'une
bei^e, d'une tranchée, comme fait une rivière enflée sur
ses bords qui sont élevés.
Dér. de Moulina, moudre.
Éapadéla (S*), v. S'étendre en s'applatissant, comme il
arrive au pain en pftte lorsque la pâte est trop liquide. Par
ext. tomber à plat ventre, s'étendre tout de son long. -^
On le dit aussi d'une chaussure qui s'élargit par l'humidité,
d'un chapeau que la pluie a déformé.
Dér. de Padilo, par imitation de ce que fût la p&te
d'une friture dans la poêle ft frire.
Éapadomia, v. Espadonner; jouer de l'espadon; faire le
moulinet avec un sabre. Au fig. s'escrimer; faire blanc de
l'épée; férailler.
Êspagno, j. ^ n. pr. Espagne, royaume d'Europe, borné
au Nord par les Pyrénées; à l'Ouest par l'Océan et le Por-
tugal; au Sud et à l'Est par la Méditerranée.
Dér. du lat. Hispania,
Êspagnôon, olo, adj. Espagnol, qui est d'Espagne.
Ëspagnôous, s. m. plur. Gendarmes, bluettes, étincelles
qui s'élancent hors du feu en se divisant plusieurs fois et
s'éparpillaut en di£férents sens, avec des éclats plus ou
moins pétillants.
Ce mot a été créé sans doute du temps où les Espagnols
faisant la guerre dans nos contrées, on a comparé à leur
mousquetterie ces bluettes qu'on nomme en fr. gendarmes.
Ëspagnouléto, «. f. Espagnolette, tige de fer, longueet cro-
chue à chaque extrémité, servant à la fermeture des fenêtres.
Emp. au fr. qu'il traduit littéralement, et dont le nom
vient de ce qu'on croit que l'usage de l'espagnolette a été
importé d'Espagne.
Éspaiè, f. m. Espalier, suite d'arbres fruitiers étalés le
long d'un mur en forme d'éventail.
Dér. de Pal, pâou, pieu.
£spa!nia, «. E£Er^er; épouvanter; produire mi serre-
ment de cœur par l'efiroi; faire tomber en pâmoison. —
Un éipaïma, un ahuri qui s'effraie de tout; qui s'émeut
du moindre danger.
Dér. du gr. £xdb|Aa, spasme, agitation, convulsion.
fispaûne, t. Spasme; pâmoison causée par la frayeur;
^roi; terreur; épouvante subite.
fispalanqna, t^. Éreinter; briser; déboiter, disloquer les
épaules et les hanches. — MareKo tout éipalanqua, il
marche tout de travers comme un éreinté.
Ce mot parait dérivé à la fois de Éspanh, épaule, et
Anquo, hanche.
Éapampaiia, «. — Foy. Déipampana.
Éapandl, v. Étaler; étendre; épanouir. — S^ispandi Aw
iôou, tomber, s'étendre tout de son long. En parlant des
fleurs, s'éspandï, s'ouvrir, s'épanouir.
Dér. du lat. Bxpanden, m. sign.
fispangassa, t. m. Brome stérile, Gramen arenarwm;
Panicula sparsa, Linn. Plante de la iam. des Graminées,
commune le long des chemins et dans les champs.
fispanla, v. Casser, démettre, disloquer l'épaule; rouer
de coups. — Un ispanla, un pauvre hère, obéré, insol-
vable : ce que les Italiens appellent SpiantaUt,
Dér. de Étpanio,
tspanléto, «. f. Dim. de Èspanlo. Éclandie de mouton
ou d'agneau. — C'est là la pièce de gala pour les paysans,
on plutôt c'était, car ils commencent à se faire trài-bien
à la gigue et aux côtelettes. Sa popularité tenait sans
doute ft l'infériorité du prix, car dans les boucheries de
campagne il y a une différence du quart ou du cinquième
entre les pièces du devant et celles de derrière.
Ëspanlo, f. f. Épaule, partie supérieure et latérale du
dos. — Cléna la* éspanlos, courber les épaules. Leva loi
itpanloë, lever les épaules de dédain.
Dér. du lat. Spatula, omoplate.
Éspanln, ndo, o^;. Large d'épaules; qui a les ^ules
carrées et saillantes.
fispâouri, Éapftoiiruga ou Éapavourdi, «. Effrayer;
épouvanter; faire peur d'un châtiment si l'on retombe
dans la même faute. — Un éêpàour^, un poltron, un effrayé,
un ahuri, un trembleur surtout en politique.
Èipâoumga et Ètpavourdi, tous synonymes, appartien-
nent au style pittoresque.
Dér. de Pôou, peur.
£8pàoiisa,t7. Exposer, faire courir un danger. — Bé-
garda un pàou éndéqué m'éipâouiêê, considère à qnel péril,
à qnel madheur tu m'exposes.
S'ispâouia, s'exposer ft un danger; oser. — Se Vé§pdou$M
à mé mètre las mant déstu», si tu as la hardiesse de me
toucher, de jouer des mains contre moi.
Empr. au fr.
Ëspâoutira, v. Tirailler; tirer dans tous les sens.
Formé de Tira et de Pèl.
Espar, 8. m. Sorte de raisin noir, hâtif, à grains petits,
ronds et serrés, qui donne une des meilleures qualités de
vin, trés-coloré et fort spiritueux. >.
Ésparcé, «. m. Esparoette, sainfoin, Bodiêarum ofio6ry-
ehis, Linn. Plante de la &m. des Légumineuses; un des
meilleurs fourrages artificiels connus.
Cette fois, c'est bien évidemment le languedocien qui a
prêté ce mot au français. L'Académie l'emploie sans trop
connaître la nature de ce fourrage; tantôt elle le oousidèrs
comme un sainfoin particulier au Dauphiné, tantôt comme
un fourrage méteil d'orge et d'avoine. L'esparcet du I>an':
ËSP
ESP
3ir
phiné, tout comme le nôtre, sont certainement la même
{dante que le sainfoin de Paris.
Dér. du lat. Spanus, part. pass. de Spargêre, répandre,
èpupîller.
tapardiOB, s. f- plur. Espadrille; espèce de sandale,
cfaanssure dont la semelle est en corde tressée, en usage
diez les Espagnols et les Basques.
Dér. dn lat. Sparta, de spart : en gr. Sicifto^, sorte de
chiendent ou plutôt de genêt aquatique dont on faisait
aatrefois des cordages et dont on fabrique encore les cordes
à puits qu*on nomme Trtâau, et tous les ouvrages de spar-
terie.
fispargna ou Êspragna, v. Épargner; économiser; mé-
nager son bien ; ménager quelqu*un, le traiter doucement.
-* TétpargnaraX pat, je ne te ménagerai pas. Éspargné
bien quieon, il se forma un bon petit pécule à force d'éco-
nomie. Èipargna woun fôoure, épargner ses habits, en avoir
grand soin, les faire durer.
Dér. de la bass. lat. Eœpareinare, formé du lat. clas-
sique Pareen, m. sign.
Éspargnan, gnanto, adj. Économe; avare; qui s'appli-
que à faire des épargnes dans sa dépense, dans son mé-
nage.
£apargne, s. m. Binet; gàte-tout; sorte de bougeoir
dont la bobèche est armée de trois pointes de fer où l'on
pique des bouts de chandelle pour les user jusqu'au bout ;
sorte de bidon en fer-blanc où l'on ramasse les reliquats
d'huile de friture pour s'en servir k la lampe.
En général, signiGe : économie; épargne dans le ménage,
dans la dépense. — Lom pan eâou es pas d'itpar^ê, le
pain chaud n'est pas économique. C'est dans le même sens
qu'a été fait le proverbe qui résume ces principes d'éco-
nomie domestique : Pan frés, prou fïoi et 6os vir, botUou
l'oustàou en déièr.
fispargue, t. m. Aspei^e, ÂMparagut offieinalis, Linn.
Plante de la fam. det Asparagées, cultivée dans les jardins
potagers; aliment sain et agréable. — Éiparguê iâouvajû,
asperge sauvage. Aiparagut aeutifolius, Linn., du même
genre que l'asperge ordinaire, qui croit naturellement.
Le mot lang. qui vient du lat. Atparagut, m. sign., a,
disent les étymologistes, son origine dans le gr. 'kviu^oç,
formé de à privatif et de aid^^, semence, parce que, selon
Athénée, les plus belles asperges ne sont pas celles qui
viennent de graine.
fispamal, s. «n. Épouvantail; homme de paille qu'on
place dans les chenevières et les semis de plantes potagères
pour éloigner les oiseaux. Au fig. personne déguenillée et
de mauvaise mine, comme les vagabonds et gens sans aveu
qui entraînent à la fois une idée de misère pour eux et de
terreur pour les autres.
Ce mot semble une contraction de tspdaumai ou Éipa-
voumal, qui n'ont jamais sans doute existé, et il dérive-
rait alors du lat. Pavor, firayeur.
tipaio, s. f. Un des d'eux madriers qui soutiennent eh
long le plancher d'une charrette et qui ne font qu'une
pièce avec les bras. La partie qui forme les bras est cyliur
drique, celle qu'on nomme ÉêparomX carrée. Les échelons
transversaux qui lient ces deux madriers se nomment
Èsparoiu, et l'ensemble total des deux Éipara, des bras-
et des échelons, se nomme ÉMoalo. Ce sont là les appella-
tions techniques; mus dans l'usage vulgaire on appelle
Brasses les bras dans toute leur longueur jusques et y
compris le talon, et Èsparos les échelons. C'est à ÏÈsparo
de devant et de derrière que l'on passe les cordes pour
fixer et garrotter le chargement : c'est kVÉsparo de devant
qu'est fixée la chambrière ou Cadwfoué.
Ësparpaia, v. Éparpiller; étaler; épandre; disperser.
S'ésporpoto, s'écarquiller; se mettre à l'aise; s'étendre
en tenant autant de place que possible. Au fig. faire le
gros dos. — ÉsparpaXa sas alos, étendre les ailes, les
ouvrir.
En ital. Sparpoj^iars, augm. du lat. Sparffên, semer,
répandre.
Éaparsoù, s. m. Goupillon; aspersoir d'église.
Dér. du lat. Aspersum, supin de Aspsrgere, asperger.
Éspasiè, s. m. Porte-épée; officier militaire; bretteur;
fourbisseur; fabriquant d'épées; hurluberlu : dans ce der-
nier sens il a un féminin : Éspasiitro.
Éapaso, s. f. Dim. Éspasiio. Épée, arme ofiensive. —
NosUhDamo dé las éspasas, Notre-Dame-des-Sept-Douleurs.
En gr. Zné^, spatule, épée, glaive court et large du
bout.
Éspavonidl, v. — Voy. Éspâauri.
Dér. du lat. Pavor, effroi.
fiapé, f. m. Étincelle qui s'élance avec explosion, ou
plutôt explosion du gaz interne renfermé dans le bois et
que le feu dégage tout d'un coup en lançant des éclats de
braise enflammée; pétard; éclat, tout ce qui fait du bruit
en éclatant. — Voy, tspéta,
fiapéça, V, Dépecer; rompre; briser; mettre en pièces;
débiter du bois; fendre; couper.
Dér. de Péço.
fiipécé|ai V* fréq. de Éipépo. Dépecer menu ; détailler
du bois.
iSspâa, «. Écorcher; ôter la peau; déchirer; mettre en
pièces. — ts éspéki, il est déguenillé, vêtu de haillons.
Dér. dans les premières acceptions de PU, peau, et dans
la dernière de Pêio, haillons, qui du reste provient de la
même racine.
Éapéiaiidra, drado, adj, Augm. de Éspêia, Déguenillé;
dépenaillé, déchiqueté; déchiré en pièces, en loques.
fiapéio-dindo, s. m. Déguenillé; gueux en haillons;
dépenaillé.
fiapéiriga, v. Épierrer un champ; enlever les pierres
d'une terre.
Dér. de Piïro.
ÊapUto, f. f. Trotte, traite, course, e^Nice de chemin;
temps de marche sans se reposer. — Touf d'uno éspësto.
318
KSP
ESP
d'une soula Irailb., Y-a unn bdno cxpUtn, il y q \\U l<>nj
trajet, un hon teûips de marche. ' ! î . . • • •
Dér. du Jht. Expédition maivhe, cacu|n\^''ne. .'• , •" . '.
' £spéla, V. Peler; écorchor; <>iilover la penureirtniuer U
jjeau. . . ' ' ■ , "v
S'éipç^rt.' s'écorchor; se faire, une Kirge écorcijure: — fou
vidou m'a tout espeia , la maladiti ma fnil dianpM' de pcair.
,; Dér. de Pèl:.-
ËfipélU p. ÉClorc et faire écloro, égnleinenf en parlant
dos fleure qui entr' onvreiil leurs boutons et des. aniiûiuix
tjui naissent d'uii œuf ou d'une j^raine, ci)inn'>o les oiseaux,
les '\(Ms-à-soii\ etc. /-.spcJf est g/'oénriue nient verbe iP>ulre,
on dit: «no rosn espelfs, \iti.\i(]ou^ espéra, ^ lDvr'7/ta^ias
éipili^iou; faire éspaii d'iôovf^ win,clomh<i(Jo; mais onulit
alissi activement: éspéU dd ma7n«$ ;xctte : exception est
eîiclusive mi\ vers-à-soiej c'est nne sorlfe rie- liccface, th.'
snlroisiin"» cr>nsn(Té par rusn;:e. ''
Sauvagejç fâ^t dériver ce mol Ju Jatvi..Ç£t/jj>i/cre;ipoTl4ser
dehors; peul-ôtrc est-il aussi rationnel d(^ le faire. dériver
do Pèl et de, In fjart. Es, c.-à-d. snrtît de si p6w3';qp5
Ëspélido,.5. /T. Éclusi6ii;.acti(jii d'éclottî. . — ' Gé motfest
employé priiicipalement comme terme de rn'ngnquâ'ie.
Affucles magnaa an prés mdou à'i'bspélido, ces vere-à*srjie
ont pris leur mal îi réolosioti,' soit: par une tn">Ji Ibrte cliar
leur, soit'pnr inie intermittence do chiiud et d« fâ)id.
Mous niùonn.^ an fa trvs cspélîflrn;^ iwes vers sont ♦VioiS'A
ttvtis r^pris'S dilIV'rentes. On dit aii' fig. ,: A prés aqùb à
réspt'li'lo, im ])\vn ou a manqua à l'espélt'do, c'est nn défaut
qu'il a contracté nu horcenu, au.bic^n-eest uiie qualilé^'imo
science (ju'il a maïKjué d'appikrloir'eu naissant. «!
. Ëspélidoniro, 5. f. Cabinpt, petit apfkirtemcint 6^ J'on
îfak éch)re les vei*s-à-soie, sjvitnu feu, soit ft lii ya{)(3ur, et
où (^n l<*s scrigne dans les premiers àpçesj
ii Éspéloùfi, icjo, adj. '— y^ry .. lispialoufï. ■
Éspéoutièïro, s. f. Champ siuné d'<îpautre; par ext.
terrain maign», si^c et propre seulement à* ré}>îiuti^. ; /-.
Éspèouto, fi. f. Kpantre, Triticvm speltxi, Lînui, grande
épautre; ou piHite épautre, Triticum mnrwcffcnm,.lÀûu.,
plantes do la fain. des f^gutninoiisoè, nedifTéronf^ére^iue
par la grandeur. C'est une espèce de froment monoarjub,
uni^cioidaic'î, h 6pi linrbu, dimt le gi'aiin à demi adbqnàt à
sa ^jalle ne s'en détache qu'en le jijond^U au- moulin à
mander /V. PrudaJ. Ainsi mond»'>, ce blé, est ûélicAl et
sort à faire un excellent potage*.: C'e^t. «ne d«}s semencds
((u'on nomme blô de mars.
D6r. du' lat. Spelta^ m. si^n. ' , : :.T
Éspèri s. m. E.xpèrt-géomètre, œlni qu'on' nortimo pour
foiré' ime prisée, un nfiport, uile vérification. ^- • -.[''A
Dér. du lat. Ejrpertus, part. pass. de Experttri, -expè-
rimonter.' ' . . ' • ^ '■"'■ y.'l
Espéra, v. Attendre; patienter. — t-spéra^Knéi -attiîft-
dez-moi, M'éspérarés hé jusqu'à la fin iJàon ffié9, (VOUS
voudrez laen m'allendre pojUJiice rpaipoicnt .iiw^ç'ifi fin
courant. Qn'é^pèiv) /an <^4if^;prvb.rJL celui qui f^ttend h^
temps est bien long. F^pèrot éip^ra.' Attends l:a^içnds-W¥?!i]
que je te cbàlio suivant tes mérijesy. . . ; -. ■ :/. i.j
Dér. du lat. Spàrare, cspéreç. . ., -^ ■ ' .,: : a
Espérance, s. f. Espérance, longue attente. . j ;,(-.. |,
Êspérlounga , t^. , Prc^tongor ; proloiiger le^^îre^^jtf un
paiement par i'efTet'de Ja VDjunié du créancier î te diOiirefj
le renvoyer d'un jour à l'autre de 1,1 pari i^ défci^eur. 4-
Un éspi^rloftnga, une longue ^'chine» nt\ honmine; loBfi et
ïnaigtP- '.■_.•.• :...i . i-..
Dér, du lat. Perhngus, très-long. . .,::;;
Éspéro, 5. f. Aguets; guet; aflfut. -r- 4na «k ,/'4V)*f<fc
chn^s^r .1 l'atTùt. Vat à l'éspéro dé las manèflos, il.eHi
raffùtdi* tou8 les cancans. Lmi eu es, <^i^spérQj^ii;j^^e$\,
aux aguets, il fart- le guet; il guette le» 30uris, , . ^.,,1
Ë&péroù, s. m. Dim. ihpérouné. J^\i^on\^ ftrçQtîd'an
coq. Se dit aussi d'nn ixitit ouvrage, épi de.pi5^x».ail
devant et en éperon d'un ouvrage plus.fqrli.dil P4ns^
Contre les invasions des rivières sur* leaï border pl&ntâSid'fi,-
aecaic. " . . " . ,, • ' ' • .: n
En ilnl. S/jrone; en allem. Sporf\,,m, .sigii^ li" f. i^
Éspérouna, V. Chausser des. épçFcjuâ;^' ilQiH^ejjjdg. iljpe-
ron ; éperonner. .' , \ ^ ]■. t \u
Éspérta, v. Faire une expertise; faire une estimatif
une |n*isée coinnxe çx.j)erl.* ; . .•.,..g-iGa2l
Éspé s , . éapéssQ , adj . Ditn . Éspés$é ; péj . È$pém^
Épais; dense; dru; consistant. Au fig. lourd, épai^; .gfQ^
sier; sans tournure et sans vivacité d'esprit. .-^.jii:sew«né»
iroj} éspés, j'ai sienîé mon h\é trq) dru. Qité séifi^npijnip
Mpdî. euro soun gragnè dos /"dv, j)rvb. Qui sèraO).trop. épais
vide deux fois son greiâer, f>u s'expose à le içûsgcr vi4c
deux fois, d'alK>jfd pour sa senience, puis par JQ^^fat^dp
récolte qui, tr».)p; serrée, .s'étOMiï'' "ôt donne' iT¥>iTis, JÏsp^s
,eoumo {ou$ p^m dé /« (<<s(o, épois^coj^n.mç le^chevcw/Vh n
Dér. du lat. Spissus, m. sign. , . , ;-. • ..."1
Éspési, V. Démêler; débrouiller; chaj?pir; PTfy^p^JiûX
cheveux; éplucher; regaider de près;;cxa?TTiner.^vec,s<?ip
pour trouver le moindre défaut. — Éspési hu» p^ia^,;d^
m>\^T les cheveux. Èspé^ dé fouséls, .charpii:,* cardei; avjic
les doigts des cocons de graine, afin do Içs rendra prçpcy
k être filés fi. la ^luenouille, i-^spési vno; çifa\r€', (jiébroujller
iinc affaire litigieuse, la tirer au clair.. ilv^5 par b^o^n
d'où t^nt 4sf)ési, vous n'avez pas^,besofin d'y regard. ^
s^ pr^, d'6pluol,ier avec tant de minutie^ ; >* , .,. .. 1/,
S'éspési. se prendre aux cheveux, sedonniprupe peign^.
'^r^'éspésiguèrou conmo se doou, ils so priant ajjuCjGb^^ax
comme il faut; : , , • , . Im
Pér. de Ès])és, c.-à-d. détailler quelque chose id'^pak*
de ^:ûnfus, le désépaissir. D''aprôâ cette acception origi-
x\ellev'0n devrait dire Èséspùsï ou Déwipéçi, ina^s l.'ijsag^ia
préféré la contraction. '. ' ., ; ..|
r Ê^pé^idOy s. f. Raclée; volée de coups.' \ . : ,/ .)
Éspésoaïa <S'), v. 8'épouiller; chercher ^, pqm, l^
enlever; s'en délivrer. . \» • ,'\. ;; t
.-. Pér, de i>ft5ow/. ,o-:r.]a3
condenser-njjhd •»_ ; jrji'..'.il-, j.v,!. •ilni'ii; .^ ;;ii,-'i > i'.b
Dér. de Ètpii. .(,mu,"\ l ijd
«(*¥*, *m.8ll'B!à--...v.?-- .™i lit ' i»i.ii .b
EspéBBn, 4. n. Dim. Êspittugui. — Fuy. l><lJ«.,jÇij)^
Eapéasngns oa PosBnga, v. Pincer, ser^ SQJfe ,|a
le8propriei^^sçgy,9Jjiiçî^-tT,^oii,|i'4«%f.,. .^, ^^, ,-_
fe'»ti9fi»lip'inrif'*Ht!i'fl<(*WA"tf.,('2yvh«!WSS'''
W^- .,1, È(:ti:M miir.vii! *':Ij -.lip Liiwi.'.> 'n, J. .: :i,:.^
lortes d'extravagances dans son chagfj^a., j^|f^^i.^i4^fjtii)f^
ditpilail,, c'œl une cte»(H»i|Ôf ..jpopKrjilojiâ '
Corrap. da fr. pour le sens. sitn^n? Mil -ic:
«W »!RWW«* iM,:/, is,i, sLvTii.'-i i-^'jT.V!
éijMll dé ifti-nujré, faire faire e^|çaiOi( A ^^i^W^flf
l^/*^ ■'^(iî*^^^?Sf iî^f??' %|''^ '^ jPpDpMi ilford
et éclà\^(),t„^ij^ff^te. jiTOjJtriiit [''H ,^P^V'W^'.(^^^.i*i?i^
intérieure qui p'réua railléj.tpiîiue^',.quci«fcfoU^eh .^u-
i,,Kitfv,»Iv
JPj.JWliSi ,W?i.§
IKl.lTliiiCiitouoj-jrJ J./iii-:L 'T':;vi.l,è:'I i;î:ii .rj,j ti-'l
_Em.t. nt^.opBuaio,rr. c.iu.j.'Drins ou paille dû
'est', ^çhé^pàdrl'&ire' xhàuilér^^
(amiâé Ôdoranto/.,'," ' "''' '"'',"'■",
iir fort aromjliqué. Il'eai/fort"""
sfee
,rt^ Çaipe il ■ -■ . ■;■ ar tort aromjlique. ffeat fori
nage ains'la'iàmpa^'iuiit délivrer le. bélaïl lie, là
nioe. Brulo eoumo a'iipi, il brûle coiiime'dc^alluùieLun,
^b,paill^, ^.. „ ^ ^ , ,.^ . ..^..'.> , .'„,'. f,
Dâr.'dâ lal. Spka, éfù, rariie'âi^ t&T.Uge^ îof't Wia-
brenseset haulMfomeatdès'epU. ^-^ i i i '.-m
. .novianoijel
Upialonu, iao,,od linpeio
gle: iGUn; Évei^j.f^j.^DftUjt. „ ^.^, .; ■, . ., , .,■ . ,„
.£;Çftiï)oJ<çf^çuQe,stt[( ^'"î^^'i'lî'iî fr-, dérive ^e.r^l^.
Viespiagil, n. pr.'a'ua personiiagc saxob, ^^éi>re |^^s^^,l|
Se dij ilgi'iy ^'■'^S"^
Qt d'iihè^ pcfsonopiotj}
jui, a beaucoup de çÇn-
./,Ef(jjîa|a^f^')V-'i-,Sï:pfijp3r.a ûiieipiiie'; i'o^toh,c^T une
^f^ffS Wr.f .'.Ç^^/rT'-r .0^ i»t' jÀw!i"Ç''ft^ij,''. a' uiié ■,'pe(iïe
j^p<9yo,|grençz.gâttrçj'cjl^.yol^ ^a'igra ja.kiïllç.' -V ' /,'.
ta^fjn^.'j.^m', A)iSJj^j ^fi<.^'i''i^' 'BuÏsïoii d ^pin^j
Ede-mcM^êi3"ârLùs'ie8ép!Ùéux,.(^u'oh'me
l'I'bnirûe d"un 'yic[6B"Jjii là bïèclie d'iin mur. ^
É«pig|çi^|^,,j,,f. P|_ui,.^e És^^M.Aa_^Gi. Mnè;^'|ii^
^ù^i esjirinii^rUa^kt etsaliriij^ûè. ^ ll.sé(ltt (Iiiîi&Oùyiie
comme d'iule' leiuiiie.
fiapigno. «.J*. Ëpin«:
paran véBËU), pèmeaii!
transy eisàles' ô uj sou l ^i ■ ( i
soos ■^eau.douM.'ei'p.ii
li'msdû'ëpiiieux, espni ui.'t'ii.Liit. fûiiiiahl. — ^^
itpigmi, c'est un homme Icrrïblement contra^i^iV
àlaà.abordec: un viai Iagbl'.a''(^i'nès. ' ''
£8pi([D0ÙS, gilOHBO, ,aJj. pim. fJ^'^notr . h
MH3St^ffÈpmf«.''Â'u''fîÉv'acarUlre,' Wgïïeux
ttreâilHcile; Wisèéae(lidicuT£i!s,_^r pai'lajit . .
'^f^Off.J. &i, ttte dç1uyau4''l«.'ti' ■
terme le'gràifl; èpi'ai po'n ou de cheVeuXj; i.-^i i
dpiit la djreclion est inverse, aux autres : .c'e^i uj^'
3e'$ààlé,eiae''raC4i'i)our les clievaiix, tgr^qu'às li>^
flâpcsouau^i^raiT. .. ■ .,
"'■bei'.''dàlal.'SpiÀî,''in-"siBn: ''''^'■''■'" '■-''•■ ^
ÊBpinar.t, m. ÉpipArd, S^iiMciiji^érà^ra^Linu. Kww
de'la j^m.'tM Clii>ti;>^Ëes',' culbvfe i]aii4~ les Jardins,
esUm^ _ eu' ,caikine !
nier mot].
.u,p,«afi
iHi III tli'jlr'ucs'pois-
1 de .l'alùsti'" AU .ui.
iiiV et.iii^'J
:Ili>tl;>podi
£«ii»ia>' idourûijuit. (Toy. cc| fler-
Son nom lai vient de ca mie I4 cofie .qui, i^f^iné ii
—inçe est fertte.auèSîfiu^elblqii^nte'du'éjliftèi^^
ipiiidia,'i>.'flct;3rdéf âà coùl lîe Vçëli; 'ë^fetréjltàiiiiir;
320
¥£P
ESP
lorgner; regarder en dessons; regarder à travers un troa,
nne fente ; générîqnement, fixer son regard ; regarder avec
attention et fixité; faire les doux yeux; techniquement,
regarder comme fait un espion, un curieux.
S'éspincha, se parler des yeux, correspondre du regard ;
s*entre-regarder.
Dêr. du lat. Aspieere, regarder devant soi, apercevoir.
tspincliaire, airo, adj. Curieux; qui aime à voir ce
qui se passe chez le voisin ; qui fait les doux yeux.
Ëspinga (S'), v Se piquer avec une épingle.
É8pingaé]a, v. fréq. Causer des fourmillements; faire
éprouver des piqûres dans les chairs, des élancements, des
douleurs aiguës comme des piqûres d*épingle. — Moun dé
m'éspinguéjo, j'éprouve des élancements dans le doigt.
fispinguéto, j. f. Camion, épingle de coiffure.
fispingo, i. f. Dim. ÊspinguHo; augm. Éipingaiso.
Épingle, petite tige en fer ou laiton, munie d'une tête et
d'une pointe, servant k attacher et à fixer. — Né dou-
nariiH pas la tèsto d'uno éspingo, je n'en donnerais pas
une tête d'épingle. Jouga à las éspingos, jouer avec des
épingles pour enjeu. Longtemps l'épingle a été une monnaie
pour les enfants non-seulement dans leurs jeux, mais dans
leurs marchés et transactions. Elles sont démonétisées
aujourd'hui, ainsi que les coups de poing, qui étaient
aussi une valeur pour les plus jeunes écoliers.
Dêr. du lat. Spinacula, m. sign., qui est le dim. de
Spina, épine.
Ëspioun, f. m. Espion; mouchard; rapporteur.
Espionna, V. Espionner; épier; observer; servir d'es-
pion.
Dér. du lat. Inspieere, regarder, inspecter.
Ëspiounaje, s. m. Espionnage, action d'espionner.
£spira, v. Suinter; transsuder; prendre de l'air par
quelque fissure imperceptible, comme fait un tonneau qui
perd.
Dér. du lat. Spirare, respirer.
Ëspiroù, f. m. Dim. Éspirouné. Évent d'une futaille,
petit trou percé dans le haut du fond extérieur pour donner
de l'air au liquide qui sans cela, lorsque la pièce est
pleine, ne viendrait que difficilement par la canelle. On
bouche Yéspiroù avec le dousil.
Esplanade, s. f. Esplanade, grande place; terrain
aplani et nivelé.
Dér. du lat. Planus. La désinence du mot fr. parait
annoncer qu'il a été emprunté aux contrées méridionales.
Éspliqna, v. Expliquer; interpréter; développer; arti-
culer; faire comprendre.
Ëspliqnacion, s. /*. Explication ; démêlé qu'on explique.
— Avédre d'éspliquacious émbé quâouquus, avoir des ex-
plications, expliquer un malentendu ; par ext. avoir un
difilërend.
Dér. dû lat. Explicatio, txplieare, m. sign.
Ésploumassa, v. Arracher les plumes; plumer. Au fîg.
maltraiter; donner une volée.
S'ésploumassa, se déplumer pendant la mue, en parlant
des oiseaux; se prendre aux cheveux; se battre.
Dér. de Plaumo.
Ësponchiga, v. Ecarbouiller; écraser; écacher quelque
chose qui a du jus. — S'éspouchiga dâou rire, se pftmer
de rire.
Ce mot, comme le fr. Pocher, pourrait bien venir du
lat. Pungere.
Ëspondasaa, v. Péjor. de Pouda. Tailler grossièrement
et à grands coups de serpe, comme le fait un mauvais
ouvrier et un vigneron apprenti. — Aquél doubre es éspom"
dassa, cet arbre semble taillé k coups de hache.
Ëspondra, v. Saupoudrer et époudrer; répandre, secouer
la poussière. — Ce verbe rend à peu près la double action,
toute diifêrente, de couvrir légèrement de poudre quel-
conque, et de la secouer pour la faire disparaître.
Ëspondra (S*), v. Avorter. — Ne se dit que pour les
animaux et ne s'entend que des premiers temps de leur
gestation, lorsque le fétus n'est pas encore formé.
Ce mot pourrait bien dériver du lat. Eœ et Pondus,
dont la bass. lat. a pu faire Exponderare, se délivrer, se
débarrasser d'un poids.
Ësponèr, s. m. Espoir, espérance.
Dér. du lat. Sperare.
Ësponia (S'), v. Se sauver; s'enfixir; gagner du pied;
s'évader; poufierde rire; éclater de rire involontairement,
comme si le rire retenu s'échappait, on s'il partait comme
une explosion. C'est là sans doute ce qui rapproche le
sens des deux acceptions.
Ëspoula, ado, adj. Dim. Éspoutladoi^. Éreinté; époisé;
écloppé. Au fig. obéré ; criblé de dettes ; sans crédit.
Dér. du lat. Spoliatus, dépouillé.
Ësponmpl, ido, adj. Dodu; mollet; potelé; renflé;
rebondi ; jouflu.
S'éspoumpi, se gonfler; devenir rond, dodu, mollet. An
fig. s'enfler ; se bouffir de fierté, d'orgueil.
Dér. de Poumpo ou Poumpe, ancien mot signifiant
gâteau, galette, qui se gonfle au four en cuisant.
Ësponncho, i. /*. Terme de nourrice, trait ou jetdn
lait qui, dans les premiers jours de l'accouchement, £iit
sentir une piqûre au sein. — Fa vénï Véspouneho^ faire
venir le lait en suçant et aspirant fortement, ce qni est
difficile quelquefois dans les premiers temps parce que les
voies en sont obstruées ; quand cette obstruction est trop
forte, ou l'enfant trop faible, on emploie des moyens arti-
ficiels, tels que U bouche d'une personne adulte, un jenne
chien, ou une sorte de pompe aspirante que la chinuigîe
a inventée spécialement pour cet objet.
Dér. de Pouneho.
Ësponsa, v. Épouser, prendre en mariage; marier,
donner la bénédiction nuptiale.
Dér. du lat. Spondere, promettre, fiancer.
Ësponsado, s. f. Épousée ; la mariée.
ËsponslYon, adj, des deux* genres. De noce, d'épon-
ÉSQ
ÉSQ
331
saille. — Laedifo étpousivou, le bonnet d*éponsailIe.— Fby.
Nouwàou,
Ésponsqua, v. Saupondrer ; poudrer avec da sel on de
Teaa sale; asperger; jeter de l'eau avec la main on avec
la bouche pour humecter le linge qu*on veut repasser, de
façon à imiter la pluie ; jeter de Teau avec les doigts à la
figure de quelqu'un pour Tagacer ou lui faire une niche. —
Èipottsqua Vén$alado, secouer, égoutter la salade.
Ce mot est une variante de Étpoussa.
Ssponasa, v. Secouer; faire tomber la poussière;
épousseter. Au h^. battre; maltraiter; étriller; donner
ime volée de coups de houssine. — Éspoutta las àourêios,
secouer les oreilles, prendre un air mécontent. On dit
plaisamment à quelqu'un qu'on va vertement corriger : Té
vôou éspousta tcu gnëiro$, je vais joliment secouer tes puces.
Dér. de Pom, poussière.
fispoQSsado, «. f. Volée de coups; coups de bâton ou
de verges.
ÉspoQsséta, V. Épousseter; brosser; vergetter; net-
toyer, 6ter la poussière. — Semblerait un diminutif, avec
un certain mouvement de fréquence, de Éspousta.
taponsséto, s. f. Époussettes; brosse; vergette; brosse
d'habits, detète, de peigne, de soulier, de table, de tapis, etc.
fiapoaténcia, v. Couronner un arbre, lui enlever trop
de bois en le taillant, le réduire à ses maitresses-branches,
finalement en faire une forme de potence.
Dér. de Pouténcio,
ispoutriga, v. Écarbouiller. — Voy. Éspouehiga.
Ësprès, s. m. Exprès, commissionnaire, messager mandé
spécialement pour un but déterminé.
Dér. du lat. Expresse.
Ésprèa ou Ésprèsai, adv. Exprès ; à dessein ; expres-
sément; pour cela; pour un objet spécial. — Ou faguè pas
ésprès, il ne le fit pas par malice, en mauvaise intention.
Ou faï ésprès, il le fait exprès, à dessein, volontairement.
Dér. du lat. Expresse, m. sign.
Éspri, s. m. Dim. Ésprigué. Esprit, jugement, imagi-
nation; sens; motif. — Perdre l'ésprï, perdre le sens;
devenir fou. É$ ttniqua dàou Sént-Ésprï, il a un grain de
folie : expression proverbiale qui répond à cette pieuse
pensée que les idiots, les innocents, sont des êtres protégés
et privilégiés de la Providence , comme si TEsprit-Saint
leur imprimait une marque particulière. C'est de la même
idée que naît cette sorte de culte qu'on accorde aux crétins
et aux gens à seconde vue en Ecosse.
Éspri signifie aussi alcool, ou esprit de vin, liquide
obtenu par la distillation.
Dér. du lat. Spiritus, m. sign.
isqnalancio, s. f. Esquinande; angine; inflammation
des amygdales, de la trachée-artère ou du larynx, qui
peut se terminer par la suffocation.
En gr. IuvadE/1), m. sign.
ttqiiialaBsa (S'), v. Augm. de Quiala, Pousser des
cris aigus; forcer sa voix en criant; gueuler.
fisqnicha, v. Serrer; presser; exprimer; épreindre. —
Un ésquichot un avare, un cuistre, serré, trop parcimo-
nieux.
S'ésquicha, s'efforcer ; faire des efforts.
Dér. et augm. de Quicha.
Ésquichado, s. f. Serrée; violente étreinte.
fisquicho-grapâoii, s. m. Engoulevent, tette-cbèvre,
crapaud-volant ; engoulevent ordinaire, Caprimulgus euro-
pœus, Temm. Oiseau de l'ordre des Passereaux et de la
fam. des Planirostres ou Omaloramphes. — Cet oiseau,
qui a plus de dix pouces de long, par son plumage sombre,
sa tête disgracieuse, est loin d'offrir un aspect agréable.
Le fr. l'a appelé Tette-chèvre, parce qu'on a cru supersti-
tieusement qu'il tettail ces animaux; crapaud- volant, de
la ressemblance qu'on trouve entre un de ses cris et celui
du reptile. C'est le lang. qui aurait dû le nommer Engou-
levent, de Èngoulï, avaler, engloutir le vent; en le déri-
vant d'une origine commune, Gula, et c'est encore le fr. qui
lui a donné ce nom, à cause de son bec, petit quand il est
fermé, mais qui, en s'ouvrant, présente une ouverture
immense où viennent s'engloutir les insectes qu'il chasse
pendant la nuit ou le crépuscule, car on ne voit jamais
cet oiseau en plein jour. Pour nous, nous l'avons appelé
Ésquicho-grapâou, croyant qu'il tue et dévore le crapaud,
en le pressant cramponné sur son dos et lui perçant la
tête a coups de bec. En automne, la chair de l'engoule-
vent, qui est fort gras alors, est, dit-on, un excellent mets :
c'est possible.
Ësquicho-roli, phr. faite. Jeu de veillée qu'on nomme
en fr. Boute-dehors. Il consiste à se placer sur un banc en
aussi grand nombre que possible, et par places alternées
de garçons et de filles. Les joueurs aux deux extrémités
poussent chacun de leur côté en dirigeant la force de
coaction vers le centre, jusqu'à ce que l'un de ceux placés
à ce centre soit rejeté hors du rang ; alors celui-ci va re-
prendre place à l'un des bouts de la file, et pousse à son
tour sur ceux qui l'ont rejeté.
Ssquichoù, s. m. Pelotte de cire dont on a exprimé le
miel, en la pressurant entre les mains.
Ësqnièl, s. m. Génie; intelligence; bon sens; jugement;
instinct de l'animal poussé à un degré de développement
supérieur.
Ësqnifa, v. Esquiver; éviter avec adresse. — Ijou tara-
ean ésquifo l'aïgo, le bouracan rejette l'eau.
S'ésquifa, s'esquiver, se subtiliser, disparaitre; s'enfuir
adroitement.
Ce mot, comme son correspondant fr., dérive du lat.
Scafa, nacelle, dont le fr. a fait encore Esquif. Ésquifa
serait donc proprement : éviter un écueil sur un esquif;
mais ce sens originaire a disparu quant à l'application.
Ësqoifo (fin), adv. De biais; obliquement; en biseau.
fisquina, v. Échiner; éreinter; assommer; rompre Té-
chine. Au fig. ruiner, mettre en déconfiture.
Dér. de tsquino,
41
322
ESS
EST
£8<ininado, i. f. Volée de coups; raclée; bastonnade,
èreintement.
fisquinaje, s, m. Grande fatigue; charge trop lourde;
èreintement; perte considérable au jeu.
fisqninla, v. Sonner; tirer le cordon d*une sonnette pour
appeler le portier ou les domestiques.
Ësqninlo, s. f. Dim. Ésquinléto. Sonnette d'apparte-
ment ou de porte; clochette d'autel; clochette de mouton,
de mulet.
Dér. du tudesque skei, m. sign.
fisquinloù, s. m. Petite clochette; grelot.
Dim. de Èsquinlo,
£sqnino, s. f. Échine; dos. — A bono ésquino, il a bon
dos, phr. prvb. qu'on applique à toute personne ou même
à toute chose qu'on charge des fautes d*autrui, ou sur qui
on rejette la responsabilité. On dit : Lous magnas an bono
ésquino, les vers-à-soie ont bon dos, c.-à-d. que les paysans
rejettent sur le succès de leur chambrée toutes les dépen-
ses, folles quelquefois, qu'ils se permettent dans l'année :
espérance dont la déception est un élément de ruine presque
certain. Faï Vésquino d'ase, il est fait en dos d'âne.
Dér. du lat. Spina, épine du dos.
fisqninsa, v. Déchirer une étoffe dans le sens de la
chaîne; lacérer.
Dér. du gr. ^x^^^^» fendre, diviser.
fisqainsadaro, 5. f. Déchirure, accroc dans une seule
direction.
fisquirôon, s. m. Dim. Èsquiroulé. Écureuil , écureuil
commun, Sciriut vulgarU, Linn., petit mammifère de la
fam. des Rongeurs. Ce petit animal fait son nid au sommet
d'un arbre élevé, et le construit d'une manière si ingénieuse
qu'il met ses petits à l'abri de la pluie. Vif, alerte, éveillé,
il se prive facilement, et apprivoisé, vit en cage en se don-
nant de l'exercice à faire tourner incessamment un cylin-
dre mobile.
Dér. du gr. 2x{ou()o(, m. sign. formé de lani, ombre et
O^pd, queue, c.-à-d. qui se fait de l'ombre avec sa queue.
£sc[uirounèl, s. vu. Martinet; martinet noir, martinet
de muraille, Hirundo apus, Linn. Oiseau de l'ordre des
Passereaux et de la fam. des Planirostres ou Omaloramphes :
plumage entièrement noir, queue très-fourchue. Il arrive
après toutes les autres hirondelles et part le premier. La
brièveté extraordinaire de ses pattes lui avait fait donner
son nom latin de Apus, sans pieds ; aussi a-t-il bien de la
peine, lorsqu'il est tombé à terre, à reprendre son essor.
Mais en revanche on admire son vol facile et infatigable,
n parait qu'on appelait autrefois du nom générique de Es-
quirounèl, les petits oiseaux de proie composant la faucon-
nerie; Sauvages le leur a conservé et appelle Aoubaléstrié,
le martinet. Pour nous, il n'est connu aujourd'hui que sous
le nom de Èsquirounèl, et il est si commun à Âlais, en été
et en automne, qu*il est étonnant que Sauvages ait ignoré
un nom qui ne s'applique pas à d'autres qu'à cet oiseau.
fisses, s. m. plur. Ers, Ervum hirsutum, Linn., plante
de la fam. des Légumineuses; espèce de vesce noire ou de
lupin dont les pigeons sont très-friands, mais qui est on
poison pour la volaille de basse-cour et tous les animaux
non ruminants.
fissnga, v. Essuyer; sécher; épuiser. — Aquélo tèro es
bien éssugado, cette terre, ce champ a été épuisé, on ne Ta
pas assez laissé reposer. Fait Èssu, au part. pass. — Plous dé
fénno soun ièou ésstu, prov., larmes de femme sèchent vite.
Dér. de l'ital. Asciugare, m. sign.
Esta, éstado, |>arr. pass. du verbe Èstre. Été, allé. — Es
esta un diable dé soun tén, il a été un vrai démon dans sa jeu-
nesse. Ses esta à Parts ?Étes-vous allé à Paris? Qttanéséstado
novio, s'és dédicho, quand elle a été fiancée, elle a retiré sa
parole. Y sèn estas, nous y sommes allés. — Yoy. Èstre.
Esta, 5. m. État, métier, profession. — A pas gis d'ésta,
il n'a point de profession, d'état.
Gorrupt. du fr. qui se rapproche encore davantage quand
on dit : Éta et qui ne vaut pas mieux. En lang. on se sert
de Mésta,
Êstabla, v. Recevoir des chevaux à l'attache dans une
écurie d'auberge, sans leur donner la provende. Il se dit
aussi du maître du cheval qui le loge ainsi à l'attache;
mais, dans ce cas, on l'emploie même quand on lui four-
nit l'avoine et le foin. — Ounté éstablarénf à quelle an-
berge donnerons-nous l'avoine, où nous arrêterons-nous
en route pour faire souffler nos chevaux?
Au fîg. Èstabla va jusqu'à s'appliquer aux personnes.
Éstablado, s. f. Fumier d'écurie ; ensemble des ani-
maux, des bestiaux logés dans une écurie, ou même des
personnes qui passent la soirée dans une auberge de route.
Éstablaje, «. m. Droit d'attache que prend l'hôtelier
pour le simple logis donné à un cheval.
Êstable, s. m. Dim. Éstabloù. Étable, écurie: nom
générique qui se divise en diverses dénominations techni-
ques suivant les espèces de bétail qu'on y loge : pris spé-
cialement il signifie écurie; pour les moutons, il se dit
Jasso; pour les porcs, Pouciou. — Varié d'éstable, valet
d'écurie.
Dér. du lat. Stabulum, m. sign.
fistabli, «. m. Établi, grande table sur laquelle ou à
côté de laquelle certains artisans travaillent de leur état,
c.-àd. qu'ils y forment leur établissement, comme les
tailleurs, les orfèvres, etc.
Êstabli (S'), V. S'établir; prendre domicile; former un
établissement industriel. Il a été étendu, par quelques /ran-
chimar^ à la vérité, jusqu'au mariage.
Dér. du lat. Stabilire, assurer, rendre solide.
fistabourdi , v. Étourdir ; faire perdre connaissance par
un coup violent. Au fig. abasourdir; stupéfier; frapper
d'étonnement.
Dér. du lat. Stupor, stupeur, étourdissement.
fistabonsi, v. n. S'évanouir; se pâmer; tomber en dé-
faillance. — Voy, Éstavani.
Éstaciou, s. f. Station, gare de chemin de fer.
EST
EST
323
Mot que de nouveaux besoins ont introduit dans le lan-
gage et qui s'y est impatronisé.
Éstadis, isso, aâj. Calme; tranquille, pacifique; sans
vigueur; sans énergie; flegmatique. Au fig. et par ext. à
demi-passé, en parlant des viandes, des mets; flétri, qui a
perdu sa fraîcheur et sa crudité, en parlant des fruits et
des légumes verts conservés trop longtemps ; pain rassis et
mollet, pour avoir été trop longtemps renfermé.
Dér. du lat. Statutu9, a, um, qui reste en place.
tstagnè, «. m. Dim. Éstagnèïroà, Dressoir; étagère à
loger la vaisselle qu'on y étale par luxe chez les paysans
aisés.
Dér. de Èttan, étain, parce qu'autrefois, dans les mai-
sons les plus cossues, on étalait ces sortes de dressoirs dont
la vaisselle était d'étain.
Éstaja, V. Échafauder, à la manière des maçons qui
dressent leurs échafaudages à mesure que la bâtisse s'élève;
dresser les tables des vers-à-soie qu'on appelle Td&u^èt
(F. c. m.). Cette espèce d'échafaudage se compose de pieds
droits, Mountans, qui, posant sur le sol, vont se fixer à
des poutrelles transversales dites Tirans. Ces montants
sont garnis d'autant de chevilles qu'on veut dresser de
rangs de tables ou d'étages et qui sont distantes l'une de
l'autre de cinquante centimètres. Ces chevilles supportent
des traverses, soit équarries, soit en bois rondin , sur les-
quelles on place trois planches dans la longueur et deux
dans la largeur destinées à supporter les clayons ou canis
(pour parler l'argot des magnaniers modernes). C'est ce
canis, en lang. Canisto, qui forme la table servant de
théâtre au drame plein de péripéties et d'intérêt de ces
troupes de précieux insectes. — Voy, Baroù, CanUso,
Mounian, Tdouïè, etc.
tstajan, anto, adj. Important; orgueilleux; qui parle
et agit en maître ; arrogant, qui fait ses embarras.
Ce mot signifiait en vieux langage, habitant, locataire
et propriétaire de maison. Le sens actuel est tiré de cette
idée de l'importance d'un bourgeois qui a pignon sur rue.
fistaje, f . m. Étage d'une maison. — Lou primiè, lou
tégoun éstaje, le premier, le second étage.
Dér. de la bass. lat. Stagium, habitation.
tstajèiro, i . f. Tablettes composées de montants et de
plusieurs rayons, comme celles d'ime bibliothèque , ou de
chevilles placées dans le mur et d'une seule planche,
comme celles qui, dans les cuisines, supportent les chau-
drons, marmites et mille autres ustensiles. C'est l'ensem-
ble de plusieurs tablettes ou Ésttyos, qui compose uno
ÉstajiSro.
£8ta]08, t. /*. ptur. Tablettes diverses qui composent
YÉstajèiro, prises isolément.
Ilstama, v. Étamer une glace, une casserole, toute espèce
d'ustensile en cuivre ou en fer; enduire d'étain.
Dér. de tstan, étain.
Éstama-brasa, phr, faite. Cri de me des étameuis de
casserole, de cuillers, de fourchettes. — Voy. Abroiaïn.
fistamaîre, s. m. Étameur de casserole. — Voy, Abrasaire,
Éstamaje, i. m. Étamage; action d'étamer; enduit,
couche d'étain qu'on applique sur le cuivre pour l'em-
pêcher de prendre du vert-de-gris.
fistan, f . m. Étain, métal d'un gris blanc, malléable,
facile à rayer; le plus léger de tous les métaux. — Èstan
dé mirai, nom qu'on a donné longtemps au bismuth.
Dér. du lat. Stannum, m. sign.
Ëstan, s. m. Fil d'étaim : laine la plus fine, la plus
légère, qu'on obtient au premier trait de la carde. C'est
avec le fil de cette laine, qui est à la fois le plus fin et le
plus fort, qu'on fait la chaîne des draps et des bas tricotés.
Dér. du lat. stamen, chaîne du fil, chaîne de tisserand.
Éstan, s. m. Étang, grand amas d'eau douce ou salée.
Dér. du lat. Stagnum, m. sign.
fistandar, s. m. Augm. de Èstan, étang. Grande étendue
d'eau de pluie ou d'inondation.
Ëstanla, v. Installer; mettre en possession, en évidence,
en une place apparente.
S'éstanla, s'installer ; prendre position ; s'établir. Au fig.
s'étaler; se pavaner; se prélasser.
Dér. du lat. In, dans, et StaUut, siège, stalle.
fistaqua, v. Attacher; lier; garotter.
S'éstaqua, s'attacher â quelqu'un par sentiment; s'é-
prendre; tenir à...; s'appliquer. — Vous istaquas à doug
iôous, vous vous arrêtez â deux sous pour conclure un
pareil marché ! È$ trop éstaqua, il est trop intéressé, trop
parcimonieux. Té souï éstaqua dé ho, je t'affectionne tout
de bon.
Dér. de la bass. lat. Staca, pieu; c.-à-d. attacher à un
pieu.
Ëstaqnadoù, donne, adj. Fou à lier; par ext. furieux,
en colère, qu'on ne peut contenir.
fistaqoamén, s. m. Attachement; inclination; affection;
lésinerie: parcimonie.
Ëstaquo, 9. f. Lien; lesse; cordon; tout ce qui serti
attacher; jeune plant ou plantard d'olivier, arraché de la
souche avec son drageon, et qu'on lie en le plantant à un
tuteur : on l'appelle en esp. Estaca de olivas.
Ëstarlô, s. m. Dim. Éstarhugui, Astrologue ou plut6t
astronome, que le peuple est fort enclin à confondre dans
une même catégorie, ne pouvant ou ne voulant pas sup-
poser que l'on puisse arriver â un pareil degré de divina-
tion, comme celle des éclipses par exemple, sans autre
agent que les sciences humaines.
Ce mot est purement une corruption du fr. Astrologue.
fista-SiâoUt phr, faite, interjective. Taisez-vous, restes
tranquille. On la prend aussi substantivement : Garda
l'ésta-siâou, rester muet et immobile.
Formé du lat. Sta, sois, reste, et sidou, tranquille, coi :
sois calme.
ÊstaTani, v. S'évanouir; tomber en syncope; faire éva-
nouir; causer de la stupéfaction. — Voy, Éstabouiï,
Dér. du lat. Etfaneseere, disparaître.
334
EST
EST
Ëstéia (S*), V. Se gercer; éclater; se fendre; se réduire
en esquilles, en parlant du bois. Par ext. se piqner avec
nne esquille de bois, se renfoncer dans le doigt.
fistéîado ou fistéîadnro, s. f. Piqûre faite avec une
esquille, avec un éclat de bois.
Ëstéîo, i. /*. Esquille; écharde; menu éclat de bois qui
entre dans la chair.
Dér. du lat. Squidilla, m. sign.
fistéîous, ouso, acy. Bûche, pièce de bois, qui, étant
refendue, est hérissée de petites esquilles qui ne sont autre
chose que les nervures du bois rompues. On le dit aussi
d'une viande dure et filamenteuse qui est comme de la
charpie.
fistéla, V, Couvrir d'étoiles ; briller comme une étoile. —
L'infinitif est peu employé : le part. pass. ou Tadj. Éttéla,
ado, étoile, semé d'étoiles, est nécessairement plus fré-
quent. — Lou tén et éitéla, la nuit est étoilée; bien que
l'on dise aussi : Éstèlo, il fait un temps couvert d'étoiles.
S'éstéla, s'étoiler; briller comme une étoile; prendre un
regard ou un aspect rayonnant et miroitant.
fistéléja, V. fréq. de ÈMtéla. Rayonner; miroiter; luire
comme une étoile; se parsemer d'étoiles.
fistèlo, r. Étoile; astre, corps lumineux la nuit. — M'a
fa vénre las éitèlos, il m'a donné un tel soufflet que j'en ai
eu un éblouissement, que j'ai vu mille chandelles. Vous
fariè vétre las ésUlos, il vous éblouirait par ses belles pa-
roles, il vous ferait croire l'impossible.
Éstèlo se prend aussi, en style poétique, pour : influence
heureuse, dans le sens de Planéto, planète fV. c. m.).
Signifie encore : marque blanche au front d'un cheval;
éclat de bois obtenu par la hache.
Dér. du lat. Stella, étoile : la dernière acception pour-
rait avoir la même racine que Èstiio (V. c. m.).
Ësténiuos, s, /. plur. Tenaille, instrument de fer propre
à saisir, prendre, arracher, etc. — On dit : Vn parél d'és-
ténaios, une paire de tenailles, quoiqu'on ne parle que
d'un seul de ces outils, parce qu'il est composé de deux
branches, comme on dit : Vn parél dé boufés, dé eiséous, etc.
Dér. du lat. Tenaeula^ m. sign.
Èsténdre, v. Étendre; allonger; déployer; étendre du
linge.
S'ésténdre, tomber; s'étendre; se déployer; se dévelop-
per; s'agrandir. — S'ésténdre dé tout soun long, tomber de
toute la longueur de son corps. Lou vôou èsténdre, se dit
plaisamment et d'une manière absolue pour : je vais me
coucher.
Dér. du lat. Exteruiere, m. sign.
Ésténdndon, s. m. Étendoir; séchoir; lieu ou l'on met
le linge à sécher.
Êtténin, f. m. Dim. Èstémudé; péj. Èstémudas. Éter-
nûment, mouvement subit et convulsif des muscles expi-
rateurs, qui chasse avec effort et bruit l'air contenu dans
les poumons.
Ce n'est pas un Dictionnaire comme le nôtre, destiné
à recueillir les vieux mots de notre vieux langage, qui
pourrait négliger de relever les anciennes formes, souve*
nirs et traditbns des usages et des mœurs d'autrefois. A
propos du subst. qui se présente, dans cette coutume d'a-
dresser un souhait à une personne qui étemue, il nous
semble distinguer quelque chose de touchant et de respec-
table comme formule et comme sentiment, qu'il seiait
peut-être fâcheux de voir perdre on de trop mépriser. On
sait que le grand monde ne trouve plus aujourd'hui de bon
ton de faire intervenir un vœu qui appelle la protection
de la Divinité en pareille occurence : on se contente d'une
légère inclinaison de tête, et encore est-il mieux d'être
distrait; ainsi le veut l'étiquette d'une société gourmée et
prétentieuse, et la mode. Il n'en est pas de même dans nos
campagnes, où la politesse consiste toujours, comme au
bon vieux temps, à faire suivre un étemûment d'un Dieu-
vous-bénisse bien accentué : et le populaire a raison de
tenir à ses bonnes coutumes et à ses formules de civilité,
qui remontent assez haut et se sont conservées assez long-
temps pour valoir qu'on s'y attache et qu'on les aime.
Quelle est l'origine de cet usage de saluer celui qui éter-
nue et de faire des souhaits en sa faveur? Les recherches
de la science ne sont point parvenues à la découvrir» non
plus qu'à lui donner une date précise. Il est certain néan-
moins que, dès la plus haute antiquité, il est fait;nention
d'une coutume semblable.
On a bien dit que, vers la fin du \i^ siècle, sous le pape
Pelage 11, une maladie pestilentielle ravageait Rome et
l'Italie et qu'un de ses principaux symptômes était l'éter-
nûment. De là serait venue et se serait répandue la cou-
tume de dire en pareil cas : Dieu vous bénisse! Dieu vous
vienne en aidel Diou vous bënisque/ Diou vous ajudêf
Mais bien plus anciennement l'usage existait. Aristote le
constate, Homère en parle dans l'Odyssée comme d'un
signe de bon augure. Les Grecs disaient, quand ils éter-
nuaient : Zau oioÇov, Jupiter sauve-moi, et les assistants
répondaient à celui qui étemuait: ZjJOi, vivez. Après eux,
les Romains traduisirent ces vœux par leur Salve; et ils
regardaient l'étemûment comme le troisième des présages
domestiques : heureux • si on étemuait à droite, fâcheux
si c'était à gauche.
La tradition a ainsi amené jusqu'à nous la formule de
ces souhaits, sans nous en dire autrement la cause. L'é-
branlement convulsif que produit rétemûment sur le cer-
veau a-t-il fait craindre quelque accident t Une certaine
superstition s'est-elle mêlée à ce phénomène natord et
fréquent? On ne saurait le dire; mais au milieu de la vie.
à chaque instant, il est un moyen de sociabilité, de bonnes
relations entre individus, et il élève en même temps l'es-
prit vers un Dieu protecteur, dont l'assistance est réclamée :
il est évident que l'usage a eu raison de s'établir et qa'il a
raison de se conserver.
Éatémnda, v. Éternuer; faire un étemûment.
Dér. du lat. Stemuere, m» sign.
EST
EST
335
fiftér}^ V, ÉjNirpiller; répandre; disperser; séparer. —
Èttérpén nous, séparons-nous, gagnons chacun d'un côté
difiërent. Èstérpa lou fumii, étendre, éparpiller, répandre
le fumier sur un champ.
Dér. du lat. Siirps, tronc, souche, parce que probable-
ment ce mot a eu pour première acception la pousse des
racines et des branches d'un arbre qui, en s'êloignant du
tronc, s'étendent en mille directions diverses.
tstérréia, ▼éîado, adj. Arbre, branche, rameau, étiolés,
dépouillés de feuilles par Teffet d'un tourbillon.
SstérrMado, s. f. Maladie causée à un arbre par un
tourbillon. Par ext. on le dit aussi de toute maladie, n'im-
porte la cause, qui, n'atteignant que les branches, est rare-
ment mortelle.
Êstéxrél, «. m. Dim. Èstérvéié. Tourbillon, vent follet,
qui, dans sa plus grande extension, se nomme trombe, et
produit des sinistres extraordinaires. — Ces phénomènes,
qui ne se distinguent que par leur intensité, ont proba-
blement le même agent, l'électricité.
On appelle aussi Éstérvél, par analogie, un petit moulin
que les enfants composent d'une noix évidée et percée,
dans laquelle tourne un pivot surmonté de deux petites
ailes en bois posées horizontalement et en croix. Un fil,
qui se dévide intérieurement autour du pivot, est l'agent
du moi\yement de ce jouet. On dit d'un étourdi, qui est
dans une perpétuelle agitation : Sémblo un éstérvél, il res-
semble à un tourbillon.
Ne dériverait-il pas du lat. Extra, hors, dehors, et
BvMere, arracher, extirper?
£stèTe, s. m. Ancienne traduction du n. pr. lat. 5^0-
fkanm, Etienne, que nous disons aujourd'hui ÉstiiHne. La
première forme ne s'est conservée que pour un n. pr. de
heu, précédé de Sent : On appelle Sént-Èstève, tous les
lieux qui se disent en fr. Saint Etienne.
Èsiàîje est aussi une sorte de galette ou de fouace sucrée,
ayant la forme d'un marmouset plaqué en bas-relief sur
une feuille de papier gris qui lui a servi de berceau au
four. Cette galette est fort à la mode dans la semaine de
Noél et du jour de l'an. C'est une étrenne généralement
adoptée pour les enfants du peuple. Aussi son nom lui
vient-il de saint Etienne, dont la fête arrive le lendemain
de la Noël. Autrefois les parrains envoyaient ce cadeau à
leur filleul le jour de la Saint-Étienne, et il avait dans le
prindpe la forme d'une couronne, en commémoration de
la couronne que mérita ce premier martyr.
On dit d'un homme grossier et brutal : Es fi coumo un
érthw dé pan hru, il est fin comme pain d'oi^ge. Es aquh
eoumo un éstive, il est tout ébaubi, il reste là planté comme
une figure de dre.
AftéYO, t. f. Pièce courbe qui sert de manche à un
araire et qui est surmontée du mancheron ou Manipou.
Dér. du lat. Stiva, u\. sign.
fiftiblaua, V. Éreinter, rosser, étriller quelqu'un; lui
donner une volée de coups de b&ton.
En gr. SrtGdQ^a), battre, fouler.
fistiblassado, s, f. Volée de coups de bâton ; raclée.
Éstido, f . f. Idée ; croyance , pressentiment. — Avèdrs
bono éstido, avoir bon augure.
Éstième, s. m, n. pr. d'homme. Etienne. — Voy.
Éstève,
fistiganço, s. f. Projet; dessein; intention; prévision;
intelligence.
Dér. du lat. Instigaiio, impulsion, instigation.
Ëstignassa, v. Tirer, arracher les cheveux ; traîner par
les cheveux.
S'éstignassa, se prendre aux cheveux.
Dér. de Tignasso.
ÉstignasBado, s. f. Action de tirer, d'arracher les che-
veux ; châtiment qui consiste en cet acte ; lutte entre deux
personnes qui se prennent aux cheveux.
Estima, t;. Estimer; priser; évaluer; juger de la qualité,
du poids ou de la valeur d'une chose par un simple calcul
d'esprit ou la comparaison avec des types dont on conserve
le souvenir.
Dér. du lat. Bstimare, m. sign.
fstimaire, s, m. On ne donne guère ce nom aux ex-
perts géomètres qui ont des bases fixes et presque mathé-
matiques d'appréciation, mais bien à ceux qui évaluent à
vue d'œil la quantité de feuille de mûriers que portent une
ou plusieurs plantations. Cette denrée se vendant souvent
à l'estime et sans peser, le métier à'estimeur est une
profession. L'habitude et diverses expériences contrôlées
par le pesage, jointes à la justesse d'esprit ou de coup-
d'œil, rendent ces jugements en général dignes de con-
fiance.
On donne aussi le nom d^Éstinuiire à des espèces de
prud'hommes qui estiment le bétail et les agrès d'une
ferme entre les fermiers et les propriétaires.
£stimo, s. /*. Estimation; prisée; évaluation. — Aekéta
à Véstimo, acheter sans prix déterminé, mais à celui qui
sera fixé par un ou plusieurs hommes de l'art. Aquélo fièïo
es pas d'éstimo, cette feuille de mûrier n'est pas encore
assez développée pour être évaluée. Il faut observer ici que
l'on n'évalue jamais la feuille de mûrier d'après le poids
qu'elle est censée avoir à l'époque de la cueillette ou de
son estimation, mais bien d'après celui qu'elle aurait réel-
lement lorsqu'elle serait parvenue à tout son développe-
ment ou toute sa maturité. Cela est si vrai que lorsqu'on
a acheté de la feuille au poids, le propriétaire n'est obligé
de la peser que quand elle a atteint ce degré d'accroisse-
ment. Si toutefois l'acheteur est pressé, pour les besoins de
sa chambrée, de cueillir tout ou partie de cette feuille
achetée, on ajoute un cinquième, un quart, en sus du
poids réel pour représenter le poids qu'elle aurait pu ac-
quérir encore. C'est ce qu'on appelle dans le peuple : FcXr^
hus quintâùus dé sétanto-cin, dé quatre'vin Uouros, c-M.
qu'on compte chaque soixante^Vquinze, ou quatre-vingts
livres pour un quintal.
^336
EST
EST
Ëstinla, v. Styler quelqu'un, le dresser, lui donner Tin-
teiligence ou la ruse des sdTaires.
Corrupt. du fr.
Ëstinlé, s. m. Stylet, poignard à lame très-aigtie et très-
étroite.
Corrupt. du fr.
ÉsUoQ, f. m. Dim. Éttivé; péj. ÉtHvoi. Été, la plus
•chaude des quatre saisons de l'année, qui commence du
49 au 2S juin et finit, astronomiquement parlant, vers le
24 septembre.
Dér. du lat. jEstat, m. sign.
Ëstira, t;. Étendre; allonger; étirer; tirer quelque chose
d'élastique dans le sens de sa longueur pour l'allonger; re-
passer le linge.
S'éstira, s'étendre; allonger les bras en bâillant; étendre
les bras; ce qui fait dire proverbialement en pareil cas:
Lou quièr sera pa» cher aquést'an, hus védèls g'êstirou, le
cuir ne sera pas cher cette année, les veaux s'allongent.
A^fuéi droulas s'istiro bien, ce jeune gars s'allonge bien, il
grandit beaucoup.
Dér. de Tira.
Éstirado, i. f. Longue traite de chemin; traite, trajet,
distance à parcourir. — N'avès pér uno bono éstirado,YOXX'i
en avez encore pour un bon bout de chemin.
Éstiragna, v. Enlever les toiles d'araignées; housser un
appartement.
Dér. de Iragnado.
ÉsUragiiflûre, i. m. Houssoir; brosse emmanchée d'une
perche pour enlever les toiles d'araignée d'un appartement.
fistiraire, $, m. Établi de repasseuse; tapis composé de
plusieurs doubles étofifes sur lequel elle repasse le linge.
Éatiraîro, i . f. Repasseuse de linge.
É8tira)e, $. m. Linge à repasser ou déjà repassé; pro-
fession ou apprentissage de repasseuse.
fistlTa, V. Passer l'été; faire passer l'été au bétail sur
les montagnes. — Èstivo lontén aquésfan, les chaleurs se
prolongent longtemps cet été.
S'éniva, prendre les habits d'été, se mettre en vêtements
légers d'été.
Dér. de ÉsUou,
Ëstirado, s. f. Saison de Voté; le temps, la durée des
chaleurs; le gain des manouvriers pendant la saison des
foins ou des moissons ; le pécule des montagnards qui vont
faucher ou moissonner dans les pays aux environs de
Nimes ou de Montpellier et qu'ils appellent, eux, propre-
ment lou Languédd. — Aï fa uno bravo éHiiMdo, j'ai fait
une bonne saison d'été, j'ai gagné beaucoup d'argent dans
cette saison.
£8tiTa]e, t. m. Action de conduire les troupeaux dans
la montagne; temps qu'y passent les moutons; frais de
conduite et de pacage des troupeaux; réserve de ces paca-
ges pour le propriétaire du sol ; gages des bergers on gain
du maltre-berger pendant cette saison.
fistiré, J. m. Dim. de tnUm. Petit été. — VéiHvé di
Sén-Michèou ou dé Sén-MarH, le petit été de la Saint-
Michel, du 29 septembre, ou de la Saint-Martin, du 44
novembre.
ÉstiTén, énqno, adj. D'été; qui concerne Tété; qui se
produit en été. — Ifosto-Damo ésHvén^pio, Notre-Dame d*èté,
l'Assomption de la Vierge, le quinze août.
Ëstofo, $. f, Dim. ÉsUntféto; p^. Èitwfasso, ÈUAk;
tissu de laine, de soie, de fil, de coton.
Dér. de la bass. lat. Siuffare, garnir, équiper. En allem.
Stoff, m. sign.
Êstôs, $. m. Au plur. Èsîossm; dim. Êstousié. Étau,
outil de serrurier ou de menuisier, pour fixer la pièce qu'ils
passent à la lime ou à la râpe.
Dér. du lat. Sto, je reste en place, immobile.
Éstosse, V. Tordre. — Toy, Toss9.
Éstosso, s, /*. IMm. Éstousséto, Entorse; torsion, frois-
sement violent, donnés à un membre ou A un arbre, soit
par accident, soit plutôt par une violence étrangère et vo-
lontaire.
Dér. du lat. Extorsum, supin de Exiorqwrê, tordre,
donner une entorse.
Éstoufa, f . m. Dim. Éstoufadi, Étuvée de viande cuite
sans eau et à la braise. — A manja foço éstoufa, se dit de
quelqu'un qui a beaucoup souffert moralement et qui par
position a été obligé de concentrer sa peine, sans* pouvoir
ou oser l'épancher, de l'étoufTer pour ainsi dire.
Ëstoufa, V. Étouffer; suffoquer; asphyxier. — Éstoufa
Ums fùuséU, étouffer les chrysalides des cocons pour pou-
voir les conserver sans laisser éclore les papillons. Cette
opération se faisait autrefois au four avec ou sans ther-
momètre, ce qui présentait bien des inconvénients et des
pertes : dans les filatures à la Gensoul, elle se fait à la
vapeur et au thermomètre.
Dér. de la bass. lat. Stuffa, étuve.
fistoulomra (S'), v. S'épanouir au soleil; se mettre à
l'aise devant un bon feu ; s'étendre, se vautrer dans une
position commode, avec un sentiment de sensualité.
Du gr. £Topévvu(it, aor. Ëar^peaa, coucher, étendre.
fistouma, f. m. Dim. Éstoumaqué; péj. Éstornnofuas.
Estomac, principal organe de la digestion ; le cœur, la
poitrine, que le languedocien confond volontiers avec l'es-
tomac proprement dit. — Un baramén étéstouma, suffo-
cation, serrement de cœur. Hourimén d'istouma, déCail-
lance, évanouissement. Aquà erèbo Véstouma, cela tous
fend le coeur, c'est un crève-cœur. A bon ésiouma, il a la
poitrine bonne, ou une forte voix. Au fig. cette expresdon
est proverbiale en parlant de quelqu'un qui supporte ti^ès-
bien les reproches de sa conscience, qid ne s'émeut pas de
sa propre improbité, ou qui est loin d'exagérer la sensi-
bilité. A un ésiouma dâou diable, il a un estomac d'au-
truche. Un éstouma di ftato, un tempérament débUè, qm
digère mal, qu'un rien incommode. La bouquo dé VésHoumM,
le creux de l'estomac.
Dér. du lat. Simiaehu$, m. âgn.
EST
EST
327
Éitovmaiiiia, v. Causer du saisissement, une stupéfac-
tion douloureuse. Au fig. étonner vivement, causer une fâ-
cheuse suiprise; affliger; annoncer une mauvaise nouvelle.
Éstonnat v. Étonner; surprendre; causer dans l'Âme
une forte impression de crainte, d'admiration, d'étonne-
ment; frapper; émouvoir; ébranler. — On dit proverbia-
lement : M'étiaww/ par contre-vérité d'une chose toute
ttmple et qui n'a rien d'étonnant.
S'éstowM, s'étonner; se troubler; s'eilrayer; être surpris.
fistoupado, f . f. Etoupée, sorte de topique répercussif
pour les entorses et les .échymoses produites par contu-
sions. C'est ordinairement une glaine d'œuf battue et épais-
sie en cataplasme par l'adjonction de l'alun qui s'y mêle,
qui fait la base du remède. On étend cette pâte sur un
plumasseau d'étoupe, par où lui est venu son nom, et on
fait une application souveraine.
Sauvaoss ajoute que VÉstaupadoM encore un excellent
remède contre la brûlure. Au surplus, ces recettes popu-
laires sont connues et fort employées. Le proverbe : A
mâou dé tèsto, éstoupado dé vi, n'a pas peu contribué sans
doute à donner crédit au topique.
£stoapo, s. /. Étoupe, premier rebut de la filasse du
chanvre ou du coton. — Éstoupos dé san dé por, < On ap-
pelle, dit Sauvages qu'il est toujours bon de citer, Éton-
pes du sang des cochons, une pelotte charnue et spon-
gieuse qu'on forme dans la bassine où l'on reçoit le sang
de cet animal qu'on égorge; on la forme, disons-nous, en
maniant le sang et en le remuant circulairement tandis
qu'il coule de la plaie et qu'il est chaud.
< Le but de ce mouvement de la main qui tourne en
rond et qui, à mesure, s'ouvre et se ferme pour assembler
les brins épars de l'étoupe qui se forme, est d'empêcher
le sang de se figer, lorsqu'on le destine à faire du boudin.
c C'est un phénomène remarquable, qu'il se forme, par
cette seule manipulation, de vraies fibres charnues bien
distinctes et organisées, que le mouvement circulaire ra-
mène au milieu de la bassine, et qui s'enlacent et s'amas^
tomosent même entre elles, par la pression alternative de
la main, et forment cette masse spongieuse appelée étoupes.
c La matière de ces fibres est la lymphe, le premier
des éléments du sang, qui, dans l'animal vivant, se con-
vertit en chair; et qui, lorsqu'elle se refroidit sans qu'on
y touche, comme dans la palette des chirurgiens, sert
comme de présure à cailler le sang, sans y former de fibres,
et d'où résulte le caillot qui se sépare de la sérosité, autre
élément du sang, dans laquelle le caillot nage.
c La pelote d'étoupes d'un rouge foncé, qui a la con-
sistance de la chair ordinaire, en prend la couleur, lors-
qu'on l'a fait dégorger dans plusieurs eaux, et qu'on a
séparé par ce moyen les globules rouges, ce troisième élé-
ment du sang dont il fait la couleur : éléments qu'il est
facile de séparer l'un de l'autre par les procédés ci-dessus.
c C'est la lymphe qui, dans le corps humain, forme les
CTcroissances charnues contre nature, telles que les lou-
pes, les polypes et les caillots des vaisseaux sanguins tron-
qués ; elle s'y organise d'elle-même, le sang y circule, elle
devient sentie et animée, par une régénération sans
germe, au moins connu, ou bien allégué gratuitement, et
dont nous avons vu des exemples dans la sève extravasée
de certains arbres; telle est celle du chêne vert éoorcé, qui
a une tendance pareille à s'organiser de même. »
Éstoura, u. ou Ëstoorl. Essuyer; sécher, rendre sec;
dessécher et mettre à sec.
fistourdl, ido, adj. Étourdi; inconsidéré; léger; qui
agit étourdiment.
Éstonrdl, v. Étourdir; causer un étourdissement; faire
perdre connaissance par le fait d'un coup violent sur la
tête qui cause un ébranlement au cerveau. Au fig. fatiguer
par le bruit; ennuyer par un babil incessant; distraire
d'une occupation par des éclats de voix.
S'éitourdï, s'étourdir; se donner une violente commotion
à la tête; se faire illusion.
Dér. de l'ital. Stordire, m. sign.
Éstonrl, V, Essuyer. — Voy. Èstoura,
Éstourls ou fistonrlBses; «. m. plur. Jaunisse, ictère ;
deux maladies qui diffèrent peu par leurs diagnostics :
leurs symptômes les plus saillants sont la couleur jaune de
la peau, du blanc des yeux, des urines, et la blancheur
des excréments. Le populaire a cent topiques plus plai-
sants et plus ridicules les uns que les autres contre cette
maladie. H n'est pas impossible que la crédulité du malade,
réagissant sur le moral, n'ait pu amener des cures qui ne
sont dues réellement qu'à cette action morale dans une
maladie qui , produite par la bile et ayant son siège dans
les hypocondres, a une connexité avec le moral pareille à
celle du spleen, qui, comme on le sait, agit dans la même
région. — tous éiUmrisses blam, les pâles couleurs.
11 semble de prime abord que ce mot vient du lat. Ex-
iorris, banni, exilé; car la ressemblance graphique est
parfaite; mais comment allier les acceptions si différentes
des deux termes? Est-ce que, dans le temps, on fuyait les
individus atteints de la jaunisse à cause de cette couleur
affreuse, répandue sur leur face, qui les faisait ressembler
aune race maudite? Étaient-ils bannis de la société comme
les ladres et les lépreux? Nous ne le savons, et nous hasar-
dons simplement une induction.
Éstoumèli f. m. Étoumeau, sansonnet; étoumeau vul-
gaire, Siumut vfdgarU, Linn., oiseau de l'ordre des Passe-
reaux et de la £am. des Conirostres ou Conoramphes, à
bec conique. Cet oiseau de passage, de la grosseur d'un
merle, ayant tout le corps d'un noir lustré, chatoyant de
vert et de pourpre foncé, souvent tacheté de blanc, se prive
fort bien, apprend à répéter des airs et même à parler.
Au fig. Éitoumêl se pDsnd pour nigaud, homme sans
jugement et sans têle. — Lous éitoumèlê en troupo toun
pas grasêei, prvb. Cela se dit des familles trop nombreuses
ou du bétail trop considérable pour le pâturage.
Dér. du lat. Stumui, m. sign.
328
EST
EST
fistrado, s. f. Estrade; tréteau; trottoir. — Batre l'ét-
trado, tenir la campagne; courir les grands chemins.
Dér. de Tital. Strada, chemin.
fistragoon, s, m. Estragon, Artemisia dracuneuius,
Linn., plante de la fam. des Composées Corymbiféres, po-
tagère, à vertu anti-scorbulique , dont on aromatise le
vinaigre en Vy faisant macérer.
Dér. du lat. Dracunculus, de Draeo.
fistrangla, v. Étrangler; presser le gosier au point d'in-
tercepter la respiration; étouffer; suffoquer. — Es huroùs
coumo un ehi quan s'éstranglo, il est heureux comme un
chien qui s'étrangle, dil-on d'un pauvre hère à qui rien ne
réussit.
Dér. du lat. StrangtUare, m. sign.
Ëstrangladoù, s. m. Chemin fort étroit; ruelle à pli de
corps; coupe-gorge.
Ëstranglo-chi , «. m. Colchique, safran bâtard, Colchi-
€um aittumnale, Linn., plante de la fam. des Colchicacées.
On l'appelle vulgairement : Tue-chien ou mort aux chiens.
Sa racine est un poison violent surtout pour les chiens. De
là son nom.
Éstrangoula, v. Dim. de Éstrangla. Se dit d'un vête-
ment quelconque trop juste qui met le corps à la torture,
ou d'un animal qui avale une bouchée de travers.
Éstranje, anjo, cutj. Étrange, extraordinaire; qui est
contraire à l'usage, au sens commun, aux convenances.
Éttranje, au masc. seulement et pris substantivement,
signifie aussi : pays étranger. — Et ana din l'éstranje, il
est allé en pays étranger, hors de France.
Dér. du lat. Eœtraneua, étranger.
Éstranjè, jèiro^ adj. Étranger; qui est d'un autre pays
que celui où il se trouve actuellement ; qui n'a aucun rap-
port avec la société, avec l'endroit dont il est question ;
qui est étranger à la conversation, à l'affaire dont on traite.
— Ja>u8 éstranjètf les troupes étrangères de l'invasion.
Dér. du lat. Rxtraneus, m. sign.
Èstras, «. m. Au plnr. Éstratset. Dégât; débris; reliefs
d'étoffe, ou de mets, qu'on laisse perdre. — Laïtso tout à
Véstras, il laisse tout se perdre, se gâter, s'avarier. Baïla
à éttras dé mérea, donner à vil prix, gâter le marché;
mévendre.
Dér. de Éstrasta,
Ëstras, «. m., au plur. Ésircutet. Capiton; résidu des
cocons qui reste avec les chrysalides quand on en a filé la
soie; résidu trop peu consistant pour fournir un brin. Pour
profiter cette substance, chaque fileuse, à la fin de la jour-
née, fait bouillir à gros bouillons dans sa bassine les chry-
8alid'?s revêtues de cette légère pellicule qui les recouvre :
en les battant avec son balai, elle en fait tomber les chry-
salides ; il en résulte un réseau de filasse grossière qu'on
appelle Éstras, que l'on carde et dont on fait un fleuret
grossier.
Ëstrassa, v. Perdre; gâter; gaspiller; laisser se perdre,
se gâter. — Aquél ouvrage i$ éttrasta, c'est un ouvrage
gâté, gâché. Éstreusa lou pan, laisser perdre le pain. Ce
que s'éstratso, proufito pa'n déngus, dicton plein d'une
sage et charitable économie : le bien qui se gâte, qui se
perd , ne profite à personne, pas même aux pauvres. Au
fig. Èttratsa sa marehandiso, vendre à vil prix , gâter le
métier. Aquélo fïo s'és bien éstrassado, cette fille a bien gâché
son avenir par son mariage, elle pouvait trouver beaucoup
mieux : cela se dit seulement par rapport à la fortune et
à l'alliance. Éstrassa lou mâou, se distraire d'une souf-
france, soit par une occupation agréable, soit par un travail
sérieux et qui préoccupe entièrement l'esprit. Éstrassa un
lagui, tromper le ch^rin, s'étourdir sur ses malheurs.
Anén, anéni fôou éstreusa tout aqub, allons, allons! il
faut oublier ce sujet de discorde, mettre cette injure sous
les pieds. Y-a pas rés que s'éstrasss, il n'y a pas tant à se
récrier, il n'y a rien de trop. Es bravéto, pamén y-a pas
rés que s'éstrasse, cette fille n'est pas mal, mais il n'y a
pas de quoi tant crier : venez-y voir.
Dér. de l'ital. Elraziare, maltraiter, outrager; prodi-
guer.
Êstrassaire, aire, adj. Péjor. ÉstrassaXras, asso. Pro-
digue; dissipateur; qui n'a pas d'ordre; qui laisse tout
perdre, tout gâter.
Ëstrasso-lénçôou, s. m. Paresseux; qui passe son
temps au lit; qui se lève tard.
Êstrasso-parâoulo, s. m. Diseur de riens; qui parle
toujours pour ne rien dire.
Ëstrasuia, v. Éblouir; fatiguer la vue; appesantir la vue;
donner cette espèce de berlue ou de lourdeur de paupières
que l'on éprouve le soir quand on succombe au sommeil ,
et lorsqu'on vous réveille en sursaut.
Formé du lat. Extra, dehors, au-delà, et du fr. OBU,
qui d'après le génie languedocien devrait se prononcer VI :
c'est proprement, aveugler.
Éstravagan, gante, adj. Extravagant ; fou, bizarre.
Ce mot, qui nous vient du fr., est formé du lat. Extra,
en dehors, et Vagari, être errant, vagabond. Peut-être a-
t-il été pris tout fait du lat. Extravagantes, qui étiieot
des lois romaines, jetées çà et là dans la jurisprudence et
non contenues dans le Corpus juris de Justinien? Ces lois
et ordonnances dont la bizarrerie les aurait fait exclure,
auraient bien pu former l'adj. Extravagant, dans son ac-
ception plus étendue.
Éstravaganço, s. f. Extravagance; état de l'âme qui
extra vague; action ou discours hors de raison. — Dit /tôt
ou fa\ pas que d'éstravaganços, il ne dit ou ne fait que des
extravagances.
Ëstre, V, Être. — Parfois il fait aussi Béstre. L'intro-
duction de B, consounance forte et rude, est fréquente
dans la langue d'Oc : elle ne déplait pas à son génie. On la
remarque dans la formation de bien des noms pn^ires
dans des mots où rien ne semblerait devoir Taf^er, puis-
qu'ils ne traduisent que des formes romanes ou de la
moyenne latinité qui ne l'avaient pas admise, et par ex.
1
EST
EST
3^
dans les reproductions des désinences en anicœ, mica,
anieœ, latines, pour anègues, énègues, onègues, devenues
ensuite ange, enge, onge, anche, enche, agné, ègne, ogne, etc.,
et enfin fixées en argue, ergue, orgue. Ce doit être en vertu
des mêmes propensions qu'elle apparaît ici, avec cette
circonstance qu'elle se place au commencement du mot et
d*un verbe très-fréquent. Serait-ce pour éviter un hia-
tus quand le mot qui précède finit par une voyelle non
êlidée? Serait-ce pour imprimer une sorte d'énergie plus
sentie à la phrase? Toujours est-il qu'elle ne peut être
considérée que comme euphonique et n'appartenant en
jffopre qu'à notre langue ; et sa psésence n'en est pas moins
très-remarquable et originale. Au reste il faut remarquer
encore que cette forme avec R initial n'existe qu'à l'infinitif :
elle ne produit dans aucun autre temps du verbe.
Èsire ou Bèstre est un des verbes auxiliaires en lang.
comme en fr. Il est irrégulier, a dit un savant grammai-
rien, dans la plupart des langues indo-européennes, c.-à-d.
qu'on emploie plusieurs verbes difiiârents, défectueux,
diacun dans quelques-uns des temps, pour composer le
système général de conjugaison de ce verbe. — Dé que U
9èe ? Qu'êtes- vous pour lui? A quel degré ètes-vous parents?
lÀ souï pas rés, je ne suis pas parent avec lui.
Dér. du lat. Esse, sum, fui,
Êstré, éstrécho, adj. Dim. Éstréehé, éto; Éstréchoù,
9uno. Étroit. — Voy. Déstré,
Dér. du lat. Sirictus, m. sign.
Sstrécésl, v. Rétrécir. — Voy. Déstrécési.
Êstréma, v. Renfermer; serrer; mettre à l'abri; mettre
dedans les récoltes et tout ce qui souffrirait au dehors des
intempéries ou des voleurs. — Éstréma-vous, renti'ez,
mettez-vous à l'abri. Éstréma un ehival, faire rentrer un
cheval à l'écurie. Las cagardouios éstrèmou lus banos, les
escargots rentrent leurs cornes. Lou sourél s'éstrèmo, le
soleil se cache dans les nuages. On dit d'un gros mangeur :
PcsHra pas aquéste hiver, ëstrèmo foço pasturo, il ne souf-
frira pas de besoin cet hiver, il fait bonne provision de
fourrage.
Dér. du lat. Exiremus, dernier, le plus reculé; parce
qu'au sens propre, Éstréma signifie serrer avec soin, ren-
fermer dans le coin le plus secret, le plus reculé de la
maison.
fistréna, «. Donner des étrennes au jour de l'an ; donner
le pour-boire ou les épingles aux servantes d'auberge, aux
postillons, aux garçons d'hôtel ; mettre pour la première
fois un objet d' habillement ou de toilette; donner l'étrenne
à un marchand, être le premier à lui acheter un article ou
le premier chaland de la journée; avoir le premier usage
d'une chose.
fistréno, s. /*. Étrenne; libéralité, gratification aux gens
que l'on emploie ordinairement: premier argent que reçoit
un marchand; premier usage que l'on fait d'une chose. —
las istrénos, les étrennes du jour de l'an. N*ai agu Vis-
trino, j'en ai eu les prémices. Diou vous done bono éstréno.
dit-on à un marchand : que Dieu vous envoie des cha-
lands.
Dér. du lat. Strena, m. sign. — Ce mot lat. vient du
nom Strenua, déesse de la force; parce que des branches
coupées dans une forêt consacrée à cette divinité, furent
offertes le premi er jour de l'an à Tatius, roi des Sabins,
qui partagea le trône de Rome avec Romulus. Ce prince
les reçut comme un heureux augure , et eu autorisant cette
coutume pour l'avenir, il voulut que le nom du présent
qu'on se ferait à cette époque de l'année en rappelât l'ori-
gine.
fistriA, V, Étriller un cheval, le frotter avec l'étrille. Au
fig. battre; rosser; rouer de coups; étriller les épaules de
quelqu'un.
Dér. du lat. strigiîare, m. sign.
Ëstriado, s, f. Raclée; volée de coups; correction ma-
nuelle.
Ëstricado, s. f. Traite; parcours; temps de marche. —
T-a'no bono ëstricado, il y a une bonne traite. V anaru^
d'uno^éstricado, j'irai tout d'une traite.
Dér. du lat. Extricare, dépêcher une affaire; s*en dé-
barrasser.
Ëstrigongna, v. Tirailler; traîner; tirer parles habits
ou par le bras; secouer; houspiller. — Yoy, Trigoussa.
Dér. peut-être du lat. Extringere, serrer fortement :
Éstrigougna est d'évidence un réduplicatif qui augmente
l'action.
£strigoiignado, s. f. Tiraillement; action de tirailler,
de déchirer les habits de quelqu'un en le tiraillant.
ÉBtrîon, s. m. Étrier, anneau de métal suspendu de
chaque côté de la selle et servant d'appui au pied du cava-
lier. — Tène l'éstriou à quâouquus, tenir l'étrier; servir
de marche-pied; aider quelqu'un à parvenir, lui prêter la
main ; être son complice.
Dér. de la bass. lat. Strivarium ou Streparium, m. sign.
Ëstripa, V. Déchirer; mettre en pièces, en loques; essarter
un champ; défricher; étriper; arracher les entrailles à un
animal, éventrer. — On dit par antiphrase, Éstripo-
vèsto, d'un homme très-maigre qui ne peut remplir ses
habits.
Ce mot peut venir de la particule extractive Es et de
Tripo, boyau, c.-à-d. extraire, arracher les boyaux. Dans
le sens de défricher, il peut venir du lat. Ex et Stirps, sou-
che, arracher les souches. Il reste à savoir dans les diver-
ses acceptions quelle est celle qui a été usitée la première.
Éstripaduro, s, f. Déchirure ; accroc.
Ëstrivièîro, s. f. Étrivière, courroie double qui soutient
l'étrier. — Douna las éstrivièïros, donner les étrivièies,
frapper, fustiger avec les étrivières ou autrement. Cette
expression vient sans doute du moyen-âge où les chevaliers
corrigeaient les fautes de leur pages et varlets à coups d'é-
trivières.
Ëstron, s. m. Dim. Éstrouné; péj. Éstrountu. Étron,
matière fécale. — Se dit aussi comme terme injurieux et
4S.
330
EST
ET
très-bas, appliqué ^ un enfant, à un ymnc lionune qui fait
des embarras, des traits nié[)risal)les.
Ëstrouncha, v. Élronconnor les liranchcs d'un arbre;
couper la ci nie d'une plante ou rex.lréinité supérieure de
tout autre objjt. — Èshouncha lotis pèous, diminuer la
lon^^ueur d'une niècbe de clieveux.
Dér. du lat. Truncare, ro^Mier, couper i>ar le bout.
Éstroupia, v. Estropier; casser un membre, le blesser»
l'atropliier ; gàclier un ouvra^'c; altérer un mot, une peiisée,
la langue.
Dér. de rital. Slroppiarc, m. sign.
Éstru, s. m. Félicitalion ; cumpliuient à l'occasion d'un
heureux événement.
Ëstrucîou, s. f. Inslrucliun pastorale, .sermon familier
à la portée du ])euple; inslrucliun analytique (]ue les caté-
chistes font sur le catécliisme aux: enfants.
Il y a telles i)ersoniies gi'ussiéres (jui vont jusiju'à faire
de ce mot celui de Dcstmciou : c'est de rhydro[)Iiobie
archi-francljiriiand(3, que nous n'adopterons jamais : rien
ne conqn'omettrait plus sûrement la cause si belle du lan-
guedocien, que d'insérer dans sa uomenclalure ces variantes
barbares.
Éstruga, v. Complimenter, féliciter quelqu'un sur un
événement heureux. — Vuus ésirmjue d'un fU , je vous
félicite sur la naissance de votre lils.
Ce mot et sa racine a])parliemient au dialect*' provençal;
mais ils ont percé jus([u à nuus. La popiiîarilé des pocsies
de l'abbé Favre et des INuéls plaisants de Sabuly nous l'ont
importé.
Sa racine parait être It; lit Sirucs, sorte de galeau dont
on faisait oblation en actions île L'nce.
Éstrui, éstruicho, mlj. Instruit; habile; savant; qui
a de rac([uis.
Corrujtt. du fr. Instruit.
Éstrumén, s. m. Instrument d<' musique. — Ce mot,
emprimlé au fr., ne s'emploie gu-Te que dans cette pbrase
ironique : La lenguo es un ]mulU cstrunicn, la langue est
un instrument bien habile, que Ton adn'sse h un individu
gascon et vantard : c'(»st lui din- que toutes ses bravades
ne vont pas \Àus loin ([ue le [impos.
Éstudia, V. Étudier; lâcher d'a[)prendre par cœur; ap-
pliquer son esprit aux sciei)e(\s; jKMiser; rélL'cbir. — Dé
qu'esludies aqui, c/toutaras? qu'as-tu à bayer aux corneilles,
nigaud !
Dér. du lat. Sludere, m. sign.
Éstudian, s, m. Étudiant; écolier; jeune garçon qui fait
ses études.
Éstudie,^. m. Élude; cabinet d'un notaire, d'un avocat,
d'un avoué, d'un homme de lettres, etc.
Éstui, s. m. Étui. — iNous n'ajoutons rien pour une
déljnition, et ce n*e^t qu'à regret que nous insérons ici et
seulement pour mémoire, un mot que désavouerait un vrai
langualocien, mais que le français a inq)osé à nos nova-
teurs, parmi lesquels il a cours jounialier. Pour nous, nous
nous renfennerons, pour notre usage, dans son correspon-
dant pur-sang Caryuc.
iSéanmoins, qu'il soit bien entendu que, dans cette objur-
gation, il ne s'agit que d'étui de couturière, qui ne peut
avoir d'autre nom que Caryué ; (juant aux autres accep-
tions du mot Ètiii, il faut bien l'accepter du fr., ne serait-
ce que pour rendre È$liii dé lunétos.
Éstuvo, s. f. Étuve; lieu qu'on échaulTc pour faire
suer.
Der. de Atuba, allumer.
Et, conjonciion vopidaiive. Et. — En lat. Et; en ital. E,
ed; en ancien e.^p. È, aujourd'hui Y ; en i>ort. E. Dans le
plus vieux dos lilros de notre llùt^^l-de-Ville , la charte
rouKine d'Abus de 1200, cette conjonction est écrite E; les
troubadours l'écrivaient de même par un E seul; Sauvages
et bien des auteurs anci«'ns et modernes de la laiigue d'Oc
n'euq>loient [)as d'autre forme. On i)rononce È, è grave,
ouvert, sans jamais faire sentir le T fmal, qui ne sonne
pijint et ne fait aucuiK^ liaison, non plus ([ue dans le fr.
avec le mot suivant, même commençant par une voyelle.
Pourquoi cet»endant adopl(»ns-nous une orthographe
Contraire à ce principe (iu''Mi languedocien il n'y a point
de lettre inutile, (]ui ne doive se prononcer, qui ne garde
sa \aleur? Pourquoi ne pas suivre tant de modèles assu-
rément fort rocoinmandablcs et qui font autorité?
C'est une rxc.'pijon pour laquelle nous n'att<}ndiuns que
le moiueiit de dtMiiauib'r grâce; et elle a, nous l'avouons,
d'autant [>lus brsoin d'iiululgfiice que, si noire conjonction
Et eut été soumise à la conliguration roii»ane ]tar E simple
surmonté d'un acc'iit giave,sa consonnance était main-
tenue cl sa sigiiilicatiKii ne perdait rien. Voici pourtant les
raisonnements aux.(pi-'ls nous n(»us sommes laissé prendre.
Dans de piécdenls articles nous avons déj.\ expliqué
comuKMrt nous ent<Midions l'ortlidgraphe languedocienne, et
d'après (juels {irincipes il lui était imposé de se diriger.
Nous faiM'iis ici encore de récltx'tisme, et nous nous gar-
deri<»ns bi«'n de roiique avec les traditions. Mais, avant
tout, la manière d'ccrin* les mois qui nous paraît préfé-
rable sera toujours celhî qui, sans blesser le génie parti-
culier de notiv idioiin\ s'écarte le moins des Iiabiludes de
lectinv et decrituiv' familières dès l'enfance au plus grand
nombre, par coiiS''qucnt la plus accessibli- à tous.
Aotie langue n'eiilcnd point sans doute descendre au
rang de patnis du français, elle (jui, même pour consentir
à entrer (juebjuelois en c^jinmerci^ avec lui, prend un soin
si minutit'U\ d'inquimer é\ ses emprunts sa marque propre
et originale. iNèannuiins, nous avons beau protester, elle
n'en subit pas moins les innunnces et l'invasion. Faute
d'avoir pu rester maîtresse d'elle-même et vSe gouverner
par son génie; faute d'une législation et d'une charte,
c.-à-d. d'une orthographe et d'une syntaxe incontestées,
aux(|uelles les di.^sidences pussent être toujours ramenées
et soumises, elle s'est abandonnée et s'est laissée souvent
entraîner hors de ses voies; si bien qu^in usage sans sanc-
ET
ET
381
Uon est devenu le seul maitre et l'unique règle. Mais encore
ce tyran capricieux , qui procédait plus d'instinct que de
logique, était-il toujours bien saisissable dans ses volontés?
Nullement : chaque auteur avait son système et en préco-
nisait l'excellence avec un droit égal. Force est donc aujour-
d'hui, sans autre autorité que l'usage mal défini, pour se
maintenir dans une certaine régularité rationnelle, d'adopter
d'abord bien des procédés orthographiques de notre voisin,
pois de représenter les mots comme nous les articulons au
moyen de signes el de combinaisons qui n'appartiennent
point en propre à la langue d'Oc, admise seulement au
partage. Notre méthode d'écrire trouve là une première
justification.
Hais tout n'est pas dit. Les dialectes de la langue d'Oc
sont nombreux, et quelles facilités ils ont eues de prendre
leurs franches coudées, il est plus naturel de le concevoir
que d*en mesurer la licence. Chacun a apporté sa pierre
à l'édifice, et personne n'était là pour apprécier la qualité
des moellons et diriger la pose. Tout est entré un peu
pèle-mèle; et là où manquait un contrôle sévère pour
vérifier la légitimité des droits, la possession devait finir
évidemment par valoir titre.
Ce travail d'envahissement n'a jamais cessé ; le purisme
des fidèles a crié à la profanation : ces apports, malgré
tons les scrupules, ont fini par s'impatroniser. Nos con-
structions de phrase, par exemple, à quelques rares excep-
tions près, et nous ne nous épargnons pas à les relever,
ont abandonné leur origmalité romane qui, mieux que le
français, rappelait le type latin, et elles se sont formées
sur l'étalon d'outre-Loire. C'est cette similitude de con-
structions qui nous a forcé d'emprunter au français tous
ces liens, tous ces ciments de la phrase que l'on nomme
adverbes, prépositions et conjonctions surtout. Les trois
quarts en efiet de nos conjonctions sont purement et stric-
tement françaises : Et, Ni, Coumo, Quand, Mais, Pas, etc.
De même pour un autre genre de mots, substantifs ou
temps de verbes, la plupart monosyllabiques, qui ont
amené des liaisons inconnues au languedocien, et dont il
est nécessaire de tenir compte : neus les signalerons.
Nous aurons à revenir là-dessus à mesure que la cir-
constance le fera, et aussi peuVètre à réclamer en leur
laveur des exceptions et des tolérances. Abrégeons, en
attendant, le douloureux chapitre des concessions pour
rester en présence de l'obligation imposée à notre lexique,
et des perplexités qui ont dû l'assaillir, au moment de se
faire un système orthographique au milieu de tant de di-
vergences.
Tout d'abord, avec un idiome dont la mélodie est l'àme
et la base, chaque mot doit être figuré par une notation si
précise qu'elle contraigne à l'épeler comme il doit être
entendu pour avoir et représenter le sens vrai : l'ortho-
graphe auriculaire, phonétique s'érige donc en principe.
Puis, si l'on considère les circonstances, le milieu dans
lesquels un lexique de cette langue va apparaître, où il est
appelé à vivre, n'est-il pas évident qu'il est destiné surtout
à des lecteurs qui ont fait toutes leurs études de lecture
dans le français et sur le syllabaire et l'alphabet français?
11 ne s'agit pas ici d'abdication pour la langue d'Oc, ni de
faire acte d'humiliant vasselage envers un rival : tonte
la question est de la maintenir dans son rôle littéraire, et
de donner à ses compositions, à son langage usuel, les
moyens les plus sûrs de se faire comprendre et de conser-
ver son caractère original. Il importait encore à ce point
de vue de ne pas contrecarrer des habitudes venues de
l'école à la grande masse de ceux qui ont à consulter des
livres languedociens. Tous ces intérêts expliquent sufS-
samment notre méthode.
Or, nous avons dû conclure de là que notre lexique,
pour être au courant du mouvement linguistique dans
notre pays, était tenu de reproduire les innovations et les
apports qui ont enrichi la langue, en plus grand nombre
que n'a fait et n'a voulu faire l'abbé de Sauvages, soit
parce qu'il fallait être plus complet, soit parcr^ que la
foule des vocables, nouveaux venus depuis Sauvages, est
plus considérable que de son temps. Mais nous avons été
amené à cette autre déduction que la prononciation de
chaque mot, pour en obtenir l'intelligence, devait être
représentée par les lettres admises partout, avec leur
valeur consacrée par la pratique, constituant le son et la
cadence, ces principes essentiels de notre idiome musical.
Les risques que courait notre dialecte à se rapprocher
en cela de l'orthographe française ne nous ont point frappé.
Il semble qu'il n'y a pour lui au contraire que des avan-
tages à recueillir et que son génie n'en est nullement
blessé. Il demande à être bien lu pour être bien compris,
à être bien épelé pour être bien prononcé et cadencé :
la configuration visuelle, saisissante, facile de ses vocables
par l'alphabet français, le seul connu, ne leur enlève ni le
signe, ni le cachet du crû, ne les dénature point : il y a
convenance à se servir des moyens les plus simples et en
même temps les plus commodes.
Ces considérations devaient nous décider. La première
des conjonctions dont nous avons à traiter, et la plus fré-
quente sans contredit, appelait ces remarques générales qui
préviendront les redites, et leur raison fera comprendre
leur utilité.
Comme en français, notre conjonction Et s'écrira en
deux lettres et se prononcera sans faire sentir le T final :
comme en français aussi, ce dernier T ne formera point de
liaison avec le mot qui suivra. Cette configuration ne sur-
prendra pas le lecteur, et une fois expliquée ne peut
porter aucun trouble, ni causer la moindre hésitation,
pour être prononcée comme en français. Dans l'intérêt
d'une prompte intelligence de la phrase écrite, l'exception
nous parait devoir être acceptée, et elle sera tout à fait
légalisée, quand nous aurons rappelé qu'elle a été intro-
duite, sans soulever un reproche, dans les Cattagnados. Le
modèle est toujours bon à suivre.
332
FAI
Évangile, 5. m. Évangile; partie de l'évangile qu'on
récite à la messe.
Dér. du lat. Evangelium.
Èvéîa, évéiado, adj. Éveillé; vif, alerte; gai; >>;
Évéjo, s. /*. Envie. — Voy. Énvéjo.
Ëvéioùs, ouso, adj. Dim. Évéjousé, éto; Ev^^'j ■
Envieux. — Voy. Énvéjoùs.
Évès, évèsso, adj. Couché sur le dos; à
— Ne s'emploie guère que dans ce diclnn . '
un cat évès, il se défend des griffes et d, >
Dér. du lat. Eversus, renversé.
Ézan, adj. masc. Exempt; exeiii['
par le conseil de révision.
Mot nouveau: mais il est fat.il-
F,«. /•. F,
des consonip
cienne Èfo.
La cla-
parmi I'
nonce 1.
se r»!
avtM
tir.
r
.; ^ iviôre
:î >\'iible
■> . ^j::\ du sexe
>.::a.itinvl.
• i<Ius uriijinale
^. \\w>i\n moyon-
^r;avl rôle dans les
. > • i^^v.ple qui on con-
^ , i. oMitnos ([ui n'aient
- -Mxi i^VMe (les Casla-
> ' NirMis, dans la liâoumo
,^ .V. u-.:^ de s«\^ plus touchan-
V .;^^'^ ui<|ùrali(^ns.
, .," d un fini «'vquis et d'une
\ V •;ttv»M. on dil : Svmblo que las
. „ ,» v" ^"^t un oUNra^^e do fées; niais
. ;>• .' .t.'MHi vis, quelque foc lui
.:;\,o> e«uq)-d'iril ; ce n'est pas dos
.-i ,'nlend parler : c'est un retour
•. tv.Jvluil \\ par Fado, îi cause de la
X •. iluiel de ees deux espèees si diffé-
X s ;. ms allriluils el dans leurs actes.
..vx :îI f'.»M. ni. si^Mi.
.'^ '\\*;»>li*s lont ileriver ce dernier mot lat.
^ x' , .; ' i . tuais il S(Mnl)le plus rationnel de le
f V ' • '* d,' f .in«rri. destin, au plur. Fata, dont l'a-
VV
. ir et l'influence des fées est plus na-
. ~ :. rff</oM/e. Fagot; faisceau de menu
-- co., charge, paquet.
y 'JUS, ht^tre.
, .-. rfiro, ou Faïssïaîre, aïro, 5. m. et f. Fago-
^ .• u nninsseur et vendeur de fagots. — S'ap-
- - :: uix pauvres gens de la ville qui, les jours
,•• .:.an(jue, vont f»ire des fagots de menu bois,
> > U^is communaux, soit même chez lesparticu-
- . • >.Tvice desj gardes -champêtres n'est pas bien fait.
'•:.::utièîro, 5. /*. Fagotière; grenier, galetas où les bou-
, -^ .'^^nferment leur provision de fagots.
:ii. 5. m. Au plur. Faïsses. Dim. Fatssc ; augm. Fais-
ais r.i\: charge; poids; fagot; paquet. — N'aï moun fat
.: :'it aqnà, j'en ai por-dessus la tète. Vichà faï et bien
.-..:. prvh. qui revient à : Qui trop embrasse mal étreint.
i.ircja à biles fats, iransjKtrler à dos d'homme.
Dér. du lat. Fascis, fagot, charge.
Faï, S"* pors. sing. prés, de Tindic. du v. Faire. Il ou
elle fait. — Yoy. Faire.
Faï, 5. m. Hêtre. — Voy. Fa'iar.
Faïa, t'. Fèler; fendre légèrement. — Trio carto fatctdo,
une carte retournée dans le jeu.
Dér. du lat. Fallere, faillir, manquer.
Faïanço, *. /*. Faïence, poterie de terre fine, émaillée el
ordinairement blanche.
De rit al. Faetiza, ville de la Homagne où celte poterie
fut inventée, vers l'an 1299.
Faïar ou Faï ou Fàou, s. m. Dim. Faïardé. Hêtre, fan,
fayard, fouleau, Fagiis sijlvatica, Linn., arbre de la fam.
des Anientacées. — Cet arbre joue un grand rôle dans la
poésie l)ucolique, soit parce (jue c'est sous son ombre que
le pérc des bergeries place la scène de sa première pasto-
rale, soit aussi, je m'en doute, parce qu'en fr. il rime
admirablement <'i cl)amj)èlre. Il est vrai que de nos jours,
pour cause d'ahus, cette rime n'est plus admissible, au
njème titre (pie celle de guerrier et de laurier.
Ce n)ot est un de ceux (pii se sont le mieux prêtés à des
appellations de localités et de personnes : les variantes
mémos h^s inditpient. La raison on est simple : cet arbre
(Hait connnun, d'une venue remarquable, d'une grande
utilité pour les divers usages de son bois; il était naturel
(pi'il servit sous (li(Térent(?s formes aux désignations loca-
les, comme le ch(^ne, le ch;\laignier, le frêne, etc. Son
nom celtique parait avoir été Fao, qui se rapprochait du
lat. Fayus; aussi, sur ce radical similaire, quand il s'agit
de dénommer un lieu, un domaine où il se trouvait en
abondance, le suffixe collectif celtique ec = ac se rencon-
trait au bout de concert avec le suffixe latin de collecti-
vité acus, acum, etum, qui le représentait exactement; et
dans la moyenne latinité se trouvent naturellement les
noms gé(^graphi([ues Faiacus, Faiacum, Fagetum, traduits
par le roman, par le languedocien et par le français en
FÀI
FAI
385
■■.v
'îï.'Fays, Fey, etc., qui signifient, pour peu que le
'if s'y joigne, une réunion de hêtres, une fou-
Mté de tiètres, et plus tard le nom du pro-
' >rnaine. Les altérations, sans s*écarter
•1«'S variantes; les aptitudes -ethniques
i cti'taines formes au Nord ou au Midi,
i< tjiarque dans tous ces noms collectifs; Tin-
.>' a plus ou moins imprimé son cachet sur telle
• 1 -nomination à la désinence; mais la racine ap-
i\<'c une identité constante. Nous n'en citerons que
' lupies le plus prés de nous, et quelques analogues,
}> uir rappeler ce que nous avons dit de la composition des
iioius propres.
Dans le département du Gard seulement, comme noms
de localités, montagnes ou hameaux, la Fajo, La Page se
trouve dans les communes de Cambo, de Gruviers-Lascours,
de Mialet, d'Anduze, de Cézas et Gros, de Sumène; La
Fajé, La Faget, commune de Malons-et-Elze; Lou Fdou,
Le Fau, communes d'Âujac, de Saint-Sébastien d'Aigre-
feoille; Lovs Fàous, Le Faus, commune de Martin de
Corconac; et comme noms d'homme trés-répandus, Faje,
Page, Pages, Faïé, Fayet, Fagé, Faget; donnant naissance
à La Fayette, Fayel, Fayelle, Fajon, Fageon, Fayon, Fa-
yollat, Fayolles; et sans doute à Faugières, Falguières,
même Faîteau, d'où aussi Farjon et Fargeon ; remontant
tous également à notre Faï, Fdou, Faïar, fayard, hêtre,
du lat. Fagus ou du celt. Fao, avec la marque plus ou
moins profonde du suffixe de collectivité.
De même en fr. Fay (Sarthe), en lat. de cartulaire Fata-
ew; Pays (Vosges), Fagetum; Les Faix (Doubs); et les
nombreux Faux, Le Faux , Les Faux, Fay, Paye ; Fey,
Feys; noms propres de lieu, et les noms communs Foute-
laie et Fouteau, pour la pluralité et le sujet isolé.
Faîno, 5. f. Fouine, Muttela foïna, Linn. — Voy. Martro,
Faîoù, s. m. Brandon ; botte de foin, de paille ou de
toute autre matière menue inflammable, dont on se sert à
la campagne, après l'avoir allumée, pour transporter du
feu d'un endroit dans un autre , pour s'éclairer pendant la
nuit en guise de torche, et pour écarter par la fumée les
abeilles dont on châtre les ruches ou dont on enlève le
mid.
La pèche aux brandons, qu'on dit Pétquo à la luminado,
se fait à la lueur de brandons composés de brins de
bruyère sèche ou de roseaux dits CanUsn : ces torches
s'appellent Fàioi^, sorte de dim. de Fa\.
Dér. de Fa^, hêtre, parce que c'était en général de menu
bois de hêtre, dans nos pays où cet arbre est commun, que
se faisaient les brandons.
Faire, V. Faire; agir; créer, former, produire; fabri-
quer; composer; opérer; exécuter, etc. — Sa signification,
oofflme en fr., est très-étendue : des exemples peuvent
donner une idée des formes qu'il prend à ses divers temps,
comme de l'emploi varié qu'en fait notre langue. — Fasè$-
vo«t-éi-lov, reculez un peu; poussez- vous par côté. Fa\-
fin-çai, rapproche-toi d'ici; serre-toi plus près. Chaquo
jour que Diou a fa, tous les jours de la vie. Sou-fàX, ton-
fasiè, dit'il, disait-il. Déman fara hiui jours, il y aura
huit jours demain. Fasès votte cami, passez votre chemin.
M'a pas soulamén "di: Bèstio, dé que fas? Il n'a pas pris
la peine de me demander si j'étais chien ou loup. Que té
fai faK'li, c'est le Par pari refertur des latins : œil pour
œil, dent pour dent. À pas rés fa que noun siègue dé fùïre,
il n'a rien fait de mal ; rien que de très-convenable. AqiiH
méssaje faï fbço tnèstres, ce valet change souvent de con-
dition. Faï dé soun home, il fait l'important, l'entendu, le
fier-à-bras. Faï damo, elle s'habille comme les dames.
Faï capà, faï tartan, elle porte des chapeaux et des châles
comme les dames. Se faïre émbé, hanter, fréquenter, faire
sa compagnie de... Fat michan èstre pâoure, tout vous
bèquo, la pauvreté est une fâcheuse condition; tout le
monde vous marche sur le pied. Faï bon pas rés sdoupre,
qu'on aprén toujour quicon, il est bon d'être ignorant, on
apprend toujours quelque chose de neuf. Aquà mé fariè
gàou, voilà qui me ferait plaisir. Voué/ se fasias lun,
holà! si vous éclaixiez un peu. Lou bla a fa d'un dès, le
blé a rendu dix pour un. M'a fa coumo un méloun, il m'a
trompé, flibuste comme un juif. Aquél méloun es trop fa,
ce melon est trop fait, il est passé. L'ase d'Aoubarno se
faguè en tnanjan dé pousses, l'âne du Gascon s'engraissa
avec de la paille. Nous fàsèn bien tard pér séména, la sai-
son est bien avancée pour semer, je crains qu'il ne soit
bien tard. Se faï din i'aje, il avance en âge, vers la vieil-
lesse. Pode pas faire dé mén, impossible de me dispenser
de.... Dé gué faïre aqui? Que faire à cela? Faïre dé mita
partager, être de moitié. Faï luno, la lune éclaire.
Dér. du lat. Facere, m. sign.
Faîsséîa, v. fréq. Porter à plusieurs reprises des char-
ges à dos d'homme, le faire habituellement; exercer cette
industrie illégale indiquée à l'art. Faïssïaïre. — Voy. c. m.
FaÏBsèlo, «. f. Écnelle sans anses et percée de petits
trous au fond, où l'on met le caillé àégoutter, et qui donne
an fromage frais cette forme sous laquelle nous l'appelons
Toumo.
Dér. du lat. Fiscelltis, forme à faire les fromages.
Faïssiaîre, aîro, s. m. et f. Fagotier, faiseur de fagots;
celui ou celle qui exerce l'industrie plus ou moins licite de
ramasser du bois mort ou vif, gros ou menu, et d'en faire »
des fagots pour vendre, sans en rendre compte au pro-
priétaire du bois. — Voy. Fagoutiè.
Faîssîâon, «. m. ou Pagnè-lon ou Paîaron, qui semble
une corruption du précédent. Panier long, sorte de mann&
faite de côtes de châtaigners sauvages, deux fois plus lon-
gue que large, à bords relevés, propre à porter différentes
charges sur les épaules.
Dér. de Faï, faix.
Faissiè, s. m. Porte-faix, crocheteur, dont le métier est
de porter d'un lieu dans un autre les ballots de marchandise.
Dér. de Foi, faix.
S36
FAL
FAN
Faîssino, 5. f. Fascines pour les vers-à-soie. — On sait
•que pour ramer les vers, on emploie des brins de bruyère
qui, s*appuyant sur la table inférieure, s'arrondissent par
la cime et forment le berceau au-dessous de la table supé-
rieure. Mais lorsqu'on est arrivé au dernier ou au plus
haut étage, on ne peut suivre le même procédé, puisqu'il
n'y a plus rien au-dessus pour fixer le haut bout de la
bruyère. Alors on prend des fagots de sarments, ou de
vieux élagage de mûriers que Ton relie en bottes de la
grosseur de la jambe et d'une longueur égale à la largeur
de la table. On les place sur celle-ci à la dislance d'envi-
ron soixante-et-quinze centimètres l'un de l'autre, après
avoir piqué dans leurs interstices des brins de bruyère qui
s'y fixent ainsi en se tenant debout. Ce sont ces fascines
ainsi disposées et garnies de leur bruyère qu'on appelle
Dér du iat. Fascii, dim. Fascieului, dans la bass. lat.
Faxina, botte, fagot.
Faî880, «. /*. ou Bancèl. Terrasse ou bande de terrain
soutenue par un mur de revêtement ; plate-bande de jar-
din. — C'est par ce procédé, fort coûteux et fort pénible
du reste, qu'on parvient à transformer un terrain en pro-
clivité, les flancs d'une montagne, en parcelles nivelées,
â'étageant pour ainsi dire les unes sur les autres : seul
moyen de retenir la terre de nos plantations et de nos vi-
gnes, qui sans cela serait constamment ravinée et balayée
par les grandes pluies, le terrain en étant toujours meuble
à cause des œuvres qu'on est obligé de lui donner. La plu-
part des montagnes de nos Ce venues sont coupées ainsi en
terrasses disposées en amphithéâtre.
Le mot Bancèl tient au dialecte cévenol ou raïol. Faïiso
est plus usité dans les environs d'Alais.
Dér. du lat. Fascia, bande, lanière.
Falaî, falaîso, adj. Péjor. Falaïsas. Nonchalant; indo-
lent ; insouciant ; qui ne s'émeut de rien, ou plutôt qui
prend le masque de ces défauts pour faire des dupes.
Dér. du lat. Fallax, trompeur.
Falbala, s. m. Falbala ; toute garniture au bas d'une
robe; bande d'étoffe au bas d'une robe, d'une jupe. Au
fig. pompons, fanfreluches; tout ce qui constitue la toilette
des dames du grand ton.
Quelques étymologistes assignent une origine tout à fait
fantaisiste à ce mot qui aurait été imaginé par hasard et
accepté pour sa singularité insignifiante. Les antiquaires
font remonter l'ancienneté de cet ajustement aux Parthes
et aux Perses. D'autres le font venir de deux mots alle-
mands Fald'plai, feuille plissée. Nous le tenons tel quel
du fr. sans altération.
Falèto, adj. f. Boiteuse, à demi-paralysée. — Ne marche
qu'avec Cambo, — F. c. m.
Fali, V. Faillir; manquer; s'évanouir. — Jour pâli, cré-
puscule du soir, entre chien et loup.
Dér. du lat. Fallere, tromper, manquer.
Faloupado, ». f. Grosse vague ; masse d'eau torrentielle
ou d'inondation, qui arrive soudainement et se retire avec
promptitude.
Ce mot parait dérivé par corrupt. du fr. Envdopptr.
Dans certaines localités voisines on dit Valoupado, qui se
rapproche davantage de cette origine : simple permutation
d'ailleurs de la labiale F aspirée forte, en F adirée faible.
— Voy. lettre F.
Falonr, ourdo, adj. Péj. Falourdas. Gros lourdaud;
butor; grossier et inepte; sot renforcé.
Formé, parait-il, par corrupt. de Fol et de Lour.
Famîè, famièîro, adj. m. et f. Familier, qui ^ fami-
liarise aisément : qui en use familièrement ; privé, ap[n-
voisé, en parlant des animaui.
Dér. de Famïo.
Famine, s. f. Famine, disette générale de vivres, dans
un pays, dans une ville, dans une place forte. Par ext
simplement, faim, grand'faim. — Bramo fUmino, il crie
famine.
Dér. du lat. Famés, m. sign.
Famîo, «. f. Dim. Fanitéio. Famille, tons ceux du
même sang; race, lignée; les personnes d'une même mai-
son. — Acampo dé famïo, sa famille augmente beaucoup.
Dér. du lat. Familia, m. sign.
Fanabrégou, «. m. ou Béliconqniè ou Piqnopomè.
Micocoulier, bois de Perpignan, Celtie australie, Linn.,
arbre ^de la fam. des Amentacées. — Voy, Bélieouqmè.
Ne pas le confondre avec l'alisier, quoique son nom lat.
Celtis soit le même; mais ce n'est là sans doute qu'un
nom générique. C'est avec les scions de cet arbre aménagé
en taillis, que se fabriquent à Sauve (Gard) , ces fourches
à trois fourchons pour remuer la paille et le foin , qui sont
supérieures à toutes les espèces fabriquées ailleurs. Autre-
fois cet arbre était fort estimé dans ce pays parce qu'on
en faisait des cercles de futailles préférables à œnx du
chàtaigner sauvageon. Les cercles de fer battu ont dépos-
sédé cette industrie, et les micocouliers tendent à dispa*
raitre chaque jour de nos contrées.
Dér. du celtique Fana-bren, m. sign. Bren ou Pren est
le nom général des arbres en gallois et en breton : on les
distingue par le fruit : arbre qui produit la micoooule.
Fanâou, 1. m. Fanal ; falot ; grande lanterne d'écurie,
composée d'une cage de fer, recouverte d'une toile très-
claire, au centre de laquelle se place une chandelle.
Dér. du gr. <Pav6{, de 4»a(vcj, luire.
Fandalado, $. f. Plein un tablier. — Les femmes du
peuple font volontiers de leur tablier un sac pour trans-
porter du linge, des vêtements, de la soie, etc. ; celles de
la campagne en font leur cabas pour transporter les légu-
mes et les herbes, sans pour cela le détacher de la c^ture.
Fandàou, s. m. Dim. Fandalé. — Voy. Dinaniàou.
Tablier de femme, grande pièce d'étoffe ou de toile, avec
ou sans poches, que les femmes portent devant elles sur
la robe, dont elle recouvre tout le devant depuis le cou,
ou seulement depuis la ceinture; tablier de cuir pour
FAN
FAO
337
tains artisans. — La notno porto tnilo étcus din soun fan-
dàou, la future apporte mille écus comptant, au jour du
mariage, dans son tablier.
Ce mot semble une corrupt. du mot Fàoudàou, qui parait
avoir existé autrefois avec la m. sign. et qui dérivait évi-
demment de Fàoudo, giron : le tablier étant le vêtement
propre de cette partie du corps.
Fanfare, s. f. Fanfare, air de trompettes martial. Par
ext. tapage, bruit, train bruyant; éclat avec ostentation.
Emp. au fr.
Fanfaron, $, m. ou Lanlaroù. Dim. Fanfaronné, Coupe-
bonrgeon, bêche, lisette, insecte du genre des Ryncbytes.
— Ces dénominations désignent, ainsi que Fanfaroù, un
scarabée moins gros qu'une mouche ordinaire, revêtu d'une
écaille verte, relevée d'un bout à l'autre par Tor le plus
éclatant. Ce coléoptère porte au-devant de la tête une espèce
de trompe, longue, armée de dents, avec laquelle il scie
le pétiole de la feuille encore tendre de la vigne, qui se des-
sèche ; il la roule autour de lui comme un cornet et la
tapisse d'une sorte de toile ou duvet pour y déposer ses
Œufe. Le cultivateur ne s'émeut pas des dégâts qu'il peut
ainsi causer, car un de ses prvb. dit : L'annado dàou pan-
faroù, lou pêisan béguè prou; c.-à-d. l'année où cet insecte
est abondant, la récolte du vin l'est aussi.
Quelquefois Fanfaroù s'applique au hanneton, melolon-
tha, Linn., coléoptère lamelliforme.
Dér. probablement de Fanfuro, à cause du bourdonne-
ment de cet insecte en volant.
Fangas, «. m. Dim. Fangoisoû. Grand bourbier; large
creux plein de bourbe. Au fig. mauvaise affaire; gâchis;
embarras. — Es din lou fangas, il est dans le pétrin.
Dér. et augm. de Fango,
Fangastièiros, s. f. plur Pare-crotte des charrettes, qui
consiste pour elles en une bande de cuir on de feutre qu'on
cloue au-dessus de l'ouverture intérieure au moyeu de la
roue pour empêcher que la boue, qui tombe des jantes, ne
pénètre dans la boite.
Fango, s. f. Dim. Fanguéto; augm. Fangaiso. Fange;
boue; crotte; vase; limon; matières corrompues des rues
et des chemins, délayées par l'eau de la pluie ou des ruis-
seaux.
Dér. sans doute du lat. Fimus, d'où la bass. lat. Fan-
gus, m. sign.
Fangoùs, ouso, adj. Fangeux; boueux; couvert de
crotte; bourbeux.
Fanguè, ». m. — Voy. Patroun-fànguè.
Fantasquariè, «. /*. Bizarrerie fantasque de goût et d'hu-
meur.
Fantasque, aaqno, adj. m. et/*. Fantasque; capricieux;
iMzarre; extraordinaire; bourru; qui est fort délicat pour
son manger; qui n'a que des goûts bizarres.
Dér. du lat. Phantanna, fantôme, illusion, chimère.
Fantastl, s. m. Farfadet; lutin; esprit follet; être ima-
ginaire; génie, démon familier; être fantastique, qui, dans
les idées du peuple, est cependant encore plus malfaisant
que le Gripé, mais moins redoutable que le Dra, Braqué,
et surtout que la Roumèquo et la Babarogno, — Voy. c. m.
Dér. du lat. Phantattieus, fantastique.
Fantastissiè, ièire, adj. Fantastique; qui tient du Fan-
tastl; ensorcelé; qui ensorcelé.
Fâeu, 5. m. Hêtre. — Voy. Faïar,
Fàeu, fâeusse, adj. m. et /*. Faux; contraire à la
vérité; supposé; altéré; de mauvaise foi: traître; discor-
dant; qui manque de justesse. — Es pas fâou, phrase ha-
bituelle pour confirmer un fait, ou une opinion d'une autre
personne : c'est bien vrai.
Dér. du lât. Falsus, m. sign.
Fâeu ou Fôou, v. impers. Il faut. — Fâou faire, fôou
dire, fôou marida la Jano, il faut faire, il faut dire, il
faut marier Jeanne. C'est le lat. Oportet, avec le même
sens. Fdou hé que sièguo vous, il faut bien que vous soyez
de mes amis.
Fâeucîe, s. f. Faucille; petite faucille qui sert à couper
des herbes, du fourrage en vert, et non du blé.
Fàoucïo, par un jeu de mot, se dit aussi d'une personne
UQ peu fausse, qui câline les gens pour les duper, qui dit
blanc et pense noir. — Ce mot devrait s'écrire préféra-
blement Fâoussïo, eu égard à son origine de Fdou, fâousso :
nous le plaçons ici pour faire sentir le jeu de mot.
Dér. du lat. Falcieula, m. sign.
Fâeudéto (Faire), t;. Au jeu de la main-chaude ou de
cligne-musette, c'est recevoir sur ses genoux la tête du
joueur qui doit deviner, en lui mettant son tablier sur la
tête pour lui ôter la vue de ce qui se passe.
Fâeude, s. f. Dim. Fdoudéio. Giron; espace de la cein-
ture aux genoux d'une femme quand elle est assise; géné-
riquement, les genoux d'une femme assise. C'est l'espèce
de siège â angle droit que décrit ainsi sa taille avec ses
jambes. Cependant on dit : Pourta din sa fioudo, porter
dans son tablier retroussé, en parlant d'une femme qui
marche. — Sus la fdoudo, sur les genoux. Fàoudo dé
caréto» tablier de charrette, intervalle entre la caisse et
l'ouverture du brancard : place que prend le conducteur
quand il voyage à vide, contrairement aux règlements de
police.
En esp. Falda, jupe de dessous.
Fâouiila, v. Faufiler; bâtir les pièces d'un habit, d'une
robe, d'un ouvrage de couture, à longs points, pour les
assembler avant de leur passer le point de couture.
Fâeufile, s. f. Faufilature; fausse couture à points
espacés.
Formé de Fàm et de Ftoti.
Fâeu-iiô (Faire), v. Faire faux-feu; rater, ne brûler
qu'une amorce sans que le coup parte ; ne pas réussir.
Fâouquièîro, s. f. Bacule d'un bât ; croupière de bois
courbée en arc, fixée au bât par des courroies, ce qui l'em-
pêche de retomber sur le cou aux descentes. Elle ne porte
pas sous la queue comme la croupière ordinaire, mais sur
43.
.1 »M
FA(.)
FAR
I • . i|. Il \ V m . . '-^ >l/ l .1111:1. il qu'.'ll'^ i'Mtour.^ crtiiiitl/'lt'iiitMil.
I M . .1 • / ■ v-i .1 ' (^>(n<M). fnu\-cul, t»u lii'-ii il" /-V/ou.sso
.1 !• (».'■■.. i iii>s « .j.i.'ih', im laiiSM' cr<iu[)i''n'.
l'iou.-.a. Iiu-»'!-; r.iiiv plier; r.iiiv enui-l).'!-. Au li^'.
m i , u. >i -.1 !vi!, N'ii stniiiiMil, sa iiarnlc; li's •'iilrL'unliv,
II- I \ I 'I.'i
h.'i ilii lu. inlciirii. pli"!" coiiiiin' Ullf faux.
r.lou.Mi), '•• <l«N «l''ii\ <:iMircs. — Voij. rwntno.
r,uMi..M»-coucho, s. f. r.iiiss»^-i;oULl)f^; a\nri.'i]it'iil ;
Il . Mii. li.'iiM'iil [iri'iiialun''.
l'.iou.sso-iiiouncdo , .V. /'. Faiis</'-in<iiiiiaiL'; iii'iimaio
( I ilil I ri.i l|r.
ràousso-quuïo, s. f. Oui'in' pnslii'iie; all'iiiijr' dime
<|iii iir (II- r|i('\cu\, Inil l'ii usa>;t"' p-tiir li's iKHiiiHt'S, ijiiaiiil
il ri.iii lie !)tiii inii cl (!♦' iiKulc do poiij'r la qu<'U''. »'l un
pniiii il.' \.iiiili' (h' la poiltM" lou.L'iKM'l fniuiiio : aiijnunrimi
les h'iiiiiifs usciil lurt ilu iiiiii cl dr la chose :\\rc raiiipli-
hiiir ijf It iii> cfii-juniis. Au j<'u dv liillanl, i"aus>e (jucue.
Fâousso-sièfro , .v. /". Snus-viMiliicre «ruii olif;\al (I(î
r.liarr<-U'', «pli est la cnnlro-parlif de la Slcfro .'V. c. m.,.
Dans |i' l.diLauc usiirl des clianvliiTs, on la nomnio siin-
pl«'ti)»'nl la Fâfiusso.
Fàoutèrno, s. /'. «m Pantèrno. Arislnldclic chainpèire,
Arixinioclnd cleitidtttis, Ljnn., j)lanl«' de la fani. des Aris-
l<)|(»i-|p\s, i"nri coiniaunedans nos vii!in's, et cpii, dil-nn, Inrs-
qu'ellt' n'esl pas extirpi'O a\(V soni, cnniiiiunii[uc au vin
une sa\»'ur auièn' cl di'sa;:iv;ilile. — Otniiin' nous m* lai-
sons i)as ici un cours de l)(jlani({ue inrdicale, nous nous
abstiendrons, conuin' [nui* luules ses so'urs, d'cnuiii'''r<'r
ses verlu> cuialivcs qui j)araissenl m.iiilnvusi's.
Son nnin, d'.iprcs Sau\a,L't\s, <'sl fdiiur dune des appel-
lations lalin< > «jue |;i nomenclature lui dmnie, Fel tenir,
fiel de la terre, a cause de sa gninde aiiiertuine.
Fàouto, s. f. lauli^ niainiueiiiciit contre une loi, une
n'|ile; iiiip'Tlection, iuan(iue ; alisence de juiieinent, d'or-
dre, d éc mnijjie; nialadre^se. sottise, hèlise, imprudence, im-
prévoyance.— S^ [uvnd snu\cnlad\erl)ialemenl pour mar-
quer la pri\alion, le rnantpie. Aï /u la fàoitlo, f^rai la ]nni-
(enço, j'ai commis la faute, jo ferai la pénitence, je la répa-
rerai. i:5 (II! ma jYunttu, c'est ma faute, laid pis pour moi.
Vendrai sans frt(nil'>, je viendrai sans mainjut^r. A"5 jnort
fdouta (le jnt'nc, il est Miorl d'inanition, faute do soutenir
ses forces {Kirune nourriture (iuelcon(iue. Te vàou mètre en
fâonla , je vais le niellre dans Ion tort. Àqnel home /ara
bien ftïoulo, la mort do cel lioninie fera un ^v\\\d vide dans
sa famille.
I)ér. du lai. Fallere, marupier.
Fàoutul, v. m. Dim. Fàoululc; péj. Fàoutalas. Fauteuil ;
siège l'i bras avec un dossier.
Corrnpt. du fr.
Faquin, quino, adj. m. et f. Pctit-maitre ; élégant;
reclierché dans sa mise.
Ce mot est un emprunt évident au fr.; mais avec un
singulier adoucissement de signification .
Faquino, s. /". liedinjdte. \ élément. — Ne se dit que
d'un lialiit un [)eu fnn,LMnt. d'un liabit de dimanche: c'est
le cnsiu:i;e a peu pre> liai'ill''. Mais le languedocien l'eiii-
l)l')ie dans un sens iruni(jii\ OMiiiiie pour se moquer d'un
artisan endiiiianchè, qui S'jrl du c<'Slume ordinaire do sa
classe.
Fara, farado, iidj. m. et f. Qui a le teint Irès-rougo;
haut en c«»uli'ur. Au llg. elV.iiv; animé.
Vieillirait il de lùuo, ou bien peut-être du lai. Fera,
bêle l'au\e. exprimant Inuie l'extension du sens?
Faragousto, s. /"., (»u Chabrolo. FrandKtise, fruit du
fraiiibnisier. — (](' nom n'est pas usuel dans nos plaines
«»ù la Iraijibnise est rare et exotique; il lui est donné dans
les hautes Cé\iMnes ou le framliviisier vient spontanéuient
dans les lnii>. — V<nj. Chabrolo.
Dér. du lat. Fla^rare, sentir bnii.
Farandèl, èlo, adj. Péj. Farandelas. Niguedouille; dé-
gin^'andé; sans tournure, sans manières; gauche et décon-
ti'iiancé; sans gène et un })eu niais.
Farandouna, r. Danser, sautt'r la farandole.
Farandouno, .v. /'. Farandole, sorte de danse d'origine
provençale : c'e.st une hjiigue lile de jeunes gens des deux
sexes qui se tiennent par la main, ou plutôt par le bout
d'un niouehoir. et sautent en cadence par les rues et les
champs, au son du tambourin, en exécutant mille ligures
et [)asses (Ulférentes. C'était surtout dans les réjtuiissances
piibliijues et politiques «jne cette danse avait lieu. L'usage
s'en piM'd aujourd'hui et pour cause.
La racine de ce mot parait être le vieux lang. Faro,
phare, torche, brandon, ])arce que proljablement celte
dans-' s'exi'culait jadis aux IVimbeaiix, ou (juc les acteurs
portaient un brandon. Le fr. nous a évidemment eirjpnuité
ce m<»l (ju'il a accommodé au génie de sa prononciation.
L'étynio|o^-ie du gr. d'âAay;, phalange, et Aojao;, esclave,
assujéli, parce (im^ la Farandouno ou Faran'Ioulo repré-
senle une troupe de danseurs liés cnsemLle, a été aussi
propo>ée. Nous la relevons pour ne rien laisser jjerdre.
Farcéja, v. frécp Faire des farces; folâtrer; faire le badin,
le railleur; faire îles niches boullonnes.
Farcéjaïre, aïro, adj. Farceur; jovial; qui aime à faire
ou à dire îles farces. — 11 a un sens un j)eu plus étendu
que Farceur y dont il est en i[iieli|ue sorte l'augm., et ne se
prend d'ailleurs ipi'en bonne jiart.
Farci, r. Farcir; bourrer; gorger; remplir jusqu'aux
bords; remplir dun liachis.
Dér, du lat. Farcire, m. sigii.
Farço, s. f. Farce, bouiîonnerie, niche; plaisanteries.—
Mélange de viande hachée menu, avec ou sans herbes.
— On le dirait pris adjectivement dans ces locutions :
Aquos bien farço, c'est bien drôle, bien plaisant. Que siès
farço, peraqudJ Pourtant, que tu es plaisant, comique I
Dans la premier 3 acception, l'étym. du lat. Farstim,
supin de Farcire, farcir, est aussi certaine que dans la
seconde. La bass. lat. avait fait le mot Fana, tiré da
FAR
FAR
339
même verbe, pour désigner certaines pièces dramatiques
où se mêlaient non -seulement les lazzis burlesques et les
facéties les plus hasardées, mais aussi toute sorte de lan-
gages et d'idiomes. C'étaient là des pièces qu'on appelait
farcies, par ressemblance et par comparaison avec les pièces
de cuisine dans le hachis desquelles entre un peu de tout.
De là le rapprochement des deux mots et des deux sens.
Farcin, s. m. Farcin, maladie cutanée des chevaux.
Dér. du lat. Farciminum, m. sign.
Farçnr, çurdo, adj. Farceur; plaisant; bouffon; qui
aime à Caire des farces.
Farda, v. Habiller; équiper; parer; ajuster; faire enra-
ger; frissonner.
Se farda, mettre ses habits de dimanche; s'atifer; soi-
gner sa mise; se laver la figure comme font les chats qui
se débarbouillent le museau du bout de leur patte.
Ce dernier sens du v. est emprunté au fr., le premier
dérive de Fardo»,
Par une extension singulière, l'idée du mot Fard, qu'on
dit venir au reste du celtique ffard, m. sign., semble avoir
déteint sur une signification du v. Farda, par exi. dans
la phrase suivante très-bien reçue : Aquà mé faï farda,
cela me fait enrager, me met hors des gonds. Il est évident
que c'est le ronge de la colère qui monte an visage. Cette
association d'idées et de mots est curieuse.
Fardétos, s. f. plur. Layette, trousseau d'un enfant nou-
veau-né; linge, lange, maillot, béguins, etc.
Fardos, s. f. jdur. Bardes de toute espèce, habits, linge,
robes; bagage; trousseau d'une nouvelle mariée. — Éj-
youiia la$ fardoi, au fig. secouer les puces, étriller quel-
qu'un.
Ce mot parait emprunté au fr. Bardes, en changeant
B en F, métaplasme fréquent dans le dialecte gascon,
ainsi que le vice-versà.
Farèlo, s. f. dim. Petite tour. — Voy. Faro.
Farfantaîre, s. m. Charlatan; batteleur; tout individu
de cette gent nomade, qui hante les foires et les places
publiques pour montrer un spectacle quelconque.
Ce mot est sans doute un réduplicatif formé du lat. Fari,
parler, donnant au part. prés, inusité Fans, fantis, comme
pour désigner un grand parleur, un braillard. L'ital. Far-
fimte, qui signifie fripon, doit avoir la même origine.
Comme en fr. juif est synonyme d'usurier, en ital. char-
latan peut bien s'étendre à fripon, faiseur de dupes.
Faiianté]a, v. fréq. Faire le charlatan, l'empirique;
hàbler; faire le discoureur.
Farfantèlo, s, /*. Berlue, éblouissement passager, qui
semble faire danser et sautiller les objets devant les yeux.
— Mous ièls mé fan farfantèlo, j'ai la berlue, j'éprouve
un éblouissement.
n n'est pas impossible que ce mot vienne de Fatfan-
taire, ou du moins qu'il ait une racine commune avec lui;
cet éblouissement étant pareil à celui que procurent cer-
tains empiriques qui font voir les objets différents de ce
qu'ils sont au naturel au moyen de quelque procédé phy-
sique et que le vulgaire appelle la poudre de perlinpinpin.
Dans ce pays on appelle l'action de sortilège Émbloui,
éblouir. Dans cette hypothèse, Farfantèlo aurait été l'é-
blouissement fantastique produit par le charlatan Farfan-
taîre; et son acception se serait plus tard élargie.
Fargnè, fargnèîro, adj. Qui sert à la farine. — Sa
fargnè, sac à farine.
Faribole, 5. f. Faribole; parole légère et oiseuse; choses
vaines et frivoles r niaiserie; sornettes.
Dér. du lat. Fari, parler, et BuUa, bulle de savon.
Faribouléja, v, fréq. Dire des fariboles; s'amuser de
niaiseries; folâtrer: fariboler.
Farignèîro, s. f. Grande caisse, coffre à tenir la pro-
vision de farine et de blé suivant le cas.
Farinèl, èlo, adj. Dim. Farinélé; péj. Farinélas. Fari-
neux; de la nature de la farine; blafard. Au fig. niais,
niguedouille, Gille, Jean-farine. — Péro farinèHo, poire de
la vallée, espèce à pulpe grossière, âpre et farineuse.
Son acception figurée vient évidemment de l'usage admis
dans la comédie italienne de barbouiller de farine la figure
des pierrots et des gilles.
Farinéto, j. f Bouillie faite de farine de maïs, assai-
sonnée d'huile, quelquefois de sel seulement, comme la
Polenta des Italiens.
Farino, f . f. Farine, grain réduit en poudre, principa-
lement pour faire le pain. — Passa la farino, bluter,
sasser la farine.
Dér. du lat. Far, farts, nom d'une sorte de blé qu'on
employa d'abord pour faire de la farine.
Farlcquo, *. f. Faribole. — Toy. Faribolo.
Dér. du lat. Fart et Loqui, m. sign. redoublés l'un et
l'autre : parler.
Farlnqné, qaéto, adj. Freluquet; petit-maitre, petite-
maitresse.
Emp. au fr.
Fama, s. m. Breuvage épaissi par la farine, surtout
par la farine de châtaignes blanches, dont on empâte les
porcs que l'on engraisse; bnvée de farine.
Famoùs, ouso, odj., au plur. Famouses. Dim. Far-
nousé; péj. Famousas. Blanc de farine; sali par de la
farine, comme un sac ou l'habit d'un meunier; couvert de
farine. — Èndèrvi famaits, dartre farineuse.
Lorsque les vers-à-soie sortent de leurs mues, leur nou-
velle peau est plissée, blafarde et d'une couleur farineuse.
Cette dernière qualité est un signe de santé; au conlraiie
une peau lisse, tendue et luisante, dénote une constitution
adémateuse qui tourne bientôt à la dissolution. C'est donc
très-bon signe quand Imts magnas sortou toutes famouses.
Faro, s. f. du vieux lang. Dim. Faréto, Phare; tour de
signal. — Le Languedoc était semé de ces tourelles, qm
étaient destinées à prévenir le pays de l'approche de l'en-
nemi. Vers le milieu du XI V« siècle, et durant la captiTité
du roi Jean, le vicomte de Narbonne, capitaine général de
340
FAT
FAT
la Langae d'Oc, fit coastniire un grand nombre de ces
tours dont quelques-unes subsistent encore et ne parais-
sent pas, par leur isolement, avoir servi à d'autres usages.
Beaucoup de noms pr. de lieux et de personnes ont con-
servé ce nom, et même son diminutif : La Fare, La Farelle
avec ou sans l'article.
Dér. du gr. 4>dlpoç, nom d'une ile d'Egypte proche d'A-
lexandrie, où Ptolémée Pbiladclphe fit élever une tour
servant de phare, qui prit le nom de l'île et fut classée au
nombre des sept merveilles du monde. •
Faro, s. f. Figure rubiconde; face enluminée; visage
réjoui, haut en couleurs .
Dér. de Fara, adj.
Farô, roto, adj. Dim. Farouté. Quia une mise élégante,
à la mode ; élégant d'une toilette campagnarde ; petit maitre
de campagne, endimanché.
Farouche, 5. m. Trèfle à fleur pourpre, Trifolium
rubens, Linn. Plante de la fam. des Légumineuses; bon
fourrage artificiel.
Ce mot est probablement une altération de Farouge,
venant de Farrago, foin sauvage, donnant Féraje,
Fartaia, v. Cueillir et parer les herbages, les légumes
verts d'un potager ; les laver et les disposer pour la vente.
Fartaïo, s. f. Herbes; réunion de plusieurs sortes d'her-
bes et de légumes verts; jardinage. — Ne s'emploie que
relativement à la vente de ces mêmes objets, ou à leur
consommation dans une ferme ou un ménage. Par ext. on
l'applique à la réunion de toute sorte de menus ustensiles
en bon et mauvais état et pris collectivement.
Au sens positif, ce mot est le même que Hourtoulato,
que nous employons indifféremment ; mais ils ont dû ap-
partenir à deux dialectes différents. L'un et l'autre ont
leur racine dans le lat. Hortus : les changements de J7 en
F, comme nous l'avons remarqué, étant très-communs et
dans le génie propre du dialecte gascon proprement dit.
Fasti, «. m. Dégoût; répugnance. — N'est guère em-
I^oyé que dans la phrase suivante : Faï vénï lou fasti, ou
dono lou fasti, cela est dégoûtant, cela soulève le cœur.
Dér. du lat. Fastidiutn, m. sign.
Fasti, V. Dégoûter; répugner; causer de l'aversion, de
l'horreur, de la répulsion. — 11 a un peu plus d'extension
que le subst. précédent, dont il n'est que le composé , et
signifie au besoin : indigner, exciter le mépris. — Aquà
mé faï fastï, cela me répugne. Lèvo-té d'aqui que fou fa$H,
va t'en, ta fais peur et horreur. On dit proverbialement :
Aquà fat fastï et régoulije, cela soulève le cœur, lorsqu'une
personne se conduit ridiculement, ou qu'elle veut prendre
des airs qui ne conviennent ni à son rang ni à sa fortune.
n n'est pas nécessaire de faire remarquer le déplacement
de la syllabe tonique dans le substantif et dans le verbe,
l'un sans accent sur l't final, l'autre portant l'accent grave,
qui a pour effet immédiat à la prononciation de rendre
brève ici la première syllabe, et là de la faire longue.
Faftigoùa, (mso, adj. Au plur. Foitigouses, Fastidieux;
dégoûtant; ennuyeux; importun. — Se dit d'un mets trop
gras ou trop sucré; même d'une t^rre trop humide ou trop
molle pour pouvoir être travaillée.
Fata, V. Envelopper d'un linge ; faire une poupée à un
doigt qui a quelque bobo; étouper, calfater, étancher une
futaille qui fuit.
Dér. de Fato.
Fataïre, aîro, j. et adj. Chiffonnier; crieur de vieux
drapeaux, de chiffons ; qui les achète pour les revendre aux
papetiers. — Bada coumo un fatdire, crier comme un
aveugle, parce que les chiffonniers font leurs criées à grands
éclats de voix, quand ils crient par les rues : Dé fatos, dé
fère vièl, dé véHre rou.
Fatamol, s. m. Laurier-thym. — Voy. Eavétoii.
Fatéto, 5. f. Dim. de Fato. Petit chiffon. C'est aussi le
pécule secret d'une femme, ramassé à l'insudu mari, parce
que d'ordinaire elle le cache dans un peloton de chiffons,
afin que si on le découvre on ne se doute guère du magot
qu'il renferme. — Amaisa sas fatétos, faire son paquet, et
au fig. être à l'agonie, faire son paquet pour l'autre monde.
Fatigo, s. f. Fatigue; lassitude; préoccupation. — Es
en grand' fatigo , il fait de grands préparatifs, il est en
grand travail.
Le «verbe est Afatiga fV.c.m.),ei non Fatiga, barba-
risme franchiman.
Dér. du lat. Fatigatio, m. sign.
Fato, s. f. Dim. Fatéto. En provençal, on dit PcUo, qui
est aussi, dans quelques-uns de nos cantons cévenols, adopté
comme variante. Chiffon; vieux drapeau; linge à panser
une plaie; petits coupons d'étoffe dont les enfants habillent
leur poupée. — Fato dé magnaguiè, nouet ou sachet de
magnassier : petit sac où l'on tient au large la graine du
ver-à-soie pendant la couvée. On en emploie un grand
nombre pour que la graine soit plus divisée, et qu'il soit
plus facile en la remuant souvent de la faire participer
également à un même degré de chaleur. On ne met guère
que deux onces de graine par chaque sachet. Acampa êas
fatos, ramasser ses guenilles. A dé mans dé fato, il a des
mains de beurre ; tout lui échappe des mains. Es un hom^
dé fato, c'est un homme délaissé, sans force, sans courage.
A toujour uno fato que trémpo, l'âoutro que se bagno, il est
toujours empêtré ; il trouve des anicroches à tout ; il n'a
jamais le temps de rien. A pér dous iars dé mdou, pér dnq
sôous dé foUo, il fait grand bruit pour peu de mal. Fafo
erémado, linge brûlé, de la mèche, sur laquelle on bat le
briquet pour avoir du feu. Fato-bruto, jeu innocent* où
celui qui cherche un objet on un gage caché, est dirigé
par un des joueurs en suivant l'indication fàto-bruio, oa
bruh pas, suivant qu'il approche ou s'éloigne du bat»
jusqu'à ce qu'il l'ait découvert .
Chaquo fato a soun sén : dicton qui revient trop souvent
pour mériter une explication. Le mot à mot est : chaque
chiffon a son sens; la signification : rien ne se fait sans
motif, tout à un secret motif; et cela se dit quand 00 voit
FAT
FAV
341
quelqu'un faire quelque chose dont on ne saisit pas bien
la portée.
Si Ton pouvait supposer que le mot Fato, à cause de sa
grande ressemblance de confîguration,vient du lat. Fatum,
l'antique Destin, formé lui-même de Fart, parce qu*il était
fort bavard, on dirait que ses oiacles qui avaient le même
nom, Fata, et dont il s'agirait ici, quelque obscurs qu'ils
fussent d'habitude, n'en avaient pas moins un sens, une
signification ; car le Destin ne parlait pas pour ne rien dire :
alors l'êtymologie serait toute trouvée, et elle sonnerait
assez bien ; mais Fato n'a pas de si hautes prétentions : les
modestes industriels, Fataïres, qui crient dans nos rues le
chant qu'on sait, ne débitent point d'oracles, pas même
la bonne aventure, et leur inharmonieuse mélopée avertit
seulement qu'ils achètent des guenilles, du vieux fer et du
verre cassé. Prenons donc Fato dans son humble condition,
sans nous occuper de son étymologie, qui n'est nullement
nécessaire pour expliquer notre dicton.
Un chiffon, — je ne parle pas de ceux auxquels les
dames attachent si justement une grande importance, — un
chiffon ordinaire est de bien mince valeur, sans impor-
tance aucune, une vétille, un rien, et qui dit l'un dit l'au-
tre. Chaquo fato a soun tén doit donc s'interpréter, se
traduire ainsi : la moindre chose a sa portée, la plus futile
en apparence peut avoir et a souvent son utilité. Suit le
commentaire ; vous ne comprenez pas ce que je fais, ni
pourquoi je le fais; vous le jugez insignifiant et inutile,
mais dans une afiaire, aucun détail ne doit être négligé
pour la faire réussir, tout concourt à l'ensemble, tout con-
tribue à la faire marcher : une montre s'arrêterait si la plus
petite aiguille n'était pas à sa place : Chaquo fato a soun aén.
Quant à la dérivation du mot, nous sommes fort tenté
de considérer Fato comme une corruption de Pato, et
celui-ci comme de même origine que l'anglais Patch, pièce,
morceau. Il en est de même du mot Pétas qui est évidem-
ment de la même famille et que le fr. nous a à coup sûr
emprunté comme racine du verbe Rapetasser. Cet emprunt
ne peut être douteux pour nous qui connaissons le mot
Pétas et qui ne pouvons faire aucun état des étymologies
qui prétendent faire descendre Rapetasser du gr. Pdbciciv,
coudre, ravauder, rapiécer. Il nous semble donc plus ra-
tionnel de croire Polo formé d'une racine commune avec
l'anglais Paieh, Après cela, les uns et les autres pourraient
bien venir vraiment du gr. noréiv, fouler aux pieds, d'où
ndtv)(&a, chose vile et abjecte, sans consistance, comme un
diiffon, une guenille, du vieux linge.
Fatoù, «. m. Facteur de la poste; facteur de camion,
de roulage; agent; intendant.
Emp. an fr.
Fatras, s .m. Dim. Fatrassoà. Mauvaise pièce de linge ;
gnode loque déchirée, mise en pièces; écouvillon de four
de boidaoger; haillon. Au fig. avec le sens à peu prés du
fr., diiffon, personne mal mise, mal tenue; indolente;
malingre.
Ce mot est un augm. de Fato, et il est probable que
c'est de lui que s'est formé le mot fr. Fatras, quoiqu'il
ait aujourd'hui une signification plus métaphorique.
Fatrassado, s. f. Tas de vieux haillons, de vieilles bar-
des, de loques usées, en lambeaux. Par ext. quantité con-
sidérable d'objets réunis pêle-mêle, en désordre. — Fatras-
sado dé papiès, gros fatras de paperasses. Fatrassado d'hèr-
bos, brassée d'herbes.
Fatrassariè, s. f. Fatrasserie; médisance; niaiseries;
tracasserie; le défaut d'un tatillon, d'un homme qui se
mêle de tout ce qui ne le regarde pas.
Ce mot, ainsi que les deux suivants, nous viennent du
fr. Fatras, qui lui-même est emprunté à notre idiome.
Fatrasséja, v. fréq. Baguenauder; dire des niaiseries;
semer des cancans ; faire des paquets ; s'occuper beaucoup
des autres dans ses propos; mettre la main à tout, même
au pot au feu.
Fatrassiè, ièiro, adj, Dim. Fatrassiëiré ; péj. Fatras-
sièïras. Faiseur de paquets; commère; cancanier; chipo-
tier; tatillon; tracassier.
Fatrimèl, èlo, s. et adj. Péj. Fatrimélas, Longue loque
de linge déchirée ; hanle quelconque en lambeaux et qui
perce de tous côtés; dégingandé, mal vêtu; mou, indolent,
avachi.
C'est l'augm. de Fatras, au pr. et au fig., qui même par-
ticipe un peu quelquefois au sens de Fatrassiè, toutes ces
significations se ressentant les unes des autres par com-
munauté d'origine.
Favarôoiu, «. m. plur. Fèves sèches de haricots dits
mounjétos. — Voy. c. m.
Favédo, n. pr, masculin ou féminin, suivant qu'il est
porté par un homme ou qu'il s'applique à une localité, et
fort usité dans notre pays : en fr. traduit par Favède ou
La Favéde,
Ses analogues se trouvent dans Fabiargue, Fabiargues,
hameau de la commmie de Samt-Ambroix (Gard), dit Fa-
bayranieœ, en 4345, par une transformation de désinence
dont nous avons cité beaucoup d'exemples; et dans les n.
pr. d'homme, Fabier, Favier; et de lieux. Le Favarol et
Le Faveirol, ruisseaux, FaveiroUes, hameau, commune de
Saint-Marcel deFontfouillouse; Favet, commune d'Aigues-
mortes ; Favier, de Saint- André de Majencoules ; Les Fa-
vières, de la Rouvière ; auxquels la différence des suflixes
n'a point enlevé les signes de parenté qui les font tous re-
monter à la même souche. Ici la forme du suffixe de col-
lectivité Èdo est parfaitement saisissable, pour indiquer
un champ de fèves. — Voy, Édo, suffixe, et passim.
FaTéloù ou Fatamol ou Tassignè, s, m. Laurier-thym,
Viorne-laurier- thy m , Vibumum tinus, Linn. Arbrisseau
de la fam. des Caprifoliacées, commun dans nos jardins,
toujours vert, donnant des fleurs vers la fin de l'hiver.
Favéto, s. f. Fèverolle, gesse tubéreuse, Juithyrus tube-
rcsus, Linn. Plante de la fam. des Légumineuses; petite fève.
Dim. de Favo,
942
FAV
FE
Favièîro, s. f. Champ semé de fèves, abondant en fèves.
Dér. de Favo, avec le suffixe collectif tAro. — Voy. Fa-
védo.
FaTiôon, j. m. Dim. Fawoulé. Haricot, Phaseolui, Linn.
Plante de la fam. des Légumineuses.
Faviôou est le nom générique qui s'applique à plusieurs
variétés et espèces : lou faviôou rouje, dont la plante n*est
pas grimpante et qui forme les meilleurs haricots en vert;
ias mounjétoi, haricot blanc ou haricot proprement dit;
faviôous garèls, le haricot bigarré, grossier à manger en
fève, mais en très-grande estime à la campagne, parce qu'il
produit énormément en vert; faviôous prountes, haricots
hâtifs, qui donnent des cosses bonnes à manger au bout de
quarante jours après la semaille : ils sont de couleur olive,
ronx et aplatis par les bouts; fmviôoui sans fiou, ainsi
nommés parce que la cosse n*a pas comme dans les autres
espèces une fibre épaisse et dure sur la jointure de la cosse,
ce qui les rend plus délicats en vert : leitr fève est peu
estimée.
Au fig. Faviôou, qui s'adjective très-bien en Faviolo,
signifie : nigaud, benêt, niais, imbécile, simple.
Dér. de Favo, dont il est un dim. et une variété.
Favo, s. f. Dim. Favéto; péj. Favasso. Fève, fève des
marais, Vicia faba, Linn. Plante de la fam. des Légumi-
neuses. — Manjo'foLvos, bredouillenr, qui a toujours la
bouche empâtée. Ai ou avès prou manja dé fàvos, est un
de ces dictons qui se répètent à chaque instant, qui se
comprennent aussi vite, mais dont Torigine n'est pas facile
â trouver. Dans le jeu que nous entreprenons à la piste
des origines, — je suppose la partie acceptée — plus d'une
fois, après avoir longtemps et vainement cherché une
énigme qu'on appelle étymologie, il m'arrivera de dire, si
je ne l'ai déjà fait trop souvent, non point je jette ma
langue au chat, ce qui serait tout à fait la même chose,
mais aï prou manja dé favos. Je crains même, sans aller
plus loin, d'être obligé de le dire justement à propos de
l'origine de ce dicton. S'il s'agissait de fèves sèches et
crues, qui doivent être aussi peu faciles à mâcher, à avaler
et à digérer que les pois de frère Tuck, je comprendrais
qu'on en eût bientôt assez. Mais il n'est pas question dans
cette circonstance de les manger ainsi, car on l'aurait dit :
et assaisonnées à la manière ordinaire, si je ne m'explique
pas l'antipathie de Pythagore, je ne vois pas non phis qu'il
y ait à les préférer aux lentilles et aux haricots. Il faut donc
chercher ailleurs que dans nos potagère, et je pense qn'une
locution vulgaire, qui vient d'être rappelée, nous viendra
en aide.
On ap;ielle tnanjo-finos, mange-fèves, un bredouineur,
celui qui en parlant semble avoir la bouche pleine : on
suppose que c'est de fèves, crues cette fois, ce qui n'est
pas commode pour bien articuler. Or, on a dû remarquer
que si l'on donne un problème à résoudre, une charade à
deviner, par exemple; 1» chercheur, machinalement, tandis
que son esprit est occupé ailleurs, parle entre ses dents,
marmotte, répétant, scindant, essayant d'arranger des
chiffres, des mots, et semble en effet bredouiller ou man-
ger des fèves. Un jour un sphinx, voyant son Œdipe faire
ainsi, et voulant lui donner enfin le mot qu'il ne trouvait
pas, dut lui dire : As-tu assez mangé de fèves, comme cela à
mâchonnera vide entre les dents, â bredouiller? El depuis»
d'une manière générale, qu'il y ait ou non bredouillement.
As prou manja dé favos? signifie : as- tu assez cherché,
donnes-tu ta langue au chat? et Ai prou manja dé favot,
j'ai assez cherché, je ne trouve pas, j'y renonce ; dites ce
que c'est. L'anecdote s'est répandue, et la locution est restée.
Dér. du lat. Faba, m. sign.
Favoù, 5. f. Faveur; action, bienveillance purement
gratuite, en accordant à quelqu'un plus qu'il n'a mérité.
Ce mot est un pur emprunt au fr. que notre langue
n'admet qu'assez difficilement, et dont il n'est pas bon
d'abuser : aussi a-t-elle repoussé le verbe et l'adjectif com-
posés.
Favonii, s. et adj. m. Favori.
C'est encore une exception franchlmande, proscrite an
fém., à peine tolérée au masc. dans le sens du fir.
Fazéîre, fazéîro, adj. Faiseur; grand faiseur; qui fait
et sait faire un peu de tout.
Dér. de Faïre.
Fazéndos, s. f. plur. Industrie ; savoir-faire. — Mol du
vieux lang. qui ne s'est conservé que dans cette phrase
prvb. assez souvent citée : Fôou réndos ou fàxéndo», il
faut être riche ou être industrieux, il faut avoir ou savoir
faire.
Dér. de Faïre, ou du lat. Faciendus.
Fé, s. f. Foi ; vertu théologale, croyance, confiance en
Dieu; bonne foi, sincérité, confiance; croyance. — Pér
ma fé/ sar ma foi ! T-aï pas la fé, je n'y ai pas confiance*
je n'en crois rien.
Dér. du lat. Fides, m. sign.
Fé, f . m. Péj. Fénas, Foin, herbe fauchée et séchée, qui
sert à la nourriture des animaux. — Vira lou fé, faner le
foin, le retourner avec la fourche pour le faire sédier.
Cache pas lou fé, dit-on d'un vieux cheval qui se ùdt
rosse, et n'a plus de dents pour mâcher.
On remarquera â propos du rapprochement de ces deux
mots, Fé, foi, et Fé, foin , que les homonymes par&its,
tant pour la prononciation que pour l'orthographe, sont
fort rares en languedocien : ce qui est une preuve de ri-
chesse qui manque bien â son rival. — Quant an mot sui-
vant, quoique avec les mêmes lettres, son acœnluatioA le
distingue suffisamment.
Dér. du lat. Fvnum, m. sign.
Fè,«. m. Fait; action; chose faite, accomplie. — A^^*t
%m fé, c'est un fait, c'est évident, hors de doute. IM /#, de
fait, par le fait, en effet. Pér fè d'aquà, à l'éganl de cela,
pour ce qui est de cela. En fè dé ., en matière de... Aqmà'ê
pdou fè, aquà's piehà fè, c'est une bagatelle, mne véitilUe,
un fait de peu d'importance. Surtout dans l'appréoittlioa
FEG
FEN
345
d'on marché, cette locution est fort employée : Âïçd's
piehd fè, c'est uae petite' différence qui nous sépare, cela
ne vaut pas la peine de marchander.
Dér. du lat. Faclum.
Fàbre, s. f. Fièvre; mouvement déréglé, circulation
accélérée du sang avec fréquence de pouls, chaleur et fris-
son.— Las fèbrei, fièvre intermittente; accès de fièvre.
TranMa las fèhres, avoir des accès de fièvre. Coumo van
aquélos fèbres? comment va cette fièvre? dit-on familière-
ment et par antiphrase à une personne très-fraiche et d'une
santé inconteslahle. Fèbre gdioufardo, fièvre goulue est une
expression prvb. de même nature que la précédente, et qui
a la même portée. Toumba dé fèbre en mâou câou, prvb.,
tomber de fièvre en chaud mal, de Carybde en Scylla.
Dér. du lat. Febris, m. sign.
Fébriè, 5. m. Février, second mois de Tannée, composé
de 28 jours, et de 29 dans les années bissextiles. — Miè
fébriè, journâou éntiè, prvb., à la mi-février, la journée
d'un journalier est entière, c.-à-d. que les jours sont assez
longs pour pouvoir remplir sa journée autant qu'en été et
au printemps, époque où s'il travaille plus longtemps, le
nombre des repas, des repos et la sieste compensent la lon-
gueur du temps.
Dér. du lat. Februarius, m. sign.
Fébroùs, onso, adj. Fiévreux, tant pour les personnes
qui ont la fièvre que pour les choses >)u les pays qui y
prédisposent.
Fédairo (La), s, f, La gent des brebis prise collective-
ment et par comparaison ou plutôt par distinction d'avec
les autres espèces de bétail.
Dér. de Fédo.
Fédo, s. f. Dim. Férféto,-,péj. Fédasso, Brebis, femelle du
bélier. — Fédo eountado, lou loup l'a manjado, prvb., bi'e-
bis comptée le loup la mange .
Dér. du lat. Fêta, pleine, qui porte des petits.
Fédoù, *. m. Sauvages prétend que ce mot signifie petit
agneau, comme son nom diminutif semble l'indiquer. Ce-
pendant un agneau ne se dit jamais ainsi. Fédoù est au
contraire un jeune poulin, une jeune pouliche, cheval ou
mule, tiré des pâturages natifs de la montagne, pour le
former et l'élever. Au reste, son nom est entré dans une
seule locution, qui ne fournit pas de grands éclaircisse-
ments et dont l'intelligence est difficile quoiqu'elle soit
très-usitée. On dit : Péta Aou sôou coumo un fédoù, pour
tomber à terre lourdement et avec bruit. A coup sûr, ce
terme de comparaison ne désigne pas un agneau, mais il ne
caractérise pas davantage la lourdeur de la chute d'un
poulin, si tant est même qu'il tombe plus lourdement
qu'autre chose. Nous ignorons de la manière la plus com-
plète à quoi peut tenir le mot et son acception dans cette
phrase.
Fégnèîro, s, f. Fenil, grenier à foin ; grande meule de
foin constniite avec art pour le préserver de la pluie et
qu'on laisse passer l'hiver sur le pré pour le vendre au
commencement du printemps; usage pratiqué en Provence.
Féjes, s. m. plur. Foie, organe sécréteur de la bile,
situé sous le diaphragme, au-dessus de l'estomac. — Se
manjarièou lous féjes, ils sont toujours prêts à se dévorer,
ils se mangeraient le blanc des yeux. A lous féjes ataquas,
il a un vice organique quelque part : il se dit bien qu'il ne
s'agisse pas du foie. A Iota féjes dâou diable, dit-on d'un
homme très-robuste et qui résiste soit à une fatigue, à un
travail ou à un effort surhumain, soit à une maladie ter-
rible.
Fémélan, s. m. La gent, l'espèce femelle, surtout en
parlant des femmes. — C'est un terme de dérision qui ne
se prend qu'en mauvaise part, ou en faisant le détracteur
du beau sexe : tout à fait style narquois.
Fémèlo, s. f.. Femelle d'un animal; femme; mais dans
ce dernier cas c'est un terme de dérision ou de mépris.
Dér. du lat. Foitnina, m. sign.
Fén, s. m. Fumier; excrément des animaux, et en gé-
néral tout ce qui sert d'engrais aux terres. — Li faï vèïre lou
fén énd'uno floundo, il engraisse sa terre bien faiblement,
il y jette le fumier avec une fronde. — Voy. Fumiè.
Dér. du lat. Fimus, m. sign.
Fénaira, v. Faire les foins. — Voy. Afénaïra,
Fénaîraire, aïro, adj. — Voy. Afénaïraïre.
Fénassa, v. Mettre un champ en pré. — Voy, Afénassa.
Fénassiè, s. m. Fenassier, celui qui reçoit chevaux et
mulets dans son écurie, et leur fournit le foin, sans loger
les voyageurs.
Fénasso, s. f. Graine de foin; qui se traduit volontiers
par Fenasse, mais qui n'emprunte pas pour cela le sens
du fr.
Dér. de Fé, foin.
Féndascla, v. Fendre; fendiller; diviser, séparer. — Au
part. pass. fêlé, crevassé légèrement, fendu.
Féndasclo, s. f. Petite fente; crevasse; fêlure.
Formé de deux mots qui ont à peu près la même portée :
Féndo et Aselo. — V. c. m.
Féndo, s. f. Fente; crevasse; fêlure.
Fendre, v. Fendre; diviser, disjoindre sans couper, mais
avec des coins ou par un effort. — Se fendre, se fendre,
s'entr'ouvrir, se gercer, se fendiller.
Fendu, udo, part. pass. de Fendre. Fendu, ue.
Dér. du lat. Findere, m. sign.
Fénéstrièîro , adj. fém. Qui aime d'être, ou qui est
souvent à la fenêtre. — JFïo troutièiro ou fénésirièiro, ra-
ramén bono m&inajifiro, prvb., fille qui aime à courir et à
rester à sa fenêtre fait rarement une bonne femme de mé-
nage.
Je crois que ce proverbe est le seul où ce mot soit em-
ployé. Les proverbes inventent souvent ainsi des mots
pour donner plus de concision à la phrase; quoique étran-
gers à l'idiome, s'ils sont accommodés ^ son génie et d'une
fecile intelligence , ces créations sont toujours d'un effet
pittoresque et se retiennent aisément. La Fontaine et
,\u
FÈN
FEN
Mnli.T.^ mit • iiriclii lo Ir. (1«^ l'i< ii dt^s Inriilinns (|Ui suiit
p'^l'i-s: iinin^ laiiL'ui' (l'Oc a l>i«Mi le dinji tl u>''r ilu iiiôin'^
|tri\ il'',L'f' (]U<' It''^ Fiiailivs.
Fénèstro , *•. /'. Dim. l'cnislrvto, /cnestmii. I i'Ik'-Ii"»'',
cit.is"''; n!i\.'i-|iir(" i;iil'' il.iiis un rnar \u<\[v tl.iiiiicr du jmir
«laiis un».' iij;)isi)ii, un hfiliiiit'iit. — Sf ilil à la J"is il»' la
haie .-il (tii\'M"tiin', ^'l (h' l,i l<."iiii<'|iin\ In.is «ai vilrai:<'. (jui
la L'iriiissi'iil.
Dér. (lu lat. l-eneslra, m. sil'U., (lui \i<'iil liii-iiir'îne du
LT. «I'x'..ô:, dia[iliaii"\ d-' <l>a''/cj. hun\ luillor.
FénéstroÙ, s. m. Dmi. l'ctiv^tromn'. Furaiin"; polilc
i'ciiL'lrc — Il est liu-iin''iiit' un diin. de FvHcsiro.
Féni, V. Fiidr. — yo>j, l'im. — Faniros hon'.^ Aui'as-lu
lùoiilol liiii?
Fénna, s. m. Le s«'\<' lÏMiiinin, la j;<'iil rciuinino, en p*'-
iit'i.d: iiiiiis o't>i plus p.uliciiiii'ieiiiciit !'< iistMiiMc des Iciii-
ims d'un j)ays, d'un lieu di'lcnniuô. Lo uinl n'ot J)a♦^ tivs-
it'Vt'iv'iKitHix. — y^y- i'\'nn'/(tu.
Fénno, s. /'. Diui. Fcnriclo, fennnii: prj. /'rfifiassn.
roiiiiiît', coriipaL'iuMh' riioiniiip;- foiurm^ marin', (jui siMJit
au>^i Mniùèf cil lat. Mulicr, «'[(ousc, ruoitit'' , V. r. m.;;
Icfiiiji»', (Ml ;;('')iiTal ; daujo, autivlois fhmo, Domina, iimsili».
— Lorsproii ap[)«'ll»? xuw ItMiifue dnni mi i^iKU'c 1p nom,
on lui cric : Fenno! Dirjas, fenno.' r\ pour (pi'i'llc coin-
[)rtMino (\no c'est à elle iprnn en veul, on la désigne par co
quelle porte ou ce qu'elle \i'nd : fénno lîânti junjnv, /en un
<ias iôous, hé! la feuinie au ]>anier, la fcniine aux œufs!
l'cnnèlo et sui'Ioul /ennoù Sf disent moins d'une feiniin' do
lrè>-pelitc taille «juc c(tn)ine termes d'amilif, ou pour dési-
{.'lUT une livs-jeune feiiiinc qui est mariée Inrl jeune et «jui
a encnn; les allures, la vivacité ou la nd,i:nardi<e d'une
jeune lille. Fcnnasso, péj., <.'r«»sse et laide femme, sans trop
d'é^-ard k la taille, le plus souvent.
Dans toutes les lan;:ues, par tous les pays, de tous les
liMMps, les lemmes ont élé le sujet le plus riche, le plus
lécon'l de proverhes, d'aiihorismes, de maximes, de sen-
tences : c'est hunimajre rendu à la place et au rôle ([u'elles
occupi'iit dans le monde. Mais on croirait que partout on
a voulu le leur faire payin* chèrement, tant <»n leur a mé-
na'îé la flatterie et les éloi:es et insisté au conirairo sur le
dénigrement et la moquerie. La plupart des proverhes s'en
vont donc réjR'tant, depuis que le monde est monde, plus
de mal que de hien sur la plus belle moitié, connue on
dit, et la meilleure moitié du genre humain.
S'il y a injustice ou ahus, co n'est pas A ce point de \uc
psychologique que nous av(»ns à examiner le fait : il faut
s'en tenir à constater que le fonds se trouNe partout le
intime, la tendance générale partout uniforme et constante,
sans en rechercher la cause. Il serait facile d'en avoir la
preu\e en rapprochant des citations ou même seulement
en traduisant. Nous ne l'essaierons pas ici, jieut-étre l'avons-
nous fait et le ferons-nous encore sous le mot principal de
chacun; mais pour le moment notre but a été de réunir
'■•'.tons populaires qui ont le plus de cours. L'expres-
sion eu ;n)ji.'ir(i-'nl |i'Hi .-niiéie à la langue et ressort du
dit'lionnoiv : ce mihi c's Imi-ihuI-'s vives, co tour pittores-
fjue que ll.•^^ \r,nl. n> !\iir<* r-MiirirquiM" : resju'il, la malice,
!•' lion sens, l,i r;.i<on di' i-*'> j)i'.»\erl)Os \iennent presque
toiijoiiis l^.lill(■ul•^; l;i Im.jiieni^ ivp.Mid que de ses leuvres,
et (*'(•>( ji »ur rrja (jifon l'vmsi ra plus aisément le défaut
d'' LMl.nili'rie d de d. lic.ilesNe (jui p<niirai(Mit parfois s'y
fain' li'oj» N-nlir; jh-hs n'\ \oulons voii* (jue le moyen de
donii'T nne j.lus jii*«le idée du langage (|ui a mis l.'i son ca-
c!i''t It' piu> ori-'inai.
Proverbes sur les femmes.
— Aigo, fun, niirjiiiiio tV-nno et fiô, fan fugi l'honje dé
tout io.
— Al! qu'' vai' ni.'p'ii. qn.md la galino faï lou g;\ou î
— A la caiiil 'Io la douo es pu helo.
— A la iV-nno c>iniio à la Imnpio toujour y-a À faire
quaouquo réii.
— A la tt'St'i et as pés S'- enuiinui, il<>no, quAou ses.
— Amour d<' couilisaii, caréssos dé p. . ., hé dé vièlan,
et l'é dt' féuiélan noun durou pas passât un an.
— A'iu niés di' jnié, ni fénno ni cîoulé.
— .\(tivs 1res jours l'on saiiuio dé fcniios, d'hostes et dé
pléjo.
— Aqui ounl'és h m ,i.'àou f<'»<ui [jas (jué la galino chante.
— Argeii dé IV-nn'M'i lie il.- eann)an<) jinun tlourisni grano.
— Bèlo à la raiid»'!*», Inu jour ou gasto tout.
— liélo IV'uno, michanto éspigno.
— Bèlo fenno, mirai dé nècis.
— Bèouta dé lèniio, mirai dé fol,
— Belo fénno, lachoùs révéïo-mati.
— B(»no fénno. niarido t'''>lo; hono miolo, michanto
hèstio; hono téro, niiehan cami.
— (Roussel dé niouïè es jùchù, que noun lou prén es uu
clio.
— Coulèl que noun taio, fénno que noun vaïo, se lous
perdes noun t'en chaio.
— Daou tén que la fénno es malàouto, y-a dos i)ôous à
l'oustAou, l'uno que morie, l'àoutro qu'éscape.
— Dé bèlo lénno et dé flou dé mai, en un jour la l)éouta
s'en vaï.
— Dé dos fénnos dins la méisoi'i, dé la mita gn'a bien
proù.
— Dé marido fénno gardo-té et dé la Iwnonoun t'en fises.
— Dono fougassièiro al cap dé l'an nianjo sa Ijerquièïro.
— Dono gaio mé plaï bé , mais que janiaï noun mé
siègue ré.
— Dono que noun manjo, lou béoure la mantén.
— Dono viano que faï huis élans sans home.
— Doulou dé fénno morto passo pas la porto.
— Doulou dé mouiè, doulou dé couïde.
— Dons béous jours à l'home sus téro, quan prén mouïè,
et quan l'éntéro.
FÊN
FÉN
345
— ÉCan nourl dé vi, fénno que parlo lati, fagnèrou
jamaï bono fi.
— Émb'un home riche sa fénno li mouris, émb'nn
pâonr'hoine sa miolo.
— En grans caloùs, se m'en vos créïre, quito la fénno et
prén lott véïre.
— Fénnos éncéntos et poalé, âon mes d*aoàs an toujonr
ité,
— Fénno d&ourado es léou counsonlado.
— Fénno dé bé et dé bono roino, nonn vaï pa iuèn qaé
la galino.
— Fénno et vi émbrialîgou lou pu fi.
— Fénno faï ou désfaï l'oustàou.
— Fénno malàonto et que siè grosso, a un das pèses din
Ufosso.
— Fénno raudo fougue jamaï batudo.
~ Fénno qu*a un bon mari âou visaje ou porto pér
éscri.
— Fénno que coï et faï bugado es mièjo folo ou énrajado.
— Fénno se plan, fénno sédôou, fénno es maK^outo quan-
t-ou vôou.
— Grando sartan pér fricassa, émbourdo primo pér
tamisa, uno mouïè déspénsièïro , an lèou vouïda uno
pagnèïro.
— Las fénnos soun coumo las coustélétos, dounmaï on
las bat, dounmaï soun téndros.
— La mort d'uno fénno es coumo un co i^ou couïde.
— La bousso foumido faï la dono éstourdido.
— La dono pot et àouso quan soun mari la lâouso.
— La fénno et la télo mâou se caousls à la candélo.
— La fénno et lou ris en aïgo se nourls.
— La fénno es coumo la castagno, bèlo déforo, dédin es
la magagno.
— La fénno es un mâou nécéssari dinc un oustÂou.
— L'aïgo gasto lou vi, las carétos lous camis et las fénnos
l'home.
— Las fénnos et lous éfans soun tâous que lous homes
loQS fan.
— L*home es éndigne d'home rèstrequé dé sa fénno noun
és méstre.
— L'home n'a résoù ni bon-sén qu'à sa fénno faï tout
sabéa.
— L'home, quan-t-és pla marida, sa pas ce que Diou i-a
donna.
— Limassos et fénnos à vendre, miel courou, miel se
fao prendre.
— Luno mèrcmdo, fénno bécudo, dé cent en cent ans
gn'a trop d'uno.
— Maridas n'an qu'un mes dé bon tén.
— Mourgo que danso , tâoulo que brando, fénno que
parlo latl, faguérou jamaï bono fi.
— Nàou et fénno, y-a toujour à réfaïre.
— Noun se podou counouïsse dé iuén lous mélouns et
las fénnos.
— Noun se podou counouïsse bén bon méloun et fénno
débèn.
— Home dé païo vôou fénno d'or.
— Home rous et fénno l)arbudo jamaï dé prés noun lous
saludes.
— Oumbro d'home vôou cent fénnos.
— ParUioulos dé fénnos, béssinos d'ase.
— Pér avé l'oustâou né tout l'an ni fénnos, ni capé-
lans.
— Pér vîoure bé ségu, préngues pas pu grando que tu.
— Plous dé fénnos soun lèou éssus.
— Qu'a grando padèlo et prin tamis et fénno déspén-
sièïro, mostro lou quiou nus pér carièïro.
— Quan-t-uno lèbre prôn un chi és contro naturo, quan-
t-uno fénno faï bé és pér avanturo.
— Que fénno et sàoumo m éno és pas sans péno.
— Que perd sa fénno et quinze s6ous és gran dftoumaje
dé l'argén.
— Que sa mouïè noun honoro él mémo se déshounoro.
— Que vôou réloje mantène, vièl oustàou éntrétène,
jouïno fénno counlénta et pftoures paréns ajuda, és toujour
à récouménça.
— Sajo fénno, oumamén d'oustâou.
— Se flatéjas fénnos et goutos, boutas lou fîô à las éstott-
pos.
— Toutes lous maris que soun counténs dansarièou sus
lou quiou d'un véïre.
— Trénlo cabros etUrénto fénnos soun dos tréntanios.
— Un fiô dé fénno véouso, uno brouquéto et dos païos.
— Un home qu'es màou marida voudriè maï que fou-
gués néga.
— Uno bono fénno, uno bono cabro, uno bono miolo,
soun très maridos bèstios.
— Vôou maï un capél que dos coïfos.
— Voulès arésta un fol, carga-li uno fénno Aou col.
— Y-a gés dé vices que las fénnos et las mouninos noun
sachou.
Dér. du lat. Femina, m. sign. Court de Gebelin et
Nodier pensent, non sans raison très-plausible, que le mot
Femina est dérivé de Homo» hominis : on a dû dire hamina
au fém., delà Femina, par la permutation ordinaire de
H en F. En ital. Femmina; en catal. Femna; en esp.
Hembra, m. sign.
Fénondéio, «. f. n. pr. Fenoudeille, par traduction lit-
térale en fr. Nom d'un quartier an territoire d'Alais : il
signifie lieu couvert de fenouil ; et cette circonstance lui a
valu sa dénomination. C'est la corruption de l'ancien lan-
gage Fénoutado, qui avait la même acception, tirée de
Finoul.
Fénooièiro, s. f. ou Fèou dé tèro ou Fnmotèro. Fu-
meterre, Fumaria officinatis, Linn., plante de la fa m. des
Papavéracées, commune dans les champs.
Pline dit que le suc de cette plante appliqué sur les
yeux les fait larmoyer, undè nomen, de là son nom lat.
34G
FER
FER
cl gr. (\ipnos et Kanvô;, fuinôo, à causr du munie ofTt'l
pruduil pnr la luiui'c; mais elle a aussi un i^out (l: ruint'o
assez pronoiic', ce qui peut a\uir enuirilaié à la f.ure dé-
nonimei". Quaiil ;\ la variante Féoa de téro, fiel de la t'Tre,
elle lui vient de sou amertume.
Fénoul, s. ni. Feiiiiull, auel dnuv, aiiis saunage, Anv-
thttm fœniculinn, Liiiri.. pl;iul'^ df la t'am. des Omht.'lli-
fùres, (jui croit daus K'S tmains pi«'rnni\.
Dér. du lat. Fo'tttun, à cau-e de S'»ii oileui' d*' foin.
Fénta, r. Fienter, j<'tei" sou nvcrémt-ul, eu [)ailant sur-
tout des animaux.
Fèou, .s. m. Fiel, \ésicule «ai s<^ si-eiète la liile. — Il
sort comme en fr. de teriiii^ d»; cdnparaiNUi Ircs-usilê dt;
toute sav(-ur amère. Ama connu) loa fcuti, amer cnmiiie le
fiel.
Dér. du lat. Fd, s. m. En il d. /W'/; eu esp. IT'I.
Féouse, s. f. F(Uii:i''r<', VohjUam jH.i , Liini., jilaiite tii'
la fam. do Foug'Mvs; crv[)lnga[ii('. ï/alcali ouiciiu dans
les cendres de c*' \éL^i''t ilcnir ail dms I.t ialirieali'-n du vcrrr*
blanc et vert. — Ana à las fioifscs, aller à la reclicrche ou
à la cueilh-ttt^ de la iViu^ère, «pii crnil eii i^Tande ([uanlité
dansl«\s ciialai;:n'MMi.s t'i iMiiniit une lilièr' saine et iraicii<.'
eu mèm<' temps qu'un l>«'n eugrai^^.
Féousièïro, s. f. Li<'u couNorl d<- i'cu^.uvs.
Formé du radical l'conse avec le sullivi' de cull''cti\ile
iè'xi'o .
Fera, s, m. Diin. Frmfé; au^^n. Fetatas. Seau à puiser
l'eau, ordinairement en Ikhs relié {Kir des cercles île 1er. On
donne aussi ce nom aus'Viu iaii>''S(pii est en cuivra étamé,
dans lequel les femnjes partent l'eau sur la tète. Ce dernier
ustensile se nomme éi; douait Jcilo «m S'rVo . F. c. m.;;
mais ces deux: derniers n uns s'ap[>li(pienl au même uslen-
silo quand il est en bois, tandis que celui de Fera ne cou-
vieid dans ce c is qu'au seau de cuivre. — .Yc boju à p/c^
feras, il pleut à seaux.
Dér. du v. Fera, [»arce (pi'il e>t cercl<'* en i'er. Par la
permutati<)n constaiile et fréquente dan. s les lau;^ues ou
l'aspiration est plus sensible comm'-en es[»., on dil IF/raUi,
seau.
Fera, c Ferrer; l'errer un cheval, une chanelle, un
meuble quelconque; cercler en 1er; marquer im anifnal
avec un fer rouL:l^
Dér. du lat. Ferrunu
Férado, s. f. Ferrade, lete agricole f(U-l en honneur en
Camargue et sur le littoral de la Méditerranée, daus le dé-
partement du (iard. L'objel en est la marque au fer chaud
des jeunes taureaux sauvages qui paissent dans les njarais.
Comme ces animaux sont fort sauvages, diiïiciles à con-
duire et à terrasser, cette lete est un second spécimen de
la course des taureaux. Des jeuu(^s gens, enrôlés volon-
taires, vont i\ la reclierclie des taureaux dans les marais, à
cheval et arniés du trident; à force d'adresse et dé\(»lu-
tions, ils narviennent à les acheminer vers un point dési-
gné O'' lulations voisines se rassemblent. Vm
enceinte en fer à cheval s'ouvre devant les arrivai\ts. On
ménage une entrée au mciyen d'une barrière pour laisser
passer un seul bo'id' à la lois : il s'y précipite, et l'un des
toréadors (pii Fatlend à l'extrémité opi>osée, l'abat en le
terrassant par les cijrues. Sitôt l'aniuial abattu, on lui
ap[)li(jue le fer roug.; a\'C dextérité et sans remise, car û
se reniiïtlrait liientôt ^ur ])ied. A peine louché, il s'élance
par l'issue (pi'un tient ouverte à cet effet, et court se pré-
ci^iitt'r d nis le ])re:]jier courant, la {U'einière flaciue d'eau,
doii il regigne biejiîol et suis guide ses pâturages paler-
nelï«.
Féraje, s m. .Vclion de ferrer les chevaux; frais de
mi>" el denlrf'li.'n de ci-s fers.
Féraje, s. tu. Fourrage vert, produit par des plantes
fi'omentao'i's, comme oi-(\ avoine, vesce, escourgeon. —
On l'app'-lle ainsi même 1' r.squ"il est mangé sec, pourvu
<pi il soit produit par les planl''s ci-dessus coupées en vert.
ij' mot n.idiinc pas la [»oriéi' g-aiérale (.lu fr. F()urrage, qui
.s'étend ;\ loiit.' soi i" d'herbe^ sèches ou vertes servant à la
nourriture dv's chesaux. Les plantes jpi'ou enq)loie le plus
dans ce pays [»our pro luire loti féraje, sont un mélange
d'orge el de vesce noire, si l'un .sème avant l'hiver, d'avoine
el de \es,c,' blanche, en inai'S.
Dér. du lat. Farrn»jo, mélange de plusieurs céréales
coupée^ en herbe.
Féraménto, v. /". Ferrure, garniture de fer; tout ce qui
compoM» la ferrure d'un meuble, dune porte, d'une fcuètre,
etc.; vieill,' ferraille.
Féramio, î. f Hèle fauve, dans le principe; aujour-
d'hui, fanlôme, loup-garou.
Ce mot, (pu est dojigine gasconne, dér. du lat. Fera,
bèltt fauve.
Féràou, «. m. n, pr. d'homme. Féraud.
Ce nom, oiaginaire du Velay, signifie dans le dialecte
de ce pay.>, une sorte de basalte ou pierre volcanique d'un
gris d ardois»'. et (jue si couleur et sa c«.»nsistance font
p'ssembleriï du fer. Cette pierre, qui est exlrèniemenl com-
mune dans les montagnes du Vivarais, du Velay el de la
liante Auvergne, esl taillée par les mains de la nature en
jirismes peniagoiiiques, et conserve cette forme dans ses
subilivisioiis à l'infini.
Le nom provient sans doute de Fère, fer, avec lequel
cette jiierre olbe tant d'analogie.
Fératado, .v. /'. Contenu d'un seau, plein un seau.
Dér. de Fera.
Fère, s. w. Dim. Fcré. Fer, en général, métal fort dur,
compacte, peu malléable, d'un gris argenté ou noirâtre;
fer a cheval ; fer à. repass n\ — lis un bon fère, se dit iro-
niqu'inent et t>ar antiphrase pour : c'est un homme de peu
de consistance et de valeur, un homme peu loyal et peu
franc, un piètre sujet.
Dér. du lat. Ferrum, m. sign.
Fère-blan, s. m. Fer-blanc, fer en feuilles minces qui
a été recouvert d'étain.
FÈS
FIA
347
Fère-blantiè , s. m. Ferblantier, ouvrier qui travaille
en fer-blanc.
Fèrén, énqao, adj. Ferrugineux ; qui contient du fer.
— Ne se dit que des terrains, des couches minérales.
Fère-¥ièl, s. m. Vieux fer, ferraille. — Se joint d'or-
dinaire à veïre rou, pour former le cri des chiffonniers
autochtones qui achètent les vieux chiffons, de la ferraille
et du verre cassé. Au fig. on donne ce nom à toutes sortes
de vieilleries, de loques, d'oripeaux et à d'antiques raba-
dieries.
Ferme, adv. interjecdf. Ferme! Allons, courage! frap-
pez fort!
Dér. du lat. Firmus, ,
Férnétégo, s. f. Frénésie; impatience; démangeaison,
envie démesurée de dire ou de faire. — Aï dé fémetégos
din mai eambos, j'ai des inquiétudes dans les jambes.
Gorrupt. du fr. Frénésie,
FérnétégoÙB, ooso, adj. Chatouilleux; irritable; qui a
des tics nerveux. — Se dit d'un jeune chien, d'un jeune
chat, d'un jeune cheval, qui ont l'impatience, l'inquiétude
de leur âge, qu'ils traduisent par des passes, des voltes
nerveuses.
Fèrnl, t?. Frémir; éprouver une horripilation; trembler
dans sa peau ; avoir chair de poule de frayeur. — Mé /a«
férnï, il m'effraie par sa hardiesse, par le danger auquel
il s'expose, par l'histoire qu'il me raconte, par l'entreprise
on il se hasarde.
Dér. du lat. FretMre, m. sign.
Férnimén, s. m. Frémissement; émotion; tremblement
de frisson; horripilation.
Féroù, s. m. Dim. Férouné, Ferret d'aiguillette ou de
lacet, ordinairement de fer-blanc, de cuivre ou même d'ar-
gent.
Dér. de Fère, dont il semble un dim.
Fémro, «. f- Ferrure; tout le fer qui entre dans la gar-
niture d'un meuble ou d'une fermeture.
Fés, 1. f. Fois, qui désigne le nombre, la quantité, le
temps des choses, des actions. — A bèto$ fis, de temps à
autre; un après l'autre. Dé fés, parfois, quelquefois. A la
fés, à la fois, en même temps. Im fés gué vénguè, le jour
où elle vint. Y-aviè uno fis, il était une fois. Aquà faï las
dos fés, ceci fait la seconde fois.
Dér. du lat. Vices, m. sign.
Féstadiè, ièiro, adj. De fête; qui appartient aux fêtes;
qui court, qui aime les fêtes; qui prend des airs de fête.
Dér. de Fésto.
Féstéja, V. fréq. Festoyer; fêter; chômer; faire fête à
quelqu'un; se régaler; festiner.
Dér. de Fèsio.
Fèsto* s, f. Fête; solennité; jour consacré au culte, en
mémoire d'un mystère ou en l'honneur d'un saint; réjouis-
sance publique ou particulière dans les grandes occasions.
— Faïre fèsto, fêter, chômer une fête. Pér las fèstos, sui-
vant l'époque de l'année, signifie : au temps des fêtes de
Pâques ou de Noël, qui duraient trois jours chacune avant
le concordat. Passa las fèstos, fêter les fêtes de Pâques ou
de Noël en famille. Il est assez ordinaire que les membres
d'une famille qui sont dispersés, à une distance peu éloi-
gnée, se réunissent à cette époque dans la maison pater-
nelle. Lou jour dé sa fèsio, le jour de sa fête. Après la fèsto
lou fil rèsto, prvb., après la joie, l'ennui. Moun chi mé
faï bé dé fèstos, mon chien, par ses caresses, fête mon
retour.
Dér. de lat. Festum, m. sign.
Fésiiso, s. f. Tailleuse de robes; couturière en robes.
Empr. au fr. Faiseuse de robes : on retranche le mot
robe, comme si c'était la faiseuse par excellence.
Fêta, ado, adj. Futé; rusé; adroit.
Corrupt. du fr.
Fétiblamén, alv. Effectivement; en effet; réellement.
Corrupt. du fr. Effectivement.
Fi, 5. f. Fin; bout; extrémité; par ext. mort, fin de la
vie. — A longo fi, à la longue. A la fin finalo ses ariva,
enfin, à la fin des fins vous êtes arrivé. Cette expression a
dû être empruntée au vieux fr., chez lequel elle était reçue :
cela se voit au mot Fin qui n'est pas languedocien : la
locution a été prise en bloc. V(de faïre fi dé iéou, je veux
mettre fin à mes jours, me tuer. A fa pâouro fi, il a fait
une triste fin, une fin misérable. A la fi, té taïsaras saïquéf
te tairas- tu enfin?
Dér. du lat. Finis, m. sign.
Fi, fino, adj, Dim. Fine; péj. Finas, Fin; délié; nu6
en affaires; adroit; subtil; menu; lisse; poli; doux au
toucher ; soyeux ; délicat. — Pesa fi, peser extrêmement
juste sans que la balance trébuche : ce qui annonce de la
parcimonie et peu de loyauté chez le vendeur. Es pas d'à-
quêtes tant finasses, il n'est pas des plus lurés. Faïre fine
à quâouquus, cajoler quelqu'un, lui faire patte de velours.
Dér. du lat. Finis, fin. En teuton Fein; en angl. Fine;
en ital. Fino,
Fiala, v. Filer à la quenouille ou au rouet, et non filer
de la soie, qui se dit Tira, ni filer pour marcher, décamper.
— Marida-mé, ma mèro, gué taniprin fiale, prvb., mariez-
moi, ma mère, car je file assez fin pour cela. Cette loca*
tion prvb. se rapporte à l'époque où la quenouille était
l'occupation presque exclusive des femmes après les soins
du ménage. L'habileté â ce travail était donc une des qua-
lités requises pour former une bonne ménagère ; et quand
une jeune fille était arrivée à filer assez fin pour se passer
de professeur, elle était apte à se marier.
Dér. de Fiou, fil.
Fialaduro, j. f. Action de filer; profession de fileuse;
frais du filage; matière à filer et matière filée. — Prén
vin sdous de fialaduro, elle fait payer son filage vingt sons
la livre. Autrefois on disait d'une servante : la fialaduro
es pér élo, pour exprimer qu'en sus de ses gages tout ce
qu'elle gagnait en filant était pour elle.
Fialaire, lûro, adj, Filenr, fileuse : ce qui ne s'applique
348
FIA
Fie
ni au\ lil('U?''S île M'ic. (jui sr- (li>.'iit Tiiairos, ni a lin-
dusli'ii'l qui lail iiuii'ln'i' uni' lil.ituiv de soie à so risques
et fv)rluiie, qui se ilil Filur.
Fialandièïro, .v. /'. rilainlii-re; filrus>' de iirnr.ssion au
ruuet nu au iuseau.
Fialas, s. m. TiL^l «le cljav>e ou dr, |»(Vii.'; réseau, fils
eiilacr> pour [ueudir d'^ auimaux. ou dr^ poix^tms.
Di'ï. de l'iou.
Fialousado, s. /. Qu.Miouill.''*', malleau de elian\re ou
do liu diuit oii j^aruit eu une iois une ({ueiiouilk': ijuaiilil»"'
de uialiiue à liler doul prul rln- ehai:^»'.' une (lucunuill»-.
— .1 acubd A« jidloiiMi'lo, cVw .1 aclie\r sa làflii>, sa (jue-
riuuillce.
Fialousèïo, a\ /'. Fil"M'Ile; snie |;r(xs>i«'"iv r\ (•(uiiinuin',
qui piosicnl dfs coti > ou des cocoits d*' ;:rain<' cardes d
lilés au roucl ou à la «[UtiiMuille.
Fialouso, s. /'. Quenouille; haton «m ros*'au au([uel on
atlaclie la lilas^e ({u'on vi'Ul jijrr. — luaUniso cmbonU'Io,
quenouille' i»ansue, \enlrue, laite en rosi-au rdrudu jnnu"
filer les cocons de .maine en liloôdle.
Der. de Fiou, lil.
Fïan, v. m. La gv'ul rdlrtus Ifs lille^ considérées en
masse, collcctivemenl.
Dér. di' llo, lille.
Fianço, *■. f. Cionliancf; sin«'(é; Ini; assurance. — Vous
ou dune à lidm.n, j.; \<»u.>, jt' donne m ami, en toute c<tn-
fiance. Prcms (Ufucl cw/ts à jtnui-o, |ii('nr/ «:r cadis en
lOUtf >urelt', je Vou^ !i' }4 il.Uilis. De j/rann ù judu-o, do la
graine de vers a-soic de conliance, c.-a-d. celle ([ui a été
soij^'née et confectionnée par (luek^u'un cpii présente de>
garanties tant pnur la ï>é|,ctinn et la qualité d.-s corons
destinés au ^raina-e, que p,tur rall-'ution seiupuleiise rt
onnsciencieii.v; donne-' à leui' honn»? éclt>sion et a ce travail
délicat. Ili'lasl depuis lii 'u des années qu" riii\asion de
maladies inconnues r^ixa-je n^s cluiudtn'v^ de veis-a >nie,
que les inq)(irl,ilinii.> d la >pécul.iliMn itnl en\alii l'indus-
trie des {:rainai:es, la irraine de conlianc e>l devenue un
mylhe : c'e>t !'• raru avis in ta ris. Op.Mulant il» -s expé-
riences poursuis ii'S a\ee seienci', intelligence' et succès ont
enfin appris quelques proc.'dés ipa relèvent un peu resp.dr
de nos coiitn'es séri.;icoIes : quand ces procédés st; mm'ouI
vulî^arisés davanli^(\ il n'( st pas doul-aiN. que le mot
oublié dans l.i lani^'ue d.'.s éducateurs de /y/Y///o ilc fuinro ne
re\ienne etne Inani-cnotre conniieaulrernissonapplic<iti<tn .
Grammalical'iii' ;»t on aura remanpié (pie i ianro ne
forme quf deu\ s} llalx'S comme lun.s l(\s autres luols où se
rencontre la diplillioniine /r/, [uon'»nc(''e en une seide émis-
sion de voi\, ù cause de raccenlualion impriiu.'e par Vi.
Partout où se rencontre au contraire Vi tréma avant la
voytllt.' (t ou autre, il y a separati<in. .Nous rappelons ce
qui a été dit à l'art. Arcn , V. c. m.,.
Dér. du lat. Fiih-nlia, cnufiance.
Fïastre, v. m. FilLilre; Iteau lits; fils de la leniiue.
Dér. de fil. fil^.
Fîastro, s. /". ïielle-rillG; fille d"un autre lit.
Ilo«|ueinrt dit que le^ deux mots ipii précèdent sont for-
mée du lat. nu us. ou /'ilia aUcrias; leur terujinaisun se
prête à cette inlei'iu'etation ets mol(»;:iijue.
Fibla, r. Faillir; lleclni-; lâcher; plier; mollir; safTai-
Mir.
Fible, fiblo, <i</J. Faillie; (jui inan(]ue de courage ou de
nerl'; (pii n"a pas de l'nivi*, au physique comme au moral.
11 e^l quelipiriuis suhst. au ujasc. [mm: défaut princi-
]>al, mauv.iis ])encliaut, [>issii>n irrésistihle. côh' faihle. —
Vient' jjcr sonn jihle, pr-'iulrc par Son faillie. A un fible,
il a du j>eiich;nil, un-' l'aihle>se, un faihle (»u du faihle.
Fiblèsso, s, f. raij»|.'>se; faihle; «l.'iailhno*; action in-
délicate, manipi'î île f-uce, de caractère, de conduite;
maUNais penchant.
Der. du lat. l-lebUis, tMiiplnyé dans la hass. lat. dans le
sens de Ih'bilis,
Ficela, r. Ficeler; entoin-iM', lier avec de la ficelle. Au
li^'. eipiijier; or;^ani>er a\ec Soin, a\ec élégance.
Ficèlo, v. /'. Ficelle; ]»eiii.' eorde forjuée iL' deux hrins
tiudus. — AUnmtja lu fter/o, au li,i.'. dilVerer, prolonger.
Der. du lat. I-'idieula, petit-' corde à ho} au.
Ficha, '*. Donner; jeter; lancer; mettre; ap[)li(iu»"'r. —
l'iehc un en de poiin, dt-iiner uii Coup di.' poiu;/. Me souî
fitim tiinf sônti, je me suis laissé toud)er. Fielta lou camp,
il.'camper, s'enfuir.
l'nJia'n cane (lour fie fia en ca)re, \eut dire: fatiguer,
ennuyer, scier le elos, et aussi contrarier, \exer, ficher
jiialh"'ur, c«' dernier \ei'he mis par ameuilenjent , bien
entendu, coujme dans le ian^. Mainten.nit Ctiirc a plusieurs
siLnilieiii.ijis, si'lon l'occurence : coin, sen-, cotri i»t car-
pau du jeu di' cartes. — Il n'est i>as ahsoluujent imi»os-
.sihle que la litciitinu \ ieniie duue partie de' cartes, dans
laquelle un joUtMU' aurait été olistinément poursuivi et hattu
par la couleur carreau. Cependant, il y a une autre e\.pli-
cati'.ii, asst'Z simple, âs>ez naïve, si ce n'est davantage,
pour être t'Uit aussi \ rai^end-lahle. Loisqu'un enfant n'est
[)a> sai^e, (iii ren\(iie en jiénitence dans ini coin de la
chandire, où il d -it rester, ju>qu';ï l'i^xpiration de sa peine,
ilehout, sans houger et tourné \ers le nnir. Il est clair que
cela doit l'ennuyer, le Ncxer, lui fieher malheur, si vous
\oule/. Ces souvenir> d'enfance nstent en grandissant, et,
qu"i(|ue [dus sa,L:e alors, on a pu, si on éprou\e quel(jue
contr.ui-'t'', quehpie ennui, (fUelque \exalion, les assimiler
à ceux du jeune temp>, quand on nous flanquait dans un
coin pour j)uintion, et les appeler du même nom en salant
tant Soit peu l'expression.
Mais il ne faut rien garder sur la C(»nscience. Celte der-
nière ex])licatietn, ([ui me rcNenail assez, je dms convenir
qu'i'lle ne peut être acceptée que sous bénéfice d'inven-
tainv Le dicton est exclusiveujeut languedocien et de vieille
date. Ceu?^ (jui fcait les dictons étaient, en matière dïxlu-
calion, pour l'ancienne méthode de M. Cinglant, et je crois
même qu'ils le sont toujours : comment auraient-ils fait
FIE
FIE
34»
œltti-ci sur ane nouvelle pénalité qui n*a été édictée que
depuis et seulement dans le code des salons? C'est assez
difficile à arrang er, et il faudra sans doute revenir à notre
partie de cartes, au risque de la perdre encore.
Se ficha, se moquer; braver; mépriser . — M'en fiche hé,
je m*en soucie fort peu ; je m'en fiche. Se ficha dé qudou-
quus, se moquer de quelqu'un , le naf gucr , en faire peu de
eas. C'est le lénitif du verbe malséant F . . . qu'on emploie
dans les mêmes acceptions en fr.
Dér. probablement du lat. Fixare ou Figere, mais sin-
gulièrement détourné dans quelques-unes de ses acceptions.
Fichan, anto, adj. Fichant; contrariant ; désagréable;
Ûcheux; qui cause du dépit, du désapointeraeot . — Il est
encore un lénitif.
Fichouiro, s. f. Fichure, espèce de bidcnt ou de trident
avec lequel on darde le poisso n dans l'eau.
Dér. du lat. Fixorius clavus, fiche.
Fidèl, dèlo, adj. Fidèle; exact à garder sa foi, à rem-
plir ses engagements. — Se dit principalement de la fidélité
on plutôt de la probité des domestiques ou gens de con-
fiance, dans le sens de l'attachement; probe et intègre. —
Es fidèl, il est probe, il ne toucherait à rien de ce qui ne
lui appartient pas.
Dér. du lat. Fiddit, m. sign.
FidèoQ, s. m. Vermicelle, sorte de macaroni pour potage.
On le fabrique avec la farine de riz qu'on teint le plus
souvent avec une décoction de safran . On lui donne cette
forme de fils ou de petits vers en le faisant passer, à l'aide
d'un [Hston, & travers les trous d'une filière. On dit en
esp. Fideoi.
Dér. du lat. Fide$, corde d'instrument de musique.
Fièia, v. Pousser des feuilles; se garnir, se couvrir de
feuilles, en parlant des arbres.
Fièiaje, s. m. Feuillage; quantité de feuille de mûriers
que contient un domaine. — Y-a un for fièaje dîne aquél
mas, il y a une grande quantité de feuille de mûriers dans
cette métairie.
Fitias, s. m. Amas de feuilles sèches pour litière. —
Coucha dou fièïas : dans les Cévennes les valets de ferme
couchent dans des amas de feuilles sèches de ch&taignicrs,
comme ailleurs dans la paille.
Fièio, s. f. Dim. Fiètéto, péj. Fiéiatso. Feuille, en géné-
ral. — Fièto, tout court, signifie, dans nos contrées séri-
cicoles, la feuille par excellence, celle du mûrier. Or, le
mûrier, pris ainsi au singulier, ne signifie pas seulement
un individu de l'espèce, mais la récolte en entier : c'est
pour cela que FiHo participe à cette extension. La fièïo é$
déjà bêlo, la feuille est déjà développée. La fièïo a prés
mâau, la feuille a souffert ; elle est tachée ou brouic par
la gelée. Acheta à fièïo morto, acheter de la feuille en hiver
et sur l'estimation qu'on fait des arbres ; c'est aussi la
retenir et arrfaer en hiver sur l'estimation ou pesage qui en
seront faits à l'époque de sa maturité. Faïré manja ta fièïo,
c'est faire une éducation de vers-à-soie avec la feuille qu'on
possède : c'est dit par opposition à celle qu'on vend en
tout ou en partie ; dans ce cas, on emploie aussi : Ft^re
touto sa fièïo. Ana à la fièïo, aller cueillir de la feuille de
mûrier. Ana à las fiëios, aller ramasser des feuilles sèches
pour litière.
Fi^io dé rèsso, allumette, lame d'une scie.
Fièïo d'hdouboï, anche de haut-bois.
Fiito dé papié, feuille de papier.
Dér. du lat. Folium, m. sign.
Fièirâoii, s. m. Champ de foire pour le bétail gros et
menu. — Ne s'applique pas aux lieux où s'étalent les au-
tres marchandises en temps de foire.
Fièîréja, v. fréq. Acheter à la foire, y faire des em-
plettes; fréquenter les foires. — Crése qu'àouraï bien fiètréja,^
je crois que j'aurai fait un bon marché. Au fig. a bien
fièiréja, il a eu un bon lot en mariage ; il a rencontré une
femme de mérite.
Fièiro, «. f. Foire, grand marché public qui se tient à
des époques fixes. — C'étaient autrefois certains jours de
fériés ou de fêtes patronales, pendant lesquels tous les droits
de lods, d'entrée, de péage étaient suspendus, ce qui attirait
la foule des acheteurs et parlant celle des vendeurs. Faïre
fièïro, acheter à la foire. Té dounaraï ta fièïro, je t'achè-
terai un cadeau à la foire : les cadeaux à l'époque des foires,
comme les étrennes du jour de l'an, sont d'un usage ancien
qui commence à s'effacer ; on les fait aux enfants, aux amis
intimes, aux domestiques un peu anciens dans la maison.
Pér un éscu né véirés la fièïro, pour un écu vous en serez
quitte, ou vous pourrez vous satisfaire. A Alais, lorsqu'on
dit : Pagaraï à la fièïro, cela signifie : je paierai à la foire
de Saint-Barthélémy, le S4 août, qui est la plus considé-
rable, la foire par excellence.
Dér. du lat. Feriœ mundinœ, m. sign. On n'a fait que
supprimer le dernier mot.
Fiel, s. m. Feuillet d'un livre; feuille de papier. — Viro
fiel, mèstre Grabièl, passons à autre chose, à un autre dis-
cours : tournons la page : loc. prvb.
Dér. du lat. Folium, feuille.
Fier, fièro, adj. Fier ; superbe ; orgueilleux ; arrogant r
hautain ; altier. — Faï dé soun fier, il prend des airs.
Fier, fièrto, adj. Grand; considérable; fort; d'une
fameuse dimension; bien étrange. — Aquà's uno fièrto
câouso, voilà qui est bien étrange, bien extraordinaire;
c'est une bien singulière affaire. Un fier home, un terrible
homme. Un fier malhur, un bien grand malheur. Uno
fièrio michantlso, une cruelle malice.
Cet adjectif ne s'emploie que de vaut le substantif avec
lequel il s'accorde.
Dér. du lat. Férus, fier, intrépide.
Fièramén, adv. Fièrement ; avec orgueil ; beaucoup ; en
grand nombre ; très ; fort. — Es fièramén bo, c'est bien
bon, d'une très -grande bonté. Fièramén iuèn, excessive-
ment loin. Siès fièramén abéstï, tu es grandement sot^
ignare, grossier, impoli. ^
FIO
I >
.•' 1 • [> -lit - II; iitiv. fiiro I'^
'■• I -N ." IMl.T'V-i ;itVH"tf''''S, un t 'Il
■ \ \- l.i li'nniiiiiis.iii iv,luii!i.'nti\'^ '"'t
ruiu^»i»»^»» . uiil^^ *• •'' "(y- l^'^tit'iLutiT". pivt-iiîinix.
|\.H,. , , Diin. I'tijiir!<t; j»t''j. fit/nssn. TiL'll»', iVuit illl
I, ui.M \ii II ' II''/ trin'iiiiiM' ou (le olii'.^n. — f). (iijos p.r
, .■,,, ,. ,s il.-. li^'Mcs pour ton nez : co n'rst [»:i^ [yaiv ta
(|,i, I ■ Imiii » li.iiilVt', (l'i-st jKir cttntr.M.'tinn d^ c-it'^ [«lira^-^
i|M i.ii .hi ntlrij('r|i\(Miionl : Fiijos! NiMnii !
!• > \.Hir|.''> sont n<)iiil»rous<\s : iinn>, los in!lir|iiôn> >Mn>
Il III tl'iKtiniiiation spôoinlo.
h' r (lu l.it. Ficus, fi^juc.
l'iijo-lôouriôou, s. m. L"ri.)t, On'nfus ffjlhuhi. I.inn.,
Mi-^raii il*' l'ordre (\o> P;».s-i rcaux rt df la fain. il-s Cmiù-
Ki-livs. (''«'St par S'.n plininii,'.* nn de n<'S plus If.tux
«ti-^iMiix : d'un jauM*' d'nr: une ta«dn.' eiitrf' 1«' Ih'O et I'omI,
hs ailes et la qu'Hie nnin\s. niais c*He-ci t^TUiin-e df jaunis
Ik'c ron^'eàtre: iris d'un l>"au n)u;je: |iin;.nieiir 2i C'iiti-
nif'tres. Sa diair «^st f'»rt t-rniM'.'. Mirlout à l'(''p<>(|up de
son secnnd passage, dans h'.> pnMni'TS jours de S'^ptiMr}«re.
Le loriot vit en eap\ mais j'ius diflieih'riit'nt qu»^ ]>^ n.*'r]^
et rr't''Urn'^au.
(j» non' d»* Looun'nou. coujine odui lai. Orinfus, (jn<^ lui
dnnnr la ii'^ru'ii'-lalure si:i''nlill<{U'\ d»M\ du lai. Amcohis,
coul'^ur d'or, a <;..us''^ de la couleur d-^ s )n pluiiiai:<\ Le
mot yi'jo a «''té ajout»!' en lang. parce que cet oiseau est
très-1'iiand d»^ ce Iruil, et qu'ofi raptMTMit souvent sur les
figuiers.
Figuièïro , 5. f. Dim. Fùjuitueto; pt'^j. rî'juicirn^so.
Figuier, figuier conmiun, nots can'cn, Linn., arhro de la
fani. des rrticées, cultiv('» de temps imm-Mnorial. — Fi-
guiviro-Cnhinou, figuier sauvage, dont les fruils avarient
sans niùrir. Iai figuicirasso est une expression tout alai-
sienne pour d<''signer le forl dWlais (jui s«'rl de prison. On
voyait, il y a quelques ainn-es encore, un immense figuier
sur le préau de la citad(dle, au-dessus d<^ la })orto qu'on
appelait le petit poste : de là l'allusion. Mounta à la
figuiv'iri'iso. c'était simplement aller en prison.
Dér. du lat. Fican'u venu de Ficus.
Figuièïroù, s. m. Arum, ou pied de veau, ou verge
(VAaron. Annn vulgarf, Linn., plante de la lam. des
Aroïdes. Sa racine ost caustique quand elle est fraîche;
sèi'lie, elle est un l»on cordial. La c<:>locase d'Kgypte et le
chou caraï' 'étés de l'arum, bonnes à manirer.
L.-' n ••! d-^ Fl-j'i-'T' > lui \j-\: : r 1 --'.l-^i.ent de sa sève
!àitt'u.>.' ft .-..u-fiqu ' i.-i m!];-;' ._••'.!•: i : rjuier.
Figuro, v. /'. Difi^ F''juict:>: ;-;. F:jurasso. Figure;
^i^■''Lr': î-'r'.i-^ ►'Xt-'ia-'ur-' d"un c:rj.s.
I)'r lu ht. F -g lira, m. si-'U.
Fil, s. ni. Di'ii. Fi''. fioà; p/'j. F- is. Fiis: «^nfant mâle;
gare -n. — Pirhn./n^ p -[iî-î:!-, !•' îK!. lu ù\< ou de la fille,
[)ir rrpp >i't à r.i'.iil mu 1 r ii'ul'^ /.a nr. b^aie f^ll, c'est un
ltra\e ;; ii'<". m.
D'V. du ],it. Fih'us, m. sign.
Fila, f. ri!-''r: d-'raniprT: cli-ii-in-r; iinrclier vile.
I)''r. du lai. l'ihnn. 11!, par Ii.'''t:;'.'h'r'"' d"Vi l.-T >on fil,
fuir. Fil -r a la qu'?iiaiill'^ se dit Fiala ; mais létymologie
»'st la II, ■''M,''.
Fin, finto, '/'/y. Kxtréuje; juMju'à la lin. — Ne s*em-
]>l"i.> gu":'-' (pi'' J 'iiil aux ii.nts Fot/n ou Souti, Cimo OU.
Cini'in. Ann fin foun, au plus iirof.ind. A la finto cimo, à
la .ime •'\tp\'ii". rifi-z-ct un fJignc. jus(ju'au dernier
doni'M'. sans rahattr- une <d)ole.
D'-r. du lat. Fhiis. Fn ital. Fi no, jus(|ue.
Finablamén, af'v. Final ■m^Mil; en dernier résultai;
enfin ; a la fin.
Dér. du lat. Final is, d.» Finis.
Finamén, /"7r. D'Iicati'u.ent: t-Midreuient ; doucement.
— Sr» pivu 1 > ■uv.Mit ironi(pi>^m'.'nt t^n antiplirase: Y-vai
/inami'ti, enth'- fouto In banastado, il n'y met ni délicatesse,
ni fui•^'^^♦\ ni précaution : il n'y va pas de niain morte.
Dér. df /'/, fino.
Finanço, s. f. — O^ mot n'a rien de conniaia avec le
mot t'r. F()iin>rc. C''\st uii'^ •'«sp-M'e d.^ jeu de mots jvaur dé-
sigii'^r la fni''sst\ réh'gani'" de manières, l'ai sus la finanço,
il »st vêtu couiii]'^ un prince, comme les pMM'soiuies de haul
rang, de haute p'siti mi. Catiti sus lu finanço, chanter
C'tîiime l'^s nj'"^s>ifMirs r-t l*^s darnes, chanter l'ariette et la
romance et non l(\s airs t-t chansons j)opulaires.
Dér. de Fi, fi no.
Finèsso, s. f. Finesse; astuce; ruse; artifice.
Fini, r. Finir; acluner; terminer; cess*?r; prendre fin.
— Finisses, iNVsez, ass-^z, laiss("'z donc. — Voy. Fénè
Dér. du lat. Finire, de Finis.
Finissanço , s. [. Fin d'un livre, d'un écrit, d'une
scènp.
Fine, finoto, alj. Finaud; rusé; qui finasse.
Finocho, s. m. F'inasseur; madré compère; rusé.
D'T. de Fi, pno.
Finlo, 5. f. Feinte; ruse; emploi d'un moyen apparent
pour masquer le but occulte qu'on poursuit. — Finto ca-
luflo, ruse de guerre à certains jeux d'enfants : traduit du
lat. Callida, rus-'e. Ana pêr finto, einployer la feinte, la
fourl)erie; ne pas aller droit son chemin.
Dér. du lat. Fin gère, au supin Fictum.
Fiô, s. m. Dim. Fiouqué; augm. Fioucas. Feu, principe
de la lumière et de la clialeur; chaleur. — Faï fia, allume
le feu, fais du feu Va fi(> éncô dé..., il y a un incendie
FIO
FIO
351
chez... Fia dé jofio, dé Sén-Jan, feu de joie, de Saint-Jean-
Y-a hu fia âou bla, le blé est d'une grande cherté. Es é^
que y-a mes lou fia, c'est loi qoi a fait renchérir cette
marchandise.
Dér. da lat. Focus,
Ko, s, f. Dira. Fiéto, Fioù; péj. Fûisso. Fille; enfant,
personne du sexe féminin par rapport à ses père et mère ;
femme non mariée. — Bêlo-fïo, belle-fille, bru. Pichoto-
fïo, petite-fille, fille du fils ou de la fille par rapport à
Taïeul ou à Taïeule. Fio dé eambro, femme de chambre.
Comme nous Tavons fait à l'art. Fénno, nous réunissons
sous le mot Fio les principaux dictons que la malice, l'es-
prit d'observation, la sagesse aussi des âges passés leur a
consacrés. Ces petits proverbes n'ont point de date : ils ne
sont pas non plus particuliers à notre dialecte, ni même à
la langue d'Oc, qui n'y ont mis le plus souvent que le
tour et la vivacité de l'expression. On rencontre leurs
équivalents dans les autres langues et dans le français, qui
se pique cependant de raflîner la galanterie. Ils ne repré-
sentent donc pas la civilisation d'une époque ou d'un pays.
Mais, puisqu'ils se sont reproduits et qu'ils se conservent,
puisqu'ils sont encore souvent cités et appliqués, il sera
peut-être curieux de les rassembler à peu prés tous dans
la même page, et de les apprécier au moins au point de
vue de la linguistique, sans y mettre autrement de malice
ni de commentaire.
Proverbes relatifs aux filles.
— 66 vèn quan garçoù naï, s'uno fio vèn, bé s'en
vaï. •
— Ciel pouméla, fio fardado, soun dé courto durado.
— Entre fios et capélans sabou pas ounté manjaran lus
pan.
— Entre fios et éscoubïos, pourièn pas èstre trop iuèn
dé Toustàou.
— Fïo, léntïo et pan càou soun la ruino dé l'oustàou.
— Fio troutièïroet fénéstrièïro raramén bono maïnajèïro.
— Fïos'd'hoste et figos dé cami, se noum soun tastados
dé vèspré ou soun dé mati.
— Fio d'hoste et dé bouché, agués pas gâou que rés
noun té sié.
— Fio d'hoste et figo dé cantoù soun pu léou maduros que
dé sésoù.
— Fio es coumo la roso, es bèlo quan-t-és éscloso (pour
énelàouso).
— Fïo maduro porto l'éfan à la cénturo.
— Fio pâou visto es dé réquisto.
— Fïo poulido sans habls, mai dé calignaïres que dé
Duiris.
— Fio qn'agrado es mita maridado.
— Fïo que prén, s6 vén .
— Fio qu'éscouto, vilo que parlamônto, soun lèou prêsos.
— Fios que soun à marida, michan cabâou a garda.
— Fltio que vôou éstre présado, ni visto, ni visitado.
— Fïo sans crénto vôou pa'n brou dé ménto.
— Fïo à marida, chival à vendre.
— Fio coumo es élévado, éstoupo coumo es fialado.
— Fïo laïdo, bien parado.
— Fio maïgro émbé dot gras, à cade jouïne-home plas.
— Fios et véires soun toujour en dangè.
— Las fios fôou pas que parlou que lou fiô noun siègue
acata.
— Ni trop fios, ni trop vignos.
— Nose, fio, castagno, sa râoubo cubris la magagno.
— Pan frés, prou fios et bos vér bouton l'oustâou en
désèr.
— Pàou vignos, pàou fios, et bé téngudos.
Dér. du lat. Filia, m. sign.
Fiolo, *. f. Fiole, petite bouteille de verre blanc.
Dér. du gr. ^liXct, m. sign.
Fîolo, s. f. Filleule, celle dont on est le parrain; œille-
ton ou filleule d'artichaut; drag»?on enraciné du talon d'une
plante qu'on arrache pour transplanter.
Dim. de Fïo, dans l'un comme dans l'autre sens : l'œil-
leton étant à vrai dire la fille, la pupille de la souche-mère.
Fiou, s. m. Dim. Fioulé, Au plur. Fiousses, Fil; filasse
du chanvre, du lin, du coton, de la soie, de la laine, etc.,
tordue en brin délié et continu; tranchant d'un outil;
fibre de certaines plantes; courant d'eau; fil, cours, suite
de choses, d'une affaire, d'un discours. — Lou fiou dé
l'aïgo^ le fil, le cours de l'eau. Âquà vaï à fiou d'aigo,
cette affaire marche que c'est un charme ; elle va d'elle-
même comme le courant de la rivière. A trop lou fiou, il
est trop rusé, trop fin. Douna lou fiou, aiguiser, émoudre
un instrument tranchant, lui donner le morfil. Li coupé
lou fiou, il 1 interrompit, il l'interloqua. Tin pas qu'émb'un
fwu, cela ne tient qu'à un fil, à rien, à presque rien.
Dé fiou en aguto, d'une chose, d'un propos à un autre, de
fil en aiguille.
Fiou dé richar, fil d'archal, de laiton, passé à la filière :
en lat. Auriealchus.
Fwu dé fêre, fil de fer; fiou d'aran, fil d'archal.
Fiou dé vigno, vrilles ou mains de la vigne.
Fiousses dé majoufo, traînasses des fraisiers, par où ils
se provignent d'eux-mêmes.
Dér. du lat. Filum, m. sign.
Fioucado, «. f. Feu de paille ; feu passager et de courte
durée, tel que celui qu'on produit avec une bourrée. Au
fig. vivacité; mouvement passager de colère.
Dér. de Fid, feu.
Fioula, V. Siffler la linotte; boire à longs traits; siroter.
Ce mot nous vient peut-être de Fiolo, fiole, peutrêtre aussi
du gascon Fioula, siffler.
Fioan, s. m. Adresse; biais; habileté; manière de s*y
prendre. — A lou fioun, il ^t donner la tournure con-
venable.
Peut-être n'est-il qu'une corrupt. de Fiou dans une de-
ses acceptions.
35^
FLA
FLA
Fiqua, v. Placer de<l;ias; lairc (Milivr ailntitoint'iU «iU''!-
qno chose.
Dt'V. (lu lai. Fi(/rn\ piqutn', fixer.
Eisa, r. Fier; confier une chose à (|iio](jiruii.
Se /isd, avoir ci»iiliaiice; .se n'ix'ser sur (lueliju'nn avec
SÙrolé. — Li /fsariei jfus fa fjnHïo <lc moitn ase^ ilit-oii Cil
parlant d'un nn'Jic istr<\ criin <'iii[)iri(]iie : je ne hii cnn-
fierais pas la vio de nii»n chien. Mtt //se sus cl, ie nie re[>ose
sur lui en Ion le confiance.
Dér. du l;it. i'isum, supin de ri'lcte, ju. siirii.
Fisable, ablo, «'/y. Qui mérite toute confiance; à qui
on peut se fier; personne sure et fidèle.
Fiso-té-li, j/Jw. fin'fo iuterjcrtivr. Ah ! hien oui I va t'en
voir s'ils "\ i-'iinent, .Jean ! Tiez-Mais à lui, a cla.
Fissa, V. Fixer ses reuards; fixer les yeux sur ([uel-
qu'un; jtiquer, enl'oncer un aiiiuillon.
î)ér. du lat. fi.rus de l'i'jcre.
Fisso, .V. f. Gardes de la htniille : pi'MTe noire, le phis
souvent leuilletée cnnune Tardnise, (pii forme les ris>ises
siij)érieures <'t inlV'rieures des filons di' charh:>n, «'1 (piej-
qucfois se trouve iritercalée d.ins le hloc lui-mr'me. File
est de la nature du charlttin; mais elle est peu piuvnjse et
brûle mal. Sauva;.'es la nomme en l'r. Fisse, mot qu'on ne
rencontre j\is dans les dictionnaires, l't c'est snns doule
lui emprunt qu'il lait h l'idiome local; mais dans la lan-
gue ])arlée r.ux mines de houille même, on enq^hùe le uuA
Firho, (pli s'i'ï^t l'rnncis('M'n Fiches, les«[uels n'oïit certai-
nemenî ])as d'antre origine que le vrai laniruedocien Fisso,
plus ancien et meilleur, \''nant du lat. Fiuu, i)l;uit(!'f, en-
foncée.
Fissoù, 5. m. Aiguillon d'al)eille, de gu^jie, de frelon.
Dér. du lat. Fi(jere, pitjuer.
Fistra, ♦•. Filtrer; distiller i:oiitte à goutti*: suinter;
s'éouler cMiime en passant i»ar un filtre, ou par une fuile
insensible.
(>orrupt. du fr.
Fistre, im^rj. Juron. Fichtre I ctMles! peste! dame!
dial)leî — llessendde tV»rl à l'adoucissement d'un mot
grossier, un juron aussi de i)lus belle maille.
Fïun, S", m. La gent fille, la g(''n»'ralité des jeunes filles
d'un endroit donm*. — Ae se prend (pi'(?n mau\aise part,
c.-:Vd. en style narquois.
Fia, flaquo, (t<lj. D'un. Flaque ; ptjj. Flaqvas. Flasque;
mou; sans vigueur; lâche; sans force; indolent. - De
cars flaqnos , chairs flas(pies, molasses. Fia cnurno la
bano d'un biùnu, par antiphrast^ pour exprimer une vigueur
à toute <* »reuve. Fia coumo uno trio, coumo uno simousso,
sans force, mou comme de la chiire.
Dér. du lat. Fluccns ou mieux Flncridns, m. sign.
Jlaïra, r. a. Flairer ; sentir par l'oilorat : au lig. pressentir,
prévoir; el r. //. Fleurer; avoir de l'odeur; exhaler une
odeur. — Flairas aquél bnuqué, sentez celle Heur. Aquo
Jlaïro pas bo, cela ne sent pas Ihhl
~ ' Hi lat. Flagrare, m. sign
Flaire, a. m. Flair; odorat.
Flama, v. Flamber, produire ou donner de la flamme. —
l'iamber, \m< aciivement, ne se dit pas Flama, mais bi(}n
l'scla oll (habiisvla. — Vo^. C. m.
Flamado, v. /'. Flnmme: feu vif et clair, tel que celui
([u'on piciluil a sec de la bourrée, des sarments, du menu
bois, etc. — Fo'ne à la flomado, faire rôtir à la flannne.
Flamba, r. Fl.imber, jeler de la flannne, des flamm(Vhes
Au fig. [)erdi-'; ruiner. — Sou'i flamba, je suis flaml)é,
perdu, ruin*'.
Dér. du II t. Flamma.
Flanibéja, c ln}q. Flamboyer; jeler de la flannue, un
\ if éclnt.
Flaméja, v. lVé«[. Fliinber, commencer W flamber; pro-
duire do llnmmes. Au \v^. être irrité, enflannné; donner
une \i\< .(rdt'in-, causer une inflauniialion. — Moun dé
jJdiDi'Jo, iiii-n doi-t e>l brillant d'irritation.
Flame-nôoii , flame-novo, adj. Tout neuf, entière-
mciil niiil; tout b.iiiani neuf; (]ui n'a janiais servi.
Fn t'>[K on dit dans le même sens Flamante; cela signi-
fi(' : ipii f.^i dans IriUt son lu>lre, qui fian)boie de lustre el
de nouveauté.
Flamo, s. /". Dim. Flamcta; augrn. Flamasso. Flamme,
parli'^ sublile e| lumineuse du feu.
Dér. du lat. Flamma, m. sign. En bas-breton, Flam.
Flan, 6-. m. (aème (aile a\ec du lait et des œufs, qui a
la consistance d'une gel(''e.
Flâna, c. Flamr; ne rien faire; se i)romener par dé-
so'UN rement : jH-idre si»n tenq»s parles rues, en déambu-
lant. — C'est, aN(\* mi résultat id(Miti(pie, pres<]ue l'op-
posé de l)u[ia, qui supjiose la flânerie sans la locomotion.
Flandrin, drino, a/y'.Péj. Flnndrinas. Flandrin; grand
efllinqué, paresseux el indolent. IMus usité au fém., grande
femme sans maintien, .sans grâce; lâche; nonchalante; ii
qui tout Iraine par indolence ou maladresse; une marie-
cbiJïon.
Il est probable rpie ce mot est dérivé do Flandre, et a
désigné autrefois ses habit-LUils.
Flandrouïo, s. f. Péj. Flandroinasso. C'est un augm.
de Flandrino, avec um^ certaine aggravation de mauvaise
tenue.
Flanqua, r. Flanquer, donner un coup, j(?ter. — Lénitif
d'un mot ])lus énergique, comme Ficha.
Flanur, urdo, s. ei adj. Flâneur; musard; paresseux;
(pii se promène par déso'UvnMnent.
Dér. de Flâna,
Flàougnar, gnardo, adj. Flagorneur; enjôleur; cajo-
leur; courtisan; patelin; chien-couchant.
Dér. du lat. Flare, souffler, enfler de vent, parce que
les flalteri«'S ejiflent la \anilé.
Flàougnardariès, s. f. jdar. Flalterrie; flagornerie;
chatteries ; patelinagc.
Flàougnardéja, r. fréq. Flatter; faire des chatteries;
flairorner.
FLE
FLO
353
Flâongnardije, s. m. Caractère flatteur, patelin, flagor-
neur, corn pli mcntcnr doucereux.
Flâoujos, 8, f. plur. Contes, sornettes dans un but de
flatterie, tels que les propos hyperboliques d'un séducteur.
Flâousino, «. f. Coutil, toile croisée à larges raies, dont
OD fait les lits de plume et les taies d'oreiller.
Ce mot doit sans doute son origine à une circonstance
anecdotique ou à quelque nom fr. de cette étoffe, qui a
disparu.
Flaqua, v. Faiblir; fléchir de faiblesse; manquer de
force; mollir; devenir flasque. — Hfas eamhos mé flaquou,
les jambes faiblissent sous moi.
Dér. du lat. Flaccidus.
Flacniéja, v. fréq. Manquer de force, de courage; lâcher;
fléchir; flageoler, en parlant des jambes.
Flaquéto, *. /". Ne s'emploie qu'avec le v. Faïre. —
Faïre flaquéto, faiblir; s'aflaisser; flageoler.
Flaquije, », m. Faiblesse ; indolence; mollesse; lassitude.
Flaqno-lamo, phr, faite. Lâche au travail; sans éner-
gie; nonchalant; indolent; poltron; lâche.
Flasque, s. f. Poire à poudre, exclusivement.
Flasquou, s. m. Flacon, bouteille de verre blanc à large
goulot terminé en entonnoir; génériquement, toute boutoille
à vin qui est en verre blanc. — Flasquou païa, flacon
disse.
Dér. de la bass. lat. Flascus ou Flasca, Fiasco, m. sign.
En ital. Fiasco.
Flassado, s. f. Couverture de laine. Au fig. homme
faible, sans énergie morale; poule- mouillée, qui, cédant à
toute pression, se laisse facilement aller et retourner. La
couverture aussi est essentiellement molle, flasque. — Fias-
sado vient en eflet du lat. Flaccida, et son radical lang.
Fia a la même signiflcation ; — elle se laisse aisément
plier, rouler, tourner et retourner, et l'on comprend que,
par une juste comparaison, pour l'homme en question l'on
dise : es uno fUusado, lorsque c'est son caractère habituel,
et a fa la flassado, lorsqu'il a fait comme elle dans une
occasion particulière.
Dans la bass. lat. Flassada ou Flasciata, m. sign., con-
traction de FUassata. En esp. Fracata.
Flata, V Flatter ; caresser de la main ; traiter avec dou-
ceur, et non dire des flatteries. — Flata Vaigo, ne pas trop
contrarier le courant d'une rivière en faisant des digues ou
fascines pour la réparation des propriétés riveraines. Flata
jo, jouer lâchement, sans application : ce que font les
fripons pour allécher leurs adversaires. — Cependant on
le dit bien dans un certain sens de dissimuler, leurrer;
vanter : Vous ou flate pas, je ne vous le dissimule point.
Se flata, se dorlotter, se choyer â la moindre incommo-
dité.
Dér. peut-être du lat. Flare, Flatare, soufllcr, donner
du vent.
nèomne, 1. m. Flegme, impassibilité; lenteur; bddo-
lence. — Ne s'emploie qu'au flg.
Flèonmo, s. f. Flegme, pituite; glaire; humeur qui est
qualifiée de froide, et qui, dit-on, jouo un grand rôle dans
l'économie animale.
Les deux mots m. et f. ont la même origine du lat.
Phlegma, du gr. <I>XiYH-a> pituite, parce qu'on croit que
l'abondance de cette humeur est la cause du tempérament
flegmatique.
Fléquo, s. f Paquet de chanvre ou de laine cardée, tel
qu'il est posé sur la quenouille: boucle, mèche de cheveux.
Flétoù, s. m. Boulet d'un cheval : la jointure qui sépare
le tibia du paturon.
Dér. du lat. Flectere, plier, tourner.
Fli-fia, s. m. Terme de danse, jeté-battu.
Flin-fian I interj, Flic-flac : onomatopée pour imiter le
bruit d'un soufllet qu'on applique sur l'une et l'autre joue.
Flisque-fiasqno, interj, Augm. .lu mot piécédent, plus
énergique et plus imitatif que lui. — S'applique encore aa
bruit que fait un liquide secoué dans un vase à moitié
plein, des vagues sur le rivage.
Fie, s. m. Dim. Flouque; augm. Flouquas, Morceau,
lopin, pièce de quoi que ce soit: flocon de soie ou de laine;
houppe de bonnet, bouffclte. — Au moyen àgp, c'était un
luxe d'orner les équipages et les haquenées de main d'un
nombre infini de houppes, surtout en Italie chez les car-
dinaux et les princes de 1 Église, en très grande cérémonie :
de là l'expression italienne m fiochi, qui est passée telle
quelle dans le fr.
On appelle particulièrement Flo, la houppe de laine
qu'on laisse sur 1rs plus beaux moutons et les agneaux
lors de la tonte et qu'on tnut en rouge ou en vert : c'est
le luxe des bergers, — /o« fwu emporta lou fin, h couture
emporte ou déjhire la pièce. Aquéto ést:)fo s'en Vwt à bèUs
flos, cette étoffe s'en va par loques. Vn flo de pan, un mor-
ceau de pain.
Très-certainement le primitif s'écrivait Floc, conservé
encore dans quelques dialectes, que le nôtre, qui a horreur
du C final dans la prononciation, no peut ndiiiettre que
l'étymologie indique et qui se retrouve d'ailleurs dans les
composés.
Dér. du lat. Floccus, flocon de laine.
Flôousouno, s. f. Espèce di> tTte à la crêmo, qui n'est
autre que du fromage frris de ceux (;ri sont nommi^s Toumo,
qu'on renferme dans une légère pâte de farine et qu'on fait
cuire au four sans sucre.
C'est un mets et un nom qui appartiennent à la Lozère
et à l'Aveyron.
Floto, s. f. Dim. Floutéto. Gnni écheveau de soie écrue
telle qu'elle es. dévidée à la filatitre sur la roue du tour à
filer; poignée de chanvre poignée; mèc'ie de cheveux.
Dér. de la bass. lat. Flotta, m. si^^n., pris du lat. Fluctus,
flot, parce que la Floto est ondéo lorsqu'elle est libre,
comme les flots de la mer.
Floii,«. f. Dira, Flourâto; péj. Florrasso. Fleur: terme
générique comme en fr. et qui prend la plupart de ses ac-
45.
854
PLO
. .*
POL
oepttons fîgnr63s. Cependant lorsqull 8*agit d'one indivi-
dualité da genre des fleurs, on dit plutôt un bouqui
fV.c.m.): un JarJi plé dé bouquéi, un jardin plein de
fleurs. Coumo apélai aquéi bouquéf Comment nommez-
TOUS cette fleur ? — Au fig. la fli>ur ; la crème ; la partie
la plus précieuse d'un tout. La pou dé la pruno, le duvet,
la petite poussière qui se forme sur la prune à Fétat na-
turel, et qui se d^ore au contact.
Dér du jat. Fia, m. sign.
Floundéja, v fréq. Gamliiller; jouer des jambes, en
ayant le corps renversé sur le dos, comme font les enfants
au maillot, lorsqu'on leur enlève momentanément les en-
traves de leurs langes. — Se dit aussi : leva las floundos,
jouga dé las flouniot ; tout à fait synonymes.
Floundo, s. f. Fronde à lancer des pierres. — Longtemps
les enfants d'Alais se sont battus à la fronde, et il se faisait
ainsi des cafnpagnes fort curieuses, souvent très-savantes
en stratégie, quelqueiois sanglantes. Vno fioundo dé quatre,
une fronde tressée à quatre brins, était alors la plus re-
cherchée.
Dér. du lat. Fvnda, m. sign.
Flonqua, o. Garnir de houppes; orner, parer de houp-
pes; tondre un mouton en lui laissant des houppes de laine.
Dér. de Flo.
Flonquaraxi, arando, a'^j. Péj. Fiouquarandas. Très-
grand, très-élevé, mais sans tournure, sans grâces.
Dér. de Flo, c.-k-d. un très-grand morceau d'homme :
une très grande taille n'étant pas toujours le type de la
grâce.
Ce mot peut venir aussi du n. pr. Fulerand, qui est
celui d un> saint évêque de Lodève, patron de l'église de
cette ville. Il n'est pas impossible qu'à Montpellier on
désignât les Lodé viens sous le nom de Fulerans, comme
épithète ironique : d'où ce sobriquet aurait été formé.
Floac[Qariè, s. f, Loquettes, crottins ou flocons de rebut
d*une toison, qui ne font pas corps avec la toison entière :
c'est la laine du ventre et des cuisses, toujours chargée de
crottins.
Dér. de Flo, flocon de laine.
Floaqaé]a, v. fréq. Couper menu, en petits morceaux;
morceler; déchiqueter.
Floora, ado, a IJ. Fleuri ; vermeil ; velouté comme un
fruit qui a conservé son duvet, sa fleur. — Éf fioura, il a
un teint de lys et de rose, comme on disait.
Flourado, s. f. Premier choix; fleur d'une marchandise
quelconque; élite de ce qu'il y a de meilleur, de plus fin,
de plus délicat. — T^an leva la flourado, on a déjà enlevé
la fleur, ce qui avait le plus de prix. Âï prés pa% que la
flourado dé soui moutoiis, j'ai acheté tous ses plus beaux
moutons.
Flonré, t. m. Padou, ruban de fil ou de coton. — Foy.
Cal^è.
Flonrôto, s. f. Dim. de Fhm, Petite fleur; fleurette. —
Foy. Flou.
Flonii, t^. Fleurir; être en fleur; poiuser des fleurs;
orner de fleurs.
Se flouri, moisir, chancir. — Cette expression rend
d'une manière plus explicite que le fr. cette opération de
la décomposition des corps ; la moisissure indique l'eflto-
rescence qui se forme en poussière blanche et ressemble
à une végétation ; dans tous les cas, elle a beaucoup de
rapport avec celle de toutes les espèces de fungns, qui
n'est aussi qu'une efllorescence causée par l'humidité et un
commencement de décomposition dans les cprps ligneux.
Flonrido, t. f, Fleuraison; saison, époque de la forma-
tion des fleurs.
Flonridim, t. m. Moisissure, chancissure.
Flotiriè, s. m. Charrier; drap de toile grossière qu'on
étend sur le linge rangé dans le envier d'une lessive, et
qu'on charge de cendres pour séparer le linge de leur
contact immédiat.
Flonroiin, «. m. Furoncle, clou, flegmon enflammé,
abcès très-douloureux.
Flordalla, s, f. Fleur de lis, considérée comme armes
de France. Altération en un seul mot de Flou dé lès.
Fliirdalisto on Frâondulisto, s. m. Féodiste, qui exer-
çait la profession, aujourd'hui perdue, de lire, de déchifiîer,
de trachiire, d'expliquer les vieux titres, les anciens actes.
La variante, dérivant de Frâoudo, est inspirée par une sorte
de jeu de mots avec le premier qui n'est qu'une corr . du fr.
Fins, fiu880, adj. Fil qui n'est point tors. — Sédo
flusso, soie plate, non tordue.
Dér. du lat. Fluxus, mou, lâche.
Flnté, s. m. Dim. de Fluto. Flageolet; octavin.
Fluto, s. f. Flûte, instrument de musique à vent, en
forme de tuyau.
Foço, adv. Beaucoup; en grande quantité; en grand
nombre ; extrêmement.
Contraction de Forço. — F. c m.
Fogo, «. f. Fougue; presse; ardeur; empressement. —
La fogo das magnai, l'époque où' les vers-à-soie occupent
le plus activement, c.-à-d. quand ils sont en fraise. La
fogo ddou màou, au fort de la maladie. Laissa passa la
fogo, laisser ralentir le preaiier empressement.
Dér. du lat. Focus, feu, foyer.
Foire, v. Mai*er, houer, fouir la terre, la remuer à la maie
ou à la houe et non à la l)èche, lucké; car on dit alors luehéta.
Au fîg. prendre quelqu'un dans tous les sens, le tourner et
le retourner pour le décider à quelque chose. — AtmariH
maï ana foire, j'aimerais mieux bêcher avec les dents.
Dér. du lat. Fodire, fouir, bêcher.
Fol, folo, adj. Dim. Foulé; augm. Foulas, Fou; en-
ragé ; atteint de la rage ; insensé, qui fait des folies. — Vn
ehi fol, un chien enragé. Un foulas n'est point un fou,
mais un écervelé; les femmes appellent Foulassas, celui
qui se porte envers elles à quelques privautés dont elles
aiment mieux rire que se fâcher.
Dér. du lat. Follis, ballon à vent.
FOR
FOU
355
Fon, s. f. Dim. Ftmntéio. Fontaine, source; «au vive
fui sort naturellement de la terre ou d'un rodier.
Les dénominations de lieux et ensuite de personnes sont
très -nombreuses, dans lesquelles est entré ce moi, soit
simple avec la forme latine au nomin. précédé ou non de
Tarticle, ou celle de Taccus. marquée du T, soit com-
posée et s*alliant à des situations caractérisées par Tad-
jectif . 11 en est résulté des variétés dont nous indiquerons
quelques-unes des principales, et qui, pour ne former
qu'un seul mot, n'en laissent pas moins apercevoir leur
origine. — Fons, commune de Saiut-Mamert; Fons-sur-
Lussan ; Las Font, commune de Molières ; la Fons, ruis-
seau, à Saint-Julien de Valgalgues; à la Salle; et La Font,
dans les communes d'Arre, de Gambo, de Laval, de Rogues;
La Fous, près le pont du Gard ; sans coiopter les noms
propres d'hommes : Lafont, Fontanes, Fontaine, La Fon-
taine; puis, en composition, avec ou sans séparation,
Founiarano, ruisseau. Font arenœ; Founlaréeho, Fonta-
rôcbe, Fons ersctta, fontaine élevôe; Foitntàoubo, Fon-
tanbe, Fons albus; Fon-houHén, Font-Bouillant , Fons
ébnUisns; Fon-cdoudo, Font-chaude, Fons calidus; Foun-
duso, Foni-Cluze, Fons Fclausus; oncouvèrto, Fonl-Cou-
verte, Fons coopertus; Founfrédo, Fonfréde, Fons frigidus;
Founfoutouso , Font-Fouillouse , Fons foliosus , feuillue,
ombragée ; Fcunmagno, Fon magne. Font magnus ; Fonvivo
Fonvive, Fons vivus, etc.
Fôon, «. impers. 3'*' pers. indic. prés, de Foudre. Il
faut. — Fâou dire, il faut dire.
Fôou est aussi la 4^* pers. indic. prés, du v. Faïre, Je
fais. — Fôou pas qu'ana et véni, je ne fais qu'aller et venir.
Fôoure, s, m. Provisions ; bardes ; bagage, ustensiles de
ménage, d'une maison; le nécessaire, ce qu'il faut. —
Méeata soun fôoure, soigner, renfermer ses provisions, ses
bardes.
Dér. du V. Fondre ou Foure, falloir.
For, s. m. Fort; citadelle; lieu fortifié. — A Alais, où
l'ancienne citadelle a été convertie en maison d'arrêt et de
justice, il signifie prison. Mounta àou for, mettre en pri-
son, parce que le fort est élevé au-dessus de la ville.
Dér. du lat. Fortis, fort.
For, forto, adj. Dim. Fourté; péj. Fourtas. Fort;
robuste; qui a de la force, de la consistance; de haut-
foùi, acre, piquant; extraordinaire. — Se prend quelquefois
substant., le fort, la partie principale, le plus haut degré.
— JM m for, du vin tournant à l'aigre. Aquilo cébo es
forto, cet oignon est d'un goût fort et piquant. Aou for dé
lésHau, an plus fort de l'été.
Se faire for, se prévaloir; s'engagera; cautionner; r6-
poDdre pour quelqu'un. — Se fui for qu'es oousid'un téou,
U se prévaut de la parenté d'un tel.
F«rço. s. f. Force du corps; vigueur; énergie; scrfîdité;
puissance. — Força mi siguè, force me fut, je lus bien
forcé de... Foryo dé ni fi^e, à force d'^n Mpe. F(Wf §ira
tsTfo, forée vous sera.
Pér força, adv. Forcément, par force, par contrainte. —
Pér força tous pénjtu, par fcrce on les pend; que voules-
vous y faire?
Dans la bass. lat. Fortia ou Forcia, m. sign.
Force, adti. eu Foço. Beaucoup; extrêmement; en
gr snd ncmLre; en grri de quanlilé. — Voj^. Foça.
Fcrjo, 4. f. Diui. Fûuijeto; péj. Fourjutso. Forge, lieu
où Ton fond le fer; nlriier de forgeron.
Dér. de la bass. Int. F. ig'a, m. sign., venant de Fabriea.
Foimo, s. f. Diui. Fommelo; p(*j. Fourmasso. Formç,
configuraticn dos corps; Uianiôredétre d'une chose: forme
de soulier, morceau de lx>is façonné de manière à repré-
senter le pied ; emboudicir de bottes. ^
Dér. du lat. Fointa, m. sign.
Fore, aov. Dehors; hors d'ici; loin d'ici. — Ou vése
d'ùïci'n foro, je vois cria d ici. Y anarén d'aïci'n fora,
nous irons en sortant de là et snns désemparer. D'uïei'n
foro, de ce pas ci. D'hivCï en foro, à partir de ce jour.
Âquà's foro man, cela rsl hors de |)ortée, en dehors de la
main. Fora visto, hors de vue.
Dér. du lat. Forùs, dehors.
Fo8, Fosfio; au plur. Fosses, Foxsot, part. pats, du
V. Fc'ife, L:iL(Uié, creusé, Icui. — f'oy. FtXre.
F088O, s. f. Fcs.se, liru creusé dans la terre pour ense-
velir un corps mort. — ^icus n'eni*. gistrons ce mot que
par souvenir d un prvb. cilé à propos des femmes : il
n'est pas de nctre ui< de, qui dit iros ou Tràou; mais il
est nçu en proveuç 1. d eu n. us viont aussi le prvb.
Dér. du lat. Fo.*ta, ni. sign.
Foucbol interj. Lim Fovchétof re&lvl Diantre! Foin!
Malpeste! — Juron qui est aussi un déguiseoient anodin.
Fouchoiira, v. Ilnvaudrr; mcUre sons dessus dessous,
sans Lut, sans nécessité < u à contre temps.
Fondre un Foure, r. imp. inég. Fr.lLir, être de néces-
site, d'obligation. — Foiùie mouii, être oMigéde mourir.
Foné, s. m. Fouet, laiiif^res d«; cuir tressées et attachées
k un bâton peur fcueltor; verges k châtier. — rai' tourna
un fime, il va comme le vent; il fait vite et bien. Foire
péta soun fbté, faire chqnor sr^n fcuet, au prop. et au fig.
faire riinportrnî; f- in* giaud bruit.
Dér. peut être du Ut. F. ^u^, (;ni a donné le vrai mot
Fouleav, M'\u, ! êlrr, prne t^ue c'ot' i(. dans l'origine, des
verges ou housbinesde I ^tre dent on sf* servait pour ibuet.
Fouétéja, v. fiéq. J uer du fouet, le faire claquer sou-
vent; agir plus du iouct i^uo de la voix pour conduire on
atelage.
Fousasso, s. f Dim. Fot.gassffo: augm. Fougassauo.
Fouace; gâteau; g'^lettt : ps^pocede \mn trés-aplati, cuit au
four; morceau de pMe Iroi^ii'inc^ et découpé en différentes
figures qu'en place urns le. a ur avrnt d*j mettre le paûi,
afin d'en éprouver le degré de chalpur : pAte mal cuite,
indigeste et peu économique. Aussû le j^rvb. dit-il : FinMo
fcttgas.*i/vo, pàomro .iiul>*<i(;Vl*rc, an ■> 0 qui fait des ga-
lettes est une pauvre femme de ut> 1.: 4; •. Par euLt. Fauf^usa
350
FOU
FOU
s'applique h toute sorio de g'Uoiux au Lr-urit!, au gras et
au sune. — /'ougusso d(- rtis, galoau dos Ilois. />e lu
pdSlo ;U' inhtin cniuupa'îi c, hono /'ougusso à mou/t ftôou,
prvi)., du cuir d'.iulrui lari^<*. courroie. Vous reuUr^u p.n
pér f'.ngu^si, je v.ius r.'ii Ir.ii la pan'illc avic usure. h\.'iie
dé foug issoy en tenue d';igricullurc, cirit'urer sculeiueiil la
terre a\eo la linue, (U eu laisser um' crilaiue louiJUiMir
sans la fouiller, et la recouvrir ensuite avec de la lerre
remue p:!ur (ju'il n'y paraiss»* j),':s. Vaiie [ougusso, c'est
<^prc u\*'r une aversed' pîuii* p.'niLnit 1rs travaux de l'aire,
après (ju'on a foulé le blé et avant (pu; le ^Main soit nettvjyé.
Drr. du lai. Focus, foyer, [)irc-' (lie*, dans le principe,
cette j^'alelte se cuis.iit s:>us la cendre.
Foiigna, v. Iî)udir; faire la lu- ii.^ à (pidqu'un ; être
de m lUNaise luiineur. — On dit d'une souclie, d'un arîir'\
foug^in^ il h aid'', l.a■^^ue, sans éln^ jnoi't, sa sève est
cul; ur<Iie, et (pi'il p^ussi^ des hourj^^vuis beaucoui» plus
tni'l [lie l«s ;iul:«'sd('s in cspèc» : il s' dit é^^denllMll d'nut'
e[il*' p.ir 'ssease.
A>lnu; pi' t. ni ipie le mot vient dn celliipie.
Fougnadisso, .^. f. Houd^îe; mauvaise luinieur a[ipa-
rcnt''; mécontentement inanifeslô.
Fougriaïrc, aïro, a 'j. \Vi\v\^av\ renfrogné; qui fait la
rnoiie; <]ui fait mauvaise mine.
Fougno, •^■. /*. Mii.o iKudeus'; j^ris'^ mine; n.oue. —
Fai II [oug lo, il ou elle me re^jardo de mauvais o'il ; me
Foiigu, udo, paît jJiss. du v. Èslrc, et du v. Foahe.
Fûi.gjù, 3""^ [)ci'>. sing. prèle, d-fini tlu v. /i'v/ro. Il ou
rlli' fui.
Fougue, V. i;n{)'M's. p[\'t. def. du v. Fou lie. Il fallut.
Fouguciroii, n. ui. r»)}cr d'uni' clu^minèt'; aire; f«itn--
neai.
Dit du lit. Focns^ d.jiil il est un dim.
Fougucja, v. iVècj. (aiire, rs^'-itir une cuisson, d(\s
élancMi:' ii!> di' d-nilfur; é^u". uv"r ou causer une doulur
ûpn.', ;ii;,ii('', la'ul inti^. — Ma g ij'^ mé fouguejo^ j'ai la
bouclio en feu.
Dv du 'al. Focus on de Fcg'>.
Fouï, fouïsso, o 'j. Tr .'u!,l<\ baiche. — Vog. Fous.
Fouïa, t'. Fouler; écrnsiM*; enli^vcr la fraiclu'ur et la
(Ipur tl u . fruit dèlicil en h* mini ml ou le transparlant
snr.s piètautii.-n, comiuv; les r.ii.^ins, les fraises, les fruits
1res murs — Ne se dil ([up d'un a.'l^ inv^.l mliire : lors-
qu'on veut pirlcr d'un fruit qu'on écrase à dessein, on se
sert d ' ï'.^piii'ta - V. c. m.
I)ér. de la bass. lat. FuHare, fouler, fait du lat. clas-
si(p«" FuHa, foulon.
Fouïè, .s. f. r\ili'; dVu'^u;e; e\lravnganee; passion
exo^jssi.e. — Fuùc <fé fnut--s, fair.i des folif\s, des oxlra-
vngMices. Fsirc en f(>}n\ être en clialan*, en rut, en par-
lant <li' cerliins animiux dus la siisin de leurs amours.
É:i bé foKï\ c'est peine perdue, c'est inutile.
Dér. de la liass lat. Folh'cia, fait de FoUis
Fonïè, 3'"* pcrs. sing. de l'imp. du v. Foudre. Il fallait.
Fouïétéja, r. fr, (Uiopiner; siroter; hanter les cabarets,
les bouchons.
Dèr. de Fou'ieio.
Fouïétéjaïre, aïro, a//. Ivro<5'ne; (jui aime à gobelotter;
qui aime et fréquente Ips lavernrs.
Fouïéto, .>'. f. La (luatrieme partie d'une pinte du pays,
(pli équivalait i\ la doubhî pinte de Paris. — La fouïelo
répond à la chopine de Paris et contient en mesure métri-
que lie litre 0,48.
(]e mol rst fMnpruntô au fr. Feuillette, qui est aus.si une
mesure d' crqiaeilé du vin, quoique les deux mesures
soient h;rt dillerentes d'iiuportance : telle dernière coute-
iiant 1 ii [unies de Paris, soit 138 litres 2o.
Fouïna, u. S'enfuir làclicment; reculer devant un dan-
g''r, un'* iiienace; fuir; s'es(|uiver. — Fof'iner est pnp.
•Ml fr., mais TAca demie l'enreifistrera.
L<' m-d pourrait avuir été formé du lat. Fugere; mais
il est plus |)robable qu'il descend de Fouine, imiter la
fouiii'V
Fouïo-mèrdo , .v. m. Escarbol, scarabée stercoraire,
pilluliiro, fv uille-niriile, Scarafjœus pillularis, I.inn., in-
s'cte de Tordre d'S (>dè(iplèn\s, et de la fani. des Lamel-
licoims. — (bi coini;!il c scand.éi', assez désigné par sou
noiu, (jui fait de si siogidières boul'^tlcs pour log^r sa pro-
géiiiiuic, et (jui, dit on, déteste la rose, dont l'odeur le fait
mourir. Il est vrai de dire cepeiMl.int (pie si son goût est
certain, st»n antipathie l'est beaucoup moins.
Fouira, v, — Vog. l'^sfouùa, s es fou ira.
Fouïralado, .s. /". Produil d'une décharge de ventre
liquide et eu diarrhé»^
Fouiro, v. /". Foire, diarrhée; cours de vt^nire; selles
frét|Ui'nli\s et liipiides. — On dil d'une piersonne malingre
et d'un»' sanl'"' «'banc'lantt? : A toujour pèl ou /'ou'ào. On
em[)l "itî la même ex[uvssion au lig. en parlant d'une [)er-
sonn<* qui a toujours (pii'hjue niai en poche, un faux pré-
texte p)ur se disptMiser d'uni* corvée.
Dér. du lat. Foria, m. siL-n.
Fouïta, ado, udj. Terme de tailleur et de couturière,
étriipié; idVKué; «jui manque (rauq)leur.
Fouïta, i'. Fouelli r; lialtre de verges; fesser; donner le
fou".t. Au lig. agiter, purilier. — Fou'ita uno baUisso,
crépir avm; un balai. A(ju(> /'ouïio lou siuig, cela fouette et
purifu' 1(^ sang.
Dér. de Foui'.
Fouïtado, .V. f. Coujis de fouel; corn^clion à coups de
fou<.'l ou de verges; fe^îSée. — Ne s'applique guère qu*aux
enfants.
Fouïtéja, V. fréij. de Fomta. Fustiger; fouetter rude-
ment et à plusitMirs n^j^ri.ses.
Fouïto, ^<f. f. Le même que Fouitudo, avec un peu de
b^nitif p'Ut-élre. — Vog. c. m.
Foulas, asso, alj. Aug n. de Fol. Folâtre; qui aime
à folalnu-; plaisant gro.ssier, lourdaud et maussade, en
FOU
FOU
357
mauvaise part; mais suivant le ton, badin. — Que sié»
fintlof/ que tu es sot!
Fonlastrado, 5. f. Balourdise; bêtise; ânerie: incar-
tade; trait d*étourderie, de iolie.
Fonlastréja, v. fréq. Folâtrer; batifoler. — Voy. Fou-
Ugâoudeja .
Fonlastrije, s. f, Élourderie; habitude de folâtrer, de
batifoler.
Foulé, s. m. Tourbillon de vent ; petite trombe d'air
qui tourne en volute et enlève le sable, la poussière et les
feuilles sècbes.
Dér. de Fol, dans le même sens que esprit-follet, feu-
follet, etc.
Fonligâon, âoudo, adj. Folâtre; écervelé; étourdi;
volage; enjoué.
Dér. du lat. Volaticus, léger, insouciant : permutation
de F en F, assez fréquente.
Fonligàondariè, s. f. Jeux folâtres; acte d'étourderie.
Fouligâoudas , asso, arlj. Augm. de Fmdigàou, Le
superlatif de Folâtre: volage; enjoué; souvent flatteur,
sortoat adressé à un jeune homme par une femme qui ne
hait pas les folies.
Fouligâondéia, v, fréq. Faire le fou; sauter; gambiller;
folâtrer; batifoler.
Fonligâoudiie , s. f. Étourderie; folàtrerie; caractère
léger et turbulent.
Foiimme, iuierj. Juron qui ressemble à FicAfre/ — C*est
encore un voile sur le mol grossier.
Fonn, s. m. Fond ; la partie la plus basse d'une chose
creuse; mais dans celte acception on dit mieux Soun
(Y. c. m.). Fond ou oiifonçure d'un tonneau, d'une cuve;
ampleur d*une robe, d un habit; fond de terre; propriété;
nature du terrain — À foun, adv., à fond, en allant jus-
qu'au fond. Âqui Irju f^un de l'afaïie, voilà le point im-
portant de la question, le fond de l'afifaire. Aquo'a dé bon
foun, c'est du terrain excellent. Di bé fàun, du bien fond,
un fond de terre. 5î^t din moun foun, je suis chez moi,
dans ma propriété.
Dér. du lat. Fundus, m. sign.
Foun, 3™ père. sing. indic. prés, du v. FounJre. Il ou
elle fond.
Founça, ado, adj. De couleur foncée, sombre, chargée.
Founça, v. Creuser profondément; foncer, uirtlre un
fond à un tonneau, le démonter pour reformer le jnble ou
réparer les douves, ou seulement pour le nettoyer et res-
aerrur les cercles ; donner, mettre des fonds, contribuer de
son argent; débourser.
Dér. de Foun.
Fonnciè, cièiro, a-J. Propriétaire foncier ou d'immeu-
bles. — Ne s'emploie guère qu'en parlant d*une femme
mariée dont la fortune ne consiste pas en constitutions
dotales, mais en biens fonds, en immeubles, ou d'une
vente, d'une pension.
Dér. de Foun .
Founcion, i. f. Fonction; profit; usage; volume. —
Aquél pan fui foço founciou, ce pain est très -nourrissant:
par sa bonté et ses qualités nutritives il épargne beaucoup
d'autres aliments. Bfoun cadis m'a bien fa founciou, ce
cadis m'a fait un long usage. Voit dé peïs faï maï dé foun-
ciou que Voli d'en bas, l'huile de pays foisonne, se gonfle
davantage dans la poêle que Thuile du pays bas.
Empr. au fr. .
Founçuro, s. f. Enfonçure d'une futaille; ensemble des
pièces qui en composent le fond ; mairin, bois scié et des-
tiné aux enfonçures de futaille.
Founda, v. Faire fond: compter sur; se fier; donner de
l'ampleur à un vêtement. — On po pas li founda, on ne
peut pas faire du fond sur lui, compter sur lui. Té foundes
pas aquï, ne te Vie pas à cela, ne compte pas là-dessus .
Foundaménta, v. Creuser, établir, bâtir les fondements
d'une construction eu maçonnerie, lui donner un bon pied.
Foundàménto, s. f. Fondement d'une bâtisse, la partie
qui est bâtie sous terre en assises sur la rue.
Dér. du lat. Fundamentum, m. sign.
Foundre, v. Fondre ; faire fondre ; mettre en fusion ;
faire liquéfier. — Au fig. ruiner, se ruiner; démolir, dé-
truire; dissiper. — A tout foundu, il s'est ruiné, il a tout
dévoré. A foundu soun bure, il a mangé son avoir.
Se foundre, fondre; se liquéfier; se consumer. — La
candèlo se foun, la chandelle fond .
Foundre, inierj. Juron édulcoré et mal déguisé du mot
grossier F . . .
Foundu, udo, part. pass. du v. Foundre. Fondu.
Foundudo, s. f. Fondue, œufs brouillés, préparation
culinaire.
Foundur, s. m. Fondeur d'étain; potier ambulant, qui
refond les cuillers d'étain. Par ext. et par un jeu de mots
ironique on appelle ainsi celui qui mange son blé en herbe,
qui fond son beurre.
Fountagnè, s. m, Fontainier; qui cherche ou qui creuse
les sources; particulièrement, cette espèce d'empiriques
qui courent les campagnes avec la prétention de découvrir
les sources cachées â l'aide d'une branche fourchue de
coudrier ou de figuier sauvage. Ils ont, â l'appui de leur
sorlilége de baguette divinatoire, une sorte de théorie bâ-
tarde sur les courants magnétiques qui n'a rien de com-
mun avec la belle théorie géologique de l'abbé Paramelle.
Dér. de Fon,
Fountaniou, 5. m. n. pr. d'homme. Fontanicu. — Ce
mot porte évidemment la marque diminutive du radical
Fon, de même que Fontenelle, Fontenille, Fontettes, Fon-
tanouille, qui indiquent tous une petite fontaine. Ils ap-
parliennentà la même famille que les n.pr., communs dans
notre pays, de Fountano, Fontancs; Fountcgna, Fontagnac;
Founsanjo^ Fonsange autrefois Fonsanche; Fontaine;
Founlanés, Fonlanès; Fountaré, Fontaret; Fountanai,
Fontenay; Fontézy; etc., tous formés des mêmes éléments
primitifs, dont les conditions, les situations diverses ont
^58
FOU
FOU
amené les variétés de désinences. Ce sont de nouveaux
exemples à joindre à l'étude des noms, de Faction et de la
transformation des suffixes.
Fonnzàon, s. m. Dim. Founxalé; augm. PounzcUas,
Fond, lieu bas; bas-fond; fond d'un vallon; terre plus
basse que les autres .
Augm. de founzo,
Founzélu, ado, adj. Creux; profond; ventru; qui a
une certaine profondeur, en parlant d'un ustensile, d'un
engin. — Sièto founséludo ou crousMudo, assiette creuse,
assiette à soupe.
Dim. de Founxu, qui a plus d'extension.
Fonnao, s. /*. Effbndrilles du vin ou de tout autre
liquide; lie, marc qui tombe et reste au fond d'un vase;
sédiment, dépôt d'une liqueur.
Fonnzo, s. f. Bas-fond; terrain creux, plus bas que
ceux qui l'a voisinent. — Voy. Founxdou.
Fonnza, udo, adj. Creux, profond, qui a de la profon-
deur. — Se dit génériquement de tout ce qui a un fond
bas et profond. — Voy. Faunzélu.
Fonqno, s. /*. Foulque, Morelle, Foulque, Mairoule, Fu-
liea atra, Linn. Cet oiseau est aquatique, quoiqu'il n'ait pas
les pieds entièrement palmés; il est sédentaire et très-abon-
dant dans les étangs de notre département. On peut le
conserver en domesticité dans une basse*cour. Sa chair
est, à ce qu'on dit, réputée aliment maigre par les Canons.
On en fait des chasses vraiment royales, où il s'en tue
quelquefois au-delà de deux mille dans une journée. Ces
expéditions renommées s'appellent chasse à la macreuse,
mais à tort : la macreuse, canard macreuse, Cinaz nigra,
Linn., est un oiseau différent, rare dans notre pays, de
dix-huit pouces de longueur, ayant le bec à sa hue sur-
monté d'une protubérance arrondie, et dont tout le plu-
mage sans exception est d'un beau noir profond et velouté.
La Foulque, au contraire, plus petite, a la tète et le cou
d'un beau noir, la queue et le dessus du corps ardoisés, le
dessous d*un cendré verd&tre avec une plaque blanche
sur le front. La Foulque ne doit pas être non plus confon-
due avec la Poule-d'eau. — Voy. Poukni't^go.
Dér. du lat. FuUgo, noir de famée.
Four, i. m. Dim. Fourné; angm. Founuu. Four à pain;
lieu voûté en rond et ouvert par devant, où l'on fait cnire
le pain. — La gorjo dàou f&ur, la bouche, l'entrée du
four. Ijou fandàou dàou four, la tablette, l'autel du four,
la perte-bonchoîr ; c'est la pierre qui en forme le seuil et
sur laquelle s'appuie la pelle lorsqu'on enfourne le pain.
On dit d'une personne très^rosse : Simhlo un fàur; le
point de similitude n'est pas facile à saidr, si ce n*est par
rapport à la rotondité de l'une et de l'autre forme.
Four d'aeàoH, four à diaux. Fowrà briqua, à paià, four
à, briques, à tuiles, etc.
Dér. du lat. Pumus, m. aign.
Eéma ou Fomdra, 3"^ pars. sing. fat. du v. impers.
Faure ou Fomire. Il faudia.
Fonrbia, v. Éviter; esquiver; changer de route, de
direction pour éviter un danger, un importun. — FourUa
qudouquus, éviter quelqu'un, esquiver sa rencontre. F(d
fourhla toun aie, détourne ton ane.
Formé du lat. Forà9 viam, hors la route, qui a donné
naissance aussi au fr. Fourvoier.
Fonrça, v. Forcer; contraindre; appuyer avec force;
employer ses forces à un ouvrage. — Fourpa tmo dàou,
tordre les dents d'une clé. Un outU fourça, un outil quel-
conque en fer qui a été faussé par un effort.
Dér. de Força,
Fourcado. — Voy. Fourquaio, et de même pour les
autres mots où se trouve le C dur, exprimé par Qu,
Fonrçamén, adv Forcément ; par force; obligatoirement
Fourchétado, s. f. Quantité d'aliments qu'on peut
prendre en une fois avec la fourchette.
Fourchéto, s f. Fourchette, ustensile de table, en forme
de petite fourche.
Dim. de Fmirquo.
Fourçn, udo, adj. Taillé en force; bien membre; qui a
beaucoupde force, soit en parlant des personnes, soitde choses
solidement établies et qui présentent une bonne rê«stance.
Dér. de Forpo.
Fonre ou Foudre, v. impers. Falloir. — Voy. Foudre.
Fourèje, èjo, adj. Farouche; intraitable; peu civilisé;
mal apprivoisé; sauvage.
Dér. du lat. Fera, bète fauve; ou de Fttror, fureur.
Fourél ou Fousél, t. m. Cocon de ver-à-soie.
Ce terme tient à l'idiome vivarais, qui s'étend aux pays
circonvoisins, les cantons de Saint-Ambroix et de Baijac.
— Foy. Fousél.
Fouréfl, f. m. n. pr. de lieu. Le Forez, ancienne pro-
vince de France. — Ne s'emploie que dans ce sens : Mar-
ehandiso ou Traval dé Foures, marchandise de pacotille,
peu solide et fabriquée en masse à bas prix ; tels sont les
ouvrages de serrurerie, de coutellerie, qu'on fabrique à
Saint-Étienne et dans la plupart des villages du dépa^
tement de la Loire.
Fonrés, 5. m. Foret, outil d'acier servant à percer des
trous dans des corps durs.
Dér. du lat. Forare, percer.
Fonréso, adj, fém. Grosse femme ou fille rafamtenent
et grossièrement charpentée, aux formes carrées el puis-
santes. — C'est un terme de comparaison pris sans doute
chez les habitants du Forez.
Fourfouia, v. Farfouiller; fouiller en mettant tout seoi
dessus dessous; brouiller avec désordre en furetant.
Fourfoul, s. m. Fouillis; plus particulièrement, foule
en désordre; cohue; grand ni.ssemblement tumultnenx;
pèle-mèle d'individus ou d'animaux, comme les abeilles,
tes insectes^ etc., en masse compacte et embrouillée.
Fourgnè, ièîro, s. et aij. Foumier; boulanger, ^ni
tient un four public pour cuire le pain des particuliers et
qui n'en vend pas. — Sa fouri^ni, sac à pain.
FOU
FOU
359*'
Il a donné naissance à quelques noms propfôâ, tirés de
œtte profession : Fornier, Fournier.
Dér. da lat. Fumariui, ouvrier de four.
Fonijoù, t. m. Remuant inquiet et inquiétant; tatillon;
qui fourre le nez et les doigts partout.
Fonrjonna, v. Fouiller avec un bâton ou un outil quel-
conque là où la main ne peut atteindre, ni pénétrer. —
Au fig. remuer; brouiller; mettre sens dessus dessous.
Corr. et ext. du fr.
Fourlèon, s. Mercuriales; registre municipal où sont
constatés par des préposés les divers prix des denrées dans
les marchés publics.
Fonmia, v. Former. — Ce mot qui serait du mauvais
languedocien dans cette acception générique, est tout à fait
technique pour désigner, chez le ver-à-soie, le moment on,
après avoir jeté les premiers fils d'attache de son cocon,
il commence à former son orbe et à tracer sa forme. Cette
première enveloppe, étant encore fort légère, est assez
transparente pour qu'on voie larcbitecto travailler inté-
rieurement, quoiqu'on juge très-bien extérieurement de la
forme du vaisseau. Couménpou à fourma, les vers commen-
cent à former leurs cocons. Fourma est absolu et se dis-
pense fort bien du régime cocon, qui reste le plus souvent,
sinon toujours, sousentendu.
Fonmiéii, s, m. Froment barbu, à épi gris et à longue
barbe. 11 ne faut pas le confondre avec le froment propre-
ment dit, qui s'appelle ici Tousèlo (V. c. m.). Le premier,
qui a le grain plus gros et plus grossier, sert particulière-
ment à faire ce qu'on nomme lou Cruda, — F. c. m.
Dér. du lat. Frumenlum, m. sign.
Fonrmo, «. /*. Dim. Fourméio. Grand fromage d'Au-
vergne qui est pétri en très-gros pains pesant jusqu'à 25
kilog. — Ce fromage, qu'on appelle aussi Froumaje dé
fâoure, parce qu'il est grossier, débeurré et d'un prix très-
modique, est le dessert de la classe ouvrière dans nos pays.
La fourméto dé Baro est un fromage de forme beaucoup
plus petite qui se fabrique dans une partie de la Lozère :
il a la prétention d'imiter le Roquefort, dont il a à peu près
la forme, mais non la qualité. Il est sec, friable, débeurré,
fait avec du lait de vache, tandis que le Roquefort est le
fromage rouergat, tout fait de lait de brebis.
Fùurmo est une corrupt., du fr. Forme, à cause du vais-
seau où il prend sa forme et qu'on appelle Formo. Au
surplus, le mot Fromage a la même origine.
Foumado, s. f. Fournée de pain; cuite; quantité de
pains qu'on enfourne à la fois, ou celle que peut contenir
le four. — Fût (rés fournados pér jour, il fait trois cuites
de pain par jour.
Foumaje, s. m. Droit du fournier sur le pain qu'il fait
cuire; prix qu'il est en druit d'en exiger.
Fonméja, t^. Cuire le pain au four; enfourner. — Couro
foumejas? Quand faites-vous cuire du pain; quand faites-
vous votre fournée de ménage ?
En terme de magnanerie ou de filature de soie, Fouméja
signifie : étouffer au four les chrysalides dans leurs cocons.
Autrefois c'était le seul procédé connu pour cette opéra-
tion. Aujourd'hui l'étouffage à la vapeur est un procédé à
la fois plus prompt, plus économique, et il éloigne le dan-
ger de brûler le brin de soie par une chaleur trop forte et
trop sèche, qui se produisait souvent par l'ancienne pra-
tique à la moindre étourderie, oubli ou inadvertance de
celui qui présidait à l'opération.
Fonrné, s. m. Fourneau, principalement celui qui des-
sert les bassines de filature de soie. — C'est un procédé
qui n'est plus usité que chez les particuliers et les paysans
qui font filer le produit de leur propre récolte. Dans les
filatures à la Gensoul, qui sont généralement adoptées dans
la fabrication en grand, la vapeur a remplacé hu Foumé.
Celui-ci est un petit fourneau carré en maçonnerie, placé
sur une grille et surmonté d'une bassine en fonte ou en
cuivre : au fond du fourneau s'élève une cheminée coni-
que, haute d'environ trois mètres* Dans les campagnes^
dans les Cévennes, on rencontre partout autour des habi-
tations, ces grossières constructions ou la trace de leur»
ruines.
Foumé est encore le fourneau, œil de bœuf, où l'on
brnie la houille dans les appartements.
Dim. de Four,
Foomèl, 9, m. Fourneau de gazon écobué.
Fouméla, v. Écobuer; construire des fourneaux. Four-
nèU, en forme de voûte avec des mottes de terre garnies
de gazon, séchées au soleil, et qu'on garnit intérieurement
de bourrée sèche. Ces fourneaux brûlent très-lentement, le
feu ne trouvant pas d'issue ni de courant d'air et consu-
mant petit à petit la terre du gazon, qui réduite ainsi en
cendre volcanique, fertilise singulièrement le terrain où
elle est répandue.
Fourni, ido, aJj. Au propre, personne qui a un embon-
point raisonnable, dont les membres sont bien fournis en
chair. Au fig. nipé; équipé; pourvu. — Voy, Prouvésï.
Fournigo, s. /*. Dim. Foumiguéto. Fourmi, Formica,
Linn., insecte de l'ordre des Hyménoptères et de la fam.
des Formicaires ou Myrmèges, dont il y a beaucoup d'es-
pèces.
La société des Fourmis parait constituée à peu prés à
l'instar de celle des abeilles. Il y a les fourmis mâles et
les fourmis femelles, qui toutes deux sont ailées et ne s'oc-
cupent que de voler et de reproduire l'espèce. Puis vient
le peuple nombreux des fourmis ouvrières ; celles-ci n'ont
point d'ailes et ce sont celles qu'on nous propose comme
des modèles de diligence et de prévoyance. Les fourmis,
restai)t engourdies pendant l'hiver, n'ont point besoin de
faire des provisions pour le temps où vient la bise ; les
grands convois de vivres qu'on les voit continuellement
charrier, ne sont que la nourriture d'un juur, d'elles et de
leurs sœurs dispensées de travail. Voilà donc leur mérite
réduit de moitié : diligentes, elles le sont pendant la belle
saison ; prévoyantes, inutile qu'elles le soient si ce n'est
:W)
VOV
FOU
ipidijin^s jours nu plus l'ii os do mnuvnis lofiij)«> a>T.i-
(lontol. Ainsi l'on voit (juo si In cii^'alorlnit v»miuo, irnilant
rhi\pr, <^iiipnintfr à sa Ynisinf li; plus iM'Iil soiiiiisso.iu,
dont par|»nr!"'ntliiS''' cll'^ n'n\n!t nul Im^s >in, allPndu (]u'fll<>
no rnan.L'o p"inl, ollo l'aurait IrouvAi^ ciidnrniit' <'l aussi
drpourvuo (]u'<HIp nirMn<\
Dit. du lai. r'>nnir<i, ni. sij^n.
Fourniguéja, r. Uva[. l'nurmilhT; driuanir-T; fairo
r[>rnu\(M' des rourniillcnienls; |)i».'oter outre ouir et chair.
Drr. d«' /'(nintigo.
Fourniguiè, ». m. TourruillitMo; retraite des Inurniis.
\u ll.l^ feule iunoiidu*aM(^; niuUilude de personnes.
Fourniguiè, s. tn. Toreol, ois>'au. -- Voy. Itcnnurf.
Fournimén, s. m. Fourninir'ni d'un soldat, ses armes,
si'S vi''leiiieiits; loul ce qui constitue raineufdenient d'un
apparle;u<'Ut ; trousseau d'une fille à marier.
Fourqua, r. DoMuer un coup de rnurche; frapji'^r, [)i-
quiM* avec une Inurclie.
» f(»f/r</ii(i. s(^ diviser eu JMurche. on deux branches; se
hiTunjuer.
Fourquado, s. f. Coup de fnurclio; l'ourchée, quintitê
de fourrage ou de paille (jue l'on peut [ïicjuer et emporter
eu une lois avec la fourrhe.
Fourquaduro, .«. f. rourchuredes lirancl)'\s d'un arl.ro;
bilnrcalion. — Vay. Jùt/ottr(/ua(htro, m. si^'u.
Fourquas, s. m. Charrue à brancard, tirée par uw
seule bêle; fourchure «l'un arbre; fourcbo eu fer à d.ux
pointes. eu)maiu'h»''e d'un lrès-li)ni: luancbe, avec laciut^ll'^
on cbartre le foin sur une cbarretlc ou sur une uieul"', et
ou uarnil de laL'ots un four déi;"i allumé; étai de liois ter-
miné eu foundie pour sup[)orlcr une braïu^be (pii menace
fie s'écuisser ou de rompre sous le poids de son fruit
f^y. rnin(jn'in '; pieu fourcbu, dont o/i se sert p'Mir fixer
les claies d'un parc à moulons. — V. (infos.
Fourquéja, v. fréq. R'Mjuicr à la f<uirche; faner le foir»
eu le retournant à la f«uircbe ; pi<]uer avec les poiults
d'une fourche.
Fourquèlo, *. /*. Ktauçon fourchu fjn'on emploie pour
.soutenir les branches d'un arbre (jiio l(\s fruits surchar-
i^eut et fout plier; étai de bois ci\ forme de fourche.
Fourquo, s. f. Dim. Four^/itéto; auj;m. Fourqurnso.
Kourcbe, inslrinnent de bois ou de fer, conquise d'un
manche ti terminé par deux ou trois poiules, uommôes
f»)urcbons. — La fourcbo A fourrage, dans ce pays-ci, est
uu trident eu bois îi braucbes recourbées, fait d'une seulo
pièce avec une pou.^se do micocoulier; elles vieunent
toutes (b Sauve ou de ses environs fVny. FanahrégnuJ.
La foui.he à fumier est uu trident on for, garni d'une
douille où s'emmaut'be un maucbo on bois légéroFuonl
incliné.
Dér. du lai. Furra, m. sigu.
Pp..^A:» .. fréq. Tourner A l'aigre; i)roudro une saveur
tiQ t que du vin
to.
Fourtoû, s. f. Aigreur, nci,liî(^ du vin; rancissurft de
rbuile; piquant do l'oignon nu du radis.
Fourtuna, ado, mlj. Hicho; qui vil dans raisance; qui
est au di'^sus de s\s affaires; qui a do la fortune.
Dér. du lil. Fortunutus.
Fourtuncja, v. frof. Chercher fortune, aventure; s'in-
génier à gagner ijut^lque cbi so. — Il se prend en mauvaise
pirt pour: faire un comnierco de gngne-peiil; vivre au
ji>ur le jour d'ex; ^ lii'uts
Fourtuno, s. f l'orlune; rie! esse; ])irus; hasard; l>on-
Wnv: étal, condition où l'on est. — Im bono fourtuno, la
boniit' av-^nlup^ Pcr fouriunn, par liasard; par bonheur.
Va\ ilal. F(j)inhnrhc. . . heur, u.semeul que. . .
Dér du lat. Fi>r(tina, m. i^ign.
Fous, fousso, <i'j. Lnucho, «pii n'est pas clair; trou-
ble; néhul ux; cnuviîrt. — Se dit du \in et do la vue.
Dér. du lit. Fii\riiH, so'ubre, obscur.
Fouscgu, udo, pirt. paxs. du V. Foire. Cultivé; tra-
vaillé. — Voij. Foire.
Fouscïa, V. Taire un cocon, terme technique dans ce
S'^ul SMH. -- An ém'rvcja Iro cUi, an fo?>s(ïti din lou jas,
ou a ihis la biuyére trop clairsemée, les vers ont fait leur
cocon (1 MIS la liti Ve.
Dér. d.' Fd'iscI.
Fouséire, a. m .ïournalier qui travaille à la mare, à II
piorho, ;'i 1 1 boue.
Dér. du V. in'ire.
Fousél, ^. r'i. Dim. Fousiié; péj. Foif.u'ias. Cocon du
ver à s- 'ie. — Dans ce pays ci, on dit indilTereminent Fousél
et Fi)uco(i : cependant on ompb ie ce donûfT plus généri-
(pi'^iH'Mil et lorsqu'il s'a.'.'il d*^ la récolte entière; r.n se sert
du mot Fousél en parlant d'un iiidnidu ou de l'espèce, ou
d'un grand uoiid)re considérés comme individus. Fous
c<>ur')ùs scran cltirs, les cocons seront chers; oqnà'i uno
pnnli'fo f-viiio <lé foi'sds, c'est uno belle forme pour les
cocons.
Fousésoù, N. f. Œ\\vri\ labour à h pix^he, ^ la Iioue;
diff Tentes faç us <ju'on (b une à la terre; saison de ces
(iMivros.
Dér. du X . Foire.
Foussaje, 5. m. Action do labfturor la terre à la houe ou
à la piocbo; frais de ce lra\ail. — Y a dt^s joumalo* dé
foussnjp, il y a dix journées do travail.
Foutèso, v. f. Minutie; niaiserie; chose de peu d'im-
portance ou de pui de valeur; bétisos.
La racine de ce mot et des suivants, sur lesquels il fau-
dra bien s'expliquer, est c^rlainomont do colles qu'on doit
traiter avec le jilus i\n r'\s^rve et de circonspection; mais
il ne faut pas la tenir, sur la simple étiquette, pour aussi
abomiFtable qu-^ de médian l'^s allusi )ns l'ont faite. Notre
langue vulgaire l'a f lit entrer dans h»\aucoup d'expressions
pittoresquemont comp 'sVs et énergiques sans jxîul-êlre
trop songer à niai; et notre lexique, sans vouloir les réha-
biliter abs)lumenl. ni en conseiller l'usage trop répété, ne
POU
FOU
361
pouvait néanmoins les passer sons silence par nne affec-
tation trop timorée qni eût donné lien à des interpréta-
tions pins compromettantes qne n*en doit être le vrai et
simple commentaire. — Voy. Foutrâou,
Fontésqné, ésqno, ésqnéto, adj. Dim. Foutriquet;
cogne-fétu; trotte-menu; qui s'occupe de vétilles, de petits
détails et exagère leur importance.
Fontésqnéîa, v. fréq. Vétiller; s'occuper de niaiseries,
de minuties ; perdre son temps à des bagatelles ; bague-
nauder.
Fontimar, ardo, tidj. Indécis, chancelant dans ses
idées; qui ne sait jamais prendre une décision tranchée. —
Ne se dit guère que négativement : Souï pas fbuHmar, je
suis très-décidé; je ne vais pas par quatre chemins.
FontiniasBa, v. Déranger; mettre sens dessus dessous;
inquiéter; tourmenter. Au passif : être inquiet, malingre,
indisposé. — Souï tout foulimassa, je suis mal à Taise,
mal en train.
Foutimasséja, v. fréq. Baguenauder; niaiser; s'amuser
à des riens. — Il a la même acception que Foutésquéja, à
la différence qu'il est actif et prend souvent un régime.
Dans ce cas, il se rapproche davantage de Foutimassa et
signifie: déranger, bouleverser; tarabuster.
Foutrâou, *. m, et adj. Dim. Foutralé, éto; péj. Fou-
traias, asso. — Adj. disons- nous, au simple et dans ses
composés dim. et péjor., qui, comme bien d'autres, passe
substantif dans l'occasion.
Ce mot signifie simplement : niais, nigaud, niguedouille,
imbécile, pauper spiritu, et pas autre chose. Nous avions
bien raison de remarquer que ce mauvais garçon n'était
pas aussi diable qu'il en avait l'air; tant est vrai, comme
ou dit encore, que rien ne ressemble plus à un fripon
qu'un bonne le homme. Ce vocable fort bien porté est,
cela va sans dire, très en usage; mais parmi ceux qui
l'emploient il n'en est pas un peut-être qui ne croie dire
une sotlise en s'en servant; c'est ce qui fait son malheur.
Ce que voyant, un dictionnaire est là, à éprouver toujours
une certaine hésitation pour l'admettre dans ses colonnes :
Sauvages n'en fait pas mention et c'est grand tort : que
Ton ne nous en veuille point de ne pas partager ces scru-
pules. Car tout cela parce qu'on croit que l'expression
appartient, et elle semble en effet appartenir à une famille
de mots grossiers que rppousse la bonne compagnie. Ce-
pendant je suis sûr qu'il n'en est rien.
Les choses ne se passent pas différemment enti'e mots
qu'entre gens : une ressemblance physique n'établit pas
seule une parenté entre eux. Ici cette ressemblance existe
sans doute, mais c'est tout. Je crois même que le fr. nous
a gâté celui-ci et en a perverti le sens pour son compte
d'abord, puis en l'aggravant d'une fâcheuse allusion. La
signification précise du mot en lang., qui ne peut être, qni
n'est jamais déterminée, exclut en effet toute possibilité
pour lui d'une origine compromettante. Mais d'où vient-il
alors s'il ne vient pas de là, d'où vous pensez peut-être?...
Genin ne serait certainement pas de trop pour nous aider
à débrouiller cette généalogie, lui qui, dans ses Récréations
philologiques, a si habilement et si heureusement réhabilité
quelques expressions analogues. Son succès dans cette
œuvre réparatrice doit encourager à en tenter une pareille.
Je souhaite pour la justice qu'elle réussisse aussi bien.
Pour moi, qui ne suis ni si heureux, ni surtout si habile,
il faut que je me contente de protester contre une médi-
sance, de signaler une injustice, en appelant un autre
vengeur.
La preuve, en tous cas, qu'aucun sens honteux ne se
cache, ni de près ni de loin, derrière la locution traduite
du latin , classique ou barbare, Fatuus, peut-être, et tant
soit peu déformée à la vérité, c'est son application même.
Si elle était autre chose qu'une ironie, aurait-elle servi
dans cette phrase par exemple : dàou pu /butràou n'an fa
lou batte, du plus sot on a fait le commandant, qu'on
prétend avoir été souvent si bien méritée? Puis encore,
le diminutif aurait-il trouvé place dans ce surnom de
Foutralé dé Bésiès, sobriquet donné aux habitants de
Béziers, que leur sottise ne distingue nullement et qui ne
l'accepteraient pas sans doute même avec l'atténuation des
malins du moyen-âge?
Ce que je dis de l'adjectif regarde également le subs-
tantif devenu et restant invariablement masculin dans une
autre acception. On dit : un fbulràou dé co, un fàutrAou
dé $i$à, un foutrâou dé miracle, un fbutrdou d'homo et
même un fbutrdou dé fénno, ce qui se rend exactement par :
un terrible coup, un énorme gigot, un étonnant prodige,
un colosse d'homme et un colosse de femme; car le fr.
applique aussi sa désignation masculine aux deux genres.
Ce sens n'a rien de commun, ce semble, avec le premier,
à moins qu'on ne suppose qu'on veut exprimer ainsi une
grosseur, une grandeur, une forme hors de l'ordinaire,
exagérée, excessive, folle, insensée, déraisonnable en un
mot et qui n'a pas de bon sens, comme on dit vulgaire-
ment, Fatua, dirait le latin.
Bien que ce soit un peu tout cela que l'on veut dire, je
ne sais pas si mon explication paraîtra satisfaisante et sera
s ufiîsante ; mais je ne crois pas non plus qu'il y ait moyen
de donner davantage à ce dernier mot la fameuse racine
dont il est question. Il faut donc aussi lui en chercher une
autre si mon étymologie latine n'est pas la bonne; et il en
a été dit assez pour indiquer au moins la voie et rétablir
la réputation d'un terme, à tort ou à raison, fort répandu.
FoutraBBàon, s, m. Péj. Foutrassâoudas, asso. — C'est
l'augmentatif du précédent dans toute son étendue, qui a
lui-même son amplificatif également usité. Celui-ci seule-
ment n'a cours qu'adjectivement, tandis que le premier
et son correspondant restent le plus souvent substantifs.
Mais Foutrassdou a encore une acception, que prend au
reste quelquefois Foutrâou, surtout employés l'un et l'autre
au pluriel, et il signifie : coups, coups de bâton, de poing;
volée. — T-a agu dé foutrassâous pér toutes, il y eut des
46.
362
FRÂ
FRâ
coups, des éclaboassures pour tous. Quintei foutranâou»/
Quelle dislribntion de bois vert! Et xout fbulrassAou on
fimtràou sus $a fénno / Et en avant ! de rosser sa femme :
ce sont les procédés caressants du Sganarelle.
Ce dernier sens des deux mots est de nature, parait-il,
à lever les doutes sur leur radical, qui n*est point tel que
le fr. le ferait croire, et à réconcilier avec lui, sinon tout à
fait la bonne compagnie et sa langue un peu prude, au
moins le parler vulgaire et courant.
Foutre, ». m., v. ei interj. Mot, juron grossier et bas, sur
lequel il a été assez et même tnip dit pour n'y plus reve-
nir. C'est le radical de la famille plus ou moins honnête
qui précède.
Foatringaèlo, intêrj. Juron diminutif ou plutôt oon-
oentratif de Foutringo,
Fontringo, int$rj. Juron qui correspond à Diantre 1
Peste! Halpeste!
Fontn, iido, a4i. Perdu; déconfit; mort.
Fracha, «. Rompre; briser; casser; fendre; ébrècher.
Dôr. dn lat. Fratiffêre, briser.
Ftacho, f. f. Dim. Fraehéto. Brèche; fente; fissure;
cassure; défaut dans une pièce de menuiserie on de char-
pente; trou, cavité; scorie dans une pierre de taille; écor-
nnre; crevasse dans un mur. Au fig. fente; accroc à Thon-
neur, à la probité; frasque.
Dér. du lat. Fractus, de Frangsre.
Frai, f . m., ou Fraisse. Frêne, Fraxinus excehior, Linn.
Arbre de la fam. des Jasminées. — Cet arbre, commun
dans nos pays, fournit d'excellent bois de charronngc. C'est
d'une variété de cette famille que, dans la Calabre et aux
maremmes de la Toscane, on tire la manne des pharmaciens
par une incision faite à Fécorce.
Dèr. dn lat. Fraxinus, m. sign.
Frairastre, f. m. Frère d*un autre lit; frère utérin ou
consanguin.
Fraûre, 5. m. Frère, qui est nô du même père et de la
même mère. Par ext. pareil, semblable.
Ce terme, qui n*est usité exclusivement que dans les
hautes Cévennes, dans son acception usuelle, est encore
ici employé dans le style pittoresque et poétique, surtout
en genre goguenard. On dit dans le style ordinaire, Frèro.
— Voy. c. m.
Dér. du lat. Frater, m. sign.
Frûssiné, t. m. Frênaie, lieu planté, couvert, abon-
dant en frênes. — Ce mot, qui a existé longtemps avec
cette acception dans la langue d'Oc, n'est plus employé
que comme nom propre d'homme ou de lieu, rendu par
Fraissinet. En l'analysant, il est facile de se rendre compte
des procédés et des combinaisons qui ont servi à former
les dénominations. Nous venons de voir le radical Fra% ou
Fra%$s€, abrégeant le lat. Fraxinus et le reproduisant, qui
veut dire Frêne, écrit autrefois Fresna. Maintenant il s'agit
d*une collection de ces arbres, d'un bois où ils sont plantés
en grand nombre : le sufifixe latin eium s'ajoute au radical
et donne Fraxineium. Cette marche du mot est bieo
simple. Dans le roman, les deux idiomes du Nord et du
Midi restent longtemps confondus; mais la séparation eu
langue d'Oil et eu langue d'Oc s'accuse peu à peu et devient
tout à fait tranchée ; celle-ci reste plus fidèle au type latin
et sa déformation parait moins sensible : de là Fraïuiiiéet
FUnaie. Sans vouloir insister davantage, cette succession
ou mieux les divergences se dessinent nettement sur le mot
qui nous sert d'exemple. Nous avons au surplus indiqué
ailleurs par quels procédés rapides de contraction et de re-
tranchement des finales latines, notre langue était arrivée
à se donner des formes et à imaginer des combinaisons
propres à son génie, à ses aptitudes de prononciation.
Ici c'est le suffixe collectif latin qu'elle adopte dans sa
simplicité : Fraxineium répond à Fraïssiné,>comme Fraxi-
nus lui avait donné Frai' et Fraïsse: la désinence romaine
disparait, mais le caractère tonique et collectif du mot se con-
serve. La langue d'Oïl et le français suivent la même voie :
au-delà de la Loire, à Test et à l'ouest, la consonnance du
suffixe rappelle quelquefois son origine, d'autres fois elle
s'en éloigne davantage; la forme surtout, ou mieux l'or-
thographe obéit à d'autres tendances. Ce que, au midi,
nous exprimons par les finales é, ié, iè, édo, iiïro, etc.,
signes de collectivité, est représenté, au nord, par ai, aie,
ay, ée, ei, ey, oi, oie, ois, oy, etc. ; nous avons signalé
déjà ces difi'érences. Elles sont peut-être plus frappantes
sur le mot actuel, parce que sa composition est plus simple
et plus directe. 11 résulte donc de là, d'abord, une nou-
velle preuve de l'équipoUence des suffixes de même ordre
dans les deux langues ; puis, que les mots terminés par
une de ces syllabes, en lang. comme en fr., représentent
presque toujours une idée collective, alors surtout qu'ils
dérivent d'un nom d'arbre, les arbres étant de leur nature
les objets qui se montrent le plus fréquemment en collec-
tion; enfin, qu'il est possible de déterminer par la dési-
nence l'origine régionale de bien des noms de famille,
quand ces mots deviennent noms propres d'homme. C'est
en définitiv le profit le plus intéressant de ces curieuses
études sur la composition des noms, sur les suffixes et sur
les étymologies. Il n'y a pas à s'y tromper : une ressem-
blance de physionomie existe sans doute, entre tons ces
mots, frères d'origine, mais le cachet de race les distingue
et les fait reconnaître, les uns pour être nés sous le ciel da
Midi, les autres comme élevés dans le Nord. Les désinences
servent, pour ainsi dire, à chacun d'acte de naissance et
les localisent.
Quant à l'orthographe du corps du mot lui-même,
elle offre aussi ses variétés; si elle est fixe en lang., il n'en
est pas tout à fait de même dans les reproductions en fr.
Peut-être trouverait-on encore là quelque indication ; mais
elle nous parait un peu subtile et pas assez certaine pour
être autre chose qu'une altération dialectale. On jugera
mieux au surplus de ces observations en mettant en parai-
FRA
ritA
363
lèle les appellations identiques, avec leurs formes diverses
et leurs altérations ethniques.
Ainsi, pour nous et dans le Gard, Ltm FraUiini se ren-
contre dans cinq ou six communes; dans celle de Borde-
sac, il est nommô, en 1251, Fraissenelum, lat.; dans celle
du Vigan, en 4381 , Mansus dé Fraysseto; en 1444, Frays-
nnefum; en 1513, Itfansus de Frax'meto: le fr. les écrit
aujourd'hui uniformément Le Fraissinet; mais il n*est pas
rare de voir, quand les noms propres d'homme s*cn sont
emparés, les traductions fantaisistes Fraycinet, Fressinet,
Freyssinet, Freycinet, et autres. Malgré ces nuances qui
ne changent pas la prononciation, la formation méridio-
nale est trop saisissable, pour ne pas apporter la pleine
certitude que tous ces noms désignent dos localités, des
individus, des familles originaires du Midi. Au contraire,
on peut être assuré que jamais ne lui ont appartenu,
comme noms de lieux ou d*hommes, les appellations ana-
logues qui suivent, bien que signifiant aussi une frènr.ie
ou le propriétaire d*un domaine remarquable par ses frênes :
Francis (Doubs), Frenai (Orne), Fresnay (Seine- Inférieure),
Frenay (Loiret), Freney (Savoie), Frenois (Côte d'Or),
Frenoit (Belgique), Frenoy (Doubs), Fresnais(ne et Vilaine),
Fresnay (Aube), Fresnaye (Sarthe), Fresney (Calvados),
Fresnoy (Aisne), répondant au lat. parle même moi Fraxi-
netum.
Et, parmi les noms d*hommes, Fray, Du Fray, Frais.se,
Dnfraîsse, comme Fraissinet, viennent de source méridio-
nale : du Nord, sont sortis les Dufrêne, Du Fresne, Du
Fresnoy, Du Fresny, Frenée, La Frenay, Lafrenais, Freney,
et une foule d*autres.
Ces distinctions par zones, qui établissent la démarca-
tion de l'idiome, en remontant à la source commune, nous
ont paru utiles à noter : elles pourraient être reproduites
sur une foule de dénominations semblables, mais il suffira
d'indiquer les analogies et les concordances sans revenir
sur les détails.
Fraissinéto ou Pimparëlo, j. f. Pimprenelle, plante.
— Voy. Pimparèlo,
Fran, s, m. Franc, monnaie. — Ce mot n'a pas attendu
la promulgation du système décimal pour être national et
exclusivement employé dans son acception actuelle. On ne
s'est jamais servi du mot Livre à sa place ; toujours on a
dit : mtVo frant, un éeeu dé sîèï frans, et non miio liouros,
un éscu dé tiHi liouros, comme en fr.
Fran, Iranqno, adj, Dim. Franqué; augro. Franquas.
Franc; sincère; loyal; de bonne foi. — Fran coumo un
bétni, fran coumo un cèrquo-poùs, franc comme un bohème,
franc comme un croc à puits, contre-vérités; on comprend
facilement la première; la dernière est plus difficile à
expliquer.
Dér. du lat. Franeus, Franc, peuple de Germanie, qui
signifiait libre.
Fran-carèon, «. m. Jeu d'enfanl qui consiste à jet^r en
Tsûr une pièce de monnaie qui retombe sur un pavé de
grandes dalles. Le joueur dont la pièce se rapproche le
plus du centre de la dalle, et est le plus éloignée de ses
lignes de jointure, a gagné une mise ou un point.
Francés, éso, s. et adj. Français, habitant de la France,
né en France; qui appartient à la France; langue fran-
çaise. — Lou f.arla fiancés, ou simplement lou francés,
le françiis, le langage français.
D^r. dn lat. Franeus,
FrancliiiDan, ando, s. et adj. Français d'outre-Loire,
soit l'hahitnnt, soit le langnge: nom, épithète un peu iro-
nique, suLst. ou adj., que nos Languedociens donnent à la
fois à ce français dont le peuple du Nord a fait une sorte
de jargon et qui est son patois, et à celui que nos com-
patriotes rapportent de leurs voyagrs ou de leur séjour
dans les garnisons d'outre -Loire et qu'ils affectent au
retour do mêler, non sans emphase, à l'idiome natal.
L'expression s'applique également à ceux qui parlent cet
argot défiguré soit par leur ignorance, soit par leurs pré-
tentions au beau langage.
E(i consacrant un terme particulier au parler qui n'est
pas le sien, notre langue d'Oc a voulu, semble-t-il, mar-
quer plus expressément sa séparation avec la langue d'OKl.
Quand on la qualifie de patois, elle riposte par l'épithète
de fionehiman; et ce mot a, dans son vocabulaire, une
pareille signification : c'est l'altération, la corruption de
sa langue par l'immixtion de la langue étrangère qui cher-
che le plus à l'envahir. Ces distinctions entre les deux
idiomes rivaux et leurs patois, trouveront à se développer
davantage aux articles Lénguo et Patouès, auxquels nous
renvoyons et qui nous paraissent le complément nécessaire
de ce que nous avons à dire du Franehiman. Nous vou-
drions ici reprendre quelques-unes de nos observations
préliminaires, appuyer sur certains traits du tableau, et,
puisqu'enfin il passe en force de chose jugée que les dia-
lectes méridionaux ont mérité l'ostracisme, apprécier les
motifs de la sentence et avoir le signalement des cou-
pables.
Il n'y a pas d'illusions patriotiques à se faire ni à exa-
gérer : pour être une langue contemporaine du français,
issue de la même source que lui, pour avoir partagé l'em-
pire avec lui, notre langue d'Oc est loin d'avoir eu d'aussi
brillantes destinées; mais elle en est entièrement distincte.
Si la perte de sa nationalité l'a laissée quelque peu &
l'écart et en arrière, elle ne lui a rien ôté au fond de son
caractère et ne lui a point fait abdiquer son génie. Elle a
été moins favorisée par les circonstances ; elle est déchue
de sa condition sociale; et cependant, avec le sentiment de
son infériorité, elle n'a pas voulu rester immobile, parce
qu'elle n'entendait point mourir; et, quand il lui a été
donné de prendre la parole et de se faire entendre, elle a
protesté de àou étemelle jeunesse, de sa verve harmonieuse,
de sa vigueur, de son abondance, avec tant de vitalité et
d'entrain, qu'elle a étonné la littérature et fait envier ses
richesses et ses ressources. Elle s'est dassée au moins; et.
364
FRA
FRA
maintenant, bien qu'elle n'aspire point à reprendre son
sceptre provijicial, elle restera dans sa dignité et méritera
encore d'être étudiée et c^^mservée comme lui monument
historique, toujours dehoul, de notre gloire nationale.
A part le rôle littéraire qu'elle remplit et qui lui a Nalu
tant de faveurs dans a^s derniers teuqis, la langue d'Oc,
avec la variété infinie de s<'s dialectes, est toujours parlée
et comprise dans le tiers de la France. L'attachement du
peuple méridional ii son vieuv langage prouve au moins
qu'il le croit bon et suflisanl à ses liesoins : il en vit et il
s'en sert. Sa persistance démontre encore que cette langue
ne s'est pas plus immobilisée que l'esprit même des popu-
latiojis, et qu'elle a mesuré sa marche à celle des idées
qu'il leur convenait d'exprimer. Une foule de termes nou-
veaux sont devenus nécessaiies : il fallait les prendre où
ils se trouvaient et s'eiu'ichir de o?s emprunts forcés.
Elle n'a point hésité; et ce n'est pas de cet accroiss^^ment
qu'il y a ti se plaindre ; seulement elle a voulu en ap[)ro-
prier les formes A son génie : vWe l<?ur a imprimé le sceau
de l'adoption en les façonnant suivant ses a[Mitud(îs; elle
les a naturalisés languedociens en les souiiuntant ^ ses
régies d'accentuation et leur impos:int son cachet de race
et de famille. Ce n'est pas non plus d'avoir usé d' c<' droit
souverain (|u'elle peut être blâmée, tant elle y ai)jiortait
d'ailleurs de réserve et de disi'eniemciit et mettait d*' déli-
catesse à en ménager Texereice et les procédés. O: n'était
pas la faire du patois ou du fraudiimati, mais sii]ij)lt'ment
monter au niveau du progrès (jui ani'''iii' tout*\N hs laiiiivit's
à se translurmer, et se tniir au C(Hn;!nl \l'> idtvs nouvelles
en s'eniparant de mots m qm aux, (lu'dlf s"ab->imilail.
Cette élalna'ation jMlui<lle se laisait à biu <sei''iil; alors
que la langu*:- d'Oe élaiî la Iticiiv^'iiue daii> (oul^'s les
classas d«* la .sociét'-, ad;iii>t' à l>>iis 1rs fuyci^, l'.'ni" d li>
toutes les rt'ialions. Vm plein crédit dans si pro\iiie*', s s
emprunts n'épi'r'U\ai'ail auiann" [)''i[i.' ,i être lé^^»lis'''s el
a prendic; cour.--. A Isus les d'i^iV-s •'! (laii> Itais les r.in;js,
tout h; mniidc s"t'nl 'iid lil a\ce le iiièin<' idi^iiii.', e( Tin-
tV'jducliun ou la uii^e en eireul:îi«»n d'un \oe..i)I-' rliiini
Soumises au conlr^'le de lues, de> lelln-s tl d'-s ii-'ii.ir.iiji>,
des grands si'i,^ii*'i!!\-., di^ b;)U^l[l'-i^ et du p.'U[i'"; de lelle
sorle qu'aui'une iiino\alion n.iuriit pu s"im[)alr. Miivi",
pour si [M'ii (jn"iil.' eut élé en (l'-siei-ji-,! :i\,'e lV>j)iil
gé[iéral et l'inslinel nUii' (]ui iiiMnl-not et earael u'is ni |;i
liingue. Ce lV»t cet i''lil de eh *>'S ijU'' \int smcli mil' r
Saitva';i:s dans s tn Dielionjuire a\''e. IViul aité de sa
scieiua,' de lingui.^îe et d ol»s:'r\;(t-'ur judioi«Mi\. Il \\\:\ Ii'
[»ur langued'ieien de s- .i tem])>, tel (jue le [nouveaieiii des
idées et des hes' ins l'avait lail, dans s ;n iiidi\ idualil/^
pro])rij et originale'; r-t il l(î (it avec le d- sS'Mn airèlé de ne
pas le laisser cad'itndre avt^c le frane.us, d'jiit il \oulait
surtout j)rotéger el sauvegarder la diclion.
Mois une langue vivante ne s'arrête prtint au nnlieu à'.
populations vivantes et indép(»ndanles, puisqu'elle n'pré-
sentc nécessairement leurs mœurs, leur esprit, leurs ten-
dances. L'ordre social, le régime politique, les divisions
territoriales ont éprouvé de profonds changements : la
langue a suivi l'impulsion, A ne les considérer qu'au seal
pohit de vue de la linguistique, les révolutions qui ont
passé sur notre pays, ne pouvaient manquer d'exercer la
plus grande influence sur lidioine. Le français est devenu
le maître : il a commencé par se rallier les hautes classes
et la bourgeoisie; le peuple l'a suhi et force lui a bien été
d'en adopt(M' aussi une certaine nomenclature d'expressions
techniques, sous peine de rester en dehors de tout mouve-
ment et dtî se taire sur des matières portées à chaque
instant à l'ordre du jour, el qui remuaient toutes les àmcs
et tous les intérêts.
De là sont venues ces concessions À la {wlitique, à
l'organisation administrative , au systém«' décimal, à la
procédure, qui ojil créé ces séries de mots, d'abord
comme patrioto, assigna, aristotralo, sansculoCo, émigra,
maHSimoun , ilistr} , etc.; \nûs prc/'r, sous-pre/^'ê, couscri,
czantt, ré/'ormoj otrouè, azoin}n, etc., el a[>rès charlo,
dcputa, proïKjranio, clcciou, las cambras, et lou màs(re, un
litre, un kilo, canti virinàoUy suslitu, etc. Il fallait s'en-
tendre a toutes les époques; et le langu<\l>cien ne dérogeait
i»as, ne s»? cou \er lissait pis, en imitant le franpis lui-
mênii; et en lui prêt int en même tem])s ses termes d'agri-
culture, par e\(Mn])le : magnanerie, canisse, mort-flac,
llâeheiie, araire, etc.
C't'lait bien eneoie ; car la langue d'Oc, abandonnée
depuis longtemps cunintî langu- oîlicielle, avait cependant
conseivé ass'z de son pivslige p )ur se mèK-r, disions-nous,
aux relations privées ei familièies du grand et li'\'iu monde
(|ui ifeii e )iniai^>ait i.iuèi' d'.iuh''', el à eell'S du p >pulaire
el lies \illageois ([ui n'eiilendai'Ml ipi ' Ce langage. Sans
di'Ul'\ elle n'avaneiil pis\('rs Is p 'ri'iviionneuj-'nts cl
n'y (ejiilait f.ir aueun S'-rieu^ etf'rl lillemire; pourtant
SMU eul'v' n"*'(iil pa.s tout à laii di'! ais^'. franchimun, an
teiiiiii-ii..;^e de Sauvaoi:-^, il y a u;i.^ cnLiine d'ajuiées, ne
d''si^;jn 'il i|ue la dilTerence daecent enlie le langage du
Noi'^l el et'lui du Mi.li.
Le m 'I g irde i;)njou;x e • s;'ns, unis il a [)ris plus d'ex-
te:i>i,n;eai il sl:^in'i'' auv>i une ùll'ralion d(; la langue
mi'saui' Fiale [im- un au'eihiiine nièaie (jui rilVecte.en se
serv.uit du parler mateiaiel, de le projnuioer à la modo
rr';ieii>', d uis rinlon.'li.tn el dai.s le lourde jihrase.
{]''[[<' .liîihili >n n"e>t Ui.ilîiiMneus "aieut ijue jnsle. Le
nid a eni^'ii'' e| il .ill upi ■ 1' i .ad mè.ii.', la sultsl.mce de
I idi Mue, p,r un» n;i\lion inùr.n* el ininl dligenle des
aneieun''s ra<;ines r lUi nies ei d(>> (lé.')rin liions du français
(jui s'in'illre insen^ilde.u ni A.\\ï> s 's \eiaes; (H cela sans
regirli'i- au\ anti^nlliies (|ui les s 'parent. Le Franckimnn
aelnel est une L'onii[)li m du lan,::u adtcien et du français à
la fois; il es! pn.lnii pir un • allianj-» journalière, par un
fnitliMnent inee.ssani des nilerêis et des ra])[»orts des deux
langages; il pensMMi franeiis, il Ir.uluit oralement en lan-
guedocien, et il apporte dans celui-ci la physionomie, la
FRA
FRA
365
ooustroctioD, le g6nie du premier, et jusqu'à la plupart de
ses formules parasites; à peine même si les désinences
conservent leur cachet d'origine.
La dégénérescence était peut-être fatale : elle a pris de
noire temps une intensité sans frein et sans vergogne,
contre laquelle il ne faut cesser de s'élever. Depuis que le
français est devenu la langue universelle, depuis qu'il s'est
vulgarisé davantage, qu'il passe pour être seul de bonne
compagnie, et qu'à ce titre il est reçu parmi les classes
élevées et la bourgeoisie, qui veulent faire preuve par là
d'instruction et d'éducation, il est de bon goût de renier
l'idiome natal comme un des patois barbares du français
et de n'en faire qu'une de ses corruptions viciées, au lieu
d'une langue originale. Sur cette idée fausse, le dédain et
l'abandon : et c'est ce qui nous rappelle une de ces spiri-
tuelles boutades du maître, quand il représentait au vif les
causes de la décadence de sa langue tant aimée et faisait le
portrait de nos franchimans. Ce qu'il y a de plus fâcheux
en cela, disait-il, c'est que l'exemple est donné de haut en
bas; de bas en haut la séduction serait moins à craindre.
Ce sont, parmi le peuple , les hommes qui ont reçu ce
commencement, j'allais dire cette fausse couche d'éduca-
tion, qui est le type particulier de notre siècle; ce sont lei
militaires voyageurs qui ont puisé à toutes les sources, à
tous les jargons, à tous les baragouins ; ce sont les demoi-
selles de magasin qui se pincent la bouche en cœur et
lèchent leurs paroles sur leurs lèvres, pour ne pas être
confondues avec la classe des taveleuses, race vive, alerte,
un peu débraillée, andaiouse du pied jusqu'à l'œil; ce
sont les demi-savants des campagnes, tribuns du conseil
municipal, qui ont appris le français dans le code de pro-
cédure; c'est toute cette petite aristocratie populaire qui
déforme notre pur languedocien pour en faire le laquais
brodé du français.
Aussi distingue-t-on deux classes bien tranctiées de
puristes franchimans dans notre idiome. La variété dont
il vient d'être question, forme ce que le bas-peuple appelle
très-logiquement d'avoucas. Ceux-ci reculent devant un
technique pur languedocien et font des détours risibles
pour tourner la position; ils craindraient, par remploi
d'un terme authenliquement du crû, de déroger à leur
dignité de citadins et d'être salués de répithcle de ruiàous,
la plus flétrissante des injures à leurs yeux; ils sont heu-
reux quand ils peuvent amener à bien et collocjuer conve-
nablement un technique Lien français qu'ils ont recueilli
dans leurs rapports avec les gens de science et de bon ton ;
ils appuient glorieusement dessus, ils le renflent d'une
accentuation sentencieuse, et semblent n'y accoler qu'à
regret la désinence languedocienne. Inutile de dire que la
construction est toujours française ou à peu près. Qu'ils
tombent, par hasard, sur un technique bien local, ou
mieux encore sur une de ces phrases faites et proverbiales
qui abondent dans l'idiome, ils ne les lâchent alors qu'en
tes accompagnant d'un sourire sardonique ou dédaigneux.
qu'avec une rudesse affectée de prononciation ; ils ont l'air
de les souligner oralement, pour qu'on ne les confonde
pas avec le reste de leur phraséologie; et quand ils revien-
nent à celle-ci, ils ont grand soin de signaler la différence
par un redoublement de siffloterie, de syllabes susurrantes
et de vocalisation emmiellée.
La seconde espèce de puristes est plus logique et plus
patriote : elle tient à conserver à l'idiome sa pureté ori-
ginelle et le cachet de son indépendance ; elle se compose,
quoiqu'en petit nombre, de gens instruits, mais ils doi-
vent être du crû, c'est là une condition exclusive, car
l'homme du terroir peut seul avoir la chaleureuse affection
qui pousse à défendre une cause juste, mais condamnée
d'avance. C'est là le bataillon sacré.
Viennent ensuite les vrais autochtones du pays : culti-
vateurs ou petits propriétaires, et les habitants, non dé-
classés, des communes rurales. Les puristes dans cette
classe sont particulièrement ceux que leurs voisins grati-
fient aussi du titre d'avoucas. Bien différents des premiers
que nous avons déjà signalés par cette appellation, ceux-ci
se préoccupent quelque peu de codes , de législation et de
politique générale ; ils sont surtout un recueil vivant des
théorèmes, des apophthegmes de la sagesse du vieux temps.
Leurs codes sont : Pierre Larrivay, Mathieu Lansberg; leur
doctrine, les recueils des dictons ou proverbes agricoles, as-
tronomiques et météorologiques ; leur politique, ladipiomatie
municipale, ou quelque boniment en vue d'élection. La race
menaçait de s'en perdre ; mais les événements ont formé
quelques élèves non moins prétentieux, qui s'exercent dans
les clubs ruraux. Ceux-là sont les savants de l'endroit, les
fortes têtes, les importants, les discoureurs diserts, frottés
de lecture et d'instruction primaire. C'est par eux que
l'antagonisme du français se maintient vif et constant,
comme entre Rome et Carthage. Grands parleui's d'ordi-
naire, leur verbe a une certaine énergie, leur pensée de
l'image, leur phrase de la métaphore; la forme compara-
tive est dans leur génie particulier, comme dans celui de
la langue elle-même; ils n'évitent pas sans peine tout
retour vers la pensée française inculquée par leur journal,
et lorsque les besoins du moment les contraignent à l'em-
prunt de quelque expre^slun inévitable, ils mettent une
sorte de coquetterie maligne, de rafijuernent instinctif à la
torturer, à la défigurer, à la rendre méconnaissable pour
des oreilles franc lises. Quelquefois même ils retendent
sur le lit de Proouste, la umtilent ou retirent, suivant les
cas, pour le seul plaisir de faire affront à l'académie ; c'est
ainsi que des mots bibliothèque, locomotive, cartouche,
pour ne parler que des plus innocents, ils ont fait bliotèquo,
comotivo, cartatoucho.
A un degré un peu plus élevé, se rencontrent les puristes
écrivains, praticiens émérites, rédacteurs de correspon-
dances d'afilaires, de pétitions et même do mémoires; et au-
dessus les poètes de l'endroit, faiseurs d'épithalames ou de
chansons charivariques, aux locutions fantaisistes et son-
366
FRA
PRA
▼ont originales comme leur orthographe. Toutes ces caté-
gories professent au fond le respect de la langue.
Or, comme tout purisme est toujours entaché de fana*
tisme, il s*en est suivi quelquefois des excès que le bon
goût doit condamner, quand ifs s*avancent sur le terrain
littéraire, mais qui n*en restent pas moins liés indissolu-
blement aux destinées de l'idiome. Montrer trop de sévé-
rité pour leurs créations déformées ou dissimulées aurait
bien pu n'être pas toujours justice. I^ français n'a-t-il pas
fait pire quelquefois dans ses emprunts grecs on latins
pour ses classifications scientifiques, et dans son anglo-
manie pour toutes ses industries depuis ses vêtements jus-
qu'aux chemins de fer, pour sa langue parlementaire et
son argot commercial? L'omnipotence et l'impunité, l'exem-
ple et l'initiative ne sont pas des droits, mais on s'en est
toujours servi depuis qu*il y a au monde des forts et des
faibles; et en dernière analyse, il faut bien accepter, sous
bén^ce d'inventaire toutefois, quelques-unes de ces locu-
tions qui ne heurtent pas trop le génie de h langue.
Les néologismes de cette sorte ne sont pas les plus à
redouter; et ce n'est pas contre eux que l'auteur des Cas-
tapiadot eût dégainé, comme il disait, son grand sabre pér
se garda dâou franchiman. Dans la nomenclature qu'il a
laissée et que nous suivons, il en a été enregistré un cer-
tain nombre : c'est l'acte de leur légitimation. A l'article
Paiouès nous signalerons les motifs qui leur ont fait trou-
ver grâce et les raisons qui ont dû faire proscrire les autres.
Ce qui a jeté les premiers et les plus dai^gereux ferments
de décomposition dans l'idiome méridional, est venu de
oette erreur qui a fait imaginer que deux langues, coexis-
tant sur le même sol, gardant certaines afiinités d'origine,
avaient cependant la même nature et le même caractère ;
que l'une, n'étant que l'altération de l'autre, la plus vul-
gaire et la plus pauvre devait prendre modèle sur la plus
élégante et se vêtir de ses ajustements; que forcer les rappro-
chements serait avoir raison d'antipathies inconciliables.
Mais par le mélange on n'est arrivé qu'à la confusion : les
plus habiles ne savent plus ni la langue française ni la
langue d*Oc : certes, il n'y a pas à se vanter du résultat.
On a été plus loin : du langage courant, qui se livrait à
tous ces amalgames inconscients et souvent inintelligrbtes,
le mal est passé et s'est propagé dans les livres, les traités,
les compositions écrites, où l'on n'a pas craint de professer
iMtttement l'assimilation du français et du languedocien.
C'est contre ce débordement qu'on ne saurait trop pro*
tester, en creusant plus profondément que jamais la ligne
de démar -aticm qui sépare les deux langues.
Des principes, des natures, des types disparates et oppo-
sés ne peuvent évidemment se concilier et se fondre. On
ne Ta point vu, on n'y a point songé : le même vocabu-
laire ne saurait être commun aux deux idiomes. Mais la
langue d'Oe dépérru dit-on : soit; et cela ne Tempêche pas
de servir encore d'Instminent de relations à huit on dix
millions d'hommes; elle est paiifre et inféconde dans sa
sénilité : cependant elle n'en a pas moins enrichi la litté-
rature nationale d'admirables et harmonieux chefe-d'o0tt-
vre de poésie. Mais n'est-ce pas là ce qui lui donne le
droit d'être fière de sa pénurie, de refuser l'auméne en
fausse monnaie qu'on lui jette, de repousser la livrée et le
vasselage qui l'humilient, de vouloir être rendue à elle-
même? Ces levées en masse chez le voisin, qu'on lui con-
seille et qu'on lui amène de force, ne feraient que la trahir
et boiter sa déchéance. Il est sans doute des auxiliaires
dont le concours lui a été utile et qu'elle a accueillis; mais
ces recrues exotiques, hybrides, à constitution peu saine,
raccolées un peu partout, au hasard, que, pour la vanité
du nombre, on essaie d'affubler de quelque lambeau de
costume provincial, et qui se croient déguisées sous la cocarde
d'une désinence caractéristique, une consigne inexorable
doit les bannir à jamais des rangs où ces intrus font tache.
Que peut donc en ces circonstances se proposer notre
lexique? Rien de plus que faire de l'histoire. La langue
d'Oc et ses dialectes n'ont pas pour eux l'avenir, en ce
sens que l'avenir ne peut rien leur donner et qu'ils en ont
tout à craindre. Ils vivront en se souvenant d'avoir vécu :
leur raison d'être est d'avoir été. C'est pour cela qu'il y a
un si grand intérêt, non pas à tenter un impossible rajeu-
nissement en leur insufflant un esprit nouveau, antipa-
thique à leur génie natif, mais à revivifier leurs éléments
d'origine et leurs principes vitaux en les retrempant à
leur source pure et vraie.
A deux époques critiques dont nous venons d'indiquer
l'influence, notre dialecte a eu cette rare bonne fortune
que deux maîtres, SAnvACiss et La Farb-Aulis, ont dressé
l'inventaire de son entier et légitime patrimoine. Le der-
nier contrôle a dû nécessairement écarter les archaïsmes
hors d'usage, atteints de désuétude, comme il a dû con-
sacrer les acquêts récents, avec un savoir et une autorité
incontestables. Dans cette classification se trouve la règle,
et elle est si bien la loi, que tout ce qu'elle ebibrasse et ce
qu'elle sanctionne est l'état de notre langue, son seul
avoir, sa propriété véritable; tout le reste ne serait pour
elle que du bien mal acquis, dont elle ne veut pas. Notre
lexique, qui l'a adoptée, sera donc à ce titre pur langue-
docien et non franchiman; sa devise sera : parlons notre
langue et non son patois. — Voy, Lénguo et Paiouès,
Franchimaiidéja, v. fréq. Imiter grotesqnement la pro-
nonciation française : ce qui arrive an peuple du M\di
quand il veut se mêler de parler fhmçais, surtout aux
militaires du terroir, retour des garnisons d'outre- Loire,
qui prétendent faire croire avoir oublié Tacœnt natal.
Françouès, n. pr. m. Au fém. Françouèso, François,
Françoise.
FÂnçonn, n. pr. de femme. Dim. Prançounéto, Fran-
çoise, dont il est lui-même un dim.
Franja, ado, adj. Frangé, orné de franges; bordé d^une
Arange.
Gormpt. du h. ,
FRË
FRE
367
Kranjo, $. f. B(»d; bordare; frange, tissu d'où pçodent
des fiJeto servant d*ornement.
Gorrapt.dafr. qni vient lai-même dalat. Fimbria,m, sign.
Franqaéta, «. f- Franchise; loyauté.
Dér. de Fran, adj.
Francpio-paîardo, ». f. Espèce de figne hâtive et de
oooleiir grise.
Frâouda, v. Frauder; employer des moyens détournés
pour frustrer quelqu'un de ce qui lui appartient, pour
éviter les droits de régie ou d'octroi ; sophistiquer le vin
on autre marchandise.
Fr&ondo, f . f. Fraude; tromperie cachée à reffet de
soustraire certains objets soumis aux droits à la connais-
sance des employés à la perception ; contrebande.
Dér. du lat. Fraus, fraudiê,
Frâondulisto, s. m. Féodiste. — Voy. Flurdalisto, —
Ce mot est une corruption du vieux terme fr. auquel le
peuple a voulu attacher ironiquement une racine injurieuse
tirée du mot Frdoudo. Le peuple et les interprètes du droit
féodal n'étaient pas fort amis.
Ftâondiir, s. m. Fraudeur, celui qui fait et pratique
habituellement la fraude, surtout en matière de droits
d'octroi ou de régie.
Corrapt. du fr.
Frftoiunma, v. Havir, brûler, dessécher, bronïr par le
brouillard, en parlant des feuilles des arbres; rendre ver-
moulu, quand il s*agit du bois, du fromage, etc.
Pré, s. m. Froid, froidure; hiver. — Fat un fré que
phutno, il fait un froid à faire tomber les ongles. Un paro-
fré, un vêtement bien chaud, un manteau. Un pisso fré,
un homme sans vigueur, sans énergie ; flegmatique ; indif-
I6ient; indolent. Un fré, un catarrhe, un rhume, toute
espèce d'indisposition causée par une transpiration arrêtée.
Fré dé pèsê», froid aux pieds.
Fré se prend aussi adverb. pour froidement, d'une
manière froide, sèche, glaciale. — Boire fré, battre froid,
recevoir froidement, sans démonstration amicale.
Fré, iréjo, a<fj. Dim. Fréjé; augm. Frejas, Froid, qui
a perdu sa chaleur, qui est à une température peu élevée.
Au fig. froid, indifférent pour ceux qui l'aiment; qui n'a
pas d'entrailles ni de chaleur de cœur.
Dér. du lat. Frigidu», m. sign.
Fréchan, s. m,, ou Fréchîo, s. f. Fressure d'agneau ou
de chevreau; ensemble du cœur, des poumons, de la rate
et du foie de ces animaux. C'est un friand morceau pour
les campagnards, qui mangent rarement de la viande.
Dér. du lat. Frixum, supin de Frigo, fricasser.
IVôeluo, s. f,G\i Fréchan, s. m. Blême mot que le pré-
cédent.
Fréifton, âimdo, adj. Qui est d'une température, d'une
exposition de site froide, glaciale. — Aquélo cambra et
hièn fréjdùudo, cette chambre est glacée. Pètro-fréjâou,
pierre froide, pierre calcaire. C'est par une exception bizarre
qu'ici l'adj. ne s'accorde pas en genre avec son subst.
Fréjoa, s. f. Au propre, douleurs rhumatismales, ca-
tarrhe causé par le liroid; au fig. froideur, indifférence;
air froid, sérieux et composé.
Dér. du lat. Frigus, frigoris.
Fréjoulado, s. f. Redoublement de froid; froid plus
intense; recrudescence de l'hiver qui se fait ressentir son-
vent aux premiers jours du printemps.
Frèro, s. m. Frère, né du même père et de la même
mère. — Voy. Fraïre.
— Lous Frèros, les frères de la Doctrine chrétienne. Ion
Frèro, le frère qui dirige spécialement ou l'école ou la classe.
Il est probable que, avec l'étabUssement des frères de la
Doctrine chrétienne dans nos pays, a commencé la substi-
tution du mot Frèro à celui de Fraïre, du moins l'habitude
de ne parler que français aux en£ants, de n'employer que
le français dans leurs classes, a-t-elle contribué pour une
grande part à ce changement tout à fait passé dans la langue.
Frés, frégquo, adj. Dim. Fresque, é(o; augm. Frésqwu,
aeso. Frais, fraîche, dans toutes ses acceptions, soit pour
la température, le vent, l'eau, le vin, soit pour la fraîcheur
des fruits, légumes, viandes, poissons, étoffes, et pour le
teint des personnes. — Frétquauo, en parlant d'une femme,
une grosse mère bien fraîche et pourvue d'embonpoint.
Pris subst. ou adv. au masc. Frais; froid agréable;
fraîcheur. — Fui frés, le temps est frais. Prént lou frés, se
mettre à la fraîcheur, au frais.
Dér. du lat. Frescum, supin de Frigeo»
Frésià, siado, adj. Crêpé; crépu; frisé comme les
feuilles d'un certain chou qu'on appelle chou frisé.
Dér. de Frisa.
Frèso, s. /*. Fraise, fruit du fraisier, qui se dit techni-
quement Majoufà (Y. c. m.); ris de veau, fraise; fraise
de collet, ornement du cou, plissé et empesé.
Dér. du lat. Fraga» m. sign.
Frèso, s. /*. Frèze, temps du plus grand appétit des
versàsoie. — Ce redoublement d'appétit, qui précède
chaque mue, croit à chaque âge proportionnellement à la
grosseur du ver.
Frésqaaîroûa, ouso, adj. Frais, humide, en parlant
d'un site, d'une maison, d'un appartement, où l'on respire
la fraîcheur.
Fréaqaéja, v. fréq. Reverdir; être verdoyant; se cou-
vrir de verdure, de fraîcheur.
Frésquièîro, s. f. Fraîcheur; temps frais. Au fig. froi-
deur; indifférence. — Préne la frésquiiïro, prendre le
frais. Las frésquièïros arivou, les premières fraîcheurs de
rhiver arrivent. Fat frésquièîro, il fait frais, presque froid,
humide.
Frésquoû, «. /*. Fraîclieur; froidure; fraîcheur de l'eau:
fraîcheur du teint.
Fréaqaun, s. m. Odeur de viande fraîche. — Cette
odeur est insupportable aux habitants des Cèvennes, qui«
accoutumés à une vie frugale et aux assaisonnements an
porc salé, ont du dégoût pour la viande fraîche et le potage
368
FRI
FRI
de cette viande, en même temps qa'ils font grand cas da
porc on pea rance, qu'ils nomment êoboumn.
Fréta, v. Frotter; essayer; oindre; enduire. Au fig.
battre, rosser quelqu'un; lui gagner son argent au jeu.
Se fréta, hanter; fréquenter; avoir à laire; se faire des
frictions; se battre. — Se fréta dé quàouquu$, fréquenter
quelqu'un. Sa loun bé ftéla», ils se sont bien houspillés,
pelottés, battus.
Dér. du lat. Frieare, m. sign.
Frètado, s. f. Coups; rixe; volée de coups de poings ou
de bâton.
Frétadon, «. m. Frottoir; linge qui sert à frotter, à
essuyer; essuie-main.
Fréto, $. f. Terme de charronnerie, frette, lien de fer
ou virole autour du moyen d'une roue.
FricandèoQ, s. m. Hachis ou godi veau de viande maigre
du porc, mêlé du ris et des caillettes, quelquefois avec
la fressure et le foie, et qui n'a rien de commun avec ce
qu'on entend en fr. par Fricandeau. Lou frieandèou se
façonne en boules de la grosseur d'une pomme, qu'on
recouvre avec une enveloppe de cette membrane graisseuse
que les anatomistes appellent épiploon, et qu'on nomme
ici en terme de ménage eréipino. Ces sortes de godi veaux,
que l'on fait cuire dans la graisse et quelquefois en terrine,
se conservent longtemps et sont fort estimés.
FricàoQ, fricâondo, adj, Dim. Frieâoudé. Gentil;
éveillé; friand; ragoûtant; délicat. — Un moure friedou,
un minois friand.
Ce mot est plus usité au dim . fém. Pricâoudéto. — FITquet,
le nom du moineau, n'aurait-il pas une origine commune
à cause de ses qualités?
Dér. du lat. Pricaiui, frotté, nettoyé.
Fricassa, v. Fricasser; accommoder; frire; faire cuire
à la poêle. Au fig. manger son bien en folles dépenses. —
 tout frieaua, il a tout dévoré, tout flambé.
Fricassèio, i. f Fricassée, gibelotte.
Fricasso, f. f Ragoût de viande en morceaux, cuit à
la poêle; galimafrée.
Dér. du lat. Frieare.
Fricè, s. m. Dim. Frieouté. Ragoût; mets cuit; régal;
repas de gourmand.
Fricontéja, v. fréq. Fricotter; fréquenter les guinguettes;
avoir l'habitude des repas de tavernes. -- S'entend aussi
des petits repas d'amis et de gourmands.
Fricoutiè, «. m. Gargotier; cuisinier de taverne.
Fricoutnr, j. m. Gourmand ; qui aime les bons mor-
ceaux; qui fréquente les gargotes.
Fiigouloùs, f. m. Terre en friche remplie de thym.
Frigoulo, «. f Dim. Frigouléto. Thym, ThymuM vtU-
garii, Linn., plante de la fam. des Labiées, aromatique et
fortifiante, dont on parfume les agrès de magnanerie, soit
en en frottant les planches et les traverses, soit en la fai-
sant brûler dans l'atelier.
Dér. do gr. ^^akèyx^oyt, plante salutaire contre les venins.
Frimo, f. f. Frime; semblant; mine; feinte. — Ttmi
aquà's uno ftimo, dé frimo OU pér la fHmo, tout cela n'est
qoe semblant, que jeu, que vaine apparence; bon poor la
frime.
Frimimsio, s. f. Mine: air du visage; trogne. — Té
eopB ta frimousso, je vais te souffleter.
Fringa, v. Faire l'amour; faire la cour; avoir des fré-
quentations en vue du mariage. — Se prend en gtoéral en
bonne part et pour le bon motif, du moins en aiq[iarenoe :
c'est une fréquentation qui s'opère en poblic et la plopart
du temps sous les yeux des parents. Le terme Parla d. . .
est encore plus explicitement consacré à la recherche pour
le bon motif.
Dér. du lat. Fringultire, frétiller, jaser, coqoeter.
Fringadiaso, «./*., ou Fringaje. Action de faire sa coor;
temps où l'on se fréquente avant le mariage.
Fringaire, «. m. Au fém. FringaXro, subst. Amant;
amoureux ; galant ; soupirant. — Voy. Calignaire.
Fringa]e, s. m. — Voy, Fringadi$»o.
Frmgarèl, èlo, adj. Qui a le cœur disposé à l'amour;
qui aime à coqueter auprès des femmes; d'humeur amou-
reuse ; l'amoureux des onze mille viei^.
Fringo, «. f Dim. Fringuéto. Bande; lanière d'éloffs
prise sur une grande pièce. — Fringo dé tèro, lisière, lan-
gue de terre.
Dér. du lat. Fimbria, frange, ou mieux de Frangert,
diviser, déchirer.
Fripa, V. Friper; gâter; chiffonner ses bardes, ses habits;
gaspiller, dissiper sa fortune.
Fripariè, j. f. Friperie; magasin de vieux habits; boa-
tique de bric-à-brac; commerce de friperies. >
Fripiè, s. m. Au fém. FripiHro. Fripier; marchand de
bric-à-brac; qui fait commerce de vieux meubles, de vieux
habits.
Fripoon, oono, adj. Dim. Fripounô, ofo. Fripon;
trompeur; qui vole avec adresse; fourbe. — On ne se sert
guère que du dim. Fripounà, oto, dans le sens de galant
ou coquette, éveillé ou luronne, appliqué à une personne
jeune ou à son air et à ses manières.
Friponna, v. Friponner ; escroquer; dérober par adresse;
attraper par fourberie.
Friponnariè, s. f Friponnerie; action, manœuvre de
fripon.
Frisa, v. Friser; crêper; boucler en parlant des che-
veux; raser, toucher superficiellement; broyer, pulvérisa,
ameublir la terre; émietter.
Frisa, ado, adj, et part. pan. Frisé, crépu; émietté.
Frisos, s. f. fdur. Frisure; cheveux boudés par le fer.
Friaoon, s. m. Terme de filature de soie, frison; filasse
de soie mêlée et brouillée que l'on tire en mèche avaat
d'obtenir le brin pur soie. Plus la soie qu'on file est fine,
plus elle doit être purgée du frison.
Le frison diffère des côtes en ce que celles-ci sont for-
mées de la bave du cocon, qui s'enlève par longues
FRO
FUM
369
qu'on carde ensuite et dont on fait du fleuret grossier; au
lien que le frison contient beaucoup de bonne soie à la-
quelle il est mêlé et qu'on ne peut purger à cause d'un
agglutinement trop considérable.
Fron, s. m. Dim. Frounté; péj. Frounta». Front, partie
du visage qui s'étend d'une tempe à l'autre et depuis le
cuir chevelu jusqu'aux sourcils. — Lorsque le mot Front
fr. est au fig. pour exprimer hardiesse, effronterie, notre
dialecte le rend par Froun. — V. c. m.
Dêr. du lat. From, frontis, m. sign.
Fronmaje, », m. Dim. Froumajoù, Fromage, lait caillé,
égoutté et salé. — Le fromage des Gévennes est le plus
souvent fait de lait de chèvre; il est du volume et de la
forme du fromage du Mondor. Quand il est frais, on l'ap-
pelle Toumo; quand il est demi-sec et gras, Froumaje
adraqua; quand il a subi une opération de fermentation
particulière, on le nomme Péraldoù, espèce très-appréciée
et fort estimée, mais des indigènes seuls.
Au surplus la réputation du fromage de nos montagnes
date de loin : Pline, dans son Histoire naturelle, a£Grme
que le fromage le plus vanté et le plus recherché à Rome,
ce rendez-vous général de tous les produits du monde,
provient de la contrée de Nimes, de la Lozère et du pays
des Cabales, le Gévaudan, bien que son mérite supérieur
ne dure qu'autant qu'il est frais et que sa préparation
gauloise lui donne une saveur médicamenteuse : Laus easeo
Bomœ, uhi omnium gentium bona eominiu judicantur à
provineiis, Nemausensi prumpua, Lesurœ Gabalieique pagi :
9êd hrevi», ae musteo tantilim eommendatio.., nam GaUta-
rum êapor medieamenti vim obtinei,
Froumaje cacha se dit d'une sorte de préparation de lait
caillé fermentée, assaisonnée fortement de poivre, d'eau-de-
vie on de vinaigre, qui se conserve dans les campagnes en
pots comme une bouillie, d'un goût très-piquant, et qu'on
appelle aussi Itubarbo (Y, c. m.). Viro-froumaje, espèce
de saut périlleux qui s'exécute en se tenant suspendu par
les poignets.
Les étymologistes donnent des origines diverses ft ce
mot, qui, selon les uns, viendrait du celt. Fourmaich,
m. sign. ; suivant d'autres, du gr. <I>op(i6;, natte, panier
de jonc où l'on met égoutter le fromage et qui lui donne
sa forme, d'où la bass. lat. aurait tiré Formaticum, For-
mago , changé en Fromago , par métathèse , du lat.
FormOm
Froumajèiro, s. f. Fromagerie, lieu où l'on fait et où
Ton conserve le fromage; grand panier en forme de cône
où Ton met sécher et égoutter le fromage du pays; fro-
magère, femme de la campagne qui vient vendre journel-
lement en ville les petits fromages frais dits 7oiimoj.
Froim, f. m. Front; hardiesse; effronterie; audace;
impertinence. — Tog, Fron.
Fronnri, v. Froncer; rider; plisser; faire un frt>ncis.
Dér. du lat. Frons, frontst, front, par imitation des
rides et plis qui s'y forment lorsqu'on fronce les sourcils.
Frouuddnro, s. f. Froncis; ride; plis; rides de la
peau.
Fmclia, V. Fructifier; porter du fruit. — /^ vigno a
bien frucha aquést'an, la vigne a fait beaucoup de raisins
cette année.
Dér. du lat. Fruges ou Fructus.
Fruchè, m. m. Arbre fruitier; fruitier, jardin planté
d'arbres à fruits; lieu où l'on serre le fruit.
Fmchè, fmchèîro, adj. Qui porte beaucoup de fruits;
qui aime beaucoup le fruit; fertile. — On le dit aussi par
ext. et ironie de qui aime le fruit défendu.
Frucho, 5. /. Fruit en général; les fruits pris collecti-
vement. — Saut pas for à la frucho, je ne suis pas très-
amateur de fruits.
Frui, 5. m. Fruit, production des végétaux, arbres et
arbustes, servant à leur reproduction.
Emp. franchiman au français.
Fa, S"*» pers. sing. du prêter, défini. Il ou elle fuit. Va-
riante ou contraction du v. Fugi, Fugie, — Dâou tin que
hu ehi piîso, la lèbre fu, prvb., pendant que le chien ba-
guenaude, le lièvre fuit. On dit aussi : S'én-fu pour : il s'en
fuit.
Fugl, V. Fuir; prendre la fuite; courir pour se sauver;
passer rapidement.
Dér. du lat. Fugere, m. sign.
Fugidls, isso, adj. Fugitif; proscrit; qui est obligé de
se cacher; qui passe vite.
Fugido, s. f Fuite ou déchargeoir d'un moulin ; canal
de fuite.
Fulobro, adj. de tout genre. Dim. Fuloubréto. Paresseux;
fainéant ; qui craint la peine toutes les fois qu'il faut la
subir dans un but utile.
Composé des deux mots Fu, il fuit, et l'obro, le travail.
Fuma, V. Fumer, jeter de la fumée; engraisser la terre
avec du fumier; fumer du tabac. Au fig. s'impatienter;
être vexé, ce qu'on appelle vulgairement, fumer sans pipe.
— A las càoudétos qui fumou, vite, aux châtaignes bouil-
lies toutes chaudes, qui fument.
Dér. de Fun.
Fumado, s. f. Dim. Fumadéto; augm. Fumadoêeo,
Fumée, vapeur épaisse que le feu ou la chaleur fait exhaler.
— Lcu Fumados, les Fumades, n. pr. d'un hameau et
de sources minérales dans la commune d'Allègre, où l'on
a découvert une piscine antique, des monnaies romaines,
des vases, patères, tuiles gallo-romaines. Ce nom est encore
celui de plusieurs localités dans le Gard, ruisseaux, mon-
tagnes ou quartiers.
Fumadisao, s. f. Grande fumée, persistante, incommode.
Fumarésto, s. f. Grande et épaisse fumée, comme celle
d'un four ou des fourneaux d'écobuage, des herbes et des
racines qu'on fait brûler sur la terre.
Fumé, j. m. Hirondelle de mer, mouette, oiseau de
l'ordre des Palmipèdes et de la fam. des Longipennes. —
Les espèces de ce genre d'oiseau, qui vit autour des étangs,
47.
370
FUR
FUS
sur l'eau (lesquels il se repose sans nager, sont assez nom-
breuses, rumé désigne principalement, tout en s'appliquant
aussi aux autres, Tespèce la plus commune qui est Thi-
ronilelle de nier à tète noire ou Gacliet, hirondelle de mer
épouvantail, Sterna nigrcty Linn., tète et partie postérieure
du cou d'un noir profond, poitrine d'un blanc pur, le reste
du corps noir cendré ou bleuâtre, bec noir, vingl-quatre
centimètres de longueur; ainsi nonniice à cause de sa cou-
leur enfumée. — Voy- Gabion,
Fuméïroù, A\ m. Fumcron; flambart; petit charbon à
demi consumé qui jette de la fumée.
Fumélan, s. m. Femme, femi^lle, ou plutôt femmes en
général. — Se dit ironiquement et en mauvaise part. —
Voy. Fémclau, qui est le njùme nml.
Fumèlo, s. f. Femelle, compagne du mMc; qui appar-
tient au sexe féminin. — Appliqué à la femme, c'est un
terme de mépris ou d'ironie. — Voy, fcmèlo,
Fuméto, 5. f. Camouflet, bouiïée de fumée; niche qu'«»n
fait à un dormeur, en lui souillant de la fumée dans le nez.
Fumiè, s. m. Fumier, mieux dit Fén (Y. c m.); trou,
fosse à fumier. — Fôou traire aquô àou fumiè, il faut jeter
cela au fumier, dans la fosse à fumier.
Dér. du lat. Fimus, m. sign.
Fumièïro, s. f. Fumée qui se répand dans un appar-
tement; celle qu'on voit dans les claic^s ou séchoirs à
châtaignes; fuuiée déviée de son cours urdhiaire et qui
incomujode.
Fumotèro, *. f. Fumoterre ollicinale, Finnaria offici-
nalis, Linn., plante de la fam. des Papavéracées, com-
mune dans les champs. — Voy. Fènondcio, qui est un de
ses noms.
Fun, s. m. Fumée, va|)eur plus ou moins épaisse (jui
s'élève d'un corps brùlanl. — Fatrc fo{o /un, faire l'im-
portant, faire cla(juers<»n fouet. D'aqui mounle déou sourii
lou lun, sor Une fun, pr\b., ceux qui devraient donner le
bon exemple sojit les i)remiers a scandaliser. Vn fun dé
mounik', une foule, une inliiiilé de personnes. Un fun de
tèsto, un étourdissemt'nl, un éblouissement.
Dér. du lat. Fumus.
Fur, s. m. Fouille; reclu-rclie dans une maison opérée
par l'aulorilé municipale ou de police pour découvrir un
vol. — Faire fur, faire des recherches.
Dér. de Furya.
Fura, V. Ronger en dedans, comme font les vers ou les
fourmis. — Fura d'aolou, faire fuser la chaux , c.-ti-d.
la réduire en p<uidre en yjetajit une pelite quantité deau.
Pètro furado, pierre gercée, calcinée, roiig<''e en dedans.
Dér. du lat. Fitrare, percer, faire un trou, forer.
Furé, s, m.Aufém. Fnreio. Furet, Musiclu furo, Linn.,
mammifère onguiculé de la fa tu. des Digitigrades ou Car-
nivores. 11 est trop connu dfs chasseurs ^et qui n'est pas
chasseur?) pour le décrire. Le furet ne peut subsister
chez nous qu'en domesticité; c'est ce qui le distingue no-
tamment du Putois, Pudïs, avec qui on pourrait lui trou-
ver d'autres rapports soit de forme, soit quelquefois de
pelage, mais qui ne vit qu'à l'étal sauvage.
Dér. du lat. Furo, m. sign.
Furé, s. m. Souris de la plus petite espèce. — C'est
en quelque sorte une classification par taille, do manière
qu'une souris qui grossirait un peu trop deviendrait lia,
qui est le nom généri<pie de ces rongfïurs; celui-ci qui
s'appelle le plus ordinairement Furé est le rat souris, Mus
musc id us, Liini.
Furé, s. m. Furet, pris au fig., curieux; qui s'enquiert
de tout dans l'intérieur des familles; qui fourre son nez
partout.
Furétéja, v. fréq. Faire la chasse au furet. Au fig.
fureter; chercher à dr-couvrir; courir partout pour savoir
des nouvelles; s hilniduire ])artout.
Furga, v. Fouiller; cluMcher dans les poches, au fond
d'un trou, d'un lieu bas et où l'on ne peut pénétrer qu'avec
les mains ou un ««util quelcompie.
Kn (î.spag. Jluryar, m. sign., permutation de F en H.
En bas-brel. Furyuein.
Furgaïre, aïro, a /y. Fouilleur; fureteur; qui aime à
fouilliM" partout, à mettre la uiaiii à tout; tatillon.
Furoù, 5. f. Fureur; enq)oitement violent; violente
agitation; passion evci'ssive; rage.
Fiiqw. au fr. ou du lat. Furor, m. sign.
Fus, s. m. D'un. Fuse; péj. Fusas. Fuseau, instrument
qui sert à lîler à la ({ucnouille. — Tout aquo apouncho
pan fus, iliclon, mot ;\ mol •. tout cela n'apointisse pas
un Uiseau; ce qui signifie: tout cela est bien inutile;
c'(.'st en vaiji (jue sous elu-rcliez, que ve»us vous escrimez,
que vous voulez démontrer ([uelque chose, tout cela ne
prouve rien. La corrélation entre ces idéos et cette locu-
tion, qui revient souvent, est diilicile ;\ saisir: c<i qui
n'enqièche nulleujt'nt de ciMnprendre.
Dér. du lat. Fusu,s. ni. siun.
Fusa, i\ Terme de chasse ou d'armurerie, faire long
feu; fuser; brùlrr lenlfincnt, en parhuit dune amorce. —
Se fusd, se consuiiier à petit feu, se calciner.
Dér. du lat. Fusum, supin de Fundi, se répandre, s'é-
tendre.
Fusado, s. f. Fusée; quantité de fil qui peut se dévider
sur un fuseau; é])i de mais; pièce (rarlifice.
Fusïa, V. Fusiller; passer par hîs arnjcs. Au fig. tirer
aux jandjes; ce que lait un vendeur de mauvaise foi vis-
à-vis d'un chaland qui ne peut se passer de l'objet qpi'il
demande, ni se le [u'ocurer ailleurs.
Fusïado, s. f. Fusillade; plusieurs coups de fusil tirés à
la fois, soit dans une bataille, soit à la chasse par amusement.
Fusil, v. m. Dim. Fns'ié ; péj. Fusïas. Fusil; arme à
feu composée d'un canon allongV', d'une platnie ou batte-
rie, d'un fut et d'une bagui-tle. — Avant l'invention de
la poudre, le fusil n'était qu'un briquet, et œ mot était
enqirunté à lital. Focde qui a la même acception. Lors-
qu'oii donna ce nom au mousquet, au fusil à chien, c'était
G
pour indiquer la manière identique d'y mettre feu, par
opposition à l'arquebuse qu'on allumait avec une mèche.
Le fusil à percussion, à piston, le chassepot du nom de
l'inventeur, à longue portée, le fusil à double canon, sont
des perfectionnements successifs qui n'ont pas encore dit
leur dernier mot.
FoBté, ». m. Petite cuiller en bois, et par extension
toute cuiller d'enfant ou à café, qu'elle soit en étain ou en
argent.
Dér. du lat. Fustis, bâton, baguette de bois.
Fastiè, «. m. Au fém. Fustièïro. Charpentier, artisan
qui travaille le gros bois ; tonnelier. — Il est devenu n. pr.
d'homme, rendu littéralement en fr. par Fustier.
Dér. de Ftato,
G 371
Ensto, *. f. Dim. Fustéto; augm. Fmtasso. Poutre;
solive; grosse pièce de bois de charpente qui sert à sou-
tenir les toitures, les planchers, à former les échafau-
dages.
Dér. du lat. Fiisiis, m. sign. .
Futa, fntado, adj. Futé; rosé; adroit, plus que ne le
comporte la probité.
Dér. du lat. Fustis, bâton, par allusion aux oiseaux qui
perchent et fréquentent les bois, et qui sont plus rusés,
plus difficiles à attraper que ceux qui n'ont pas encore
quitté leur nid.
Futur, oro, s. et adj. Futur, future ; faturs époux et
l'un d'eux.
Emp. au fr.
G
6, ». m. G, septième lettre de l'alphabet, cinquième des
consonnes. Isolément se prononce Gé. Les grammairiens
le rangent dans la classe des Palatales, qui comprend aussi
le C et le J.
Le G n'existait pas dans l'ancien alphabet latin; il
n'avait pas, avant la première guerre punique, de carac-
tère spécial qui le distinguât du C, et ce fut Spurius Car-
vilius qui inventa la figure par laquelle il est représenté;
œ qui toutefois n'empêcha pas les deux lettres d'être sou-
vent confondues dans leur prononciation. Au contraire les
idiomes celtiques l'avaient toujours admis, et il était une
de leurs articulations naturelles. Cette prédilection se
manifeste dans les langues néo-celtiques, et dans notre
dialecte comme dans te français, ce qui prouverait une fois
de plus leur primitive et originelle attache. Le bas breton
et le gallois, en effet, ne trouvant pas dans leurs aptitudes
de facilité à articuler le V, lui ajoutent un G pour adou-
cir une aspiration trop forte: du lat. Yélum, ils font Gwii;
de Vinum, Gwin; de Ventus, Gwent; de Viridi», Gwer;
de Vanu», Gtcan; de Vaeuu», Gwag; de Verus, Gwir, etc.;
comme nous avons fait, sur une pareille flexion, Ga»,
Gué, fr.» du lat. Vadum; Gardoû et ses dérivés, Gardon,
du lat. Wardo ou Vardo, A la vérité, l'effet inverse se
rencontre : le lat. Gyrare est devenu pour nous Vira, et
en fr. Virer; Gyru», en fr. Virole; etc., etc.
Gomme le C chez les Grecs, les Romains et les Gaulois,
le G avait toujours le son dur devant toutes les voyelles.
Mais quand la langue se renouvela, le roman, qui cher-
chait à se dégager de l'oppression du latin, tout en utili-
lant ses débris et ses altérations devenues barbares, obéit
à un désir instinctif d'adoucissement dans la prononciation,
autant qu'à des préférences d'organisme vocal, à des in-
fluences climatériques peut-être, que rien ne comprimait
plus. La force ou la faiblesse des voyelles agit sur la nature
des articulations et particulièrement sur celle du G et du
C, selon qu'ils étaient suivis d'un À, d'un O ou d'un U,
voyelles au son grave et plein ; on les prononçait différem-
ment que suivies d'un E ou d'un I, voyelles faibles; et le
G doux, prononcé comme /, n'imprima plus à !*£ et à 1'/
de consonnance rude qu'à la condition d'interposer un u
(Gu), entre lui et ces dernières voyelles.
Cette affinité des deux Palatales les portait facilement à
se substituer l'une à l'autre (V. lettre C); mais les per-
mutations qui amènent le G, de beaucoup mieux connu»
sont aussi plus fréquentes. N'est-ce point pour cela que
les désinences de tant de noms propres et de noms com-
muns en anicu», enicu», inicu», onieu», presque toujouiB
au pluriel fém. anicœ, enieœ, inieœ, ontctf, sonnant en km
à la finale, furent changées des premières par la langue rt>*
mane en anègues, énigues, inègues, onègues, d'où le C iatia
avait disparu? Cependant cette combinaison présentait eiH
core deux flexions antipathiques au nouveau langage, celles
de iV et de G durs; mais elle mettait presque en contact les
deux lettres séparées seulement par un / faible. Il est peî^
mis de croire que ce rapprochement rappela une aneienns
articulation celtique qui manquait au latin etqueleroBiaii
se hâta de reprendre par une mouillure nasalisée avec l'al-
liance du Gn; et l'on voit en effet les appellations latines
Martinianicœ, répondant en roman Martinianègue», deve-
nir en lang. Martignargues, en fr. Martignac, Martignan,
Hartigny; Salvinianicœ, Salvanègue», Savignargues, ^va«
gnac, Sauvigny, Savigné, etc. Si l'idiome méridional aflécle
37-i
GAB
ces loriiiinaisous d'une forme particulière, rude encore, ce
n'est peut-être qu'un souvenir étymologique du latin dans
la Narbonaise, ou il l'ut plus cullivé <iiii' il ms 1»* res((^ ih la
Gaule; niais la permutation ne s'en fait p.is moins sentir;
et ce n'est pas notre dialecle (ju'on peutaccusi-rde né^^liger
celte vocalisation caract'''rislii[ue du (in ;:aulnis.
Au reste, il est pnilmhle qw cette l'orme amena, i)ar
une hyère inversion, C(^lle du y(l a\t'c toutes les voyelles,
sur laquelle radoucisseinehl du 0 fui encore plus marquée i
par les finales en ontje, emji', imjL', nmjc, oum/', (jui n'é-
taient que des variantes iilentiijues auv [)rérédeiites, et
qui passaient par une p^^nnulalion déjà e\[)li(iU''e, en
anche, enrhf^, incita, onvhc. dérivant toutes du même j)rin-
cipe. — Voy. Atjno, sulV., les mots fanotnnje, La (\i-
nourgo, et la lettre A.
Tel est le chemin ({u'a parcouru le C* et les transfor-
mations par lesciuelles il a passé pour venir dans notre
alplinliet. Le son qui lui est propre est i^utlural devant It'S
Voy«dles fortes a, o, u, ou, Guni, Gnulc, (iulo, (iouir-l .
Devant les vovelles faibles e et /, il se inodilie comme
en fr. et prend la même prononcialii'O (pi-' h' ./. c.-;Vd. ^
peu près connue le J fr. précéiié d'un l) : (icn<jvn ipii se
prononce Djéntljivo, et en ital. (ieronimo, (luigio.
Devant la œnsoinie IS, lorsipie clleci est suivie d'une
voyelle, le G ne se fait pas sentir, mais il mouille Vu
comme en i"r., c.-i\-d. (ju'il lui donne la [)rononeiali>)n
qu'elle aurait si elle était sm\ie duii / s»' liant a\**c ejli',
sans former deux s\llal)es. On jnononie GtKjna, P>i;/H',
Cougnc, MUjnè, Scijunr, Viijnuh , comme sd y a\ail
GaniOf Paniè, Conniv, Minid, Senlur, Viuiifit, tous dis-
syllabiques, et Comme en ital. Atjncllo, Jijnfi /o, Oijni.
Dans beaucoup de mots, le G doit cons'Mver l'articu-
lation dure et j^ulturale, même d(îvant les voyelles e et i:
en ce cas, on place un u entre celte voyelle et le //, ce qui
est usité aussi en fr., l.amjuc, Guenc, Guider, et on écrit
Guèto, G niche, Guinche, Guimjoi, etc.
D'après ce priiicipe, il famlrait absolument bannir la
voyelle u de tous les mots où le g serait suivi des lettres
a, 0, n: car pour eux le g n"a nullement bes)in de cite
inlercalalion pour èln' i^ullural. Le fr. la supprimt^ le plus
souvent; mais nous avons éprouvé qu''!qu(^ hé.^ilation fi
appliquer celte re-^le générale. Le langu ilooien, (pi'on lit
moins et dont rortliographe est moins familière aux yeux,
a besoin, pour l'intelligtMice de certains mots, de ra]»p'l.'r
leur racine, leur èlymobtgie, et leurs rapports de familli'.
Dans les divers temps d'un même verbe, par exemple, on
pourrait ne pas sai^ir de prime-abord la parenté entre
l'infinitif terminé en a et le prétérit dTmi au mili.Hi du-
quel intervient un e avant ces terminaisons, comme Carga
et Carguvre. Il eji serait de même de la plu[)arl dos mots
qui ont des diihin. en éio : founiign, rouniigutto, etc.
Ces considérations nous ont frappé, sans nous détermi-
ner absolument. Nous n'adopterons donc l'intrusion de cet
u parasite que comme une exception et toutes les fois que
la clarté du sens ou le besoin de mieux indiquer la déri-
vation d'un mot nous paraîtront nécessiter cette combi-
naison, sans l'ériger eji principe d'orthographe.
Gabiaïre, s. m. Fabricant ou marchand de exiges.
Dér. de Gabio .
Gabian, $. m. Hirondelle de mer; mouette; goéland;
petite mouette des rivières; nom commun à un certain
nombre d't)iseaux aquatiques du genre Larus, Linn., de
l'onlre d-^s l^ilmipedes et de la fam. des Longipeinies ou
Macroptères. — Vuy. luntc.
Aulrefois, le peuple donna, comme appellation de déni-
grement qui s'est conservée, le nom de Gabian aux pré-
posés de la gabelle, couiuiis aux fermes, douaniers de
l'èpinpie, (pii exerçaient sur nos côtes de la Méditerran*'^?.
Pour s>' mellre h l'.dtri d.'s injures du tenq>s, sur une
pl.ige d<i>erte, comme aussi pour surveiller la fraude de
plus loin, ces employés avaient di's cahutes élevées, sortes
d'* lum-'s ou gabies, ou bien gahios, cages, d'où leur nom
fut tiré. — Le fr. a de jiiênie ses matelots gabiers, et en
terni'' populaire le mot Gttbclouj-, pour di'signer les mêmes
piép vvs. — L'analogi(» fui facile entre eux ei ces oiseaux
([Ui' !' tii voyait, coaiii.e les cmmis, s.ms ce.sse allant,
Nenaiil sur la ttlig<*, el Gahmn devint le nom générique
d<' o liir»nili'll«'s d.' iiht, d^ ce> moui'tls dont le» espèces
Sont tris iiombrcUM'S et (ju'on ap[ii'jle encore Fumc^Vanilo
«ni Gafcîo, a})])!iqué.s à p.-u près ijulinorenmienl à toutes.
Une autre étv mi.lcgi»', la contr<--[»ailie de la [irennére,
se pn'senle aussi nalm'ellemcul. Mnuetto se dit en lat.
Garid ; df là à Guhian il n'} a qu'un pas. (^• S''rail alors
l'oiseau qui aurait donné s^n nom au douanier ipii venait,
citncurremiueiit a\(C lui, s'-'lablir sur le bnrd de la njer.
Celle èlN ;ut»lo''i.^ est sans dnule la bonne; mais il est
certain qu'à son défaut l'autre aurait pu utilement la
renqilacer, et dans aucune troui)t» il n'est pas (U'dinaire de
voir une utilité appr"ch''r aulaiit du premier rôle.
Gabio,. S', f Dim. Gabieto; augm. G(i/>i(isso. Cage, petite
logi; en (il de fer ou d'osier pour les oiseaux, en fer pour
les animaux et les ca])tifs. — Gabio dé mancchal, trav:iil
de maréchal, esp^ci^ de cage où l'on enferme une bète
rétive pour la fernn- ou ^lour lui faire subir une opération
doul'iUi'Mise.
l)ér. du lat. f^uvca. m. sign., par la permutation du C
en G et du u en b. En ital. Gabhia.
Gabre, s. m. Dim. Gabroii; péj. Giihras. Jeune fille
elTi'ontée, garçonnière et étourdie. Par exl. le mol Gabre
s'ap[t!i({ue imlilTéremment aux deux sexes et aux choses
inanimées pour : folàlre, étourdi, effronté. — Autrefois on
ap[)elait G(ibieh:$ vieill-'s penlrix m;Mes. L'épi thé te actuelle
pourrail bien avoir là pris naissance.
En syria(|ue Gaber signifie force, virilité; homme ;
Gabriel, homme ou puissance de Dieu. Tout cela annonce
que notre mot Gabre actuel tient ^ l'idée de Virago, de
fille ressemblant à un maie. Ce que nous avons dit des
permutations du G ne fait pas obstacle à ce que ce mol
GAI
GAL
373
latin ne soit le patron eieact sur lequel le laog. s'est
formé.
Gaiarô, f. m. Glouteron, plante, de la même fam. que
le Grateron, auquel il ressemble beaucoup, Arapo-man. —
Voff. Lampourdo et Tir<hpèou.
6aléto, «. f. Mouette, hirondelle de mer. — Voy. Fumé,
GaHan.
6afo, ». f' Tirtoir de tonnelier, composé d'un manche
en bois et d'un fer mobile et recourbé, avec lequel on tire
le cercle d'une futaille pour le faire entrer au-dessus des
douves.
Dér. du vieux nom Gaf, crochet.
' Gafoù, s. m. Dim. Gafouné. Gond, morceau de fer qui
soutient la penture d'une porte, d'une fenêtre.
Dér. du gr. réu^oç, coin, clou, d'où le lat. Gomphui,
m. sign., ou de Kuç^ç, courbé.
Gagna, v. Gagner; faire un gain; attraper; obtenir; se
diriger vers... — Dé que gagno aquél varié? quels sont les
gages de ce valet? Âï gagna un fré, j'ai attrappô un rhume.
Gagna lou sers, se diriger vers la montagne. Gagna lou
gréa, se sauver, décamper pour éviter un danger ou la
prison : c'est ce que font les déserteurs, les proscrits, les
repris de justice. Que gagno tén, gagno tout, prvb., avec
le temps on vient à bout de tout
En V. 1. Gazagnar ; en ital. Guadagnare,
Gai, gaîo, ajy. Dim. Gdié, éto. Gai; réjoui; joyeux;
frais; plaisant; libre, pas trop serré. — Lou mes dé mai
fréi et gai, le mois de mai frais et vif. Un tén gai, un temps
serein, un air frais. On es gai dinc aquélo vèsto, on est au
large, on a les mouvements libres dans cet habit.
On dit Gai d'un ressort, d'un tenon, d'un crochet, qui
jouent librement.
Dér. du lat. Gaviius, m. sign.
Giûamén, adv. Galmcnt, de bon cœur; joyeusement;
en pleine liberté; sans gêne.
Gaïar, gaiardo^ adj. Robuste; vigoureux; bien por-
tant; qui a le teint frais. Par ext. beau et joli.
Ce mot employé au subst. répond au Gaillard, fr. —
È» un gdiar, c'est un gaillard, un franc luron.
Augm. de l'adj. Gaï, Le lat. Validus, par la permuta-
tion connue du G substitué au V, pourrait bien ne pas y
être étranger.
Gaiéto, s. f. Riz de veau, d'agneau; la partie glandu-
leuse qui se trouve sous la gorge au haut de la poitrine des
animaux de boucherie.
Ce mot ne s'emploie qu'en terme de cuisine ou de bou-
cherie.
Gaio, s. t' Barbe de coq, petites membranes rouges que
les ooqs et les poules ont suspendues sous la têle. Par ext.
menton à double étage; trogne; embonpoint; visage frais .
Dér. de GoJL.
Gaio dé nose, «. f- Quartier de noix, cuisse de noix.
Contraction de Nougat, qui a dû exister autrefois,
comme on le voit par son dim. Nougaïoù, qui est resté. —
Voy. c. m.
Gaîofo, 5. m. Gros réjoui; viveur; bélitre.
Dér. de Gaïo. — Sauvages se demande s'il ne pourrait pas
être une corruption de Guelfe, parti politique fameux dans
rhistoire. En esp. Gallofa signifie : mener une vie de men-
diant ; en port. Galhafa, joie, réjouissance : les deux sens
de notre mot se trouvent là reproduits.
Gaioufardo (Fèbre), s. /*. Fièvre goulue, maladie feinte
ou légère qui n'ôte rien à l'appétit.
Ce mot parait dérivé de Gaïofo, Sauvages répète, dans
une tradition, qu'il est composé de deux mots de l'ancien
roman, Galiou, avale, et Fardo, victuaille. Nous revien-
drons volontiers aux termes esp. et port, cités à l'article
précédent, qui nous paraissent fournir une origine tout
aussi probable.
Gaîre, adv. Guère, peu, pas beaucoup, presque point.
— G n'a pas gaiire, il n'y en a guère, il n'y en a pas beau-
coup. Sou gaïre? Sont-ils nombreux? Gaïre hé, presque.
S'en manqua pas dé gaïre, il ne s'en faut pas de beaucoup,
il s'en manque de peu.
On est loin d'être fixé sur l'étymologie : les plus savants
la tirent de l'ancien haut-allemand, pour arriver à lui faire
signifier : beaucoup ; exactement le contraire de l'acception
actuelle. Autant vaudrait, et mieux peut-être, faire déri-
ver G aire de Caire par permutation : Caire, quartier,
morceau, partie de quelque chose, fraction, fragment, plus
petit que le tout, moins, c.-à-d. pas beaucoup, ou peu.
Avec de la bonne volonté, ce rapprocheiLent est admis-
sible.
Gairoutos, s. f. plur. Gesse cultivée à fleur rouge, La-
thyrus cicera, Linn., plante de la fam. des Légumineuses,
bonne pour fourrage.
Gaja, V. Imposer sans jugement une amende ou une
indemnité à quelqu'un surpris en maraude ou qui a com-
mis un dégât quelconque; dresser procès- verbal contre lui
en qualité de garde-champêtre.
Dér. de Gaje,
Gaje, s. m. Gage, ce qu'on livre pour sûreté d'une
dette, d'une promesse, d'un engagement; nantissement,
dépôt; objet déposé au jeu comme punition; salaire; ap-
pointement; gages d'un domestique, qui s'emploie au sing.
en lang. — Gagno un bon gaje, il reçoit des gages con-
sidérables. Métré en gaje, engager, déposer en nantisse-
ment.
Dér. de la bass. lat. Vadium, venu du lat. Vas, vadis,
caution.
Gajô, s. m. Dim. de Gas, Geai, petit geai ou petit du
geai. Cependant il s'emploie peut-être plus communément
encore que Gas pour signifier l'oiseau adulte. — Voy. Gas.
Gai, s. m. Dim. Gaie ou Gale; péjor. Gaïas, Coq, mâle
de la poule, Phasianus Gallus, Linn., oiseau de l'ordre des
Gallinacés et de la fam. des Domestiques ou Alectrides.
— Lou gai cantè, séguè jour, iéou m'en anère, au point
374
GÂL
6âL
du jour le coq chanta et je m'en fus : c*est la formule
terminale des sornettes et contes de veillées, qu*on suppose
durer toute la nuit et finir à l'aube comme les contes de
Shéérasade. On emploie cette formule également et par
ironie, quand on entend un récit quelconque, pour témoi-
. gner qu*on le croit fabuleux et qu'on le tient pour sor-
nette.
Gai, comme en fr., s'applique au fig. pour : Coq de vil-
lage. Aupr. il signifie encore la panne d'une pioche qui est
tranchante et sert à couper les racines et les souches
i mortes.
Dér. du lat. Gallus, m. sign.
» Gala, V. Cocher, se dit de l'acte du coq qui couvre une
pQi;ile. — Vn iôou gala, un œuf fécondé et susceptible
d'éclore, ce que ne font point les œufs des poules renfer-
mées dans les maisons sans commerce avec le coq, et qu'on
appelle Glatiè, — X. c. m.
Galabonntan, s, m. Roger-Bontemps; un réjoui, un
«ans-souci, qui fréquente les cabarets et les tavernes.
Ce mot est composé comme son correspondant fr. de
Bon -temps, qui s'est conservé dans son intonation, auquel
on a ajouté Gala, qui dans le vieux roman signifiait : se
réjouir.
Galan, s. m. Galant ; amant ; soupirant ; amoureux d'une
fille. On le prend indifféremment en bonne et en mau-
vaise part , tandis que le Fringaïre est presque toujours
supposé amené par le bon motif. Les nourrices et les
bonnes d'enfant appellent leur poupon : moun galané,
terme d'affection et de caresse.
Dér. de Gai.
Galanga, s. m. Baudroie, raie pécheresse, poisson de
mer. — Voy, BdoudrcH.
Galantino, f. f- Ancolie; églantine, ÂquUegia vulgaris,
Linn., plante de la fam. des Renonculacées, commune dans
les terrains pierreux, cultivée comme plante d'ornement
pour l'élégance de sa fleur.
Galapastra, s. m. Bergeronnette, oiseau. — Voy. CouacKo.
Le languedocien a purement formé ce nom : son père,
le vieux roman, disait Gala, pour se réjouir, et le latin,
son grand-père, lui a transmis de la main à la main Pastre,
de son Pastor, Par ses jolies couleurs, sa gentillesse, sa
familiarité, la Bergeronnette-Lavandière, qui aime les
troupeaux, ne réjouit-elle pas le berger, à qui elle fait une
fidèle et aimable compagnie?
Galariè, s. f, Dim. GalariUréto. Galerie, terrasse cou-
verte attenant à une maison. Au fig. lieu que l'on fré-
quente, où l'on fait ses tenues habituelles. — Lou café et
lou cabaré, aquà soun sas galariès, le café et le cabaret
sont ses galeries habituelles, il ne fréquente que ces en-
droits-là.
Les étymologistes le font dériver de Tallem. Watten,
marcher, se promener : permutation fréquente du TT en G
sur le subst. Walleria.
Galatras ou Fos-âon, s. m. Galetas; les combles d'tine
maison sous le toit. Par ext. logement délabré et mal-
propre.
Dér. suivant les uns, de l'hébreu, Galisaih, selon les
autres de l'arabe Valata, chambre haute.
Galavar, ardo, adj. Dim. Galavardaù, ouno; péj. Ga-
lavardas. Gourmand; goinfre; goulu; glouton. — P^isi
galavars, pois goulus. Las trufos soun bien galavardos,
les pommes de terre sont fort gourmandes; elles exigent,
absorbent une quantité d'assaisonnement.
Le lat. GtUa doit avoir servi de base ft la composition
du mot. En esp. Galavardo, prodigue.
Galayardéja, v. fréq. Goinfrer; manger beaucoup et
avidement, sans délicatesse.
Galavardije, s. f. Gourmandise sans goût; goinfrerie.
Gale, s. m. Garrot d'un cheval ; cochet, jeune coq : dim.
de Gai. Par ext. du premier sens, cou, nuque.
Dér. de l'hébreu Gharon, gosier.
Galéja, v. fréq. Coqueter; lever la crête; Caire le galau-
tin; plaisanter; badiner.
Dér. de Gai : gallum agers, faire le coq.
Galéjsûre, aîro, s. et adj. Galant; plaisant; badin;
moqueur; goguenard.
Galérien, ièno, s. et adj. Galérien; forçat; condamné
aux galères.
Galère, s. f. Galères; peine des travaux forcés. Au fig.
condition désagréable; situation pénible, tourmentée.—
Comme le fr. s'emploie souvent au plur. Coundanna à tas
galèros, condamné aux galères. Sourti d'en galèro, libM
des galères. Èscapa d'en galèro, injure grossière : échappé
des galères; vaurien; mauvais sujet. Soun oustàou es uno
galèro, il est au supplice dans sa maison, c'est une vraie
galère.
Galèro est aussi le nom de cette sorte de râtelier double
dont on se sert dans les bergeries pour donner à manger
aux brebis et agneaux : les barreaux en sont plus serrés
qu'aux râteliers ordinaires, et on les place an niveau du
sol. S'applique également, en terme d'agrieultnie, à cet
instrument nommé du même nom en fr., qui est un grand
râteau ou ratissoire employé, après le fauchage, pour re-
cueillir tout le foin. — Ces deux dernières acoeptions
nous paraissent avoir fourni la dénomination d'une des
rues du vieil Alais, ta Galèro. Au temps où la ville n'a-
vait pas encore toute l'étendue qu'elle a acquise d^nb*
c'était là peut-être que les troupeaux, au retour da pacage
communal, venaient se remiser, et q^e se tronvût, oonune
le four banal, le moulin banal, la Galèro banale dans la
bergerie commune. Il se pourrait encore que, à celle épo-
que où les corporations avaient chacune leur quartier» il
se trouvât là des fabricants de ces sortes de râteliers» ou
l'un d'eux plus habile que les autres on pins achalandé»
qui eussent donné le nom des instruments agricoles en
question à une rue qui éprouvait le besoin d*ètre connoe
et d'être remarquée. Les choses ont bien changâ d^ois,
mais le nom rappelle toujours les tiaditiont.
GÂL
GÀM
37&
Galignè, s. m. Gaiignè^ré. Poulailler; lien où les poules
se couchent, se juchent et pondent. — Propre coumo la
haro dâou galignè, antiphrase, sale comme un juchoir à
poules.
Dér. du lat. Gallinarium, m. sign.
Galinô, s. m. Coquet : qui fait le galantin auprès des
femmes; petit-maitre.
Galinéto dâou bon Diou, $. f. Bête à Dieu ou vache à
Dieu: en terme de naturaliste, Coccinelle, Cocdnella, Linn.,
insecte de Tordre des Coléoptères et de la fam. des Tri-
mérées; petit scarahée hémisphérique, de la grosseur
d'une lentille, dont les élytres sont rouges et marquées de
sept points noirs. Il a des frères semblables à lui, excepté
pour la couleur, qui est jaune ou brune, ou tachetée de
blanc ; mais le rouge est le plus joli et le préféré des enfants,
qui en font leur jouet et non point leur victime cette fois,
car ils ne cherchent qu*à le faire envoler au refrain d'une
chanson qui est composée pour lui.
Galino, j. /*. Dim. Galinéto; péj. Galinasso. Poule,
femelle du coq en général ; en particulier, poule qui a
déjà pondu ; la jeune poule se nomme Poulo. — Èmbé las
galinos on aprén à grata, prvb., avec les poules on apprend
à gratter. Se couja coumo las galinos, se coucher de bonne
heure, quand les poules se couchent.
Dér. du lat. Gallina, m. sign.
Galino ou Dounniouso, s. f. Torpille, poisson. — Voy.
Dourmïouso.
Galinolo, s, /. Coralloïde, champignon de la tribu des
Clavariées ou Clavaires coralloïdes. Son tronc est épais et
se divise en un grand nombre de rameaux glabres, cylin-
driques, pleins, fragiles, taillés en branches de corail et
dont la surface est comme ondulée. Sa couleur est d'un
jaune pâle. On en distingue de plusieurs variétés ou sous-
espèces, dont la couleur est tantôt fiavescente, jaune, blan-
châtre, tantôt incarnat on d'un rouge orangé, améthyste.
Ce champignon se trouve en automne dans les châtai-
gneraies, surtout dans les bruyères (Broussos)^ sa chair
est blanche, cassante, d'une saveur agréable, d'une odeur
légère de champignon; elle fournit une nourriture très-
saine, et devient, pour les paysans qui savent la conserver
ou dans la piquette ou dans l'eau salée souvent renou-
velée, une ressource précieuse pour l'hiver.
Galipian, ando, adj. Écervelé; indiscipliné; un polis-
son ; un bélître .
Galô, s, m. Galop d'un cheval ; allure précipitée. — A
gran dé gald, au grand galop, ventre à terre; au fîg., avec
la plus grande rapidité.
Dér. du gr. K^Xtct), trot du cheval.
Gale!, galofo, adj. Réjoui, de bonne humeur; plaisant;
divertissant; aimable.
En vieux fr. on disait dans le même sens Gallois, déri-
vés sans doute l'un et l'autre du gr. Tikita, rire, se ré-
jouir; ou du lat. Gallus, coq, galant.
Galonbé, s. m. Galoubet; flageolet de Provence, qui
s'accolde avec le tamboii^rin. Il n'a que trois trous et
monte quelquefois à la dix-septième, parce qu'on subdi-
vise ses sons en lermant chacun de ses trous à moitié, au
tiers ou au quart.
Dér. du gr. ToXep^ç, gai, joyeux, et Oubé, dim. ou cor-
rupt. de Âoidtc^, haut-bois.
Galonn, s. m. Dim. Galonné, Galon, passement de soie,
d'or, d'argent, de laine. — Dé gahun, du fleuret, galon
de fil ou de coton.
Galonna, v. Galonner, orner ou border de galons.
Galoupa, v. Galoper, aller au galop. Par ext. aller
très-vite; courir çà et là.
Galoupado, s. f. Temps de galop; course précipitée ^ ..
course déréglée.
Galoupaîre, aîro, adj. Qui aime à courir ; qui ne reste-
jamais en place; qui va constamment d'un pays à un autre
sans s'y arrêter.
Galoupin, ino, adj, Dim. Galoupinà; péj. Goloupinas.
Galopin; batteur de pavé; polisson.
Galoupinà, v. Battre l'estrade; courir çà et là; vaga-
bonder. Par ext. fainéanter par les rues et places.
Galoupinéja, v. fréq. du précédent.
Gama, v. Donner des goitres; rendre goitreux. — Aquà
té gamara pas, tu n'en tâteras pas, cela ne te fera pas mal
aux dents.
Gama, ado, adj. et part, pass. Se dit d'un mouton ou
d'une brebis dont le foie est attaqué et qui menace de dis-
solution. Ce vice n'est point rédhibitoire, parce qu'il est
sensible et apparent pour les connaisseurs : la laine des
individus attaqués est plus blanche et plus matte, l'orbe
de l'œil est pâle et sans reflet, et privé absolument de ces
filets de sang qui y sont toujours injectés dans l'état nor-
mal. — Es gama, en parlant des personnes, il a un goitre.
Ce mot dériverait-il, comme on l'a dit, du lat. Camelus,
chameau, à cause des bosses que cet animal porte sur le
dos? Allusion par similitude.
Gamachado ou Gamatado, s. f. Augée, plein une auge
de mortier; contenu d'une auge de maçx)n.
Gamacho ou Gamato, s. f. Auge de maçon, espèce de
caisse non couverte dans laquelle les manœuvres viennent
déposer le mortier qu'ils apportent sur la planche ou dans
l'oiseau, et où les maçons gâchent aussi le plâtre.
Dér. du lat. Gabata ou Camélia, jatte, écuelle.
Gambéja, v. fréq. Gambiller; remuer les jambes de côté
et d'autre; aller clopin-clopant.
Dér. de Cambo, par permutation.
Gamhîo, adj. de tout genre. Boiteux; bancal; cagneux;
qui marche à cloche-pied.
Game ou Larda, s, m. Espèce de raisin blanc hâtif : à
part sa précocité, il est très-fertile et donne beaucoup de
belles grappes ; ses grains, très-serrés, sont blancs, ronds,
assez croquants ; il se conserve longtemps. La feuille est
assez grande, pas trop découpée ; le bois rond et tendre.
On fait rarement du vin de Game seul, parce qu'on en tire
376
GAN
GÂO
meilleur parti en vendant cette espèce comme raisins de
table.
Le Game nigre, variété, est un cep des plus robustes.
Il demande un bon terrain. Il est bon de le connaître à la
taille et de le charger beaucoup en bois; alors il donne de
très-belles grappes ; les grains sont gros, noirs, ronds, bien
fleuris. II donne un vin très-foncé. Beaucoup de bois, ten-
dre, très-coudé : les yeux sont gros, feuille grande aussi,
peu découpée et d'un vert très-foncé.
Gamégno, s. f. Grive rouge-aile, mauvis, roselle, Tur-
du» iliacus, Linn., oiseau de Tordre des Passereaux et de la
fam. des Crénirostres. Cette grive, la plus petite de la
famille, est une des meilleures à manger. Le dessus du
corps gris olivâtre ; couverture inférieure des ailes et flancs
rougeâtres; ventre blanc pur; vingt-deux centimètres de
long ; n'arrive qu'en automne pour disparaitne en novem-
bre. Cette espèce voyage par bande et par vols.
Gamèlo, s. f. Gamelle; grande soupière de paysans. —
Manja à la ^mèlo, puiser au même plat comme les sol-
dats; être à l'ordinaire des soldats.
Dér. du lat. Camélia, grand vase de bois.
Gamije, $. f. Gamme ou game, goitre des moutons;
maladie du foie chez les moutons ; commencement de dis-
solution.
Dér. de Gama.
Gamo, «. f. Gamme, échelle des notes, des tons et des
sons en musique. — Se prend au fig. dans quelques locu-
tions qui existent aussi en fr. — Té vôou dire ta gamo, tu
vas entendre tes vérités. Li cantè uno gamo, il lui chanta
une gamme, il lui débita des injures. A pas la gamo, il n'a
pas le fll, il manque de savoir-faire, il n'a pa» de ruse.
Avédre la gamo, connaitre la rubrique, avoir la clé, le
truc.
Empr. au fr. Gamme, m. sign.; mais bien reçu et bien
vu.
Gan, s, m. Dim. Gané, Gant, vêtement qui couvre la
main et les doigts séparés.
Dér. du lat. Vagina, gaine.
Ganacho, s, f. Longue robe de laine ou de tricot, sorte
de chemisette, que les femmes portent par-dessous, et les
enfants de paysans par-dessus, jusqu'à un âge souvent
avancé et ridicule pour les petits garçons.
Dér. de la bass. lat. Guanaeum, la tunique des anciens
Gaulois.
Ganaro, ». f. Dim. Ganaréto: péj. Ganar<u»o. Ivresse;
état d'ivresse, de délire, de demi-aliénation que produisent
des libations prolongées.
Dér. d i lat. Ganêa, cabaret.
Gandaia, v. Battre le pavé; faire le fainéant, le marau-
deur.
Dér. probablement de l'ital. Andare, aller.
Gandar, «. m. Dim. Gandardi, Gandardoù; pejor.,
Gandarda». Batteur d'estrade; gamin renforcé; dévergon-
dé; maraudeur.
Gandi (Se), v. Arriver; être rendu au but d'un voyage^
d'une course; se rendre; toucher au but.
Gandolo, », f. Terrain plus bas et à bords relevte,
comme le serait le lit d'un torrent desséché; gondole, en
terme de ponts-et-chaussées, rigole pavée et fort adoucie
qui coupe à angle droit une route, pour le déversement
des eaux pluviales dans les fossés latéraux.
Gandouèso, ». f. Faribole; sornette; gaillardise; dis-
cours un peu graveleux.
Se ressent dans son étym. de l'idée de Gandar.
Gandré, adv. Assez; en assez grande quantité; passa-
blement. — É» gandré iuên, c'est assez loin.
Gangasaa, v. Secouer; ébranler; agiter fortement.
Dér. du lat. Conqua»»are, m. sign., par la permutation
de l'articulation C en G.
Gangassado,^. f. Secousse; ébranlement; frottée; mau-
vais traitements.
Ganl, s. m. Canif, instrument tranchant, à lame étroite,
qui sert à tailler les plumes.
Corrupt. du fr.
Ganaa, v. Faire une ganse; retaper les chapeaux tii-
comes, seuls portés autrefois, à qui on faisait prendre cft
tenir cette forme au moyen de petites agrafes et ganses
intérieures. Par ext. empoigner; saisir; arrêter. — V€Bh
ganta, on l'a arrêté, écroué.
Ganao, ». f. Ganse, nœud de ruban, boucle ou anneaa
d'un cordon, d'une agrafe.
Dér. du lat. An»a, anse, poignée.
Ganto, s. f. Oie sauvage, An»er «e^tim^Temm. Oiseau
aquatique, de l'ordre des Palmipèdes et de la fam. des
Serri rostres; plumage cendré ; vivant par troupes dans le
Nord , de passage rapide dans nos contrées. — Ce nom
s'applique aussi à la grue et à la cigogne. — Vôou mai mi
âou»»èl à la man qu'uno ganto en l'air, prvb., mieux vaut
moineau dans la main qu'une grue qui vole.
Ganto, qui n'est plus guère connu sons cette acception,
l'est e|[Core beaucoup dans le style bas et ordurier comme
synonyme de femme de mauvaise vie.
Pline dit que les Germains appelaient les oies Ganxœ on
Hantœ. En allem. Ganx, oie.
Gâoa,s. m. Envie; joie; plaisir; aise; hasard heureux.
— Aquà ti faï gâou, cela te donne envie. Varjén ma féi
pa» gâou, l'argent ne me tente pas. Kéê mé fax pa» gàom,
je suis dégoûté de tout; rien ne me sourit; les meilleurs
morceaux me sont fastidieux. Aguèn gran gâou di ti'èftn
déforo, nous fûmes fort heureux d'en être dehors. Manjam
dé pan bru et grand gdou dé n'avé, nous mangeons da
pain bis et fort heureux d'en avoir!
Dér. du lat. Gaudium, joie.
Gâoubi^ ». m. Biais; adresse; maintien. — Foy. Èm*
gdouln.
Gâouche, g&oncho, adj. Gauche; maladroit! gteé:
contraint; taillé de travers; un corps sphêriqne ou cylin*
drique dont la circonférence est fausse. — La gâomcke.
GAO
GAR
377
U main gauche. A gdoueho, à gauche. A mon gàoueho, du
côté gauche.
Dér. du gr. Tctuad^, oblique.
Gâouchè, gâouchèlro, adj. Gaucher; qui se sert de
piéférence de la main gauche au lieu de la droite, dans les
exercices des bras et des mains. — Voy. Dréchè.
Gâongno, s. f. Ouïes des poissons; glandes derrière les
oreilles de l'homme; les parties latérales des joues, les
parotides. Par ext. trogne, visage.
On a dit que ce mot était ligurien, et d'autres celtique;
mais le grec a Févuc, menton, m&choire, et rviOoç, joue,
mâchoire, bouche; et le lat. Gêna, joue. Viendrait-il
aussi de là ; et ne Tavons-nous que de troisième main ?
GâoQJa, s. m. n. pr. de lieu. Gaujac; nom commun
dans le Gard à plusieurs localités, notamment dans les
cantons d'Andu2e, de Bagnols, de Beaucaire, de Vézeno-
bres, du Vigan. Le latin des cartullaires anciens désignait
uniformément ces quartiers, ces agglomérations devenues
des communes, parle nom de Gaudiacum. La forme Gdou-
jargue, Gaujargues, hameau du canton de Gavillargues,
représentée par le lat. en 924, par Ananica, et en 965, par
Villa Agnaniga, est une variante remarquable à rapprocher
de Gâouja. — Ce que nous avons dit du mode d'emploi et
des fonctions des désinences suffixes simplifie beaucoup ce
qu'il y aurait à rappeler au sujet de la transformation des
noms quand ils ont passé du latin au roman et du roman
au languedocien. Ici l'identité est sensible et les terminai-
sons offrent de frappantes analogies. Le radical Gàou tra-
duisant le lat. Gaudium, que vient adjectiver la finale a,
argué ou ac, du lat. Gaudiacum, Gaudianiea, formés de
GavisuM, Gaudiosus, indique le caractère significatif des dé-
nominations. Mais ces variétés de désinences se confondant
dans la signification, il semble que l'ingénieuse interpréta-
tion de argue par le lat. Ager, et toutes ces origines patri-
ciennes qu'on en voulait déduire, se trouvent singulière-
ment écartées. Nous en citerons d'autres exemples : celui-ci
méritait qu'on s'y arrêtât. Nous nous contenterons même
de la remarque, sans chercher les analogies avec d'autres
noms propres qui paraissent aussi venir de la même source,
et que représente au moins la même appellation latine
Gaviiuê ou Gaudiosus, comme Gàoussén, Gaussen, Gaus-
saint ; Jaujac, Gaiac, Gailhac, etc.
Gâonjé, 5. m. Souci des champs, Caltha arvensis, Linn.,
plante de la fam. des Composées Corymbifères, commune
dans les champs.
Son nom est sans doute une altération dimin. de Câou-
thê, qui n'est pas droit, parce que les semences du centre
de sa fleur sont courbées en arc.
Gâoujoimo ou Gâoujouao, s. f. Sorte de châtaigne, la
plus abondante et la plus productive dans les basses Cé-
vennes, mais la plus retardée : moyenne grosseur; a besoin
d'humidité et aime les vallons, près des ruisseaux; ne
craint pas les brouillards; se dépouille facilement lors-
qu'elle est sèche : feuilles arondies ou ovales.
Gâonjoùs, s, m. Espèce de châtaignier qui produit la
châtaigne dite Gâoujouso.
En vieux lang. ce mot était adj. formé de la bass. lat.
Gaudiosus, joyeux, enjoué, gai, agréable; il est devenu
nom propre rendu en fr. par Gaujoux.
Gâoujouso, «. f.— Voy. Gâoujouno.
Gâoula, V. Jabler un tonneau; faire le jable des douves.
Gâoule, s. m. Jable d'un tonneau, d'une cuve ; rainure
des douves dans laquelle le fond s'enchâsse.
Ç^ mot est une corrupt. du fr. Jable, ou iKa une origine
commune avec lui.
Gâoutam, udo, adj. Joufflu, moufflard; qui a de
grosses joues rebondies.
Dér. de Gâouto.
Gâoutas, s, m. Soufflet; coup sur la joue.
Gâoutiè, n. pr. d'homme. Au fém. GdouWèïro. Gautier.
— En langue romane, signifiait bûcheron, forestier : de la
bass. lat. Gatterius; en v. fr. Gaultier, homme des bois,
venant de Gault ou Gaude, forêt, qui était chez nous
Gâoudo, On voit la pépinière qui s'est formée et les va-
riétés analogues, Gaulthier, Gauthier, Gautier, Galtier,
Gaude, Waltier, Walter, etc. Le radical primitif est dans
le saxon Gaud ; en allem. Wald , en angf. Wood, bois,
forêt.
Gâoutiinas, 5. m. Gros soufflet sur la joue. — Appar-
tient au dialecte gascon; mais trôs-bien reçu comme augm.
de Gâoutas.
Gâouto, s. f. Dim. Gâoutéto; péj. Gâoutasso. Joue, partie
latérale de la figure; aspect d'une montagne d'un certain
côté ; penchant particulier d'une terre.
Dér. du gr. rvaOoç, mâchoire, bouche, ou du lat. Gêna,
joue. En ital. Guancia, m. sign.
Gâontu, udo, adj. Joufflu; qui a de grosses joues;
moufflard.
Gara, s. m. Dim. Garaché; augm. Garaehas. Guéret»
jachère; terrain labouré pour être ensemencé; terrain en
jachère. — Li fôou donna un bon gara, il faut donner un
labour bien profond. Aquél âoubre a pas prou dé gara, cet
arbre n'est pas labouré assez au large, c.-à-d. le rond, le
carré ou l'allée de terrain qui doivent être labourés autour
de son pied ne sont pas assez larges. LaUsa en gara,
laisser une terre en jachère.
Dér. du lat. Varatrum, m. sign.
Gara, v. Otcr; enlever; tirer; prendre garde; garantir.
— Garo'té d'aquï, ôte-toi de là. Garo davan/ Gare devant»
prends garde à ce qui est devant.
Il est évident que l'impér. fr. Gare, gare, comme le
nôtre Garo/ garo/ vient de Gara et non de garer ni de
garde, ainsi que le prétendent certains académiciens.
Garacha, v. — Voy, Agaraeha,
Garalata, v. — Voy. Éngarafata.
Garafo, s. f. Carafe, bouteille de verre blanc, à large
goulean, destinée à contenir de l'eau.
Empr. au fr.
48.
878
6ÂR
GAR
GaraTÔsso, s. f. Expression populaire el fort ancienne,
qjà est usitée seulement pour dire : PéU di garavéuo, pays
sec, aride, stérile.
Gorrupt. de Gallovèse, canton de la Champagne Pouil-
leuse, dont le terrain est de craie et les habitants misé»
lables.
Garbéja, v, fréq. Être abondant en gerbes; engerber ;
ramasser les gerbes, les apporter du champ. — Aquélo
tèro a bien ffQrbéja, cette terre a fourni beaucoup de
Ijwnes*
Dér. de Garbo.
Garbèlo, s, f. Résille, réseau dans lequel en Espagne, et
aujourd'hui en France comme autrefois, parait-il, les fem-
mes renferment leurs cheveux ; nasse, espèce de filet ou
de poche à double capuchon dont Tun entre dans l'autre
et qu'on place à l'issue de la rigole de fuite d'un ruisseau
après qu'on l'a endigué au moyen de ce qu'on nomme une
Tarido, pour faire passer toute son eau par cette ouver-
ture assez étroite, fermée entièrement par ce filet.
Garbièûro, s, f. Dim. GarhiëiroU. Gerbieren général;
qiédalement ceux qui sont montés en forme de pyramide .
Les gerbiers construits sous forme de prisme se nomment
Cavale. — Voy. c. m.
Garbil, s. m. Grabuge; querelle; noise.
En ital. Guarbuglio, m. sign.
Garbo, i . f. Dim. Garbéto. Gerbe, petit faisceau de blé
coupé et lié.
Dér. de la bass. lat. Garba, m. sign.
Sariknje, f. m. Grabuge. — GarbU est mieux et trôs-
pur.
Empr. et corrupt. du fr. que son inversion franekimande
d^uise mal et qui a cependant trouvé grâce auprès de
quelques-uns.
Garço, s. f. Dim. Garcéio, — Expression ii^nrieuse
pour une femme, sans qu'elle spécifie cependant contre
eUe une accusation déterminée. Ce mot, dans l'origine,
n'était que le fém. de Garçoà, et il avait la même dériva-
lion; mais, comme en fr., il a perdu son innocence et sa
première signification.
Garçoù, f. m. Dim. Garçouné; péj. Garçounas. Gar-
fon, enfant mâle; fils; garçon de caifé, d'hôtel ou d'au-
berge. — FaXrg lou garçoù, faire le viveur. Un tâou ma-
Hdo soun garçoù, un tel marie son fils. Bé vèn quan gar-
§oà vèn, s'uno fïo naV, bé s'en vaV^ dicton qui fait consister
k richesse et la fortune des paysans à avoir plus de
larçons que de filles.
L'étymologie est très-contestôe : on a invoqué le cel ti-
que Gareio, m. sign.; l'allem. Karl, grand, fort, vigou-
reux; l'espag. Varo, homme, formé du lat. Vira, ablatif
de Ftr. Autrefois on écrivait Warpou, la permutation s'est
faite depuis. L'arabe dit Gnr, gari, pour jeune homme
Taillant, audacieux, d'après Court de Gébelin; en persan,
Garan signifie fille et femme; en bas-breton, Gu^re'h,
jeune fille. En vieux fr. le nominatif était Gan, conservé
encore en style fam., et le régime Gardon. Toute difficulté
n'a pas disparu : l'incertitude reste.
Garçouné]a, v. fréq. Garçonner, en parlant d'une jeane
fille; fréquenter, aimer les garçons.
Garçounièiro, i. /". Garçonnière; se dit d'une jeone
fille qui fréquente les garçons, qui en a les manières.
Gtfda, V, Garder; tenir, avoir, prendre sous sa gaide;
conserver; préserver; garder un troupeau; surveiller, gar-
der une propriété en qualité de garde-champètre; ne pas
quitter; ne pas perdre ; ne pas se dessaisir; ne pas révéler;
rester.
Se garda, se conserver; se donner de garde; s'abstenir,
s'éloigner.
Garda la$ cabros, au jeu de la balançoire, c'est être an
haut de la partie qui est élevée, et y être retenu par votre
associé, qui pèse sur le bas pour vous faire garder cette
position : au fig. faire sécher d'impatience; tenir la dragée
haute. Garda Véscampi, avoir la dé des champs, être
fugitif. Ai garda un anUu fèbre», j'ai eu la fièvre d'accès
pendant une année. Diou vous en gardé. Dieu vous en
préserve. Dé marido fénno gardo té, eC dé la bono noun
t'en fises, prvb. , de mauvaise femme garde-trâ et k la bonne
ne te fie. La pôou gardo lai vignot, prvb., la défiance est
mère de la sûreté. T'en gardaraï bé, je saurai bien t'en
faire passer.
Dér. de la bass. lat. Wardare, m. sign.
Gardaje, s, m. Action de garder un troupeau; frais de
cette garde; particulièrement, pâturage, paccage.
Gardéja, t>. fréq. de Garda, Faire le guet; avoir l'œil
au guet; surveiller.
Gardian, s, m. Gardien ; qui garde aux pâturages com-
muns les chevaux, les mules d'un village; gardien des
chevaux et bœufs sauvages des marais; gardear.
Gardiano, $. f. Dim. Gardianéio, Bonne on garde d'en-
fant.
Gardio,n. pr.de lieu et de personne.Gardiea en fr.traduo-
tion littérale. -— Le mot prend presque toujours en fr. cette
forme du pluriel; le lang. au contraire fait la distinction
des deux genres. Quoi qu'il en soit, il appartient à cette
&mille qui a donné le suivant et ceux qui précèdent, qui
se retrouvent dans la bass. lat. avec la variante de Gorda
et Warda, Gardia, Guardia, Wardia, Wardum, qui ont
fourni le verbe et les divers composés subat. on a^î.
Comme n. pr. il désigne donc les localités, assea nom-
breuses partout et dans notre département en partknlisr,
appelées encore : La Garde, LesGardelles» La Garde-Hage,
La Gardette, La Gardie, Les Gardies, La Gardiole, q«
devaient être des postes d'observation, auxquels cette dis-
tinction et leur situation élevée avaient fait appUqnir ts
nom significatif. On sait que très-anciennement c'était par
de semblables établissements sur les hauteurs que le pays
veillait â sa défense : on ne pouvait choisir que des éléva-
tions pour correspondre ou observer de plus loin. Les deux
idées de garde et de hauteur devaient se confondre, et
GâR
GAR
379
elles s'exprimaient par le même radical. Ce radical pri-
mitif devait d'abord représenter la situation, avant de s*in-
fléchir à ce qne comportait cette situation même. En effet,
Gart on Garth en celtique veut dire : sommet, cime, lieu
escarpé et élevé ; dans les idiomes néo-celtiques, il en est
de même: War, sur, dessus; Bar, Barr, sommet, en bas
breton; Garth, Gart, mont, roc, en gallois. L'élévation
est le point le plus favorable pour observer et pour
garder.
Mais on va remarquer dans un autre nom propre, celui
de Gardait, Gardon, les mêmes nuances de composition,
en lat. Guardo, Wardo, Gartum, Garda. Le mot est évi*
demment identique et trahit la même origine radicale.
D'où cette aflSnité a-t-elle pu lui venir, sinon de Gart,
Garth, Ward, celtique, sommet, hauteur, roc, montagne;
et de l'indication caractéristique des lieux élevés où le
Gardon prend ses sources? Ces rapprochements sont assez
autorisés par la similitude des noms et très-rationnels.
Gardo, 5. m. Garde; garde-champêtre; tout fonction-
naire préposé à la garde de quelque chose; sentinelle;
gardien.
Gardo, s. f. Garde; conservation, protection, surveil-
lance; guet; défense; force armée qui fait la garde; milice
à ce préposée. — Se prend dans presque toutes les accep-
tions multiples du fr. — A la gardo dé Diou, Dieu merci;
grâces à Dieu; va, j'y consens. Jtasins dé gardo, raisins
qui se conservent. Chi dé gardo, chien de garde. À la
garda/ au secours ! Souna la gardo, appeler la garde, le
guet. Mounta la gardo, faire le guet, attendre, être de
faction, surveiller, guetter. Mounta sa gardo, faire son
service de milice citoyenne. D avala la gardo, descendre
la garde; mourir, trépasser. Li mounta uno gardo, il lui
fit de vifs reproches. Prén gardo i prends garde! fais atten-
tion.
Gardo-manja, $. m. Pot de terre, bas et large, dont un
couvercle emboîte Torifice, et ayant ordinairement des
pieds, comme une marmite, à qui il ressemble beaucoup,
pour pouvoir être chauffé par-dessous ; il sert à faire des
étuvées do viande, du bœuf à la mode, que l'on appelle
Èstoufa. Ce n'est qu'en déviant de sa vraie et légitime
signification que Gardo-manja en est venu à se dire aussi
pour Garde-manger, qui s'entend d'une espèce de cage ou
châssis garnis de canevas pour conserver les aliments.
Gardo-ràoubo, s. f. Armoire, grande ou petite, en forme
de buffet, destinée à serrer les bardes, le linge; sorte de
fourreau de toile, ou de robe par-dessus, que l'on met aux
enfants sur leurs habits pour les protéger.
Gardoù, ê. m. n. pr. de rivière. Le Gardon ou le Gard,
qui a dpnné son nom à notre département. Jl se compose
de divers afiluents, partant tous des Cévennes, qui, sous
la désignation de Gardon de Mialet, Gardon de Saint- Jean,
Gardon d'Anduse et Gardon d'Alais, se trouvent réunis
au pont de Ners et vont se jeter dans le Rh6ne sur le ter-
Titoire de la commune de Comps.
Pour la plupart des Cévenols, Gardon est devenu syno-
nyme de rivière. — Ana in Gardoù veut dire : aller k la
rivière ; lou vala sémblo un Gardoù, le ruisseau semble una
rivière. Ces expressions sont employées par les indigènes
alors même qu'ils sont dépaysés et qu'ils veulent parler
de rivières fort éloignées du Gardon. Sauvages nous a
transmis une naïveté assez curieuse d'un domestique céve-
nol qu'il avait emmené à Rome, et qui, étant resté dehors
plus qu'il ne devait, répliqua pour sa justification : AviM
toumba moun capèl din Gardoù, j'avais laissé tomber mon
chapeau dans le Gardon, tandis qu'il était sur un pont da
Tibre.
Il est inutile de parler du Pont du Gard à propos da
Gardon. Personne n'a besoin de nouvelle description da
cette merveille archéologique et personne n'ignore qu'il est
placé sur le Gardon.
Ce nom a subi plusieurs variantes dans son orthographe.
Sidoine Apollinaire l'appelle Vardo; Ruricins Guardo;
Théodulphe, Gardo et Wardo; Catel, le grand Gumrdom.
M. Germer-Durand cite un cartullaire de Notre-Dame da
Nîmes qui porte, en 984, Quardones; eu 1096, Galdonê,
dans rilistoirc du Languedoc, Vardo, en 41o0; Gartum,
en 4 456, Gardo, en 42G2, dans la Gall. chrUt. C'est cette
dernière forme qui a prévalu. — Voy. pour l'ôtym. Gardio.
Gardounado, s. f. Inondation, débordement du Gardon.
— Les inondations du Gardon sont malheureusement très-
fréquentes : il ne se passe presque pas d'année sans qu'une
crue subite, à la suite d'un orage ou de pluies dans les
montagnes au nord d'Alais, ne fasse déborder ses eaux qui
envahissent et ravagent les riches prairies sur ses rives.
Mais le torrent ne cause pas toujours des désastres; et on
ne conserve la mémoire que des plus terribles Gardam-
nados, qui ont le caractère de malheurs publics. Dans cette
liste sinistre, il faut inscrire celle du 40 septembre 4604,
qui, au rapport des chroni(](ùes municipales, dura environ
cinq heures, et par lequel c déluge, ravage et desborda-
ment d'eaux, les habitants de la ville ont plus souffert de
pertes qu'ils n'ont fait durant les guerres civiles, prise et
reprise d'icelle et peste qui y a esté. »
L'invasion de la rivière qui a laissé le plus profond sou-
venir dans toute la population, fut celle du 45 septembn
4 744 . On la désigne encore sous le nom de Déluge d'Alais.
Les eaux atteignirent les premières marches de Tescalier
du perron, sous le clocher de l'église cathédrale.
Dans la nuit du 3 au 4 octobre 4768, la ville et ses
faubourgs furent encore envahis.
Du 29 au 30 septembre 4845, le fléau lut plus terrible,
et si le débordement des eaux n'atteignit pas tout à fait la
niveau de 4744, les ravages dans la ^le furent plus ooii-
sidérables, car la prospérité y était plus grande; les pio-
priétés rarales souffrirent beaucoup.
Les crues de 4826, 4827 et 4834 ont offert à peu pièi
le même niveau. Elles ont été dépassées par l'inondatioD
du 20 septembre 4846, dont le souvenir néfaste ne s*
ccra pas >lo loi.f
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Gargoutiè, s. m. Au lOm. Gargoutièïro. Cargnlier;
Gorjuil, V. >,t. i;ii.:iijf.'ii. !;.■■': lio^iHliiui; im'M)luUiin :
Cii-i,, ,., <ii.-.i-,i; r.U .!■■ ^T-iu^'/, J(,:î M(((rH,I.mii,,
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Gargai.iiiû , >. /, l i
Gartjaiis.i, r
bliUvilL. (,■ J.'.-l-l
Gargai
Gargamûio, v / C .
Gargalù, >. '« Lui. -
Gai'yaLu (ù ih;, .. ..-
Ihv'-f; t-'M i...,i.' .!>,;,
c-a-d. Miiv t ;.,■, !,■
WldlVM.l.-i-d M...
■ lui
Lu di'b a\,Liil,.^.-> d' iM.ir. „ ;.' :i..j'i:-. .■>! d, ..■!,-,
salulaire sii suif ot d.; niiMnliir iilu- i.-.ii!i|ilrli; ni liiil,'-
rieurdu pahis.
GargotO, a. f. Diin. Cari/jnicio; |vj. «oiyuHfaiJo. Gar-
/i"i.ij. . „li .i- -;i <|ti'ii>'iiilli'. liiniir -le rai/ii'iruï, empailler
a, = 11, ,1- ■-, i;<u.,, U.„ l,„t. ivm(ilir dl.uik la lampe.
Garnimcn ,
. Gai'jiiluix' tie lit; tenture, rideaux.
GÂS
GAV
381
courtines, ciel de lit, etc. — Ne se dit point des matelas,
draps et couvertures.
Qaniimén, j. m. Garnement, mauvais sujet; libertin;
méchant garnement.
Gamos , «. ^. plur. Tranches de pommes ou de poires
sôchées et conservées l'hiver pour tisane.
Gare, ». f. Mâchoire; grosse et large mâchoire: joue
enflée par inflammation des amygdales; bajoue, partie delà
tôte depuis Vœil jusqu'à la mâchoire. — Se dit d'un cochon.
Gare, inierj. Gare : prenez garde, laissez pass»^r.
Contraction de Gara-vous, ùtez-vous de là, ou impér.
du V. Gara.
Gares, 5. f. plur. Écrouelles, humeurs froides avec
tumeurs à la gorge, aux glandes.
Par allusion tirée de Garo, grosse joue eiifl«V.
Gam, gamdo, a'Ij. Fort; robuste; grossi(^remenl, mais
solidement charpenté. — Ne se dit que des personnes.
Ganissièîro, s. f. Terre ou bois garai de buissons, de
broussailles, qui ne s'élèvent pas : c'est ce qui arrive d'or-
dinaire aux terrains maigres, dont on abandonne la cul-
ture et qu'on livre au pâturage des bestiaux.
Dér. du celt. Gari, qui a formé Garigo, dont celui-ci
est une sorte de variante. '
GaB,s. m. Gué d'une rivière, endroit où ellt^ est guéablo.
— A manqua lou gas, au fîg. il a fait fausse route; il est
empêtré, embourbé.
Dér. du la t. Vadum, m. sign.
Gas, s. m. Dim. Gajé; péj. Gajas. Goai, Goai glnndi-
vore, Corvus garrutus ou glandivorus, Linn.. oisoau do
l'ordre des Passereaux et de la fam. dos Plénirostros. —
Le geai est le cousin germain de la pie, dont il a toutes
les habitudes: son plumage est roux, vineux et cendre;
deux rangées de plumes bleues sur l'ail.^; t^t» hiipptV ;
gorge et couverlare de la queu»? d'un blanc pur; longueur
trente-cinq centimètres.
Dér. de la bass. lat. Gaius, gaia, gay; onomatopée de
son cri.
Gasa, V. Passer â gué; traverser à piM en gn»''ant.
Gasaîre, s. m. Qui passe à gué; qui fréijuente les eaux;
qui a de longues jambes.
Gasétaîre ou Gasétié, s. m. Gazetier, journaliste; ré-
dacteur d'un journal.
Gaséto, s. f. Gazette; journal. — Aquh's din la Gasélo,
on lit cela dans les journaux.
Mot nouveau dans le lang., mais qui est devenu une
nécessité, puisque ce qu'il représente est une puissance.
Gaspéja, t\ fréq. Fournir une certaine quantité de petit
lait. — N'a que cette acception.
Gaspièiro, adj. fém. seulement. Chèvre ou vache dont
le lait contient trop de petit lait.
Gaspo, s. f. Petit lait; sérosité du lait qui s'en sépare
lorsqu'on le fait cailler.
Dans le bas-bret. Guipad, lait ; en port. Ga$pa, crasse,
ordure.
Gasqnièl, s. m. n. pr. d'homme. Au fém. GasquOïo ;
dim. Gaâquièté, Gascuel. — Ce nom est assez répanda
dans notre pays : il est certainement ancien, et sa racine
ne peut que se trouver dans la première langue. En bas-
bret. Gwaskall, pressoir à vendange.
Gasta, V. Gâter; dégrader; endommager; user; dété-
riorer; corrompre; gâter un enfant, avoir trop d'indul-
gence, le trop caresser. — Gasto un parél dé sou\è$ pér
mes, il use une paire de souliers par mois. Se gasto foço
bos dinc aqnél ousiâoii, il se consomme beaucoup de bois
dans cette maison. Gasta louméstiè, gAterle métier; livrer
à trop bon compte une marchandise. Un éfan gasta, un
enfant g;Mé, trop dorloté, trop flatté.
Gasta, ndo, dans ce dernier sens, part. pass. ou plutôt
adj., a son dim. Gaslaiè, et son augm. Castadas, le plus
souvent termes de cajolerie caressinle.
Dér. de lat. Vastare, pour les premières acceptions.
Gastadije, s^f. Gftlerie; caprice, définit d'enfant g.ité.
Gasto-lénsôou, s. m. Paresseux; fainéant; qui se lève
tard; qui reste longtemps et volontiers au lit.
Gasto-pénche, v. m. Personne chauve» par antiphrase
ironique.
Gasto-sâousso, .v. m. (ii\te-sauce, mauvais cuisinier;
marmiton.
Gavèl, *. m. Sarment; fagot de sarm^îUs. — Le
sarment ne désigne guère en fr. la pouss-^ d'une vigne que
quand elle a acquis la consistance du l)ois; avant, elle se
nomme pampre. En lang. Gavi'l signifie â la fois cette
pousse et les fagots qu'on en forme après qu'on a taillé la
vigne. — Lou bon Diou a mes un gav}f dé mnï : c'est ce
que l'on dit im jour d'été où le soleil chaulTe un peu plus
fort que la veille; on feint de croire ainsi qun Dieu entre-
tient son vaste foyer comme nous nos Inimblos chf^minées
et qu'il y jette simplement (in^^lipps sarments pour l'ac-
tiver. Émpuro lou gnvM, amorce, poussa le sarment sous
les bûches.
Ce mot passe pour celtique Gavellri, m. sign. En esp.
Gavilh'a. javelle, ho fr. Javelle est cerl".inement de môme
dérivation.
Gavéla, v. Javeler, fagoter il^s sarmt^nts, les mettre en
javelle.
Gavélaîro, s. f. Javeleuse ou fagoieuse de sarments. —
Les femmes seules sont employées A ce travail.
Gavô, gavoto, s. et adj. Dim. Gavouté; péj. Cavoutas.
Lozérien ou Lozorol; habitant du Gévaudan. — C'est un
surnom d^ déni trremf'nt ou plutôt de rancnno de voisinage;
car les habitants de la Lozère ne le prennent pas eux-
mêmes, le supportent plus ou moins patiemment et s'en
fâchent quelquefois. Cependant l'origine n'en parait nulle-
ment offensante : elle vient du lat. Gabalum, GabalUanus,
habitant du Gévaudan. Il est vrai que les Espagnols qui
donnent le nom de Gavaeho â ces mêmes individus qui,
autrefois, allaient faire la moisson jusqu'en Espagne, en
avaient fait an terme de haine et de mépris qui existe
382
GEN
GIA
encore chez eux, et que» m^tiio dans ib^s c-^Un-es, pr^ur
exprimer une certaine grossièreté' do mani'hvs et d'.illiires
en général, on se sert de cette é[>itliiM«^: mais ce S"iii des
déviations dont la racine du mol n'est pas p^spr.ns'^l.l'' et
qui ne préjugent rien sur If" caractT'H' et It^s ri tvms di's
habitants des montagnes. Il n»"' \\\u\ p'-iiit, 'ju u <pril nn
soit, cnmprnndre dans ff^lt-^ dén'"iiiîP.tinn ih (iai-ô, 1-'^
Lozéri<'nsd<^s vcrsinls sud <]>' la flj.^iu'' d'* la L-'Z-'t- . c-iix-
ci sont Ea'iônus. — V. cm.
Gavoto, •'. f. G.iv.ttte, nom d'u-i" rs}^''»-<' d»^ d 'i:^". d'-nt '
l'air a d-UY n-prisN, cliacnn"* d" tjuatr''. d»- ! 'ii' o;i d-^ !
plusi'Mirs fnis, ipiatr»' rm^sun s à dfux tt'inps. — On croit
que Tnir el la dans-' ''Ut <''té invr-nt-'-s p :r l'> n.' iii';/iiard^
fiovns
Gazaï, 7'. pr. d'ho-[im<\ Au ^'id. ""."Z'VySo: 1':i;, C<i-
zaisH'. (ja./;ii\. en fr. — Signiliiit ^n vi. u\ 1 mi: fîiétay.^- à
ch'^pl»-'! C-' l;.il dî' l'-^sli lux qui c.ii;-i<î\if t^'ï 1' !! urri-
tnr»^ v\ pnlreli'Mi i' air la ri.MJii.'' d-s "r. 'lU. s'';';-' ! 'il
Gazmo. d»"» h ].;>s. lit. (tas., fin. drri\i!it du 'at. (■><:''.
lii'Mis, ricti '<<'\ V)V "U S'' f-int ap''r''^'> àr \r> nn'd ;:!' - d<'S
noms i)ropr'^> : Gazin, GazaL'n'\ Gaza;-MiMn, etc.
Géïna, v. G-'-nrr; S'Tiv'r; [nvvs.^r: r-i-iiiaiiii-'r; «^i.nuy'T;
impnrtuîj.T: •""nLirra^^-T.
Se ijrnifi, S'' .i:*'n"r; <•• 'j.rtîr'' à li 'j^iii-. -- /"v '/"!>? a, il
est J'''n<'', »un!ori'a >■■-''' luis «.•^> niï ir^^. V<"i\ .,'■) i-'i- jnis. v.'
vous dérang'V pas; n«^ vous g-'-niv. pas
Gèïno, *■■. f. (^''0'^: cnntrainl-"'; inc-unniiMlit.'-; p-'ine
d''"'S[iril; ennui; t''r!uro; (|U''Stiou en parlant d'un rri'iiin'd.
D'T. du lat CrhentKi, i:rU'\
Géndarmariè , .s. /". G-"idM'm'^rii^: tr^up'-»: ([uarli-M-
0CÇU[i<' pir les :.''r:darri.o<.
Gendarme . v. m. G-'inlarMit-», S'Id il du cirjw d»^ h
jjen lar:ii'''ri'\
Kmp. au l'r.
Gcnébrouso, s /. — Ce mni ne s'e-nplMio qut' daiis un
seul cas t^t r mniio t'"'riiie di"' c-irnpnj'ai'^'aj : fcuquï c nmo
la gnfiehvf'f/so.
Il est par tmp évident par la çomj^osiiiiui du mot, par
raceeption rpi'nn lui donne dans la phrase ci-d('s^us, (ju'il
signifie les Juifs, la l'pnt kcbreusc ou héhraï'jue, gens
hehnva. On U'^ conçoit pas (prun«^ dnluclinn si simple n'ait
pas frappé Sauvages, ni comrn'''nt il a pu poser un pr)inl
d'interrogation pour savoir si l'étymologii» n<^ venait pas
du mot Cinchre, genévrier, champ de genévriers. C'est une
faiblesse de grand homme.
Général, .v. m. Général, olTicier supérieur de l'armée.
Emp. ?n fr.
Généfalo, .V. f. Générale, batterie d'alarnje au son du
tambour.
Gengivo, .s. f. Gencive, chair qui entoure les d'^nts.
Dér. du lat. (^engivia, m. sign.
Gens, •^. f. plur. Gens; la famille, les personnes qui
composent la maison: habitants d'un pays. — A la dilTé-
rence du fr., où le mol gens signifie les domestiques d'une
granilo m lis ai, d'un grand seigneur, en lang. on désigne
par If m 't Co/s l'iuu's les ptM'soinies qui liennenl à la
faii;i!I"\ (|n.'!(jU(' chose comim^ la Gens romaine. — las gens
<}'< }ti'i\i>v , l""s hrliilanls de la Lozère, de la montagne.
Ma\ g<'fi^' .^>p'(" d'inl'^rj., de jurun innocent, qui revient
^ Di'iil r.. ///('/ fas g fis, rL'ftCL'us,\)T\'h,^ selon les poissons,
la >an''. n,.ns C" [m \'M'be, le sens du mot send^le plus
;. '';:'i. I'-', "* \ ulr.iit dire les hommes, l'homnie. Las
f' > 'n '/■ > g' fis, 'es honnêtes ;.'ens.
D'à* (Im lat. Cens, nation.
Gcrtc, gcnto, <:-ij. G ut, g'.Milil; gracieux; joli; mignon;
aimable : agréalile.
S ! Ml ] ' Di. ti.inii.'.ir,' de Pi Crusca, le n^ot \iendraitde
la l;;iL'';"' | i' v-'iir-;!.' : i'..r' (Difirfm vrnuta dal prnvensale.
' '■■.'! '\i e^: .;• '!.;;. ri.se : prcv-^ncal. langue de la pro-
N inc'' rtmaine.
Gè"u. v. / r. 1 ', -d K". — /'/•( counio la g*ou, froid
C' 'M, "lie ^'l')(V».
I ' 'I
D't In ht. (,ph', m. si.L'n.
Gcrïo. s, / Ts;. •<•(• d'' cli;;iii[)i,;non. — Yog. Girbouléto.
Gcrlo, V /* S lu du l'.KjUf t lie cuivre, étamé intérieu-
•;it. ''\>'r ! 'pi.'l ni! va jMii.^er \\':\u h la fontaine ou au
pnits. — V ■; '".«M :ii.s \r p .it-'iil ^ur la tète sans le tenir el
1 ar !••- 'i ■:'::iis l-'S plii^ scabr-'UX.
O \ ■"'•. ' -' lin 11 .ut ra:^! : [A nn dit Scto (V. c. m.),
'|!!i ''-' ; hi-" i:''ni''ri'jue.
D't. 'hi l;-t. Ccrcrc. jKU'ler.
Germa, '■. ("ier-i''"!-; j^iais-'r lui geruie.
D'r du lat. Ccnyiiufirc, m. sign.
Gc^Tiie v. ;•). G.T.'i!*'. prini-ip'-» de r< pnxiuction du vé-
,.''''t il. \\[ \]-:. Mi'ijM].^: s^Miieiio.'; i-u;se principale et pre-
n:i'''re.
T) M" du lat. Crnnr}}, m. siun.
Gês, ti-'jiit. r.rjilrt. et (ifh\ Peint; aucun: nullement;
au •un n!: iioiut du t'Uit. — On pourrait rapi>eler une
néj ti II lit' ni<rii^re. On l'i^nijiloie rarement sans la par-
ticule !,''"aîive: Pas gcs. C>^|)endanl il se place de préfé-
reu'-e ai.isi à la tin d'mie phrase. Dans le style elliptique
et \ir, Cn'if gcs vaut uncux que Gn'a pas gés, N'en vole
gvs, je n'tMl Vi'UX pas.
D-'r. du lat. Cens, gens, personne, et revient à l'expres-
sion l.it. 7)ihnt)i> gniUnm, pas une sculc |x:*rsonne. D'après
cette (Lamée, il (bnrait ne pouvoir se passer de la part.
n-'g.; mais l'usage l'on a dispensé pour la fluidité el la
rapidité de la langue.
Gi, 5. m. Plâtre; gypse; chaux sulfatée ou sulfate de
chaux. — Gi hnstar, pbUre avec lequel on gâche une
partie de mortier.
Dér. du lat. Cgpsum, m. sign. En bas bret. Gyp.
Gïa, V. Fuir; décamper; s'enfuir; faire Gille; tromper
son monde.
L'origine de ce mol si court, traduit par cette petite
phrase française, faire Gille, cl l'un rendant Pantre, n*esl
pas chose facile à débrouiller. Qu'on nous permette d'en
GIA
GIB
38»
dire ce que nous en avons découvert, et d'éclairer pent-
ètre le problème à la lueur d*une autre expression qui a
un sens tout pareil. Voici donc ce qu*on raconte, ou à peu
prés, dans le Dictionnaire de Trévoux et autres gros in-
firiio, sur la locution française.
^gidius, dont on a fait Gillon et puis Gilles, ^ on ne
sait trop comment ni pourquoi — était, selon les uns, un
prince languedocien qui s'enfuit plutôt que d'accepter une
oouronne qu'on lui offrait; — on n'ajoute pas de quel
royaume — selon d'autres, il était d'Athènes, d'une
ûmaille illustre, qu'il quitta pour se meltre à la recherche
d'autres biens préférables à ceux qu'il abandonnait. 11 vint
débarquer non loin de Marseille et s'établit dans un lieu
eè plus tard fut bâtie une ville qui prit son nom. Les
commencements de la vie de saint Gilles, car c'est de lui
qu'il s'agit, nous ont paru quelque peu incertains et
obscurs, ce qui se comprend à la distance de treize ou
quatorze siècles. Mais qu'il ait renoncé aux richesses et
aux honneurs, à un tr6ne même, ou à la plus simple vie
mondaine, pour se réfugier dans la vie religieuse; comme
ridée d'une fuite quelconque est restée attachée à son
souvenir, histoire ou légende à la main, on a fait en fr. le
didon Faire Gille, pour dire : s'enfuir précipitamment,
s'esquiver, se dérober. Le languedocien a aussi le verbe
actuel 6fo pour exprimer la même chose. Il se sert sur-
tout de son impératif Gïo comme exclamation rendant
tour à tour: eh! vite, vite! cours donc, détale, file! ou
hîeii quand on raconte : el de courir, et de jouer des jam-
bes.
Gïa s'écrivait autrefois GiUa, dont nous avons dû sup-
primer X^ qui ne se fait plus entendre chez nous, bien
qu'elle se prononce encore dans un dialecte voisin un peu
plus rude. Cette vieille orthographe indique de plus fort
que le languedocien a puisé à la même source que le fran-
çais ; mais dans le principe il n'avait fait probablement
qu'on simple verbe, s'il ne l'avait déjà; tandis que le fr.
se servait d'une petite phrase, que le souvenir légendaire
d'un saint consacrait. Or, nous trouvions que le langue-
docien, qui sans doute ne tenait pas à rester en arrière,
avait élément introduit un nom d'homme dans une
kcvtîon synonyme; pour lui, faire GilU était faïrg Gui-
rdott. Quels traits de ressemblance pourraient avoir
drax personnages différents pour avoir laissé dans le vo-
cabulaire la mémoire d'un trait de leur vie qui en rappe-
lait une particularité identique? Nous étions à bout de
eonjectures et de recherches, quand un de nos amis, très-
Iradit sur notre histoire méridionale et auteur d'un remar-
quable travail sur la maison d'Uzès, voulut bien venir à
notre aide. Ses explications ne laissent aucun doute sur
l\ingîne el le sens du mot.
Gérard, Gérald, Gèraud, Guiraud ou Guiraudet Amie,
plus connu sons le nom de saint Gérard, était fils de Gé-
laud on Guiraud Amie IV et de Thérèse Gaucelin d'Uzès,
héritière par substitution de la moitié de la baronnie de
Lunel. Cette seigneurie fut, en 4S95, l'objet d'un échange
entre Philippe leBel et Géraud, qui reçut en contr'échange
les seigneuries de Rochefort, Fournée et autres lieux situés
dans le diocèse d'Uzès, et vint se fixer à Rochefort. —
C'est à ce moment que son fils Gérard, alors Âgé d'environ
vingt-quatre ans, quitta furtivement sa famille, comme
avait fait saint Gilles, pour embrasser la vie monastique.
Il se retira, disent les Bollandlstes, dans une grotte située
à proximité d'un pont d'une structure remarquable, dans
lequel tous les historiens s'accordent à reconnaître le Pont
du Gard. — Bientôt après, saint Gérard voulant se déro*
ber à l'empressement des populations qui assiégeaint sa
retraite, entreprit le pèlerinage des Lieux-Saints et mourut
en 4296, en Italie, avant d'avoir pu l'accomplir.
La locution était faite et le nom trouvé en languedocien
pour correspondre au français. La situation était la même :
c'était aussi un homme remarquable par sa naissance qui
se dérobait à l'éclat de sa fortune et aux pompes terres-
tres, qui fuyait le monde pour entrer dans la solitude et
la contemplation des choses du ciel. Ce spectacle devait
frapper le peuple et le souvenir s'en est perpétué. Le temps
a bien apporté quelque déviation à l'expression, qui ne se
prend pas toujours dans une acception favorable, mais il
parait évident qu'elle vient de ces circonstances — Voy.
Guirâou (FaïreJ.
Giba, V. Souffrir : avoir grande peine à accomplir une
œuvre ou un travail quelconque; trimer; faire effort. — Se
dît particulièrement d'un voiturier ou d'un attelage qui
ont peine à sortir d'un mauvais pas. — Gibou, ils ont
entr'eux des différents, des procès, des incompatibilités
d'humeur.
Gibadisso, s. f. Longs efforts pour venir à bout d'une
œuvre difiBcile; différend ; difficulté; procès.
Gibaire, aîro, adj. Hargneux; d'humeur difficile, pro-
cessive, inquiète.
Dér. de Giho.
Gibâoudan, s. m. n. pr. de lieu et d'homme. Le Gévau-
dan, aujourd'hui département de la Lozère.
Dans l'antiquité, pays des Cabales, Gabalieue pague, qui
a formé le nom.
Gibéloto, s. f. Gibelotte; blanquette; fricassée de viande,
ordinairement d'agneau de lait ou de chevreau.
Gibèmo, s. f. Giberne, boite dans laquelle le soldat met
ses cartouches.
Empr. au fr.
Gibiè, «. m. Gibier; animaux bons à manger pris à la
chasse.
Dér. du lat. Ciharia, aliments, par la permutation trés-
répétée du C en G.
Gibo, «. /*. Difficulté; mauvaise entente; différend y
procès. — Èstre in gibo, n'être pas d'accord.
Gibowna, o. Grésiller; par ext. &ire un froid tràs-
piquant. — S'applique surtout à cette variation d'atmos-
phère si firéquente au mois de mars, et à la petite pluie
384
Gl.M
froiilo (jui luiii!)t' aloi> pariiiter\;ill(>s. — (iihoumo, il lu;iil>o
du j/ivsil: il lait un Inàd tivs-vif.
Dér. (lu IV. (îivrc, ou du moins do la inriii»' lacim^ \[\u} ,
lui. I
Gibournado, .s. /. 0)n[) df Nnil lurlc d.' jiluit' «-l •!•' i
giV'sil, Ici (ju'oii en Noit M>u\enloii iiiai>: ^dn-ulfo; ;.uiln'; ^
mau\ais Icinps. I
Gibournaje, .s. m. — O iii"l d a pi'u |l^'•^ la nirihc
accoplittn <[Ui' !•' [uvct'ii.'iit ; ^'hI'Mi.i ni, c'ol [>Uil<>l un»'
silu.iliun {) irlitnli"iv d-- i'ciliii<)S|'ii.'r«' «[U*' racciil<'nl ou 1»'
grain [irndud. On !<• dit (•(iniiiiniK'nicnl [)Hur un linid tivs-
vil", co ijuo n '.Api'iino pas f/ihournuiio.
Giboùs, ouso, </•'//. Conlrciail ; ]»ossu v[ iniiu, r.uld-
liiiuo; (jui a Ic.-> iinMiJjifs et surlnnl jr-.^ j.iinl.çs, luidus.
l)(.'r. du Lil. iiihhua ou (iUthasus, \*\>»\\, \niilç, i-oii-
vexe.
Gie , //■ i>i . d'IiciiiniL*. Au l'jni (.ns'>o: dilii. (êioù, .
Cnutinn. (jill"'>, rn lat. .L</i<titi>. |
Gifla, f Nailliclt'i" a\t'i' Imri' . dans la lan^ti^' \-x\r, ^
Gif/fer. '
Giflo, A. /. Siiulll-'l l)i<ai a[)pii(pu'' : «ai ar^'oi, r;/^t' ou
Ciijpe, (|Ui iMpjwili- Sv!ii^> d(»nlc «pu- ^"c iik'I >ii.'ijilMil auli'c-
luis Joue.
Gignèï (Sén-), // />/■. di) In a, Sainl-tiian-st, auj-iur-
d iiid Saiji.-(i'ini's, a.s.^'V. coimijini il iii> 1': liaid, hauuil
du lai. S(iN((u^ (irticuns.
Gigo, -v /. (iiL'-l: ipi.irlitr d a^^ncau ou de nicul-'U iwcc
la lon^'c. I
Gigo, A. //*. Diiii. (li'f'Uiic; aUL'in. (i.ijoiiids. Ci\j<*\ i()ii[.c '
t'Xjuv.s et n.\uuli.'i"('infii| sur »a ntufjl,'. 1
Laor.'iil |t)iji(pi.' l.iil la (u.r'-it'ii • d'- ipi.iiililô d.ius li
[)i<iii )ii(a;uii'n, t'I l.t lidVi iciiC'' tl<' ;.■ 111''. ilan> i>'-^ d'-ux |
ni'tis (juj j)n"c»'a('nl. I
l)»'!'. du l.it. l'"J' :, >'U\.^^'\ d ;i|a"i*> M' iia;:i\ "U ili' hcliiuiu,
os (!•' la li.iniiii'. .^iiisanl Ivj.tI.
Gimbéieto, .v /. Viimi-^'itil''; p-ail*' p-ni-^ni.- du ii.iuv ^
lies L'eiiauil''>, tp»"nii cniiit* à un lii c .ihmi*' un <.ii,t^)> Itl.
Gimbla, r. Tnrdrc; plu-r; courii' i ; rundiT couriic
homln', cnnscxr. — Au p.nl. [hi>^. adj" (iiMjnfiil, (latrl
(jimhla, i'I'>u Idi'du; ihunt <jiin'>la''<), cli"' InrCM'; r,,uil>o
ijlinbludo, jaiiilit' crncliUc.
Se (jimhltt, V. Se j)liL'r; se courlicr en arc. — Vo pas sa
(j'nnbla, il n V>t plus asx'z souj)li' pnur se pli- :'.
Dér. lin l;it. (,ihhus, ctuulif, Ixisvu.
GiinèrC, èro, '/'/y. hllii. (/imiioù ; jmj. iiinnrus. Tùlu;
cntèlé; (■t)>(in'''; «-pinialre; liarirm-ux ; conlriirianl ; difli-
cil*' à vi it\ — /:v fn.s f/hui're, il n» -I [.n> cifiUf, il [ilic
sans point'.
(il' nj'jt, ([ni ('.si un sul'>L d.ni^ ciiainos coiilri'is, no-
laniiiiiMil eu (i.'Vaul'n, y siudli'.' ini juiii;irl, s<»rt<' do
inul'H pi'odiiii nu cr'iisi'iiji^iil do I oJm't-' olicvalino et hn-
vino. (.cl aniui,')!, donl la pi'MVoïKino*' n'osl indji-nioui cms-
Uloe, tort laid do lornios, est tivs-lorl ot tros-vicioux.
Xous a\ons eniprunlô sa (jualilô sans adojilor lo subslantif.
GIN
Gimérije, >• /. Liitôtniionl; obstination; opiniâtreté
c a p ri t ' i 0 u so ; « -a ra c t«"' r< » ro v »^cl ic .
Ginèbre, .v. m. i*olil ^'névricr, à baios noires» Juni-
jicriis 0(////^>n</</.s,I.iiin., ailtij>soau do la fani. dos Conifères.
-- Ol arltiis^fMu, d«iiil \r^ dilTôronls ^'onres se confondent
dins nut^ ii;ciii'' dt'!i"iidiialioii on fi"., so distinjxue dans lo
ÏAii'^. en (intJfic •'( C ./,/('. Ci'lui-ci, ijui de\ient un arbre et
iK'U uji all)n^l" oiiiiiiir le pi'ouiior, fuumit un fruit ou
iaiodi la i^r'^vr.r duh" ji-'htr oorise, d'où l'on lire l'huile
do (iiilc. — ^ oij . c. m .
Di'r. d\\ U\\. Junipcnis. lù. sign.
Ginès, s. j,i. Au [ilur. Cf/irsscs. Gonol, nj>in connnun à
plu^i••UI.^ osjiM.'t^s of (jui d*''>i;. 11..' li» (iiMiôl dos loinluriors, la
(ion''^li"l', (>inu:yi(i linciiivia, Linii.; le (i*'nol d"K>paj^ne,
(, )i>\,ti; j'iin f.i^lÀiiïi.; {[■■ï\[\ ]os ji'ls rossouiblonl à du j<.»nc.
On Kiil oauii-- ! •> li')u;"iis dç so^ flours dans le vinaigre
♦■•'n.iiio I. s c ,pi"i s Auv ••ii\irt)ns de L''dôvo ol dans le
C.<iii,ii<>, un a ,'ii.iL;f lo -.'I. i (iKs^agno, qui couvre des
jii"iii..^in'> <iiii ■',■,■.>: s-'s tiçi'-s, rouios conifuo le chanvre,
fnuriiicv.'îail une iciii^ .^rossi^ro, uiais très-.-inlide pour l'u-
sa uo.
On »li>(ni^i»o ('!ii^»io l'm iihns ou (î ruas on Sabayol,
(i'iifi i.\ li^f, j^r 'Ui! (iaiôl à ludiii."-, Cciu'ila scoiiaria, Lirui.,
.'l /i>". {,.111^ r.vhnl , (iciirl à tnull'i'S bass'''S, Si>nrtium-
I •'mj-!'((ii>nu^ î/nnj.. Il \ îi.^v' a fouilles plio-'s; t(tus arbris-
N\iu\ ctiiiaïUii-, 'ulaliiii. d'\s L.'L'Uinininises.
Los .i\js SI ni parl;i;,^''s sur la d': i'.alion du n(uu : les
un> \eiiJrni tju il M»ii tir«'' du l.it. Cieno ou Cigno; *juia
,^l><.,m yuKiitii , /('(•/'>/ ^jiyi'iîur; (bnutros lui dt>nnoiil pour
iMdic.il je ot'Iliquô (ioi, .'irbuslo, arbre.
Gincstièiro, >. /. t-i //. y*/ . d'IiMiniiio et de lieu. Chauip,
ip. niier abi-nd ml <ii piMièis. — Quanil il devient n. pr.
h' i.". Ir.iduiL par (iin;'siit'a-e.
Gincstoùs, v. m. ;/. pr. (riioinino et d- lieu. Variante
(lu iiimI jir. c 1 jil, .ivco uni' ^i_iiili'j,ili(»n i.lenticjue. —
'i"«'U> {>•:, (\r\\\ S'.'iil .lU rosi ' ri''i.'nli'''r«'Jiion t Innnés.
Ginyia, r, N.nL:!ir (bs coups do \oi ;..->, de baguette, de
buu>siue. — y^'U' (liscla.
l)ér. lie (iifHjmlo.
Gingoula, r. (ioiudit?; pi i:!"T; se [)bindre; gémir;
ji«ai^^ 'r tl''> s. ii|«ir.> "U l- > cris ])l;dntils, in.iis à petit bruit.
— l'o-y. jaiujfd ol Jan(} lula.
11 est in;-'-'intMix, cojiinio on l'a fait, de trouver à co mot
une il-ri\ar. tii liî'<(.> du (Un, p>iur Chin ou fhi, par ia
pciiiiulalion Cl liiiue, ol Je Cuh, gueule, ; ur exprimer
des 'ji'niiss<'iiionls rissi'mbb.nls .'i ceux (b^s jeunes chiens.
Gingoulino, .s. /. Uijiopéo, mélange de vin sans force
ni \orUi, [tlal ol fail» : breuvage (luelconquo qui n'a ni
gnul, ni sa\our, ni ()u dite.
Ginguèlo,.N. /. Selon il'iui ol ro; jet d'une seule [mdussc
et sans iKouds, cuinnio ceux dos mûriers, qui, étant taillés
eli.njuo aiMoo, S'-nl longs ol \igoureux; baguette, gaule à
ballre les habits.
Dér. du coll. Cen, arbre : forme diminutive.
.\x
GIN
Ginonia, s. m. n. pr. de liea. Génolhac, chef-lien de
canton, arrondissement d*Alais. — Son nom est cité dans
les cartullaires on les vieux titres et dénombrements : en
4469, Junilhacum; en 4476, Gînolacum; en 4499, castrum
de Genamllfie; en 4243, Gmolhaeum; en 4384, Junilka-'
eum; en 44S6, Jindtaeum; depuis 4433 jusqu'en 4724 et
aujourd'hui, avec des variantes d'orthographe, de Genoihac,
GinoUuie et GmouiUac, il est arrivé à sa forme actuelle
et k la prononciation que nous représentons en lang. et en fr.
Sauvages pense que le nom lat. de JunUiaeum, où il
trouve quelque chose du romain Junius, doit être con-
sidéré comme ayant formé le mol CrénolKae, Un tel parrain,
noble ou non, n'a rien qui nous séduise, et nous n'avons
nulle foi en ses reliques. En général, toutes ces dénomi-
nations géographiques, tirées du nom d'anciens possesseurs
vainqueurs de la Gaule, nous inspirent une médiocre con-
fiance : nous les avons combattues, et l'occasion se pré-
sente ici d'apporter un nouvel argument à l'appui de la
thèse que nous soutenons.
A la place de ce chimérique Junius, qui n'a pas fait les
noms communs Ginéi et Ginèlhre que nous venons de voir
et où il aurait eu quelque raison d'entrer, il faut substi-
tuer un radical pris dans l'ancienne langue nationale, qui
soit significatif et en rapport direct avec le lieu à désigner.
Pour l'obtenir, ici comme ailleurs, la première opération
est de dégager le mot de toutes les adjonctions complé-
mentaires qui sont venues en modifier le sens et la forme.
Ainsi l'on doit être fixé sur les désinences appliquées aux
substantifs dans le but de les adjectiver, de les transfor-
mer en noms propres, en noms patronymiques ou géogra-
phiques, en des noms de propriété ou de quartiers, de
provenance ou de collectivité, de situation ou d'aspect ; de
même que l'on connaît les formules par lesquelles sont
exprimés les diminutifs et les augmentatifs, qui affectent
en général des règles systématiques peu variables. Ces
procédés de composition se trouvent dans la langue la
plus anciennement parlée dans les Gaules, celle d'où sont
sorties sans contredit la plupart des appellations régiona-
les, et dans les idiomes qui se sont succédé, le latin en
première ligne dont l'influence s'est continuée par la basse
latinité, son altération, et par le roman qui lui est encore
si redevable. Les diverses phases par lesquelles ont passé
à peu près tous les mots, ont déposé certaines couches sur
le noyau primitif auquel il faut arriver; et l'élément ou
le radical, débarrassé de cette espèce d'enveloppe, donnera
la raison, c.-à-d. l'étymologie de la dénomination.
Il n'y a qu'à suivre cette opération analytique sur le
sujet vivant; et d'abord la comparaison de sa structure
ancienne avec celle qui nous reste fait apparaître à la finale
le suffixe adjectif gaulois ae, latinisé en aeum, par l'accord
avec eoÊirum, réduit ensuite ou ramené à la chute de la
forme latine en ae fr. et en a simple, lang. Ce suffixe n*a
rien ici que la condition ordinaire dont nous avons déjà
parlé bien des fois. Il est lié par la mouillure à la syllabe
GIN
385
précédente de la voyelle i, du génitif, ou de Ih, qui la
remplace et est équivalent, de manière à donner comme
désinence iacum, normal. La provenance, la descendance
se trouve déterminée.
Reste Junil, Ginol ou Jinoi : la forme est identique, elle
ne présente de remarquable que la présence de Vo à la
dernière syllabe, consonnance qui a persisté et s'est con-
servée non sans motif. 01 est en effet la reproduction du
lat. Olu9, comme Oh, au fém., celle de Ola, qui ne sont
autres que des terminaisons diminuUves, qui ont la pro-
priété de se convertir très-diversement suivant les dia-
lectes, comme leurs similaires en al et el, et de donner ôtm
le plus souvent, et oui, et les autres àou et èou, avec les
variantes. Le même phénomène se retrouve dans le fr. et
dans l'espag. et l'ital. : FUiolu$, lat., Fiôou et Fiel, lang.
Filhol, FUhoù, prov. Fiolo, FUholoj Filleul, Filleule, fr.,
Figliuio, ital., Hijuelo, esp.; Linteolum, Lénsâou, Linsôou,
Lansôou, Lmzuelo, Lensol; linceul, etc. Sauvages dte aa
mot Brueil, en v. fr. Breuil, Brouil et Brêl, bois, forêt»
de la bass. lat. Broilum, brolium, broglium, bruUlus, el
Brugu^'rolo, dim. de Bruguièïro : nous trouverions encore
Cassagnolo de Cassagno, et Maruéjùou, Marvéjols, de
Maruèje; Lanuèjôou, Lanuéjols, de Lano ou Lanu, etc.
Nous les mentionnons à cause de l'analogie de \$i forme
diminutive existant dans notre mot et dans une foula
d'autres, composés de même.
De telle sorte que, disparaissant la désinence adjective*
suffixe sans signification par lui-même, s'il ne restait ici
que Ginol ou Jinol, Ginouï, Ginoulh ou Génol, la finale
aurait grande chance d'êtro prise pour un diminutif du
radical auquel elle aurait été attachée.
Or ce radical se rencontre précisément dans le mot que
nous venons de citer, Ginèt, Genêt, et c'est le celtique
G en, arbuste, arbrisseau. En bas-breton, Gwix9n, Gwém,
arbre.
Il semble donc très-probable que le nom de GénolKae a
suivi le même chemin d'abord que Ginès et vient de la
même racine, et par suite qu'il a été approprié, par le di-
minutif et par les suffixes ordinaires, à ce qu'il était des-
tiné à représenter et à signifier. Que ce soient de petits
arbustes simplement, ou des genêts communs, qui crois-
sent en abondance sur ce revers de la Lozère où est em-
placé aujourd'hui Génolhac, la dénomination est également
justifiée : elle veut dire : quartier, lieu abondant en genêts,
et elle dépeint exactement le site, ce qui est la première
condition des noms propres, bien entendu en se reportant
à l'époque où le baptême se fit.
Ceci ne signifie donc point que la petite ville actuelle
remonte aux Gaulois, ni même au temps des colonies ro-
maines : son ambition sans doute, malgré Sauvages, m
revendique pas une si lointaine origine; et nous n'avons
pas fait de généalogie, en trouvant à son nom, comms
pour bien d'autres, une racine celtique. La ville est née
quand die a pu; mais elle s'est emplacée dans un quartier
4e.
380
GIP
GIK
aiicii'iiiiriiiiui (ltSi-;ui' . v.iil.i t<tut. l.i'S noms propres ot
loraiiv, i;l It > inMiis cniiimuiis .^iiui ti'-niKMil on lres-;:raJid
uoiiilir-' ;i l.t l.iii.U'' aiicii'iiii", <|iu ii a jamais •'•li' oiihln'»';
ctc"«'st poiu" rail ulicr ii'> iiMilili'ii'^ ((<• laiiLiai:»^ à loiir \raie
souii.c, qii*' iDiis iNniis in>i.sl<' >iii' »:''lb' iioUNt'Ili- promo.
La pii-ii-imialiui ilu mot fil laii^;. no ptMil ollVir la
iiioiii'ir»' ùiiliv'tiUr' ; uii lu' cuuipiviidi'.iil j.as ([u'cll'' «mi [)ùl
pié.y'iilt'r en IV. Sa (.lîmi-'iv >\llain' est t'SSi'nli«'lliMm'nl
ni"Liill<'i' : //( csl le siunc t''i|iii\alant au\ iii'n\ ii nu >
li\':i;a iMlr-' \'.>i'!l •>,('; con- >>j» nul irail!''m"S .lU h\\. liacKin,
duhl il i:iii.'»it'" ili' C'»ii>"r\"'i" la c »ii>.>jiiianct'.
GinO'il, >. m. Dim. (tmouv; p-'j. ('t'HUHvis. GtMiiu, ar-
liciilati 'iâ (jui uiiit la jaîi.l • à !a ciii-s^''. !•' tV-miii' au lilàa.
— D'il ij nnn ,> .t.i />■//;/ '//0',<'.r s, a ,U 'ii"ll\ ; >Ur li'b ^'MloUX;
en piiMU.i' <lt' -uppli ml .
.Ma!;^i«' ^.crlaiiii' ii\>si'!iilil;.ii<:'' ,^i'ap!ii<[U'\ k ninl ppVé -
(lent ne pi'ut i!es.-en,lie de eeliii-ei. et il y a [)<»ui' cela
deux ^ai^.ils : il'ali -.d, il n'aiii.ol aii«;nn ^fus ap[)licd>le
et ]> (liimn. si e.ii"a l'ais'' en lai. e| <'n IV. ili>jiaraitrait
con.[)l<'t.'mci!t, e.iiiiiii' !•• .siiHiv'' d-' !a d 'Miie;!'.-"; pins, en
lanr(''''dini Ml, ('"lui ei ne >e [i.-.'-i.-r.dl nii'i<'ai''nl à la ior-
inali-ai: car, -ii \i''iiv î ji-mj'', i! 'Lui h'.i'^n'i, eeril I)d-
ntfnlji . C -^l pal' u.i • / a'nif 'i ui fnnn'ji', m ni h' cpTon dit
iUij an i iiiu (,:ii<, 1^ tu .i tjii d dii\- .i Ir. iiiire An 1 ilin
(iCHK, 'Al. siLil.
Giiîous, n. [ . 1 li • iMi '. Ail l'.ii. /i,//'.'0(/;dim. (jinouM-,
èlo. ÏAi li". (ii:. -lu >.u ( joi •ii\ .
Ce U'ia; d'' la.i.i'.l •, a>.- z i'''[)ai,lii dans c'-» pays, a >'l'''
un prMi-'.n .,iiL<i li.s, ,jui a\ai> |i an' p iIi"mii Mini (îen.»u
uu (ie.iii"-, é.èjiif d.' C Al as, \i'/> I. imli-ai du 111*" >i'"'cl«'.
Le n. \n'. dlirnc, (^ar-vT, n<ais pii.iil a\(»ii* la mr-iin-
ori;:iiie plùlcl .^u ' ] ' i.'>\\\ d" ^aail .lan\ i T.
GinouiClo, >. /'■ 'l'illiN mal'', Cnlarils r.njtliarhia, Linn.,
un di'> n"ii.^ de ct^ll'' e>p'M-r .1.' pl-ij •> df la lam. nnm-
ijreii>e d> .^ i/;p!)'a"! iai'-'>. — il p.oail (pr* le jji'.'iniei' n«>ni
lat. ''>l ^' !» ri jîie : l], rjini!>i i n d'-i^nerail <pidin<' <.'sp''ee
pai'li' idi-T", >dui.in' dan- Is njdii.diniMS »M (|ui duit ^on
nom à Ijiplioili", méd.'idn du loi Julia. .Sun lait est ovliè -
riiemml eau>li[ii'' ; il lue cu élnurdil le p(»isson dans les
vi\iers el l'S llaqies d^'au ir-ii t''~>UiMnl'V au^^i >nn usa^^e
est-il .séxeii'inent d'-lmilu par la polit-e, sàt paiVe' que
rL'mp<'isunncnitM;t d's ri\ii''i"'> au uj'i;. <'n d''dr. i^jues e>l un
mode (!'.• [»''"Llie piM!;l!i«'', si-il part;.' ipi'' ee l,dl e>l l'ort dan-
jj'er.'iix p..nr le liiM.dl «pii p imr.nl alI-M" >'al)i"''U\er au-
dess'iu> du [Kiinl <'U il a été re['iiidu.
Ginqua, v. \'is'r: mirer; \is"r m lan-'int un pr.iji.'e -
tile qu*'l»"n.|iie. — rfin(j"cs ù nie Irutftitjxi, lu vises à nie
ln)m[)er. — V- ^. (i/i'iicffa.
Ginquo-gal, s m. Fronde ;^ dniv brins et à une seule
mailb' : l;i pins simple ot celle cpn a le moins de j>ortée.
Son nom rindi'tiu'; il a l'air de suppos 'ri[u'(^lle n'''St honni;
qu'à \isiw' et ipTà atleindre un animal faihle et que la
dome>iiriié rend fort accessilde.
Gipas, N. ?/e. Au plur. Gijiasscs. Plairas, débris de ina-
eomiene. !>ar e\t. lai'j^e éclaboussure de boue compacte;
soulll'l appliqué sur la joue, dans le sens de Lmplaslrc,
([ui c^l avec elle aerepiii.n une francis itioii.
1 )<'!•. de r;/, i»làtr''.
Gipiè, N. m. J^Ialti- r; «luvrie-r qui travaille aux car-
rièivs de |ilalre; maivliand ou labriqu.nil de jilâlre.
Gipièïro, s. f. Plitriere, carrière v\ four ^ plâtre. —
MnU-iroàs çiunno un ase ilé las yljn'ijùos , malheureux
commr un an(Ml'\jardini;-r, dil-jii l'u l'r.; comme un ;\iie
di'S /»M//-/V/('.s, de\ rail-oii tralniiv lilléralement. L'appli-
cation est loul'' loeal'» el comnirnec niéui" à se perdre. Il
y a <pielqu-'s années le pJAin' ;jris n'arrivait à Alais des
}t!.".tii'"'r •> de Plcinij- qu'.' >ur le dos irun»- cara\ane d'ànes
dont chaeuii a\ail ]) »ur conduet-'ur un j^amin armé d'uu
;^ranil hàlon. L<'S i^amins moulaient sur l.i crou|>e du hau-
del, 1»' sac d-' plâtre t'-iiit piac- sur IV-diiue; et le bâton de
joiiiT ''t l'àu' iralL'r ;^ianl tianu qU"iipi'> sous un double
fardeau, in ds sans bàl ni \)vhh\ .Vujouiirhui (pi-) les voitures
arrivent parlait, lànc d<'s j»làlri'"'r('S l'sl p''U Connu, son
rôlt' r[ >.^s ma!li''urs onl ces>.'', <'t le dieion, sans tomber
• 11 d''Mi('lri le, p'aurail n'èln,- [us bi-'ii coiiqiris, si la tra-
dili 'U ln.>loiii[U''' s'i'u '"Liil pi rdu'\
Girbas, >■. m. \n plur, dii/xissi-s; p-'-j. (iiihiis<>qs. Ter-
rai!. "\\\ -l'A par k j.\.ou\, !'' clii nd'-nl el toule sork^ de
plaii!'\> raiiipaiit'-^, et ivdiiil à l'éîal de friche; iVailCS-
I.or.l> '-l ! dii.> riiii'' leriv' éle\(''e >ur S''s voi^ini'S i)u sur
Son 1ms>.'' ^rrc..iul''iii'.'nl.
.\u,..;m. d'^ Ciirbo.
Girbo, .V. /'. (iaz '11; molle d(.' ^m/oii ; lerrain ^azonué de
[ui-aié,:,t\
(!'' mot hcjiihle ."videium ni emprunté au fr. (ierbe, dont
il '^t uin' corriiplioiu tpioiquil ny ad aujourddiui aucun
ra[»[i 'Il enli'o li'> ohj' L^ (jn-' chacun représt.'iite.
Girboulcto ou Jargouléto ou Gcrïo, s. /. Chanterelle
CoiiK'sliiilc, Ccinllunvlhis cll/arius, Ayirivus canlhar«Uus,
Maru/lus cmdfnirel/us, Liun., IN'i'S., lto([. Champignon Je
la tribu de>, A^;aric,>. — C'est un j-tli champi^nioa tout
jaune ou couleur d'or, qui croit abondamm''nt dans les lM.ns,
les jxiouses, les chalii^:,nerai"S, ou il se fait remarquer par
un peti' chapt-au d\d)ord arrondi i-t convexe, qui prend
«iisuib'en se développant la forme d'un petit entonnoir
dont 1<'S bord> >ionl divi'r>'Mn''nl contournés el coniine frisés
ou fesionnés. La face inféii«iiie d(^ c<? chajK^iu est marquée
de ii''r\ lires une ou deux lV»is bilurquées et décurrenles
sur un i)'''diciile ordinairement court, plein el charnu. La
chair e>t ferme, blanche, un peu libi-eiise; t'Ile ne change
point de couleur a l'air. Ce champi<3'non est Irès-salubre,
el Son usai:'' est ^ans aucun dani:er.
Girofle, >-. m. Gii'ofle, clou de {girofle. — Ce que nous
ai)i>*'lons aiiibi, el que nous ne connaissons que sous le
nom de Clavil de giroiU n'est autre que le calice de la
Heur du girollier, arltre originaire des Molusques, Caryo-
phyllns aromaticHs, Linn. de la fain. des MyrtoïJes .
Le mot est une abrévialion du nom lat.
GLÂ
GNA
387
Gironilado, s. f. Œillet, et plus particulièrement œillet-
plume, Dianthus plumarius, Linn., fleur ou plante de la
fam. des Caryophyllées, à odeur de girofle. — 11 ne faut
pas la confondre avec la Giroflée en fr., pour nous Vidouïè,
qui est une fleur totalement distincte, quoique Todeur de
girofle l'ait fait aussi dénommer.
Gironfliè, s. m. Pied ou plante d'oeillet.
Gironio, s. f. Carotte sauvage, faux chervis, Daneut
earoita, Linn., plante de la fam. des Ombeilifères, com-
mune dans les champs. On la nomme aussi Pasténargo
sâouvajo. — Voy. c. m.
Giflcla, V. Sangler à coups de houssine, de gaule ou de
fouet.
Variante de Gingla, même formation et m. sign.
Gisclas, s. m. Au plur. Gisclasses. Houssine, baguette,
gaule ; mais ne représentant ces objets qu'en tant qu'ils
servent à frapper, à châtier. — S'emploie aussi pour le
coup de houssine, le fouet lui-même, et l'action de frap-
per. — Y fichère un gisclas, je lui sanglai un coup. Garo/
s'arape un gisclas, gare, si je prends le fouet, un bâton.
Réeassartu quâouque gisclas, tu attraperas quelque coup
de gaule.
Gisclassa, v. augm. et fréq. de Giscla.
Gisdassado, s. r Volée de coups de verges; gaulade
bien sanglée.
Gistèl*ou Listel, s. m. Petite tringle de bois; toute
espèce de règle en bois, mince, étroite et longue, qui sert
& divers usages, en menuiserie, souvent pour fermer un
vide ou niveler une ligne qui n'est pas à angle droit avec
ses voisines, et en plâtrerie pour clouer à petits intervalles
entre les solives d'un plafond, les revêtir de plâtre qui
fait mieux prise et former les lambris.
Ce mot, quoi qu'en dise Sauvages, se traduit très-correc-
tement en fr. ^&t Liteau, en terme de menuiserie; c'est
le Lambris, en terme de maçonnerie.
Gistèl est très-usité ; il ne nous parait cependant qu'une
cormpt. de Listel, — F. c. m.
Glacièïro, s. f. Glacière : lieu où Ton conserve la glace
en été. Au flg. lieu, appartement très-froid; exposition
glaciale.
Glaço, s. f. Glace, eau glacée; miroir.
Empr. au fr.
Glaçoù, s. m. Glaçon; morceau de glace.
Glando, s. f. Glande, tumeur enflée. Dans l'usage, si-
gnifie purement l'engorgement d'une glande. — A uno
glando, il a une glande engorgée.
Glâoujôoii, s. m. Calmar, cornet, Loligo, poisson de
mer, cephalopède, du genre des Sèches et des Poljrpes.
Comme les poissons de cette fam. il a une sorte de réser-
voir d'une liqueur noire qu'il répand autour de lui dans
le danger, pour échapper à la vue d'un ennemi.
Dér. du lat. Gladiclus, petit glaive, parce que ce pois-
son a sous la peau de l'échiné un os mince et tranchant
de la forme d'un glaive.
Glatiè, adj. masc. seulement. — No se joint jamais â
aucun autre subst. que lôou, — Un îôqu glatiè, un œuf
couvé dont le jaune et le germe sont tombés en sérosité et
en dissolution, et qui par conséquent ne peut éclore.
Glèîso, s. f. Dim. Glèïséto, Église; lieu où les fidèles
s'assemblent pour assister aux offices divins. — À la gran
glëiso, à la cathédrale, à l'église principale. Encore un
exemple où l'adj. ne s'accorde pas en genre avec le subst.;
c'est l'effet d'une élision faite sur le lat. d'où vient le mot.
Aquèl cura fdi bien gl^so, ce caré officie avec beaucoup
de dignité, ou il prêche bien ; ou encore, remplit bien les
fonctions de son ministère à la satisfaction des fidèles.
Dér. du lat. Ecclesia, m. sign.
Gléjoù, s. m. Dim. Gléjouné, Chaume; mais seulement
tant qu'il tient encore à la terre.
Gléna, v. Glaner; ramasser les épis restés sur la terre
après la moisson. Au fig. cueillir après les autres.
Glénaîro, s. f. Glaneuse; qui glane, qui ramasse les
épis après les moissonneurs. Au fig. il peut s'employer aa
masculin, Glénaïre,
Gléno, s. f. Glane; glaneuse; petite gerbe ramassée
après la moisson ; action de glaner ; au pr. et au fig.
Dér. de la l)ass. lat. Gelina, m. sign.
Globe, s. m. Globe, corps rond et solide; ballon;
aérostat.
Dér. du lat. Globus, m. sign.
Glorio, 5. /*. Orgueil; vanité; et non gloire, dans le
sens du fr. — Es pas pér glorio, ce n'est point par vanité,
par luxe, mais par nécesifité et besoin.
Dér. du lat Gloria, avec une certaine modification d'ac-
ception.
Glonriéto, s. f. Fournil; petit réduit dans l'arrière-
boutique d'un boulanger et près du four, où la pâte se
manipule et lève à un certain degré de chaleur. En v. fr.
Gloriette était un cabinet de verdure.
Glourioûs, oaso; adj. Au plur. Glouriouses; dim.
Clouriousé. Glorieux; vain; superbe; vaniteux, principa-
lement dans sa mise.
Gn'a, contraction de la phrase iVé y-a, il y en a, qu'on
mouille euphoniquement par l'adjonction de la lettre G;
par conséquent Gn'a n'est autre que le verbe avédre, avoir,
précédé du Gn qui l'accompagne dans toute sa conjugai-
son lorsque la construction de la phrase l'exige. — Gn'a
pas que gn'ague, ou pér gn'avédre, mais gn'a, ce n'est pas
pour dire, mais il y en a.
Gn'a est pris quelquefois interjectivement. Gn'a/ dit-
on, il en tient, lorsqu'en jrtaiit des pierres, on atteint juste
le but visé, ou qu'on atteint une personne.
Gnâou! Onomatopée du cri du chat. Pris interjective-
ment, il est une formule mignarde et agaçante de refus,
fort employée par et pour les enfants. — Faï mé tm
poutouné, — Gndou/ Fais-moi un petit baiser. — Nenni. —
Donc mé'n un pâou. — Gndou/ té fara pas mâou. Donne
m'en un peu. — Nix ! ça ne te fera pas mal.
888
GON
GOU
Gnèûro, s. f. Puce, Pulex irriians, Lin n., insecte de
Tordre des Aptères et de la fam. des Parasites on Rhinap-
lères, trop connu et qui aurait pu se passer de sa défini-
tion scientifique. — Manjado dé gnèuro, piqûre de puce :
ce petit cercle rouge avec un point plus foncé au centre,
qui indique la petite inflammation que procure cette pi-
qûre. Trïa las gnèïros, épucer. Li boulégaraï $at gnàïros,
je le tancerai d'importance .
Gnèïro est aussi un terme d'amitié très-employé. — Ma
gn^rof mon chou, mon petit cœur I
Les uns le font dériver du ligurien, d'autres du celtique
Nyer, m. sign., ou plus simplement du lat. Niger, nigra,
noir, noire.
Gnèiroùs, ouso, adj. Au plur. Gnèirouses; dim.
Gnéïrousé. Mangé de puces; qui est couvert de traces de
piqûres de puces.
Gnuè, s. f. Nuit; temps pendant lequel le soleil est sous
notre horizon; obscurité. — Â gnuè ou d'agnuè, ce soir,
oette nuit. La gnuè pa$sado, la nuit dernière. Bono gnuè,
bonsoir, bonne nuit. Et gnuè ou faï gnuè, il est nuit close,
on l'obscurité est profonde. Fat un an dé gnuè, les nuits
durent une année dans cette saison. Passa la gnuè, ne pas
dormir, veiller; passer la nuit blanche.
Chaque petite circonscription en Languedoc a une ex-
pression différente pour reiulre le mot Nuit. A Montpellier,
on dit Gnoch, qui semble plus primitif en ce qu'il se rap-
proche beaucoup de la racine commune, le lat. Nox. Les
autres formules ne seraient en ce cas que la corruption de
celle de Montpellier. En provençal et en gascon, on em-
ploie Nuech, Neit, Not, Nieu, Nueyt, Gniu, Net, Ney, et
quelques autres variantes.
Gnuèchado, s. f. Nuitée; durée d'une nuit.
60, *. m. Gobelet ; verre à boire. — Voy. Gouvélé.
En bas-bret. Gob et Goblet, m. sign. Gontr. de Gobelet,
fr.,dér. du lat. Ctipella, dim. de Cupa, coupe.
Godo, s. f. Vieille brebis éd entée et maigre, qui n'est
plus bonne à porter ni à engraisser.
Cvoïno, 5. f. Femme de mauvaise vie; prostituée.
Dér. du gr. Koiv6;, commun, indivis. Il est probable que
c'est ici le lang. qui a prêté au fr. dans l'adoption du mot
Gùuine, m. sign.
Golfe, golfe, adj. Gonflé; bouffant; raide d'apprêt,
comme une étoffe qui, au lieu de s'aplatir, se tient gonflée
d'elle-même en se courbant en rond ou en angles.
Dér. de l'ital. Goffb, lourdaud, grossier, sans grâce;
parce que l'étoffe, à cet état de raideur, ne forme que des
plis disgracieux.
Qome,«.m. Goitre, et plus particulièrement signes diag-
nostiques de la maladie d"s animaux qu'on nomme Gamije
fV. c. m.). — Mostro lou gome, on commence à distin-
guer, à reconnaître le goitre.
Génie, s. m. Cuilleron de la châtaigne qui n'est autre
chose qu'une châtaigne avortée, puisqu'elle a la même
forme et toutes les parties entièrement semblables : la
pulpe seule manque à l'avorton. — Voy, CuiUré,
Oonle, gonlo, aiij. Gauche; mal arrondi; de travers.
— Se dit d'un corps sphérique ou cylindrique dont la
ligne de circonférence est irrégulière.
Gorge, s. f. Gouttière des toits; conduit d'une fontaine,
en pierre ou en toute autre matière; tout déversoir des
eaux pluviales.
Dans la bass. lat. Gorga, canal, dér. du lat. Gutgu^
gouffre.
Oorjo, «. f, Dim. Gourjéto; augm. Gourfasso. Bouche;
intérieur de la bouche; gueule; gosier. — Prêcha pér m
gorjo, être sur sa bouche. La gorjo li fumo, la gueule loi
pèle d'impatience de manger. La gorjo ddou four, reotrte,
la porte du four, i^ ela eoumo la gorjo dùou four, il kit
noir comme dans un four.
Dér. du lat. Gurges, abime, gouffre.
Gorjo-vira, ado, adj. Qui a la bouche de travers; dif-
formité de la bouche.
Gonno, «. ^ Morve, maladie terrible des chevaux.
Le lang. , peu fort sans doute en hippiatrique, a em-
prunté ce mot au fr.; mais en changeant son acception. La
gourme proprement dite est las Poujolos, — F. c. m.
Goubélé, «. m. — Voy. Gouvélé.
Gonhio, s. f. Gouge; outil, ciseau de menuisier, d'é-
béniste, de tourneur, de charpentier, etc., dont la lame
est plus ou moins courbée sur le plat, et forme une por-
tion de cercle, une sorte de canal.
Dér. du gaulois Guvia ou Gugia, m. sign.
Goudonmarov, s. m. Malotru, selon Sauvages; mais
dans l'acception usuelle, il signifie homme peu civilisé,
ours mal léché, un de ces gens qui ne disent rien et n'en
pensent pas davantage. Nous croyons donc que Sauvages
a poussé l'extension de ce mot jusqu'à la signification de
malotru pour mieux justifier l'origine qu'il lui donne.
D'après notre spirituel glossateur, il serait la corruption
de la phrase anglaise Good morow, bonjour. Pendant l'oc-
cupation anglaise des provinces méridionales de la France,
sous Charles VI et Charles VII, on subissait ce joug odieux
avec impatience, et les envahisseurs étaient appelés ironi-
quement d'un surnom pris dans une de leurs phrases
habituelles : bonjour. Plus tard, quand on voulut désigner
un malotru, un être déplaisant, on le nomma Goudou-
marou, comme Ton aurait dit ; un Anglais.
A côté de cette interprétation s'en présente une seconde,
moins ingénieuse sans doute, mais plus naturelle et plus
en harmonie avec le vrai sens du mot aujourd'hui. Gau-
demar est un prénom très-commun, très-familier au moyen
âge, un individu de ce nom a bien pu servir de type à
cette appellation ironique, comme l'on dit : un Biaise, un
Gille, un Basile.
Gou]ar, s. m. Dim. Goujardé; péjor. €r€ujardas. Au
fém. Goujardo. Goujat; aide-berger, qui aide à conduiro
les troupeaux; jeune garçon qui garde les cochons dans
GOU
GOU
38»
me ferme. Par ext. et injariensement, polisson, petit
drôle; vaurien.
6oa]è (La), s. f, n. pr. de rue. La Gougé, nie de la
ville d*Alais. Elle est nommée dans un titre de 4393 la
Gougia, le nom n*est pas altéré. En vieux lang. Goujo
voulait dire servante, puis jeune fille. Existait-il dans ce
quartier anciennement quelque auberge dont une servante
eux été assez remarquée pour donner son nom à une rue ;
ou s*y trouvait-il une ou plusieurs de ces filles que le vieux
fr., aggravant l'acception par dénigrement, appelait gou-
ges? La question n*est pas résolue, non plus que celle de
la vraie étymologie du mot qui Téclairerait peut-être.
Goulamar, ardo, adj. Paresseux; vaurien; batteur
d'estrade; ce que sont les lazzaroni à Naples.
Parait un augm. péj. tiré de Gulo, Goulu.
Goulu, gonlndo, adJ. Goulu; glouton; goinfre; qui
mange avidement.
Dér. du lat. GvIosm, m. sign., de Gula.
Goulndiîe, «. /". Gloutonnerie; goinfrerie.
Gouina, t^. Regorger; abonder; foisonner. — En terme
d'agriculture, se dit de la sève d'un arbre qu'on grefie en
flûte, lorsqu'elle remonte au-dessus de la virole de la grefie;
ce qui prouve que l'opération est bien faite, puisque la
sève, après avoir rempli hermétiquement l'espace entre la
greffe et la branche dénudée, se répand au dehors.
Gùuma signifie aussi former calus au-dessus d'une plaie.
Goiuno, s. f' Gomme de toute espèce; substance col-
lante, qui est un des principes des végétaux ; sève des
arbres.
Dér. du lat. Gummi, m. sign.
Goiinèl, s. m. n. pr. Au fém. Gounèlo. — Sobriquet que
l'on donne aux habitants des communes de l'an'ondisse-
ment d*Alais au levant et au midi de cette ville, dans la
direction de Nimes et d'Uzès. Ce n'est point là une appel-
lation géographique comme Raïol et cévenol; mais un
surnom railleur que les intéressés répudient, ou que leurs
voisins leur donnent par dérision : il prend son origine
dans cet esprit de rivalité qui se montra si fécond au
mojen âge dans cet échange piquant de sobriquets. Ce nom
au reste, qui porte en lui-même le cachet de son ancien-
neté, doit venir nécessairement d'un vêtement particulier
qui distinguait ces populations. Les sources qui peuvent
l'avoir fourni ne manquent pas : l'ancien fr. Gofie ou
Gonne, robe, et Gonelle, casaque d'homme pour la chasse,
étaient au moins de m^me provenance, et le lang. Gounèl
avait emprunté, comme lui, et en même temps, sa signi-
fication de tunique ou longue chemise, à la bass. lat.
Gonda, tunica, palla, qui venait du lat. Gunna; en cam-
brique Gwu, en saxon Gfoon, en gr. FoSva, ont une pa-
reille signification. Le mot remonte loin : le vêtement qu'il
désignait était connu partout. Dans nos contrées la mode
de ces longs sarraux de laine ou de toile grossière, par-
dessus tout, pour hommes et pour femmes, s'était^Ue plus
longtemps conservée qu'ailleurs? avait-elle été reprise et
distinguait-elle les habitants des quartiers dont nous avons
parlé, à l'époque où l'on imagina d'en faire un sobriquet
plaisant ou injurieux? Il importe peu d'en connaître au
juste la raison, quand il suj£t de savoir que l'appellation
est due à une singularité de costume : la racine du mot
le dit et c'est tout ce qu'il en faut.
Goor, s, m. Dim. Gourde ou Gourgué ; ViUgm. Gourguas.
Fosse d'eau dans une rivière ou un ruisseau; flaque d'eau
de pluie ou d'inondation; mare. — Susa eoumo un gour^
être tout en nage. Un gour dé sang, une mare de sang.
Àquélo vigno et un gour dé vi, cette vigne produit un fleuve
de vin.
Dér. du lat. Gurges, gouffre.
Goura, v. Gourer; attraper; tromper; duper.
Gourdo, s. ^. Gourde; calebasse; courge servant de
bouteille.
Probablement, contraction de Cougourdo ou Cougourlo,
du lat. Cucurbita, courge. — Voy, Cougourh.
Gouré, 5. m. Goret, petit cochon; porc; et par ext. eu
terme injurieux, Juif.
Dér. du gr. Xotpo^, porc.
Gonrga, v. Regorger d'eau; être abreuvé, imbibé à
l'excès; tremper. — Aqudo ièro gourgo, ce champ est trop
imbibé d'eau, l'eau ne peut s'y écouler ou y être absorbée.
Dér. de Gour.
Gonrgnè, n. pr, et adj. m. Goumier. — Mouli gour-
gnè, moulin entouré de fosses d'eau. C'est le nom que
portait un vieux moulin dont les ruines existent encore»
sur l'emplacement duquel sont b&ties quelques maisons en
face de celle de l'administration de l'usine des Fonderies
et Forges d'Alais. Il a donné son nom à tout ce territoire.
Gourgo, s. f. Bassin, réservoir d'eau de pluie ou de
fontaine, pour servir à l'arrosage d'un jardin, d'une
prairie.
Dér. du lat. Gurges.
Gonrgouia, v. Grouiller; produire des borborygmes, dea
flatuosités dans les intestins. — Un co dâou jour las tripot
gourgouïou, littéralement, une fois le jour, les boyaux
grouillent, c.-à-d. au fig., il n'est pas de caractère si doux,
si calme, qui ne murmure, qui ne se fâche quelquefois.
Ce verbe parait dérivé de Gour, par suite de la fausse
idée que ce sont des amas d'eau qui clapotent dans les
intestins, au lieu de gaz qui sont la véritable cause de ce
grouillement.
Gonrgoul, s. m, Chalançon, calandre, qui ronge le blé»
Curculio, Linn., insecte de l'ordre des Coléoptères et de la
fam. des Rostricomes. — Voy. Coureoutsoù.
Dér. du lat. Curculio, m. sign.
Gourgouli ou Léngasto, 5. m. Ilippobusque du mouton»
moustique des brebis, Hippohosea ovina, Linn.» insecte de-
l'ordre des Diptères et de la fam. des Hanstelles ou Sclé-
rostomes. Il est plat, rouge et de la forme d'une punaise ;
armé de crocs très-acérés et très-forts, qui pénètrent dana
la peau ; il vit sur le mouton et la brebis.
390
GOU
G OU
La Len(jas(o cl le Courgouli sont à pou près le fri«}in(
însocb' : (juelqiio clinV'iviice iloil piobal)leijjeiil les dislin-
gucr coiHMiilanU jjiais les deux, noms sont é^^alenlenl laini-
liers aux liergers du i>ays. — Voy. Lvntjasto.
Gourgoulina, v. Siroter, lioire à petits coups et lon;;-
tenips; hoire à la ré-jalade; <:ari'ariser; pn»preiiient, boire
au gouleau d'une ijonrijoulino.
Gourgoulino, s.f. Cruclutn; petite irounle; liibiron.
Gourin, ino, a^/y.X'aiialx.ud; libertin; dél>auelié; ruITlan;
fdle de joie, coureuse; iiouii^andine.
Dér, de Gouré.
Gourina. r- Va^sabonder, liattie le pavr; courir les Uinu-
vais lieux; courir a [irès les fommes débaucliées; faire le
mauvais sujf-t.
Gourjado, s. f. (iorgée; bnicbée; quantit*'- de li(|uido
qu'on p<'Ut avaler on unt» lois. — A hèlos ijonrjados, à
gurg(*es.
Dér. lie Gorjo.
Gourjè, èïro, (vij. Qui a une lar^'c ouvcM-tun^ (|ui a uu
grand avaloir. — Ln sa ijourjc, un sac lariie d cntriV. Cu
mo«/ifIa'ire (fourjc, un crible à blé ibtiil !<'S trous sont lort
larges et laissent passer trop de l)ons grains.
Dér. de Gorjo.
Gous, s. m. Goût; saveur; celui des cin([ sens dont la
langue est le principal organe.
Dér. du lai. Gu.siu.s, m. sign.
Gousiè, s. m. Diiu. G(nisi'/trc. Gosi'T. partie intérieure
du cou; canal de la vuix '^l des abuK.'nts.
Euq^ au fr.
Gousta, .V- }n. Dim. Guusia'lc. douter, petit repas entj'e
le duier et le souper. — Les travailleurs de terre à la
journée font tr(.»is re|>as sur le cbantier à partir du l'i
li'vrier jus(]u'au I*'' nnvendjre ; le di-jeuner (jui a lieu à
8 lieures du n.atin o\ plulùt luèine ilans les j-'rands j'»urs;
le diner, invariablement a midi; le goûter à * bennes.
Pendant le reste de Tanné'-, \o déjeun^'r esl supprimé, le
diner a lieu ;i 9 beures et le goûter à 1 b-'ure après
midi.
Gousta, V. Goûter, c.-.-^-d. faire le reins dit (inûter, et
non point Goûter pour déguster, rpii se dit Tasia.
Dér. du lat. Gustave.
Gonstado, s. f. Goûter, lorsqu'il entraine l'idée dun
petit régal, d'un gala, d'un extra quelconque, bor>dc Tor-
dinair-v C'est ordinairejiient un gala d'eidant>, <'t aussi ce
gala de certains artisans aisés «jui se réunissent dans un
cabaret <'û cliacun apporte son j)lat. Ce fiiot enfin om-
porle l'ii' ed'un extra, njais modeste. L'babitude s'en [x-rd
dans la classe moyenne : les nueurs ne sont plus à celte
sinqilicité.
Gousto-soulé, yjAra^e fdile, s. m. Avare; égrïsle; qui
n'aime pas à faire j^art de son beurre.
Goustoùs, ouso, utlj. Qui a du goût; qui a bon goût;
savoureux; appétissant; qui flatte le goût. — S'em])Ioie
surtout en parlant du pain de ménage, en opposition aux
. derni •re> «pialiLs du pnin de b<:>ulanger, dont on a retiré
la dcui" el (pii c^l iad('.
Déi'. di» G') lis.
Goutéja, ''. fié(|. SiNiiter; dég')utter; toml)er goutta à
goutte.
Dt'i. de Coulo.
Goutièïro, >. f. V(ù-^ d"r, u à travers une toiture, causée
I par la ieni • (riui-* luile uu .^ou déplacement, par un trou.
— Le elj.'îieau eu c udî. il sur les bords des toits appelé
(•n Ir. Guulli''re se dit A- :iu\>n — V. c. m.
Gouto, s. f. Dim. G<>u,ci«. Goutte, i>e'it globule d'un
liquide; r^uji"; par ( \t. et multiplicalion, piHit verre
d'eau de \ie. — lie, ure /.. (i',tiio, boire la goutte, un j^til
verre \\r b(pi''ur alco(. Tapie (p^'lcnque.
Dér. ibi ial. (luihiy ui. sign.
Gouto-niîcLgiTaio , s. /. Migraine, douleur, souvent
])éj-it.;bque. (jlii iuléi !<• \\\\ rolé de la tète.
l)é|-. p.iir la sr.a mil' jinriie ilu mot, de sou nom lat.
Ilciiiiu ':n'r,i , du <^i- . 'Wx'./.yjivioi, moitié du crAnc.
Goûtes (Las), s /". j>hir. La g<»utte; maladie; fluxion
à<:re, d ul<>ur»u-e, .i\rc îi^'ullement, qui attaque les join-
tures, le> ritlieulalioii.s, N-s nerfs. — Las goutos éMacaJos
à l'os, (linoit jtfstfK'âiHf cms, à la goutte point de remède;
l'il'^ dure juMju'au toud)eau.
Gouto-séréno, .s. f. Goutte-sereine; amaurose, maladie
di'S yeux (jui eiiiranie la cécité.
Goutoun, s. /. n. {ir. de fennue. Gotou : dim. de Mar-
(jnuioau, .M.irgt'l' u, qie snnt eux-méu^es une variété fami-
lièr. il caios.iue' d.' Marguerite ou Margarido.
Gouvélé, > //' Mi. ii\ et plus usité que Goubélé. Dim.
I Gourr/t'ic. (io|.. |.t, \a^e naid .'i boire; verre à boire. —
j yntj. iio.
\ Dér. du lai GujrUn, [le'ite cuupe.
' Gouvélétéja, r. iretj. (;(.li( lotler; buvolter; l)oire sou-
vent (_'i à p'Mils CMup>; fréqrieiiter les cabarets, y faire de
I longues N'-aiices.
! '
I Gouvèr, ^. m. (barveiiirment ; direction, maniement des
laU'aires; éennomii^ domes'i(pie; reine ou mére-abeille d'une
ruclit\ (pT"U 'lit iiiieiiv Muïstro; mailresso-branche d'un
arbre; ])riii-ipal reJ! I »n dune plante. — Y-a pas ge$ dé
;/nHi\) 'linr (.(jud oastàou , il ji'v a pas d'ordrc dans ce
jiiiéuap'. A<^(icl ntiôvu es de michan gouvèr, c^? nuilet est
, ma! ais'' a .4ou\i'rn(U*.
; D< r du lil GitihcrtioGo, de Gubcruare, gouverner.
Gouverna, /\ Gouverner; coiumander; diriger. — Quand
un elran^'i r eh',i,> lins ui.e n»; ison dont il ne connaît pas
, les Inbilanls, il ilil, par pliia.se l'aile : Quâon çaï gouvèrno?
! Qui est le maitie ici ?
! Gouvérnamcn,.s. n>. (Gouvernement. — Depuis le régime
[ Cunhtituliounel, ce mot a du descendre dans tous les idio-
! mes, comnje lant d'autres ajipartenant à cette politique qui
I est à la [HUtéc de tous.
Gouvèrno, .s. /. Gouverne; règle, principe de conduite.
- Pér ta gouvèrno, p(Hir te fixer, pour ta règle.
GRA
GRA
391
6ra, s. m. Gré; volonté; bon plaisir; reconnaissance.
— Sàoupré gra, savoir gré, être reconnaissant. Dé bon
$ra, volontiers; volontairement, de bon cœur. Mé save
hién gra, je me félicite, je suis heureux, content de...
VouM en save gra, je vous en remercie.
Dér. du la t. Gratum, qui agrée.
Gracio, s. f. Grâce, faveur volontaire; remise de peine;
grâce, agrément dans les personnes ou les choses, manières
agréables, bonne tournure.
Gracions, onso, adj, Dim. Graciousé. Gracieux; affa-
ble; riant: poli; obligeant.
I>ér. du lat. Gralia, grâce.
Gragnè, «. m. Dim. Gragnèïré; augm. Gragnèïras.
Grenier à blé et autres provisions ; non point grenier à foin
et paille, qui se dit Païè.
Dér. du lat. Granarium, m. sign. de Grana, Grano,
Gran.
Graîo, s. f. Corneille, nom sous lequel se rangent plu-
sieurs espèces : la Corbine ou Corneille noire, Cor^ui
corone, Linn.: le Freux, Fragonne ou Grolle, Corvu$ fru-
gUêgus, Linn.; et au besoin la Corneille raantel(>c, Corvus
comûc, Linn.; celle-ci plus rare et bien reconnaissable par
le gris cendré qui recouvre le dessus et les parties infé-
rieures de son corps et tranche sur la robe coinnmne tou-
jours noire à divers reflets bleuâtres ou pourprés. Toutes
ces corneilles, y compris le Freux malgré son épilhéte de
Frugilegus, sont omnivores. II n est donc pas étonnant
qu*avec tant d'autres poihts de ressemblance encore, elles
puissent être souvent appelées Courbatus ou Croiipatas, la
première surtout qui est la plus grande et dont les appétits
ae rapprochent davantage Je ceux du corbeau. — En v. fr.
on disait aussi : Graille, tiré du lat. comme Graïa, Gra-
cula, m. sign.
Graîoù, s. m. Graillon ; odeur de la graisse fondue ou
de celle qui tombe sur les charbons ardents ; goût que con-
servent les ustensiles de cuisine qui ont servi à la prépa-
ration d'aliments gras et qui se communique â d'autres
aliments maigres.
Dér. et sorte de dim. de Gratsso.
Graissé, s. m. Farlouse, alouette des prés, pipi des
buissons, Anthus arboreus, Linn., oiseau de l'ordre des
Passereaux et de la fam. de Subulirostres ou Raphioram-
bes, plus connu sous le nom de Graisset ou Grasset, quoi-
que Sauvages dise que c'est un barbarisme ; car comment
pourrait-on mieux nommer ce petit pied, si rond, si fon-
dant, si délicat, si apprécié des gourmands, auxquels il
hnX d'ailleurs renvoyer pour le décrire et surtout en
vanter l'excellence? si ce nom n'existait pas, ne faudrait-
il pas l'inventer?
GraÎBBO, 8. f. Péjor. Graîm^asso. Graisse, substance ani-
male, onctueuse, molle, huileuse. Au fig. embonpoint;
excès ; gras. — St plan dé tro dé gratsso, il se plaint que
la mariée est trop belle. Es mort émbé toutos sas graïssos,
il est mort avec tout son embonpoint. Es malâou dé tro
dé graïsso, il est malade de trop d'aise; il se meurt de gras
fondu. Aguélo roumano, aquélo mésuro an tro dé graïsso,
cette romaine, cette mesure (de longueur ou de capacité)
font trop forte mesure, trop fort poids, c.-à-d. pèsent, me-
surent ou contiennent plus que leur valeur nominale.
Graïsso'blanquo, saindoux, graisse de porc fondue.
Dér. du lat. Crassus, crassa.
Graïsson, s. m. Cresson des fontaines, à petite fleur
blanche et cruciale, Sisymbrium nasturtium, Linn., plante
de la fam. des Cmcifères siliqueuses.
Dér. du lat. Crescere, croître : permutation ordinaire
du C en G.
Graîssoùs, onso, adj. Dim. Graïssousé; péj. Graïssou-
sas. Graisseux; poisseux; gluant; enduit de graisse; taché
de corps gras.
Grame, s. m. Dim. Graméné. Chiendent, Triticum
repens, Linn., plante de la fam. des Graminées, commune
dans les terrains gras et humides, dont la racine sucrée est
employée en tisane, mais dont la présence dans un champ
est une peste et le désespoir des agriculteurs, tant il est
difllcile de l'extirper et d'en purger la terre.
Dér. du lat. Gramen, gazon.
Gramécls, phr. faite, tantôt s. m. aJj. ou inlerj. Grand
merci! Grâces à Dieu! merci; remerciement. — Gramécls
à iéou que vous ses pas toumba, grâces à moi, si vous
n'êtes pas tombé. Gramécïs gué l'doubre èro pas nâou, que
mé sérièï ésquina, fort heureusement que l'arbre n'était
pas haut, sans cela je me serais cassé les os. Aquà's lou
gramécls, voilà le remerciement que vous me faites, la
reconnaissance que vous me témoignez. Mé digue pas sou-
lamén gramécls, il ne me dit pas seulement merci.
Graménas, s. m. Augm. de Grame, mais encore avec
un sens plus étendu, car il signifie : une partie de terre, de
champ, de pré, envahie et labourée par le chiendent qu'on
ne peut extirper qu'à grand'peine. — Voy. Grame,
Gramo, s. m. Gramme; terme d'unilé dans le nouveau
système des poids et mesures, valant un peu moins de
4 9 grains.
Il n'est pas nécessaire de relever cette importation fran-
çaise ou grecque, introduite dans la langue, par de nou-
veaux besoins.
Gran, i. de tout genre. Dim. Grané, Granéfo. Aïeul, aïeule.
— Moun gran, ma gran, mon grand -père, ma grand'mère.
— Ma gran la borgno, ma mère l'Oie. — Voy. Borgno.
11 y a aussi comme dim. terme de familiarité et de
caresse : Moun grané et ma granéto, mon petit bon papa,
ma bonne petite maman .
Gran, s. m. Dim. Grané. Grain; nom générique, mais
qui ne se dit guère qu'en parlant des céréales. Le grain
de raisin se dit Grun.
Dér. du lat. Granum, m. sign.
Grana, v. Grener; monter en graine ; produire beaucoup-
de grain ; en terme de magnanerie, pondre . — Lous par-
paioùs an bien grana, les papillons de vers-à-soie ont pro-
392
GRA
GRA
4ult beaacoap de graine. Lous pélouiuê $oun granas, les
hérissons des châtaigniers ont déjà formé leur fruit. Lcu
éêpigos ioun granadoi eoumo dé sâou, les épis sont bien
grenus. Àrgén dé fénno et bé dé eampano, nottn fleuris ni
noun grano, ou avec la variante, se fleuris noun grano,
prvb. qui ne témoigne aucune confiance en la prospérité
de biens provenant de femmes ou de prêtres : il sous-
entend sans doute les biens spirituels qui leur reviennent
à plus juste titre, au moins comme compensation.
Granadiè, s. m. Grenadier; soldat appartenant à la
première compagnie d*un bataillon. Au fig. intrépide;
audacieux ; délibéi^ : se prend alors adjectiv.
Empr. au fr.
Granaîo, j. f. Grenaille ; le plus menu plomb de chasse,
cendrée. — Èscarta la granaio, se permettre des propos
grivois, licencieux, surtout devant les femmes et les en-
fants.
Granàon, 5. m. Grandin, graneau, gumau, gronau ou
bellicant, Trigla gumardus, Linn., poisson de la Méditer-
ranée, de Tordre des Holobranches et de la fam. des
Dactyles.
Son nom fr. lui vient sans doute du bruit qu'il fait en-
tendre quand on le prend : le lang. ne serait qu'une sorte
d'altération à sa manière.
Grané, s. m. Pois ou haricots cosses et secs. — Soupo
dé granés, soupe aux haricots. Fégnan, vos dé granés? —
Ot/ — Porto ta sièto, — Né vole pasgés; paresseux, veux-
tu manger? — Oui! — Avance ton assiette. — Je n'en
veux pas.
Gnuiéto d'Avignoun, 5. f. Grain du Nerprun. — Voy.
Avignoun.
Grangala, v. n. — Ne s'emploie qu'à l'infinitif et pré-
cédé de Poudre pas. On ne dit pas : Grangala dé fré, dé
se, dé fan, mais bien : Pode pas grangala dé fré, dé se, dé
fan, etc., je meurs de froid, de soif, de faim; ou mieux,
le froid, la soif, la faim paralysent mes forces, je ne puis
mettre un pied devant l'autre. — Sauvages admet à la fois
Grangala et Poudre pas grangala, l'affirmative et la néga-
tive, avec la même signification, ce qui nous parait une
erreur. Dans ce pays, on ne l'emploie qu'à la négative.
GraniTOU, adj. des deux genres. Terre à blé très-pro-
ductive, où les céréales réussissent très-bien et produisent
beaucoup de grain.
Grano, s. f, Dim. Granéto. Graine, semence des plantes,
des herbes, des fleurs ou des fruits; graine ou œufs des
vers-à-soie. Métré la grano, mettre à couver, à incubation
la graine des vers-à-floie. Mounia in grano, se dit des
plantes potagères qu'on laisse monter pour porter et re-
«leiUir leur graine. On dit encore d'une jeune fille un peu
mûre : Réstara pér grano, elle restera pour graine; ce qui
n*est cependant qu'une contre-vérité flagrante : les filles,
▼ouées à coiffer sainte Catherine , ne laissent pas souche.
Miehanto grano, mauvaise raoe, famille tarée.
Dér. du lat. Gretnum.
Grano dé boudin, s. f. Coriandre, plante. — Yog,
Coutandro.
On met ses feuilles dans le boudin pour l'épioer : de 14
le nom.
Grano dé capouotain, s. f. Cévadille, plante. — Voff.
Cévadïo.
Grano dé chapélé, s. f. Larme de Job ou larmiUe des
Indes, Coyx lacryma Jobis, Linn., plante de la fam. des
Graminées, exotique mais bien acclimatée, dont la semence
est en forme de perle allongée vers ses p61es et de la gros-
seur d'un haricot. Cette graine est d'un gris perle veiné et
luisant ; en la perçant d'un bout à l'autre, on en fait de
jolis chapelets. De là son nom.
Grano dé por, s. f. Grains de ladrerie : petite vessie on
aphte qui se manifeste dans l'intérieur des muscles da
porc. Les languëyeurs les reconnaissent sur l'animal vivant
à la racine de la langue et à l'intérieur des paupières.
Sauvages prétend que cette maladie n'altère en rien la
qualité de la viande et qu'elle peut être mangée sans in-
convénient ; cependant l'opinion générale lui est contraire,
ou du moins le préjugé. Toujours est-il que c'est cette
opinion qui a créé la profession de languéyeur; car o^oi-
ci n'a pas d'autre utilité que de signaler ce vice. Et cette
constatation a paru tellement importante à nos pères que
de leur temps les languéyeurs étaient des fonctionnaires
assermentés et on leur octroyait le titre de Conseillers di
roi. Au surplus, la loi, après les coutumes, a fait de la
ladrerie un vice rédhibitoire.
Granonïo, s. f, Dim. Granouïéto, Grenouille, Rana,
Linn., reptile de l'ordre des Batraciens et de la fam. doi
Anoures. Il en existe plusieurs variétés qui sont confon-
dues sous ce nom.
Granouto signifie encore : Crapaudine, pièce de fer on
de fonte, en forme de dé, sur laquelle porte et tourne le
tourillon ou le pivot d'une porte cochère, on celui d'un
joug de cloche.
Las granouïos se dit du râle qui se fait entendre dana
le gosier des moribonds, et qu'on a comparé an coasse-
ment des grenouilles.
Dér. par une formation régulière, du lat. Ranula, dim.
de Rana, m. sign.; avec le G paragogiqne.
Grâon, 5. m. Le Grau : nom que Ton donne anx em-
bouchures par lesquelles le Rhône se déverse dans la mer.
— Lou Grdou, n. pr., désigne plus particulièrement le
Grau du roi, le Grau d'Aigues-mortes, lau Gréou dàau rêi,
tout récemment érigé en commune, et qui acquiert cha-
que jour plus d'importance à cause de l'affluence des bai-
gneurs. Se relie à la ville d'Aigues-mortes par le oanid
Saint-Louis, sur lequel ce roi de France s'embarqna pour
sa dernière croisade.
f^ mot Grâou pourrait n'être qu'une forme analogue à
Gravo, Gravas, qui a donné Gravier et Grève an fr., <»
une permutation, comme il s'en produit beanooiqi, ds
€râou, la Crau fV. 0. m.); on propose aussi de le faire
GRA
GRA
393
dériver du lat. Gradtu, emportant ]e sens de rade, baie,
port. Ces diverses interprétations peuvent convenir.
Grâouligiia, v. Égratigner. — Voy. Éngràoufi^a et
Bngrdouta,
Grâonfignado, s. f. Égratignure; coups de griffe. —
V&y. Éngrdoutcuio.
Grâongnâou, s. m., ou Bécar. Goujon, Bonillerot, Cy-
prinus gohio, Linn., petit poisson de rivière de l'ordre des
Holobranches et de la fam. des Gyronopomes, à opercule
lisse. — Voy. Béear.
Grâoula, v. Miauler comme un chat en colère ou en
humeur; rouler la voix; geindre fortement; bourdonner.
Ce mot est probablement une onomatopée du miaule-
ment du chat en colère, comme Miàoula est celle de son
cri roignard et caressant.
Orâonlaire, aîro, adj. Enfant pleurard; grognon, qui
ne cesse de grogner et de geindre.
Grâonle, «. m., ou Cabridan. Frelon, la plus grosse
espèce de guêpes, Crabro, Linn., insecte de l'ordre des Hy-
ménoptères et de la fam. des Ptérodiples. — Il y en a un
jaune et un autre noir; ce dernier est le plus venimeux.
Ces insectes sont forts et carnassiers et détruiraient un
grand nombre de mouches, d'abeilles surtout, si leur vol
lourd et bruyant n'avertissait leur proie de l'approche du
danger.
C'est sans doute ce bourdonnement incommode qui a
inspiré les acceptions et les locutions dans lesquelles il
intervient au fîg. — À la tètto pléno dé grdouUs, c'est un
brise-raison, un querelleur, il a mille rats dans la tôte;
par suite, un grâoule est un caprice, un accès de frénésie;
une lubie.
Dér. du lat. Crabro, frelon.
Grâonléja, v. fréq. Perdre la tramontane; faire le fou,
l'étourdi, la mauvaise tète.
Gràoiiliîe, «. f. État de celui qui a des lubies, des ca-
prices ; caractère étourdi, tapageur, brise-raison,
Grâouloùs, ouso, adj. Dim. Grdoulousd. Capricieux;
querelleur, tapageur; écervelé; évaporé; qui a des lubies.
Grâonméto, s. f. Gourmette, chaînette de fer qui tient
au mors de la bride.
Emp. au fr.
Gràoumia (Se), v. Se gratter à la manière des gueux et
des pourceaux, en se frottant contre un mur ou contre un
arbre la partie qui démange, ou en faisant un tour d'épaule
qui déplace et distrait la vermine qui cause celte déman-
gjeaison.
Grâoiiséiè, ». m. Groseillier, Ribes uva crispa, Linn.,
arbuste épineux de la fam. des Groseilliers, dont on con-
naît plusieurs variétés : le Groseillier à maquereau, fruit
blanc, Ribe$ gro$$ularia, Linn.; le Groseillier à fruits
rouges, Ribes rubrutn, Linn.
Dér. du lat. Grosstdaria.
GrâoQsèio, j. f. Groseille, fruit du groseillier. — On sait
quelles confitures on en fait.
Gràoatoà, s. m, Cretous; petits morceaux de viande
maigre de la panne du porc qui est le résidu de la graiâse
fondue. Avec ces cretons racornis et rissolés, on assaisonne
une fouace ou galette, Fougasso dé grâoutoù, dont on est
friand dans le pays.
Formé d'un dimin. de l'adj. Gras. i
Grapado , s, f. Poignée de grains, autant que la main
peut en contenir.
Grapâon, s. m. Dim. Grapâoudé; augm. et péj. Gra-
paias. Crapaud, Bufo, Linn., famille assez nombreuse des
Anoures, de l'ordre des Batraciens, plus laide que veni-
meuse, qui ressemble beaucoup à la grenouille, avec la-
quelle on peut les confondre.
Grapâou et son dim. Grapaïoù s'appliquent à un jeune
polisson, un drôle, incommode. Insolent, qui se démène et
prend des airs d'importance, un- Gavroche, un jeune voyou.
Dér. du lat. Crepare.
Grapassea, s. m. plur., ou Grapiè. Criblures du blé;
grains non dépouillés de leur balle, qu'on fait venir à la
superficie par le mouvement de rotation du crible appelé
Moundaïre, parce qu'ils sont plus légers que les autres ea
égard à leur volume. Le cribleur les enlève à petites poi-
gnées, à grapados. De là le nom de Grapasses.
Grapiè, s, m., ou Grapassea. Quantité, ensemble des
criblures du blé, pris et considéré en masse et comme
résidu de récolte.
Grapil, s. m. Grapin, outil en forme de pelle à douille
et à branche recourbée, armée de trois larges dents à soa
extrémité, pour creuser les graviers dans l'eau.
Dér. de l'allem. Greifen, prendre, saisir.
GrapOB (Las), s. f. plur. Maladie de la race chevaline,
sorte de dartre croûtée, qui se forme au-dessus du sabot,
entre le sabot et la naissance du poil.
Gras, grasse, adj. Au plur. Grasses, grassos. Gras; qui
a beaucoup de graisse: qui a de l'embonpoint; enduit,
couvert de graisse; trop large, excédant une certaine pro-
portion, un certain degré; en parlant d'un terrain, fertile,
argileux; stibst, gras par opposition à maigre; jours où il
est i)ermis aux catholiques de manger de la viande. —
Mesura grosso, pés gras, mesure, poids trop fort fVoy.
GraissoJ. Àedau grosso, chaux hydraulique fVoy. Acàou).
Es gras âou lord, il est rond de graisse. Parla gras, gras-
seyer. Manja gros, faire gras, manger de la viande.
Gras, en parlant des vers-à-soic, se dit d'une maladie
dont ils sont atteints et qui n'est autre chose qu'une disso-
lution, c.-à-d. que la liqueur visqueuse qui leur sert en
quelque sorte de sang se transforme en sérosité. On appelle
le sujet ainsi malade Gras ou Jâoune, aujourd'hui mort-
flac, et le mal qui répand tant de terreur et fait tant de
ravages dans nos éducations séricicoles, la FUuhmê.
Dôr. du lat. Crassus, m. sign.
Grasâoa, s. m. Dim. Grasalé. Petite auge en bois ou
en pierre pour servir d'abreuvoir aux poules. C'est oidi-
394
GRA
GRE
nairomeni unt^ pierre de grès carnée cl creusée dnns le
milieu, en Tonue de nioi-tier.
Dér. do Grés : aussi dans cerlninos hn-aliiés, on dit
Grcsàuu, drnt Crasdou iTest (ju'une vari;uite uu une cor-
ruption.
Grasïa, r. (Irill-'r; faire rolir sur le gril.
Grasïado, .v. /'. (îrillade; Iranelies de viande cuilcs sur
le gril.
Grasïo, a, f. Gril, usl'^nsili' de cuj>int\ petite rI;iio en
minces lames ou Ija^uellos de \'f'ï^ propir à l'aire rnlii la
viande.
Dér. du lai. Crntirufn. in. sii/ti.
Grata, r. riraller; racî.T; frulîia' a\ec les niides; ratis-
ser. — Grain l<i Itro, é*:ratij^ner la terre, l'elll urer seid'-
ment, lui dcnner ini lalx'ur trop l<';^er. Que m.' ijrato ounic
se /nus^ f(u j)(is tor en (Icikjks. pr\h., [Mswv s' i^rall r à
l'endroit qui déinan;^^.', ce n'est nir:ns.'r ni fiire lor( à
personne.
Dér. de l'allem. Kralzen, j^'ralter.
Gratadisso, s. /. DêinaiJi:e.ii.s .n; action de i,MMttei-.
Gratassa, r. iVê(|. de Gnua. Gratter: reiinier la l(M're à
la manière des poules.
Gratèlo, .v. /'. (iratelle, petite galle; démangeaison opi-
niâtre.
Grati (A), a<h\ Gratis; gratuitement, sans qu'il en
coûte rien ; de pure grâce.
Dér. du lat. Gratis, m. sigu.
Gratiou, *'. ///. Chatouillement. — Voy. cassiou.
Grato-Quîou, s. m, Gralle-cnl, Cyuorrliod<in, fruit du
rosier et de l'églairlier. On eu fait des conser\es estimées.
Gratusa, r. (ihalouiller; râper du sucre; chapeler du
pain.
Dér. de G rata.
Grava, ado, a'Ij. .Marque p.ir la petite N^-role; qui a la
fi''ure mèl»','.
Dér. ilu i:r V'Ajz'.u, écrire.
•.Il
Gravas, s. m. Au plnr Gruvussrs: dim. CraiMssoù,
Grnv^'troif . Lai'je étendue de ^!r"'V(' siu' les l»i)rd> dijU''
riviéie.
Augiii. de Grarn.
Gravéïroû, v. ,n., «tu Graveïrolo, s. f. Dim. de Gruro
et de Grarn s.
Gravénas, s. in. Angm. de Grin-o et de Gravas. Au
plur. Gr--rv.nfi.\sf's.
Ce m. il ii"r>| p«s efi)pl(»ye à désigner les lai'ges gnAes
d'une [)1iL'-', iiiai-; la-ai ]'•> d(''p<M> di^ gi'a\ir'rs ([u<' les inoii-
datiais i'uii sMi' !e IJM >!\l l'erlil'* qu'elles cliau^u ut en
lande sl'Mile.
Gravéto, s. [. Dim. de Gmro. — i\e s'emploie guère
quo [wiiir désii^rijj.i- ,in (-..ju (]<. <jiôve uni, cnn\ erl d'un
sable fin, propre et arp-nté, tel ([n'en choisissent les les-
siveuses pour éta1)Iir leur at<'lier et p(Uir étendre le linge
Gravie, s. m. Large grève; gravier; sahle.
Gravièïro, s. f. Grève, mais seulement dans le sens de
voirie, parce (pie c'est sur les grèves (ju on jelle comnni-
nément les charognes des ècpiarisseurs.
Grave, A'. /. (irè\e; gra\ier; gravois; terrain mêlé de
s.d)le gii.s ''t menu, de cailloux, et de petits galets, aux
liords dun-' ri\ière.
Du mot sim[)le .niv c(»m])oses et dérivés, diminutifs,
augiiiiiii.iiiis ,.[[ p-éjoraiifs a.ss-.v. iioml)r''U\, les variétés
ilevaieiit aussi èlr<* fécondes en noms pnqtres soil d'hom-
m<'s, Soit de lieux, !^eu■ Jioire seul départ''menl, plu.^ieurs
co:i)iii(iihs, \il!iiges. Iiameauv. ruis.s"aa\, dans toutes les
direcli MIS, s- ralladienl à cette forme par La Grave, les
Gri\e.s, 1,' (iiMN.LS Les (ira\ entes, f.e (jra\eron. Le Gra-
Nes'.n, Le (ii'a\il, (ira\ illai'gues. Partout, cmme noms de
P'r-inii<s ou de fiiijilîr, oiil {U'is naisMiiice pal* une iuspi-
rafi.in > iitM.iiile, ci'uv de La Grave, de Gra\ es, Dugra-
viii", Gî.n ciinle, (;ra\r/.on, ([ui portent un cachet njéri-
dioird, et Lagrè\e, Grève, Grevin et Gi'é\y, ([ui ont dû
être don:i<'s au nord au delà ile la Loire pour nous, et qui
S'ut identiques.
Dér. de la hass. lat. (trarer/a, m. sign., du lal. Glmea.
Grè, v. at. (irec, espèce de raisin. — Ijhi (jrè est peu
fertile; ses grqipe» ne sont jamais hien fournies en grains,
qui suiit hlancs, o\oide> ci les plus gros que l'on con-
naisse. On le met ordinairement en hocaux avec de l'eau
de \ie |»our faire du ratidiat. Il ne doit pas être confondu
a\ec liai musca ijrè, qui est une variété.
Gréfiè, s. m. Grefller; secrétaire; clerc de notaire,
d'avoué; scrihe.
Grâce à son origine sans doute du gr. rpa^cjc, écrivain,
de VrAy^vi, écrire, ce mot a pris i>lus d'exteusion rjue son
correspond.mt fr.; mais il n'est pas allé juscjua Greffe,
pour n(^ pas dévier de sa racine.
Gréfuïo, v. m. Houx, arbre. — Voij. Aijuvou.
Gréïa, r. Germer; hourget-nner; pousser, lever en par-
lant des |»lantes, d''s semailles. — Vous prses mé f/rùou.
j'ai les j>ieils gelés.
Déi'. jMoh dileuKMit du gr. lyA.'», pouNser, crtjitre.
Gréïé ou Grïé on Gril, s. m. (;rillon, cricri, Gryllus,
Linn., insecte de Tordre des Orlhoj)tèr<\s et de la fanj. des
(JrilJoùltK. — f.e» i4jilJ;Mi doriicsiiijue et le grillon des
cliaiiq.^ ^"Uf la même e^nèc' . mais la nianière de vivre
a iiiodiliè leurs g<tuts d cbang''' leurs habitudes; de plu>
rb.iî>ita;it de la cauii>i;j.(e (|U" de^ rait brunir le S'>leil est
moins n>»ir(|ue j'liot<' du lovci'. 'I'ou> deux ont celte osjH\-e
de cb.nit aigu et nion tone (pTon jetu- cvtnnait ; Ujais le
ni.'de seul a cette f.icult''' et il b^ pmduil eu imprimant une
vibi'.iti'Ji lapiil'^ à >es é|\tre<, (juj fra[ipiMit d'Mix inrm-
hraiies tendues en foiaiie de limbaîes.
Le nom lat. G) ijlhis. qui >< inble une onomatopée, a lait
le n<'!!i lam:.
Gréïé, N. ta. Dim. de Grcl. — f'oy. r,rél.
Gréïo, N. f Taillis cnupé depuis moijis de cini| ans et
dans lequel le parcours des troupeaux est fort domnia-
gtvdjle, et très-sévèrement |)rohihé.
GRE
GRl
395
Grél, s. m. Dim. Gré\ié. Bourgeon qui s'épanouit; jeune
pousse, rejeton ; germe d'ognon ; cœur de chou, de céleri,
de salade. — Leva lou grél, au fîg. se redresser; s'enor-
gueillir après une disgrâce ; reprendre vie et vigueur après
une forte maladie, comme un jeune rejeton flétri par
l'orage ou la gelée se redresse par un beau soleil ou une
pluie salutaire.
Dér. de Gréia.
Grêla, ado, adj. Marqué de la petite vérole; grêlé; qui
a été frappé, gâté par la grêle. Au iig. qui a un aspect
misérable; qui manque de tout confortable; qui dans toute
sa tenue présente les signes du malaise.
Dér. du lat. Graeilis, grêle, ou Fragilig, frêle.
Grêla, v. impers. Grêler, quand il tombe de la grêle;
V, a., frapper par la grêle, gâter par la grêle.
Grèlo, s. f. Grêle, pluie gelée, tombant en grains plus
on moins gros. Au fig. personne méchante; misère. — Ce
météore désastreux inspire une telle terreur superstitieuse
parmi les habitants agricoles, qu'ils n'oseraient prononcer
son vrai nom, et qu'ils le désignent par la périphrase de
michan tén. Il en est de même pour la maladie des vers-
à-soie, la muscardine : ils ne disent pas de muteardin$,
mais aquélo michanto tnéno.
Se dit en lat. Grando, grandinis, que l'on soutient être,
comme notre mot lang., une onomatopée du bruit que fait
la grêle en tombant sur les toits.
Grélô, s. m. Dim. Grélouté. Grelot, boule de métal
creuse et bruyante.
Grèon, grève, adj. Lourd; pesant. Au fig. rude; diffi-
cile; pénible; fâcheux; chagrinant; insupportable. —
Aquà m'es bien dé grèou, cela m'est un grand crève-cœur.
Dér. du lat. Gravis, m. sign.
Grèpi, s. m. Onglée, engourdissement des doigts causé
par le froid.
D'après Astruc, le mot est celtique.
Grèqno, s. f. Chignon de femme très-relevé sur la tête
et qui donne au bonnet qui la couvre la forme d'un cimier
de casque. — Cette coiffure, qui ressemble assez à la coif-
fure grecque ancienne, fut un instant â la mode en France
ou on la nomma la grecque. La mode passée, le lang. n'en
a pas moins continué à appeler Grèquo toute protubé-
rance de cheveux en forme de crête.
Grés, s, m. Grès, pierre composée de très-petits grains
de quartz, agglutinés par un ciment, qui fait feu sous le
briquet. — Téraïre dé grés, terrain graveleux : c'est celui
qui produit le meilleur vin et qui a le plus de chaleur
intérieure, aussi la germination y est-elle plus précoce. Il
y a plusieurs natures de ce terrain dit Grés; la plus com-
mune dans notre pays, où elle est en général employée en
vignobles, est un pudding rouge composé d'un gluten d'ar-
gile et de cailloux blancs et ronds. Gagna lou grés, pren-
dre la fuite, se cacher comme un malfaiteur ou un déser-
teur.
Dér. du celtique Craig, caillou.
Grésa (Se), v. Se candir; se cristalliser; se tartariser,
se garnir de tartre comme font les confitures, le miel,
toutes les substances sucrées, ainsi que les futailles. —
Grésa, ado, pris adj. ou comme part. pass. Aviné, telle-
ment adonné au vin qu'il semble gagné par le tartre. —
A l'éstouma grésa, dit-on dans ce sens, d'un ivrogne, en
supposant par hyperbole que les parois de son estomac se
sont enduites de tartre, comme celles d'un tonneau.
Grésil, s. m. Dim. Gré^é. Grain de sable ou de gravier,
pris dans son unité, tel que ceux qui entrent dans les yeux
par un grand vent, ou qui pénètrent dans la peau des pieds
quand on marche sur le sable ou qu'on passe une rivière
â gué.
Ce mot n'a rien de commun avec le fr. Grésil, menue
grêle, quoique l'un et l'autre dérivent de la même racine
et soient des dim. de Grés, lou grés,
Gréso, 5 f. Tartre, acide cristallisé du vin. — Cette
concrétion est due plutôt au long séjour du vin dans une
même futaille qu'à sa qualité. C'est le défaut général de
nos vins du crû qu'on soutire rarement, ce qui leur pro-
cure une àpreté qui nuit beaucoup à leur qualité. — Dé
vi for dé gréso, du vin tartareux. Aïçà's un pâou for dé
gréso, dicton, celle-ci est difficile à avaler, en parlant
d'une histoire que l'on vous conte, sans doute comme un
vin qui est for dé gréso.
Le tartre qu'on détache des tonneaux sert à fabriquer
la crème de tartre qui est employée en teinturerie et en
pharmacie.
Cette incrustation cristallisée a quelque ressemblance
avec la composition du caillou. Grés, dont la base est le
quartz; le nom pourrait bien avoir pris là sa dérivation.
Grîa, V. Griller, enclore de grilles; poser une grille, un
grillage; et non faire une grillade, qui se dit GrasHa.
Gribonîa, v. Gribouiller ; faire un gribouillage, soit par
une mauvaise écriture, soit en traçant toutes sortes de
figures, de traits ou de lignes sans forme ni sens.
Griboaiaje, s, m. Gribouillage, action décrite par le
verbe précédent.
Gribooio, s. m. Sot, niais; qui gribouille; qui confond
et brouille tout. — Es ^ coumo gribouïo, rusé comme gri-
bouille, qui se jette dans l'eau pour éviter une ondée, qui
se met nu pour se garder du froid.
Grîé, s, m. Grillon, insecte. — Voy. Gréïé.
Grila, t*. Frotter ou gratter avec la main, fortement
et à plusieurs reprises; griffer, égratigner, donner un
coup d'ongle ou de griffe; battre quelqu'un, en combinant
les deux acceptions.
Dér. du fr. Griffe.
Grilado, s. f. Égratignure, coup de griffe ou d'ongle;
volée de coups ; correction manuelle.
Grifûre, aîro, adj. Qui frotte, qui gratte fortement
avec la main; qui lime.
GrifOQ, 5. m. Bigarreau, espèce de cerise à chair ferme,
grosse, croquante et bariolée de blanc et de rouge.
390
GRi
GRO
Grimaça, r. (inni.icer, laiiv des L^riiiiac-s; fairo di- lai.i\
ji!i>: i\' ir de fiiiss<v l'Uinmres, eu jKirlaiil d''S vêlements,
dr ;• ri -^ ai eliaiissures.
Grimaciè, ièïro, aij. (iriiiKu-i'T; ijui t'ai! «a-diiiaiiN'-
II. wl il •> i;ri;ji,iees ; ([n\ sf e<nili'''fail, >e coutorsiiaiii-' ;
di>M i.iilf': liyp.M-i-id', au (i^^
Grimaco, .<. /'. Cirimac', ct>iil'»r>i')ii du nIsu:-^; iii;ni\ais
p!i^. Au li-. leiiili', di>siaiu! ili'»ii ; all-'elilinii iiia:il'''ive.
Grimâou, >. m. Au t'i-m. <,r'nntit»(iii). Suri-ifr, j-Mr-ur df
sorh, v'M.'ir,. ' 1 ■ [»ivjui:<'' eu ailriljU'' le [)■ uvoir aux \i''U\
C'^ rn- t a uue raeiiK' e'riifiiuin' ;i\''e l*^ iV. GiaiU' ii'-', (jui
puî l'-rt là''ii Mi'' 'lU du uiniiis >.> i\)[);HV)rl].'i' IiMUcaip
du l'is-lil. li.'iii' y ini Iltiuirid, riiii'M" t't li\re rimé, [i.iv-^
(jU'-, au m"yi'ii-aL.', les giàm-àns cu lixi'-'^ili' pr-iph "li-'s
s'é riw.i ^iil ni \f"'i"S"l ''ii (M;ti\<s, t'''iii )iii Ni<slrad ;iiiu> l't
.iuli''>. a I iu>lar d'> (irarl(>s sil») llius. Cr'nitt'tiu pi/ut au»i
d'''ri\ -i' tl-' lit d. (in'tno, vit'uv, rid''. L'iian' de llicAli'-'. ()u i
sail ;;ii'"ii'"' >i 1*.^ unit [UVi.'-'d'Mit Critnm-'t n'aurait [y.)> d.ius
ce> d-.'ti\ ja» •rii'''''t iti >iis i]!i 'I([ue eli'>>'' à [u'eiidi'''? (ilinri s
iNodi-'i* \iiul lit It* liitM" d<' Ilima, ride, [iir l'aildilinii du G
par.ii.'"-:i([U'', e' 'UiMii' lie Hmnl'i "H a iViil (i runnutn.
Grimouèno , s. f. AiiTrcavàia', A'ir'nii'min rttjin!i)i''i,
Liuii., jilaiite d'' la l'.im. d.'S lv..> '.•.■ n, .jr- li aail''. «•mI!!-
inuu'' daii^ Ut» llay^ el (jui ('mit di' pr-'ItT-Mic»' iJ ':i> li'>
lieuK ]iU!idd'\> l'I omiir.i,:jés.
Snu n>'!u lai., pir a[>'>t-.)p", a donne j.' n,»in laui:.
Grioule fu Ra-grioure, v. tu — r.-Y. f! '-'jr.un'-'.
Grïôou, A. m. ilt'enup.'s (»u ^«ni uns (pii e >uli ai! <ai • ) r"
!x'aU(:')U|) df l'ii-iu-* .i[H'''S ([u''Hi ;ai a liiv \\ ll^ur p -Ui' I'.mi'"
le piin d ^ pi' Miii'iv qui! il-'.
Gripé, . tn. Dim. (in'pi-l'iù. Lutin hjdin. iiii"i Ll, r(r>*
im iL'iniir-' d ' 1 1 m\ l!i •' tji.^ T'e-iiu ■ du mtVM-u'. (!'.s|
l
rili'V v-»'\
«\ M I .'
Il •!, ipTil t"int > .- ;• 1 ■: d • c .:i. -u Ir
a\. e
MMiN li'U ui 1" l'':!> :!•' e > !ii:i'U ; I,! j)S i/'lt ' ;':'t' ;;••. /v '
(înp'! i'>t ua t'-h ' '•<-'iiti''H'en ait uiiliaai\, m m^ h, m
m'v'lp.m', [)!u!'>l <•'!'. a d-l-' ipi-^ liivurd^ n ^il^:'all•^; I aii-
dis i[u • l<^n rniiidsh, d »iit |f iin;u r,"i[;ji' ll-^ i 'S ruii'"':i e>.
les n'Nt'ii uiî^ ([ui r"\i'"i.; !i! d*' l'antr.» iiruid'" p^mr l'.iiri^
pîair; /"-/ D.-ii'iu-, ([\:'\ si-iiilj.^ l'anti-pi'' ilr.'.:.>n ili^ !i r.ilijf
ou il*' ri'' laliiiv' ; / Huiim qui), \'>^u\u> ,]■: \.'iii('v<i> lr.,1. n^ ■
([ui p.u> wiii!!'* if r-ui, 'îtls. l' nau'' , ri-piii'" »! - h ' ;i-
scienec, roufiiic, \'\r\:\ mot; toutes e<N er.''ati"n< im..„i-
Iiail'N, et ■ai.' U'i' /''>t lliihiî'ii, f(i Ifd'inrot/mi. !'i-<[iil'n'!il
ini»^ su[i M'alite u> ' t'aiviuMUV _L.u"aiiiU <'l aux p-lil-^ r:iL i!--
des m"nl,!Jh-\', r aiin* liMn> n'>':i> .>'a';s. iit\.'Ul''> [i.uîi" I'^^
nd'Mix .'u!..;i!!r, "l ^ ''îdi! 'i"i!f Ta ■-• ! •- >\ 'u'i ■',•; d pi |'lus
nul!"" Ui '-■il ..!•■ 'I-. /."^' ^^■ /y.' 'i; [iT a^^,M I .'U i'' ait l'ai '.'t^
daii-^ e-lî' capiàei ais • ln'Ta;'«"lii<* CMinm*' un p-'it e'aii»'
snu\<ail liii'ni;'i>.inl .M t aij au's f .!Mi"c dan< si'> uiilirs, ^.^
plaisaul a l'aiiv d<*s nieli-s aux jiaïU'^s IIIIcn. l'amirrr pr-'-s-
que el necnnipairnanl ses ini''limorpli'»sos (Ui se^ lions tours
d'un luaiNant cartihis. t^t se niunuanl d-'s [Kniiqu-s qu'il
causait. Le llieàln'dt' ses •'X[»l'tils, c'étaienl les campagnes,
li's l-uau-'s, II' i'»yru- nisti(jue : lliistoire de ses apparitions
charmait les vrull'''^s. Son nom est des'enu svnonvm»^ d'en-
l'ant i'<pi''Ld<', ♦Aiùll.', ji'un*' el aimaMe lulin.
La li\-:iail" p 'pul iii<' du larfad-'t rmot est, dans las
('(t\i<i(/tri-/')s, uu'^ ili's [dus p<t!''iiqn»\s el des plus heureuses
i!i-pirati"ii«> d'' ï. v K vnr.-Ai.Ai-i.
Gripio , s. /'. (àv. •!!(•; mm.''' >ii"(' iI'n elie\au\. el des
liiiuils. -Ou dit au IIl:. : .1 su ijiîpiit bihi i/irni In, il a du
Inin dw]'^ >•:> lK»tt''S.
La liiss. lai. avait Gif/t/tid, m. sign.; mais d'où venait
ce fip.t ipii f^uruiNsait If ni>ir.'? Ouf^jui^s-uns pfnsenl du
lat. (^)nUs, ralt'iier; daulivs, du gr. KoaiEf.). c<»nlenir, ou
de V'.::'..<). ai iiiU'U'
Gris, griso, itlj. Diui. (,ri^>' : au|.;m. (irisas, (iris; cou-
leur g!a>i'. r aulr.'v; m''lau;j'''i' di' n "ir H d»' hlanc. Quant à
t'tui '-^ hs .iulres nuiui-'^> Ion lip<. 1^ gris [uvnd mille dif-
iV'rt'ut'^ iioiijs [) ar suil'^ di* ci'l «.'Spril d.' ci^niusirjn <jui iV»gne
l'ii liiig. sui" l'appr-'-'i (liitii di"'> eoiiliuirs : (fiis-fjfu, yris-
Jà'unii'. i/ris-tnujri', (/lis-roujc, >fris-v<}r, (^te., iP.i'iue daus
l.s d 'aii-l''iut''s. Au lig. i-t au l't'-m., chas-"' de])laisanlo,
miU\;ii> trait — M'en a fa uno (jrisn. il m'a fait une
av.aiic — .y'dï t/n 'ff f/z'/soN-, j'.'ii ni vu di' cru''llps.
\) v. d' la l»a>N. \. î. (,riscu<, m. siLUl.
Grisé, •^. //' N"ni iVnniîiia- (ju'on dnnne à Tàne, dont le
iV , [1. lur la ua''i,'^ eau^'^ d'- la e.adeur de snn [vMage, a
fait aussi (iris"!!.
Griséja, '•. Tiî'a' >ii:' h l'N.^. a\-ar une Ifiiiti^ grisàhv.
Grisèl, èlo, a//. (ir'NMr->, (pd tii'e sur le gris. — Est
d'\' nu n. pr.
Griséto, v /'. (iris^tl*'. leuii- lill'\ itunii^ laivriiuv.
Grisou, V ///. (i:i-Mi, g z inlhnimaMi\ expl.'Mble el
dét aiiKUit qui s'inliltiv dans I''S mines o\ prend feu sou-
\Mil a 11 1. !ip' il''"- "iMia'- "Il caiL^.iiit d-- iirands rava'^ps
• a dt' _Li' i'. • -^ ae-a l"ii!-.
C" u-e, s ji'i!" un ' (■ ii";'u;\ l- nr,'s.,,'i, tpii e^t au>si un
d^s iiiahs Ac C' g.i.', pli"-" (pi' S''> t^xpl^simis l)ris<"'nl el
r.Mi\er-"iil l'UH. S"rait-il ainsi appel»'' P'aul-tMre parce (pie
sa JU' > ie-' d ;!.> ia 'iii-i-' d inin' aux lumi'Tes un»' teinte
;jr>aliv ?
Grivo, V /'. (iiive. — Ce uii>t, jtur Ir. inconnu au lang.
de '^ iU\..,L'es. (^<t luj.'urd liui de mis'.^ p mr d-'sigii'n' les
di\ a'> s . >p';.'> d" T 'unlr^ : «■ 'lui-ei 'Sl {dus [» u-liculière-
ur u! Il lal-iiie, T'n ■' /> //r/>" m, Liim. — Toy. Tourdre.
Grivoiiès, oncso, u •]. (iiaNi-is: rN.iHô, ni«ule. — >'e se
pr.aid p'> I iiiN \o sens d.' gr. is-i'U*, li'-.aici'Uix, mais dans
C'dui d ■ Iti M din't\
Gros, groaso, '/ //. Dim. G:<*fissv: [kj. (inmssas. Gros;
éi li^: taill'; (jui a lieauc aip de \(duuie. — Fenno gros.Kn,
ftMi,aie gr"S>!\ ("*u '''iut'^ /.ou Gdrdoit's gros, la ri\i»»r»} esl
rnl1i'\ /'«// fd 7/v)sAn. il gr^^^ de, il éLU'il en gros, l'n [)ar-
laut d'un i'''-'dier. Lotis /y/oss-^;\. les notables d'un endroit,
les gr ts [)ersonnag<^s.
Dér. du lat. (*'roNS/^s m. sign
GRO
GUE
397
Gros, <tdv. Gros; fort. — Gagna grot, gagner gros.
Fiaia grot, filer du gros fil. En gros, en gros, en bloc. Dé
gros en gros, sans examiner, sans peser ; en gros.
Grosso, s, f. Grosse, douze douzaines d'une marchandise
qui se compta ; écriture grossoyée, en gros caractères ; ex-
pédition d'acte, en terme de pratique.
Grouga, v. Frayer, féconder en parlant des poissons,
pour désigner l'acte par lequel le mâle féconde le frai de
la femelle. Au fig. muser; rester tranquille; bayer aux
corneilles, comme fait le poisson qui en stationnant, im-
mobile, semble endormi quand il fraie.
Racine très-incertaine : on le prétend celtique.
Grongadis, isso, adj. — Se dit de la place favorable
aux poissons pour frayer, pour déposer leur frai ou leurs
œufs; plus directement, qui grouille, qui fourmille.
Grougna, v. Grogner; grommeler comme certains ani-
maux. Au fig. murmurer; gronder; être de mauvaise hu-
meur. — Moun ventre grougno dé fan, la faim donne des
borborygmes à mon estomac.
Dér. du lat. Grunnire, grogner comme les porcs; d'où
le fr. a fait Grouin, groin.
Grongnadisso, s. f, Grognerie prolongée; grognement,
au pr. et au fig.
Grougnaïre, àiio,adj, Péjor. Grougnaïras. Grogneur;
d'humeur grogneuse.
Grougnoun, adj, des deux genres. Grognon, qui grc^ne;
qui aime à gronder.
Grouiè, s. m. Savetier; mauvais cordonnier en vieux;
rapetasseur.
Comme ceux de presque toutes les professions , ce mot a
donné naissance à quelques noms propres : GroUier, Grou-
Uot, Groulard, Groulart, Grolée.
Gronlo, s. f. Dim. Grouléto; péj. Groulasso. Savate;
vieux soulier éculé et déformé. — Mètre soun souïè en
groulo, porter ses souliers en pantoufle, c.-à-d. en abattant
le quartier, ce qui est une preuve de mal au pied, et par
ext. de maladie vraie ou fausse. Rabala la groulo, traîner
la savate; au fig. être tombé dans la misère.
Dér. du gr. rpu-crj, vieux soulier.
Gronman, ando, s. et adj, Péj. Groumandas. Gour-
mand ; qui aime, apprécie et recherche la bonne chère, les
bons morceaux; friand. — Las trufos soun groumandos,
les pommes de terre demandent beaucoup d'assaisonne-
ment.
L'étymologie de ce mot n'a pas été sans donner beau-
coup d'embarras aux chercheurs. Ménage est porté à la
prendre dans le celtique, ainsi que Caseneuve. Saumaise
le prétendait originaire du persan Gour ou Chour, signi-
fiant Mangeaille, et Mand, addition attributive : d'où
Kourmand, manger. Camdem le fait dériver du breton
Gormod, trop mangeur ; le Kimri Guyar, et le gallois
Gaor auraient fourni la racine : l'assertion de Ménage
poorrait donc être juste.
Gromnandije, s. f. Gourmandise, péché capital.
Gronmandiso, «. /". Friandise; bonbons; mets délicat.
— Ne signifie pas Gourmandise.
Groomèl, s. m. Morve épaisse et en grumeaux, telle
qu'elle pend au nez des enfants mal soignés.
Dér. du lat. Grumvks ou Grumellus, grumeau, caillot.
Groussiè, ièîro, adj. Grossier; mal élevé; qui a des
manières rudes, des airs communs; rustre; rude au tou-
cher; épais. — Éstofù groussièïro, étoffe grossière, dont la
trame est grosse. Groussiè coumo pan d'ordi, poli comme
les portes d'une prison.
Dér. de Gros.
Groussoù, s. f. Grosseur ; état, volume de ce qui est
gros.
Gtu, s, m. Cor roi de mortier, composé de chaux bien
éteinte et de sable bien grenu, dont on fait des pavés
grossiers, mais d'une grande consistance quand ils sont
bien manipulés; espèce de glacis. Plus le corroi est grossier
plus il a de chances de durée.
Gruda, s. m. Gruau, froment mondé, c.-4-d. dépouillé
de sa pellicule au moyen du moulin à gruau. — On en
fait d'excellent potage, et il est la base de ce mets local
appelé Cassolo. — Voy. cm.
Dér. de la bass. lat. Grutum, m. sign.
Gmda, v. Monder du froment, du riz, etc., pour en
faire du gruau; égrapper la vendange dans les cornues
pour séparer le grain de la rafle ; ce qui se fait au moyen
d'un bâton disposé en forme de trident. Cette opération a
pour objet de préserver le vin de l'Apretè qu'il contracte-
rait dans la cuve si la rafle était mêlée au moût pendant
son ébullition.
Gmdaïre, s m. Moulin à gruau. Sa meule est un cône
tronqué, qui tourne sur elle-même et autour d'un pivot où
elle est fixée.
On appelle aussi Grudaïre, Végrappeur de vendange,
d'après le procédé indiqué à l'article précédent.
Grumèou, s. m. Trumeau de bœuf, terme de boucherie :
la partie du devant de la poitrine, entre les jambes, mor-
ceau très-gras et délicat.
Grume, s. f. Grains de raisin, pris dans leur ensemble
à la vendange. — Aquà's dé poulido grumo, voilà de belle
vendange.
Dér. du lat. Grumus, grumeau.
Gnm, 5. m. Grain de raisin, grain de chapelet. —
Toumba un grun, boire un coup ou plutôt plusieurs.
Gudos, s. f. plur. Petites fourches pour soutenir ^t arc-
bouter les claies d'un parc à brebis.
Parait être une altération de Ajudo, aide, soutien.
Guèino, s. f. Gaine, coulisse de jupe ou de tout autre
vêtement.
Dér. du lat. Xagina, m. sign.
Guènche, èncho, ou Gninche, incho, ojdj. Louche, qui
a les yeux de travers ; aflecté de strabisme.
Gnénla, v. Chevrotter; bêler comme la chèvre.
Gnéréja, v. fréq. Guerroyer, faire la guerre.
Guèriè. ièïro, - fi '«'j. ('•i>'-\i
ilii,'(ii-il,- |iis jmi|iic iliiiis h' Miili. rii:iis l(i nVit de leurs
Guèro. >. /, liui^nv, nm ivll-^;
Guéia, '■. (;ii
il.'Morniii.ilimi |iiiivr,ieiH il-' f.iiil.Msie. .^l un
■lui ^- (■■■hvi.iv.ijt ou l;iii;_-.? ,-.iriit-il venu iia-
i>l..lit.r :i ljiiLlu-lrie,l.>,rsli,nr,!jsfn[i..tis..ii
'il I t l'iulriirllre. Huithr, ï, f r . SJ^IlilUit
I i.Mi j>rii\'Tl": |.> -(.MSiiriv: Tri eroii fruillfr
aiM'iil (^iiilM ^'iiill'-. nnjiii In hii^ui; d'Oi-.
(;.7/in,
■ i;,
ejm
nil nuhvr.ii:,, I,,' |oii]i m Ii.is-IhtIifh s':i[ipeile Guil-
■■ iliiil.U'..-' vieil \ ir..iii|i.>iir, f;";///.p.-rn;. Eli pressant
'Il le iiinl f;.i;(iJo«, l;.ii\ |h>j.|s, ,•] ,-oitn Irx'ulifin
:,,i:,wm .-..if^i l.iiit nii Ir. ^jne (iille. Si Cille a
yiiii' e ,1111.- iW''- r.Hiiàoi, |inr (i-iilkr ou Cuilka
■I i|ii" !!■ "Il- |.< t.iil.i--li'>, lU' Inmln-l-il [LIS r,ilt,n-
n.n..,
iMulDée
Guétra, c. Mi'l
Guïâoume, n.
r«'il le h m
Guignardo, s f. Visn':
GuilÉri, .!. )". Pf^liiil,
u.pr. lUMlep-rlem-rMi
pl,ue.„j-.,,..ri,niqii.-,bii
'M'"'
:iilie-tïi[ii'll. On I
iplinse : f i, foE.i
nile le tuei
lii'îu roilioTll's II' iiii'riii' niirji
nage.
On Kiil, fpie, après les troubles de la [.ii;iie. les Gnilleris
bande Je ctmpeurs de bourse el de filous, iiifosl-irenl Pnri;
Guincha, e. Viir'r; mir.T; i.lrhi'r; regarder d'un wul
'■il. — (liiuich,: ■In-, ïi-iT dr'iil. <: iiîiii-linvo tu tl'nquà, j)
<: I i-l liiliiJi' -l- I n.lj. Ihfielie liU li"hirhe, parw
ju'iii \ iviKl 11(1 lei'Kir' 1111 iril l'I un a r.iir d'iMre louche.
Giiinche, incho, '"'/. l'"y. Crmi-lie.
Gumdre. ■ m. (Iniudie nii (riiinii'lli', iiisiriinii'iil pour
Guingo! ("De), "•''■. D'' IriviT'^t 'ilitirpifiuetil; di~ yuiii-
.■nU: il.' ,-ù|.V — IV.//. '*■ Ithigni.
Dit, iIii ,-r. r.!.i:. Iii.il-||i\. cslr.>]iie, d.'iil le provem^l a
liiil *.<i. iii "■i.LJM : i|iie \f l.iML'. el le l'r, s<' sniil npproprié
■u ) i|.>iiiiri1 ini' iiliV ilii Guiiinii, ou lluigner. \M de
l,„n„hii r\ i.iihteUe, \'.\t le dinii(;eiiiii||l du V lat., de
y;i,-i-. .n /l, i'.iir b;».,^./, ^.-n onrn-peiidniit. Toute C.;tte
ii'rii' di' iiii'is. q'ii i.iil dis :iii> de f.iiiiille si tuarqués, cl
l.iiil di"' rnp|i"rls île sii^iiillrMliiui, ne ïii'iMliMJ.'iit-ils [>as de
hi irji'rne |irii\ l'iDine? Ou :;'■ ri'SseuiMe de plus loin.
Guirâottdé, «. m. r.iu\-|wiids des Kineliers, dit Sauva-
^•|'^ : |i' .unitL i|ii'ils fixil pnr i-elle vnlerie. — I.e mot ii'eît
|dns l'ii iw.iL'i' : l;i rni?ilis^iiK-'' |'iv|oiid ipi'il n'en esl pas de
Guiràoudé, s. «i- Him de CuirAou, di'sjgne aussi le
priil IléiMii.ei snppliqueau IJlnngion. autre variété, Butor
linin-riin^fiiu liulor rmix. Jléri.n Blmipion. Ardeaminula,
Teiiiiii.
Guirâou f Faire), ;i/;e. fniie. Faire Gille; s'esiiuiver;
s'enfuir préiipilaDiment, en se dérobant. — Toy. Cia.
Sidiiii Sanvn^Ts. Fu'i<- giiiriimi si;;nifierflil faire faUX-pOJds.
c.-;\-d. tromper, IJien que eelte aeee|d(oii ne soil plus usil^
H
HÂB
399
aajoard'hui, le sens indiqué laisse cependant apercevoir
une certaine relation d*id6es entre la signification ancienne
et celle actuelle : c*est tromper que fausser compagnie à
quelqu'un, et par conséquent s'esquiver. En tout cas,
faire faux-poids laisse au moins supposer que celui qui se
rend coupable de ce méfait a tout intérêt à faire Gille :
autre rapprochement qui peut mettre sur la voie, et que
nous avions pressenti au mot Gïa, auquel nous renvoyons .
Guirâou-péscaïre, s. m. Héron cendré, principalement
ArJea einerea, Temm. ; mais aussi d'autres variétés de
héron. — Sa description se trouve au mot Bérna-péscaïre,
le même exactement, à la différence du prénom. Pourquoi
cette préférence ici en faveur de Guirâou, dont nous ve-
nons de signaler un autre exemple pour Gilles? Tout rap-
port nous échappe avec l'inusité Guirâou; ce qui n'expli-
querait pas d'ailleurs pourquoi on lui a substitué Berna :
nous laissons à de plus érudits à deviner l'énigme, qui
n'est peut-être insoluble que pour nous. — Voy. Bérna-
péscaïre.
Gnla, V. Gueuler ; crier à tue-tête ; appeler à toute gueule.
Dér. du lat. Gula, gueule, gosier.
Gnlado, «. f. Coup de gueule, grand cri ; franche lippée,
ample réfection; gorgée, si l'on boit, bouchée, quand on
mange
Gnlar, ardo, adj. Gueulard, qui parle beaucoup et très-
haut; enfant pleurard, criard.
Gulo, s. f. Gueule; grande bouche.
Golo dé Ion, .v. m. Muflier à grande fleur ou mufle de
veau, Anlirrhinum majus, Linn., plante de la fam. des
Personnées, qui croit dans les vieux murs, et qui est cul-
tivée comme fleur d'ornement. — Voy. Cacalaca et Pan-
toufLèto.
Son nom lui vient de la ressemblance de sa fleur avec
la gueule d'un animal.
Gua, guso, adj. Dim. Gusé, Gusù; péj. Gusas. Gueux;
vaurien; mauvais sujet; libertin; homme de mauvaise foi.
— Ne s'emploie pas dans l'acception de mendiant, en lang.
— Uno guso, fille de joie, une dévergondée, débauchée.
Gusaîo, «. [. Canaille; las de mauvais sujets; marmaille
mal élevée et malfaisante.
Gusariè, s. f. Haillons; vieux linge; vieilles bardes et
guenilles qui encombrent les galetas.
Gusas, s. vi. Péjor. de G us. Grand coquin; vaurien
fieffé; gredin; chenapan.
Gaséja, v. fréq. Guesailler; gueuser; faire le débauché,
vivre dans la crapule.
Gusô, 5. m. Jeune voyou, petit vaurien; Gavroche, au-
jourd'hui que le mot a passé.
H
H, s. f. Huitième lettre de l'alphabet; s'appelle Acho.
Cette lettre n'est point à proprement parler dans le génie
du languedocien, et elle n'aurait aucun droit à faire
nombre dans notre nomenclature ; car elle ne peut y inter-
venir d'une manière absolue que pour former, comme en
fr. la consonnance ch. Mais pour rester fidèle à notre
système orthographique, et bien qu'elle ne soit point indis-
pensable, le respect de Tétymologie nous impose mie
exception facile à comprendre et à justifier. Ainsi, il nous
a paru utile de l'employer dans tous les mots d'origine
française où elle figure soit comme initiale, soit comme
dérivée du grec, et nous écrivons par exemple Hèrbo,
Habïa, Haréncado et Philipo, Philosopha. Sans cette pré-
caution, nous deviendrions d'une difliculié extrême pour
la lecture, même aux personnes les plus familiarisées avec
notre idiome.
Cette consonne n'est en effet qu'un signe de convention,
sans valeur par elle-même. A part deux ou trois mots
comme Hier, hier, et Hiuè, huit, et ses composés, l'aspira-
tion gutturale qu'elle représentait en latin et qui s'est
conservée en français, n'existe pas et nous disons : Vhasar,
l'hàousdr, l'halo, l'hégandou, pour le hasard, le hussard,
la halle, le huguenot, que nous aurions pu écrire l'asar,
l'alo, etc., comme on prononce, si nous n*eussions redouté
des confusions et si avant tout nous ne nous étions fait
une règle de la clarté graphique qui facilite l'intelligence
de l'expression.
Dans l'ancien languedocien, pour figurer la prononcia-
tion du gn mouillé, on faisait intervenir une h après n,
en supprimant le g, et l'on trouve écrit en langue vulgaii'e
besonha, gazanha, senhor, etc., qu'aujourd'hui on prononce
et on écrit plus exacU^nent besougno, gazagna, signe, eu
donnant aux lettres et à leur combinaison leur vraie
valeur. L'espagnol admet encore l'ancienne orthographe.
Il en était à peu près de même de Y h pour mouiller / :
on mettait Ginoulhac, aginoulha, etc., que le fr. conserve
dans le n. pr. Génolhac et que nous remplaçons par \'ï,
faisant fonction entre deux voyelles de II mouillée fr. pré-
cédée d'un i, fille, famille, pour nous fio, famto: Ginouia.
Habi, 5. m. Dim. Habiqué; péj. Babiquas, Habit, frac;
vêtement de cérémonie. — Faire habi, porter un frac, un
habit liabillé : se dit d'un homme du commun qui prend
400
HAI
HAO
le costume d'une classe supérieure. Coupa un habi ou uno
vèsto à quâouquus, au fig. tailler des croupières à quel-
qu'un, médire de lui, le tourner en ridicule.
Dér. du lat. Hahitus, vêtement.
Habîa, v. Habiller ; mettre, fournir un vêtement à quel-
qu'un. Au fig. critiquer; tourner en ridicule; gourmander;
réprimander.
S'habïa, s'habiller; se vêtir; mettre ses habits; se parer;
se mettre en cérémonie.
Habiaje, 5. m., ou Habîamén. Vêtements de toute sorte;
habillement: mais surtout habit, veste et culotte. — Carga
sous kabfiajes, se vêtir. FaSre un habiaje, a le même sens
que Coupa un h<ibi ou uno vèsto, tailler des croupières.
Habinle, inlo, cuij. Dim. Habinlé; augm. Habinlas.
Habile; doué d'adresse, de dextérité; qui dépêche beau-
coup d'ouvrage.
Dér. du lat. HabUis.
Habinlèsso, s. f. Habileté; adresse; dextérité.
Dér. du lat. Habilitas, m. sign.
Habitan, s. m. Habitant : qui habite, qui réside dans
un endroit.
Habitude, s. f. Péj. Habitudasso, Habitude, coutume,
disposition acquise par des actes réitérés. — N'est guère
employé qu'au péjor. : Uno habitudasso, un défaut, un
vice d'habitude, invétérés et incorrigibles.
Dér. du lat. Babitudo, m. sign.,
Hacha, v. Hacher de la viande, des fines herbes; couper
avec le hachoir. — Se dit mieux CapotUa.
Empr. au fr.
Hacliadoù, s. m. Hachoir, couteau à large lame pour
hacher les viandes.
Hal, V. Haïr ; répugner à faire quelque chose ; éprouver
du mécontentement; souffrir du malaise. — Haïsse bien
dé travaïa, le travail m'est en horreur. Haïssiè dé parti,
pamén se décidé, il avait de la répugnance ik s'éloigner, il
se décida cependant.
Dér. du lat. Odire.
La notation qu'emploie notre Lexique est essentielle à
observer dans les mots surtout comme ceux-ci et les deux
suivants, dérivés du verbe, où la différence de l'accen-
tuation sur r» produit une si grande différence sur la pro-
nonciation prosodique.
Nous rappelons nos remarques au mot Acén et à la lettre /.
L'accent grave sur i le rend tonique, fait porter par con-
séquent la tenue de la voix sur lui et le détache de la
voyelle qui le précède, de manière à en faire une syllabe
distincte : Hai, dissyllabique. Vï tréma, précédé de la
voyelle , forme diphthongue et se prononce, en s'y joignant,
par une seule émission de voix, Hdissablo, trois syllabes;
si an contraire Tt tréma était placé avant la voyelle, il ne
se confondrait pas avec elle, Fian, deux syllabes. Quand
Vi simple se rencontre en contact avec la voyelle a le prô-
oédant, par exception, avons-nous dit, il sonne è, comme
en français mait, fais; lorsque Va suit 1 simple, il se
diphthongue : Pianço, monosyllabe. Gomme 00 le voit,
l'accent fait la quantité, la mesure, et l'on ne saurait trop
insister sur son influence comme sur sa position, si néces-
saires à connaître pour bien prononcer.
Haïssable, ablo, adj. Dim. Haissabloù; péj. Hatsm-
blas. Haïssable; qui se fait haïr; disgracieux; fastidieux.
Haissîeu; s. f. Haine; aversion; répugnance; anti-
pathie. — L'aH prés en haïssiou, je l'ai pris en grippe, en
aversion.
Dér. du lat. Odium, m. sign.
Halabardo, 5. f. Hallebarde; pique garnie par le haut-
bout d'un fer large et pointu.
Dér. de l'allem. Hallebard, m. sign.
Halabardiè, s. m, Hallebardier; garde, soldat armé de
la hallebarde.
Halé, s. m. Haleine; soufiQe; respiration. Au fig. Hbertë;
hardiesse; courage. — Garo l'halé, il pue à enlever la res-
piration. M'a leva l'halé, il m'a coupé la respiration, il
m'a suffoqué. Tèn l'halé coumo un cabussaïre, il retient
son secret comme un plongeur son soufile. Préne d'halé,
reprendre courage. Dmmas tro d'halé à vost'éfan, vous
donnez trop de liberté, de licence à votre enfant. Aquà U
douné d'halé, cela lui remit du cœur au ventre, on bien
cela a enflé sou orgueil.
Dér. du lat. Halilus, ^ sign.
Haléna, v. Aspirer, r^irer; prendre haleine, se repo-
ser; prendre du vent ou suinter, en parlant d'un vaisseau
qui doit être hermétiquement fermé. — Déngus n'a pas
haléna, personne n'en a soufflé le mot. Se fasiè tin d'ha^
léna, il était temps de se reposer un peu. Aquéio bouto
haléno, ce tonneau fuit, suinte.
Halénade, s. f. Halenée, bouffée d'haleine; halenée de
vin, d'ail, etc.; respiration des punais.
Halénadeù, s. m. Dim. Halénadouné. Soupirail de cave;
fausset d'une futaille que l'on ouvre en haut de son fond
pour donner l'avant au vaisseau; toute espèce d'ouverture
étroite qui ne sert qu'à donner de l'air à un intérieur
quelconque.
Halo, s. f. Halle au blé; place publique, couverte, pro-
pre à tenir les marchés ou foires.
Dér. du gr. "Xho^, aire : le celtique avait Hala, m. sign.
En has-bret. Hall.
Hâonboî, s. m. Dim. Hàouboîàssé. Hautbois, instni-
ment k vent et à hanche, à sons aigus et nasillards. — Le
hautbois et le taml)ourin sont l'orchestre obligé de toute
fête villageoise dans la contrée des GounèU. Les jonenn
de hautbois donnent une telle vivacité à la mesure de
leurs quadrilles et contredanses, que les danseurs sont
obligés de dédoubler cette mesure dans leurs pas ou d'imi-
ter celle de la gigue. Mais les danseurs GounMs ont liea-
reusement du jarret.
Hàonbonissaire, t. m. Ménétrier joueur de hautbois.
Hâomnénas, s. m. Péj. et augm. de Hoim. Grand al
vilain homme. — Voy. Home,
IlÂR
HÈR
401
Kâouméné, «. m. Oim. de Berne. Petit homme; petit
bonliouiuie. — Voy. Home.
Hâoumcnén, énquo, adj. D'homme, qui tient à
Vhomrne. — Un parla hâouménén, une voix d'homme,
une voix màle et rude. Au fém. Udauménénquo, fille gar<
çonniere, qui aime trop à se trouver parmi les hommes,
qui les agace volontiers.
Dér. de Home, du la t. Homo, hominit.
Hâonsar, s. m. Hussard, soldat du corps de cavalerie
légère de ce nom.
Empr. au fr.
Hâousardo (à T), adv. A la housarde; crânement,
lestement, cavalièrement, sans se préoccuper du qu'en
dira-t-on.
Hâonssa, v. Hausser. — Voy. IVâoutsa,
Hâonssé, s, m. Tronssis. — Voy. Aoussé,
Eâonssuro, s. f. Hauteur; colline; simple tertre ou le
haut d'un tertre en pente, lorsqu'il est composé et en
rapport avec un bas-fond. — Voy, Aoutsuro.
Hardi, ido, Dim. Hardidd, oto, Hiidi, courngeux;
téméraire, effronté. — Dé que vôcu aqiiélo hardidoto? Que
veut cette jeune effrontée?
Der. de l'allem. Hart, audacieux.
Hardi, interj. Courage! en avant! sus! or sus, allons!
— C'est Eia! des latins.
Harén, j. m. Hareng. — Ne s'entend que du hareng-
saur ou fumé, Uarcn-sdouré.
Haréncado, », f. Hareng plus petit et qui a subi une
rutre préparation que le précèdent. — Le populaire lui a
donné le nom familier et tant soit peu goguenard de Dumo
dé mùérieordo ; mais sa dénomination sérieuse et scienti-
fique est en lat. Hulex ou Clupea aiengus, Linn., poisson
de mer, de l'ordre des Holobranches et de la fam. des
Gymnopomes, en fr. Hareng; en lang. Harén et Harén-
cado : ce qui veut dire pour ce dt^mier mot ce hareng
blanc salé, plus petit et autrement préparé que le hareng-
saur ou fumé, très-proche parent de la sardine, Sardo. Celui-
ci rst salé seulement, et il est encaqué dans des barils, 6ari-
quoê, d'où on le tire un à un pour le vendre en détail an
ptuple, qui ne le dédaigne pas parce qu'il est piquant, fait
manger force pain et excite à boire. Aussi un de ces phi-
losophes de position disait qu il n'était pas mécontent du
tout du menu que lui servait sa ménagère, attendu que
lirn souvent dans la semaine il avait à son diner un pois-
son de mer et un poulet : c'est un hareng et un œuf qu'il
entendait. — C'est donc une très grande ressource pour
le paLvre, et quoiqu'il en soit aujourd'hui du sens légère-
ment railleur qu'on attache à son surnom de Damo dé
mUéricordo, il est probable qu'il lui a été donné par allu-
sion à cette haute et puissante Dame, celle qui vient tou-
jours au secours de ceux qui ont besoin , ou plus hum-
blement parce que ce harerg n'entre guère que chez le
pauvre, comme font les bonnes sœurs de charité qa*on
appelle justement aussi Dames de la miséricorde.
Hamèi, s. m. Harnais, équipage de sMlo ou de trait. —
Carga Vamèï, signifie plaisamment : se marier.
Dér. de l'allem. Humitch, m. sign.
HamèÎBsa, v. Harnacher; mettre le harnais à une faèto
de somme. Au fig. et au passif, s'arnéissa, se harnacher, se
vêtir; s'habiller; se parer; s'ajuster.
Hasar, «. m. Hasard; événement fortuit: rencontre;
fortune. — Pér co d'hasar, par bonne fortune. Fér co
d'hatar, âourias pas un luché à mé présla? Puurrirz-vous
me prêter une bêche? Co d'hasar, dans cette phrase, n'est
qu'explétif et comme formule. On la pas l'hasur, on no
sait pas le bonheur. Vhasar é$ tcn b^l, le hasard est si
grand.
Hasarta, t?. Hasarder, risquer; exposer au hasard;
essayer la chance. — Dises que Jan es ton for, vos qui
Vhasarte? Tu dis que Jean est si foit, veux-tu que j'essaie
de me mesurer avec lui? Huiarta un gas, tàterun passage
il gré; être le premier à oser l'entreprendre : au pr. et au
fig. s'il s'agit d'une affaire, de quelque proposition délicate.
EaE£rtOL8, OUBO, adj. Hasardeux; qui aime à risquer
ou è affrcnler le danger; hardi; téméraire.
Hastado, s. f. Brochée ; quantité de viande eu de gibier
en filée à la fois dans une broche.
Easte, s. m. Broche tournant à la main, verge de fer
pointu pour embrocher et foire rôtir la viande.
Dér. du celt. Asta, ou du lat. Hasta, m. sign.
F£Eté, s. f. Brochette; Lattelels; brochée de petits-pieds.
Dim. de Haste,
Hégaoâcu, bcganâcndo, s. m. et f, Vlm.Héganâoudé,
héganâoudoù; péj. Hégandotidas. Huguenot; protestant;
calviniste.
Ce mot est un empr. au fr. : son étymologie a été vaine-
ment cherchée jusqu'ici. Pasquier, D'AuLigné, Alénagoet
autres ont tour à tour proposé des solutions inadmissibles.
Ampère avait tranché la question, en décidant que le mol
Huguenoi venait certainement d*Eidgno(en, confédérés,
en bas allemand. Littré vient de ruiner cette opinion, cl
il laisse la controverse ouverte et non épuisée, sans indi-
quer la racine certaine et vraie.
Hélaisse, v. Geindre; gémir; se plaindre; pousser des
soupij-s, des bêlas.
Tiré du fr. Hélas.
Hèrbaîo, s. f. Bfauvaises herbes qui sont à sarcler.
Eèrbaje, s. m. Herbage; prairie d'herbager, dont les
herbes se mangent sur pied par les Lestianx; herbes d'hiver,
c.-à-d. les dernières pousses des prairies après qu'on
a fauché le regain, et qu'on fait aussi brouter sur place.
Hèrbétos, j. f, plur, Dim. d'Hèrbo. Fines herbes pour
le potage ou la salade, pour l'assaisonnement en général.
C'est aussi, à Alais, le nom d'un quartier à proximitA
de la ville, l€u Hèrbétos, promenade autrefois fréquentée*
dont le nom désignait les fraîches et petites prairies du
Tempéras.
Hèrbo, i' f- Dim. Hèrbéto; péj. nèrba$$o. Herbe, plante
SI.
«e
HÊR
HËR
de faible consistance, qui perd sa Xig^i en hiver; gazon. —
Soupo d'hàrbo, scupe aux fines herbes. Las hèrbos, les
herbes d'hiver. Hirbo que poun quart naï, toujour duro,
prvb., Tépine en naissant va la pointe devant.
Dér. du la t. Berba, m. sign.
Hèrbo apéganto, s. f. Pariétaire. — Koy. VanaUHo ou
Hèrbo dé Nosto-Damo,
Hèrbo batudo, .f f- Flomis, Phtomî* herbaventi, Linn.,
plante de la fam. des Labiées, à fleur labiée, dont les
îénilles sont couvprlps de duvet.
Hèrbo dâon cor, t. f. Ambroisie, Ambrosia, Linn., de
la fam. des Corymbifères, apétalôe, annuelle, sudorifique ;
très-nrotnatiquc, qui croit dans les sables et graviers; elle
est ohgiiifiire du Mexique, ce qui Ta fait appeler en fr.
Thé du Mexique. Son nom semblerait annoncer quelque
propriété c nfortalive.
Hèrbo diou fôîe, s. f. Hépatique de fontaine, Anémone
hepat'ea, Linn , de la fam. des Rcnonculacées ; fleurs bleues
ou blnnchps; rolijles de Tinvolucre enlières, très-rappro-
chées de la fljur; sépales ovales; habite les haies et les
bois : vulnéraire, astringente, apéritive, tonique.
Une autre plante est oncore connue sous le même nom
d'Uérbo f^dou féje, Hv^li^ue; c'est une sorte Je crypto-
games qui tient le miJeu entre les lichens et les mousses :
on remploie dans les maladies du foie, ce qui lui a valu
son nom. Elle est acotylédone, formée d'une membrane
herbacée et rampante, elle croit au bord des fontaines et
dans les lieux hirtiides.
Hèrbo dâou lagni, s. f. Myrte. — Voy, Murtro,
Son nom laiig. lui vient de ce qu'on couronnait de
myrte le ch.-ipeau des nouvelles mariées, et que VHèrbo
dâou lagui étnit un symbole ou une allusion aux soucis
et aux chagrins du ménage.
Hèrbo dâou mèoa, $. f. Caille-lait à fleur jaune, Ga-
Uum luteum, Linn., de b fam. des Rubiacées, commune
dans les champs .
Hèrbo dâoorado, s. f. Cétérac, doradille, espèce de
capillaire, Aspîenium, Linn., (I3 la fam. des Fougères;
croit à l'ombro sur les vieux murs; l'infusion de ses feuilles
est un excellent dinrélique.
Hèrbo dâou sièje, s. ^.. ou Bouènsèdi. Herbe du siège,
Bcroi'uh.ire nquitique, bédoine d'eau, Scropularia aqua-
tica, Linn., de la fam. des Personnels: bonne contre les
Bcroful's el l<*s hémormïJ.?s : ses feuilles sont employées
cominc vulin'mirp pir application pour déterger les ulcères.
Elle tire s»ii nom. dit on, du sijge de Troie où les guer-
riers s'rn s»^rvr.i ni pour panser lears blessures ; mais cela
pourrait aussi lion convenir à tous les sièges qui ont eu
lieu depuis. tN'iin^wrt»; si ce n'est lui c'en est un autre, et
l'orijîine <Io Trin rsl plus noble et plus antique, mais
ljeauo< v\) ninins sûre.
Hèrbo dâou tal, s. f, Cynoglosse. — Fo^. Léngo-cano .
Hérbo dâoa tron. x. f,, ou Barbajôou. Grande jou-
barbe. — Voff. Bariajôou.
On a ainsi nommé cette plante en lang. par suite de
l'idée ridicule qu'elle préserve du tonnerre.
Hèrbo das agacls, s. f. Un des noms encore de la
Grande joubarbe, parce que le suc de cette plante est em-
ployé pour détruire les cors. — Voy. Barbajôou.
Hèrbo das canaxis, 5. f. Mouron, morgaline, Anagat-
Ht arvensit, Linn., de la fam. des Primulacées.
Hèrbo de Tabéio, s. f. — Voy. Hèrbo dâou tnèou.
Hèrbo dé la gravèlo, s. f. Turquette, herniaire glabre
et velue, Hemiaria glabra et hirsuta, Linn., de la fam.
des Chénopodées : passe pour astringente, diurétique, anti-
herniaire, anti-calculeuse : habite les terrains sablonneux.
Hèrbo dé la loquo, j. f. Morelle douce-amère, vigne de
Judée, Solanum dulcamara, Linn-, de la fam. des Solanées:
sarmenteuse, grimpante, à fleurs violettes et à baies
rouges : sa tige en décoction est un excellent dépuratif du
sang.
Hèrbo dé la rato ou dé la ratèlo, 5. /*. Scolopendre,
Scolopendrium officinale, Linn., de la fam. des Fougères,
croit dans les lieux humides et couverts, dans les puits :
bonne probablement pour les affections de la rate.
Hèrbo dé la ronmpéduro, s. f. Sceau de Salomoo,
Convaliaria polygamalum, Linn., de la fam. des Aspara-
gées; espèce de muguet dont la racine bulbeuse est em-
ployée contre l'ophthalmie et pour résoudre les ecchymoses
produites par une fracture ou une contusion ; de là son nom.
Hèrbo dé las alonètos, s. f. Filipendule, Spirea fli-
pendula, Linn., de la fam. des Rosacées : fleurs blanches,
rouge&tres en dehors, un peu odorantes ; ses racines sont
astringentes et nourrissantes, recommandées contre la gra-
velle : les fleurs donnent un petit goût agréable au lait :
habite les bois, les garrigues et les prairies.
Hèrbo dé las bémgos, .f. f. Héliotrope d'Europe, F<-
liotropium Europœum, Linn., de la fam. des Boraginées;
agreste, sa fleur roulée ressemble de loin à une chenille
ou à une verrue un peu développée.
Hèrbo dé las cardpanîos, s. f. Séneçon, Seneeio vul-
garis, Linn., de la fam. des Composées Corymbifères. Cette
plante est appelée en fr., à part Séneçon, du nom vulgaire
à' Herbe au charpentier ; nous ne trouvons là aucun rap-
port avec celui que lui donne le lang., qui est au moins
justifié parce que les serins et les chardonner3ts sont très-
friands de ses graines. Elle vient dans les lieux cultivés et
partout.
Hèrbo dé las cin costos, s. f. Plan ti in \ fenille étroite»
Plantago minor, Linn., de la fam. des Plankigi.ïées; croit
sur le bord des chemins et dans les champs; à fleurs ia-
fundihnliformps; vulnéraire et résolutive.
Hèrbo dô las déns, s. f., ou fndourmidotiîro. Jus-
quiame. — Toy. ÈniourmiJouïro,
Hèrbo dé las fèbres, 5. /: Petite centaurée des pris à
fleur pourpre, Centaurea centaur&i les, Linn., de la fun.
des Gr^n tin nées : c'était, avant l'importation du quinquina,
le meilleur fébrifuge connu en Europe.
HÉR
HET
403
Hèrbo dé Ibb gnèîros, s, f. Herbe aux puces, plantain
des sables, Plantago pêyUium, Linn., de la fam. des Plan-
taginées. Pline le nomme simplement Psyllion. Les graines
de cette plan le, quand on les fait bouillir dans l*eau,
donnent un mucilage abondant.
Hèrbo dé las tâoupos, s, f. Jusquiame, et pomme
épineuse. — Voy. Éndourmidouiro et DarbottssUïro.
Hèrbo dé las tétinos, t. f. Herbe aux mamelles, Lam-
pmna eommunis, Linn., de la fam. des Composées Chico-
racées ou Synanthérées : amère, laxative, rafraicbissante ;
on 8*en sert pour guérir les gerçures du sein, comme son
nom rindique : se mange crue, en salade, dans sa jeunesse;
babite dans les lieux cultivés et les haies.
Hèrbo dé Ténrôiaduro ou dé rénréïaje, s, f. Herbe
à étemuer, Achillea ptarniea, Linn., et Mille- feuilles ou
Herbe au charpentier, Achillea millefoHum, Linn., deux
variétés d'Achillées, de la fam. des Composées Corymbi-
fères ou Synanthérées. Les fleurs et les feuilles de la pre-
mière, qui croit dans les prairies, mises en poudre, sont
sternutaloires. La seconde, agreste, vivace, à fleur radiée,
est vulnéraire, astringente, résolutive et antihémorrha-
gique. On s*en sert par application, après l'avoir écrasée
et réduite en pâte comme un cataplasme. Son nom vient
de cette propriété, parce qu*on l'applique fréquemment
pour les piqûres que se font les bétes de labour avec le soc
de la charrue, réto, ce qu'on appelle S'énréïa. — Foi,'. Énréïa.
Hèrbo d'éstan, s. f. Girandole ou Lustre d'eau, Chara
vbîgaris, Linn., de la fam. des Naïadées : se trouve dans
les ruisseaux et les eaux stagnantes : elle n*a pas d'usage
connu.
Hèrbo dé Nosto-Damo, s. f. Parit^taire. — Voy, Pa-
natàïo.
Hèrbo dé Sénto-Clèro, s. f. Chélidoinc ou Éclaire,
Ckelidonium vulgaie, Linn., de la fam. des Papavéracées.
Cette plante rend un suc jaune, acre, que l'on emploie
pour détruire les verrues et les dartres : elle passe pour
diurétique, apéritive, fébrifuge et anti-bydropique. Son
nom du reste, qui est une corruption du mot Éclaire, est
prétentieux et peu employé : on l'appelle habituellement
Saladuigno, travestissement du mot Chelidonium, Chéli<
doine.
Hèrbo dé Sént-Ëstèye, 5. f. Circée blanche, herbe de
saint Etienne, herbe aux magiciens, Cireaa alba, Linn.
de la fam. des Onagrariées : plante grimpante, qui s'at-
tache aux habits au point d'arrêter la marche d'un homme,
comme le faisait Circée par ses enchantements.
Hèrbo dé Sén-Jan, s. /*. Caille-lait, jaune ou blanc,
Gaillet jaune, Galium verum, Linn., de la fam. des Rubia-
cées : dessicalive, astringente, vulnéraire et anti-spasmo-
dique; ses sommités fleuries font cailler le lait : habite
Id prairies et les bords des champs.
On la nomme aussi, mais rarement, Hèrbo dâou màou
(Y^ c. D.). Sauvages désigne aussi par le nom d'Jffirte dé
Stn-Jan, une autre plante, le JUille-pertuis, ton Troiealan
jdoun9 : il n'est pas impossible que dans d'autres conlrôra
ou dans d'autres temps, le mille-pertuis n'ait été désigné
ainsi ; mais il est certain que les deux variétés ici connues
de Caille-lait, jaime ou blanc, sont nommées Hèrbo dé
Sén-Jan,
Hèrbo dé Sén-Ro, s, f. Herbe de saint Roch, innle
dyssentérique, Pulicaire, Inuia dysenterkajnvla Pullcaria,
Linn., de la fam. des Synanthérées, deux variétés confon-
dues dans le même nom lang. que l'on trouve sur le bord
des eaux ou des fossés. Leur racine est mucilagineusft,
d'une saveur acre et amère. Le peuple les croit salutaires
contre les maladies pestilentielles ou épidémiques, et c'est
pour cela qu'il les place sous l'invocation de saint Roch.
Hèrbo grépo, s. f., ou Tèro-grépo. Picridio, Pricri-
dium wlgare, Scorsonera picroideg, Linn., de la fam. des
Synanthérées. On mange, en salade, les jeunes pousses du
printemps. Elle est connue sous le nom de Laitue de lièvre*
et habita les lieux pierreux, les vignes, contre les rochers.
Herbu, ndo, affj. Herbu, herbeux; où l'herbe abonde,
où elle croit épaisse et drue. — Uno ribo hérbwlo, un
gazon épais, un talus de gazon bien garni.
Héîrita, v. Hériter; recueillir une succession; succéder.
Héuîtaje, 5. m. Héritage; succession; patrimoine.
Héîritiè, s, fit. Héîriticîro, s. f. Héritier; héritière;
successeur; qui hérite.
Dér. du lat. Hœres, haredis, m. sîgn.
Hérmas, s. m. Augm. de Hèrme, Dim. Hérmcu^où.
L ande, friche ; terre vague et vaine, qui ne sert qu'an
parcours des troupeaux.
Dér. du lat. Eremus, désert.
Hèrme, s. m. Même sign. que Hérmas. -«^ On dit tw
Hèrme et non une Tèro hèrme,
Hérô, s. m. Héros. — M. sign. qu'en fr. sans aspiration
de Vh. — Quelquefois employé, mais pur franekiman.
Héspitaiè, ièiro, adj. Habitant d'un hospice; hôte
d'un hôpital.
Héspitâou, 5. m. Oim. Héipitalé. Hôpital; hospice où
sont reçus les pauvres et les malades. Par ex t. une maison,
une chambre où se trouvent plusieurs malades ou même
des personnes dolentes de la famille. — nétpitâou faX U
bèU s'écrie-t-on quand on voit un prodigue marcher à sa
ruine, et par suite à l'hôpital.
Le n. pr. l'Héspitalé, qui est resté à plusieurs localités
ou quartiers, n'est pas un dim. : il désigne une possession
ancienne des chevaliers de Saint -Jean de Jérusalem ou de
Alalte, un domaine des Hospitaliers, qu'ils y eussent une
maison ou simplement des terres.
L'héspitâou est encore le nom que donnent les enfants à
on jeu de cartes qui ressemble beaucoup k la bataille. Il ne
serait pas étonnant qu'il y eût là un souvenir des che-
valiers hospitaliers, qui s'amusaient peut-être à co jeu dans
leurs loisirs, quand les cartes furent inventées.
Dér. du l^t. HospUium, Kospitalis, m. si^.
Hétaro, t. m. Hectare, cent ares. — Voy^ Sâaumado,
404
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(j'ii jr. : : '. // ^ ^/''/if r/tâ "i*" ' (iri:n[>e, que je te pousse,
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■ «.X
Ik ff-', n fj Tt\. jT ;, , -'A ''- .'lî 11'* i:.i (.•"•hii i\'X*
n.ripoatéqua , cdD, " y M i'jlif; r.cl.ilitjii-; ijul .i
|i' .♦ i • ...'iK.'iliî i->; ,j ir 'Al. •' I, l'irr .33'', ♦"':ii;)'''!r''.
I! ' ■>: V.iJ- .« j .•• ;• Il .| ''-l '-îjj):- .:.l.'' ;ni fr. (jui r,i\:";it
|;r ^ \>i l'I , l'i'i-l le i'';)iil ij-i ;:r., et (jii il a Inij -iirs
£;;f..li II., l . • I . ', ',''1 'iT- ! ;.i ,;i J i «Ir «il ij ili Ci-'- huit
K if ('::> !i : « f]'; s fi ri-! i!- iir. e-iiufi.»:' <:'.riiili-' tl-"» si
trV.n:'-. !)• 1 .::l t "i ji> .'ui- • il .i fxi^I- .1*-» crviii'i t^ ^'l
d''*^d''!.i' 'ir>: î.rm '!•• t'iiH I'-iijk li j)r -jiri ''r'* i:ii:ij jhi-
l'.'T" i."'-l p.t p' >> Mi'i" 1' > M. i;,-» ilii j)";ij'I ' (jui fut il
\:\\\;\i'-, ]" •:. ::i ■:<• » r-ÎM. t ;i ^'.ii'il -y-'r un :ii .t ;ip|'li .'.ilil.'
A un ' MlM' Il .11 lr'->- m; i 1 ■.;' Il \ (> '^- 'M i iiit, c jiijiih' il on
CMiHii-.'. .il 1" :->'ristl l'S 'If'l.^, ''l rjii* Cttiiii-; rij),» )rU
n i'-aL ()•• ii'ilnr'.' a It; fr.;>,.i-, il lui d xiiii une a(::''|)ti'>n
rlli;,lifjir', f-n I»' ri,«lliil ;,u li^urv |,his s aufiil qu'au
j.r.'jr', ''t il I' c i,>T\ I j) 'U.- (I ^i.jniT \\\\ in;liviiju frq»;ii''
(!"-)ivT> 'iiu . •l'^Tv-'/î 1" i];l]"'r.Ml'S lar^s, [)ir a^sinil i-
li 'M ^ rh '.fi :. ■ :r>,->f)'' c-i ejai-»'' d'Iiyp ):'i!']u 's. C'i*sl
j).nr(('!' i,u ' u.ir' i'iinitijii n f.iil é^''il»'in.'nt do l'aec^s-
Krar; 1' \\\,.\-\^\ L s n.^ '. ni! 'ir l iu'"/ii> in'-j >a:nitr"» (ju'
îe sris fr . <• ) trii'^ 1 Tai»; do dr )il oi do jirati pi\ n.' > .il
a M -si r-v':!'''.
Hirr.'.nd'), >. /" Dm. !rr(ri:r:('in. niiYtiilollp, ni.s.>nu d-"*
lordr-d - i*;iss -i'- ,u\ oi d' la fiai d's Piaiiin»>lres. Kii
!a ^. ciaïai' "ii fr '•■■>! nu jii»rii grnôricjue (jui (oui se
dMii'.'T à l -::!'• I:i T'imi!!', U)ii>;qui s' ij»j>liiju ^ priiicipilo-
iii"n! i\ VU\,- iil '!!'!• -l'Mia" nu d iin^sli [d.', Hrunio
rifsf'"i, la la l!lIo.i l> fruilet l.i g'rgNlun friirroii ivuix.,
le de- sas *u r tr^js oali Vofueul nûr \ reliais violets, de
mônio sur la poiu..i;'; voairo ol a'odoaien d'un bl^nc terne
c.w roussMi" Ellcc^lun |>"u pi Ub grande que le liarbajôun.
— Voy. c. m.
e '".' i • :li 'iis: «'îi >■'. .ilT.iire. — founla d'Ms-
i' ■ ■■ <. : ':.:- 1 > .•■.'.?■>. Tj; 'iit-rd/s s.rn'"^U'^s. Zouf pets
inu i > \' r: i o< , !!■;.>: p^ iiald^ f>;xis, d.^ lauihine-
ri >. 1 "ja/. ju -, J '.'■'.'.■ ua'i>. fP: n l'niai cérqua d'his-
l'-.'r 1 7>. q r.ul ■z-\ u.- iaseal-^r tint de ch'js?s, tant de dif-
fi iilaS ?
I)ô.-. du Iil. ÏIlsloriQ
Hiuè. « m. n. 'V îtûDihyç. Huit — L'/7 est aspir«^<î.
I) \ ait u:i ' \'\''!1'"' oU uu' h. .n dit H'mvch. — fis hiuèch
h'rn-s, il ►'.^1 liad Ipar^s. A liirrh a;j«, il a huit ans.
I)'h'n>\ -r* 'j w . l'iu^ uM!)ai e:i liait j »urs, en coinplinl
lo pr' ..; ■: ot h d a-ai t j uir. Oa o oii^)te ainsi d'un jour
• le II >• J '!.!• au ui'ei.j J iir do la siii\n:it.\ d'un mardi à
r.ii.ff' [o (■ .A,^-;.^!! \ (|u a (u'on r'-alit'' il n'y ait que sept
j iur> d iiit T\.ill'^.
1) a' du lil. Orin, ru. si-'u.
Hiuèï, (J /'■. Auj aiidiiui, le jvUir où l'on est» où l'on
pir!o. — \ïj .'Si iiiiti.t l'iil'", tiuîol nsjiréo. On dit : Dà
juu o( /rit I. du pan du jjur, el L'ai pjs v's d'h-ufii, je
n^' IVii p s \u il ■iu''Uid liui. n.ui'i fn'i h'ud' jours, il y a
auj iirl liui Imil j airs, o.-à 1. il y a sqtl jours de cela;
nr, diîis le e )ai;>ut, on oa upie \^ premier et le dernier
j'iur Tr, . //;« — Scni'jlo t ''i lt-u(^(, il est énorme.
\ivn> cuaiMio uii tnnn MU ; I in^' c »iu:ne un joar sans pain.
D'himi ('n foi", diT 'aimant.
Dt ilu lat ffoUr, m. sign.
Hiver, s. n. Hiv.T; siism h [»lus froide de l'année,
V )aru'a.e nt le iî d-veaibre selon le calendrier et finissant
le '11 ili:U'>.
Dàr du I il. Hib'rnus \onu d"» Uijems.
Hiverna, v. niv»aner; pi en Ire S'^s quirliers d'hiver;
c^.u \s\v un 1 H' d du uno c mlréo plus (diauds p'iur y pis,vr
riiixor: p'^sT 1 ;ii\'r. -— nivrno hi}n aquést'an, l'hiver
Obi I u 1 ' ol I nu eello nnnôe.
Hivérnaïre, s. m. Puiiveau de l'annS^, ou de l'aniiôe
nroe-ilailo. (ju'nii entnqient seulement pour Icn^Taisser el
I o<:'.riziu* riiivor suivant.
Hivémajo, .^. m. Hivernage; quartier d'hiver; saison
ddiiviT; pr.iviM'jns de bétail en hiver.
Hivèmén, énquo, acfj. D'biver; plantes potagères oo
fruits d'hiver.
Hocho, s. f. Clavelle en fer qui retient l'essieu dans la
moyeu d'une roue de voiture.
HOU
HUR
405
Eome,s.m,D\m.nàouminé; augm. etpêj. Hàouménat.
H)fii:ne, être hamain du saxe mile; mari. — S'emploie
du reste comme dans le fr. et dans presque toutes les
mèmrs ncceplions. — Moun home, ou mieux Nost'home,
dit une femme en parlant de son mari. Es un bon home,
cest un bon ouvrier; c'est un homme fort, robuste, adroit.
El b^J moun h:.me, dé que dUej de nôou? £h bien! mon
cher ami, que contes-tu de nouveau? Faire Je soun home,
te vanter, faire le vantard, jouer l^homme fort ou l'homme
valeureux; se donner du galcn. Vous dounaraï mièjo pér
borne, je vous donnrrni un lit;*e de vin pnr tête. Jouïn-
home, gnrçHi, jeune iiouiUie fVoy. c. m.). Un hravhome,
un honnête homme. A gdsia très homes, elle a eu trois
maris, ou mieux, elle est veuve du troisième. Voué l'home!
Bolà hé! un L^l. . . cri3-ton pour api)eler un homme dont
on Ignore le nom. Vous, ses moun home, vous êtes l'homme
qu*il me faut. Vendrai déman émbé moun home, je vien-
drai demain avec mon compagnon, mon associé. Aquà's un
home, \oï\h qui est un homme! Es adeja un home, ce
n*est plus un enfant, il a grandi et a pris la raison d'un
homme, hla'.s, visèsbé, moun pdmr'home, mais vous
vous voyez bien. mon ami. Aï pâjut'home,tih ! pauvrecher !
Es lou co dé fa l'home, c'est le moment de se montrer.
Fagiè l'Iiome, il fit voir qu il avait du cœur, du courage.
Dér. du lai. Humo, m. sign.
Horamén, alv. Horriblement; cruellement; beaucoup.
Dér. de Hore,
Hore, h:ro, adj Affreux; horrible; vilain; laid; abo-
minable. — Las horos de Bîalatavèrno , est le surnom
ancien donné à lUala taverne : comme il se pratiquait dans
le moyen-âge de village à vilbge. S*appiiquait-il aux
femmes de cette localité, ou bien à quelque particularité
de site, de choses quelconques? Nous n3 prenons aucune
responsabilité sur cette origine. — Voj. Èscaïnoun.
Dér. du lat. Uorror, horreur, effroi.
Hort, s. m. Jardin potager.
Ce mot est du haut raioL — Quan la cabro sâouto pér
hort, se lou ccbri ly sàmto h'u pas tor, prvb., quand les
pères ou mires donnent mauvais exemple, si les enfants
tournent mal, la faut? en est aux parents.
Dâr. du lat. Utriux, m. stgn.
Hoste, «.m. Au Tmi. Iljustéiso. Ilôt?, hôtelier; auber-
giste; caba relier; logoiir.
Dér. du lat. U^jApat, hc^sp'tis.
Hoonèstamén , alv. inn.ièteinont; convenablement;
avec civilité, avec politesse.
Eropr. au fr.
Hoonàstd, è3t3, a^j. Honnête; poli; bienséant.
Hounèstàta, s. f, H miièielé, pjlitess3, civilité; présent
fait par &invenancc: prévonauces. — Mé faguè foço hou-
nèstiioi, il ou elle me fit f irce pjlite8S38.
Ce« trois mois, bien que reproduits du pur latin, ont
une nuance ir^ franch^manle, qui les fait mettre en
rtierve par le vrai languedocien.
Hoimoù, s. m. Honneur; probité; réputation; bonne
renommée.
Dér. du lat. Honor, m. sign.
Houro, s. f. Dim. Houréto. Heure; douzième partie du
jour. — Mièj'houro, demi-heure. D'houro-én-laï, doréna-
vant; à partir de ce moment. Quan piquo d'hourosf Quelle
est l'heure qui sonne? Quan es d'houro? Quelle heure est-
il? Y-a pértoul uno houro ou uno lègo dé miehan eami^
prvb., chaque entreprise a ses difficultés, chaque position
ses embarras, chaque profession ses désagréments, chaque
affaire son mauvais côté. Li vôou d'aquést'houro, j'y vais
de ce pas. D'aquést'houro soun gandïs, à présent ils sont
arrivés. Vésiè pas V houro et lou moumén dé parti, il brûlait,
il trépignait d'impatience de partir. Dinc un'houréto vène,
dans une petite heure j'arrive. A quant'houro f à quelle
heure? Qu'houro? Quand? coutr. de A quanto houro, — Voy^
Coftiro,
Dér. du lat. Uora, m. sign.
Hourtéto, 5. f. Potage maigre aux fines herbes. Dans
un pot d'eau, où l'on met cuire une petite poignée d'oseille,
d'épinards, de cerfeuil, hachés à grands coups, et que Ton
assaisonne avec du sel, et, quand on veut mieux faire,
avec un peu de beurre, on délaie, au moment de servir,
un ou plusieurs jaunes d'œufs, et Ton verse le tout sur
des tranches de pain trés-minces arrosées d'un peu d'huile :
telle est la recette.
Hourtéto devrait se dire jardinière; car ce mot vient du
lat. Horlus, jardin.
Hoartoolaio, s. f. Toute sorte de légumes frais; her-
bes potagères; hortolage.
Dér. du lat. liortulus, dim. de Hortns,
Hoastésso, s. f. Hôti;3S3, femme de l'hôte; aubergiste;
cabarelière. — Voy. Hoste,
Honstîo, 5. f- Hostie, pain consacré ou qui est destiné
à lètre; mais plus communément, pain à cacheter, À
cause de sa ressemblance avec le premier.
Dér. du lat. Ilostîa, m. sign.
Hnitanto, ;i. de nombre. Huilante, quatre-vingts.
D3r. du lat. Octoginla, m. sign.
Hupo, s. f. Hjuppe; huppe; crête; col. — Ne se prend
guère cependant vu ce sens que dans la phrase suivante :
Po pas leva l'àupo, il ns peut remuer ni bras, ni jambes,
bouger ni pieds« ni pattes ; mais s'emploie aussi intcrjec-
tiveinent : Hupo lanlèro/ dit-on à un enfant en le soule-
vant en l'air pour le faire sauter entre les bras.
A peu près Tinterj. Houp! en fr. — En armoricain,
Hopa signifie Aller.
Hnr, 5. m. Hiur; bonheur; bonne fortune; heureuse
chance.
Dér. du lat. Hora, heure, parcs que les anciens admet-
taient les heures prospères et les heures funestes, qui, en
lang. et en fr., se sont caractérisées par répithète, à la
malo houro, à la marheare, à la bon'houro, à la bonne heare .
Hnroàs, onao, adj. Heoreux; qui a dn bonheur; qui
406
I
jouit da bonheur; qui donne le bonheur, qui y contribue;
qui est de bon augure.
Huroosamén, adv. Heureusement; par bonheur; d'une
manière heureuse.
HnssU, »• m. Huissier, officier de justice qui ajourna,
fait les significations et fait la police de l'audience. — £a
bon languedocien, on dit mieux Sarjam, sergent : BuuU
est un empr. au ir. Huissier.
I
I, $, m. I, troisième voyelle et neuvième lettre de Tal-
phabet.
Cette voyelle est de tontes la plus harmonique et la plus
déliée; c*est pour cela sans doute que, par un raffinement
d*acoustique , dans ces trilles mélodieux, particuliers à
notre seul idiome, où doivent se faire entendre trois sons
distincts en une émission de voix, dans toutes nos triph-
thongues, l't est comme la base de l'accord et se trouve
toujours le premier : iaï, iâou, itï, iéou, iôou, iuè. Sa
combinaison avec les autres voyelles ou avec les conson-
nes, le rôle qu'il joue suivant la place qu'il occupe, font
varier son intonation, ou pour mieux dire sa mesure pro-
sodique; il devient dès lors plus nécessaire de marquer ces
nuances de tons ou de quantité par des signes distincts.
Notre langue d'Oc, musicale avant tout, si délicate
d'oreille et d'accent, a besoin d'être solfiée pour être com-
prise; c'est donc à son orthographe qu'il appartient d'in-
diquer nettement la valeur de chaque note et presque de
chaque lettre, surtout de chaque voyelle, car pour elle il
n'y a pas, comme en français, de sons muets. Cette diffé-
rence est essentielle à rappeler au sujet de la lettre /.
En français, VE qu'on nomme muet, reste en effet com-
plètement sourd et inarticulé : à la fin des mots, il ne se
fait pas plus entendre que s'il n'existait pas, et la voix
appuie sur la lettre ou la syllabe qui le précède. Au con-
traire, nos idiomes du Midi n'admettent, à proprement
parler, aucune syllabe muette : 1'/ terminal lui-même, la
voyelle la plus fluide, se fait toujours sentir, plus légère-
ment là où il n'est pas tonique, mais il ne s'efiace jamais
à la prononciation, non plus que VE, même sans accent.
Aussi peut-être conviendrait-il mieux d'appeler ces syl-
labes brèves que muettes, ou de les distinguer en fortes ou
faibles, en féminines ou masculines. Ce sont au moins ces
degrés de force ou de faiblesse, d'ampleur ou de ténuité
qu'une exacte notation par les accents doit indiquer; car
leur observance est devenue une des conditions indispen-
sables de la vraie prononciation comme de l'intelligence
ot du sentiment mélodique de la langue. Après tout ce qui
«D a été déjà dit, nous insistons sur ce point pour faire
mieux comprendre l'importance des signes employés qui
modifient le cacactère de la voyelle où ils apparaiiaeol et
l'impressionnent de la valeur spécifique qu'elle doit prendre:
nous nous arrêtons sur 1'/, qui est la voyelle la plas fré-
quente, pour étudier de plus près ses diverses positions.
VI dans un mot, entre deux consonnes, garde con-
stamment le son naturel qui lui est propre : binlo» dif-
cinle, rasin, trin. A la différence du français, qui le con-
vertit le plus souvent en en, il se prononce comme dans
inique, innocent, immente,
A la fin des mots, s'il forme à lui seul la syllabe, avec
ou sans s signe du pluriel, il est tantôt bref et tantôt long,
c.-à-d. tonique eu muet, masculin ou féminin. 11 est bref
dans laguis, chari, eharis, grêpi, eéméntèri, eètie, crdi; il
est long dans biguï, mati, eamï, camU, toupi, émpéri,
étpavourdi, etc. Dans ce dernier cas, nous le marquons
d'un accent grave pour appeler sur lui le repos et l'insis-
tance de la voix ; tandis que, dans le pn^mier exemple,
nous le laissons simple, parce que l'absence d'accent l'as-
soupit et le rend bref, la tenue se faisant sur la sylkd»
antécédente.
Un peu plus de précision est nécessaire alors qu'il s'agit
de diphthongues, et pour le cas où l't se trouve en contact
avec des voyelles qui ne doivent pas faire alliance avec loi.
Nous venons de voir qu'il se place toujours en tête des
triphthongues; nul besoin de lui donner là un signe spécial.
Mais pour les diphthongues, au commencement, au milieu
ou à la fin d'un mot, 17 qui s'allie d'ailleurs avec UMiles
les voyelles, est premier ou dernier. Or, les voyelles A et
U exceptées, parce qu'elles sont graves et pleines de leur
nature, toutes les autres, y compris la composée o», peu-
vent être masculines ou féminines, sonores ou muelles;
leur qualité ne dépend que de l'accent.
Quand l't précède une voyelle accentuée quelconque, il
est sonnant, mais faible et l'effort de la voix est enlrainA
par l'accent. Aussi en écrivant miè, bien, piHa, fia, 6M/«,
nous indiquons deux sons qui n'en font qu'un, mais où
le dernier est dominant, et celui donné par l't naturel est
presque éteint et confondu dans la voyelle sonore et mar-
quée. Par voie de conséquence, si la voyelle que l't ain^
précède, n'est point elle-mèffle accentuée» la liaiaua qui ae
fait ne change pas son caiactèie de syllabe féminiiie» et lea
deux sons diphthongues soot pour ainsi dire égaux.
1
î
tXff
rendu, que je rende; ^oindie, que je vende; glotio, gloire;
kofio, ferme; éntarioi, paniers de bât; gripio, crèche;
hiaiio»^ bètes; etc.; les désinences i» et io, privées d*acceni,
sont féminines, et, voyelles diphthonguées, se prononcent
d un jet avec leur valeur normale. 11 en est autrement
dans les terminaisons en mêmes lettres réndiè, rentier;
iaearià, traître; pià, dindon; ealid^ chenet, etc., qui por-
tent avec Taccent la force du son sur la seconde
voyelle.
Lorsque Tinverse se présente dnns la diphthongue, c.-à-d.
que r» termine la syllabe, pour éviter toute confusion avec
le français, qui a d?s combinaisons graphiquement sem-
blables s^ns les diphthonguer, il convenait de revêtir Vi
d'un signa spécial qui, sans rien ajouter au son naturel,
permit cependant de le distinguer en ne transformant pas
b syîlabe en une voyelle composée. Une seule exception
aétô faite pour cinq ou six mois; elle est expliquée à l'art.
EL Nous avons donc orthographié pantaï, rèï, erii, eriire,
VJXre, galoï, souk', etc. , pour avertir que la tonique repose
sur it voyelle qui précède Vï, en l'appelant néanmoins à
elle pour n'en faire qu'un son.
Vi, au commencement de la diphthongue formée par la
composée ou, n'a pis à suivre d'aulres principes que ceux
applicables aux voyelles non accentuées, et par là même
féminines, comme inténdiou, qu'ils entendent, véndiou,
qu'ils vendent, counèistiou, qu'ils connaissent, pérmétiou,
qu'ils permettent, etc. Mais, avec la même composée ou,
il entre souvent dnns une diphthongue essentiellement
masculine, et il devient très-tonique et lung; par ex. dans
D,ou, miou, $iou. Itou, léisiou, liouro, éscrioure, etc. Ce
caractère plus marqté, nous le notons d'un accent circon-
flexe, qui oblige à prolonger plus longuement le son.
Enfin, à cause de la uiultiplicité des cadences sonores
qu*affectionne notre langue, 1'/ se prodigue volontiers
entre les voyelles simples et les diphtongues et il en adoucit
le conLict. Cette position est des plus difficiles à figurer,
parce que Vi impressionne en même temps d'une mouillure
la voyelle qui le précède et celle qui le suit. La clarté de
la vo^ilisition exige alors nivd marque particulière qui
isole 1rs syllabes et permette de les scander sans confusion :
c'est le tréma sur l'i' qui remplit cet office. Le tréma est
d'une néccssilé absjlue pour indiquer celle séparation :
sans lui les voyelloi qu il prècèiJc ne manqu^^raient pas de
te lier avec celles qui ne doivent pas faire corps ensemble,
et il serait iiuijossibie d.î s^ r.»co.maitre, d'épeler et de
prononcer certains m )!s iMs qu3 vAiuïè, giroflée; rdout^,
banc do pierns rouïlou, rnyal; ra\ôou, rnyol; vi'èVo^ vieille :
en s'interposant, 1 1 ti'é.na établit l.i disUnction des syllabes ,
détache chaque» partie du mot pir unr; mesure presque
insensible et lui sert en mène temps do liaison. Cet effet
se simplifie lorsque !'¥ irëmx sj place entre deux voyelles
simpl>*s dont la seconde est diphthonguée, comme païo,
i(Xo, eéflè, eut} : la toutes les lettres sonnent séparément
pour ainsi dire, seulement i't, qui so fait sentir, ne forme
pas une syllabe, mais adoucit la voyelle qui le suit en
mouillant sa consonnance, et en lui laissant son caractère
masculin ou féminin suivant qu'elle a ou non l'accent.
Enfin, notre dialecte a une sorte d'/ initial, qui produit
le même effet sur la syllabe précédente que VH aspirée, et
que pour cela nous nommerons / aspiré. Quelle que soit
la voyelle qui le rencontre, muette ou tonique, il n'y a pas
d'élision et point d'hiatus avec elle : la consonnance placée
avant lui ne fait pas non plus de liaison.
Quelques exemples feront mieux comprendre cette sin-
gularité : on dit dé iuèn, de loin, lou ian, le lien, èro iéou,
c'était moi; qucUre iards, quatre liards; tin iè, un lit; uno
iéchoto, une couchette; et l'on ne peut prononcer d'iuèn,
Vian, èr'iéou, quatr'iardt, un'iè, un'iéchoto, etc.
Quand nous en viendrons à étudier les élisions et les
syncopes, nous signalerons d'autres cas également curieux,
qui s'éloignent des règles établies dans la prosodie française,
et que chez nous l'usage a adoptés et consacrés. Pour le
moment, nous avons à dire que cette bizarrerie nous
semble tenir à l'étymologie des mots cités en exemple et de
leurs consorts. En effet, iuèn, iard, ian, iè, et les autres
viennent du français loin, liard, lien, lit; dans quelques
localités, d'où s'est inspiré Sauvages, on leur conserve
encore VL initiale, qui disparait complètement dans notre
dialecte local ; mais comme on croit encore sentir sa pré-
sence, l'oreille et l'usage se refusent à la liaison ou à l'éli-
sion de la syllabe précédente.
Cependant le mot iéou est comme une exception dans
l'exception elle-même. Mais aussi est-il bon de remarquer
le chemin qu'a suivi notre langue pour arriver jusqu'à la
forme actuelle dans les versions dialectales usitées et sou-
vent très-diverses. Il est probable que nous avons dû dire
et écrire Jou et Jéou, comme font encore quelques-uns de
nos voisins, et cela à cause de la confusion dans l'alphabet
du / ou / consonne avec / voyelle, et aussi parce que le
pronom venu du lat. Ego, passé dans le fr. Je, avec le
changement du G dur en G doux ou J, avait apporté cette
modification dans le languedocien. Ces deux motifs ont
influencé certainement l'orthographe et la prononciation,
et ont fait maintenir l'aspiration. Elle ne peut pas être
figurée, mais personne ne s'y trompera; ici l'oreille, le
goût et l'usage sont souverains, et il n'y a point de heurt
choquai. t dans ces rencontres que la nature même de notre
voyelle explique et juclifie : Émbé iéou, tui et iéou, sont
aussi doux et aussi faciles à articuler que lou iè, un for
ian, uno iécholo; sans hiatus, sans rudesse, l'i se main-
tient de même qu'il le fait en poésie, où on l'entend et où
il ne compte pas dans la mesure et le nombre des pieds.
La prose a le même priviiéje et dit par ext. : lou cémén-
tèri es bel; lou ckari anavo plan, OÙ en scandant on trou-
verait sept sons divers, mais qui ne formeraient que six
temps, à cause de l'élision insensible. Ce ne sont pas des
licences de poètes que le quidlibet awlmdi absout, mais la
prose elle-même, comme on le voit, en ose sans hésiter»
408
IBR
lE
par le seul sentiiDeat inné et harmonique de sa diction
ordinaire.
I ou Li, pron. relat. et adv. Lui, à lui, à elle; y, là, à
cela, en cela. — / dounère, je lui donnai. / digues, vous
lui dites. Mouttras-i, montrez-lui. Anas-i, allcz-y. Fàou i
gâta, il faut passer par là. Que vos i faire? que veux-tu
faire là, à cela?
Dér. du lat. Ibi, ou du datif de JIU.
II interj. Va! en avant, marche! c'est le cri avec lequel
on excite Tallure d'un cheval et particulièrement d'un àne.
Impératif pur lat. du v. Ire, i, va.
la, V., pour Lia. Lier, mettre un lien ; serrer avec une
<M)rde, avec un lien quelconque; joindre; unir; engager,
au pr. et au flg.
Dér. du lat. Ligare, m. sign., ou du fr. Lier.
laïre, s. m. Au fêm. laïro. Lieur de gerbes, de fagots;
•enjaveleuse, femme qui lie les gerbes, les snrments, etc.
lan, s, m. Lien, cordon ; scion d'osier qu'on tord pour
lier des fagots; tout ce qui sert à lier. — Un ian dé
rasins, plusieurs grappes de r.Jsins réunies en faisceau par
un lien, qu'on suspend au plancher ponr les conserver en
hiver.
VèT. du lat. Ligimen, lien.
lard, s. m. Dim. lardé. Liard, petite monnaie de cuivre
valant trois deniers.* — Un tardé, un pauvre petit linrd,
la plus chétive aumône. Fôou pas régarda Aou dariè iard,
il ne faut pas regarder le dernier denier, c.-à-d. il faut èlre
coulant en affaires et ne pas s'arrêter à une misère de dif-
férence sur un marché.
Il est bien entendu que le d final, qui ne se prononce et
ne se lie jamais, n'est conservé que pour Tétymologie et
en faveur des composés qui le reproduisent.
Les savants ne sont pas d'accord sur la dérivation de ce
mot. Ménage, Génin, Ampère y voient un nom propre,
celui de l'inventeur de cette piécette, en 4430, Guignes
Liard, d'une famille de Crémien en Dauphiné, où les dau-
phins de Viennois, dont un, Humbert H, avait été sei-
gneur d'Alais, battaient monnaie. D'autres prétendent que
la fabrication des liards remonte au temps de Philippe le
Hardi, et prit de lui son nom. Quelques-uns pensent que
cette monnaie a été ainsi appelée de argmtum arsum,
argent brûlé, noir, li ars, à cause de sa couleur et par
oppsition à celle qu'on nommait H blancs, les blancs, au-
tres pièces de couleur blanche. On a invoqué le basque qui
dit Ardita, sorte de monnaie de valeur aussi de trois
deniers.
lardàon, s. m. Don du prix d'un liard; maigre et mince
libôralité.
lardàja, v. Liarder ; se faire "payer les plus petites frac-
tions du prix d'un marché; marchander minutieusement;
demander l'aumône.
Ibrongno, adj. des deux genres. Ivrogne, ivrognesse;
qui est ivre d'habitude.
Dér. du lat. Bbrius, ivre.
Idèlo.s.f, Dim. Iltiélo: péj. lîiXisso, Idée: pcnséo
réfléchie, méditée; dessein; envie; projet; repiéjentalioa
qu'on se fait d'une chose existante ou chimérique; imagi-
nation; conception; parcelle, molécule, brin, petite quan-
tité de quelque chose. — Aquà*s moun idCïo, c'est là mon
idée arrêtée; ma volonté précise; ma manière de voir. AM
idèïo d'aquélo fïo, j'ai des vues matrimoniales sur cette
jeune personne. Aï bien idiïo dé y-ana, j'ai grande envia
d'y aller. Quinto idiïo té prén ? quelle idé?, quel projet vous
est venu là? Jl' id^o que,. ., je présume, je pense, j'ai dans
l'idée que... Uno idtïéto d'oli, dé v'naïgre, déjâouvèr, une
gouttelette d'huile, un filet de vinaigre, une pincée, un
tantinet de persil. Idëiassos, mauvaises pensées, pn)jets
déshonnètcs.
Dér. de lat. Idea, m. sign.
Idèîoùs, OUBO, a^j. Faiseur de projets, chercheur de
plans; fantaisiste; capricieux.
Idoul ou Idoula, s, m. Hurlement du loup; cri plaintif
du chien.
Dér. du lat. Ululatus, m. sign.
Idoula, V. Hurler; pousser des cris plaintifs, des gémis-
sements.
En bas-bret. Yuda!, m. sign.
Idonlaire, airo, adj. Pleurard; qui hurle; qui gcinL
lè, ièîro, suffixes.
Nous rapproi bons à dessein ces deux désinences à cause
do leur communauté d'origine, et bien que la seconde no
soit pas toujours le féminin de la première. Elles provien-
nent du sulljxe latin Arius, aria, orium; et sont expri-
mées en français par ter, ière. Une loi de notre orthogra-
phe nous fait supprimer la finale r qui ne se prononce pas
et qui a dû cependant exister dans le principe; le fr. la
maintient sans la prononcer non plus; et il se prive,
comme le provençal, de l'adoucissement de l't euphonique
sur la féminine.
Le suflixe iè, dont il est ici question, ne doit pas être
confondu avec une autre finale en iè, très-commune aussi,
et issue du lat. Aria ou Eria. Celle-ci ne s'attache qu'à des
snlst. fém. et reproduit invariablement dans son intégrité
son générateur latin par Ariè, que le françiis rend par
Erie. Elle désigne la profession, le métier, le lieu où
s'pxerce l'industrie, où est établie la corporation exprimée
par le radical; à ce titre elle était appelée à fournir biea
des noms de rues et de quartiers, au moyen -âge; elle
marque encore un exercice habituel, répété de la profes-
sion, la fréquence de l'action avec une sorte d'idée de
petitesse, de détail spécial amoindri. En voici quelques
applications diverses : Drapariè, Bouquariè, Fabrafiè,
Téissariè; Boulanjariè, Révéndariê, Manjariê; Bémqua^
riê, PCéciardariè, Gusariè/eic: Draperie, Bouqoerie, Fa-
brerie, Tisserie; Boulangerie, Revenderie, Mangerie; Niai-
serie, Gneuserie, etc.
Au contraire, la terminaison iê de cet article est atta-
chée à un subst. masc. et en fr. elle est représentée pjr
lÈ
IGN
409
ter ou er. Elle sert à désigner, au lieu du métier, de l'état,
cdni qui Texerce ; non pas Taction elle-même, mais celui
qui agit, comme Capêïè, Saratè, Téïttii, Sabatiè, Tounaïè,
Ésctoupiè, Caritiè, Drapiè, Télatiè, etc.; et encore la fonc-
tion, Tusage, l'emploi de la chose, Candeiè, Èsca'iè, Béniliè,
Paito-mourtiè, etc.; la réunion, l'habitation des êtres ou
des objets indiqués par le radical : Couloumbiè, Pijougnè,
Paulati, Viviè, Fruitiè, PaXè, etc. Elle marque dans ce der-
nier sens, la collectivité, l'ensemble de certaines choses
réunies, le Heu où elles se trouvent et ce qui les produit,
arrivant par là naturellement à former des noms d'arbres,
de fleurs et de plantes; exemples: Apiè, rucher, Abéïè,
troupeau, Caniiè, cannaie, Boutêiè, semis de courges.
Planta, plant de vignes; Plantouïê, semis d'oignons, de
choux, de poireaux, pépinière de chàtnigniers, de mûriers;
Périè, gésier, à cause des petites pierres qui le remplissent,
et Grdouiéfiè, Bousiè, Giroufliè, DindouU, Nouguiè, Cou-
gourliè, Làouriè, Majouflè, Béiicouquiè, Aménliè, Casta-
gne, OuUviè, Figuiê, etc.
On peut même remarquer que, dans beaucoup de ces
dernières désignations, c'est la forme neutre Arium qui a
servi de base : Columbarium, Vivarium, Apiarium, Bosa-
rium, et autres. Le masculin Ariut a cependant fourni le
ptus grand nombre.
Notre désinence iêïro, en fr. ière, qui provient du lat.
Aria, Eria, au fém., et se montre souvent au plur. Ariœ,
Ériœ, ièïros, lèret, a des rapports naturels avec le masc.
Ariuê, et par suite avec la finale lè. Comme lui, elle est
entrée dans beaucoup de noms propres de lieu ; car sa fonc-
tion est de désigner les endroits de réunion de certains
animaux, les quartiers abondants en certains arbres ou
plantes, en objets particuliers de certaine nature, les ate-
liers où se rencontrent certains travaux, ouvrages ou pro-
duits fabriqués ou exploités. Dès lors, les dénominations
collectives de tout ce qui se fait remarquer en masse, en
pluralité comme ensemble, comme production, devaient
être marquées à ce signe. Dans ces différentes catégories
de dérivés, c'est à ceux qui sont restés noms propres de
quartiers que nous nous attacherons de préférence, en
citant sdrtout les appellations locales, et en rappelant
quelques analogies. Ainsi, la Cabriêiro, Capraria, les
chèvres; las Galignèïros, Gallinariœ, les poules; la Gra-
nouiUro, Banuncularia, les grenouilles; la Loubièïro, Lu-
pariœ, Louvières, Louviers, les loups ; la B^inardiiïro, la
Renardière, et Vôoupéïèïro, Volpelière, les renards ; la Ta-
bûgnèïro, les frelons; la Tartuguiè\ro , les tortues; Va-
quièiras, Vaquières, Vaceariœ, les vaches, etc.
Lat Avignètros, Avenariœ, les avoines; la BlaquiUro,
la Blaquière, la Blachère, de Blaquas = Slaquarédo: las
ifouïssiHros, Buxeria, les Buissières = la Boissière =
Bttssières =r Bouïssounargue, Bouïssonargues ; Broussièkros,
Bfogariœ, = las Broustos = Broussoiis = Boussargue,
Brossanicœ, les Bruyères; Canabièïro, Cannetum, Cane-
bière; t^anéïi, Cannaie, les roseaux; ÊouziUro, Bêlzaria,
Elzière, Euzière, de EIze, Ilex, chênaie, les chênes: Fol-
guièiro, Fàouguiëiro, Falguière, Falgère, Faugère, de Fàou»
Fagus, hêtre, Foutaie, les frênes ; Jounquièiros, juneariœ,
Jonqnières = Joncbères, les joncs; Nouzièvro, Auzeriœ,
Nozières, Nougaré =: Noxigarédo, Noyelle = Noueilles :=
Nouguiès, de Nouguiè, de fiux, nucis, noix, nose, nouse,
les noyers; la Bouvièïro, Roubiére, Bouvière, Boveria =
Bouvéïran = Bouvéïrdùu, Rouveirol, dim. = BouvUra,
Rouveirac = Bauv^rolo, Rouvayrolle, de Bobur, Bovariœ,
les rouvres, etc.
Aourièï'ros, Aureriœ, les Auriôres, = Aureillac, Auril-
lac = Auriasses =Auriols, Aurioùl, de Aurum ou Aura;
rArgéntihro, Largentière, = Argentan = Argental =* Ar-
genson, de Argentum; Gipièïro, platriére, de Gipsus, le
plâtre ; Mouieïro, MoHieyriœ, Molière = Mouliôres, Moleriœ
= Moulézan == Moulézargues = Molariœ, les meulièresi
les moulins, les terrains bas, détrempés, arrosés d'eaux ;
Pèïrièros, Perrières = Peyrouse = Peyrolles, Peyrols =
Queyrières; Cadrariœ, = Carrières = Clapières, Clip-
pariœ, de lapis, lat., de Cair, Cairn, cclt., des pierres;
Poulviëiros, Polvières, Polvereriœ, = Polveriegras, Pol-
veriès, dô Pulvit, les poussières; Sablièiros, Sableriœ, les
sablières =r Sablons = Sablonières, de Sabula, les sables;
Téouièïro, Tegulariœ, = Taulières, la Teulière = Tuileries,
les tuiles; Véri^ro, Vedraria, une verrerie, etc. — Voy,
Léngo, Bouman.
lè, s, m. Dim. lèché; augm. léchas. Lit, meuble pour
y coucher, y dormir; lit d'une pierre, côté sur lequel elle
repose dans la carrière ; couche de quelque chose super-
posée à une autre; en anatomie, arrière-faix ou placenta.
— Soubre-ii, ciel de lit. lè courédïs, lit k roulettes. Lou
iè ou porto tout, le lit est un spécifique excellent, dit-un
à un ivrogne qu'on engage à se coucher.
Dér. du lat. Lectus, m. sign.
lèchoto, s. /*. Dim. de lè. Petit lit; couchette.
lèl, j. m. Dim. ièïé; augm. ièïas, OCil, yeux, organe
de la vision ; vue. — A mous ièls vésens, à ma vue, sous
mes yeux, à mon nez. A visto d'ièl, à vue d'œil, à première
vue. La pruno dé l'ièl, la prunelle. Mâou d'ièl, mal aux
yeux. Li tomba un ièl chaquo co que dis uno vérita, amaï
n'es pas borgne, il perd un œil à chaque vérité qu'il dit et
il n'est pas borgne, ièl dé biôou, œil de bœuf, jour en
forme de segment de cercle ou de demi-lune, dont on
éclaire un escalier, un grenier, etc.; lucarne.
Dér. du lat. Oeulus, m. sign.
léon, pron. pers. Moi, et non pas je. — Ce dernier pro-
nom, ni un analogue, n'existe pas en languedocien, cha-
que verbe s'y conjuguant sans les pronoms je, tu, il, etc.
— youn faraï iéou, non ferai-jo moi. Es iéou, c'est moi.
léoti tabé, mieux que també, moi aussi, moi de même.
liou tapâou, mieux que tant pâou, moi non plus.
Dér. du lat. Ego.
Ignonra, v- Dédaigner; ne faire aucune attention à
quelqu'un, comme s'il n'existait pas, ou si l'on ne se
SI.
410
100
lOU
doutait pas de son existence; mépriser. — Vous ignore, je
ne sais qui vous êtes.
Dér. du lat. Ignorare, ne pas savoir. — Le suhst. ou
i'adj. formés en fr. de Ignarut,in privatif et ^narta, igno-
rant, ne sont pas admis en languedocien .
Imaîe, m. m. Image, estampe; gravure enluminée, à
sujet religieux ou profane. — Planta eoumo un imaje,
immobile comme une statue.
Oér. du lat. Imago, m. sign.
Ime, 5. m. Idée; sens; discernement; imagination;
jugement. — A bel ime, approximativement, à vue de
pays. Avès bén ime que,.., vous pensez bien que... Aï pae
gés d'ime d'aquà, je n*ai aucune souvenance de cela. Aï
pas ime d'y ana, je n'ai aucune envie d*y aller. Travaia
d'ime, travailler de tète, dlmagination; faire un ouvrage
sans modèle et sans leçon. Aviê^ ime que véndrUu, j'avais
un pressentiment de votre venue. Aehata à ime ou à
bel ime, acheter sans mesurer, par estimation ou plutôt
par approximation. M'én'a douna sans ime, il m'en a
donné sans mesure et sans raison.
Abréviation du lat. Animus, esprit.
Imouï, imomsso, adj\, ou Mouî, mouisso. Humide;
moite ; légèrement imbibé d'eau ; trempé par la brume ou
le serein.
Oér. du lat. Humor,
' Impoquo, s. f. Empêchement; pierre d'achoppement;
accident fâcheux qui entrave, qui arrête ce qui est commencé.
Incan, s. m. Vente de meubles à l'encan, à l'enchère.
— Voy. Encan, m. sign., m. étym.
Inlo, s. /*. Ile, terre entourée d'eau de tous côtés.
Dér. du lat. Insula, m. sign.
Inoucén, énto, adj. Innocent, faible, simple d'esprit;
idiot; crétin. — Inoucén d'Agnano. — Voy. Agnano.
Intra, v. a. et n. ad libitum. Entrer, pénétrer dans, en-
foncer. — Pode pas intra moun pè din m^un souiè, je ne
puis faire entrer mon pied dans mon soulier. Intras aquél
éfan, que vaï plôoure, rentrez cet enfant, il va pleuvoir.
Jntras voste capèl, enfoncez votre chapeau.
Dér. du lat. Jntrare, m. sign.
Intrado, s. f. Entrée; endroit par lequel ou entre;
action d'entrer; commencement; début.
Intran, anto, adj Hardi; entreprenant; qui se faufile
partout; entrant; insinuant; intrigant.
lô, s. m. Lieu; endroit; place; occasion; moment op-
portun. — Pa'n-ià, nulle part. Èn'ià mai, autre part,
dans un autre endroit.
Dér. du lat. Locus.
lôou, s. m, OCuf, corps organique que pondent les fe-
melles des oiseaux, des poissons, etc. — Claro d'iôou» glaire
d'œuf . CruvH d'iôou, coquille d'œuf D'iôous àou plate, des
œufs au miroir. D'iéous issanlas, des œufs pochés, cuits à
la poêle. D'iôous d'acdou, les biscuits, les rigaux de la
chaux, pierres mal calcinées qui ne fusent pas.
Dér. du lat. Ovum, m. sign.
Ion, diphthongue.
On aura peutrètre remarqué, et nous redirons, que toutes
les diphthongues on intervient l't initial, autres cepen-
dant que celles formées avec l'a on Vu, sont masculiDes
ou féminines, fortes ou faibles, selon que la présence ou
le défaut d'accent vient modifier leur son on leur genre :
ex. : réndiè, fermier, rèndU, que je rende; drapariè et
aparie; papiès et répapies; fia, eafià, et bofio, sofio, etc.
La voyelle composée ou, se joignant à un t antécédent,
se conforme à la règle, mais elle offre une autre particula-
rité. Quand elle se diphthongue, tantôt la tonique porte
sur 1*1, et si alors elle est finale, la syllabe est masculine ;
tantôt les deux voyelles sont égales, unies dans leur son
propre, et la syllabe est féminine : ainsi dans le premier
cas : boudiou, coudiou, éscrouptou, roumUm, et une foule
d'autres; dans le second cas, toundiou, foundiou, éstrou-
piou, roumiou, etc., à terminaison féminine.
Lorsqu'il n'y a pas diphthongue, les voyelles t et ou, à.
la finale d'un mot, ont pareillement leur diversité de genre
déterminée cette fois par l'accent sur la composée, ce qui
la rend masculine, tandis que sans accent la syllabe est
naturellement féminine : par ex. ardtoit et roudïou; eéènioù
et rébïou; coustïoit et rébofusfiou, etc.
Cette distinction a son importance en versification; mais
elle est aussi essentielle à observer pour bien prononcer et
souvent pour arriver an sens dans les mots homographes.
Enfin ce rapprochement de voyelles se rencontre dans
l'intérieur d'un mot, et suivi d'une consonne; là, il n'est
plus question bien entendu de genre; mais, suivant les
cas, r» et Vou sont égaux ou inégaux en quantité, et leur
inflexion diffère, comme dans tiouno et béstiouno; miouno
et mtouno; carïoun et Marioun; sioiUo et malieiouso;
piouta et éspiouna, etc.
De bon conipte, voilà donc la combinaison de deux
mêmes voyelles qui produit quatre modulations dilTérentes;
en ne prenant qu'un exemple de chacune, boudiou sonne
autrement que toundiou, ardioii que roudïou, tiouno que
béstiouno, carïoun que Marioun, Siotdo que gradouwo, et
ainsi d'une foule d'autres.
Il faut pouvoir distinguer ces différences. Nous les re-
présentons à l'œil autant et aussi clairement que possible
par les accents orthographiques et le tréma. L'accent
donne la valeur, rend la note longue ou brève, aiguë ou
grave : sou absence la laisse avec le son naturel et pro[Mie;
le tréma détache le plus souvent la voyelle, adoucit le son
en le doublant presque ou en le mouillant en quelque sorte;
c'est pourquoi la diphthongue seule a besoin d'être accen -
tuée sur l't qui est la voyelle-pivot, et l'accent circon-
flexe lui est réservé ; pour la dissyllabe, la tonique étant
transportée sur ou, c'est celle-ci qui doit être marquôe du
signe quand elle est finale et masculine, car, suivie d*nne
consonne au milieu d'un mot, elle est sufilsammeiit ren-
forcée.
Après cela, il est difficile de comprendre que notre lan-
JOU
IKA
411
gue d'Oc, avec ces variétés de vocalisation et d'intonation
qui exigent une précision assez rigooreose, paisse se trou-
ver bien d'être compliquée encore par le renversement des
notions orthographiques reçues, alors qu'il n'y a pas né-
œssité. C'est là pourtant ce qui a été proposé et presque
imposé par des novateurs, sous prétexte de ressusciter l'an-
cienne et défectueuse orthographe de leurs devanciers.
Irions persistons à croire et à soutenir que l'alphabet
adopté suffit ; et du moment qu'il est convenu que l'on
doit écrire comme on prononce, s'écarter des règles qui,
par le contact des lettres, leur position et leur agencement,
représentent tel ou tel accord à rendre, telle consonnance
à exprimer, c'est évidemment faire de la fantaisie et arri-
ver au trouble et à la confusion, en revenant aux méthodes
abaissées par l'enseignement.
La diphthongue qui nous occupe n a pas échappé plus
que les autres aux prétendues réformes d'une école nou-
velle : ce ne sera pas perdre notre temps que d'essayer de
la ramener à l'orthographe véritable qui lui appartient.
Nul ne saurait contester, après l'esquisse succincte qui
vient d'être tracée, que les sons ou et u n'existent dans
la langue d'Oc, et qu'ils ne soient représentés, l'un par
deux signes et l'autre par un seul : défectuosité sans doute
de nos alphabets, mais insuffisance admise, si regrettable
qu'elle soit, et passée dans la pratique et l'usage ; ce qui
n'empêche point que ou et u ne soient l'une et l'autre de
simples voyelles, reconnues comme telles dans tous les
traités et les nomenclatures grammaticales.
Ceci posé, il est encore incontestable que nos idiomes
ont adopté, dans beaucoup de mots, le son double i-u et
i-ou, l'un et l'autre tantôt joints, c.-à-d. diphthongués,
prononcés d'un jet, tantôt séparés, c.-à-d. dissyllabiques.
Par suite, la conclusion forcée est que, si la consonnance
existe, elle doit être figurée ; si elle est distincte, le même
caractère alphabétique ne doit pas l'exprimer: et notre
lexique s'est cru obligé par une conséquence contre laquelle
aucune objection raisonnable ne semblait devoir s'élever;
suivant en cela les préceptes des maîtres, l'abbé de Sau-
vages, Jasmin, La Fare-Alais et les autres.
Pourquoi cependant certains traités professent-ils en
règle absolue que < la voyelle u se prononce comme en
français, excepté lorsqu'elle suit immédiatement une autre
voyelle; dans ce dernier cas, elle prend le son ou? >
Nous avons déjà exposé, en parlant des diphthongués
Aou et Èou, les raisons qui rendaient inadmissible une
pareille proposition ; nous aurons occasion, sous la voyelle
O, de renouveler nos protestations contre cette hérésie
historique et grammaticale ; ici, sans autre autorité, nous
l'avouons, que celle de la logique et de l'amour de notre
langue, affirmons de plus fort qu'avec t voyelle, comme
avec a, e, o, si la voyelle ou, sonnant ou, se fait entendre
à la suite, il convient d'écrire ou, et que la substitution
de Vu simple ne peut être un équivalent toléré, raison-
nable et satisfaisant. Puis, contentons-nous de prendre sur
le fait quelques-unes des contradictions des réformateurs
eux-mêmes.
Si la règle tant préconisée est vraie et juste, ils ont
raison, par exemple, d'écrire le n. pr. Marius, à la con-
dition de le prononcer Marious. Disent-ils ainsi ? Ce serait
bien romain : mais ils ne vont pas jusque-là. L'u cepen-
dant suit immédiatement l'i.
Grâce au principe, l'm verse aurait droit aussi à réclamer.
Avec un autre nom propre, très-commun, Marioun, il
suffirait d'écrire Mariun : voilà, se réalisant, cette écono-
mie bien entendue de ïo qu'ils traitent si mal, en concours
avec l'u^ quand une voyelle le précède. Si l'on s'avisait,
pour l'honneur du système, de cette orthographe, serait-il
bien certain que le mot fût correctement épelé comme il
demande à être prononcé? Il est quelque peu permis d'en
douter.
Il y a mieux encore : à les croire sur parole, en écrivant
lu iuè, niuè, aniuè, liuèn, dé liuèn en liuèn, etc., ne pré-
tendent-ils pas obliger, et ne se soumettent-ils pas les pre-
miers sans doute, à prononcer lis iouè, niouè, aniouê,
liouèn, dé liouèn en liouèn, etc. Que leur orthographe soit
régulière, la prononciation devra se conformer au principe :
le fait-elle? Non, certes : ils se gardent bien d'articuler
autrement qu'ils n'écrivent. Mais s'il faut ici pix>noncer
nettement tu et là très-distinctement iou, leur formule et
leur exception mêlent tout, brouillent et confondent tout :
pour qui donc sont-elles bonnes? à quoi servent-elles?
L'orthographe dite des troubadours est jugée.
Sur une base si malheureuse, que l'on cesse donc de
rêver l'unité orthographique de la langue d'Oc Que le
provençal soit maître chez lui, rien de mieux ; mais qu'il
soit satisfait, et son lot est magnifique, de nous imposer
l'admiration pour ses chefs-d'œuvre en poésie, sans vouloir
nous soumettre à ses préceptes de grammaire. ijQ langue-
docien lui refuserait ses sufiragcs. 11 a déjà asfiez à faire
à lutter contre le franchiman d'outre -Loire, sans avoir
encore à se défendre contre les importations de contrebande
d'outre-Rbône, si séduisante que soit l'estampille. Et il
dira et écrira toujours : Oh/ sdouvérdiou/ lèou, lèou,
chacun pér se et pér Iou siou; es ce que fôou, énd'aquà pas
mai,
Iragnado, s. f. Araignée, ou plus correctement toile
d'araignée. — Dans le pays on appelle, par corruption
peut-être, l'araignée plus souvent iragnado que iragno. Ce
dernier mot est plus technique et doit être préféré.
Iragnaa, s, m. Augm. à'Iragnado. Large toile d'arai-
gnée; cette multiplicité de toiles qu'on remarque aux plan-
chers des remises et écuries d'auberge, où l'on prend rare-
ment la peine de les enlever et où elles se multiplient.
Iragno, s. f. Araignée, nom générique qui s'applique à
toutes ses nombreuses variétés, Aranea, Linn., insecte de
l'ordre des Aptères et de la fam. des Aranéïdes ou Acérés.
— L'araignée n'est point un poison pour l'homme, à preuve
l'astronome Lalande qui suçait volontiers l'animal vivant :
412
ISS
IZE
les singes en sont très-friands. Mais sa morsnre, inoffensive
dans nos pays, est dangereuse et procure de vives douleurs
dans d'antres contrées.
Dér. du lat. Aranea, m. sign.
Iragnoùs, s. m. Espèce de raisin noir, à grains serrés,
ronds, assez gros. II ne donne pas une grande quantité de
grappes, mais elles sont très-belles. Ce raisin se conserve
longtemps : le cep en est propre, les yeux bien espacés, la
feuille bien découpée.
Son nom lui vient de ce que ses grappes logent une mul-
titude de petites araignées jaunes. Cependant cette parti-
cularité n'est pas exclusive à cette espèce, mais on y ren-
contre plus souvent ces insectes, le rapprochement des
grains leur fournissant un abri plus sûr pour s'établir.
IragnoÙB, otiso, adj\ Couvert, embarrassé de toiles
d'araignées. Au iig. qui est de mauvaise humeur; inquiet;
et cettte acception vient sans doute du rapport de conson-
nance avec Argnoùs, mauvaise traduction de Hargneux,
dont le franehiman a fait faire une sorte de jeu de mots.
Iranjariè, s. /; Orangerie, serre où l'on renferme les
orangers en hiver.
Iranje, s. m. Orange, fruit de l'oranger.
Iranjè, s. m. Oranger, Citrus aurantium, Linn., arbre
de la fam. des Hespéridées, cultivé en pleine terre dans
quelques parties de la basse Provence, à Hyères. Les pre-
miers orangers furent apportés en 4547 de la Chine en
Portugal : de là ils se répandirent aux îles Majorques, en
Italie et en Afrique.
Dér. du lat. AuranHum, m. sign.
Irèje, irèjo, aàj. Capricieux; difficile à vivre; bourru;
revôche; rèche; quinteux.
La racine du mot parait être le lat. Ira, colère : Irêje,
colérique.
Issama, v. Essaimer, former de nouveaux essaims, pro-
duire un essaim, comme font les plus jeunes abeilles qui
sortent de leur ruche -mère, une jeune reine en tète, pour
aller coloniser ailleurs.
Issama, en parlant des abeilles, multiplier. Activement,
éparpiller, disposer, dissiper, répandre, comme un essaim.
Dér. du lat. Examinare, m. sign.
Issan, s. m. Essaim , peuplade de jeunes abeilles qui
quittent la ruche-mère, trop étroite pour toute sa popii-
lation. Une ruche bien entretenue essaime deux fois et jus-
qu'à trois fois dans l'année.
Itsan se dit aussi dans le sens de multitude serrée,
compacte, remuante. — Un inan dé mounde, une foule de
monde ; — d'éscouïês, une troupe d'écoliers; — dé gràovd$$,
d'àoussils, de frelons, d'oiseaux.
Dér. par corrupt. du lat. Examen, m. sign. D'autres
disent du celt. Eczaim, m. sign. ou du lat. Exin, sortir,
qui avait donné au vieux fr. Eiair.
Issanla, v. Pocher des œufs, les faire cuire à la poêle, où
il se forme autour du jaune une pellicule qui le recouvre
comme s'il était dans une poche. — ïaanla, qui n'a
pas du reste d'autre acception, est une fioriture variée du
V. Sanla, envelopper. — F. o. m.
Issar, s. m. Dim. Issarté; angm. Usartat. Essart; lande;
garrigue; bois nouvellement défriché. C'est un terrain dont
on n'a fait qu'effleurer la croûte, dont on a arraché les
souches, les ronces, les épines, et seulement enlevé les
pierres de la surface pour les réunir en tas de distance en
distance. On y sème du blé qui y réussit très-bien d'or-
dinaire pendant trois années, sans autre culture, sans
engrais, ni jachères.
Ce mot a donné naissance à quelques noms pr. : Issarte,
Issartet, Des Essarts, Des Issarts.
Dér. du lat. Sartus, réparé, rapiécé, remis à neuf; essarté.
Issarta, v. Greffer, enter un arbre; essarter; remettre
à neuf. — Issarta un débas, refaire à neuf le pied d'un
bas, ce qui se pratique en faisant un tout du neuf et du
vieux, qui sont joints ensemble sans suture comme la
greffe d'un arbre. Issarta un râoumas, prendre un rhume
sur l'autre; — uno mounino, s'enivrer de nouveau avant
d'être dégrisé d'une première ivresse. Issarta âou eougné,
à l'émplastre, âou siblé, greffer en fente, en écusson, en
sifflet.
En esp. Enxestar, m. sign.
Issartadnro, s. /* Ente, greffe; joint de suture entre
l'ente et le sujet, qui se remarque encore sur l'arbre long-
temps après l'opération et quelquefois toujours.
Issartaîre, s. m. Qui greffe, qui ente; qui fait sa pro-
fession de greffer.
Issartéja, v. fréq. Faire un essart, défricher un ter-
rain comme il Test expliqué à l'art. Issar. — Il ne faut
point confondre Issarta et Issartéja, non plus que Isàar et
Issèr; leurs acceptions sont tout à fait disparates.
iBfièr, s. m. Jeune arbre nouvellement greffé, ou qui ne
l'est pas encore et qu'on destine à être enté.
Issèrqnes, s. m. plur. Sentiers tortueux et difficiles,
qui allongent souvent te chemin au lieu de l'abréger
comme las courchos, et qui ont pour but de suivre les sinuo-
sités d'un torrent, d'un ruisseau, d'une rivière, sans les
traverser. Sauvages les appelle Eschitpàs an FsehirqtÊos.
Issonlén, énto, at//. Dim. IssotUéntà. Insolent; orgueil-
leux; effronté; qui manque de respect.
IsaoQlénço, s. f. Insolence; effronterie; parole hardie.
irrespectueuse et provoquante ; outrage.
Dér. du lat. Insolmtia,
iMailço, s. f. Distance d'un point à- un autre.
Corrupt. du fr. Distance.
luèn, adf). Loin; à une grande distance. — Dé iuên en
iuën, de loin en loin, par longs intervalles. Se vêt dé imên,
on l'aperçoit de loin. Po pan'a pu tuèn, il est au bout de
sa course, il ne peut plus vivre au-delà.
L't initial est aspiré ; il ne s'élide pas et ne £ait paÀ
hiatus.
Dér. du lat. Longé, m. sign.
Isèto, s. f. Z, nom de la dernière lettre de l'alphabefl'.
JA
JAL
418
J
1, f. m. Consonne, dixième lettre de Talpbabet : se
nomme et 8*épeUe Ji.
La consonne J se classe comme aspirée palatale faible.
L'articulation qa'elle représente était inconnue dans les
langues anciennes^ et le signe n'en existait pas ; il resta
même longtemps confondu avec L celui-ci considéré tou-
jours voyelle, et J ou I long pris comme consonne. Au-
jourd'hui encore, les langues qui ont la même origine que
la langue d'Oc et la langue d'Oil, l'expriment d'une ma-
nière différente : l'ital. écrit Giamma, Ciardino, GiaUo;
que le fr. écrit jamais, jardin, jaune, comme le lang.
jarnat, jardè, jàounB. L'esp. adopte le caractère, mais le
confond avec Vx et le prononce avec une forte aspiration
gutturale, sonnant presque comme K, Koia écrit Joia.
Nous sommes plus près de la vocalisation italienne, douce
et siflUante; et c'est pourquoi, tout en conservant le signe,
sa dénomination et son articulation la rappellent.
Ainsi nous employons le J :
4« Dans tous les mots où nous avons à faire sentir la
prononciation du G doux, c.-à-d. devant les voyelles a,
o, ti;
2^ Dans les mots, qui semblent communs avec le fr., où
l'on pourrait placer le G sans inconvénient de pronon-
ciation, seulement dans le but de leur conserver la phy-
sionomie de leurs correspondants: ex.: jante, jénio; jeton,
jîfoù; jumelle, jimèio; jeter, jéla, etc.;
3^ Dans des mots et divers temps de verbe où le J est
suivi des lettres e ou t, lorsque ces mots sont les com-
posés ou les co-composés d'autres mots chez lesquels le G
deviendrait dur et guttural. Nous écrivons VUuje, car si
nous mettions VUage, comme la terminaison française,
nous obtiendrions au dim. et à Yaugm.VUagoù et VUagas,
Or, il nous a paru impossible d'avoir deux orthographes
différentes sur des mots d'une origine identique. Ceci est
encore plus sensible dans les conjugaisons : les verbes en
ja à TinGnitif sont très-nombreux, il nous a paru néces-
saire de laisser subsister ce j dans tous les temps où il est
suivi des voyelles e. i, ou : chanja, chanje, chanjou, chan-
jamin, ehanjên, chanjèrou, etc.
Ja! inierj. Dia, cri ou plutôt commandement des char-
retiers pour faire aller ou tourner les chevaux à gauche,
comme Enéou, et en fr. A hue, ou à burau, à hurant, si-
gniGe : à droite. — L'un tiro à ja, Vàoutre à ruôou, Tun
tire à dia, l'autre à hurant; au ^g.^ ils ne sont nullement
d'accord, ils agissent en sens contraire; quand l'un veut
blanc, l'autre veut noir.
Jabô, ê, m. Dim. Jahouté; augm. Jaboutas. Jabot, or-
nement de mousseline plissée ou de dentelle à la fente du
haut d'une chemise d'homme. Par ext. estomac, poitrine.
— Faire jabà, se pavaner, s'enorgueillir; prendre plaisir
à la louange.
Jacoù, ou Jacoupé, éto, dim., s. m. et f. Niais ; dadaia,
imbécile. — Le fr. emploie dans le même sens : JaquinH,
composé de même.
Dér. du lat. Jacobu$, Jacques.
Jaîé, s. m. Jais, bitume, fossile d'un noir très-brillant
et solide, qui prend un très-beau poli ; sorte de verre teint
en noir, qui en est une imitation.
Jaire, v. Coucher; être couché; reposer à plat. — Se
dit d'une pierre qui pose bien sur sa base. Fdi-la jaïn,
pose cette pierre de manière qu'elle touche hermétique-
ment sur son assise.
Séjaïre, se.coucher; se tenir couché. — Vaï té jatrt,
va te couche', tu m'ennuies.
Dér. du lat. Jacere, coucher.
Jaisso, s. f. Gesse, espèce de lupin ou de fèverolle,
Lathyrus saiivus, Linn., plante do la fam. des Légumi-
neuses, cultivée partout.
Jala, V. Geler, glacer; endurcir par le froid; faire périr
de froid. — Se jala, mourir de froid. Aquà's un mariajê
jala, dit-on ou disait-on de celui où l'amour ne joue qu'un
faible rôle : dans notre siècle positif, où Ton a changé tout
cela, cette phrase signifie aussi un mariage où il y a plot
d'amour que d'argent.
Dér. du lat. Gelare, m. sign.
Jalado, s. f. Gelée; action de la gelée, froid qui la pro-
duit; saison des frimas.
Jaladuro, s. f. Gelée, dans le sens de l'impression qu'elle
fait sur les èti'es vivants et inanimés: gelivure.
Jalarèîo, s. [. Gélatine, gelée animale, suc ou jus coa-
gulé.
Jalibra, v. Verglacer; faire du givre; faire de la gelée
blanche, du verglas. — Fos jalibra, bois roulé, dont quel-
qu'une des couches circulaires manque d'adhérence et sa
sépare quand on le travaille, ce qui le rend impropre à
tout ouvrage. Ce vice provient de ce qu'à la formation de
cette couche la sève a été surprise par une forte gelée qui
l'a glacée et a empêché l'adhésion successive des couches
superposées.
JaÛbre, «.m., ou Barbasto. Givre, gelée blanche; ver-
glas. — Ce météore est formé par les vapeurs qui s'élèvent
de la terre et que le froid surprend la nuit et condense à
414
JAN
JAN
la snrfaroilu sol ot sur los [ilant':*'^, on s'y formant on cris-
tal lisilioiK
On (liMino (lo piviï'ronco lo nom d^ Jah'bm un î^ivn'
d'hÏMM', cl ('''lui (Jt^ Hdihastn ;ni\ ucl.'ts l»laiii-|i»\s fin prin-
temps, (jiii sont si i'uijost(\s aux lunir^^'Mns cl mciiK^ à la
feuille (''pin'>iiie ilu mûrier cl de la vipuc.
Jalo-fré, r/ //. (les «lcii\ genres. l'iileuK, transi (le IVud.
qui craiiil le l'rnid. An Tilt. [iM*s>nii'* dilli.ile à éiii ujxitir,
d'un tem[iérament froii cl ins'fisihle A lain lar ; un [)is^^; -
froid.
Jaloûs, OUSO, n.lj. Jalnu\; cnvieuv; d'''sireu\; alleiilif
à CdiiS'rwr une ch"se ac^iui-". à irard^'r, à mainleoir, à
accrnilr'' un li'n-n, une snlisi'e-li m. — l.s jn'tn'fs <lr sons
dnuhir--, dr muis hoiujKc.s^ ]\ |i"!l1 !"■ 'rliMiH'nl a la li'Ue \eiiue
de SCS arlues eu de >'^s (leui's; il (Mi pivnd un ^ur.iiid s. in.
Jalousie, v. /'. .I.doUsie; ('n\ie; eli ilOMU de \iiir pi>Asé-
der |»ar un aulie ce cpi'on d'>ire a\'>ir p:)Ur S'>i-iu'''iii'' ;
Iniillis, S'U'I'.' de vnlci (le fciu'Mre à claire- voie.
Kn il.il. (ir/nsid , m. ^iLMi.
Jamaï, r/ /r. de tem[)>^. Jariiais, dans aueun I(Mii})s ( To//.
James . — JiinKiï fi>off (I rc 'l'n'j!ii''n (l'ifj) nr.itn {nuniri'i,
pi'vl)., il ne |';iul pas dire, leul liic, je m • htii'ii p:>s d" Inn
eau. Janmi amuiroim Vi'i (j'u/jtK ùs natin ojné b.'lo (nnit/o,
prvh., jamais Imuleux. n'iail belle amie.
I)eu\ pri>\erlM's (|ui se tr'iU\''nl ana'aineaieni dnis In
deux lanL.;ues, avec leur expr* ^si()n p.irlieuli're «pii n'''sl
pas t'>ul ;\ fait une Iradui'linn nutt à frint, \\\]\^ m'i l'id-M-
lité de sens est n^pni Inile. Msl-ce le l;in«:. un le fr. «pii
doiv<'nl Cl) rc\(aidi(pier la {iiim;!u!é? M Tun ni l'aulie,
sans (Imite; (.-ar la sij^o'ssc des naliiUis n'av.iil pas alt-Midn
leur formation [)our metlre ces vi-ialcs en axiom-'s; niais
chaque uliome li^s a n^udues ;\ sa manière.
I)cr. du la t. Jam huk/îs.
Jambar, ar do, '/'//. nnnavu-lic, l>aneal,(]ui a les jandies
tortues.
James, adv- de temps. Jamais, en aucun tempis. —
S'em[»l(tie plus ranMiieni ijue .lavu.i ; mais il scmlile avoir
quel(|ue chose de plus eue r^nijuc, de plus virtuel, de plus
tranché; il appartient au dialuLOie plus (ju'.'i la narration.
Bien qu'il soit plus identique au fr., il est fort dans le
génie du languedocien.
Jan, s. m. n. pr. d'homme. Dirn. Jaiif^, Jand. Jean.
Dér. du lat. Jnnunns ou Johannes, venu de l'héhreu
Jchohhanan, grAce de Dieu. En v. fr. Jehan; en ital. Gio-
vanni; en esp. Juan.
Nous avons dû placer ici alphahétiquemenl ce mot, ses
dérivés et ses composés, pour nous conformer à la règle
de notre orthographe, (jui supprime toutes les lettres qui
ne se prononcent pas.
Jan (Sén), n. pr. Au masc, n. pr. de lieux en grand
nombre partout : au fém. fête de Saint-Jean Baptiste, le
24 juin. — La Sén Jan ou pér Sén- Jan, le 24 juin. C'est
une des époques principales de l'année pour les termes de
paiement et autres afTaircs. Cette échéance de la fête de
SaiiU-Jean Baptiste vient sans doute de ce ^\\^^ cette date
on a fini et réalisé la récolte dt^s cocons, et ipie tout le
monde est censé av( irde l'argent. Klle divise aussi l'année
cgaltMiieiit. en deux, seiueslivs. Ces cisconslanccs concoQ-
rent à eu faire un terme remarquahle.
Scn-Jan das ancls, Siint-J» an de M.U'iK'jols, commune
du cnil m dr; Hai-jac ((lard), ainsi n wniuée parce qu'au-
trefois il s'y fahriquait une (jnanlilé de hagues, ands, en
crin avec cliilhes cl devis(\s. Il s'y tenait une foire exprès
pour ct.'Ue industrie.
Scn-Jan (lé (InrtUnini'miuo, Saint-Jean du Gard, chef-
lieu de canton, arrondissement d'Alais.
Sin-Jiin di' l<;s cchos, Saint Jean de Valériscle, commune
du canlcu ih; Saint-Amhnûx. ((iard), renomujée pour sa
judduçtini) (Tun pi'lit oigion délicat, espn-e d'échalolte,
dont elle fiii eomfiierce et expurtalion : de là déiivc son
surnom.
iN'tus ne rapportons pas un plus grand nombre de ces
localités «pii ont le nom de Saint Jean, bien que noire dé-
pirl'Miieiil et Tarr- indissrment d'Alais en foarni.<.s«3nt beau-
couji d'aiilres, parce (|n'cn lang. elles ciuisorvenl le même
stiiii'iiii disliiK-tir (|u'cn fr. .Nous a\(ais cité les trois com-
munes ci(l''^sus à cause de la diirérence de leur appella-
lioii IV.nKviise a\ec leur désignation Usuelli! et jjopulaire.
Jané, s. m. Dim. de J<in. l'ils de Jean, cjuand il e^l
n. pr.; mai^, suhsl. m., il signille : un jeannot, un niais,
un imb-'cile, (jui se laisse mener par le bout du nez; qui
S(^ laisse in^uller, lUitlesler; on encure un Jocri.^se.
Janén (Sén), Sén-Janénquo, a//. De la Saint-Jean;
(pii vieiii à la Sainl-.lean, en parlant des fruits et produits
d(* la terre; hihilanl de l'une des commun(\s «|ui portent
le nom d(» saint Jean; mcinhre de la confrérie de Sainl-
Jean, (|ui existe a Alais, dont la cathédrale est sous Tin-
vocalion de saint Jean Baptiste.
Janénquo (Scn), .s. f. Territoire de l'une des communes
notinnécs Saint-Jean, ou de plusieurs communes dont un
Saint-Jean serait coiuuje le chef-lieu.
Janéto, s. f. n. pr. de femme. Dim. de Jano. Jean-
nette.
Janétoun, s. /. n. pr. de femme. Dim. de Jano, qui a
lui même un dim., Janétonne. Jinmneton.
Jan-fénno, s. m. Homme qui se môle des ouvrages
ré.servés au\ femmes, des menus soins du ménage; un
tfite [loule.
Jangla, r. Glapir; crier comme un chien qu'on frappe.
— Jangla dâou fré, grelotter, trembler de froid.
Dér. du loi. fiemere, gémir.
Jangladisso, s. f. Glapissement d'un chieu qu'on
châtie.
Jangoula,r.,ou Gingoula. Geindre, gémir; se plaindre
languissamment, à diverses reprises, comme par habitude.
Dér. du lat. Vlulare.
Jangoulaire, airo, adj. Pleurard; qui se plaint d'ha-
bitude ; qui ne cesse de se lamenter.
JAO
JAQ
415
Jasgonlino, ». f. Ripopée, boisBon sans saveur ni verbi.
— Foy. Ctn^ott/iAo.
Jano, », f.VL. pr. de femme. Dim. Janéto, Janok, Jané-
Umn, Janétouné. Jeanne.
lanô, ». m. n. pr. d'homme. Dim. de Jan. Jeannot. —
Gstte variante touche de prés à notre dim. Joué; mais Janô
a un peu moins le caractère de celle ingénuité niaise que
oelui-ci représente. Le fr., au contraire, son correspondant,
en est devenu le type, depuis la fin du siècle dernier. Une
pièce de Durvigny lui donna une vogue extraordinaire, et
le JanoHsme, longtemps de mode, fit fureur. Les calem-
bredaines et le langage de Janot, après un succès fou, sont
aujourd'hui abandonnés et ne font plus rire ie public, qui
se prend au charme d'autres farces, ni plus ni moins spi-
rituelles peut-être, mais qui le sont autrement et l'amusent
davantage.
Jansono, ». f. Gentiane, Gentiana lutea, Linn.,à fleurs
jaunes, plante de la fam. des Gentianées, commune dans
le Midi. Sa racine, tonique et stomachique, est employée
avec succès, dit- on, contre la goutte.
Pline assure que son nom lat., dont le nôtre parait
formé avec quelque inversion, lui \ient de Geniiu», roi
d'Illyrie, qui, environ 150 ans avant Jésus-Christ, décou-
vrit les vertus de cette plante.
Janyiè, ». m. Janvier, premier mois de l'année suivant
notre calendrier actuel, composé de trente-un jours.
Dér. du *at. Januariu»,
Jâoime, ». m. Jaune, la couleur jaune.
Dér. du lat. Gulbinu», vert pâle.
làoime, iâouno, adj. Dim. JAouné; péj. Jàouna»,
Jaune, qui a la couleur du safran, du citron; livide; pâle.
— Le j;)uiie foncé se dit Bouje.
lâoune, ». m. En terme de magnanerie, désigne le ver-
a-8oie, magnun, atteint de cette maladie, qui est une dé-
eomposilion véritable, et une variété ou un symptôme de
ce qu'on nomme aujourd'hui la Flacheriê.
lâoQnéja, v, fréq. Jaunir; tirer sur le jaune; paraître
ou devenir jaune.
Jâouniie, ». f. Couleur jaune, celle que prennent les
feuilles en l'arrièie-saison, et non jaunisse, qui se dit lou»
Étfourés. — Yo^. c. m.
lâouEséml, s. m., ou Jâousaéinin. Jasmin, Ja^mmum,
Linn., arbrisseau de la fam. des Jasminées. Il est origi-
naire du Malabar. Sa fleur blanche, étoilée, à suave odeur,
et la flexibilité de ses rameaux en font l'ornement et le
charme des berceaux et tonnelles de jardin.
IftouTèr, ». m. Persil, Apium petroselinum, Linn., plante
de la fam. des Ombelliféres, cultivée pour les usages de la
cuisine.
On a dit que son nom était une corrupt. du fr. /ufverl.
JàouTèrtaaao, t. f., ou Coucndo ou Jonbèitmo.Ciguê,
Conûum maeulatum, Linn., plante do la fam. des Ombel-
liféres qui croit dans les lieux humides et gras. C'est le
de cette plante qui fournit le poison de Socrate.
Son nom lang. lui vient de sa ressemblance avec le
persil, et il en est le péjor. à cause de sa vertu malfaisante,
il est prudent en cueillant le persil de ne pas faire con-
fusion, ce que l'on prévient en remarquant que la ciguë a
la feuille plus large, qu'elle exhale une odeur désagréable
et difièreiite du persil, et que sa tige est parsemée de taches
noirâtres.
Japa, V. Japper; aboyer; pousser des aboiements; aver-
tir par sf*s cris ; crier beaucoup. — È» pàoure que japo, il
est au dernier degré de misère, au point de manquer de
pain et de crier famine.
Formé par onomatopée.
Japadla, s. m., ou Japariè. Aboi; aboiement de plusieurs
chiens à la fois.
Japaîre, airo, adj, Aboyeur; clabaudeur; qui se plaint
de tout et de tout le monde.
Japariè, ». f. — Voy. Japadi»,
Jaqnaa, ». m. n. pr. Augm. de Jaqu$. Gros Jacques;
gros et vilain homme du nom de Jacques. — Pàoun
eoumo Jaqva», pauvre comme Job. Fatre Jaqua», faire le
chien couchant; caresser, flatter l'homme ou plus fort oa
plus puissant que soi.
Le n. pr. vient certainement du lat. Jaeobu»; mais à la
dernière acception, le lat. Jacere, se coucher, pourrait
bien avoir quelque peu participé.
Jaque, s. m. n. pr. d'homme. Dim. Jaque. Jacques.
A propos de ce prénom, il convient de faire une obser-
vation qui s'ap[ lique à tous les autres : c'est qu'en déâ-
gnaut un individu par nom et prénom, on les sépare d'or-
dinaire par la particule dé, de, non point par aucune pré-
tention nobiliaire, mais comme si le nom élait pris là pour
appellation de race, de famille, dans la personne du père.
Ainsi l'on dit : Jaque dé Bédn», c.-àd. Jacques, fils de
Bédos. Quelquefois la chose se pousse plus loin : c'est la
mère que l'on prend pour type de la famille, et l'on dit:
JcLque dé Bélosso; ce qui arrive soit lorsque cette mère,
restée longtemps veuve, a été regardée comme chef de
famille, soit lorsque la mère, un peu maitresse-femme,
plus connue du public que son mari, est réputée, comme
on dit, porter les culottes.
Jaque, s. m. n. pr. d'homme. Dim. de Jaque. Petit
Jacques. — Faïre Jaque, faire le poltron; mettre les pouces;
s'enfuir devant un danger ou une rixe. Un jaque est
une coiffure, ou plutôt une manière de tailler les cheveux
en brosse : le toupet ainsi taillé se nomme jaque.
Jaqnéli, >. m. n. pr. d'homme. Sorte de dim. de Jaque,
qui se rapproche par le sens de cet autre dim. Jane et
implique aussi une idée de niaiserie candide et ingénue;
un Kicaise, un Nicodème, un Janot.
Jaqnélino, ». f. n. pr. de femme. Jacqueline. — Gomma
le précédent, son masc., également formé de Jaque, ^\ rap-
pe tant une certaine synonymie avec Nicette, d'une nai-
plicité un peu sotte.
Jaqnéto» ». f. Gorpa de jupe; habillement court da
416
JAS
JAS
femme ou d*enfant, sorte de spencer qui tient à la jupe
sans èlre de la même étoffe.
Ce mot, qui a été francisé pour désigner un vêtement
d*homme qui tient le milieu entre la veste et la redingo te,
est on dim. de jaque, nom passé de mode d*une sorte de
pourpoint et de colle d*armes au moyen- âge. Ijb fr. Ja-
ptêttB est donc fort de mise. Jaque était une sorte d*an-
denne casaque à Fusage des gens de guerre. Dans le même
sens Tesp. dit Jaca et Tital. Giaco. En boll. Jak, casaque,
cape; en island. jacka; en angt. Jacke; en allem. Jack-
d^en, surtout, jaquette.
Jardl, 5. m. Dim. Jardiné; augm. Jardinât, Jardin,
lieu clos où Ton cultive des fleurs, des légumes, des arbres.
En gniiois Gard; en allem. Garden, m. sign.
Jardignë, «. m. Jardinier; maraîcher. — Barlo déjar-
dignè, barbe clair-semée : Torigine ou Tallusion de ce
dicton n'est pas assez propre pour pouvoir être expliquée.
Jardignèîro , s. f. Jardinière, femme d*un jardinier;
marchande d'hortoinge. v
Jardinaje, s. m. Hortolage ; légumes et herbes de toute
espèce cultivés dans un jardin potager; plantes potagères.
lardinéja, v. fréq. Jardiner; s'occupor aux travaux de
rhorticulture; arranger, travailler un jardin.
Jaré, s. m. Jarret: partie postérieure du genou; endroit
où se plie la jambe des animaux à quatre pieds; jarret de
cochon.
En bas-breton, Garr, jambe; Jaritel, jarret; en gallois,
Car, jambe et jarret; en irlandais, Cara, jambe.
JaréUè, ièîro, alj. Cagneux, dont les genoux se tou-
chent ou chevauchent en marchant; jarrelé, en parlant
d*un cheval dont les jarrets de derrière frottent et se
croisent.
Jarétièiro, s. f. avec la signification de jarretière, est
du pur franchiman : on dit Cambaïè. — V. c. m.
Jas, 5. m. Gîte: couche, endroit où on a demeuré et
couché; limon, bourbe, dépôt au fond d'un vase, d'un
tonneau. — Jai dé moulï, gite d'un moulin, la meule
gisante et immobile. Loujas <ldou fé, la fane inférieure du
foin qui ne monte pas et qui reste drue et touffue : celte
herbe, toujours plus verte et plus tendre, donne beaucoup
de volume et de qualité au foin. Lou Jas d'un méloun, la
couche d'un melon, lo côté sur lequel il repose et qui
mûrit plus vite. Lou jus dàou vinaigre, le sédiment qui
reste au fond d'un tonneau à vinaigre et qu'on y laisse
déposé. On trobo pas dos lèbres àou mémo jas, on ne prend
pas deux lièvres au même gite : c'est un heureux hasard
qui ne se répèle pas deux fois.
Dér. de Jaïre, formé du lat. Jacere,
Jasén, énto, part. prés, du v. jaïre. Qui est couché,
qui pose horizontalement. — Aoubre jasén, madrier hori-
contal qui forme l'essieu, Taxe de la grande roue d'un
puits à roue.
Jasén, ». f. En provençal signiGe : femme en couches,
nouvelle accouchée.
laséoo, s, f,, on Gonblé. Chevron; pièce de charpente
de couvert qui pose sur les pannes et supporte elle-même
la tuile sans autre intermédiaire. — Lat jaténot doivent
avoir huit centimètres d'équarissage et 2<»i5 on lo^li de
longueur; dans le premier cas, elles portent sur trois pan-
nes et mesurent deux intervalles; dans le second, elles ne
portent que sur deux pannes et n'occupent qn*nn inter-
valle. Celles qu'on emploie pour Téchafaudage d'une ma-
gnanerie doivent avoir en longueur 2">25 et quelquefois
davantage, suivant la distance des montants : elles posent
sur les chevilles ou les mortaises du montant et supportent
les tables.
Dér. de Jasén.
laaiôoQ, jasiolo, t, et adj, Dim. JatioM: péj. Jatiau-
lat, Juif, Israélite; qui professe le judaïsme. An fig. nsa-
rier; qui prêle à usure; qui vend trop cher; âpre au gain.
— Les juifs avaient, au quatorzième siècle, des synagogues
dans les plus petites villes du Languedoc, et déjà même
pendant la première moitié du IX">« siècle, leur nombre
était considérable ; un de leurs rabbins les plus célèbres.
Benjamin, fit un long séjour à Lunel, où de nombreux
disciples suivaient son école et ses enseignements- publics
de la médecine. Notre ancienne Charte d'Alais, en 4 200,
contient des dispositions relatives au costume qui doit les
distinguer et à la condition sociale à laquelle ils étaient
soumis. Comme monument de notre ancienne langue et
des mœurs de celle époque, il n'est pas sans intérêt de
rapporter cet article des vieilles coutumes alaisiennes :
Derrecap establem que entre christiant e iusieus, laseali
sofrem per toi umanitat, en habite de vettir sion manifett,
e sia talz la deferentia quel iusieu leugieiramens tion co-
negut de celz quelz veiran; e mandam que porton habité
dessemhlan a Ihabite delx cristians. Oltra aixo vêlant deé-
treitament e mandam, quel iuzieu per aleua maneira non
auson obrar alz ditmenges ni en las outras granz fetta»
nostras davan los oilz delz cristians que il o puescun veter;
mas lur portas clausas arescost obron aquo que lur let
obrar. Plus fort empena de lur cors veiam que non autan
apurer en publege lo iouz nil mercret tainz nil venres nii
sapte denant la nosîra pasca.
Jassea, s. m. plur. de Jns. Litière de vers-à-soie, com-
posée des débris de la feuille rongée et des crotins de ces
animaux. Ce mélange nécessairement humide entre facile-
ment en fermentation, à cause surtout de la chaleur da
local ; il est donc prudent de la prévenir en délitant son-
vent, c.-à-d. en enlevant cette litière, surtout au moment
où l'animal va entrer dans une de ses mues, et au monoent
de la fraise : dans le premier cas, parce que dans le pa*
roxismc d(; sa mue, le ver se tient enfermé sous la litière
et qu'il périrait si cette litière entrait en fermea talion;
dans le second cas, parce que, la feuille étant fouraie pins
abondamment, la litière est plus épaisse et que les déjec-
tions des vers sont plus volumineuses.
On emploie cette litière, après l'avoir fait sécher pour
JOB
JOU
417
U conserver, en la donnant bouillie aux poarceaax. On la
donne séciie aax vaches et aax montons, souvent même à
Fespèce chevaline; mais c*est un tort grave, car les cas
morbides qui résultent de cette nourriture sont trés-fré-
qnents. Pour les porcs et les animaux ruminants au con-
traire, cet aliment n'a aucun danger, et ils en sont très-
friands.
lassino, s. f. Couche; couchette; empreinte qu'un
corps laisse sur la paille ou la litière où il a couché; ac-
couchement, aclion de mettre bas. — Es dé michanto jas-
àno, c'est un mauvais coucheur ; un camarade de lit in-
commode.
lasso, 5. /. Bergerie, étable à moutons, spécialement.
lénio, s. f. Jante de roue, pièce de bois de charronnage
courbée, qui fait partie du cercle de la roue d'un char,
d*ane charrette.
limèlo, s. f. Jumelle, la bigue ou plutôt les deux
bigues de bois qui servent de coulisse à ce qu'on nomme
mouton ou sonnelte pour enfoncer les pilotis. Ces jumelles,
retenues par en haut au moyen d'un boulon, sont libres et
flottantes par le bas; le contre-roaitre chargé de la direc-
tion des ouvrages, les lient dans ses deux mains par le
petit bout, et suivant qu'il les dévie légèrement, il dirige
la chute du mouton sur la tète du pieu.
Jita, V. Vomir, rejeter par la bouche ce qui est dans
Testomac; pousser des jets, bourgeonner, en partant des
arbres. — N'a pas toutes les acceptions du v. fr. jeter, mais
lealement le sens restreint et spécial ci-dessus : les autres
ressemblent fort à des licences franchimando»,
Dér. du lat. Jactare,
Jitoù, f . m. Jeton, pièce de métal , d'os ou d'ivoire,
pour compter ou pour marquer au jeu. — Fdou coumo un
jUoii, faux, menteur, trompeur comme un jeton de jeu,
qui favorise souvent les tricheries.
le, s. m. Dim. jouqué. Jeu, en général ; la chose que
Ton joue, l'enjeu. — Tène jo, tenir l'enjeu. Faï toun jo,
mets ton enjeu, fais ta mise. Flaia jo, ne pas jouer à la
rigueur, ne pas surmonter la carte de son adversaire lors-
que la règle l'exige : en général, ce n'est pas tricher au
jeu, mais c'est employer certaines feiriles ou ruses non
licites. Té faï bèou jo. il le fait beau jeu, il joue largo ruent
et loyalement, de manière à te faire prendre ta revanche.
Jfét lou jo trop iuèn, il éloigne trop le but, le lieu où il
faut jouer.
Dér. du lat. Jocus, m. sign.
lo, ». m. n. pr. d'homme. Au fém. Joto; dim. Jouté.
lob.
lobi, 5. m. Mgaud, benêt; musard; badaud.
Ce nom provient prukiblenient de celui du saint homme
Job de l'Écriture, ce modèle devenu proverbial de la pa-
tience, de la résignation, de la mansuOtudo, surtout envers
sa femme; ce qui pouvait bien, aux yeux de nos pères, le
laire assimiler à un niais. La langue J'Oil et puis le fran-
çais aux XIV* et XV® siècles, avaient fait aussi sur le même
patron Jobet, Jobelin, Jobélot et Jobard, fort communs,
signiBant niais. Jobard seul a passé avec ce sens dans les
noms communs et correspond très-bien à notre Jobi; plu-
sieurs de ceux qui le portaient comme nom propre ont
obtenu de se faire débaptiser.
Joîo, 4. f. Joie; contentement; satisfaction; réjouis-
sance. — Fia dé joïo, feu de joie, qu*on allume en signe
de réjouissance.
Joîol inferj. Au revoir! Dieu vous maintienne en joie!
souhait que Ton forme en quittant quelqu'un.
Les étymologisles sont partagés sur sa racine : quelques-
uns indiquent le lat. Jœus, jeu, mot pour rire; Ménage
préfère Gaudium, gaudia, joie, qui nous a déjà fourni
Gdou,
Jor, s. m. Dim. jour gué; augm. Jourgas. Houssine;
gaule; propr. scion de mûrier, d'osier, etc., de la pousse de
l'année. — Eamasêa lous jors, ramasser les scions d*éla-
gage de mûriers pour en faire des fagots. Ces scions sont
quelquefois si longs et si gros que les enfants en font des
fouets. Pour cela ils les écorcent en long, en laissant seu-
lement un pied ou un pied et demi du gros bout pour
servir de manche; les lanières écorcées et qui tiennent au
manche sont tressées à trois brins, et l'on obtient un fouet
très-long et très- gros, dans la forme de celui des muletiers.
Comme les fibres de cette écorce sont très-ductiles et ner-
veuses, ces sortes de fouet dureraient assez longtemps en
les faisant tremper chaque jour dans l'eau pour prévenir
leur dessiccation.
Jou, s. m. Joug, pièce de bois, garnie à chaque extré-
mité d'attelles ou de courroies propres à la fixer sur la tète
des bœufs ou animaux de trait. Au fig. servitude.
Dér. du lat. Jugum, m. sign.
Joubértino, s. f. Ciguë. — Voy. Jàouvértatso.
Jouga, V. Jouer; s'amuser, se divertir; s'occuper au
jeu; mettre au jeu; parier; faire une gageure, un pari;
jouer d'un instrument de musique. — Jogue que plôoura
déman, je parie qu'il pleuvra demain. Té jogue dous sôout,
je joue deux sous contre toi, je parie deux sous. Nous jou-
guè un air, il joua OU exécuta un air.
Dér. du lat. jocare, jouer, badiner.
Jougadoù, douno, adj., ou Jougaire, alro. Joueur de
profession; qui a la passion du jeu.
Ce mot est plus teclmiquo pour marquer l'habitude, la
passion du jeu, que celui de Jougaire, qui n'indique sou-
vent que les membres d'une partie de jeu, sans entraîner
une idée de passion.
Jougaio, s. f. Joujou, jouet d'enfant. — Voy. Cou-
maire,
Jougaire, aîro, adj. Péj. jougaïras. Joueur. — Voy,
Jougadoù,
Le péj. Jougairas impliqua toujours la passion du jeu.
Jougne, v. Accoupler des bœufs; atteler des chevaux
ou des mules, deux à deux, pour le labourage; atteindre;
unir; rapprocher. — Anan jougne, nous allons accoupler
418
JOLI
JOU
les hœnh. Nous jougnigm' en ranit, il nous ntl'^i^Miiloii routo.
Dt'T. du lai. Jiwgeie, joindra.
Jougué, 5. m., ou Sucé. Biinhelot; li-ich"! (Vi^irint ;
jouet d'argent uu d or» or[ié do gn'lots, dnns liHjuel est
♦^minnnché un niorce.iu de crisinl, d'ivoire ou de cornil,
qu'on suspend au cou df\s enfants à la niaiinMle «'t «]u'ils
portent volonlii'rs ;\ la honelie en le s-^rraiit a\ec leurs
^^encives, en qui eliarme en partie la dnultMn' d»^ la d'Mi-
lition, facilite la salivation (U ramollit la «.'cnciNe.
Joui, t'. Jouir; éprouver un sentiment liénrial de
bonlirur. de jtuiissanc»^; se drjfN'ler; av(tir rnsai:(', la po>-
session, l'usufruit. — On pn )nis jnu) (raquel cfinf, on ne
jvjut »^tre maître de cet enfant, on ne [leiil le retenir à la
maison, l'empcVJier de courir et de [uilissoiuiin*. Me snu-
vénrlraï que m'as fa joui, je me souviendrai du hnidieur
que lu m'as d(Miné. Jouis (Vaquai ousUioUf i( a l'usufruit
de cette maison.
I)ér. du lat. Gnudere ou Coud ire.
Jouïè, 5. m. Au fém. Jouiviro. (ieolier; femme d'un
geôlier; coneierf^e d'une prison.
Jouïne, jouïno, ailj. Dim. jouiuè; au^'m. Jnu'inns.
Jeune, qui n'est pas avancé en àu'e; qui a di» la jaunisse;
étourdi, 6vai)oré. — Se loKrfiavc jouwe, si je red(nen:iis
jeune. Aquos jouinaa, c'est un {.'rand enfant. Mu pu joumo,
la plus jeune de mes filles.
I)ér. du lat. Jurenis. m. si^m.
Jouïnèsso, s. f. J<Mnirss(\ ài:e (pn suit l'adolrscenre; la
gent juvénile; Is j-Mni^s î.'<'n> d'um' eontréi', d'un \il!.r-''\
d'une ville. — Voij. Lou jouven.
Jouïn'home, 5. m. Jfune Iiomme; crarrun; céliliataire.
— A î)Ktï dé rrnulo fins, uwn'i es niraro jniù'n'hntne, il a
pass''' la (piarantainf et il (\sl encore garçon.
Jouïoùs, ïouso, (ifj. J\ven\; ;jai; qui a ou donn»^ d"
la joie. — Mat Inu jofnons, le nmis de mai gai et riant.
I)ér. de J<i'tn.
Jouissénço, s. f. Jonissanee; u^agc j't pos^(*^sion de...;
plaisir, il''li«"'^ df la pissi-in. — A [xia l(,i\sf/ qt/r In Joh^k-
sénro à SI fennn, il n'a légué .n sa femmi^ qui' l'usulVuit
de ses lii'wis. Lon hnnhurdc hi jnn'isspnçn, |o l)iMilii ur de la
jouis^ince, plé m.Ktne expressif, (pi'une téinme seule jumi-
vait trouver, je ne saurais dire a quelle occasi'»n ni dans
quelle di^s deux aeee[)tions.
Dér. de Jou).
Joun, .V. 7/j. Jonc, Ji/nrifs, Linn., genre de plante cpii a
fourni le type de la fam. des Jnncr'cs, (jui cotiiprend lui
a.^^sez grand nomlire d'es[iè(;.'S, croissant pr''S(Hie toutes
dans les endroits marécageux.
Joun se dit encore de toute sorte de canne, lȈton, l)a-
guette, badine ou rotin.
Joun, jouncho. port. pn^s. du v. Jongnc. Joint, accou-
plO pour le labour en parlant des boeufs; joint, rap|)rocljé
(îl les doigts entrelacés, en parlant des mains. — A mans
jounckos, vo2iS n'en prrgup, mains jointes, je vous en prie.
Sàmtla d'à pé joun, sauter à pieds joints.
Jounchado, s. f. Jointée de grain ou d'autres objets
mernis. c. ad. autant qu'en p'Miveni contenir les deux
mains j iiites, rapi^'ocbrr^s et ouvertes.
J(f7fncfifi et j(nnirh(i(h,, dans le s.^ns de Joncher cl Jon-
rhi'p, ne sofïl j)as de ni)tre dialecte.
Jounchis, isso, lufj. Jt»inlif; parfaitement joint, ber-
niéti(juemenl fermé.
Dér. du lat. Junctus, de Jangere.
Jouncho, .V. f. Tenq)s de laluuir; durée d'une attelée;
S'''ance de laliourage sans dételer. l\ar ext. t(jut travail fait
de suit'» sans désenq)arer. — Les laboureurs font d'ordi-
naire deux attelées par jour.
Jounchuro, .<. f. Jointun\ articulation des membres;
point où diMix os se loucbent l'un l'autre au moyen de
ligaments.
Jounquas, s. m. Terrain ac^ueux, inarécajjeux et rempli
de joni's.
Dér. de Joun.
Jounquino, s. f. Mauvais pré qui ne produit gu«^re que
des joncs et des berlies d(î marécage; les joncs pris en
général et en ma^se peur servir de litière.
Joupi! inicrj. (Iri ou commandement des muletiers pour
faire n-ntrcr dans les rangs le mulet qui se dévie.
Jouqua, e JiieliiM", piM'cher sur le jucboir ou sur une
branche, cuniuie f.nt l"s oiseaux pour dormir.
Dér. pr.'b.iM'iii.'iii dn Int. jt.ccrr, par le changement
(le Jiir en Jour.
Jouqrc. s. ui., on Chouquc. Tï iquet, mouvement con-
vuNlj' (lu iln|i|ir;ig'ne.
L'flerii -ni '^ry ;;ii:i.ine parait dominer dans la formation
de ce ii,..t, ]■• [•i.'.iiiit l'ii l.in,.' tM oii fr. \l\i islandais, IJixta,
a\oir 1(^ liMiuci; ;inc. alkin. Ifi.irn, m. sign.; en hollan-
d.iis et en danois, n:/J:t>n. a\oir |e bitquet; on anglais,
llivrni:,j}i , (il atlein. Ilurhup, ||0(pir't. — l'o»/. Chouqué.
Jour, .V m. Di'ii. Join in' J-'Up; clarté, lumière; espace
I de \ingl (piilr'oii de i|.u/.e beures; épojpu! indéterminée
I du jiasM'' ou (le l'aM'iiir; ji.iic, jcnélie, (ouverture pnr où la
I clirlé |n<^s.': \ i^'e oîiIi-imIcux choses mal unies; facilité,
• jjiovi II dt' ji/'iiéirtM-. — Se jwend .1 j>eu prés dans toutes les
I accrjitioiis (lu fr.oK-ais. — jr^ur f'ati, au déclin du jour.
lùù Jour, le jnm' se lèv(\ f'n jour et i'ôoutre nou, de deux
jours l'un. Qwiouqun Jour, bvltou ij véjnlras. p'^ut-Mre un
jour, tu y parviendras, jour nnsscn, fré cousén,ti inesuro
I ([ue 1<'S jours coiiiineiH'ent h croître, on décembre et jan-
I \ier, le fr.-id ;iiig:ii -nie de rigueur. Mous magnas vènou
' as hiur jouis, mes vtM"s-.'\-soie arrivent A la mue au hui-
tième jour. Me topo mous jours, il ferme mes jours de
soullVance ou d'aspee., il m'oblige à les supprimer. Faire
soun bon jour, recevoir la sainte communion. De ma vida
et de mous jours f excl. de surprise : de ma vie ou jamaisi
Dér. du lat. Diurnus.
Jourga, y. Dijnner des coups de houssine; sangler nn
coup de gaule.
Dér. de Jor.
JUÉ .
JUR
419
Joargnièlro, s. f. Taillis de châtaigniers sauvageons,
qa*on anaén.ige par coupes réglées tons les cinq ans, pour
&ire avec les jeunes rejetons des cercles de futaille, des
«laies à sécher les châtaignes et toute sorte d'ustensiles
tressés d'éclisses.
Jouriflado, s. f. Œillet. — Yoy. Girouftado.
Joumado, s. f. Dim. Joumaiéto. Journée; espace d'un
jour employé au travail des champs; travail ou chemin
qui se fait dans un jour; temps depuis le lever jusqu'au
ooucber. Ana'n journado, aller travailler chez un pro-
priétaire à la journée. Sàiqué es trop fort pér ana'n jour-
nado, sans doute il se croit trop excellent ouvrier pour se
contenter du prix de la journée ordinaire, il ne veut tra-
vailler qu'à forfait, à ses pièces. À pas que sajournadéto,
le pauvre homme n'a que le prix de sa journée pour nourrir
sa famille ; il n'a d'autre gagne-pain que ses bras. Vigno
dé dès joumados, vigne de dix journaux de piochage.
N'avès pér bono journado, vous avez pour une bonne
journée de marche. Sèn à fi dé Journado, nous arrivons à
la un de la journée, au bout du travail.
Joumâou, s. m. Journal de labour, quantité de terrain
qu'un seul homme peut labourer à la mare ou à la pioche
en un jour.
Journàou, journal, gazette périodique, quotidienne, est
une importation franchimando que les besoins nouveaux
QOt fait admettre.
louve, s. f. Jeune fille. — Ma jouve, ma bonne amie,
cdle que je fréquente en vue du mariage.
On dit aussi : la jouve dé maussu un tàou, la maltresse
ea titre de monsieur tel.
Dé^. du lat. Juvenis, jeune.
Jouve, adj. des deux genres. Dim. Jouvéné; augm.
Jauvénas. Jeune, qui a de la jeunesse; jouvenceau, ado-
ksceot; jeunet, presque enfant, pour le dim.; et à l'augm.
grand garçon qui fait encore l'enfant. — Voy. Jouine,
JoQTén (lou), s. m. La gent juvénile, la jeunesse d'un
endroit spécial, prise dans son ensemble. — Voy. Jat^nèsso.
Déi, du lat. Jnventus.
Inèl, 5. m. Ivraie, Loiium perenne, Linn., ivraie vivace,
et Lolium temulentum, Linn., ivraie enivrante, plante de
la fam. des Graminées, qui vient dans les blés, et pro-
duit une petite graine noirâtre qui altère la qualité du
pain et peut même causer i*ivres.se, dit-on. Toujours est-il
que cette opinion est fort ancienne et générale, puisque
c'est elle qui a valu à la plante son nom fr. Ivraie, tra-
duction évidente du lat. Ebrius, ou Ebrietae, ivre on
ÎTreise. Une opinion encore très-répandue, quoique peu de
personnes en aient vu la justification, c'est que les ma-
quignons qui ont quelques bètes rétives ou vicieuses, les
«livrent avec de l'ivraie avant de les exposer à la vente,
«n jonr de foire, afin de dissimuler leurs vices; car, prfr-
tend-on, dans cette ivresse, elles deviennent douces comme
des agneaux. Mais on comprend difiEicilement comment ces
trafiquants peuvent se procurer une quantité sufiisante
d'ivraie, on qui la leur fournit, qui s*amuse à ce commerce
et à ce triage; et comment le maquignon, en achetant
celte ivraie, ce qui doit revenir souvent fort cher et tou-
jours suspect, ne craint pas les mauvais propos du public
et de la rivalité.
En ailem. Loleh; en esclavon, Lyuvly, m. sign. Sau-
vages et autres citent Fe^^ celt. m. sign., comme la racine
première.
Jui, s. m. Au fém. Juivo; dim. Juive. Juif. — Voy.
Jasiôou.
Juï est du patois; Jasiôou, du languedocien.
Juîè, s. m. Juillet, septième mois de Tannée actuelle,,
composé de trente-un jours.
Dér. du lat. julius, m. sign.
Juja, V. Juger, rendre la justice, prononcer un juge-
ment, une condamnation; apprécier; conjecturer. — Jvjae
un pdou, réfléchissez, voyez un peu. L'an juja àou eapi-
tâou, on l'a condamné à mort, on a prononcé contre lui
la peine capitale.
Dér. du lat. Judicare, m. sign.
Jujamén, s. m. Jugement, arrêt de justice. — Ne s'em-
ploie que fort mal et improprement dans le sens de faculté
d'appréciation, esprit judicieux.
Juje, s. m. Juge, magistrat préposé pour rendre la jus-
tice; arbitre; celui qui juge de quelque chose.
Jun, s. m. Juin, sixième mois de l'année, de trente jours.
Dér. du lat. Junius, m. sign.
Jun (en), adv. A jeun, sans avoir mangé de la journée.
— Voy. Èn-jun.
Dér. du lat. Jejunus.
Juna, t;. Jeûner, se priver d'aliments pendant un certain
temps; manger peu; observer les jeunes prescrits par
rÉglise. Au fig. se priver de... s'abstenir forcément.
Dér. du lat. jejunare, m. sign.
June, t. m. Jeune, abstinence de viande ou d'un repas;
jour de jeûne ; abstinence commandée ou volontaire d'ali-
ments ou de plaisirs.
Dér. du lat. Jejumum, m. sign.
Jura, V. Jurer ; prêter serment ; afiîrmer par serment ;
prendre le nom de Dieu ou des choses saintes à témoin,
comme le prohibe l'article % du Décalogue ; proférer des
paroles obscènes; blasphémer. — Jura Dion, jurer par le
nom de Dieu.
On appelle encore un jura, un prêtre qui avait prêté
serment à la constitution civile du clergé par l'Assemblée
constituante : les orthodoxes refusaient d'entendre leur
messe et de recevoir les sacrements administrés par eux.
Vn jura est aussi un membre du jury institué près les
cours d*assises ou pour l'expropriation pour cause d'utilité
publique.
Dér. du lat. Jurare, m. sign.
Juraire, airo, adj. Pég. JuraSirus. Qui a l'habitude des
blasphèmes, des jurons, des mots obscènes.
Inramèn, «. m. Jurement; serment prêté en justice. —
A10
KIL
KIR
N'est pas bon lang., qui pr(3fère dans la seconde accrplion
Séramén, et qui sait se passer d'employer le mol dans la
première.
Jus, .ç. m. Jus; suc; sauce; suc qu'on tire d'une chose
par expression, par ébullition ou par infusion.
Dér. du lat. Jus, m. sign.
Jusclos, s. /*. plur. Longes de joug, longues lanières de
cuir ou courroies au moyen desquelles on fixe le joug sur
la tête des bœufs.
Dèr. du lat. Jugnlia, m. sign.
Jusquo, prép.. ou Énjusquo. Ju^^que, pour drsigner le
terme, le but, la fin du temps; adv. marque l'excès, le
terme, le d^gré, le but.
Justamén, a Iv. Justomenl; précisément; c'est cela riièine.
Juste, .V. m. Corsage de jupe qui ne tient pas avec elle
et juste ^ la taille et aux manches : ce qui lui a valu son nom.
Juste, justo, adj. Juste, équitable, qui est suivant la
justice; conforme au droit cl à la raison; exact; trop
étroit. — Pris comme subsl., un juste, un bienheureux,
celui qui a bien observé la loi divine. — Coumo dé juste,
comme de raison, comme il convient. Juste, y toumba$,
vous devinez juste. Mouri juste, mourir sinon insolvable,
du moins ne laisser aucune fortune. Es l'houro justo, c'est
l'heure exacte. Aquélo vèsto es bé justo, cette veste est
bioiï étroite Juste coumo un mantèl, d'\c\ on ironique en
parlant d'un vèîemont qui n'est pas précisément à pli de
corps, qui ^st trop large.
Dér. du lat. Jnstus,
Juste, adv. Tout juste; justement; précisément.
Justice ou Justicio, s. f Justice, droit, raison, équité;
la justice, ordre judiciaire; h s gens de justice.
Dér. du lat. Justicia, m. sign.
K
K, s. m. K, onzième lettre de l'alphabet, huitième con-
sonne ; s'appelle Ka.
Celte lettre S'^Mit ri^ )ur'^HSt'!iient à sup[iriiiior: m.iis il
convient de lui ouvrir un compte pour lui attribuer quel-
ques mots qu'on ikî pourrait écrire autrcuKMit qu'avec elle
sans déconcerter l'u'il, (\ fjui, c >iiiiiie d'autres termes du
systèriKMlécimal, (Mit bien aussi le druii de I oiii-i!* nisie,
depuis que la liiMi.», île pays s'est raceiutreie et qu'on ne
peut plus vendre ù la livre sans être .'i ramejule. Il est
vrai qu'^ tous les inend-res de cette famille tant soit peu
barbare n'ont point et-'* é</;iîfMii<'nl aeeneillis : le stère et
SOS composés ne sont p(ti!il connus; l'heetoiT.èli'e, le déra-
mètre, le centiare, li; kilulilre, IfMlécililre, snnt des dix i-
siôiis inn^itéf's, et toute la f)!in(:f^ biéraivliie di\s gi'.immes
juscpi'au déca est trop p(Mi de chose pour «ju'nn s'en
occupe.
Kilo, s. m. >'om générique et qui signifie mille fois la
chose. — Ne s'eiiqiloie, ainsi qu'en fr., que coniriie abré-
viation nou'.elle de hUotjnnnn. — Lt>u nv't^-h/fo. le dcini-
kilo, représente notre livre ordinaire. Paha/a snun A/M,
locution iu>uvelle, devenue synonyme d<î Bubuhi snun
Idfjui, tramer le poids, le boulet de son cliairrin.
Kilogramo, .v. m. Ril(\L'ramme, jnille grammes; moins
en usage que son al)réviation Kif^. — • L<\s nouvelles me-
sures dont le rapport avec les ancii^nnes était exact et
clair, furent assez aisément adoptées; mais il n'en fut pas
de mémo pour le kilogramme, dont le rapport avec l'ancien
poids ne se rend que par des fractions indéfinies, et est
par conséquent difileile A saisir. Aussi, jusqu'à ces der-
niers temps, les paysans avaient persisté à n'acheter et
vendn\ surtout leur prîr.eipale récolte, les cocons, qu*à la
li\n», anei'Mi poids du pays. Vint 1848; alors celte
livre {]o e oeoiis ne \nlut plus que 75 ou 80 centimes.
C'(''tnit un er/vi' cdMir «le livrer ;\ ce prix-là, la moitié à
p. Ml piès de ce «pTils A'i.d.iienl de coutiiuje; ils cédèrent à
I fr. ÎK) ç. li^ kil.i. C'était la même chose, la bourse n*y
;;;"!'jii;iil rjiii: n.-is. ri inii.e en rrntiMnl chez eux ils sont
dans ri al ihjl<' di'ii" iiccr le prix de leur vente sans
l'ai II r de ri.iiitc de p( ids, (jui va de suite, cette fois encore
ils pui'iit dire r.n ohiOVe ; ssez rend, et rhonneur fut sauf.
l)epii> (U n'a }tn> li.ilé ces mareliés, ainsi que tous les
autres, iju'au kilcgramme; et c'est de cette époque que
date sitn ad- | tien délinitivt'. Du reste on a bien fait, c^
les ac|,.>i(iîis [I .ic;ii.''s, qui ét.iiejii tenus de peser avec une
romaine étaluii.ée «M par conséquent au nouveau système,
de\ lient cnsuile traduire le rendement eu petit |>oids, et
la traduciion. était ranMijeut a l'avantage du vendeur. —
Voij. I.iouro.
Kilomèstre, s. m. Kilomètre, n}ille mètres. — Ainsi
([ue lions l'aviMis dit, l'ahrcvi ilion In'/ù ne serait pas ici
de ii,i-e, ear v]\o s'app-lique exclusivement au kilogramo
et n'c\j riii;e (]ue ce mot.
Kirièleïson, s. m. Kyrie-eleison, partie de la messe où
l'on invoijue la uiisériçorde de Dieu; commencement de*
litanii^s.
Cette i)riére, chantée ou prononcée îi haute voix et sou-
vent répétée, en a rendu la formule populaire : Texpres-
si(»n en est rendue coin nie le pouvait la langue.
Dér. du gr. Kuçm, seigneur, et ''EXsiaov, impér., ayei
pitié.
LA
43t
L
L, s. f. L, neavième des consonnes et donzième lettre
de Talphabet.
Cette consonne est classée parmi les Lingtiales à cause
de son articulation produite par un mouvement particulier
de la langue; et on la qualifie aussi de Liquide, pour
exprimer la facilité avec laquelle elle se coule et s'allie au
milieu des autres consonnes.
Elle se nomme et se prononce Ènlo; et cette prononcia-
tion se reproduit dans presque tous les mots que le fr. ter-
mine en aie, allé, ile, ille (non mouillé), olle, ouïe; soit que
notre dialecte les lui emprunte, soit qu'il les prenne comme
lui à une source commune : ex. : binlo, panle, tanle, inlo,
Baxinlo, tranquinle, facinle, eoronlo, morde, utinle. Serait-
ce par suit« de cette propension, qui leur viendrait du
nom et de la nature de la lettre elle-même, que les méri-
dionaux mériteraient le reproche adressé à leur façon de
parler, par Sauvages, de prononcer les mois français où
se trouve cette articulation en y intercalant un N, et de
dire vicieusement inlustre, inlumination , inlégitime, au
lien de illustre, illumination, illégitime? Il y a faute sans
doute au regard du langage d*outre-Loire; mais le Midi
se souvient peut-être que dans la moyenne latinité on
disait de même vir inluster pour vir illuster; et le nom de
sa lettre, comme son usage et son articulation, ne seraient
alors qu'une tradition d'assez bonne origine, qui, pour ne
pouvoir être transposée d'un idiome à l'autre, serait loin
d'être condamnable dans le nôtre. C'est une différence de
plus à noter.
n en est une autre que nos remarques sur la lettre /ont
pu faire pressentir, et qui touche à l'orthographe, cette
représentation de la prononciation. Le français emploie,
pour figurer certains sons, deux II précédés d'un t^ et
appelle cette combinaison l moidllée : notre dialecte
n*admet pas cet agencement de lettres ni les variations qui
tantôt les laissent simples et tantôt les redoublent. Pour
lui, dans les cas pareils, la labiale ne se fait pas sentir;
il n'avait donc pas à l'introduire ; mais la mouillure existe
et elle a dû être représentée par Vï tréma, qui produit le
même effet sans complications : ainsi nous écrivons faniio,
fto, batato, imbrouïo, qui correspondent au fr. famille,
fille, bataille, il embrouille. Notre orthographe obéit par là
à deux règles également essentielles : écrire comme on
l^rononoe et ne pas redoubler des lettres qui ne sont pas
articulées.
Sur ce point, Sàttvagbs a fait quelques observations
qu'on nous saura gré certainement de recueillir : nous
nous sommes attaché, plus qu'il ne fait peut-être lui-même,
à sa leçon, qui est l'anatomie, comme il le dit, ou le dé-
veloppement de cette espèce de prononciation :
c On voit dans les plus anciens manuscrits langue-
dociens, une orthographe particulière dont on était con-
venu pour mouiller 17, qui consistait à faire suivre cette
lettre d'une h, sans y joindre la voyelle i, quoiqu'on la fit
sonner dans la prononciation ; c'est ainsi qu'on écrivait :
ulh, falha, nuvalhos, ovelha, malha nigra, et bien d'autres:
orthographe qui ne subsiste plus que dans les n. pr. tels
que Troulhas, Verdelhan, Ventalhae, Salhen, Pâoulhac,
Grefulho, Lagulhon, etc., qu'on prononce Troulias,
Verdelian, Ventaliac, etc. Les gens sensés qui portent ces
noms, ont été d'autant plus jaloux de retenir cette ancienne
orthographe, que les altérations qu'ils s'y seraient per-
mises, pour se rapprocher du français, auraient pu donner
des atteintes à leurs propriétés, et devenir matière à
procès.
« Cette orthographe, au reste, pour mouiller Yl, était
aussi peu naturelle que celle qui est usilée en français
pour certains mots , tels que fille , famille , etc., qu'il
serait plus simple et moins sujet à éqmvoque d'écrire
comme filie, familie : c.-à-d. en mettant un i après une
seule l, et ne faisant qu'une diphthongue des deux der-
nières voyelles ie, afin qu'on ne prononçât pas, comme on
le ferait en français, famili-e, en séparant ces voyelles qui
devraient être jointes en une vraie diphthongue.
« Pour mouiller VI en français, il faut nécessairement
prononcer comme nous, mais faiblement, nos diphthongues
aï, ëi, &i, oui et ut^ et ainsi dans bouilli, par ex., il faut
prononcer notre diphthongue ouï comme nous la pronon-
çons dans ouire, houirae. »
La, pron, relatif et article fém. sing. La; elle. — Le
masc. est Lou; au plur. Las. — La fénno, la femme. La
véguère, je la \\s, Aïmo-la, aime-la.
Dér. du lat. JUa ou Ea.
La, 8. m. Dim. Lachoù, Lait, liqueur blanche des
mamelles; suc blanc de certaines plantes. — Agnèl dé la,
agneau de lait, qui n'a encore été nourri qu'en tétant sa
mère. — On disait autrefois Lach, et l'infiexion ch s'est
conservée dans ses composés.
Dér. du lat. Lae, lactie, m. sign.
La, adv. Assez, suffisamment ; arrêtez-vous. — C*est
une locution que n'oublie jamais celui à qui l'on verse à
M.
432
LAG
LÂM
boire. Mais son acception ne se borne pas là, et on rem-
ploie ainsi inteijectivement pour arrêter la continuation
d*nn acte quelconque.
Laboà, «. m. Labour; labourage; œuvre de cbarrue ou
d*araire. — Aquélo tèro a agu dont laboùs, cette terre a
reçu deux œuvres de labourage.
Dér. du lat. Labor, travail, œuvre.
Lâcha, V. Lâcher; abandonner; laisser; lâcher pied;
£ûre le lâche ; mettre les pouces ; détendre ; relâcher les liens.
Dér. du lat. Laxare, m. sign.
Lachassoù.s. m., ouLachéiroù ou Lachéto. Laiteron,
lauron, laitue sauvage, Senchus ohraeeus, Linn., plante
de la fam. des Ghicoracées, cultivée et commune.
Son nom lui vient de ce qu'en la coupant elle répand
une liqueur qui a la consistance et la couleur du lait,
Loch, dit autrefois pour La,
Lâche, lacho, adj, Péj. Lâchas. Lâche; mauvais
ouvrier, sans force ou sans bonne volonté; mou, amolli ;
détendu; desserré. — Aquél courdU es tro loche, ce cordon
n*est pas assez serré.
Dér. du lat. Laxus, m. sign.
Lachàîro, s. f. Marchande de lait; laitière; qui donne
du lait. — Yaqw} /acAA'ro, vache laitière. Es Ixmo laehèïro,
elle a beaucoup de lait.
Lachéîroù, s. m. Laiteron. — Voy. Lachassoù.
Lachén, s. m. Porc, cochon de lait, jeune pourceau. —
Dans le principe, c'était cette dernière espèce que Ton
appelait spécialement Lachén; aujourd'hui, par ext., on
donne ce nom aux porcs de tout âge.
Dér. de Lach, vieille dénomination de lait.
Lachéto, s. f. Laiteron. — Voy. Lachassoù,
Lâchage, <. /. Dim. LachuguMo, Laitue, Xocfucatoliva,
Linn., plante de la fam. des Ghicoracées, dont on cultive
plusieurs espèces et de nombreuses variétés : se mange en
salade.
Dér. du lat. Lactuca, venu de Lac, lait.
Ladre, ladro, adj. Ladre, lépreux; atteint de ladrerie;
au fig. avare, fesse-mathieu ; insensible. — Un por ladre,
un cochon ladre. — Voy, sur cette maladie de la race
porcine, l'article Grano dé por,
Ladrije, «. /*. Ladrerie, maladie des porcs; au fig. ava-
rice sordide, cuistrerie; vilenie.
Lagagno, s. /. Ophtalmie, maladie des yeux; humeur
à peu près semblable à de la cire qui coule des yeux;
chassie.
En celtique Laig; en bas-bret. Lagad, œil ; et encore en
bas-bret. Lagen, bourbier.
Lagagnoûs, ouso, adj. Ghassieux; qui a mal aux yeux;
qui a les yeux larmoyants.
Lagaîno, s. f. Renoncule des champs, Banunculus
'arvensis, Linn., plante de la fam. des Renonculacées. —
On donne aussi ce nom au pissenlit.
Lagrémuso, s. f. Lézard gris des murailles. — Voy.
Béngloro,
Lagni, s. m. Ghagrin; inquiétude; souci longeor,
incessant; ce que Horace appelle Atra eura, — Rabala un
lagui, traîner avec soi un chagrin qui monte eu croupe et
galope avec nous. AquHo éstofo dura à lagui, cette étoffe
est d'une telle durée qu'on s'ennuie à la porter.
Dér. du lat. Langor, langueur, tristesse, ennui.
Laguia» v. Ganser de la peine; donner du chagrin;
tourmenter; inquiéter.
Se laguia, se chagriner; s'inquiéter.
Laguia, ado, jxirr. pass. et adj. Ghagrin; inquiet; tour-
menté de noires préoccupations ; triste.
Lai, laide, ady. Dim. Laïdé, LaXdoù; péjor. Laidas;
péjor. rédup. Laïdassas. Laid; difforme; déplaisant; hor-
rible, abominable; vilain gros laid. Au fig. laid; honteux;
sordide.
Laide, laide, adj. Laid, au pr. et au fig.
Ges deux adjectifs sont absolument identiques et s'em-
ploient indifféremment ; s'il peut y avoir une légère difi^
rence dans l'usage, c'est que Laïde ne se place guère qu'à
la fin d'un membre de phrase. On dit : tov eoumo (ou féca,
laid comme le péché,^et non laïde. Gependant le second ne
serait pas une faute. Il y a là une nuance imperceptible.
Dér. du lat. Lœders, blesser, gâter, endommager
Laissa, v. Laisser; délaisser; quitter; aimdonuer;
céder; permettre. — Fat pas véni, laïsso t'en, tu ne veux
pas venir, demeure, tu peux t'en dispenser. LaUissén oçnd-
Uài, laissons cela, brisons là-dessus. Laissas un pâou,
permettez un moment.
Dér. de la bass. lat. Laxare, m. sign.
LaisBO-m'ista, s. m. Indolence; mélancolie; douillet-
terie; l'état d'une petite maitresse\ à Tair dolent et
inquiet, qui a ses nerfs ou des vapeurs.
Ge substantif est une sorte de phrase faite, correspon-
dant en fr. à Laisse-moi ici ou laisse-moi tranquille. Le
mot Isia est du vieux lang. pris des adv. lat. Istac ou
tsiic, ici ou par ici, ou plutôt du verbe Stare, L'ital. dit
de même Lasciare star,
Laisso-m'isteÙB, ouso, adj. Indolent; maladif; qui a
l'humeur dolente.
Lalà, 5. m. Dim. Lalouté; augm. Laloutae, Dada; nom
du cheval dans le langage des nourrices et des enfants qù
commencent à baragouiner. — Il est à remarquer que
presque tous les mots du lexique enfantin ne sont que des
doublements d'une même consonne, ce qui les rend {rfos
accessibles à l'oreille et à la langue de Tenfant, qui, de
lui-même, dans la composition de ces mots, n*emploie
guère qu'une consonne à la fois: boubo, papa, marna*
tété, etc.
Lambourde, s. f. Masse d'eau, roseau des étangs» Typha
palustris, Linn., plante de la fam. des Thyphacées, qui
habite dans tous les lieux marécageux.
Lambmsqno, s. f., ou Rimièiro. Lambmsqae, vigne
sauvage, Vitis vinifera, Linn., plante de la lam. des sâr-
mentacées, qui produit des raisins à grains très-petits et on
LAN
LAN
4%
vin un pen âpre, mais susceptible d'une certaine bonifica-
tion en vieillissant.
Dér. da lat. Lambnuea, m. sign.
Lamo, s, f. Lame, table de métal, mince, tranchante;
lame de couteau, d*ëpée, etc. — Fino lamo, an fig. homme
fin et rusé; grand diseur; enjolenr. Flaqwhiamo, indolent,
molasse, apathique ; l&che au travail.
Dér. du lat. Lamina ou Lamna, m. sîgn.
Lampa, v. Lamper; boire; siroter; solfier.
Dér. du lat. Lamberê, lécher.
Lampése, s. f. Lamproie, sorte d'anguille de mer, Pe-
tr€mizon, Linn., poisson de Tordre des Trématropnés et de
la fam. des Cyclostomes. On en connaît de plusieurs
espèces : la grande lamproie a jusqu'à un mètre de long
et habite principalement la mer ; on en trouve dans la
Méditerranée. La plus petite, qui ne dépasse pas vingt-
cinq centimètres, se rencontre dans le Gardon.
Son nom scientifique lat. tiré du grec Ilérpo^, pierre, et
M^w, je suce, Lamho petras, qui a formé le nom fr. et
par altération le lang., lui vient de ce que la lamproie
s'attache aux pierres avec la bouche comme ferait une
sangsue.
Lampourdo, «. f. Bardane, glouteron; hérisson, tète ou
fruit de la bardane; Aretium lappa, Linn., plante de la
fam. des composées Cynarocéphales. — Le hérisson qui
contient sa semence, est formé de petits dards qui s'accro-
chent au poil des animaux et aux cheveux, et s'y enche-
vêtrent en un instant de telle façon qu'on ne peut plus
les arracher qu'en coupant. Sauvages remarque que cette
faculté de s'accrocher au poil des animaux doit être une
prévision du Créateur pour porter au loin la semence de la
plante, comme toutes ces semences emplumées que le vent
transporte et multiplie.
C'est pour cela que la Lampourdo est encore connue vul-
gairement sous le nom de Tiro-piou. On l'appelle aussi
Gafard et Ârapo-man. — Voy. c. m.
Dér. du gr. Aa6erv, prendre, ou selon Théis, du celt.
Uap, main.
Lana, ado, adj. Laine, laineux, fourni en laine.
Lanaje, s. m. Toison; lainage; qualité de la toison des
moutons et des brebis; récolte de la laine. — Aquél troupèl
a un pouli lanaje, ce troupeau a une belle qualité de
laine.
Lancé, s. m. Lancis, terme d'architecture, pierre de taille
langue et étroite mise en parement au jambage d'une porte,
d'une fenêtre, reposant sur une autre plus large qui s'en-
fonce dans l'épaisseur et se nomme Crouo, — V. c. m.
Lancéja, v. fréq. Donner ou éprouver des élancements
douloureux. — Moun dé mé laneéjo, j'éprouve au doigt
des élancements douloureux, comme dans l'inflammation
d'un apostume.
Dér. de Lanço, parce que cette douleur ressemble à celle
que causerait un coup de lance ou d'une lame quelconque
en pénétrant dans les chairs.
Lancéjado, s. /*. Élancement douloureux qu'on éprouve
au foyer d'une inflammation ou apostume.
Lancéto, s. f. Lancette, instrument de chirurgie, com-
posé d*une lame à deux tranchants, montée sur une chasse
à plaques mobiles, servant à saigner les veines; en terme
de filature, va-et-vient d'un tour à filer la soie, qui est un
liteau ou une règle de bois mince, ayant un mouvement
direct de droite à gauche, et qui, portant une petite fiche
à anneau où passe le biin de soie, le distribue dans toute
la largeur de l'écheveau et l'empêche de s'appliquer deux
fois de suite au même endroit, ce qui ferait coller les
divers tours du brin l'un à l'autre et nuirait au dévidage.
— Foy. MarUa.
Lanciso, s. f, n. pr. de lieu commun à plusieurs loca-
lités. Lancise. — Signifie dans l'origine un rocher ou un
terrain taillés à pic
Dér. du lat. Incisus, coupé, tranché.
Lancisolo, j. f. n. pr. de lieu et d'homme. Lancisole.
La désinence du mot en fait évidemment un diminutif
du précédent Lanciso. Appliqué à une localité, il désigne
une coupure, une anfractaosité moindre; à une personne,
c'est un habitant de l'endroit dénommé.
Landa, v. Ouvrir une porte à deux battants. — Dans
ce sens, il est identique à Alanda. — F. c. m.
Se landa ou Se landra, s'étendre au soleil à rien faire
comme les lazzaroni; prendre ses aises; fainéanter. — Voy.
Alanda.
Landiè, s. m. Landier, gros chenet de cuisine en fer qui
supporte la broche.
En allem. Bandeiren, en angl. Handiron, pied de fer,
de Andes, jambage. Landiè serait-il pris pour Jambier, ou
bien l'article se serait-il joint tout simplement au radical
Andes?
Landoro, s. m. Fainéant, batteur de pavé.
Landra (Se), v. Fainéanter. — Voy. Se landa.
Landrin, s. m. Péj. Landrinas. Grand flandrin; propre
à rien ; fainéant.
Les trois mots précédents, formés par le même généra-
teur, ont d'intimes rapports pour la signification et une
parenté évidente avec Flandrin et Gandar. — Voy. c. m.
Landuro, s. /. Sorte de jeu de mot qui n'a d'autre
emploi que dans la phrase suivante : Aqttà's dé mâou dé
landuro, c'est un mal auquel il n'y a rien à faire que de
l'endurer. Il n'y a ici qu'une reproduction, avec une légère
variante, de la phrase faite déjà citée : Mdou d'énduro. —
Voy. Enduro.
Lanéja, v. Porter, produire delà laine. — Se dit des mon-
tons et brebis qui fournissent plus ou moins de laine. —
Lous bédigasses an pas gaXre lanéja aquést'an, les moutons
d'un an n'ont guère produit de laine cette année.
Dér. de Lano.
Laniios, s. f. plur. Futilités; sornettes; simagrées;
mignardises affectées dans les manières et dans les paroles.
Langé, i . m. Danger, péril. — Se dit mieux que Danjè
424
LAN
LAN
(V* c. m.]- — Lanjè d'y laissa moun fuu, au péril de mon
nez ; danger de me casser le nez ; je devrais m*y casser le
nez. Langé / crie-t-on au jeu de colin-maillard ou de cli-
gne-musette, quand celui qui a les yeux bandés s'approche
d'un obstacle ou d*un danger quelconque.
Corrupt. du fr. Danger.
Langéîroùs, ouso, adj. Dangereux, périlleux; qui
menace d'un danger ; qui est en danger de mort. — Es bé
langéiroùs que l'cUroubarés pas, il est bien à craindre que
TOUS ne le trouviez pas. Aqviél malàoute es langéHroàs, ce
malade est en danger de mort. Crésès que siègue lan-
géiroiu? vous croyez qu'il est dangereusement malade, en
danger de mort? — Voy. Danjétroùs.
Langvd, v. S'ennuyer; dépérir d'ennui, de tristesse;
éprouver le mal du pays. — Les habitants de la campagne,
les femmes et les enfants surtout sont sujets plus que
d'autres à cet ennui, à ce dégoût nostalgique lorsqu'ils
changent de domicile et qu'ils ne rencontrent plus sous la
main tous leurs objets d'habitude et ne voient que des
sites, des horizons, des meubles nouveaux, des figures
nouvelles. Se garda dé langui, se désennuyer, se parer
contre l'ennui, s'amuser, se distraire. Languisse dé vous
vémre, il me tarde de vous voir. Mé fdi langui pér moun
argén, il me fait attendre mon paiement. Mé languisse, je
m'ennuie à périr : je ne sais que devenir.
Dér. du lat. Languere, m. sign.
Langnidouiro, s. f. Séjour triste et ennuyeux; mo-
ments d'ennui et de découragement. — Y-aï fa dé bravos
languidouHros, j'y ai éprouvé de longues heures d'ennui.
Languimén, 5. m. Ennui, abattement; tristesse. C'est
une variante de Languitudo,
Languino, s, f. Mélancolie; tristesse; découragement.
Languissable, ablo, adj. Eimuyeux, qui porte à l'en-
nui, aux regrets, en parlant d'un séjour, d'une localité. —
Lou péis es pas languissable, le pays n'est pas désagréable ;
oh ne doit pas s'y ennuyer.
Languitudo, s. /*. Ennui ; langueur causée par la maladie
du pays. — La languitudo m'arapo, la tristesse me saisit,
la nostalgie me gagne.
Lanla, adv. Coussi-coussi ; ni trop ni trop peu; par-ci
par-là; là là; tout doucement.
Lanière, terme enfantin, sans signification précise, quand
il se joint à Hupol interj. (V. c. m.), mais qui semble
avoir plus de portée dans la bouche des grandes personnes
•t dans cette phrase : L'ai manda fa lanlèro, je l'ai envoyé
paître. Il dissimule alors un mot plus énergique, qui n'est
pas de bon goût.
Lano, s. f. Laine, toison des brebis, des moutons, des
agneaux. — Lano surjo, lahie surge, crue, laine en suin .
D^Hu dé lano, bas de laine.
Dér. du lat. Lana, m. sign.
Lanfloinan, 5. m. Grand escogriffe; homme de hante
tulle, mal charpenté. — C'est un sobriquet que nous
donnons volontiers aux Allemands et que nous avons
emprunté à leur langue, Landsman, homme du pays.
Lantérgnè , <. m. Ferblantier, et plus spécialement
fabricant on marchand de lanternes, qui parcourt les mes
et les chemins en colportant toutes sortes d'ustensiles de
fer-blanc et de fil d'archal.
Lantèméja, v. Lanterner, muser; lambiner; faire atten-
dre; retarder; différer; s'occuper de bagatelles lorsque des
affaires plus importantes vous appellent.
Lanterne, s, f. Lanterne, boite transparente pour en-
fermer une lumière.
Dér. du lat. Laiema, de Laiere, cacher, qui cache le
feu.
Lanu, lanudo, adj. Laineux, couvert de laine; quia
beaucoup de laine. — Lou béstiâou lanu, les bètes à laine,
en général.
Lanaéjôea, s. m. n. pr. de lieu. Lanuéjols, commune
de Trêve, arrondissement du Vigan (Gard). — Il ne saurait
y avoir aucun doute sur la signification diminutive que la
désinence en dou pour ol, ois, imprime au radical : il
s'agit certainement d'un objet, d'un lieu, représenté en
petite quantité, de petite dimension, de moindre abon-
dance. Mais le radical lui-même, quel est-il? L'appellation
au moyen-âge peut fournir des éclaircissements. M. Ger-
mer-Durand donne 'les dates des anciens titres où cette
localité est mentionnée: elle avait nom, en 4150, Faiêtœ
de Lanejol; de Lanoyol, en 4463; de Noculis, en 4467, de
Lanogo, en 4474; la forme Lanuejolz, Lanuejol et Laniê-
jol se trouve dans le roman de 4229 à 4257; puis le latin
reprend VUla de NuogoUs, en 4344, e2e Nuyolo en 4324,
de Nugulo en 4332; la dénomination revient à Lanu^oUg
en 4384, pour redonner de Nt^ulo en 4446, et dire La
Nueiols en 4582; qui ont produit en tout un mot la forme
actuelle. On aurait pu croire d'abord que la laine, Lana,
pouvait entrer dans la composition du nom ; mais le dimi-
nutif se prête peu à cette combinaison pour s'allier avec œ
sens de laine.
On remarque d'ailleurs dans le latin l'affectation de
s'écarter de cette signification de Lana, en écrivant le naot
sans la première syllabe caractéristique; par où oa est
amené à une autre racine, qui est sufiisamment indiquée
et ne peut être que Nuces, les noix, les noyers ; oe qui
voudrait dire, pour faire raison au diminutif , on petit
lieu planté de quelques noyers, où se trouvait peut-être on
seul noyer, ou bien un lieu dans lequel les noix élaieni
plus petites. Il suivrait de là que l'article la serait venu
faire corps avec le mot lui-même, ce qui n'est pas rare
dans la formation des noms.
Quant aux analogies, il y aurait identité parfaite avec
une dénomination d'une ville d'Espagne, UanuaiUo, et
l'on arriverait aux représentations du lat. iVuotiun% et de
la bass. lat. Nugaretum, Nogaredum, champ de nojefSt
passés dans le lang. avec Nougaré, Nougarido, etc.
Cependant un autre radical pourrait peul-ètro enooie
I
LAO
LAP
435
èHe pmposé, dont la oonsonnance an moins se rapproche;
ei n 8i|niieation ou sa raison appellative ne manquerait
pas de justesse d'application. En gaulois, Now signifie
Mairie, comme Noue en roman : nn grand nombre de
noms de lieux, ayant des rapports avec le nôtre, tirent de
là leur origine : Noailles, Moaillac, Noyelle, Nenilles, etc.
Notre première interprétation nous parait préférable.
LàOQÎè, jèiro, adj. Léger, au physique et au moral;
plus particulièrement au moral, étourdi, qui no sait s'oc*
cuper de rien de sérieux; inconséquente, en parlant d'une
fille.
Dér. sans doute du lat. Levis, m. sign., mais non sans
avoir subi des altérations.
LàOQJèiramén, adv. Légèrement, avec légèreté, sans
préméditation, inconsidérément.
lÂoajèiriîe, s. f. Légèreté; inconséquence; manque
d'aplomb, de bon sens.
Lâonra, v. Labourer à la charme ou à l'araire, et non
à la mare ou à la bêche. — Làourou pas dé col, ils ne
vivent pas en bonne intelligence; ils sont mal d'accord;
ils sont comme deux bètes de labour qui ne peuvent pas
s'aoooapler.
Dér. du lat. Laborare, travailler.
Làourado, s. f. Égratignure longitudinale, comme celle
que fait une ronce sur la peau humaine ; estafilade à la
peau.
Lâimraîre, s, m. Laboureur, c.-à-d. celui qui laboure
lui-même ; valet de charrue, dans le sens de son sa vol r-
Daire et de son adresse. — N'a rien de commun avec le
laboureur en fr., qui est un chef de ferme, exploitant en
gvtnd.
lAonraie, <. m. Labourage ; manière dont une terre est
labourée; quantité de terrain labourable dans un domaine.
— y-a /KM gj'an Idouraje, il n'y a pas une grande étendue
de terrain susceptible d'être labourée.
Lâonréîa, v. fréq. Labourer légèrement; effleurer la
terre.
Lâouriè, s. m. Dim. Ldourièïré. Laurier, laurier franc,
laurier commun, Laurtis nobilis, Linn., arbre de la fam.
des Lauriacées, naturalisé depuis longtemps dans le Midi
avec ses nombreuses variétés.
Le laurier est en grande affection ou vénération parmi
la population rurale, soit comme fournissant un assaisonne-
muit et servant d'épices à presque tous les ragoûts, soit parce
qu'il loi offre des palmes pour le dimanche des Rameaux,
qui en ùàl un laurier bénit, conservé au chevet du lit. —
Émpourta lou Idouriè, obtenir la palme. Èmpourtara pas
Um lâouriè d'aquélo afdirs, il n'aura pas le dessus dans ce
procès. Planta lou Idouriè, couronner d'un laurier ou d'une
branche enguirlandée, le faite d'un e construction qui vient
d*être achevée : petite fête ou cérémonie qne l'on arrose en
payant aux ouvriers une étrenne.
Dér. du lat Laurus, m. sign.
Lâouriolo, f. A Lauréole, garou, Daphne thymalaa.
Linn., plante de la fam. des Thymelées. — Le laurier-
thym des jardins est de la même famille; peut-être le
garou, LdourUdo, n'a-t-il d'autre différence avec lui que
d'être sauvageon et agreste.
Lâouriôou (Fige-). — Yoy. Figo-Lûouriéou.
Lâoaaas, s. m. Augm. de Ldouso. Grande pierre plate;
grand pertennement de schiste à la superficie d'un terrain^
qui s'exfolie ou se lève par couches.
Làouséro ou Aouséro , s, f., n. p. de lieu. Lozère ;.
montagnes, pays de la Lozère, au nord d'Alais. — Voy,
Aouséro,
Celte variante du nom nous parait en être la forme pri-
mitive dérivée de Ldouso, On dit très-bien sus Ldouséro,
sur les montagnes de la Lozère ; dMr Làouséro, vers la
Lozère, sans l'article et en un seul mot, comme Ldouso;
mais le nom était connu des anciens. Strabon, César, Pline,
citent les Lesurœ montes ; c'est de là que Rome tirait les
fromages tant appréciés des gourmands {Voy, FroumajeJ,
Des dénominations encore existantes en divers lieux attes-
tent le passage des légions à la suite du grand vainqueur
des Gaules. Le mot Lesura était donc répandu, et son
rapproclicment de celui de Lozère prouve qu'il s'est con-
servé ; mais les Romains n'avaient pas inventé l'appellation
géographique; ils n'avaient pu la prendre que dans la
langue nationale et ils l'avaient latinisée. Il devrait donc
se trouver dans le celtique un mot ressemblant de forme
et de consonnanœ appliqué à ces hautes montagnes, adopté
dans le pays, que les conquérants firent passer dans leur
langue. Ce mot était-il le gaulois Lawr, pavé, répondant
à LâoiLso, dalle, actuel? C'est possible; mais le latin
aurait quelque peu défiguré peut-être la prononciation en
rcinplnrant l'a par un e, et le lang. l'aurait ramené au son
primitif et à sa signification ancienne. A la vérité, on
trouve dans le grec Aaoç ou Xdaoç, pierre, rocher, qui
pourrait avoir donné Ldouso et Ldouséro,
Lâonsérô ou Aouséro, s, m. et àdj. Au fém. Lâouséroto;
Lozerot, Lozérien, habitant des montagnes, du pays de la
Lozère. — Voy. Aomérà.
Lâouséto, s. f. Alouette des champs, Alanda arvensis,
Linn. — Voy. Alouèto, dont le nom Lâouséto n'est qu'une
corrupt.
Lâonsisso, s, f. Amas, dépôt, tis de lûousos,
Làouso, s. f. Dim. Lâouséto; augm. Ldousas, Pierre
plate et mince, relativement à sa surface. — Dans les
hautes Ce vannes, on en couvre les maisons comme avec
l'ardoise ; mais l'épaisseur est beaucoup plus considérable,
ce qui surcharge excessivement les couverts et exige l'em-
ploi d'un bois très-fort pour la charpente. Ces sortes d'ar-
doises, qu'on devrait appeler plutôt dalles, sont en gtaéral
en mica-schiste.
Les étymologistes font dériver ce mot du celt. Lamr,.
pavé, ou de la basa. lat. Lcutrum; mieux encore peut-être
ds gr. AôuK ou Xdoaç, pierre, rocher, contr. de Xâoc, m. sign.
Lapaa, s, m. Augm. de Lapo. Large bourbier; larg»
436
LAR
LAS
dépôt de limon au bord d'une rivière, où, après une forte
plaie ou une inondation, gens et bêtes s'enfonceraient quel-
quefois jusqu'à moitié du corps, et cela d'autant plus aisé-
ment qu'il se forme k la surface une croûte sablonneuse
qui a une certaine apparence de solidité.
Lapignëîro, s- /^. Clapier, enclos couvert ou découvert
où l'on nourrit et l'on fait multiplier des lapins.
Lapin, s. m. Dim. Lapiné, Lapina; augm. Lapinai.
Lapin, sauvage ou domestique, Leput eunieulus, Linn.,
mammifère unguiculé de la fam. des Rongeurs. — H con-
vient de dire en passant que ce qu'on appelle communé-
ment ici un lapin de garenne n'est autre chose qu'un lapin
de clapier, réduit étroit et infect où le pauvre animal est
condamné au chou à perpétuité. En empruntant le mot au
fr. le languedocien en a tout à fait modifié le sens, et c'est
aux dimensions du clapier qu'il a réduit la garenne, vaste
enclos, bois menu fermé de murs, où le lapin, prisonnier
sans s'en douter, a toutes les facultés, la nourriture, les
habitudes et ce qui vaut mieux encore, le goût du lapin
sauvage.
On dit : un lapin, un bon lapin, pour un fameux luron,
un bon compagnon, hardi, solide. — Uno lapino, lapine,
une femme féconde, qui fait beaucoup d'enfants. Lou co
ddou lapin, le coup du lapin, coup sur la nuque qui abat
son homme, dans le genre de celui qu'on applique aux lapins.
Lapina, v. Mettre bas, en parlant des lapins.
Lapinado, s. f. Portée d'un lapin femelle; quantité de
petits qu'elle met bas dans une portée.
Lapino, $. f. Dim. Lapinéto; augm. Lapinasso. Femelle
du lapin, lapine. Au fig. femme très-féconde.
Lapo, s. f. Boue provenue d'mie alluvion, du déborde-
ment des eaux d'une rivière, d'un torrent, composée de
menu sable et de limon, ce qui la distingue de la Eango,
qui est produite par toute sorte de matières triturées et
délayées, comme celle des rues et des routes.
Laqua (Se), v. Se vautrer dans la boue liquide, à la
façon des pourceaux ; barboter, se crotter dans la fange.
Lar, s. m. Dim. Lardé; augm. Lardât. Lard, graisse
ferme du porc, entre la chair et la peau; en général, graisse,
partie adipeuse de la chair, appliqué à l'homme comme
au cochon. — Se laUso pas manja soun lar, il sait tirer
son épingle du jeu. Ésténdre soun lar, s'étendre, se coucher
pour fainéanter ou pour dormir. Faire dé lar, s'engraisser
à ne rien faire.
Dér. du lat. Lardum, m. sign.
Lar, adv. du v. lang. Largement; libéralement. — N'est
guère usité que dans ce vieux dicton, toujours employé
tant il est juste : Lou bon Diou pago tar, mais pago lar,
la justice de Dieu se fait quelquefois attendre, mais alors
elle est sévère.
Larda, v. Larder; mettre des lardons; piquer de lar-
dons ; habiller une volaille, en terme de cuisine. Au fig.
percer de coups; piquer; embrocher, traverser comme avec
une lardoire.
Larda, s. m., ou Game. Espèce de raisin. ^Foy. Game.
Lardièîréto, s. f., ou Lardièiro. Mésange. — - Tby. Xof
giuOiréltn.
Lardon, s. m. Lardon; morceau, aignilleite de lard. An
fig. mot piquant, brocard.
Lardonîro, s. f. Lardoire, instrument pour banler et
piquer la viande.
Largan, auto, adj. Généreux, libéral; qui rend laige-
ment un service.
Dér. du lat. Largus, m. sign. En itai. Largo,
Larguiè, «.m. n. pr. d'homme. Au fém. Larguièiro;
dim. Largui^ré. Larguier. — Est, d'après Sàuvacbs, une
corrupt. de Larquiè, par la liaison de l'article, mot du
v. lang. signifiant archer, dér. du lat. Artarius.
Larguièiréto, s. f., ou Sènsérigaîo. Mésange bleue,
Farus cœruleus, Linn., oiseau de l'ordre des Passereaux
et de la fam. des Subulirostres : tète noire et blanche avec
calotte azurée ; le dessus du corps cendré olivâtre, le des-
sous d'un beau jaune; gorge et ailes blanches. — Le lan-
guedocien a voulu par des diminutifs exprimer la petitesse
de ce joli oiseau qui n'est guère plus grand que le roitelet;
du catalogue de ses noms on peut enlever LardiUro ou
Larguiè'iro, pour le donner à la grosse mésange qu'on
appelle aussi Siràiè. — Voy. c. m.
Larie,.larjo, adj. Large; ample; qui n'est pas étroit
Au fig. libéral, généreux. — A la maneho larjo, il est
facile, tolérant, bon, complaisant; il a la manche large.
Dér. du lat. Largus, m. sign.
Larjoù, 5. f. Largeur, dimension d'un c6té à l'autre
d'une chose.
Larméja, v. fréq. Pleurnicher; larmoyer; pleorer sans
grosses ni bien vraies larmes. Au fig. suinter, laisser
tomber des gouttes d'humidité.
Dér. dujat. Lacrgmare.
Larmo, 5. f. Larme, pleurs; goutte d'eau qui sort de
l'œil ; goutte d'un liquide, d'une liqueur.
Dér. par contract. du lat. Ijaeryma.
Las, art. fém. plur. de La. Les.
Las, s. m. Lac, lacet ou collet, piège pour prendre des
oiseaux, formé d'un fil ou d'un lacet.
Dér. du lat. Laqueus, m. sign.
Las, lasso, adj. Las, fatigué; accablé de fatigue. — Sa
bien préne las Uibres lassos, il sait prendre les lièvres par
lassitude : on le dit d'un usurier qui tend ses filets aux
gens obérés, qui ne trouvent plus de crédit que dans
l'usure. Es las dé bien faïr$, il s'ennuie de bien Caire.
Dér. du lat. Lassus, m. sign.
Lassa, v. Lasser, fatiguer ; ennuyer, importuner à force
d'assiduités.
Se lassa, se lasser, se fatiguer; prendre du dégoût pour
une chose, se dégoûter.
Dér. du lat. Lassare, m. sign.
Lassije, s. f. Lassitude, fatigue, état d'une personne
lasse; dégoût; abattement.
LE
LÈD
427
Latat, «. m. Aagm. de Laio. Grande et longue iatle,
pièce de boi$ longue, mince, étroite et plate.
Lati, s. m., ou Latis. Latin, le latin, langue latine, parler
ou langage latin.
Latiniste , s, m. Écolier, collégien arrivé aux classes
de latin.
Lato, s, f. Dim. Latéto; angm. Latauo. Gaule, perche,
hrin de bois de trois ou quatre mètres, dont on se sert soit
comme écbalas, soit pour la vigne plantée en CavaXoùs. —
F. c. m.
Ce terme ne doit pas être confondu avec le mot fr. Latte,
qui se dit Douèlo, — V, c. m.
En gallois, Lath, m. sign. Mais ne viendrait-il pas aussi
bien du part. pass. du v. lat. Fero, Laiu$, porté, qui
porte?
Lava, V. Laver, nettoyer avec de Teau; purifier. — Lava
«n ffoybéU, rincer un verre. Lava lou péHuoù, la viando,
faire d^orger le poisson, la viande. Lava dé linge, laver
du linge ; simplement Lava, sous-entend le plus souvent la
pensée de laver du linge. Lava sas mans, se laver les
mains.
Lava signifie encore : vendre à perte un objet que l'on
avait acheté pour le garder; dissiper étourdiment son bien
en l'engageant, en le vendant. — A lava sa mostro, il a
mis sa montre à la lessive, c.-à-d. il Ta vendue et en a
mangé le prix. A toui lava, il a mangé tout son avoir.
Cette acception, qui n'est pas cependant récente, nous
parait une importation de Targot français.
Dér. du lat. Lavare, m. sign.
Laradoù, s. m. Lavoir public; endroit sur le bord d'ime
rivière, non disposé particulièrement à cet usage, mais
commode pour laver le linge.
Laragna, V. Flatter; caresser; amadouer; adoucir une
personne chagrine ou irritée.
Laragnaîre, ûro, adj. Caressant; flatteur, enjôleur.
Lavttro, s. f. Laveuse; blanchisseuse.
LaTa]e, s- m. Lavage; linge fraîchement lavé et non
encore sec; breuvage trop étendu d'eau; vin trop trempé,
ressemblant à de la rinçure de bouteille; potage beaucoup
trop allongé.
Lavamén, s. m. Lavement; clystère, remède.
Lararido, s. f. Boue occasionnée par le dégel.
Larassi, i. m. Pluie torrentielle, qui lave tout à grande
eau. Par restriction, et plus expressif que Lavaje, vin,
bouillon, tisane, sauce, où Ton a mis trop d'eau. — Lavassi
di plous, torrent de pleurs, déluge de larmes.
LaTO-pè, s. m. Grand vase de terre ou de métal servant
a se laver les pieds.
Lé, s. m. Cochonnet, but; terme de jeu de boules ou de
palets; boule plus petite que les autres |qui sert de but;
petit palet qui fait le même office. — Avédre ou tène lou
li, tenir le haut du pavé, le dé dans la conversation ; être
le premier personnage d'une réunion. Cela vient de ce que
au eu de boules, celui qui tient le but ou cochonnet, le
jette ainsi qu'il l'entend, près ou loin, et oblige les autres
joueurs à faire ce qu'il veut, à lui céder.
Lébràou, s, m. Dim. Lélnrâoudoù, Levreau, jeune lièvre;
petit du lièvre.
Lèbre, 5. /: Dim. Lébréto; augm. Lébraias, s. m. Lièvre,
Lepus, Linn., mammifère onguiculé de la fam. des Ron-
geurs, trop connu pour être plus amplement décrit. —
Tèsto dé lèbre, tête éventée et sans mémoire. Vno lébréto,
xme jeune fille fort éveillée, égrillarde.
Dér. du lat. Lepus, leporis, m. sign.
Lébriè, s. m. Lévrier, chien-levrier ; chien de chasse
pour les lièvres. — Afama eoumo un lébriè, affamé comme
un chasseur.
Lédignan, s, m. n. pr. de lieu. Lédignan, cheMieu de
canton dans l'arrondissement d'Alais.
Ce n'est pas tout à fait l'étymologie de ce nom qui
appelle particulièrement notre attention : elle est du reste
assez difficile et peu claire. Serait-elle prise du vieux mot
Lédo ou Lèoudo, en lat. Leudum, Leude, droit de hallage,
ou péage payé aux seigneurs pour un passage ; ou viendrait-
elle d'un nom d'bomme; ici désignant un propriétaire
appelé Ledut ou Ledinus, ou Ledinius, possesseur d'un
domaine devenu plus tard un centre d'agglomération; là
signifiant peut-être le lieu où se percevait un droit de
leude, à la limite de deux héritages seigneuriaux? I^a
question est indifférente à la composition du mot, qui
indique par sa désinence un sens de provenance, d'appar-
tenance ou d'attribution; et c'est cette finale surtout qui
nous fait insister.
Sur la première partie du mot, si les conjectures sont
permises, si même l'incertitude domine à propos de sa
véritable racine significative, sur sa terminaison il' ne
saurait y avoir doute. Disons-le donc tout de suite, ce qui
dans ce nom mérite d'être remarqué, c'est sa forme d'abord
qui, bien que témoignant d'une provenance purement
latine, garde cependant, par le ^ mouillé, une saveur
très-franche du vieux crû celtique ; puis ce sont les ana-
logies que sa désinence fait naître avec les suffixes déjà
étudiés, et qui doivent la faire classer par droit de parenté
dans cette grande famille issue des primitifs Ac = Be,
s'alliant avec le latin qui s'impose, déclinant et se contrac-
tant avec la moyenne latinité, et par les variantes romanes
arrivant à la langue d'Oc, sans avoir trop perdu des
anciennes empreintes au point d'être entièrement mécon-
naissable.
Lédignan est mentionné pour la première fois, à notre
connaissance, dans une donation faite par deux frères,
seigneurs de Sauve et d'Anduze, en 4042, où il est écrit
de Laninhan; il se retrouve, en 4052, dans le testament
de l'un desdîts seigneurs, avec la variante de Ledinhano;
du XIII* au XV« siècle, il reparait en Ladinanum, de
Leodinhaeo, de Ledinhano, et ledinhanum, pour se fixer
en Lédignan, en 4435 et 4539, comme aujourd'hui, sans
autre changement important.
438
LED
LÉD
On le voit, la terminaison latine en anut, anum, est la
pins persistante; mais elle n*a pas empècbô le gaulois Ae
latinisé de se montrer sons la forme de Leodinhaeo. La
consonnance originelle d'ailleurs persévère à tous les âges
du mot, qu'elle s'exprime par le nh qui mouille la syllabe,
ott qu*elle prenne le gn, sa forme la plus ordinaire : les
deux modes d'orthographe et de prononciation étant éga-
lement usités, comme on sait.
Le nouveau suffixe se dégage avec netteté: c'est une
variété caractéristique pour désigner la provenance, pour
donner au radical un sens de propriété, d'appartenance,
pour l'adjectiver, ou faire d'un nom d*homme le nom d'un
domaine qu'il possédait. C'est à cet emploi que servait
chez nos ancêtres leur suffixe Ae, dont un ressouvenir se
décèle ici, et ce que faisait aussi le suffixe latin anus,
anum, traduit par an, ane, et se métamorphosant ensuite
par l'intervention du génitif et de la syllabe Ni, en une
cadence nasalisée ou adoucie par la mouillure du g gaulois,
et passant, suivant certaines prédispositions ethniques, en
Agne, Egnê, Igné, Igné, Igny, transformés en Ange, Inge,
et Anigue, Anègues, Aniehe, Anche, Enehe, avant d'at-
teindre dans les régions méridionales Argues, Ergues, Or-
gues, qui en définitive correspondent à toutes ces variantes
et dont la filiation est certaine. Ignan appartient à la
même catégorie de suffixes. La conséquence forcée est
donc que cette terminaison imprime au radical qui la
porte la même signification adjective qui est donnée par
ses congénères.
La vérité de cette déduction se démontre mieux par le
rapprochement de quelques noms à finale identique, et sur
lesquels la succession des variantes se laisse mieux aper-
cevoir. A part Lieinianus, lat., qui a donné Lézignan, dans
l'Aude, Lesignana et Lesignano, en Italie; Lucinianus,
Lusignan; Pompeianus, Pompignan, commune de Saint-
Hippolyte du Fort (Gard): Pompignas, de la commune de
Valleraugue; Pompeano et Pompejana, en Italie; on peut
citer encore comme reproduisant des combinaisons de finales
analogues à côté desquelles d'autres se sont greffées, du
lat. Albinianus ou Albanacus, Aubignan et Albanhac =
Albignac = Albigny et Aubigny et Aubigné = Aubignar-
gues = Albignano (Italie) = Albinana (Espagne); Cavinia-
eum et Cavilhanieœ traduits par Cavignan, et Gavignac, et
Gauvignac, et Cavaniac, et Gavagnac, et Gavigny, et
Cauvigny, et Gavillargues; Marinianus, faisant Mari-
gnano en Italie, et pour nous Marignan ; comme . Marti-
nianus et Martinaeum étaient rendus par Martignan,
Martignas, Martignac, Martignat, Martigny, et Martignar-
gues, et Martinenche, etc., suivant la situation au midi,
au nord, à l'est ou au centre; puis, et toujours dans de
semblables conditions, Magrinanum ou Mayrinaeum, lat.,
dans la basse lat. Mayrinanieœ, qui produisent Mérignan
et Mérignargues (Gard), » Mérignac (Charente, Gironde),
Merignas (Gironde), Merignat (Creuse), Meyrignac, Mey-
rinhac (Gorrèze, Lot); ss Meyrannes et Meyrargues (Gard),
et se syncopent en Meyrac, Mayran et Maires, eie.; de
même pour Sérignan et Sérignargues (Gard), du lat. SeH-
nacum, à côté de Sérignac (Gard); et le lat. Sgn&nvm,
rendu par Signan et Signargues (Gard), aUleurs par Signae,
Signes, etc.
En donnant ces exemples, qu'il serait facile de multiplier,
nous ne prétendons pas expliquer la raison qui H Mi
accorder la préférence à telle forme plutôt qu'à telle MUtté
dans la composition de noms dont le radical est simihdré
au fond et dont le suffixe doit représenter une idée et uA
sens identiques. Pour remplir le même office, le gaulois
avait son Ac = Ec le plus fréquent, qui s'employait ateè
peu de variantes; le latin diversifia davantage ses finales;
mais les langues romanes s'enrichirent de toutes Ips in-
flexions qui les avaient précédées et y ajoutèrent de leur
fond propre, suivant leurs aptitudes et leurs propensions
que des conventions ou des règles faites d'avance ou im-
posées ne gênaient plus : ce fut le génie nouveau du lan-
gage qui se donnait carrière. Il est peu probable qu'en
créant des dénominations on ait à aucune époque procéda
au hasard, surtout dans le principe où toute appellation
devait être significative; les altérations sont venues après,
et chaque groupe a entendu et prononcé à sa manière, en se
rapprochant assez du primitif reçu pour se reconnaître et
être compris. La diversité des climats, qui agit sur les
organes, a fait naitre les différences de dialectes, et, comme
par zones. Je langage s'est nuancé ou altéré dans des cir-
conscriptions à peu près fixes. Et l'on comprend combien
en pareille matière Texception devait tenir de place, et
comme il était facile, par exemple, au moyen d'une syn-
cope qui favorisait la rapidité de la pensée, d'une inflexiob
qui flattait davantage l'oreille ou se prêtait mieux à la
flexibilité de l'articulation, d'arriver à des variantes et de
les laisser s'impatroniser même à côté les unes des autres.
De là ces ressemblances et aussi ces transformations dans
les noms. Le fond reste; la désinence tantôt s*al}onge,
tantôt est abrégée; elle s'adoucit ou devient rude; eUe est
sourde ou éclatante ; elle obéit à des propensions inconnues,
inexplicables, mais le mot garde presque toujours Tem-
preinte de son origine. Et il est remarquable comme cer-
taines sympathies de sons et de formes se font jour el
affectent de se produire sous les mêmes latitudes. Gomme
nous venons de le dire, c'est ce qui fait la particularitë ou
l'étrangeté pour les gens du Nord de quelques-unes de nos
terminaisons méridionales. Il n'y a pas exclusion sysid-
matique, puisque dans les appellations toutes les finales ae
rencontrent et se côtoient ; mais des préférences évidentes
apparaissent et répondent très-certainement à des aptitudes
organiques toujours persistantes. Nous avons
ailleurs ces sortes de*divergences de prononciation, qui
constituent point des déviations ou des altérations du
C'est ce qui peut-être fait l'accent de la langue d*Oc et
de la langue d'Oïl; et aujourd'hui que cette distinctioii
s'efface de plus en plus, et que le fronçais se généralise.
LÈG
LEI
439
Undis que le languedocien persiste et se maintient, c*esl
ce qui rendra toujours une fusion ou une assimilation
impossible entre les deux langues, car les noms propres de
liens et d'hommes seront toujours là pour soutenir les
traditions.
Quoi qu'il en soit de cette observation, elle devait
trouver place dans nos études des sufiQxes. Dans la re-
cherche des étymologies, leur classiQcation, leurs évolutions,
tout leur rôle, sont d'une extrême importance : ils déter-
minent en quelque sorte le pays et le dialecte d'oà provient
un mot ou un nom propre et auxquels il appartient. Si la
terminaison Ignan ne fournit point par elle-même tous les
degrés de sa descendance et ne trahit directement qu'une
source latine, ses analogues la ramènent au moins au
eentpe commun, et les rapprodiements établissent son vrai
caractère. Il faut la rattacher aux autres et reconnaître
l'emploi de procédés pareils pour affecter un radical. Ignan
est le signe adjectif destiné à lui communiquer une idée
de propriété, comme le font les finales en AgM, Igné,
Jgmy, Ae, Ange, Anche, Argues, Erguee et les autres.
Léga, s. m. Legs, donation testamentaire.
Légi, V. Lire; faire une lecture; parcourir des yeux un
écrit. -^ Lou légï H Uvo pas l'éMcHaure, dicton très-sou-
vent employé comme allusion; savoir lire ne lui 6te pas le
savoir écrire, c'est ce qu'il dit; ce qu'il entend et veut dire,
c'est : la soif ne lui ète pas la faim ; il a faim et soif à la
fois, et l'un ne nuit pas à l'autre tant il s'en acquitte bien.
Comme on le voit, le sens littéral ne suffit pas à expri-
mer toute la pensée; on ne peut y arriver que par une
inversion. 11 ne s'agit guère en effet, dans cette petite
phrase, de grade à prendre, d'examen à passer, pour
constater qu'un jeune lauréat de l'école primaire mérite
un bon point de lecture et un prix d'écriture, deux cou-
ronnes qui prouveraient que pour savoir lire couramment,
il serait parvenu même à apprendre à écrire. C'est bien à
une tout autre mention honorable que s'applique notre
dicton, et notre traduction ne le trahit pas. Formule
d'admiration, de félicitation, elle n*a jamais été employée
à vanter des succès scolaires, quoi qu'elle en dise. C'est
un de ces euphémismes, assez fréquents du reste, dont
notre langue use volontiers pour faire compliment à quel-
qu'un de ce qu'il fait également bien deux choses où la
lecture et l'écriture ne sont pour rien. Voici, par exemple,
un joyeux compagnon à table, qui boit sec et qui mange
à l'avenant : hu légï U Uvo pas Véeerioure, bien boire ne
l'empêche pas de mieux manger, au contraire; il est digne
de cet éloge.
Le mot n'est pas fait d'hier. 11 est d'évidence que cette
locution remonte à une époque où savoir lire et écrire
pouvait passer pour une merveille de science, si bien qu'on
en fit un terme de comparaison pour exprimer un prodige
de cùfaeUé, pour caractériser une supériorité non intel-
lectuelle mais physique, non point un esprit cultivé, mais
un brillant appétit servi par un bon estomac. Rien n'est
plus simple et à la Ibis plus délicat. Ce n'est pas aujour-
d'hui qu'on eût trouvé cette tournure; ce n'est pas notre
siècle, qui se moque du fort en thème, en même temps
qu'il aspire à inventer l'instruction gratuite et obligatoire
et le progrès, qui songerait à s'étonner de la multitude des
forts en lecture, voire en écriture anglaise, ronde, bâtarde
et courante, et en ferait une fine allusion. Mais en ce
temps-là, où l'on trouvait ce dicton, une ins^truction si
complète, au point de savoir lire et écrire, était prodige,
et la phrase était juste : c'est pourquoi elle s'est conservée.
 la vérité, on assure que la poule au pot se prêtait au
rapprochement des deux idées ; mais depuis... le niveau de
l'appétit n'a pas baissé, pas plus que celui des études et des
lumières, et cette espèce de proverbe familier a besoin de
commentaire pour en faire sentir toute la justesse. Aurons-
nous réussi? Nous le voudrions, et surtout, pour nos
lecteurs et nous, de quelque façon qu'on le prenne, que
de longtemps lou légi nouê lève pas Véscrioure/
Dér. du lat. Légère, m. sign.
Légno, s, f^ Bois à brûler.
Ce mot n'est pas parfaitement indigène, mais haut-
cévenol et vivarais ; il est très-bien employé dans notre
pays.
Dér. du lat, lÀgnwn, m. sign.
Légo, «. f. Envie; convoitise; désir. — Faite légo, faire
montre, faire parade de quelque chose, pour exciter l'envie,
pour faire venir l'eau à la bouche, sans permettre d'y tou-
cher : imposer ainsi le supplice de Tantale. Légo-légof est
le terme dont on accompagne ironiquement ou mécham-
ment la montre de l'objet. Tout aquà mé fat pas légo,
toutes ces belles choses ne me sourient nullement, n'excitent
pas la plus petite convoitise, ne me tentent pas.
Étymologie au moins incertaine, sinon inconnue.
Légo, s. f. Dim. Lèguéio; augm. Lègasso, Lieue, mesure
de distance. — En Languedoc, la lieue usuelle, qui est encore
dans l'usage vulgaire, était de 5,837 mètres ou trois mille
toises. — Y-a pértout uno lègo dé miehan eanU, en toute
chose il y a un revers de médaille; en toute entreprise,
quelque heureuse qu'elle soit, on rencontre des embarras,
des difficultés. Y-a uno lèguéio, il y a une petite lieue, un
peu moins d'une lieue; ce qui veut dire le plus souvent
qu'on en a encore pour deux heures de marche. Vmo
lègasso, une grosse lieue, de celles qu'on trouve intermi-
nables.
Dér. du lat. Leuca, m. sign.
Iiégnmaîe, s, m. Ensemble des légumes secs de diffé-
rentes espèces. — Es un péès dé légumaje, c'est un pays
qui produit toute espèce de légumes.
Lôgun, 5. m. Légume sec, ou plutôt celui qui vient en
gousses, en cosses, comme fèves, haricots, pois, etc.
Ce mot a moins d'extension qu'en fr. et ne s'applique
pas aux légumes verts et aux plantes potagères.
Dér. du lat. Legumen, m. sign.
Lèi, s, f. Loi, règle établie par l'autorité divine on
55.
430
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humaine; foi religieuse, croyance, culte, dans sa compa-
raison ou sa rivalité avec un autre ; règlement, disposition
législative ; droit, justice. — Sèn pas dé la mémo lèi, nous
ne sommes pas de la même religion. Aquélo marchandi$o
ii pat dé lèï, cette marchandise n*est pas de recette, elle
n'est pas recevahle en justice. Té vôou apliqua la lèi, je
vais te faire le droit que tu mérites.
Dér. du lat. Lex, legis, m. sign.
Lén, lento, adj. L^èrement humide ; qui commence à
moisir. — Se dit surtout des herbes fourragères qui ne sont
pas parfaitement sèches et qu'on pourrait tordre en corde.
Dér. du lat. Lontut, flexible, ramolli.
Lénçôou, $. m. Drap de lit; linceul. — C'est avec le
drap de lit que se font la plupart des transports de paille,
de fourrage, de feuilles et de mille autres récoltes, pour les
renfermer à la ferme ; lorsqu'ils sont fort grands et de
grosse toile grise, on les nomme Bourén. — F. c. m.
Dér. du lat. Linleolum, linge, drap de lit.
Lénçoula, s. m. Plein un drap de lit, ce qu'il peut
contenir.
Lénçonlado, s, A — Même sign. que Lénçoula, mais
moins bon languedocien que lui.
Lénde, «. m. Lente, œuf de pou. — On les détruit,
comme les poux eux-mêmes, avec de la poudre de céva-
dille. — Voy. Grano dé eapouehin.
Dér. du lat. Lem, lendis, m. sign.
Léngado, s. f. Coup de langue; médisance; quolibet.
Plusieurs fois l'occasion s'est présentée de citer ce subst .
et le suivant comme exemples de prononciation. Il y a entre
eux identité de lettres : la mesure est tout à fait différente,
et l'accent suffit pour déplacer la tonique et changer la
quantité. Le premier, à terminaison féminine, est composé
de deux longues et une brève finale : la voix appuie et
s'arrête sur sa syllabe médiane ^. Le second a une brève
entre deux longues : la voix glisse sur sa médiane ga
pour tomber fortement sur \b final, masculin, éclatant et
accentué. La mesure, la cadence ou l'accent font en défi-
nitive la signification et le sens : la prononciation donne
l'intelligence des mots» et l'orthographe ne saurait trop
s'attacher à la reproduire et à la figurer.
Léngadô, «. m. n. pr. Languedoc, province de l'an-
denne division de la France. Elle formait le plus grand
gouvernement du royaume, après celui de Guyenne-Gas-
cogne; il était borné au nord par le Forez, à l'est par le
Rh6ne, au sud-est par la Méditerranée, au sud-ouest par le
Roussillon et le Comté de Poix qui le séparaient de l'Espagne ,
à l'ouest par le Cominges , la Gascogne, le Quercy, le
Rouergue, et au nord-ouest par l'Auvergne. Il était divisé
en Bas-Languedoc, comprenant les diocèses d'Uzès, de
Nimes, d'Alais, de Montpellier; en liaut-Langnedoc, formé
des diocèses de Toulouse, du Cominges lai^edocien, du
Lauraguais, du Sanlt, du C^rcasseg et du Rasez; en littoral
méditerranéen, où se trouvaient les diocèses d'Agde, de
Béziers et de Narbonne; et en provinces annexes, qui
étaient, vers le nord , le Vivarais, le Velay et le Gevau-
dan, au sud-est le Quercy languedocien et l'Albigeois.
Cette circonscription comprend aujourd'hui les départe-
ments de l'Ardèche, de l'Aude, du Gard, de la HaQte-
Garonne, de l'Hérault, de la Haute-Loire, de la Lozère et
du Tarn.
Le Languedoc correspond en grande partie à la Narbo-
naise première des Romains, hsdiitée par les Voloes Tecto-
sages et Arêcomiques et quelques autres peuplades ou tribus
de race celtique. Il fut appelé Septimanie, puis Gothie,
lorsqu'il passa sous la domination des Visigoths. Ceux-ci,
dépossédés par les Franks de Clovis, gardaient encore quel-
ques lambeaux de territoire et leur passage vers le siège de
leur royaume d'Espagne, mais les Sarrasins les rempla-
cèrent et forent à leur tour expulsés par Charles-Martel et
Pépin -le -Bref. Charlemagne réunit la Septimanie au
royaume d'Aquitaine : elle en fut ensuite séparée pour former
Comté et Duché, s'annexant la Provence, étendant sa
puissance, sa domination par la force de ses armes et le
prestige des arts, de sa culture, de sa langue et de sa civi-
lisation sur tout le Midi et sur là France et l'Europe. La
quasi-royauté des comtes de Saint-Gilles et de Toulouse,
à l'apogée de leur grandeur, touchait d'un côté aux Alpes
et de l'autre aux Pyrénées : c'est en son état le plus floris-
sant qu'elle fut réunie à la France au XIII® siède, en 4270,
sous Philippe-le-Hardi, et que, de ce moment» le pays entier
prit le nom de Languedoc.
On sait que le mot Langue s'employait autrefois dans
l'acception de pays : on disait la langue de France on la
hmgue d'Oïl, et la langue d'Oc, l'idiome méridional, à
cause de la différence de prononciation. Le Langfuedoc, Ion
Léngadà, est donc le pays de la langue d'Oc; tout ce qui
est compris entre la Loire et les Pyrénées, qui ne parlait
pas la langue d'Oïl, l'ancienne province romaine, le vieux
territoire des Volces, Gaulois ou Celtes.
Lou Léngadà désigne le pays : pour son idiome, on dit :
la Ungo d'O, dont nous allons avoir à parler. On entend
quelquefois employer le mot Languédà; oe n'est là que dn
patois, c.-à-d. du français accommodé aux désinences du
languedocien. Notre mot Léngadà n'est guère lui-même
qu'une corruption, qui sent son latin du moyen-^et mais
elle a pour elle la priorité, l'ancienneté d'origine; et c'est
ce qui nous la (ait distinguer dans l'aj^iication. Q^iant à
la question d'idiome, vay. Léngo d'O, O et Oc particules.
Iiéngasto, <. f., ou Gourgonli. Hippoboaqoe da mouton,
insecte. — Voy. Gourgouli.
Léngo, s, f. Dim. Lénguéto; péj. LéngoMêo, Langue*
partie charnue, muscnleuse. mobile dans la bonche; organe
du goût et de la parole; langage, idiome d'une nation,
d'un peuple, d'un pays. — FaXr§ la léngo, servir d'inter*
prête, parler pour un autre; haranguer nu nom d'une
assemblée, d'une troupe, d'une collection qoeloonqoe d'in*
divîdus. FcXr$ la léngo à quâouquut, styler qoèlqu'on, loi
souffler ses réponses, lui faire la leçon, en Ini dictant ce
LEN
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431
qu'il doit dire. Â uno léngo de péiar, il a la langue bien ^
affilée; il manie très-bien Tironie on la médisance. Moum-
ngo dé la léngo, il mord de la langue, c.-à-d. il a la parole
mordante, incisive. Ma léngo mé pru$, j'ai une déman-
geaison de parier. Mouniga »a léngo, se retenir de faire
une réponse indiscrète ou compromettante. A poi que dé
Ungo, il n'a que dn babil. Avès la léngo trop longo, vous
parlei beaucoup trop; se dit d'un bavard ou d'un indiscret.
Frêne léngo, prendre langue; s'informer. Ma léngo m'a
vira, la langue m'a fourché; je me suis trompé. Envola $a
Ungo, mourir, rendre le dernier soupir; métaphore éner-
gique et en même temps ironique. Es uno lénguéto, c'est
une langue dorée; une fine mouche; un doucereux diseur,
câlin et insinuant. Vno léngano, une mauvaise langue.
Dér. du lat. Lingua, m. sign.
Iiéngo-boilino, i. f. Langue de bœuf, Hypodrys hépa-
tique, Boletu» hêpatieut, BoMus 6tt^/o«mfm,Linn., Roques;
champignon du genre des Agarics, fistuleux, dont les
mioologues donnent ainsi la description : chapeau d'un
ronge-brun, d'autant plus foncé que le sujet est plus Agé,
parsemé à la surface supérieure de papilles de même cou-
leur; surface inférieure couverte de tubes allongés, accolés
les uns aux autres, d'un jaune blanc ou jaune rougissant ;
chair mollasse, fibreuse, zonée, ressemblant au tissu de la
betterave rouge lorsqu'eUe est cuite ; saveur un peu adde,
odeur nulle. U croit sur les vieilles souches, le plus sou-
vent au pied des vieux chênes et des vieux châtaigniers.
On le désigne en fr. sous les noms de Foie de bœuf, lan-
gue de bœuf, glu de chêne ; en Toscane Lingua di cof-
tagno, ra$sa huova.
Par son volume et sa saveur agréable, ce champignon
doit être mis au nombre des espèces alimentaires les plus
utiles. Mais, pour ceux qui se trouvent dans les châtai-
gneraies, il arrive qu'ils sont tellement saturés de la sève
âpre et acerbe de l'arbre» en s'attachant à son tronc ou
aux maltresses-branches, qu'il faut les faire tremper long-
temps et blanchir à l'eau bouillante pour leur enlever cette
tereté.
La composition du mot ne présente aucune difficulté :
Wouino est là comme traduction de bovine,
Léiigo*cano , <. f., ou Hèrbo dàou tal. Cynoglosse,
Cynoglouum officinale, Linn., plante de la fam. des Bora-
ginées. Sa feuille est légèrement veloutée et douce au
toucher comme la langue du chien, dont elle a du reste la
forme et pris le nom. Sa racine est adoucissante et somni-
fère : sa feuille est employée par application contre les
dartres.
Dér. du lat. Lingua canie, langue de chien.
Léngo d*0, i. f. Langue d'Oc; languedocien; langage,
idiome languedocien; langue parlée dans le pays de Lsm-
guedoc, par opposition à la Langue d'Oïl, parlée dans le
nord de la France.
La dénomination seule de Léngo d'O, la langue d'Oc,
trace les limites dans lesquelles doivent se renfermer ces
observations. Nous reviendrons à rechercher nos origines
dans la langue romane fYoy, RounuinJ, et, sous le mot
Troubadour, à exposer sa marche et son développement ;
nous en sommes, le mot l'Indique, au moment où l'idiome
méridional a déjà conquis la plénitude de son individualité
propre, où il est si bien fixé par le caractère particulier
de son euphonie que son accent et sa prononciation ser-
vent à le classer par une démarcation territoriale. — Yoy.
Léngadd.
Il doit être accordé une assez large part aux influences
climatériques sur le langage pour faire admettre en prin-
cipe que, de tout temps, des différences dialectales ont
distingué les groupes de populations d'un vaste pays, de
même race et de même langue. Ce que nous voyons au-
jourd'hui permet d'affirmer ce qui a été avant nous. Dans
l'ancienne Gaule, où les divisions par tribus furent si
nombreuses, ces différences existaient : la conquête romaine
constitua une sorte d'unité sous sa domination; mais elle
laissa forcément vivre ce qu'elle ne pouvait atteindre, le
génie national dans son sentiment intime et dans la parole,
sa manifestation la plus persévérante.
La Narbonaise première s'était donnée plutôt qu'elle
n'avait été soumise. Entre les mains des vainqueurs du
monde, elle était devenue la plus florissante et la plus
riche de leurs provinces transalpines. Peut-être cette pros-
périté était-elle due à ce qu'ils avaient su conserver chez
elle plus de son esprit natif d'indépendance, en lui appre-
nant à se gouverner elle-même dans ses municipes, et parce
qu'ils avaient été amenés aussi, par calcul ou par néces-
sité, à respecter ses habitudes et ses traditions de langage,
en conservant toutes ses dénominations géographiques, en
latinisant beaucoup de ses locutions usuelles qu'ils s'ap-
proprièrent, à mesure qu'ils lui imposaient, dans les lob et
les affaires, la langue officielle, et dans leurs relations
privées, le charme de leur littérature. C'est au moins ces
caractères de la politique romaine qui ont survécu pour
attester les traits les plus saillants de notre nationalité. Ce
double courant s'est creusé un lit profond à travers les
contrées méridionales.
Dans un intervalle de trois ou quatre siècles de l'éta-
blissement des colonies romaines, le flot commence à se
troubler, où plutôt une nouvelle ère s'annonce. La Gaule
comprend qu'elle n'a plus besoin de maîtres : elle a donné
des empereurs au monde, des sénateurs au Capitole, des
orateurs à la tribune, des rhéteurs et des grammairiens
aux écoles; elle a un instant disputé à Rome même le
Mége de l'empire; un effort encore, elle va s'appartenir.
Hais à ce moment les irruptions des Barbares recommen-
cent; les Wisigoths viennent occuper le Midi, les Sicam-
bres ravagent le Nord : partout se montrent les signes pré-
curseurs d'un grand 'déplacement de puissance et de réno-
vation d'idées et d'idiomes.
Le christianisme se propageait. Les Wingoths admiraient
les institutions romaines et ils conservèrent beaucoup de
43Î
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l'organisation administrative : 1»^ latin était la lani/ue de
leur cr)ur do Toulouse, et celle dont ils s<? servaient dans
les édits et dans leurs codes : et le latin n'avait jamais
entièrement elFacé le celtique.
A leur tour, les Sarrasins s'étaient répandus dans le
Midi : ils tenaient Mmes, (^arcassonnc et Narbonne : les
Francks de Clovis, de Childebert, de Pé[)in. y avaient été
aj)[)<Més. Comment les traces de tous les envahisseurs, rc-
connaissaliles sur notre sol, n'auraient-elles pas laissé quel-
ques empreintes dans la langue? Cependant, ni le gothique,
qui avait légué son nom h la province romaine, ni l'arabe,
que les dévastations des bandes sarrasines, l'antipathie des
croyances et l'épouvante rendaient odieux, ni le franci-
que ou le tudesque aidé même de toute la puissance de
Charlemagne, n'avaient pu s'acclimater sous notre soleil
et sur cette terre où le vieux tronc gaulois gardait ses
racines vivaces et qu'avait si merveilleusement fécondée
la culture latine.
Mais l'ébranlement et la chute de l'empire, les guerres et
les invasions, tous ces chocs de peuples divers ne pouvaient
manquer de produire des bouleversenjents, des perturba-
tions dans les esprits et une étrange confusion dans les
rapports habituels et nécessaires des populations. Au milieu
de ces conllitset de la diversité d'idiomes qui se heurtaient
et se repoussaient, l'uniipie moyen de s'entendre et de se
o^mprendre était de composer, presque d'instinct, sans se
soucier des règles et de la syntaxe, un langage courant,
populaire, dont le fond, comme la forme, se fut généralisé
et (jui ne pouvait avoir pour base que le latin, la langue
la plus répandue.
Alors, en effet, dans la nuit intellectuelle de ces Ages
troublés et malheureux, apparaît la langue romaine rus-
tique, le roman, comme une Iraubaction éclatante entre
la civilisation décrépit»? de la vieille Home, et une société
rajeunie, turbulente, pres(]ue sauvage encore, pleine de
ses traditions nationales, exubérante d'ardeur, nouvelle-
ment retrempée aux sources du christianisme. Tous les
[Xîuples qui s'étaient dis])utés l'héritage lacéré de la gran-
deur romaine, furent ap[»elés à apporter leur moellon à
l'édifice de régénéraliim. iîientôt le roman était en posses-
sion de toute la Gaule, de la Méditerranée au Rhin ; et. né
dans la |)rovince latine, comme on appelait la Gaule nar-
bonaise, il régnait au nord de la France au IX® siècle, et
formulait, en 8 il, les serments réciproques de Louis-le-
Germanique et de Charles- le-Chauve, son frère.
Cependant, si le roman était universel et commun à
tout le territoire des Gaules, les éléments divers dont était
composée la population, réagissaient naturellement contre
l'unité d'un langage dont le lien fondamental, le latin,
déjà miné et altéré, ne trouvait plus ni sanction ni con-
trôle, et tendait cha<iuc jour davantage à se dissoudre. Des
propensions ou des aptitudes opposées, du midi au nord,
dirigeaient d'ailleui*s le mouvement en sens contraire. Par
une convention tacite ot instinctive, partout il y avait un
accord unanime pour domier à la diction la rapidité et la
clarté, pour siipi)rimer les inversions, pour abréger les
finales, pour réi)udier les redondances : c'était le travail,
la recherche, l'instinct de l'esprit nouveau et son aflfaire.
Mais la mécanique du langage et l'oreille avaient aussi
leurs droits : ici, la sonorité et l'éclat des voyelles, quel-
quefois même la rudesse affectée de certaines consonnes
rappelant le vieux gaulois, l'harmonie surtout étaient dans
les prèdilecti(^ns natives et semblaient mieux servies par
la S(^uplesse <»t la dextérité de l'organe obéissant à la
promptitude de la i)ensée ; là, le son ne redoutait pas de
s'assourdir, la voix de s'elTac^r et de tomber avec les
désinences et les inflexions, comme pour se soumettre à
une conception plus lente, qui ne demandait pas à faire
explosion; et l'expression devenait lourde, traînante, em-
barrassée et inœlore ; mais la phrase et les mots, au prix
de la mélodie sacrifiée, prenaient une ferme netteté et une
concision qui n'étaient pas sans forces ni sans charmes. Ces
différences, que la nature, les dispositions organiques,
l'influence des climats, les impressions d'origine avaient
mises entre les dialectes du Midi et du Nord, ne s'effacè-
rent jamais, et plus le défaut du trait d'union qui les
reliait à la source principale se relâcha, par l'oubli ou
le mépris de la littérature romaine, plus aussi les tendances
divei'g«Mit'\s prenaient d'empire et accusaient leurs anti-
pathies.
De ce tableau de l'état de la Gaule après la chute de
l'empire romain, trop imparfaitement esquissé, qu'on nous
permette de reprendre quelques-uns des traits les plus sail-
lants.
Les provinces du Midi, plus cultivées et plus fières de
leur culture intellectuelle, moins exjx)sées aux incursions
germaniques, vivaient dans leur prospérité pleine des sou-
venirs de Home ; mais toujours impatientes du joug, elles
ne l'avaient souffert dans leur langue que par une sorte
d'acconnnode[nent et j\ la condition de prêter au vainqueur
presque autant qu'elles consentaient à en recevoir. Elles
s'étaient identifiées avec le latin, el l'avaient pour ainsi dire
att^Khé à leur fortune. Les Barbares apportèrent le premier
élément dissolvant sans parvenir à substituer leur idiome
à celui des Gallo- Romains. Les nouveaux conquérants
d'ailleurs s'entendaient dans la môme langue que ceux
qui avaient envahi le Nord et toutes les bandes qui
franchissaient continuellement et sans obstacle le Rbin à
la recherche d'une autre patrie. L'ancienne province roma-
ni sée pressentait vaguement que la force qui avait renversé
l'empire la dominerait un jour, et bien des fois elle l'avait
regartlée et avait recherché son alliance et son secours.
Quand le flot menaçant des Arabes était venu inonder les
Gaules, c'est au nord que s'était élevée la digue qui le
repoussa jusqu'au-delà des Pyrénées. Chaque jour la
puissance franque s'était accrue, et au milieu des secousses
et de ces terribles tremblements de terre, sa prépondérance
ne fit que grandir. Sous les rois de la première race, les
LÈN
LEN
43S
habitants daa coatrées méridionales n'étaient connus que
sons le nom de Manwins. La loi saiique consacrait cette
distinction de peuples; et la terre des Franks ne se con-
fondait pas* pour les privilèges que la possession y atta-
chait» avec les provinces de la Gaule méridionale. La
langue commune était la basse latinité dégénérant déjà, s*im-
prtgnant aa nord de tudesque et de teuton, et elle ne per-
sévérait au midi que sous le nom un peu méprisé de langite
rsmoifM ruêtique^ Durant cette longue période de guerres et
de défilacements continuels de peuples, toute culture intel-
ketnelle avait été abandonnée, les écoles publiques, autre-
fois ai renommées, n'existaient plus; les esprits troublés
marchaient au hasard et sans règle dans les terribles inquié-
todes d'un présent sans fixité, mais avec des aspirations
d'avenir à reconstruire sur d'autres bases. Le génie de
Gbarlemagne avait un mom^t essayé de reconstituer
l'unité de l'idiome et de l'empire : entre les mains de ses
débiles successeurs, son œuvre s'était démembrée. Mais
dans le moroellement, lorsque la Gaule méridionale eut
reconquis sa part, elle commença à respirer; et sur elle
UBQ in nouvelle allait se lever, en lui redonnant, avec
l'indépendance et le repos, l'amour des arts et des lettreijs.
De petits états s'étaient formés qui relevèrent en droit plus
qft'en fait de la souveraineté royale établie au nord, et qui
s'érigèrent bientût en gouvernements héréditaires sous leurs
seigneurs locaux : ils furent le berceau de la rénovation
politique et de celle du langage.
Ge fut an moment où la seigneurie suzeraine atteignait
soD pl«8 haut degré d'importance, que la délimitation du
domaine ftodaU tracée par la possession, se manifeste et se
fait par le nom du dialecte qu'on y parle. La langue dési-
gne et caractérise le territoire ; et alors on choisit, pour
diviser la Gaule en langue d'Oc et en langue d'Oïl, le mot
d'afibmation le plus usuel, suivant la manière dont il était
articulé au midi et au nord. — Voy. O et Oc.
Celte dénomination n'était en réalité que la reconnais-
sance et la sanction des faits. Comme nous venons de le
Toir et de le redire, des deux côtés de la Loire, prise pour
limite, le langage n'avait pas attendu jusque-là pour
prendre sa voie et suivre ses tendances; mais il n'avait
lût que traverser une phase de préparation et placer ses
jadona. fieidement alors l'unité du roman se dédoublait, et,
sortis de la même source, les deux dialectes, qui avaient
jMiglemps suivi une marche parallèle, se sépanuent en un
cours difE^nt.
La langue d'Oïl n'était pas encore parvenae à se
défanoBiller dee langes grossiers de son enfance, que la
langue d'Oc» plus fidèle à ses traditions, s'était o^anisée
d*s(»ésdBS règles savamment étudiées. Elle avait ses gram-
««•Swaifc» el sortottt ses poètes; et elle était devenue la
kngue politique, la langue légale, la langue des traités de
eommerae et d'alliance qui unissaient les dlés indastriiiuses
du Midi aux plus puissantes républiques italiennes, avec
Gènes, :Pise» Florence et Venise, la langue dans laquelle se
réveillaient les formules et l'esprit des vieux municipes
romains de la Gaule méridionale, lorsque les communes-
naissantes obtenaient de leurs seigneurs féodaux leurs*
chartes d'afirancbissement.
Dans le Xl« siècle, l'époque où les comtes de Saint-
Gilles et de Toulouse réunirent sous leur sceptre la Pro-
vence au Languedoc, fut l'époque où cette langue prit
toute l'extension, toute la richesse, toute la régularité que
les troubadours lui avaient données (Yoy. TroubadourJ.
Son infiuenoe ne s'était pas amoindrie par la cession de
la Provence au comte de Barcelone : la maison de Tou-
louse régnait toujours dans ses états indépendants qui
s'étendaient du Rhône aux extrêmes Cévennes, et de la
haute Dordogne aux Pyrénées ; et les comtes de Provence
en même temps comtes de Barcelone et rois d'Aragon, lui
conservaient sa primitive afiOnité avec le catalan. — V^jf,
Prouvénçàou.
Longtemps enccxe après que la comté de Toulouse fut
passée dans le domaine de la couronne, sous Philippe-le-
Hardi, la langue d'Oc conserva sa portée et sa valeur
politique. Philippe-le-Bel et ses successeurs, par divers
édits, ordonnèrent la publication des lois et l'instruction
des procédures dans chacun des idiomes qui divisaient la
France. La légalité de la langue d'Oc, son authenticité
juridique s'afiirmaient ainsi, et l'unité se maintenait dans
les diverses circonscriptions de son vaste territoire, tant
que l'institution politique générale faisait tout ressortir du
centre commun. Mais la cause qui, dès le principe, avait
amené la grande division en deux langues, ne pouvait pas
cesser de les suivre dans leur développement ; c'était l'in-
dépendance originelle de chaque groupe de population qui
se faisait jour.
Les seigneuries vassales du pays de la langue d'Oc
rendaient foi et hommage à leur suzerain, avec la même
soumission à peu près que celui-ci en usait avec le roi :
l'hérédité des fiefs passée en principe, la force et l'impor-
tance de la terre constituant le droit, sans troubles trop
violents pour la hiérarchie, dans les subdivisions, des
compositions étaient devenues souvent d'impérieuses et de
légitimes nécessités. Du peuple au seigneur les rapports
étaient relativement les mêmes, et des concessions étaient
également forcées en tout ce qui relevait du peuple serf ou
vassal, ou formé en commune. Le parler, dont il était le
maître, et qu'il faisait, se pliait à ses aptitudes et obéissait
à ses tendances : là aussi il avait à prendre librement ses
franchises. De là les dialectes de la langue d'Oc, ralliés
par une sorte de fédéi'ation ou de vassalité à sa constilsa-
tion centrale et souveraine, mais se nuançant en indivi-
dualités distinctes et se multipliant par fractionnements qui
conespondaîant à ceux des domaines particuliers, .sana
méoonnaitce jamais leur génie natal.
Aussi, quand le centre dominant, qui imposait aux
antns son e^rit et ses habitudes, vit amoindrir sa pré-
pondérance et qu'elle se d^[ilaça, quand une Uttécatire
434
LEN
LEN
acceptée également par tous cessa d'être accueillie et favo-
risée par les cours princières, et que ce foyer, d*où jaillis-
saient la lumière et tant d'éclat, s'éteignit, le prestige de la
langue d'Oc commença aussi à décroitre. A mesure que se
fit l'unité française, et que les provinces ne formèrent plus
que le royaume, en restant encore pays d'états , de plus
en plus s'abolit la division tracée autrefois par la Loire,
qui n'était que nominale. Le français s'était constitué dans
ses formes définitives : la langue d'Oc avait perdu son
privilège de centralité et de métropole; et, sans autre
règle que ses intérêts ou ses besoins, ses souvenirs ou ses
propensions, plus que jamais, dans ses anciens domaines,
chaque généralité, chaque baillage, chaque paroisse même,
morcelèrent à l'envi son héritage, et chacun l'appropria à
son génie particulier, à son accentuation locale, à l'in-
fluence de son voisinage immédiat, de son organisme ou
de sa température.
A ce point semblerait terminée l'histoire de la langue
d'Oc: il n'en est rien cependant; si l'avenir est fermé
pour elle, elle peut vivre de son passé et se consoler. La
nouvelle division de la France a efiaoé sa dénomination
provinciale; depuis longtemps avant, elle n'était plus
langue ofiBcielle; mais une langue ne s'anéantit point et
n'a pas à disparaître ni à se renier devant un décret
de proscription. Notre langue d'Oc, que nous affectons
d'appeler ainsi pour ne pas la réduire à un de ses dialectes,
mérite mieux. Comme nous l'avons dit dans quelques
considérations préliminaires, elle est restée populaire et
c'est être quelque chose; à ses chefs-d'œuvre anciens, sa
renaissance, retrempée à ses sources, vient en ajouter de
nouveaux; quatorze millions d'habitants l'entendent, la
parlent et la chantent encore dans tous ses dialectes; pour
le monde savant, son étude et sa connaissance sont indis-
pensables à tous les travaux de linguistique et de philo-
logie; elle fait partie au meilleur titre de notre gloire
nationale; et c'est ce qui nous fait aimer et entourer
d'un culte patriotique et fervent ses autels délaissés.
Son nom même est, en effet, devenu une généralisation,
qui s'est encore restreinte en transformant le nom de 1^-
cienne province romaine. Le parler d'Oc résiste toujours,
mais chacun de ses dialectes a une vie à part : le toulou-
sain, le gascon, le provençal, l'auvergnat, le cévenol ou
rcXol n'en sont point des branches détachées, mais des
pousses vigoureuses sorties du même tronc, que la même
sève alimente et que distingue cependant une floraison
différente. Ces dialectes ont eu et gardent encore l'empreinte
du type primitif que leur frottement avec le français n'a
point effacée ; et c'est pour cela, pour conserver à la langue
«a physionomie vraie, que, de toutes parts, dans le Midi, sa
terre natale, la poésie rajeunit ses traits et ses couleurs.
Nous ne rallumerons pas son flambeau, nous le savons,
«t peut-être cette flamme ravivée n'aurait que des ardeurs
factices; mais ne fit-elle que rappeler son premier éclat, il
élait bon de suivre à travers les Ages ces longues traînées
de lumière venues du Midi. La langue d'Oc est dépossédée
de sa souveraineté : elle décline vers une décadence fatale,
qui ne doit pas cependant s'accomplir de sitôt, pour si
peu qu'elle veuille rester elle-même. Le français peut la
remplacer et se substituer à elle; mais une fusion ou une
alliance est impossible. Le danger est là : le mélange ne
serait qu'un patois informe; et quelle que f&t la liviée
dont cette transformation se revêtirait, elle ne représen-
terait ni le français, ni le languedocien CVoy. PaiouhJ.
C'est à cet abaissement qu'elle ne doit pas descendre, si,
blessée au cœur, elle doit mourir. Elle doit rester une dans
ses variétés dialectales propres, sans se laisser déshonorer
et défigurer par des raffinements prétendus qui la corrom-
pent, vulgaire dans sa forte vitalité, simple, harmcmiease,
originale sans les atours, les sophistications et les ajus-
tements qui la déparent. Elle est assez riche pour se passer
d'emprunts, trop fière pour recevoir l'aumàne, de race et
d'extraction assez nobles et assez anciennes pour avouer
ses origines. Pour cela, nous avons voulu dire son histoire,
et nous faisons effort pour la maintenir dans ses traditions.
Léngoù, «. m. Dim. de Léngo. Petit bout de la langue;
dans le langage des nourrices, langue d'un enfuit.
Léngonsto, s, f. Langouste, Aêtaeu$, PaUnuru$ locutta,
Linn., crustacé de l'ordre des Astacoldes et de ïsl fam. des
Longicaudes ou Macroures, grosse écrevisse de mer, com-
mune dans la Méditerranée. Ce qui la distingue du homaid,
c'est qu'elle manque des deux formidables pinces doot
celui-ci est armé : ils ont d'ailleurs assez de rsssembUnœ
pour qu'on ne leur ait pas donné des noms di£G6rent8 :
celui de Léngousto suffit et s'applique à tous les deux.
Léngn, ado, adj. Dim. Lén^wié, Ho; péj. lÀnptAa»,
aao. Babillard; bavard; parleur; qui a la langue trop
longue; qui ne sait pas se taire sur ce qu'il doit garder
secret. — Tatêo-té, Ungudo, tais-toi, bavarde.
Léngaéja, v. firéq. Languéyer; examiner la laogoe
des porcs pour reconnaître les grains de ladrerie. — Tbf .
Grano dé por,
Léngné]atre, 5. m, Languéyeur; qui fait métier de
languéyer les porcs dans les foires et marchés. — Tby.
Grano dé por,
Lénguéta, v. Terme de menuiserie, évider en boudiiit
ou en languette le bord d'une pièce d'assemblage pour le
faire entrer dans la rainure ou canal de la pièce à joindre.
Léntio, s, f. Lentille, lentille commune* Brxmm
Linn., plante de la fam. des Légumineuses.
Lento, <. f. Luzerne sauvage, luzerne faudlle,
eago faleaia, Linn., plante de la fam. des LègamineoaBS* à
feuilles menues, à fleura jaunes, qui se propage d'elle-
même dans les champs de blé. Comme elle est TÎTaoe»
qu'elle se marcotte et se multiplie, ses racines très-fortei,
ûès-ligneuses, arrêtent quelquefois la charrue et font mêaw
briser le soc. Elle est fort gourmande et fort nviaihle aa
blé et en outre difficile à extirper.
Dér. du lat. JL«nfii«, flexible, ou lent, qui nleatit«
LES
LÈV
435
Lénton, t. f. Humidité ; flexibilité causée par rhomi-
dité; moisiasuFe. — Fby. Lén.
Iièoa, «. m. Péj. Xtfvotoj. Terme de boucherie, moa ou
poumon des animaux; morceau peu recherché, dont les
pauvres gens seuls font usage. Le mou du porc est plus
délicat; on le mêle à la viande des andouilles et saueis-
sons, on Talteme avec le foie, et ces carrés de viande
maigre qu'on nomme poupo, dans les garnitures que Ton
fait au boudin.
Dér. du lat. IavU, léger, parce que la substance spon-
gieuse et fistuleuse du poumon le rend léger et le fait sur-
nager sur Teau.
Lèou, oip. Bientôt; promptement; vite. — lÀou, lèou/
Vite, vite! dépêchons. Pu lèou que, plutôt que...
Dér. du lat. Leviê, léger : l'analogie entre léger, leste et
vite explique facilement la signification.
Lécpio, s. f. Piège pour les oiseaux ou les rats, com-
posé ordinairement d'une pierre large et plate, placée de
champ et inclinée en angle de 45 degrés, soutenue dans
cette position par une charpente de bûchettes si légère, si
délicatement montée que la moindre pression d'un animal
qui 8*y hasarde pour manger l'app&t semé au-dessous, fait
cronler brusquement l'édiafaudage, qui écrase presque
toujours le téméraire. En général, piège, traquet, traque-
nard, trébuchet, quatre de chiflre.
On l'a dit dér. du celt. Laitehe ou Lech, pierre, ou
fignrativement du lat. Laqueui.
Lès, s. m. Lé, largeur d'étoffe; longueur quelconque
d'étoffe prise dans toute sa largeur d'une lisière à l'autre.
Lésarda (Se), v. Se lézarder; se couvrir de lézardes.
Lésardo, s. /. Lézarde; fente, crevasse; fissure qui se
produit dans un mur quelquefois par vétusté, mais qui
date d'ordinaire de sa construction et provient le plus
souvent d'un afEdssement dans une partie des fondations.
Dér. du lat. Lemtm, supin de Lœdere, offenser, léser.
Lésé, s. m. Loisir; temps disponible et suffisant pour
foire une chose. — Soui pat dé /^é,- je n'ai pas le temps.
Quan néroM dé lété, quand tu y seras; quand tu seras
dispoe; quand tu auras le temps.
Dé Uté, à loisir, à son aise.
Dér. du lat. lÂett, il est permis.
Léténo, I. /. Aléne, outil de cordonnier pour percer le
ouïr; poinçon courbe emmanché.
Eq espag. Akma, m. sign.
Lésqno, s. f, Dim. Léêquéio. Tranche de pain ; mouillette.
Usdon, a. m. De la lessive, eau imprégnée des sels
lisiviflls de la cendre.
Dér. du lat. Idxkfîum, m. sign.
Lésiioa, f • m. Essieu de voiture, pièce de fer qui passe
dans le moyeu des roues.
Dér. du lat. Àteis, aariUwn, m. sign.
Létao, #. /. Grasse de la tète, pellicules qui s'amassent
sons les cheveux; crasse qui se forme ea petites écailles
sur d'autres parties du corps par une habitude de mal-
propreté, surtout aux genoux : cette dernière se nomme
aussi Péréso fVoy. cm.). — Foui lèvo la létio, au fig. il
emporte pièce dans ses quolibets.
Leste, lèato, adj. Leste; agile; qui a de la légèreté;
dispos; préparé; prêt; prompt; vif; éveillé.
Létro, 5. f. Lettre, caractère de l'alphabet; lettre-
missive. — Caunouï la litro, il sait lire et écrire. FasèM-y
uno létro, écrivez-lui. Li tnandaraï uno létro, je lui écrirai»
Dér. du lat. Littera, m. sign.
Lètron, s. m., ou Lusèr. Lézard, Lacerta, Linn., reptile
de la fam. des Sauriens, dont les variétés sont nombreuses.
— An-dessous du plus grand de nos lézards qui dépasse
deux pieds de longueur, ou en trouve bien d'autres diffé-
rant de taille et de couleur, ce qui tient peut-être autant
à l'âge qu'à l'espèce ; et par une gamme descendante,* on
arrive au lézardeau de muraille, qui atteint à peu près
cinq pouces dans son plus grand développement. En thèse
générale, les plus gros de ces reptiles, tous conformés de
même, s'appellent Létrou ou Lusèr; ceux de moindre
dimension ont des noms divers; mais à quel degré de
l'échelle faut-il s'arrêter pour que le Lèirou devienne Rén-
gloro (y, c. m.}? Ce point de démarcation n'est pas bien
déterminé. Disons toujours néanmoins que le lézard ocellé,
Lacerta oeellata, Linn., et le lézard vert, Lacerta viridiê,
un peu moins grand, tous deux remarquables par leur
belle couleur verte se modifiant quelquefois par du brun
et du jaune, communs dans notre pays, où ils sont les
plus grands du genre, sont essentiellement le Létrou ou
Lusèr : on s'arrange avec les autres et on leur donne l'épi-
thète depic^, pour arriver au nom spécifique de Réngloro.
Leva, V. Lever, en général; mais les nombreuses et
variées acceptions de ce verbe ne peuvent être bien con-
nues que par des exemples. — Leva, pousser en parlant
du blé qui germe en terre, des plantes qui sortent de terre;
lever, fermenter, en parlant du levain. LétM un éfan^
accoucher une femme, recevoir l'enfant. Leva uno maXo,
relever, reprendre une maille à un tricot, à un bas. Leva
la tâouh, desservir, enlever le couvert. Leva lou eapèl,
ôter son chapeau; saluer quelqu'un, le reconnaître pour
son supérieur. Leva las tatos, percevoir les contributions,
être percepteur; par ironie, mendier. Leva lou nas, lou
moure, être orgueilleux, porter la tête haute. Leva, quêter,,
faire une collecte. Leva la man, prêter serment. Leva
boutigo, commencer à tenir un magasin, à faire un com-
merce; ou par ext. entier en danse, se disposer à en venir
aux mains, se battre. Leva, faire un rabais : Mé lévarée bé
quieon, vous rabattrez quelque chose. Aquà vôou pas Uns
leva dàou sôou, cela ne vaut pas la peine de se baisser
pour le ramasser. M'ou Uvarias pas dé ma testa, vous ne
me feriez jamais croire antre chose. Jama» noun mé lève
d'cXei s'és pas vrai, je consens à ne jamais bouger de place
si je ne vous dis pas la vérité; formule d'imprécation ou
de protestation fort usitée. Uva Uu msados, chercher des.
\
1
436
LEV
nichées, dénicher des oiseaux. Té vôou leva ddou téména,
je vais te relancer d'importance. Leva dé eassûlo, dégoter
quelqu'un du jeu, prendre sa place. AourU pas qu'à liva
lou dé, il n'aurait qu'à faire un signe.
Se leva, se lever, en parlant d'une personne couchée,
sortir du lit ; se mettre debout ; monter, paraître sur l'ho-
rizon. — Lou tourél, la luno se lèvo, le soleil, la lune
parait, se lève. Lou tén se lèvo, le temps se hausse, il
commence à s'éclaircir, Si faire beau. Se leva dé davan,
disparaître, quitter la partie, s'en aller, s'esquiver.
Dér. du lat. Levare, venant de Levis, léger.
Lévadéto, s. f. Dim. de Lévado. Fressure d'agneau, de
chevreau. — Voy. Lévado.
Léyadis, disso, adj. Qui peut se lever, s'enlever, se
his^r facilement; aisé à lever, Pl remuer; mobile, muable.
— Pon lévadis, pont-levis.
Dér. de Leva,
Lévado, s. f. Dim. Lévadéto. Terme de boucherie, fres-
sure d'un porc, d'un mouton, etc. Elle se compose du foie,
du poumon et du cœur, qui tiennent ensemble et que le
boucher enlève à la fois, en dépeçant l'animal.
Ce mot vient-il de cette dernière action et parce que la
fressure ne compte pas comme viande, ou bien du mot
Lèou, qui donne à son péj. Lévatas, d'une grande ana-
logie, et parce que le poumon, qui est une partie essen-
tielle de la Lévado, pourrait bien avoir servi de racine à
l'ensemble de la fressure?
Léyado, s. f. Digue; chaussée; déversoir d'un moulin;
barrage quelconque en travers d'un cours d'eau pour le
dévier dans un canal de moulin ou d'arrosage.
Lévado, s. f. Levée; action de lever, d'enlever. En
terme de magnanerie, c'est une certaine quantité de vers
qu'on enlève des tables où ils sont trop serrés et trop
nombreux, pour les disposer sur des tables nouvelles, ce
qui arrive après chaque mue par le développement de
leur volume. — Au jeu de cartes, levée, cartes qu'on lève
en gagnant.
Lévadoù, s. m. Levier d'une meule de moulin à farine,
composé, dit Sauvages, de deux pièces, l'une verticale,
appelée l'épée, l'antre horizontale, qui fait l'ofiSoe de
levier et qu'on appelle la trampure : l'une et l'autre servent
à hausser la braie, et par ce moyen la meule tournante.
Lévadok signifie aussi un clayon, sorte de panier plat,
plus long que large. — Voy. Campanèje»
Ce mot, qui n'est pas connu à Alais en ce sens, est tout
k fait technique à nos portes, dans la Gardonenque et
l'arrondissement du Vigan.
Lévan, j. m. Levain, morceau de pâte aigrie qui sert à
faire fermenter la pâte du pain. — Métré lou lévan, opé*
ration préparatoire à la manipulation du pain, qui consiste
à détremper un morceau de levain avec une petite quantité
de farine dans la huche, qu'on laisse fermenter quelques
heures ensemble et qui augmente le volume du levain en
LIB
même temps que la force de fermentation; on mâele tout
ensuite avec la pâte nouvelle.
Dér. de la bass. lat. Lepamen, m. sign.
Lévan, s. m. Levant, Orient, Est, partie du ciel oA le
soleil se lève; pays situés au levant de la Méditerranfie.
— Sourél lévan, lever du soleil ; soldl levant.
Lévandièîro, s. f. Sage-femme, accoucheuse.
Dér. de Leva ; leva un éfan, prendre un enfant du sein
de la mère, accoucher une femme.
Lévatas, s. m. Péj. de Lèou. Terme de boucherie,
poumon, principalement de bœuf : ce qui est toujouis un
mauvais mets. — Voy. Lèou.
Lévite, s. f. Lévite, redingote, sorte d'habit long, croisé
par devant.
Empr. au fr.
Lèvo, s. f. Terme de palemardier, lève, cuiller d'an
mail , sa face taillée en biseau et qui sert à enlever U
boule, tandis que la face opposée, la masse, la fait rouler
terre à terre. — Jou^a dé lèvo, enlever la boule pour U
porter à une plus grande distance, sans être arrêtée dans si
course par des ricochets ; par ext. au fig. agir hardimeut,
avoir de la vigueur, de la verdeur, de l'entrain.
Lèvo, s. f. Levée; quête; collecte. — Faïre uno lèoo,
faire une quête.
Dér. de Leva.
Lèvo-qnion, s. m. Fourmi rouge, fourmi à tète ronge,
qui va toujours en procession le long des vieux muis on
des vieux troncs d'arbre. Elle passe pour méchante et sa
morsure cause une légère inflammation. On l'appelle lèw-
quiou de ce qu'elle relève volontiers son abdomen.
Lévnro, $. f. Tranche extérieure de panne de porc, qui
est devenue rance et qu'on enlève pour ne pas laisser ce
goût aux assaisonnements. On donne ces reliefs aux pauvres
mendiants.
Li ou I, pron. relat. et adv. Lui, à loi. — Foy. /.
Lia, V', ou la. Lier. — Voy. la.
Lian ou lan, s. m. Gordon, ce qui sert à lier; lien;
cordon de sac. — Voy. lan.
Liardo, s. f., ou Piastre. Pièce de deux liards* depuis
longtemps démonétisée, hors d'usage dans la circoUtioo
comme en dénomination. — Voy. lard et Piatiro.
Liasse ou lasso, s. f. Liasse; paquet de menu lingl^
lié ensemble; trousseau de clés réunies. — Le fr. Liasse
ne s'entend que de papiers; le lang. a presque une aatR
signification et ne s'applique qu'à de menus objets. H dit
an reste beaucoup mieux Ttoumo. — K. o. m.
Libérta, s. f. Liberté; indépendance; état d'une pc^
sonne libre.
Dér. du lat. Wmias, m. sign.
Libertin, boio, adj. Dim. lÀbérHnà: p6|. £i&éniiMt*
Libertin. — Cet adj. an masc. n*entraiAe pas l'idée de
mauvaises mœurs comme le fr. Libertin : c'est plutftt va
coureur de cafés et de cabarets; un homme qui pense p0a
LIG
LIM
437
à Ses af&ires et vit dans le vin et le jea. An fém. c'est
différent, le moi libertino ne porte que sur les mœurs.
Libraire, «. m. Libraire; marchand de livres.
Dér. du lat. LibrariuM, m. sign.
Libramén, aiv. Librement; sans contrainte; sans gène.
Empr. au fr.
Ubre, s. m. Dim. Libre; péj. Libras. Livre; volume,
feuilles imprimées reliées ou brocbées ; ouvrage d'esprit
qui fait un volume. — Libre dé doits iar§, la croix de par
Dieu. Parlo coumo un libre, il parle d'or.
Dér. du lat. Liber, gén. libri, m. sign.
Libre, libre, adj. Libre; exempt de contrainte, de
gène, d'embarras, de liens, d'obstacles.
Dér. du lat. Liber, m. sign.
Licol, s. m. Licol ou licou, lien autour du cou du cheval,
mule ou mulet. — Le vrai mot est Cabéetre, mais celui-
ci, qui n'est peut-être qu'un empr. au fr., s'est facilement
impatronisé.
Liçoù, 5. f. Dim. Liçounéio. Leçon, instruction; ce
qu'un maitre donne à apprendre et ce qu'apprend par cœur
un écolier. — As pas di ta liçoù, tu n'as pas récité ta
leçon. Té dcunartU uno liçounéio, je t'appliquerai une
l^ère correction pour t'apprendre.
Dér. du lat. Lectio, m. sign.
lidor, s, m. Louis d'or, pièce de vingt-quatre francs.
— Malgré l'adoption presque générale du système décimal,
il y a encore certains marchés qui persistent à se faire sur
le type des anciennes monnaies, parmi le peuple; dans les
foires, celui des chevaux et des mules se fait en louis d'or.
n est encore certains nombres dans les sommes d'ai^enl
qui ne s'énoncent qu'en ces vieilles dénominations, en fr.
comme en lang., ainsi : dès éscus, cent èsetts, milo éseus,
otnio-ctn lidors, cinquanto lidors, eént lidors, malgré le
changement de valeur de ces différentes pièces, signifient
toujours trente, trois cents, trois mille, six cents, douze
cents, deux mille quatre cents francs, puisqu'il n'y a plus
délivres.
Lié, t. m. Lit. — Voy. lé, seul usité dans notre dialecte.
Ilècboto, s, f. Dim. de Lié, Petit lit, couchette. — Se
dit mieux lèehoio, — Voy. c. m.
Liéto, s. f. Layette; petit coffre en forme de bahut, en
carton ou en bois très-mince, qui sert aux jeunes femmes
•t jeunes filles 4 renfermer leurs objets de 'toilette, bonnets,
cols, collerettes, et tous les atours qui craignent d'être
aplatis ou chiffonnés. C'est lÀ aussi que sont serrées leurs
Aomres et chaînes.
Ulré, liiréto, a^*. Gai; éveillé; coquet; accort;
délicat.
Uga, V., ou Aliga. Limoner; couvrir de lie, de limon,
de vise. — Foy. Énliga.
UffAB, s, m. Gros amas ou dép6t de limon, où le pied
enAmee, dans les premiers temps de sa formation.
Augm. de Ligo, lie» boue.
Ugnéto, «. f. Ficelle; bitord; corde à fouet.
Ligno, s. f. Ligne, instrument de pèche; canne, perche
légère en roseau d'ordinaire, à laquelle est attaché un fil
ou une mince corde et un bout de crin blanc qui porte le
hameçon.
Dans le sens du fr. Ligne, trait simple, le lang. ne
connaît que Bigo, et pour Rangée, file, rien que la variante
lîéfi. — Foy. c. m.
Dér. du lat. Linea, fil, ficelle.
Lignôou, s. m. Ligneul des cordonniers, fil ciré avec
de la poix, doublé plusieurs fois, qui sert à coudre les
souliers.
Dér. du lat. Linetum, de Linum, lin.
Lignoto, s. f. Linotte, Gros-bec linotte, Fringilla ean-
nabina, Temm., oiseau de l'ordre des Passereaux et de la
fam. des Gonirostres ou Gonoramphes. — Ge joli oiseau
vit longtemps en cage et rivalise avec le chardonneret pour
le chant et l'intelligence.
Ligo, s. f. Lie du vin; dépôt, sédiment, vase des
rivières.
Ligo, f. f. Acabit, qualité bonne ou mauvaise d'une
chose, des fruits, des productions de la terre ; race, origine,
source, en parlant des personnes. — Il est probable que
c'est même dans cette dernière acception que le mot a été
imaginé d'abord, et qu'il ne s'est étendu que par analogie
aux objets inanimés. L'homme ayant été formé de limon,
la ligo a été sa source, son origine ; quand on dit : Es dé
la bono ligo, il est de la boçne souche, de la vieille roche,
on semble supposer que le Gréateur se servit de diverses
qualités de limon pour former les diverses races.
Dér. sans doute du lat. Ligare, lier.
LigouBSO, s, f, Brette; épée longue; sabre.
Lima, v. Limer; polir; couper; amincir, user avec la
lime, par le frottement. Au fig. perfectionner par un
travail assidu, attentif.
Dér. du lat. Limare, m. sign.
Limaio, s, f. Limaille, partie de métal en poudre, que
la lime enlève.
Limâoucboùs, onso^ adj, Péj. Xtmdotie^usaj. Gluant;
poisseux; visqueux, mucilagineux; baveux, comme l'hu»
meur qui couvre le corps de la limace.
Dér. à'AUmase, limace, limaçon.
Limaae ou Alimase, «. m. Limace, limaçon sans
coquille, Limax, Linn. — Voy. Alimase,
Limbardo, s. f. Limbarde, inule, perce-pierre, /ntila
chrithm&ides, Linn., plante de la fam. des Gorymbiféres,
qui croit dans les lieux marécageux, au bord de la mer.
Limboron, s. m. Varaire, plante. — Voy. Varc&re.
Limo, s. f. Lime, carrelet d'ader, de fer, à raies, pour
polir, user, couper les corps durs. — Limo doufo on Umo
sourdo, au fig. sournois, hypocrite; homme qui voua
mine, qui vous ruine en vous caressant, qui agit secrète-
ment avec de mauvais desseins.
Limongnè, limongnèîro, a4i» Cheval, mule ou mulet,
attelés au limon d'une voiture, c-à-d. au brancard, par
438
LIO
LIR
opposition à ceax qui sont attelés devant, et qa*on dit
Atalas en cavto,
limoun, ». m. Limon, dépôt de terre détrempée; boue
bonrbe, vase; limon, fruit du limonier, plus petit que le
citron, avec lequel on le confond cependant ; limon, bran
card d'une voiture, d*une charrette; pièce de bois qui
soutient les marches d*un escalier.
Dér. du lat. Limus, limon, vase, boue.
Limouna, v. Limonner une terre, Tengraisser de dépôts
de limon. — Se dit d*une prairie couverte par une inon-
dation qui y a déposé du limon .
Limounado, s. f. Limonade, boisson du jus du limon
ou du citron, avec de l'eau et du sucre.
Lûnounéto, f . f. Mélisse, citronnelle, plante. — Foy.
Abêiano,
Limpa, v. Vieux et hors d*usage. Glisser . — Est entré
dans Ésearlimpa, v. très-usité. — Voy, c. m.
Dér. de Litnpo, boue, en v. lang.
Idmpéto, s. f. Pierre mince et plate, galet; caillou plat,
rond, sur une grève : ce sont ces galets avec lesquels les
enfants s'amusent à faire des ricochets dans l'eau. — Vay,
Saupéto,
Lin, «. m. Lin, lin commun, Idnum usitatisnmum ,
Linn., plante de la fam. des Garyophyllées ; dont Técorce
se file et fait des tissus, et dont la graine possède des qua-
lités émollientes fort appréciées en pratique.
Linde, lindo, adj. Clair; transparent, limpide, comme
Feau de roche ou celle qui court sur une grève unie et
argentée. — Lou eiil es linde, le ciel est pur, sans nuage,
ni brume. Un jouïn'home linde, un jeune homme à taille
svelte. — Ainsi pris au fig. dans ce dernier sens, Linde a
contracté une extension qui semble participer de celle du
vieux mot Linje, ou n'en être plutôt qu'une corruption :
car il revient à Fluet, efflanqué, effilé, élancé; se rappro-
chant de la signification du mot en espag. et en port.
En espag. Lindo, beau, net, pur; en port. Lindo, joli,
gentil.
Linja, ado, adj. Nippé; qui est bien fourni en linge;
pourvu de linge.
Linjariè, s. f. Ensemble du linge d'une maison, d'un
ménage, et non lingerie, qui est un appartement réservé à
la conservation et à la réparation du linge, en fr.
Linje, s. m. Linge, toile employée aux besoins du
ménage; linge pour le corps.
Dér. du lat. Linium pour Lineum, transformé en Linjum,
linjeutn, et par suppression de la finale, Liry'e.
Linla, s. m. Lilas, Lilae vulgarie, Linn., arbuste de la
iam. des Jasminées, originaire des Indes, à fleurs mono-
pétales, tubulées, disposées en grappes.
Uo, s. f., ou Rédorto. Lien formé d*un jeune scion
d'arbre on d'arbrisseau, ou même de jonc ou de tige her-
bacée, qui est tordu par les bouts et assez flexible pour
lier un fagot.
Dér. du lat. Ligamen, lien.
Liô ou lô, s. m. Lieu, endroit; place; occasion. —Est
plus dans le dialecte montagnard que dans oeloi de la
plaine. — Voy, /d.
Lionrèîo, 5. A Livrée. — Voy, Liwèxo.
Lionro, 5. f. Livre, unité de poids d'après l'aucieQ
système, qui se divise en 4 6 onces, 4 20 gros, 384 sera-
pules, 9,346 grains, et qui variait suivant les localités.
Celle d'Alais valait 445 grammes 89 centig. — La liouro
dé déssouto, retenue de un pour cent que les acheteurs de
cocons font subir à leurs vendeurs en certaines localités :
c'est pour tenir compte du déchet que peut avoir éprouvé
la marchandise, soit dans le transport, soit par défaut
d'un triage préalable assez exact. Cette retenue n'a lieo de
commun avec la proportion, qui n'est qu'un escompte. —
Voy. ProupoureUw.
Dér. du lat. Libra, m. sign.
Lipa, V. Lécher. Au fig. manger son bi«i. — A Una
Upa, il a tout achevé. — Voy. Liqua,
Dér. de l'allem. Lippe, lèvre.
Lipado, s. f. Lippée; bouchée; coup de langue d'un
animal qui lèche; franche lippée, repas copieux et gratuit.
Lipaîre, aîro, s. et adj., ou Liqnaire. Qui lèche, qui
aime à lécher; et au fig. écomifleur, parasite; gourmand,
moins délicat que Lipé.
Lipé, lipéto, adj, Dim. Lipétoît. Friand; raffiné gour-
mand; délicat mangeur; qui est sur sa bouche.
Liqua, v., ou Lipa. Lécher avec la langue ; effleurer avec
la langue. Par ext. et au fig. enlever, emporter; efiacer;
faire disparaître. — Gardoù a liqua las eastagnot, le
Gardon a emporté la récolte des châtaignes, bien entendu
dans une inondation après orage, qui charrie les produits
et la terre des montagnes. L'âouro-ddou, la liquo-fango,
le vent du nord, qui sèche la boue.
Dér. du gr. \tlx^, je lèche.
Liquado, s. f. Bouchée; action de l^her. — Foy.
Lipado,
Liquaire, aûro, adj. Qui lèche. — Voy. lÀpoUre.
Liqaofroîo, s. f. Lèchefrite, ustensile de cuisine pour
recevoir le jus du rôti.
Liquo-aièto, i. m. Gourmand; parasite; ce qu'on pour-
rait traduire mot à mot en fr. par lèche-plat, lèche-asâeUe.
Liquon, s, f. Liqueur; liquide en général; boisson dont
l'eau-de-vie est la base. — Un vêire dé iiquoù, un petit
verre d'eau-de-vie ou d'autre liqueur.
Dér. du lat. Liqtàor, m, sign.
Lirgo, «. f. Glaïeul, iris ou flambe, Iris Germanieu$, ou
Gladiolus communie, Lûm., plantes de la fam. des IriséeSi
qui se confondent avec la Coutilo. — F. c. m.
Lironn, 5. m. Loir, rat des Alpes, loir commun, Jfyocta
glie, Linn., petit mammifère de la iam. des Rongeurs.
Ce nom n'est point très en usage; et comme le Loir,
plus rare que le Lérot, lui ressemble beaucoup, on lui
donne, ainsi qu'à ce dernier^ le nom de Jto-Misé. -*
Voy. c. m.
LIU
LON
439
V
Lis, Ubo, adj. Poli; lisse; usé parle frottement; mince,
fluet. — Bago-liso, jonc, bagne nnie, sans chaton ni gnil-
lochage. Soupo Ixto, potage sans gamitnie, eau bouillie
sans grand assaisonnement. Pèço-liso, pièce de monnaie
osée, élimée, mais conservant encore quelque valeur.
Dér. du gr. Aiç, Xi9q6ç, m. sign.
Lis, adv. En courant, sans bruit, comme en glissant. —
Passa lit, passer sans s'arrêter, sans saluer, en voulant
être inaperçu.
Liséto , Idso, Lisonn, t. f, n. pr. de femme. Lisette,
Lise, Louison, dim. de Louise ou de Elise.
Liflièiro, s. f. Lisière, bord d'une étoffe, d'un champ.
Dér. de la bass. lat. Lisiera, du lat. Lieium, trame;
mais importé du fr.
Lisqno, s. f., ou Lésquo. Dim. LisquHo. Lèche, tranche
de pain fort mince; tranche de viande, de saucisson, etc.;
tartine de beurre, de fromage frais. — Lisquo dâourado,
friandise dont on fête un heureux accouchement chez le
peuple, en la distribuant aux personnes qui viennent faire
visite à Taccouchée et à celles qui assistent au baptême.
Elle consiste en de larges tranches de pain blanc, trempées
à diverses reprises dans une pâte faite de lait, d'oeufs et de
sucre, et cuites ensuite à la poêle. Les pâtissiers ont per-
fectionné cela et en ont fait ce qu'ils appellent des mi-
nerves.
LisBandro, 5. m. n. pr. d'homme. Alexandre. — Alté-
ration par apocope.
Listel, 5. m,, ou GistèL Liteau. — Voy. Gittil,
Liste, s. r Bande de toile ou de mousseline claire dont
les femmes en grand deuil garnissent leurs bonnets, en
guise de dentelles. Elle doit être empesée, lisse et sans
aucun pli.
Listo, dans le sens du fr. Liste, est du pur franchiman
réprouvé.
En angl. List, bande, lisière.
Litièîro, s. f. Litière. — Ce mot comprend, en lang.,
non-seulement la litière dont on fait le lit des chevaux,
bœufs, porcs, etc., mais toute autre substance qu'on mêle
au fumier dans les cours, pour servir de véhicule aux
déjections des animaux, comme buis, hérissons de châ-
taigniers, mauvaises herbes, etc.
Litre, s. m. Litre, mesure de capacité du système déci-
mal. C'est un des termes de la nomenclature nouvelle qui
est devenu plus tôt- et plus généralement familier dans le
peuple. — Joumto'n liits, boire, vider un litre. Towmba
«ottfi litTt, boire une bouteille de vin d'un litre en un
repas, déjeuner ou dîner.
Litnr, litnrdo, adj. Lecteur, lectrice; celui ou celle qui
lit, qui fait la lecture.
Utore, s, f. Lecture: savoir, étude. — A la lituro pér
é<, il a l'avantage de savoir lire. A dé lituro, il a de Tin-
struction, du savoir, il sait lire et écrire.
Dér. du lat. Leetura, du v. Lsgsre, lire.
linèii, adv, de lieu et de temps, ou Inèn. Loin, à grande
distance. — Dé liuèn m liuèn, à intervalles espacés, à
distance l'un de l'autre, de loin en loin. — Voy. luên.
Livrèlo ou Idourèîe, s. f. Livrée ; uniforme ; signe dis-
tinctif comme drapeau, cocarde, etc.
Loge, s. f. Dim. Louguito. Espèce de foire ou plutôt de
rendez-vous, où l'on loue des ouvriers pour la moisson, la
vendange, l'éducation. des vers-à-soie, et surtout pour les
travaux d'hiver. Ce sont en général des ouvriers de la
Lozère qui se présentent le jour dit, qui est toujours un
dimanche : ils se réunissent en masse sur quelque petite
place autour de l'église, et les enchères commencent à
l'issue de la messe.
Dér. du V. Louga.
Logo (A), adv. Au lieu, tout au contraire. — A logo
d'un ehi, mé mandé un lou, au lieu d'un chien, il m'en-
voya un loup. As agu hèou din ta eampagno? — A logo,
a plougu tout lou tén, as-tu eu beau temps dans ton
voyage? — Bien au contraire, il a toujours plu.
Dér. du lat. Loco, au lieu.
L'on, particule, ou mieux pronom personnel indéfini.
On, l'on.
Ce mot est le même que On, et l'euphonie seule règle
les cas où chacun doit être employé de préférence, absolu-
ment comme dans le fr. On et l'on.
Comme en fr. contraction de Homines, les hommes.
Long, longe, adj. Dim. Loungué; péjor. Loungas.
Long; qui a de la longueur, de la durée, de l'étendue;
tardif; lent. — Dé long péls longo nouvèlo, a beau mentir
qui vient de loin. S'ésténdre dé soun long, tomber de tout
son long. Ses bien long, vous tardez bien; vous êtes bien
lambin.
Dér. du lat. Longus, m. sign.
On a compris que le G final, au masc. sing., ne se fait
pas sentir : il n'aurait donc pas dû être écrit, d'après les
principes de notre orthographe. Mais dans ce mot, et dans
quelques autres monosyllabes surtout, conjonctions ou
adverbes, une exception à la règle était nécessaire, moins
peut-être en faveur de l'étymologie, qu'à cause de la for-
mation des composés qui prennent presque toujours la
lettre caractéristique du primitif.
Long, adv. Le long; amplement; d'une manière diffuse.
— Long dé Vaigo, tout le long de la rivière, sur les bords
de l'eau. Long dâou jour, tout le long de la journée. N'en
sa long, il en sait long, il est très-expert. A la longo, à la
longue, avec le temps, tout dàou long, en longueur, en
long.
Lengamén, adv. Longuement; durant un long temps.
Longe-mai, adv. ou mieux interj. Souhait, vœu, féli-
citation de politesse que l'on adresse à une personne en la
complimentant sur un vêtement neuf, sur une maison, sur
un domaine nouvellement acquis. La phrase entière usitée
en ces circonstances ou en occasions semblables, est :
longo-maï, en hono santa, c.-à-d. puissiez- vous en jouir
longtemps encore en bonne santé. La syncope abrège, et
440
LOU
LOU
se fnit sulTisaiiiiiii^it comprendre. La ni^mc roniiiilc simple
LotKjO'iiint s"oijj]>l<:)i(? aussi comme adieu, lorsque deux [ler-
sonn'''s se(juilhnU pour quehiiic temps et se prennniil la main.
Longos (Las), s*, f. plur. — Ne s'emploie sprcialiMnent
qu'on lerine (le \iL;neron : Donna las ïotKjos, lais>erde très-
longues vi<'tlvs au bout des sarments de la vigne en la
taillant. Cnnime le noiuhre d':'s b'iuiyfons laissés est litvau-
coup plus considérable, la vigne a Ix-aucoup })lus(le raisins;
mais la qu;inti!é ne s'obtient qu'aux: dép«Mis de la (jualité
du vin et do la vitalité du cep. Aussi n'est-co gur^re (\yC^
une vigne vi«Mlle, rabougri»^ et destinée à élre arraché* (|ue
l'on fait subir cett'"' épreuve. — Yo'j. Cardin,
Longo-vuïo, ••f. f Longue-vue, lunollc d'ap[irocIie.
Trad. du fr.
Lonjo, .V. f. Longt\ îkukIo, lanière de cuir, ou corde,
qui tit-nt au licou di^s l)ètes de souime; échine du veau ou
sa moitié, d"puis les épauli's jus(iu'à la «jueue.
Empr. au IV.
Lontén, alv. Longtemps; durant un long cs])ace de
temps. — 7V iiarh dé Ionien, je te parle de longlemps.
Y-a lonfrn, il V a li'uVJtoiiipS.
Loquo, s. f. IVmi. ÏjtniiuHo. Lnche, loche des rivières,
loche lrancb'\ Co/uds hnrbtitula, ÏJnn., [unisson de l'ordre
des ir»lMbr;'i;ches et d'* la farn. des CylindrosofUi^s : dessus
du cor|)s d'un brun oli vitre; entes j:iunMr('S niiag-'s et
pointillèsd'^ b'nni; six barbillons aux mVbr)iivs; longu-^ur
de M à 1") c'Mitimèlres, quand Dieu leur prélo Aie. (]e
pMil poisson, fort c<unmun dans le (î.irdon, n^ste au fond
de l'eau, caché dans l'h-n-be et les pierres ; sa chair est
d'un bon goût.
Lou, ar(. (•( pron. m. Le. — S'élide d'avant une vctyelle:
l'âouhvi', rar!)r'\ comm<' en fr. Au gèn. f/c lou, contracté
en dèl, (lal, aujourd'inii dn<iu ou de i de\aiit une \(iyell(\
équivalout au fr. (l\ du ( Von . DdnuK .\udat. à lou, con-
tracté en àoK ou à /'. au. L»^ plur. masc. nomin. et accus,
est Ions, h's; L»''n. d((s, des; dat. et atd. os, aux. Son fém.
sing. fait In. la; g<\n. dé la: dat. à In: au plur. noiu. et
accus, las, les; gén. de las, des; dat. à los, aux.
Lou cnpM, le chaj)eau; dànu capêl, du chapeau; âou
capcl, au chap(\iu; l'douhrc, l'arbre; dé l'doubrc, de l'arbre;
à l'âouhre, à l'arbre ; Ions vapèls, lous doubres, les chapeaux,
les arbres; das capcls, das âonbrrs, des chapeaux, des
ar])res; as capcls, as âoubres, aux chapeaux, aux arbres.
La fénno, la femme; dé la fénno, de la femme; à la fénno,
à la lennne; las fénnos, les femmes; dé las fénnos, des
fennnes; // las fcnnos, aux femmes.
Dans le sons prononnnal, L.ou, m. sing., le; f. sing. la^
la; au plur. m. Lous; f. Las, les. — Aima -lou, aimez-le ;
lou vése, je le vois. Lous aime, je les nime; vésè-lous,
voyez-les. A'imo-la, aime-la; la vése, je la vois; las aiman,
nous les aimons; vésè-las, voyez-les. Lou que, c«lui qui,
celui que; la que, celle que. L.ou que vèn, celui qui vient;
lou que vése. celui que je vois; la que t'aimo, celle qui
t'aime; la que préne, celle que j'épouse.
Dans la région montagneuse, au nord d'Alais, où les
raffinements du français ont moins pénétré, il s'est conservé
une formule Iiabituelle de langage et d'emploi de rarlicle
(jue nos j)ays de plaine ont presijue perdu. Pour désigner
une perS'ume dont on parle, on fait précéder de rarlicle
son nom ou son prénom; on dit : lou Dumas, lou Rocho,
Ion Jan, lou VolUo, lou Viérc; la Bâoudano, la Mièrguesso,
la Jielonn, la Juno, la Man'ouné, etc. Dans quelques uoms
comineneant par une voyelle, on euphonise par une liaison
la rencontre mal sonnanlCt'i l'oreille, lou-z-Idoro, le Isidore,
ou \)w\\ d'au(r(\s fois on compose le nom en sui)priinant la
voyelle hiitial^s lou Lissaudro, le Alexandre.
Ce sont là, me parait-il, les anciemies traditions qui se
perpétuejit, les lendanc'^s harmoniques de l'idiome qui se
njainlienneni, même avec des mots de forme relativement
récente et i)lus recherchée. C'est le même esprit qui a créé
l'élision ot qui, à la place de la contraction au ^'én. dâou,
du, substitua le dé /' avec l'apostroplie. C'est encore ce qui
amena la [irosthèse ou addilion de l'article au substaulif et
au nom pn>[)re connneneant par une voyelle, avec lesquels
il s'ost si souvent confondu.
Pi»ur se naidiv complèi(Mnent raison de cette dernière
parlicularitt' si essentielb? à noter dans la recherche des
étyinulogios, il fuit se reporter à ré]>o([ue où la langue
as[iire à se renouveler et piviian^ ses voies. Sa grannnaire
viendra plus lard; en attendant son vocabulaire se forme;
il relient tous l-'s mots (jui suHisent «1 se com{>rendre; mais
les e\pres>ions et les tournures sont empruntées à tous les
idiomes «pli counnit dans b» pays. Le latin en est toujours
la base, h latin dègi-nérè, corri)mpu d'abord {»ar son mé-
lang«' avec l'idiome des pi'ovinces romanisées, et par la
prononciation gauloise toujours persistante, puis descendant
encore dans la bass'^ lalinilé rustique, et plus que jamais
laissaid dénaturer s-m caractère. La fixité lui manque; une
ordonname régulière n'a\ail ni les moyens, ni le temps de
se formuler en lois assez i)récises pour discipliner des
esprits différents d'habitudes et indépendants les uns des
autres, l'autorité magistrale du latin ayant disparu. De
loin on pouvait di'jà pressentir que le roman, issu de cette
latinité sans cethésion et sans régies, arriverait bientôt à
se diviser lui-mèirje en dialectes qui, sans se séparer tout à
fait de leur principe conunun, s'en affranchiraient assez
pour être distingués en deux langues, la langue d'OiI et la
langue d'Oc. — Voy. Kouman.
Aussi, au moment de la rénovation, disons-nous, la
langue, qui ne désertait i)as son vocabulaire, manifestait-
elle une irrésistible tendance à lui donner une autre forme.
Les modes de déclinaison et de conjugaison avaient com-
mencé par s'éloigner du pur latin classique : par la sup-
pression des désinences et de la quantité, l'accent tonique
se déplaçait et la prononciation modifiait le sens et l'ortho-
graphe des mots selon de nouvelles exigences : les flexions
n'avaient aucune valeur grammaticale; tous les cas dispa-
rurent, et l'article détermina la relation et les genna, en
LOU
LOU
44t
précédant invariablemeat tous les substantifs, même les
noms propres, qui ont fini cependant par le supprimer.
Avant tout, la nouvelle langue vise un but et ne semble
préoccupée que du besoin de rendre sa forme plus brève,
plus adoucie et plus commode.
Nous ne voulons saisir au passage qu'un des phénomènes
de ce mouvement qui amène le roman à modifier les prin-
cipes et le caractère de l'idiome générateur dont la déca-
dence ne suffît plus aux besoins intellectuels, ^'ous avons
précédemment indiqué les procédés dont on avait usé envers
les finales latines et les suiTixes ( Voy. Agno, MuffJ, il est
évident que, les cas et les genres une fois supprimés, la
désinence avait dû tomber, puisque sa iportée était nulle
el qu*dle devenait un embarras à la prompte expression de
la pensée. Mais en même temps devait intervenir un signe
aensible pour suppléer aux genres et donner aux mots une
détermination précise, et leur acception, nécessaires à la
clarté du discours : et l'article se posa en avant de tous les
noms, au masculin et au féminin, au singulier et au pluriel.
Il fat pris au latin ille, iUa, son pronom démonstratif le
plus usuel : son r61e et son emploi étaient fixés. De la basse
latinité, où son usage n'était pas inconnu, il se transmit
an roman, et advint à la langue dOil et à la langue d'Oc.
L'idiome, qui arrivait ainsi à se simplifier en secouant
la gène des règles grammaticales et des flexions trop variées
et trop diverses, représentatives du genre, du nombre, des
CBS, de la personne, des temps et des modes, avait encore
& obéir aux instincts d'euphonie qui convenaient le mieux
h l'oreille et d'une plus facile articulation. La contraction
•t l'adoucissement modifièrent donc la forme latine : en
roman, comme dans les langues d Oil et d'Oc, l'article faisait
au masc. sing. nom. El, lo; gén. del, de /o; dat. al, el, a lo;
au plur. nomin. Hs, los, U; gén. deU, de loi, de li; dat.
aie, a lo$, a lis; le féminin, au sing. et au plur., était en
tout conforme au nôtre, sauf au nomin. qui disait la et t7.
Ce n'était pas suffisant pour le français et le languedocien
modemes : le et l' fr. remplacent el et lo, au sing. masc, et
MQfti de suite pour les autres cas; pour nous, la conson-
oance est aussi amortie par lou, dâou, âou; loue, das, om.
Mais l'introduction de l'article précédant tous les noms
devait avoir un résultat également notable. Lo, le et lou^
de formation identique, se terminaient par une voyelle
plus ou moins sourde, et qui était exposée à rencontrer un
mot portant une voyelle initiale. L'élision eût sauvé un
heortement désagréable : le roman, plus dominé par Tin-
fluenoe latine, ne s'en préserva pas toujours; le français et
le kngiiedocien en redoutèrent le choc, et la combinaison
de la première lettre de l'article avec l'apostrophe, l\
éflgnisa l'inoonvénient à l'oreille. Mais peu à peu cette
ûamtf qak était purement orthographique, fut impuissante
è^iattnguer le substai^tif auquel elle s'adaptait, et elle fut
absorbée par œ substantif. U s'en suivit on écart qui
irsnsfign rait le primitif, puisque l'article accessoire devenait
le mot Ini-ménie, et de là des obscorités étymologiques
souvent difficiles à débrouiller. Ce qui même augmente
l'embarras, c'est que ces incorporations d articles constituant
un mot ne sont qu'un accident qui n'a rien de systéma-
tique ni de régulier : elles se sont impatronisées dans le
vocabulaire par l'usage et sans parti-pris d'application
générale; car on peut remarquer souvent, à côté d'un
substantif dans lequel l'article s'est agrégé, un autre nom
dans les mêmes conditions qui a résisté à l'amalgame.
Dans le vieux français les exemples ne manquent pas :
on cite Lierre, du lat. liedera, qui fit primitivement edre,
puis terre, ière, avec l'art. Vière, et enfin par la confusion
Lierre, et qui est pour nous Èouno; Loriol, qui reste, après
avoir été Oriol, l'oriol, du lat. Oriolus ou Âureolut, notre
Figo-Lôouriôou ; Luette, de la basse lat. Uveia;Landier, de
Anderia; Lendemain, dans le principe endemain ou domain;
Liard, que nous avons gardé avec sa forme si particulière
de Vi initial aspiré; etc., etc.
Dans le domaine de la langue d'Oc, de semblables trans-
formations se sont produites, sans s'assujettir k celles
qu'opérait la langue d Oïl ou le français; ce qui est une
nouvelle preuve de son indépendance et justifie sa préten-
tion d'être considérée comme une langue à part, de même
origine que le français et non un de ses patois corrompus.
Nous ne relèverons pas les différences ou les similitudes
dans les substantifs communs autrement que par ce qtû
ressort de la nomenclature; nous ne voulons ici nous
attacher qu'à certaines dénominations locales, territoriales,
et aux noms propres qui en peuvent dériver, sur lesquels
ont agi les influences dont nous parlons. Le nombre des
mots appartenant à cette catégorie est nécessairement assez
restreint, bien que les agrégations de l'article se soient
étendues au masculin et au féminin, au singulier et au
pluriel; mais ces accidents, et nous ne les signalons pas
tous, ont dû nous arrêter, si peu considérables qu'ils
semblent en apparence, car ils intéressent l'histoire des
noms propres et ne peuvent être négligés dans la recherche
de leurs étymologies.
Voici quelques-uns des exemples à l'appui des indications
qui précèdent et qui leur serviront de commentaire. Il
suffira le plus souvent de placer à côté du nom actuel la
plus ancienne de ses formes mentionnée par les vieux titres,
pour avoir raison de celle dans laquelle il s'est ùné et des
adjonctions parasites qui lui donnent une nouvelle physio-
nomie, sans qu'il se prive cependant aujourd'hui de l'ajus-
tement pléonastique de l'article.
Lacan, n. pr. de lieu, dit Mansus de Campo,
La fous, Mlansus Foniiwn, — Voy. Fon,
Lagriniè, Mansus de Agrintrio,
Laneiso, du lat. Jnsisus, ineisa.
Langlado, appelée en 4 4 25 Anglata, en 4 SI 4 dtf Anglada.
Làoumida^ nom {Kàititif, lien pUntA d'ormes, ionné da
Ut. Vlmmt, VUnêtm^, en fr. Ormoie, dit en 4460 de,
VlmêiQ, en 4554 l'Oloiède, aiyoud'hui Xa imiMe, commute
de Roqvadur (Gard) ; le n. pr. d'homme Lmàés, aven la
443
LOU
LOU
simple Lolm n. pr. de lieu, oommnae de Saint-Christol-
lés-Alais, L'hom, variante; d*où les noms d'hommes Aou-
menas, Àouméroê, lang., et les analogues Almessas, Ornes-
sas, et Ormoy (Eure), tous venus de Tancien lang. OlmB,
Outne, en fr. Orme, sans compter les composés Delorme,
Dormoy, comme les autres en un seul mot.
Lâouriôou, Lauriol, n. pr. de lieu et de personne, du
lat. Aura ou Aurum, donnant Aureolus, dimin., dit en
4237, ad ripariatn d'Auriol; en 4 463, Vallatum de Auruol;
Loriot plus tard, et enfin en fr. Lauriol.
Lama, S. m. n. pr. de lieu. Larnac, hameau près Alais,
de la commune de Saint-Hilaire de Brethmas, mentionné
en 4344 Ecelesia de Amaco. — Le même nom est commun
à d'autres hameaux, notamment dans les communes des
Mages et de Montaren, pour le Gard. 11 est devenu aussi
n. pr. d'homme.
L'ancienne désignation donne la clé de l'étymologie. Il
s'agit évidemment du nom tudesque ou goth Arnold,
devenu Arnaud, Arnal, ahrégé en Arna, tous assez répandus
dans notre pays, auquel s'est ajouté l'article lou, le, élidé
et syncopé avec la première syllabe du mot, comme on le
trouve fréquemment.
Larza, s. m. n. pr. de lieu. Larzac, plateau fort élevé
dont une partie se trouve à l'extrémité du département du
Gard, commune de Trêve, et forme la ligne de séparation
entre la Dourbie (Gard) et la Jonte (Aveyron).
Le même mode de formation par la fusion de l'article nous
parait avoir, comme pour le précédent, fait le mot actuel :
lou Arza, l'Arzac, Larza, Larzac. Le primitif dégagé serait
Arzac, forme romane, conservée par le fr. mais réduite
dans notre dialecte qui supprime toujours le c final, en
Arza, provenant du lat. Artacui, avec l'adoucissement
euphonique du z pour m et la modification ordinaire du
suffixe caractéristique; de sorte qu'il se présenterait deux
étymologies également probables et justes. L'une, tirée du
lat. Arx, arciê, forteresse, venue du gr. !4pxa, sommet,
sommité, prise dans ce dernier sens; l'autre, du lat. Ar$u»,
arsa, brnlé, indiquant un lieu qui aurait été ravagé par
les flammes : circonstance assez fréquente, soit pendant les
invasions des Barbares, soit à la suite des guerres de reli-
gion, pour perpétuer le souvenir de ces calamités à la place
qu'elles avaient le plus frappée. Gomme analogues les n. pr.
Larcy, Darcy, etc., malgré la variante des désinences, sont
trop rapprochés pour n'avoir pas une des deux racines à
s'appliquer : c'est toujours l'incorporation de l'article au
radical.
Lascourt, du canton de Vézenobres, qu'on trouve, en
4003, Curtet, en 4294 Mantue de Curiibus, et en 4547
Las- Cours; comme dans la commune d'Aulas, le roman
écrivait en 4074 La$ Cor$, le latin de 4447 Mansui de
Curtibui, et en 4543 territorium de la* Cortee.
Laval, commune de la Grand'Corabe, de Colias, de Nimes
et autres lieux, d'abord mentionné, en 4099, pour la pre-
mière indication sous le nom de Vallie, et en 4344, 4345
et 4564, Parrochia ou Ecelesia de Valle, traduit en 46SO,
avec la séparation de l'article par Notre-Dame de La Toi,
et enfin avec la réunion par Notre-Dame de Laval.
Dans cette série pourraient encore être compris des noms
propres, qui, à divers degrés, par la prosthèse ou par apo-
cope, ont donné Heu à des variantes singulières, comme -
Leyris ou Jjairix, n. pr. de lieu dans les communes de
Castillon de Gagnère et de Quissac, et nom d*homme;
LeyroUo, Leyrolies, commune de Génolhac, dimin. formés
sans doute de Aïro, aire à blé, du lat. Area, m. sign., que
la bass. lat. rendait par Lairanica, donnant ensuite Lai-
rargues (Hérault), et Alairargues (Hérault), Alairanieœ,
dont les analogues pourraient amener Alleirac, AUeyrac,
Olérargues, Oulérargues, comme Oleyra et Lerrac (Cha-
rente), et encore une nombreuse famille ; à moins cependant,
ce qui n'infirmerait en rien notre thèse, que ces dernière
commençant par o, ou, n'eussent leur primitif dans le lat.
Olla, qui a donné par la même addition, à côté de nous et
dans le Gard, le n. pr. Loulos, Loules, commune de Tomac,
dans lequel l'article avait plus de facilité à se confondre.
Léousiiïro, Leuzière, la Leuzière, les Leuzières, dans
plusieurs de nos communes, de Èouti, chêne, en lat. ilex,
ayant pour analogues La Lauzière, Lozière, et peut-être
Luziès, et Luziers, commune de Mialet, seraient toujours
dans le même cas.
Lou, s. m. Dim. Loubé, loubatoù; péj. Loubatas. Loup,
Canis lupus, Linn., mammifère unguiculé de la fam. des
Digitigrades ou Carnivores. C'est l'animal le plus dan-
gereux de nos contrées. Il habite les montagnes au nord
de notre département ; mais quelquefois la faim le chasse
de ses bois et il vient visiter nos plaines; on organise alors
de grandes battues officielles : on y fait bombance, on tne
quelques lièvres ou quelques perdreaux qui n'en peuvent
mais, le plus souvent rien, et le loup s'en retourne chez loi.
— A las eostos en long coumo lous tous, c'est un fainéant
qui ne veut pas se baisser pour travailler : ce dicton tient
à un préjugé d'autant plus sot que tout le monde est à
même d'en vérifier la fausseté, quand on tne un lonp, oe
qui arrive et n'est pas même bien rare, en dehors des
battues. D'après cette croyance, le loup aurait les o6tes
placées en long, parallèlement à l'épine dorsale, œ qui
l'empêcherait de faire des voltes et des mouvements
ondulés dans le torse. Le fait est qu'il a un peu moins
d'élasticité et de souplesse que les chiens; mais il n'en est
pas moins agile, et le dicton s'applique sans doute k sa
paresse que le besoin seul lui fait secouer an pcnnt de le
rendre féroce. Es counégu eoumo lou lou Uan, il est ooimii
comme Barabas à la passion. Grano dé lou, raoe biscaiïie,
maudite, vagabonde. A vis lou lou, il est pris par le gosier,
il ne peut parler, articuler un son : d'après nn prôpi^
vulgaire et très-ancien, puisque Platon lui-même le r^»-
porte, la vue de l'homme sur le loup, et rédproqnemeat
celle du loup sur l'homme, a une influence telle, «pi» si
c'est le loup qui aperçoit le premier Thomme, oelui-ci
LOU
LOU
443
frappé d'nne extinction subite de voix ; qne si au oontraire
c*est rhomme qui voit d'abord Tanimal, le loup perd
complètement sa force. Le dicton perpétue cette ridicule
croyance.
Dér. du lat. Lupus, m. sign.
LoQ, 1. m. Loup, lubin, bars commun, Labrax lupuê,
linn., poisson de mer, de Tordre des Holobranches et de
la Dam. des Acanthopomes, qui atteint une grande taille,
et dont nos gastronomes font, ainsi que les anciens Romains,
beaucoup de cas. Son nom lui vient de sa voracité. A
rapprocbe du printemps il cbercbe k remonter dans les
eaux douces et pénètre en quantité dans les étangs de la
Méditerranée, d'où il regagne la mer en septembre.
Loa, «. m. Dim. Loubé. Louve, petite fenêtre, lucarne,
pour communiquer des combles d'une maison sur les toits.
LOQbftoii, adj, des deux genres, — S'emploie comme
qualificatif pour désigner certains sols : tèro ou iéraXre
laubdou, terrain friable, léger, semé de rocailles à fleur de
terre toutes percillées. Les racines des plantes et des
arbres y pénètrent et y trouvent toujours de la fraîcheur
et de rbumidité.
Ce nom a été imaginé sans doute à cause de l'aspect
étrange et hérissé de ces pierres et rochers.
Lonbatado, s. f. Portée d'une louve ; nichée de louve-
teaux. Au fig. famille mal famée.
Lonbatas, «. m. Augm. et péjor. de Lou, Gros loup,
dangereux et redoutable. Au fig. homme avide, sauvage,
dur.
Loubatièiro, s. ^ Lieu hanté, habité par les loups; site
escarpé, sombre et sauvage.
Loubatoù, 5. m. Dim. de Xou. Louveteau; petit de la
louve; jeune loup.
Loobé, s. m. Dim. de Lou, Petit ou jeune loup, et n.
pr. de chien; petit chien-loup. — C'est cette espèce parti-
culièrement qui fournit aux journaliers le chien qu'ils ap-
pellent Gardo-sa, garde-sac.
Lonbièiro, s. f, et n. pr, de lieu et de personne, Lou-
bière, la Loubière. — Cette appellation est commune et
comme celle de Louhatiëiro (Y, c. m.), a été inspirée on
par l'aspect sauvage du site lui-même, ou par ce qu'il était
fréquenté par les loups : ce qui se tient. Le masc. Loulnê,
en fr. Loubier, Louviers, ses analogues, ont la même
origine.
Lonbo, 5. f. Louve, femelle du loup.
Latibo est aussi un terme injurieux pour une femme :
une réminiscence du mot fr. Louve, traduisant le lat.
JLupa, qui était jadis donné aux femmes de mauvaise vie.
Cependant cette injure ne comporte point dans notre
dialecte cette ancienne acception : Loubo veut dire plutôt
une méchante, une cruelle, une brutale femme.
Londro, i. /: Bourbe; débris ou détritus pourris et
délayés; tout dépôt d'un liquide épais, croupissant, entrai-
nant l'idée de la saleté et du méphitisme.
Dér. du lat. Lutum, m. sign.
Lonio dé Ion, s. f. Vesse de loup, sorte de champignon
de la tribu des Lycoperdonés, très-facile à reconnaitre :
forme arrondie, surface lisse, chair homogène, et transfor-
mation de sa partie intérieure en une poudre brune on
noire d'une excessive ténuité. La production de cette
poussière noire à l'intérieur n'arrive que peu k peu et par
les progrès de la végétation; dans le jeune âge, la chair est
d'un blanc pur. Cette espèce est suspecte, quoique certains
auteurs affirment qu'elle soit comestible. Roques ne partage
point cette opinion. Le mieux est de se priver d'en pré-
parer et d'en manger.
Longa, v. Louer; prendre ou donner k loyer; affermer,
donner ou prendre à ferme; louer un domestique à gages.
— Aï louga moun drôle pér manobro, j'ai loué mon jeune
garçon pour servir de manœuvre. S'és lougado pér cham-
briëiro, elle s'est mise en service. Louga un varié, prendre
un valet. Louga un ehiwU, louer un cheval.
Pour les immeubles, il vaut mieux dire Arénta (V. c. m.)
tin bé, un oustàou, uno cambro. Dans cette acception,*
Louga et Arénta, comme le fr. Louer et Affermer» se
disent du propriétaire et du fermier, du bailleur et du
preneur.
Dér. du lat. Loeare, m. sign.
Longaje, s. m. Louage, location d'un meuble, d'une
chose. — Un chival dé lougaje, un cheval de louage, un
locati. Lougaje d'uno cadi^ro, location d'une chaise.
Louïro, s. f. Loutre, loutre commune, Mustela lutra,
Linn, mammifère unguiculé de la fam. des Digitigrades ou
Carnivores. — Cet animal , aux pieds palmés, ne s'écarte
jamais de l'eau, car, marchant difficilement, il deviendrait
une proie aisée pour ses ennemis, s'il s'éloignait de son
refuge. Il vit uniquement de poisson, et comme il est très-
adroit pêcheur, il suffit d'un seul de ces animaux pour
dépeupler une grande partie de rivière. Il est d'un naturel
très-sauvage. Il atteint soixante centimètres de longueur.
Sa fourrure, assez prisée dans le temps, a beaucoup servi
depuis à confectionner des casquettes qui ornèrent le chef
des conducteurs de diligences, quand il y avait encore des
diligences.
Dér. du lat. Lutra, que Pline affirme être venu du gr.
AoÙEiv, détruire, ou laver, par cette double raison que cet
animal coupe et détruit les racines des arbres au bord des
rivières, ou qu'il est presque toujours dans l'eau.
Looiso, s, f, n. pr, de femme. Louise. -* Le dim.
est Louisoun, Louison. Le fr. Louis, au masc., a fourni
son similaire jLouIf aulang., qui fait au dim. masc. Louise,
Luise, — Voy, Luis et Luiso.
Dér. du lat. Ludoweus, formé lui-même de Tancien
frank ou tudesque LuU, illustre, et Wiek, vaillant guerrier.
Louja, V. Loger; donner à loger; héberger. — Dans
l'acception de Habiter, Démoura et Hésta sont de meilleur
aloi.
Dér. du lat. Loeare, placer.
Lottiamèn, t, m. Logement, habitation, gite.
444
LOU
LUC
Lonjls, s. m. Hôtellerie; auberge; maison où on loge
les voyageurs et qui porle encore souvent pour enseigne :
Bon logis.
LoTimbar, s. m. Lombard, établissement où l'on prêtait
sur gages; espèce de mont-de-piété. — Des Italiens, soi^is
particulièrement de la Lombardie, vinrent en France où
ils se firent prêteurs, banquiers et surtout usuriers; ils
durent créer les premiers établissements de ce genre, qui
prirent leur nom. Loumhar désigne donc la maison de
prêt fondée par les Lombards, et aussi Tindividu qui exer-
çait leur profession. Il est devenu nom propre.
Lonmbardo, s. f. Espèce de cerise, grosse guigne, ainsi
nommée parce que probablement elle fut apportée de la
Lombardie.
Loungamén, adv. Longuement, pendant longtemps. —
Variante de Longamén.
Lonngano, s. f., ou Loungagiio. Longueur; lenteur;
retard; musardie; lambinerie.
Lonngarn, ndo, adj, Péj. Loungaruda$, asio. D'une
longueur exagérée et disgracieuse, comportant aussi, pour
certaines cboses, l'idée de mince qui semble ajouter encore
à la longueur. C'est un péjoratif capricieux de Loungas
qui est déjà un augm. de Long,
Loimgoà, s. f. Longueur; étendue d'une cbose d'un
bout à l'autre; durée de temps. — Réâsa dé fusto» dé
loungoh, scier des poutres à la même longueur, les débiter
à la longueur voulue. Faire uno batudo dé loungoù, faire
une séance qui compte.
Loungnéto, s, f. Nom d'une châtaigne de très-bonne
espèce, grosse, en cœur, productive.
Lonnjèîro, s. f. Enseigne qu'un particulier suspend
accidentellement à sa porte pour annoncer qu'il vend au
détail le vin de sa récolte ; elle reste en permanence au
contraire à l'entrée du cabaret, qui en reçoit son nom ;
taverne, bouchon, cabaret. — Ackata soun vi à la loun-
jitro, acheter son vin à pot et à pinte dans un de ces
endroits. En fr. le cabaret s'2t))pelle Bouchon, de son
enseigne composée ordinairement dans le Nord de plusieurs
bouchons de bouteille enfilés. La lounjëiro est un paquet
de verdure ou de linge.
Dér. de la bass. lat. Longieria, m. sign.
Lonpio, i. f. Loupe, tumeur enkistée sous la peau;
excroissance charnue, ronde, indolente.
Dér. du lat. L6bu$, m. sign.
Lonr, lourde, adj. Lourd, non pas de poids, mais
d'esprit; grossier; épais; lourdaud.
Dans l'acception de Pesant, nous employons Grèou. —
Toy. c. m.
Dér. de la bass. lat. Lurdm, m. aign.
Lonrdije, s. m. Lourdise; grosssièreté; épaisseur, pe-
santeur d'esprit. En parlant des animaux et spécialement
des moutons, vertige, tournis, maladie qui leur est par-
ticulière.
Louta (Faire), v. Faire une loterie d'une ohoee, la
mettre en loterie. — Qttouro tiron aquélo mostro fvé fon
louta ? Quand tire-t-ou la loterie de cette montre?
Empr. au fr. Lot.
Loutariè, s. f. Loterie, sorte de tirage au sort de divers
lots ou objets.
Loutoù, s. m. Laiton, cuivre jaune; métal d'un jaaue
pâle, résultant de l'alliage du cuivre et du zinc.
En gallois, Lœtum, m. sign.; en flamand, Lœtéon; en
angl. Latien,
Lu (Sén), 5. m, n. pr. Saint Luc, dont la fête est le
18 octobre. — Pér Sén- Lu séméno mol ou du, à la Saint*
Luc, sème la terre molle ou desséchée, dure: c'est le
temps des semailles, et il n'est pas bon de les retarder
quel que soit l'état du terrain.
Dér. du lat. Lucat, Luc.
Lucado, s. f. Ëclaircie, court intervalle de beau temps
pendant une pluie continue; rayon de soleil ou jour plus
clair qui luit à travers les nuages qui s'ouvrent un
moment.
Dér. du lat. Lux, luci$, lumière.
Lucha, V, Lutter; combattre à la lutte, corps à corps.
Au fig. chercher à l'emporter dans une lutte quelconque.
Dér. du lat. Luetare, m. sign.
Luchaire, s, m. Lutteur; qui fait sa profession de lutter
dans les jeux publics. — La lutte et la course de taureaux
sont toujours fort en vogue parmi les populations du midi
do notre département. Pour figurer comme acteur dans
une de ces courses, il sufiît d'un peu de hardiesse et
d'agilité dans les jambes au besoin; il n*en est pas de
même pour la lutte. Il y a là des règles et un art dam
l'attaque et la parade à laide duquel un adepte abattra un
homme deux fois plus fort s'il n'en sait pas autant que
lui. Aussi dans ces localités, dès leurs plus jeunes ans, tes
enfants s'exercent à ce jeu, et c'est de là que l'on vdt
sortir cette foule d'athlètes qui vont se disputer le prix
dans nos cirques romains ou de fabrique plus moderne et
plus modeste qui s'improvisent dans toutes fêtes de village.
Mais parmi ces lutteurs combien peu atteignent la gloire
des Vénitien, des Mazard, des Rabasson ! M'importe : oe
n'en est pas moins devenu une profession; il est vrai de
dire qu'elle ne mène guère à la fortune, et oomme on s'y
use vite, bien moins encore par les efforts qfu'on y fait que
par les habitudes de cette singulière vie d'artiste, il vau-
drait mieux faire autre chose.
Luché, 1. m. Louchet, espèce de bêche, outil d'agri-
culture et de jardinage. *— La forme de la bêche varie
dans les diverses localités ; le louchet se compose invarii*
blement d'un manche de bois, ayant à son extrémilé
supérieure une main ou petite traverse ea forme de T :
l'autre extrémité, sur le même plan, fomaant la pdle, da
même morceau de bois, est recouverte ou chausafie dtu
fer large, aplati et trandiant, parallélogramme de 33 om-
timètres sur 48 environ, au-dessus duquel est un épeim
en fer en marchepied. On enfonce verttoalenaeat le looohet
LUC
LUN
445
en appuyant les deux maios sur la petite traverse et en
forçant vigooreusement du pied sur l'éperon. La tranche
de terre ainsi coupée est détachée tout à fait en faisant
levier avec le manche de l'outil ; l'ouvrier l'enlève comme
une pelletée et la jette sens dessus-dessous devant lui.
Dans les terrains trop caillouteux où le fer plein du lou-
chet ne peut pénétrer, on se sert d'un louchet k trois
pointes, sorte de trident, qu'on manœuvre de la même
manière. Le travail au louchet est le meilleur de tous; car
il est profond, uni, et la terre en est complètement retour-
née; mais c'est celui qui va le moins vite et qui par con-
séquent est le plus cher : néanmoins, ici, dans toutes les
terres où ne peut aller la charrue, le premier labour se
fait au louchet de préférence au béchar (Y. c. m.), qui le
remplace aussi dans les sols caillouteux.
Lnchéta, t;. Travailler au louchet; bêcher au louchet,
puisque le Dictionnaire de l'Académie ne nous permet pas
encore de nous servir du verbe Loucheter, après avoir
cependant adopté le louchet, qu'il définit du reste fort mal.
Lnchétado, s. f. Coup de louchet; sa profondeur; la
portion de terre qu'il remue ou qu'il enlève. — Èn^'un
parél dé luchétculoi lou irâou sera prou bel, encore deux
coups de louchet, et le trou sera assez grand. A dos ou
très luehétados trouvas Vaïgo, à la profondeur de deux ou
trois coups de louchet, vous trouvez l'eau. Trasès did
quâouquos luehétados, jetez ici quelques pleins louchets de
terre.
Lnchétaire, aire, adj. Ouvrier qui travaille au louchet.
Lncho, s, f. Lutte, exercice gymnastique. Au fig. com-
bat d'esprit, d'énergie, d'argent, contre un adversaire
quelconque; effort, résistance. — Y-a cent francs à la
lueho, le prix de la lutte est de cent francs. Soun pas
pariés énd'aquilo lucho, ils ne sont pas d'égale force dans
cette lutte. La trouisiétno es lucho, ou mieux à las très
stm luckos, prvb., ce qui correspond au lat. Tsrtia solvet.
Cette locution vient d'une règle de la lutte qui veut que
les deux adversaires qui se disputent en dernier lieu le
prix, aient déjà renversé chacun deux hommes; c'est ce
qu'on appelle Èstre din hu rampèou fY,c, m.). Cette
troisième lutte est donc la bonne ou la belle, celle qui
décide tout. C'est bien la signification du dicton langue-
docien , que le fr. avait anciennement rendu aussi par :
A la troisième voit-on la lutte.
Dér. du lat. Lueta, m. sign. par apocope.
Laden, s. m. n. pr. d'homme. Lucien.
Lucîo, s. f, n. pr. de femme. Lucie.
Lnço, s. f. n. pr. de femme. Luce. — Ce dernier, par
une altération familière, est devenu aussi n. pr. d'homme,
abrégeant Lucien,
Ces trois noms du reste paraissent avoir le même radical
lat. Lux, lueis, lucmre, qui a donné Lu, Luc, Lucas.
Lacre, s, m. Lucre; gain; bénéfice; profit d'une indus-
trie, d'un négoce» d'un travail.
Dér. du lat. Luerum, m. sign.
Lucre, 5. m. Cabaret, petite linotte; gros-bec sizerain,
FringUla linaria, Temm., oiseau de l'ordre des Passereaux
et de la fam. des Conirostres ou Conoramphes. Sommet de
la tète d'un cramoisi foncé; la gorge et la poitrine d'un
cramoisi plus clair ; ventre blanc-rosé ; parties supérieures
roux-brun avec des taches noires; deux pennes d'un blanc
roussâtre traversant l'aile. Son cri d'appel ressemble à
celui du tarin et ses allures sont celles de la mésange;
lorsqu'il est en cage, on le voit toujours en mouvement et
sa gaitô ne se dément jamais.
Lugar, s, m» — Ce mot qui, dans l'origine, s'appliquait
à toutes sortes d'étoiles, surtout aux plus brillantes et
notamment aux planètes qui sont plus apparentes, ne
s'emploie guère que dans cette phrase : lou lugar dâou
pastre, l'étoile du berger; c'est la planète Vénus qu'on
appelle aussi l'étoile du soir ou du matin, selon l'heure à
laquelle elle se lève.
Dér. du lat. Lucere, luire, briller.
Luis, s. m. n. pr. d'homme. Louis. — Son dim. est
Luise et par fantaisie Lisaïo; Louise est presque franchi-
man, -^ Yoy. LouUo.
Luisan, s. m. Œil. — Ce terme est de pur argot cita-
din, inconnu dans la campagne, où il n'a été importé que
par quelque loustic revenu de l'armée ou de son tour de
France; il ne s'emploie guère qu'au plur. lous luisans, les
yeux.
Luise, s. f, n. pr. de femme. Louise. — Son dim. est
Lisoun ou Louisoun, même Liséto, qui pourrait cependant
venir de Èliss ou Lise, en fr.
Luiténén, <. m. Lieutenant.
Empr. au fr. qui, pour le même besoin, a dû prêter
sou-luiténén et luiténén-courounèl, etc.
Lun, s. m. Lampe en fer et quelquefois en fer-blanc,
composée d'un petit récipient où est l'huile, dans laquelle
nage une mince mèche qui sort par un bec pour brûler
sans verre, et d'une queue verticale, dont la première
moitié est ûxe et la seconde, mobile au moyen d'un anneau
qui les joint, est terminée par une pointe et un crochet :
cette mobilité sert à maintenir le récipient de niveau, la
pointe et le crochet à porter et à suspendre la lampe. Il
est bien certain que le mot Lun ne s'applique qu'à cette
lampe primitive et que toutes celles d'invention moderne
s'appellent Lampos, Le lun, qui ressemble beaucoup à la
lampe antique, est léger, peu embarrassant, commode;
c'est ce qui le conserve obstinément dans l'usage domes-
tique. Cependant comme sa lumière, qui n'est point pro-
tégée, éclaire assez peu, qu'elle s'éteint au moindre cou-
rant d'air et qu'elle peut aisément mettre le feu, justement
par la facilité dont on abuse d'accrocher le lun partout, il
serait à désirer de le voir remplacer par quelque lampe
perfectionnée et surtout par la lanterne, là où il offre du
danger.
Lun se prend aussi en général pour lumière, la lumière
d'une chandelle, d'une lampe, etc. — Fasès-mé lun,
97.
446
LUN
LUS
èdairez-moi, mot k mot, faites-moi lumiôre. Âmou3»as
Um lun, éteignez la chandelle, la bougie. Pourtaê dé lun,
apportez de la lumière. Pourias pourta êit eandèhs qité
jamaï noun tné farias lun, quand vous auriez sept chan-
delles allumées, ce n*est pas à vous que je demanderais de
m'éclairer; c.-à-d. je n'ai pas confiance en vous, ni en vos
conseils; je n'ai pas foi en vos reliques. Ounté vaX san$
lun? où va-t-il ainsi à l'étourdie, en aveugle, pour se
casser le nez? Lou mes p'Aou lun, il n'en fait pas &, dit-on
de quelqu'un soupçonné de hausser le coude, en comparant
le vin à de l'huile qu'il aime mieux boire que mettre à la
lampe. Lou diabU vcm fariè bé lun se..., le diable vous
pousserait bien, vous inspirerait bien, si. .. M'en fiche eoumo
dé pissa sans lun, je m'en moque comme de coucher nu-pieds.
Lun sans doute plus anciennement s'écrivait Lum; notre
dialecte fait sentir très-nettement la finale n et nous la
maintenons comme à bien d'antres, tels que issan, essaim,
noun, nom, fun, de fumus, etc.; il dérive du lat. Lumen,
lumière.
Lonar, ardo, aiy. Lunatique; capricieux; fantasque;
d'humeur inégale; quinteux.
Dér. de Luno.
Lnnardiè, ièïro, adj. — Même sign. que Lanar. —
JamaH lunardiè noun rampliguè soun grogné, prvb., jamais
capricieux, inconstant, ne fit fortune.
Lunèl, s. m. n. pr. de lien. Lunel, ville, départ, de
l'Hérault. — Le sobriquet ironique, donné au moyen-âge
aux Lunellois, Pésquo-Luno, qui pèche la lune, était-il une
allusion an nom de leur ville, ou à l'esprit sottement avan-
turenx et préoccupé de chimères impossibles de ses habi-
tants? — Voy. Éseatnoun.
Lonétos, s. f. plur. Lunettes à deux branches qui
serrent les tempes, plutôt que celles qui tiennent en pin-
çant le nez, qu'on appelle Méricles. — Lunétosf liuèn
fïétos, bonjour lunettes, adieu fillettes.
Dér. de Lun.
Luno, s. f. Lune, planète satellite de la terre; lunaison;
quartier de la lune. — Faï luno, la lune éclaire, il fait
clair de lune. Son aspect, sa clarté ou sa pâleur, la lim-
pidité ou la brume de l'atmosphère qui l'entoure ont donné
lieu à des observations passées en proverbes. Le latin
disait en un hexamètre :
Pallida luna pluit, rubicunda flat, alba serenat.
Le languedocien traduit, en rimant :
Luno panlo, l'aigo davalo;
Luno rùiQo, Vdouro se bot^o.
Le français dit à son tour :
La lune p&le fait la plnie et la tourmente,
L'argentine, temps clair et la rougeAtre vente.
L'influence de la lune sur les divers travaux de l'agri-
culture est encore une croyance fort répandue, et la lune
nouvelle et la vieille lune jouent toujours un très-grand
rôle, dont les nombreux dictons en cours parmi les agri-
culteurs rendent témoignage. Couper le bois, planter,
semer, taiUer en luno vt'èVo on en hmo /otiimo, sont loin
d'être une chose indifférente pour les coltivatean. n n'y
a pas grand mal à observer pour tout cela les phases de
la lune, mais il y en aurait si l'on renvoyait un travail
pressant, lorsque d'ailleurs toutes les eoiMlitions de l'at-
mosphère et du terrain sont réunies, pour attendre la lone
favorable qui n'offrirait pas ces mêmes conditions. Bos
ooupa dé luno, txHS coupé dans le quartier favorable de la
lune. Quaj^ ténèn dé luno? Quel est le quantième de la
lune? Pldoura tout aquésfo luno, il pleuvra tout ce quartier.
Et pas dé luno, il n'est pas disposé, il n'est pas dans son
bon jour. Aou qukm d'aquésto luno, réponse évasive pour
renvoyer aux calendes grecques. Quan la luno àoura très
bès, quand le croissant de la lune aura trois becs, trois
pointes, c.-à-d. jamais. Lou diable luno, imprécation appro-
priée aux nouvelles croyances, du lat. Me dina lune,
sous-entendu adjuvet. Luno mérerudo, fénno béeudo, dé
eént ans en cent gn'a trop d'une, lune qui commence au
mercredi et femme bavarde, c'est trop d'une tous les eent
ans.
Dér. du lat. Luna, m. sign.
Lnpégo, s. f. Huppe, puput, Vpupa epops, Linn.,
oiseau de l'ordre des Passereaux et de la fam. des Ténu*
rostres ou Leptoramphes. — Une belle huppe, formée par
deux rangées de longues plumes rousses terminées de noir,
a fait donner son nom à ce joli oiseau. Il est dommage
qu'on ne réussisse que difficilement à l'élever en cage. Sa
taille est celle d'un merle, et sa chair est délicieuse à son
passage de septembre et d'octobre ; il est insectivore.
Lnqnétaîre, airo, adj. Vendeur d'allumette appelées
Luquétos; modeste industriel qui vendait ordinairement
ce qu'il fabriquait, détrôné aujourd'hui sans espoir de
restauration et dont le nom même sera oublié, car il n'y
a plus de luquétos ni brouquétos. — Voy. o. m.
Luquéto, s. f. Allumette en chènevotte, qui se dit aussi
Brouquéto. — Ces anciennes allumettes, remplacées par
les nouvelles qui, tout en offrant quelques dangers, valent
infiniment mieux et sont meilleur marché, n'ont pu même
léguer leurs noms qui s'appliqueraient parfaitement aussi
à leurs héritières, puisque Luquéto vient de Aluqua, de œ
qu'elles sont destinées & allumer ou à s'allamer facilement,
et Brmtquéto veut dire menu bois, bûchette. On dit com-
munément aujourd'hui Aluméto. — Voy. Brtntquéto.
Lara, ado, (k/j. Luron: rusé; subtil; hardi; habile avec
finesse. — Voy, Dèlura,
Loto, s. f. Allure; manière d'agir; rose; manigance.
— Boutas! counouisse vosto luro, allez ! allez! je connais
votre affaire; je vous vois venir avec vos gros sabots.
Corrupt. du fr. Allure.
Lus, pron. pers. des deux genres, ^in^. «f plur. Leur,
à eux, à elles. — Douna lus quieon, donnez leur qn^qne
chose. Lus part sera lèou fàcho, leur part sera bienlM
faite. Aquà's lus, c'est à eux ou à elles.
H
M
447
Lasir, s, m. Lézard. — Voy. Lèlrou.
Dér. du lat. Lacerta, m. sign.
Lnsèmo, «. f. Luzerne, M^dioago saliva, Linn., plante
de la iam. des Légnminenaes, qui fournit un fourrage très-
bon et très-abondant.
Dér. selon Bnllet, du celt. Xta, herbe; herbe par excel-
lence.
Lnséto* s. f, Lusette, ver-à-soie qui fait son cocon bien
avant ceux avec qui il vit et dont il semble Être un
avorton. On attribue cette précocité k ce qu'il n'aurait
accidentellement que trois mues. Si cela était, ce serait en
effist un accident, car les vers provenus de sa graine ou de
son papillon rentrent, dit-on, dans l'espèce ordinaire de
cinq âges et de quatre mues. Peut-être aussi les lusettes
sont-elles soumises aux phases régulières de l'insecte, que
seulement des causes inconnues leur font accomplir avec
plus de rapidité. Quoi qu'il en soit, on considère comme
d'un bon augure ces avant-coureurs qui sont ordinaire-
ment en petit nombre dans une chambrée, et on ne s'avise
que par la petitesse, de leurs cocons qu'on voit paraître
lorsque la masse des vers n'est encore qu'à la quatrième
mue.
On donne aussi le nom de Luséto à ces vers petits,
maigres, sans force et sans vigueur, qu'on voit dresser et
balancer machinalement leur tète transparente et qui ne
sont qu'une variété de la pernicieuse engeance des PassU,
L'Académie, qui enregistre dans son Dictionnaire mainte
expression provinciale lorsqu'elle a mieux ou tout aussi
bien, adoptera sans doute Lttsette ou le reste, comme il
lui plaira, et tant d'autres techniques de la langue séri-
cicole, pour lesquels elle n'a point d'équivalents et que le
languedocien lui offre tout faits et bien faits.
Dér. de Lusi, à cause de la transparence de ces vers,
provenant chez les uns de maladie et chez les autres d'une
maturité h&tive.
Luséto, 5. f. Ver-luisant, lampyre luciole, Lampyrû
nocHeula, Linn., insecte de l'ordre des Coléoptères et de
la fam. des Apalytres ou Mollépennes. La femelle est
aptère, c.-à-d. sans ailes, et jette une clarté phosphorique
et brillante qui, dans les nuits d'été, fait le charme des
promeneurs champêtres; le mâle est ailé el beaucoup
moins brillant, et la nature se montre ici admirable dans
ses dispositions : la luciole, qui ne peut voler, se laisse
découvrir dans l'herbe, grâce au phare amoureux qui
trahit sa présence.
Dér. de Lusi, Lucere, briller.
Luséto, s. f. Vesce sauvage ou vesceron. Vicia segetum
parva, Linn., plante de la fam. des Légumineuses, qui
croit entre les blés, aux tiges grêles et rameuses, aux
feuilles étroites, vertes, opposées par paires le long d'une
côte qui finit par une vrille avec laquelle elle s'attache aux
plantes voisines; ses fleurs sont blanches et les gousses qui
leur succèdent sont velues. Cette vesce est résolutive ap-
pliquée extérieurement.
Luséto, s. f., ou Nivonléto. Luette, dont ce mot est une
corruption. — Foy. Niwuléto,
Lusi, V. Luire; briller; étinceler; éclairer: répandre de
la lumière, de la clarté, un brillant éclat.
Dér. du lat. Lucere, m. sign.
Lusido, s. f. Rayon; jet de lumière; lueur accidentelle;
éclaircie en parlant du temps brumeux, pluvieux; inter-
valle lucide dans le délire de la fièvre. — Faguè uno
lusido, la pluie cessa un moment, eut un* instant de répit.
A héquàouquos lusidos, ce malade a bien quelques inter-
valles lucides.
Dér. de Lusi-
Lustre, s, m. Lustre, appareil pour éclairage; lustre
d'une étoffe est du pur fr. — Sauvages définit Lustre,
crépuscule, clarté de l'aurore, et Lusires au plur., mouches,
morceau de taffetas noir que les femmes mettaient sur
leur visage pour faire paraître leur teint plus blanc. Ces
deux acceptions ne sont point de notre idiome, ou se sont
oblitérées.
Lustro, s. f. Huître.
Ce mot, hors d'usage, est remplacé sans façon par
Huitro, franchiman qui ne le vaut pas.
Dér. du lat. Ostrea, m. sign.
Ly ou Y, adv. Y, en fr. — Selon les besoins de l'eu-
phonie ou le caprice, on dit l'un ou l'autre : Vat-lff ou
Vaï'M-y, vas-y; ly vôou ou y vôou, j'y vais.
M
]!,«./: M; s'appelle tmffio, treizième lettre de l'al-
phabet, dixième d^ consonnes.
M est classée grammaticalement parmi les labio^nasdes,
à cause de l'intervention simultanée des lèvres et du nez
dans son émission. Elle est une des articulations que l'en-
fant réussit le mieux et le plus vite à former, et se pro-
duit presque par la seule commissure des lèvres qui oblige
l'air et le son à remonter et à ressortir : ma mamo, marna,
meXr&, mèro, sont les* premiers mots prononcés et les plus
faciles. Aussi, dans toutes les langues, M sert-elle à dé-
signer l'idée de maternité, de mère.
L'orthographe et la proncmciation des mots od intervient
448
H
MAC
VÈmmo, M, appelle nne observation. Quand elle précède
une voyelle, elle la saisit de sa vraie articulation : point
de difScttlté. Mais quand elle est suivie d'une consonne,
le ^ ou le P particulièrement, et complétant une syllabe,
ou qu'elle se redouble, par exemple : cambo, poumpo,
témpouri, toumple, simple, simbèl, émmasqua, émpéïta,
émmaïgrési, etc., alors, comme en fr. elle prend le son
de Yn. Le français et quelques-uns de nos lexicographes
vont plus loin : à la fin de certains mots dans lesquels M
se rencontre, ils l'écrivent pour ne pas la prononcer et
font entendre nettement un n, comme dans essaim, par-
fum, nom, renom, etc., et à la première personne plur.
des verbes aïmam, aïmaviam, avèm, énténdiam, etc. 11 y
a là une anomalie à laquelle nous n'avons accédé qu'à
regret et à demi : dans les cas de redoublement et devant
le B et le P, nous suivrons l'orthographe usitée; mais
nous n'avons pu nous résoudre à placer Yèmmo finale,
comme fait le français, au bout des mots où le son nasalisé
est si distinctement accentué, dans les subst. et dans les
verbes ; nous la refusons encore aux noms venus de lan-
gues étrangères, comme Jérusalem, Mathusalem, Bethléem,
qui, pour notre dialecte, ont une très-franche terminaison
par en grave. Ces réserves faites, l'explication est aisée.
Cette orthographe n'est qu'une concession étymologique
au latin ; mais elle ne s'imposait pas avec la même force
aux idiomes issus du latin, qui la conservent en l'altérant
au moins dans beaucoup d'inflexions. Le latin faisait pres-
que toujours suivre m d'une voyelle, excepté dans quel-
ques nominatifs neutres, à l'accusatif et au génitif plu-
riels, et il l'articulait distinctement, comme signe carac-
téristique des cas et des genres. La moyenne latinité
n'avait pas à enfreindre ces règles : elle attaquait autre-
ment la langue. Peu à peu le roman, qui était aussi une
dégénérescence si l'on veut, et une rénovation, se montra
plus hardi dans ses procédés. Une de ses principales pré-
occupations fut de donner à la parole la rapidité et la
concision ; il y arriva par les syncopes, les retranchements
de finales et par ses méthodes d'abréviation des mots et
des syllabes ; il se reprit aux consonnances et aux tradi-
tions de prononciation longtemps oubliées, et se plia aux
nécessités que lui faisaient subir les importations de nou-
veaux conquérants. De ce travail, aidé par les instincts
nationaux et par un esprit diffèrent, sortirent la langue
d'Oc et la langue d'Oïl, qui ne répudiaient pas la suc-
cession : qui gardaient l'alphabet latin avec toute la valeur
de ses lettres, mais qui arrangeaient leur prononciation à
leur manière et la combinaient suivant leurs dispositions.
Les troubadours, auxquels nous sommes redevables des
plus sérieux efforts de transformation et qui furent les
interprètes et les initiateurs du génie de la langue, étaient
imbus de la diction latine, de sa syntaxe et de son ortho-
graphe : ils transposèrent tout cela dans la langue écrite,
peut-être dans la langue parlée : ainsi, par respect pour le
romain, les infinitifs de leurs verbes s'écrivaient par r
final avec la simple suppression de la voyelle : amar, Ugir,
far, pour amare, Ugere, fart, etc.; les substantife se débar-
rassaient de leurs désinences : têmplum, tempus, famu,
lumen, nomen, fumus, pour faire tempHe, temps, faim,
nom, fum, lum, etc.; les temps des verbes amamut,
habemus, venimus, sumus, etc., s'écrivaient amam, avèm,
vénèm, som, etc. Ils écrivaient avec les lettres étymolo-
giques; il est douteux qu'ils les fissent entendre à ta pro-
nonciation : le temps au moins est-il venu y apporter de
sensibles modifications. Un seul exemple encore: Hom,
roman, homme, tiré du lat. Homo, hominis, est leprêsenlft
par ces trois lettres originaires dans les vieux manuscrits;
il est devenu Om, dégagé de rJET parasite; il est aujour-
d'hui le pronom indéfini On, et le son nasal se fait sentir
comme il est écrit.
La lettre M a passé par tous ces degrés ; et les mots qui
la portaient, en arrivant dans la langue d'Oc et dans la
langue d'Oïl à travers le roman et la basse latinité, n'ont
pas su se dégager suffisamment de son empreinte en écrivant,
alors qu'elles retournaient à leurs véritables tendances
organiques en la prononçant comme un n. La nasale N est
en effet gauloise, une consonnance que le celtique recherche
et affectionne ; M est une lettre plus latine, essentiellement
latine. La langue d'Oc et le français redoutent également
cette inflexion à vide que produit M dans un mot ou à sa
finale, puisqu'ils la transforment, ce que ne faisait pas le
latin.
Nous n'apercevons donc pas bien pourquoi notre ortho-
graphe ne représenterait pas aussi exactement que possible
une articulation si précise. Si, cependant? nous avons
voulu concilier toutes choses, en redoublant les m comme
en fr., et en les conservant devant le 6 et le p, nous nous
révoltons contre les exagérations et les tyrannies étymo-
logiques, en la remplaçant par la lettre réellement son-
nante et à la finale de certains mots ; nous croyons par là
nous rapprocher davantage de la prononciation eupho-
nique, qui est le vrai génie de la langue d'Oc.
Ma, pron. poss. f. Ma. — Le masc. est Moun, mon;
cependant comme en fr., devant les mots qui commen-
cent par une voyelle, on dit Moun, quoique an fém. :
Moun amigo, mon amie.
Ck)ntr. du lat. Mea, m. sign.
Ma, s m. Màt. — Ma dé cœagno, mât de cocagne, que
nos fêtes publiques ont tant vulgarisé.
Ma, en entrant dans ce composé, doit être ainsi écrit
d'après la rigueur de notre orthographe; mais peut-ètrD
vaut-il mieux lui conserver sa forme française et lui lùsser
le t étymologique final, puisque aussi bien c'est on mot
tout français, seulement avec la désinence languedocienne.
— Voy. Mat.
Maca, i>., et ses composés et dérivés. — Yoy» Maqfna.
Macaroun, s. m. Macaron, massepain, pâtisserie de
pâte d'amandes et de sucre.
Ce mot est anden : il existait dans la moy. lat. avec la
MAD
MAD
449
même signification, témoins les Actes de la vie de Guil-
laume Termite, qui rapportent que Ad prandium, ei
apposuerurU maecarones seu lagana cum pastiUis,
Machoto, s. f. Chevêche, petite chouette, Strix poste-
rina, Linn., oiseau de Tordre des Rapaces et d,e la fam.
des Nocturnes ou Nyctérins : c'est la chouette pour laquelle
les petits oiseaux ont tous tant d'antipathie et qui sert à
leur faire une chasse fort amusante. Elle est la plus petite
de ses sœurs, 25 centimètres de longueur, et comme elle
n'est guère plus grande que le hihou petit-duc (lou Cho ou
TuquéJ, on peut facilement les confondre et échanger leurs
noms. — On appelle également Maehoio, la Hulotte ou
Chat-huant de Buffon, chouette hulotte, Sirix cUuco,
Temm., quoique celle-ci soit plus grande et atteigne jus-
qu'à quarante centimètres. — Nous rappelons ici que ce
qui distingue surtout les chouettes des hibous, c'est que
les premières n'ont point de plumes en forme de petites
cornes que les seconds dressent à volonté sur leur tète ;
tous deux ont d'ailleurs beaucoup de traits de ressem-
blance qui peuvent faire confondre certains d'entr'eux.
On devrait, au reste, mieux tenir compte aux uns et aux
autres des services signalés qu'ils rendent à l'agriculture
en détruisant les petits mammifères rongeurs qui causent
tant de dégâts aux récoltes.
Cho semble être entré dans la composition du mot
Machoto. — Voy. Cho, Duganèi, Tuqué,
Machoii, s. m. Gros lourdaud, grosse bète; mauvais
compagnon; vilain homme. — Il est d'ordinaire accom-
pagné de cette épithète qui ajoute à sa portée : VUèn
maehou, appellation injurieuse et méprisante, comme : sot
animal, méchant voisin, difforme de visage et d'esprit.
En espag. Macho, mulet.
Machoga, v. Meurtrir; causer, produire, faire des meur-
trissures; mâcher; mâchonner; broyer. — Dans le premier
sens, il renchérit sur JUaqua (Y. c. m.). S'm machuga la
mon, ii a eu la main écrasée, broyée. Aquà'i tout machuga,
c'est tout abimé, tout charcuté. Machuga un eroutté,
mâchonner un morceau de pain. — Voy. Machuguéja.
Machugadnro, i. f. Violente meurtrissure.
Machoguéia, v. fréq. de Machuga. Mâcher négligem-
ment et par petits morceaux ; mâchonner ; pignocher.
Maçoû, », m. Maçon, ouvrier ou artisan qui fait les
bâtiments, les maisons, à chaux, pierres, ciment.
Maçonmèon, s. f. Ambrette; graine musquée, Bamia,
nom des semences de la Ketmie musquée ou odorante,
ibiteuê abelmoschus, Linn., plante de la fam. des Mal-
vacées, qui croit dans les Indes, TÉgypte et l'Arabie.
Maçoiuia, v . Maçonner; bâtir en pierre, brique ou moellon.
Maçoimariè, $. f. Maçonnerie, ouvrage du maçon; art
on profession de bâtir.
Macmao, «. f. Macreuse, oiseau fVoy. FouquoJ, avec
laquelle celle-ci ne doit pas être confondue.
Madame, s. f. Madame : nom, titre qui ne se donnait
lis qu'aux femmes d'un certain rang. Ce n'est plus au-
jourd'hui qu'une appellation polie qui se répand chaque
jour davantage : aussi que de Moa sont devenues Madamof
— Voy, Mas.
Ma-dannacion, s. f. Par ma damnation ! que ma dam-
nation, sous^ntendu arrive! — Dien des jurons ont été
tellement adoucis ou masqués que ce ne sont plus même
des paroles dénuées de sens, mais plutôt de simples sons.
Quant à ceux qui ont conservé leur pureté primitive, ils
sont ordinairement revêtus d'une construction elliptique
qui en rend l'intelligence assez difficile au premier abord,
et, si Ton veut bien, la signification presque douteuse. Il
ne faut donc pas croire que les personnes, et c'est heureu-
sement le plus grand nombre, qui emploient ces tristes
formules sans songer à toute leur portée, soient aussi cou-
.pables que si elles la complétaient par l'intention. Cepen-
dant, s'il faut absolument à la colère des paroles qui sou-
lagent en s'échappant, comme le vocabulaire des jurons
est certes assez riche, que le choix des plus innocents
prouve du moins que l'instruction que Ton répand sert à
faire comprendre ce que Ton dit.
Madéiréso, s. f. Espèce de pomme, calville blanc,
bariolé de cramoisi.
En espag. Madera, bois.
Madéléno (La), s. f. La Magdeleine; jour de la fête de
sainte Magdeleine, le 22 juillet; pris comme date. — Par
singularité, la Madéléno qui, dans cette acception, s'écrit
et se prononce avec les deux é fermés, prend le dernier é
ouvert lorsqu'il devient nom pr. de baptême, Madéléno. —
Pér la Madéléno la noie es pléno, lou rasin vèira, la figuo
maduro, lou bla-t-éslréma, prvb., à la Magdeleine, la noix
est pleine, le raisin tourné, la figue mûre, le blé renfermé.
Rasin dé la Madéléno, raisin de la Magdeleine, espèce
précoce qui ne réussit bien que dans les bons terrains et
en treille suspendue. En espalier, elle donne fort peu et
en vigne basse encore moins ; même pour obtenir du fruit
faut-il, en la taillant, ne lui laisser que des viettes.
Cargos, qu'on courbe en les attachant. Si on ne lui laissait
que des coursons, elle produirait peu. Elle donne alors
beaucoup de belles grappes dont les grains assez serrés
sont de moyenne grosseur, ovoïdes et assez fermes. Le bois
est tendre, les yeux renflés, les feuilles bien découpées. La
fi^ro dé la Madéléno ou dé Béoueaire, parce qu'elle a lieu
à cette époque , la fameuse foire de Beaucaire qui est une
époque importante dans nos localités. C'est à ce moment
que marchands, artisans, fournisseurs de toute sorte, qui
donnent à crédit toute Tannée, apportent leurs comptes k
payer. Deux raisons avaient introduit cet ancien usage :
le vendeur tenait à toucher tout son argent à la fois pour
aller k Beaucaire renouveler ses approvisionnements de
douze mois, et le propriétaire consommateur n'avait guère
d'argent qu'alors où il venait de vendre ses cocons. La
facilité qu'cmt maintenant les commerçants de s'approvi-
sionner au jour le jour, et l'invasion des industriels qui
n'attendent pas une seule époque dans Tannée pour toucher
450
MAG
MAH
des fonds, doivent tendre à diminuer beaucoup les comptes
de Beaucaire.
Dér. du lat. Magdalena, m. sign.
Madéloun, 5. f, n. pr. de femme. Dim. ou variante de
MadUèno, Madelon, formation française.
Madoun, 5. f, n. pr. de femme. Dim. et contraction de
Madéloun, qui ne peut se rendre que par Madon, en fr.
If adonne, s, f. Madone; représentation de la Sainte
Vierge. — N*est pas tout à fait de Fidiome local ; dans ce
cas, on dit ordinairement la Sénto-Vièrjo, comme Nosio-
Damo, lorsqu'il s'agit d'une dévotion, d'un lieu de pèle-
rinage.
Ck)mposé de Ma et du vieux mol Dono, traduit par Ma
Douno, ma dame.
Madn, maduro, adj. Mûr, mûre; qui a acquis toute sa
maturité; en parlant des fruits de la terre, quand ils n'ont
plus de verdeur ; d'un abcès, quand il est prêt à crever ;
d'une fille, quand elle arrive à un âge où elle est bonne à
marier. — Magna madu, ver-à-soie prêt à faire son cocon
et qui devient alors quasi- transparent, d'une couleur jaune
dorée. Fïo maduro porlo l'éfan à la eénturo, fille mûre a
chance d'être bientôt mère.
Dér. du lat. Maturuê, m. sign.
Madara, v. Mûrir. — Se dit mieux Àmadura, —
Voy. c. m.
Madonm, s, m. Portion d'une quantité de fruits ayant
atteint leur maturité que tous n'ont point encore. —
Saparti lou madurun, séparer le mûr de ce qui ne l'est
pas. — Voy. Amadurun,
Magagua, v. Tracasser; malmener; incommoder; gâter.
— Lou magagnés peu, ne le tourmentez pas. É» tout ma-
gagna, il est tout mal hypothéqué, il a bien des infirmités.
Dér. de la bass. lat. Matignare, m. sign., dont le v. fr.
avait fait aussi Méhaigner,
Magagno, <. /*. Malaise; tracas; incommodité; fatigue;
défectuosité; vice, tare, défaut. — A toujour quàouquo
magagno, il a toujours quelque dérangement, quelque in-
commodité. Crén la magagno, il redoute la peine. La
fénno é» eoumo la eastagno, bèlo déforo, dédin es la ma-
gagno, la femme est comme la châtaigne, belle au dehors,
la tare est au dedans.
MagagnoÙB, onso, adj. Malade; dolent; chétif; valé-
tudinaire; tourmenté; inquiet; accablé.
Magasin, s. m. Magasin, lieu où l'on tient, où l'on vend
des marchandises* — Voy. Boutigo.
Empr. au fr. qui avait pris le mot de l'arabe Maghaxin,
trésor, lieu où il est renfermé.
Magna, 5. m. Ver-à-soie, bombyx du mûrier, insecte de
l'ordre des Lépidoptères et de la fam. des Filicomes. On
sait que c'est la chenille de cet insecte qui forme le pré-
cieux cocon d'où on tire la soie. — F<^re dé magnas,
élever des vers-à-soie, pour son propre compte, soit que
le propriétaire en dirige lui-même l'éducation, soit qu'il
la confie à un magnaguier. Faire lous magnas, élever les
vers-à-soie d'autrui, en qualité de magnagoier. Fasès dé
magnas ou vendes vosio fièio? Élevez- vous des vers-à-soie
ou vendez- vous votre feuille? Jan {ai lous magnas 6t^
dé moussu.,, t Jean élève les vers-à-soie, ou est aiaguaguier
chez monsieur...
En langue romane. Manger se disait Maniar; de là a dû
venir Magna, à cause de la voracité du ver-à-soie à svi
dernier âge. Le vieux français l'appelait aussi Magnon,
que le nouveau aurait dû garder. Magnan qui, du rei^B,
commence à revenir dans la langue savante, fiaira psr
avoir cours partout ainsi que plusieurs autres termes de la
sériciculture, que le français est bien obligé de preadie
dans les pays séricicoles.
Magnagniè, s. m. Magnanier, ou magnagnier ou magna-
guier, chef d'un atelier où l'on élève des vers-à-soie; celui
qui les élève pour le compte d'autrui. ifayno^iMètro eit
le fém.; celle qui remplit le même emploi. — léou soM
moun magnaguiè, je dirige moi-même l'éducation de mes
vers-à-soie. Quouro davalo voste magnaguiè? Quand doit
arriver celui qui élève vos vers-à-soie? — Les conditions
auxquelles le propriétaire traite avec le magnaguier soat
diverses : tantôt il le paie entièrement en argent, tant6t il
diminue la somme fixe et l'intéresse dans la réussite, ea
lui donnant un tant pour cent du produit; enfin, et oeei
est pour le magnaguier spéculateur qui doit avoir quelques
avances, le propriétaire donne sa feuille, fournit la magoa-
nerie avec tous ses agrès et n'est plus chargé de rien : le
magnaguier fait tous les frais de l'éducation et prend les deux
cinquièmes ou le tiers des cocons. C'est ce qu'on appelle :
Faïre lous magnas et Douna scus magnas dé tr,és un ou dé
cin dous. Il est bien entendu qu'en cas d'échec, l'un peid
le prix de sa feuille et l'autre les dépenses qu'il a faites.
Magnagnièîro, s, f. Magnanerie, et tout aussi bien ma-
gnaguière; coconnière; atelier où l'on élève des vers-i-
soie ; femme qui dirige une éducation de vers-à-soie.
Magnèrétos, s. f. plur. Petites façons ; petites miaei;
minauderies.
Dim. de Magnèro,
Magnèro, s, f. Manière; façon d'agir, on de faire ou
d'être; sorte, espèce; usage, coutume; habitude; afl^ta-
tion, — Dé magnèro que,.,, de manière que..., de sorte
que..., espèce de conjonction.
Mago-mnôon, 5. m. Jacée des prés» CenUiwna jaiSÊa,
Linn., plante de la fam. des Composées Gyna^roo^ibaJes, à
tige haute d'un mètre, cannelée, droite et xougeàtie, à
racine ligneuse et vivace, à fleurs en tuyaux purpurins
et serrés; excellent vulnéraire, bonne pour les henûBS
et pour guérir en gargarisme les aphtes, les mam de
gorge, et en application, employa pour les ooDlasioiis ou
les écorchures que le bât ou les traits font aux mnlets et
aux bêtes de somme.
Son nom lui vient probablement de œtle circoastanoe.
car il semble une altération de Maquo-muùou ou 4itidP«,
mulet meurtri, blessé.
MAI
MAI
451 .
Mahov, «. m. Carreau en terre cnite. — Voy, Maoiii.
Mahonna, v. Carreler. — Voy. Maoùna,
Mai, s. m. Mai, cinquième mois de l'année, composé de
ttente-un jours; arbre orné de rubans et de banderolles,
phmté devant la porte de quelqu'un pour lui faire honneur,
parce qu'originairement cela se faisait le K^^ mai. — Lou
méi dé maX frés et gai, le mois de mai frais et gai.
Dér. du lat. Hatut, m. sign.
Kax. 5. m., adv, eonj. Plus, le plus ; davantage : se rend
encore différemment selon qu'il est employé. — Lou mat'
«f lou mén, le plus et le moins. Né vole pas tnaï, je n'en
veux pas davantage. JV'aï tnaï qu'él, j'en ai plus que lui.
Né vos unpdou tnaï? En veux-tu un peu plus? Lou maï
que vou'n pièsque leva, es ein sôous, le plus que je puisse
vous en rabattre, c'est cinq sous. Aqu6 vôou un éscu, lou
mat, cela vaut un écu au plus. Né vos maï? En veux-tu
encore? Dé que voulès mat? Que voulez-vous de plus?
Aquà vdou mat, cela vaut mieux, cela vaut davantage.
Aime maï y-ana, j'aime mieux y aller. L'haïsse mai que
mat, je le hais au possible, plus qu'il n'est possible de le
dire. T fartas maï et maï que vous ou diriè pas, vous
auriez beau faire, il ne vous le dirait pas. Y pode pas dé
mat, je n'y puis autre chose, ou faire autre chose. Ni maï
ni mén, quoi qu'il arrive, quoi qu'il en soit, de toute façon,
quoique vous en disiez. Faguén un tour et pas mai, faisons
un tour seulement, sans plus. Es tus qu'aïme lou mai,
c'est toi que j'aime le plus. Dé maï en mai, de plus en
plus. Tant et maï, autant que possible .
Dér. du lat. Ma gis, m. sign.
Maîa, adj. m. Maillé. — Se dit du perdreau qui se maille
lorsqu'il devient adulte, c.-à-d. dont l'extrémité des pennes
prend de petites marques ou taches blanches, appelées
mailles, qui disparaissent en vieillissant. Au flg. par ext.
on le dit d'un adolescent qui commence à se sentir, et par
antiphrase d'un ci-devant jeune homme.
Dér. de Maïo,
Maîa, t;. Terme du jeu de quilles pour exprimer que la
boule passe au travers sans en renverser aucune .
Maïtioii (Lou), 5. m. n. pr. de lieu. Le Masdieu, vil-
lage de la commune de Laval dans l'arrondissement d'Alais.
— Les vieux titres donnent à ce lieu, en 4223, le nom de
Mansus Dei, et aussi Mansa Dei. Le lat. Mansus, Mansa,
Mansio, maison, demeure, a fait le lang. Mas; de là
Mas'Dîou, qui, par hyperbole d'euphonie, est devenu
Maï-Diou. C'est une formation analogue à celle de Hôtel-
Dieu, Lachaise-Dieu , etc. Il existe encore au Mas-Dieu
une vieille église à laquelle était sans doute attachée quel-
que Mense. Il est connu au surplus que le Mas-Dieu était,
avant 4790, une communauté indépendante, faisant partie
de la viguerie d'Alais et du diocèse d'Uzès, doyenné de
Sénécbas.
Maîgrainéii, adv. Maigrement, petitement; parcimo-
nieusement.
Maigre, maïgro, a4j\ Dim. Maigre; augm. Mmgras.
Maigre, qui n'a point de graisse; aride; sec. — Aeàou
maïgro, chaux maigre. — Voy. Aeâou,
Maigre, s. m. Maigre, partie de la chair où il n'y a
point de graisse; le maigre, chère où l'on s'abstient de
viande; ordinaire des jours maigres. — Faire ma^igre, ne
pas manger de viande, s'abstenir du gras.
Dér. du lat. Macer, maera, m. sign.
Maigri, v. Maigrir, devenir maigre. — On dit mieux
S'émmaïgrésî. — Voy. c. m.
Maigrinèl, èlo, adj. Maigret, maigrelet.
Dim. de Maigre.
Maigroù, s. f. Blaigreur; état de ce qui est maigre.
Mûgroustèl, èlo, adj. Maigre; décharné; mince; sec.
Variante ou péj. de l'augm. Maïgras.
Maïo, s. f. Maille, d'un bas, d'un filet, d'un tissu fait à
l'aiguille ou au métier. — Toumba uno ma'io, laisser tomber
ou s'échapper une maille en tricotant. Y-a uno mdio à
vosie débas, il y a une maille échappée, un trou à votre bas.
Au fig. A uno mdio à soun débas, en parlant d'une fille,
veut dire qu'elle a fait une tâche à sa réputation, un
accroc à son honneur. Pérdéguén pas la maïo, ne nous
embrouillons pas dans les feux de file; ne perdons pas la
tète; ne perdons pas la tramontane; ne perdons pas la
carte. Es dé la bèlo maïo, se dit au pr. et au fig. pour une
chose ou un homme d'importance, qui ne saurait passer
inaperçu ni à travers maille, comme le fretin.
Maïo, Maille, désignait aussi une petite monnaie de
cuivre valant un demi-denier, une obole, dont le nom
s'est perdu comme l'usage, en lang. et en fr. Cependant
on entend encore dire quelque fois : A pas pus ni sôou ni
maïo, qui traduit peut-être le fr. : il n'a plus ni sou ni
maille, il n'a ni denier ni maille.
Dér. du lat. Macula, tache, maille.
Maiôoa, s. m. Bande, morceau d'étoffe dont on enve-
loppe l'enfant au maillot. — Ce mot comprend la couche,
les langes, etc., qui servent à l'enfant au berceau et se
rend par Bourasso.
Dér. du gr. MaXX6c, tresse de laine.
Maiôoa, s. m. Avantin, sarment que l'on plante pour
obtenir un cep. — C'est une erreur de croire que la cros-
sette, sarment auquel tient un peu du vieux bois, lou ca-
vièl, prend mieux que le sarment qui n'en a pas : l'expé-
rience a prouvé que ce dernier est tout aussi bon. Quant à
l'avantin appelé Barbu, Barbudo, parce qu'il a du chevelu,
il reprend un peu plus aisément bouture et a de l'avance
sur elle.
Dér. du lat. Malleoeus, m. sign.
Maioto, s. f. Maillet ; petite masse en bois dont se servent
particulièrement les menuisiers.
Maillet, contre les règles phoniques de la formation des
mots, est en réalité un augm. de Mail ; il en serait de même
de Maïoto, si on le faisait venir de Maïou, mail ; mais il
est plutôt le dérivé dim. de Mal, et s'écrivait originaire-
ment Malioto, ou Malhoto, comme on le prononce encore,
452
MAI
Mai
ainsi que les mots analogues, en faisant sentir la labiale
mouillée, dans des dialectes voisins.
Maîon, s. m. Mail; jeu de mail; instrament dont on se
sert pour y jouer, espèce de masse de bois ferrée, longue-
ment emmanchée.
Dér. du lat. Malleus, maillet.
Maioula, v. Envelopper l'enfant au berceau des langes
appelés Maïôou,
Maîrastro, s. f. Belle-mère, seconde femme du père à
regard des enfants du premier lit. — Ne se dit point en
mauvaise part comme en fr. Marâtre; il est clair pourtant
que c'est un péjor. de Maire.
Maire, t. f. Mère.
Sauvages dit sur ce mot :
c La plupart des Languedociens de certains cantons disent :
ma maïre ou ma mèro, suivant leur fortune ou leur con-
dition. Les paysans pauvres disent ma maire, les honnêtes
gens et ceux du peuple qui jouissent de quelque aisance
disent, même en parlant languedocien, ma mèro. Il en est
de même des noms paire, fraïre, tore ou souore, au lieu
de pèro, frèro ou sur.
c L'origine de cette différence dans le langage remonte
probablement au temps où la langue française commença à
s'introduire dans nos provinces ; elle fut sans doute apportée
par ceux que les dignités, les emplois ou la fortune rappro-
chaient plus de la cour, et qui étaient dans le cas d'en
parler la langue par nécessité (n'en sachant pas d'autre],
ou par émulation, ou par air.
c Le français devint par là comme le caractère distinctif
de ce qu'on appelait les honnêtes gens. Le peuple, moins
inconstant pour ce qui est de mode, continua à parler
comme auparavant, soit par attachement pour l'ancien
langage, soit par éloignement de tout ce qui sent le faste
et pour ne pas affecter un usage qui semblait n'appartenir
qu'aux personnes d'un étage supérieur; et cette coutume,
ou cette façon de penser est si bien établie, mais seulement
parmi les pauvres gens de la campagne éloignés des villes,
que ceux qui sont sages et modestes disent à leurs enfants
qui reviennent du service, que leur condition ne leur
permet pas de parler français. En conséquence il ne leur
arrive d'écorcher cette langue que lorsqu'ils sont pris de
vin : ce délire, les mettant bien au-dessus de leur fortune,
leur fait oublier leur misère ou leur condition présente.
c Mais ceux qui jouissent de quelque aisance cherchent
depuis quelque temps à se mettre de niveau avec ceux
qu'on appelle les honnêtes gens, en mêlant dans leur
idiome certains termes français qui flattent le plus leur
amour-propre, parce qu'ils semblent affectés à cette classe
d'honnêtes gens : tels sont les termes de pèro, mèro, frèro
et $ur, qu'ils prononcent de cette façon, comptant que
c'est la même chose que père, mère, frère et sœur. >
Ces altérations depuis Saxtvages, on en comprend la cause,
se sont étendues, mais surtout dans les villes et jusque
parmi les artisans du plus bas étage. Et c'est ce qui donne
tant de piquant à une citation qu'il fait ailleurs sur le
même sujet :
c On trouve dans les actes du xin^ siècle les expres-
sions suivantes : Lo paire dèl viicomte dé Béxiès; la iore
dèl rèï d'Aragon. Moun païre lo donat à ma tore, dit le
comte de Cominges, etc. On disait : lo tan Païre, en parlant
du Pape, et la tanta Madré Gléïa. Le Pater commençait
ainsi : Lo notte Païre gué et at cièlt, et on faisait le signe
de la croix, dans un autre dialecte, en disant : tn nun dil
Païre et dèl Filh, etc. Et un savetier de ville s'offensera si
on lui demande : Ounfét toun païre? qudou et ta tore?^
Cependant le raffinement franchiman ne s'est élevé que
jusqu'aux personnes. On ne pouvait guère moins faire, en
parlant de soi, de sa famille, de ses enfants, de Dieu même,
que de se rappiocher servilement du français! Mais quand
il s'agit des animaux, ou dans les mots homonymes qoi
suivent, l'ancienne forme s'est conservée. — Li vaX plan,
coumo t'anavo préne la maïre dou nit, il y va tout doux,
comme un preneur de taupes.
Dér. du lat. Mater, m. sign.
Maire, s. f. Matrice, partie du corps de la femme où se
fait la conception. — Ne s'emploie guère que pour : mal
de mère, vapeur de mère. On dit en plaisantant, d'un
homme qui est pris d'insurmontables bâillements : À la
maïre, il a le mal de mère.
Maire, t. f. Lie, dépôt, formant un corps mollasse au
fond du baril dans lequel la plupart des ménages tiennent
leur provision de vinaigre; c'est ce qu'on fait aigrir, ce
qu'on ajoute au baril de tous les fonds de bouteille, et qui
sert comme de mère au vinaigre.
Mairino, t. f. Marraine, celle qui tient un enfant sur
les fonds baptismaux. — Voy. PaïrL
Mais, ou Mes, conj. Mais, cependant; pourtant: marque
la contrariété, l'opposition, la balance, la comparaison, la
restriction, l'objection. — C'est un des eoaprunts faits par
le lang. au fr. de ses adverbes, prépositions et conjonctions
surtout, lorsqu'il abandonna la construction romane pour se
former sur l'étalon d'outre Loire. Mait ayant conservé
sans altération aucune le sens et la prononciation qu'il a en
français, nous lui avons laissé ainsi son orthographe, bien
que la diphthongue at, sonnant comme 1'^ ouvert, n'existe
point dans les mots de pure formation languedocienne. Il
en est de même de quelques autres mots analogues de pro-
nonciation. Air, Àlait, etc., qui, ainsi, mieux et plus vite
compris par l'œil, le seront aussi par rintelligênce. ^
Voy. l'art. Ai, diph.
MaîBsa, V. Donner un coup de mâchoire ; jouer de la
mâchoire ; par ext. bavarder, dégoiser.
Dér. de Maïtto.
Maîssaîre, aire, ady. Bavard; qui parle sans discrétian
et sans mesure.
Maisséja, v. rédupl., de Maïtta. Bavarder; jabotter;
cancaner.
Maisso, ». f. Mâchoire; os dans lequel les dents sont
MAJ
MAi
4S8
im|ilantées. — Mé mandé ^h eo di moKuo, il me kmça les
dents. Té eope la nuOsiô, Dsim., je te casse la gueule. Et
tino hono tnaïtso, se dit d'on porc k Tengrais qui a bonne
dtntt qui a bon appétit et n'est point difficile : de même,
uno maïsto dàourado, une mâchoire d'or. Par métaphore,
tmo maïêso, uno èono maisto, s'entendent d'une personne
fort bavarde et quelque peu mauvaise langue au besoin.
Quinta fnaXsêo/ Quel caquet bonbec ! Voui prouméte qu'éi
uno bono màiêio, je VOUS assure qu'il ou qu'elles la langue
bien peodue.
D6r. du lat. MawUla, m. sign.
Maissn, udo, acy. Qui a une forte mâchoire, une bonne
mAdioire; une grosse ganache. Au fig. gourmand; frieot-
teur.
Dér. de Maïsso.
Kttstre, 8, m, Maitre; chef; principal. — Se disait
d*abord Magitire, du lat. Magister; mais il n'est plus
guère usité, même avec la forme que nous inscrivons, et
bien que, à la campagne, on l'emploie quelquefois pour
désigner proprement le maitre du domaine ou le maitre-
valet, le cl^f : Aïci lou matstre que vén, voici le maitre
qui vient. Il est d'un usage plus ordinaire pris adjective-
ment dans cette expression : vola maïstre, ruisseau ou
mieux fossé principal, car c'est ordinairement une tranchée
faite de main d'homme, dans laquelle tous les petits ruis-
seaux ou fossés des champs voisins viennent jeter leurs
eaux.
MaXiire est devenu un nom propre, et s'écrit en £r.
Mahiêtre. Sa dérivation n'est pas douteuse.
Maistro, j. f. Féminin de Maïâtre, avec la même signi-
fication. — Se dit encore de la reine abeille, et du chaton
femelle de certains arbres, particulièremeDt du chÂtaignier
qui porte sur le même pied des chatons mâles et femelles.
La maïsiro est le maltre-chàton qui décide de la bonne ou
de la mauvaise récolte selon que le châtaignier en est plus
ou moins fourni après la chute des chatons mâles. — La
remarque est de Sauvages, qui s'y connaissait.
Maje, adj. des deux genru. Grand; plus grand; aine;
0OS âgé. — Aquéite é$ lou nw^'e, celui-ci est le plus grand.
lau maj$, l'ainé. La maje-part, la plus grande partie, la
plupart. La maje-fésto, la fête patronale.
Dér. du lat. Major, maju$, m. sign.
Majéncoulo, «. m., n. pr. de lieu. Majencoule; Saint-
André de Majencoules, commune de Valieraugue (Gard). —
Cette désignation est évidemment antérieure à celle du
patronage sous l'invocation duquel aurait été placé ce vil-
lage et appartiendrait à la mythologie païenne, si l'on
croyait à l'origine du nom de Majencoules que donne Sau-
VAflSs. c Majéneoulo, rapporte4-il en effet, nom propre de
lieu qu'on dit probablement pour MoKétteoulo, en prenant
Vi voyelle pour un / consonne; et dès lors Majéncoulo res-
semblerait au lai. Maim-intolm, et signifierait les habitants
d'un lien consacré â Mdia, mère de Mercure, divinités,
l'une et l'autre, des anciens Gaulois; en sorte qu'on pour- |
rait appeler ce lieu, Fanum Maiœ incolarum; et pour dire :
à Majéncoulo, on traduirait en lat. Ad Maiœ incoUu : ce
qui est une étymologie assez naturelle.
c L'on remarquera à ce sujet que la prononciation de
Majéncoulo par le j consonne, est plus récente que ceUe
par l't voyelle, Maïéncouh ; puisque dans les plus ancûras
manuscrits languedociens , le j consonne esl incoimu •
comme il l'est dans l'italien, et comme il l'était probaUe-
ment dans la langue des anciens Romains. >
Nous ne disconvenons point que les déductions du glos-
sateur ne soient ingénieuses et naturelles, et cependant,
sans invoquer ce nom perdu de déesse gauloise, il nous
paraîtrait tout aussi naturel de prendre au pins près notre
adjectif Mt^'e, grand, de if a/ut, lat., écrit ou prononcé à la
romaine Maïui, pour la première partie du nom en la liant
euphoniquement par un n â la seconde, en lat. aussi eoUù:
colles, les cols ardus et élevés de ces montagne» justifient
d'ailleurs l'application; et le mot aurait alors caractérisé
un lieu aux pics élevés. Toutefois, dans cette hypothèse,
la dérivation par incolœ serait sacrifiée, et il faut recon-
naître qu'elle a son mérile, d'autant que le plus ancien
titre où il soit fait mention du nom, en 42S4, dit de
Magencolis, ablatif pluriel qui laisse supposer la forme
incolœ, nomin. Par comparaison, un autre nom de lieu
dans notre département, Concoiào, Goncoules, a une termi-
naison identique. Si on était tenté, à cause de sa situation
sur le versant le plus élevé de la Lozère, de lui attribuer
une dérivation du lat. cum collibus, se traduisant par : au
milieu des montagnes, ce qui serait caractéristique, il fau-
drait rappeler aussi sa forme appellative dans un cartulaire
de 4476, qui le désigne par de Coneolas,ei dans le dénom-
brement de 4 394 par Concoim, ce qui ramènerait de plus
fort vers l'étymologie de incolœ, habitants, proposée par
Sauvagss pour Majéncoulo,
Que si l'on voulait s'aventurer plus loin en ces recherches,
tenant la terminaison des deux mots prise dans le lat.
colla, coUis, dat. plur. de coUum, cols, montagnes, ne
trouverait-on pas le celt. Magm s? Mage =s Mag, qui est
rqirésenté en lat. par Mantio ou notre Mas, avec ht signi-
fication plus large de Liou? (Foy. l'art, soiv.) Majéncouio
voudrait dire en ce cas : lieu des cols, des montagnes; et
l'attribution serait aussi exacte que pour Concoulo, forme
du radical celt. Mon, coin, ou du lat. Cum, avec, eupho-
niquement lié à collis, signifiant coin sur les montagnes
ou avec les montagnes, dans ou au milieu des cols de
montagnes, que l'aspect et l'emplacement justifient.
Majes (Loua), «. m. plur., n. pr. de lieu. Les Mages,
commune de SaintrAmbroix (Gard). — Le cartulaire de la
seigneurie d'Alais, cité par M. Germer-Durand, appelle ce
lieu, en 4337, locus vocatus als Maiht, désignation toute
romane ; prononciation mouillée par Ih, Près de Montpellier,
Im MoMee est le nom d'un village : l'appellation est la même
quelanètie.
En 4745, on trouve Les Mages, en 47S9 Le Mage, et en
454
MAJ
MAL
^B^t,Le$Maxet. C'est cette dernière forme qui est la vraie
et qui met sur la voie. Maxes est en lang. le pluriel de
Mas, qui répond an lat. manâio, mansus, lieu, demeure.
Or Mag, avec le g doux équivalent au j, traduit en lat. par
Magus, dans les noms propres, correspondait au mot lat.
Mamio, selon Adrien de Valois et d*après Zeuss, dans sa
Gratnm. eeli. Par conséquent, JUag ou Mages «s Jfos ou
Maxes ss Mansio : la forme et Torigine gauloises du mot
ne sauraient être mieux accusées. Dans les langues néo-cel-
tiques, en gaélique Mag signifie champ; en breton, Mag
représenté par Maes = Mages^ avec le même sens.
Majinqua, v> Diner, donner un second labour, moins
profond que le premier, aux vignes, aux mûriers et à diverses
récoltes. Cette façon, qu'on donne avec le Béchar (Voy.
c. m.)f détruit les mauvaises herbes que le printemps a fait
croitre en abondance. Aussi dit-on communément pour la
vigne, par exemple, que le premier labour est pour elle, et
le second pour le propriétaire. En effet, si par suite du pre-
mier, le cep végète vigoureusement, par le second la terre
est débarrassée des plantes parasites qui la dessèchent et
Fépuisent, et les racines, qui n'auraient pu grossir faute
de l'humidité nécessaire à leur développement, se gonflent
et fournissent un jus abondant qui remplit le envier.
On a dit Majinqua pour Maïénqwt, parce que le binage
se fait en mai.
Majinquaje, s. m. Binage, second labour, seconde façon
donnés à la terre. — Voy. l'art, précédent.
Major, s. m. Major, désignation de divers grades de
l'armée. — S'emploie comme en fr. ; seulement si l'on
s'adresse à la personne elle-même, en se servant sans plus
de façon de cette appellation, il est probable qu'il s'agira
d'un tambour-major ou d'un sergent-major.
Major se dit aussi quelquefois, par extension, pour dési-
gner le principal, le maître, le chef, le premier.
Dér. du lat. Major.
Majorto, <. f, et adj, — Évidemment le féminin du
précédent Major, dans sa seconde acception ; mais en tous
cas et en tout sens, toujours un peu d'argot. — Vno cano
majorto, est non-seulement la canne du tambour- major,
mais toute autre canne de dimension quelque peu exagérée
et dont on se sert avec une certaine affectation.
Majonfiè, s. m. Fraisier, Fragaria vesea, Linn., plante
de la fam. des Rosacées, commune dans nos bois et cultivée
pour ses nombreuses et remarquables variétés, qui donnent
en grosseur ce qu'elles perdent en parfum.
Majonlo, s. [, Fraise, fruit du fraisier.
Pourquoi faut-il que Majoufiè et Majoufo, mots du véri-
table crû, cèdent insensiblement le pas à FrésU et Frèso,
qui ne sont que du jargon ? Ne pouvant mieux faire, con-
statons du moins la légitimité, toutes les fois que l'occasion
s'en présentera. — Voy. Frèso,
Astruc soutient que le nom lang. de la plante et du fruit
vient du oelt. Mefus ou Mefous, qui est conservé encore
dans le pays de Galles.
Majonrano , s, f. Marjolaine, Origanum majçrenaf
Linn., plante vivace, cultivée dans les jardins, aromatique,
bonne pour les nerfs, l'estomac.
Dér. du lat. Majorana, par une meilleure traductioa que
le fr. Marjolaine.
Majonrano-fèro, s, f. Origan commun, marjolaine sau-
vage, Origanum vulgare, Linn., plante médicinale, àiori-
tique, histérique, stomacale, sudorifique, pour les mau de
tète, les indigestions. — Voy Ménuguéto.
Formé du lat. Majorana et Fsra, sauvage.
Majonrâon, s. m. Maître, chef; premier; aîné àe \a
famille; maitre-bei^r; jcbq du village; le premier, le plos
considéré, le plus important de l'endroit par sa foiUmfi,
son savoir, les services qu'il a rendus.
Dér. du lat. Major, plus grand.
Mal, 5. m. Gros maillet ou masse en bois, avec on long
manche, pour fendre le bois. — A uno tésio que sémblo «n
mal, il a une tète énorme, difforme.
Dér. du lat. Mallus, m. sign.
Malabouaéno, «. f., ou Malobonséno. Malheur; malen-
contre ; mauvaise chance ; guignon. — Pourta malabouséM,
porter malheur, guignon.
Composé de Mala ou Malo, du lat. Malus, mauvaise, et
de BotuénOf dont l'exacte signification nous est inconnae
et qui n'est pas employé isolément, mais qui équivaut à
heur, encontre; de là le sens du mot.
Maladéstracion, sorte d'interj. d'exclamation, qui est
un adoucissement masquant l'imprécation MaladicUm, qoft
l'on commence et dont on escamote la fin pour y substi-
tuer des syllabes vides de sens qui en font un toul asaei
innocent, sinon bien intelligible ni sufiSsamment applicable
peut-être.
Maladéstréto, variante diminutive de Maladéstradou,
sans plus de sens.
Maladiciou, s. f. Malédiction; action de maudire ; mau-
vaise dessinée; fatalité. — S'emploie aussi comme excla-
mation, imprécation, mais, dans ce cas, Tiisa^ ne loi
donne pas toujours la même gravité qu'en français. -*
Maladieiou/ quinte fré/ Peste l quel froid il fait! Lom
erésès riche? — Oh/ maladieiou/ \oxia le croyez ridie?
— Oh! certes!
Malagné, i. m. Cerisier sauvage. — Son éooroe est on
fébrifuge : son fruit est amer.
Malaîrosos, s, f, jdur. Rose de Provins, ainsi nomiDèe
en fr. parce que cette variété fut apportée dans ce paysptf
un comte de Brie revenant de la croisade. Lie ton vigouieux
de leur couleur pourpre dut les faire appeler d*aboràMdb»
roses; et c'est ce nom que le lang. s'est approprié.
Malamén, adv. Beaucoup, extrêmement, exlndOt^B»*
rement, étrangement. — Gn'a malamén ? Y ea a-t-il ht»
coup ? Gn'a pas malamén, mais gn'a, il n*y en a pas ^la^
manidns extraordinaire, mais il y en a passablement.
Dér. du lat. Malè, parce que dans le prind^
dut exprimer l'excès d'une chose mauvaise.
Mal
MAL
455
Malamor, «. f* Male-mort; mort funeste, violente, tra-
gique. — Jf oiiH di moiamar, mourir de ia main du bour-
reau. Qui la malaimiOT té foèngu9quèret Puisses-tu faire une
triste fins
Formé du lat. Malus, mala, mauvais» mauvaise, et
Mor$, mort.
Malandro, «. f. Chétivitô; état misérable de santé; ma-
rasme; mal indéfini qui mine; maladie ayant un caractère
épidémique; malaise, langueur qui consume. — Aï agu ia
maiandro, j*ai eu la grippe, par exemple, ou la cbolérine.
Aï la malandro, je suis tout mal en train, tout chose,
popul.
On appelait autrefois les lépreux Malandrins, du mal
ladre ou de saint Ladre, corrupt. de saint Lazare qu*on invo-
quait dans cette maladie; de là sont venus Ladrerie et
Ladre, synonymes de lèpre et lépreux. G*est aussi Torigine
de Malandro, quoique ce mot n'exprime plus le même
mal. — Souê por$ erébèrou dé la malandro , ses cochons
tombèrent dans le dépérissement et crevèrent. Cette ex-
pression qui, de tous les animaux, ne s'applique guère
qu'au porc sujet à la ladrerie, prouverait encore plus son
origine.
En fr. on appelle Malandres, un mal qui vient au genou
du cheval, sortes de crevasses d'où découle une humeur
fétide.
Malàon ou Malàonte, to, s. eiadj. Malade; qui n'a pas
de santé; qui n'est pas sain; celui dont les lacultés sont
altérées. — Malâouie, avec la m. sign. que Malâou, est un
peu plus en usage dans la partie haute de notre contrée. —
Féou pa$ démanda à malàoutê se vôou médéeino, prvb., il
ne faut pas demander à un malade s'il veut santé.
Les dim. de l'adj. sont Malâouté, éto; MalâouUnà,
moto,
Dér. de la bass. lat. Malaius, formé de Mah ou Malè
aplus, apte ou prédisposé au mal, ou mal disposé. Henri
Etienne le fait venir du gr. MaXoK^c, mou, languissant.
Malàoiitas, aaso, adj. Augm. de Malâou, malâouis.
Très-malade ; malade qui se traîne ; malingre; cachec-
tique.
Malàonte, o, adj. Malade. — Voy. Malâou,
Malâontéja, v. Être malade; avoir une maladie; lan-
guir, traîner par l'eflet d'une maladie. — Malâoutéjè pas
gaSr9, sa maladie ne fut pas longue. T-a Ionien que matâou"
Ujo, il y a longtemps qu'il traîne.
Malàontiè, s. f. Maladie; privation, altératicm de la
santé. — FcXre uno malâoutiè, avoir une maladie. — Las
malâouHês das magnas, les mues des vers-à-soie, qui sont
au nombre de quatre, mais qu'on désigne par leurs numéros
d'ordre sans ajouter maldouiiis : mous magnas jasou à la
prémUéro, à las dos; s'ajassou à las très, sortou dé las
fuofre, mes vers-à-soie dorment à la première , à la seconde
mue; ils v(»t s'endormir à la troisième; ils sortent de leur
quatrième mue. Dans ces derniers temps, en agriculture et
en parlant de la vigne surtout, et même des vers-à-soie, le
mot a pris toute son extension : il désigne pour la vigne
l'oï^tum et l'invasion désastreuse du philoxera vastatrix,
comme pour les magnas, la pébrine et la flacherie.
MalàontiMroB, s, f, plur. Maladrerie, léproserie; hôpi-
taux placés sous le patronage de saint Laxare, dont on
avait fait saint Ladre, et destinés aux lépreux. — Le lang.
donne à ces maisons une dénomination plus générale, parce
que plus tard elles furent consacrées à recevoir d'autres
malades que ceux pour lesquels elles avaient été fondées ou
que ceux-ci étaient les malades par excellence.
Il est, au surplus, peu de villes où, comme à Alais, le
souvenir d'un de ces établissements ne soit resté attaché à
quelque quartier à proximité. Mais la désignation est deve-
nue tout à fait n. pr. pour quelques villages; comme La
MaiAoutièiro, traduit en fr. par La Malautière, communes
de Bellegarde, de Golias, de Montfrin, et las Maladièïros,
plus francisé, les Maladières, commune de Nimes.
Malâoutls, isso, adj. Maladif; sujet à de fréquentes
maladies; malingre; valétudinaire; infirme.
Malatavèmo, s, f., n. pr. de lieu. Malataveme, village
de la commune de Cendras, canton d'Alais (Gard).
Ce nom, d'assez mauvais augure pour les voyageurs, est
formé du lat. Mala iabsrna, par le changement du 6 en v;
le fr. l'a pris tel quel du lang. Il a du reste quelques simi-
laires dans le département, et on le trouve encore dans les
communes du Gam, de Lussan et de Saint-Hippolyte du
Fort. Partout était-il significatif pour désigner une halte
dont il fallait se méfier à cause du peu de sécurité qu'elle
présentait, ou de la mauvaise chère qu'on y faisait, ou
simplement de sa chétivité misérable ? On ne saurait trop
le dire. En tous cas, ici, un ancien sobriquet renfor^it
l'appellation ; on disait au moyen-âge : las oros dé Malata-
vèmo, les horreurs de Malataveme; mais à qui ou à quoi
s'appliquait ce surnom 7 Aux femmes du lieu, la méchan-
ceté jalouse de quelques voisines en était bien capable; à
la localité elle-même, cela peut être. Rien ne justifierait
aujourd'hui un pareil dénigrement contre ce village qui
proteste contre sa réputation d'autrefois.
Malapéndicion, s f. interj, Male-pendaison. — La
malapéndieiou té vèngus/ Puisses-tu être pendu ! Que male-
mort t'advienne!
Malapéndieiou, comme beaucoup de ses consorts, simple
interjection à qui on n'ajoute aucun verbe, sans même le
sous-entendre pour compléter le sens, n'est qu'un de ces
maudissons sans portée qui échappent an dépit et à l'impa-
tience; au besoin ce n'est même qu'une forme explétive
correspondant au fr. Peste! mâtin 1 malepeste!
Malé, s. m. Dim. de Mal. Maillet, petite masse, — Est
devenu n. pr. reproduit en fr. par Mallet.
Maléacho, s. f», n. pr. de lieu. Malenches, hameau de
la commune de Sénéchas, arrondissement d'Alais.
La terminaison de ce mot indique sufiBsamment un
adjectif féminin faisant au masculin, inusité, Maléne,
réduit à Halén, par la suppression ordinaire du e final.
456
UâL
MâM
mais q[ai a dû en reprendre la oonsonnance an fém.» en
donnant d*abord McUéneo, adouci ensuite en MtUéneho.
Le nom n*a fait que suivre la marche indiquée sous les
articles En, En, tuf., Énquo, et Dimanche, etc. ^Foy. c.
m.)* Cette désinence, adjectivant le mot, le transformait en
nom propre, et Tépithète, ainsi ajoutée et isolée, sert à
trouver sa signification. Malén veut dire mauvais; Ma-
léneho devra donc se traduire par mauvaise : nous n'avons
pas à savoir comment ni pourquoi ce petit village mérite
la qualification. Tel est le sens étymologique qui se présente
le premier. Son correspondant serait La Hfaléno, La Malône,
n. pr. d'une autre localité, qui vient certainement de la
même provenance et d'une formation très-rapprochée.
Cependant un scrupule peut naitre au sujet d'une signi-
fication assez mal sonnanle. La première syllabe du mot,
qui est seule la cause de l'interprétation, n'aurait^elle pas
été altérée euphoniquement en changeant par un a sonore
un 0 primitif, qui eût donné alors Méléncho, dérivant du lat.
Melleut, mellicuê, mellicosus, de miel, produisant du miel?
Une permutation semblable s'est bien faite sur le nom
propre Afalérargue, dans la commune de Saint-Bonnet de
Salindrenque , appelé en 4345 Mansus de Melamieis,
métairie des ruches d'abeilles CVoy, BagarJ. On dit encore
La Mialouso, avec un a, rendu en fr. par La Melouse. Ceci
soit dit pour rétablir la bonne renommée de notre hameau.
Maléncougnè , $. f., ou Mélancougnè , moins bien.
Mélancolie; tristesse; chagrin; bile noire, en terme d'an-
cienne médecine.
Dêr. du lat. Mdancolia, m. sign., venu du gr. MeXay)^oX(a,
de MiXaç, noir, et XoXi{, bile .
Maléspèls, «. m. plur., n. pr. de lieu. Malespels, ferme
dans la commune de Galargues.
Nous ne relevons cette dénomination que pour son ëty-
mologie assez curieuse. A cause de sa forme au pluriel et
du sens apparent des deux mots qui composent, on serait
tenté de la traduire par mauvaises peaux. Ce serait une
faute lourde. Le nom est mentionné dans les plus vieux
titres, en 961, VUla Malum ExpeUe; en 965, In terminio
de villa Malum Expdle, et encore, en 4007, VUla Malum
Expelli* in littoraria. Rim n'est plus clair et ne peut être
appuyé de meilleurs titres : c'est bien la villa qui expulse
et chasse le mal. Qu'en étymologie on se fie ensuite aux
apparences et aux assonances.
MaUtéiroÙB, ouso, adj. Malheureux, indigent, misérable ;
qui est dans le malheur, dans une situation fâcheuse, ou
qui amène le malheur et qui a des suites funestes. — Ém
un malhéïroiiis, c'est un mauvais homme, un homme perdu,
qui a commis quelque mauvaise action; plutôt qu'un
pauvre homme, indigent. Âquà'e malhéiroiiis, c'est bien
ftcheux, c'est malheureux. Uno malhéîrouso, en pnlant
d'une femme, signifie aussi une femme perdue, une intri-
gante, et s'emploie le plus souvent comme terme de blâme,
de reproche, en mauvaise part.
Ce mot et le suivant, dont il dérive, sont écrits aveoime
h par une concession étymologique, contraire aux prind^
de l'orthographe romane qui posait h ajvès l pour la moiiil-
kr : ici la mouillure ne se ûdt pas sentir, et ces mots ne
devraient être séparés que par un trait d'union. L'enphoiiie
de Mal est au reste toute française» ce qui en bit des
expressions presque franehimandes.
MaUiiir, «. m. Malheur; infortune; mauvaise chinée;
sort contraire. — Èstre ddou maihur, être en malheur,
jouer de malheur. — Foy. Hur.
Maliciado, s, f. Malice; acte, tour de malice; quinte;
mutinerie. Au fig. giboulée : ces intempéries ayant lieu le
plus souvent en mars, mar, sont une malice, un tour de oe
mois, et le languedocien, dans ce cas, a bien pu d'sboid
être aussi Marieiado, qui a été ensuite confondu avec
MaUeiado.
MalicioÙB, ouso, adj. Dim. Malieiouté. Malicieax;
méchant; enclin à faire des malices; colérique.
Maliço, s. f. Méchanceté, plutôt que malice, qui est
quelquefois moins odieuse et ne cherche qu'à faire des toon
pour se divertir; colère. — Y vaX dé maHço, il y va mé-
chamment. La maliço l'ésUmfo, la méchanceté l'étrangle,
l'empêche de parler. Mi farae vénï la maliço, tu me feras
mettre en colère.
Dér. du lat. MalUia.
Malingre, ingro, adj. Malingre ; infirme; cbétif ; maladif;
épuisé.
Malo, M. f. Malle ; valise ; coffre pour contenir desbaides;
voitures des courriers pour les lettres.
Empr. au fr.
Malolacho, «. f. Méfait; mauvaise action; contraven-
tion ; déht. — Es ana en malofacho, il est allé en maiande,
il est à marauder.
Malo-fan, $. f. Faim dévorante; ifamine; misère. ^
Mourl dé malo-fan, mourir de faim, de misère.
Malo-fi, «. f. Mauvaise fin. — Faïre maio-fl, mal finir,
faire une triste fin.
Comme tous ces mots dans la formation deiquels entre
l'adj. lat. Malui, Maladietou, MtUapéndiciou, etc., on em-
ploie aussi Malo-fi dans les phrases imprécatives conne
quelqu'un à qui l'on souhaite qu'il mésarriye.
Maloùs, melouBO, adj\ Qui a une humeur darti«iae,ua
ulcère, une lèpre à la figure ou sur le corps.
Mama^ s. f. Maman, terme enfantin. Mère. — Marna,
papa, sont les premiers sons articulés qpe pronomoe VsDr
faut; de sorte que l'on peut dire que c'est lui qni* pov
nommer sa mère et son père, a créé ces deux mots qas
beaucoup de langues anciennes et modernes ont adoptés. Oa
ne voit pas pourquoi le fr. ne les a pas pris sans y neu <
ger, et ne dit pas Marna comme tl dit Papa. ** Vojf.
Mamâoo, t. m. Bobo; petU mal; petite donlew,
le langage des enfants. •— Fax viSre toun mamâou^
fa mamàou à sa maniio, montre-moi ton. bobo; on M &
&it bobo k sa menotte.
Réduplicatif mignard de Mâou, mal.
i
MAN
MAN
457
Mamé, «. f., ou Maméto. GraQd'maman, bozme-maaum;
alieole.
Dèr. de Marna.
Mamo, i. f. Variante de Marna, maman» à Tiuage de
Tenfant on pea plus grandelet. Mère, du vocabulaire enian-
tin comme les trois articles précédents.
Mamonr, j. /*. M*amour, mon amour; ma chère amie;
terme d'amitié, de mignardise, de caresse, envers une
femme ou un enfant. — Mamoun, au plur., faïr0 dé ma"
mourê, signifie caresses, faire des caresses, combler de pré-
venances.
Ccmtraction de Moun amour,
Man, M. f. Dim. Manéio; augm. Manauo. Main, extré-
mité du bras divisée en doigts. — Man dréeho, man
gâotêcho, main droite, main gauche. Man càoudo ou manéio
oàowio, jeu de main-chaude. Man ouvèrto, mesure un peu
ari>itniire de la main étendue qui passait à peu près pour
TancieniNin. Faïre la man à quàouquùs, donner, prêter
la main à quelqu'un, Taider dans une entreprise, ordinai-
rement répréhensible. Éscrituro dé man, écriture, caractères
écrits à la nmin. Y-a bono man, il y a la main heureuse.
Aquà'ê pa» ma man, ou souï paê dé man, je ne suis pas du
bon côté pour agir avec la main, pour porter avec l'épaule
dont je me sers habituellement. Âqaà's pa$ dé man, ou
aquà'i ftro man, ce n'est pas commode, à portée, sous la
main, ou cela est outre main. Âvédre dé man9 dé falo, avoir
des mains de beurre, qui laissent tomber tout ce qu'elles
tiennent. FaXre la man, jouer seul contre deux aux cartes
ou aux boules. A soim amouriès à sa man, il tient, il fait
valoir ses mûriers lui-même. Fa:ire la» dos mans, être un
double-main, qui mange à deux râteliers, et crie selon les
gens vive le roi ! vive la ligue ! A man révèsso, du revers
de la main. Préne entre mans, embrasser une affaire avec
attention. Uno man dé papié, une main de papier. Avédre
la man, au jeu de cartes, de boules, être le premier à don-
ner, ou à jeter le but, jouer le premier.
Dér. du lat. Manus, m. sign.
Manado, s./*. Botte, poignée de légumes; ce que la main
peut en serrer. — Aï déjuna dé mali émb*uno manado dé
robes, j'ai déjeuné ce matin avec une botte de radis.
Manado, troupeau de bestiaux. — Uno manado dé pors,
«n troupeau de porcs, de cochons.
Sauvigss prétend que, dans ce dernier sens, Manado est
«ne altération de Ménado, d'un autre dialecte, conduite de
troupeaux, quantité de bestiaux qu'on mène à la foire;
mais il n'est pas nécessaire qu'il en soit ainsi puisque le
lat. Manus, qui a formé le mot dans les deux acceptions,
ngniûe main et en même temps troupe, bande.
Mancéno, t. f. Mancelle, attache qui tient par un bout
au billot fixé aux attelles du collier du cheval, et forme de
Favtre bout un grand anneau dans lequel on passe le bout
du timon de la chanetta jusqu'au trou où elle est attachée
par une eheville; c'est le trait par lequel tire le limonier.
— La maneéno, qui était en cuir, est remplacée aiqonr-
d'hui par une chaîne en fer qui ne s'attache plus de même
et ne s'appelle plus ainsi; on la nomme Tiréto. — Voy.
c. m.
Altération de Mancelle, et, comme le fr. sans doute, dér.
du lat. Manipula, petite main. — Voy. Jfoftcfoà.
Mancha, v. Emmancher; mettre un manche à un outil.
— Daïo manehado dé réboùs, faux emmanchée à rebours,
c-à-d. dont la lame est dans la même direction que le
manche. Sont pas manoha dé véno, je ne suis pas en veine,
je n'ai pas la main heureuse ou je n'ai pas bonne main.
Mancha, s. m. Manche, poignée adaptée à un instru-
ment, à un outil, un couteau, une hache, une pioche, etc.
Dér. du lat. Manubrium, m. sign.
Mancho, s,f. Oim . Manchélo ; augm. Manchasso, Manche,
partie du vêtement pour le bras; sac pour filtrer ; terme
de jeu, partie gagnée quand on joue en parties liées ; espèce
de filet en forme d'entonnoir.
Dér. du lat. Maniea, m. sign.
Manchô, oto, adj\ Manchot, estropié d'un bras, d'une
main. — On dit plus purement Manqué. — Voy, c. m.
Empr. au fr.
Mancioù, s. m. Anneau en cuir, appelé billot, qui entoure
l'attelle du collier du cheval de trait et tient au crochet
auquel s'attache la mancelle qui est fixée de l'autre bout
au timon de la charrette. — Voy. Maneéno.
Dim. de Maneéno»
Manda, v. Envoyer; mander; faire savoir; faire dire;
lancer. — Mandas-i sàoupre dé vénï, envoyez-lui dire ou
mandez-lui de venir. Mandas éncà dé M..., envoyez chez
M... I mandé un eo dépoun, il lui lança un coup de poing.
Dans ce dernier sens, Émmanda, qui est un composé de
celui-ci, est préférable.
Dér. du lat. Mandare, m. sign.
Mandamén, s. m. Mandement, en général, ordre par
écrit émané d'une autorité quelconque; plus spécialement
lettre pastorale d'un évêque à ses diocésains.
Dér. du lat. Mandatum, m. sign.
Mandian, mandiano, s. m. et /. Mendiant, mendiante;
qui mendie ; qui demande l'aumône.
Dér. du lat. Mendicus, m. sign.
Mandianaîo, s. f. Mendiants, en général ; engeance des
mendiants; race, troupe de mendiants.
Man d*obro, s. f. Main-d'œuvre, façon d'un ouvrage;
travail d'un ouvrier.
Dér. du lat. Manns et Optra.
Mandraaao (à la), adv. Gauchement; tout simplement;
sans se gêner; mollement ; nonchalamment; sans goût à la
diose. — S'en val' à la mandrasso, il marche avec noncha-
lance.
En catalan, Mandra, paresse.
Mandre, «. m. Tourillon de l'arbre horizontal de cer-
taines machines qui tourne dans les crspaudines. — - Foy.
Mas^rin.
Mandra, $. m. Mendiant» qui fait {dos que aoo état é»
458
MàN
MAN
mendier, et qui a la toornure et la mine d'nn pire mendiant.
Ce mot poiflô à la même source que la catalan Mandra,
paresse, désigne l'homme valide et paresseux qui se fait
mendiant; ce qui suppose chez l'individu une certaine
adresse pour soutenir son rôle et réussir dans son métier;
c'est sans doute pour cela que Mandra, d'après Sauvages,
voudrait dire en même temps fin et adroit. Cette acception
est tout à fait hors d'usage et Mandre lui-môme ne reste
plus que pour indiquer la formation de quelques mots qui
en sont dérivés.
Mandrigonlo, t. f. Mandragore, Atropa mandragora,
Linn., plante très-narcotique, purgatif violent, bonne,
employée à l'extérieur, contre les squirres et les écrouelles.
On en distingue deux espèces, la blanche ou la m&le, la
noire ou la femelle. Sa racine, qui prend souvent une forme
bizarre, se bifurque quelquefois et représente grossièrement
les parties inférieures du corps humain. De prétendus sor-
ciers achèvent de leur mieux la ressemblance et la vendent
comme une amulette, ou l'enterrent avec des conjurations
pour faire doubler l'argent que leurs dupes mettent
auprès. Mais les sorciers commencent à avoir moins de
pratiques.
On a dit que le mot lat. et par suite le lang. et le fr. qui
le reproduisent , avaient été formés par deux mots grecs,
MdvSpa, étable, et ^^foup^ç, nuisible, MovSpoYépaç, dange-
reuse pour les bestiaux : ce qui est vrai de cette plante.
Mandrin, «. m. Mandrin, pièce de tour en l'air sur
laquelle on assujettit les ouvrages qui ne peuvent se tour-
ner entre les 'pointes ; pièces que l'on place ordinairement
dans d'autres qui sont creuses pour tenir celles-ci lorsqu'on
les travaille.
Ce mot et Mandre ci-dessus ont la même origine, et le
lat. Manuhrium, manche, y est sans doute pour quelque
chose.
Mandrin est aussi le nom du fameux chef de brigands
qui rivalisa avec CartatoucKo, Cartouche, dans les légendes
populaires. Il sert encore à désigner un malfaiteur, un bri-
gand, qui ressemble beaucoup à Mandre {Voy, c. m.). Il y
a des noms prédestinés.
Mandro, s. /. Fém. de Mandre, Pauvresse rusée et ma-
toise. — Vno viêiio mandro, une vieille bohémienne, une
vieille sorcière.
Mandronn, s. m. De Mandre, par un dim. qui est loin
d'être atténuant, car le Mandroun est un gars jeune, vigou-
reux, ce qui le rend plus bl&mable, vagabond pour fuir le
travail, maraudeur par instinct, qui demanderait au besoin
mais qui trouve plus commode de prendre.
Mandrounéja, v. fréq. Mendier à la manière de ceux
dont il est question dans les mots Mandre, Mandro, Man-
droun, Mandrouno: car les véritables pauvres, ceux qui
sont dignes d'intérêt, loue pâoures enfin, démandou et
mandrounéjou pot.
Mandrouno, t. f. Dim. de même nature que le précé-
dent Mandro, mais qui indique moins une différence d'âge :
jeune ou vieille mendiante, valide ou qui l'a été, mais
toujours paresseuse, avec bien d'autres défauts que com
porte une telle profession ainsi comprise. — Voy, Mandre,
Mandro, Mandroun, Mandrounéja,
Mané ou Manè, «. m., n. pr. d'homme. Dim. de JVa-
nuèl, qui est l'abréviation ordinaire du prénom Emmanuel.
Mané, subs. , se dit de certaines choses dodues où il y a
à manier. — Y-a dé mané, il y a de quoi prendre à pleines
mains, à man^a,
FaXre lou mané, autre acception pour désigner la ma-
nœuvre dont se servent divers ouvriers et notamment les
maçons pour changer de place un tas de tuiles, de briques,
etc., en se les faisant tenir ou se les jetant de main en
main, selon que les chaînons de cette chaîne sont plus on
moins éloignés.
Manéchal, s, m. Maréchalferrant. — Altération ou
adoucissement très-bien adopté de Maréchal. — Yoy. c. m.
Manéchalo, f. f. Maréchale : nom d'une place d'AlaiSi
en plate-forme élevée, au devant de la citadelle. — Le mot,
par le même principe que le précédent, est une corruption
de Maréchalo : La Fare-Alais l'a employé sous cette forme
dans ses Castagnados ; c'est une consécration. Les notes
ajoutent une explication que nous croyons devoir renvoyer
au mot Maréchalo.
Manéflariè, s. f. Flagornerie, flatteries, cajolerie, pour
faire mieux admettre les rapports, les tripotages qui engen.
drent les brouilleries.
Manèfle, s. m. Faiseur de cancans, de commérages;
brouillon qui fait des tripotages ; rapporteur qui flagonie
ceux à qui il s'adresse pour s'en faire bien venir el leur
inspirer plus de confiance par cette manière de faire.
Le mot est formé du lat. Manu fleetere, adoucir, flatter
de la main.
Manéfléja, v. fréq. Faire des cancans, des commérages;
faire des paquets, des rapports vrais ou faux ; flagorner. —
Voy. Manèfle,
Manèflo, t. f. Commérage; cancans; paquets; tripo-
tages. — Il est aussi le fém. de Manèfle,
Manéja, v. Manier; toucher, palper à pleine main.
Dér. du lat. Manu agere, m. sign.
Manèje, s, m. Manège, machine destinée à imprimer un
mouvement de rotation suivant deux dûections recUim;ik-
laires, au moyen d'un engrenage à lanterne dont L'arbre
vertical est muni d'un levier ou timon horizontal à ooone
circulaire, sur lequel s'applique la force motrice.
Dér. du lat. Manu agere, agir avec la main on comme
avec la main.
Manôto, f. f. Dim. de Man, Menotte; petite main. —
Fatre manéto, faire main morte pour en caresser dooœ-
ment. Jouga à manéto, jouer au pied de bœuf.
Manéto est le nom d'un petit instrument en cnir rem-
bourré de crin, dans la forme d'un fer à repasser, dont se
servent les dévideuses de soie pour frapper la bobine et la
faire tourner. — Voy, Eêeouhuèr.
MAN
MAN
459
Manéto-câoudo ou Man-càoado, s. f. Jeu de la main-
chaude.
Manétos, «. f. piur., on Pantacoosto. Chèvre-feuille
oommnn, Loniara eaprifolium, Linn., arbrisseau de la fam.
des Gaprifoliacôes, cultivô dans les jardins.
Le nom de Manito lai vient de ce que ses pétales sépa-
rés ressemblent un peu aux doig^ts d'une main demi-fermée.
Man--lorto, t. /. Main-forte, assistance donnée à la
justice.
Kangougnè, s. m. Au fém. MangougnHro, Regrattier;
qui' vend, au petit détail et de la seconde main» toute sorte
de menues denrées.
Dér. du lat. Mango, mangoniâ, maquignon; fripier,
revendeur qui déguise sa marchandise pour en tirer plus
d'aiigent.
Kangounariè, s. f, Regrat; boutique ou vente de me-
nues denrées au détail. — Faire tnangounariè, être regrat-
tier, faire le regrat; vendre de la regratterie.
Kanif manido, adj, Dim. Manidé, éto, Manidoù, ouno.
Petit ; petit enfant. — Uno pôulido manido, une jolie fil-
lette, et même une jolie fille. On en fait un superlatif en
le répétant : manï, manï, très-petit. Cette façon de faire
des superlatifs est très-ordinaire en lang. Ce n'est pourtant
pas ainsi que les gardeuses de cochons emploient cette
expression et qu'elles disent manï, manï, pour appeler ces
animaux : c'est dans leur bouche un terme d'affection, car
ces manïs, manï», petits, petits, sont fort souvent du plus
énorme volume et pèsent au-delà de deux cents kilog.
Dér. du lat. Minutus, moindre, petit.
Manilique, iquo, adj. Magnifique; superbe; splendide;
somptueux; qui a beaucoup d'éclat.
Empr. au fr. mais fort naturalisé.
MLanigança, v. Manigancer; tramer de petites, de mau-
vaises ruses.
Kaniganço, «. f. Manigance; petites manœuvres cachées;
intrigue; mauvaise ruse.
Dér. du lat. Manu agere, et dans la bass. lat. Manipu-
lare; id e$i, dit Ou Cange, manibus ludificare uti aguni
prϐtigiatorei, jouer adroitement des mains comme font les
escamoteurs.
Xanio, t. /. Anse d'un vase, d'un chaudron, d'un
panier ; portant d'une malle ; anse ou corne de la tinette,
Êtmâou, vulgairement connue dans nos pays sous le nom
de Cornue que l'Académie n'accepte point pour cela, et
qui sert à transporter des liquides et notamment la vendange.
En espag. Maniiia, m. sign.
MLanipolo, s. /. Ruse; fraude; tromperie. — Faïre la
manipoh, tromper, filouter. Le prestidigitateur qui monte
ses cartes, le marchand en fraudant ses denrées, l'homme
de mauvaise foi qui tripote les afiaires, font également la
Dér. du lat. Manu ou Manibus spolio, je dépouille avec
les mains, ou simplement de la bass. lat. Manipulare, ma-
nipuler, arranger avec les mains.
MLanipou, j. m. Mancheron, extrémité du manche de la
charme, que le laboureur tient dans la main.
Dér. du lat. Manipulus, poignée, ce que l'on empoigne.
llanivèlo, $. f. Manivelle, manche pour faire tourner
l'essieu d'une machine; machine quelconque elle-même.
Dér. du lat. Manibula, petit manche.
Manja, v. Manger, mâcher et avaler des aliments;
prendre sa nourriture; prendre son repas; ronger, miner,
détruira. •* Lou iè câou faï manja la eoupo fréjo, prvb.«
le lit chaud fait manger la soupe froide, pour dire que la
paresse n'enrichit pas. Que manjo 3oun eapUàou prén lou
eanU dé l'éspitâou, prvb., celui qui mange son capital prend
le chemin de l'hôpital. Lou tro manja rèn abésU, trop
manger abêtit. Manja pér las gnUroê, piqué, dévoré par
les puces. Manja pér lou rouvil, pér las amoê, pér un
chancre, rongé par la rouille, par les teignes, par un
chancre. Mar^ja, élimé, usé par le frottement. Dé qu'avèê
manja iuèif Sur quelle herbe avez-vous marché aujour-
d'hui ? dit-on à quelqu'un de mauvaise humeur sans qu'on
sache pourquoi. Avès prou manja dé favoi f Donnez- vous
votre langue au chat ? Lorsqu'on cherche le mot d'une
énigme, la réponse à une question embarrassante, on peine
comme un forçat, dont on sait que l'ordinaire fiiigal est
composé en grande partie de fèves; la locution languedo-
cienne ne serait-elle donc pas une paraphrase pour dire :
avez -vous assez subi les galères ? voulez- vous que je vous
en tire en vous disant le mot que vous cherchez ? Quant à
son équivalent français : consentez à donner votre langue
au chat, c'est avouer qu'elle n'est bonne qu'à cela, puis-
qu'on ne sait pas s'en servir pour répondre à la question
posée. Au surplus, une autre explication du dicton a été
essayée, qu'on peut consulter. — Voy. Favo.
Dér. du lat. Manducare, m. sign.
ManjacUs, isso, adj. Mangeable ; qui est bon à manger ;
qu'on peut manger.
Manjado, «. /. Mangeure. — Voy, Manjaduro, m.
sign.
Manjadoù, j. m. Auget, petit vase, vaisseau quelconque
où l'on met la mangeaille des oiseaux, de la volaille que
l'on tient en cage. — Mangeoire, en fr., n'exprime, d'une
manière directe, que la crèche des chevaux, en lang. Gri-
pio; cependant, dans l'usage familier, on s'en sert pour
rendre Manjadoù.
Maniaduro, j. /*. Mangeure; endroit d'un drap, d'une
étofie, d'un pain mangé, rongé par les souris, par les vers»
par les chats. — Manjaduro dé gnitros, piqûre de puces.
— Voy. Manjado.
Manjaire, uro, adj. Gros mangeur; qui mange beau-
coup. Au fig. prodigue, dissipateur; exacteur; grugeur;
mangeur de chrétiens.
Manjamén, m. m. Démangeaison vive; picotement entre
cuir et chair ; prurit.
Manjanso, «. /. Vermine; poux en général, qui attaquent-
la tète et les autres parties du corps.
460
MAX
MâN
Manjarèl, èlo, adj. Qui aime ii manger, dans le sens de
gruger quelqu'un. Qui est l)on à croquer, dans raccei)tion
d'ngnçnnt, mais moins délicat que Crouquarcl. — Un
amour manjarèl, un amour intéressé, mù par l'inlérêl;
uno qâouto manjarèlo, une joue à dévorer de liaisers.
Manjariè, s. f- Mangerie, action de manger; exactions;
frais de chicane; action de gruger quelqu'un.
Maniio, $. f. Mangeaillo; victuaille; vivres en général
des hommes et surtout des animaux; })àtée.
Manjo-favo, s. des deux fjenres. Bredouilleur; qui i)arle
d'une manière mal articulée et pou distincte, comme s'il
avait la bnuche pleine de fèves, par exemple; ce que les
Romains, en employant la même ligure, disaient d'un ora-
teur empâté : versât in ore fabas. — Vo»/. Favo.
Manio-nèci, *. des deux yenrcs. Parasite; attrape-lour-
daud. — L*"' renard de la fable qui vit aux dépens du cor-
beau qui l'i-coute est un manjo-ntri.
Manjo-péro, s. m., ou Banar. Capricorne, ca[>ricorne
musqué, Cerambyx moschatus, Linn., insecte de l'ordre des
Coléoptères, et de la fam. des Lignivores ou Xilophages,
genre des Scarabées, remarquable par ses antennes articu-
lées aussi langues que le corps. Le plus grand de ces colé-
optères, tout noir et qui a trois centimètres environ, reçoit
le nom de Manjo-péro : ces poires qu'on trouve à demi-
rongécs seraient, dit-on, sa pMure; mais ici ne l'accuse-t-on
pas du méfait d'autres insectes vorac'\s, du gros frelon ou
grdoule, par exemple? Plusieurs scarabées, dont il est une
variété, déposent leurs œufs dans l'écorce rugueuse ou
dans le tronc de vieux arbres : en voyant le ca[)ricorne se
poser sur des p(iiriers pour accnjr)|)lir cette œuvre, on a
pu mal jug-'r ses intentions.
Manjo-roso, 5. m. Capricorne du même ordre, de la
mémo famille et de la même forme, moins la taille, que le
précédent, scarabée, rjui se niche et s'endort sans doute
dans le calice des n^ses, le sybarite I sans craindre que le
pli d'une f'Miille blesse sa peau assez dure jiour su])porter
de plus ru(l<\s atteintes.
Manjuquéja, v. frétj. Grignoter; pignochor; manger
nonchalamment, sans appétit et et petits morceaux. — Le
rat de ville qu'Horace nous peint mangeant du bout des
dents, dente superbo, le maigre ordinaire de son ami des
champs, manjuquéjavo : il est le type.
Manjuquéjaïre, aïro, adj. Petit mangeur d'habitude;
celui qui, [)ar occasion, fait comme il est dit au mot pré-
cédent du rat d'Horace.
Manléva, v. Emprunter; demander et recevoir un prêt.
— Vos aronina toxin vési ? mantèvo-z-i dé matï et pago dé
x'èspre, firvb. Veux-tu ruiner ton voisin ? emprunte-lui le
matin et rends-lui le soir.
Dér. du lat. Manu levare, lever avec la main.
Manno, *. f. Manne, nourriture miraculeuse que Dieu
envoya aux Israélites dans le désert.
Ce mol est de toutes les langues puisqu'il est dans la Bible,
et le lang. l'emploie aussi pour désigner, par similitude, tout
alimen tabond uU venu à propos, réparateur et de bon goût.
Manno, [»ris pour la substance purgative, l'inséparable
du séné, est un autre empr. obligé au fr. Manne.
Manobro, s. m. Manonivre, ouvrier subalterne; exclu-
sivement, aid^i'-mar-Dn, celui qui sert le maçon. — Cet em-
ploi est d'ordinaire rempli par des enfants ou des adoles-
cents \ qui ce travail facile procure, en attendant autre
ch(^st\ quelqu«'s n-ssourcr^s en les enlevant à l'oisiveté, mais
c'est le noviciat obligé di^ c<nix qui veulent devenir maçons.
Les manoMivn^s sont les S'uiïre-douleur des maçons, qui
les rudoient , bs rabrouant sans cesse pour hàler leur
paresse, (jui les Iniss'^ manciuer de tout et les force à l'inac-
tion ; mais les mano'uvres pensent sans doute que la paresse
qui a un tel résultat ne nuit guère à personne, car ils ne
s'impiiètont ])as aulremcjit do menaces qui, il faut le dire,
sortent rarement à effet.
hou mun(>hro , le man<euvre de profession, es manobro;
l'ouvrier (jui en fait acci.lentellement le travail faï mano-
bro; aussi le picmier dira : Ère manobro quan bastiguêroxi
aquf^l ousiâou , j'étais manonivre quand on b;Mit cette
maison; et le second : fa guère manobro. — Faire manobro
se dit aussi d'un aide qui sert un ouvrier quelconque qui a
besoin qu'on lui fournisse sur place les matériaux à em-
plnyor. — Éspêrn, rspèro, té farai manobro, attends, attends,
je ^iens t'aidor, dit-on ;\ un maraudeur qu'on trouve sur le
fait nnnjilissant s^^s poches : ofTre qui n'est pas souvent
acceplèf, on le ptMise bien. Au fig. foire 7nanobro à qudou-
quns, c'est, dans une ilispute où l'on en vient aux coups,
s»^ servir aciivoment de ses mains et ne se laisser manquer
de rien d»^ ce qu'il faut en ce genre.
Dér. du lat. Manu opéra, oeuvre ou ouvrier de la main,
Mon et Obro.
Manoul, s. m. Paquet; botte; poignée, — Ne s'emploie
plus gu-'ie (jue dans le sens du mot suivant quoiqu'il soit
bien moins usité.
Dér. du lat. !)la)}ualis,(\vCou \)c\\X empoigner, tenir avec
la main.
Manouné, $. w., ou Canouné. Petit paquet, petite botte
de tri[)os de certains animaux, tels que chevreau ou agneau.
— T^o»/. Canouné.
Ces deux mots, quoi(}ue ayant une racine différente» sont
parfaitement synonymes; mais Manouné est beaucoup plus
en usage fi Alais. 11 est le diminutif de Manoul, mais il
reste dans snn ap[)lication toute spéciale de terme de triperie.
Manqua, r. Manquer; faillir; être de moins; faire défaut;
ne pas atteindre, ne pas toucher. — Y-a maï d'un an que
soun frcro manquo, il y a plus d'im an que son frère est
absent. S'en manqua bé que y-aduse, il s'en faut bien qu'il
y atteigne. S'en manquo bé! Tant s'en faut, bien loin de
là! .S'en manqué pas dé gaire que mouriguèsse,\\ s'en fallut
peu qu'il mourût. IS"a gués pas lagui, té manquaraï peu,
n'aie pas souci, je t'attraperai, je te trouverai. L'a pas
manqua, il l'a bien touché.
Dér. du lat. Mancus, manchot.
MAO
MAO
461
Manqnamôii, s. m. Manquement; omission; faute que
Ton commet en manquant de faire ce qu'on doit; mais d'un
emploi assez restreint. — Aqui faguère bé un tnanqtiamén,
là je manquai bien de tlire ou de faire ce que je devais.
Aquélo fïo a fa un manquamén, celte fille a eu une fai-
blesse ; elle a manqué à son bonneur.
Manqué, éto, adj. Manchot; estropié d'un bras ou
d'une main; à qui l'un ou l'autre manque. — Voy.
Manehd.
Dér. du lat. Mancus, m. sign.
Manquo, i. f- Manque ; faute, déficit. — Lou manquo
di sén, le manque de bon sens. Manquo d'argén, faute
d'argent. Aquéste an y-âoura uno forto manquo din la
réeolto, cette année il y aura un grand déficit dans la
récolte. Quan avés agu dé manquo ? combien avez- vous eu
de moins, quelle diminution avez- vous eue ?
Maxi->révè880, <. /*. Revers de la main; main renversée.
— Un co à man-révè9so, un revers, un coup d'arriére-main,
du revers de la main.
Mantèl, <. /. Dim. Mantélé; augm. Mantélas. Manteau,
ample vêtement qui se met par dessus l'habit; manteau de
la cheminée. — Juste coumo un mantèl, juste comme la
manche d'un cordelier.
Dér. du lat. Mantellum, m. sign.
Mantélé, s, m, Dim. de Mantèl. Mantelet, mantille. —
Faire lou mantélé, se dit des oiseaux malades, vieux ou
blessés, dont les ailes pendent comme un manteau; et au
fig., d'un malade, qui se traîne faible, languissant et
amaigri dans ses habits devenus trop larges.
Mantène, v. Maintenir; soutenir un poids; soutenir,
affirmer une chose; parier pour quelqu'un au jeu, se mettre
de son c6té. — Manténèe un pdou, soutenez un peu la
charge. Mantène moun di, je persiste dans mon dire,
j'affirme ce que j'ai dit. Vaï, té mantène, marche, avance,
je suis avec toi, je te soutiens.
Manténgn, udo, part. pa$$, de Mantène, Maintena, sou-
tenu; confirmé.
Manto, j. f. Ancien mantelet, assez ample et d'étoffe
commune, que portaient les femmes du peuple, à peu prés
abandonné aujourd'hui ou peu à peu remplacé par le man-
telet de forme moderne et d'étoffe plus élégante.
Maoù, f . m. Carreau en terre cuite, servant au carrelage
d'un appartement.
L'italien appelle ce carreau Mattone, et le fr. Malons
une espèce de briques. Maoin a-t-il une origine commune?
Est-il une imitation de ces mots ou vient-il de Mahon, lieu
d'où l'on aurait importé son usage ?
Dans ce dernier cas, peut-être eût-il fallu lui donner
l'orthographe figurative quelquefois employée et écrire
Jfa^ù. Mais d'abord cette origine n'était pas assez sûre
pour nous faire introduire une h parasite et de pure super-
fétation, et puis nous n'avions pas à craindre que notre
accentuation ne fût point sufiisante pour distinguer le mot
du suivant composé des mêmes lettres et laissât quelque
hésitation sur la manière de l'articuler. C'est une occasion
de rappeler ce que nous avons dit de l'accent et de son rôle
aux articles Aou, dipht., et Aoikt, s. m., auxquels nous
renvoyons. Il est bien évident ici que l'accent grave placé
sur la voyelle double où signifie qu'elle est tonique et ne
doit point se confondre ou se diphthonguer avec l'a précé-
dent comme dans nuloii^ tout autremenl orthographié. Dans
maoîn deux syllabes, deux temps, une brève suivie d'une
longue : dans màou, une seule émission de voix, une seule
syllabe diphthonguée, dans laquelle l'appui du son se fait
plus fort sur Va circonflexe et long, que sur ou qui tombe
et est absorbé. Voilà l'accent et sa raison d'être.
Màou, $. m. et adv. Mal, le contraire du bien ou de
bien; peine; travail; douleur; maladie; incommodité;
dommage; perte; faute; péché; crime; mal, de mauvaise
manière. — Màou dé dén, dé tèsto, mal de dent, de tête,
.if mâou dé dén, dé tèsto, j'ai mal aux dents, à la tête. Aï
mdou à moun éstouma, s'emploie ordinairement d'une
manière impropre en le rapportant aux douleurs de poi-
trine. Màou d' éstouma, mal au cœur. Aï màou à moun dé,
j'ai mal au doigt. Se faïre màou, se blesser. Ma cambo
mé faï màou, j'ai mal à la jambe, ou la jambe me fait
souffrir. Aquà mé farté màou, cela m'incommoderait, me
dérangerait. Avédre lous màous, en parlant d'une femme,
éprouver les premières douleurs de l'enfantement, avoir le
mal d'enfant. Préne màou, en général, contracter une ma-
ladie; d'une femme, avorter, accoucher avant terme. Et
plé dé màous, il est plein d'ulcères, de pustules à la tête.
Gardoù a fa fosso màou, le Gardon a fait beaucoup de
ravage, a causé de grands dommages. Mé fagues pas dire
lou màou, ne me fais pas mentir ou dire de mauvaises
choses. A fa lou màou émbé moussu ..., elle a eu des rap-
ports coupables avec M. ... Qu'a fa lou màou, fara la
péniténço, celui qui a fait le péché, fera la pénitence, en
portera la peine. Aquà fài mâou dé vêire, cela fait mal à
voir. Màou vaï quan las cambos (laquou, mauvais signe
quand les jamb^ défaillent, flageolent, fléchissent. Tan
vàou bé batu que màou batu, tant pleure mal battu que
bien battu. Se sàoupre màou, se fâcher, se piquer, se for-
maliser CVoy. Sàoupre). Aoutre màou noun y-ague. Dieu
nous garde de pire! Aoutre màou noun y-aguèsse, ce serait
un petit mal s'il n'y avait que cela. Faï màou ou michan
èstre pàoure, il est triste, fâcheux, il n'est pas bon d'être
pauvre. Pour établir une resssemblaiice, un rapport, on se
sert de cette tournure : Avèdre lou màou d'aquéles que...,
être comme ceux qui... Es pas poulido, a lou màou dé
iéou, elle n'est pas jolie, elle a cela de commun avec moi.
A lou màou dé la candi, la fémèlo vôou maï que lou masele,
il en est comme du chanvre, la femelle vaut mieux que le
mâle, dicton que le fr. a rendu par cet autre proverbe :
mariage d'épervier, la femelle vaut mieux que le mâle.
Dér. du lat. Malum, m. sign.
Mâou-adré, écho, adj. Maladroit, qui n'a point
d'adresse.
4G2
MAO
MAO
Màou-adréchamén, adv. Maladroitement, sans adresse;
gaiiclieiii- lit.
Màou-aprés, éso, «(//.Mal élevô; malhonnête; insolent;
malotru. — Ce dernier mot fr. a ori^^'inairement la m. sign.
que Maléstru, mal instruit , i^'nurant, vieux mot lang.
pcul-oU'o oiie-ue mi nsi^'e dans des localités voisines.
Mâou-aquis(Dé), locution adverbiale, phrase faite, em-
ployée seulouioiii dans cette conslructi(»n : Âqu'ùs dé bé dé
mâou-aquis, c'est du bien mal acquis, de provenance mau-
vaise, il!'''L4li!iie.
Maou-avisa, ado, a !j. Mal avisé; imprudent; irrédéchi;
étourdi.
Mâou-avisamcn, 5. m. Êtoiirderie; imprudence; mé-
jîarde; irn'll.'X.ijn.
Màou-basti, ido, a!j. Mal bàli, niai fait; mal tourné.
Mâoubérna, s. tu., n. pr. d'homme. Maubernard. —
Signifiait autr-'lois lîernard-le-Mauvais, et devait s'écrire
avec un trait d'union. Le fr. en tait M/iubernard ainsi qu'il
a fait pour bi-aucouj' d'autres qui ont la même origine, et
que SArvA<;Ks cite et traduit, tris que Mau-bué, mal les-
sivé; iMau-clerc, ignorant; Mau-duit, mal condiliitnné;
Mauq)il''ux. inexordile; Mau-pas, passage dangereux;
Mau-[)erluis, mau\ais trou; Mau-pèou , mauvais poil;
Mau-roi, mauvais-roi; Mau-vilain, mauvais paysan; et de
même do Mau-bec , Mau-croix, Mau-ron, Mau-buisson,
Mau-lcvrier, Mau-rt'[)as, Mau-voisin, etc.
Tout cet article Jiiérite d'être cité. Les judicieuses obser-
vati(>]is du maître, à propos de ces noms [iropres et de leur
ortbograplie, sont d'une piquante actualité. Elles l'ont jus-
tice de ce prétendu progrès qu'une nouvelle écolo de réfor-
mateurs i»récunise avec ardeur en prêchant la croisade
en faveur de rorthographe des troubadours.
Sauvaoks ajoute donc :
a Nous l'aNons d<'jà amioncé comme une conjecture, mais
il est plus (ji|.> pp.! ;:îili' que l'ancien m^'/zf français <les noujs
précédants, est l; iiSiiv que notre /nàoif, et se prononçait
de même ou cohf.iiinément A notre arlhogra])he, qui est
celle dos S( us ; et que 1'/^ s'y faisait sentir dans son ancienne
prononci::lion ou, avant qu'on eut fait de la diphthon^'ue
au, dans ninx, un o long, et qu'oji prononçât ce terme
comme nio, sans ([ue 1';/ y entrât pour rien.
« Muus a\<'ns dit ailleurs que, dans l'origine des langues,
la prorioii-iation C'jurante en a réglé l'orthographe, et qu'il
n'est pas naturel qu'tjii ait commencé d'écrire d'une façon,
et de prononcer d'une autre ; cette contradiction ne s'est
introduit*' que dans la suite; on prononçait 1'//, puisqu'on
l'écrivait : mais (\o plus, il est comme certain que, dans
les prenders termes que le français avait imités du latin ou
du roman, on retint d'abiM'il la prononciation de Vu en ou
de ces an^'ietuies langues; prononciation qui s'est perpétuée
dans l'italitMi, res])agnol et le languedocien, qui en descen-
dent coiimic le franc lis; et qu'ainsi on prononçait rnau
comme mdnif, et non cîomme mo dans Maujxuluis, de la
même façon (pie le mol latin autem, que les Français pro-
noncent aujourd'lmi otem, est prononcé par les Italiens el
les Espagnols, comme âoutem.
a Cette orthographe des sons que nous suivons était
autrefois imitile lorsqu'il était généralement reçu de pro-
noncer 1'// coiume Vou. On écrivait donc par un u simple
dans mau; et cet usig(^ s'est si bien établi que tous ceux
qui ont écrit dans noti'e idiom»"', depuis les premiers trou-
badours jusqu'à nous, n'ont pas orthographié autrement :
ils n'ont nds (ju'un u (»ù il est bien certain qu'ils pronon-
çaient o(f, conqitant liien de rentre par \{ï leur prononcia-
tion, ï 'S anciens avaient raison, en ce que cette ortho-
grai»lii'iieciinlrariait point leur prononciation: les Langue-
dociiMis niod''riies auraient dû en vuir le vice, depuis les
cbangiMUt-nts arrivés à la prononciation du franç.iis, dont
l'orthogr.qili'» a r.'glé la leur. »
Màoubos, s. in., n. pr. d'lii>mme et de lieu. Mauvaise
forêt ; bris mauvais, dangvM'eux ; Malbos en fr. ou Malbosc,
plu< anei-'uni' fornu'. — Même formation que le précédent,
Md'>'{ <■! Hns, et d.'V.Miu un seid mot.
Mâou-càoii, s. m. Chaud mal, fièvre chaude, fièvre
maligue, par.'" (pi.» cptte fièvn^ est accompagnée d'une
grandi' c!i dtnir. — Tomabn dé la féhre eu mâuu-câou, au
fig. tumlj r di! la li-nre en chaud mal, de Charybde en
Scylla.
Màou-céoucla, ado, adj. Écervelé; cerveau mal timbré;
fou; (pii a la t^te fêlée. — Se dit également d'un vaisseau
en bois, d'un tomn-au, mal jointe, imparfiiit, ou en mau-
vais état, qui suitite et i)erd comme uno tôslo niàou-céouclado,
([ui lii>^^ fair le !>on simjs.
Màou dé la mort, >\ m. .Maladie fâcheuse, dangereuse
ou niort'll'. — Gn'n pér prcne Ion 7iiâou dé la mort, il y
a de (pioi périr ou gigner une malailie mortelle en s'expo-
sant ainsi .
Mâou dé la tèro, s. m. Eiiil''psi<\ mal caduc, haut-mal.
— Touinba ddon mâou dé la tèro, OU simplement dâou
mnou, Comme si les autres n'étaient rien en comparaison,
être Lttaqii''' du mal caduc. On rai)[)elle ainsi de ce que
ceux qui .'n sont atteints tondient par terre comme si elle
les attirait.
Mâoudi, mâoudiclio, udj. Maudit; chargé de malédic-
tions; réprouvé. — Qiianie maouli drôle .' q\iQ\ maudit
garçon, ipirl coquin, quel jiHm»^ scélérat! Ah/ hu mdot*dï
d'Uoitœ! ah! le diable d'homme, ah! le vaurien d'homme !
Màou-émbouqua, ado, alj. Mal endjouché; qui a tou-
jours à la bouche des paroles gr<:tssiéres, indécentes et sot-
tisières.
Mâou-én-trin, alj. des deux yenres. Indisposé; mal à
Tais»:; débilï's dérangé. — Sou'i tout mâou-én-trin, je suis
tout mil en train.
Màou-èstre, s. m. Mal-être, maladie de langueur; indis-
position vague; malaise; détresse; pauvreté; l'opposé dt
bien-être.
Màou-faïre, v. Mal faire; faire du mal. — Sa pas que
mâou-fairc, il ne s'applique qu'à mal faire.
MAO
MAO
463
MâonlaBén, énto, adj. Malfaisant, qui se plait à &ire
du mal ; nuisible ; dont la nature est de noire.
Mâou-iisa, ado, adj\ Mal confié; mal gardé; qui n*est
pas en sûreté.
Mâoa-gouYèr, s. m. Impéhtie; mauvaise conduite dans
le gouvernement, la direction, le maniement d'une affiiire.
— Lou jo dé eapiiani Mdou-gouvèr, jeu d*enfant où Ton
se dépouille de ses habits qu'on jette pièce à pièce l'un
après l'autre.
Mâougrè, prép. Malgré; contre le gré de quelqu'un;
nonobstant quelque chose. — Mâougrè tui, malgré toi.
Mâougrè que n'en vèngtie, que n'en digou, quoi qu'il en
advienne, qu'on en dise. Ou fat mâougrè soun pèro, ou
mâougrè que ioun pèro y-aguê défendu, il fait cela contre
le gré, la volonté de son père, ou quoique son père le lui
ait défendu.
Mâonlo, 5. f. Mauve ou grande mauve à feuilles rondes.
Malvia êylvestris, Linn., plante de la fam. des Malvacées,
commune partout, dont les fleurs et les feuilles servent
également pour amollir et calmer, employées extérieure-
ment ou int^eurement. — Âna fuma Uu màouloi^ aller
prendre sa place au cimetière, où les mauves abondent sur-
tout.
Dér. du lat. Màlva, m. sign., venu lui-même du gr.
ViakéL^y mauve, formé de MaXax(a, mollesse, ou de MaXeocfCcu,
amoUir.
Mâoulo-blanquo, <. /. Guimauve, Althœa offieinaii$,
Linn., plante de la même fam. que la précédente, qui a les
mêmes propriétés émollientes et adoucissantes.
Maoôxia, v. Carreler; poser des carreaux de terre cuite
appelés Maoiu, — Voy, c. m.
On remarquera la différence de l'accent, qui a pour effet
d'empêcher la première partie de ce mot de se diphthouguer,
qui détache par conséquent la syllabe où et force la pro-
nonciation à scander le mot comme si un trait d'union
séparait ses syllabes, Ma-oiHML,
Nous avons expliqué cette orthographe aux mots Aoii$
et Maok,
Mâon-parla, v. Médire; calomnier; critiquer mécham-
ment; dire des injures.
Mâou-parlan, anto, adj. et part, pou, du précédent.
Médisant; insolent; impertinent; sottisier.
Kàou-quiè, iècho, a4j. Indisposé; dérangé; mal bftti;
tout je ne sais comment.
Màou-réjoun, ouncho, adj. Hors de place, détourné de
sa place, dérangé; mal serré; mal ramassé; mal gardé. —
Se lou trove éntieon mâou-r^'oun, si je le trouve dans
quelque coin à l'écart.
Mâourèl, t. m., n. pr. d'homme. Maurel. — Sauvages
donne encore Mourèl, lang., et Aiorel, ir., qui ne sont en
efiel que des variantes d'orthographe, et il ajoute : c En
vieux fr. Moreau, tanné, tirant sur le brun, en lat. Sub-
fu$cu$. Le n. pr. Chan-mâourél est un de ses composés et
Màouro est son féminin dans le n. pr. Roco^mâiouro, mis
en fr. dans Roche-more. Autant valait-il le traduire en
entier, et dire Roche-brune, ou plutôt le laisser dans sa
première intégrité, Roco-mauro, — Le nom de la localité
sur les bords du Rhône est en effet aujourd'hui HogtM-
maure.
c Les altérations dans les noms qui se font peu à peu
deviennent de droit incontestables lorsqu'il s'est passé
quelques générations, et que personne n'a eu aucun intérêt
de les attaquer ou de les contredire. »
Dér. du gr. Moupéç, obscur, sombre, qui a donné au lat.
Mauru$, m. sign., d'où notre Morou, More et Maure, nègre.
Mâouréla (Se), v. Se rouiller, être attaqué de la rouille,
en parlant du blé et de cette maladie. — La sève trop
abondante des blés trop vigoureux s'extravase, couvre
l'épiderme des tiges et des fanes et engorge les vaisseaux
sécréteurs; le soleil achève d'épaissir cette sève, qui prend
une teinte couleur de rouille. L'épi, ayant ses conduits obli-
térés, ne reçoit plus de nourriture et son grain devient
maigre et étique, tandis que la paille est grosse et trop
nourrie. C'est ce qu'exprime ce verbe.
Dér. du lat. Maurus, bistre, qui est la couleur de cette
rouille.
Mâonréléto, s. f. Morelle, crève-chien ou morelle noire,
Solanum nigrum, Linn., plante de la fam. des Solanées,
commune le long des murs et sur le bord des chemins.
Mâonrèlo, «. /. Morelle, tournesol des teinturiers, Cro-
ton tinctorium, Linn., plante de la fam. des Euphorbiacées.
— De temps immémorial, les habitants de Gallargues,
arrondissement de Ni mes, après avoir cueilli cette plante
chez eux ou dans les pays voisins, la broient, en exprimant
le suc dont ils imbibent des chiffons qu'ils exposent à la
vapeur de l'urine mêlée avec de la chaux vive, de l'alun et
du fumier de cheval ; c'est ce qu'on appelle tournesol en
drapeaux dans le commerce. Cette plante est pourtant très-
différente de celle qu'on nomme vulgairement tournesol ou
Viro-Sourél,
Mâourl ou Mâonrin, «. m., n. pr. d'homme. Maurin.
— Sauvages le dit corrompu de Mâou-riou, mauvais ou
dangereux ruisseau.
Màou-traire, v. Faire mal ; tourner à mal ; se mal con-
duire; être en peine pour quelqu'un, craindre pour lui;
mal penser; mal augurer. — Canaïre et jougaïre notm
podou que màou-traïre, prvb., chasseur et joueur ne peu-
vent que mal tourner, mal finir. Es paa dé mâou-traïrê,
il n'est pas à plaindre, il ne faut pas être en peine de lui.
Nous a fa mâou-traïre, il nous a mis en peine, en souci.
Aquô mé faï mâou-tratre, cela me fait mal augurer.
Mâou-trata, v. Maltraiter; malmener; faire éprouver de
mauvais traitements; réprimander vigoureusement avec
accompagnement de coups ou de très dures paroles.
Mâou-Yalé (Se faire), v. Se faire haïr, se faire méses-
timer ou regarder de mauvais œil ; se faire des ennemis.
Mâou-Yalénço, s. f. Malveillance; inimitié; haine.
Altération du v. Voulé ou Vendre, vouloir. -^ MâouvoulA
464
MAQ
MâR
KàOQ-Yàougn, ado, adj. et part, pan. de MâourvaU.
Mal vu; qui n'est pas estimé; qui est regardé de mauvais
œil. — Y nnei pa$ mâowvâougu, je n*y sois pas mal yu,
on y a des bontés poor moi. Màou-vâougu is tniè pendu on
mâou-vougu mita pendu , prvb. , variante qui assore le
même sort à celai qui est mal va et à celui qui mérite
qu'on lui en veuille; ce qui est à peu près même chose et
aboutit à pareille fin.
Màouvès, èso, adj. Mauvais; méchant.
Mot français prononcé et écrit à la languedocienne et
qu'on pouvait se dispenser d'emprunter, puisqu'on avait
Michan pour la même chose. Cependant, avec ses allures
étrangères, Màouvèê a su se faire bien accueillir, et, em-
ployé à propos, presque exclusivement au masculin, il a un
certain cachet et ne manque pas d'énergie.
Mâoa-vivén, énto, adj. Homme ou femme de mauvaise
vie; mal- vivant.
Mâoa-Yoalé, s. m. et v. Mauvais vouloir; inimitié;
haine; en vouloir à quelqu'un, lui vouloir du mal; avoir
de la rancune, de la haine contre lui. — Sous les deux
formes, il est du reste l'équivalent de Mâou-vaU et Mâou-
valénço, avec lesquels il est à peu près confondu. — Voy. c. m.
Maqaa, v. Meurtrir; contusionner; blesser; cotir, meur-
trir un fruit. — A loui ièU moquai, il a les yeux battus,
pochés au beurre noir, comme on dit populairement.
Dér. du lat. MactUare, tacher, maculer, noircir.
Maquaduro, s. f. Meurtrissure; contusion livide; cotis-
sure pour les fruits.
Maquarèl, èlo, adj. Proxénète; maquereau, maquerelle ;
entremetteur ou entremetteuse; qui débauche et prostitue
des femmes et des filles. — Se prend le plus souvent subs-
tantivement.
On le fait dériver de l'allem. Mâkler, entremetteur, ou
du vieux mot Maca, maque, qui signifiait vente, venant
probablement de l'hébreu Maker, vendre.
Maquarélaje, s. m. Métier de maquereau ou de maque-
relle ; métier d'un souteneur d'une maison de tolérance.
Maquarèoa, interj. Même acception que notre mot
Maquarèl, et emprunt au dialecte provençal, qui prononce
en èou nos finales qui sonnent chez nous en èl. — Ce mot
pris, ainsi qu'il l'est en Provence, comme interjection, dis-
simule pour nous sa vraie signification sous une prononcia-
tion étrangère qui le défigure un peu; il est très-bon pour-
tant d'en éviter l'usage.
Maquari ou Macari, «. m. Employé seulement avec
Cousignè, et encore dans une locution peu usitée : Consigné-
Macari ou Maquari, cuisinier du diable, mauvais gàte-
sauce, Coquui nundinalis.
Maqaéiroà,s. m. Ecchymose; petite meurtrissure noire,
comme un pinçon.
Dim. de Maquaduro.
Maqnigna, v. Tripoter, faire des tripotages; brouiller ;
mêler; gâter; mettre de la confusion, en parlant d'afEaires.
Sorte de péj. de Moqua, meurtrir, gâter.
Maqaigoaje, «. m. Tripotage; mélange dôsagrèaUe
au goût, malpropre; intrigue; tracasserie; confusion;
désordre.
Maqnigaoan, m. m. Maquignon, qui vend et achète des
chevaux, qui les revend et les troque.
Dér. da gr. Md^avov, ruse, fanl« d'où le lat. Mango,
mongonis, maquignon.
Maqnignoana, v. Faire le maquignon, ou comme 4es
maquignons; user d'artifice pour dissimuler, déguiser, cou-
vrir les vices d'une chose qu'on veut vendre.
Mar, 5. m. Marc, lie, résidu des fruits pressés, des subs-
tances bouillies, d'un liquide qui dépose. — Mar dé café,
marc de café ; ou simplement mar, qui est suffisamment
entendu et presque exclusif.
n est très-probable en ce sens que le mot vient, par
apocope, du lat. Amarus, reproduit dans l'ancien lang.
Amar, à cause de l'amertume du marc de café.
Mar, <. m. Mars, troisième mois de l'année, composé de
trente-un jours. — Mar âouroiu, abriou pUjoùs, fan hu
péXsan ourgutoîis, prvb., mars venteux, avril pluvieux,
font le paysan orgueilleux. Mar marièio, abriou coutUo,
prvb., mars martelle, avril coutelle.
Mar (Péa dé), s. m. Poids de marc, qui était l'ancien
poids usuel de nos locahtés, celui dont la livre avait djeui
marcs ou seize onces, ou bien aujourd'hui un demi-kilo-
gramme.
Mar, s. m., ou Péîroù. Maîtresse branche d'un arbre.
Dér. du lat. Mas, maris, mâle, vigoureux. Le vieux fr.
avait aussi Mar, qui signifiait grand, haut.
Marano, s. f Ver, mite, insecte. — Voy, Areisoiu.
Marano, s. f. Espèce de phthisie ou de marasme, qui
attaque les brebis; dépérissement du mûrier dont les
branches languissent, se dessèchent et meurent petit à
petit. Quand ce mal est le résultat de la vieillesse, il est
irréparable; mais le plus souvent, surtout quand il semble
prendre un caractère épidéinique, comme il provient alors
d'une culture négligée, par des amputations à propos de
branches et de racines, par des labours et des engrais, en
rendant au sol appauvri les sucs nécessaires à l'arbre,
on peut encore le rétablir , ce qui est plus avantageux qne
d'en planter de nouveaux.
Dér. du gr. Mapafvco, dessécher, consumer peu à peu.
Marcandéja, v. Marchander; discuter le prix d'une
chose; débattre le prix. Au fig. hésiter; balancer.
Dér. du lat. Mercari, faire le marchand.
Marcandéj^e, aûro, s. m. et /*. Marchandeur; qoi
aime à marchander. Au fig. barguigneuFt qui hésite, qm
balance.
Marcha, v. Marcher; cheminer; aller; avancer; faire son
chemin. — Marchas que vous démandou, dit-on k quelqu'un
en lançant de son mieux un projectile, en jetant de toutes ses
forces un objet quelconque, comme pour hâter sa niarcbe
en l'avertissant qu'on le demande; cela s'adresse aussi i
quelqu'un qui vous importune, qui vous fatigue et doot il
MÂR
MAR
465
tarde d'être débarrassé. Marchas, trasso d'home, allez
doDC, triste sire !
Dér. de Fane, allem. Marchieren, aller à cheval, che-
vaucher, de Mareh, marach, mark, cheval ; qtd, par inter*
version, en est venu à signifier aller à pied, marcher,
marcha.
Marchaîre, aîro, «. m. et /. Marcheur, marcheuse : qui
mardie beaucoup, sans se lasser. — Ne se dit guère qu'avec
une épithéte pour signifier celui qui marche beaucoup ou
qui marche peu : tin michan, un bon marchaîre, un mau-
vais, un bon marcheur.
Marchamén, m, m. Démarche, allure, manière de mar-
cher; le pas, le marcher de quelqu'un.
Marchan, ando, t. m. et f. Marchand, marchande;
celui qui vend; acheteur, chaland. — Marchan dé bla ,
wiarchan donna, prvb., marchand de blé, marchand
damné. Se vèn marchan, vendrai moun ousiâou, si je
trouve acquéreur, je vendrai ma maison.
Dér. du lat. Mercator, m. sign.
Harchandiso, s. /. Marchandise; toute chose qui se
vend, en gros ou en détail. — MarchandUo préséntado,
mita dounado , prvb. , marchandise offerte vaut moitié
prix.
Marcho, «. /. Marche, action de marcher, chemin,
route que fait celui qui marche ; distance à parcourir. Au
fig., combinaison, mesure que l'on prend. — Chacun bai
M marcha, chacun marche, agit à sa guise, sans entente et
sans ensemble. — Marcho d'Ancono, locution un peu
argotique : un joueur de piquet embarrassé pour écarter,
le fit d'une manière bizarre à étonner ses voisins : Dé qu'es
aquélo marcho? murmurèrent -ils; et lui : Aqud's la
marcho d'Ancono, ajouta-t-il par un affreux calem-
bourg, car il était un peu lettré. Depuis, l'expression est
restée dans un certain rayon local pour signifier une
numière de faire, une marche que personne ne comprend,
pas même souvent celui qui la suit ; mais on voit qu'elle
est de pur argot, et elle ne doit pas remonter au-delà des
premières guerres d'Italie de la fin du dernier siècle, où il
était fort question dans les journaux de la marche d'Ancône
occupée par les Autrichiens.
Dér. de la bass. lat. Marca, marcha, frontière, limite,
pays frontière : d'où est venu Marquis, en bass. lat.
Marehio, gouverneur d'une province frontière, d'une
marche.
Mardiou, inferj. Mort-Dieu, juron, qui peut être rendu
aussi bien par Morbleu, qui est une autre altération léni-
tive, avec cette différence que le lang. a formé le mot avec
l'initial mar, substitué souvent à nuU et entré en compo-
sition de beaucoup de mots en mauvaise part, tandis que
le fr. n'adoucit que la dernière syllabe en la convertissant
avec un sens qui n'a pas de signification .
Mardioune, inierj. Variante du précédent, équivalent
de Mordienne.
Karéchal, t. m. Maréchal-ferrant, artisan qui lem les
chevaux, les mules et mulets et les bœufs. — Foy. Mané-
ehal, qui est peut-être plus pur.
Dér. de la bass. lat. Manescailus, m. sign.
Maréchale, t. /. Maréchale, place publique & Alais, en
plate-forme, au devant de la citadelle, servant de prome-
nade d'été. — Dana les notes des Casiagnados, il a été
inséré, sur cette place dont notre ville s'est toujours mon-
trée assez fière, un article que nous recueillons avec plai-
sir, en rappelant cependant que le trait final a été écrit
en 4843 et qu'aujourd'hui la place est entièrement nette :
le miracle attendu n'est pas encore accompli, et c'est ce qui
manque seulement à notre belle promenade.
c On varie sur l'origine de ce nom de Maréchale. Le
doit-elle au maréchal de Vauban, qui changea le château
comtal en citadelle royale ? U aurait bien pu donner son
nom a une place qui n'en est que l'appendice et qui a pu
figurer sur les plans de ce grand homme. Est-il dû, au
contraire, au maréchal de Montrevel qui commandait à
Alais à l'époque de la construction de la Maréchale, c'est à
dire en 4702 et 1703 ? Cette dernière version parait plus
fondée et plus conforme à la tradition.
c Cette promenade, qui domine la ville et sa verdoyante
banlieue, et qui rappelle, en miniature, le Peyrou de Mont-
pellier, a subi bien des vicissitudes depuis sa naissance.
Sous le règne des Montagnards de la Convention, on y
éleva une montagne. Ce furent les dames principalement
qui en firent les frais et y travaillèrent de leurs propres
mains : le petit nombre par enthousiasme, le plus grand,
crainte de pis. Depuis lors on y a fait des prolongements,
des accessoires plus ou moins gracieux. Dernièrement on a
voulu un trait de plus de ressemblance avec le Peyrou :
un château-d'eau. On a déjà un bassin et le cippe d'un jet
d'eau; quant â l'essentiel Dieu seul est grand! »
Maréla, v. Terme de fileur de soie, vitrer : c'est distri-
buer le brin de soie sur l'écheveau de la roue du tour, de
façon qu'il y fasse des losanges.
Dér. du gr. M£(p<i>, distribuer, partager. ,
Maréla]e, s, m. Vitrage d'un écheveau de soie, ou les
losanges que le brin de soie y forme en se croisant sur lui-
même au moyen du va-et-vient. Lorsque ces losanges sont
trop grands ou trop larges, le brin revient souvent au même
endroit avant que celui sur lequel il s'attache ait eu le
temps de sécher; c'est alors un vitrage vicieux qui a un
double inconvénient : les brins, se collant l'tm sur l'autre,
rompent fréquemment au dévidage pour les décoller, et la
dévideuse perd beaucoup de temps pour retrouver le
bout de soie rompu qu'il faut nouer avec celui qu'elle
tient.
Marèlo, s, f, Mérelle et quelquefois Marelle, jeux d'en-
fants; car il y en a deux de ce nom. Pour le premier, on
trace sur un plan quelconque un petit carré traversé par
quatre autres lignes qui partent des coins et du milieu des
lignes déjà tracées pour se croiser au centre; il s'agit, en
posant chacun à son tour une marque, une petite pierre
466
MAR
MâR
sur l'endroit où se trouvent deux raies, de faire arriver
trois marques sur la môme ligne. Le malin, qui connaît
les finesses de ce jeu, est sûr de gagner lorsqu'il pose le
premier» ce qui s'appelle bouta fia. La seconde marelle con-
siste à pousser à cloche-pied, entre des lignes circonscrites
et dans un certain sens, un palet qui ne doit s'arrêter sur
aucune raie et ne doit sortir du polygone que par le c6tô
voulu, sous peine, pour le délinquant, d'avoir perdu.
Maréso, «. /*. Citrouille, plante dont les feuilles sont
découpées et tachetées de blanc. — Voy. BoutHo, dont elle
est une des nombreuses variétés.
Son nom lui viendrait-il de ce qu'elle se sème au mois
de mars, mar? C'est probable.
Marfi, t>. Flétrir; faner; ternir, froisser; chiffonner.
Marfi, ido, part, pais., qui fait aussi au masc. Marfe,
flétri; fané; chiffonné: bouchonné; froissé.
Dér. du lat. Marcere, m. sign.
Mari oundre (Se), v. Se morfondre ; se refroidir subite-
ment lorsqu'on était en sueur; gagner une maladie par cela
ou par un excès de fatigue. Au fig., s'eimuyer à attendre;
perdre son temps à attendre; perdre sa chaleur.
Marlounda, udo, part. peut, de Marf oundre. Morfondu;
refroidi trop vite après avoir eu chaud. Au fig., dégoûté,
fatigué d'attendre, de poursuivre un but sans succès.
Margal, «. m. Herbe des prés, graminée, que les Anglais
appellent Ray-gra$9, la meilleure et la principale, dont on
recueille la graine pour ensemencer un pré, connue en
botanique sous le nom de Lolium perenne, Linn. Une de
ses variétés, du même nom, croit aussi, comme une sorte
d'ivraie, sur le bord des chemins et dans les champs après
qu'on a coupé le blé.
Margaridéto, 9. f. Pâquerette, petite marguerite, BeUi$
perennis, Linn., plante de la fam. des Composées Corym-
bifères, commune dans les prairies. On la nomme en fr.
Pâquerette parce qu'elle fleurit au temps de Pâques.
Margaridéto, n. pr. de femme, dim. de Margarido,
Margaridiè, s. m. Camomille romaine, Ànthemi» nobilh,
Linn., plante de la fam. des Composées Corymbifères. Ses
feuilles et ses fleurs, à odeur assez agréable, sont prises en
infusion comme fébrifuges et stomachiques; en applications
externes, elles sont très-résolutives.
Margarido, <. /.« n. pr. de femme. Marguerite.
Margarido, s. f- Marguerite; grande pâquerette, grande
marguerite; Chrysanthemum leucanthemum, Linn., plante
de la fam. des Composées Corymbifères, qui croit dans les
champs et les prairies. — A la franquo margarido, à la
franche marguerite; franchement; simplement; bonne-
ment. L'amoureux superstitieux, comme ils le sont tous,
consulte la marguerite en l'effeuillant pour savoir s'il est
aimé à son tour; si la dernière feuille arrachée lui dit : un
peu ou pas du tout, il se désespère; mais qu'elle lui
répooide : passionnément, il s'enivre de joie et croit au
bonheur: car la marguerite est trop franche pour le trom*
per. De là l'origine de la locution que nous citons.
MargasBO, s. f. Pie-grièche, oiseau. — Voy. Tamo^.
Formé de Mar et Àgatso : Mar pris pour Mal oa
Màou, inversion ou altération assez fréquente, et Àgano,
pie; mauvaise pie.
Margô, s. f., n. pr. de femme, dim. de Hargovttm,
qui l'est déjà de Margarido. Margot, Marguerite.
Margô, s. f. Margot, nom donné à la pie surtout qqand
elle est privée ; il se donne aussi à une femme bavarde, à
une péronnelle.
Margonia, v. Patauger, patrouiller dans l'eau bour-
beuse; tremper, remuer dans l'eau. Au fig., être dans le
margouillis, dans une mauvaise et sale affaire.
Ne serait-il pas formé du radical Mar, presque tonjonn
péjoratif au commencement d'un mot, pour Mal, màou,
et de Grou\'a ou Grouga, grouiller ?
Margonl, s. m. Margouillis; gâchis; désordre; fouillii
de choses sales et dégoûtantes. Au fig., embarras d'une
mauvaise affaire.
Margoulin, s. m. Pauvre et mauvais ouvrier; petit mar-
chand qui ne peut faire que des affaires étriquées; eaœ
sens, vrai regrattier du commerce.
Margoatoon, s. f., n. pr. de femme. Variante et eobi-
dissement de Margarido, Marguerite, qu'on peut rendre eo
fr. par Margoton.
Mari, 5. m. Mari; époux; conjoint par mariage. ^On
l'emploie surtout quand on parle des maris en génèidi,
afin de ne pas confondre, dans certains cas, les deux signi-
fications à'home, qui veut dire homme et mari. — ToutBi
lou9 marii que 90un countém dansarièou iui lou quUm
d'un v^re, prvb., tous les maris qui sont contents danse-
raient sur le cul d'un verre.
Dér du lat. Maritus, m. sign.
Mari, marido, adj. Mauvais; chétif; de peu de valeur;
méchant par le caractère ou par le coeur. — Vn mari
eapdl, un mauvais chapeau. Uno marido bêstio, une mé-
chante bête. Uno bono fénno, uno bono cahro, uno bono
miolo, soun tré» maridot bèêtiot, prvb., une bonne femme,
une bonne chèvre, une bonne mule, sont trois mécbantBi
bêtes. Un mari mdou, un mauvais mal, dangereux, i
craindre. Un mari réeontre, une mauvaise fortune, on
fâcheux malentendu, un malheur, une mésaventure.
Dér. de la bass. ht. Marrire, mal agir, affliger.
Mariaje, s. m. Dim. Mariajoit. Mariage, union \è|^\inR
de l'homme et de la femme; dot; contrat, aete dressé par
le notaire ou l'officier de l'état civil ; solennité dea noos;
cérémonie; cortège, réunion de la noce ; espèce de jea
de cartes. — T-an fa un bon mariaje, on Ini a faiX utt
bonne dot. Avés pourta vo9tê mariaje f dit Thomme d'af-
faires consulté par un client, avez- vous apporté votre ccBr
trat de mariage? Anan vêire .paesa lou fnariaje, nov
allons voir passer, la noce, les époux, les parents* les invités
Dér. de la bass. lat. Mariagium, m. sign«
Mariano, 5. f., n. pr. de femme. Marianne.
Marias, asso, adj. P^or. de Mari, ido. Vaniien; cbe-
MâR
MAR
487
napan; mauvais sujet; homme sans honneur et sans pro-
bité, de conduite répréhensible.
Le mot n'est pas tout à fait de notre dialecte ; mais à
cause du voisinage de la Provence, il s'est très-bien impa-
tronisô.
Marible, s. m., ou Maruble, ou Bouènrubi. Marrube,
marrube ordinaire, noir, puant, ou ballote fétide, Ballota
nigra, Linn., plante de la fam. des Labiées, commime le
long des chemins.
Marida, v. Marier, unir légitimement par le mariage un
homme et une femme. Au fig., joindre, unir, rapprocher,
allier, accoupler. — Se marida, se marier, contracter
mariage. Aï marida moun garçoù, j'ai marié mon fils. Ma
$ur â'és maridado, ma sœur s'est mariée. Fiot que $oun à
wuirida, miehan troupèl à garda, filles bonnes à marier
sont on troupeau difficile à garder. Fio qWagrado es mita
maridado, fille qui plait est à moitié mariée. Que té marido
pér amoun a banos gnuèi et michans jours, qui se marie
par amour a bonnes nuits et mauvais jours. Que se marido
s6 brido, qui se marie se bride. Qtéé se marido pér amours
se péntis lêou pér doulours, qui se marie par amour se
npent bientôt par douleurs. Qité se marido dé coucho se
répéniU dé lésé, qui se marie en hâte à loisir se repent.
Maridas n'an qu'un mes dé bon tén, les mariés n'ont qu'un
mois de bon temps.
Dér. du lat. Maritare, m. sign.
Marida, s. m. et part. pass. Marié, épousé; nouveau
marié; allié intimement.
Maridado, s, f. et part» pass. Nouvelle mariée; l'épou-
sée; la mariée.
Maridadoù, maridadonno, adj. m. et f. Nubile; en âge
d'être marié ; bon à marier.
Maridaîre, s. m. Marieur; faiseur de mariages; officier
de l'état civil préposé aux mariages.
Mariéto, s. f. Femme ou fille faisant partie de la con-
grégation de la vierge Marie, fort nombreuses à Alais, où on
les appelle communément en fr. Maricttes.
Marin, t. m. Marin, homme de mer; ofi&cier, soldat ou
matelot, appartenant à la marine.
Marin, s. m. Augm. Marinas, Vent de mer, vent du
midi relativement à Alais, où il donne ordinairement la
pluie. — Marin blan, vent du sud-est, [sec et chaud, plus
fedonté encore pour les vers-à-soie que le vent du sud.
Marine, s. f. Marine; ce qui concerne la navigation sur
mer.
Mario, s. f., n. pr. de femme. Marie, nom de la sainte
Vierge, que portent beaucoup de personnes, femmes et
hommes.
Marionn, s. m., n. pr. Dim. Mariouné, Mariounéto.
Marion, Marionnette, nom dim. donné à presque toutes les
femmes qui s'appellent Marïo,
Marmaâo, s.f. Marmaille; les petits enfants en général et
particuliérementceux qui sont incommodes et impatientants.
Dér. du gr. Mup{i72xidl, fourmilière, de Mup^y}^, fourmi.
Marmando, s. f., n. pr. de lieu. Marmande, ville. —
11 est inutile de donner de plus amples renseignements sur
une localité dont notre lexique, qui ne fait pas précisé-
ment de la géographie, ne retient le nom que parce qu'il
revient souvent dans le discours, et ne s'emploie d'ailleurs
que dans cette locution : Aïçà's pas Marmando.
Le sens exact de ce dicton, si ce n'est sa traduction litté-
rale, est celui du français : ce n'est pas le diable ; ce n'est
pas le Pérou. Du diable, nous n'en avons que faire. Mais
un chef-lieu d'arrondissement du Lot et Garonne assimilé
à l'empire des Incas! Gela sent un peu le terroir dont
le fleuve inspirateur, qui arrose ce pays sans doute fertile,
ne roule pas cependant l'or dont les imaginations avaient
pavé et bourré le Pérou. Quoi qu'il en soit et sans pro-
noncer sur leurs mérites comparatifs, toujours est-il que c'est
la même pensée qui a fait choisir les deux pays pour types
d'une excellence, d'une supériorité à laquelle rien ne peut
atteindre. Le choix qu'on avait fait du Pérou s'explique
assez par les succès récents de la Galifornie et ceux en voie
d'aboutir de la Nouvelle-Calédonie ; mais celui de Marmande
donne plus à chercher. Si le dicton avait pris naissance
dans l'Agenois, il serait dû aux regrets d'un indigène
dépaysé et pris de nostalgie, dulces reminiscitus Argos, ou
mieux aux vanteries d'un autre, ce qui serait plus con-
forme à l'humeur gasconne. Mais comme il semble particu-
lier à notre localité, — je ne me rappelle pas l'avoir
entendu employer ailleurs , — voici ce qui est pro-
bable.
On n'a pas toujours eu des chemins de fer, pas plus que
des diligences. Il fut un temps où, faute même d'un coche.
Racine partit à bidet de Paris pour Uzès, tout comme
d'Artagnan s'était acheminé du Déarn à Meung sur son
poney orange. Dans ces temps antédiluviens, où voyager
ét!ût si grosse et si rare affaire, un Alaisien fut obligé
d'aller à Marmande. Personne d'ici n'y était jamais allé,
cela va sans dire. Il fallut sans doute un motif bien grave
pour le décider à s'aventurer si loin. Il partit cependant ;
on ignore par quelle voie. Mais, dira-t-on, on ne va pas à
Marmande. — .On y va bien, puisqu'on en revient, comme
d'Astrakan. Notre homme revint donc, et Dieu sait les
merveilles que le nouveau Pizarre cévenol raconta de cet
autre Pérou qu'il avait découvert. G'est depuis lors que
pour nous, rien n'a valu Marmande.
Marmito, «. f. Marmite; 'ustensile de cuisine, en métal
ou en terre, dans lequel on fait bouillir la viande, ou sim-
plement de l'eau. — Se vira ddou eousta dé la marmito,
se tourner du côté de la marmite, c.-à-d. de ceux qui font
manger, comme faisait Sancho aux noces de Gamache; et,
par extension, se tourner du bon côté, de celui où il y a
quelque chose à gagner.
Dér. du lat. Marmor, marbre, a-t-on prétendu, parce
que les premières marmites étaient faites de marbre.
Marmitoù, s. m. Marmiton, bas valet de cuisine.
Marmoto, <./. Marmotte, Mus alpinus, Linn., mammi-
468
MAR
MÂR
fore nDe;nîcii]é de la fam. des Rongeurs. — On ne connaît
ici , bien entendu , que la marmotte apportée par les
Savoyards de leur pays ; ils en ont appris , dit-on , à
monter dans les cheminées en la voyant grimper, par xme
manœuvre qu'ils ont imitée, entre deux parois de rocher.
Marmoto est aussi comme le fr. Marmotte, le coffiret
plein d'échantillons que porte le commis- voyageur courant
la pratique, nom qui lui a été donné sans doute par
un rapprochement avec la boite où le petit Savoyard tient
sa marmotte en vie.
En ital. Marmotta,
Marmonsé, «.m. Marmouset, petite fîgure d'homme ou
de femme; figurine, statuette; petit homme mal fait; petit
garçon.
Dér. du gr. Mop[Ki>, masque.
Marmoutoù, $. m. Bélier, mouton entier, Ariet.
Ce mot, dans la composition duquel entre évidemment
le lat. Mas, maris, signifie mouton mâle, le mouton sans
épithète ayant perdu celte qualité. Marmoutoà n'est point
tout à fait de notre dialecte, qui dit Are pour le même
animal. — Foy. c. m.
Maroaqnin, s. m. Marocain, espèce de raisin noir, à
grains très-fermes, gros et peu serrés, cultivée dans le
Languedoc, et qui sans doute a été importée d'Afrique, du
Maroc; maroquin, peau apprêtée de chèvre ou de bouc,
employée à la chaussure et à la reliure des livres.
Marqua, v. Marquer, faire une marque, imprimer un
signe; tracer des lignes apparentes; indiquer, désigner,
noter par une marque quelconque; annoncer, pronostiquer,
promettre ; écrire; donner à connaître ; imprimer une tache,
une empreinte, la flétrissure en parlant d'un condamné à
la marque par le bourreau; indiquer ses points, ou les
parties gagnées au jeu. — A marqua sa plaço, il a marqué
sa place. Ta ploumo marqua pas, ta plume ne marque pas,
ne lais.se aucune trace sur le papier, faute d'encre. Lou co
marquavo, le coup était apparent. Aquélo nivou marqua
dé vén, ce nuage annonce du vent, est un signe, un
pronostic de vent. Marquas la pajo, faites un signe, un
onglet à la page de ce livre. Marqua soun linje, mettre
son chiffre, ses initiales à son linge. L'an marqua à
l'éspanlo, le bourreau l'a marqué à l'épaule. Marqua tous
pauns, marque tes points. Marqua pas pus, en parlant du
cheval, il ne marque plus, on ne reconnaît plus son âge à
la dent : par extension et iron. se dit de quelqu'un qui
baisse, qui vieillit.
Dér. de Marqua.
Marquaûre, s. m. Marqueur; qui marque les points
dans une partie de jeu. — léau séraï lou marquaïre, je
serai le marqueur, je marquerai les points.
Marqnan, auto, adj. Remarquable; considérable; qui
marque, qui produit des points. — Aqtid's un home mar-
quan, c'est un homme marquant, un personnage. La earta
marquanta , l'atout , la carte qui fait le point ; une
figure.
Marquis, marquise, s, m, et /. Marquis, marquise,
titre d'honneur et de distinction.
Dér. de la bass. lat. Marchiones, officiers préposés à la
garde des frontières. Marcha, marches, de l'allem. Mark,
bord, frontière.
Marque, s. f. Marque ; signe quelconque pour désigner,
pour distinguer un objet; empreinte, indice; figure; im-
pression; trace apparente, sensible; signe; cbifi&e, carac-
tère, sur un ouvrage, une marchandise; jeton, fiche pour
marquer ou compter; Instrument dont on se sert à cet
effet ; témoignage, preuve ; présage ; peine infamante de la
flétrissure. — Marqua dé ce, idiotisme, de prononciation
surtout, preuve de cela.
Dér. de l'allem. Mark, marque, signe.
Marque, s. /*. Craie, pierre blanche, calcaire et tendre,
plâtre blanc, dont on se sert pour tracer des lignes, pour
marquer. — Uno Sénto-Vièrjo en marqua, une statue de
la Vierge en plâtre : métonymie.
Marque-mâeû, s. des deux genres. Qui marque mal;
qui dénote mal ; qui montre des intentions, des penchants
mauvais.
Mar-sâouse, s. m. Marseau, saule-marseau, Salixcapn,
Linn., arbre de la fam. des Amentacées, qui croit bien
dans les terrains secs et craïeux; son bois est pins dur
et plus plein que celui du saule aquatique; on s'en sert
avec avantage pour faire des perches et des échalas. Le
marseau donne aussi d'assez bon bois à brûler.
Formé de Mar, du lat. Mas, maris, mâle, et Sâouu,
saule.
Marséîés, éso, s. m. et f. et adj\ Marseillais, aise;
habitant de Marseille; qui est, qui provient de Mar-
seille.
La Marséïéso, la Marseillaise, la fameuse chanson de la
Révolution.
Marséîe, s. f., n. pr. de ville. Marseille, chef-lieu da
département des Bouches du Rhône.
Les opinions sont fort divisées sur l'étymologie du nom.
Les analogies ne manquent point et s'appliquent à des
localités d'une bien mince importance et de moindre
ancienneté : ce qui ne diminue en rien l'embarras. Le
prendre dans le lat. Massilia, qui traduisait le gr. MaovaXb,
ne fait que déplacer la question. Où le grec et le latin
l'avaient-ils pris eux-mêmes? Adrien de Valois indique
comme radicaux Mctaaeiv , moUire , amollir , on bien
MaXoxCa, mcHUUes, calme de la mer, peu différent de
MoaaaXCa. Expilly et d'autres tirent des inductions du nom
des Salyes ou Salyens, peuples qui occupaient ces nvages
gaulois au moment où les Phocéens y abordèrent et vinrent
bâtir la ville. Cette dernière interprétatioii pourrait fùit
intervenir l'élément celtique dans Tappellation , Mu,
mansio, lieu, demeure, pour la première syllabe, Saljfss,
évidemment régional et pris sur les lieux et dans la langoe
du pays, ou dans le Ligurien.
Marséja, v. impers. Faire un temps de mars, pour
MâR
MÂR
469
exprimer les intempéries, les giboulées habituelles dans ce
mois. — Marséjo, il fait un temps de mars.
Manéjado, $. f. Intempérie, giboulée de mars.
MarsÔB, marsénquo, culj. Du mois de mars; qui appar-
tient au mois de mars; qui nait, pousse» est cueilli en
mars. — Loum marséns, les mars, menus grains, orge,
avoine, millet, etc., que Ton sème au mois de mars.
Ifarsîoiire, s. m. Hellébore vert, rose de Noël, HeUe-
boru8 viridiê, Linn., plante rustique de la fam. des Renon-
culacées, qui fleurit pendant la gelée, et dont on emploie
la racine, sous le nom d*hellébore noir, à faire des setons
pour les maladies contagieuses des chevaux.
Dér. de Mar pour Mal, mdou, mauvais, et Sioure,
liège.
Martel, s. m. Dim. Martelé; péj. Martelas. Marteau,
outil de fer, à manche et à une ou deux têtes, pour
frapper; heurtoir d'une porte.
Dér. du lat. Martelluê, m. sign.
Martela, V. Marteler; battre, travailler avec le marteau;
frapper à coups de marteau.
Martélado, <. /*. Coup de marteau. Au flg., inquiétude,
souci imaginaire; folie, lubie : dans le même sens, à peu
près, le fr. emploie encore le v. m. Martel, se mettre
martel en tète.
Martélaje, ». f. Martelage, marque que l'on fait sur les
arbres que Ton doit abattre, ou sur ceux exposés à un
cours d'eau torrentiel, pour que le propriétaire puisse les
réclamer s'ils sont emportés ; coups de marteau répétés,
leur bruit, leur roulement.
Marti, «. m.« n. pr. d'homme. Dim. Martine, Au fém.
Martino. Martin. — Gomme patron très- vénéré par sa
sainteté, comme date du jour de sa fête, le 44 novembre,
comme locution proverbiale, le nom de Martï, Martin, est
entré dans beaucoup de locutions, d'appellations et de
phrases faites, en lang. et en fr. — A Sén-Marti, tapo toun
vi, prvb., à la Saint-Martin, bouche tes tonneaux. Manqua
pag d'a»es à la fièïro que $'apèlou Martï, à la foire il y a
bien des ânes qui s'appellent Martin, pour dire qu'en une
foule de choses il ne faut pas se fier à la première appa-
rence, non plus que se contenter d'un nom, même hono-
rable, pour se confier et croire au premier venu sur cette
seule étiquette.
Dér. du lat. Martinus ou Martius,
Martignargne, s. m., n. pr. de lieu. Martignargues,
dans le canton de Vézénobres (Gard).
Nous ne relevons le nom de ce petit hameau inconnu
que parce qu'il représente dans sa forme un des spécimens
les plus authentiques des diverses altérations par lesquelles
sont passés les noms propres revêtus aujourd'hui de la
fameuse désinence en arguei,ei parce qu'il sera plus facile
ici de vérifier ce que nous avons dit à ce sujet par les
rapprochements et les analogies qui s'y rattachent. Il n'est
besoin pour cela que de suivre la série des dénominations
successives, et de placer en regard ou à la suite les simi-
laires, qui tous, comme celui-ci, ont eu pour parrain ou
pour patron le nom du grand et saint apôtre des Gaules,
évêque de Tours, mort à la fin du iv« siècle. L'identité de
valeur significative des suffixes servant à adjectiver un
substantif nom propre, pour en faire un nom de localité,
de domaine ou de propriété, en sera mieux démontrée,
depuis leur formule ancienne tirée du celtique, et ses chan-
gements dans la moyenne latinité et le roman, jusqu'à leurs
variantes ethniques adoptées par la langue d'Oc et la
langue d'Oïl.
Le nom de ce village est mentionné, en l'an 850 , Mar-
Uniacum co^onica; Ecelesia de Martinhanicis, en 4344;
le lieu de Sckint-Martin de Martingnanges, en 4 346 ; Mar-
tinhanicœ, eh 4 S84, dans le dénombrement ; Martinhargues,
en 4547; Saint-Martin de Martinhargues, en 4620; et
enfin fixé en Martignargue, et Martignargues.
Comme analogues, on trouve Martignac (Ariège, Lot);
Martignas (Gironde) ; Martillac (Gironde) ; en latin, Mar-
tinacum, notre plus ancienne forme; Martignan (Gard,
Haute^aronne); Martissan (Tarn et Garonne); Martinms
(Gers), en lat. Martinanum, amenant dans la bass. lat.
Martinhanicœ, et dans le roman Martinangss et Marti-
néncho, Martinenche, que nous allons voir, produisant
aussi Martigné (Mayenne) ; Martigni, Martigny ou Mar-
tinhac, dans le Valais; Martinengo, dans la Lombardo-
Vénétie ; Martinho, en Porlugal.
Tous se retrouvent dans Martignargue sous ses difièrenls
aspects, et avec les terminaisons que, au Midi et au Nord,
ont modifiées les influences du climat, de la contrée et
leur prononciation propre ; mais tous adjectivant le même
nom propre et le convertissant en un nom de propriété,
avec la signification de domaine de Martin ou lieu sous
l'invocation de Martin et dont il est considéré comme
maître.
Nous n'avons donc pas à redire que ces exemples con-
firment de plus en plus cette opinion que la désinence
argue, particulière à notre Midi, e^t purement adjective,
équivalente aux suffixes ac, at, é, igny, et autres, et n'a
point à revendiquer une racine dans le latin Ager. —
Voy, Argues, An, En, etc., etc.
Martine, s. m. Martinet, gros marteau, mû par la force
de l'eau et plus souvent aujourd'hui par une machine à
vapeur; se dit en même temps de la forge et de la fonderie
elle-même. Aussi est-il devenu un nom de lieu pour plu-
sieurs endroits où il existait des usines de ce genre.
11 est encore le dim. du n. pr. Martï, Martin.
Martinéncho, s. f., n. pr. de lieu et d'homme. Marti-
nenche, hameau dans la commune de Sénéchas, arrondis-
sement d'Alais.
La forme féminine de ce nom le fait remonter au masc.
Martinén, avec le suffixe chuintant éncho provenant de
en, in, ine, énquo, variantes déjà étudiées, et établissant
son analogie avec Martignargue ci-dessus et les autres. Sa
signification est en tout semblable, le suffixe adjectif ne
eo.
470
MAR
MAS
cliangcant pouii lo sens du radical. — Voij. En, Ln, su/f.,
i)l MnrtlijmtnjHe.
Martre, s. /"., ou Martro. Mario, marte coiumuiie,
Mu.^U'lif nuirtes, Liiiii., luauiiuifère iiii;:uiL'iil(' d'' la lani.
des Di^'ili^i:i'ades uu Cariiivor.'S : iK'Ia^'e •'iili'''r*'nitMit Lrua
avec une lâche jaiiiie-dair sous la g')ri:<s (jueiK"' longue i^l
bien fournie, — Cet aniinal, de la taille à peu pns d'un
chat ordinaire mais plus bas sur ses jamlics, est rare dans
le Midi, l'i r,.n n'en trouve ipielc^ues-uns (|ue dans les
monla^'ni's de TAid-'clie, de la Lo/.Te et il-'s Cé\<'inn'S. La
fouine au ennlraire t'>l CDunnuii'- c!i«'z nous; ell»- ne dilTèri}
de la marte, d'une manière un peu distincte, (]Ui^ parc^
cpi'elle a 1<' dessous de la jiorge blanc; l«'urs mnius sr.nl
d'ailleuis ontirTcnienl semMaMis : aussi (inl-ell-s .H»'- ci>ii-
fondiK's tnuli's d'MiA, et. pour le Laiç-u-MlDcitMi, la l'uuine
est aussi la Marlro. Du reste, les anciens naluralisl.'S en
avai(Mit lait, autant, (^t pour eux. la l'ouine riait la lu.Mie
domestii[U(', non (|u"il lut bien facile et plus liabitu'l alors
qu'il ne l'est auj-turd'hui île la r.'duin' imi (him'iliriu'', mais
s*aus doute parc»» (pi'on la \oyail roder plus voI )nlius (pie
la marte a.ut our de^ habit li'-ns. I.or.>ipie K^s sa\.'nî> Coji-
fondejii ainsi , p .ur.pioi le I ai r, :: ued ne ien , rjui n"< s; pas
savant, eut-il l'ail nnenx ? La sci-'iice a mar. •!;<'• et cîa>M''
distinct. 'ineiit la marie o[ lafouin.^; le lan.L^u 'd'.ei. ii piu'-
sisle à n'en j>.is f.dr.' l.i dilTienci' tU à u" leur donu'r qu'un
seul nom. celui de }I(irlre ou Mdiiro.
Martro, a*, f., n. pr. d»^ l'*'m;iie. M.>î-l!ie. — Dâoa tm
(juc MdiLru jhi'.'iro, disuis-iious [)our expia uier c ■ «pie dit
le français : du t •;!;;)> (pie P,,Tihe lilait ; il n'y a (pae la
filandiere de cl;.i:r-'''\ M.iis I ail l' :n md'' connaissait [>eu
ou [»rou la reine i;a-!li.', et 1 un n'ai u iil di.-' aiitant
de la Marthe (|ui Ta détron»v chez nous: a m-ins ipie ce
ne Soit la Niair (]e Lizaie, el ri/au'cusrm.Mil cela jifu!
»Mn\ Comme il s'ai'it, d.i.is 1- s d":i\ diet-.îi^, d.' r.-m.ajl-'r
dans des leinps Ir 's-r-'cu'.'S , a l'\^ choses .s<^ pass tient
autrement ipi" du ii'iti'.', où par r^-iuple b's rois ('•pousaicnt
des lif-rgeres, il est p '.^si!,!'^ (pi-' If la:i^u«'doci(Mi ail voulu
renchérir sur son voisin ; et, ne se contentant [»as du moytai-
;\ge, il est allé jus(jifà la 'raras(pie. (]r[»endant il n'est pas
à croire ([ue celte course au clocher rétro^M'ade ail eu lieu;
et voici comment je soup;; tune (pie, simjileiii'-^nL et sans
songer h la chronolo^i*?, c'i Il^rlhe on a substilué Marthe.
Le [premier dt^ ces noms n'i'l .il pas u.silé ni connu dans
nos conlivts; le second au caitraire l'élait beaucoup, et
l'on disait Mnilo mieux p^it-èlre cpie Martro, rpii est
cependant resté. En entendant |);onoiic«'r le nom étranger,
le languedocien crut (]ue c'<'t.it le sien ({u'on estropiait;
l'assonance aida à sr-n erreiir; il corrigea ce (ju'il avait mal
dit, et la correction nous a été transmise. C'est l.\ tout le
secret.
Celte marche me parait évidente et la conservation de la
quenouille est, à mon avis, la confirmation du fait. La
reine Berthe filait, cela n'est pas dout-nix : riii>toire et la
ient appris à tous ce modeste em{)loi du temps
de la mère île Charleinagne; et il était assez exc»*nlriqiie
en si haut lieu pour O'tre rappelé comme contraste à ce qui
s'* si passé plus tard, car aujourd'hui et il y a longtemps
les reines ne fil(Mil plus. Mais qu'importe que Marthe
s'occu[»;il h filer, à coudre ou à tricoter, ce qui devait iHre
une parlii' des soins du ménage dont elle était chargée ?
Dans sa position plus humble, cla n'avait rien que de fort
nalund, de fort ordinaire, et elle filerait encore si le mi-
racle qui ressuscita son frère se renouvelait en sa faveur;
il n'y avait di^nc pas à le remaniuer, .'i le relever, à en
faire une op|u)silion \ nos usag(^s. Il faut, eu effet, bien
reconnaître et constater que le proverbe n'a pas voulu
seul.^ment citer une épo(jut"' reculée. Pour cela il n'avait
p: s Ix'soin de s'arrèler en si bon chemin, et il pouvait
nMUonter au déluge où, par parenthèse, s'il y tenait, il
l)ou\ait, sans trop d'.^ crainlp de se tromper, faire filer et
mè.Mie tisser la femme et les brus de Noé ({ui ne devaient
p)s s'y ('iiargner [H>ur vèlir la famille, attendu qu'on niau-
{pi:iit un peu de magasins de confection. Mais il a voulu
surtout parler d'un l'Mnps où les usages, les habitudes, les
iiKeiirs, les choses, meilleurs ou plus mauvais, étai-^nt tout
diiV lents des nôln\s, où l'on vo\ait ce (ju'(»n ne voit plus.
L' iVaiKjais a nMidu cMI'"' pen^-'-e; le langiK^d.icit^n ne la
rend pas. Il me parait daic certain (\\ic ce dernier n'a
point fait son provephe qu'il aurait fait différemment, et
(pi'il l'a pris du français, en raU'-ranl, sans s'en douter, en
eirieanl même le sons (pi'il doit avoir.
Martroù, s. f., n. pr. de femme. Dim. de Marlro.
Mai'Mi".
Mas, s. /*. Madame ou Mademoiselle. — On donnait
auii''^i''i< je noiit d" "Nl-xlame à la bourgeois':' mariée. Mas,
abr-'". ieliiiii d'^ Mn-^^niwis-lo , s'a])pli({uait de même, et
d'S''-Midiil jdsju'aux femmes d'une condition bion infé-
ri-an-e <-i)c nv. Ce !i:nt n'allait jamais seul; on y joignait
toujours le nom de la p-^rsonnepréc-'d''' lui-même de l'article
'/(., qui n'-'-lail pas toul à fait la particule; ainsi l'on disait :
.4/ v's HUIS (le Sàintri ; Coiuno anas, mas dé Picchcgu? etc.
Aujourd'hui Madamo est venu égaliser toutes les femmes :
aussi Mas ne reste que comuie souvenir d'usages passés de
mode, nu t<»ut au plus pour S'M'vir quelquefois d'appella-
tion plai.sante.
Mas, s. m. .Maison de campagne; f(^rme, métairie, habi-
tation des champs; campagne, di^puis la modeste demeure
du paysan jusfju'au chàt<?au exclusivement. — Mom
exprime en général l'ensemble de la propriété rurale,
habitation, bâtiments d'exploitation et terres dépendantes ;
mais quelquefois il peut s'entendre seulement delà maison.
Dér. du lat. Mansus, m. sign.
Masado, s. f. Tour du Mas, de la ferme, le vol du
chapon, les champs les plus rapprochés et par conséquent
les mieux cultivés.
Masado est aussi l'agglomération de quelques Mtu, et
alors «à peu près l'équivalent de petit hameau. De là le
nom du village de Maza, Mazac, aux environs d'Alais.
MAS
MâS
471
Masâoiiri, s. m,, n. pr. d'homme. Mazannc — La
tndactioQ n'est pas heureuse, et le français y a rarement
bonne main pour nos noms propres. Le c final qu'il a
introduit dans celui-ci a l'inconvénient de le défiguier
oompiétement.
Le mot est une contraction de Mai âou riou, du lat.
Mansui ad rivum, métairie près du ruisseau.
Mascara,!?. Mâchurer; noircir; charbonner; barbouiller
de noir. — Lou péïrôou vôou mascara la sartan, le
chaudron veut noircir la poêle, ou la pelle se moque du
fouiigon.
Le languedocien Caro, mine, figure, de la bass. lat.
Cara, m. sign., précédé de Atas, altération de Mal, malo,
mauvais, a formé Mascara, rendre la figure mauvaise,
laide, défigurer; ce qui a lieu quand on la barbouille de
noir. De même se sont formés par contraction Masqm et
Mtisquéto, vilaine et fausse figure, faux visage par exten-
sion, parce qu'aussi dans le principe pour se masquer, il
sufiSsait peut^tre de se noircir, se nuucara, le visage.
Maacaradiiro, s. f. Noircissure; état d'une chose m&-
cburée, cbarbonnée, barbouillée avec du noir.
MaBcaroù, s. m. Chaudronnier, mineur de houille, for-
geron, ouvrier ou artisan que son travail ou son métier
expose à avoir souvent la figure noircie ; jeune ramoneur
de cheminées.
Mascle, s./*. Augm. et péj. Jlfasctos. Mâle; qui est du
sexe masculin; opposé de femelle.
Dér. du lat. Maseuliu, m. sign.
MasclOQS, s. m. plur. Crinons, dragonneaux ou dra-
ooncules, petits vers microscopiques, de la grosseur d'un
cheveu (CrinU), et longs en proportion, qui naissent de
préférence sous la peau des enfants maigres et délicats,
surtout de ceux qui manquent de soins de propreté, et se
logent dans les parties musculeuses du corps où ils causent
des démangeaisons continuelles et fâcheuses qui rendent
i'oKiant malade. On s'en débarrasse au moyen de frictions
avec de l'huile ou d'une pommade légèrement mercurielle.
Le ciron, type de la petitesse, est un insecte aptère qui a
les mêmes aptitudes et doit être compris sous le même
nom.
On remarquera que l'on n'emploie guère le mot Mas-
eloùM qu'au pluriel, ces animaux étant si petits qu'il n'y a
pas lieu de s'occuper d'un seul.
lEasé, s. m. Dim. de Mas, Maisonnette dej plaisance,
pour lequel on a aventuré en francisant le mot : Mazet. —
Les Mazets ont bien autant de droit que les Bastides, leurs
sœurs germaines, à être nommés de leur nom en français :
ils sont du reste en assez grand nombre pour faire valoir
leurs titres, car les. campagnes qui entourent nos villes en
sont couvertes.
Moêé est le dim. de Mas, diminutif s'il en fut jamais,
car il se compose ordinairement d'une seule pièce au rez-
de-chaussée servant à la fois de salon, de cuisine et surtout
de salle à manger; une autre pièce au premier, où l'on
grimpe par une échelle de meunier, accuse déjà beaucoup
d'ambition , et quelque chose de plus lui ferait perdre son
caractère et jusqu'à son nom pour atteindre celui de
Mas,
Masèl-Vièl, s. m. Mazel-Viel, nom d'un des quartiers de
la ville d'Alais, auquel on a bien fait de conserver en
français, en classant les rues, sa forme originaire, quoi-
qu'on pût cette fois le traduire d'une manière exacte par :
vieille boucherie.
Du lat. Macellum, boucherie, on avait fait Masél, avec
la m. sign., mais le mot est tombé en désuétude et ne sert
plus que pour dénommer d'anciens quartiers ou des loca-
lités où ont dû exister dans le temps des boucheries.
Quelques noms propres d'homme sont sortis de là.
Maséla, v. Terme de boulangerie, former le pain lors-
qu'il est en pâte et levé, le marquer de la tranche de la
main ; presser, entasser la pâte, la condenser, la patiner,
au lieu de la remuer largement ou légèrement, sans la
presser ni l'aplatir.
Maséla, ado, adj. et part, pass. Pressé, entassé; con-
densé.
Dér. du gr. Aldfaooj, pétrir, exprimer en pressurant.
Masiè, s. m. Métayer; qui habite et cultive un Mas. —
Ne se dit que de celui qui est dans une métairie de peu
d'importance.
Masqua, v. Masquer; déguiser; cacher; dérober à la vue.
Se masqua, se masquer ; mettre un masque sur la figure,
un habit de masque; se déguiser.
Dér. de Masquo, masquéto.
Masquarado, s. f. Mascarade; troupe, cortège de car-
naval, de gens masqués et déguisés.
Masquéto, s. f. Masque; faux visage en carton avec
lequel on se déguise en carnaval; personne masquée,
déguisée. — S'alfia en masquéto, se masquer, se déguiser.
— Voy. Mascara.
Masquo, s. f. Masque, sorcière ; parce que les sorcières
se cachaient sous un faux visage pour faire leurs conjura-
tions. Aujourd'hui ce mot n'est plus qu'une injure diite à
une femme pour lui reprocher sa vieillesse, sa laideur et
surtout sa méchanceté. Cependant, comme beaucoup de ces
termes injurieux qui ont perdu de leur signification pre-
mière, celui-ci, dont l'application s'est fort étendue, change
de valeur selon la personne à qui il s'adresse et le ton avec
lequel on le prononce. Car il y a loin de Masquo/ dit à la
fillette malicieuse, espiègle et un peu démon par sa mère
qu'elle fait enrager, à Vièio masquo/ dont on apostrophe
une femme vieille, laide, méchante, ayant enfin tous les
défauts qu'on reprochait aux sorcières — Voy. Mascara.
Massa, v. Piler, écraser; assommer; frapper avec la
massa, masse.
Massacra, t>. Massacrer; tuer; blesser fortement; char-
cuter; travailler mal; massacrer, gâcher, barbouiller un
ouvrage.
Massacre, «. m. Attiseur, celui qui attise le feu dans
♦72
MAS
MâS
une filature de soie ; dans les moulins à huile, on appelle
Fattiseur lou Chourou. — S*entend aussi d'un ouvrier qui
travaille mal, un massacre, qui gâte un ouvrage.
Massacre, s. m., dans le sens du fr. Massacre, carnage,
tuerie, est bien reçu, transmis qu'il a été directement par
la bass. lat. Mazacrium, m. sign.
Massano, s. f., n. pr. de lieu. Massanes, commune du
canton de Lédignan (Gard).
Deux autres localités, quartiers ou fermes, portent la
même dénomination, le village du canton de Lédignan est
le plus considérable ; il a été chanté par Florian dans sa
charmante idylle d'Esté et Némorin : ce serait un titre
pour ne pas être passé sous silence, mais pour le moment
c'est aux noms seuls que nous en voulons. A décomposer
le mot, on obtient sans effort pour la première partie Mas,
abréviation connue et fréquente du lat. Mansus ou Mansio,
et pour la seconde, le lat. encore Sana ou Sanœ, au sing.
on au plur. ; ce qui représente une ou plusieurs habitations
saines, salubres, et se trouve parfaitement applicable, pour
peu qu'on soit de l'avis de Florian, qui n'a fait que la
description cependant, et non le baptême.
Eh bien ! cette interprétation étymologique, si naturelle
semblc-t-il, risquerait de ne pas être vraie. Le doute
8*appuie des meilleures raisons; car aucune des deux par-
ties du mot ne résiste à une analyse un peu sévère. D'abord
Mas pourrait bien n'être que ce radical transformé dont on
rencontre tant d'exemples, mis ici pour Mal, venu de
Malè ou Malum, et la signification serait l'inverse de ce
qu'on croirait. Puis, la finale, à la bien considérer, n'est
autre que le suffixe d'attribution lat. Anus, a, um, au
nominatif sing. ou plur. féminin : par conséquent l'expli-
cation par le lat. Sana ou Sanœ, saine, se détache absolu-
ment. Et il est à peu près certain qu'il doit en être ainsi
pour les deux fractions du nom, car sa syllabe initiale
n'est qu'une altération adoucie; et sa désinence qu'un
retour ou mieux qu'une restitution de forme du suffixe.
La preuve en ressort évidente de l'appellation gallo-latine
de Massano, Massanes, qu'un cartulaire cité par M. Ger-
mer-Durand désigne, en 4038, par Villa que vacant Mar-
sanieus, changé par le roman de 4 435 en Marsane, devenu
seulement, en 1582, Massanes et Massannes, De plus, il
se rencontre que la forme rude s'est conservée dans le nom
d'un autre lieu de la commune de Bellegarde, appelé encore
Marsane; sans même tenir note des analogues Marsan
(Gers) et Massan (Aude), non plus que de Marsac (Cha-
rente, Creuse, Dordogne, Lot, Lot et Garonne , Puy-de-
Dôme, Hautes-Pyrénées, Tarn, Tarn et Garonne) , corres-
pondants à Massac (Aude, Charente-Inférieure, Tarn).
Mais, par l'appellation dans la moyenne latinité, nous
sommes amené à une autre identité plus rapprochée et plus
familière à notre contrée : elle se trouve dans Massargue,
Massargues, hameaux ou quartiers des communes de Car-
nac, de Saint-Martin de Saussenac et de Saint-Quentin
(Gard), ce dernier dit aussi, en 4245, Marsanieœ,
Voilà un nouvel exemple frappant de la similarité ou de
l'équivalence des suffixes : la forme gallo-latine ankm,
représenté par le roman, le languedocien et le français eu
ano, ânes, et argue, argues, se tenant avec an, ao et ai.
Nous verrons au reste les mêmes phénomènes d'inversion
se reproduire dans Massillargue et MarsiUargues, et bon
nombre d'autres. — Voy. c. m.
Il ne s'agit donc ici que d'une désinence suffixe : les
variantes ne changent point l'attribution, le sens reste le
même avec ac, an, ano, ânes, argue, as; et, suivant la
forme première ou plus ancienne du mot, si son radical est
Mars, du lat. Mars, martis, ou du génitif du nom de
Marcus on Maricus, avec une légère permutation, il est
probable qu'il signifiera, par l'adjonction du suffixe, le
domaine de Mars ou de Marcus, un lieu dédié à Mars, divi-
nité gauloise et romaine, ou appartenant à Marcus oti
Marcius.
De là il n*y a pas à inférer que tons ces villages oa
hameaux remontent à une date perdue, comme on dit,
dans la nuit des temps ; mais il ne serait pas impossible
qu'un souvenir du dieu Mars se fût peut-être conservé. Ce
qui est pourtant plus vraisemblable, c'est le nom simple
du propriétaire, ou bien le patronage de l'évangéUste
Marc, sous l'invocation duquel une église, toujours le pre-
mier étabissement fondé, aurait été placée.
Masaapan, s. m. Petite boite en bois léger où l'on met
des friandises, des confitures sèches; boite aux graines
pour les couvées de vers-à-soie.
Massaparén^ s. m., ou Pissagô. Potiron rouge, poly-
pore bigarré, Polyporus versicolor, Linn.» espèce de cham-
pignon vénéneux, comme l'indique son nom qui signifie
tue-parent, du lat. Mactare, tuer, en ital. Maxxare, — Ce
champignon devient bleu ou violet lorsqu'on le casse, on
simplement en y appuyant le doigt, n cesse, dit-cm, d'être
malfaisant quand on l'a fait bouillir et dégorger «isoite
dans l'eau fraîche; mais nous ne voudrions pas garantir
l'efficacité du procédé. — Voy, Pissagd.
Masséto, s. f. Maillet en fer de tailleur de pierre.
Dim. de Masso, masse.
Massîargue, s. m., n. pr. de lieu. Massillargnes, dans
le canton d'Anduze et dans la commune de Saint-Maximin
(Gard).
Ce nom et quelques-uns de ses analogues présentent des
particularités de formation qui noua paraissent asseï
curieuses : leur orthographe s'est modifiée d'une manière
si diverse avant de se fixer comme elle est aujourd'hui*
qu'il en résulte une certaine incertitude sur leur véritable
dérivation.
Massîargue, d'abord, reproduit en fr. par Massillargoes,
était désigné, en 43&5, dans deux titres diflBtaDts par
Parrochia Saneti MareeUi, et par Coi frufn «C mandammtfÊim
de MassUianieis, devenu, en 4402, dé MosneUhasueis, en
4 435^ MassiUargues en Anduse, forme romanet et encore,
en 4437, de Mareilhanieis, en 4485, MfarûeihasUoœ; puis*
MAS
MAS
473
Matilkargœ, en 4525, et MareUhargues, en 4568; pour
flotter toujours entre ces vsgiantes jusqu'à l'appellation
actuelle qui parait définitive dans la langue vulgaire et
dans le français. On sait à quoi s'en tenir sur la transfor-
mation de la finale de la basse latinité anieœ en argue,
languedocien : ici une complication du mot se produit sur
ses premières syllabes avec la lettre r qui parait et dispa-
rait au gré de je ne sais quel caprice.
Pourquoi le même phénomène se montre-tril dans le nom
de Marseille, que le grec et le latin faisaient nettement
sonner en Massalia, et qui a pris la forme rude en langue
d'Oïl et en langue d'Oc ?
Plus près de nous, l'appellation analogue Moiiia, Mas-
aillac, commune de Bouillargues, était, en 944, Villa que
voeani Mareeglago; elle devint, en 4446, MarcUiaehum et
iforeettaotifii, en 4200, MarsiUaeum, en 4479, MassUhae,
pour finir en JUasiïa, ou Massillac dans notre dernière
orthographe.
Par le rapprochement, sinon de la forme actuelle, au
moina de celle donnée à notre Ma»s\argue dans le moyen-
âge, il faut reconnaitre la même composition non altérée
dans BUarUargm, MartUlargues, autrefois Massillargues
(Hérault), en lat. MarctUianiem, Marcellianicus, Dans la
même catégorie viendront se confondre Marcilhac (Lot);
Marcilhac (Aveyron, Gorrèze, Dordogne, Gironde, Lot);
Marseillac (Haute-Garonne) ; Massillac et Marcillat (Creuse,
Puy-de-Dôme); Marsillat (Creuse); Marsellan (Gers) ; Mar-
œllanges, n. pr.; Marséian, Marseillan (Gers, Hérault,
Hantes-Pyrénées); Harsïan, Marsillan (Gard); et déplus
les MareiUé, et vingt-deux MarciUy, répandus sur tous les
points, sans compter les MarsUly, qui sont aussi de la
famille, et les MauiUy, dans lesquels se retrouvent les
formes latines Mareellus, MareelUanus et MarceUianicu»,
La question n'est pas de remarquer une fois de plus
l'identité de dénomination malgré la différence des dési-
nences. Il est bien certain qu'en ajoutant à un nom, à un
substantif, le suffixe final, qu'il soit a, ac, an, at, anges,
arguet, é ou y, on a voulu, suivant une méthode que
nous avons déjà exposée, et par des procédés connus et
variés, faire de ce nom un nom de propriété, de localité.
Mais quel est le mot générateur ? Est-il clairement précisé
pur la forme en Mau ou Mat, ou bien par la consonnanoe
en Mar, Mars, Marée? Deux voies ne se présentent-elles
pas à l'étymologie à cause de ces variations ?
L'une, comme pour Mar$êU), Marseille, venant de ifa«-
taiia, adoptant oependant la consonne r, n'indique-t-elle
pas, pour les analogues correspondants, un primitif égale-
ment en MoM pris dans l'idiome gaulois et si fidèlement
conservé?
L'autre ne mène-t-elle pas, avec autant de probabilité,
vers le nom propre latin Mareellus, porté par un saint
Marcel, évèque, sous le patronage et l'invocation duquel
ces nombreux villages, qui ne remontent pas au-delà de
Tère chrétienne, auraient été placés ?
Contre ce dernier aperçu s'élève une objection de quelque
importance : pas une de ces appellations n'est précédée de
l'adjectif qualificatif Sén, Saint, ce qui arrive d'ordinaire
quand un patron religieux est adopté. Quant à l'origine
par le nom romain de Mareellus, il est possible que ce
nom ait été plus répandu au moyen-âge qu'il ne l'est
aujourd'hui, mais elle ne peut être attribuée à la famille
patricienne qui aurait laissé son souvenir dans la Gaule
avec cette profusion.
Faut-il revenir au Mas celtique, avec la signification de
lieu, demeure, habitation, plus générale que l'acception
restreinte de maison, avec laquelle nous le trouvons si
souvent employé, soit seul, soit en composition? Pour
Mars&o il semble qu'il n'y a pas doute fVoy, c. m.). Mais
pour la terminaison, qu'elle soit eeilla, eilhae, seiUae, Ha,
silhargue, Han, cilhy, silly, etc., il convient de la cher-
cher ailleurs que dans le mot Salyes ou Saliens, nom d'une
tribu gauloise. Mais les Salyes n'auraient-ils pas été eux-
mêmes dénommés d'un radical de leur langue? Et dès-lors
le primitif ne pourrait-il pas avoir été pris dans la racine
Cal ou Chai, que l'ancien comique rend par Kelli, et le
gaélique par Caïl, transformé par le lat. du moyen-âge en
Seyllœ, correspondant à Sylvw, et par le roman en SeUles,
Celles, avec la même signification, métamorphosé encore
en Salles, que nous gardons CVoy. SallosJ, d'où sont sorties
tant de variétés avec le sens de forêt, bois ?
L'assemblage des deux racines donnerait par conséquent*
à tous ces noms de lieu, plus ou moins transformés, le
sens de : lieu de la forêt ou dans les bois, au milieu des
bois. La topographie ancienne du pays pourrait assurer à
cette dérivation quelque vraisemblance ; et nous n'avons
pas le moyen de vérifier autrement nos conjectures et ces
indications.
Peut-être une interprétation plus simple s'ajouterait-elie
à celle-ci, eu admettant toujours pour la dernière partie
du mot, à part les sufiixes, le radical synonyme de Sylva
ou de Nemus, eeille, celle, silly ou autres, mais en remar-
quant le commencement du nom formé de Mar ou Mas,
ce radical si fréquemment employé en composition pour
imprimer la signification péjorative qui correspond au lat.
if eUuffi ou Mali, dont nous avons cité beaucoup d'exemples.
On .sortirait ainsi de ces dénominations légendaires qui se
justifient difiicilement, et on serait ramené à des mots des-
criptifs, inspirés par l'aspect de la contrée à laquelle ils
s'appliquent, situation ou nécessité sans aucun doute com-
mune dans la Gaule remplie de forêts. On voit dès-lors que
ces appellations voudraient dire naturellement : petite,
mauvaise forêt, bois mauvais; et cette signification aurait
dans bien des lieux trouvé sa raison d'être.
Massimonn, s. m. Maximum, le plus haut d^gré, le
prix le plus élevé que puisse atteindre une chose, une
marchandise. — Ce mot, de physionomie assez étrange»
est dû à la première révolution où la fameuse loi du maxi-
mum frappa bien plus encore sur le peuple que les lois de
474
MâS
MAS
proscription et de sang : aussi adopta- t-il Mcusimoun, dont
il était tant question et dont il souffrit, et le corrélatif
Minimoun lui resta étranger.
Massls, s. m. Jetée en maçonnerie, digue, boulevard,
sur le bord d'une rivière torrentielle pour briser le cours
de Feau, le détourner et empêcher les terres qui sont der-
rière d'être sapées et emportées. — Un massis plus consi-
dérable dans un port de mer est un môle.
Massis ou Massl, adj. m. Au fém. Mastipo ou Mas-
sivo. Massif; matériel; ample et épais; lourd; grossier;
matériel.
La déviation singulière du mot au fém. Massipo n'est
pas toute due à l'euphonie ; elle suppose à un masc. inusité
la présence d'un p final. Il est difficile d'en voir et d'en
savoir la raison.
Masse, s. f. Masse ; maillet de menuisier, de tonnelier,
de chaudronnier, etc.
Masse, s. f. Masse; fonds d'argent, d'une succession,
d'une société. — Rapourta à la masso, faire rapport à la
masse. Métré à la masso, mettre à la masse : c'était une
assurance mutuelle entre quelques parents de jeunes gens
soumis à la conscription qui formaient, par part égale, un
fonds commun : si le sort était favorable à tous, chacun
retirait sa mise ; sinon, le mauvais numéro prenait la
masse entière, ou les mauvais se la partageaient, pour faire
un remplaçant. Cet usage était un peu passé de mode
depuis l'établissement des compagnies pour les remplace-
ments militaires ; mais traiter avec elles se disait encore
souvent métré à la masso. L'intervention du gouvernement
avait porté le dernier coup à la locution : la nouvelle loi
sur l'organisation de l'armée, qui abolit le remplacement,
la fera mettre tout à fait en oubli.
Masse-biôeu, s. m., n. pr. d'homme. Ancien nom des
bouchers pour la viande de bœuf, et proprement Tue-
bœuf, de l'ital. Mazzare, tuer; en esp. Matador, du lat.
Mactare, mactator, d'où Matar, m. sign.
Sur ce mot, Sauvages, qu'il fait bon toujours citer, dit
dans un article plein de haute raison :
€ Ce dernier nom, ou tue-bœuf, serait préférable à celui
de masse-bœuf, que nos notaires emploient constamment
dans leurs actes, s'il était cependant permis de changer
les noms propres en tout ou partie, sous prétexte de les
franciser en les rendant méconnaissables : ce qui est con-
traire aux bonnes règles.
« Cet usage est d'autant plus extraordinaire, que lorsque,
dans un ouvrage français, on cite un nom propre anglais
on allemand, on ne s'avise pas d'en changer l'orthographe,
quelque hérissée qu'elle soit de consonnes qui n'ont pas
coutume de se trouver ensemble dans des mots français;
encore moins les tradoira-t-on dans cette dernière langue ;
on écrira, par ex., le nom propre Sohenchzer, sans y chan-
ger une seule lettre.
< Et l'on se permet des changements dans les n. pr.
languedoeieRs , dont beaucoup sont cependant du fmat
allemand, étant mis en parallèle à côté du françûs. N'eslpîl
donc pas permis à un languedoden d'être de sa langue
maternelle, la première qu'il a appris à bégayer, celle qû
lui est la plus familière, et qu'ont parlée ses alieax, pour
qui le français fut longtemps une langue presque am
étrangère que celle des peuples qui nous environnent?
c Cette manie d'altérer les n. pr. ou de les dèfigoret
gagne tous les jours parmi nous ; on signe différemment de
ses ancêtres, soit qu'on imagine qu'il y ait quelque cho»
d'ignoble dans l'orthographe et la prononciation languedo-
ciennes, soit peut-être que, rougissant de son origine, o&
cherche à la faire oublier par ce moyen et se rapprocher
d'un nom ou plus illustre, ou qui sonne mieux à Toreille,
on se débaptiserait volontiers pour s'élever au-dessus de la
condition de ses pères. Mais si l'on venait un jour disputer
à ces franciseurs de noms leur héritage et leur filiation,
quelle autre voie auraient-ils pour l'établir, que l'exacte
conformation de leur nom avec celui de leurs aïeuls*}
c II faudrait dsnc écrire en fr., sinon Massahiôou (ce
qui serait le mieux), au moins Massebiou ou Mossabiol;
comme on le trouve dans les anciens cadastres; et non
Massebœuf. — Voy. Déléouze et Màourèl, a
Massenla, v. Assommer; abattre d'un coup de masse;
battre avec un battoir.
Le radical Masso entre certainement dans la composition
de ce mot, comme il se trouve dB,m Massacre, MastabiàiWy
etc., pour leur donner la signification.
Sauvages cite immédiatement après Massouliè ou ITar-
souliè, du vieux lang. et n. pr. que nous aurions écrit
Massouïè, s'il eût été encore usité. Il lui donne la signifi-
cation de Assommeur, garçon de boucher qui assomme les
bœufs. Nous ne le relevons que pour indiquer quelques
noms propres, assez répandus, tels que MazoUier, Mar-
sollier, Mazoyer, qui se confondent presque avec Mazelier,
Marsellier, venus du lat. Maeellarius, boucher, et qui ont
une singulière affinité de sens et d'origine avec notre verbe
et le substantif n. pr. : ce qui confirmerait la âèrivation
et le sens.
Maaté, s. m. Mastic ; composition pour joindre, ooHiei
ou enduire certains ouvrages.
Mastéga, v. M&cher; broyer avec les deata. Au ^^
préparer, disposer un ouvrage pour le rendre plus facile A
faire à quelqu'un ; éclaircir une affaire pour la renâie p\iB
facile à comprendre, à suivre. — Aquà's tout nuitUfa,
c'est tout préparé, tout mâché, comme si Fou ajoutait *. û
n'y a qu'à avaler. Y-ou cX pas mastéga, je ne le lui ai point
mâché, je le lui ai dit crûment, je le lui ai servi VmA
om.
Oér. du lat. Masticare, m. sign.
Mastiqua, v. Mastiquer, joindre, coller; fixer» boocber
avec du mastic.
Mastiqua, en languedocien tant soit peu excentrique, »
dit aussi pour manger, officier, et vient alors du lat. M»
tieare, dont le fr. a su faire du même coup MasticatioQ rt
MAT
•MEC
475
pais Mâcher ; tandis que notre verbe dérive de Masté, subst . ,
qui abandonne sa finale pour se rapprocher de la conson-
nance française.
Mastls, s. m,, on Masti. Mâtin, espèce de gros chien,
de garde, de basse-cour, de berger. Canis loniariui, Linn.
— Qu'a bon vési a bon mattï, qui a bon voisin a bon
mâtin.
Dér., d*après les pins accrédités étymologistes, du lat.
Moêtaiiviu, chien de la métairie, de la maison .
Mat on Ma, j. m. Mât, arbre d*nn navire. — Mat dé
eoeagno, mât de cocagne, expression qui nous vient direc-
tement du fr. — Voy. Ma .
Dér. du lat. Malus, m. sign.
Mata, V. Mater; humilier, abattre; surpasser quelqu'un,
Tefiacer en esprit, en adresse, dit Sauvages, ce qui équi-
vaut un peu à l'humilier.
Dér. du lat. Mactare, immoler, sacriGer. Eu espag.
Matar; en ital. Mattare, tuer, dompter.
Matable, s. m Battant de cloche, de sonnaille, de son-
nette.
Dér., avec une légère altération, de la bass. lat. BatcU-
lium, m. sign., qui a fait ansi^i Battant.
Matado, s. f. Dim. Matadéio. Gépôe ; touffe de tiges de
bois sortant de la souche d'arbres récemment coupés. —
Vno matado d'éouset, une cépée de chènes-verts.
Augm. de Maio, ou plutôt réunion de plusieurs Motos.
Matala ou Matalan, s. m. Gros plat de résistance, quel
qu^il soit, qui mate ou mieux qui tue la faim.
En esp. Mattar, tuer; en gr. Motteiv, dompter.
Matalas, s. m. Dim. Matalassé. Matelas, sac plat et
piqué, rempli de laine, de bourre, de crin ou de plumes,
pour un lit.
Les étymologies ne manquent pas : Ménage trouve la
vraie dans le lat. Matta, natte; Roquefort est pour le lat.
Maleries; d'autres l'attribuent au celt. 3Iatt, lit, et Ras,
laine ; la bass. lat. avait Matalacium ; et dans le bas-bre-
ton, Matalaex, m. sign., existe toujours. Nous sommes
Gaulois.
Matalasssnre, aîro, j. m. et f. Matelassier; ouvrier qui
fût et qui rebat des matelas.
Mataa, s. m. Buisson; hallior.
Augm. de Mato.
Matéloto, s. f. Vêtement de femme : camisole, che-
misette, espèce de gilet ou mieux de corset sans ba-
leine et sans lacet, en étoffe chaude ou légère suivant la
saison.
Probablement ce nom a été donné à ce vêtement de
ce que, par sa forme aisée, il rappelle la jaquette du
matelot.
Matéloto, s. /*. Matelotte, ragoût, apprêt, manière
d'accommoder le poisson À la façon des matelots.
Matèn, èno, s. m. e\f.,eiinierj. Mâtin; Inron; matois;
ntté compère. — Se prend quelquefois en bonne part, plus
souvent en mauvaise : sa valeur change du reste suivant
son emploi. Un bon matên, un gaillard déterminé, qui a
l'adresse et la force de se défendre et d'attaquer aussi.
Aquà's uno matèno gué C'est ime luronne qui Un
matèn que $é laïsso pas émbouèsa, un fin matois qui ne se
laisse pas mettre dedans. Ses un pouli matèn dé vous faire
espéra, vous êtes un joli monsieur de vous faire attendre.
Interjectivement, Matèn/ quinte fré. Mâtin! quel froid! Le
fr., en style familier ou populaire, se sert du même dans
toutes ces locutions; le lang. le lui a bonnement emprunté
sans songer qu'il avait lui-même Mastïs pour rendre aussi
le mâtin, chien fort et hardi, qui a donné lien â cette
expression figurée.
MaU, s.m.eladv. Dim. Mâtiné. Matin, première partie
du jour; de bonne heure. — L'aï visto dé mati, je l'ai vue
ce matin. Lou bon mati, de grand matin, de très-bonne
heure. Se leva mati, déman mati, se lever matin, demain
matin. Que pago dé vèspre déou pas rés dé mati, qui paie
le soir ne doit rien le matin. Rouje dé mati éscoumpisso
lou cami, prvb., le ciel rouge le matin verse l'eau sur
le chemin.
Dér. du lat. Matutinum, m. sign.
Maligne, ignèiro, adj. Matinal ; matineux. — Ses bien
matignè hiuèï, vous êtes bien matinal aujourd'hui. Souï
toujour esta matignè, j'ai toujours eu l'habitude de me
lever matin, j'ai toujours été matineux.
Matinado, s. f. Matinée, du point du jour jusqu'à midi.
— La matinado faï la journado, prvb., la matinée fait la
journée. ,
Matino, s. f. Matin, matinée. — Variante de Mati-
nado.
Matines, s. f. plur. Matines, première partie de l'oflice
divin. — Âquà i'acordo coumo lou manifUat à matinos,
prvb., c'est chanter magnificat à matines.
Mato, s. f. Touffe d'une ou plusieurs plantes, de celles
dont la fane sort immédiatement de terre ou dont la tige se
garnit de feuilles à partir du sol. — Uno mato dé trufos,
dé lusèrno, dé brus , une touffe de pommes de terre, de
luzerne, de bruyère.
Mato se dit aussi d'arbrisseaux on d'arbres dont le pied
a été coupé et dont la souche donne de jeunes pousses
formant également une touffe. — Uno mato d'arbousiè, dé
castagne, une touffe d'arbousier, de châtaignier. — Voy.
Matado,
En cat. Mata, arbrisseau.
Mé, pron. pers. Me, moi. — Ne s'emploie que comme
objet ou régime du verbe. — Fouie mé eré^re; crésà-mé, il
fallait me croire; croyez-moi. Douna^mé quieon, donnez-
moi quelque chose. Que mé déou mé demanda, qui me doit
me demande.
Dér. du lat. Me, me.
Méchas, s, m. Morveau, morve plus épaisse et plus
recuite.
Augm. et péj. de Méeho,
Méchéûroù, «. m. Lamperon ; principalement, bec creusé
476
HÉI
MÉI
en gouttière qui soutient la mèche de Tancienne lampe
appelée Zun; lamperon des nouvelles lampes; languette,
petit canal pour contenir la mèche.
Héchino, s. f. Fressure d*agneau ou de chevreau, com-
prenant le foie, la rate, le cœur et le poumon.
Dit pour Méjino, qui dérive de Méjan, comme si Ton
disait : partie du milieu, du centre.
Mécho, $. f, Augm. Méchas, Morve du nez, humeur
visqueuse des narines, qui sort souvent sous forme de
mèche,
Mécho, s. f. Mèche, cordon de coton pour les lampes;
mèche, corde préparée pour mettre le feu à une mine,* an
canon ; mèche de vilebrequin, d'une vrille, d'une tarière ;
pointe de fer d*un outil pour forer ; touffe aplatie ou pen-
dante, ou roulée de cheveux.
Dér. du lat. Myxus, lumignon.
Méçhoùs, 0080, adj. Morveux, qui a de la morve an
nez.
Médaîo, s. f. Médaille, pièce de métal portant une effigie
et des inscriptions.
Dér. du lat. MetaUum.
Médar, s. m., n. pr. d'homme. Médard. — La fête de
Saint-Môdard tombe le 8 juin, et le proverbe dit :
Quan plôou pér Sén Médar,
Plôou cranto jours pu tar.
Un autre ajoute :
(iuan plôou pér Sén Médar,
Dé la récolto emporta un quar;
Quan plôou pa,
N*émporto la mita.
Médéd, s. m. Médecin, docteur en médecine, qui exerce
la médecine. — Déjouïne médécï eéméntèri boussu, prvb.,
de jeune médecin cimetière bossu. Vièl médéd, jouïne
barbiè, riche apouticari, prvb., vieux médecin, jeune bar-
bier, riche apothicaire.
Dér. du lat. Medicus, m. sign.
Médécina, v, Môdiciner; faire abus de médecines, de
drogues, de remèdes de toute sorte dans le traitement des
maladies.
Médécino, s. f. Médecine; art de traiter les maladies;
purgation employée dans ce traitement.
Mégnè, s. m. Souche-mère du châtaignier franc, dont
on recèpe annuellement les jets pour en greffer les châtai-
gniers sauvages.
Dér. de Méno, comme si Ton disait faiseur, producteur
de 3Iéno, ou porte-greffe.
Mèila (Se), v. Se mêler; s'entremettre; s'occuper d'une
affaire, d'une chose, bien ou mal à propos. — Dé que si
mèilo ? de quoi se mêlc-t-il ? Se mèïlo pas dé trop, il s'en
tirera, il n'entreprend pas au-dessus de ses forces.
Mêfîla, avec la légère altération qui essaie de dissimuler
l'emprunt an fr., a un peu plus de cachet que Mêla, qui
s'emploie aussi dans les mêmes circonstances. — Voy. Meta,
Méinaja, V. Ménager; épargner; traiter avec égard, avoir
soin de... — Mêinaja soun eo, frapper doucement, avec
précaution. Âdioussias, mUnaja'Vous, bonjour, ménagez
votre santé.
Mémaje, s. m. Ménage ; économie, gouvernement domes-
tique; meubles; ustensiles d'une maison; vaisselle de cui-
sine. — Se boula din $oun méinaje, se mettre en ménage.
Lava lou méinaje, laver la vaisselle. Faïre lou méinaje,
balayer, frotter, nettoyer, mettre tout en ordre dans un
appartement, dans une maison.
Dér. de la bass. lat. Mainagium, venu de Mansio,
demeure.
Méinaje, s. m. Homme aisé qui vit de son bien qu'il
travaille, et qui ne travaille point pour autrui; fermier,
laboureur.
Méinajèiro, s. f. Ménagère, femme qui entend l'écono-
mie et la conduite du ménage. — Fïo troutiUro et féoét-
trièïro raromén bono mêinajèiro, prvb., fille trottiére et
fenestrière rarement bonne ménagère.
Méïrano, s. f., n. pr. de lieu. Meyranes, commune dans
le canton de Saint-Ambroix (Gard).
Nous ne voulons, à l'appui de notre thèse sur les dési-
nences suffixes, que présenter la série des variantes de ce
nom et des analogies qu'il attire. Ces rapprochements
seront des conclusions suffisamment déduites et prou-
vées.
Le Dictionnaire topographique du Gard de M. Germer-
Durand, si plein de savante érudition, nous fournit les
citations. Méïrano, Meyranes, est, en 964 , Villa quevoeaiur
Mairanichos; en 4037, Mairanègues; en 4240, de May-
ranis; en 4344, Eeclesia de Mayranicis; en 4549, Jfay-
rannes; enfin, depuis 4 634, Meyranes.
Dans la même commune, un hameau se nomme MoiroM,
de Mayrassio, en 4463.
Sous la forme gallo-latine, Mayranieœ, prononciation
identique, représente Meyrargues (Hérault, Gard et Bonches
du Rhône) ; la forme correspondante latine, Mayranum,
Mayracttm, Mayranœ, a donné, dans des départements
divers, Mayran, Mayrens, Mayres, Mayrac, Mejrac,
Mairac, Meyras, Meyriat, Meyrié, Meyries, Meyrieo,
Meyrueis, etc.
De même, les formes similaires Merinhanieœ, moj. lat
et Mayrinacum et Marignaeum, lat., fournissent Mèri-
gnargues (Gard), dit aussi Mirignanieue^ MerignaniemM,
de Marignanicis, Merinhanieœ et Marinhankœ, comme
les noms de Mérignan, Méijgnac, Mérignas, MérignaU
Mérigneux, Mérignies, Mérigny, Mayrinhac, Mayrinhagnes,
Mayrignac, Meyrinhac.
Par où il devient évident que tous ces noms, où la dési-
nence reste indifférente pour le sens, dérivent da même
principe, ont la même racine, qui se rencontre dans le
celtique Maer, chef, préposé, gardien ; d'où le gallois a fait
au pluriel Mairi, fermier, métayer, gardien; en bas-bietoo
MEL
MEL
477
Matir, maire; en roman, Mairin, Mérin, échevin, maire.
La signification amène pour tous celle de domaine, pro-
priété du gardien, dn préposé, du fermier-chef, du métayer,
da ffuilinfr, maire, major.
Môjan, méiano, adj. Moyen; mitoyen; ce qni est entre
deux. — Un m^jan, s. m., une allée ensemencée entre
deux qui ne le sont pas.
Cet adj. du reste devient facilement snbst. masc. ou fém.
et forme ainsi des noms propres, on bien entre en compo-
sition, en se déterminant suivant le genre du mot auquel
il s'allie. ,
Méjan, n. pr. d'hqmme. Méjan, a formé Moiméjan,
Mâoum^jan, Malméjan, Mauméjan, Camméjan, Gamp-
méjan, Câousséméjan, etc.
Méjano est devenu n. pr. de lieu, rendu en fr. par
Méjannes, qui signifie moyenne on intermédiaire, sans
doute de ce que l'habitation autour de laquelle se groupa
le hameau ou le village, était à moitié chemin entre des
agglomérations préexistantes. De la même manière et pour
les mêmes raisons se sont produits les noms de VUoméjano,
Saroméjano, etc.
Méjano, s. f., désigne également la dorade moyenne, de
moindre taille, poisson. — Voy, Dâourado.
Dér. du lat. Médius, média, m. sign.
Méjanciè, ièîro, adj. Moyen; médiocre; de moyenne
grandeur; intermédiaire.
Méjanèl, èlo, adj. Mitoyen; moyen. — Désigne aussi
nn habitant de Méjannes, village. — Voy. Méjan.
Mél ou Mil, s. m. Mil, millet, Panicum mUiaeum,
Linn., plante de la fam. des Graminées, dont la tige est
terminée par une panicule ou de menues branches éparses
et chargées de grains. — Avédre lou gran dé mil, expres-
sion figurée, sorte de phrase faite, qu'il n'est pas difficile
de traduire mot à mot : avoir le grain de millet. Voilà qui
est fait. Mais il n'est pas aussi commode d'en donner
Texplication. Nous essaierons cependant défaire comprendre
un dicton qui revient assez souvent.
La peur, dit^n, grossit les objets; c'est possible, mais
pas tous, car il en est qu'elle diminue notablement. Pour
exprimer jusqu'où cela peut aller chez quelqu'un frappé
par cette divinité à laquelle sacrifiait l'intrépide Romain,
— la Peur avait un temple à Rome, — le languedocien
inventa cette phrase pittoresque : / hu taparia» émb'un
gran dé mél; taparias du verbe tapa, boucher, émb'un
gran dé mél ou dé mil, avec un grain de millet. On com-
prend que le pronom lou, le, fut, conformément à ses fonc-
tions, mis plus tard pour couvrir le mot primitif lui-même,
quand on le trouvait trop énergique. C'était traduire par
une métonymie risquée sans doute, et un peu crue, mais
juste, un des effets physiques causés par la frayeur; si
bien qu'en suivant cette voie d'adoucissement et en cher-
chant à représenter l'effroi, la terreur, cette crispation ou
cet éréthisme nerveux donnés par la peur, par une singu-
lière succession ou déplacement d'idées, le grain de mil est
devenu lui-même synonyme de peur, et avédre lou gran dé
ma, c'est avoir peur... Ah! quelle peur!
Dér. du lat. MUium, m. sign., qui a été fait lui-même
de Mille, pour exprimer la fécondité du millet, qui rend
mille pour un.
Mél-négre, s. m. Blé noir, blé sarrasin ou sarrasin,
Polygonum fagopyrum, Linn., plante de la fam. des Poly-
gonées, fromentaoée dont le grain triangulaire est noir, ce
qui lui a valu son nom, et la fieur blanche. On peut en
faire du pain, mais il est indigeste et ne convient qu'à des
estomacs robustes; aussi l'emploie-ton surtout à engraisser
4es volailles.
Mêla, V. Mêler, faire un mélange; assortir; brouiller;
particulièrement mêler les cartes, les battre.
Se mêla, se mêler; s'entremettre; s'occuper d'une chose,
à tort ou à raison. — Que copo ei méh dé trop se mHo,
qui coupe et mêle de trop se mêle. Dé que se mUo motm
ea r de quoi se mêle mon chat ? dit-on à quelqu'un qni
essaie de dire ou de faire plus qu'il ne sait ou qu'il ne peut.
— Yoy. Se mêUa et Mésela.
Empr. au fr.
Mélôto, s. f. Melet, joël athérine, Athorina hipsetus,
Linn., poisson de mer de l'ordre des Holobranches et de la
fam. des Gymnopomes, long et très-mince. — Voy. Caga.
Dans nos environs, d'après Crespon, le nom de Mélélo
appartient véritablement au joêl du Languedoc, variété, si
c'en est une, qui se confond avec le melet. Les joëls habi-
tent la Méditerranée, mais ils pénètrent dans nos étangs et
y vivent en grande troupe. C'est aussi un très-petit
poisson que les anciens nommaient AptUa; ils pensaient
qu'il naissait de l'écume de^la mer. Sa chair est bonne en
friture.
Mélgouîrés, éso, adj. Melgorien, enne; nom que l'on
donnait à la monnaie de l'ancien comté de Melgueil ou
Mauguio, qui, de 4432 à 4474, fut par suite d'une alliance
possédé par Bernard Pelet, seigneur d'Âlais. Le sol Melgo-
rien, sol Mélgouîrés, qui était d'argent, valait huit sols
tournois, et la livre Melgorienne, Mélgouïréso, huit livres
tournois.
Ce mot n'a survécu que pour servir de nom distinctif à
un village important de l'arrondissement d'Uzès, Sén-GignM
dé Malgouirés ou Mélgouîrés, Saint-Geniès en Malgoirés,
qui devait être une dépendance du domaine Melgorien.
Dans le Bullaire de Saint-Gilles, cité par M. Germer-
Durand, on le trouve, en 4449, appelé Sanctus Genesius de
Mediogoses; en 4384, dMe edio Guoto; en 4384, de Medio
Goto; en 4464, de Malgorio et de Mandegoto; il n'arrive
qu'en 4547 à Saint-Génies de Malgoirés, dénomination
actuelle. Il faut convenir que les plus anciennes forme^
s 'écartent beaucoup du primitif Melgueil et Melgorien, ce
qui infirme nos conjectures sur son origine. Tontes nos
recherches ne remontent pas plus loin, et nous ajouterons
cependant, toujours d'après le savant auteur du Dictionnaire
topographique du Gard, que le Malgoirés, pays du diocèse
M.
478
MEM
MEN
d*Uzôs, était un pagus formant, an x* siècle, une vignerie
qni comprenait quinze villages, dont il donne les noms, et
appartenait 4 la circonscription du doyenné de Sanzet. Ce
fMi^uj était désigné, en 943, sons le nom de Yulli$ Medio
Gonlensis in eomitatu Uzetico; dans le dénombrement de
4384, on trouverait Médium Gotum, Gomme notre Salnt-
Ciéniès, un autre village de cette viguerie, Saint-Mamert, est
nommé Sandus MfafMtug de Medio Goxes, en 4204. La
finale Goto, goium, confondue avec le mot, se rencontre
dans Tappellation d*un village éloigné de là, aujourd'hui
Mandagout, dit, en 4088, Mandagot; en 4233, de Manda-
gotio; en 4280, de Mandagoto; en 4294, MandagotumT
Gomment la différence de traduction on de reproduction
s*est-elle faite ? par quelle altération est-on arrivé à Mal-
gouïris ici, et là à Mandagoiu, un peu plus fidèle ? Ces
rai^rochements amèneraient-ils à faire admettre une ori-
gine wisigothe ou un souvenir d'appellation de ces anciens
possesseurs de nos contrées? Il est difficile de se prononcer
sor ces indices; mais elles se présentent assez naturelle-
ment à la pensée.
Mélonn, $. m. Melon, Cucumù melo, Linn., plante de
la fam. des Cucarbitacôes, originaire de PÂsie, dont les
variétés par la culture sont aujourd'hui très-nombreuses. —
Vn amateur, sans doute frappé de la difficulté de distinguer la
bonté d'un fruit qui ne soi^re pas la médiocrité, a consigné
en latin les qualités qu'il doit avoir : Melo tit formosue,
ÎBproeus, rotundus et pondero8u$, le melon doit être beau
de forme, rugueux, rond et pesant. L'an fa eoumo un
méhun, on Ta joué, dupé, mis dedans : jeu de mot sur fa,
fait à point, qui est une des qualités du melon. iVbim té
podou eounouïeee dé iuén hue mélotme et lai fénnoe, prvb.,
femme et melon à peine les connait-on.
Dér. du gr. MfJXov, pomme.
Mémhra, ado, adj. Membru, qui a des membres gros,
puissants, forts.
Membre, s, m. Membre, partie extérieure et mobile du
corps, la tète exceptée; chambre, pièce d'une maison. —
T*a très mémbree d'un van, il y a trois pièces de plain-pied.
Dér. du la t. Membrun, m. sign .
Méméto (Aro), adv. Dim. de Mémo, A présent même,
à l'instant même. — Réduplication pour raccourcir encore
rintervalle, le moment dont on parie. Yen dé m'ou dire
oro-méméto, il vient de me le dire à présent, à présent; il
n'y a pas une seconde.
M6mo, pron. dee deux genres et adv. Même, qui n*est
point autre, point diffèrent; semblable, pareil; même;
plus; aussi; encore. — Se met immédiatement après les
personnes pour marquer plus expressément celle dont on
yarle. — Èstre en mémo dé.., être en état, en disposition,
en mesure de...
En ital. Medêiimo, m. sign.
Mémorio, e.f., ou Mémouèro. Mémoire; faculté de
souvenir.
Dér. du lat. Memoria, m. sign.
Mèn, s. m. et adv. Le moins, la moindre (Aioae, la
moindre quantité; moins, pas tant, en plus petite quantité.
-— N'a pa$ mén, il n'en a pas moins. Ou laïttarét èe pér
quieon dé mén, vous le laisserez bien pour quelque ^ose
de moins. Wi maï ni mén, ni plus ni moins. Aou mén, au
moins. A tout lou mén, pour le moins, à tout le moins.
Gn'én dounère lou mén que pouguère, je lui en donnai le
moins que je pus. Pod» pas faire dé mén, je ne puis fiire
autrement, je ne puis me dispenser. Né voulé ou né voudre
dé mén, mot à mot, en valoir moins, c.-à-d. mourir. L'ita-
lien a une expression analogue : Venir mèno, s'évanouir,
tomber en défaillance. A mén que..., à moins que, à œ
n'est que. A mén dé,..,k moins de. A mén d^oufaèireétprè$,
à moins de le faire exprès. Aou mén que vèngue pas, de
grâce qu'il ne vienne pas. A mén que lou sone, si ce n'est
que je ne l'appelle.
Dér. du lat. Minus, m. sign.
Mena, v. Mener; conduire; amener; diriger; donner
accès. — Sa fénno lou méno, sa femme le mène. IfM
tifio caréto, conduire une charrette. Mena la coréto, être
voiturier. Véndrés dilus et ménarès vostê eougna, vous
viendrez lundi et vous amènerez votre beau- frère. Mena
d'aise, manier, mouvoir un objet doucement, peu à peu, à
petits coups, sans secousses. Mena carosso^ rouler carrosse.
Mena fosso fun, mener beau bruit, grand brait, Mie des
embarras. Mena fosso rambal, faire beaucoup de remae*
ménage, grand bruit et surtout beaucoup de brait poor
rien. Mena dé bru, faire du tapage. Chu, menés pas tan dé
kru, chut, ne faites pas tant de bruit. Se voulès mena
moun afaïre, si vous voulez vous charger de mon procès.
Ménarès mous afaïres, vous dirigerez mes afiEaires. Mâou
mena, malmener, réprimander, maltraiter. Aquàlouménarû
pas iuèn, cela ne le mènera pas loin. AquéHo trctvèsso méno
à la plaço, cette rue conduit à la place. Méno soun M <k m
mon, il fait valoir lui-même sa propriété.
Menaça, t;. Menacer, faire des menaces; pronostiquer.
— Aquélo muraw ménaço, ce mur menace mine. AipA
tén ménaço dé plèj'o, ce temps annonce la pluie.
Dér. du lat Minari, m. sign.
Ménaço, s. f. Menace; parole ou geste pour faire con-
naître ou faire craindre à quelqu'un le mal qu'on veut lui
faire.
Dér. du lat. Minadœ, m. sign.
Ménaire, s. m. Valet de meunier; charretier des mou-
lins à blé et à huile, qui va chercher le blé et les olives,
et rapporte la farine et l'huile chez les partionliers.
Ménaire, s» m. Meneur; celui qui, à une noce et pen-
dant toute sa durée, est le cavalier affidô d'une invitée.
Chaque jeune fille ou femme a le sien, qui lui donne le bras
dans le cortège de couples à la file qui accompagnent les
mariés à la mairie, à l'église et dans la promenade ocmsa*
crée où tonte la noce va parader triomphalement dans le»
endroits les plus fréquentés, ménétrier en tète et au son du
violon qui la fera danser le soir. D est bien èrideat qu'à
MEN
MEN
478
ne s'agit id que des noces du peuple, les antres vont en
voiture, dédaignent la promenade tniditionnelle, et n'ont
plus besoin de MénMret.
Ménaïre se dit aussi du mouton sonnailler, meneur ou
conducteur du troupeau, et du mulet qui marche en tète
de la bande appelée Caubh,
MénaîroB, s. f» plur. Les deux jeunes filles, amies,
compagnes d'une nouvelle mariée, qui sont ses meneuses,
parce que, dans la cérémonie des noces, elles la conduisent
chez son époux et la mènent au lit nuptial.
Ménar, s. m. Arbre moteur ou conducteur d'une ma-
chine. Il est placé comme prolongement de l'axe de la roue
motrice et porte aussi loin qu'on veut son mouvement
qu'il distribue en même temps sur toute sa longueur. On
appelle Chapoù l'appareil en fer qui relie bout à bout deux
pièces de bois lorsqu'une seule n'est pas suffisante pour la
longueur voulue du Ménar,
Mén-dicho, s. f. Rabais; adjudication au rabais. — A
la mén-dicho, adjudication d'un ouvrage, d'un travail,
d'une construction, d'une entreprise au plus fort rabais.
Dér. de Mén, moins, et Dieho, dite.
Méndre, méndro, adj. Moindre; plus petit; moins grand.
— Lou pu méndre, le plus petit. Aquà's moun pu méndre,
c'est le dernier, le plus jeune, le plus petit de mes enfants.
Dér. du lat. Minor, m. sign.
Méndrigonlé , éto, adj. Mingrelin, mince, fluet; de
petite taille, avec de petits traits et sans vigueur.
Dim. de Méndre.
Ménéja, v. Produire de son espèce, s'il s'agit des végé-
taux, et de sa race si c'est d'un animal. — Méno ménéjo,
dit le prvb., l'espèce fait la même espèce, la race se repro*
duit, se continue par la même race : idée que l'on rend
aussi par tous cho$ fan pa$ dé canaris, un hibou ne fait
point un canari, l'aigle n'engendre point la colombe, en un
mot bon sang ne peut mentir; ce qui se dit particulière-
ment et par antiphrase de Méno, — Voy, c. m.
Ménésconte, 8, f. Mécompte; erreur de calcul.
Dér. du lat. Minia, moins, et Computare, compter.
Ménéscor, $. m, Discord; désaccord. — Se dit des par-
ties qui ne peuvent s'entendre pour conclure un marché.
Formé du lat. Minins, moins, pour mauvais, et Acor,
Ménôscordi, s. m. Discord; désaccord. — Même mot
que le précédent; la différence finale tient tout au plus à
quelque délicatesse d'acoustique, selon la place que ce mot
occupe. Ainsi l'on dira : Sèn en ménéscor dé quioon, et
T-aviè trop dé ménéseordi,
Ménéslisa (Se), v. Se méfier; se défier; ne pas se fier;
avoir de la méfiance.
Formé de Mén et de Fisa,
Ménésprls, s. m. Mépris; dédain; dépréciation.
Dér. du lat. Miniu et Pretium.
Méaéspriaa, v. Mépriser; dédaigner; avoir du mépris;
déprécier; mésestimer.
Méno, «. f. Espèce; race; engeance; manière; façon;
qualité. — Uno souquo, un âoubre dé bono méno, ou dé
michanto méno, un cep* un arbre de bonne ou de mauvaise
espèce. CM dé bono méno, chien de bonne race. On dît
également d'un homme qu'il est de bonne race, dé bono
méno. Trasso dé méno, mauvaise espèce et mauvaises gens,
mauvaise engeance. Gn'a pas méno, il n'y en a pas tnce,
il n'y en a pas un, pas la moindre chose. Ènira ou se
métré en méno, au pr. commencer à avoir d'une e^èce
pour la multiplier; au fig. c'est ce qu'on dit ordinairement
d'un joueur malheureux qui marque un premier point
longtemps attendu, d'une personne qui commence une
série quelconque qu'il craint ou désire voir augmenter. Un
pdou dé chaquo méno, un peu de chaque espèce, de tout
genre. Aquélo méno, cette espèce; locution restrictive et
technique. — Voy. Museardin.
Méno, s. f. Scions, jeunes pousses d'arbres dont oa veut
propager l'espèce et que l'on coupe pour en tirer des greffes.
On le dit surtout du mûrier. A l'époque où l'on a coutume
de le greffer, sa feuille est entièrement développée et sou-
vent cueillie : on ne pourrait "prendre de la greffe, dé méno,
sur l'arbre; il faut donc s'en prémunir à Tavanoe, et quand
la sève se met en mouvement, on coupe des jets, jinguéhs,
qu'on lie en bottes ; on les enterre dans un endroit fhds,
on les met le pied dans l'eau. Les bourgeons restent ainsi
sans se développer jusqu'au moment de greffer.
Méntastre, s, m. Menthe sauvage, Mentha sylve^ris,
Linn.,et Menthe à feuillesrondes, Mentha rotundifolia,à&ux
plantes du même nom en lang. de la fam. des Labiées, aro-
matiques, communes dans les fossés et leslieux marécageux.
Dér. du lat. Mentastrum, m. sign.
Méntl, V. Mentir; affirmer comme vrai ce que l'on sait
être faux; dire un mensonge; tromper. — Se dises aqud,
vous faraï menti, si vous avancez cela, je le dénierai, je
soutiendrai que c'est faux, je vous donnerai un démenti.
Aqui moussu que mé gardara dé menti, voilà monsieur qui
sera mon garant, qui attestera que je dis vrai. BadMt po
pas menti, se noun vôou manja, vôou dourmi, dicton,
bailler ne trompe point, si ce n'est indice de la faim, c'est
celui du sommeil.
Dér. du lat. Mentiri, m. sign.
Ménto, s. f. Menthe, non donné indistinctement en lang.
et en fr. à la menthe verte ou baume vert, Mentha viridis,
Linn., et à la menthe ou baume des jardins, Mentha gen-
tUis, Linn., plantes de la fam. des Labiées, cultivées à
cause de leur odeur forte et agréable. — Fto sans eréhto
vôou pas un brou dé ménto, diot., fille effrontée ne vaut
pas un brin de menthe.
Méntoù, s. m, Dim. Méntouné, Menton, partie du visage
sous la bouche.
Dér. du lat. Mentum, m. sign.
MéntougnèûrOf s. f. Mentonnière; bande d'étoffe ou
simple cordon sur les c6tés d'un bonnet, d'une coiffe, d'un
casque, qui passe et s'attache sous le menton.
Empr. au fr.
480
MER
MÉR
Méntre, eonj. souvent est Téqnivalent de Entre fVoy,
cm.). — Méntre que, tandis que; pendant que; aussitôt
que. Méntre qvé dinaraï, pendant que je dînerai. Méntre
qu'anaraï dina, aussitôt que j'irai diner.
En ital. Méntre, m. sign.
Héntnr, ménturdo, adj. Menteur. — Moins bon que
Méiiourguiè. — Voy, cm.
Menu, ménudo, adj. Menu; délié; mince; qui a peu de
volume. — Vous ou diraï tout pér lou menu, je vous dirai
tout par le menu, jusqu'aux plus petits détails.
Dér. du lat. Minutut, m. sign.
Hénuda, v. Couper menu; diviser par petits morceaux*,
par petites parties. — Voy, Aménuda,
Hénudaîo, ». f. Menuaille; fretin; *b6atilles; menues
choses délicates et friandes que l'on met pour garniture
d'un plat ou qui composent le plat lui-même; toute sorte
de petits objets. — Ai agu fosto ménudaHo, j'ai eu force
menuaille, dit un magnagnier qui a eu beaucoup de petits,
pichds, dans sa chambrée de vers-à-soie.
Dér. du lat. Minus, moindre, petit.
Ménudos, s. f. plur. Fourniture de salade, menues
herbes : cerfeuil, civette, estragon, etc.
Ménngué, j. m. Menuet ; sorte de danse à trois temps ,
grave et compassée, qui ne fut jamais bien populaire et
dont le nom même est aujourd'hui presque oublié ; air sur
lequel on la dansait.
Ménnguéto, i. f. Origan, espèce de mélisse, de thym
ou de marjolaine, Mellissa nepeta, Linn., plaate de la fam.
des Labiées, aromatique, stomacale, sudoiifiqne, commune
dans les bois. On la confond avec la Majourano fèro, —
Voy. c m.
Hèoii, 8. m. Miel, sac doux des abeilles. — Voudritu
lou mèou amaï Uu brésquos, vous voudriez le miel et les
rayons, c.-à-d. tout.
Dér. du lat. MU, mellis, m. sign.
Hèr, s. f. Mer, amas des eaux salées qui environnent
les continents. — La mèr brulo pas, la foire n'est pas sur
le pont, il n'y a rien qui presse. La mèr fdi dé riches et dé
pâoures, la mer fait des riches et des pauvres, pour dire
aussi qu'il n'y a pas le même bonheur pour tout le
monde.
Autrefois on disait ilfar^ plus près du lat. Mare; l'usage
on l'altération franehimande a fait prévaloir Mèr, comme
enfr.
Hérca, s, m. Marché; lieu public où l'on vend; vente
dans le marché; assemblée de marchands et d'acheteurs;
pacte ; convention ; prix d'un achat, d'une vente. — Lou
mérea es trop pichà, le marché est trop étroit, trop petit.
Y-aguè un for mérea dilus, lundi, il y a eu un très-bon
marché. Faïre mérea, discuter, conclure un marché. Coupa
hu mérea, rompre le marché. A éstras dé mérea, à marché
donné : se dit d'une chose vendue à très-bas prix, au-
dessous de sa valeur, à gâter, éstrassa, le métier.
^I^ca dé Soumèïre, marché de Sommières, et l'on sous- |
entend d'habitude comme complément du dicton devenu
proverbe : tout d'un eousta, pas rés dé l'âoutre, toat d'en
côté et rien de l'autre. Le mot est fait depuis longtemps et
reçoit bien des applications variées et figurées : en void
peut-être l'origine. Plusieurs foires importantes de chevaux,
notamment celle du dimanche des Rameaux, se tiennent à
Sommières. Elles sont fort en renom dans nos contrées, et
vendeurs, acheteurs, échangeurs, s'y rendent en fonle de
tous côtés. Or, on sait qu'autrefois du moins, maquignons
de profession et maquignons par circonstance ne passaient
pas pour priser très-bas leur marchandise et pour vendre à
prix fixe. Aussi les chalands au courant, et tant pis pour
ceux qui n'y étaient pas, ne se gênaient guère pour oflGrir
cinquante pour cent de rabais sur le prix demandé, ce qui
généralement, non sans force débats, finissait par être
accepté. Cette manière connue de conclure les affaires
donna lieu au dicton qui s'étend à bien d'autres choses
qu'à un marché quelconque à débattre, et en tous cas
l'apostrophe Mérea dé Soumèire signifie aussi : on ne peut
croire que la moitié de ce que vous dites, rabattez donc
d'autant.
On voit que le caractère des habitants de Sommières
n'est nullement compromis en ceci, et pas même en cause.
De certains marchés scabreux qui se passaient chez eux,
mais auxquels ils étaient étrangers, il n'y a pas à conclure
à leur avidité mercantile, ou à leur déloyauté, que le
proverbe reste dans sa concision ou même avec son com-
mentaire de supplément. Du temps que villes et villages
s'infligeaient mutuellement des sobriquets souvent véh-
diques et injurieux le plus possible, inspirés qu'ils étaioit
par les haines qu'enfantaient les guerres féodales, on n'eût
pas manqué d'infliger ce reproche, tandis qu^on n'a trouvé
rien de pis contre les gens de Sommières que de les
appeler Passerons, moineaux. Certes le moineau n'est pas
parfait non plus, sans doute : il est tapageur, égrillard, un
peu maraudeur et très-amoureux. Mais on défaut n'est pas
tout à fait un vice : et si les dictons sont contemporains,
ce qui parait probable, on ne se fût pas fait &ute de
stygmatiser le vice pour peu qu'il eût été mérité.
Dér. du lat. Mareatus, m. sign., de Morx, merds,
marchandise.
Hércadén, énqno, adj. Du marché; qui appartient au
marché, considéré - comme place, quartier; qui habite le
quartier du marché, ou qui s'y trouve ; marchand qui y
tient échoppe.
Mércouîrôou, s. m., n. pr. de lieu. Mercoirol, hameau
de la commune de Saint-Florent, arrondissement d'Alais.
— Ce nom, comme ceux de Mércouli, conlmone de Saint-
Martin de Valgalgues, de Méreouïro, Mercoire, communes
de Peyremale, de Portes, de Saint-Martin de Goroonac
(Gard), et de Melcoire (Lozère), celui de Méreo^, dans le
Gard encore, dit, en 4424, Castrum de Moreorio, et, en
4 244, de Mereurio, avec la forme propre ou diminutive,
désignent évidemment des endroits autrefois consacrés à
MÈR
MÊR
481
Mercure, une des principales divinités des Gaulois. Les noms
analogues français, soit géographiques, soit noms propres,
comme Heroour, Mercuire, Mercurol, Mercurin, etc.,
appartiennent à la même origine.
Mèrdo, f. ^ Merde; excrément; matière locale. —
Mirdo d'abéxo, miel, bien qu'il ne soit pas un produit de
cette nature. Dounmaï on bouUgo la mèrdo, dounmaX pu,
prvb., la traduction n*est pas nécessaire ; au fig. , cette
location, sous une forme triviale et basse, fait entendre cet
excellent conseil de ne pas ressasser une mauvaise aflGûre
qui ne ferait que s'envenimer, en revenant sur les torts ou
rindélicatesse de ceux qui y ont pris part.
Dér. du lat. Merda, m. sign.
Mérdoùs, onso, adj. Dim. Mérdouté, éto. Merdeux,
bréneux. — Pris substantivement, au masc. ou au fém.
surtout avec le dim., quoiqu'il puisse être rendu littérale-
ment dans le langage populaire, il équivaut au fr. Mor-
veux, qui se dit d'un enfant qui veut jouer l'homme
entendu, et même d'une personne plus âgée qui affecte des
airs au-dessus de sa capacité et de sa position.
Mérides, t. f. plur. Besicles, dont il ne parait être
qu'une altération. — Ce nom s'appliquait particulièrement
à l'ancien pince-nez qui figurait assez bien le huit de
chiffire, 8, et comme il a vieilli avec l'instrument qu'il
désignait, il n'est plus que l'équivalent goguenard de
LfÊnéioi.
Héricouqoa, v. Émailler; peindre de diverses couleurs;
couvrir de fleurs.
Si le mot, comme il le parait, est dér. du lat. Miré
eoocui ou eœdnatus, admirablement teinté, écarlate, il ne
doit indiquer que les couleurs les plus voyantes.
Merlan, s. m. Merlan, merlan de la Méditerranée, Gadus
fÊUBrludus, Linn., poisson de l'ordre des Holobrancbes et de
la fam. des Jugulaires ou Auchénoptères, commun et abon-
dant dans la Méditerranée .
Dér. du lat. Herlangui, m. sign .
Mérlaio, s. f. Merle femelle; d'un brun noirâtre ou
couleur de suie. — Voy. Merle.
Merle, s. m. Merle, merle noir, TurdtAS merula, Linn.,
oiseau de l'ordre des Passereaux et de la fam. des Créni-
rostres. — La finesse proverbiale du merle est souvent en
dé£aut, car on voit beaucoup de ces oiseaux en cage où ils
s'apprivoisent aisément et vivent de longues années. Il est
vrai qu'ils y sont souvent enfermés au sortir du nid. Le
merle est le chantre préféré dans la boutique de l'artisaut
qu'il charme en sifflant les airs qu'on lui apprend. Aussi
nous ne saurions dire pourquoi le lang. et le fr. ont pris
cet oiseau au ramage charmant, quoique un peu triste,
comme type de l'homme désagréable; car on dit : vilèn
mèrU, vilain merle, et toujours ironiquement un pouli
9kèrle, un joli merle.
On sait que le merle blanc n'est plus impossible, pas
même difficile à trouver. Cette couleur ne semble pas créer
une nouvelle espèce et n'est sans doute qu'une exception,
plus ou moins rare, chez un individu. — Nous avons
aussi, sédentaire dans le pays, le merle bleu, Turdu»
eyanus, Temm. Il a toutes les parties supérieures (excepté
les ailes et la queue qui sont d'un noir profond) d'un beau
bleu foncé, et toutes les parties inférieures d'un bleu plus
clair. Ce bel oiseau, très-semblable au suivant par ses habi-
tudes, n'a guère d'autre nom que lui.
Mèrle-rouqniè, t. m. Merle de roche ou Paisse solitaire,
Turdus ioxatUis, Linn., oiseau du même ordre et de la
même fam. La tête, le cou, la gorge et les petites couver-
tures des ailes d'un bleu cendré; un espace blanc sur le
milieu du dos; les ailes et les deux pennes de la queue
brunes; les autres pennes caudales et les parties inférieures
d'un roux ardent. Cette espèce nous visite au printemps et
nous quitte en automne. Ainsi que le merle bleu, il
recherche les endroits les plus pierreux et les plus solitaires
des montagnes, et ni l'un ni l'autre ne supporte facilement
la captivité. Le merle de roche est plus petit que le merle
bleu, qui est lui-même moins grand que le merle noir.
Mérlé, s. m. Créneau ; ouverture de distance en distance
au haut des murs des châteaux-forts ou des anciens rem-
parts des villes.
En ital. Mwrlo, m. sign.
Mérléta, v. Orner de créneaux, créneler le haut d'une
muraille, d'une tour.
Mérlusao, s. f. Merluche, morue, Gaduê morrhua,
Linn., poisson de l'ordre des Holobrancbes et de la fam.
des Jugulaires ou Auchénoptères. — La merluche est une
morue qui a subi une préparation particulière : la morue,
appelée verte ou blanche, que l'on ne connaît guère que
dans le Nord, est seulement salée et emportée ainsi. La
merluche est salée et séchée, â l'air ou au vent, car le
soleil chauffe peu dans le pays où l'on fait cette pêche. La
morue est un poisson excessivement goulu; aussi a-t-il
reçu le surnom latm de Merludus, tnarû lueius, parce
qu'on le compare au brochet, lueius, pour sa voracité :
c'est le brochet de la mer. De là sont venues les dénomi-
nations en lang. et en fr. Il faut avouer que si la moroe
mange beaucoup, elle est aussi considérablement mangée.
Pour compenser l'énorme quantité qu'en dévorent journel-
lement les hommes et les poissons, une morue femelle, au
dire d'un fameux naturaliste, porte jusqu'à 9,344,000 œufs;
il y a donc espoir que l'espèce ne se perdra pas.
Mère, s. m. Maire, premier officier municipal d'une
commune. — Comme dans chaque commune il y a un
maire et un ou plusieura adjoints; que, dans les villages
surtout, ces fonctions donnent à ceux qui les remplissent
une certaine importance et peutrêtre quelques avantages;
que dès lors, ambitionnées par plus d'un, elles sont le siget
de bien des conversations; loumiro et l'axouèn devaient
prendre place dans le vocabulaire languedocien. Du reste,
si le dernier mot est vraiment un nouvel intrus, l'autre a
pu prendre rang depuis très-longtemps; car, sans remonter
à l'époque reculée où des villes achetèrent de leuraseigneura
482
MES
MES
le droit d*élire des consuls ou des maires; sans parler de
rimilation que dut suivre cet exemple et des modifications
successives que Fautorité royale apporta depuis, quant au
fond et quant à la forme, à cette institution, nous rappel-
lerons seulement, comme date de ce mot dans notre loca-
lité, que, le 5 avril 4693, Louis des Ours de Mandajors,
juge en la cour des premières appellations de la comté
d'Alais, pourvu par le roi de la charge de conseiller du
roi, maire perpétuel de cette ville, fut installé en cette
qualité pour en jouir lui, ses hoirs et ayant-cause, hérédi-
tairement, aux gages de 400 livres par an et exemption de
taille, logement militaire, charges et toutes contributions,
etc., etc. Môme nomination eut lieu dans toutes les com-
munes du royaume.
Mèro, s. f. Mère; celle qui a donné naissance à un
enfant. — Bèlo-mèro, bellc-mèrc, la mère de l'un des
époux à l'égard de l'autre; deuxième femme du père à
l'égard des enfants du premier lit : dans cette acception,
lorsqu'il existe de bons ou de passables rapports entre les
alliés, bèlo-mèro est employé plutôt que matrastro, quoique
ce dernier mot n'ait pas tout le sens injurieux de Marâtre.
Il est bien entendu que ceux qui disent encore maire pour
mère, disent également bèlo-maïre ; mais le nombre de
ceux-là diminue chaque jour et l'on peut prévoir que bien-
tôt maire, après avoir régné seul, sera relégué dans les
emplois que dédaignera mèro, qui s'appliquera exclusive-
ment et sans partage à la femme. — Sémblo que vaï préne
la mèro, ou mieux la maïre âou ni$, c'est marcher à pas
de loup, doucement, dans le dessein de surprendre , aller
comme un preneur de taupes. — Voy. Maïre.
Mémîè, 5. m. Amélioration; soulagement; mieux dans
une maladie, dans la douleur. — T-a un pâou dé méruïè,
il y a un peu de mieux, un peu d'amélioration dans son
eut.
Dér. du lat. Melioratus, amélioré.
Mes, s. m. Mois, douzième partie de l'année. — Quoi-
qu'on dise fort bien Mes dé maï, mes dé janviè, etc., on
préfère souvent, pour rendre plus fluide la première syl-
labe, mé dé mai, mé dé Janviè, etc.
Dér. du lat. Mensis, m. sign.
Mes ou Mais, conj. Nous écrivons en effet Mais comme
en fr. par une exception dont il est rendu compte. — Voy.
Mais et Aï.
Mes , mésso , partie, pass. de Métré, mettre. Mis, mise.
Mésado, s. /*. Durée approximative d'un mois; salaire,
loyer d'un mois. — Vendrai dinc uno mésado, je viendrai
dans un mois environ. Y réstère uno mésado, j'y restai à
peu près un mois. Quan gagnères din ta mésado? combien
as-tu gagné pendant ton mois?
Mésadiè, ièîro, s. eladj. Ouvrier engagé pour un mois,
à tant le mois. — C'est surtout pour l'éducation des vers-
à-soie que l'on prend ces ouvriers supplémentaires.
Mésda, V. Mêler; mélanger; réunir et confondre plu-
sieurs choses ensemble ; faire un mélange.
Dér. du lat. Miseere; dans la bass. lat, Misculare,
m. sign.
Méscladls, t. m. De l'entrelardé, viande entrelaidëe,
mêlée naturellement de gras et de maigre. — Dé lar més-
cladls, du lard entrelardé tel que celui de la poitrias, dit
Véntrésquo.
Méscle, mésclo, adj. Mêlé, mélangé. — Un (atoè dé
hoitdin émhé quâonques flos dé poupo méseles, un morœaa
de boudin et quelques garnitures avec.
Mésele, adv. Ensemble; pêle-mêle. — Boujas-ou UnU
méscle, versez tout ensemble, pêle-mêle.
Mésclo, 5. f. Mouture, méteil, mélange par tiers de fro-
ment, de seigle et de paumelle; mélange de foin oade
luzerne et de paille pour les bestiaux.
Mésconla, v. Entailler un fuseau par une coche, le
marquer d'une cannelure.
Méscoulo, s. f. Coche, cannelure en spirale d'on fosean,
au bout opposé au peson, vértél, qui sert à arrêter le fil
pendant que, pour le tordre, on fait tourner le fosean sv
lequel on l'enroule ensuite.
Mésconnégn, udo, part. pass. de MéseounouHsse. né-
connu. — Voy. Méscounouisse.
Méscounéîssable, ablo, adj. Méconnaissable; que Ton
ne peut reconnaître ; qui n'est pas facile à reconnaître.
Méscounouîsse, v. Méconnaître; ne pas connaître. An
fig., désavouer ; oublier par ingratitude.
Dér. de Mes pour Méou, mal, et Cùunouisse, con-
naître.
Mésonlo, s. f. Moelle, substance molle et grasse dans
les os ; substance molle dans le coeur du bois.
Dér. du lat. Medulla, m. sign.
Méspooiè, s. m. Néflier, Mespilus germaniea, Linn.,
arbre de la fam. des Rosacées, qui produit la nèfle.
Pourquoi le fr. s'est-il tant écarté du radical lat. qne k
languedocien a reproduit ? Un étymologiste a trouvé que
le celtique avait Nesp ou Nespl avec la signification de
tronqué, coupé en deux, et que le grec MeaicfXïj, d'où était
venu le lat. Mespilus, et puis notre Méspotéiè, était formé
de Waoi, moitié, et de IIiXoc, boule ; par où sans doute le
fruit du néflier assez ressemblant à une n^oitié de globe,
avait mérité son nom gaulois représentant la particulaiité
que notait le grec. Nous ne voyons pas mieux ponr œb
pourquoi le français aurait adopté la forme prétrâdue cel-
tique, tandis que le languedocien s'en serait tenu an giec
et au latin.
Méspoulo, s. f. Nèfle, fruit du néflier, qui ne mnnt
jamais sur l'arbre et qui a besoin, pour être mangeable, de
même que la sorbe, de blossir sur la paille.
Mes que, conj. Pourvu que; en cas; à condition que.
— Mes que n'y-ague, pourvu qu'il y en ait. Mes fé
vèngue, à condition qu'il arrive.
En vieux langage, on disait Mas que, de Mas, pas pins,
seulement : Mas un drap, un drap seulement. Mat fté
s'amor m'anci, pourvu que son amour me tue. Le simpk
MES
MES
48»
Mas s'est perda; le eomposé JlfM^ués'est altéré ou adouci,
en gardant son ancienne acception. L'adverbe et la con-
jcmclion ont évidemment une commune origine dans Maï,
{dus, provenu du lat. Mfagis.
Méua]ariè, s. f. Messagerie, voiture publique pour
Inm^rter les voyageurs, qui fut d'abord chargée aussi
des messages ou des lettres, ce qui lui valut son nom. —
Ces voitures, que les chemins de fer font maintenant
prendre en pitié et un peu en haine, n'ont pas toujours
marché aussi vite que dans leurs derniers beaux temps,
poussées qu'elles étaient presque toujours par une rude
concurrence. Au commencement de ce siècle, rapportent
les obrosiques, il y avait ici une messagerie qui, pour
duinier directement les Alaisiens à Nimes, ne leur pre-
nait pas moins de quinze à seize heures. Pour savoir com-
met elle pouvait parvenir à exécuter un pareil tour de
force, il faut lire, dans les Castagnados du Marquis de la
Parb-Alais, l'épopée de Roeho et Pîagnôou, ces deux
antomédons du Consulat et du premier Empire, dont main-
tenant le nom vivra autant chez nous que celui de leur
devancier.
Héssaie, «. m. Domestique de fermier ou de paysan ;
messager; commissionnaire, envoyé; me$sagc, envoi, com-
mission.
Dér. de la bass. lat. Messagium, m. sign., du lat.
Miissio.
Héssajè, s. m. Messager; commissionnaire; envoyé;
qui est chargé de porter les lettres d'un endroit dans un
autre. — Âvédrê l'esprit méssajè, avoir un secret pressen-
timent; ce qui rappelle l'ancienne croyance aux esprits
làmOiers.
Méftso, s. f. Messe, sacrifice du corps et du sang de
Notre Seigneur Jésus-Christ. — Mésso hasso, messe basse
OQ petite messe. Mésso dé tnor, messe des morts. Préne la
mésso, recevoir la prêtrise, être ordonné prêtre. A pas la
mésso, il n'est pas encore prêtre. Pode pas èstre âou prêche
M à la mésso f je ne puis êlre au prêche et à la messe, c.-à-
d. partout en même temps; je ne puis sonner les cloches et
aller à la procession. Au fig. Sans argén se canto pas
mésso, locution qui s'emploie pour dire que sans argent,
sans payer on ne se met pas en frais, on ne fait pas de
cérémonies.
Dér. du lat. Missa, m. sign.
Méssorgo, s. f. Mensonge; menterie; fausseté; impos-
ture.
Méssorgos, au plur., signifie ces petites taches blanches
qiii viennent sur les ongles de la main, parce que c'est sur
leur nombre et sur leur forme,' fait-on accroire aux enfants,
que Ton reconnaît la quantité et la grosseur des mensonges
qnlh ont dits.
Dér. de la bass. lat. Mendonia, du lat. Mentitia, dont
le fr. a fût Mensonge, l'ital. Menzogna, et notre lang. avec
une légère altération Méssorgo.
Mêssourgiiiè, ièiro, adj. Menteur; mensonger; faux;
trompeur; qui dit un ou des mensonges; qui a l'habitude
de mentir. — Méssourguiè se dit mieux et vaut mieux
que Méntur, qui n'est qu'une traduction franehimande.
Méssourguiè coumo un lébriè, menteur comme un chas-
seur.
Héstiè, s. m. Métier; profession d'un art mécanique;
profession qui exige l'emploi des bras; machine dont se
serl l'artisan pour la fabrication de son ouvrage — Douna
un tnéstiè, faire apprendre un métier, mettre en métier.
Sabatiè, fat toun méstiè, savetier, fais ton métier, c'est le
JVé sutor ultra erepidam, du latin; chacun son métier et
les vaches seront bien gardées.
Dér. de la bass. lat. Ministerium, office, occupation.
Héstièîrâoa, *. m. Artisan ; celui qui exerce une pro-
fession mécanique; corps d'artisans; gens de métier.
Mèstre, s. m. Maître; qui a des serviteurs; qui com-
mande; instituteur; professeur; qui enseigne un art, un
métier, une science; propriétaire; maître, titre d'honneur;
principal. — Ses bé lou mèstre? vous êtes bien le maître?
vous pouvez commander. Ou diraï à toun mèstre, je le
dirai à ton précepteur, à ton maître d'école. Vôou pas pus
as mèstres, je ne vais plus à l'école, au collège. Aquél chi
a trouba mèstre, le propriétaire de ce chien est trouvé.
Mèstre Blasi, Maître Biaise. Un mur mèstre, un mur-
maître. Un mèstre d'armes, se dit d'un maître d'escrime
et au ûg, d'un habile jouteur, d'un madré compère, qui ne
craint personne en fait de ruses, de tours d'adresse, de
finesses. Lou mèstre-varlé, le maître-ouvrier, le principal
valet de ferme.
Il se prend quelquefois au féminin, Mèstro, pour Mes-
trésso, maîtresse, surtout en parlant de la femme d'un
maitre-valet.
Dér. du lat. Magister, m. sign. En ital. et en espag.
Maestro,
Mèstre, s, m. Mètre, mesure de longueur. — Le mètre
a été plus facilement et plutôt vulgarisé que les autres
mesures du système décimal, parce qu'il est continuelle-
ment dans les mains d'une foule d'artisans, menuisiers,
serruriers, maçons, charpentiers, qui sont un peu plus
lettrés et d'ailleurs sans cesse en rapport avec des archi-
tectes, des ingénieurs, hommes officiels ; aussi depuis long-
temps, avec ses subdivisions, a-t-il détrôné la eano, la
touèso, lou piè, lou pouce, la ligno, dont il n'est plus ques-
tion. Un mèstre eourén, eara, cube, sont fort de mise, car
il faut bien être à la hauteur de la science et parler de
mètre courant, carré ou cube, quand on en a be^in. On
sait que le mètre, unité fondamentale du nouveau système,
est la dix-millionième partie du quart du méridien terrestre,
allant du pôle à l'équateur; il vaut, en ancienne mesure,
3 pieds, 41 lignes 296. — Yoy, lettre JT.
Méstréja, t;. Maîtriser; dompter; réduire; faire le maître;
commander ou gouverner en maître.
Méstrésso, t. f. Maîtresse ; celle qui commande dans
une maison; institutrice, qui enseigne une science, un art»
484
HÉS
MIA
un métier; amante, bonne amie; pris adjectivement : prin-
cipale.
Hésvra, v. Mesnrer; déterminer une quantité, une
étendue, un espace par une mesure.
Dér. du lat. Mmturare, m. sign.
Hésuraîre, s. m. Mesureur; celui qui mesure; préposé
ayant droit et charge de mesurer.
Hésuraje, s. m. Mesurage; action de mesurer; droit
qu*on prend pour mesurer.
Mésiiro, s, f. Mesure ; ce qui sert à déterminer la quan-
tité, les dimensions; instrument pour mesurer; contenu
d*nne mesure de capacité; quantité mesurée. — Mésitro
raso, coumoido fVoy. CoumotUJ. Dé mésuro, à mesure, au
fur et à mesure. Dé mésuro que, à mesure que : sorte
d'adverbe. Bono mésuro, évent, excédant donné en sus de
la juste mesure ; par ext. on remploie pour répondre à une
personne qui, en parlant d'une chose quelconque, énonce
une quantité, une dimension, un chiffre, que Ton sait ou
que l*on croit bien au-dessous de la vérité : Aquélo fïo a
vin-t-ans. — Bono mésuro, réplique-t-on, si on lui en
croit davantage. On dit aussi dans le même cas : Mésuro
dé Sént-AmbriH, mesure de Saint-Ambroix. Et un mot
d'explication ne sera peut-être pas de trop pour bien faire
comprendre la synonymie de ce localisme. — On sait
qu'autrefois, en France, les poids et mesures variaient d'une
localité à l'autre, cause continuelle pour le commerce de
difficultés dans les calculs, de malentendus, d'erreurs et de
déceptions, auxquels l'uniformité du système décimal est
heureusement venue mettre un terme : c'est la seule, la
vraie égalité qu'aient fondée les faiseurs à qui nous le
devons. A Saint-Ambroix, la mesure de capacité, sous une
même dénomination, était plus grande que celle d'Alais.
Dans cette dernière ville, qui alors comme aujourd'hui et
à charge de revanche s'approvisionnait dans les marchés
de sa voisine, on devait s'occuper beaucoup de la supério-
rité de contenance de la mesure de Saint-Ambroix. Il en
résulta qu'on appliqua l'idée qu'on en avait à toute autre
chose; et lorsque quelqu'un avançait une appréciation qui
paraissait insuffisante, on complétait sa phrase en ajoutant
ces mots : mésuro dé Sém-Âmbrièi, équivalents plus pitto-
resques de bono mésuro; comme si l'on avait dit : soit,
vous voulez parler de la grande mesure et non de la petite,
sans quoi vous seriez au-dessous du vrai, mettez-en donc
plus largement, etc., etc. Et en avant, par exemple dans
le cas ci-dessus, citait-on l'âge d'une personne que l'on
savait plus vieillotte, ou bien elle-même retranchait-elle
quelques printemps de ses années, au lieu de glisser doucet-
tement, comme de coutume, la petite réflexion : Et le
pouce ! ou : Sans compter les mois de nourrice! on prenait
un tour figuré paiement expressif en murmurant : Mésuro
dé Sént'Ambrièï/
Ce dicton, qui ne peut être que local, est sans doute
d'ancienne date; mais il n'y a plus que les aines du kilo-
gramme ou du décalitre qui en connaissent l'origine, qu'ou-
blieront bientôt, si ce n'est déjà fait, ceux qui ne savant
pas qu'il fut un temps où l'on n'avait pas besoin de tant
de grec pour mesurer son blé et ses ch&taignes. C'est pour-
quoi notre Dictionnaire, à qui la tradition en est levenœ,
et qui, pour être de son époque, ne rougit pas du parier et
des usages du bon vieux temps, en a cherché et donné
l'interprétation.
Dér. du lat. Mensura, m. sign.
Mètre, v. Mettre; placer; poser; établir; disposer. —Se
métré, se mettre, se placer; commencer; s'habilier. Métn
dé pièi, prendre du pis, se dit des femelles des mammifèrei
lorsque, étant pleines, leurs mamelles ou leurs pis com-
mencent à se gonfler. Mètre la grano, mettre k couver,
mettre à éclore, à l'incubation, la graine ou les oBufe de
vers-à-soie. Métré lou lévan, mettre le levain fVoy. Uwn).
Métré lou toupi, mettre le pot au feu. Méire bien sits Um
papiè, bien écrire, rédiger, composer. Métré lou pétas don
tràou, mettre le doigt dessus, deviner quelque chose de
secret; mettre le doigt sur la plaie, sur l'enclouure. Métn
uno ràoubo, un capèl, mettre une robe, un chapeau. Ifétre
la tàoulo, mettre le couvert. Se métré à tdoulo, s'attabler,
se mettre à table. Se métré en trin, s'enivrer ; oommenoer
un ouvrage. Aquélo fénno se mes bien, cette femme se met
fort bien. Métré trempa tous granés, faire macérer, tremper
les pois-chiches. Mes pas la man àou se pér un pésovi, au
fig., il ne se dérange pas pour peu qui vaille.
Dér. du lat. Mittere, mettre.
Mialada ou Miélado, t. f. Miellat, miellée, mielluie;
gouttelettes d'une substance visqueuse et sucrée assez abon-
dante parfois pour former une sorte de vernis sur les
feuilles de certains arbres et particulièrement sur celles du
tilleul, de l'érable, du platane, du châtaignier, etc. On
attribue la miellée soit à une espèce de rosée, soit à la
transsudation même des feuilles, ou enfin à des pucerons.
Elle apparaît dans la première sève du mois de mai et le
lendemain d'une forte chaleur. Elle est purgative, et ia
feuille du mûrier, qui en est cependant moins attaquée,
devient un poison mortel pour les vers-à-soie lorsqu'il y
en a quelques restes que la pluie, la chaleur ou le vent
n'ont point lavés ou fait disparaître.
Dér. du lat. Mél, miel.
Mialé, s. m., n. pr. de lieu. Mialet, commune dans le
canton de Saint-Jean du Gard. — Noos ne relevons cette
dénomination que pour signaler une variante semblable à
celles dont nous avons parlé au mot MaUncho. MiaU,
rendu en fr. par Mialet, s'appelait, en 4 S94, en 4 345 et
4384, de Meleto, Meletum; le roman en fit MèlUt, et, en
4545, Mialet, qui est resté. Son radical primitif est pris
dans le lat. Mél, miel, comme celui de La Jlf iolouso, en
fr. La Melouse, et sans doute de Maléneho pour Méléneho.
Ces propensions se font jour daus le mot précédent M»-
lado plus usité que Miélado .'c'est l'introdaction de la oon-
sonnance éclatante a remplaçant e, tout à fait dans le génie
de la langue d'Oc et de la langue d'Oïl.
MIC
MIË
485
KialoÙB, mialouso, adj. Mielleux; qui tient du miel;
fade, doux; doucereux.
La MiaUmso, La Melouse, village de l'arrondissement
d'Alais, sur les confins de la Lozère, dit en 4092 jusqu'en
4508, de MéLosa, qui tire évidemment son nom du lat.
Mél, à cause de la quantité de miel qu*on y récolte.
Miâou. Onomatopée du miaulement du chat. — Ou
votuirias?.,, Miâou/ dit-on à quelqu'un à qui l'on présente
une chose qu'on ne veut pas lui donner; ce qui répond à :
Vous le voudriez ?... Je vous en souhaite, vous n'en cro-
querez que d'une dent.
Miâoula, v. Miauler : formé de l'onomatopée du cri du
chat, Miâou.
Lou miâoula, s. m. Le miaulement du chat.
Miâonlwe, aîro, adj, Miauleur, qui a l'habitude de
miauler. — Jamài ca miâoulaïre noun fugué bon eassàire,
prvh., jamais chat miauleur ne fut bon chasseur.
Mîâoiiqao, s, f. Millet sauvage ; pied de poule ou chien-
dent pied de poule, Gramen daetylon radice repente, Linn.,
plante de la fam. des Graminées, graminée de l'arrière
saison, dont la racine sert au même usage que celle du
chiendent ordinaire.
Dér. de Mil ou Md, millet, du lat. Millium.
Mîas, «. m. Pain, ou plutôt gâteau de millet ou de maïs
cuit au four. — Aromatisé avec quelques grains d'anis,
quoique lourd et indigeste, il n'est pas encore trop dédai-
gné par les enfants que les nouvelles friandises n'ont pas
rendus trop gourmands et délicats.
Dér. de Mil ou Mél, millet.
Michan, michanto, adj. Méchant, mauvais; qui est
par nature , par caractère , par tempérament , porté et
enclin au mal; en qui les défauts dominent. — Bono miolo
tniehanto bèstio, bono fénno michanto tèslo, bono tèro michan
eami, bonne mule méchante bêle, bonne femme mauvaise
tète, bonne terre mauvais chemin. Pértout y -a uno lèguo
dé michan cami, il y a partout une lieue de mauvais chemin.
Dé fnichanto fénno gardo té et dé la bono noun t'en fiées,
garde-toi de méchante femme et ne te fie pas à la bonne.
BèU> fénno michanto éspigno, belle femme mauvaise épine.
A fniehan-t'ouvriè gés dé bot outistes, mauvais ouvrier ne
trouve jamais de bons outils. Michanto tétoin quan-t-un
lou manjo l'âoutre, mauvaise saison quand les loups se
mangent entr'eux. Fios que eoun à marida michan troupU
à garda, filles à marier sont un troupeau difficile à garder.
Douna un michan co, donner un mauvais coup, un coup
dangereux. Vn michan capél, un mauvais chapeau, vieux,
osé. Michan vi, michan pan, mauvais vin, mauvais pain.
Miehan tén, mauvais temps : se dit surtout d'un orage
accompagné de grêle. Aï pàou que tombe dé miehan tén, je
crains que nous ayons de la grêle. Michan mâou, charbon
qui vient au visage, ulcère cancéreux, que la superstition
empÊche, comme pour la grêle ou pour les maladies des
veis-à-soie, de nommer par leurs noms. Aquélo michanto
wnéno, michanto méno, — Voy, Muscardin.
Miehan se prend adverbialement : Senti michan, sentir
mauvais ; faire michan, faire mauvais temps. Foi' micron
éstre malâou, il est pénible, triste d'être malade. Fat
miehan véni vièl, il est fâcheux de vieillir. Faï michan ana
déecâou, il n'est pas bon, il est désagréable d'aller nu-pleds.
— Faï michan est plus usité que Faï mâou, qui s'emploie
aussi dans ces locutions.
Lou michan, pris subst., le démon, le diable, pour ne
pas l'appeler par son nom ; comme on dit en fr. le malin :
c'est en effet le méchant par excellence.
Dér. du lat. Mis pour Mali, et Cadere, choir, Mis-cadens,
mal échéant, méchant, méschant, v. fr. Michan.
Michantiso, s. f. Méchanceté; malignité; inclination à
faire le mal ; calomnie. — A un enfant boudeur, obstiné,
rageur, on dit : Michantitof comme s'il était la méchan-
ceté incamée ; cela revient à Méchant ! vilain méchant ! et
le reproche n'a point d'autre portée.
Micho, s. /*. Pain de brasse, pesant de vingt à vingt-
cinq livres ; petit pain formant la ration quotidienne du
berger pendant qu'il est aux champs. — Cette similitude
de noms appliqués â deux pains si différents de taille est
une singularité qui doit venir de ce que l'un et l'autre sont
faits de la même pâte.
Dér. du lat. Mica, mie et morceau.
Miè, s. m. Muid, mesure de vin valant dans l'Hérault
sept cents litres. — Se dit aussi spécialement pour une
mesure de contenance de la chaux : un miè d'acâou, un
muid de chaux.
Miè, s. m. Milieu; centre. — Coupa âou miè, couper au
milieu. Aou miè dâou jardl, au milieu, au centre du jardin.
Dér. du lat. Médium, m. sign.
Miè, mièjo, ac^y. Mi, demi; moitié; milieu. — Mièjour,
mièjognuè, midi, minuit. Mièjo-houro, demi-heure. Mièjo-
lèguo, demi-lieue. Vno houro et mièjo, une heure et demie.
Mièjo journado, moitié journée. Vn an et miè, un an et
demi; mais on dit plutôt au masc. tin an et démï, mièjour
et demi. Gn*a jutqu'à mièjo cambo, il y en a jusqu'à mi-
jambe. A miè-camï, â mi-chemin. Miè-nèci, demi-fou,
demi-imbécile; écervelé; niais. Miè-motAseu, demi-mon-
sieur, demi-bourgeois, demi-manant. Manjo pas soun miè
sadoul, il ne mange pas à demi son soûl. Y véï pas $a
mièjo vido, locution bizarre en parlant d'une personne qui
a mauvaise vue, qui n'y voit qu'à demi et à peine pour
gagner sa vie ou ne pas se casser le cou. A mièHroiu, à
peu près à moitié de la hauteur, à hauteur moyenne, à mi-
tronc, du lat. Truncus. Un sa dé miè, un sac à moitié
plein. La pàïèïro es pas dé mièjo, la cuve n'est qu'à moitié
pleine, que demi-pleine. On dit cavalièrement d'une femme
qui fait beaucoup d'enfants : Es toujour pléno ou dé mièjo.
Douna soun bé à mièjo, affermer son bien à moitié fruits,
amodiation par laquelle le propriétaire prête sa terre et les
produits sont partagés. Miè-fébrièjoumâou énHè, prvb., à la
mi-février, la jouméedu travailleurestentière.-*Foy.Fé6n>.
Dér. du lat. Médius, a, um, m. sign.
ei.
486
MIL
MIN
Mièjo, s. /'. Moitié ele la pinte J'Alais qui équixalait au
pot ou à Jeux piulos de Paris. — La micjo coulicjit 0,90
coiitilitres, elle est donc à peu de chose près le litre. Auén
béoure micjo, allons hoire un litre. Ma fcnnu es economo,
d'un paqué de brouquclos ne j'ai sici mcv cl de micjo né fui
pas qu'un co, ma l'emnie est Lunne uiénMLj-'re, d'une Lutte
d'alhunclles elle fait si\ mois, et d'un litre une seule
fois.
Miel, s. m. et alv. de comparaison. Mieux.; le mieux.
— rams'uu Vnd pér loa miel, faites tout pour le mieux.
Qnan-i-on es vicl on danso pas 'miel, ([uand on est \ieux
on ne danse jias mieux. Aune jniii vent, j'aime mieux,
je préfère veiiir. Aqtfd vaï miel , la sanlè va un peu
mieux.
Dèr. du lat. Melias, m. sii:ii.
Mièro, s. f. ?se s'emploie <[ue (hms ci-'lte locution : Sda
coumo la mièro, saL'.' comme la mer, dont Mièro est [jrolia-
Llemenl une allcrallMn.
Miétoù, A\ m. Milan, oiseau. — l'oy. Tartano.
Mignar, mignardo, adj. Mi.Miarl, gracieux et gentil
avec un peu d\;rill'ri<' ; d;'lieat; duuillel.
Dèr. de Mina, mine.
Mignardéja, v. frcq. Mignard'?r; dorloter; poup-amer;
faire d-'s njignardises, des coqueii.riés délicates.
Mignardijc, i. /'. .Mignardi>e; gentillesse un peu alT-clèe;
dèlical'.'ose, coipi'.tlerie, car^ssiis.
Mignô, mignoto, s. et adj. Mignot; mignon; gàtè;
terme' d'ami iiuvnx et de nouirice.
Mignounéto, s. f. Mignonette, mignardise, (villet mi-
^'nardise, uàlîel pluUie, Dianthns phiniariiis, Linu-, ijlanlc
de la lam. des Ciryopli} liées , cultivé j coamie Heur
d'agrément, et qui croit jiaturellejnent sur nos mon-
tagnes.
Mignouta , v. Mignoler; caresser; ilatler doucement;
dorloter; traii-.r delicalouienl. — Il e^l aus^i réciproque :
Se mijnoutd.
Migou, s. m. Fumier uu croltin de brebis; fumier de
bergerie.
Dér. du gr. ^h:/.yj;, petit, d'où le lat. Mica, petit mor-
ceau, miette, graiji, i\ cause de la petite dimension du
croltin de brebis. Ce qui donne raison à cette étymologie,
c'est que, dans le même ordre d'idées, œ croltin, pris
isolément, s'a])pelle Pécolo, qui vient de Pichù, en ital.
Piccolo, petit.
Mijè (Dé), adv. De moitié, par moitié. — Faire dé
mijù, faire de moitié; ùtre de moitié au jeu; donner la
moitié de son lit, de son diner, etc. L'ase dé mijè fuyuè
toujour Ion pu mdou émbasta, prvb., l'Ane en connnunauté
fut toujours le plus mal embàté. — Mijè est dit pour
mèjè ou Mièjo.
Mil, s, m. Millet. — Voy. Mél.
Milanés, s, m. et adj. Milanais, du pays lombard. —
Ce mol désignait surtout, il y a quelques années encore,
dans nos contrées cévenoles, une race de vers-à-soie prove-
nant de la Loinbardie, dont on distinguait plusieurs variétés
de cucoiis : le milanais ordinaire, jaune, assez gros, coupé
ou serré par le milieu; le petit milanais qui n'en différait
que par son moindre volume, et enfin le milanais blanc.
Semblable au jaune par la forme, mais qui laissait quelque
cbo.^e i\ désirer pour la couleur. De])uis l'invasion du fléau
(pji ra\agi^ nos cbandjrées, l'importation a amené et répandu
d'autres races de la Chine, du Jajion, de la Natolie, du
Chili, du Cauca.se, qui n'ont pas fait oublier les belles
réussites des milanais; mais la confiance et l'ancien crédit
ne' leur .sont pas encore revenus, car la Lombardic souffro
des mémos maladies ({ue les Cévennes séricicoles. Espérons
cependant une régénération prochaine que des expériences
scient lliques promettent et font présager,
Milanto , s. m. De^ millions, des milliasses; nombre
inJélini et considérable de choses (juelconitues.
Dèr. du lat. Mille.
Millimèstre, s. m. Millimètre, millième partie du mètre.
— T'o//. Mcdro.
Iiupt'iialion nouvelle et obligée du fr.
Milo, .v. m. Mille, nom de nombre, et Mil, lorsqu'il sert
pour une date. .Notre langue ne fait j)as cette distinction.
— Milo lesdiis, mille r<iisons. Milo hiuè cén sètanto-trés,
mil liuit-ceiit soixanle et treize.
Milo reste toujours indéclinable.
Dér. du lat. Mille, m. sign.
Milo-floùs, s. m. Boule-de-neige, arbuste. — Voy.
Toumiè.
Mina, r. Miner, faire une mine; creuser; caver. Au
lig., consumer, détruire peu à peu par le chagrin, les
re'^'ets.
Minable, ablo, adj. Minable; pitoyable; dont l'appa-
rence, le costume, l'air font pitié.
Miné, s. m. Dim. Minouné. .Minet, petit chat; nom
caressant donné aussi h un vieux chat familier. — Faire
mine, manger plus de pain (jue de viande : ce qui doit ôlre
sans doute une antiphrase, car on dit également : Gronman
co^unio uno cato, gourmand comnie une chatte, pour expri-
mer le type de la gourjuandise délicate et quelque peu
recherchée.
Minéto, s. f. Dim. de Mino. Minette; petite chatte. —
Ainsi (jue le précédenl, se donne aussi à une chaltc favorite
quel que soit son Age.
Minganèlo, s. f. Minauderie; manières affectées pour
plaire; petites façons de l'enfant g<àté ou de la jeune fîlle
minaudiére, où perce une pointe naissante de coquetterie.
En bas-breton, Mingan, simagrées.
Mingre, mingro, adj. Chétif; un peu minable; piètre;
débile; qui n'a point de forces.
Mino, s. f. Mine; air; apparence; expression de la phy-
sionomie, de l'accueil; mine; métaux, minéraux à exploi-
ter, de cuivre, de charbon, d'or, d'argent, etc.; mine de
carrier, de mineur, pour faire sauter une roche à l'aide de
i la poudre; minette, chatte, femelle du chat.
MIO
MIR
487
Dans le premier sens, en bas-breton Min, mine; dans le
second, da lat. Minera, mines, minières.
Minon, s, m. Dim. Minouné. Minon, petit chat qui
vient de naitre. — Chanja soiu nUnoàt, changer d'amour,
porter ailleurs ses affections, en prenant métaphoriquement
ce qne fait au propre la chatte en changeant de place ses
petits qui sont aussi ses affections.
Minouna, v. Chatter, faire des petits en parlant de la
chatte.
Minoanado, 5. f. Chattée; petits chats qu'une chatte
met bas d'une fois.
Minato, t. f. Minute, soixantième partie d'une heure;
original des actes qui demeure chez le notaire, ou original
des actes judiciaires, qui reste au greffe.
Dér. du lat. Minutiis, minuta, petit.
Ko, s. f. Mie; amie; maltresse. — Ana véHre mHo, aller
voir sa bonne amie. Ma mïo, mou amie, m'amie , est un
de ces vocatifs que s'adressent les femmes dans leurs con-
versations, qui la plupart du temps est moins une expres-
sion d'amitié qu'un terme souvent indifférent et banal, fort
semblable au £r. : ma chère.
Contraction de Amigo, moun amigo.
Miolo, 9. f. Dim. Mioulélo; augm. Mioulasso. Mule,
femelle du mulet, produit de l'âne et de la jument. —
Bono miolo, michanto bèslio, bonne mule, méchante bète.
Rendre l'argén dé la miolo, rendre gorge, reperdre ce qu'on
a gagné ; en général, tout revirement de fortune, tout revers
de médaille. Faïre uno miolo, faire une sottise, une faute,
une maladresse.
Dér. du lat. Muta, m. sign.
Miôoa, s. m. Dim. Mioidé; augm. Mioulaa. Mulet, bête
de somme. — L'âne et la jument produisent les grands
mulets; le cheval et l'ânesse les petits que l'on appelle
Bardas,
Dér. du lat. Mulus, m. sign.
Mîon, miouno, s. et pron. poss. Mien; à moi; qui est à
moi ; qui m'appartient; le mien. — Es mïou, il est à moi.
Es miouno, elle est à moi. Démande pas gué lou m(ou, je
ne veux que le mien, je ne réclame que ce qui m'appar-
tient.
Dér. du lat. Meus, mea, meum, m. sign.
Mioù, mioimo, s.etadj. Mieux, le mieux; meilleur.
— £^ trémpo es bono, lou vi mïoù, la piquette est bonne et
le vin meilleur. Béoure bo et mtoù, boire du meilleur.
Vosie mïoà sérié dé , ce que vous auriez de mieux à
faire, votre meilleur parti serait de
Dér. du lat. Melior, m. sign.
Miougragné, s, m., ou Miongragnèîro,f. f. Grenadier,
Punica granatum, Linn., arbre de la fam. des Myrtes, qui
produit la grenade.
Son nom latin le suppose originaire du nord de l'Afrique,
d*oà. il aurait été transporté en Italie pendant les guerres
puniques; sa dénomination languedocienne et française lui
vient de Grano, grain, à cause de son fruit.
Miougrano, s. f. Grenade; fruit du grenadier; en lat.
Malum granaium, pomme grenue, pleine de grains. — Ce
fruit, dont le malade suce avec plaisir la pulpe, trop peu
charnue d'ailleurs pour être un aliment qui fatigue son
estomac, contient un acide agréable qui flatte le goût,
nettoie, rafraîchit la bouche et apaise l'ardeur de la soif
excitée par la fièvre ; ces précieuses qualités ont bien pu
lui valoir aussi son nom languedocien qui serait formé de
Grano, graine, grain, et de Mïoîit la meilleure.
Miougrano (Gouto), s. f. Migraine, douleur qui affecte
ordinairement une moitié de la tête, un seul côté.
En lat. Hemicrania, qui rend bien la localisation du
mal, et qu'il semble que la langue d'Oc a voulu exprimer
aussi, sans y réussir aussi bien.
Mioulan, s, m. Mule ou mulet vieux, mauvais et laid.
Rossinante du genre.
Mionne, miouno, s. et pron, poss. Mien, le mien. —
Variante de Miou, miouno, avec la m. sign.
Miqnèl, s, m., n. pr. d'homme. Au fém. Miquèlo.
Michel. — Se dit aussi couramment Michel, Miehèlo et
Michèou,
Miqnélé, s. m. l^fiquelet, bandit des Pyrénées, dont le
nom a été retenu dans cette seule locution : Arma aoumo
un miquélé, armé comme un miquelet.
Mirabèlo , s. f. Mirabelle, sorte de prune ronde , jaune
et sucrée.
Dér.. du lat. Mirabilis, m. sign.
Miracloùs, ouso, adj. Miraculeux; prodigieux; qui
tient du miracle; merveilleux; surprenant; extraordi-
naire.
Miraîa(Sé), v. Se mirer; se regarder dans un miroir ou
dans une surface unie qui rend l'image. Au fig., se regarder
avec complaisance ; s'admirer. — Que trop se miraïo pâou
fialo, fille qui trop se mire file peu. Se miraïa din sous
poulïs habïages, s'admirer dans ses atours, se mirer dans
ses atours. Quan réstarés aqu\ à vous miraïa ? dit-on à
quelqu'un qui n'a pas l'air de comprendre ce que vous lui
dites et reste là tout ébaubi, planté devant vous comme
s'il ne songeait qu'à se mirer dans vos yeux.
Miraiô, s. m. Dim. de Mirai. Petit miroir; écusson d'un
trou de serrure, de bouton de porte. — Ccusa àau mirdié,
faire la chasse au miroir.
Mirai, s. m. Miroir; glace de verre; surface polie, unie,
qui rend les images. — Bèlo fénno, mirai dé nécis, prvb.,
jolie femme, miroir de niais.
Dér. du lat. Mirari, admirer, considérer avec admira-
tion.
Mirgaîa, ado, adj. Diapré, émaillé de diverses couleurs
brillantes.
Altération peut-être du mot Miraïa, mais avec une cer-
taine extension.
Mirgo, Miirgo ou Mirguéto, s. f. Souris. — Ces déno-
minations qu'on trouve dans Saitvagks sont peu usitées.
Le lat. Mus, mûris, ou Musculus, rat, pourrait bien être
488
MIT
MOL
pour quelque chose dans leur formation. Nous disons Fi«r«.
— Voy. c. m.
Miricontonn, s. m. Brugnon, espèce de pèche dont la
pulpe adhère au noyau; sa peau est lisse, d'un blanc un
peu jaunâtre du côté de Tombre, et d*un beau rouge violet
du côté du soleil ; sa chair est ferme, sucrée, et d'un jaune
clair excepté auprès du noyau où elle est très-rouge.
En espag. Malaeoton.
Miscarolo, s. f. Alouette calandrelle. Aîauda braehi-
dactylo, Temm., oiseau de l'ordre des Passereaux et de la
fam. des Subulirostres, commune dans le pays. — Elle a
les allures du coche vis, Coitquïado, avec qui elle se mêle
volontiers, ce qui peut les faire confondre, quoique celle-ci
ne soit pas huppée.
Sauvages, à ce mot Miscarolo, se contente de dire :
Petite alouette. Gela signifie-t-il petite de taille, quelle que
soit d'ailleurs l'espèce, ou s'applique-t'il à l'alouette la plus
petite du genre, car elle ne dépasse pas douze centimètres?
Mais cette dernière n'a pas, comme les autres, de nom
particulier que nous lui connaissions. Miscarolo ne semble
pouvoir désigner que l'alouette calandrelle.
Missarô, s. f. Marmotte. — Elle n'est vulgairement
connue que sous le nom de Marmoto. — Voy. c. m.
Missoù, s. m. Espèce de saucisson de ménage, de cer-
velas, plus court que le saucisson ordinaire et fait avec de
la viande moins choisie et coupée moins menue, que l'on
ensache aussi dans des boyaux lisses ou non, de manière
qu'il est souvent assez informe. On le mange cru ou cuit,
et, dans ce dernier cas, chaud ou froid, Q||il est toujours
également bon. Le missoù est, pendant toute l'année, la
grande ressource de la plupart de nos modestes ménages,
et comme son apprêt particulier et son emploi ne permet-
tent pas de le désigner pour un équivalent français, on
devrait bien franciser son nom et l'appeler Missoti : nous
le recommandons au Dictionnaire de l'Académie.
Dér. de la bass. lat. Missonum, paquet, botte : le missoii
étant une agglomération de petits morceaux de viande
réunis en paquet ou faisceau.
Missonnariè, s, f. Confection, fabrication du Mistoù
(Voy. cm.). — Comme dans la plupart des ménages du
pays, qui peuvent le faire, on est dans l'habitude d'égorger
tous les ans un cochon, plus ou moins gros selon les
moyens, on appelle Faire missounariê, en faire la salaison,
parce que confectionner les missoiis est la chose principale
dans cette opération.
Mistrâou, s. m. Mistral, vent du Nord-Nord-Ouest, le
plus froid et le plus impétueux de ceux qui soufflent en
Provence, d'où ce mot a été importé.
Contract. de Magistràou, du lat. Magister, le maître, le
plus fort des vents.
Mita, s, f. Moitié ; une des parties égales ou à peu près
du tout. — Es dé Moussa, aïmo maï lou tout que la mita,
prvb., il est de Moussac, il aime mieux le tout que la
moitié. As$ dé mita es toujour mdou émbasta, l'âne de la
communauté est toujours le plus mal b&té /Toy. Mij^;. i
mita canU, à moitié chemin. Mita qwi, à moitié eût.
Èstre dé mita, être de moitié. Fal'r» dé mita, paitas».
Mita mita, moitié chacun, part égale. Jftfo Tm niia
l'àoutre, moitié de chaque : équivalant de «iia mita. A
mita, ou mieux dé mita, à moitié, à demi.
Dér. du lat. Medietas, moitié.
Mitadiè, s, m. Qui fait de moitié avec qnelqa'no; objet
qui sépare par moitié, comme un mur, un fossé diviant
un héritage.
Mitau^ s. m. Milieu, centre, point central. —Eav.fr.
popul. on disait aussi Mitan, — T-a pas dé mitan, il n'y
a pas de moyen terme, point de milieu, de tempémneat.
Entré mitan, au beau milieu.
C'est le synonyme plus usité de Mii et plus éteado.
. Dér. du lat. Médius, m. sign.
Mitèno, s, f. Mitaine; long gant de femme qui leooavn
le bras et n'a que le pouce et l'origine des doigts; gant qui
n*a de distinct que le pouce.
Mite, s. f. Mitaine; gant qui n*a que le poQce de dis-
tinct, souvent fourré en dedans, dont se servent paruco'
lièrement les voituriers. — Il est synonyme de MitcM
dans sa dernière acception.
Dér. de la bass. lat. Mitana ou Mitm, m. sigo., laMs
vel pellicea chirotheca, dit Du Gange.
Mitonna, v. Mitonner; faire cuire lentement; dor\otei;
cajoler.
Dér. du lat. Mitis, doux.
Mo, s. m. Mot; expression; terme; parole. — i^*
pas lou mo, ce n'est pas répondre; ce n'est pas là l'affùic*
ce dont il s'agit. Té dirai un mo, je te dirai ton fait; je te
parlerai. / digità soun mo, il lui parla comme il faot. Tàw
i'éscrtoure un mo, je vais lui écrire un petit mot, un l»ot
de lettre. Quinquè pas lou mo, il ne dit mot, il ne rèpliqu
rien.
Dér. du lat. Multum.
Moble , 5. m. Meuble, tout ce qui sert à oiner im?
maison, une chambre, et qui n'en fait point partie, n'y
étant pas attaché à perpétuelle demeure.
Dér. du lat. Mobilis, mobile.
Modo, s. f. Mode, usage dans les vêtements, les pl^-
sirs, les mœurs; vogue passagère; manière d'agir, de
parler.
Dér. du lat. Modus, manière, façon.
Mol, molo, adj. Mou; tendre; qui n'est pas dur. Âa
fig., mou; lent; flasque et sans vigueur; sans éne^;
indolent. — Es trop mol pér ana lâoura, la terre est
encore trop trempée pour être labourée. Boîsdiau/ qui sièt
mol/ Bon dieu! que tu es indolent! A lai cars bé «o(oi,
elle a les chairs bien flasques.
Dér. du lat. Mollis, m. sign.
Molo, s, f. Meule, cylindre plat pour broyer, poor
aiguiser; meule de moulin, de coutelier.
Dér. du lat. Mola, m. sign.
MOR
MOU
489
Molo, s. f. Terme de boucherie, cimier, partie de la
cuisse du bœuf, qui contient plusieurs tranches de diffé-
rentes qualités : la pièce ronde, la semelle ou hè-d'àouquo,
le tendre ou din-dé-quiiïiso; le derrière du cimier, depuis
les tranches jusqu'à la queue, s'appelle Culotte.
Molo, s, f. Relâche; intermission; rabais. — F-a molo,
la presse n'y est plus pour louer à haut prix les journaliers
lors des forts travaux agricoles ; y-a molo, quand le prix
des denrées baisse par la concurrence des marchands ou
l'abondance de la marchandise ; quand il y a interruption
dans les arrivages sur un marché. Par extension, on le dit
toutes les fois qu'il y a ralentissement dans l'animation
d'une partie de jeu, d'un plaisir, d'un travail.
Dôr. du lat. Mollis, mou.
Monle, s. m. Moule, instrument ou matière creusée pour
donner une forme au métal fondu, au plâtre, à la cire, etc.;
modèle. — Monle dé boutoù, moule de bouton, qu'on
recouvre d'étoffe.
Dér. du lat. Modidus, m. sign.
Môoiire, V. Moudre, réduire le grain en farine au moyen
des meules; par ext. broyer, réduire en poudre par un
moyen quelconque.
Dér. du lat. Molere, m. sign.
Môonto, s, f. Mouture; action de moudre; ce que Ton
moud à la fois ; salaire que prend le meunier.
Mâouto, part. pass. fém. du v. Môoure, moudre. Moulue;
broyée. — Bla énsaqua, farino môouto, littéralement, blé
mis en sac, farine moulue ; locution figurée employée sou-
vent pour dire : affaire conçue, chose conclue ; entreprise
commencée, succès assuré.
Mort, s. f. Mort; fin de la vie; mortalité; désastre;
massacre; carnage. S. m., mort; cadavi'e; un mort; mort,
morto, part» pau. et adj\, mort, morte, qui a cessé de
vivre. — Jouïne que veto, viêl que dort, sinne dé mort,
prvb.« jeune qui veille, vieux qui dort, signe de mort. La
mort d'uno fénno é$ coumo un co àou couïde, prvb , la
mort d'une femme est comme un coup au coude, douleur
vive qui passe vite, à peu près comme celle qu'éprouve la
matrone d'Ephèse. La mort das blas: quand éclate une
catastrophe, qu'arrive ce qu'on appelle vulgairement le
commencement de la fin, dans une débandade, une décon-
fiture, une déroute, dans un sauve qui peut, on s*écrie : la
mort das blas/ Le blé étant la chose la plus utile, la plus
précieuse, sa destruction serait le plus grand malheur
possible, et l'on ne peut déplorer davantage tous les autres
désastres qu'en les assimilant à celui-là. Àïçà's pas la
mort dé Twrèno, dicton conservé dans nos contrées, qui
fait comprendre l'impression profonde que causa la mort
du grand capitaine, et qui sert encore de comparaison pour
témoigner que le malheur dont on peut avoir à se plaindre,
si déplorable qu'il soit, n'est pas aussi grand que la mort
de Tnrenne. Lou pàoure mort, locution ordinaire en par-
lant d'une personne décédée depuis peu, emportant l'estime
et les regrets. Vn mort-dé-fan, un meurt-de-faim, un famé-
lique, un besogneux à genoux devant un écu. La morto-
sésoù, la morte-saison, celle où le mauvais temps arrête les
travaux, où un ouvrier ne trouve pas d'ouvrage. Douloù
dé fénno morto passo pas la porto, prvb., deuil de femme
morte dure jusqu'à la porte. Morto la bèstio, mort lou vérï,
prvb., morte la bête, mort le venin! Lou mai atrapa es
lou mort, le plus dupe c'est le mort. Lou fia es mort, le
feu est éteint. D'argén mort, de l'argent qui ne rapporte
rien. A mort, adv., à mort, mortellement. Travaïo à mort,
il travaille rudement. Mort subito, mort subite.
Dér. du lat. Mors, mortis, m. sign.
Mor, s. m. Mors; fer de la bride qui entre dans la bouche
du cheval. — Préne lou mor à las déns, auprop. et au fig.
prendre le mors aux dents, s'emporter.
Dér. du lat. Morsus, parce qu'il est mordu par le cheval.
Morço, 5. f. Amorce, poudre dans le bassinet d'un fusil,
sur la lumière d'un canon, à l'ouverture d'un trou de mine;
appât mis à un hameçon, à un piège; pierre d'attente qui
avance d'espace en e^ace à l'extrémité d'un mur pour faire
liaison avec un autre mur qu'on doit y joindre; entaille
faite au joint d'une pierre que l'on veut soulever ou arra-
cher, pour y introduire la pointe d'une pince, d'un levier.
Dér. du lat. Morsum, supin de Mordere, mordre.
Moron, s, m. Nègre, et non pas seulement Maure.
Dér. du lat. Mourus, noir.
Mostro, 5. f. Montre, machine pour indiquer les heures;
montre, marchandise exposée sur la porte d'un magasin;
boite, étagères, vitrage, où elle est étalée; échantillon. —
Mostro, échantillon pour les grains et autres denrées ana-
logues, se dit TastofVoy. c. m.) lorsqu'il s'agit de liquides.
— Dilus y-âoura fosso mostros, lundi il y aura beaucoup
de montres : sans autre désignation s'entend exclusivement
des cocons à l'époque surtout où leur vente préoccupe tout
le monde. Aqui la mostro et lou mouloik, voilà la montre et
le magasin, la pièce avec l'échantillon, c.-à-d. tout ce
qu'on a, tout ce dont on peut disposer.
Dér. du lat. Monstrare, montrer.
Moubla, V. Meubler, garnir de meubles.
Dér. de Moble,
Moncliétos, s. f, plur. Pincettes pour tisonner le feu ;
mouchettes poilr la chandelle. — Le mot languedocien
semble la traduction de ce dernier et l'on ne comprend pas
pourquoi le même nom a été donné à deux instruments
d'usage fort différent. Il est certain pourtant que Mouehétos
est la bonne signification de pincettes, et si vous aviez
besoin de mouchettes, il serait bon d'ajouter : pér mouqua,
car autrement, dans le doute, il est probable que ce seraient
des pincettes qu'on vous apporterait.
Monchoù, s. m. Dim. Mouchouné; augm. Mouehounas.
Peloton; bouchon; paquet de quelque chose ramassé en
pelotte. — Un mouchoù dé pèous, dé fiou, dé gràisso, dé
lano, etc., une poignée, un bouchon de cheveux, un paquet
de fil, un peloton de graisse, un flocon de laine, etc.
En ital. Moechio, tas, amas, monceau.
490
MOU
MOU
Mouchouèr, s. m, MtMichoir; ru-liu; ('rav.itt\ «jui S'^ dit
}Tnurfiourr //é col, ficlju OU ciMvntr», suivant qu'on parle
d'un»' l'i^iiinie ou d'un li'Hiini<\ Pour niouchuir do poche,
Mouqnniloù est préférablo. — Votj. c. m.
Enii)r. au fr.
Mouchounado, 5. /*. Tas, amas; monceau; réuniou de
Mt)iichoffs. — yoij. 0. m.
Moude, s. m. Moutnn qui n'a pas d' cornes.
Moude, (l'ij. (les deux tjenres. Kiuousn'', r'pMini('», en par-
lant d'un «nitil tranchant.
Dér. tous deux du lat. Mntllus, mutili'', h <ini il monqu^
qu«'li]Uo chose : on sous-<'nti'n<l Comibtis dans la iuviuïm'.^
acception.
Moudélas, s. m., ou Moulédas. Gros m.-iciMu d«^ mir
[h pain. (Ui plutôt gDs morceau do pain où il y a beau-
C'iu]) de !i)ie.
MomUUis ou Mnulé.lns se dit aussi puur d«'sigiier l'''!)-
(h'dil le plus charnu du corps d'un animal. — Lou rnoulrdds
(fc hi camho, le gras de jamhe, le mollet.
Auum. do M ou fiel (t.
Moudélo, s. f., ou Moulédo. Mio de pain.
Di'-r. du lat. Me.fuf/fi, moelle : la mi'^ rtanl la nnëll»^ du
])aiii, et la m-'-talhès-^ d^s d'^ux mots hmju-\l'ici"i.sno clnn.
L'iMut rii^n à l'^ur siLMHJi-'.ition.
Moudèlo, s. 7)1. M'"l."'l''; e\(Mijplain^; orijin.d d'écritup^
do:it lin O.'orpu' fait la ('opi(\
Di'r. du lat. Molalus, mtsiuv.
Moudéloù, s. m. P<'lit morciwu <li^ mi«^ de [iiiii, <»u pMit
morcoau d<' pain où il y a surtout de la mie.
Dirn. de Moudélo.
Moufle, raouflo , ffdj. MaHi''; iinflu; d'Ja: pôti'';
rt'hoiidi ; rp'ds; mo»'!ltMi\ ; irros; coiisi 1 ''ra''I'\ — De 'j ' ;.'l-'^
jnoujlos, di's joues [lotrl.'-rs, r'iM-n Ji'S, ma^l-'-rs. fn a-
moufle, un lit t''])ais, moi'lleux. Y ru foyi^- /"J^ja y?» ;)/•/? >ni
liâoa j/iouflny il lui n\ fit pav'M* uiw' ^ l'im..' u 1 [l 'U f .rt\
\a' fr. >!Miin^ si^Miifi."» un \i<iL'.' '-'ia< »'t rehs eli : C'*
qui ne voiil pis din^ (jm^ n^u.s lui ry-'us •'!ii[irniité 1-^ mot.
En o>p. Muflcfes, qui a 1"^ joîi s iMifl«''s e..:,.\,e H^r-V.
Le lai. rime, soufrier, no d< il pas rîr-' r'tran-j.n" ;'i tou'< ces
u'jots, au moins pour une moitié.
Mouflèti, ç. m. (iros enfant jouiïlu, aii^e houfTi. —
S'a[)pliquo i^lus iiarticulirriMneiit au visaje ou au corps, et
aux enfants.
Mouflije, s. f. État, qualité de C'^ ipii - ^t M'iuflc. —
Vofj. c. m.
Mouflos, s. f. plur. Monflos, gants fourrée, sans doigts,
n'ayant ordinairement que le inmce ilo distinct.
Dér. do Mouff^, à cause do l'épaissr^ur.
Mougnè, mougnièïro, 5. yn. et f. M'-nni-T, meunièro;
qui dirige un moulin fi blé. — La ccirlnro dé la Mniijniî)'ro,
la rue de la Meunière, une des vi ill^s rues d'Al'ii<, qui
conduisait et conduit enctrc au ninulin ;qip'M('' le M lulin-
^'euf, depuis bien des siècles, déplacé ou reconstruit comme
pour mériter toujours le même nom.
Mouïa , V. Mouiller; humecter; tremper dans l'eau.
— Se ninuui, rocfvoir une averse de pluie ; se l)aigner.
Mouïaduro, s.f. Mouillure; action de mouiller; étal de
ce (pii est mouillé, trempé.
Mouïcé, s. m. Kper\ier, Falco iiisus, Temm., oiseau de
l'ordre des Itapaces et de la fam. des Plumicolles, dont le
niàli^ <"st aj'pelé en fauconnerie Tiercelet, Emouchet ou
M'ea/hit, (pli a bien é\idejjimenl engendré notre vocable
Moii'iri'. A- anmoinson donne également ce nom à plusieurs
.luti.'s p'iiis < iseaux de proie, qui n'en ont point de parli-
ciili.'r 'Il l.!n;,uedocien, tels que le hobereau, /"u/ro «m^^m^co,
réii.'MJÎlMji, fiifro a'Sdlotf, la crescerelle, falco tinnunculus,
Teiii'ii. (]''> .<is\aux du mémo genre ^ quelque différence de
t'iille pi/s, se ressemblent beaucoup entr'eux et avec ré|)er-
\\i\ l't habitent de même nos contrées où ils sont seule-
ment un lieu moins connus que ce dernier. — Voy.
Tavhnio.
Mouïè, a. f. Femme, épouse; moitié. — N'est pas pré-
ci^éM.'iit de 11. »tre dialecte.
D'r. du lat. MuHer, m. siirn.
Moiiïèïro, s. /*. et n. pr. de lieu et d'homme. Terre
iii'.li'Te, grasN,^ et jnarècag.uise ; Molière ou Molières, dési-
'.'iLiii-n il'nno di/aine ib- c(jmmuni\s, seulement dans le
Cl -ni, dit-'"^, dans les anciens titres, de Moleria, de Mo-
/'V^//.\-^ df Molcriis, Molcricr, à cause de la nature des
terrains sur lesquels l'agglomération s'était fondée. Des
:\ '\\\< d'IiMinme se sont formés de Ifi, (jui doivent se rendre
l'ii fr. par MMJj/'re, tout comme le fief de Pt)quelin. — Èi
(inj'ufa cotinio hui calice, dé Moinifiroy il est argenté comuie
le caliee de régli>e de M<.>hère; vieux dicton ironique,
\u\.-,- qu'. :i p.rè!'\'id que ce calice était de bois : ce qui
\\ n.I .01 fr. : .-Irn-^è d'argent comme un crapaud de
\']\\'\-''<.
i.
T)'a'. du l.-'l. Mdlis, mou.
T.Touîèn, V. ;/<. ]M«yi'n; expèilionl; voie pour réussir ou
] M-N iiir à...; f;'culî'''s i)ècu'daires; talents naturels, au
!iir. -- T i-}' i u-ou'i-n, tssaytT, tenter, que le languedo-
: Il j.;i'-siiig lie mamiue guère de rendre par tâcher
moyi!. rôo i l'irha mouHH dé s'en tira, il faut tâcher,
essixer l'>u^ les uiovons de s'en tirer. Tachas mou ièn dé
rcfi', fdtes en soite <le "V'enir. Véjan se tj-a mouïèn dé
J7if)u)'(na, Voyons s'il y a moyen de s'arranger, de sortir
de 1,1; si l'on jMut iiiiyeninn'. ménager une bonne issue.
Aquo's l'ii h'.wf dé m oui à} j cet liomme a des moyens,
qu''lque fortune.
Eiij['r. au fr.
Mouïéna, v. Essayer de plusieurs moyens; tenter une
voi'\ e^v^yer d'uu exp'diont, pour amener à bien une
afi'airo, une entreprise.
Vnu'inta, ado, [mrt. pass. Oui a des moyens, des facultés
pé(Miniaires, de l'argent fi sa disposition.
Mouïcnan, prép. et conj. Moyennant; au moyen de...
— M<oi.i'))nn fifjKô, au moyen, ii l'aide de cela, moyennant
cela. Mon'irnan que, ])Murvu que.
i
MOU
MOU
491
Ce mot, emprunté, comme les précédents, au fr., est
aujourd'hui très-souvent et très-bien employé dans les
divers dialectes de la langue d'Oc.
Mouîne, s. m. Moine, religieux d'un ordre monastique;
meuble pour chauffer les pieds dans le lit , en place
d'une chaufferette, à l'aide de charbon allumé ou d'eau
bouillante. — L'abadiè se perd pas pér un rnouine, prvb.,
pour un moine l'abbaye ne faut point, ou pour un moine
on ne laisse pas de faire un abbé.
Dér. du lat. Monachus, m. sign.
Momssâoii, s. m. Dim. Mouïssaîé. Moucheron; cousin;
Culex, Linn., insecte de l'ordre des Diptères et de la fam.
des Hanstelles ou Sclérostomes. — L'espèce la plus com-
mune, parce qu'elle est la plus incommode, est le Culex
pipiens, Linn. La femelle pond ses œufs sur le bord des
eaux ; elle en fait, selon Réaumur, plus de 850 qui éclosent
dans deux jours. Il y a aussi entr'autrcs les moucherons
du vinaigre, qui abondent surtout au moment de la ven-
dange, et ceux qui volent par essaims semblant ne vivre
que d*air, car l'on voit souvent des promeneurs dans la
campagne être entourés d'une nuée de ces insectes sans en
éprouver la moindre piqûre. Mais ces derniers sont de
petits êtres inoffensifs au regard des premiers, chanteurs
agaçants et enragés à piquer venimouscment, qui sont un
vrai fléau, surtout dans les nuits d'été.
Monîsse, mouîsso, adj. Moite ; un peu humide ; un peu
mouillé.
Dér. probablement, à l'aide d'une syncope, du lat.
Bumidus, m. sign.
Homssé, mouîsséto, adj, Émoussé; écourté; qui a les
oreilles courtes. — Fédo mouîsséto, brebis à courte oreille,
qui est une variété et non une espèce différente.
En ital. Mezzo, tronqué, écourté.
Moulan, s, m. Espèce de raisin noir hàtif. — Le
Moulan ne veut pas être placé dans un terrain bas et
humide; il s*y rouille et ne produit rien. Dans toute autre
condition, en ayant soin de le bien charger à la tiille, il
donne de très-belles grappes; ses grains sont gros, ronds,
noirs, bien fleuris. Le raisin s'égrène beaucoup lorsqu'il
est mûr. Quand on eu écrase un grain entre les doigts, sa
peau les noircit comme de l'encre : aussi fait-il un vin
noir. Le bois est très-facile à reconnaître, gros et long,
roQgeâtre, avec de raies longitudinales noirâtres; feuille
grande, peu découpée.
Monlari, s. m., n. pr. d'homme. Au fém. Motdario.
Moulari. — Est resté seulement comme appellatif ; le sub-
stantif est inusité , amsi que l'adjectif : Pierre à meule,
MQulari, et pèïro moulari ou moulario, pierre meulière,
on 'roche dont on tirait les meules, du lat. MolarU lapis,
m. sign.
Ifonlas, asso, adj. Molasse, très-mou. Au fig., lambin
renforcé, très-indolent.
Âugm. de Mol.
Monléîre, «. m. Ouvrier de moulin à huile, celui, spé-
cialement parmi les ouvriers qui ont chacun leur emploi
et leur nom distinct, qui est chargé du broiement des
olives.
Dér. du lat. Molere, moudre.
Monlén, s, m. Espèce de terrain aqueux, humide. Uno-
tèro moulén fait la mouïèïro, terre molière, grasse et maré-
cageuse. — Voy. Mouïèïro.
Dér. de MoL
Monlésan, s, m., n. pr. de lieu. Moulôzan, commune*
de Saint-Mamet (Gard). — Ce village et celui de Monta-
gnac, annexe, ne forment qu'une seule commune dans
l'arrondissement de Mmes. Ils sont situés sur un terrain
montueux et aride, ce qui a valu directement à l'un le
nom de Mountagna, Montagnac, et sans doute à l'autre
celui de Moulésan, dérivé, non de Moulén, et analogue à
Mouïèïro, comme sa consonnance semblerait l'y porter,
mais ayant pour radical significatif le lat. Mola, meule,
qui a donné Molarit, roche meulière. Il est en effet cité,
en 1149, sous le vocable de Molasano, en 1 383 Molazanum,
et varie peu dans la suite. Dans son territoire sont situées
les carrières de Lens, qui ont servi à la construction de
plusieurs monuments; et d'ailleurs sa contiguïté avec Mon-
tagnac rend encore probable l'étymologie de Mola au lieu
de Mollis.
Moulésan, pris comme simple s. m., reprend cependant
une signification qui en fait un synonyme de Mol, Moulas,
Moîdén, et veut dire : un musard, lent, nonchalant, indo-
lent, au superlatif.
Mônlétoun, s. m. Molleton ; étoffe croisée de laine et de
coton, dont le poil est tiré, ce qui le rend très-moëlleux et
très-chaud.
Dér. de Mol.
Monll, s. m. Dim. Mouliné, Moulissait, et Moulinoto,
s. f. Moulin, machine à meule pour moudre ; moulin à
farine. — 3fouli blan, moulin où l'on fait la plus belle
farine. Moulï brun, celui où l'on fait la farine inférieure.
Mouli d'àouro, moulin à vent. Moulï d'oli, moulin, pres-
soir à huile. Moulï dé la farino, bluteau. Moulï paradïs,
moulin à foulon. Moulï dé sédo, moulin à soie, pour ouvrer
la soie. Lou prémiè qu'es âou moulï éngrano, prvb., le
premier au moulin engrène : ce proverbe, usité pour dire
que la diligence dans les affaires en facilite et en assure le
succès, est basé sur les anciennes coutumes qui voulaient
que la première personne arrivée au moulin, quel que fût
son rang et son état, fût aussi la première à moudre.
Dér. du lat. Molinum, m. sign.
Monlignè , s, m. Moulinier, ouvrier qui travaille au
moulinage de la soie, ce qui consiste à la tordre plus ou
moins, à plusieurs reprises et de diverses façons, selon le
besoin.
Monlina, v. Mouliner la soie, la faire passer au moulin
où elle arrive sur des bobines, rouqués, pour être tordue :
c'est l'œuvre du MouUgnè.
Monlina, v. n. S'ébouler petit à petit; couler, en par-
49-2
MOU
MOU
lant des lorros et du sal>lp, comino coule de rnnche, pour
lojiilier dans la huclie, la farine sortant du moulin à blé.
— En fr. Mouliner se dit, j)our un eflot à peu \)vî's pareil,
des vers qui creusent la terre ou rongent le bois.
Moulinaje, s. 7n. 3Ioulinai:e, pn'-paration ([ue ron fait
subir à la soie au moulin. — Voy. Moulina.
Mouliné, 5. m. et n. pr. do lieu. Moulinet ; petit moulin.
— Ce nom ost commun à h'wn des locîditôs et à dos quar-
tiers : ;\ .'Vlais, il dêsi|:ne un dfs quntre moulins qui dos-
sorvrnt la ville et qui doit avoir grandi d''|iuis son bap-
tême, car il a aujourd'bui la ujoiiie iuqiortance que les
autres.
Un autre diminutif de Mouli étnit Mmilissoù. nint qui
n'est pins en us-igo et ne sert plus «ju'à dônominor une de
nos placps. Moulisson en fr., au bout de ln(piell<» ex.isl.ait
jadis un moulin sur le Gardon. — Voy. }fnulissnù.
— Fane ton mouliné, au lig., a la m. sign. qu'en fr. :
fairo lo mnnlinet, c'est faire ttairn-M* ra[iideiii'"nt devant soi
un sabi'»', un bâton, que l'on ti»'nt à la main, de manière
à empocber que l'arme de l'adNorsiire puisse vous at-
teindre.
Moulino, *'. /*. Moulin à tuurille ou à petite roue liori-
znntile et dt'cnu verte, d'apnS SAUVA(^.n:s.
Le mot est devenu n. pr. d'bnmmo. ol se mot au maso.
Moulino, ou IV. Molino. Monlims. ot n. pr. de Ijou restant
fV'iii. traduit en fr. par Mnline, la Mnjino et MoliiK^s. Par
luio autre bi/.arrerio, Mouli, s. irL,est rondu naluroll.'jnent
en n. i>r. fr. jiar Moulin, mais le n. pr. en Inng. aiïecto la
c-'iisoininnce finale franraise et l'on dit plus smvent },'ou-
lln (pie sim[)l(Mnent moussu Moult : c'est une o\ct'[)ii()n
singulière.
Moulinoto, s. [• Polit mnulin. — Dim. do M<nil'i ou de
MouVnio.
Moulissoù, s. m. y n. pr. «l'un (juartior. Moulisson. —
On trouve dans un vionx tilro auv arcliivos de la ville
qu'on 13.SS, uno j)rôclnmatiou. faile pnr le criour public
dans tous bs (piartiers ordinaires, out lion aussi m trivio
son quautono de Montdissono, au carrefour ou au coin de
Mont''lissou, litlôraleuiont. Il y a là une erreur ou une tra-
duction fantaisiste du tabellion rédaotour de l'acte, peut-
C'tre du copiste; car Motitelissonum no répond à rien en
latin. La langue vulgaire a mieux conservé la vraie déno-
mination (pie cetto moyenne latinité barbare qui la défi-
gure. Lu appelant ce carrefour, Moulissoii, comme on le
nomme encore, on enq^loyait un diminutif représentant ce
qui existait alors, c'est-;\-dire un petit moulin, établi au
l)ord du Gardon, dans cette partie de la rue du Bari, du
rempart, dont les murs protégeaient la ville et formaient
son enceinte sur l'emplacement même de la rue et place
actuelles. — Voij. Mouliné.
Mouloù, s. m.D'un. Moulouné; augm. Moulounas. Tas;
monceau; amas, de pierres, de blé, de fumier, etc. — Un
mouloù (lé fé, une meule de foin. Câousi dou mouloù ou
din Inu mouloù, cboisir, prendre dans le tas.
Mouloit se prend aussi pour : groupe, attroupement;
troupe.
Dér. du lat. Moles, amas.
Moulounado, s. f. Foule; troupe; réunion nombreuse et
pressée. — Se dit surtout des jiersonnes et des animaux,
et a la m. sign. (pie Mouloù. — A bèlos moulounados, par
l)olotons, par bande. Vno moulounado dé pâoures , une
lrou|>e, un attroupement, une foule, une multitude de
pauvres.
Dér. de Motdoù.
Moulounéja, v. fréq. Former une réunion pressée, un
attroupement sans cosse croissant, uno moulounado; for-
mer un las, un mouloù. — Réi)ond également aux deux mots.
Moumén, .V. m. Moment; instant; occasion propice. —
Vn moumm que lou cura se wtoryjie, un instant î laissez-moi
respirer, me remettre, reprendre baleine. Allusion au mo-
ment de repos (pie i)rend un prédicateur, entre les points
de son S(M*mon, pondant lofpiel il se moucbc et tout son
auditnire aussi. A tout moumen, }\ cbaque instant, à tout
moment. Ter moumcns , par intervalle. A câousi soun
tnoumi'n, il a saisi le moiuont favorable.
Dér. du lat. Momenliim, m. sign.
Mouméné, s. m. Petit moment; triis-court instant. —
Quniipi'un momiMit n'ait pas de durée précise, et indique
rig<iur»ui<emoni le plus court espace de temps possible, le
laiiguodoeion, avec sa propension et sa facilité à donner d»3s
diminutifs et dos augmentatifs à i)resque tous les mots, a
vnulu encore raccourcir celui-ci en disant : un mouméné,
un t'iiit ])otit morjjont, comme il a cberclié d'autres fois à
l'abMigor par : tni bon moutncn, un long moment. Tour-
nartn dinc un mouméné, je reviens à l'instant. V-a tin bon
moinnrni' qw: vous éspcre, j'ai pu compter les minutes A
Vous attendre.
Moun, jnon. poss. junsc. .Mon : son fém. est Ma. —
Moun ami, înoun caprl, mon ami, mon cbapeau. Cejien-
daiit devant \m mot féminin qui commence par une voyelle,
comino en fr., il faut mettre moun : moun aguto, moun
csculo, mon aiguille, mon écbelle.
Moun, n. pr. de lieu. 3Ions, commune dans le canton
d'Alais, désignée, en 1156, par Villa de Montibus. — La
forme [)liiriol!o du nom ne se reproduit pas en languedo-
cien. L'emploi de ce radical dérivé évidemment du lat.
Mons, montis, est du reste assez rare, seul; mais en com-
position il est entré dans un grand nombre de dénomina-
tions géngrapbiipies, dont i)lusieurs sont ensuite devenues
dos n. pr. d'bômnje; et l'aspect, la i^osition, la culture des
localités lui donnent des qualifications appropriées et signi-
ficatives.
Mottntafpf, Mountcgu, francisant Montaigu, traduit le
latin de I :>04 Castrum ou Mansus de Monte acuto.
Mountôoun, Montaury, une des sept collines de Nimes,
en 10SO, In Monte Aureo.
Mounclus, !\Iontclus, canton du Pont Saint-Esprit, Mons
Serra tus.
MOU
MOU
493
Moundardièt Montdaidier, que noos croyons formé dn
lat. Mwis Arduut, bien qa*en 4 255, on cartalaire le nomme
de Monte Deêiderio.
Mounmira^ Hontmirat, du canton de Saint-Mamel, Mone-
Miratus.
Mounrédoun, assez commun dans plusienrs communes,
Montredon, SÊont-Botundue,
Mounsàouve, Montsanve, dans la commune de Génô-
rargues, dit : Lœus de Monte-Salvio. — Voy, Sàouve.
Mountèlgue, Montselgues, hameau de la commune de
Ponteils et Rrésis, de Monte-Seeuro.
Mounpetroùs, Montpeirous, Mom petrosus.
Moun-Vénioù, Mont-Ventou, Mont venteux, Mons ven-
iosus.
A cette liste s*ajouteraient, avec Tadjectif ({ualificatif, les
noms de Montgrand, Montgros, Montjardin, Montlouvier,
Montplan, Montferrand, Montferré, Montfaucon, Montfrin,
Mont val, etc., etc., dont on voit la formation. — Voy,
Mountagna, Mountél, Mountâou, Mounpêiè»
Monnastiè, s. m. Monastère, couvent de religieux ou
de religieuses. — Loumouwuliè éê pàoureqtian las mounjos
van gléna, le monastère est pauvre quand les nonnes vont
glaner; le ir. traduisait le même dicton par : TablMiye est
bien pauvre quand les moines vont aux glands.
Ce subst. est devenu n. pr. de localité, à cause de quelque
ancienne abbaye autour de laquelle se sont formées des
agglomérations devenues villages. — Lou Mounastiè, Le
Monastier, ancien monastère de Tomac.
Dér. du lat. Monasterium, m. sign.
Mounda , v. Cribler le grain au crible appelé Moun-
daïre.
Dér. du lat. ifuiufaro, nettoyer.
Monndaire, s. m. Grand crible de peau, dont les trous
sont oblongs, pour monder, nettoyer le grain; cribleur,
celui qui se sert du crible pour vanner, monder le grain.
Moundaîe, s, m. Action de monder ou cribler le grain,
de le passer au tnoundaïre.
Monade, ». m. Monde; Tunivers; la terre; Tespèce
humaine; gens; personnes. — Dans cette dernière accep-
tion, qui est la plus commune, on voit souvent l'appli-
cation de la règle latine des noms collectifs; turba mit ou
ruunt ; ainsi on dit : lou mounde savou pas dé que s'ima-
pna, les gens ne savent que penser : lou mounde sou bien
miehans, le monde est bien méchant, les gens sont bien
méchants. Aquà's pér faire tia lou mounde, cela est mis
pour faire tuer les gens. Dé que diriè lou mounde f Que
dirait-on? Lou bou ddou mounde? (Voy, BouJ Manquo pas
mounde, il y a foule. Mandas dé mounde, envoyez du
monde, des gens.
Dér. du lat. Mundiu, m. sign.
Moundlo , s. f, Criblure de grains, tirée par le moun-
ddire, — Voy, Moundaïre et Grapasses.
Mouné, s. m. Minet, minon ; nom donné au petit chat
et même au chat.
Mounéda, ado, <»(;• Pécunieux ; qui a de la monnaie,
pour de l'argent comptant ; riche.
Mounédo, s. f. Monnaie; petites espèces d'argent ou de
billon. — Rendre la mounédo dé l'argén,9ixi fig., rendre la
monnaie de la pièce, c-à-d. la pareille.
Mounino, s, f. Dim. Mouninéto, Singe, m&le ou femelle,
de la petite espèce seulement : pour désigner les grandes,
on emprunte au fr. le mot Singe, — S'applique surtout
aux espèces qui ont les fesses nues : mouninéto quiam
plouma, petite guenon au cul pelé. Pagamén dé mounino,
sâous et gambadas, paiement en monnaie de singe, en gri-
maces. Dounpunàou monto la mounino, doumOU mostsv
lou quiou, prvb., plus le singe s'élève, plus il montre son
cul pelé : conseil de prudence et de modestie à ceux qui
veulent sortir de leur sphère et risquent de montrer un
petit bout d'oreille échappé par malheur.
Mounino est une qualification donnée à mie jeune fille
effrontée ; une petite morveuse.
En espag. Mona, singe.
Mounino, s. f. Ivresse, état de celui qui est ivre, saoul
ou gris. — PrénSf cargo la mounino, se griser. Àvédre la
mounino, ôtre gris, être dans les vignes. On assure que les
singes aiment beaucoup la soupe au vin et qu'ils s'enivrent
en en mangeant. D'un autre côté, l'homme, que le vin
prive de la raison, imite le singe par ses contorsions, ses
gambades et ses grimaces ; à telles enseignes que nos anciens,
désignant les diverses sortes d'ivresse, appelaient vin de
singe celui qui faisait sauter et rire. Tout cela a donné
naissance à l'expression languedocienne, qu'ont à peu près
aussi les Espagnols, qui disent : dormir la mona, pour
cuver son vin.
Mouniéto, s. f. Variété de haricots blancs à ombilic
noir, qui se mangent secs. — En vieux langage, mounje
signifiait moine ou chanoine régulier ; on appelait mou^jo,
une religieus\ mais seulement celle qui était vêtue de
blanc, de l'ordre de Citeaux, par exemple ; le dimin. était
mouf^'éto, petite religieuse. Cette conformité dans la cou-
leur de l'habit dût valoir au haricot, à la féverolle, dont
il est ici question, le nom de Mounjéto, qui se donne
généralement à tous les haricots blancs quand ils sont
secs.
On appelle aussi Mounjéto une espèce de limaçon blanc,
comme on nomme Mourguéto la variété de couleur foncée.
— Voy, Mourguéto,
Moii)ôon ou Mounjoî, s, m,, n. pr., est évidemment
le lat. Mons Jovis, mont de Jupiter ou consacré à Jupiter ;
on le rend par Montjoie. C'est la manière d'écrire l'ancien
cri de guerre des rois de France, qui remonte, dit-on, à
Clovis. Mais s'il est vrai que, à la bataille de Tolbiac,
Clovis, invoquant le dieu des chrétiens pour en obtenir la
victoire, s'adressa aussi au patron de la France en l'appe-
lant dans son langage encore pafen : Mon jove, mon pro-
tecteur, ma divinité, c'est Alontjoie - Saint - Denis qu'il
faudrait écrire pour rendre le véritable sens de ces paroles
63.
494
MOU
devenues sacramentelles. — Notre languedocien a d'antres
mots qui sont de même formation : Dijôou, Barbajôou,
Cttttèljôout etc., die$, barba, eaiiellum Jovis. On voit,
comme le remarque Vabbê db Sauvages, qne ces mots et
lim d'autres, que nous rencontrerons, conservent des ves*
tiges où Ton trouve, comme dans des médailles, le langage,
les divinités et le culte de nos pères.
Mounla, v. Jfeuler; jeter au moule; faire au moule. *r
Maunla, ado, part. pass. et adj. Moulé; fait au moule,
accompli et parfait de forme . ÂguU home es mounla, cet
homme est fait aa moule. lAtro mounlado, lettre, carac-
tères moulés, c.-à-d. imprimés. Aqiià's mounla, c'est moulé ;
se dit d'une belle écriture, nette et propre.
Dér. de Monte.
Mounmar, s. m., n. pr. d*homme. Montmart, ou Hom-
mar, ou Montemar. Tous dérivés en lang. et en fr. du lat.
Moni Mariis, montagne consacrée à Mars, dont le français
a fait encore Montmartre. — Voy. Mounjôou.
Mouno, s» f. Dim. Mounéto; augm. Mounauo, Chatte,
chatte favorite; mot dont on se sert surtout pour l'appeler,
c'est une variété que la ménagère retourne de cent façons
oaressanles : Mino, Mounéto, et en fr. Minette, Mou-
moute, etc.
Mounpéîè, s. m. n. pr. de lieu. Montpellier, cheMieu
du département de l'Hérault.
MoMpesteUarius, en 975. MonspiâliUa, en 4060. Mons-
fUleriUi, en 4068. MonsptMtellariue, en 4076. MonspeUer,
Monipeslier, en 4090. Villa Montispesitdani, en 4444,
4448, 4432. Monspeisulut, en 4 4 4 9, 4 4 62, Mompesmlanut,
au xn® siècle. Ber ghà$s, Mons eoncuuionis, montagne du
tremblement, au xn* siècle, dans l'Itinéraire de Benjamin
de Tudèle. Monspelius, Mompdlerius, en 4240.
L'origine de Montpellier ne peut pas être ici en cause :
c*est de son nom et de son étymologie seulement qu'il s'a-
gît ; mais ces deux choses se tiennent. Les commencements
de Montpellier touchent à la légende, et celte légende a été
inspirée par le nom même de la ville. C'est cet aperçu qui
peut donner la clé de l'énigme.
Nous l'avons assez répété : il n'est point contestable que,
dans les temps les plus anciens, tout le littoral de la Médi-
terranée n'ait été occupé par les tribus celtes ; qne la lan-
gue celtique ne s'y soit maintenue pendant des siècles,
même après l'invasion romaine ; qu'elle ne fût parlée en
même temps que le latin, et que le gaulois et le latin, d'ac-
cord ou séparément, n'aient servi à la désignation , à la
dénomination des points les plus remarquables du territoire.
n n'est pas douteux, non plus, que la tradition a gardé
les traces de ces appellations plus ou moins altérées, mais
souvent très-reconnaissables encore.
L'emplacement sur lequel s'est bâtie la ville de Montpel-
lier était connu ; il était par conséquent nommé. Sa topo-
graphie, le site, son aspect étaient assez remarquables pour
mériter une qualification individuelle, comme tous les lieux
environnants, à plus de titres peut-être. Les anciens géo-
MOU
graphes parlent de marécages entourant un mouticale : celte
particularité, il est naturel de le croire, avait dû provoquer
une dénomination. Quand on songea vers le vn« ou \e vm*
siècle, à établir des constructions sur cette colline située au
milieu des marais, et qu'on voulut les désigner, leur situa-
tion se présentait d'elle-même et le baptême fut fait H suffit
du simple contact d'un mot pris dans le langage gadob,
plus anden, usuel, commun même aux deux idiomes, mais
signicatif, précis, appliqué à toute la contrée, poavaat
caractériser l'établissement nouveau, et d'un mot latin qui
était compris par tous, accepté par l'usage, qui détermi-
nait et précisait le point culminant où se fondait un éta-
blissement agricole. Celui-ci était le subs. Mons, émineoœ,
colline, monticule, hauteur. Celui-là venait de poU, pét,
puU, marécage, marais, palustre ; pyliaue, marécageux ;
dans la bass. lat. pabula, poël, traduit par palus, qjiBh
Belgique représente aujourd'hui par PuMe et Pevelle, plus
fidèle à l'ancien roman, qui n'est autre que le sing. du géo.
plur. puellarum
La situation était à décrire; mons, éminence, coUine se
présentait d'abord; mais cette élévation était entourée de
marais, poll,po^, puU, marécage, pifllaue, marécageux, en
celt. traduits en latin par pabtda et palus, était trouvé. U
dénomination était simple et juste. Elle précéda peut-être
toute agglomération d'habitants et tontes constmctioDS :
Mais le site attirait ; on s'y fixa ; il grandit, il prit de l'im-
portance; une ville y fut fondée. En même temps, la vieille
langue était oubliée; un nouveau langage, formé de ses
débris, mêlé de son souvenir, la remplaçait; ce n'était plus
le celtique, ce n'était pas le latin, mais le roman qui se
parlait parmi le peuple ; les savants, les tabellions usaient
de la ba£se latinité et défiguraient à plaisir les deux langues
anciennes, au profit de locutions hybrides. C'est certaine-
ment à quelque érudit ingénieux de ce temps que nous
devons la traduction du gaulois poil ou poël, ou du latiu
pabula, ou puellarum, et l'arrangement de MonspueUa-
mm. Ce fut la première époque. De là, à la légende des
deux sœurs, puellarum, qui viennent fonder la ville, il n'y
a que la main. L'histoire sonnait bien et flattait des vani-
tés : elle a fait son chemin dans le monde des étymolo-
gistes, puis est venu Monspessulus et monapesmiantii ; ks
verrons, les barricades verrouillées, fermant l'entrée de la
ville, ont joué leur rôle, en méconnaissant leur véritable
origine. Cette dernière forme est cependant aussi une autre
corruption un peu plus éloignée et plus méconnaissable, à
cause de la disparition de la source ; mais elle se compose,
je crois, des mêmes éléments, et il est facile de les retrou-
ver par l'analyse. Cette dérivation pourrait bien être exacte
et vraie : En tout cas, comme les autres n'ont pas paru
jusqu'ici satisfaisantes, elle peut espérer de trouver gr&oe
par sa simplicité même et parce qu'elle explique assez
naturellement les autres.
Mounta, v. a. et n. Monter; élever; porter dans un lieu
plus haut ; monter ; croître ; se transporter dans un lieu
MOU
plus hant ; s*Ôlever ; disposer ; agenoer ; pr^rer. — Mounta
une muraïo, élever un mnr. Jfotinfa dé fé, monter du foin
an grenier. Xoim magintu monUm hièn^ les vers à soie
montent bien, quand ils grimpent snr labmyôre pour faire
leurs cocons. On dit à Aiais : Mounta à VUofcr, monter,
aller à Villefort, comme on y dit : Davala à NimBf descen-
dre aller k Nimes, pour spécifier le voyage du pays bas au
pays de montagne et vteeversd. Quouro mountoM à Ginau^f
ou seulement Quouro mountat ? Quand montez-vous ? dit
à Alais, par exemple, un habitant de Génolhac à quelqu'un
qui doit y aller ou y retourner. En changeant le rôle des
interlocuteurs et le lieu de leur conversation , on dit :
Quouro davalas en Âlaisf ou Quouro davaUuf Qnmi
descendez-vous? Fat pat que mounta et davala, il ne foit
qu*aller et venir, monter et descendre. L'cXgo monto, la
rivière croit. Y-an mounta lou co, on lui adressé une em-
bâche, monté un coup.
Dér. de la bass. lat. Moniare^ m. sing., formé de Mon$,
mantU, montagne.
Mountado, s. f, Dim. Mountadito, Montée; côte;
rampe; plan incliné qu'on suit en montant et qui devient
descente en sens inverse; chemin qui va en montant;
action de monter. — Mountado d'éseOiè, escalier. Àï perdu
foÊÊO magna» à la mouniado, j'ai perdu beaucoup de vers à
soie à la montée, au moment où ils grimpent sur la bruyère
pour faire leurs cocons. Davcdarén un pâou à la moun-
tado^ nous descendrons un peu à la côte, ce qu'on ne num-
quait jamais de solliciter des voyageurs, du temps des
diligences. La mountado faï ftra,la montée, la côte est rude,
le chemin montant fait trimer bèies et gens.
Mountadoù, s. m. Marche d'escalier ; montoir ; pierre
ou élévation qui sert à monter, à s'élever ; montoir, côté
gauche du cheval. — Dim. de Mountado.
Mountagna, s. m. , n. p. de lieu. Montagnac, dans le canton
deSt-Mamet,etdansles communes deMeyrannes etdeSt-Cris-
toMez-Âhis (Gard), sous l'appellation latine Montanhaeum.
n n'est pas peut-être de dénominations géographiques
plus répandues que celles où est entré le radical Mons^
mofifts, lat., mont, hauteur, éminence, caractéristique
d'une situation. Et on se l'explique facilement par cette
préférence de tous les peuples et dans toutes les époques de
choisir les lieux élevés pour y former leurs établissements.
Aussi était-il naturel , pour éviter les confusions , pour
signaler un accident de position, pour mieux particulariser
une localité de s'attendre à des variétés très -nombreuses
sur lesquelles s'est répandue la richesse des surffixes destinés
à adjectiver ou k modifier le radical. Et c'est là ce qui n'a
pas manqué d'arriver tant les circonstances s'y prêtaient ;
mais c'est ce qui démontre avec une évidence plus sensible
en même temps, on nous permettra de le remarquer, que
toutes ces désinences, si variées qu'elles se rencontrent
partout, en a, ae, argue, erguet, orguee, igny, etc., sont
équivalentes entr'elles et n'afiectent le radical que d'une
manière uniforme. Les exemples que nous citerons ont pour
MOU
495
but de faire ressortir ces analogies et une parfaite identité ;
ils ne sont qu'une application pour ainsi dire de ce que
nous avons répété plusieurs fois au sijyet de nos divers
surfixes ; il n'est donc nécessaire que d'en donner une
simple nomenclature et d'indiquer les variantes par les-
quelles ces appellations ont passé, en suivant les modifica-
tions de la langue elle-même et sous les influences ethniques
qui ont agi sur elle,
Mountagna, Montagnac, Montanhaeum correspond à
MounHgnargue^ Montignargues, dit, en 4469, Monlina-
n^^es, forme romane, et MontinhaniciB, en 4384, forme
latine, et à Mountueorgue, Montuzorgues, commune de
Durfort, dit, en 4280, MonHueanicm: et à Mouniêirarg%»e^
Monteirargues, commune de Saint-Gristol-lez-Alais, dit en
4345, Montueanieie , et à Monlésorgue, Montézoï^es,
commune de Saint-Jean-du-Gard, dit, en 4249, deMonUe-
sanieiêt en 49177, if on/uiantecp, en 4346, de Montuxanieis ;
mêmes terminaisons, mêmes reproductions, mêmes signifi-
cations. Tous ce^ noms encore se rapprochent de ceux de
Mountése, Montèze, commune de Verfeuil ; Lout Mountéeee^
les Montèzes, commune de MonoLlet, et Mountéiet^ Mon-
tèzes, commune deSaint-Ghristoi-lez-Alais, appelé, en 1384
MonthesUe, en 4435, de Montetiis,
Et s'il &ilait sortir de notre département, les concor-
dances abondent ; nous ne rappelons que les plus proches,
sans parler des identiques Montagnac^ en Franche-Comté,
dans l'Agenois, en Guienne, en Provence, en Armagnac, et
Manitagnat^ en Bresse, dans le Goudomois, en Périgord,
Montignao (Aveyron, Charente, Dordogne, Gironde, Lot^-
Garonne, Lozère); Montagne^ Montagney^ en Franche-
Comté et en Dauphiné, Montagny^ en Normandie, enBou^
gogne, dans le Beaujolais, dans le Lyonais ; Montagnieux,
en Dauphiné; Montenayt dans le Maine et la Lorraine,
Monteynard^en Dauphiné; et, surtout ces points, les nom-
breux Montigné et Montigny; comme sur les dernières
formes, Montut, Montussan, Montutsainls, etc., etc. —
Voy, Moun, Mountél,
Mountagnar, s, m. Soulcie, moineau des bois, gros-bec
soulcie, Fringilla patronia^ Linn., oiseau de l'ordre des
Passereaux et de la fam. des Conirostres ou Conoramphes.
— La soulcie a tout le fond du plumage d'un brun cendré
mêlé de blanchâtre sur les parties inférieures, avec des
taches blanches çà et là et une jaune-citron sur le haut de
la poitrine. Cet oiseau nous arrive en bandes nombreuses
des montagnes voisines quand le chasse la neigCi ce qui l'a
fait appeler Mountagnar.
Mountagnar, s. m. Au fém . Mountagnardo, Montagnard ;
habitant des montagnes; habitant des hautes Cévennes, de
la Lozère et de l'Auvergne pour les Alaisiens. — On avait
aussi pris au fr. ce nom pour désigner un parti politique
qui, dans la seconde et la troisième république, a préféré
s'appeler Rouge, mais qui a conservé le thym et le serpolet
symboliques pour rappeler son origine.
Dér. du lat. Mantanus, m. sign.
4S6
MOU
Mountagnâ, s. m. Au fém. MountagnHro, Blême signi-
fication qne le précédent, saof la dénomination politique,
mais moins nsitée qne Mountagnar.
Mountagno, $. f. Montagne, ou plutôt région monta-
gneose, car il ne s'entend qu'ainsi. — La mountagno, pour
l'arrondissement d'Alais, est surtout la Lozère, qui est à
son Nord. Y-a dé nàou in mountagno^ il y a de la neige
sur la montagne, sur la Lozère. Lous troupèU van en motin-
iB^fio, les troupeaux vont à la montagne, passer l'été sur
la Lozère. Mountagno éteuro, pléjosiguro^ prvb., montagne
(Nord) obscure, pluie assurée, certaine. — Est aussi n. pr.
de lieu et de personne, avec de nombreux analogues.
Dér. du lat. Montana, de Mont, moniis*
Montagnn, ndo, adj. Montagneux ; montuenx ; entre-
eoupé de montagnes.
Monntan, », m. Montant total d'un compte ; montant,
poutrelle, bigue de bout dont on se sert pour dresser les
tables des vers à soie fVoy. ÈatajaJ ; parties en saillie des
eôtés d'une porte, d'une fenêtre, qui en soutiennent la cor-
niche; goût relevé, odeur forte et piquante.
Mountâon, s. m., n. pr. de lieu. Montant, dans la
commun d'Anduze (Gard). -— Synonyme de haute -mon-
tagne.
Mountarén, s. m., n. pr. de lien. Montaran, dans la
commune d'Uzès (Gard). — Il est dit, en 4454 , Mont
Hdenus, qui doit être une altération , et qui est rétablie
sans doute, en 4S77, par Mont-Ârmvt, et dans la suite par
Loeut de Monto^Àronoy du lat. Aronotut, de Arma, sable ;
ce qui est plus conforme à son aspect et à la nature des
lerrains.
Monnté ou Oiinté, ad, do lieu. Où, en quel lieu, en
quel endroit. — Ounté, du lat. Undè, est le mot original
auquel on y ajoute quelquefois une M initial pour raison
d'euphonie : l'oreille seule décide donc de l'emploi de l'une
ou de l'autre forme. Monté ou Ounié vaï? Où va-t-il ? Di
wHfunié ou d'ounti vèn ? D'où vient-il ? Li digue mounté,
vaut dirai ounié, il lui dit où, je vous dirai où. Mounté, là
où ; mounté que, tandis que, au lieu de. Y mandé, mounté
fu'âourièdéouguy'ana,i[ y envoya au lieu d'y aller, tandis
qu'il aurait dû y aller. Lou eharère mounté fouie lou baîre,
je le grondai là où il fallait le battre. Mounté et Ounté ont
quelque différence, peu sensible néanmoins, dans ces der-
nières locutions, où Mounté parait préférable, quand Ounté
n*est pas faute.
Monntél, t. m., n. pr. de lieu et d'homme. Monieil, en
Ir. que la bureaucratie écrit Monteils, sans aucune raison
de cette t finale. — C'est un hameau sur une éminence,
dief-lieu de la commune de ce nom, dans le canton de
Vézenobres, arrondissement d'Alais. 11 est dérivé de la
faass. lat. Montile, Montilœ, petite montagne, monticule.
Montilia est, d'après Sauvages, le nom d'une ancienne
petite ville où s'est tenu un concile. On n'en voit plus que
des débris et pour ainsi dire que la place appelée Ciouta,
ou Viè'Cïouta, du lat. Civitat, vetut eivitat, vieille cité.
MOU
Samson, dans sa cartes des conciles, place MoiuUia an
même endroit où celte douta est située, près du haousan
de Mbnteil , à environ un kilomètre da distauoe. Des
fouilles ont été tentées plusieurs fois sous ces ruines qui
couvrent une surfsoe d'au moins deux hectares; on a pîé-
tendu que deux beaux vases d'albâtre y avaient été trou-
vés : nous no les connaissons pas ; mais des visites plus
récentes et des recherches heureuses ont déterminé le carac-
tère de Tiè'étouta qui peut être considéré comme un des
plus curieux restes de la forteresse gauloise dans notre pays;
et elles ont fait découvrir, dans ses substructioos.sQ
milieu de divers tronçons de colonnes, des débris de pote-
ries grossières, d'amphore, de poteries en terre de Saàios,
des fragments de mosaïque, des urnes funéraires, des
fioles laerymatoires en verre et des lampes en bronze, qû
marquent les occupations successives de l'antique ofpir
dum et son importance aux époques celtiques, romaine et
gallo-romaine.
L'habitude bien connue chez tous les peuples et dins
tous les temps de s'établir de préférence sur les bauteois,
a singulièrement multiplié les dénominations qne caracté-
rise une désignation de montagne, d'éminence, soit au
simple, comme un autre village peu éloigné de TiMouta.
nommé Moun, Mons {Voy, c. m.), soit en composition pov
des localités, que nous avons citées, où est entré le même
substantif. Il ne s'agit ici que de la forme diminutive de
Jfotinfëf, qui se présente également avec une longue série
de variantes, dont nous avons ft signaler seulement autov
de nous les principales.
Ainsi Mountél, ou tout Mountélt, au sing. ou au plnr.
en fr. Monteil, Monteils, Montels, est rendu uniformément
dans la hass. lat. par MontUium, MotUiUut, MontUlm, dt
MontiUit, de MonteUit, forme diminutive corra^ndante I
moniieule; et la ressemblance devient frappante avec
Mountïo, Monlille, commune d'Aiguesmortes, latMounXiM,
les Montilles, canton de Beaucaire, en 4227, m loeo dkit
de MontiUit. Mountalé, Montalet, commune de Meyranes,
où se font remarquer les ruines d'un vieux ch&teau légen-
daire, parait être de même formation. — Voy. Mom,
Mountagnâ,
Mountnro, t, f. Monture : bête, mule, cheval ouàne sur
laquelle on monte, destinée à être montée.
Momnimén, t. m. Monument; édifice public; tom-
beau.
Empr. au fr.
Mouoî (Pér), Pérmouino ou Pér moi, ou Pér moiô,
adv, et interj. Par ma foi ! Peste 1 Parbleu! certes, assué-
ment, sans doute. D'abord, sorte de serment, puis, jure-
ment, n'est plus dans le discours, dénué qu'il est de toit
sens, qu'un mot purement explétif. — Pér mot/ ou àouri^
pat eréségu, Dame ! parbleu ! par ma foi ! ma parole ! je ne
l'aurais pas cm.
Sauvages le croit formé du lat. Per Maïam^ par
mère de Mercure.
.'t
MOU
Moiior, Iroif . p9r». ring, de Vindie, prié, dw v. Mourir
mourir. 11 o« elle meart. -^ Cette yaiiaiite, de teinte on
peu nii'oto, est ntenmoine eommonéraent employée à trois
00 quatre kilomètres aa-dessns d^Alais ; on y dit de prèfô-
renoe : àquél àoubvB tnouor, cet arbre meurt. On va plus
loin : dans cette circonstance on retranche IV final : lou
fà mùuà, tott ItM» moud, le feu, la lampe s'éteint.
Le part. pase. du môme verbe fait également Mouor,
MOMorfo. — àqM âoubre es mouor^ cet arbre est mort,
Cependant les mêmes disent : La mor et un mtekanmcuisU
à énvaia^ la mort est un mauvais morceau à avaler. II est
vrai que, là où ces mots se prononcent de cette manière,
oft dit aussi : lou couol, tau pouor, etc., pour lou ool, hu
par» U est difficile de se rendrecompte de toutes ces nuances
de langage; notre intention n*estpas non plus de constater
toutes les différences de prononciation qui se produisent
d'une localité à un localilé voisine ; nous avons voulu seu-
lemeiit en donner un spécimen dans un mot en usage tout
près de nous qui, en poésie surtout, peut remplacer d'une
manièie heureuse le mort ou mouritt qui ont l'inconvénient
de ae rapprocher un peu trop du français.
Mouqua, v. Moucher le nez, la chandelle. Au fig., rebif-
far* river ses clous à quelqu'un. — Se mouqua, semoucher,
s'ôter la morve du nez. On en est venu aussi à dire Se
mouqua^ pour se moquer : locution, empr. au fr., vicieuse
e» languedocien. Moqwhté, mouche-toi, dit-on à un enfant :
moquo, souffle, lui dit celui qui le mouche. La barbiuto
a mouqua loui grétËf la gelée blanche a broui les jeunes
pousses. Lou mouquère bien, je lui relevai bien la mous-
tache, je lui rivai bien son clou.
Dér. du lat. Mueeare, m. sign. de Muous, morve.
Mouquadoù, $, m. Mouchoir. — Ce mot, dérivé de
Mouqua, moucher, n*a dû d'abord s'appliquer qu'au mou-
choir de poche, et ce n'est que par une ressemblance de
forme qu'on a ensuite donné le môme nom au mouchoir de
cou, servant de fichu ou de cravate. Mouquadoîi semble
revenir plus particulièrement à sa première signification
depuis l'adoption du fr. Mouchouér, qui, tout en expri-
mant la môme chose, s'emploie aussi pour mouchoir de
cou.
Mouquarid, $. f. Moquerie ; risée ; dérision ; acte pour
tourner quelqu'un en ridicule.
M ouqué, mouquéto, adj. Penaud ; confus ; honteux ;
attrappé ; interdit ; trompé dans son attente.
Dér. du gr. Moxou), $e moquer.
M ouqnéta v. Mortifier, confusionner ; rendre penaud,
interdit ; rendre mouqué,
Monraîa, v. Museler; mettre une muselière à un
animal.
Dér. de Maure, museau.
Mouraios, s. f. plur. Alorailles, sorte de tenailles, qu'on
place à la lèvre supérieure des chevaux ou des mules, pour
les empocher de mordre, quand on les tond ou qu'on les
ferre.
MOU
497
Mouràou, s. m. Sac à foin ou sac à avoine, le premier
en sparterie à jour, le second en toile, que l'on suspend à la
tôte des mulets ou des chevaux de travail pour les faire
manger lorsqu'ils s'éjoument hors de l'écurie ou qu'ils sont
en route. — Méirê hu pè din lou mouràou, au fig., donner
dans le piège, dans le panneau.
Der. de Moure, museau.
Mourça, v. Amorcer; mettre une amorce à un fusil, à un
hameçon, à un piège.
Dér. de Morpo, amorce.
Meure, s. m. Museau; mufle; groin ; par ext. figure;
visage ; face. — Un pouH mourê, un joli minois. Viro aïei
toun moure, tourne ta face de ce côté. FaMrê lou maure,
faire la moue, la mine ; se renfrogner. Leva lou moure,
lever le nez, porter haut la tôte ; prendre un air insolent,
provoquant.
Moure, se prend pour un gros quartier de rocher, qui sort
de terre, pour un terrain en surélévation.
Dér. du celt. Mourre, m. sign.
Mouréja, v. Montrer le nez; commencer à paraître;
rudoyer quelqu'un, lui faire la mine, lou moure; donner
des soufflets.
Monrga, v. Ravaler; raccourcir une branche d'arbre,
un cep. de vigne ; châtrer, écourter les pousses d'un abre,
d'une plante trop orgueilleuse; morguer; narguer.
Mourgo, s, f, ou Mounjo. Dim. Mourguélo, Nonne;
nonnain ; religieuse. Avec cette différence que la Mourgo
était vêtue de noir, comme les Bénédictines, les Cla-
ristes, les Ursulines, etc., et la Mounjo de blanc. — Voy.
Mounjélo.
Co mot désigne encore à Alais une vieille rue, la earrièiro
dé las Mourgos, qu'on traduit : rue des Mourgues, sur
laquelle était bâti un vaste couvent des Dames de Saint-Ber-
nard. Au masc. inusité comme nom commun, Maurgues,
est cependant nom propre d'homme et de diverses localités,
de hameaux dans les communes de Castillon-de-Gagnère,
de la Bouvière, de Saint-Anastasie, de Vergèze et d'un
quartier dans le canton de Nîmes, dont le nom rapporté
dans un compois de 4380, en lat., serait en contradiction
avec ce que dit Sauvages de l'application de Mourgo on
Mourgue à une religieuse ou religieux vêtu de noir; car le
vieux titre porte Ad Monacum Album, et, en 4479, Margue-
Blanc, pour Les Mourgues aujourd'hui.
Mourguéto, s. f. Petit escargot. Hélice vermiculé, Hélix
vermicuUUa, Linn., mollusque de l'ordre des Gastéropodes
et de la fam. des Adélobranches. — Comme l'indique son
nom diminutif, il est en e£fot petite de taille, ce qui ne le
rend pas plus beau. Il est en tous cas difficile d'établir
un rapprochement entre l'objet du présent article et celui
du suivant; l'un est le type de la légèreté, l'autre de
la laideur ; et on leur a donné le môme nom ! Cela ne
peut s'expliquer que par quelque rapport de couleur,
trouvé dans leur robe , qui les a fait comparer tous deux
à la Mourgo ou Mourguéto, qui serait bien alors vrai-
4D8
MOU
MOU
ment la r"ligicuse liabilléc de noir. Peut-être aussi est-ce
à cause 'If' la coquille de l'escargot, consid»!'rée comme son
capucboii >u sa cellule, qu'on est arrivé par un autre chemin
\ en faire .le m^meiuie Mourguéto. — Voy. le mot suivant.
Mourguéto, s.f. Libellule, demoiselle, Libellula, Linn.,
insecte d' l'ordre des Névroptères et delà fam.des Libelles
ou Ordoii it'.^s, au corps allongé, à la taille fine, aux ailes
de gaze, 'yfi vole avec une grAce charmante sur le bord des
eaux. Les libellules sont, suivant les espèces, bigarées do
diverses '"nleurs, mais la plus commune, celle qui a donné
son nom vix autres, a les ailes noinUres ; c'est ce qui lui
M valu d'-'t'e appelée Mourguéto, d'une religieuse du même
nom donî le costume ét^iit noir; elle est cependant plus
connue m:^ urd'hui par celui de Doumé'isèlo ou Douméisé-
této, imit' !a français. — Voy. Douméïsêlo, et le mot pré-
cédent.
Mouri, V. Mourir, cesser d'exister, de vivre. Au fig.
finir, souffrir beaucoup; éprouver un vive et douloureuse
impression. — Es mort dé la courio haléno, il est mort de
la respira li n arrêtée, ou laute de pouvoir respirer : mauvaise
plaisanter! ' à proj)os d'un défaut sur la maladie duquel on
discute. A'i^élo tèro mourts en pouncho, ce champ finit, se
termine en nointe. Mé far mouri dâou lagui, elle me fait
mourir d-^ chagrin.
Dér. du ht. Mori, m. sign.
Mourimén s. m. Défaillance; spasme; syncope; éva-
llOuisse[^^'^i^ — Mourimén dé cor, n'a pas d'autre signifi-
cation.
Mouriscàou, àoudo, adj. Moricaud, qui a le teint ouïe
[)i"»il noirMr^.
Dér. du !nt. Mourus^ m. sign.
Mournifle, s. m. Au fém. Mournifln. Petit morveux,
[leiitp morveuse. — C'est comme si l'on disait : Moure que
r('))ifn, mn^t^TU qui renille. Taïsa-vous^ mnurnillo^ taisez-
\on<, péronnelle.
Mourtalén, 5. m. La gent mortelle, les mortels. — Ex-
pres-^ion fjui n'a cours qu'en poésie.
Mourtàou, aloouMourtèl, mourtèlo, «^//. Mortel, elle.
— >'«^ s'eriiiiloie, dans le sens du français, que pour péché
mortel, jn-rq mnurtâou, car il faut pouvoir dire son caté-
chisîi.ednn< toutes les langues : mais dans l'usni-e ordinaire,
il signifi'^ : dangereusement malade, qui est en danger de
mort. — Si' rréï pas mourtàou ou mourtèl, il ne se croit
pis en dani^^r de mort, /.ou crésh mourtcl? croyez-vous
>a maladi'^ :nortelle, qu'il ne peut en réchapper?
Dér. du !nt. Mortalis.
Mourtiè, .^. m. Mortier, vase pour piler; pièce d'artillerie
pour l.niC'^r une lK)nd)e. — Lou mourtiè scn tnujour l'inc,
le ni' rtier s- nt toujours les aulx, proverbe qui se rend aussi
en fr. par : la caque sent touj<turs le hareng. On l'applique
î\ une persojnie (jui, par quelcjue action ou quelque parole,
fait voir qu'elle retient encore quelque? chosr» de la bas-
sesso de son origine ou des mauvaises impressions qu'elle a
roeues.
Mourtiè, s. m. Mortier, mélange de chaax éteinte et de
sable pour bî\tir. — Mourtiè gras, mortier où il y a beaucoup
de chaux ; mourtiè maigre, celui où le sable domine. Jf ottr-
tiè bastar, mortier fait le plus souvent avec des plâtras et
de la chaux.
Dér. du lat. Mortarium^ m. sign.
Mourtigoùs, ouso, adj. Malingre, languissant ; rabougri.
— Se dit des arbres dont les feuilles sont petites, jaunes,
flétries et dont quelques branches sont sèches, en un mot
qui menacent de mourir.
Mouru, mourudo, adj. Rebouché ; émoussé ; mousse, en
parlant du tranchant et surtout de la pointe d'un outil ;
lippu, qui a de grosses lippes ou lèvres, en parlant princi-
palement de la lèvre inférieure.
Mouru, s. m. Au fig. Se prend pour : bourru, rustre;
incivil ; fAché ; de mine renfrognée et d'humeur sombre.
Dér. de Moure, museau.
Mourudo, 5. /*. ou Biàou ou Granàou. Groneau. Gran-
din, poisson de la Méditerranée. — Voy, Granàouy qui est
une espèce de Muge, si ce n'est le Muge lui-même, déguisé
sous ses divers noms locaux. Ses lèvres fortes, son museau
court lui ont valu son appellation de Mourudo.
Mourvis, 5. m. ou Cade-mourvi, Genévrier dePhénicie,
Juniperus Phœnicea, Linn., arbrisseau de la fam. des Co-
nifères, commun dans nos bois. — Voy. Cade.
Mous, pron. pers. mas. plur. de Moun, Mes. — Mous
éfans, mes enfants.
Mous, trois, pers. sing. de Vindic, prés, du v. Moute,
traire. 11 ou elle trait.
Mous, 5. m. Moût, jus de raisin qui n'a pas encore fer-
menté : se prend, dans le style goguenard, pour le vin
même. — Y-a dé mous, dit-on à quelqu'un ou de quelqu'un
en pointe de vin, un peu dans les brindesingues.
Dér. du lat. Mustum, m. sign.
Mouscal, s. m. Émouchoir; queue de cheval attachée à
un manche pour émoueher les chevaux pendant qu'on les
ferre; lanière de papier autour d'un petit bâton pour
chasser les mouches des enfants et des malades, ou dont
se sert un marchand de sucrerie en plein vent , par
exemple, pour garantir des mouches sa marchandises; par
extension, pompon, panache, que l'on met à la tôle des
mulets, (jni est un ornement après avoir été d'abord un
chasse-mouches ; gland de bonnet , qui semble avoir le
même emploi.
Dér. de Mouaquo, mouche.
Mouse, t'. Traire; tirer le lait des vaches, des chèvres,
etc. — Au fig. Mouse quàouquus, obtenir de quelqu'un ce
qu'on désire par des caresses, de câlines instances; lui
gagner ou lui soutirer son argent par petites saignées douces.
Dér. du lat. Mu! gère, m. sign.
Mousï, mousido, adj. Moisi ; qui est atteint, altéré par
la moisissure. Au fig. Es pas mousi, se dit de quelqu'un
remuant, retors, qui ne risque pas de se moisir par inaction
de corps ni d'esprit.
MOU
Lou moial, s. m. le moisi ; odenr, goût de moisi ; moi-
sissure ; partie d*iine chose moisie. -7- Voy, Moundun.
Dé. da lat. Mtieidus, m. siga.
Mouidun, s. m. Moisissure; le moisi. — Exprime d'une
manière plus générale que Mousi et Mousiduro, une partie
de chose moisie sur une quantité ; ainsi on dira : fôou tria
hu mouêidun d'aquélos poumos, il fauU enlever les pommes
moisies de ce tas, et : iévas lou motui d'aquélo poumo, ôtez
la partie moisie de cette pomme.
Mouaidiiro, s. f. Moisissure, altération d'une chose moi-
ne. — Voy. Moundun.
Monsqué, s. m. Mousquet ; fusil dont le canon est court ;
ancienne arme à feu, en usage avant le fusil.
Mousquéia, v. Émoucher ; chasser les mouches. — Un
ehival moutquéjo, se dit d'un cheval qui chasse les mouches
à coups de pied et de queue , qui bat ses flancs de sa
queue.
Dér. du lat. Museas agerê, chasser les mouches.
MoQBqnéto, s. f, Dim. de Mousquo, Petite mouche.
Mouaqno, s. f. Dim. Mousquéto; augm. Mouscauo, Mou-
che, Muica, insecte classé en histoire naturelle dans l'ordre
des Diptères et la fam. des Latérisèles ou Ghetoloxes qui a
d'innombrables variétés, toutes confondues sous le nom
commun de Mousquo, sans classification savante. — L'hip-
pobusque, Hippobotea «çutna^Lun., cette mouche si incom-
mode aux chevaux, si tenace et si dure à écraser, est la seule
qui ait reçu une qualification distinctive : on l'appelle
Mousquo dé ehival et surtout Mousquo d'ase,
Dér. du lat. Musea.
Mousquo , <. ^. Mire ; mouche , visière d'une arme
à feu.
Mousquo ou Mousquéto, s. m. touffe de barbe sur le men-
ton , qu'on a souvent appelée royale , puis impériale , et
mouche qui n'a pas de couleur politique, quand un des
mots précédents n'était plus de mise.
Moussa, s. m., n. pr. de lieu, Moussac, commune dans
le canton de Saint-Ghaptes (Gard), nommé en 4469, Moxae,
roman, et Mazacum, latin; en 4228, Mociacum, variant un
peu plus tard en Mossacum et Mossiacum, Ce village, sur
les bords du Gardon, exposé souvent à ses ravages, aurait-
il pris son nom de cette situation ou de quelque accident
causé par la rivière? Sa formation lui viendrait -elle de la
même source ou de la même idée que MoussU, morceau,
synonyme Boucï, dans un autre dialecte dérivant de Morsus,
de mordere, mordre, qui nous a donné le verbe Mous-
siga ? G'est probable !
— Sou dé Moussa : aïmou maï lou tout que la mUOf
provb., ils sont de Moussac : ils aiment mieux le tout que
la moitié. LaRouviUro sansvi, La Càouméto sans couquï,
Moussa sans bla, lou pêitan es arouHna, La Rouvière sans
vin, La Calmette sans coquin. Moussac sans blé, le paysan
est ruiné : dicton ancien que les rivalités de village à vil-
lage se jetaient volontiers et sans ménagement. — Toy.
Èseaïnoun.
MOU
399
Moussa, V. Mousser, faire de la mousse, en imrlant d'un
liquide; Eseuma est préférable dans ce sens.
Fort ressemblant à un empr. au fr.; aussi, presque
inconnu dans les campagnes et dans les endroits on le
languedocien est resté plus pur.
Moussèl, s, m. Dim. Mousséié; augm. Moussélas. Mor-
ceau, partie d'un tout et quelquefois le tout ; bouchée,
fraction d'une chose bonne à manger. — Moussèl énvala
n'a pas pus dé gous, provb. qui ne manque pas et ne man-
quera jamais d'applications, non plus que de traductions
ou reproductions dans toutes les langues et dans tous les
temps ; car il se rend en fr. par : service rendu est bientôt
oublié; plaisir passé ne laisse pas de trace : bonheur
savouré n'a ni goût ni souvenir. N'a pas fa qu'un moussèl,
il n'en a fait qu'une bouchée. Aquà's un pouli mouuèl dé
fïo, voilà un beau brin de fille, un friand morceau.
Dér. du lat. Morsus, part. pass. de Mordere^ mordre : ce
que l'on enlève en mordant.
Monssiga, v. Mordre ; serrer, entamer, diviser avec les
dents, avec le bec, avec tout ce qui serre ou pince.
Dér. du lat. Morsus.
Moussigado, s. f. Dim. Moussigadéto. Morsure; action
de mordre; meurtrissure; empreinte, marque faite en mor-
dant ou en piquant avec le bec.
Moussigaire, aire, adj. Qui mord, mordant. — Au fig.
n'est guère admis qu'en style poétique : la langue est avant
tout positive.
Mousse^ s f,, ou MooBsi. Mousse, apprenti matelot.
En esgag. Moço, jeune garçon, jeune valet.
M0U88O, s, f. Traite des vaches, des chèvres, des bre-
bis, etc. ; action de les traire; quantité de lait qui en pro-
vient.
Dér. de Mouse, traire.
Moosso, s. f. Mousse, écume. — Se dit mieux Éseumo.
— Voy> c. m.
Monsso, s. f. Mousse, cryptogame, plante ou herbe
parasite.
Dér. du lat. Museus^ m. sign.
M0U88O d'araire, «. m. Versoirde charrue.
Mousse dé mèr, s, f,, ou Aoubo dé mèr. Algue de mer,
algue marine, foin marin, dont on enveloppe le verre, les
bouteilles, pour les transporter ; on en fait des matelas, des
coussins et même du papier ; elle croit dans la mer et sur-
tout dans nos étangs.
Une a^tre plante du même genre, le Mousso dé mèr, la
mousse de mer. Fucus Mminthoeorlon, Linn., de la fam.
des Algues, qu'on trouve dans la Méditerranée, est un
des meilleurs vermifuges connus.
Mousso (Fîou dé) s. m. Fil de moche, de Quibray ou
de Bretagne, paquet de soies filées, disposées pour le pei-
gnage. Le nom lang. n'est qu'une altération du fr. Moche,
soie en moche, en paquet.
Moussu, s, m. Monsieur; titre donné par civilité, par
respect ou par bienséance.— Un mouuu, moussu un tâou,
500
MOU
an monsienr, monsieur tel. An plnr. il est toujours pré-
cédé de Tart. loui ; hus moussiu, les messieurs, en géné-
ral, les gens qui ne sont pas du peuple; Iom moussus un
fdoti, les messieurs tels; mais on ne remploie qu*en par-
lant des personnes et non point en s'adressant à elles-
mêmes. Ainsi Ton dit : Coumo anas, moussu ? et Coumo
anas, méssius? Ce dernier n*est qu'une autre traduction
plus moderne de messieurs. — Un miè" moussu, un demi-
bourgeois, demi-manant, Moussu Chouso, monsieur Chose,
dont le nom ne vient pas à la mémoire CVoy. Chouso),
Moussu moun ami, phrase purement explélive : Ah!
certes. — Voy, Amï.
Dér. du vieux langage Moussen ou Mossen, formé du
pronom poss. et du subst., abrégés ou transformés de
Moun, du la t. Meus et du roman Seiner, Senker, Seinhor,
donnant Sieur, Sire, Seigneur, venus du lat. Senior, plus
âgé.
Monssudé, <. m., ou Monssnrdé, Jeune monsieur. —
Dim. presque toujours respectueux, qu'il ne faut pas con-
fondre avec ce que le fr. exprime par : Petit monsieur,
qui est le plus souvent un terme de raillerie ou de mépris.
Moussurô, s. m. Petit monsieur; jeune freluquet; arti-
san qui veut se donner des airs de monsieur.
Moustache, $, f. Dim. Moustaokéto; aug. Mousia-
chasso. Moustache ; barbe qu'on laisse croître au-dessus de
la lèvre supérieure; longs poils autour du mufle, de la
gueule de certains animaux.
Dér. du gr. MiScoroÇ, d'où le lat. Mystax, m. sign.
Monstachoù, s. m. Momifie; petit soufilet ; coup de la
main sur la figure.
MouBtaclioima, v. SoufiQeter ; donner des momifies, de
petits soufilets, des moustachoîts.
Moustachu, udo, aâj\ Qui a des moustaches, surtout
de grandes moustaches.
Moustardiè, s, m. Moutardier, petit vase dans lequel
la moutarde est servie sur la table. — Sémblo lou prémiè
moustardiè dâou papo, dicton qui s'applique à un homme
qui prend des airs d'importance et d'autorité, qui veut
trancher du grand seigneur ou du personnage très-entendu :
et fondé sans doute sur ce que le peuple s'imaginait qu'au-
près du Pape devait se trouver, à titre d'office, un ser-
viteur de sa maison, ayant charge de Moutardier, et qu'on
le supposait ironiquement jouissant d'une grande in-
fluence.
Moustardo, s. f. Moutarde, Sinapis, Linn., plante delà
fam. des Crucifères, dont il y a deux espèces, là blanche
et la noire. Ce n'est guère à la plante, peu connue, que
l'on applique ce nom, mais au condiment fort en usage pour
exciter l'appétit et faciliter la digestion des estomacs pares-
seux, que l'on fait avec la graine réduite en poudre. Sous
cette forme, elle est également vulgarisée par l'emploi qu'en
fait depuis longtemps la médecine dans les bains de pied et
les sinapismes ; pour cela la moutarde noire est préférable
comme plus acre et plus excitante.
MOU
Ce mot vient du lat. Multum ardet, qu'en vieux fran-
çais on rendait par Moult ard, il brûle beaucoup ; on de
Mustum ardenSf parce que l'assaisonnement de table se
composait quelquefois de cette farine délayée dans di moût
de raisin.
Moustardo, t. f. Raisiné ; moût de raisin cuit en confi-
ture. — Comme Qp y mâle parfois quelques grains de
moutarde pour le rendre piquant, il prendrait de là son
nom. C'est à cette composition que s'appliquerait fort bien
la seconde étymologie donnée à l'article précédent. Néan-
moins ce mélange n'est point ordinaire, et Moustardo, con-
fiture, est le plus souvent la même chose que Rasmé. —
Voy. c. m.
Monstas, s. m. Gros soufilet, bien appliqué sur la figore,
sur la moustaeho,
Augm. de Moustachoik»
Monstéja, v. Rendre du moût ; être juteux. — An fig.
on dit : Aiçà maustéjo pas, ceci n'est pas brillant, d'une
affaire qui s'annonce mal, qui ne rend pas ce qu'on espérait.
Dér. du lat. Mustum agere, m. sign.
Monstèlo, s. f. Belette, Mustela vulgaris, Lino., mam-
mifère unguiculé de la fam. des Digitigrades ou Carnivores.
La Belette, la dame au nez pointu, est beaucoup pins
pçtite que la marte et le furet; mais elle leur ressemble per
la forme. Son corps mince n'a que six à sept pouces de
longueur ; sa queue, plus courte même en proportion, n'est
aussi garnie que de poils très-courts. Son pelage est d'oa
roux vif, cendré en dessus et blanc en dessous. Malgré sa
petitesse, elle est courageuse et forte, et ne craint pas d'at-
taquer une proie plus grande qu'elle; elle n'éparpe pas les
poules et est très-friande surtout de leurs œufs et de œni
des perdrix et des cailles dont elle fait ample destraction
Dans les montagnes du nord du département on tronve,
quoique rarement, l'Hermine, Mustella erminna, Linn., et
comme elle est en tout semblable à la belette, à la conlenr
près, on l'a prise pour elle, et tout simplement appelée
Moustèlo blanquo, belette blanche.
On dit Moustèlo d'une fillette rasée, matoise, finemoocbe
et un peu effrontée.
Moustoùs, moutonso, adj. Plein de moût; qni rend
du moût; gluand ; juteux; visqueux ; douceâtre.
Monstra, v. Montrer; indiquer; faire voir; enseigner.
Dér. du lat. Monstrare, m. sign.
Monstre, s. m. Monstre ; production ou être contre na-
ture ; individu très-laid, très-méchant, dans l'usage ordi-
naire; mais comme exclamation, ou apostrophe, il n'a pas
toujours cette gravité et le ton peut l'adoucir jusqu'à on
simple reproche de bouderie ou même d'affection. Dans la
même acception, il devient aussi interjection.
Dér. du lat. Moratrum, m. sign.
Monstroûs, ouao, adj. Monstmeax; prodigieux ; exces-
sif ; effrayant; épouvantable.
Montas, s. m. Augm. de Mouto. Grosse motte, surtool
de terre ; gros grameau, gros morceau.
MOU
Montèl, j. m. Gromean ; morceau d*ime matière <iiiel-
oonque, adhôreote, coagolôe, caillée.
Dim. de M<mto,
Montillàon, âondo, adj, Monfllard; gros jooffla ; qui a
de grosses joues.
Serait-il formé de Mouto, motte, et du lat. Flare, souf-
fler, enfler ? on bien un augmentatif, un peu capricienx, de
Moufle?
Monte, f. /".Dim. Mouiéto;SLUgm. Monta», Hotte; mor-
ceau de terre soulevé par la cbarrue ou tout autre outil ara-
toire ; terre adhérente aux racines d*un arbre déplanté. —
MovOio dé earboU, motte de houille, morceau d*un plus gros
Tolume, par opposition au menu, Tris. On fait des Moutos,
des mottes artificielles; en pétrissant et pressant en pains
de la houille menue, du tan, rusquo, qui ne peut plus
servir, et du marc d*olives ou grignon, o$se$ d'ouHvos :
c'est le combustible des pauvres ménages, et là aussi est
ridée première et perfectionnée de la fabrication, des agglo-
mérés, Tutilisation des menus de mines, cette invention
qui a été une si grande ressource dans nos grandes indus-
tries houillères. Mouto dé niou, boule de neige.
Dér. de la bass. lat. Moia, m. sign.
Dér. du Meuif a,'umy m. sign.
Moatoù, s, m. Mouton, Verveœ, Linn., mammifère ungui-
culé de la fam. des Ruminants ; mâle châtré de la brebis. —
S'emploie, de môme qu'en fr., pour signifier les moutons,
brebis et béliers, en troupeau , un troupêl dé montoàs, un
troupeau de moutons.
L'origine du radical qui a formé le mot Moutoù a lassé
tous les étymologistes, dit Honnorat : c Jean Picard l'a fait
venir du gr. M69(i>v, qui désigne une espèce de danse dans
Pollux, à cause des sauts que font les moutons; Caseneuve
pense qu'on pourrait le dériver du lat. MiUUui, employé
dans le sens d'écorné; Bochart prétend qn il vient de Mons,
moniis, d'où l'ital. Montone et Monton, parce que les mou-
tons se tiennent sur les montagnes. Ce qui parait justifier
cette étymologie, c'est le mot Montero, qui signifie chasseur
en espag., et qui est bien évidemment dérivé de Monti»;
Huet le prend de Mulus, muet, parce que cet animal est
silencieux; enfin, selon d'autres, il viendrait de l'allem.
Mutsm, couper, tronquer, parce que le monton, proprement
dit, est un bélier coupé. >
Littré résume à peu près ces anciennes opinions, et il
constate que la forme primitive du mot portait un l, en
ital. et dans la bass. lat. Multonem, Moltonem, Mutlonmn:
Il trouve dans le celtique : gaël. Mult; Kimry, MiUt; irl.
Molt; bas-breton, Maoud, bélier ; il y voit une forte raison
pourcroirequelemot est indigène, et que l'étymogie incline
vers le celtique.
Montoù, ». m. Monton on sonnette, masse de fer, on
gros billot garni et armé de fer, qui se lève à bras ou à
machine, et qui, en retombant, sert à enfoncer des pilotis,
de pieux : ainsi appelée parce que le mouton, dont la ma-
chine entière porte le nom, donne des coups avec la tète
MUL
501
et que la sonnette semble cesser, dourda, les pieux, comme
l'animal.
Mouioik se dit aussi des anses en bois dans lesquelles
on fait entrer les anses d'une cloche, un moutoiJk dé cam-
pano.
Montongnè, être, adj. Moutonnier; qui suit l'exemple
des moutons et fait comme les moutons de Panurge.
Mu, modo, adj. Muet; qui n'a pas l'usage de la parole;
qui ne parle pas, on qui reste sans parler. — Léngo ou
fénno mudo fougue jamaï haiitdo, prvb., langue ou femme
muette ne fut jamais battue; excellent conseil à ceux ou
à celles qui parlent trop. A la mudo, à la muette, sans
parler.
Dér. du lat. Mutu», m. sign.
Mnda, v. Remuer un enfant au maillot ; le nettoyer, le
changer de langes. — Pèou-tnuda, muer, changer de poil,
et par ext. changer de plumage, de peau. Aquél que »i
mudo, Dtou Vajudo, prvb., qui pèche et s'amende, à Dieu
se recommande.
Dér. du lat. Mutar», changer.
Mndairo, ». f. Remueuse, femme qui remue, mudo, un
enfant, qui l'emmaillotte.
Mudo, ». f. Mue; changement de poil, de plumes ou de
peau, dans l'animal et particulièrement des vers à soie à
chacune de leurs maladies.
Dér. de Muda.
Mngan, ». m. Ciste cotonneux à fleurs roses, CiHu»
aibidu» Linn., arbrisseau de la fam. des Cistes, qui croit
spontanément sur les collines arides du Midi.
Mngo, ». f. Ciste de Montpellier à feuille étroite et à
fleur blanche, Ci» tu» MoMpelien»i», Linn., plante de la
fam. des Cistes. — Il y a un grand Ciste, dans nos landes,
qui est le môme que celui sur lequel on récolte dans le Le-
vant, dit Sauvages, la résine appelée Labdanum, drogue
de pharmacie.
Mngué, ». m. Jacinthe orientale. Jacinthe des jardins,
Hycusinthu» orientait» ^ Linn., plante de la lam. des Li-
liacées, commune et dont on cultive des variétés très-nom-
breuses.
Mugué, est encore le nom d'une autre jolie plante, Con-
vallaria majali»; Linn., de la fam. des Asparagées; qui
vient naturellement dans les bois humides du Midi, et qui,
par ses petites fleurs blanches en campanules, répandant une
odeur suave, mérite aussi d'être comptée parmi les plantes
des jardins.
Majon, ». m. Muje ou mulet. Mage de la Méditerranée,
Mugil labeo, Cuvier, poisson de l'ordre des Holobranches
et de la fam. des Lépidopomes.— Ce poisson, très-commun
dans la Méditerranée et dans nos étangs, atteint 42 centi-
mètres de longueur ; il a le dessus brun verdàtre, les côtés
et le bas-ventre blancs, les lèvres fortes et crénelées.
Mulatiè, ». m. Muletier; celui qui conduit des mules et
mulets pour le transport du vin ou des marchandises. —
Jusqu'aux premières années de ce siècle, le muletier a été
64.
503
MCS
on personnage bien antremeât important que ne le fit
jamais on roolier, lorsqu'à la tète de quinze on vingt mulets»
et quelquefois davantage, dont chacun pour la plupart ne
valait pas moins de mille francs, et qui tous lui apparte-
naient, il était seul chargé du transport de nos marchan-
dises dans toutes nos montagnes jusqu'au Pny-en-Velay.
n n'existe presque plus de muletiers et encore ne sont-ils
que des grandeurs déchues qu'on rencontre par hasard dans
un chemin écarté et difficile : l'ouverture de nouvelles
routes et l'amélioration des anciennes leur firent céder la
place aux routiers qui, à leur tour, tendent à disparaître,
écrasés sous la concurrence plus redoutable encore des
chemins de fer.
Mur, s. m. Mur, muraille; rempart.-- Mur est un fran-
çais qui nous est arrivé avec son cortège franMmam de :
Mur énbriquoi, gros-mur, mur-mèitre, mur dé ré f en, mur
mitouïèn, mur d'appui^ etc., qu'il faut bien accepter, faute
de mieux, pour s'entendrs .
Dér. du lat. Murus, m. sign.
Muraia, v. Murer, clore , entourer, enceindre de mu-
railles.
Muraîo, s. f. Dim. âturaïéto; augm. Muraïasso. Mu-
raille; mur. — Quoique Muràio soit aussi une traduction
du français, ce qui prouve en sa faveur c'est qu'on ne pour-
rait la bien mettre à la place de Mur, dans les locutions
citées à l'article de ce dernier mot .
Marge, s, f. Souris. — Voy. Mirgo,
Murtro, f . f, ou Birbo dâou lagui. Myrte, myrte com-
mun, Myrtui communia, Linn., arbrisseau de la fom. des
Myrtes. — Cet arbrisseau toujours vert était consacré à
Vénus; il devint le symbole de l'amour et de l'hymen aussi,
car les nouvelles mariées en couronnaient leur front : On
prétend qu'alors on lui donna son autre nom d'£rér6o d'âùu
iaguij pour rappeler les soucis et souvent les chagrins qui
suivent le mariage. — Voy. c. m.
Dér. du gr. Muptoç, d'où le lat. Myrtus, que notre dia-
lecte a un peu altéré à sa manière.
Mus, j. m. Musc, parfum. — Inutile de dire que le musc
est fourni par une sorte de chevrotin ou de chevreuil; le
languedocien ne connait que son odeur : il a pris pour cela
seulement le mot au français, en supprimant le e final qui
lui est antipathique. Là Farb-Alais l'a heureusement appli-
qué, dans les Castognados» dou basalï, le basilic, qu'il
appelle mut ddau péïsan et raïâou packoulï.
Mus, s. m., n. pr. de lieu. Mus. — Il existe dans notre
département deux localités qui portent ce nom : Mus,
commune, canton de Vauvert dans l'arrondissement de
Nimes, et ce qu'on appelle la ville de Mus, dans la com-
mune de Durfort, arrondissement du Vigan , ruines d'une
villa gallo-romaine.
La commune de Mus est connue par ses carrières d'où
l'on tire les dalles appelte Bars dé Mus. Ces pierres pren-
nent un beau poli et l'on en pave les appartements, surtout
ceux du premier étage, car au rez-de-chaussée elles se
MUS
détériorent facilement par l'humidilé; mais c'est priadp^
lement au pavage des fours qu'elles sont employées paroi
qu'elles résistent bien à l'action du feu.
« Quant à la ville de Mus, dit SaDtaobs, elle panât a'a-
voir été qu'une maison de campagne, wUa, appartsosiit à
quelque grand seigneur. Elle était dans un endroit aride,
élevé et resserré par des rochers d'im aspect affreux* L'on
ne conjecture sa situation, et cet endroit n'est remarqnaUs
que par un aqueduc de bonne construction, qui aboMit à
un petit espace susceptible de culture. Cet aqueduc, dont il
7 a de beaux restes , amenait par de longs drciiits il
milieu de ces rochers, l'eau d'une fontaine appelée fm im
Barazii,
c Mus, sendt-îl le même nom que celui d'un général dei
Sarrazins appelé Mtsso r Ces infidèles avaient lait d'asss
longs séjours dans la Septimanie pour y avoir oonstmit m
monument peu connu, quoique digne des Romains, et le
nom du général abrégé dans celui de Mus, sendt en îokat
temps resté au lieu de scm habitation.»
Mosa, 9. Muser; s'arrêter en chemin ; être oisif; s'i^
muser à des vétilles au lieu de faire son travail. — Doit
signifier encore : se repentir, dans le sens au mrâis que la
perte du temps ou de l'occasion peut donner lieu à tt
repentir; appert le proverbe : Quàou refusa, musù, qui
refuse, qui retarde, se repent.
Musaire, aîro, s. et adj. Musard ; fainéant ; lambin ; lent;
tardif; qui muse.
Musca, s, m. Muscat, raisin et vin dont tout le monde
connaît le goût qui rappelle le parfum du musc. — On
cultive dans le pays trois espèces de muscats : lau mmsê
blan ; il ne réussit pas dans les plaines où le sol est humide;
il s'y rouille et ne produit rien ; il lui fout un teiraîa
élevé; le sol siliceux, formé de débris de gras, grés, oufe^
rugineux, lui convient très-bien. Il donne de très-belies
grappes ; les grains sont blancs, ronds , trés-serrés, de oou-
leur dorée à la maturité. Son bois est an peu roux, ten-
dre, et sa feuille assez grande. Lou musea nègre, le muscai
noir ne diffère du blanc que par sa conleor qui est tris-
noire. Lou musea gré, le muscat grec : ses grains sont gros,
blancs, ovoïdes, croquants et légèrement musqués; 99
grappes ne sont pas très-bien fournies.
Muscadèl, èlo, s, et adj. Musqué ; qui a le parfum da
musc. — On donne ce nom à une espèce de poire appelée
Muscadclle et l'on dit Péro museadilo on seulement if lueo-
dèlot subst. comme MuscadH, s. m. on Périè muse^dM,
adjectivé.
Muscadin, s. m. Muscadin; fat masqué; freluqurt;
damoiseau ; s'emploie aussi au fém. Mu9e(sdino : pour petite
maîtresse, élégante; muscadine.
Muscade, s. f. Muscade, noix du musoadier aromatiqoe,
Myristica aromatica, Linn., employée asees oommunémsnt
comme épioe et dans des remèdes. Quant à la muscade,
une petite boule de liège qui parait ei diapunatt dans ki
doigts du prestidigitateur, le mot languedocien ne la désigne
MUS
point parce qu'il ne la connait pas, et q«e, aeuls, les fran-
ekimanê ont pu rempmnter an fr., si môme il leur arrive
de s'en servir dans de rares occasions.
Huscardin. «. m. Moscadin, pastille, espèce de dragte
que Ton disait en enduisant une graine de coriandre d'une
p&te suorée, aromatisée avec du musc. Ce bonbon n'est
guère plus connu, mais son homonyme ne l'est que trop.
Muscardîn, s. m. Muscardin, ver à soie mort de la mus-
cardine. — Sa ressemblance avec le JUttscardm de l'article
procèdent lui a certainement fait donner son nom : en efiet,
le ver, m<^t de cette maladie, se roidit, se dessèche et sem-
ble couvert d'une couche de plâtre blanc ou plutôt semble
être un plâtre de l'insecte. On le nomme même qudquefois
Ura^iio, dragte, lorsqu'il meurt, racorni en chrysalide
ttauchée, dans le cocon qu'il a pu faire et qui tinte alors
comme un grelot : ce qui achève de donner raison à cette
etymologie en la complétant.
De même que bien des gens se gardent d'appeler le Diable
lutr son nom, de crainte qu'il ne réponde à l'appel, de même
les magnagniers évitent avec le plus grand soin que le mot
Muteardin soit prononcé dans leur magnanerie, et s'ils sont
forcément amenés â en parler, ils ne le font qu'en disant :
aquélo mino, cette engeance, la plus mauvaise, la plus à
craindre de tontes : superstition bien innocente d'ailleurs
si, après une éclosion attentivement soignée qui est une
MUS
508
première condition de succès, viennent une bonne nourri-
ture, une température égale, des délitements fréquents
autant que possible, et une aération bien entendue, qui
forment l'ensemble indispensable des soins hygiéniques â
donner aux vers â soie. C'est jusqu'ici ce qu'il y a de mieux
à faire pour écarter la muscardine ou en arrêter les progrès
lorsqu'elle a fait invasion; en attendant que la science,
qui a découvert enfin d'une manière assurée le Botry^,
nous donne aussi un moyen également sûr de le chasser ou
de le tenir loin.
Muscle, «. m. Houle, HyUlm, Linn., mollusque de
l'ordre des Acéphales, coquillage bivalve de mer, de rivièie
et d'étang, dont les variétés abondent. — On ne connait
guère sous le nom de Muscle que la moule de mer, com-
mune sur nos côtes et dont la couleur est d'un bleu foncé.
Mnso, s, f. Délai; retardement; ce que fait le mnsard.
— Faut-il dire que JfuJo,muse, a été pris quelquefois dans
le sens du français pour une des neuf sœurs, divinités des
arts et de la poésie ? C'est un de ces anachronismes qui ne
vont pas cependant à la langue d'Oc; mais il est tout per-
mis aux poètes i
Masqua, v. Musquer; parfumer de musc.
Empr. au fr.
Musquéja, v. fréq. Sentir le musc; avoir le goût du
musc ou du muscat.
N
N
K, s. ^ dans l'ancien système; s. m., dans le nouveau.
N, quatorzième lettre de l'alphabet, onzième des consonnes.
On la prononce ènno isolément. Correspond au nu des
grecs, au nun ou noun des Phéniciens. Il est employé dans
l'articulation spéciale gn que les espagnols écrivent an
moyen d'un n simple surmonté d'un signe appelé Ulda d'où
lui vient le nom d'n tUdé. Dans les anciens manuscrits
cette consonne est souvent remplacée par un trait marqué
sur la consonne précédente. Employée en abréviation, cette
lettre suivie d'un S, N.-S. signifie Noste-Ségnou, N.-D.,
Notta-Damo, En astronomie "N. est mis pour nord. Dans
les livres, N suivi de quelques points ou astérisques désigne
une personne dont le nom est inconnu ou qu'on ne veut
pas faire connaître. N. B. signifie nota bene. On n'est pas
bien sûr de son ancienne valeur numérale; les uns lui
attribuent la valeur de 90; les autres de 900. N était
l'ancienne marque monétaire de Montpellier. Cette consonne
ne se double pas en languedocien. Par une contradiction
singulière, les Cévenols qui n'articulent pas Vn final dans
certains mots languedociens tels que bon, vin, fin, qu'ils
prononcent bo, vi, fi, articulent an contraire cette con-
NAB
sonne dans les mots français équivalents bon, vin, fin,
qu'ils prononcent bonne, vènne, fènne, ce qui produit on
effet, on ne peut plus disgracieux.
Au commencement d^on mot ou dans l'intérieur, lors-
qu'elle est suivie d'une voyelle, cette lettre se prononce
comme en français ; mais au milieu, suivie d'une consonne,
ainsi qu'à la fin des mots elle sonne comme dans examen,
amen, hymen, abdomen : ainsi, autant que peut le rendit
la prononciation figurée, antan, ancien, éndiférén, printém,
bouehin, son, lun, roundèlo, soun, eic^se prononcent comme
si l'on écrivait anetane, aneeiène, éndifiréne, prineléne,
bouchine, sone, lune, rounedèlo, soune; c'est la pronon-
ciation latine conservée aussi par les Italiens.
Naba, v. Gagner, plumer, dépouiller quelqu'un au jeu;
lui gagner jusqu'à son dernier sou ; dauber, battre à coups
de poings. Soui naba, je suis enfoncé, j'ai perdu; /'an naba,
on l'a gagné.
Nabé, s. m. Navet. Brassiea napus, plante potagère ; du
latin napus. Es pas pu ndou qu'un nabé, il n'est pas plus
grand qu'un navet, se dit d'un enfant malingre, d'un
homme de petite taille. Nabé se dit aussi de la racine de
504
NÂD
diverses plantes pivotantes dont la radne charnue s'en-
fonce verticalement dans le sol, comme le radis long, robe,
dont ce pivot porte aussi le nom.
Nabé, to, adj, et subit. Nabot, de petite taille, pas plus
haut qn*un navet.
NabÎBSO, i. f. La fane de la rave, du navet; la partie
herbacée et extérieure de la plante. On dit aussi Babùso.
Nabo, s. m. Nain ; du lat. Nanus ou plutôt Napus navet,
qui n'est pas plus haut qu'un navet. fVoy. Nané.J — C'est
le nom dont s'appellent entr'eux les petits ramoneurs et
dôcrotteurs savoyards; il a sans doute la même origine que
notre nabé et le français nabot, et correspond à petit, pitiot,
gamin. Ce mot s'est naturalisé à Alais pour désigner un de
ces jeunes artistes.
Nacion, «. f. Nation, peuple, et dans un sens plus
restreint : population, famille, assemblée, réunion ou asso-
ciation d'un certain nombre d'invidus. Quinlo sanlo nacîou/
Quinto triito naciouf Les vilaines gens! Quelle mauvaise
engeance 1
Dér. du lat. Natio.
Nada, v. Nager. Nada à la révétséto, faire la planche,
nager sur le dos. Savèn coumo nado/ se dit d'un honune
dont on devine les allures suspectes.
Dér. du lat. natare, m. s.
Nadado, s. f. L'espace que peut parcourir dans l'eau
un nageur de force moyenne. Dans un sens plus restreint,
l'espace parcouru par un seul effort des quatre membres,
et que Ton désigne plus communément sous le nom de
brassado, brasse.
Nadadoù, t. m. Baignoir ; endroit d'une rivière propre
à nager et à se baigner. On dit aussi bagnadoù; mais ce
terme s'applique plus spécialement à une baignoire, à un
cuvier destiné aux bains domestiques.
Nadaïre, aîro, adj, et subs. Nageur. — Un bon nadaïre
àlafiié nègo, un bon nageur finit par se noyer; tant va
la cruche à Teau qu'à la fin elle se casse.
Nadâou, s. m. Noël ; francisé par Natal ou Nadal, du
lat. Na(ali$. Ce terme est souvent donné comme nom de
baptême à ceux qui naissent le jour de la Noël. Souc dé Na-
dâou ou Nadalén; CaléndâoUj la huche de Noël. 0 n dit pro-
verbialement : A Nadâou dâou fio;à Pasco dâou ro. — Qu'à
Nadâou se souréïo, à Pasquos crèmo sa légno. fVoy . Caléndo.)
On dit aussi Noué ouNouvè, dans le voisinage de la Pro-
vence: P^riVaué âoufio, pér PaseOf âoujo. A Noël, au balcon,
à Pâques, au tison.
Nadèlo, s, f. Sardine fraîche de la Méditerranée ; nom
peu répandu aujourd'hui.
Nadièlou Nadiuèl, s. m L'orvet fragile, anguis fra-
gUiSy Linn., petit serpent couleur d'acier bruni, à la queue
émoussée, court, tardif, ferme, lisse et très-fragile.
Ce serpent mesure environ 40 centimètres. Quand on le
touche, il se roidit tellement qu'il se casse, ce qui lui a
fait donner son surnom scientifique et l'appellation vulgaire
de serpent de verre. Il est commun dans nos campagnes.
NÂI
Suivant un préjugé populaire, l'orvet serait aveugle et
très-venimeux ; deux accusations également erronées. Le
nom languedocien de l'animal rappelle la première de «s
deux erreurs : N'a d'iH qui n'a point d'yeux. On dit pro-
verbialement : Si lou nadièl i vésiè, se la vipèro VénténOèf
davalarièou souncavaiè. Si l'orvet voyait, si la vipère en-
tendait ; ils démonteraient un cavalier.
On dit aussi : Se lou nadiH i vésiè, se la talabréno
i'énténdiè, etc. Si l'orvet y voyait, si la salamandre enten-
dait, etc.
Il est certain que l'orvet est tout-à-fait inoffensif et qa'il
y voit fort bien.
On donne aussi le nom de nadièl au Seps, Seps ehaleides,
Ch. Bonap.) qui ressemble beaucoup à l'orvet, par la fomu
de son corps allongé, mince et presque cylindrique, et aussi
^T la couleur, bien qu'en général elle soit plus cmvrée et
que le noir y apparaisse davantage. Le seps est d'ailleurs
muni de pattes qui ne l'empêchent pas de ramper, car elles
sont attachées à la naissance du cou et à côté de l'anus, ce
qui ne leur permet pas de soutenir le corps de l'animal au-
dessus du sol. Tout imparfaites qu'elles sont, elles aident
cependant le seps dans sa course qui est très-rapide, et elles
l'ont fait aussi conserver dans la grande famille des Sau-
riens comme transition pour arriver à celle des serpents.
Ainsi que l'orvet, le seps, qui n'est pas plus rare chez noos,
habite surtout la plaine, parmi les herbes des fossés, et
s'abrite sous les pierres des vieux murs éboulés. En pre-
nant le nom de nadièl, le seps devait être chargé de toute
la mauvaise réputation de l'orvet : il est de toute justice de
dire qu'il ne la mérite pas davantage.
On voit par l'exemple de ce mot n'a-dièl, dit Sauvagb,
que le languedocien ne le cède point au grec pour la faci-
lité de faire des noms, et des noms énergiques.
Nado, i. f* La nage, natation, l'art et l'action de nager.
Nadio, s. f, Anille, Plaque de fer en carré long, douV
les deux bouts sont en queue d'aronde; elle est encastrée
dans la partie inférieure et au centre de la meule tournante
d'un moulin à farine, laquelle est soutenue par l'anille qni
porte elle-même sur l'axe vertical qui fait tourner cette
meule.
Nafo. — Voy. Atgo,
Nafra, u. Blesser, balafrer, estafilader avec un instru-
ment tranchant.
En vieux fr. Navrer, d'où ce mot parait être une cor-
ruption.
Nâfro, V. f. Blessure, balafre.
Dér. du celt. Naf, couper, ou du catal. Nafra, bles-
sure.
Nai ou Nais, v. m. Nats dé canibe ou dé eande, routoîr
ou creux dans une rivière où l'on met à roidr le chanvre.
c Que nulla persona aye faire nais de eatnbe en la rivieyra
de Gardon sans licence desdi Consouls. » (G. Charvet. Om-
tûmes de Remoulins, publiées dans la Revue des lang. Ro-
manes, T. IV, p. 226.)
NAS
Naisse, v. Naître, venir an monde. On dit aussi grêia
en parlant des plantes. (Foy. c. m.) — En parlant d'an
terrain où Ton voit sonrdre l'eaa on dit : Vaïgo y na% dé
pérUna; tout amouriès an hiin gréia; hus bUu naUtou
Nèn.
Dér. du lat. Nasci, m. s.
Nttssédoro, «. f. Mal d'aventure; toamiole; sorte de
panaris, moins grave qne le panaris ordinaire et qui n'at-
teint qoe le tissus soasH^atanô. On dit aussi un roudaïre,
et près da Rhône, un lavourcXre.
Nané, éto, subst. Nain; Nabot. — Dans un jeu d'enfant,
oà Ton ônnmôre chaque doigt de la main en lui donnant
une épithéte, le petit doigt est appelé jriehd nané.
Dér. du lat. Nan%u, m. s.
Nanèto, «. f. Nom de femme diminutif dôrivô d'Anne,
On dit aussi en fr. Nanette, an lien d'Ânnette. — Yoy,
Nanoun,
Nani, adv, Nenni ; non ; pas du tout. Cette expression
s'emploie par politesse de préférence à Nou, comme le pro-
nom vdui au lieu de tu,
Nanoun, «. f. Nom de femme, dérivé d'.Anno. ^ (Voy.
Nanèto,) — On dit aussi Nèno, en languedocien.
Nâon, s. m. Auge où les charcutiers échaudent les porcs;
ange à pourceaux, ordinairement creusé dans un tronc
d'arbre; fosse au tan où l'on fait macérer les peaux; auge
de moulin à foulon; bateau, navire, vaisseau.
Dér. du lat. Navis, du grec va&(. On dit aussi au fém.
Nàouquo,
Nàon, to, adj. Haut, élevé. Nàou, nàou / très-élevé. —
Aquél om$ é$ nàou, cet homme est grand. — Ce mot est
aussi employé adverbialement : Dé ndou-én-bas; de haut en
bas. — Toumbè dé gaïre nàou f Tomba-t-il de bien haut T
•^ Dé la cadièiro en nàou, dn haut de la chaire. — Es
d'en nàou, il est du haut pays — highlander; — de la mon-
tagne.
Nàou, n'est antre que àou du lat. AUus.
Nâonqnado, s. f. Plein une auge, une augée.
Nâouqné, adj. Dim. de nàou, une petite auge.
Nâonqno, f . f. Piio ou piUo. ^ Toy, Nàou.
Nàonssa, v. Exhausser, hausser, rendre plus haut ; aug-
menter de prix.
Dér. de Nàou, haut, élevé.
Nàonsso, j. /*. Hausse ; tout ce qui sert à élever; aug-
mentation de prix.
Nâonsso-pè, s. m. Harche-pied.
Nàouton, «. f. Hauteur, élévation. Et dé ma nàou-
toà, il est de ma taille.
Nâontres, Nâontros, pron. pers. plur. de iéou. Nous,
nous-mêmes, et non pas nous autres. Contraction de nous
àautres,
Nario, «. f. Les narines des hommes et des animaux.
Dér. dn lat. Naris, m. s.
Nas,«. m. Dim. N€ué,SLXigm.Nas(u, Le nez de l'homme.
Aeà n'a pas gés dé nas, cela n'a ni tète ni queue, c'est insi-
NËB
505
gnifiant. Aï agu bon nas, se dit lorsqu'on a eu le bon
esprit d'éviter nn mauvais pas, une mauvaise affaire.
Dér. du lat. Nasus,
Nascn, do, paru pass. de Naisse. Né. Es nascu érnbé
la eréspino, il est né coiffé. Voy. Crespino. — On dit en
jouant sur les mots : J^ hé naseu, d'un homme qui a un
gros nez.
Naséja, v. Montrer le nez ; épier furtivement, à la déro-
bée; flairer. Dé que vèn naséja ? de quoi vient-il se mêler T
où vient-il mettre son nez?
Nature, s. /. Nature; l'ensemble des créatures; les lois
qui régissent l'univers ; la propriété de chaque être créé, sa
complexion, son tempérament, sorte, espèce, affection,
et parties sexuelles des femelles en général.
Dér. du lat. Natura.
Navacèlo, n. pr. de localité. Navacelie, commune dn
canton de Saint- Ambroix. En lat. Nova cella. Même étym.
que Ceiienenve, commune de l'Hérault. — Pendant l'occu-
pation romaine on appelait Cslla une ferme, une grange
isolée où l'on enfermait les récoltes. Au moyen âge on
donna ce nom à une retraite de moine dépendante d'un
prieuré.
Né, pron. relat. ou partievie relalivs. En. Vé de né s'éiide
devant une voyelle : Quan avis d'éfans ? — Naï très. Com-
bien avez- vous d'enfants ? — J'en ai trois. Né vène, j'en
viens. — Né vole pas, je n'en veux pas. — Nàouras pas
gés, tu n'en auras pas, — Né vos? Véjo-n'aqui, en veux-tu?
en voilà.
Né, Néto, adj. Net, propre, sain, poli, luisant.
Du grec v(ffTu) ou du lat. NUere, nettoyer. — Aquél bla
es né, aquélo civado es néto, ce blé, cette avoine sont nets,
c.-à-d. sans mélange de corps étrangers. Es révéngu né, il
est revenu ruiné.
Nébla, V. Bruiner. Se dit des fruits et surtout des blés
gâtés par la bruine, épais brouillard qui est une des causes
principales delà carie ou charbon. Aufig. obscurcir, voiler,
couvrir de nuages, intercepter la lumière. Se dit de certains
oiseaux ou insectes dont le grand nombre forme une sorte
de nuage. Néblavout il y en avait une nuée, une foule.
— Nèbloupast il y en a peu. A tous tels néblas, se dit d'une
personne dont la vue se trouble, s'affaiblit.
Nèblo, s. f. Brouillard, brume. Du lat. Nebula. Vapeur
épaisse dans l'air ; Bruine, vapeur qui est une des causes
du développement, de la maladie des blés appelée carie ou
charbon, maladie contagieuse qui se reproduit par la semence
quand elle en est attaquée ; le chaulage du blé en est un
remède efficace. — Voy. Càoussino.
Neboù, do, s. Neveu. Dim. Néboudé, to. Le diminutif
ne concerne que l'âge; pour exprimer le fils du neveu, le
petit-neveu, il faut dire pichd^éboù. Que nouris néboudos
et néboàs, nouris loubos et loubétoUs, qui nourrit nièces et
neveux, nourrit louves et louveteaux.
Dér. du lat. Nepos, m. s.
Nébondé, to, s. Dim. de néboà.
506
NEG
Nèci, Ifècio, «. Fou, sot, niais, nigaud, imbécile. Du
lat. neseitit, ignorant. È$ rUei dé sa fénno, il raffole de sa
femme ;^ nèci à coure earièiro, il est fou à courir les rues;
anéspat faire lou nèci, n*allea pas faire la bèts; es pu nici
que Vaïgo es longo, il est plus fou qu*on ne saurait dire;
nisado dé n^eî, une couvée, une famille d*imbôciles.
Vn pàoure nèei, un pauvre innocent; un michant nèci,
une méchante bête; ses bénèei dé créire acà, vous êtes bien
simple de croire à cela ; soui peu tant nèci / je ne suis pas
si sot ! anés pas faHre lou nèci, n*allez pas faire la bête. —
Voy. Bajanèl.
Néciardaiiè, s, f. Niaiserie, sottise, bagatelle, conduite
ou action d'un sot.
Néciardas, so, s. homme simple, péjoratif de nécias,
qui est lui-même une augm. de nèd,
Nécias, asso, t. augm. de nèci, gros lourdaud, gros
imbécile.
Nécié, éto, «. dim. de Nèci,
Nécije, j. /*. Niaiserie, simplicité, bêtise, imbécillité, sot-
tise, mauvaise plaisanterie, privante. Acà es dé nécije, tout
cela n*est pas sérieux ; finisses vostos nécije, cessez vos ges-
tes, vos plaisanteries déplacées; quinto nécije/ quelle folie!
fat pas, dis pas que dé nécije, il ne fait, il ne dit que des
bêtises.
Néga, v. Nier, déclarer faux ce qui est vrai ou considéré
comme tel; du lat. negare, — Saique, ou négarias pas?
Vous n'auriez pas sans doute le front de nier cela? Ou a
néga, il l'a nié.
Néga. v. Noyer, faire périr, étouffer dans l'eau, submer-
ger, inonder, délayer dans une trop grande quantité d'eau.
As néga ta scupo, tu as mis de l'eau outre mesure dans ton
bouillon; ra néga demanda pa que d'ai^, rat noyé
ne demande que de l'eau, se dit de celui qui s'osbtine à lutter
contre la mauvaise fortune, au risque de s'empêtrer de plus
en plus.
On dit d'un homme timide, irrésolu : a tcujour pôou
dé se néga pér quîou, il craint de se noyer dans un verre
d'eau; poudèn néga lou chi, aro qu'a})èn dé la méno,
nous pouvons noyer le chien, à présent que nous avons de
la race; mauvaise plaisanterie adressée à un père à qui nait
un premier garçon.
Dér. du lat. necare, tuer, faire périr.
Négadis, «. m. Un noyé.
Négadiflso, s, f. Noyade. Au fig., ruine, catastrophe.
A tout perdu din aquélo négadiuo , il a tout perdu dans
cette catastrophe.
Négadoù, f. m. Endroit propre à se noyer, gouffre
d'eau à bords escarpés.
Négadoù, no, «. m. et f. Celui qui nie une dette.
Celui ou celle qui doit être noyé, qui mérite de l'être.
Dér. de néga, noyer.
Négôci, s, m. Négoce, commerce, trafic de marchandises
ou d'argent; embarras, tracas; du lat. negotium, m. s. Lou
Diable lous négbcisi au diable les affaires ennuyeuses!
Kl
Négo-f ol, I. m.. Petit batelet qpx chaw^facileant, on
dit aussi : nègo-thi.
Nègre , négro, adj. Noir de coQle^r noire, is nègre eom»
lou péca, il est hideux comme le pécbé. Négrû-éê-fim, noir
de fumée.
Dér. du lat. niger, nigra, m. 8.
Négréfa, ^, tirer sur le noûr, se rembruni^, lunadm ve
teinte sombre. Cmménfo à négréja, le «r^vscide oom*
mence k paraître, le jour commeooe > tomber.
Négrâon, àoado, adj. Moricaud; noiiaud; penoona^B
an teint très-brun, hàlé, à la peau tirani sur le noir.
NégroÂ, s. f. Noircissure, taches de saliwuie» et imb
pas noirceur qui ne s'emploie qu'au figuré. Qualité 46 ce
qui est noir, tache noire.
Nèn, s. m. Nain, emprunt fait au français. Employé mpI,
ce mot signifie exclusivement mûrier nain, mûrier à \»m
tige qui se dit aussi nané. Pour désigner tout autre arb»-
nain, il faut mentionner son nom : tni iiranjé tâm, on
oranger nain.
Néné, subs, m. Nom d'enfant, dim. à'éfanUmmk <m de
^fi, Jané. Fan ^nm néné, eodors-toi, ee dit en psilast i
un petit enfant i la mamelle. — Hèno, nom d'uoepsttle
fille, dim. de Jeanne ou d'Anne.
Nèoa, subs. f, La neige. Si n'es tira hlam coump h nèw,
il s'en est tiré blanc comme nnge, en parlant d'une aiûre
fâcheuse. Tambo dé nèou, il neige. La nèou dé imè jfntn,
maXre dé la tèro; dé huiè jours en la% foaXrastro, ndge
de huit jours nourrit la terre, au-delà, c'est une marfttie.
Dér. du lat. ni», nivis, nu s.
Nère, et non pas Nèr, s. m. Nera, village du canton de
Vézenobre. Le nom vulgaire et la sitnatioa de cette Iflce*
lité pourraient en indiquer l'élymologie. Neia se trouve
placé au point où l'ancienne voie romaine de Nîmes à Ger-
govie et le nord de la Gaule, par bi vallée de l'AlUer, fna-
chissait le Gardon par un pont dont les vestiges subsistent
encore. Un droit de passage était perça sur ce pont, et œ
droit était sans doute équivalent à ua nérei inonniie de
bronze ou monnaie noire équivalente à une saille. 9ni
grant quantité demaiUes oh néretx, pesant U pei»dMBSMimk
six livres pesant ou environ, — Lit. remisa, ana* 44lt, t»
Beg. 198, ch. 372.
Voy, DncÂNGB. Glossariumt T. iv. p. 6)4 ; od. 1, n
moi Neretus.
Nétéja, V. Nettoyer. L'annétéja, Van rosela, se ditd'v
homme qui a tout perdu au jeu.
Dér. du lat. NUidum agere, faire net.
Néviè, s. m. Grande quantité de neige tombée à la fois;
grande surface de pays couverte de neige; tapis de nei^e.
Dér. du lat. nix, nivis, neige.
Ni, particule négt. et eonj. Du lat. née ; de l'ital. m M
ne; de l'esp. cat., ni.'Ni, en firançais. Aed é$ m^niwem,
se dit d'une chose ou d'une personne ioeîgnillaale et saas
conséquence. •
On dit aussi dans le même sens : Éê ba mi pér besâèm
NIS
^ mcifi, il n'eM bon à rien. -^ Ouwndêtpa$f^Ni maï
M>tf>Toiigii6l6voalet pas?--Nt moi non plus. — iTi p^
«9iitfiD, ii*impôrte, peu importe, nonolntant cela. — Voy,
nilft, t». Flaiv&r, ren^r, espionner an fig.
NilUMlOî #. f Reniflement; action de renifler, de flairer.
lliAaiire, llillâiro, «. Un homme qoi a le défaut de reni-
fler oonalamment; reniflear.
Viflafii «. m. Le nez. C'est un mot de fantaisie, imité de
i*nfol, qui est habitoé à donner anx divers membres on
'aux parties da corps un nom qui rappelle on représente
kms fonctions. Ainsi, de même que Ton a appelé les yeux
kdstmm oa qitkêquen, parce qil*ils éclairent, on a fait dn
■se Mt/lan parce qn*il renifle. — Un cà dé poun sus hu
9ifUm^ on conp de poing sur le nez. Douna un ed dé
nàfUm, i^procher son nez de quelque chose pour en sentir
i'odeor.
milard, 1. 1». Un individu qui a le défaut d'espionner,
d'épier furtivement, à k dérobée.
IfiflOi $. f. La morve qui pend au nez des enfants. Tirm
te nt/l9^ ou nifa, ou nifléja, renifler.
mine» nom pr. m. Flimes, nom du chef-lieu du départe-
ment du Gant, et de l'ancienne Givitas des Volkes- aréko>
mftes. -^ Ptoes (Nemausns en lat.) a la signification de
source sacrée, céleste. > c Ce nom trouve son explication
dans l'ancien irlandais Mm, del, gén. nims. On trouve
Hmnua (Auson. Mosd, v. 354) afil. de la Moselle appelé
aujourd'hui la Nims, qui est le nom vulgaire de la ville de
Nimes, articulé en faisant sonner Vs final. {Voy. G.
Charvbt. *^ £ef ffoies romaines ehex les Vdkes^rékomikes,
deux. part. — ch. !•', page 48.)
Ninfro, «. f. Une petite effrontée. Ce mot ne serait-il pas
une corruption de ninfo, la mythologie nous ayant rare*
ment représenté ses nymphes comme des modèles de mo-
destie et de retenue?
lVipa,ado, adj. Nippé, ée ; pourvu d'habillements; Es bé
nipa, il est bien pourvu de vêtements.
Mipo, s. ^.Hardes, nippes, vêtements, trousseau. Ce terme
ne s'emploie qu'au pluriel, comme dans le français; mais si
on ne le relève de quelque épithôte, il signifie ordinairement
une défroque de peu de valeur.
Niquouès, adj. Narquois, goguenard , malin, nigaud^
simple. En dé soun èr niquouès, avec son air narquois ou
badaud.
Nia, s, m. Nid. du lat. Nidus. Petit réduit de diverses
formes, ordinairement circulaire, composé d'éléments divers,
dans lequel les oiseaux pondent leurs œufs et élèvent leurs
petits. SémiUo que vaï préne la maïre âou nis, se dit d'un
homme qui agit avec des ménagements, des précautions
ridicules.
Nisa, o. Nicher. Qudau sa ounté niso? qui sait où il
niche, où il perche? se dit en demandant où quelqu'un
demeure. On dit aussi nisa; terme de jeu pour mettre sa
mise, dont c'est sans doute alors une corruption.
NIS
SOT
Niaado, r. f. Nichée. Se dit familiéremefit pottr désigner
une famille nombreuse. Yaqui imo bèh nisado, voilà une
belle famille. Leva dé nisados, dénicher de» oiseaux. Par
extension on dit : uno nisado dé rats, dé sers, une nichée
de souris, une couvée de serpents. --iVIsado dé eassibreffSas,
nichée ne canailles, nichée de racaille.
Niaftou, s. m. L'œuf couvain, en v. fr. nicheul, l'oeuf
qu'on laisse dans un nid de poule pour engager la volaille
à pondre d'autres œufs au même endroit. Nid de la poule
qui pond et de celle qui couve. Nisdou de pijouniè, un
boulin : trou pratiqué dans un colombier pour faire nicher
les pigeons.
Kiaétairo, s, f. Marchande d'anisette, de coco. Type qui
disparaît et que Lafare a si bien dépeint dans ces vers :
L'algo éa freMpio, mésfliiM, Ydne <lé k tin ;
Nisdto, casiaMèDO et sird, qa*âoa toodrt
Se aan dé ma tftoulo âonra bono mésuro.
11 fallait la voir, les dimanches d'été, dans les promenades,
triomphante surtout les jours de foire, portant, d'une main,
sa cruche pleine d'eau qu'elle n'osait tont-à-fait garantir
comme étant à la glace, et de l'autre, un petit panier où
étaient deux ou trois verres et l'intarissable fiole — làaupéio —
contenant son anisette dont elle blanchissait, pour un sou,
les verres d'eau qu'elle débitait à ses nombreux chalands.
C'était-là son bon temps. Plus tard, au lieu de courir,
alerte et provoquante, dans la foule, elle s'établit, immobile,
auprès d'une table où s'étalaient, à côté de l'anisette déjà
dédaignée, des sirops et des ratafias; et cette transformation
même n'a pu la sauver ! Les cafés l'ont tuée, et l'absinthe
malfaisante et plus chère, a remplacé pour toujours peut-
être la pauvre anisette qui n'est autre chose d'ailleurs qu'un
équivalent du ralU des Arabes.
Nisèto, s, f. Anisette. Liqueur fabriquée avec de l'anis.
Dans le midi on l'extrait du fenouil par la distillation,
et elle n'arien de commun avec cette liqueur moelleuse, onc-
tueuse et parfumée connue sous le nom d'anisette de Bor-
deaux.
Niaaôou, s. m. Bunium hdboeastantêm , plante de la
famille des Ombellifères vulgairement appelée lerrenoix.
Racine formée par un bulbe arrondi de la grosseur d'une
cerise, bonne à manger, fournissant de l'amidon. On trouve
cette plante dans les champs et prairies, au bord du Gardon,
à La Baume, à Uzès, à Alzon, au Vigan. Elle fleurit en
juin- juillet.
Quelques-uns de ces bulbes ont la grosseur et même la
saveur de la châtaigne.
Nista, V. Flairer, fureter; espionner; écornifler; s'in-
former avec curiosité; fourrer son nez; pressentir ; prévoir;
découvrir de loin.
Nistéja, V. épier furtivement, fureter à la dérobée. Fré-
quentatif de nista,
Niatéjaîre, s, m. Homme curieux, indiscret, importun,
fâcheux ; fureteur, qui fourre son nez partout.
508
NOO
Ni-tn-ni-Tons, Voy, Ni. Mot à mot, ni toi ni vons,
phrase-faite dans laquelle on supprime, par euphonie, Yi
final de tus qui la prend toujours. Pfoun es ni-turni-vous,
il n'est ni chair ni poisson, en parlant d'une personne irré-
solue, qui ne sait prendre un parti sur rien, ou qui nage
entre deux eaux : On le dit également d'une chose qui
n'est ni mauvaise, ni bonne, qui n'a ni vice ni vertu.
Nivèl, j. m. Niveau, instrument de géodésie. État d'un
plan qui n'a aucune inclinaison, qui est horizontal.
Dér. du lat. libellum, pris pour libella, fléau d'une
balance qui, pour être juste, doit être horizontal.
Niyéla, v. Niveler, mettre de Niveau.
NiTon, s, m. et f. Nuage , nuée. Lou tén es nivou; fat
nivou, le temps est couvert, nébuleux. Lou nivou gagno, le
temps se couvre. Lou nivou dé la nàou, temps qui menace
de neige. Pfàou eoumo las nivous, haut comme les nuages. —
Au fîg. on le dit d'une personne qui se rembrunit, dont la
mauvaise humeur couve et va éclater.
Dér. du lat. Nubes» m. s. ou du celt. Niul.
Niyonlado, s. f. Nuée d'orage qui donne une pluie de
peu de durée. Aquà's pa quuno nivoulado, ce n'est qu'une
averse sans importance, un nuage qui crève.
On dit aussi troussado, mais cette dénomination s'ap-
plique à une pluie d'orage plus intense, accompagnée de
tonnerres et quelquefois de grêle.
NivoulétoouLacéto, s. f, luette; on dit aussi niouléto,
par contraction. Luette, appendice charnu à l'entrée du gosier
dont il forme la communication avec le nez; cet organe est
nécessaire à la prononciation et à la succion. Du lat. uva,
m. s. à cause de la ressemblance de la luette avec un grain
de raisin, et de son dim. uvula. Le français a fait uvette,
uvulette, puis luette, et le languedocien l'a imité par
nivouléio et luséto.
Nivouléto, s. f, dim. de nivou ou plutôt de nivoulado;
celle-ci est une nue qui porte souvent le tonnerre et la
^Tè\e;lanivouléto ne jette ordinairement qu'une ondée.
Noço, 5. f. Noce, festin. Anan faïre la noi^, nous allons
festoyer, banqueter, faire ripaille. L'assemblée qui assiste à
une noce.
Nonanto, adj. numéral. Nouante, quatre-vingt-dix. Du
lat. nonaginta, m. s.
Nono, 5.^. Dim. nounéto. Dodo, terme de nourrice, som-
meil d'un enfant. Fat sa nono, se dit d'un enfant qui som-
meille. Faïre nono, faire dodo, dormir. Nono-nounéto est le
commencement d'une chanson sur un air monotone, très-
propre à endormir un enfant.
Nôou, NoTO, adj. et 5. Neuf, neuve. Es nàou coumo un
pifrsf se dit d'un homme naïf, sans expérience. — Èseoubo
novo faï l'oustàou né, balai neuf fait maison nette; c.-à-d.
tous les commencements sont beaux. Flame-nâou, v. ce
mot. Faiire dé nôou, refaire, faire à neuf.
Dér. du lat. novus, m. s.
Nôou, nom de nombre. Neuf. Du lat. novem, m. s.
Nôont loe, prononcée sous forme d'inteij. et dont on se
NOU
sert lorsqu'on décortique les châtaignes dans les Gêveimn
pour indiquer que le battage est suflSsant. Cette exprossioa
signifie littéralement : elles sont assez battues; elles en eut
Noro, s. f. Belle-fille ou bru. Du lat. nurus. On dit prvb.:
amour dé noro, amour dé gendre, es uno hugado sans eMrt.
Nose, s. f. Noix, fruit du noyer. Du lat. mx, la
nose d'Aou gintml, la rotule. Sou» sa tin pa las noset, son
sac ne retient pas les noix, se dit d'une personne qui parie
sans réserve, qui raconte indistinctement tout ce qu'elle
sait, même ce qu'elle devrait cadier. On dit auaû novss.
fVoy. Sauvagbs.)
Tèsto de nose, tête de linotte, étourdi, tête creuse. Nom
boufo, noix creuse, vide. QuièUso dé nose, quartier de
noix ; nose muscado, noix muscade, nose (otcm6ardo oa
nougo, noix de jauge, fruit très-gros dont l'amande n'est
pas aussi volumineuse que la coque semble l'indiquer. Km
d'éstréeho, noix anguleuse dont le fruit est petit, serré ei
très-difficile à casser; nose-eoueardo. — Voy. ce dernier mot.
Nostre, noitro, pr. poss. et subst. Qui est à nous, le
nôtre, la nôtre. Lou nostre, ce qui nous appartient. Lm
nostres, les nôtres, nos parents, nos partisans. SèndinUm
nostre^ nous sommes sur nos terres et non pas fermiers.
Lou bon IHou té fague nostre/ que le bon Dieu vienne te
prendre ! Démandan pas que lou nostre, nous ne deoum-
dons que ce qui nous revient, ce qui est à nous*
Note, s. f. Note de musique. Facture de commerçant,
mé dounarés ma noto, vous me donnerez facture de ce qoe
je vous dois.
Notos, s. f. plur. Les minutes d'un notaire. Ce mot ne
s'emploie qu'au pluriel. Les notaires sont les gardes-noUi
des actes originaux déposés dans leur étude.
Non, part, négat. Non. Expression plus familière que
nani, bien qu*ayant la même signification. A di dé non, U
a renoncé à son idée, à son projet, il a reculé, il a caponé,
il a fouiné (langue verte). Un jour et l'âauire nou, de deax
jours l'un. CVoy. jour.) Ah! Diau nou/ Ah! grand Diea,
non ! Ah ! non pas certes !
Noublèsso, s. f. Noblesse, qualité de œlui qui est noUet
s'emploie au fig. comme qualité du cœur.
Nouga, s. m. Nougat. Sorte de gàteaa fait avec du miel
et des amandes.
Nougaîo, s. f. Articulation. S'és désnougaïa Véspanlo» Um
ginoul, il s'est démis l'articulation de l'épaule, du genoa.
Cerneau, moitié d'une noix verte tirée de sa coque avec mi
couteau appelé cemoir, du lat. eernere, séparer.
Nougarédo, s. f. Noiseraie, terrain planté de noyers. Ce
terme s'emploie souvent comme nom de lieu ou noo
d'homme. On dit aussi iVcm^ar^^ Nogaret, nom d'homme, et
Nousièïro. — Voy. ce mot.
Nouguiè, s. m. Noyer. Juglans regia, Linn., arbre de
la famille des Juglandées qui produit le fruit connu soos
le nom de noix. Nom propre rendu en français par Noguier.
Nou'n, contr. de nous-én. Nou'n dounarés, vous nous en
donnerez.
NOU
Noim, part. nég. On ne remploie jamais isolément, car
il n*est pas le même que Tadv. Non, opposé de oni, qui se
dit toujours non. Noun^ dans une phrase, suivi ou non de
pas, équivaut à ne pas, non pas, quelquefois à ne, seule-
ment. Noun save, je ne sais pas, je ne sais, je n*en sais rien.
Noun fardi, pardiou, je n*en ferai pardieu rien ! T-anarài,
noun pas péracà, inaV... J'irai, non pas pouroela, mais... —
Cependant noun pas remplace wm, comme composé donnant
même plus de force à la négation : Ou voulés? — Ifaun pas/
Le voulez- vous ? non pas 1 non, certes !
Noim, s. m. Nom ; terme dont on se sert pour désigner
un être. Les noms propres, dans Tidiome Cévenol, comme
dans les autres langues, sont tirés en général de la religion,
des diverses professions, des qualités et des défauts moraux
ou physiques, des habitudes, des mœurs, des noms de lieu
d'origine et de choses qui nous entourent. Quelques exem-
ples épars, que nous allons donner, indiqueront suffisamment
le mode de formation et surtout les difficultés, les inconvé-
nients d'une traduction de ces noms; quant à leur emploi,
quelques tournures locales, tout-à-fait différentes des habi-
tudes françaises doivent être mentionnées.
De même qu'en Italie où l'on dit : l'Alighieri, l'Ariosto,
il Boiardo, il Petrarca, il Tasso, il Boccaccio, le languedo-
cien emploie volontiers le même article et l'ajoute indistinc-
tement au nom de famille et an nom de baptême : lou Sa-
batte, VAntouèno, hu Boeho, la Jano, Il est aussi d'usage de
dire : Pière dé Déssaïén, Jan dé Bouvéïrôou, Céséto dé
Mâourin, César d'Arnaviè'io, la particule dé n'ayant, cette
fois, d'autre prétention que d'indiquer la filiation ; et lorsque
la mère a été veuve de bonne heure ou que, maitresse-
femme, elle passe pour avoir, du vivant de son mari, une
bonne part dans l'administration de la communauté, c'est
elle qui donne son nom aux enfants, et l'on dit alors :
Jané dé Roso, Luisi dé Bouvéïrolo, Jàousè dé Miérguésso,
André dé Blanquo.
C'est une politesse en languedocien, de nommer par son
nom la personne que l'on salue en passant ou à laquelle on
adresse la parole, fût-elle seule, et quoiqu'il n'y ait aucun
risque d'équivoque. Cette coutume est usitée aussi en Italie,
où on ne l'emploie cependant qu'avec le nom de baptême.
On sait qu'en français il n'est point de bon ton de dire
ainsi, et qu'il suffit, dans ce cas, de dire Madame on Mon-
sieur.
Les noms de famille languedociens sont tous susceptibles
de féminin ou de diminutifs. Comme on ne dit pas, pour
le peuple, madamo uno tèlo, comme en français, il a fallu
donner, à chaque nom propre, une désinence féminine
pour l'épouse de tel et tel. On est souvent fort embarrasé
pour former ainsi le nom des femmes; les principes suivants
sont assez généralement reçus à quelques rares exceptions
près :
Les noms terminés au masculin par un e, un t, uno
un ou muets, font ésso au féminin :
Rouvièïro — Rouviètrésso — Dim. Bouviéïré.
NOU
609
Mièrgue — Mièrguésso — Dim. Mïèrgué,
Gardko — Gardiésso -<Dim. GardioU.
Sâouvi — Sdouviésso — Dim. ^âouvioà, Sâouviéto.
Basquou — Basquésso — Dim. Basque.
Les noms en a font ado :
Priva — Privado — Dim. Privadé.
Béma — Bémado — Dim. Bémadé.
Exe. cependant certains mots qui, en français, pren-
nent un c final et qui font ago :
Altéira — Altéïrago — Dim. AUéiragué.
Brassa — Brassago — Dim. Brassagué.
Ceux en al font ato :
Bigal — Rigaïo — Dim. Rlgaïé.
Guibal — Guibaïo — Guibaïé.
Ceux en an font quelquefois arUo, quelquefois ando,
quelquefois anquo, quelquefois ano :
Paladan — Paladano — Dim. Palademé.
Duran — Duranto — Dim. Durante.
Mdouran — Mdourando — Dim. miUmrandé.
Blan — Blanquo — Dim. Blanqué.
Ceux en àou font, suivant le cas, alo quand il fait a
en français et Aoudo quand il fait aud :
Pourtâou — Pourtalo — Dim. PourtaU.
Bamassdou — Bamassalo — Dim. Bamatsaié.
Amâou — Amâoudo — Dim. Amdoudé.
Bérdou — Bérdoudo — Dim. Bérdoudé.
Ceux en ar font ardo :
Bérar — Bérardo — Dim. Bérardé.
Gaiar — Gaïardo — Dim. Gaïardé.
Foucar — Foueardo — Dim. Foucardé.
Ceux en as font asso :
Jhtmas— Dumasso — Dîm. Dumassé.
Dalgas — Dafgasso — Dim. Dalgassé.
Ceux en é fermé font éto :
Coulé — Couléto^ Dim. CoulétoU.
Bouné — Bounéto — Dim. BounétoU.
Ceux en è ouvert font èio :
Ddoudè — Dâoudèto— Dim. Dâoudété.
Balè — Balèto — Dim. Balété.
Cependant :
André fait Andrèio — Dim. Andréné ou Andréssé.
Ceux en té font iêdro :
Cavaté — Cuvaïèïro — Dim. Cavaïéïré.
Larguiè — Larguièiro — Dim. Larguiètré.
Plè fait Piècho — Dim. Pièché ainsi que Ikdpiè, Ttè, etc.
Ceux en él font &io ceux en éi èlo ;
Dounsél — Douméio — Dim. Dounzéiok.
Roussel — Roussélo — Dim. Roussélé.
510 NOU
Bninèl — Bnnùio — Dirn. Bntnélé.
Ceux en en font cnto :
Sirvén — Sirvcufo — Dim. Sir venté.
Clamén — Claniénto — Dini. Clainénté.
Ceux, en èou font èoudo :
Chapèou — Ckapèouno — Dini. Chapèoudé.
Vèou — Vcoudo — Dini. VèoudoU.
Ceux en èr font èrto :
Houbcr — Roubèrto — Diïii. Roubèrtoù ou lé.
Maser — Masèrto — Dim. Mashté.
Ceux en es font cso :
Pages — Pciijéso — Dim. Page se.
Courtes — Courféso— Dim. Courtésoii.
Cependant :
lires fait Brésso — Dim. Bresse.
Ceux en / accentué font ino :
Baldï — Bafdino — Dim. Baldiné.
Sabouri — Sabourino — Dim. Sabouriné.
Mûourln — Mdourhio — Dim. Mâouriné.
Ceux en iou font ivo :
Donadiou — Danadivo — Dim. Donadivé.
Matiou — Matiro— Mativé.
Fountaiùou — Fouiitanivo — Fountanivé.
Cependant :
Fiou (ixii F husso — Dim. F lotisse.
CarioH - - Carhudo — Dim. Carioudé.
Ceux en d accLMitué font oto :
Ribù — Biboto — Dim, Bibouté.
Mord — Moroto. — Dim. Morouté.
Ceux en ol font oto :
Bnvassof — Piarassrdo— Dim. Bavassoulc.
Tréscof — Trcscolo — Tri'scoulé.
Ceux en ôok font olo :
Soulein'iou -- Soidiu-ofo — Dim. Souléiroule.
Mussabiàaa — Massabiolo - • Miissabioidé .
Ceux en or l'ont ordo :
Itor — Jtordo — Dim. Itourdé.
Ceux en os font osu) :
Bédos — Bédosso — Dim. Bédoussé.
Mdoubos — Môoubosso — Mdouboussc.
Ceux en ou et en oun font ouno :
Chnpnù — C/tapouno — Dim. Chapouné.
Chardon — Chardnuno — Dim. Churdouné.
Pièrédoun — Picrédouno — Dim. Pièrédouné.
Ceux en oui font oido :
Coumoul — Coumoulo — Dim. Coumoulé.
Pxéboal — Pxvboulo — Bcboulé.
NOU
Gourdoùs — Gourdomo — Dim. Gourdousé,
Ceux en ôm5 font tantôt ouso, tantôt otwio :
Bous — Bousso — Dim. Boussé.
Gïnoùs — Ginouso — Dim. Ginoicsé.
Cahoiis — Cahousso — Dira. Cahoussé.
Ceux en u font udo :
Téstu — Téstudo — Dim. Téstudé.
Cependant :
Cadu fait Caduquo — Dim. Caduque.
Ceux en us font uso ou tisso :
Pértus — Pértuso — Dim. Pértusé.
Tabus — Tabusso — Dim. Tabussé,
Ceux en un font uno :
Ddontun — Ddoutuno — Dim. Dâoutuné.
Véirun — Véïruno — Dim. Vétruné.
On sent que c« ne sont Ic'i que des noms usuels et com-
munsdans le pays; il en est une foule d'autres qui n'ont pu
suivre les règles générales, surtout ceux que le français a
introduits parmi nous. A leur égard, on doit suivre, autant
que faire se peut, les analogies et les étyinologies, surtout la
lettre finale du masculin dans le français. Quand aux dimi-
nutifs, il est diflicilc de préciser ceux qui doivent être ter-
minés en é et en où : l'usage et Teuphonie sont les seuls
juges en cela. Le féminin des diminutifs se forme en ajou-
tant la syllabe muette to à ceux en e et la syllabe muette
no à ceux terminés en où.
Il est bien entendu que les nomi de baptême ont aussi
leurs diminutifs et c'est sous cette forme surtout qu'ils sont
employés. Mais qui pourrait essayer de poser des règles aux
capricieuses transfigurations qu'ils subissent ainsi ? L'inva-
sion de prénoms nouveaux rendrait plus vaine encore cette
prétention ; car s'il élait possible, par habitude peut-être,
de reconnaître Alexis, François, Isabelle ou Elisabeth. Thé-
rèse, voire Jacciues sous le masque de Sissé, Césé, Béloun,
Trésoùei Jacourto, qui s'imaginerait que Frè^ Dalè, Mané
représentent Ferdinand, Edmond, Emmanuel? Mais ces
diminutifs ne sont pas seuls niéconnaissables : lorsque le
beau monde françiis, ne voulant plus s'appeler Pierre,
Paul ou Jeun, comme ses pères, alla chercher ses patrons
dans les légendes étrangères, le languedocien eut la vani-
teuse pensé.Mle le suivre dans celte voie. Mal lui en prit,el
s'ilbajjtise ses enfants des noms d'Oswald, d'Edwige, de
Wilfrid, il est obligé de les aj)peler autrement ; car ces noms,
il ne peut pas les i)rononcer, qu'il revienne donc, pour ne
plus les quitter, aux jolis prénoms Thérèse, Marie, Jeanne
et tant d'autres du mènie genre, si propres à son fluide lan-
gage, dùt-il continuer à en faire des Trésoù, des Mariouné,
des Janoù, Janéioù ; cela vaudra toujours mieux que Cli-
tènnésfréto, ou Brutusé, petits noms dont nous avons entendu
une mère appeler ses enfants que l'on avait trouvé de bon
goût de baptiser Clytemnestre et Brutus. — Voy. £<cat-
noun, Dalmas, DéUouse, Masèl, Massabiôou.
NOU
Jfonn-dé-iioim « Nom de-nom ! juron qui était sur ie
point de transgresser le second oommandement de Diea et
qni, étranglé à temps, finit en marmorant un vain son.
Hoorl, V, Nourrir. Du latin nutrire^ alimenter ; four-
nir les aliments nécessaires; allaiter; entretenir; élever.
— Mé doHou vin sôous et nouri, on me donne vingt sous par
jour, plus la nourriture.
HonriQO, j. f. Nourrice, femme qui allaite un enfant
qui n'est pas le sien.
Dér. du lat. nulrùDt ou de nutrieia, Iûf.
Nouridoù, $. m. Cochon d*un an, cochon à engraisser,
prêt À être mis à Tengrais.
Dér. du lat. n%Uriendu$,
Ifonrls, Sf m. Le nourricier, le père nourricier. Le mari
de la nourrice. — Voy. Nouriço, On dit (»tlinairement :
PtiXre ou pèro-nourU, Cependant la mère, en parlant du
mari de la femme qui dlaite son enfant, le désigne fort
bien ainsi : MaunnourU. L'enfant l'appelle plus tard de
même, et il va plus loin encore car, du frère de cet homme
il dit : moun ounele^nouris.
Nous, s. m. Nœud. Du lat. nodus, par la suppression
du df Protubérance, saillie, tubérosité. Nous^courén, nœud
eoulant.
Nous, pr. pert. Nous, régime et jamais pluriel de je, le
verbe se conjuguant toujours sans pronom. Fath^ouê tm
filità, faites-nous un plaisir. Nom ou dounè^ il nous le
donna. Faguén coumo lous ^arjani : se nous aimou jnm,
€amén-nous entré nàoutres, faisons comme les huissiers :
si l'on ne nous aime pas, aimons-nous entre nous.
Nousa, 17. Nouer. Pc pas nousa lous dous bous, il a de
la peine à joindre les deux bouts de l'année pour subsister
avec ses revenus.
Nousa, do, adj. Nouée, ée; chose fixée au moyen d'un
nœud. On dit en parlant d'un enfant rachitique et qui ne
grandit pas : es nousa.
NUS
511
Nouaclôto, s. f. Sorte d'anneau en métal qui fait partie
d'une agrafe. On dit aussi mataéto.
Nou8-couién, s. m. Nœud-coulant et non pas nœud-
courant — Voy» Nous.
Nouae, «. f. Noix. — Voy. Nou.
Nonaiètro, n.pr.ds lieu. Nozières, hameau de lacommune
de Boucoiran, canton de Lédignan, près duquel se trouve
une station du chemin de fer d'Alais à Nimes. Lieu plantéde
noyers, noiseraie, synonyme de Nougarédo. — Voy. ce mot.
Nomao, s. f.Dïm, de Noss, petite noix. Le roitelet, qui
n'est pas plus gros qu'une noix: c'est le plus petit oiseau
d'Europe.
Nontàri, s. m. Notaire.
Nouvel, adj. Nouveau, nouvelle.
Nonvèlo, s. f. Nouvelle, première annonce d'un événe-
ment récemment arrivé, brait, rumeur. Brebis qui a atteint
sa seconde année. Nouvèlossm plur. se dit surtout des nou-
velles données par les journaux. Avès légï las nouvèhs ?
avez -vous lu les journaux?
Nonvômbre, s. m. Novembre, nom du onzième mois de
l'année Julienne et Grégorienne. Ou lat. novembris, fait de
novmn, neuf, parce que ce mois était le neuvième de l'an-
née romaine, lorsque cette année n'avait que dix mois.
Nouviàon, do, adj. Nuptial. Abi nouviâou, râaubo
nouviàoudo, habit ou robe de noces.
Nouséln, do, adj. Noueux, euse.
Dér. du lat. nodosus, m. sign.
Novi, Novio, subs. Le fiancé, la fiancée, au plur. JVMf,
les fiancés. Ses pressa eoumo un nàvif vous êtes pressé
comme celui qui va se marier.
Dér. du lat. novi.
Novo, adj. f. — Voy. Nôou.
Nus, nso, adj. Nu, nue, Èro nus eoumo un vèrms^ il
était nu comme un ver. M'an Uûissa tout nus, on m*a
dépouillé de tout.
o
0
0; s. m. La lettre 0. L'o final, même suivi de l'j qui se
fÎEÛt toujours sentir qu'elle soit ou non la marque du plu-
riel, est muet ou tonique. Muet, il est le pendant de Ye muet
tançais et se perd, assez peu articulé, exactement comme
dans l'italien mêoo, mio, petto; tonique, il a toute sa valeur
accentuée comme dans le français écho, numéro, zéro, ou
le latin ergà, eieero. Pour le distinguer dans ce dernier cas,
il prend un accent grave. L'Italien ^oore procède de même,
il écrit faro, phare, et farè, je ferai. Le languedocien a
également besoin de difièrencier les deux valeurs de son o
final, et l'accent qui indique la prononciation peut changer
0
en même temps la signification d'un mot : fïoeXfid, fille et
feu, babo et baba, bave et chrysalide, tanlos et tantàs, tantes
et tantôt.
Dans la triphtongue, d'un usage très-fréquent, l'o, ainsi
que l'a et l'i prend un accent circonflexe. Cet accent n'a point
pour effet de changer le son de la lettre, mais d'indiquer
quel est la tonique de la triphtongue c.-à-d. que celle-ci se
prononce en forçant sur la voyelle accentuée et en coulant
sur les autres, mais le tout par une seule émission de v<mx,
sans l'allonger comme s'il formait deux syllabes : mdoure,
fàourof bidou. — d prend encore le même accent, par ana-
512
OH
logie avec le français et poar le distinguer du suivant,
lorsqu*il est particule précédant ou indiquant le vocatif : à
moun Diou/ à mon Dieu! — Voy. la lettre I.
0, par(. affirmative. Oui. Peu en usage et jamais qu'a-
vec les personnes que Ton traite très-Camiliérement, o est
Fancien oc abrégé, adouci ou dégénéré. C*est encore le oui
des Hautes-Cévennes. — Voy. Oc,
Obro, s. f, GEuvre, travail, ouvrage. T-a prou olfro, y-a
fotso obro aquï, il y a là beaucoup d*ouvrage, beaucoup de
travail, de la difficulté. Y-àoura hé d'obro, il y aura bien
du travail, et aussi bien des difficultés. Faïre dé Vohro hu
vola, faire de la terre le fossé, c.-à-d. tirer de la chose
les dépenses nécessaires pour l'agrandir, pour l'entretenir,
ou bien faire de nouvelles dettes pour en payer 4'anciennes,
L'obro làouso lou mèsire, l'ouvrage recommande Fauteur,
autrement : à Tœuvre on connaît l'ouvrier. Fulobro. —
Voy. ce mot.
Dér. du latin opéra, m. sign.
Obro, 5. f. Labour, façon. Donna uno obro^ donner une
façon, un labour à un champ. Y-a pa 'ncaro Vobro, la terre
est encore trop humide ou trop sèche pour être labourée,
pour recevoir un bon labour. T-a michanto obro, le travail
est difficile, pénible. Y-a bono obro f le labour se fait- il
aisément ? et, par extension, cette question s'adresse à une
personne occupée d'un travail quelconque. Lou ban dé
Vobro, le banc de l'œuvre, des marguillers. Bon jour, bon
obro, phrase de salutation adressée à des gens qui tra-
vaillent.
Oc, particule affirmative dont se servaient nos provinces
méridionales qui, pour cela, furent appelées la langue d'Oc,
séparée par la Loire de la langue d'Oil ou d'Oui, parce que
ces deu.x derniers mots étaient l'affirmation de cette autre
moitié de la France. Oc n'est autre chose que le lat. hoc^
ellipse de hoc est, cela est. Après avoir été l'expression
caractéristique d'une langue au point de donner son nom
au pays où on la parlait, oc est complètement tombé en
désuétude. Il est encore employé dans les environs du Vigan ;
mais pour nous, il n'existe plus ; oï Ta depuis longtemps
remplacé, et il ne reste qu'un souvenir presque effacé de
lui dans o qui en est la corruption et dont on fait même
peuusnge. — Voy. Où
Ocho,s. f. Esse, clavette en fer que l'on met au bout de
l'essieu pour retenir la roue. Ocho serait-elle une altération
bien forte et bien gratuite du français esse? — On donne
aussi ce nom aux groseillers épineux communs dans les
haies.
Odi, s. m. Ennui, dégoût. On ne l'emploie qu'ainsi :
Vén\ en odi. La car mé vèn en odi, la viande me répugne,
m'est devenue fastidieuse. iWc vènes en odi, tu m'ennuies,
tu me fatigues, tu m'es insupportable. C'est du pur latin
mi venis in odium^ tournure que l'italien a aussi imitée en
disant : venir a noia, ennuyer.
Oh ! interj. commune à toutes les langues. Oh ! qui
marque la surprise, l'admiration. On se sert aussi de cette
ON
exclamation, en prolongeant le son, pour appeler quel-
qu'un de loin. — Oh/ hé/ chl vraiment, oh! bien. Ok/
Dià.-' Voy. Dià.
Oî, partie, affirmative. Oui. Ainsi qu'on peut le voir aux
articles nani, non, o et vouK le languedocien a deux néga-
tions et deux affirmations, l'une familière et l'autre respec-
tueuse. Ces nuances sont scrupuleusement observées dans
l'usage et l'on en verra l'origine à l'art. Vouï. Ot est l'af-
firmative familière ; on en use seulement envers les per-
sonnes que l'on tutoie ou avec qui l'on agit du moins très-
familièrement si on leur dit vous; il est par consâqnent
le corrélatif de non. Il ne parait pas être une altération do
vieux oc aujourd'hui abandonné; c'est bien plutôt l'oUd'oa-
tre-Loire, qui du reste devait se prononcer à peu près de
même et qui est devenu l'oui français. Cet oil, dont le lan-
guedocien fit (fi, dût être adopté par imitation d'un langage
plus élégant, et plus tard il resta comme affirmation tutoyante
lorsque le oui, qui parut encore plus raffiné, et dont on fit
voui, lui succéda et s'établit définitivement comme affir-
mation respectueuse que devaient employer les gens bien
élevés.
OU, 5. m. Huile. Dans un pays où la cuisine se fait à
l'huile, il est bien entendu que si on n'indique pas une
qualité particulière il ne s'agit que de l'huile d'olive. Dé
bon àli, de la bonne huile. OU for, huile forte. OU d'anfèr.
(Voy. Anfèr,) OU d'éspï, dé codé, (Voy, ces deux mots.)
OU dé pè'dé-biôou, synovie, liqueur visifiieuse, de la nature
du blanc ou de la glaire d'œuf , qu'on trouve dans les join-
tures des grands os des animaux et en plus grande quantité
dans celles du bœuf, à raison de sa grosseur; on l'emploie
pour la brûlure. Aquà 'j taquo d'àli^ c'est tache d'huile qui ne
s'efface pas, cela vaut contrat. OU dé couïde, on le dit plai-
samment d'un travail où il faut faire agir vigoureusement
les bras, user de la graisse de coude. Dàou et d'dU / Allons !
courage !
Dér. du lat. oleum, même signification ou plutôt d'oti-
vum, huile d'olive.
On, pron. port, indéfini ou TOn. On, l'on. C'est i la
langue romane que le français a pris ce pronom qui n'est
autre chose que l'abréviation du lat. homo ou hotninn. l/t
roman disait : per tal que hom iapia, afin qu'on sache on
que homme sache ; non voUm que hom prendan lat per-
tonas des elerghes, nous ne voulons pas qu'on saisisse la
personne des clercs, etc. Mais il est à remarquer qu'alors que
le français s'accommodait de la tournure romane, le lan-
guedocien l'abandonnait pour revenir à la tournure latine;
et s'il reprend parfois, avec quelque utilité, son bien passé
en d'autres mains, comme dans : on po pas y tine, on ne
peut y tenir, etc., etc. Par euphonie on rend souvent on
par don, dans le dialecte alaisien : c Don se força, âoutramtH
vost' éstouma se haro. » (Leyris, poésie inédite.) Là où le fran-
çais emploie on, le languedocien peut presque toujoon
rendre la phrase d'une manière différente et souvent préfé-
rable : on dit, on fait beaucoup de choses, té dit, té fti
OSQ
/owo eâa%êso$; on vous le fera voir, tx>tM ou ptiran vêire;
OQ TOUS le dit, on vous l'a dit, vous ou dinut vous ou an
di, on va oommenoer, van aeouménça; on ne prend pas les
mouches avecda vinaigre, étnbé fèou noun se prénou mous-
quai.
OoQh ! ùuerj. qu'on peut rendre par ho là ! hé ! Oouhf y-a
pas dingus? holà ! hé ! il n'y a personne dans la maison ? —
Oouh 1 en appuyant longtemps sur le premier ô, est aussi
le œmmandement à la bote de somme ou de trait de s*ar-
réter et, dans ce cas, l'opposé de t; le français le rend par
oh! ou ho! que le languedocien emploie aussi.
Ordi,'«. m. Orge fhordeumj, dont il y a plusieurs espè-
ces ; l'orge commune, orge carrée, grosse orge ou' escourgeon,
qui a quatre rangs de barbes, est la plus connue sous ce
nom.
Dér. du \Bt,hord0um, m. sign.
Orgue, s. m. Orgue ; toujours du même genre au pluriel
comme au singulier.
Dér. du lat. organum, m. sign.
Orle, s. m. Bord, margelle d'un puits; bord d'un vase
quelconque; ourlet, repli et couture au bord d'une étoffe,
d'un tissu, pour qu'il ne s'effile pas.
Dér. du lat. orula, dim. de ora, bord.
Orviatan, s. m. ou bien Ourviatan. Orviétan, qu'un
charlatan de la ville d'Orvièle, en Italie, importa à Paris
dans le xvii> siècle. C'était un électuaire dans la compo-
sition duquel il entrait, disait-on, 54 drogues et qu'on
regarda longtemps comme un remède infaillible contre
b^ucoup de maux. Selon M. Magnol , on donne ce nom à
Montpellier, à VAnehusa monspeliaca. Il n'en reste plus que
le nom, et le languedocien s'en sert en disant : marchait
d'ourviatan, pour désigner un hâbleur, un charlatan qui
débite toute autre chose que des électuaires ; mais ce mot
est aujourd'hui tombé en désuétude.
Os, s. m. plur. 08888. Noyau de cerise, de pèche, de
prune, etc., osses d*oulivos, marc d'olives pressuré. Piqua
lous otses^ casser les noyaux. Leur dureté, pareille à celle
de l'os, a valu ce nom aux noyaux que le lat. appelait aussi
Osta, t'um.
Os, s, m. plur. 08868. Os, partie de l'animal dure,
solide, qui forme comme la charpente de àon corps. A bon
eki bon ot, à bon chien bon os. Os-pudén, os pubis ; du lat.
pudms^ pudique ou pudendus, que Ton cache par pudeur.
Os-Bertran, l'os du croupion, l'os sacram, la dernière des
vertèbres, terminée par un pelit os un peu recourbé appelé
coccix. C'est là qu'aboutit une foule de nerfs dont la luxa-
tion est toujours dangereuse et souveDt mortelle, ce qui a
fait donner par les anatomisles à cet os le surnom de
sacrum parce qu'il n'y faut pas toucher. Quant à ce qui lui
a vain son nom languedocien, il serait difficile de le dire, et
cela tient sans doute à quelque fait anecdotique oublié. Os
dé suph, os de seiche que Ton met dans les cages d'oiseaux
et qui leur sert à affiler leur bec.
Osquo, V. f. Hoche, encoche, entaillure pour marquer
OUI
513
sur une taille le pain, le vin, la viande qu'on prend à crôdit,
ou pour tenir toute autre espèce de compte ; cran, entaille sur
un solide, pour accrocher ou arrêter quelque chose, comme
en ont notamment certaines crémaillères. Nâoussa d'uno
osquo, hausser d'un cran. Fôou faXre uno osqw âou erémal,
il faut faire une croix à la cheminée, se dit lorsqu'il se pro-
duit un fait extraordinaire, en dehors de toute prévision.
Vous farai uno osquo à Vâouréw, je vous couperai un petit
bout de l'oreille pour vous en faire ressouvenir. Save eé que
né vôou Vosquo, je sais ce qu'en vaut la marque ou l'aune.
A fa uno osquo, il s'est endetté.
Dér. du lat. oceare, couper.
Osquo, part, affirmative qui répond à oui, assurément,
certainement. C'est le mot précédent devenu affirmation
familière et plaisante, en l'employant d'une manière ellip-
tique, comme si l'on répondait : ce que vous dites est
entendu, acquis au procès- verbal, marquons-le, enregis-
trons-le, faguén uno osquo. Osquo dé ségà, se dit dans le
même sens.
Otobre, s. m. Dixième mois de l'année actuelle qui n'é-
tait que le huitième,, comme ce nom l'indique, lorsqu'elle
commençait le \*' mars.
Dér. du lat. october, m. sign.
On, pron, relat. Le. Vous ou dise, erésés-ou, ou eréségués
pas, aquà m*és égâou, je VOUS le dis, croyez-le, ne le croyez
pas, ça m'est égal. Ou faraï, je ferai cela, if 'ou a di, il
m'a dit cela.
Dér. du lat. hœ, m. sign.
On, conj. alternative. Ou. Hiuêi ou démon, aujourd'hui
ou demain. On le fait suivre aussi de bé : Vendrai dilus,
oubé ou mandarés, je viendrai lundi, ou bien vous l'en-
verrez ; c*est à l'habitude et au goût à décider de l'emploi
de cette variante.
Ou ! est un de ces sons, comme oh! ho! etc., qui appar-
tient à toutes les langues pour exprimer, sans paroles, la
surprise, l'admiration, la douleur, le dégoût, selon l'into-
nation qu'on leur donne? Ou, que Ton fait ordinairement
très-long, peut se rendre au besoin par fi! fi donc! Ou/
lou pori fi! le cochon ! fi donc! le vilain! Ou/ n'âourièi bé
vérgougno / fi donc ! j'en aurais bien honte I — On crie
aussi aux pourceaux : Ou/ pour les chasser, comme on dit
en anglais out, hors ! dehors !
Dans la bass. lat. Auanum signifiait huée.
Oui, est une de ces interjections ou exclamations, dont
il est question à l'art, précédent, qui exprime la douleur,
la souffrance: Ouï mé fasès mâoul aïe, vous me faites
mal.
Onîèîrado, s. f. Le contenu d'un huilier plein, ouiêïro.
Onîèîro, i. f. Huilier en verre et surtout en fer-blanc,
ne se dit bien que du récipient qui contient l'huile pour
l'usage courant ou journalier; ce serait donc plutôt une
huilière ou cruche à l'huile. Ouïèiro, pour huilier composé
des burettes où l'on met l'huile et le vinaigre, est un galli-
cisme.
514
OUL
(hiira on Bonira, 9. Frapper, meurtrir» briser les os, et
propremeot, faire une oatre oa préparer pour cela la peau
d*ua vieux bouc, ce qui se fait de la manière suivante :
Le boucher, après avoir égorgé Tanimal, le frappe à coup
de barre par tout le corps, pour ramollir les chairs et briser
les os, qu'il détache ensuite par l'ouverture du cou dont il
a séparé la tète. Quand tout le dedans est net, il fait à la
peau les préparations nécessaires pour qu'elle puisse con-
tenir le vin ou l'huile sans leur communiquer de mauvais
goût.
On voit par là que l'expression lou Diable vous ovXn
serait une imprécation horrible si l'on savait la force du
terme ou qu'on l'eût dans l'intention ; mais ce ne sont le
plus souvent que des expressions qu'on peut appeler expié-
tives, qui ne signifient rien ou tout au plus que de l'im-
patience dans la bouche de ceux qui les emploient. (Sau-
vages.)
Outre, peau de bouc accommodée pour y mettre des
liquides. Les outres faits avec une peau de vache cousue
d'un bout à l'autre sont plus solides que ceux de bouc. Ils
sont beaucoup moins en usage depuis que les transports se
font très-peu à dos de mulet.
Dér. du lat. uter, m. sign.
Oulado, s, f. Le contenu d'une marmite, oulo,
Dér. du lat. oUa, m. sign.
Oiiliya, 0. Cueillir les olives dans nos localités où Ton
récolte les olives avant qu'elles soient assez mûres pour
tomber d'elles-mêmes, et où les oliviers n'atteignent pas
des dimensions telles qu'il soit nécessaire d'en gauler le
fruit. Ouliva doit se rendre par cueillir et non ramasser
les olives. Ce mot peut être pris dans le sens de fhicha :
Moui ouliviès an bien ouliva, ont donné beaucoup de fruit.
Oulâyados, s. f. plur. Olivaison, saison où l'on récolte
les olives, la récolte elle-même ou l'action de cueillir ce
fruit. Pér oulivados, à l'olivaison, au temps de l'oli-
vaison.
Onlivaxre, Oullyairo, «. m. et f. Cneilleur, cueilleuse
d'olives, qui fait la cueillette des olives; ici ce travail est
ordinairement dévolu aux femmes, ce qui fait que le fé-
minin oulivaïro est presque usité. On dit aussi ouU-
varèlo,
Ouliyastre ou Aoulivastre-BonscaB, s. m. Troène.
lÀguêirum vulgaro, Linn., arbrisseau indigène, à fleurs
petites et blanches et baies noires, dont on forme des palis-
sades et des haies. C'est en parlant de lui que Virgile a dit :
O formùsB puer, nimium ne crede côlori :
Atba liguilra eadunt; vaccinia nera leguntur.
c 0 bel enfant, ne t'enorgueillis pas de tes fraîches
couleurs : les blanches fleurs du troëne tombent; des baies
noires leur succèdent. >
Onlhrédo, «. f. Olivette, champ planté d'olives.
Dér. du lat. olivefum, m. sign.
OuliTiè, «. m. Olivier, arbre qui produit l'olive, ote
OUN
luropea, Linn., l'olivier sauvage, oUa sylvettrU, Uan. ^
OuHviè dé toun gran, castagne dé loin» pèro, amounè
dé tus-mémo, olivier de ton aïeul, châtaignier de ton père,
mûrier de toi-même. Très-lent à venir, l'olivier, ooâteoxà
soigner, ne rend qu'en raison de ce qu'on lui donne, ainu
qu'il le dit lui-même dans cet autre dicton : ûmeh(MÊékm
pè t'oundtaraï lou bé, graisse-moi le pied, je te graisserai le
bec. Ajoutez que son produit, qui n'est point annid, n'est
que trop souvent détruit, pour de longues années, par les
hivers rigoureux qui ravagent presque périodiquement m
olivettes.
La culture de l'olivier semblerait donc peu avantageuse;
mais comme il vient bien sur nos collines eu terrasses, oà
il ne serait pas utilement remplacé, et qu'il fournit cette
huile indispensable à tous nos apprêts culinaires, il partage
toujours, avec le mûrier et le châtaignier, l'amour, les
soins et la reconnaissance de notre pays.
Dér. du lat. oleaster, m. sign.
OuUto, s. f. Olive fruit de l'olivier. A Tousêom, foidwo
à la nutn, à la Toussaint, l'olive à la main.
Dér. du lat. oliva, m. sign.
Oulo, s. f. Marmite de potin ou de fonte où l'on fiiit
cuire toutes sortes d'aliments. Chacun sa eé que boul dm
soun oulo, chacun sait ce qui bout dans son pot, cfaaenn
sait où son soulier le blesse.
Dér. du lat. olla, m. sign.
Oiimbra, o. Ombrager, faire de l'ombre, défendre dn
soleil.
Oumbrale, s, m. Ombrage, ombre que fait un corps
opaque en interceptant les rayons du soleil et particuliè-
rement celle que font les arbres.
Onmbréja, v. Variante à'oumbra,
Onmbrén , que, adj. Ombragé, couvert d'ombrage, qui
est à l'ombre; soupçonneux, pour une personne; ombra-
geux, pour une bête, un cheval surtout.
Onmbro, s. f. Ombre, obscurité causée par un oorpi
opposé à la lumière ; espace privé des rayons du soleil.
Outnbro d'home vdou cent fénnos, l'ombre d'un homme vaut
cent femmes.
Dér. du lat. umbra^ m. sign.
Onme, s, m. Orme, ormeau, ulmus eampestris. Lion.,
on disait autrefois om et oum et c'est de là que sont venos
plusieurs noms de lieux : Sént-Éstève dé Lan, hunuudi
Lon, que le languedocien prononce ainsi et que le fran(ais,
plus respectueux cette fois pour l'étymologie, écrit Saiatr
£tienne-de-Lolm, etc. Le nom propre Delon Déloua^ i
sans doute la même origine, mais alors le laoguedociea et
le français auraient repris leurs rôles*
Onncha, v. Oindre, enduire d'un corps gras, graisser.
Ouneha las rodos, graisser les roues. — SaUtdo màou om-
ekado, salade qui manque d'huile, affaire mal conduite.
Dér. du lat. ungere, m. sign.
Ounchuro, s, f. Graissage, action d'cùndre; toute sorte
de matières grasses et huileuses; ce qu'on mange de grv
OUR
avec da pais. Fan wiéhan manja wunpan êOM (mnehuro,
A est dôMgréable de manger son pain seo. An ptagnégu
roKiaMtiro* on n*a pas employé assez d'huile dans oe ragoût»
daos cette salade ; qud&u manjo 9<mn pan sans ounehuro,
tou mamjo mn$ meiuro. On dit aussi : mmehadurù*
Ounde, s. m. frère da père on de la mère, mari de la
tinte : Dans le vocabaiaire plaisant, ounde signifie crôan-
cier» qn*on appelle aossi comme dans le Nord » on§tét ,
anglais.
D6r. da lat. avuneulus , m. sign.
OvBQO, f . f, Ârticalation, nœad oa jointnre des doigts
de la main ; la phalange elle-môme.
Dôr. da lat. uneus, croc, crochet.
Onnço, f. f. Once; seizième partie de Fancienne lîTre;
elle vaat à Âlais S5g. 99. soit en chiffre rond 26 grammes.
L*once de Provence était équivalente à 31 g. 25. C'était la
doazième partie de la livre romaine. L'once se subdivisait
en 8 gros. Il y avait la petite once, comme la petite livre.
Le qointal de 400 grosses livres contenait 411 livres
petit poids. L'once d'AIais était la petite once de 26 gr«
Dér. da lat. wnoia, once, qui n'était contenue qae douze
fois* dans la livre romaine.
Onndado, s, f. Onde, flot, lame, vague, delà mer, d'une
rivière débordée. L'digo sor à bèlos oundados, l'eau sort par
lames, à flots pressés, par ondes : c'est un aug. de oundo.
<hmdo, t. f. Bouillon, en parlant de l'eau qui bout. Li
fômt pas çu'uno o» dos oundos, il ne lui faut qu'un ou deax
bouillons. Lou toupi boul à bèlos oundos, le pot boat à gros
bouillons.
Dér. du lat. undo, faire des ondes, bouillir.
Oonglado, s. f. Coup d'cnngle, de griffe, ounglOf égra-
tignure.
Oiinglo, s. f. Ongle ou griffe selon l'individu. D'oun-
$lo$ pounchudos, des ongles pointas ou des griffes
pointues.
Dér. Da lat. ungula, syn. de unguis, m. sign.
(hmté, adv. de lieu ou Mounté. Fo^.ce dernier. Ount'-
asuuf ounté vaï? où allez- vous? où va-t-il ?
Oar,j. m. Ours. Ursus arctos, Linn., quadrupède plan-
tigrade. SénMo un our, se dit de quelqu'un à la structure
informe, agissant lourdement ou surtout velu comme
un ours. — Our est un nom propre commun dans le pays,
qu'on est dans l'habitude d'écrire Hours en français; du
reste, pour témoigner d*une même origine, son fêm. fait
OuTso et son dim. Ourse.
Oordre, s, m. Andain, espace que parcourt en largeur
la faux d'un faucheur ou la faucille d'un moissonneur,
en avançant en droite ligne ; bande de terre que chaque
vigneron ou journalier laboure sans empiéter sur les rangs
de ceux qui sont à ses côtés : rayon ou rangée de ceps de
vigne. Sttoi soun ourdre, suivre son andain, son rang.
Tira un ourdre, faire un somme. — On dit aussi andasw,
anéaXdo, ou cambado.
L'abbé DX Sattvagbs pense que le terme andain est dit
OUR
5t5
pour ondain, parce que chaque coup de faox laisse sur on
pré des ondulations pareilles à celles de l'eaa agitée par le
vent. Une rangée de ceps de vigne ne s'appelle pas un
ourdre^ comme parait le croire Tabbé » Sauvagcs ; il
porle le nom de eavaïôou,
Dér. du lat* wdo, rang, rangée.
Onrgansin, s. m. Organsin, avec cette diflérance que le
fiançais se dit d'une soie moulinée, tordue au moulin,
tandis que le languedocien s'entend de la soie la plos fine
qu'on (^tient à la filature, par opposition à trmmo et 9ra-
métù, et qtii n'a reçu encore aucon apprêt.
Dér. de l'italien organsino,
Onrgaéno, s. f. Sirène, monstre fabuleux qui séduisait
par le charme de sa voix. Canta eoumo uno ourguéne,
chanter comme une sirène.
Dér. du lat. organum, organa, nom que Ton donnait à
toute sorte d'instruments de musique.
Onr]ôoa, s, m, Dim. Ourjoulé. Orgeolet, oiigelet, cri-
the» orgueilleux, vulgairement grain d'orge, petit bouton,
petite tumeur inflammatoire aux paupières. Le peuple dit
que ces petites postules viennent en punition à ceux qui ont
refusé quelque chose à une femme enceinte. — Une cruche
en poterie.
Dér. du lat. hordeolum, Dim. à*hordeum, grain d*orge.
Onrla, v. Ourler, faire un ourlet, orle.
Oiimo (!'), n. pr. Rivière qui prend sa source à Saint-
Félix-de-Pallières, traverse les territoires d'Ânduze et de
Tomac et se jette dans le Gardcm sur le territoire de Mas^
aillargaes et Attaech. C'est l'ancienne VRNIA des Romains
citée dans une inscription antique trouvée à Nimes.
Onroà, «• f. Errear, méprise, erreur de calcul. Faguén
pas ouroù, ne nous trompons pas, ne commettons pas de
méprise, trouvère uno ouroii din soun compte, je trouvai
ane erreur dans son compte. €e moi est une corruption du
français poussée au point de le faire ressembler à la tra-
duction d'horreur pour laquelle il ne faut pas commettre
Vouroit de l'employer.
Oorqué, s. m. Blette vulgaire des jardins; espèce d'ar-
roche, propre à lever les taches d'huile sur les étoffes de
laine ; on les frotte avec la feuille de cet herbe, on lave
ensuite l'endroit de la tache. (Sauvages.)
Otiraaii, n. pr. de lieu, Orsan, village du canton de
Bagnols-sur-Gèze, dans l'arrondissement d'Uzès. Orsanum,
en 4310 et 4485.
Dans un mémoire adressé à Pierre-François Orsino, car-
dinal deGravina, qui fut pape de 4 724 à 4730, sous le nom
de Benoit XIH, M. de Mandajorsa cru pouvoir admettre que
cette localité doit son nom aux cardinaux Orsini, seigneurs
de Bagnols, dont les possessions s'étendaient, dit-il, sur le
territoire du village précité; mais cette opinion hasardée ne
doit être accueillie que sous toutes réserves.
Oortéto, Vog. Hourtéto.
Ourtiga, v. Ortier, piquer avec des orties, s'auriiga,
se piquer ainsi.
516
OUS
Ourtigado, «. /*. Piqûre d'ortie.
Ourtigo, f. f. Ortie, plante dont il y a partout en
abondance pi asienrs variétés; lapins petite, rortie-grièche,
est la pins piquante ; la grande ortie romaine ou pilulaire,
urtica pUulifera, Linn., donne une filasse dont on peut
faire de la toile ; ses semences sont excellentes pour les
pertes et pour les crachements de sang. — Toutes les orties
sont sudorifiqnes. Dans les environs de Nimes ont dit :
outrigo.
Ourtoulan, «. tn. ou Samanvù — Voy, ce mot.
Onsqua, v. Entailler, faire une hoche ou coche, osquo.
Onstaîè, !ro, adj\ et «. Casanier, qui aime à rester
chez lui.
Onstalado, «. /*. Maisonnée, tous les habitants d'une
maison, outtàou; tous les membres d'une famille qui de-
meurent ensemble. Touto Vawtalado, toute la famille. Vno
oustalado dé mounde, une maison pleine de gens.
Onstalariè, «. f> Agglomération de quelques habitations
dans la campagne et, dans ce sens, à peu près le synonyme
de masado, pouvant se rendre par petit hameau. On l'ap-
plique aussi aux divers et nombreux bâtiments appartenant
à la même exploitation rurale, à la même usine. On dit
même d'une seule et vaste maison : Y-a fosso oustalariè, il
y a beaucoup de logement dans cette maison. On dit aussi
mataje,
Oostâon, s. m. Aug. Oustalas. Dim. Outtalé. Maison,
logis, bâtiment pour y habiter ; maison, famille, ménage.
Oustàou patroulâou, maison paternelle, celle oà l'on est
né et qu'ont habité nos ancêtres. Un outidou éipai cabâou,
mais îou eàou, une maison n'est pas un avoir mais il en
faut une. Qudou é$ foutrâou que reste à soun oustàou, que
le niais et maladroit croupisse chez lui ; l'homme habile se
donne du mouvement, court après la fortune et l'attrape,
car cela se dit à propos de l'un de ces derniers. Pér réfourma
CUV
eé que vai mûou eouménço tus pér Unin oustdou, pour prêcher
la réforme, réforme d'abord ta maison. Bos vér ei pan edou
fan la ruino d'un oustâou, bois vert et pain frais ruinent
une maison. Faïre oustàou né 9 faire maison nette, congé-
dier toute la maison. Lou fio n*és pas à l'oustàou, rien ne
presse.
OiMfdotf^ pourrait venir du lat. stalio, demeure; Sau-
vages cite à ce propos un passage d'un vieux titre où il est
dit : in stars comitis Bermundi, pour dans la demeure du
comte Bermond. Cette ôtymologie, lorsqu'on sait la pronon-
ciation languedocienne des lettres initiales : $(, expliquerait
et légitimerait même la variante éstàou dont se servent k
tort cependant quelques personnes, car il est plos naturel
de faire dériver simplement oustàou de la bass. lat. Aotia-
/arta, m. sign. dont on fit d'abord ostal et oiustal.
Oatis, s» m, — Plur. OuHsses. Outil, instrument d'arti-
san, de laboureur, etc.
Dér. du lat. utUis, utile.
Ouvra, V. Ouvrer ne se dit que de la soie et signifie : lui
donner, au sortir de la filature, soit aux tavelles, an dou-
blage ou au moulin, les divers apprêts nécessaires, selon
l'emploi qu'on vent en faire. Dé sédo imvrado est donc de
la soie ouvrée en opposition à la soie grège prise en sortant
du tour.
OaYrésoù. 5. f. Façon, apprêt donné à la soie ainsi qu'il
est dit à l'art, précédent. Ouvraison, qui devrait être fran-
çais car il est formé, selon l'esprit de la langue, de son
verbe ouvrer, est très-reçu en style de filateuret de mou-
lineur de soie.
Gavriè, îro, s. m. et f, ouvrier, ouvrière. A miehant
ouvriè gés dé bos outissês, mauvais ouvrier ne trouve jamais
de bons outils. — Es un ouvriè, uno ouvriélro que, c'est
compère, une commère qui saura bien se tirer d'aflaire.
Traço d'ouvriè, mauvais ouvrier. — Emprunt au français.
p
PÀ
P. Pé, s. m. La lettre P.; mêmes valeur et emploi qu'en
français.
Paou faa^part, négat. Pas, point. En français, il est
ordinairement précédé de la négative ne; en languedocien,
il s'emploie seul et quelquefois se rend simplement par ne.
Ou vole pas, je ne le veux pas. Dise pas, je ne dis pas.
Y-anés pas, n'y allez point. Gouste pas jamaï, je ne goûte
jamais. Y-a un an que l'aï pas vis, il y SLJin an que je ne l'ai
vu. Pas fosso, pas beaucoup. Noun pas, non pas, non, point
du tout.
Pas est un emprunt au français. Le roman employait la
construction latine : Establem que nostres suceessors non
PÀ
dom ghisaje que quelque plaigon no sidou greugat, etc. En
délaissant cette tournure pour se servir de la particule
française, le languedocien lui conserve souvent son orlo-
graphe; toutefois, contrairement à la règle générale qli
veut que l'é final se fasse toujours sentir, même devant
une consonne, celle de pas ne sonne jamais dans ce dernier
cas. C'est un vice, car pas, démarche, qoi s*ôcrit de même,
se prononce différemment; mais en faisant ainsi, on évite
beaucoup d'hiatus qui créeraient surtout trop de difificnllésà
nos poètes. Cependant on écrit également pa et il le faut
bien pour expliquer certaines syncopes fort en usage :
pa 'ncaro pour pa énearo, pas encore; éê pa çud, pour éi |M<
PAC
aqudt ce n*est pas cela, y^pa *n ea, pour pa un ea, il n'y a
pas un chat, contractions où, parétrangeté, ce n*est point la
première mais la seconde voyelle de l'hiatus qui est élidôe.
D'après Gébelin, la particule pa« viendrait du lat. passus :
il n'y en a pas; c'est comme si l'on disait : il n'y en a trace,
vestige.
Pachéja, «.Faire pacte, conclure une afiaire, un marché,
paeho.
Dôr. du lat. paetum^ m. sign.
Pacbo, s. f. Pacte, traité, convention, accord, marché.
FaxTt'pacho, conclure un marché ou absolument, conclure.
Aquà 'è pas din nosio pacho, ce n'est pas dans nos conven-
tions, dans notre traité. A fa pacho émbé lou Diable^ il a
fait pacte avec le démon ; se dit d'un homme qui a une
chance extraordinaire.
Dér. du lat. paclio, m. sign.
Pacholo, «. f. Pot-pourri, tripotage, ripoppée, mélange
hétéroclite de choses diverses qui s'annoncent difficilement;
choses qui se voient rarement ensemble dans un mets;
mélange de différentes sauces, vins ou liqueurs, le tout peu
agréable à l'œil et au goût. Pâtée pour la volaille faite avec
du son et des herbes cuites à l'eau et pétries ensemble.
Pachoqno, <. /*. Margouillis, gâchis, flaque d'eau sale,
de boue liquide. Femme minutieuse, tripoteuse, épilogueuse,
bigote, ridiculement scrupuleuse, diseuse de riens. Pachà
parait en être le masc., comme si l'on disait brouillon, tri-
poteur.
Pachonqua, v. Patauger, marcher dans la boue liquide,
s'y crotter; barboter comme un canard dans une mare ;
tripoter, brouiller, gâter, gâcher.
Pachouqué, to, adj, et«. Tatillon, vétilleur,lanternier,
chipoteur, minutieux, barguigneur, qui ne sait se tirer
d'affaire.
La racine de Pachouqué semble être pachd, et l'adjectif
serait un diminutif comme si l'on disait petit feseur ou
feseur de petites affaiires. On dit à un enfant : anén, pa-
chouqué î Allons, petit barbouilleur.
Pachouquéia, o. Vétiller, tatillonner, être un pa-
chouqui.
Pacién, to. aày et tuhsU Patient. Du lat. paXUfM, m.
sign. — Un patient, une personne souffrante ou malade
avec résignation ; celui qu'on doit supplicier.
Paciénço, 5. J. Patience. Padm^^ médéeino dos
pâoures^ la patience est la médecine des pauvres. Paciénço
laïssè brtda soun outtâou. Patience laissa brûler sa maison,
se dit souvent proverbialement pour indiquer que la patience
doit avoir des limites.
D. du lat. paiimtia, m. sign.
Pacontîo, i. /*. Pacotille. Ce fut d'abord les marchandises
que les officiers et les gens de l'équipage avaient le droit
d'embarquer gratis pour leur propre compte.; et comme elles
étaient en petite quantité, on les appela pacotille, petit
paquet. On donna ensuite le même nom à l'assortiment que
de petits spéculateurs emportaient avec eux sur un navire
PAG
517
pour aller trafiquer au loin ; et les uns et les autres ayant
à faire à des chalands ordinairement peu connaisseurs,
ces marchandises étaient de qualité fort inférieure. De là,
toute chose fabriquée sans soin ou de mince valeur, est
dite de pacotille ou de balle. Le languedocien emploie paeou-
iïo dans le même sens. Voy. Fourés. Il dit aussi, comme
le français, d'objets quelconques réunis en assez grand
nombre : quinto pacoutïo/ quelle pacotille, quelle pro-
vision !
Padélado, s. /*. Poêlée, plein une poêle, padèlo, ou sim-
plement poêle. Vno padélado dé pétssoùs, d'afachados, plein
une poële de poissons, de châtaignes. On dit aussi padé-
nado et sartanado,
Padéléjà, v. Frire, fricasser à la poêle, passer à la poële.
Padèlo, j. f. Poêle à frire, lôous à la padèlo, œuis à la
poêle. Adouba uno padèlo, affriter une poële, c'est, lors-
qu'elle est neuve et pour la rendre propre à s'en servir, lui
donner un apprêt qui consiste ici â la chauffer presque au
rouge et à la frotter fortement à l'intérieur avec un oignon
puis avec du lard. Padèlo dé las afachados, poële où l'on
fait rôtir les châtaignes et qui , pour cela , est percée
d'un grand nombre de trous. — On dit aussi padéno ou
sartan,
Dér. du lat. patella, plat, assiette.
Paga, v. Payer. Paga en mounédo dé singe, payer en
grimaces, c.-à-d. pas du tout. A paga n'àoustres dévèn, il
a payé le tribut que nous devons; il est mort et nous
mourrons. Entre paga et mourl on es ton jour àtén, k payer
et mourir on est toujours â temps. Pago ce que déves et
gariras dàou mùou qu'as, paie ce que tu dois et tu guériras
de ton mal. Quan dévès fôou paga, quand on doit il faut
payer.
On le fait dériver du celt. paga, m. sign. ou du lat.
pactare, traiter, accorder.
Pagaire, Pagaîro s. m. et f. ou Pagadoù ne s'emploie
guère qu'avec la qualification de bon ou michan, bon ou
mauvais payeur. Pour désigner l'employé du Gouvernement
qu'on appelle payeur, il faut dire piiur ; on dit de même
ouficiè péïur.
Pagamén, s. m. Paiement d'une dette, d'une rente,
salaire d'un ouvrier; honoraires d'un médecin, d'un avocat.
Aquà 's esta moun pagamén, dit-on de quelqu'un qui vou.h
a payé d'ingratitude.
Page-dé-conr, s, m. Cette expression toute française ne
sert qu'à rendre la comparaison : effronté comme un page
de cour, hardi coumo un page dé cour.
Pagèl, s. m. Pagel. Spams eryihrinus^ Linn., Pagrus
pagel, Dict. des sciences nat., poisson de mer, à nageoires
épineuses, de l'ordre des Holobranches, de la famille des
Léiopomes, dont le dos est roux en hiver, bleuâtre en été, et
le ventre blanc. Sa chair est blanche, grasse et d'une saveur
agréable. On le trouve dans la Héditerranâe.
Dér. du lat. pageUus.
Pa-gés, négai. Qu'on peut écrire aussi pas gés, est un
518
PAG
composé de ces deux négat. et signifie aucun, point. Né
véie pas gés, je n*en voit point, ancan. On dit pa-gés, en
parlant des choses et pa-rés, en parlant des personnes. —
Voy. Géi.
Pages, 0, s. et n. prçp. Vieux mot, hors d^usage chez
uons, qui signifiait paysan, villageois; métayer, fermier;
il est resté nom propre fort commun dans le pays.
Dér. du la t. paganus, m. sign.
Pagnè. s, m. Dim. PagnUré, ang. Pagnèiras. Panier.
Ce mot, générique en français, l'est beaucoup moin s chez
nous où la plupart de ces engins ont un nom particulier :
bérioul, bancutoù, désquo, etc. Pagnè est le panier d*osier
n'ayant qu'une anse en demi-cercle qui va d'un bout à
l'autre et qui sert à le porter d'une seule main. Lorsque ce
panier est fermé par un couvercle, on l'appelle pagnè^-
radîs. On dit aussi, pour le contenu : un pagnè dé figos,
dé rasins, un panier ou plein un panier de figues, de rai-
sins.— Pagnè'lon. (Voy, ce mot.) Sot eotimo un pagnè,
se dit d'une personne qui vient d'éprouver un afiront, une
contrariété, un échec.
Dér. de Pan, parce qu'on le fit d'abord pour contenir
le pain, ou du lat. panarium, corbeille à pain.
Pagnè, s. m. Sorle d'épi ou de batardeau, fait avec des
pieux et des fascines, sur le bord d'une rivière pour dé-
tourner les eaux ou en amortir le choc. La manière dont
on entrelace les fascines dans les pieux, assez semblable
à celle dont on tresse les joncs d'un panier, a fait donner
le même nom à cet ouvrage.
Pagnèirado, x. f. Panerée, plein un panier de quelque
chose.
Pagnèûraîre, 5. m. Vannier, fabricant de paniers.
Pagnèiro, s. f» Panetière, huche , armoire au pain ,
lieu où l'on serre le pain ; panier de boulanger. Vôou
m'ai pan à la pagnèiro que bel home à la earièïro, l'ai*
sance vaut mieux que la beauté.
Pagnè-lon. s. m. Pagnè-loungué, tmg. Pagnè-lounguas.
Panier long, manne ou mannequin, fait avec des scions
refendus du châtaignier sauvage ; il est deux fois plus long
que large et sert à porter difi'érentes charges sur l épaule :
c'est pour cela qu'on l'appelle encore fatssiâou, de /aï,
fardeau, charge.
Pagnoto, s. f, Pagnote, poltron, couard, es unopognoto,
c'est un trembleur.
Pago, s. f. Paie. Dissate fan la pago, samedi est jour
de paie. Pér la pago, en revanche, pour récompense. Dé
que mé daunarés pér la pigof que me donnerez -vous, en
récompense, si c'est un service qu'on vous demande, en
dédommagement ou en échange, s'il s'agit d'une espèce de
marché qu'on propose? Pogo dé bourèl, paiement fait
d'avance : autrefois le bourreau percevait une contribution,
en argent ou en nature, sur les denrées de la halle, le jour
où il devait faire une exécution. On dit même qu'en cer-
tains lieux il attendait, pour se mettre à l'œuvre, qu'un
officier de justice lui eût jeté sur l'échafaud, en présence
PAI
de la foule, la somme qui lui revenait. C'est sur œt usage
qu'est fondée la locution se faire payer en bouireau. H y 1
une autre explication : du temps quo l'on brûlait et que
Von rompait, un condamné, redoutant avec raison les souf-
frances d'un supplice beaucoup moins expéditif qu'aujourd'-
hui, promit au bourreau une bonne somme s'il les loi épar-
gnait en lui donnant promptement le coup de grtoe; oèLai-
ci accepta et tint parole, mais il perdit sa créance, car il n'est
aucun moyen d'actioimer son débiteur. Mieux avisé depûs
lors, lui et ses collègues, qu'il informa de sa mésaventure,
prirent l'habitude de se faire payer d'avance lorsqu'on leur
proposa de pareils marchés. Diou pago iar mai pago 2èr,
Dieu paye tard, mais avec largesse.
Dér. du oelt. paga, m. sign.
Pago-lâougô, s. m. mot à mot : qui paie lentement, qai
a bientôt payé, parce qu'il ne paie pas du tout. C'est une
qualification qu'on donne à un mauvais payeur.
Paia, V. Rempailler des chaises; clisser une boateilte,
un flacon ; envelopper, garnir de paille un ballot, un paquet,
une caisse
Dér. ûepato.
Paîado, s. f. Jonchée de paille, qu'on met sous les bes-
tiaux, et dans une basse-cour ou dans une me pour la faire
pourrir et la convertir en fumier.
Paîado, s. f. Charivari donné à un homme qui se laisse
battre par sa femme. Dans l'origine, cette burlesque comédie
avait de plus grandes proportions : on mettait sur un âœ
un complaisant qui jouait le rôle du mari quand on ne pou-
vait pas l'y bûcher lui-même. On armait le patient d'one
quenouille et, au milieu des huées et d'une musique appro-
priée à la circonstance, on le promenait triomphalement.
Comme, pour lui faire plus d'honneur, on jonchait de paille
le chemin qu'il devait parcourir, cette cérémonie s'appela
paîado.
Pûaron, s. m. Dim. Pa\arounqué, ang. patarounqwa.
C'est une variante et une corruption également usitée de
pagnè-lon, dont on fit d'abord pagnaion, ainsi que le pro-
noncent beaucoup de personnes. — Voy. Pagnè-hm.
Paîarouncado, s. f. Le contenu d'un païaron ou paghè-
Ion.
Paîas, s. m. Grand tas de paille ; amas de balayures.
Paîasso, s. f. Paillasse, sac de toile rempli de paille pour
servir à un lit ; ce sac, cette paille.
Paîasso^ s. m. Paillasse, bouffon, bateleor de la foire.
On l'appelle sans doute ainsi à cause de son vêtement de
toile, large, informe comme le sac dont il est question i
l'art, précédent.
Païassoù, «. m. Dim. païauouné. Panneton, panier
rond de paille, en forme de coupe ou de vasque, oà rou met
la pâte qu'il faut pour faire un pain. — Ce mot peut rendre
aussi celui de paillasson, couverture de paille longue socs
laquelle les jardiniers abritent les plantes de la gelée oa
nattes dont on se sert pour essuyer les pieds ; mais alon
c'est le français que l'on emploie.
PAI
Paie, j. m. Grenier an foiaplas encore qn'à la paille,
malgré ce qae semblerait indiquer Tétymologie; mais la
paille qui entre dans ces magasins y tient de toute façon
une place moins importante que le foin : de sorte que fôoil,
qui a son équivalent parfait dans fégnUro, peut aussi
fendre paie,
Dér. du lat. paUarium^ m. sign.
Paie, <. m. Palier, repos, plateforme sur le même esca-
lier après plusieurs marches, sur lequel s'ouvrent plusieurs
portes. Réstan sus hu mémo paXé, nous demeurons sur le
même palier^ au même étage, porte à porte.
PaîMrés, f . m. Espèce de raisins dont les grappes sont
grosses et divisées en grapillons. Ses grains sont gros, ronds,
blanca et de couleur dorée à la maturité, légèrement mus-
qués, sujets à se pourrir. Ils donnent un bon vin blanc.
Le cep n'est pas bien vigoureux, sans doute à cause de sa
grande fertilité. Le bois est tendre, les feuilles assez grandes
et pas trop découpées. Les sarments sont assez remarqua-
bles ; quelquefois ils se fendent en deux et se pèlent.
Paîèîro, f . A Cuve, vinaire en bois, moins grande que le
tinâou qui, de plus, est ordinairement en maçonnerie. Le
vin blanc, se faisant en moindre quantité, devait se mettre
dans la plus petite cuve qui prit son nom de païèïros,
raisin qui fournit principalement à ce vin ; ce qui n'em-
pêche pas qu'on met aussi à cuver du vin rouge dans la
pa*êtro. Le français paillet a beaucoup de rapports avec
ces diverses expressions.
Paîèîro, f». pr. de lieu. Paillères, nom qui désigne plu-
sieurs localités du Gard, dans les communes de Laval, de
Soustelle, le ruisseau de la Grande -Paillère qui prend sa
source dans la commune de Thoiras, et surtout Saint-Félix-
de-Paillères, commune du canton de Lasalle, désignée en
959, sous le nom de Villa dePatellaco, PatelloLcum signifie
le lieu où l'on fabrique les plats d'étain. C'est en effet dans
le hameau de Paillères dépendant de la commune de Saint-
Félix, que se trouvent les mines de plomb argentifère, exploi-
tées par les Romains et dont l'exploitation continue encore
de nos jours.
Paiéja, V. Remuer la paille, ce qui se fait surtout en la
faisant sauter sur l'aire à l'aide d'une fourche, pour faire
tomber le grain qui y est mêlé. On le dit aussi du mouve-
ment continuel des mains et des doigts d*un malade à l'a-
gonie qui semble vouloir prendre ou arracher de la paille,
délire qu'en terme scientifique on appelle carphologie, du
grec Kap^, fétu, Xt^ta, je ramasse.
Paiéjûre, s, m. Paillenr, qui vend on qui voiture de
la paille.
Paîéto, s, f. Clayon, éclisse pour faire égoutter le fro-
mage frais, toumo^ en le sortant de Yéseudélois on /àXssilo.
Elle est faite en paille ou en jonc. Brin de paille, fétu.
Tira la paîéto, tirer la courte-paille.
Paio, s. f. Paille, tige des graminées et particnlièrement
des céréales; défaut de liaison dans les métaux. Home dé
foxô vôou fénno d'or, homme de paille vaut femme d'or.
PÀJ
519
Fo)^ d'uno pa^ un patè^ il fait d'une mouche un éléphant.
Ânén à la pdw i allons nous coucher !
Dér. du lat, PoUa, m. sign.
Paio-dé-dè, s, /*. Glui, paille longue de seigle qui sert
à garnir les chaises, à faire les paillassons des jardiniers, à
emballer les marchandises, à couvrir les chaumières, etc.
On l'appelle gerbée lorsque, demi-battue et contenant un peu
de grain, on la donne à manger aux chevaux. — Foy. CU.
Gorrup. de glui ou du flamand gheluys, dont on le fait
dériver.
Pairastre, s. m. Paràtre, beau-père, second mari de la
mère. Pairastre et Maïrastro sont des péjoratifs de /Mitre
et me^re, comme si Ton disait faux ou mauvais père, fausse
ou mauvaise mère.
Païre, s, m. ou Pèro. Voy, maïre et pèro.
< Les noms paire^ maire, fràire, sorre, dit t'abbé or
Sauvages,... ne sont plus usités que parmi les pauvres
gens du Bas-Languedoc et des Cévennes. Les artisans du
plus bas étage qui habitent les villes et les paysans de la
campagne, qui ont un peu de fortuno. dédaignent ces noms
comme avilissants et disent moun pèro, ma màro, moun
frèro, ma sur. Ce changement introduit dans notre langage
ou cette affectation d'imiter ce qu'on appelle les honnêtes
gens, qui parlent plus communément français, ne date pas
de bien loin ; elle est une conséquence du luxe ou de la
vanité qui gagne tous les rangs : elle a bien pénétré dans
les provinces gasconnes méditerranéennes, éloignées des
grandes routes et du commerce des grandes villes. L'ancien
idiome y est bien moins altéré; les mœurs anciennes qui
vont d'ordinaire de compagnie avec les bonnes mœurs, s'y
sont mieux conservées. Dans le Rouergue, ajoute Sauvagbs,
les personnes de la première qualité ne se distinguent point
du bas peuple, pour le langage, et disent encore avec lui :
moun païre, comme dans les siècles précédents, où l'on
ignorait cette bigamie de termes français ou presque français.
Nous devons ajouter que les poètes et les écrivains de la
Renaissance provençale se sont bien gardés d'employer ces
mots francisés que le marquis de La Farb a pourtant cru
devoir adopter.
Paire, 5. m. Maître- valet, qui, dans une ferme, a autorité
sur les autres domestiques, comme le père de famille dont
il tient la place. On l'appelle aussi baïlo,
Pairè-nonria, s m. Père-nourricier, le mari de la nour-
rice. — Voy. Nouris.
Paire, «. m. Parrain. Le plus vieux parent, dans une
maison.
Paiaae, v, Paitre, Que dé ca naï, dé ra se pdi, qui de
chat nait de rat se pait. Quàou dono à naisse, dono àpaïsso.'
celui qui donne la vie, donne aussi la subsistance! A. Ley-
ris, Lous Quatres poutoiis.
Dér. du kt. paseero. m. sign.
Pajo, 5. /: Page, c6té de feuillet d'un livre, d'un cahier;
l'écriture qu'elle contient.
Dér. du lat. pagina.
520
PAL
Palado, 8. f. Pelletée, pellée, pellerée, ce qui peat tenir
sur une pelle, polo. Bouléguo l'argén à paladot se dit d'an
homme qui a la réputation d'être très-riche.
Palafargnè , s. m. Palefrenier, valet qui panse les che-
vaux.
Dér. du bas-lat. pcUafredus^ palefroi, cheval de marche
ordinaire. Court de Gibelin fait dériver le mot palefroi de
pal en roman grand, et fred ou vred, cheval.
Palaliqaa, Perdre, égarer. Se palafiqua^ tomber rude-
ment, tomber de haut, se précipiter. Palafiqua, do, impo-
tent, perclus.
Pal ou Pdou, pieu, et fiqua, du lat. figere^ ficher, faire
entrer, semblent former ce verbe, lorsqu'il est réciproque;
c'est comme si l'on voulait dire entrer, s'enfoncer comme
un pieu ; le participe impotent est la conséquence d'un tel
accident. Quant à l'acception première, on ne voit pas le
rapport qu'il peut y avoir entre ces idées, et nous donnons
la définition d'après Sauvages.
Palamar, «. m. Mail, du lat. pila, boule, dont l'italien
a fait aussi palla et de mar, ait. de mal, dérivé de tncU-
leus, marteau, marteau de boule, ou bien de palus et de
martellus, marteau emmanché d'un pal, bâton ou long
manche. Le français procédant de même, mais se servant
de malleut, avait faitpalemail. Ce mot, remplacé par maiiou,
n'est guère plus en usage, et il se trouve surtout ici pour
expliquer l'origine du suivant, fort usité an contraire.
Palamar, do, adj. et «. Lourdaud, gros lourdaud, qui
parle et agit lourdement, par assimilation à l'objet précé-
dent qui agit et frappe de même.
Palamardiè, s. m. Fabricant de mails; celui qui loue
des mails et des boutes à la journée.
Palastraje ou Palastrajo , t. f. Penture, bande de fer
qui sert à soutenir les portes et les contrevents et dont
l'œil reçoit le gond.
Paie, s. m. Palet, sorte de disque, pierre plate et ronde
ou circulaire qu'on jette vers un but pour en approcher le
plus possible, dans le jeu qui porte ce nom.
Dér. du grec BàXXto, lancer.
Paléja , V. Remuer avec la pelle, se servir de la pelle,
palo.
Paléjaire, s. m. Ouvrier qui remue avec la pelle, qui
travaille avec la pelle. Dans les greniers à sel on lui donne
le nom de palayeur.
Paléto, s. /*. Férule, petite palette de bois ou de cuir
avec laquelle les pédagogues frappent sur la main ou sur
les doigts des écoliers en faute ; un coup de férule. Paléto
est ledim. àepalo, pelle, l'instrument de correction ayant
cette forme.
Paléto, s, f. Lançoir, petite vanne ou pale, pelle de fer
emmanchée qui bouche l'abée, par où l'eau s'élance de l'é-
cluse sur la roue horizontale, rodo, d'un moulin. Dim.
de palo.
Paléto, t. f. Omoplate, os de l'épaule, mince, large et
triangulaire. En terme de boucherie, c'est le paleron, pièce
PAM
de viande qui enveloppe Tomoplate et dans laquelle, si elk
est de bœuf, on distingue le premier et le second travers
et la joue de bœuf. Dans le premier travers est la veine
grosse.
La forme de cet os lui a valu son nom languedocien.
Paléto-dé-ré8toama,«./*. Bréchet, extrémité inférieure
du iternum ou os de la poitrine, qui correspond au créai
de l'estomac .
Pâli, <. m. Dais ; poêle, drap mortuaire.
Dér. du lat. p(Ulium, manteau, couverture.
Pallissoù, f . m. Échalas, pieu, palis, qui sert de tuteur
à un jeune cep ou que Ton plante de distance en distance
pour soutenir les perches horizontales d'une rangée de
vigne en eavaïoiis, car on n'a point ici de vigne entière
échalassée. Palistoà est le diminutif de pâou, pieu, qui se
dit aussi pour le même objet.
Palmosalado, n. pr, de lieu. Palmesalade, ancienne
chapelle ruinée dite de N.-D. de Palmesalade, dans la com-
mune de Portes, et située au bord de l'ancienne voie
romaine appelée Régordane qui conduisait de Nimes à la
Loire, par Gergovie et la vallée de l'Allier. On trouve, à
proximité de cette chapelle, un point de la route appelé tes
Calades qui présente des traces de l'ancien pavé de la voie
romaine, et un pont antique jeté sur le ruisseau de Palme-
salade. Sur les terrains qui entourent la chapelle s'éten-
dent les anciennes exploitations de minerai de fer, prati-
quées à l'époque romaine, reprises à notre époque et récem-
ment abandonnées.
Suivant la tradition, le nom de Palmesalade, que porte
ce quartier, lui aurait été donné à la suite d'an combat
meurtrier livré aux Sarrasins, sur lesquels l'année franque
aurait remporté une victoire chèrement achetée.
Palo, <. f. Pelle de toute sorte, en bois ou en fer.
Dér. du lat. pala, m. sign.
Paloumbo, t, f. Ramier, pigeon sauvage. (Colombe ra-
mier, Columba palutnbus, Temm.) Sous ce nom et celai
de Bité. {Voy. ce mot.) on confond facilement les diverses
espèces de pigeons sauvages, ramiers ou bisets, il n'y a pas
jusqu'à la tourterelle qui n'y puisse être comprise, quoique
son vrai nom soit Tourtouro.
Palan, s. m. Marais, marécage; en Provence, ou appelle
surtout ainsi un ancien marais desséché et mis en culture.
Dér. du lat. palus, m. sign. ou du grec tcoXoç, boue,
marais.
Pamén, adv. Cependant, néanmoins, pourtant, nonobstant
cela. Formé de pas, négat. et de mén, moins, ce qui fait qw
de bons languedociens ne se gênent guère pour dire pa*
moins au lieu de cependant.
Pamoulo, s. f. Paumelle, orge distique, petite orge,
baillarge, orge à deux rangs sans barbes. Ilardeum du-
lichum, Linn.
Pampaligoumo, n. de lieu. Nom de fantaisie d'un pay^
imaginaire, si loin qu'on n'en revient pas, auquel oo a
coutume d'envoyer les gens qui vous ennuient. 11 pourrait
PAN
se faire pourtant que ce fût an enjolivement de Pampelone,
ville d'Espagne qu'on supposait fort éloignée autrefois; et
en effet on dit encore : té mandaraï à Pampaligoumo, je
t'enverrai à Pampelune, aux grandes Indes, aux. antipodes,
voire au Diable. On dit aussi Pampaligouito ou Pampa-
Hgo$ao.
Pampe, s. m. ou Pampo, t. f. Pampre, jeune pousse
franche ou sauvageonne qu'on doit enlever pour former la
plante, empêcher qu'elle en soit fatiguée ou que la greffe en
soit affamée. Voy. Déspampa, *- De toute les ramées que
l'on donne pour nourriture aux bestiaux , le pampre de
vigne est sans contredit la plus mauvaise : c'est pour cela
que, par métonymie, on appelle aussi pampo un cheval
efflanqué haridelle ou Rossinante, qui semble n'avoir pas
d'autre provende. Anara jusqu'as pampos, il ira jusqu'à la
chute des feuilles, se dit d'un poitrinaire dont la mort pa-
rait inévitable à la saison d'automne la plus rapprochée.
Pan,<. m. Dm.pané. Pain, dont la forme et les qualités
sont diverses. Pan d'oustdou, pain de ménage, de cuisson,
de bourgeois. Pan-bru, pain bis. Pan émbé soun tout, pain
à tout, dont on n'a point ôté le son. Panséda, pain de
seigle, dont la farine a été tamisée, sassée, sédado. Pan dé
mouniciou, pain de munition. Pan dé eoiuino, pain de cui-
sine ou plutôt pain de la cuisine, acheté chez le boulanger
ou fait dans la maison pour les domestiques, plus grossier,
par opposition au pain plus blanc de la table des maîtres.
Pan d'ordi, pain d'orge, lourd et grossier, ainsi que l'in-
dique le dicton : groussiè coumo pan d'ordi. Le pain de
boulager reçoit d'autres noms : Pan hlan, pain blanc, de
1 '^qualité. Pan ségoun, pain second, de 2« qualité. Pan dariè,
pain dernier, de dernière qualité. Pan ou pané d'un sdou,
(letit pain, pain mollet, valant un sou. Pan rotusé, pain de
recoupes, pain bis blanc. Pan réquiè, petit pain de luxe,
de forme ronde : le pain de luxe n'étant point taxé pour le
poids, les boulangera le font cuire davantage, de là Pan-
réquiè, recuit. Pan croutto leva, pan màou apétoul, crousté
dé pan, lisquo, pèço dé pan. Voy. ces mots. Ou aï fa en
moun pan, en moun vi, je l'ai fait sans l'aide de personne,
à mes dépens, de mes propres ressources. Avédre lou pan
et lou coutèl, avoir le pain et le couteau, avoir une chose
à sa discrétion, être dans toutes les conditions pour la faire
à sa fantaisie.
Dér. du lat. panis, m. sign.
Pan, f . m. Empan, mesure linéaire qui avait été fixée à
9 pouces, 8 lignes, pied-de-roi, soit 262 millimètres et demi.
Lors de l'adoption du système métrique, on ne l'appliqua
pas d'abord dans toute sa rigueur; tenant compte des
vieilles habitudes, et dans l'idée erronnêe de faciliter la
transition, on conserva le nom de beaucoup d'anciennes
mesures, et l'on se contenta de les modifier pour les mettre
en rapport avec les nouvelles. C'est ainsi qu'on allongea le
pied-de-roi, tandis que l'empan fut raccourci pour qu'ils
fassent contenus d'une manière exacte dans le mètre : le pre-
mier trois et le second quatre fois; le;»an valut donc 9pou-
PAN
594
ces du pied métrique ou 25 centimètres. Quoique proscrit
aujourd'hui, on se sert toujours beaucoup de son nom et il
est bien plus ordinaired'entendre dire d'une étoffe : M'aeousta
einqs&omhttpan,qxiQvingt tâous loumèstre, ou bien : numt
fdoiités an hiuè ou nôou pans, plutôt que dous mèstret on
dousmèstreset quart, surtout doui mèstrei vinUxinq. C'est,
en effet, une mesure fort commode, car chacun la porte tou-
jours avec soi : c'est l'espace compris entre le bout du petit
doigt et du pouce très-écartés ; et les mains trop petites
ajoutent la première phalange du pouce, en l'abattant pour
compléter cette mesure, que chacun s'étudiait sur un
étalon à rendre assez exacte et qui suffissait lorsqu'il ne
s'agissait pas d'un mesurage rigoureux. — Le pan s'entend
de la mesure elle-même comme de la chose mesurée. Miè-
pan, demi-empan. Avédre un pan dé nas, avoir un pied
de nez.
Dér. de la bass. lat. spanna, qui était cette mesure ainsi
formée. En allemand spannen, étendre, mesurer avec la
main.
Pan ! 8. m. Onomatopée pour rendre le bruit d'une claque,
d'un soufQet, d'un coup que l'on donne ou que l'on reçoit.
Y douné uno anquado, pan / ille fouetta, flan, vlan, pan !
ad libitum.
Pana, do, adj. Qui a des taches de rousseur sur la
figure ; tacheté de roasseurs auxquelles les personnes blondes
ou rousses sont plus sujettes. La sève de la vigne, au
moment de la taille, est, dit-on, un excellent cosmétique
pour faire passer les rousseurs. Ces taches, qui apparaissent
aussi nombreuses que les mille petits yeux d'un pain bien
apprêté, ont pu donner lieu à un rapprochement qui a crê^
l'expression de pana.
Panado, f . f. Panade, pain émietté et longtemps mi-
tonné dans du bouillon ou simplement de l'eau dans laquellt^
on met ensuite du beurre ou de l'huile.
Panar, do, adj. et s. Boiteux.
Panardéja, v. Boiter, clocher, clopiner.
Panari , «. m. Panaris. Voy. Roudatrê. .Inflammation
phlegmoneuse des doigta qui provoque souvent la carie
de l'os des phalanges. Du lat. panaritium, formé du grec
Ka^ytMyija, dont les racines sont napa, auprès et ovu/,
ongle.
Panataîo, t. f. Bèrbo-dé-Nosto-Damo, Pariétaire, casse-
pierre, herbe de Notre-Dame. Pamtortaoy^'d'^*^' Linn.,
plante qui croît sur les vieux murs dont elle prend le nitre
qui lui donne ses vertus : elle est émoliiente et diurétique ; on
l'emploie pour les tisanes, les cataplasmes et les lavements.
Panataîo est une corr. de parélaïo, formé de paré, en lat.
paries, muraille. On désigne aussi cette plante, dans plu-
sieurs localités du Gard, sous le nom de Paradàou, dont
l'étymologie du lat. paries est plus régulière.
PanaUèiro, s. f. Blatte/'B/aia;; insecte orthoptére, très-
vite, lucifuge, brun-noir, plat et large, à deux longues
antennes, qui habite autour des cheminées et des fours. Il
est assez difficile de se débarrasser de cette blatte dômes-
:m
PAN
PAO
tique là où elle a établi son domicile. Sa pn^^férencc pour
la farine et le pain lui a fait donner le nom de panatièïro;
rlle est pluscoiHiuc sous cvlui do Babaroio.
Pan-blanc-d'ase, s. m. Chardon-Uoland, chardon .'icent
listes, panicaut commun, Enjmjium campestre, Linn. Sa
racine faisait partie, avec celle du chiendent, du câprier,
de la garance et de l'arrète-bœuf, des cincj petites racines
a|)6ritives; elle passe pour Mre diurétique, ni^phrélique,
propre à provoquer les règles et à exciter à l'amour; tou-
tefois la médecine en fait beaucoup moins usage qu'autre-
fois. Le goût bien connu de l'ane pour le chardon, duquel
il fait son pain blanc , exi)li(}ue suffisamment l<^ nom
languedocien du [)anicaiit. Celui-ci n'est pas cependant l'es-
pèce dont les f'nes sunt le plus friands, et le français, de
son coté, a[>pello chardon aux ânes le chardon hémorrh<»i-
dal, Serrattfha an^pnsts, Linn., qui est nritre câoussido.
Pané, s. m. Petit pain, dim. de pan. Pané d'un sôou,
pain mollet qui vaur un sou. Pane dou la, petit pain au lait.
Panéja, v. On 1<^ dit du blé et de la farine qui f<)urni>sent
plus ou moins d<' pain. Aqudo jarino pani'jo bien, colle
fariiip foisonne I)iiMi, et elle fait ainsi lorsqu'elle boit
beaucoup d'eau : ce qui arrive quand le blé qui la j)roduit
ei'oit dans un terrain ou graveleux ou sec, tel que celui des
cùloaux ou des cha/nps en pente.
Panel, s. m. Claie :\ stclier les châtaignes. Voy. Cléio.
Panel, s. m. Pan, bisque d'un habit, d'un cor^ts de jn|)e.
Panrl (le catnisn^ le bas, les bouts inférieurs d'une chemise.
Dél. du lat. pdtui'a, drap, étoile, qui, dans la l)ass. lat.
^i;.MUli;iil aussi, portion. S"gment.
Panéto, s. /'. Pain de boulang^-r, par o{»posilion au paiii
de ménage, qui est plus gn-s.
Fém. de ;;r/;u', dim. (ht pan.
Pan-Froumén, s. m. .Mâche, Doucett^^, Valcriana locusta,
Linn., (pii porte encore beaucoup d'autres noms : blanchette,
clairette, p<.»ule-{jrasse, Ixturs'Ule, salade de chanoine. Celte
plante croit nnfurelji^ment et en abondance dans les champs,
et on la cultive aussi dans les potagers. Elle fournit une
excellente salade, du moins d'après le goût de plusieurs de
ses parrains qui Vont nommée salade de chanoine et pan-
froumvn, parce qu'elle est au-dessus des autres comme le
j)ain de froment est au-dessus des autres pains. On dit aussi
Pan-fourmén.
Pani8,s. m. Panis ou Panic, mil blanc, millet desoiseaux,
Panicnm italicum, Linn. Dans l'usage, ce millet est con-
fondu avec le millet commun ou petit mil panicum milia-
ceum.'Vnn porte son grain en i>anicules tandis que l'autre
n'a qu'un épi ras, cylindrique où loul le grain est entassé :
c'est 11 toute leur différence et ils sont d'ailleurs employés
aux mêmes usages. — Voy. Mél.
Panissièïro, s. f, et n. pr, de lieu. Champ de panis,
devenu nom de lieu.
Panle, panlo, adj. PAIe, Panle coumo las cendres, p;\le
comme la mort. Voy. la lettre L.
Dér, du lat. palUdiis, m. sign.
Panléva. v. Soulever. Le languedocien prononce ènlo la
lettre /, et lui conserve celte prononciation dans beaucoup
de mots quand elle est entre deux voyelles; il met alor>
une n qui précède l'/, ou qui, lorscju'elle est double, rem-
place la première : de sorte que panléva n'est autre que
pal leva, ce qui équivaut à leva avec un pal ou pâou qui,
dans ce cas, signilie levier ; il ne s'emploie par conséquent
que i)our rendre soulever au propre, élever quehjue chos»^
de matériel et de lourd.
Panli, t'. Pâlir. Du lat. palier e, m. sign.
Pnnloù, s. f. Pâleur.
Panos, s. f. pliir. Housseurs, taches de rouss'?ur. Voy.
Pana.
Pan-réquiè, s. m. comp. Pain recuit. Toy. Pan,
Pansèïo, s. f. Pensée, violette tricolore, Viola tricolor.
Linn., inijt. du français.
Pansèl, s. m. Kame. petite branche, brancliage, pour
ramer ou soutenir, enj)anselay des pois, des haricots.
Var. de paissrl, d'un autre dialecte, dim. de pdou,
pit'u.
Pantaï, s m. Hève, song»^, qu'on fait en dormant.
Dér. du LM'oc c^avTQcj'i.a, tait de ':>a^'j.x, fantôme, vision.
Pantaïsa, r. Hèver, songer, faire des rêves, de^^
songps.
Pantécousto, s. f. La Pentecôte, fête que célèbre l'Église
cinquante jours après Pàqut's en mémoire de la descente
du Sainl-L>[>rit sur les apôtres. Entre Pasqitos et Panie-
C(nistf), l'ai ta fin t!('ssf'r du no crousln.
Pantécoustos, s. f, plur. Tn des noms du chèvre-
feuille, (pii lui a .>ans doute été donné parce qu'il fleurit
vers la Pent-'oôt»'. Son autre nom est Manetos.
Pantèrno, mieux Fàoutèrno, seul en usage ici. Voy.
c>^ df'rnier.
Panto, s. /". Bamboche, ribote, orgie. Faire la panto,
faire sas paatths, faire la dél)auche.
Pantoufléto. s. f. Lu di^s noms du mufle de veau. Voy.
Carafara .
Pàou, s. m. Échalas, quand on l'emploie pour palisser
la vigne; pieu ou piquet, quand il sert ;\ tout autre usage
analogut^. Dé que fax aqut planta coumo un pàou, que
fais-tu lù immobile ot tout étonné?
Dér. du lat. Palus, n\. sign.
Pàou, alv. de quantité. Peu, dont il n'est point cepen-
dant l'équivalent ordinaire qui est plutôt pas ga'ire. H
mange peu, se dit wanjo pasyaire et non point manjo pâou ;
il a {KHI d'argent, a pas gaii'f> d'argén et non a pdou d'ar-
gén . Pàou ne s'emploie donc guère que dans certaines
phrases faites, et le plus souvent comme substantif. Douna-
mé n'un pdou, donnez-m'en un peu. Pâou ou prou, peu
ou prou, plus ou moins, et par ext. de manière ou d'autre,
par bécarre ou par bémol . Pèr pâou qu'on digues mai, pour
peu que vous ledisi-^z encore, si vous le répétez. Dé pâou à
pâou, peu à peu. Dàou pâou pâou c'cstleproverbe:petit à
petit l'oiseau fait son nid, ou rnailleàmaillese fait le hau-
PAO
berigeon. L^Ksia-mé un pâou posta, laissez-moi passer, je
vous prie. Douna-mé un pâou aqud, donnez -moi cela, ft*il
fous plail. Véir9 un pâou, voyons» examinons attentive-
roeot. Ou fxnOêtpas ? et Hou tan pâou, vous ne le vonles
past ni moi non pins. Entre trop ot pâou, miiuro litâou,
ni trop ni pas assez ; c'est le lat. est modus in rébus et
la devise du jaste-miliea : in msdio virtu». Pâou-vâou,
on vaurien. Pâouparlo, homme soarnois, silencieux, qni
parie peu. /
Dôr. du lat. paucus, on paueè, pea, en petit nombre.
PâoQ (Séa). La Saint-Paul, fête de l'apôtre célébrée le
t9 juin. — Nom de lien fort répanda que porte une com-
mmie du canton d'Âlais, à qui l'on ajoute Lacosto, parce
que le cheMieuest sur une montagne, Salnt-Paul-I^coste. —
Il font observer que, lorsque ce nom devient nom de bap-
tême, il se prononce comme en français et qu'il faut alors
l'écrire Pcl ou Paul, si Ton veut conserver Tétymologie;
son dim. est Poule, Potdoà, Poulétoà, Sén- Poule, désigne
le village de Saint-Paulet-de^aissons, localité du canton de
Bagnols.
PâOQ-dé-Sén, f. des deux genr. Personne de peu de
sens. Aqud 's un pâou dé sén, c'est une {jetite tête, et
Ton dit souvent le péjoratif pâou-dé-sénas, c'est un im-
bécile.
Pâonière, s. m. Pince, levier, pour soulever une masse,
ébranler ou détacher un bloc de pierre, etc. il est presque
pointu par un bout; et l'autre, plus gros, est taillé en pied
de biche. Planta uno vigne âou pâoufire, planter une
vigne à l'avant -pieu et planter des oseraies à Vaguio,
(Voy. ce mot, et brouquaj, c'est faire en grand ce que fait le
jardinier avec son plantoir; seulement le plantoir, appelé
aguio ou pâoufére, qui n'est plus le levier, est une barre
de fer pointue d'un côté. — En terme de meunier, pdou^
fère est l'axe de fer vertical qui porte à son bout supérieur
Fanille enchâssée dans la meule tournante et dont le bout
inférieur est encaissé dans une rainure de l'arbre de bois.
[Vog. Candèlo.J
Pâoufére est un composé de pâou et de fère, pieu de fer,
barre de fer qui s'applique à toutes ses acceptions.
Pâonmo, s, f. Balle pour jouer au jeu de courte et de
longue paume; ce jeu lui-même. Drouvï d'ièls eoumodé
pâoumos, ouvrir des yeux grands comme des salières,
comme des portes cochères. Pâoumo dé la man; paume de
la main ; cette dernière acception explique la première
parce que c'est avec la paume de la main qu'on renvoie
la bdlle quand on ne se sert pas de la raquette ou du
battoir.
Dér. du lat. palma, paume de la main .
Paoàn, J. m. Voy. Pavoiin,
P&ouparlo, s, des deux genr. Mot à mot, qui parle peu,
ce qui n'est pas toujours un défaut; aussi n'adresse-t-on
guère ce reproche qu'à un sournois, à quelqu'un qu'on
tvppose avare de ses paroles par calcul.
Pftoupèilo, s. m. Paupière, voile membraneux et mo-
PAO
523
bile qui couvre l'osil, et cils ou poils qui garnissent la pau-
pière. On dit d'an avare : Vtou pas que dé pâoupèrlos
d'agasso,
Dér. da lat. palp^a, m. sign.
Pâoupa, «. Manier, toucher avec la main.
Dér. da lat. paipare, m. sign.
P&OQqaA,s.m. Bien peu, très-peu, aneidée, on soupçon.
Douna-mé n'un pâouqué, qu'on pousse quelquefois jus-
qu'au pâouquété, ou pâouquéné, donnez-m'en un tantinet.
Es un pâouqué malâou, il est indisposé.
Dim. de pdou^ peu.
Fâonramén, adv. Pauvrement, misérablement, triste-
ment, mesquinement; car ce mot, comme le suivant, a
plus d'une nuance. Mouriguè pdouramén, il mourut triste-
ment, misérablement. Mé toumbire bien pdouramén, je
tombai bien malheureusement. M'en dounè tan pdouramén,
il m'en donna si peu, si petitement, si mesquinement.
Pàonre, Pâonro, adj, et s. Dim. pàouré, aog. pâouras.
Pauvre, nécessiteux; mauvais au physique et an moral;
infortuné, qui est à plaindre ou à regretter; mendiant. Las
gUàisos sou pdouros : las vitrossou dé papiè, les églises sont
pauvres, les vitres sont de papier. Pâoure eoumo Jaquas,
pauvre comme Job. Mouririè pu léou Vase d'un pdour'
home, l'âne d*un pauvre homme crèverait plutôt, se dit à
propos de quelqu'un de mince valeur qui réchappe d'une
maladie, et le français dit de même : il mourrait plutôt
quelque bon chien de berger. Aquél vi es bien pâoure, bien
pâouras, ce vin est bien mauvais, bien piètrc, détestable.
Dé pâouros résous, de mauvaises paroles, de vilains
propos. Dé pâouros magnèros^ de mauvaises, de tristes,
d'inconvenantes manières. Pâoure iéou ou pdoure dé Hou!
malheureux que je suis ! Pdoure dé vous! que je vous
plains ! Pâoure, vièl et maldou, souhait de malheurs qup
l'on adresse à on ennemi : |Je te souhaite pauvreté, vieil-
lesse et maladies ! Lou pâoure mort, formule qu'on n'omet
guère en parlant d'une personne décédée depuis peu, sur-
tout lorsqu'elle mérite rcstiroo et les regrets. Moun pdoure
pèro davan Diou sièguef feu mon père, que Dieu absolve,
ou devant Dieu soit son âme I La seconde partie dévotieuse
de cette phrase n'est pas toujours employée et no se répète
pas dans la même conversation; mais un languedocien,
parlant de son père ou do sa mère qui n'est plus, ne manque
jamais, et cela ordinairement toute sa vie, de se servir à
leur égard de la première formule, respectueuse et tendre,
qu'il traduit même littéralement au besoin sans s'éloigner,
ce nous semble, de l'esprit de la langue française : Moun
pdoure pèro disii sottvén, mon pauvre père disait souvent. —
Un pdoure, uno pâouro, un pauvre, une pauvresse, un
mendiant, une mendiante. Batre lous pâoures, on dit cela
de quelqu'un de fort pauvre et aux expédients pour expri-
mer sans doute qu'il battrait les mendiants poar leur
disputer et leur prendre l'aumône dont il a plus besoin
qn'eux.
Dér. du lat. pauper, m. sign.
524
PAO
Pâoure (rasin dé) t. m. qu'on appelle aussi simplement
pdoitre, raisin de pauvre ; aucune espèce ne donne d*aussi
belles grappes, qui sont divisées en plusieurs grapillons,
trés-serrés, aux grains assez gros, de couleur ronge ou rose.
Il n'est pas rare de voir des grappes qui pèsent deux kilo-
grammes. Ce raisin donne un vin rose ; sa peau est un peu
coriace mais il a bon goût, Sarments gros et tendres, feuille
assez grande, pas trop découpée.
La grosseur de ses grappes, dont une seule suffît pour le
repas d'un pauvre à qui on le donne ou qui le prend, lui
a valu son no;n.
Pâour' home, inierj. Cette expression n'est point de
notre dialecte et a été importée chez nous du Gévaudan où
elle est fort en usage; elle n'a point de rapport aux facultés
])écuniaires, ni aux qualités du cœur ou de l'esprit; c'est
simplement un terme d'afifection familière qui répond à
mon ami, mon cher, mon camarade. 3f aï p^lowr' home, vésèi
bé, mais vous voyez bien, mon cher. 11 en est de même de
/tâouro fénno.
Pâourièîro, «. f. Pauvreté, misère, indigence. Pâûu-
riètro méno lagno, de pauvreté fatigue et peine. Pâourièîro
fai l'home impourtun, pauvreté rend importun. Pdmiriëiro
faï coure carièïro, pauvreté fait courir les rues , fait perdre
la tête.
Pâouroùs, Pâouroaso, adj. Peureux, craintif, poltron.
Il serait mieux de dire pôouroù$; puisqu'il vient de pôou,
peur, mais l'usage a consacré l'altération.
Pâousa, V. Poser, placer, déposer, décharger, ôter. Pdousae
aqud sus la iâoulo, mett<^z cela sur la table. Pdousaunfaï.
uno caréto, décharger un faix, une charrette. Pdousa sa
vèjto, ôter sa veste. — Pdousa marqua, Voy, ce mot. —
Se pâousa, se reposer, faire une pause. Vénès voue pdoiua
que dévès èitre lat, venez vous reposer, vous asseoir, car
vous devez être las. Pâotisén-notis un pâou, suspendons
un moment ce travail, reposons-nous un peu, prenons
haleine.
Le second du lat. pausa, pose, repos, et le premier de
ponere, posui, positum, poser, mettre bas, quoique la
prononciation s'éloigne du radical et se confonde avec
l'autre.
Pâoiuiadis, Pàoussadisso, adj\ Tranquille, reposé, au
propre comme au figuré.
Pâoasadoù, s. m. Lieu où l'on se repose; endroit, objet
où l'on dépose quelque chose.
Pâonsaîre, s. m. Poseur. Lorsqu'on demande, d'un fai-
néant qui ne sait ou ne veut rien faire, ce qu'il veut être :
pâouiaïre, répond un tiers qui le connaît, et cette espèce
de calembourg, tiré du verbe sépdouna, se reposer, est à peu
près le seul emploi de ce mot que le français remplace
assez drôlement par inspecteur... des pavés.
Pâonsado, s. f. Terme de chasseur pour le gibier ailé.
Tira à la pàauiado, c'est , pour les perdrix, tirer à la re-
mise ; mais on le dit surtout des autres volatiles pendant
qu'ils sont posés sur une branche ou par terre. On peut
PAP
rendre cela par : tirer au repos, par opposition à tira à (a
voulado, tirer au vol ou en volant.
Paonso, f. f. Pose et pause. En termes d'arts et métiere,
il se dit surtout de la pose des pierres. Faguén uno pâouto.
faisons une pause, reposons-nous un moment. La pdome,
proprement dite indique, pour les ouvriers, l'intervalle com-
pris entre deux reprises de travail.
Pâoutéja, V. Manier, patiner, remuer, toucher grossière-
ment une chose avec les mains, pâautoi,
Pâouto, s, f. Patte, mais on entend presque toujours par
ce mot une grosse et vilaine main qui ressemble en effet à
une patte. Marcha, camina dé quatre pdoutot, marcher à
quatre pattes.
Pâoatn, do, adj. Pattu; qui a de grosses ou vilaines
mains, de gros vilains pieds. Au fig. grossier, lourdaud,
pataud. Pijoun pdoutu, pigeon pattu, variété de pigeon
appelée aussi pigeon de maison ou jacobin. Ce pigeon a des
plumes jusqu'au bout des pattes.
Papa, s. m. Terme enfantin synonyme de père. Dans l'a-
sage français, il n'est par rare de voir des hommes et sur-
tout des femmes d'un âge avancé, dire à leurs parents papa
et maman. Dans le languedocien et surtout parmi le peuple,
il n'en est jamais ainsi : Le tout jeune enfant qui balbutie
papa et marna, dit bientôt papa et mamo dès qu'il articule
un peu mieux ; et, à peine est-il grandelet, qu'il ne dit plas
que pèro et mèro, ou même paire et maïre. Aussi serait-il
parfaitement ridicule de demander à un homme fait et
même à un jeune adolescent : Coussi vc^ ta tnama? Voy.
Marna. Du grec nij^oLç, père en terme enfantin.
Papa, s. m. Jabot, poche ou premier estomac des oiseaux
dans lequel la nourriture est humectée et macérée, ce qui
la dispose à recevoir la digestion dans le gésier; périê,
second estomac où elle passe ensuite.
Dêr. du lat. pappare, manger des choses qu'il n'est psi
besoin de mâcher.
Papassar, s. m. Augm. et péj. de papier papier qui est
formé dans le même esprit que paperasse. On l'applique
aussi bien à une grande affîche collée au coin d'nne me qu'à
un long et ennuyeux mantiscrit.
Pape, <. m. Variante plus courte et plus facile à pro-
noncer du mot suivant.
Papéto, «. m. Grand-papa, bon-papa» dans le vocabu-
laire des petits-enfants qui ne disent moun gran qu'un peu
plus tard. Papéto et jpopa sont les dim. de papa; et le fran-
çais, par la même antiphrase câline, dit aussi aa grand-père:
petit papa.
Papiè, s. m. Papier. Papiè-bétcui, feuille de papier sur
laquelle les pâtissiers disposent leurs biscuits vnlgairemeot
appelés langues-de-chat avant de les mettre aa four. Les
biscuits enlevés, les pâtissiers vendent oa plat6t vendaient
ces papiers vides aux enfants qui en suçaient les em-
preintes.
Papiè-magna, qu'on appelle ailleurs papier d*embalUge,
grand papier gris, grossier, fort employé dans Véducatioa
PAR
des versàsoie, pour couvrir le fond des clayons appelés cam-
panèjes, où OD les tient an premier âge, on bien les tables
sur lesquelles on les transporte encore petits, pour qu'ils ne
passent pas au travers. Ce serait, dans les Cévennes, le plus
connu de tous les papiers, si ce n'était le papiè^marqua qui
ne Test que trop; sans compter lom papiès oMpapièê-nou-
vélos qui cependant commencent à passer un peu de mode
(X)ur prendre le nom français de journal, — M'a fa un
papié, il m'a fait un billet. Quan papiès parlou, barbos
ealou, quand le papier parle les hommes se taisent. A quel-
qu'un qui veut dissimuler un état d'ivresse encore niable,
on dit de prononcer : figo lignolo papiè hlu; mots qui n'ont
aucun sens mais dont l'articulation est un effet assez dif-
ficile pour qu'une langue qui commence à s'embarrasser ne
paisse sortir de l'épreuve avec honneur.
Papièlréja, v. Paperasser, remuer, feuilleter, arranger
des paperasses ; en avoir les poches pleines, faire beaucoup
d'écritures, le plus souvent inutiles.
Dér. de papiè, papier.
Papièîré)aîre, f . m. Paperassier, écrivassier, qui aime à
papièïréja,
Papo, s. m. Pape, le chef de l'Église catholique.
Dér. du lat. papa, père et pape.
Papo, variante de papa, pour père, et qui, comme mamo^
est le second degré de cette dénomination enfantine. —
Voy. Papa.
Papogai, s, m. Perroquet. L'italien dit papagallo et le
portugais papagajo, comme le français disait papagai ou
papegai, aujourd'hui parouqué, seul nom en usage, est
tout français. Papogaï n'est usité que dans cette phrase :
Simblo aqui lou Papogaï, il est là comme le pape Colas,
qui est dit pour Nicolas.
Paqné, «. m. Paquet, assemblage de plusieurs choses
liées, ficelées, enveloppées, réunies ensemble.
Par. 5. f. Part, portion d'une chose divisée, partie d'une
chose commune à plusieurs. Dé très pars, uno, le tiers;
dé très pars, dos, les deux tiers; dé quatre pars, uno, le
quart, etc. — Le français est ici plus concis; mais notre
ancien langage, comme le fait observer Sauvages, n'était
pas familiarisé avec les termes abstraits. — Ma par / je
retiens ma part ! dit-on à quelqu'un qui ramasse une chose
perdue et que l'on retrouve en notre présence. Cette locution
qui n'exprime plus aucun droit, à moins qu'on ne le fasse
valoir par la force, vient du droit de part en vigueur dans
certains pays où celui qui avait fait une trouvaille était
obligé de la partager avec celui qui en avait été le témoin. —
Y'ou dires dé ma par, vous le lui direz de ma part.
Dér. du lat. pars, m. sign.
Para, v. Parer, ragréer avec la serpette la place que la
scie a faite à une branche d'arbre; enlever les chicots, le
vieux bois de la vigne, d'un arbre, avec la serpe; parer le
cuir; enlever avec le couteau à deux manches appelé bou-
toir, ce qui est resté de l'épiderme de l'animal attaché à la
peau; en terme de sellier, ravaler, amincir le cuir; parer
PAR
525
le pied d'un cheval avant de le ferrer ; couper la corne avec
le boutoir, butavan ; fouler, dégraisser le drap dans les fou-
lons. On le dit aussi pour parer, éviter un coup r/xirooftié/,
pare celui-là.
Parabondo, s. /*. Parapet, garde-fou, balustrade d'un
pont, d'un quai, d'une terrasse, d'un balcon; rampe d'un
escalier. — Un curé retraçait en chaire les difficultés du
Paradis. On ne peut y arriver, disail-il, que par un pont
jeté sur le gouffre de l'enfer, et ce pont est si étroit !. . .—
A cette peinture émouvante qui ne laissait pas de l'in-
quiéter, un paroissien s'écrie du milieu de l'église : Y-apas
gés de parabondo; mottssu lou cura ? — Nani, moun orne,
— Alor, à bas mé vése.
Parabondo est dit pour parabando, et c'est de cette der-
nière manière que l'écrit Sauvages, malgré sa prédilection
pour le dialecte rayol ; il paraîtrait, dès lors, .que ce mot
est formé dépara, défendre, préserver, et de bando, troupe,
foule ; c'est dans ce sens qu'est formé le français garde-fou.
Paradis, s. m. Paradts, séjour des élus, des bienheureux.
Dér. du grec Tcapiostdoç, jardin. Le premier paradis ter-
restre était en effet un jardin.
Paradis, s. m. Paradis; dernières galeries d'un théâtre.
Ce n'est point parce qu'on y est mieux, mais parce qu'elles
sont très-élevées que, par un rapprochement irrévérencieux,
on a donné à ces places la dénomination de paradis que
les voyous remplacent aujourd'hui par celui de poulailler,
lieu où s'entassent les poules pour se jucher.
Paradis, Paradoù et Paraîre, adj. et f . m. MouH pa-
radis, moulin à foulon, pour fouler et dégraisser les draps.
— Ce nom est encore celui d'un moulin à blé et à huile
d'Alais, bien qu'il ne serve plus à sa première destina-
tion et souvent on retranche, en en parlant, le mot moulé :
— Ounte anas môoure ? — En paradis.
Paradoù, adj. et «. m. C'est le synonyme de Para<fl«et
j9ara«or0 : mais aussi, comme substantif , il signifie le foulon
lui-même.
Dér. de la bass. lat. paratorium, lieu où l'on prépare les
draps. — Coutèl paradoù ou seulement paradais, paroir,
couteau à parer dont se servent les sabotiers pour donner
la dernière façon aux sabots.
Paraîre, Voy. Paradis, dont il est le synonyme.
Parâoulassos, s. f. plur. Paroles grossières, sales, œ
que l'on appelle populairement gueulées, d'où l'on a fait en-
gueuler, dans le même style, péjor. de parâoulo.
Parâoull, s. m. Parlerie, babil, caquet, bavardage,
verbiage.
Parâoulo, s. f. Parole. Parlan-t-én réspè, que par&oulos
pudoupas.*. sauf votre respect, car paroles ne puent point...
précaution oratoire dont on ne se dispense guère en parlant
d'un animal immonde ou peu noble, ou de choses de même
nature. Ploumos et parâoulos, l'âouro las émportOf plumes
et paroles le vent les emporte. Pardoùlos volou, éseris démo-
rou, paroles s'envolent, écrits restent; c'est le mot-à-mot
de l'adage latin : verba volant, scripta manent, idée que l'on
67
r)'2t)
PAR
rend encore par : les paroles sont des i'enieiles, les l'ails sont
des njàies.
Parapèl, s. m. Parapet, ^m r de -ion, murs t'i hauteur d'ap-
pui sur un pont, un quai, une terrasse. Alléralion du mot
français parapet qui est Inrmr- do ritalieii parapeliu, qui
défend la poitrine, petio.
Parapléjaïre,s. m. Fabricant et marchand d^ [Kirapluies,
surtout le marchand ambulant, qui court la ville et la cam-
pagne, sa boutique sur le dos, raccommodant plus de vieux
(ju'il ne vend de neuf.
Paraplèjo, 5. m. Dim. Paraplèjclo; aug. paraplèjassoy
parapluie.
l)«h\ de para ou apura, défendre, et de plèjo, pluie.
Parasol, s. m. Dim. parasoulc ; auj:. parasoulas. Para-
sol, emprunté au français, mais [tour signifier plutôt para-
pluie plus soigné et d'étotVe plus coûteuse.
Parasoulaïre, s, m. fabricant et marchand de para-
[)luies, et de parasols, connue le jiaraplèjaïre. — Voy.
Parasol.
Parço, couj. Ahrév. de parço-qffc, (jui ne sert que pour
faire une réponse fort usitée et la plus péremptoirc de toutes.
Pér dé qnou vos jkis? — Parço. Pourquoi ne Ic vcux-tu
pas? — Parce que. Dans la mèuic circonstance parço que
est aussi employé.
Parço que, conj. Parce que. Par pour par, qui se dit
pér, n'est [las languedocien; cela indique du reste ([ue /; a rj;o
que est une de ces conjonclions empruntées au français,
et il s'iMnplnjo dans les mêmes cas que parce qu<».
Pardi, iuicrj. Pardi, |)ris au français pour adoucir,
comme lui, le juron par-liou, pardieu.
Pardinche, interj, Pardicnne, parbleu. C'est une de ces
nombreuses variations exécutées par une bouche timorée
[K)nr fain^ presque disparaître le thème original panliuu.
Pardiou, interj. Pardieu! Le languedocien devrait faire
<l dire pénliou; ce mot est donc une copie servile du fran-
çais qui a prêté jusqu'.'i sa préposition |)ar. cjui n'est point
languedocienne. Pardiou^ cotume ses attéJiuations, y^/'Jîn/i,
pardinche, csl une sorte de jurement et d'aflirmation. Par-
diou.' l'ou faraiveire, pardieu! je to le ferai bien voir. Oh !
pardiou, nou, non C'M't':'S pas !
Paré, s. f. Paroi, mur, muraille. Parés blanquos, papùs
/7é /b/i; muraille blanche, papiin* do fou, d'imbécile; avis
aux personnes qui y inscrivent leur nom : IS'orrUna siulto-
rum semper parietibus iiisunt.
Dér. du lat. paries, m. sign.
Parégu, do, ;>arf. pass, de Partisse .
Paréïsse, v. Paraître, se faire voir, se montrer; avoir
Tair, l'apparence, sembler. Mù paréi, il me semble.
En QS[K parecer, m. sign.
Parél, s. m. Paire, couple. Paire, lorsqu'il s'agit de l'as-
semblage de deux choses qui vont ordinairement ensemble
et d'une chose unique essentiellement composée de deux
pièces séparables : un parél dé bi^kius, dé soutes, dé pistou-
Us, dé pouUs, dé pijouns, une paire de bœufs, de souliers,
PAR
de pistolL-ts, de poulets, de pigeons; un parél dé €itèou.s,
d'éstenaios, de braios, unc paire de ciseaux, de tenailles ;mi
pantalon. Aqno's un 7^0 u/î ^are/, c'est un joli couple, en
parlant de deux époux. Couple qui, dans ce cas, est nias-
culin, redevient féniinin lorsiju'il est considéré comme un
certain nombre de choses à peu près indéterminé : un parel
d'ioous, dé lidors, dé jours, uue coui>le d'œufs, de louis,
de jours. — A bêles partis, deux-à-deux.
Dér. du lat. par, paris, pareil, égal.
Parén, to, 5. m. et f. Parent, qui est uni par le sang.
Â(juén d'arfjériy manquara pas paréns, ayons de l'argent,
les parents ne nuuKjueronl pas. Paréns sans amisy farino
sans tauùs, parents sans arnis, farine sans tamis. Quant
aux parents par alliance, ils sont encore plus mal traités
par le proverbe : paréns dé ma fénno, paréns dé nwun
quiou. — Paréns, ceux de qui l'on descend et plus ordi-
nairement le père et la njére. Sous paréns soun estas dé
GinouïUf ses parents, ses ancêtres, ses ascendants, étaient
de Gén<»lh,ic. S'és brouia émbé sous paréns, il s'est brouillé
avec ses parents, avec son père et sa mère. On domie le
nom géiiériiiue de parén pour laisser dans le vague le
degré de parenté qui est souvent plus éloigné : Coumo
anasj parén Y Comment allez-vous oncle ou cousin ?
Dér. du hi. parcns qui s'entendait des ascendants directs.
Paréntaje, s. m, Parentagc, parenté.
Paréntèlo, v. m. Parentelle, les parents en général; tous
les parents.
Pargado, s. f. Étendue de terrain parqué ou occupe
par un parc, parguc, et amendé par le crottin et le pissAt
des moulons; Sauvages dit i)arquée.
Pargue, *. m. Parc A l)rebis, clôture faite avec des clai^^s,
vlcdos, soutenues par des pieux auxquelles elles sont atta-
chées. Vira lou pnryue, changer le parc, ce qui se fait en
laissant en place les claies, d'un côté du terrain circonscrit,
et repliant l(?s autres pour former une nouvelle enceinte
pareille et con ligué à la première ; oj)ération bien mieux
précisée par le terme vira, tourner, retourner. — Ai hé
d'doutres panjues à vira, j'ai bien d 'autres aflaires, d'au-
tres chiens à fouetter.
Parqué j a ou Parga, v. Parquer ou faire parquer les bre-
bis : pratique ([ui procure à ces animaux la santé, un bon
engrais aux terres î\ blé, et un l)elle toison au propriétaire.
(Sauvaoes.)
Paria, v. Parier, faire tenir un pari, une gageure.
Empr. au français : on dit mieux jou^a.
Parié, ïro, adj. Pareil, égal, semblable. Lou parié man-
quo OU soun parié es à naisse, son pareil n'existe pas ou
son pareil est à naitre, dit-on d'un original, d*un exlrava-
gajit. Sou pariés, ils sont égaux, de môme force, du même
âge, de même taille. Sou pas pariés, ils ne sont pas
égaux de force, d'adresse ou d'intelligence. Se fùou
faire émbé sous pariés, il faut se faire, se fréquenter avec
ses égaux. M'en fùou un parié, il m'en faut un semblable.
Dér. du lat. par, paris, m. sign.
PAR
Pariuro, «. f. Pari, gageure. Faguén uno pariuro, pa-
rions, gageons, faisons une gageure, un pari.
Parla, v. Parler. Parla e&umo la bèlo Jano, babiller,
bavarder, comme une commère, comme une pie borgne. Si
$iét bono câouso, parlo ; se que dé nou, rétiro-té, si tu es
bonne chose, parle; sinon retire-toi; ce qui veut dire:
Si tu viens de Dieu, parle; si tu viens du démon, va-t-en ;
sorte de conjuration que font les poltrons qui croient voir
des spectres dans Tobscurité. — Àquà i'apMo parla/ Voilà
ce qui s'appelle parler! — Parla-mé dé Méjano, pér lou
bon vif vive Méjannes pour le bon vin! — Parla-mé qu'où
mvim, — Notez que je le savais, le bon de TafTaire c'est
que je le savais. — I^rla-mé qu'où aï pa$ vis^ je ne l'ai
sans doute pas vu! se dit ironiquement pour montrer qu'on
est au courant d'une affaire. — Eh hé, quan té parlo/ Eh
bien qui l'aurait dit ! Parla di iêsto, délirer. Parla coumo
un libre, parler comme un livre, ex profèsso, Parlan-t-én
réspè, sauf le respect que je vous dois, que je dois à la com-
pagnie, sauf révérence, révérence parler, formules familières
au français; mais le languedocien emploie la sienne dans
toutes les occasions où il parle de quelque chose dont il
craint que l'idée ou l'expression peut choquer ou blesser;
et il complète souvent sa formule par : parâoulos pudou pai.
— Vby. Parâoulo,
Parla à uno fïo ou émb'uno fïo, faire la cour aune fille,
la rediercher dans des vues honorables. Se parla est plus
réciproque et se dit des fréquentations souvent fort lon-
gues, connues de tout le monde, autorisées, approuvées
par les parents, qui ont lieu entre un garçon et une fille,
et dont presque tous les mariages du peuple sont précédés.
Se pairiay éveille l'idée d'une grande réserve dans ces rela-
tions, réserve que n'indique pas tout-à-fait le terme fringa,
qui laÎAse un peu plus de prise à la médisance. — Voy,
Fringa,
Parladiflso, s. f. caquets, partage, longs propos, longs
entretiens.
Parlaire,Parlttro,5. m. et f. Parleur, causeur, bavard,
indiscret.
Parlamén, «. m. Entretien, causerie, conversation. Se
prend aussi pour synonyme de parla, subst. : Vat eounégu
à toun parlamén, ou à soun parla, je Tai reconnu à sa voix,
a sa manière de parler.
Paro-fré, s, m. mot-à-mot pare-froid qui devrait bien
être françait au même titre que parapluie, paravent. On
peut donner ce nom à une chose quelconque qui garantit
du froid; mais on l'applique communément à tout vêtement
chaud.
Paro-monsqno, s. m. Émouchette, caparaçon à treillis
ou réseaux avec des bouts de cordes pendantes, appelées
volettes, pour garantir les chevaux des mouches, (^mme
nom générique on peut aussi donner ce nom à l'émouchoir
ou chaSBe-mouches. -^ Voy. Mouseaî,
Panmassièii, o, s. Paroissien, halntant d'une paroisse.
Parawutièn, livre qui contient les prières qu'on dit dans
PAR
527
la paroisse. Emprunt fait au français. Es un parouassièn
que a'émbèstio pas, c'est un gaillard qui n'a pas de pous-
sière aux yeux.
Parouèsso, f. f. Paroisse, territoire d'une cure; ses
habitants.
Parouqué, s, m. Perroquet. Psittacus. Oiseau grimpeur,
frugivore, à bec crochu, dont les variétés nombreuses sont
remarquables par leurs riches couleurs. L'Italien dit Papa-
gallo, et le Portugais Papagayo, comme nous disions
Papagaï, Aujourd'hui Parouqué, nom tout français, a
prévalu.
Parpaîoù, s. m. Papillon. Papilio, Tout le monde sait
que les papillons, la plupart remarquables par leur robe
brillante, ont été d'abord des chenilles, en général fort
laides. C'est l'insecte arrivé à l'état parfait après avoir passé
par ceux d'œuf, de chenille et de chrysalide.
Parpaîouna, v. tous fouséls parpaïounou, les cocons
percent, les papillons éclosent; parpaîouna est dit ici
pour faire des papillons. Au moment de la mue des vers à
soie, quand la plupart sont endormis, pour préparer les
retardataires, on jette quelques feuilles çà-et-là jusqu'à ce
qu'on cesse tout-à-fait de donner à manger : cela s'appelle
parpaîouna. Lorsqu'il tombe de ces flocons de neige rares
el assez gros, on dit encore : la nèou parpdiouno. Dans ces
deux dernières acceptions, parpaîouna exprime papillonner,
faire comme le 'papillon. Parpaîouna, papillotter, remuer
involontairement les paupières qui imitent le mouvement
rapide des ailes du papillon.
Parténço, s. f. Départ. Souî dé parténço, je suis sur
mon départ, à la veille de mon départ.
Parti, s. m. Parti, union de personnes contre d'autres
qui ont un intérêt contraire; détermination, usage, utilité;
personne à marier, considérée sous le rapport des avantages
qu'elle apporte. Sèn dàou mémo parti, nous sommes du
même parti, de la même opinion politique. Aquél luchcXr^
faî soun parti tout soûl, ce lutteur est seul de son parti, il
est sans associés. Préne soun parti, prendre son parti, se
décider. Tira parti, tirer parti. Aquélo fîo far a un bon
parti, cette fille sera un bon parti. Outre ces acceptions
toutes françaises, on dit parti pour exprimer une certaine
quantité : aehatèrs un parti, un pichà parti dé bla. j'achetai
une certaine quantité de blé. Y-a aqui un pouli parti dé
fiëio, il y a là une belle quantité de feuille, un beau produit
en feuille.
Dér. du lat. partiri, partager, et pars, partis, partie.
Parti, t7. Partir, se mettre en chemin; prendre sa course,
son vol; partir, pour un coup de fusil, de mine; fendre,
partager, Partis pas lou jour qu'émbasto, il ne cuit pas du
premier bouillon, se dit d'un lambin. La tèsto mi partis, la
tête me fend. Partiriè un peu en dous, il partagerait un
cheveu; il couperait un liard en quatre, se dit d'un
avare.
Dans les premières acceptions, du français parrtr; dans
la seconde, du lat. partiri, partager, séparer.
528
PAS
Particnîè , îro, «. m. et f, Particalier. Ce mot français
n*est emprunté que pour cette locution populaire : é» un
particule, uno parlicuïèïro qu'é nén sa prou, c'est un
gaillard, un malin qui en sait long, qui ne se gène pas, etc.
Partido, s. /*. Partie, portion, partie de plaisir, de jeu.
Purtido! gagné! cri de triomphe qu'on ne pousse pas seu-
lement au coup qui donne une partie de jeu, mais encore à
nn accident ou un événement qui décide d'un succès quel-
conque et même d'un revers, d'un échec. Seulement, dans
ce dernier cas, l'intonation l'indique, et c'est le contum-
matum est/
Pas, s. m. plur. Passes, dim. passé. Pas, déplacement des
jambes en avant pour marcher; pris pour mesure, lou pas,
équivaut à un mètre. Préne sous quinze passes, faire ses
quinze tours. Vôou davan mous passes, je vais tout droit
devant moi, répond-on à un curieux indiscret. Regarda
davan tous passes, fais attention où tu marche, regarde
à tes pieds, recommandation adressée aux enfants qui
marche à l'étourdie. Lèvo-té dé davan mous passes, ôte-toi
de mon chemin. Pas-à-pas Von vaï iuèn, pas à pas l'on
va loin. Après lou repas, lou fia ou lou pas, après le repas,
il faut se chauffer ou marcher. — En terme de métier
pa-dé-vis, pas de vis, distance comprise entre les filets
d'une vis, et du français; il faudrait autrement dire: pas
d'avis. — Le pas romain équivalent à la millième partie du
mille romain, dont la longueur a été fixée par M. Aurès à
1484 i^oO, présentait donc un intervalle d'un peu 'plus de
4"*48. Dans l'acception moderne, le pas proprement dit
représente l'intervalle compris dans une enjambée, et peut
être assimilé au gressus ou gradus des Romains, équivalent
à deux pieds et demi (0'°74); tandis que le passus romain
représente deux enjambées (4 "48), c'est-à-dire l'espace par-
eonru par un même pied, en mouvement de marche,
pendant que l'autre pi^, servant de point d'appui, reste
immobile.
Dér. du lat. passus, m. sign.
Pas, part, nègat. Pas. — Voy. Pa,
Pas-d'ase, s. m. ou Pa-d'ase. Pas-d'âne ou Tussilage.
Tussilago fùrfara, Linn., plante dont les fleurs jaunes
qui paraissent avant les feuilles, sont employées en infusion
eontre les rhumes, ainsi que l'indique son nom français et
latin, formé de tussim ago, je chasse la toux. Celui de pas-
d'âne lui vient de ce que sa feuille a quelque ressemblance
avec la trace qu'imprime sur le sol le sabot d'un âne.
Pasquâoa, adj. m. Pascal, de Pâques. Cierge pasquàou,
nom d'homme Pascal, dont le fém. est Pasquah et le dim.
Pasqualé.
Pasquéia, v. Célébrer la fête de Pâques, mais seulement
aa point de vue mondain et gastronomique : c'est faire le
premier repas où Ton retrouve le gras, si longtemps proscrit
pendant toute la semaine sainte ; se décarêmer, comme dit
Sauvaobs. Pasquéja s'entend surtout des parties champêtres
du lundi de Pâques; et ouni'anas pasquéja équivaut à ount'-
anas faire ou manja l'douméléto? — Voy, ce dernier mot.
PAS
Pasquétos, s. f. plur, Pâques-closes, le dimanche de
Quasimodo qui suit immédiatement celui de Pâques et dot
le temps pascal. Pasquétos, dim. de Pâques, petite fête de
Pâques.
Pasquo, 5. f. ou Paaquos, s. f. plur, Pâques, jour de
la résurrection du Sauveur. Comme la fête de Pâques est la
règle de toutes les autres fêtes mobiles de l'année, le coq-
cile de Nicée, tenu l'an 323, fixa Pâques an dimanche après
le 44 de la lune de mars, c.-à-d. après la pleine lune la
plus proche de Téquinoxe du printemps.
On dit la Pasqua, si l'on parle de la Pâque des joils ;
mais quand il s'agit de la fête chrétienne, Pasqua ou Poh
quos, qui s'emploient également, ne prennent point l'art.
la ou las. Pér Pasquos, à Pâques. Faïre sas Pasquos, faite
ses Pâques, communier. La quinzéno dé Pasquos, la quin-
zaine de Pâques, tout l'intervalle compris entre le dimancfae
des Rameaux et celui de Quasimodo, inclusivement, com-
prenant ce que l'on appelle le temps pascal. Lasémmanoié
Pasquos, la semaine de Pâques, qui suit le dimanche, en y
comprenant le dimanche suivant. Lou dUu$ dé Pasquos, \e
lundi de Pâques où la ville est déserte et morne, et les ma-
sets peuplés et joyeux, parce que c'est le jour des wpas de
campagne où l'omelette joue un tel rôle qn'on appelle sou-
vent ce lundi : lou dilus de Vâouméléto. Voy. Aouméléto.
Il n'y a pas un très-grand nombre d'années qu'il était ooe
règle fort suivie de mettre, le jour de Pàqaes, les babils
d'été, quelque temps qu'il fît, et fallùt-il endosser de doo-
veau les habits d'hiver le lendemain. On en était quitte poor
dire : fàou moun dévé, que lou tén fague iott siou. On est
moins formaliste aujourd'hui, et l'on attend assez générale-
ment que le temps commence lui-même par faire son devoir.
Pasqua mouiado fat Véspigo carado ; le vieux français
disait : les Pâques pluvieuses sont souvent fromenteuses; il
est vrai qu'il ajoutait maintes fois la restriction : et souvent
fort menteuses.
Dér. De Vh&hvexkpesahh onpAcu^qni signifie passage, d'où
les Grecs avaient fait na^a et les Latins paseha ; les Hâtreox
célébraient dans la Pâque la commémoration du passage
de la Mer Rouge, à leur sortie d'Egypte.
Passa, t). Passer, dans tous ses emplois. PatsarUs, puser
sans dire mot, sans s'arrêter, sans saluer. Pana un 1ère,
lire un livre d'un bout à l'autre. Passa pér la pUjfo, peroé,
mouillé jusqu'aux os par la pluie. Passa-^ier, atant-hter.
Passa-déman, après-demain. Passorhiuèi, anjoard'hiii passé.
Passa dilus, y sérés pas pus à tén^ après lundi prochua
expiré, vous n'y serez plus à temps. Qtian mé passarés
aquo? Combien me comporterez-vous cela ? A quel prix me
le laisserez- vous ?
Dér. de pas et de la désinence active a pour ar, andeone
terminaison de l'infinitif emportant l'idée de faiie, dérivédu
lat. agere; littéralement faire le pas.
Passade, 5. f, Dim. passadéto. Ce mol a» sansaocan
doute, la même origine et avait primitivement le même
sens que < passade > qui ûgnifie passage dans un Ikn oâ
PAS
Ton séjourne pea. Mais, de plus qae le Français, pasiodo
exprime nn intervalle, une durée de temps indéterminée,
que l'intonation, un diminitif, une épithète allongent ou
raccourcissent, sans néanmoins les préciser davantage. C'est,
dans ce cas, le synonyme de briou* brivado, ioisi, et sasii-'
gado. Y souH réua um passado, j'y ai fait une passade.
Aquél eapél mé fara éncaro uno passctdo. Ce chapeau me
servira encore quelque temps. Y-a uno bano passado ^ué
Vtnpas vis, il y a déjà longtemps que je ne l'ai vu. Y-a ttno
passadéio que çaï èro, il y a peu de jours qu'il était ici . Touto
tiquésio passado, tous ces jours passés, pendant ces derniers
jours.
Passadon, s. m. Passage, brèche, trou ou trouée à tra-
vers un mur on une haie de clôture.
Passadouîro, 5. f. Châssis pour passer la farine et sur
lequel on fait aller et venir le tamis dans la huche. — Voy.
Bmbourdo.
Passage, «. m. Passage, action de passer; lieu par où
l'on passe; droit qu'on paie pour passer; corridor.
Passar, s. m. Nom donné au turbot , Bhombus et à la plie
Pl^^ poissons de mer, de figure rhomboïdale, larges, plats,
à nageoires molles. Tous deux se trouvent sur nos marchés ;
mais le turbot, comme partout, est préféré.
Aller, de pansar, pansu, à cause de sa forme.
Passa-rés, s. m. C'est l'interrogation ne passe-t-il rien ?
Il n'y a personne qui remplace : Gare l'eau ! pour avertir
les passants attaidés dans les rues, qu'on va jeter d'une
lenètre quelque chose qui n'est pas toujours de l'eau ; et,
comme on a remarqué qu'en pareille circonstance, la menace
et le coup étaient d'ordinaire une seule et même chose, quand
la première n'arrivait pas après, passa-rés est devenu sub-
stantif, qui signifie : — • passons vite — le contenu solide
d'un vase de nuit. Ce n'est même que comme substantif que
ce mot, qui n'est point de notre dialecte, est connu et
adopté dans le nôtre; car ici, un pareil avertissement,
lonqa'il est donné, ce qui est rare, l'est dans d'autres
termes.
Passa-tôn, v. Prescrire, acquérir la prescription. Vosts
papiè a passa-tén, votre billet a prescrit, la dette est
piescriie faute d'en avoir demandé le paiement en temps
mile. — On le dit aussi d'une chose passée de mode, hors
d'usage.
Passa titt, adv. autrefois, jadis au temps passé.
Passa-Tsla, ou Passavala, v. et 5. m. Cette expression
est une contraction de passa-à^vala, Passavala^ v. c'est faire
le travail agricole dont nous allons parler; Passavala, s,
estce même travail fait. Passa signifie passer, et «ola, ruisseau
naturel et aussi fossé ou tranchée creusés de main d'homme.
Pour rendre le mot de cette expression, on a dit d'abord
efibodrery défoncer, qui ne rendent pas le véritable sens. On
a essayé de dire alore : passer à fossé, passer à tranchée;
elt enfin» peu satisfaits de leur traduction, nos agriculteure
lettrés ont* de guerre lasse, hasardé le français passavaiat,
Noos nous garderons bien d'en faire autant, et nous nous
PAS
529
contenterons de décrire l'opération à laquelle ce mot s ap-
plique.
A l'extrémité d'un champ et du côté le plus élevé, s'il est
en pente (car la terre tend toujours à descendre et on la
remonte ainsi), parallèlement au franc bord et sur toute sa
longueur, on ouvre avec le louchet fVoy. Luché) une tran-
chée d'environ cinquante centimètres de largeur. A l'aide
d'une pelle en fer. on achève ensuite de rejeter au dehors
la terre détachée, mais non enlevée en entier par le lou-
chet. Sur ce second plafond, ainsi nettoyé, on recommence
le même travail, en y revenant une troisième fois au
besoin, selon la culture que l'on se propose de faire : car
la profondeur, suffisante pour les plantes annuelles, ne
le serait pas pour des arbres. On appelle cela passer à dos
ou très'pounchos, à deux ou trois longueurs de louchet.
Cette première tranchée achevée, on en fait, de la même
manière, une seconde contiguë, avec cette différence que,
cette fois et les suivantes, la terre que l'on enlève, au lieu
d'être éparpillée sur le champ est rejetée, au fur et à mesure,
dans la première tranchée restée vide et qui se trouve par
conséquent comblée. On passe à une troisième tranchée et
l'on continue ainsi jusqu'à ce que le champ entier soit
retourné. Bien souvent le sous-sol est de telle nature
qu'il ne permet plus l'usage du louchet : on trouve parfois,
dans les couches inférieures, de l'argile durcie, du tuf, des
poudingues, amerda {Voy. ce mot), et même le rocher com-
pact, dans les terrains qui n'ont jamais subi cette opération,
Dans ce cas, la pioche, le pic, la trénquo et lou piquoù, et
même l'emploi de la poudre de mine deviennent nécessaires.
C'est alors que ce travail devient coûteux, au point que l'on
achète véritablement le sol ; mais on donne ainsi à l'agricul-
ture des terrains qui seraient restés improductifs ; et les
bons terrains mêmes sont améliorés par cette opération qui
ameublit la terre, l'amende par les engrais qu'on y mêle
ordinairement, et la renouvelle, pour ainsi dire, en ramenant
à la surface celle qui était au-dessous. Aussi est-ce un des
travaux d'hiver les plus usités, et les plus utiles pour l'ou-
vrier qui en manquerait, et pour le propriétaire qui place
bien son argent.
Passègre, s. m, ou Péssègre. Pêche des vignes. Le
français donne le nom de persique et persèque à des
variétés de la pêche, en lat. persiea, et c'est ainsi qu'a été
formé passègrs ou péssègre qui n'est qu'une variante.
Passègriè i. m. ou Péssègriè. Ce fut d'abord le nom
générique du pêcher, amygdala psrsica; aujourd'hui il s'ap-
plique seulement au pêcher des vignes qui parait être du reste
le type de toutes les espèces améliorées par la culture. Pour
cellesHÛ on se sert des mots français pèehô, et péehè, ou
péchèiro, Quan làu passègriè es en fioù, jour et gnuè dé
mémo lâungoià, quand le pêcher est en fleurs, jour et nuit on
même longueur.
Passeja, v. Parcourir. Aï passé ja tùvx* aquéles éndrés,
j'ai parcouru, arpenté tous ces parages. — Passéja et se
passéja, se promener. — i/m méndre vén que fasiè, ious
5oO
PA>
PAS
jxi'ist'jfnà om^tr vninc, le nioimliv venl l's pr<">;i.i"'nait. Ii-s
hall'^lnil à st>n irré. Anrti nous pn^scjn, oll»iis ii^us pr-j-
D.'T. ilu Int. pnssffs oi mjere. l'aiiv le pas.
Passéjado, v. /*. Promeiiade, aclkni île s«' promeiior ;
li.u où l'on se proriièiic; paivoiir-^, espact' à pirourir el
a(ti'»n (If parcourir.
Passéjaïre, Passéjaïro, v. m. '4 /'. Pr>niejit'ur, (jui aime
Il promenade.
Passérïa, r. S^'her dis raisins, j^r-'j^arer l»^s raisins s»^cs
ap}"Hés jtnssrrio: tli-irir, t'atu^r, viilt'r, lain^ devenir comme
(••'s raisins. C'est dans ce dernier sons snrloul <pie Cf terme
est cmplové. Vu panure ricu^ (nul })assrn(i, un pelil vieil-
lard t.iut ridi', loul ratatiné.
Passérïo, s.f. Pass»-* ou pans»"», pass.M-ill-^ «m pnssarillos,
• 'l j^!us conifinnït'int^nt raisins secs. 0'> r;tisinscuit<t>u sécliés
au soleil ou au four, sont undesijualre fruits iiM'iidiants. <mi
ciMi!j>ai:nit^ des liu'ues, d<'S noistMt«^< et dt^s aniandfs.
D'M". du la t. pffssd Kva ou /fnssula, m. si.i:n.
Passéro, s. /". >i V^^n demandait ;\ la plupart des clias-
si'urs ce qu'ils aj^pellent la pdssth'o. ils répônilraient })roha-
ltl''!iit^nt <]Uè c'e^t un<^ espèce de L'rive ou de n^^rle. Ils n»^
jtfnivent dès lors appli(|U<n* ce iiimii qu'aux ft"'in»Mles de
i:enre, tous couk des espèces étant pris, et ils le d-anient
communément, en olltM. ;^ la femell.^ du m-M'li' di* roclie.
M lis un autrf^ nis'\ui, sans auln^ nom lanjuedooi.'n. a par-
licurhMvment di">i» à être a[»ju^lé /jf/.Nicro. *'{ c'est snn-^iloute
aiii>i (juil l'est l»* [tins souvent : c'^^st !•' m^Mle d'^au ou
cincle. cinclt» ploiiL-our, Cinchfs fi(pf,itici(s, Tt'iiim.: il est
dun luani foncé, ti^int de cMuiré pu dessus, avec la l'orire, le
il'vant du cou ( l la poitrine blancs et le ventr»' mux: sa
Ici-'UtMU* est d-^ 20 centimètres. Il nx'lit^rclie les eaux dont
|t' r'>ndestpi''rnnix ; e|, (pinirpi»:' son orjanisalion suit o[)pnsée
à C'MIe des oiseaux aquatujues, il ne fraint pas de s'immer-
L"T. il'^ marclifr mèin'' au iVmd île I'-mu qu'il cupe dans
l»us les sen< pour y cli»^rcli«M- les ins'\'t'^s qui font sa prin-
cipilc nourriluiv. H ainie à vivre solitaire, et s^n chant a
«pi'Mque nnalo:ie avec celui du merle noir.
Passéroù, s. m, .Moiii'MU, passer'\iu. |mMa'»l: ilu lai.
/. sscr, !.♦' moin'\au. moineau franc ou moineau domes-
l:iue, ;_'r(>s - ht\' mrtineau, Friti<jill/i dotncstica, et le fri(iuet,
(jr'S-l»ec friquet, Fn'ngilld ïnnnt'inn, Tciiiih..] qui aime
l'-MUcoup moins (]ue l'autre le vr^isina.'t^des villes, portent le
i\é:iien(Mn, dislin-rués t"»ut au plus, le premier \\:\y passe roù
(l( < imffles et l«^ secoiul par pnsseroK <le trdnu, d»"» ce que ce
drrnitM'. plus campai:nard, niche dans les troncs d-'s arbres
'U d'^s vieux murs, et l'autre sous les toits de n 'S triaisons
qui sont sa résidence habituelle.
Passi. V. riéirir, faner. >V passi. se tlétrir. s-' faner,
passer, se rider. Dr fîr'o pffssido. «le la feuill»"' tlétrie. l'no
/ '"////n pnssido, une j>(^mme ridée ; 'mo flou jxissido, unetleur
tl-'trie si elk est trop maniée ou s.'paré'^ depuis longtemps
du rani'MU, ou bien passée si elle a fait son temj^s. D'hèrhn
/"'^vf(/o. de l'herbe fané.\ (n tv'v/yc /"/<</. u!i visa,v tlélri.
' s^i'c, d<Mh;irné. On dit d'un enfant élKjue, qoi dépérit ou
tombe PU chartre : es passt . (Charlre, carreau ou atrophie
mésentérique.)
Dér. ilu lat. pffssKs, a, um, cuit, séché, dont rilal. a fait
nppnssirey m. sign. que pnsst.
Passi, .s. m. La maladie des passis, (car, en terme de
mairnani^rie, on a[)p'dle ainsi lotis passis), est, d'après Sau-
v.\c.i:.s, une esi»éc'^ de phtisie propre aux vers à soie qui fait
que, bi«Mi (piils mangent, ils ne profitent point, sèchent et
[lériss'^nt. Cetl»» maladie est souvent due à la chaleur trop
forte (*t trop concentrée qu'on donne imprudemment ou qui
survient par accidents ;i la graine pendant la couvée, ou aux
vers (jui vi.Mnit:'nt d'éclore. Lorsque la cause de cette maladie
a «ni plus d'intensité dans ses effets, ce sont les prétendus
brûles, «|Uoii jette avec raison; loi*s(ju'elle a agi avec moins
il'activiir, ell.^ produit les passis. Mais ce n'est pas seule-
ii;<Mit àrorigint^ i\\v^ s'engendn' et se dévelopi)e celte maladie:
la maladresst^ «m rigiiorance du magnagnier y expose une
chandtrée ;\ chaqu-^ nouvelle mue. Lorsqu'à ce moment le
ver est enl-M'iv sous la litière, s'il survient du froid, le tra-
vail d<^ la mu-' est ralenti; le magnagnier impatient veut le
bâter par la clial«-ur, et pour cela il augmente le feu et
fi'riij'^ li^s ouvertures. Mais la maturité du ver ainsi obtenue
est loin dèin^ de b«tn aloi; et comme le fruit trop hùtif ou
le fruit cU'mIH avant l'heure se fan'\ se ride et n'est jamais
bon. d.^ même le magnan, qui est sorti prématurément de
sa iiiut\ n'ste dans un étal de langueur et ne larde pas à
périr.
Il existe une autre esi^ce de passis qu'on appelle aussi
lifsctos : o' sont d'^s vprs àtète transparente qui, au monienl
d'entr-M- en mue, n'-Mil jui se placer convenablement pour
dormir, par l'elVtn d»^ la trop grande chaleur. Ils ne peuvent,
par suite, se dépouiller et par consétjuent se développer el
ils ne val'^nt alis olum-'nt rien. On a vu des chambrées
avorter entièrement s«>us l'intlut^nce de cette maladie.
Passiduro, s. f. Flétrissure, altération de la fraîcheur,
de la vivacité île couleur, de la délicatesse des tleurs, des
fruits, ilt^s C'iuleurs. du teint, de la peau.
Passion, .v. f. Passion d»^ .Notre -Seigneur Jésus-Christ, le
récit de la Passion dans l'Évangile; sermon sur ce sujet.
Dér. du lat. j)ati, j)a^si(s, souffrir.
Passîou. .s. /.Passion. g'"^iit très-vif, jKmchanl irrésistible
p-nir qu<^lqu-^ obj-M ou quelque occupation. Ainsi en>ployé.
ce mot lliire un p-ni 1.^ français; mais il est de pur aloi
dans cettt» locution-ci : prene uno passion . se mettre dans
un-' viol.Mile colère.
Passo, s. f. Lue de ces grosses pierres sur lesquelles les
pièt(^ns traversent un ruisseau qui coupe un chemin. Las
pf(ssns, (\\n désigne un de ces passages, est devenu presque
un nom de lieu qu*:» le français rend par : les passes, — Èsir^
dinc ?/t\o michnnio passa, ^tre dans une mauvaise passe :
èstre eu passa de faire, être en passe de faire ; passo, terme
de jeu. sont des expressions françaises.
Passo-pértout, >. m. Passe-partout. clé qui ouvre plu-
PAS
sieurs serrures; clé commane à plusieurs personnes pour
ouvrir une même porte.
PasBO-rOBO, s. m. Passerose, rose trémière, guimauve,
alcée, rose de Damas. AUea rosea, Lian. , plante originaire
de Syrie, d*oû elle fut apportée par les croisés, bisannuelle
et souvent vivace par ses racines. Sa grandeur, l'élégance de
son port, la richesse de sa végétation, la prodigieuse quan-
tité de ses fleurs, la langue durée de leur épanouissement,
la variété de leur forme simple, semi-double ou parfaite-
ment pleine et celle de leur couleur, depuis le blanc le
plus pur, jusqu'au pourpre presque noir, toutes ces bril-
lantes qualités en font un des plus beaux ornements de nos
jardins et l'ont fait appeler passerose, plus belle que la rose.
Pasio-sonlitaris, s. f. Paisse solitaire, dit Sauvages,
qui est probablement le même oiseau que la /Muxéro. — Voy.
ce mot.
Passo-tén, s. m. Passe-temps, plaisir, amusement, diver-
tissement. Expression française.
Paita, V. Pétrir se rend de différentes manières : Posta,
seul, s'entend comme en français d'ailleurs, pour pétrir du
pain. Posta dé mourtiè, corroyer du mortier. — Posta dé
gi, gftcher du plâtre. Posta d'orgèlo, coroyer, pétrir de
l'argile. — Es soun pèro tout posta, c'est son père tout
craché. — Sa pa ce que se pasto I il ne sait pas ce qui se
pr^re, ce qui se brasse, ce qui se mitonne.
Dér. de pasto, ou. du lat./wrfum, de pinssre, pétrir.
Pastadoù, s. m. ou Glooriéto. — Voy. ce dernier mot.
Pasiénargo, s.f. Carotte. Daucus carota, Linn., racine
potagère, rouge, jaune ou blanche, de la famille des ombel-
iifères, fort connue en cuisine et cultivée aussi pour les
bestiaux, qui en mangent la feuille, et pour qui la racine est
une excellente nobrriture d'hiver.
Dér. du at. Pastinago, m. sign.
Pasténargo^ouTaîo ou Fôro, s, /'. ou bien Giromo.
Carotte sauvage, faux chervis. Daucus vulgaris, dont la
racine, mangée en friture, a le goût et l'odeur de la carotte
des jardins. Le cherchis porte le nom de girolles, ce qui lui
a fait aussi donner le nom de girouio.
Pastèqiio ou Gitro, «. f. Faux melon d'eau ou melon
d'Amérique. Voy, Citro. On appelle également pastèquo,
pastèque, le vrai melon d'eau. Cucurlnta eitruUus, Linn.,
semblable, à l'extérieur, au melon d'Amérique, ciiro, mais
dont la chair fondante, sucrée, de couleur rose et pleine
d'eau est très-rafraichissante; ses pépins rouges ou noirs
sont une des quatre semences froid».
PastièiTO,«. f. Huche, pétrin, maie ou maie à pétrir. —
Poitièiro, écbandoir, huche des charcutiers, de même forme
que la précédente, mais sans pieds, dans laquelle on échaude
les cochons pour les épiler après les avoir égorgés sur la
hnche retournée. On procède à l'épilage à l'aide d'une ràcloiie
qui est ordinairement une petite sonnaille sans battant.
Cette méthode, ineoDDue dans le Nord, où l'on grille le poil
des porcs sur on feu de paille, a l'avantage d'arraober les
soies jusqu'à la racine et il est peu probable qu'elle ait l'in-
PAS
531
convënient de rendre le lard moins ferme que par le gril-
lage. Pastiêïro dé moulL huche d'un moulin à blé; grande
caisse dans laquelle tombe la farine en sortant de dessous
la meule et qui lui sert de récipient.
Paatièîro (cambo dé). Cagneux, qui a les jambes en
manche de veste, dans le langage populaire. La forme éva-
sée d'un pétrin exige que ses pieds, qui partent de la partie
la plus étroite s'écartent en sens inverse de la caisse pour
être solides, de manière que le tout, vu dans le sens de la
longueur, ressemble assez à un X, dont les extrémités des
branches tendent à s'écarter de leur point de croisement.
Cette similitude de forme avec les jambes en question a
donné naissance à l'expression de eambo dépastiiïro, appli-
quée à un cagneux.
Paatia. s. m. Pâté, pâtisserie renfermant de la viande,
du poisson, etc. — Past^ d'ancro, pâle d'encre, goutte
d'encre tombée sur le papier; on est convenu d'appeler cette
tache un pdté. — Pastis, gros pâté, enfant potelé, joufflu,
mais cacochyme et stupide; quand pastis s'applique à une
grande personne faite, on le rend par gros pataud.
Pastisaarià, 5. f. Pâtisserie, pâte préparée et assaisonnée
par les pâtissiers ; art du pâtissier.
Paatissiô, îro, s, m. et /*. Pâtissier, celui qui fait de la
pâtisserie.
Pa8ti880Ù,«. m. Petit pâté.dim. de pastis.
Pasto, s. f. Pâte, farine détrempée et pétrie pour faire
du pain, et, par analogie, tout ce qui y ressemble. On dit
des choses trop cuites ; es en pasto, c'est en charpie, en
purée, en boullie, en marmelade, selon ce dont il s'agit, viande,
légumes, etc. Dé ta pasto dé moun eoumpaire, tfonno /bu-
gasso à moun fïôou; de la pâte de mon compère, grosse
fouace à mon filleul, c.-â-d. du cuir d'autrui large courroie.
On dit d'un homme accommodant, de bonne composition,
qui se range facilement à l'avis des autres : es uno bono
pasto f ou bien es uno ptuto,
Dér. de labass. lài. posta, m. sign. Du lat. pastus, nour-
riture ; ou de pistum de pinsere, pétrir.
Paato-momtià, «. m. Houe, rabot à corroyer; outil de
maçon qui sert à éteindre, à détremper la chaux et à la
mélangera du sable et à corroyer le mortier. Cet instru-
ment, en fer ou en bois, assez semblable à une petite boue
aux coins arrondis, est emmanché comme elle, mais à un
manche fort long, avec lequel elle forme un angle plus aigu.
Dér. de posta eifnourtiè.
Paatoù, s. m. Tas de mortier corroyé et prêt à être em-
ployé; la quantité que l'on corroyé en une fois.
Paaiotirël, 0, s, m. et f. Dim. Pastourélé, to. Pastou-
reau; pastourelle, jeune el gentil berger; mots un peu tombés
en désuétude, depuis que l'églogue est passée de mode et
que le Gardon a emporté, avec les prairies de Beau-Rivage,
près de Cardet, jusqu'au souvenir des Estelles et des
Némorins.
PastourM est aussi un nom propre d'homme qui se
rend par Pastourel. — Voy. Pastrésso, dim. de pastn.
r,30
PAS
Pastras, so,5. ;//. el/". IVjoralif d*^ pasire. iiros et Inunl
lier^'^r. bergère t'^paisse el lourde. On ilonne, jiarexi.Mision,
oMi'" qualiJicatioii à une i>ersonne grossière ilaiis sa tour-
iiure ri dans ^es i)art»les. — Vu'/. Pastr(^sso.
Pastre> .v. m. Ik-rg^r qui gaule l.-s moutons: car pâtre,
<iui a la même origine, signilie celui (]ui couiluilles hoMits,
les chevaux, les mules nu pâturage, o{ se n-nd en langue-
docien yàv (jdrilicni. —■ yc sti mm qu'/ni vit! jiastre. Les
lei'-ers, que leur vie solitaire entoure dun c-Mlain |ires-
lig.\ [lassenl pour avoir une iV.ultï de remèdes et des secrets
(le tout"' sorte et mèiue pcur se li\rer à d^^s pratiques qui
Irir-nt la sorcellerie : dans l'espril d-'s jiaysaus. c'est donc
en >avuir beaucoup (ju'en savoir {»lus (]u'un \ieu\ Iterger,
(|ui a eu le leiiq^s d'apj)reiidr<' be:iucou[). Pour niUre inirt.
iicus avons eu occasion de rencontrer dans le> ('.eveimes. à
Mailencbe, dans la commuiie tle S.'-; w -chas, un \i'^ux b'^'ger
(pli -'xislail eucore en IST^I, «-t ijui [irofessait autrelV.i> Petat
de meunier au moulin du Péras. Cet b«>miiie s"ét;ùt adoinié.
san> maître, dans sa jeunesse, à l'étude du grec et du latin,
et cMiain professeur de la l'acuité des lettres de Monipellier
n^ dédaignait pas de converser avec lui sur ces deux
I niques.
Dér. du lai. pastor, ni. sign.
Pastrésso, >. f. Vcm. de jxistre. bergère: irais cela ne
pt ut s'entendre que li'une femme qui girde quelijues jirebis
auluu* de la maison, car il faut un bomire, im pastre,
puur garder tle grands tnaq^eaux. les conduire à la m^n-
la;.iie et ct»ucber au parc, liemarquous d'ailleurs (pie n^us
son:!iies loMJours bien loin de Florian el de S''s |j''rgèn's:
car la ]>(islriss(t est le iy[ie île la femnie louale et grossière,
el c' mot rivalisi' a\ec />astrass<\ (jui n'e>! gU'Te pire,
pour désigni'r toute pers(>nne du sexe taill-'-e sur ce vilain
paliou. — }'oij. I*(istrt' et Pastras.
Pastroù, pastrouno, >-. m. et f. IViit beign-. enfant
ou a lolescfiil ijui n'a que «pi- Iques iiioulons à garder. Le
jKKiioù peut être au>si eiuployé ù la garde d'un grand
li<'U[)eau sous la direction du berger, pastrc.
Pastrouïa, v, Palri>uiller. manier saleihent et grnssiè-
re!i 'Mit: patrouiller, trip.«ter, ivi!uv?r avec les pied^ ou les
[liai ns de l'eau lH>urbeuse ou sale.
Pastrounéja, v. Ltre bi-rger: se dit surtout d'un jeune
g.ih'on, d'un pastroà iMi d'une pastrouno, (|ui g irde quel-
(pi- s moutons.
Pasturga. v. Pâturer, paître, pacager, en j'arlant des
ani ::aux ipii broutent Iberbe on la ramée.
Pasturgaje. i. m. Pâturage: droit de pacage.
Pasturgàou, s. m. lue pMure, un herbage, des pacages,
une \ a renne : étendue de pays où il croit de llierbe non
.s<';i.\\ «pie l'on ne fauche point et ou l'on n.^'ne paitre les
bt >iiaux.
Pasturo, s. f. Sous cette dénominali-ni on comprend
toute es|H\'e d'iierlx' ou de feuille que r<»n enferme p.,Mir
iK'Urrir les banifs, les chevaux, les mouti")ns. etc., nuiis elle
désigne cependant d'un-' manière plus particulière, le foin
PAT
■ et les f<urra.''5. Kn style goguenard, vôou éstrémn dé pas-
turo, je vai.> manger, dmer ou souper.
Pata. s. m. Patoc ou Patard, ancienne monnaie pon-
tificale dWvignon appelée aussi double, parce qu'elle valait
un double denier tournois ou deux deniers. Le palac exista
jusiju'à 1,1 Hi'\olution, dans le conital Venaissinoù il valait
alors un peu moins que le doul>le tournois. Aussi était-il
peu prisé ilaiis nos contrées, et il en est resté celte locution :
7\c dounnrlti pan un pata d'Avifjuoun OU un jmtQf je n'en
donnerais pas un double, une obole, une pipe de tabac.
On fait dériver pata de jtater, nom que portait cettii
mêii.e monnaie en Flandre: et patar de l'allemand peter,
parce (pie la jnèce llamande portait sur une des surfaces
lin. âge de Saint-Pierre. Le/Kif(urAvignon portait d'ailleurs
aussi, (l'un coté, la croix, et de l'autre, les clés de Saint-
Pierre en saul'jir.
Patafioula, e. Ce vérité eii;prunté au français familier.
n'e^t au>si I :i.j loyé que de cette manière en languedocien :
Lou bon l)\<,ii Ion pata fol r : que le bon Dieu le patatîoleîle
iH'iiisse a\ec son grand Ivnissoir! Il est difficile de trouver
l'ori-'ine de c^"* mot qui n'a rien de malveillant et qui
exprinie iLriwc \in certain N'iitiment de pitié p)ur celui à
qui e»n radr'\'^S(\
Pataflèou ! Lspèc-' d'-tiiomatopée pour exprimer le bruit
que fiit ut^ c :r}>s en tombant, faire patafltoii, faire p>ata-
tras. Tonnd»- ailaval, patailiou! il londja là bas, patatras I
Patantèino, .<. /". Pn-tantaine, accomodée au goût da
pa\s, n'est d'usage, comuie en français, que dans celte
phras'' : Court' la patauttïno, courir la prétantaine, pour
dire aller, venir, courir eà et là, saiis sujet, sans dessein.
Cejiendant, c.-mtue en fran«;ais aussi, coure la patantèino,
surt -ut quand on \\:\vV: d'une femme, signitie encore
lair-' d'.'ï allt'-es et venues, des courses, des vovajjes. conlr:
la biensénice et dans un es|>rit de libertinage.
Patàoudas. so, s, m. et f. Superlatif dont le positif
n'existe t>as : gros pataud, gros lourdaud. — Voy. Patâoudo.
Patàoudo, adj. et v. f. Femme lounle. grosse, pataude.
L'adj. iHji'i >hIo n'a point de masculin régulier, qui devrait
iair.' patàon, et l'on dit patà. prononcé comme le français
pataud, quand on veut employer cette expression qui ne
sert guère (jiie de nom à un chien ou de sobriquet à un
indivi lu grossièrement et lourdement conformé.
Patarafo, 5. /". Paraplie ou parafe. On pourrait voir
encore ici la faiblesse ou la malice du langued«xien à
déguiser s>s en.prunts, si le franeais n'avait pas aussi pata-
raf'^ qui signifie écriture, traits informes, lettres confuses :
patarafo d')it \enir de la même source, d'autant qu'un
parafe resseihlde souvent à une patarafe. Boutas aqui vosto
patarafo, mettez là votre parafe, signez là. ce mot se pre-
nant aussi maintefois pour la signature elle-même, qui se
dit i>lus exactement sinne.
Patato, s. /'. Topinambour, artichaut de Canada et poire-
de-terre, Helianthus tuberosus, Linn. Cette plante connue en
j Euro[v avant la pomme de terre et la |)atate. et comme
PAT
elles, originaire d'Amérique, a été cultivée en France à la
fin du 46* siècle : Olivier de Serres en parle dans son
Théâtre d'agrieuUure» Ses tobercnles irréguliers, charnus,
nourrissants, dont la saveur approche de celle de l'artichaut,
offrent un bon aliment pour l'homme et surtout pour les
bestiaux ; mais comme, en somme, le topinambour est en
tout inférieur à la pomme de terre, il est beaucoup moins
cultivé, du moins dans ce pays ci. — On donne aussi à la
pomme de terre, trufo, tuféro ou tartifle, le nom de patato,
quoique elle et le topinambour diffèrent essentiellement de
la patate, batate ou liseron patate, Convolvulus bataUu,
Linn., plante rampante dont les racines bulbeuses sont très-
sucrées et d'un goût excellent, mais qui n'est encore, môme
pour nos climats chauds, qu'une culture de luxe. Il parait
que batatas est le nom mexicain de la pomme de terre, et
l'on a donné, comme nom générique, celui de pataU), qui
en est formé, à toutes ces plantes qui ont quelques rapports
de végétation, de goût et d'emploi.
Pâté, to, adj. et s, m. et f. Lambin, qui agit lentement,
en style d'argotier, un lambines; mais il a un autre sens,
qui dérive de celui-ci, également technique, et signifie
scrupuleux, simple, timoré; qui a des peines de conscience
sur les moindres choses. Es uno patéto, c'est une bonne
fille, mais qui s'embarrasse de tout et n'ose pas dire que son
âme est à elle. Anat ses un pâté, allez, vous êtes une
poule mouillée. — Patéto, dim. de palo.
Patèr, s. m. Pater, oraison dominicale; grain de chape-
let plus gros que les autres à la rencontre duquel on dit le
Pater. Aquà t'es défendu eoumo lou patèr as oses, cela t'est
défendu comme le pater aux ânes, c.-â-d. cela est autant
au-dessus de tes forces, de ta capacité, de ton intelligence,
qu'il est impossible à un âne d'apprendre le pater.
Patèr-dé-là, «. m. Pater de lait, grain de verre, d'émail
ou d'agatbe, espèce d'amulette que les femmes supersti-
tieuses portent au cou, lorsqu'elles nourrissent, pour faire
monter le lait au sein, en avoir beaucoup ou le faire passer.
Il fallait sans doute, dans le principe, y joindre quelques
pater t «ce qui l'a fait appeler ainsi.
Patèméia, v. Dire des patenôtres, marmotter des
prières, être grand diseur de patenôtres.
Patétariè, s. f. Lambinerie ; scrupules, simplicité, les
petitesses ou les minuties de la dévotion. Tout aquà sou
pas que dé patétariès, ce ne sont que de vains scrupules,
des vétilles, des niaiseries. N'a pas que dé patétarUs à
dire, il n'a que des misères à vous dire.
Dér. de pâté.
Patété, to, s. m. et f. Diminutif ou plutôt réduplicatif,
car il augmente le défaut; dér. de pâté pris dans sa deuxième
acception de vétilleux, timoré, scrupuleux outre mesure.
Patétàja, v. Lambiner, faire hu pâté ou être pâté,
lambin.
Pati, v. Souffrir, pâtir; endurer, supporter; peiner, avoir
de la peine, de la difiiculté. Patï coumo las érugos, coumo
las sers, coutno las pèïrot, être misérable comme les
PAT
533
chenilles, comme les serpents, malheureux comme les
pierres. Aquél pdoure mounde patissou, se savias, vous ne
savez pas combien ces pauvres gens pâtissent, souffrent de
la misère. A pas fini dé pati, il n'est pas au bout de ses
peines. Lou fagués pas pati, ne le faites pas souffrir, ne
prolongez pas son agonie, expédiez-le vile. Lou pode pas
pati, je ne puis le souffrir, il m'est insupportable. Pode pas
pati lou bure, je ne puis sentir, supporter le beurre, je l'ai
en aversion. Pâtira à se gandi dé jour, il lui sera difficile
d'arriver de jour, il aura de la peine â arriver avant la
nuit. Lou tén patis à se leva, le temps â grand'peine â se
mettre au beau. Vousprouméte que patissièi pas à iène lou
rire, je vous assure que je n'avais pas de peine â m'empê-
de rire, phrase assez originale dont on se sert en racontant
un très-mauvais moment qu'on a eu â passer, un danger
que l'on a couru.
Dér. du lat. ou plutôt le lat. pati, m. signif.
Patimén, s. m. Souffrance, misère.
Patin, s. m. Patin, soulier dont la semelle en bois est
mobile dans la moitié du côté du talon. 1^ patin, fourré
en dedans, était excellent pour le froid et pour la boue;
c'était la chaussure ordinaire des femmes pendant l'hiver
et plus d'un homme ne le dédaignait pas. Aujourd'hui il
est fort passé de mode : le caoutchouc en fera fin.
Patln-patourlo. Pati-pata ou bredi-breda, mots fabri-
qués pour exprimer la trop grande volubilité de la langue
et pour s'en moquer.
Pati-pata-pas-rés, Patati-pataU et puis plus rien ; mot-
â-mot â peu près de ce cliquetis de syllabes inventé pour
donner une idée de beaucoup de paroles ou beaucoup de
bruit pour rien, et que l'on répond à quelqu'un qui vous
fatigue de mauvaises raisons, de sottes excuses.
Pato, #. f. Dim. Patéto, augm. Patasso. Patte. Le fran-
çais fait une différence entre pied et patte, en ce qui con-
cerne les animaux : il dit pied, des animaux solipèdes ou
au pied fourchu, le bœuf, le cheval, le porc, le mouton, etc.,
et patte, des quadrupèdes qui ont des doitgs, des ongles ou
des griffes ; des insectes et de tous les oiseaux, hormis les
oiseaux de proie qui ont des serres. Le languedocien fait
une différence du même genre entre bato et pato et géné-
ralement il emploie la première pour pied et la seconde
pour patte ; mais la règle peut être moins rigoureuse qu'en
français : on dit plutôt par exemple, la bato d'un tùmn; et
polo sert aussi â rendre la serre de l'oiseau de proie. —
Pato d'éspargue, patte d'asperge. — Pato, patte, clou à
tête plate, et percée pour recevoir une pointe ou une vis
qui sert à attacher un lambris, une glace, etc. — Voy.
Bato.
Dér. du grec TcaT», fouler aux pieds.
Patô, s. m. Brique dont la forme est un carré long
presque aussi épais que large ; sa massivetélui a fait donner
ce nom qui est l'appropriation languedocienne de pataud. —
Patà, masc. de patàoudo, — Voy, ce mot.
Patoiiàs, 0, adj, et 5. m. et f. Qu'on ne doit pas rendre
534
PAT
par patois, da moins dans Tacception du dictionnaire de
l'Académie. De même qu'ils disentpaWa francés, égpagnâou,
votre latUt les habitants du Languedoc disent au môme
titre parla patouès, car c'est ainsi que s'appelle la langue
qu'ils parlent : le languedocien n'a pas d'autre nom que
patouès, et celui-là en vaut bien un antre. Qu'importe que
le français ait altéré le sens du mot et en fasse un reproche
ou une moquerie, quand il devrait en fkire un titre d'hon-
neur : Patouès tire son origine de patria ou patavinitas, la
langue des pères ou de la patrie ; c'est ainsi que le langue-
docien l'entend, l'emploie et l'accepte de son vainqueur.
L'article suivant de l'abbé de Sauvages, que nous tenons à
tous égards à reproduire, démontrera péremptoirement
qu'en donnant le nom de patois, avec le sens qu'il lui
attribue, à son rival malheureux, le français manque de
justice aussi bien que de courtoisie.
Le mot patois est un terme général qu'on applique aux
différents jargons grossiers et rustiques que parle le bas
peuple, soit dans les provinces, soit dans la capitale,
puisqu'on dit, le patois normand , champenois, et le patois
des halles. Mais il parait que cette sorte de langage n'est
réputé rustique et grossier que relativement à un autre de
même genre, qui est plus pur, plus correct, plus cultivé,
que parlent les personnes lettrées ou bien élevées.
Ainsi le patois normand, par exemple, est un patois du
français; et il n'est réputé tel, que parce que ce langage du
bas peuple de Normandie, est du français corrompu ou
altéré, et fort inférieur à celui de la cour et des honnêtes
gens de la capitale ; en un mot c'est un langage dégénéré
d'une langue plus parfaite, mais de même genre, et qui ont
l'un et l'autre une origine commune.
11 n'en est pas de même du gascon ou languedocien,
auquel on a donné la dénomination de patois par une suite
de l'espèce d'avilissement et d'oubli où il est tombé depuis
environ un siècle, faute de culture ou d'encouragement;
tandis que depuis la même époque on s'est appliqué à per-
fectionner la langue française, qui a fait presque éclipser
son ancienne rivale, et qui la fait de plus en plus dédai-
gner.
Le languedocien, quoique négligé, et en partie dégénéré,
n'en est pas moins une langue à part, loin d'être le patois
d'aucune autre : langue aussi bien à soi, que puissent
l'être aucune de celles de l'Europe, et qui a ses termes
propres, sa syntaxe et sa prononciation entièrement étran-
gères au français, et dont le génie, le tour des phrases et
des constructions sont si différentes de cette dernière langue,
qu'on les appelle gasconismes, lorsqu'ils s'y trouvent mêlés.
« Le nom de patois ne peut convenir à une langue subsis-
tante (disent D. Vaissette et M. Court de Gebelin), depuis
plus de quinze cents ans, formée sur les plus anciennes
de l'Europe, plus ancienne qu'aucune de nos langues
modernes, entre autres le français, et dans laquelle on
trouve tout ce qui constitue une langue abondante à cer-
tains égards, et surtout agréable. >
PAV
n n'y a pas de doute qu'il n'a manqué à ce prétendu
patois, pour devenir la langue dominante du royaame, qiie
de s'être trouvé dans les mêmes circ(»istaiioes qui out&vo-
rîaé les progrès [de la langue française, on que nos rois
eussent pris pour la [capitale de leur empire et leur sèjoar
ordinaire, une des villes de la langue d'Oc : c'est bieft
alors que la langue d'Oil eàt été regardée, à plus juste
titre, comme un jargon grossier et rustique. — Vof^
Bouman.
Patouia, v. Patrouiller, patauger, marcher dans une
eau bourbeuse ou dans de la boue liquide. On dit, par
extension, patouïa, patauger, lorsque embarqué dans vie
mauvaise affaire, on essaie divers moyens d'en sortir sans
trouver le bon qui souvent n'existe pas, comme œlm qû
patauge dans un bourbier, fort embarrassé de s'^ tirer.—
Patowa; qui se dit patrouiller, dans certaines pvovinoes
françaises : lorsque dans une rivière on un canal, on
barrage inférieur fait monter l'eau de manière que la roœ
motrice d'une usine en amont est immergée et ne peut |das
tourner parce que la chute est diminuée ou annulée, oa
dit de cette roue ou de cette usine qu'elle patouXo, et c'est
encore par assimilation à quelqu'un qui se trouve eufoacè
dans une mare sans pouvoir marcher.
Patomaîre, patomaîro, s. m. et f. Pataugeur; en style
familier, irrésolu; qui ne sait pas se décider, qui essaie
maladroitement et inutilement plusieurs partis sans savoir
en suivre aucun.
Patoniar, s. m. C'est le nom de oeloi qui, dans m
moulin d'huile, empile sons la presse les cabas remjpUs de
pâte d'olives.
Patouîo, s. f. Lavoir, pièce à portée d'une cuisine où ou
lave et où l'on tient la vaisselle.
Patonl, s. m, PatrouilKs, gâchis, margonillîs, aaïasde
boue liquide ou d'eau bourbeuse, altér. de la basa. lat.
pasta, pâte, mélange de farine et d'eau pétries et tout ce
qui y ressemble.
Patraquo, i. /*. Patraque, personne à santé dèUbràe,
corps faible, usé ; patraque, machine mal faite, ou biea
usée, détraquée.
Patrilas, s. m. plur. Patriftuses, tripotage, fagot, médi-
sance, paquet, micmac.
PatiifaBséja, v. Bavarder, tripoter, faire des micmacs,
des fagots, des patrifasses.
Patrilasséjaire, Patrifasséjairo, s. m. et /. BronilloOt
feseur de tripotages, de fagots, de micmacs, de poCrifoMs.
Patrilassiô, ïro, s. m. et f. Variante de ptÊirifasséjaHre.
Patroon-fangné, «. m. Cogne-lètu, tatillon, embanassè
dans tout ce qu'il fait, comme on le serait en marchant
dans la boue, fango, pour ne pas se crotter, ou peut-êtie
comme un patron manœuvrant sa barqae dans uns mare
fangeuse.
Pavano, s, f. On ne l'emploie que dans cette phrase :
batre la pavano, battre l'estrade, vagabonder; pent-ètn
par quelque rapport de consonnance avec battre le pavé.
PE
Pavouii, f . m. oa Paoun, Paon, paon domestique, Pavo
eriskUus, Linn. Originaire des Indes orientales, le paon
existe depuis si longtemps, en Europe^ qn*il peut être consi-
déré comme un oiseau indigène ; c'est le plus beau de tons.
Malgré la laideur de ses pattes et de son cri affireux, on
l'admire pour les magnificences de son plumage tout en
riant de la vanité quelque peu sotte qu'il met à les étaler.
Ainsi que Toie, avec laquelle il serait bien humilié d'être
comparé, il est de très-bon goût et, du haut des toits ou
des arbres où il aime à se percher, il crie, comme il sait le
faire, aussitôt qu'il aperçoit venir quelqu'un. Le jeune paon
est un rôti de luxe; la chair des vieux est dure et sèche.
Cet oiseau cause beaucoup de dégâts aux jardins et aux
toits des maisons; de sorte que, malgré ses qualités ou
plutôt à cause de ses qualités, assez peu de personnes peu-
vent en avoir et on l'élève plutôt comme objet d'ornement
que comme utilité. !Le paon blanc, dont l'introduction en
France est due, dit-on, au roi René, est une variété de paon
domestique.
Pavouna (se); v. Se pavaner, se panader, se carrer,
marcher avec ostentation et complaisance, d'un air fier et
superbe : c'est faire le paon ou comme le paon qui fait la
roue et qui, tout en s'admirant, semble dire : admirez-moi.
Pé, 5. m. Pet, vent qui sort avec bruit du fondement;
tout bruit qui se produit en éclatant comme celui d'un
fusil, d'une mine, du tonnerre, d'un fouet qui claque, d'une
branche qui craque et se rompt. De quelqu'un qui fait
beaucoup d'ouvrage, qui dépèche besogne, on dit : né faï
coumo un ase dé pés. Parlas à Vase, vous fara dé pés,
chantez à l'âne, il vous fera un pet, le proverbe languedocien
a un équivalent dans : fasès dé bé à Bèrtran^ vous ou ren-
dra en caguan.
Dôr. du lat. peditus, de pedo, m. signif.
Pè, s. m. plur. Pés ou Pèses. Dim. péné^ augm. pénas>
Pied^ partie du corps, â l'extrémité de la jambe, qui sert
à se soutenir et à marcher. On ne le dit que de l'homme :
là où le français dit pied pour un animal, le languedocien
se sert de hato, col-dé-pè, cou de pied. Pè-dé-bourdo, pied-
bot, qui ressemble à la boule noueuse, bourdOj qui termine
par en bas un gros bâton ou gourdin. Sdouta dé pè-joun,
sauter à pieds joints. Passa dé pè-joun, passer de plein
saut, arriver sans passer par les degrés intermédiaires.
A pè'cauqué, à cloche-pied. Pé-déscàou, nu-pieds, les
pieds-nus. Tène pè, au jeu de boules, piéter, tenir le
pied au lieu marqué. Tène pè à quàouqus, marcher aussi
vite que quelqu'un, le suivre pied à pied, et par exten-
sion, faire autant d'ouvrage que lui. Se eâoussa d'un
pé 'n àot^ref contraction de d'unpè un âoutre, chausser un
pied pour l'autre; aufig. Faïre oupréne quieàn d'unpè 'n
âouUre, c'est faire une chose à rebours, en comprendre une
autre à l'envers. Douna lous pèses à un éfan, habiller un
enfant, lui donner sa première robe quand il commence à
marcher. Trouba sabato en soun pè, trouver chaussure à
son pied. — Pè est encore la tige, le pied d'un arbre, qui
PEC
535
se dit pourtant mieux cambo, la base, le support, le pied
d'une table, d'un lit, d'une échelle, etc. — le pied de roi,
mesure, se dit piè,
Dér. du lat. pes, m. signif.
Pébérin, s. m. Pièce d'artifice tout-à-fait primitive :
c'est un peu de poudre écrasée et pétrie avec de l'eau ou de
la salive, puis moulée en petite quille; quand elle est à peu
près sèche, on met le feu à la {pointe et elle brûle, sans
éclater, en fusant, â la grande joie des .enfants qui s'amu-
sent ainsi. De quelqu'un emporté, qui part comme une
soupe au lait, qui est vif comme la poudre, on dit : es un
pébérin.
Dér. du lat. pulvis, pulveris^ poudre.
Pébéroù, «. m. et mieux Conral. — Voy, ce dernier.
Pébra, v. Poivrer, assaisonner avec du poivre. Au fig.
survendre, vendre trop cher; on dit de quelqu'un qui a
surpayé quelque chose : y-ou an pébra, on le lui a poivré
ou salé, tous deux s'emploient dans le style familier.
Pébrado, s. f. Poivrade, sauce avec du vinaigre» de
l'huile, du sel, où le poivre n'est point ménagé.
Pébre, 5. m. Poivre, fruit du poi vrier aromatique, Pi>cr
nigrum, Linn., arbrisseau qui ne croit que dans les Indes
orientales. Le poivre blanc n'est autre chose que le poivre
commun dépouillé de son écorce noire. C'est l'épice qui
tient le premier rang dans la cuisine de nos campagnards
surtout ceux de la montagne; ils en font une large consom-
mation, car il n'est guère de mets où il n'en jettent abon-
damment.
Dér. du lat. piper, m. signif.
Pébriô, f. m. Gatilier, Viiex agnus-eastus, arbrisseau
dont les feuilles sont à peu près comme ailles du chanvre.
Ses fruits ressemblent à des grains de poivre dont ils ont
un peu l'àcreté et l'arôme; c'est de là que lui vient le nom
de pébriè, poivrier.
Pébriè, s. m. Autrefois on appelait ainsi l'épicier, mar-
chand de poivre, la principale ou la seule épice alors en
usage parmi le peuple, quand c'était lui qui faisait et
donnait les noms.
Dér. de la bass. lat. pebrarius, marchand de poivre.
Pébrièiro, s. f. Poivrier, boite, ordinairement en fer-
blanc, pour contenir le poivre moulu; c'est le plus souvent
par sa forme, un moulin-à-vent microscopique, une minia-
ture de ces tourelles qui en avaient pris leur nom : à la
pointe de son toit en cône est une petite ouverture par
laquelle s'échappe le poivre dont on saupoudre les divers
apprêts. La poivrière, toute différente, est une boite à com-
partiments dans lesquels on tient le poivre, le girofle et les
autres épices.
Pécadoù, Pécadoono, adj. et s. Pécheur, pécheresse.
Dér. de péqua, pécher.
Pécaire, interj. Variante de 2»écAatre.— Voy. ce dernier.
Pécata, s. m. Peccata, nom que le français donne seu-
lement aux ânes qui figurent dans les combats d'animaux
et que le languedocien a pris pour en faire un nom commun
-'•>/•
53(
PEC
;\ tous les individus de l'espèce. Dans ces tristes jeux, le
pauvre Ijaudet est le soulïVe-douleurs, le paillasse de la
troupe qui reeoit tous les coups, et l'on a trouvé plaisant
de Tapp-'ler peccatu parce cju'il [lorte les pécliésdes autres.
Péchaïrasso, intcrj. Au^/in. de peckaire; il est aussi
trop coiiipilissant pour n'être pas souvent ironique : C'est
alors le Pauvre lioniineî de Tartufe, pnuiuncé par une
autre bouche (|ue ci.'lie. d'Orj/on.
Péchaïre, Dirn. pcckairéto, aug. pcrhaïrasso, inlerj.,
qui exprime ordinairement la com[)assion, l'amilié, la
tendresse», (|uo l'ironie rend parfois dédaiimeuse ou nar-
quoise, et qui souvent n'«\st qu'explélive. Les italiens ont
jiovcrcllo, jinvcrino, povcrcUo, povcracvin, h la place de
Hnln» pcchatre et ses dérivés, (jue le fran«;ais pauvret, (jU'»!-
qu'il s'en ap[)rocli'^ le plus, ne peut c''[)eii(hnt rendre dans
toutes Sf'S métamorphoses. S'('s ((mt unialu^jff j'éclidire! il
s'est hrisé, moulu en tond)ant, le [)auvre diahie, h> i)au\re
malheureux! Dvipic [tiran (Kpiclcs cfan, pi'chcure: ([ue
(ît'vieiidroiu c<'S pauvres petits (MifantsI ils taii trosso,
prchaircio ! elk est si frêle, si malingre, la pauvre jill-'lie!
Pi'rh.urc/ snnï hini mahlou, hélas! ou mon Dii'U î je suis
hien malail\ ]*rrifaïrc/ i ilotmarias Ion bon Diau sans
cuunfcs^ff, le pauvre homme! la honn»' pièce! Vous lui
donneriez le l)"n Dieu sans conr''ssion. S'/'.v b(- <lc pUujna,
peclunrcf Vraiment! vous èles hi:n à plaindre, c'est bii'n
il Vitus i\ vous plaindre. Et imii, pcchnirc, sdns pcn.stt
vià'nt, et moi ])onnemenl, sans soiil'-m' ù mal. — Des
dialectes \«èu-,ins proiujncMit jnrrùre (jui. :incierHiom"nl,
^iLfuiliiit p'''cheur, ci'lui (pii eomm-H il-> j'éciiés; c niot
n'est plus d'usai'e dans c-^ sens, m:iis il est r''slé piuir
s'aj^filiquer à (juelqu'un qui est à [»Kiiiritv c >m:iie doit
l'être un [X'cheur.
Pèco, s. f. Diin pcrct/i. Pièce, uioi''' lu, uno jnrn ^'t' fard,
une j)ièce, un (juartier di' l;ud, uno pin> de pan, une
lraii<;tie de [laiu pour faire une larlin;\ nn') jh'ro tir sonvK
une li.iuss<s [»i'"'ce d.» cuir ([ue les corddimi'TS allachent
'\ un" seiuelle usée. Il s'eiiqiloie en i:énéral pour riMidre le
fr<ni';iis [li'V'e, mèuie lorsqu'il s'a;/it de certaines choses <jui
font un tout ct)m[)lt't. A tcut l<i prro, cinq sùous pi{'o, à
tant la pièce, ciiuf sous pi^ce. l'no pcço dr tido, uno pnjo
dr cranto-.'iôous, une pièce de toile, une pièce de (}uarante
sûus. — Le dirn. pécclo ne se dit que d'une petite pièce
dari:*'nt, une piécette.
En Italien Pezzo, marceau.
Pèço-dé-la-crous, s. f. Gras double, partie de la panse
du bœuf ou ligament en croix de son premier ventricule,
eu de celui qui est au-dessus du réseau.
Pécolo, 4'. /*. Crolte, crottin de lapin, de souris, de
ver à soie, de chèvre, de brebis, etc., toujours moulée sous
la même forme et dure, en l'état de santé de ces animaux;
excrément dur et arrondi des personnes constii)ées.
Dér. du lai. pecora plur. de pecus, pris particulièrement
par brebis ou mouton dont le produit en question est le
le type du genre.
PÉG
Pécolo, s. f. Pécore, personne sotte, slupide, bèt^,
animal. Les latins employaient aussi dans le môme sens
pecus, pecoris.
Pécoul, s. m. Pied d'une table, d'une chaise, d'un banc,
d'un lit ; (lucue ou pédoncule d'un fruit, pétiole d'une
feuille; par extension, bras dodu, vigoureux et surtout
jambe grosse et forte. A dé bos pécouls, il est solide sur
sa base, il a de bons piliers.
Dér. du lat pediculus, dim. de pès, m. signif.
Pécoula, V. Mettre un pied ou les pieds à un metible,
mettre un jiecoul.
Pécoula, V. Lâcher du crottin, lienter à la manière des
aniijiaux ({ui font des pecohs.
Pécoula, .s. m. Fumier de crottin, crottin de bergerie
qu'on a[»[)elle également 7ni<jon : c'est l'anuas, l'agglomé-
ra lion de pccnlos.
Péga, V. Poisser, enduire de poix ; c'est particulièrement,
mar(|uer l-s moulons, et les brebis, c.-à-d. imprimer sur
leur t'>i>..u, avec de la poix, le cliilYre du propriétaire: cette
man|u<.' <'sl néjessaire pour les reconnaître, quand on réunit
plu>ieurs tiMupeaux, pour les envoyer passer Tété à la
mouliLTiie. Arjin) p('(jo, cela esl poisseux, gluant, cela poisse
les ujaiiis.
Pégadoù, .v. m. .Manpie en fer ou en bois, (ju'on trempe
dans la [) -ix j.our iuqjrimer les signes qu'elle porte sur le
dns lies hêt-'s a laine, {)*uir les pci/n.
Pcgas, s. nt. Emplâtre tle poix, (ju'on nomme plus
Co;iiiiiU!i<''me:ii vniidnstre, — T'o?/. ceniotet P'go. — Pefjass^
dil au;-si d'une i/i'ande l.khe prùsseuse, grasse ou visqueuse,
f<u"ii,;;ii[ .'îiluil. cdinijiî' serait celle d'' moût ou de candiouis.
H est êL\d<i;ieiit iaugiu. rie pc(jo daiis le sens d'importun,
obs-'ôanî.
Pégassoù, s. m. Dim. (l^péijas dans toutes ses acceptions.
Pégô, A-. m. .Nom méprisant que l'on donne en général
aux ceirdjniii"rs et j)articulièrement aux mauvais, aux
sa\ ''tiers. 11 \ie:it do l'emploi fréquent <|ue ces artisans
font de la [)oix, pvjo. — Pe<jù de\ieni souvent une quali-
healion injurieus-^ qui C(U'res[)ond à grossier, malotru. On
dit d'' même : e.v un pi'ip'tf coujine en français : C'est un
savetier, d'un mauvais ouvrier, en ([ueliiue métier que ce
soit. Dans les ihnw derni<'rs sens on féminise souvent
rexpression et l'on dit pegoto.
Pégo, 5. /'. Poix, ne s'entend ([ue de la poix noire ser-
vant, dans l'emi^Ioi le plus connnun, à marquer le bétail,
i\ poisser le lignoul des cordonniers (jui, il cause de cela,
ont reçu le surnom dont il est question a l'art, précédent.
On Toblient par la combustion étoutlee du bois de pin ou
de sapin dont la résine, noircie par la fumée ou la suie qui
s'y mêle, dans l'opération, forme celte poix. J»'^re cou mo la
p('«jo, noir comme la poix, comme l'encre. Dans un endroit
très-sombre et surtout d'une nuit très-obscure on dit : es
êscu coumo la pégo, il fait noir comme dans un four. —
Es uno pégo; que siès pégo! s'adresse à un importun, un
fâcheux qui vous obsède et dont on ne peut pas plus se
PEI
»
débarrasser qne de la poix qui vous tieat aux mains; en
langage familier on rend cette acception par : C'est on
emplâtre.
En espagnol pega et en ital. peee,
Pégo, 8. f, Meconium, excrément noir, épais et gloant
qui, pendant la grossesse, s'amasse dans les intestins da
fœlQs, et qu'il rend par le fondement deux on trois jours
après sa naissance. A défant de terme scientifique, on désigne
ainsi cette matière à cause de sa ressemblance avec la poix
noire; on voit que c'est bien moins un nom qu'une com-
paraison.
Pégo-dé-Bonrgoiigno , Poix de Bourgogne, poix blanche
ou plutôt d'un blanc jaunâtre ; suc résineux de plusieurs
espèces de pins, lorsqu'on en a extrait la térébenthine ; elle
est extrêmement tenace, et c'est pourquoi on l'emploie à
faire des emplâtres dessicatifs. Du reste, les emplâtres de
poix de toute espèce, sous toutes les formes, pour toutes
les maladies, jouent un très-grand rôle dans la médecine de
campagne. — On dit par syncope : Siis un émplastre-dé-
Bourgougno, â un importun, un fâcheux des plus tenaces.
— Voy, Émplattre,
Pégonmas, i. m. Emplâtre de poix; variante de pégai
avec ridée toutefois d'une pins grande dimension. ~
Sauvages donne aussi à pégouma* la signification de tor-
chon, qui n'est alors en usage que dans les dialectes
voisins.
Pégoumassa, v. Poisser, empoisser, enduire largement
de poix et, par extension, de tonte autre matière épaisse et
gluante ; couvrir d'un pégoê, d'un pëgoumas.
PégoÙB, Pégouso, adj. Poisseux, gluant, visqueux.
Au fig. pégoiu, avec toute la série des pégo^ pégoi, pégas'
toit, pëgoumas, pégoutuègno, forme ce répertoire gradué
dont on qualifie, un importun, un fâcheux, un emplâtre,
selon son degré de ténacité ou la dose d'ennui qu'il
procure.
Pégoutuègno, j. /*. Tout ce qui poisse, englue, forme
une tâche visqueuse, s'attache et tient comme la poix et,
par extension, la gent fatigante des fâcheux, des importuns.
On sait que la terminaison uègno exprime ordinairement le
mépris, le dédain et le dégoût.
Péîa, V. Boucher, calfeutrer, tamponner avec du vieux
drapeau, du chiffon, péio.
Péiarô, «.m. Chiffon, drapeau, petit et mauvais mor-
ceau de linge, d'étoffe. Dim. de pêto.
Péîla, V. Fermer â clé, mot â mot faire mouvoir, faire
jouer lou pèïle,
PèQe, s. m. Ne dut être d'abord que le pêne, cette partie
mobile d'une serrure qui joue au moyen de la clé et entre
dans la gâche, faisant ainsi fonction de verrou ; mais dans
l'usage on prend la partie pour le tout, et pUle signifie la
serrure elle-même, qui se dit autrement saraio.
Dér. du lat. peisulue, dont le français avait fait aussi pèle
qu'on disait autrefois pour pêne.
Péio, s, f. Haillon, chiffon, peilles qui sont les vieux
PEI
537
chiffons qu'on emploie dans la fabrication du papier.
Carguo-péU). — Voy. ce mot.
Dér. de la bass. lat. pellia^ m. sign. formé du lat.
pMis, peau, enveloppe, couverture.
Péîofo, «. f, Ecale, peau des pois qui se détache à la
cuisson; écorce brune, première peau de la châtaigne;
coque-vide de la graine ou des œufs de vers â soie, après
que l'insecte éclos l'a abandonnée. En général péîofo
s'emploie aussi, indistinctement, avec péïôou et pélouïro,
pour désigner la peau, l'écorce, la coque de beaucoup de
fruits et de grains, principalement lorsque cette pelure,
enlevée d'une manière quelconque, est séparée de ce qu'elle
enveloppait.
Dér. du lat. pellii, peau, enveloppe.
Péîôon. t. m. Coque, coquille, écale d'œaf. D'une
personne fort jeune, d'un blanc-bec qui veut faire l'entendu,
l'olibrius on dit : fat pas que dé sourti ddou péïdou, il ne
fait que sortir de la coquille. — Voy. péîofo, — Péïôou,
ivresse, état de celui qui est pris de vin. Âvédre, préne ou
cargua un péïôou, être soûl, se griser, s'enivrer, se soûler.
Il est souvent impossible de chercher môme â expliquer
une phrase, un mot d'argot : un simple rapport de consou-
nance, un mal-entendu, un quiproquo, un caprice, le
hasard leur donnent naissance ; puis ils se perpétuent, même
quand ils semblaient n'être pas nés viables. Ici cependant
on peut indiquer du moins l'origine et le sens probables de
Péïôou dans son dernier emploi. Péïôou, du lat. pellis, ne
serait, dans cette acception, qu'un équivalent de pèl et se
prendrait pour la peau de mounino autre technique fort
usité pour la même chose. La locution signifierait donc,
plus énergiqaement encore, revêtir cette peau et devenir
ainsi mounino au lieu seulement de lui ressembler. Ce qui
ferait valoir cette dérivation ce sont les expressions tràouqua
la pèl, la séqua, qui s'emploient en pareille occurence. —
Voir ces mots et mounino.
Péîrado, s. f, Buvée, ce qu'on fait cuire dans un
chaudron pour le repas des pourceaux. Péirado doit être
une altération, une syncope de peiroulado, chaudronnée;
cependant une auge â cochons, faite en pierre, pèïro, a pu
former cette expression qui signifierait le contenu d'une de
ces auges.
Péîral, 5. m. Margelle d'un puits, seuil d'une porte;
tablette d'appui d'une fenêtre.
Pèîre-Bnièire, n. p. de lieu. Pierre-Bufiîère, petite ville
ou village du Limousin , dont le nom n'est venu jusqu'ici
que par la réputation d'un de ses curés, fort saint homme
sans doute, mais très-loin d'être savant, â ce qu'il parait.
Aussi lorsqu'il s'agit de quelqu'un de peu lettré, ne manque-
t-on pas de dire : es eoumo lou cura dé PHre-Bufèire que
saviè pas légi que din soun libre, amai din sa gléiso, il est
comme le curé de Pierre-Buffière qui ne savait lire que dans
son livre et encore dans son église.
Péirèlo, s, f. Pérelle ou parelle, Patellaire parelle
(PaUUaria parglla, Hoiï.), plante qui croit sur les rochers
538
PEI
sons forme de croûte blanchâtre, de la famille des lichens.
On remploie dans les teintures m ronge, après Tavoir
préparée avec de la chanx et de Tnrine, et eu avoir formé
une pâte connue sous le nom d*orseille que porte aussi la
plante elle-même. Il y a diverses qualités d*orseiIle prove-
nant de divers pays : la plus commune est Torseille d*Au-
vei^ne.
Dér. de pètro^ pierre sur laquelle croit cette plante.
Pérelle n*est autre que péïrèlo prononcée en français; celui-
ci aurait formé dififôremment ce mot, s'il Tavait créé.
Pôîrièîro, j. f. Carrière, lieu d'où Ton tire la pierre à
bâtir, moellon ou pierre de taille.
Quelques dictionnaires français enregistrent perrière,
mais alors, cette fois, nous dirons que c'est du langue-
docien.
Pèîrigàl, 8. m. Pierraille, amas de petites pierres ; par
exagération on le dit d'un champ très-pierreux, très-
caillouteux.
Pèiro, 8, f. Dim. pèïréio, aug. pèircisto. Pierre, corps
solide et dur, non ductile, formé de particules terreuses
qui, en se rapprochant les unes des autres, ont pris diffé-
rents degrés de liaison. Pèiro dé taïo, pierre de taille.
Pèïro'fréjâou, pierre vive, calcaire, espèce de marbre ou
se rapprochant du marbre dont elle a la densité et la froi-
deur. — Voy. Fréjâou. Pèiro négro, pierre noire, schiste
aluminenx noir, qui se sépare en écailles, comme l'ardoise,
et que les maçons et tailleurs de pierre emploient pour
tracer leur ouvrage ; cette sorte de crayon ne marque que
lorsqu'il est mouillé. Pèïro-plantado, pierre plantée, espèce
de cippe ou de poteau placé à une bivoie on à un carrefour,
sur lequel on inscrit la direction des divers chemins qui y
aboutissent. Muraïo à pèHro séquo, mur de pierres sèches,
c'est-à-dire bâti avec des pierres seules sans mortier ni
aucun ciment. Pèïro àou jo» terme de jeu de boules où i]
est de règle que la personne qui, sans le vouloir, arrête
ou détourne une boule, est considérée comme une pierre
au jeu ou dans le chemin et que, par conséquent, le coup
étant bon ne doit pas être rejoué. Aquà vaï eoumo la pèïro
à Vanèl, cela va comme une pierre, un brillant à une bague,
cela vient fort â propos. Pichoto pèïro vèn à poun à gran
bastimén, pour exprimer qu'on a souvent besoin d'un plus
petit que soi.
Dér. du lat. petra, m. sign.
Pèîro-jono, «. f. Nom d'une [espèce de châtaigne. Les
végétaux portent souvent le nom de leurs inventeurs ou de
la personne à qui ceux-ci les dédient. Pèïro -Jon^ Pierre-
Jean, qui est la manière dont certains dialectes languedo-
ciens prononcent Pierre-jean, dût ainsi être le nom de
l'arbre dont le fruit féminisé a fait Pètro-jono.
Pèîro-malo, n. p, de lieu, Peyremale, commune du
canton de Bessèges, qui faisait autrefois partie du canton
de Génolhac.
L'étymologie de ce nom, qui s'applique à diverses autres
localités du Midi de la France ne présente aucupe obscurité.
PÉI
Peyremale est aussi le nom de l'une des deux montagnes
qui dominent le cours du Gardon, en amont de la ville
d'Anduze. Celle qui porte ce nom est sitaée sur la live
gauche de cette rivière, en face de celle de Saint-Jniien qui
domine la rive droite.
Ces deux montagnes appartiennent à l'étage oxfordien et
celle de Peyremale ou Pierremale est spécialement remar-
quable par les plissements et les contoumements des strates.
La hauteur sur laquelle est assis le village de Peyremale
est formée par un contrefort de schiste talqueux qui pré-
sente une sorte de presqu'île contournée par la Gèze.
Le peu de consistance de iette formation schisieose, qui
s'effrite au contact de l'air, justifie l'appellation de cette
localité : Pëiro-malo, Pierre-male ou mauvaise pierre.
Péirôon, «. m. Dim. péiroulé, aug. péXroulas, chaudron,
ustensile de cuisine, petite chaudière en cuivre avec une
anse pour la porter et la suspendre à la crémaillère. Un
plén pèïrôou, une chaudronnée, plein un chaudron. An
fig. On appelle aussi piirôou un endroit creux et fait en
chaudron, soit une cavité qui contient de l'eau, soit un
bas-fond entouré de montagnes ou de collines. Lous Van»,
Ginowa sou dine un péïrôou, la ville des Vans, àe
Génolhac sont bâties dans un chaudron.
Sauvages, qui mentionne le bas-breton ou gallois pairer
comme signifiant chaudron, incline cependant à faire déri-
ver notre péïrôou de pèïro, de ce que, dans un canton de h
Lombardie, on fait au tour, avec un marbre appelé serpen-
tine, en lat. lapis oUariSj pierre à pot, des chaudrons et
autres vases pareils qui auraient été les premiers ustensiles
de ce genre. Cette étymologie est sans doute bien préférable
à celles de certains savants qui vont la chercher dans
l'hébreu parour, chaudron, marmite, parce que l'hébreu
est bien loin de nous ; ou dans le grec 7n»perov, pot dans
lequel on met du feu, attendu qu'ici c'est dehors [qu'on le
met. Toutefois une origine plus modeste et toute locale ne
se présente-t-elle pas?
Païrôou, qui se dit presque aussi communément que
peirôou, de même que ce dernier et beaucoup d'autres
mots à terminaison semblable, se prononçait autrefois e\
se prononce encore dans plusieurs dialectes païrol. Ce
mot dès lors se formerait de païre, père, siguifiaul par
extension, chef, principal, le premier et de oulo, en lat.
olla; on désignerait ainsi la plus grande, la principale
marmite. Le mot suivant présente une analogie à l'appui
de cette étymologie.
Péîroù, ou Mar. s, m. Maîtresse-branche d*an arbre,
grosse, principale branche. Péïroii est dit pour potroù,
dim. de paire, père, auteur, d'où naissent les branches
secondaires, ou premier, principal en sous-entendant le
substantif. Dans les deux cas, pàïroù étant en second^
ligne après le tronc a dû être un diminutif. Son sjmonyme
Mar, formé dans la même pensée, vient dn lat. maw, maris,
mâle et par suite fort vigoureux, le même substantif restant
toujours sous-entendu.
PEl
I» 1. m. Cbandroimier, qui fait et vend des
cbandroQS et autres ustensiles de cuisine du même genre.
U s'applique surtout au chaudronnier ambulant appelé
drouinenr, qui porte tout son bagage dans sa drouine ou
haviesao et improvise son atelier sur la place publique.
Ces artisans nomades sont quelquefois catalans ou calabrais ;
mais le plus souvent ils nous arrivent du Cantal, pays
classique du métier. Dans le cri qu'ils font entendre pour
s'annoncer en parcourant nos mes, on reconnaît avec
quelque attention les paroles suivantes que défigurent un
peu leur accent et leur traînante mé\apée : PéUrôou rout
à broia, eoMëéroio à éstama, à blanchi Us fourchettes»
Péîronlado, «. f. Chaudronnée, ce qui est contenu dans
un chaudron, pêiréou,
Péûroiilarià, «. f. Chaudronnerie, fabrique, marchan-
dise et métier de chaudronnier. Si ce mot n'exprime plus
qa*un nom de rue, ainsi que tous les noms de même genre,
il ne doit pas être traduit et il faut seulement le prononcer
à la française : c'est ainsi qu'à Alais on dit la rue Pérolerie
qu'on écrit souvent Peyrolerie.
Péîronna, ou Gaisaa t?. Taller ; se dit des céréales : un
grain qui germe n'a d'abord qu'une seule tige, mais lorsque
multipliant ses racines latérales, il développe d'autres tiges
k côté de la tige principale^ il talle ou forme des talies et
produit ainsi à lui seul plusieurs épis; c'est ce qu'on
appelle péXrauna ou caSitêa,
De péïroit, maîtresse- branche, on a formé ce verbe qui
signifie faire des branches, des tiges.
PéU, 5. m. Pays, région, contrée. Lau péi-bas, car alors
Vs ne se fait plus sentir; pour les hautes-Cévennes, la
Lozère, l'Aveyron et même pour les pays montueux plus
éloignés encore vers le nord, c'est tout le plat-pays méri-
dional du Gard en y adjoignant les parties limitrophes de
l'Hérault, de Vaucluse et des Bouch£^-du-Rh6ne. Quan Uu
mountagnos soun bkmqiuft^ lou pét-bas es bien fréj quand
il neige sur la montagne, il fait bien froid dans la vallée :
les personnes, dont l'âge a blanchi les cheveux, remarquent
que ceci n'est point une simple observation météorologique.
Péisan, do, s. m. et f, péj. péisandas, so. Paysan,
paysanne, homme, femme de village, de campagne, ou
habitant la ville qui ne s'occupe que des travaux des
champs. Vn bon péisan, un paysan aisé. A la péïsando, à
la manière des paysans, à la paysanne. — L'augmentatif
ne concerne point la condition, mais l'éducation, les habi-
tudes : un péisandas, un gros paysan, lourdaud, s'applique
aussi, par assimilation, à tout individu grossier, sans
formes, inculte au physique et au moral.
Dér. du lat. pagantu, dont la bass. lat. avait fait jNi^eru^
m. sign.
Péisandaio, s» f. Paysannerie, la classe des paysans, la
gent paysanne. Ce mot comporte un sens déprisant comme
beaucoup d'autres à désinence semblable. Y-aviè pas gué
dé péismnddioy il n'y avait que des paysans.
Dér. de péisan et de la terminaison ato qui donne aux
PEI
539
mots à qui on l'unit l'idée de généralité, de collection; elle
parait dérivée de aZ/, qui dans les langues germaniques
signifie tout, le tout ensemble. C'est ainsi que se sont
formés gusaio, tripaïo, su,, tous les gueux, toutes les
tripes, comme en français mangeaille, pierraille, etc.,
tout ce qui se mange, toutes les pierres, un amas de
pierres.
Péîsandoù, péisandoono, «. m. et f. Petit, jeune
paysan. U prend quelquefois une signification particulière
et de même qu'un moussurà est un artisan, un paysan qui
cherche à s'élever et fait le monsieur, un péïsandoii, est
un monsieur qui se laisse aller, tend à descendre et, par
ses habitudes, se fait paysan, est un peu paysan.
Péîssoù, s. m. Dim. péissouné, augm. péissounas. Pois-
son, animal qui naît et vit dans l'eau. Péissoà d'Abriou,
poisson d'Avril, attrape fort en usage le premier de ce mois
et qui consiste à faire accroire à quelqu'un une fausse
nouvelle ou à l'induire à une course inutile. Que prén un
péissoù pésguo, pèche toujours qui en prend un, les petits
profits ne sont pas à dédaigner. Ounte y-a lou bouïoùn y-a
lou péïssoiin, il n'est que pécher en grand vivier : conseil
qui ne s'adresse pas seulement aux pécheurs mais aux
gens timides pour les engager dans les grandes entreprises
où il y a plus à gagner. Ajoutons que comme bouïoim
signifie aussi l'eau trouble d'une inondation, dans laquelle
en effet la pèche est ordinairement fructueuse, d'autres
pécheurs en eau trouble s'arrangent volontiers de ce dicton
en en détournant un peu le sens.
Dér. du lat. piseis, m. sign. dont l'ital. a fait aussi pe^ce
eXpescione.
PéîsBongnè, s. m. Poissonnier, qui vend le poisson
frais, la marée. On dit aussi par fantaisie péissougnè de
quelqu'un qui aime le poisson comme on dit soupier pour
celui qui aime la soupe.
Péîssongnèiro, s, f. Poissonnière, marchande de pois-
sons ; poissarde, qui a la même origine : les poissonnières
étant partout un peu fortes en gueule comme les dames de
la halle de Paris. — Péissougnètro, poissonnière, ustensile
de cuisine dans lequel on fait cuire le poisson en entier.
Péîssounarià, s. f. Poissonnerie, endroit, halle où
l'on vend le poisson.
Péissounén, qno, adj. Poissonneux; qui abonde en
poisscms.
Péitavl, n. p. qu'il faut rendre par Peitavin, bien qu'il
ne soit autre que Poitevin, car il est formé du lat. pictavi,
habitants de Poitiers, du Poitou. On ne se doute pas de ce
qu'on a sous la main lorsque, pour désigner un de ces
compagnons du devoir qui portent le surnom de Poitevin^
on l'appelle pouoiet}^; il est vrai que d'autres lui disent
podévèn, mais les premiers font du patois et les autres ne
savent ce qu'ils font. — Péitavi est encore le nom qu'à
Saint-Ambroix et dans ses environs on donne à la ronce
bleue. [Rubus oœsius, Linn.)
Péftrâon, s. m. Poitrail, le devant» entre les deux
540
PËL
épaules au-dessus de renoolure, des bètes de trait et de
somme ; poitrail, harnais qui passe sur cette partie.
Dér. du lat. peettu, peeiorU, poitrine.
Péîtrâon, «. m. Terme de scieur de long : les anses ou le
joug de la partie inférieure de la scie, par où les scieurs qui
sont à terre tirent de haut en bas la scie, que celui qui est
sur la ligne laisse descendre et remonte ensuite pendant que
les premiers cessent à leur tour de tirer. L'un tiro la rèsso
0t Vâautre lou péïiràou, moyen excellent de ne rien faire
quand on ne s'entend pas, car c'est tirer chacun de son
côté en même temps.
Ce mot est dit aussi à cause de la position que cette
partie de l'outil tient contre la poitrine de l'ouvrier.
Péitrino, «. f. Terme de boucherie, poitrine ou bas-côté
de l'animal : c'est la partie au-dessous du haut-côté ou du
brou et qui contient, pour le mouton, les bouts des côtes
ou carré de côtelettes; le bas-côté s'étend depuis le milieu
de la cavité de la poitrine jusqu'au bréchet, paléio dé
l'éstoutna. La poitrine de veau contient les os cartilagineux
appelés tendons. — Bien qu'on dise, par imitation uno
défUeiou dé piitrino pour une fluxion de poitrine, éstouma
s'emploie le plus souvent, quoique d'une manière impropre,
pour désigner l'intérieur de la poitrine et les organes essen-
tiels qu'elle renferme. — Voy, Éstouma et Mdou. Péitrino,
quand il s'agit de l'homme, s'entend donc ordinairement
de la partie extérieure. Se twta la péurino, se frapper la
poitrine. / batlè un santui sus la péïirino, il lui donna un
grand coup sur la poitrine. — Voy. Santus,
Dér. du lat. pectus, pecioris, et ait. de poitrine,
Pèl, s, f. Peau, enveloppe du corps de l'animal. Elle est,
particulièrement pour l'homme, composée de trois parties
ou membranes superposées : 4<> l'épiderme, j9é/éro on pré-
tnièiropèl, surpeau, la première peau et la plus mince,
celle que les vésicatoires et les brûlures font soulever;
2® le tissu réticnlaire qui se trouve entre celui-ci et le sui-
vant ; 3*^ le derme, le cuir ^de la peau ou la peau propre-
ment dite qui lui donne la consistance. — Pèl, peau,
pellicule, écorce, pelure des plantes, des fruits, des graines,
du fromage, etc. Pèl d'iranje, écorce d'orange. Pèl dé
poumo, pelure de pomme. Pèl dé sèr. — Voy. Sèr. Pèl-
morto ou car-morto, chair morte, insensible, durillon,
petit caius que la marche et le travail forment sous les
pieds et dans les mains. — En langage libre, pèl est une
prostituée que le français, dans le même style, appelle aussi
peau ; on donne même ce nom à une femme à qui on ne
peut rien reprocher que de n'être plus jeune. — Léwi la
prémièïro pèl, au jeu, dans une afiaire d'argent quelconque,
c'est gagner, pressurer vigoureusement quelqu'un, en un
mot lui enlever la première peau, ce qui est bien près de
l'écorcher tout-à-fait. Dans le vocabulaire figuré des viveurs,
trâouqua la pèl c'est, après une ribotte, ce qu'on appelle,
par une autre métaphore, en venir à un règlement de
comptes et restituer ce qu'on a pris de trop; c'est une
allusion au péiôou, à la pé/ dé mounino qu'on est censé
PÈL
revêtir dans une orgie bachique. Foy. ces mots. U puadt
que l'accident susdit aurait pour effet de trouer, de percer
cette peau, ce qui la déprécie beaucoup au dire des ooniuis-
seurs; il est donc essentiel en pareil cas [de. la jégua; de la
sécher, c-à-d. de la bien préparer pour\qu'elle soit de
bonne qualité. — Di^uta la pèl avan d'avédrB l'agnH,
vendre la peau de l'ours avant de l'avoir couché par terre.
Mai toquo la pèl que la eamiso, ma chair m'est plus près
que ma chemise ; mes parents me sont plus que (ks étran-
gers ; mon intérêt me tient plus à cœur que celui des autres.
Y-a maï dé pèls dé cabris que dé pèls dé cabros, il va (dus
au marché de peaux d'agneaux que de vieilles brebis, il
meurt plus de jeunes que de vieux.
Dér. du lat. pellis, peau.
Pèl, s. f. Peau, en terme de magnanerie, mauvais cocon,
inachevé, incomplet et par conséquent mince, faible et
fournissant peu de soie d'une qualité inférieure. Les
papillons qui proviennent de ces cocons produisent de U
bonne graine; il est vrai qu'on croit avoir remarqué qu'elle
cessait de l'être à la seconde génération, ce qui dénoterait,
chez le premier ver qui a fait un mauvais travail, ks
germes du moins d'une maladie et un commencement de
dégénérescence. Aussi, ce qu'il y a de plus prudent et de
mieux à faire, pour la reproduction de la graine, c'est de
choisir les meilleurs cocons annonçant dans leurs auteurs
toutes les conditions de santé et une vigueur qu'ils doiveat
transmettre entière à leur race. — Pèl, en terme de filature,
est un cocon en grande partie dévidé, dont le fil est plas
mince, parce qu'il tire à sa fin ; on le met, soit comme
appoint à des cocons neufs pour compléter la grosseur
voulue du brin de soie, soit pour maintenir égale cette
grosseur lorsque le fil des cocons neufs commence à son
tour à s'amincir. On file à deux, trois, quatre cocons et
une ou deux peaux, à dous, très fouMéls et uno, dos
pèls, etc.
Pela, V. Peler écorcher. Tèsto pélado, une tète chauve,
un chauve.
Pélado, s. f. Écorchure; le poil, la peau; pelade, alo-
pécie, maladie qui fait tomber les poils et les cheveux. T-«
émpourta la pélado, il lui entamé, enlevé la peau, il l'i
mordu, écorché jusqu'au vif, jusqu'au sang.
Pélaje, s, m. Pelage, couleur du poil de certains animaux,
du cheval, du bœuf, du chien, etc.
Pélandro, s. f. Houppelande, dont on pourrait supposer
que c'est une corruption, si ce n'était plutôt un p^oratif
capricieux de pèl, la houppelande étant primitivement une
cappe, un manteau de berger fait de cuir ou de peau avec
le poil. Des glossateurs font venir la chose et le mot
d'Upland, province suédoise où cette sorte de casaque est
en usage, de toute ancienneté, contre le froid et b pluie.
Depuis, pélandro, comme houppelande, s'est dit d'antres
surlouts d'homme. Aujourd'hui, on l'applique souvent par
plaisanterie à toute redingote ou lévite ample et longue.
Pélâon, do, s. m. et f. Avare, vilain, ladre, {Huoe-
PËL
maille, feB8e-mathiBa ; malotni, bélitre, gredin; car Tavare
bien caraotârisô est un peu toat cela.
Pélar, s. m. — Voy. Péraldoù,
Pélardoù, «. m. — Voy: Fératdù^.
Pélégli, t. m. Espèce de châtaignier qui fait la pUégrino,
11 est probable qne ce châtaignier, introduit plus demie-
rement dans le pays, reçat alors le nom de péUgri, dn lat.
Pêregrinw, étranger.
Pélégrino, s. f. Espèce de ch&taigne, fruit du pélégri, la
seconde en bonté, la meilleure aprâs la dâoufinénquo, le
marron, qui est la meilleure de toutes. D n'est pas d'usage
local de franciser le nom de l'arbre qui la produit, mais,
pour le fruit, on dit ici couramment pélégrine, et nous
proposons ce nom, si le climat et la culture l'ont modifiée,
appropriée au pays, et en ont fait une variété inconnue
ailleurs. — Tby. le mot précédent.
Péléttioù, «. m. — Voy. PéhuHiùù.
Péléto, «• f. Ëpiderme, surpeau. Dim. de Pèl, il se dit
surtout d'un petit morceau d'épiderme enlevé par excoria-
tion. — PéUio est aussi le fém. du nom d'homme Pété,
Pelet.
Pélican, s. m. Va-nu-pieds, poiloux, homme de néant.
C'est, dit Sauvagbs, une corruption de jMiean, publicain,
nom qu'au Xll« siècle on donna aux hérétiques albigeois,
baSa et fort décriés. On sait que les publicains étaient, sous
les Romains, les fermiers des impôts et revenus publics, et
que leur nom, en horreur chez les Juifo, servit à désigner
un grand pécheur, un homme de mauvaise vie, détestable
par son caractère et par ses moeurs. Genom, ainsi défiguré,
est resté dans le pays comme une qualification injurieuse
dont on ne recherche pas l'origine et qui, de chute en chute,
répond assez à celle de voyou, du vocabulaire populaire.
Gela n'empêche pas que, si l'on avait à parler du pélican
{Pdeeanuê anœratolui, Linn.], oiseau dont la réputation,
méritée on non, est bien le contre-pied de celle du publicain
romain, on dirait également péHean.
Péligantiè ou Péliasiè, «. m. Pelletier, fourreur,
peaussier. Le français désigne sous ces noms et d'autres
encore, les divers ouvriers qui donnent aux peaux d'ani-
maux les difiérentes préparations dont elles ont besoin selon
l'usage auquel elles sont destinées; le languedocien les
confond toussons la dénomination de PUigantiè ou Péiiitiè,
qui s'appliquent aussi aux ouvriers qui travaillent ces
peaux comme à ceux qui les vendent. Le nom commun de
péliffanHè semble formé de pèl et de gan ou ganHè, faiseur
de peaux de gants, qui est particulièrement le peaussier.
Péligor, «. m. Périgord, nom d'une ancienne province
française qu'on donne ordinairement à quelqu'un qui en
est originaire, comme on appelle £tmoà< et BéH un natif de
la ville de Limoux ou de la province de Berry. Ce mot est
au besoin féminisé et l'on dit la PéUgardo d'une périgour-
dine ; on le dit même de la femme du PiUgor, bien qu'elle
soit étrangère an pays qui a donné son surnom à son
mari.
PEN
541
Pélisalè, s. m. Synonyme de PéliganHè. {Voy, c. m.)
Toute l'industrie qui concerne la manipulation diverse des
peaux d'animaux, autre que celle dç la tannerie, étant
devenue rare dans le pays, les mots qui la désignent tron-
vent peu à être employés, et pélit$iè surtout n'est presque
plus qu'un nom propre que l'on rend par Pélissier.-
PéUssarlè, n. p. de lien. Par les raisons données à l'art
précédent, ce n'est plus guère qu'un nom de rue, que le
français rend par pelleterie ou peausserie et que dans nos
localités on traduit avec raison par pélisserie. Du teste, la
rue d'Alais qui prit ce nom à l'époque où la plupart des
métiers donnaient ainsi le leur, étant fort petite, semble
témoigner que même alors cette industrie était peu impor-
tante.
Pèl-moxto, s. f. — Voy. Pèl.
Pilonîro, s, f. Pelure, de pomme, de pois, etc. ; peau
dégoûtante des viandes; peaux flasques et pendantes des
vieilles gens. C'est, notamment dans ses dernières acceptions,
un péj. de Pèl.
Pelons, s. m. Hérisson, bogue, enveloppe piquante delà
châtaigne. Péloùs est dit pour p'ouioùi, poilu, hérissé de
poils, qui, cette fois, sont un peu rudes.
Dér. du lat. Pilus, poil, ou Pilosus, velu, couvert de
poils.
Péloussièy s. m. L'arbre au hérisson, le châtaignier, le
porteur ou faiseur de hérissons. Ce mot n'est pas du lan-
gage ordinaire; mais la poésie peut en faire un heureux
emploi.
Péloostioù, f . m., ou Pélèstloù. Espèce d'huitre de la
Méditerranée; plus petite que celle de même provenance
appelée pied-de-cheval pour sa massiveté; elle remplaçât
pour nous, avant leur arrivage si facile, si rapide et si
abondant, les huîtres de l'Océan qui ne l'ont pas fût
oublier, et à côté desquelles elle tient son rang avec honneur.
Le Péloustioà, que certains prononcent pélUtkù, a la
coquille très-raboteuse et souvent garnie de pointes et de
parties hérissées, ce qui lui a valu sans doute son nom
pour quelque rapport de ressemblance avec le péloiu ou
hérisson de la châtaigne. — Saxjvaobs définit lepéhusUoà :
petite huître qui tient â une plus grosse. Peut-être en effet
n'est-ce point une espèce particulière mais seulement une
jeune huître attachée à une autre de la grosse et même
espèce qui l'a produite. Ce qui le ferait croire c'est que, â
la dififérence de taille près, le péhutHoù et le piêd-de-
cheval sont, pour l'œil seulement, absolument semblables.
Péluqua, v. Picoter, becqueter, croquer çâ et là des
grains d'une grappe de raisins, picorer sur un panier de
cerises. PUuqm, au propre, se dit des oiseaux.
Péna, «. Faire de la peine; peiner, fatiguer, travailler
beaucoup, dififtcilement. — Mé pénavoprou dé y-ov dir9, il
m'en coûtait assez de le lui dire. Fougue péna pér ou
mounta, il fallut peiner, il fallut du travail pour le
monter.
Pénablo, pènaUo, adj. Laborieux, infatigable, qui ne
e9
542
PËN
craint point la peine ; pénible, difficile. — Aquél home es kim
pénabk, cet homme est trôs-laborieox, âpre an travail, c'est
on homme de grand travail. Un chemin montant, sablon-
neux, mal-aisô est on chemin pénabU. Un pHs pénabU, on
pays montneox, difficile, où l'on ne va qu'avec beaucoup de
fatigue, où les travaux sont pénibles. S'és bépénahU dé..,
vous êtes bien complaisant, vous êtes bien bon de, etc. ;
cette tournure est souvent ironique et équivaut à : Vous avez
bien de la complaisance de reste, de quoi vous mèles-vons?
Pénado ou Péaado. «. f. Empreinte du pied, pè.
Penche, s, f. Peigne, pour démêler, tenir, fixer les
cheveux, pour décrasser la tête, etc.— -Panc^ dé las grossoi
pifiot, démêloir, peigne clair pour démêler. Penche de las
piehotos puïos, peigne fin, à décrasser. Urw péneho bérquado,
un peigne édenté. Pénehe, séran, espèce de caide flûte
d'une pièce de bois ou de fer, en carré long, garnie de
longues pointes de fer entre lesquelles on passe le chanvre
et le lin pour les dégager des restes de la chenevotte et les
affiner. Pénehe, dent de la roue de champ d'un puit»^-
roue ; elle est placée perpendiculairement sur le plan de la
roue ou parallèlement à son axe. Ce mot est ici bien
modifié, puisqu'il n'exprime plus qu'une dent de cette sorte
dépeigne.
Pénchignè, s. m. Chanvrier, filassier, artisan qui sérance
ou qui peigne le chanvre et qui l'habille ou le met en
paquets pour le rendre propre à être vendu et filé. Lorsque
c'est une femme qui fait ce travail, on l'appelle pignaresse.
— Voy. Pénehe.
Pénchina, v. Peigner, démêler, nettoyer, arranger les
dieveux avec un peigne. — Pénchina dé candi , peigner,
aérancer du chanvre. (Voy. Pénchignè et Pénehe. J Pén-
china dé ribeia, peigner à rebrousse poil ; et, comme cette
manière de faire est douloureuse et irritante, on se sert au fig.
de cette expression pour dire ; contrarier, heurter vivement
quelqu'un et, par conséquent, lui échauffer les oreilles, lui
faire monter la moutarde au nez. Pénchina, peigner, soigner,
travailler, faire; aquà's bien ou mdou pénehina, c'est
bien ou mal fait, arrangé, etc. Ou pénchino pas mdou, il
ne s'en tire pas mal, il s'en acquitte on ne peut mieux, et
la phrase étant souvent ironique, alors elle signifie juste-
ment le contraire. Se pénchina, se peigner, se gourmer ; de
l'usage assez ordinaire où l'on est de se prendre aux che-
veux en pareille occasion.
PéncÛnado, s. f. Coup de peigne; gourmade, volée,
firottée, coups que l'on donne, reçoit ou échange, en langage
pop. peignée.
Pénchinio, s. f. Le champignon denté ou en hérisson,
genre de champignon à chapiteau, diffèrent des laminés et
des fistuleux, et dont le dessous est hérissé de pointes
charnues et pendantes; il est bon à manger. Les botanistes
l'appellent Fungus erinaceus, esctdentus, erassus, aibus,
(Sauvagbs.) — Dans des nomenclatures plus récentes, ce
champignon, dépeint comme ressemblant un peu à une
perruque suspendue à un arbre, et qu'on trouve ordinai-
PÉN
rement sur les vieux chênes, est appelé hydœ héiîMOQ,
hydnum ertnoMia .
Péndén, s. m. Pendant, boude d'oreille; pendant,
pareil, symétrique, qui correspond.
Dér. du lat. Pendere, pendre.
Péndicioii, s. /. Pendai»». — Voy. Mtda-péndieh^,
pour l'emploi le plus ordmaixe de ce mot.
Pàndigonla, v. Pendiller, être suspendu en l'air et agité
par le vent. Se péndigouia, se suspendra par les mains à
une barre* à une branche d'arbre.
Péndiô, s. m. Pendeloque; mot générique qui s'ai^liqw
à tout objet de petite dimension qui pend natureUenttot
on qu'on accroche quelque part, comme une breloqiK
suspendue à la chaîne d'une montre ou ces appeadim
charnus, couverts de poils, qui pendent sous la gocge des
chèvres et qu'on appelle glands on pendants.
Dér. du lat. Pendere, pendre.
Péné, s. m. Petit pied, peton en terme familier et
en&ntio. Pénoit est le synonyme mignard. — Hépénà,
pieds d'agneau ou de chevreau mis en ragoût.
Dim. de Pè, pied.
Pénéqna, v. A voir de la peine, peiner» souffinr, êtraà ïëvàl
Dér. de Péno, du lat. Ptena.
Pénéquéja, v. Même sign. que le piécédent, mais avec
l'expression diminntive de la désinence éja, qui, en le
joignant aux verbes, indique toujours que l'action ait
commencée, r^tée ou imitée.
Pénèquo, s. f. Petite figue sèche.
Pénétra, v. Réfléchir, p^ser. — Pénéiram pa'quï, je
ne réfléchissais pas à cela ; je n'avais point pensé à cela.
Pénja, V. Pendre, suspendre, attacher en haut une
chose par une de ses parties, à un mur» à une branche
d'arbre, 4 un plancher; attacher A un gibet; être eiUHwndu,
attaché; descendre trop bas, incliner, pencher. Gomme en
français, le verbe languedocien est en même temps actif e^
neutre. — Se pénja, se suspendre, se pendre, se suicider
par la pendaison.
Pénjo-col, s. m. Figue bien mûre, pendante, à ool
tordu. Au fig. hypocrite, faux-dévot. Le lraQ(ais emploie
familièrement dans ce sens le mot torticolis : c'est la même
image employée pour représenter cesiaux-dôvots an couva
peu incliné et de travers, à la tête penchée.
Pénjoula, v. Pendiller. M. sign. que son synonyme
Péndigoula. — Voy. c. m.
Pénnaîso, s. f. Punaise, insecte et vermine pUie el
puante. Terme emprunté au français.
Pénnéja, v. Gambiller, remuer les jambes de oûté et
d'autre; piétiner, ruer, piaffisr, lever les pieds en l'air eu
restant sur place.
Pénnéjaire, pénnéfaire, f . m. et f. Qui s*agite,
qui remue sans cesse les jambes oa les peds; qui
gambille et piétine ; animai qui rue , qui est eodin 4 nur.
Dér. du verbe précédent PénsMfj a^ formé de M, avec Is
désinence fréquentative é^a.
PÉN
PéBO» t. f. Fekie, souci, travail, fotigne, soin; sfilictioo,
sooifranoe; inqniétiide d'esprit. Notre langue n'accepte pas
pénodans le sens français de pane, punition, châtiment. —
5é n'aïaènk la péno, û Diea nons le permet, si nous sommes
en vie. Âqud nôou la péno, cela est grave on cela est à
considérer. Cette expression est quelquefois employée par
ironie et signifie alors : cela n'en vaut pas la peine, c'est
une niaiserie. ITén vôcu pas la péno, ne faites pas atten-
tion, cela ne vaut pas que vous vous d^angiez. Prén^
péno, mettre ses soins à quelque chose, se fatiguer, s'appli-
quer, faire des efforts pour parvenir à un but. Yprénpéno,
il fait tout ce qu'il faut pour réussir. Fat péno, il fkit
peine à voir. Mé foU péno, il me répugne de faire on de
croire. . . Prén^fuéspas la péno, ne vous dérangez pas, n'ayez
pas sond. Mé fariè pas péno, je ne craindrais pas. Mé p&
prou péno, il m'en coûte assez. Y-aprou péno, il y a assez
de travail, il est assez pénible. Y-a prou péno pér gagna
sa pAouro viio, les temps sont bien durs pour arriver à
gagner sa misérabble vie. i)ouna'i>ou9 la péno, veuillez
bien. Tira dé péno, tirer d'embarras; Hra péno, être en
souci, avoir des craintes; cette dernière expression se rap-
proche de iraire mdou, m. sign.
Ce mot s'emploie très-bien au pluriel, las pénos, dans
les phrases suivantes : si métro dins las pénos, se mettre
dans l'embarras ; par extension, se marier. Es dins las
pénos, se dit d'une fille enceinte.
A péno, adv. Presque pas, un peu.
En péno, adv. Avec efforts, diffidlement. — Mareko en
péno, il marche difficilement.
Dér. du lat. pmut,
Péno, s. f. Bout de la trame d'une étoffe. Péno dériban,
le pêne d'une pièce de ruban, ou les restes du fil de la
chaîne qu'on n'a point tissés, qui dépassent en franges le
tissu. De là leur étymologie, du lat. Penna, plume.
Péno dépor, panne de porc. — Voy. Saï.
Pensa, V. Penser. Avoir ou former dans son esprit l'idée,
l'image de quelque chose; croire; réfléchir; songer. -— iiro
que y pense, maintenant que j'y songe, que j'y réfléchis.
Oïl pénss hé, je le croîs bien. Mé pénsave, je me disais ;
m'ou pénsave, je m'en doutais. Pensas bé, . . vous imaginez
bien, vous vous doutez bien... N'en pénso pas mén, il n'en
pense pas moins. Y pensas pas! Vous n'y pensez pas! y
pensez -vous? Dis pas tout eé que se pénso, il ne dit pas
tout ce qu'il pense. S'ou dis pas, s'ou pénso, s'il ne le dit
pas, il le pense. Bouta-vous, n'en pénso pas maï, allez donc!
il n'en pense pas davantage. Dévignas-ou sans pensa mâou,
devinez sans songer & mai, dit-on en proposant une énigme
ou une charade dont le mot est honnête, mais dont les
subdivisions paraissent présenter un sens un peu scabreux.
Dér. du lat. Pensare, peser, examiner.
Pénaa, v. Panser, appliquer un remède sur une plaie ;
soigner un cheval, en faire le pansage.
Pénsado, s, f. Pensée; ce que l'esprit pense, a pensé;
opinion, projet, dessein, réflexion.
PÈO
543
Pénsioa, s. f. Rente foncière; revenu annuel ou rede-
vance annuelle, établis sur un immeuble en vertu d'un bail
à locaterie perpétuelle. — Aquél oustâou mé faï pénsUm»
j'ai une rente foncière établie sur cette maison. PénsUm,
signifiant pensionnat, est une concession nouvelle faite au
français. 11 faut bien se faire comprendre.
Pénaioima, adj. Pensionné, qui reçoit une pension.
Pénsiouna, stAst, Dans le sens de pensionnat est comme
pension une concession faite au français.
Pénsiounari, s, m. Débi-rentier, celui qui paie une
rente foncière.
Péntl, V. Punir, attraper; faire repentir, causer du
déplaisir. — Soui hé péntï, je suis lûen puni. Tén farea
péntl, je t'en ferai repentir, r*^ pénUrasf tu en seras
fftcbé, tu t'en mordras les doigts.
Dér. du lat. Pœnitere.
Pèou, s» m. Cheveu de la tète; poil du corps; se dit
aussi, au singulier, pour la chevelure d'une ifemme. —
Pénehina, tréna soun pèou, peigner, tresser, arranger ses
cheveux. Moun pèou tomba, ma chevelure se dénoue.
Partiriè un pèou en dous, il tenterait sur un œuf, il cou-
perait un liard en quatre, dit-on d'un avare. Cérqua dé
pèou énd'un iâou, chercher des tâches dans le soleil, des
fautes où il n'y en a pas plus que des poils sur un oeuf.
Aqui un bla, uno lusèmo, un âoubre qu'à bon pèou, se dit
d'un champ de blé, de luzerne, d'un arbre qui commence
à pousser et qui présente bien. Miehanpèou, au fig., mauvais
caractère, hargneux, hérissé. Fa à réboia dé pèou, esprit
de travers, fait à rebrousse poil. Y-a pas un pèou dé ma
tèsto que y pense, je n'ai pas veine de mon corps qui y tende.
Faire lou pèou, tondre, couper les cheveux, les poils. An
fig. Aguèn un pèou, nous nous primes de querelle; nous
eûmes une altercation. Est-ce une allusion à ce qu'en Lan-
guedoc le plus pressé, en pareil cas, est de se prendre aux
cheveux? Pèou fouladis, poil follet; le premier poil qui
vient avant la barbe, aux jeunes gens, avant les plumes
aux oiseaux. Pèou rougs, un rousseau, qui a les cheveux
ou le poil roux, les cheveux carotte.
Pèou, t. m. Brin de quelque chose, petite quantité. —
Un pèou déjâouvèr, un brin de persil.
Pèou dé la, le poil ou la fièvre éphémère des femmes
nouvellement accouchées.
Pèou d'uno lamo, paille dans la lame d'un instrument.
Pèott, glace on lame dans un diamant, fil dans une pierre
de taille; paille.
Fài pa un pèou d'douro, il ne fait pas un soufile de vent.
Gna pa'n pèou, néant !
Pas le plus petit morceau
De mouche ou de yermisseau.
Tira un pèou, coucher un sarment pour le provigner.
Dér. du lat. Pilus, m. sign.
Pèoulù, udo, adj, m. et f. Poilu, velu, couvert de poils.
Dér. de Pèou, poil.
544
PÉR
Pèoii-miida, v. Muer, changer de poil, de plamage, de
peaa, an prop. et an fig.
Dér. du lat. Pilum mutare,
Pépido, s. m. Pépie ; pellîcale qui se développe an bout
de la langue des oiseaux ; maladie des poules, dit Sauvagbs,
dont on croit vulgairement que la langue est le siège. Pour
la guérir, on écorche, en conséquence, cette partie cartila-
gineuse, ce qui ne fait qu'ajouter un nouveau mal à celui
qu'éprouvent ces animaux. On croit avec plus de raison
que la pépie est occasionnée par des poux que les poules
ont à la tête, et dont il est aisé de les délivrer avec quel-
ques gouttes d'huile de poisson ou d'essence de térében-
thine, qui tue subitement cette vermine.
Mé faï véni la pépido, mot à mot : il me donne la pépie,
il me scie le dos.
Dér. du lat. PituUa, employé par Columelle dans le
même sens.
Pépidos, s. f. jdur. Envies; filets de la peau des doigts
qui se soulève autour des ongles ; pellicules à la racine des
Pépié)a, V. Avoir la pépie ; être souffreteux, maladif; se
plaindre souvent et douloureusement.
Sauvages emploie dans le môme sens Pépidéja.
Dér. du subst. Pépido, pépie.
Pépignièîro, s. f. Pépinière, plants de jeunes arbres
destinés à être replantés.
Pëpio, 5. f. Pecque, bégueule, sotte et impertinente qui
fait l'entendue.
Le masculin Pèpi n'est pas dans la langue. Le sexe fort ne
saurait cependant en conclure que ce soit parce qu'il ne se
trouverait pas chez lui de nombreuses applications .
Péqua, 5. m. Péché. — Voy. Péea.
Péqua, v. Pécher.
Péqnadoù, «. et adj., au fém. Péquadouno. — Voy.
Pécadoin.
Pèquo-lôbre, b. m. Apprenti chasseur, tirailleur. La
composition du mot indique assez qu'il s'applique à celui
qui c manque les lièvres. »
Pér, prép. Par; exprime la cause, le motif : pirnéeije,
par bêtise; pér glorio, par vanité, par amour-propre; il
exprime aussi le moyen : pér mouïèn, de cette manière;
pér forço, par force ; il marque encore la division, l'ordre :
pér réngo, pér tavils, par rangs, par tas ; le lieu, l'endroit :
pér nèou, par terre; pér péU, pér eami, par pays, en
chemin.
Dér. du lat. Per, m. sign.
Pér, prép. conj. Pour, afin de, en échange de, au lieu
de, selon, suivant, dans, en, moyennant, pendant, à travers,
comme , de même. — Âféciouna eoumo uno daïopér Caléndo,
se dit d'un homme nonchalant, paresseux. Pér rire, pour
rire, pour plaisanter; pér dousi dire, pour avoir ouï dire;
pér nioure, pér parti, pour vivre, pour partir ; pér un tôou,
pér fni sa dé bla, en échange d'un son, d'un sac de blé;
«ffi pér VdotUre, l'un au lien de l'autre; pér iéou, à ma
PÈR
place; pér toutet, pour tout le monde; pér l'hiver, pér
Véitiou, en hiver, eu été; pér dn flrans, moyennant ciiui
francs; pér Caléndoi, au temps de la NoÔl; pér léMéi^oi,
à l'époque des semailles; pér bâwriê et vaku, par préci-
pices et torrents, par monts et par vaux; poita pér mort,
passer pour mort. — ÈibontU pér boull, m pér rouHi, il
n'est bon à rien.
Pér afin, cof^\ réduplicative, pour afin de. La constrac-
tion prafl, dans le langage courant, est également usitée.
— Voy. ce dernier mot.
Dér. du lat. Pro, pour.
Perd, J* pert. du préeeni de l'indic. de Perdre. Il ou elle
perd. — Que toui ou f)ôou,Una ou perd, poortout vouloir,
on s'expose à tout perdre.
Péraldoà ou Pérâoudoù et Pèrardoà, «. m. Ptoddon :
petit fromage de lait de chèvre, piquant, propre à la légiou
des Gévennes. Ce fromage était renommé aux temps les
plus reculés. Pline le Naturaliste le mentionne comme
trôs-estimé de son temps, pour sa saveur particulière.
(Hist. nat., iib. VI; Ub. XI, cap.XGVIDPéraXdbùestsant
doute une corruption de Pébraidoù, qui prend la désineoca
diminutive à cause de sa petite forme; son nom rectifié
parait dérivé de Pébre, poivre, à cause de son goAt
piquant.
Pér-amonn, Pér-amoundion, otfo. Par en haut, par
là-haut.
Pér-amour dé ou gué, adv. eonj. A cause de ou que,
parce que. — Pér amour dé iéou, pour me faire plaisir, pour
m'obliger, à ma considération. Pér amour dé vous, par
égard pour vous. 11 est presque synonyme de pér afi dé,
prafl dé, dans la même acception ipéraftdé f9ou$, à cause
de vous, par rapport à vous.
Pér-aq[nl, adv, eonj. par là; par cet endroit; par oe
moyen; par ces paroles; ainsi; c'est pourquoi; par quoi.—
A travéssapér aqui, ila traversé, il a passé par là, par cet
endroit. Es pér aqui que m'éniréprénguê, c'est de cette
façon, par ces mots qu'il m'aborda, qu'il commença la
conversation. Pér aqui se véi, ainsi on oomprend; pér
aqiU poudès vous pensa, c'est pourquoi vous pouvez croire,
ou par là vous pouvez croire.
Pér-aqul, adv. Couci-couci, tout doucement, par-d,
par-là. — Coumo anas, pééhaire f Gomment vous portez-
vous, mon pauvre amiT Et l'ami, dont la santé laisse
à désirer, n'est pas bien rétablie, de répondre : Pér aquè,
tout doucement. Et s'il est satisfait de son médecin on de
la médication qu'il a suivie, de continuer toujours : Pér
aqui, avec l'expression d'une satisfaction atténuée, modérée,
sans blâme ni présomption.
Pér-aquô, adv. Pourtant, néanmoins.
Pér-aquô-d'aqul, adv. Pour cela, à cause de cela. —
Es pér-aquà^'aqià que, c'est précisément pour cela, pour
cette raison que.
Pér-aquô ou Pér-aquô-pamén, adv. Cependant, quoi
qu'il en soit. — Pér^aquà-^mén, sémbio pa$ jM>tistîUf,
PÈR
oh! pourtant, cela ne semble pas possible. Expression
ledonÛée de doute, d*hésitation, d'indignation. Oh/ pér
aquà on praqudf par contraction; oh! c'est indigne!
Pins, «. m. Poirier sanvage. Cet arbre est très-recherché
pour Tébânisterie et la marqueterie. Il existe dans le Midi
et dans les Gôvennes surtout, plusieurs fermes, habita-
tions ou hameau qui portent ce nom, et notamment le Péras,
maison de campagne située dans la commune de Sénéchas,
au confluent de l'Homal et de TAmalet ou Homolet.
Dér. du lat. Pyrui, m. sign.
PérasBO, s. f. péjor. Fruit du poirier sanvage; pdre
d'étranguillon, d'une saveur Apre et rude.
Pér-a[val, adv. Là^bas; par opposition à pér-amoun, qui
exprime le côté opposé. — Fôau davala pér awU, c'est par
U^bas qu'il &ut descendre.
Pérboiili, «. Faire blanchir la viande ou les légumes
dans l'eau bouillante; leur hisser prendre un ou deux
bouillons. — Fo¥r« pérbùuli la wando, passer la viande à
Fean bouillante.
Pércè, adv. Par cette raison, pour cause. C'est la
réponse évasive de ceux qui ne savent ou ne veulent pas
en donner.
Pércuro, f. /. Procuration, pouvoir d'agir donné à
quelqu'un; acte qui le contient. — ikmna prmumro,
donner pouvoir, procuration à quelqu'un.
Pérouroù, b. m. Procureur, qui défend en justice,
connu aujourd'hui sous le nom d'avoué. Sauvages enregistre
pireurmre, procureur, qui est de formation plus régulière.
Péreuroù se rapproche du français, et il n'est pas tout-à-fait
pur; mais que dire de proucuroù, qui s'est introduit par
altérations successives ?
Dér. du lat. Prôeuraior, m. sign.
Pérdéqaé, adv. intorrôg. Pourquoi, pour quelle chose ;
pour quelle raison. — Sans démanda pérdéqtêé, sans
demander le motif, sans demander pourquoi. Pérdéqué
yHinaviasf pourquoi y alliez-vous T
Variante de Pérqué, (Ycy. c. m.) En WsX.psrehè, m. sign.
Pérdigaîado, «. f. Couvée; volée, compagnie de perdrix.
Formé de Pirdigal.
Pérdlgal, i. m. Dim. PérdigcXéetpérdigtiXoù. Perdreau ;
jeune perdrix ; perdrix rouge.
Dér. du lat. Perdrix et gallus.
Pérdigolo, t . f. Aigrette des graines de certaines plantes ;
sorte de duvet que portent les semences et que le moindre
vent soulève, fait voltiger et va semer au loin.
Pérdigoimo, t. f. Perdrigon, sorte de prunes de l'espèce
de celles qu'on prépare k La Salle (Gard), connues sous le
nom de pruneaux de La Salle, aussi estimés que ceux de
Brignolles.
Pérdite, «. f. Perdrix, oiseau du genre, Tetrao, Linn.,
de Tordre des Gallînacées et de la famille des Domestiques
ou Alectrides.
Dér. du lat. Perdim.
Pèrdo, t. f* Sauvaoks cite Pérdio : c'est la forme
PER
545
ancienne; Pèrdo lui a succédé, et il est lui-même menacé
de se transmuter, au moyen d'une annexion, en Pèrto,
qui est du français et qui s'est déjà impatronisé. Sous ses
diverses transformations ou altérations, le mot signifie :
perte, ruine, privation d'une chose agréable, avantageuse,
d'un gain; dommage; hémorrhagie ou perte de sang chez
les femmes après l'accouchement; mort, absence d'une
personne chère. — Àquà fora $a pèrdo, cela causera sa
perte, sa mine. BHo pèrdo t se dit par antiphrase et
avec ironie d'une perte insignifiante, de la mort d'un mau-
vais garnement.
Pérdoù, f. m. Pardon; indulgence ecclésiastique, rémis-
sion des péchés. — YouM demande bien pérdoi^, veuillez
bien m'excnser. Comme interjection de repentir, d'excuse :
Pérdoù ! Pardon ! est une importation française.
Pérdonna, v. Pardonner; accorder la rémission d'une
faute, d'une offense; excuser, épargner. — PérdowMu-nwkt
nostei pécas, eoum'à qui nous an doufénsat, nous doutres
pérdounan Vâoufénso, pardonnez-nous nos offenses comme
nous les pardonnons à ceux qui nous ont offensés : traduc-
tion languedocienne de l'oraison dominicale donnée par
Sauvagbs.
Dér. de la bass. lat. Perdonare,
Pérdonnable, ablo, adj. m. et f. Excusable, pardon-
nable, qui mérite d'être pardonné. Es pas pérdounable, il
n'est pas excusable.
Sauvagbs remarque avec raison, qu'en français pardon-
ner et pardonnable ne s'appliquent activement qu'aux
choses et jamais aux personnes : il n'y a que les fautes qui
soient pardonnables, et on pardonne à quelqu'un. Le
languedocien n'a pas les mêmes scrupules et on dit très-bien :
éê pas pérdounable, qui serait mal rendu par : il n'est pas
pardonnable, mais que : il n'est pas excusable, satisfait
pleinement.
Perdre, v. Perdre; cesser d'avoir, n'avoir plus; faire
une perte, un mauvais emploi; répandre, s'enfuir, en
parlant d'un tonneau ou d'un vase qui laissent couler une
partie du liquide qu'ils contiennent; perdre son sang,
appliqué à une blessure ou aux lochies et aux menstrues
des femmes.
Perdre la fénno ei quinte sôous, es gran dàoumage dé
Vargén, perdre sa femme et quinze sous, l'argent perdu est
grand malheur, dit un proverbe. A propos de cet irrévé-
rencieux dicton, il est à remarquer que dans toutes les
langues, -* et le languedocien ne doit pas en être excepté,
— les proverbes contre les femmes sont plus nombreux
que ceux qui s'appliquent aux hommes, et qu'en général
ce n'est point précisément sous forme de compliments au
beau sexe qu'ils se présentent, ni par un excès de galan-
terie qu'ils se distinguent. La sagesse des nations aurait-elle
préféré, avec une unanimité si constante, la malice à la
vérité? — Aquéloboutopèr, ce tonneau fuit. Perdre la vitto,
lou sén, perdre la vue, le bon sens. A perdu foui saun
son, il a perdu tout son sang. Que pér eofun bé, pér soun
546
PÉR
PÉR
$én, qui perd sa fortune perd sa raison. On dit encore
comme variante : Que pèr lau stou, pèr iou ién.
Perdre (Se)» v. S'égarer, ne ploa retrouver son chemin»
disparaître, se miner. Au prop. et au fig. se perdra in
oanU, il s'égarera en route. — Pér unpoun, Marti pérdégué
ioun Oie, la réussite d'une affaire tient souvent à fort peu
de chose.
Perdu, do, add. eipart, passé m. et /. Perdu, ue ; qu'on
ne retrouve plus; ruiné; frappé mortellement; sans repu*
tation. — Sm un home perdu, je suis perdu, c'en est fait de
moi, s'écrie le pauvre diable qui se sent mourir ou qui se
voit ruiné. Uno fïo pérdudo, une fille trompée. L'avès
pérdudo, vous l'avez trompée, séduite, est un reproche
adressé à un libertin.
Pér-én-crétre (Dé), se dit d'une chose croyable, digne
de foi. — Acà's dé pér en eréirs, cela est croyable, cela est
probable. Aeà's pas dé pér en eréïre, cela n'est guère
croyable.
Péré80,t. f. Paresse, indolence, nonchalance, fainéantise.
— Mé fax péréso, l'indolence me tient, me gagne : j'ai la
paresse de ne pas faire telle chose.
Pérésos, s. f, plur. Cals, durillons aux pieds, aux
mains, aux genoux, etc.
Pérésoûs, 0, adj. Paresseux, indolent, nonchanlant,
fainéant.
Péréto, t. f. Dim. de Péro, petite poire. On donne aussi
ce nom au fruit de l'aubépine.
Péréto, t. m. Dim. de Pèro. Terme enfantin qu'on peut
rendre en français par : mon bon petit papa. La seule
difiërence de l'accent sur la première syllabe des deux
mots, dont la configuration est la même, fait la di£fêrence
du sens et du genre, tant pour le primitif que pour le
dérivé, dans l'un et l'autre mot.
Pérfuma, v. Parfumer, purifier Tair avec des odeurs,
faire des fumigations. G*est plus spécialement un terme de
magnanerie. Les parfums des plantes odoriférantes, telles |
que le thym, la lavande et le romarin, celui de la poudre
à canon et même du cuir brftlé, sont considérés comme un
excellent moyen pour corriger l'air vicié par les exhalaisons
mauvaises qui se développent dans nos chambrées. Il est
inutile de dire que c'est une pure illusion et qu'on ne fait
en cela que remplacer une odeur mauvaise par une autre,
qui souvent ne Test pas moins.
Pérfun, s. m. Parfum, odeur, senteur, traduit du français.
Dér. du lat. Psr, à travers, et de Fumus, fumée.
Pérgami, 5. m. Parchemin, peau de mouton préparée
pour écrire; titre de noblesse.
Le parchemin tire son nom de la ville de Pergame où il
aurait été inventé vers l'an 263 av. J.-C, dans le but de
suppléer au papyrus qui manquait. Dans ce cas, le terme
languedocien se rapprocherait plus que le terme français
de la vraie étymologie. Le parchemin a été presque exclu-
sivement employé au moyen-âge pour transcrire les manus-
crits, les chartes et les actes. Aujourd'hui il n'est guère en |
usage que pour les titres importants : diplômes on acta
diplomatiques. Faute d'emploi l'industrie s dispaniet,
avec elle, le nom de pérgaminii, parcheminier, qoi n'est
plus de la langue usuelle.
Péri, V. Salir, g&ter, tadier. — M'a pérï Umt mowi
fandâùu, il a sali, taché ^tièrement mon tablier. Son
toulQ pérido, me voilà toute salie.
Péri, V. Périr, mourir de mort violente. — l'on fa
péri, on l'a tué. Ocdre, détruire. — Périra pa$ quk dé
mas mans, il ne mourra que de ma main.
Périduro, «. f. Salissure; c'est moins qu'une tâche, inai&
ce n'est pas propre.
Dér. de Péri, v.
Périè, s. m. Poirier, arbre à fruits, Pyrus eommmu,
Linn. Le féminin périUro est aussi usité et semble mtene
plus pur. — Mé hrandussss oomno uno pérUXro, ta me
secoues comme un poirier. Mé prénu pér tmo pértéSrof
me prends-tù pour un poirierT dit-on à quelqu'un qoi
vous secoue violemment, ou vous presse de questions
importunes, au propre ou au fig.
Dér. du lat. Pyrus,
Périè, s, m. Gésier, le second estomac des oiseaux, dans
lequel se trouvent souvent de petites pierres, ce qui lai a
valu son nom languedocien. Au fig. et ironiquement : té
régala Iou périè, s'épanouir la rate.
Perlé, t. m. Nom affectueux, câlin, adressé kun mr
mal et surtout à un chien, à un porc. — tngraXsso4é,
périé, aqui un aglan,
Pérlino, s. f. Praline, amande rissolée dans du sucre.
Trad. du français.
Pér-lou-mén, adv. Au moins, pour le moins.
Dér. du lat. MinHu, moins.
Pér-lou-ménà, expr, adverhiale.P^lemeau^eBL détail.
— Voh vous eounkL aquà pér-hu-^nénà, je veux vcras
raconter cela en détail.
Pérkmnga, v. Prolonger, continuer, étendre.
Dér. du fr. et du lat. Prolonger, proUmgara.
Pérloungamén, 5. m. Prolongement; darôe.
Dér. du fr. ProlcHigemadt.
Pérména, t^. Se promener, promener. Ce verbe s'emploie
très-bien activement en languedocien : Vôou pérmista, je
vais me promener. Anaspérména loudroie, allez promener
l'enfant. On dit mieux passéja, se pass^'a.
^ Dér. du lat. Prominare, conduire, mener.
Pérménado, «. f. Promenade, action de se prom^Mt;
lieu où l'on se promène.
Trad. du français.
Pérmoî! Pérmomosl Pérmoio! inUry. En vérité* cer-
tainement. Trois variantes d'affirmation fort uaittea; voVb
de jurement, de formule très*ancienne comme le
par Bacchus ! des Italiens.
!|[Son origine est-elle, comme le veut Sauvaobs,
par Mata, mère de Mercure, ou simplement
fidef Dans ces deux cas, le juron remoaterait aa latio.
PER
^"^ pér Uaho, pér Mahom, par Mahomet? C'est
^ine que le devrait alors la langue d'Oc. Les
^ent de loin et peuvent être soutenues.
^oy. Patr$ et âiaiir$.
*>èro mais coumo un paire,
iie inédite : Lou Maou
^ existe aujourd'hui
". le premier pris
nour dim.
?ue ou
mce
PER
547
. .li-
■ quon
par une
,.iver.
lO tire son nom d'un
. ti
ai court, poire trôs-sucrôe.
.^octe; capricorne musqué, de
•^'est le Cerambpx noir.
. Banar, s, m. Insecte; capricorne
,x niger, Linn., genre de scarabée remar-
> antennes articulées, aussi longues que
aire l'élégance de leurs formes, la vivacité de
ements et souvent la richesse de leurs couleurs,
s espèces de capricornes se distinguent encore par
i;deur très-agréable, un peu musquée, recherchée par
. s priseurs, qui conservent cet insecte dans leur tabatière,
ou par le son strident qu'elles produisent lorsqu'elles
éprouvent quelque contrariété. Le plus grand de ces coléop-
tares, tout ncHr, et qui a trois centimètres de longueur
environ, reçoit le nom de Manfihpéro, Les poires que l'on
trouve a demi-rongées seraient, ditH)n, sa pâture ; mais il
pomrrait bien se faire que l'on accus&t injustement le
capricorne des méfaits d'autres insectes voraces, du frelon
ou Grdotile, par exemple. Plusieurs scarabées de la même
famille déposent leurs œufs dans l'écoroe rugueuse ou dans
les cavités des vieux arbres, et la larve creuse des trous
profonds dans le tronc des gros chênes et leur cause beau-
coap de mal. €uvier pense que c'est peut-être le Co$tus des
anciois. En voyant le capricorne se poser sur des poiriers
pour y déposer ses œufs, ona pu mal juger de ses intentions.
Féroà, t. m. Pérou. C'est le mot français, que le lan-
guedocien a adopté dans le même sens et dans cette seule
locotioa proverbiale : Aquà's pas hu Pérou, ce n'est pas
grand'chose.
Pérpâou, <. m. Propos, discours, entretien. Il s'emploie
plus souvent an pluriel : pérpâouâ. — M'a téngu dé pér-
pâous; il m'a tenu des propos; il m'a fait des propositions .
Cette façon de parler n'est pas toujours prise en bonne part.
Dér. du lat. Propotitum,
Pérpftou(A), adv. A propos; convenablement au temps,
au lieu, aux personnes. — Vénês à pérpâou, vous tombes
bien. A pérpâou, dùian,., A propos! nous disions... Notis
disions donc... A pérpâou est pris aussi quelquefois
comme adjectif, dans le sens de convenable \ Ce iué fu
aquï n'é» pas à pérpâou, ce que tu fais là n'est pas convenable.
Pérpâoumaî, adv. Pour un peu plus, traduction mot-à-
mot, sorte de phrase laite.
Pérpâouqué... adv* Pour si peu que... pour peu que...
— Pérpâou que n'i^-ngw, pour si peu qu'il y en ait, que
vous en donniez. Pérpâou que lou végus, que je le voie
seulement.
Pérqu'aîçai, adv. Par ce c6té<i, par-ci. — Dans ce
mot et les suivants, le gii' élidê devant la voyelle, ou le
que, ne parait que purement explétif et euphonique.
Pérqa'aiçamoun, adv. Par çà-haut.
Pérqu'aîçamonndàoa, adv, augm. Par çà-haut, mais
un peu plus haut.
Pérqn'aiçaval, adv. Par ici-bas; par là-bas. C'est une
nuance depérqu'aval,
Pérqu'aici, adv. Par-ci, çà et là; de fois à autre; vers
cet endroit-ci.
Pérqu'ailai, adv. Vers cet endroit- là.
Pérqa'anamonn, adv. Par là-haut. Pérqu'iiUamoudâou,
adv, rédupUc.
Pérqn'alin, adv. Par là-bas.
Pérqu'amoiin, adv. Par là-haut et Pérqu'amùundâou,
adv, réduplie. Vers là-haut, plus haut.
Pérqnant, adv. Quant à cela. — Pérquani aquà,
quant à cela.
Pdrqn'aqni, adv. Là, là, tout doucement. C'est le
pér aqtU un peu adouci, dans ce sens. Mais adv. de lieu,
il signifie par-ci, par là; vers cet endroit-ci.
Pérqu'aval, adv. Par là-bas, plus loin.
Pérqné, eùj^. Pourquoi, pour quelle raison. — Sans
dire pérqué, sans dire pourquoi. — Interrog. Pérqué ftafirsf
pourquoi faire cela ?
Pérqué (Lou), s. m. La raison, la cause, le motif. —
Démando pas loïc pérqué, il ne demande pas la raison, le
pourquoi.
Dér. de l'ital. Por^kè. En lat. Pérqué.
Férqu'in-amouB, et Pérqn'm-amoundioa, adv. Par
là-haut, vers là-haut, sans déterminer le lieu.
Pérsouno, s. f. Personne, un homme ou une femme.
Pr. indif. Nul, qui que ce soit ; quelqu'un. — Mo pérsouno,
grande femme. Pae pérsùWMl Holà ! quelqu'un.
Trad. du français.
Pértont, adv. Partout, en tous lieux. — Dé pértoui, de
tous o6tés« de toutes parts. Dé pérUmipIqiiavo mièjour, dit
548
PER
tjuelqa'nn qni a été assailli de tontes parts : les codps
pleuvaient de tous côtés ; les questions tombaient tontes à
la fois, de tons côtés. Mot à mot : J*entendais sonner midi
à tontes les horloges. Vn pàou partout, nn pen partent.
Saquo soun nos, ioi mans, un pdou pértout,''û fonrre le
nez, les mains, nn pen partont : c'est nncnrienx,écontenr
anx portes, fnretenr.
Pértout (Passe), s, m. Passe-partont, clé commnne à
plusieurs personnes, ponr ouvrir une même porte.
Pér-travès, adv. En travers, de biais, de côté, à contre-
sens, transversalement.
Dér. du lat. Transversim.
Péroino.ou Pérésino, 5. f. Poix-résine, résine.
Pémqniè, s. m. Perruquier, celui qni fait des perruques,
et, par extension, celui qui peigne, qui rase, qui coiffe.
Dér. de Pértiquo.
Péruqao, 5. f. Perruque, coiffure de faux cheveux; les
cheveux eux-mêmes. Au fîg. réprimande. Dim. Péruquéto,
j. /"., petite perruque, et pôjor. Péruquasso, s. f,, grosse et
laide perruque.
L'italien et le catalan ont aussi : Parruea et Perruea,
parruehino et perruqueta; parrucaccia et perrucassa.
L'histoire des perruques se perd dans la nuit des temps,
si, comme le prétendent les savants, les faux cheveux
étaient d'un usage général chez les Mèdes, les Perses et
autres peuples de la hante antiquité. Le mot perruque a du
reste une origine très-ancienne : il vient du grec dorique
Tcl^^r/oç, pour 3cu^^6c, fauve, jaune, parce que les premières
étaient en cheveux blonds. Les Romains en usèrent pour
cacher leur calvitie, les Romaines pour le même but, et
aussi pour se composer des coiffures très-ouvragées et très-
élégantes, qu'elles appelaient tuitUus, eorymbus^ gcUerus,
galerieulus. Cette mode ne fut guère introduite que sous les
empereurs, mais elle devint si générale, qu'il y a des bustes
en marbre de grands personnages, hommes ou femmes,
avec des perruques mobiles que l'on changeait probable-
ment suivant la mode, comme pour leur donner une
jeunesse perpétuelle, an moins du vivant des originaux.
Au moyen-âge les perruques étaient encore en usage et il
parait que c'était nn luxe, car les prédicateurs du XV* et
du XVI* siècle tonnèrent contre les perruques des femmes.
En France, la mode des perruques, pour les hommes,
commença à se répandre sons le règne de Louis XIII. vers
4630; on les appelait numionnes, parœ qu'elles étaient
ordinairement faites en laine de mouton. Cette mode prit
une extension plus grande à l'avènement de Louis XIV, qni
portait, tout enfant, de longs cheveux bouclés, et dura
pendant tout ce règne. An XVIII* siècle, tout le monde
portait perruque, et il eût été indécent à un homme bien
élevé de s'habiller sans cette chevelure d'emprunt, qui fut
adoptée même par la plus petite bourgeoisie. La pondre
était l'accompagnement obligé de cette coiffure. Pendant la
Révolution et sons le Directoire, on imagina de porter les
cheveux plats sur les faces, et l'on appela cette mode
PES
oreilles de chien. Bonaparte, général, se coiffait ainsi.
Brissot, le premier, fit couper ses cheveux ras et les porta
dans leur couleur naturelle. Bonaparte adopta cette mode
et, avec lui, presque toute l'armée française. Aujoard'hni
la perruque chez les hommes n*est plus qu'une ressource
contre les rhumes de cerveau ; mais l'artifice des faux
cheveux a été de nos jours plus que jamais remis en vogue
et en honneur parmi les femmes du grand et du demi-monde.
Péms, 5. fil. Poire sauvage, poire d'étranguillon. ^
Dans les environs d'Alais, le quartier dit de Pénuto, tire
son nom de quelque fameux poirier sauvage ou de la quan-
tité de ces arbres qui s'y trouvaient.
Dér. de Péro, du lat. Pyrui»
Pés, 5. m. Poids; ce que pèse une chose; bahnœ,
instrument de pesage. An fig. pesanteur et de là : impor-
tance, considération. — Lou gran, lou gros pés, le o6lè
fort d'une romaine; hupiehdpés, le côté faible. Acà's m
home dé pés, c'est un homme d'importance. Es uno ràoà
dé pés, c'est une considération importante, une raison
majeure. Si^ pas dé pés, tu n'es pas de force.
Dér. du lat. Pensare, penso, peser.
Pès, s. f. Paix; tranquillité; concorde; calme; silence.
— Pès/ interj. Paix-là; silence.
Dér. du lat. Pax, et trad. du français.
Pesa, V. Peser, juger de la pesanteur d'an objet avec
des poids; peser, accabler, fatiguer, être àchai-ge. -^pésa*-
mé dous sôous dé fourmo, pesez-moi ponr deux sous de
fromage. Quqn peso? quel est son poids? Moun soupa
mé peso, mon souper me fatigua. Vous pésara prou, il vons
sera assez  charge.
Dér. du lat. Pensare.
Pésado, 5. f. Pesée, ce qu'on pèse, ce qui a été pesé en
une fois.
Dér. de Pesa.
Pésado, s. f. Trace, empreinte du pied, foulée. Il
s'emploie aussi ponr : giron d'une marche d'escalier, sur
lequel porte le pied.
Dér. du lat. Pes, ou du grec IléCa, pied.
Pésaîre, s. m. Pesenr public; celai qai pèse. —
L'invasion du français tend à introduire pésur, qm est
encore de plus mauvais aloi.
Pôsaje, s. m. Action de peser; salaire da pesenr. — La
grande industrie de notre pays, la récolte des cocons, a
introduit tons ces mots.
Dér. deP^f.
Pèse, 5. m. Pois, petits-pois, pois verts ; JPijtcm, Lînn.
Plante potagère de la famille des L^mineoses. — Pést
grouman ou galavar, pois goulu, pois goarmand, sans
parchemin, ou pois-mange-tont. Pése-dé-génUm, pois de
senteur, pois à fleur; gesse odorante, Laih^frus odortavts.
Se pu rés noun véses, éstaquo tas pèses, faote de mieux,
contente-toi de pois.
Péséroû, s. m. Dim. du prôoédeat, et proprement»
petits-pois.
PES
I
Pésièîro, f. f. Champ de pois; planctie. table plantée
de pois.
Fésomé (Faire), phr. faite. C*est oiot à mot : faire le
petit pou; ce qui signifie : vivoter, sous le rapport de la
fortune ou de la santé; vivre petitement, pauvrement, être
malingre, mener une existence précaire; dans un commerce
ou au jeu, carotter, ne hasarder que peu, jouer mesquine-
ment, ne pas se lancer dans de grosses entreprises. —
L'explication donnée par Sauvages, qui remarque, du
reste, la difficulté de traduire ces dictons, ne parait pas
être le véritable sens de celte phrase, telle au moins qu'elle
est aujourd'hui comprise et appliquée. Il ne s*agit pas en
effet, de vains efforts pour se venger ou pour témoigner
son dépit; l'idée que réveille le dim. familier pésouïè, ce
pauvre diable de parasite, vivant de peu, toujours caché et
toujours poursuivi, éveille plutôt une idée de faiblesse,
de mesquinerie chétive, que de taquinerie insolente, quoique
vaine.
Pésonîous, 0, adj. Pouilleux ; qui a des poux ; sujet
aux poux; tâché de pourriture.
Dér. de Pésoul,
Pésoul, s. m. Pou, insecte du genre des Aptères;
vermine. — Lous pésouh lou manjou, les poux le dévorent,
la vermine le ronge. Lous pésotUs Vaeabou, m. sign. Trïa
sous pésouh, s'épouiller, secouer ses poux, au prop. et au
fig. Mis pas la man doit se j)ér un pésoul, pour dire : il ne
se met pas en souci pour une vétille ; il ne s'émeut pas
d'une bagatelle ; et presque mot à mot : pour se mettre à
chercher un pou sur sa peau, encore faudrait-il que la
chose en valût la peine.
Ëtym. du lat. Pedieulus, m. sign.
PésonUno, s. f. Vermine; poux en générai; race,
engeance pouilleuse ; pucerons, insectes qui attaquent les
plantes, les arbres, la volaille.
Dér. de Pésoul.
Pôsoul-révéngn, §. m. eomp. Gueux revêtu, homme de
rien qu*un coup de fortune a rendu riche et qui prend des
airs insolents.
Formé de Pésoul et de révéngu. — Voy. c. m.
Pésqua, v. Pécher, prendre du poisson; retirer de l'eau;
repêcher; faire eau; s'imbiber; par extens. trouver, pren-
dre, découvrir — Mtanda-loupésqna, envoyez-le à la pêche,
c.-à-d. se promener. Pésqua lou fera, repêcher un seau
tombé dans un puits. En travéssan lou earàiu, aï pésqua,
en traversant le ruisseau, je me suis mouillé. Moun sou:iè
pésquo, mon soulier laisse pénétrer l'eau. Ounté l'avès
p^J9ua?Oùravcz-Yous pris, trouvé? Ounté vaï las pésqua?
Où va-t-il les chercher?
Dér. de Pésquo et du lat. Piseari,
Pésqnaire, s. m. Pêcheur; s'applique également à celui
qui fait de la pêche sa profession on son amusement.
Dér. du lat. Piscator, ou de Pésquo.
PésqattTÔoa, s. m. Alouette de mer» PAidna platyrin-
eha, Linn. Oiseau de passage, de l'ordre des Échassiers et
PES
549
de la famille des Ténuirostres. — Le pésquatrôou est haut
monté sur jambes, et l'on dit volontiers d'un homme
ainsi conformé : A dé eambos dé pésquaHrôou, ou : sémblo
un pésquaïrôou.
Dér. de Pésquo, ces oiseaux vivant de la pêche.
Pésquariè, t. f. Poissonnerie; lieu destiné à la vente du
poisson ; pêcherie, lieu propre à la pêche. Dans les anciens
titres et le compois d'Alais de 4393, il est fait mention de
la Carièïro dé la Péscariè; elle partait de la Soubeirane,
après le couvent des Cordeliers, aujourd'hui le théAtre,
pour remonter vers les châteaux. Peut-être y avait-il là
une halle aux poissons, qui lui avait fait donner son nom,
ou plutôt prenait-elle sa dénomination d'un pésquiè, réser-
voir d'eau ou vivier, situé dans le jardin des seigneurs.
Pésquiè, s. m. Réservoir, vivier, bassin où l'on nourrit
le poisson.
Dér. de Pésquo.
Pésquo, s. f. Pèche; l'art, l'exercice ou l'action de
pêcher du poisson; le poisson que Ton a pris. — A fa
bono pésquo y il a pris beaucoup de poisson. Manda à la
pésquo ou à la pésquariè, envoyer nn importun se prome-
ner.
Dér. du lat. Piseatura, formé de piscis.
Péssamén, s. m. Peine, chagrin, souci, inquiétude. ^
Manqua pas dé péssamén, il n'est pas sans inquiétude.
N'avès pas gés dé péssamén, vous n'avez souci de rien.
Ses pas pér vtoure, avès tro dé péssamén, vous n'êtes pas
ici-bas pour longtemps, vous avez trop de soucis. M'a tira
d'un bel péssamén, il m'a tiré d'un grand embarras. Mé fat
péssamén dé parti, dé vous quita, je ne puis me décider à
partir, j'éprouve bien de la peine à vous quitter. Tout U
faï péssamén, tout le peine. Le proverbe dit : Cent ésettsdé
péssamén pagou pas un dénié dé déoutes, le chagrin ne
suffit pas à payer la moindre dette.
Elym. du lat. Pensare, pensatum, penso, ou peut-être de
Pati, passus, patior,
Péssaméntoùs, o, adj. Soucieux, qui a du souci;
préoccu[jé de soins.
Péssègre, s. m. Pêche de vigne, fruit du pêcher.
Dér. du lat. Persica; en ilal. Persiea; en port. Pessego;
en cat, Presseg; en esp. Passega.
Pésségriè, s. m. Pêcher, Amydalus persica, Linn..
arbre qui porte la pêche, do la famille des Rosacées, ori-
ginaire de la Perse.
Blême élym. que le subst. précédent.
Péssù, s. m. Pincée; la petite quantité qu'on peut prendre
d'une chose entre deux ou trois doigts. — Vn péssù dé
êâou, une pincée de sel. Vn péssià dé laba, une prise de
tabac. A mes dos ounços dé grano et lou péssù, il élève un
peu plus de deux onces de graine de vers à soie, deux
onces plus une pincée supplémentaire.
Péssù, s. m. S'emploie aussi pour désigner quelque chose
de premier choix ; la fleur d'une chose, la partie la plus
délicate et la plus recherchée. Ainsi : uno douméisèlo, uno
70
550
PET
fto ddou péstù, une demoiselle qni n*eët pas du commun ;
comme dirait le français : an beau brin de fille. Aquà'i
dâou péssù, ceci est du premier choix.
Péssù, f. m. Pinçon; action de serrer la superficie de la
peau entre les doigts; marque qui reste lorsqu'on a été
pincé. Le même que Èêpétêù. — Vby. cm.
Péssnga, v. Pincer ; serrer, presser la peau entre les
doigts, de manière à produire une marque; faire des
pinçons. Au fig. critiquer, railler, mordre. — Voy.
Étpéisuga.
Etym. du lat. PeUem sugere ou du grec IKeÇci), presser,
serrer.
Péstél, s. m. Pilon, instrument propre à piler dans un mor-
tier. Il est synonyme avec THssadoà, Trissoù. fVoy. c. m.)
On dit : Réde eoumo un péttél, raide et droit comme
un pieu.
Étym. du lat. PislUlum, dér. du grec UiaadXoç, pieu.
Péstél, «• m. Pêne, partie mobile d'une serrure qui
entre dans la gâcbe; verrou. Dans le premier sens, syn.
de Pèïlû. — Voy. c. m.
Étym. du lat. Pessulus, dér. du grec IlTjaotj, ficher,
planter.
Pésù, ndO| adj. Pesant, lourd, qui pèse.
Dér. de Pés.
Pô-sn-fièîo, phr. faite. Trois mo ts de cabale, sorte de
formule de sorcellerie qu'on prête aux prétendus sorciers
qui fréquentent le sabbat. — Sauvagbs l'explique très-
bien : c La route ordinaire pour se rendre au sabbat, dit-
il, est le tuyau de la cheminée. On met un pied sur la
crémaillère, comme sur un élrier, on prononce la formule
Pè'su-fièïo, le sorcier disparait et tout est dit. »
La location faire pè-su-fièio tire de là son origine et
signifie par conséquent : disparaître à la manière des
sorciers; lever le pied, s'esquiver adroitement, furtivement.
Péta, V. Péter, faire un pet. Éclater, faire des éclats ;
claquer; casser; se rompre; se casser. Au fig. crever,
mourir. En terme de jeu, faire la dé vole. — tout faviâous
fan péta, les haricots donnent des vents : c'est la venloia
faba des Latins. Faire péta ioun foué, faire claquer son
fouet, au prop. et au fig., prendre le verbe haut, faire
sonner haut son importance. Faire péta sa noMèsso, se
targuer de sa noblesse, de sa condition. Faï péta las èfos,
il sacre, il jure :
Les F et les B voltigeaient sur son bec,
disait Gresset en parlant de Vert-Vert perverti. Fài
péta las méssorgos, c'est un impudent menteur. Aquélo
fusto vèn dé péta, cette poutre vient de craquer, de se
rompre. La branquo vaï péta, la branche va casser. Lou
bos vèr dou fia péto, le bois vert éclate en brûlant. Nous
fasiè péta dàou rire, il nous faisait .mourir de rire. fVotj.
Èspéta.J A manqua y péta, il a failli crever. Né manjé à
péta, il en mangea à crever. Péta dou poun, échouer au
PET
port. C'est un peu aussi ce qui arriva à ce Martin qui,
pour un point, perdit son àne.
Dér. de Pé ou du lat. Pedere,
Pétairt (Loa), s. m. Le derriôie, le fondement. Méto-
nymie hardie et familière.
Pétar, t. m. Mine, trou de mine, cavité que les carriers
et les mineurs pratiquent dans nne roche pour la faire
sauter et la briser, en la chargeant de poudre.
Pétar, t. m. Mèche de fooet.
Pétarado, s. f. Pétarade, saite de pets; sauts que fait
un cheval en pétant ; quantité de croUns qu'il lanœ. An
fig. bruit qu'on fait avec la bouche, par imitation de peu
et par mépris pour quelqu'un.
Dér. de Pé et de Péta.
Pétarda, t>. Faire jouer la mine, miner un rocher, le
percer pour y établir une mine.
Dér. de Pétar,
Pétardiè, t. m. Mineur, celui qui fait des mines.
Dér. de Pétar.
Pétarèlo, t. f. Larme de verra; goutte de matière vitri-
fiée en fusion, qui s'est échappée de la canne ou sarbacane
trop chargée de l'ouvrier verrier, et refroidie en forme de
larme. La cassure de son fil la fait éclater avec bruit par
suite de la brusque invasion de l'air extérieur, ce qui lui
a valu son nom.
Dér. de Pé ou de Pétar.
Pétarino, s. f. Canonnière; jouet d'écolier. Le même
que Couloubrino. — Voy. C m.
Pétarufo, s. f. Fâcherie, bouderie, mauvaise humeur,
colère. — M'a fa préne la pétarufo, il m'a mis de
mauvaise humeur.
La signification que Sauvagbs attribue à Pétarofo, qui
est au fond le même mot, et qu'il traduit par : homme
sans conséquence, est tombée en désuétude.
Dér. de Pé et de Rufe.
Pétas, «. m. Dim. de Pétauoà. Pièce, petit morceau
d'étoffe quelconque pour rapiécer un vétemient, pour
panser une plaie. Au plur. Pétasses, pour dire : loques,
haillons, lambeaux de vieux linge usé.
Étym. de la bass. lat. Petaeia,
Pétassa, v. Rapiécer, mettre des pièces ; rapiéceier et
rapetasser; raccommoder. Au fig. remettre en bon état,
réparer, rajuster, arranger, rectifier, tâcher de justifier.
— Pétassa sas brdios, rapiécer son pantalon. Camiso touto
pétassado, chemise rapetassée. Pètassas-au coumo txmdrés,
arrangez cela comme vous l'entendrez. Argén pétauo pas
vUaniè, argent ne répara pas vilenie.
Dér. de Pétas.
Pétassaire, ro, s. m. eiadj. Ravaudeur, ravandeuse,
celui ou celle qui fait métier de rapiécer; fripîer« celui
qui vend ou achète les chiffons, par ext. Ne s'emploie
jamais au fig.
Dér. de Pétas.
Pétassaje, s, m. Rapiécetage, action de rapetas^r; au
j
PÈT
prop. et an fig. — Aquà's ptu que dé pét€utag$, ce n*est
que da rapiécetage, c'est un mauvais replâtrage.
Dér. de Pétas.
Pétassâoa, t. m. Grand coup; coupe redoublés. — Vas
vénrê aquéUs pitassâous, tu vas voir quelle tripotée. Ztm /
pétaiêdous sta sa fénno. En avant! coups de trique sur sa
femme.
Étym. du grec Waxéoata, frapper avec bruit, battre.
Pétéîa, t>. fréq, de Péta. Pétiller, craqueter, briller avec
éclat. Au fig. pétiller d*ardeur, d'impatience; désirer vive-
ment; s'impatienter. — Lou làouriè et Vafnouriè pétéjou
âou fia, le laurier et le mûrier pétillent en brûlant. Lous
tels das tous pétéjou, les yeux des loups brillent dans
l'obscurité. Mé faï pétéja, il m'impatiente. Pétéjo dé s'en
ana, il est impatient de partir. Pétéjavo dé ravèdre, il
brûlait d'envie de l'avoir.
Dér. de Pé.
Pétito, «. /. Poupée, jouet d'enfant, qui remonte à la
plus haute antiquité et dont on a trouvé des spécimens
chez les Grecs. Ironiq. jeune fille bien parée, bien
attifée.
Étym. du lat. PetUus, mince, grêle.
Péto, s. f. Grotte; crottin; ordure; fiente durcie et
arrondie de plusieurs animaux, tels que lo cheval, la
brebis, la chèvre, le lapin, le lièvre, le rat, la souris, etc.
Au fig. par ext. métonym. de l'effet pour la cause : peur,
crainte. — Pétos dé magna, du crottin de ver à soie.
Sauvages remarque qu'un bon ver à soie a toujours le
cmttia dur au derrière. Quantopéto/ Quelle peur! À ton-
jour la péto, il a toujours peur.
Dér. de Pé.
Péto-bas, s. m. Ironiq. petit homme court de jambes.
S. f. Terme de mépris, trousse-pète, bas-de-cnl, petite
fitle.
Pétofio, s. f. Médisance; commérage; tracasseries, sor-
nettes; propos inutiles et médisants. — M'a fa 'qui uno
pétofio que... il m'a fait là une tracasserie dont je me
souviendrai. Taïsa'vous, aquà soun dé pélofios, taisez-vous
donc, ce ne sont que sornettes, médisances, tripotages.
Péto-fré, s. m. Ironiq. homme flegmatique, d'un froid
glacial, sans î\me, d'une indifiTérence souvent composée.
Pétouiiè, s. m. et adj. Au fém. Pétoufieiro, Bavard;
médisant; rapporteur; brouillon; flagorneur; faiseur de
pétofio. C'est une nuance, peut-être un peu adoucie, du
Patrifassiè (Voy. c. m.), avec lequel il semble avoir quelque
rapport d'origine et d'étym. ; mais il ne vaut pas mieux.
Pétoufiéia, v. Colporter des rapports indiscrets et médi-
sants contre quelqu'un ; dauber sournoisement et mécham-
ment.
Pétoùs, 0, adj. Péteux, terme de mépris. — Dé qui
vôou aquél pétoùs? que nous veut ce péteux, ce morveux?
L'an coucha coumo un pétoùs, on l'a mis dehors comme un
péteux.
Dér. de Pé.
PI
551
fétaito, «. f. Pituite; humeur visqueuse, lymphatique
et visqueuse du corps humain.
Étym. du lat. Pituita.
Pi, s. m. Pin; arbre de haute futaie; Pinus pinea,
Linn. Arbre toujours vert, à feuilles persistantes, résineux,
conifère. Ses variétés sont nombreuses, et la plupart s'accli-
matent facilement suivant les terrains. Dans les calcaires,
le pin d'Alep, le pin maritime, etc. ; dans les sols schisteux,
le pin sylvestre, le pin à pignon, le pin noir d'Autriche et
autres, se plaisent de préférence. Depuis quelques années
le reboisement de nos montagnes des Cévennes a été entre-
pris sur d'assez larges proportions : les Compagnies houil-
lères ont, les premières, donné l'exemple que plusieurs
propriétaires ont suivi, et l'administration des eaux et
forêts a établi un service de reboisement qui promet de
beaux résultats. Ce sera un grand bienfait dont les consé-
quences ne sauraient être trop bien appréciées, et déjà la
Compagnie de la Grand'Combe possède de vastes forêts de
pins dont la valeur se chiffre par millions de francs.
Il n'existe pas, du reste, de meilleur moyen à employer
pour retenir les terres sur les pentes montagneuses, et pour
prévenir ces terribles inondations lorrentielles qui, après
avoir raviné et excorié les montagnes, descendent sans
obstacles sur nos plaines en torrents impétueux, entraînant
les rochers et l'humus végétal .
Les États de Languedoc, par une sage prévoyance,
avaient prescrit des mesures sévères contre le déboisement
des montagnes ; par malheur, ces règlements avaient été
trop mal observés. Mais si, de nos jours, les communes
qui peuvent s'assurer de bons revenus, si les propriétaires
de grands tènements se sont ravisés, et qu'ils continuent à
être encouragés et favorisés dans leurs plantations ou semis,
il est permis d'espérer que le développement de ces cultures
forestières' portera d'heureux fruits et que notre région tout
entière ne tardera pas à en ressentir les avantages. L'expé-
rience est faite, et l'on peut prévoir, dès à présent, que le
jour où la végétation, reconstituée sur les versants des
montagnes, en aura consolidé la surface, où les cours d'eau
torrentueux y auront été dérivés, où tous les anciens ravins
auront été obstrués, les vallées principales et les plaines
cultivées n'auront presque plus rien à redouter de la
violence des inondations.
A part ces améliorations générales, si désirables pour
notre agriculture du haut et du bas pays, la culture et
les plantations de pins peuvent encore être considérées
comme une autre source de richesses. La résine que produit
cet arbre pourrait sans doute être exploitée, mais la bonne
qualité de son bois, l'emploi qui en est fait dans nos
grandes industries minières, le font surtout rechercher et
le recommandent particulièrement.
Étym. du lat. Pinus, dér. probablement du celt. Pin:
en armor. Pin; Peinge, en langue erse; Pinwidden, arbre
pin, en gallois; Pinn, en anglo-saxon. Tous ces mots ont
peut-être leur radical primitif dans le celt. Pen, montagne.
552
TIC
Pi, s. m. Pivert, oiseaa aa plamagç vert, à tète rong^;
Picui viridis, Linii. Cet oiseaa fait son nid dans le tronc
des vieux arbres qa*il creuse avec son bec; la femelle y
pond de quatre à cinq œufs verdàtres* tachetés do points
noirs. Les pics font leur nourriture principale d'insectes ;
ett pour faire sortir leur provende cachée sous Técorce, ils
frappent les arbres à coups de bec redoublés, et allongent
démesurément leur langue : quand il la trouvent suffisam-
ment chargée d'insectes, il la rentrent et le repas est fait.
Le dicton : Maïgrê coumo un pi, sec comme un pivert,
esVil une allusion à cette espèce d'oiseaux, qui n'ont pas la
renommée de beaucoup s'engraisser?
Le Pi-eol'dé'Sèr, $. m. Torcol, oiseau, variété du précé-
dent, dont il se distingue par son cou allongé et mobile,
qu'il peut tourner comme un serpent, ce qui lui a valu son
nom. Il se nourrit de fourmis en enfonçant aussi la langue
dans les trous des fourmilières. /Toy. Foumi^urd.^ Dans les
environs de Nîmes cet oiseau porte lo nom vulgaire de
Fourmi^ et Tiro-léngo.
Dans plusieurs dialectes, on écrit et on prononce Pic;
de même, le français écrivait Pic-vert. Notre idiome sup-
prime la lettre finale e; mais cette suppression, purement
euphonique, ne change rien à l'étymologie. Ces mots
dérivent tous du latin Picus, dont le radical pic indique
toujours une pointe, un dard, un instrument qui sert à
frapper, à piquer, et se trouve dans le bas-breton pik ou
pigeL C'est une onomatopée commune à bien des langues,
imitant le bruit que fait cet oiseau en frappant de son bec
les arbres ou les pierres .
Pia, o. Piller ; saccager ; voler.
Fîage, «. m. Pillage; dégât; désordre. — Din soun
oustàou, iotU y-èro dou piage, dans sa maison, tout était au
pillage, ou tout était en désordre.
Étym., par la suppression de l qui est mouillée et ne se
fait pas sentir, du lat. PUare, ou du grec UiXàta, fouler,
presser.
Pîar, do, adj. Pillard; encUn à piller. Pris subst., il
signifie : gueux ; mendiant ; voleur.
L*étym. des mots précédents a peut-être concouru ici,
avec celle do péïo, guenille, pour les former ; ce dernier,
(la moins, s'en rapproche beaucoup.
PiaBtro, i. A Pièce de deux, liards; un demi-sol ou deux
centimes et demi; monnaie de très-basse valeur, depuis
longtemps hors d'usage. — Vôou peu uno piatiro, il ne
vaut pas deux liards, pas une obole. Tén dounarièï pa 'no
piastro, je ne t'en doimerais pas deux liards. Celui
dont on parle ainsi, pu la chose que l'on estime à ce prix,
seraient encore trop payés tous deux.
En ital. Piastra,
Picarèl, s. m. Mendole, poisson; Sparut mœna, Lmn.,
de l'ordre des Holobranches et de la famille des Léiopomes.
On le pèche dans la Méditerranée ; sa cliair est maigre et
coriace: on le vend sec. et sa salure très-prononcée, qui
pique fortement la langue, lui a fait donner son nom.
PIÈ
Picata. do, adj. Tacheté, tiqueté.
Rad. Pi€, pointe.
Pichéténé, to, adj, double dim. Tiés-petit; le plus
petit ; trés-migttoa.
Dér. de Piehà.
Pichô, oto, $, et a4j. Petit enfant; enfost nouveUement
né, pris subst. Petit; qui a peu d'étendue ou de volume,
pris adj. — Avèê aquï un brave pickàp vous avez là un
charmant enfant. La bravo piehoio/ la genlille petite fille!
Aquél eapél t'é$ tro pickd, ce chapeau est trod petit ponr
toi. Piekà fafi ei bé lïa, ce qui répond à : qui trop embrane
mal étreint. Pieholo pUjo d'abriou fa& bUo tégado d'éaUo;
petite pluie de printemps promet grande moisson d'été.
En V. fr. on disait Petiot. En ital. Piecolo, en port.
Pequeno» Étym. du celt. Pichan, d'où aussi le lat. Petilui»
Pichô-fU, s. m. Petit-fils, fils du fils ou de la fille.
Pichô-t-home (Loa), s. m. Le petit homme, envie de
dormir. — Lou pieh^i4Mme l'arapo, dit-on aux enfants
qui, les yeux gros de sommeil. Tondraient s'endormir
avant l'heure. On leur fait croira que c'est un petit homme
qui jette du sable dans leurs yeux, ou qui pose les pieds
dessus pour les fermer.
Pichougnè, s. m. Pigeonnier; lieu où Ton élève des
pigeons. Le même que Pijouniè. — Voy. c. m.
Pichoulino, $. f. Olives confites à la saumure; très-
petite olive.
Dér. de Pichà, et du lat. 0/tea.
Pichonn. s. m. Pigeon; Columba, Linn., oiseau de
l'ordre des Gallinacés. Ou en distingue plusieurs espèces
et un grand nombre de variétés qui toutes n'ont pas un
nom languedocien.
Pichouté, to, t. et adj. Dim. de Piekà. Très-petit
garçon; très-|)elite fille. Adj., très-petit, bien moindre.
L'augm. Pichoutas, atso, signifie un grand garçon, gros
et joufflu; une jeune dondon grasse et fraîche.
Dér. de Pichà.
Picopooiè, 5. m. Micocoulier. 1^ même que Bélicouquiè,
et Fanabrégou. — Voy. c. m.
Picopoulo, t. /*. Espèce de raisin blanc ou noir, à petits
grains. On l'a francisé en pique-pouie, oommo on démit
faire de bien d'autres termes languedociens.
Picourèlo, s. f. — Voy. Bufadèl.
Piè, i. m. et n. pr. Pic; colline; montagne. Le noiu
propre est rendu en français par Pueck, qui a passé aussi
dans quelques désignations de lieux. — Lou Piè dé Sén-Lou,
le pic de Saint-Loup, montagne située dans THéraulU Lou
Pic dé Céndras, le Pnech de Cendras, dans le canu»
d'Alais. sur lequel est bâtie l'église de Cendras, près d'une
ancienne tour isolée. Lou Piè dos fabres, le Puech des
fabres, nom ancien que nos Compois donnent à la coUine
où se trouvent des fours à chaux, sur la rive droite du
Gardon, en face du quai neuf d'Alais. Là devaient se tio«-
ver jadis les industries des forgerons, maréchaux et
taillandiers, fabres: ou peut-être la dénomination venait-
PIÈ
elle du voisinage des fUbreries moyennes et hautes, dcnx
rues da vieil Alais, séparées de ce monticule par le seul lit
de la rivière, avant Texistence da quai.
Le mot Piè est aussi entré dans la formation de plusieurs
noms propres» avec quelques variantes imposées par l'eu-
phonie; ainsi Pièlan, Pièehëgù, PUredoun, Piècfutou, que
le français a traduits par Puechlong, Puechegui (le même
que Montaigu et EoehegudeJ, Puwhredon, Pécliaud. Pujol,
Poujonlat doivent avoir le même radical.
Étym. du lat. Podium.
Piè, s. m. Pied de roi ou de Paris, mesure de longueur
composée de douze pouces et qui forme la sixième partie
delà toise; elle équivaut à 0'»32484. I^ pied était une
mesure de longueur, en usage chez la plupart des peuples
anciens et moderaes, mais avec des dimensions irès-dissem-
blables, variant entre 0">247, longueur du pied Dclphique
oa Pythique, et 0">o136 qui représente le pied employé
dans le Piémont. Il résulte des travaux de M. Anrès, que
le pied gaulois doit être évalué à 0^13248 et le pied romain
à 0"2963. Le pied gaulois serait donc le mènje que le pied
de roi ou de Paris, qui fut en usage en France jusqu'à
l'introduction du système métrique. Le savant archéologue
que nous venons de citer a déduit de la longueur du pied
gaulois celle de la lieue gauloise, laquelle étant composée
de 4500 pas de 5 pieds, soit 7500 pieds gaulois, présentait
un développement de 2346 mètres. Quant au pas romain,
comprenant aussi 5 pieds romains, il équivalait à 4"*4845,
d'où le mille romain composé de mille pas, présentait un
développement de 1484°*50; et la lieue romaine, composée
de 4500 pas ou 7500 pieds romains, possédait une longueur
de 2222 mètres, qui représente très-exactement la moitié
de la lieue commune de France, de 25 au degré, dont la
longueur est de 4444 mètres.
Emprunté du français.
Pièché, X. m. Dim. de Piè, pic, soit comme subst., soit
comme n. pr. Petite éminence, petite élévation, .ou fils
de Puech.
Pièço, s. f. Champ; vigne; pièce de terre. ^ Es ana
faire un tour à sa pièço, il est allé visiter sa vigne, son
champ. Piêço dé sère, c6 gué porto ou vin guère, terre de
coteau, dit ce proverbe, coûte autant que ce qu'elfe rapporte.
Étym. de la bass. lat. Piecia, m. sign.
Pièî, s. m. Pis, tétine d'animal, plus particulièrement
des vaches, chèvres ou brebis.
Pièî, adv, de temps. Puis; ensuite; après; tantôt. — Ou
farén pièi, nous ferons cela tantôt. Ou v&rén pitx, nous le
verix>ns ensuite. Pièi y-anaraï, puis, j'irai. Et piii? et
après? Pièi que, tandis que, puisque. PiB quém'msou^jène,
tandis que je me le rappelle. Pièt gué U sin, puisque,
tandis que nous y sommes.
Étym. du grec '£ne(, m. sign.
Pièî (Lou), n. pr. Le Puy, ville, chef-lieu de la Haute-
Loire. Ancien Anieium.
Étym. du lat. Podium.
PIG
553
Pièlo, f. /*. Auge où Ton abreuve les bestiaux; lavoir.
U est synon. de Piso.
Étym. du grec TI-jcXoç, baignoire, bassin.
Pière, n. prop. d'homme. Dira. Piérê, PiéroU, Pièrolo,
au fém. Pièrëto; augm. Pièras, Pierre; dim. Pierrot,
Pierrette; augm. Gros-Pierre.
Étym. du lat. Petrus et Petrunculus.
Piéta, s. f. Pitié, compassion. — Àguà fax piéta, c'est
à faire pitié.
Dér. du lat. Pietas,
Piétadoùfl, onso, adj. Compatissant, miséricordieux «
tendre; sensible au malheur des autres.
Dér. de Piéta.
Piètre, adj. Piètre, chétif, mesquin. — Piètro mirw,
pauvre figure, mine chétive.
Traduction du français.
Pifra, V. Jouer du fifre, du flageolet. — Se siès pas
countén, pifro, si tu n'es pas satisfait, si cela ne te va pas,
prends un fifre.
Piiraire, s. m. Joueur de fifre.
Pifre, s. m. Fifre, flageolet à son très-aigu. On dit au
fig. : Touqua oujouga ddou pifre, pour ronger son frein,
croquer le marmot.
Pigasso, s. f. Houe, instrument d'agriculture et de
labour. Son fer a la forme d'un carré long, Urge vers son
extrémité et qui se recourbe vers le manche.
Étym. de Pi, avec l'augm. asso. En bas-br. iHghel.
Pigna, ado, adj. Bien garni; bien arrangé; proprement
taillé. Se dit surtout en terme de magnanerie : Dé fouséts
bien pignas, des rameaux bien garnis de cocons ; dé brus
bien pignas, des bruyères bien garnies. Un âoubre bien
pigna^ un arbre bien taillé.
Dér. de Pigno, pomme de pin, par une comparaison
avec la disposition des écailles.
Pignastre, tro, adj. Têtu, entêté; opiniAtre. — Vdou
mai èstre sot que pignastre, ce qui signifie : mieux vaut
paraître un sot et céder, que s'obstiner dans son opinion,
sa volonté, son avis. Un observateur a remarqué que
l'opiniâtreté est une qualité ou plutôt un défaut habituel
aux bêtes, aux sots et aux enfants.
Pignastrije, t. m. Opiniâtreté, entêtement déraison-
nable et stnpide, < marque d'un petit esprit, » dit
Sauvages.
Pigno, s. f. Pomme de pin d'Italie, qui renferme sous
ses écailles des pignons, sortes d'amandes que la maturité
fait détacher. Le gros pinson appelé bec-croisé se nourrit
de ces amandes. On dit d'un avare ou d'un cuistre : Es sara
eoumo unO pigno vèrdo,
Pignoun, $. m. L'amande ou semence du pin d'Italie
contenue dans la pomme de pin.
Pigoto, f. f. La petite vérole. La clavclée des bestiaux.
— Àdiûuêsias, ténès-vous eàou et sara, que la pigoto vous
sourtira, se dit ironiquement à des voyageurs qui, par un
grand froid, se mettent en route sur on véhicule non fermé.
554
PIN
Pigouta, do, adj. m, et f. Marqué oa gravô de la petite
vérole. On dit aussi gréia. — Èa tout grêla, il est tout
grêlé, tout marqué de la petite vérole.
Pigontoùs, so, adj\ m. et f. Bfalade attaqué de la
petite vérole.
Pigre, aâj, m. Paresseux.
Dér. du lat. JPt^er.
Pigrije, «. m. Paresse.
Pijougiiè. s. m. Un colombier, un pigeonnier.
Dér. de Pijoun. — Voy, c. m.
Pijonii, f . m. Pigeon fColumbaJ, le pigeon domestique.
Pilo, f . f. La pile d*un pont.
Dér. du français.
Pilô, s. m. Une pile* un tas, un petit tas.
Pilouta, V. Planter des pilotis pour établir un ouvrage
en maçonnerie dans Teau ou sur un terrain exposé aux
affouillements.
Pimpa (Se), «. S*attifer.
Pimpa, do, adj, m. et f. Attifé, vêtu avec recherche.
— Aquélo fénno é$ bé pimpado, cette femme est bien
attifée.
Pimpanèlo, t. f. Pimprenelle, Sanguisorba offlcinalis,
Linn., ou Fraïssinéto. (Voy, c. m.) On l'appelle aussi
Phnparèlo. — La grando pimpanèlo, la pivoine. Pasonia
officinalit, Linn.
Pimpouna, v. Pomponner, dorlotter, être aux petits
soins.
Pimpourla, v. Soigner quelqu'un avec excès, le combler
d'attentions exagérées. — Se pimpourla, se dorlotter,
soigner sa santé avec exagération.
Pincboù (Faire). Épier et se montrer à la dérobée;
guetter, montrer le nez, se montrer en partie et se cacher
alternativement. — Pinehoù-babdou, — Voy, Babâou.
Pinédo, s. f. Terrain planté de pins, bois ou forêt de
pins.
Dér. de Pj, pin.
Pinô, f. m. Terme sous lequel on désigne le vin en
plaisantant. — Jîi dé bon pinà, j'ai du bon vin.
Pin-pan I interj, Pif-paf! Onomatopée inventée pour
exprimer l'action de frapper à coups répétés et précipités,
afin lie donner au discours plus de rapidité et d'énergie.
— Li baïlè dota souflés, pin-pan / il lui ficha deux soufflets,
pif-paf!
Pinta, i). Pinter, chopiner, boire avec excès, s'enivrer.
Pintardo, s. f. Pintade commune, Numida meleagris,
Linn., oiseau de basse-cour. — Bataia coumo dépinîardos,
jacasser, caqueter, bavarder; se dit des femmes.
Pinto, «. f. La pinte d'Alais, dit Sauvages, pesant
environ quatre livres poids de table, vaut un litre neuf
décil., et répond à la quarte ou au pot de Paris de même
poids, où qui contient deux pintes, mesure de Paris, ou
quatre livres poids de marc, ce qui fait entre ces deux
mesures une petite différence.
Pintra, v. Action de peindre; faire de la peinture.
PIQ
Pintre, t. m. Peintre, celui qui se li\Te à Vart de h
peinture.
Pintruro, s. f. Peinture, tableau. — Aeà's tmobèlo
pintruro, voilà un beau tableau. La pintruro d'uno porto,
d'uno fénèttro, la peinture d'une porte, d*une fenêtre.
Piô. Onomatopée du piaulement du dindon, dont on a
fait son nom et qui, féminisée, est devenue Phto, nom de la
dinde. — Préné la pioto, s'enivrer.
Piolo, s, f. Une hache, une cognée. On dit aossi
Déstrâou, (Voy. C. m.) — Planta la piolo, faire un marché
usuraire, hors de proportion avec la valeur de l'objet venda.
Piolo bouicardiêtro, hache de bûcheron. Piolo-dé-man,
hache de menuisier.
Pîo-pîo (A la), s'applique à la manière de donner
certaines choses telles que dragées, pièces de monnaie qua
Ton jette aux enfants sur la voie publique et dont chacun
tftche d'avoir la plus grosse part. — Aquél oustâou es à la
pio'pio, c'est une maison livrée au pillage, d'où chacun
emporte le plus qu'il peut.
Pioto, s. f. La femelle du dindon. — Voy, Piô.
Pion-pion ! Onomatopée du cri des poussins. Pi ! Pi ! en
français. — Piou-piou toujour v(ou, celui qui geint et se
plaint de sa santé vit toujours. Petit bonhomme vit encore.
Fat toujour piou-piou, il se plaint, il se lamente, il geint
sans cesse; il a toujours quelque chose qui cloche.
Pîouta, V, Piauler, pépier. Les poules d'Inde piaulent;
les poussins et les moineaux pépient. Au fig. pîouta, crier,
criailler, chamailler, geindre. En parlant de quelqu'un qui
se plaint toujours de quelque infirmité, on dit : toujour
pioutot il ne fait que geindre.
Piontaîre, 5. m. Celui qui criaille et se plaint tou-
jours.
Pipa, V, Fumer du tabac, fumer la pipe sartont. On dit
aussi fuma, mais ce terme est dérivé du français.
Pipado, s. f. Une bouffée, une gorgée de fumée de tabac,
chassée par le fumeur qui fume la pipe.
Pipaïre, t, m. Fumeur.
Pipi, s. m. Terme de nourrice employé aussi en français
en parlant aux enfants. Action de pisser. — Fa¥ toun pifà,
fais ton pipi,
Pipo, j. f. Pipe servant à fumer du tabac. — Yôou pai
uno pipo dé taba, il ne vaut pas une pipe, il ne vant pas
cher.
Piqua, V, Frapper, heurter. — QuAou piquo? Qui va là?
Qui frappe à la porte? Lou piqua dé la daiio, acUoQ
d'affûter le tranchant d'une faux, opération difficile, d'où
l'on dit au fîg. en présence d'une difficulté : Aeà's lou
piqua dé la daïo, c'est ici que commence la difficulté,
l'embarras.
Piquasoù, s, f. Picotement, prurit, démangeaison occa-
sionnée sous la peau par l'acreté des humenrs on la mal-
propreté du corps. — Voy, PrusijB,
Piquatiôîro, s. f. Cavité pratiquée dans un bloc de
pierre et dans laquelle on introduit un coin en fer, pour U
PIS
pariager en plusieurs pièces, en frappant sur le coin avec
une masse de fer appelée bouro.
Piqné, $. m. Le piquet, jeu de cartes, que Ton joue
à deux ordinairement. Piqué-voulur, jeu de piquet qu'on
joue à trois. — Jamaï lou piqué es pa'ntra din la tèsto
d'un at9, le piquet n'est jamais entré dans la tête d*un àne,
pour dire que le piquet est un jeu difficile.
Piqaélé, éto, adj. m. Petit, petiot, malingre. Se dit
d*ttn enfant mignon, de petite taille, par rapporta son âge.
On dit aussi péquéli, ito.
Piquet, s. m. Piquet, morceau de bois aiguisé par un
bout et pouvant être enfoncé dans le sol.
Piqaétado, t. f. Rangée de piquets plantés au bord d'une
rivière pour soutenir des fascines et servir de défense
contre les aifouillements, les envahissements d*un cours
d'eau. Se dit aussi d'une clôture fixe en bois.
Pique, t. f. Pic de mineur, de terrassier.
Piquo, s. f. Pique, une des quatre couleurs d'un jeu de
caries.
Piqao, 5. f. Brouillerie, animositô. — Y vaï dé piquo,
il agit avec passion, avec animosité.
Piqnooi, «. m. Pique-nique, repas où chaque convive
paie son écot. De l'anglais Ptek-an-wch, littér. où chacun
est piqué, où chacun paie.
Piqao>ponlo, s. f. Nom lang. du fruit du micocoulier.
Sorte de raisin à petits grains noirs ou blancs.
Piquon, <. m. Instrument de mineur ou de carrier,
pointu et acéré.
Pire, aJv. Très, beaucoup, infiniment. — t% pire qui
potdi, il est très-joli. ɧ pire que brave, il est honnête au-
dessus de toute expression.
Pis, a, m. L'urine; le pis de la vache, de la chèvre,
de la brebis.
Pisa, V. Décortiquer les châtaignes, les dépouiller de leur
écorce. Se dit aussi par extension de quelques légumes secs.
Dêr. du lat. Pinsus, broyer, piler.
Pisado, s. f. Époque de Tannée affectée au décorliquage
des châtaignes, qui s'étend environ de fin novembre au
milieu de décembre. — Véndrén pér pisado, nous vien-
drons à l'époque du dépiquage des châtaignes. Pisado se
dit aussi pour désigner la quantité de châtaigdes sèches
que l'on peut décortiquer en une seule fois, en une seule
opération.
Pisadott (Sa), t. m. Sac en forte toile écrue, ouvert
par les deux bouts et qui contient la quantité de châtaignes
composant une pisado, — Voy. c. m.
On mouille fréquemment ce sac pendant l'opération du
dépiquage, qui a lieu sur le sou-pisadoù. — Voy. c. m.
ci-après.
Pisadoù (Son), s. m. Billot en bois de chêne ou le plus
souvent de châtaignier sur lequel on frappe les châtaignes
sèches pour les dépouiller de leur écorce.
Pisaîre, 5. m. Ouvrier employé au dépiquage des
châtaignes.
PJT
noa
Piscn, part. pass. du verbe Poudrs, pouvoir. — Ai pas
piseu vini, je n'ai pas pu vehir.
PiBO, s. f. Auge de pierre, placée près d'un puits, d'une
fontaine, auge à abreuver; auge à huile.
Dér. du grec IIueXoc, baignoire, bassin à laver les pieds.
Piaaa, v. Pisser, uriner ; jaillir. — Lou son pisso, le
sang jaillit, quand on pique la veine. A pissa vérgougno,
il a bu toute honte. XaiMat pissa lou bésiiàou, laisses
pisser le mouton, c-à-d. prenez patience.
Piasadoù, s, m. Pot-de-chambre, vase de nuit, pissoir
public ou privé.
Pissagno, s. f. Urine, pissât. — Àïpissagno, j'ai besoin
d'uriner.
Pissaire, arèlo, s, m. et ^. Pisseur, pisseuse. Terme de
dédain ou de mépris à l'égard d'un individu qui fait
l'important et se mêle de ce qui ne le regarde pas. —
Aehas, aquél pissaïrs dé qui se mélo/ Voyez un peu de quoi
se mêle ce faquin!
Pisaarado, s. f. Grande quantité d'urine rendue en une
fois; tache ou marque d'urine sur le drap de dessous
lorsque quelqu'un a pissé au lit.
Pisao-can, «. m. — Voy. Amouréléio.
Pi880-fré, s. m. Se dit d'une personne à tempérament
froid et lymphatique; d'un cacochyme.
Pisaogô ou Pissagô, appelé aussi M asaaparén, s. m.
Potiron rouge, champignon vénéneux.
Pi880-iè, s. m. Pissenlit, liondent, Leontodon protei^
formiB, Linn., plante de la famille des Composées.
Pi880-pa!o, «. m. Crible à larges mailles. — Yoy,
Cruvèl.
Pisso-rato, s. /*. Chauve-souris.
Pissourlé, s. m. La pissotte d*un cuvier à lessive; un
petit jet, un filet de liqueur; une pissotière.
Pissoorléja, v. Pissoter ; se dit aussi d'une fontaine qui
ne donne qu'un mince filet d'eau.
Pisaonrliè, s. m. — Voy. Pisso-iê.
Pissons, ooso, adj. m. et f. Mouillé par le pis, qui h
l'odeur du pis. Se dit d'un enfant qui sent le pissat.
Pistouléi s, m. Pistolet, arme à feu â canon court, que
l'on tire d'une seule main. Dim. de pistole, qui, au
XVI« siècle, désignait une carabine. Au fig. un homme de
rien. — Es un triste pistoulé, c'est un vaurien.
Henri Estienne dit qu'on fabriquait autrefois â Pistoie
de petits poignards appelés Pistoysrs, et que ce nom fut
ensuite appliqué à toutes sortes d'armes de petite dimen-
sion.
Pitança, v. User d'une chose avec ménagement, ne
prendre, n'employer une chose quelconque qu'avec écono-
mie frisant même la parcimonie. Manger dans un repas,
proportionnellement aux mets qui sont servis, une quan-
tité de pain plus considérable, de façon à ménager les mets
et à ne les employer que comme véhicules pour aider à
absorber le pain. Dans ce dernier sens on dit aussi :
Coumpanéja. — Coumpanéjo-té, dit la mère à son jeune
enfaiit qui, yM' IViaiidiN.'. c^t porlu ci bul'.v/itu-.L' i- ri.els au
p.'iiii.
Pitançaïre, s. m. CAu\ qui riiri::!,--^ les n.ols p'^ur se
îl'iurrir tl<j laiude i-réfOreiK-e et on l'iu.- iTaiiJ'.' ['ivi^'^r-
t i .'i> .
Pitanciè, i. m. l^ilnnri. r, ûlncc du r.^li-.'i<u\ oliari-ô
(laii5 uin' C"''iiLUtianlc d'^ dislriLucr la pitaii'i\ o.-à-d. la
qu^.iitiîô (h^ pain, do vin et de viande ou do lr^'un;<s (jui
i.^'vi :il h {\: . 'Uii.
Pitanco, •■. f. Pilnice. Co n.'it s<' dil j-airinui.^ s.>rloiîe
n.rt.> qu"ii:) ' '.'julanje do iDaiiL'tu- avoo du pniu. 11 n'a pas
i;i il,"-;...' >!..iilic.iLfn cii Trauoais. où lo iij"t iiilnnc <a''si^:;ii''
la p.'li'Ui »L' pnin,do vin old-Mij'^ls qu'nn d"n!io ^ chrKjue
II-;. > da:i> !• > Oi'rîiiiiuiiauîo?. — ManJ" srun j/an san
liin, .,■(,, il •f;niiLe s in p;.in >''e. A de l'un, de vi et dr
j-iiiuri). il a .lu pain, du vin «i d-^ la \iande ou auti^s
hw\>. i)*' I: !'1S3. ial. J'ii'itfrisia uu jinrliMn mona-Mi ju'mI»)
la \ il'^ur K\'\u](y jnrtc ou }dur, ujonnaio d»'*^ (•<iinlos do
W \\\ '!•>. J'ict ivcnliuiH. qui valait 1»^ quart d'un d.-iiior.
Pitre, X. m. La poitrine de riionmie, le poilrail d»^s
In >îi^ux.
l)T. du L;*. PictHS, jicctoris.
Pivèr, 5. m. ric-\'Ml. riens viridis, TcM.r;.. , oiseau
d •.*. : ut i^ le^-i'o do \.\ ir-te, !'( coiput et l'S ri;''Uslaeii''S
ï>' :.: d'un .■"';;:■' Itiiîlan; ; le il '-^iis ilu c-rps d'un 1..mu
virî, 1' d i.^ M. ne jum'itiv rt le cr.»rqi 'ii (]\ui jiuno
vrij Im'. Il i envir^'U O.X't coid. d-^ L'U-T. Les pics-verls
lA- > .il p -^ rares dans uns Cf)ntr'''*s, nù ils vivent S'N.L'n-
l:.::.':; d'.iu'v^s onj-V-os y app:;rai^s. nt nu. >si o[, cor:i:r.e
elles n'ont pi.ini colle cnuL-ui* (jui car;i'*t-'rls'-' 1-^ prrrni^'r,
elles nj il"'. rii'''nl roc':'Vttir iju'^ ]o n wn '-''n.'Tiipie do J'i ;
li.r.is ^t.^^ .0 la pUi^ C'>:!,îi;UMe l'.ion.p.i.é et le n-.n, ilo
I':v'.- r< -linaireiii'Mit dannj fi l->u;^ la f.i:ndl'\ ^ans
ie.ir _'ri.'-^ .le ré[ii!hèle, qui j)arfui- s'applique asso/. mal.
Pivou, pivolo, 5. 7»?. et f. IVuplier, pr.pulns nijrr et
/..; /us '.'■ :, Li .:.., qui sonl 1 - d-'ux. o>p'C'\s Indigrn'-'S.
C).. .i'pîi/: a-i^^i 00 n>'ri. nu p-^upii-r d'Iî..li>' fTo-^rdaf:
[(isUjuiLi, Pniret;, qui a la feuill-^ du peui'lier n nrei le l-ois
' " ' I j . -> 1 ,1 --1 ,^
Tiv. do /■ ',.' "'us, nom lat. de ces arlir^s.
Pivoulado, .v. m. Clianq)iL:ni iis de soueiiO (jni vlrnnon!
au ; i î il ^ p 'upiliers.
Pla, s. }.\. Plat, ustensile d«^ ri «'■uaL'e sur lequel on pré-
M'î,!' 1rs u.v Is à table. — Mclrc fa inrn d"u jla, n".ettro
l.i ii...i:j au \ lat.
i i\it<\ di..:. de plat. — D'incu âou ]>Kii'', dos ceufs au
pl.it.
l'I'ilaras, aupni. de plat. — îs\ni^ on donna un platarai
de s->tij'0, (ui nous a donné une ijamelle de souj)e.
Pla, ato, odj. m, et /\ Plat, plate. — Lsj>la coumo uno
]>C'in<itso, il est plat connue uno punais'\
Plaça, V. Placer, mettre quel<jUo chose en place ; donner
un.' place, une p'>ill n î\ qutjlqu'un. — Ls W }'laça, il a
uiir^ j)!ace, une Lonne positiju.
PLA
Plaçai. 5. n:. Arnjoiie pratiquée dans répaisseur d'un
! Djur.
Placiè, 5. m. Cnireur do places, désoeuvré; mais ce rr.^l
s'n])plique surtr.ut à un commissionnaire, à celui dont le
métier consiste à placer les marchandises, et au fermi^M-
des ]«laces du niardié d'une \ille.
Placïoù, s. 772. Petit enq^lacement où l'on peut cons-
truire,
Placéto, *. f. Petite place; dini. de Plaço. fVoy. c. m.)
Palier silué au sommet d'un escalier extérieur, au devant
duu'^ ii.ai>on et quelijuolois rccfUivort d'une toiture.
Plaço. A\ f. Place, lieu ou «^spaco que peut occuper une
p<'r>on[îe mu uno cIk.sc; lieu [>ul»lic découvert, situé dans
rinléiioiii- d'une ville ou d'un villa-'e et ordinairem»^nt
onlour-' d? laiimoiits, soit p.jur rembellisseraent d'une
vill>\ s- it [l'Ur la facilite du commerce et FtHalage d'.s
niarriiandis«'S et des donrées; ranj:, emiplu.
Dér. du lat. Platca.
Plagnc, v. IMaindre, rc::i"oll'T, éparL'!icr s.i peino. ses
dé[HiiS''S. — A(j,icl j>dauii' home c.$ hé dé p/ayne, CO pauvre
lioii,nio o.^i M.n :^ plaindre. Pla>jne bc lou pno are mort, je
re.u'i'lle \'\\:\\ le pauvro defnnt. Pbm lou bénure à sons
tôt/ .V. 11 ISiU'^ sur !•* vin (ju'il doit livrer k ses domes-
liqii'S.
l)jr. du l.t. P!unocrf.
Plagnon, cnto, s. m, <a f. Plaignant, plaiuMiante; celui
qui Sf pii.int. (]ui porte j'Iainle.
Plago, .V. f. Plaie, hlcssure. Au ll^f . [tréjudice, dommaire.
— PiLi'jn <r<injrn es par i)iouri-i<>, juTte d'argent n'est pn-^
uiif pK/ie n,.trlllo.
Plaidéja, 0. Plai 1er. Au îIl'. hésiter avant de pronJre
uno d'-t' r;iMnation. — Vè yuc j>h'idrjcs? pourquoi hésites-
tu? i'Mi dit proverhalen.eiil : Qttd-ni jifaidéjn, malàoutejo;
tuui p' (pir manjo ijauiarcjo, celui qui [ihide est touji'-urs
i;.:;! ■.îil\ «t tuiil ce (ju'd maiiL'.' lui parait amer. On dit
vuL. n*o:i.''nl d"nn hoii:mt-^ att'^int d'un^^ maladie désespérée :
Plai icjn. il itlaiilo, il est entre la \w et la mort.
Plaide jaïre, arèlo. s. m. et f. Plaideur, plaideu?»?.
C'iui (jUi aiîiio à plaider, qui plaide souvent. — Un plat-
di'jairo ts î<n nnui v(si, un jilaideur est un mauvais
vi'hsin.
Plan, 5. f)i. Plan, projet, décision arrêtée. On dit an
IL. : .4', V V7; fa).ior\s p'an.' \: us a\e/. un lier aplomb!
un fl'^juj'] éiunnanlî Tiro dé j>Uin, se dit {\o colui qu'on
apj"-lle vuluuiivii/^nt un haît-'ur d-^ pavés, un paresseux.
Plan. .N. m. Piuit; j une ai !>ro, joune plante, l>jal ;\
planter uu nouv.Ii.jr.ent planté, n'jeton (ju»^ l'on enlève ;\
un arhre p air le rejilanter. — I)i^ bf>n plan, planto ta
vitjiio; dr lion Scn, viarido tu fi^ ; de bons plants plante lu
vigne, «l'un sa:);-' pur inario la lil!e.
Plan. iilj. T)}. Plain, uni. — Plan ccvmn la man, uni
coniii.o une ^'hioo.
Plan, '"/r. I)jncem' nt, poséir.ont, lentement. — Pian-
plan : t-ul doux, tout beau. A-iai plan, acamjtén be.
agissons avec mesure et ^Meons notre profit. Quâou vaï
plan, vai san, celui qui agit avec pradenoe 6vite bien des
mécomptes. Pten dàou lé qnté jou^n cinq sôoutf Ne ton-
cbez pas an cochonnet, nous jonons cinq son! dicton
proverbial employé facétiensement par les joneurs de
boules.
Planât, asso, ». m. et f. Grande et large plaine;
augmentatif de plan ; de même qne pUmé, pla^nùou, petite
plaine, en est le dimiantif.
nanchar, s, m. Grosse planche ^isse, madrier.
Dér. de Pluneho, dont il est un augmentatif.
Planché, i. m. Plancher, assemblage de poutres, de
solives et de planches qui sépare deux étages consécutif
d'uie maison.
Ptanchéira, v, Plancheyer, parqueter.
Planéja, t>. Se dit d'une r^on située en plaine, très-
pen accidentée.
Piano, f . f. Plaine ; poisson de mer appelé plie en fran-
çais ; outil de tourneur et de tonnelier.
Plan-paousè, s, eon^. m. Homme indolent, flegmatique,
sans initiative.
Plan-piè, adv, Plain-pied. ^- Àquéle§ mémbrei toun dé
plathpiè, ces pièces sont de plain-pied.
Plancfiiêto, s, f. Une chaufferette ; une petite planche.
Planquo, s. f. Passerelle jetée sur un ruisseau et cons-
truite avec des planches.
Plansoù, ». m. Plançon, jeune plant d*arbre ou d'autre
plante; un poteau.
nanaoniè, s. m. — Vay. Planiouïè.
Planta, s. m. Gerbes dressées c6te-à-c6te sur l'aire, les
é(MS en haut et formant une arène circulaire sur laquelle
on hïi piértiner les chevaux pour dépiquer le blé.
Planta. t>. Planter. Planter un champ, planter un clou.
— Vaqué un home bé planta, voilà un homme bien bâti.
M'avès planta, vous m'avez faussé compagnie.
Dér. du lat. Planlare.
Plantado, t. /*. Plantation d'arbres. Ce terme s'applique
surtout à un champ planté de mûriers on d'oliviers
disposés en quinconce on par rangées.
Plantage, f. m. Plantain à larges feuilles, Plantado
loHfalia, Linn., appelé aussi Brbo à cinq eostos, herbe à
cinq côtes; plante vulnéraire, astringente.
nantie, s. m. Nouvelle ou jeune plantation de vignes.
Plante, 5. /*. Plante, végétal. Au fig. on dit : Planto dé
pigoio, un grain ou un bouton de petite vérole. — Aed éi
uno bélo planto, se dit en parlant d'une femme de taille
élevée et bien constituée.
Plantnn, «. m. Jeune pousse de salade ou de légume
destinée à être repiquée dans un jardin potager.
Plataras, s. m. Plat de grande dimension; angm. de
Pla. — Foy. c. m.
Platèoa, «. m. Grosse planche très^paisse, madrier
ordinairement débité dans un bois dur tel que le chêne on
le noyer.
PLO
557
Plantonîè, i . m. Semis de châtaigniers, de mùrieis,
d'ognons, de choux et en général d'arbres ou de légumes
nouvellement sortis de terre.
Plé, Pléno, adj. m. et f. Plein, pleme. On dit aussi
PUn au masc. -— Un pMn eapèl, «n ptén pagnè, pldn QB
chapeau, un panier. N'aï nuispUnos mant, j'en ai les
mains pleines, ^^u^ eabro, aquélo fédo é» pléno, ceftte
chèvre, cette brebis est pleine.
Pléga, V. Plier, ployer. — Plé^'vout bé, couvrez-vous,
enveloppez-vous bien. Aquél homme es pléga, cet homme
est patin, il est dans un état désespéré. L'a fa pléga, il l'a
fait caponner, il lui a fait mettre les pouces. Se pléga, se
coiffer. Pléga bouHgo, fermer boutique, faire fûllite.
Dér. du lat. Plicar$, m. sign.
Plégadis, isso, adJ. m. et f. Souple, flexible, pliant,
facile à plier. — Cadièiro plégadisso, chaise pliante.
Plégale, s. m. Pliage, action de plier.
Plégo, 5. f. Une main, une levée au jeu de cartes. —
Lou jo dé plégo-ma-tèlo, le jeu de la toile.
Pléjas, s. m. Augm. de Plèjo» Grosse averse, pluie
subite et de peu de durée.
Plèjo, s. f. Pluie. — PUjo ménudo, bruine, petite pluie.
Dér. du lat. Pluwa.
Pléjoùs, 0U80, adj, m. et f. Pluvieux.
Pléu, adj. m. — Foy. Plé.
Plésl, s. m. Plaisir, satifaction, sensation agréable, joie,
amusement, volonté, service, office. — Coumo voum fora
plési, comme vous voudrez, à votre choix.
Dér. du lat. Plaurs.
Plèt-à-Diou! intwj. Plaise à Dieu! Exclamation inter-
jective employée pour témoigner le désir qu*on éprouve de
voir un vœu, un souhait se réaliser.
Plètiî qiMU interj. Plaft-il ? — Fatre pUH, se plier aux
circonstances, faire des courbettes.
PlîB, 5. m. Pli, point où une chose se plie, marque qui
reste à l'endroit plié. — Acd fora pas un plis, cela ira de
soi, cela aura lieu sans difficulté.
Dér. du lat. Plica.
Plissa, V. Plisser, faire des plis à une étoffe pour l'agré-
menter. Adjectivement on dit Plissa, do, plissé, e. —
Aquéh fénno es touto plissado, cette femme est ridée.
Plô, I. m. Petit plateau qui surmonte un chainon,
un contrefort de montagne. Quand ce plateau se trouve
situé sur la sommité la plus élevée d'une région, il prend
le nom de Calm, Can. — Voy. c. m.
Flôonre, ti. n. et impers. Pleuvoir. Ce ferme s'emploie
pour désigner l'eau qui tombe du ciel. On dit de quelqu'un
qui flâne au lieu de travailler : éseouto se pléou, il écoute
s'il pleut.
Dér. du lat. Pluêre.
Plouma, V. Plumer, éter les plumes d*un volatile; peler
un fruit, un légume; efleuiller, écorcer un arbre. —
Plouma dé eastagnos, dé rabos, peler des châtaignes, des
raves. PUmma un amouriè, effeuiller un mûrier. Phuma
7!
558
PLO
tffi éoute, écorcer on yease oa ohène-vert. Foi un fré gué
phutno, il fait on froid trés-vif. Tan phuma, on t'a
plamô, 86 dit à nn joaear qui a tout perda.
Plomnado, s. f. Une volée» une ràciée. — ran fitu uno
phuoMdo, on t'a fiché nne raclée. Ploumados, châtaignes
fraîches pelées et prêtes à mettre à cuire.
Plonmat ado» adj, m. et /". Plumé, plamée, pelé, pelée.
«- Tèito ploumado, tète chauve. On l'emploie comme
lobriquet : Berna lou plouma, Bernard le Chauve.
Plomnas, «• m. Bûche de chêne écorcé, de bois pelard.
Floumba, t;. Plomber, appliquer du plomb; prendre
l'aplomb d'un mur, d'une chose quelconque à laquelle on
veut donner une position verticale ; élaguer les branches
d'un arbre de manière à ce qu'elles ne dépassent pas une
certaine limite fixée.
Dér. du lat. Plutnbar$.
Floumba, ado, adj\ m. et f. Plombé, mis d'à-plomb.
— Aquél honu es gàire phumba, cet homme n'a pas beau-
coup de jugement, se dit au fig.
Ploumé, s. m. Plumet, niveau de plomb, en vieux fr.
plomet. Au fig. : Préne un ploumé, se griser.
Floomio, f. f. Débris de plumes ou de matières ressem-
blant à de la plume ; épluchures.
Ploumo, s. A Plume, duvet qui recouvre le corps des
oiseaux et leur sert à voler; plume à écrire ou plume d'oie
qui a subi certaine préparation. Par extension, on donne
aussi le nom de plume à la plume de fer inventée depuis
quelques années et qui a presque complètement remplacé
la plume d'oie.
Dér. du lat. Pluma, m. sign.
Plonmoûa, ouso, adj. m. et f. Plumeux, plumeuse,
garni de plumes.
Ploun, 5. m. Plomb, fil-à-plomb, instrument de maçon
propre à prendre l'aplomb ; plomb de chasse.
Plonnjoù, s. m. Plongeon, nom donné À certains oiseaux
de passage de l'ordre des Palmipèdes qui ont l'habitude de
plonger. Dans le Gard, on donne surtout ce nom au Casta-
gneux ou grèbe de rivière. fColymbus minor, Linn.)
Plonra, v. Pleurer, déplorer, regretter. — Plôura toui
péeas, pleurer ses péchés. Plouro que $é détcréstiano, expres-
sion intraduisible, pour indiquer qu'une personne pleure
abondamment. Las soucos phurou, la vigne entre en sève.
Plouro eoumo un védèl, il pleure comme un veau. On diriè
çu'a ploura pér Vavédr$, on dirait qu'il a pleuré pour
l'obtenir, se dit d'un vêtement mesquin» étriqué, manquant
de l'ampleur suflQsante.
Dér. du lat. Plorar$, m. sign.
Flourado, s. f. Intervalle de temps plus ou moins long
passé à pleurer. — A fa uno plourado, se dit surtout d'un
enfant qui a pleuré longtemps sans discontinuer.
Plouraîre, Plourarèlo, s. m. et f. Pleurard, celui qui
pleure habituellement* qui se plaint de tout, qui n'est
content de rien.
Plouroûi, ouio, adj. m. et /• Plenreux, pleureuse, qui
POC
est en pleurs, qui a les yeux mouillés de pleurs. — Éi m
pUmroàs, il est tout en larmes.
Pions, t. m. pi. Pleurs, larmes répandues.
PlOQYina, V. Bruiner. Se dit de la rosée qui tombe.
Dans le voisinage de Nimes, PUntvina signifie gtUt
Uane.
Plonvinas, s. m. Bruine intense, rosée abondante. Dans
le voisinage de Nimes, on appelle Plotninas la gelée blaoche
désignée à Alais sous le nom de Barbatto* — Foy. c. m.
PlouYinéja, v. Bruiner.
Dér. du lat. Pluvia, pluie.
Plouvinéjado, s, f. Bruine peu intense; menue ploie
telle que celle provenant des brouillards qui se résolvent en
pluie fine. Dim. de Ploumno, {Voy. c. m.) Sur les haulei
montagnes il ne tombe guère que de la bruine. — Fa» tmo
plouvinéjado, il fait une petite rosée.
Plonvino, s. f. Bruine, rosée de la nuit ou du matin;
pluie fine. Nom de la gelée blanche en Provence.
Dér. du lat. Pluvia, pluie.
Pluga, V. Fermer les yeux, les bander comme on le fait
aux jeuxde colin-maillard et cligne-musette. OnàiX: Qudw
plugof que l'on doit rendre par : à qui est-ce à faire? —
ts iéou que plugtu, c'est moi qui fais. Té vdou pluga, je
vais te bander les yeux. Ce terme parait être dit poor
pUga, plier ou fermer.
Dér. du lat. Plipare, plier, m. sign.
Plngos, 5. /*. pi. Àntoques ou lunettes des (cbevanx;
sortes de calottes de cuir opaques, avec lesquelles on
recouvre les yeux des chevaux de manège et de ceux que
l'on emploie au dépiquage du blé. Il ne faut pas oonfondr»
les àntoques avec les œillères des chevaux de voitures ou
avec les flaquières, qui empêchent seulement les chevaux
et les mulets de voir latéralement, ce qui contribue à les
tenir dans le droit chemin.
Plngoùi (Dé), adv. A tàtcms, les yeux formés ou à
l'aveuglette.
Plugné, s. m. Le jeu de cache-cache ou de clîgoe-
musette, appelé aussi Béseoundudo.
Plus (Sani). Locution qui s'emploie dans le sens de :
sans ajouter davantage. — Quan aguè parla, partigni
sans plus, quand il eut expliqué son affaire, il partit sans
rien ajouter de plus.
Po, sid>si. m. Pot, vase de terre ou de métal destiné à con-
tenir quelque chose.
Dér. du lat. Poius, boisson.
Po, V. S* pers. du pr. ds l'ind, des v. Poudre, Pùmiê 01
Poudé, pouvoir. Il ou elle peut. ^ Po si dire, oa peut le
dire.
Dér. du lat. PoUre, pouvoir, m. sign.
Pocho, f . f. Poche, petit sac aplati fixé aux habitt et
servant à serrer divers objets que l'on emporte babitsel-
lement avec soi ; faux pli d'une étoie cousue» sinus dans
une plaie; partie interne d'une tumeur. On dit au fig- ^
Àcd is din ma poeho, c'est une chose comprise, une cbo»
POR
qui m'est acqaiae. — itoHn dé pocho, raisin de poche, à
grains durs et qni mûrit fort tard.
Dôr. de la bsus. lat. Punga, Puneha, Poehia, m. sign.
Po-dé-cambro, 5. m. eomp, Pot-de-cbambre» vase de
nuit. — Foy. Pitêodaii.
Pon, s. m. Pont, oavrage en pierre, en bois on en fer
jeté snr nne rivière, un fleuve, nn cours d'eau quelconque
pour en faciliter le passage.
Dér. du lat. Pons, pontis, m. sign.
Pon-léTadls, t. m. eomp, Pont*levis.
Pôon, 8, f. La peur, l'effroi, r- N'aï maï dép&ou que
d'énvéjo, j'en ai plus peur qu'envie, se dit d'une chose
qu'on redoute de voir se réaliser. La pôou gardo las vignoi,
la peur garde les vignes.
Por, s, m. Cochon commun, cochon domestique. fSui
tcrofa, Linn.) Mammifère onguiculé de la famille des
Pachydermes, dont on distingue six ou sept races ayant
toutes le sanglier pour souche. Au fig. un individu sale,
malpropre ou dont le langage est grossier et inconvenant.
^ Es eoumo un par à Véngrdi, se dit d'un individu qui n'a
d'autre souci que de manger et dormir. Pw sénglas, san-
glier ou porc sauvage. Ptoures pas, piehoto, avèn trouba
iôu par, n'ayez aucun souci, nous avons trouvé le nœud
de la difBculté.
Dér. du lat. Poreiis, m. sign.
Pore, f. m. Poireau. — Vèr eoumo un p(>r9, vert comme
la fane d'un poireau. On dit aussi Port.
Port, f . m. Poireau. — Voy. Pors,
Poije, s. m. Porche, espace couvert placé à l'entrée
d'un édifice, d'un monument, d'une maison ; parvis d'une
fglise.
Dér. du lat. Portieus, m. sign.
Porto, n. pr. de lieu. Portes, ou Portes-Bertrand,
comm. du canton de Génolhac. — Casirum et viUa de
Portis, k^Qt\ Ad Portas, 4294; Castrum de Portis-Ber-
irandi, 4344. Cette localité, qui peut être considérée comme
la porte des Cévennes, est située sur la ligne du faite qui
sépare les deux vallées du Gardon et de la Cèze. La voie
romaine de Nimes à Gergovie, par le Collet de Villefort,
passait par Portes et on en trouve encore des vestiges sur
son territoire.
Porto, f. f. Porte, ouverture par où l'on pénètre dans
une maison, un édifice, une ville, etc. ; la clôture elle-
même, la cloison qui sert à fermer l'ouverture. — Bara la
porto', fermer la porte. JHqua en toutos las portos, frapper
à toutes les portes, réclamer un service de tous les
côtés. Porto^-vitro, porte vitrée.
Dér. du lat. Porta, m. sign.
Forto-ésfrai, t. m. eomp. Épouvantail, mannequin
bourré de paille qu'on met au bout d'un poteau au milieu
d'un champ pour effrayer les oiseaux. Au fig. personne
laide, hideuse, qui fait peur; rabat-joie, croquemitaine. On
applique quelquefois ironiquement cette qualification à un
agent de police, à un gendarme.
POU
559
Porto-fai, s. m. eomp. Porte-faix, crocheteur.
Porto-iuio, s. m. e&mp. Portefeuille.
Porto-mantèl, s, m. eomp. Porte-manteau.
Porto-réspè, t. m. eomp. Une arme quelconque que
l'on porte ostensiblement dans un voyage ou dans une
occasion où l'on peut courir des dangers, et qui impose le
respect à ceux qui l'aperçoivent.
Pos, s. A Planche. Du lat. Postis. ^^ Es se eoumo uno
pos, il est sec comme une planche. Van mes entre quatre
pos, on l'a mis entre quatre planches, on l'a mis au
cercueil.
Poe, f). Tu peux; t^ pers, du prés, de Vind, du v.
Poudre, Poude ou Pimdé, pouvoir. — Pos ou eréire, tu
peux le croire. Pos-ti ou dire? Peux-tu dire cela?
Poua-barâou, s. m. eomp. Puits que l'on ferme au
moyen d'une porte. C'est un puits semblable, encore
existant, qui a donné son nom à la rue Puits^Murral à Alais.
Pouce, «. m. Le pouce de la main. — Métré lou pouce,
caler, se plier à une nécessité, à une exigence; se laisser
convaincre par une démonstration, avouer que l'on a tort.
Ancienne mesure aujourd'hui al:andonnée.
Poucèl. 5. m. Jeune pourceau, goret, cochon de lait.
Dér. du lat. PoreeUus, m. sign.
Poucéla, V. Cochonner, se dit de la truie qui a mis bas.
PoQcélado, f. fm Cochonnée; portée de petits cochons;
ce qu'une truie met bas en une seule portée. Siuvagbs
ajoute que le nombre des jeunes pourceaux est ordinai-
rement égal au nombre des pis de la truie.
Poucèlo, s, f. Une jeune truie qui n'a point porté.
Pouchado, j. f. Une pochée; plein une poche. —
N'awè uno pléno pouchado, il en avait une poche pleine.
Pouchéja, v. Se fouiller; mettre la main dans sa poche
comme pour en retirer de l'argent.
Pouchoù, s. m. Gousset, bourson, petite poche de la
culotte ou du gilet. Dim. de Poeho.
Poucion, f . m. Pourcil, loge ou étable à cochons. Du
lat. Porcinum (sous-entendu stabulumj. — Sanio eoumo un
poucUm, sale comme un pourcil; se dit d'une maison
très-mal tenue.
Pouda, V. Tailler la vigne, former la tète d'un mûrier
nain, d'un jeune arbre fruitier.
Dér. du lat. Putare, rendre pur, tailler, émonder,
nettoyer.
Poudaire, s. m. Vigneron qui taille la vigne.
Poudar ou Bartassiè. Grande serpe à tailler les haies
et les charmilles. Elle est emmanchée d'un long bâton, et
le fer a la forme d'un croissant, comme celui d'une
faucille.
Poudasoù, 5. f. La taille des vignes; l'époque, la
saison où a lieu cette opération. — Pir poudasoà, au
temps de la taille.
Fondé, t. m. Serpette k graffer, à émonder, à tailler.
Dér. du lat. Puius, a, um, pur, purifié; d'où Putm^,
rendre pur, tailler, émonder, nettoyer.
560 POU
Ponde, I. m. PouvcMT, autoritô» crédit. — S'amèi loû
fwdé, si j'avais le pouvoir.
Ponde, V, Pouvoir.
Ponde, «. n. Pouvoir, — V. Poudé et Pwdre.
On dit au puis, dï l'ind. :
Pod6 Je peux.
Podes tu peux.
Po il peut.
Poudèn nous pouvons.
Poudès vous pouvez.
Podou ils peuvent.
A l'imparfait :
Poudiii je pouvais.
Poudièi tu pouvais.
Poudiè il pouvait.
Poudian nous pouvions.
Poudias vous pouviez.
Poudiàn ils pouvaient.
Au PASSÉ DÉFINI :
Pouguère je pus.
Pouguèr6$ tu pUB.
Pouguè il put.
Pouguèn nous pûmes.
Pouguès vous pûtes.
Pouguèrou ils purent .
Dér. du lat. Potere, pouvoir, m. sign.
Camine tan que pode, je marche aussi vite que je puis.
Couristian tan que Diou poudian, nous courions à toutes
jambes ou autant que Dieu nous donnait des forces. Pico
tan que po, il frappe de toutes ses forces. S'en vaï tan que
po, en parlant d'un malade qui approche de sa fin. Plôou
tan que po, il pleut à verse. Fôou poude, il faut pouvoir.
Pondios, s, f, pi. Les émondures, les menus brins,
les scions et les branches enlevées d'un arbre que l'on
émonde avec la serpette ou la hache ; les sarments que l'on
coupe sur un cep de vigne.
Pondo, i. f. Serpe à couper les ronces, emmanchée d'un
bâton long de quatre à cinq pieds. Son fer est plus petit
que celui du Poudas; il est un peu plus grand que celui
du Poudé ou serpette. On appelle aussi Poudo, la serpette
à talon allongé qui sert à tailler les vignes.
Pondra, t?. Poudrer, couvrir de poussière. — Souï umt
poudra, je suis tout couvert de poussière. — Futur absolu
du ▼. Poudre, Il ou elle pourra.
Pondre, v. Pouvoir. — Voy, Poude et Poudé, v.
Pondro, s. f. Poudre, poudre à canon, à fusil ; poudre
à poudrer; poussière, matière pulvérisée.
Dér. du lat. PulvU, pulverie.
Ponèlo, s, m. Poêle, fourneau servant à chaufier un
appartement, à faire la cuisine. Appareil essentiellement
moderne dans le midi de la France surtout, et dont le nom
est emprunté au français. Drap d'honneur que l'on porte
dans une cérémonie funèbre.
POU
Ponèn, s. m. Point; point final dans réeritore ou les
ouvrages imprimés; point que l'on marque au jeu. On dit
aussi Potcn. — Voy. c. m.
Ponètro, s. m. Poète. Emprunt fail au français e& le
dénaturant.
Ponge, n. pr. m. Nom d'homme et de localité. Dim. de
PU, Puech, Pny, élévation, tertre, monticule, pic.
Dér. du lat. Podium, m. sign.
Pongéao, adj. f. Qualificatif appliqué à oertaioes
monnaies du Puy émises sous le signe de saint Louis. —
Maïo pougéio, maille pougeoise ou du Puy.
La pitte pougeoise valait la moitié d'une maille et oeHe-
ci la moitié d'un denier. D'après certains auteurs la Pou^éio
proprement dite équivalait à la moitié d*nne pitte ou an
quart d'une obole ou le huitième d'un denier. La pitte
proprement dite, picta, était une monnaie du Poitou,
Pagus pictavemis .
Pongnado, s. f. Une poignée, autant que la toaio
fermée peut contenir d'une chose; partie d'un instrameot
ou d*un oulil que l'on saisit avec la main ; poignée de
main.
Pongné, s. m. Poignet, l'artioulatiou qni relie la maÎB
à l'avant-bras ; partie de la manche d'une chemise, d'ime
blouse, d'une veste, etc., qui correspond k cette articula-
tion.
Pougne, v. Piquer, percer, transpercer avec une ebose
aiguë ; mordre en parlant du serpent et de la piqûre des
abeilles. Au fig. inquiéter, irriter, fâcher.
Dér. du lat. Pungere, m. sign.
Pongne, v. Poudre. Travailler la pâte avec les poings
fermés.
Pongnédisso, s, f. Douleur vive et aiguë; point-de-
côté.
Pougnédnro, a. f. Piqûre d'abeille, de gnèpe, defiek»,
de puce, de scorpion, etc.
Pongno, s, f, La force qui réside dans le poignet et la
main. — A bono pougno, il a le poignet solide.
Pongn. Pu. Part, pou, du verbe Poudre, Poude oo
Poudé, On dit aussi Piseu ou Poutûu dans le même aeoa.
Dér. du lat. Potere, po$$um.
Pouîo, f. /*. Injures grossières.
Du celt. Poulk, ou plutôt de Pediûulus, pon* tcaitsr
quelqu'un de pouilleux.
Pomaoù, a. f. Poison, substance qni, introduite dans
l'organisme, peut donner la mort. An Gg. un méchant
homme, une méchante femme. — Qumto pouïaoè.' <pt\
gredin! quel coquin!
Dér. du lat. Potio, potion, breuvage.
Ponitronn, a. m. Poltron, lâche, pusillaaime, dépoorva
de courage.
Dér. du lat. PoUese^ pouce, et de IViuMiif, ooupé, mutilé.
Autrefois les Romains qui par lâcheté ne voulaient pat
servir dans les armées se coupaient le ponfid* d'on : ^'
Uxtruncus, Poltrunc et poltroa.
POU
PonitTOunariè» $. f. Poltroimerie.
Ponl, s. m. Cochet, jenne ccxi.
Ponlardo, j. f. Poularde, jeune poule que l'on a
engraissée après lui avoir enlevé les ovaires.
Foulé, f . m. Poulet, poussin de la poule.
Dér. du lat. PuUus, m. sign. — Es mar etmmotmpoulé,
il est mort sans souffrance, sans agonie; il s*est éteint.
Poulôie, s, f. Poulie. On dit aussi TirtAo.
Poulèjo, j. f. Gigogne ou bascule de puits. — Yo)^,
Balandro,
Ponlétarîè» $. f. Poulaille; troupe de volailles.
Poolit f . m. Poulain, jeune cheval, ânon, jeune mulet.
An fig. jeune garçon sans expérience, aux allures vives.
«-> Qudou nottn iravato pouli, travaïo roussi, qui ne tra-
vaille pas dans sa jeunesse» travaille parfois dans sa
vieillesse.
Pouli, ido, adj. m. et f. Joli, jolie ; gentil, gentille. —
M'en avis fa tino potdido, vous m'en avez fait une qui
compte. Siès un pouli mèrls/ tu es un fier nigaud! Vous aï
éÊpéra un pouli briou, je vous ai attendu bien longtemps.
Ponliço, s. f. Police.
Dér. du lat. Policia, ordre, règlement établi pour la
sûreté d'une ville.
Ponliço, s. f. — Faïrs la poultço, gaminer, faire le
polisson par les rues.
Poulidiè, «. f. Beauté, gentillesse.
Poulina, Pouliner, mettre bas un poulain, se dit de la
jument et aussi de l'ànesse.
Poulinado, s. f. Escapade d'écolier, d'un j^^une libertin
qui fuit la maison paternelle pour prendre la clé des
champs; escapade. — A fa poulinado, il a décampé.
Poulinas, j. m. Gros poulain et au fig. gros garçon qui
gambade et folâtre comme un poulain ; fiente de poule ou
de quelque autre oiseau de basse-cour. .
Ponlisso, s, m. Polisson. — Siès uno bravo poulisso, tu
es un fier gamin.
Pouliasonn, s. m. Polisson, espiègle, libertin, débauché.
Pouliasouna, v. Polissonner ; dire ou faire des polisson-
neries.
PouUssounado, s. f. Polissonnerie, acte inconvenant,
insolence.
Poulissounariè, i. f. Action, parole, tour de polisson;
bouffonnerie, plaisanterie déplacée.
PoqIo, <. f. Jeune poule et par extension la femelle du
coq, que Ton appelle surtout Galino. — Voif, c. m.
Dér. du lat. PuUa, m. sign. — Gardas vostos poulos, aï
douna van à numn gai, gardez vos filles, mon fils est
émancipé.
Ponlo-d'aîgo, s, f. Poule d'eau; poule d'eau ordinaire.
fGaUinula chloropus, Linn.) Oiseau aquatique qui a la tête,
la gorge, le cou et la poitrine d'un noir bleuâtre, le dessous
du coq» blanc, et le dessus brun olivâtre avec une plaque
rouge sur le front. Il atteint près de quarante centimètres
de longueur.
POU
561
Indépendamment de cette espèce, il en est une autre,
la poule d'eau Marouette (Gallinida porzana, Temm.), asseï
pareille de couleur à la précédente, mais moitié plus
petite, qui, comme elle, se trouve souvent au bord des eaux
douces. Celle-là, sans compter d'autres variétés qui ne
quittent guère les étangs et les marais, doit aussi recevoir
le nom de poulo-d'aïgo; il n'est pas jusqu'au râle d'eau
(mieux dit cependant raseléj qui ne puisse se confondre
sous la même appellation avec les précédentes : il est vrai
que tous sont bien proches parents.
Pouloumas, s. f. Ficelle tordue à un seul brin de
diverses grosseurs.
Dér. de la bass. lat. Polomarium, m. sign.
Poulonmbà, s, f. Palombe; pigeon sauvage plus petit
que le ramier. fCotumba turricola sexatilis, Linn.)
Pouma, ado, adJ. m. et f. Pommé, ée, en forme de
pomme. Se dit principalement des choux et des salades. —
Vaqui un cdoulé bien pouma, voilà un chou bien pommé.
Dérivé de Poumo.
Pouma, V. Pommer, se développer en forme de pomme.
Se dit principalement des choux.
Poumada, v. Pommader, enduire de pommade. Se
pommader, enduire ses cheveux de pommade.
Poumado, «. f. Pommade, composition molle, grasse ou
onctueuse employée soit en médecine, soit comme cosmé-
tique.
Dér. du lat. Pomatum, fait avec la pomme, parce que
jadis on faisait entrer la pulpe de ce fruit dans cette
composition.
Poumarédo, s. f. Pommeraie, lieu planté de pommiers
ou d'arbres fruitiers produisant des fruits à pépins. Ce mot
est aussi employé comme nom propre d'homme : Poumarédo,
Pomaréde, La Pommeraie.
Dér. du lat. Pomarium, m. s.
Ponmiè, s. m. Pommier, arbre qui porte des pommes;
poirier commun. (Malus communis, Dec.) — Voy.
Poumièïro.
Dér. de Poumo.
Poundèiro, i. f. Pommier. On dit aussi Poumiè, —
Voy. c. m.
Poumo, s, f. Pomme, le fruit du pommier.
Dér. du lat. Pomum, fruit bon à manger.
Ponmo-d'Adam, s. f. eômp. Pomme d'Adam, saillie plus
ou moins prononcée formée au devant du cou, par le nœud
de la gorge.
Poumo-d'amonr, s, f. comp. Pomme d'amour, tomate
(Solanum lycopersicum, Linn.), plante potagère de la
famille des Solanées, originaire de l'Amérique méridionale
et cultivée dans tout le midi de la France.
Ponmo-dé-tèro, i . f. eomp. Pomme de terre. Emprunté
au français. On dit plus ordinairement Trufo,
Poumpa, V, Pomper, élever de l'eau au moyen d'une
pompe, aspirer un liquide ou un gaz. Au fig. boire outre
mesure.
562
POU
POU
Ponmpé, s. m. Galette, morceau de pâte aplatie qu'on
fait cuire à l'entrée du four. On l'appelle aussi Flamado ou
Poumpo, — Voy, cm.
Ponmpèire, t. m. Pomme de rambour, d'un très-gros
volume et très-fondante à la cuisson.
Poumpiè, s, m. Pompier, sapeur-pompier. Au fig. un
buveur. — Es un famoûs poumpiè, c'est un lier buveur.
Ponmpo, s, f. Pompe, appareil pour élever l'eau et
dans lequel la pression de l'air est le principal agent;
lampe à huile dans laquelle l'huile monte au moyen d'une
pompe foulante.
Ponmpouna, v. Dorloter, caresser, soigner délicatement
quelqu'un.
Ponn, j. m. Point; point fmal dans l'écriture ou la
typographie ; point de couture. — Poun dé dissate, couture
à longs points ou faits négligemment et à la hâte.
Dér. du lat. Punctum, m. sign.
Poun, f. m. Poing; la main fermée. — A lous pouns
sarax, se dit d'un avare.
Dér. du lat. Pugnut, m. sign.
Ponnchè, $. m. Étui, étançon, pointai, pièce de bois
employée à soutenir une poutre qui plie ou un mur qui
menace ruine.
Poonchéia, v. Poindre, sortir, commencer à paraître.
— Lou jour, Uu éstèlos pounehéjou, le jour, les étoiles
commencent à poindre.
Pouncho, t. f. Pointe, bout effilé, aigu ou piquant;
extrémité d'un objet qui se termine en pointe; sorte de
coiffure ancienne ; mouchoir triangulaire que les femmes
emploient dans leur toilette.
Dér. du lat. Punciio.
Potmcho-dâcn-jonr, s. m. eômp. Le point du jour.
Ponnchoù, s. m. Pointe, piquant, aiguillon, sommet, faite.
Dim. de Pouncho .
Potmchonna, v. Piquer, aiguillonner, pousser quelqu'un
hors des gonds, le mettre hors de lui.
Potmchoiinado, $, f. Piqûre. Au fig. excitation.
Ponnçon, s. m. Poinçon, instrument en fer servant à
percer ou à marquer.
Dér. du lat. Punguieulus.
Ponnsé, i . m. Terme employé sous forme de plaisan-
terie pour désigner l'estomac. — Aï bien rampli pounté,
je viens de faire un bon repas.
Pounté, f. m. Pontceau, petit pont.
Ponpéto, 5. f. Panade, sorte de bouillie préparée pour
les petits enfants.
Ponpo, «. f. Le filet extérieur du bœuf, du mouton, du
porc ; celui qui règne le long du dos de chaque côté de
l'épine dorsale. Le filet intérieur prend le nom de filé,
emprunté au français.
Ce mot s'emploie avec une deuxième signification pour
désigner la chair, les muscles proprement dits; ce qu'il y a
de plus solide et de plus charnu dans les muscles de l'animal.
Dér. du lat. Puipa, m. sign.
Ponpoun, 3. m. Un poupon, un très-jeune enfant.
Dér. du lat. Pupus, petit garçon.
Ce terme s'emploie aussi pour désigner un melon.
Dér. du. lat. Pepo, peponis.
Pouponna, v. Choyer, dorloter, mitonner, prendre on
soin excessif de la santé, des aises d'une personne.
Ponrado, «. f. Gain, profit, durée. — Para pat lonp
pourado, il ne sera pas de longue durée, il aura bleatAt
pris fin, il mourra bientôt. On dit proverbialement :
Chambriëiro rétoumado, soupe réeàoufado, noun (di jamtA
hono pourado.
Pouraqno, s. f. Asphodèle. — Voy, Alapédo.
Pouraquo est sans doute un nom dérivé de Port ou Pon,
à cause de la ressemblance des feuilles radicales gladiées
de l'asphodèle avec celles du poireau.
Ponrcariè, s. f. Viande de porc, charcuterie. Au
cochonnerie; saleté, ordure.
Dér. de Por.
Ponrcas, s. m. Gros pourceau. Augm. de Por. Au
un homme grossier, qui dit des paroles grossières.
Dér. de Por.
Ponrcatiè, «.m. Marchand de cochons; charcutier.
Ponrcino, s, f. Troupeau de cochons, la gent porcine.
Poure. V. Pouvoir. — Yoy. Poudé, Poudre et Pourf«,
qui sont d'autres formes patoises du même verbe.
Ponréto, s. f. Menu plant de mûrier arraché du semis
et transplanté dans une pépinière.
Dér. de Pore ou Pori, parce que ces plants sont vendus
en petites bottes comme les poireaux.
Dans le voisinage de Nimes, le mûrier nain est aaasi
appelé Pouréto,
Ponii, V. a. Pourrir, altérer, gâter, corrompre. On dit
au fig. d'une mère qui gâte trop son enfant : loupowït.
Dér. du lat. Putrere, m. sign.
Pomi, V. n. Pourrir, tomber en putréfaction, se décom-
poser. On dit au fig. d'un enfant gâté : Aquti éfanés
pouri. Même étymologie que le mot précédent.
Ponridoù, 5. m. Creux ou fosse à fumier.
Ponridnègno, i . /. Pourriture, saleté, débris de choses
gâtées.
Pourituro, s. f. Pourriture, corruption; état d*uw
chose pourrie. Maladie des bêtes à laine.
Dér. du lat. Putredo.
Ponrqné, s, m. Du porc frais. — Pourqué-dé-mêr,
cochon d'Inde. Manja dé pourqué émbé dé sâùuvià, man-
ger un mets avec grand appétit.
Ponrqnéîrargne, n. pr, de lieu. Porcairargufcs, hamean
de la commune des Salles-du-Gardon, à cinq kilomètres en
amont d'Alais. On pense que c'est le lien d'origine de U
célèbre Azalaïs de Porcairargues, poète en langue romane.
qui vivait vers le milieu du xn« siècle, et qui fut timée de
Gui Guerréjat, fils de Guillaume VI, de Montpellier, dont
la mère, Béatrix de Melgueil, avait épousé, en 4U4, RT
mond Pelet premier seigneur d'Alais.
POU
Poarqaiè, ièîro, s. m. et ^ Porcher, gardeur de
cochons.
Poiir([iii]e, i. m. SaleM. malpropreté. Au fig. paroles
lales et grossières.
Ponrta, v. Porter, apporter, rapporter.
Dér. du lat. Portare, m, sign. — Porto lou eur stu
la fnan, il porte le cœar sur la main. Ou pourtara pa'n
paradis, il ne remportera pas en paradis; il me le paiera
tôt ou lard. Porto-ésfraï . — Voy, cm.
Ponrta (Se), v, n. Être en bonne ou en mauvaise
santé : Se porto (rien, $é porto pa$ bien ou se porto mdou,
Ponita-cronto, Porter préjudice, faire opposition. —
Jf'oj pourta-cronto, tu as agi contre mes mtérèls.
Loc. composée de Pouria, v., et de Cronto, contre.
Ponrtalé, s, m. Dim. de Pourtâou; petit portail; porte
secondaire percée dans les anciens remparts.
Poortamén, s, m. Santé, bon état du corps. — Vous
demandé pa vostepouriamin, je ne vous demande pas com-
ment vous vous portez; je vois que vous vous portez bien.
Ponrtaii, adv. Pourtant, néanmoins, cependant.
Pourtanèl, s. m. Guichet, petite porte pratiquée dans
une porte plus grande, telle qu*une porte de ville ou de
prison, une porte cochère, une porte de boutique.
Pourtâoii, 5. m. Portail; porte cochère, de basse-cour,
de ville. Grande porte d'une maison.
Ponrtoulaîgo, s. m. Pourpier commun {Portultica
oleracêa, Linn.), plante grasse potagère, astringente et ra-
fraîchissante. On l'appelle aussi Bourtoulaïgo. — Voy, c. m.
Dér. du lat. Portulaca.
Pourtor, «.m. Porteur; celui qui porte les commissions,
les voyageurs, les paquets, les denrées, d*une localité à
une autre ; un facteur rural .
Pons, $. m. Puits ; excavation plus ou moins profonde
pratiquée dans le sol pour avoir de l'eau.
Dér. du lat. Pttteus, m. sign.
Pous-à-ranco ou Pouséranquo, puits à roue. — Voy. c. m.
Poiifl, s. m. Le pouls ou battement des artères. Ce terme
s'applique surtout au battement qui se fait sentir aux
poignets ou à la tempe. — N'a gés dé pous, son pouls ne
bat plus.
Dér. du lat. Pulsus, qui vient de Pulsars, battre.
PoQfl, s, f. Poudre, poussière.
PoQsa, V, Puiser de l'eau ou d'un liquide quelconque.
Ponsadoù, i . m. Pnisoir; récipient servant à puiser un
liquide quelconque dans le vase qui le contient.
Poniage, s. m. Action de puiser.
PonBéranquo, s. f. Puits à roue ; machine hydraulique
servant à puiser de l'eau dans un puits de grande dimen-
sion. Elle est composée d'une grande roue en bois garnie
de godets et que Ton fait mouvoir au moyen d*nn manège
anquel un cheval ou le vent donne l'impulsion. Selon
Sauvaoss, Pouséranquo viendrait par cormptiou de
pouêar-aïgo,
PoQsia, n. pr, de lien. Pouzilhac, commune du canton
POU
51)3
de Remoulins. — Castrum ds PosUhae, \\%\ \ villa de
Posiliaco, 4476; PozUhaeum, 4384. Cette localité tire
sans doute son nom de sa situation élevée sur la ligue de
faite qui sépare la vallée du Gardon de celle de la Céze . De
quelque direction que Ton arrive à Pouzilhac, il faut s'éle-
ver par une côte raide, au sommet de laquelle se trouve
situé le village, à â20 m. d'altitude, qui est le point le
plus élevé de l'arrondissement d'Uzès.
Dér. du celt. Pouja, v, monter, ou Pouja,adj,^ élevé,
juché sup un puech, — Poujado, signifie aussi rampe,
montée.
Poussa, V. Pousser, faire un effort pour déplacer une
personne ou une chose; faire marcher, faire avancer,
exciter; porter plus loin; faire faire des progrès. Lever, en
parlant des plantes. On dit dans le même sens Buta, —
Voy. c. m.
Poussado, s. f. Secousse, heurt, poussée.
Poussé, s. m. Pousse; maladie des chevaux poussifs.
— Aquél chivtU a lou poussé, ce cheval est poussif.
Ponsséja, v. Soulever, exciter la poussière.
Pousses, s. f. pi. Menue paille ; balle des grains criblés ;
poussiers; pellicule de la nature et de la couleur de la
paille; enveloppe du grain de froment ou d'avoine;
poussière de paille. Débris de peaux de ch&taignes prove-
nant du battage des châtaignes sèches. — Vase d'Aoubamo
s'éngraïuè bé en manjan dé pousses, se dit d'une personne
qui se porte bien tout en vivant chichement.
Pousséto, 5. /*. Petite planche; dim. de Pos .
Poossi, poussÎYO, adj. m. et /*. Poussif, poussive. Se
dit d'un cheval atteint de la pousse ou d'une personne
asthmatique.
Ponssible, Iblo, adj> m. et f. Possible. Se dit d'une
chose qui peut avoir lieu, qui est vraisemblable.
Pousso, s, f. Mamelle de la vache, de la chèvre, de la
brebis. Organe glanduleux qui secrète le lait chez les
femelles des espèces ovine ou bovine»
Poussons, onso, adj. m. et f. Poudreux, couvert de
poussière.
Pousta, «. m. Soupente, plancher qui divise en deux
parties une pièce dans le sens de la hauteur et sur lequel
on établit la couche des domestiques, des ouvriers, et sar
lequel on peut aussi emmagasiner diverses denrées encom-
brantes. Cette soupente est toujours établie en planches.
On y monte par une échelle de meunier qui aboutit à une
large trappe.
Dér. du lat. Positum.
Ponstïonn,^. m. Postillon, valet de poste qui conduit
ceux qui courent la poste.
Dér. de l'ital. Postiglione,
Pontage, i . m. Du bouillon et non dn potage.
Pontagè, s, m. Potager; fourneau de cuisine sur lequel
on prépare les mets. — Jfounia i ta tou pouiagé, se mettre
en frais, se mettre en cuisine ponr un hdte que l'on vent
bien traiter.
r)C4 PRA
Poutarado, s. /. Tiic potée, plein un pot, plein une
i.iariiiilo; dans le slyle fani. un pot-de-cliambre plein.
Poutaras. s. m. Grand broc de vin; grand vase plein
d'un liiiuidc quelconque. On dit proverbialement dans
(juelijues localités :
Pér lou rAounias
F6ou lou poutaras.
IVnir ^niérir le rhume, il faut l)oire du vin.
Pouténcio, s. f. Potence, gibet où l'on exécute les
criiiiiih'ls condamnés i\ élre pendus.
Dér. du lat. Potentia, puissanct\ pouvoir, droit de haute
justice.
Poutèrio, s. f. Gros baiser de nourrice. — Fa) mé 'no
pouivrlo, donne-moi an gros baiser, se dit en parlant à un
ciilanl.
Poutéto, s. /. Petit baiser, petite caresse.
Oér. de Poutott, du cell. Pot, lèvre.
Pouticari, i. m. Apothicaire ou pharmacien, celui qui
l»ivparf^ des remètles suivant les ordonnances dos médecins.
Dér. du grec ^-oOr;xr„ boite, boutique.
Poutinga, r. Droguer, médicamenter. — Se poi'finga,
s** ilr<\L'uer, pren.lre des remèdes.
Poutingo, *. f. Uemètle, médicament, médecine, pur-
ption.
Poutoù, s. m. Baistn*.
Dér. du cclt. Pot ou Pont, lèvre.
Poutounéja, v. Baisotler.
Poutounéjaîre, i. m. Celui qui baisolte à chaque
mst^nt.
Poutouras. s. m. Grand broc à sinitiier le \in. Mesure
d'un p.>t de \in. On dit plulùl Po'ftani'<. — Vo?/. c. nu
Pra, .«. m. Pré, prairie, étenvlue de terre sur la.(nelle on
réo-»lle du loin. — Pra secdoit. pré ^jui n'est arros»' (jue
p\r les pluies.
Dor. lu lat. Prcifvw. dér. ib' Paratus. préparé.
Pradariè. $. f. Qu.\rti'M' de territoire exclusivement
co: -i'' >• de prairies. — Aquil termre é< t^hit (n pradanê,
ce terril- ire est eiitièrcm^^nt Ci"»n.p'-^M* d^ prairies.
Pradèl. -<. m. et u . pr. d-^ lieu. Diin. de Pifi. Petit
pré ou C'-'in de pré. Plu>ieurs h\n.^.uix ou villages des
Cévemies ou de rAnièch'^ ont reçu ce nom.
Prado, 5. f. Prairie; suite de plusieurs prés dans le
voisinaje d'une rivière.
Dcr. de Pra.
Prafi, ex/), adv. Conlracîi'^n Jo pt'r-à-fi. — Si m atet
praK d'aqu^l afaire, nous sommes \ ^luis dans le but de
reg'er c^lte aîuvire.
Pratiqua, r. Pratiquer, r.>3ltr: en pntiqu--': exercer un
irl: fr^-quenter, hanter. — Ai pratip.ta nquél /x^'m, jai
fréqunîé ce pays.
Du ■•rec riranc-r.x-.:, pnîiqU'^. qui 3jit.
Pratiquo, i. f. Prat::ii>\ le c:îé prati^u-^ dun art,
d"ane science: client. >: It -^n :..-iuv.ris:' p.-s.n î'uii n.au-
PRÉ
vais sujet. — Vno bono pratiquo, un lx)n client. Quinlo
pratiquo! quel mauvais sujet!
Pratiquoùs, ouso, adj, m. eif. Industrieux, euse. Se
dit aussi d'une personne qui tire parti de tout et ne laisse
rien perdre.
Prêcha, v. Prêcher, exhorter, faire un discours en
chaire dans une église ou un temple ; admonester quel-
qu'un, exhorter.
Dér. du lat, Prœdicare, proclamer.
Prêche, s. m. Prêche, prédication, sermon.
Prèchi, adv. Près, proche, auprès. On dit aussi Procfcc.
Préga, v. Prier, supplier, prier Dieu, faire des prières.
Dér. du lat. Precari, m. s.
Prègo-Dîou, 5. m. comp, — Prègo-Diou-dé-rattouble,
ou simplement Prègo-Diou ou Cabro. Mante, mante reli-
gieuse. Coléo])tère de couleur verte un peu sombre, ou
couleur de chaurne, se rapprochant Ijeaucoup de la saute-
relle, t|U'on trouve arpentant pédestrement les chaumes,
car ses ailes ne lui servent pas à voler. On le voit quel-
(piefois se tenant presque droit sur ses longues pattes de
derrière, pendant que les deux de devant, qu'il a beaucoup
plus c.turtes. sont repliées et posées l'une contre l'autre.
Cette attitude, assez semblable à celle d'une personne qiii
joint les mains ou croise les bras sur sa poitrine, pour
prier Diru, a suiri pour en faire un insecte dévùt, a dit
Héanmur, et lui a valu son nom languedocien. Les enfanb
ne rencontrent jamais une mante sans lui demander des
nouvelles du loup; c'est qu'il y a longtemps, la crédulité
populair.^ lui attribuait, on ne sait pourquoi, le don de
de\iuer (mante, en grec, veut dire devin;. Les enfants h
Consultent toujours; les hommes ne s'adressent plus p:iir
cela qu'aux tables tournantes, dansantes et même pir-
lantes.
Prémiè, èïro, adj. uum. on/. Premier, ère. — Som
jircDii'}, j.» suis ]'^ prenjer à faire.
V-^v. du lat. Prinnis ou Primariu^.
Prémiè (D'én\ adv. D'aln-^rd, autrefois, jadis. —
D'en prctni'^ fasits jm tan lou fier, autrefois tQ n'avais pas
tant h jactance.
Prémièïrén. énco, adj. m. et y. Préocce. h\tif. Se il
d'^s î'ruits (}ui n.iirissent les premi-Ts.
Préne ou Prendre, v. Prendre, saisir, attnpier. s'ei-
parer, tb-rober. voler, surprendre, prendp? sur le uil
ir.an^'^r. — Prcn pas res, il ne mange rien. Prtn^irefnM,
se îi.:»rier. Prtndre fre, prendre froid. Prtn^ m<ijii, ac-
tracter u:ie !i.alali_e. Prcne-vnus gardo, tenez-vous sar K»
g:u\l-s. J'rtt(€ pcr f"rr>, violer. Prtne la métm, êîr?
ordonné pritre. Prene iwi. prendre s-rn élan. Frau la
mouscn. prendre la n.'juche, se mettre en colère. Prt%ilM
barunln^ d'^gringMer. — Voy. Barunh.
Dér. du lat. Prenlere, m. si^'U.
Prénso. i. /*. Pres>ée. quintité d'olives OG as rvsi
L-i-e lU pre5^:ir en une seule fois: résaiu de !Bsrc pra-
venuit d'uii'? pressc'e.
PRE
Prés, éso, adj, m. et /". Pris, prise. — Sot^préi, je
suis pris, je suis malade, je sois enrhamé.
Dôr. du lat. Prêhmsus.
Près, adv. Près, auprès.
Présa, V, Apprécier, évaluer, estimer; faire cas, tenir
compte. — Se préso pa, il n'est pas fier,, il ne fait pas
d'embarras, il n'est pas vantard.
Présaje, s. m. Terme de cadastre; présage on estima-
tion d'un champ, d'une maison.
Dér. de Pris, prix, valeur, estimation.
Ce terme n'a rien de commun avec le mot français
présage, augure.
Présémplel interj. Par exemple! Est-il possible! cela
serait-il vrai ! c'est singulier!
Contraction de Pér-ésémple.
Présén, 5. m. Présent. — Présén dé boudin, cadeau
que l'on fait à ses parents, à ses amis, et [qui consiste en
un plat de boudin qu'on leur envoie quand on égorge un
porc dans la maison. Présén dé noço, cadeaux de noces.
Pér lou présén, pour le moment, présentement.
Présenta, o. Présenter, offrir, introduire en la pré-
sence de...
Dér. du lat. Prœsentare, m. sign,
Préséntamén, adv. Présentement, à présent même,
sans délai, sans retard, dans le moment.
Préafa, j. m. Entreprise à forfait ou à la tâche, d'après
laquelle et pour un prix convenu d'avance, les ouvriers
font le travail et fournissent diverses choses indiquées.
Présiachè, s. m. Ouvrier qui exécute un travail à
forfait.
Présicadoù, i . m. Prédicateur, prêcheur, frère prêcheur
ou Dominicain, désignés à Paris sous le nom de Jacobins.
A Alais, le pont du Marché s'appelait autrefois Pon-das-
Presicadoiis, parce que le couvent des Dominicains était
situé à son extrémité occidentale, sur la rive droite du
Gardon.
Préso, s, f. Une prise de tabac, un bol de lait d'Ânesse;
prise d'eau, barrage de moulin construit pour établir une
dérivation d'un cours d'eau.
Pressa, ado, adj. m, ei f. Pressé, ée, impatient,
afiairé.
Dér. du lat. Pressus, pressé. — Sé$ bé pressa? vous
êtes bien pressé de partir ?
Presse, s. f. Empressement, diligence, h&te ; presse,
foule, multitude de personnes qui se pressent les unes les
autres . — Y'a prèsso, il y a grande ailluenoe . Ta pasfrèsso,
il n'y a pas péril en la demeure.
Dér. du lat. Pressus, pressé, foulé.
Présta, V. Prêter, donner sous condition de rendre, à
une époque déterminée avec ou sans intérêts. — Si présta,
aider, faciliter, seconder les désirs ou les volontés de
quelqu'un; prêter, s'allonger, s'assouplir sous un effort
sans se rompre.
Dér. du oelt. Prsit, ou du lat. Prestars.
PRO
565
Préatdre, airo, i . m. et A Prêteur, prêteuse; celui
ou celle qui prête.
Prétendu, ud(S s. m. et f. Prétendu, prétendue, un
accordé, une accordée, un fiancé, une fiancée.
Prim, imo, adj. m. et ^ Mince, fin, délié, grêle, svelte,
menu.
Primacholo, s. /; Plante étiolée, menue, grêle, élancée
pour avoir été semée trop dru. — Primaeholos, plur. Défaut
d'égalité dans le fil qui n'est pas uni, dont certaines parties
sont trop fines, d'autres trop grosses.
Primo, s, f. Le printemps.
Dér. du lat. JPHtna. — Primo, une jeune truie qui n'a
pas encore porté.
Dér. du lat. Primapara.
Primo, adj. f. Première. — La primo-âoubo, le point
du jour, la première clarté qui annonce, qui précède
l'aurore.
Dér. du lat. Prima, m. sign.
Prim, primo, adj. m, et f. Économe, ménager avec
excès ; avare, tenace. — Voy, Cagô-prim,
Prion, s. m. Prieur; le possesseur d'un prieuré.
Dér. du lat. Prior, le premier.
Pria, 5. m. Prix, valeur d'un objet ; récompense accordée
à celui qui réussit le mieux dans un exercice mis au
concours.
Dér. du lat. Pretium, prix; et, dans le deuxième cas, de
Prœmium, récompense.
Prisa, V. Priser, prendre du tabac à priser.
Prison, s, f. Prison, maison de force ou de détention
où l'on enferme les accusés et les coupables.
Dér. du lat. Prehmsio, d'où la bass. lat. Prisio, prison.
Priaongnè, èîro, s. m. et f. Celui ou celle qui est
détenu eu prison ou qui est tombé au pouvoir de l'ennemi,
en parlant des soldats.
Priva, V. Priver, ôter à quelqu'un une chose qui lui est
agréable.
Dér. du lat. Privare, m. sign. — Vous n'en privés pas,
ne vous faites pas faute de cela, prenez-en à votre volonté.
Proche, adv. Près, auprès. — Démoro proche dé moun
oustdou, il habite dans mon voisinage.
Dér. du lat. Proximè.
Prochi, adj. m. e\ f. Proche. — Es moun pu proeM
parén, c'est mon plus proche parent. Soun mas pu proehi
paréntos, ce sont mes plus proches parentes.
Dér. du lat. Proximus, m. sign.
Proîo, f . A Proie.
Prone, «. m. Discours ou sermon que le curé ou le
vicaire prononcent le dimanche, à l'église paroissiale, sur
l'épitre ou l'évangile du jour.
Dér. du lat. Prœeonium^ publication.
Prou, f. m. Profit. — Bon prou wmt fague, grand bien
vous fasse. N'en fara pas jamcffi soun prou, il ne s'en tirera
jamais.
78
566
PRU
Prou, adv. Assez, suffisamment. On l'emploie aussi dans
le sens de beaucoup, trop.
Parla prou et bien
Van jamaî pa 'nsén.
Pronii, s. m. Profit, avantage, utilité, progrès» amélio-
ration.
Dér. du lat. Profuîus, progrès, avancement, profit. -*
Pcudis pas vout apara âou prouft, vous ne pouvez pas vous
garer de la bonne chance.
Prounte, ounto, adj. m. et f. Vif, bouillant, emporté;
actif, diligent. — Siègues pa$ tan prounte, ne sois pas si
vif.
Dér. du lat. Promptta, formé de ProtMre, mettre devant,
tirer; disposé, résolu.
Proontitudo, i. A Promptitude, vivacité, emportement.
— Es un co dé prountitudo, c'est un mouvement de
vivacité.
Pronvénçâon, alo, adj. et subst. m. et /. Proven-
çal, aie; qui est de Provence.
Dér. de Prouvénço, Provence, dont Tétymologie vient
de Provincia, province, nom que lui donnaient les Romains.
Prouvénço, s. pr. f, Provence, ancienne province de
France, formée des départements des Bouches-du-Rh6ne,
du Var et des Basses-Alpes et dont Aii était la capitale.
Dér. du lat. Provincia, province, nom par lequel la
désignaient les Romains.
Pronvénquo, s. f. Pervenche, Vinea major, Linn. Les
anciens la considéraient comme le symbole de la joie.
Plante de la famille des Apocynées.
Pronvéal, v. Pourvoir, donner, fournir, donner ce qui
est nécessaire aux. besoins; prévoir.
Dér. du lat. Prowdwn, m. sign.
Proavésl (Se), «. Se pourvoir, se fournir de choses
nécessaires ou utiles, en appeler devant les tribunaux.
Pronvéaion, s. f. Provision, collection de choses néces-
saires ou utiles; trousseau de linge; réserve de denrées
ou substances alimentaires.
Dér. du lat. Provisio, m. sign.
Pmdome, s, m. Ormin des prés, Salvia verbenoea,
Linn. Cette plante ressemble beaucoup à la Touto-bono
(Salvia sclareaj, et les botanistes les désignent toutes deux
par le même nom ; mais cette dernière est aromatique.
Pmgnè, s. m. Prunier, arbre de la famille des Rosacées,
dont il existe plusieurs espèces.
Dér. du lat. Prunus.
Pnmarédo, s. f. Prunelaie, champ planté de pruniers.
Nom pr. de lieu.
Prnno, f. f. Prune, fruit du prunier. — Floura coumo
uno pruno, qui a le visage rose et plein de fraîcheur.
ProB, s. m. Le fil d'une lame tranchante, d'un couteau,
d'un rasoir. — Douna lou prus, donner le fil à une lame.
A bon prus, ce couteau, ce rasoir sont bien affilés. Au fig.
Bouta en prus, mettre en appétit.
PUR
Praséto, s. f. La chatouille. — FcXre prusité, faire la
chatouille.
Prnal, v. Démanger, cuire. — Ségrato ounki'iprM,
se dit au fig. pour il se gratte où cela le chatouille; il sent
où le bât le blesse.
Pmsije, 5. m. Démangeaison, prurit.
Pu, adv. Plus, davantage. Expression quantitative
opposée à mén, moins. — Sèn pu-t'éroùs que brave, nous
avons plus de chance que de mérite.
Dér. du lat. Plus.
Pu, pure, adj. m. ex f. Pur, pure; qui n*est point altéré
par le mélange d'une matière étrangère ; qui n'est pas sooiUè.
<— De t» pu, d'aïgo puro, du vin pur, de l'eau pure.
Dér. du lat. Purus, m. sign.
Pu, 3^ pers. du 5. du présent de l'ind. du v. Pudï, poer,
avoir mauvaise odeur. Il ou elle pue. — Sén que pu, il pœ.
Aeà mé pu, cela m'ennuie, cela m'agace.
Dér. du iat. Putere, m. sign., ou du grec nuOa), corrom-
pre, pourrir.
Pndén, énto, adj. m. et f. Puant, puante, qui répami
une mauvaise odeur.
Dér. du lat. Putidus, m. sign.
Pudl, s. m. Nom donné dans le Languedoc à VAnasyrit
ftetida.
Pudl, V. Puer, répandre une mauvaise odeur. -*
Parâoulos pudou pas, paroles ne puent pas.
Dér. du lat. Putere, m. sign., ou du grec nuOcD, corrom-
pre, pourrir.
Pndicino, s. f. Puanteur, infection.
Pndla, suhst. m. Le putois, Mustela puUrius, Lino.
Sorte de belette nommée Pudîs à cause de la mauvaise odeur
qu'elle répand lorsqu'elle est échauffée ou irritée; VAnagtfris
ftBtida, Linn., ou bois puant, plante qui croit en Laa*
guedoc.
Pnîo, subst. f. Dent de râteau, de roue dentée, de herse,
de peigne.
Dér. de l'espagn. Puia, pointe, épine.
Pnpn, I. m. La huppe. — Voy. Lupégo.
Purèîo, s. f. Purée; légumes réduits en pâte, tels que
pois, haricots, lentilles, etc.
Dér. du lat. Purata pisa.
Purèsi, s. m. Pleurésie; maladie causée par l'inflam-
mation de la plèvre du poumon.
Dér. du lat. Pleuritis, plèvre.
Po^gatori, n. pr. m. Purgatoire, lieu où les âmes des
justes expient les fautes légères qui n'ont pas été pnriflées
pendant la vie; lieu de souffirance. — Mi fùH posta
moun purgatori, il me fait passer en ce monde par le
purgatoire, il me cause des ennuis, des souffrances morales.
Dér. du lat. Purgatorium, dér. de Purgare, purger«
nettoyer, purifier.
Pnrja, v. Purger, donner un purgatif; nettoyer, purifier.
Dér. du lat. Purgare, m. sign.
Puxjo, f . A Une purgation, un purgatif.
PUS
Pliro, adj. f. — Yo^, Pu,
Pus, subst. m. Pus, liquide produit par la sappuration
d'une plaie on d*nn nlcèm.
PUS
r)67
Pus, adv. Plus, expression privative. — fTén podê jnu,
je n'en puis plos, je sois harassé.
Pnsàon, «. m. Le galetas, le grenier, le plus haut étage
de la maison. Composé de deux mots^Mi et àw, pins et haAt.
Q
QUA
Qnadmblo, i. /: Quadruple ou demi-pistole, monnaie
d'or d'Espagne, valant de 80 à 84 francs.
Dér. du lat. Quadruplex, parce que sa valeur est de
quatre louis.
Qoalita, «. f. Qualité, différence qui distingue une chose
d'nne autre; propriété de chaque chose; ce qui modifie
l'essence des choses; ce qui fait qu'elles sont bonnes ou
mauvaises, grandes ou petites; noblesse distinguée, titre
d'honneur.
Dér. du lat. QualUat, m. sign.
Quand, adv. Quand, lorsque. — Quand î sérèt? Quand
vous serez prêt? se dit comme avertissement lorsqu'on fait
une chose qui demande un effort simultané de deux ou
plusieurs personnes. Vendrai quand mémo, je viendrai
qnand même. Vendra noun tat quand, il arrivera je ne
sais quand.
Dér. du lat. Quando, m. sign.
Quant, adv. Combien, quel nombre. — Quant sè$?
Combien êtes- vous? Quant n'i'a? Combien y en a-t-il?
Quant que n'xague, quel qu'en soit le nombre. iVTa noun
ëoH quant, il y en a je ne sais combien.
Dér. du lat. Quantum, m. sign.
Quant à, adv. Quant à, pour ce qui est de. — Quant
à iéou, pour moi, en ce qui me concerne. Quant à souè,
quant à soi. — Garda soun quant-à-souè, conserver sa
liberté d'action, se tenir sur la réserve.
Quanta, quanto, pr. eonj\ m. et f. Quel r lequel T —
Quante vos? lequel veux-tu? Quanta es hu mïoù? quel est
le meilleur? Quante que siègue, quel que ce soit.
Qaâou, pr. eonj m. Qui? — Quâou pico? qui frappe?
Quàou tron es aquél? qui diable est celui-là? Qudou que
siègue, qui que ce soit.
Quâonque, quâouqno, pr. indéf, m. et f. Quelque,
certain, un ou plusieurs, quelques-uns, quelques-unes. —
Quàouque pâou, quelque peu. Quâouque Jour, un certain
jour. Qudûuque marias, quelque polisson. Quâouques
moutons, quelques moutons. Quâotuiuos figos, quelques
figues.
Qoâouquun, ono, s. indéf. «n. et f. Quelqu'un, quel-
qu'une; un homme, une femme, un entre plusieurs. —
Qifdottçiittfi es vëngu, quelqu'un ou un homme est venu.
Quâouquun vous demanda, quelqu'un vous demande.
QUA
Quâonquna, s, indéf,, s'emploie aussi pour Qudou^iiun.
Quaréla, v. Quereller, chercher querelle.
Dér. du lat. Querela,
Qnarèlo, «. A Querelle, dispute, rixe.
Dér. du la}. Queréla, plainte, lamentation.
Quart, subst. m. Quart, quartier, quarteron. — Es uno
ouro manqua un quart, il est une heure moins le quart.
Dér. du lat. Quarta pars.
Quartalado, s. f. Plein une quarto. — Voy. c. m.
Qnartàon, s. m. Un quartaud, mesure de capacité
équivalente à 25 litres, qui est le quart de cent litres.
Quartéîroù, j. m. Quarteron, quatrième partie d'un
cent et d'une livre. — Vn quartêiroù dé poumos, un quar-
teron de pommes ou 25 pommes. Un quartêiroà dé sucre,
quatre onces de sucre, qui forment le quart de la livre de
46 onces, équivalente à 500 grammes. Le quarteron pèse
donc 425 grammes, et Fonce 34 grammes 25 cent.
Qnartiè, s. m. Quartier, quatrième partie d'une chose ;
gros morceau tiré d'une masse plus considérable; partie
d'une ville, d'un village, d'un territoire; les deux côtés de
l'empeigne d'un soulier qui embrassent le talon ; l'une des
quatre phases de la lune. — Un quartiè dé poumo, un
morceau d'une pomme coupée en quatre. Un quartiè dé
ran, un fragment, un quartier de roc. Un quartiè dé par,
un morceau de viande de porc. Sèn ddou mémo quartiè,
nous sommes du même quartier de la ville. Lou quartiè dé
Maza, le quartier du territoire d'Alais appelé Mazac. Un
quartiè dé moun souïè mé eaeho, un quartier de mon
soulier me blesse.
Quarto, s. f. Ancienne mesure de grains, équivalente à
un décalitre. D'après Sauvages, il parait que de son temps
la quarte était équivalente à la seizième partie de la salm^,
tandis que de nos jours on la considère comme équivalant
au vingtième de la salmée composée de 20 décalitres.
La quarte est aussi une ancienne mesure agraire équi-
valente au vingtième de l'hectare, soit cinq ares. D'après
Sauvages elle équivaudrait au seizième de la salmée
agraire, dont la surface est de 79 ares 80 cent., c.-à-d.
5 ares, à un centiare près.
Quatre, adJ. num. m. Quatre, nom de nombre. Le
caractère 4, qui indique le nombre quatre. — Quatre dé
I ehifro, sorte de piège soutenu par de petits bâtons disposés
568
QUI
en forme da chiffre 4. Lous quatrs eanioù$, le jeu des
quatre coins; le carrefour de deux rues qui se croisent.
Dér. du lat. Quatuor, m. sign.
Quatre-vingt, adj, num. m. Quatre-vingt, nom de
nombre exprimant quatre fois le nombre vingt.
Que, pr, eanj. Qui, qu'est-ce, eh bien, dont. —
QuàofU es que eridof qui est-ce qui crie? Que? Qu'est-ce T
quoi? Que? eroustéf Eh bien, qu'en dis-tu? (Voy. Crousié,)
Dmmo ié ço qu'a dé hésoun, donne lui ce dont il a besoin.
— Voy, aussi Dé-qué,
Que, eonj. Que. — Vota disêqué vendrai, je vous affirme
que je viendrai. VouUt que partie? voulez-vous que je parte ?
Que, s, m. Quai, chaussée, ouvrage défensif qui longe
et encaisse une rivière; gros mur en talus construit au
bord d'une rivière pour retenir les terres et empocher les
ravages des inondations.
Dér. du v. lat. Caiare, arrêter, retenir.
Quèli, s, m. En style badin, habit. — Aï mé* lou quèli,
j'ai mis l'habit, j'ai fait toilette.
Qnénti (Sén), n. pr, de lieu, m. s. Saint-Quentin, village
situé près d'Uzès, où l'on fabrique de la poterie grossière.
Qnéntignè, gnièiro, s. m. Gantinier, cantinière.
Dér. de Quéntino.
Quéntino, s. f. Cantine, lieu de réunion où les soldats
se rendent pour boire et manger à leurs frais dans la
caserne.
Dér. de l'ital. Cantina, cave.
Qnère, v. Chercher, quérir. — Mé véndrés quère/
attendez-moi sous l'orme. Da gué t'anavtoj quère? qu'alliez-
vous faire dans cette galère? Manda quère, envoyer
chercher.
Dér. du lat. Quœrere, m. sign.
Question, s,f. Question, demande; altercation, dispute.
— Dé quét quéttiou? de quoi s'agit-il? An agu déquéetiou,
ils ont eu des querelles, des discussions.
Dér. du lat. Quœ$lio, dont le rad. est Quœrere,
demander, chercher (dispute).
Questionna, v. Questionner, demander des renseigne-
ments, interroger.
Qnèto, «. f> Qaète, collecte faite dans un but religieux,
charitable ou patriotique. Emprunt fait au français.
Dér. du lat. Quœrere, demander.
Quia, ado, adj. m. et f. Debout, dressé, planté, perché,
juché. — Èi quia eoumo un paneèl, il est planté comme
un échalas.
Dér. du bas bret. KU ou QuiUe, m. sign.
Quia, V. Dresser des quilles.
Qnîaîre, s. m. Celui qui est chargé da soin de remettre
en place les quilles abattues par les boules des joueurs.
Quiala, v. Crier, pousser des cris vifs et perçants, plaintifs
ou stridents, comme certains animaux, tels qae les chiens.
Dér. du sanscr. Ehyà, crier, parler.
Quialadisso, «. A Suite de cris vifs et perçants continués
sans intermittence. — Voy, Quiala.
QUI
Quialaûre, aûro, s, et tu^j. m, ei f. Celui ou celle qui
pousse des cris perçants ou stridents.
Même étym. que les deux mots précédents.
Quicha, v. Serrer, presser. On dit aussi étqMM. —
Voy, c. m.
Qnichado, «. f. Serrée, violente étreinte. — Foy.
Èiquiehado,
Quiché, s, m. Verrou plat, targette.
QuichOHiuichon, «. comp. m. Jeu d'attrappe parmi les
écoliers, dont l'un dit savoir une nichée : Save uno
nisado dé quicho-^uiehoie. Si quelqu'un prête son dos an
dénicheur, il en est puni par quelque coup de genon sur
les épaules et sur le dos.
Quicon ou Quoucon, s. indéf. Quelque chose. — Quiam
m'ou dieié/ j*avais le pressentiment de cet évèoemeat.
Ta fa quieon, on voit qu'il a travaillé à cela, ra fa qui-
con ? as-tu à te plaindre de lui?
Quicoumé, dim. de Quieon. Quelque petite chose. Un
mendiant dit : Douna-mé quicoumé, donnez-moi quel-
que petite aumône.
Quiè, qniècho, adj. m. et/. Cuit, cuite, qui a reço
par l'action du feu le degré de cuisson nécessaire. — An fig
Aquél home et quiè, cet homme est perdu.
Dér. du lat. Coctue, m. sign.
Qniècho, s.f. Cuite, quantité d'ouvrage qu'on fait coire
& la fois; cuisson, Faction de cuire. — Vno quiècho dé pan,
une fournée de pain. Aquélét cététsoun débono quiècho, ces
pois chiches sont de facile cuisson.
Dér. du lat. Cocta,
Quièisso, s, f. Cuisse; partie du corps des anioiaoi
qui s'étend {du genou au bassin. Elle est soutenue d'an
seul os nommé fémur.
Dér. du lat. Coxa, m. sign. — Quièisso dé note, an
quartier de noix.
Quièr, s. m. Cuir, la peau des grands animaux en
général, préparée et tannée ou corroyée.
Dér. du lat. Corium, m. sign. — Té vôou tana louquièr,
je vais te donner une raclée. Rabala eoumo un quièr,
ravaler un homme, le mépriser, l'accabler d'injures et de
coups.
Quinarôdoun, s. m. Cynorrhodon, ou rose sauvage.
Dér. du grec Kuv<S(, chien, et P6Sov, rose.
Quincaîaîre, s, m. Quincaillier, petit mercier.
Quincaîairiè, s, f. Quincaillerie, magasin de petite
mercerie.
Quincaiè, s. m. Quincaillier, petit mercier.
Même sign. que QuincaHicXre .
Qninqua, v. Souffler, ouvrir la bouche, murmurer. ^
Né quinco pas uno, il ne souffle pas mot.
Qninqué, s. m, Qninqaet, lampe à suspension et ^
double courant d'air.
Du nom de l'inventeur, M. Qninquet.
Quinsar, i . m. — Voy. Quintoù.
Quinaon, s. m. Pinson, gros-bec pinson, FringiUa
QUI
o adêbi, Temm . Pinson commun ; oiseau à front noir,
haut de la tète et nuque bleu cendré, dos châtain, un peu
olivâtre, croupion vert, tout le dessus du corps liende-
vin un peu roussâtre, des bandes blanches sur les ailes ;
c*est le pinson ordinaire dont la gaieté est devenue prover-
biale. Une autre variété, appelée pinson des Ardeunes,
gros-bec des \xû&ïiïie& (FringiUa monUfringilla, Temm.),
qui a le dos d'un noir luisant, le ventre blanc, la poitrine
d*ua beau roux et la queue noire liserôe de blanc, nous
visite également et porte le même nom.
Étym. probable de Tallem. Pinck, mot dont la pronon-
ciation imite assez bien le chant de cet oiseau; ou de^'in/
Kini onomatopée qui se rapproche de ce même chant. —
Voy» Quinsar,
Quiiitaîè, f. m. On donne ce nom à des hommes qui,
pendant l'éducation des vers â soie, ramassent la feuille de
mûrier à tant le quintal ; le peseur public.
Qnintâon, «. m. Quintal, poids de cent livres; quintal
métrique, poids de cent kilog. ou dixième de la tonne.
L'ancien quintal d'Alais on quintal petit-poids, équivalait
à 44 k. 589, soit 83 livres en nombre rond.
Du grec Keviivapiov, cent livres.
Quinte, quinte, a^j- conj. m. et /*. Quel, quelle. An
plur. Quintes, quintos. — Quinte nuUur/ quel malheur!
Quinto miehanto bèêtio/ quelle mauvaise bête! Quiniu
eamès/ quels mauvais chemins! Quintos eariUros/ quelles
rues mal tenues!
Qoinse, adj, num. Quinze.
Dér. du lat. Quindecim.
Quinzéno, s. f. Quinzaine, nombre de quinze jours
consécutifs. — As touea ta quinzéno? as-tu touché le
salaire de tes quinze journées de travail? On appelle â
Alais la quinzéno, le quinzième jour qui suit la foire de la
Saint-Antoine, qui est fixée au 47 janvier. Vendrai pér la
quinzéno, je viendrai le quinzième jour après la foire.
Quinze-eunço, s. m. eomp, Quinze-onces; se dit d'un
homme ou d'un enfant d'une faible corpulence, pour dire
qu'il est frêle et malingre.
Qoîo, «. f. Quille, morceau de bois en forme de cône
allongé servant au jeu de quilles, que l'on abat avec des
boules.
Dér. du bas bret. Kil ou QuUle, m. sign.
Qnien, s. m. Cul, partie postérieure du corps de
l'homme et des animaux . — A moussa soun quUm, il s'est
enfui.
QuUnUas, augm. de QuUnt.
Quioulé, dim. de QuUm.
Quion-blan, s. m, comp, Motteux ou vitrée, cul-blanc,
traquet-motteux, Saxicola œnanthe, Temm. Toutes les
parties supérieures du corps de cet oiseau sont gris-cendré;
les inférieures et la queue blanches, la poitrine roussâtre.
QUU
569
les ailes et le dessous de la queue noirs. Cet oiseau arrive
ici en avril ; recherche d'abord les lieux arides et mon-
tueux; au mois d'août, il descend dans les plaines et
affectionne les terres labourées; il choisit les mottes
saillantes pour s'y poser et on le voit alors faire un mou-
vement continu, pareil à celui du hoche-queue. Le nom de
cul-blanc est une sorte de nom générique qui peut s'appli-
quer à plusieurs oiseaux du même genre.
Quion-pleoma, s. m, eomp. Sobriquet que l'on donne
à l'espèce des singes qui ont les fesses dépourvues de poil.
Mouninéto, qutou-ploama,
Pér un séou té fan dansa.
Quista, V. Quêter.
Qniataîre, j. m. Quêteur, celui qui quête; un solli-
citeur.
Quita, o. Quitter, laisser; se dépouiller d'un vêtement,
cesser une action commencée. — QuUa lou traval, sus-
pendre ou cesser de travailler. QuUés pas dé faïre aqud,
n'interrompez pas le travail que vous faites.
Dér. de l'espagn. Quitar, ôter, arracher, enlever.
Qoitança, v. Quittancer, donner une quittance, un
reçu, un acquit à un débiteur.
Dér. du lat. Quielare, dér. de Qui^um fùCÊte, laisser
tranquille, laisser les débiteurs en repos.
Quitanço, s. f. Acte par lequel un créancier libère son
débiteur. — Aï un ventre caumo uno quitanço, j'ai le
ventre vide.
Qnite, qoito, adj\ m. et f. Quitte, libéré à l'égard
d'un autre. — Sén quite et bos amis, nous sommes quittes
et bons amis.
Que, s. f. Queue, appendice formé par le prolongement
de la colonne vertébrale chez certains animaux. (Yv^.
Qu%kio) . — Siès un la quà, tu es un nigaud, un niais, un
bénèt. La Quà dé BUmnavop l'innocent de Blannave.
Dér. du lat. Cauda, m. sign.
Qnouar, 5. m. Portion du corps d'un animal compre-
nant toute la région caudale et ses dépendances.
Quoncon, s, indéf. — Voy. Quicon.
Quonro, adv. Quandt Quand est-ce? Tantôt. — Qwmro
véndrésf quand viendrez- vous ? Quouro eanto, quouro
plouro, tantôt il chante, tantôt il pleure.
Dér. du lat. Quota hora.
Qanio, «. f. Queue d'un animal ; poignée d'un vase,
d'une casserole, d'une poêle; portion d'une pierre de taille,
d'un pavé qui pénètre et fait prise dans un mur ou dans
le sol. — Au^fig. faïre laquuio, tromper» duper quelqu'un ;
lui faire tort. Touffe de plumes qui forme le prolongement
du corps des oiseaux; le dernier rang d'une troupe
d'hommes ou d'animaux.
Dér. du lat. Cauda, m. sign. » Voy. Quo.
570
B
RAB
R. La lettre R est la dix^haitième lettre de l*alphabet.
S'il faut en croire Pomponivs, son premier emploi serait
d& à Appins Glaudins. Cette lettre joue le pins grand rôle
dans la composition des langues, et il n*esl guère possible
d'admettre l'origine récente que lui attribue l'écrivain
romain. Elle est la caractéristique de tous les infinitifs
des langues néo-latines, à l'exception de quelques dialectes
provençaux et languedociens qui l'ont supprimée, et elle
est le signe, non seulement de l'actif, mais encore de
l'action.
Ra, s. m. Rat, Mus, Pour tous ces rongeurs, nos hôtes
toujours incommodes et souvent très-malfaisants, que le
français nomme à peu près indistinctement, surtout dans
le langage habituel, rMs ou iouris, le languedocien se sert
seulement du premier, et ce n'est que lorsqu'il s'agit de la
très-petite souris qu'il emploie exceptionnellement le mot
furé. (Voy, c. m.) Ra-dë-eavo, terme de mépris employé
pour désigner les employés des contributions indirectes. — -
A bon ea, ban ra, à bon chat, bon rat. ÈmpéUa eounCun
ra en très no$ei, empêché comme un fat entre trois
noix, ou comme un aveugle qui a perdu son bâton.
Dér. de la bass. lat. Ratut, m. sign.
Ra, f . m. Caprice, fantaisie. Se dit surtout des très-
jeunes enfants qui pleurent souvent sans motifs apparents.
— Aquél éfan a ioun ra, cet enfant à ses caprices. Vén
d'avédre un ra, il vient d'avoir un moment de caprice.
Ra, adv. Près, auprès. On dit aussi raz, al ras. — Ra
dé vous, auprès de vous. JRa d'ase, voisin d'un âne.
Raba, «. m. Rabat; morceau de toile qui fait le tour
du cou, monté sur un porte-rabat et qui descend sur la
poitrine en forme de carré long. Cette partie de vêtement
portée autrefois par tous les hommes n'est plus en usage,
depuis longtemps, que parmi les ecclésiastiques et les gens
de robe ; il est ainsi nommé parce qu'autrefois ce n'était que
le col de la chemise rabattue en dehors. On appelle aussi
raba une peau de mouton que l'on déploie sur le dos d'un
cheval en temps de pluie et que l'on roule sur le
garrot en la rattachant an collier (eotOas), en temps ordi-
naire.
Rabala, v. Traîner, entraîner, emmener. — Se ràbaia,
se traîner avec peine. Rabala eoumo un quièr, traîner
quelqu'un par terre; l'accabler d'injures. Se faï rabala,
il se fait emmener de force. Po pa se rùbaia, il peut à
peine se traîner.
Rabaladls, i. m. Bruit que l'on fait en traînant quelque
chose; train, embarras, remue-ménage; objet traîné;
personne embarrassante, fâcheux. — Quinte rabaladis/
RAB
a^Dèn prou dé rabaladis, quel vacarme! nous avons bien
assez d'embarras. Véjo aïçè un rabaladis, voici un Ûcheu.
Rabalado, i . f. Traînée, action de traîner, s'emploie au
fig. pour indiquer les avanies que l'on a fait sabir I
quelqu'un. — Té y-oi' ficha uno rabalado/ je l'ai mis plus
bas que terre, je l'ai accablé d'injures.
Rabaléto (Dé), expr, adv. Terre-à-terre, rei-terre. -*
6ita uno pékYo dé rabaléto, lancer une pierre ra-terre on
à la surface de l'eau, de manière ft produire des ricochets.
Rabanèlo, 5. f. Grillade de châtaignes*
D'après Sauvaobs, ce terme serait employé pour roN-
nàlo, dér. de rainna, grillé, bràlé.
Rabanénqno, s. f. Ombre commune, Salmo thymaUus,
Linn. Ce poisson est assez abondant dans le Gardon et il
est presque aussi recherché que la truite à cause de la
saveur de sa chair. Tète arrondie, semée de pmnts noin;
dos d'un vert bleuâtre, rayé longitudinalement de bandes
noirâtres, ventre blanc, nageoires rougeâtres, la grande
dorsale tachée de verdàtre et mouchetée de brun.
Rabaaao, «. f. Truffe noire. On l'appelle aussi Trufo-
négro. {Voy. c. m.) Truffe comestible, Lyeopêrdon tubtr,
Linn. Cryptogame qui végète dans la terre sans racines
et sans feuilles.
Dér. de Rabo, rave, et de la tannin, aagm. ou péjorat.
asso, grosse rave ou vilaine rave.
RabasBÔ, oto, adj\ m. et f. Trapu et fortement consti-
tué. Homme ou femme de petite taille mais à la muscula-
ture bien développée; courtaud.
Rabaato, s. f. Pièce de charpente de moyenne grosseur
posée entre la poutre et les solives. Au plur. Rabastos,
traverses du plancher d'une charrette, sur lesquelles portent
les montants franchésj qui soutiennent les ridelles. Débris
du filage de la soie.
Rabe, i. m. Radis ou raifort, racine potagère de U
fam. des Crucifères, que l'on mange crue à la croque-ao-
sel au commencement des repas ou comme entremets
(Raphanus), — Uno manado dé robes, une botte de radis.
Rabe, s. m. Racine d'une plante à racine pivotante;
pivot central de la racine d'un arbite.
Rabéîréa, s. m. Châtaîgner d'une espèce particulière.
Rabéiréso, t. A Châtaigne d'une espèoe parlioatière
produite par le Rabiirés. — Voy. c. m.
Rabi, «. m. Radis, raifort fRaphanuê). On l'appelle
atissi Rabe. — - Voy. c. m.
Rabidos, s. m. La rotule du genou des moutons, en
V. fr. le garignon. C'est Vastragalus onletaius, avec leqoel
les Romains jouaient aux osselets. — Jouga dâou rabidos
RAC
00 à bédin-biddê, jouer aux osselets. *-^ Voy, Bédin-béàds.
Rabièiro, s. f. Une ravière, nn champ de raves. On
appelle ravière, en Normandie, nn champ de navets.
Rabina, f . m. Le rissolô d*nne pièce rôtie oq de tont
antre mets cnit an fonr qni a pris trop de caisson et sent
le roossi. — Sèn lou rabina, cela sent le roussi* le brùlô.
Rabina, «. Ronssir, brûler, laissor trop coire un met^;
roussir le linge en le repassant.
Rabûu>-Bardo, s, m. eomp. Un avare qui met si peu
d*haile dans la poêle qu'an lieu de frire les sardines il les
brûle. Synonyme de fesse-mathleu.
Rabissano, «. f. Fane d'une rave, d'an navet; feuilles
radicales de certaines plantes; viorne des haies à large
feuille ou grande clématite, connue sons les noms de vigne
blanche, berceau de la vierge, herbe an gueux (CUmaiis
9Ualba, Linn.). Celle que l'on trouve près d'Alais, sur les
bords du Gardon, est la CUmatis rtcta de Linn., plante de
la £amUle des Renonoulacôes.
Rabisso, s, f. La fane d'une rave, d'un navet. On dit
aussi Babisiano, — Voy, c. m.
Rabo, «. f. La rave proprement dite, ou navet rond,
Brasêica râpa. Lion., plante de la famille des Crucifères.
Cette racine, fort commune dans les Côvennes, l'est encore
plus dans le Limousin dont Rabelais appelle les habitants
mdelie-râb9S,
Du lat. Bapa, dèr, du celt. Bob,
Rabô, «. m. Rabot, outil de menuisier servant à unir
ou à amincir le bois. Le rabot ne difière de la varlope
qu'en ce que ses dimensions sont moindres.
Dér. du lat. Ba(Ur9, racler.
RabooUii o* Raboter, polir, unir, aplanir le bois avec
le rabot.
Dér. de Bobà,
Racagné, «. /. Saletés, ordures. — Qwfiio raeagnè/
quelle saleté !
Dér. de Baea, vomir.
Racaié, ou Ra-caîé, «. m. Lérot, Uu$ nMa, Gmel.
Rat des champs qui ravage les fruits des jardins et pénètre
même dans les maisons isolées des campagnes. Il est d'un
gris brun ou fauve au-dessus, blanchâtre au-dessous, avec
une plaque noire autour de l'œil qui va en s'élargissant
jusqu'à l'épaule ; le bout de sa queue est touffu, formant
une sorte de houppe noire terminée de blanc, ce qui lui a
valu le surnom de cat«', qui veut dire pie ou blanc et noir.
Le Loir, un peu plus gros toutefois que le Lérot, dont le
nom ne sembla qu'un dimin. de celui de Loir, ne difEère
du Lérot que par sa queue qui est touffue sur toute sa
longueur. lisent d'ailleurs tous deux les mêm^fi habitudeset
s'engourdissent pendant l'hiver, le Lérot nn peu moins
profondémentque l'antre, devenu en français le type du dor-
meur, et qui aussi pour cela a reçu du languedocien le nom de
Ba-dourm^re; mais ce nom, pas plus que celui de itroMii,
n'est en luaage. Le Loir, beaucoup moins commun, passe
pour un Lérot de plus grande taille.
RAF
571
Racaio, g. f. Racaille, le rebut et la lie du peuple, et,
par extension, tout ce qui est mauvais ou de rebut.
Du grec Poxoc, un gueux, un va-nu-pieds, un homme
de rien.
Racéia, v. Tenir de sa race, en avoir hérité des bonnes
comme des mauvaises qualités. — Baço raeéjo, s'emploie
proverbialement pour dire que les enfants tiennent de leur
père.
Racina, v. Pousser des racines. — Àq^él âaubrs a bien
raeina, cet arbre a jeté de nombreuses racines.
Racina, ado, adj, m. et f. Qui a de belles et fortes
racines. — AqM âoubre 4$ bien racina, cet ^rbre a de
nombreuses et fortes racines.
Racinaje, s, m. L'ensemble des racines d'une plante,
d'un arbre, comme le branchage est l'ensemble des branches
d'un arbre.
Racinaa, $, m. Grosse racine, augm. de Baeino.
Racine, s. f. Racine, portion du végétal par laquelle ce
dernier est attaché au sol et emprunte à la terre ses sucs
nourriciers; base des cheveux, des dents.
Dér. du lat. Badieina, m. sign.
Raço, s. f. Race, extraction, lignée, tous ceux qui
viennent d'une môme famille, qui descendent d'une même
souche ; on le dît aussi pour espèce. — Caifa dé raço,
chasser de race; avoir les bonnes ou les manvaises qualités
de ses parents.
Dér. du lat. Badix, Badieina, m. sign.
Raorô, $. m* Raccroc. Coup inattendu dans certains
jeux d'adresse. — Aeà*i un raerà, c'est un coup de hasard.
Voi préê pér raerà, tu l'as attrappé par hasard.
RadécaYO ou Ranié-uaYO, j. m. Terme de mépris par
lequel on désigne les employés des droits réunis, les com-
mis des contributions indirectes. Ce sobriquet, que l'on
doit traduiœ littéralement en français par rai-dê^ianÊ, tire
son étymologie des fonctions mèine de ces employés dont
la mission est de fouiller les cavea pour s'assurer qu'il n'y
existe aucune contravention.
Radouta, v. Radoter, tenir des discours dépourvus de
suite et de sens, efB^t ordinaire de la décrépitude.
Radoutur, aso, i. m. et f. Radoteur, ense, celui ou
celle qui radote.
Rafataio, s. f. Herbages communs et de peu de valeur;
rebut d'une denrée ; objets embarrassants plutôt qu'utiles.
Au fig. la lie du peuple.
Raiatal, «. m. Embarras, objets encombrants, choses
ennuyeuses, objets sordides. -^ Éfcompo-mé aquélrafatalf
Jette-moi toutes ces loques 1
Raflo, f . ^ Rafle, coup où tous les dés viennent an
même point. — Baflo dé bidé, coup de dés qui amène le
point tu» sur toutes les faces.
Rafo, s. f. Grande corbeille de marchand de vene
ambulant, qui de U est appelé ra/U. — Paurut en rçfo,
porter m paquet entre les deux épaules commç les loldata
portent leur havresac.
572
RâL
Ragô, oto, adj. m. et f. Trapu, gros et court. — Foy.
Habauà,
Ra-grîonle. s. m. Rat d*eau, campagnol amphibie,
Arvicola amphibius, Lacép. Quadrupède à peu près de la
couleur et de la longueur d'un rat ordinaire, mais plus
ll^ros, avec le museau et la queue plus courts. Quoiqu'il ait
les doigts séparés, il nage facilement et plonge pendant
longtemps. Il choisit de préférence les cours d'eau les
moins fréquentés pour y établir domicile, vivant comme
la loutre à qui, par le naturel et les habitudes, il res-
semble beaucoup plus qu'au rat.
GriouU, vient de Glù, glerU (Loir), dont on avait fait
un nom de famille. — Ésfraïa eoumo un ra-grUnUe, se
dit d'un homme qui s'épouvante facilement, d'une poule
mouillée.
Rai, *. m. Rayon de lumière, rayon de soleil; rais ou
rayon d'une roue de voiture, de charette qui rattache le
moyen aux jantes.
Dér. du lat. Kadiut, m. sign.
Raîa, v. Rayer, biffer.
Dér. de Raïo, ligne, barre. — Voy, c. m.
Raîa, v. Railler, se moquer.
Raie, s. f. Raie, ligne, trait que l'on marque avec une
pointe à tracer, une plume, etc.
Raîôou, olo, subit, et adj. m. eXf. Royaliste ; sobriquet
donné aux Cévenols sous les premiers Valois à cause du
zèle qu'ils déployèrent pour les intérêts du roi de France
et du courage avec lequel ils s'opposèrent aux entreprises
des Anglais qui occupaient la Guyenne. Cette dénomi-
nation, considérée aujourd'hui par le peuple comme inju-
rieuse, n*est que le synonyme de fidélité.
Raire, s. m. Arrière grand-père.
Raîre-gran, s. f. Arrière grand'mére.
Raîsséja, v. Gémir, geindre, se plaindre ; être en con-
testation ; hésiter, balancer, marchander ; rechigner.
Rûsséjaire, $. m. Celui qui se plaint et gémit de ce
qu'il est forcé de faire quelque chose à contre-cœur et à
son corps défendant; celui qui obéit en rechignant.
Raja, o. Couler, perdre, ruisseler, fuir. — La fbn rajo,
la fontaine coule. Aquélo houto rajo, ce tonneau perd. Rajo
eoumo la eambo, cette source coule gros comme la jambe.
Rajado, s. f. Un filet de liquide. — Uno rajado d'oli,
un filet d'huile.
Rajo, t. f. Rayon de lumière, rayon de soleil. — La
rajo ddou sourél, les rayons du soleil.
Dér. de l'ital. Baggio, rayon.
RajÔDU, <. m. Le jet, le coulant d'une fontaine qui
s'échappe par un tuyau on un robinet; le rapide d'une
rivière, le point où, la pente du lit d'ime rivière étant plus
grande, l'eau coule aussi plus rapidement. L'eau étant
ordinairement moins profonde en amont du rapide, ces
points d'une rivière offrent généralement un gué praticable.
Ralamén, adv. Rarement. — Aeà arivo bé ralamin,
cette chose arrive bien rarement.
RAM
Raie, ralo, adj. m. et f. Rare. — SêibiraU, voas èlSB
bien rare, on vous voit bien rarement.
Dér. du lat. Banu, m. sign.
Rama, v. Pousser des feuilles, se garnir de fedlles. «
Lotu amouriii an bé ranui, les mûriers sont bien feuilles.
Rama, ado, adj. m. et f. Feuillu, fenillne, garai de
feuilles. — Rama ooumo un càoulé, feoillu comme un cboa.
Dér. du lat. Ramus, m. sign.
Ramado, s, f. Ramée, tonne couverte de ramée, sorts
de hutte ou de hangar, chambre on cabinet de verdoie
couvert d'une toiture de rameaux verts, garnis de lean
feuilles ; une jonchée de feuillages.
Dér. du lat. Ramus, m. sign.
Ramado, $. f. Une averse, ime ondée de pluie.
Dér. de l'esp. Enderamar, verser.
Ramaisa, v. Adoucir, apaiser, calmer, faire cesser. ^
Voy. Amaïta.
Ramas, s. m. Augm. de Ramo. Gros rameau d'arbrs;
bourrée composée de rameaux d'arbre.
Ramassa, v. Ramasser, réunir, rassembler, entasser,
récolter, recueillir. — Fan ramassa lou mamnds, ils ameo-
tent la foule, ils font de l'esclandre.
Ramassado, s. f. Ondée de pluie ; attroupement, amoQ-
cellement. — Vno ramassado dé mounde, un attroupement.
Ramassaire, s. m. Celui qui ramasse tout ce qu'il
trouve, qui ne laisse rien perdre, qui fait profit de tout.
Ramassaje, s. m. Ramassage, cueillette des fruits, de la
feuille. On le dit aussi pour ramassis.
Dér. de Ramassa. — Voy. c. m.
Rambaîa, v. Trainer rudement, mêler, embrouiller, et ao
fig. rabrouer quelqu'un, le rembarrer, tracasser, brouiller
— Té rat rambaîa, je l'ai vertement rembarré.
Rambaîado, s. f. — Séména à la rambàïado, semer à
pleines mains ou à terre perdue, par opposition à la
semaine en rayon ou grain à grain.
Rambaîaîre, s. m. Tracassier; celui qui traîne toujonn
quelque embarras à sa suite.
Rambaîoùs, ouso, adj. m. et f. Embarrassant, encom*
brant, qui occupe beaucoup d'espace et contient pende
matière.
Rambal, s. m. Embarras, tracas, embrouillement. Âa
pr., objets encombrants, embarrassants. — Tota es en
rambal, tout est pêle-mêle, en désordre.
Ramboura, v. Rabrouer, rembarrer. Ce terme s'emploie
aussi dans le sens de rembourrer, matelasser avec de la
bourre, de la laine, du crin, ou autres matières élastiques.
Raméja, v. Donner à la vigne, & un champ de blé ose
première culture.
Ramèl, s. m. Un rameau d'arbre ou d'arbuste coupé
avec toutes ses feuilles; enseigne de cabaret, de taverne,
de marchand de vin. L'usage de suspendre nn rameau ao-
dessus de la porte d'un cabaret remonte à la plus haute
antiquité. — A passa souto lou ramH, il s'est enivré.
Dér. de Ramo, feuillage, ramée.
RAM
On dit ramétmi an plnr. Xou diméneh» doi ramèouip le
dimanche des Rameanx.
Dér. dn lat. MUmm, ramean.
Ramélii» ndo, adj. m. et f. Ramenz, enae; convert de
rameanxt feailln.
Ramio, #. f. Bonrrôe fonnée de rameanx d'arbres;
ramilles; ramassis de mennes branches.
Ramo, f. A Rsmée fraîchement coupée ponr le bétail;
de la f enille de mûrier. — Ana à la ramo, aller à la
ramée; aller oonper des rame anx ponr le bétail; aller à la
cneillette de la feuille ponr les vers à soie.
Dér. dn lat. Ramus, ramean.
Ramo*connil, s. m. eomp. Asperge sauvage, Aiparagui
iylvestris, Unn. Les jeunes pousses de cette plante, bonnes
à manger, ont une saveur analogue à celle de l'asperge
des jardins, mais plus accentuée. Comme cette dernière,
elle est diurétique. Dans le Gard, on fait avec un paquet
de cette plante, une sorte de filtre que Ton place dans la
cuve vinaire au devant du trou d'écoulement pour l'empê-
cher de s'obstruer et de donner passage au marc du raisin.
damo^ounil, signifie littéralement : ramée de lapins.
Ramonna, v. Ramoner, nettoyer le tuyau d'une che-
minée, le débarrasser de la suie qu'il contient.
Dér. du V. fr. Ramon, sorte de balai fait avec des
branchages, que l'on fait couri r dans les tuyaux de cheminée
ponr en détacher la suie.
Ramounè, $. m. Ramoneur, c elui dont le métier est de
ramoner les cheminées.
Dér. dn chant des ramoneurs qui annoncent leur pré-
sence en criant par les rues : Oh/ ramoner Ut ekeminéei
de haut en bas/
Rampa, v. Ramper, se traîner sur le ventre; au fig.
s'humilier, s'abaisser devant les puissants.
Dér. du lat. Bepere ou Beptarê, m. sign.
Rampan, «. m. Rameau de laurier; rameau bénit de
Pâques-fleuries. Ce mot, dit Sauvages, parait composé de
ram (ramean), et de pan (pain), à cause des pains ou gâteaux
bénits que l'on suspend à ces rameanx le jour de Pâques-
fleuries. — Plania lou rampan, planter un ramean de
laurier an sommet d'une maison ou . d'un édifice que les
maçons viennent d'achever, de couvrir sans accident.
ArouMa lou rampan, sorte de banquet de gala que l'on
offre anx maçons pour les récompenser de ce qu'ils ont
achevé un édifice sans qu'il y ait eu de malheur on
d'accident grave à déplorer.
Rampèl, i . m. Rampeau. On fait rampeau an jeu de la
fossette, lorsque les deux joueurs font le même point.
Dér. de Bampeia, rappeler.
Rampéla, «. Rappeler, battre le rappel avec un tambonr.
An fig. grogner, bougonner; trouver sans cesse à redire.
Rampélan, f . m. Gelni qui a triomphé deux fois dans
un jeu, une joute, une lutte.
Rampiou, f . m. Appeau; oiseau captif qui appelle et attire
les autres par son chant, pour les faire tomber dans le piège.
RAN
573
RampU, V. Remplir, emplir de nouveau, achever de
rendre plein; rendre complet; exercer, occuper un emploi;
compléter un écrit, en rédiger le libellé. <— Votêdrié moi
lou cargo que lou rompis, il vaudrait mieux le charger
que le remplir ; se dit d'un glouton, d'un goulu, d'un
homme qui mange avec excès.
Dér. du lat. implore ou Meplere,
Ramplimén, s, m, La quantité d'aliments suffisante
pour un repas. — Aï manja moun rampUmén, je suis repu,
rassasié; j'ai suffisamment mangé. — Voy, Couflagê et
Tibagê.
Rampe, s. f. Rampe, série de degrés d'un escalier d'un
palier à un autre; volée d'escaliers, balustrade à hauteur
d'appui qui borde un escalier ou un balcon pour prévenir
les chûtes.
Rampe, f. A Crampe; raideur subite et convulsive
d'un muscle on d'un tendon accompagnée souvent d'une
douleur vive.
Rampogno, $. f. Différend, noise, querelle. — Cérea
rampogno, chercher noise, iinloti/our quâouquo rampogno,
ils ont toujours maille à partir.
Rampogno, t. f. Ruses, détours, finasseries, roueries.
Dér. du V. fr. Ramponner, railler, blâmer, injurier.
Ran ou Ranc, s. m. Roche, rocher. — L'àigo tor ddou
ran, l'eau suinte du rocher.
Rancarédo, <. f. Région rocheuse, escarpements à pic
formés par des dislocations rocheuses ou sur les flancs des
vallées d'érosion; sortes de falaises.
Dér. de Ban on Banc. — Voy. c. m.
Rance, ranço, adj, m, et f. Ranoe, qui a l'odeur ou
la saveur du vieux lard ou de l'huile vieille.
Dér. du lat. Banddu», m. sign.
Ranché, i . m. Pieux verticaux servant d'appui et de
soutien aux ridelles d'une charrette. Il y en a ordinai-
rement quatre ou six.
Rancoûa, onao, adj. m. et f. Rocheux, rocheuse.
Dér. de Bane. — Voy. cm.
Rancugna, v. Garder rancune.
Dér. du bas lat. Baneor, rancune.
Rancngnaire, i. m. Rancunier, haineux.
Dér. du bas. lat. Baneor, rancune.
Rancngno, s. f. Rancune, haine, ressentiment profond
et caché, souvenir d'une offense.
Dér. du bas lat. Baneor, rancune.
Rançnn, «. m. L'odeur ou la saveur inhérentes aux
corps ranœs. -^ SénUm rançun, cela sent le rance. Cette
expression s'emploie surtout pour déterminer la saveur on
l'odeur du lard ou de l'huile rances.
La rancidité des corps gras est due â la combinaison
d'ime trop grande quantité d'oxigéne avec le principe
extractif des huiles.
Dér. du lat. Baneidus, m. sign.
Rancnra (Se), v. Se plaindre, se fâcher.
Dér. du bas lat. Baneor, rancune, plainte.
73
1
574
RAO
Rancwo, Sf f. Plainte, qniicUe, diffôieod, regret, raMen*
tiueat, contestation, tnslesse*
Rasiost» «»m* Renfort; cheval suppléman taire que Ton
ajoute à on attelage pour Taider i gravir une côte» i
françlùjr on pas difBoile; coatiefort établi pour soutenir
nn mor; morceau de cuir, servant de conirefbrt à une
chaussure.
Banfonroat v. Renforci^, fortifier , rendre plus fort.
BàoQ., rju)ii^[iio, a4r'* m* et/*. Banquet enroué. -<» Porto
rdoMj, avoir la voix enrouée .
Du lat. Kawu$^ m. sign.; dêr. de Hawu, enroué. *«-
Bàiwliaa v. Voler, dérober, escroquer, prendre ce qui
ne nous appartient pas pour se Tappropner; ravir. -^
Mù\iba w\o t%o, enlever une jeune fille .
Pér. du lat. Ba^cre, ravir.
R&oubatAri, I. {, Vol, larcin; chose volée, volerie,
pillerie.
Dér. du lat* Aoper^r* ravir.
Bâoubo, s. {. Robe, robe de femme; robe d'avocat.
L'ancien terme ràôubo se prenait pour toute sorte de
meuble, de vêtement, d'ustensile, de provision, de denrée,
etc., et c'est encore sa signification en italien, R6bba, De U
le verbe dérober, ou enlever quelqu'une de oas choses. —
Faire uno râoubo mâou tdiado, faire une cotte mal
taillée, c-ânl. arrêter un compte, conclure un marché en
rabattant de part et d'antre, sans trop s'appesantir sur la
valeur des objets.
Ràoubo-miolo, ou RàouhOf-sàoumo • «. m. wmp.
Sobriquet donné à un individu sans probité, à un filou.
Ràoufèl, <. m. Le râle ou le ràlement avant-coureur de
la mort.
Dér. du bas br. BonM, m. sign.
Bâouféla,. o. Râler,, avoir le râle.
Râouléloùs, onso, adj, m. et ^ Qui a le râle. -* Tamè»
rdouféltmto, voix cassée. Caimpano rdouféiùuêOf docbe Alée.
Ràongna, v. Rogner, diminuer» retrécir, couper.
Ràougna, v. Pressentir un événement fâcheux. -« Lou
cor tné râougno, j'ai un fâcheux pressentiment.
Ràongnaduro, «. f. Rognure, bande de papier, d'étoffe,
de cuir, mince et de peu d'étendue, coupée avec des ciseaux,
un couteau ou tout autre instrument tranchant.
RàoumaB,.!. m. Rhume, maladie quiafiiscte la mem-
brane muqueuse de l'intérieur du nez, de la trachée artàre
ou.des bronches, et qui est canetérisée par renohifrèDemsnt,
U toux et l'évacuation d'une matière visqueuse plus ou
moina abondante.
Du lat. JR^uma, m. sign. ; dér. dugrecPcS|ia, fluxion,
formé de Peca, je coule.
Bàonmi, v. Roussir, faire roussir au feu; griller,
flamber. — Aed $én lou ràoumi, cela sent le ronsaL
Râonmi, ido, adj, m. et f. Roussi» brftlé, ghllé,
flambé; brouï. — La fiéfio et réofumida, la feuille a été
broute par la gelée.
RAS
Râouquéta» v« Avoir la voix prise, la veix raoqoe,
comme une personne enrhumée.
Râonquije, i. m. Enrouement.
Baponrta, ti. Rapporter, apporter une chose d'un lien
à un autre; rapporter, raconter, répéter ce qui s'est pané
ou oe qui a'est dit ; cancaner .
Dér. du lat. H9portar$,. m. sign.
Bapowrtar, uao, s. m. et f^ Rapporteur, euse; oehûou
œlle qui, par légèreté ou envie de bavarder, a ooulnme de
rapporter, de répéter ee qu'il a vu ou entendu.
Raqua, v, Grapiller, glaner le raisin après la vendange.
— Fby. Rapuga,
Pér. de Boquo, marc de vendange.
Ra^na, ti. Vomir; rejeter par le vomi6sement4 rendre
une chose par force; perdre an jeu; être forcé de payer.
^ A rata eifi fra»,. il a été forcé de débourser cinq francs.
L'aspriâ^ lou racarat, tu as pris cela, tu le rendras par
loree.
Suivant M. Diouloufet, ce mot aurait une ongine ligu-
rienne on viendrait de l'hébreu Baquaq, cracher.
Raqaado, «. f. Avinage; manière d'abreuver le fond et
l'intérieur d'un tonneau en j répandant le sorouiàt tout
chaud ou de l'eau dans laquelle on a fait h oniUir da marc
de raisin. -^ FaHr9 uno raquado, aviner ou abreuver un
tonneau.
Raquaîre, i. m. Grapilleur; celui qui ramasse les
raisins oubliés dans les vignes après la vendante.
Raquéto, <. f. Raquette; instrument dont on se sert
pour jouer à la paume ou au voUnt.
Dér. du lat. B^Hculum, m. sign«
Raqnita (Se), v. Se racquitter, réparer une parts faite
au jeu.
Raqno, i . f. Le maio de Ui vendange ; le maro qui n'a
point été pressé; la grappe de raisin dépouillée da ses
graine.
Dér. du Ut. Baemmê, grappe.
Ras, aao, adj, m. «i f. Ras, rase; plein, plaine et arasée
sans déborder. -* Vno témdoti roso, une oomne pleine.
Vn «élVv rat, un verre plein, une rasade.
Dér. du lat. Batut, m. aigu.
Ras, pr^. Rez, tout contre, tout proche, joipiant. —
Bat^-iàro, res-terre. Ft dé rot-dé-^mt», via de mère-
goutte.
Dér. du lat. Bagut, m. sign.
Rasa, V, Raser, couper U barbe, les chevaux avec un
rasoir; araser, tonne de magon, couronner, un mur, ache-
ver l'aseise d'un mur; abattre une chose au rasd'one antre;
raser un édifice, l'abattre à ras de terre; recepar on arbre,
le ooiqper rez de la souche. '^Sé roMo, se raaar« sa oouper
labarhe<
Rasa, o. EfiBienrer, passer tout auprès, avas mindiit.
— M'a rata ém'imo pévro, il m'a effleuré d'un coup de
piem.
Rasai, s. m. Epervier» sorto de filet de forma oonique.
RAS
lesté «rec des balles de plomb et que Ton développe eo le
lançant & Tean. — Quinta eo dé tomU Quel coup de filetl
se dit lorsqu'on fait main basse sor nne bande de malfan
tenis; kmqn'on fail nne rafle an jen, etc.
D6r. dn lat. Rûtit, filet.
Raacalàon, «• m. Espèce de prnne de Damaa on Damas
noir, petite pmne d*nn violet foncé, oommnne et pan d81i-
cate; nne noix sèche. Les prés RasdatoB à Alais tirent
pent'ètre lenr nom de oeqn*ils étaient autrefois complantés
de cette sorte de prunier.
Rascas, aaao, <• m. et f. Teigneux, euse; celui ou celle
qui est atteint de la rache ou teigne. Au fig. avare, crasseux ;
rude, piquant. Un des anciens seigneurs d*Uzès, Raymond,
fils de Bermond l«>^ et père de fiermond H, portait le surnom
de MoÊtMM. H vivait de 4168 & 4209.
Dér. de Roico ou Raseh, teigne, et du péj. oj.
Rascaa, s. m. Large croAte ou plaque de teigne.
Rascasao, s, f. Un perré, un cassis établi en travers
d*nne route, au fond d*un ruisseau ou d*un ravin pour
arrêter les affouillements ou les ravinements d'un coun
d'eau. Cette construction est établie au moyen de grones
pierres posées de champ.
Raacla, v. Racler, ratisser ; raser, toucher légèrement en
passant. Au fîg. McacUt» s'esquiver, s'enfuir, s'échapper
sans tambour ni trompette. — Bnda dé canèUa, garder
les manteaux, croquer le marmot.
Dér. du lat. Bad9r0, m. sign.
fiasdado, s. f. Atteinte légère ou passagère de maladie ;
volée de coups de bâton, r&dée.
RaBCladnro, «. f. Ràdure, ratissure, petits fragments
que l'on enlève en raclant.
Ratclàonaa, v. Amasser Teau dans le bief d'un moalin
qui ne peut moudre que par édusées.
Dér. de Raselàouêo, échue.
Rasclàouaado, j. f. Éclusée, plein une échise, la quantité
d'eau que peut contenir le bief d'un moulin quand il est fermé.
Dér. de Bamldoum, écluse.
Raadftouao, «. f. Éduse, ouvrage de maçonnerie, de
charpente, de terrassement, destiné à soutenir, à amasser,
i retenir les eaux que l'on destine à l'arfosage, À la navi-
gation, au fonctionnement des usines.
Dér. du lat. Baclma, renfermée.
Raadé, i. m. R&le d'eau, BaUui aquaUeui, Temm.
Gorgerette blanchâtre, poitrine et ventre d'un cendré
bleu&tre, tout le dessus du corps d*ua roux olivâtre avec
des tâches noires au centre de chaque plume, longueur
26 cent. Le râle d'eau reete dans le pays toute l'année; Il
est très-rusé et ne sort guère que le soir de ses joncs et de
ses fourrts. C'est un gibier des ]Aus ncherchés. ^ Vby.
foulo^'é$go et CabuMSé,
Raadé, j. m. Uèwe mâle, bouqum.
Raaolé» éto, âdj. m. et /. Teigneux, euse; lète chauve
ou pelée par la teigne.
Dér. de Muith, teigne.
RAS
575
Rascio, f . f. Râcloire, coupe-pâte, ustensile de fer qui
sert â détacher la pâte du pétrin. Râtissoire servant à
détacher le tartre des tonneaux.
Dér. de Rascia, racler.
Raacloou Raaco, i. f. Radie ou teigne de la tète; la
grosse teigne, gale on teigne plate et sèche.
Dér. du bas bret. Rdeh, gaile ou teigne.
RaaclouB, ouao, adj. m. et f. Teigneux, euse; rude
au toucher. On appelle Roiclousos, les bajanes ou châtai-
gnes qui ne sont pas encore dépomllées de leur peRieble
intérieure.
Dér. de Raidù, teigne. ^^ Foy. c. m.
Rasin, s. m. Raisin, le fruit de la vigne. Pline en dte
plus de 80 espèces. M. Bosc en avait réuni dans la
pépinière du Luxembourg, à Paris, plus de 4.400 espèces.
Parmi celles que l'on cultive dans les Gévennes, nous ne
dterons que la Coupado (Voy. c. m.), qui est peut-être
le meilleur raisin de table et le plus délicat; le Game ou
Larda (Voy. c. m.), sorte de chasselas. Le phylloxéra, qui
a commencé de sévir autour d'Alais en 4872, a depuis lors
détruit â peu près toutes les vignes Je la région.
Dér. du lat. Racmnuê, grappe.
Raao, s. f. Limite, ligne dérisoire. — L'an méë éin sa$
rasot, on Ta circonscrit dans ses limites, on hii a fixé ses
bornes.
Dér. du catal. Raêa, ravin.
Raao, «. A Les bergers donnent ce nom aux brebis qui
ont atteint l'âge de dnq ans.
Raaonôr, $. m. Rasoir; réseau. — Tèh dé raumèr,
toile de réseaux ou de carrés en réseaux ou en dentelle,
alternativement mêlés de carrés de tdle unie, employés
dans le dernier siècle â des garnitures de lit, des tapis de
table et de toilette. — Mé ftu pissa dé lamo dé rasomèr,
tu me mets â la torture, tu m'agaces.
Dér. de Ras.
Rnonîro, $, f. Râcloire; radoire pour mesurer le grain
ou les châtaignes ainsi que le sel. On dit aussi RoMa/doy^tù,
Dér. de Jliu.
Raapa, «. Râper, polir un corps avec une râpe; rédttin)
en poudre avec une râpe ; enlever le poil d'une étoife, d'un
drap par le frottement.
Raapa, ado, m(;. m. et /*. Râpé, râpée. -^ M pan
rutpa, du pain râpé. Raipa eowno on garfoù tdivr, il a
les habits râpés comme un ouvrier tailleur.
Dér. de l'allem. Raspen, râper.
Raapado, s, f> Raclée, volée de coups de pmngs, de
coups de bfttoo.
Dér. de l'alU Raapsn, râper.
Raapaîa, v. Balayer avec un balai usé; amasser un tas;
nettoyer. Au fig. rafler, faire rafle, faite place nette,
emporter tout, s'emparer de tout. — A fout roipstta, il a
tout emporté.
Raapal, s, m. Un balai usé, un ramon; un balai de
brousaailles, de genêts, de bruyère, d'aubépine; les épis
576
RAS
qui restent à Tair après qii*oa a dressé les gerbien.
— Praufèto raspal, prophète de malheur.
Ra^o, j. f- Râpe, ustensile de cuisine; outil d'acier
trempé en forme de lime, servant & limer le bois, la
pierre et à dégrossir le fer; ripe ou râpe de maçon;
mauvais ouvrier, mauvais artiste. -^ Quinto rdipo / Quel
mauvais ouvrier ! quel mauvais musicien !
RaspoÙB, OQBO, adj. m. et f. Rugueux, couvert
d'aspérités.
Rasso (fin], adv. En bloc, l'un portant l'autre.
Rastagagno, «. f. Les débris de bois mort, de feuillages,
de matières ligneuses ou surnageantes qu'une rivière
entraine pendant les inondations; les menues broutilles,
pailles, fétus qu'elle dépose sur ses bords lorsqu'elle décroit.
La ratta^gno marque d'une manière précise après l'inon-
dation la hauteur atteinte par l'eau.
Dér. du lat. Stagnatio, débordement, inondation.
Au fig. les restes d'une maladie; les derniers vestiges
d'ua rhume qui se traduisent par des expectorations.
Raste, rasto, adj. m. et f. Se dit d'une région dépour-
vue de végétation, d'une plaine sans arbres et dont les
herbes sont fauchées rez-terre, d'une lande inculte. — Un
pé%s rcute, un territoire nu, sans arbres, sans végétation .
Dér. du lat. MaHrum, râteau, ou de Badere, racler,
ratisser.
Raatéîè, «. m. Râtelier, sorte de claie posée obliquement
contre le mur d'une écurie et au travers de laquelle les
bestiaux premient, au fur et à mesure, le foin nécessaire à
leur alimentation; porte-manteau; l'ensemble des dents
qui composent la mâchoire humaine. -^ Âowsa lou rastéïè,
tenir la dragée haute; rationner; mettre au régime;
empêcher quelqu'un de disposer d'une chose à sa fantaisie.
Dér. de Rattel.
Rastèl, f. m. Râteau, fauchet. Le râteau est ordinai-
rement en fer et à une seule rangée de dents; le fauchet est
en bois et a deux rangs de dents opposés; l'épine dorsale;
l'échinée d'un porc.
Dér. du lat. RasMum, dim. de Roitrwn, m. sign.
Rastéla, v. Faucheter, si l'on se sert du fauchet; râteler
ou ratisser si l'on unit un terrain avec un râteau.
Dér. du lat. Radere, m. sign.
Raatélado, s. f. Plein un fauchet ou un râteau d'herbes ,
de fourrage ou de pierrailles. Au fig. un nombreux abattis.
— Uno rcutélado d'âoucéloùt, un abattis d'oisillons tués
d'un coup de fusil.
Dér. de Raitèl.
Raatélaje, t. m. Action de faucheter ou râteler; la
portion de fourrage ramassée sur un champ au moyen du
fauchet après l'enlèvement de la récolte.
Dér. de Rastèl.
Rastélan, s. m, La portion de la récolte recueillie avec
le râteau.
Dér. de Rastèl .
Rastoubla ou Réstoubla» v. Semer sur le chaume;
RAT
semer deux années de suite le même champ; ramasser le
chaume. Au fig. rèstoubla signifie revenir deux fois sar
une même chose; récidiver; manger deux fois da même
plat. — S'aquél frieà vous eounvèn, fôou ré$t(Mai ù ce
plat vous convient, revenez-y.
Dér. de RéstoMe, chaume. -— Foy. c. m.
Rastonble on Réstonble, s. m. Le chaume qui reste
sur la terre après que le blé est moissonné; l'étonle et,
dans quelques provinces françaises, le rastonble : herbes
mêlées avec le chaume qui restent dans un champ après la
moisson et qui sont une pâture pour le bétail; terre
en jachère; champ couvert de chaume et non encore
labouré.
Dér. du lat. Restibilis, qui porte toutes les années.
Rata, ado, adj. m. et f. Rongé des rats ou des souris.
— Pèirin rata, un parrain qui ne donne point de dragées
à ses amis et connaissances.
Dér. de Ra, rat.
Rata, V. Rater, £ûre long feu; manquer une occasion»
ne pas réussir; manquer son coup.
Ratado ou Rataduro, «. f, Rongeure on manjenre
(prononcez ronjure et manjurej laite par les rats .on tes
souris.
Dér. de Ra, rat.
Ra-tâonpén ou tâonpiè, s . m. oomp. C'est le nom qoe
Sàuvàgbs donne au Lérot et qui appartient mieux encore
au JAjiloXfMussylvatietis, Linn.), le véritable rat des champs
et des bois, si destructeur des récoltes, qui se loge souvent
sotts terre, et surtout au Campagnol de Savi fJLrmoitt
Saint, de Selys), extrêmement abondant dans nos contrées,
qui vit dans les champs couverts de céréales et de luzernes,
sous lesquelles il établit ses magasins, en y pratiquant des
trous comme la taupe (Tàoupo).
Râlé ou Rataté, s. m. Grimpereau, Grimperean familier,
Certhia famiUaris, Temm. Le Grimpereau est un oiseau
de couleur noirâtre et roussâtre, tacheté de blanc, plo^
pâle en dessous, avec le croupion roux; il atteint à peine
quinze centimètres de long. Il ressemble beaucoup, par
les habitudes comme par la taille, au Torcbepot oa
Sitelle, avec qui il est facile de le confondre, et qui reçoit
souvent le même nom languedocien. Foy. Bamêovido
(grosso). Le Grimpereau, comme le Torchepot et comme
les pies, qui sont ses parents éloignés, grimpe le long des
arbres et les frappe avec son bec pour en faire sortir les
insectes cachés sous l'écoroe; il semble alors le voir courir
comme une petite souris. RaU exprime trôs-bien cette
ressemblance et la petitesse du Grimpereau.
Dér. de Ra, rat.
Ratèlo, «. A La rate des bœu£B, des uKNiloas ; la raie
de l'homme, viscère impair situé dans Thypochondre
gauche, entre le diaphragme et l'estomac.
Ce nom parait lui être donné de sa forme olilongue qv
lui donne quelque apparence d'un rat.
Ratéto, s. f. Une dent de petit enfant. C'est un terme
RÉB
de Dourrioe qui 8*emploie sortout an pluriel : Ratétos,
les dents, les quenottes des petits eniants. On rapplique
plus spécialement aux denx dents incisives dn milieu de
la mAclioire, qui poussent les premières et qui, par leur
nombre et leur situation, ressemblent à celles des rats d'où
est tiré le dim. Ratétoê. — Véjan tôt ratéwt, voyons tes
petites quenottes.
Botiè-^ala, v. ^ Foy. Voia-ratiè.
Ratière, t. f, Ratièw, souridéie, piège à rats ou à
souris.
Dèr. de Ma, rat.
Ratigas, «. m. Restes, ressentiment de quelque maladie
dont on est guéri depuis peu de temps; boufiëe de fièvre,
dernières attaques d'une maladie qui tend à disparaitre.
Dôr. du grec PêAv^, claquement de dents.
Bato*pénado, ». A comp. Chauve-souris, VupertUù,
Linn. 11 en existe, même dans nos pays, de nombreuses
espèces dont les différences ne frappent pas les yeux du
vulgaire; par conséquent, raUhpénado suffit à les dési-
gner toutes. Les anciens naturalistes considéraient la
cbauve-souris comme une sorte de monstre qu'ils ne
savaient comment classer; aujourd'hui elle aurait beau
dire : « Je suis oiseau, voyez mes ailes! > les savants, plus
habiles que la belette de la fable, ne la croiraient pas ; ils
ont clairement établi que c'est un vrai mammifère, dont un
repli de la peau des flancs, étendue de chaque côté entre
les membres postérieurs et les doigts de la main, imite une
voile et forme une sorte de parachute qui les soutient
dans l'air, lorsqu'il s'y lance d'un point élevé. On sait en
effet que, tombées à terre, les chauves-souris ne peuvent
se relever. Elles sont vivipares et allaitent leurs petits,
qu'elles portent, en volant, attachés à leurs mamelles.
Au reste, le languedocien avait devancé la sdenoe en
faisant de cet animal un rat ailé : rato, rate; pénado du
lat. Pennata, ayant des ailes.
Ratos, s. A P^^' Indsives, quenottes des petits en&nts.
On dit aussi Maiouno» et Baiéta. — Foy. Maiéio.
Réba, s. m. Reflet, réverbération du soleil.
Dér. de M^batre, renvoyer.
Rèbala, v. Traîner quelqu'un ou quelque chose . * Potfe
pa mé rébaia, je peux à peine me traîner. L'an r^aia
eoumo un qwèr, on l'a tndné dans la boue, on l'a traité
avec le plus grand mépris, on l'a injurié. 5ë rébaia, au
fig. ramper devant quelqu'un, s'aplatir devant un supérieur.
Laxuo tout rébaia, il laisse tout traîner dans la maison,
il laisse tout en désordre.
Rébaladls, t. m. Train, embarras, remue-ménage; tin-
tamarre; bruit que l'on fait en traînant quelque chose.
^ Quant» rébaiadii/ quel train I quel tracas! T-adéréba-
iadii, il y a du train dans cette maison.
Dér. de Mébaia.
lUl»aléto (Dé), esp. adn. Terre-à-terre, à la glissade.
^ JUa tmo pHro dé rébaléfa, jeter une pierre de façon à
ce qu'elle rase la surface de la terre ou qu'elle glisse à la
RÈB
577
surface de l'eau, de manière à produire des ricochets. i)é
rébaiéto, au fig. se mettre à plat ventre, s'abaisser devant
quelqu'un.
RÛiatre, v. Rabattre, diminuer, retrancher; déduire
une certaine somme sur la valeur d*un marché conclu;
réverbérer; rebattre. — Rébair$ un mataku, rebattre un
matelas.
Dér. de Hafre.
Rébéqna, v. Se rebiffor contre quelqu'un, lui donner la
répartie; répondre insolemment à quelqu'un à qui on doit
du respect. — Mébique$f tu oses riposter? tu as le front
de répliquer?
Dér. de Bè, pour bouche, parole.
Rébéquairei airo, '. m. et /. Raisonneur, euse; qui se
rebiffe.
Rébéssliia, v. Se relever, se redresser par derrière,
comme la queue de certains chiens ; porter la queue en
trompette.
RÀésaina, ado, adj, m. eXf. Relevé, redressé, reco*
quille par derrière, comme la queue de certains chiens qui
se relève en trompette et s'enroule sur elle-même.
Rébétl, V. Repousser, faire ressortir un objet enfoncé,
tel qu'un clou, un boulon, que l'on cherche à chasser en le
repoussant par la pointe.
Rébia, v. Raccommoder, rapiécer un vêtement, un
meuble, un ustensile.
Rébûdre, t. m. Celui qui raccommode les objets déchi-
rés, cassés ou dégradés.
RéMajo, «. m. Rhabillage, raccommodage, rapiècetage.
Au fig. faXre un bon réinaj$, faire un bon repas après un
jeûne prolongé.
Rébiia, o. Requinqué, retroussé. -- Se rébifù, se
rebiffor.
Rébiacoula, o. Ranimer, ravigoter, regaiilardir. — Aoà
m'a rébueouUi, cela m'a remis, restauré, ranimé le cœur.
On dit aussi RMiooula.
Dér. du lat. Bavivitcert, reprendre vie.
Rébla, V. Garnir les vides d'une maçonnerie avec de la
blocaille; remplir les interstices entre les moellons. — Tn
orne rébia, un homme bien musclé, bien râblé.
Riblataîo, s. f. Remblai, matériaux de remplissage.
baUasU
Rèblo, s. m. Ràble d'un lièvre, d'un lapin; région
lombaire, chex les animaux, mais plus particulièrement
chez le lièvre, le lapin, le chat, le chien.
Dér. du laL BapiAum, dim. de Bapum, racine, petite
rave.
RèUo, s. m. Caillou de forme conchoïdale ou à cassure
irrégulière; blocage, ballast, cailloutage servant à remplir
les vides des moellons, dans les maçonneries ou les reins
d'une voûte.
Même étym. que le mot précédent.
Rébobia, ». m. Partie de plaisir; bon repas; partie de
fourchette ; gala. On dit aussi RMhé»,
578
RBC
Rébor, «. m. Rebord, orifioe ; bord d'un vôtement formant
on repli.
Dér. de Bor, bord.
RéboacM, f7. Rétorquer an argomenu eombattre nne
opinion avec des arguments victorieux. — L'a bien réteu-
ehi, il Ta bien voAtÂ, il l'a bien remis à sa place.
Rébonll, V, S'amender, après avoir souffert bien des
épreuves; avoir subi bien des soufTrances; réaction éprou-
vée dans la circulation en passant d'un grand froid à nne
température chaude.
Dér. de BouU, bouilli.
Réboulo, 5. f. Grateron, galiet grateron, nom de plante.
— Voy, Rêjistèl et Ârapo-inan,
Rébonmbo, «. f. Gros surtout ; vaste houppelande.
Rébounda, v. Trousser. — Se rébounda, retrousser ses
manches, ses vêtements. Rébounda pour Bébrfnmda, s'em-
ploie comme synonyme d'élaguer le pied, la tige ou les
branches d'un arbre.
Dans ce dernier cas, il est dérivé de Snmndo, braiiAhe
d'arbre, brande.
Réboundaire, «. m. Ouvrier que l'on emploie à l'éla-
gage des arbres, à la taille des oliviers ou des mdrieis.
Dér. de Br<nii;ndo, branche d'arbre, brande.
Réboùs, f. m. Rebours; contre-poil, contre-pied. —
Frêne d'à rtboùt, prendre au lebours; contrarier. À réboài
dé pèou, à rebrousse-poil.
Dér. de la bass. iat. Mbumu, velu, hérissé, qui vient
de Burrus, bourre.
fiébonstia, «. Retrouser; retiDuner ses manches jus-
qu'au coude.
Réboustîa, ado, adj. m. et f. Retroussé, ée.
Rébontigna, o. Bouder. — Voff. Fougna.
Rébroussiè ou mieux Réboussiè, t. m. Caractère mal
fait ; -celui qui prend tonjoors le contre-pied des choses,
qui a des idées opposées à tout le monde; homme contra-
riant; esprit paradoxal.
Dér. de Bëboùs, rebours.
Récaîre, «. m. Recoin. — Vvif. Béoantùà,
Réoaliva, v. Rechuter, avoir une rechute, faire une
rechute, récidiver, retomber.
Dér. de Bécatéou, débris de braise, reste de feu tadié
sous la cendre. •
Bécalivado, s. f. Rechute.
Dér. de JtéeaUva, rechuter.
Récantoù, «. nu Recoin.
Dér. de Cantaii, coin.
Réçâoupégu, udo, adj, m. et A Reçu, reçue.
Réçàoiiiire, v. Aecevcar.
Dér. du Iat. Bêoupêran,
]lécâouqaa«'v. Récidiver, donbior la dose d'un mels, y
revenir; répéter sans cesse la même chose; tab&cher.
^ Bécdouqua las boukn, achever de psnqilir les ton-
aeaus.
Dér. de Câotnqua, fouler.
KÈC
Béoàouqntîre, s. m. Babâchenr, calni qui reneat
toujours sur le jnéme siget.
Réoâ0iiqiia)0, t. tu. Rabftehage.
Récàouqfnia (Se), ». Se remettre dans aes affiûio, les
rétablir, se remplumer; revenir à la santé, se rétablir à la
suite d'une maladie. Ge terme signifie liUéndémeot :
refaire sa coquille.
On l'emploie aussi dans le sens de : se aooquifier, sa
croqueviller.
Récarga, v. Recharger, charger de nouveau, inqKiser
une nouvelle charge.
Dér. de Carga, charger.
Récasia, v. Attraper, recueillir aveo la main oa la
bouche une chose qu'un autre a lanoée ; prendre de bond
ou de volée ce que l'on jette. «^ Méûotsa à la vmdado,
attraper une chose lancée avant qu'elle ait touché te sol;
happer, en parlant d'un chien qui reçoit un objet dans s»
gueule.
Récaia, v. Seirer, ramasser quelquacluse qui traîne, le
mettre en lieu sûr; soigner quelqu'un, l'équiper, le rapié-
cer, pourvoira ses besoins; donner retraite à quelqu'un qvi
cherche à se cacher. — Èê bien réoaia, il est mis proprarnsnt.
Dér. de l'esp. Boêoiar, cacher avec toîii.
Récata, s. m. Ménage, économie, soin, attention. «*-
Vioure dé récote, vivre d'économie. Provisioa de boaohe
qu'un journalier porte à U campagne pour aa nourriUre
de la journée. — PomnaMnmréeate, porter cequi est néces-
saire pour sa nourriture de la janmée. Ana àau réê^,
aller manger un moroean. Tout aquà éi dé Téeata, toutcda
est arrangé, fini, mis en ordre. Gonifa, loiipa don récoêB.
Dér. de l'esp. RaotOù, précaution, prévision.
RécBioùa, ooao, otfj. ta. et f. Soigneux, ménagv,
économe.
Dér. de Béeau.
Récavala, v. Récompensé, bien loti; annchi.
liOu soulda que faï la gaèro
£s pa mai récavala.
•
Récélur, nao, s. m. et A Reeeleiir, celui qui luoàle.
Dér. du hit. Ctian^ cacher.
Réeéta, v. Faire l'exameD d'une marchandiae» vérifier
ai fille est de h qualité convenue, requise.
Dec. de Bkèto, recette.
Réoèto, f. f> -^ Marthandim dé inéNfo, manfaaadiis de
bonne qualité, de qualité lequise.
Dér. du Iat. Meeepta, chose reçue, admise.
Réohango, «• ai. Rediange, droit de dianger. •>«*- Cka»
dé rechange^ dioae que l'on a en double penr en rem-
pUicer une autre en cas de besofai.
Réchâoncha, v. Ressasser les ailmes idéea; rahàcber.
Au prop. tripoter, remanier une chose à ptaaiettra lupriiss
RâcUioacliam, t. m. Rabêebeur.
Réohato, t. f. Rechute, retour d'une laaladift doot on
n'était pas complètement guéri.
REC
Béd'. M* m. HftDwigaainMUH, haTardagef , caquets, lacon*
tan. ^Fa«r9 mih9mh 4éqitfâouiquu$, raconter mille bali-
venitt sur le oample 4e queLqu^ua. Mé n'an fa dé miohan
féeif, on m'a domiô de maavaie miMigaemeats sur son
compte.
Rmoët^, fh. Se dit d'mi ra^ot qui prend à la soi^e,
qni éoorchis on picote le gosier. On dit aussi de rhaite'
forte iJkiuékoUrmi.
Récontre, s. m. Hasard» occasion, obaoce, rencoatie.
-^ Séhu rééinUfm ou /bt» si le hasard le vaut. ZTa» agik
dà réeotUT9,y9i en QQ( obj^t d'occasion. Âou prémU téeimf
ire, à la premiàre occasion., M agu *fi miohan récoiMra»
j'ai en one maavaiaa chanM, une maiMiraiSB rencontre, j'ai
éprouvé un fàcheox accident.
Rôconmaiula, o. Recommander, exhorter, charger de
faire en oidonnant; prier d'être fiivorable. «^ ts Hèn
réeouÊtiandm 4o^ prtmêgM est connu poar ce qu'il est; il a
mauvaise réputation.
Dôr* du- lât. Ccmmmda/^, recommander.
Réconmandacion, s. f. Recommandation, action de
recommander «,
Dér. du lat. Çamm$ndaiiOf m. sign.
Ràçamiéga, ndo^ adj» m* et f. Recounu, ua; considéré
comme teK
Dér. du lat. Becogmius, m. sign.
Béoomiiiaaa, «• Reconnaître, être persuadé; découvrir ;
observer; avouer; vérifier^ comparer; considéseo sous un
certain point de vue.
Dér. du lat. Reeognoseert, m. sign»
RécouattaaaiUOi ahlo, adj. m. et ^ Reconnaiatable;
que l'on peut recoonaitre; iacile k être luconnu*
Dér. de Héeaunéïsse, reconnaltue»
Récountra, v. Réussir dans une entreprise* — Ai bien
r^oownlra^ j'ai bien réussi. S'acè se réoonên, si roccation
se présente.
Réoonrda (Se), v. Se ressouvenir, se rappeler.
Dér. du lat. Baoordari, m. sign.
Recoure, o. Terme employé par les ramasseurs de ohl-
taignes« Rechercher, repasser, revenir sur ses pas, pour
ramasser très-exactement de façon à n'avoir plus besoin
d'y revenir.
Dér. du lat. iZaenrrsiv, revenir en courant.
Récura, «t. Ëmonder la léte, les branches d'un arbre,
en couper les branches inutiles, lea rameaux chiffonnés.
Hécura se dit pour les branches, réboumda, pour la tige ;
iogata, pour les rejetons, lessui^nsdn pied. En français,
on, dit ittdiSèiemmeat pour les trois cas, ékpier ou
ém^nder. On élague les grossea branches avec la soie, la
sarpe ou la hache; on émoude les menues avec la 8eq;ietie.
Au fig. et adjeetiv. geot&l, pvopre.
Dér.. du laî. C^rara^ prendra soin, soigner.
Récnrado, s. /: Retranchement, déchet. Terme de
magpaaeriei; épidéiuîe qui diminue ou fiût périr bon nom-
bre de vers àaDie, qui. éolaircît les tables on ils sont éla-
RED'
879
lés. — Aquéh maldouUè a fa 'no forto réoundo^ cette
maladie a causé un grand déchet.
Récuraîre, s. m. Émondenr, celui qui émonde ou taille
les arbrss.
Racnrafe, ». «i. Émondage, action d'émonder, de
nettoyer un arbre, de le débarrasser de ses branches mortes,
de ses aameaux chiQbnnés, de ceux qui se naisent pour
être trop serrés.
Récnims, ». m. Le rebut des grains; le fond du grenier;
des ihnts dont on a prises qu'il y avait de meilleur.
Rédable, t. m. Le r&bie ou fourgon d'un boulanger;
râcloire en fer emmanchée d'une tige en bois et qui sert à
ramener la braise à U bouche du four. On dit aussi
rédiahU dans quelques localités.
Rédamén, odir. Trèsrfort, beaucoup, infiniment. —
Aquél orne éi rédamén for, cet bomme est très-fort.
Réda, TédOrOdj. m, et f. Roide; ferme. Il s'emploie
aussi dans un sens adverbial. -^ CanUna, maroha védê,
mmber rapidement. Jfémi rédt, mener rondement, dure-
ment, cavaliéiement Tiofo rédo, fnq)per fort. Toumba
rédd, tomber roide-mort.
Dér. du lat. Migidus ou du celt. Bed, m. sign.
Rédira, «. Bedire, r^ter, dire une seconde fois; rappor-
ter, révéler ce que Ton a appris, raconter; reprendre,
blâmer, censurer. -^ Mta trouàa à rédire, il m*a bl&mé.
Dér. du lat. Bedieere.
Rédoù, s. m. Redoul, herbe aux tanneurs, sumac den
corroyeurs ou des teinturiers CBhne^ eoriariaj, arbrisseau
de un à trois mètres, à rameaux nombreux. Toutes les
parties de cet arbrisseau sont astringenteaet raf raidiissantes ;
réduites en poudre, elles servent à préparer le cuir. On le
trouve dans les teirains rocailleuz, an milieu des bois de
chênes verts de la vallée inférieure du Gardon, au pont du
Gard, à Gollias, a la Baume de Sanilhac. au Pont Saint-
Nicolas. Les habitants de Gollias le reoueilleot en grandes
quantités et en font le commerce. Ils le désignent sons le
nom de Nèrto. L'abbé de Sauvages signale les baies de
cet arbrisseau comme un poison des plus violents. Il a sans
doute confondu le sumac (Bhu$ ooriariaj, avec la corroyère
à feuilles de myrte (Coriaria m^rUfolia), qni s'emploie
aussi dans la tannerie et dont les fouilles prises en décoction
produisent IBs accidents les plus terribles et même quel-
quefois la mort.
Rédoun, onno, odj. m. et f. Rond, arrondi, de forme
mamelonnée ou en cône arrondi au sommet. On en a formé
les noms propres*: Canrrédoun^ Campredon, champ arron-
di; Chamboù^rédomn, Ghamboredon, petit champ arrondi ;
Moun-ridoun, Montredon, montagne arrondie; Piè-rédmm,
Puechredon, puech ou pic arrondi.
Rédro, V. Rendre, lasser, fatiguer. — M'a fa réim, il
m'a éreinté.
Rédu, ndo, adj. m.etf. Rendu, fotîgué. — Bout rédu,
je. snis rendu.
Dér. du lat. Adnefus, m. sign.
580
RÉG
Réfa, acbo» adj. m. et f. Refait, réparô, rétabli,
restauré.
Dér. du ht. Beféctus, m. sign.
Refaire, v. Refaire, faire une seconde fois, réparer,
racommoder, recommencer, remettre en état, restaurer.
Dér. de Re, itérât., et de faire, faire.
Refoula, V. Regorger. Se dit d*un liquide qui se répand,
quand on le verse dans un vase dont l'ouverture est trop
étroite, ou qu'on le verse en trop grande quantité à la fois,
et que Tair du dedans n'a pas d'issue pour s'échapper à
mesure que le liquide en prend la place.
Réfoula, v. Refouler, repousser.
Réfréja, v. Refroidir, rendre froid. Au fig. calmer,
diminuer l'ardeur, refroidir l'enthousiasme ou le zèle de
quelqu'un . — Ço que m'an di m'a réfréja, ce que Ton
m'a raconté m'a refroidi, a changé mes idées.
Dér. du lat. Frigefaeere ou de Refrigerare.
Réfrésqna, v. Rafraîchir, rendre frais, calmer la cha-
leur; réparer, rétablir, nettoyer en lavant; rappeler,
renouveler. — Réfrésca lou linje, mouiller le linge avant
de le mettre à la lessive ; remuer le linge dans l'eau claire
avant de le tordre, après l'avoir lavé, et pour en faire sortir
le savon. Réfrésca fino bouto, un véire, rincer un tonneau,
un verre, ou le passer simplement dans l'eau claire après
l'avoir rincé. Bouta lou vi à réfrésca, mettre le vin à
rafraîchir. Réfrésca la mémouèro, rappeler une chose
oubliée ou ancienne.
Dér. du lat. Reftigerare, refroidir.
Réfrésquado, s. f. Une ondée; un léger lavage; |une
tripotée. — Avèn agu ttno réfréseado, nous avons essuyé
une averse. Douna uno réfréseado âou linjê, laver légè-
rement le linge. FUre uno réfréseado, ficher une tripotée
à quelqu'un.
Réfréscadoù, t. m. L'eau à rafraîchir, où l'on met
le vin à rafraîchir; petit lavoir contenant de Teau claire
et où l'on trempe le linge lavé, avant de le tordre pour le
mettre à sécher.
Réfrésqnaîe, t. m. Linge ou lessive essangée à laquelle
on donne un léger blanchissage avant de la mettre an
cuvier. — Blan dé réfrésquaje, premier blanchissage ou
un simple savon.
Réfréta, v. Ce terme s'emploie dans le sens de radouber,
réparer les roues d'un véhicule en resserrant les jantes et
les rayons dont l'usage on les grandes chaleurs ont amaigri
les points d'assemblage.
Refus, s, m. Refus, action de refuser. — Àquà n'éspa
dé refus, j'accepte cela volontiers, ce n'est pas une chose
à refuser.
Dér. du lat. Refutare, réfuter.
Réfnaa, v. Refuser, ne point accepter une chose offerte,
ne pas accorder une chose demandée.
Dér. du lat. Refutare, réfater.
Régagna, v. Rechigner. Au pr. Régagna las dén§,
montrer les dents, soit par un défaut nature), soit par une
REG
mauvaise habitude. Au fig. jRé^o^fia las déns, tenir tftte à
quelqu'un, lui montrer les dents, lui montrer de la fertnett.
Le sens fig. est pris des chiens qui grondent et menaoent
de mordrR en montrant les dents.
Dér. de l'esp. Resgagnar, grincer des dents.
Régagnado, t. f. Brosquerie, brusque incartide,
rebuffade.
Régagnas, '.m. Gros rire sardonique et moqnear.
Dér. de Régagna. — Voy. c. m.
Régal, s. m. Régal, grand festin, grand repss, grand
plaisir, vive satîsfactiop. — Éf un régal pér él dé se pér-
mena, la promenade est pour lui un vrai régal.
Régala, v. Régaler, inviter quelqu'un à un festin, fiiire
un gala.
Dér. de Régal.
Régalisso, s. f. Réglisse Glpkyrhiga glùbra, Linn.,
plante de la famille des Légumineuses, cultivée dans la
Provence méridionale. C'est de la racine de cette plante
que l'on retire, par ébullition, l'extrait que l'on nomme
jus de réglisse.
La réglisse sauvage, astragale à feuilles de réglisse
(Astragalus glykyphyUos, LinnO« plante de la même famille
que la précédente à laquelle elle ressemble par ses feuiBes.
Dér. du grec VK,<i, racine, et de , TX^oç, doux, radoe
douce.
Régalo, s. f. Régal, festin, bon repas, gueuleton. «•
Paguespa 'no régalo f n'es-tu pas décidé à payer un bon
dîner?
Dér. de l'esp. Régalo, m. sign.
Régauèl, t. m. Regard, aspect, exposition, rayonnement
du soleil. — Èro âou réganél dàau êourél, il était expos6
aux rayons, aux ardeurs du soleil.
Dér. de Régo, raie.
Régauta, v. Regretter, se repentir trop tard. — Frieas-
ses ioun bé, lou régantaras un jour, tu dissipes ton bien,
tu le regretteras un jour.
Régâougna, v. Rechigner, grommeler, montrer de
l'humeur, de la répugnance; relancer quelqu'un, le
rabrouer, le rebuter avec rudesse. On dit aussi il^^o^iMi.
— Voy. c. m.
Régâougnado, t. f. Brusquerie, brusque incartade,
rebuffade. On dit aussi Régagnado. — Voy. c. m.
Régâougnaire, s. m. Personnage brusqpie, grognon,
rechigné, qui trouve sans cesse à redire à tout le monde.
Dér. de Régâougna.
Régàoula, v. Couler, dégoutter.
Régâoussa, v. Regarder de travers ou d'un air dédai-
gneux ; donner à son visage une expression de mépris. '*
Régâoussa lout ids, montrer le blanc des yeux comme dans
un évanouissement ; regarder d'un air farouche.
Régâoussado, s. f. Regard farouche, regaid torve,
menaçant.
Régar, s. m. Regard; égard. — Vér «otf« reçoit, par
égard pour vous. Fkr régar d'aquà, à l'égaid de ceci.
RËG
Regarda, «• Regarder; avoir égard. -* Aquà é$ dé
régarda, c'est Une chose à laquelle il faut avoir égard.
Mégarda ou Ungu^a, langueyer nn porc pour y découvrir
les grains oa boutons de ladrerie.
Régardaira, t. m. Langueyeur de pourceaux; inspec-
teur.
Régardèlo, $, f. ^ Unpla dé régardèlo, un plat pour
les yeux. Manja dé régardèlo, diner des yeux ou en
regardant les autres manger.
Dér. de Régardèlo, plante ou produit imaginaire.
Régiaola, «. Rejaillir, éclabousser. — M'a unu rég%$ela,
il in*a tout éclaboussé.
Régiaolado, «. f, Éclaboussure, rejaillissement; ondée,
pluie, averse subite et de peu de durée.
Régiaole, «. m. Rejaillissement, éclaboussure. On dit au
prop. et au fig. N'aï agu lou régiêch, j'en ai eu les écla-
bonssures.
Régistèl, t. m. Nom de plante; garance des teinturiers
(Mubia tinetomm, Linn.). Grateron. — V&y, Arapo-man et
Rébouh,
Règiatro, t. m. Registre; livre où Ton inscrit les actes
de l'état civil, les délibérations municipales, les affiûres de
chaque jour, les fournitures de métier, etc.
Dér. du lat. Registrum,
Régital, «. m. Piège, traquenard pour prendre les bètes
fauves; traquet pour prendre les rats et les souris; sorte
de piège à ressort composé de deux m&cboires armées de
pointes qu'un ressort fait détendre et qui saisissent l'ani-
mal qui a donné dans le piège.
Régla, o. Tirer des lignes droites avec une règle et une
pointe à tracer; régler, mettre une règle en vigueur, ar-
rêter, ()éterminer, régulariser; arrêter un compte. — Soun
etmtê éê régla, il a son compte; il a reçu le châtiment qu'il
méritait; il est mort.
Dér. du lat. Rêgularê.
Réglé, «. m. Règlement relatif à divers objets. En
terme d'église et dans le st. fam. guide-ane, ordo ou ordre
a suivre, livret qui indique l'office de chaque jour. En
•tyle administratif, cette expression s'emploie surtout pour
désigner le règlement relatif à ladépaissancedes troupeaux
dans les terrains communaux. Dans les Cévennes ce mot
désigne un thermomètre. Quand l'abbé de Sàuvagbs mit le
thermomètre entre les mains des éducateurs de vers à
soie, pour régler le degré de température, il lui donna
le nom de réglé, qu'il a conservé. On dit au fig. lou méirén
âou réglé, nous lui apprendrons à se bien conduire, à
ne pas agir selon ses caprices.
Réglo, «. f. Règle, instrument allongé, plat ou carré,
iu bois ou en métal, servant a tracer des lignes droites, et,
par extension, principe, maxime, loi ; bon ordre, exemple,
modèle, préceptes; statuts d'un ordre religieux.
Dér. du lat. Régula, m. sign.
Employé au plur., il a la signification de règles, mens*
trùes, écoolement périodique el mensuel des femmes.
RÉG
581
Régo. s. f. Raie, ligne, trait de plume ou de crayon;
bande étroite ; rayon ou sillon de jardinier ; ligne divisoire
qui sépare deux champs; rigole de jardinier: règle de
conduite; culture. — Uno régo dé eoutriê, un labourage
simple. Donna dos régo», faire deux labours successifs ou
l'un sur l'autre en sens inverse. Planta à régo, planter par
sillons ou par rigoles. Tira régo, planter, borner, délimiter
deux champs contigus. Téni la régo dréeho, tenir une
conduite régulière. Paua la régo, dépasser les bornes per-
mises.
Dér. du grec Piiyni, fente, crevasse, on du lat. Riga, dor.
tnyà.
Régolo, a. f. Rigole, petit fossé peu profond, creusé
dans la terre pour faire couler l'eau dans un jardin, nn pré ;
caniveau établi dans une rue pour l'écoulement des eaux
pluviales. — Sâouto régolo, saute -ruisseau, petit jeune
homme malingre et prétentieux; petit polisson, enfant des
rues.
Dér. du celt. Rigol ou du lat. Rigan, arroser.
Régor, s. m. Agneau tardif, agneau de l'arrière-saîson,
celui qu'une brebis met bas dans un âge ou communé-
ment elles ne portent plus. Ces agneaux sont ordinairement
maigres, chétifs, vieillots et malsains. On le dit au fig. des
enfants nés sur le déclin de Tâge de leur mère.
Dér. du lat. Cordus, qui vient dans l'arrière-saison.
Régonbia, adj. Recourbé. — CanUno tau régouUa, il
marche tout courbé.
Ce mot est sans doute employé pour D^otcréto, qui vient
à son tour de Gourbw, serpette recourbée ainsi nommée
dans le voisinage du Rhône.
Régoubinn, «. m. Nausée, vomissement; alimenta rendus
à la suite de nausées.
Régoula, v. Couler, dégoutter; vomir, rendra gorge;
être rassasié jusqu'au dégoût. — La susoù mi régoulà din
Vétquino, la sueur me coule dans le dos ; je ruisselle de
sueur.
Régouliie, «. m. Dégoût, aversion; nausée, envie de
vomir, dégobillis. — ^cd fa\ véni hu régoulije, cela sou-
lève le cœur.
On dit aussi Fastije.
Régonmaa, j. m. Grimace, faux pli que fait un vête-
ment mal taillé, ou par l'application d'une pièce mal
cousue, mal appliquée, mal posée.
Régoumaïaa, v. Grimacer, présenter un pli défectueux.
Se dit d'un vêtement mal taillé.
Dér. de Régoumai, grimace.
Régonrdano (cami dé). Nom donné à l'ancienne voie
romaine qui conduisait de Nimes à la Loire par Alais,
Villefort et la vallée de l'Allier. Strabon en fait mention.
On en voyait des vestiges, il y a quelques années, près
d' Alais, sur la partie de l'ancienne route de Saint-Ambroix
appelée les Calades; aux abords de l'Affenadou, sur un
point désigné aussi sous le nom des Calades.
Régrè, s. m. Sorte de sérénade amoureuse, dont l'air et
74
582
RÉI
les paroles sont d*an caractère plaintif et que les paysans i
des Cévennes chantent sous la fenêtre de lear amonreose.
Ce terme s'emploie aussi dans le sens de pitié. — Àquél
éftin fat régrèf cet enfant me fait pilié. A\ régrè d'él. j'ai
pitié de lai. Dans le sens propre il signifie regret, souvenir
pénible d'avoir lait, dit on perda quelque chose; de n'avoir
pas dit ou fait telle autre chose ; repentir.
Dér. du lat. JHegressm, retour.
Régréta, v. Regretter, être fâché, affligé d'une perte
qu'on a faite, d'avoir manqué une occasion favorable, ou
de n'avoir pas fait une chose.
Régmè,5. m. Sillon, rigole; rigole ou chenal de jardin
qui longe une plate-bande et sert à introduire suecessi-
veroent l'eau d'arrosage dans la série des rigoles qui
composent la plate-bande ou carré affecté à une même
espèce de culture.
Régainna, t;. Ruer. Au fig. regimber.
Réguinnado, s. f. Ruade.
Régoinnairo, adj. m. Enclin à ruer. — àquél mi&ou
et règuinnaïrê, ce mulet à une tendance à ruer.
Rèï, 5. Ht. Roi, celui qui gouverne un état. — RH dé la
favo, le roi de la fève ; celui à qui est échue la fève du
gâteau, le jour des Rois. Countén eoumo un rè^, content,
heureux comme un roi.
Dér. du lat. Bex, régis, m. sign.
Rèi-dé-caio, s, m. eomp. Râle de genêt, roi des cailhss,
poule d'eau de genêt. (GaUinula ou Rallut Crex, Temm.)
Depuis le hauc de la tête jusqu'au croupion, d'un brun
foncé ; chaque plume bordée de roux et de cendré ; ventre
blanc lavé de roux ; longueur 26 cent. Cet oiseau arrivant
toujours à la suite des cailles, on a supposé qu'il avait
autorité pour les pousser devant lui et on t'a nommé Roi
des cailles. Il n'y a aucun rapport entre eux. H est vrai que la
science, ayant égaid à certains caractères extérieurs, et ne
tenant aucun compte de ses mœurs disparates, Va rangé
à son tour parmi les poules d'eau; mais son nom scienti-
fique est déjà une contradiction ; car ce n'est pas au milieu
des genêts que cette poule viendrait satisfaire son goût
pour l'eau. Le fait est qu'elle n'aime pas l'eau. Le langue-
docien a traduit au choix, le Roi ou le Râle du français.
Réinage, s. m, La royauté du repas des Rois ou de la
fête de l'Epiphanie. — Las fougassos dé réinage, les gâteaux
des Rois.
Dér. de RU, roi.
Rèmâoa, n. pr. m. Reynaud, que l'on trouve quelque-
fois écrit Raynaud, Raynal, Raynald ou même Réginal.
Dér. de la bass. lat. Reginaldus, royal.
Réinar, s. m. Renard. (Canis vulpes, Linn.) Mammifère
onguiculé de la famille des Digitigrades ou Carnivores,
signalé de tout temps comme l'emblème de la ruse et de la
finesse. — Es un fi réfinar, c'est un rusé compère.
Réinar, s, m. Terme de maçon. Pierre attachée au bout
d'une ficelle et tenant lieu de fil â plomb.
Réinardivo, Rénardivo ou Rénadivo, «. f, Ognon de
RÉL
Tarrière-saison; ceux qui renaissent, pour aiasi dire, on
qui repoussent du germe des vieux ognons qu'on avait
laissés en terre par oubli ou à dessein. Cesognons ont, à la
fin de l'automne, la fraîcheur des (^nons du printemps.
Dér. du lat. Rvnaius, venu de nouveau, repitMhit
Réinéto, t. f. Pomme de rainette, sorte de pomme
commune dans les Cévennes où l'on en trmife diverses
variétés. La rainette du Vigan jouit d'une réputation
justement méritée.
Dér. de Rëmo, reine, eu égard à sa qualité supérieure.
Réfiléto, t. /. Raine verte ou graîsset (Rama arhma,
Linn.)« petite grenouille verte qui se peitiie sur les buissons
ou les arbustes. Reptile de l'ordre des Rafraeîefts et de la
famille des Anoures (sans queue).
Dér. du lat. Rana, grenouille.
Rèino, f. A Reine, femme de n>i, souveraine d'nn
royaume.
Dér. du lat. Rsgina, m. sign.
Rèio, f. A Le soc de la charrue. — àpown^a h rëo,
rebattre le soc.
Réire, adv. Arriére, derrière. — Çaï en réirê, ci-devant
ou par le passé. Àcà es toujour à réïre, c'est toujours i
recommencer. En réire, jadis, autrefois, postérieurement,
de nouveau.
Dér. du ht. Retrà.
Réîre-ban, s, m. comp. Arrière-ban. — an vira ban tt
rétre-ban, on a fait des perquisitions très-minutieuses; on
a hit un grand r^mue-ménage.
Réire-bontigo, s, f. comp. Arrière-boutique; arrière
magasin.
Réîre-gran, s. m. et f. eomp. Arrière grand-père;
arrière grand'mère. — Jfoun rUre-gran; ma rèire-gran,
Réûre-léndéman, s. m. eomp. L'aprés-demain.
Réire-poun, s. m. eomp. Arrière-point, rang de points
de couture continus que l'on fait avec une aiguHIe et du
fil ou avec une machine â coudre, sur le poignet de la
manche ou le plastron d'une chemise ou de tout autre
vêtement.
Rélre-BOurèl, t. m. eomp. La réverbération du soleil;
un reflet de soleil donné par un nuage.
Réjongne, v. Serrer, enfermer, ranger, mettre en place,
soigner. — Ténès aeà bien réjoun, gardez cela avec soin;
tenez-le bien soigneusement serré, ajusté, rangé.
Réjoui, V. Réjouir, donner de la joie, du plaisir. — Se
réjoui, se réjouir, se livrer au plaisir, se divertir.
Réiomssanço, t. f. Réjouissance, fête, festin, fSte
votive, réunion où l'on s'amuse.
Réjoun, adj. m. Serré, ajusté, rangé, soigné. — Ton.
Réjougne.
RélaîBsa, ado, f . m. et f. Abandonné, ée. En vient
langage rélaissado signifiait une veuve; la femme de celai
qui, embrassant l'état ecclésiastique, jurait de conserver
l'état de viduité. De la bass. lat.
Rélaîssé, s, m. Rebord, relief, saillie, plinthe, imposte;
REM
toute partie taillaate d'une oonstrnction , d*un meuble;
tablette de cheoûoée, bord d*nne armoire, d'une commode.
Littéralement : petit relief.
RélaMa, ado, # . m. et f. Celui ou celle qui est afEecté
d*uae hernie.
Dér. du lat. B9laxatui, relâché.
RéléTa. «. Relever, ramasser, exhausser; rétablir une
Ibrtane; faire valoir, donner plus d'éclat, faire remarquer;
répondre vivement à quelqu'un, mettre à la place d'un
antre; sortir de maladie.
Dér. du lat. Mmfare, m. aign.
AéléTairo, «. f. Terme de filature, désignant une
apprentie fileuse.
Réloge, s. m. Horloge. ^ Bélogê d'araire, anneau ou
oochet eik 6 d'ane charrue, aaquel on attache le timon.
Régla cotimo tin rUoge, se dit d'un homme trôs-ponctuel.
Dér. du lat. Borciogiwm, m. sigu.
Rélongè, s. m. Horloger, oelui qui fait ou raccommode
les horlogeiB, les pendules et les montres.
Dér. de RUog$* -<* Vop, c m.
Remarqua, v. Remarquer, marquer de nouveau, faire
une remarque, distinguer quelque particularité.
Dér. de Marqua, marquer.
Réoaar^piaMa, ablo, adj» m. et A Remarquable, digne
de remarque; qui n'est pas ordinaire, qui présente des
particularités exceptionnelles.
Dér. de MéÊnarqHa,
Rémarquo, «. f. Remarque; marque, observation parti-
culière sur quelqu'un, aur quelque diose.
Dér. de Marqua, — Voy, c. m.
Ramena, v. Rameoter, revenir sur un sujet, rabjusber,
chanier toiyours la même gamme. — JPai pas çm'ow
réména, il ne fait que répéter toujours la même chanson.
Ou réménav9 déêémpUi mu an, je ruminais cela depuis
un an. Remanier une toiture, un pavé de rue; remuer un
mélange, une liqueur circulairement. Béména h» ^uiou,
agiter, tortiller le derrière en marchant avec affectation et
d'une façon ridicule.
Dér. du v. lat. iUflMnori.
Rémés, éaao, adj. m. et f. Remis, remise; replacé en
son bien ; rétabli d'une maladie.
Dér. du lat. Mmi9$^, m. sign«
Rémétre, v. Remettre; metue une chose à l'endroit où
elle était auparavant; donner à quelqu'un, différer, rendre.
Dér. du lat. B9mitt9rê, m. sign.
Rémifta, V. Loger, héberger* mettre à l'abri, enfermer
dans une remise ou dans un endroit qui sert d'abri.
Dér. du lat. Misêum, de Mitter$, mettre.
Rémiao, 4. f. Remise, lieu destiné à mettre k couvert
les voitures, les ustensiles agricoles, les denrées, les récoltes.
Du grec 'UpcjA{>a, mettre en repos, par la suppression de
i{, ou du laU Mitsum, de MiUere, mettre.
Rémonia, v. Mouiller, humecter de nouveau. — Pmè"
fr9s rémQuïat, pèches sèches et ramollies dans dit vin.
REN
583
Rémoulin, n. pr, de liêu. Remoulins, chef-lieu de canton
de l'arrondissement d'Uzès, situé sur la rive gauche du
Gardon, à 3 k. en aval du Pont du Gard.
Nom dérivé de Mémoulii, — Foy. c. m.
Rémonlina, v. Tournoyer, pirouetter. On le dit de
l'eau, d'un bief de moulin qui s'engouffre dans le radier,
ce qui produit, à la surface stagnante de l'eau, des tourbil-
lons creux en forme d'entonnoir.
Dér. de Bëmaulis. — Voy. c. m.
Rémonlla, «. m. Tourbillon d'eau, détours d'un cours
d'eau.
Du cat. HjBmoU, ou de Tespagn. Remalino, m. sign.
Rémoulu, udo, adj. m. et f. Avide, insatiable, goulu;
en parlant de l'avidité de ceux qui, comme on le dit, ont
les yeux plus gros que le ventre.
Dér. de Bémoulige, avidité du bien, désir insatiable d'en
acquérir, mêlé d*un sentiment de jalousie (Sauvages). —
Voy. Ârémoulï,
Rémounlrina, v. Réprimander, faire des reproches.
Rémonnfrinado, 4. f. Réprimande, semonce, mercuriale.
— Aï agu uno rémounfnnado, j'ai essuyé une réprimande.
Rémounta, t^. Restaurer, remettre à flot, fortifier,
ravigoter, réjouir. — Un pàou dé vè mé remonta, un doigt
de vin me restaure. Cent é§eui mé rémountarièou, une
somme de cent écus me remettrait à flot, me serait très-
utile. Lou vi rémonio l'éstouma, le vin fortifie. Aquélo
plèjo a rémounta tous Uas, cette pluie a donné de la
vigueur aux blés.
Dér. de Mounta, monter.
Rémountacion, j. f. Fortune, richesse. — Aeà's ta
rémountaeiou d'àou péis, cela constitue la richesse du
pays. Aeà sérié ma rémountaeiou, ce serait une fortune
pour moi.
Dér. de Rémounta.
Rémoustra, v. Remontrer, représenter à quelqu*un les
inconvénients d'une chose qu'il n'a pas faite, ou qu'il a
faite ou qu'il est sur le point de faire.
Dér. de Mousira, montrer.
Rémonatranço, «. f. Remontrance, reproche, représen-
tation, avertissement.
Dér. de Bémouslra.
Rémuda, v. Changer, remplacer. — Bémuda déjarman,
coussin issu de germain.
Dér. du lat. Bomutare, m. sign.
RÂmnda, s. m. Un rassis ou un relevé, terme de
maréchal. On rassied un fer de cheval lorsqu'on y remet
les clous qui y manquent et qui faisaient locher le fer.
Rén, 4. m. Rein, reins. — Aï màou dé rén, je souffre
des reins.
Dér. du grec Peu, couler.
Rén, 4. m. Rangée, nombre. — Adéré, se dit d'objets
disposés par rangées, disposés en file.
Réna, v. Gronder, murmurer sourdement, grogner;
pleurer, se chagriner sans sujet et avec mauvaise humeur*
584
REP
geindre. — Dé que rênes f de quoi grognes- ta? Rénacoumo
*^^ por, grogner comme un cochon. Soun ventre réno, son
ventre grouille.
Rénaire, j. m. Grognon, inqoiei, grondeur, qui se plaint
toujours.
Réndiè, t. m. Fermier, locataire.
Dér. de Réndo, rente.
Béndo, s, f. Rente, ferme, revenu annuel, fermage,
loyer.
Dér. du lat. ReddUa, m. sign.
Rénéga, «. Jurer, blasphômer, proférer des jurons, des
imprécations. — Rénégavo eoumo un fol, il jurait comme
un possédé.
Dér. de Negare, désavouer, renier (Dieu).
Rénégaire, s, m. Celui qui jure, qui blasphème.
Réngloro, s. f. Petit lézard gris; lézard gris des
murailles, lézardeau (Lacerta murali»). C'est un crocodile
en miniature; car on lui a fait l'honneur de le classer avec
lui dans Tordre des Sauriens. Le gentil saurien dont nous
parlons, timide, inoffensif, éveillé et agile quand il guetta
ou poursuit sa proie ou qu'il fuit le danger, est un vrai
lazzarone, se dorlotant avec délicesau soleil, quand on veut
bien le laisser tranquille. C'est ainsi qu'il passerait sa vie,
dormant l'hiver, se chauffant l'été, au milieu de nos
espaliers, qu'il protège en les débarrassant d'une fouie
d'insectes dont il se nourrit ; mais les enfants le poursui-
vent continuellement et bien à tort.
Réngo, «. f. Rangée d'arbres placés sur un même
alignement.
Renifla, v. Renifler, aspirer avec force par les narines ;
on le dit plus particulièrement des liquides.
Dér. du lat. Renasiculare, formé de re, itérât, et de
fuiiictt/ar0.
Rén]a, v. Ranger, placer dans son rang, mettre en place;
arranger, raccommoder, réparer. — Rénja sa$ eAou$o$,
arranger ses affûres. Fan rénja sa caréto, il fait arranger,
réparer sa charette.
Rénjo, t. f. Rangée, ligne de plantations, même signi*
fication que Réngo. — Voy, c. m.
Réno, s. f. Plainte, soupirs d'un malade, pleurs traî-
nants d'un enfant gâté. — Aro a sa réno, maintenant, (cet
enfant} a un accès de pleurs.
Dér. du lat. Rana, grenouille.
Rénouncia, v. Renoncer, se désister, se départir de
quelque chose; quitter, abandonner; renier, désavouer;
mettre au jeu une carte d'une autre couleur que celle dont
on joue.
Dér. du lat. Renuneiare, m. sign.
RénoÙB, ouao, adj. m. et f. Grondeur, grognon, har-
gneux, pleurard.
Dér. de Réno. — Voy. c. m.
Répâon, 5. Ht. Repos, cessation de mouvement, de
travail; tranquillité d'esprit, sommeil; palier ou repos
d'escalier. — Démouras en répâou, finissez; restes tran*
REP
quille, laissez-moi. — JUWMa-mé dé répâou, laiMez-mai
tranquille. — Vn répâou d'éeeaXè, un palier.
Dér. du lat. Reponwre,
Répâonaa, v. Reposer, mettre dans une sitiiation trao-
quille, dormir; cesser de travailler, d'agir; se reposer.
Dér. de Ripàou, repos.
Répapia, v. Radoter, rabAoher, revenir eonstâmaMot
sur le même sujet. — > Répajrio soun sadoui, il rabâcha
tant qu'il peut.
L'abbé OB Sàuvagbs fait dériver oe mot de rê, itératif,
et de papa, père. Répapia signifierait doue : répéter le mot
papa, comme les enfants, c'est-à-dire devenir en&Dt,
tomber dans l'enfance.
Répapiaire, t, m. Radoteur, qui répète toujounU
même chose, qui ne dit que des riens, des choses qui n'ont
souvent aucuu rapport entre elles.
Répapijo, s. m. RabAcbage, radotage, verbiage; diseoon
désordonné, dépourvu de sens et de raison.
Répara, v. Réparer, remettre en état œ qui a soufEsit
quelque dommage, rétablir. — A répara soun ouetâou, il
a fait réparer sa maison.
Dér. du lat. Reparare, m. sign.
Réparacion, 5. f. Réparation, oavrage que l'on fait
effectuer pour réparer un dommage; satisfaction donnée on
exigée.
Dér. du lat. ReparaUo, m. sign.
Répasaa, 0. Repasser, passer de nouveau An ûg. frotter,
houspiller, charger de coups.
Répassado, 5. f» Volée de coups; réprimande, merca-
riale, correction.
Répaaso, «. f- Repasse, grosse farine qui contient do
son ; produit d'une seconde distillation de Tean-de- vie.
Répéntén, énto, adj. m. et A Repentant, repentante,
celui qui se repent d'avoir commis une faute ou de s'être
engagé dans une mauvaise affaire.
Repenti, s. m. Repentir, repentance.
Dér. du lat. Pomiîere, m. sign.
Repassa, v. Rejaillir par ricochet; se dit d'un filet oa
d'une chute d'eau qui tombe sur une surface dure et se
répand en rejaillissant.
Répésa, V. Peser de nouveau.
Répéta, o. Regimber, ruer, murmurer, se rebiffer,
répondre avec vivacité. Dans ce dernier sens on dit plutôt
Rébéca
Répétl, s. m. Le roitelet.
Répéti, express, lang. — Ifavés répéti, vons en aves
menti, c'est vous-même qui en imposez, vons mentez
doublenjent.
Répi, f. m. La répétition de la sonnerie d'nne horiofe,
d'une pendule, les heures qu'elle sonne ponr la seconde
fois. — A souna lou répï, les heures ont sonné pour la
seconde fois. Éspérén lou répï, attendons la répétition des
heures.
Répiqua, v. Sonner une seconde fois; se dit d*Qoe
RÈQ
horioge. ^ Ripiqua dé boutât, relier, radouber les tonaeanx,
remplacer les cercles usés ou resserrer les anciens à coap
de maillet.
Dôr. de Piqua, frapper.
Répléga (Se), v. Se recroqueviller, se dit des feuilles
des arbres que le froid, la sôcberesse, les piqûres d*insectes
font bosseler ou recroqueviller.
Dér. de Plé$a, plier.
Répoimchoù, s. m. Raiponce (Campanula repuneului,
lânn.)* On en mange la racine comme salade d'biver.
Répourta, v. Rapporter, apporter une chose, du lien où
elle est an lien où elle était auparavant.
Dér. de Pourta, porter.
Raponssa, v. Repousser, rejeter, renvoyer, &ire reculer,
(aire sortir, chasser au dehors.
Dér. du lat. Hepulsare, m. sign.
Réponaaadott, «. m. Gbassoir des tcmneliers, des menui-
siers ou des serruriers; sorte de cheville en fer qui sert à
repousser ou chasser une pièce de fer engagée dans un orifice.
Répoatéga, v. Marmotter, murmurer, bougonner;
pester, se plaindre, se fâcher; répliquer brusquement.
Dér. de Poui, lèvre.
Répoutégaira, s. m. Celui qui murmure, qui marmotte
entre ses dents, se plaint, se fâche, réplique brusquement.
Dér. de Répoutiga. — Vo^, c. m.
Répréna, v. Reprendre, recommencer, prendre de nou-
veau; réprimander, corriger. — Fôou réprén9 lous éfans,
il faut réprimander les enfants quand ils se conduisent
mal. Se répréne, se corriger soi-môme après avoir mal dit.
Dér. de Prénê, prendre.
Réprés, éso, adj, m. et/. Repris, ise, pris une seconde
fois; réprimandé, ée.
Réprin, s. m. Recoupe; son dont on a tiré la fleur et
qui contient encore beaucoup de farine; cette recoupe
repassée au moulin donne, après avoir été ressassée, une
autre farine plus chargée de son et que Ton nomme
ricoupéio.
Reproches, t. m. plur. Rapports d'estomac, ordinaire-
ment acides et désagréables.
Réproucha, v. Donner lieu à des rapports d'estomac ou
à des gaz ou vapeurs qui s'élèvent dans la bouche d'un
estomac dérangé. — Àquélét robes mi réprœkou, ces radis
me donnent des rapports.
Réqodri, v. Requérir, demander, rechercher.
Dér. du lat. R^quinre, m. sign.
Raqniè, écho, odj. m. et f. Recuit, ite. Cuit une
seconde fois.
Dér. du lat. Reeœtuê, m. sign.
Réqoièclio, «. f. Lait bouilli.
Réqaiaqnîa, ado, adj. m. et /. Requinqué, paré avec,
soin, avec affectation, plus que Tâge et la condition ne le
comportent. — 5é réquinquia, se parer.
Remania, v. Reculer, se porter en arrière, marcher à
reculons.
RES
585
Réqnîonladou, «. m. Reculoir ; courroie qui entoure le
train postérieur du cheval et s'y applique quand le véhicule
descend une o6tè rapide.
Réqnisto, adj. f. Vérifié, examiné, recherché, requis.
— Aeà'i dé réquûio, c'est une chose rare, recherchée,
précieuse, exquise.
Rés, adv. Rien; personne. — Aed fiiï pa dé rét, cela
ne fait rien. S'é* poê fàougu dé rés, il ne s'en est presque
rien fallu. Rés n'es pa vëngu, personne n'est venu. On dit
aussi ré ou rén, dans le sens de rien.
Rés, s. m. Une tressée, une cordée, un chapelet d'ognons
ou d'ails attachés sur deux rangs et formant une double
tresse.
Dér. du lat. RssHs, corde. Pline dit dans ce sens : Rutis
aUiorufn,que l'on traduit en langned. par un rés d'axés.
Réscondra, v. Cacher. — Se réseondre, se cacher.
Dér. du lat. Condsre, m. sign.
Réacôs, adj. m. Caché. On dit aussi Rascàs ou Réicaundu,
RéscÔB (dé ou en), adv. £n cachette, secrètement, à
la dérobée. On lit dans les Coutumes de RemotUins : « Que
degun bochier n'aya a vendre carn a reseos, » c.-â-d. :
Qu'aucun boucher ne vende de la viande en cachette.
Réscoundéira, «. m. Cachottier, sournois, homme
dissimulé, qui ne dit jamais ce qu'il fait ni ce qu'il pense.
Résconndéto (dé), adv. En cachette, à la dérobée.
Réscoundra, v. Cacher. — Voy, Réseondre.
Rôsconndoùa (dé), adv. En cachette, à la dérobée. On
dit aussi d'éseoundoun,
Dér. du lat. Reeonditus,
Résa, f. m. Tique; tique des chiens, ricin, lonvette
fAearus rieinus, Ldnn.); insecte aptère, armé de pattes
ou plutôt de serres puissantes avec lesquelles il se cram-
ponne surtout aux oreilles des chiens, dont il est si difficile
de l'arracher qu'il faut souvent le couper pour les en
débarrasser. Quand il s'est bien repu, sa couleur grisâtre
prend une teinte vineuse que lui donne le sang dont il s'est
gonflé ; il est alors gros et rond comme un pois ou mieux
une fève de Palma ChrisU on Ricin, qui lui a valu son
nom. Beaucoup d'animaux sont attaqués par différentes
espèces de tiques; celle qu'on trouve sur les brebis est
appelée Gourgouli ou Léngasto. Voy. ce dernier. — Tên
eoumo un rése, il est tenace comme une tique. Se oaufo
eoumo un rése, il est bouffi de vanité, d'orgueil.
Rèsi, s. fil. Même signification que Résê. — Voy. c. m.
Résibla, iblo, adj. m. et f. Risible, qui provoque la
rire; ridicule, digne de moquerie.
Dér. du lat. RieibiUê, m. sign.
Réaon, t. f. Raison; faculté naturelle par laquelle
l'homme peut diriger les opérations de son âme ; bon sens,
équité, justice. Au plur. contestations, difficultés, dispute.
^ An agu dé résoks, ils ont eu des contestations, des
disputes. Aeà's la résoù, cela est très-juste. Dé réi
trâoueados, des propos insensés, dépourvus de raison.
Dér. du lat. Rationis, gén. de Ratio, m. sign.
586
RÉS
Résonna, v. Raisonner, répliquer; prendre les intérêts
on la défense d'un autre ; apprécier une chose qui est à
vendre. — Résouna lou bé ddoumèitre, prendre les intérêts
da maître. Résonna uno marohandûo, offrir nn prix
raisonnable. Bésouna tous dré*, défendre ses intérêts, ses
droits. Réiouna quâoucun, prendre le parti, la défense, les
intérêts de quelqa*un. Se réêouna, se défendre par de
bonnes ou de mauvaises raisons; faire bonne contentoce
devant une accusation, se rébiflfer.
D^êr. du lat Ratio, raison.
Résonnable, ablo, adj. m. et f. Raisonnable, susceptible
d'entendre raison ; juste, équitable. ^ L'an paga un prit
résounable, on en a payé un prix équitable.
Dér. du lat. RationabUit, m. sign.
Résonnaîre, adj, n^. Celui qui cherche toujours à jnsti*
fier ses actes, bons ou mauvais, qui discute sur tout «t à
propos de tout.
Dér. de Réêoù, raison.
Réspè, s. m. Respect; soumission Tolontaire, déférence
que Ton a pour quelqu'un ou pour quelque chose, à cause
de son mérite ou de sa supériorité. — Parlan pér ré$pè,
sauf votre respect, révérence, parler. A réspè d'aquà, en
^rd à cela.
Dér. du lat Rêspêeius, fait de Respie9re, regarder, avoir
égard à...
Réspéta, V. Respecter, porter respect, épai^gner, ne point
endommager, ne point porter atteinte. — 8é ré^pHa, se
respecter, garder les bienséances convenables à sa position.
Réspondre, v. Répondre, faire nne réponse à une ques-
tion, à une demande; se porter caution, assurer; commencer
à éclore, en parlant de la graine de vers à soie.
Dér. du lat. Respondêr$, m. sign.
Résponso, s. f. Réponse; lettre adressée en réponse ^
nne lettre reçue; réfutation.
Dér. du lat. Rèsponstan, m. sign.
Réaponndèîre, s. m. Caution, garant. •>- Véneè moim
réspound^rê, voici ma caution.
RétponntaMe, ablo, adJ, m. et f. Responsable, qui est
garant de quelque chose, qui doit rendre compte de son
administration ou de ses actes.
Réiqnia, v. Glisser, mettre le pied sur une chose glis-
sante, chanceler ou tomber en glissant.
Dér. du bas bret. Hi$glar, m. sign.
Résqniado, «. f. Glissade, faux pas que Ton fait en
glissant.
Résqniéto, t. f. Glissoire, chemin frayé sur la glace
pour y glisser; rocher ou corps poli et incliné sur lequel
on 6*amuse à glisser. — Jouga àrésquiéto,ioner à éoûcehe-
«nl, glisser en se trainant sur le derrière. Dé résquiéto,
par ricochet, en glissant.
Réssa, i>. Scier, couper avec nne scie.
Du grec i^^iootj, couper, rompre.
Réaaadoù, s. m. Raudet des scieurs de long; pontre
ordinairement fourches par un bout qui pose à terre, et
RÊS
dont le bout opposé est élevé sar un chevalet. U biltoà
scier est liée sur le baudet.
Réssaire, s. m. Scieur, scieur de long. — Mosijatùmê
un réssaïrê, manger comme un scieur de long, est na
dicton qui s'emploie fréquemaent pour indifisr m
excellent appétit doutées ouvriers ne sont jamaisdépourvns,
ce qui pourrait bien tenir à leur genre de travail, qui doit
fortement activer la digestion stomacale et intestinale, en
les obligeant à se baisser et & se redresser sans lelkbe.
Réssaires, s. m. plur. Sorte de monoberoos qui, par ds
petits vols altemalife et continus, de bas en hait et de
haut en bas, imitent le mouvemeat de va-et-vieat dei
scieurs de long ou Réssaïres.
Dér. de Rèsso, scie.
Réssâon, s. m. Cahot, ressaut, cootre-coop, reboa-
dissement, sursaut. Ce terme s'emploie ordinairemeut pour
designer les cahots d'une charette, d'nne voiliue.
Dér. de Sdou, sauC.
RéssàonU, v, Ressauler, éprouver da pelits bondi
successifii, des soubressauts, reb(Hidir, trépi^eer.
Dér. deSdoM, saut.
Réssé, «. fit. Scie de main, propre à scier nne branche
d'arbre de moyenne grosseur.
Dim. de Rèsso, sde.
Résségre, v. Rechercher, revenir sur ses pas, retoucher,
travailler à la pioche les endroits qu'on n'a pn laboarer
avec la charrue.
Dér. de Ségre, suivre, chercher.
Réaséméla, «. Carreler, mettre de nouvelles semelles à
des souliers.
Dér. de Sémèlo, semelle.
Réssémélaire, s. m. Savetier, celui q«i remet de
nouvelles semelles à des souliers, qui les répare.
Dér. de Sémèlo, semelle.
Réssémélaje, t. m. Garrelure des souliers, semelles qv
l'on ajoute à des souliers quand la première est osée.
Rèsso, f . A Scie, outil dont la pièce principale est las
lame dentée, destinée à couper où refendre le bois, U
pierre ou les métaux.
Dér. du grec Pi(«wi>, rompre, frapper avec lome.
Résflonnti, v. Retentir, vibrer, résonner. — A^ «
m'a ressoumi éHn i'éêUmma, ee oontre-no«p s'est fait
ressentir dans ma poitrine.
Réssoutiméa, t. m. Frémissement, vibiatton d'une
cloche, d'un corps résonnant; vibration de l'air causée par
la chéte d'un corps ou par quelque bruit nnaiogne à celai
du tonnerre ou du canon.
Resta, f7. Loger, demenier; tacëer, èlra en retard. —
Ounté restas? où demeurez- vous? où loges^vooaf J«d> èim
resta/ vous aves bien tardé à arriver» RéÊtm mpti ésM
Um béstiàou earga, se dit d'une perscone qui deawms
interdite ou ne sait comuwit se tinsr ë'alSaire poir
s'acquitter d'une comoiission dont on l'a cbaiféa.
Réstanqna, v. Arrêter l'écoulement d'an liquide, tu
RBT
eotm d*eaii an moyen d*nne digne on arrêt; clore nne
écluse en baissant la vanne.
Béstanipio» «. f. Arrêt* digne, vanne d*6clQse; barre
qn*on met en travers et derrière nne porte on nne fenêtre
ponr les tenir fermées; vanne on planche servant d'arrêt
ponr retenir la pâte dans le pétrin de bonlanger; tont ce
qni sert à retenir, à arrêter.
' Réstottble. Ghanme; ce qni reste en terre de la tige du
blé, dans nn champ après la moisson; un champ en
cbanine.
Rèstro, V. Même signification que Èstre, être, v.
substantif.
RéUl, «. m. Rognure d*éto£fe, d*habit ; retaille ; recoupes
de pierre de taille.
Dér. de Toi, entaille.
Rétapa, v. Reboncher, boucher après avoir débouché;
retaper, retrousser les bords d*nn chapeau d*nne manière
insolite ou originale ; répondre vertement k quelqu'un. -*
fax bien rétapa, je l'ai joliment retourné.
Dér. de Tapa, boucher, fermer.
Rétar, s. m. Retard, retardement; délai, remise, renvoi.
Dér. du lat. R$iardatio, m. sign.
Rétarda, 0. Retarder, arrêter, suspendre; aller Hop
lentement en parlant d'une montre ou d'une horloge -— Ma
moitro rUardo, ma montre est en retard.
Rétégno, v. Reteindre, teindre à nouveau.
Dér. du lat. ReUnq&re, retremper.
Rétèna, v. Retenir, reprendre, garder en son pouvoir,
faire séjourner ; opération de calcul qui consiste à retenir
un nombre ponr le reporter aune autre colonne déchiffres;
réprimer, modérer, mettre dans sa mémoire, empêcher,
attraper. Se dit des arbres qni nouent, dont les fruits n'ont
pas coulé. — Lou» dêubm an bièm réién$u, les arbres (à
fruit) ont bien noué.
Réténgu, ado, adfj. m. et f. Retenu, ne; modéré, cir-
conspect, sobre.
Dér. du ko. BMmtw, m. sign.
Réténgudo, «. f. Réserve, retenue, discrétion, qualité
par laquelle on règle ses discours et ses actions de manière
à les mettre en harmonie avec les règles delà prudence, do
la modération, de la modestie, des convenances.
Rétira, v. Recevoir, loger, recueillir, hébeiger; donner
asile, refuge, retraite, donner l'hospitalité.
Rétira (Se), v. Se rétrécir, se racornir. — Lcm ^[mèr$é
Htiro, le cuir se racornit.
Rétirado, t. f. Logement, hospitalité, asile que Ton
donne à un étranger, à nn indigent, à un parent, à nn
ami. ^ Douna la riUrado^ donner l'hospitalité à quel-
qu'un, l'héberger; l'heure de la retraite, o l'on se retire.
^ £1 l'ouro dé ia ritirado, il est l'heure de rentrer.
Rétor, «. m. Retors, fin, rusé, artificieux. — Éi iw»
réior, c'est un homme plein de ruse.
Dér. du français.
Rétoa, rétosiO, adj. m. et f. Tordu, ccotoumé, enronlt*.
REV
587
Rétossa, «. Tordre, contourner; corriger, mettre à la rai-
son. — Té vas faire ritoue, tu vas te fit ire mettre à la raison.
Rétour, J. m. Retour; détour, contour. ^ La ribU»ro
faï un retour, la rivière forme un détour.
Rétraira, v. Faire le portrait d'une personne, la figure
d'un corps quelconque ; imiter la ressemblance ; ressembler,
avoir de l'analogie; reprocher. — Aquélo coutoù riiraï sua
hu jAoune, cette couleur tire sur le jaune ; elle est appro-
chante du jaune. AquH ifan rétraï à soun pairs, cet enfant
ressemble à son père. Y rétrasièou sas fàoutos, on lui
reprochait ses fautes, sa conduite.
Rétroùs, s, m. Débris de foin on de paille tombés à
terre, du râtelier on de la mangeoire d'une écurie.
Réréîè, s. m. Sérénade, que les jeunes gens chantent la
nuit sous les fenêtres des jeunes filles.
Rèréioû, s. m. Réveillon, collation ou mmiianoeKe de
la nuit de Noël que l'on fait an retour de la messe de
minuit; petit repas extraordinaire que Ton £ait entre le
souper et le coucher; collation,' etc.
Révéiousa, v. Faire le réveillon; faire nn repas
nocturne entre le souper et le coucher, à une heure avancée
de la nnit.
Dér. de Hviioù.
Révéire, v. Revoir, voir de nouveau. ^ Àou revers f
au revoir!
Dér. de VsUrs, voir.
Révénan, «. m. Revenant, fantôme, esprit que Ton
croit revenir de l'autre monde ; personnage à figure ou
accoutrement fantastique. ^ Sembla un rMnan, il a l'air
d'un revenant.
Emprunt fait au français.
Révéndariè. s, m. Petite boutique de regrat ou d'épicier
qui revend les denrées de seconde on de troisième main.
RéTéndairo, s, m. Regrattier et non revendeur. Petit
épicier qui revend de seconde ou de troisième main. On
dit aussi Manjfouniè. — Va^, c. m.
Révéngu, t. m. Revenus, rentes. — Adibos réoén§us,
il a de jolis revenus.
RéYéngu, udo, adj, m. et f. Refait, blanchi, en terme
de cuisine. On le dit aussi de la viande qu'on fait revenir
ou cuire légèrement sur la braise. — Pésoùl révéngu, un
parvenu, nn homme naguère misérable et qui fait le vani*
teux après avoir gagné quelque argent.
Révéni, v. Paire repreacke & quelqu'un ses esprits, le
ranimer. — Fa rMn^, faire blanchir ou refaire, en terme
de cuisine. Pér vous révéni, pour revenir à ce que nous
disions; c'est une locution qui s'emploie dans la conver-
sation après nne digression, quand on revient sur le
premier siget.
RéTéa, s, m. Averse, ondée, pluie de peu de durée. On
dit aussi RMssado. — Foy. c. m.
RéTésaa, v. Être pire, surpasser. — Lou pairs es mkAan,
lou fU révésso, cet homme est méchant, mais son fils le
surpasse en méchanceté.
588
RIB
Révéssado, «. f. Averse, oadée, pluie de pea de darée.
On dit aussi Ré^àt. — Foy. c. m.
RéYésséto (de ou à la], loc, adv. A la renverse ou sur
\q dos. — Nada dé révé$$éto, nager sur le dos. Les nageurs
se délassent, par cette façon de nager, lorsqu'ils sont fati-
gués de celle qui est ordinairement employée.
Révèsso (man), tubst. eomp. Revers de main. —
Èmplastra à man-révèaso, souflQeter d*un revers de main.
On dit aussi dans certains pays man-ribousso.
Révièn, #. m. Produit, rapport, revenu. — Aquilo tèro
is d'un bon révièn, cette propriété est productive.
RéTionra, v. Raviver. — M'as di : fàï révtoura ta
léngo matémèlo. (Lafabb.)
Rérionre, s. m. Regain des prés, de la luzerne, de la
feuille de mûrier. C'est la dernière pousse.
Révira, v. Ripostera quelqu'un, lui rabattre le caquet,
le rabrouer, lui river son clou. — Va bien rMra, il l'a
bien retourné. Si rivira, retourner, rebrousser chemin,
revenir sur ses pas.
RÔTirado, s. f. Retour, accès subit de certaine maladie,
maladie grave. — Â'gu uno famouto révirado, il a éprouvé
une forte secousse, il a été bien éprouvé par cette maladie.
Révonlncion, t. /. Révolution ; bouleversement, trouble,
secousse morale. — Àeà m'a fa uno révouludou! cette
nouvelle m'a tout bouleversé.
Emprunt fait au français.
RéYonluma, v. Tourbillonner. On le dit du vent qui
tourbillonne en soulevant des flots de poussière ou- de
débris de substances légères, telles que les feuilles sèches,
la paille, etc.
Dér. du lat. Revolverê, m. sign.
RéTonlimiadG, s. f. Tourbillon de vent ou de fumée;
monceau, amas de divers objets entassés pèle-mèle. —
Bévoulumado d'àouro, tourbillon de vent. Réwwlumado dé
fun, tourbillon de fumée. Uno révoulumado dé mounde,
un rassemblement de personnes.
RéToolan, s, m. Tourbillon de vent, de fumée, de
neige, de pluie, etc.
Rial, «. m. Ruisseau. — Voy. Riou,
Riaaso, «. /*. Laiche; foin peu délicat qui vient naturel-
lement et sans culture dans les terrains humides et maré-
cageux. Le souchet ou plantain d'eau domine dans ces
herbages.
Riban, j. m. Ruban. Tissu mince, plat plus ou moins
étroit, ordinairement composé avec de la soie.
Du celt. Riband, m. sign.
Ribanéja, «. Se développer en forme de ruban.
Ribâonto, n. pr. de lieu. Ribante. Village situé sur la
rive gauche du Gardon d'Anduze (canton d'Alais est).
Cette localité tire son nom de sa situation sur une rive
on berge élevée qui la tient à l'abri des inondations.
Nom composé de deux mots : Ribo-âouto, rive élevée.
C'est le même que Rivesaltes. Ribaute a donné naissance
à Jean Cavalier, le 28 novembre 4 681 .
RIB
Ribaa, s. m, Angm. de Ribo. Grand talus gazonnëoia
couvert de broussailles.
Ribéja, v. Confronter, confiner, limiter, avoisiner,
aboutir, être limitrophe.
Dér. de Ribo, rive.
Ribièûro, «. f. Rivière, cours d'eau formé par la réaoioa
de plusieurs ruisseaux et qui se jette dans un fleuve on
dans une autre rivière.
Les deux principales branches du Gardon, celle d'Alais
et celle d'Anduze, ont leur confluent (jougnadoit) en face
de Vézénobres. — Ânan en ribièiro, nous allons à la
rivière.
Dér. de Ribo, bords entre lesquels le cours d'eau est
compris. — Voy. Ribo.
Ribla, V. River un clou, un morceau de métal; en
rabattre la pointe après l'avoir planté; battre le pavé,
l'enfoncer avec la hie. On dit au fîg. / ribtère tous
clavèls, je lui rivai son clou, je rabattis son caquet, je
rétorquai ses arguments.
Riblé, s. m. Rivet.
Riblo, s. f. Hie ou demoiselle dont se servent les pavean
pour battre le pavé.
Riblon, I. m. De la pierre concassée de petite dimensioa
et qui sert à remplir les joints dans la confection des
maçonneries en moellons; de la blocaille ou ballast.
Ribo, s, f. Talus gazonné, terrain élevé en terrasse a«
bord d'un champ auquel le talus tient lien de mur de
soutènement; la lisière d'un champ, le bord d*ane chose
telle que la lisière d'un pré, le bord d'un champ, d'une
forêt, d'une table, la rive d'un cours d'eau, le bord de la
mer. Ce terme s'emploie aussi pour désigner la mauvaise
herbe qui croit sur les talus (verdage de tains) et dont les
ânes s'accommodent volontiers. C'est dans ce sens que l'on
dit proverbialement : Aguélo ribo n'é$ pa pér. açuH au,
ce n'est pas de la pâture pour cet oiseau, ce n'est p.is pom
lui que le four chauffe. Se t'a uno bono ribo, un am la
manjo, s'il y a un bon emploi, c*est un incapable qm
l'obtient.
Le mot Dougo, douve, employé [adis pour désigner le talus
d'un fossé et encore usité pour désigner en qnelqnes lieux
le revers des anciens fcrasés de circonvallaUon étaMii
autour des remparts, n'est plus guère en usage.
Ribo vient du lat. Ripa, m. sign., d'où Ton a lut
Riparia et en bas lat. Riberia, Ribiera, d'où le fiançais
Rivière et le langued. Ribiitro, c.-à-d. eau qni coule entre
deux rives.
Ribo-taiado, i. f. eomp. Rive taillée à pic; escarpement
d'un rocher, d'une montagne ; berge d'une rivière, d'un
fossé coupé à pic.
Les falaises sont en grand, sur le bord de la mer, ceqw
sont les berges sur le bord de certaines rivières.
Terme composé de deux mots : Ribo et Taiado, rive-
Uillée.
Riboto, ff. f. Ribotte; débauche de table; gnenleton.
RIM
RIR
589
Ribonta, v. Se livrer à la bonne chèra ; rechercher les
plaisirs de la table; manger ou boire à l'excès et pendant
longtemps.
Ribontur, s. m. Celui qui recherche les plaisirs de la
table, les parties de plaisir; un joyeux compagnon.
Ricana, v. Ricaner, rire (tdemi ponr se moquer de
celui qui parle ou agit.
Ricanado, s. f. Rire de moquerie à demi étouffô.
Dér. de Ricana.
Ricanaire, t. m. Mauvais plaisant, moqueur, gouailleur,
qui se moque des antres.
On dit aussi Bieanur,
Richar, «. m. Un homme riche, un Crâsus; un thésau-
riseur.
Riche, riche, adj. m. et A Riche, Il est aussi employé
substantivement. — Laus rieheê et Itnu pâoures, les
riches et les pauvres. Faï tin riche tén, il fait un bon
temps pour les récoltes.
Richèaso, «. f. Les richesses, la fortune.
Ridèlo, ». f. Ridelle, sorte de claie qui forme les deux
c6tés d'une charrette et préserve le chargement du frotte-
ment des roues. Les charrettes chargées de foin ou de
paille sont toujours garnies de ridelles.
Dér. du lat. Ridica, échalas, support.
Ridèou, J. m. Rideau; pièce d'étoffe qu'on emploie
pour fermer, couvrir, cacher, entourer ou préserver un
objet, un meuble de la poussière, et qui se développe ordi-
nairement sur des tringles avec des anneaux, au moyen
d'un cordon qui permet de l'étendre ou de la ramasser ;
objet qui masque la vue et s'interpose entre la personne
et l'objet observé; pièce d'étoffe que l'on suspend ordinai*
rement au devant d'une fenêtre dans les appartements.
Dér. de Ride, qui se plisse.
Rifla, t>. Riper, r&cler, ratisser avec la ripe une pierre
taillée.
Dér. de iTi/lar, ripe.
Rillar, t. m. Riflard ou demi-varlope; gros rabot dont
le fer est un "peu cintré ou arrondi sur les angles et qui
sert à dégrossir le bois; ripe de tailleur de pierre.
Du celt. Rifiar, m. sign.
Rillo, 4. f. Meuble de cuisine de paysans. Sorte de
tablette servant à poser une lampe à pied et les cuillers du
ménage. La tablette appelée rajfo est destinée à supporter
les verres, les tasses et autres ustensiles de même nature;
d'où l'on dit d'une maison dépourvue de tout ou qui a été
pillée ou dévalisée, qu'il n'y a plus nirifio, ni rafo; qu'on
n'y a laissé ni riflo, ni rafo, c.-à-d. qu'on n'y a rien
laissé.
Rima, v. Brûler ou trop cuire; roussir. En v. fr. rimer.
On dit aussi des arbres dont le feuillage est brouï par la
gelée : Saun rinuu.
Loti Rima, le gratin ; ce qui s'attache d'un mets au fond
d'un plat quand on donne trop de cuisson. — Sén Um
rima, cela sent le roussi.
Rima se dit aussi par syncope de rasima, fleurir, pousser
des grappes de fleurs. On dit des olivien : An bien rima,
ils ont bien fleuri, la floraison a été abodnante.
Rima, v. Rimer; se terminer par des rimes.
Dér. du français.
Rimiè, ». m. Arbre ou arbuste qui sert de tuteur à la
vigne sauvage.
Rimièîro, ». f. Une lambruche, une vigne haute;
sorte de treille ou de cep de vigne à tige haute que l'on
fait monter et qui se développe sur un arbre élevé.
Se dit pour Rasmiëiro, m. sign.
Rimo, s. f. Rime, retour des mêmes consonnances à la
fin des vers ; mots qui riment ensemble. — Aquà rimo pa
màou, ces choses-là s'accordent assez bien. Aquà n'a ni
rimo ni résoù, cela ne rime à rien, cela n'a pas le sens
commun.
Rimoun-rimasBO, terme d'argot. — Rimoun-rimas»o,
toun nas din moun éselà, se dit à celui qui parle d'une
chose sans la connaître et particulièrement qui se pique de
rimer sans raison.
Rintra, v. Rentrer; entrer ce qui avait déjà été sorti.
On le dit aussi pour entrer. — Riniro daun/ Entre donc!
Rioto, j. A Querelle, débat, contestation, mauvaise
humeur; éclat de rire. — Anes pa y eirea rïoto, ne va pas
lui chercher querelle.
Rion, ff. m. Ruisseau ; coure d'eau de faible dimension.
En V. fr. Rieu.
Dér. du lat. Rivus, m. sign.
Parmi les dérivés nous citerons : Riou»»é, Rivatél,
Rivoulé, Rigoulé, petit ruisseau. Parmi les composés de
Riou : Rioumah, mauvais ruisseau; Rioutor, ruisseau
tortueux, sinueux; Rioudar, clair ruisseau; CanrUm,
camprien , champ voisin d'un ruisseau. Ces dérivés sont
presque tous des noms de lieu.
Ripaio, ». f. Ripaille, grande chère, festin somptueux.
Amédée de Savoie, qui fut l'anti-pape Félix V, s'était
retiré à Ripaille, bourg situé sur le boni du lac de Genève,
pour y mener, dit-on, une existence fastueuse. De là le
dérivé, employé en languedocien comme en français.
Riqnétéja, o. Faire des petits repas de gala ou d'extra,
des collations hora de l'heure des repas.
Dér. de R\q\kiXo. — Foy. c. m.
Riquétéiaîre, ». m. Un homme qui aime à faire des
dînettes d'extra, ou en'dehore de l'heure des repas.
Riquéto, ». f. Petit repas d'extra; collation faite en
dehore de l'heure des repas; déjeuner ou goûter léger.
Rire, j. m. Rire, ris, l'action de rire. — Vou rire mé
prén, j'ai envie de rire. Créba dâou rire, crever de ririp.
Avè» bé lou rire, vous riez bien. S'éfnbounna dàon rire,
»-é»pottehiga dé rire» pouffer de rire.
Dér. du lat. Ridere, m. sign.
Rire, v. Rire, éprouver un sentiment de satisfaction qui
se traduit par un mouvement involontaire des muscles du
visage. — Ri» coumo uno tacho, il a un rire inextinguible.
75
590
aoD
Farté rire la$ pènroi, il ferait rire les pierres, c.-à-d. il est
irès-fàoètieax. Oo dit d'ao vieux vêtement, d'one étoffe
usée : Couménço à rire, elle oommence à montrer la trame.
Préne pér rire, prendre en plaisanterie. L'aïgo couménço
à rire, se dit de Teau qui commence à s'agiter à la surface
avant d'entrer en ébnllition.
Dôr. du lat. Ridere, m. sign.
Bis, s. m. Riz. — Vno soupéto dé ris, une i»nillie de
riz que Ton prépare pour les enfants; sedum aère, espèce
de joubarbe qui croit sur les vieux toits ou les vieux murs.
Risèio, s. f. Risée; partie de rire, réunion où Ton plai-
sante, où le rire domine; moquerie. — Faïre la risèio,
laire une partie de rire. Éstre la riUw dâou maunde, se
rendre ridicule aux yeux du public.
Risoniè, riBomèîro, s. m. et f. Rieur, euse; celui on
celle qui rit souvent, qui rit volontiers.
Dôr. du lat. Risor, m. sign.
Bispa, ado, adj. m. et f. Saisi par le froid, ridé, crêpé.
Se dit de l'eau qui oommence à se congeler; de la peau du
visage ou des mains qui se gercent sous l'action du froid ;
du linge mouillé qui se roidit sous l'action du froid.
Rispo, s. f. Vent glacé, bise froide.
Dér. du grec Pintij, souffle impétueux, coup de vent.
Rispo, s. f. Pelle à feu. Ce mot serait, selon Astruc,
dérivé du celtique.
Risqua, v. Risquer, exposer sa personne ou son bien,
ses marchandises, son argent, sa vie, sans craindre de les
perdre, dans l'espérance d'un profit ou d'un avantage quel-
conque; courir un risque. — Riiqy^é Voumha, il faillit
tomber.
Risque, a. m. Risque, danger, hasard, chance.
RiTSl, «. «I. Rival, concurrent, celui qui aspire à la
même chose qu'un autre, qui la lui dispute.
Dér. du lat. Rivalis, m. sign.
Rô, «. m. Roc, rocher; bloc de pierre; grosse pierre
dure. Dans les Gévennes on désigne plus volontiers un
banc de rochers sous le nom de ran ou ron. Voy. c. m.
— Sén âou rà, nous sommes descendus jusqu'au rocher en
creusant le sol.
Rouqué, dim. de Rà. Roucas, augm.
Ce mot entre dans la formation d'un grand nombre de
noms composés : Roeoful, Roquefeuille, ou roche feuilletée ;
Rocœervi^ro, roche aux cerfs ; Roeomàouro, roche maure
ou roche brune ; Rocopertuse, Rochepertnis ou roche percée;
Rotteâouto, Roucaute, roche-haute, etc.
Rô, n. pr. m. Roch, nom propre d'homme. — Sén Rà,
saint Roch, originaire et patron de Montpellier dont la !6te
s'y célèbre le 46 août. — Pér Sén-Rà, pour la foire de la
Saint-Roch qui se tient à Nimes et à Montpellier.
Rô, 8, fit. Rot. Action de rôter; sortie bruyante par la
bouche des gaz contenus dans l'estomac.
Dér. du lat. Rudue, m. sign.
Rodo, s. f. Roue, machine circulaire qui tourne sur un
essieu comme centre; botte ou molle de cerceaux en bois
ROU
de châtaigner servant à cercler les tonneaux. — Roudào,
petite roue.
Dér. du lat. Rota, m. sign.
Rôdon, s. m. Tour, circuit, rond, circonférence, éteadas
circulaire, emplacement. — Vn rôdou dé boulet, uo poiat
de terrain où naissent habituellement des champignoos.
Roge, s. m. Le mésentère sale, région intestinale chez
l'homme et les animaux; la fraise, en terme de boncherie;
membrane graisseuse et glanduleuse à laquelle tieoneat
tous les boyaux.
Ron, s. m. Roc, rocher, banc de rochers. — lou am
iràouca, le Roc percé, coupure ou tranchée que l'on rea-
contre sur la route départementale xi9 1, de Beaucaire i
Mende, au 44"« kilomètre à partir d'Alais et au-dessus de
la Groix-des- Vents, près de l'embranchement du chemin
de Périès, commune de Soustelle (Gard).
Roqno, s. f. Roche, rocher, gros bloc ou éminence de
rochers calcaires, de schiste ou de granit, etc. —ta Roquo,
quartier d'Alais, au sommet duquel s'élevaient autrefois
les ch&teaux des seigneurs d'Alais et où est aujoord'biii
bâti le fort de ladite ville. La Roque, rue d'Alais qui te
développe à la base du rocher du fort et par laquelle
Louis XIII fit son entrée à Alais, en 4629.
RoBO, «. f. Rose; la fleur du rosier, à qui la suavité de
son parfom et l'éclat de sa couleur ont fait donner le titre
de reine des fleurs.
Dér. du lat. Rota, m. sign.
Rose, n. pr. de femme. * Routéio, Rosette, dim . de Rose.
Rosso, «. f. Rosse, vieux cheval usé, efflanqué; hari-
delle ; terme de mépris employé par les femmes du peaple
à l'égard d'une autre femme qu'elles veulent déprécier.
De l'ail. Rou, cheval, pris dans un sens dépréciatif.
Roù ou Roui, fém. Route, adj. m. et f. Rompu, cassé,
brisé, fèlô. On l'emploie quelquefois dans le sens de déchiré.
— Sot braïot toun routot âou qutou, son pantalon a le
fond déchiré.
Dér. du lat. Ruptut, m. sign.
Ronanés, t. m. Rohannais, monnaie de la valeur d'oo
sou, que le duc Henri de Rohan, chef des huguenots, faisait
battre à Nimes en 4622.
Ronbal, s. m. Le rouge-gorge appelé aussi Rigal oa
Rigàou. (Bec-fin, Rouge-gorge, Sylvia rubeouta, Temm.)
Cet oiseau a le dessus du corps d'un gris-bruo teint d'oli-
vâtre, le ventre blanc, le front, la gorge et la poitrine d'un
roux ardent. Le Rouge^rge, qui n'aime pas la société de
ses semblables, recherche celle de l'homme : il n'est guèn
d'habitation, des champs surtout (car il vient quelquefois
dans les villes), qui n'ait dans son petit jardin ou sur la
haie voisine, un de ces charmants oiseaux gazouillant son
joli ramage, qui plait d'autant plus que c'est pendant Thiver
où les autres chantres ailés sont absents ou se taisent. Il est
si fidèle, si confiant, si familier, qu'on le dirait an
commensal de la maison, dans laquelle il ne craint pas
d'entrer pour y chercher im abri ou prendre sa pâture.
ROU
Mtoubal vient de RubeUio, un de ses noms latins, du
verbe Bub», rougir. Mtigal oa Rigdau, pins expressif
encore, est formé de ^tuliiifii, d'où le vieax français avait
fait aussi $0 rigoUr, on RigoUr, se réjouir.
Ronbiné, 1. m. Robinet, appareil destiné à faciliter
l'éconlement d'nn liquide on d'un flaide quelconque, ou
son passage d'un récipient dans un autre.
Dér. de Rouhin, petit canal.
Ronbino, «. f. Roubine, canal de rivière ou de dessèche-
ment d*un marais, dnin étang. Nom que Ton donne, dans
la Camargue, aux canaux qui servent de communication
entre les étangs salés et la mer, ou qui servent à introduire
l'eau douce du Rhéne dans les terrains basy pour les
irriguer.
Roncâonto, n. pr. Roucaute pour roche-haule {roco^
âoutoj. Le changement de ito en Rou est ordinaire dans
les noms composés de ro ou de roeo.
Ronda, ado, adj, m. et f. Ceint, entouré, cerné, clos,
mis en défense. Champ en éteule, autour duquel on fait
trois ou quatre sillons, sur lesquels on jette quelques grains,
pour indiquer qu'on vent garder l'herbe du champ et
empêcher les troupeaux étrangers d'y entrer.
Bouda, V. Roder, tourner. — La iklo mé rodo, il m'a
pris un vertige, un tournoiement de tète.
Dér. de Rodo, roue.
Roudado, «. A ^ quantité de fil enroulée autour d'un
dévidoir et formant un écheveau.
Dér. de Rodo, roue.
Roudaire, s. m. Rôdeur, vagabond; mal d'aventure,
loumiole, abcès qui se forme au bout des doigts.
Dér. de Rodo, roue.
Roodamén, «. m. Tournoiement, vertige. — Un rou-
damin de tèsto, un vertige, un tournoiement de tète.
Roudé, «. m. Rouet, petite machine qui tourne au
moyen d'une pédale et qui sert à dévider.
Dim. de Rodo, roue.
Roudèlo ou Roundèlo, «. A Rouelle de veau, de
mouton, de saucisson, de thon. On emploie aussi ce terme
dans le sens de RidMo, ridelle. — Voy. c. m.
Rondia, v. Rôder; regarder autour de soi, jeter des
regards méfiants autour de soi.
Rondiaîre, roudiaîro, «. m. et f. Celui ou celle qui
rôde, qui épie sans cesse les actions d'autrui.
Rondiè, s. m. En v. fr. Rodier, faiseur de roues ou
charron; dénomination prise de l'ouvrage des charrons qui
exige le plus d'intelligence. Le nom lui-même de charron
est pris du mot char ou chariot. *- Pous roudiè, puits à
roue. On dit plus volontiers Pousataneo. — Vcy. c. m.
Roudrigo (vièl), s. m. Vieux sournois, vieil avare,
vieux rusé, vieux malin.
Rouiian, «. m. Débauché, proxénète ; homme de mau*
vaises mœurs.
Dér. de l'ital. Ruf/Uino, m. sign.
Ronfla, V. Ronfler; râler, renifler, sangloter, pousser
ROU
591
des sanglots; renâcler. — Lou ekiwU ou lou por rmifh, le
cheval ou le cochon renâcle ou râle.
Ronfle (à), loe adv, A foison, abondamment. — N'a à
roufie, il en regorge. — Azaïga à rovfU, aiToser â grande
eau.
Rouflo, «. m. Instrument ou joujou d'écolier composé
d'une planche fort mince attachée au bout d'un cordon,
laquelle, en tournant, produit un bruit sourd qui imite le
hurlement du loup. — Foy. Rrounzidok,
Rongno, », f. La gale ordinaire; la rogne; éruption
cutanée éminemment contagieuse, se manifestant par de
petites pustules accompagnées d'une vive démangeaison
surtout dans les jointures. Cette maladie est produite par
un insecte de la famille des Acares, classe des Aptères,
nommé par Linnée Aeanu icabiei. La figure des galeux
est en général exempte de l'invasion.
Dér. de l'ital. Rogna, m. sign.
Rougnoù, i. m. Rognon, rein des animaux et de
l'homme; organe double, sécrétant l'urine, et placé de
chaque côté de la colonne vertébrale, dans la région lom-
baire. -^ Lou rougnoù d'unà tcro, la partie la plus fertile
d'une pièce de terre.
Dér. du lat. Rênes.
Rongnounado, s, f. Partie d'une longe de mouton on de
veau à laquelle tiennent les rognons; le filet, en français;
la selle, en terme de cuisine ; la partie de l'épine du dos
qui répond, dans le bœuf, à l'aloyau.
Dér. de Rougnoù.
Rongnoua, ouao, adj. m. et f. Galeux, euse ; qui est
atteint de la gale, de la rogne; qui a la gale.
Dér. de Rougno.
Rouie, «. m. Roulier, charretier, conducteur de char-
rettes, qui fait son métier du roulage.
Ronjas, aaao, a4j\ m. et f. Augm. de Roug9, rougeaud,
rougeaude.
Roujaatre, aatro, adj. m. et f. Rougeâtre, roussàtro.
— Uno eouMk roujoêtro, une couleur, une nuance tirant
sur le rouge.
Dér. de Rouje, rouge.
Rou)e, «. m. Le rouge, la couleur rouge. Sobriquet
donné parmi le peuple â ceux qui ont les cheveux roux.
— Rouje dé iêro, béou tén éspéro; Rouje dé vUpre bèou
tén déou iitre, rouge le soir, espoir de beau temps. Rouje
eoumo un eoural, rouge comme un poivron mùr. Lou
rouje, lou mâou rouje, maladie â laquelle sont sujets les
pourceaux.
Ronfé, i.m. Rougeton, petit surmulet, MuUusbarbaiuê,
Linn. ; MuUus ruber, Lacép. Poisson de l'ordre des Holo-
branches, commun dans la Méditerranée.
Ron)é, éto, adj. m. et f. Dim. de Rouje. — SUs roujé,
tu as de jolies couleurs rouges ou roses. Lae poumoê roujétoe,
les pommes rouges, petites pommes d'sq)!.
Ron)é)a, v. Rougir, prendre la teinte rouge. — L'aoubo
roujéjo, l'aube rougit; elle va poindre.
592
ROU
Ronjéto, 8. f. Poisson de rivière. — Voy. Sofio.
Roiijîxioùs, 0080, adj. m. et f. Roogeâtre, tirant sur le
ronge.
Dér. de Rouje,
Ronjoù, «. f. La rongeur, la couleur rouge qui teint les
joues sons Timpression d'un sentiment subit ou émouvant;
la couleur rouge en général.
Ronléto, i. f. Roulette, jeu de boules qui consiste à
lancer le but aussi loin que possible. Le gagnant est celui
des joueurs qui, avec une seule boule, se rapproche le plus
du but; ruban gradué qui sert à mesurer et qui s'enroule
dans une boite close.
Ronmagnè, «. m. Ouvrier, artisan qui fabrique les
balances appelées romaines ; le peseur public d'une ville,
d'une localité.
Dér. de Roumanô. — Voy. c. m.
Roomanaje, «. m. Droit de pesage, rétribution perçue
par le peseur public dans un marché sur les marchandises
vendues au poids.
Roamanls, s. m. Nom de plante. Romarin, Batmarinm
officinalis, Linn., arbuste de la famille des Labiées,' com-
mun dans le Midi. — Lou dimèrgue das Roumanïs, le
dimanche des romanns ou de la Sexagésime, jour auquel
les jeunes gens de certaines localités portent, le grand
matin, une branche de romarin à la porte des jeunes filles
de leur connaissance.
Dér. du lat. Hosmarinus, formé de Ros, rosée, et de
Marinus, de mer.
Roomano, s. f. Balance appelée romaine. Cette balance
est composée d'un fléau ou levier gradué, muni à une de
ses extrémités de trois crochets. On accroche au dernier
de ces crochets la chose qui doit être pesée; celui du
milieu est le point d'appui du côté fort, le troisième est le
point d'appui du côté faible. Sur la partie graduée du fléau
court un poids qui détermine la pesée. — Qtian tiro vosto
roumanof Combien pèse votre romaine?
Roomano (Léngo), «. f. La langue romane, autrefois
généralement parlée dans le midi de la France. C'est au
XIII^ siècle que correspond chronologiquement pour Alais
le moment on s'opère la transformation de son idiome, et
où son langage commence à se fixer avec le caractère et
l'originalité qui doivent lui rester propres.
Notre dialecte ne se fait pas faute de chercher ses racines
dans le vieux tronc celtique ; et il n'est pas, on le sait, un
des moins vigoureux de ses rameaux.
La dénomination d*ÂUex, dont l'orthographe Âlais est
toute récente et ne date que des commencements du
XVinme siècle, nous parait devoir se rattacher soit au
celtique, soit au latin. En effet, AI en celtique, comme
AUum en latin, s'emploie daos le sens de hauteur,
élévation; et lex vient du latin latut. Dans la basse-
latinité, latia fut employé pour juxta et signifiait près,
auprès, au bord, à côté, sur la limite : Plexitium laiuM
Turonem, le Plessis-lez-Tours. En vieux fr. lex était
ROU
substantif : le roi est sur son trône et son fils à ion (es,
c.-à-d. à son côté, traduction littérale du latin ad lattu;
d'où Allez signifierait exactement et littéralement : an
bord, au pied des hauteurs, dénomination qui ne saorût
être mieux ^pliqoée qu'à une localité exactement située
au point précis où viennent expirer, sur la rive droite do
Gardon opposée à cette ville, les premiers contreforts des
Basses-Côvennes.
Allez pourrrait aussi être traduit littéralemoit de Ad
iatui, au bord, à côté (sons entendu des hauteun on des
montagnes). Il faut pourtant convenir que cette étymologie
n'a aucune connexité avec le nom à*Al9itum, sous lequel
Alais est désignée dans les chartes latines du moyen-àge.
' La contrée que nous habitons fut possédée tour à
tour par les Néro-Ligures, les Celtes, les Romains, les
Francs, les Visigoths, les Sarrasins; elle a foit partie de It
Gaule celtique, delà Province narbonnaise, de i' Aquitaine,
de la Septimanie, de k Gothie, du Languedoc; elle a parlé
le celte, le latin, le roman, le languedocien. Ces populations
et ces langues se sont mêlées; toutes ont laissé l'ineffaçable
empreinte de leur passage ou de leur séjour, dans les appel-
lations de localités, de sites, de montagnes, de vallées, de
rivières, dans les mots les plus usuels de notre dialecte.
Ces noms, souvent bizarres, étranges, médailles altérées
par le frottement, mais reconnaissables au cachet de l'épo-
que qui les a vues naître, portant le titre des civilisations
qui les ont déposées sur le sol, ne sont-ils pas le témoignage
authentique de ces diverses occupations, superposées les
unes aux autres, et se continuant jusqu'à notre époque?
Les campagnes, toutefois, se laissèrent moins pénétrer,
et leur obstination à repousser le parler des conquérants
fut plus rebelle : elles surent mieux conserver leur idiome
originel et son accentuation. Nos dialectes vulgaires en
fournissent la preuve. Néanmoins le latin, importé par les
légions et les colons, devait rencontrer auprès des classes
inférieures plus de facilité à se vulgariser.
U ne ressemblait guère au beau langage classique et
littéraire de la métropole; et, altéré ou corrompu qu'il était
déjà, peu soumis à la règle grammaticale toujours gênante,
il se plia aisément aux exigences de la situation. Pour se
reconnaître au milieu de ces régions ignorées, dans les
communications journalières, pour s'entendre dans la
conversation familière, ici il respecta les formes locales, là
il emprunta les vocables usités; presque partout il se con-
tenta de ses désinences caractéristiques sans altérer le
radical, et substitua de proche en proche et sans violence
ses expressions et ses formes à celles qu'une nationalité
opiniâtre et fière entendait défendre et s'obstinait à conser-
ver comme une propriété plus intime et plus inattaquable
que le sol. Le travail d'assimilation du langage et des
esprits suivit la même marche.
Il était réservé au christianisme, le grand civilisateur
pacifique, d'achever l'œuvre. En adoptant le latin pour ses
prières et sa liturgie, il arrêta sa complète dégônérescenœ.
ROU
tiadis que dans ses prédications, ii le mêlait avec intelli-
gence an langage nsôel et populaire, toujours compris, et
qui ne voulait point mourir. Il fit plus, car il enseigna et
introduisit dans la Gaule narbonnaise cet esprit d'agrégation,
d'ordre régulier, de solidarité, d'égalité, qui prépara le
rraonvellement social.
Ce ne fut qu'après bien des luttes et des secousses que
tous ces éléments parvinrent à se combiner et à s'organiser.
Les invasions franques. germaniques, sarrasines, promènent
sans cesse leurs ravages sur nos contrées; mais plus affermie
dans ses traditions, la Gaule méridionale les repousse
d'instinct; elle ne peut se résoudre à faire alliance avec le
Tndesqueet l'Arabe; elle se retrancbe dans sa culture et
son indépendance. Puis, quand ces ouragans ont cessé,
laissant après eux la désolation et la ruine, la population
se relève enfin; et il semble que les barbares du Nord et
du Midi ne sont venus que pour donner à ses besoins de
cohésion un ressort plus actif, et pour fournir quelques
matériaux de plus à l'expression de sa pensée.
Alors son génie lui crée une langue dans laquelle viennent
te suspendre, comme des tropbées de combat, tous ses
souvenirs. Le nouvel idiome chante et résonne comme un
écho d'Ionie ; il a les notes pleines et énergiques de l'accent
romain; il mêle à la gravité et parfois à la rudesse des
consonnes gothiques et germaines, la rapidité et la souplesse
des voyelles arabes. Chaque conquête, chaque occupation
lui a laissé son empreinte, et sous le nom de langue romane,
comme si le titre était un symbole de puissance, il est
répandu et admis par tout l'Occident, et les belles inspi-
rations de ses troubadours seront prises pour modèle par
tontes les langues de l'Europe.
Roumatimo, «. m. Rhumatisme; douleur rhumatismale.
Maladie des systèmes musculaire et fibreux, caractérisée
par des douleurs plus ou moins vives, continues ou inter-
mittentes.
Dér. du lat. Bheumatismut, formé du grec Peco, je coule,
et de P£u(Mc, fluxion, c.-à-d. fluxion qui se déplace, qui
coule d'un point à un autre.
Roumèno, i. f. Laitue romaine, Laetuea joltva romana,
Linn., plante de la fsmille des Synanthérées, cultivée
comme salade dans les jardins potagers. Elle a des feuilles
oblongues et des akènes noirâtres finement chagrinés. I^
variété CapîmCa, ou laitue pommée a des feuilles subor-
biculaires, très-concaves et ondulées, et des akènes blan-
châtres et lisses. Elle porte â Alais le surnom de Hougétô,
La Laeiniata ou kuiue épinard se distingue par des
feuilles ladniées, qui lui ont fait donner le surnom de
Frisado,
Roumèqno, «. f. Être fantastique et malfaisant dont le
nom parait venir de Roumée, vieux mot languedocien, qui
signifie épine, ronce; Boumèquo perscmnifiant le remords
et ses aiguillons qui déchirent. Foy. dans Lag Costa-
gnadoiàu marquis de La&re-Alais, une pièce intitulée La
Baumiquo.
ROU
593
Roumia, v. Ruminer. Ce terme s'emploie au pr. et au
fig. — Dé que fournies? Que ruminesrtuT A quoi songe»-tu?
c Manjo ca, que roumiaras / » Profite de l'aubaine qui se
présente, plus lard tu feras maigre chère.
Dér. du lat. Buminare, m. sign.
Ronmiaîre, 5. m. Homme sournois, méditatif, qui
réfléchit sans cesse, qui rumine ses pensées.
Dér. du lat. Roumia, ruminer.
Roumiou, f . m. Pèlerin qui va à Rome. *- Cami rou-
miou, voie romaine, chemin qui conduit â Rome. Nom
propre, en v. lir. Romier on JRômièK.
Dér. du lat. Romeus.
Roumpre, v. Rompre, briser, casser. Défricher un
champ, en arracher les arbres, les racines, les pierres,
pour le rendre propre à la culture. — Roumpre las cas-
tagnos séquos, première opération de décorticage des
châtaignes.
Dér. du lat. Rumpere, m. sign.
Roumpn, ndo, adj. et m. Rompu, ue, brisé, ée, cassé,
ée. — Aquél roumpu, empl. substantivement : ce roué, ce
coquin ! Roumpu dé Vaténço, dicton populaire.
Roumpu, udo, part, du v. Roumpre. Rompu, ue ; cassé,
ée ; brisé, moulu, fatigué, harassé. -— Soum roumpu, je
suis moulu.
Dér. du lat. Ruptus, m. sign.
Ronmirado, s. f. Un défrichement, une novale : terre
nouvellement défrichée et mise en valeur.
Le mot français roturier vient du lat. RuptuaHus,
rompeur de terre ou défricheur de terrain. Au moyen âge,
les seigneurs cédaient aux paysans certains espaces de
terrain en friche, moyennant une redevance déterminée
par un bail emphytéotique ou â long terme, à la condition
que ce terrain serait mis en culture par l'emphytéote.
Roun, sufat. Cercle, circonférence, disque, arène où
les lutteurs se livrent à leurs exercices; le turbot, poisson
de mer; en lat. Rhombus. — Faire hu roun, faire
cercle.
Rounca, v. Ronfler.
Du bas br. Roneha, m. sign.
Rouncas, j. m. Gros bloc de rocher.
Augm. de Ro, rocher.
Roundina ou Réna, v. Gronder, quereller par mauvaise
humeur. Grogner, gémir, pleurnicher sans raison. —
Toujour roundino/ il grogne sans cesse. Louporroundhio,
réno, le cochon grogne.
Roundinaûre, airo, s. m. et f. Grondeur, grognon, qui
est sans cesse de mauvaise humeur; pleurard.
Roundino, s, f. Plainte continue, gémissement constant
habituel aux enfants gâtés.
Roundinoûa, ouso, adj. m. et f. Grondeur, inquiet, de
mauvaise humeur. — Un vièl roundinoi^s, un vieux
grognon.
Rounila, v. Ronfler; s'ébrouer. Se dit des chevaux qui
renâclent avec force. — Vaif. aussi Roufla.
ryj4
KOU
Rounqua, v. Uonfler.
Du bas br. Boncha, m. sign. — Voy. aussi Rounfla et
Roujîa .
Rounquaïre, aîro» s. m. et f. Ilonfleur, euse, celui ou
celle (jui roiille liabiluellenienl en dormant.
Rounsa (pron. liounzaj, v. Jeter. — Se rounsa, se
ruer sur quelqu'un, sur quelque chose.
Rounsado, s. f. Bourrade, agression, attaque, poussée,
rossée, bousculade; un renfoncement en terme d'argot.
Rounzas, s. m. Une touffe de ronces, un buisson, une
ronçaie, un hallier épineux. On dit aussi Rounziè ou
Roummjas.
Dér. de Rounze, nom languedocien de la ronce. — Voy,
Arounze.
Roupo, s. ^ Sorte de houppelande en forme de rolie de
chambre, vêtement ample servant de surtout.
Dér. du bas lat. Raupa, robe.
Roupïo, s. f. Vieux manteau en lo(|ue, vêtement usé;
hailluns; souquenille.
Rous, ousso, adj, m. et /'. Roux, rousse; fauve; blond.
Rous, n. pr. d'homme, Itoux. Rousse, Roussétu, dim. de
{Um\. — Pan rousse, pain bis.
Dér. du lat. Rufus.
Rousé, s. m. Roseau des marais.
Rousèlo, s. f. Le coquelicot, leponceau; plante annuelle
à Heur rouge de la famille des Papavéracécs. Les feuilles
tendres de la plante sont comestibles; la Heur s'emploie
comme sudorifique. Cotte plante porte aussi le nom de
Parpèl.
Rousèrgue, *. m. Nom languedocien de la Patience,
Rumex. La racine de celte plante est dépurative.
Rouséto, $. /". Rosette, n. pr. de femme, dim. de Roso,
Rose.
Dér. du lat. Hosa, m. sign.
Rousiè, s. m. Rosier, arbuste épineux qui produit la
rose, .\rbrisscau de la famille des Rosao'^es, dont les variétés
sont devenues innombraJ)les par la greffe.
Dér. du lat. Rusa, rose.
Rousiga, t?. Ronger. — Housiga hu pan, mordre à
même dans le pain. Rousiga un monccl, manger un \)eù[
morceau. Se laïssa rousiga, se laisser gruger. Rousiga un
us, ronger un os. Aquél afaire lou rousigo, celte affaire le
préoccupe, l'inquiète : cette inquiétude le ronge.
Rousigaduro, s. f. Rongeure. Traces que laissent un
animal ou un mal rongeur. Au lig. remords, inquiétude.
Dér. de Rousiga.
Rousigaïre, aïro, s. m. et f. Rongeur, euse. Celui ou
celle qui grignote toujours quehjue cliose.
Dér. de Rousiga.
Rousigariè, s. f. Grugerie, exactions par lesquelles on
mine les pauvres gens.
Rousigoù, s. m Un trognon de fruit; un croûton de
pain, un relief de repas, les rogatons d'un festin. — Manja
lous rousigoùs de quàoucus, manger les restes d'un autre.
ROU
Roussaïo, s. f. Béte de somme ou de trait complètement
ust'e. Au fig. un vaurien, un chenapan, nn fainéant; une
femme de mauvaises mœurs.
Dér. de Rosso, rosse.
Rousse, s. m. Un jaune d'œuf ; un louis d*or. — Sotu
iôous an dous rousses, se dit de celui qui a la prétention
d'avoir toutes choses meilleures que celles de son voisin.
Dér. de Rous, roux.
Roussel, èlo, n. pr. m. et f. et adj. m. e% f. Roussel,
n. pr. d'homme. Rousseau, quia le poil roux, les cheveux
carotte. On le dit aussi de ceux qui ont les cheveux blonds.
Dér. de Rous, roux.
Roussèto ou Quo-ronsso. Rossignol des murailles.
Rouge-queue, bec-fin de murailles, Sylvia Phœnieorus,
Temin. Front d'un blanc pur, gorge noire, tête et dessus
du corps d'un cendré bleuâtre foncé, ailes brunes, milieu
du ventre blanc, poitrine, flancs, croupion et rectrices d'un
roux vif. Ce petit oiseau a un ramage môle d'accents tristes
et mélancoliques qu'il fait entendre surtout le soir et le
matin; il jette aussi un petit cri qu'il accompagne toujours
d'un mouvement de queue.
Roussi, s. m. Roussin, cheval, monture; vieux cheval
ou rosse.
Dér. de l'allem. Ross, cheval.
Roussièïro, s. m. Bruant, Bruant de France, bruant
jaune, Emberiza citrinella, Temm. La tête, la gorge et le
milieu du ventre jaunes ; dos et croupion marrons; poi-
trine et flancs tachetés de rouge.^tre. Le nom de Roussièiro
s'applique également et avec autant de raison au moins, à
deux autres espèces de Bruants, aussi communs dans le
pays, à l'Ortolan des roseaux. Bruant des roseaux, Embe-
riza Sckœniculus, et au Zizi ou Bruant de haie, Emberiza
exclus, Temm.. deux espèces qui, avec quelques variantes
dans les couleurs et leurs dispositions, portent aussi du
marron et du roussAtre, et dont les femelles surtout sont
distinguées par cette dernière couleur plus prononcée.
Roussi gnôou , s. m. Rossignol, Bec-fin rossignol,
Sglvia Luscinia, Temm. Il y en a une seconde espèce.
Bec-fin philomèle, Sylvia Philomela , Temm., un peu
plus grosse, plus sauvage ou plus prudente, qui arrive et
se mêle avec la première et qui a la voix encore plus belle.
On les confond toutes deux. Pour glorifier les Damoreau,
les (irisi, les Sontag, les Persiani, lesMalibran et toutes les
reines du chant, on n'a rien trouvé de mieux que de les
comparer au rossignol.
Dér. du lat. Lusciniola, d\m. de Luscinia, qu'on pronon-
çait Loussignola, d'où l'on a fait Loussignôou et enfin
Roussignôou.
Roussignoulado, s. f. Roulade, éclat de voix, chaut
joyeux d'une jeune fille.
Dér. de Roussignôou, rossignol.
Roustan, n. pr, jn. Nom d'homme assez commun dans
le Midi. C'est la forme languedocienne de l'ancien prénom
Rostaing ou Rostang fRostagnusJ.
ROU
Rouatéga, v. Grignotter; machoiuier du bout des deats.
RooBtégo, «. m. RogaU)û ; débris de mangeaille. — Viél
n>uttigo, vieux ladre, vieil avare, vieux gueux.
Rousti, s. m. Rôti ; viande, volaille ou gibier cuits au
four ou à la brocbe.
Dôr. de Tall. Ro$tm, m. sign.
Rouatl, V. Rôtir ; faire rôtir, faire cuire de la viande,
de la volaille ou du gibier au four ou 4 la broche. — Satà
rùuiU, je suis perdu; j'ai perdu la partie ou mon enjeu.
Rouitido, «. f. Rôtie, tranche de pain, tartine, sur
laquelle on étend du beurre ou du fromage mon, ou que
l'on met sous le gibier qui cuit à la broche. — La héoauo
9t,la grivo fan bien la rousiido. Brioche.
Dér. de Souiti, — Vby. c. m.
Ronve ou Ronre, «. m. Chêne blanc, Quere%u robur,
Linn. En bas-lat. JRover; en v. fr. Rouve; en ital. Rovere,
C'est de ce mot que dérivent les noms pr. du Roure,
Rovérié, de la Rovère. Les maisons de ce nom portent en
effet un chêne dans leurs armes. — Rouve ranuuiiè, Pivou
ramasiii, chêne ou peuplier que l'on taille de bonne heure
pour en prendre les rameaux, que l'on donne comme four-
rage aux bestiaux, après les avoir liés en bottes ou bourrées
(Ranua). — Voy. Chaine,
Ronvèirâou, j. m. et n. pr. d'homme. Petit bois de
chênes, dim.de RouviUro. — Voy. c. m.
RonTéné, s, m. Petit chêne; chêne de petite taille,
jeune chêne.
Dér. de Rouve, chêne.
RonTïa, ado, adj. m. et f. Rouillé, ée, couvert de
rouille, oxydé. — Bla rouv^, blé rouillé, jauni.
Dér. du lat. Rubigo, rouille.
RoQTèrgaa, ». m. Nom de champignon. Agaric faux
mousseron; mousseron d'automne, Âganeue ioriUis, Ce
champignon ressemble un peu au vrai mousseron (SUm-
quéej, dont il a presque le parfum. Son chapeau est d'abord
hémisphérique, aplati, ondulé, retourné en dedans, en
bourrelet, d'un jaune fauve ou d'un blanc roux. Les lames
sont inégales, libres, plus colorées sur les bords; le pédicule
est cylindrique. On le rencontre en automne dans les bois,
les châtaigneraies, les bruyères, assez souvent exposés au
nord. Parfumé, d'un goût agréable, il s'apprête comme les
fflouaserons.
RoaTiètro, t. f. Une rouveraie, une chênaie, lieu planté
de chênes blancs. On dit aussi Rouvido. Ce terme est
très employé dans le Midi comme n. pr. d'homme. Jto«*
vergue, le Rouergue, l'Aveyron, signifie littéralement la
région des chênes, comme le Querci.
Dér. de Rouve, chêne.
Ronvil, ». m. La rouille produite par l'oxydation des
métaux, mais principalement du fer. — Préne hu rouvU,
être attaqué de k rouille.
Dér. du lat. Rubigo, rouille.
RoQ?il,<.m. Fruit avorté, rouillé, chétif/entiché. — uAeô't
paequédi ronoil, ce n'est que de la marchandise de rebut.
RUS
595
Rubarbo, ». f. Rhubarbe de fromage; sorte de mets
usité dans les Cévennes et qui n'a rien de commun avec la
drogue médicinale du même nom. On le prépare avec le
fromage frais provenant du lait de chèvre, que l'on triture
en y ajoutant de la mie de pain, du poivre et du sel ou
autres épices, et qu'on laisse fermenter dans des vases de
terre jusqu'à ce que le mélange offre une consistance
suflSsante. Ce mélange acquiert avec le temps un goût
piquant qui le rend appétissant. On le désigne dans les
Cévennes sous le nom de RviHxrbo, à cause de la propriété
qu'il possède de réveiller l'appétit Ce mets est désigné
dans la Provence et dans les environs de Nimes sous le
nom de CwM,
Rubiflso, ». f. Nom de plante, Adonû.
Rude, mdo, ck/j. m. et ^ Rude. Brusque, bourru;
dur, inflexible. — - Rudie 6ou iravol, dur au travail,
travailleur acharné. Vn rudeafOire, une affaire embrouillée
et difficile à résoudre.
Dér. du lat. Rudis, m. sign.
Rndéja, v. Rudoyer, dire des duretés, traiter avec hau-
teur, avec rudesse; maltraiter.
Dér. de Rude,
Rudo, ». f. Nom de plante. La rue, Ruta graveolen»,
Linn. Plante de la famille des Rutacées, vermifuge,
sudoriiique, emménagogue, détersive. Elle arrête les pro-
grès de la gangrène. Deux poignées de cette plante, placées
sous la paillasse du lit, suffisent pour en chasser les
punaises. On s'en sert en infusion pour rétablir les
menstrues.
Dér. du lat. Ruta, m. sign.
Rofa, V, Froncer, rider; rechigner an fig.
Rôle, mlo, a^j. m. et f. Raboteux, rude au toucher,
hérissé de poils, plein d'aspérités. Au fig. rode, brusque,
bourru.
Ruino, ». f. Décombres, débris provenant d'un bAtimeni
démoli. On comprend sous ce terme les piètres, gravois,
débris de mortier, et non les moëllcms.
Dér. du lat. Rwma, m. sign.
Roula, V. Rouler, dégringoler. ^ A rui^ tous éteoxè»,
il a dégringolé, roulé l'escalier.
Runladooiro, ». f. Rouleau en bois ou en pierre tournant
autour d'un axe et servant à dépiquer le blé. Ce rouleau
n'est pas cylindrique, mais le plus souvent hexagonal et
présente l'aspect d'une pyramide tronquée.
Dér. de Runla, rouler.
RimlOi ». f. Plan indiné, descente rapide.
Rùôou X interj. Cri on commandement des charretiers
pour faire aller ou tourner les chevaux à droite. Hue! en
français. — Vog. Jaf
Ruôoii! s'emploie aussi avec une intonation plus prolon-
gée pour arrêter les chevaux.
Rusa, ado, adj. m. et f. Rusé, ée, fin, adroit, roué.
Rnsca, v. Éoorœr les jeunes chênes des bois taillis pour
la préparation des cuirs ; dé ouiller les arbres de leur écoree.
596
RUS
Dér. du bas bret. itutc, éoorce. — Voy, Déruica.
Ruso, », f. Ruse, voie dôtonmée, adresse employée pour
arriver à ses fins.
Rnsqiia, ado, àdj, m.eXf. Couvert d'une ôcoroe dure
et solide; ronce. — Un om» hièn nuea, on homme bien
taillé, solide, robuste, dur à la fatigne, de formes athlé-
tiques.
Rnsquaire, «. m. Ecorcenr; ouvrier que l'on emploie à
dépouiller les arbres de leur écorce.
Rnsqné, «. m. Outil en fer tranchant et un peu recourbé,
servant à enlever i'écoree des arbres.
Rnaqné, s. f. Écorce des arbres, surtout celle des jeunes
chênes, que Ton emploie à tanner les peaux et les cuirs; le
tan, ou l'écorce brisée et moulue dans un moulin à tan ; fa
tannée; nom que l'on donne au tan qui a déjà servi à
tanneries cuirs et dont on fait des mottes que l'on brûle.
Dér. du bas bret. Buse, m. sign.
RUS
RuBsl, V. Réussir, parvenir au but que Ton se propose,
avoir eu bonne chance. — A Mn rugH, se dit de celui
qui a obtenu une excellente récolte de cocons. ITox pa
rùÊsi, j'ai échoué dans cette a£Edre.
Ruasido, t. f. Réussite; chance favorable; succès.
De Me ilér. et de Vseire, sortir, vaincre une diffiealté.
Ruatiqna, v. Enduire, couvrir une constmction, me
maison, un édifice, au moyen d'une couche de mortier o«
de ciment préparé d'une manière spéciale et fouetté an
moyen d'un petit balai de bruyère, de façon à donner à U
couche une surface rugueuse.
Rustique, t. A Enduit d'apparence rugueuse et chagri-
née, dont on recouvre les façades de certaines constmctioiis,
au moyen d'un mortier ou ciment que l'on fouette sur le
mur avec un balai de bruyère.
s
SA
8, 19»' lettre et 45">« consonne de l'alphabet. C'est une
sifflante, dont l'articulation exige le concours de la langue
et des dents. Les Grecs et les Romains changeaient quel-
quefois la dentale t en sifdante ; par permutation contraire,
le français donne le son de Vs au ( dans certaines finales,
comme dans 001110», eaptiBux, martial, etc. Le même
phénomène se remarque en anglais. Dans les langues
française, anglaise, espagnole, portugaise, et dans l'idiome
languedocien cévenol, y compris le dialecte alaisien, !'«
finale est le signe ordinaire du pluriel des mots, contrai-
rement an provençal rhodanien qui la supprime. Cette
tendance commence à s'accuser aussi pourtant dans le
dialecte alaisien, qui supprime Vt finale dans bien des cas,
laissant à l'article qui précède les noms, le soin de faire la
distinction du pluriel ou du singulier. Chez les Romains
rs équivalait au nombre 7 et même, suivant quelques
auteurs, à 90. Surmontée d'un trait, S représentait 90.000.
Sa, B, m. Sac. Grande poche en cuir, en toile ou autre
étoffe, que l'on a cousu sur les côtés et par le bas, de
manière à laisser une ouverture au sommet par laquelle on
introduit les matières ou denrées que le sac doit contenir.
— Sade vi, un sac à vin, un ivrogne. Un ia dé bla, dé
caMtagnoi, volume de cinq doubles décalitres ou un hecto-
litre de blé, de châtaignes. M'an donna tnoun sa, on m'a
donné congé, on m'a mis à la porte. Toumba coumo un ia
dé bla, tomber lourdement, s'affaisser comme une masse.
Ténï lou ia, être complice d'un vol, participer à une mau-
vaise action. Faire soun ia, s'en aller, partir, mourir.
Dér. du lat. Saeeus, m. sign.
SâB
Sa, adj. poii. Sa, au plur. Soi, — Jtamosia MosfSiœ, u»
fûtoi, réunir toutes ses ressources.
Dér. du lat. Sua, m. sign.
Sa! interj. Appel réitéré du berger à son troupeau,
quand il lui présente du sel. Sat Sa/
Dér. de Sdou, sel.
Saba, «. m. Vacarme* cris bruyants, tapage prolongé.
— Qtùnte iaba/ quel vacarme !
Saba, ado, adj. m. et f. Battu, assommé de coups. —
Un rabe eaba, un radis creux. Uno rtéo sabado, une rave
creuse.
Saba, V, Frapper à petits coups redoublés sur une tige
on un rameau qui est en sève, pour en détacher pins faci-
lement l'écorce, soit pour greffer le rameau, soit pour
en èter l'écorce. Au fîg. rosser.
Dér. de Sabo, sève.
Sabamâou, «. m. Savetier ambulant qui s'établit en
plein air et pour peu de temps dans les lieux où il passe.
Sabatariè, «. /. Savaterie, cordonnerie. Nom de lieu,dfi
quartier, de rue. Nom que porte une des rues d'Aiaii
parallèle à la Grand'Rue et s'étendant de la place da
Marché à la place Berthole.
Dér. de Sabato, savate, soulier.
Sabatèlo, $, f. Nom d'un champignon de la tribu àa
Polypores, Polyporus tuber, Linn. Polypore-trnffe. Cette
espèce, que Paulet a décrite sous le nom de Savatelie-trofie,
présente une surface chagrinée, grenue, 8amt>labie à oelk
de la truffe noire dont elle a d'ailleurs la couleur, le goàt
et le parfum. Son chapeau large de deux cm trois ponces
SàB
SAB
597
est garni en desaons de pores blancs qoi prennent une
teinte rousse avec Vâge. Le pédicule est latéral, plein, de
la couleur des pores, et de la même substance que le
cbapeau. Toute la plante est d'une texture ferme, cassante,
blancbe et de bon goût; aussi est-elle fort recherchée. Elle
abonde vers la fin de Tautomne dans les Cêvennes. On
prépare les Savatelles comme les truffes noires : croûtes
an vin ou garnitures.
L'aspect superficiel de ce champignon est celui d'une
vieille semelle, d'où vient son nom de SabaUlo, dér. de
Sabaio, savate, soulier.
Sabatiè, i. m. et n. pr. d'homme: Savetier, cordonnier.
Sabatier, nom propre d'homme, très-commun à Alais et
dans le Midi. — Sabatiè, faX toun méttiè, mèle-toî de tes
affaires et non de celles des autres, ne sors pas de tes
attributions. Ne tutor utlra erepidam.
Dér. de Sahaio, savate.
Sabato, s. f. Savate, soulier, chaussure en général.
Dér. du celt. Sob, pied.
Sabé, «. m. Savoir, science acquise, instruction, érudi-
tion. — Va\re sabé, faire part. On dit aussi faire- sàoupre.
Lou gaï'iabé, le gai savoir, la poésie des troubadours.
Dér. du lat. Sapere, empl. pour Scire.
Sabino, «. /*. Nom de plante. — Voy. Cade-Sabi, Sabine
ou genévrier sabine, Junip^rus tabina, Linn. Arbrisseau
de la famille des Conifères, commun sur les coteaux expo-
sés au midi, dans la partie septentrionale de la Provence
et dans le Gard.
Dér. du lat. Sabina, parce qu'on cru que cet arbuste
était originaire du pays des Sabins.
Sablas, s. m. Banc de sable, grand amas de sable,
plaine de sable, ensablement formé sur le bord d'une
rivière, dunes formées par le vent le long des rivières,
comme celles qui existent sur la rive droite du Gardon
entre )e Pont du Gard et Remoulins, au quartier dit de
la Couasse, et qui sur les plages de l'Océan envahissent et
recouvrent peu à peu des villages entiers. Carrière de sable
ou sablonnière d'où l'on extrait le sable propre à confec-
tionner le mortier nécessaire aux travaux de maçonnerie.
— Béoure eoumo un tablas, boire comme un trou ou
comme un templier.
Dér. de Sabio, sable.
Sablo, «. ^ Sable, réunion de particules pierreuses pro-
venant de cailloux pulvérisés on usés par le frottement
Ce mot, fém. en languedocien, est masc. en français. — N'ét
bcn qvé pér mètre dé sablo sus hu papié, il n'est propre
qu'à suivre l'avis des autres; il est incapable de donner
un avis.
Dér. du lat Sabulum, m. sign.
Sablon, s. m. Sable, sablon, gravier, terrain arénaoé.
Dér. de Sablo, sable.
Sabo, t. A Sève, fluide transparent, ordinairement
incolore et limpide, qui circule dans les organes des végé-
taux, remplissant à peu près les mêmes fonctions que le
sang chez les animaux. — Lous àoubres soun en sabo, les
arbres sont en sève, la sève commence à monter. Sabo
marsénco, sève de mars. Sabo avousténco, sève d'août.
Dér. du lat. Sapa, suc.
Saboù, s. m. Savon, mélange de potasse et de soude
combiné avec les corps gras tels que les huiles, et qui sert
à nettoyer le linge.
Dér. du lat. Sapo, m. sign.
Saboola, v. Battre, rosser.
Sabouna, o. Savonner, blanchir au savon, dégraisser
avec le savon et Teau. Au fig. battre, rosser, réprimander.
Dér. de Saboù, savon.
S abounado, s, f. Savonnage, provision de menu linge
que l'on met tremper à la fois dans le savon; eau de savon
dans laquelle on met tremper le linge que Ton veut savon-
ner. Au fig. vigoureuse correction. — Quinto sabounadof
quelle tripotée !
Sabounaje, s. m. Savonnage; action de savonner, de
blanchir au savon. Portion de linge que l'on destine k être
nettoyée au savon.
Dér. de Saboù, savon.
Sabonnéto, s. f. Savonetto, morceau de savon sphériqne
que l'on employait autrefois chez les barbiers pour préparer
la barbe et raser les clients. Saponaire officinale, Saponaria
offieinalis, Linn. Cette plante, à fleurs roses ou blanches,
passe pour détersive, diurétique, sudorifiqne et dépurative ;
elle est employée pour laver le linge. Elle croit sur les
bords des rivières et des ruisseaux.
Dér. de Saboù, savon.
Sabonnm, s. m. Du savouret, os rance et décharné de
porc salé dont les pauvres gens de la campagne assaison-
nent leur potage, assaisonnement qu'ils préfèrent à celui
de la viande fraîche. Terme d'hijure : Que vdou aquél wél
sabourunt Que demande ce vieux libertin?
Dér. du lat. Sapor, saveur.
Sabonti, ido, adj. m. ei f. Fatigué, secoué, éreinté,
moulu, brisé de fatigue. — Soui sabouU, je suis moulu.
Sabonti, v. Secouer, mener rudement, malmener quel-
qu'un, le rudoyer. — L'aï bien sabouH, je l'ai bien rudoyé.
Sabontimén, s. m. Ébranlement, fatigue occasionnée
par le trot dur d'une monture.
Sabra, v. Sabrer, couper, trancher. Au fig. trancher
une difficulté, juger une affaire sommairement.
Dér. de Sabre, sabre.
Sabranla, v. Ébranler en secouant fortement. ^ Voy,
Déssabranla.
Sabre, s, m. Sabre, arme à lame large, tranchante d'un
seul côté et ordinairement un peu recourbée, et destinée à
frapper de taille plutôt que d*estoc.
Dér. de l'ail. Sabel, épée courbe.
Sabre-dé-bos! Sabre-d*orl interj. Sorte de juron
anodin employé dans le langage familier. — Sabre-dé-bos,
pistoulé-dé'pa\ot autre forme du même juron un peu plus
compliquée.
76
598
SAD
SâI
Sacado, s. f. Une sachée, plein un sac. — Uno ioeado
dé fiouM, une sachée de noix.
Dér. du bas lat. Sacamentum .
Sacaje, 5. m. Action de mettre dans un sac. On dit
plus communément énsaquaje. — Voy. Ènsaqua.
Sacamandéja, v. Vivre licencieusement ou dans le
dësoixlre; pilier, rançonner, saccager. — tous PrtusièM
an sacamandéja la Franco, les Prussiens ont saccagé,
ravagé la France.
Dér. de Saeaman.
Sacaman, ando, s. m. et f. Voleur, brigand, coupe -
jarret, homme dur et impitoyable. Au fém. Coureuse.
Dér. de Tall. Sac-man, homme de sac, pillard. En ital.
Saeco tnanno, m. sign.
Sachn, ndo, part, pass. du v. Sàoupre, savoir. —
S'avièi iochul si j'avais su ! Acà's sachu, cela est connu ,
c'est une chose avérée.
Sa-col, Cabnssâon ou Gasdâou, s. m. Le bourrelet des
manœuvres, des portefaix; sac à demi-plein de paille qui
forme coussinet sur leurs épaules et leur aide à porter les
fardeaux. — Voy. Cattdou.
Sacramén (Sén), «. m. comp. Un ostensoir. Le langue-
docien est dépourvu d'un terme qui désigne ce vase sacré,
et on exprime le contenant par le terme qui désigne ie
contenu.
Sacréja, v. Jurer, blasphémer; entremêler ses paroles
de jurons comme les gens grossiers et mal élevés.
Sacréjaire, 5. m. Jnreur, blasphémateur, celui qui a
l'habitude de jurer et de blasphémer.
Sacre -inoiiii-amo, «. m. Un jureur, un homme déter-
miné à commettre tons les excès. — A la sacre-moun-ano,
à la manière des bandits, des hommes qui ne reculent
devant rien, qui sont décidés à tout faire.
Sacre-pa-dil inurj. Juron assez anodin employé dans
le langage familier et qui signifie littéralement : Je ne jure
pas le nom de Dieu. C'est l'oppasé du juron français
Jamidieu/ pour je reni9 Dieu, qui était dit-on familier k
Henri IV non moins que celui de Ventre-saint-griif
Sacripan, j. m. Sacripant, rodomout, homme turbulent,
casseur d'assiettes, homme déterminé à tout entreprendre.
Ce terme, comme celui de Rodomont, est un nom de
personnage de VOrlando fUrioso de l'Arioste.
Saoriatan, ano, «. m. et f. Sacristain, sacristaine, celui
ou celle à qui est confié le soin et la garde des vases et des
ornements sacrés, et en général de tout ce qui est renfermé
dans la sacristie d'une église. Dans un monastère de
femmes, la religieuse à qui est confié le soin de la sacristie.
Dér. du lat. Sacriitia, m. sign.
Sadoul, «. m. Saoul. — Manja toun tadoul, manger
tout son saoul; être repu. Au fig. N'aï moun iodoul/ j'en
ai plein le dos; j'en suis ennuyé, fatigué, dégoûté .
Dér. du lat. SatuUtu, dim. de Satur.
Sadonl, oulo, o^;. m. et f. Saoul, saoule ; repu, repue.
Rassasié, fatigué, gorgé de nourriture; dégoûté d'une
personne ou d'une chose. — Sadoiul eoumo un pot, u<ml
comme un porc.
Dér. du lat. SaJtuUui.
Sagan, «. m. Le sabbat. An fig. bruit, train, tapage.
— Sagan a magan, désordre, confusion, mélange de toates
sortes de gens. Dér. du lat. ou du oelt. 8a^, sorcière,
et Magui, magicien. Peine, tout ce qui donne de l'inquiétude
et du souci.
Sagata, v. Poignarder, frapper & coups de couteau un
homme ou un animal. Au fig. presser vivement, sollidter,
arracher de force un aven ou une faveur. Juguler quel-
qu'un; lui faire rendre gorge. Couper les rejetons, les
drageons, sui^eons gourmands qui poussent au pied d'an
arbre et arrêtent son développement.
Dér. de Sagato, surgeon.
Sagati, «. f. ÉtofTe composée d'un mélange mi-partie
laine et filoselle. — L'abi dé iagaU est le titre de Fane des
pièces les plus remarquables du marquis de Lafare-Alais,
dans les Castagnadot,
Sagato, «. f. Surgeon, drageon, rejeton que les arbres
poussent de leur pied. — La sagaio a manja l'àoubre, les
surgeons ont épuisé l'arbre.
Dér. du ce] t. Sagattra, m. sign.
Sagnè, t. m. Nattier; ouvrier qui fait des ouvrages de
sparterie, qui rempaille les chaises.
Sagnèîro, «. f. Terrain marécageux sur lequel croit la
plante appelée Sagno, qui sert à rempailler les chaises
communes et à confectionner divers ouvrages de sparterie.
Dér. de Sagno. — Voy. c. m.
Sagnèîrolo, a. f. Dim. de Sagnéfiro; flaque d'eaa
marécageuse et stagnante dans laquelle pousse la Sagno.
— Voy, c. m.
Sagno, t. f. Sparganium erectum, Linn. Plante de la
famille des Typhacées qui croit dans les marais et dont la
tige sert à rempailler les chaises.
Sagriècho ou Sabmièolio, s.f. Nom de plante; sarieus
vivaoe, annuelle.
Sai, «. m. La panne d'un porc, dont on retire l'axonge
on saindoux. Les paysans s'en servent comme du savouret
(Sabourun), pour assaisonner leur potage, surtout œlti
qui est fait avec des raves ou des choux. — Païre dé mi,
faire du lard, engraisser, vivre paresseusement, en sybarite.
Dér. du lat. Sagina, graisse.
Sttlèîro, i. f. Salière; petit vase de métal, de cristal, de
faïence, de verre, servant de récipient an sel et môme aa
poivre que l'on met sur la table.
Dér. de sâou, sel.
Saîonr, saîonrdo, t. m. et f. Sale, malpropre, d^oè-
tant. Saïourdas, péjor. de Saïour.
Saion, «. m. Sorte de jaquette, sayon on lobe servant I
vêtir les jeunes garçons, jusqu'au commencement da
XVIII' siècle, avant de leur faire revêtir la calotte.
Dér. du lat. Sagum, m. sign.
Saiqné, adv, Sans<loute, peut-être, apparemment. -^
SAL
Satqué siès nèdf Es-tn devena foa? A<mbé scnqué, oui,
sans doute.
SûBséto, s. f. Froment de la plus belle qualité ; ton-
selle à petits grains (Triiieum Mbemum arisHs carmsj,
que Ton cultive beaucoup dans le Comtat venaissin et la
côte du Rhône. Ce froment donne le pain de la plus belle
qualité.
Saje, saJOt adj. m. et f. Sage, posé, raisonnable, qui a
une conduite réglée. En parlant d'une fille ou d'une femme :
modeste, sage, pudique.
Dér. du lat. Sapere, avoir de la sagacité.
Sala, V. Saler; mettre du sel dans les mets ou sur la
viande que Ton veut conserver. Au fig. et adj. cher,
coûteux. — Àeè's iala, cela est fort cher. Sié Van fa $aia,
on me Ta fait payer fort cher.
Dér. de Sàou, sel.
Sala, ado, adj. m. et f. Salé, 6e, assaisonné avec du sel
ou préparé avec du sel pour être conservé.
SaladOQ, s. m. Saloir, vaisseau ou table à rebords qui
sert à faire la salaison. C'est aussi le vase où l'on conserve
le sel à l'abri de l'humidité.
Dér. de Sàou, sel.
Saladuègno, «. f. Nom de plante. La Chélidoine ou
grande-éclaire. Chelidanium majuM, Linn. Plante à suc
laiteux et jaune un peu caustique. Elle est employée
comme anti-dartreux. On la désigne aussi soosles noms
de Saraduègno ou Sarajuêgno»
Salaje, «. m. Salaison de la viande des porcs; temps de
la salaison. Viande de porc pour la salaison.
Salaxnalè, s. m. Salamalec, révérence profonde, adula-
tion, politesse exagérée.
Dér. de l'arabe Salatn atatka, la paix soit avec toi.
Salan, i. m. La région du littoral où se trouvent les
marais salants.
Saléîroù, «. m. Une salière. — Voy Saïi^ro.
Sali, V. Chasser, mettre dehors. — M'an sali déforo,
on m'a chassé.
Dér. de l'ital. Salire, sortir.
Salis «. m. Grenier à sel.
Dér de Sal, sel.
SaliTéja, v. Saliver, rendre de la salive abondamment.
Dér. du lat. Saliva, dér. de Sal, sel.
SaliTO, s. f. La salive, sécrétion spumeuse qui prend
naissance dans les glandes salivaires de la bouche.
Dér. du lat. Saliva, dér. de Sal, sel.
Sale, «. f. Une salle, grande pièce servant aux réceptions
dans les maisons riches. — ta$alo, La$ Salloi, Lasalle,
Les Salles, n. pr. de villages et de hameaux qui furent
dans l'origine de petits prieurés, des hospices, dépendants
d'un monastère qui envoyait dans ces maisons, devenues
prieurés, un ou plusieurs religieux pour prendre sda du
temporel.
Dér. du lat. C$Ua, ferme, grange. Navaeelle, WcnorMa,
a la même origine. -* Foy. C«W.
SAN
599
C'est de Salo ou Salle qu'ont été formés les noms des
communes les Salles-du-Gardon, les Salles-de-Gagnières,
Lasalle, etc., situées dans le département du Gard, et les
dim. Salèlo, Saléto, Saléndro ou SeUindro et Salindrmeo,
Salô, salope, s. m. et f. Homme sale, mal élevé,
grossier dans sa tournure, ses paroles ou ses actes; femme
prostituée, de mauvaises mœurs, souillon.
Salo-toupl, i. m. Tatillon; se dit par dérision d'un
homme qui se mêle des menus détails du ménage réservés
aux femmes.
Saloupariè, s. f. Saleté, grossièreté, vilenie, préjudice,
bassesse. Au fig. paroles grossières et obscènes.
Sain, j. m. Salutation, salut, action de saluer, acte de
politesse.
Dér. du lat. Salus» salutis, santé.
Salai int9rj\ Adieu! Portez- vous bien! Bonjour!
Salnda, v. Saluer; honorer par une marque extérieurs
de civilité. — Saluda, hocher la tète en dormant.
Dér. du lat. Salutare, m. sign.
Salndaire, s. m. Un homme obséquieux, qui salue tout
le monde sans distinction et souvotU sans raison.
Samba, «. m. Sureau. — Voy. Couloubrignè.
San, sano, adj. m.ei f. Sain, saine. Se dit des personnes
et des choses. — Aquél bot et tan, ce bois est sain. San
eoumo un métal, solide, bien portant, plein de santé. F(ar9
san, terme de moulinage des soies, dépouiller la soie mise
au moulin des bouchons qui embarrassent le fil ou dépassent
U trame d'une étoffe.
Dér. du lat. Sanui, m. sign.
San, prépot. Sans. — San-x'ounou, homme ou femme
décriés, de mauvaise réputation, sans délicatesse.
Dér. du lat. Sine, m. sign.
Sanfloara, v. Déflorer, prendre le dessus du panier,
faire un choix sur un certain nombre d'objets; écrémer,
prendre ce qu'il y a de plus beau.
Sanlloarado, s. f. Choix que l'on fait sur une certaine
q uantité d'objets. — A prés latanflourado dé lat poumot,
il a choisi les plus belles pommes de la récolte ou du panier.
Sang, t, m. Sang; liqueur rouge qui circule dans les
artères et les veines des animaux vertébrés. Race, famille.
— Moun sang et vényu tout rouye, locution ironique qni
signifie : Cela ne m'a pas surpris; cet événement ne m'a
nullement ému. Sang dé eoudoumbre, sang de concombre,
homme sans énergie, froid, que rien n'émeut ; poltron,
poule mouillée. Lou tang tanno, ce qui offense un
membre de notre famille, nous offense également.
Dér. du lat. Sanguis, m. sign.
Sangainado, s. f, La sanie, le liquide sanguinolent qni
découle des plaies; sang délayé dans quelque humeur qui
le rend d'un rouge sale.
Dér. de Sang.
Sanla, v. Couvrir, envelopper. — Sanla-vous bien,
couvrez-vous bien. Se sanla d'un mantèl, se couvrir d'un
manteau.
t)00
SAN
Sanle, ju6jI. La saleté. — Aïmes bien lou $anle. Va
aimes bien la saleté, la crasse. Aquà erén hièn lou $anU,
cette étoffe prend facilement la saleté.
Dér. de l'ail. Soi, ordure, saleté.
Sanle, sanlo, adj. m. et ^. Sale, des deux genres,
malpropre, couvert d'ordure.
Sanli, V, Salir, rendre sale. — Aquél éfan ié sanlis
bien, cet enfant digère bien, remplit bien ses fonctions
digestives.
Sanna, v. Saigner, égorger ou couper la gorge; pra-
tiquer une saignée. — Quan mé sannaritu, quand bien
même vous me tueriez je ne pourrais vous satisfaire.
SannariaM pulàou uno pèiro, vous tireriez plutôt du sang
d'une pierre. Lou nos i sanno, il capone, il recule, il
hésite. On raconte qu'au moment ou Guillaume de Nogaret
poursuivait, à Avignon, la condamnation de la mémoire de
Boniface VHI auprès de Clément V, ce dernier cherchait
à gagner du temps, pour ne pas prendre une décision
irrévocable. Un saignement de nez qu'eut le pape pendant
la nuit, lui servit de prétexte pour faire renvoyer une
séance. Or, on dit proverbialement, en Languedoc, d'un
homme qui hésite ou recule au moment de prendre une
grave détermination : Lou ntu i sanno/ le nez lui saigne,
en mémoire, sans doute, du fait historique que nous venons
de rappeler.
Sannado, «. f. Une saignée. Au fig. une dépense, une
perte considérable d'argent. Vue dérivation d'une petite
portion d'un cours d'eau.
Dér. de Sang, — Voy. c. m.
Sannadoù, êuba, m. Le bout saigneux, l'extrémité du
quartier, du côté de la gorge, à l'endroit de la plaie où il
reste toujours du sang sur l'animal égorgé; couteau de
boucher, coupe-gorge ; abattoir rustique. C'est aussi le banc
à écoroher sur lequel on égorge les moutons et les porcs.
Sannadoù, adj. m. Propre à saigner ou à être saigné.
— Coutèl iannadoii, couteau de boucher servant à égorger
les animaux de boucherie. Aquél por éi sannadoii, ce porc
est parvenu au degré d'engraissement voulu pour être tué.
Sannaîre, «. m. Saigneur, celui qui saigne les animaux
de boucherie.
SannoÙB, onso, adj, m. et f. Saignant, ante; tâché de
sang; ensanglanté, saigneux.
San-pna, adv. Uniquement, seulement. — PéndnK uno
eroutto, tan-pui, je mangerai seulement un croûton de
pain. Jouga uno partido san-put, jouer une seule partie.
Sanqné, «. m. Du sang d'agneau, de chevreau, de
poulet, de volaille, que l'on frit à la poêle avec un peu
d'ail et de persil additionnés d'herbes fines.
Dér. de Sang,
SanaanYl, t. m. Ortolan, Bruant ortolan, JEmteftia
hortulana, Temm. Tête et cou olivâtres, poitrine d*un
jaune verdâtre, les parties inférieures rousses, les supérieures
brunes et noires â leur centre. Samanvï est une prétendue
onomatopée de son chant, qu'on a voulu faire plaisante.
SAO
On connaît l'aptitude de cet oiseau à engraisser rapidemeat,
et comme pour cela on le conserve en cage, il a on
mérite de plus pour les gourmands, c'est de pouvoir leur
être servi quand les autres petits pieds, si succuleats aussi,
nous ont quittés.
Sanid, V, Fouler aux pieds.
Sansogno, t. f. Une cornemuse; chant monotone et
ennuyeux; rabâchages; chant de berceuse pour endormir
les enfants. — Aeà'i toujour la mémo samogno, c'est tou-
jours la même chanson. Le fanon des bœufs, qui leur pend
sous la gorge comme la poche vide d'une comemuse.
Saniognos au pluriel, barbe de coq, cartilages ou caron-
cules rouges qui pendent sous le bec des coqs. — Voy. Gtào.
Dér. de l'ital. Zampogna, comemuse.
Sanaongna, v. Chanter à demi-voix, fredonner. An fig.
importuner quelqu'un par des instances, des sollicitations.
Lambiner, tarder, user de longueurs inutiles, corner aux
oreilles.
Sansongnaire, «. m. Joueur de comemuse. On dit aussi
Sampougnaïre, An fig. importun, ennuyeux, rabâcheur,
qui tombe dans des redites.
Sansnra, v. Presser, solliciter, importuner, ennuyer. —
M'a ionsura tout lou jour, il m'a fatigué tonte la journée
de ses importunités.
Dér. de Sansuro, sangsue.
Sansnro ou Sannaîrolo, «. f. Sangsue, Hirado ou
Sanguiiuga. De ce second nom latin, le français avait
fait d'abord suce-sang qui est devenu sangsue ; santuro n'en
est que l'imitation. On a pourtant délaissé pour ce nom
celui de Sannaîrolo, qui pouvait revendiquer une origine
plus légitime provenant du languedocien même : Sanna,
saigner. Au fig. un fâcheux, un importun, uq parasite, an
usurier.
Santa, t. f. Santé.
Dér. du fr. qui, à son tour, vient du lat. Sanitas, m. sign.
Santa-dil inierj. Exclamation admirative. Invocation à
la Vierge : Saneta Dei gnUtrix,
Santa-fionltfiivr;. Sorte d'exclamation marquant l'étoo-
nement.
Santa-pa! intmi. Exclamation d'étonnement.
Dér. du lat. Saneta pax,
Santarons, ooio, adj, m. et f. Plein de santé, bien
portant. — Peu ioniaroùi, une contrée, one o^on dont
le climat, Tair est salnbre.
Dér. de Santa, santé.
Santi-bèli, t. m. Statuette en plâtre que les modeleurs
italiens colportent dans les rues en criant : Santi bdUl
beaux saints! Une personne à figure insignifiante, à phy-
sionomie effacée, sans expression.
Santni, «. m. Un grand coup appliqué sur la poitrine
ou ailleurs. — Aousantut t'etpère,
SàOQ, t. A Sel; le sel marin, chlorure de aodinm, le sel
gemme ou fossile. Le sel marin est composé de 60 parties
J
SAO
de chlore et de 40 de aodiam. — Y eourou eoumo à la
iâou, on y court comme le bétail au sel.
Dér. du lat. Std.
Sàon, «. m. Saut, action de sauter, chute, bond que
Ton fait en sautant. — Fairt lou gran iâou, mourir.
Dér. du lat. SaUus, m. sign.
S&oiiça, V. Saucer, tremper du pain dans la sauce;
mettre les pieds dans le plat, commettre une bévue;
mettre le pied dans un bourbier; tremper quelqu'un da ns
Teau. — Se idôuça, se tremper de pluie, être surpris par
une averse, un orage.
Sâoucéto, s. f. Dim. de Sàouço^ petite sauce. — FaVr9
tàotàcéto, faire trempette, tremper un morceau de biscuit
dans du vin blanc ou rouge ; faire la soupe au perroquet.
Sâouciè ou SâOQCièîro, «. m. et f. Saucière, petit vase
dans lequel on sert les sauces ou rémoulades.
Dér. de Sdouço, sauce.
Sâoncino, «. m. Nom pr. de lieu et d'homme. Saussine ;
en V. fr. Socine, boutique.
Dér. du bas lat. Sœinum.
Sâouciasiè, b. m. Charcutier dont la spécialité consiste
à confectionner des saucisses ou des saucissons.
Dér. de Sâouciêso, saucisse.
Sâoucisso, «. A Saucisse, viande de porc hachée menu,
salée et épicée, et introduite dans des boyaux du mèm e
animal, de manière à présenter une forme cylindrique. Les
saucisses ainsi préparées peuvent être conservées une
partie de Tannée. On les mange cuites.
Dér. de Sdou, sel.
Sâouciasô, s. m. Saucisson. Augm. de Sâoueisëo.
Saucisse de grosse dimension, préparée à peu près comme
la précédente, mais avec plus de soin et de manière à ce
que la viande, fortement enchâssée dans des boyaux de
grande dimension, puisse être conservée plus longtemps. Le
saucisson est mangé cru.
Sâonço, «. f. Sauce. Assaisonnement liquide, où il entre
du sel et des épices. Au fig. frais, dépens. — N'en pagaras
la idouço, tu en payeras les dépens. Ficha uno sdotiço,
administrer une correction, une trempée.
Dér. de Sâou, sel.
Sâouda, V. Souder. Joindre bout à bout et relier par le
moyen d'une soudure les deux parties séparées d*un objet
en métal, au moyen d'un métal plus fusible.
Dér. du lat. Soliàare, affermir.
Sâougnè, «. m. Saunier, celui qui fabrique le sel on
qui le débite.
Dér. de Sâou, sel.
Sftonmadado, s, f. Une salmée de terrain environ. —
Vop. Sdoumaio.
SàoQBiado, «. f. La charge d'un âne on d*nne ànesse
(Sàoumo); ou plus généralement une charge de bète de
somme. Une sadmée de terrain; mesure agraire dont la
surface équivaut à 79 ares 80 centiares, mesure d'Alais.
La salmée se divisait en quatre setiers ou sesterées; le
SAO 601
setier en deux mines, la mine en deux quartes , la quarte
en quatre boisseaux, le boisseau en six dextres et un
quart.
La salmée, mesure de capacité pour les céréales, les
châtaignes, les glands, les légumes secs, équivaut en non*
velles mesures métriques à 20 décalitres 5.909.
Elle se divisait en
Setier 6 déc. U77
Emine 2 5739
Quarte 4 2869
Boisseau 0 3217
Ces valeurs sont calculées pour la salmée, mesure
d'Alais.
Voy. Sauvages pour plus amples renseignements.
Dér. du lat. Summa: bass. lat. Summata, Somata,
Salmata, charge d'une bète de somme.
Sâoumo, «. f. Anesse, femelle de Tàne. — Mètre dou la
dé tdoumo, prescrire l'emploi du lait d'ânesse dans une
maladie ou une convalescence.
Dér. du lat. Summa, bète de somme.
Sâoupiqoa, v. Saupoudrer un mets ou de la viande
avec du sel et des épices.
Dér. de Sdou, sel.
Sàoupiqué, t. m. Saupiquet, sauce piquante préparée
avec du sel et des épices. Le lièvre rôti se mange avec un
saupiquet composé du sang, du foie broyé et délayé de
l'animal, relevé par des épices et du sel.
Dér. de Sdou, sel.
Sàonpégu, gudo, part. pat», du v. Sdoupre, savoir. —
Ou dipa tdoupégu, j'ignorais cette circonstance.
Dér. du lat. Sapore, savoir.
Sâoupètro, s. m. Salpêtre, nitrate de potasse. Litté-
ralement sel de pierre, parce qu'il se produit naturellement
par efiQorescence, sur les vieux murs, les molasses calcaires,
les voûtes de cave, l'intérieur des grottes.
C'est du salpêtre que l'on retire le sel de nitre ou
salpêtre purifié qui, uni au soufre et au charbon, compose
la poudre à canon.
Sàoupre, v. Savoir, connaitre. — F^re à iâoupre,
annoncer un événement, un mariage, une naissance, un
pécès; en faire part à ses amis et connaissances- M'ou
iâouprés à dire, vous me le ferez savoir, vous m'en direz
des nouvelles. Sâoupre mdou, vouloir du mal, en vouloir
à quelqu'un, lui garder rancune.
Dér. du lat. Sapert, savoir.
Sâoiiqnéiio, t. f. Nom languedocien de la jeune dorade,
poisson de la Méditerranée (Auraia VulgarùJ. — Vog,
Ddourado,
S&onri, v. et tum prop. Saler et fumer, saurer. Saury,
nom d'homme.
Sâonxi, ido, part. pan. du v. Sâmtrï, saurer.
Dér. de Sâou, sel.
Sâonringa, ado, adj. v. m. et f. Fricassé au sel et à
1)02
SAO
l'huile et au vinaigre. Apprêté au sel; assaisonné avec du
sel.
Dér. de SAou, sel.
Sâousarédo, «. f. Une saulaie, une saussaie, lien planté
de saules.
Dér. de Sàouie, saule.
Sâonse, t. m. Saule, genre d*arbres et d*arbrisseaux de
la famille des Aœentacées, dont il existe un grand nombre
d'espèces. Par le mot Sâouse on entend en général les
grandes espèces et en particulier le saule blanc, Saliœ cUba,
Linn. Une des petites espèces porte le nom de Vige (Voy.
c. m.). C'est l'osier qui est employé dans la vannerie. —
Dé que fa» aqui planta eoumo un tàoute? que fais- tu- là
piaulé comme un échalas?
Sâonsé, n. pr. de localité, Sauzet, village de l'arrondis-
sement d'Uzès. — Barbie dé Sâousé. — Voy. Barbie.
Sâonse-latiè, 5. m. comp. Saule d'une espèce particulière
à tige droite et très-élancée, que l'on refend pour en faire
des lattes ou montants d'échelles.
SâouBÏo ou Sauzédo, t. f. Saulaie, saussaie; lien com-
ptante de saules, champ couvert de saules. — Voy. Vijèiro,
Sâoata, o. Sauter, s'élever de terre avec effort ; s'élancer,
franchir un obstacle, descendre ou remonter d'un bond de
haut en bas ou de bas en haut. Omettre, négliger, oublier.
«— Sâouta sus la couvèrto, être berné.
Dér. du lat. Saltare, m. sign.
Sâontarèl, 5. m. Jeu d'enfant, jeu du bâtonnet. — Voy.
Bresco.
Dér. de Sâouta, sauter.
Sâoutarèlo, «. f. Sauterelle (LoeuUa). Insecte coléoptère
qui ne pouvait être mieux nommé ; car on prétend que,
d'un seul bond, il saute deux cents fois la longueur de son
corps. On l'appelle aussi Sàouio-houqué. — Voy. c. m.
Sàonto-bartas, «. m. comp. Un pillard; jeune libertin,
maraudeur qui vit de vols et de rapines en franchissant
les haies et les murs de clôture des propriétés. — Voy.
Trdoueo-baragnado .
Sâonto-boiMiaé, $. m. eomp. Sauterelle; ce surnom lui
est donné parce qu'elle saute par dessus les fleurs.
Sàonto-cambéto, loc. adv. eomp. Cloche-pied. — Dé
iàouto-cambéio, k cloche-pied.
Sàonto-lingrin, s, m. comp. Au phys. un homme
maigre, mince, fluet. Au fig. un homme léger, frivole,
sans consistance.
Sàoato-régolo, «. m. comp. Saute-ruisseau, petit clero
de notaire, d'avoué, d'huissier ou autre tabellion.
Sâoutiir, tOBO, M. m. et f. Sauteur, euse, celui ou celle
qui saute ; se dit d'un homme léger, sans consistance, qui
manque de sérieux et ne sait pas se conduire. Sâoutuso,
se dit d'une femme qui a une conduite légère.
Sàoava, v. Sauver, garantir, tirer d'un péril ; garder,
conserver, réserver; procurer le salut étemel.
Dér. du lat. Servare, dans les premiers sens, et de Salwtn
dans le dernier.
SAO
Sâouva (Se), v. r. Se sauver, s'enfuir, s'échapper; fure
son salut, mériter le paradis.
Sâoavadoù, s. m. Le Sauveur du monde.
Dér. du lat. Salvator, m. sign.
Sâonvadeù, onno, aty. m. et f. Un enfant qui commence
à se former, qui est sorti des premiers accidents de l'en-
fance. Un agneau qui commence à se suffire; uo oiseau
i qui a quitté le nid. — Aquél agnèl é$ iàoutadoù, cet agneaa
peut se passer des soins de sa mère.
Sâouvagna, n. pr. de lieu. Salvagnao; lieu sauf, c.^-d.
jouissant de certaines immunités ou franchises; qui ne
devait aucune imposition au domaine royal. Lieu de sûreté,
d'espérance, d'asile, comme il en existait sous la féodalité.
Dér. du lat. Salwi, sauve.
SâouTaje, a]o, adj. m. et f. Sauvage; qui dépend des
bois ou forêts, qui n'est pas cultivé. Homme non civilisé,
sans lois, qui habite les forêts. Au fig. homme sanscultore,
homme dur, inabordable, aux manières brusques et dures.
Dér. du lat. SUvatteus, de SUva, forêt.
Sâoavaje, n. pr, d'homme et de lieu. Domaine sitoè
près d'Alais, d'où est sortie la famille des Boissiers de
Lacroix de Sauvages, qui a produit un médecin célèbre et
l'abbé de Sauvages, auteur du Dictionnaire languedocien.
Sâonvajino, «. f. Nom collectif qui comprend tontes les
bêles fauves, les bêtes sauvages, telles que les ours, les
loups, les renards.
Dér. de SAouvaj$, sauvage.
Sâoiiva]uii, «. m. Odeur qui s'échappe des bêtes fauves.
— Senti lou sâouvajun, contracter l'odeur qui s'échappe
des bêtes fauves.
Dér. de Sàouvaje, sauvage.
Sâouvan, s. m. Expédient, ressource, sauvegarde,
planche de salut. — Acà'$ moun sâouvan, c'est là ma
dernière ressource.
Sâonve, n. pr. de lieu. Sauve, chef-lien de canton de
l'arrondissement du Vigan, département du Gard.
Dér. du lat. Salvium, nom que lui donnent les Chartes.
Comme le nom fréquent de Salvetat, ce terme désigne lue
localité, un domaine qui, sous la féodalité, étaient affranchis
de certaines charges.
Sàonve (Dé), loc, adv. Sauf, quitte, absous, délivré. —
Sont dé tàouve, je suis hors de danger.
Sàouvèr, adJ. m. Prodigieux, effrayant» sorpreoant. —
Plôou que /àï sàouvir, il pleut à torrents. Aed /àï idouvèr,
cela est effrayant.
Dér. du lat. Silva, dans le sens de forêt solitaire et
épaisse, profonde.
Sâonvèrdîoul interj. Exclamation de surprisB ou de
crainte. Dieu sauveur! Dieu terrible!
SâOQTèrUms. onsOt adj. m. et f. Solitaire, déwrt,
effrayant; lieu qui inspire la mélanooiie ou la terreur.
Dér. de sâouvèr, — Voy. c m.
Siouvésou, s. /. et n. pr. d'homme. SalTation, salut.
SAQ
laavegarde, franchise. Saavezon, nom d*homme comman
dans les Gôvennes.
SâonYio, ê. f. Nom de plante. La sauge, salwaoffidnalU,
Linn., plante de la famille des Labiées, à TéUt cnltivê on
sanvage, très-commone dans le Languedoc et la Provence ;
elle est stomachique et cépbalique. — SaMa à $alvando,
disent les auteurs et l'ancien proverbe. Cur moriatwr homo,
dit rôoole de Salerne, cui $alma orucit in horto,
Qoan a de sànvi dins soun jardin
VCh pas bésoun de médecin,
disent les Provençaux.
On voit par ces témoignages le cas , peut-être exagéré,
que l*on a fait de tout temps de cette plante. Sâoufno
boutcasto, plante labiée à fleurs jaunes, Phlomis h$rba
venti, Linn. Phlomis, herbe au vent, qui n'est nullement
une sauge. Manja dé pourqué émbé dé sdoumo, au propre,
manger du filet de porc piqué de sauge , qui est le régal
par excellence des paysans. Au fig. se pourlécher les babines,
se délecter, éprouver un vif contentement, une vive satis-
faction.
Oér. du lat. ScUwa, de Salvare, sauver.
Sapa, ado, adj. m. et ^ Touffu, serré, ramassé; on le
dit des plantes et des branches d'arbres touffues.
Saparténço, t. A Séparation, division, limite séparative,
ligne de démarcation, partage.
Dér. du lat. Separare, séparer, diviser.
On dit aussi dans le même sens : Déisaparténço.
Sapartl, v. Séparer, couper, diviser, disjoindre, refendre,
partager; séparer deux combattants.
Dér. du lat. Separare, séparer, couper .
Sapian, sapiènto, adj. m. et f. Savant, ante; prudent,
ente; sage.
Dér. du lat. Sapiem, m. sign.
Sapianço ou Sapiènço, s. m. ou f. Sagesse , science,
prudence. — Un orna dé iapiènfo, un homme de bon
conseil, prudent, instruit, savant.
Dér. du lat. SapiênHa, m. sign.
Sapino, ». f. Planche de sapin. On dit d'une personne
languissante et attaquée de la poitrine : sin la $apino,
elle sent le sapin ou le cercueil, que l'on construit avec
les planches de sapin.
Sapnr, <. m. Sapeur ; soldat dont l'arme est une hache
qui lui sert à saper les obstacles. L'institution des sapeurs
ne date que du 7 avril 4806; un décret impérial du
48 février 4808 en fixe le nombre à quatre par bataillon.
— Acà'ê un iapuf, se dit d'une virago, d'une femme
hommasse, qui a des allures masculines.
Dér. du français.
Saqoa, v. Ensacher, mettre dans un sac, dans une poche*
introduire, placer. — Saqua-wiuê aqui, placez-vous là.
Saqua»-4 wiff» dé, introdoisei-y le doigt. Saqua fia, mettre
fîea, boute-feu.
D6r. de sa, sac.
SAR
6()3
Saqnado, s. f. Plein un sac. — Uno taquado dé nouiêt,
plein un sac de noix. Uno iaquétado dé fiiio, plein une
sachette de feuille de mûrier.
Saqué, ê. m. Dim. de sa, sac. — FeCirt eoun $aqué,
prendre congé, donner congé.
Saqaéto, s. f. Sac de petite dimension, dont on se sert
généralement pour ramasser la feuille de marier.
Dér. de Sa, sac.
Saquo, «. f. Sac de grande dimension, plus large que
le sac ordinaire. On lui donne aussi le nom de Bojo, -^
Foy. c. m.
Sara, v. Serrer, étreindre ; mettre en lieu sàr, serrer ;
lier un fagot ou un paquet. — Sara tou n%érca, conclure,
arrêter le marché. Sara-vous aïci, approchez. Sara-voui,
prenez-garde à vous. Sara-vous aï/at, éloigna -vous.
Sarado, s. f. Etreinte, serrement, action de serrer. — -
FtcAa uno sarado, serrer les côtes. Sarado, terme de
maçonnerie; point de jonction entre la toiture d'une
maison et le mur latéral de la maison contiguë, ou le
point on une cheminée émerge au-dessus d'un tdt.
Saraiè, s. m. Serrurier; celui qui fabrique les serrures
et en général les ferrures des portes et fenêtres.
Saraiè ou Lardièîro, «. m. Mésange (Parue), On a cru
trouver dans le chant de la charbonnière ou grosse
mésange (Mésange charbonnière. Parue major, Temm.)*
une imitation du bruit du marteau sur l'enclume et de la
lime, et on lui a donné le nom de Saraiè, serrurier. Ce
nom a passé aux variétés de cet oiseau ; on peut dire pourtant
qu'il est plus habituellement donné à la grosse m^ange et
que les petites sont distinguées par celui de Lardièiréto
(Voy. c. m.). La famille nombreuse des mésanges est du
reste celle qui fournit le plus à cette appellation collective
de Pè-négre, dans laquelle sont confondus beaucoup de
petits oiseaux du même genre.
Saraiéja, v. Tourmenter une serrure; y introduire la
clé avec difficulté, agiter inutilement la clé dans la serrure
sans pouvoir ouvrir, soit qu'on s'y prenne mal, soit que la
serrure soit dérangée.
Dér. de Saraio, serrure.
Saraîo, «. f. Serrure, appareil construit en métal, et qui
sert 4 fermer une porte, une armoire on autres meubles
destinés à serrer certains objets.
Les serrures modernes sont trâs-comp liquées, pour la
plupart, et ont dû être inconnues ou peu employées jadis.
La fermeture la plus anciennement usitée est sans doute
celle que l'on opérait au moyen d'une barre de bois placée
derrière la porte, soit en travers, sdt sous forme d'arc-
boutant.
Le verbe barra, fermer, mettre la barre, désigne encore
toutes les manières de feroier. On dut ensuite employer les
verronx et enfin la sermre. — Foy. aussi les mots Tanqua
et Tanquo.
Dér. du lat. S9ra^ fait de Serare, fermer.
Plusieurs noms de lieu tels que sarrapM, Serohac
604
SAR
Gard), Sérignan (Hérault} dérivent du mot Sara pris dans
le sens de fermer, et ont la signification de lieu clos, lieu
fermé, lien de péage. Le nom des villages de Barre (Lozère),
et de Baijao, Barioeum (Gard), a la même origine.
Sard, V» Repriser, faire des reprises sur une étoffe qui
a été déchirée ou endommagée. An fîg. battre, frapper,
administrer une volée, une correction. — Té fartu sard,
tu te feras appliquer une raclée.
Dér. du lai. Sarcire, rapiécer.
Sarcido ou Sarcidnro, s. f. Reprise àTaiguille; vivelle,
rentraiture, sorte de tissure à Taiguille que Ton fait pour
réparer une étoffe déchirée ou fortement endommagée. Au
fig. ficha uno sarcido, administrer une rftclée, volée ou rossée
Dér. de Sarei.
Sarcissèircr, j. m. Celui qui fait des reprises sur les
étoffes déchirées ou endommagées.
Dér. de Sarcï.
Sardo, s. f. Sardine (SardinaJ, poisson du genre Glupe,
que l'on sale à la façon des anchois et des harengs.
C'est le même poisson, de grosseur différente, le plus
petit étant naturellement désigné par le diminutif Sardino,
qui s'emploie exclusivement quand on parle de la sardine
fraîche.
Saréto, «. m. Avare, cuistre, fesse-math ieu.
Sarîan,5. m. Sergent, grade mihtaire; huissier, recors.
Sarjan, outil de menuisier, à crémaillère, qui sert à assu-
jétir les pièces de bois que l'on veut assembler ou coller.
Le garafu est un outil de tonnelier, semblable au
sarjan; c'est le calfat, fer de vingt à trente centimètres,
coudé des deux bouts et servant à deux fins.
Dér. du lat. servions, serviteur.
Sar)ans, s, m. jdur. Des gendarmes ou tirailleurs;
étincelles qui s'élancent des charbons ardents et .éclatent
loin du feu en pétillant. — Voy. Baïiièmo.
Saijéto, ff. f. Sergette, petite serge, étoffe de laine
croisée et légère.
Dér. de Sarjo.
Saijo, s, f. Serge, sorte d'étoffe de laine grossière croisée,
ou demi-laine et fil, fabriquée à quatre marches, le plus
souvent en laine.
Sarol interj. Serre! exclamation usitée dans le Midi
pour porter un rassemblement, une foule à se livrer à des
voies de fait envers un ou plusieurs individus à qui Ton
veut faire un mauvais parti. Cri d'émeute analogue an
Zoii des Provençaux.
Sarô, s. m. Sarrau on sayon, sorte de souquenille en
étoffe grossière que portent quelquefois les paysans, les
rouliers et les soldats.
Saro-piaatro, s. m. eomp. Avare, thésauriseur, pince-
maille.
Sartan, s. f. Poêle à frire, ustensile de cuisine en fer,
composé d'un bassin terminé par .un manche de fer très-
allongé qui sert à le manier.
Dér. du Ut. Sartago, m. sign.
SEC
S assl . . m. Intervalle on espace de temps indéterminA.
— Démoura un bon sassi, demeurer ou attendre bien
Ion gtempS; — Voy. Briou,
Sassigué, s» m. Dim. de Sassi. Un espace de temps peo
considérable, un court intervalle de temps.
Savantas, «. m. Augm. de savant; gros savant, homme
qui a des connaissances très-étendues, une vasie éraditioa.
Ce terme s'emploie quelquefois ironiquement en parlant
d'u n homme qui a des prétentions à la science non justi-
fiées.
Se, â. f. Soif, désir, besoin de boire. — Cré6a dé si,
mourir de soif. Se dé galino, soif de poule, se dit en
pariant d'un petit buveur. Faï miehan faXre béoureimate
quan n'a pas se, il est difficile de faire boire un âne qui
n'a pas soif, il n'y a de pire sourd que celui qui ne vent
pas entendre.
Dér. du lat. Sitis, m. sign.
Se, éco, a4i' «n< 6t f. Sec, sèche. — se eoumo un birU
ou eoumo uno bèrh, sec comme un éclat de bois mort. Se
eoumo uno aréneado, eoumo un davèl, sec comme on
hareng, comme un clou.
Ce terme s'emploie aussi substantivement : Mitre âou
se, mettre dans un endroit sec, à l'abri de l'humidité:
dépouiller quelqu'un de ce qu'il possède, le mettre à sec.
Dér. du lat. i^iccus, m. sign.
Se, Sm m. Sein, gorge, mamelle. — Mis pas la mander
se pér un pisoul, il ne se contente pas d'un maigre bénéfioe.
Dér. du lat. Sinus, m. sign.
Se, pr. poss. Soi, il, elle, eux, ils, elles. — Chaefm pér
si, chacun pour soi.
Dér. du lat. 50, m. sign.
Se, conj. Si. — Se vôou héoure, s'il veut boire. Se qw
di nou, sinon.
Se, pr, indéf. On. ^ se dis tah câouâo, on dit telle
chose, on raconte que... Âeàs'ésdi, on a dit cela, cela s'at
dit.
Sécal, s. m. Bois mort, rameaux desséchés; fruits deué-
chés sur l'arbre, tels que les cerises, les prunes, les
figues, etc.
Sécoudre, d. Jeter, lancer, secouer. — Lkén séwudrek,
je le rosserai.
Dér. du lat. Sueeutere, secouer, ébranler.
Sécouii, V. Secourir, porter secours, venir en aide à
quelqu'un qui se trouve dans un danger imminent.
Dér. du lat. suecurrere, courir au devant de qnelqu'on.
Sécoùs, s. m. Secours, aide, assistance. — Crida séeoès,
appeler au secours, sécoiu/ cri de détresse : An secours!
Sécnn, no, subst. m. et f. Homme sec et décharné,
phtisique; enfant tombé en chartre, enfant malingre. An
fig. i mportun, ennuyeux, parasite, que les Italiens appellent
Sêccaiore,
SéCQta, V, Poursuivre, rechercher, importuner. — Vet
sieuta pértoui, je l'ai recherché, réclamé de tontes parts.
Sécntinos, s, m. Un homme ou une femme qui n'ont
SÉ6
SEM
605
que la peaa et les os, qai sont mafingres; an importun,
on fâeheux. Les gens du peuple, qai affectionnent les
expressions figurées, ont cm trouver une certaine analogie
entre l'expression latine Sicut et noi et un individu qui est
affligé d'une maigreur extrême.
Séda (Pan), s. m. Pain de seigle dont la farine a été
sassée avec un tamis de soie ou sédas, et qui est d'un goàt
très-appétissant.
Sédo, s. f. Soie, fil délié que l'on retire du cocon des
vers à soie. — Un vésH dé »édo, un cochon.
Dér. du lat. Seia, m. sign.
SédoQ, «. m. Séton; cordon fait de plusieurs fils que
Ton passe sous la peau pour produire un ulcère artificiel ;
lacs de crin, nœud coulant ou lacet servant à prendre les
oiseaux.
Da lat. Setaceum, dér. de Seta, soie.
Sédoùs, 01180, adj. m. et f. Soyeux, euse. — Âquélés
fouséli softn bien sédoùt, ces cocons sont très-fournis en
soie.
Séga, V. Couper, scier, faucher, moissonner, faire la
moisson.
Dér. du lat. Seeare, couper.
Ségado, s. f, La moisson; l'action de moissonner; la
saison où l'on moissonne. — Vér ségadx>, au temps de la
moisson.
Dér. du lat. Seeare, couper.
Ségaire, airo, t. m. et f. Moissonneur, euse; coupeur
ou scieur de blé. En vieux fr. seguier.
Dér. du lat. Seeare, couper.
Ségasoù, «. f. La moisson ; la saison des moissons. —
Voy, Ségado,
Ségna, «. Bénir, jeter de l'eau bénite. — Se ségna,
faire le signe de la croix. Pan iégna, aXgo ségnado, du
pain bénit, de l'eau bénite.
Dér. du lat. Signare, fait de St^tim, signe.
Sègne, j. m. Maître, seigneur; titre que l'on donne par
déférence aux hommes âgés. *- Moun tégne-gran, mon
grand-père. NoUe Signe, Notre Seigneur J.-G. Ce terme, dit
Sauvagbs, dérive du lat. Senex ou Senior, le plus ancien et
le mieux établi des titres, celui qui convient le mieux à
l'homme. C'est de là que l'on a formé le français Senieur et
puis Seigneur.
Ségnoù, s. m. Seigneur; celui qui, avant la Révolution,
était à la tète d'un fief, soit comme suzerain, soit comme
tenancier. — Noste Ségnùù, Notre Seigneur J.-C.
Dér. du lat. Senex ou Senior,
Ségonn, do, adj. de nomb. Second, de. — Dé pan
tégoun, du pain bis.
Dér. du lat. Sequens, suivant.
Ségoimdarl, s. m. Le vicaire d'une paroisse; prêtre qui
est adjoint au curé dans l'exercice de son ministère.
Dér. du lat. Secundarius, nom que les Romains donnaient
aux sous-acteurs ou comparses, ou doublures.
Ségoadéiio, s, f. Seigle précoce semé eu mars, dans les
Cévennes. Le seigle ordinaire se sème de novembre à
décembre et donne un grain plus grossier.
Séga, ro, adj, m. et /l Sur, sûre, certain, ferme, indu-
bitable, stable, exempt de danger. — Dé iégu, assurément.
Jouga dé ségu, jouer à coup sûr.
Dér. du lat. Securut, m. sign.
Ségul, V. Suivre, poursuivre, accompaper, imiter,
copier. — Mé foudiè pa ségui, il ne pouvait pas me tenir
pied.
Dér. du lat. Sequi.
Séîado, 5. f. Plein une jarre appelée Séïo en languedocien.
Séïo, 5. f. Seigle. — Voy. aussi Sauvages au mot
Séghio qui n'est plus usité à Alais.
SéîOff 9. f. Jarre en cuivre appelée aussi 6^/o en langue-
docien. — Voy. c. m.
Séîoù, «. m. Dim. de Sétb; seau à traire le lait.
Séîou,' j. m. Petit seigle.
Séje, adj. de nomb. Seize.
Séjoù, s. m. Séjour, demeure, résidence plus ou moins
longue dans un lien, dans un pays. — Sèn dé eéjoii, nous
séjournons. Sèn à séjoin, nous chômons.
Séla, V. Seller, mettre une selle.
Séléto, 5. f. Portion de harnais sur laquelle appuie la
dossière. — faire séléto, prêter appui, assistance; faire la
courte échelle.
Sèlo, s. f. Selle, siège en cuir que l'on adapte sur le dos
d'un cheval pour la commodité et la sûreté du cavalier.
Dér. du lat. SeUa, m. sign.
Sélonn, adv. Selon. — Aeà'iséioun, c'est selon. Stioun
eé que farés, faraï, je suivrai votre exemple, je prendrai
exemple sur vous.
Sémaîè, s. m. Bâton aux cornues. — Voy. Assémâou et
SémAou.
Sémaloù, ». m. Dim. de Sémàou. Un baquet, cuvier à
bas bord.
Dér. de Sémàou. — Voy. c. m.
Sémâoa, «. m. Une cornue, une benne, une comporte
que l'on emploie pour charrier la vendange et le vin et
tirer le moût d'une cuve. — Voy. AuémAou.
Sembla, v. Sembler, ressembler. Ce verbe s'emploie
dans les deux acceptions françaises sembler et reteembier,
qui ont une signification toute différente. — sémblo un
émplastre, il est immobile comme un terme. Sémblo que
voï préne la maHre Aou nis, on dirait qu'il va prendre la
pie au nid. Moun fii mé sémblo, mon fils me ressemble.
Dér. du lat. Simulare, m. sip.
Semblait, «. m. Semblant, similitude, ressemblance,
apparence, aspect. — PaHre lou sémblan, faire semblant.
Avédre lou sémblan, avoir l'apparence.
Dér. du lat. Similis, semblable.
Séméla, v. Ressemeler,, mettre des semelles à une
chaussure.
Dér. du celt. Semellen, semelle.
Sémélaje, «. m Carrelure de souliers ou autres chaus-
T7
606
SEN
sures. On met ane carrelare on des semelles neuves à de
vieax souliers qa*on semelle à nouveau.
Sémèlo, «. f> Semelle, pièce de cuir qui forme le dessous
d'une chaussure quelconque.
Dér. du celt. Swndlen, m. sign. — Faguè viir$ sai
téméioi, il montra ses semelles; il s*enfuit.
Séména, v. Semer, jeter le grain sur une terre préparée
pour l'ensemencer. Au fig. répandre, dissiper. — Séména
Uou et pouda iar, prov : semer tôt et tailler la vigne tard .
Séména, s. m. Semis, blé nouvellement semé et encore
en herbe; emblavure, champ ensemencé. — Travétsè lou
siména, il traversa le champ nouvellement semé.
Dér. du lat. Seminare, m. sign.
Séménadoù, 5. m. Sac à semence.
Séménaire, s. m. Semeur, celui qui sème, qui répand
le grain sur la terre préparée.
Dér. du lat. Seminator, m. sign.
Séméncîo, s. f. Menues semences, menus grains.
Séménço, s. f. Semailles; époque où Ton sème les
céréales et surtout le blé. — Vous pagardi pér séménço,
je vous payerai ce que je vous dois à l'époque des semailles
prochaines.
Dér. du lat. Semen, con tract, de Serimen, formé de
Serere, semer.
Séménço, s. f. Grain destiné à être ensemencé; grain
de choix propre à être semé. — Bla dé séménço, blé de
choix que Ton réserve pour les semailles.
Même étymol. que le mot précédent.
Sémmagnè, s. m. Semainier; ouvrier employé à la
semaine et qui reçoit un salaire hebdomadaire, celui qui
remplit un office hebdomadaire.
Et qu'as éscrafa dé ta penche
Loa sémmagnè rabaladïs (La Fare) .
Dér. de Semmano, semaine.
Sémmanado, s. f. Semaine complète, la durée d'une
semaine ; le salaire dû à un ouvrier pour une semaine de
travail. — Touea sa sémmanado, toucher son salaire de la
semaine.
Sémmano, s. f. Semaine, série de sept jours consécutifs
du lundi au dimanche ou du dimanche au samedi. S^m-
mano'Simio, la semaine sainte. Sémmano das très dijâous,
la semaine des trois jeudis, dicton analogue à celui qui
renvoie aux calendes grecques, c.-à-d. à une époque qui
n'existe pas.
Dér. du lat. Septimana, formé de Septem, sept, et de
Mana, matin, matinée, sept matinées.
Sén, s. m. Sens, bon sens, raison, jugement, intelligence.
— Quâou pèr soun bén, pèr soun sén, celui qui perd sa
fortune, perd sa raison, son sang-froid; devient capable
d'actes violents et irréfléchis. Es dcu sén dé Véfan, il tombe
en enfance. Parlo pèr lou sén qué-z-a, ses propos prouvent
son peu de raison. N'a pas tout lou sén que i-fàou, il n'a
pas toute sa raison. Ou dis dé tout soun sén, il dit cela
SEN
sérieusement. Bouta san sén, mettre sans raison. Agm
ma^ dé sén qu'él, ayez plus de bon sens, de raison qœ
lui. Pàou dé sénas, augm. et péj. pour désigner quelqn'an
qui n'a pas l'ombre du sens commun.
Dér. du lat. Sensus.
Sén, sénto, adj, m. et f. Saint, sainte.
Dér. du lat. ^netus, saneta, m. sign.
Séné, s. m. Dim. de sén. Sens; l'intelligence des petite
enfants. — Pieho séné, petite raison, intelligence naissante.
Dér. du lat. Sensus.
Sénépion, s. m. La rougeole, maladie originaire d'Afrique.
Dér. de Senepo, petit clou à tête large, appelé ainsi dans
la Haute-Provence et connu sous le nom de Taeho dans le
Languedoc. On en garnit le dessous des semelles de chaus-
sures des paysans ou des chasseurs et en général des
marcheurs par profession.
Séngla, v. Sangler; serrer le tour du corps avec nne
courroie ou sangle; sangler, ou appliquer un coupdefonet,
de cravache.
Dér. du lat. Cingulum, formé de Cingere, ceindre.
Sénglas, s. m. Sanglier, Sus scrofa, Linn. Cet animai,
autrefois commun dans nos contrées, en a complètement
disparu. On lui donnait aussi le nom de Por-sénglas, —
Voff, c. m.
Sénglo, s. f. Sangle, bande ou courroie large et plate
qui sert à ceindre ou à serrer le corps des animaux de
trait ou de selle.
Séngloù, s. m. Dim. de sénglo, petite sangle ; lisière on
, bande de petite dimension ; petit cordage appelé chaJUot
en terme de corderie, et qui sert à attacher on lier un objet.
Dér. du lat. Cingulum, m. sign.
Sénglonna, v. Attacher, lier, serrer, ceindre.
Dér. de SéngloU. — Voy, c. m.
Sénsérigaio, s, f. Petite mésange blené, Parus cœruUui,
Temm., appelée aussi Lardiéïro, Lardiikréto ou Lœrgwh-
réto. — Voy, c. m.
Séntério, s. f, La dyssenterie.
Senti, o. Sentir, répandre ou percevoir nne odenr bonne
ou mauvaise; ressentir, éprouver. — Aeà sén bo, cela a
bonne odeur. Senti soun bo, être cossu, avoir bon air,
bonne prestance. Podou peu se senti, ils ne peuvent pas se
supporter, se senti, se dit d'un jeune homme on d'une
jeune fille qui atteignent l'âge de puberté. Avoir la ooo-
science de ses forces, de sa valeur, de son intelligence.
Dér. du lat. Sentire, m. sign.
Senti, V. Fendre, user, fêler, afiaiblir. — Une d&tirw
sénlido, une cruche fêlée. Uno pos, uno fSuto séniido, une
planche, une poutre fendues.
Séntido, s. f. Odorat; sentiment, sensation; flair. —
Àvédre séntido, avoir vent de quelque chose. A bono séntido,
il a du flair.
Sénton, s, f. Odeur, senteur, parfum. — A^go déséntoé,
eau ou essence parfumée.
Dér. du lat. sentire.
SER
Séntre, v. Sentir, recevoir une impression ; ressentir,
épronver une impression, ane émotion; répandre une
odeur bonne on mauvaise; flairer, apercevoir, percevoir,
avoir le pressentiment d*an événement.
Dér. dn lat. Sentir$,
Sénu, ndo, adj. m. et f. Sensé, ée.
Sèou, s. m. Suif; graisse des animaux employée jadis
dans la confection des chandelles.
Dér. du iat. Sébum, et par contraction Seum.
Séoncla, v. Sarcler, arracher les mauvaises herbes.
Dér. du lat. Sarculare, m. sign.
Séonclaîre, aîro, s. m. et f. Sarcleur, sarcleuse; celui
on celle que l'on emploie à arracher les mauvaises herbes
d*ttn champ.
Sépio, ». f. Sèche fSepia), sorte de poisson de mer, du
genre des Polypes, qui n'a ni écailles ni nageoires : il a
les bras garnis de suçoirs et répand au besoin une liqueur
brune, qui, le couvrant d'un nuage, le dérobe aux attaques
de Tenneroi. Cette liqueur est employée dans la peinture
À l'aquarelle appelée Sépia.
La sèche diflfère des autres poissons du même genre par
un os blanc, oblong, opaque et très-léger, de la longueur
du corps de l'animal. On suspend cet os dans la cage des
petits oiseaux pour leur permettre d'aiguiser leur bec.
Sept, adj. de nomb. Sept, nombre impair qui suit
immédiatement le nombre six et précède immédiatement le
nombre huit.
Dér. du lat. Sêptem, m. sign.
Séqua, v. Sécher, dessécher, devenir sec, mourir en
parlant des végétaux ; mettre à sec, tarir ; fatiguer, obséder-
— M'avèt séqua, vous m'avez fatigué, ennuyé ; dans le
langage trivial : vous m'avez scié le dos.
Dér. du lat. Siccare, m. sign.
Séqnadoù, f. m. Séchoir.
Sécpiaje, s. m. Ce qu'on a mis à sécher. Au fig. une
importunité.
Séqual, s. m. — Voy. Séeal.
Séquarésso, s. f. Sécheresse, absence de pluie et
d'humidité; saison sèche. — Avès poâ sëquarésso? N'ètes-
vous pas altéré? voudriez-vous vous rafraîchir? Aï bien
séquaréêso, j'ai bien soif.
Séqnèlo, f. f. Séquelle, multitude, rassemblement,
troupe de gens ameutés. — Es véngu émbé touto saséquèlo,
il est arrivé avec toute sa suite. Uno séquèlo d'éfans, une
troupe d*enfants, une nombreuse famille.
Dér. du lat. Sequ^a, m. sign.
Séquestre, s. m. Séquestre, dépôt d'une chose litigieuse
en main tierce, fait par ordre de justice ou par conven-
tion des parties; celui à qui l'on confie le dépôt.
Dér. du lat. Sequestrum, m. sign.
Sér, s. f. Serpent {AnguisJ. La vipère et l'orvet (Yipèro
et ffadièl) sont les seuls du genre ophidien à qui le langue-
docien ait donné un nom particulier; toutes les autres
espèces sont pour lui des Sers. C'est sous cette dénomination
SÉR
607
commune que sont connues les diverses couleuvres du pays,
sans qu'on ait même pris la peine de les distinguer par
aucune qualification particulière. Ces couleuvres sont
parfaitement innoffensives et n'ont pas plus de moyens que
d'envie de nuire à l'homme : loin de là, elles lui rendent
service en faisant leur proie d'une foule de petits animaux
nuisibles à ses récoltes; mais elles ont le malheur de
n'inspirer que le dégoût et l'horreur parce qu'elles sont
d'une race maudite et généralement malfaisante, et on les
tue quand on devrait les protéger.
Dér. du lat. Serpens, m. sign.
Séramén, s. m. Serment, assurances.
Séré, s. m. Serein, temps clair et serein, vapeur
humide et froide, ordinairement malsaine, qui se fait
sentir le soir depuis le coucher du soleil et qui donne
naissance à la rosée. Cette vapeur ne se développe que par
les nuits sereines.
Dér. du lat. Serenus.
Sère, s. m. Montagne, colline élevée, cime, crête de
montagne.
Dér. du bas lat. Serrum ou de Tesp. Sierra, ou du
catal. Serra, m. sign.
Séréna, v. Exposer à la fraîcheur ou à la rosée des
nuits. — Fc^r$ séréna, exposer au serein.
Dér. de Séré, — Voy. c. m.
Sérénade, s. f. Sérénade, concert d'instruments ou de
voix que l'on exécute le soir sous les fenêtres d'une
personne que l'on veut honorer.
Séréno, s. f. Le serein, la rosée du soir; une syrène,
monstre fabuleux, moitié femme, moitié poisson.
Séricheù, f. m. — Voy, Sérïoù.
Serin, 5. «n. Cini, serin de Provence, Gros-Bec Cini,
Pringilla serinus, Temm. Cet oiseau, qui a le dessus du
corps olivâtre avec des taches noires et cendrées, les flancs
grisâtres et le reste jonquille, est un de nos plus agréables
chanteurs. On le marie avec la femelle du serin Canari, et
les métis qui en résultent sont d'excellents musiciens.
Dér. du lat. Siren, sirène.
Seringa, s. m. Syringa, nom de plante, vulgairement
Seringat, PhUadelphus eoronariits, Linn. Arbrisseau de
la famille des Myrtées. originaire de la Suisse, de la Savoie
et du Piémont, que l'on cultive comme plante d'ornement.
Dér. du lat. Syringa, nom que les anciens donnaient à
cet arbrisseau parce que sa tige dépouillée de sa moelle est
creuse comme une flûte ou syrinx.
Seringa, v, Seringuer, lancer une liqueur au moyen
d'une seringue, injecter, donner des lavements.
Dér. du lat. Syringa.
Séringo, s. f. Seringue, petite pompe portative et
foulante qui sert à attirer et rejeter l'air ou les liquides et
que l'on emploie le plus ordinairement pour donner des
lavements ou faire des injections.
Dér. du lat. Syringa, dér. du grec SiptyÇ. flûte ou
syrinx, tube cylindrique creux.
608
SES
Sérioù oil Séiichoù, t, m. Pelite colline, émiaence,
fflOQticule, butte de terrain.
Dér. de Sère, colline, montagne. — Voy, c. m.
Sérma, v. Tremper le vin, y ajouter de Teau. — Dé
vî iérma, du vin trempé, que Ton appelle dans les lycées
et les pensionnats < de l'abondance. »
Dér. de Tital. Semare, diminuer.
Sérmoù, 5. m. Sermon, discours chrétien prononcé en
chaire dans une église pour instruire ou édifier les fidèles.
Au fig. remontrance longue et ennuyeuse .
Dér. du lat. Sermo, discours.
Sermonna, v. Sermonner, faire de longues remontrances.
Dér. de Sérmoù, sermon.
Séro, s. f. Le soir, la soirée ; l'espace compris entre la
fin du Jour et la nuit close. — Rouje dé séro, bèou tën
éspéro, ciel rouge le soir, espoir de beau temps .
Dér. du lat. Sero, sur le soir (Cicéron).
Sèrpatas, s. m. Augm. de Sèr (Voy. c. m.}. Gros
serpent, reptile énorme.
Sèrpatièîro, t. f. Repaire, refuge, retraite de serpents.
Sèrpîèîro, s, f. Serpiliére, toile grossière à tissu très-
lâche dont se servent les marchands toiliers ou drapiers
pour envelopper leurs ballots, et, par extension, couverture
en lambeaux dont les mendiants se recouvrent.
Sérpoùl, 5. m. Serpolet, Thymui swrpUlum, Linn.,
Nom propre d'homme. — Voy. Frigoulo,
Serti, V. Âfllrmer, certifier, assurer. — Vous ou sertisse,
je vous l'affirme.
Serrante, s. f. Servante, domestique femme. — Faxrs
sèrvanto, saluer avec respect et déférence. Sèrvanio ! expres-
sion elliptique qui signifie : je suis votre servante.
Dér. du lat. SwMa, m. sign.
Servi, V. Servir, être attaché à un maître; rendre
service, être utile, aider, tenir lieu ; être attaché au service
militaire, aune administration ; servir une table, distribuer
aux convives une portion des mets servis sur une table.
Dér. du lat. Sery^ire, m. sign.
Service, s. m. Service, ce que l'on fait pour remplir un
service; fonctions d'un domestique, d'un employé; con-*
ditions de ceux qui servent; ce que l'on fait pour être
utile à quelqu'un que l'on veut obliger ; temps passé sous
les drapeaux; cérémonies d'un culte religieux; usage,
utilité, emploi ; nombre de plats que l'on sert à la fois sur
la table; série de pièces de vaisselle de même forme
servant dans un repas.
Dér. du làt. Swrviiium, m. sign.
Sèrviciâen, àoude, s, m. et /*. Domestique, serviteur,
servante, garde-malade.
Dér. de Service, service.
Serviteur! inierj\ empruntée au français. Je suis votre
serviteur; salutation, affirmation ou négation quelquefois
ironique.
Séséto, s, f. nom propre de femme. Suzette, dim. de
Suzanne. — Voy, Céséto.
SIA
Sôsido, s. f. Saisie, confiscation, vente de bieiu par
voie judiciaire, par autorité de justice.
Dér. du français.
Sésîo, s. f. Tenue, contenance, perBévéranoe; assemblée,
réunion, session, assises. — N'a pas gés dé sé^, il n'a
point de tenue, point de contenance; il ne comprend, il ne
saisit rien; il ne peut rester en place.
Sésoù, f. f. Saison, Tune des quatre parties de l'amite ;
époque où Ton sème, où l'on recueille; temps propice à
faire ou à combiner une chose.
Dér. du lat. Satio, action de semer.
Sésoù, s. f. Suzon, nom propre de femme, dim. de
Suzanne. — Vùy, SéséU),
Séssoù, s. m. Suçon, sorte de gousset ou de morceau
d'étoffe taillé en coin que l'on ajoute à un vêtement, à on
objet confectionné avec une étoffe, pour lui donner plus
d'ampleur sur un point déterminé.
SéssoÙB, n. pr, de lien, m. Cessons, commune de
Ghamborigaud, siège de la compagnie des mines de houille
de Cessons et Trébiau.
Dér. du lat. Sessarium, siège.
Sestiè, s. m* Sétier ou quart de la salmée, mesure
équivalente à 5 décal. 4477, mesure d'Alais. — foy.
Sàoumado,
Dér. du lat. Sextarius, parce que chez les Romains le
sétier était la sixième partie du Congé.
Séstièirado, s. f. Surface de terrain labourable suffisante
pour un sétier de grain. — Séstièirado dé tèro, ui arpeat
de terre.
Sétanto, adj, de nomb. Septante on soixante-dix;
réunion de sept dizaines.
Sétémbre, s, m. Septembre, nom de Ton des doue
mois de l'année, le neuvième de l'année actuelle, le
septième chez les Romains, le second de l'année égyptienne,
le troisième de l'année grecque.
Dér. du lat. September, nom que ce mois portait chef
les Romains.
Sèti, s. m. Siège, terme générique qui désigne tons les
meubles sur lesquels on peut s'asseoir, mais plus particu-
lièrement un siège grossier ou champêtre; on siège de
gazon; un banc de pierre, de bois, etc. ; le siège d'une
ville. — SèU dé bouto, les pièces de bois qoi servent de
support aux tonneaux dans une cave.
Dér. du lat. SedUe, m. sign.
Si ou Sin, s. m. Nœud du bois dans nne planche os
tonte autre pièce de bois.
Dér. du lat. Signum, marque, signe.
Si, adv. Particule affirmative, oui, assnrâment.
Dér. du lat. Sic, ainsi, de même, de cette façon, de
cette manière.
Siàon, adj, m. Calme, serein, tranquille, paisible. —
Lou (en es tidou, le temps, Tair est calme. Paiio ndoii,
parler doucement, & voix basse.
Dér. du lat. SiUre, garder le silence, dér. loi-même du
SIC
grec Sutficiio, m. sigo., ou de Siunol, silence, calme,
tranquillité, on de Si^^, se taire.
8é¥én, «. m. Clou, furoncle, abcès.
Siàonme, s. m. Psaume, chant biblique; lamentation,
plaintes, reproches, gémissements. — Aourés-léou féni
voêtes iidoumêêf aurez-vons bientôt fini vos doléances?
Lous sept siâoumes, les sept psaumes de la pénitence.
Slbla, 17. Siffler, produire un son aigu en chassant
l'haleine avec force et serrant les lèvres après avoir disposé
la langue d'une certaine manière. Siffler avec un instrument
appelé sifflet, tUdé; siffler ou moduler un air en sifflant;
siffler un oiseau; désapprouver avec dérision, marque de
mépris. — SiiUo toun ehi, appelle ton chien, apaise-le en
sifOant. Las ofuréios mé siblou, les oreilles me cornent, on
parle de moi. Ce préjugé était Tun des trois présages
domestiques admis par les Romains. Il annonçait à la
personne qui éprouvait le tintement d*oreilles (tinnitus
aurium), que Ton parlait d'elle. Les personnes supersti-
tieuses supposent encore de nos jours que Ton parle d'elles
en bien quand c'est l'oreill.e droite qui corne, qu'on parle
d'elles en mal, quand c'est la gauche.
Dér. du lat. SUnlare, m. 3ign.
Siblado, f . f. Sifflement, coup de sifflet.
Siblaîre, s. m. Siffleur, celui qui a l'habitude de siffler.
Dér. de Sibia, siffler.
Siblamén-d'âouréio, s. m. eomp. Bourdonnement dans
les oreilles, tintement d'oreilles.
Dér. du lat. SlàUus.
Siblé, s. m. Sifflet, petit instrument à vent qui sert à
siffler. — Coupa lau silâé, couper la parole, empêcher de
répondre. Énia àou siblé, greffer en flûte. — SibU dé
erésiaïrt, flûte de Pan. — Voy. Créstaïre.
Siblo, s, f. Cible ou sible. Plaque en bois, en carton
ou en métal peinte en blanc et sur laquelle sont tracés des
cercles concentriques et servant de point de mire et de but
à ceux qui s'exercent an tir des armes à feu.
Siblo-s-y, loe. imp, que l'on adresse à une personne
pour l'engager à souffler une réponse à celui qui est embar-
rassé pour la faire.
Sica, s, m., que l'on devrait peut-être écrire Sicap. —
Dé soun siea, de sa tète, de son chef, de son estoc, de son
propre jugement, de son propre mouvement, sans que
cela lui ait été suggéré. Aqud vèn pa dé soun siea, ce n'est
pas de son propre jugement qu'il a pris cette détermination.
A forço siea, il a beaucoup de jugement.
Dér. du lat. sie, ainsi, et de Cap, tète; de sa tète.
Sicrè, s. m. Secret, ce que l'on tient caché, ce que l'on
ne doit pas faire connaître ou divulguer ; procédé, recette,
moyen que l'on découvre ou que peu de personnes connais-
sent pour faire certaines choses, produire certains effets;
moyen, invention tenus secrets . — GaH ddou sieré, guérir
par des formules cabalistiques en usage chez les campagnards.
Dér. du lat. Seeretum, fait de Seeretus, part, passé de
Sêeenwre, séparer, mettre à part.
sim:
609
Sièfro, s. f, Dossière d'un harnais de charrette. On dit
aussi Sufro, C'est le surdos, large bande de cuir qui porte
sur la sellette du cheval attelé au brancard d'une voiture
on d'une charrette.
Dér. du lat. Suffrago, jarret des jambes de derrière des
quadrupèdes, parce que cette bande de cuir empêche le
tablier de la charrette de tomber sur le train de derrière et
les jambes des chevaux.
Sièî, Nom de nombre. Six, nombre pair, qui suit le
nombre impair cinq et précède le nombre sept.
Dér. du lat. Sex, m. sign.
Siétado, s. f. Âssiétée, plein une assiette.
Dér. de Siéto, assiette.
Siéto, s, f. Assiette ; ustensile de table rond et plus ou
moins creux, sur lequel chaque convive prend pour manger,
une certaine portion des mets qui sont servis. — Siéto béeudo,
écuelle à bec. Siéto erouséludo, assiette creuse et profonde
qui sert d'assiette à soupe aux paysans. — Voy, Béeu et
Crousélu,
Silè, adv. Si fait, expression que l'on emploie pour
affirmer une chose contredite par un autre interlocuteur.
— Sèspa'naà Nime? Sifè. Vous n'êtes pas allé à Nîmes?
Si fait. Emprunt fait au français.
Dér. du lat. Sie faetum, oui bien.
Signâou, f. m. Signal, signe dont on est convenu pour
donner quelque avis; seing ou signature; marque ou tache^
naturelle de la peau que l'on apporte en naissant.
Dér. du lat. Signum, m. sign.
Signoùg, adj. m. Bois noueux.
Simbèl, s. m. Appeau, chanterelle : oiseau que les
oiseleurs mettent dans une cage, dans le voisinage de leurs
filets, pour attirer d'autres oiseaux ; signe, signal, enseigne.
Au fig. occasion, cause, sujet.
Dér. du lat. Symbolum, signe, indice pour avertir.
SimOQS ou GimoÙB, s. m. La lisière d'une toile, ce qui
est à la cime, à la partie supérieure d'une pièce de drap ou
de toile ou d'un tissu quelconque; ce qui la borde.
Dér. de l'ital. Cimossa, dér. du lat. Cima, bout, extré-
mité. — Voy. Cur dé eamiso.
SimoQSSO, s. ^ Lisière d'un drap de lit. — Fia eoumo
uno simousso, mou comme de la charpie.
Même étym. que Simoùs. — Voy, cm.
Simplardariè, s. f. Badinage, paroles badines, niaiseries,
bêtises, simplicité.
Dér. de Simple, niais, idiot.
8implardé)a, v. Se livrer Jk des niaiseries, des enfan-
tillages.
Dér. de Simple.
Simplardi)e ou Simplige, s. m. Nigauderie, bêtise,
enfantillage.
Dér. de Simple. — Voy, cm.
Simple, s, m. Imbécile, niais, idiot, nigaud, benêt.
Dér. du lat. SimpUx, formé de Sine plieis, sans plis,
sans arrière pensée.
()10
SIR
Sinagogo, s. f. SyniiL'oi:ut\ toriipK' ou s'ass'^înlihMil l^s
juifs piiur so Iivn;r à r»\\crciro tlo leur culle. Au (i^^ une
réunion ou Inut \c fnoiiil»> p.irlp ^ la fois, où il ost iiiipos-
silih' d-' rion pnl<Midn' ni do so fairo oiitt'iidre. — O quinto
sifUKjnrjof Diou ! (lUôl l)roulialia, quoi vacarme!
Du IpL SytKKjoga, tu. si^Mi., d»''r. du |;roc luvayorpl,
•jnriizn'' • iliou, assoiidiii'e.
Sinodi ou Sénodi, s. m. S.mkmIc, assoinhiée occlé-
siasli(|U'' catlioliquo ou protostaiilo. Au Iil'. uno jwrsonne
liv>-oiiimYi>uso, une oonvorsntion «Miuuyouse. unodeiuando
iui[)orlun(', une narration assoiumanle.
IVt. du ^Too. l'joov'ç, m. si;:n.
Sinna, v. Signor; a[)posor sa si,i,Mialure au bas d'une
lellre, d'un contrat, d'un docuriirnl écrit.
Dit. lu lat. Siijnare, fait i\c Signum, sii:ii'\ parce que
jadis on n'écrivait pas son nom, mais un i)ara[»he ou un
si,v'no, p lur louto signature.
Sinne. s. m. Sign.ifure, soinj^'. — lùùre soun sinne,
,q)pns('r sa signature. SiuMic, manpie, gest»'. — Âvà '$ sinne
dé pU'jo, cela présag»' la [)luit*; c/esl si<:ne de pluio. Se (as
Idfi siniif^, /(irai loit co, si lu lèves la main sur moi, je le
fra|)[)erai. Faire Ion sinne, lover la main ou le liaton pour
frapper.
D«'r. du lat. Signam, m. sii'n.
Sinné, s. m. \.<^ siLMui d'un livre. Diu). de Sinne.
Siou, sîouno, a'Ij. pnss. m. ot /". Sien, si«'nnf^ —
C/iasquun Ion siou, fl cliaciui lésion. Acd s siou, cola est à
lui. Aqt'cl unie es tout siou, cot liommo n'est occupa quc'de
lui-m»''fii" ; c'est im riroisto, il n'aime (pie lui.
Dér. du lat. Suus, sua, suum
Sioula, V. PiUisser un cri ai^'u «'l poroaiit comnio
l(>nl li\> j»'Uiios lillos (jui folâtrent; ^dapir «ui chan-
tant.
iK-r. du lat. Sihilare, silllnr.
Sioiile, s. m. Cri aii-u ot ji'M'<;inl, liahiluol aux j"unos
lill«'> (pii folâtrent.
D«'r. du lat. Sibilus, silïlol.
Sioune, sîouno, a'Ij. /k>.çs". m. (M /". Sion. siiMine, autre
forme du pr. p'>>s. Siou, dont ri^m[»l.ii ost le mémo. —
Voij. c. m.
Sioure, s. nt. Clit''n(?-lii"'^"0 ; ec'ircc du clu-n-'-li-'ije. Sorte
dr cli^'h'^ vert dont lécorco suiH-ri^uro so drlai-li»' rt il')nl
on fait dos plni)<di»^s d«^ lii'';jo dont le ti<>u NV*''" ''l spoiiu^r-uK
• st i[i|"'nôtral>l«' à I'^mu. On on fait d'-s liouclioiis, dos
lioutVs pour l'S vaiss'Mux, dos cliipf|t>ts jtour l»\s filets,
d»^s sca[>liandr''S p.uir nai:»^', d-^s som«'ll'^s intérieures pour
lf»s clianssures, i^\c.
Du lat. Suber, d^r. do S;/f>, parc-' (pranoit^inu^iP,tMit
les fom'iios en meltii-Mit suus leurs souli'Ts pour s<^ pré-
server de riiumidit»' ou p-'ur jnraitro plus .irrand'^s.
Sirô, .V. w. Sirop, liijui l- Ni^'pi-'ux ordiii-iiremenl
sucré.
Dér. du lat. sirupns, rn. si,i.'n .
Siroutéja, r. l'sr-r do sir^^p^, d" fii'''li'nm'nil> sirupeux.
SOL
— Se fax que siroutéja, il ne fait que se médicamenler
a\ec des douceurs.
Sirvén, .v. m. Serviteur, domestique, valet. Nom pr.
d'homme.
Dér. du lat. Ser viens, m. sign.
Sirvénto, s. /. Servante, domestique femme. Nom pr.
de fodimo.
Sisampo, s. f. Vont jrlacial; bise Irés-froide.
Si-vous-plè ou Siou-plè, loc adverb. S'il vous plail;
si cela [)out vous être agréable.
Empr. faiî au franoais.
So, soto, adj. m. et f. Sot, solle, sans esprit et sans
juL'oirioiii; impertinent. En langage de nourrice un enfant
qui n'osl pas sage. — Su coumo uno banasto, coumo un
paniè. Vtiôu mai rstre Sf> que pignastre, mieux vaut biaiser
que se raidir, que s'opiniàtrer.
Dér. du sax. Sot, m. sign.
Sofio ou Rougéto, .s. /". Sauvages la confond avec la
Habaiii-nque ou l'Ilondiro. Crespon en fait Je Spirlin, Cypri-
nus hipuncUitus, Linn. Ce poisson, qui ne dépass»? guère,
dans la partie haut»- du (iardon. une longueur de quinze
centimètres, atteint dans la partie basse de cette rivière,
c.-à-d. entre le pont Saint-Nicolas et son conlluent avec le
Ithôno, jus(|u'A vinL'l-cinq ou trente centimètres de lon-
gueur. Il a le dos grisâtre, les côtés d'un brun vert; deux
rajig< il' [)oints noirs le long do la ligne latérale qui est
rouge; \entro blanc et très-brillant, nageoires rougeàlres,
à l'exception de la ilorsale qui est verdi\trc. Il est très-
agile dans ses mouvements et on ne le trouve que dans 1«
eaux vives tlont le fond est "caillouteux. Ce signalement
qui légitime très-bien son second nom de /foujéfo, s'applique
•\ notre No/>n, (jni ne serait donc pas l'hondjre maiô le spirlin
Soissanténéja, v. Approcher (U^ la soixantaine, de l'â.e
dt' soixante ans.
D T. de Soissantcno, soixantaini?. — Voy. c. m.
Soissanténo, s. f. Soixantaine; l'âge de soixante ans.
— Sf/n/s (ff soissanicno? Nous devez a pprocber delà soixaij-
taiiio?
D>'r. []i^ Soissanti}, Soixante. — T'o»/. c. m.
Soissanto, nom do iioiid». Soixante; réunion de six
di/aini'^ d'unités.
Solo, s. f. Nom dune sorte do chaussure à semelles Jr
boi>. aimées d.» pointes do fer dentelées, qui servent a
bl mchir les châtaignes, à les déj'ouiller de leur écorcf.
dans (piol.juos cantons dos Cévennes; semelle de bas, lit
cliius.>on, semelle de tlanolle (]ue l'on met dans les chan.^-
suros.
Solo, i. /". Sole coll. Il, uno ou perdrix de mer, P/fw."-
necU'S solea. Linn. S'^'c: vidyaris, Dict. des SC Hit
Poisson de l'ordre d'\s 11..1 .biMnches et de la famille de^
lléiéroson.'^s, à Corps di>s-'-i.M.\ble, que Ton pèche dans î*
iMèditorranée et dont la chair est trés-ilélicate.
Ee nom de la sole lui \i'Mil de sa forme plate et allon-
gée (pii la fait resseuibler en elTot .1 une semelle.
SOR
Son, «. m. Somme, sommeil, envie de dormir. — Aï fa
«m bon son, j'ai fait on bon somme. Lou ion m'arapo, le
iommeil me prend.
Dér. da lat. Somnus, m. sign.
Son, son,
Vène, vène,
Son, son,
Vène bon.
Lon son-son yôou pa yénl,
Lon toto Toudriè donrml .
Son, son,
Vène, vène,
Son, son',
Vène bon.
Chant de nourrioe qui sert à endormir les jeunes
enfants.
Sono, s. f. Sonnerie, annonce, symptôme, présage. ^
MUshanio »ono, triste présage, fâcheux symptôme. Se dit
d'un symptôme avant-coureur d*une grave maladie, de la
mort, d'une fâcheuse nouvelle.
Dér. du lat. Sonus, son, bruit« éclat.
Sdon, s. m. Sol, surface du sol. — Se ficha dou sôou,
se laisser tomber, faire une chute. Perdre sôou, perdre
terre. Se rabala pér lou sôou, se rouler à terre.
Dér. du lat. Solum, m. sign.
Sôou, s, m. Sou, monnaie autrefois en usage, équivalente
à la vingtième partie de la livre et valant douze deniers.
Le sou est aujourd'hui représenté par la pièce de cinq
centimes.
An moyen-âge on comptait par sous d'or ou d'argent,
dont la vdeur était beaucoup plus considérable que celle
du sou commun.
Dér. du lat. Solidus, ou soUus, tout, entier, unité. —
Pouli coumo un sôou, joli comme un ange; gentil à
croquer. Brave coumo un sôou, se dit d'un enfant bien
sage, d'un homme qui a un bon caractère.
Sôoaqno, s. f. Billon, labourage par planches d'une
largeur arbitraire qui divisent le champ labouré en zones
longitudinales de largeur à peu près égale et parallèles
entre elles.
Sopha, f. m. Sofa, canapé et par extension un fauteuil.
Dér. du turc qui l'a emprunté de l'arabe Ssoffah on
Sophah, banc, estrade.
Sorbo, s. /. Corme ou sorbe; fruit du cormier, qui a des
qualités astringentes très-prononcées.
Dér. du lat. Sorhum, m. sign.
Sore, f . A Sœur, dans le langage populaire. Fém. de
froUrc, frère. On dit aussi Sur, qui est un terme plus
raflfiné se rapprochant du français.
Dér. du lat. Soror, m. sign.
Sorgo, f . f> Source. — Tène sorgo, tenir tète ou compa-
gnie à quelqu'un; servir d'interlocuteur, donner la réplique
à quelqu'un.
SOU
611
So8sè!o, s. f. Chaussée; nom d'une promenade d'Âlais
qui longe la rive gauche du Gardon à l'arrivée de Nimes
et d'Uzès, entre le mas de Nègre et le Pont- Vieux. Cette
promenade, plantée d'une magnifique allée d'ormes, a été
créée en 4843, avec l'aide des prisonniers russes, qui y
furent employés. C'est la plus suivie en hiver par les
habitants d'Âlais. — Voy, les Bscherches hisioriques sur
Alais, p. 366.
Son, s. m. Gros billot de bois; grosse pièce d'un tronc
d'arbre. Billot de cuisine sur lequel on dépèce la viande.
Billot sur lequel on frappe pour opérer le décorticage des
châtaignes sèches enfermées dans un sac ouvert des deux
bouts. — Dourmi counu> un sou, dormir comme un sabot.
Pica toumo sus un sou, frapper sans raison, sans discer
nement. Souca«, augm. de 5otf.
Soubarbo, s, m. Sous-barbe; barbe en collier qni
encadre le visage. Mode vulgaire, en usage sous la royauté
de juillet et aujourd'hui â peu près abandonnée.
Soubéiran, gonbéiranno, adj, m. et /"., pris quelquefois
substantivement et employé aussi comme nom pr. d'homme.
Souverain, souveraine; principal, aie; supérieur, eure;
haut, haute. — La earUHro Soubéïrano à Âlais, la rue
haute, la plus rapprochée du château seigneurial. Le *
portail Sobéiran â Collias, la porte principale ou du nord,
par opposition au portail Sotnéiran, la porte inférieure ou
du midi.
A Remoulins, la Soubéirano, quartier de territoire qui
longe la rive droite du Gardon jusqu'aux Umites de
Fournès et Sernhac et qni devait faire partie du domaine
royal avant l'acte d'échange du 7 mars 1 290, passé entre
Philippe le Bel et Brémond 111, d'Uzès.
Dér. du lat. Superans.
Sonbra, v. Ménager, dispenser, mettre de côté ; affran-
chir, être en excédant. — Soubra dos anèlos, supprimer
ou laisser sans usage deux anneaux d'une chaine, c.-à-d.
mettre le point d'attache au troisième anneau à partir de
l'extrémité de la chaine. — Lou pan ya soubra, il a eu
du pain de reste.
Dér. du lat. Super arc.
Soobraaa, v. Fourgonner, soulever la braise d'un foyer
pour lui donner de l'air. — Soubrasa sous éselos, passer
de la braise et des cendres chaudes dans l'intérieur des
sabots pour en chasser l'humidité ou leur donner un peu
plus de chaleur.
Soobra-iour, s, m. eomp, i^ seconde moitié du jour,
la portion de la journée comprise entre midi et le coucher
du soleil.
Sonbre-sémmano, s. f, eomp, La seconde moitié de la
semaine comprise entre le jeudi et le dimanche suivant ;
par extension un jour de la semaine autre que le dimanche
ou le lundi.
Soobros, s, f. plur. Restes, excédants, reliellB d'un
repas ou de ce qni a été servi à un convive qui n'a point
achevé de manger.
i;i-i
sou
sou
Soucaras, s. m. Au-'tn. Jo Soù. (irossc S'ui'-'îie cJ ■ huis;
hillnt d' j^rosS'"! diin»'iisioii.
l)ér. d'.' SoM.
Soucarèl, s. m. Chainpîgnitii du j^tMirc des A;:arics, qui
vioiU (Kir touiïos sur les souches des arhp^s iDorls. Les
ineill.ur^ sonl ceux (jui croissiMil >ur les soucIh's de peu-
pli(M"s, il' uiiriers mU (h^ ch^'^iies VtTts. — Un fricô fie sou-
mvils, un rai^nùt do champi^'iHMis.
l)ér. d ■ Soù, tronc d'arhre ou i>ill'»i.
Souci, s. m. Souci, souci d»^s jardins, Calcn lula ofjici-
nalis, I.iiin., plante de la lainille des Conipusees CDryrn-
hileres; souci sau\ag(% souci des champs, Calemlula
arcensis, Limi. SL>uci, peine, chn^^rin, préoecupation. —
IV'ayiics j'ii snuci, ne vous préf»ccu[tiv. pas de c^la. ^V hithi
dé souci, je suis hien inquiet.
Dér. du lat. Soliseipiiujn, Solscqnium, fait dt» Soi, soleil,
^l .e Se;u, suivn\ [)arce (]ue sa tltnii', conime celle du
toumes'ii, suit le cours du soleil.
Souci (San), s. m. comp. Homme impréN\)yaiit; ([ui ne
se pivoC'. 'ipe de rien de sérieux. Quinlc san souci.' t|uel
homme iiidifrérentî
Soucianço, s. f. Souci, iiujuiélude, préoccupation.
UiT. 'i'' Souci. — Voy. c. m.
Soucianço (En), for. n<lv. Kn repos, tramjuillenient,
sans se r ■inuf*r. — Es Umjour en soucianço, il vit Iran-
• juilleni-'-'t, s.His tra\ ailler, sans pn''occu[)alion.
Celle I-eulion nous i»arail eln* um» alléralion du mot
Jnsouciaiuo, «1er. du ff. insouciance.
Soucita (Se), v. pr. Se soucier, s'intéressi'r à (luelipie
chose. — Mé n'en soucîtc pas, c* la m'est indilVt'M'.Mit; je ne
m'en soucie pas.
Dér. d'' Souri.
Souçoun, s. m. Soupron, presb':ntimiMit, opinion désa-
\ant:i;.^''U-»^ sur rpiehju'un ou qiifhjue cho.^e, mais sans
:oiijpi"i'' ci'rliludi».
Di V. >h\ lat. Susjiicio, m. sigii.
Souçouna, v. SDUiteniiner, avoir une opinion désavan-
ta^^t'use mais dnhilali\e.
IJér. d»* Souroun, soupçon.
Soudado, s. f. ramilie de cuchons: compai:nie d^ [lorcs
réunis dans la nième élahle. — At cdoust hm pu hil Je la
sowlntlo, j'ai choisi le plus l)el échantillon du trouj)eau.
Sou-dis, loc. aile, affirmât. Terme [)arasite qui n'Nicnt
livs.-s<'U\ent dans la houche des hommes du p.nple,
lans une narration, — Digue, sou-dis, il dit (dit-il).
C'est le ijiii <h't des troupiers. Sou-diguè, sou-di.sîè sont d'\s
lormes do la même ItM.'iition
Sou-faï, loc. alv. affirmut. analogue ,1 la précédente et
qui s'<'m|)loi»» dans le même sens. — Son-fuj'fc, sou-fusir,
>ont des formes de la même locution.
Soufra, V. Soufrer, mettre du soufre; hrùler un.' njèche
">oufrée dans une lutaille: souht.'r une vigne pour la pré-
sf^rver ou la guérir de l'oïdium.
Dér. de Soufre, soufre.
Soufraje, \. m. Soufrage, action de soufrer, soufrer une
futaille: soufrage d'une vigne pour la préserver ou la guérir
de l'oiilium.
Dér. de soufre, Soufre.
Soufre, s. m. Soufre, suhstance non métallique que l'on
trouve dans le voisinai:»' d«^s volcans, tantôt cristallisée en
octaédrt's. tantôt et le plus srtuvent en masses amorphes
ou (Ml pt.us>iére line comme dans les solfatares. Cette
suhstance (Si onjployée à une foule d'usages.
Dér. du lat. Sut fur, m. sign.
Soufri, r. SoutVrir, [);Uir, ressentir de la douleur ; endu-
rer, snp[ioi'|('r ; languir, patienter. — Podou pa se soufH,
ils 11'' p "uvenl se supporter, vivre ensemhle. Podepa me sou-
fri iHu ntoun ou.\t(h)u, je n^^ puis rester dans nia maison.
Sou/'ris-ie, reste tranquille, sois moins turbulent, se dit à
un jeune enfant (jui ne peut rester en place.
Dér. du lat. Su/ferre, formé de Sub, par-dessus, et de
lerre, [»orter.
Sougna, v. Soigner, avoir soin de quelqu'un ou de
(juelque chose; travailler, traiter avec soin, avec sollicitude.
— Sougnavous hé, prenez soin de votre santé.
Souï, pr. pers. du pr. de l'ind. du v. Èstre, je suis. —
Sou) rousti, je suis un Imnime perdu, je suis hien malade.
Dér. lin lat. Sum, m. sign.
Souïar, souïardo, .v. m. et f. Homme malpropre,
crasseux; un souillon, uim' servante malpropre.
Souiardo, s. /. Petit cahinet ordinairement dépendant
de la cuisine et spécialement alTecté au lavage de la
vaisselle,
Souiè, .s. m. Soulier, chaussure en cuir. — Préne la
voituro de moussu .\ouic, faire una route à pied. Soute, n.
[»r. d'ht«nime et de lieu.
Dér. du lat. Solea, semelle, ou de So/wm, sol, parce que
la ch.iuvsure ajipuie >ur le sol.
Souïro, .V. f. Tne truie. Au fig. une femme de mauvaise
vie, une souillon.
Pcj. Souïrasso.
\)ri\ du lat. Suillus, snilla, qui tient du cochon.
Soûl, oulo, adj. m. et f. Seul, seule. Dim. soulé, sou-
Icio. s'ul't, .sêul'tte; solilaiiv, isolé. — Manjo soun pan
soiil, il mange du pain sculemiMil. Un gousio-soul, un
.sniirnt.i^, un egoisle, un misanthrope.
Dér. du lat. Solus, seul.
Soulado, .s. f. .lonchée d'herbes ou de fruits. — Vno
.soula lo de garhos, une jonchée de gerl.>es, une airée. On
dit aussi un couvrr-sôou, un sol couvert.
D'T. du lat. Solum, sol.
Soulaïrôou, s. m. Lieu exj)osé au soleil, galerie abritée
et e\[i<isé!' au midi, cagnard, ahri où l'on prend le soleil;
n. pr. d'homme. On dit aussi Souréiadoù.
Dér. du bas lat. s<^ff'rium, (jui désignait un plancher
d'ap{)artem»Mit. Le .wlarium invnnatum était un étendoir,
un belvédère, une terrasse couverte au liant d'une maison.
— Vog. aussi Courédoti.
sou
SoU'lâonpio, s. f. Abri formé par un aavent qui
s'avance en saillie sur une façade de maison.
Une Idoupio ou laupie n'est autre chose qu'un auvent.
tja iou'ldoupio, c'est le dessous d'un auvent, la portion du
sol que l'auvent abrite.
Soldas, 5. m. Soulagement, consolation» aide, protection.
— Patrê soulat, tenir compagnie dans une circonstance
difficile» triste ou pénible.
Dér. du lat. Sokuium, consolation, soulagement.
Sonlda, s. m. Soldat, militaire, homme de guerre. —
Sié$ un bon soulda, tu es courageux, tu ne crains pas bruit.
Dér. du lat. Solidum, paye, solde, parce que dans l'ori-
gine la paie était d'un sol.
Sonldato, «. m. Femme d'un soldat; virago; femme à
allures masculines. — Aeà's uno sauldato, c'est une Mar-
phise.
Dér. (le Soulda,
Sonlèdre, *. m. Le vent d'ouest; le vent dont la
direction se déplace avec le cours du soleil et qui est occa-
sionné par la raréfaction que cet astre produit dans l'air.
Dér. du lat. Sol, soleil.
Souléngiio, s. m. Le filet ou frein de la langue; mem-
brane placée au-dessous de la langue et qui la régit. Son
développement anormal occasionne une difficulté plus ou
moins grande dans l'articulation des consonnes ; on peut
atténuer ce défaut par une incision convenable. — y-an
6t^ coupa lou ioulénguo, il a le filet bien coupé, dit-on
d'un bavard.
Sonloumbra (Dé), v. pr. Se mettre à l'ombre ou à
l'abri du soleil.
Dér. du lat. Subtus umbram.
Soomïa, V. Sommeiller, roupiller, être assoupi, dormir
d'un sommeil' léger.
Dér. du lat. Somnus, sommeil.
Sonmiaie, s, m. Demi-sommeil, somnolence, sommeil
léger.
Dér. du lat. Somnus, sommeil.
Sonmousta, s, m. Surmoùt, vin tiré de la cuve sans
être cuvé ni pressé. On donne aussi ce nom au vin fait
avec le moût séparé de la grappe et du raisin, sorte de tocane.
Le vin de Tavel est fabriqué par ce procédé.
Somi, s. m. Le bout, l'extrémité, le fond de quelque
chose. — Aou soun ddou pous, au fond du puits. Âousoun
dé la carriètro, au bout de la rue.
Dér. du lat. Summum, m. sign.
Sonn, pr post. m. Son, au fém. Sa et au plur. Sous et
Sas. — Coumo foi sovn fièrf comme il est fierl Coumo
faH soun orne! comme il fait l'important!
Dér. du lat. Suus, sua, suum.
Somia, V. Appeler, sonner, rendre un son. — La mésso
scno, la messe sonne. Jfe sounarés en passant, vous
m'appellerez en passant. L'aï souna, m'a pa réspoundu, je
l'ai appelé, il ne m'a pas répondu.
Dér. du lat. Sonare, m. sign.
SOU
613
Sonnado, s. f. Coup de cloche, sonnerie. — La dariUro
sounado, le dernier coup de cloche, le dernier appel de
cloche.
Dér. de Souna» sonner.
Sounaîa, v. Sonner, agiter des cloches ou des sonnettes
d'une manière continue et ennuyeuse.
Dér. de Souna, sonner.
Sonnaio, s, /*. Sonnaille, clochette au son sourd, quelei
bergers suspendent au cou de leurs moutons, ânes on
chèvres.
Dér. de Soun, son.
Sonnaire, s. m. Sonneur, celui qui est chargé de sonner
les cloches.
Dér. de Soun, son.
Sounarià, s. f. Sonnerie, le bruit des cloches, le son
simultané de plusieurs cloches mises en branle.
Dér. de .Soun, son.
Soimal, s, m. Clocher, tour élevée dans laquelle sont
suspendues des cloches.
Dér. de Soun, son.
X Sonncô ou Soungnô, adv. Excepté cela. — Dégus n'es
pa cdouso d'aquà souned tus, personne n'est cause de cela
si ce n'est loi. Sera pa d'iuéï ni déman, souned divindre,
ce ne sera ni aujourd'hui ni demain, mais après-de-
main.
Sonné, s. m. Sifflet en os ou en métal avec lequel on
imite le cri ou léchant d'un oiseau; et par extension,
appeau, chanterelle ; oiseau que les oiseleurs mettent dans
une cage près de leurs filets et qui attire par son chaut
d'autres oiseaux. — Voy, Simbèl.
Sounglé, s. m. Un grapillon, une petite portion d'une
grappe de raisin, brin que l'on en détache. — N'en vole
pa qu'un sounglé, je n'en veux qu'un brin, un grapillon.
Dér. de .Soun, bout. Sounglé, petit bout.
Sonnja, v. Rêver, penser, réfléchir. — $0 sounja,
penser, avoir la pensée. Mé sounjavs, je me disais. Mé
souï sounja, j'ai pensé, j'ai réfléchi.
Dér. du lat. Somniare, faire des songes.
Sounlèon, s. m. Nausée, envie de vomir, répugnance,
dégoût. — Aeà mé dono lou so/unlèou, cela me soulève le
cœur, me donne des nausées.
Sonnléva. v. Soulever, exhausser, exciter l'indignation,
soulever le coeur, faire éprouver du dégoût.
Dér. du lat. SuUevare, m. sign.
Sounqnô, adv. Excepté, sauf. — Voy. Souncà.
Soupa, s. m. Souper; le dernier repas du jour, le repas
du soir.
Dér. de Soupo, soupe, parce qu'on mange habituellement
la soupe le soir.
Soupa, V. Souper, prendre le l'epas du soir. — Avèn
soupa, nous avons soupe; un soupo sans lun, un avare.
Sonpéto, 5. f. Dim. de Soupo, soupe; bouillie, sonpe
légère que l'on prépare pour les enfants et pour les malades
ou les convalescents.
78
614
SOU
Soapièîro, s. f. Soupière, sorte de plat profond et orné
d'un couvercle, dans lequel on sert la soupe, le potage.
Dôr. de Soupo.
Soupiè, èro, s. m. et f. Mangeur de soupe; celui ou
celle qui en mange volontiers, beaucoup et souvent.
Dér. de Soupo. — Voy. c. m.
Souple (A), lœ, adv. A l'abri, à couvert. — Sèn à
toupie, nous sommes à l'abri.
Littéral. Souit'pUjo, à l'abri de la pluie.
Sonpléja (Se), v, pr. Se mettre ji l'abri de la pluie.
Dér. de Sou-plèjo, à l'abri de la pluie.
Soupo, s. f. Soupe ou potage, ordinairement composé
de tranches de pain minces trempées dans un bouillon
gras ou. maigre. — Sùupo eoufido, soupe mitonnée. Soupo
li$o, potage sans garniture. Soupo dé maldoute, potage de
santé. Taïa la toupo, dresser le potage.
Dér. da cet t. Soub, ou de l'anglo-saxon Suplen, tremper
dans le bouillon ou dans un liquide quelconque.
Soucpiado, 5. f. Ce qu'un cep de vigne porte de raisins.
Dér. de Souquo, souche.
Souqué, s. m. Le surplus, la bonne mesure, la réjouis-
sance, le comble, ce qui est en dehors de la ligne de
compte. — Voy. Chiqué,
Souquo, s. f. Souche, cep de vigne. — Souquo dé pitaire,
billot sur lequel on bat les châtaignes.
Sour, Sonrdo, s. m. et f. Sourd, sourde; atteint de
surdité; qui n'entend pas bien, ou n'entend pas du tout.
Au (ig. qui a l'air de ne pas entendre, qui n'obéit pas.
Dér. du lat. Surdus, sombre, confus, qui ne peut être
perçu.
Sour, Soumo, adj. m. et f. Noir, obscur, sombre,
ténébreux.
La grotte de la Baume, située dans la commune de
Sanilhac, sur la rive gauche du Gardon, porte le nom de
Bdoumo soumo, grotte sombre.
Sonrbiè, t. m. Cormier, arbre fruitier qui produit des
cormes, appelées Sorbo en languedocien.
Sonrbièiro, s. m. Champ planté de cormiers. .
Dér. de Sourbiè, cormier.
Sourciè, s. m. Sorcier, magicien, devin.
Ce terme peut venir de la bass. lat. Sortiariut, ou peut-
être de Sourço, source, parce que l'on donne ce nom aux
hydroscopes ou chercheurs de sources.
Sonrdaras, s. m. Péj. de Sour, sourd; celui qui est
très-sourd; qui n'entend absolument rien de ce qu'on lui
dit.
Sourdije, s. m. Surdité, privation plus ou moins com-
plète du sens de l'ouie.
Dér. du lat. Surdilas, m. sign.
Souréia, ado, adj. m. et f. Hàlé, noirci, brûlé par le
hàle. — Se sourèta, v. pr., prendre le soleil, s'exposer,
He chauffer au soleil. Ou dit proverbialement : Que pér
Caléndos se souréio, per Pascos crémara sa légno, celui qui
prend le soleil pour la Noël, est souvent obligé de se
SOU
chauffer à Pâques. C'est le proverbe français : c Noël asoo
pignon et Pâques son tison. »
Dér. de Sourél, soleil
Souréiado, $. f. Rayons de soleil ; action plus ou moins
prolongée des rayons du soleil ; exposition aux rayons da
soleil. — Trénis uno bono souréiado, s'exposer longaemeQt
au soleil. Au fig. Y maneo pas uno souréia'lo, se dit d'ooe
personne qui, malgré sa jeunesse, a beaucoup de préseoce
d'esprit, de bon sens et de raison. Faï uno sounïado,i\ fait
une éclaircie à travers les nuages dont le ciel est couvert.
Dér. de Sourél, soleil.
Souréiadoù, s. m. Un étendoir, une galerie abritée et
exposée en plein midi ; abri ou l'on prend le soleil. Ou dit
aussi Soulàirôou, — Voy. c. m.
Souréîaxi, s. m. La chaleur du soleil ; un endroit où
cette chaleur se concentre plus particulièrement. — S%
métré dou souréXan, s'exposer aux rayons du soleil.
Dér. de Sourél, soleil.
Sourél, 5. m. Le soleil, astre lumineux qui éclaire le
monde et dont la présence sur Thorizon constitue le jour.
— Fat bon sourél, le soleil est ardent. Lou sourél nourb
tout, le soleil féconde tout. Prén9 lou sourél, s'exposer aux
rayons du soleil. Au fig. Arampa'n eo dé sourél, avoir
un peu trop bu ; se griser.
Dér. du lat. Sol, solus, seul, unique au monde, u
splendeur effaçant celle de tous les autres astres.
Sourti, V. Sortir, passer du dedans au dehors; être issu;
commencer à sortir de terre en parlant des semences, lever,
pousser, germer. — L'an sourd dé soun oustdou, on !'&
dépussédé de ses biens. Las boucos m'an sourti, mes lèvres
se sont enflées.
Dér. du lat. Sorlire, tirer au sort.
Sourtido, 5. /*. Sortie, issue. — Aquél oustâou a dot
souriidos, cette maison a deux issues. La sourUdo dt
véspro, dé l'assémblado, la sortie des vêpres, de l'assemblée,
du prêche.
Dér. de Sourti, sortir.
Sonscava, v. Creuser en dessous, miner, sonder, preodri*
en sous-œuvre. Au fig. sonder la pensée d'une personne,
tâcher de lui arracher des aveux.
Dér. du lat. Subtus cavare, creuser en dessous.
Sonspésa, v. Soupeser, lever un fardeau avec la main
et le soutenir pour juger de son poids et l'évaluer approxi-
mativement.
Sousqua, v. Sangloter, pousser des soupirs; souffler,
ranimer 1r feu.
Sousta, V. Épargner, pardonner, épauler* soutenir. —
Pér uno (es, té souste, pour une fois, je te pardonne, j*"
t'excuse.
Dér. du lat. Subtus stare.
Souste, 5. m. Soutenu, garanti, abrité. — Sou» sousu,
je suis gardé, terme de jeu de cartes qui signifie que \*oa
est gardé sur une carte élevée soutenue par d'autres carle^
de même couleur.
sou
SoQStélo. adj. m. et n. pr, d'homme et de lien. Subtil,
fin, dissimulé, rusé. Ce nom a été sans doute donné au
Hea de Sousielle, près d'Alais, parce que cette localité
se trouve située dans une vallée retirée, cachée, dissimulée.
Le ruisseau torrentiel appelé le Rieuuêt, qui suit le fond de
cette vallée, est un affluent du Galeizon. Cette commune
eat du reste composée de plusieurs hamOfiux dispersés,
dont les noms suivent . 4<» Le ch&tean deSoustelle et l'église
Saint-Pierre; S® Périès: 3® Peyraube: 4* Vammale;
5<» Olympie; 6® Le roas-Rôou; '^'^ Camp-Figoux; 8<> Ar-
bonsses; 9* Bougères; 40<> La Grave; 4I<» Le Soulier;
12^ La Croix-des-vents.
Sonstèna, v. Soutenir, prêter appui, étayer. Au fig.
affirmer. — Se soustène, se maintenir, se conserver.
Dér. du lat. Sustinere.
SoQBtéra, v. Recouvrir de terre, enfouir, enterrer. Se
dit des animaux morts que l*on enfouit dans la terre.
Dér. du lat. Subtus terra,
SoQStièn, i. m. Soutien, étai, appui, défenseur. —
Souttièn dé fam'io, soutien de famille.
Dér. du lat. Stuteniatio, m. sign.
SoQStira, v. Soutirer, transvaser.
Sonato, s. f. Crédit. — Préne à la sou$to, prendre à
crédit ; mais aujourd'hui on dit plus habituellement : préne à
trèdL Souitot au plur., corde & garrotter qui fait partie d*un
agrès de bat de mulet.
Soustre ! interj. Juron adouci employé à la place d'an
mot plus grossier.
Sonstréja, v. Prononcer des paroles grossières telles que
le juron dont il est parlé à l'article précédent.
Di^r. de Souitre.
Souta, V. Terme de vigneron; couder un avantin, faire
des provins, recourber un sarment de vigne que Ton
couche dans la terre pour qu'il prenne racine. On appelle
aussi cette opération faire dé eabus. — Voy. Cabus, Cabutsa
et Cros.
SoQtiàîro, i. f. Un silo, une conserve, une cache à
châtaignes, marrons ou autres productions de la terre.
Dér. par altérât, de Soutèro, sous terre.
Sontisiè, èïro. s, m. et f. employé aussi adjectivement.
Celui ou celle qui injurie ou insulte habituellement; celui ou
celleqnl tient des propos grossiers, inconvenants, obscènes.
Dér. de Soutiso, sottise.
Soutiso, j. f. Injure, insulte, tort, préjudice; paroles
grossiérps.
SouTén, aiv. Souvent, fréquemment.
Dér. du lat. Sœpe ou Subinde.
Sonvénénço, s. f. Souvenir, souvenance. — Ff'aï eou-
vénénço, je me le rappelle, j'en ai gdrdé le souvenir.
SoQvéni (Se), v. pr. Se souvenir, se rappeler. — M'en
âouvêne, je me le rappelle. Vâoutres, vous en êouvèngue,
je vous prends à témoin.
SonTéntos-lés, adv. Souvent, bien souvent, plusieurs
fois. — Voy, Souvén.
SUR
615
Sn, s. m. Le devant de la tète, la région frontale ou
coronale du crâne.
Dér. du grec 4«/j{, âme, esprit, sens, raison.
Sqp, sapo, s. m. et f. Myope, celui qui a la vue courtt*
et ne voit distinctement les objets qu'avec des lunettes à
verre bi concave.
Snbre-cièl, $. m. eomp. Ciel de lit; dais dressé au-
dessus du lit dans une chambre de parade.
Snbredén, s, m. Surdent, s, f. Dent surnuméraire qui
pousse hors de la ligne des autres dents et s'éloigne plus ou
moins de l'arcade alvéolaire.
Dér. du lat. 5ti/Mr» sur, et i)0ii«,dent.
Suça, V. Sucer, aspirer un liquide avec les lèvres,
dissoudre dans la bouche certaines substances fondantes
telles que les sucreries, la réglisse, les gommes, etc.;
gruger, pressurer.
Dér. du lat. Sugere, m. sign.
Sucé, «. m. Hochet des enfants qu'ils portent fréquem-
ment à la bouche.
Dér. de Suça, sucer.
Sncra, v. Sucrer, mettre du sucre dans un liquide ou ,
un mets , saupoudrer avec du sucre. — Suera-vous, prenez
du sucre.
Dér. de Sucre, sucre.
Sncre, s. m. Sucre, substance extraite des végétaux et
qui possède une saveur particulière à laquelle elle donne
son nom. Cette substance est soluble dans l'eau et est
employée dans une foule de préparations domestiques ou mé-
dicales et dans la confection des sirops et des liqueurs douces.
Dér. du lat. Saeeharum dont la racine vient du sanscrit
Sehakar,
Sago-man, s. m. eomp. Essuie- mains, pièce de linge ou
serviette dont on se sert pour essuyer les mains après les
avoir lavées.
Suite, s. f. Chouette-effraie. — Voy, Béou-l'oli.
Sajè, s, m. Sujet, motif; personne, individu. — N'avés
pa tu je dé faire acà, vous n'avez aucun motif de faire cela.
— Michan su je, mauvais sujet, polisson.
Sujo, s. f. Suie, matière noire plus ou moins dure ou
épaisse que la fumée déposé dans les tuyaux de cheminée.
Dér. du celt. Suga,
Smje, s, m. Suint, sueur huileuse qui transpire de la
peau des bétes à laine. — Senti lou turje, avoir l'odeur
du suint. Lano turjo, laine non lavée, prise dans son état
naturel, laine en suint à laquelle on attribue de grandes
vertus résolutives, parmi le peuple.
Snijé. s. m. SurgPt, terme de couturière; sorte de cou-
ture qui se fait en tenant les deux étoffes qui doivent être
jointes, appliquées l'une sur l'autre, bord à bord, de
manière à les traverser toutes deux à chaque point
•d'aiguille.
Snijén, s. m. Eau qui jaillit du sol sur un plan hori-
zontal et recouvre la surface environnante.
Dér. du lat. Sur gère, m. sign.
su Y
• i i,: '-.•!.-■■:
•r -:.• „ •- -•' -• - . -
5 lia. • ""I':* '-..'l.'
• tt A -4 I
-;. — V j i.Ti. i'./j.
i:-:--?ui>
Suscle. <• 'A. P-iit |.».»>s->n méditerranéen; mendole
M'j'ii . — T:,. Cfj'jirel et Picarél.
Susari. 1 '/t. Siiir\ Imc^^ul diiis lequel on ensevelit un
l'Ut. :_:rî. — B urj i-a ifi^'ir». ensevelir, envelopper un mort
D'i'K, . :i». ['T-r:'. Suioù. < ;'. >u-ur, '>J-iir Je ;.'ousset.
Susoun. j f >-'']: [-r deleîi.ïue Suzon, dim.de Suzanne.
Susourleja. i- Sih-; Ir-.'^refL'Til et d'une manière con-
»-
L
' :■- : ■ :i r-^.i'i le .i-jat^'^
:.*.-:r e:j [ îF. .;.t J^<0-rL':î
: :,:.' : Je l.i p-Uie. —
- : '; r;/i 1- rii.^* Leju<:.:ii:'
"Mî «. ire:!.:r-r d-.^ su^ar
Suspréne. »•. SurprnJre, prendre sur le fait; tromper.
al'Uv-r. ^'i nii-^r. att.vjuer par surprise. Au fig. un mets
.lui .1 -:■ s.i.'i. c.-:\-\ djiii h partie superficielle a ùiù
altiju -^ i'ir un î-u tr-p vif. Se dit surtout du pain mis
diij^un î 'Uî tr-[» oIiuiiV' et qui est brûlé à la surface
tandis <jU'^ l'iîit'.'rieur iiM!ii|ue Je cuisson. — L'èr m'a
suif<r^:i. l'iir frus iii'a saisi.
Suta, r K\ :iter. hM-^r. p-.'U^S'T, harceler, faire dé[>»>cher.
Ji!i-'' lî -r.
Suvi, V. Suivre, acoo'jjp.ijner, escorter, aller à la suite
J'^ i\[w\ pi lin <'U J'^ qu'^ltiue cli-'S»^: parcourir une roule. Se
dit d-^-i .i;ii:i/ui\ qui s -ni en rut.
I) iv "lu 1 .t. <^'j>ii. suivrf\
T
TAB
T, V'. /.••.'].»• cjii-Miiii'.' '.'t \ in,-'li»"'Uie lettre J-^ l'aipiiilxt.
Kll^' a «-îf^ '"Lpi .iv.V' dius l'iuli juit''' au \w\i Jii C uu Ju D
':l (U' W^: c-.'i.uie l-tti'^ iiu:].'>r,\|r\ T vaut h>0, etas-vuip
.ii:n** au-d'5?us 1<>n.(»(Mi.
Ta, 5 m li«>ueii'>n d»' li »"'-'•» ou autres ^u^^la!l^•«''«. l-ihs
.jue I'" i-"i^. If' \fMTi\ ••te.
Ta, nlj P'jss. I . 'ï:\. — Ta f'<:,tn'\ ta l-Mi/h-v
Dér du lit. T-ifi.
Taba. s. m. 'ri!.i<\ Petun nie^liaiit', Ii.tU' Ju .:raiiJ
prieut , li'_'ilj»' J.' î.i r-:Miie \ir<,tiiina 'aba<nin Linii,;, [^lautf^
de la faUiille J-'S S.)ltii»J:s. t:)rijiiiaire de TAuierique iiieri
dionalf"' et t:ultiv'}e eu Franco depuis \■V^\\, cpotiu»' a
laqu»'lle h\Mi .Nie «t. auilussaJ'.air de Franc»' en Portugal,
la présenta k la reine Cillierin-^ vie .M-vli.'is, après l'av^Mr
lui-njrnie n-rue dun Flauiaiid qui ar:i\ait Je la Fl-u'iJe.
Son nuin lui vi^^nl Je Tahucoon Tubn^o, contrée Ju littoral
de la mer Jes .Antilles nu les Es[uunols le truu\t'r.'at |i.nir
la prennere f"is. — Y-n île lahn: il y :\ Ju ^rabu^e!
Taban, .V. m. Taon fubanus , sorte J»* njouche très-
j^rosse, à J«'u\ ailes Je couleur orJinaireiuenl souibre, qui
s'acliarne >ur les che\au\, les IhiuiIs, etc., [)oursuc»M' b^ir
sang et dont la picpire est si aijjufel si douloureuse qu'elle
va juscprà les rendre furieux. Ce nom Je Taban se Jonne
aussi par extension à une foule d'autres insectes, tels que
<:erlains coléoptères qui sortent au crépuscule et à J autres
j-Tosses mouches au c<u-ps \elu, au vol bruyant, parnii
TAB
l' s ]U'.'lk> «Ml peut cit'^r le B.)Urdon. — Taban-mérdanci*' ,
seuil-'':' sl.'ie Taire, Scarabirwi stercorurius, Linn.
Ht du lat. Tab'in>(s.
Tabaneja. v. Ne sr\'ijp|(,ie (juau llguré avec la si^mili-
catb'U J'' sa^'iter J.in^ le \iile, sans but prêcon(;u, k seul-"'
lin J-' S'^ J -nner un m 'uveui^'ut inutile. Se dit en parlant
d un t'itilljn, d'^ celui ([ui a la pivtentiou de toucher .i
tout. «U ^urt «ut à J'^s cli'.ises qui lui sont étrangères.
D-'r. J-' Taban.
Tabatéja. v. PrenJre fréqU'Mnuient du tabac à pris»?r;
priser coii^t luitn-^nt et par mmie: avoir sans cesse reconr>
à la l.ibatièrt'.
Dcv. Je Taba, tabac.
Tabatéjaïre, j. m. Celui ijui a ^ans cesse la tabatière à
la m lin.
Tabé, També ou Atabé, alv. .\ussi, aussi bien, toutdf
même, — Tabe ou faraï, tout de même je ferai cela.
Toujour y st'rco }ioitèso, tube soun /j«5 ami, il lui cberclie
toujours qu'ielle, aussi soui-ils loin de s'entendre.
Tabo, intcrj. Cri Je guerre des écoliers qui se battent à
la fri>nJe uu à coups tle poings.
Voui, tain» |uT lou >iél Alais!
Tabô J«' Iciigo aniai dé (loundo î
I Lvf\i:e-.\l\is, Los Casfagnados. — Rocho et Plagnôou.
l 2' «'(lit. p. 227.)
TAC
Sauvagbs fait venir celte expression par corruption de
Tèn bà: tiens bon ! ne lâche pas.
« Je serais tenté, dit Lafarb (Las Castagnados, Notes,
p. 389), de chercher une autre étymologie an mot Tabà. En
latin, Tabei ou tabum, qui fait au datif et à l'ablatif tabà,
signifie ce sang épais et noir qui s'échappe à flots des
blessures et forme des mares sur le champ de carnage.
Pourquoi ne serait-ce pas là l'origine de notre Tabàt vrai
cri de guerre ei de sang, alors ; mais, dans ce cas, il aurait
pris naissance à une époque où la guerre était une vérité
et ce ne seraient point des enfants qui l'auraient poussé les
premiers. >
Tabôsi, s. m. Nain, avorton, personnage de taille
exiguë.
Dim. de Ta, bouchon.
Taboulé, s, m. Un courtaud, un petit ragot.
Dim. de Ta, bouchon.
Tacha, v. Tâcher, s'efforcer de faire. — Tacha mouièn,
faire en sorte ; garnir de clous à tète lai^e, appelés taeho,
des semelles de souliers ou de sabots.
Dér. du lat. Satager», s'empresser.
Tachaire, adj. Celui qui fabrique des clous à tète large
appelés taeho dont on garnit les semelles de gros souliers.
Dér. de Taeho.
Tacha-moaièn, faire en sorte. — Voy. Tacha,
Tache, s, f. Clou à large tète dont on garnit la semelle
des souliers de fatigue. Ces sortes de clous sont désignés
dans le commerce sous le nom de ipasiret, parce que les
liergers ou pâtres en font un grand usage.
Dér. du celt. Tach, clou. — WaitB dé taeho» claquer des
dents en grelottant de froid. Rire coumo uno taeho ^ com-
paraison extravagante, amphigourique, du nombre de celles
qui ont la prétention d'être d'autant plus expressives
i]u'elles ont moins de sens. Le languedocien n'est pas le
seul à les affectionner, à les inventer; d'antres langues en
font sans doute de même, et le français ne dit-il pas, entre
autres choses, s'amuser comme un croûton de pain derrière
une malle? Â force de se griser de mots incohérents, on
s'imagine mieux exprimer sa pensée et l'on éblouit son
monde; et le fait est que la chose finit par être reçue pour
valable. La preuve qu'il en est ainsi, et que si l'on dit
quelque chose c'est justement le contraire de ce qu'on
devrait dire, la voici : Rire coumo uno taeho est bien pris
affirmativement; c'est rire de bon cœur, à montrer sa
dernière dent, mais sans eacalas, sans éclats, de ce rire
muet du trappeur de Cooper, devenu légendaire. Et que
peut-il y avoir de moins gai, de moins disposé à rire qu'un
clou de soulier, taeho, assommé pour entrer dans la
semelle , foulé aux pieds, écrasé sous le poids du corps,
trainé dans la boue? En le supposant animé, ce serait l'être
le plus malheureux de la création. Cette fois, on dit donc
bien réellement le contraire de ce qu'il faudrait.
Tachoà, s. m. Dim. de Taeho (Voy. c. m.). Petit clou
court et à tête élargie.
TAl
617
Ta-dliomèiro, «. m. Bouchon en verre qui sert à bon-
cher un huilier; littéralement bouchon d'huilier.
Taianàri, $. m. Le derrière, les fesses et plus parti-
culièrement l'anus.
S'il faut en croire Honnorat, ce mot dériverait du grec
Tttfoç, anus. Nous lui laissons la responsabilité de cettp
affirmation que rien ne semble justifier.
Talatas, $. m. Taffetas, étoffe de soie tissue comme la
toile ; c'est l'étoffe nommée cendal chez les ancisns ; ono-
matopée imitant le bruit produit par le froissement do
cette étoffe.
Tafatassaîre, t. m. Tafetassier, fabricant de taffetas.
Dér. de lafaïas, taffetas. On dit aussi Tafaîaïre.
Talc, s. f. Éclat, blancheur de la neige. — Btan eoumo
la tafo dé la nèou, blanc comme neige.
Tafura, v. Fureter, chercher minutieusement avec un
sentiment de curiosité.
Talnraire, s. m. Fureteur, celui qui cherche avec
curiosité et persévérance; esprit curieux et investigateur.
Tai, 8. m. Blaireau, Taisson, Taxu$ ou Melo». Cet
animal est assez commun dans nos pays; il offre une sin-
gularité : son pelage est d*ttn gris brun à la surface et noir
en dessous, ce qui est l'inverse de ce que l'on remarque
chez presque tous les autres animaux. Le Blaireau esi
solitaire, défiant, paresseux, passant les trois-quarts de sa
vie dans son terrier, dont il ne sort guère que la nuit;
mais il s'en écarte peu, car il a les jambes trop courtes
pour fuir le danger, s'il se présentait loin de son refuge.
Tout cela fait douter qu'il fasse chère vie et qu'il puisse
s'engraisser à devenir un type d*obésité comn)e le suppose le
dicton languedocien : Gras eoumo un tau Ceci s'explique :
autrefois les charlatans avaient mis en très-grande vogue,
comme panacée, la graisse de blaireau; ils en vendaient
considérablement, et il fallait bien supposer que l'animal
qui en fournissait tant était bien gras; seulement les
badauds achetaient de toute autre graisse, qui était
également bonne, et c'est ainsi que se font les réputa-
tions.
Taîa, V. Tailler, inciser, couper, séparer, diviser;
donner une forme convenable, enlever à un arbre les
rameaux inutiles; limiter ce qu'on doit faire, tailler la
besogne; faire une incision à la vessie pour en retirer la
pierre. — Si taia, s'entailler, se faire une entaille avec un
instrument tranchant.
Dér. du lat. Talta, taille.
Taîan, < . m. Tranchant des outils.
Taîado, s. f. Taillis, bois taillis mis en coupes réglées;
bois qui commence à repousser.
Taîadnro, s. f. Coupure, entaille, balafre, estafilade.
Tsio, 5. f. Taille, coupe, action de coaper, de tailler les
arbres, les pierres, etc. ; incision, coupure.
Taille, hauteur et grosseur du corps humain et de celui
des animaux ; la taille d'un vêtement, la partie qui re-
couvre la longueur du dos.
til8
TAI
En terme de masiqae, la partie qni, dans un chœar, se
troave comprise entre les ténors et les basses.
Tribut, impôt, contribution.
Taille, morceaux de bois fendus en deux parties égaies,
>ur lesquels le vendeur et Tacheleur font des encoches pour
marquer la quantité de marchandises prises. Le vendeur
conserve la touche et Tacbeteur la seconde partie appelée
eehaniiUon, que Ton contrôle en les appliquant Tune contre
l'autre.
Taio (Faire), Expression employée pour indiquer que
Ton prend à crédit chez un fournisseur en marquant sur la
uille en bois les quantités de marchandises livrées à crédit
jiar le commerçant. — Voy. Tart. précédent.
Taïog, s, f. pluT. Impôts, contributions, tribut, tailles.
— lÂva las tatot, lever les impôts, percevoir les contri-
butions.
Taîoù, s. m. C'est en général une portion peu volumi-
neuse d*un objet comestible, coupé par un instrument
tranchant; c*est, en français, un morceau de viande, de
lard; une tranche de pâté, de jambon, de saucisson, de
fromage; un tronçon de poisson, d*anguille, de saucisse,
de boudin. — Lou laïoU, se dit dans les campagnes, du
morceau de lard que Ton met dans la soupe de ménage
pour la rendre plus savoureuse.
Dér. de Tat.
Taisa (Se), v. Se Uire, garder le silence, cesser de
))arler, ne pas faire de bruit. — Ahf tatsa-vous/ ou sim-
plement Taïsa-vouM/ est souvent une exclamation d*étou-
iiemenl, de surprise employée dans le sens de : Que me
dites-vous là! Est-ce bien possible?
Dér. du lat. Taeere, m. sign.
Taïssariè, s. f. Tisserie, tisseranderie ; le métier de
tisserand; le quartier habité par ces artisans. Il y a à
Alais la rue Tisserie et à Paris celle de la Tixeranderie.
Taîssongnàîro, s. f. Terrier de blaireau. Nom pr.
d'homme.
Dér. de Ta\ ou TaStMoi^, blaireau.
Taitéto (Faire), loc, adv. Tâtonner, chercher une chose
à tâtons.
Tai'toiiè! Loc. interj. pour imposer silence : Tais-toi!
liaisse-moi tranquille! Âs-tu fini?
Taiu, «.m. Bière, cercueil.
Tain, ndo, adj. m. et f. Tranchant, affilé, qui coupe on
tiille facilement.
Dér. de Tal, tranchant.
Tainr, s. m. Tailleur; ce mot s'applique à tous les
ouvriers dont le métier est de tailler. — Taiur dé pèiro,
tailleur de pierre. Mais il est à remarquer que, lorsqu'on
«emploie ce mot sans autre indication, il signifie seulement
un tailleur d'habits.
Dér. de To/.
Tainrdo, s. f. Couturière, celle qui taille et fait les
robes ou autres vêlements de femmes.
Dér. de Taiur, tailleur.
TAll
Tal, ». m. Tranchant, le fil, le côté qui coupe, en par-
lant d'un instrument tranchant. — Vira (au îal, èmonsBer.
ébrèoher.
Tal, talo, adJ, m. et f, employé quelquefois substan-
tivement. Tel, telle. — Un toi, uno talo, un tel, uoe telle.
Talabréna, ado, adj. m. et f. Tacheté, moucheté,
bigarré, tigré, bariolé de diverses couleurs.
Dér. de Talabréno. — Voy. c. m.
Talabréno ouBléndo, «. f. Salamandre, sourd, monitm
fSaiamandraJ.Ce reptile batracien, assez semblable déforme
au lézard gris, a la peau tuberculeuse, luisante comme le
crapaud; les formes massives, les mouvements paresseux,
les habitudes tristes et solitaires. H y a la Salamandre
terrestre et la Salamandre aquatique; la première se tient
dans les lieux ombragés et humides, sous les pierres et les
racines et ne va à l'eau que pour y déposer son frai.
L'autre y passe sa vie, bien qu'il lui soit nécessaire df
venir à la surface pour respirer ; elle en sort aussi quelque-
fois pour chercher sa proie à terre. Nous avons dans le
pays la première espèce et plusieurs variétés de la seconde.
On avait fait à la Salamandre une réputation prodigieose
dont il ne reste plus rien. En revanche, on lui a décoaven
une faculté bien enviable : celle de se refaire, à phsiears
reprises, les membres qu'elle a perdus. Cela vaut mieoi
assurément pour elle que de résister aux flammes dont,
par ses habitudes, elle n'a guère à s'inquiéter.
Talamén, adv. Tellement, de telle sorte; on l'emploie
aussi dans un sens affirmatif. — Talamin, bé talanm,
cert<»s, assurément, certainement, sans doute.
Dér. de Tal, tel.
Talan, «. m. Talent, aptitude naturelle, disposition,
instruction, connaissances, science. — Es un orne dé talm,
c'est un homme instruit. A forço talan, il a beancoop
d'instruction.
Talén, s. f. Désir, envie ; faim, envie de manger, appé
tit. — Ai talén, j'ai faim.
Dér. du grec BAeiv, désirer, vouloir.
Talèou qné, adv. Aussitôt que, dès que. C'est une
contrnclion de l'expression Tan-lèou-qué, àoutan-4iourq»é..
Tal-lis, s. m. Coupure nette; tranche, incision san»
bavure, coupure lisse.
Talocho, s. f. Oiseau de petite dimension, sorte de
palette sur laquelle le plâtrier dépose le plâtre gâché.
Du vieux fr. TaUr, battre, meurtrir.
Taloù, s. m. Talon, partie postérieure du pied, d*oo
soulier, d'une botte, d'une bottine, d'un bas; partie d'une
hache, d'une bêche, d'une serpe, d'une faux, opposée aa
tranch.'int.
Dér. du Ial. Talus, m. sign.
Talonnado, s, f. Empreinte d'un talon dans un terrain
inculle. Au Hg. vanterie, fanfaronnade, gasoounade.
Tal -Tira, v. Émousser, ébrècher le tranchant d'an
outil.
Tamariaso, s. m. Tamarisc (Tamarixj, arbrisseaudeU
TAN
TAO
619
ûtinille des Portalacées dont on connaît deux espèces dans
le Languedoc : le tamarisc de France on de Narbonne
(Tamitrix galiiea, Linn.), qni croit le long des ruisseaux ;
le tamarisc d'Allemagne (Tamarix germaniea, Linn.) bean-
coup plus petit que le précédent.
També, adv. Aussi, aussi bien, de même, également,
pareillement ; soit, j'y consens.
Comp. de Tant et de Bèn.
Tambonr, ». m. Tambour, instrument formé d'une
caisse cylindrique dont les deux fonds sont recouverts de
peau et dont on se sert dans les armées pour marquer les
différentes allures du soldat; dans les casernes il règle
les heures du service ou des repas. — Lou tambour dcu
eagardotUoB, le tambour des escargots, c.-à-d. le tonnerre,
précurseur de la pluie qui fait sortir les escargots de leurs
retraites. Tambour dé mateo ou dé baseo, tambour
de basque. Tambouriné, petit tambour, dim. de Tam-
bour.
Dér. de l'arabe Tamhur.
Tambonrgnè, s. m. Celui qni bat du tambour.
Dér. de Tambour.
Tambourin, ». m. Tambourin de Provence, sorte de
tambour à caisse trés-allongée et d'un moindre diamètre
que le tambour ordinaire ; on ne le bat qu'avec une seule
baguette, avec laquelle on marque la mesure et dont on
accompagne le son avec un galoubet. C'est un instrument
de ménétrier.
Dér. du grec Tû^ATcavov (Tympanion ou tympanon) ,
tambour sur lequel on ne battait qu'avec une baguette.
Tambourina, v. Tambouriner, battre le tambour ou le
tambourin: faire une criée, une publication an son du
tambour, donner une volée à quelqu'un.
Tambouma, v. Battre du tambour.
Tammièl, adv. Tant mieux.
Tampis, adv. Tant pis.
Tanloro, ». m. Ecervelé, un homme dont la tète tourne
a tous les vents, qui n'a aucune idée fixe.
Tanqua, v. Fermer, barrer, bâcler une porte au moyen
iaoe barre en bois placée derrière à l'intérieur; arrêter
one pâle molle ou un liquide au moyen d'une vanne mobile
qui Tempèche de se répandre outre mesure on ^n-delà
*i'aa espace déterminé ; arrêter, saisir.
Dér. de Tanquo. — Voy. c. m.
Tanquo, ». f. Barre que l'on met en travers, derrière
oœ porte pour l'arrêter, la bâcler, la fermer à l'intérieur.
>urte de vanne mobile dont se servent les boulangers pour
tfTèier la pâte dans le pétrin.
D'après l'auteur de la Statistique des Boucbes-dn*Rh6ne,
'^ mol serait ligurien.
Tant, adv. Tant, autant, tellement, si fort, en si grand
A<>Qbre, à tel point; si, aussi. — Tant-fa-tant-ba, autant
^ fagné, autant de dépensé ; sitôt dit, sitôt fait. Tant-y-a
1« mouriguê, bref, en résumé, par le fait, il mourut.
^va-û~pu, si peu que.. . très-peu. Pér tant que m'en diyué».
quoi que vous me disiez. Âeà'» tant dé fa, c'est autant de
fait.
Dér. du lat. Tantum.
Tantaravèl, ». m. Houblon, Humuiu», lupulu», Linn.
Plante grimpante appelée aussi vigne du Nord et que l'on
emploie dans la confection de la bière. On le cultive en
grand dans le nord de la France.
Tante, ». f. Tante, la sœur du père ou de la mère; on
donne aussi ce nom à la grand'tante.
Suivant Huet et Ménage, du lat. Amita, en y présupposant
un t, tamila; ce qui parait justifier cette étymologie c'est
qu'on disait jadis anto au lieu de tanto.
Tantôs, ». m. — Su» lou tantà», sur le soir, dans l'après-
midi.
Tantôs, adv. Tantôt, dans peu de temps, dans un instant ;
il y a un moment, aussitôt.
Dér. de l'ital. To»to, Tanto»to, ou du lat. Tarn citât
Tanur, ». m. Tanneur, corroyeur, peaussier, mégissier.
Ce nom s'applique, comme ou voit, indistinctement à tous
ceux qui s'occupent des diverses préparations que l'on fait
subir aux peaux.
Le tanneur tanne les cuirs dans une fosse à tan.
Le corroyeur corroie, graisse, assouplit, donne W
dernier apprêt aux peaux déjà tannées.
1^ mégissier prépare les peaux blanches et les peaux a
poil.
Le peaussier donne les premiers apprêts au parchemin
et au vélin.
Le chanioiseur emploie les peaux de toute nature et les
passe à l'huile.
Dér. de Tan.
Tâou, talo, ». indéf. — Vn tâou, uno taio, un tel, un^
telle.
Tâou, talo, adj. indéf. — Tâou ménaço qu'abélo pôou,
tel alTtnste de menacer qui tremble de peur.
Dér. du lat. Tait».
Tâouîè, ». m. Etal, établi, planche à porter le pain,
banc en pierre ou en bois placé devant un magasin ou une
boutique et sur lequel on étale des marchandises; table de
magnanerie sur laquelle on élève les vers à soie. -^Dourdo
Icu» làouïê», se dit de quelqu'un qni va étourdiment, comme
un imbécile, un idiot.
Dér. de Tdoulo, table.
Tâoulado, ». f. Une table garnie et entourée de convives.
— Sian uno bèto tâoulado, nous étions nombreux à table.
Vno tâoulado dé câoulë», de faviâou», d'âoubérgino», une
planctie ou un carré de choux, de haricots, d'aubergines.
Dér. de Tâoulo, table.
Tâonlé)a, v. Rester longtemps à table.
Tâonlé|aîre, ». m. Celui qui se plait à table.
Tâoulo, ». f. Table, meuble ordinairement en bois,
servant â manger, à jouer, à écrire, etc. — Métr$ la tâouio ,
leva la tâoulo, préparer le repas, desservir une table.
Dér. du lat. Tabuia, planche.
iiiU
TAI'
TAR
Tàonlo, i. /. IMniicliP nu ciin'' ili* l('';iU!i;ts lUi d»^ .jinli-
iia^'p. — t'uo iâonlo tlcspitiars. dé lachuyos, de crhos, imo
|t!;u)clio, uii cnnv d'ôpinanls, de lailues, d'i^giions.
Di'-r. (lu Int. Tfihula .
Tàoulo-doublo. s. f. Tolil«' (iIkjuIh, roiulr» ou cnr-Rvv
Tâonpado, s. f. Taupinit-iv, pctil rnonticuli* de Wivc
ilu'uDP t.iU(H^ n.'liiv (Ml crcusniiî s<^s }:al»MiPS. Ou dit nusï^i
I dodpiéiro.
I))T. d.* Tàoujto, tuipo.
Tàoupén, ndj. m. \h^ la iiatun* do la laui><\ ([ui a dt^s
îiKi'urs analnirui's. — In ta idoujtén, uu inulol ou rai ilfs
1 liauij)s, (]ui civusi" dis L'alcries cofiiMjc la laup»' o\ foruio
il.'.s lauj)iuu"'n\s.
DiT. de Tdoupn, taUj»o.
Tàoupéto, v. /*. TaujxUle, p-'lil llacou do [)jiariiia(it' ou
.1' confistM'io.
Tàoupièïro, s. f. Taupiuiorc. On dit aussi Tdoupadn. —
yHij. c. m.
IKt. do Tdoupo, l:iu|ii\
TàoupOf s. /"- Taupi', TaJpa. Par sctii i^ome do xi»', la
I «u|)'' n'a (»as hesoln d'y Noir parriHloiiioul; ollra (••'|ioiidiut
(!•»> yt'U\ (jiii y voioni Uwx chiir. Avou^'loou ukm, oHo ii'ou
loiiKwilrorail j)as iimius ^ ;ous nos niinours, ot il n"ost jkis
'liiiijf'Miiour (}ui |'.ul Irouxor à n'[)iondre ils^'S Ira \ aux: mais
t's a^iit'ullours lui fonl um' }:noriv acliirnôo. O nv^i
j unais dans |ps t^rros iiu'ullos ou forlos (juo s'rliMil la
l,tU[n': il lui l'aul los l»"rros souplo.s ol (.-ultiNns, t'ngraiss''"S
.)■' l'ufui'M-, diuis lo(juo| rlle tr>»u\o dos vorsdonl ollo fait sa
" «iHi'o pivt'"r"''V Mais (••■l iM'din.jiio no lui suHil pas tM los
l'cinosilos ()lanl'-s lui fiuirni>sont ilo copi 'U\ sup[>l(''n!onts.
Tapa, V. Bimclioi, foriiKM' a\oc un Imnolion: ivui-
\ir. — Tapd'tio porto, liouohor uno p<»ilf a\n- uno
.1 «ison. Tapa loti fin, couvrir li' iVu. Se tapa, so <'MU\nr.
s- i-Miii l'Inud'MUonl . Tapa-vons bien, coin r^v. - \ous
I III.
Oôr. ih' Ta, h luclioii.
Tapaje, s m.Tnpa^'o, liruit, irraml dôsoniro ;jrfoiiip.iL.'n'''
■ •» îti'uil — Ffur" fa/"ije, f.iiro du l'ip.T^ji'.
Dor du L'roo IliTaY^;, liruil, Tracas, cr.iijuofu.^nt. par la
'!Uisp'>sili'>n du n i^ du t.
Tapajur, s. w. Tapu-'ur, colui <|ui Tait du t.ip.i.'o.
\)'\. d'» Tapaje.
Tapàou, a 'v Aussi, si p-'U. non plu^. — Tajià'-n u-awi-
f i\ p is, aussi n"irai-jc p.i.s
Coiiipovj^ d'' Taut ol d'' Vdou.
Taparas, *. m. ^orto do pôudiiijLiuo ou oôuJou, i-rat
iiousd'o iros- i»[i:iiiun dans lo (iard ol <|ui, au-d'ssous d'
'« l''rro \o:j''lait\ forme uno couolio iiijptM'iii'Mltlt' (ijus ou
• oiii> t'pai.ssp. Collo inipornioahililô du s «1 naid la t-^ro
.••("•■rld»*, ol on no p.'ut la rondro pr )ducli\o tju'on l'iis.ini
t oxtraynnt oos huii'> de poudini'uos (juanil ils n"oiil [ns
:.:io épaissoiir trop con^idcr-ildo.
I)»''r. do Tapa, houclior, couvrir, [),irco i\\\o\\ ofT-'t cllo
i'^i'.dmguo recouvre lo sol et lo liouclio pour ainsi din* on
lo ienil;inl iinpoiiiiiviliie. On dési|/n!» aussi cos |M")uJingUt*ïi
sous lo nom do (l'sirc, (Islras.
Tapas, 5. m (iros ^'ilTle, soulllol fortement appliqué.
Tapé, s. m. .Nnin, courtaud, pelil avorton. — Loutapf ,
le jou du houchon.
Dér. ol ilim. do 7a, boucliou.
Tapériè, s. m. (l.'iprior cultivé, (apports spinosa, [/inn..
arhri.sse.iu d'^ la fam.llo des CajipTridoos et dont les baies S;'
consorvonl d;ins lo viinijjre pour rassaisonnenienl des njeti^.
Lo c.'ipri "r croil nalurollonionl on Gn^-ce et dans les iles
do l'Arcliipel. C esl de là ijuil doit avoir élé transporté en
llalio et «huis la Pn)\eiice.
Dér. du ^'rec Ta-Eivo:, rampant.
Tapéro, s. /. Càpro; baie de câprier conlile dans le
\inaii:iv et servant d^ con.linjont pour relever 1rs rnels. —
lo»/. 'Tajtéric.
Tapo, v. /. Tnpe; coup légéromenl a[ipliqué avec la
main sur la joiie ou tout»' nutro ji.irlie du corps en signe de
familiarité' ou il<* correction anodine.
I)'M\ du français Tape, m. sign.
Tapoquîou, v. m. comp. 1.0 gratlo-cul, haie rouge d»'
réL'rinliiM', Aijalauriè (Voij. c. m.]. 11 est ainsi nommé
parcMjuo Tnii c<>m[)ost' avec coite b.iie des conservo>
aslriiij/eiites ([u'on emploie pour arrêter la diarrhée. Tajk--
cul, tilbury, sorlo do voiture légère à deux roues.
Taqua. r. Ta-lier. fairo une tache, souiller» salir. Au
flj. Ileiiir, désli ninor.M".
D.T (h' Taijno, taeli'».
Taquo, >. /. Tarlc^; ompronilo dhuile, de graisse.
d"tMicre. (h vin. etc. : silissuio do bouo, souillure au propn
et au li.L'uré. — A' ?•'• IjI( n ufto taquo, il avaU^ volonlier>
un vorr» d*^ \\\\, c"esi un o\col|ont buveur. Àcos taquo
d'oli, c'-'st uii'^ clios,^ imiéî.'bile, inetTaçable; une injure ou
un S'M'\i^' reiilu ipi'' l'on n"oublio jamais, un f;ut qui laissa'
un souvenir i:iip iissalil'\ TfK* taqat) din l'iil, une taie.
Du bis bi'i. Tj<'h. soiiilluro. ou de l'arabe Taca, tàcho.
Taquo-d oli, s. /". romp. — Vo»/. Tafjuo.
Tar, s. m. Tari. louLrlomps après midi, aux approches
d'' I ) nnif. après in nuit closo. — Sas Ioh tar^ sur le soir.
dans ' \ -iMiiée.
Tar, ti!v. Tard, au delà du lom}>s fi\é. du temps ordi-
nai '•, du t' M.ps coir.onablo. — rn prUni tardé, un peu
lard.
Dor. ilu I ;t. Tard--, m. sij:n.
Tarabastéja, r. I-airo du bruit, du fracas, s'agiter pour
ptMMb chos\ importuiî''r, trouiiler, ravauder, tracasser.
D-'r. (\o Turahfisi. larabal. sirle do crécelle dont les
P'I j^i-nix S'' s.'iv (i'^nt ji'lis p eir ♦n'ailler ceux qui, pendant
la nuit, dovai''nl clnntor rolin'o rt dont on se sert encore
pour les olhc'Vs ih^ t-'ii-Miros [)'Midant la semaine sainte
Bilht. b'itoii ou (•!•(» 'li'i on Irtis (ju'on mettait en traveri
au cou d\< chiens p «ur l'\s ompècbor de cbasser seuls et
d" lll M" d U)s les vii:!|.'S.
Tarabastéjaïre. s. m. Ilommo imjKirlun, esprit tracas-
TAR
sier, qni s*agite constamment à propos de rien on de peu
de chose.
Dér. de Tarabatt.
Tarabastèri, j. m. Tracas, vacarme. — Voy. Tarabat-
ma.
Tarabastiè, «. m. Homme tracassier, qui s'agite beaa-
coQp, nn bronillon.
Dér. de Tarabasl. — • Voy, Tarabcatéja,
Taraûre, j. m., oa Taradoniro, s. f. Grande tarière on
bondonniêre servant à percer la bonde des tonneaux. £Ile
est munie d'une légère amorce.
Tara8<iaaire, «. m. Un ;des hommes qui sont employés
à faire mouvoir la tarasque pendant les fêtes de Sainte-
Marthe, à Tarascon-sur-Rhône.
Dér. de Tarasquo, dont Tétymologie vient de Tespagn.
Tarcuea, fantôme.
Tarda, v. Tarder, différer, ne point arriver assez tôt,
se mettre en retard.
Dér. du lat. Tardare, m. sign.
Tardé, adv. Dim. de Tar, tard ; un peu tard. — Voy, Tar.
Tardiè, èîro, adj, m. et /. Lent, en retard; tardif,
qui vient tard, qui ne mûrit que dans Farrière-saison.
Dér. de Tar, tard.
Taréîrôou, «. m. Grande manne d'osier ronde et en
forme de cône tronqué renversé, qui sert à transporter la
vendange ou autres productions végétales.
Targa (Se), v. pr. Se targuer, se prévaloir, tirer avan-
tage, faire parade.
De Targo, targe, bouclier que l'on plaçait devant soi
pour se défendre.
Targo, j. f. Targe, bouclier: trogne, bonne mine,
mine iière, démarche assurée.
Tarililamén, adv. Terriblement, énormément, beaucoup»
très-fort. — À plougu tariblamén, il a plu énormément.
Tarible, blo« adJ. m. et f. Terrible, gros, énorme,
redoutable. — Un otM tarible, un homme athlétique.
Dér. du lat. TerribilU, m. sign.
Tamagas ou Margasso, i . m. Noms donnés, le premier
surtout, beaucoup plus usité, au genre Pie-grièche, Lanius.
Parmi les cinq variétés plus ou moins répandues dans le
. pays, le languedocien distingue : 4® lou îamagat dé la
bèlo méno (pie-griècbe grise, Lanius êxcubitor, Temm.)t
de la grosseur d'un merle, cendré sur le corps, blanc
dessous, avec la queue et une bande autour de l'œil noires,
et du blanc parsemé sur les parties les plus foncées;
%^ lou tamagoM dé la tèsto roujo fpie-grièche rousse,
Laniut ni fus, Temm.)« pins petit que le précédent; le
dessous du corps blanc, sauf les flancs lavés de roux ; tout
le dessus d'un noir profond, avec un demi-cercle blanc sur
les ailes, le derrière de la tète d'un roux ardent; Z^ lou
tamagas téré ou térén est la femelle de ce dernier : l'épi-
thète de téré lui vient de ce qu'elle place son nid plus
près de terre que la première espèce. Pie seulement par sa
couleur, la pie-grièchCf par son bec recourbé, ses ongles
TAR
0-21
crochus, et surtout ses instincts audacieux et cruels, est
un véritable rapace qui chasse et dévore les petits oiseaux
qu'il attire en imitant leur ramage. Ses différents nomli
ont voulu dépeindre son caractère : le latin Lanius ayant
la signification de boucher, le grec "A^ptoç, Sauvages,
a fait grièche. Margasso est le parfait équivalent du nom
français, par la contraction &*agasso, pie, et de mari,
marido, mauvais, méchant, à moins que la première
syllabe ne vienne de mas, maris, mâle, c.-à-d. forte, cou-
rageuse. Tamagas enfin comprend toujours le mot Agasso,
mis au masculin agas, précédé de tam qui, avec une légère
altération, peut être car ou eam, — ce dernier mot, vieux
roman — de Caro, camis, chair, ce qui équivaudrait à pie
carnassière. Le français donne justement le nom de pie-
grièche à une femme criarde, acari&tre. Gomment le lan-
guedocien a-til été si mauvais observateur cette fois que
de faire de son tamagas le synonyme de sot, de balourd?
La ple-grièche se précipite souvent sur les appeaux des
oiseleurs, qui la prennent ainsi dans leurs filets : a-t-on
attribué à l'aveugle sottise ce qni est l'effet de son
audacieuse rapacité? La captivité doit aussi l'affecter
beaucoup, et, dans les premiers moments surtout, elle doit
en paraître comme hébétée. Jugé dans ces circonstances,
le Tamagas a pu être pris pour un sot, et devenir ainsi le
prototype dé l'espèce.
Tamâon, j. m. Un gros, une drachme, la huitième partie
de l'once; le gros pèse trois deniers, et le denier un grain.
Ce mot parait être dérivé de temarius ou de temalis, de
trois, parce que le gros est composé do trois deniers.
Taro, s f. Tare, déchet, déduction faite sur une pesée
de denrées ou de marchandises du poids de l'enveloppe ou
du récipient qui sert à les contenir ; vice, défaut, défec-
tuosité. — Vigno en taro, une vigne en sève ou en fleur.
De l'arabe Tharah, rejeter, rebuter; ou de Jo/oA, défaut,
vice.
Taroa, 5. f. plur. Défauts, vices. — Voy. Taro.
Tartanis-tartanas! interj. Onomatopée employée dans
le jeu de cache-cache.
Tartano ou Tartanas, j. m. Le milan et principalement
la buse. I^ milan est fort rare dans nos contrées ; la buse,
au contraire, y est commune. On peut établir, en règle
générale, que, parmi les oiseaux de proie diurnes, les plus
gros, en bornant toutefois cette classe à ceux qui font la
guerre à nos basse-cours, sont confondus sous le nom de
Tartano, comme les petits le sont sous celui de Mouïcé,
Quant aux plus gros, tels que l'aigle, le vautour, dont
quelques variétés habitent les montagnes voisines et nous
visitent quelquefois, ils conservent leurs noms français
légèrement assaisonnés à la languedocienne.
Ce nom a sans doute été donné à la buse parce que ses
ailes sont triangulaires et en forme de voile latine, comme
eelle du vaisseau appelé tartane, qui sert à la pèche et au
cabotage sur la MMiterranée. Le nom de cette embar-
cation parait lui-même dérivé du celtique.
79
G22
TÈ
Tartèlo (Faire la). Mot qu'emploient les gamins en
jouant à pile on face, pour indiquer que leur adversaire
cherche à tricher, en faisant retomber la pièce du côté qui
peut le faire gagner.
Tartéléto j. m. Bonbon, petite tarte.
Tartifle, t. m. La pomme de terre.
Dér. par corruption de l'allemand Kartoffd, dont la
prononciation se rapproche beaucoup du mot Tartifle.
Tasaéla, ado, adj. m. et f. Tacheté, moucheté, qui a
des lâches sur la peau.
Tassèoii, j. m. Tasseau, morceau de bois servant à
soutenir une tablette, une étagère, un rayon de bibliothèque ;
grosse pièce faisant tache que l'on met sur une autre étoffe ;
emplâtre, tache.
Tasso, f . f. Tasse, petit vase servant à boire du café, de
la tisane ou autres breuvages que l'on prend à petites doses.
Dér. du celt. Tass, m. sign.
Taaso, s. f. Taxe, taux, prix, cours, tâche. — L'an
met à la tasto, on le fait travailler à la lÂche. Acà't la
taiio, c'est la taxe, le prix fixé.
Dér. du français Taxe.
Tasta, V. Goûter, déguster, essayer, éprouver; agir
avec circonspection, sonder le terrain.
Dér. du lat. Tactum, supin de Tangere, toucher.
Tasto, s. f. Dégustation, essai d'un fruit, d'une liqueur,
mais surtout des melons, du fromage, du vin et de l'huile ;
échantillon. — Préne un méloun à la tatto, choisir un
melon en en goûtant plusieurs. Mé pourtaran la tasto
d'aquél vi, on m'apportera l'échantillon de ce vin. Donna
à la tasto, offrir à l'essai.
Dér. de Tasta, goûter.
Tastoù, j. m. Reste de p&te dont on fait de la galette ou
une fouace qui imite grossièrement une forme humaine
appelée Èstève. — Voy. c. m.
Tastounéja, v. Tâtonner; chercher à tâtons dans
l'obscurité. Au fig. tâtonner, procéder avec hésitation, avec
incertitude, faute de lumières ou de renseignements précis.
Tavèl, j. m. Pile, tas, agglomération. — Tavèl (Tavèou,
en provençal), village du canton de Roquemaure, a la même
signification que réunion, agglomération d'habitations,
centre habité.
Té, J. m. Une goutte; la roupie qui pend au nez;
gouttière, chenal par lequel les eaux d'un toit s'écoulent
sur le sol. — JV'én vole pa qu'un té» je n'en veux qu'une
goutte, une larme.
Té, pr. pers. de la 2^ personne» Te, toi, à toi. — Té
vése, je te vois. Prén-té gardof prends garde à toi. Garo-té
d'aqui, ôte-toi de là. Dé 911^ l^pr«n? qu'est-ce qui le prend?
r^ té parlère coumo fôou, je lui parlai d'importance.
Dér. du lat. Te, ou du grec Te, te, tu, toi.
Tè! interj. Tiens! vraiment! Est-ce bien vrai! Est-il
possible! Tê, véjo-lou/ Tiens, vois-le! Têtu, tè iéoul s'em-
ploie en parlant de gens qui se disputent et se renvoient
réciproquement des injures.
TEM
Tébés, éso, adj, m. et /*. Tiède. — Âigo tihiso, eau
tiède.
Dér. du lat. Tepidus, m. sign.
Técha, V. Dégoutter, tomber goutte à goutte. — Soun
nas téeho, son nez dégoutte. Técho, il pleut légèrement, il
bruine. Aq[uil ron téeho, l'eau suinte de ce rocher.
Técho, «. /*. Goutte. — Yoy. aussi Té et Dégo^.
Téchoù, s* m. Petite goutte. Dim. de J^tf et de Tédko.
On dit aussi Téehé.
Tèfle, s, m. Gros morceau, grosse pièce. — Tèfle dé pan,
un quignon, un gros morceau, un chanteau de pain; on
buffle, un animal de grosse taille; un homme obèse, jouffin;
un soufflet appliqué sur la joue.
Tégne, v. Teindre, donner à une étoffe on à toute autre
chose une couleur voulue, en la plongeant dans une disso-
lution liquide préparée à cet effet.
Dér. du lat. Tingere, m. sign.
Téioos, onso, adj. m. et f. Filamenteux, fibreux,
coriace, comme la teille du chanvre, la filasse.
Tel, tèlo, 5. indéf. -^ Un tel, uno tèh, un tel, une telle.
Se dit dans un sens général pour désigner vaguement une
personne dont on parle. On dit aussi: un tàou, uno
talo,
Dér. du français.
Télado, f. f. Une pièce de toile.
Dér. de Tèlo. — Voy. c. m.
Télatiè, s. m. Marchand de toile, tisserand, marchand
toilier.
Téléto, s. f. Éblouissement, obscurcissement de la vue
chez les moribonds, dont la cornée devient trouble et
opaque. — La téléto, le voile de la mort.
Tèlo, «. /. Toile, tissu de fil de lin ou de chanvre,
tissu ou filet des araignées. On le dit aussi pour le lé ou
largeur d'une toile. — Tèlo d'oustâou, toile de ménage.
Tèlo cruso, toile écrue, non lessivée, non blanchie. Loi
tèlos se toquou, je suis sans le sou.
Dér. du lat. Tela, formé par syncope de Texuia,
Tèlo, s. indéf. f. Telle. — Madamo uno têio, madame
une telle. — Voy. Tél.
Témouèn, s. m. Témoin, celui ou celle qui a vu ou
entendu un fait; preuve ou marque; fragments de pierre ou
de tuile que l'on place à côté d'une bome-limile, et qui
étant rapprochés, se soudent de manière à reprendre leur
forme entière.
Dér. du lat. Testimonium, m. s.
TémpéBtéja, v. Tempêter, faire grand hmit, se ficher
bruyamment, faire de violents reproches.
Dér. de Témpèsto, tempête.
Témpèato, «. f. Tempête, ouragan, agitation violente de
l'air, le plus souvent accompagnée de pluie, d*éclairs et de
tonnerres.
Dér. du lat. Tempestas, tempête.
Témpiè ou Trémpiè, 5. m. Pluie abondante, qni pénètre
très-avant dans la terre et suffit à alimenter les souioei
TÈN
ei les fontaines et à les faire grossir. ^ À fa un bon trémpié,
la plaie a bien trempô la terre.
Dér. de Trempa, moniller.
Témpièira, v. Tremper, salarer cl*eaa. — A bien tém-
pHara, la pluie a bien trempé la terre oq Ta bienabreavée;
il a plu abondamment.
Dér. de TémpU. — Voy, c. m.
Temple, j. m. Temple; édifice consacré an cnlte pro-
testant. — Anan àou temple, nons nous rendons an service
religieux dans le temple protestant.
Dér. du lat. Têmplum, m. sign.
Témpotui, v. Finir son temps, sa tâche, sa joarnôe, son
année; supporter la grande chaleur, le grand froid, le vent,
la pluie, et en général les températures extrêmes. — L'on
po pa témpourï, on ne saurait tenir contre ce froid, contre
cette chaleur. Pod$pa hu témpourï, je ne puis le suppor-
ter ; se dit eu parlant d'un fâcheux, d'un homme ennuyeux.
Dér. du lat. Tempori», gén. de Tempus, temps.
Témpouros, s. f, plur. Les saisons, mais surtout le
renouvellement de chaque saison, les Quatre-Temps ou
saisons de Tannée que TÉglise consacre au jeune et à
Tabstinencc ; la saison des semailles ou autres opérations
principales de Fagriculture.
Dér. du lat. Tempara.
Tén, «. m. Temps, durée qui s*éconle d'une époque à
une autre plus ou moins éloignée; loisir; délai; terme;
saison propre à chaque chose; occasion; état, disposition
de l'atmosphère. — Sèn Aou bèou tén, le beau temps est
arrivé. Prou tén et bdo ouro, se dit de celui qui néglige
ses affaires, qui croit toujours avoir le temps d'y songer,
de s*en occuper, et ne s'en occupe jamais.
Dér. du lat. Tempue, m. s.
Tén, téncho, adj. m. et /. Teint, teinte, qui a été
plongé dans un bain de teinture.
Dér. du lat. Tincius, m. s.
Tèn, 3* pers. de l'ind. du verbe Téni ou Tène, tenir. Il ou
elle tient.
Dér. du lat. Tenere, tendre.
Ténal, s, m. Locution employée comme terme de com-
paraison : Maïgre coumo un ténal, sec comme un hareng,
maigre comme un cent de clous. Le mot Ténal dérive
peut-être de tenaille, outil qui rappelle vaguement, avec sa
tète et ses deux branches, les bonshommes naïfs que les
enfants dessinent sur les murs.
Ténchora, v. Teindre, donner de la teinture à une
étoffe, passer une couleur à l'huile, au vernis on à l'eau
sur une porte, une fenêtre, un meuble, une construction
en bois. — Aï ténehura ma porto, j'ai passé delà peinture
sur ma porte.
Dér. du lat. Tingere, m. s.
Ténchnriè, ténchnrièîro, s. m. et f. Teinturier, celui
qui exerce le métier de teindre les étoffes.
Dér. du lat. Tinctor, m. s.
Tênchnro, s, ^.Teinture, liqueur préparée pour teindre;
TÉN
6'23
impression de couleur que cette liqueur laisse sur les
étoffes ; l'art du teinturier.
Dér. du lat. Tinctura, m. s.
Téndièiro. j. /. Amorçoir, tarière dont les charpentiers
se servent pour commencer un trou dans le bois.
Dér. de Tendre, diriger.
Téndi, s. m. Piège pour prendre les petits oiseaux,
composé d'une pierre plate soulevée d'un c6té de manière
à présenter une inclinaison d*environ 45<>, et soutenue sur
un appui fragile composé de quatre hachettes disposées de
telle sorte que le moindre attouchement les détraque et
fait tomber la pierre sur l'oiseau. — Voy. Léco,
Téndîtfs, s, f. plur. Terme de laboureur. Ce sont deux
verges ordinairement en fer qui passent à travers le sep
d'une charrue et le relient au mancheron.
Dér. du lat. Tenere, tendre.
Tendes, j. /. plur. ^ Téndos dâou col, les muscles, les
tendons du cou.
Téndreù, s. f. La tendreté d'une viande, d'une salade,
du pain, d'un comestible quelconque, qualité de ce qniest
tendre ou facile à couper; les châtaignes qui, après le
dépiquage, ne sont pas encore complètement desséchées. —
Ta dé téndroù dinc aquélo pisado, il y a des tendrons
dans cette quantité de châtaignes sèches soumises au dépi-
quage.
Tène, v. Tenir, être ferme; être lié, attaché, collé;
ressembler. — Tène pè, piéter; marcher avec quelqu'un
d'un pas égal, le suivre de près. Fasis mé tène aeà, faites-
moi passer cela. Quan ténèn dâou méif combien avons-
nous? quel est le quantième du mois? Tèn dé soun pèro,
il a les qualités ou les défauts de son père. Se tèn bien,
il s'habille avec goût.
Dér. du lat. Tenere, tendre.
Ténésoù, s. f. Constance, fermeté, cohésion, solidité.
— - Lou tén n'a jet dé ténésoù, le temps est inconstant,
variable.
Dér. de Tène, tenir.
Téngnde, e. f. Lieu où l'on se tient habituellement;
maisons que l'on fréquente ordinairement; habitat, en
parlant des plantes; gîte, en parlant des animaux. — Aeà
soun sas téngudos, c'est là qu'il se tient d'habitude.
Dér. de Tène, tenir.
Téngnén-téngnén, locut. employée en Languedoc et
équivalente à donnant>donnant, tenant-tenant. Cette ex-
pression est très^mployée parmi les enfants qui, en voulant
troquer une bagatelle contre une autre, se défient l'un de
l'antre et conviennent, en prononçant cette locution, de se
nantir réciproquement, mais seulement à demi, de ce qu'ils
veulent échanger.
Dér. de Tène, tenir. — Voy. c. m.
Téni, V. Tenir, avoir â la main ou entre les mains;
posséder; être lié, attaché; prendre, recevoir; avoir hérité;
proférer, tenir des propos; avoir de la ressemblance;
entretenir, accomplir, garder, effectuer. — Teni d'à-mén.
634
TER
sarveiller, épier. M'ou (eue dé di ou pér di, je me le tiens
poar dit. Ce mot s'emploie d'ailleurs dans le même sens
que Tène, dont il est un équivalent.
Dér. dn lat. Tenm-; tendre, à cause de Tétat de tension où
sont les muscles de la main quand on tient quelque chose.
Ténquo, i. m. Coup* brèche. — A réçaupégu uno
ténquo, cet objet est écorné, fendu, il a reçu une brèche.
Tenta, «. Tendre des toiles sur le devant des maisons
ou au-dessus des rues pendant les grandes chaleurs de Tété
pour se garantir des rayons du soleil. Dans certains pays,
et notamment à Avignon, on tend des toiles au-dessus des
rues où passent les processions de la F6te-I)ieu.
Dér. du lat. Tenere, tendre.
Ténto, «. f. Tente, pavillon militaire, abri de toile sous
lequel on campe; banne, toile que l'on tend pour se mettre
à l'abri de la pluie et du soleil.
Dôr. du lat. Tmtorium.
Téoniè, s. m. Tuilier, ouvrier qui fabrique des tuiles
avec de l'argile cuite.
Dér. du lat. Tegularius, m. s.
Tôouièîro. s. ^ Tuilerie, fabrique de tuiles; briqueterie,
usine où l'on fabrique et où l'on cuit des briques d'argile.
Dér. du lat. Tegularium, m. s.
Téoulado, t. f. Toiture faite avec de la tuile et, par
extension, une toiture en général.
Dér. de Téoule, tuile.
Téoule, j. m. Tuile, sorte de plaque en argile cuite et
ordina lement cintrée, qui sert à couvrir les maisons, à
construire des toitures; une visière de casquette. — Faïre
lou téouie, avoir l'air malade ou déconfît.
Dér. du lat. Tegula, de Tegere, couvrir.
Tôoula-vis, j. m, comp. — Téoulado à téoule-vis, toiture
à tuile découverte, sans doublure de planches ou de briques
plates.
Téoulisso, s. f. Toiture de maison construite avec de la
tuile. On dit aussi Téoulado et Couver. — Voy. c. m.
Dér. de Téoule, tuile.
Tèoune, tèouno, adj\ m. et /. Mince, aminci, grêle,
frêle, terne, pâle, sans couleur.
Dér. du lat. Tenuit,
Térado, i . f. Champ, plantation, pièce de terre semée
ou complantée d'une même espèce d'arbres ou de plantes.
— Vno térado dé bla, un champ de blé. Uno térado dé
trufot, un champ de pommes de terre. Vno térado d'amouriè».
une terre plantée de mûriers.
Dér. de Tèro, terre.
Téragnas, j. m. Rocher pourri ou pierre morte ; roche
qui s'effrite et se décompose à l'air, qui se réduit en pous-
sière ou en écailles; terrain inculte, rocailleux et couvert
de broussailles.
Dér. de Tèro, terre.
Téraiè, «. m. Potier de terre, faïencier, revendeur
d'ouvrages en poterie, en faïence, en porcelaine.
Dér. de Tèro, terre.
TER
Téraîo, i . f. Poterie, vases en terre cuite, ustensiles de
cuisine en terre cuite, vaisselle en poterie. La poterie de
Saint-Quentin, près d'Uzés, est très-uaitâedanB les enviions
d'Alais. Cette poterie est commune, mais solide et légère.
— Lava la téraîo, laver la vaisselle.
Dér. de Tèro, terre.
Téraire, s. m. Territoire; Tensemble du territoire d'une
commune; surface de pays dépendant d'une même jari-
diction. — Téraïre loubàou, portion de terroir alternati-
vement formé de rochers et de terre végétale, présentant
des veines et des cavités. — Téraïn bravén, sorte de
terrain lacustre, ancien fond d'étang.
Dér. de Tèro, terre.
Téralado, «. /: Terreau, terre neuve» limon transporté
sur une terre maigre pour l'engraisser ; terreau, humos
des forêts et des bois, fumier réduit en poudre noirâtre
que l'on emploie pour cultiver des plantes délicates on
rares.
Dér. de Tèro, terre.
TéraBsiè, «. m. Terrassier, ouvrier terrassier, ouvrier
que l'on emploie dans les travaux de terrassement, surioat
dans la construction des routes. Se dit, par extension, d'un
homme qui cherche à agrandir son champ aux dépens de
ses voisins par des empiétements successifs.
Dér. de Tèro, terre.
Térô, f. m. Sorte de raisin bon à manger que l'on
cultive dans le Languedoc. Il y en a de plusieurs espèces :
le téré proprement dit d'un rouge brun; le téré4àuré,
rouge p&le et blanchâtre; le téré-ésealan, dont les grains
sont très-làches et très-espaces.
Téréja, v. Remuer, gratter la terre, comme font les
enfants en se jouant par terre ou sur un tas de sable.
Dér. de Tèro, terre.
Térino, s. f. Terrine,* vase en terre évasé servant à la
cuisine. Ce mot s'emploie surtout pour désigner nn bassin
de garde-robe ou de chaise-percée ; un bassin de malade,
plat, évasé, que l'on fait glisser dans un lit, sons le malade.
Terme, j. m. Terme, borne, limite d'un diamp, d'un
territoire, d'un domaine. ^ Planta terme, procéder à un
bornage, à une délimitation de propriétés oontignés.
Dér. du lat. Termen, terme.
Tèrméja, v. Aborner un champ, y planter des bornes.
Dér. de Terme, terme.
Tèro (Faire), loc, adv. Succomber à une grande douleur.
— Né fara tèro, il en mourra de chagrin.
Tèro-bravénqno, j. f. eomp. Terre forte el argileuse
des terrains lacustres.
Tèro-labourivo, j. f. eomp. Terre labourable, propre à
être labourée, à recevoir la semence.
Tèro-loobâou, s. f, comp. Terram rocailleux, mélangé
de terre végétale.
Téroùs, 0U80, adj. m. et A Terreux, euae; mébuigé oa
souillé de terre.
Dér. de Tèro, terre.
TES
TIA
635
U ». m. Toupie de grosse dimension. On dit
BDSSi Turhin.
Tés, S. m. Tôt; morceau de poterie cassée; fragment
d*nn pot cassé, d'une faïence, d*nn verre. — Aquél fricd
tén lau féff» ce ragoût à Todenr de poterie brûlée. Il existe
près de Rome une colline assez élevée appelée Monte-
Teiîaeeio, entièrement formée par des débris de poterie
cassée et dont l'origine n'est point encore expliquée.
D6r. du lat. Te$ta, vase de terre cuite.
Tétcoû, f. m. Le coin de la charrue qui assujétit le
mancheron à la queue du soc et dont l'enlèvement suflBt
pour démonter la charrue.
Téso, <• f. La gomme, la sève qui découle des arbres
résineux.
Téstari, »• m. Têtu, entêté, opiniâtre.
Dér. de Tèiio, tète.
Téttéto, M. f. Petite tète, tète d'agneau, de chevreau.
— Âï méê uno téstétOp j'ai mis à cuire une tête d'agneau.
Dim. de Tètîo, tète.
Téstièiro, f. f. Chevet d'un lit: le chatourné d'un lit;
pièces qui font partie d'un bois de lit du côté du chevet;
têtière, portion de la bride qui passe sur la tête du cheval.
Dér. de Tèsto, tête.
Tèflto, «. f. Tête, portion du corps de l'homme ou de
l'animal qui contient le cerveau, les organes de la vue, de
I'ouSb, du goût et de l'odorat. — Èm un home dé tègto,
c'est un homme intelligent. Faï eoumo hut aïée, trawuo dé
tèeto, c'est un homme qui réfléchit continuellement. Groeto
tètto pAou dé ién, celui qui a une grosse tête a souvent peu
de bon sens. Parla dé tieto, être dans le délire. Tèsto dé
fol n'a jamai blanqui, tête de fou n'a jamais blanchi.
Aquél éfan a bono tèeto, cet enfant est intelligent, il a de
la mémoire, il apprend facilement. Tèsto d'Oié, une têle
d'ail, l'ensemble des gousses qui la composent. Tèsto d'ase,
têtard, larve de la grenouille. Tèsto duro, intelligence
lente, conception difficile, celui qui possède ces défauts.
Tèsto séquo, étourdi, évaporé, qui ne sait pas se conduire.
Tèsio-flou, jeu de pile ou face. Contraction de l'expression
Tèsto ou flou, tête ou fleur, parce que jadis les pièces de
monnaie françaises présentaient, d'un côté l'effigie du
souverain et de l'autre l'écu fleurdelisé aux armes de
France.
Dér. du lat. Testa, employé dans le sens de crâne.
Tésioù, s. m. Teston, ancienne monnaie de France
ainsi nommée parce qu'elle portait sur l'avers l'effigie du
roi régnant. Les premiers testons furent frappés sous
Louis XII; ils valaient d'abord dix sous, leur valeur
s'éleva jusqu'à vingt-quatre sous.
Téstoulo, s. f. Morceau de tuile cassée, débris de tuile
ou de brique.
Dér. de Tes, têt.
Testa, 5. m. Gros marteau de maçon employé dans
les démolitions de maçonneries, et servant â dégrossir ou
briser les modUons bruts. Ce marteau est pointu d'un côté.
Téstudo (Piolo), s. f. Hache â talon ou â marteau*
Tèt, s. m. Toit, toiture, couverture de maison.
Dér. du lat. Tectum, m. sign.
Téta, V. Téter, se dit d'un enfant à la nourrice. —
Ènearo této, il n'est point encore sevré. Âvédre lou téta dous,
être persuasif, avoir la langue dorée. Téia se dit aussi dans
le jeu de boules pour indiquer que la boule louche le but.
Dér. du celt. Tetar, ou du grec Ti'dht, mamelle.
Tétaira, s. m. Rejetons, branches gourmandes des
arbres ; un enfant qui demande souvent â têter, un rude
têteur.
Tétarèl, f. m. Le hochet ou suçoir des petits enfants.
On appelle aussi Tétarèl ou tétarèlo, celui ou celle qui
fait métier de têter les femmes que le lait incommode.
Tétin, f . m. Le sein d'une femme, le pis d'une vache,
d'une chèvre, d'une brebis.
Dér. du grec TiiOij, mamelle.
Tétinardo, j. f. Une grosse femme aux fortes mamelles,
et par ironie une grosse commère, une grosse maritome.
Dér. de Tétin, sein.
Tétino, j. f. Le pis des animaux et en particulier d'une
chèvre, d'une vache, d'une brebis qui portent du lait.
Dér. de Tétin. — Voy. c. m.
Této, s, f. Châtaigne bouillie, marron bouilli que l'on
mange comme en tétant; on l'appelle aussi Câoudéto, —
Es fia eoumo uno této, il est mou comme un linge mouillé.
Té erèbe eoumo uno této, je te crève comme une vessie,
une outre.
Této-lèbra, s. m. Nom vulgaire du Lyehnis sylvestris
alba simplex, ou Compagnon blanc. — Voy, CdotUiekoù.
Ti, s. m. Mouvement convulsif et involontaire de
quelque muscle; geste singulier et non justifié que l'on
fait par habitude et sans raison ; tic, grimace habituelle;
caprice, passion; maladie ou mauvaise habitude du cheval
qui le porte â mordre sa mangeoire ou à frapper dessus
avec la tête. — Préne lou ti, s'entêter. Préne à ti, prendre
en grippe. Aquà es soun ti, c'est son habitude, sa manie,
son caprice, son défaut. A lou ti dé béoure, il a la manie
de boire.
Tîa, V. Tuer, ôterMa vie d'une manière violente;
détruire, fatiguer â l'excès, éprouver un violent chagrin.
— La baràasto a fia lous amouriès, la gelée blanche a
brûlé la feuille. Aquél chagrin mé tuio, ce chagrin me tue.
Dér. du grec 66ai, immoler, tuer.
Tiadoù, «. m. Tuerie, abattoir, lieu où les bouchers
tuent les animaux de boucherie.
Dér. de Tia, tuer.
Tîadouiro, s. f. Tuerie, massacre, carnage, boucherie;
coupe-gorge; endroit dangereux, escarpé, difficile à fran-
chir, où l'on court risque de la vie.
Dér. de IXa, tuer.
Tiair», s. m. Tueur de cochons, égorgeur, garçon
boucher.
Dér. de Tia, tuer.
626
TIM
Tiba, V. Tendre oa étendre en t'traût. On dit aussi Tibia.
— Tiba uno cordo, tendre une corde. Se tiba, se serrer la
taille, t» tiba, an fig. il est ivre. On suppose que ce mot
vient du celtique.
Tibage, «• m. Une mangeaille. — Àvèn fa un Hbage,
nous avons fait un repas homérique. — Voy, Couflage et
Bamplitnén,
Dér. de Tiba, tendre.
Tiblado, s, f. Une truellée. Au fîg. une grande cuillerée
de potage.
Dér. de Tiblo, truelle.
Tiblassado, s,f, Augm. de Tiblado. Une grosse truellée de
mortier, de plâtre, etc., au fîg. une grande cuillerée dépotage.
Dér. de Tiblo, truelle.
Tiblo, f. f. Truelle, outil de maçon qui sert à prendre
le mortier, à l'étendre; il sert aussi à gâcher le plâtre, à
le délayer et â polir les enduits.
Dér. du lat. Trulla, plat, écuelle.
Ticun, J. m. Personne capricieuse, qui a contracté une
habitude, un tic, une manie. — Acà's un ticun, c*est un
maniaque.
Tièiro, s. f. File, rangée, rang, ordre, suite ; une allée
d'arbres; un rang de pieux, de ceps de vigne, de choux.
Tico-taco, t. m. Tic-tac, terme servant â exprimer le
battement du cœur. — Soun cur i fatU Heo-taco, son cœur
battait avec force.
Tifo-tafo, Bagarre, dispute, émeute, échaffourrée ,
tapage. — Y-&oura quâoueo Ufo-tafo, il y aura du grabuge.
Tignassiè, ièiro, 5. m. et ^ Celui ou celle qui a une
chevelure épaisse, rude et inculte. — Tignassiè téslu,
homme â la tête ébouriffée, mal peignée, hirsute, et dont
Tentètement n'est pas moindre.
Tignasse, s. f, Teignasse et non tignasse d'après l'abbé
de Sauvages; chevelure mal peignée, vieille perruque. —
Tignasso dé candi, une ])erruque de chiendent, une che-
velure d'un blond fade. Tignasso, dit Sauvages, est cor-
rompu du fr. teignasse dérivé à son tour de teigne, maladie
de la tète qui provoque la chute des cheveux, dont la
perruque dissimule l'absence. C'est pour obvier aux con-
séquences de cette maladie que la perruque a été sans
doute inventée, et les teigneux avaient, plus que personne,
le plus grand intérêt à l'adopter.
Dér. de Tigno, teigne.
Tignos, s. f. Les engelures qui surviennent aux pieds
et aux mains; tumeur phlegmoneuse, accompagnée de
démangeaisons et occasionnée par le froid. On dit aussi
Cidoulos, — Yoy, c. m.
Timboorlo, j. f. Sonnette de bélier qui rend un bruit
sourd et que l'on suspend au cou des chefs du troupeau.
Timbra, v. Tendre fortement. Se dit d'une corde à
boyau de violon, de guitare, de harpe et de tambour. —
Timbra un tambour ^ tendre la double corde à boyau placée
sous la peau inférieure d'un tambour et que l'on serre avec
une vis à écrou pour précipiter ses vibrations.
TIO
Timbra, ado, adj. n^, et /. Tendu, tendue. — Tiro
aquèlo cordo et faï la bien timbra, tire cette corde et tends-
la bien.
Dér. du V. TîTnbra.
Timbre, s. m. Timbre, marque imprimée ; petite doche
dépourvue de battant et que l'on frappe avec un marteau.
On Ta appliqué aux horloges, aux pendules, aux portes
d'entrée dés maisons pour remplacer le marteau.
Timeù, «. m. Timon, longue pièce de bois qui sort de
l'avant-train d'une voiture ou d'un chariot et à laquelle
on attelle les chevaux; gouvernail d'un vaisseau, d'un
bateau, qui sert â le diriger.
Dér. du lat. Temo, onis, ûèche de char, appareil qui
sert â le conduire, à le traîner.
Timeù, t. f. Tumeur, tuméfaction, soulévem^t de la
peau ou de la surface d'un organe, produit soit par on
corps étranger qui cherche à pénétrer an d^ors, soit par
un amas plus ou moins profond de liquide, soit enfin par
un développement de tissus organisés.
Timonniè, s. m. Cheval attelé au brancard d'une
charrette.
Tinado, s. f. Une cuvée; plein une cuve; ce que l'on
fait à la fois de vin dans une cuve ; une cuvée de linge
lessivé.
Dér. du grec Ttv06ç, cavité, chaudron.
Tinâen, s. m. Cuve vinaire ; cuveau en maçonnerie ou
en bois où l'on met à fermenter le raisin préalablement
foulé sur un plancher supérieur.
Étym. du mot précédent.
Tine, s. f. Cuve en bois servant à lessiver le linge;
fosse où les tanneurs font macérer les peaux dans la
chaux détrempée, pour les épiler.
Étym. des deux mots précédents.
Tintamarado, s, /. Tintaqaarre, bruit insolite et intense:
vacarme, bruit désordonné et confus.
Dér. de Tinta, frapper, tinter, et de Marro, sorte de
bêche ou de houe qui sert à bêcher la terre et sur laquelle
les paysans frappent pour marquer l'heure des repas et en
donner le signal à leurs compagnons.
Tin -tin! interj. Onomatopée traduisant le son des
pièces d'argent. — Té pagaraï tin-tin/ je te payerai
comptant, argent sonnant. Cette locution désigne aussi
le son d'une petite cloche. La eampano a fa fm-Hm, la
cloche a sonné, a tinté. Lou tin-tin dé la eatstpano, le
tintement de la cloche. Dans ce dernier cas l'expression
tin-tin est employée substantivement.
Tien, tienne, pr. poss, m. et f. de la t^ pers. du ting.
Tien, tienne ; qui est à toi, qui t'appartient. — A^ ér
ttou, cela est à toi.
Dér. du lat. Tuus, dér. du grec Te^c, m. sign.
Tienne, pr. poss. seconde forme de Ttou, dont la signi-
fication est la même et dont le féminin est aussi flcmno.
Nous devons faire remarquer toutefois que Tioun9 s'em-
ploie plus souvent substantivement pour le tien, ton bien.
TIR
TIR
6-27
'^ que tu possèdes. — Sièi din lou tioune, ta
ton bien, dans ton héritage, sur tes do-
' le mot précédent.
vers soi, dans le sens où Ton
'on ; tirer ou puiser de l'eau
tirer un coup de fusil.
Tira d*aïgo, signifie
aux expédients.
Tira dé la,
dé fusa,
rou'
sa
. un
.:ablcs
.alll soi,
. ti>ucher de
qui provoque
. 'ules quand un
«<u contre celle de
Tira péno ou plutôt
1(3 compte de quelqu'un,
.ire. Tiro dé soun paire, il
.1 hcs manies, ses qualités, ses
.. retire-toi de là ou tire-toi de là
.^. Faïre tira sous papiès, faire expé-
.u extrait d'un acte de naissance, de
s, ou tout autre document particulier.
•i T, enlever, arracher, retirer. — Y-an tira
Il Ta saigné. Tiro-mé 'quélo éspigno, ôte-moi,
-ijioi cette épine.
1. de l'ital. Tirare, ou de l'espagnol Tirar, par
1 rupt. du lat. Trahere,
Tira (Se), v. réfl. Se tirer, se dégager, se délivrer,
échapper. — M'en souï lira d'uno bélo/ je l'ai échappée
helle! je me suis tiré d*un fier embarras! Se tira d'en
dé souto, se tirer de dessous. Lous èrs se tirou, il y a un
courant d'air. Si n'es tira kts bràws nélos, il s'en est tiré
sain et sauf.
Tiradis, isso, adj. m. et f. Qui est souvent tiré, qui se
renouvelle souvent. Aïgo tiradisso, potu tiradis, fontaine,
source, puits dont l'eau est souvent puisée.
Dér. de Tira.
Tiradoù, s. m. Tiroir, sorte de boite carrée enchâssée
dans une table, une armoire, une commode, et qu*on
ouvre à volonté en la tirant à soi.
Dér. de Tira, tirer.
Tiradoù, «. m. Atelier de filage de soie, où on la dévide
sur le cocon, et dans lequel sont établis plusieurs tours à
tirer ou à filer. — Foy. Tirqjs.
Tirûro, «. f. Tireuse ou fileuse de soie; l'ouvrière qui
la dévide sur le cocon, an moyen de l'eau chaude. On
disait aussi jadis Tiraïrs, pour désigner les ouvriers mâles
employés à ce dévidage; mais depuis de longues années, le
dévidage des cocons est exclusivement réservé aux femmes
dans la région alaisienne.
Tiraje, j. m. Filature; atelier où Ton tire la soie du
cocon en le plongeant dans l'eau chaude. On appelle aussi
l'atelier où l'on tire la soie, Urddoà; celui où on la
mouline, moull dé sédo»
Tirassa, v. Traîner; traîner après soi, traîner parterre;
au fîg. dire à quelqu'un des paroles méprisantes.
Dér. du lat. Trahere ou du grec Tivia<Ttx>, mouvoir,
agiter, secouer.
Tirasaa (Se), Se traîner, languir, se traîner par terre,
dans la saleté. — Se po pas tirassa, il ne peut pas se
traîner.
Tirasso, s. f. Tirasse ou traînasse, filet aussi large que
long qui sert à prendre les oiseaux; herse, trainoireou
traîneau dont on se sert dans certaines fermes pour traîner
du fumier, des pierres, etc., sur un terrain où les voitures
ne peuvent passer.
Tirlan, s. m. Chenapan.
Tirlintèîno, s. f, Tiretaine, sorte d'étoffe dont la chaîne
est de fil et la trame de laine. Ce nom, qui s'applique à
une étoffe fragile, s'emploie au fig. pour déprécier une chose.
— Aquà 's pas que dé tirlintèîno, se dit d'une chose de
mauvaise qualité, et même d'un homme de peu de valeur
au point de vue de l'honorabilité.
Sauvagbs pense que la tiretaine a pris son nom de la
ville de Tyr où on l'aurait fabriquée dans l'antiquité ; mais
cette étymologie ne nous parait devoir être acceptée qu'avec
la plus grande réserve.
Tiro, j. m. Difiérend, débat, contestation sur le prix, la
valeur d'un objet ; écart dans deux évaluations distinctes
d'une denrée, d'une marchandise. — Sèn dé tiro dé très
frans, nous sommes en discord de trois francs. Dé quan
ses dé tiro? De combien différez- vous dans vos appréciation^
pour la conclusion de votre marché? Sèn dé tiro dé quicon,
nous sommes en discord d'une faible différence. Soun pas
dé tiro que dé l'amitié, ils n'ont aucune sympathie l'un
pour l'autre.
Tiro-lancè ou Tirlancè, s, m. Bilboquet; amusette
pour tuer le temps, amuser les enfants, leur faire prendre
patience; pour aider les personnes désoeuvrées à tuer le
temps dont elles ne connaissent ni le prix ni l'emploi.
Tiro-larigô (A), adv. En français à tirelarigot, A foi-
son, en abondance, à profusion, avec excès. Expression émi-
nemment rabelaisienne, fréquemment employée par l'auteur
de Gargantua et de Pantagruel. — Manjèn et béguén à
tiro-larigà, nous mangeâmes et nous bûmes à tirelarigot,
à profusion, à ventre déboutonna!. On di t aussi vulg. en fr. :
à bouche que veux-tu.
Tirolo, s. f. Poulie, appareil mécanique composé d'une
chape qui soutient le rouet, au moyen d'un boulon de fer.
Le rouet tourne sur cet axe, et reçoit dans la gorge creusée
sur sa tranche la corde qui se déroule dans la gorge et à
'. laquelle sont suspendus les fardeaux que l'on veut élever
628
TOQ
oa descendre. Les doubles poulies destinées à soulever de
lourds fardeaux sont appelées moufles. On dit aussi Pouléjo
et Carèlo. — Voy. c. m.
Tiro-longo, i. f. Délai, retard. — Aqtià faï unogrando
tiro4ongo, cela éprouve bien des retards, cela traîne fort
en longueur. On donne aussi ce nom à une ruelle étroite
et longue telle que la ruelle d*Âlais qui s'ouvre entre le
Palais de justice et le couvent des Dames-Blanches et se
prolonge sur une grande étendue, à travers les jardins du
Plan-d'Âlais, dans la direction du couchant au levant.
Tiro-pèou, i . m. Tiraillement des cheveux ; Faction de
tirer les cheveux à quelqu'un. — Crégne lou f iro-péou, j*ai
les cheveux très-sensibles, je souffre quand on me les tire.
— Jouga à tiro-pèou, se prendre aux cheveux pour se
disputer quelque chose qu'on a jeté à terre, comme
lorsqu'on jette des dragées ou de l'argent à une troupe de
polissons.
On appelle aussi Tiro^èova, les tètes de bardane, Lappa
major et minor, plante à larges feuilles qui croit au bord
des chemins, dans les décombres, autour des habitations, et
dont les capitules portent un involucre à folioles imbriquées
dont les extérieures, terminées en pointe aiguë et recourbée
en hameçon, s'accrochent aux cheveux avec une grande
ténacité.
Tires, «. m. pi. Les tirants de la viande de boucherie,
les aponévroses et les tendons blancs, flexibles et difficiles
à couper par un effort de tension.
Dér. de Tira, tirer.
Tisoù, j. m. Tisonnier, instrument de forgeron qui sert
à attiser le feu et qu'il ne faut pas traduire par Tison,
Tisso (En), «. f. Manie, habitude, tic, forte envie. —
Préne en tisso, prendre en grippe, en aversion; avoir une
dent contre quelqu'un.
Togno, s. f. Femme difforme, stupide, grossière.
Tombo-lèYO, i. m. eomp. Chance alternativement bonne
ou mauvaise, qui submerge ou remet à flot. Se dit d'un
homme qui après avoir été à deux doigts de sa perte, se
relève et remonte sur sa bête.
On donne ce nom en Provence à un filet que Ton plonge
dans le Rhône et que l'on relève à volonté au moyen d'un
jeu de bascule ingénieusement combiné.
Tompo, s, f. Bassin, réservoir ; a la même signification
que Toumplino, bassin, réservoir, en provençal, dérivé
lui-même de Toumple, gouffre, abime.
Tonqno, tounqaarèlo, <. /". Sotte, stupide, grossière,
correspondant à Togno (Yoy. c. m.), qui devrait plutôt
s'écrire Tonio, forme vulgaire du nom d'Antoinette etfém.
de Tàni, Antoine.
Toquo, <. /*. La touche ou le but, au jeu de .mail.
Pierre que la boule doit toucher ou approcher le plus près
pour gagner la partie ; bûchette dont les enfants se ser-
vaient jadis pour toucher les lettres qu'ils épelaient sur
l'abécédaire. — Es à la toquo, il en est à la croix de par
Dieu. Il s'emploie aussi dans le sens d'époque : Se cou»
TOU
: nouUsou dé longo toquo, ils se connaissent de longue date,
depuis longtemps. Sèn toquo-toquo, nous sommes côte à côte,
à côté l'un de l'autre ; nous sommes voisins.
Toquo, v. Il touche; Z^ pers. du prisent de Vindicatif
du verbe Touqua, toucher. — Toquo-hu/ touche-le!
frappe-le ! ne le manque pas !
Tord, torso, adj. Tordu, tordue. — Dé fiou tord, dé
lano torso, du fil tordu, de la laine tordue.
Toro, 5. f. Chenille ; on donne aussi ce nom à l'aconit,
au cormier des oiseleurs, à la chrysomèle de Tosier franc;
mais surtout aux plantes et aux insectes dans lesquels on
soupçonne une qualité malfaisante.
Torou, s, m. Un tronçon, une tranche d'un bois cylin-
drique; un rondin; une grosse pièce en bois de grume,
ronde et entière.
Le mot Touradouiro, qui désigne une scie à deux mains,
employée à débiter le bois ou la pierre de taille, dérive de
Torou,
Tosse, V, Tordre, donner le tords au fil, à la soie, à la
laine ; câbler de la corde, de la ficelle, un lien d'osier. -«
Si po pas tosse, il ne peut ni se tourner, ni se baisser. —
Tosse uno amarino, tordre un lien d'osier. F-a pas rés à
tosse, il n'y a rien à prendre, rien à gratter, rien à
manger.
Totô, tototo, «. m. et f. Petit enfant, bambin, bébé.
Dim. de Pichd, piehoto, PicKouté,
Ton, «. m. Un égoùt, un cloaque. On dit aussi Touoè
on Grun,
Tout, adv. Tout. — N'en vèn dé partout, il en vient de
toutes parts. Dé pértout est un italianisme; c'est le da
per tutto des Italiens.
Tout, tonto, s. indéf. m. e% f. Tout. — FTéê pas hu
tout, ce n'est pas le tout. Mé n'a di dé la» ttmtoe, il n'est
pas d'injures qu'il ne m'ait adressées.
Dér. du laL Tatum,
Tout, touto, adj. m. et f. Tout, toute.
Dér. du lat. Totus, tota, m. sign.
Tonl interj. Onomatopée employée dans le jeu de
cligne-musette, pour indiquer que le jeu est fait, que Toa
est caché. Oui, c'est fait!
Touchi, f. m. Tuchin, touchin ou coquin. Nom qui fat
donné à des troupes de paysans des environs de Nimes,
qui, excédés du poids des impôts qu'ils supportaient
presque seuls, prirent les armes et commirent tontes sortes
de pilleries dans les maisons des riches. Cette qualification,
Touchï dé Bénobre, est restée appliquée aux habitants de
I Vézénobres, que l'on accusait d'avoir reçu chez eox ces
révoltés et favorisé leurs pillages. — TouehinaHi, ooqui-
nerie. Touchinat, rébellion.
Toncho, s. f. Tournure, allures grotesques. Emprunté
à l'argot parisien. C'est quelque chose de plus que MififSf.
Toucha se dit des dehors d'un personnage, considérfis dans
leur ensemble. Qu^ie bann% touche/ 8*écrie-t-on à l'aqiect
d'un grotesque. Ce terme a dû naître dans les ateliers
TOU
de peinture, dit M. Lorôdan Larchey (Excentricités du
langage français).
ToofOt s. ^. Moaffette, exhalaison pernicieuse qui se
développé dans les mines, dans les souterrains profonds où
Fair ne circule pas.
En terme de magnanerie, c'est une chaleur concentrée,
une vapeur suffocante, un coup de chaleur forte et subite
qui survient dans les appartements où Ton élève les versa
soie. Cette influence rel&che les fibres des vers à soie, les
rend languissants et les tue, si Ton n'y apporte un prompt
remède. C*est une sorte d'asphyxie.
Dér. du grec Tu^o^, fumée, stupeur.
Tongnas, ubso, j. m. et f. Péjoratif de Toni et de
Togno. Sobriquet donné à un homme, à une femme. Gros
Antoine, gros benêt, gros pataud, gros imbécile, gros
joufflu, paysan lourd et grossier, gros nigaud.
Touîâon, touiàondo, «. m. et f. Surnom donné à un
groe joufflu, un gros poupard, un gros plein-de^soupe. On
dit aussi Moutifiâou.
L'augmentatif Toutàoudasso s'applique aussi à une grosse
femme joufflue, une grosse maman.
Tonisso ou Bouiasounado, s. f. On donne ce nom aux
buissons ou haies vives qui entourent un champ sous
forme de clôture.
Dér. du grec Tot^oc, mur, rempart.
Toulipo, 5. /. Tulipe.
Toumba, v. Tomber, chuter; démolir, renverser,
abattre; être entraîné de haut en bas par son propre poids.
Ce verbe, neutre en français, est le plus souvent actif en
languedocien, ce qui occasionne pour les habitants du
Midi une foule d'erreurs grammaticales. ^ Mi sièi
toumba, je suis tombé, ^i' manca mé ioutnba, j'ai failli
tomber. Toumba un oustAou, abattre une maison. M'a
toumba, il m'a renversé. La tdoulo tomba, il n'y a pas de
pain sur la table. Avès toumba quicon, vous avez laissé
tomber quelque chose. Mé toumJbaraï, té toumbaras, je
tomberai, tu tomberas. Toumba dé soun Ion, tomber à
plat. Aeà's tùumba en prouvèrbi, cela est passé en proverbe.
Âcà toumbè pas dou sôou, cela ne tomba pas à terre, ne fut
pas oublié. Las mans mé tombou, je ne me sens pas les mains
du froid qu'il fait; j'ai l'onglée. Toumban hu cas, le cas
échéant. Pode pas y toumba, je ne puis y réussir, le moyen
m'échappe. Toumba dé vi, dé bouïoun, répandre du vin, du
bouillon. Toumban-lévan, à grand'peine, cahin-caha, tant
bien que mal.
Dér. de Toumbo, c.-à-d. aller dans la tombe, en bas.
Toumbado, «. f. Vogue, affluence. — AquHo boutigo,
aquélo doubèrjo a uno forto toumbado, il y a grande
affluence de clients dans ce magasin, dans cette auberge;
tout le monde y afflue.
Dér. de Toumba, tomber.
Tonmbadnro, s. f. Chute; effets, conséquences, bles-
sures, contusions, produits par une chute.
Dér. de Toumba, tomber.
TOU
629
Toombaire, s. m, Langueyeur de porcs, ainsi désigné
parce qu'il abat ces animaux pour examiner s'ils sont
atteints de la lèpre.
Dér. de Toumba, tomber.
Toombarèl, j. m. Tombereau, sorte de charrette servant
ordinairement à transporter des matières terreuses ou pier-
reuses et que l'on décharge en lui imprimant un mouve-
ment de bascule en arrière.
Dér. de Toumba, tomber.
Toumbaréla ou Toumbarélado, s. m. ou f. Charge
d'un tombereau, plein un tombereau. — Un toumbaréla dé
sablo, plein un tombereau de sable.
Dér. de Toumbaril, tombereau.
Toombo, «. f. Un caveau mortuaire, une tombe ma-
çonnée, et non pas une simple fosse, que l'on appelle un
eros,
Dér. du lat. Tumba, m. s.
Tonmo, «. f. Fromage mou, fraîchement caillé, une
jonchée. -^ Blan coumo uno toumo, pâle comme un fro-
mage frais.
Tonmple, «. m. Gouffre, abîme, endroit profond d'une
rivière ou d'une vallée. On trouve dans la commune de
Concoules, sur une partie profonde de la rivière de
l'Amalet ou Homolet, un hameau de deux ou trois mai-
sons qu'on appelle Lou ToumpU.
Tonn, s, m. Ton, le son de la voix, la note musicale;
air, manières. — As manqua lou toun, tu n'as pas saisi
l'air de ce chant. Aviè un toun dé crésénço, il avait un air
de fierté. Lou toun fat la eansoun, le ton fait la chanson.
Dér. du lat. Tonus, m. s.
Tonn, adj, poss. m. dont le fém, est Ta, Au plur.
Tous, Tas. — Toun chi, ta paràoulo, tous amis, tasÀèros,
ton chien, ta parole, tes amis, tes propriétés. Coumo fas
toun fUrf comme tu es fier I
Dér. du lat. Tuus, tua.
Tonnaxè, s. m. Tonnelier, ' fabricant de tonneaux, de
foudres, de cuves vinaires en bois.
Dér. de Tounèl, tonneau.
Tonndar, s. m. Mouton nouvellement tondu très-ras.
Dér. de Toundre, tondre.
Tonndéire, s. m. Tondeur, celui dont le métier est de
tondre les moutons, les chevaux, les chiens.
Dér. de Toundre, tondre.
Tonndéson, s. f. La tonte des troupeaux, l'époque où a
lieu cette opération, l'action de tondre les animaux.
Dér. de Toundre, tondre.
Tonndràon, «. m. Sot, nigaud, niais, crédule; qui se
laisse mystifier, gruger, tondre sans résistance.
Dér. de Toundre, tondre.
Tonnâre, v. Tondre les bètes à laines, les chevaux;
couper les cheveux ras. — Tan toundu, on t'a coupé les
cheveux très-court. Aeà's toundu, voilà une affaire réglée.
Se laïssa toundre, se laisser gruger, se laisser voler. Folié
véni quas^ totmdian, âourias agu dé lano, se dit prover*
80
630
TOU
bialement à celai qui n^arrive pas à temps pour profiter
d'une bonne occasion.
Dér. du lat. Tondere, m. s.
Toundrel interj. Adoucissement apporté parmi le
peuple à un juron plus accentué, dont il existe diverses
variantes et notamment le mot Foundre/ qui se rapproche
davantage du type original. Cette interjection est surtout
employée par les femmes, et n'indique pas, chez celui ou
celle qui la prononce, un degré de colère ou d'impatience
bien caractérisé.
Tonnda, do, adj. m. et f. Tondu, tondue; qui a les
cheveux coupés ras. Au fig. celui qui est volé, grugé,
mystifié.
Dér. de Toundu, tondu, à cause de son aspect lisse.
Tonndado, s. f. Petit p.iin de millet noir ou sarrazin,
ou de maïs, posant et indigeste, cuit dans l'eau bouillante.
Dans quelques parties du Gard, le petit pain de maïs porte
le nom de Mïas et dans les pays du nord celui de Gaude.
Dér. de Toundre, tondre.
Toupé, s. m. Toupet, toulTe de cheveux placée au-dessus
du front. Au fig. effronterie, audace, outrecuidance, im-
pudence, — Quinte toupéf Quel toupet! quel effronté!
Dér. du bas ail. Topp, touffe de cheveux.
Toapl, j. m. Pot de terre à poignée, qui sert ordinaire-
ment à faire cuire la viande du potage ou la viande à
l'étouffée. — Toupl méjanciè, pot de grandeur moyenne.
Lou toupi vésso, le pot répand par ébullition. Au ûg. sot,
niais, imbécile, dépourvu d'intelligence. Nèci coumo un
toupi, bètû comme un pot. Toupinat, gros nigaud, grosse
bête.
Tonpina, «. m. Potage grossier cuit dans un pot ; sorte
de panade épaisse et gluante.
Dér. de Toupi, pot.
Tonpinado, <. ^ Une potée, plein un pot.
Dér. de Toupi, pot.
Tonpinèl, èlo, i. et adj, m. et f. Sot, sotte: borné,
bète comme un pot.
Dér. de Toupi, pot.
Tovpino, s. f. Vase de terre de plus grande dimension
que le Toupi, On lui donne en quelques localités du Gard
le nom de Glouto. Vase en terre servant à faire nicher les
moineaux.
Dér. de Toupi, pot.
Tonqna, v. Toucher, manier, palper, tâter ; chasser devant
soi, mener, conduire en se tenant derrière; frapper, corri-
ger; concerner, importer; émouvoir; éprouver. — Àquélo
tnalàoutlè l'a touqua, cette maladie l'a fortement éprouvé.
Se noun tièt brave, té toucaràil si tu n'es pas sage, je te
corrigerai d'importance! S ter os se toquou, leurs pro-
priétés sont contiguês. Toquo toun chival, donne un coup
de fouet à ton cheval. Las tèlos se toquou, je suis sans
ressources, je n'ai plus un sou.
Toaqnadoù, s. m. Conducteur ou meneur de bêtes de
trait ou d'animaux de boucherie, tels que bœufs, chevaux,
TOU
etc. ; celui qui les touche ou les chasse devant loi, avec
un fouet, un trident ou un aiguillon.
Dér. de Touqua, toucher.
Tonquéja, v. Toucher, manier, palper à plnsieats
reprises. Ce verbe s'emploie dans un sens fréquentatif, à la
plaàe du verbe Touqua, toucher.
Tour, s, m. Mouvement circulaire; métier à filer la
soie; tour de promenade; tour d'adresse, de prestidigita-
tion ; machine qui sert à façonner le bois, la pierre, les
métaux, etc. — FaHre soun tour, fienter, en parlant des
petits enfants.
Tonra, v. Scier en travers, un billot de bois, un tronc
d'arbre.
Dér. de Torou, billot, rondin. — Voy, c. m.
Touradoniro, s. f. Le passe-partout des scieurs de long;
scie à deux manches, adaptés aux deux extrémités de la
lame, et qui sert à débiter le bois, la pierre, etc. Cette scie
à quatre mains est maniée par deux ouvriers placés en
face l'un de l'autre et tirant alternativement. Dans cer-
taines localités du Gard on donne à cet outil le nom de
Loubo.
Dér. de Torou, tronc, billot de bois.
Touraïo et Tourasso, s. m. Grosse et vieille tour. Augm.
de Toure, — Voy. c. m.
Touras, s. m. Fièvre éphémère des femmes en couches:
tumeur qui vient au pis des chèvres.
Tonrdre, s. m. Une Tourde, et non pas un Tourdre.
Grive des vignes; merle-grive (Turdus musUms, Tem.).
Dessus du corps d'un gris brun, poitrine d'un jaune roosr
s&tre, avec des tâches brunes ; gorge et flancs blancs. Lon-
gueur 0<°20 cent. La Céséro, la Gamégno, le Couchaekat
variétés de la même famille, sont souvent désignés sous le
nom commun de Tourdre; mais les gourmands savent
en faire la différence, et préfèrent de beaucoup ce dernier,
quand il est en bon point, assurés que c*e8t de loi
qu'Horace, qui s'y connaissait aussi, a dit : Obêso nil
mellui turdo,
Tonre, «. f» Tour, construction qui, dans un cbâteao,
une église, une enceinte de ville forte, dépasse en hauleor
le restant des constructions, et leur sert de défense on
d'ornement; nuages lourds et floconneux qui présagent
un orage, et que les météorologistes désignent sons le nom
de Cumuli.
Tonril, j. m. Petite tour, claperole de forme circnlaiRt
construite à pierres sèches et servant à indiquer on tracé,
une limite, un terrain mis en défense; moulin à iourilW
dont la roue horizontale est indépendante. — Lou mouli
ddou Touril ou ddou Touréi, sur la Céze, an tournant de
la Tune, dans la commune de Peyremate.
Dér. du lat. Turris, tour. On dit aussi roiirlo. -*
Voij. cm.
Tooiil, s. fit. Soupe à l'ognon.
Tottrïo, s, f. Tourelle, petite tour, claperole, moulin I
. touril le. — Voy, Touril,
TOU
Tourménti&o, 9. f. Térébenthine, gomuic ou sac rési-
neux qui découle du térébinthe, du mélèze et de plusieurs
espèces de pins. Le terme languedocien est une corruption
du mot français.
Tourna, v. Remettre en place; rendre une chose prêtée;
revenir à une chose. — Tourncu acà ounte éro, remettez
cela à sa place. Y-ai-ti 'tourna ta bariotor Lui as- tu rendu
sa brouette? S'atrouvas la vmpo bono, Ummas-y, si vous
trouvez le potage à votre goût, revenez-y.
Toorna, adv. De nouveau, derechef, encore, une seconde
fois. — Yène dé la vilo, y vôou tourna, j'arrive de la ville,
j'y retourne. Tourna dire, redire, dire de nouveau.
On dit aussi Toum<k-maï, adv. comp. dans le môme sens
et dans celui de c plus encore. >
Tountô, <. m. Rouet à pédale, machine servant à filer.
Cet instrument, plus encombrant que la quenouille, et
difficile à transporter hors de la maison, constitue cepen-
dant un perfectionnement sur la première, et permet de
produire trois fois plus de fil et un travail plus parfait.
Dim. de Tour.
Tournôja, v. Tourner, façonner au tour. Au fig.
tourner, rôder autour. On dit aussi, dans le même sens,
VirouUja.
Tonrnioù, «. m. Tourneur, ouvrier qui façonne des
ouvrages au tour.
Dér. de Tour. .
Touroun, «. m. Sorte de nougat blanc fait avec des
amandes grillées, du miel et du sucre.
Dér. du lat. Torrw, griller, torréfier.
Tonrqua, v. Torcher, neltpyer, essuyer, frotter. —
Se tourca, se torcher. Se lorquo pat lou nas émb'uno fusto,
il ne se torche pas le nez avec un soliveau; comme on
dirait en français : il ne se mouche pas des pieds.
Dér. de Torquo, bouchon de paille.
TourUoù, f. m. Sorte de p&tisserie indigeste, confec*
tionnée avec de la fleur de farine, des œufs et du sucre, et
formant une sorte de bracelet appelé bratsadiou, en
Provence.
Dim. de Tourto, tourte. — Voy. c. m.
Tonrto, «. /*. Pain de ménage, pain bis, de forme circu-
laire, en forme de couronne.
Dér. de Tour.
TonrtO'doaço, s. f. comp. Tarte, sorte de p&tisserie
composée de deux feuilles de p&te recouvrant une couche
de confiture, de crème, de frangipane, etc.
Toartouîèiro, i . f. Câble de charrette ou de chariot que
J*on tend au moyen d'un tour mis on mouvement par
une barre, pour assujettir le chargement en diminuant
quelquefois son volume.
Dér. du lat. Tortut, tordu.
Tourtooro, i. /. La tourterelle (colombe tourterelle,
Çotutnba turiur, Temm.), oiseau de Tordre des pigeons,
noqbreux dans le Midi. Cette dénomination s'applique,
également à. la^ tourterelle à collier.
TOU
631
Tourtugo, s, f. Tortue. Tesiudo, Liun. Animal à quatre
pattes, classé par Linné dans le premier genre de son
ordre des Reptiles, et par Al. Drongniart dans le premier
ordre des Reptiles appelés par lui Chéloniens. 11 en existe
plusieurs espèces; la plus connue est la tortue grecque,
Titiudo grœea, Linn. La plus commune en Europe est la
Tortue d'eau douce, Testudo lutarîa, Linn.
Dér. du lat. Tortus, tortu, à cause de la forme des pattes
de la tortue.
Tons, s, f, La toux, phénomène physiologique lié à la
fonction de la respiration et qui consiste dans une expec-
toration forte, rapide et sonore, déterminée par l'irritation
de la membrane muqueuse des voies aériennes, ayant pour
but d'expulser les corps étrangers qui causent cette irri-
tation. — Mithanto tous, marido tous, une toux de mau-
vais augure. La tous passo bé as cas, la toux passe bien
aux chats, les défauts de jeunesse finissent toujours par se
guérir.
Dér. du lat. TussU, m. s.
Toiuéièiro, s. f. Champ de froment ou de touselle.
Dér. de Tousèlo, touselle.
Tontèlo, «. A Froment, touselle, blé sans barbe, Triti-
eum hibemum aristis carens, 11 en existe deux espèces: la
tousèlo blaneo et la towèlo rousso, qui sont cultivées dans
nos contrées, et très-employées dans la panification, diez
les populations rurales des pays de plaine.
Tonsaan, n. pr. f, La Toussaint, la fête de tous les
saints, qui se célèbre le 4*'' novembre de chaque année. —
Pér Toussan, l'oulivo à la man, à la Toussaint, il faut
commencer la cueillette des olives.
Mot composé, formé de Tous et de San, tous les saints.
Tousai, s. m. La toux. — lou toutsi m'arapo, la toux
me prend, je sens que je vais tousser. — Yoy. Tous.
Dér. du lat. Tussis, m. s.
Tonssilage, «. m. Tussilage, TussUago farfara, Linn.;
plante pectorale commune dans tous les terrains humides et
argileux du département du Gard. Elle est connue sons le
nom vulgaire de Pdouto-d'ase, piedd'àne ou pasd'âne, à
cause de la forme de ses feuilles. Ses fleurs, ses feuilles et
ses racines sont adoucissantes et pectorales, et employées
comme telles dans les campagnes.
Dér. du lat. Tussis, toux, parce qu'on l'emploie habi-
tuellement pour combattre cette aflection.
Tout, s. m. Tout, l'ensemble d'une chose considérée
dans son entier. — Lou tout es dé s'énténdre, le tout est
de s'entendre. Àcà n'es pas lou tout, ce n'est pas le tout...
Es pa lou (oui d'acouménça, fôou aeaba, ce n'est pas le
tout de commencer, il faut finir. N'y en digue M las toutos,
il n'est pas d'injures qu'il ne lui ait dites.
Tout, 0, .0(0. m. et. A Tout, toute; an pi. toutss et
toutos, tou9, toutes.
. Tout, adv. Tout, tout-à-fait, entièrement. — A l'èr tout
nèci, il aj'air tout hébété. Tout, adverbe, s'emploie souvent
avec un suffixe : Joui-aro, tout-à-l'heure ; fom-ar/io, dans
G32
TRA
un petit moment. Tout plan-plan, tout bas, tout doucement,
sans se presser. Tout d'un tin, entre-temps.
Dér. da lat. Totut, m. s.
Toutaréto, loe. adv. Il n'y a qa*an instant, dans nn
instant.
Dim. de Toutaro. — Voy. ce mot.
Tontaro, adv^ Tont-à-l'heure, dans on moment, bientôt.
-^ Toutaro y iènt nous allons arriver au moment critique ;
je m'en vais le mettre à sa place.
Loc. comp. de Touâ et de Àro, à présent.
Toutes, 08, adj, m, et f, pL Tous, toutes. — Touteê
tout biâous dé la Camarguo pourièn mouri que noun m'en
véndriè uno bano, tous les héritages pourraient pleuvoir,
qu'il ne m'en reviendrait pas une obole.
Tont-éscas, loc. adv. Tout à l'heure; il n'y a qu'un
instant.
Tont-éscaaaéto, loe. adv. Dim. de Tout-éicas; il n'y
a qu'un très-petit instant.
Tout-houro, s. f. Grosse prune oblongue, d'un rouge
brun, bonne à manger en confiture et en marmelade. C'est
une variété de la prune Perdrigon.
Tout-obro, f . m. Ouvrier, manœuvre dont l'aptitude se
prête à toute sorte de travaux.
Mot composé de Touto, toute, et Ohro, œuvre, travail.
Tont-nn, odj. ind. Tout un, la même chose. — Âcà '$
tout-^n, c'est tout un, c'est une même chose.
Trabado, s. f. Une travée, terme de charpenterie: la
travée d'un pont suspendu ou métallique est la partie du
plancher comprise entre deux points d'appui, culées ou
piles. Un pont à trois travées est un pont suspendu on
métallique composé de trois planchers soutenus par deux
culées et deux piles en rivière.
Dér. du lat. Trabs, m. s.
Trabasta, v. Pencher d'un côté, avoir une tendance à
tourner sens dessus-dessous. Se dit surtout d'un bât de
mulet ou de la charge d'une bête de somme lorsqu'ils pen-
chent d'un côté plus que de l'autre, faute souvent d'avoir
suffisamment sanglé le bât ; se dit aussi par extension de
toute autre chose qui perd son équilibre.
Dér. de Tra pour Tram, au-delà, et de Bast, bât.
Trabaqna, v. Trébucher, broncher, faire un (aux pas,
tomber le corps en avant.
Dér. de Trabue, chute, culbute.
Tracan, «. m. La marche des aflBûres, le tran-tran du
jeu, du négoce. Dim. Traeané. — Quinte tracan! quelle
multiplicité d'afbires! Fatr« sountracané, faire tranquille-
ment son petit commerce, ses affaires journalières.
Tracana, v. Terme de manufacture de soie : envidor une se-
conde fois la soie qui avait été mal envidée une première fois.
Tracané, «. m. Dim. de Traean. — Voy. c. m.
Trachèl, s. m. Touffe de laine ou d'étoupe; touflfo de
cheveux coupés; masse floconneuse de diverses substances
filamenteuses. — Tradièl dé nêou, flocon de neige.
Dér. du lat. Truneatus, détaché, coupé.
TRA
Trafi, s, m. Tracas, trouble, désordre; chose difficU«et
embrouillée. — Lou trafi d'un oustdou, le tracas d'un mé-
nage. Au fig. les soucis, les peines, les tourments que l'on
éprouve, auxquels on est exposé.
Pauri cor doulènt qu'avès voste abouade
1)1 tràfi don mounde. .•
Léontine Goirard.
Traftcho, 5. f. Gros clou allongé dont la tête est ordi-
nairement triangulaire et qui sert à fixer les chevrons sur
les poutres et les charpentes.
Le lat. Fixorius elavus répond au terme languedocien.
Trafiqua, v. Rôder dans une maison, déplacer les objets,
les remettre en place, tracasser par ses manières les ^soi
du logis; fréquenter une maison, un pays, un lieu. —
Tout lou jour trafico, toute la journée il tourne et retourne,
place et déplace. Trafiqua moun oustàou, il fréquente ma
maison, il y vient journellement.
Trafiquait, «. m. Trafiquant, commerçant; intrigant;
celui qui achète et revend toutes sortes de marchandises.
Dér. de Trafiqua. — Yi^y. c. m.
Trahi, v. Venir à bout de couper, de trancher avec les
dents ou de mâcher un aliment dur ou coriace. — Fodepa
trahi la erousto, il m'est impossible de m&cher la croûte de
pain.
On dit aussi Vend, dans le même sens.
Traîo, f. f. Traille, câble d'un puits à roue qui supporte
les godets et sert â puiser l'eau d'un réservoir inférieur pour
l'amener dans un réservoir supérieur; câble en chanvre ou
en fil de fer tendu en travers d'une rivière pour faciliter le
passage d'un bac. On fabriquait jadis les câbles de puits â
roue avec des sarments de vigne sauvage entrelacés; on en
fabrique encore en sparterie.
Les sarments de vignes portent encore, dans le Var, le
nom de Traïo, synonyme de Tré^,
Ttaire, v. Tirer, lever, jeter, lancer, tomber, mardier.
— Traïrê dé pèiros, tirer de la pierre de taille d*aiie car-
rière; jeter des pierres contre quelqu'un. Âquélo pUro iras
dé fia, cette pierre lance des étincelles. Tro/t dé nèom, il
tombe de la neige. Màou-trairo, mal tourner, aller de mal
en pis, empirer, se débaucher. Fénira pér mâou fratr«, il
finira par se gâter. Traïro-mâou, avoir de fâcheux pressen-
timents sur une chose ou sur quelqu'un, être en peine sur
le compte d'une personne, sur les suites d'une affidre.
Dér. du lat. Trahere, tirer.
Trembla, v. Trembler, être agité, craindre, aToir peur.
L'expression Que faï tranMa, est prise comme terme do
plus haut degré de comparaison. — Y-a d^aXgo que fA
trambla, il y a une quantité d'eau effrayante. A d^iÊpri
que fijti trambla, il a beaucoup d'esprit. Y-a dé cailapm
que fai tramUa, il y a une superbe récolte de difttaigiMS,
les châtaigners sont chargés de fruits. Àeà fax tramUa, œ
récit, cet événement, cette catastrophe sont effnymts.
Dér. du lat. Tremular€, dim. de Tmiere, m. s.
TRA
Tramblamén, s. m. Tremblement, agitation, action de
trembler, frisson. — Acà es un affaire ddou tramblamén,
se dit d'une chose extraordinaire, inonïe, effrayante.
Y-aviè la troupo, la musiquo et tout lou tramblamén, il y
avait à cette c<>rémonie, les soldats, la musiqqe et toat ce
qui s*ensnit.
Tramble, f . m. Frisson, impression de froid, qui carac-
térise la première période d'un accès de fièvre; impression
de peur et d'effroi. — M'a prés un trambU, j'ai été saisi
par des frissons; j'ai eu nne penr atroce.
Tramo, 5. f. Trame, fils conduits par la navette entre
ceux qui forment la chaîne; laine grossière et pleine de
bonchons qni s'arrête au bas dn peigne et qu'on sépare de
la laine fine, laquelle devient alors de Tétaim, dont le poil,
plus net et plus long, a plus de force pour être employé à
la chaîne des étoffes.
Dér. du lat. Trama, m. s.
Tranché, j. m. Tranchet, outil de cordonnier, sorte de
longue lame d'acier, munie au sommet d'un tranchant en
biseau latéral et qui sert à couper le cuir.
Transi, do, adj, m, et f. Transi, saisi par le froid, par
la peur; ayant l'air malheureux, misérable.
Dér. du lat. Transire, aller au-delà, du côté opposé ;
verbe qui, dans la basse latinité, signifiait mourir, passer
de vie à trépas.
Transidoù, j. m. Le flanc, la partie latérale du ventre.
— J#'a jnqua dou transidoù, il m'a frappé au flanc.
Trantaia, v. Chanceler, vaciller, perdre son équilibre. —
As trop bégu, trantaïes, tu as trop bu, tu chancelles.
TrâoQ, s, m. Trou; ouverture percée dans un corps
quelconque, intentionnellement ou non; perforation acci-
dentelle. — M'en sièi sourti émb'un Irdou à la tèsto, je
me suis sorti de la bagarre avec une blessure à la tète. On
appelle aussi tràou les petites excavations pratiquées par
les enfants pour jouer aux billes, dans le jeu de fossette.
^t fa trdou, ma bille est entrée dans la fossette. Lou trdtm
d'dou quiou, l'anus, le fondement. Un trdou dé ra, un
trou de rat. Au fig. on dit : Es naseu dinc un tràou, il
est né dans un misérable village, il n'a l'usage de rien, il
ignore les plus simples lois de la politesse. Bëou eoumo un
trdou, il boit comme un trou. Faire un trdou à la luno,
faire une dette que l'on ne paye pas, s'endetter, mettre la
clé sous la porte. Tapa sous trdous, payer ses dettes. Faïre
un trdou pér n'atapa un doutre, déshabiller saint Pierre
pour habiller saint Jean ; faire une nouvelle dette pour en
solder une ancienne. Mé sariii mes dinc un trdou, je me
serais réfugié dans un trou (tellement j'avais honte ou tel-
lement j'avais peur^.
Dér. de la bîkss. lat. jÇrau^um.
Tràonqna, v. Percer, trouer, pratiquer un trou, une
ouverture; ouvrir, pénétrer. — Trdoluq^a uno bouto, mettre
un tonneau en perce. Trdouqua uno dén, percer une dent,
en parlant des jeunes enfants. À las mans trdoueados,
c*eBt un panier percé, il dépense l'argent sans compter.
TRA
633
Bésoiis trdouquados, paroles, discours inconsidérés, dérai-
sonnables, insensés.
Dér. de rrdou^ trou.
Trâouqné, j. m. Dim. de Trdou. Petit trou, petit
pertuis, faible ouverture.
Dér. de Trdou, trou.
Tràonqnîa, do, adj, m. et^. Dim. de Trdouqua, Criblé,
percé de petits trous en grand nombre, comme Test
un crible; plein d'yeux comme le pain bien levé et bien
travaillé, et comme le fromage de gruyère ; vermoulu.
Trapo, J. f. Trappe, petite ouverture, petite porte
servant ordinairement de communication entre un étage
supérieur et un étage inférieur.
Dér. de Tanc. allemand Trapp, m. s.
Trapô, J. m. Trapu; court de taille; court et gros. On
dit aussi Trapé,
Trapoù, J. m. Petite trappe ; terrine au riz ou au gruau.
Trapougnièîro, s. A Chattière. On dit aussi Catou-
gnUro. — Voy. c. m.
Iras (Dé), adv. Derrière, à côté, au-delà, de l'antre
côté. — Dé iras aquel oustdou, derrière cette maison.
Àquél oustdou dons sus lou dé Iras, cette maison donne sur le
derrière de la rue. Tras lou sers, de l'autre côté de la colline.
Dér. du lat. Trans, au-delà.
Trasséjà, v. Ravauder, ranger des bardes, des meubles;
remanier l'ordonnance d'un ameublement, dans une maison.
Trataije, s. m. Etat valétudinaire, mauvaise santé,
mauvais penchant.
Traaso, adj, m. et f. Se dit en parlant de choses usées,
vieilles, de peu de valeur; d'une santé usée; d'une chose
mince, fragile, facilement destructible. — Vn trasso dé
capèl, un vieux chapeau. Dé trassos dé groulos, de vieilles
savates. Vn oms trasso, un homme chétif, malingre, sans
vigueur. Un trauo d'orne, un homme de peu de valeur,
mauvais sujet. Soui bien trasso, je suis bien aflBûssé, bien
affaibli. Papiè dé trauo, papier Joseph.
Dér. de l'italien Strassa, guenille.
Trassnn, s. m. Rebut, déchet, portions de denrées à
rejeter. — Lou trassun dos poumos, das eastagnos, le rebut,
des pommes, des châtaignes.
I^tissnègno, s. f. Péjoratif de Trauun, le rebut du rebut.
Trata, v. Traiter, servir, donner à manger chez sol, ou
dans un restaurant, chez un traiteur; injurier. ^- Trato
tous vouyajurs, il donne à manger aux voyageurs. M'a
bien trata, il m'a servi un excellent repas. M'a trata dé
toulur, il m*a traité de voleur, il m'a appelé voleur.
Travaia, v. Travailler, agir; façonner, exécuter un tra-
vail; cultiver; troubler, inquiéter, tourmenter; se déjeter,
se tourmenter, en parlant des ouvrages en bois. — Sèn
naseu pér trava^, nous sommes nés pour le travail.
TravdXa soun bé, cultiver sa propriété. Aquélo afàXrê mé
travaXo, cette affiiire m*inquiète. Aqaà es méou travcXa,
c'est mal agir de faire ainsi.
Dér. de Traiwd, travail.
()34
TRA
Travûadoù, s. m. Travailleur de terre, joarnalier, ma-
nœuvre, paysan, calti valeur.
Dér. de Traval, travail.
Travaiaire, ro, s. m. et f. Travailleur, travailleuse;
laborieux, porté au travail, qui aime à travailler. Es un
bon travataïre, c'est un homme laborieux.
Dér. de Traval, travail.
Traval, s. m. Travail, ouvrage; difficulté, peine, fati-
gue; agitation, bruit, vacarme. — Quinte traval es pat
acàt quel travail pénible! quelle affaire difficile à dé-
brouiller! Va dé travail cette difficulté n'est pas facile à
résoudre. Lou traval fa yé fax pas pâou, le travail accom-
pli ne lui fait pas peur; se dit d'un paresseux avéré.
Travès, s. f. Travers, étendue en largeur; revers de
colline, de coteau, penchant de montagne, surface de
terrain en pente. — se mètre en travès, se mettre en travers.
Mesura en travès, mesurer dans le sens de la lar-
geur. Cassa sus tous travès, chasser sur le penchant des
vallées.
Dér. du lat. Transversum.
Travès (Dé), loc. adv. De travers, de guingois, de côté,
à contre-sens. — Parla dé travès, parler contre les règles
du bon sens, d'une manière insensée. Dé résous dé travès,
des paroles inconvenantes. Prins las càousos, lous homes dé
travès, donner aux choses une fâcheuse interprétation;
prendre les hommes à rebrousse-poil, les contrarier, les
blesser au moral.
Travès (Pér), loc. adv. Par le travers. — Se podes pas
âouboura aquélo fusto pér lou bout, prén-lapér travès, si tu
ne peux soulever cette pièce de bois dans le sens de sa
longueur, prends-la par le travers.
Travéssan, s. m. Pièce d'assemblage de menuiserie,
posée en travers pour en affermir d'autres; traversin,
long oreiller cylindrique posé en travers du lit et sur lequel
repose la tète. On dit aussi Travéssiè.
Dér. de Travès.
Travéssiè, s. m. Traversin; traversine on étrésillon,
pièce de bois entaillée qui en assujétit ou en soutient
plusieurs autres : pièces de bois posées en travers d'une
charpente.
Travèsso, s. f. Ruelle traversière, reliant deux autres
rues parallèles plus larges ou plus longues; .chemin de
traverse, présentant un raccourci sur la route ordinaire. —
Travésséto, dim. de Travèsso. — travéssasso, augm.
de Travèsso; à Alais, la Travéssasso est une rue qui relie
la place de la République à la place Florian, appelée
aujourd'hui rue des Hortes.
Travèsso, s, f. La traverse, le vent qui traverse, du
couchant au levant, la ligne nord -sud considérée comme
point de départ dans la rose des vents; vent du nord-ouest
ou même le vent d'ouest. — Un co dé travèsso a éscavarta
las nivtnis, un vent d'ouest a dispersé les nuages.
Travéto, s. f. Solive, soliveau ordinairement soutenu en
dessous par les grosses poutres d'un plancher et sur lequel
TRÉ
s'appuient et sont clouées les planches qui sontieaoeot le
carrelage.
Dér. du lat. Trabs, poutre.
Trôboull, V, Tressaillir; fermenter; être surexcité,
agacé, exacerbé. — Mé fus trébouli, tu m'impatientes, tu
m'agaces.
Dér. de Tré pour trans et de Bouli, bouillir. — Voy.
Èntrébouli.
Tréboulino, s. f. De l'eau, du vin, du café trouble ou
toute autre liqueur non limpide. — Éspa qui détrébour
lino, ce ne sont que des effbndrilles. Aa ûg. trouble, émo-
tion, effroi.
Dér. de TrébouH.
Tréfooli, v. Être transporté de joie, d'impatience;
trépigner, tressaillir, griller d'envie. — TréfbulU d'énv^io dà
parti, il meurt d'envie de partir.
Tréias, s. m. Vigne on treille rustique, plantée en
pleine campagne, non disposée en tonnelle, mais qui vient
naturellement, soutenue par de simples perches ou adossée
à un arbre.
Péjor. de TréHio, treille.
Tréîo, s. m. Treille, cep que l'on fait monter sur les
arbres ou plutôt devant une façade de maison et que Von
dispose parfois en berceau; sorte de danse nationale en
usage à fiéziers depuis un temps immémorial, et dans
laquelle danseurs et danseuses tiennent des cerceaux qui
forment comme une treille en tonnelle au-dessus de leurs
tètes.
Tréje, nom de nomln-e, m, s. Treize.
Dér. du lat. Tredecim, m. s.
Tréln, s. m. Changement de lune, à partir du troisième
quartier, correspondant à la pleine lune; éclat, luear, clarté.
Dér. du lat. Translucere, se réfléchir, luire an travers.
Tréliiqua, v. Entrer dans son plein, en parlant de la
lune. — La luno a tréluqua, c'est aujourd'hui pleine lune.
Dér. da lat. Translucere, se réfléchir, luire an travers.
Trélnsi, v. Briller, reluire. On dit aussi ÉmrMusi,
entreluire; entrevoir; luire vaguement, à*demi. — L'a»
vis éntrélusî, je l'ai entrevu.
Dér. du lat. Translucere.
Trémoula, v. Trembler, frissonner, frémir, grelotler-
— Trémoula dé pôou, frissonner d'épouvante. AvU une fré
que trémoulavo, il grelottait de froid.
Dér. du lat. Tremulare, trembler.
Trempa, v. Tremper, mouiller, saucer; mettre, laisser
macérer dans un liquide. — Trempa la soupo, verser le
bouillon sur les tranches de pain. Bouta la nUrlusso à
trempa, mettre la morue dans l'eau pour la dessaler.
Dér. du lat. Temperare.
Trempe, po, adj. m. et f. Trempé, ée, abondamment
mouillé; être en nage, ruisselant de sueur. — Trémps
coumo un rat, mouillé comme un rat. Trempe coumo «no
soupo, mouillé comme une soupe.
Dér. de Trempa, tremper.
TRÉ
Trémpièîro, i . /. Tonneau, baril où Ton met .*a piquette.
— Bouto trémpi^ro, tonneau à piquette.
Dër. de Trémpo, piquette.
Trémpo, j. f. Piquette de vin, que l'on prépare avec du
marc de raisin, sur lequel on fait cuver de Teau ordinaire
pendant quelques jours, ce qui donne une sorte de vin plus
ou moins léger. — Trémpo parisièno, piquette dite parisienne,
que l'on prépare en remplissant une barrique de grains de
raisins non foulés, et achevant de remplir le récipient avec
del'eau ordinaire. An bout de quelques jours on commence
à soutirer le liquide au moyen d*un robinet établi au
fond de la futaille, et on remplace par de Teau ordinaire
la quantité de piquette soutirée, de manière à ce que le
tonneau reste toujours plein du liquide, qui va s*afiaiblis-
sant de jour en jour. Trémpo dé la prémièïro, piquette que
Ton fait avec du marc non lavé. Trémpo dé la sécoundo
piquette plus faible que Ton prépare avec le marc qui reste
après pn avoir obtenu la première piquette. Pàowe coumo
ta trémpo, pauvre comme un rat d'église. Es afatiga coumo
un pdoure ome que coulo sa trémpo, il se démène comme
une corneille qui abat des noix.
Trémpo, j. A Trempe, qualité, sorte, espèce. — Dé
gens dé bono trémpo, des gens honorables.
Trémnda, v. Changer, déplacer, transvaser; transformer,
convertir, métamorphoser, transfigurer. — Trémuda lou
vin, transvaser le vin.
Dér. du lat. Transmutare, m. s.
Tréna, v. Tresser, tordre, entrelacer; traîner, tirer
après soi, entraîner.
Dér. de Trénu, tresse.
Tréncado, s. A Tranchées, coliques éprouvées par les
femmes en travail d'enfant.
Dér. du lat. Truneare, trancher.
Tréno, s, /• Tresse, natte de cheveux ou de cordons.
Trénquéia, v. Piocher, travailler la terre à la pioche.
Dér. de Trénquo, bêche.
Trénqnéiaire, s. m. Travailleur de terre; celui qui
travaille avec une bêche.
Dér. de Trénquéja, bêcher.
Trônqnièiro, i. f. Crevette des niisseaux et des fon-
taines, Grammarus pulex, Linn., crustacé de Tordre des
Astacoïdes et de la famille des Capités.
On croit, parmi le peuple, que si l'on avalait vivant un
de ces insectes, on en éprouverait de vives tranchées : de
là son nom de TrénqiHéXro. On le désigne aussi sous le
nom de Trénquo-Vaïgo,
TTénqvLOf e. f. Une pioche, une bêche; sorte de houe;
boyau.
Dér. du lat. Truneare, trancher.
Trénqno-largo, n. comp.f. Pioche, houe à lame large.
Tréntôné}a, v. Approcher de la trentaine; être âgé
d'environ trente ans. — Âcouménce dé trénlénéja, j'appro-
che de la trentaine.
Dér. de Trénto, trente.
TRÉ
635
Trénténo, s. f. La trentaine; les approche de l'àge de
trente ans. — Aï passa la trénténo, j'ai plus de trente ans.
Siès sus toun trénlo-un, tu es en grande toilette. Marcha
us soun trénteun, aller] sur un grand ton, marcher avec
fierté, se pavaner.
Dér. de Trénto, trente.
Trénto, n. de nomb. Trente.
Trépa, v. Courir, sauter, fol&trer, gambader, bondir,
se jouer comme les jeunes chiens, les jeunes poulains.
Dér. de l'ital. Trepare, m. s.
Trépadisso, 5. f. Course folâtre, avec gambades et
sauts joyeux.
Dér. de Trépa.
Trépadoù, j. m. Endroit où les enfants jouent et pren-
nent leurs ébats ; sorte de plancher, disposé en plan incliné,
servant à entrer dans un bac ou à en sortir. On trouve
souvent des quartiers de territoire désignés sous le nom de
Trépaloù ou Trépéloù, notamment dans les communes
d'Alais et d'Allègre, et l'abbé de Sauvages se demande si
cette désignation indiquerait un lien d^as^mblée pour les
louveteaux. D'un autre côté Ducange mentionne le mot
bas latin Trespallum comme désignnnt le lieu des exécu-
tions, où l'on pendait et que l'on doit traduire par les trois
piliers. A Nimes, en effet, le lieu désigné sous le nom des
Très piéloun, est encore occupé par les trois piliers qui
soutenaient le gibet sous l'ancien régime.
Trépaîre, s. m. Celui qui aime à sauter, à guimbader,
à courir.
Trépl, V. Piétiner, fouler aux pieds. — An trépï moun
bla, on a foulé aux pieds mon champ de blé; on l'a piétiné.
Dér. de Trépa, — Voy, c. m.
Trépido, s. f. Les traces d'un piétinement, un endroit
foulé et piétiné, qui porte l'empreinte des pieds.
Trépo-trépo, loc, adv. Expression usitée pour indiquer
l'envie, l'impatience que Ton éprouve de faire quelque
chose que l'on désire. — Sa léngo y fài trépo-trépo, sa
langue lui démange, il voudrait parler conte que coûte.
Dér. de Trépa. — Voy, cm.
Très, n. de nomb. Trois. — Dormou das très, se dit
des vers-à-soie, pour indiquer qu'ils entrent dans la troi-
sième mue. N'âoutres très, nous trois. Faïre trés-trés, gre-
lotter, claquer des dents sous l'impression du froid ou de
la peur.
Trésana, v. Tressaillir, s'agiter convulsivement, s'éva-
nouir.
Tréscantoù, j. m Le point ou aboutissent trois che-
mins; carrefour formé par trois rues ou trois routes allant
dans des directions différentes et formant par conséquent
trois angles aboutissant à un même sommet.
Comp. de Très, trois, et de Cantoit^ coin.
Tréscol, s, m. Crête de colline, colline à triple sommet
et présentant par conséquent trois échancrures ou trois
cols. Nom de lieu; le hameau de Tréscol, qui fait partie de
la commune de la Grand'Combe.
636
TRÉ
Trésconla, v. Disparaître furtivement, passer oatre,
passer par delà la colline on la montagne. — Lou sourél
a trétcoiUa, le soleil a tombé derrière la montagne. On
emploie aussi cette expression dans le sens de couler à
travers, filtrer, suinter.
. Dér. de Trana, au-delà, et de Coula, couler.
Tréscoulé, «. m. Dim. de Tréscol.
Tréspana (Se), v. Tomber en avant, dans une course
rapide ; se fendre la tète à la suite d*une chute faite en
courant.
Tréspassa, v. Passer par delà, dépasser, et par exten-
sion trépasser, mourir, passer de la vie à la mort. — Mé
tréspasto dé touto la tètto, il me dépasse, il est plus grand
que moi de toute la tête. Èmb'uno pèXro trétpatiarii^ lou
Pont'dàou'Gard, en lançant une pierre je déliasserais la
hauteur du Pont-du-Gard.
Dér. de Tram, au delà, et de Pa$$a, passer.
Trèso, «. A Coiffure de femme, sorte de capuchon muni
de deux barbes qu*on peut croiser sur la poitrine et atta-
cher sur le dos.
Dér. de Trèso, Thérèse.
Trèso, n. p. f. Thérèse, du grec Ôtj, Orjpoç, bète farouche.
Tréaploomba, v. Surplomber, pencher, en parlant d'un
mur, d'un rocher à pic, d'une falaise. — Vn ran gué tri$'
ploumbo, un rocher qui surplombe.
Dér. de Tréa pour Trana, au-delà, et de Ploumb,
aplomb.
Tréspougne, v. Piquer, larder avec une aiguille ou un
poinçon ; piquer à l'aiguille une jupe, une courte-pointe,
une étoffe quelconque à arrière-point. — Pér bien énaaca
laa iûouciaioa, fôou laa tréspougne, pour bien tasser la
viande dans les saucisses, il faut piquer le boyau.
Dér. de Tré, entre, et de Pougne, piquer.
Tréspouita, v. Transporter, exciter des transports,
mettre hors de soi. — L'amour lou tréiporto, il est trans-
porté d'amour, il aime comme un insensé. Lou màou lou
tréiporto, la douleur, la souffrance qu'il éprouve le met
hors de lui.
Dér. de Très pour Trans, au-delà, et de Pouria, porter.
Trôssusa, v. Suer, transpirer, émettre une sueur froide
et subite, causée par un malaise, une appréhension, une
crainte, l'annonce d'un malheur.
Dér. de Tréa pour Trans, au-delà, et de Susa, suer.
Tréssusoù, a. f. Sueur froide et subite, causée par un
malaise, une faiblesse, une crainte, un événement fâcheux
et inattendu; les sueurs glacées qui précèdent la mort. —
Mé faï véni la tréssusoù, il me met sur les épines, il me
fatigue, il m'ennuie à mourir.
Dér. de Tréa, pour Trana, au-delà, et de Suaoù, sueur.
Trèstonlo ou mieux Téstonlo, a. f. Fragment de tuile
cassée.
Dér. de Tes, tèt, tesson, fragment de poterie cassée.
Dér. du lat. Testa, qui désigne généralement toute espèce
de vase en argile cuite ou eu terre de potier.
TRI
On voit près de Rome, entre le pied du Mont-Aveatiael
la rive gauche du Tibre, une colline artificielle désignée en
italien sous le nom de Monte-Testaceio, et entièremeat
composée de tessons d'amphores on autres poteries. Des
opinions diverses ont été émises pour expliquer les raisons
qui peuvent avoir motivé cet énorme amas de d^ris.
Tréva, v. Hanter, fréquenter; aller et venir dans un
même lieu ; y faire des apparitions fréquentes, en parlant
surtout des revenants et des esprits ; rôder. — Quàou tin
trèvo, sèn dévén, qui saint fréquente, saint devient; db-
moi qui tu hantes et je te dirai qui tu es. Loua loua trèvou
din la gnuè, les loups rôdent pendant la nuit. Loua tnorti
trèvou dinc aqvél vièl eaatèl, les esprits hantent ce TÎeox
château.
Du Gallois Tréfa, habiter.
Trévéll (Se), v. S'élimer, s'user, en parlant d'ime
étoffe, d'un vêtement. — Àquélo camiao oouménço à ai
trévéli, cette chemise commence à s'user.
Dér. du grec Tp(6(i>, Tpfâeiv, user par le frottement.
Trévira, v. Bouleverser, mettre tout sans dessus dessous;
troubler. — Se trévira, s'alarmer, s'émouvoir, s'épouvan-
ter, changer de couleur, pâlir d'épouvante, d'émotion ou
de surprise ; être effaré.
Dér. de Tré pour Trana, et de Vira, tourner.
Tiia, t). Ce terme à deux sens différents : trier et é^u-
cher, il signifie aussi choisir, distinguer. — Trïa débajanot,
éplucher des châtaignes bouillies. Tffa la salado, éplucher
la salade. Trïa àou dé, trier sur le volet. Se tria, sechdiir,
faire bande ou ménage à part. Tria aaa nièiroa, s'èpucer.
Triado, s. f. Thériaque, composition pharmaceutiqoe
employée par l'ancienne médecine et dans laqœile enVcent
soixante-et-douze substances différentes; boissoQ désa-
gréable au goût, vin frelaté.
Dér. du lat. Theriaca, m. s*
Trïado, 5. f. Les objets de choix, la premièie qxiaUVib
d'une marchandise, d'une denrée; le dessus da panier.
Dér. de Tria, trier.
Tiiaîre, arello, a, m. f. Celui ou celle qui fait le triage
d'une denrée, d'une marchandise ; qui épluche la salade,
écosse les légumes frais; trie la première qualité d'une
récolte de fruits; fait le triage des laines dans une fabrique.
On dit aussi Triaïro pour désigner une personne qui* dans
les filatures, est occupée à trier les cocons.
Dér. de Trïa, trier.
Trïaje, s. m. Triage, action de trier, de choisir, séparer
ce qui est bon de ce qui est de rébus.
Dér. de Trïa, trier.
Trïâou, a. m. Câble, corde à puits en sparterie» qui sert
à descendre et retirer le seau destiné à puiser Teaa. Ce
câble est ainsi nommé parce qu'on se servit d*ahord, poor
cet usage, de sarments de vigne entrelacés» oa TrêHo. Od
devrait, en effet, écrire et dire : Trêiàou.
Tiiate, s. m. Théâtre. On dit aussi Tiatre^
I Dér. du lat. Theatrum et du grec Biorpov.
TRI
Triba, s. m. Touffe d*herbe ou de foin sur le iiord dés
chemins ou dans les bois, où les loops et les chiens ont
coutume d*nriner ou de fienter. Ceux, qui sont fréquentés
par les loups, sont situés sur les plateaux montagneux on
les cols où aboutissent divers sentiers formant carrefour;
ce qui revient an Trivium latin, ou carrefour formé par le
croisement de diverses routes.
Dér. du grec Tp{6o«, chemin, sentier battu.
Tribla, v. Tripler; devenir triple.
Dér. de Triblê,
Tiible, 0, s. et adj. Triple, qui contient trois fois
Funité.
Dér. du lat. Trifdm, m. s.
Trico, 8. m. Jeu de paume ou de tripot; rondin, gros et
court bâlon, gourdin, sorte de trique.
Tiicô, i. m. Tricot, tissu qui s'exécute avec des aiguilles
longues et mousses.
Triconta, v. Tricoter, faire du tricot ; donner une volée
de coups de bâton. — L'aï bien trieouia, je lui ai appliqué
une rude tripotée de coups de trique.
Dér. de Trteo — Voy» c. m.
Trido, s. f» Proyer, bruant-proyer. — Vay, Cineirtii. —
FûMrê la trido, faïrê U>u mantélé, être tout frileux, tout
ébouriffé, être gravement malade.
Trigôs, «. m. Bruit, tapage; fatigue, travail fatigant;
chagrins, peines, ennuis, tracasseries. On dit aussi Trimai.
— Luèn ddou irigàt, loin du bruit, dans le calme.
Trigonssa, v. Traîner, houspiller, tirailler, secouer avec
violence, entraîner quelqu'un malgré lui. — Se irigauua,
se battre, se tirailler, se prendre aux cheveux, lutter, se
po pas trigoussa, il ne peut se traîner; il est malade.
Trima, v. Trimer, peiner, fatiguer, travailler, marcher.
— Fôou trima pér gagna sa pâouro vido, il faut se donner
de la peine pour gagner de quoi vivre.
Trinial, s. m. Fatigue, labeur, travail, longue course.
Trin, s. m. Train, tapage, potin, vacarme.
Tiin (£n), lœ. adv. — SUi màou en trin, je suis indis-
posé, languissant, malade.
Trinqua, v. Rompre, casser; trinquer, choquer le verre
en buvant avec un compagnon.
Dér. du lat. Truncare, couper, et de Tall. TrifUten,
boire.
Trinqoaire, «. m. Celui qui aime à trinquer, à boire;
celui qui casse, qui brise.
Dér. de Trinqua, couper ou trinquer.
Trinqao-taîo ou Tirasséto, «. f. Nom de plante.
Renouée des petits oiseaux, Polygonum eonvolvulus, Linn.
On désigne aussi cette plante dans certaines localités sous
les noms de Jinoutado, Tirasso, Ccuréjolo,
Le village de Tréneo-taîo, situé sur la pointe septentrio-
nale du Delta de la Camargue, ne payait, dit-on, jadis
aucun impét. Son nom est synonyme de taille-rompue. On
marquait, en effet, autrefois cet impôt sur une latte de bois
refendue appelée taille, d'où l'impôt prit ce nom. Le village
TRI
637
précité en ayant été exempté, le bâton sur lequel on mar-
quait ses impôts avec des encoches, fut rompu, trénea,
comme étant devenu inutile.
Trîoulé, «. m. Trèfle, et particulièrement le trèfle
rampant. Chant mêlé de traits et de roulades, mais dépourvu
de toute méthode et comme peuvent les exécuter des
paysans sans instruction.
Tripaio, $. f. Tripaille; l'ensemble des boyaux d'un
animal, des intestins de l'homme.
Dér. de Tripo, boyau.
Triplé, t. m. Tripier, celui qui prépare et vend les
boyaux des animaux tués à la boucherie. — CoMi triplé,
couteau de tripière, à deux tranchants. Au fig. un homme
à double face, qui soufile le froid et le chaud, qui manque
de franchise et agit d'une façon diamétralement opposée,
selon les circonstances.
Tripos, «. f. et pf. Tripes, boyaux, intestins des animaux
et de l'homme. — Rendre $a$ tripoe, être pris d'un vomis-
sement violent et prolongé.
Dér. de l'espagnol Tripa ou de l'italien Trippa, m. s.
Tripo-liao, «. f. eomp. La partie supérieure du côlon,
le premier boyau au-dessus des boyaux grêles, que l'on
emploie comme enveloppe on sac dans la confection des
saucissons ou cervelas.
Dér. de Tripo, tripe.
Tripo-qaioulàoa, t. f. eomp. Le boyau gras, boyau-
culier ou rectum, qui aboutit à l'anos.
Dér. de Tripo, tripe.
Triqnétéîa, v. Agiter des cliquettes. — Foy. Triquétot.
On obligeait jadis les lépreux des maladreries du moyen-
âge à agiter des cliquettes entre leun doigts, quand ils se
montraient en public, pour avertir les passants et les tenir
à distance.
Triqnétos, $, f. pi. Cliquettes, jeu d'enfants composé de
deux galets longs et plats, ordinairement en micaschiste, ou
de deux fragments de côtes de cheval on de bœuf, qu'on
agite de manière à produire un cliquetis en les tenant entre
les trois premiers doigts de la main. — Voy. Triquétéja.
On dit aussi Criquéto.
Triqao, m. f. Trique, gros bâton qui sert ordinaû«ment
à frapper.
Triqao-niqno, «. m. Un homme qui s'attache â des
vétilles, à des choses insignifiantes; un tatillon. — Vno
vèiio dé triquo-niquo, une veste faite d'une éto£fe fragile,
usée, sans valeur.
Dér. du lat. Trieœ, nugœ.
Tria, so, adj. m. et f. Trituré, réduit en pondre plus
ou moins fine, pulvérisé. ^ Téro triêeo, terre légère,
meuble, sablonneuse ; exténué, pauvre, manquant de tout.
Dér. du lat. TrUum.
Trissa, V. Triturer, broyer, piler, pulvériser. Au fig.
ce terme s'emploie avec la signification de manger avec
appétit. — Triêio bien/ il triture bien, c'est un joyeux
convive! Triua de edou, piétiner sur place. Se dit surtout
81
(>38
TRO
TOU
d'un clioval qui Irolle sans avancer. Trisso-nu'nu, Uotte-
nicnu. Trisso-mouios, brise-molles; maillet de bois k long
manche servant à tMnotler; l'ouvrier qui en faii usage.
Trisséto, s. f. Nom déplante, Ahina meiUa, Moigeline
ou mouron blanc; Stelluria média, slellaire intermédiaire.
On la donne ordinairement à manger aux petits oiseaux.
En nu^decine, elle est recommcindee pour la gu^M'ison des
ulcères du poumon. Klle pousse ordinairement dans les
jardins [Viagers.
Trissoù, s. m. Pilon, ou [>lul6t le mortier, com[»renant
aussi le [ûlon; appareil qui sert à trilurer, broyer, piler,
pulvériser.
Dér. de Tn'ssu, triturer.
Triste, to, adj. m. et /". Triste, peiné, aflligé. On le dit
aussi d'une chose f;\eheuse, Jésagréable, affligeante, pénible,
difficile à supporter; d'un objet, d'une denrée île mau-
vaise qualité. — Triste sujo, mauvais garnement. Aqud
bla es htm triste, ce blé est d'une mauvaise venue, d'une
mauvaise (jualité. Trisins, enclin à la tristesse.
Dér. du lat. Tristîs, m. s.
Triste, s. m. Soupente; sort»; de grenier ou de iilancher
en bois, sus{)endu sous le plancher d'une pièce (ju^Mconque,
d'une habitation, dont il lait partie inlégraiite et forme une
dépendance. Kll<* st-rt oi(.linairemf'nl de reluit où couchent
les domesti(jues et n'occupe «ju'une [Kirtie de la hautiMir de
la pièce qui la contient, dont elle renul le jour et la com-
municalion avec le resle de la maison.
Dér. du bas lat. Trdustcijn ou Tristeija; rubirulum
su péri us.
On donne aussi à la soupenle le nom de Pousta, {)arce
qu'il est ordinairement construit en plancln^s ou post.
Trïun, s. m. K[)luchures, denrées de rebut, retranchées
et choisies sur cellt's ([ui sont de bonne qualité. Se dit sur-
tout des épluchures laites sur les châtaignes et (jui re[)ré-
sentenl la plus mauvaisequalité. — Quan véndi's lou triun ?
coiubicn vendez-vous K-s épluchures?
Dér. (le Tria, trier.
Tro, s, m. Trot, allure du cheval, inlermédinire entre
le i)as et le galop. — Te furai marcha dou tro, je te ferai
suivre la ligne droite.
Dér. du cal. Tmt, m. s.
Tro, s. m. Morceau, portion tl'un objet. — in tro de
pan, un morceau de pain. Un tro dé car, un morceau de
viande. A cha tro, morceau par morceau.
Dér. du cat. Tros, m. s.
Tro, s. wj. Tonnerre, bruit de la fouJre. On dit aussi
Tron. — Es un tron dé Diou, c'est un diable incairié. Lou
iron lou jH'to , il a le diable au corps, il s'impati*^nte,
!.ou tron té cure! que le tonnerre te viilc le corps! Tron
lié milof mille tonnerres I Tron de Dion! tonnerre de
Dieu î
Dér. du lat. Tonitru, m. s.
Trop, adv. Trop, ailverbe de quantité, plus qu'il ne faut,
avec excès. — Madame dé Trop, une fdle nou\ellement
née, venant après d'autres enfants et formant surcroit dans
la famille, arrivant au moude sans être désirée.
Dér. du cat. Trop, m. s.
Trouba, v. Trouver, inventer ; se livrer à la poésie, genre
de littérature qui exige beaucoup de talent, d'invention,
d'imagination. M. Gabri-'l Azaisfait dériver ce mot du lat.
Turbare, remuer, « parce «pie, dit-il, pour trouver, il fant
ordinairement remuer. »
Troubadour, s. m. Nom donné aux poètes des X1I« et
W\\^ sièclt\s, (pli contribuèrent pour une large pari à la
formation délinitive du langage méridional, désigné sous le
n >m Je langue romane.
On ap[)t^lait Trouhùre. trouvères, ceux qui chantaient
dans la langue d'Outr.vLoire. Cette qualification est pour-
tant employée [)our désigner aussi les poètes du Midi. La
région d'Alais com[)le trois troubadours romans qui onlélé
l'objet d'un»' élud»^ publiée dans k^s Mémoires de la Société
scientijhjue et littéraire d'Alnis, t. XIH, 1880, p. 129-151.
Ce sont Azalais de Porcairargues, Clara d'Anduze, et Pierre
de Barjac.
On sait que |ps poètes méridionaux de nos jours ont
adopté la (junlidcation de l'elibres.
Dér. de Trouba, trouver.
Troubaïo, s. /". Trouvaille, découverte, invention; idé^
originale.
Dér. de Trouba, trouver.
Troucho, s. f Truit'\ truite commune, Saîmofario,
Linn. Ce poisson, (]ui varie beaucoup selon l'Age cl les eaux
dans leï.quell'\s il vit, se distingue surtout par les taches
noires ou brunes et r«)Ugt\s sur les flancs, qui ligrent le fon(i
blniàtr»', blanc, jauni^ doré ou même brun Ibncéde sa peau.
C'est le lueilh^ur de tous |i\s poissons qui fréquentent nos
rivièp'S. Qu»^lipi''s siij>^ls atteignent, dans le Gardon, le
poids de six. kilogrammes.
Trougno, s. /. Trogm^ ligure bouffie, rouge et luisante,
qui caractérise habituellement les ivrognes et les goinfres
de prolcssi)!!. — Fatrc lu /rouyno, avoir l'air de mauvaise
lHim''ur, faire la min»\ ex[»rimer son raéconleiilemenl par
l'expression du visage.
Trouïa, e. Fouîn* les raisins sur la cuve, piétiner,
exprimer le jus des raisins; [>alauger dans un bourbier. Au
fig. piétin-n-sur place, èlro incapable de prendre une résolu-
lion. — Dé que trou'io? pourquoi hésite-t-il ? Trouïan, nous
foulons notre vendange.
Dér. du lat. Torculum, pressoir.
Trouïadoù, ouïro, s. m. et f. Cuve ou fouloire servant
à fiiuler la vendange.
Dér. de Trou m, fouler.
Trouïaïre, s. m. Fouleur de raisins après la ven-
dange.
Dér. de Trouia, fouler.
Troumpa, v. Tromper, tricher, duper, causer une
déception. — Aqnél bla m'a troumpa, ']ii\ mal apprécié le
i rendement de ce blé, j'aurais cru à une plus grande (ou
TRO
plus faible) quantité de récolte. Se troumpa, se tromper, se
méprendre, tomber dans l'errear.
Dér. du catal. Trompar, m. s.
Troampaire, arèlo, t. m. et f. Trompeur, trompeuse;
celui ou celle qui trompe, qui induit en erreur.
Dér. de Troumpa, tromper.
Troampéta, v. Sonner de la trompette ; trompeter. Au
fig. divulguer, médire, cancaner. — L'a prou troumpéta
pér la vUo, il Ta passablement répété par la ville.
Dér. de Troumpéta, trompette.
Tronmpétaire, s, m. Trompette, celui qui publie, qui
annonce à son de trompe, dans une ville; trompette muni-
cipal.
Dér. de Troumpéta, trompette.
Tronmpéto, s. f. Trompette , instrument à vent, en
métal, clairon militaire. — Au fig. lou troumpéta dé la vilo,
un bavard, une colporteuse de cancans ou de médisances.
Dér. de Troumpa, trompe.
Tronmpo-la-mort, s. m. eomp. Celui ou celle qui a
échappé heureusement à plusieurs accidents graves pouvant
occasionner la mort.
Dér. du français.
Tronna, v. Tonner, se dit du bruit de la foudre. An fig.
Trouna, gronder, maugréer, tempêter. — Bit quan trono,
il ne rit, il ne plaisante jamais. Se dit d'un caractère
sombre, hargneux, atrabilaire.
Dér. du lat. Tonare, m. s.
Tronnado, s. f. Court orage, accompagné de pluie. Au
fig. accès de mauvaise humeur.
Dér. de Trouna, tonner.
Tronnclié, s. m. Mouton ou brebis armés de très-petiles
cornes.
Dér. du lat. Truncus,
Tronnfie, s. f. Terme de jeu de cartes. Le jeu de la
triomphe. La triomphe est trèfle. — Jogue dé trounfUfje
joue du trèfle. Au fig. victoire, triomphe.
Dér. du lat. Triumphut, m. s.
Tronpèl, s, m. Troupeau, troupe d'animaux de même
espèce rassemblés en un même lieu. Se dit surtout des ani-
maux domestiques ou de basse-cour. — Vn troupèl dé
ehivals, dé biôous, dé moutaua, dé pan, dé fédot, dé dindo$,
un troupeau de chevaux, de bœufs, de moutons, de cochons,
de brebis, de dindons. Un troupèl dé mounde, une foule de
gens.
Dér. de Troupo, troupe.
Tronpélado, s. f. Une troupe de gens assemblés; une
foule, une multitude. — Vno troupélado d'éfan», une mul-
titude d'enfants. Vno troupélado dé méssorgot, une bordée
de mensonges.
Dér. de Troupèl, troupeau.
Troupo, 5. f. Troupe, rassemblement, foule, multitude;
les troupes militaires, les soldats. — Es à la troupo, dins
la troupo, il est militaire, il est soldat.
Dér. du bas-lat. Troppa, m. s.
TRU
639
Troussa, v. Couper, tordre, plier, envelopper. — Trouita
un pérdigaf, plier les pattes d'un perdreau, le trousser, le
disposer de façon à être mis en broche.
Dér. de Tro ou Tros, morceau. — Voy. ce root.
Trousse, ». f. Faix ou charge liés dans un gros drap ou
bourén, qui sert à serrer et à transporter de la paille, du
foin, des récoltes encombrantes et légères. — Vno trouno
dé pa\a, un faix de paille.
Dér. de Troussa, plier, envelopper.
Trouta, v. Trotter, aller au trot. — Y wsi eoumù un asê
quan trata, il y va bon jeu, bon argent.
Dér. du lat. Tolutarius, trotteur.
Tm, s. m. Troc, échange. — Tru pér tru, troc pour troc,
échange de deux objets sans soulte ni retour.
Tm, s. m. Avarie, dommage, tare , choc, blessure, con-
tusion, difficulté. — Prénê tru, prendre mal, éprouver un
malheur.
Tmcal, s. m. Butte, tertre, monticule.
Dér. de True, difficulté à surmonter.
Tméjéto, s. f. Cloporte, insecte aptère, d'environ un
centimètre de longueur, de couleur gris cendré, qui habite
les endroits humides, sous les pierres, les troncs d*arbres
ou autres abris qui le cachent. Au moindre attouchement,
il se roule en boule comme le hérisson, et elot ainsi sa porte,
ne présentant à l'ennemi que la partie la plus résistante de
son corps, formée par une carapace imbriquée; il échappe
même quelquefois en roulant, s'il se trouve sur un plan
incliné. Cet insecte ne sort que la nuit. Les Latins le nom-
maient Porc9llio. Dans certaines localités, on l'appelle
aujourd'hui Porcelet de Saint-Antoine : c'est le même ordre
d'idées qui lui a valu dans notre pays le nom de Truéjéto
(petite truie), de ce qu'on avait cru lui trouver quelque ana-
logie, bien éloignée sans doute, d'habitudes ou de forme
avec le pourceau. L'ancienne médecine employait le cloporte
comme dépuratif, et en cataplasmes, comme résolutif.
Tmèjo, s. f. Truie, femelle du porc. S'applique au fig.
dans le langage populaire, à une femme sale et dégoûtante.
— ta truèjo a énvéssa lou tâouiè. Se dit d'une maîtresse
dont la malencontreuse intervention vient rompre un mariage
qui est sur le point d'être conclu.
Dér. du bas-lat. Troja, m. s.
Trufa, V. Truffer, bouiTcr de truffes. — Trufa, €ulo,
truffé, truffée, parfumé, préparé aux truffes. Se trufa, se
moquer, railler, tourner en ridicule.
Dér. du bas-lat. Trufare, m. s.
Tnlaire, airo, adj. m. el f. Moqueur, euse.
Dér. de Se trufa, se moquer.
Tnio, s. f. Truffe noire, Tuber cibarium, Linn. On l'ap-
pelle aussi Rabasso. Les paysans cévenols appellent Tru/b
la pomme de terre, et pour en distinguer la truffe ordinaire,
ils appellent celle-ci trufo négro .
Tnlo-mando, s, f. Nom de plante. La garde-robe,
santoline, petit-cyprès. Santolina chamaeyparieios , Linn.
Sous-arbrisseau d'une odeur forte, qui croit dans les envi-
038
TRO
TUR
d'un clicval qui Irotle sans avancer. Trisso-ménu, Irolte-
nienu. Trisso-moutos, brise-molles; niaillel de bois à long
manche servant à iMUOticr; l'ouvrier qui en faii usage.
Trisséto, -v. /". Nom déplante, Alsina média, Morgelin*-
ou mouron blanc; Stelluria média, slellaire interméJiair-
On la donne ordinairement à manger aux petits oiseau
En médecine, elle est recommandée pour la guùrison i
ulcères du poumon. Elle pousse ordinairement dans
jardins polagiM's.
Trissoù, s. m. Pilon, ou pUUùt le mortier, comprf
aussi le pilon; appareil qui sert à triturer, broyer,
pulvériser.
Dér. de Trissu, triturer.
Triste, to, adj. m. et f. Triste, peiné, affligé. 0
aussi d'une chose fâcheuse, désagréable, affligeante,
difficile à supporter; d'un objet, d'une denrée
vaise qualilé. — Triste sujè, mauvais garneme-
bla es birn frisie, ce blé est d'une mauvaise ve
mauvaise qualilé. Tristas, enclin à la tristesse.
Dér. du lat. Tristis, m. s.
Triste, s. m. Soupente; sorte de grenier on
en bois, suspendu sous le plancher d'une pièi-
d'une liabitalion,donl il fait partie intégrani
dépendance. Elle sert ordinairement de réJu'
les domesti(jues et n'occupe qu'une partie d
la pièce qui la contient, dont elle reçoit )<
municalion avec le resle de la maison.
Dér. du bas lat. Transtega ou Tri
super i us.
On donne aussi à la soupente le noi-
qu'il est ordinairenjent construit en pin'
Trïun, s. m. Épluchures, denrées d
et choisies sur celles ([ui sont de bonn
tout des éi)luchures faites sur les ch
sentent la plus mauvaisequalilé. — <
conjbien vendez-vous les épluchure.-
Dér. de Tria, trier.
Tro, s. w. Trot, allure du eh'-
le pas et le galop. — Té faraï v
suivre la ligiic droite.
Dér. du cat. Trot, m. s. .ila
Tro, s. m. Morceau, portion
pan, un morceau de pain. Un i\ re-
viande. A cha tro, morceau p -rvé la
Dér. du cal. Tros, m. s. ithinsde
Tro, s. m. Tonnerre, br-
Tron. — Es un tron dé Di
iron iou péto , il a le di
Lou tron té cure / que le
dé milof mille tonnerr»
Dieu!
Dér. du lat. Tonitrv,
Trop, ar/v. Trop, ad
avec excès. — Madar.
r r
- mnres.
'n tuberosum,
■' mi il existe un
aussi Trufo. —
mort. — Se tuta,
•X boni d'une chose.
M)
Mie les animaux de bon
t dan
"Mit ordinai-
liil de grand
^ )»ec tarin, Frin-
! iHcé de brun noi-
; jaune et de noir, le
.-U' du corps jonquille,
Le tarin vil longtemps
•n chant n'est pas sans
.• Tuiple facilement avec le
-uilout avec le canari. De ce
it de très-bons chanteurs.
^ liée du Tarin, on dit commune-
: d'un homme qui a un gros nez :
l'Sprvoir, cuve, citerne. Le plateau
de la Saône et sur lequel est bâti le
^ de Lyon comprend un quartier dit des
• i\e la grande et la petite Tune.
"is de quartiers se retrouvent dans Tarron-
\ lis : las Tunos, dans la commune d'Aujac ;
.1 s'applique à un grand détour du lit de laCèze,
lis dans la commune du Chambon, en aval du
' de l'Homol, à l'endroit où l'isthme formé par ce
■ i ."enlué a été coupé pour redresser le lit de la rivière
lit du moulin du Tourrel ou Tourril. Avant que
lupure fût effectuée, le lit de la Cèze formait, sur ce
il, comme un vaste bassin ovale, qui avait valu ace
i.irtier le nom de Tuno.
Faire tuno, signifiait, en vieux français, faire ripaille, se
remplir largement l'estomac, considéré comme un réservoir
de bombance.
Dans le langage alaisien, Tuno s'applique aussi à un lieu
éloigné: Es en Tuno, il est loin, là-bas, au diable, à
Tunis (?) que l'on appelait Thunes dans le vieux langage
français.
Dér. du bas-lat. Tuna, m. s.
V. dans les Mém. de la Société /i7(crairc, hist. etarchéol.
de Lyon, année 1876, p. 483, l'article de M. le baron
Raverat, portant pour litre : Le tènemenl de Thunes,
Le nom de Concoules^ concullœ, petites conques, petits
réservoirs, a la même origine.
Turgan, s. m. Lotte, Gardus Lofta, Linn., poisson de
rivière qui ne \)èse pas au-delà d'une demi-livre {250 gram-
mes) et qui est aussi délicat que la truite. Il a deux barbil-
lons à la mâchoire supérieure, et un à chaque angle de la
bouche; six osselets à la nageoire de l'anus; le dos tacheté
de noir. Ses œufs sont, dit-on, un poison pour la volaille
^.^
UIA
chez rbomme» comme ceux da
^'^ décrit le Turgan ; mais
la descriptioa qa'il
prôcédeole, et
donné, sur les
ticiseuê, Bloeh.)f
ikté, les nageoires
■le noirâtre avec on
1)8 étroit, le miiseaa
le 34 centimètres de
aucoup ; il est très-fa-
le digestion facile, mais
tj circonstance, qui le rend
videmment qae ce poisson
. Saint-Nicolas et le Ah6ne,
.vt Gardonenque, qui est fort
, et serait bien alors, en effet, la
>., dont les qualités 8*accordent
'}U6 Ton reconnaît an Turgan.
Il Tonrigo, s. f. Brebis bréhaigneoa
, imais porté. On dit bréhaigne parop-
i brebis portière, celle qui à déjà porté,
.orne habitée; mauvais cabaret, habita-
misérable on mal famée.
; Tast, ». m. Choc, coup que Ton se donne
nlqu'nn ou contre un corps dur.
<ta, frapper, henrter.
UIÉ
641
Tus, pr. pert. Toi.
TiiBta, V. Frapper, heurter. Se dit aussi d*un orateur qui
perd la tète, s*embrouille et frappe à tous les coins pour re-
trouver ses idées. — Tutto pér tout, se dit également d'un
homme difficile dans son choix, et qui heurte à toutes les
portes pour trouver une femme à sa convenance.
I)ér. du grec Tt^nrco, m. s.
Tutado, «. f. Coup, choc, heurt, tape, bourrade.
Dér. de Tusta, frapper.
Tustadoù, s. m. Marteau de porte, heurtoir.
Dér. de Tusta, frapper.
TiiBtobalnstro (A), loc. adv. A la bonne aventure, au
hasard, à la bonne venue, inconsidérément, à l'étourdie.
Tntéja, v. Tutoyer. C'est, dit Sauvages, un raffinement
de politesse qui a introduit, dans les langues européennes
modernes, l'usage de parler au pluriel en ne s'adressant
qu'à une seule personne.
Cet usage n'existait pas jadis. On se tutoyait chez les
Latins, comme chez les Grecs, et comme cela a lieu aujour-
d'hui encore dans les langues orientales, même quand on
s'adresse à des personnes du plus haut rang.
TuUm, s. m. Tuteur. Celui qui dirige l'éducation, l'exis-
tence et les intérêts d'un enfant jusqu'à l'âge de sa majorité.
Un échalas, un support employé pour soutenir les plantes,
les arbres fruitiers, qui fléchissent à cause de leur faiblesse
ou à cause de la grande quantité de fruits qu'ils portent.
Dér. du lat. Tutor, m. s.
u
U, s. m. Cinquième voyelle et vingt-unième lettre de
.alphabet. Dans le dialecte cévenol V s'emploie pour l'ad-
jectif numéral Un. — U pâouqué, un peu, une petite
quantité; un peu de temps, un faible intervalle. Prénès
n'en u, prenez-en un.
Ucre, s. m. GEil. — Y-a fieha 'n cà dé poun din sou»
ueres / il lui a donné un coup de poing dans les yeux.
Ugno, s. f. Ugne, sorte de raisin dont il existe deux
eqièces : VCgns blanche et VUgne noire. L'une et l'autre ont
le grain sphérique, qui les distingue de l' Vïado ou Coupado,
dont le grain est oblong.
VUgne mûrit de bonne heure; elle est d'une digestion
facile et on la donne aux convalescents.
Uia, V, Remplir, tenir plein un tonneau ou un vase con-
tenant du vin, à la suite du déchet qui s'opère par l'évapo-
ration, dans les premiers mois de la mise en fût.
Il est à remarquer que, par un singulier phénomène, cette
évaporation est plus considérable par un temps humide,
avec vent du sud et une forte dépression barométrique.
tandis qu'elle est presque nulle quand souffle le vent du nord.
Uiado ou Conpado, s. f. Œillade. Cette qualité de raisin
non mentionnée par Sauvages est pourtant une des plus
délicates de celles que l'on récolte, ou plutôt que l'on récol-
tait, hélas ! jusqu'à ces dernières années dans le Gard, d'où
elle a presque complètement disparu, comme tant d'autres.
Celles que produisait le territoire de SainWJean-du-Pin, près
d'Alais, jouissaient surtout d'une réputation méritée.
Le grain de ce raisin, dont la saveur se rapproche de celle
de VUgno, est oblong, à peau fine et délicate.
Uiaje, 5. m. Remplissage d'une futaille dont le contenu
a diminué par suite de l'évaporation.
Uiàou, s. m. La dent de l'œil ou dent œillère, dont il
existe deux dans la mâchoire supérieure, correspondant
au-dessous de l'œil.
Dér. àHuèl, oui.
Uié, f. m. Œillet; petit trou circulaire | bordé d'un
cercle ordinairement métallique et dans lequel on passe le
ferret d'un lacet.
642
VAI
Un, uno, odj. (le nombre. On dit aussi u, uno. {Voy. œ
mol.) Quiut'uno/ quelle bMiseî quel mensonge! quelle
myslificalion ! quelle énormilé! Mé n'a di uno que crèmo âou
lun, il m'a raconlé, il m'a dit une chose inouïe, incroyable .
Uni, unido, adj. m. et f. Uni, unie. Dune couleur, d'une
nuance uniforme.
Upo, s. /■. Huppe, et par extension les sourcils et les
cils. On dit d'une personne allîûljlio, percluse: Pot pas leva
l'upo, ell^ ne peut pas ouvrir les yeux, elle ne peut remuer
ni pied ni [)atle.
Us, s. m. Usaij'e, coutume, habitude. — Counouïsselous
us dé l'oustdou, y^i'i l'habitude de celle maisofi, j'en connais
les a lires.
Dér. du la t. l'sus, usage.
Usaje, 5. m. Couturne, usage, habitude; solidilé, durée,
résistance. — Aquclo vcsto m'a fa força usaje, cette veste a
longtemps ré^islé ;\ l'usure.
Dér. du lai. Usas, usage.
VAL
Usanço, s. f. Usure, détérioration, déchet.
Dér. du catal. Usansa, m. s.
Uscla, i\ Flambler, griller, brûler, roussir. — S'uscla
tous pùous, las ussos, se griller les cheveux, les soarcils.
Dér. du lat. Ustulare, m. s.
Uscla, ado, adj. m. et f. Roussi, flaml)é, grillé, brùlé.
Usso, s.f. Sourcil. FaVrc las ussos, froncer les sourcil s. —
Vu codé poun sus l'usso, un coup de poing au front. Fasiê
d'ussos coumo dé brosso, il hérissait ses sourcils d'un air
courroucé.
Ustancïo, s.f. Ustensile, outil, tout ce qui sert au menu
ameublement d'un ménage et principalement de la cuisine,
tels que la vaisselle, la batterie de cuisine, etc.
Dér. du lat. Cstensilia, m. s.
Usunfui, m. 5. Usufruit, jouissance des recolles, des
revenus d'un héritage dont la propriété appartient k un
autre.
Dér. du lat. Usufructus, m. s.
V
Y, s. m. Dix-S'-ptiême des consonnes et vingt -deuxième
lettre de ral[)liahot. Dans un grand nombre de dialecles méri-
dionaux du Sud-Ouest de la France, le V se prononce 6, mais
il ne doit jamais élre rem[)lacé par cette d(!rnière lettre,
dans rnrl!itgiM()he des mots où il est employé.
Les laliiis l'employaient pour U dans beaucoup de cas.
Vacance, .v. f. Place ou fonction inoccupées , vacantes,
dépourvues de titulaire.
Vacant, s. m. l^n lerrai[i inoccupé, une parcelle non culti-
vée el p)uva!il servir d'emi>Iac'[ii'^nl puur une construction.
Dér. du lat. Vnr'tniem, \\\ . s.
Vacbéïrious, .v. m. pi. Les quatre derniers jours du mois
de mars el les U'jis [)remiers du mois d'avril, composant une
périrnl.^ (jU" l'on c )nsidrM-e, h tort ou ù raison, comme étant
souvent lalale aux récolles, et durant laquelle les gelées
blanches hrDuiss'MU (lUflqu-Mois les jeunes bourgeons.
On ai)[>iMl(^ au>^i C'\s s'[)l jours Ions Cavalics, dénomi-
nation qu" Von a[i[ilii[ae é^'al'';nent aux saints grèleurs ou
vendinL'''in'<, tels (pie Saint-Georges, Siint-.Marc, Sainte-
Croix, Sainl-Jean et Sainl-Médard, dont les fêtes sont décriées
parmi le [)eu[)le, à cause des pluies, des grêles, des orages
quiles a''i''»!upiL:iienl .souvent de près ou de loin .
Vacina. v. Vacciner, donner la vaccine.
Dér. (lu lat. V'irra, vache.
Vacino, s. f. Vaccine; vaccin.
Dér. «lu lat. Vacca, vache.
Vaïén, énto, adj, m. et /". Diligent, actif, laborieux.
Dér. (lu lat. Valrnicm, vaillant: mais il ne s'emploie
[)lus, en l;ingu»^d<»cien, avec cette dernière acception.
Vaï et-vèn, v. vi. vomp. Va-et-vient. Cette expression
s'emploie avec la même acce[)tion qu'eu français. Elle
exprime l'action de se promener de long en large, sans but
déterminé.
Val, .V. m. Val, vallée. Ce terme devait être jadis employé
au féminin puisqu'on le retrouve dans les noms de lieu
féminin. La Val, Valbonjno, Valùrihni'jo, Valérisclo, Vdou-
malo, Vahj'ihjo, Vali'ojuicïro, etc. — Voy. ces mots.
Dér. du lat. Vallis, m. s.
Vala, >. m. Uo.ssé, lit de ruisseau, ruisseau lui-même.
Tranchée l'aile de main dliomine [)our défricher un champ,
doniier un écoulement aux eaux. — Passa avala, passer uu
cliami) en friche k tranchées, le défoncer aune grande pro-
fondeur. De l'obrojou vala, c'est par l'œuvre que l'on juge
rou\rier. S'en a)Hi coumo un vala, s'éloigner, disparaître,
s't^n aller sans dire mot, sans demander son reste.
Dér. du lat. Vallutus, m. s.
Vala-mabistre, s. m. comp. Fossé ou ht de ruisseau
mavronal, c'est-fi dire d'un ruis.seau qui reçoit tous les
aulivs aflUifols de la n^'gion ou d'un même quartier de terri-
toire, et d:>nt le sol n'appanient pas aux riverains par
m()ilié,co!nmo c(;la a lieu pour les fossés qui formaient limite
divisuire entre deux héritages situés sur un même plan
horizontal; car pour deux pièces de terrain contigues, mais
situées sur deux plans différents, l'usage veut que la l)erge
de soutènement, qui borde la parcelle supérieure, appartienne
à celte parcelle, tandis que le fossé creusé au pied de cette
même berge doit appartenir à la parcelle située en contre-
bas, d'(jii l'axiome suivant: Bibo d^dou, vala dé-bas,
c.-cVd. la berge appartient au propriétaire d'en haut, le
fossé np[)artient au propriétaire d'en bas.
VAL
Fonn6 de Vola, fossé, el de Vadj. MahiHr§, magistral,
priocipal on mayronal.
Yalabrégo, «. f. Vallabrégue, village da canton d*Âra-
mon, autrefois situé dans une lie du Rh6ne qui 8*est depuis
soudée à la rive gauche du fleuve. Cette appellation a la
signification de vallée double ou à deux lèvres (brigoj, à
cause des deux branches du Rhône qui Tentouraient jadis
et la plaçaient entre deux rives, l'une orientale regardant
la Provence, et l'autre occidentale en face du Languedoc.
Yalâonrio, s. f. Nom de lieu et d'une rue d'Alais orientée
du levant au couchant, et partant de la place de l'Hôtel-
de-Ville pour se terminer à la rue Bouquerie, qui en forme
le prolongement, à partir du carrefour des mes Raymond-
Pelet et du Doyenné.
Dér. du lat. Vallis auraria, vallée ou rue du vent ou de
l'aure.
Vala-ratiè, $. m. eomp. Fossé de drainage, creusé en
tranchée dans une pièce de terre marécageuse pour favo-
riser l'écoulement des eaux, et rempli de menues pierres
ordinairement recouvertes de dalles minces.
Composé de Vola, fossé, et de ratiè, pour les rats; fossé
habité par les rats.
Yalborgno, s. f. Nom de lieu. Vallée borgne, c'est-à-dire
qui n'a qu'une ouverture inférieure, un seul débouché en
aval, celui d'amont étant clos par des crêtes ou des plateaux
élevés. La ville de Saint-André-de-Valborgne, chef-lieu de
canton de l'arrondissement du Vigan, est située dans la
vallée dite Valborgne, formée parla branche du Gardon de
Saint-Jean-du-Gard, qui prend son origine sur le flanc
oriental du Causse ou Calm de THospitalet, et débouche
dans la vallée principale de la Gardonenque, un peu en
amont de Saint*Jean-du-Gard.
Valériselo, vallée close, a la même origine. — Voy* ce mot.
Formé de Val, vallée, et de borgno, borgne.
Talé, V. Valoir, avoir du prix, du mérite; rapporter,
produire, procurer, tenir lieu, profiler, être utile, aider. —
Se faïre tfalé, se donner de l'importance. Se fdivhiènvali,
acquérir de l'estime, de la considération, par son mérite ou
sa conduite. Se faïre mdou valé, perdre par sa conduite l'es-
time des honnêtes gens Faïre valé uno plaça, s'intéresser à
quelqu'un pour lui obtenir une place, des fonctions qu'il dé-
sire remplir. Pdou-vdou, vaurien, homme de peu de valeur.
Yalénço, $. f. Valeur, vaillance; vaillantise.
Yalérâongo, «. A Nom de lieu. Chef-lien de canton de
l'arrondissement du Vigan, sur la rivière de l'Hérault qui
lui donne son nom. — Valérdougo, vallée de l'Hérault.
{Arauris en latin.)
Valériselo, s, f. Vallée haute de l'Auzonnet, affluent de
la Cèze, au milieu de laquelle se trouve le village deSaint-
Jean-de-Valériscle qui emprunte son nom. Cette dénomina-
tion off're une signification identique à celle de Valbargno.
Dér. du lat. Vallis clausa, vallée fermée on close, cette
vallée étant en effet fermée à son orgine par les hauteurs de
Portes.
VAN
643
Valgalgo t. f. Valgalgue, VaUe$ualga, nom donné à la
vallée haute du ruisseau du Grabieu, affluent du Gardon,
et qui se jette dans cette rivière au nord de la ville d'Alais
après avoir reçu le ruisseau de Bruège. Cette vallée a donné
son nom à deux localités du canton d'Alais-Est, Saint-Mar-
tin et Saint4ulien-de-Valga]gue, situées toutes deux au
passage de Tandenne voie Régordane, aujourd'hui route
nationale n<»406, de Nimes à Moulins, dont la direction
est sensiblement parallèle, sur cette région, aux cours
du Gardon et du Grabieu entre lesquels elle se trouve
comprise.
A part le ruisseau du Grabieu et ses affluents, cette vallée
large et plate est sillonnée par une multitude de petits
ruisseaux, qui la coupent dans tous les sens et qui lui ont
valu sa dénomination : Valgalgo, Val-dai-aïgos ou Val-
éïgotuo, synonyme de Valiguiètro ou Val-èiguUïro. —
Voy. c. m.
C'est à l'origine de cette vallée, au levant du village de
Saint-Julien-de- Valgalgue, que fut fondé, en 4229, le monas-
tère des religieuses de N.-D. des Fons on de Sainte^laiie-
d'Alais, de Tordre de Citeaux, dont il ix'ste encore la chapelle
convertie en filature. Cette abbaye est placée à côté d'une
source abondante qui alimentait le couvent.
Dér. du lat. Vallis aquaria, m. s.
Valiguièîro, t. f. ou plutôt Val-éigniètro, Vallis aqua-
Ha, vallée des eaux, synonyme de Valgalgo. C'est le nom
d'une petite rivière, affluent du Gardon, qui traverse les terri-
toires de Valliguière, deCastillon, de Saint-Hilaire-d'Ozilhan
et de Remoulins. Elle donne son nom an village de Valli-
guière, situé près de sa source, et qui fait partie du canton de
Remoulins. Elle longe sur une grande partie de son cours
la route nationale n« 86, de Lyon à Beaucaire, qui fut
jadis l'ancienne voie romaine de Nimes à Alba-Helviorum,
Dér. du lat. Vallis aquaria, m. s.
Vanmalo, ou plutôt Vàcninalo ou Valmalo, s. f. Vallée
mauvaise, dangereuse. On trouve Vanmalo dans la com-
mune de Sonstelle, et la Combe de Valmale, en aval du
Pont-dU'Gard, rive droite. Malaval a la même origine.
Dér. du lat. Vallis mala, m. s.
Yan, s. m. Van. Appareil en osier qui sert à vanner le
grain et les légumes, à le dépouiller de la balle, des peili-
cules ou menues pailles qui s'y trouvent mêlées.
Dér. du lat. Vannus, m. s.
Van, s. m. Élan. — Préne van, prendre son élan,
reculer pour mieux sauter. Grand van, piehà eo, se dit de
celui qui fait beaucoup d'embarras pour arriver à un mince
résultat. Douna lau van, donner l'autorisation, le ban des
récoltes, du grapillage; élargir le bétail, lui donner la clé
des champs; mettre un prisonnier en liberté; donner la
fuite à l'eau d'un bassin, d'un réservoir; an vin d'une
futaille. Très membres tout d'un van, trois pièces de plain-
pied, dans une maison.
Van, V. Ils vont, trois, pers. plur. du verbe Ana, aller.
— Coumo y van/ quelle ardeur!
644
VAO
Yana, v. Vanner, dépouiller le grain des pellicules on
pailles légères qui y sont mêlées.
Dér. de Van, van.
Vanèlo on mieux. Vanèon, «. f, ou m. Vanneau Vanêl-
lus cristatui, oiseau aquatique de Tordre des Échassiers et
de la famille des Tenuirostres. Il est remarquable par Tai-
grette longue et noire qui se relève sur le derrière de sa
tète, et il est fort recherché par les gastronomes, sans tou-
tefois mériter Texagération du dicton : < Qui n*a pas
mangé de vanneau, n*a pas mangé de bon morceau. » Son
nom français, dont le languedocien n*est que la traduction,
lui vient, parait-il, de ce que son vol, quoique léger, se
fait entendre d'assez loin et imite assez bien le bruit du
van dont on se sert pour vanner le blé.
On appelle aussi Vanèlo, Banèlo on Gaféio, la mouette
(Laruê) en y comprenant les mouettes, mauves on goélands ,
car des nombreuses variétés de ce genre d*oiseau qui sont
ici de passage et dont plusieurs restent sédentaires sur nos
côtes, on ne saurait trop à laquelle appliquer plus parti-
culièrement ces noms, y compris même le Qabian.
Dér. du lat. Vanéttuê, m. s.
Yanèlo, s. f> Nonchalance, paresse. — Quinto winUo I
quelle paresse ! On emploie aussi ce terme substantivement
dans le sens de paresseux, fainéant.
¥ano, «. f. Vanne, couverture, courte-pointe, couverture
de coton ou de laine dont on recouvre un lit. — Dim.
Vano^, petite couverture, couvre-pieds. Fono piquado,
couverture piquée. Vanne de moulin.
Vanta, v. Vanter, prôner, faire Téloge, relever les qua-
lités d'un homme ou d'une chose. — Se vania, se vanter,
se glorifier, à tort ou à raison.
Dér. du lat. Vanitare, m. sign .
Yantaciou, s. f. Louange, flagornerie, vanterie.
Dér. de Vanta, vanter.
Yantéto, $. m. Vantard, fanfaron. — Es un vantito,
c*est un vantard, un homme qui se glorifie constamment ,
qui fait sans cesse son éloge.
Dér. de Vanta, vanter.
Yantonèr, «. m. Éventail.
Dér. de Vén, vent. Régulièrement on devrait dire Vin-
touèr,
Yâoagrand, $. f. Nom de lieu, vallée grande ; large vallée.
Yâonmagno, t. f. Même signification que Vâougrand,
Dér. du lat. Valli» magna, m . s.
Yâoupièîro, s. f. Nom de lieu, dans les communes de
Valleraugne et de Sumène. Localité ruinée, située sur le
territoire de Théziers; terrier de renards.
Dér. du lat. Vulpes ou Vutpi$, renard.
Yâourièn, s. m. Vaurien, mauvais sujet, coquin ; homme
sans moralité, sans probité.
Dér. de Vdou et de Rien, qui ne vaut rien.
Yâouiiènaîo, s. f. Race de vauriens, famille de coquins,
mauvaise engeance.
Dér. de Vdourièn, vaurien.
VÈ
Yâoatres, os, pr, pmrs, de la 2* pers, plwr. Vous. On
l'emploie aussi pour voum àoutreê, vàautm étant en effet
une contraction de vow âoutres.
Gomp. de Vous et de Àouire$.
Ya-qaé-ya, adv. Vaille-que-vaille.
Yaquiè, èîro, $, f. et m. Vacher, vachère, celui ou celle
qui prend soin des bœufs on des vaches, dans un domaine,
on qui fait métier d'élever les bœufs et les vaches.
Dér. de Vaquo, vache.
Yaqno, $. f. Vache, femelle du taureau. — La vaqw
a bon pè/ expression employée par les plaideurs, pour
indiquer qu'ils ont des ressources sufllsanles pour soutenir
un procès onéreux. Lou planché dé la» vaquai, le plancher
des vaches, la terre ferme. Que ié /icfc« la vaquo, mai qui
hu védél téu! peu importe la mère, si le fils se porte bien!
Parla frawié» eoumo uno vaquo éipagnolo, se ditd'un homme
ou d'une femme qui ont la prétention de s'exprimer en
français, mais qui ne peuvent y parvenir que d'une manière
très-défectueuse.
Yaraîa, v. Roder en tous sens, fureter, chercher, bou-
leverser, brouiller.
Yaraîatre, aîro, $. m. et f. Celui ou celle qui rôde, furète,
brouille et bouleverse toute chose.
Dér. de VarOia, rôder.
Yaraire, s. m. Nom de plante de la famille des Golchi-
cacées, qui s'applique à l'Ellébore de toutes les espèces :
blanc, Veratrum album, Linn. ; noir, HêlUbonu mg§r,
Linn. ; vert, Bdleboruê viridi», Linn. Cette plante fleurit
en hiver et sa racine est vénéneuse.
Yaral, s. m. Mêlée, attirail, multitude d'aflaires, trouble,
désordre, confusion, remue-ménage. — Voy. aussi IKaniftat.
Yariso, «. f. Varice, veine très-renflée qui se manifeste
ordinairement dans les jambes.
Dér. du lat. Varicem, m. s.
Varié, ». m. Valet, domestique, serviteur; valetdeferme,
laboureur; valet de meunier. — VarlénU'tnlo, valet-de-
ville, appariteur. Un des quatre personnages qui figurent
sous ce nom dans un jeu de cartes. Terme de menuiserie :
instrument en fer qui sert à assujétir une piôce de bois sur
l'établi, pendant qu'on la travaille. A varié fôou pa» cAom-
brii^o, à un valet on ne fournît pas une domestique.
Dér. du has-lat. Va»»alHu», vassal, subal terne.
Vas, ». m. Mesure de quantité équivalant au nombre
cent. Ce mot s'emploie particulièrement dans les environs
de Nimes, et surtout à Besonce. — Un va» dé eébo$, un cent
d'ognons.
Yaso, ». m. Vase, ustensile destiné & contenir une
liqueur ou des grains. Poterie d'ornementation; pot on l'on
tient des fleurs dans les jardins ou sur une fenêtre.
Yè ! inurj. Vois ! expression employée poar exprimer la
surprise ou l'admiration. — Oï vèf oh! vois! Tè, vè!
tiens, vois !
Dér. de Vé, seconde personne du futur absolu de l'impé-
ratif du verbe Vêir», voir.
VÉI
Védèl, «. «II. Veau, le petit de la vache. — Àoura la vaeo
amaii lou védèl, se dit d*iin homme qui épouse ime fille déjà
enceinte. Brama eoumo un védii, crier comme un brûlé,
comme jm yeaa.
Un éboalis de terre on de mur reçoit aussi, an figuré, le
nom de védèl,
Dér. dn lat. V$iillus, m. s.
Yédéla, v. Vêler, mettre bas nn veau. An figuré s'ébou-
ler. — Aquélo faXsto a védéla, ce mnr de soutènement s'est
éboulé.
Dér. de Vid^, veau.
Yédélé, «. m. Maladie inflammatoire des enfants.
Yédîa, V. Attacher les sarments de la vigne aux écha-
las, les provins et les jeunes plants aux tuteurs.
Dér. de Védil. — • V(*y. ce mot.
Yédil, i. m. Lien fait avec un rameau d'osier; brin de
jonc ou de rameau flexible dont on se sert principalement
piour attacher aux échalas les jeunes plants de vigne, les
provins et les jeunes plants aux tuteurs, les branches des
aibres fhdtiers en espalier à leurs supports.
Yédio, s. f. Le cordon ombilical. — Nou$a la védio,
nouer le cordon. Cwtpa la védto, couper le cordon.
Les femelles des animaux, qui mettent bas, coupent avec
les dents le cordon sans le lier, et il n'en survient aucun
accident; les enfants périraient si l'on oubliait de faire
cette ligature.
Dér. de VédU, lien.
Yéia, V. Veiller, passer la veillée ; se coucher tard.
Se dit de ce qui surnage à découvert dans un liquide quel-
conque, de ce qui surmonte et dépasse le liquide contenu dans
un vase. — ta raquo vêio din la eoumudo, la grappe
surmonte le moût contenu dans la cornue. La car veto din
lou toupi, la viande surmonte le bouillon dans le pot au feu.
Yéîado» M. f. Veillée. Le temps que passent, réunis
dans une maison, les parents, amis où voisins, pendant les
longues soirées d'hiver.
Dér. de Téta, veiller.
Yéiéto, s. f. Veilleuse ; lamperon d'ime lampe, lampion
d'une lanterne. On dit aussi Fêïujo.
Dér. de Téta, veiller.
Yéira, «.m. Maquereau, Scomber, poisson de mer trés-
connu dans les poissonneries. Il est moins gros dans la
Méditerranée que dans l'Océan. FAra vient du latin Varius,
tacheté, moucheté et de couleur changeante, car le maque-
reau, de jaune qu'il est, change de couleur en sortant de
l'eau, et devient vert-bleuàtre on irisé.
Yéira, v. Il verra. 3* pers. du futur absolu de l'indicatif
du verbe Véïrt, voir. Tourner, approcher de la maturité,
en parlant des fruits et surtout du raisin.
Ynrado, s. f. La saison d'automne ; les approches de la
maturité des fruits et surtout du raisin.
Ytira, i. m. Le verre. Verre à vitre, verre à boire, verre
à lunettes. Corps transparent et fragile produit par la
fusion d'un mélange de sable siliceux et de sel ammoniac.
VÉL
645
Depuis quelques années, on fabrique des verres trempés
dans im corps gras et beaucoup moins cassants que le verre
ordinaire.
Dér. du lat. VUrum, m. s.
Yéiro.v. Voir, apercevoir, examiner, observer; fréquen-
ter. — rat, y vésef va, j'y vois clair! Y véi pas jnt uiên
ftfé 9oun nai, il ne voit pas plus loin que son nez. Mé n'a
fa v^ref il m'a fait la vie dure! N'a jamaï vis lou iouHi
quépér un trdou, il n'a jamais rien vu, il ne connaît rien,
tout l'étonné. Té vis9 vénïf je vois où tu veux en venir!
Vése pas lou moumén dé parti, je suis impatient de partir.
Qudou a jamaî vis? qui a jamais vu pareille chose t Pér
véïrtf voyons! Je voudrais bien voir cela.
Dér. du lat. Videre, m. s.
Yéfrlè, s. m. Verrier, ouvrier qui fabrique, qui travaille
le verre ; le marchand qui vend des objets en verre.
Dér. de Véïre, verre.
Yéirièiro, s. f. Verrerie; usine où l'on fabrique les
objets en verre.
Dér. de Vêire, verre.
Yéircù, s, m. Vairon, Cyprinus phoxinus, Linn., petit
poisson qui recherche les eaux limpides et courantes à fond
graveleux. Il nage avec grâce et se rapproche souvent des
bords.
Yéinm, s. m. et nom propre de personne. Ce nom est
très- commun dans la Lozère et dans la région d'Alais.
Sauvages l'identifie avec le nom d'un saint originaire du
Gévaudan, saint Véran ou Vérain. Nous serions plutôt
tenté de croire que ce mot est une variante de Vèirok,
vairon, petit poisson de rivière de couleur irisée comme le
Vifira ou maquereau, et que l'on appelle aussi Ravalio, •*-
Voy. Vêinrit.
Dér. du roman Vair on Vaire, dérivé lui-même du lat.
Varius, de diverses couleurs.
Yéûsèlo, s. f. Vaisselle et en général tous les vases qui ser-
vent à contenir des liquides, tels que futailles ou tonneaux.
Yé]aill prsm. pers. du pluriel du futur absolu de Cim"
pératifdu verbe Vêlre, ou interjection. Voyons! — V^at^
s'ou far as/ voyons si tu feras cela! Nous allons voir si tu
auras cette audace!
Yèjol deux. pers. du sing, du fut. abs. de V impératif
du verbe VSire, ou interj. — Vèjo-lou/ regarde-le I iTf-
én digue : Né vos? Vèjo-n'aquif il l'agonisa d'injures.
Yélo, s. ^ Voile, pièce de toile forte que l'on attache aux
antennes des vaisseaux pour recevoir le vent et presser la
marche des navires. — Ddou vén, la vélo, suivant le vent, la
voie.
Dér. du lat. Vdum, m. s.
Yéloù, «. m. Velours, étoffe de soie on de colon à poil
ras et touffu, doux an toucher.
Dér. du lat. Villotus.
Yéloiita, V. Velouter, donner à une étoffe tissée les
propriétés, la nature du velours.
Dér. de VéM, velours.
646
VÉN
Yélonta, ado, adj. m. et f. Velooté, te; qui est de la
nature da velours.
Dér. de VéM, velours.
Yélonté, «. m. Nom de plante de la iamille des Synan-
thôrtes. (Sillet dinde, Tag$tês eree(a. Lion. La tige de
œite plante est peu rameuse et porte des feuilles ailées,
d*un vert dair, à folioles linéaires, ponctuées et dentées .
Les fleurs sont radiées, solitaires; le calioe simple à o6tes
anguleuses; la corolle d'un jaune éclatant plus ou moins
foncé. Il en existe plusieurs variétés, les unes à fleurs
orangées, rayées de jaune ou veloutées; d'autres à fleurs
doubles. Ces plantes sont originaires du Mexique; elles
séduisent la vue par la richesse de leurs couleurs, mais
elles exhalent, quand on les touche, une odeur forte et
désagréable.
Yen, g. m. Le vent; air agité, souffle, courant d*air. —
Fat eoumo lou vén, il va comme le vent.
Yéna, ado, adj. m. et/*. Veiné, ée; qui présente des
veines de diverses nuances ou de diverses couleurs.
Dér. du lat. Vena, veine.
Y6nado, t. f. Veine, fllon métallifère; filet d*eau qui
jaillit à travers les rochers.
Yênd, V. Vaincre, surmonter une difficulté; avoir le
dessus dans une discussion ; triompher d'un adversaire, d*un
ennemi.
Dér. du lat. Viwivn, m . s.
Yéndétre, éîro, «. m. et /. Vendeur, venderesse. Celui
qui fait une vente.
Dér. de Yindtt, vendre. — Voy. ce mot.
Yêndimia, v. Vendanger, récolter les raisins.
Dér. du lat. YïnàvmxikTB, m . s.
Yéndimiatre, aîro, s. m. et/. Vendangeur, euse; l'on-
vrier qui est employé aux vendanges.
Dér. de Véndimia, vendanger.
YéBdimio, 5. /. Vendange; l'époque des vendanges; le
nûsin reoueilli pendant les vendanges et destiné à la fabri-
cation du vin. — Vif véndimioi, au tempa des vendanges.
£a véndimio $é vén trénto front, le raisin se vend à
raison de trente francs les cent kilos. Moure dé vindimio,
trogne d'ivrogne, figure barbouillée de raisin.
Dér. du lat. Vindemian, vendanger,
Yéndo, t. A La vente. Vente, aliénation d'une chose à
inrix d'argent; débit de denrées ou de marchandises.
Dér. du lat. Venditus, part, poisé de Yendere, vendre.
Yèndre, v. Vendre, aliéner. Au fig. trahir. — Se vendre,
se vendre, recevoir de l'argent ou un bénéfice quelconque
pour commettre une action honteuse, l&che ou indélicate .
Dér. du lat. Yendere, m. s.
Yéndn, do, adj. m. et f. Vendu, e. On l'emploie aussi
substantivement. — Un vendu, se disait jadis d'un rem-
plaçant militaire. On l'applique aussi en politique, à celui
qui abandonne son parti et embrasse une cause advers e
pour des motifs d'intérêt.
Dér. du lat. Yenditui.
VÉN
Yéngu, dO| adj. m. et f. Venu, e. -* Màou véngyt, nui
venu, qui n'a qu'un développement incomplet. Àquél Ma
is mâùu véngu, ce blé n'a pas réussi.
Yéngudo, $. f. Venue, arrivée. — Un amumriè d'uno
bèh véngudo, un mûrier vigoureux, qui ajeté des branches
fortes et vigoureuses.
Dér. de Yini, venir.
YiDi, V. Venir, arrriver; provenir; nattre, croitre; de-
venir. — Éi vingu, il est arrivé. Fiai' véni, il va venir.
Faï pas qu'ana et véni, il ne fait qu'aller et venir. Snm
gran véniè dé Ginouia, son grand-père était originaire de
Génolhac. È$ véngu gran, il a grandi.
Dér. du lat. Yenire, venir.
Yénja, v. Venger. — se vénja, se venger« avoir satis-
faction d'une insulte, d'un outrage.
Dér. du lat. Ymdkare, m. s.
Yénjadiaso, s. f. Vengeance. On dit aussi Yia^mto.
Yénjanlprtffti. pèn. du futur ahê. de ViwpéraUf d«
verbe Yêire. Voir; employé comme tntor/. Voyons 1 —
Yénjan, i'âourét aquét toupé/ voyons un peu ai vousauies
le firent de faire ou de dire cela.
Dér. du V, Yéire, voir. — Yoy. Yéjan.
Yénjando, même signification que Yét^an. ^ Yog,
ce mot.
Yènjan-yéirel mterj. Redondance rôduplicative de
vénjan/ voyons! traduction littérale de celle qui est
employée en mauvais français, par les gens do peuple :
YoyoM'Voirf
Yéno, s. A Veine; vaisseau sanguin qui ramène vers le
CQBur le sang porté aux extrémités du corps par les artères;
filon minéral ; raies de colorations diverses qui apparaissent
dans le bois, les terrains, les marbres; petit filet d'eau sou-
terrain. — Mé fai faire dé vènoei tu me surexcites, tu
m'irrites au plus haut degré, tu m'agaces.
Dér. du lat. Yena, m. s.
Yénta, v. Venter, souffler; venter ou éventer le blé ou
autres grains en le lançant en l'air avec une pelle ou une
fourche en bois pour en chasser la poussière et la balle.
— Se vénla ou plutôt eé vanta, s'éventer avec un éventafl.
Dér. du lat. Yenîue, vent.
Yéntadomro, s. f. Pelle ou fourche en bois à fourchons
plats et rapprochés, qui sert à venter ou éventer le blé en
le lançant en l'air.
Dér. de YétUa, venter ou éventer. — Yog. œ mot.
Yéntrado, s. /*. Ventrée, portée; les petits q[ue les
femelles d'animaux font en une seule fois; la quan^të
d'aliments que l'on a absorbée dans un oopieox repas.
Dér. de Yéntre, ventre.
Yéntre, s. m. Ventre; la partie de l'abdomen qui con-
tient les boyaux. — Rampitï eoun ventre, faire nn repas
copieux. Vénérai, gros ventre.
Dér. du lat. Yentrem, m. s.
Yéntrésquo, «. f. Le petit lavd qui reooavie le ventre
et la poitrine du cochon ; panse, bedaine.
Dér. de Yéntre, ventre.
VÈR
YéAtmdaB, af so, «. m. et f. Péjoratif de Ventru, do,
Tentra, e. Se dit de quelqu'nn qai est trôs-veotni.
Yéoiuage, t. m. Veuvage, état de viduité.
Dêr. de Vious», veuf.
Yéoase, so, t. m. et f. Veuf, ve. Le mari qui a perda
sa femme; la femme qui a perdu sou mari. — TirtuM
un véouMê, se dit d*une jeune fille dont le vêtement s'ac-
croche à un buisson, et qui, par cela même, est, dit-on,
prédestinée à épouser un homme veuf.
Dôr. du lat. Viduui, m. s.
Véouso, «. f. Nom de plante. Scabieuse, Seabio$a atro^
purpurea, Linn., et en général toutes les scabieuses. Genre
de la famille des Dipsacées. La Scabieuse des Veuves a été
admise dans nos jardins. On la croit originaire des Indes;
elle a des fleurs d'un pourpre foncé, avec des anthères
blanches.
Les scabieuses, négligées par les botanistes des premiers
siècles, ont été dotées, par leurs successeurs, de propriétés
qui leur ont valu pendant longtemps une grande répu-
tation, fondée, comme beaucoup d'autres, sur des idées
superstitieuses, La seule dénomination de Scabieuse (de Sea-
biei, gale), en annonçant la vertu curative de la gale, établi»-
sait déjà une erreur.
Vèr, M. m. Aulne ou vergue, B^ula ulnut. Lion.,
Âlnu glutinosa, W. ; arbre très-commun dans le Gard, le
long des cours d'eau. C'est à cette essence d'arbres que
beaucoup de localités doivent leur nom dans notre région :
La Vernède, la Vernarède ; Vers, Vem on Vems dans le
Midi ; Verneuil et Vernon dans le Nord. Ces noms ont la
même signification qu'en français le terme AulnaU, qui
désigne un lien planté jà* Aulnes, comme la Nougarède
indique un lieu planté de noyers ; la Pommaréde, l'Elzièro,
la Felgère, etc., des terrains plantés de pommiers, d'yeuses,
et où pousse la fougère, etc.
Ce genre de plantes, de la famille des Amentacées, avait
été réuni par Linné au bouleau. C'est un des arbres qui vé-
gètent le mieux dans les terres humides et marécageuses,
dont il fait Tomement et la richesse. Il s'élève parfois jus-
qu'à quinze et vingt mètres. Cet arbre brave également les
grands froids et les grandes chaleurs. On le trouve depuis
la Laponie jusque sous le soleil brûlant de l'Algérie. Mine
dit que, de son temps, on le plantait le long des rivières
pour les contenir dans leur lit. Le bois d'aulne acquiert
en séchant une teinte rougeàtre. Il prend très bien le noir.
Pline et Vitruve assurent que les pilotis d'aulne sont d'une
étemelle dui-ée. L'écorce de cet arbre sert à teindre les cuirs
en noir; on lui attribue de grandes vertus fébrifoges.
Yèr, i. m. Le vert, la couleur verte. — Méin âau vêr,
mettre au vert, faire manger des herbes vertes, au prin-
temps, 'aux mulets et aux chevaux, pour les rafratchir.
L'an mes âou vèr, on l'a mis à la portion congrue, on loi a
retranché une partie de l'argent dont il disposait mal à
propos.
Dér. du lat. Viridis.
▼èr, Verdo, adj, m. et /. Vert, verte; de eooleor verte;
VÉR
647
fruit qui n'est pas mûr; bois qui n'est pas sec; vin fait
avec des raisins insufBsamment mura. Au fig. se dit d'un
homme encore vigoureux malgré son âge avancé.
Dér. du lat. V&idii, m. s.
Yèr, prép, Vera, du côté, dans la direction de ; cette loca-
tion s'emploie aussi pour désigner une date approximative:
Yèr Nauvè, aux environs de la Noël.
Dér. du lat. Versut, m. s.
Véramén, adv. Vraiment, en vérité. — véramén dons
oti dise, je vous le dis en vérité.
On dit en latin dans le même sens : Amm, Amen, dioo
«O&tf.
Verbal, s. m. S'emploie dans le sens de procès- verbal. —
Lou gardo m'a foi un verbal, le garde champêtre m'a fait
un procès- verbal.. Les paysans prononcent souvent Barbai
pour Verbal.
Dér. du lat. Verbalii, m. s.
Yérbalamén, adv. Verbalement, de vive-voix. — Ço
qui m^avii di vérbtdamén, voutH que m'ou dounèue pér
éicrï, je voulais qu'il me donnât par écrit ce qu'il m'avait
dit de vive- voix.
Dér. du lat. Vtrbalis.
Yérbonîasé ou Bréségoù, s, m. Nom de plante. Petit
houx, houx frelon, fragon piquant, Ruteuâ aculéatus, Linn.
Cet arbrisseau, de la famille des Smilacées, croit partout
dans les bois montueux des contrées tempérées de l'Europe,
mais principalement dans le Midi. Il a l'aspect [d'un petit
myrte ; les feuilles sont dures, ovales, d'un vert métallique,
piquantes à leur sommet; la tige est du même vert que les
feuilles. Ses baies d'un rouge vermillon ont une saveur
fade et douceâtre; elles sont de la grosseur d'une petite
cerise, sessiles et collées sur le revera de la feuille. La
racine et les fruits de cet arbrisseau passent pour apéritifii,
diurétiques et emménagogues.
Dér. de Vèr vert, et de Bouïssé, buisson, buisson vert.
Vérdastre, o, adj. m. et/: Verdàtre, tirant sur le vert
Dér. de Vèr, vert.
Vérdé, M. m. Verdet ou vert de gris, oxyde de cuivre.
Dér. de Vér, vert.
Vérdé ou Argué, s. m. Nom d'oiseau, Martin-Pécheur,
Alcyon, Alcedo ispida, Temm. C'est le plus bel oiseau
d'Europe qui, par ses magnifiques couleura, peut rivaliser
avec les plus brillantes espèces des tropiques. On l'appelle
Vèrdé, à cause des teintes verdàtres qui chatoient sur sa
robe d'azur, et Argnè, de ce que l'on a cru qu'en le
mettant desséché dans une armoire, son odeur en chassait
.les teignes fAmoëJ; mais loin d'en préserver les étoliBi de
laine, on voit souvent, dans les collections d'oiseaux em-
paillés, V Argnè être un des premien atteints par oss
iosecles.
Yérdéia, v. Verdoyer, verdir, reverdir, tirer sur le
veit.
Dér. de Yèr, vert.
YMttè, t. m. Verdier, nom propre d'homme et nom d'oi-
seau. Verdier, plus souvent appelé Yirdmn. — Foy. c. m.
648
VER
\
i
i
ï
Vérdoù, #. m. Verdeur, verdure; saveur du vin qui est
vert, c'est-à-dire composé avec du raisin incomplètement
mûr; vigueur de la jeunesse.
Dér. de Vèr, vert.
Verdun, s. m. Nom d'oiseau et nom propre d'homme.
Verdier, gros bec verdier; FringUla Chloris, Temm.
Le mâle a toutes les parties supérieures, la gorge et la
poitrine d'un vert jaunâtre et le ventre jaune; la femelle
est d'un gris cendré, légèrement teint de verdàtre en-dessus.
De tous nos oiseaux des champs, le verdier est peut-être le
plus facile à prendre, à quelque piège que ce soit, et celui
qui s'apprivoise le plus aisément . Â peine prisonnier, et
semblant ne pas s'apercevoir de sa captivité, il se met à
manger et à faire entendre son ramage éclatant et varié. Il
parvient à prononcer quelques mots . On l'appareille avec
le canari, et les mulets qui en proviennent sont les plus
estimés pour la vigueur et pour le chant.
Yère ou Yèri, «. m. Verrat, cochon m&le et entier ;
escargot de grande taille et non comestible.
Le cochon domestique descend du sanglier, qui ne se
rencontre plus vivant dans nos contrées ; mais il en existait
encore dans nos bois au siècle dernier, comme l'attestent
plusieurs documents.
Dér. dnhi, Verret, m. s.
Vérgnièiro, s. f. Nom générique donné à la foule des
petits poissons de rivière que l'on appelle le fretin, parmi
lesquels sont comprises les espèces qui ne grandissent point,
telles que : la Loquo, le Téiroù, VÀse, le Gàfi. ou gou-
jon, etc.
Vérgo, «. f. Verge, baguette, badine, gaule.
Dér. du lat. Tirga,
Vérgoagno, s. f. Honte, vergogne, timidité. — Faïre
vérgougno, faire honte« intimider. Àcà é» uno vérgougnoJ
c'est une chose honteuse! Déourias avé vérgougno/ vous
devriez être honteux !
Dér. du lat. Vereeundia.
Vérgongnoùs, onso, adfj. m. et/: Honteux, timide, qui
éprouve un sentiment de pudeur naturelle. — Siègues p<u
virgougnoiu/ ne sois pas timide.
Dér. de Vérgougno, timidité.
Yérl, t. m. Venin, poison ; malice, haine concentrée. —
A dé viri, se dit d'une personne naturellement méchante
et vindicative. Le brou de la noix.
Dér. du lat. Venmum, m. s.
Yérinado, s. f. Eruption, enflures ou pustules qui survien-
nent sur diverses parties du corps et notamment aux lèvres»
à la suite de diverses circonstances, et qui sont souvent attri-
buées à des causes imaginaires. Sortes de fluxions érôsypé-
lateuses produites quelquefois par une secousse morale, un
eflh>i violent éprouvé d'une manière inattendue, le contact
de certains sucs de plantes ou de substances vénéneuses.
On donne aussi le nom de Vérinado à l'Euphorbe des
moissons, Euphorbia vegetalis.
Dér. de Véri, venin.
VÉR
as, onso, adj, m. et/. Vwoienx» e«ie; véoA-
neux» euse. — iTiio irbo oérmouioj une plante vésimm.
Unobéstio vérinouao, un animal venimeux^
Dér. de Véri, venin.
Yérma, v. Diminuer, abaisser; lâcher, laisser retomber
peu â peu; amoindrir. — lou toupi a vsnna, le potage a
diminué. Lous Jours vérmou, les jours décroissent. £a¥iM
vérma, laisse retomber peu â peu. Ferma Irai gagu,
diminuer les gages, le traitement.
Vèrme, «. m. Ver, nom donné iodistioctemont àtooska
animaux à sang blanc qui rampent sur la terre ou qui
vivent dans le corps de l'homme, des animaux, des (nuls,
des plantes, etc.
Tuia lou vèrme, faire le matin une petite collecte de la
plus grande simplicité, un repas succin,tj arrosé d'un verre
de vin, Fruttulum,
Dér. du lat. Vermis, m. s.
Vèrména, ado, t. m. et f. Vermoulu, attaqué, rongé
des vers; véreux, en parlant des fruits.
Dér. de Vèrtne, ver.
Yèrménoùs, ooso, adj. m. et /. Véreux, euse; rongé
des vers; vermoulu; sujet aux vers.
Dér. de vèrme, ver.
Vèrminado, «. f. Maladie vermineuse causée par une
invasion vermiculaire fréquente chez les enfants exk bas-
Dér. de vèrme, ver.
Yèrmino, «. f. Vermine, toute espèce de vers et par
extension tous les insectes qui pullulent sur les personnes ei
les objets malpropres ; tels que poux, puces, punaises, etc. ;
les gueux, les mendiants, les gens de basse extraction, les
vagabonds, etc. — Âquél éfan a la vèrmino, cet enfant a
une maladie vermineuse; il est attaqué des vers.
Dér. de Vèrme, ver.
Yèrmîoù, «. m. Kermès, gallinsecte, que l'oa recueille
sur le petit chêne vert épineux Quereue eaeeifera, Linn.«
et que l'on appelle aussi graine d'écarlate. 11 sert à préparer
la couleur rouge la plus estimée avant la découverte de la
cochenille. — Vèrmmi est évidemment le dioiinutif de
. Vèrme, ver, bien qu'on puisse le prendre pour la traduction
littérale de Vermillon, qui, du reste, a sans doute la oième
origine.
Yérnarédo, «. f. Terrain ou région complantôe d'aolnes
(Vèrno en languedocien). Nom propre de lieu équivalent
comme signification â l'appellation française JiulmMe*
Plusieurs localités du Gard portent ce nom dans lequel ont
été introduites certaines variantes : La Vernarède, oom*
mune du canton de Génolhac; La Vernède, hameau et
fermes de l'arrondissement d'Uzès et de Nimes; Vers, com-
mune du canton de Remoulins; Vems, hameau de la
commune du Chambon, et peut-être même Hiverne, hameau
de la commune d'Âujac.
Dér. de Vèmo, aulne.
Yérqnièiro, s. f. La dot d'une fille.
VÉS
c Ce terme, défigaré dans bien des eadroits, dit Sânvages,
pourrait bien être, en dernière analyse, Vérguièïro, comme
on le prononce dans certaines localités. Or, Vérgui^rotCesi
pas bien loin de VirguiUro, qai se rapproche du lat. Virgo,
ille; d*où on aurait fait, dans la basse latinité, Verqueria,
pour indiquer ce qui appartient à une fille, son apanage,
sâdol.
« Mais il est plus ûmple de prendre Yérquièiro dans
racception de la basse latinité Yercheria, terme qui, dans
un ancien titre cité pa(r Ducange, signifie une portion de
ebamp ou d'héritage, un fonds de terre : Volumus qtwd
p$i ha^êni tfin$<u, hortoa vei VercKerias •
Yértél, «. m. Fusaïble; peson de fuseau. Bouton en bois,
en verre, en poterie ou en métal qui sert de volant au
Aiseau et le fait tourner plus longtemps.
Cet objet remonte à la plus haute antiquité. On en
trouve dans les stations préhistoriques, gauloises et ro-
maines.
Dér. du lat. Verlo, je tourne.
?értn, «. f. Force, vigueur, robusticité, en parlant de
rhomme, des animaux et des plantes; propriété, efficacité
en parlant des choses.
Dér. du lat. Virtui, m. s.
Yértnrioùs, ooso, adj. m. et f. Fort, vigoureux, robuste,
lénstant.
Dér. de Vertu, force, vigueur.
Tes, prép. Vers, dans la direction, chez, auprès, du
côté de. — Démore vès ta plaça dé VÀbadiè, j*habite près
de la place de l'Abbaye. Ànaa vè» vosto tarUos allez chez
votre tante. L'aï vis qu'anavo vès Ânduso, je l'ai vu
allant dans la direction, du côté d*Anduze.
Dér. du lat. Versus, m. s.
?ès ou Béa, $. m. Nom de plante. Bouleau blanc,
BetulaaUHi, Linn., genre de latamille des Amenlacées. Les
bouleaux et les aulnes (Alnij forment, d'après Tournefort,
deux genres distincts que Linné avait conservés dans ses
premiers ouvrages : il les a ensuite réunis et le langage de
nos pays les rapproche et les confond quelquefois. Aujour-
d'hui la plupart des botanistes modernes les tiennent
s^rés.
L'écorce du bouleau sert à diverses préparations. La sève
de cet arbre est, de toutes les substances végétales, celle
qui fournit le meilleur moyen d*imiter le vin de Champagne,
qu*on felsifie à Londres et à Hambourg avec diverses baies,
surtout celles du myrtUlus.
Le Yèê, comme la Tèmo, a donné son nom à diverses
localités du Gard. — Voy. Vémarédo.
Vie, Vers, village du canton de Remoulins. — Cébo dé
Vès, oignons de grosse taille que Ton récolte sur le territoire
de Vers. — Bis ou Bex, village du canton du Vigan;
Bessiges, dans Tarrondissement d'Alais; les hameaux
de Besses, Bessède, Bessières, Bessettes, dans le Gard;
Bessas, dans TArdèche, etc.
Dér. du lat. Betula, bouleau.
VÈS
649
Vési, ino, s. m. et/*. Voisin, ine; qui est situé ou qui
habite à proximité d*une autre chose ou d*une autre per-
sonne. Proche, touchant, oontigu. — L'aigo es un marï
vési, le voisinage des cours d*eau est dangereux.
Dér. du lat. Vieinus, m. s.
Véaia, ado, adJ, m. et/. Délicat ou douillet; mignard,
mièvre. — Acd 's un vésia, c*est une poule mouijiée» un
mignard. Un parla vésia, un langage mignard et affecté.
Un éfan vésia, un enfant gâté. Fat la vésiado, c'est une
minaudière, une sucrée.
Dér. de Tit. Vezzoso, mignon.
Véaiada, v. Choyer, gâter, soigner, dorloter, traiter avec
délicatesse. — Se vésiada, se soigner avec trop de délica-
tesse, se dorloter. Vésiada un éfan, élevée im enfant trop
délicatement, avec trop de complaisance.
Dér. de Tit. Vexxeghiare, m. s.
Vésiadamén, adv. Avec trop de délicatesseï de mignar-
dise.
Dér. de Vésiada, dorloter, soigner.
Véaiaduro, s. f. Bflgnardise, délicatesse affectée.— N'es
pas maidou que dé vésiaduro, il n*est malade que par trop
de bien-être. On dit d*un cheval fringant : Crêbo dé
vésiaduro, il gambade, il folâtre parce qu'il est trop dru.
— La vésiaduro lou gagna, il commence â s'enorgueillir.
Dér. de Vésiada, soigner, dorloter.
Vésinaje, «. m. Voisinage, proximité; l'ensemble dea
habitants logés dans le même quartier d'une ville ou d'un
village.
Dér. de Vési, voisin.
Véaiiiéja, v. Se fréquenter entre voisins; être en bons
rapports avec les gens de son voisinage.
Dér. de Vési, voisin.
Yésito, «./. Visite; action d'aller voir une personne par
déférence, par civilité, par devoir, par amitié; visite de
médecin; inspection, recherche, perquisition.
Véspiè, s. m. Guêpier, nid de guêpes formé de pluûeurs
rayons horizontaux et superposés, reliés entre eux à li
partie centrale. On dit au figuré : Bouléga lau véspii,
susciter des querelles; réveiller le chien qui dort.
Dér. de Vèspo, guêpe.
Vèspo, s. f. Guêpe; mouche carnassière et frugivore
dont il existe plusieurs variétés. Gomme les abeilles, dont
elles sont une élégante mais mauvaise copie, celles qui
vivent en société ne font point de provisions pour l'hiver;
aussi, après de terribles discussions intestines, qui boule-
versent les guêpiers, la faim et le froid les font d'ordinaire
presque toutes périr.
Quelques femelles fécondées, qui échappent an désastre
et se remisent pendant l'hiver dans quelque trou, suffisant
pour former, au printemps, une nouvelle colonie et perpé-
tuer cette race toujours trop nombreuse. Le Grâouk ou
frelon est la plus grosse et la plus mauvaise espèce de
guêpes.
Dér. du lat. Vupa, m. s.
648
VER
i
• >
f
#
V
♦V
Vérdoù, #. m. Verdeur, verdore; saveur du vin qm est
vert, c'est-à-dire composé avec du raisin incomplètement
mûr; vigueur de la jeunesse.
Dér. de Vèr, vert.
Vérdim, s, m. Nom d*oiseau et nom propre d'homme.
Verdier, gros bec verdier; FringîUa Chhris, Temm.
Le mâle a toutes les parties supérieures, la gorge et la
poitrine d*un vert jaunâtre et le ventre jaune; (a femelle
est d'un gris cendré, légèrement teint de verdàtre en -dessus.
De tous nos oiseaux des champs, le verdier est peut-être le
plus facile à prendre, à quelque piège que ce soit, et celui
qui s'apprivoise le plus aisément . Â peine prisonnier, et
iemblant ne pas s'apercevoir de sa captivité, il se met à
manger et à faire entendre son ramage éclatant et varié. Il
parvient à prononcer quelques mots . On l'appareille avec
le canari, et les mulets qui en proviennent sont les plus
estimés pour la vigueur et pour le chant.
Yère ou Yèri, «. m. Verrat, cochon mâle et entier ;
escargot de grande taille et non comestible.
Le cochon domestique descend du sanglier, qui ne se
rencontre plus vivant dans nos contrées; mais il en existait
encore dans nos bois au siècle dernier, comme l'attestent
plusieurs documents.
Dér. du lat. Verreê, m. s.
Vérgnièiro, $. f. Nom générique donné à la foule des
petits poissons de rivière que l'on appelle le fretin, parmi
lesquels sont comprises les espèces qui ne grandissent point,
telles que : la Loquo, le Véiroù, VAse, le Gdfi ou gou-
jon, etc.
Vérgo, «. f. Verge, baguette, badine, gaule.
Dér. du lat. Tirga.
Térgongno, «. f. Honte, vergogne, timidité. — Faïre
vérgougno, faire honte, intimider. Àcà é» uno vérgougnol
c*66t une chose honteuse! Déourias avé vérgougno/ vous
devriez être honteux !
Dér. du lat. Vereeundia,
Vérgougnoùs, onso, adj, m. et/*. Honteux, timide, qui
éprouve un sentiment de pudeur naturelle. — Siègues pas
vérgongnoîu/ ne sois pas timide.
Dér. de Vérgougno, timidité.
Yérl, t. m. Venin, poison ; malice, haine concentrée. —
A dé virï, se dit d'une personne naturellement méchante
et Tindicative. Le brou de la noix.
Dér. du lat. Yenenum, m. s.
▼érinado, s. f. Eruption, enflures ou pustules qui survien-
nent sur diverses parties du corps et notamment aux lèvres,
à la suite de diverses circonstances, et qui sont souvent attri-
buées à des causes imaginaires. Sortes de fluxions érôsypé-
lateuses produites quelquefois par une secousse morale, un
effinoi violent éprouvé d'une manière inattendue, le contact
de certains sucs de plantes ou de substances vénéneuses.
On donne aussi le nom de Vérinado à l'Euphorbe des
moissons, Euphorbia V€g9taiis.
Dér. de VM, venin.
VÉR
Véiinoàs, onso, adj» m. et/. Vaokneux» eue; véoA-
neux, euse. — irno èrbo vérinouio, une plante vénâseofle.
Vno bèsîio vérinouao, un animal venimeux.
Dér. de Véri, venin.
Yénna, v. Diminuer, abaisser; lâcher, laisser relombef
peu à peu; amoindrir. — lou toupi a vérma, le potage a
diminué. Lous Jours vérmou, les jours décroissent. Mm»
vérma, laisse retomber peu à peu. Ferma km gagts,
diminuer les gages, le traitement.
Yèrme, s, m. Ver, nom donné iodistioctemont àtonsles
animaux à sang blanc qui rampent sur la terre oa qoi
vivent dans le corps de l'homme, des animaux, des frais»,
des plantes, etc.
Tuia lou vêrme, faire le matin une petite collecte de la
plus grande simplicité, un repas succinit, arrosé d'un vene
de vin, Fnutulum.
Dér. du lat. Vermis, m, s.
Yèrmôna, ado, ». m. et f. Vermoulu, attaqué, nmgé
des vers; véreux, en parlant des fruits.
Dér. de vèrtne, ver.
Yèrménoùs, on«o, adj. m. et f. Véreux, euse; rongé
des vers; vermoulu; sujet aux vers.
Dér. de vèrme, ver.
Yèrminado, «. f. Maladie vermineuse causée par une
invasion vermiculaire fréquente chez les enfants en bas-
âge.
Dér. de Vèrm$, ver.
Yèrmino, ». f. Vermine, toute espèce de vers et par
extension tous les insectes qui pullulent sur les personnes et
les objets malpropres ; tels que poux, puces, punaises, etc. ;
les gueux, les mendiants, les gens de basse extraction, les
vagabonds, etc. — Aquél éfan a la vèrmino, cet enfant a
une maladie vermineuse; il est attaqué des vers.
Dér. de firme, ver.
Yèrmïoù, ». m. Kermès, gallinsecte, que l'on recueille
sur le petit chêne vert épineux Quereu» cooeifera, Linn.*
et que l'on appelle aussi graine d'écarlate. 11 sert à préparer
la couleur rouge la plus estimée avant la découverie de la
cochenille. — Vimi:ioii est évidemment le diminatif de
Vèrme, ver, bien qu'on puisse le prendre pour la traduction
littérale de Vermillon, qui, du reste, a sans doute la même
origine.
Yémarédo, ». f. Terrain ou région complantée d'aulnes
(Vèmo en languedocien). Nom propre de lieu ôqmvà\eQi
comme signification à l'appellation française AuUuiiê*
Plusieurs localités du Gard portent ce nom dans leqii^ <viV
été introduites certaines variantes : La Vernarède, com-
mune du canton de Génolhac; La Vernède, hameau el
fermes de l'arrondissement d'Uzès et de Nimes; Vers, com-
mune du canton de Remoulins; Vems, hameaa de la
commune du Chambon, et peut-être même Hiverne, hanaeaa
de la commune d'Âujac.
Dér. de Vèmo, aulne.
Yérqnitàro, ». f, La dot d'une fille.
VÉS
« Ce tonne, défiguré dans bien des endroits, dit Sauvages,
poorrût bieu être, en dernière analyse, Vérguièïro, comme
on le prononce dans certaines localités. Or, Vérguièïro n*est
pas bien loin de VirguHiro, qui se rapproche du lat. Virgo,
ÎHe; d*DÙ on aurait fait, dans la basse latinité, Verqueria,
pour indiquer ce qui appartient à une fille, son apanage,
aadol.
c Mais il est plus simple de prendre Vérquièiro dans
l'acception de la basse latinité Yerchsria, terme qui, dans
on ancien titre cité par Ducange, signifie une portion de
cbamp ou d'héritage, un fonds de terre : Volumut quod
fifî habmt uttieof^ Kortos vd Vercherias •
Vértél, s, m. Fusaïole; peson de fuseau. Bouton en bois,
en verre, en poterie ou en métal qui sert de volant au
fuseau et le fait tourner plus longtemps.
Cet objet remonte à la plus haute antiquité. On en
trouve dans les stations préhistoriques, gauloises et ro-
maines.
Dér. du lat. Verto, je tourne.
Vérta, s. f. Force, vigueur, robusticité, en parlant de
rhomme, des animaux et des plantes; propriété, efficacité
en parlant des choses.
Dér. du lat. Virtus, m. s.
Vértnrioùs, onao, adj. m. et f. Fort, vigoureux, robuste,
résistant.
Dér. de Vertu, force, vigueur.
Vès, prép. Vers, dans la direction» chez, auprès, du
côté de. — Démore vès la plaço dé l'Àbadiè, j'habite près
de la place de l'Abbaye. Ànas vêt vosto tanto, allez chez
votre tante. L*aï vi$ qu'anavo vès Ânduso, je Tai vu
dlant dans la direction, du côté d'Ânduze.
Dér. du lat. Versus, m. s.
Vès ou Bas, «. m. Nom de plante. Bouleau blanc,
Bnulaalba, Lion., genre de la famille des Âmentacées. Les
bouleaux et les aulnes (AlniJ forment, d'après Tournefort,
deux genres distincts que Linné avait conservés dans ses
premiers ouvrages : il les a ensuite réunis et le langage de
nos pays les rapproche et les confond quelquefois. Aujour-
d'hui la plupart des botanistes modernes les tiennent
s^rés.
L'écorce du bouleau sert à diverses préparations. La sève
de cet arbre est, de toutes les substances végétales, celle
qui fournit le meilleur moyen d'imiter le vin de Champagne,
qu'on lalsifie à Londres et à Hambourg avec diverses baies,
surtout celles du myrtUius.
Le Vis, comme la Vèmo, a donné son nom à diverses
localités du Gard. — Voy. Vémarédo.
Vis, Vers, village du canton de Remoulins. — Cébo dé
Vis, oignons de grosse taille que l'on récolte sur le territoire
de Vers. — Bés on Bex, village du canton du Vigan ;
Bessègss, dans l'arrondissement d'Alais; les hameaux
de Bêsses, Busèdê, Bessiirês, Bessettes, dans le Gard;
ïïessas, dans l'Ardèche, etc.
Dér. du lat Beiula, bouleau.
VÈS
649
VéBl, ino, s. m. et f. Voisin, ine; qui est situé ou qui
habite à proximité d'une autre chose ou d'une autre per-
sonne. Proche, touchant, contigu. — L'aïgo es un mari
vési, le voisinage des cours d'eau est dangereux.
Dér. du lat. Tuoinus, m. s.
Vésia, ado, adj. m. et f. Délicat ou douillet ; mignard,
mièvre. — Acà 's un vésia, c'est une poule monijlée, un
mignard. Un parla vésia, un langage mignard et aflEscté.
Un éfan vésia, un enfant gâté. Faï la visiado, c'est une
minaudiére, une sucrée.
Dér. de l'it. Vezzoso, mignon.
Vésiada, v. Choyer, gâter, soigner, dorloter, traiter avec
délicatesse. — Se vésiada, se soigner avec trop de délica-
tesse, se dorloter. Vésiada un éfan, élevée un enfant trop
délicatement, avec trop de complaisance.
Dér. de l'it. Veszeghiart, m. s.
Vésiadamén, adv. Avec trop de délicatesse, de mignar-
dise.
Dér. de Vésiada, dorloter, soigner.
Vésiadnro, s. f. Mignardise, délicatesse affectée.— JV'ss
pas maldou qui dé vésiaduro, il n'est malade que par trop
de bien-être. On dit d'un cheval fringant : Cribo di
vésiaduro, il gambade, il folâtre parce qu'il est trop dm.
— La vésiaduro hu gagno, il commence à s'enorgueillir.
Dér. de Vésiada, soigner, dorloter.
Vésinaje, s. m. Voisinage, proximité; l'ensemble des
habitants logés dans le même quartier d'une ville ou d'an
village.
Dér. de Vési, voisin.
Vésinéja, t^. Se fréquenter entre voisins; être en bons
rapports avec les gens de son voisinage.
Dér. de Vési, voisin.
Vésito, s.f. Visite; action d'aller voir une personne par
déférence, par civilité, par devoir, par amitié; visite de
médecin; inspection, recherche, perquisition.
Véspiè, s. m. Guêpier, nid de guêpes formé de plusieurs
rayons horizontaux et superposés, reliés entre eux à la
partie centrale. On dit au figuré : Bouléga lou véspii,
susciter des querelles; réveiller le chien qui dort.
Dér. de Vispo, guêpe.
Vèspo, s, f. Guêpe; mouche carnassière et frugivore
dont il existe plusieurs variétés. Comme les abeilles, dont
elles sont une élégante mais mauvaise copie, celles qui
vivent en société ne font point de provisions pour l'hiver ;
aussi, après de terribles discussions intestines, qui boule-
versent les guêpiers, la faim et le froid les font d'ordinaire
presque toutes périr.
Quelques femelles fécondées, qui échappent au désastre
et se remisent pendant l'hiver dans quelque trou, suffisent
pour former, au printemps, une nouvelle colonie et perpé-
tuer cette race toujours trop nombreuse. Le Grdouffou
frelon est la plus grosse et la plus mauvaise espèce de
guêpes.
Dér. du lat. Vê$pa, m. s.
650
VÉT
Vèsprado, s. /. Le soir, la vesprée en vieux fr. , la
soirée, la veillée. — Nous ién pérménas totUo la vèsprado,
nous nous sommes promenés toute la soirée. Vendrai vouê
vêire din là vèsprado, je viendrai chez vous dans la soirée.
Dér. de Vé»pr$, soir.
VèBpre, s. m. Soir. — Lou vèspre, le soir. Dé vètpre,
ce soir. Bon vètpre, bonsoir, bonne soirée. BougB dé vèspre,
bêou ién déou éttre, ciel rouge le soir, espoir de beau temps.
Dér. du lat. Vesper, m. s.
Vètpros, s. /. p. Les Vêpres. Vêpres, partie de Toffioe
religieux qui se dit ou se chante dans Taprès-midi.
Dér. du lat. Vegper, dér. de Vetperœ, et sons-entendu
horœ ou hora itesperUna, On les disait anciennement à six
heures du soir.
Véssa, V. Verser, se répandre par les bords. Se dit d'une
liqueur qui se répand d'elle-même d'un vase trop plein.
— Lou toupl véêso, le bouillon, l'eau du pot se répand. On
verse une liqueur d'un vase dans un autre en inclinant le
vase qui la contient.
Dér. du lat. Vertare.
Véssarô, <. m. Vesce cultivée, vesceron ou vesce sau-
vage, blanche ou brune, Vida gaiwa, Vesce à feuilles
étroites, Ft'eta anguitifolia. Plante de la famille des Papil-
lonacées. — Voy. Véuo, vesce.
Vésso, s. f, Vesce fvioiaj, La vesce fournit un excellent
fourrage; on la oultive pour la nourriture des bestiaux.
Les tiges, lorsqu'elles ont été battues, sont encore bonnes
pour nourrir les moutons. Cette plante sert aussi à fertiliser
les terres : pour cela il faut la renverser avec la charrue,
lorsqu'elle est en fleurs. Cet usage était connu des.ftomains.
Les graines servent particulièrement de nourriture aux
pigeons.
Dér. du lat. Vieia et de Vincirt, lier, à cause des tiges
grimpantes et des vrilles qui caractérisent cette plante.
Vésti, s. m. — Un vésU, un vêtement. Bos vésU, bois
en grume, dont l'écorce n'a point été enlevée. Bla vésti, blé
dont la balle est adhérente au grain.
Dér. du lat. Vestire, vêtir.
Vésti, do, adj. m. et f. Vêtu, vêtue. — BUn véHi, bien
vêtu, vêtu avec soin. Se dit au fig. de celui qui a une belle
fortune. Vésti dé sédo, un porc, un pourceau, ainsi désigné
par un jeu de mots rappelant les soies qui forment la
fourrure de cet animal.
Dér. du lat. Vesiire,
Vésti, V. Vêtir, revêtir, habiller ; fournir des vêtements.
Dér. du lat. Vestire, vêtir.
Vèsto, s. f. Veste, sorte de justaucorps sans basques qui
compose le vêtement supérieur des paysans méridionaux.
Dim. Vèstéto, Vèstouno, petite veste.
Dér. du lat. Vestis.
Veto, s. f. Ruban étroit et grossier, ordinairement en fil
de chanvre ou de soie de rebut, servant à attacher les
cheveux, les vêtements.
Dér. du lat. Vitia, bandelette. — Voy. Cahii.
Vie
Vézénobre, s. m. nom propre de lieu. ^ Yù^. fiénohn.
Via s, m. Vin, liqueur extraite du raisin fermenté. —Fi
dé prénso ou dé désiré, vin de pressurage.
Dér. du lat. Vinum, m. s.
Viaje, m. s. Voyage, la route que l'on parcourt pou ib
rendre d'un lieu à un autre. — Vn w^e dé fi, une char-
retée de foin. Viaje blan, course inutile. On dit anssi: im
viaje, une fois. Aquéste viaje, cette fois. Vn âoutre wi^9,
une autre fois. Lou grand viaje, le dernier voyage, la mort.
Dér. du lat. Viatieum,
Viâouîô, s. m. Violier ou giroflée. Genre de la famille
des Crucifères. Le nom vulgaire de giroflée est im cor-
ruption de x^^P* ^^^^ (prononcez Khirj, et de /loi, fleur.
L'espèce la plus connue est la giroflée jaune ou v'iotelte
(Cheiranthus cheiri. Lion.), cultivée dans les jardins et dont
l'odeur approche de celle de la violette.
Viàoulé, s. m. Violet, la couleur violette. Lou viâonU,
le violet.
Viâouléto, s. f, Violette, viola odorata, Linn., genre
type de la famille des Violariées, d'une odeur suave. ClelVa
plante croit également dans le Nord et dans le Midi, au
lieux couverts, dans les prés, les bois, le long des haies.
Elle était en grande vénération chet les Athéniens, qui la
nommaient ion. Pour justifier cette étymologie, les çoètei
greca ont prétendu que Jupiter, ayant métamorphosées
génisse la belle lo, fit naître la violette pour lui procacer
une pâture digne d'elle.
Viâoulonn, s, m. Violon, instrument de musique ea
bois et à quatre cordes dont on joue avec un archet.
Patience-violon, Rumex puleher, Linn., genre de la
famille des Polygonôes, caractérisée par ses feuilles raài-
cales en forme de violon, qui croit communément sur le
bord des routes et dans les lieux incultes.
Dér. de l'ital. Violino ou Violone, m. s.
Viâonlonna, v, Violonner, jouer du violon.
Dér. de Vidouloun, violon.
Viâonlonnaire, s. m. Celui qui joue du violon.
Dér. de Vidouloun, violon.
Vibre, s. m. Castor, bièvre,en latin Ftèor. Qoadru^feàit
amphibie qui tend à' disparaître, traqué par les cbasseois
dans toutes les parties du monde. Ce n'est que v^ ^^
très-rare exception qu'on rencontre encore quelque castor
égaré sur les bords du Gardon ou du Rh6ue« où cxi ^
voyait assez souvent autrefois; et c'est ea vain qu'on j
chercherait des traces de leurs constructions modèles.
Notre savant et éminent compatriote, M. J.-B. Damas, ^
célèbre chimiste, a choisi pour emblème un castor cous^
sant sa maison, avec cette devise en exergue : Qudou tra9^
faï soun fnas, celui qui travaille édifie sa maison^ alluaka
délicate au modeste point de départ de ses propres destinée!
Vicàri, s. m. Vicaire, le prêtre qui aide et remplace tf
besoin le curé dans l'exercice de ses fonctions. Oa dit an»
iigoundari,
Dér. du lat. Viearius.
I
VIE
Yloa, s. m. Vice, défont, rose, adresse, malice, four-
berie. — Aquél éfan a dé vie$, cet enfant est rosé, madré»
roo6 poor son ftge. Un ehwal qu'a dé vice, un cheval vicieux.
Dér. du lat. ViUum, m. s.
▼icioùs, 80, adj, m. et /. Vicieux, rusé, madré, mali-
cieux, fourbe. Se dit d'un traité, d*un contrat qui manque
de quelque formalité essentielle.
Dér. du lat. ViUoiui, m. s.
^dasaOf t. /. Existence pénible, misérable; mauvaise
vie» vie de débauche. — MichatUo vidauoJ triste exis-
tence!
Âugm. et péjor. de Yido. *— Fby. c. m.
VIdo, t. f. Vie, existence; état des êtres animés, tant
qu'ils ont en eux le principe [des sensations et du mouve-
ment; l'intervalle de tempe qui s'écoule entre la naissance
et lamort d'un être vivant. Au fig. la conduite et les
m(Bur8. — Fovra la vido, avoir une conduite débauchée.
Cérea «a vido, mendier pour vivre. Dé ma fndo ifidanio,
ooiH pa vie aeà/ jamais de la vie, an grand jamais, je
n'avais été témoin d'une chose semblable 1
Dér. du lat. Vita, vie.
Viédase ou Aoubèrgino, s. m. Aubergine melongène,
Sofotitim tneiongena, Linn. Plante de la famille des Sola-
nées, d(Mit le fruit est un aliment fort agréable. C'est une
grosse baie, très-lisse, allongée, ordinairement de couleur
violette, quelquefois jaune. Selon Hasselquist, les Poma mo-
d^mitiea de la vallée du Jourdain, prés de la Her morte,
seraient les fruits du Solanum mtlongma : mais c'est une
erreur, ces fruits appartienneot à VAteUpioi gigantea,
Linn. Cette plante, très-commune dans les jardins pota*
gers du midi de la France, est originaire des Indes ; c'est la
Mérif^'ano des Provençaux. On apprête ses fruits de diflé-
rentes manières, en leur adjoignant, le plus souvent, ceux
du Solanum lieop$r$ieum» Linn., ou pomme d'amour.
Le nom de viédaie donné à ce légume lui a été attribué
par analogie avec sa forme particulière : Vereirum astét.
Au fig. Viédai9, se dit d'un homme dissimulé, faux, d'un
gnedin.
Viédasa! interj. Peste! diantre! fichtre!
Yièièiso, s. A Vieillesse, âge avancé. Mot français tourné
en languedocien.
"^Mia, «. m. Décrépitude, en parlant des personnes;
vétusté, en parlant des choses. — Mouri dé vUfjt, mou-
rir de vieillesse. On dit aussi Vii^unje,
Dér. de ViM, vieux.
¥itio, s. /. Vielle, instrument de musique à clavier dont
jouent ordinairement les mendiants de la Savoie.
Vièlnn, s. m. Vieillesse avancée, décrépitude. — Voy.
aussi rmjê et vmounj$.
^èl, itio, «. et a4i, m. et f. Un vieux, une vieille, un
homme» une femme d'un âge avancé. La viiso diiièumjour
fué vovXi pa fiwwH« une certaine vieille femme disait tou-
jours qu'elle ne voulait pas mourir, (sous entendu : pam
qu*<ella était bien aise de connaltie toutes les inventions
VIG
661
nouvelles qui se produisent journellement). Pâourê, wM $i
moMott/ pauvre, vieux et malade! trois des pires conditions
de l'hunumité réunies sur un seul individu.
Vij6, s. m. Rameau, pousse, scion d'osier, dont on fait
des ouvrages de vannerie; la plante elle-même, laquelle
est une variété du saule, qui forme le genre type de la
famille des Salicacées.
En botanique, l'osier est appelé saule hélix, SalU Mis,
Linn. On l'emploie avec avantage pour fixer» par ses
racines, les sables mobiles, et fixer les berges le long des
cours d'eau. Ses rameaux longs et pliants servent de liens.
On en fabrique des paniers, des corbeilles d'un usage très-
répandu. La piqûre d'un insecte, le Cynipi du $aul9, ocoa»
sionne, vers l'extrémité des rameaux, une excroissance
rongeàtre, en forme de tête ôcailleuse, qu'on nomme rot$
de êoul», et que l'on retrouve sur le saiûe maroeau. C'est
encore sur cette espèce et plusieurs autres qu'on trouve le
beau Capricorne à odeur de roee, Cerambix mot€hatuâ, Linn.
Il existe encore diverses sous-variétés de cet arbuste»
telles que Vomt rouge ou verdiau, Voeier brun, VoeUr
jaune ou amariniêr, etc.
D'après Servins, le nom latin du saule, Sa/», viendrait
de Salire, monter, parce que le saule croit très-vite; selon
Theis, du celtique Sul, proche, et Lie, eau.
Vijèiro, s. f. Oseraia, saulaie, saussaie. Lieu planté
d'osiers ou de saules de tonte espèce. Ces plantations sont
fréquentes sur les bords du Gardon où elles servent de
défense contre les crues torrentielles de cette rivière. On
dit aussi SâouMédo,
Dér. de Vife, osier.
Vignàou, •. m. Vignal ou garde-vignes, employé muni-
cipal chargé de garder la vendange, au moment de la
maturité du raisin. Au moyen Age» les gardiens des récoltes
portaient surtout le nom de bagne, bannier (banneriue),
dérivé de ban, criée publique, proclamation, défense. Ce
terme est aussi employé comme nom propre d'homme.
Dér. du bas-lat. Vineariue, en vieux fr. Vignau.
Vigno, s. f. Vigne» ViUe, Linn. Genre type de la
famille des Vitifères. Arbrisseau sarmenteux connu de tout
le monde et dont le fruit produit le vin.
L'époque à laquelle remontent la connaissance de la vigne
et l'usage du vin se perd dans la nuit des temps. La Bible
en fait honneur à Noé. D'autres veulent qu'Osiris» le
Bacchus des Grecs, ait trouvé la vigne dans les environs de
Nysa, dans l' Arabie-Heureuse, d'où il l'aurait transportée
dans les Indes.
Les Phéniciens, qui parcouraient souvent les côtes de la
Méditerranée» en introduisirent la culture dans les lies de
l'Archipel, la Grèce, U Sicile, en Italie et dans le territoire
de Marseille. De là, elle s'étendit progressivement dans les
Gaules, où elle occupait déjà une partie des coteaux de nos
départements méridionanx, lorsque Domitien fit arracher
toutes les vignes qui croissaient dans la Gaule, à la suite
d'une annéaoù la récolte du vin avait été aussi abondante
662
VIL
que celle du blé était chétive et misérable. Cette destnielioa,
qui remonte à Van 92, dura deux siècles enliers, et ee n'est
que soas le règne de Probus que l'inlerdiction fat levée.
Deax cents ans après, la reprodaction delà Tigne avait fait
de rapides progrès dans nos pays, et s'était même avancée
dans le nord de la Gaule. Les vïni de France sont de
beaucoup les plus estimés du monde et, certains crûs ont
aoquis une renommée universelle et incontestée.
Le terrible fléau dit PhyUoxera vastatrix, qui a pris nais-
sance sur le territoire de Pajaut (Gard), vers Tannée 4862,
et qui continue depuis lors ses ravages, a presque entiè-
rement détruit les vignes de nos contrées méridionales et
menace de s'étendre sur toute la France et sur les pays
d^eonvoisins. L'avenir seul prouvera que la reconsti-
totlon de la vigne par les plants américains, essayée sur
une large échelle, peut nous rendre cette source de richesses
dont nous sommes privés depuis si longtemps.
Les principales espèces de raisins de nos contrées portent
les noms vulgaires suivants :
Baraqué. Mutca-gré.
Béouno, PaUfirés.
Blanqué. Pâour$,
CUtréto-blanquo. Pichoto méno.
Claréio-roujo. Pieopoulo bouréto,
Couliéor-rouui, Pieopoulo cahêMo,
Couiidor'Vèrdâou. Pieopouh fialaïro.
CoupadO'blaneo. Pieopoulo (grosso OU far*
Coupado 'Toujo . nousoj
Coupado (grosso) négro, Pieopoulo (piehotoj.
Daliean. Basin dé poeko.
Du Bousérgd.
Espar. Sadouh'bouvié,
Èspiran ou Aspiran OU Piran Sàouro.
Game ou larda. Térécalos,
Game nègre. Téré (gros).
Granaïràou. Téré (piehà).
Gré. Téré rouje.
Gragnôou. Ugno blaneo.
Larda ou Garni. Ugno négro.
Madéléno. Ugno d'É^pagno ou
Mtoulan. Ugnéto rousso,
Musea-^an. Ugno d'Usés.
Mutoa'négrs.
Yignoù, f. m. Petit carré de vigne.
Dér. de Vigno, vigne.
Yllagmè, s. f. Vilenie, saleté, ordure, grossièreté, impo-
litesse; action mauvaise; propos indécents; femme de mau-
vaises mœurs.
Vila)e, s. m. Village, agglomération d'habitations d'une
faible importance, mais supérieure à celle d'un simple
hameau, et ordinairement habité par des cultivateurs et
des propriétaires fonciers. — Vilajas, gros village. Fiila*
foà, petit village.
Dér. du bas-lat. Villatieum, m. s.
VID
Vllèn> èuo, s. et adj, m, et f. Un ladre, un ataie. —
Quand un vilèn s'alargo, fout y ^ioU, i! n'eM chèl^ qu6 de
vilain. Dans certaines localités des GévenAes, oiippMfe le
diable : lou vUèn.
VttBin, e, adj. m.^xf. Rustre, grQBSier,sale, malpriipce,
désagréable, fâcheux, avare. -^ Bour tau mUn/ oh Me
vilain ! se dit à un enfant qui touche ou fût des saletés.
Dér. du bas-iau riUanus, et du lat: Vma,. métairÎB:
irilèii*-màrle, f . m. Un homme désagréable, mal «levé,
grossier, grincheux, mauvaie-eonoheur, acariâtre, rageur.
Vilo, s. f. Ville, agglomération considérable d'hafaitê-
tions disposées par rues et jadis entourées de Vémpartait de
fossés. -- YUasso, grande ville erdinairemeut peu agrtsfato.
VUoto, petite ville assea agréable.
il faut bien se garder de iraduirele Utiii TiUa, métayie,
maison de campagne» hameau, par le mot français ville.
Vixiflîgra, e. Vinaigrer, pr^rer, accommoder, assn-
sonoer un meta avec du vinaigre. -*- DêtmiraU à la eineK-
gtado, des poivrons à la vinaigrée, préparés «a vinaigre.
Dér. de VinaHgrs, vinaigre.
Vimâgrado, s. f. Plat de légumes assaisonnéa à Tboile
jet au vinaigre; sorte de salade.
Dér. de vénaigre, Vinaigre.
Tiaaigre, s. m. Vinaigre, vin devenu adde, employé
comme condiment dans les usages de la table et de la cn-
sine ou dans la parfumerie. Mot composé de Vin, vin et
efigre, aigre. — < Pésêo-ffinaUgre, individu acariâtre t aigie
dans ses relations, dans ses manières, dane ses paroles,
mauvais coucheur, d'humeur difficile. Mot composé, dér.
de pissa, pisser, et vinaïgrs, vinaigre.
Vinaigre! inierj. Cette onomatopée ealemployéecomme
encouragement à travailler plus vile; à {Mreaaer le mon-
vement soit dans le travail, soit dans un exercice du corps,
tel que le saut à la corde que les enfante pratiquent en
hiver.
Vinale, •. m. Au moyen-âge. droit seigneurial perpi ssr
le vin. Addition d'une certaine quantité d'alooc^ à un via
faible pour lai donner un degré suffisant. Pot de vin payé
à celai qui fait conclure un marché.
Dér. de Vin, vin.
Vingtt adj. num. Vingt, nom de nombre eorveapoodant
à vingt unités.
Dér. du iat. Viginti. — Voy. Céu.
Vinona, s. m. Sorte de champignon de cenche, de oouiear
vineuse.
Dér. de Vin, vin.
Vinona, ao, adj. m. et f. D^une coulear vlneuae, rota-
geâtre, approchant de celle du vin.
Dér. de Vin, vin.
Vlnténo, s. f. Une vingtaine d'objets, vingt environ.
Dér. de vin, vingt.
Vion, vivo, adj. m. eXf. Vivant, e; vif, vive, alerte,
éveillé, pétulant. — A^o-vif», eau vive an momentoA elle
sort de la source; fd viou, un feu ardent. Mé tmèrt ém
VIR
viott, je me eonpat jwqn'à la chair Tive. Thuf
inleij. Viiel éehora! à la porte!
Oér. d« lat. Ftout.
Tiôoniè, s. m. Giroflée. — Voy. Yïâamiè*
Yiôiira, a. Vivre; èire vivant; sobsister; se nourrir. —
A% pér vioun, j*ai de qnoi vivfej'ai des revenus sulBBants
pour me nourrir et m'entretenir.
Vionrè* t. «I. Nourriture, aliments» oe qui sert I la
nourriture de rbomme, provisions de boudie, comestibles;
fapm de vivre, habitudes. — Séoufré-vhHre, savoir-vivre,
édilcation.
¥irâ, «. Tourner; se mouvoir dronlairement; retour-
ner dans un autre jens. *— Vira dé eenre, tourner de oôtA,
mettre de champ. Tira dé hka, placer commodément, dans te
sens voulu. Lou$ douMcéi fsénm, ks abricots commencent
à mûrir. Viru caboË$o, eim eanturlo, devenir foa, insensé,
perdre la boule. Tira l'cX^Of détourner le cours de Teau,
arroser une planche de jardinage. Vira VaMe, tourner la
broche. Vira km» iuUt, loucher. Lou tarin oMgrê mé ftH
vira las dén», le raisin qui n'est pas mUr m'agace lesdents.
Vèrù dé piquo, il tourne piqfue. An fig. c'est le moment oà
les coups vont pleuvoir. Vira ton quiùu, tourner le dos,
s'en aller, rompre avec quelqu'un. Vira coiaquo, changer
d'opinion; abandonner une idée, un parti, pour en suivre
vu auti«. Vira hu trovpéi, détourner le troupeau de la
direction qu'il a prise. Ftra Iota cantoés, tourner les cdns,
arrondir les angles. Èm eaunlén eomno que Umt vire, de
quelque façon que les choses marchent, il se déclare satis-
ftdt.
Dér. du lat. Gyrare, tonner.
firado, t. /. Le tournant d'un chemin, d'une me; action
de tourner, de se retourner. Au flg. émotion, secousse, «ftoi ;
maladie violente qui éprouve fortement, mais qui dure peu.
Dér. de Vira, tourner.
Viradouiro, t. /. Petite pelle ou spatule de fer ou de
ouivre percée de trous, comme une écumoire, et qui sert à
retourner on à retirer la friture de la poêle.
Dér. de Vira, tourner.
¥irûre, t. m. Celui qui tourne le volant d'une machine
d'imprimerie, la roue d'un cordier, la meule d'un coutelier.
Tiiairo, s. f. L'ouvrière employée an tour qui sert à
dévider la soie.
Dér. de Vira, tourner.
?iro, t. /. La retourne dans le jeu de cartes; la carte
que l'on retourne pour faire connaître l'atout. — Firo dé
piquo/ c'est le moment propice pour recevoir des taloches;
c'est à présent que les coups vont pleuvoir.
Viro-bourdomro, t. /. eoMp, «— Se wUir$ dé Wro-éeur-
ddtrt'ro, se coucher la face contre terre ; se mettre à l'envers.
¥iro-eol, t. m. comji. Torticolis; refroidissement ou
affection rhumatismale qui empêche de tourner le cou sans
éprouver une douleur plus eu moins vive.
Gomp. de Virç, tourne, et de M, cou.
Viro-lrountg«« s. m. eomp. Culbute, chite k l'envers.
VIR
«»
comme celle d'un fromage frais que Ton retourne sur uae
assiette pour le servir.
Vlnngàoii ou Viro-giouto. t. m. comp. SoufiBet rude-
ment appliqué. — Ta bàOa un etro-^dou, il lui a admi-
nistré un soofDet, une gifile.
Gomp. de Ftro, tourne, et de Gdau pour gâoutot joue.
Tiro-paaso, s» f. eomp. Culbute, virevolte; tour que
l'on fait sur soi«méme, sans changer de place. — Palfrt la
«ûv-poMo» faire la culbute.
Dér. de Fîra, tourner, et de Pai»a, passer.
¥iro-soarél, «• m. comp. Nom de plante. Tournesol
Hdiamkui annuus Linn., genre de la famille des Compo-
sées ; tribu des radiées. Cette plante est originaire du Pérou;
elle représentait pour les anciens habitants de cette contiée
l'emblème du soidl, c'est-à-dire de l'astre qu'ils adoraieat
comme le père de la nature. L'habitude que nous avons de
la voir fréquemment est cause de notre indifËrence à
l'admirer. On ne peut cependant se refuser 4 lui accorder
une attention bien naturelle qu'elle provoque par sa fleur,
du plus bel éclat, quelquefois d'un pied de diamètre, incli-
née sur sa tige et constamment tournée vers le soleU.
L'hélianthe tubéreux ou topinambour est également une
plante de la même tribu. On la croit originaire du Chili.
¥iro-i'éa-lu, s. m. comp. Soufflet, gifile, coup de poing
fortement appliqué. Même signification que Viro-gâou.
Littéralement, cette expression signifie : tourne-toi là-bas
ou de l'antre c6t6.
¥iro-tour, t. m, wmp. Virevolte, consistant à tourner
sur place, volte-foce. — Fagué un tHro-Umr sf parHgué,
il fit volte-face et partit.
¥iron, s. m. Vrille. Le mot per^ir est impropre, dit
Sauvaois; l'amorçoir est la plus petite espèce de tarière;
le foret est un instrument tout différent de la vrille. L'avant-
clou, la percerette, ne sont pas des termes français acceptés.
Dér. de Vira, tourner.
Virongnèiro, t. f. Vrille de grande dimension, tarière,
bondonnière.
Dér. de Fîro, tourner.
Viroula, «.Tourner, tournoyer, rouler, culbuter, cabrioler.
Fréquentatif de Vira, tourner.
Viroulé, s. m. Tourniquet, toton; cabriole, pirouette;
tourbillon form6 par les eaux courantes ou dormantes qui
s'échappent ou se précipitent vers le fond, en forme d'en-
tonnoir.
Dér. de Ftroula, tourner.
Vironléja, v. Tournoyer, aller de çà de là, sans motif
apparent; s'agiter dans le vide. ^ Foi que vtrouHUni tu
ne fais que t'agiter en tous sens.
Vironn-viréto, s. m. Géranium on bec de grue, à cause
de la forme du fruit, genre type des gérsniacées. Le caradèrs
le plus saillant de cette plante consiste dans le fruit qui
présente la forme d'un long bec affilé; ce bec est le pso*
longement en crête de cinq capsules réunies autour d'un
axe central.
ti54
VOS
Notre contrée possède diirerses espèces de géraniams,
parmi lesquelles nous citerons le géraniam sanguin, le
géranium des prés, le géranium velouté, le géraoium dit
Serbe à Koberi, Géranium rtibertianum Linn. Les anciens
désignaient ce dernier sous le nom de rtiberta, rubertiana,
puis, par altération, ruperHana, roberiiana et enfin Herbe
à Robert.
¥l8, to, pari, posté du verbe VéHre, voir. Vu, vue.' —
Paeso que Vaï vie! décampe au (^us vite!
Dér. de Vëire, voir.
¥isaja, v. Envisager, regarder en face, entre les deux
yeux et quelquefois d'un air menaçant. — M'a weaja, il
m'a reganiô d'un air insolent. Se visaja, se regarder face
à face.
Dér. de Vieaje, visage.
Yisaie, «. m. Visage, figure, face.
Dér. du lat. Vieu», m. s.
Vif où, J. m. Prunelles de Tœil; vers qui prennent nais-
sance sur la viande corrompue.
Dér. du lat. Yidere,
Vispre, o, adj. m. et f. Apre au goût, acre. — Àqutio
piruno es vispro, cette prune est âpre.
Visproù, no, s. m. et fé Jeune enfant lutin, diablotin,
espiègle.
Vitamén, adv. Vite, rapidement, ^vivement. — Fasàe
aqud vUamén, faites vite cela.
Vite, adv. Vite, promptement, rapidement, vivement.
— Fasès vUe, dôpôchez-vous, faites vile.
Vitraire, s. m. Vitrier, l'ouvrier qui pose les vitres.
Dér. de VUro, vitre.
Vitraje, s. m. Châssis en bois, enfer, en un métal quel-
conque, garni de vitres; l'ensemble des vitres d'un bâti-
ment.
Dér. de Vitro, vitre.
Vitro, s, f. Vitre, plaque ou carreau de verre que Ton
pose à une croisée, â un dôme.
Dér. du lat. Vilrum, verre.
Volo-biôon, s. m. Surnom burlesque donné par dérision
aux habitants de Samt-Ambroix, au siyet desquels a été
inventée une légende dont le récit a fourni le sujet d*un
poème héroï-comique au félibre alaisien Albert Abnavibllb.
Composé de Volo, vole, et de Biéou, bceuf ; bœuf qui vole.
Veste, 0, adj. poss, de la t^ pers, du pluriel. Votre,
qui est â vous, qui vous appartient.
Dér. du lat. Vestrum, m. s.
Vostre, s. m. — JLou vostre, le vôtre, ce qui est â vous,
oequi vous appartient, votre propriété, votre domaine.
Ses din lou vostre, vous êtes dans vos possessions, vous
cultivez votre domaine.
Dér. du lat. Vestrum, m. s.
Vostre, 0, pron. poss. m. eX f. — Lou vostre, la vostro,
le vôtre, la vôtre. ViXei moun oustdou, vaqui lou vostre,
voici ma maison, voilà la vôtre.
Dér. du lat. Vester, vettra, veitrum, m. s.
vou
Veto, s. f. Fête votive ou patronale, qui est une occaaioû
de réjouissances annuelles dans chaque commune du midi
de la France, telles que luttes, courses de taureaux, bals
champêtres, jeux d'adresse, etc.
Dér. du lat. Votum, vœu.
Votrol interj. Mes compliments! Votre serviteur!
Vonèl interj. Ouais! Vraiment!
Vongné, v. Vouloir. — Fôou vougué, il faut vouloir.
On dit aussi VouU. — Voy. ce mot.
Voni, adv. Oui ; particule affirmative opposée à la par-
ticule négative nou, non, et qui sert â affirmer one chose.
Formé par contraction du lat. hoe illud, c'est cela.
Voola, V. Voler, se mouvoir dans l'espace avec des ailes,
courir rapidement. — Courissié que voulavo, il courait û
vile qu'il semblait voler.
Dér. du lat. Volare, m. s.
Voolado, s. f. Volée, l'étendue du vol d'un oiseau eotn
deux repos; bande d'oiseaux volant de concert. •— Uno
vouiado di pijouns, une troupe, un vol de pigeons. 7tra à
la voulado, tirer au vol. Préne la voulado, prendre son
vol, partir. Au fig. une volée de coups de poings ou de bâton,
une tripotée.
Dér. de Voula, voler.
VonUdoù, ady. m. Se dit d'un oiseau, d'un volatile par-
venu à l'âge de croissance où il est susceptible de prendre
son vol, où il est capable de voler. — Aoueèl vouladok,
oiseau prêt à s'envoler hors du nid. On dit aussi Vouladis.
Dér. de Voula, voler.
Vonlaje, ajo, adj. m. et^. Volage, inconstant, changeant,
sans consistance.
Dér. du lat. Volatieum.
Vonlaie (Fié). Eruption cutanée irès-bônigneet fugitive,
commune chez les enfants en bas-âge, sorte de rougeole.
Vonlan, s. m. Grande faucille des moissonneurs.
ft Lou voulan dâou sègaïre anavo dé davan. »
Paul Gausser.
Vonlaatréja, v. Voleter, voltiger en tous sens, s'essayer
à voler, voler à plosieurs reprises, vol pénible d'un oiseau
blessé.
Dér. de ' Voula, voler.
Voolé, V. Vouloir, désirer d'acquérir, de posséder; dési-
rer, souhaiter. — Mi n'en voulès? vous me gardez rancune t
N'es pa malàou se voulès, mes se porto gaXre hién, à propre-
mentparler, il n'est pas malade, maisil n'en vaut guère mieux.
Dér. du lat. Volere, m. s.
Vonloonta, s. f. Volonté, bonnes dispositions que l'on a
à faire une chose; aptitude, ardeur au travail.
Dér. du lat. Voluntafem, m. s.
Voolountottfl, onso, adj. m. et f. Doué de bonne vo-
lonté, plein d'ardeur pour le travail, naturellement porté an
travail, à l'étude; obéissant, docile, souple de caractère.
Au fig. qui se plie facilement, flexible comme l'osier
employé dans la vannerie.
ZIN
Yooliir, nrdo, $,m» et /'.Voleur, voleuse; petite aigrette
qui surmonte les graines de certaines plantes, que le vent
fait envoler.
Voa*ll, adv. Où. — Vou'n't-anasf où allez-vousî On
dit aussi Ènié^nasT ou Èn^ana$f
Dér. du lat. VH, m. sign.
zou
655
ITimnze, <ufj\ num. Onze* nombre composé d'une dizaine
plus un.
Dér. du lat. Undedm, m. s.
Vous, pr. pers, de la 2">* pen. du plur. Vous» à vous.
Dér. du lat. Vot, m. s.
Vrai, adj. m. Vrai, conforme à la vérité. — VraïT Est-
œ bien vrai? Contraction de Véraï.
Y
La lettre Y est ta vingt-quatrième de l'alphabet. Dans les
idiomes romans, elle n'a pas d'autre valeur que celle de !*«.
Dans les mots français dérivés du grec, on l'emploie de pré-
férence à cette dernière lettre, pour indiquer leur origine.
Dér. du lat. Y correspondant à l'ï grec.
T, adv. Y, là, dans cet endroit, à cela, k lui, à elle, lui,
à lui. — Dùwuu-y dé pan, donnez-lui du pain. T-anara»,
j'irai. F pourtarcx, je le lui porterai. Y tarai, j'y serai.
Àna^t allez-y. Voué y fUét pa, ne vous fiez pas à lui.
Dér. du lat. IK là.
z
La lettre Z est la vingt-cinquième et dernière lettre de
l'alphabet et la dix-neuvième des consonnes.
Elle a été empruntée au latin qui, lui-même, l'a prise au
grec Z.
Za! interject. — Zaf Varapè, Crac! il le saisit.
ZèonI inierj. Mot employé pour exprimer le bruit que
font certains corps durs, secs et solides. — Zèou ii parti,
s'éi coupa, crac, il est parti, cet objet s'est cassé, cette étoffe
s'est déchirée.
Zingo-zango 1 1. f. Bruit successif et alternatif comme
celui d'un corps qui frotte ou r&de sur un autre dans nu
mouvement de va-et-vient; secousse imprimée en poussant
et retirant alternativement un objet avec la main.
Zoùl tfitvrj. Cette onomatopée correspond exactement au
Zôou des Provençaux. Cri des foules, pour s'encourager
mutuellement à une manifestation, à une émeute, à des
voies de fait contre un personnage, une assemblée ou une
action qui a soulevé l'indignation publique. Les méridio-
naux ont emprunté ce cri à la langue grecque, si fertile en
onomatopées, et qui a laissé bien d'autres traces dans notre
langage.
Dér. du grec So<k, Smo, élan, essor, croissance, ou de
SocD, vivre.
AlaU, 20 teptembre i883.
FIN
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